La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- CINQUANTE-SIXIÈME ANNÉE 1928 — PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C-, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- N» 2776.
- LA NATURE
- 1er Janvier 1928.
- L'ACOUSTIQUE ARCHITECTURAL
- LA NOUVELLE SALLE PLEYEL
- M. A. Troller a rendu compte, dans le numéro du 1er mars 1927 de La Nature, des recherches poursuivies à l’étranger en ces dernières années sur l’acoustique architecturale.
- « En France, disait-il, ces études sont beaucoup plus négligées. Cependant, M. Gustave Lyon, administrateur de la maison Pleyel, a consacré de nombreuses années de sa vie à cette question; il est arrivé à se formuler des règles précises et on lui doit l’amélioration ou la correction totale de l’acoustique de nombreuses salles de théâtre, de concerts, d’auditions ».
- M. G. Lyon vient de faire plus. Il a réalisé un immeuble entier, un temple delà musique, dont les
- Fig. 2. — Un des escaliers conduisant aux fauteuils d’orchestre et la galerie d’exposition.
- LE NOUVEL IMMEUBLE PLEYEL
- Paris ne possédait pas encore de salle de concert comparable, pour l’ampleur des proportions, à celles dont s’enorgueillissent à l’étranger non seulement les capi-
- salles furent construites d’après ses conceptions personnelles. Cet immeuble, situé 252, rue du Faubourg-Saint-Honoré, a été bâti sur les plans de l’architecte Marcel Aubürtin, qui, jusqu’à sa mort, dirigea les travaux dont l’achèvement fut confié à MM. Granet et Mathon.
- L’inauguration qui eut lieu le mois dernier a montré à tous que c’est une réalisation aussi neuve que réussie.
- Nous décrirons d’abord l’aspect architectural des diverses parties du bâtiment, puis nous indiquerons les principes nouveaux qui furent appliqués à l’acoustique des salles de concert.
- Fig. 1.
- Le grand hall d’entrée du nouvel immeuble Pleyel.
- taies, mais encore nombre de villes de province. Seule, la salle du Trocadéro permet de grandes manifestations devant un très nombreux public, mais tout le monde a pu constater sa déplorable acoustique, les échos fâcheux qui se répercutent en de nombreux points, à tel .point que de beaucoup.de places, l’audition de la voix et de l’or-chesire est insupportable.
- Le nouvel immeuble Pleyel nous dote d’un centre musical supérieur à tout ce qui existe au monde, tant par ses proportions, que par de multiples détails concernant le confort et la sécurité, et surtout, par-dessus tout, la perfection de l’acoustique.
- On entre dans l’immeuble par sept portes ouvrant sur un hall long de 50 m. Le vestibule débouche dans une vaste rotonde (fig. 1) de 20 m de diamètre qui conduit au foyer; celui-ci est bordé'de loggias réservées aux expositions des décorateurs, éditeurs, libraires d’art, etc. Sur les côtés, des vestiaires très vastes sont installés.
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- • Six escaliers (Pig. 2) desservent la grande salle située au premier; deux ascenseurs pouvant transporter chacun 40 personnes conduisent aux balcons de celle-ci.
- Outre ces entrées de la grande salle Pleyel, l’immeuble comporte au rez-de-chaussée deux salles de musique : la salle Chopin'pouvant contenir 500 auditeurs et la salle Debussy pouvant en contenir 175, toutes deux ayant leur entrée indépendante rue Daru, un hall, un vestibule commun, deux foyers indépendants.
- La salle Chopin (fig. 3) a une forme trapézoïdale dont la petite base est réservée à l’estrade de l’orchestre ; elle comprend un parterre et un balcon. Toutes les places font face à l’estrade sur laquelle un orchestre composé d’un nombre normal de musiciens peut se grouper. Les angles sont arrondis; les murs sont construits selon les règles techniques que nous verrons à propos de la grande salle, si bien que les sons émis par l’orchstre arrivent aux oreilles des spectateurs, soit directement, soit après réflexion sur ces murs sans résonance tardive et sans écho.
- La salle Debussy (fig.. 4) est plus petite; elle est destinée aux séances de musique de chambre,
- La salle Chopin vue du fond de la salle, sous le balcon.
- Elle mesure 51 m. 30 de long sur 30 m. 50 de largeur maxima. En plan, sa forme est celle d’un trapèze dont le fond de la salle vers le vestibule d’entrée constitue la grande base, la petite base étant située près de l’estrade de l’orchestre.
- Cette estrade présente une surface de 240 m2; elle mesure 10 m. 60 de profondeur sur 21 m. 50 de large à la partie antérieure et 20 m. au fond. Elle permettra de grouper aisément 100 instrumentistes et 400 choristes formant une masse de voix et de sons qu’on n’a jamais réunie ni entendue.
- Devant l’estrade, le sol de la salle se relève faiblement iusqu’au fond selon une courbe étudiée de façon que les sons parviennent directement à tous les auditeurs placés de manière à voir tousparfaitementl’estrade. Indisposition des sièges en quinconces ajoute à cette commodité visuelle.
- Le devant de la salle comprend de plain-pied :
- aux conférences, aux .auditions d’élèves, aux répétitions. Sa forme est celle d’un rectangle terminé à ses deux extrémités par des murs courbés selon une génératrice parabolique.
- Les deux salles, bien que contiguës, sont isolées pho-niquement par un mur construit spécialement.
- Les étages supérieurs comprennent 60 studios de dimensions variées, tous isolés parfaitement au point de vue des sons, dont certains affectés à la danse, des salles d’exposition, les services généraux, etc.
- L’ensemble forme donc bien une véritable cité de la musique. Mais le « clou » de l’immeuble, la grande nouveauté, la merveille technique pour laquelle il a été construit, c’est la grande salle Pleyel.
- LA GRANDE SALLE PLEYEL
- La grande salle Pleyel peut recevoir 3000 personnes.
- 468 places d’orchestre réservé,
- 67 places de loges d’orchestre,
- 967 places d’orchestre,
- • en tout 1502 places assises. '
- Le fond de la salle, sur trois étages, comprend : sur le sol, en prolongement de l’orchestre, 304 places de parterre pouvant être séparées par un rideau, antisonore des 1500 places d’orchestre qui se trouvent en avant, au premier étage, 363 places de premier balcon, au second étage, 402 places de deuxième balcon,
- en tout 765 places assises de balcon pouvant être isolées par un autre rideau.
- En outre, au premier étage, 92 places de loges de balcon sont en avant du rideau et se trouvent constamment dans la salle.
- Ce dispositif de cloisonnement par écrans a permis de réaliser une salle de capacité variable.
- Tous les rideaux levés, la salle peut recevoir 2600 auditeurs. Tous les rideaux fermés, elle n’en contient plus que 1502. Les rideaux des étages seuls baissés, elle a 1806 places. De cette façon, quelle que soit l’importance
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- 398 PI.
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- ORCHESTRE
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- 67 PI. 484P1.
- LOGES ORCHESTRE
- Réserva
- Fig, 5. — Coupe schématique de la grande salle Pleyel montrant les trois courbes réfléchissantes de l’estrade et du plafond, et les
- rideaux amovibles modifiant la capacité de la salle.
- de la manifestation musicale, la salle lui est toujours parfaitement appropriée et les qualités acoustiques restent toujours optima.
- Comme les figures 6 et 7 permettent d’en juger, la
- Fig. G. — La grande salle Pleyel vue de l’estrade.
- décoration a été conçue avec le propos délibéré de ne pas distraire l’auditeur de la musique qu’il vient entendre. L’œil n’est arrêté par aucun motif ni aucun point lumineux. La partie inférieure des parois latérales a été
- Fig. 7. — L’estrade et les trois surfaces réfléchissantes.
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- décorée par Jaulmes d’un chatoiement or et violet-aubergine d’où sont exclus intentionnellement personnages et allégories, décor non sans analogie avec les ornements de certains tapis anciens, destinés à flatter les regards et non à les accaparer. Seule l’estrade ressort en lumière sur un fond d’or. Elle se raccorde à l’immense plafond d’or mat d’où tombe une lumière indirecte émise par vingt projecteurs et une lumière directe émise par une douzaine de grosses ampouleslogées dansle plafond même.
- Les artistes ont à leur disposition, donnant de plain-pied sur l’estrade, un foyer, dit « foyer des solistes » dans lequel, en fin de concert, ils peuvent, à l’occasion, recevoir le public.
- Sur le même plan un second foyer, isolé phonique-ment de l’estrade, permet de répéter pendant le concert. Enfin, le chef d’orchestre dispose d’un salon, auquel est annexé un cabinet de toilette avec installation de douches. Communiquant avec l’estrade par un escalier, un foyer promenoir et un grand foyer sont réservés aux musiciens de l’orchestre, qui y trouvent un vaste dépôt d’instruments et un vestiaire.
- L’aération de la salle présente une nouveauté ingénieuse : l’air est constamment aspiré au haut de la salle, au-dessus des derniers balcons, tandis que de l’air frais, chauffé ou refroidi selon les besoins, sourd de toutes les parties basses.
- L'ACOUSTIQUE ARCHITECTURALE DE LA SALLE PLEYEL
- Tout cela ne suffit pas pour caractériser la salle Pleyel conçue par M. G. Lyon.
- Les photographies G et .7 et le dessin de la figure 5 montrent que le mur derrière l’estrade (mur de scène) et le plafond de la salle ne sont pas des plans, mais des surfaces courbes et c’est là la véritable, la grande nouveauté.
- M. Lyon a, en effet, rompu avec toutes les traditions pour réaliser une salle acoustique rationnelle.
- L’orchestre, les chœurs’sont massés sur l’estrade, et les sons émis parcourent la salle directement ou sont réfléchis sur le mur de scène situé à très faible distance, si bien que le décalage de temps des deux trains d’ondes est imperceptible à l’oreille et ne peut produire aucun battement. Le mur de scène renvoie les ondes sonores en une nappe horizontale qui balaie toutes les places d’orchestre, et celles du parterre quand le rideau du bas est levé.
- Si le rideau du premier balcon est levé, les sons arri-
- vent à l’étage directement et par réflexion sur la deuxième surface courbe formant le plafond de l’estrade.
- Si le rideau du deuxième balcon est levé, les sons parviennent au second étage directement et par réflexion sur la troisième surface courbe formant le plafond de la salle.
- Ainsi, chaque étage d’auditeurs reçoit une nappe de sons particulière, sans interférences avec celles qui circulent au-dessus ou au-dessous.
- Les surfaces des murs latéraux sont également courbes et remplissent un rôle analogue à celui du mur de scène et du plafond en renvoyant rationnellement sur chacun des étages les sons qui les atteignent.
- En outre, toutes ces surfaces réfléchissantes constituent un ensemble tel que les sons émis dans quelque direction que ce soit convergent par le parcours minimum sur les auditeurs, jusqu’au mur de fond de la salle. Tous ces sons sont utilisés pour renforcer l’audition, et aucun ne peut créer d’écho par suite d’une arrivée trop tardive sur les auditeurs.
- La forme trapézoïdale de la salle aide à cette transmission rapide des ondes jusqu’au mur de fond.
- Enfin, ce mur est construit en matériaux insonores qui absorbent tous les sons qui y aboutissent, si bien qu’aucune perturbation de l’audition ne peut se produire.
- Une deuxième curiosité sera le grand orgue, composé par Jean Huré, après consultations de nombreux maîtres organistes, tels que Nadia Boulanger, Joseph Bonnet, Marcel Dupré, Louis Vierne, le Dr Bédard, Etienne Gervais.
- Il est placé au-dessus du plafond cintré de l’estrade où ses sons parviennent à travers un treillage à claire-voie. Les vibrations des tuyaux dépendent, entre autres choses, de la température des colonnes d’air qui les traversent, de sorte que les sons, ajustés pour une certaine température, sont un peu plus graves quand l’air est plus froid et un peu plus aigus quand il s’échauffe, si bien que l’accord varie généralement au cours même d’une audition. Un dispositif de réchauffage et de refroidissement de l’air de la soufflerie, réglé automatiquement, permettra de maintenir la justesse des sons quels que soient les changements de température.
- On voit par cette description que le nouvel immeuble Pleyel n’est pas seulement un magnifique palais de la musique, mais aussi une admirable réalisation technique qui prouve que la science de l’acoustique n’est pas ignorée en France. A. B.
- LES SPORES DE CHAMPIGNONS
- Si l’on prend un champignon à feuillets, tel, par exemple, que le vulgaire champignon de couche (Agari-eus campester) et qu’après en avoir coupé le pied, on pose le chapeau à plat, feuillets en dessous, sur une page de papier blanc, on observe, au bout de quelques heures, qu’il s’est effectué un dépôt de poussière brune ou brun pourpre, disposé sous une forme rayonnante (fig. 1), chaque rayon correspondant à un intervalle de feuillets. La disposition des lames est fidèlement reproduite et, si
- une ou plusieurs ont été meurtries, écrasées, cela se traduit dansle dépôt par une zone floue, irrégulière.
- Ce dépôt est constitué par des myriades de petits grains microscopiques qui ne sont autres que les spores.
- Les spores des cryptogames sont, à peu près, l’homologue des graines chez les plantes à fleurs.
- Pour employer une expression peu scientifique, mais nullement équivoque, nous dirons que les spores sont les semences des champignons. Ce sont elles qui, d’une
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- légèreté quasi immatérielle, sont transportées au loin par le vent, les insectes fongicoles, etc., et servent à la propagation de l’espèce.
- On sait que chez les Agaricinées (champignons à lamelles), lesdites lamelles, encore appelées feuillets, sont entièrement tapissées sur les deux faces et sur l’arête par de petits piliers dressés [basicles) portant à leur sommet 4 pédoncules (stcrigmates). Chaque stérigmate est terminé par une spore (fig. 2).
- Nombre des spores. — Lorsque nous aurons dit que les dimensions d’une spore varient, en général, de 2 à 20 [j. (i [j. — un millième de millimètre) on comprendra que chaque feuillet peut en produire un nombre extrêmement considérable.
- Est-il impossible d’effectuer ce dénombrement et de se rendre compte de la quantité de spores l’enfermées dans un seul chapeau, un seul carpophore? Bien évidemment, si l’on prétend aboutir à des chiffres précis! Autant vaudrait compter les grains de sable du désert! Mais, par
- Fig. 2. —• A, Coupe d'un chapeau ef’Agaricinée; on voit la section de 4 feuillets tapissés de basides invisibles à un grossissement de 15 fois. B, baside tétrasporique à spores lisses; C, baside. bisporique à spores anguleuses, grossies 600 fois.
- contre, rien n’est si facile que d’arriver à avoir une idée approximative de la prodigieuse fécondité de ces végétaux.
- Détachons un [feuillet; transportons-le sur un carton blanc; il sera commode, sur ce fond-contraste, de découper avec la pointe du scalpel un fragment extrêmement petit, ayant, par ex., la forme d’un carré de 1 mm. de côté. Portons ce fragment sur une lame de verre et plaçons le tout sur la platine du microscope en utilisant un grossissement moyen de 5 ou 600 diamètres environ. En déplaçant la préparation, ou, mieux, toute la platine si elle est mobile, on explore en peu de temps toute la surface de notre carré de 0 m 001, et on arrive à dénombrer une certaine quantité de spores, mettons un ou deux milliers.
- Si le fragment est la centième ou la millième partie du feuillet dont il provient, il suffit de multiplier le nombre trouvé par 100 ou par 1000, puis ensuite par 2 (car il ne faut pas oublier que le feuillet a deux faces) et enfin par le nombre de lames que comporte le chapeau. On arrivera ainsi au chiffre définitif. On conçoit tout ce que cette méthode a d’approximatif, mais nous voulons seulement fixer les idées.
- Est-il besoin de dire que ce nombre peut varier énormément? Selon qu’on s’est adressé à un petit Mycène de 6 ou 8 mm. de diamètre, dont les lames sont exiguës et peu serrées ou qu’on a choisi une grosse Pra-telle de 10 cm de diam., possédant 200 larges feuillets;
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- Fig. 1. — Un chapeau (i’Agaricinée posé sur un papier blanc y dépose scs spores sous la forme d’une poussière brune.
- A gauche, dépôt d'un fragment de chapeau; une zone un peu floue et moins garnie correspond à quelques feuillets meurtris. Le petit dépôt de droite provient d’un chapeau entier très petit.
- selon qu’il s’agit d’une espèce chez laquelle les basides Sont plus ou moins densément réparties à la surface des lamelles, on aboutit à des résultats extrêmement éloignés.
- Un carpophore de taille moyenne peut produire environ de 10 à 100 millions de spores!
- 11 nous souvient de telle énorme Pratelle pour laquelle nous arrivâmes, presque sans y croire, à un nombre dépassant sensiblement le milliard ! (')•
- On conçoit que le monde serait entièrement recouvert de champignons au bout de quelques années et même de quelques mois, si la germination des spores était comparable à celle des graines de phanérogames. Heureusement pour les autres occupants de notre Terre que rien n’est si capricieux, ni si aléatoire : sur plusieurs dizaines de millions, il en germe peut-être trois ou quatre, ou même aucune.
- Notons en passant que, contrairement à ce qu’on pourrait supposer, la germination in vitro réussit bien mieux que dans la Nature et, grâce aux techniques de laboratoire perfectionnées tout récemment par quelques émi-naents biologistes (Vandendries, etc.), on arrive à cultiver certains champignons supérieurs avec presque autant de certitude de succès qu’en comportent les semis de maraîchers ou d’horticulteurs. Ceux-ci, même, ne sauraient se mettre à l’abri des phénomènes météorologiques, alors que le biologiste règle et dose température, humidité, nature du milieu, etc. Cette mise au point des méthodes de mycocullure ne remonte, nous l’avons dit, qu’à fort peu de temps et nous la signalons comme grosse de conséquences. D’importantes découvertes biologiques vont vraisemblablement en découler et déjà la question de la sexualité chez les Basidiomycètes se présente sous un jour nouveau. Mais ceci nous entraînerait trop loin.
- 1. Gilbeut, dans son ouvrage tout récent sur la spore des champignons, cite meme des chiffres très supérieurs.
- Fig. 3. — Coupe à travers un feuillet d’Agaric chevelu. a, filaments delà lamelle; b, basides avec spores à divers états de développement.
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- Fig. 4. — A, Spores eTAmanita citrina peu dangereuse-, B, spores d’Amanita phalloides, mortelle, grossies 1200 fois.
- Divers aspects des spores. — Tous les mycologues savent combien est délicate et souvent impossible la détermination d’une Agaricinée. Nous répétons volontiers que rien n’est, en même temps, aussi amorphe et aussi polymorphe qu’un champignon supérieur. En eiïet, les caractères en sont, tout ensemble, peu nombreux et fluctuants. Telle lbussule, verte hier, est rouge aujourd’hui (Russula olivacea) et tel Entolome dégageant habituellement une forte odeur de nitre est parfois tout à fait inodore (Entoloma niclorosum). Aussi, pour faciliter la détermination, a-t-on recouru aux données microscopiques que l’on a tort de croire bien plus invariables que les autres mais qui, la plupart du temps, n’en sont pas moins des plus précieuses par les caractères sup-lémentaires qu’elles fournissent. C’est dire que, depuis quelques années, les mycologues se sont beaucoup préoccupés de l’aspect des spores dont la description précise figure désormais dans toute diagnose qui se respecte.
- L’attention ayant été attirée sur ce point, on s’est aperçu que rien n’était aussi différent que les spores de deux espèces distinctes. On peut dire que les Âgaricinées offrent des spores de toutes les dimensions et de toutes les formes imaginables,
- Une spore peut différer d’une autre a) par sa couleur., b) par sa taille et sa forme, c) par son ornementation.
- a) Couleur. Ce caractère ne doit jamais s’observer qu’en masse. Par « couleur en masse » on entend la couleur du dépôt obtenu sur une feuille de papier blanc, ainsi qu’il est dit au début de cet article.
- La couleur des spores sub lente, c’est-à-dire, telles qu’elles apparaissent dans le champ du microscope, ne fournit aucune indication utile et est faussée par le grossissement qui les pâlit d’autant plus qu’il est plus considérable. Des différences peu sensibles, mais très utiles
- Fig. 5. — Spores diverses grossies 1500 fois. a et b, Clitocybe infumata; c, Collybia semitalis ; d, Pleurotus dryinus ; e, Leptonia serrulata ; f, Entoloma turbidum ; g, Co-prinns Boudieri (vue légèrëinent de profil, ce qui décentre l’apicule); h, Russula fragilis; i, Lactarius plumbeus.
- pour la classification (genre Russula) échapperaient complètement sub lente et ne sont appréciables qu’en masse. La couleur en masse peut être blanc pur, crème, jaune, rose pâle, rose saumon, rouille, ocre, argilacé, brun doré, brun pourpre, violet, verdâtre, noir. Bien entendu, il existe des intermédiaires entre toutes ces teintes et l’on a affaire non pas à quelques nuances bien définies, mais à une gamme comportant des tons très nombreux.
- b) Taille et forme. Si l’on jette un coup d’œil sur les dessins des fig. 5 et 6 qui ont été exécutés d’après des spores de notre collection, on constatera que presque toutes les formes sont figurées.
- L’Amanite citrine [Amanita citrina) que l’on croyait mortelle il y a encore peu de temps et qui, on l’a démontré, est bien inoffensive, a des spores subglobuleuses. Celles de Amanita phalloides sont globuleuses piri-formes (fig. 4). A vrai dire, la différence est faible, mais elle existe. Or, A. phalloides est d’une toxicité extrême et c’est elle qui est responsable d’au moins 95 pour 100 des empoisonnements à issue fatale. Mais précisément ces deux espèces, assez voisines, peuvent être aisément confondues par tout œil non exercé. Elles l’ont été maintes et maintes fois et la littérature myco-toxico-log’ique fourmille de semblables confusions. En cas d’empoisonnement d’origine incertaine, l’examen des éjections du malade et des spores qui peuvent s’y trouver est de nature à fournir de précieuses indications sur la cause des troubles observés et, partant, sur la thérapeutique appropriée.
- On saisit tout l’intérêt médical et même parfois médico-légal, que présente la différence de ces deux spores appartenant à deux espèces voisines dont l’une n’est pas dangereuse et dont l’autre est mortelle.
- Certaines spores sont larmiformes, arrondies à un bout et aiguës-lancéolées à l’autre (Collybia semitalis).
- Beaucoup d’espèces ont des spores arquées, dites « en boudin ». Nous en donnons un exemple. Il est bien plus rarement donné d’observer des formes losangiques ; nous avons reproduit celles de Clitocybe in/umata Bres., un curieux champignon qui se macule de noir-cendré partout où on le touche. Il s’agit d’un phénomène d’oxydation, très probablement.
- Toute une série d’espèces ont des spores anguleuses, irrégulières, dépourvues de toute symétrie; font partie de ce groupe la majorité des Agaricinées rhodosporées (à spores roses). Nous en donnons deux exemples.
- A l’automne, si l’on recherche avec soin les places où l’on a faitbrûlerdubois ou des branchages pendant le cours de l’été ou pendant l’hiver précédent, on y trouve toute une flore cryptogamique exclusivement carbonicole et, soit dit en passant, il y aurait encore beaucoup à faire pour élucider cette préférence singulière et les raisons, d’ordre évidemment bio-chimique, qui la motivent. Quoi qu’il en soit, parmi ces espèces carbonicoles, il en est une dont la spore est tellement caractéristique qu’à son seul examen le mycologue s’écrie : Coprinus Boudieri ! (Coprin dédié à feu Boudier, le grand maître de la science cryptogamique française dont les admirables Icônes resteront probablement inégalées pendant plusieurs générations).
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- Cette spore présente, en effet, plusieurs particularités remarquables. Elle offre en son centre une saillie pointue bien prononcée qui n’est autre que le point d’attache avec le stérigmate; son profil ventro-dorsal est différent de son contour ventral et, de plus, la base en est étrécie, ce qui lui donne finalement une silhouette de mitre d’évêque (type mitroïde).
- c) Ornementation. Le plus souvent les spores sont lisses, mais dans bon nombre de cas, cependant, elles possèdent une ornementation qui affecte la forme de tubercules, d’aiguillons, de crêtes', etc., qui leur donnent un aspect assez curieux.
- Prenons, par exemple, Russula fragilis; c’est un champignon très commun, d’un rouge clair, vif et gai, à chapeau très fragile (inde nomen) et à saveur atrocement brûlante. Ses spores longuement aiguillonnées sont dites du type échinulé. L’échinulation est particulièrement visible si on emploie le réactif iodo-ioduré de Melzer qui donne d’excellents résultats et que tout bon mycologue doit avoir sur sa table de travail. Les Russules, les Lactaires et quelques autres genres ou sous-genres ont, en effet, des spores munies d’une membrane externe de nature amyloïde qui, en présence de l’iode, se colore en noirâtre et, contrastant ainsi avec le reste de la spore, permet de voir avec netteté les accidents de l’épispore.
- Nous venons de mentionner les Lactaires; tout le monde connaît ces champignons qui, à la moindre blessure, laissent s’écouler un liquide séreux ou galactoïde plus ou moins abondant.
- L’un d’eux, Lactarius plumbeus, fournit un bon exemple de spores cristulées-réticulées. Des lignes de crêtes courent à leur surface, s’anastomosent, bifurquent et constituent un réseau presque toujours assez irrégulier.
- Il est un champignon que chaque automne ramène, car il n’est point rare : Cortinarius collinitus; le chapeau, bai, en est visqueux-giutineux; le pied, gluant lui-même, est ceint de plusieurs anneaux superposés. Ses spores sont densément garnies de verrues bien proéminentes qui distinguent cette espèce de certains autres Corti-naires chez lesquels ce caractère, bien que fréquent et presque général, est, le plus souvent, moins accentué.
- Citons encore Inocybe asterospora : cette espèce a bien mérité son nom (Inocybe à spores en étoile); elle ressemble à une autre espèce assez voisine (Inocybe brunnea) ; un simple coup d’œil au microscope tranche immédiatement la question, car cette dernière espèce a des spores parfaitement lisses et régulières.
- — Il y aurait, certes, beaucoup d’autres types de spores à décrire, mais cela nous entraînerait un peu loin. Jusqu’à présent nous nous sommes cantonnés dans les Agaricinées. Pour justifier le titre, plus général, de cet article, nous donnons les dessins de deux spores d’un tout autre groupe.
- Celles du Phragmidium représentées figure 6 sont les téleutospores d’un champignon parasite qui attaque les feuilles de rosier et qui est si commun que nous gageons que ceux des lecteurs de La Nature habitant la campagne qui voudront bien examiner leurs rosiers ont toutes les chances de le découvrir. Il affecte l’aspect de petites taches en léger relief, qui, d’abord orangé, puis rouille,
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- Fig. G. — Spores de : a, Coi'tinarius collinitu.s (X 1500); b, Inocybe asterospora (X 1 500) ; c, Phragmidium (X 250.)
- criblent la surface du limbe. Chacune de ces taches, de ces verrues minuscules, contient un certain nombre de spores telles que celles figurées. Ces spores sont beaucoup plus grosses que celles envisagées jusqu’à maintenant; on notera qu’elles ont été reproduites à un grossissement de 250 diamètres au lieu de 1500. Les Phragmidium appartiennent au groupe des Urédinées qui renferment également la trop célèbre « Rouille du blé ».
- Donnons enfin la spore de Lamprospora Crée hquc-raultii var. macracantha (fig. 7) dont l’aspect est aumoins aussi épineux que l’orthographe. Nous n’avons jamais rencontré ce superbe Discomycète (vulgo : Pezize) ; nous n’en possédons pas la spore en collection, et, pour cette fois, nous avons dû la dessiner non d’après notre matériel, mais d’après les célèbi’es Icônes de Boudier.
- En résumé, la couleur, la taille, la forme et l’ornementation des spores de champignons varient considérablement d’une espèce à l’autre, mais sont (à peu près) constantes pour chacune d’elles. Aussi, ces différences et celte quasi-constance sont-elles mises à profit par les mycologues dont elles facilitent les déterminations. Le simple amateur y trouve une source de plaisir d’ordre esthétique et, enfin, pour finir par un côté accessoire et, en quelque sorte, extra-scientifique de la question, le gastronome lui-même peut utiliser ces données lorsqu’il veut, par exemple, expertiser les truffes plus ou moins authentiques dont il parfume ses poulardes. Pour cela, il n’a qu’à prélever un fragment de la truffe suspectée et à l’examiner au microscope. Voit-il les spores groupées dans une sorte de poche (thèque) ? 11 s’agit très probablement d’une truffe et son palais ne sera pas désappointé. Au lieu de cela, ne découvre-t-il que des spores isolées, dispersées dans un lacis de longs filaments emmêlés (capillitium) ? Il a affaire à une vulgaire « Vesse-de-Loup » et il a le droit de se répandre en amères récriminations.... tout en conservant cependant les plus sévères et les plus âpres pour le cas où il n’apercevrait ni spores, ni thèques, ni capillitium, car alors il y aurait bien des chances pour qu’il soit en présence d’une simple tranche de pomme de terre habilement maquillée et colorée!
- M. JoSSERAND.
- Fig. 7. — Spore de Lamprospora Crec’hqueraultii, var. macracanllia, gi'ossie 1500 fois.
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- LA FABRICATION DES CORPS DE CHAUDIÈRES
- A HAUTE PRESSION
- La Nature a eu, à maintes reprises, l’occasion de signaler l’orientation des producteurs de force motrice par la vapeur vers l’emploi de pressions de plus en plus élevées. C’est un des moyens par lesquels la machine à vapeur se défend contre la concurrence de plus en plus menaçante des moteurs à combustion interne.
- Les pressions de 25 atmosphères, pour les chaudières des grandes centrales, considérées comme très élevées voici 10 ans, ne sont déjà plus que des pressions modérées. Il existe déjà des installations en service à 60 atmosphères et l’on en envisage même à 100 atmosphères et au delà.
- Les avantages théoriques des hautes pressions étaient clairement apparus, il y a déjà fort longtemps; puisque de Laval, en 1895, avait fait fonctionner une usine turbo-électrique avec de la vapeur à très haute pression. Depuis très longtemps, les constructeurs de turbines se déclarent en mesure de construire des machines atilisant cette vapeur. Mais c’est du côté des chaudières que l’on redoutait des difficultés et des dangers d’autant plus sérieux que le volume d’eau serait plus grand.
- Le fait que ces inquiétudes sont aujourd’hui dissipées suffit pour souligner les progrès réalisés.
- Les inventeurs se sont d’abord orientés vers des dispositifs spéciaux et quelque peu compliqués comme celui de la chaudière Àtmos à tubes tournants (voir n° 2618). Mais aujourd'hui les chaudières à haute pression ne se distinguent guère des anciennes au point de vue de la disposition et de la forme des éléments.
- C’est par les' perfectionnements dans la construction de Ces éléments et par la mise en œuvre de nouveaux et puissants moyens d’usinagë que l’on est parvenu à réaliser des appareils vaporatoires à haute pression offrant toutes sécurités, malgré leurs dimensions impressionnantes.
- Voici comment l’on fabrique aujourd’hui, en Allemagne et en France tout au moins, le corps de ces puissantes chaudières.
- Ce sont de grands cylindres, en acier forgé, sans soudures, comparables par la forme à de gigantesques bouteilles à gaz comprimé.
- On part d’un gros bloc d’acier coulé; on en enlève, par forage sur un banc puissant, le noyau intérieur qui contient beaucoup d’inclusions et de soufflures en tous genres. On obtient ainsi un bloc creux d’acier parfaitement sain, monté sur un manchon et on le forge sous une presse de 5000 tonnes. Après quoi, ce corps creux est recuit avec précaution, puis tourné intérieurement et extérieurement aux dimensions voulues. Il ne reste plus qu’à munir le cylindre, à chacune de ses extrémités, d’une tête arrondie, en forme de demi-sphère. Dans les chaudières à pression moyenne, ces pièces sont introduites à force-
- Corps de chaudière cylindrique à haute pression de 1 rn. 40 de diamètre, après forage et premier forgeage (d'après Eisenbau).
- ment dans le corps cylindrique principal et soigneusement rivées. Pour les chaudières à très haute pression, ce mode de fixation est impraticable en raison de l’épaisseur des parois. Il faut alors que le corps tout entier de la chaudière ne forme qu’un seul bloc, sans joints et sans soudure.
- A cet effet, dans le procédé employé par la Société des Surchauffeurs Schmidt de Cassel, on laisse aux extrémités libres du cylindre une surépaisseur de métal ; puis celles-ci sont façonnées à la presse en forme de bouteilles ou de demi-sphères et enfin munies d’un trou d’homme. L’épaisseur de la paroi va en croissant régulièrement depuis l’extrémité de la partie cylindrique iusqu’au trou d’homme.
- L’ensemble du corps de chaudière est ensuite soumis à un recuit très exactement contrôlé, afin de faire disparaître toutes tensions internes. R. V.
- Fig. 2. — Corps de chaudière à haute pression terminé.
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- COMMENT SAUVER LA TOUR PENCHÉE DE PISE
- Lci stabilité de la célèbre tour de Pise inspire depuis longtemps des inquiétudes. Le mouvement d'inclinaison du monument semble, en effet, s’accentuer lentement, mais sûrement. Un éminent ingénieur français, M. Imbeaux, dans une note du 7 novembre 1927 à l'Académie des Sciences, propose des remèdes à cette situation. Nous reproduisons ci-dessous cette communication.
- LA TOUR DE PISE
- Le campanile de Pise, commencé en 1174 et terminé en 1350, paraît avoir penche vers Je Sud dès sa construction. L’inclinaison a ^augmenté progressivement : ainsi depuis 1817 le surplomb de la septième corniche a augmenté en moyenne de 2 mm. par an (une partie de l’affaissement aurait résulté des épuisements faits en 1838 et 1839 pour étudier les fondations à leur base), dont spécialement 8 mm. 3 de 19|4 à 1927, soit de 1 mm. par an pour cette dernière période. Le mouvement continuant toujours, quoique lentement, on peut craindre l’écroulement à un moment donné, et c’est pourquoi la Municipalité de Pise a nommé une Commission de savants pour étudier les causes du mal et les moyens de l’arrêter en assurant la stabilité de la tour dans l’avenir.
- Le premier rapport de cette Commission est du 20 juillet 1927 : j’en tire les renseignements ci-après et, des causes probables, je crois pouvoir conclure à un remède très sérieux, et en tout cas ne compromettant en rien la situation actuelle.
- La tour est une colonne à huit étages, d’une hauteur totale de 57 m. 035 entre le dessous du pied externe du massif de fondation côté nord (— 0,330) et le dessus de la dernière plate-forme (56,705) du même côté: par suite du dévers, le point correspondant côté sud est à 55,803 seulement, tandis que le pied externe du massif de fondation de ce côté est à la cote (— 1,78), soit 1 m. 43 plus bas qu'au nord.
- Le vide intérieur a un diamètre de 7 m. 65 environ ; l’épaisseur de la maçonnerie pleine entre la première et la sixième corniche est d environ 2 m. 47, tandis qu’entre la première corniche elle dessus du massif de fondation, elle est de 4 m. 12. Enfin ce massif, qui va s’élargissant intérieurement et extérieurement, a . 7 m. 365 d’épaisseur de couronne, avec un vide intérieur de 4 m. 65 de diamètre (le cercle extérieur ayant 19 m. 25); la hauteur de ce socle est de 2 m. 70 à 2 m. 80, dont les derniers 0 m.. 40 à la base sont en maçonnerie de pierres sèches.
- NATURE DU SOL DES FONDATIONS
- Le sol de fondation est constitué, d’après Canavari, par :
- 1° Des couches remaniées ou en place, sableuses et
- argilo-sableuses, allant jusqu’à 4 m. 50 ou 5 m. 50 de profondeur et contenant la nappe aquifère (phréatique) dans laquelle plonge le socle ;
- Fig. 1. — La tour de Pise.
- 2° Une couche d’argile gris jaunâtre de 1 m. à 2 m. 50 d’épaisseur ;
- 3° Des couches argilo-sableuses et sableuses à éléments fins, jaunâtres ou verdâtres, parfois tourbeuses, jusqu’à la profondeur de 10 m. 50 à 11 m., contenant . une nappe artésienne ;
- 4° Enfin l’argile bleue compacte, avec coquilles d’origine marine ou saumâtre (Cardium edule notamment), dans laquelle il aurait fallu établir les fondations pour
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- avoir un terrain un peu consistant et non délayé par les eaux souterraines. Celles-ci ont un courant lent vers la mer et entraînent sans doute des matériaux lins qui laissent du vide ; de plus, il y a des sources qui se font jour au pied du monument et dont la vitesse ascensionnelle a été évaluée à 7 cm par seconde ; enlin on a procédé, tant à la première construction qu’en 1838-1839, à des épuisements (plus intenses du côté sud).
- LES CAUSES
- DE L'INCLINAISON DE LA TOUR
- La pression dans les maçonneries de la tour est élevée : Cuppari donne les maxima de 15 kg 3 par centimètre carré au plan de pose des plinthes du premier rang(J), et 10 kg 12 sur le sol des fondations. En présence d’un sol peu consistant et imbibé d’eau en ifiou-vement, il n’est pas étonnant que la tour se soit enfoncée, et inégalement : alors que le sol ancien à l’emplacement du campanile était à la cote 3,279 et que la place actuelle est à 2,75, on a autour du 'socle une dépression en cuvette pavée de 24 m. 30 de diamètre ayant l’extrémité nord de son diamètre à la cote 2,72 et l’extrémité sud à la cote 0.
- L’inclinaison actuelle du monument, mesurée sur la ligne nord-sud entre la projection horizontale du centre de la première corniche et celle de la septième, est de 3 m. 248, soit pour une hauteur de 35 m. 10 un angle de 5°17'12,/ avec la verticale : pour la hauteur totale de 57 m , le surplomb serait de 5 m. 27.
- D’après cela, la principale cause (2) de l’inclinaison progressive de la tour de Pise paraissant être dans la présence de l’eau en mouvement, laquelle produit des vides et ramollit le sol sous les fondations, il faudrait pouvoir :
- 1° Faire cesser tout écoulement des eaux souterraines;
- 2° Consolider le terrain, par exemple en injectant du ciment dans les vides de la maçonnerie sèche et dans les pores du sol (à la place de tout ou partie de l’eau). Ceci exclut toute solution qui recourrait à des épuisements bu à un abaissement du niveau des nappes aquifères ; d’autre part, des injections de ciment faites de prime abord risquent de voir le ciment en partie entraîné par l’eau, et de se buter contre des couches argileuses non absorbantes.
- PAR QUELS TRAVAUX ASSURER LA STABILITÉ DE LA TOUR
- Le procédé qui me parait le plus capable d’obtenir
- 1. Des expériences laites sur des cubes de marbre des colonnes ont montré qu’ils résistaient à la compression de 924 à 1254 kg au centimètre carré.
- 2. On a pensé aussi à incriminer les tremblements de terre dont un très fort le 14 août 1846 ; mais Gicconetti en 1920 n’a trouvé aucun effet du tremblement de terre qui eut lieu alors. Gela n’expliquerait pas d’ailleurs la continuité du mouvement.
- sans risque aucun le résultat cherché est celui de la congélation du sol, déjà employé maintes fois avec succès pour foncer de grands puits de mines au travers des nappes aquifères.
- Supposons que suivant une circonférence extérieure au socle de fondation, par conséquent de 20 mètres environ de diamètre, nous enfoncions des tubes à saumure descendant jusque dans l’argile bleue et assez rapprochés pour congeler le terrain; puis enfonçons d’autres tubes semblables suivant une autre couronne extérieure à 3 mètres de la première, soit de 26 mètres de diamètre.
- Nous aurons ainsi un bloc congelé circulaire dans lequel il sera facile d’établir, sans épuisements, entre les deux couronnes de tubes à froid, un mur en béton (de 2 m. d’épaisseur) descendu jusque dans l’argile bleue à Cardium et bien relié à elle.
- Ce mur enfermera les fondations du campanile dans une enceinte étanche où l’eau ne pourra plus ni pénétrer (elle passera latéralement), ni circuler, et l’on pourra alors dans cette enceinte faire toutes injections utiles de ciment sous pression, notamment en faire pénétrer dans l’assise de 0 m. 40 de pierres sèches de la base du socle.
- J’ajoute que pour ne produire aucun vide dans le terrain, on laisserait en place, la congélation terminée, les tubes de la couronne intérieure que l’on remplirait de béton ; on pourrait retirer ceux de la couronne extérieure.
- Ce procédé me paraît ici plus sûr que l’emploi de l’air comprimé (on pourrait songer à foncer ainsi un grand caisson cylindrique permettant d’établir le mur circulaire en question, ou une succession de caissons partiels), parce que ce dernier en refoulant l’eau pourrait entraîner certains mouvements : au contraire la congélation ne changera rien dans le sol et le consolidera plutôt. .
- On assurera donc ainsi le maintien de la situation actuelle et l’arrêt du mouvement, sans qu’on ait à faire la très grosse opération que serait la reprise totale de la tour en sous-œuvre sur âu moins 11 mètres de profondeur, opération qui ne pourrait se faire que par petites parties successives, par exemple par secteurs de 2 mètres de largeur diamétralement opposés (pour ne pas rompre l’équilibre des conditions d’un côté à l’autre).
- Si, ultérieurement et malgré tout, il fallait en venir à cette opération, elle se trouverait grandement facilitée à mon avis par la création du grand mur périphérique étanche que je propose en somme aujourd’hui de foncer par congélation, comme un puits de mine de 21 m. de diamètre intérieur, sur 11 à 12 m. de profondeur.
- Les ingénieurs ou entrepreneurs que tenterait le problème peuvent envoyer leurs propositions à la Municipalité de Pise.
- D1 Eu. I AI BEAUX.
- Correspondant
- des Académies des Sciences de: Paris et de Stockholm.
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- LES « TOURS PENCHÉES ”
- Célèbre clans l’univers entier sous le nom de Tour penchée, le Campanile de la cathédrale de Pise, isolé d’elle comme dans presque toutes les églises toscanes, menace actuellement de s’écrouler. On a lu, plus haut, les moyens proposés par l’éminent ingénieur, M. Imbeaux, pour remédier à cette situation et éviter une catastrophe.
- Nous croyons intéressant de rappeler en quelques mots l’histoire de ce beau monument.
- HISTORIQUE DE LA TOUR DE PISE.
- Commencée en 1174 et terminée seulement en 1384, la Tour penchée de Pise fut construite sur les plans de Bognano, qui sculpta aussi les portes de bronze du transept me-
- Fig. 1. — Ci-dessus : Les tours carrées et penchées de Bologne (Italie.)
- LatourdegliAsinellimesure97m. de hauteur; la tour Garisenda n’arrive qu’à la moitié de cette hauteur.
- Fig. 2. — A gauche : La Tour Neuve de Saragosse ; qui penchait trop et qu'on a démolie en 1881.
- ridional de la cathédrale ainsi que celle du dôme de Palerme. Le soubassement est une muraille circulaire de marbre blanc, enfermée dans une ceinture de colonnes trapues portant des arcatures en plein cintre et ornée de losanges. Les 6 autres étages se composent également de galeries à colonnëttes et à arcs cintrés, dont Gugliemo’ d’Innspruck surveilla les travaux
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- avec Giovanni, au cours du xme siècle et qu’acheva Tom-maso, fils d’Andrea Pisano.
- Dès sa construction, le Campanile paraît avoir penché vers le sud, ainsi qu’il résulte des documents rapportés par Jean de Foville dans son ouvrage Pise et Lacques (1914). Selon ce savant critique d’art, les spécialistes les plus avertis attribuent l’inclinaison de la tour à un affaissement du sol alors que le soubassement se trouvait seul terminé. En conséquence, on modifia très adroitement les proportions des étages supérieurs afin de rétablir un équilibre suffisant de l’ensemble. Dans une fresque d’Antonio Veneziano peinte en 1384 sur l’une des murailles du « Campo santo », l’édifice apparaît, en effet, terminé et penché.
- Les anciens chroniqueurs toscans racontent bien que le défaut de verticalité avait été voulu par son habile constructeur. Mais comme l’écrit justement M. Jean de Foville, « malgré l’ingéniosité dépensée par les partisans de cette thèse, elle reste difficile à défendre. » Les fondations du campanile reposent sur un sol humide et, dès 1298, Giovanni dut y pratiquer des sondages afin de
- mesurer la résistance de ce terrain. Du reste depuis cette époque, l’inclinaison a augmenté progressivement. Ainsi à partir de 1817, le
- d’environ 1 à 1829, Cresy et
- Taylor avaient mesuré avec soin l’inclinaison entre le premier et le septième étage de l’édifice ; ils l’avaient trouvée égale à 86 mm. 5 par mètre de hauteur. Puis en 1839, une commission chargée par le gouvernement italien d’étudier la question à nouveau . constata que les fondations de la tour ne descendaient qu’à m. 60 au-dessous du sol et qu’une source suintant à cette profondeur les désagrégeait petit à petit.
- On décida donc de creuser un puits, près du célèbre campanile, afin d’assécher le terrain subjacent. .
- Mais le remède fut pire que le mal, car l’eau s’y emmagasina sans doute trop brusquement et de dangereux alfouillements continuèrent à se produire en dépit de l’écoulement continuel.
- LES AUTRES TOURS PENCHÉES
- La Tour de Pise n’est pas le seul exemple de tour penchée. Il existe nombre de monuments affectés de la même singularité.
- Le campanile de San Nicola édifié également à Pise s’infléchit lui aussi et pour une cause identique. Du plus pur style bénédictin, ce monument, vu à travers les arcades du cloître qui l’entoure, se projette hardiment sur le ciel.
- Les deux tours carrées et penchées dressées côte à côte, sur une place de Bologne, sont non moins connues que leurs sœurs toscanes, mais, construites en simples briques, elles offrent un aspect beaucoup plus prosaïque (fig. 1).
- Elles datent respectivement de 1109 et de 1110.
- La plus haute, la « torre degli Asinelli », s’inclina peu à peu et de son sommet, qui se trouve à 97 mètres au-dessus du sol, la vue s’étend jusqu’aux monts Euga-néens, situés au sud-ouest de Padoue.
- Sa voisine, la « torre Garisenda », n’arrive guère qu’à la moitié de la hauteur de la précédente; en revanche elle possède une inclinaison double et s’écroulera, sans doute quelque jour, sur les échoppes de chaudronniers groupées autour d’elle !
- Si nous quittons l’Italie ensoleillée pour le nord de l’Europe nous n’aurons que l’embarras du choix pour citer des tours qui s’inclinent par suite de l’affaissement des terrains supportant leur masse. Telles sont, par exemple, les tours penchées d’Ems et d’Ulm (Allemagne) ou de Delft (Hollande), villes célèbres à tant d’autres titres. Ces monuments, qui menacent ruine, n’offrent d’ailleurs qu’un minime intérêt.
- Par contre, la défunte Tour neuve de Saragosse, bâtie du temps de Ferdinand le Catholique, mérite une mention à part et sa « nécrologie » terminera notre article. Sa
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- Fig. h. — La Tour Penchée de Delft (Hollande).
- construction commencée en 1504 s’acheva en 1515. Son soubassement tout en pierres de taille demeura parfaitement d’aplomb, mais peu de temps après son édification, les briques, qui formaient le reste de cette colonne, s’écrasèrent et en certains endroits perdirent jusqu’à la moitié de leur épaisseur. Le monument s’inclina alors. Cependant une fois ce tassement produit, son surplomb ne varia plus durant plusieurs siècles. La vieille tour, couronnée d’un pinacle, abritait l’horloge de la ville et fut durant longtemps l’orgueil des Aragonnais. Toute-
- fois, en 1887, comme elle se remit à pencher d’une façon insolite, les architectes espagnols la condamnèrent. Le vénérable édifice, qui avait résisté aux bombes françaises pendant le siège de 1809, tomba .après moins de quatre cents ans d’existence sous la pioche des démolisseurs. La mort guette donc les tours penchées, mais pas-plus que les autres monuments humains, si leurs fondations reposent sur des terrains solides et si les matériaux, employés à leur construction offrent une résistance suffisante. J. DE LA CeüISAIE.
- LE DÉCOUPAGE SOUS-MARIN OXY-ÉLECTRIQUE
- On sait qu’il existe des chalumeaux oxyacétyléniques permettant d’effectuer sous l’eau le découpage des métaux. Ces outils rendent de précieux services pour dégager par exemple des épaves de navires. Ils se manient aisément jusqu’à 10 ou 12 m. de profondeur. Mais pour des profondeurs plus gi’andes, leur manœuvre exige des dispositifs de sécurité pour le cas où l’acétylène, sous l’efîetde la pression, viendrait à se décomposer en ses éléments. De plus, il faut alors pour utiliser l’appareil des ouvriers spécialement exercés. Comme le travail en scaphandre sous l’eau aux grandes profondeurs exige des aptitudes physiques spéciales, on conçoit que ces deux qualités : habileté technique et résistance physique, se trouvent rarement réunies chez un même individu.
- Un nouveau système de découpage, oxy-électrique, imaginé par M. Maurice Lebrun, et décrit par lui dans la Revue de la soudure autogène, obvie à cet inconvénient.
- Il utilise une électrode creuse dans laquelle on envoie l’oxygène en même temps que le courant électrique.
- L’arc électrique s’allume dans l’eau à toutes les profondeurs et l’on peut sans danger comprimer l’oxygène à la pression nécessaire pour le découpage.
- Des expériences ont été faites par 35 m. de fond dans la mer du Nord pour découper l’épave du S. S. Tuhantia.
- Ce navire qui, en 1916, transportait de l’or pour les Allemands, avait été torpillé par erreur par un sous-marin allemand. Son épave, retrouvée par une Compagnie française, a pu être explorée, grâce au découpage oxy-électrique.
- ' Dans certains cas, même à faible profondeur, le découpage oxy-électrique peut être avantageux : il en est ainsi chaque fois que l’on a à découper plusieurs épaisseurs de tôles superposées, le chalumeau restant plus avantageux pour découper les pièces simples.
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- LE PROBLÈME DE LA PROPULSION DES NAVIRES
- PAR LE VENT
- LES ROTORS FLETTNER ET LES TURBINES ÉOLIENNES
- sam dis (jues
- 6 7 8 9 Cx
- Fig. 1. — Diagramme indiquant les coefficients de traînée Cx et de poussée Cz sur un rotor Flettner expérimenté à Gottingen.
- Les Allemands, avec une continuité de vues et une ténacité vraiment dignes de beaucoup d’estime, poursuivent la mise au point des rotors Flettner dans leur emploi comme organes de propulsion des navires par le vent. Une information récente nous a même appris que l’Amirauté allemande prenait désormais en mains, elle-même, cette mise au point.
- Il nous a paru intéressant d’étudier les résultats obtenus jusqu’à ce jour, ou du moins ceux qui ont été publiés, et de comparer encore une fois, de ce problème de l’utilisation rationnelle de l’énergie cinétique des vents, la solution allemande par rotors et la solution, bien différente, par turbines éoliennes, proposée en France dès 1910.
- On connaît le principe des rotors, découvert par Magnus en Allemagne vers 1852, étudié en France vers 1910 et 1911 par le physicien Lafay et appliqué aux bateaux, en 1924, par M. Anton Flettner, à la suite d’expériences exécutées au Laboratoire d’Aérodynamique de Gottingen :
- Lorsqu un cylindre circulaire au repos est soumis à l'action du vent, la poussée qui résulte de cette action passe par l'axe du cylindre et est parallèle à la direction du vent.
- Lorsque le cylindre, toujours soumis à l'action du vent, reçoit un mouvement de rotation rapide, la poussée résul-ante croît dans de très grandes proportions et atteint son
- maximum lorsque la vitesse périphérique est environ 4 fois la vitesse du vent. De plus cette poussée n'est plus dirigée parallèlement au vent, mais est déviée vers la droite ou vers la gauche, suivant le sens de rotation du cylindre, d'environ 60° lorsqu elle est maxima.
- Dans un article paru le 3 janvier 1925 dans la Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure, le Dr Betz, du Laboratoire d’Aérodynamique de Gottingen, expose ainsi qu’il suit les résultats d’essais obtenus dans ce laboratoire pour un cylindre de 330 mm. de longueur et 70 mm. de diamètre, exposé à un vent de 11 m/s de vitesse.
- La poussée transversale Pz (perpendiculaire à la direction du vent) et la traînée Px (parallèle à cette direction) sont données respectivement par les expressions :
- P, = C. | s w> p. = c,^sw
- la poussée totale :
- P=V
- (V-hC**.?
- 3SW*
- tg p
- c*
- c*
- Fig. 2. — Rotor-Flettner.
- Diagramme indiquant les valeurs du coefficient de poussée Cz en fonction du rapport J- de la vitesse périphérique du rotor à la
- \v
- vitesse du vent.
- Cz
- 9
- 8
- 7
- 6
- 5
- 4
- 3
- 2
- I
- 0
- disque de!4\
- m mètre.
- 4
- JL
- W
- 2
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- P est l’angle de la direction de la poussée avec celle du vent;
- est la masse spécifique de l’air, soit
- 1,225
- 9,81
- à 15° G et
- 760 mm de mercure';
- S est la surface de la projection, sur un plan passant par l’axe, du contour apparent du cylindre;
- W est la vitesse du vent. ^
- Le diagramme de la figure 2 donne d’autre part Cz en,^v
- u . , . i^'
- fonction du rapport ^ de la vitesse périphérique diij
- cylindre à la vitesse du vent.
- L’adjonction de disques aux extrémités du cylindre a, comme on le voit sur les diagrammes, amélioré considérablement les conditions de fonctionnement.
- On conçoit dès lors que, si un bateau est muni d’un ou de plusieurs cylindres circulaires ou [rotors recevant autour de leur axe un mouvement de rotation convenable, le vent relatif qui agira sur ces rotors engendrera une poussée susceptible de propulser le bateau. D’où le dispo-. sitif imaginé et réalisé par M. Anton Flettner grâce à l’aide financière et technique de plusieurs importantes firmes industrielles allemandes.
- La première grande applicâtion de ce dispositif fut faite sur le schooner Buckau, rebaptisé plus tard Baden-Baden. Il comportait deux rotors de 2,80 m de diamètre et 15,60 m de hauteur au-dessus du pont, soit une surface S égale à 86,5 m2, environ le dixième de la surface de voilure primitive du bateau. Ces cylindres pouvaient tourner normalement à la vitesse de 2 tours par seconde, d’où une vitesse périphérique de 17,60 m/s, ce qui avait nécessité l’installation d’un moteur Diesel de 45 ch, d’une génératrice électrique à courant continu commandée par ce moteur Diesel et de deux moteurs électriques à courant continu de 11 k\v chacun.
- Une. étude détaillée du fonctionnement de cette installation a été publiée dans la Bevue maritime (mai 1925). Cette étude faisait prévoir que seuls des vents de faible vitesse pourraient être pleinement utilisés et que la puissance d’appoint ainsi obtenue — déduction faite de celle nécessaire pour faire tourner les rotors — ne pourrait jamais, même dans les cas les plus favorables, atteindre
- Fig. 4. — Le Baden-Baden (ancien Biickau),.
- une valeur industriellement intéressante. Le déficit devait être même, le plus souvent, notable.
- Les essais pratiques semblent bien avoir montré que ces prévisions n’étaient malheureusement que trop fondées et que si cette solution présentait un intérêt industriel, ce ne pourrait être que pour des tonnages beaucoup plus élevés que celui du Baden-Baden. tfffiSIe^t être aussi la conclusion à laquelle aboutirent
- Fig 3.
- Diagramme comparant la puissance motrice fournie par les retors du Biickau et celle que fournirait une tui’bine aérienne, suivant la direction du vent.
- les ingénieurs allemands, car ils procédèrent sans tarder à l’équipement, au moyen des rotors, du bateau à moteurs, le Barbara.
- La revue anglaise The Motor Ship donne à ce sujet, dans son numéro d’octobre 1926, quelques détails intéressants.
- Le Barbara est un bateau d’environ 90 m de long et de 2830 tonnes de déplacement. Il est muni d’un compas gyroscopique et d’un gouvernail du type Flettner.! Il possède deux moteurs Weser-M. A. N. de 530 ch chacun tournant à 300 t/m. La puissance sur l’arbre de l’hélice propulsive est de 1010 ch, ce qui correspond à un rendement de la transmission de 95 pour 100. L’hélice, à pales, a un diamètre et un pas égaux, d’environ 4,50 m.
- L’installation électrique comprend deux moteurs Diesel de 75 et 150 ch de puissance respective, mais la puissance absorbée par les rotors n’est pas spécifiée.
- On avait eu d’abord l’intention de construire un seul rotor de 28 m de haut et de 7 m de diamètre, mais les difficultés de réalisation des roulements à billes nécessaires fit décider l’établissement de trois rotors de 4 m de diamètre et de 17 m de haut, ce qui correspond à une surface projetée totale de 204 m2. Chacun de ces rotors peut supporter une poussée de 4 tonnes.
- Leur vitesse de rotation peut atteindre 160 t/m, ce qui correspond à une vitesse périphérique de 33,5 m/s et à la pleine utilisation d’un vent relatif de 8,4 m/s, soit deux fois la vitesse de pleine utilisation du Baden-Baden et huit fois son coefficient de puissance (puisque, toutes choses égales d’ailleurs, les puissances varient comme le
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- cube des vitesses du vent relatif). La tôle de revêtement des rotors est en « lautal » (alliage d’aluminium de 2,8 de densité et de 25 à 32 kg par mm2 de limite élastique) et a une épaisseur de 0,8 mm.
- Etant donné les soins apportés à la conception et à la réalisation de cette installation, les résultats obtenus devaient très logiquement être bien supérieurs à ceux donnés par le Buckau. C’est en effet ce qui est arrivé. Malheureusement nous n’en avons pas le détail, qui présenterait un immense intérêt.
- Voici cependant ceux publiés par The Motor Ship :
- 1° Avec un moteur tournant à pleine puissance et les rotors tournant à 140 t/m, le vent venant de l’avant à 45 degrés de la direction d’avancement du navire, la vitesse atteignait 6,25 nœuds.
- 2° Avec un moteur tournant à pleine puissance et les deux rotors tournant à 140 t/m, le vent venant de l’arrière à 35 degrés de l’axe du navire, la vitesse d’avancement était de 10,5 nœuds.
- 3° Avec les rotors seuls tournant à 150 t/m, le vent venant presque complètement par le travers, mais avec Il degrés d’écart vers l’arrière, la vitesse était de 9 nœuds.
- 4° Avec les deux machines tournant à pleine puissance et les rotors immobiles, la vitesse atteignait 9 nœuds.
- Tous ces essais ont été faits à une vitesse de vent de 6 à 7 à l’échelle Beaufort, soit 15 à 18 m/s.
- Ces chiffres, les seuls que nous connaissions, conduisent à des conclusions plus optimistes que celles qui dérivaient de l’étude sur des essais du Buckau. Pourtant The Motor Ship ajoute :
- « Il ne sera, naturellement, possible d’évaluer la « valeur commerciale du rotor qu’après une longue pé-« riode d'essais dans des conditions variées, destinées à « déterminer si l’économie du combustible suffira à comte penser les frais d’amortissement, dépréciation et assu-«, rances, ainsi que le coût de l’entretien — tâche qui « n’est aucunement facile avec les rotors. »
- Ajoutons quelques remarques :
- Les deux moteurs réunis donnent au bateau une vitesse de 9 nœuds. Comme les vitesses sont à peu près proportionnelles au cube des puissances, un seul moteur devrait
- 1
- lui donner une vitesse de 9 soit environ 7,14 nœuds.
- y 2
- Il est vrai que l’hélice propulsive ne travaillant plus dans les mêmes conditions (avec le même V/nD), son rendement doit sensiblement baisser.
- Tout de même, dans l’essai 1 avec un moteur et les trois rotors en pleine marche, la vitesse obtenue n’est que de 6,25 nœuds. Il est donc certain que l’appoint de puissance fourni par ces rotors, s’il est positif, ce qui n’est point sûr, est extrêmement faible. Cela signifie de plus que la poussée engendrée, soit environ 12 000 kg, agit dans une direction presque exactement perpendiculaire à la direction d’avancement, d’où une dérive importante.
- Et nous sommes bien obligés de conclure que pour tous les vents soufflant dans un secteur s’étendant au
- moins à 45 degrés de chaque côté de la direction de marche, l’action des rotors est non seulement inutile, mais encore nettement nuisible.
- Cette conclusion pouvait être aisément prévue. Nous redonnons, en effet, figure 3, le diagramme qui avait été publié par la Revue Maritime au sujet du Buckau ou plutôt d’un Buckau amélioré, avec des rotors de 18,5 m de haut au lieu de 15,6 m. De plus les puissances qui sont portées sur ce diagramme sont des puissances de propulsion nettes. Pour rendre ces puissances comparables à celles fournies par des moteurs Diesel, il faudrait les diviser par le produit 0,75x 0,95 (rendement de l’hélice X rendement de la transmission). Il faudrait enfin retrancher à la puissance utilisable fournie par les rotors celle employée pour entretenir la rotation de ceux-ci.
- On voit nettement sur ce diagramme que, pour une direction d’avancement donnée du bateau, les rotors n’utilisent l’énergie du vent d’une façon vraiment efficace que lorsque celui-ci souffle dans deux secteurs latéraux symétriques, dont la valeur angulaire totale ne dépasse pas beaucoup 200° (sur 360).
- Examinons maintenant rapidement ce que l’on pourrait raisonnablement attendre de la solution française..
- La solution française consiste, on le sait, dans l’emploi d’une turbine orientable, à deux pales, de grand diamètre, commandant par l’intermédiaire d’une transmission appropriée une hélice immergée. On utilise ainsi l’énergie cinétique d’une veine de vent de grandes dimensions. De plus le rendement en puissance est bon, quelle que soit la direction d’avancement. Et il est même excellent quand celle-ci est vent debout. L’installation est simple et relativement peu coûteuse. Le fonctionnement peut être rendu entièrement automatique. Donc, peu ou pas de personnel.
- Quand il s’agit d’expériences à ce point nouvelles, il faut renoncer à trouver en Franee des concours aussi puissants que ceux qu’a trouvés en Allemagne M. Flettner. Cette solution n’a donc pas pu être mise à l’épreuve dans d’aussi bonnes conditions que la solution rotors. Toutefois, grâce à la Direction des Inventions, un petit bateau de 6 tonnes, le Bois-Rosé, a pu être équipé d’une turbine à deux pales de 9 m de diamètre commandant une hélice immergée à 4 pales.
- Les essais, en novembre 1922, eurent un succès retentissant (1). Qu’il nous suffise de dire que M. Jules Breton, sénateur, membre de l’Institut, directeur de l’Offfice National des Inventions, étant lui-même à la barre (fig. 5), le Bois-Rosé évolua longuement dans toutes les directions (devant un public composé en majeure partie de savants et d’ingénieurs), fit plusieurs fois le tour d’un bateau parisien, l’accosta et repartit, toujours par ses propres moyens et mû uniquement par sa turbine éolienne, démontrant ainsi pratiquement et sans contestation possible que sa maniabilité était du même.ordre que celle d’un bateau muni d’un moteur thermique.
- De plus, les mesures de vitesse qui furent faites dans cette première période d’essais montrèrent que les vitesses
- 1. La Nature, 11 novembre 1922.
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- leur rendement ; d’autre part un bon éclairage permet d’éviter bien des accidents.
- Dans le commerce, les avantages d’un bon éclairage ne sont plus à démontrer, et il est bien connu que les magasins les mieux éclairés attirent la plus nombreuse clientèle.
- Enfin, sur les voies publiques, un bon éclairage facilite la circulation, diminue le nombre des accidents dus à la circulation, diminue également l’audace des malfaiteurs en rendant plus difficiles leurs tentatives criminelles. Il favorise le développement du commerce en attirant les passants dans les rues bien éclairées et en augmen-
- .. - :—’== 23 =
- thèse des ondulations, la lumière résulte de vibrations qui se propagent en ondes concentriques à la source lumineuse.
- Cette source émet donc, sous forme de radiations, une certaine quantité d’énergie par seconde; la répartition de cette énergie est supposée uniforme dans l’espace qui entoure la source.
- L’œil qui observe la source reçoit une partie de cette énergie ; c’est celle qui se propage dans le cône ayant pour sommet la source (supposée réduite à un point) et pour base le contour de la pupille de l’œil. Celui-ci éprouve une impression lumineuse que nous supposerons
- Fig. 2. — Bon éclairage.
- Les lampes, entièrement masquées, sont placées dans des réflecteurs qui concentrent la lumière sur l’étalage. ( Vitrine de démonstration
- de la Compagnie des Lampes.)
- tant ainsi la clientèle des magasins qui les bordent.
- Enfin, un bon éclairage augmente le confort et la beauté des villes et y rend la vie plus agréable et plus gaie.
- * *
- Avant d’étudier le problème de la réalisation d’un bon éclairage, il est nécessaire de définir certaines grandeurs relatives à la lumière et appelées grandeurs photométriques ainsi que les unités qui servent à les mesurer.
- Flux lumineux. — Rappelons que, d’après l’hypo-
- proportionnelle à l’énergie transportée W. On dit que le cône est le siège d’un flux lumineux F et par hypothèse on pose :
- F = K. W.
- K est le coefficient de luminosité.
- La surface d’une sphère de rayon d étant égale à laid2 on voit que l’énergie radiante qui traverse l’unité d’aire W
- de cette sphère est : ---- :
- 4 n«!
- Elle est donc inversement proportionnelle au carré de la distance à la source. Il en est de même du flux lumineux. C’est le principe fondamental de la photométrie ;
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- il est applicable à une source de dimen-sions quelconques pourvu qu’elles soient négligeables par rapport aux distances considérées.
- Intensité lumineuse. — Souvent le flux lumineux émis par une source n’est pas uniforme dans toutes les directions et il est intéressant de connaître le flux émis dans une direction donnée. Dans ce cas on considère son intensité lumineuse dans cette direction : c’est le flux lumineux émis par unité d’angle solide (') dans cette direction. Si F est le plus émis dans l’angle solide il F
- l’intensité I sera : I = — » en admettant que le flux est uniforme dans l’angle solide ü.
- Éclairement. — L’éclairement en un point d’une surface est la densité de flux lumineux en ce point ou, si la surface est uniformément éclairée, le quotient du flux par l’aire de la surface. Si S est cette aire, F le flux reçu F
- et E l’éclairement : E — g-
- Brillance ou éclat. — Plusieurs sources lumineuses peuvent émettre la même intensité dans une direction donnée, mais suivant leurs surfaces elles paraîtront plus ou moins brillantes.
- La brillance ou éclat d’une source lumineuse dans une direction donnée est le quotient de l’intensité dans cette direction par l’aire apparente de la source (projection de la surface de la source sur un plan perpendiculaire à la direction donnée).
- Unités photométriques. — L’unité fondamentale est l’unité d’intensité lumineuse qui est la bougie internationale. C’est le vingtième de l’étalon Yiolle : intensité
- dans une direction normale de 1 cm2 de la surface d’un bain de platine à sa température de solidification.
- L’unité de flux lumineux est le lumen.
- C’est le flux émis dans l’angle solide unité par une source
- I. Rappelons qu’un angle solide est un cône et qu’il se mesure par la surface qu’il découpe dans une sphère de ra^on égal à l’unité ayant son sommet pour centre.
- ponctuelle uniforme d’une bougie internationale.
- L’unité d’éclairement est le lux. C’est l'éclairement d’une surface de 1 m2 recevant un flux de un lumen uniformément réparti. On peut également dire que c’est l’éclairement produit sur la surface d’une sphère de 1 m. de rayon par une source ponctuelle uniforme d’une bougie placée au centre de la sphère.
- F
- La formule donnée plus haut : E = ^ou F = ExS
- O
- dans laquelle F est exprimé en lumens, S en mètres carrés et E en lux est la relation fondamentale employée dans le calcul des installations d’éclairage.
- Quant à la brillance d’une source lumineuse elle s’évalue en bougies par centimètre carré.
- *
- *7»
- Différents systèmes d’éclairage. — Réflecteurs et diffuseurs. — Les systèmes d’éclairage généralement employés sont :
- 1° L’éclairage direct dans lequel les rayons lumineux frappent directement les objets à éclairer avec ou sans interposition d’appareils diffuseurs.
- 2° L’éclairage indirect dans lequel les rayons lumineux sont dirigés vers le plafond qui les disperse dans la pièce.
- 3° L’éclairage semi-indirect dans lequel la majeure partie de la lumière est envoyée vers le plafond qui la diffuse et le reste vers le bas.
- L’éclairage direct est le type de l’éclairage industriel ; l’éclairage indirect convient aux installations particulièrement soignées (bureaux de dessin, magasins, théâtres...).
- L’éclairage (semi-indirect se recommande également pour les bureaux et les magasins.
- Les appareils qui réalisent ces divers systèmes d’éclairage utilisent des organes réflecteurs ou diffuseurs que nous allons rapidement examiner.
- Le réflecteur concentre la lumière dans la direction voulue et atténue l’éclat de la source lumineuse en augmentant la surface éclairante.
- Les réflecteurs en métal poli ou en verre étamé ou argenté permettent, s’ils ont une forme appropriée, d’envoyer le flux lumineux dans la direction que l’on veut; les rayons réfléchis font avec la normale à la surface réfléchissante un angle y égal à l'angle .7; que font les rayons incidents avec cette même normale (fig. 3).
- Ils ont un rendement variable avec la nature du métal employé. Par exemple un réflecteur en argent poli a un rendement de 88 pour 100, tandis qu’un réflecteur en aluminium poli n’a qu’un rendement de 62 pour 100. Le premier absorbe donc 12 pour 100'de la lumière tandis que le second en absorbe 38 pour 100. Avec le verre argenté le rendement est de 73 pour 100 seulement : 12 pour 100 sont absorbés par la surface argentée et 5 pour 100 par le verre, et enfin 10 pour 100 sont réfléchis par le verre (fig. 4).
- Les réflecteurs mats dispersent la lumière dans toutes les directions; le type de ces réflecteurs est représenté par une feuille de papier buvard blanc. Un rayon lumi-
- Fig. 3. — Les rayons réfléchis sur une surface forment avec la normale à celle-ci un angle y égal à l’angle d’incidence x.
- Fig. 4. — Une lame de verre argenté en B a un rendement réflecteur de 73 pour 100.
- Une partie de la lumière est absorbée pur le Terre (5 pour 100) et par I 1 surface argentée (12 pour 100). Une partie est réfléchie par le verre en E (10 pour 100).
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- neux tombant en un point cle cette feuille est dispersé dans toutes les directions (fig. 5). Un tel réflecteur assure une parfaite diffusion de la lumière, mais il est difficile à tenir propre, ce qui restreint son emploi.
- Les réflecteurs semi-mats permettent à la fois la réflexion et la diffusion de la lumière.
- Les réflecteurs à verres prismatiques renvoient la lumière dans- la direction voulue d’après le principe de la réflexion totale (fig. 6). Ils absorbent très peu de lumière et ont un rendement très élevé.
- On emploie beaucoup lès réflecteurs et diffuseurs en verre opalin ou verre opalisé.
- Ce verre peut être considéré comme du verre ordinaire parsemé de fines particules blanches qui le rendent plus ou moins opaque. Quand un rayon lumineux rencontre une plaque de verre opalin, une partie de la lumière est réfléchie pa.r la surface, une autre est diffusée par les particules, une troisième traverse la lame en passant entre les particules et sort dans toutes les directions (fig. 7). Le verre opalisé joue donc le rôle de réflecteur-diffuseur sur sa surface supérieure et de diffuseur sur l’autre.
- Les réflecteurs en verre opalisé sont faciles à nettoyer, très lumineux et d’aspect agréable.
- Les réflecteurs en tôle émaillé peuvent être considérés comme formés d’une tôle recouverte intérieurement de verre opalisé. Il faut que l’émail soit très opaque pour que la lumière n’atteigne pas la tôle qui l’absorberait. Ils sont économiques et très employés dans l’industrie. La forme la plus répandue est celle que représente la figure 8.
- On emploie encore des réflecteurs en verre dépoli, substance qui présente les mêmes caractéristiques que les surfaces semi-mates. La figure 9 montre comment un rayon lumineux qui rencontre une lame de verre dépoli du côté poli est réfléchi partiellement parce côté et diffusé par le côté dépoli. Le verre dépoli est surtout employé dans les diffuseurs, notamment dans les ampoules des lampes à incandescence.
- *
- * *
- Réalisation d'un bon éclairage. Choix des appareil*. — Un bon éclairage doit réaliser certaines conditions en ce qui concerne la quantité et la qualité de la lumière. Il doit tout d’abord assurer un éclairement suffisant des objets à éclairer et par suite les sources lumineuses doivent avoir une puissance calculée en conséquence.
- L’éclairement doit varier suivant le but à atteindre. S’il s’agit d’éclairer un atelier, une usine, un bureau, où se trouvent des établis, des machines-outils, des tables, on admet que cet éclairement doit être réalisé dans le plan de travail ou plan utile, à 0 m. 75 ou 1 m. du sol. II s’agit alors d’un éclairement horizontal.
- Dans d’autres cas on peut avoir à éclairer des plans verticaux, murs de salles de cours, tableaux, etc.
- Un bon éclairage doit également satisfaire à certaines conditions de qualité : répartition uniforme de la lumière sur le plan de travail, absence d’éblouissement
- et d’ombres à contours trop accentués.
- Pour réaliser une répar-tition uniforme de l’éclairement et l’absence d’ombres dures à contours trop nets on est conduit à prévoir un éclairage général suffisant pour permettre de travailler dans de bonnes conditions dans toutes les parties du local à éclairer et à installer des lampes supplémentaires aux endroits où un éclairage plus intense est nécessaire.
- Toutes les lampes doivent être munies de réflecteurs de manière que leur flux lumineux soit dirigé sur les objets à éclairer et qu’il y ait un gaspillage minimum de la lumière qu’elles émettent.
- La forme des réflecteurs varie avec la hauteur à laquelle ils sont suspendus, avec la concentration que l’on veut donner au faisceau lumineux et avec la direction dans laquelle celui-ci doit être envoyé.
- Pour adoucir les ombres et en estomper les contours il faut employer des appareils ayant une grande surface diffusante et les répartir convenablement. On peut obtenir ce résultat par l’emploi des ampoules en verre dépoli.
- Pour éviter l’éblouissement il faut placer convenablement les sources lumineuses. L’éblouissement direct se produit quand la source lumineuse est dans le champ visuel. On l’évite donc en plaçant les lampes à une hauteur suffisante pour qu’elles ne soient pas dans le champ visuel. On admet généralement que l’angle des rayons lumineux et de l’axe du champ visuel (axe sensiblement horizontal) doit être d’environ 30°. Si cette condition n’est pas réalisée, il faudra employer des lampes entourées de globes dépolis.
- L’éblouissemènt peut être produit par l’image de la source lumineuse, c’est l’éblouissement par réflexion (fig. 10). On l’évite également en plaçant convenablement les lampes.
- En dehors des conditions techniques nécessaires pour obtenir un bon éclairage, il faut encore considérer les facilités d’entretien des appareils et choisir des types d’appareils dans lesquels le remplacement des lampes et le nettoyage des réflecteurs ou diffuseurs s'effectue facilement.
- ** *
- Choix de la valeur de l'éclairement. —
- L’éclairement à réaliser varie avec la nature du travail à effectuer. Pour les gros travaux, qui ne
- Fig. 6. — Réflecteur prismatique à réflexion totale.
- Le rayon SA subit la réflexion totale en A et en B sur les faces du prisme et est réfléchi suivant BG.
- Fig. 5. — lTn rayon, lumineux tombant sur une feuille mate de papier buvard est réfléchi dans toutes les directions.
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- demandent pas une attention soutenue, un éclairement de 20 à 30 lux sera suffisant; pour des travaux de précision il faudra des éclairements de 60, 100 et même 150 lux.
- On a dressé des tableaux indiquant pour chaque genre de commerce et d’industrie les éclairements que l’on emploie le plus souvent :
- Voici à titre d’exemples quelques-uns de ces éclairements (Voir Tableau /).
- Quand l’éclairement du plan utile a été déterminé, la formule donnée plus haut permet de calculer le flux lumineux que doit recevoir ce plan. Appelons F" ce flux lumineux, exprimé en lumens, E l’éclairement exprimé en lux, S la surface du plan utile en mètres carrés. On a : F" = E X S.
- Fig. 7. — Action d’une plaque de verre opalin sur un rayon lumineux. Une partie en est diffusée par réflexion sur la surface, une autre partie traverse la plaque et se diffuse ensuite.
- Tableau I
- LOCAUX ÉCLA1RE- MENTS EN LUX
- Entrepôts. . . . . 20
- Aciéries :
- Fosses de trempe . 20
- Halls de coulées. . 30
- Laminage de grosses
- pièces 40
- Laminage de petites
- pièces. . . . . . 60
- LOCAUX ÉCLAIREMENT S EN LUX
- Boulangeries . . . 60
- Bijouteries. . . . 80
- Grands magasins. 100
- Salles de services. 80 à 150
- Appartements. . . 30
- Bureaux 50
- Mais ce flux F" que nous appellerons flux utile n’est qu’une partie du flux F' émis par les appareils, l’autre partie étant absorbée par les murs, le plafond, et les apparéils eux-mêmes.
- On appelle coefficient d'utilisation le rapport du flux
- Fig. 8. — Forme d’un réflecteur en tôle émaillée.
- utile au flux total émis par les appareils. Si u est ce
- F''
- coefficient d’utilisation on a « =
- n ™ ExS.
- On a donc : h =---------
- u
- Enfin on multiplie le résultat ainsi obtenu par le coefficient de dépréciation d pour tenir compte de l’usure des lampes, de la poussière accumulée sur les ampoules et les réflecteurs, etc. Ce coefficient varie de 1,2 à 1,5 suivant les facilités d’entretien des appareils. Finalement le flux nécessaire F est :
- Ex S.
- X d.
- Si l’on a N lampes, le flux que devra émettre chacune
- ,, n , F ExSxd
- ' N N «
- Il ne reste plus qu’à chercher dans un catalogue de fabricant le type de lampe donnant le nombre de lumens cherché.
- On peut admettre pour le coefficient d’utilisation les valeurs moyennes indiquées ci-dessous pour les différents éclairages (*).
- Tableau II
- NATURE DES MURS NAT Clair. URE DU PLAT Demi-foncé. OND Foncé.
- 1° Éclairage direct Clair . . . 0,50 0,45 0,40
- et semi-indirect. Demi-foncé. 0,45 0,40 0,35
- Foncé. . . 0,40 0.35 0,30
- 2° Éclairage Clair . . . 0,35 0,25 0,15
- Demi-foncé. 0.30 0,20 0.10
- indirect. Foncé. . . 0,25 0,15 0,05
- *
- îf îj»
- Emplacement des lampes. — Les lampes sont réparties symétriquement au centre de rectangles égaux se rapprochant le plus possible du carré.
- Dans le cas de l’éclairage direct, elles sont placées le plus haut possible pour éviter l’éblouissement. Si H est leur hauteur au-dessus du plan utile l’écartement maximum entre deux lampes consécutives est E = HXl»5.
- Quant à la distance des lampes aux murs, elle est géné-
- ralement égale à dans les bureaux et les ateliers où
- l’on travaille près des murs on lui donnne la valeur — Dans le cas de l’éclairage indirect on détermine de la
- 1. Valeurs données par M. Darinois, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy ^ L'Eclairage. Encyclopédie Léauté).
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- = EXTINCTION MÉTHODIQUE DU FEU =
- PAR UNE FOURMILIÈRE DE “ FORMICA RUFA ”
- Les expériences suivantes découlent de plusieurs observations faites vers la fin de l’élé 1926. Elles ont été poursuivies en 1926 et en 1927, et M. le professeur Bouvier, du Muséum, qui se rendit le 6 octobre 1927 à Fontainebleau pour y assister, a pu constater lui-même les faits que je vais consigner.
- On m’avait signalé en septembre 1927 que des fourmis d’une certaine fourmilière, que nous appellerons À, procédaient à l’extinction assez rapide des bouts de cigarette jetés en passant sur ce nid, puis attaquaient même un rat-de-cave allumé et posé sur la fourmilière, si bien qu’elles parvenaient à l’éteindre. L’observateur qui me signalait ces faits singuliers était M. Michel-Durand, sous-directeur au Laboratoire de Biologie végétale. Il m’apprit en même temps qu’on avait coutume, en passant, de bouleverser et de piétiner cette fourmilière, d’y prendre des larves, bref, que les fourmis s’y trouvaient toujours plus ou moins sur la défensive. (Il convient de dire que cette fourmilière est aujourd’hui au contraire environnée d’un respect qui est dù à son étonnante initiative.)
- J’entrepris une suite de vérifications et d’expériences à ce sujet en septembre et octobre 1926, puis de nouveau en 1927, dans le but de m’assurer que la conduite des fourmis se conformait toujours aux premières initiatives datant de 1926, et aussi dans le but de connaître quel serait le comportement. des fourmilières voisines de F. rufa si je les plaçais dans des conditions tout à fait semblables à celles de la fourmilière A.
- Le résultat de ces expériences répondra aux questions suivantes :
- 1° Y avait-il réellement initiative de la part des Formica rufa, et l’extinction de la flamme ne pouvait-elle être due au hasard?
- 2° Comment se comporteraient les autres fourmilières de la même espèce en présence du feu dans des conditions rigoureusement semblables?
- Pour répondre à ces deux questions, l’observation prolongée et attentive était nécessaire.
- Les premières observations de 1926 ont été faites de nuit; elles furent recommencées de jour, étendues à tous les nids, et terminées de nuit sur différentes fourmilières.
- Yoici le détail de la première :
- Fourmilière A.—20 septembre 1926 — (Laboratoire de Biologie végétale de Fontainebleau).
- Fourmis souvent sur la défensive, comme on l’a vu, et en butte à mainte vexation.
- 8 h. 55 du soir. Le rat-de-cave allumé et entortillé à un bâton est posé sur la fourmilière encore défoncée delà veille.
- Aussitôt des fourmis accourent. La foule n’est pas particulièrement dense sur leur nid, elles y travaillaient encore avec activité; car, au soleil, il n’est que 7 h. 55 du soir. Il a fait tellement chaud dans la journée que le moindre mouvement provoque une transpiration : comme vie dans la fourmilière, c’est donc la même que dans le jour. Le rat-de-cave allumé est posé sur la fourmilière sans danger immédiat d’incendie. Dans la nuit, la flamme monte un peu et brûle bien. Les fourmis ne se sauvent pas. Je distingue presque aussitôt qu’elles assaillent peu à peu la mèche qui flambe.
- Cependant, elles ont d’abord un peu reculé; puis quelques-unes montent jusque sur le bâton où est enroulé le rat-de-cave, et nous entendons nettement un crépitement dans la flamme. On voit en même temps à sa lueur les jets d’acide
- formique bien dirigés. La flamme très ardente baisse aussitôt dans l’obscurité, mais elle repart de plus belle.
- . D’autres fourmis font cercle ; nouveaux crépitements. Pais, en voilà une qui s’élance sur la flamme même, et cela fait baisser celle-ci à un tel point que le corps seul de cette petite fourmi n’aurait pu avoir ce résultat si la fourmi n’avait profité de son élan dans le brasier pour lancer de très près tout son acide formique; mais la fourmi est brûlée.
- Son geste est imité, de dix en dix secondes, par quelques autres qui souvent, au moment de se précipiter, témoignent d’une visible hésitation et parfois même reculent, puis se jettent résolument en avant (on en vit une retenue par'une compagne au moment de s’élancer et cette petite scène curieuse s’est renouvelée sous nos yeux en 1927). Ces élans contribuent à faire beaucoup baisser la flamme. La flamme baisse si bien que les fourmis rapprochent leurs assauts et leurs jets, tout crépite et finalement s’éteint — durée 1 minute.
- Mais tout n’est pas achevé. La flamme éteinte, les fourmis ne sont pas redevenues indifférentes. Elles se précipitent en bien plus grand nombre, couvrant enfin la mèche, ce qu’elles n’osaient faire jusque-là, et, se jetant sur la braise qui luit encore à l’extrémité, on en voit qui saisissent cette mèche en feu avec leurs mandibules, qui l’arrachent, l’étouffent.
- Aussitôt le dernier point en ignition supprimé, les fourmis ne s’acharnent pas une seconde et le calme renaît sur la fourmilière.
- Yoilà quelle succession de faits remarquables j’ai pu obser-server avec plusieurs témoins. En recommençant immédiatement l’expérience, il y eut même tactique, et chaque fois deux extinctions successives, celle de la flamme au moyen des jets d’acide formique,' et celle de la braise uniquement au moyen d’étouffement et mordillements.
- Le vent, développant plus ou moins la.flamme, a causé des variations dans le temps qu’a demandées chaque fois le combat contre le feu.
- Première victoire des fourmis en.............1 minute
- Deuxième — — en.............3 —
- Troisième — — en...........2 —
- Quatrième — — en ..... 1 —
- Sur ces troisième et quatrième extinctions, il faut dire un mot. Au lieu du rat-de-cave, nous avions placé sur la fourmilière un bout de bougie allumé très mince, dont la flamme était beaucoup plus forte que celle du rat de cave.
- La tactique suivie fut celle-ci : les fourmis montèrent à l’assaut de la bougie, et plusieurs s’engluèrent dans la cire fondante. Elles lancèrent l’acide formique, visant très bien, et déployèrent plus d’efforts à cause de l’épaisseur et de la force de la llamme. Enfin étant parvenues à l'éteindre, elles ont chaque fois monté à l’assaut de la mèche pour en éteindre jusqu’au dernier point lumineux avec soin.
- Dans les essais qui suivirent, les F. rufa se trouvant de plus en plus entraînées, leur méthode d’extinction devint si rigoureuse et si remarquable que l’on put enregistrer les temps suivants :
- Extinction en................... 0 minute 10 secondes
- —.................. 1 — 30 —
- — —................... 0 — 12 —
- — —................... 0 — 20 -—
- Diirant les nombreux essais portant sur cinq autres nids de Formica rufa, je n’ai constaté au contraire qu’assez rarement l’emploi de l’acide formique lancé, quand les fourmis
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- == 34 . ...............==
- se sentaient attaquées par le feu. Ce n’est pas là leur défense instinctive devant cette sorte de danger, et il est probable en effet que le feu ou l’eau ne doivent pas éveiller chez des insectes la même colère instinctive qui est provoquée par l’odeur et la présence d’autres insectes ou d’un animal ennemi.
- On doit donc écarter cette première explication. On doit d’autant mieux l’écarter que j’ai observé sur plusieurs fourmilières quelques tentatives exercées contre le feu et qui étaient fort différentes de l’idée d’extinction par jets d’acide. Ainsi, un procédé employé sur une fourmilière voisine consistait à s’emparer de la mèche allumée et à l’entraîner hors du nid, et'il ne peut être confondu avec l’idée d’éteindre le feu par jets d’acide formique.
- Voilà donc établi que le fait de lancer de l’acide formique n’est pas un réflexe instinctif chez la F. rufa.
- Maintenant, donnons à titre de comparaison le détail de ce qui se passe sur les autres fourmilières.
- Fourmilière B, 20 septembre 1926, soir. — Cette fourmilière, très anciennement fondée, est colossale et extrêmement peuplée. 11 est difficile d’en approcher sans être couvert de fourmis. Elle n’est pas bouleversée et tracassée comme la fourmilière A.
- On pose le rat-de-cave allumé au milieu.
- Les fourmis font d’abord le cercle, puis tout à coup, saisies de peur, reculent toutes.
- La flamme continue de brûler. Quelques fourmis approchent et tombent dans le feu, mais sans le faire exprès et sans que la flamme ait baissé ou crépité à leur approche. J’en observe enfin quelques-unes qui lancent de l’acide formique, mais si haut que les jets passent par-dessus la flamme et ne font qu’en moucher l’extrémité. La flamme ne baisse pas. Quelques fourmis se font griller cependant sans que l’on ait bien compris leur intention ou leur rôle.
- La flamme baisse parfois naturellement, puis se ralluma. Au bout de 4 minutes et demie, elle vint à s’éteindre, sans qu’on ait pu déterminer la cause de l’extinction.
- Elle est remplacée par le bout de bougie.
- Les fourmis l’entourent, montent un peu à l’assaut (ce qu’elles cessent en général de faire par la suite). La flamme crépite un moment, puis elle brûle en se consumant indéfiniment sur la fourmilière sans qu’aucune fourmi ait cherché à l’éteindre. Après 9 minutes 1/2, nous l’éteignons.
- On remet le rat-de-cave allumé. Les fourmis ne tentant presque rien, la flamme ne s’éteint pas. Après 7 minutes 1/2, nous le retirons pour l’éteindre.
- La suite des expériences a confirmé ces résultats.
- Fourmilière C, même soir. — Cette fourmilière est souvent tracassée et a même résisté à un essai de destruction par le sulfure de carbone.
- Les fourmis y sont actives, et hardies au point d’oser attaquer les abeilles qu’elles guettent lorsque, trop chargées de miel, celles-ci se posent sur le sol.
- On met le rat-de-cave allumé sur la fourmilière. La foule est grouillante, très rapide et très active.
- Les fourmis semblent alarmées et même affolées. Plusieurs lancent des jets d’acide sur la flamme qui crépite; mais elles ne profitent pas de l’abaissement de la flamme pour continuer leurs attaques. Les fourmis ne semblent pas comprendre qu’elles puissent lutter en présence du feu. La flamme baisse, repart, puis 'continue à brûler sans arrêt. Après 7 minutes, nous l’éteignons. Ainsi de suite.
- Fourmilière D. — Ici; c’est l’opposé absolu de la conduite des fourmis de A que l’on constate.
- Les fourmis, peu nombreuses, ne remarquent même pas la flamme qui brûle et met le feu aux brindilles mal protégées par l’acide formique, car la fourmilière est peu peuplée.
- Deux ou trois fourmis seulement viennent voir la flamme, de loin. Elles ne s’avisent de rien; et le rat-de-cave brûle comme en un lieu désert. Il brûle indéfiniment.
- Fourmilière E- — Je pose le rat-de-cave au milieu de la fourmilière. Une foule noire de fourmis se forme aussitôt. Mais elle n’ose pas approcher. Aucune ne lance d’acide formique.
- Enfin, cette foule qui a peur se presse, s’écrase à demi, les premiers rangs sont grillés sans avoir rien tenté de hardi ou de courageux.
- Beaucoup de fourmis sont ainsi brûlées; mais elles n’ont fait que s’apercevoir du danger sans rien tenter pour le détruire. La flamme brûle sans fin et sans crépiter ni baisser.
- Le feu ayant été retiré, il se forme aussitôt sur le lieu où il était et où sont les fourmis grillées une foule extraordinairement dense.
- Le danger supprimé, toutes les fourmis accourent et noircissent complètement la place.
- Les expériences renouvelées en plein jour donnèrent, pour les fourmilières B, G, D, E, F, des résultats toujours négatifs. Sur deux de ces fourmilières aucun jet d’acide ne fut même lancé durant l’expérience du jour.
- Reprises la nuit, les expériences donnèrent les mêmes résultats. Il faut noter cependant qu’une seule de ces fourmilières, E, se livra, durant des essais nocturnes, à quelques attaques, et que trois extinctions en tout ont été observées. Mais la part du hasard peut avoir été grande, et il est absolument impossible de comparer la conduite de ces fourmis avec la conduite si méthodique de celles de A, menant toujours infailliblement à l’extinction rapide de la flamme.
- En effet, pour résumer les essais de 1926 :
- 1° Pas une seule fois, les fourmis d’A n’ont manqué d’éteindre le bout de bougie ou le rat-de-cave allumé qu’on leur présentait.
- 2° Jamais l’extinction n’a pris plus de 10 minutes, et le minimum très remarquable et assez souvent atteint a été de quelques secondes seulement, lorsque les fourmis étaient bien entraînées et que la température de la journée avait été douce, ce qui leur laissait toute leur activité.
- 3° Sauf de très rares exceptions, la flamme placée comme témoin sur les autres fourmilières brûlait indéfiniment au milieu de toute la masse des fourmis.
- Il n’est donc pas permis de croire au hasard en ce qui concerne les extinctions obtenues par la fourmilière A, ni de penser que la flamme fut tout simplement étouffée par la grande quantité de fourmis qui l’entourait.
- Reprise des expériences et des observations en 1927.
- Au mois de juin, les fourmis se montraient peu actives à se défendre, sans doute à cause de la préoccupation plus grande de l'essaimage.
- Mais dès l’automne les expériences purent être reprises et donnèrent les mêmes résultats qu’en 1926, à la seule différence près que cette année la fourmilière A est plus prospère et qu’au contraire les autres ont été partiellement détruites. Les expériences portèrent donc sur A et deux autres nids seulement, B et F.
- La fourmilière B, à demi détruite par le sulfure de carbone, se trouvait à peu près dans les mêmes conditions que A en 1926. Cependant, elle ne fit aucun effort, ni aucun progrès en face du feu. La fourmilière F tenta quelques attaques, mais n’obtint pas de résultat.
- Yoici la moyenne des extinctions observées sur la fourmilière A en plein jour ;
- En 1 heure . . ................. . 20 extinctions.
- Les observations faites la nuit donnent les mêmes résultats; l’intérêt de celle-ci consiste à permettre de voir très nette-
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- ment la direction des jets d’acide formique dirigés sur la flamme.
- J’eus l’idée de placer la mèche allumée non plus sur la fourmilière A, mais à côté sur le sol, là où il passait assez peu de fourmis.
- Les fourmis, apercevant la flamme, s’approchèrent, entourèrent la mèche, au nombre de 25 environ, et l’attaquèrent au moyen de l’acide formique, en grimpant sur le rat-de-cave afin de mieux le mitrailler. Au bout d’un quart d’heure, s’étant maintenues malgré leurs sacrifices, à peu près au même nombre en se renouvelant, elles obtenaient leur victoire. Je comptai 25 mortes brûlées, la moitié à peu près des assaillantes. Cette dernière expérience fut renouvelée dès lors, et l’extinction obtenue infailliblement en 10 minutes ou 1/4 d’heure environ.
- Une chose très remarquable et même admirable, on ne peut s’empêcher de le penser, c’est l’héroïsme dont les four-
- - 1 ....... ....— 35 =
- mis font preuve, s’apercevant trop bien des effets du feu qui leur brûlent les antennes, et n’hésitant jamais à s’y précipiter pour l’éteindre. Sans ces sacrifices volontaires toujours nombreux, l’extinction de la flamme serait beaucoup plus difficile à obtenir et excessivement longue.
- Yoici les conclusions que l’on peut tirer de ces expériences répétées de deux étés.
- 1° C’est que, devant un danger nouveau pour elles, les fourmis d’une certaine fourmilière ont inventé, ou découvert, un procédé nouveau : en fait, l’extinction du feu.
- 2° Ce procédé, leur mémoire a su le conserver d’une année à l’autre, et recommencer à l’appliquer.
- 3° Non seulement il y a eu découverte et application durable d’une méthode nouvelle, mais cette méthode exige des sacrifices d’individus qui se renouvellent aussi souvent qu’il est nécessaire pour l’intérêt de leur communauté-,
- Marguerite Combes.
- --------- NOS LÉGUMES -r:..........
- HISTOIRE, PRODUCTION, UTILISATION
- MELON (Cucumis Melo L.) Cucurbitacées.
- Histoire. — Le mot melon dérive de melo, qui est dans le latin melopepo, nom que Pline donnait à ce fruit légumier. Palladius est le premier auteur qui le nomme simplement melo. L’origine du melon est demeurée incertaine à de Candolle et à Naudin qui admettaient que toutes les variétés de melons cultivés semblaient dériver soit d’une race sauvage del’Inde, le Cucumis pubescens, soit d’une race africaine, la C. arenaria des bords du Niger. Cette dernière forme, de la grosseur d’une prune obovoïde, n’offrant que peu de côtes, mais des bariolures plus foncées, semble bien être le type primitif du melon cultivé, Naudin nomma celte forme C. Melo variété Cossonianus. M. Auguste Chevalier a recueilli au Soudan des échantillons d’un Cucumis qui présente tous les caractères botaniques du melon cultivé. Comparé avec les aquarelles de Naudin, il a été reconnu identique à la variété de Cosson, certainement africaine.
- Le melon n’a pas été connu de la haute antiquité. L’ancienne Egypte ne le possédait pas, les melons que les Hébreux auraient tant regrettés, les Abattishim, étaient des pastèques ou melons d’eau très cultivés par les Egyptiens des temps pharaoniques et par ceux d’aujourd’hui. Il est arrivé en Europe au premier siècle de l’ère chrétienne et les documents archéologiques qui le concernent ne remontent pas au delà. Sauf chez les musulmans, le melon ne paraît plus cultivé en Europe, au moyen âge ; il y reparaît au xv° siècle, en Italie, d’où Charles VIII l’aurait rapporté en France de Naples, en 1495, au retour de son expédition guerrière. La culture en fut d’abord pratiquée dans le Midi, puis assez tard dans le Nord, parce que l’on ignorait l’art de les protéger contre le froid.
- Au début du xvis siècle, les melons, que les auteurs et surtout les poètes appelaient pompons, popons, etc., traduction du latin pepo, comptaient de nombreuses variétés. Ruellius (1536) cite les sucrins, Cameriarus le melon à côtes et le melon brodé dont l’écorce est couverte d’un réseau tubéreux blanchâtre. C’est l’ancien melon maraîcher, le seul à peu près cultivé pour le marché jusqu’à ce qu’il eut été supplanté par le Cantaloup. Celui-ci serait venu d’Arménie
- dans le xve siècle, apporté par des missionnaires et élevé d’abord à Cantalupi, d’où il s’est répandu dans les autres pays d’Europe en retenant le nom de ce lieu. Son introduction en France ne remonte pas au delà du milieu du xvme siècle, mais il existait déjà en 1778 plusieurs sous-variétés de cette race cataloguées par Andrieux-Vilmorin. Le type primitif n’a cessé d’être perfectionné par les maraîchers parisiens. D’ailleurs, le melon est l’un des fruits que les horticulteurs, depuis l’introduction des châssis vers 1780, ont le plus transformé au point de vue' de la grosseur, de la forme et de la qualité.
- Production. — Variétés. — On classe ses très nombreuses variétés en deux catégories : 1° les melons brodés aux côtes peu accentuées, à l’écorce recouverte de lignes grisâtres, sinueuses, ressemblant à une broderie plus ou moins en relief ; 2° les melons Cantaloups caractérisés par des côtes très prononcées, un épiderme parfois lisse plus souvent recouvert de verrues, ce qui leur a valu le surnom de melons « galeux ».
- Melons brodés. — Melons de Cavaillon très demandés sur les marchés : M. à chair rouge; M. tranché à chair rouge ou « Melon à confire » ; M. tranché à chair verte, le plus cultivé et le plus recherché dans la région. Melon de Honfleur, un des meilleurs melons de pleine terre, à maturité tardive. C’est, avec le Cantaloup noir de Portugal, le plus volumineux des melons cultivés sous notre climat. Melon sucrin de Tours, etc.
- Melons Cantaloups. — Cantaloup d’Alger, melon d’été d’excellente qualité; C. noir des Carmes; il convient en culture forcée et en culture hâtée; C. noir de Portugal, propagé vers la fin du xvme siècle ; c’est plutôt un melon d’exposition que" de consommation. Cantaloup de Prescott, il doit son nom au jardinier anglais Prescott qui l’apporta à Paris vers 1800. Il a produit plusieurs sous-variétés dont les deux principales sont : C. Prescott à fond blanc (gros Cantaloup de ' Paris) à chair rouge orangé ; C. Prescott à fond blanc argenté ; il se distingue du précédent par la teinte argentée de son écorce. Ces deux délicieux melons, cultivés comme
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- primeurs, sont de beaucoup ceux qu’on voit le plus souvent à Paris.
- Production totale de la France. — Les statistiques agricoles annuelles du Ministère de l’Àgricullure ne donnent pour lés départements mélonifères que : a) la production en quintaux; b) le prix moyen du quintal. De l’examen que j’en ai fait, il résulte que la production totale s’élevait en 1925 à environ 148 760 quintaux. Quant à la valeur totale, il est impossible de l’évaluer exactement à cause de l’extrême diversité des prix moyens du quintal qui varient de 70 à 770 francs, et du remplacement partiel de ces prix par ceux delà pièce ou de la douzaine. Cependant, pour en avoir une idée approximative, si l’on admet, d’après mon calcul, 260 fr. comme prix moyen du quintal, la valeur totale atteindrait environ 38 687 600 francs.
- Principaux départements producteurs. — On peut les diviser comme suit, au regard de la production totale ; de 2 000 à 5 000 quintaux : Charente-Inférieure, Corrèze, Deux-Sèvres, Lot-et-Garonne, Meurthe-et-Moselle. Sarthe, Vendée, de 5001 à 10 000 quintaux: Alpes (Basses-), Corse, Gard, Saône-et-Loire, Vienne. Cinq départements se distinguent par leur quantité qui varie, en 1925 et 1924, en chiffres ronds, dans les proportions ci-contre : Tarn-et-Garonne 16 à 19 000 quintaux; Bouches-du-Rhône 13 à 21000 quintaux; Var 12 à 35 000 quintaux; Vaucluse 27 à 44 000 quintaux. La Haute-Garonne a même produit, exceptionnellement, en 1924, 59 400 quintaux. Comme on le voit, ce sont toujours les départements méridionaux qui l’emportent de beaucoup en quantité-
- Bendement. — Lorsqu’on plante deux pieds par châssis, on peut récolter par pied : un gros melon pesant de 3 ou
- 4 kilos (Prescott fond blanc) ou 2 fruits pesant ensemble 4 à
- 5 kilos, ou encore 3 à 8 fruits moyens ou petits, pouvant représenter de 3 à 8 kilos, suivant la vigueur et la variété. (.T. Vercier).
- Prix des melons primeurs et de pleine saison aux Halles de Paris. — Cette année (1927) les melons primeurs sont arrivés les premiers en mai, puis ceux du Midi (Cavaillon) en juin, et enfin, en juillet, ceux de Paris. Voici leurs prix extrêmes, à la pièce. Melons de Nantes, en mai 10 à 150 fr. ; en juin 10 à 45 fr. ; en juillet 3 à 18 fr. Melons de Cavaillon. en juin 4 à 8 fr. ; en juillet 1 fr. 50 à 4 fr. 50. Melons de Paris en juillet 6 à 70 fr, etc.
- En pleine saison, lorsque les melons cultivés en grand arrivent des principaux centres de la Provence, de la Bretagne, de la Touraine, etc., les prix, selon les arrivages et la qualité, peuvent tomber en septembre et octobre entre 2fr. 50 et 0 fr. 50
- Ulilisation. — Alimentation. — Parmi les fruits délicats qu’obtient l’art du jardinier, l’un de ceux qui ont le plus excité le désir des gourmands et délecté le palais des gourmets est le melon qui, lorsqu’il est bon, c’est-à-dire mûr à point, possède une chair fondante, très fraîche, très juteuse, d’un parfum exquis et pénétrant. Inutile de dire qu’il a ses partisans et ses adversaires. Parmi les premiers, le plus enthousiaste est le poète Saint-Amant qui a terminé son dithyrambe comme suit :
- O manger précieux! délices de la bouche.
- O doux reptile herbu rampant sur une couche,
- O beaucoup mieux que l’or, chef-d’œuvre d’Apollon,
- O fleur de tous les fruits, ô ravissant melon !
- Il a été le fruit légume préféré d’une foule d’illustres personnages et, pour ne pas sortir de France je rappellerai que, depuis Henri IV, l’amour des melons paraît avoir été héréditaire dans la famille des Bourbons. Louis XIV les appréciait fort, mais La Quintinie ne pouvait lui en
- fournir qu’en juin. Louis XV, qui en était encore plus friand, en recevait de bien mûrs de son jardinier Gondouin le jeudi saint, c’est-à-dire au plus tôt le 20 mars et, au plus tard, le 22 avril. Quant à Louis XVIII, le fameux horticulteur Noisette lui présentait aux mêmes dates les Cantaloups les plus précoces.
- Il est peu de fruits, cependant, qui aient été, comme les melons, frappés des foudres de l’hygiène, mais ses maléfices ont été dus, le plus souvent, à la gourmandise. La légende les a accusés d’avoir causé la mort de quatre empereurs, d’un pape et de beaucoup de personnages de moindre importance, qui en avaient mangé avec excès. Henri Leclerc relate qu’un praticien de Lyon reconnaissait dans le melon un redoutable auxiliaire des Parques, et qu’ayant acquis une grosse fortune dans l’exercice de sa profession, il s’était fait construire une maison dont le fronton portait inscrit en lettres d’or le distique suivant :
- Les concombres et les melons M’ont fait bastir cette maison.
- La vérité, c’est qu’un bon melon est un fruit délicieux qui. savouré avec modération surtout pendant les grandes chaleurs, rafraîchit les organes et stimule l’appétit sans produire de diarrhée; seulement sa richesse en eau, sa pauvreté en principes nutritifs en font un fruit d’une valeur alimentaire bien faible. L’usage en est recommandé aux constipés, aux rhumatisants, goutteux et graveleux, mais interdit aux entériteux et dyspeptiques.
- Le choix d’un melon a toujours été très délicat, comme l’indique le quatrain de Claude Mermet.
- Les amis de l'heure présente Ont le naturel du melon :
- Il faut en essayer cinquante Avant que d’en trouver un bon.
- On doit donner la préférence aux Cantaloups, notamment au Prescott à fond blanc, parce que leur chair l’emporte de beaucoup en qualité sur celle des melons brodés. On reconnaît qu’un melon est à point quand l’écorce se « cerne », c’est-à-dire quand elle est crevassée autour du pédoncule et qu’elle cède légèrement à la pression du doigt, ou encore lorsque le pouce ne peut enfoncer que mollement le pourtour de l’œil.
- Principaux usages. — On mange les melons de plusieurs façons : 1° à l’état frais, sans autre assaisonnement que saupoudrés de sel et de poivre ou de sucre, en hors-d’œuvre plutôt qu’en dessert. On peut aussi enlever les graines et les remplacer par une certaine quantité de fraises, un verre de bon vin, du sucre en poudre, puis placer le melon durant 12 heures dans une glacière ou un endroit très frais où il s’enrichit du parfum des fraises et se refroidit. On se contente souvént de refroidir le melon dans un seau d’eau de puits très froide. Il est prudent d’accompagner son ingestion d’un verre de Madère ou de Xérès, ou encore de Cognac.
- 2° A l'état cuit. On prépare parfois avec les melons de médiocre qualité : a) un potage qui se fait comme celui de la citrouille ; b) une confiture soit avec son écorce, soit, de préférence, avec le fruit entier. La confiserie fabrique des confitures et des confits à l’eau-de-vie en utilisant des melons à chair ferme (melon tranché à chair rouge, etc.). On conserve et confit au vinaigre les petits fruits qui ont la grosseur d’une noix ou d’un œuf, et proviennent de l’éclaircissage.
- La thérapeutique a employé les graines qui constituaient avec celles de la courge, de la citrouille et du concombre, les quatre grandes semences froides dont on préparait des émulsions adoucissantes, calmantes et pectorales.
- A. Truelle.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN FÉVRIER J928(‘)
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- Un beau mois pour l’amateur astronome. Les nuits sont encore longues, les constellations d’hiver étincellent au Sud et à l’Ouest, celles de printemps se lèvent, et, plus avant dans la nuit, les étoiles d’été font leur apparition. Au crépuscule, la lumière zodiacale s’allume, sa douce lueur voile légèrement le fond du ciel. Elle fera place à la lin du mois à la Lune croissante avec la lumière cendrée.
- Pendant quelques jours, Mercure brillera dans les feux du couchant et scintillera dans le crépuscule.
- Voilà de b eaux spectacles que ne connaissent pas les habitants des grandes villes, plongés dans une atmosphère enfumée, poussiéreuse, diffusant les intenses lumières artificielles. Doit-on s’étonner, après cela, que les habitants des campagnes s’intéressent plus aux faits célestes que ceux des villes, pour lesquels ils sont, autant dire, invisibles. Des rues étroites, brillamment éclairées, des immeubles élevés, une effrayante circulation automobile soulevant des flots de particules ne sont pas des conditions favorables pour méditer sur l’imposante grandeur des spectacles célestes.
- I. Soleil. — Par suite de la hauteur croissante du Soleil sur l’horizon, la durée des jours augmente rapidement en février. De 9h21m, le 1er, cette durée atteint 10h 51 le 29. La déclinaison du Soleil, de —17°
- 22'le 1er, est de —7° 57'le 29.
- Voici le temps moyen, à midi vrai, de deux en deux jours :
- de l’année pour observer la lumière zodiacale le soir. Les mois de février, mars et avril sont les plus favorables pour cette observation. 11 faut pour cela une nuit très pure et l’absence de la Lune. En février, la semaine du 16 au 23 (Lune Nouvelle le 21) se recommande à ce point de vue.
- Rechercher la lueur anti-solaire vers minuit, dans le Lion du 18 au 25.
- Lune. — Les phases de la Lune, en février, seront les suivantes :
- P. L. le 5, à 20h 11“ D. Q. le 13, à 19» 5"
- N. L. le 21, à P. Q. le 28, à
- 9h 41" 3h 21"
- Age de la Lune, le 1er février à 0» = 9J',2; le 22'= 0f,6. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou ,1e 22. Et pour une heure donnée, ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en février : le 3 =4-2502'; le 17 = — 250 7'.
- Apogée delaLune (plus grande distance à la Terre), lel2 février, 416''. Parallaxe = 54'15'.
- Dates. fleures du passage
- Février 1er 12h 4“ 15”
- — 3 12h 4“ 31'
- — 5 12h 4m 438
- — 7 12» 4“ 52s
- — 9 12» 4“ 58s
- — 11 12» 5“ 1’
- — 13 12» 5“ 1-
- — 15 12» 4“ 58’
- — 17 12» 4“ 52'
- — 19 12» 4“ 43'
- — 21 12» 4” 32'
- — 23 12» 4“ 17'
- — 25 12»4“ 1*
- — 27 12» 3“ 42'
- — 29 12» 3“ 20'
- Mercure 5 Fêv. ’SFév-
- * M,
- *
- N
- 5 Fèy. !5 fèv.
- SOLEIL '
- Fig.l. —Positions respectives de la planète Mercure et du Soleil, les 5 et 15 février 1928.
- Au moment du coucher du Soleil, le 5 février, Mercure est en M. Le 15, il est en Mr
- Observations physiques. — Un certain nombre d’observateurs ont pris l’excellente habitude d’observer et de dessiner le Soleil, chaque fois que le temps le permet. Pour orienter les dessins, on s’aidera des renseignements suivants :
- Dates. P Bo L„
- Février lor — 11°, 8 — 6°,0 210,6
- — 6 — 13°, 8 — 6°, 4 315o,7
- — 11 — 15o,7 — 6°, 7 2490,9
- — 16 — 170,4 — 6o,9 184°, 1
- — 21 —19°,1 — 7°,0 118°,2
- — 26 — 20°, 6 -7o,2 52o,4
- Distance = 404200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distanceàlaTerre), le 24février , àl2\ Parallaxe = 59'54". Distance = 366 080 km.
- Lumière cendrée de la Lune. — La lumière cendrée de la Lune est produite par le « clair de Terre » sur les parties obscures de la Lune. Ces points, plongés dans la nuit, reçoivent l’éclairage de la Terre, énorme disque brillant dans le ciel constellé d’étoiles. On sait que la lumière cendrée s’observe surtout à l’époque du premier et du dernier quartier de la Lune. On la verra notamment du 15 au 19 février, le matin, et du 23 au 28 février le soir.
- Occultations d’étoiles par la Lune. —- Le 3 février, occultation de 52 B. Gémeaux (gr. 6,5), de 0» 47“ à lh 40™.
- Le 6, occultation de 42 Lion (gr. 6,1), de 22h 2m à 23h 17“ Le 11, occultation de -/.Vierge (gr. 4,4), de 23»45“ à 0h47“ du 12.
- Le 25, occultation de l Bélier (gr. 5,5), immersion seule visible à 22h17m.
- Le 27, occultation de 43 Taureau (gr. 5,5), de 18h 12ra à 19h 23”.
- Le 29, occultation de 5 Gémeaux (gr. 5,9) de 19h 50m à 20» 45” Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la nouvelle Lune du 21. Elles seront assez fortes comme on le voit par le tableau suivant, qui donne la valeur de la marée pour Brest :
- Lumière zodiacale. — Nous arrivons à la meilleure période
- 1. Toutes les heures données dans le présent Bulletin astronomique sont indiquées en temps universel \T. U.), compté de 0» à 24» à partir de minuit (0h). Le temps universel, ou temps de Greenwich, est le temps légal en France.
- Dates. Marée du matin. Marée du soir
- é vider 22 0,98 1,01
- — 23 1,03 1,05-
- — 24 1,05 1,03
- — 25 . 1,00 0,25
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- Dates : Lever Passage au Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellations
- ASTRE à a sion et VISIBILITÉ
- FEVRIER Paris. de Paris (1). Paris. droite. son. apparent étoiles voisines.
- 5 7b 19ra’ 121 4m43* 16h52m 21l jOm Qs 16° 13' 32' 30 "0 Capricorne
- Soleil .... 15 7 3 12 4 58 17 8 21 51 — 13 0 32 26,4 Capricorne > »
- 25 6 45 12 4 1 17 24 22 30 — 9 27 32 21,6 Verseau
- 5 8 1 13 13 18 25 22 17 — 10 56 6,2 0 Verseau 1 ;
- Mercure . . 15 7 22 12 59 18 36 22 45 — 5 28 8,4 n Verseau Le soir, au début du mois.
- 25 6 19 11 52 17 25 22 20 — 6 26 10,4 0 Verseau
- Vénus . . . .< 5 15 5 19 5 28 9 9 32 45 13 14 44 2 18 19 36 29 — 22 21 7 21 13,8 13,2 X Sagittaire Sagittaire Le matin, avant le lever 1 du Soleil.
- 25 5 30 9 58 14 27 20 21 — 19 32 12,6 ? Capricorne
- 5 5 45 9 49 13 54 18 55 — 23 31 4,2 G Sagittaire
- Mars j 15 5 33 9 42 13 51 19 27 — 22 43 4,4 Sagittaire Inobservable.
- 25 5 19 9 35 13 51 19 59 — 21 32 4,4 Sagittaire
- Jupiter. . . . 15 8 26 14 32 20 38 0 18 + 0 45 32,4 44 Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . . . 15 3 4 7 21 11 39 17 7 — 21 19 14,4 Ophiuchus Le matin, avant l’aurore.
- Uranus. . . . 15 8 17 14 19 20 21 0 6 — 0 8 3 4 44 Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune . . . 15 17 14 0 17 7 19 10 1 + 12 43 2,6 a Lion Toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des éléments donnés par Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1928, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de février 1928.
- Mercure va se trouver dans d’excellentes conditions de visibilité au début du mois, se trouvant à sa plus grande élongation du soir, le 9 février, à 2h, à 18° 12' du Soleil.
- La figure 1 montre dans quelles conditions se produira cette élongation pour nos régions.
- Le 5 février au coucher du Soleil, Mercure sera en M et se couchera en M'. On a figuré, par une ligne en traits interrompus la trajectoire apparente approximative de Mercure.
- Le 15 février le Soleil se sera déplacé, il se couchera plus au Nord, Mercure sera enM, et se couchera en M2. La figure montre bien les conditions favorables de cette élongation, Mercure étant situé assez haut dans le ciel au moment du coucher du Soleil. Il faudra le rechercher dès la disparition
- du Soleil, les observations pouvant s’effectuer pendant une heure au plus. Voici la phase de Mercure et sa grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire
- Février 5 0,69 -0,7
- — 10 0,48 — 0,2
- — 15 0,25 + 0,6
- — 20 0,07 + 1,8
- — 25 0,01 + 2,8
- Les observations récentes faites à l’Observatoire de
- Meudon, par M. E.-M. Antoniadi, conduisent à penser que Mercure tourne autour du Soleil en lui présentant la même face, de même que la Lune tourne autour de la Terre, en offrant toujours le même hémisphère à nos observations.
- Vénus est encore visible le matin, mais s’éloigne de plus en plus de la Terre, en se rapprochant, en apparence, du Soleil. Elle s’achemine vers sa conjonction supérieure, qui aura lieu le 1er juillet 1928. Elle se présente, à présent, sous la forme que nous offre la Lune à une période intermédiaire entre la pleine Lune et le dernier quartier.
- Voici la phase de Vénus et sa grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Février 5 0,79 — 3,5
- — 10 0,81 — 3,5
- — 15 0,82 -3,4
- — 20 0,83 -3,4
- — 25 0,84 — 3,4
- Mars est encore inobservable. Tout au plus pourrait-on l’apercevoir le matin, dès son lever, qui a lieu à 5h 33m, le 15 février, lh 1/2 avant le Soleil. Mais il ne faut pas songer à des observations utiles de sa surface.
- Jupiter est encore un peu visible le soir, dès la fin du crépuscule. Le 15, il se couche environ 3 h. 1/2 après le Soleil. On peut donc encore continuer l’observation des curieux phénomènes produits par les satellites dans leur mouvement autour de Jupiter. Une petite lunette, une simple longue-vue permettent de voir ces configurations variables. Voici la liste des phénomènes observables en février :
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Février Heure. Satel- lites. Phéno- mènes. DATES Février Heure. Satel- lites. Phéno- mènes.
- 3 17h 48“ II O.c. 10 17h17“ III O. c.
- 3 18 20 II P. f. 10 18 32 II P.c.
- 3 19 3 I Im. 10 19 45 III O.f.
- 3 20 16 II O.f. 11 18 17 I P. c.
- 4 17 16 I O.c. 11 19 12 I O.c.
- 4 18 30 I P. f. 12 17 26 II E. f.
- 4 19 28 I O.f. 12 18 40 I E. f.
- 4 20 11 IV P. c.
- Saturne est de mieux en mieux visible le matin. Une assez bonne lunette est nécessaire pour bien l’observer et voir l’anneau.
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- Voici les éléments de celui-ci à la date du 18 février :
- Grand axe extérieur.............................. 36",42
- Petit axe extérieur.............................. 16",26
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................-f- 26° 31'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26° 18'
- Le signe -f- indique que nous voyons en ce moment la face nord de l’anneau :
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, brille avec l’éclat d’une étoile de la grandeur 8,5. Il est visible dans une lunette de 0111,05 de diamètrè, lors de ses élongations. Voici les élongations qui se produiront en février :
- Dates. Élongation. Heure.
- Février 7 Occidentale. 21\3
- — 15 Orientale. 15\9
- — 23 Occidentale. 21\3
- Uranus est encore un peu visible le soir, près de l’horizon. Il sera en conjonction avec le Soleil le mois prochain. On le
- trouvera à l’aide de ses positions, que voici :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Février 5 0h 4m — 0«19' 3",4
- — 15 0h 6m 00 O O I 3,4
- — 25 S CO O -f- 00 4' 3,2
- On peut suivre Uranus avec une simple jumelle : il est juste à la limite de la visibilité a l’œil nu. Une bonne lunette lui montre un petit disque, bleuâtre, de 4" environ de diamètre.
- Neptune sera en opposition avec le Soleil le 17 février, à 17h. Il est donc visible toute la nuit. Pour le rechercher, on s’aidera de la petite carte que nous avons donnée au n° 2774, du Ie'1 décembre 1927. Cette carte reproduit la marche de la lointaine planète pendant la plus grande partie de l’an-
- née 1928. Rappelons que Neptune étant de 8e grandeur, une petite lunette est nécessaire pour le voir.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 6, à 16h, Neptune Le 15, à 19h, Saturne Le 18, à 13h, Mars Le 18, à 17h, Vénus Le 21, à 15h, Mercure Le 23, à 9h, Uranus Le 23, à 17h, Jupiter
- en conjonc. avec la Lune, à 4° 30' S.
- — — la Lune, à 1° 44' N.
- — — la Lune, à 2° 12' N.
- — — la Lune, à 3° 32' N.
- — — la Lune, à 9° 9' N.
- — — la Lune, à 4« 31' N.
- — — la Lune, à 3° 53' N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : le 7 janvier, à 0h23m; le 9, à 21h12m; le 12, à à 18hlm ; le 29 à 22* 57m.
- Etoiles filantes. — On pourra observer, vers le 16 février, des météores provenant d’un radiant situé près de a Cocher, à la position suivante : Ascension droite =74°; déclinaison — 48°.
- V. Constellations. — Vers 21h l’aspect de la voûte céleste est éclatant, avec les brillantes constellations d’hiver, qui bientôt vont disparaître à l’Ouest. La plupart des étoiles de première grandeur sont visibles : Sirius, Procyon, Régu-lus, Capella, Bételgeuse, Rigel, Aldébaran, etc.
- A 21ll, le 1er février, ou à 20h le 15, la disposition des constellations est la suivante :
- Au Zénith, presque exactement, se trouve jî Cocher. Autour du Zénith les Gémeaux, le Taureau, Persée.
- A l’Est : le Lion est levé. La Vierge, à l’horizon.
- Au Sud : C’est un ruissellement stellaire avec Orion, le Grand Chien, le Petit Chien, le Lièvre.
- A l’Ouest : Le Bélier, Pégase, la Baleine descendent vers l’horizon.
- Au Nord : Deneb et la tète du Dragon frôlent l’horizon.
- Au Nord-Est : Le Bouvier apparaît. Voici le printemps qui approche. Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- RÉNOVATION DES VIEUX CORPS TUBULAIBES
- Les corps tubulaires des appareils à triple effet (Yaryan, Kestner, Prache et Bouillon, etc.) sont composés de tubes de cuivre étamés parfois intérieurement, dans le cas de licpiides acides, ou de liquides destinés à l’alimentation (lait, bouillon, etc.). L’étamage a beau être soigneusement fait et épais; il arrive, avec le temps, qu’il s’abîme. La mieux est de le remplacer; ces tubes sont difficiles à vendre comme « mitraille » à cause de l’étain qu’ils contiennent et qui leur fait subir une forte dépréciation.
- Quelques industriels les achètent à assez bas prix (3 fr. à 3 fr. 50 le kilo actuellement) et les désétament par un procédé très simple. Les tubes sont mis en faisceaux dans de longues cuves parallélépipédiques en cuivre, de 4 à 5 m. de long et de 10X 10 cm., chauffées par une rampe à gaz genre Meker.
- Pour la quantité de 700 à 800 litres de liquide, on ajoute de 4 à 6 litres d’acide sulfurique 53° B et de 2 à 3 kilos de sulfate de cuivre.
- On chauffe à faible bouillon. Dans ces conditions, l’étain, sans se dissoudre en réalité, se détache partiellement du cuivre. Un brossage subséquent du tube par des mandrins goupillonnés en acier à frottement dur détache la boue stannifère. On lave ensuite à fond.
- Les jus contenant S04H2 et S04Gu peuvent être neutralisés par la chaux, décantés, puis cémentés. Disons, pour fixer les idées, que des tubes achetés 3 fr. 50 le kilo peuvent être revendus à à 6 fr. le kilo. La main-d’œuvre et les frais sont peu onéreux. Les tubes peuvent être employés tels que, ou réétamés à nouveau.
- J. B. P.
- La voirie exige, avec raison, que les eaux jetées à l’égout soient parfaitement neutres.
- LES MEILLEURS TISSUS POUR SOUS-VÊTEMENTS
- MM. Techoueyres et Walbaum viennent de communiquer à l’Académie de Médecine les expériences qu’ils ont faites sur divers tissus : flanelles de laine et de coton, toiles de soie et de coton, mousseline de laine, pour déterminer leurs valeurs comme sous-vêtements.
- Us aboutissent aux conclusions suivantes :
- Tous les tissus étudiés se montrent à peu près équivalents au point de vue de l’isolement thermique qu’ils réalisent ; mais ils se distinguent par leur perméabilité plus ou moins grande aux échanges gazeux et par leur affinité pour l’eau, propriété qui ralentit l’évaporation.
- Les tissus les plus perméables aux échanges gazeux sont, parmi les tissus à surface continue, les tissus les plus bourrus, c’est-à-dire flanelle de laine ou de coton.
- Les tissus présentant la plus grande affinité pour l’eau sont les tissus de laine.
- Il résulte de ces données que les tissus bourrus de laine, du type flanelle, présentent les meilleures qualités l'equises pour un sous-vêtement qui, par définition, doit laisser passer la vapeur d’eau provenant de la sécrétion sudorale et ralentir cependant l’évaporation lorsque les variations brusques des conditions extérieures tendent a rendre celle-ci trop» rapide.
- DANGER DU HOUBLON SAUVAGE
- Bans les régions où le houblon est cultivé, il faut avoir soin de détruire la plante sauvage, d’abord parce qu’elle est très nuisible comme parasite, ensuite parce qu’elle est très accessible aux maladies cryptogamiques.
- Pour éviter ce voisinage dangereux, brûlez les fleurs dès qu’elles apparaissent.
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- LES CARACTÉRISTIQUES DU SALON DE LA T. S. F.
- DE 1927
- L'EVOLUTION DES POSTES RÉCEPTEURS ET DE LEURS ACCESSOIRES
- L’IMPORTANCE DU SALON DE LA T. S. F. DE 1927
- La prëmière caractéristique de celte manifestation, la quatrième organisée par le Syndicat Professionnel des Industries Radioélectriques, est son importance qui en a fait 1 exposition de ce genre la plus intéressante de l’Europe, tant par la diversité des appareils présentés que par la surface des « stands » consacrés à la présentation de ces appareils.
- Le nombre des exposants est, en effet, passé de 90 en 1924 à 245 en 1927. Le Syndicat (S.P.I.li.) compte d’ailleurs à 1 heure actuelle 315 membres, et l’Industrie radioélectrique française, qui a exporté pour plus de 115 millions de matériel en 1926, prend rang parmi les autres grandes industries du pays.
- CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES DES APPAREILS PRÉSENTÉS
- 11 ne saurait être question de décrire en. un article fort long, qui ressemblerait d’ailleurs à une sorte de catalogue, les appareils les plus intéressants présentés à cette exposition tant ils sont nombreux !
- Nous nous contenterons donc d’indiquer les caractères généraux les plus notables de ces appareils, en nous réservant bien entendu, d’étudier par la suite à nouveau, dans la revue avec plus de détails les nouveautés techniques à signaler.
- On peut noter comme caractères généraux tout d’abord la quantité de plus en plus grande des postes récepteurs à changement de fréquence, puis les recherches nombreuses pour la réalisation d’appareils dits automatiques de systèmes divers, le nombre important des solutions du problème de l’alimentation par le courant d’un secteur, la réalisation de types de lampes spéciaux et d’accessoires divers : haut-parleurs, diaphragmes électromagnétiques pour gramo-phones, pièces pour la construction de montages moyenne fréquence et basse fréquence condensateurs variables, etc.,..
- Il ne faut pas oublier, en outre, le perfectionnement général de la construction mécanique des postes qui augmente leur solidité et leur bon rendement ; une présentation très heureuse et même élégante est jointe à ces qualités essentielles.
- Sans donner de détails très nombreux, comme nous l’avons noté plus haut, nous allons maintenant simplement indiquer quelques notions générales sur ces diverses caractéristiques.
- NOUVEAUTÉS DE PRINCIPES ET NOUVEAUTÉS D'EXÉCUTION
- Y a-t-il eu vraiment des nouveautés absolument essentielles présentées à cette exposition ?
- Nous sommes obligés de répéter à ce sujet ce que nous avons déjà écrit en 1926 et rappelé plusieurs fois depuis.
- La fabrication des postes récepteurs est entrée depuis quelque temps dans une période industrielle ; on ne constate plus de changements essentiels dans les principes radioélectriques sur lesquels est basée la construction des postes récepteurs, et il en sera sans doute ainsi tant qu’un nouveau dispositif d’amplification, de détection et d’oscillation très différent n’aura pas remplacé les lampes à vide à trois, quatre ou cinq électrodes.
- Mais la stabilité des principes essentiels n’empêche pas des modifications et des perfectionnements multiples et constants dans la construction mécanique, les dispositifs de réglage, les systèmes d’alimentation, la fabrication des lampes et même dans les détails du monlage radioélectrique.
- Il en résulte peu à peu une transformation presque complète des postes de réception, et les appareils de -T. S F. de 1927 ne ressemblent pas plus à ceux de 1922 que les automobiles de 1927 ne ressemblent à celles de 1910, malgré la stabilité des principes essentiels dans l’industrie de l’automobile comme dans l’industrie radioélectrique.
- LES PROGRÈS DE LA RÉCEPTION PAR CHANGEMENT DE FRÉQUENCE
- Nous avons expliqué maintes fois à nos lecteurs les principes et les avantages des postes récepteurs à changement de fréquence, et il est donc inutile de leur rappeler en détails comment ce principe, consistant à transformer les ondes recueillies par le collecteur d’ondes en ondes de fréquence moindre que l’on amplifie en haute fréquence, que l’on détecte, et que l’on amplifie ensuite en basse fréquence, permet de réaliser des postes très sensibles, très sélectifs, et de réglage peu complexe.
- Les progrès de ce système de réception en Franceont été si grands qu’il n’est presque pas de constructeurs n’ayant pas établi au moins un modèle de ce système. On peut même dire que la France est actuellement le pays du monde où l’on emploie le plus ce genre d’appareil.
- A quoi tient donc la faveur dont jouissent ces postes auprès des constructeurs, c’est-à-dire auprès du public sans-
- [onctionnant sur cadre ou antenne (types construits en série!. Selecto-Gody ; 4. Poste Péricaud.
- Fig. 1. — Quelques postes récepteurs à changement de fréquence
- 1. Radiomodula Ducretet; 2. Poste SFER-14; 3.
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- illiste puisque les constructeurs s'efforcent simplement évidemment de satisfaire les desiderata de leurs clients ?
- La plupart des auditeurs français désirent recevoir les radio-concerts étrangers sur cadre ou antenne courte et pouvoir éliminer facilement les émissions locales gênantes, souvent peu intéressantes il faut l’avouer.
- Les systèmes de réception à changement de fréquence fournissent une bonne solution du problème et sont, d’autre part, très faciles à réaliser en série par un constructeur, qualité évidemment essentielle puisqu’elle permet d’obtenir des prix de revient et de vente relativement modiques.
- On peut même constater que les constructeurs français semblent abandonner quelque peu l’étude de l’amplification haute fréquence, et les appareils à multiples étages haute fréquence à amplification directe deviennent fort rares.
- La question est toute différente à l’étranger où les postes
- de radiodiffusion sont généralement plus nombreux, plus puissants et transmettent des radio-concerts mieux composés; beaucoup d’auditeurs se contentent alors de recevoir les émissions locales ( en Angleterre et en Allemagne, par exemple).
- LES DEUX CATÉGORIES DE POSTES
- A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE
- On peut cependant constater une évolution assez nette dans la construction de ces postes à changement de fréquence. A côté des appareils très sensibles, très puissants, et de grand luxe à 7, 8 et 10 lampes, fonctionnant presque exclusivement sur cadre, on trouve de très nombreux postes à lampe bigrille changeuse de fréquence à 5 ou 6 lampes au maximum, construits en série à des prix assez modiques (fîg. 1).
- Ces postes sont assez sensibles pour la réception sur cadre, mais peuvent aussi fonctionner sur antenne avec une sélectivité suffisante. Ils n’ont pas les qualités d’élégance, de pureté d’audition et de sensibilité maxima des appareils de grand luxe, mais peuvent être utilisés plus facilement par un « auditeur moyen ».
- Le nombre de ces postes de grand luxe n’a, d’ailleurs, pas diminué et on les trouve réalisés dans de somptueuses boites en ébénisterie rehaussées de marqueterie, ou sous forme de postes meubles1 contenant le cadre de réception orientable, les batteries d’alimentation et le-haut-parleur (fîg: 2’et 3).
- D’autres modèles ingénieux, également nombreux, sont démontables, transformables ou portatifs (fig. 4).
- Les rpostes portatifs sont généralement munis de cadres
- pliants; mais, dans certains modèles , l’enroulement du cadre est fixé sur la valise même contenant le poste ou dans son couvercle pivotant.
- Le montage radioélectrique de tous ces appareils n'offre, le plus souvent, rien de bien original. On peut même remarquer que l’amplification haute fréquence avant le changement de fréquence est supprimée dans nombre de postes.
- On doit noter cependant quelques innovations sur lesquelles nous reviendrons d’ailleurs : l’application d’un nouveau montage de changement de fréquence dit a Strobodyne » ; l’emploi d’une lampe bigrille comme amplificatrice haute fréquence avant le changement de fréquence ; la modulation obtenue par hétérodyne séparée agissant sur une lampe bigrille, etc.... (fig, 5).
- QUELQUES APAPREILS ORIGINAUX
- La majorité des appareils nouveaux présentés au Salon était donc à changement de fréquence et l’on a pu étudier, en réalité, assez peu de noiiveaux postes à amplificationdirecte on peut cependant signaler quelques dispositifs originaux.
- Un nouveau modèle de poste à superréaction en valise, de dimensions et de poids réduits constitue un appareil intéressant pour la réception en voyage (fig. 6); quelques postes spécialement étudiés pour la réception des ondes très courtes avec bobinages à faibles pertes et organes montés sur quartz et
- Fig. 3. — Autre poste récepteur de grand luxe à changement de fréquence.
- Poste ultrahétérodyne Vitus.
- Fig. 2. — Poste récepteur de grand luxe à changement de fréquence.
- Poste Centaure G. M. R.
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- curieux, inventé par M. de Bellescize et construit par M. Clavier, technicien bien connu de nos lecteurs.
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- comportant généralement simplement une lampe détectrice à réaction plus ou moins modifiée et suivie d’étages basse fréquence, seront fort appréciés de nombre d’amateurs lorsque les radio-concerts sur ondes très courtes deviendront réguliers et nombreux, ce qui sera réalisé dans peu de temps sans doute.
- On peut, d’ailleurs, remarquer à ce sujet que plusieurs constructeurs de postes à changement de fréquence établissent soit des appareils complets, soit des dispositifs additionnels permettant la réception des émissions sur ondes de 20 à 100 mètres de longueur.
- A noter également des recherches assez curieuses sur les montages anti-parasiteset anti-fading. Les premières ne semblent pas encore avoir abouti à des résultats pratiques, mais nous aurons l’occasion de décrire un système anti-fading
- Fig. 7. — Postes récepteurs à réglage essentiel unique.
- 1. Monorégleur Grillet ; 2. Pariphone Berrens.
- LES POSTES AUTOMATIQUES
- Nous avons déjà étudié plusieurs fois dans la revue la question fort intéressante de l’automatisme en T. S. F. et donné la définition du terme « poste automatique de réception ».
- Il semble, d’ailleurs, que trop de constructeurs donnent ce nom à des appareils qui n’ont aucunement les qualités correspondant à ce titre ; il y a là un abus plus ou moins grave dont les acheteurs éventuels s’aperçoivent d’ailleurs eux-mêmes très rapidement.
- On peut constater que le nombre des postes méritant vraiment le nom d’automatiques est plutôt moins élevé que l’an dernier; mais, en revanche, ces appareils semblent, en général, mieux étudiés mécaniquement, et l’on a heureusement pu remarquer assez peu de ces modèles trop hâtivement construits, dont le fonctionnement est prestigieux... d’après les notices du
- Fig. 6. — Poste Titus à super réaction.
- fabricant, mais dont le nom retombe dans l’oubli dès la fermeture de l’exposition.
- La réalisation de postes automatiques est d’ailleurs très difficile, on le sait, et les problèmes posés à l’heure actuelle pour cette réalisation sont avant tout des problèmes de mécanique de précision que seuls des constructeurs spécialisés peuvent résoudre.
- On peut, d’autre part, distinguer maintenant deux catégories dans ces appareils automatiques. Les uns sont des postes dits à réglage essentiel unique et comportent donc, en principe, un seul bouton de réglage essentiel qui permet de réaliser simultanément ou l’un après l’autre tous les réglages déterminés une fois pour toutes. Ce sont, on le sait, des postes en général de construction difficile et de prix élevé
- (fig- 7).
- Dans une autre catégorie, on trouve des appareils à réglages centralisés à l’aide d’un combinateur automatique permettant d’obtenir une manœuvre immédiate tout en laissant cependant à l’opérateur la facilité d’opérer un certain décalage, s’il est nécessaire, entre les différents organes. Le plus caractéristique des appareils de ce genre présentés au Salon est Y Elgédyne Gaumont, qui sera décrit dans un article spécial.
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- LES DISPOSITIFS D'ALIMENTATION
- L’emploi des lampes de réception à faible consommation et l’adoption, de plus en plus générale, de postes à étages multiples munis de lampes de puissance ont complètement modifié, on le sait, le problème de l’alimentation des appareils de T. S. F.
- Les fabricants de piles et d’accumulateurs (fig. 8) se sont donc efforcés d’établir d’une part des batteries de piles de plaque à grande capacité ; d’autre part, des accumulateurs de chauffage à faible capacité mais à régime de charge et de décharge très lent et pratiquement insuliatables.
- Signalons les batteries Accupile, de Tudor, qui gardent leur charge à cause de la grande épaisseur de leurs plaques et chez le même constructeur, la nouvelle batte rie Isolair, pour tension plaque, composée de blocs de 20 volts, rigoureusementétanches et qui juxtaposés et connectés en série permettent d’obtenir les 40, 80 ou 120 volts nécessaires. L’isolement de ces batteries est assuré par la mince couche d’air qui sépare les blocs entre eux.
- De ce fait la batterie conserve rigoureusement sa tension.
- Fig. 0. — Nouveaux types de lampes de réception.
- 1. Radioréseau de la Société Radiotechnique, chauffée directement par courant alternatif; 2. Bigrille BF Grammont; 3. Bigrille-biplaque Grammont.
- Les solutions proposées pour l’alimentation des appareils sur le courant d’un secteur sont de plus en plus nombreuses et donnent, le plus souvent, des résultats fort satisfaisants, qu’il semble bien difficile d’améliorer encore dans l’état aeluel de la radiotechnique.
- Pour l’alimentation du courant plaque, la plupart des dispositifs comportent un système ,de redressement avec valve à gaz rare très souvent sans filament combiné avec un filtre efficace.
- Mais pour l’alimentation en courant de chauffage, on peut distinguer deux solutions différentes.
- La première consiste à recharger continuellement et à très faible régime une petite batterie à l’aide d’une valve de redressement électrolytique d’un des modèles récents très pratiques : à électrode au tantale, au titane, au silicium... etc. et à électrolyte acide.
- Dans la deuxième, on adopte une valve de redressement thermionique à débit plus élevé et alimentant directement le poste avec interposition d’un dispositif « tampon » destiné à arrêter les ronflements du secteur.
- Les dispositifs d’alimentation plaque et d’alimentation fila-
- Fig. 8. — 1. Accupile Tudor. — 2. Batteries de tension-plaque Isolair de Tudor.
- ment sont combinés très souvent en un bloc d’usage pratique.
- Plusieurs de ces appareils méritent, d’ailleurs, une étude spéciale qui sera publiée dans nos chroniques.
- LES NOUVELLES LAMPES DE RÉCEPTION
- Les nouveaux modèles de lampes de réception constituent une des nouveautés essentielles du Salon et, parmi eux, on doit indiquer tout d’abord les lampes Radio.-Réseau de la Radiotechnique destinées à être alimentées directement par le courant alternatif d’un secteur après abaissement de sa tension, mais sans redressement (fig. 9).
- Plusieurs modèles de ces lampes à cathode chauffée directement ou indirectement ont été récemment réalisés en France et il semble que cette innovation soit appelée à un grand succès.
- De nouveaux modèles de lampes de puissance destinées à être placées sur des étages d’amplification à basse fréquence sont également à signaler; il convient d’indiquer enfin des lampes à deux grilles bien adaptées à différents usages : modulation, amplification haute à haute fréquence et détection et même amplification basse fréquence, sans compter des modèles plus particuliers à trois grilles, à deux grilles et à deux plaques, etc... qui permettront peut-être d’établir de nouveaux montages fort curieux.
- LES HAUT-PARLEURS
- On doit noter un louable effort des constructeurs de ces appareils pour les adapter à la reproduction de la gamme des fréquences audibles la plus étendue possible et spécialement des fréquences basses.
- Les haut-parleurs à diffuseurs constituent toujours la majorité, mais ces diffuseurs sont de formes et de principes très
- Fig. 10. — Accessoires de montage.
- 1. Transformateur basse fréquence Orthoforme Brunet; 2. Transformateur haute fréquence Gamma ; 3. Bloc hétérodyne Cricsson.
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- divers : diffuseur Lumière de forme modifiée et à attaque du moteur en un point excentré, forme bicône ; diffuseurs à bords libres, diffuseur conique en matière cellulosique à armature apériodique modifiée, etc.
- Dans les modèles de luxe on constate généralement une augmentation du diamètre des diffuseurs permettant une meilleure reproduction de ces fréquences basses.
- Certains modèles originaux portatifs ou de fantaisie sont cependant très réduits, mais ils sont simplement destinés à des usages particuliers.
- Quelques constructeurs ont tenté d’améliorer les qualités des haut-parleurs à pavillon et de les rendre moins encombrants en modifiant la forme de ces pavillons suivant des méthodes originales que nous aurons l’occasion d’indiquer.
- ACCESSOIRES DE MONTAGE DIVERS
- Les nouveaux accessoires dé montage les plus intéressants, sans contredit réalisés celte année par les constructeurs,sontles modèles récents de transformateurs basse fré-
- Fig. 11. — Quelques nouveautés.
- 1 et 2. Résistance platinicuivre et autopolariseur Elcosa; 3. Rhéostat à galet Dyna; 4. Cadre pliant Dyna.
- quence spécialement étudiés pour fournir une bonne amplification sur presque toute la gamme des fréquences audibles (fig. 10).
- L’amplification basse fréquence, déjà améliorée par l’emploi des lampes de puissance, est donc encore perfectionnée,
- grâce à l’utilisation de ces transformateurs à enroulements de faible capacité répartie et à circuits magnétiques fermés de forte section évitant la saturation.
- Notons également des transformateurs moyenne fréquence bien étudiés de nombreux modèles, des blocs-hétérodyne à large gamme de fréquences, quelques transformateurs haute fréquence semi-apériodiques ou accordés.
- Il ne faut pas oublier les différents modèles de condensateurs variables à faibles pertes, à boutons de démultiplication à rapport variable.
- QUELQUES
- NOUVEAUTÉS DIVERSES
- Il nous faudrait encore citer pour rendre complète cette énumération tous les petits accessoires ingénieux, imaginés par les constructeurs de pièces détachées ; résistances de grille à dépôts métalliquesdansle vide, aulo-polariseurs, rhéostats perfectionnés à curseurs à galets, cadres de réception pliants, etc.... (fig. 11).
- Nous n’avons pas eu l’intention, ainsi que nous l’avons indiqué, d’étudier dans cet article tous les appareils intéressants réalisés cette année ; mais nous avons simplement indiqué les questions générales 'nouvelles les plusessentielles. Dans des articlesultérieurs séparés, nous traiterons avec plus de détails de ces divers problèmes énoncés seulement aujourd’hui. P. Hémaiîdinquek.
- UNE OBSERVATION PARTICULIÈRE DU RAYON VERT
- Le R. P. Ch. Burdo, S. J., de la Maison Saint-Louis, à Jersey, nous communique l’intéressante observation suivante faite le vendredi 25 novembre 1927, à Jersey.
- « Le soleil se couche dans la mer. Temps clair, vent très faible ; quelques légères bandes de brume parallèles à l’horizon donnent au- disque l’aplatissement et les déformations bien connues. Pour suivre les variations de forme, je regarde le soleil avec une jumelle prismatique, grossissement 8. Voici ce que je constate :
- Le disque a à peu près l’aspect de la figure 1. A mesure bu’il descend, les lignes de brume accusent l’étranglement de la partie supérieure, et finissent par la séparer du disque, comme le montre la figure 2.
- Cette bande séparée s’amincit évidemment assez vite : sa partie centrale reste alors rouge orangé, mais tout son
- pourtour prend la couleur brillante bien connue du rayon vert ; cette couleur reste celle de toute la bande quand celle-ci se réduit (fig. 3) à une petite tache allongée qui disparaît bientôt.
- J’ai suivi le phénomène, et l'ai constaté pour sept bandes lumineuses successives qui se sont ainsi l’une après l’autre détachées du disque.
- Pour les premières bandes, il n’était visible qu’à la jumelle, sans doute à cause du rayonnement encore assez considérable du reste du disque. Pour les deux dernières bandes, voulant éliminer l’influence possible de la lunette, je l’ai vu nettement à l’œil nu; la coloration verte était identique, comme aussi celle qu’a montrée, au moment de sa disparition, le dernier point brillant du disque lui-même. ».
- Christian Bürdo, S. J.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Essai allemand : le Focke-Wulf.
- Les débuts de l’aéronautique ont vu la discussion entre partisans des plans stabilisateurs à l’avant, et partisans des plans stabilisateurs à l’arrière; ces derniers, pour un avantage de finesse aérodynamique, eurent le dessus, mais rien ne prouve la question tranchée, la première solution présentant théoriquement des avantages très intéressants.
- 1° Le cabrage de L’appareil est limité par la portance du gouvernail de profondeur ; celle-ci étant' réduite aux grands angles d’attaque, la mise en perte de vitesse est impossible.
- 2J L’empennage est porteur alors qu’il est sous-porteur dans l’appareil ordinaire : toute la voilure est donc employée à la sustentation.
- 3° Le capotage est rendu à peu près impossible, le centre de gravité étant placé très en arrière de l’appareil, les hélices placées à l’arrière ne peuvent rencontrer d’obstacles.
- 4° Le freinage sur les roues arrière peut être très efficace sans précautions spéciales.
- 5° Le pilote se rend parfaitement compte de la position de l’appareil, puisqu’il a devant lui l’empennage.
- 6° En cas d’accident, les passagers, placés à l’arrière, sont très bien protégés.
- Après une étude très poussée effectuée au tunnel de l’Institut aérodynamique de Gottingen, la maison allemande Focke-Wulf a réussi à obtenir une forme d’appareil à gouvernail de profondeur à l’avant, ayant une finesse aérodynamique normale.
- Un appareil, muni de deux moteurs Siemens de 75 ch fut construit dans le but d’équilibrer l’appareil, en cas d’arrêt d’un des moteurs, sans diminuer la finesse, l’empennage avant pouvait pivoter autour de l’axe longitudinal de l’avion.
- Piloté par M. Wulf, l’appareil effectua quelques vols qui semblèrent donner toute satisfaction et vérifier les prévisions.
- Il se brisa quelques jours plus tard en tuant son constructeur, pour une cause encore inconnue.
- Rien ne prouve que l’accident soit dû au principe de l’appareil. Il est donc souhaitable que l’expérience soit reprise et poussée à fond.
- Breguet 19 type record de distance.
- L’avion Breguet 19, type grand raid, normalement équipé d’un moteur de 55o ch, peut emporter 3100 litres d’essence, ce qui lui donne un rayon d'action de 6400 km (plafond 2500 m. au départ). Dans le but d’augmenter la quantité d’essence emportée, la maison Breguet a étudié un appareil un peu différent : le Breguet 19, type record de distance, appareil emportant 4100 litres d’essence, ce qui lui donne 8000 km de rayon d’action (plafond 1500 m. au départ).
- Les principales modifications apportées au type grand raid sont les suivantes :
- l5 Le maître-couple du fuselage est occupé par deux réservoirs d’essence, réservoirs traversés par les barres de fuselage. Les capacités sont les suivantes : à l’arrière 745 litres (essence-benzol) ; à l’avant 2990 litres (essence) ; dans le plan supérieur 390 litres en deux réservoirs (essence-benzol).
- Les réservoirs d’huile (240 litres! sont placés de part et d’autre du moteur.
- 2° Les qualités aérodynamiques de la cellule sont améliorées par l’emploi d’ailes à extrémités elliptiques.
- 3° Les qualités de manœuvrabilité sont augmentées par l’emploi d’ailerons n’allant pas jusqu’à l’extrémité de l’aile, par la modification des empennages.
- 4° Enfin le train d’atterrissage est reculé pour faciliter le décollage.
- Le moteur prévu est un lîispano-Suiza de 600 ch tournant à 2000 tours par min. [Équivalent de puissance 640 ch.] L’hélice est calculée, et le carburateur réglé, pour donner le rendement économique maximum à la puissance moyenne prévue pour le voyage. Le tableau des consommations d’essence est alors le suivant :
- Poids Distance Consommation
- départ 5000 kg 0 140 litres/heure
- 18 h. 3600 — 3200 km 93 »
- 32 h. 2800 — 5570 — 75 »
- 43 h. 2250 — 7500 — 64,5 »
- Ces consommations correspondent à une puissance du moteur variant de 520 à 220 ch.
- Le poids total de l’appareil au départ est de 5142 kg; la surface portante étant 52,4 m3. la charge par mètre carré est voisine de 100 kg, la charge par cheval, de 8 kg.
- Ailerons différentiels de Havilland.
- Le redressement d’un avion, incliné par une cause quelconque, s’effectue par la manœuvre simultanée des ailerons d’ailes : l’appareil étant, par exemple, incliné vers la gauche, l’aileron gauche est abaissé et l’aileron droit relevé, provoquant un couple de redressement de l’appareil. En même temps, la traînée de l’aile gauche augmentant rapidement, l’appareil s’engage dans un virage à gauche, qui diminue l’efficacité de l’aileron gauche. Le couple de virage (couple d’embardée) doit donc être compensé par une manœuvre du gouvernail de direction, qui, pour cela, doit être très efficace.
- De plus, à mesure que la vitesse diminue, le couple d’embardée augmente, alors que le couple de redressement diminue : les ailerons deviennent inefficaces, ce qui met l’appareil en danger.
- Dans le système de Havilland, l’angle de braquage de l’aileron qui s’abaisse est inférieur à celui de' l’aileron opposé. Le couple de redressement est donc produit surtout par l’aileron relevé ; le couple d’embardée est moindre, les traînées des deux ailerons s’équilibrant.
- Le braquage de l’aileron relevé augmentant, l’aileron abaissé commence à remonter; le couple de redressement augmente encore tandis que le couple d’embardée change de sens, l’aileron relevé ayant une traînée supérieure à celle de l’aileron abaissé.
- L’efficacité des ailerons est donc augmentée dans de grandes proportions, en particulier au voisinage de la perte de vitesse.
- De plus, dès que l’aileron abaissé commence à se relever, un équilibre s’établit entre les efforts appliqués aux deux ailerons; la commande est alors compensée.
- Essayé en vol, sur un de Havilland « Hercule »,le système d’ailerons compensés a donné tous les résultats prévus, permettant de dépasser l’angle critique de vol de l’appareil, sans que les commandes deviennent inefficaces. Ce système peut s’adapter à tous les profils d’ailes, moyennant simplement un réglage de la liaison différentielle des ailerons.
- Sécurité de Vaviation commerciale.
- Au cours de l’année 1926, les appareils commerciaux allemands ont parcouru 6 541 159 km; ils ont transporté 54 594 passagers.
- Le nombre d’accidents ayant entraîné des blessures des passagers s’élève, pour cette période, à 6, dont 1 seul mortel.
- Ces chiffres sont, comme on voit, frès rassurants.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Irrégularités de fonctionnement d’un poste à galène.
- Si votre écouteur téléphonique est de bonne qualité, la faiblesse d’audition dont vous vous plaignez, et qui est survenue tout à coup, ne peut provenir évidemment que de votre détecteur à galène, si vous avez vérifié soigneusement les connexions et constaté que les lames de votre condensateur variable n’étaient pas en court-circuit.
- Il faudrait donc soigneusement nettoyer votre cristal de galène â l’éther ou à l’alcool, rafraîchir la pointe du chercheur, et rechercher les points sensibles sur la surface du cristal, en modifiant, à chaque point cherché, la pression du chercheur.
- L’emploi d’un petit buzzer que vous pouvez facilement construire, ou plus simplement d’une sonnerie dont vous aurez enlevé le battant, vous facilitera la recherche des points sensibles ; il serait sans doute bon, d’ailleurs, de changer votre cristal qui a peut-être perdu ses qualités.
- M. Jacques Tuions, a Lyon (Rhône).
- Irrégularités dans un poste à changement de fréquence.
- Il y a très peu de postes d’émissions radiophoniques dont la longueur d’onde soit comprise entre 525 et 1200 mètres, et il y a donc peu d’émissions à recevoir que vous n’entendez pas, sauf Hilversum, par exemple.
- Il n’y a rien d’étonnant â ce que vos bobinages d’accord donnent d’assez mauvais résultats avec condensateur au début de la graduation, car il faut une certaine proportion entre la capacité et le coefficient de self-induction des circuits.
- Nous ne comprenons, d’ailleurs, pas pourquoi vous êtes gêné par ce fait, puisque vous pouvez recevoir les émissions intéressantes avec les bobinages correspondants.
- Comme autres émissions sur longueurs d’onde voisines de G00 m., nous ne pouvons vous indiquer que les; émissions des bateaux et postes côtiers, et celles-ci ont peu d’intérêt pour vous si vous ne savez pas lire au son les émissions radiotélégraphiques.
- Il est évident, d’ailleurs, que les bobinages fournis par le constructeur sont prévus pour une longueur d’antenne moyenne et que leurs conditions d’utilisation peuvent varier suivant la longueur de cette antenne.
- l°Pour pouvoir utiliser d’autres bobines, il faudrait placer un petit condensateur variable en série.
- 2° Pour recevoir avec plus de force les émissions sur ondes moyennes, nous ne voyons, en effet, pas d’autres moyens que d’augmenter les qualités de l’antenne, longueur et hauteur.
- 3° Vous trouverez des renseignements nombreux sur l’entretien des postes dans La Pratique radioélectrique (Masson, éditeur) et des renseignements plus spéciaux sur les postes à changement de fréquence dans La Superhétérodyne et la Superréaction (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris). M. L. Dupuy, a Autun.
- Un amateur peut-il fabriquer les savons durs.
- La fabrication des savons durs comporte les opérations suivantes :
- 1° Préparation des lessives caustiques;
- 2° Empâtage qui a pour but de combiner chimiquement l’alcali aux corps gras, c’est la saponification proprement dite;
- 3° Relargage ou séparation de la pâte saponifiée des lessives;
- 4° Cuite du savon ou coction, dans laquelle on élimine l’excès d’eau et on sature l’excès d’acide libre non fixé par l’alcali;
- 5° Liquation qui a pour but de rendre la pâte blanche et homogène, en séparant, avec l’aide de lessives faibles et de la chaleur, le savon de soude des savons éti’angers.
- Toutes ces opérations demandent une certaine pratique industrielle, la fabrication des savons durs ne peut donc être entre prise directement par l’amateur.
- Bibliothèque du Cercle de la Garnison, a àngoulême.
- Comment se prépare la toile des tableaux.
- La toile étant bien fixée sur le châssis par de menus clous ou semences, on y passe une couche de colle de peaux et laisse bien sécher.
- Ensuite on ponce légèrement avec la poudre de pierre ponce pour faire disparaître les rugosités; on donne alors une épaisse couche de peinture blanche préparée à l’huile, dont le pigment sera constitué par parties égales de sulfate de baryte, argile blanche, blanc de zinc et blanc d’Espagne. [Éviter d’une façon absolue le blanc de céruse qui noircit aux\ émanations sulfureuses.)
- Après séchage parfait, on donne un dernier ponçage pour uniformiser.
- N. D. —On peut ajouter, si on désire un ton crème, une pointe de terre de Sienne. . M. Gilon, a Nogent-sur-Marne.
- Peut-on colorer le celluloïd ?
- L’alcool pénètre très facilement le celluloïd et peut ainsi servir de véhicule à la plupart des couleurs dérivées de la houille, on obtient ainsi des effets variés et stables, puisque la matière colorante a gagné une certaine profondeur, c’est-à-dire que l’on peut après séchage effectuer un ponçage et un polissage.
- Dans le cas de la galalithe, on se sert également des mêmes couleurs, mais eu égard aux conditions d’obtention de-la galalithe en milieu alcalin, on devra de préférence choisir les couleurs dites diamines, directes ou substantives, termes équivalents, dont les principales sont : la Thioflavine, le Jaune d’or, le Jaune solide B, l’Orangé G, l’Ecarlate 3 B, le Rouge solide F, le Benzo bleu solide B, le Vert B, le Noir bleu E, le Noir Pluton, le Brun-coton AZ (marron), le Brun 3 G (havane), le Brun B (bistre), le bronze G. Société des Lunettiers, Paris.
- Pourrait-on facilement séparer de la gutta et de la poix mélangées?
- La gutta et la poix étant des produits d’exsudation végétale, ont des propriétés très voisines, qui en rendraient la séparation difficile. En tout cas, une étude préalable de la masse dont vous disposez serait nécessaire.
- A notre avis l’opération ne serait intéressante que si la quantité à traiter était assez importante pour entreprendre des recherches et ensuite le travail de séparation avec les dépenses de produits qu’il comporterait. M. Ch. Revol, Paris.
- Blanchiment de la corne.
- On mélange 30 gr. de minium et 5 gr. de chaux vive que l’on délaie .dans une lessive de potasse caustique du commerce, de façon à obtenir une bouillie bien fluide. On plonge la corne dans ce bain pendant 15 à 25 minutes ; la lessive pénètre la kératine, qui fixe le plomb à l’état de sulfure, au moyen du plomb qu’elle contient.
- (Éviter de trop prolonger l’immersion, la corne deviendrait cassante et sa surface prendrait un aspect poudreux).
- On enlève ensuite les objets, on les essuie avec un chiffon de laine et sans les laisser sécher à l’air (la surface deviendrait rude), on les plonge dans un mélange de 1 partie d’acide chloi-hydrique et de 5 parties d’eau. Le sulfure de plomb noir se transforme peu à peu en chlorure qui donne à la masse une belle teinte blanc de lait. Quand la nuance atteint l’aspect désiré on enlève les objets et on les met à sécher dans le son.
- Pour les cornes de belle qualité, qui sont translucides, il convient d’employer des bains plus dilués, on obtient, ainsi une teinte moins couvrante et l’article acquiert un bel éclat nacré.
- M. Boucheras, a Thiers.
- Précautions à prendre dans le moulage de l’aluminium.
- Tout d’abord il faut éviter que les impuretés qui se trouvent à la surface du bain, ne soient entraînées dans la coulée ; on aura donc soin de les éliminer en écumant avec un morceau de bois
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- vert qui, au contact du métal fondu, dégagera des vapeurs réductrices empêchant l’oxydation, c’est-à-dire la formation d’alumine. (V. B. L’addition de salpêtre, que vous avez en vue, est par conséquent contre-indiquée).
- Les cavités que l’on observe soit à mi-épaisseur, soit au contact du moule et qui portent le nom de « retassures », ont pour cause une coulée du métal à température trop basse qui le fait se solidifier et se contracter au contact de la paroi.
- Cette insuffisance de température fait également que le métal, qui pénètre ultérieurement, rencontre un métal déjà froid et ne se soude pas à lui, c’est pourquoi au démoulage, on constate une séparation des éléments constitutifs.
- La pratique a montré que pour obtenir de bons résultats, il fallait couler en coquilles avec noyau de sable, plutôt qu’en métal. La température de coulée doit être de 675° à 700° C., dans la coquille chauffée très près de 5000 C.
- Quand il y a adhérence au moule, cela tient à ce que celui-ci n’a pas été bien préparé. Dans tous les moulages en coquilles un point capital est le poteyage, comme disent les ouvriers, opération qui consiste à badigeonner le moule avant la coulée avec un mélange'dé blanc d’Espagne, de silicate de potasse et d’eau.
- Ce revêtement peut durer plusieurs jours.
- Comme ouvrage de chevet sur l’aluminium, se procurer le Bulletin de la Société d’Encouragement à l’Industrie nationale, n° 7, juillet-août-septembre 1921, consacré aux comptes rendus des travaux du Congrès de l’Aluminium.
- M. P. Astier, a Tuiers.
- N. B. — L’étamage à froid de l’acier par solutions stanneuses, n’est pas pratiquement possible.
- Un procédé simple pour noircir l'aluminium.
- Etendre au pinceau sur la plaque à noircir une couche d’huile d’olives ou de préférence d’huile de lin. Chauffer sur un feu vif, bec Bunsen par exemple, pour petites pièces, l’huile cuit et contracte avec l’aluminium une très grande adhérence.
- La couche de cette sorte de vernis devient d’abord mordorée, puis passe au noir absolu très uniforme.
- Au cours du chauffage qui doit être assez élevé, on peut, si le noircissement paraît insuffisant, passer de nouvelles couches jusqu’à ce que l’on ait obtenu le résultat cherché.
- M. Andréani, a Versailles.
- Comment emmagasiner dans les bouillottes une grande quantité de calories.
- Aux approches de l’hiver, il peut être intéressant de savoir que l’on peut faire contenir dans une bouillotte une quantité de chaleur beaucoup plus considérable en remplaçant l’eau bouillante par une solution saline de plus grande chaleur spécifique.
- On sait, en effet, que la dissolution d’un sel dans l’eau absorbe une certaine quantité de chaleur, on peut ainsi obtenir une sursaturation du liquide et quand on abandonne celui-ci à lui-même, au moment où le sel primitivement dissous recristallise, il restitue la chale.ur qu’il avait absorbée en se dissolvant. Dans le cas d’une cristallisation lente, cette restitution se fait peu à peu et" peut porter sur plusieurs heures.
- Pratiquement, on a constaté que l’acétate de soude, produit bon marché (environ 3 fr. 50 le kilogramme), répondait parfaitement aux conditions d’usage courant sans attaquer les bouillottes en fer étamé telles qu’elles sont établies habituellement.
- Il suffit de faire dissoudre 2 kg de sel dans un litre d’eau à l’ébullition, solution saturée bouillant à 124° G., puis de remplir de suite les bouillottes.
- Quand les bouillottes sont refroidies, on les « recharge en calories » en les mettant dans le bain-marie de la cuisinière jusqu’à ce qu’elles soient en équilibre de température, laquelle ne sera cette foiseau maximum, que la température d’ébullition de l’eau.
- M. Mosiner, a Riom.
- Sachons de quelle manière on dore la porcelaine et le verre.
- On commence par préparer de l’or à l’état d’extrême division, soit en le précipitant de la solution de chlorure d’or par le sulfate ferreux ou le nitrate mercureux, soit en broyant longuement des feuilles d’or avec du miel que l’on enlève par l’eau une fois le broyage terminé.
- ..... ..... .................= 47 =
- Cet or pulvérisé peut se mettre directement à l’aide de solution gommeuse ou albumineuse (blanc d’œuf) sur les poteries qui, comme les faïences fines et les porcelaines tendres, sont recouvertes d’une glaçure fondant assez facilement pour faire adhérer le métal. Dans le cas des porcelaines dures sans glaçure ou du verre, on est obligé d’employer un fondant spécial à l’or qui est le nitrate de bismuth précipité par l’eau de sa solution azotique, on ajoute au précipité bismuthique 1/12 de borax fondu et on mêle 1/12 ou 1/15 de fondant à 1 partie d’or; on applique ensuite comme s’il s’agissait des porcelaines tendres.
- Les conditions d’emploi seraient' les mêmes pour le platine obtenu par calcination du chloroplatinate d’ammonium ou l’argent précipité de sa solution nitrique par une lame de cuivre pur, l’application se fait au pinceau, pour obtenir les filets, la pièce est mise au four.
- La cuisson se fait par des moufles; après celle-ci les métaux fixes sont généralement mats; on leur donne du brillant en les frottant avec un brunissoir en hématite ou en agate.
- M. Jollivet, a Paris.
- Moyens d'obtenir des flammes colorées.
- Outre l’application aux feux d’artifice, il est certaines circonstances où il peut être utile de colorer une flamme pour en connaître facilement les limites ou en mieux utiliser les différentes zones, par exemple, petites soudures au chalumeau en bijouterie, dentisterie, etc.
- Voici quels sont les principaux sels que l’on peut faire préalablement dissoudre dans l’alcool et les colorations qu’ils donnent : sels de baryum (Exemple : nitrate de baryte) coloration verte, sels de strontium (Ex. : nitrate de strontiane) rouge, sels de sodium (Ex. : chlorure de sodium, sel de table) jaune.
- L’acide borique présente également la propriété de colorer la flamme en vert, il est donc particulièrement indiqué dans le cas que nous mentionnons, puisque son action est parallèle à celle du borax déjà employé comme fondant.
- M. Duncombe, a Deauville.
- De quoi sont composées les « eaux à détacher ».
- Les produits vendus couramment sous le nom d’eaux à détacher sont presque toujours à base de gazoline (éthers de pétrole) et de benzine employées seules ou'en mélange.
- D’après Gerbelaud, la Benzine Collas serait uniquement de la benzine rectifiée et l’Eau écarlate de Burdel composée de :
- Benzine rectifiée.......... . 100 cmJ
- Gazoline....................100 cm0
- Essence de bergamotte .... 2 gouttes.
- Même constitution serait celle de la Neufaline, en remplaçant la bergamotte par l’essence de géranium rosat. ...
- Ces produits présentent l’inconvénient de s’enflammer rapidement et doiveqt être maniés avec précautions, loin de toute flamme; le tétrachlorure de carbone ayant mêmes propriétés dis-^ solvantes à l’égard des matières grasses, on peut réaliser un produit sans danger en prenant :
- Tétrachlorure de carbone.........) ~
- Benzine rectifiée. .............)
- Parfum au choix, M. P. M. G., a Nantes.
- Adresses demandées.
- Vous aurez tous renseignements sur Fulilisation des peaux d’animaux marins auprès des maisons suivantes :
- Importateurs de peaux de chiens de mer : Gamard et Lemoine, 8, rue de Thorigny; Nicolas, 7, rue des Archives.
- Importateurs de peaux de raies : Lucien Franck, 56, rue des Tournelles ; Lamothe et Abiet, 108, rue de Bercy.
- Complémentairement s’adresser au Syndicat de la Peausserie, 64, rue de Bondy. Pêcheries de l’Océan, a Arcachon.
- La maison Sœhnée frères, 58, rue de Saint-Mandé, Paris-Montreuil, vous fournira tous vernis modernes aux éthers cellulosiques, opaques ou transparents, pour colorer les ampoules électriques. M. Casassa, a Milan.
- Les documentations que vous nous demandez portent sur des sujets trop étendus, pour que nous puissions entreprendre des recherches sur ces questions, veuillez vous adresser à l’Office de Documentation, 82, rue Taitbout, à Paris.
- M. J. Firmino, a Lisbonne.
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- LES FAITS DE
- Les expériences de radiophonie musicale de M. Theremin.
- M. Léo Theremin vient de donner à la salle Gaveau, puis à VOpéra deux auditions originales autour desquelles on a fait grand bruit. Üannonce de ces spectacles portait que M. Theremin, jeune ingénieur russe, avait réussi à créer « la musique de son des éthérées ».
- Nos photographies représentent M. Theremin, devant son appareil vw de face et de profil, dans une des postures où il le fait émettre des sons.
- Les conférences lues au début des deux auditions, faites par un musicien, ont insisté surtout sur la puissance, l'étendue, la variété des effets musicaux qu’on peut obtenir du nouvel appareil. De celui-ci et de son principe il n’a guère été question.
- Les auditions qui ont suivi ont montré que Vappareil de M. Theremin est réellement un nouvel instrument de musique des plus
- LA QUINZAINE
- Bien entendu, les sons sont émis par un haut-parleur dont rien n’a été dit. Il apparaissait dans la salle sous la forme d’un triangle, la pointe tournée vers le bas, recouvert d’une toile qui ne permettait d’apercevoir aucun détail. Ce haut-parleur doit être d'un type nouveau et fort bien étudié puisqu’il donne des sons d’une grande pureté et d’une grande puissance. Ces sons sont d’une qualité qu’on ne connaît à aucun instrument de musique actuel, intermédiaires entre la voix humaine et Je son du violoncelle. Ils peuvent passer, par les mouvements de la main gauche, du pianissimo à peine perceptible à une intensité telle qu’ils emplissaient le vaisseau de l’Opéra.
- De l’appareil lui-même, comme je l’ai déjà dit, rien n’a été expliqué et l’on n’en sait pas plus que n’en révèlent les photographies ci-dessous. C’est une boîte en forme de pupitre, montrant seulement a l'extérieur quelques connexions électriques ; à gauche une boucle métallique, à droite une tige verticale. Il est certes aisé d'en deviner
- inattendus. De la main gauche qu’il élève ou abaisse au-dessus d'une spire métallique, l’inventeur augmente ou diminue l’amplitude des sons, depuis le pianissimo le plus léger jusqu’au fortissimo qui emplit toute la salle. La vitesse à laquelle le bras gauche se meut donne toutes les nuances.
- Le .bras droit qui s’agite le long d’une tige verticale, l’antenne, module les sons. Des mouvements saccadés des doigts ou du poignet produisent des trémolos fort agréables.
- La parfaite exécution des morceaux dépend donc de. l’agilité des bras, des mains et des doigts et de la précision des mouvements.
- A ce sujet, quelques critiques musicaux ont regretté que M. Theremin ne soit pas plus virtuose, qu’il n’ait fait entendre que des pièces de mouvement très lent, que ses attaques aient manqué de pureté, mais on se rend bien compte que l’inventeur ne faisait quune démonstration de ce qu’on peut obtenir du nouvel instrument et il faut reconnaître qu’un artiste à l’oreille fine, aux gestes entraînés, ayant acquis un mécanisme précis et possédant un sens exercé de la musique tirerait de l’appareil des effets vraiment remarquables-
- le principe, sinon les détails qui doivent avoir été fort bien étudiés.
- Tous les amateurs de T. S. F. possédant un poste à plusieurs lampes savent qu’il suffit d’approcher le corps ou le bras des amplificatrices pour provoquer des bruits divers ou des variations d’intensité. On conçoit (que M. Theremin ait systématiquement cherché l’utilisation de ces phénomènes. Mais la manière dont il a réalisé son poste émetteur reste inconnue.
- M. Georges Kimpflin qui a, par interprète, essayé d’obtenir de l’inventeur .une explication, n y a guère réussi à en juger par ce qu’il- en dit dans La Journée industrielle. La source serait une batterie. d’accumulateurs de 160 volts. L’émission aurait lieu sur des longueurs d’ondes comprises entre 300 et 5000 mètres. Les sons seraient produits par interférences de ces ondes. Le timbre, très spécial et voisin de la voix humaine, serait dû à une production d’harmoniques réglable par construction ou par action des mains.
- Cela ne suffit pas pour définir l’appareil, mais les auditions qu’on en a eues suffisent pour affirmer que la T. S. F. vient de doter la musique d’un nouvel instrument particulièrement remarquable.
- 95.3i8. — Paris, lmp. Lahure. i-i-j8
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- Fig. 1. — Une gare du Canadian National Railway, Jasper (Montagnes Rocheuses), A droite, on opei’çoit un grand mât totémique.
- VINGT-CINQ JOURS DANS UN TRAIN CANADIEN
- La Nature a bien voulu annoncer à ses lecteurs que je leur consignerai quelques observations recueillies au cours du voyage que je viens de faire à travers le Canada.
- Brièvement, je préciserai les raisons qui m’amenèrent à visiter ce pays, au cours de l’été dernier, et à le parcourir dans sa plus grande longueur, soit de la vieille citadelle de Québec, si riche en souvenirs français, jusqu’à cet Eden qu’est Elle Vancouver.
- Les 60 000 Français qui demeurèrent sur les rives du Saint-Laurent après la conquête anglaise (en 1759) comptent actuellement près de trois millions de descendants fixés pour la plupart dans la
- province de Québec (qui est quatre fois plus étendue que la France). De cette province-mère, ils ont essaimé vers
- l’Ouest en fondant des colonies agricoles dans l’Ontario (province de langue anglaise) et dans le Far-West. Pour en-couragerces lointains rejetons à rester fidèles à la langue française et à l’idéal français, le Québec leur envoie chaque été, depuis deux ou trois ans, une députation de notabilités.
- L’œuvre, organisée par l’Action catholique de Québec, porte le beau nom de « La Liaison Française ».
- J’ai eu l’honneur et la joie de prendre part à la plus récente de ces missions, si touchantes pour un cœur français, si fer-
- K° 2777.
- 15 janvier 1928.
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- tiles en enseignements pour un écrivain. Elle me fit parcourir près de 15000 kilomètres par voie ferrée, 2000 en automobile, et de 390 à 400 par bateau.
- COMPOSITION D'UN TRAIN TRANSCONTINENTAL
- J’avouerai que la perspective de vo}rager en chemin de ferpendant près d’un mois ne m’enthousiasmait guère avant de débarquer de cette agréable ville flottante qu’est le Paris, où l’on passerait volontiers ses vacances! Mais, après cet aveu, je me hâte d’ajouter que mon appréhension était chimérique, et que je n’eus pas à enregistrer une heure de lassitude ou même cinq minutes d’ennui à bord de l’hôtel roulant qui nous promena pendant quatre semaines entre Québec et Vancouver.
- J’accorderai une description au train spécial que le Canadian National Railway avait organisé pour la Liaison Française. Il comprenait cinq wagons de première classe, un wagon-restaurant, un wagon-salon, un wagon dit de touristès (2e classe) réservé au personnel, un fourgon.
- Ces wagons de première classe sont des modèles de confort. Ils ont chacun leur nom; celui que j’habitais s’appelait le Londonderry. Un couloir central (qui se prolonge d’un bout à l’autre du train) sépare les paires de banquettes qui se font vis-à-vis : autant de compartiments séparés où quatre personnes peuvent s’asseoir, à l’aise. Une table que le porter installe sur demande entre deux banquettes achève de meubler ces alcôves.
- Chaque wagon comporte plusieurs réduits : des chambres que les passagers peuvent louer en payant un supplément; deux cabinets de toilette avec lavabos et penderies, et où l’on trouve une fontaine d’eau glacée avec gobelets de papier; deux w.-c. A chaque bout du couloir, une encoignure est aménagée en placard.
- Le soir venu, le porter a vite fait de transformer l’immense Avagon en dortoir. A la place de chaque compartiment se superposent maintenant deux couchettes que de lourdes portières de cuir artificiel métamorphosent en chambrettes. Deux petites ampoules permettent au passager de lire aArant de s’endormir. S’il est partisan de la ventilation, un panneau de toile métallique lui assurera durant la nuit ample ration d’air frais.
- Le wagon-salon, placé en queue, résume tout le confort
- et toutes les distractions qu’un passager peut demander au cours d’un long voyage. De larges fauteuils montés sur pivot s’échelonnent contre les parois, sous les larges baies vitrées qui laissent les paysages se dérouler sans encombre. Un piano est calé au bas d’une bibliothèque qui prête gratuitement ses trésors aux amateurs de lecture. Près de ce piano, un appareil-récepteur de radiotéléphonie avec haut-parleur, contrôlé par un employé spécial ; et chaque fauteuil possède sa paire d’écouteurs.
- A l’arrière de ce salon roulant, une porte ouvre sur un spacieux balcon : c’est l’observatoire, d’où quinze à seize personnes assises peuvent embrasser l’horizon que le train sème derrière lui.
- Le Fort Qu'Appelle (qui est le nom de ce Avagon) fut, durant notre voyage, notre centre social, mondain et religieux. Salle de causerie durant la journée, salle de
- concertou de théâtre le soir, il servait chaque matin de chapelle. j
- Sur soixante-quinze membres qui formaient la caravane, nous comptions une AÛngtaine d’ecclésia stiques auxquels de petits autels portatifs permettaient d’y célébrer leur messe.
- ' A ce propos, je noterai que c’est sur un train du Canadian National Railway que la messe fut célébrée pouf la première fois en chemin de fer. Prenant en considération la longueur du trajet sur la ligne transconti-ne n tal e de cette Compagnie, le Saint-Siège ne donna la permission de célébrer la messe sur un train en marche qu’à une condition : c’est que l’officiant aurait constamment près de lui un prêtre qui assurât l’équilibre du calice, que les secousses pourraient renverser.
- J’aurai achevé la description des wagons quand j’aurai noté que chacun possède son propre système de chauffage à eau chaude, qui ne fonctionne qu’en cas de panne du train pendant la saison froide. Chaudière et foyer sont renfermés dans une sorte d’armoire. Normalement, le train est chauffé par la Arapeur que produit la locomotive. Mais il est bien évident que, si la machine cesse de fonctionner pour une cause ou pour une autre, alors que le train se trouve dans une région où sévissent de basses températures (— 35° C. s’enregistrent fréquemment au cœur de l’hiver dans les plaines du Far-West), les passagers seraient condamnés à mourir de froid, n’était ce système de chauffage.
- Fig. 3. — La messe célébrée un dimanche malin dans le wagon-salon d’uji train transcontinental.
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- Gomme autres données générales, je noterai que chaque convoi est pourvu d’une pharmacie portative, institution dont j’eus lieu de me féliciter, pour ma part. Deux piqûres de taons venimeux m’avaient enflé le bras et le mollet avec accompagnement de fièvre. Un de nos compagnons,le Dr Jules Dorion, trouva dans cette pharmacie de quoi me panser et me guérir.
- Enfin, je signalerai que l’on peut, sans descendre de son wagon, expédier une dépêche n’importe où dans l’une des huit langues énumérées par les règlements et recevoir de même la réponse. J’aurais pu, m’expliqua-t-on, câbler de mon train à Pal is et recevoir la réponse sans m’arrêter.
- LE PERSONNEL
- Le personnel du train comportait, outre le mécanicien et le chauffeur, un conducteur (chargé de collecter les tickets de passage et de veiller à la sûreté du train), deux serre-freins, quatre
- le grave problème du blanchissage. De grands sacs de papier épais marqués au nom de la Compagnie sont à leur disposition. Ils y entassent leur linge sale, ou même le complet qui demande un coup de fer, et remettent le tout au garçon. Celui-ci, au premier arrêt, passe le paquet à un blanchisseur qui jouit du patronage de la Compagnie. Deux ou trois jours plus tard, les paquets de linge propre sont recueillis par un train express qui, rattrapant l’autre train en cours de route, les restitue à leurs légitimes propriétaires.
- J’ajouterai que les prix perçus sont très raisonnables
- portées (que l’on pourrait plutôt appeler garçons d’hôtel), un chef et quatre garçons attachés au wagon-restaurant, un cuisinier et quatre aides. Et j’ai déjà signalé qu’un employé était attaché au service radiophonique nstallé dans le wagon-salon.
- Nos quatre porters, de fort honnêtes mulâtres (le père et ses trois fils, tous nés dans la province de Québec et parfaitement canadianisès), avaient chacun l’entretien d’un wagon. Je ne décrirai pas leurs multiples fonctions qui étaient, en somme, celles de garçons d’hôtel; mais je crois utile de signaler comment le Canadian National Railway a résolu, pour ses voyageurs à longue distance,
- Un wagon-salon avec havt-parleur et écouteurs.
- et que le travail ne laisse rien à désirer.
- Les gardes-frein ne quittent guère la plate-forme placée en queue, dès que la nuit est tombée. Ils veillent à l’entretien des fanaux. Si le train s’arrête ou ralentit dans une région où les courbes sont accentuées, ils lancent des fusées pour mettre sur ses gardes le mécanicien du train qui pourrait suivre.
- Dans ces mêmes régions accidentées, des poteaux espacés le long des voies de garage portent des numéros qui permettent au mécanicien de calculer à quelle distance de l’aiguillage se trouve la dernière voiture; pour obtenir ce résultat, il n’a qu’à connaître le nombre de ses wagons qui, pour un train de marchandises, peut varier entre 50 et 150.
- Après avoir rappelé que, dans ces immenses plaines du Far-West, les gares sont très espacées et que les dépôts de matériel roulant le sont davantage, je signalerai une ingénieuse invention que je vis fonctionner. Un piston de notre machine (l’unique accident enregis-
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- Fig. G. — Une des antennes d’un poste de la compagnie qui envoie concerts et conférences au salon du train.
- tri sur un parcours de 15 000 kilomètres) s’était brisé en nous immobilisant en pleine Prairie. J’étais alors dans le fourgon avec mon ami, M. Claude Melançon, homme de lettres attaché au service de la publicité du Cana-dian National Railway, qui attira mon attention sur la manœuvre suivante :
- Un téléphone portatif occupait une petite armoire dans ce fourgon. Le conducteur fixa bout à bout trois tronçons de bambou, perche démontable qui lui permit d’accrocher le fil de l’appareil au fil aérien et de communiquer avec le dépôt de locomotives le plus proche. Deux minutes après la panne, la communication était établie et la nouvelle locomotive nous atteignait une heure plus tard. La portée de ces téléphones est de 400 milles (soit environ 650 kilomètres).
- COMMENT S'EXPLOITE LE RÉSEAU
- J’ai voulu savoir comment est organisée l’exploitation de ces grandes lignes transcontinentales du Canadian National Raihvay, la plus puissante entreprise ferroviaire du monde avec ses 40000 km de voies et les 120 000 employés que compte son personnel.
- Le gigantesque réseau est partagé en trois régions : Atlantique, Centrale, Ouest. Dirigée par un gérant général, chacune se divise en 4 districts, dirigés par autant
- de surintendants généraux (chefs du personnel). A leur tour, les districts se partagent chacun en 4 divisions, ce qui fait un total de 48 divisions entre Halifax et Vancouver, points extrêmes, la plus longue mesurant 800 milles (1289 km).
- Le haut personnel de la division comporte : 1 surintendant, 1 assistant-surintendant, 1 ingénieur de division, 1 ingénieur des ponts et bâtisses, 4 inspecteurs de voie (ou roadmasters), 1 secrétaire privé du surintendant.
- Ce surintendant de division est un personnage. Ses appointements sont de 6 à SOOOdollars (plus de 200000 fr.) Il a son wagon privé (businesscar) dont toutes les dépenses (nourriture, etc.) sont payées par la Compagnie. Je ne manquai pas de visiter celui que l’on attacha à notre ; train pendant notre traversée de l’Ontario septentrional, et j'y fus reçu très amicalement par M. W. B. Way, dont le secrétaire privé, M. Charlemagne Renaud, compléta mon éducation « ferroviaire ». M. Way, qui me parut âgé de 35 à 40 ans, est le surintendant de la division de Cochrane.
- Sa belle voiture comprenait 3 chambres à coucher (une pour lui, une pour son secrétaire, une faisant office de « chambre d’ami » pour les vüsiteurs occasionnels ou pour les officiers de la compagnie qu’il invitait), un vaste bureau d’administration avec machine à écrire, et servant également de salle à manger, un spacieux salon-observatoire, des cabinets de toilette, une cuisine. Celle-ci était dirigée par un Chinois, que je vis tourner une sauce tout en lisant un journal imprimé en sa langue..
- Le surintendant dispose d’un budget qui peut s’élever à un million de dollars par an et doit couvrir toutes dépenses entraînées par l’entretien de la voie, des bâtisses pour cantonniers et des gares. Pour ces dernières, le surintendant n’est responsable que de la peinture des murs extérieurs. L’entretien de la voie inclut celui des signaux sur voie et l’enlèvement des neiges hivernales. M. Renaud m’apprit que la division de Cochrane est la plus neigeuse de tout le réseau. La couche de neige y est en moyenne de 4 pieds 8 pouces. Son enlèvement (opéré par des charrues à neige et par des équipes de cantonniers) est particulièrement onéreux en janvier : 17 500 dollars pour ce mois en 1927 ; 17 000 en février; 5 200 en mars; 352 en avril, 300 en mai. Les tableaux que me montre M. Renaud indiquent des écarts curieux. Ainsi, pour les 5200 dollars marqués en mars 1927, j’en lis 12 500 pour mars 1926. Plus surprenante encore est la différence pour le mois d’avril : 352 dollars en 1927 et 6100 en 1926.
- L’ingénieur de division doit posséder un diplôme correspondant à ceux de nos grandes écoles (Polytechnique ou Centrale) : il peut devenir surintendant. Il s’occupe de la construction des voies nouvelles et trace les plans des nouveaux ponts. Sous ses ordres est placé Yingénieur des ponts et bâtisses, qui exécute ses plans et n’a pas besoin de posséder un diplôme.
- Les 4 roadmasters de la division ont chacun à surveiller une section qui peut atteindre 200 milles (3.20 km.). Ils commandent les forces jde cantonniers (ou section: naires) qui travaillent constamment à l’entretien de la
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- voie. Beaucoup de Polonais et d’Italiens sont recrutés dans ce but; mais les chefs d’équipe sont Canadiens (français ou anglais). On leur adjoint des manœuvres recrutés pour les moments de presse, et j’ai constaté que, dans le Far-West, plusieurs équipes étaient composées de Peaux-R.ouges.
- Des trains spéciaux (work trains), formés de vieux wagons aménagés en dortoirs, cuisines, magasins de matériel, transportent ces équipes de cantonniers de chantier en chantier.
- SUR LES SALAIRES
- Les salaires du personnel ouvrier des trains sont calculés d’après l’unité de 100 milles (160 km.) de parcours qui est considérée comme l’équivalent d’une journée de travail. Voici quelques chiffres concernant les trains de voyageurs :
- Le mécanicien touche 6,32 dollars par 100 milles ;
- Le chauffeur 5,04
- Le conducteur 4,47 —
- Le serre-frein 3,13 —
- Cependant, le conducteur est assuré d’un salaire minimum de 6,70 par jour ou de 201. dollars par mois; le serre-frein a des garanties analogues : 4,70 par jour ou
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- 141 dollars par mois. Tous les chiffres que je viens de citer s’entendent pour les trains dont les locomotives pèsent au moins 300 000 livres. Si la locomotive est plus grosse, les salaires sont augmentés.
- Pour les trains de marchandises, l’échelle est la suivante :
- Mécanicien 7,34 dollars par 100 milles.
- Chauffeur 5,88 —
- Conducteur 6,16 —
- Serre-frein 4,84 —
- Je noterai encore que, dans les régions boisées, les trains sont suivis par deux hommes montés sur des draisines à moteur, petits chariots roulant sur les rails. Ils doivent veiller à l’extinction de tout foyer d’incendie allumé par les étincelles de la machine.
- Autre détail digne d’être enregistré : les buffets de gare sont espacés pour la convenance des voyageurs, sans égard à l’importance de la localité.
- Je signalerai encore que l’administration interne du Canadian National RaiUvay n’emploie que la langue anglaise, mais que son administration publique emploie l’anglais et le français (pour les tickets, les affiches, les menus des wagons-restaurants, etc.).
- Victor Forbin.
- EEEE INITIATION BIOLOGIQUE(,) .==
- LES CORRÉLATIONS ENTRE LES CELLULES
- Dans la série d’articles qui ont précédé celui-ci, j’ai initié le lecteur à la connaissance de la cellule, ce matériel premier de tous les édifices organiques. Successivement ont été envisagés sa structure, ses mouvements, ses modes de multiplication. On a montré comment, au cours de ses divisions, durant le développement embryonnaire, elle acquiert peu à peu ses caractères propres de forme et de fonction, c’est-à-dire sa différenciation. On a passé en revue, enfin, les plus importantes de ces spécialisations.
- A cette récente occasion, j’avais laissé préjuger que tant d’éléments distincts ne sauraient vivre les uns sans le secours des autres, et qu’un jeu d’échanges étroit, permanent, est la règle inéluctable de ces sociétés que sont les êtres hautement organisés.
- Ces relations entre les cellules empruntent des voies multiples. Il en est qui s’exercent au moyen d’aciions purement mécaniques. Leur part est relativement peu importante. D’autres ont pour agents des substances chimiques. D’autres enfin utilisent l’intermédiaire du système nerveux. Grâce à cet ensemble disparate d’influences, il se crée un régime souple et constant d’interactions combinées, dont le rôle est capital dans les phénomènes de la vie. Le moment est venu pour nous de procéder à leur étude. Je traiterai d’abord l’importante question des corrélations chimiques, me réservant
- 1. Voir La Nature, ncs 2705, 2713, 2731, 2735, 2738, 2749, 2756, 2762, 2767 et 2773.
- d’aborder plus tard celle des relations d’ordre mécanique et nerveux.
- LES CORRÉLATIONS CHIMIQUES
- Pour qu’une cellule soit capable d’agir chimiquement sur une autre cellule, il est nécessaire qu’elle possède une « sécrétion interne ». Il faut, en d’autres termes, qu’elle rejette dans le milieu intérieur —- sang, lymphe ou espaces interstitiels du tissu conjonctif suivant les cas — une substance qui, empruntant une de ces voies, atteindra, proche ou lointain, l’élément réactionnel.
- Or les sécrétions internes apparaissent des plus diverses, et si l’on prétend à embrasser, d’un point de vue général, la question des corrélations chimiques dans les organismes hautemnt évolués, la première nécessité qui s’impose est d’y intro-
- Fig. 1. — Coupe de la paroi du corps d’une Hydre.
- ep., épiblaste; hyp., hypoblaste, dont les cellules renferment des grains de sécrétion; l, lame de soutien interposée entrel es deux feuillets. X 450.
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- Fig. 2. — Coupe de la muqueuse intestinale de l’homme.
- En haut, cavité intestinale. La coupe intéresse trois « villosités » intestinales en doigt de gant, formées chacune d’un axe conjonctif (chorion) que tapisse l'épithélium absorbant. Parmi les cellules de ce dernier, des cellules à mucus font, de place en place, une tache claire. En bas de la figure, on remarque des tubes glandulaires (glandes de Lieberkiihn) qui débouchent dans l’espace intervilleux. Microphotographie Xl80.
- cluire un ordre préalable, bref d’en établir une classification.
- Les plus simples dans leurs manifestations sont celles qu’il est permis d’appeler les sécrétions internes nutritives. Qu’on veuille bien se rappeler ici les indications que, dans mon dernier article, je donnais sur la fonction glandulaire en général : je démontrais alors que cette fonction consiste, pour les cellules qui l’assument, à élaborer des produits que d’autres éléments sont incapables de sécréter, et à en faire bénéficier ces derniers. Or, parmi les cellules glandulaires, beaucoup sont vouées à accomplir l’absorption ou la synthèse de substances que requiert la nutrition du restant de l’organisme. C’est là une forme particulière de l’activité glandulaire. Elle a pour condition le rejet, dans le milieu intérieur, des substances nutritives considérées. Aussi répond-elle bien à la dénomination, que nous venons de lui conférer, de sécrétion interne nutritive.
- Mais ce n’est certes pas là le seul moyen d’ordre
- chimique, pour une cellule ou pour un groupe de cellules, d’exercer son influence sur d’autres éléments.
- Depuis les stades les plus primitifs de l’ontogenèse jusqu’à la mort, il circule, en effet, dans nos humeurs, des substances de nature souvent mystérieuse, capables d’aller susciter, en des points déterminés de l’économie, des réactions qui se traduisent par les changements d’état les plus variés selon les cas : différenciation, division cellulaire, mise en jeu d’activité sécrétrice. Pour plus de prudence, il siérait d’employer, à la place de ce mot de « substances », celui de « conditions », car il n’est pas démontré que les phénomènes en cause aient toujours pour agents des corps chimiques définis, et que de simples ébranlements d’ordre physico-chimique n’en puissent être parfois la cause. Cette réserve faite, nous n’en persévérerons pas moins à les ranger parmi les manifestations des corrélations chimiques, car il va nous échoir de distinguer des effets, bien plus que d’analyser des causes le plus souvent rebelles à l’expérience.
- En tout cas une nécessité première, au seuil d’une telle étude, est de conférer à ces causes une appellation générale qui évite les périphrases et permette de fixer les idées. Aux physiologistes anglais Bayliss et Starling revient le mérite, non seulement d’avoir découvert l’une d’entre elles, mais encore de lui avoir appliqué un nom qui a rapidement acquis droit de cité en biologie et que
- Fig. 3. — Coupe de foie.
- Au centre, on voit un « espace porte » où cheminent une branche de la veine porte (le vaste espace clair) qui amène au foie certains des matériaux de l’absorption intestinale, des branches de l’artère hépatique, et des canaux biliaires. Autour de l’espace porte irradient les travées de cellules hépatiques et les capillaires sanguins issus de la branche veineuse porte. Microphotographie X-'AL
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- l’on emploie aujourd’hui universellement : celui à'hormone.
- Les hormones représentent, selon l’expression qu’on doit également à ces deux auteurs, de véritables « messagers chimiques ». Déversées dans la circulation, elles vont déclencher, en tel ou tel point de l’organisme, une réaction spécifique. Elles associent, somme toute, l’évolution ou le fonctionnement de cellules distinctes, éloignées les unes des autres. Elles sont bien les agents de liaison qu’ont conçus Bayliss et Starling.
- Ces agents de liaison sont nombreux.' Leur intervention se révèle chaque jour, au cours des progrès des investigations biologiques, plus diverse, plus complexe.
- Il n’est pas douteux que leur place dans les manifestations vitales ne soit primordiale.
- Un prochain article aura la double tâche de classer les sécrétions internes hormoniques, puis d’examiner chacune de leurs interventions les plus importantes et les mieux connues.
- Ainsi, après avoir tracé artificiellement quelques allées dans le domaine vaste et souvent parsemé de broussailles que constituent les sécrétions internes, je m'efforcerai, dans la suite de ces articles, d’apporter sur elles une série d’indications objectives. J’envisagerai, en premier lieu, les séerétions internes nutritives.
- I. LES SÉCRÉTIONS INTERNES NUTRITIVES
- Un protozoaire, comme un Infusoire,puise, comme on sait, dans l’eau où il vit, les matières premières indispensables à son entretien. Il les élabore, en crée ce qu’il faut pour la réparation de sa propre substance et pour la mise enjeu de ses activités. Puis il rejette en dehors de lui, il « excrète », les résidus de ce métabolisme, ainsi que l’on nomme ces mutations chimiques. En un mot, il pourvoit à sa nutrition.
- Chez les métazoaires, si peu élevés qu’ils soient dans la série zoologique, une spécialisation s’institue de bonne heure. Certes, toutes les cellules restent capables, nous le savons bien, dé puiser hors d’elles — c’est-à-dire, ici, dans le « milieu intérieur » — ce qu’il leur faut pour subsister, croître ou fonctionner, et de remanier
- Fig. 5. — Frottis de sang humain, montrant de nombreux globules t rouges et, au centre, trois globules blancs.
- Le plus petit est un lymphocyte; au-dessous de lui, un polynucléaire; à droite, un monocyte. Microphotographie X 500.
- Fig. 4. — Figure demi-schématique montrant deux travées de cellules hépatiques voisines.
- c. h., cellules hépatiques; c. s., capillaire sanguin; c. b. t., capillaires biliaires intercellulaires, coupés transversalement; c- b. L, capillaires biliaires, coupés longitudinalement X 750.
- ces matériaux pour se les assimiler. Cette propriété, que nous avons déjà mentionnée et définie, n’est autre que la " sécrétion », apanage des cellules en général.
- Mais une fois différenciées, au sein d’un organisme complexe, les cellules ne sauraient sécréter aux dépens de n’importe quelles substances premières. Il devient indispensable qu’il leur en soit fait un apport régulier, constant, d’abord en qualité déterminée, puis en quantité suffisante. Cette double exigence se
- trouve justement satisfaite grâce à l’intervention des sécrétions internes nutritives,
- Déjà, chez des êtres d’organisation encore rudimentaire, comme chez les Coelentérés (l’Hydre, par exemple) la première différenciation importante consiste en l’existence de deux feuillets, l’épiblaste et l’hypoblaste (qu’on appelle aussi l’ectoderme et l’entoderme) [fig. 1]. Au second revient le rôle de puiser au dehors les aliments, de les transformer (par exemple, de les scinder en molécules plus simples), puis de faire bénéficier de cette activité les autres éléments de l’organisme.
- Au cours des progrès que la phylogenèse enregistre, on voit partout l’hypoblaste conserver ce rôle essentiel. De l’hypoblaste procèdent, en effet, les différentes parties du tube digestif, et spécialement l’intestin (fig. 2). Or, les cellules qui tapissent intérieurement ce conduit, qui en composent l’épithélium, sont douées du pouvoir d’absorber les aliments, préalablement modifiés ou non par les ferments que le tube digestif lui-même ou ses glandes annexes fabriquent et qui s’écoulent dans sa lumière. Cette absorption est immédiatement suivie par le rejet dans le milieu intérieur des substances incorporées. N’aurait-elle que l’effet de réaliser une sélection, de ne déverser dans le sang ou la lymphe que les matériaux indispensables à la vie cellulaire, cette activité n’en représenterait pas moins déjà une sécrétion interne nutritive. Mais elle fait plus. Au niveau du tube digestif, il n’y a pas seulement triage, il y a transformation des aliments. Ainsi, notre organisme ne peut utiliser le saccharose. Si l’on injecte ce sucre dans la circulation, il est rejeté par l’urine. Mais le saccharose ingéré en tant qu’aliment, est modifié par les ferments digestifs, et dédoublé de manière à engendrer un autre sucre, le glucose qui, lui, est assimilable. Et c’est le glucose qui, absorbé par l’épithélium intestinal, se déverse dans le sang.
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- Il ne faudrait d’ailleurs pas croire que tout se passe, dans le laboratoire intestinal, sans que l’épithélium qui le borde joue un autre rôle que celui d’une membrane absorbante. Quoi qu’en pensent certains physiologistes, les cellules absorbantes de l’intestin sont capables de provoquer elles-mêmes’des remaniements, d’accomplir des synthèses, comme celle des graisses aux dépens des acides gras et de la glycérine. Sans doute n’est-ce là qu’une de leurs aptitudes élaboratrices.
- De l’hypoblaste dérivent aussi des glandes qui se rangent en deux catégories. Les unes sont des glandes exocrines
- Fig. 6. — Coupe de peau.
- Dans la partie moyenne, on reconnaît les racines de quatre poils coupés longitudinalement. Dans l’hypoderme, à la partie inférieure de la ligure, on distingue des taches claires constituées par de fines aréoles juxtaposées : chaque aréole correspond à une cellule adipeuse et l’ensemble de la tache claire, à un lobule adipeux. Microphotographie x 20.
- qui, comme les glandes salivaires, le pancréas, produisent des ferments, les déversent dans le tube digestif, et concourent ainsi à la transformation des aliments. Les autres cumulent une sécrétion externe avec une. sécrétion interne. Tel est le cas du foie (fig. 3 et 4). Outre sa fonction exocrine, qui consiste essentiellément en la formation et l’excrétion de la bile, le foie détient de nombreuses et importantes fonctions endocrines d’ordre nutritif. Il joue un rôle essentiel dans l’élaboration des matières protéiques, des graisses, des lipoïdes, de certains pigments, et là il parfait le rôle de l’intestin dans la satisfaction des besoins qualitatifs de l’organisme. Mais il inter-
- vient en outre dans la mise en réserve de certaines substances, et ici nous touchons à la part que les sécrétions internes nutritives prennent à la régulation de nos besoins quantitatifs.
- Le type de cette activité est la fonction glycogénique, à la découverte de laquelle Claude Bernard a attaché son nom. On sait en quoi elle consiste : la cellule hépatique retient le glucose que l’intestin lui livre. Elle en fait un composé nouveau, le glycogène, sorte d’« amidon animal », comme on l’appelait autrefois et, sous cette forme, le met en réserve. Au fur et à mesure que se manifestent les besoins de l’organisme en hydrates de carbone, le foie abandonne au milieu intérieur la quantité nécessaire de glycogène qui, sitôt excrété, revient à son état primitif de glucose.
- Mais l’épithélium intestinal, et les glandes qui en dérivent, sont loin de représenter les seuls intermédiaires possibles entre les matériaux nutritifs d’une part, et les tissus qui les utilisent, d’autre part. Au fur et à mesure qu’au cours de la phylogenèse les organismes se compliquent, on voit le « milieu intérieur » assumer, à cet égard, un rôle toujours plus important. En même temps que se développent les circulations sanguine et lymphatique, le tissu conjonctif, répandu en tous les points du corps, devient, avec ses « espaces interstitiels » remplis d’une sorte de lymphe, le déversoir commun des vaisseaux et des cellules. Or, partout, au milieu liquide qui charrie aussi bien les matériaux à utiliser que les déchets de cette utilisation, s’adjoignent des cellules qui, tantôt commis-voyageurs diligents, tantôt courtiers sédentaires, collaborent à la nutrition générale.
- Le globule rouge du sang est un représentant fort typique de cette activité, et on a le droit de le considérer comme une véritable glande endocrine nutritive unicellu-laire. Ne va-t-il pas se décharger, au niveau des tissus qui le consomment en vue de leurs combustions, de la provision d’oxygène recueillie au niveau du poumon ?
- Les globules blancs, eux aussi, sont des cellules endocrines, vecteurs de ferments, ou d’autres produits de sécrétion encore mystérieux. Grâce à leur mobilité, ils vont exercer leurs fonctions tantôt ici, tantôt là, selon les nécessités du lieu ou du moment (fig. 5).
- Si les globules rouges et blancs participent à la nutrition qualitative des tissus, il existe en revanche, particulièrement dans le tissu conjonctif si répandu en tous points, des éléments qui [assument le dépôt, l'emmagasinage, de matériaux de réserve. Tel est le cas des cellules adipeuses. Isolées ou groupées, elles se montrent aptes à fixer de la graisse êt à se l’incorporer sous forme d’une fine gouttelette (fig. 6). Leur fonction n’est nullement de remanier les corps gras, de leur communiquer un état chimique qui les rende assimilables, car la graisse répandue dans le tissu adipeux des animaux après un repas, garde la composition propre à la graisse ingérée. Les cellules adipeuses jouent essentiellement, par rapport aux corps gras, un rôle analogue à celui des cellules du foie par rapport aux hydrates de carbone. Le glycogène dont j’ai parlé plus haut représente, si l’on peut dire, une réserve de première ligne : c’est à lui qu’en cas d’inanition, l’organisme fait immédiatement appel. Mais il s’épuise rapidement. Alors intervient le tissu adipeux qui,
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- peu à peu, restitue au milieu intérieur, pour en faire bénéficier l’organisme, la graisse qu’il avait mise en charge.
- Il est encore un organe que j’eusse mentionné plus tôt dans cette étude, si sa place parmi les glandes nutritives était dûment et définitivement établie : je veux parler du thymus. Cet organe, qui siège à la base du cou, en arrière du sternum (et qui constitue le mets succulent connu sous le nom de « ris » chez le veau et l’agneau), est très développé chez le jeune. Au fur et à mesure que la croissance progresse, il tend à s’atrophier et, chez l’adulte, on le trouve 'réduit à de peu importants vestiges. L’étude histologique enseigne qu’il est formé de follicules rappelant, sous la réserve de quelques particularités, ceux des organes lymphoïdes (ganglions lymphatiques, rate) (lïg. 7). Gomme ces derniers, il donne naissance à de petits globules blancs, du type des lymphocytes circulant dans le sang, globules qu’engendrent des éléments en constante activité prolifératrice. Or, ce qu’on tend à admettre aujourd’hui, c’est que ces petites cellules thymiques, ces « thymocytes », qui possèdent peu de protoplasme, mais un noyau riche en chromatine, représentent pour l’organisme en développement une véritable réserve de substances nucléaires. Leur évolution normale aboutirait à une dégénérescence qui libérerait ces substances au profit des tissus en voie d’édification. Aussi le thymus aurait-il sa place parmi les glandes nutritives de réserve.
- Cet exemple, d’acquisition relativement récente, ajouté à ceux que nous avions préalablement cités, n’épuise sans doute pas la liste des glandes nutritives, et il n’est pas douteux que de nouvelles découvertes ne puissent enrichir leur domaine.
- C’est ainsi que, parmi les glandes endocrines productrices d’hormones, il en est qui, en outre, se montrent probablement capables de participer à la nutrition de l’organisme ou, au moins, de certains organes. La capsule surrénale, en particulier, se compose, comme nous le verrons, de deux glandes distinctes : l’une, qui occupe le centre de l’organe, sécrète une hormone ; l’autre, qui se localise à la périphérie, détient des propriétés encore imparfaitement connues. Or, à cette dernière, on tend à attribuer justement une fonction qui mériterait de la ranger parmi les glandes endocrines nutritives ; celle de produire, en grandes quantités, la cholestérine, une substance lipoïdique indispensable à nos tissus, et singulièrement au tissu nerveux.
- Encore me suis-je volontairement gardé, pour éviter d’obscurcir une question déjà suffisamment complexe, de mentionner la part que des glandes nutritives ou élabo-ratrices d’hormones peuvent prendre à l’élimination de produits de déchets, résultant du métabolisme, ou à leur transformation. La genèse de certains pigments reconnaît cette source et cette origine. Mais, en y insistant, nous sortirions largement du cadre de notre étude.
- Quoi qu’il en soit, il vient de se dégager, sous nos yeux, un vaste système de corrélations, grâce auxquelles toute cellule de l’organisme, dans les conditions normales, trouve constamment autour d’elle ce qui convient à son entretien. Isolés, ou groupés en organes spécialisés, des éléments élaborent des malières premières, d’autres échafaudent des réserves cependant qu’entre eux
- Fig. 7. — Coupe de thymus.
- La figure montre deux follicules thymiques avec une zone périphérique sombre et une zone centrale plus claire. Microphotographie X125.
- et l’ensemble des tissus se tend le réseau sans défaut des voies circulatoires, et que des cellules glandulaires mobiles y assurent le va-et-vient. Le schéma de la figure 8 résume et illustre, avec l’excessive simplification et l’imperfection inséparables de tout essai de ce genre, l’origine, lé terme et les relais des voies nutritives.
- Ce n’est là, malgré tout, comme je" l’ai déjà laissé entendre, qu’un aspect, et l’un des plus simples, du tableau des corrélations entre les cellules.
- D'MaxAhon,
- Professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- Fig. 8. — Figure théorique représentant l’origine, les relais et le terme des voies nutritives.
- v. i., villosité intestinale (les flèches indiquent le sens de l’absorption); v. s., vaisseau sanguin drainant les produits absorbés; g. s., globules sanguins; c.h., cellule hépatique; p., poumon, au niveau duquel les globules rouges renouvellent leur provision d’oxygène; c. a., cellule adipeuse; c. c., cellule fixe du tissu conjonctif; C., cellule d’un organe, à laquelle les matériaux nutritifs, apportés par le vaisseau, parviennent, soit directement, soit par l’intermédiaire de la cellule conjonctive c. c.
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- LA PÂTE DE VERRE
- HIER ET AUJOURD’HUI
- Fig. 1,—La paie de verte en Egypte. leux mystiques avec cornée en albâtre et-pranelle en pâte de verre noii’e. (Tombeau du pbaraon Horus.) Musée de Gizeh, Egypte.
- La pâte de verre opaque est une sorte d’émail susceptible de. prendre, par fusion, dans un moule approprié, toutes les. formes voulues et les verriers égyptiens du temps des Pharaons savaient déjà la travailler. Mais dans ce berceau, de la. verrerie pas plus que dans le reste du monde civilisé d’alors, on ne connaissait le verre translucide.."D’après les récentes analyses, éffectuées par un chimiste allemand, Bernhard-N.eumann, sur de nombreux objets de musées, la coloration des verres antiques provient de l’incorporation, à leur pâte, dé divers oxydes métalliques (cuivre, plomb, étain, manganèse et fer). Quant aux reflets qui irisent certains vases égyptiens, grecs ou romains, ils paraissent dus soit à des défauts de fabrication, soit à l’action de l’eau et de l’acide carbonique sur leur composition trop alcaline.
- Suivant son degré d’oxydation, le cuivre colore la masse vitrifiablé en rouge, en turquoise ou en vert émeraude, et lé manganèse, par exemple, donne les teintés violettes. . .
- 'y LES ÉGYPTIENS '
- Selon Slrabon, qui parcourait l’Egyp.té en l’an 24 de notre ère, cette contrée était alors célèbre pour ses verreries colorées : «'Me trouvant à Alexandrie, écrit-il, dans un chapitre du livre XVI de sa Géographie, j’appris de la bouche d’ouvriers verriers que l’Egypte possède une terre particulière, une terre vitrifiablé, que sans cette terre ils ne pourraient pas exécuter ces magnifiques ouvrages en verre de plusieurs couleurs et que, dans d’autres pays (où cette terre manque), il faut avoir recours à différents mélanges ». D’après l’opinion la plus probable, ces substances étaient tout simplement de la soude et, au xvr siècle, les Vénitiens utilisaient encore cette matière première qu’ils faisaient venir d’Alexandrie pour leurs célèbres fabriques installées dans l’îie de Murano dès 1291.
- Les remarquables peintures des hypogées de Beni-Ilassan-el-Gadim prouvent, d’ailleurs, l’existence des
- fonderies de verre en Egypte 3300 ans environ avant notre ère ; elles représentent, en effet, des ouvriers soufflant des bouteilles à long col au moyen d’un tube ressemblant beaucoup à la canne, encore en usag’e aujour-d hui dans les usines qui n’emploient pas les machines soufflantes à air comprimé. Voici, d’après Y Histoire de la Verrerie d’Edouard Garnier, comment les artisans égyptiens de ces époques reculées obtenaient leurs pâtes de verre. Ils juxtaposaient, dans la masse même, les différents produits colorants, de manière à former des stries horizontales ou dentelées. Us parvenaient à réaliser ainsi, indépendamment de flacons à parfums, de petites amphores, de coupes et autres récipients, des amulettes et surtout des colliers constitués par des perles de grosseur variable.
- Ces colliers ne servaient pas seulement à la toilette féminine, mais ils avaient encore une destination moins folâtre. On a trouvé dans de nombreux tombeaux égyptiens des momies revêtues cl’une sorte de vêtement confectionné tout entier avec des grains de verre enfilés
- Fig- 2. — Masque funéraire égyptien datant du E' siècle de l’ère chrétienne.
- Les yeux sont en pâle de verre colorée. Collection du Dr Coulomb.
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- en longs chapelets. Gomme nous l’apprend encore Strabon, de son temps les fabricants égyptiens exportaient beaucoup ces perles de verre en Ethiopie. Son contemporain, le géographe Scylax, cite également ces « pierres vitreuses » égyptiennes parmi les marchandises que les Éthiopiens achetaient aux Phéniciens. Le goût des peuplades africaines n’a guère changé depuis lors ! Les verroteries de Bohême que les mercantis d’aujourd’hui échangent avec les nègres du Congo ou du Soudan ne se différencient pas beaucoup, en effet, des grains fabriqués jadis par les sujets des Pharaons !
- Du reste, dans l’ancienne Egypte l’art de la verrerie était parvenu à une rare perfection et il a fallu toute la science des céramistes modernes pour retrouver plus d’un de leurs secrets. Quelques-uns des tours de main de ces habiles artisans semblent même perdus. On voit, par exemple, aux musées de Gizeh ou du Louvre des yeux mystiques fort curieux, avec cornée en albâtre et prunelle en pâte de verre noire dont les chimistes modernes n’ont pu reproduire jusqu’ici le remarquable aspect. Certaines collections particulières possèdent également des masques funéraires égyptiens datant au moins du premier siècle de l’ère chrétienne et ayant des yeux en pâte de verres diversement colorés.
- Les maîtres artisans de Thèbes et d’Alexandrie expédiaient aussi leurs productions en Grèce dans l’Àttique, à Corinthe et dans les îles de l’Archipel, à Chypre, à Rhodes et jusqu’en Sicile. On a découvert, en particulier, soit à Herculanum, soit à Yulci, soit à Cliuisi, soit surtout
- à Coere — qui servait
- Fig. b. - Le vase des Saisons. aIors ^entrepôt Pour
- rI, .. . . toutes les marchandises
- 1 ravail romain en pâte de verre . ,
- bleu et blanc. importées en . Italie —
- Bibliothèque Nationale de Paris. beaucoup d’objets de verroterie d’un joli bleu turquoise caractéristique de: la fabrication pharaonique.
- LES ASSYRIENS ET LES PHÉNICIENS
- De leur côté, les Assyriens et les Phéniciens furent, dès la plus haute antiquité, de sérieux concurrents des Égyptiens pour la fabrication des Arerres et surtout des objets en pâte de verre dont Tyr et Sidon monopolisaient la fabrication. Le fleuve Belus fournissait la matière première.
- « C’est à son embouchure, écrit, en effet, Tacite,. que l’on ramasse en quantité les sables qui, mêlés au nitre et soumis au feii, donnent le verre.. Ce ri-: vage a très peu d’étendue
- Fig. 3. — Un chef-d’œuvre romain.
- Amphore en verre turquoise avec ornement d’émail blanc, trouvée à Pompéi. Musée National de Naples, Italie.
- et on le fouille sans l’épuiser. » Les hardis navigateurs phéniciens se chargeaient, du reste, de colporter à travers l’ancien monde jusqu’en Gaule et même au delà des Colonnes d’Hercule les verroteries de leurs compatriotes. N’a-t-on pas trouvé, par exemple, sous les dolmens de la Lozère des grains de collier en pâte bleue et sous celui de Locmariaquer une perle côtelée noire avec des veines azurées?
- Les mêmes marchands ont, sans nul doute, vendus en Grèce et dans l’Italie méridionale les cylindres décorés de masques grimaçants, les flacons à parfums et les petits
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- ROME
- Fig. 5. — Verre doré chrétien.
- Echantillon de fabrication romaine trouvé dans les catacombes.
- ", ! vases en pâte de verre jaune et assez grossièrement travaillée.
- Selon certains auteurs, les artisans de Tyr et de Sidon, auraient, en outre, fabriqué les premiers les verres en pâte translucide. Mais M. Edouard Garnier combat cette opinion et un tel progrès « ne lui semble pas devoir remonter bien loin dans le passé », car on rencontre seulement « dans les tombeaux » beaucoup de bijoux dont les riches montures d’or n’enchâssent que de simples pâtes de verre coloré, faites et taillées de façon à imiter les pierres précieuses que l’on„tirait alors exclusivement de l’Orient. C’est probablement à cette recherche de l’imitation des pierres dures qu’est due la découverte du verre translucide avec lequel les verriers auraient cherché à contrefaire le cristal de roche. |
- LA GRÈCE
- La Grèce où la céramique brilla d’un si vif éclat ne paraît pas' avoir fabriqué de verre durant la période antique tandis-que l’Italie sut apprécier de bonne heure et imiter par là suite lès verriers d’Alexandrié. La collection du Musée de Naples qui compte à elle seule environ 8000 pièces de verrerie ancienne, trouvées presque toutes dans les fouilles de Pompéi, suffit pour en témoigner; on peut y admirer entre autres des coupes, des tassés, des huiliers, des flacons à collyres ou des bocaux à onguents, des boites à poudre et des fioles à parfum, des verres à vitre, des chatons de bague, des: cachets, des colliers ou des bracelets et des boules colorées, que manipulaient’ lés élégantes patriciennes afin d’entretenir la fraîcheur de leurs mains.
- Vers le premier siècle de notre ère, les verriers de Gumes et de Rome étaient passés maîtres à leur tour. Ils inventaient « chaque jour, écrit Strabon, de nouvelles compositions, de nouveaux procédés pour colorer le verre et pour simplifier la fabrication. » Ils étaient parvenus à obtenir des verres translucides (crystalla) tellement bon marché qu’une coupe à boire avec sa soucoupe coûtait seulement un « chalque ».
- Gomme procédés, les artisans romains de l'antiquité soufflaient, moulaient ou coulaient le verre; ils savaient l’obtenir en masses blanches ou colorées. Ils fabriquaient des objets bleus, verts, violets, jaunes et plus rarement rouges. Toutes leurs pièces avaient une forme artistique et ils les décoraient souvent très richement. Tantôt ils les ornaient de spirales enrobées dans la masse vitreuse, tantôt ils moulaient à chaud des dessins avec la pâte, tantôt ils ciselaient à froid des motifs décoratifs en creux ou en relief. Le vase dit « de Portland » du British Muséum et l’amphore « de la Vendange « du Musée de Naples sont des échantillons remarquables de la fabrication romaine. Ces deux magnifiques spécimens d’un art perdu pendant une longue suite de siècles et que notre industrie moderne peut à peine égaler, « comme le constate justement M. Ed. Garnier dans son Histoire de la verrerie, possèdent l’un et l’autre un fond bleu avec décor en blanc opaque travaillé à la manière des camées.
- Après cet apogée, l’art de la verrerie déclina quelque peu dans l’empire romain. Cependant au temps des persécutions, on vit apparaître de très curieuses, coupes ou autres objets en verre doré qu’on découvrit dans les catacombes et dont on conserve encore de très remarquables exemplaires au Musée du Vatican et à la Bibliothèque Nationale de Paris Pour réaliser ces « verres chrétiens », on gravait à la pointe sur une mince feuille d’or des ornements, des figures ou des inscriptions, puis on les fixait sur la pièce à l’endroit voulu et on les recouvrait d’une mince couche de verre qui, en fondant,, s’incorporait à la masse et préservait la dorure des influences extérieures. Bien que le code Théodésien exemptât de tout impôt les « Vitrarii » byzantins, ils semblent aAroir peu fait progresser leur industrie à laquelle, depuis le xi,: jusqu’au xive siècle de notre ère, leurs successeurs arabes de Damas redonnèrent certain lustre. Quelques-uns de leurs chefs-d’œuvre, entre autres de jolies lampes de mosquées, des gobelets ou des bouteilles à long col, furent rapportés en France à l’époque des Croisades. D’ordinaire, les verres de Damas ont une teinte légèrement jaune ou verdâtre et des émaux en épaisseur, plus ou moins rehaussés de dorures, les ornent richement.
- VENISE
- En Occident, on fabriqua également du verre ordinaire pendant le moyen âge, mais seuls les produits de Venise méritent de nous arrêter. On ignore l’époque où cet art fut importé dans la cité des Doges par des artisans orientaux." Toutefois il semble probable que les Vénitiens en relations commerciales avec l’Orient dès le vme siècle
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- durent connaître de bonne heure la technique de la verrerie, mais aucun document antérieur au xme siècle ne prouve qu’ils s’y soient adonnés. En tout cas, les « friolari » relégués dans l’île de Murano ne tardèrent pas à devenir les plus habiles verriers du monde. Ils formaient une puissante corporation possédant des règlements sévères codifiés en 1502 (interdiction de construire des fours sans autorisation préalable et d’exporter les matières premières, défense d’émigrer, etc.) L’ « ars friolaria » atteignit un haut degré de perfection dans tous les genres : verreries de fantaisie ou services dé table, glaces ou miroirs, lustres étincelants, perles et verroteries en pâtes colorées, émaillées, sablées d'or, filigranées ou mosaïques en verre opaque. Les « friolari » des 300 fabriques de Murano purent satisfaire pendant longtemps à tous les desiderata d’une clientèle mondiale sans cesse accrue et ils conservèrent la suprématie incontestée dans ce domaine jusqu’à la fin du xvne siècle. Cependant la chute de la République de Venise et l’abolition des privilèges de la cox'poration commencèrent à diminuer l’importance de l’industrieuse cité italienne. Puis quelques-uns de ses enfants s’expatrient et, tentés par l’appât du gain, vont porter leurs secrets dans les autres pays d’Europe.
- L'ALLEMAGNE ET LA BOHÊME
- Dès le xvi° siècle déjà, l’Allemagne se livrait avec succès à la fabrication du verre. Les artisans de Nuremberg, en particulier, peignaient des vitraux et décoraient des verres à boire. Un peu plus tard, leurs successeurs émail-laient des verres ou les gravaient à la roue, au diamant ou à l’acide (1686). Les douze fabriques existant alors à Murano ne produisaient plus que de la gobeleterie commune, ressemblant de très loin aux chefs-d’œuvre de leurs célèbres devanciers.
- Vers la fin du xvie siècle, la Bohême vint à son tour concurrencer très activement les productions vénitiennes. Dans ses montagnes du nord, elle fabriqua les verreries ordinaires, tandis que ses ateliers de Prague se spécialisaient dans les objets plus luxueux. Tous les verres « façon Bohême « se distinguaient par leur limpidité cristalline et malgré leurs formes souvent massives, leur parfaite exécution et la variété de leurs décors leur attirèrent assez de clients pour supplanter les gracieuses productions de Murano.
- LA VERRERIE EN FRANCE
- Au point de vue spécial qui nous occupe, la France, sauf pour le verre à vitre et les glaces, n’occupa pas jusqu’au xixe siècle le rang que le talent de ses artisans, la science de ses chimistes et le goût raffiné de ses artistes semblaient devoir lui assigner. Dans notre pays cependant, l’industrie du verre, disparue avec la chuie de l’empire romain, avait repris son essor au début du xive siècle.
- Dès cette époque, de nombreuses verreries s’installèrent en divers points de notre territoire, en Vendée, en Poitou, en Champagne, mais surtout en Normandie et en Lorraine. L’histoire a conservé le nom de quelques-uns de ces spécialistes, les de Brossard, les de Cacqueray, les Le Vaillant, les de Bongars dans l’ouest; les Brysonale, les Ilennezel, les Mengin, les du Lyson dans l’est. Ces « gentilshommes verriers » obtinrent, dès 1448, par lettres patentes du Roy, des privilèges assez étendus. Nobles de race ou anoblis, ils se rendaient à leurs fabriques l’épée au côté et seule la Révolution abolit leurs prérogatives.
- En réalité cependant, la verrerie française de luxe date seulement du règne de Henri IL Ce prince fit venir un artisan bolonais, Theseo Mutito, qu’il chargea, en 1550, d’installer à Saint-Germain-en-Laye un atelier où il devait fabriquer des obîets en verre « de la même beauté et excellence » que ceux de Venise. Mais les guerres de religion contrarièrent cet essai industriel ainsi que d’autres tentatives similaires de Henri IV en 1597 et 1600. Un peu plus tard, sur l’ordre de Colbert, notre ambassadeur, François de Bouzy, réussit à dérober les secrets de la fabrication des glaces aux- fabricants vénitiens. Avec le concours de quelques ouvriers débauchés dans les usines de Murano, le grand ministre de Louis NIV monta en 1660 au faubourg Saint-Antoine une manufacture qui, fusionnée plus tard avec celle de Tourlaville, donna naissance à la fameuse glaceric de Saint-Gobain.
- Toutefois, les autres verreries françaises fondées à Saint-Louis (Alsace), à Folembray, au Creusot ou ailleurs, ne purent triompher des verreries d’Allemagne, de Bohême, et surtout de Grande-Bretagne. C’est, én effet, un fabricant de Nexvcastle-on-Tyne qui découvrit en 1627 le cristal ou verre à base de plomb. Malgré ses formes peu esthétiques, la gobeleterie anglaise s’implanta alors sur le continent.
- A Nevers, vers la fin du xvne siècle, sous une influence évidemment italienne, des émailleurs spéciaux fabri-
- Argy-Rousseau essayant une pâle colorée dans un fourneau à moufle.
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- Fig. 7. —M. Argy-Rousseau
- exécutant
- un modèle de vase à la cire.
- quèrent des figurines en pâtes de verre opaque et diversement colorées qui furent longtemps à la mode. Ces statuettes, ces groupes de personnages ou d’animaux, ces arbres, ces fleurs ou ces scènes, champêtres se réalisaient avec des baguettes de pâtes de verrë de diverses couleurs, fondues à la lampe.
- On les modelait au moyen .
- de pinces et d’instruments divers" autour d’une armature; en fil de laiton. A la fin du xvme siècle, Rouen et Paris, possédaient également des « émailleurs en verre, » dont les talents artistiques ne le cédaient en rien à ceux de leurs confrères nivernais.
- L'ÉCOLE DE NANCY
- Mais au cours du xixe siècle, l’industrie de la verrerie subit de profondes modifications. L’outillage se perfectionne et l’art se trouve relégué au second plan. Pour le phauffage des fours, la houille, puis le gaz se substituent peu à peu au bois. Le soufflage à l’air comprimé supprime le pénible travail à la canne de l’ouvrier souffleur, tandis que le moulage mécanique diminue l’influence de l’artisan verrier.
- Le verre moulé s’obtient, depuis une quarantaine d’années environ, en appliquant la matière vitreuse fondue dans des matrices appropriées. Dans ce cas,, on réalise les 'effets de teintes soif en décorant superficiellement les objets après mouljtge, soit en gravant une masse for-mée de plusieursJfiôuches de coloris différents Ainsi procédèrent les artistes de l’école de Nancy, Galle (1846-1904], Daum (1864-1909), leurs élèves ainsi que leurs imitateurs français et étrangers. Gallé inaugura un genre nouveau avec scs pâtes de verre opaques et demi-translucides, moulées ou coulées, à couches superposées, et
- Fig. 9. — Mise des pâtes colorées dans un moule en terre réfractaire.
- colorés, soit de gravure à
- Fig. 8. — Moulage des modèles en plâtre et confection des moules en terre réfractaire.
- délicatement fondues ; dans ses verreries aux lumineux revêtements, on admire souvent le charme poétique d’un croquis, la traduction d’une idée originale, le reflet vaporeux d’un rêvé. Daum, moins symboliste et plus technicien, ; chercha à tirer ses effets, i soit de . superpositions à chaud de verres l’acide fluorhydrique con-cèntré, soit au moyen de décorations dé grand feu, en intercalant dans le verre en fusion des motifs destinés à: briller au travers des parois mêmes de l’objet fini. Il emprunta la plupart de ses compositions artistiques à la faune, à la flore et aux divers aspects de la nature. Eu variant ces thèmes, if confectionna des vases à surface givreuse, rehaussés dé dessins au.chaud coloris et des lampadaires électriques.d’un goût parfait.
- LES PÂTES DE VERRE MOULÉES A FROID D'ARGY-ROUSSEAU
- Mais outre les verreries obtenues de la sorte, on fabriqua dans l’antiquité des pâtes de verre par moulage à froid qu’Henri Cros s’efforça de ressusciter. En 1884, l’éminent artiste sculpta ainsi un médaillon de sa nièce en se servant comme matériel du foyer de son poêle. Devant la beauté des résultats obtenus, il continua ses essais avec Dammouse ët quelques autres spécialistes. Mais le nouvel art végétait quand Argy-R.ousseau, céramiste diplômé de la Manufacture de Sèvres, parvint à retrouver la formule de la merveilleuse pâte de vei’re antique.
- Après une dizaine d’années de longues et patientes recherches, il a réussi à mettre au point la technique de son original procédé. Il sait réaliser maintenant des
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- objets aussi variés de formes que de coloris. Il obtient industriellement de très vigoureux reliefs dans des pâtes de verre diaphanes où se joue la lumière. Sa palette comporte » une infinité de nuances depuis les plus pâles Fig. 10.
- iusqu’aux plus éclatantes.
- Etudions donc rapidement la genèse de son artistique labeur. Le voici dans son laboratoire en train d’essayer de nouvelles pâtes colorées.
- 11 met dans un petit four à moufle une éprouvette qu’il défournera après l’avoir refroidie lentement et il se rendra compte de l’effet ainsi réalisé. Ces préliminaires achevés, la fabrication industrielle commence.
- Le maître crée un modèle en cire avec tous les décors et les reliefs convenables, puis un de ses aides le copie
- Fig. 11.— Cuisson des pièces dans des fours céramiques chauffés au bois.
- en plâtre. Sur cette empreinte dure, soigneusement retouchée par des spécialistes, on tire un moule en terre réfractaire dans lequel d’habiles décoratrices déposent à
- froid la pâte de verre au
- Pulvérisation de la matière vitrifiable dans un broyeur à billes. .
- moyen de pinceaux et d’outils appropriés. Ce moule a l’aspect extérieur d’un creuset. Quant â la matière plastique elle se prépare naturellement au préalable en cuisant des mélanges vitri-fiables dans un four à gaz et à air comprimé chauffé à 1600°, puis en les pulvérisant, une fois refroidis, dans des broyeurs à billes.
- Ces « frittes » présentent des colorations très variées dont les plus éclatantes sont dues à la présence d’oxydes de métaux précieux. L’or donne les teintes rouges rubis et violets améthystes,
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- l’argent des jaunes très délicatement nuancés, le platine et l’iridium des gris fins et des noirs intenses tandis que le cobalt imite les indigos et les bleus veloutés des saphirs. Les décoratrices doivent disposer ces pâtes suivant les indications du modèle dans les creux du moule destinés à constituer les reliefs de l’objet fini.
- Une fois le moule ainsi garni do ses couches de pâle,
- taire qui, après refroidissement, tombera en poussière.
- Mais pour mettre en valeur l’objet avec l’ensemble de sa décoration et le chatoiement de ses teintes, il faut encore lui faire un brin de toilette. On enlève donc ses bavures avec des instruments appropriés, on rode ses fonds ou ses bords à la meule tournante et on polit ses ornementations en relief.
- Fig. 13. — Lampadaire et rases en pâte de verre d’Argy-Rousseau. (Modèles 1927.)
- on le porte dans un four céramique chauffé au bois. L’éminent artiste a appliqué cette technique à des
- Là* le feu va métamorphoser la substance terreuse objets divers très prisés des amateurs, sans éclat en une jolie pâte vitrifiée, dure, aux chatoyantes couleurs et rendre très friable le moule réfrac- Jacques Boyer.
- :e::):ee== les hauts voltages ..=
- ET LES CHAMPS MAGNÉTIQUES INTENSES
- Le développement des lignes de distribution électrique à haute tension a obligé, d’autre part, les constructeurs à étudier les matières isolantes sous des voltages de plus en plus élevés ; d’où l’édification de nombreux laboratoires d’essais à très haute tension, atteignant ou dépassant le million de volts. Les tensions élevées sont obtenues au moyen de transformateurs montés en cascade. La limite que l’on peut atteindre dans cette voie ne semble, du reste, fixée que par la dépense d’installation et la dimension des bâtiments nécessaires. Le plus puissant de ces laboratoires est actuellement celui de la General Electric C° à Shenetady, où l’on peut atteindre dès maintenant 2 800 000 volts. On compte y arriver prochainement à 6 millions de volts. On sera encore loin des tensions qui se manifestent dans la foudre, puisque la différence de potentiel entre un nuage et la terre, au cours d’une décharge, peut atteindre 1 milliard de volts.
- Au point de vue scientifique pur, l’effort des savants est concentré surtout sur l’emploi des potentiels élevés dans les
- La réalisation au laboratoire de voltages de plus en plus élevés et de champs magnétiques de plus en plus intenses est une condition du progrès de nos connaissances scientifiques. Ce sont là, en effet, les armes qui permettent d’explorer l’intérieur de l’atome, et c’est par elles que l’on espère pénétrer les mystères de la constitution de la matière.
- Dans un récent discours à la Royal Society, le grand savant anglais, sir Ernest Rutherford, a résumé d’une façon saisissante l’état actuel de nos moyens et indiqué le sens dans lequel s’orientent les efforts.
- LES HAUTES TENSIONS
- Il a tout d’abord mentionné les réalisations effectuées dans un but industriel : l’emploi des rayons X pénétrants pour la radiothérapie profonde a conduit à la construction de transformateurs relativement légers qui fournissent des courants, d’intensité faible, mais dont la tension peut atteindre jusqu’à 500 000 volts.
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- tubes à vide, en vue d’obtenir un abondant débit d’électrons et d’atomes animés de très grandes vitesses.
- Jusqu’ici on n’a pas réussi à obtenir artificiellement de vitesses supérieures à celles que fournissent les éléments de désintégration projetés par les substances radioactives : particules a et-rayons p. La particule a du radium G est projetée avec une énergie égale à celle d’un électron projeté dans le vide sous une tension de 8 millions de volts environ. Les rayons (3 les plus rapides représentent de même des tensions de l’ordre de 3 millions de volts, et il faudrait un voltage de plus de 2 millions de volts pour produire des rayons X aussi pénétrants que les rayons y.
- Un grand progrès a été réalisé par le D1' Coolidge, dans la-construction des tubes destinés à produire des électrons, ou rayons cathodiques, à grande vitesse. Utilisant les grands progrès accomplis en ces dernières années dans la technique du vide, et l’abondant débit électronique qu’assurent les filaments incandescents, il a réussi à construire un tube débitant des électrons sous 300 000 volts. Il ne semble pas aisé de dépasser ce chiffre pour un tube unique. Mais on peut monter plusieurs lubes en série et, ainsi, atteindre des voltages beaucoup plus élevés. A trois tubes en série, le Dr Coolidge a pu appliquer une tension de 900 000 volts. Le dernier tube était muni d’une mince fenêtre métallique laissant passer dans l’air une partie du faisceau électronique. On a observé,alors, à travers cette fenêtre un débit électronique, de 1 à 2 milliampères. Le faisceau d’électrons se dispersait dans l’atmosphère environnante jusqu’à une distance de 2 mètres en produisant des effets lumineux. M. Coolidge espère atteindre des voltages plus élevés encore.
- L’énergie acquise par un électron unique projeté sous 900 000 volts de tension est beaucoup plus petite que celle des particules |3 rapides émises par le radium. Par contre le nombre d’électrons libérés dans un tube Coolidge est beaucoup plus grand : ainsi le nombre d’électrons par seconde correspondant à un courant de 2 milliampères équivaut au nombre de particules p qu’émettraient par seconde 150 000 gr. de radium en équilibre.
- On voit que malgré le grand progrès accompli dans la production artificielle de courants d’électrons à grande vitesse, on est loin encore des énergies individuelles mises en jeu dans les particules a ou p que libèrent spontanément les substances radioactives.
- La particule a du radium C reste le projectile le plus puissant dont dispose le savant. On sait les inestimables services qu’elle a rendus, en particulier à sir Ernest Rutherford, pour explorer la structure interne de l’atome, pour renseigner sur la valeur du champ déviateur au voisinage du noyau atomique ainsi que sur la dimension de ce noyau ; et dans le cas des atomes légers, pour réaliser même des désintégrations artificielles.
- Il serait d’un immense intérêt scientifique de disposer d’un abondant débit d’électrons ou même d’atomes dotés d’une énergie cinétique supérieure à celle des rayons a. Sir Ernest nous confie que telle est depuis longtemps son ambition. « Mais, dit-il, il est évident que bien des difficultés expérimentales devront être surmontées avant que ce vœu puisse être accompli, même à l’échelle du laboratoire ».
- LES CHAMPS MAGNÉTIQUES INTENSES
- Ceux-ci sont obtenus en général au moyen d’électro-aimants et, dans ce cas, l’intensité du champ est limitée par la saturation magnétique du fer. En employant de grands électroaimants et des pièces polaires coniques, on peut dans une certaine mesure, concentrer l’induction magnétique. Ainsi, dans le grand électro-aimant de Weiss, on peut obtenir un champ de 80 000 gauss dans un volume correspondant à une
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- tête d’épingle et un champ de 50 000 gauss dans un volume de 20 millimètres cubes. En fait, dans la plupart des expériences, on ne dépasse guère 35 000 gauss.
- Pour pousser cette méthode jusqu’à ses ultimes limites, M. Cotton, professeur à la Sorbonne, a étudié et fait actuellement construire un très grand électro-aimant. La section du fer y sera de l’ordre de 1 m2 ; la puissance nécessaire pour l’excitation sera environ 500 kilowatts. L’appareil ne donnera pas un champ beaucoup plus fort que les appareils antérieurs, mais il pourra le produire dans un volume beaucoup plus grand.
- On a réalisé des champs magnétiques beaucoup plus intenses, de l’ordre du 1/2 million de gauss, mais par des méthodes toutes différentes et en renonçant à l’emploi de l’électro-aimant.
- Il y a quelques années, le Dr Kapitza a suggéré de produire des champs magnétiques intenses, mais momentanés, en envoyant un courant très intense à travers une bobine, pendant un temps assez bref pour que réchauffement dans la bobine ne dépasse pas une valeur admissible. Ces courants instantanés de forte intensité peuvent être engendrés par la décharge d’un grand condensateur à haut voltage, à travers la bobine. Le dispositif a été expérimenté par le Dr Wall,
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- avec des décharges d’une durée de de seconde environ.
- Le champ réalisé a été estimé à environ 200 000 gauss.
- Le Dr Kapitza a lui-même, au Laboratoire Cavendish, appliqué la même méthode dans une puissante installation extrêmement remarquable.
- Il se sert, comme source de courant, d’un alternateur de 2000 kilowatts spécialement étudié, que l’on met un instant en court-circuit à travers la bobine destinée à créer le champ. Cette machine débite alors un courant de 70 000 ampères,
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- sous 2000 volts, pendant de seconde ; puis le courant
- est coupé au moyen d’un interrupteur automatique étudié pour effectuer la rupture, et aussi la fermeture du circuit, exactement au moment où le courant alternatif débité par la machine passe par la valeur zéro ; cette installation est une véritable usine.
- La plus grande difficulté de ces expériences a été de construire une bobine assez solide pour résister aux énormes efforts électro-dynamiques qui se manifestent entre ses spires lorsqu’elles sont traversées par un courant intense. M. Kapitza a réussi à produire un champ de 320 000 gauss dans un volume de 3 cm5; il espère avec la même bobine atteindre 500 000 gauss et en construire d’autres qui donneront des champs plus élevés encore. Le courant ne dure guère que 1/100 de seconde, et il faut recourir à des méthodes oscillo-graphiques pour déterminer l’intensité du courant et celle du champ magnétique.
- Quel peut être l’effet, sur la matière, de champs de l’ordre de 1/2 million de gauss? Sans aucun doute, dit sir Ernest, un tel champ doitproduire des perturbations importantes dans les orbites électroniques de la structure externe de l’atome. Mais il n’est pas vraisemblable qu’il puisse affecter sérieusement la stabilité des noyaux des atomes. Les connaissances générales que l’on possède sur Ja constitution des noyaux indiquent que les champs magnétiques qui régnent dans leur sein sont trop puissants pour qu’un champ extérieur relativement faible puisse provoquer une rupture de noyau, autrement dit une désintégration de la matière. A cet égard, les bombardements au moyen de particules à grande vitesse offrent une arme qui paraît devoir être beaucoup plus efficace que les champs magnétiques que l’on peut espérer réaliser.
- A. T.
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- éé LA PLUS PUISSANTE MACHINE FRIGORIFIQUE
- DU MONDE
- UNE MACHINE A AMMONIAC A COMPRESSEUR ROTATIF
- Robinet de détente
- Compresseur
- Liquéfacbeur
- Eau froide
- Fig. 1. — Schéma d’une machine frigorifique a compression de liquide volatil.
- Le type industriel le plus répandu de machines frigorifiques est celui de la machine dite à compression de gaz liquéfiable. Elle utilise comme fluide frigorigène, l’un des agents suivants: acide sulfureux, acide carbonique, ammoniaque, chlorure de méthlyle ou chlorure d’éthyle. Ceux-ci ont la propriété de s’évaporer à des températures suffisamment basses et sous des pressions faciles à réaliser pratiquement.
- Le fonctionnement schématique de cette machine est le même, quel que soit l’agent mis en jeu (fig. 1). Elle comporte un serpentin évaporateur A, plongé dans un récipient contenant liquide ou gaz à refroidir, en général de la saumure ou de l’air; à l’intérieur de ce serpentin, l’agent frigorigène se vaporise, en absorbant de la chaleur et par suite en abaissant la température du contenu du récipient qui entoure le serpentin. Les vapeurs dégagées sont aspirées par le compresseur B. Celui-ci les refoule sous pression dans un serpentin condenseur C, refroidi par un courant d’eau froide. Là, sous l’influence de la pression et du refroidissement provoqué par l’eau,
- la vapeur de l’agent frigorigène se liquéfie. Le liquide regagne l’évaporateur A, en traversant un robinet détendeur D, qui réduit la pression, nécessairement plus élevée dans le condenseur, à celle plus basse, de l’évapora-teur. Jusqu’à maintenant, le compresseur utilisé pour liquéfier le fluide évaporé a toujours été un compresseur à piston. Seules les machines à vapeur d’eau font exception à cette règle, en employant comme compresseur un éjecteur à vapeur.
- Le froid est de plus en plus employé dans l’industrie et sous les formes les plus diverses. Aussi voit-on les installations frigorifiques s’accroître régulièrement, non seulement en nombre, mais aussi en puissance. Alors que les petites machines de quelques centaines de frigo-ries à l’heure se répandent dans les ménages et chez les commerçants, les grandes usines à glace et certaines installations industrielles mettent en service des machines dont la puissance se totalise par millions de frigories. Elles exigent de nombreux compresseurs, atteignant des dimensions imposantes.
- Si l’on examine dans d’autres domaines l’évolution du compresseur industriel, notamment dans celui des compresseurs d’air, on y constate la présence simultanée de deux types bien différents de machines ; le compresseur à piston, le type le plus ancien, règne en maître pour les petits débits ou les débits moyens. Mais pour les très grands débits, il a été totalement supplanté par le compresseur rotatif centrifuge, à grande vitesse de rotation; celui-ci permet, en effet, de réaliser des unités plus puissantes, plus légères et plus économiques.
- Avec l’accroissement des puissances frigorifiques mises en jeu, la même évolution devait un jour se dessiner dans le domaine du froid. C’est aujourd’hui un fait accompli. Il existe actuellement une machine frigorifique à ammoniac, de 8 millions de frigories à l’heure ; cette puissance a pu être obtenue avec un seul turbo-compresseur.
- La machine, dessinée et construite par la Société Suisse Brown-Bovèri a été taise récemment en service avec plein succès, dans l’usine chimique allemande de Kaiseroda, appartenant à la Kali Industrie A. G. C’est actuellement la seule machine frigorifique de ce type, et en même temps, c’est là plus puissante du monde.
- Avant d’en donner la description, notons que l’usine de Kaiseroda disposait déjà d’une puissance frigorifique de 3 400 000 frigories-heure réalisée par un seul compresseur à piston commandé au moyen d’une machine à vapeur. Le nouveau groupe à turbo-compresseur, d’une puissance double de celle de l’ancien, a cependant un encombrement total plus faible.
- Fig. 2. — Élévation du groupe turbo-compresseur à ammoniac.
- Turbine à vapeur
- Compresseur
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- DESCRIPTION DE LA MACHINE
- L’adaptation du compresseur centrifuge à la compression de vapeurs liquéfiables, l’ammoniaque dans le cas actuel, paraît toute naturelle; elle n’en pose pas moins un certain nombre de problèmes spéciaux qu’il a fallu résoudre et qui ont conduit à la construction d’une machine très originale.
- Nous nous bornerons à en indiquer ici les traits essentiels, renvoyant pour une description plus détaillée à l’étude récemment publiée par la Revue B. B. C.
- L’étude théorique du fonctionnement des compresseurs rotatifs montre que leur emploi ne peut être envisagé économiquement, pour comprimer les fluides frigorigènes usuels, que si le débit gazeux est supérieur à 50 m3 à la minute; ce qui correspond dans le cas de l’ammoniac à une puissance frigorifique mi-nima de 1300 000 frigories à l’heure. C’est dire que ce nouveau type de machines n’est applicable qu’aux très grandes puissances ; mais au delà de la limite inférieure que nous venons d’indiquer, la possibilité d’utilisation du turbo-compresseur est pour ainsi dire illimitée.
- Un compresseur centrifuge comporte un certain nombre de roues mobiles et creuses, tournant à grande vitesse. Le gaz traversant la roue est projeté par la force centrifuge, dans une direction radiale et pénètre dans une pièce fixe, dite diffuseur, de forme convenablement calculée où sa force vive est partiellement transformée en pression. La*roue mobile et le diffuseur forment un élément. Un
- (On aperçoit sur la figure les roues centrifuges creuses, débouchant dans des diffuseurs.)
- compresseur centrifuge comporte toujours un certain nombre d’éléments, dans lesquels la compression s’effectue par étages successifs.
- Cette compression, qui se rapproche de l’adiabatique, entraîne toujours un échauffement du gaz, d’autant plus élevé qu’elle est plus forte. Aussi quand le rapport de compression est élevé est-on forcé de refroidir le gaz en même temps qu’on le comprime.
- Le compresseur à ammoniac Brown-Boveri comporte 15 éléments répartis en 3 corps, de chacun 5 éléments. Le gaz y passe par étages de la pression de l’évaporateur dont la température peut varier de — 5° à — 20'1, suivant
- Fig. 4. — Vue d'ensemble du turbo-compresseur frigorifique Brown-Boveri de 8 millions de frigories-heure.
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- le régime que l’on veut obtenir, à la pression du condenseur dont la température sera comprise entre -f- 20° et -+- 35°, suivant l’eau de refroidissement dont on dispose et suivant la saison.
- La disposition en trois corps et la possibilité de mettre hors service le corps à haute pression, permettent une bonne adaptation de la machine aux services d’été et d’hiver, saisons entre lesquelles la température de l’eau de réfrigération et les pressions correspondantes au condenseur varient beaucoxip.
- D’autre part, on demandait à cette puissante machine un réglage de puissance lui permettant de faire face à
- vapeur alimentée par de la vapeur à la pression de 25 kg/cm2 et à la température de 350° C.
- Le groupe turbo-compresseur complet ne mesure que 11,7 m. de long. Les résultats d’essai ont montré que cette machine fonctionnant entre — 15° à l’évaporatcur, et + 30° au liquéfacteur, fournit 6 millions de frigories-heure, la turbine et le compresseur tournant à 6000 tours par minute, et ce dernier absorbant 2365 ch. Elle peut fournir iusqu’à 8 millions de frigories et davantage, soit si la température de liquéfaction tombe aux environs de 25° et que l’on peut mettre hors service l’étage haute pression, soit si la température d’évaporation remonte à
- Fig 5. — Au premier plan, le tu/bo-compresseur de 8 millions de frigories-heure. Au fond, un compresseur frigorifique à piston
- de 3 400 000 frigories-heure.
- des charges très différentes, suivant les besoins de froid de l’usine, son régime pouvant varier de 3 à 8 000 000 de frigories par heure. Ce large domaine cle réglage a été assuré au moyen d’un système de diffuseurs mobiles, grâce auquel la machine peut parcourir la gamme des puissances comprises entre ces deux limites avec une variation de vitesse maxima de 10 pour 100 pour la turbine d’entraînement.
- Le refroidissement du gaz échauffé par la compression est assuré au moyen de deux réfrigérants placés entre deux corps du compresseur. Ces réfrigérants sont à surface, et chacun d'eux est double, ce qui permet d’en mettre un hors service à volonté.
- Le compresseur est commandé par une turbine à
- — 10° ou à — 5°. Une autre particularité intéressante de cette remarquable installation réside dans la construction de l’évaporatcur où se vaporise l’ammoniac pour produire le froid.
- Dans les machines usuelles, cet organe a la forme d’un serpentin baignant dans la saumure à refroidir. Il a été ici remplacé par un évaporateur à cylindre tournant, exécuté suivant le principe de la chaudière à vapeur Atmos. On évite ainsi les dépôts de sel qui font obstacle à la transmission du froid.
- Cette installation fonctionne depuis 10 mois à l’usine de Kaiseroda, et elle a donné toute satisfaction jusqu’ici.
- R. Villers.
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- CONTRÔLE DES CHARBONS PAR LES RAYONS X
- Fig. 1 et 2. — À gauche : Anthracite contenant un filon de pyrite qui apparaît en sombre; A droite : Anthracite de bonne qualité au en radioscopie. L’ombre est homogène.
- Les rayons X, loin d’être l’apanage exclusif de la médecine, comme on le croit trop communément, ont d’importantes applications industrielles, mais trop peu connues et inemployées.
- Parmi celles-ci figure la radiocarboscopie ou contrôle des combustibles.
- Les rayons X possèdent différentes propriétés physiques, l’examen du charbon utilise les suivantes :
- 1° Ils traversent certains corps opaques à la lumière et sont arrêtés par d’autres.
- 2° Ils impressionnent les plaques photographiques.
- 3° Ils ionisent les gaz.
- Le contrôle direct à l’écran ou sur radiographie est basé sur la différence de transparence du charbon et de ses matières étrangères, en raison de leur composition chimique, car plus le poids atomique d’un corps est élevé, plus l’opacité aux rayons X est grande : ainsi le carbone (poids atomique : 12) donne une image grisâtre, tandis que les matières étrangères ‘(calcite,
- Fig. 3. — Radiographie d’une houille contenant de la pyrite.
- pyrite, etc.), dont les poids atomiques des corps simples constitutifs (Si, Ca, Fe) sont plus élevés, donneront des noirs. Ce moyen simple est applicable aux anthracites, lignites, houilles.
- Pour contrôler le charbon pulvérisé, un tri répété dans un tamis à 100 compartiments permet de fixer un pourcentage de sa valeur; de même après lavage et agitation dans un bac d’aluminium on peut séparer facilement le charbon des impuretés déposées au fond comme on le constate à la radioscopie (fig. 4 et 5).
- L’examen radiologique d’un charbon permet de trier celui-ci et de lui choisir un emploi judicieux.
- Un appareillage radiogène assez réduit (donnant 1 à 2 milliampères d’intensité) est suffisant et permet le contrôle de blocs de 12 à 15 cm d’épaisseur
- Un autre contrôle par mesure d’absorption est également utilisable pour connaître la teneur en cendres des combustibles. Ce procédé est basé sur l’ionisation des gaz aux rayons X.
- Les gaz sont rendus conducteurs sous l’influence des rayons X et des corps radio-actifs.
- • En faisant passer un faisceau de rayons X dans la chambre d’ionisation de l’intensionomètre, on constate une déviation de l’aiguille du microampèremètre ; en plaçant après un échantillon de charbon l’aiguille déviera moins, car une certaine quantité de rayons X est absorbée. On prend une quantité de charbon dont la pureté a été contrôlée chimiquement et qui servira d’étalon ; on fait fonctionner l’intensionomètre avec cet étalon et on note la division obtenue. . .
- Les échantillons à examiner ultérieurement seront d’autant plus purs qu’ils se rapprocheront de la division dè l’étalon ; des calculs ont été faits à ce sujet et à telle division du microampèremètre correspond une teneur en cendres déterminée. Il faut, bien entendu, que le poids de l’étalon et des échantillons soit le même ainsi que l’intensité du rayonnement dans tous les cas.
- Ce mode de vérification est excellent pour le contrôle des agglomérés, briquettes et cokes.
- Un appareillage plus puissant que dans le contrôle à l’écran est nécessaire (jusqu’à 10 milliampères d’intensité au secondaire). Paul Parandel.
- Fig. h et 5. Charbon pulvérisé vu aux rayons X.
- A gauche, avant lavage et agitation; à droite, après traitement.
- Les corps étrangers, calcite et pyrite, apparaissent en noir.
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- UN OISEAU RARE : LE CAGOU
- Fig. 1. — Le petitVCagou caché par ses parents.
- Le Cagou est un oiseau spécial à la Nouvelle-Calédonie; ilia caractérise comme le Niaouli et la Roussette, et on l’a choisi pour orner les timbres de cette colonie.
- C’est un très bel oiseau de la taille d’une poule couvert d’un plumage d’une tëinte gris perle. Sa tête est ornée d’une huppe, qu’il dresse lorsqu’il est en colère. On le trouve à Nouméa où il fait un peu office de chien de garde : il prévient de l’arrivée d’un visiteur par des sortes d’aboiements aigus. Il se rend très utile dans un jardin en détruisant une multitude d’insectes nuisibles. Certains individus constituent de bons baro-, mètres et chantent au lever du jour lorsqu’il doit pleuvoir au cours de la journée. Beaucoup chantent, au contraire, chaque matin, ce qui est gênant pour les dormeurs La reproduction du Cagou a été longtemps inconnue. Les Canaques eux-mêmes, si experts dans tout ce qui concerne la pêche et la chasse, ne savent pas trouver son nid, constitué seulement par une accumulation de feuilles mortes et caché au plus profond des forêts.
- La ponte est obtenue très rarement et l’opinion courante est qu.’il -n’est pondu qu’un seul œuf par an. M. Guénant, industriel à Nouméa, possédant un jardin suf-
- fisamment pourvu d’ombrages et ayant apprivoisé un couple de Cagousapu obtenirplusieurspontessuccessives.
- La femelle pose un œuf, de la grosseur de celui du Canard et marbré marron sur fond blanc, sur un amas de feuilles mortes. Si cet œuf est enlevé, un second œuf sera pondu un mois plus tard et ainsi plusieurs fois de suite durant la saison fraîche (juillet à novembre). La couvaison qui dure trois semaines est assurée alternativement par le père et la mère. Le père semble couver la nuit car, chaque matin, c’est lui qu’on trouve sur le nid. La mère, au contraire, couve pendant le jour.
- Le petit venant au monde est tout de suite capable de se déplacer mais d’abord assez peu. Son allure est intermédiaire entre celle d’un poulet et celle d’un petit canard. Sa couleur fait qu’il se confond parfaitement avec les feuilles sur lesquelles il se trouve. En effet, il ne ressemble pas du tout à ses parents. Son duvet est marron foncé avec des bandes longitudinales d’un gris jaunâtre clair; son bec court est presque noir avec des marbrures marron. Le jabot est fortement tombant. Au repos, le jeune Cagou replie complètement ses pattes incapables de le porter longtemps et laisse son ventre reposer à terre. Lorsqu’il se déplace, il se lance avec précipitation, puis tout à coup s’affale comme épuisé. Les deux parents le gavent tant qu’ils peuvent. Ils s’installent face à leur petit et quelquefois tous les deux ensemble lui présentent des vers de terre. J’ai vu le petit renoncer, étouffé, devant l’abondance des mets qui lui étaient présentés. Lorsque les vers sont trop gros les parents les coupent avec leur bec.
- Le père semble beaucoup plus attaché que la mère à son petit. Tandis que celle-ci l’abandonne très tôt, le père, au contraire lui prodigue longtemps ses soins.
- On ne trouve presque plus de Cagous en Nouvelle-Calédonie, les derniers couples habitent seulement la région sud de cette île. Un assez grand nombre ont été amenés à Nouméa où ils ne se reproduisent pas; de plus les Australiens en ont acheté de nombreux exemplaires qu’ils payaient très cher; mais la grande cause de destruction est la présence des chiens errants. Beaucoup de colons possèdent un grand nombre de chiens qu’ils ne nourrissent pas. Ces animaux quittent sans regrets des maîtres qui ne leur font aucun bien et parcourent la brousse afin de se procurer de quoi subsister Ils étranglent des moutons, des cerfs» même des veaux. Le Cagou est naturellement pour eux une proie sans défense puisqu’il ne vole pas. Cette espèce curieuse va donc disparaître, incapable de résister à l’introduction par l’homme d’animaux pouvant lui donner la chasse (‘). J. Risbec,
- Attaché au Laboratoire des productions coloniales d’origine animale du Muséum.
- 1. Les renseignements que je fournis ici sont dus à l’amabilité de M. Guénant. Les photographies sont dues à l’habileté de M. Pognon. Elles sont très difficiles à obtenir à cause de la couleur du petit et de la mauvaise volonté des parents qui cherchent à le cacher en écartant leurs ailes. Au besoin ils le défendent en donnant des coups de bec qui peuvent être dangere ux
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- VAUTOMOBILE AU SALON DE 1927
- LES MOTEURS
- Les expositions annuelles d’automobiles ont le très gros avantage de permettre de juger d’un seul coup d’œil des progrès accomplis depuis l’année précédente, et de se faire, en peu de jours, une idée générale de l’état de la
- nouveaux, c’est la présence d’un nombre très important de moteurs à six cylindres et même à huit cylindres. Nous avons eu déjà l’occasion de dire ici les raisons pour lesquelles le six-cylindres devait, dans certains cas, être
- Fig. 1. — Quelques nouveaux 6-cylindrcs.
- I, moteur Mercedes, 39 ch, 6 cylindres à compresseur. — II, Moteur Studebaker-Erskine, 12 ch, 6 cylindres. III, moteur Georges Irat, 3 litres, 6 cyliudres. — IV, moteur Itala, 11 ch, G cylindres (photos Roi).
- construction et des tendances qu’elle manifeste dans son évolution.
- A cet égard, le Salon de 1927 était particulièrement intéressant pour le technicien. Depuis la guerre en effet, jamais autant de nouveautés n’ont été exposées simulta-nément au Grand Palais. On a travaillé ferme depuis l’année dernière, dans tous les bureaux d’études, et le résultat de ce travail c’est un et parfois deux châssis complètement nouveaux exposés dans chaque stand.
- LES é-CYLINDRES ET LA CONCURRENCE AMÉRICAINE
- Ce qui frappe le plus dans l’examen de ces châssis
- préféré au quatre-çylindres. Il n’est pas inutile d’y revenir, et surtout de chercher à voir d’un peu plus haut quelles sont les causes de la faveur dont paraît jouir cette .année le châssis à moteur six cylindres.
- Ces causes ne sont d’ailleurs pas d’ordre purement technique, elles relèvent beaucoup plus de raisons commerciales qu’on ne serait tenté de le croire au premier abord.
- Le marché français de l’automobile est, d’année en année, menacé davantage par l’invasion des voitures américaines.
- Les Américains sont, on le sait, supérieurement outillés pour la production en grosse série de voitures pré-
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- sentant par ailleurs des qualités fort appréciables. Le temps n’est plus et depuis bien longtemps où voitures américaines signifiait voitures médiocres.
- Les voitures américaines actuelles ont, au contraire, des qualités fort précieuses et qui plaisent, dans l’ensemble, à la grosse majorité de la clientèle automobile.
- Cette clientèle automobile a changé beaucoup depuis quelques années, principalement chez nous. On s’explique d’ailleurs fort bien les raisons de ces changements, si on compare les chiffres relatifs au nombre de voitures en usage en France depuis une vingtaine d’années. Sans entrer dans leur détail, nous constatons que s’il y a 20 ans, le nombre des voitures automobiles pouvait se chiffrer en France par quelques dizaines de milliers, ce nombre approche maintenant du million.
- Autrefois, l’automobiliste était avant tout un connaisseur, un homme de sport, amoureux des choses nouvelles et s’intéressant essentiellement à la mécanique. L’automobile était alors à peu près uniquement un objet de luxe réservé à quelques-uns, Aujourd’hui, il en est tout autrement. Les qualités de l’automobile, améliorées de jour en jour, en ont fait essentiellement un instrument utilitaire. Grâce à l’automobile, l’homme d’affaires augmente son rayon d’action, le cultivateur ses possibilités, le campagnard sort de son isolement : l’automobile, instrument de luxe et de promenade autrefois, est devenu maintenant un objet de première nécessité dont, dé plus en plus, personne ne pourra bientôt se passer.
- Il résulte de cet état de choses qu’on considère la voiture automobile à peu près uniqueineht comme un moyen de transport. Ce qui intéresse dans unè voiture, pour là grosse majorité de ses usagers, c’est non pas sa constitution mécanique, mais plutôt ses possibilités de transport. On veut aussi et tout naturellement que la voiture présenté le maximum de confort, et ait un aspect extérieur qui donne une idée favorable de son prix : bref, pour employer une expression vulgaire, on veut en avoir pour son argent.
- Lorsqu’on parcourt, sur les routes de France, un grand nombre de kilomètres dans son année, on s’aperçoit que l’automobile sert surtout à des déplacements locaux ou, au maximum, régionaux. On ne trouve des voitures un peu importantes que dans le voisinage des grands centres. La voiture de grand tourisme avec laquelle on parcourt en une journée 4 ou 500 kilomètres constitue l’exception. Il en résulte qu’il est rare qu’on utilise toute la vitesse dont une voiture est capable, quoiqu’on en dise dans les conversations entre conducteurs.
- Les voitures américaines généralement amples, bien présentées, habillées de belles carrosseries, souples à conduire, bien suspendues, sont appelées à plaire au plus grand nombre. Jusqu’alors l’accès du marché français leur a été à peu près interdit par la barrière douanière que nous avons élevée autour de notre pays. Mais, fermer la frontière par des droits de douane n’est qu’un expédient. La force même des choses fera que les voitures étrangères entreront chez nous si toutefois notre industrie n’a pas fait ce qu’il fallait pour concurrencer l’industrie étrangère.
- Cet effort de concurrence nous en voyons, au Salon, une manifestation très nette. Les voitures américaines, on le sait, ont à peu près toutes des moteurs à six cylindres : c’est la formule généralement adoptée aux Etats-Unis. Puisque la clientèle française peut être tentée par des voitures étrangères à six cylindres, il convient donc, se sont dit les constructeurs français, de lui présenter, nous aussi, des voitures à six cylindres.
- C’est donc à mon sens, surtout à la concurrence américaine que nous devons, cette année, cette immense floraison de voitures à six cylindres.
- Six cylindres valent mieux que quatre à divers points de vue, en particulier pour l’équilibrage et la douceur d’entraînement.
- Est-ce à dire que le moteur à six cylindres se justifie sur tous les châssis où nous l’avons rencontré au Salon? Je crois qu’on peut répondre nettement par la négative. Le moteur à six cylindres n’a pas, en effet, que des avantages. Il présente aussi certains inconvénients dont le moindre n’est certes pas son prix de revient, plus élevé que celui du quatre-cylindres.
- D’autre part, ses avantages théoriques : meilleur équilibrage et'plus grande régularité de couple, ne peuvent être réalisés effectivement qüe grâce à des soins de fabrication beaucoup plus minutieux.
- Pour citer quelques chiffres, disons par exemple qu’un six-cylindres dont le poids des pistons respectifs diffère de 1/13 du poids de l’un d’eux, n’est pas mieux équilibré qu’un quatre-cylindres de même alésage où les pistons ont été rigoureusement appairés. Par poids du piston, nous entendons naturellement non pas seulement le poids du piston proprement dit, mais le poids du piston additionné du poids de la partie de la bielle qui avoisine le pied.
- Or, dans la construction courante, est-il bien certain qu’on s’astreigne à peser tous les pistons et à leur donner exactement le même poids? Est-il bien certain que toutes les bielles soient équilibrées les unes par rapport aux autres, non pas seulement pour leur poids total, mais
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- encore pour la répartition de leur poids du côté tête et du côté pied? — Je crois que là encore, on peut répondre hardiment : non.
- Ces précautions, certainement prises dans la construction des voitures de luxe, ne le sont à peu près certainement pas pour des voitures de petite cylindrée où le bon marché est la principale préoccupation du constructeur.
- La régularité du couple du six-cylindres permet aux voitures qui sont munies de moteurs de ce genre, de rouler à plus basse allure que si elles étaient équipées avec un moteur à quatre cylindres.
- Oui, mais, à condition, qu’à cette basse allure du moteur, on ait encore un couple suffisant pour entraîner la voiture. Or, ceci ne peut naturellement être obtenu qu’avec un moteur d’une cylindrée convenable. Avec les moteurs de très faible cylindrée, le couple, que le moteur ait 4, 6 ou 8 cylindres, n’a qu’une faible valeur aux bas régimes. Même si le moteur tourne rond, suivant l’expression consacrée à ces régimes peu élevés, il faut encore qu’il ait suffisamment de puissance pour pouvoir entraîner la voiture. Or, cela n’est généralement pas le cas et on est obligé aussi bien avec les six-cylindres qu’avec les quatre-cylindres, de changer de vitesse quand la cylindrée est faible par rapport au poids du véhicule.
- Pour toutes ces raisons, il semple que l’emploi de moteurs à six cylindres sur des petits châssis relativement bon marché, ne soit pas pleinement justifié. L’avenir nous dira d’ailleurs, si les constructeurs qui se sont engagés dans cette voie ont vu juste. Il me semble, dès maintenant, qu’ils ont peut-être fait fausse route.
- Les moteurs à huit cylindres sont, jusqu’à maintenant, réservés uniquement aux voitures de grand luxe et c’est là chose normale. Le moteur à huit cylindres, en effet, est nettement plus onéreux que le quatre-cylindres et le six-cylindres. On sait que ce qu’on recherche dans la multiplication des cylindres, c’est le meilleur équilibrage et la plus grande régularité du couple. Or, avec les moteurs à huit cylindres, on trouve une étrange anomalie : certains constructeurs, en effet, ont établi leur moteur à huit cylindres par la juxtaposition de deux moteurs à quatre cylindres dont les vilebrequins sont décalés de 90°.
- Il est facile de voir que, dans ces conditions, le moteur à huit cylindres n’est pas équilibré : les couples d’inertie du deuxième ordre subsistent en effet, puisque le vilebrequin n’est pas symétrique par rapport au plan perpendiculaire de son axe en passant par son milieu. Le vilebrequin du huit-cylindres qui permet l’équilibrage complet, comporte huit coudes ainsi disposés : les quatre epudes centraux dans un même plan et les quatre coudes extrêmes deux par deux dans un plan perpendiculaire au précédent.
- LA COMPENSATION DES VILEBREQUINS ET LA RIGIDITÉ DES CARTERS
- L’équilibrage du moteur d’ailleurs, ne l’oublions pas, ne s’effectue que par l’intermédiaire du vilebrequin et ne peut être parfait que si l’arbre coudé est parfaitement rigide. Or, aucun vilebrequin ne peut prétendre, quelles
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- que soient ses dimensions, à une indéformabilité absolue.
- Pour diminuer ses déformations, on peut, soit chercher à diminuer les forces d’inertie qui tendent à les produire, soit augmenter la rigidité de l’arbre.
- Diminuer les forces d’inertie qui agissent sur un vilebrequin n’est en général pas chose facile. Ori peut cependant réduire de moitié les forces individuelles d’inertie de chaque piston, en pratiquant ce qui est connu sous le nom de compensation du vilebrequin.
- Compenser un vilebrequin, c’est disposer en face de chaque maneton de bielle, un contrepoids qui tourne avec le vilebrequin, contrepoids dont la masse est une fraction de la masse du piston correspondant. Le calcul montre que le poids le plus favorable pour le contrepoids est égal à environ 6/10 du poids du piston (rappelons que nous appelons toujours poids du piston, le poids du piston proprement dit augmenté du poids de la partie de la bielle qui lui est voisine.
- Beaucoup de vilebrequins sont compensés dans les moteurs de 1927, mais tous ne le sont pas.
- Pour améliorer l’équilibrage et diminuer les vibrations, on a donné aux vilebrequins les dimensions transversales plus considérables, et surtout on les a soutenus par des paliers plus nombreux.
- Encore, ne faut-il pas perdre de vue, lorsqu’on multiplie le nombre des paliers au moteur, que le support de ces paliers doit être rigide. Or, ce support, c’est le carter qui est soumis, lui aussi, à des déformations.
- On voit, par suite, que la réalisation pratique de l’équilibrage théorique du moteur, est chose fort ardue.
- LE THRASH
- Les premiers six-cylindres qui ne datent pas d’hier, puisqu’il y a plus de vingt ans on a pu constater au Salon une faveur marquée pour ce genre de moteurs, ont souffert d’une maladie terrible qui s’est manifestée
- Fig. 3.
- Moteur F. N., 10 ch-Sport, 4 cylindres (plioto Roi).
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- pour un certain nombre d’entre eux. Cette maladie consiste en des vibrations excessives à certains régimes. Les Anglais avaient baptisé ces vibrations du nom de « thrash ». Mais, pas plus que nous, ils ne déterminèrent d’abord l’origine de ce mal.
- C’est Lanchester qui, le premier, a établi que le thrash était produit par une vibration de torsion du vilebrequin. En même temps, il imaginait un dispositif, son fameux « damper », permettant, sinon de supprimer cette vibration, tout au moins de la'freiner assez énergiquement pour que ses effets ne soient plus gênants dans la pratique.
- Le « damper », considéré longtemps comme une curiosité de laboratoire, se rencontre maintenant sur la plus grande majorité des vilebrequins des six-cylindres.
- Un autre dispositif, complètement différent, destiné à supprimer les effets du thrash et employé sur les voitures américaines des “marques contrôlées par la « general Motors », c’est « l’harmanic balancer ».
- L’ « harmonic-balancer est une masse montée sur un bras du vilebrequin et qui peut osciller autour d’un axe parallèle à l’axe général du moteur. Des ressorts maintiennent cette masse dans sa position moyenne.
- Quand le thrash s’amorce sur le vilebrequin, 1’ « harmonie balancer » sc met lui aussi à vibrer, mais en sens inverse, de telle sorte que les deux vibrations s’annulent : c’est tout au moins l’explication sommaire qu’on peut donner du rôle de 1’ « harmonie balancer, qui n’a pas, je crois, à ma connaissance du moins, été établi complètement d’une façon analytique.
- LA FORME DES CYLINDRES
- Nous avons longuement étudié dans de précédents articles, la forme des culasses des cylindres des moteurs d’automobiles.
- Constatons que cette année, la culasse Ricardo, qui permet de placer les soupapes en dessous du cylindre, et par conséquent de les commander très aisément, a une
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- faveur marquée. Le rendement de cette culasse est égal, à 10 pour 100 près, au rendement des culasses hémisphériques, avec quatre soupapes en dessus et bougies au centre.
- Comme elle permet une fabrication beaucoup plus facile du moteur, il est très naturel de la voir préférer.
- LES FONCTIONS ACCESSOIRES DU MOTEUR
- Du côté refroidissement, pas de nouveauté : la voiture « Sara » est toujours la seule à utiliser le refroidissement direct par l’air. Elle a amélioré d’ailleurs le dispositif de son ventilateur placé maintenant en bout du vilebrequin.
- Pour l’allumage, c’est toujours la lutte entre l’allumage par magnéto et l’allumage par batterie. L’allumage par batterie paraît avoir conquis quelques places. Il faut en voir la raison, je crois, surtout dans la plus grande facilité d’installation du distributeur qui peut se monter dans n’importe quelle position, verticalement par exemple, au lieu que la magnéto, jusqu’à maintenant, a toujours été disposée horizontalement. Il en résulte quelques facilités constructives pour l’allumage par batterie.
- Les magnétos ont confirmé cette année les gros progrès qu’elles avaient réalisés l’année dernière. Les magnétos à induit fixe en particulier, construites par Ducellier, R. B., S. E. Y. (je nomme ces constructeurs dans l’ordre alphabétique).
- Le Yoltex de R. B. permet l’emploi simultané d’un dispositif d’allumage par batterie et par magnéto, et cela, sans appareillage compliqué. 11 en résulte une grande facilité dans l’emploi de la voiture, facilité de démarrage, grâce à l’allumage par batterie, grande puissance de l’étincelle aux grandes vitesses, grâce à la magnéto.
- Dans les allumages par batterie, Paris-Rhône nous présente un très ingénieux dispositif d’allumage, dit à étincelle constante, qui élimine certains inconvénients inhérents à l’allumage par batterie : dans le système Paris-Rhône l’énergie de l’étincelle reste pratiquement constante, quelle que soit la vitesse de rotation du moteur.
- Dans le graissage, on voit la faveur se dessiner vers le graissage sous pression. Le graissage par barbotage ne subsiste que sur quelques châssis où l’on a recherché avant tout le bon marché.
- La nouveauté, au point de vue graissage, c’est le souci que manifestent, de plus en plus nombreux, les constructeurs de refroidir leur huile et de la nettoyer. Les radiateurs d’huile se répandent, lentement d’ailleurs, trop lentement à notre gré.
- Par contre, les filtres d’huile se rencontrent à peu près sur tous les moteurs, filtres vraiment efficaces à surface filtrante en feutre. Ils débarrassent l’huile de toutes les particules solides même très petites qu’elle peut contenir.
- Les filtres sont généralement montés sous pression, en dérivation sur la canalisation principale.
- Pour préserver l’huile du mélange des poussières
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- atmosphériques; l’usage des épurateurs d’air se répand lui aussi. Les épurateurs sont montés à l’entrée du carburateur. Ils sont constitués en général par un filtre en feutre que l’air traverse et où il abandonne ses poussières (fig. 2).
- D’autres systèmes, dits épurateurs mécaniques, impriment à l’air des mouvements tourbillonnaires au cours desquels les poussières se séparent de lui.
- Au point de vue épurateurs d’air, il semble bien que la mode ait fait au moins autant que laraison dans la diffusion de ces appareils.
- Sur certaines voitures en effet, nous avons remarqué des épurateurs d’air de dimension ridiculement petite, et qui étaient manifestement là, non pas pour enlever les poussières, mais simplement pour qu’on puisse affirmer à la clientèle que la voiture offerte était bien pourvue de tous les derniers perfectionnements modernes.
- En matière de carburation, pas de nouveautés non plus. Sur la plupart des six-cylindres soignés, on trouve 2 carburateurs ou 1 carburateur à double corps, ce qui, pratiquement, est la même chose.
- Il semble maintenant à peu près établi que, quand on veut chercher le fin du fin de la carburation dans un six-cylindres, on soit obligé d’utiliser 2 carburateurs.
- Quand, au contraire, ce sont les questions prix de
- Fig. 5. — La nouvelle voiture Ford exposée au Salon de Bruxelles (photo Menrisse).
- revient qui dominent on peut se contenter d’un appareil unique.
- (A suivre.) Henri Petit.
- UNE CONCEPTION NOUVELLE DU POSTE RÉCEPTEUR DE T. S. F.
- LE POSTE ELGÉDYNE
- POSTES RÉCEPTEURS D'AMATEURS ET POSTES D'AUDITEURS
- Ainsi que nous l’avons déjà expliqué dans le n° 2751 de La Nature, à propos de la question de l’automatisme en radiophonie, on peut distinguer dans le public de plus en plus important des sans-filistes deux catégories principales plus ou moins définies.
- D’un côté, les amateurs plus ou moins techniciens et « bricoleurs » qui construisent eux-mêmes leurs appareils et s’intéressent plutôt aux problèmes de la radio-technique qu’à l’audition des radio-concerts; de l’autre côté, la grande masse des auditeurs, comprenant des amateurs moins avertis, mais ayant des goûts plus artistiques que scientifiques, et surtout des usagers ne possédant aucune connaissance technique et désirant uniquement, en achetant un poste récepteur, avoir le plaisir de l’audition des radio-concerts.
- On peut remarquer d’ailleurs, que nombre d’auditeurs ajoutent à leur plaisir artistique le plaisir sportif, en quelque sorte, de la recherche rapide d’un très grand nombre d’émissions lointaines.
- Dans l’état actuel de l’industrie radioélectrique, lorsque ces auditeurs veulent acheter un poste .de réception, ils désirent que cet appareil possède les qualités suivantes : sensibilité permettant de recevoir toutes les émissions européennes en haut-parleur sur cadre ou antenne
- courte, sélectivité permettant d’entendre le radio-concert désiré sans aucun « brouillage » par les émissions de longueurs d’onde voisines, absence de distorsion assurant la pureté de l’audition, enfin et surtout facilité extrême de réglage pour d’obtenir presque immédiatement l’audition du radio-concert choisi sans qu’il soit besoin d’aucune connaissance technique spéciale pour effectuer les manœuvres de réglage.
- POSTES AUTOMATIQUES ET POSTES A RÉGLAGE UNIQUE
- Nous avons déjà défini dans l’article cité plus haut ce qu’il fallait entendre par le terme « poste récepteur automatique de T. S. F. »
- Nous avons indiqué qu’un poste récepteur automatique serait un appareil dans lequel les manœuvres de réglage, réduites,au minimum, et indiquées à l’avance par-le constructeur, n’exigeraient aucune initiative, ni aucune connaissance technique de la part de l’opérateur ; de plus, ces manœuvres ne devraient pas être modifiées lorsqu’on déplace le poste, ni même théoriquement lorsqu’on change le collecteur d’ondes.
- Nous n’étudierons pas à nouveau les difficultés multiples auxquelles se heurte la construction des postes récepteurs automatiques ; il nous suffira d’indiquer qu’elle soulève, outre de délicats problèmes de radioélectricité, de multiples problèmes de mécanique de précision.
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- Les postes récepteurs de T. S. F. sont, en effet, des appareils d’une sensibilité extraordinaire et cette sensibilité même qui permet d’amplifier plusieurs milliers de fois l’énergie recueillie par le collecteur d’ondes, est évidemment conjuguée avec une précision indispensable de construction, inconnue dans la plupart des appareils électriques d’usage courant.
- Prenons comme exemple le cas d’un poste à plusieurs étages haute fréquence à résonance accordés par des condensateurs montés sur le même arbre, ou commandés par un bouton unique de réglage, ou encore le cas d’un poste à changement de fréquence à condensateurs d’accord et de modulation commandés par un bouton de réglage commun.
- Il suffit, dans ces deux cas, d’une torsion imperceptible de l’arbre de commande ou d’un jeu dans le dispositif de commande invisible à l’œil nu pour diminuer souvent dans de grandes proportions le rendement du poste! Pour qu’un appareil automatique quelconque puisse donner de bons résultats, il est donc indispensable avant tout qu’il soit construit mécaniquement d’une façon parfaite.
- Quelles que soient l’ingéniosité et la nouveauté du principe sur lequel est basée la réalisation d’un poste de ce génre', il ne pourra donner de bons résultats si la solidité et la précision mécaniques de ses organes de commande sont défectueuses.
- On doit remarquer, cependant, que les appareils dits à réglage essentiel unique sont beaucoup plus difficiles encore à établir 'que les autres postes automatiques, et que la « souplesse » de leurs usages est beaucoup moins grande, parce que leurs organes de réglage sont généralement accouplés d’une façon fixe.
- Ces postes, dont nous avons noté les avantages dans l’article déjà cité, ne peuvent donc être réalisés que par des constructeurs pourvus de moyens d’exécution mécanique très importants et c’est pourquoi il n’en existe encore en France que quelques modèles donnant des résultats satisfaisants.
- Fig. 1. — Le poste récepteur Elgédyne. a, cadran d’accord du cadre; b, cadran de réglage de la modulation; /, fenêtre de repère; c, bouton de mise en marche; p, manette de réglage du potentiomètre servant à régler l’intensité d’audition; d, bouton de réglage à démultiplication du disque b.
- LE NOUVEAU POSTE ELGÉDYNE. ASPECT EXTÉRIEUR ET DISPOSITION D'ENSEMBLE
- Toujours dans le même article cité, nous avons signalé le grand avantage qu’il y aurait à employer dans la construction des postes automatiques des combinateurs centralisant toutes les manœuvres de réglage et permettant, grâce à un système de repérage particulier, une recherche immédiate des émissions, tout en conservant à l’appareil les qualités intégrales de bon rendement et de « souplesse », d’utilisation d’un poste ordinaire de montage radioélectrique correspondant.
- On peut évidemment réaliser ce combinateur de multiples façons différentes, et nous en avons indiqué quelques-unes à 'titre d’exemples. Les Etablissements Gaumont, spécialistes de la construction de précision, viennent d’établir un poste utilisant un combinateur de ce genre, présenté sous une forme entièrement nouvelle, qu’ils ont baptisé Elgédyne.
- Il nous paraît intéressant de décrire ce poste à titre documentaire, car il semble bien qu’il constitue à l’heure actuelle le poste type de l’auditeur muni de tous les perfectionnements rendus possibles par les progrès de la radiotechnique.
- L’aspect extérieur de l’appareil, réalisé sous forme de poste séparé ou surtout de poste meuble (fig. 1 et 2), montre bien que le constructeur a écarté délibérément les principes classiques.
- L’appareil ressemble plus à un phonographe qu’à un récepteur de T. S. F. ordinaire, tous les organes sont renfermés dans un boîtier métallique ou en ébénisterie ; seuls, sont visibles deux disques horizontaux de réglage a et b avec leur fenêtre de repère f, et un levier d’aluminium à secteur p, qui sert, comme nous l’indiquerons, à faire varier l’intensité d’audition.
- Dans le poste-meuble, un cadre pivotant à deux enroulements perpendiculaires pour petites et grandes ondes avec disque de repère est placé en dessous du poste, le haut-parleur est fixé dans le couvercle à charnière supérieur et enfin, les batteries d’alimentation avec tous leurs organes de connexion et de contrôle sont montées dans un casier tiroir en bas du meuble, de façon à rendre l’ensemble complètement autonome.
- CONSTRUCTION RADIOÉLECTRIQUE ET MÉCANIQUE DU POSTE
- Le montage radioélectrique de l’appareil est du type dit à changement de fréquence et comporte une lampe bigrille à changement de fréquence, deux étages d’amplification moyenne fréquence, une détectrice et deux étages basse fréquence.
- Nous n’indiquerons pas à nouveau ici les caractéristiques des montages à changement de fréquence, qui ont été maintes fois étudiées dans La Nature-, il nous suffira de rappeler que ce procédé, lorsqu’il est appliqué avec soin, permet la réception sur petit cadre en haut-parleur de toutes les émissions européennes avec une pureté très grande et sans crainte de brouillage par les émissions des postes locaux.
- Dans le poste actuel, les étages d’amplification basse fréquence, trop souvent négligés, ont été particulière-
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- ment étudiés, ils sont munis de transformateurs basse fréquence à circuit magnétique fermé, à enroulements à faible capacité répartie et avec tôles au silicium d’assez grandes dimensions pour permettre le passage de courants de forte intensité sans crainte de saturation.
- On obtient ainsi des auditions puissantes très artistiques et sans distorsion, en employant, bien entendu, un haut-parleur très étudié amplifiant uniformément toutes les fréquences acoustiques.
- Dans un tel appareil à changement de fréquence, les réglages essentiels se réduisent en général, après choix des bobinages de cadre et de modulation, aux réglages des condensateurs de modulation et d’accord, et aux réglages de l’intensité d’audition par la manœuvre d’un potentiomètre.
- Dans le poste Elgédyne, on utilise comme cadre de réception un système de cadre à deux enroulements perpendiculaires, visible sur la figure 2, et ce cadre est accordé par la rotation du disque horizontal de grand diamètre a, qui commande le condensateur d’accord au moyen d’un engrenage et d'un secteur à rattrapage de jeu.
- Grâce au grand diamètre de ce disque et à la rotation de 360° que l’on peut lui imprimer, le réglage peut être fort précis.
- Le condensateur de modulation est commandé, d’autre part, par la rotation du disque central b, qui porte des graduations sur une demi-circonférence.
- La mise en marche de l’appareil se fait simplement au moyen d’un bouton métallique à poussoir c ; un autre bouton d permet d’imprimer un mouvement très lent au disque de modulation b, mais son emploi est, le plus souvent,, inutile; enfin, le potentiomètre est commandé, comme nous l’avons indiqué, par la manette p.
- Le dispositif mécanique de la fenêtre F de repère n’est pas moins intéressant. Cette fenêtre est formée, en effet, par une lame métallique avec évidement rectangulaire coulissant entre deux glissières et pouvant prendre deux positions sous l’action d’un bouton nickelé.
- Il suffit de faire coulisser cette fenêtre dans ses guides pour provoquer automatiquement les fractionnements des bobinages de cadre et de modulation pour petites et grandes ondes, et nous verrons plus loin que cette 'manœuvre est même complètement instinctive.
- Tous les organes de l’appareil sont, d’ailleurs, montés sur un bâti entièrement métallique avec plaque en bakélite, ce qui assure la rigidité de l’ensemble, et la solidité en cas de transport.
- Les lampes sont disposées sur la plaque en bakélite avec un couvercle métallique ou en bois à glissière qui les protège contre toutes détériorations (fig. 3).
- RÉGLAGE DE L'APPAREIL
- La partie caractéristique du système réside essentiellement dans la simplicité de son réglage, réglage immédiat que tout usager peut effectuer en connaissant simplement le nom ou la longueur d’onde du poste dont il veut entendre l’émission.
- La grande couronne mobile horizontale A porte, en effet, inscrits sur deux échelles, les noms des principales
- Fig. 2. — Z/Elgédyne en poste-meuble autonome.
- En haut, le poste récepteur proprement dit ; en dessous, le cadre pivotant à deux enroulements avec disque de repère ; en bas, casier contenant les batteries d’alimentation avec leurs organes de contrôle et de connexion.
- stations d’émission européennes avec leurs longueurs d’ondes correspondantes (fig. 4).
- Ces noms sont répartis sur les deux échelles concentriques circulaires suivant qu’ils sont à ondes longues ou à ondes courtes.
- Pour entendre une émission quelconque, on fait apparaître le nom du poste ou le chiffre indiquant la longueur d’onde de ce poste à travers l’évidement de la fenêtre de repère F.
- Pour faire apparaître ce nom, il est d’ailleurs nécessaire, évidemment, de faire coulisser cette fenêtre à droite ou à gauche, et ce simple mouvement instinctif suffit, grâce au dispositif indiqué, pour mettre automatiquement ën circuit les bobinages de cadre et de modulation correspondants.
- A côté du nom de chaque poste sont inscrits sur la grande couronne un nombre en chiffres arabes et un autre en chiffres romains.;Le nombre en chiffres arabes
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- correspond simplement au réglage optimum du plateau horizontal intérieur B pour la même émission.
- On amène donc la division correspondante de ce plateau en regard d’un trait de repère F' marqué sur la fenêtre, et le réglage essentiel est terminé.
- Le nombre en chiffres romains indique, d’autre part, la position du cadre à Paris pour la réception du radio-concert désiré. Cette orientation n’a, d’ailleurs, rien d’absolu; cependant les enroulements sont munis d’index qui se déplacent en face d’un disque de repère portant des chiffres métallisés.
- Cette manœuvre de réglage est, comme on le voit,
- Fig. 3. — Disposition des lampes dans le voste.
- Le couvercle frontal de protection à glissières a été enlevé.
- d’émission, comme il s’en produit souvent, n’est nullement à craindre pour le bon fonctionnement du poste.
- Les noms des postes d’émission avec les longueurs d’onde correspondantes sont, en effet, inscrits, non sur le disque métallique A, lui-même, mais sur un anneau circulaire‘amovible en carton simplement maintenu sur le disque pàr la pression d’une rondelle à vis.
- On peut ainsi modifier immédiatement les indications placées sur la couronne en carton ou même remplacer cette couronne par une autre portant d’autres indications.
- De plus, en dévissant simplement le « macaron » cen-
- Pour entendre une émission, on fait apparaître le nom du poste dans la fenêtre index F en tournant le disque À, et on place la division du disque B suivant les indications lues dans la fenêtre en face du repère F'.
- immédiate, l’intensité d’audition se réglant simplement par le jeu du potentiomètre.
- A titre d’exemple, supposons que nous voulions entendre l’émission de Daventry : on tourne la grande couronne A au moyen du bouton, de façon à faire paraître le nom de Daventry dans la fenêtre F. A côté de ce nom on lit le nombre 121, ce qui indique que la division 121 du plateau B doit être placée en regard du trait F' de la fenêtre (fig. 4).
- Après avoir effectué cette opération, on entend l’émission désirée et l’on modifie l’intensité d’audition au moyen "du potentiomètre p-
- Ges réglages demeurent constants grâce à la précision mécanique de la construction de l’appareil; d’autre part, un changement dans la longueur d’onde des stations
- tral nickelé, on peut changer le « calage » des disques l’un par rapport à l’autre.
- Grâce à ces deux dispositifs* le poste peut fonctionner également avec un cadre quelconque ou même avec une antenne, les graduations de repère étant simplement modifiées, modification impossible à réaliser avec un poste récepteur automatique du type ordinaire dit à réglage unique.
- On voit donc que ce système de réglage a bien l’avantage de présenter les caractères ordinaires des dispositifs automatiques, tout en permettant à l’opérateur, s’il le désire par la suite, de modifier à son gré les modalités de ce réglage grâce à la « souplesse » de la liaison des diverses commandes.
- P. Hémardinquer.
- LE TRIPTYQUE CINÉMATOGRAPHIQUE
- Toute innovation en matière d’art cinématographique est intéressante à signaler, mais il faut retenir très spécialement celle qui vient d’être réalisée par M. Abel Gance, pour la mise en scène de son film « Napoléon », projeté en ce moment à la salle Marivaux.
- Jusqu’alors, les visions qui nous étaient offertes de-
- vaient se plier aux exigences d’un cadre déterminé. Ce cadre, en raison de la superficie de l’écran de telle ou telle salle, est plus ou moins grand, mais ses proportions relatives en restent immuablement invariables. Convenons aisément que cette limite imposée au champ visuel constitue un élément fâcheux, une entrave aux vues du réali-
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- Fig. 1. — Un triptyque de Napoléon, d'Abel Gance.
- sateur, obligé de grouper l’action (même si elle réclame une certaine ampleur) dans un espace restreint dont les personnages ne peuvent s’évader. Veut-on malgré tout donner l’impression du « vaste », en un mot embrasser une étendue notable qui permettra de contempler une multitude humaine, le développement d’un site monumental ou géographique, il faut avoir recours à des artifices de métier. En faisant, par exemple, pivoter l’appareil de prise de vues, on fera ainsi défiler aux yeux du spectateur le développement panoramique voulu. Ou bien la vue sera prise avec un recul suffisant pour qu’en vertu de la perspective l’appareil puisse embrasser l’étendue considérée; dans ces conditions d’ailleurs, l’ensemble devient une sorte de lointain, éliminant la vision détaillée qui peut avoir cependant une importance capitale à propos du jeu des personnages.
- Ce sont ces limites si néfastes dont M. Abel Gance a su s’affranchir. Le procédé consiste à obtenir une projection couvrant un écran dont l’étendue en largeur est le triple de celle de l’écran classique ; cette projection est réalisée par trois images accolées sans solution de continuité, images prises à l’aide de trois appareils, simultanément, et projetées de même.
- Pour simple que cela paraisse, il a fallu une science consommée pour la mise au point du procédé, une technique impeccable pour le repérage exact des vues par le moyen des trois appareils, conjugués comme on peut le voir sur les figures ci-jointes. De même, une technique aussi rigoureuse s’impose dans la projection des trois images qui doivent se succéder côte à côte sur l’écran.
- Lorsqu’on parle de ce procédé, on dit tantôt triple écran, tantôt projection multipliée, etc. M. Abel Gance se sert du terme triptyque qui s’applique plus correctement à la conception dont Lil a su tirer parti avec un art merveilleux. Le simple développement panoramique, par
- Fig. 3. — Schéma de la disposition de l'écran triplé : (1) projection normale avec les rideaux a fermés; (2) les rideaux écartés et le bandeau b descendu pour la vue en triptyque.
- images raccordées, lui a permis de nous montreras vues d’ensemble d’une ampleur extraordinaire, comme on peut s’en rendre compte par diverses photographies reproduites ici. Mais il faut insister surtout sur sa véritable
- Fig. 2. — L’appareil triple de prise de vues, d’Abel Gance.
- trouvaille du triptyque, vision simultanée de trois images (pouvant d’ailleurs être prises isolément et rapprochées ensuite) qui se complètent harmonieusement et forment la synthèse des différentes circonstances d’un moment déterminé, ou de la pensée et de l’action. Dans cet ordre d’idées, la porte est ouverte aux plus riches et plus variées combinaisons. Et une simple description ne peut traduire l’impression que l’œil éprouve devant une vue centrale du motif principal qu’encadrent deux images symétriquement inversées, et se déroulant à la manière d’une composition décorative animée : un tel ensemble se
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- Fig. 4. — Vue panoramique obtenue directement par images simultanées.
- traduit par un effet non atteint jusqu’alors, et d’une puissance étonnamment évocatrice.
- Une remarque s’impose maintenant. Si intéressant que soit le procédé, il ne peut être utilisé indifféremment dans toutes les salles de spectacle existant actuellement. De nombreux établissements ne jouissent pas d’une disposition scénique permettant le développement de l’écran triplé en largeur, non plus que d’une installation de cabine
- grands rideaux d’étoffe qui encadrent la scène. Au moment de la projection triple, ces rideaux s’écartent automatiquement pendant qu’un bandeau noir descend du cintre pour diminuer la hauteur de l’écran, puisque chacune des trois images se trouve un peu plus petite dans toutes ses dimensions que la projection unique (fig. 3). La batterie des trois projecteurs opérant synchroniquement a nécessité l’installation d’une cabine supplémen-
- Fig. 5. — Vue panoramique par combinaisons d'une seule image inversée.
- permettant d’y loger les trois appareils de projection supplémentaires, disposés en batterie.
- Provisoirement donc, il faut réaliser une installation spéciale. L’écran développé en largeur qui a été installé à la salle Marivaux, n’a pas en réalité tout à fait le triple de la dimension de l’éçran simple,pour lequel la partie centrale seulement est employée. Dans le cours normal de la séance, cette partie utile est délimitée parles
- taire reliée électriquement à la principale pour la liaison entre les deux groupes d’opérateurs.
- Malgré cet obstacle relatif à son utilisation généralisée actuellement, il est permis d’estimer que la conception du triptyque est pleine des plus riches promesses, car elle ouvre une voie vraiment nouvelle dans le domaine des grands spectacles réclamés par la vogue sans cesse grandissante du cinéma. L. R.
- Fig. 6. — Triptyque formé dune image centrale et d'une seuie image symétriquement renversée pour former les deux latérales.
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- GLOZEL
- Depuis deux ans, La Nature a. publié toute une série d’études sur les fouilles de Glozel ou à propos de celles-ci. On sait que l’ancienneté et l'authenticité du gisement furent mises en doute et que deux clans se formèrent parmi les archéologues et les préhistoriens : glozéliens et aniiglozc-liens, qui échangèrent —et continuent d’échanger — avec passion, toutes sortes d’arguments pour étayer leurs convictions et convaincre.
- Tje 24 septembre dernier, l’Institut international d’Anthro-pologie, réuni en Assemblée générale à Amsterdam, nomma une commission chargée de procéder à une enquête sur le terrain.
- Cette commission comprenait :
- M. Bosch-Gimpera, professeur à l’Université et directeur du service des fouilles archéologiques de Barcelone ;
- M. l’Abbé Favret, membre correspondant de la Société des antiquaires de France;
- M. Forrer, directeur du musée préhistorique et gallo-romain de Strasbourg, membre de la Société préhistorique française :
- Miss D. Garrod, du Royal Anthropologiçal Institute de Londres, membre de la Société préhistorique française;
- M. Hamal-Nandrin, chargé du cours de préhistoire à l’Université de Liège, membre de la Société préhistorique française;
- M. Peyrony, conservateur du musée des Eyzies, chargé de missions par le Ministère de l’Instruction publique ;
- M Eugène Pittard, professeur d’Anthropologie à l’Université de Genève.
- Tous prirent part aux fouilles de contrôle, suivirent l’enquête et rédigèrent un rapport, daté du 14 décembre 1927, que la Revue Anthropologique vient de publier.
- Le gisement. — Le rapport débute par le rappel de la situation géographique du fameux champ et de l’origine des fouilles.
- « La famille Fradin, y lit-on, occupe la ferme de Glozel, commune de Ferrières-sur-Sichon, canton du Mayet-de-Mon-tagne (Allier), depuis cinquante ans, à titre de métayer, puis de fermier, enfin de propriétaire depuis 1918, l’ayant acquise de Mme Bignet, de Saint-Germain-Laval (Loire).
- « Le terrain de fouilles est situé au fond de la vallée encaissée du Yareille, lieu dit Duranthon. Quelques rares parties de cette vallée ont été déboisées, alors que l’ensemble conserve toujours son manteau de forêts aux essences variées. Ce terrain n’est qu’une faible fraction du champ, actuellement en culture, situé immédiatement au-dessus. Récemment encore il était couvert de broussailles, de buissons, de ronces, d’épines noires, de fougères, de genêts et aussi d’arbustes dont le tronc pouvait atteindre 10 cm de diamètre ; le tout était suffisamment dense, paraît-il, pour que les bestiaux n’y pussent passer.
- « Il y a trente ou trente-cinq ans, M. Fradin — aujourd’hui le « grand-père Fradin » —fit défricher le terrain par des ouvriers et le fit défoncer sur une profondeur de 25 à 30 cm et même plus en certains endroits; et l’on procéda à l’extraction de grosses racines.
- « Puis ce terrain demeura en pacage; les ronces, les fougères, les épines qui y repoussaient étaient régulièrement brûlées.
- « En 1918, le terrain fut labouré entièrement. On n’y remarqua rien d’anormal. Il continua à servir de pacage.
- « En 1924, M. Fradin le laboura de nouveau jusqu’au delà de l'actuelle barrière sud de fils de fer barbelés.
- a Au cours de ce labour, un bœuf enfonça dans une cavité où Emile Fradin fit la découverte que l’on sait. Ce fut le point de départ des fouilles.
- Ces différents renseignements nous ont été donnés par le grand-père Fradin lui-même.»
- Les fouillés. — En arrivant sur les lieux le 5 novembre, la Commission fut défavorablement impressionnée par l’aspect du terrain, bouleversé au hasard. Elle décida de commencer ses travaux dans la partie du champ ou M. le Dr Morlet avait fait de nombreuses découvertes et qu’il avait dénommée la tranchée ouest.
- Elle y reconnut trois couches de terre qu’elle définit ainsi :
- « Au fond la couche 1, est composée d’argile très compacte de couleur jaune ; on la reconnaît immédiatement à la résistance qu’elle oppose à la pénétration des instruments de fouilles et aussi à une teinte un peu rosée qu’elle prend parfois et qui la distingue nettement de la couche 2 qui est d’un jaune un peu plus clair. Son niveau est très irrégulier et parfois fortement bosselé.
- « Cette couche 1 est, d’après les constatations de M. le Dr Morlet, confirmées par celles que la commission elle-même put faire, archéologiquement stérile, bien que parfois les objets rencontrés à la base delà couche 2 l’aient pénétrée superficiellement.
- « La couche 2 est formée d'une argile fortement arénaeêe, perméable, peu compacte, mais sans trace aucune de stratification intérieure. Elle est probablement le résultat des produits (sables et argiles de lixiviation) d’un ravinement des pentès supérieures. Son épaisseur varie de 25 à 35 cm. ,
- « Le travail naturel des animaux fouisseurs et des racines s’y reconnaît à chaque instant.
- « La couche 3, couche supérieure, est constituée par un humus gris-noir, peu compact, assez fortement arénacé et perméable provenant des décompositions organiques des buissons et des bois qui couvraient jadis le site et que l’on voit encore dans toute la vallée ; son épaisseur est en moyenne de 30 cm. Elle renferme dès petits cailloux, des fragments de terre vitrifiée ; on y trouve aussi des fragments de charbons, restes en particulier de l’incendie des buissons. Elle est parcourue par des racines nombreuses, entre autres de fougères, de ronces, de genêts et de graminées. »
- La Commission fouilla en trois jours une surface d’environ 10 m*. Elle y trouva successivement 4 petits cailloux; un objet en os légèrement époinlé ; un petit objet en os; un galet plat, ovalaire, gravé, reposant presque verticalement sur sa tranche ; une « idole » en céramique ramollie qui se brisa lorsqu’on la toucha; deux petits objets en os sous une poche de terre plus meuble; une brique très molle portant des signes alphabéliformes, sous une autre poche plus grande telle que « l’ensemble donnait l’impression qu’une motte de terre avait été enlevée, comme à la bêche, puis, après dépôt des objets, remise en place ». On trouva encore un objet en os et un anneau de schiste placé presque verticalement sur sa tranche, dans la couche, ce qui « ne peut guère s’expliquer que par une habile pénétration par le haut ».
- La Commission* se considérant comme suffisamment éclairée, décida d’arrêter les fouilles. . ,r . . ,
- Les tombes. — Elle examina alors les tombes antérieurement. ouvertes par MM. le Dr Morlet et Eradin et particulièrement la tombe dite n° 2.'Cette tombe, d’un appareillage
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- très grossier, sans mortier ni terre de liaison, parut difficile à interpréter, à cause d’une dépression du sol, avec maigre végétation, au-dessus, à cause aussi de l’absence de colmatage par le terrain argileux infiltré, d’eau, et la Commission estima qu’on l’expliquerait « si l’on admettait, par exemple, que la construction de cette « tombe » ne remonterait qu’à quelques années. »
- JL es objets trouvés. — Enfin, la Commission consacra un jour à l’examen des os et du mobilier recueillis antérieurement et conservés par le I)' Morlet à Vichy et par M. Fra-din, à Glozel.
- Les ossements humains, les objets en os, les objets de céramique, les objets en pierre, les galets gravés, un harpon furent tour à tour étudiés.
- Les quelques fragments de crânes offrent des particularités inexplicables : cassures franches, nettes, à arêtes vives à côté de bords mousses, d’arêtes adoucies. Certains objets en os n’ont pas de patine et ne semblent avoir subi aucune fossilisation, tandis que d’autres, à forte patine, ont une cassure ayant la teinte d’un os moderne, ou des signes gravés qui semblent n’avoir pu être réalisés qu’à la gouge.
- Deux briques et un vase portent les marques de racines « nécessairement récentes » et rien de plus.
- Les haches polies « ne sont ordinairement que de simples cailloux choisis pour leur forme triangulaire, auxquels on a donné un semblant de tranchant », maladroitement, avec une râpe ou une lime, peut-être même sur une meule tournante.
- Les gravures sur galet n’ont pas la même patine que le fond; certains anneaux de schiste semblent avoir été taillés au couteau : un harpon en schiste n’a pas la même patine sous les barbelures que sur les faces.
- Enfin, la faune identifiée est toute moderne.
- Et, chose étrange, « l’attention de la Commission a été
- attirée sur une pierre gravée faisant partie de l’appareillage extérieur du four de Glozel, situé à quelques mètres devant la maison habitée par la famille Fradin. Sans vouloir en tirer aucune conclusion, elle croit cependant nécessaire de signaler cette coïncidence étrange : cette pierre, roche primitive ou roche éruptive, porte, bien nette, la gravure d’une tète d’animal vue de profil. Le four remonte à environ trois quarts de siècle. Interrogés sur l’existence de cette gravure, MM. Fradin disent ne l’avoir jamais remarquée ».
- Conclusions. — Après toutes ces constatations troublantes, la Commission a ainsi conclu :
- « En résumé, après avoir examiné toutes les données du problème, après avoir étudié le plus consciencieusement possible les éléments qui lui étaient soumis, après avoir longuement réfléchi à toutes les éventualités qui pouvaient se présenter, la Commission, dans ce prodigieux ensemble, retient certains objets : les fragments de haches polies et de silex, les tessons de poteries en grès, les matières vitreuses et les divers éléments de la fosse ovale du début de la découverte, lui semblent bien authentiques.
- « La Commission n’exclut pas totalement l’hypothèse de l'introduction dans le gisement d’objets anciens ; ainsi, elle pourrait à la rigueur retenir, entre autres choses, quelques bobines et pièces en os qui ne donnent pas à la seule vue l’apparence d’obj-ets faux.
- « Appuyée sur toutes les constatations qu’elle a faites, sur les discussions serrées qu’elle a eues, la Commission, à l’unanimité — avec les réserves qui viennent d’être formulées — conclut à la non-ancienncté de l’ensemble des documents qu’elle a pu étudier à Glozel ».
- On sait que ce jugement n’est pas unanimement accepté par les savants intéressés et que certains annoncent qu’ils en vont faire appel. R. M.
- LA DOULEUR EN PHYSIOLOGIE ET EN MÉDECINE
- La douleur est une des choses avec lesquelles chacun de nous, dès son plus jeune âge, fait connaissance, car elle n’attend guère pour se faire apprécier. Cependant, la physiologie sait encore bien peu de choses sur elle. La raison en est sans doute que, par exception, l’expérimentation sur l’animal ne fournit sur ce point pour ainsi dire aucune donnée valable pour l’homme. Il n’y a donc qu’un moyen d’étudier expérimentalement la douleur : observer patiemment l’homme, soit au cours d’une maladie, soit au cours d'une opération. Ce sont même les opérations, et par conséquent les chirurgiens qui ont apporté à ce chapitre de physiologie les plus importantes contributions, celles que je voudrais essayer de résumer ici. Dans ces dernières années, en effet, les travaux de Leriche en France, de Foersteren Allemagne, et de beaucoup d’autres, ont commencé à fournir des documents précis dont l’intérêt pratique et théorique n’échappera à personne.
- La douleur est très différente des autres sensations qui peuvent arriver au cerveau : les sensations de chaleur, de froid, d’attouchement, de frôlement diffèrent, en effet, essentiellement des sensations douloureuses. Celles-ci ne sont donc pas, comme on le croit communément, une simple exagération de celles-là. On remarque, en outre, que la sensation douloureuse apparaît ou disparaît plus tardivement qu’une sensation tactile par exemple, qui, elle, s’efface aussitôt que l’objet touché n’est plus en contact avec la peau. Pour provoquer de
- la douleur il faut, en effet, une répétition ou, comme on dit, une sommation d’excitations. Dans de certaines expériences, une pression ou des chocs sur la peau finissent par devenir douloureux quand ils ont duré ou qu’ils sont répétés pendant un temps suffisant,
- D’autres constatations ont montré, en outré, que la section de certains nerfs, si elle fait complètement disparaître le sens du toucher ou de la chaleur, par exemple,laisse les sensations douloureuses intactes ou ne les fait disparaître que sur une faible étendue. En d’autres termes, pour un même nerf, l’aire des sensations douloureuses est généralement plus petite que l’aire des sensations tactiles.
- La douleur peut être provoquée par des phénomènes physiques : pincement, dilacération, électrisation de la peau, ou plus exactement' de certaines terminaisons nerveuses. Elle peut être aussi déclenchée par des modifications de la composition des tissus. Tel. est, en partie, le cas de certains abcès. Si on injecte sous la peau une solution dont l’acidité est exactement celle des humeurs du corps humain, c’e^t-à-dire dont le pH est égal à 7,2, il ne se produit aucune sensation pénible. Il ne s’en produit pas davantage si le liquide injecté est légèrement alcalin. En revanche, dès que le liquide devient acide, la douleur augmente. Pour un pH égal à 5,9, elle est intolérable.
- Les douleurs musculaires observées après des efforts consi-
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- dérables, tels qu’une marche prolongée, relèvent vraisemblablement d’une augmentation de l’acidité des tissus, puisque la contraction musculaire est toujours étroitement associée «à la formation d’acide lactique.
- Tandis que la peau est extrêmement sensible à ces diverses actions, les viscères, par contre, ne le sont guère. Les chirurgiens sont unanimes pour constater qu’une opération sur un organe abdominal n’est pas douloureusement ressentie parle malade à condition qu’il n’y ait pas de tiraillement.
- En revanche, un viscère creux qu’on dilate en y introduisant un liquide réagit en déterminant de la douleur, d’autant plus qu’il est plus malade. C’est là une constatation qui a été faite pour la vessie. Parallèlement, un viscère, dont les parois se contractent énergiquement sous l’influence d’un influx nerveux pathologiquement exagéré, provoque également de la douleur. Tel est le mécanisme de certaines crises douloureuses gastriques ou de ces tranchées (coliques) que chacun connaît.
- Mais il n’y a pas que les viscères qui réagissent de cette manière. Les vaisseaux et plus spécialement les artères — et c’est là précisément une des découvertes les plus importantes de ces dernières années, due pour une bonne part au professeur Leriche — possèdent en effet dans l’épaisseur de leurs parois une tunique constituée par des fibres musculaires lisses qui peuvent se contracter et provoquer ainsi des douleurs intenses, au niveau de l’aorte comme au niveau des artères les plus petites de l’abdomen ou des membres.
- Entre les douleurs qui proviennent de la peau et celles qui proviennent des viscères ou des artères, il y a une différence capitale au point de vue physiologique comme au point de vue thérapeutique. Les douleurs qui proviennent d’un pincement, par exemple, suivent le chemin qui est connu depuis fort longtemps par les sections expérimentales ou accidentelles des nerfs, observées chez l’homme ou chez l’animal. Elles suivent ces gros nerfs, comme le sciatique ou le radial, pour arriver à la moelle. Sur la plus grande partie de ce parcours, les fibres qui transmettent ces sensations — qui pour cette raison sont dites centripètes — sont étroitement mêlées aux fibres qui ont pour fonction de transmettre aux muscles l’ordre de se contracter, et qui pour cette raison sont dites centrifuges.
- Mais, arrivés au voisinage de la moelle, ces deux ordres de fibres se séparent. Celles qui nous intéressent, les fibres sensitives, abordent la moelle par sa face postérieure et constituent la plus grande partie de ce qu’on appelle les racines postérieures des nerfs des membres. En sectionnant un certain nombre de racines postérieures, on arrive donc à supprimer en totalité les diverses espèces de sensibilité tactile ou thermique, et une bonne partie de la sensibilité à la douleur provenant de la peau.
- En revanche, on n’a presque aucun effet par celte méthode sur cette sensibilité viscérale ou artérielle dont je viens de parler. Quel est donc le chemin suivi par des douleurs si spéciales ? Il est probable qu’elles empruntent d’abord, soit des filets nerveux qui entourent les artères comme un réseau, soit d’autres cordons musculaires (nerf vague) pour aboutir au cours d’une première étape à cet appareil, le grand, sympathique, qui est constitué par deux chaînes de ganglions nerveux situées de part et d’autre de la colonne vertébrale. De là, ce chemin emprunte des filets nerveux qu’on appelle les rameaux communicants et qui joignent chaque ganglion du grand sympathique aux racines postérieures avoisinantes. Il serait d’ailleurs trop long d’entrer dans les détails de cette anatomie compliquée. Notons toujours le fait essentiel constaté parles chirurgiens, et surtout par Leriche, d’après lequel la section ou l’anesthésie locale (au moyen d’alcool, par exemple) de ces rameaux communicants supprime la douleur viscérale.
- * ' *
- Comme on s’en est déjà rendu compte au cours de cet exposé, les chirurgiens se sont beaucoup occupés de créer un système thérapeutique contre la douleur. C’est qu’en effet, si bien des maladies agissent en provoquant surtout un malaise général, il en est, par contre, qui sont douloureuses d’une manière tout à fait exagérée et hors de toute proportion avec les lésions qui sont en cause. Tel est le cas, par exemple, de certaines douleurs atroces (causalgie) provoquées par de minimes lésions des membres qui ont atteint, soit le nerf, soit l’artère, ou plus exactement le réseau nerveux qui, comme nous l’avons vu, entoure l’artère. En pareil cas, une opération bien conduite, dirigée sur le nerf ou sur ce réseau nerveux, peut modifier l’état de choses et supprimer la douleur d’une manière definitive, car on a été ainsi à la racine du mal. Il en est d’ailleurs de même, quand, par exemple, on incise un abcès dont le pus, par son abondance ou par son acidité, comprimait ou irritait les terminaisons nerveuses.
- Dans beaucoup d’autres cas, il n’est pas aussi aisé d’atteindre la cause. Alors on se rabat sur un pis-aller qui consiste à interrompre pour un temps plus ou moins prolongé — le temps qu’exige le nerf pour se régénérer — le chemin suivi par la douleur. Pour cela, on coupe et on détruit le nerf en le cautérisant avec de l’alcool, du formol, du phénol, entre l’endroit qui fait mal et la moelle.
- Quand il s’agit plus spécialement de douleurs viscérales, on peut avoir recours à une opération qui consiste à couper une longue série de racines postérieures. Mais actuellement, à cette méthode brutale et infidèle, on substitue de plus en plus celle de la section de ces rameaux communicants dont j’ai parlé tout à l’heure. Dans d’autres cas, ,on s’est adressé aux uns et aux autres de ces ganglions qui constituent la chaîne du grand sympathique.
- Sans avoir la prétention d’être complet en ces matières encore à l’élude, essayons cependant d’énumérer brièvement les maladies qui sont susceptibles de bénéficier de ces traitements dirigés avant tout contre la douleur.
- Il y a d’abord les moignons d’amputés si souvent douloureux, et ces terribles causalgies qui surviennent par suite d’unè plaie parfois insignifiante des membres. Certains troubles de l’irrigation sanguine des membres, surtout ceux qui se traduisent par la pâleur, continue ou passagère, bénéficient également de ces méthodes infiniment délicates. Une série d’affections viscérales qui se traduisent également par des douleurs, plus ou moins compliquées d’angoisse, ont pu être traitées avec succès au moyen des mêmes procédés chirurgicaux. Telles sont les crises gastriques du tabes, l’angine de poitrine, l’asthme, les névralgies faciales. Quelques autres névralgies (sciatique), diverses céphalalgies ou migraines relèvent également de ces découvertes thérapeutiques récentes: Bien plus, les douleurs terribles provoquées par des cancers inopérables peuvent être atténuées pour un temps ou même complètement abolies par des interventions de ce genre bien discutées et bien exécutées.
- Ces acquisitions de la chirurgie moderne sont réellement capitales. On n’a pu y songer que depuis que l’expérimentation et l’observation nous ont suffisamment documenté d’une part, et d’autre part depuis que les complications suppuratives des opérations ne figurent réellement plus au nombre des possibilités. Elles seront saluées avec une bien grande joie par l’humanité souffrante.
- Dr P.-E. Morharbt.
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- =L... LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- LES ÉMISSIONS DE LA TOUR EIFFEL
- Les émissions radiophoniques de la Tour Eiffel ne sont pas les seules intéressantes; les signaux horaires et les radiogrammes météorologiques, si faciles à recevoir même par les amateurs peu habiles à la « lecture au son », n’ont pas perdu de leur intérêt; au contraire, les nouvelles émissions sur 75 m. et sur 32 m. de longueur d’onde permettent aux amateurs de s’exercer facilement à la réception des ondes très courtes et de vérifier les qualités de leurs appareils récepteurs.
- Nous pensons donc rendre service à nos lecteurs en leur indiquant l’horaire exact actuel et détaillé des émissions de ce poste, tant radiotélégraphiques que radiotéléphoniques.
- POSTES RÉCEPTEURS A RÉGLAGE AUTOMATIQUE ET A RÉGLAGE UNIQUE
- La recherche du système idéal de réglage automatique des postes récepteurs constitue un des problèmes les plus intéressants de la radiotechnique moderne.
- Nous avons, d’ailleurs, présenté, l’année dernière, dans cette revue, une étude complète des données du problème!1) et nous examinerons prochainement dans un article nouveau les efforts tentés récemment par les constructeurs français pour résoudre cette question essentielle.
- Il est évident, d’ailleurs, que la réalisation parfaite d’un poste entièrement automatique, permettant de recevoir toutes
- 1. La Nature, n° 2750.
- Heures T . M. G. NATURE DES ÉMISSIONS LONGUEUR SYSTEMK ANTENNE OBSERVATIONS
- d’onde D EMISSION UTILISÉE
- 0130 Trafic avec Beyrouth. 75 m. Lampes P. A.
- 0220 à 0230 Météo France, Suisse, Hollande. 2650 m. G. A.
- 0400 à 0415 Météo Europe, Améi'ique, Afrique du Nord. — — .
- 0415 h 0420 Appels marine. Météo « Le Verrier ». — — —
- 0420 à 0440 75 m. P. A.
- 0450 à 0500 Météo : 1er avis de la matinée. 2650 m. — M. A. Sauf dimanche.
- 0542 à 0550 Météo Phisérar. — M. A.
- 0630 à 0640 Téléphonie : Prévisions météorologiques. — — M. A.
- 0700 à 0705 Appels marine. — — M. A.
- 0742 a 0750 Météo Phisérar. — — M. A.
- 0756 a 0808 Signaux horaires. 32 m. —•
- 0820 h 0840 Météo France, Belgique, Suisse, Hollande. 7200 m . — G. A. O.C.D.J. fssy-l.-Mx.
- 0840 à 0900 Météo Amérique, Navires, Atlantique. 7200 m. e t 7 5 m. 2650 m. — G.A.-P.A.
- 0835 à 0845 Téléphonie : Prévisions météorologiques. — M. A.
- 0926 à 0938 Signaux horaires. Météo Europe, Sismo de Strasbourg. — A mort. G . A .
- 0945 à 1000 7200 m. 2650 m. ou modulée G. A. P.A. O.C.D.J. Issy-
- 32 m. Lampes M. A. Moulineaux,
- 1040 à 1050 Météo Phisérar. 2650 m. Poste Y. A.
- 1120 à 1145 Téléphonie : Annonce de l’heure; Prévisions
- météorologiques; Cours du coton et du café; ' G. A. Sauf lundi.
- Cours du poisson aux Halles Centrales. 2650 m. — M. A.
- 1150 à 1155 Météo, prévisions techniques. 2650 m. —
- 1150 a 1205 Tor et 15 de chaque mois, ondes étalonnées. 5000 m. A rc G. A. (U
- 7000 m. — M. A. Samedi seul.
- 1300 à 1345 Téléphonie (Université). 2650 m. Lampes G. A.
- 1420 à 1440 Météo France, Belgique, Suisse, Hollande. Téléphonie : Goui-s de Bourse, changes, rentes, 7300 m. Lampes
- 1600 h 1625
- valeurs ; Cours des métaux. 2650 m. — M. A. Samedi seul.
- 1600 à 1620 Météo « Le Verrier ». 75 m. — P. A.
- 1700 à 1705 Appels marine. 2650 m. — M. A.
- 1715 à 1720 tyfétéo, variations brusques. 2650 m. —. M. A.
- 1745 à 1910 Téléphonie : Journal parlé. Téléphonie : Prévisions météorologiques. 2650 m. — G. A.
- 1910 à 1920 2650 m. — G. A.
- 1930 à 2100 Téléphonie : Radioconcerl ; Université. Météo France. 2650 m. — G. A.
- 1920 il 1940 6000 m . — G. A. Transmis par St-P
- 1956 à 2008 Signaux horaires. 32 m. — — des Corps (Y. G.).
- 2100 à 2120 Météo Europe. 7200 m. — G. A. O.C.D.J. issy-les-Mx.
- 2210 à 2220 Téléphonie : Prévisions météorologiques. 2650 m. — G. A
- 2226 à 2238 Signaux horaires. 2650 m. Amort. ou modulée G. A. Sauf dimanche.
- 2240 à 2250 Météo; Prévisions techniques. 2650 m. Lampes G. A.
- 2250 à 2310 Météo « Maury », 75 m. Lampes P. A.
- 32 m. — P. A. Issy-les-Moulineaux.
- 2315 à 0030 Trafic avec Beyrouth. 75 m. Lampes P. A.
- Les intervalles disponibles sont à la disposition du B G.R. de l’Administration des P.T.T. pour transmissions privées avec divers postes européens HB, HAR, AXK, FF. SPT, etc....
- (1) Ondes étalonnées le 1er et le 15 de chaque mois, de :
- 1150 à 1151, série de lettres A, sur 5000 mètres. — 1151 à 1154, trait continu sur 5000 mètres. — 1200 à 1201, série de lettres B sur 7000 mètres. — 1201 à 1204, trait continu sur 7000 mètres.
- Le télégramme donnant les longueurs d’onde exactes est passé par ATN (Lyon-la-Doua), à 13 heures.
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- les émissions européennes en plaçant simplement une aiguille sur l’indication correspondant à l’émission que l’on veut recevoir, n’est pas encore pratiquement possible.
- Cette réalisation est rendue encore plus difficile en Europe, on le sait, par l’étendue de la gamme de longueurs d’onde des émissions de radio-diffusion, alors que cette gamme est très restreinte aux États-Unis.
- Parmi .les appareils les plus intéressants existant actuellement en France, on peut discerner, d’ailleurs, deux catégories principales de postes : les appareils à réglage essentiel unique et les appareils à réglage « à combinaisons » ; nous décrirons ces postes prochainement.
- On peut remarquer, en général, d’autre part, que le nombre des appareils de ce genre exposés au Salon de T. S. F. de 1927 était inférieur à celui des appareils exposés en 1926.
- Ce fait est dû, nous l’avons noté, à ce que la construction de ces appareils exige toujours une réalisation mécanique parfaite et une mise au point soigneusement étudiée.
- Ces opérations ne peuvent être exécutées que par des fabricants pourvus de moyens suffisants de construction mécanique de précision et aussi... de capitaux assez importants pour consacrer des sommes élevées à des frais d’études préliminaires; le nombre de ces constructeurs est encore restreint en France et, de plus, certains fabricants que pourraient tenter de telles études préfèrent établir en série des postes simples de prix modiques dont la construction est aisée et la vente facile et rémunératrice.
- Mais la construction d’un poste à réglage essentiel unique est encore plus délicate que celle des postes à réglage à combinaisons.
- Dans un poste à réglage unique, le bouton de commande actionne, en effet, les organes de réglage qui sont reliés entre eux d’une façon absolument fixe.
- Pour que le poste fonctionne parfaitement, il est donc nécessaire non seulement qu’aucun « jeu » ne se produise dans le système de commande, mais encore qu’aucune des constantes de d’appareil ne se modifie : caractéristiques, des lampes, tension de chauffage des filaments et tension plaque de ces lampes, par exemple.
- Dans les postes à combinateurs, au contraire, le système employé est étudié, en général, pour permettre facilement une légère modification correspondant au changement des caractéristiques des lampes, des sources d’alimentation, ou même du collecteur d’ondes.
- LA SENSIBILITÉ DES POSTES RÉCEPTEURS ET LA RÉPARTITION DES STATIONS ÉMETTRICES EN EUROPE
- Ün constate actuellement, en France, une augmentation constante de l’emploi des postes récepteurs à changement de fréquence.
- Cette augmentation est due aux qualités incomparables de sélectivité, de sensibilité, et de simplicité de réglage de ce système de réception.
- Ces qualités permettent, non seulement la réception nette dans toute la France des émissions encore relativement imparfaites et dispersées des stations françaises, mais encore l’écoute en haut-parleur des émissions étrangères à l’aide d’un cadre de dimensions réduites.
- Dans d’autres pays européens, en Allemagne par exemple, les postes émetteurs radiophoniques sont nombreux, puissants, bien syntonisés, et leurs programmes quotidiens sont variés et bien composés.
- Les auditeurs de ces pays n’utilisent donc que rarement
- Fig. 1. — Différentes connexions d'un bobinage fixe S et d'un bobinage mobile R constituant le stator et le rotor d’un variomètre ou d’un variocoupleur.
- des montages comportant un grand nombre d’étages d’amplifica -tion; il existe en Allemagne fort peu de postes à plus de cinq lampes.
- Ces postes simples sont, d’ailleurs, le plus souvent construits en assez grande série, ce
- qui permet d’abaisser le prix de revient et par suite le prix de vente.
- En réalité, on voit donc que l’organisation française actuelle si défectueuse de la radiophonie est absolument antidémocratique puisqu’elle rend nécessaire l’achat ou la construction d’appareils récepteurs de prix relativement élevés par tous les auditeurs de province qui veulent entendre en haut-parleur des radio-concerts intéressants.
- VARIOMÈTRES ET VARIOCOUPLEURS
- Les variomètres et les variocoupleurs constituent des accessoires de montage fort pratiques dont l’usage est cependant encore assez peu répandu en France.
- Ces accessoires permettent le remplacement des bobinages interchangeables, employés assez peu à l’heure actuelle par les usagers et les amateurs qui recherchent avant tout la rapidité de la recherche des émissions, et conservés seulement par les amateurs avertis et passionnés, pour la réalisation de montages d’essais ou la réception des ondes courtes.
- Les variocoupleurs sont utilisés pour réaliser des dispositifs d’accord en Tesla, des dispositifs de réaction, des ensembles de modulation et, en général, toutes les fois que l’on doit employer deux bobinages à couplage variable à l’intérieur d'un poste de réception.
- Les variomètres offrent une bonne solution du remplacement des bobinages interchangeables dans tous les circuits, grâce à la grande variation progressive de leur coefficient de self-induction, obtenue par simple rotation de leur bouton de commande.
- En principe, les variomètres comme les variocoupleurs peuvent être constitués au moyen de deux bobinages quelconques au moins, cylindriques, sphériques, en nid d’abeilles, en fond de panier, etc .., dont l’un au moins est mobile par rapport à l’autre, et dont les montures sont solidaires mécaniquement.
- Dans un variocoupleur, les deux enroulements sont indépendants, tandis que, dans un variomètre, les bobinages sont connectés en série ou en parallèle (fig. 1).
- On voit qu’un variocou-pleur ne diffère pas essentiellement d’un variomètre puisqu’un changement simple des connexions de l’enroulement fixe appelé stator et de l’en-
- Fig. 2. — Variomètre a 2 rotors. Le premier rotor est cylindrique, le deuxième est bobiné en gabion et commandé par un bouton de contrôle concentrique.
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- roulement mobile appelé rotor permet de transformer- un variomètre en variocoupleur et inversement.
- En général, cependant, les deux bobinages des variomètres sont identiques, alors que ceux des vario-coupleurs sont différents.
- Lorsqu’on fait varier la position et le sens des bobines d’un variomètre l’une par rappoi't à l’autre, on fait varier leur coefficient d’induction mutuelle, et le coefficient d’induclion totale du système des deux bobines connectées en série ou en parallèle varie dans de grandes proportions.
- A titre d’exemple, avec un variomètre à deux enroulements sphériques de 90 millimètres de diamètre environ et comportant quelque 80 tours au stator et au rotor, on peut obtenir l’accord entre 200 et 2200 mètres de longueur d’onde avec un simple condensateur de 1/1000 de microfarad en parallèle.
- Les modèles des variomètres les plus employés actuellement sont les types à enroulements sphériques qui permettent un couplage effiucace et progressif. Un modèle récent de variomètre de ce genre réalisé en France comporte un deuxième rotor intérieur au premier et actionné par un bouton de contrôle dont l’axe tourne à l’intérieur du premier (lig. 2).
- Ues variomètres de ce genre, en réalité combinaisons d’un variomètre et d’un variocoupleur, permettent de réaliser de très nombreux et très divers montages.
- La facilité d’exécuter les divers accords des circuits avec le coefficient optimum de self-induction est particulièrement favorable pour la réception des émissions sur ondes courtes.
- Indiquons, à titre d’exemple, un très curieux montage d’essais de poste-émetteur-récepteur en duplex, c’est-à-dire permettant l’émission et la réception sur la même antenne sans aucune manœuvre d’inversion (lig. 3).
- Fig. 5.
- Disposition schématique d’une lampe multiple Lœwc.
- I, vue schématique de la lampe type 2 II. F. — II, vue schématique de la lampe type 3 N. F.
- Réception
- 6-8 0 o + 80 . vers BF
- Emission
- Mil], (*c
- Fig. 3. — Poste émetteur-récepteur duplex monté avec 2 variomètres
- Y et V' à 2 rotors.
- <D Æ) r#\
-
- Ce montage est simplement réalisé avec deux variomètres à deux rotors Y et Y'. Les stators de ces variomètres sont divisés en deux parties (les deux calottes sphériques). Sj et S/ sont montés dans le circuit d’antenne. Les deux autres calottes fixes S2 et S2' sont montées en série dans les circuits de grilles avec les premiers rotors L2 et L'2.
- Quant aux deuxièmes rotors en gabion L, et L/ ils sont placés séparément dans le circuit de plaque de la lampe de réception, et dans le circuit de grille de la lampe d’émission.
- EMPLOI DES LAMPES A DEUX GRILLES POUR L'AMPLIFICATION BASSE FRÉQUENCE
- Nous avons noté dans une récente chronique qu’il existait depuis peu des lampes à deux grilles permettant d’obtenir une bonne amplification à basse fréquence avec une tension plaque très réduite inférieure à 25 volts.
- La caractéristique de cette lampe est analogue à celle d’une lampe ordinaire triode pour amplification basse fréquence, et le schéma de montage d’un poste employé avec ces lampes est aussi analogue à celui d’un amplificateur basse fréquence ordinaire.
- La grille extérieure des lampes est seulement polarisée au moyen d’une petite batterie de 6 à 10 volts et les grilles
- Détectrice
- Fig. 4.
- Amplificateur basse fréquence monte avec lampes à 2 grilles.
- intérieures sont portées au même potentiel positif que les plaques (fig. 4).
- Cependant, on ne peut obtenir de bons résultats avec ces lampes en utilisant des transformateurs basse fréquence à circuit magnétique fermé ordinaires de rapport 5, 3, 2 ou même 1.
- Il faut adopter des transformateurs T, et T2 de rapport très élevé 10 à 12, d’une résistance d’environ 100 ohms au primaire et 5000 ohms au secondaire.
- Ces transformateurs sont analogues aux modèles utilisés autrefois pour l’amplification des réceptions obtenues avec détecteur à galène.
- On utilisera également un transformateur de sortie T3 de rapport 1 d’une résistance de 3000 à 5000 ohms au secondaire.
- EMPLOI DES LAMPES MULTIPLES DANS LES POSTES A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE
- Nous avons indiqué dans une récente chronique quelques emplois des lampes multiples Lœwe (n° 2771 de La Nature). Rappelons que ces lampes, dont la construction exige des procédés de verrerie très remarquables, sont établies en deux modèles différents.
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- Le premier modèle type 2 HF comprend les éléments de deux lampes à deux grilles montées avec les organes de liaison haute fréquence résistance-capacité (I, fig. 5).
- Le deuxième modèle 3 NF comporte les éléments de trois triodes ordinaires avec les éléments de liaison de trois étages basse fréquence à résistance-capacité ou d’une lampe détectrice suivie de deux étages d’amplification basse fréquence, la dernière lampe étant une lampe de puissance (H, fig. 5).
- Ces lampes multiples permettent d’établir des postes fort sensibles à changement de fréquence avec un nombre de lampes évidemment réduit, et il est intéressant de noter à nouveau avec plus de détails les usages particuliers de ces dispositifs.
- Le plus simple des montages à changement de fréquence que l’on puisse réaliser est indiqué par la figure 6. La lampe bigrille changeuse de fréquence est précédée par une lampe ordinaire triode haute fréquence, avec liaison par transformateur semi-apériodique.
- On n’emploie pas d’étages moyenne fréquence et le Tesla de liaison est suivi simplement d’une lampe multiple type 3 NF qui joue le rôle d’une détectrice et de deux lampes basse fréquence.
- Par suite de l’absence d’amplification moyenne fréquence, le dispositif n’est pas très sensible, il. est surtout sélectif et permet une bonne réception sur antenne.
- On peut aussi évidemment employer une lampe multiple type 2 H F pour l’amplification moyenne fréquence ou l’amplification haute fréquence avant le changement de fréquence.
- Le montage le plus complet que l’on puisse réaliser en utilisant toutes les propriétés de ces lampes est indiqué par le schéma de la figure 7.
- Une première lampe multiple 2 II. F joue le rôle de deux étages d’amplification haute fréquence avant le changement de fréquence produit par une lampe à deux grilles A' (avec liaison par transformateur semi-apériodique).
- Les oscillations moyenne fréquence sont transmises par le circuit filtre T à une deuxième lampe multiple B type 2 FI. F.
- Poste récepteur à changement de fréquence comprenant :
- Une lampe triode haute fréquence à transformateur semi-apériodique, uiie lampe bigrille changeuse de fréquence et une lampe multiple type 3 N. F.
- qui joue le rôle de deux étages d’amplification moyenne fréquence.
- Enfin, celte lampe B est reliée par un transformateur moyenne fréquence à une lampe multiple C servant de lampe détectrice suivie de deux étages basse fréquence.
- On voit donc que, théoriquement, ce montage à quatre lampes, dont trois multiples, correspond à un montage à 8 lampes exécuté avec des triodes ordinaires.
- L’emploi de ces lampes permet ainsi de construire des appareils sensibles et d’obtenir des auditions fort pures, en donnant au système récepteur des dimensions très réduites.
- P. FIémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Lampes bigrille pour basse fréquence. Etablissements Grammont, 1U, rue d’U/.cs, Paris. La Radiotechniquc, 12, rue de la Boétie, Paris.
- Lampes multiples Lœwc. Bonnefont, 9, rue Gassendi, Paris.
- Fig. 7.
- Poste à changement de fréquence comprenant :
- Une lampe multiple haute fréquence A, une lampe changeuse de fréquence A', une lampe multiple moyenne fréquence B
- et une lampe détectrice et basse fréquence C.
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’électricité et ses applications, par H. Vigneron,
- 1 vol. 812 pages, 780 fig. Masson et Gie, éditeurs. Paris, 1928.
- Prix relié : 100 francs.
- L’électricité est, par excellence, la science moderne puisque aujourd'hui c’est à elle qu’on ramène l’optique et même la mécanique. Ses applications pratiques, en outre, sont innombrables et elle intervient de mille manières dans la vie quotidienne. La nette compréhension des phénomènes qui sont groupés sous ce nom magique d’électricité s’impose donc aujourd’hui non seulement aux spécialistes, mais à tout esprit cultivé et soucieux d’idées générales. L’évolution rapide de nos connaissances théoriques ainsi que la multiplication des applications semblent rendre cette tâche difficile pour ceux qui n’ont pas suivi au jour le jour les progrès de l’électricité. Le bel ouvrage de M. Vigneron la rendra fort aisée. Bien ordonné, très clairement écrit, parfaitement documenté, d’une lecture facile et agréable, il ajjporte un excellent tableau d’ensemble du domaine actuel de l’électricité, aussi bien théorique que pratique. Tout d’abord un exposé très clair des phénomènes fondamentaux et des lois essentielles, qui prend avec raison comme point de départ la notion de charge électrique et la conception de l’électron, grâce auxquelles l’explication des phénomènes, conforme du reste à l’expérience, est rendue presque intuitive. Les découvertes modernes : oscillations électriques, ionisation, émission thermionique, rayons X, constitution électroniqne de la matière, radioactivité font l’objet de chapitres attrayants. Le rôle météorologique de l’électricité n’a pas été négligé. L’auteur passe ensuite aux applications : tout d’abord les modes pratiques de production de l’électricité : piles, accumulateurs, dynamos, alternateurs décrits d’après les types les plus modernes ; il montre lé fonctionnement d’une centrale électrique de construction récente, puis examine les modes de transformation du courant, suivant les divers appareils utilisés à cet effet. Il montre comment on transporte et disti’ibue le courant, puis comment on l’utilise pour l’éclairage, pour la force motrice, pour la traction, pour le chauffage, pour l’électrolyse. Il termine par un aperçu de la télégraphie, de la téléphonie avec et sans fils et de l’électricité médicale.
- Distillation des combustibles à basse température, par R. Courau et H. Besson, 1 vol., 372 p., 75 fig.
- G. Doin, éditeur, Paris, 1928. Prix : 40 francs.
- La distillation à basse température des combustibles solides a été proposée comme solution à la disette des combustibles liquides. Ce serait, en effet, un moyen de tirer de la houille ou de ses analogues : tourbe ou lignite, outre des gaz combustibles, une forte proportion de sous-produits liquides. Encore faut-il que l’opération laisse un coke utilisable et ne gaspille pas trop de chaleur. Il a été proposé à cet effet d’innombrables procédés, bien des essais ont été tentés sans qu’on puisse dire qu’ils aient permis d’établir une technique sûre. L’ouvrage de MM. Courau et Besson jette de grandes clartés sur cette question diffioile et apporte à ce titre une aide précieuse aux chercheurs. Il résume tout d’abord nos connaissances sur la chimie des combustibles et notamment sur les sous-produits du fractionnement des combustibles liquides ou solides. Il montre comment se pose le problème de la valorisation d’un combustible ; puis, après une étude rapide des gazogènes, il aborde la description méthodique et critique des divers fours de distillation qui ont été proposés ou essayés pour la distillation à basse température. Il termine par des notions sommaires sur la récupération des sous-produits.
- Le monde vivant. Histoire naturelle illustrée,
- par H. Coutière. Tome I. Introduction. La vie de la Terre. L’homme et les races humaines. Les mammifères. 1 vol. in-4, 320 p., fig., 51 pl. dont 44 en couleurs. Société des Atlas pittoresques, 107, boulevard de Magenta, Paris, 1927, Prix des 5 volumes : 600 francs.
- Depuis bien longtemps, nul n’avait plus osé tenter un tableau d’ensemble du monde vivant. Et c’est à Buffon plus qu’à Brehm qu’on pense en lisant l’œuvre gigantesque du professeur de la Faculté de Pharmacie de Paris.
- M. Coutière est connu depuis longtemps pour son enseignement très virant, son immense culture, son esprit fin et encyclopédique, son style de race. On retrouve tout cela dans le livre qui vient de paraître.
- L’ouvrage entier comptera 5 volumes. Le premier débute par
- une introduction situant le monde vivant dans le monde, esquissant la variété et le nombre des choses vivantes, rappelant les propriétés de la matière vivante. Puis, e’est un tableau à grands traits, vivant lui-même, de la vie de la terre, de son histoire, de ce qu’elle nous montre de la vie passée. L’œuvre commence alors, par en haut, et ce sont les hommes, puis les mammifères qui défilent. Les tomes suivants descendront l’échelle animale jusqu’aux Protozoaires, puis, repartant des bactéries, remonteront l’échelle végétale passant ainsi en revue la vie sous toutes ses formes.
- Ce qu’il faut dire, c’est que cet ouvrage unique est l’œuvre d’une vie entière. On y sent constamment la plus solide, la plus parfaite érudition, servie par un esprit clair, un style rapide, simple, pittoresque. Ce livre se lit comme un passionnant roman ; les remarques, les réflexions profondes, inattendues, abondent. Ecrit dans la joie de savoir, avec le désir d’entraîner des vocations, il est la plus parfaite, la plus vivante, la plus émouvante introduction aux sciences naturelles et on ne saurait trop en conseiller la lecture aux jeunes gens. Ajoutons que ses « images », sa présentation en font un livre d’étrennes aussi bien que par son fond, il est un livre de chevet à lire, à relire et à méditer.
- La grotte de l’Observatoire à Monaco, par Marcellin Boule et L. de Villeneuve. Archives de l’Institut de Paléontologie humaine. Mémoire 1. 1 vol. in-4, 115 p., 16 fig., 26 pl. Masson et Cie, Paris, 1927. Prix : 150 francs.
- On connaît les riches trouvailles, devenues classiques, des grottes de Grimaldi. Le prince Albert Ior de Monaco, passionné de paléontologie humaine, presque autant que d’océanographie, avait créé d’une part à Paris l’Institut de Paléontologie humaine que dirige le professeur Boule, et d’autre part encouragé M. le chanoine de Villeneuve à fouiller les autres grottes de Monaco. Si bien que le premier mémoire des Archives de l’Institut est un nouveau monument à la gloire du Mécène scientifique ; il décrit, sous la plume du chanoine de Villeneuve, la grotte de l’Observatoire située au-dessus de la cité monégasque, les fouilles patientes et méthodiques qui y furent longuement faites, tandis que M. Boule qui examina toutes les trouvailles les situe à leur âge exact, décrit et figure les restes animaux et les pièces archéologiques de ce gisement paléolithique ancien.
- Les données et les inconnues du problème alimentaire, par Lucie Randoin et Henri Simonnet. I. Le problème de l’alimentation. 1 vol. in-8, 344 p. II. La question des vitamines. 1 vol. in-8, 480 p., 52 fig. Collection « les Problèmes biologiques. Presses universitaires de France », Paris, 1927.
- Mme Randoin et M. Simonnet s’occupent depuis longtemps du problème alimentaire et particulièrement des propriétés biologiques des parties indosables des aliments parmi lesquelles se trouvent les vitamines qui sont si étudiées depuis quelques années. Ils étaient donc parfaitement qualifiés pour rédiger, dans cette collection de monographies que sont « les Problèmes biologiques », l’ouvrage de mise au point éclaircissant cette question importante et si touffue. Ils ont su le faire avec méthode et clarté et établir le bilan complet de nos connaissances à ce jour.
- Le tome I considère le problème de l’alimentation en général. Après avoir examiné la nourriture des animaux, puis de l’homme sauvage, il montre comment la civilisation a modifié, transformé l’alimentation de l’homme. Puis une remarquable revue historique expose l’évolution des idées et des recherches jusqu’à nos jours. L’état actuel du problème est ainsi nettement situé et révèle les inconnues qui restent à étudier dans l’avenir-. Cela conduit à une dernière partie d’anticipations sur l’alimentation rationnelle du bétail et de l’homme et les buts qu’elle peut se proposer : développement intellectuel et musculaire, activation du développement, prolongation de l’état adulte, réduction de la sénescence.
- Le problème de l’alimentation étant ainsi exactement posé, le tome II fait la mise au point complète, détaillée, d’une des inconnues d’hier, la question des vitamines, de leurs propriétés, de leur recherche et de leur dosage, des effets de leur carence : xérophthalmie, rachitisme, scorbut, béribéri, névrites, etc.
- Outre son grand intérêt théorique, ce livre admirablement documenté présente pour les physiologistes, les médecins, les éleveurs, et même pour tous ceux qui mangent ou nourrissent, une importance pratique qu’on ne saurait trop souligner.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Novembre 1927
- ÉLECTION
- Le professeur Albert Calmette, de l’Institut Pasteur, a été élu membre de la Section d’Economie rurale, pour occuper le fauteuil rendu vacant par le décès de M. G. André.
- BOTANIQUE
- Vitssse de l'émigration automnale des substances azotées des feuilles vers les tiges
- (MM. Raoul Combes et Robert Échevin). — L’azote qui disparait des . feuilles des arbres pendant le jaunissement automnal émigre en totalité vers les tiges et les racines. Des expériences faites sur cinq espèces différentes ont permis, pour la première fois, de suivre d’une manière précise les phases successives du phénomène. Elles conduisent à conclure que l’émigration est faible ou nulle pendant la période qui précède le jaunissement, mais qu’une véritable évacuation commence brusquement dès l’apparition des premières plages jaunes, et se poursuit rapide pendant toute la fin de la vie des feuilles, pour ne cesser qu’à la mort des tissus. Ce phénomène d’évacuation est extrêmement rapide chez certaines espèces telles que YÆsculus et le Castanea, et transporte en un temps relativement court — 15 à 20 jours — les 7/10 de l’azote contenu dans les feuilles.
- ZOOLOGIE
- Le crapaud vert dans le Hoggar (M. Jacques Pel-legrin). — Lors de sa récente randonnée à motocyclette jusqu’au Hoggar, au centre du Sahara, M. Rossion a capturé à Tamanrasset, à 1400 m. d’altitude, trois crapauds de l’espèce Bufo viridis.
- La découverte de cette belle espèce en plein centre du Sahara étend considérablement vers le sud son habitat déjà si vaste. La fraîcheur et l’humidité dues à l’altitude figurent certainement parmi les causes qui permettent au crapaud vert de se maintenir, sous une latitude aussi basse. Pareil fait se reproduit, d’ailleurs, dans l’Himalaya où il a été signalé jusqu’à 4500 m. de hauteur.
- RADIOACTIVITÉ
- Les sources thermales des bains d'Hercule
- (M. G. Athanasiu). — Situées dans la vallée de la Cerna (Banat), les sources minérales chaudes se comptent en grand nombre et, par la méthode de circulation, l’auteur en a étudié la radioactivité au cours de l’été dernier.
- Sur la rive gauche et jaillissant du flanc de la paroi granitique, on rencontre cinq sources dont la plus abondante fournit environ 1 litre par minute. La température en est constante (42°,2) et la radioactivité atteint 2,4 m. |a. c. Il s’agit sans doute d’une même source thermale qui émerge en plusieurs endroits. En amont, environ à 200 m., les sources de la rive droite sont situées dans le lit même de la rivière; si bien que certaines d’entre elles restent perpétuellement recouvertes par son eau. La température en est assez élevée : 55°,5 pour l’une d’elles, et le débit assez abondant (2 à 3 litres par seconde) : la radioactivité varie entre 12 et 32 m. p.. c.
- M. Athanasiu attribue l’origine de cette radioactivité à la présence du massif granitique • qui s’épanouit au nord de Sept-sources sur la rive droite de la Cerna, pour traverser la rivière à Sept-sources et disparaître en se rétrécissant, sous son lit, au niveau de la source Hercule.
- LIMNOLOGIE
- Nouvelles études du lac ESaïkal (M. G.-I. Veres-gacin). — 11 s agit là, on le sait, du lac le plus profond du monde (1523 m.) et qui constitue d’ailleurs l’un des plus anciens bassins d’eau douce. On considère, en effet, comme une faune relique du tertiaire, les trois quarts de sa faune autochtone. En juin 1925, ont commencé les premiers travaux d’une expédition d’une durée de cinq ans, organisée, sous la direction de l’auteur, par l’Académie des sciences de Russie et qui pousse ses travaux dans deux directions : 1° observations systématiques pendant toute l’année, dans la région de Marilouj; 2° études successives des diverses régions du lac.
- Les résultats déjà acquis montrent que la circulation d’eau produite par les courants de convection n’atteint qu’une profondeur de 200 à 250 m. et que, pour les couches plus profondes, la variation des divers facteurs est due surtout aux courants provoqués par les vents soufflant en travers du lac. Ces mêmes vents provoquent des différences notables entre les eaux des littoraux oriental et occidental : du côté occidental l’eau, même chauffée, contient un plancton plus abondant. Enfin sur le fleuve Angara, l’influence physico-chimique du lac se fait sentir sur une distance de près de 300 km. et l’influence biologique à plus de 600. Ainsi, dans une portion du cours d’eau éloignée de 607 à 576 km, on a trouvé treize représentants de la faune baïkalienne, soit : un polychète, deux mollusques, neuf amphipodes et un poisson.
- GÉOLOGIE
- Sur la fréquence des murs dolomitiques aux gîtes de bauxite (M. Jacques de Lapparent). — Les minerais de la France méridionale se groupent en deux complexes, l’un — Hérault, Bouches-du-Rhône, Yar, — d’àge post-aptien, l’autre —Ariège et Pyrénées-Orientales — d’àge anté-aptien. Mais, quel que soit leur âge, il est extrêmement fréquent que les murs en soient dolomitiques, étage jurassique ou liasique.
- Pour expliquer ce fait, l’auteur rappelle que le minerai d’aluminium procède d’une « décalcification « d’argiles, que l’on doit considérer comme le résultat de frictions dues à un drainage souterrain dont le « travail » s’est fait à partir d’un certain niveau correspondant à une surface sur laquelle les eaux n’ont pas ou n’ont eu que peu d’actions de dissolution. Quand les calcaires sont superposés à des dolomies, ledit niveau est la surface de contact des deux formations, surface contre laquelle il y aura arrêt, ou du moins ralentissement de dissolution, les carbonates de magnésie étant moins « solubles » que les calcaires. Le mur des bauxites ayant atteint les dolomies avec une certaine vitesse, il ne peut s’y propager par la suite qu’avec une vitesse beaucoup plus lente, qu’il s’agisse de l’àge aptien ou d’une époque antérieure. Il est à remarquer encore que si les bauxites des Al-pilles venues de calcaires barrémiens ou hauteriviens n’ont pas touché le jurassique dolomilique, c’est parce que ce dernier fut, au temps de leur formation, sous le niveau d’érosion ou qu’il y fut placé lors de l’invasion delà région parles eaux, avant l’attaque par les actions éluviales. Enfin, il faut un temps suffisant pour que les dolomies soient atteintes au travers d’une forte masse de calcaires, et c’est la raison pourquoi les bauxites de la région de Barjols se maintiennent dans les roches, abondantes en carbonates C03Ca. Dans un pareil cas d’ailleurs, la grande irrégularité des murs tend à produire des gîtes en poches, car le drainage est conduit par les fissures des calcaires, à partir desquelles la décalcification se produit. Paul Baud.
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- = NOTES ET INFORMATIONS
- INDUSTRIE
- La protection du fer par la Parkérisation.
- La Parkérisation est l’opération qui consiste à revêtir le fer d’une pellicule de phosphates qui le protège contre les agents de corrosion. Cette opération est aujourd’hui entrée dans la pratique industrielle et rend de précieux services.
- Dans une récente conférence a la Société des Ingénieurs civils et dans une note à Y Académie des Sciences, M. Cour-not en a résumé d’une façon très claire la technique et les avantages.
- La méthode consiste à traiter le fer, la fonte ou l’acier dans des bains acides bouillants renfermant 3 à 4 pour 100 de phosphates de fer et de manganèse préparés à partir de l’acide orthophosphorique. Lorsque les pièces préalablement décapées sont immergées dans ces solutions, il se produit d’abord une attaque superficielle sous l’action de l’acide phosphorique, il y a dégagement d’hydrogène et production d’un phosphate de fer secondaire qui entre dans le bain. Au bout d’une demi-heure environ, ce phosphate de fer atteint sa limite de saturation. L’attaque du fer s’arrête alors et il se produit sur le métal un dépôt de phosphates complexes en excès. Le recouvrement obtenu, d’une couleur gris-noir, est extrêmement adhérent; il est remarquablement résistant à la corrosion atmosphérique normale. Il constitue, enfin, de par sa nature même, une base d’accrochage remarquable pour des finitions (vernis cellulosiques, émaux, laques, antiacides, etc.) appropriées aux genres de corrosions spéciales contre lesquelles les pièces peuvent avoir à lutter. Les propriétés physiques ou mécaniques des pièces ne sont pas modifiées par le traitement. La surépaisseur provoquée par le dépôt est de l’ordre de 5 millièmes de millimètre, donc négligeable.
- Le matériel d’atelier est fort simple : appareil de décapage, cuve pour le bain chauffée par des tubes de vapeur, cuve de finition s’il y a lieu. Les pièces à traiter sont placées dans des paniers ou dans des tonneaux tournants. Le prix du traitement est peu élevé. D’après les essais de M. Cournot la consommation de phosphates complexes est de 30 gr. par mètre carré traité, ce qui représente actuellement une dépense approximative de 1 fr. 30 par mètre carré.
- M. Cournot a fait de nombreux essais pour déterminer la valeur protectrice de la Parkérisation contre les divers agents de corrosions : atmosphère ordinaire, vapeur d’eau, eau courante, eau de mer, eau chargée d’acide carbonique, solution ammoniacale, acétique, eau de Javel, carbonate, bicarbonate et bisulfite de soude. Il a comparé les résultats obtenus à ceux que donnent la peinture au minium, le nickelage, la galvanisation et,1a shérardisation.
- La conclusion est la suivante : le recouvrement aux phosphates s’est révélé au moins égal et souvent supérieur aux autres recouvrements. Il n’y a que dans l’eau aérée que la galvanisation à chaud et électrolytique, et dans l’eau ammoniacale l’étamage présentent une légère supériorité.
- A ces avantages, le traitement aux phosphates en joint deux autres fort intéressants, Dans les autres recouvrements, lorsqu’une solution de continuité se révèle, une écorchure par exemple, la corrosion gagne rapidement tout autour en s’infiltrant sous la couche protectrice; avec un revêtement parkérisé, au contraire, la propagation de l’attaque est nettement freinée. De plus, dans les autres modes de protection, les régions attaquées les premières sont toujours les coins, angles, ou arêtes des éprouvettes, en' raison soit des différences de contraction au refroidissement, soit des tensions
- afférant au genre de recouvrement. Au contraire, sur les pièces parkérisées, ces régions sont beaucoup moins vulnérables.
- Il faut noter toutefois que le recouvrement aux phosphates ne prend que sur les alliages ferreux ; les dépôts électrolytiques n’adhèrent pas sur lui.
- Aux températures élevées supérieures à 500 ou 600°, la protection perd son efficacité. La couleur est toujours noire ou très foncée. Enfin le procédé ne provoque jamais de durcissement superficiel comme la cémentation par l’azote ou le carbone.
- C’est dire que la parkérisation ne peut s’appliquer indistinctement à toutes ces pièces. Mais ses emplois s’annoncent fort nombreux : signalons notamment que les objets courants comme les boulons et les vis peuvent être aisément traités en grande série, et que l’on supprime ainsi le graissage jusqu’ici nécessaire pour assurer leur conservation en magasin.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- L'emploi de la pierre à plâtre à la fabrication du sulfate d’ammoniaque et du ciment Portland.
- Bien que signalée par Lavoisier, puis par Chaptal et Margueritte, l’action du carbonate d’ammoniaque sur le sulfate de chaux naturel, ou gypse, n’a retenu l’attention des industriels que depuis une vingtaine d’années. Elle tend à donner, on le sait, du carbonate de chaux et du sulfate ammoniacal : SO4 Ca-f-CO3 Am3—y S04Am2-f-C03Ca. Riche à 20—20,5 pour 100 d’azote, ce dernier sel est aujourd’hui d’un emploi courant en agriculture, et, dès 1913, la production française s’élevait à 75 000 tonnes.
- Quelques difficultés avaient paru devoir arrêter le développement d’un mode de fabrication dont l’intérêt est de toute évidence : substitution du sulfate calcique à l’acide sulfurique, produit au départ des pyrites de fer ou des blendes dont les gisements importants sont nettement localisés, pour les unes, en Espagne (Rio Tintoj ou en Portugal (San Domingo), pour les autres en Belgique (Vieille Montagne), en Haute-Silésie (Beuthen-Tarnowitz) ou aux Etats-Unis (Colorado, Idaho), alors qu'on trouve du plâtre en quantités considérables dans un très grand nombre de pays. On assurait que la réaction se montre particulièrement lente, à cause de la faible solubilité dans l’eau du sulfate S04Ca, et que le sous-produit, déjà difficile à séparer, reste sans emploi rémunérateur (carbonate calcique chargé d’oxyde de fer, de silice, d’alumine, etc.). D’ailleurs ce n’est que devant la nécessité absolue de suppléer aux pyrites dont l’importation lui était impossible que l’Allemagne a dû, au cours de la guerre de 1914-1918, développer ses usines d’Oppau et de Mersebourg, pour utiliser la pierre des carrières voisines de Heidelberg ou.de Neckarzimmern. En faisant barboter le gaz carbonique dans une légère bouillie ammoniacale de gypse ou d’anhydrile, on estime que chaque opération demande encore une dizaine d’heures.
- La communication que le professeur C. Matignon, du Collège de France, a faite à l’Académie des Sciences, au nom de notre collaborateur Paul Baud, Chargé d’enseignement à la Sorbonne, montre nettement qu’il suffit d’additionner la bouillie d’un peu d’argile, ou de kaolin, et d’opérer, entre 50 et 709, sous une légère pression (750 gr.) pour réduire à 40 minutes la durée de la réaction qui n’en donne pas moins un rendement supérieur à 96 pour 100, en laissant un sous-
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- produit, une pâte à ciment, d’emploi immédiat et de séparation rapide.
- 11 y a là un progrès qui doit attirer l’examen des fabricants d’ammoniac (cokeries ou usines à gaz) et dont on peut rapidement « chiffrer » l’intérêt.
- Que l’on considère une fabrication quotidienne de 30 tonnes de sulfate S04Am2, ce qui représente sensiblement l’engrais correspondant aux eaux alcalines rassemblées aux barillets des usines à gaz de Paris —, en employant l’acide sulfurique à 66° Bé, au prix moyen de 250 francs la tonne, la consommation s’élève à 25 000 kg., soit une dépense de 6250 francs. Avec le gypse de la région parisienne, à 72-75 pour 100 S04Ca, on prendrait 40 tonnes d’une valeur de 2440 francs. La chaux laissée par les fours producteurs d’acide carbonique est toujours de vente facile et l’on peut négliger le prix de revient du gaz CO2 nécessaire à la réaction. On devrait enfin faire entrer en ligne de compte la récupération de 30 tonnes d’une pâte à ciment, dont la composition est réglée d’avance par l’addition d’argile qui se mélange intimement, au cours des opérations, avec le carbonate précipité, pour aboutir, après cuisson vers 1550°, 18 à 19 tonnes d’un produit, type Portland.
- Pour sa fabrication de 1926 — 150 000000 kg — la France a consommé 125 000 tonnes d’acide sulfurique venues de 90000 t. de pyrites importées. Il lui aurait suffi de demander aux carrières, répandues dans la plupart de ses provinces, 200 000 tonnes de gypse, pour réduire ses achats à l’étranger en augmentant de 80 à 85 000 t. la production de ses cimenteries. Paul de Rimailho.
- MARINE
- La fin d’un grand paquebot.
- Pour cause d’âge avancé, le paquebot Savoie de la Compagnie transatlantique se voit condamné à disparaître.
- Il vient d’être conduit en Angleterre où il sera démoli.
- Cet excellent navire a fourni une carrière extrêmement active et exempte d’incidents.
- Construit en 1901, il n’a jamais quitté la ligne Le Havre-New-York, sauf pendant la guerre où il servit comme croiseur auxiliaire.
- Il a traversé 446 fois l’Atlantique, ce qui représente 2 560 000 km., ou 64 fois le tour de la terre. Au cours de ces voyages il a transporté 275 000 passagers.
- Saluons, à son départ définitif, ce vaillant représentant de l’activité navale française. S. J.
- BOTANIQUE
- Le « Styrax officinal », en France.
- Récemment l’attention était attirée à nouveau sur cet arbre par une lettre adressée de Méounes (Varj au Muséum d’His-toire Naturelle, par M. Léopold Decugis. La lettre était accompagnée d’un échantillon de graines et d’une offre de semences pour favoriser la dispersion de cette espèce dans les jardins de France. Toutefois, la graine, ne se conservant pas, doit être semée dès la récolte.
- Il est curieux de constater que cet arbre du Levant est bien représenté dans le département du Var. Il y fut même exploité pour le baume qu’il livre par incision, baume de styrax, et les Chartreux qui habitaient la région le livraient en petits pots de verre.
- Cet usage est signalé par Garidel [Histoire des plantes des environs d’Aix, 1714), On signale aussi le styrax dans les départements des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes.
- Dans la Provence, le styrax porte le nom d’Aliboufier. Sur
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- cet arbre, M. Bois vient de donner quelques indications dans le Bulletin du Muséum d'Histoire Naturelle.
- INDUSTRIE
- Le séchage du vent des hauts fourneaux au moyen du gel de silice.
- Le séchage du vent des hauts fourneaux est un problème qui, depuis longtemps, retient l’attention des sidérurgistes. L’air insufflé dans les hauts fourneaux pour y produire et entretenir la combustion du carbone est de l’air ambiant, préalablement chauffé. Sa teneur en humidité est donc variable, non seulement d’une saison à l’autre, mais au cours de la journée. Cette eau se vaporise dans le haut fourneau, en absorbant de la chaleur. Il en résulte une augmentation de la consommation de coke et, d’autre part, des irrégularités dans la marche du haut fourneau, car les lits de coke et de minerai sont à l’avance soigneusement dosés et l’on ne peut faire varier ce dosage suivant les irrégularités de l’état hygrométrique de l’atmosphère.
- L’ingénieur américain Gayley a proposé en 1890 de sécher le vent des hauts fourneaux en le refroidissant au moyen d’une machine frigorifique à ammoniaque. L’air, avant de passer aux souffleries, circulait le long de tubes parcourus intérieurement par une saumure à — 12°. Ce système a été appliqué dans quelques aciéries américaines, anglaises et allemandes. Mais il est fort coûteux et il ne semble pas que le bilan définitif soit à son avantage. Aussi ne s’est-il pas développé.
- Un autre procédé de séchage vient d’être expérimenté dans des hauts fourneaux d’Ecosse. Il fait appel à un produit sur lequel nous avons eu l’occasion d’attirer déjà l’attention de nos lecteurs : le gel de silice. Ce corps est une variété colloïdale de l’acide silicique. On l’obtient en décomposant une solution de silicate de soude par l’acide sulfurique ou chlorhydrique. C’est une substance poreuse douée d’un pouvoir adsorbant très élevé à l’égard d’un grand nombre de vapeurs et notamment de la vapeur d’eau. Quand elle est saturée, un simple séchage à température modérée suffit à régénérer ses propriétés adsorbantes.
- Le Génie civil décrit l’installation de dessiccation au sili-cagel réalisée aux aciéries de Wishaw, près de Glasgow, de la Glasgow Iron and Steel C° Ldt pour la Silica Gel C° de Londres. Elle est prévue pour traiter 1000 m3 d’air à la minute et réduire sa teneur en eau de 14 gr. à 3,5 gr par m3.
- L’air atmosphérique est refoulé par les ventilateurs dans des caisses contenant des cuvettes perforées garnies de gel de silice. 11 y a un double jeu de caisses, l’un étant en service, pendant que l’autre est soumis à la régénération. Celle-ci s’effectue par une insufflation de gaz chauds à 340° provenant de la combustion, dans un foyer spécial, de gaz épurés du haut fourneau. La période de réactivation dure une heure et demie. Après refroidissement, l’adsorbeur est de nouveau prêt à entrer en service. Entre l’installation de dessiccation et les machines soufflantes, la canalisation comporte un dispositif pour l’admission d’une quantité dosable d’air atmosphérique. On peut ainsi maintenir constante la teneur en humidité de l’air insufflé, quel que soit l’état hygrométrique de l’atmosphère.
- L’installation est en marche depuis le mois d’avril dernier : les résultats en paraissent très satisfaisants. Ils font ressortir une économie de coke de l’ordre de 6 pour 100 et une augmentation de production de l’ordre de 7,5 pour 100. Les dépenses afférentes à la dessiccation sont assez faibles : les seules parties mobiles de l’installation sont les vannes manœuvrées à la main pour produire l’inversion des courants gazeux nécessaires à la réactivation, et le moteur du ventilateur qui absorbe 20 ch.
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- PETITES INVENTIONS
- CHAUFFAGE
- Poêle combiné à pétrole
- Dans certains cas il peut être intéressant d’avoir à sa disposition un réchaud à pétrole, par exemple lorsque dans une pièce isolée, on ne dispose d’aucun moyen de chauffage, lorsque le gaz n’y est pas amené et lorsqu’il n’est utile d’avoir de la chaleur que pendant des intervalles relativement courts.
- Il y a bien évidemment le chauffage électrique, mais on sait qu’il est dispendieux et, de plus, l’électricité ne se trouve pas partout. Dans ce cas, l’emploi du poêle à pétrole est véritablement pratique à condition que l’appareil ne dégage
- Fig. 1 et 2.
- A gauche, coupe du brûleur.
- A droite, poêle complet avec diffuseur.
- cuvette dans lequel on met de l’elcool qu’on allume. Au bout de quelques minutes il y a ébullition complète, le réchaud s’éteint de lui-même, sans aucune surveillance lorsque l’alcool
- pas d’odeur et qu’il puisse également servir comme réchaud.
- Un poêle combiné répond à ces conditions : il est constitué par un réchaud à brûleur spécial constitué par l’assemblage de tubes circulaires au moyen d’une pièce distributrice, qui met ainsi en contact direct deux fois consécutives : le pétrole et la flamme; la gazéification complète et régulière permet alors un parfait réglage. Ce brûleur est disposé au centre d’une armature qui supporte un diffuseur de chaleur, sorte de cloche fermée, avec des cloisons en chicane, portant sur sa surface latérale des ouvertures par lesquelles la chaleur se dégage. Un avantage de ce système est la possibilité d’utiliser le réchaud pour la cuisine.
- Des essais ont d’ailleurs été faits par le Conservatoire National des Arts et Métiers et ont montré l’efficacité de ces poêles avec brûleur et diffuseur placé à la partie haute.
- Le réchaud est en cuivre poli avec brûleur à réglage instantané; le poêle, en tôle vernie noire emboutie. Le réglage par débouchage automatique permet de mettre la flamme basse sans modifier la pression.
- Constructeur : Aulanier, 20, rue des Prairies.
- Réchaud percolateur.
- Cet appareil se compose d’un récipient dans lequel on peut introduire un percolateur qui sert à faire toutes les infusions : café, thé, etc. ; le récipient lui-même, sans dispositif intérieur, peut être utilisé pour faire bouillir du lait, cuire des œufs à la coque, servir comme bain-marie, etc.
- Pour une infusion quelconque, on met la poudre ou les feuilles dans la pièce centrale et on plonge dans le récipient où l’on a mis de l’eau jusqu’à une certaine hauteur, on couvre ensuite. A la partie inférieure se trouve un rebord formant
- est consommé. Il suffit alors de laisser infuser quelque temps, 10 minutes pour le café par exemple, il est prêt à servir.
- Constructeur : Réchopercolas, 4, rue Breschet, à Clerm ont-Fer rand.
- ÉLECTRICITÉ
- Fer électrique de poids réglable.
- Ce fer à repasser électrique est de poids réglable, de sorte qu’on peut utiliser le même appareil pour effectuer des repassages fins ou, au contraire, alourdir le fer à volonté quand on travaille sur du drap auquel on veut donner le coup de fer tailleur.
- Le fer réalisé a l’aspect d’un fer électrique ordinaire et la masse amovible de 600 gr. peut être fixée aisément au moyen
- Fig. 4. — Fer électrique de voids réglable.
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- d’une simple vis : quelques tours de vis suffisent pour alléger ou alourdir le fer suivant l’usage auquel il est destiné.
- En dehors de cette petite combinaison ingénieuse et simple, ce fer présente certaines particularités intéressantes de construction. Alors que, presque dans tous les fers, on chauffe toute la semelle et particulièrement le milieu, méthode un peu anormale puisque les endroits qui se refroidissent le plus sont les bords et la pointe qui avancent dans le linge froid et mouillé, la résistance du fer imaginé par M. Blanchard est disposée de manière à épouser la- périphérie de la semelle du fer; c’est donc, au contraire, le milieu du fer qui est chauffé par conductibilité. On n’a donc jamais à craindre de surchauffe de cet endroit, ce qui arrive parfois à être dangereux pour le linge.
- Cette réalisation de la résistance chauffante a comme conséquence immédiate une consommation faible de courant, elle n’est que de 2 ampères 1,2. Les isolements thermiques sont constitués par une plaque d’amiante, un matelas d’air intérieur, un second matelas d’air diminue les perles inutiles par rayonnement et permet d’avoir plus de chaleur utilisée pour le repassage.
- Les fiches sont supprimées, de sorte qu’on n’a plus à craindre les ennuis qu’elles causent trop souvent. Enfin le fil chauffant résistant a une longueur importante et un diamètre assez fort travaille ainsi très'loin de son point de fusion.
- Constructeur : Blanchard, 209, Avenue Gambetta, à Paris.
- Les résistances électriques Scientas pour rhéostats.
- M. Cherrière a imaginé un dispositif très pratique et très heureux pour former les éléments des résistances électriques qui entrent dans la composition des rhéostats et en général des appareils de chauffage.
- La résistance électrique, on le sait, est constituée par un fil métallique de diamètre et de longueur convenablement calculés et qui s’échauffe lors du passage du courant en vertu de la loi bien connue de Joule. Pour avoir des effets calorifiques assez intenses, il faut de grandes longueurs de fil: on est ddnc amené à enrouler celui-ci sur un support isolant; et cette disposition si simple en apparence est la source de biën des difficultés, parce que ce support est souvent encombrant et difficile à loger.
- M. Cherrière a eu l’idée de constituer ce support par des plaques minces et souples, en mica, ou fibro-ciment. Prises seules, leur résistance mécanique pourrait être insuffisante; mais les fils constituant la résistance électrique sont montés de telle sorte qu’ils constituent pour ces plaques une véritable armature métallique, et de ce fait leur confèrent la rigidité requise.
- Par exemple, dans une disposition adoptée par l’inventeur, on découpe dans la feuille isolante, mica par exemple, des lamelles dont le nombre doit toujours être impair et dont une des extrémités l'ait corps avec la feuille. Le fil ou ruban résistant est tressé sur l’armature ainsi formée et constitue une ! véritable trame. 11 passe successivement au-dessus et au-dessous de chaque lamelle et il ne [peut, en conséquence, se déplacer dans le sens latéral : les spires ne peuvent donc se toucher, quelle que soit la température à laquelle se trouve porté le fil.
- Les fils ou' rubans résistants sont connectés à leurs extrémités à des bornes appropriées. Des sorties intermédiaires
- peuvent être prévues en tout point convenable de la plaque. La solidité des plaques peut être augmentée en disposant de place en place des armatures métalliques, en métal inoxydable.
- Pour équiper, par exemple, des petites chaudières, des étuves ou autres dispositifs chauffants, on utilise des plaques résistantes, souples, formées de plusieurs feuilles de mica de faible épaisseur, superposées les unes aux autres, et formant une plaque très flexible, épousant la forme de l’objet que l’on désire recouvrir.
- Ces éléments chauffants souples peuvent supporter de hautes températures (700°-1000°).
- L’encombrement et le poids en sont extrêmement réduits; ainsi, un élément chauffant de 2 kilowatts ne pèse que 45 gr. La chaleur est uniformément répartie sur toute la surface de l’élément chauffant, on peut donc dissiper une grande quantité d’énergie sous un faible volume.
- La consommation peut atteindre, dans certains cas, 700 watts par décimètre carré.
- Ce chiffre donne une idée des applications que l’on peut tirer du système.
- Lorsqu’on désire avoir une température plus basse (400°-600°), mais répartie sur une plus grande surface, on fait
- usage du second dispositif, qui n’est qu’une variante du premier.
- Le support n’est plus une feuille de mica, mais une plaque en matière isolante et incombustible dont l’épaisseur varie de 3 à 6 mm, suivant les dimensions imposées. Sur chaque face de la plaque sont disposées les lamelles de mica qui servent à tresser les fils ou rubans résistants; l’ensemble ainsi formé est homogène et très robuste ; on a la possibilité d’y tresser de larges rubans résistants, qui peuvent absorber de très fortes intensités.
- Le montage de ces plaques est très facile, et pour équiper un rhéostat, il suffit de disposer un certain nombre de ces plaques les unes derrière les autres que l’on enfile sur des tiges filetées, l’écartement étant assuré par des enlretoises. L’ensemble forme donc des cellules par où s’établissent des courants d’air qui assurent le refroidissement.
- La plaque peut comporter des ajours à travers lesquels circule un courant d’air qui s’échauffe au contact des fils portés au rouge (ventilateur à air chaud, séchoirs).
- Les plaques peuvent être recouvertes d’un enduii protecteur, les fils sont noyés dans un ciment spécial qui évite tout contact avec l’air ambiant. C’est le type protégé.
- Constructeur : M. Cherrière, 11, rue Brey Paris (17e).
- Fig. 5.
- (I) Découpage de l’armature de mica support des fils résistants. (II) Les fils résistants sont tressés sur l’armature en mica.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Contrôle des charbons par les rayons X. — M. Paul Parandel a installé, 87, rue Monge, Paris, 5e arr., une installation de radiographie à la disposition des chercheurs, étudiants, etc , qui désireraient utiliser les rayons X dans leurs recherches.
- Un commensal incommode, le Merulius lacry-mans.
- Le Merulius lacrymans ou champignon des maisons se développe parfois avec une persistance des plus désagréables, en particulier sur les boiseries exposées à l’humidité provenant du voisinage des caves, ou recevant de la vapeur d’eau comme cela se présente dans les buanderies.
- Le meilleur moyen à employer pour détruire ce parasite est un badigeonnage au zincate de soude que l’on prépare avec facilité en mélangeant les deux solutions suivantes :
- A Chlorure de zinc sec . ............ 300 grammes
- Eau ordinaire..................... 1000 —
- B Soude caustique en plaques . . . 900 —
- Eau ordinaire................ 4000 —
- Verser la première solution dans la seconde, agiter et appliquer au pinceau sans garniture métallique sur les parties de bois à protéger.
- Le chlorure de zinc et la soude caustique se trouvant le plus souvent dans le commerce à l’état de solutions. Les formules précédentes peuvent également s’exécuter ainsi :
- A Chlorure de zinc liquide à 45° B . . . 480 cm3
- Eau ordinaire......................... 1000 —
- B Lessive de soude caustique à 30° B . . 400 cm3
- Eau ordinaire......................... 2250 —
- Mélanger et employer comme ci-dessus.
- M. Lequime, Paris.
- Que sont les poudres phosphorescentes?
- 1° Les poudres phosphorescentes sont presque toujours des sulfures alcalino-terreux (calcium, baryum, strontium) ou de zinc préparés d’une façon particulière en présence d’une impureté minime, cuivre, bismuth, mais indispensable, car on a constaté que les sulfures purs n’étaient pas phosphorescents.
- La préparation type indiquée par Verneuil pour obtenir le sulfure de calcium lumineux ou phosphore de Canton consiste à prendre :
- Coquilles d’huîtres vulgaires pulvérisées. . 1000 gr.
- Fleur de soufre.............................. 300 —
- Sous-nitrate de bismuth...................... 2 —
- Après mélange intime on arrose de 100 cm5 d’alcool, puis on laisse l’alcool s’évaporer, ensuite on chauffe le mélange au rouge cerise dans un creuset pendant 20 minutes et on laisse refroidir lentement.
- Pour obtenir le sulfui’e de zinc phosphorescent on opérerait d’une façon analogue en remplaçant les coquilles d’huîtres par du carbonate de zinc.
- Dans la pratique actuelle, par exemple pour rendre lumineux les cadrans de montre, on active la phosphorescence du sulfure de zinc en ajoutant à celui-ci 40 milligr. de bromure de radium par 100 gr. de sulfure.
- Comme les préparations de ce genre nécessitent la connaissance de quelques tours de mains que seule l’expérience peut enseigner, il est plus économique d’acheter les produits phosphorescents tout préparés dans les maisons spécialisées telles que les Etablissements Cohendy, 26 bis, rue Charles-Baudelaire ; Sauvage, 23, boulevard des Italiens.
- 2° La fabrication des semelles en caoutchouc et d’une manière générale l’usinage de cette matière comporte l’emploi d’un matériel trop important pour qu’elle puisse être envisagée par un amateur,
- M. Stavroulakis, Salonique.
- Encre à écrire sur le zinc.
- On peut, sans grande dépense, préparer une encre pour écrire
- sur zinc en prenant :
- Sulfate de cuivre (vitriol bleu). . 30 grammes
- Chlorate de potasse.............. 30 —
- Eau ordinaire................... 1000 —
- Bien nettoyer le zinc à la toile émeri, écrire au moyen d’une plume d’oie, laisser sécher, puis rincer soigneusement à l’eau pure, enfin pour protéger l’inscription passer après nouveau séchage, un chiffon huilé à la surface.
- M. Didier, Ayillers (Meurthe-et-Moselle).
- Améliorons Veau servant à notre toilette.
- Très souvent, on n’a à sa disposition pour la toilette que des eaux dites « crues » chargées en sels calcaires ou magnésiens, ne prenant que difficilement le savon et plutôt irritantes pour l’épiderme.
- 11 est facile de remédier à cet inconvénient en y ajoutant une pincée du mélange suivant, à l’eau tiède qui doit servir aux
- ablutions :
- Borate de soude.................10 grammes
- Carbonate d’ammoniaque.......... 5 —
- Bicarbonate de soude............35 —
- Bien entendu la dose devra être proportionnée à la dureté de l’eau de façon à ne pas employer inutilement du produit, on obtiendra ainsi une eau rafraîchissante et détersive convenant particulièrement aux peaux grasses qui seront détergées sans frottement.
- M. PlLLEUX, AUX AyDES (LOIRET).
- Préparons nous-mêmes une bonne colle de bureau.
- Lorsqu’on se contente de faire dissoudre de la gomme arabique dans l’eau pour préparer de la colle de bureau, on constate que cette colle s’altère rapidement et perd ses propriétés adbé-sives par suite du développement de moisissures (rhizopus nigrieans, Aspergillus niger, Mucor mucedo, etc.).
- On peut obtenir une colle inaltérable en opérant ainsi :
- Faire digérer à froid en agitant fréquemment :
- Gomme arabique................. 50 grammes
- Eau ordinaire...................100 —
- D^autre part faire une dissolution composée de :
- Sulfate d’alumine................ 2 grammes
- Eau ordinaire.................. 20 —
- Mélanger les deux solutions, au bout de quelques heures, les éléments constituants ont réagi l’un sur l’autre, l’acide gummique qui dans la gomme est combiné à la chaux se porte sur l’alumine, pendant que l’acide sulfurique s’empare de la chaux qui se précipite à l’état de sulfate. On laisse reposer un jour ou deux quand le liquide s’est éclairci, on décante la partie supérieure limpide que l’on met en flacons et conserve pour l’usage.
- M. Ralli, Alexandrie.
- Comment est obtenue la teinte faune des stores.
- Ce serait une erreur de croire que les stores sont peints, cela leur donnerait de la raideur et le tissu deviendrait cassant ; il s’agit, en réalité, d’une teinture, c’est-à-dire d’une fixation de la matière colorante à l’intérieur de la fibre textile, cette matière colorante insoluble dans l’eau est obtenue par réaction chimique.
- La teinture se fait en trempant d'abord le tissu dans une solution tiède (60° C) faible de sous-acétate de plomb ; après 2 heures d’immersion, on essore et passe dans un bain d’eau de savon qui fixe le plomb à l’état de stéarate. On lave à grande eau, puis plonge le tissu dans une solution de chromate neutre de sodium qui transforme le stéarate de plomb blanc en chromate de plomb jaune. Finalement on rince à fond.
- La nuance peut être virée au jaune citron par immersion en bain acétique, ou en orangé par l’action de l’ammoniaque.
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- N. B. — La concentration des solutions d’acétate de plomb et de chromate de soude dépend, bien entendu, de l’intensité de coloration que l’on désire atteindre.
- Mme G. Jordan, Seine-et-Oise.
- Peut-on fabriquer des écrans orthochromatiques ?
- Les écrans ortbocbromatiques employés en photographie sous le nom d’écrans V/ratten, sont constitués par des feuilles de celloïdine ou de gélatine teintées par des quantités connues de couleurs d'aniline telles que l’aurantia, le jaune ou le vert naphtol employées seules ou en mélange suivant la destination spéciale de l’écran.
- On peut procéder soit par mélange direct de la matière colorante à la solution de celloïdine dans l’alcool, acétate d’amyle ou à la solution aqueuse tiède de gélatine, soit par imbibition en immergeant les feuilles incolores dans une dissolution convenablement préparée.
- Voici, d’après la Photo-Revue du 1er octobre 1927, quelques formules types de préparations :
- Ecran jaune-vert. (Fleurs, sous-bois, verdure).
- Eau distillée............... 400 cm3
- Jaune naphtol................. 0 gr. 25
- Vert naphtol.................. 0 gr. 10
- Ecran orangé (lointains, montagnes).
- Eau distillée.............. 400 cm3
- Jaune naphtol..................0 gr.. 02
- Ecarlate Titan................ 0 gr. 50
- La grande difficulté est d’obtenir des écrans exempts de défauts, stries, inégalité d’épaisseur de la mixtion colorée, manque de transparence, etc. C’est pourquoi, pratiquement, il est préférable, à moins que l’on ait en vue une étude spéciale, d’acheter les écrans tout préparés. M. Rodillon, Sens (Yonne).
- Les meules artificielles remplacent les meules de grès-
- Les meules artificielles qui tendent de plus en plus à se substituer aux meules de grès, sont constituées par un mélange de gomme laque, de résine, d’émeri ou de carborundum plus ou moins fins suivant l’usage auquel est destinée la meule.
- On peut prendre comme formule type de fabrication :
- Gomme laque..............125 grammes.
- Colophane................ 50 —
- Emeri . . .'............ 500 —
- Dans un récipient en fer, on fait fondre à feu doux en évitant toute inflammation, la résine et la gomme laque, puis on incorpore l’émeri. Après mélange intime, on moule à chaud sous pression, dans un moule en fer préalablement graissé.
- Avant usage, il est nécessaire de décaper la surface de la meule par immersion dans un bain de soude caustique chaude à 5° Baume environ.
- 2° Vous trouverez tous ouvrages d’Histoire naturelle chez Lechevallier, 12, rue de Tournon, Paris, VI0.
- M. Y. Lescure, Madagascar.
- Préparation de la colle « au sang ».
- Voici, d’après le Laboratoire américain des Produits forestiers, comment se prépare cette colle extrêmement résistante.
- Prendre : Albumine de sang .... 120 grammes.
- Eau ordinaire............ 220 —
- Ammoniaque................. 5 —
- Chaux éteinte en poudre . 2,5 —
- Faire macérer l’albumine dans une partie de l’eau froide pendant quelques heures, sans remuer, délayer ensuite pour rendre homogène.
- D’autre part, ajouter.le reste de l’eau a la chaux en poudre, de façon à former une crème épaisse que l’on incorpore peu à peu, au mélange précédent, on doit ainsi obtenir une colle de bonne consistance, utilisable pendant plusieurs heures sans modification. (Bien observer les proportions et éviter surtout un excès de chaux qui durcirait le mélange et formerait une masse compacte.)
- La colle est appliquée au pinceau de la façon habituelle ; après réunion des éléments à coller, on ligature fortement et laisse sécher.
- Pour terminer, on passe à l’étuve à 100°-105° C., afin de coaguler l’albumine ; quelques minutes suffisent, si l’intérieur du bois est bien porté à cette température.
- 2° Vbus trouverez des renseignements très complets sur la Fabrication des Colles, dans l’ouvrage de M. de Keghel, édité par la Librairie Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. P., Versailles.
- Une nouvelle méthode d’analyse qualitative minérale.
- La méthode d’analyse qualitative à laquelle vous faites allusion, est la méthode au sulfure de sodium de Georg Vortmann, qu’il a décrite dans sa notice Marche générale de l’analyse chimique sans emploi d’hydrogène sulfuré (Vienne-Franz Deuticke, 1908).
- Dans cette méthode, on commence par peroxyder la solution chlorhydrique de la substance par le brome ou le chlorate de potasse, puis on rend alcalin par la potasse caustique et on ajoute un excès de sulfure de sodium, qui doit être exempt de sulfate, ce qui détermine la précipitation de certains sulfures, les autres restant en solution; on chauffe et filtre pour effectuer la séparation. On se retrouve ainsi dans des conditions analogues à celles présentées lorsque dans la méthode habituelle, on traite les sulfures résultant de l’action de l’hydrogène sulfuré, par du sulfhydrate d’ammoniaque qui les dissout ou les laisse intacts.
- Le reste de l'analyse se poursuit en utilisant les réactifs ordinaires de l’analyse qualitative, sans qu’il y ait à faire intervenir plus particulièrement les sulfures alcalins.
- Si cette question vous intéresse, vous trouverez la méthode exposée en détail dans le Traité d’analyse qualitative de Frétenius, traduction française de Fraenkel, éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain. M. Y’aldenaire, Moriviller.
- Récupération de la soudure des déchets de zinc.
- On peut utiliser, pour récupérer la soudure des déchets de zinc, la jiropriété du plomb et de l’étain de ne pas être attaqués à froid par l’acide sulfurique étendu tandis que le zinc se dissout avec la plus grande facilité en donnant du sulfate de zinc.
- Dans la pratique, lorsque l’on a à tirer parti, par exemple, de vieilles toitures, on met de côté, en faisant une toilette au moyen de cisailles, la plus grande quantité possible de zinc net et on ne traite par l’acide sulfurique étendu que les parties contenant les soudures et un peu de zinc. La soudure reste inattaquéé, quant à la solution de sulfate de zinc, on la filtre, concentre ét fait cristalliser; le sel obtenu-'-'tFouve facilement un débouché comme produit chimique. j
- N. B. — Avoir soin, en faisant l’atlaque, qu’il y ait un excès de métal pour avoir une saturation complète de l’acide.
- MM. S., Bruxelles.
- Peut-on enlever le goût de moisi aux tissus filtrants pour vins.
- Il est de pratique courante d’utiliser pour le traitement des vins à goût de moisi, les piopriétés désodorisantes de l’allylsé-névol que contient la farine de moutarde fraîche; il vous suffira donc de délayer préalablement une poignée de farine de moutarde dans de l’eau froide et d’imprégner les toiles de la mixture, aussi parfaitement que possible. Arroser ensuite avec de l’eau bouillante, couvrir le récipient èt laisser en contact jusqu’à refroidissement avant de rincer.
- 2° Pour la destruction des mauvaises herbes, veuillez vous reporter au n° 27G0, page 429 dans la Boîte aux Lettres.
- M. Maubron, Paris.
- Imitons les vieux vitraux.
- On peut obtenir des verres colorés de toutes teintes en appliquant à la surface un vernis au celluloïd.
- Ce vernis est préparé en faisant dissoudre du celluloïd non chargé dans un mélange à parties égales d’acétone et d’acétate d’amyle et en colorant avec les couleurs dites d’aniline, telles que vert acide, jaune naphtol, rose bengale, tartrazine, etc.
- Si Ton désire que la surface ne soit pas brillante, passer après séchage parfait une flanelle imbibée d’alcool, ou frotter légèrement avec un tampon d’ouate imprégné d’un mélange de pierre ponce fine et d’eau. M. Urtasun, Bayonne.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et- O®, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (7Ç. C. Seine : 1S.234)
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- Sa derniere
- I révélation
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- N° 2778
- Ier Février 1928
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- LA NATURE
- GESTES DE FLEURS
- Pour peu que nous nous penchions sur la vie paisible des jardins et des champs, nous nous apercevons, que, si la plante est fixée, elle n’est pas, pour autant, immobile. Sans parler de ces mouvements périodiques ou de nutation qui ne sont que l’écho des forces de croissance et la font tressaillir comme tout être vivant, nous nous apercevons qu elle réagit parfaitement en face de l’extérieur; qu’elle fait des gestes, — lents peut-être chez la plupart — mais indéniables ; qu elle prend des attitudes, non pas quelconques, mais utiles à sa vie.
- Telle feuille, telle fleur cherche sa place au soleil et n’accepte pas toujours celle que le hasard de sa naissance lui assigna. Nous verrons même, si nous savons regarder qu’elle choisit la meilleure parmi celles qu’elle peut espérer; qu’elle évite, contourne les obstacles qui s’opposent à ses désirs; puis enfin, nous verrons que, satisfaite, elle semble s’arranger pour conserver pendant le temps voulu cette place au soleil, à l’air libre, à l’amour quelle a, si lentement, si patiemment conquise.
- Eh bien, quand elle fait de tels gestes utiles à la conservation de sa vie et de son espèce, la plante agit-elle comme un animal doué de certains sens rudimentaires, guidé par certains instincts, réagissant grâce à certains réflexes?
- Ou bien, au contraire, subit-elle dans ses tissus l’influence directe du monde extérieur ainsi que la subit un métal qui se dilate par la chaleur ou se contracte par le froid?
- La plante est-elle une bête fixée, paralytique, mais une
- bête tout de même, une bête comparable à certains animaux inférieurs ?
- Ou bien est-elle'ce que d’aucuns voudraient qu’elle soit : un être intermédiaire entre l’animal et le minéral, entre l’inerte et l’organisé ?
- Les pages qui yont suivre n’ont pas d’autre but que d’appor-
- Fig. 3.
- Fig. 1. — Comment un bouton de Liseron se dégage de dessous une feuille.
- ter sur ce troublant problème une série d’observations, de documents et de critiques.
- Parmi tous les gestes qu’elle fait, ceux qui nous sautent aux yeux, ceux qui sont presque toujours les plus rapides et les plus nets sont assurément, chez n’importe quelle plante, les gestes de ses fleurs.
- C’est sans doute parce qu’ils sont indispensables à cette nécessité : la reproduction.
- Toutes les phanérogames notamment recherchent la lumière et, afin de pouvoir s’offrir sans cesse aux rayons
- du soleil, elles possèdent des fleurs montées sur pivot, sur un frêle pédicelle qui leur permet dé s’orienter.
- Adressons-nous donc tout d’abord à ces fleurs « sur pivot » et voyons tout d’abord de quelle façon, par quels moyens naturels elles arrivent à leur but. Ces moyens sont simples, mais ils lui suffisent.
- Je n’ai pas l’intention de passer en revue tous les cas spéciaux se présentant dans la nature, tous les problèmes compliqués que la fleur doit parfois résoudre pour pouvoir librement s’épanouir au soleil, une observation attentive nous les révélera.
- Je me contenterai du cas typique et fréquent représenté ci-contre (fig. 1). Un bouton de liseron des haies (Calystegia sepium) est né sous une feuille en A; il a longé cette feuille par-dessous jusqu’en A', puis, brusquement, en apparaissant à la lumière, son pédicelle s’est coudé afin de relever la fleur en A".
- Un coup d'œil jeté sur les buissons nous en fournirait mille autres : boutons floraux se faufilant en se tortillant à travers un amas de feuillage, puis émergeant tout à coup, dans un vide entre deux feuilles ; feuille se détachant et tombant tout à coup sur une corolle qui s’efforce de la soulever et se contorsionne pour ouvrir sa bouche aux abeilles, etc., etc.
- Chaque fois que l'accident se produit assez tôt pour que la plante puisse parer le danger, elle le pare, et cela — je le ferai voir — de multiples façons ; mais si cet accident se produit trop tard, c’est-à-dire après le plein épanouissement de la fieu r,
- Fig. k.
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- la plante ne réagit plus ou presque plus.
- Recouvre?, avec un cornet de "papier opaque, une fleur de capucine à l’état de bouton : un jour, parfois quelques heures plus tard, elle sera parvenue à sortir du cornet et viendra tendre, d’un air malin, son petit museau rose du côté du soleil.
- Recouvrez maintenant, avec le même cornet, une fleur de capucine pleinement épanouie; vous verrez qu’a-lors elle ne sortira plus, ou mettra très longtemps (8 à 10 jours parfois) à esquisser un geste.
- C’est pourtant à cette époque de sa vie que le soleil et l’air lui sont très profitables. Alors comment se fait-il que la fleur épanouie ne réagisse presque plus tandis que le bouton savait si bien lutter?
- Je tâcherai, dans une autre étude, de chercher les raisons de cette anomalie. Pourle moment retenons simplement ceci : Si nous voulons étudier à fond le problème angoissant des gestes de la fleur nous devrons donc nous adresser non pas à des corolles épanouies, mais au bouton floral en voie de développement.
- D’autre part nous choisirons, pour plus de facilités dans l’expérimentation, des fleurs montées sur de longs pédicelles. C’est sur la grande capucine (Tropeolum majus) et le liseron des haies (Calystegia sepium) que j’ai poussé à fond le plus grand nombre d’expériences. Je . vais tâcher de les résumer en choisissant les plus typiques.
- lre Expérience (fig. 2). — Une cinquantaine de pieds de Liseron ont envahi le grillage qui borde mon jardin et qui se trouve exposé franchement au midi. Sans déranger quoi que ce soit à la position naturelle de la plante, je recouvre un bouton avec un large cornet de
- papier goudronné résistant à la pluie et parfaitement opaque. Le bouton entier ainsi que son pédicelle sont recouverts par le cornet. De cette façon l’inflorescence entière reçoit la lumière diffuse par le devant et par le bas.
- Que va faire le bouton? Je vois tout d’abord le pédicelle s’incurver petit à petit autour du point X, afin de ramener le bouton vers le bas. Celui-ci ayant atteint la position horizontale, je vois alors le pédicelle s’allonger pendant plusieurs heures. Enfin le lendemain, vers 17 heures, je trouve la
- Fig. 6.
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- fleur épanouie sur le bord du cornet, bouche ouverte au soleil.
- Mon petit Jean, qui suit d’un œil envieux et de loin mes expériences, vient m’appeler aussitôt : « Papa, viens voir, tes fleurs elles font « coucou! »
- On ne saurait mieux décrire ce geste, en effet.
- *
- * *
- Toutes précautions ont été prises, bien entendu, pour qu’aucun contact étranger ne vînt influer sur le geste de la fleur. Les cornets sont fixés solidement au treillage qui lui-même est fixé à des pieux de fer. La plante a d’ailleurs cet avantage, pour l’observateur, qu’elle conserve la trace de son geste dans la forme qu’elle prend. C’est un précieux moyen de contrôle.
- 2° Expérience (fig. 3). —-Je loge sous le même cornet deux boutons floraux issus du même pied. Comme dans la première expérience le cornet recouvre amplement les boutons et les deux pédicelles.
- Après un jour et demi d’exposition, je constate que l’un d’eux se penche vers la droite (vers l’est) et l’autre vers la gauche (vers l’ouest). Tous deux se dirigent du côté de l'espace libre et de la lumière en coudant leurs pédicelles.
- Aussi bien dans cette expérience que dans la précédente, le geste de courbure du pédicelle floral peut s’expliquer très facilement par une action directe de la lumière sur la face éclairée de ce pédicelle, par une action retardatrice de la lumière sur sa croissance, c’esl-à-dire, pour parler le langage de la science des livres, par un phototropisme.
- *
- * s
- Qu’arriverait-il, me suis-je demandé, si le bouton floral seul était placé à l'ombre tandis que son pédicelle resterait à la place qu’il occupe sur la plante, à la lumière? La fleur sentirait-elle qu’elle n’est pas à l’air libre, au soleil? Chercherait elle à se dégager et, alors, comment saurait-elle s’y prendre?
- Des difficultés d’ordre expérimental m’apparurent tout de suite presque insurmontables. Comment arriver, en effet, à tenir un bouton dans l’ombre sans porter atteinte à l’éclairage de son pédicelle. Quelle que soit la cache employée pour mettre la fleur à l’abri du soleil, l’ombre portée par cette cache se projettera toujours sur le pédicelle situé par-dessous elle. R en résultera qu’une face de ce pédicelle recevra, de ce fait, plus de lumière que l’autre. Nous n’aurons donc pas éliminé le facteur que nous désirions supprimer et ne pourrons pas, par la suite, délimiter dans le geste de la fleur l’action du pédicelle et celle du bouton. Essayons pourtant, à titre documentaire.
- 3e Expérience. — Jë loge sous de petites boîtes cubiques en carton deux boutons prêts à éclore. Je m’arrange, bien entendu, pour faire cette opération sans déranger ces boutons de la place qu’ils occupent. L’un
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- se trouve-exposé au midi, l'autre au nord, de chaque côté du treillage que la lumière traverse facilement.
- Remarquons, en passant, que certains boutons nés du côté nord fleurissent de ce même côté, ouvrant leur corolle à l’opposé du soleil, seul coté où ils ont le champ libre. D’autres, au contraire, arrivent en coudant leurs pétioles à 90° à se faufiler entre les feuilles exposées au midi et à s’épanouir du côté du soleil.
- Je loge donc, sous de petites boîtes en carton, un bouton exposé au midi (fig. 4) et un autre exposé au nord (fig. 5).
- Afin de supprimer autant que possible 1 effet de l’ombre portée sur le pédicelle, j’ai fixé les caches assez haut, de telle façon que le bouton seul soit compris dans la boîte.
- Après 24 heures d’exposition pour le premier et 48 heures pour le second, j’ai pu constater ceci :
- Le bouton exposé au sud s’est violemment coudé à la base du calice et la fleur s’est épanouie par-dessous le cornet, dans la position horizontale.
- Le bouton exposé au nord s’est appliqué contre la paroi de la boîte frappée par le soleil. Son pédicelle s’est coudé en rencontrant le bord de la boîte, puis s’est infléchi du haut afin que la corolle puisse s’épanouir dans la partie la plus large de la boîte. La fleur s’est alors coincée puis lentement flétrie sur place.
- Si j’avais opéré sur un bouton plus jeune, il est probable que la fleur aurait pu se dégager avant d’être complètement épanouie.
- 4e Expérience. — J’ai alors essayé — toujours dans le but de réduire cette ombre portée sur le pédicelle —, de loger les boutons dans des tubes étroits en bois ou en aluminium ayant 2 cm de diamètre intérieur. En inclinant légèrement ces tubes du côté du nord, je réduisais ainsi l’ombre portée par leur base.
- Quatre fois de suite, sur quatre sujets différents, j’ai obtenu une coudure du pétiole analogue à celle de la figure 6. Rejet du pédicelle contre la paroi nord du tube, côté concave de la courbure exposé au soleil, f
- Mais étais-je bien sûr qu’aucune ombre portée à aucune heure du jour n’était venue effleurer le pédicelle, favorisant ainsi la croissance de l’une de ses faces? Etais-je bien sûr qu’il n’y avait pas là coudure occasionnée par le frottement du bouton lui-même contre la paroi de bois ou de métal?
- Dans le doute, je m’abstins donc simplement de conclure.
- *
- * *
- Puisqu’il m’était impossible de calfeutrer le bouton floral sans projeter de l’ombre sur le pédicelle, l’idée me vint alors de faire le contraire. Tenir le pédicelle à l'ombre en laissant la fleur au soleil. Autrement dit : projeter une ombre artificielle sur le pédicelle de telle façon que l’un et l’autre soient sollicités par des forces contraires.
- Dans ce cas que fera la plante? sera-t-elle pour ainsi
- dire trompée par mon artifice et le pédicelle, sollicité de se courber à contre-jour, entraînera-t-il, en se courbant, la fleur loin du soleil?
- 5e Expérience. — Je confectionne avec le plus grand soin des petits cornets parfaitement hermétiques, avec ce même papier noir qui m’a déjà servi. Je les couds et les attache avec un peu de fil sous le calice de 8 boutons. J’ai calculé la profondeur des cornets sur la longueur des pédicelles. Ceux-ci, que je choisis très vigoureux, affectent diverses positions par rapport au soleil. Deux sont franchement verticaux, trois sont penchés vers le sud, un est penché vers le nord, deux sont horizontaux.
- Afin que la lumière n’atteigne le pédicelle que sur une de ses faces, j’applique la paroi du cornet contre lui et la maintiens dans cette position par un nœud de fil assez lâche.
- Pendant six à huit jours, jusqu’à la chute de la corolle, les fleurs restent exposées de la sorte au jardin, sans que je puisse noter une courbure sérieuse des pédicelles. Les boutons qui sont à la lumière y restent. Les pédicelles verticaux restent verticaux, ceux qui sont obliques ou horizontaux plient légèrement sous le fardeau mais se redressent si je les allège. Je les vois grandir tous de jour en jour, normalement, comme les autres qui servent de témoins. Les cornets sont maintenant un peu courts; la robe de l’enfant n’est plus qu’une collerette
- Fig. 8.
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- pour l’adulte. Qu’importe. La fleur continue sa marche à la lumière (fig. 8 et 9).
- Jamais je n ai pu, par clés artifices d'expérience, faire en sorte que le pédicelle fasse un geste contraire à la logique de la plante.
- Le bouton ne s’est pas infléchi vers le nord lorsque la lumière frappait le pédicelle de ce côté-là seulement (fig. 7 A). Le bouton ne s’est pas penché vers le sol lorsque la lumière frappait le pédicelle par le bas seulement (fig. 7 B et G). Et pourtant, dans tous ces cas-là, l'ombre portée sur le pédicelle n avait-elle pas la même intensité, la même place que lorsque je recouvrais l'inflorescence entière par un cornet de papier noir? (Fig. 2, 3, 4, 5). Alors pourquoi donc le pédicelle ne se courbe-t-il plus dans le sens indiqué par la lumière comme il le faisait dans le premier cas ?
- *
- Ne croyez pas que le pédicelle n’a pas réagi parce
- Fig. 9.
- qu’il ne le pouvait pas; parce qu’il était gêné par le cornet. Je n’ai pas serré trop fort le lien sous le calice (la preuve c’est que les corolles s’épanouissent aussi vite et aussi bien que sur les boutons témoins). D’autre part, j’ai dégagé les abords du cornet en supprimant les feuilles inutiles et tout ce qui aurait pu gêner les mouvements de courbure ou de bascule.
- J’ai d’ailleurs bien pris soin de faire, à côté de ces expériences, des expériences de contrôle pour prouver que le pédicelle pouvait se courber facilement sous le cornet.
- 6e Expérience (fig. 10). — Je choisis pour cette expérience un Liseron accroché à une tige de jeune frêne poussant libreiiient au milieu du jardin. Je courbe cette tige de telle sorte que l’un des boutons du liseron qui, normalement, se dirigeait obliquement vers le sud, se trouve, de la sorte, dirigé vers le nord. Je munis le bouton d’une collerette de papier comme précédemment
- et je la place de telle façon que la lumière vienne frapper le pédicelle par le bas du côté nord. Que va faire celui-ci? Va-t-il se courber du côté de la lumière entraînant la fleur à contre-jour? Non, loin de là; trois fois de suite sur trois pieds différents, je le vis se courber sous le cornet du côté du midi, en élargissant le nœud du fil de soutien, afin de ramener la fleur vers le soleil.
- Ceci prouve, je crois, suffisamment : 1° que l'action directe de la lumière ne peut être ici mise en cause pour expliquer la courbure du pédicelle ; 2° que celui-ci peut parfaitement se couder sous le cornet qui ne la gêne pas du tout.
- 7e Expérience. — 11 s’agissait de s’assurer également si, dans la 5B expérience, l’indifférence phototropique du pédicelle ne provenait pas d’un ralentissement de la croissance et l’activité de la plante à cette époque tardive de l’année.
- Pour cela rien n’était plus simple. A côté de ces mêmes boutons munis de collerettes, je plaçais, sous cloche de papier et comme témoins, des boutons issus des mêmes pieds (fig. 11).
- J’ai pu noter ainsi chaque fois chez ces derniers des mouvements de courbure très nets et dont la rapidité variait, avec la température, de 10 à 48 heures environ. Bien engoncés dans leurs collerettes, les autres demeuraient, au contraire, sous le soleil, aussi raides que de petits marquis^).
- *
- * *
- Afin de soulever le dernier des doutes, une dernière expérience me vint à l’esprit.
- 8e Expérience. —Je choisis, sur un pied isolé, un bouton à peine formé. J’aurai de la sorte un sujet sur lequel je pourrai opérer pendant plusieurs jours, car, je l’ai dit, l’activité du pédicelle s’atténue avec l'âge. Je munis ce bouton d’une collerette de papier et je le laisse ainsi grandir pendant trois jours, du 22 au 25 septembre. Il ne se courbe pas plus que les précédents et reste dans la position initiale, obliquement incliné du côté du sud.
- Je recouvre alors le tout, bouton et collerette, d'un ample cornet de papier noir. Trois jours plus tard, le 28 septembre, à 17 heures, je puis noter et photographier une courbure très accentuée du pédicelle amenant le bouton en A' au bord éclairé du cornet (fig. 12).
- Le pédicelle a donc, dans le même laps de temps (3 jours), réagi à la lumière de deux façons complètement opposées SUIVANT QUE LA FLEUR SE TROUVAIT AU SOLEIL OU SE TROUVAIT A L’OMBRE.
- *
- * *
- Je noterai enfin, à titre purement documentaire, le geste étrange de ce bouton situé au sommet du treillage, du côté du nord. Il se trouvait coincé entre le treillage
- 1. Sur la figure 8, on voit, à côté du liseron portant collerette, le large cornet recouvrant un bouton témoin.
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- d’une part et le bord du cornet que j’avais placé au-dessus de lui.
- Je le vis alors tortiller son péclicelle en forme de tire-bouchon et se ramener ainsi d’un centimètre environ vers le bas. Je n’ai vu ce geste qu’une seule fois et ne lui attribue que la valeur d’une curiosité.
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- Comment expliquer celte anomalie, cette indifférence phototropique du péclicelle placé sous la collerette ?
- Une objection, la plus sérieuse entre lant d’autres qui me vinrent à l’esprit, a quelque temps retenu mon attention : Quand j’attache le cornet sous le bouton floral, me suis-je dit, ce cornet suit fatalement tous les gestes du pédicelle. Si celui-ci s’incline vers le sol, l’ombre portée sur lui par le cornet se déplace à mesure cju’il s’incline vers le sol. Dans ce cas l’inflorescence emporte, pour ainsi dire, son ombre avec elle. Il n’en est pas de même lorsque le cornet est placé au-dessus d'elle, car, dans ce
- cas, l’ombre est fixe et l’inflorescence en s’inclinant va vers une lumière toujours plus intense. Voilà peut-être pourquoi le pédicelle se courbe dans ce cas-ci et ne se courbe pas dans l’autre.
- 11 m’a suffi pour répondre à cette objection de bien réétudier la dernière expérience (fig. 11).
- Lorsque je place un vaste cornet sur l’inflorescence munie de la collerette, je crée, peut-être, une ombre fixe pour le bouton floral, mais pour lui seul, car le pédicelle reste tout de même sous sa collerette et emporte, en se courbant, son ombre avec lui. Pourquoi donc dans ce dernier cas se courbe-t-il si facilement alors qu’auparavant il ne fléchissait pas.
- *
- # îfc
- Ces expériences sont trop sommaires et trop incomplètes pour me permettre d’entrevoir une explication ou de bâtir la moindre hypothèse. Je me promets de les pousser à fond pendant l’été, à une époque où les réactions de la fleur seront plus vives.
- Mais quoi qu’il en soit, que ce geste soit le simple résultat d’une série d’actions directes, d’origine inconnue, subies par les diverses parties de l'inflorescence, ou bien qu’il soit le résultat d’un mouvement réflexe spécial, ce qu’il ne faut pas oublier, ce qu’il faut toujours avoir présent à l’esprit, c'est quil existe entre ces gestes du pédicelle et ceux du bouton floral une coordination et des relations manifestes.
- Pour nous en rendre compte il nous suffira de comparer entre eux les pédicel-les qui se sont développés normalement à la lumière avec ceux qui ont été placés sous des cornets ou munis de la collerette.
- Les premiers sont lisses, réguliers, franchement alignés dans l’axe du bouton. Les autres, au contraire, présentent des cour-, bures avortées, des hésitations, — pour employer une image horriblement anthropomorphique, — des hésitations dans la forme qui sont pleines d’enseignement. J’ai cru bon de calquer certaines de ces courbures en enduisant les pédicelles avec un peu d’encre et en les appliquant sur une feuille de papier. On obtient ainsi des images durables.
- Tout se passe, en effet, comme si les sensations reçues par le pédicelle étaient confirmées ou rectifiées par les sensations reçues par le bouton.
- Le pédicelle seul est-il tenu dans l’ombre? Il a presque aussitôt tendance à se courber; mais à peine a-t-il esquissé ce geste de courbure qu’une courbure contraire vient relever la fleur qui allait s’incliner.
- L’inflorescence entière est-elle mise à l’ombre? Le pédicelle s'incurve alors lentement sur toute sa longueur.
- Aucun effort contraire ne vient neutraliser le sien, et le bouton régulièrement s’abaisse vers le bas (Q. Lorsque celui-ci arrive à la lumière, la courbure du pédicelle s'arrête aussitôt et la fleur s’épanouit suivant l’horizontale.
- 1. J’en ni vu plonger franchement la pointe vers le sol en dépit de toute loi géotropique.
- Fig. 12.
- Fig. II.
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- J02....... =............... -............... —................... ................ ...........-.....-
- P.S. — J’aurais voulu donner de tous ces gestes des photographies plutôt que des dessins. Hélas, la plupart ont été manquées où n’ont pu être prises, soit par suite du mauvais temps, soit par suite de difficultés d’opération dépassant ma compétence. Je m’en excuse très humblement.
- L'ENSEMENCEMENT DES MONDES
- Quelle est dans ce geste de délivrance la part d action qui revient au pédicelle et celle qui revient au bouton floral?
- C’est là ma tâche de demain. Que ceux qui veulent voir cherchent avec moi.
- J.-G. Millet.
- Mentionnons un très bref mémoire ('), presque posthume (en tout cas le dernier qu’il ait écrit), d’un des plus illustres savants de notre temps et de tous les temps, un savant qui vient de disparaître, hélas ! Svante Arrhenius.
- Il s’agit d’une idée admirable qu 'Arrhenius a formulée sur l’ensemencement de la Terre par les germes qu’elle va rencontrer dans sa course à travers l’espace, germes vivants, venant des planètes du monde solaire et — qui sait? — peut-être des autres mondes.
- Il y a, dit Arrhenius, des bactéries thermophiles qui peuvent se développer à des températures comprises entre 40° et 80°. Donc, comm e il existe à la surface de la Terre des régions où la température est aussi élevée, il est fort possible que certaines de ces bactéries thermophiles puissent être reçues par la Terre, s’y développer, et donner naissance à une nombreuse lignée.
- D’où viendraient-elles, ces bactéries? Arrhenius invoque la pression de radiation qui détermine la migration des molécules à travers l’espace. Par exemple si, à la surface de la planète Vénus, il se produit sous l’influence des rayons solaires une pression de radiation suffisante, les molécules gazeuses vont émigrer de la planète et se répandre dans l’espace. Or il est démontré que les germes microbiens les plus petits peuvent être animés de mouvements analogues à ceux des molécules gazeuses et par conséquent aussi émigrer dans l’espace. C’est ce que Jean Perrin a si bien démontré pour les particules minuscules de matière animées de mouvements browniens.
- Il s’ensuit que rien ne s’oppose à l’ensemencement de la Terre par ces germes vivants, capables d’essaimer s’ils rencontrent des milieux favorables à leur développement.
- La température de la planète Vénus n’est pas aussi élevée qu’on l’avait supposé autrefois. D’après Arrhenius, la température moyenne de la planète est d’environ 47°; 50° pour d’autres auteurs.
- Or, d’après quelques calculs un peu hypothétiques d’Arrhenius, il suffirait d’à peu près deux jours pour la migration des molécules microbiennes parties de Vénus , et leur arrivée dans l’atmosphère terrestre. Quoique, dans l’espace, la température soit très basse, vraisemblablement, en deux jours, ces bactéries thermophiles ne sont pas tuées.
- Appelons l’attention sur ces faits extrêmement intéressants.
- 1. Die thermophilen Bakterien und der Slrahlungsdruck der Sonne (Zeitsch. fiir physikalisçhe Chernie, 1927, p. 516 à 519).
- D’abord ce qui est vrai de la planète Vénus est probablement vrai de la planète Terre et de la planète Mars, peut-être même de planètes plus éloignées; de sorte qu’il y a un interchange — grâce à la pression de radiation — entre la flore microbienne des différentes planètes du monde solaire. Nous pouvons même, quoique ce soit une extrapolation téméraire, supposer qu’il y a un interchange entre certaines étoiles et le monde solaire (la proxima Centauri n’est qu’à 3,5 années lumière). Si peu dense que soit l’espace interstellaire, il contient sans doute encore quelques rares molécules (vivantes?) échappées des mondes grâce à la pression de radiation. L’immense étendue de la sphère terrestre d’attraction et la course de la planète dans l’espace prolongée pendant des centaines et peut-être des milliers de siècles, compensent peut-être la rareté prodigieuse des molécules vivantes éparses dans les espaces intersidéraux.
- Puisqu’il faut admettre — au moins provisoirement — qu’il n’y a pas de génération spontanée, il est bien permis de penser que le développement de la vie sur le globe terrestre est dû à des ensemencements par des germes qui viennent d’un autre monde. D’ailleurs — remarquons-le bien — ce n’est pas du tout supprimer la difficulté de ce terrible problème : l’origine de la vie, en disant que ces germes eux-mêmes proviennent d’autres germes. Car ceux-là, d’où viennent-ils ?
- Aux époques anciennes de l’évolution terrestre, la température de notre planète était bien plus élevée qu’aujour-d’hui, et alors ces bactéries thermophiles pouvaient trouver là un milieu favorable à leur rapide développement.
- Et puis tout ce que nous savons des microbes et de leur adaptation relativement rapide aux milieux où ils évoluent nous autorise à admettre que, même si la température qu’ils trouvent sur le globe terrestre ne leur est pas tout d’abord favorable, ils finiront par s’adapter aux conditions de leur nouvelle existence. Ils sont essentiellement plastiques; on peut assez facilement habituer des microbes qui ont un optimum à 37° à modifier cet optimum tantôt vers 30°, tantôt vers 50°.
- En tout cas il y a là une conception nouvelle, grandiose, sur l’origine de la vie. La Terre n’est plus, comme on l’avait longtemps supposé, isolée des autres mondes. Elle reçoit leurs germes, et peut-être leur en envoie-t-elle aussi.
- Chaules Richet Membre de l’Institut.
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- LA DISTRIBUTION CENTRALE DE LA CHALEUR
- A PARIS
- Le Conseil municipal de Paris vient d’autoriser la création d’un premier réseau de chauffage urbain, partant de l’ancienne usine à vapeur du Métropolitain, quai de la Râpée, actuellement inutilisée.
- Ainsi la capitale va se trouver prochainement dotée d’un service de distribution de chauffage, analogue à
- villes n’est pas autre chose qu’une généralisation du chauffage central des immeubles.
- Une usine centrale produit le fluide chaud, en général ‘ de la vapeur. Celle-ci est envoyée dans un réseau de canalisations souterraines, analogue à celui du gaz ou de l’eau ; elle est distribuée à domicile, soit directement
- Fig. 1 — Une centrale de chauffage urbain à Hambourg.
- Disti'ibuteurs et conduits de départ.
- ceux qui, depuis longtemps déjà, fonctionnent d’une façon satisfaisante aux Etats-Unis et au Canada, dans plus de 300 villes, notamment à New-York, Pittsburgh, Détroit, Boston, Chicago, etc.; en Allemagne, à Berlin, Dresde, Leipzig, Kiel, Barmen; au Danemark, à Copenhague; en Hollande, à Groningue.
- LE PRINCIPE DE DISTRIBUTION DE CHAUFFAGE Le principe de la distribution du chauffage dans les
- dans les radiateurs, si l’installation particulière est prévue pour le chauffage à vapeur, soit dans des échangeurs de chaleur où la vapeur en se condensant échauffe de l’eau, ou de l’air, suivant que l’installation particulière de chauffage est à eau chaude ou à air chaud.
- Le système n’exige donc aucune installation spéciale pour l’usager; ii est d’une manœuvre aussi simple que celle de l’eau ou du gaz.
- Les avantages pratiques sont évidents : suppression de toutes les sujétions, si désagréables aujourd’hui, du
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- chauffage à domicile ; plus de livraisons et manutentions de combustibles, source d’encombrement dans les quartiers animés, source d’ennuis pour les propriétaires et locataires d’immeubles, plus de foyers à allumer et à surveiller, plus de cendres à évacuer. La combustion étant centralisée dans une usine dotée de tous les perfectionnements, on supprime les fumées qui déshonorent et attristent les grandes cités modernes. On sait, en effet, qu aujourd hui ce ne sont plus les établissements industriels qui enfument les villes, mais surtout les foyers domestiques, contre lesquels, du reste, les autorités administratives sont entièrement désarmées.
- Les mérites de la distribution centrale du chauffage
- Fig. 2.— Une canalisation souterraine de chauffâge urbain à Hambourg. Compensateurs de dilatation.
- apparaissent donc bien clairement. Mais, pour justifier et rendre possible son adoption, il faut encore qu’elle satisfasse à une condition essentielle : c’est d’assurer un chauffage qui ne soit pas plus coûteux que les modes de chauffage usuels. Il faut que les prix demandés à l’usager procurent à celui-ci une économie et qu’en même temps ils permettent d’amortir les dépenses d’installation, en général élevées, et de rémunérer les capitaux engagés.
- L’expérience des réseaux de chauffage urbain, faite dans les nombreuses villes citées plus haut, démontre clairement aujourd’hui que ces entreprises sont viables, à condition d’être judicieusement organisées et gérées. L’un des éléments essentiels de leur succès est la diffé-
- rence entre"[le prix du charbon domestique et celui du charbon industriel ; la centrale de chauffage ne brûlera, en effet, que du charbon de celte dernière catégorie. A Paris, cette différence, on le sait, est très élevée et joue donc en faveur du chauffage urbain. Un autre élément de prospérité est la possibilité de desservir des quartiers à grande densité de population, et surtout des quartiers où les bureaux sont nombreux ; cette condition favorable est également remplie à Paris.
- Il est donc parfaitement logique que la capitale fasse à son tour l'expérienee d’un système qui a si bien réussi dans d’autres pays. On peut même s’étonner que l’on ait attendu si longtemps. Cependant, des voix autorisées, comme celles de M. Baurienne, de M. Rey, se sont, à maintes reprises, fait entendre pour démontrer la possibilité et les avantages d’une telle création.
- Quelques chiffres, que nous empruntons à une Conférence de M. Véron à la Société des Ingénieurs Civils, démontrent l’intérêt national que présente le chauffage urbain. Le chauffage domestique exige en France 12 millions de tonnes de charbon par an, soit près du cinquième de la consommation totale du pays. Une grande fraction en est gaspillée par des appareils dont le rendement varie de 5 pour 100 (cheminées) à 40 pour 100 (chauffage central) et ne dépasse pas 30 pour 100 en moyenne. Le rendement moyen du chauffage urbain, entre le foyer des chaudières de la Centrale et les locaux desservis, est voisin de 60 pour 100, d’où une économie de 50 pour 100 sur le combustible actuellement employé par les immeubles qui pourraient être raccordés. C’est, du reste, cette considération qui pendant la guerre, alors que le combustible faisait défaut, a accéléré en Allemagne le développement du chauffage urbain par centrales.
- Un autre avantage du chauffage urbain sera de créer une concurrence, source de progrès. Le gaz et l’électricité peuvent, en effet, dans certaines conditions, prétendre à réaliser des chauffages ayant des avantages de même ordre ; mais le prix de revient en a paru, jusqu’ici, à peu près prohibitif. Le chauffage électrique, en particulier, est un chauffage de grand luxe. Cependant, les centrales électriques auraient intérêt à faire utiliser, pour le chauffage, du courant de nuit vendu à très bas tarif ; cette vente leur permettrait d’uniformiser la charge de leurs machines et de réaliser de ce fait de sérieuses économies, notamment sur l’entretien. Jusqu’ici, les distributions d’électricité de la région parisienne ne se sont engagées que timidement dans cette voie. La concurrence naissante sera pour elle un utile excitant. Il en sera de même, sans doute, pour le gaz, qui peut réaliser encore de très grands progrès, permettant d’abaisser le prix de revient et le prix de vente.
- L'ORGANISATION DU RÉSEAU DE CHAUFFAGE PARISIEN
- Voici les grandes lignes de l’organisation du futur réseau de distribution parisien.
- La vapeur à la pression de 3 kg. sera distribuée dans un collecteur principal de 1 m. de diamètre. Elle proviendra, pour la plus grande part, de l’ancienne usine
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- Vanne
- Galerie; en briques cellulaires éjC, Conduite caiorifugée
- Scories
- Bride d’attente vBranchement
- Tuyauterie
- . pig. 3, — Chauffage par distribution centrale de vapeur. Conduite de rue et branchement particulier. (D’après M. Ageron.
- Bulletin des Ingénieurs civils.)
- à vapeur du quai de la Râpée. Cette usine possède des chaudières alimentant des machines à vapeur à piston, verticales. Celles-ci seront mises en marche, sans condensation, la vapeur sortant des cylindres étant refoulée dans le collecteur. La force motrice produite dans les machines servira à actionner des génératrices électriques dont le courant sera vendu à la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité.
- L’usine de la Râpée doit fonctionner à charge constante ; pour faire face aux pointes, dont la plus importante se manifeste le matin, entre 6 te 7 heures, un supplément de vapeur sera demandé à la grande centrale électrique de la C. P. D. E., à Saint-Ouen. Celle-ci fournira de la vapeur vive simplement détendue. Cette combinaison apparaît avantageuse, aussi bien pour l’usine électrique que pour l’usine de chauffage ; car elle permet, les pointes d’éclairage ne coïncidant pas avec celles du chauffage, d’uniformiser la charge des chaudières de la centrale électrique.
- Le collecteur principal partira donc de l’usine de Saint-Ouen, suivra dans Paris le parcours : porte de Saint-Ouen, boulevard Rerthier, boulevard Malesherbes, place Saint-Augustin, rue de Sèze, rue des Capucines, rue des Petits-Champs, rue Etienne-Marcel, boulevard Sébastopol, les quais et la gare de Lyon pour rejoindre l’usine du quai de la Râpée.
- La première tranche du programme (parcours La Râpée-Opéra) prévoit le raccordement de la gare de Lyon, de la Banque de France, du Bon Marché, etc. Elle correspond à une puissance de l’ordre de 50 millions de calories-heures.
- Ultérieurement, une dérivation, branchée à la hauteur du Pont-Neuf, traversera la Seine pour desservir le quartier boulevard Saint-Michel-boulevard Raspail. Elle sera plus tard reliée à l’usine électrique de la C.P.D.E. à Issy-les-Moulineaux.
- La plus grande partie des collecteurs sera logée dans des galeries souterraines, profondes, où trouveront également place les canalisations d’eau, de l’électricité et du téléphone. Les immeubles seront desservis par des transversales, aboutissant dans les cours où l’on pourra opérer en caniveau. Les conduites en acier, convenablement calorifugées, n’offrent pas de particularités très spéciales. Bien entendu, des dispositifs sont prévus pour compenser les dilatations. Que les Parisiens ne s’effraient pas trop à l’avance du bouleversement des rues que pourra provoquer la construction desgaleries. Ces travaux s’effectueront, pour la plus grande partie, en tunnel, à profondeur relativement grande, et sans gêner la circulation.
- LES INSTALLATIONS CHEZ LES PARTICULIERS
- Il est intéressant d’examiner comment les installations particulières peuvent s’accommoder du chauffage urbrin.
- Il y a plusieurs cas possibles, nous l’avons dit, suivant que l’on désire un chauffage à vapeur à eau chaude, ou à air chaud, et, dans chaque cas, diverses solutions peuvent être envisagées.
- Nous empruntons quelques exemples à l’étude précitée de M. Véron.
- Pour chauffer un immeuble, il faut d’abord le raccorder sur la conduite de rue. C’est une opération très simple, qui offre une grande analogie avec un raccordement d’eau ou de gaz. La conduite de rue porte des brides d’attente en des points fixes, suffisamment rapprochés. Sur la bride la plus voisine du bâtiment, on boulonne une connexion descendante munie d’une vanne
- Fig. 4. — Raccordement d'un chauffage d'immeuble à vapeur basse pression.
- (D’après M. Yéron. Bulletin des Ingénieurs civils.)
- •Retour
- Hrrivée de vapeut
- J^Tup d'équilibre Tube de garde
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- \’ -—i cent raie
- Purgeur
- Compteur
- Bâche
- .Clapet de retenue
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- d’arrêt, ou bien on soude le branchement de service. Celui-ci doit être calorifuge avec soin. Le branchement passe dans le sous-sol du bâtiment où l’on pique l’installation de l’abonné. L’eau condensée-dans la canalisation de rue est purgée dès l’entrée ; suivant le mode de contrat, elle est envoyée à la bâche ou introduite dans le tube d’équilibre, qui la siphonne dans le collecteur de retour de l’immeuble.
- Chauffage à vapeur basse pression. — La vapeur rencontre ensuite un robinet d’arrêt, un détendeur qui abaisse sa pression à la valeur convenable, et elle débouche dans un distributeur qui la délivre aux colonnes montantes desservant les différents étages. Ce distributeur est muni d’un tube d’équilibre et d'un tube de garde. La vapeur parvient ensuite dans les radiateurs, elle s’y condense et des colonnes de descente ramènent l’eau condensée dans le poste de détente. Elle traverse
- Départ déVeau chaude
- yl Thermostat
- Arrivée de vapeur
- Tp Echangeur à contre courant
- Compteur
- _ Retour de l’eau chaude
- Compteur
- vers le contrôle
- Clapet de retenue
- Bêche
- Fig. 5. — Raccordement d’un chauffage d’immeuble à eau chaude. (D’après M. Véron, Bulletin des Ingénieurs civils.)
- un filtre, un purgeur, parfois un économiseur où elle épuise sa chaleur, qui est transmise à l’air chauffant des annexes; enfin, elle arrive au compteur, qui mesure le débit d’eau condensée et fournit par là une indication exacte de la chaleur consommée. Au sortir du compteur, l’eau est déversée dans une bâche d’où elle s’écoule vers la Centrale par gravité, à moins qu'il n’y ait lieu de la refouler périodiquement au moyen d’une pompe.
- Pour régler la température de chaque radiateur individuel, il faut des appareils spéciaux permettant de maintenir à une valeur choisie, du reste modifiable, le débit de la vapeur.
- Chauffage à eau chaude. — L’installation est peu différente. Mais aux organes qui viennent d’être énumérés, il faut ajouter un échangeur de chaleur pour transmettre à l’eau circulant dans les radiateurs la chaleur dégagée par la vapeur en se condensant.
- Cet appareil est un échangeur tubulaire à contre-
- courant, qui s’installe au lieu et place de la chaudière usuelle du chauffage central. L’ensemble de l’installation de chauffage proprement dite, tuyaux de circulation, radiateurs ne subit aucune modification ; l’eau, au lieu d’être chauffée dans une chaudière par le charbon en combustion, est chauffée par une arrivée de vapeur.
- Le réglage de l’arrivée de chaleur dans le radiateur doit se faire au moyen de thermostats automatiques, appareils sensibles aux variations de température, et qui agissent par une transmission mécanique soit sur une vanne, soit sur le détendeur, pour augmenter ou diminuer l’arrivée de vapeur dans l’installation.
- On peut aisément concentrer la production d’eau chaude nécessaire à ^plusieurs immeubles contigus dans une sous-station unique; on fait circuler l’eau au moyen de turbo-pompes à échappement récupéré.
- Le réglage de la chaleur se fait alors par variation du débit, c’est-à-dire de la pression de la vapeur et par accélération de la circulation de l’eau.
- Air chaud. — Le raccordement des installations à air chaud se fait très aisément en remplaçant le calorifère par une batterie de tuyaux à ailettes, qui reçoit la vapeur du réseau, après détente ou après transformation en eau chaude.
- Notons enfin que la distribution de vapeur peut fournir très simplement de l’eau chaude pour la toilette ou la consommation. Il suffit d’installer un réchauffeur alimenté en vapeur de réseau.
- Ces quelques exemples montrent que le raccordement des immeubles à la conduite de distribution de vapeur n’offre aucune difficulté et n’exige que quelques modifications simples, dues beaucoup plus à l’emploi d’appareils de sécurité et de contrôle qu’au changement de la source de chaleur. Le prix d’établissement d’une installation neuve est même inférieur à celui d’un chauffage central autonome. Le chauffage urbain a en outre l’avantage de rendre disponibles une partie des caves actuellement réservées aux provisions de charbon. Dans une ville comme Paris où tout local a une valeur marchande, cette libération se traduit par un bénéfice pour le propriétaire, bénéfice auquel s’ajoute la suppression du personnel de service à la chaudière.
- Les travaux pour l’installation du chauffage urbain à Paris commenceront vraisemblablement dans les premiers jours de l’année 1928, et l’on espère, dès la fin de l’année, desservir le quartier de la gare de Lyon.
- Nombre de Parisiens pourront alors juger eux-mêmes des avantages du nouveau système de chauffage : propreté, commodité, simplicité et surtout économie • ajoutons, toutefois, que l’économie dépendra, pour une grande part, de l’usager. Il faudra que celui-ci sache bien que sa dépense sera proportionnelle à sa consommation. Il devra donc s’habituer à n’ouvrir ses radiateurs que lorsqu’il en a réellement besoin et à les fermer lorsque le chauffage devient inutile; en somme, à procéder avec le chauffage comme il le fait depuis longtemps avec le gaz, l’eau, l’électricité. A cette condition, il réussira aisément à diminuer, dans de très importantes proportions, ses dépenses de chauffage.
- A. Troller.
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- Fig. 1. — Flan de l’Institut d’Optique au deuxième étage.
- L'INSTITUT D'OPTIQUE THÉORIQUE ET APPLIQUÉE
- Un Institut peut prendre naissance de différentes manières : Création par l’État (Institut national agronomique), fondation privée (dont l’exemple le plus récent est l’Institut de biologie physico-chimique de M. Edmond de Rotschild). L’Institut d’Optique théorique et appliquée est né des efforts coordonnés d’un groupe d’hommes énergiques et de la générosité des usagers de l’industrie
- 'Fig. 2. — Les nouveaux bâtiments de l’Institut d’Optique.
- Angle du boulevard Pasteur et de la rue de Sèvres, Photo Henri Manuel.
- Dans le langage universitaire, le mot « Institut » désigne généralement (sauf lorsqu’il s’agit de l’Institut tout court) un établissement destiné à l’enseignement des sciences appliquées. Le but de ' cette institution est d’établir une liaison entre les savants et le reste du monde, dont ils ont tendance à s’isoler, entre la Science pure et l’Industrie, entre le Laboratoire et l’Usine.
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- jointe à celle d-hommes de science, désintéressés ainsi qu’à l’appui du gouvernement qui avait saisi la portée de ces efforts, .
- Le 3 mars dernier, le Président de la République inaugurait les nouveaux bâtiments de l’Institut d’Optique où il fut reçu par le Ministre de l’Instruction publique, par le duc de Gramont, président du Conseil d’administration et par M. Ch. Fabry, directeur de l’Institut d’Optique. Il est intéressant de rappeler à ce propos, l’origine, le but et l’organisation actuelle de cet organisme.
- HISTOIRE DE L'OPTIQUE EN FRANCE
- Un coup d’œil rétrospectif sur le développement de l’Optique en France montrera bien l’importance de la question.
- L’Académie des Sciences, après les travaux qui suivirent la découverte des verres au bore par Cadet, en 1758, encouragea les recherches sur le perfectionnement de la fabrication des verres d’optique par des concours et des prix qu’elle fonda en 1766 et 1786. Le mathématicien et astronome Clairaut, qui fut académicien à dix-huit ans, posa ses desiderata auxquels la Cristallerie du
- Mont-Cenis répondit par la fabrication des premières fontes de flint denses, résultat des travaux de deux savants, MM. de Fougerais et d'Artigues. C’était la première fois que des verres spéciaux étaient fabriqués à la demande d’un calculateur.
- La médaille de Lalande, pour un verre d’optique dépourvu de bulles, fut décernée, en 1838, par l’Académie à Guinand, fils du verrier qui avait préparé les verres de Fraunhofer.
- A son tour, la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale attribuait plusieurs prix, le plus important (10 000 francs en 1839), à MM. Guinand et Bontemps.
- Dans l’année 1843, Bontemps livrait à l’industrie quatre tonnes de verre d’optique et offrait ses meilleures pièces au Bureau des Longitudes à des prix huit ou dix fois inférieurs à ceux pratiqués alors. Le petit-fils de ce dernier, du nom de Feil, présentait à l’Exposition universelle de 1873, à Vienne, des disques de verre pour instruments astronomiques d’une dimension exceptionnelle pour l’époque, atteignant vingt pouces de diamètre (53 cm).
- A partir de ce moment, c’est Paris qui continue à tenir la tête du mouvement en réalisant d’une manière con-
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- stante les plus grands moulages répondant aux sévères exigences des observatoires : par exemple, le premier objectif de lunette qui approchât d’un mètre de diamètre, celui de l’Observatoire de Lick en Californie.
- L’étranger ne tarda pas à suivre cette puissante impulsion. C’est ainsi qu’à Iéna et sur la demande d’Àbbe, le Dr Otto Schott transforma son laboratoire en une usine dont le premier catalogue parut en 1886. A cette époque et depuis 1848, Bontemps dirigeait la fabrication des premiers verres spéciaux de la Maison Chance, en Angleterre.
- Un événement important fut alors la mise au point en 1880 par Ch. Feil, et plus tard, l’étude par -Verneuil, des procédés de fabrication des verres spéciaux; boro-sili-cates et fontes au baryum. Seuls, ces produits, fabriqués industriellement en France pour la première fois, ont permis de tirer parti des travaux d’Abbe et de son école, qui n’auraient pu, sans cela, sortir du domaine de la spéculation pure.
- On se rendra compte des progrès accomplis en songeant qu’il y a moins d’un siècle, les différents verres connus n’étaient qu’au nombre d’une vingtaine, tandis qu’à notre époque les usines françaises tiennent en magasin, à la disposition des ingénieurs opticiens, plus de trois cent variétés différentes et que, de 1914 à 1918, la France produisait, pour les besoins des armées alliées, près de 250 tonnes de verres d’optique.
- Deux maisons principalement se sont fait une grande et juste réputation dans la fabrication des pièces d’optique exceptionnelle :1a maison Parra-Mantois, maintenant centenaire, qui s’est spécialisée dans les disques pour objectifs de lunettes astronomiques et les Manufactures de Saint-Gobain qui ont fourni les plus grands
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- miroirs de télescopes. C’est à ces deux maisons que se sont adressés les observatoires du monde entier pour l’élaboration des plus belles pièces d’optique, souvent parachevées par des artistes tels que les frères Henry.
- Nous ne citerons que trois exemples : à Paris, l’objectif astrophotographique de 1 m. 25 de diamètre, travaillé par M. P. Gautier; aux Etats-Unis, l’objectif de 1 m. 05 de l’observatoire de Chicago et le très grand miroir du grand télescope du Mont Wilson, pièce unique au monde, d’un diamètre de 2 m. 54 et d’un poids de 4500 kg. N’oublions pas enfin, pour clore cet aperçu, que c’est à l’Observatoire de Paris qu’est venu s’installer le professeur Ritchey pour tenter, avec la collaboration de M. Henri Chrétien, la réalisation d’ouvrages encore plus considérables, destinés à l’observatoire que la généreuse pensée de M. Dina fera naître sur le Mont Salève.
- C’est donc en France que la technologie de l’optique avait réalisé ses plus grands progrès. C’est aussi en France que des génies comme Descartes, Foucault, Fizeau, Fresnel, Sturm, Babinet, Cornu, Lippmann ont su faire fleurir les grandes disciplines de l’optique théorique. Je dis « fleurir », car ils savaient y mettre cette aimable philosophie tant enviée aux races latines. Et ces maîtres, dont les travaux classiques sont bien connus des lecteurs de cette Revue, ont passé le flambeau à leurs successeurs qui continuent dignement leur œuvre.
- Mais la liaison entre les savants et les techniciens n’était pas réalisée d’une manière méthodique. L’enseignement théorique était dispersé parmi les programmes de physique des Facultés et des grandes écoles ; l’enseignement pratique n’existait pas. Il fallait donc centraliser le haut enseignement, créer l’école pratique, établir la liaison entre la spéculation et la technique.
- Fig. 4. — En liaut à gauche :
- L’Ecole professionnelle et les apprentis au travail. (Photo Boyer.) A droite : Le colonel Dèvè expérimente une machine de sa conception. (Photo Henri Manuel.)
- En bas : Les chefs d’atelier contrôlent les travaux des apprentis. (Photo Boyer).
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- — A gauche :
- Un coin de la bibliothèque.
- L’atelier de mécanique.
- LES DEBUTS DE L’INSTITUT D’OPTIQUE
- Cette œuvre de longue haleine exigeait une atmosphère de paix pour son épanouissement. Elle fut cependant attaquée dès 1916
- par M. de Gramont qui venait, lui-même, de transformer sa station d’essais aérodynamiques en un laboratoire d’optique, flanqué d’un atelier de construction de haute précision, afin de répondre aux sévères problèmes posés par la guerre scientifique.
- Le 21 octobre 1916, devant M. Paul Painlevé, ministre de l’Instruction Publique et des Inventions intéressant la Défense Nationale, en présence des Ministres de la Guerre, de la Marine, du Commerce ainsi que du général Roques et de l’amiral Lacaze, M. de Gramont exposait son projet d’un Institut d’optique.
- Décision immédiate fut prise et une Commission interministérielle fut instituée sous la présidence du général Bourgeois“qui dirigeait lé Service géographique de l’armée et tenait entre ses mains toute l’industrie française de l’optique.
- Dès lors, l’Institut d’Optique était en puissance, il ne restait plus... qu’à réaliser ('j.
- Eiï 1919, l’Institut. d’Optique s’installe à Paris, dans l’ancien immeuble de l’Ecole de Génie maritime, et quelques mois après s’ouvrent les cours de l’École Supérieure d’Optique et le service de documentation.
- Le 10 août 1920, l’Institut d’Optique est reconnu d’utilité publique. L’Etat lui accorde, l’année suivante, sa première subvention et n’a jamais failli depuis à la renouveler.
- Le 1er janvier 1922, paraît le premier numéro de la Revue d’Optique Théoricfue et Instrumentale.
- En octobre 1922, l’enseignement pratique commence dans les ateliers de l’École professionnelle, bien vite trop exiguë.
- Enfin, en 1924, la Ville de Paris met à la disposition de l’Institut d’Optique le terrain remarquablement situé à l’angle du boulevard Pasteur et de la rue de Sèvres, errain auquel Mme Chagnet adjoint gracieusement une parcelle attenante.
- 1. Le pi’omotèur de l’idée, M. de Gramont, exposa ses vues dans La Nature, n° 2272, du 14 avril 1917.
- De très nombreux donateurs répondent généreusement à l’appel lancé par la Revue d’Optique. Celui qui donna l’exemple fut’M. Cor-bin, ainsi que les Établissements de Saint-Gobain et de Boussois dont le directeur, M. Georges Des-pret, fut toujours un précieux appui. Une aide importante est apportée par le peuple français lui-même par son unanime élan lors de la Journée Pasteur.
- Des États-Unis, les amis de la France et de la science apportent leur pierre à l’édifice.
- Et bientôt celui-ci fut construit.
- L'ORGANISATION ACTUELLE
- Jetons maintenant les regards sur la réalisation actuelle de l’Institut d’optique et sur son activité depuis sa récente fondation.
- L’Institut d’Optique est régi par un Conseil d’administration. Sa direction générale est assurée par la haute compétence de M. Charles Fabry, membre de l’Institut, professeur à la Faculté des Sciences et à l’Ecole Polytechnique.
- L'Ecole supérieure d’Optique décerne chaque année le diplôme d’ingénieur-opticien. Elle délivre également un certificat d’Optique appliquée, valable pour la licence ès sciences à Paris. Les études peuvent être réparties en une, deux ou trois années selon les possibilités des élèves. Le niveau des études exige les connaissances du programme de la classe de mathématiques spéciales ou du certificat de mathématiques générales. L’enseignement comprend principalement les cours suivants :
- Introduction générale à l'Etude de l'Optique, professé par M. Charles Fabry.
- Instruments d’Optique, par M. L. Dunoyer, professeur à la Faculté des Sciences.
- Calcul des Combinaisons Optiques, par M. H. Chrétien, astronome adjoint à l’observatoire de Nice.
- Optique Physiologique, par M. le D1' A.Polack, chef de service à la fondation ophtalmologique Ad. deRotschild.
- Chimie physique et chimie des verres d'optique, par M. Nicolardot, répétiteur à l’École Polytechnique, directeur du Bureau international de chimie analytique.
- Ces cours sont complétés par des conférences de MM. Cotton, Croze, Mouton, Yvon et par des travaux pratiques dans les laboratoires.
- Conjointement avec l’École supérieure d’Électricité est assuré un enseignement destiné à la formation des Ingénieurs de l’éclairage.
- L’École Supérieure d’Optique a déjà répandu son enseignement sur 179 élèves dont une quarantaine
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- d’étrangers de nationalités très diverses (américains, bulgares, chinois, chiliens, espagnols, grecs, hongrois, italiens, japonais, polonais, roumains, russes, suisses, tchéco-slovaques, yougo-slaves).
- L'Ecole professionnelle comporte l’enseignement du travail des verres d’optique, en trois années d’apprentissage après lesquelles un certificat de capacité professionnelle peut être délivré. Cet enseignement, donné par M. Laumailler secondé par MM. Bertin et Sergent, est d’un grand secours, tant pour les apprentis que pour l’industrie qui trouve là une source d’ouvriers d’art dont la formation lui serait impossible dans les circonstances actuelles. On se rendra compte de la valeur de cette formation en comparant la précision des usinages mécaniques, qui varie du dixième au centième de millimètre, avec l’extrême délicatesse des travaux d’optique, pour lesquels l’unité pratique est la « frange d’interférence » qui représente environ un quart de millième de millimètre et en songeant que l’on réalise fréquemment des surfaces planes au « quart de frange », c’est-à-dire à moins d’un dix-millième de millimètre près.
- Depuis l’origine, l’École professionnelle a fourni à l’industrie 26 ouvriers dont la plupart de premier ordre. L’Ecole professionnelle comporte en outre deux cours du soir : l’un destiné aux opticiens détaillants, professé par M. le Dr Haas, préparateur de travaux pratiques de physique à la Faculté de Médecine et de M. le Dr Joseph, ancien assistant d’ophtalmologie des hôpitaux de Paris; l’autre, à l’usage des contremaîtres et ouvriers, professé par M. Lucien Roux, ingénieur diplômé de l’Ecole supérieure d’Optique, préparateur à l’Institut d’optique. L’enseignement des cours du soir comprend une classe élémentaire et une classe supérieure. La première concerne l’optique géométrique élémentaire, la mesure des indices, des focales, la vérification des surfaces; la seconde s’élevant à l’étude des phénomènes d’interférence et de polarisation, la mesure de la biréfringence et les méthodes de taille des cristaux usités en optique.
- Ces leçons sont toujours accompagnées de manipulations pratiques dans les laboratoires.
- Les Laboratoires ont fait porter leur activité sur les branches les plus diverses de l’Optique.
- Rappelons qu’en dehors des recherches scientifiques, une part importante est réservée aux travaux de vérification et de mesure et que l’Institut d’optique a déjà répondu à de nombreuses consultations des constructeurs et des usagers d’instruments d’optique, des hommes de laboratoire et des services publics.
- Naturellement, l’Institut d’Optique ne doit pas intervenir industriellement et son activité, dans ce cas, se manifeste sous forme d’avis et de conseils élaborés sous le contrôle de M. Ch. Fabry.
- Nous passerons rapidement en vue les différentes espèces de travaux exécutés par ces laboratoires.
- Étude des substances.
- Mesure des pouvoirs d'absoption et de transmission, des densités photométriques, en lumière monochromatique, dans le spectre visible, l’infra-rouge, l’ultra-violet et le rayon X, par des procédés visuels et photographiques.
- ...... - :. —...... = Ut =
- Applications aux verres protecteurs et aux écrans pour studios de cinéma, photographie, radiographie, photothérapie, aux matières premières pour la lünetterie, les objectifs photographiques.
- Étude des substances d’usage courant telles que les verres, d’application toute récente, telles que le quartz fondu, ou même d’utilisation éventuelle comme pour l’orca, polymère de l’acroléine étudiée par MM. Moureu et Dufraisse. Les instruments employés pour ces recherches sont, principalement, le spectrophotomètre Yvon dans le spectre visible, le spectrographe de Féry et, pour l’ultra-violet, un appareil et une méthode mises au point par M. Fabry avec la collaboration de M. Lucien Roux.
- Etude des pouvoirs réflecteurs, appliquée aux glaces et miroirs paraboliques et Mangin en verre argenté, aux glaces platinées, aux prismes à réflexion, pentagonaux, aux surfaces métalliques. Ces mesures ont souvent donné lieu à l’obtention de spectrogrammes complets.
- Etude de la réfraction et de la dispersion par la mesure des indices, sur les verres d’optique le plus souvent, avec la précision d’une unité de la cinquième décimale, toutes les fois que l’homogénéité de l’échantillon le permet.
- Ces travaux se font à l’aide de sources au mercure, a l’hydrogène, à la vapeur de potassium dans l’arc, par les méthodes du minimum de déviation, de l’incidence rasante (perfectionnement de la. méthode de Pulfrich) ou enfin par le procédé par immersion deM. Fabry (*) si précieux pour l’industrie, car il permet la mesure sur des pièces d’optique finies sans aucune détérioration.
- Les mesures s’effectuent avec le goniomètre de Jobin et Yvon ou avec l’appareil de M. Roux, d’un emploi très rapide. Une méthode due à M. Jacques Barot a permis l’étude des grands moulages pour objectifs astronomiques en ne polissant que de petites facettes sur le bord de ceux-ci. Toutes les fois que ces mesures ont exigé la préparation de prismes échantillons, ceux-ci ont été exécutés par les élèves de l’École Professionnelle.
- 1. Journal de Physique, 1919, p. 11.
- Fig 6. — Une réunion du Conseil d’Administration.
- De gauche à droite : MM. Ch. Fabry, A. de Gramont, Colonel Ch. Dévé, A. Cotton, Courtier, Mouronval, Numa Parra, Arthur Lévy, Cousin, G. Guadet, Am. Jobin, F. Pellin, Jupeau, Appert.
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- Fig. 7. —L’initiateur de l’Institut d’Optique M. Armand de Gramont.
- Etudes de la biréfringence avec application aux recherches sur le recuit du verre et la photoélasticité (J). Un outillage spécial a été réalisé pour l’examen des grandes pièces commodément soutenues par une table tournante.
- Elude de la dilatation thermique et des déformations mécaniques particulièrement précieuses pour les constructeurs ayant à résoudre le problème de la fixation des pièces optiques ou de la soudure des verres de nature différente. Citons à ce propos les recherches de M. Ar-nulf pour le dénombrement et l’enregistrement photographique des anneaux de Newton.
- Mesure des densités, aussi bien sur les matières massives que sur les altérations superficielles des verres (2).
- Etude de Vhomogénéité par la méthode stéréoscopique de M. Arbert Arnulf.
- Études des formes et des surfaces.
- Etude de la Planéité. — Vérification des prismes, des plans étalons, des déformations des pièces d’optique par leur monture ou par les variations de température, comparaison des propriétés des étalons en verre et en quartz fondu (M. Arnulf).
- Mesure des rayons de courbure des lentilles, des miroirs, des calibres, par la méthode du dièdre de M. Ch. Fa-bry ou par la méthode mise au point par M. Arnulf,
- 1. M. H. Boissieu. Revue d’Optique, 1923, p. 107.
- 2. M P. Nicolardot, Revue d’Optique, 1924, p. 296.
- donnant une précision de l’ordre du micron pour des rayons inférieurs au décimètre. Un instrument utilisant la méthode de M. Arnulf a été construit par les élèves de l’école d’horlogerie de la Ville de Paris (rue Manin).
- Mesure des angles ,des prismes (et des déviations sur les équerres optiques de télémètre, sur les prototypes étalons de l’Institut d’Optique, au moyen du goniomètre Jobin et Yvon avec une approximation de 2 secondes d’arc. Mesure de la déviation minimum avec la même précision.
- Vérification du parallélisme par les méthodes interfé-rentielles, application aux miroirs de sextants (1).
- Vérification des graduations des instruments de géodésie, des goniomètres, des sextants, des règles et ver-niers. Détermination de la courbe d’excentricité.
- Etude des Imagos. — Contrôle de la correction des objectifs astronomiques, photographiques, microscopiques, des miroirs de télescopes, de phares. Application du procédé photographique de M. Jean Cojan à la méthode de M. Ritchey, permettant l’étude de la mesure du coma en dehors du spectre visible.
- Vérifications des instruments.
- Objectifs photographiques. — Mesure de la focale, de la courbure de champ, de l’astigmatisme et de la définition en différentes régions du champ, du chromatisme de grandeur et de position, de l’ouverture relative et de l’absorption dans les différentes parties du spectre.
- Jumelles et Lunettes. — Mesure de grossissement, de la grandeur et de la position des pupilles, vérification du parallélisme des axes optiques (2). Vérification des graduations de l’échelle des lunettes à grossissement variable.
- Instruments de laboratoires. — Etalonnage et vérification des instruments utilisés par les services de l’Etat (Répression des Fraudes).
- Instruments de Navigation. — Vérification optique et mécanique de tous les sextants fournis à la Marine Nationale, au moyen notamment de l’appareil de M. Ed. Bouty.
- Photométrie instrumentale. — Sur les appareils complets ou sur leurs éléments séparés (3).
- Lunetterie. — Mesure de la distance focale vraie par la méthode Cornu, de la distance frontale des ménisques. Recherche du centre optique et des axes ; mesure de l’astigmatisme.
- Etudes et travaux sur les tolérances admissibles en ophtalmologie, sur l’équivalence des verres cylindro-phériques et bicylindriques, sur la définition de la puissance des verres. Unification de la terminologie de l’optique médicale.
- Études diverses.
- Recherches sur la réflexion diffuse des verres dépolis, etc.
- Essais de mesure de la nuance des tissus. Etudes sur
- 1. M. Ch. Fabry : Les Applications des Interférences Lumineuses ; publication de la Revue d’Optique.
- 2. M. J. Raibaud. Revue d’Optique, 1922, p. 481.
- 3. M. J. Barot. Revue d’Optique, 1924, p. 459.
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- le rayonnement des sources diverses; arc au feu, au mercure, au carbone, comparaison de l’ultra-violet solaire à celui des autres sources, notamment des lampes à incandescence.
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- Les Services bibliographiques comprennent une bibliothèque, un service de recherches, une librairie et un service d’édition.
- La bibliothèque occupe une salle de travail à laquelle est jointe une salle des collections déjà riche en volumes et périodiques (fig. 5).
- La librairie, ouverte sur la rue de Sèvres, met en vente les publications concernant l’optique et d’une façon générale toutes les publications scientifiques qu’on ne manquera pas de lui demander quand on saura que le produit de cette vente est consacré à l’édition de travaux d’un haut intérêt scientifique dont la vente est trop limitée pour couvrir les frais d’impression. Plusieurs ouvrages sont sous presse et une traduction d’ouvrage étranger par le colonel Benoit est déjà parue ainsi que les cours autographiés destinés à faciliter le travail des étudiants.
- Mais l’œuvre la plus importante du service d'édition
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- est certainement : la Revue d'Optique théorique et instrumentale qui en est à sa septième année d’existence et qui enregistre et fait connaître mensuellement les progrès de l’optique en France, tant au point de vue industriel que scientifique. Son programme comporte des articles de fond du niveau le plus élevé, une bibliographie, des analyses de brevets, des informations et une rubrique de « présentation d’appareils » qui permet aux constructeurs de tenir le public au courant de leurs récentes productions. Citons aussi la publication des thèses et travaux des étudiants. La Revue d'Optique a rapidement diffusé la pensée des travailleurs dans les milieux scientifiques et industriels, dans les universités de France et de la plupart des pays étrangers.
- Rappelons que les services bibliographiques puisent leur vitalité dans le dévouement persévérant de M. Guadet.
- Disons enfin un mot de l’immeuble dessiné avec une imposante sobriété par MM. Hennequins père et fils, et dont les fenêtres s’ouvrent sur des perspectives propices aux longues visées. De vastes terrasses aménagées pour l’essai des instruments sont dominées par une coupole d’observatoire. Derrière l’une des ailes est réservé l’emplacement d’un grand amphithéâtre. P. Mabboux.
- LE MIEL ARTIFICIEL OU SUCRE INTERVERTI
- Le miel naturel, produit par les abeilles, est une substance demi-fluide, visqueuse et transparente lorsqu’elle sort des alvéoles de cire qui la contiennent dans les ruches, mais elle se prend rapidement en masse, et acquiert, par suite de la cristallisation du glucose, une consistance grenue.
- Il est formé de saccharose (environ 30 pour 100), de glucose (65 pour 100 environ) , d’albumine en petite quantité, et d’acides organiques divers. Il contient, en outre, en proportions variables, des éthers qui lui donnent sa saveur et son odeur.
- C’est un produit facilement fermentescible, surtout s’il contient des fragments d’abeilles ou d’insectes morts, comme cela se produit quelquefois dans les ruches.
- Les principaux constituants du miel : saccharose et glucose, sont des sucres.
- LES PROPRIÉTÉS DES SUCRES
- Au point de vue chimique, ce sont des hydrates de carbone, c’est-à-dire des combinaisons du carbone avec l’eau. Ce sont également des alcools : alcools polyatomiques renfermant 12 atomes de carbone ou un certain nombre de fois ces 12 atomes. En effet, ils sont caractérisés chimiquement par la présence du radical (CHOH), qui représente la fonction alcool.
- Les sçaractères généraux des sucres sont les suivants :
- Ils $ont solubles dans l’eau en quantités variables suivant leur nature et la température de dissolution.
- La plupart d’entre eux, mais pas tous, cristallisent par le refroidissement ou le repos. Tous possèdent une saveur particulière, douce et agréable, la saveur dite précisément àucrée.
- Sous l’action des ferments et des levures, les sucres subissent une fermentation, toujours accompagnée d’une production d’alcool et d’un dégagement de gaz carbonique.
- Enfin les sucres ont la propriété de dévier le plan de polarisation de la lumière. Il est ainsi facile de les différencier et de les reconnaître.
- Rappelons brièvement en quoi consiste le phénomène de la polarisation de la lumière.
- Certains corps, comme le spath d’Islande, le quartz, la tourmaline, possèdent des propriétés optiques particulières, différentes de celles du verre ordinaire, par exemple. Ils sont biréfringents, c’est-à-dire qu’ils font subir aux rayons lumineux qui tombent sur leur surface dans certaines conditions, une double réfraction.
- Considérons la section principale S d’un cristal de
- Fig. 1. — Mise en évidence de la polarisation de la lumière ayant subi la double réfraction h travers un cristal de spath.
- Polariseur
- Analyseur
- irirk
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- spath. (On appelle section principale le plan normal à la face d’incidence de la lumière, qui passe par F axe principal.) (fig. 1). '
- Si l’on fait tomber sur l’une des faces du spath un faisceau de rayons lumineux L, celui-ci se divise en deux faisceaux d’intensité égale, dont l’un suit les lois de la réfraction, et se trouve dévié en F, c’est lè faisceau ordinaire, tandis que l’autre, appelé faisceau extraordinaire, est dévié en.F', tout en restant dans le plan de la sectioh principale. Chacun de ces deux faisceaux réfractés donne une image, le premier l’image ordinaire, le second l’image extraordinaire.
- Arrêtons la marche du faisceau extraordinaire par un moyen quelconque, l’interposition d’un écran opaque O, par exemple, et recevons le'faisceau ordinaire sur un second spath identique au premier et disposé de la même façon. Il y subira, de même, la double réfraction en deux faisceaux égaux en intensité, l’un ordinaire Fi; l’autre extraordinaire F/.
- Fig. 2. — Cuve où s effectue le dédoublement du sucre en dextrose et lévulose par chauffage en présence d’acide.
- Si ces deux nouveaux faisceaux étaient dus à la lumière natui-elle, les deux images qu’ils donnent seraient identiques en intensité, quelle que soit la position du second spath. Or, on constate, au contraire par l’expérience, que cette intensité varie considérablement avec les positions respectives des deux cristaux S et S', de telle sorte que, .si en faisant tourner la section principale S’, tout en laissant S fixe, on l’amène peu à peu à être perpendiculaire à cette dernière, l’image extraodinaire augmente progressivement d’intensité jusqu’à un maximum, tandis que l’image ordinaire se comporte de façon absolument inverse.
- La lumière qui a traversé le spath S n’est donc plus de la lumière naturelle, elle a subi une modification. On l’appelle lumière polarisée.
- On supposait, en effet autrefois, que les molécules lumineuses, dans ce phénomène, prenaient des pôles, à la façon d’aimants, et s’orientaient toutes dans le même sens:
- Le plan de polarisation est le plan qui contient en
- même temps le faisceau lumineux et la section principale du cristal lorsque l’intensité de l’image ordinaire est maxima.
- On donne le nom de polariseur au cristal S tandis que le cristal S' s’appelle analyseur.
- Au point de vue de leur action sur la lumière polarisée, les sucres se divisent en deux grandes classes :
- Les sucres dextrogyres, qui dévient à droite le plan de polarisation;
- Les sucres lévogyres, qui le dévient à gauche.
- Il existe une assez grande quantité de sucres, mais les principaux sont : tout d’abord le sucre cristallisable ou saccharose, celui que nous avons l’habitude de consommer, et qu’on appelle aussi sucre de canne.
- Ensuite on en trouve toute une série que l’on englobe généralement sous le nom de glucoses.
- Ce sont : le lévulose ou fructose, qui se trouve dans presque tous les fruits, et souvent associé au dextrose. Ce sucre tire son nom de la propriété qu’il possède de dévier à gauche le plan de polarisation. Appelé également sucre de fruits, il existe également dans le miel.
- Le dextrose, plus connu sous le nom de glucose, est dextrogyre, d’où son nom. Il se rencontre surtout dans les raisins, et quelquefois en même temps que le précédent. On l’appelle quelquefois pour cette raison sucre de raisin. Il se trouve encore dans le miel, où il a été découvert par Lowitz en 1792. Proust l’a rencontré dans un grand nombre de fruits. Il se produit, en particulier, par interversion du sucre de canne et on peut l’obtenir artificiellement par l’action des acides sur la fécule, l’amidon, etc.
- Enfin il existe un sucre formé par parties égales des deux précédents, et qui constitue le sucre incristallisable ou sucre interverti. On le rencontre dans la nature, où il résulte, dans les plantes, de l’action d’un ferment spécial, Vinver-tine. Mais on l’obtient artificiellement en faisant agir un acide sur le sucre cristallisable ou saccharose. En effet, sous l’action des agents d’hydratation : acides étendus, par exemple, le saccharose se dédouble en une molécule de glucose droit et une molécule de fructose gauche. Dubrunfaut, en effet, a montré que la nouvelle substance résultant de l’action des acides étendus sur le saccharose était formée par parties égales de dextrose et de lévulose.
- Cette nouvelle substance est le sucre interverti ou miel artificiel :
- C12H22On -f- FI2 O — CGH12Oc -F C° H1206
- Saccharose Dextrose Lévulose
- Mais comme le pouvoir rotatoire à gauche du lévulose est plus considérable que celui à droite du dextrose, le sucre interverti, mélange de ces deux sucres, a lui-même un pouvoir rotatoire gauche équivalant, à la température ordinaire, à environ un tiers de celui du sucre cristallisable qui, lui, dévie à droite.
- Le miel naturel contient du dextrose, du lévulose, en même temps que du sucre interverti.
- FABRICATION DU SUCRE INTERVERTI
- La fabrication du sucre interverti ou miel artificiel consiste à provoquer par la chaleur, en présence d’un acide,
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- le dédoublement du sucre en dextrose et lévulose, par la fixation d’une molécule d’eau.
- Un générateur envoie, par une tuyauterie appropriée, de la vapeur sous 3 atmosphères environ, à l’intérieur de la double paroi d’une cuve en cuivre ou en acier, dont la face interne de la paroi intérieure est soigneusement étamée, pour éviter l’attaque par l’acide.
- Cette cuve, cylindrique, possède un fond concave qui en facilite la vidange et le nettoyage.
- A l’intérieur, un agitateur mécanique à palettes (fig. 2) brasse la matière pour rendre très uniforme l’action de la chaleur et de l’acide sur le sucre.
- On verse dans la cuve une quantité suffisante de sucre (1 tonne 1/2 environ, ou plus, suivant sa capacité) et l’on fait agir la vapeur. Le sucre fond sous l’action de la chaleur, et lorsque toute la masse est fondue, on ajoute l’acide (sulfurique ou chlorhydrique suivant les installations) et l’on met les palettes en mouvement.
- La quantité d’acide à ajouter est très faible, car cette addition n’a pour but que d’activer l’interversion produite naturellement par la chaleur, à 95° environ. L’opération est achevée en 3/4 d’heure environ.
- Pour suivre la marche de l’opération on prélève, de temps en temps, dans la cuve une petite quantité de matière et, après l’avoir laissée refroidir, on l’examine au polarimètre. Lorsque la déviation voulue est obtenue, on arrête le chauffage et le brassage. Le sucre est alors totalement interverti. Il ne doit pas renfermer plus de 20 pour 100 de sucre interverti, ni plus de 0,5 pour 100 de matières minérales.
- C’est uniquement par l’observation des variations du pouvoir rotatoire de la masse que l’on suit la fabrication et qu’on peut l’arrêter en temps voulu.
- On vide la cuve par un robinet inférieur dans des récipients métalliques (fig. 3) que l’on peut suspendre à un rail aérien permettant de les amener au-dessus d’un grand bac plein d’eau maintenue froide par circulation continue, dans lequel on les plonge (fig. 4).
- Le refroidissement est achevé au bout de 24 heures. A ce moment la masse contenue dans les récipients ne marque plus que 15 à 16° C. On la met en fûts (dans des fûts ordinaires en bois), où, en achevant de se refroidir, elle prend de la consistance. Pour activer la prise, on ajoute une petite quantité de sucre interverti d’une préparation précédente.
- Le miel artificiel, au contraire du miel naturel, n’est pas fermentescible. Il peut, en raison de cette propriété, être conservé plusieurs années, sans perdre ses qualités ni se décomposer.
- Il a exactement l’aspect, la consistance et la couleur du miel naturel. Il en a aussi le goût et l’odeur.
- Susceptible d’être parfumé, pour son emploi, avec des essences spéciales, on peut lui donner le parfum et l’arome exigés par le client.
- Ce produit, que l’on pouvait vendre autrefois sous le nom que nous lui donnons ici de miel artificiel, ne peut plus l’être actuellement, que sous la dénomination de « sucre interverti ».
- La loi du 1er août 1905 dit, en effet : « La dénomination « miel » s’applique exclusivement au miel produit
- Lig. 3. — Après achèvement de l’interversion, le contenu de la cuve est versé dans des bidons.
- par les abeilles. Toutefois lorsque, pendant la période normale de production du miel, les abeilles ont été nourries à l’aide de sucre ou de substances sucrées autres que le miel, le produit ne peut être désigné que sous la dénomination de « miel de sucre ».
- « La dénomination « miel » ne peut être employée pour désigner un miel caramélisé par chauffage ou contenant plus de 20 pour 100 de sucre.
- « Le miel naturel ne peut être coloi'é artificiellement ».
- Aux termes de la loi du 15 juillet 1921, le produit naturel des abeilles peut, seul, être désigné sous le nom de miel; l’expression « miel de fantaisie » ou toute application similaire est interdite.
- Aussi, ne vend-on pas du miel artificiel, mais seulement du sucre interverti.
- Les photographies qui illustrent cet article ont été prises dans l’usine de Mme Vve Ferey, au Havre, que nous remercions de son obligeance.
- Georges Gallois.
- Fig. 4. — La fabrication s’achève par le refroidissement des bidons remplis de sucre interverti.
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- ,,é = LE TÉLÉPHONE AUTOMATIQUE A PARIS
- LA FABRICATION DU MATÉRIEL
- Le travail se poursuit méthodiquement et activement dans les vastes ateliers d’où sortiront prochainement les niécanismes nécessaires pour l’équipement du premier bureau central dePa-ris en automatique.
- C’est en effet en 1928 que sera inauguré le central « Carnot », dont l’immeuble s’élève déjà rue Guyot, prêt à recevoir au fur et à mesure de l’achèvement de leur fabrication les baies de chercheurs, de sélecteurs, d’enregistreurs et de çom-bineurs qui rempliront la tâche dés téléphonistes actuelles pour 6000 abonnés de ce bureau.
- La Nature (*) et de nombreuses autres revues ont déjà publié des études techniques ou vulgarisées sur le fonctionnement du téléphone automatique système Rotary, adopté par l’Administration française pour l’équipement du réseau parisien. Et l’accomplissement de la besogne des demoiselles du téléphone, par ces petits mécanismes multiples et précis, que l’on appelle des chercheurs, des enregistreurs, des sélecteurs et des combi-neurs, est aujourd’hui connu de tous ceux qui s’intéressent au grand problème de la téléphonie, par be-1. Voir n» 2762, l" juin 1927.
- Fig. 1. — Baies de sélecteurs.
- soin, par goût ou même par simple curiosité scientifique. Mais il n’en est sans doute pas ainsi du travail d’usine qui permet de construire ces différents organes, à partir de matières premières variées, jusqu’à la mise au point finale. Et il semble intéressant, par une visite rapide à travers les ateliers de fabrication, d’embrasser les principales phases de cette industrie dont la première qualité est obligatoirement la précision.
- Avant de pénétrer dans les usines, considérons un instant le bâtiment de la rue Guyot afin de nous faire une idée exacte de ce que représente en chiffres l’équipement du central Carnot destiné à assurer le service de 6000 abonnés.
- Le nombre des appareils nécessaires à l’équipement du central est imposé par l’importance du trafic et seule une étude approfondie de ce trafic peut révéler le maximum des appels à l’heure la plus chargée de la journée, et, par conséquent, le minimum d’appareils indispensable. Ainsi, les études faites sur lè central Carnot ont conduit les ingénieurs, en . vue d’assurer aux 10 000 abonnés futurs un service irréprochable, à prévoir les nombres
- de mécanismes suivants :
- Appareils principaux :
- Chercheurs.................... 3 500
- Sélecteurs.................... 5 400
- Combineurs.................... 5 600
- Appareils accessoires :
- Relais....................... 66 500
- Clés, jacks, fiches.......... 45 000
- Bobines diverses, etc. . . . 60 000
- L’ensemble de ces appareils représente environ 5000 sortes de pièces détachées différentes, dont la fabrication exige environ 35 000 sortes d’opérations différentes. -
- Le poids des matières premières nécessaires pour la fabrication de ces appareils est d’environ 150 tonnes, sans tenir compte des charpentes métalliques destinées à constituer les baies qui supportent ces appareils. Ces matières premières sont très diverses. Ce sont des aciers de toute sorte, des fontes, des fers doux, des bronzes et laitons divers, du maillechort, dé l’aluminium, des métaux précieux, or, argent, platine, des matières isolantes diverses, bakélite, ébonite, papier, - papiers huilés ou imprégnés, de la fibre, du coton, de la soie, du caoutchouc, de l’ivoire, des bois de toutes espèces, du mica, du feutre, du cuir, de la paraffine, de la cire, des vernis, etc.
- Le poids des matières premières et leur diversité suffiraient déjà à donner une idée de l’importance des usines de fabrication, mais il n’est pas inutile de fournir quelques précisions numériques.
- La' Société « Le Matériel Téléphonique » qui effectue ces travaux représente actuellement un ensemble dont les moyens de production s’étendent sur quatre usines.
- L’üsine de l’avenue de Breteuil est occupée par les services d’études et par le montage et les essais des
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- baies automatiques. La superficie totale de ses ateliers et de ses bureaux atteint 8000 m. carrés et son effectif est d’environ 1300 ouvriers.
- L’usine de Boulogne-Sèvres, la plus récente et la plus importante, est encore en cours d’extension. Elle est affectée à la fabrication des mécanismes de téléphonie automatique, des appareils d’abonnés et des câbles. La superficie totale du terrain est de plus de 20 000 m2 sur lesquels s’élèvent 7 bâtiments neufs. L’effectif atteint près de 3500 ouvriers et employés.
- L’usine dite de Boulogne-Est est une annexe provisoire installée pour la fabrication des bobines de charge et de l’outillage. Son effectif est de 484 ouvriers et employés et sa superficie d’environ 100 m2, comprenant un bâtiment en béton armé de trois étages. L’usine dite de Boulogne-Brégère-Couchot, enfin, constitue elle aussi une annexe provisoire aménagée en vue de fabriquer des commutateurs manuels et d’assembler des postes d’abonnés. Elle occupe 273 ouvriers et ouvrières et sa superficie de 2500 m2 est répartie entrois bâtiments.
- FABRICATION DU MATÉRIEL TÉLÉPHONIQUE AUTOMATIQUE
- Ainsi que nous venons de le voir dans cette brève énumération, deux grandes phases précèdent l’équipement définitif d’un bureau central : les divers appareils sont fabriqués et essayés isolément à l’usine de Boulogne-Sèvres ; ils sont ensuite, à l’usine de l’avenue de Breteuil, groupés et montés sur les cadres métalliques
- Fig. 4. — Baies de combineurs et relais !pour circuits de sélecteur final.
- Fig. 3. — Câblage d'une baie combinée d'enregistreurs. Vue arrière.
- pour constituer les baies ; celles-ci subissent alors tous les essais désirables, puis sont dirigées vers le bureau central auquel elles sont destinées et là ont lieu successivement les travaux d’installation que comporte l’équipement du central.
- FABRICATION DES APPAREILS A L'USINE DE BOULOGNE-SEVRES
- Cette fabrication est faite dans un vaste bâtiment de six étages, en ciment armé.
- Les différents ateliers sont disposés de telle sorte que l’acheminement du matériel se fasse toujours dans le même sens, évitant les retours en arrière pendant les phases successives de l’usinage depuis le stockage et le débitage des matières premières, au sous-sol, jusqu’à l’assemblage des appareils, au 4e étage.
- Les étages supérieurs sont occupés par les services administratifs, les bureaux d’études et de dessins, les laboratoires. *
- Au rez-de-chaussée se fait la réception des matières premières et des matériaux ou pièces détachées, fabriqués à l’extérieur de l’usine tels que fils émaillés, pièces en bakélite moulée, etc. Ces matières premières sont contrôlées en quantité, puis en qualité, très soigneusement. Les qualités exigées des matières premières sont déterminées à l’avancé par les services d’études; leurs spécifications, portées à la connaissance des fournisseurs,
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- Fig. 5 — Baies d interrupteurs d’alarme à temps.
- ont servi de base aux marchés. Des essais mécaniques, physico-chimiques, électriques sont prescrits en vue de sélectionner très rigoureusement les seules matières convenables pour le fonctionnement futur des appareils. Les laboratoires de l'usiné permettent d’effectuer tous les essais nécessaires. Ils sont dotés d’appareils très modernes pour les analyses chimiques, l’étude micrographique des métaux, divers essais aux machines de traction et d’emboutissage, vieillissement des corps organiques à la lumière ultra-violette, etc.
- Après réception, l’emmagasinage des matières premières est fait avec un ordre minutieux ; une comptabilité rigoureuse en est tenue poiir1 assurer la marche régulière de la production en série.
- Au rez-de-chaussée sont également faites les premières opérations d’usinage, découpage, poinçonnage, emboutissage, cambrage, à l’aide dè presses de modèles divers, depuis la petite presse à pédale jusqu’aux grosses presses capables de donner une pression de 160 tonnes. Ces machines utilisent des outils perfectionnés, minutieusement étudiés, très soigneusement construits, qui permettent d’obtenir, à une cadence de 100 à la minute, des pièces sur les dimensions desquelles est accordée à peine une tolérance de l’ordre du centième de millimètre, ceci en vue de permettre l’interchangeabilité des pièces et la suppression absolue de toute retouche ou ajustage au moment de l’assemblage.
- Un atelier très important par sa fonction est celui des fours à recuire les fers destinés à la fabrication des électro-aimants de façon générale et en particulier des
- Fis. G. — Pose des sélecteurs sur une baie.
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- Fig. 7. — Soudage du câble ruban d’une baie de sélecteurs.
- relais. On sait que les propriétés .magnétiques du fer dépendent directement de sa structure physico-chimique. Si les fers ne sont pas traités à une température exactement déterminée, leurs propriétés ne correspondent pas à celles qu’exigent des relais dont le fonctionnement est extrêmement délicat, tant au point de vue des temps de fonctionnement, qu’au point de vue des pressions à exercer entre lés divers contacts. Le recuit s’opère dans des pots spéciaux, à l’intérieur de fours à. gaz contrôlés par des appareils de mesure très sensibles qui enregistrent leur marche. •
- Dans les diffrents étages se succèdent les ateliers de décolletage avec leurs tours automatiques, de perçage, de fraisage, de taraudage, etc.
- Lorsque les opérations mécaniques sont terminées, les pièces arrivent aux ateliers de finissage où elles sont nettoyées chimiquement ou décapées au jet de sable, polies s’il y a lieu, et où elles reçoivent divers revêtements galvanoplastiques, zinc, nickel, cuivre, destinés à les protéger. D’autres pièces sont vernies au pistolet et présentent un fini irréprochable.
- Ces pièces détachées ainsi finies sont stockées provisoirement dans un magasin qui sert de régulateur dans l’approvisionnement des ateliers d’assemblage. Un chercheur par exemple comporte 975 pièces différentes. Si l’une de ces pièces manque, il n’est pas possible de faire Un chercheur. Si l’on songe que la production actuelle de l’usine est d’environ 100 chercheurs par jour, on voit la nécessité d’assurer un approvisionnement très régulier en pièces détachées.
- Dans les ateliers de montage, un grand nombre d’ouvrières assemblent les pièces détachées, pour en
- Fig. 8. — Les essais de baies combinées de circuits de connexion.
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- faire d’abord des organes partiels, puis enfin les appareils complets. Ces appareils doivent ensuite être minutieusement réglés mécaniquement et électriquement à l’aide d’outils et de montages spéciaux.
- Les appareils sont soumis ensuite à des essais divers allant de simples mesures électriques d’isolement à des essais complexes de fonctionnement électro-mécanique, en vue de n’expédier à l’usine de montage que des organes capables de remplir les fonctions délicates pour lesquelles ils ont été prévus.
- Dans un autre bâtiment sont fabriqués les câbles sous papier, sous soie, sous coton qui, gainés de plomb, serviront à relier entre eux lesjlifferents bureaux centraux.
- Des métiers spéciaux enrobent dans un tissu de soie
- Fig. 9. — Un tableau d’essai.
- les nappes de fils qui multiplieront les appareils montés sur les baies, d’où le nom de câble-ruban donné à cet ensemble de fils.
- La force nécessaire à l’usine de Boulogne-Sèvres est assurée par unej centrale thermique où deux chaudières de 260 m2 de surface de chauffe (sur six prévues) alimentent de vapeur à 15 kg deux machines alternatives de 200 kilowatts et deux turbines de 750 kilowatts.
- MONTAGE DES BAIES A L'USINE DE BRETEUIL
- Ou appelle baies des bâtis métalliques d’environ 3 m. 50 de hauteur et dont la largeur varie de 25 à 87 cm suivant les types.
- Sur ces bâtis seront fixés les appareils ainsi que les organes chargés de leur transmettre mécaniquement le mouvement.
- Ces bâtis sont fabriqués dans l’atelier de serrurerie situé au rez-de-chaussée. Les fers sont débités, fraisés, assemblés, percés à l’aide de machines modernes, puissantes et rapides. Les arbres de transmission, les paliers et engrenages qui serviront à commander les appareils sont placés sur ces bâtis. Après peinture, ces bâtis sont envoyés à l’atelier d’équipement et de soudage.
- Les baies de faible largeur, baies de sélecteurs ou de chercheurs, sont transportées au premier étage par un monte-charge spécial. Là, couchées sur des berceaux spéciaux, elles reçoivent les appareils qui doivent les équiper. Les connexions nécessaires sont établies en plaçant et soudant les faisceaux de câbles ou « formes « préparés à l’avance dans un atelier spécial, suivant les dessins des ingénieurs, et qui, après fabrication, ont subi une imprégnation à la paraffine destinée à protéger et à parfaire leur isolement. Le multiplage est fait par soudage du câble-ruban aux broches des différents appareils..Ce câble a été préparé à l’avance, torsadé et les fils mis à nu aux places convenables à l’aide de montages spéciaux.
- Pour les baies de grande largeur, baies « combinées » la manutention est réduite au strict minimum, étant donné leur poids élevé de (500 à 700 kg) et le soin que demandent les appareils délicats qu’elles comportent.
- Aussi les appareils, au lieu d’être assemblés directement sur la baie, sont groupés par « unité de circuit » sur des bâtis de faibles dimensions ou « plaques de montage », connectés par soudage de formes de câbles appropriées. Une baie combinée comprend en général 45 de ces « unités de circuit » qui sont montées sur la baie après avoir été équipées séparément.
- Le travail de soudage est très minutieux. Il est fait en général par des femmes, à l’aide de fers à souder électriques.
- Les baies équipées et soudées sont transportées à l’aide de chariots spéciaux vers les bâtis d’essai. Elles sont fixées sur des charpentes métalliques analogues à celles qui les supporteront dans les bureaux centraux. Les appareils sont soumis à divers essais de fonctionnement par lesquels on s’assure qu’ils accomplissent correctement, dans le temps voulu, et avec la précision requise, toutes les combinaisons de mouvements dont ils seront chargés dans le bureau central, et que les relations entre les différents appareils sont bien établies par les différents organes de connexion mécanique ou électro-mécanique.
- Lorsque les baies ont satisfait à ces essais très sévères, elles sont transportées à l’atelier d’emballage et mises soigneusement dans des caisses spéciales qui leur permettront d’être acheminées vers le bureau c'entral sans que les chocs du transport viennent dérégler tous ces appareils si minutieusement ajustés.
- Ces explications rapides suffisent, nous l’espérons, à montrer quel minutieux (travail exige l’équipement d’un bureau téléphonique automatique. Il faut, en effet, atteindre la perfection dans l’exécution mécanique, pour être assuré que les délicats appareils qui remplaceront nos aimables "opératrices, s’acquitteront de leur tâche sans défaillance. R. Villebs.
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- COMMENT SE FAISAIT AUTREFOIS L'ANALYSE
- DU LAIT
- Dans un réeentiiuméro (*), La Nature a décrit la technique moderne d’une analyse de lait, telle qu’elle est suivie dans les laboratoires spécialisés. La lecture de cet article m’a donné l’idée de lui opposer, à titre de curiosité scientifique, les méthodes qu’employaient nos devanciers pour faire cette analyse.
- J’envisagerai simplement le xvme siècle, époque au début de laquelle on trouve mentionnnés des résultats d’analyses, exécutées par ces
- Gens macérés dans l’eau de pluie Flairant de loin l’odeur de suie Flambés, roussis ou rissolés Et par leur fumée aveuglés, (Becher)
- qui sont les chimistes d’alors.
- Nous sommes à l’aurore de la chimie, débarrassée, sous l’influence de Paracelse, de le Fèvre, et de Nicolas Lémery, de cette empreinte de quasi-sorcellerie imputable aux alchimistes, et orientée vers un horizon plus scientifique par l’Académie Royale des Sciences qui vient de se fonder (1666).
- Du reste, les alchimistes étaient bien trop occupés à la recherche de la pierre philosophale : « élixir des sages », pour s’adonner à l’étude du lait; il faut arriver en 1712, le grand Lémery est encore vivant, pour trouver dans les mémoires de l’Académie une communication de Hombert, qui relate ses travaux analytiques sur le sang, la sueur, l’urine, le lait et.... les vipères :
- « J’ai fait, dit-il, l’analyse de trois sortes de lait, savoir : du lait de vache, de chèvre et d’ânesse. »
- Son analyse réside en une distillation du lait dans le but d’en séparer les cinq éléments qui, croyait-on, composaient les mixtes (composés), c’est-à-dire l’eau ou phlegme, l’esprit, l’huile, le sel et la terre. C’est l’analyse par le feu alors considéré comme l’agent universel.
- Hombert constate que le lait lui a donné à la distillation plus d’acide (?) que le sang, et pas du tout de sel volatil concret. Il en déduit que le lait n’est pas une vraie partie de l’animal, mais le suc des herbes que les animaux ont mangées.
- Comme conclusion à ses recherches, voici une méthode de dosage, par le feu, de la matière grasse et de la caséine :
- « Comme le fromage frais mis sur le feu donne toujours une odeur fade et désagréable, le lait qui en contient le plus, savoir celui d’ânesse, sentira le plus mauvais sur le feu ; au contraire, le beurre frais ou la crème, exposé sur un feu modéré donne une odeur qui approche celle d’un gâteau, qui est ordinairement pétri avec du beurre frais. Ainsi le lait qui contiendra assez de crème, pour couvrir entièrement l’odeur de matière caséeuse, comme sont les laits de chèvre et de vache, ne doit sentir sur un feu médiocre que la friture de beurre frais ou le gâteau un peu rôti. »
- Voilà une analyse olfactive assez singulière!
- Hombert mourut en 1715 après avoir publié de nom-
- 1. La Nature, 15 octobre 1927. L’analyse des laits au Laboratoire Municipal de Paris.
- Fig. 1. — « Chymiste » faisant la distillation ou l'analyse par le feu.
- breux mémoires dans lesquels il signale, soit ses propres travaux, soit ceux d’autres chimistes ; de plus,? il voyageait beaucoup, aussi peut-on supposer que nous sommes renseignés par lui d’une façon complète sur la chimie du lait à cette époque. . -
- En 1732, Geoffroy publie un mémoire sur « L'examen chimique des chaires des animaux, ou de quelques-unes de leurs parties » ; « j’ai aussi examiné le petit lait » dit-il. Son examen est intéressant, car, pour la première fois, nous y voyons intervenir la notion «poids ». Geoffroy signale qu’il a pris 12 livres pesant de lait récent, mais son analyse consiste encore en une distillation. '
- Vers la même époque, Frédéric Hoffmann signale que 12 onces de lait de vache épuisé « de sa partie afjueuse par évaporation clonnent l once 5 gros de matièreqaunâtre, concrète, sèche et pulvérulente, et qui, lessivée avec de l’eau bouillante, perd un gros 1/2- ». Rapportés aux mesures actuelles, ces résultats correspondent à 135 gr. d’extrait pour 1000 gr. de lait; c’est un taux voisin de celui que l’on trouve aujourd’hui pour un lait très riche.
- Fig. 2. — Un laboratoire.
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- Dans le Journal de Médecine, Rouelle expose en 1773 le résultat de ses expériences sur le lait; c’est surtout le sucre de lait qui retient son attention, bien que mentionné dès 16 L9 par Bertholdi. Les expériences de Rouelle sont vivement critiquées, à la même époque par Baumé, dans les Eléments de Pharmacie, à telle point que Mac-quer déplore en 1778 que les deux « plus habiles chy-mistes » de son temps ne soient jamais du même avis; aussi croit-il nécessaire de donner dans son Dictionnaire de CJrymie la composition qualitative du lait. La voici :
- « Cette liqueur est un mélange d’une partie entièrement huileuse, non combinée, de la nature des huiles douces, non volatiles et grasses, qui est le beurre; d’une partie terreuse contenant de l’huile combinée, à peu près dans l’état de lymphe animale, coagulable ou coagulée, c’est le fromage, et d’une partie aqueuse ou séreuse, qui tient en dissolution différents sels avec une substance savonneuse, qui contient aussi une huile combinée de la même nature et dans le même état que celle des sucs sucrés, c’est la sérosité du lait : le petit-lait. »
- Mais, la chimie du lait reste stationnaire, ce qui faisait dire à Vénel, médecin du roi en 1774, qu’il n’y a aucun examen sérieux du lait et que « cet examen bien fait serait un travail tout neuf! »
- Nous atteignons 1780; la Faculté de Médecine a mis l’emprise sur le lait; c’est un aliment médicamenteux, ses propriétés physiques surtout et ses usages en thérapeutique sont particulièrement étudiés. Le lait n’est alors qu’un adoucissant, c’est-à-dire une combinaison des « in-crasans», médicaments qui épaississent les humeurs, avec des « délayans », médicaments qui au contraire leur donnent de la sérosité.
- L’usage du lait est réglé d’après les principes d’Hippocrate renfermés dans l’aphorisme suivant : « R est mal de donner du lait à ceux qui souffrent des douleurs de tête, il est mal d’en donner aussi à ceux qui ont les hypo-condres bouffis, à ceux qui rendent des déjections bilieuses, à ceux qui ont la fièvre, à ceux qui sont tourmentés de la soif, à ceux qui sont dans les fièvres aiguës, et enfin, à ceux qui ont subi des hémorragies considérables; mais, il est bon d’en donner dans la phtisie, lorsqu’il n’y a pas beaucoup de fièvre., dans les fièvres longues et languissantes, c’est-à-dire dans les fièvres lentes et dans les extrêmes amaigrissements ». (aph. 64, sect. 5).
- Les médecins qui s’écartent de ces principes dans leurs ordonnances sont alors considérés comme téméraires!
- Quant aux gens bien portants, ils doivent user du lait avec ménagement, et seulement s’ils ont l’habitude d’en prendre. Si le lait a ses détracteurs, il a aussi ses partisans, témoin ce Jean Coctus, qui, dans son traité De facile medicina, considère le lait comme un remède universel, et le médecin anglais Cheyne, qui propose de soumettre tous les hommes arrivés à un certain âge (il ne dit pas lequel) au régime lacté.
- La Société Royale de Médecine que l’étude du lait intéresse, convaincue de l’importance qui en résulterait, en fait un sujet de prix en février 1785. La question proposée est la suivante :
- « Déterminer, par l’examen comparé des propriétés physiques et chymiques, la nature des laits de femme, de
- vache, de chèvre, d’ânesse, de brebis et de jument ».
- Ce fut le mémoire de Parmentier et Déyeux, membres du Collège de Pharmacie de Paris, qui remporta le premier prix; dans la séance publique du 23 février 1790 sur la question posée en 1785.
- Le paragraphe relatif au lait de vache débute ainsi :
- « En parcourant avec attention et sans préjugés tout ce que les anciens chymistes ont fait et décrit sur le lait, il est facile de s’apercevoir qu’ils ont borné leurs recherches à l’analyse par le feu...les modernes instruits
- par les fautes et les erreurs de ceux qui les avaient précédés, ne se sont pas mépris sur les défectuosités de cette méthode d’analyse ».
- Nous allons donc assister à une méthode d’analyse toute nouvelle! R n’en est rien, et nous voyons la distillation encore intervenir.
- Cependant, en examinant ce produit de la distillation, les auteurs remarquèrent qu’il se putréfiait à la longue et prenait une odeur fétide. Fort surpris de cet « accident », ils recommencèrent leurs expériences avec plus de soins en opérant sur des laits provenant de vaches différemment nourries, pour s’assurer si cette corruption n’était pas due au mode de nourriture des animaux. Les résultats obtenus les laissèrent dans le plus grand embarras.
- Quant aux parties fixes restant dans la cornue, elles furent distillées et fournirent l’acide et l’huile que nous connaissons depuis Hombert, et un gaz inflammable.
- L’analyse du sérum, effectuée par évaporation et cristallisation, donna du sucre de lait, du carbonate de potasse, du phosphate calcaire et du muriate de potasse. Les auteurs constatèrent que, par l’altération, ce sérum s’acidifiait, ainsi que l’avait signalé Scheele après avoir découvert l’acide lactique et toute une série de lactates.
- Mais, ce qui semble avoir retenu particulièrement l’attention de Parmentier et Déyeux, c’est la pellicule qui se forme à la surface du lait, lorsqu’on le chauffe à l’air. Un dispositif spécial, imaginé par eux, leur permit de s’en procurer une quantité importante pour la soumettre à l’action des réactifs. C’est ainsi que l’action de la soude qui provoque une coloration rougeâtre leur rappelle l’opinion émise par Boerhaave, qui pensait que c’est grâce à une combinaison semblable que le lait se transforme eh sang dans le corps des animaux!
- Dans le mémoire de Parmentier et Déyeux, on trouve exposés 'beaucoup de faits physiologiques et des observations de l’ordre de celle-ci : « On doit bien présumer que du lait chauffé à différents degrés jusqu’à l’ébullition doit avoir des propriétés absolument distinctes du même lait, tel qu’il a été fourni par l’animal.... » Les partisans du lait cru, surtout depuis la mise en lumière des vitamines, émettent aujourd’hui exactement la même opinion, sans tenir compte de l’action microbicide de la chaleur.
- Enfin , il nous faut empiéter légèrement sur le xrxe siècle pour trouver la première analyse de lait exposée sous une forme centésimale, c’est Berzélius qui nous la donne en 1813. Ses résultats sont cependant encore assez éloignés de. ceux que nous trouvons actuellement grâce à l’em-ploi de procédés plus précis. MlBC Fobass1EKi
- Licencié ès Sciences, Expert-Chimiste près le Tribunal de la Seine.
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- UN RELAIS ELECTRIQUE ULTRA-SENSIBLE
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- M. D. D. Knowles, ingénieur du laboratoire des recherches de la a Westinghouse Electric C° » de Pittsburg (E. U.), vient de créer un nouveau relais électrique d’une sensibilité telle qu’il suffit simplement d’en approcher la main pour le mettre en action.
- Pour montrer l’extrême sensibilité de cet appareil, l’ingénieur place à côté de l’appareil une montre sur une couverture de peluche étalée sur une table. La montre n’est reliée à aucun circuit électrique et chaque fois que l’on essaie de la prendre, on fait fonctionner une sonnerie ou une lampe électrique. Il n’est pas besoin de toucher la montre, la sonnette retentit aussitôt que la main s’en approche à quelques centimètres.
- La sonnerie retentit également lorsqu’on (fait tomber de l’eau d’un compte-gouttes sur deux fils parallèles placés devant l’appareil ou que l’on tient la flamme d’une allumette près de ces fils. Le relais peut aussi être commandé par une cellule photoélectrique placée dans le circuit ; ce dispositif est si sensible que, pour le mettre en action, il suffit d’ouvrir ou de fermer les volets d’une fenêtre de la salle ou de projeter sur lui l’ombre de la main. '
- Le dispositif qui réalisé ces effets est une lampe qui ressemble beaucoup à une lampe de radiophonie, en dimension et en apparence, mais avec cette différence qu’elle s’éclaire d’une lueur rosée pendant qu’elle fonctionne.
- L’inventeur l’a dénommée : lampe « grille-effluve »
- 1* ig. 2. Une curieuse application du relais au néon.
- Les badauds arrêtés devant la devanture n’ont qu’à passer ]a main sur l’endroit marqué dune croix pour embrayer le moteur de l’automobile et mettre la voiture en marche. (Photo Westinghouse Mfg. Go.)
- Fig. 1. — L’ampoule ronde placée sur la table est un relais au néon.
- En approchant simplement sa main de l’ampoule le directeur met en marche à distance une puissante usine électrique. (Photo Westinghouse Mfg. Co.)
- (grid glow), parce que, lorsqu’elle est reliée au circuit, mais qu’elle n’est pas traversée par un courant, une faible lueur d’effluve enveloppe la grille.
- Ceci indique une perte d’énergie, mais elle est si infime que l’on ne peut la mesurer, même avec les instruments les plus délicats.
- La nouvelle lampe est un relais, c’est-à-dire un dispositif actionné par un courant faible et contrôlant un courant beaucoup plus fort; ce contrôle, comme dans les lampes à 3 électrodes, s’exerce au moyen d’une grille interposée sur le trajet du courant électrique dans la lampe. Les relais ordinaires utilisés en électricité ont une puissance amplificatrice de 10 000 environ, ce qui signifie qu’ils peuvent mettre en œuvre un courant 10 000 fois plus grand que celui qui agit sur eux, alors que la lampe « grille-effluve » a une puissance amplificatrice de près de 100 millions. C’est probablement le dispositif le plus sensible qui ait jamais été construit.
- L’énergie nécessaire pour contrôler le courant dans la lampe est excessivement faible : 1 milliardième de watt, mais elle suffit pour assurer le contrôle d’un courant, qui peut aller jusqu’à 25 milliampères. Ce courant est assez fort pour fermer et ouvrir un interrupteur ou un relais manœuvrant jusqu’à 25 ampères, et celui-ci, à son tour, est à même de contrôler n’importe quelle opération électrique.
- Ainsi, grâce à ce relais, on peut, avec une ombre qui passe ou une goutte de rosée, allumer les lumières d’une ville, annoncer les orages, protéger les fours à gaz
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- ou à pétrole, en arrêtant l’alimentation du liquide au cas où la flamme viendrait à s’éteindre, compter les gens d’une réunion, signaler les cambrioleurs, mettre en marche ou arrêter une automobile, une usine électrique automatique, un train, un cuirassé, etc.
- Notre première image montre précisément le directeur d’une usine électrique automatique, assis dans son bureau, et mettant cette usine en marche rien qu’en passant la main devant un tube « grille-effluve ».
- Dans la deuxième image, on voit une automobile pesant 1500 kilos, exposée à New York et manœuvrée à l’aide du nouveau tube placé au bas de la vitrine, au milieu de laquelle se trouve un rond noir avec l’inscription suivante : « Touch the spot — touchez cet endroit ». N’importe quel curieux peut, en passant la main devant ce rond, établir dans le tube une réaction suffisante pour embrayer le moteur et mettre en marche la voiture, qui avance et recule, jusqu’à ce q.u’une main passe à nouveau devant le rond noir et coupe le courant.
- Une des caractéristiques intéressantes de ce dispositif, c’est qu’il ne consomme de l’énergie que lorsqu’il fonctionne èt qu’il ne s’use pour ainsi dire pas. On peut l’installer et le maintenir prêt à fonctionner, indéfiniment, sans frais; après avoir servi, il revient à son état originel et il est de nouveau prêt pour l’opération suivante.
- Qu’est-ce donc que la lampe « grille-effluve » ? C’est tout simplement une ampoule contenant du néon ou dé
- l’argon sous faible pression. Elle possède une anode, une cathode et une grille placée entre ces deux électrodes ; à la différence des lampes électroniques utilisées en T. S. F., celle-ci n’a pas de filament chauffant. La cathode et l’anode sont simplement des pièces métalliques.
- Pour mettre la lampe en action, on la relie directement à un circuit ordinaire de courant alternatif de 110 volts et, par l’intermédiaire d’un transformateur, on imprime entre l’anode et la cathode une différence de tension d’environ 440 volts.
- Lorsque la grille est isolée, il ne passe pas de courant -entre la cathode et l’anode, parce qu’une charge s’accumule sur la grille et bloque le courant. Si l’on arrive à enlever cette charge dé la grille, le blocage se trouve supprimé et, entre la cathode et l’anode, passe un courant mettant en action tout appareil relié à ce circuit.
- On supprime la charge de la grille en reliant la grille à la terre au moyen d’une résistance qui peut être très forte.
- Dans l’expérience de la montre, il y a une feuille d’étain sous la couverture de peluche sur laquelle est posée la montre et cette feuille d’étain est reliée à la grille du relais. Lorsqu’une personne approche la main, la quantité minime d’énergie concentrée sur la grille saute de la feuille d'étain à la main et à la terre (la main et la feuille d’étain faisant fonction de condensateur) et le courant anode-cathode s’écoule et actionne la sonnette ou la lampe. L. Kuentz.
- LA FABRICATION DU PAIN D’ÉPICES
- Entre toutes les pâtisseries, l’une est particulièrement goûtée : le pain d’épices.'
- L'Encyclopédie le définit une « sorte de gâteau de couleur brune qui se fait avec de la farine de seigle, du miel et des épices, et auquel on ajoute souvent des morceaux régulièrement découpés de fruits confits, cédrat, angélique, prune, tant comme ornement que pour modifier le goût ». A quoi le docte ouvrage ajoute : « En France, le plus renommé pour sa finesse est celui de DijonL. ». Le délicieux « produit de petit four » n’a pas peu" contribué à la réputation de ville de « bouche » de la vieille capitale bourguignonne,; nouvelle capitale gastronomique; L’antique cité est vraiment là marraine du pain d’épices; elle est peut-être mieux encore : on gagerait volbntiers qu’elle l’enfanta.
- 'Nous dirons quelques mots de son histoire, avant de parler de là fabrication moderne par les actuels «gauchers pain d’épiciers » dijonnais.
- LE PAIN D’ÉPICES AU TEMPS JADIS
- Si l’on en croit la mythologie, le pain d’épices date de bien loin. Pour adoucir la férocité de Cerbère, le chien à trois gueules, farouche gardien des Enfers, on lui offrait des gâteaux faits de farine, de miel et de fruits; enfin, quelque chose comme du pain d’épices fourré, tout simplement. Pourquoi ne pas en appeler au témoignage de Virgile : « La prêtresse, chante-t-il, dans
- YÉnéide, jette à Cerbère un gâteau soporifique de miel et d’épices. Le monstre le saisit de ses trois gueules enragées de faim. Du coup, ses vertèbres se détendent et, étalé à terre, il remplit de sa masse l’antre tout entier. »
- Plus près de nous, Arnold d’Hildesheim, chroniqueur du xme siècle, conte que l’usage1 dû « pain au miel » était si habituel chez les Germains qu’il était utilisé dans l’approvisionnement des armées.
- ' Il semble qu’on doive considérer, comme l’ancêtre du pain d’épices actuel, un gâteau : la boichèe ou le boichet, composé (le fine fleur de farine et de miel blanc que l’on confectionnait vers 1380. Marguerite de Flandre, femme du duc Philippe le Hardi qui régnait alors sur la Bourgogne, l’avait mis particulièrement à l’honneur dans les festins pantagruéliques donnés à cette époque. C’est le boichet qui se transforme, en 1477, en Pain de gaul-derye qui sera plus tard le pain d’épices.
- Les farines, appelées gaudes, très utilisées en Bourgogne au xive siècle, provenaient du millet d’Italie, d’où le nom de gaudiers donné aux premiers pains d’épiciers dijonnais. Ce que l’on appelle gaudes actuellement en Bourgogne et en Franche-Comté est de la farine de maïs.
- Après de nombreux démêlés entre gaudiers et boulangers, il faut arriver au milieu du xvme siècle pour voir réellement se développer à Dijon la fabrication du pain d’épices. Dès cette époque sont apparus, sur les foires, les pittoresques bonshommes et animaux qui ont fait la renommée des grandes foires parisiennes, la Foire au
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- Pain d’Épices de la Barrière du Trône, en particulier, pour ne citer que la plus connue d’entre elles. Pour donner à la pâte informe l’apparence attrayante de la « dame à son rouet », du « hallebardier » ou du « petit cochon « les pains d’épiciers de cette époque utilisaient des moules en bois évidés et soigneusement fouillés au burin.
- est salubre et nourrissante, est émolliente et résolutive.
- Le seigle est utilisé ailleurs, dans le Nord et à Paris.
- Il semble qu’on ait bien exagéré l’influence de l’origine du miel employé sur les qualités du produit. Pourtant, il est juste de dire que le miel de Bretagne, fourni surtout par les fleurs du sarrasin, est préféré aux autres variétés. Le miel contribue, par ses vertus thérapeutiques, connues depuis longtemps de la vieille médecine, à donner au pain d’épices ce surnom de santé et des qualités médicinales indiscutées. En raison des substances qui composent le miel, il possède une action calmante, digestive, rafraîchissante, émolliente, laxative, dormitive. Enfin, il est doué de propriétés antiseptiques.
- En suivant la prescription des « docteurs » de l’époque, les peuples guerriers du moyen âge, essentiellement carnivores, ne pouvaient que retirer de bons résultats de la consomma-
- Fig. 1 à 5. — Quelques vues d’appareils prises dans une fabrique de pains d’épices.
- En liaut à gauche : Pétrin mélangeur, l'appareil est renversé pour vider son contenu dans la caisse visible au premier plan; à droite : Pâtonneuse ;
- au milieu : Laminoir;
- en bas à gauche : Découpeuse; à droite : Machine à graisser.
- LA FABRICATION MODERNE DU PAIN D’ÉPICES
- Deux matières premières essentielles entrent dans la fabrication du pain d’épices : la farine et le miel.
- Contrairement à la définition donnée par Y Encyclopédie, la farine, employée à Dijon, ne provient pas du seigle, mais du froment. La farine de blé, outre qu’elle
- tion du pain au miel ; celui-ci adoucissait les effets d’une nourriture trop animale. Louis XIY connaissait les vertus du pain d’épices, car il en absorbait des livres pour relâcher ses entrailles paresseuses. Le pain d’épices est un des rares pains ou gâteaux permis aux malades atteints d’urémie; il n’entre, en effet, pas de sel dans sa composition. '
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- Fig. G. — Four à soie tournante.
- La première phase de la fabrication est le pétrissage de la pâte, effectué mécaniquement. Le miel, préalablement fondu avec précaution, est filtré. Le liquide s’écoule par un tube vertical visible sur la photographie (fîg.,1) dans un pétrin assez semblable à ceux qui sont employés dans la panification. La farine est déversée à la partie supérieure d’un gros conduit en bois dont l’extrémité inférieure est au-dessus du mélangeur. A 100 kg de farine, on ajoute une quantité équivalente de miel. Le tout est malaxé par les pièces métalliques intérieures au pétrin; celui-ci a été photographié renversé, ainsi qu’on le dispose pour le vider dans la caisse visible au premier plan de la figure.
- La pâte est ensuite mise à refroidir dans un bac en tôle. L’inaltérabilité du gluten et de l’amidon est due au miel qui les enrobe, les confit, peut-on dire, et empêche toute fermentation. En période normale, la pâte est conservée environ 4 à 8 jours.
- Au bout de ce temps, elle est reprise par morceaux, car elle a acquis une assez grande dureté. On lui incorpore, en proportions convenables, des jaunes d’œufs, des épices, de petites quantités de bicarbonate de soude en poudre fine.
- Le pétrin, dans lequel s’effectue ce deuxième malaxage, est un peu plus petit, mais plus robuste que le premier mélangeur puisque la pâte est plus résistante. Quand on désire donner un arôme particulier au pain d’épices, on lui ajoute d’aütres produits tels que pâtes de fruits, écorce de citron ou d’orange en très petits morceaux.
- Toutes ces substances rendent la pâte très rapidement altérable; on la traite donc immédiatement. Elle passe dans une machine, appelée patonneuse (fig. 2), d’où elle sort sous forme de gros cylindres nommés pâtons.
- Fig. 7. — Four à chaîne.
- Ceux-ci, d’un poids déterminé, sont roulés dans la farine et soumis au laminage.
- Le laminoir employé (fig. 3) est essentiellement constitué par deux cylindres de fonte, tournant en sens contraires l’un de l’autre, plus ou moins rapprochés suivant l’épaisseur de pâte voulue, laquelle est en rapport avec le produit à obtenir. On porte ensuite à la découpeuse
- Cette machine (fig. 4) mesure une dizaine de mètres de longueur. Transportée par un large ruban de toile, la feuille de pâte passe d’abord sous un laminoir qui achève de lui donner l’épaisseur convenable ; en même temps, l’ouvrier la saupoudre sans cesse de farine pour que la pâte ne colle pas aux cylindres. Le découpôir, emporte-pièces en acier animé d'un mouvement alternatif, détache ensuite dans la feuille des morceaux dont la forme varie avec la matrice employée : pavés rectangulaires, non-nettes circulaires, cœurs, etc. Le mouvement de la toile amène la feuille de pâte à un plan incliné sur lequel monte la partie formant cadre autour des pains d’épices découpés. Les rognures sont reprises, pétries avec de la pâte neuve et laminées à nouveau. Les pains d’épices passent sous le plan incliné et sont déposés directement, en rangs réguliers et symétriques, sur des plaques de tôle après que leur surface a été nettoyée par une brosse cylindrique. Suivant les cas, ils sont aussitôt enfournés ou mis dans des moules en fer, présentant l’apparence de grosses cellules d’abeilles, de formes variées, dont le fond est constitué par une plaque métallique indépendante. Les moules sont enduits d’unè pellicule d’huile de colza, dans le but d’empêcher l’adhérence du métal et de la pâte. Autrefois, le graissage, effectué à la main, utilisait une nombreuse main-d’œuvre. Aujourd’hui, des machines graisseuses font lè travail beaucoup plus rapi-
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- dement. Les plaques sont huilées par la machine représentée par la figure 5. Les moules sont plongés dans un bac circulaire et essorés ensuite de manière à ne conserver que la mince couche de matière grasse nécessaire.
- Les moules en bois sont employés, comme autrefois, pour donner à la pâte certaines formes : pavés de santé, en particulier de 50 g à 6 kg. On se sert de moules en fer pour les petits articles au-dessous de 50 g et d’em-porte-pièces en acier pour les choses variées : personnages et animaux. Ces articles sont cuits dans leur moule.
- Autrefois, les fours de fabricants de pain d’épices étaient à sole fixe ; le combustible utilisé était le bois. Aujourd’hui, ils sont à sole mobile et chauffés au coke. La figure 5 représente un four à sole tournante, destiné actuellement surtout à cuire les pièces isolées. L’ouvrier qui surveille l’opération anime la plaque circulaire d’un mouvement de rotation, autour de son centre, par le moyen de la manivelle visible à la partie inférieure avant du four. Un petit moteur est également utilisé dans ce but.' Chaque objet est ainsi ramené à volonté en regard de la bouche et peut être défourné quand la cuisson est suffisante.
- Les fours à chaîne sont les plus récents. La sole est fixe, mais une chaîne sans fin se déplace à sa surface et suivant toute sa longueur. Ces fours sont des sortes de tunnels de 10 à 22 m. de longueur. L’entrée de l’un d’eux, d’ailleurs identique à la sortie, est représentée sur la figure 6. Les moules garnis sont déposés à l’entrée et défournés à l’autre bout. La vitesse de translation de la chaîne est réglée de telle sorte que le pain d’épices soit cuit convenablement lorsqu’il sort. Cette opération n’exige qu’une température modérée comprise entre 100° et 200°. Sous l’action de la chaleur, le bicarbonate de soude fournit du gaz carbonique. Les gaz sont emprisonnés dans la pâte que cette décomposition n’a pas empêchée de cuire. Ils la gonflent et lui donnent une apparence spongieuse. Ce procédé remplace le levain ou la levure. Il n’est que rarement utilisé en boulangerie,
- Fig. 8. — Petite machine à fourrer.
- car il ne donne pas au pain le même goût que la fermentation alcoolique, goût auquel le public est habitué.
- Le pain d’épices retiré du four a une couleur brunâtre, terne etpeu appétissante ; sa surface est mate et rugueuse. Le plus souvent, on procède immédiatement à sa parure en le glaçant. Les glaçures utilisées sont variées; l’une est incolore : c’est un simple sirop de sucre et d’eau; une autre est blanche et opaque : c’est une sorte de crème obtenue en battant des blancs d’œuf avec du sucre; une autre encore' est rose et parfumée à la crème de cassis, spécialité bien dijonnaise. Ces glaçures sont appliquées à la brosse ou au pinceau. Les produits sont ensuite portés à l’étuve pour le séchage.
- Les grosses pièces : couronnes, pavés, etc..;, sont auparavant ornées en disposant à leur surface des fruits confits : abricots, cerises, prunes, tranches d’écorce d’orange, etc.
- Les pains d’épices fourrés (norinettes, bouchées) reçoivent leur garniture de'confitures, pâtes de fruits avant le glaçage. La figure 8 représente une petite machine à fourrer. Elle se compose d’un plateau circulaire horizontal sur le pourtour duquel sont placés les pains d’épicesi Ce plateau, tournant autour de son centre, amène le gâteau en face d’un couteau circulaire horizontal animé d’un rapide mouvement de rotation. Le jeu d’un piston, situé à la partie inférieure du réservoir conique qui contient les confitures, injecte entre les deux moitiés du pain d’épices une certaine quantité, toujours la même, de garniture. La nonnette est ensuite glacée et séchée à l’étuve.
- Les produits sont enfin emballés dans des paquetages enrubannés et ornés d’images aux vives couleurs (fig. 9).
- Les photographies qui illustrent cet article ont été prises à la fabrique de la Société du pain d’épices Auger, à Dijon, que le directeur, M. Ch. Auger, a bien voulu nous laisser visiter à loisir; nous lui exprimons ici nos plus sincères remerciements.
- Roger Simonet,
- Assistant à la Faculté des Sciences de Dijon.
- Fig. 9. — Atelier d’emballage.
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- A PROPOS D'UN NOUVEL INSTRUMENT DE MUSIQUE RADIOÉLECTRIQUE
- Dans le numéro 2776 de La Nature, quelques indications sommaires ont été données sur un nouvel instrument de musique radioélectrique, construit et expérimenté par M. Theremin.
- La presse française a consacré à cet appareil de nombreux articles, mais en général, assez fantaisistes. En réalité, les principes sur lesquels est basé l’appareil sont déjà bien connus, et ils ont été déjà appliqués en France par M. Givelet, ingénieur de la Radio-Industrie, et M. Lucien Lévy et ses collaborateurs.
- Ce qu’il y a de nouveau dans l’appareil de M. Theremin, ce sont des détails de construction permettant d’obtenir des résultats artistiques satisfaisants.
- Ces détails ne sont malheureusement pas encore connus avec précision.
- Il nous semble cependant utile d’expliquer sommairement le principe de l’instrument.
- On sait qu’il est facile de faire jouer à une lampe de T. S. F. à trois électrodes le rôle d’oscillatrice pour la production de courants locaux à haute fréquence ou même à basse fréquence.
- Une lampe oscillatrice du type ordinaire disposée, en général, pour la production de courants locaux à haute fréquence, prend le nom dhétérodyne et elle est utilisée, comme le savent les amateurs de T. S. F., pour la réception des émissions radiotélégra-phiques, pour les dispositifs à changement de fréquence, et dans différentes catégories de mesures, etc. On peut faire varier la fréquence des oscillations produites par l’hétérodyne sur une gamme étendue, en faisant varier simplement la capacité d’un condensateur placé dans le circuit oscillant de grille, par exemple.
- Le schéma de montage d’une hétérodyne pour courants à basse fréquence, dite hétérodyne musicale, est exactement le même, seules les caractéristiques des bobinages de grille et de plaque varient.
- Alors que les courants à haute fréquence produits par une hétérodyne ordinaire ne peuvent actionner directement un écouteur téléphonique ou un haut-parleur, les courants à basse fréquence d’une hétérodyne musicale peuvent agir directement, après amplification par des étages basse fréquence, sur un haut-parleur bien adapté.
- On a ainsi réalisé une sorte de Radio-Piano, avec une ou plusieurs lampes et des condensateurs fixes convenablement choisis mis en circuit par l’action de touches comparables à celles d’un piano ou d’un orgue électrique.
- Le principe de l’appareil de M. Theremin est un peu plus complexe, et il permet, d’ailleurs, d’obtenir des effets musicaux plus variés comme hauteur (fréquence), intensité et timbre avec une assez grande souplesse.
- Au lieu d’une hétérodyne musicale, M. Theremin emploie deux hétérodynes à haute fréquence ; l’une d’elles est à fréquence maintenue constante par un régulateur au quartz, et l’autre à fréquence variable.
- Les courants haute fréquence produits par ces deux hétérodynes interfèrent pour produire des battements de fréquence musicale, qui sont détectés, amplifiés en basse fréquence, et produisent finalement les sons musicaux dans un puissant haut-parleur (fig. 1).
- On ne fait, d’ailleurs, pas osciller les deux hétérodynes sur des fréquences fondamentales [voisines, ce qui provoquerait des irrégularités de fonctionnement, mais on se sert des harmoniques d’ordre différent de ces deux hétérodynes, ce qui permet d’obtenir facilement les fréquences de battements les plus basses.
- En faisant varier la fréquence des oscillations de l’hétérodyne A, on modifie la hauteur du son finalement obtenu; en agissant sur l’hétérodyne B à fréquence constante, on en modifie Y intensité; enfin, le timbre est modifié à l’aide de commutateurs, qui font varier les caractéristiques des hétérodynes : bobinages, potentiels des grilles, etc., et déterminent également la variation des harmoniques produites par elles.
- L’opérateur agit en approchant plus ou moins sa main droite d’une tige verticale, et sa main gauche d’une spire en fil métallique. La tige métallique est reliée au circuit oscillant de l’hétérodyne à fréquence variable A, et la spire en fil de cuivre fait partie du bobinage de l’hétérodyne à fréquence constante.
- Lorsque l’opérateur fait mouvoir sa main droite devant la tige verticale, il fait ainsi varier la hauteur des sons produits dans le haut-parleur, par suite de la variation de capacité produite par l’approche de son corps non isolé, et lorsqu’il fait mouvoir sa main gauche à proximité de la spire de fil de cuivre, il fera varier l’intensité des sons entendus dans le haut-parleur.
- L’opérateur de ce nouvel instrument de musique radioélectrique peut donc faire varier très rapidement la hauteur, l’intensité et le timbre des sons émis par le haut-parleur, et le volume de sons émis peut être énorme si l’amplification basse fréquence est suffisante.
- P. Hémardinqueh.
- Haut-parleur
- Détection et amplification basse fréquence
- de cuivre
- Hétérodyne
- fréquence
- constante
- Hétérodyne
- à
- fréquence
- variable
- Tige métalliqi
- verticale
- Fig. 1. — Principe de l’appareil Theremin.
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- UN PROJET D'ENCYCLOPÉDIE
- Un auteur anglais, Ephraïm Chambers, avait publié en 1728, sous le titre de Cyclopedia, un dictionnaire des'sciences et des arts, formant deux gros volumes in-4°. Il parut utile de traduire cet ouvrage en français. —• Les libraires qui avaient obtenu le privilège de cette traduction s’adressèrent à un mathématicien distingué, l’abbé de Gua, pour qu’il s’en chargeât. L’abbé de Gua, homme à projets et membre de l’Académie des Sciences, avait un caractère difficile; il vivait en mauvais termes avec ses confrères. Il n’est donc pas étonnant qu’il se soit brouillé avec les éditeurs qui avaient songé à lui ; mais, auparavant, il avait réussi à leur persuader qu’il valait mieux faire un ouvrage original et très étendu, plutôt qu’une simple traduction, et il s’était occupé de chercher des collaborateurs. Parmi ceux qu’il réussit à recruter, il faut nommer Diderot et d’Alembert, à qui incomba la tâche de mener à bonne fin la grande entreprise, quand de Gua se fut retiré.
- Aidés par des hommes qui s’appelaient Rousseau, Montesquieu, Buffon, Turgot, Voltaire et d’une foule d’autres moins illustres, ils vinrent à bout, malgré bien des difficultés, de ce grand ouvrage. Us ne se bornèrent pas, d’ailleurs, à coordonner les efforts de ceux qui collaboraient avec eux, et d’Alembert, outre le Discours préliminaire, encore classique aujourd’hui, a donné une foüle d’articles sur les sciences mathématiques et physiques. Diderot, en plus des questions purement philosophiques , a traité de la description des arts mécaniques, sujet immense, et cette description a grandement contribué au succès de l’ouvrage.
- Celui-ci se composait finalement de dix-sept gros volumes in-folio, accompagnés de onze volumes de planches. Cinq volumes de supplément vinrent s’y ajouter plus tard. Il se vendait mille livres, c’est-à-dire au moins 5 à 6000 francs d’aujourd’hui. Malgré ce prix élevé, on trouva 4000 souscripteurs, et ce succès fait honneur aux Français du xviii' siècle,
- Seulement, la grosseur des volumes et la forme de dictionnaire, où les sujets sont traités par ordre alphabétique, rendait ce grand livre peu facile à consulter : aussi, la librairie Panckouke, de 1761 à 1832, s’occupa-t-elle de fractionner pour ainsi dire, Y Encyclopédie en une série de dictionnaires spéciaux, qui forment en tout 166 volumes in-4°, auxquels il faut ajouter des Atlas renfermant 6439 planches. Parmi ces dictionnaires, nous citerons celui de Mathématiques dû à d’Alembert, Bossut, Condorcet et Lalande, encore recherché aujourd’hui, et celui de Médecine, auquel ont collaboré le Dr Hallé, savant universel, et d’autres médecins célèbres. — L’ensemble de ces dictionnaires forme Y Encyclopédie méthodique.
- Le philosophe Saint-Simon, qui, dans sa jeunesse, avait été lié personnellement avec d’Alembert et Rousseau, qui, plus tard, avait certainement beaucoup étudié Condorcet, et qui croyait fermement au dogme de la perfectibilité indéfinie de l’espèce humaine, dogme fondamental des encyclopédistes, n’était cependant point parfaitement satisfait de l’œuvre de ceux-ci. En 1810, il publia une brochure intitulée : Prospectus d’une nouvelle Encyclopédie. Il y établit, nous dit un de ses biographes, que « d’Alembert et Diderot n’ont fait qu’un dictionnaire et non une Encyclopédie ; que, dans leur esprit, les sciences n’avaient aucun lien unique ; car les facultés de mémoire, de raison et d’imagination, étant toutes les trois employées dans toutes les sciences, ne peuvent servir à les classer; qu’il fallait puiser les sources de la classification des sciences, des lettres et des beaux-arts dans l’histoire du développement de l’humanité ; et que la science ne serait pas
- solidement établie tant qu’il ne serait pas possible d’échelonner les faits de chaque science au-dessus les uns des autres de manière à pouvoir alternativement monter et descendre d’un fait particulier à la loi générale de l’Univers.
- Saint-Simon, sur son lit de mort, songeait encore à son grand projet. Dès 1829, ses disciples voulaient le reprendre, et vers 1831, sous la direction de Jean Reynaud et de Pierre Leroux, commença la publication de Y Encyclopédie nouvelle, qui ne fut pas terminée.
- Sous le second Empire, les saint-simoniens, devenus riches et influents, revinrent à leur idée favorite et nous pouvons donner quelques détails sur cette nouvelle tentative, ayant sous les yeux une collection de documents qui, à coup sûr, sont devenus fort rares.
- C’étaient les frères Péreire, les célèbres financiers, qui avaient pris l’initiative. Il leur sembla, ainsi qu’à Michel Chevalier, « qu’après avoir tant fait depuis dix années pour organiser les forces industrielles du pays, le moment était venu où il y avait co.mme un devoir de reconnaissance et un véritable intérêt public à organiser avec la même sollicitude ses forces intellectuelles v.
- En conséquence, à diverses reprises, des savants, des littérateurs, des artistes, se réunirent et discutèrent les questions relatives à l’entreprise projetée. Ainsi, le 26 février 1862, sous la présidence de Michel Chevalier, trente-deux hommes de haute valeur se trouvaient ensemble. Parmi eux, outre MM. Emile, lsaac et Eugène Péreire, il y avait Arlès-Dufour, Emile Augier, Barrai, Baudrillart, Berthelot, Duruy, Jules Duval, Duveyrier, Faye, Franck, Jamin, Lambert-Bey, Littré, Milne-Edwards, Saisset, Serret, Viollet-Leduc, Yvon-Villarceau, Zeller, pour la plupart membres* de l’Institut (*).
- Des délibérations qui eurent lieu, il résulte que [chaque science ou art devait être étudiée à quatre points de vue différents :
- 1° Le rôle social de l’art ou de la science.
- 2° Son histoire et son état présent.
- 3° Ses applications.
- 4° Ses problèmes.
- Et, pour compléter le cadre, on devait ajouter deux nouvelles divisions, l’une relative à l’enseignement, l’autre à la condition et au traitement fait à la science et aux savants.
- Les volumes, du format in-8°, devaient être au nombre de quarante à cinquante; dans la mesure du nécessaire, ils seraient complétés par des planches. Bien entendu, ils ne devaient pas avoir la prétention de remplacer les bons ouvrages, déjà existants en grand nombre, mais se borner à les résumer et à les condenser, de [manière à en extraire la substance; et, finalement, le lecteur serait renvoyé à ces ouvrages eux-mêmes.
- On espérait venir à bout de l’entreprise en peu d’années, et quelques programmes furent rédigés et imprimés. C’est ainsi que Michel Chevalier, Duruy, Merruau et Zeller s’entendirent pour rédiger le programme de l’histoire universelle, Berthelot, celui de la chimie, Littré celui de la médecine, qui devait être « un discours sur la médecine dans ses relations avec son état passé et son état futur » ; le docteur Darem-berg se chargeait de dresser un plan pour le reste des sciences médicales — en particulier pour l’hygiène — et Claude Bernard de ce qui concerne la physiologie.
- A M. Faye, naturellement, revenait le soin de faire le programme de l’astronomie ; il le rédigea et il fut sans doute
- 1. Tous les futurs collaborateurs de l’entreprise n’étaient pas là, parmi les absents se trouvaient Claude Bernard, Le Chatelier, Sainte-Beuve.
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- imprimé : mais, à notre grand regret, il ne se trouve pas parmi les documents qui sont entre nos mains. Pour traiter de la science du ciel, il demandait deux, sinon trois volumes, et M. Duruy se récriait en demandant combien, dans ce cas, il en faudrait pour l’histoire.
- Si cette grande entreprise avait été menée à bonne fin, nous aurions une collection de volumes intéressants, nous donnant un tableau exact de l’état de la science vers 1860. Malheureusement, la mort de Duveyrier, qui en était la cheville ouvrière, survint en 1866 et, d’autre part, on recula devant la dépense nécessaire, si bien que Y Encyclopédie fut abandonnée.
- Voici quelques extraits du programme que Berthelot avait rédigé; pour lui, l’ouvrage devait se partager en six livres, dont voici les sommaires.
- I. Rôle social de la chimie; ce que la société lui doit; ce qu’elle doit à la société.
- II. Progrès et état actuel de la science.
- III. Etat et progrès des applications.
- IV. Tendance des travaux des chimistes; problèmes posés et non résolus.
- V. Enseignement de la chimie.
- VI. Des rapports des chimistes avec l'industrie et le gouvernement. Personnel et matériel de la chimie.
- Voici le programme du livre I :
- « Rechercher et exposer largement tout ce que la chimie a fait pour l’amélioration de la vie humaine et le progrès de la civilisation.
- Quelle part elle a le droit de réclamer dans la reconnaissance publique.
- Cette première partie sera le tableau des découvertes utilisées : 'felle montrera la science 'chimique en action dans le travail de la terre et des fabriques, dans la nutrition, le vêtement, l’hygiène, dans les hôpitaux, dans les arsenaux, poudrières et fonderies de l’Etat.
- Tout en rendant justice aux alchimistes, elle mettra en relief la grande révolution morale opérée par la constitution définitive de la science, l’heureuse influence exercée sur l’esprit humain qu’elle a délivré de la sorcellerie et d’une foule de superstitions. Elle montrera aussi ce que la science a dû à l’amélioration des mœurs, aux progrès de la politique ; elle mettra en présence, à trois cents ans de distance, un Ruggieri préparant les poisons que commande une Catherine et nos chimistes actuels aidant à découvrir les coupables et dotant, sur la demande de l’industrie et du gouvernement, les sociétés de la lampe Davy, du sucre de betterave, de la soude artificielle, du gaz, du chloroforme, etc., etc. Enfin, elle fera voir tous les avantages que la société doit retirer de la diffusion des connaissances chimiques et d’une dotation convenable affectée aux laboratoires et aux expériences dont ils sont le théâtre. »
- Nous regrettons vivement qu’il ne nous soit pas possible de reproduire ce programme tout entier. Au moment où l’on se préoccupe de créer une Maison de la Chimie, élevée en l’honneur de Berthelot, ce serait, comme on dit, d’actualité.
- E. Doublet.
- .. NOS LÉGUMES ..............
- HISTOIRE, PRODUCTION, UTILISATION
- CAROTTE (Daucus Carota L.). Ombellifères.
- Histoire. — Le mot carotte provient du grec « Karoton » et du latin « Carota ». Le savant linguiste Pictet en retrouve l’étymologie dans le sanscrit, ce qui n’implique pas que sa culture remonte aux Aryas primitifs; on peut, toutefois, lui assigner une antiquité de plus de 2000 ans. La carotte a été signalée en Chine.
- Les Arabes d’Espagne possédaient au xme siècle une carotte rouge et une carotte jaune.
- Le Daucos des Grecs et le Daucus des Latins représentent la carotte sauvage alors plante médicinale. Pline appelait cette racine Pastinaca gallica, ce qui indiquerait une race de carottes améliorée par nos ancêtres gaulois. Le terme pastinaca comprenait chez les Latins, non seulement la carotte, mais encore des plantes qui n’ont de commun avec ce légume que leur racine pivotante et charnue. Le panais devint aussi un Pastinaca, et il en est résulté que la carotte et le panais ont été longtemps confondus sous le nom de pastonade, qui est toujours donné à la carotte dans le patois du Centre et de l’Est de la France, avec les variantes, pastenade, pastenague, patenaille, selon les lieux.
- Les Grecs et les Romains ont fait peu de cas de cette racine alimentaire, sans doute parce que les pays du Midi ne produisent que des carottes fibreuses, de qualité médiocre. Apicius, écrivain culinaire latin, donne des recettes pour sa préparation. Une botte de carottes est figurée dans une peinture d’Herculanum, et l’on croit reconnaître cette racine dans
- le fameux Capitulaire de Villis de Charlemagne, sous le nom barbare de Caruitas.
- Elle est désignée au xive siècle par l’auteur anonyme du Ménagier de Paris, sous le nom de « Garrotte », et au xvi° siècle sous celui de « cariote ».
- La carotte cultivée est une amélioration de la carotte sauvage, plante indigène extrêmement répandue, qui a subi du fait de la culture une telle transformation, qu’on aurait peine à reconnaître notre carotte actuelle dans la racine sèche, grêle, ramifiée et presque ligneuse, âcre au goût et à forte senteur de la carotte sauvage, son prototype, que la culture a rendue charnue, tendre, douce et sucrée, mais il a fallu pour cela l’intervention de l’homme pour produire nos carottes perfectionnées et un laps de temps de plus de 2000 ans!
- Les horticulteurs Miller, Yan Mons, Beckman, ont, dans leurs essais de quelques années, vainement essayé de faire varier la carotte sauvage. Vers 1830, M. de Yilmorin avait cru être parvenu à produire, après la 4e génération, des racines à peu près mangeables, mais Decaisne démontra que ce ne pouvaient être que des hybrides produits par le voisinage de carottes cultivées.
- Production. Variétés. — La culture et les méthodes de sélection ainsi que l’hybridation ont permis d’arriver â obtenir de nombreuses variétés se différenciant par la forme, la couleur, la grosseur et la précocité. On les a divisées en deux
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- catégories : a) les carottes potagères servant uniquement pour la consommation de l’homme; elles sont à peau et à chair rouge ; b) les carottes fourragères destinées à l’alimentation des animaux, elles sont blanches, jaunes ou rouges. Il ne sera question, ici, que des premières pour lesquelles j’adopterai les trois groupements de M. J. Yercier.
- Voici quelques variétés prises parmi les plus recommandables.
- 1° Pour la culture forcée ou sous ferre. — Carotte rouge à forcer parisienne, racine nette rouge orangé, spéciale pour cette culture, car c’est la plus précoce. — C. très courte à châssis, nommé encore, C. grelot; elle jse cultive beaucoup dans la banlieue parisienne étant très appréciée par les maraîchers, etc.
- 2° Pour les premières saisons de plein air. — Carotte demi-courte de Guérande, variété hâtive, racine grosse à croissance rapide. — C. rouge, courte de Hollande, etc.
- 3° Pour Vapprovisionnement en automne et en hiver. — Carotte demi-longue nantaise. Dépourvue de cœur, à chair rouge jusqu’au centre. Variété à multiplier partout, très productive. — C. demi-longue sans cœur de Carentan. Racine mince obtuse, à croissance rapide, qualité exquise. — C. rouge longue de Saint-Valéry. Racine très grosse, droite et régulière, d’une excellente conservation pendant l’hiver, etc.
- Production totale. — La dernière Statistique officielle du Ministère de l’Agriculture (1925) mentionne les carottes parmi les Cultures spéciales, mais elle ne fait pas de distinction entre la nature de ces racines comme cela a lieu, d’ailleurs pour la chicorée et les choux. La production et la valeur indiquées se rapportent-elles aux carottes potagères ou à leur mélange avec des carottes fourragères ? Dans le doute, je considère, pour la raison ci-dessus, que les indications se rapportent aux carottes potagères.
- L’addition des quantités attribuées aux départements ca-roticoles m’a donné pour la production totale, en 1925, 1 942 760 quintaux qui, après calcul du prix moyen du quintal à 73 francs, atteignent la valeur totale de 141 821 480 francs.
- Principaux départements producteurs. — La production départementale est très irrégulière et, pour permettre de s’en faire une idée approchée, je l’ai classée comme suit : 1° 10 000 à 25 000 quintaux : Aisne, Aveyron, Calvados, Charente, Charente-Inférieure, Côte-d’Or, Dordogne, Garonne (Haute-), Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, Oise,Seine-et-Marne, Vienne ; 2° de 25 001 à 80 000 qx : Loire-Inférieure, Nord, Meurthe-et-Moselle, Pas-de-Calais, Rhin (Haut-) ; 3° de
- 80 001 à 100 000 qx : Ardennes, Finistère, Morbihan, Saône-et-Loire, Seine-et-Oise.
- Trois départements se distinguent par leur très grande production : Bas-Rhin 113 520 qx, Ille-et-Vilaine 187 000 qx, Somme 450 000 qx.
- Rendement à l’are. — 1° En grande culture : 180 à 300 kg; 2’ dans le jardin, 5 à 6 hectolitres pesant chacun 65 kg, soit 285 à 390 kg ; 3° en culture de primeur, on peut récolter, par mètre carré, de 18 à 25 bottes (J. V.).
- Prix des carottes primeurs et de pleine saison aux Halles de Paris. — Les primeurs sont arrivées, l’an dernier, en février, successivement de l’Algérie, de Nantes, d’Orléans, puis de la région parisienne : vallée de Chevreuse, Montesson, plaine des Vertus, Meaux, etc. Au début, les prix des bottes à l’unité ont atteint 7, 6, 5 francs, puis ils sont descendus jusqu’à 0 fr. 80 et 0 fr. 50. Les 100 bottes ont coûté 250 frs. Les carottes d’Algérie ont valu 220 frs les 100 kg, celles
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- de Chevreuse 230 et sont tombées à 60 frs. Les carottes dites de Paris ont été cotées 3 fr. 50 la botte, puis 0 fr. 50. Les sortes de Montesson, plus appréciées que celles des Vertus, ont oscillé, les premières, entre 175 et 60 fr, les secondes entre 120 et 40 fr. Les variations des prix dépendent, naturellement, des époques et des arrivages de l’année, et je n’en donne ici qu’un aperçu.
- Utilisation. Alimentation. — La carotte peut être appelée, jusqu’à un certain point, légume national, car de toutes les contrées de l’Europe, la France est le pays où l’on en mange le plus. Cependant, jusqu’au xvne siècle, elle était peu appréciée, et d’après le Cuisinier français de La Varenne (1651), la carotte passait pour plat de Carême. Ce sont, paraît-il, les fameux « petits soupers « du Régent, qui auraient sous Louis XV mis ce légume à la mode. Le premier Empire en continua la vogue, mais en servant cette racine plutôt avec les viandes. Depuis longtemps, on consomme les carottes cuites : au jus de viande, à la crème, à la poulette, en ragoût, sautées au beurre, etc., elles font partie des légumes qui entrent dans le pot-au-feu. On a préconisé, dans les années de disette de fruits, la préparation d’une confiture ménagère de carottes.
- Composition et propriétés. — La carotte contient de l’amidon, du sucre de canne, de la mannite, des huiles grasses et essentielles, un hydrocarbure colorant, la carottine, de l’asparagine, des malates et phosphates de chaux, etc. Elle est d’une facile digestion et passe pour avoir des propriétés diurétiques et rafraîchissantes et, notamment, une action bienfaisante sur le foie. Aussi, à Vichy, en fait-on une grande consommation.
- D’après Munck et Ewald, la carotte a un effet laxatif considérable : Si, disent-ils, le régime est surtout composé de viande, les selles sont peu abondantes, sèches et dures ; les évacuations sont rares et douloureuses ; au contraire, après addition à la viande d’une certaine quantité de pommes de terre et surtout de carottes, les selles sont abondantes et aqueuses, leur évacuation plus fréquente et plus facile.
- Dans les campagnes, la carotte est un dépuratif populaire employé contre les maladies de foie et les affections cutanées.
- Le suc exprimé de carotte crue, à la dose par jour de 50 à 150 grammes, additionnés d’une pincée de sel, a produit de bons effets dans l’impétigo de la face chez les enfants. (S. Artaut, de Vevey).
- La carotte, renfermant 9,2 pour 100 d’hydrates de carbone, jjroportion assez élevée pour un légume aqueux (86,8 pour 100 d’eau), ne doit être employée parles diabétiques que lorsque leurs urines ne renferment plus que très peu de sucre.
- L’industrie transforme les carottes en conserves ou les dessèche.
- Une des variétés recommandées est la Petite carotte rouge courte de Hollande.
- La dessiccation demande environ 3 heures à la température de 70°, au maximum, le rendement approximatif est 10 pour 100.
- Coupées en menus morceaux, traitées et conservées comme il convient, les carottes entrent pour une grande proportion dans la préparation des macédoines de légumes, juliennes et salades russes.
- Le suc de carottes, ou préférablement son principe colorant, la carottine, sert parfois à colorer le beurre artificiellement. Enfin, les graines ont été usitées, autrefois, dans la confection de liqueurs stimulantes.
- A. Truelle.
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- J 32
- LA VIERGE DE NUREMBERG
- TRUC D’ILLUSION
- un très joli truc, simple, mais bien combiné, et qui l’effet parce qu’il est bien présenté.
- LA PRÉSENTATION
- Le prestidigitateur commence par donner l’explication suivante nécessaire et que je résume autant, que possible :
- « Uu Supplice du moyen âge, usité surtout en Espagne « et en Allemagne, consistait à placer le condamné dans « une statue de fer creux représentant une Vierge. Cette « statue, trop exiguë pour contenir un corps humain, était « garnie à l’intérieur de pointes aiguës et de lames acérées « qui entraient dans les chairs du patient, lorsque l’on fer-« mait sur lui la porte, dont la statue était munie. Comme « il reste à Nuremberg des spécimens de ces instruments de « supplice, le nom de la ville leur a été donné, mais on les « appelle plus généralement Mater dolorosa. Je vais vous « présenter non pas une reproduction d’une Vierge de « Nuremberg, mais un supplice du même genre, beaucoup « plus cruel, auquel mon sujet saura résister. Voici d’abord « mon sujet : Cette jeune personne, vêtue très légèrement, « afin de vous enlever toute idée de vêtement protecteur, « cuirasse, maille ou autre, va être placée dans l’instrument « de supplice : ce sera cette simple caisse de bois, juste « assez grande pour contenir Mademoiselle. Comme vous le « voyez, cette caisse est montée sur 4 pieds à roulettes, ce « qui permet de la faire pivoter dans tous les sens et de « bien vous montrer qu’il n’y a aucun mécanisme, ni aucune « cachette. Voici maintenant dans cette corbeille une ving-« taine de sabres « fort pointus et bien affûtés.
- « Je vais prier un ou deux spectateurs de vouloir bien « monter sur la scène et examiner de près la caisse et les « sabres. »
- Fig. 1.
- La présentation de « la vierge
- verser la caisse en tous sens sans n’en est naturellement rien.
- de Nuremberg ». transpercer le sujet. Il
- Lorsque deux spectateurs se sont livrés à l’examen demandé, le sujet entre dans la caisse que l’opérateur fait pivoter pour bien montrer qu’il ne peut y avoir évasion. La porte est alors fermée. Le prestidigitateur, s’emparant d’un des sabres, l’introduit dans une des fentes qui ont été ménagées dans les parois de la caisse. Chacune de ces fentes est répétée sur la fente opposée de la caisse, ce qui permet à la lame du sabre de traverser de part en part. Une dizaine de sabres sont ainsi employés, traversant la porte et la paroi du fond. Enfin, pour terminer, on enfonce encore d’un côté à l’autre cinq autres sabres.
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- * *
- Il paraît, à première vue, que toutes ces lames n’ont pu tra-
- L’EXPLICATION
- Si l’on veut bien se reporter au schéma de la figure 2, donnant la situation du sujet dans la caisse, on verra que le passage des sabres a été calculé de façon à encadrer pour ainsi dire le corps. De plus, quelques lames sont d’une très grande souplesse, celles par exemple qui- passent à hauteur des cuisses. Lorsque le sujet les voit arriver, il les courbe autour de son corps pour les faire sortir par l’ouverture voulue opposée. De plus, les deux sabres qui arrivent en pleine poitrine et dans le ventre ont des lames truquées qui se rentrent en elles-mêmes comme les poignards de tragédie. Il est bien entendu que les pointes de ces deux lames ne ressortent pas de l’autre côté, mais les spectateurs sont trop occupés à regarder l’enfoncement des sabres pour pouvoir remarquer que, dans le nombre, deux ne sont pas visibles, et, de plus, le prestidigitateur fait tourner plusieurs fois la caisse pendant l’opération, ce qui empêche toute constatation sérieuse.
- Lorsque les sabres sont donnés à examiner, comme il y en a une vingtaine, on a soin d’oublier dans la corbeille ceux à lame souple et ceux à lame rentrante.
- L’illusion des spectateurs est complète et il est bien difficile d’en trouver l’explication qu’on ne connaît pas.
- Fig. 2.
- Explication de l’illusion.
- Alber.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MARS 1928 (l)
- Ï33
- L’année 1927 aura été très riche en comètes, puisqu’on en a découvert ou retrouvé dix du 1er janvier au 31 décembre. Mais, à l’exemple des années précédentes, ce sont toutes, ou presque, des astres très faibles d’éclat, échappant, pour la plupart, à tous les petits instruments.
- La 9e comète de l’année (1927 j) — la lettre i étant omise dans la nomenclature provisoire des comètes — a été découverte par MM. Schwassmann et Wachmann le 15 novembre, un peu à l’Ouest de p du Bélier. Son éclat était de 14° grandeur.
- Une seconde comète a été découverte par MM. Skjellerup et Maristany, peu après la précédente. Elle a été inscrite sous la désignation 1927 k. C’est la 10° et dernière comète de l’année. Une orbite, déterminée par M. Wood, donne la date du 1er décembre pour le passage au périhélie. Le 10 décembre, la comète était juste à l’horizon sud de Paris. Mais elle s’est élevée rapidement en déclinaison en janvier, jusqu’à devenir circumpolaire. Son plus grand éclat, qui n’est pas indiqué, a été maximum vers le 18 décembre.
- Nous empruntons ces détails aux notices détaillées que publie M. F. Baldet dans L'Astronomie, le Bulletin de la Société astronomique de France (n° de janvier 1928).
- Le même auteur signale encore, dans le même numéro, la découverte.par MM. Schwass-mann et Wachmann, de l’Observatoire de Bergedorf, le 10 novembre 1927, à 23h 0m (T. U.), d’une nova de 10e grandeur à la limite des constellations du Taureau et d’Orion, à la position suivante :
- Ascension droite = 5hl 5"T2’ ; déclinaison — -j- 16° 38'.
- I Soleil. — En mars, le Soleil s’élève rapidement de l’hémisphère austral vers l’hémisphère boréal. Sa déclinaison, qui était de — 7° 34'le 1er mars, atteint + 4° 10' le 31.
- La durée du jour croît très vite et passe de 10h 57m le 1er à 12h 45m le 31.
- Voici le temps moyen, à midi vrai, de deux en deux jours :
- Dates. Mars ier Heures du passage 12» 3“ 9‘ Dates. Mars 17 Heures du passage 11»59“ 8’
- 3 12» 2“ 44" — 19 11» 58“ 33“
- 5 12» 2“ 17" — 21 11» 57“ 57‘
- 7 12» 1“ 49s — 23 11» 57“ 21-
- 9 12» 1“ 19s — 25 11» 56“ 44s
- 11 12» O 3 OO — 27 11» 56“ 8’
- 13 12» 0“ 15’ ' — 29 11» 55“ 31*
- 15 11» 59“ 42‘ • — 31 11» 54“ 55’
- Observations physiques. — Une petite lunette suffit pour observer le Soleil et voir les taches. Le procédé le plus simple consiste à recevoir l’image solaire sur un écran de
- 1. Toutes les heures données dans le présent Bulletin astronomique sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24h à partir de 0h (minuit). Le temps universel, ou temps de Greenwich, est le temps légal en France.
- papier blanc, fixé perpendiculairement à l’axe optique de la lunette. Si l’on observe directement, munir la lunette d’un bon verre noir. Nous avons donné antérieurement tous renseignements pour l’observation et la photographie du Soleil.
- Lumière zodiacale ; lueur anti-solaire. — Mars est le mois par excellence pour voir la lumière zodiacale le soir. Il faut pour cela des soirées très pures, sans clair de Lune, la nuit complète et l’absence de lumières artificielles. La meilleure période, en raison de l’invisibilité de la Lune, est celle qui s’étend du 8 au 16 mars.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire, vers minuit, autour de (3 Vierge, les 18, 19 et 20 mars.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mars, seront les suivantes :
- N. L. le 21, à 20h 29“
- P. Q. le 28, à 11» 54“
- Age de la Lune, le 1er mars à 0» = 6J',6; le 22 = OU.
- Rappelons que pour calculer l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter aux nombres ci-dessus, 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 22. Et pour une heure donnée, ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en mars 1928 : le 1er = -f 25° 13'; le 16 = — 25°22'; le 28 = + 25° 28'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 11 mars, à llh.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 23 mars, à 11».
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 2 mars, occultation de 35 B. Cancer (gr. 6,4), de 20» 58“ à 22» 18”.
- Le 27, occultation de 412 B. Taureau (gr. 5,8), de 20» 11” à 20» 58”.
- Le 29, occultation de 5 B. Cancer (gr. 6,4), de 21» 51“ à 23» 0”.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 6 mars et surtout de la Nouvelle Lune du 21 mars.
- Le 6 mars, .le coefficient de la marée sera de 0,92.
- Il sera de 1,14 le 21 et le phénomène du mascaret se produira.
- Il conviendra de se rendre à cette date à Caudebec ou à Villequier pour bien le voir.
- Pour avoir la hauteur de la marée dans un port quelconque du littoral, il faut connaître son unité de hauteur.
- Le produit de l’unité- de hauteur par le coefficient de la marée donne la hauteur de la pleine mer au-dessus du niveau moyen du port.
- Voici quelques valeurs de l’unité de hauteur pour quelques ports français.
- P. L. le 6, à 11» 27“ D. Q. le 14, à 15» 20“
- Fig. 1. — Marche de la planète Saturne sur 'le ciel pendant l'année 1928.
- Les chiffres portés sur la trajectoire de Saturne indiquent la position de cette planète le lar de chaque mois. On remarquera que Saturne sera sensiblement stationnaire sur le ciel pendant le mois d’avril et pendant le mois d’août.
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- Unité de Unité de
- Ports. hauteur. Ports. hauteur.
- Socoa .... . . . 2111,02 Granville, 6'“,25
- Ile d’Aix . . . . . . 2™,84 Cherbourg .... 2m, 82
- Saint-Nazaire . . . . 2,m63 Le Havre. 3m,45
- Port-Louis , . . . 2'",36 Dieppe. . 4m,42
- Brest . . . 3n,,21 Boulogne. 4M 7
- Saint-Malo . . . . . 5™,67 Dunkerque 2”,70
- Le 21 mars, à Saint-Malo, dont l’unité de hauteur est de
- 5m,67 la 1/2 amplitude de la marée sera de 5”,67 X 1,14 =
- 6”,46 et l’amplitude totale sera de 12”,92.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des éléments contenus dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1928, donne les principaux renseignements pour recher--cher et observer les planètes pendant le mois de mars 1928.
- Voici, comme pour Mercure, la phase et la grandeur
- stellaire de Vénus :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Mars 1er 0,85 -3,4
- — 6 0,86 — 3,4
- — 11 0,87 . — 3,4
- — 16 0,88 — 3,4
- — 21 0,89 — 3,3
- — 26 0,90 — 3,3
- — 31 0,91 — 3,3
- Mars est inobservable, pratiquement, étant trop près du Soleil et fort éloigné de nous.
- Jupiter est encore un peu visible le soir, dès la lin du crépuscule.
- ASTRE Dates : MARS Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (l). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation s et étoiles voisines. VISIBILITÉ
- 6 6b 25m 12h 2m 3‘ 17h40m 23h 7m — 5° 39' 32'16" 8 Verseau
- Soleil . . . .< 16 6 4 11 59 25 17 56 23 44 — 1 44 32 12,0 Verseau > »
- 26 5 43 11 56 26 18 11 0 21 + 2 13 32 6,0 Poissons
- 6 5 33 10 46 16 59 21 52 — 10 39 9,8 y Capricorne 1 A la fin du mois.
- Mercure . . . < 16 5 13 10 20 15 26 22 3 — 12 3 8,2 -/. Capricorne 1 Plus grande élongation
- 26 5 d 10 18 15 33 22 40 — 10 15 7,0 1 Verseau le 22.
- 6 5 26 10 8 14 50 21 11 — 16 47 12,2 i Capricorne
- Vénus . . . . 16 5 17 10 17 15 18 22 0 — 13 14 11,6 Verseau ( Peu visible le matin.
- 26 5 4 10 25 15 45 22 47 — 95 11,4 ), Verseau
- 6 5 2 9 27 13 52 20 ,31 - 19 58 4,6 Capricorne
- Mars. . . . . < 16 4 43 9 19 13 55 21 2 — 18 3 4,8 6 Capricorne Inobservable.
- 26 4 23 9 10 13 57 21 33 — 15 50 4,8 y Capricorne
- Jupiter. . . . 16 6 41 12 59 19 17 0 43 + 3 29 *31,2 e Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . . . 16 1 12 5 29 9 46 17 13 — 21 23 15,2 £ Ophiuchus Le matin, avant l’aurore.
- Uranus. . . . 16 6 22 12 27 18 32 0 12 + 0 31 3,2 39 Poissons Inobservable.
- Neptune . . . 16 15 8 22 11 5 15 9 58 + 12 59 2,4 v Lion Toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera observable le matin, du 18 au 28 mars, sa plus grande élongation se produisant le 22, à 12h, à 27° 45' à l’Ouest du Soleil. Cette élongation sera la plus grande de l’année, mais malgré tout, sous nos latitudes, l’observation de Mercure sera assez difficile en raison de sa faible hauteur au-dessus de l’horizon.
- Voici la phase de Mercure et la grandeur stellaire pendant le mois de mars.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Mars 1er 0,07 + 2,0
- — 6 0,18 + 1,3
- — 11 0,31 + 0,9
- — 16 0,41 + 0,7
- — 21 0,50 + 0,5
- — 26 0,58 + 0,4
- — 31 0,64 + 0,3
- Vénus est encore un peu visible le matin, mais se rap-
- proche peu à peu du Soleil. On pourra la rechercher dès son lever et l’observer ensuite pendant le jour. Son diamètre diminue.
- Voici quelques phénomènes que l’on pourra observer au moyen d’une petite lunette.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Mars Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATES Mars Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 5 18 54” I P. c. 6 18h 56“ II p. f
- 6 18 54 I E. f. 13 18 11 I Im.
- Saturne devient bien visible le matin, avant l’aurore. Il se trouve entre 6 et tj Ophiuchus. On le trouvera aisément à l’aide de notre petite carte (fig. 1). Voici les éléments de
- l’anneau, à la date du 13 mars :
- Grand axe extérieur. . . ........................ 37",86
- Petit axe extérieur.............................. 16",88
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau ............................................+ 26° 29
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26° 22'
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- On peut observer Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, à l’époque de ses élongations. Voici ces élongations pour le mois de mars :
- Élongation. Heure.
- o Orientale. 15\6
- 10 Occidentale. 20\8
- 18 Orientale. 14\8
- 26 Occidentale. 19h,7
- Uranus est inobservable, en conjonction avec le Soleil le 24 mars, à 6h.
- Neptune est encore visible toute la nuit. On le trouvera aisément à l’aide de la petite carte que nous avons donnée au n° 2774, du 1er décembre 1927, et en utilisant une petite lunette. Neptune brille comme une étoile de 88 grandeur environ.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à 22h, Neptune Le 14, à 6h, Saturne Le 17, à 18h, Mercure Le 18, à 13h, Mars Le 19, à 17l>, Mercure Le 19, à 18h, Vénus Le 21, à 21h, Uranus Le 22, à 13h, Jupiter
- en conjonc. avec la Lune,
- — — la Lune,
- — — Vénus,
- — — la Lune,
- — — la Lune,
- — — la Lune,
- — — la Lune,
- — — la Lune,
- à 4° 28' S. à 2° 9' N. à 0° 36' N. à 3° 26' N. à 4° 27' N. à 4° 10' N. à 4° 25' N. à 3° 34' N.
- Étoiles variables. — Voici les minima de l’étoile variable Algol (p Persée) qui se produiront pendant le mois de mars : le 3, à 19h46m; le 23, à 21h 31m. On peut aisément constater photographiquement ces minima, comme l’a fait autrefois M. Flammarion, à l’Observatoire de Juvisy. Laisser les
- étoiles décrire leur mouvement diurne sur la plaque d’un appareil photographique ordinaire dirigé vers la constellation de Persée. Le moment dn minimum d’Algol sera indiqué par une diminution de la largeur de la Irainée laissée par cette étoile.
- Etoiles filantes. — Le 7 mars, étoiles filantes émanant de la région de [3 Scorpion. Radiant par Æ = 233u; (£) ——18°. Le 7 mars également, autre radiant situé près de y Hercule, par TR = 244° ; uc'' — -J- 15°.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er mars vers 21h ou le 15 mars, vers 20\ est celui-ci :
- Au Zénith : La Grande Ourse, les Gémeaux, le Cocher.
- Au Nord : La Petite Ourse, Céphée, Cassiopée.
- A l’Est : Le Bouvier, la Vierge, la Chevelure de Bérénice.
- Au Sud : L’Hydre, le Corbeau, la Coupe, le Petit Chien.
- A l’Ouest : Le Taureau, le Bélier, Orion, la Baleine.
- Voici quelques curiosités célestes qui sont accessibles aux petits instruments :
- Dans Orion : la grande nébuleuse, les doubles X, 8, t, 0.
- Dans le Taureau : Aldébaran, 0, a, x., -, cp, la variable X.
- Dans Persée : Algol (variable), s et y,.
- Dans Andromède : la double colorée y.
- Dans les Gémeaux : Castor (double), l’amas, les doubles 6, £ et x.
- Les étoiles doubles 14 Cocher, £ Hydre, y Vierge, 0, i et ç Cancer. Régulus y et 54 Lion. Mizard et Alcor dans la Grande Ourse. 4* Dragon. La Polaire.
- Puis les étoiles doubles rj et i Cassiopée; S, (J, x. et \ Céphée, etc.
- Les constellations d’été se montrent à l’Est, pour peu que l’on prolonge un peu tard les observations.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ENCAUSTIQUE POUR PARQUETS
- Voici une formule économique et simple communiquée par un de nos lecteurs qui l’a longuement expérimentée. Elle convient pour des parquets déjà entretenus et ne peut être utilement employée sur des parquets neufs.
- Cire jaune. . ...........50 grammes
- Carbonate de soude.......50 —
- Eau......................q. s. pour 1 litre
- Faire fondre la cire jaune à feu doux, d’autre part faire dissoudre le carbonate dans l’eau bouillante et verser la solution très chaude sur la cire fondue en agitant continuellement et aussi rapidement que possible. On peut ajouter un colorant.
- Cette préparation demande un certain tour de main que l’on peut éviter en ajoutant 50 gr. d’essence de térébenthine à la cire jaune. L’émulsion (saponification particulière) se fait beaucoup plus facilement.
- COMMENT FAIRE SOI-MÊME UNE PETITE VEILLEUSE-HORLOGE
- On prend un verre cylindrique mince, uni, et de préférence d’un petit diamètre. On colle à l’extérieur et verticalement une bande de papier blanc; puis on remplit le verre à moitié d’huile à brûler, on allume une veilleuse, et à l’aide d’une montre, on marque, par un trait, le niveau de l’huile toutes les heures et toutes les demi-heures.
- On peut même, pour ne pas s’astreindre à ce petit travail, indiquer le niveau de l’huile au moment où l’on allume la veilleuse et marquer d’un trait le niveau du liquide, dix heures après. On n’aura qu’à diviser par dix l’espace compris entre les deux traits pour savoir les heures ; pour les demi-heures, la division est facile.
- Les traits étant marqués sur la bande de papier, on indiquera les chiffres des heures à partir de huit heures du soir. On aura
- donc ainsi une veilleuse et une horloge, très suffisante pour indiquer approximativement l’heure qu’il est à tout instant de la nuit.
- COMMENT CHAUFFER DE PETITS FERS A SOUDER
- Il est souvent nécessaire d’effectuer de menues soudures, notamment quand on a des réparations à effectuer dans les connexions électriques, La lampe à souder est souvent encombrante et elle ne remplit pas son office lorsque la soudure est de peu d’importance et que le travail à effectuer n’est pas long. 11 est préférable d’utiliser un dispositif économiquement construit qui donnera une chaleur suffisante pour le fer de petites dimensions qui est nécessaire.
- On utilisera de la sciure de bois que l’on arrose d’alcool et, dans ce cas, on se servira d’une boîte, genre boîte à cirage de grande dimension, avec fermeture la plus étanche possible pour empêcher l’alcool de s’évaporer.
- Au lieu de sciure de bois imprégnée d’alcool, on peut aussi se servir d’alcool Solidifié que l’on prépare facilement en ajoutant par litre d’alcool : 50 grammes de bougie râpée et 75 grammes de savon de Marseille en poudre. On chauffe jusqu’à ébullition de l’alcool, avec précaution, bien entendu, on remue avec une spatule de bois et on coule la dissolution obtenue dans des boîtes à cirage à fermeture étanche, comme celles que l’on utilise pour la couleur.
- On peut alors employer un récipient de ce genre pour chauffer. Pour maintenir le fer bien au contact de la flamme sans employer de cales, que l’on n’a pas toujours à sa disposition, on prépare une monture au moyen d’une feuille de métal que l’on enroule autour de la boîte et que l’on replie sur un côté. On forme une rigole où l’on place le fer à souder qui est soumis à l’action delà flamme.
- C’est un petit dispositif très simple à réaliser qui peut rendre service dans les menus travaux de soudure.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les Turbines à vapeur, par G. Belluzo, traduit de l’italien par J. Chevrier. 2 vol. Tome I. Téorie et calcul des Turbines à vapeur 1 vol. 367 pages 260 fig. Prix 60 francs. Tome II. Les Turbines à vapeur. 1 vol. 596 pages 490 fig. Prix : 80 francs. Gauthier-Villars et Cio Éditeurs. Paris 1927.
- A côté de l’ouvrage monumental de Stodola sur la turbine à vapeur, le véritable guide du chercheur dans ce domaine, le traité plus modeste de Belluzo tient une place cependant importante dans la littérature technique relative à ce type de machine. Mieux que le premier, en effet, il convient à l’étudiant et au praticien, parce qu’il expose l’essentiel de ce que ceux-ci doivent connaître. Cette nouvelle édition traduite sur la 2e édition italienne et mise par l’auteur lui-même au courant des plus récents progrès, rendra donc les plus grands services, d’autant plus qu’en France les traités d’ensemble relatifs à la turbine sont fort peu nombreux.
- Le premier volume est consacré à la théorie : il contient en outre des tables de données numériques et de nombreux exemples de calculs. Le 2e volume est réservé aux détails de construction et à la propulsion des navires par turbine. Un chapitre est également consacré aux locomotives à turbine.
- L’air et sa conquête, par A. Berget, illustré sous la direction de L. Rudaux. 1 vol. in-4, 312 pages 976 fig. dans le texte et 26 planches. Larousse Éditeur. Paris 1927. Prix broché : 90 francs.
- Vaste sujet, et d’un intérêt captivant : l’air, c’est-à-dire un des éléments essentiels à la vie suc notre globe, le siège des phénomènes météorologiques, le support des avions et dirigeables, M. A. Berget a su le traiter dans son ensemble d’une façon aussi instructive qu’attrayante. Il nous rappelle tout d'abord ce qu’est l’atmosphère, et comment sa composition, ses propriétés nous ont été peu à peu révélées. Il décrit les phénomènes optiques et acoustiques dont elle est le siège; puis il condense les données de la météorologie : répartition des températures, climats, variations de la pression atmosphérique, régimes des vents, circulation atmosphérique, lois des dépressions et prévision du temps, rôle de l’eau sous ses diverses formes dans l’atmosphère et dans la nature en général, électricité atmosphérique; etc. Nous arrivons ensuite aux utilisations de l’air : traitements médicaux, air comprimé, raréfié ou liquéfié; air moteur : moulins et bateaux. Enfin une partie importante de l’ouvrage est consacrée à la conquête de l’air, c’est-à-dire à l’histoire de la navigation aérienne. La lecture de ce beau livre est encore facilitée par une admirable illustration, riche en documents scientifiques de premier ordre, en schémas suggestifs, et en même temps d’une haute valeur artistique.
- Traité élémentaire de Météorologie par Alfred Angot. 4° Édition remise à jour par G. E. Brazier. 1 vol. 420 pages, 121 fig., 4 planches. Gauthier-Villars et Cio Éditeurs. Paris, 1928. Prix : 50 francs.
- Le traité élémentaire de météorologie d’Angot est rangé, à juste titre, parmi les ouvrages qui méritent l’épithète de classique; la clarté du style, la simplicité de l’exposé, l’ordre logique dans lequel les phénomènes sont présentés en font un véritable modèle d’ouvrage didactique. Nulle part on ne trouvera mieux exposés les rudiments de la physique et de la mécanique de l’atmosphère. Angot, mort en 1924, n’a pu veiller à la réédition de son ouvrage. Ce délicat travail a été assumé, sous les auspices de M. Brillouin, par M. Brazier qui s’est attaché à ne modifier que le moins possible l’œuvre de son maître. Sauf quelques modifications de détail, en particulier sur la circulation atmosphérique générale, il a maintenu le texte de la précédente édition, reportant à un chapitre spécial et nouveau l’exposé des connaissances aujourd’hui essentielles qui ne figuraient pas jusqu’ici dans l’ouvrage d’Angot. On trouvera là de précieuses indications sur les progrès de l’acti-nométrie, sur ceux de l’aérologie, un exposé très clair de la théorie de Bjerknes sur les surfaces de discontinuité et un aperçu d’ensemble sur les méthodes actuelles de prévision du temps.
- Electroanaly se rapide, par Arnold Lassieur. 1 vol. in-8, 206 pages, 26 fig. Presses universitaires de France, Paris, 1927. Prix : 20 francs.
- L’électrolyse s’applique particulièrement bien à l’analyse de l'antimoine, du cuivre, du plomb, de l’étain, du zinc industriels, des soudures et des étamages, des alliages anti-friction et des caractères d’imprimerie, des bronzes, des laitons, des alliages de l’aluminium et du maillechort, à condition que les techniques soient bien définies et bien réglées. L’auteur qui a, en ces matières,
- la longue expérience du Laboratoire municipal de Paris, explique les principes de l’électroanalyse, donne tous les détails de technique et examine les divers cas que présentent les métaux qu’on veut séparer et doser. Il écrit ainsi un manuel pratique indispensable aux laboratoires.
- Die Strasse von Gibraltar, par Otto Jessen. 1 vol. in-8, 283 pages, 23 fig., 16 pl., 2 cartes. Dietrich Riemer (Ernst Vohsen), Berlin, 19 27. Prix cartonné toile : 18 marks.
- Le détroit de Gibraltar mérite une monographie spéciale à tous points de vue. Ceux-ci sont examinés ici par le professeur de géographie de l’université de Tübingen. Le détroit de Gibraltar commande et a toujours commandé les échanges d’eau entre la Méditerranée et l’Atlantique, si bien que son histoire géologique est celle du bassin méditerranéen; aussi les premiers chapitres sont-ils consacrés à la tectonique de ses bords, aux rapports des chaînes du Rif et de la Cordillère bétique, à l’àge de leurs dépôts, aux formes du fond sous-marin et des côtes. L'examen des eaux qui parcoui’ent ce détroit renseigne sur les échanges actuels des deux mers, les courants superposés, leur salinité, leur température, sont examinés d’après les rares données des océanographes. Si le détroit relie deux mers, il rapproche aussi deux continents; les chapitres qui suivent traitent de la climatologie de la région, des rapports de flore et de faune des deux rives, des échanges de races humaines, de l’histoire des relations de peuples jusqu’à la géographie politique actuelle qui réunit sur les pointes les intérêts les plus divers : Angleterre, Espagne, Maroc, France, etc.
- De nombreuses photographies, des cartes font de cette monographie une excellente étude d’un des points de passage les plus fréquentés et les plus disputés du globe.
- La France ignorée, par E.-A. Martel, l vol. in-4 (28x 23; 1775 gram.), 300 p., 400 fig. Delagrave, Paris, 1928. Prix : broché, 60 francs ; relié, 80 francs.
- Ce nouvel ouvrage de l’ancien directeur de La Nature résume, complète, et met au point (à la date de 1927), l’ensemble de toutes les recherches et explorations effectuées par lui en France depuis 1883. Non pas seulement dans son domaine spécial des abîmes, cavernes et rivières souterraines, mais encore parmi les torrents, les cluses et vallées, les lapiaz et monts du sud-est de la France et des Alpes, les calanques et forêts de Provence, le Jura, etc. Ainsi se trouvent condensés et réunis les matériaux de découvertes et de documentation, épars dans de précédents livres depuis longtemps épuisés, et dans plus de 600 notes, articles et mémoires devenus pratiquement inaccessibles. Le grand canon du Verdon (exploré en 19U5-1906 seulement), Fontaine-l’Evêque et les avens de Ganjuers, les clués de Provence, la Provence souterraine, les calanques de l’Estérel à l’Estaque, les Alpilles, Vaucluse et ses avens, les scialets du Vercors, les chouruns du Devoluy, les lapiaz des Alpes calcaires de France, la perte et le canon du Rhône, le sous-sol du Jura et de la Bourgogne, tels sont les titres des 12 chapitres du livre. Us sont partagés en un texte descriptif pour le public, et en appendices et notes techniques et bibliographiques pour les savants et les spécialistes. Le titre est parfaitement justifié par la nouveauté des sujets, qu’on ignorait à peu près tous il y a quarante ans. Le Verdon, notamment, est une vraie révélation, et le « canon du Rhône » continue la campagne commencée en 1910 contre le projet de barrage de Génissiat; les récentes catastrophes de Gléno et de Perrégaux prouvent terriblement, combien cette opposition est fondée et prudente. La remarquable illustration du volume est composée des clichés de l’auteur et de dessins de Lucien Rudaux. C'est un supplément indispensable à toutes les géographies et géologies de la France.
- Les poissons, les batraciens et les reptiles dans l’art quaternaire, par H. Breuil et R. de Saint-Périer. Archives de l’Institut de Paléontologie humaine. Mémoire 2. 1 vol. in-4, 171 pages, 76 fig. Masson et C‘% Paris, 1927. Prix : 80 francs.
- Les auteurs ont rassemblé et classé les figurations de l’époque quaternaire qu’on peut reconnaître ou interpréter comme des poissons, des batraciens et des reptiles. Les poissons sont nombreux et certains si nets qu’on y voit des truites, des anguilles, des brochets, des poissons plats; les batraciens sont fort rares, les reptiles moins. Beaucoup sont des stylisations, des schémas, d’interprétation douteuse. Et cette iconographie l’este prudemment de limites incertaines comme la connaissance même des objets qu’elle étudie.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Accéléragraphe H. M- P.
- Quel que soit le mode de locomotion étudié, la mesure des accélérations s'impose, d’abord pour déterminer les charges
- Manomètre
- Mercure
- Air comprimé
- Fig. 1. — L’accélérographe //. M. F.
- supportées par les pièces aux différents régimes, ensuite pour chiffrer la brutalité des variations de vitesse (reprise des moteurs, expérience du pilote), donc le confort des passagers.
- En aéronautique, où la gamme de vitesse est la plus étendue, les efforts d’inertie, donc l’accélération dans tous les cas de vol, seront à la base des coefficients d’essais imposés. Les accélérations donneront une idée précise de la maniabililé de l’appareil, elles permettront une critique scientifique du pilotage.
- Parmi les accélérographes existants, les appareils à liquides sont les plus intéressants, parce que les plus sensibles et les plus fidèles. L’accélérographe H. M. P., par exemple, est constitué (fig. 1) par une colonne de mercure dont l’axe coïncide avec la direction des accélérations à mesurer. Cette colonne s’appuie, à chaque extrémité, sur une membrane élastique, membrane donnant, l’une sur une chaffabre contenant de l’air comprimé, l’autre sur une chambre contenant de l’eau glycérinée ; cette chambre est reliée à un manomètre enregistreur du type Bourdon.
- Le changement de sensibilité de l’appareil ne nécessite que le changement du manomètre. Cette sensibilité peut varier, dans l'appareil courant, de 7 mm à 62 mm., pour l’accélération de la pesanteur (981 egsb
- L’amortissement est facilement réglable par le moyen d’une vis à pointeau placée sur la canalisation allant au manomètre, la période propre de l’appareil varie ainsi de 1/30 à 1/70 de seconde.
- Enfin le tarage de l’appareil est très simple : amené au zéro dans la position horizontale, l’aiguille marque 981 cgs dans la position verticale; l’aiguille étant ramenée à cette dernière graduation, en position horizontale, par introduction d’air comprimé, elle marquera 981 X 2 çgs en position verticale, etc.
- Service d’hydravions sur les paquebots.
- Les paquebots modernes semblent arrivés à leur vitesse maxima : il faudrait, pour augmenter légèrement cette vitesse, une augmentation de puissance considérable. D’autre part, l’hydravion est encore incapable d’effectuer régulièrement et sûrement les traversées transocéaniques. Il était tout naturel de penser à combiner les deux modes de transport, l’hydravion allant porter et chercher au paquebot, à quelques centaines de kilomètres au large, les sacs de courrier et les passagers pressés.
- La Compagnie Générale transatlantique, la première en Europe, a décidé d’organiser un tel service pour 1’ « Ile de France ».
- Dans ce but, un appareil de lancement sera installé à l’arrière du navire. L’hydravion employé, encore à construire, aura une charge utile de 5 tonnes; en attendant sa mise en service, un appareil plus léger sera utilisé.
- Le gain de temps sur le voyage normal sera particulièrement intéressant en Europe. L’hydravion quittera le bord, fera escale à Brest, puis gagnera Paris; il économisera donc le temps d’accostage à Plymouth et au Havre, et le voyage du Havre à Paris.
- Pompe Farman à engrenages.
- Le graissage des moteurs à explosion modernes, et en particulier des moteurs d’aviation, exige un épurateur d’huile et un radiateur d’huile.
- La circulation du lubrifiant est assurée par un certain nombre de pompes généralement à engrenages : deux pour les moteurs à carter sec, trois pour les moteurs conservant de l’huile dans le carter, soit quatre ou six engrenages dans des chambres différentes.
- Ces pompes multiples sont embarrassantes, et d’un démontage long et délicat.
- La maison Farman vient de faire breveter un schéma de pompe à engrenages à trois pignons, pompe assurant deux aspirations et trois compressions, c’est-à-dire capable d’alimenter tous les circuits d’huile du moteur, par exemple :
- Prise d’huile au carter, prise d’huile au réservoir, refoulement au moteur;
- Prise d’huile au carter, refoulement au réservoir.
- Fig. 2. — Schéma de la pompe Farman.
- La circulation de l’huile dans une telle pompe est indiquée sur la figure 2.
- Pour le cas où le moteur ferait quelques tours à l’envers deux clapets à bille sont prévus en A et B, points où une surpression pourrait se produire.
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- CHRONIQUE DE T.
- S. F
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- LES STATIONS DE RADIODIFFUSION EN 1928
- Au début de l’année, nous croyons utile de publier une liste des principales stations radiophoniques européennes avec leurs longueurs d’onde, leurs fréquences en ldlocycles et leurs puissances.
- Chaque jour le nombre de ces stations augmente, et leurs
- Longueurs d’onde Puissances Fréquences
- en mètres en kilowatts en ldlocycles
- 286b 10 105
- 2650 12 J1 i
- 2525 5 119
- 2000 15 150
- 1950 2,5 154
- 1870 5 160
- 1750 5 171,4
- 1700 4 170
- 1604,8 25 187
- 1450 40 207
- 1400 3 214
- 1365 5 220
- 1320 30 227
- 1-250 18 240
- 1200 10 250
- 1153 7,5 260
- 1150 ? 261
- 1150 1,5 261
- 1117 4 268
- 1111 10 270
- 1110 1 270
- 1100 0,25 273
- llOO 1,25 273
- 1060 5 283
- 1000 10 300
- 940 2 319
- 800 4 375
- 760 1,5 395
- 720 2 416
- 680 1,5 441
- 588 1 510
- 577 1,5 520
- 566 1,5 530
- 566 4,5 530
- 555,6 3 540
- 535,7 4 560
- 526,5 1,5 570
- 517,2 8 580
- 508,5 1,5 590
- 500 1,5 600
- 491,5 30 610
- 483,9 4 620
- 476,2 1 630
- 468,8 25 640
- 462 1 649
- 461,5 1,5 650
- 458 1 655
- 454,5 1,5 660
- 450 3 666
- 450 4 666
- 441,2 2,5 680
- 434,8 1 690
- 428,9 4 700
- 422 1,5 711
- longueurs d’onde sont fréquemment modifiées; il est donc bon de pouvoir consulter de temps en temps une liste à peu près exacte, d’autant plus que les appareils modernes sensibles permettent assez facilement la réception d’émissions de plus en plus faibles provenant de stations peu puissantes ou très lointaines.
- Stations Nationalités
- Kœnigswusterhausen Allemagne
- Tour Eiffel F rance
- Berlin Allemagne
- Ko vno Lithuanie
- Scheveninguen Hollande
- Kassa Tchéco-Slovaquie
- Radio-Paris France:
- Kharko v Russie
- Daventry Angleterre
- Moscou Russie
- Latliri Finlande
- Karlsborg Suède
- Motala Suède
- Berlin (Kœnigswusterhausen) Allemagne
- Stamboul Turquie
- Kalundborg Danemark
- Angora Turquie
- Soro Danemark
- Novosibirsk Russie
- Varsovie Pologne
- Prague Tchéco-Slovaquie
- Bâle Suisse
- Amsterdam Hollande
- Hilversum Hollande
- Leningrad Russie
- Leningrad Russie
- Tashkent Russie
- Genève Suisse
- Ostersund Suède
- Lausanne Suisse
- Zurich Suisse
- Vienne Autriche
- Saragosse Espagne
- Berlin Allemagne
- Budapest Hongrie
- Munich Bavière
- Riga Lettonie
- Vienne Autriche
- Bruxelles Belgique
- Aberdeen Ecosse
- Daventry Angleterre
- Berlin Allemagne
- Lyon P. T. T. France
- Langenberg Allemagne
- Barcelone Espagne
- Oslo Norvège
- École supérieure P. T. T, France
- Stockholm Suède
- Rome Italie
- Moscou Russie
- Brno Tchéco-Slovaquie
- Bilbao Espagne
- Francfort Allemagne
- Cracovie Pologne
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- ueurs d’onde Puissances Fréquences
- în mètres en kilowatts en kilocycles Stations Nationalités
- 420 2 715 Moscou Russie
- 418 2 708 Bilbao Espagne
- 416,7 1 720 Gôteborg Suède
- 411 6 730 Berne Suisse
- 405,4 1,5 74C Glasgow Angleterre
- 400 1,5 750 Cork Irlande
- 400 O 750 Madrid Espagne
- 400 0,5 750 Séville Espagne
- 394.7 4 760 Hambourg Allemagne
- 392 5 767 Radio-Toulouse France
- 384,6 1,5 780 Manchester Angleterre
- 379,7 4 790 Stuttgart Allemagne
- 375 1,25 800 Helsingfors Finlande
- 375 1,5 800 Madrid Espagne
- 370,4 1,5 810 Bergen Norvège
- 370 0,5 811 Radio L. L. France
- 365,8 4 820 Leipzig Allemagne
- 361,4 3 830 Londres Angleterre
- 353 1,5 850 Cardiff Angleterre
- 348,9 5 860 Prague Tchéco-Slovaquie
- 344,8 2 870 Barcelone Espagne
- 340,9 0,5 880 Petit Parisien France
- 337 1 890 Copenhague Danemark
- 335 1 895 Carthagène Espagne
- 333,3 1,5 900 Naples Italie
- 333,3 1 900 Reykiawiclc Islande
- 330 0,25 910 Limoges France
- 329,7 1 910 Kœnigsberg Allemagne
- 326,1 1,5 920 Bournemouth Angleterre
- 325 1 925 Malaga Espagne
- 322,6 5 930 Breslau Allemagne
- 322 1 960 Radio-Vitus France
- 322 1 .5 960 Milan Italie
- 319,1 1,5 940 Dublin Irlande
- 312,5 1,5 960 Newcastle Angleterre
- 310 1 965 Zagreb Yougo-Slavie
- 309 0,5 970 Marseille P.-T. T. France
- 306, l 1,5 980 Belfast Angleterre
- 306 2 980 Madrid Espagne
- 303 4 990 Nuremberg Allemagne
- 297 2 1010 Saint-Sébastien Espagne
- 297 0,25 1010 Agen France
- 297 1 1010 Cadix Espagne
- 291.3 1,5 1030 Radio-Lyon F1rance
- 286 0,5 1050 Lille P. T. T. France
- 285,7 2 1050 Rêvai Esthonie
- 283 1,5 1060 Dortmund Allemagne
- 280,4 1,5 1070 Posen Pologne
- 278 1,25 1079 Grenoble F rance
- 277,8 1,5 1080 Caen F’rance
- 275,2 0,5 1090 Angers F ran ce
- 273 1,5 1100 Bordeaux-Lafayette France
- 272,7 1,5 1100 Klagenfurt Autriche
- 260,9 1 1150 Malmô Suède
- 260 1 1154 Toulouse P. T. T. France
- 25'i,2 1,5 1180 Venise Italie
- 252 . 0,5 1 190 Montpellier France
- 241,9 1,5 1240 Munster Allemagne
- 238 1,5 1260 Bordeaux Sud-Ouest France
- 234,4 2 1280 Vilna Pologne
- 225,6 2 ' 1330 Belgrade Yougo-Slavie
- 223,9 2 1340 Leningrad Russie
- 222,2 0,25 1350 Strasbourg France
- 211 '3 2 1420 Kiev Russie
- 207,5 1 1450 Dijon France
- 200 0,25 1500 Biarritz France
- 158 0,5 1950 Radio-Béziers France
- 62 0,25 4825 Radio L. L. France
- 32 1 9375 Berne Suisse
- 30,2 1 9934 Hilversum Hollande
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Le routeur universel.
- Cet appareil est destiné à permettre de rouler plus facilement les tonneaux.
- Il est constitué par deux branches articulées, avec une poignée. Lorsqu’on opère une traction sur celte dernière, les
- Le Routeur universel.
- Fig- 1-
- deux branches tendent à se rapprocher. Elles sont terminées à leurs extrémités par deux pièces susceptibles de tourner sur les branches.
- Ainsi, lorsque l’appareil est en place et qu'on tire sur la poignée pour l’amener à soi, les deux extrémités se plaquent contre les fonds du tonneau; les pièces d’applique roulent sur le chemin intérieur formé par la partie qui dépasse du fond. Le tonneau peut donc rouler très facilement et le livreur exécute rapidement les livraisons dans les endroits où le véhicule ne peut s’engager. Il fait son travail avec le minimum de fatigue, sans perdre de temps et évite les blessures aux mains provoquées par les éclats, les pointes, les bavures des cercles.
- L’appareil est très utile également dans toutes les maisons de commerce où l’on doit véhiculer des fûts.
- Constructeur : E. Vinot, 176 bis, avenue Gallieni, Sainte-Savine (Aube)..
- Fie. 2.
- à soupape, le tube d’introduction et la vidange de l’eau, un compensateur à niveau.
- Les deux tubes concentriques du siphon, dans l’axe duquel tourne l’arbre du volant, permettent, d’une part, le passage du gaz de la partie avant du compteur aux compartiments du volant, et, d’autre part, le nivellement de d’appareil par l’eau versée à cet elïet.
- Une soupape montée sur (un flotteur intercepte l’arrivée du gaz quand le niveau de l’eau dans le compteur n’atteint pas une hauteur suffisante pour la bonne marche de l’appareil.
- L’eau de nivellement est introduite par un tube débouchant dans le compartiment du volant. Elle vient par le siphon dans* la caisse avant et l’excédent tombe par un tube vertical dans une bâche formant réserve d’eau ; un bouchon ouvert lors du nivellement évacue l’eau de trop-plein.
- Si, pour une cause quelconque, par évaporation par exemple, l’eau vient à baisser dans la caisse du volant, le mesurage n’est plus exact. L’abonné consomme du gaz qui n’est pas enregistré. Le compensateur de niveau obvie à cet inconvénient.
- Dans le compensateur à injecteur, du gaz capté par des augets placés à la périphérie du volant est emmagasiné dans une cloche dans laquelle débouche le 1ube vertical de nivellement (voir plus haut). Quand la pression est suffisante, le gaz chasse la colonne d’eau qui s’y trouve dans le réservoir supérieur communiquant avec la caisse du volant.
- Malgré ces organes, l’usage de ces compteurs exige un personnel nombreux pour effectuer les fréquents nivellements.
- Dans la disposition nouvelle proposée par M. Conrairie, on évite l’évaporation grâce à l’emploi d’un liquide spécial (comme celui employé dans les compteurs type *t Zigrna »), ce liquide n’est pas influencé comme l’eau par les diverses températures; on obtient donc un mesurage exact, tout en espaçant considérablement les périodes de nivellement.
- Les organes de compensation (système à cuiller, à injecteur, etc...) n’ont alors plus d’utilité et peuvent être supprimés.
- L’inviolabilité des compteurs n’étant pas actuellement, quoi qu’on dise, solidement établie, un dispositif y remédie.
- Le mécanisme d’un compteur à gaz ordinaire, système « Duplex ».
- Compteur à gaz inviolable.
- Parmi les compteurs humides à gaz actuellement en usage, le type « Duplex » est le plus couramment employé. En voici la description sommaire :
- Le compteur est séparé en deux par une cloison. Dans la caisse postérieure qui comporte le raccord de départ du gaz se meut un volant dont les compartiments ont une capacité connue. La pression du gaz oblige ce volant à tourner et chacun de ses tours correspond à un certain volume de gaz, volume enregistré par des cadrans commandés par l’arbre du volant. Dans la caisse antérieure, outre la transmission du mouvement précité et l’arrivée du gaz, se trouvent les organes assurant un mesurage aussi parfait qu’ils le permettent ; le siphon, le flotteur
- Sortie du
- gaz
- Auget
- Injecteur Joupap
- / ''~~
- / Flotteur
- J| Transmission l du mouvem t du volant
- Entrée^ du gaz Passage du ga2
- ! Auget
- Siphon
- Auget
- Hotte-
- Bouchon du trop plein
- Auget
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- Le tube vertical lisse, qui servait à établir le plan d’eau nécessaire dans le compartiment du volant et desservait la réserve d’eau, est remplacé par un tube étranglé muni d’un flotteur.
- Le flotteur vient obturer le passage au cas où un fraudeur voudrait obtenir du gaz après avoir aspiré le liquide contenu dans la bâche de garde.
- Cette disposition est applicable à tous les compteurs humides en service et peut se résumer par les avantages suivants : ~
- Abaissement du prix de [revient des compteurs neufs par suite de la suppression d’organes délicats.
- Mesurage et stabilité parfaits.
- Plus longue viabilité.
- Suppression des condensations dans les installations.
- Périodes de nivellement très espacées permettant, de ce fait, d’employer le personnel qui les assurait à d’autres besognes (économie compensant largement les légères modifications à faire aux compteurs ten service).
- Entrée du gaz
- L_j Niveau liquide l/' constant
- Nf Tube étranglé
- Boite de réserve
- __ Dispositif inviolable
- Fig. 3. — Le nouveau dispositif de compteur simplifié et inviolable.
- Inventeur : M. A. Conrairie, 13, rue de l’École-Normale. Orléans.
- OBJETS MÉNAGERS
- Pour séparer les crèmes, les graisses, les écumes.
- Il est assez difficile, lorsqu’on verse du lait, du bouillon ou tout auire liquide contenu dans une casserole, venant
- d’être soumis à la cuisson, de retenir ce qui surnage et que l’on ne veut pas verser dans un autre récipient.
- Un inventeur a imaginé un appareil extrêmement simple, qui est constitué par une sorte d’écran maintenu par des pattes sur les parois de la casserole. La tige verticale permet de retirer ou de placer facilement l’appareil devant le bec de la casserole.
- Le liquide qui coule par ce bec ne provient pas de la surface du liquide conlenu dans le récipient, mais du fond. En raison de l'écran qui ne le touche " pas complètement, grâce au principe des vases communicants, le liquide s’écoule, mais tout ce qui est à la surface reste et ne peut partir.
- Cet ustensile est très efficace pour séparer la peau du café au lait ou du chocolat, pour servir le bouillon sans qu’il y ait la moindre trace de graisse.
- Enfin un autre avantage est que le jet qui sort du bec de la casserole, grâce à la pression produite, permet d’être introduit directement dans une bouteille sans qu’il y ait besoin d’un entonnoir.
- Constructeur : Le Paracrème, Blanchard, à Angelet, par Bayonne-(B.-P.).
- Aspirateur à manivelle.
- Ce petit modèle d’aspirateur de poussière permet à tous de bénéficier des avantages de l’aspiration, même s’ils n’ont pas l’électricité à leur disposition.
- L’appareil imaginé pour cela comporte un tube qui se
- termine par une bouche d’aspiration, laquelle peut être de formes diverses, comme dans les aspirateurs électriques ordinaires.
- Près du plancher, ce tube porte une fourche terminée par deux roulettes qui lui permettent de prendre appui sur le sol et de déplacer l’ensemble, absolument comme pour un aspirateur quelconque.
- A la partie supérieure, le tube communique avec un ventilateur à manivelle, genre ventilateur de forge, dont la bouche d’évacuation est reliée à un sac à poussière.
- Une poignée à la partie supérieure permet de tenir de la main gauche l’appareil, qui ainsi peut être déplacé facilement sur les planchers ou les tapis pendant qu’avec la main droite on tourne la manivelle pour provoquer l’aspiration des poussières par la buse aspiratrice.
- S’agit-il de nettoyer des tentures ?
- On porte l’appareil en bandoulière au moyen d’une bretelle, la manivelle du ventilateur est p’acée à bonne hauteur pour qu’on puisse l’actionner avec la main droite. Au lieu d’un tube rigide, on fixe un tube souple sur l’embouchure d’entrée du ventilateur , tube souple terminé à son tour par la tige et la buse aspirai rie e.
- 11 est alors possible de nettoyer les tentures absolument comme avec un appareil ordinaire.
- Etant donné son principe même, .cet appareil n’exige aucun entretien et l’on peut régler même la puissance d’aspiration suivant la nature des surfaces sur lesquelles on opère, en graduantla vitesse qu’on donne à la manivelle du ventilateur.
- Aspirateur Tuna. Salon du Foyer.
- Fig. 5. — Aspirateur <c Tuna ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Migrations de corbeaux.
- M. Emile Rondeau nous a écrit à la date du 1er décembre 1927 :
- « Votre Revue a publié plusieurs articles sur les migrations des oiseaux, je tiens donc à vous signaler un fait curieux que j’ai observé d’une façon toute particulière cette année.
- Il y a une quinzaine de jours,-dans la Yallée de la Juine que j’habite, au lever du jour des milliers de corbeaux sont passés allant droit au sud. Ils s’avançaient sur une ligne absolument
- droite ayant plusieurs kilomètres de largeur, ayant une épaisseur de 20 mètres environ. Or depuis 2 jours le temps se refroidit et j’ai pu observer chaque matin, au lever du jour, des vols très importants de corbeaux allant aussi au sud : mais ils ne sont plus en bon ordre comme au premer vol. Ils semblent aller à la débandade, comme pressés de rejoindre le gros de la première colonne. Ces passages se produisent au-dessus d’Etampes, que j’habite, chaque jour entre 7 heures et 7 h. 1/4 du matin et durent environ 10 à 15 minutes. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Demandes de renseignements.
- Un des abonnés de La Nature désirerait obtenir des renseignements précis au sujet de plantes textiles du sud de la Russie désignées sous les noms de Kenaf et de Kendirj et si possible en recevoir des graines. Nous n’avons pu trouver de documentation et faisons appel à nos lecteurs qui connaîtraient ces plantes.
- Soignons inotre peau.
- Au cours des vacances, la peau de notre visage se trouve exposée à l’ardeur du soleil, au vent et d’une manière générale à des actions plus ou moins énergiques, d’où résulte une irritation dont il convient de la protéger. La formule suivante, préconisée par Cerbelaud, permet d’éviter cet inconvénient :
- Prendre :
- Lanoline anhydre.............100 grammes
- Vaseline blanche.............100 —
- Essence de géranium rosat . 0 — 60
- Eau de roses.................100 —
- Chauffer le tout pour liquéfier les corps gras, verser dans un mortier, battre jusqu’à refroidissement, mettre en flocons ou en tubes d’étain.
- D. P. M., a Phévekenges Suisse.
- p 5. __Les lampes dont Vous parlez ne peuvent convenir, car
- elles ne donnent que 30 milliampères : prenez les valves Pliilipps.
- __ L’emplacement dont nous disposons ne nous permet pas de
- donner de schémas.
- Destruction des punaises, puces, etc. dans [les appartements.
- D’après les recherches de MM. Gabriel Bertrand, Brocq-Rous-seau et Dassonville, la destruction des punaises, puces, etc., peut être obtenue facilement en vaporisant dans la pièce de la chloro-picrine à la dose de 10 grammes par mètre cube de capacité. — La manipulation ne présente aucune difficulté en se servant poulie traitement d’une solution de cliloiopicrine à 5 ou 10 pour 100 dans l’alcool qui peut être dans ce cas le vulgaire alcool à brûler. Cette solution est vaporisée au moyen d’un pulvérisateur à pompe dont les modèles sont très répandus aujourd’hui, le mieux est de faire l’introduction du dehors par un trou pratiqué dans la porte, après avoir pris soin de clore par des bandes de papier collées les fissures des fenêtres et du tablier des cheminées.
- Comme dans une certaine mesure, les insectes à l’état d’œufs sont protégés par l’enveloppe chitineuse, il est bon de répéter l’opération une quinzaine plus tard pour assurer la destruction des générations nouvelles, dont la durée d'incubation a été de
- huit jouis. jyj Zadock, a Salonique.
- A notre grand regret nous ne pouvons faire ici un cours de gymnastique et de culture physique ; les ouvrages sur cette question sont aujourd’hui très nombreux et vous les trouverez à profusion chez les libraires. — L’huile de coton raffinée est employée dans l’alimentation.
- Où se procurer du Nickel en fils ou en feuilles?
- Les maisons suivantes vous fourniront des fils et feuilles de
- nickel, en toutes dimensions : Louyot, 16, rue de la Folie-Méri-court—Aurambout, 105, rue Olivier-de-Serres 15e-»- Le Nickel pur 9, rue Saint-Sébastien — Slé Electro-métallurgique de Dives, 11 bis, rue Roquépine — Le Ferro-Nickel, 29 bis, rue des Francs-Bourgeois. M. P. P. T.
- Séchage et conservation des bois.
- L’électricité ne peut intervenir dans le séchage des bois que comme moyen de chauffage, toujours plus coûteux que l’emploi direct de la vapeur, par conséquent des étuves bien installées conviennent parfaitement, si on a soin d’opérer progressivement la dessiccation des bois non coupés en sève ou désévés soit par flottage, soit par un traitement industriel. — Quant à une action spéciale de l’électricité, par exemple électrolyse des sels de la sève que l’on a piéconisée, il n’y faut pas compter, le seul point important est d’éliminer la plus grande partie de la sève que contient le bois vert, et de sécher avec le minimum de déformation. — Si cette question vous intéresse, vous pourrez trouver d’amples renseignements dans Conservation et amélioration des bois, par De Keghel. Editeur, Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins.
- B. a Argnet-la-Bataille.
- En quoi consistent les ciments dits « métalliques ».
- On emploie beaucoup actuellement pour réparation des pierres à l’extérieur, ainsi que pour l’obtention de revêtements de façades, des ciments dits métalliques susceptibles d’acquérir une très grande dureté.
- Ces ciments sont constitués par des oxydes de métaux délayés .dans une solution concentrée de chlorure de la même base, de manière à donner naissance à un oxychlorure; le plus souvent, c’est de l’oxyde de zinc et du chlorure de zinc dont on se sert. Pour raison d’économie on ajoute parfois une matière inerte, sable, craie, etc. Les éléments d’une préparation de ce genre
- nous ont donné à l’analyse :
- Poudre Oxyde de zinc...................... 53.40 °/0
- Carbonate de chaux.................. 39.70 —
- Silice................................ 0.60 —
- Oxyde de fer alumine et non dosé . 6.30 —
- 100.00
- Liquide : Solution commerciale de chlorure de zinc à 45° B.
- M. D. B., Yitrt-le-Frangois.
- Un amateur peut-il réaliser des imitations de bois.
- Le travail du bois a toujours été une distraction agréable à laquelle se livrent de nombreux amateurs qui cherchent, naturellement, une fois l’objet exécuté avec les bois courants du commerce, à lui donner l’apparence d’être fait en bois de plus grande valeur.
- Tout d’abord il faut choisir parmi ces bois courants ceux qui conviennent le mieux à l’imitation. Par exemple, pour l’acajou clair, on prendra de préférence le sycomore, l’érable; pour l’aca-
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- jou foncé, choisir l’acacia, le châtaignier; pour l’ébène, employer le charme, l’érable, l’acacia, enfin le palissandre s’imitera surtout avec le tilleul, le platane, le poirier ou le noyer.
- Ce choix fait, reste à teindre le bois ; nous ne conseillons pas de s’adresser dans ce but aux couleurs dérivées de la houille, dites couleurs d’aniline, qui sont trop fugaces à la lumière et subissent ultérieurement, au contact des éléments du bois, des modifications chimiques ayaut pour conséquence un changement de teinte, voire une décoloration.
- Le mieux est de s’adresser aux matières colorantes, d’origine végétale, lesquelles, déjà extraites le plus souvent des bois, se retrouvent placées dans un milieu qui leur convient et sont ainsi moins sujettes aux altérations; c’est ainsi que l’on préparera les teintures suivantes :
- Acajou.
- Prendre Bois du Brésil..................... 50 grammes
- Rocou........................... 50 —
- Garance......................... 50 —
- Eau non calcaire.............. 1000 —
- Faire bouillir une demi-heure en remplaçant à mesure l’eau qui s’évapore ; ajouter ensuite
- Carbonate de potasse......... 50 grammes.
- Bien mélanger, laisser reposer et décanter. Pour l’emploi, étendre de plus ou moins d’eau suivant que l’on veut obtenir
- l’acajou clair ou foncé.
- Citronnier.
- Prendre Curcuma en poudre................ 00 grammes
- Alcool dénaturé............... 1000 cent, cubes
- Laisser macérer plusieurs jours et filtrer.
- Ebène et palissandre.
- Mettre en contact quelques jours de vieux clous avec du vinaigre fort de manière à obtenir une solution d’acétate de fer.
- D’autre part, étendre de quatre à cinq fois son volume d’eau 00 gr. d’extrait de campêche du commerce ou faire bouillir, comme précédemment (voir à acajou), 150 gr. de bois de cam-pèche dans un litre d’eau.
- Pour l’emploi, étendre sur le bois une couche de la solution d’acétate de fer, puis immédiatement, sans laisser sécher, passer une couche de la solution de campêche.
- Chêne et noyer.
- Passer au brou de noix plus ou moins étendu suivant l’intensité de la teinte à obtenir. Le brou de noix (qui n’a rien de commun avec les noix) se prépare avec :
- Terre de Cassel................... 50 grammes
- Carbonate de potasse.............. 50 —
- Eau non calcaire.................. 1000 —
- Faire bouillir un quart d’heure, laisser reposer, passer au travers d’un linge fin.
- N. B. La terre de Cassel doit son pouvoir colorant à des matières humiques d’origine végétale, analogues à la tourbe.
- P. R., Fontaine-Simon.
- Comment on vernit les cuirs.
- La fabrication des cuirs vernis consiste à appliquer sur Jles cuirs déjà tannés une couche de vernis souple brillant et imperméable. Nous devons dire de suite que cette fabrication est fort difficile et non à portée d’un amateur, tant les qualités exigées du vernis sont multiples et même contradictoires. D’une manière générale les vernis pour cuir sont à base d’huile de lin additionnée, de gomme laque. Le liquide épais ainsi obtenu est coloré par du bleu de Prusse, du noir de fumée, de la céruse, de l’oxyde de fer et, en résumé, par la plupart des couleurs minérales qui ont l’avantage de « couvrir », c’est-à-dire de donner un enduit. Parfois on ajoute à ces éléments essentiels les produits les plus divers, asphalte, huiles et graisses non siccatives, mélasse, glucose, etc.; on peut dire que chaque fabricant a sa formnle dont il garde jalousement le secret, dans laquelle entrent des éléments inutiles ou pouvant être remplacés par d’autres à compositions mieux connues.
- Pour l’emploi, on opère ainsi : on commence par appliquer sur la peau une couche de colle fine que l’on fait sécher et polit doucement à la pierre ponce, puis on colore la peau de la couleur du vernis à l’aide d’une couleur d’aniline. Un premier apprêt est donné avec un vernis à base d’huile de lin additionnée de litharge
- et de craie lavée, on en applique trois couches successives en laissant sécher entre temps et polissant à la pierre ponce. Ensuite on donne un second apprêt avec une préparation a 1 huile de lin, mélangée d’alcool et d’essence de térébenthine. Trois couches sont également données suivies d’un ponçage; c’est alors seulement que l’on peut appliquer le vernis proprement dit indiqué précédemment, cela au moyen d’un pinceau large et doux, il faut prendre soin que la table sur laquelle se fait l’application soit bien plane avec, sous la peau, une épaisse étoile de laine. Le vernissage se fait encore à trois couches que l’on sèche à douce chaleur (50° G), à l’abri de la poussière.
- M. Marchand, Ornans (Jura).
- Peut-on développer après fixage?
- Le développement des plaques photographiques, après fixage, a été tenté déjà depuis longtemps avec un succès relatif, mais nous n’avons pas connaissance que ce procédé ait été réellement mis au point. Logiquement il semble bien que si on enlève la totalité du bromure d’argent, il ne doit plus rester de métal disponible pour former l’image lors du développement, autrement dit l’image apparente ne peut être que très faible et seuls des artifices de renforcement peuvent lui donner une suffisante vigueur. M. R, Pizon.
- Enlèvement des taches de goudron.
- 1° Les taches de goudron s’enlèvent avec facilité en opérant ainsi : on enduit de beurre la partie tachée de façon que le goudron soit bien délayé par la matière grasse, on laisse au besoin en contact un temps suffisant pour qu’il en soit ainsi.
- 11 suffit alors de savonner dans l’eau tiède pour que la tache disparaisse ;
- 2° Vous trouverez des soufflets en peau pour appareils photographiques chez tous les marchands ou dépositaires de fournitures de ce genre, par exemple : Photo-Sport, 5(5, rue Caumartin ; Crayssac, 29, rue Meslay; La Fayette-Photo, 124, rue Lafayette ; Photo-Omnia, 76, avenue des Ternes, etc. ;
- 3° L’ouvrage suivant vous donnera certainement satisfaction :
- Traité pratique sur le fonctionnement du moteur à explosions, par René Bardin. Editeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins ;
- 4° Le peu de place dont nous disposons dans la Boîte aux Lettres ne nous permet pas de donner des schémas.
- M. Jacher, Chalon-sur-Saone.
- Repeignez vous-mêmes vos radiateurs.
- La peinture à l’huile ne convient pas aux radiateurs à cause du boursouflement, aussi est-il préférable d’employer dans ce cas le silicate de soude comme liant entre le pigment et le support métallique, fonte ou tuyaux de fer.
- On peut prendre comme base de préparation la formule suivante :
- Blanc de zinc........................ 300 gr.
- Sulfate de baryte.................... 300 —
- Silicate de soude à 40° B............ 200 —
- Eau ordinaire........................ 200 —
- Teinter si on le désire, mais toujours par une couleur minérale, par exemple terre de Sienne et ocres jaune ou rouge en proportions convenables pour imitation de noyer ou chêne dans une salle à manger. M. Bellefaye, a Angoulême.
- Évitons Vemploi de la céruse pour la peinture intérieure des bacs à eau d’alimentation.
- Bien que théoriquement l’hydrocarbonate de plomb qui constitue la céruse soit insoluble dans l’eau, dans la pratique, les eaux naturelles pluviales ou de source peuvent apporter des éléments qui réagissent et amènent le plomb à l’état de sels solubles.
- Il convient donc de n’employer, pour le revêtement intérieur des bacs, que des peintures sans plomb, c’est-à-dire qu’il faut spécialement recommander au marchand de couleurs de ne se servir que de blanc de zinc ou de lithopone broyé à l’huile, sans mettre de fond de céruse comme il le fait habituellement.
- Une fois en possession de cette peinture, on peut lui donner une grande imperméabilité en y ajoutant, par kilogramme, le contenu d’un petit tube de dissolution de caoutchouc, d’environ 50 cm3, employée couramment pour la réparation des pneumatiques. M. Peyrieux, a Bures-sur-Yvette.
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- Désinfection des livres d’occasion.
- La désinfection des livres qui ont pu se trouver entre les mains de malades a toujours été un problème à résoudre d’importance capitale, les recherches expérimentales de Du Gazai et Gatrin ayant montré combien sont dangereux ces objets.
- D’après les travaux du Laboratoire d’hygiène de Pennsylvanie, le formol ou aldéhyde formique paraît être à l’heure actuelle le désinfectant le plus pratique à appliquer. 11 a en effet été constaté que l’évaporution d’un centimètre cube de formol du commerce (à 40 pour 100 de formaldéhyde) était suffisante pour produire la stérilisation d’un espace de 300 cm3, autrement dit, il faut vaporiser 3 cm3 3 de formol par litre de capacité.
- La disposition de choix consiste à placer les livres ouverts dans une caisse en bois pouvant être bien fermée par un couvercle, puis à faire pénétrer dans la caisse, par un trou latéral, la vapeur obtenue par ébullition de formol commercial dans un petit ballon de verre, un tube de verre coudé reliant le ballon à la caisse.
- Bien que les expériences du Laboratoire sus-indiqué aient montré que les cultures de bacille typhique, diphtérique, de Koch, de staphylocoque, aient été stérilisées dans ces conditions, nous pensons qu’il est préférable d’attendre 24 heures avant d’ouvrir la caisse, on sera ainsi certain que les livres usagés ne seront plus susceptibles d’amener une contagion à ceux qui y chercheront instruction ou distraction. M. Jossekand, a Lyon.
- D’où provient le caractère gras ou huileux de certaines eaux.
- Il se développe parfois dans les eaux entretenues tièdes, soit parles rayons solaires, dans le cas d’eaux stagnantes de citernes, soit par l’apport d’eaux chaudes d’usines, des algues microscopiques incolores ou brunâtres delà famille des Beggiatoacées, il en résulte que ces eaux présentent un caractère de viscosité, qui particulièrement pour Ja toilette en rend l’emploi désagréable.
- Heureusement il est facile d’amener la dispaiition de ces indé-* sirables végétaux, cela à peu de frais : quelques grammes de permanganate de potasse seront ajoutés progressivement à l’eau de la citerne jusqu’à ce qu’une coloration rose légère persiste quelques heures, ce qui indiquera que les algues ont été brûlées; on pourra alors se servir de l’eau sans inconvénient, même pour la consommation, les traces de permanganate en excès étant sans danger pour l'organisme.
- Dans le cas d'apport d’eaux tièdes, il faudrait bien entendu en amener la suppression. M. Josserànd, a Lyon.
- Ne jetez plus vos vieilles lampes électriques.
- 1° La question de régénération des lampes a depuis longtemps préoccupé les chercheurs : voir dans l Electricien, 1er septembre 1926, p. 393 à 395 : Régénération des lampes électriques et dans le Journal La Science et la Vie, septembre 1926, p. 231-232. Comment on peut donner une nouvelle vie aux lampes à incandescence. Cette question a été ‘aujourd’hui parfaitement résolue d’une façon industrielle, en procédant ainsi : on ouvre l’ampoule et on retire complètement l’ancien filament et ses supports, l’ampoule est parfaitement lavée et séchée, puis on monte de nouveaux supports et filaments, on fait un vide très élevé et on remplit l’ampoule de g*az très purs, finalement l’ampoule est refermée comme s’il s’agissait d’une lampe neuve. Vous pouvez vous adresser pour la remise en état de votive matériel usagé à la Société "Jouvence, 91, avenue de Clicliy, ou à la Socié té d’appareillage M.S., 9, boulevard Rochechouart, 9e.
- Que sont les nouvelles colles du commerce.
- 2° La colle que vous nous avez soumise est une colle à la caséine, dont la composition doit être voisine de celle de la colle employée pendant la guerre et qui était constituée par :
- Caséine sèche......................... 1000 gr.
- Borax pulvérisé ....................... 160 —
- Bicarbonate de soude................... 320 —
- Passer au mortier pour rendre homogène et garder autant que possible à l’abri de l’humidité.
- Au moment de Remploi, délayez la poudre dans trois à quatre
- fois son poids d’eau tiède à 50°C de manière à obtenir un produit sirupeux.
- M13 Julian, a Cannes, et Oktega Nunez, a Hendaye.
- Adresse demandée.
- "Vous trouverez de la stéatite comprimée sous toutes ses formes à la Société l’Isolantite, 52, boulevard Garibaldi, 'Loe. Les maisons suivantes seraient aussi éventuellement susceptibles d’exécuter des articles moulés : Rollet et Cie, 66, rue de la Folie Méricourt ; Ferrou, 38 bis, Avenue de la République.
- E. Salomon, a Vincennes.
- Carbonisation du bois à froid.
- 1° Le procédé indiqué dans les Recettes de l'atelier, p. 265, a pour but de remplacer dans une certaine mesure la pyrogravure, c’est-à-dire qu’au lieu de libérer une partie du carbone des matières organiques du bois par la chaleur (carbonisation) on utilise la propriété de l'acide sulfurique de décomposer les hydrates de carbone (cellulose, sucres, etc.) en s’emparant des éléments de l’eau et en laissant le carbone libre, ce qui produit le noircissement du bois dans les parties non protégées par un vernis. L’agent actif est donc l’acide sulfurique suffisamment concentré et lui seul peut suffire; quant au bichromate de soude c’est un produit commercial courant, que vous trouverez chez tous les droguistes, actuellement à un prix voisin de 10 fr. le kilogr. (Neveu, 16, rue Monsieur-le-Prince ; Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne; Pointet et Girard, 32, rue des Francs-Bourgeois).
- 2° Nous avons indiqué dans le nü 2762 du 1er juin 1927, p. 528, la façon dont se préparait le carton-pierre; veuillez bien vous y reporter. En ce qui concerne les moules, leur nature n’a aucune importance, ils peuvent être en plâtre, zinc, fer-blanc, etc., la seule précaution à prendre est de les graisser.
- E. DE I., A ÂRGELÈS.
- Préparation d’une gaze verte apprêtée.
- Dans l’échantillon de gaze verte que vous nous avez soumis, les mailles sont simplement remplies par de la gélatine blanche, laquelle s’enlève avec facilité. En serrant un peu fortement le tissu entre les doigts mouillés de salive, on sent en même temps une adhérence très nette des doigts.
- Vous reproduirez sans difficulté cet article en trempant une gaze, déjà teinte en vert par une couleur diamine, dans une solution tiède de gélatine blanche (blanc manger des épiciers) à environ 5 pour 100.
- Suspendre ensuite verticalement à une ficelle tendue, en se servant d’épingles de blanchisseuses, laisser sécher à l’air.
- Si vous désirez plus de régularité dans la fabrication, tendez préalablement la gaze sur un cadre avant d’effectuer l’immersion dans le bain gélatine.
- N.-B. — A notre avis il y aurait avantage à rendre la gélatine insoluble en trempant après séchage la gaze apprêtée dans un bain d’eau formolée à 5 pour 100.
- M. Balquet, a àuvault.
- Rappels de réponses.
- Nous avons répondu a votre demande dans le n° 2865 du 15 juillet 1927, page 93, veuillez bien vous y reporter
- Ciments de Laearge et du Teil.
- M. P. O., à Mons {Belgique). — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2771, page 383, de la Boite aux Lettres, veuillez bien vous y reporter.
- M. le Dr Model, à Larache. — La question extraction de l’acide citrique, en partant des jus cîe citron, a déjà été résumée par nous dans le n° 2770 du 1er octobre 1927, page 335, de La Boîte aux Lettres. Si cette fabrication vous intéresse, vous la trouverez trailée in extenso dans l’un des numéros du Moniteur QuesuevtUe de ces dernières années. Éditeur, Gauthler-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. Anderheggent Torino. — En ce qui concerne les nouveaux insecticides mis dans le commerce, veuillez vous reporler à nos réponses précédentes ; nu 2772, p. 112, n° 2702, p. 17, n° 2693, p. 154. D’après les travaux de M. Maurice François et Mlle Seguin, Journal de Pharmacie, 8* série, 5-94927, p. 425), le paradichloro-benzène serait particulièrement employé actuellement dans les antimites.
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- Un an. Six mois
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- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour jOO sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie {U. R, S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. —
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- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C‘% sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1" de chaque mois.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais, de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Mature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI®. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI®
- La reproduction des illustrations de a La Nature s est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à 1 obligation de l’indication d’origine.
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- Fig. 1 à 3. — Trois gisements de Poissons miocènes d'Oranie.
- A gauche : Sahélien redressé des environs de Saint-Denis dn Sig. Les couches blanches du centre sont des tripolis à Poissons. Au centre : Sahélien de Sidi-Brahim : alternances de marnes, tripolis et grès; gypses au sommet. A droite : carrières de Raz-el-Aïn,
- près d’Oran : calcaiies blancs et marnes à Poissons.
- == LES POISSONS DE LA MÉDITERRANÉE EEEEî
- A LA FIN DU MIOCÈNE
- Parmi les faunes ichtyologiques qui se sont succédé à la surface du Globe, ce sont les plus anciennes qui, jusqu’à ces dernières années, nous avaient livré la majo-
- rité de documents, et sur lesquelles nos connaissances étaient les plus complètes. Dans le dépouillement des innombrables archives que constituent aujourd’hui les
- Fig. 4 à 9. — Quelques poissons du Sahélien d’Oran.
- En haut : Alosa elongata, réduit de J/2; De haut en bas : à gauche : Etrumeus Boulei, réduit de 2/g; Achirus mediterraneus, vraie grandeur; A droite : Spratelloides Lemoinei, vraie grandeur; Cepola cuneata, réduit de */2; Bregmaceros Albyi, vraie grandeur.
- N° 2779.
- 15 février 1928.
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- œuvres des paléontologistes spécialisés dans l’étude des Poi ssons, il est surprenant de constater combien est réduit le nombre de travaux d’ensemble ayant trait aux faunes de la seconde partie du Tertiaire. Les Poissons ne manquent cependant pas dans les formations marines
- riaux a. en effet, permis d’apporter quelques éclaircissements sur ce qu’était le peuplement de la Méditerranée miocène, d’en établir les relations présentes et passées et de tenter un essai de synthèse de l’histoire ichtyologique de la « Mer intérieure )> (1).
- C’est sous cet aspect philosophique —en quoi réside le principal intérêt de la Paléontologie — que nous voudrions essayer de faire revivre pour les lecteurs de La Nature cette curieuse faune sahélienne et en souligner brièvement les principaux traits.
- Fig. lô à' Ï2.
- De haut en bas : Parapristipoma prohumile, réduit de V2; Pagrus mauritanicus, réduit de J/0; Diplodus oranensis, réduit de
- néogènes, mais ils sont représentés la plupart du temps par des débris isolés, dents ou fragments osseux, qui se prêtent mal à des études synthétiques. Les seuls gisements ayant jusqu’ici fourni des séries quelque peu importantes de squelettes entiers se bornaient à ceux de Licata, en Sicile, et à ceux de Croatie, tous du Miocène supérieur.
- Encore l’ensemble des matériaux provenant de ces deux régions ne permettait-il que des déductions très incomplètes sur le caractère général et sur les relations des Poissons de cette époque.
- Depuis une quinzaine d’années, des recherches systématiques entreprises dans les formations de l’étage Sahélien qui affleurent en masses puissantes aux environs d’Oran ont mis à jour d’importantes séries de Poissons admirablement conservés, qui sont venues combler une grande partie des lacunes de nos connaissances paléonto-logiques sur ce sujet ('). L’étude de ces abondants maté-
- 1. G. Arambourg. Les Poissons fossiles d’Oran. Matériaux pour la carte géologique de l’Algérie. 2 vol. in-4. Texte et Atlas. Car-bonel, éditeur, Alger, 1927.
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- LES POISSONS MIOCENES D'ORANIE
- L’existence de « couches à Poissons » près d’Oran est connue de très longue date, car elles sont interstra-
- 1. Parallèlement à ces recherches, une très remarquable faune de Poissons miocènes, récemment découverte dans les tripolis de Californie, est venue éclairer d’un jour tout nouveau l’histoire ichtyologique du Pacifique oriental; les conclusions générales qui en découlent s’accordent parfaitement avec celles auxquelles a conduit la faune d’Oran.
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- tifiées dans les masses de calcaires blancs exploitées aux carrières de Raz-el-Aïn pour l’édification de la ville. Renou les signala lors de l’exploration scientifique de l’Algérie, et quelques espèces (7 exactement) en furent décrites par Agassiz, puis par Sauvage et plus récemment par Sm. Woodward. Depuis, l’extension du Sahélien a été reconnue dans une grande partie du Départe-
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- nommés et de nouvelles formes ont été déjà découvertes depuis la publication du Mémoire original.
- "Pour comprendre la composition de cette faune, il est nécessaire de rappeler en quelques lignes comment se présentait, à la fin du Miocène, la géographie du bassin méditerranéen. A la suite des plissements alpins, la mer y est en régression générale; de grandes lagunes sau-
- Fig. 13 à 18.— De haut en bas : à gauche : Capros aper, réduit de 1/2; Scorpaena Jeanneli, réduit de J/3 ; Gobius Brivesi, réduit de l/i. À droite : Trachurus trachurus, réduit de Va» Chœtodon Ficheuri, réduit de */2 ; Neopercis mesogea, réduit de %•
- ment d’Oran, notamment dans la Vallée du Chélif où des niveaux à tripoli forment la partie moyenne de l’étage. Partout, ces niveaux à tripoli se montrent, comme les marnes de Raz-el-Aïn, d’une extrême richesse
- en squelettes de Poissons et ont fourni une grande partie des matériaux étudiés. Les gisements particulièrement fouillés sont au nombre de cinq :
- Marnes et tripolis des Planteurs, près d’Oran (Sahélien inférieur et moyen).
- Tripolis de Gambetta, près d’Oran, de Saint-Denis-du-Sig, de Sidi-Brahim (Sahélien moyen).
- Marnes de Raz-el-Aïn (Sahélien supérieur).
- La faune extraite de ces divers gisements comprend aujourd’hui 91 espèces déterminées, mais cette liste n’est pas close, car de nombreux fragments n’ont pu être
- mâtres (Sarmatien), puis des lacs (Pontien) s’établissent ..progressivement dans les régions orientales de l’Europe et l’ouest de l’Asie aux dépens de l’ancien domaine maritime. La grande Méditerranée géologique — la Mésogée — qui depuis le Primaire s’étendait de l’Atlantique au Japon a cessé d’exister dans toute saportion asiatique et se réduit, dans le bassin occidental actuel, à quelques chenaux étroits compris entre les socles émergés de la Thyrrhé-nide, de l’Afrique du Nord,et de l’Europe; elle ne communique vraisemblablement avec l’Atlantique que par le détroit sud-rifain. Pour ce qui concerne l’Afrique du Nord, les surfaces recouvertes par la Mer sahélienne se
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- limitent à peu près à la dépression sublittorale occupée par la basse vallée du Chélif et par la Sebkha d’Oran jusqu’aux abords de la Tafna : c’est un véritable fjord resserré entre la Thyrrhénîde au Nord et les plis de l’Atlas tellien au sud.
- Les Poissons recueillis dans les gisements sahéliens se répartissent en 42 familles et 67 genres parmi lesquels 4 sont nouveaux et spéciaux au Néogène. Les espèces, dont 47 sont nouvelles, présentent, au point de vue de leur habitat, un curieux mélange de formes bathyales et de formes littorales : des Myctophum à organes lumineux encore visibles (*), des Gonostoma, des Brcgmaceros, des Paralepis, etc., voisinent avec des Daurades, des Pagres, des Sargues, des Serrans, des Crenilabres, des Gobies, des Aloses.... Ces faits, au premier abord surprenants, ne sont en réalité que la conséquence de la disposition du fjord sahélien à la fois étroit et profond, où la déclivité des pentes et l’absence du plateau continental ont permis la fossilisation simultanée d’espèces d’habitats bathymé-triques très différents.
- Le caractère climatologique d’ensemble de ces Poissons indique une faune subtropicale : la proportion des genres absolument spéciaux aux régions les plus chaudes n’y est en effet que dans la proportion de 44 pour 100 ; un seul genre : Brosmius, appartient aux mers tempérées ou froides. D’ailleurs, la comparaison des affinités spécifiques des formes fossiles avec leurs congénères actuels confirme nettement encore ce caractère subtropical.
- Mais, le principal intérêt de la faune d’Oran réside dans ses caractères biogéographiques et dans ses relations avec les faunes antérieures.
- Les espèces peuvent, en effet, se répartir en 3 groupes :
- 1° Une majorité de formes éteintes (65);
- 2° Un certain nombre d’espèces actuelles (12), jusque-là inconnues à l’état fossile et parmi lesquelles : Serranus Cabrilla, S. scriba, Capros aper, Zeus faber, Batrachoïdes didaclylus, Lophius budegassa, Scomber colias, Trachurus trachuvus, etc.
- 3° Un nombre presqueégal (15) d’espèces à peine différentes d’espèces actuelles et que l’on peut considérer comme de véritables prémutalions de ces dernières.
- Parmi les formes éteintes, certaines ont des affinités indo-pacifiques et surtout japonaises, d’autres des affinités atlantico-américaines ; beaucoup s’apparentent à des espèces de la Méditerranée.
- Des faits absolument identiques ont été constatés dans l’étude des Poissons des tripolis de.Licata et de Toscane, synchroniques des couches d’Oran (*) et dans celle des Poissons sarmatiens de Croatie.
- On peut donc conclure qu’à la fin du Miocène, la Méditerranée était peuplée par une faune de Poissons plus généralisée que l’actuelle, mais qui en possédait déjà les principaux caractères. On l’a définie : « une faune subactuelle à cachet méditerranéen dominant », et proposé, pour la désigner, le nom de Faune Palêomèditcrrancennc.
- L’étude de la répartition actuelle des genres exotiques présents au Sahélien montre que leurs espèces fossiles
- 1. Voir La Nature, 14 janvier 1922.
- 2. G. Arambourg. Révision des Poissons fossiles de Licata. Annales de Paléontologie, t. XIX, fasc. 2, 3, 1925.
- permettent de rétablir, pour certains, la continuité de leurs aires de dispersion aujourd’hui disjointes. C’est ainsi qu7Eirumeus, réduit actuellement à deux seules espèces : E. sadina, des côtes atlantiques américaines, et E. micropus, du Japon, possède un représentant sahélien E. Boulei Aramb., à caractères intermédiaires; Neo-percis distribué dans le Pacifique et ne possédant qu’une seule espèce atlantique, au Cap Vert, est représenté au sahélien par N. mesogea Aramb. ; Bregmaceros, de la faune indo-pacifique et sud-atlantique vivait dans la Mésogée depuis la fin du Crétacé.
- Ces faits s’expliquent par l’existence jusqu’au milieu du Miocène de cette Mésogée qui s’étendait à travers l’Ancien Continent de l’Atlantique au Pacifique. C’est par elle que se sont effectués, à toutes les époques, les échanges de faunes entre des régions aujourd’hui séparées, et par là se comprennent aussi les analogies constatées depuis longtemps, par les ichtyologistes, entre les Poissons de la Méditerranée et ceux des côtes du Japon : cette « bipolarité » des faunes eurasiatiques n’est que le souvenir de la faune miocène vraisemblablement uniforme dans la plus grande partie de la Mésogée.
- Les relations des Poissons sahéliens avec ceux des époques précédentes ne sont pas moins suggestives :
- A l’Eocène, la faune ichtyologique de la Méditerranée est franchement tropicale et 22 pour 100 seulement des genres sahéliens y sont représentés ; encore certains sont-ils douteux. Quant aux espèces de ces genres elles diffèrent totalement d’une formation à l’autre et appartiennent même à des groupes différents. On peut conclure que « les éléments de la faune sahélienne ne dérivent pas, par évolution sur place, de ceux de la faune Eocène des mêmes régions ».
- Il n’en est plus de même à partir de l’Oligocène où apparaît au Rupélien, une faune toute nouvelle, subtropicale, à cachet méditerranéen, étroitement apparentée à celle du Sahélien et à celle de l’époque actuelle qui en dérive : c’est de cette époque que date la mise en place des premiers éléments de la faune méditerranéenne.
- D’autres discontinuités fauniques tout aussi remarquables peuvent être observées à d’autres époques dans l’histoire des Poissons : entre le Crétacé et l’Eocène, par exemple, et plus encore, au début du Crétacé. Chacune d’elles est l’indice de vastes migrations qui se sont succédé au cours des âges, comme autant de vagues fauniques accompagnant les grandes transformations de la géographie et du climat.
- Quant aux points de départ de ces migrations, aux « centres de dispersion » des Poissons, c’est, comme l’a déjà indiqué Jordan — d’après d’autres considérations — dans les régions asiatiques du Globe, très probablement dans l’Océan Pacifique qu’il faut en chercher les principaux. C’est là que se trouvent en effet représentés la plupart des genres de Poissons européens au milieu d’une foule d’autres genres spéciaux et nous venons de voir que la Paléontologie confirme, elle aussi, les relations asiatiques de notre faune.
- C. AlUMBOUItG,
- Collaborateur au Service de la Carie géologique de l’Algérie.
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- COMMENT ON MESURE L'ACIDITE D'UN LIQUIDE
- MÉTHODES DE DÉTERMINATION DE L’INDICE PH
- Dans un article précédent (’) j’ai indiqué la signification du coefficient ou exposant pH proposé par Sôrensen pour définir la concentration en ions hydrogène d’une solution. Je voudrais aujourd’hui exposer brièvement le principe des méthodes utilisées pour mesurer ce coefficient.
- Les solutions dans lesquelles la concentration des ions H" a la môme valeur possèdent un certain nombre de propriétés communes, quels que soient les électrolytes générateurs de ces ions. Elles catalysent la décomposition des éthers sels, de l’éther diazoacétique, la multi-rotation des sucres, l’inversion du saccharose, etc., avec une vitesse variable suivant le phénomène considéré, mais qui, pour un même phénomène, ne dépend que du pH de la solution. Les indicateurs colorés y prennent la même teinte, une électrode à hydrogène le même potentiel. Certaines substances peu solubles y ont la même solubilité. La gélatine, la caséine, etc., y gonflent également. Les microbes, les levures s’y développent de la même manière, etc.
- En principe tous ces phénomènes, qui dépendent de la concentration en ions hydrogène des solutions, peuvent servir à la mesure du coefficient pli. Je ne décrirai, dans cet article, que les méthodes d’usage courant. Mais, tout d’abord, j’indiquerai comment on peut réaliser dans un milieu une concentration déterminée en ions hydrogène.
- I. MÉLANGES RÉGULATEURS OU TAMPONS
- Utilité de tels mélanges. — Pour obtenir une solution très acide, il suffit de prendre une solution moyennement étendue d’un acide fort quelconque. Ainsi une solution centinormale d’acide chlorhydrique, où l’acide peut être considéré comme complètement dissocié, contient environ l/100e d’ion-gramme tU par litre et a, par suite, un pH voisin de 2.
- Mais on ne peut pas obtenir de cette manière, avec une précision suffisante, des solutions dont le pH serait compris entre 3 et 7. En effet, pour préparer une solution d’acide chlorhydrique dont le pH fût égal à 6, il faudrait réaliser une concentration voisine de 10~6N, contenant donc une molécule-gramme d’acide chlorhydrique pour 1 million de litres d’eau. Ce procédé serait impraticable. La moindre trace d’alcali, celle cédée par
- 1. La Nature, n° 2773, 15 novembre 1927.
- le verre, par exemple, suffirait pour élever le pH de
- 6 à 8 ; les faibles quantités d’acide carbonique provenant de l’air augmenteraient, au contraire, très notablement l’acidité de la solution et diminueraient le pH.
- Les solutions moyennement étendues des bases fortes sont fortement basiques et conviennent pour obtenir des valeurs élevées du coefficient pH. Dans une solution centinormale de soude, par exemple, la concentration N
- des ions OH est soit 10 2N, et celle des ions
- H" 10“12 N (’) ; la valeur de pli est égale à 12. On peut donc obtenir très facilement des solutions basiques ayant une valeur élevée du coefficient pH. Mais la méthode n’est plus applicable pour préparer des solutions faiblement alcalines ayant des valeurs de pH comprises entre
- 7 et 11.
- Réalisation de ces mélanges. — La théorie
- indique etl’expérience confirme qu’un mélange en proportions variables de sel et d’acide, ou de sel et de base, permet aisément de préparer des solutions ayant telle valeur de pli que l’on désire.
- Le tableau suivant donne les valeurs de pH relatives à des solutions contenant de l’acétate de soude et
- de l’acide acétique
- CONCENTRATION JDU MÉLANGE
- en acide en acétate
- acétique. de sodium. PH
- 0,185 N (2) 0,015 N 3,6
- 0,176 0,024 3,8
- 0,164 0,036 4
- 0,147 0,053 4,2
- 0,126 0,074 4,4
- 0,102 0,098 4,6
- 0,080 0,120 4,8
- 0,059 0,141 5
- 0,042 0,158 5,2
- 0,029 0,171 5,4
- 0,019 0,181 5,6
- 1. Le produit de la concentration des ions H+ par la concentration des ions OH~ est en effet 10-14.
- 2. Une solution normale (N) d’acide acétique renferme 60 gr. d’acide acétique par litre ; une solution normale (N) d’acétate de sodium 82 gr. d’acétate de soude anhydre. Là sôlution notée 0,185 N d’acide acétique renferme donc par litre un poids d'acide acétique égal à :
- Fig. 1. — Différents types d’électrodes à hydrogène.
- I, Sôrensen; II, Clark à secousses; III, Hildebrand. e, électrode; C, liquide; H, courant d’hydrogène.
- 60X0,185 =11,1 gr.
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- = Î50 'i.............--------------------------
- Propriétés de ces mélanges. — Les mélanges ainsi constitués possèdent un certain nombre de propriétés très importantes :
- lü Lorsqu’on les dilue, la valeur du pH conserve la meme valeur, ce qui n’a pas lieu lorsqu’on dilue une solution acide ou basique quelconque.
- 2° Lorsqu’on leur ajoute de faibles quantités d’un acide ou d’une base, la valeur du pli ne varie que très faiblement; propriété qui leur a valu leur nom de mélanges régulateurs ou tampons.
- Aussij les mélanges d’un acide faible avec son sel alcalin ou d’une base faible avec le sel d’un acide fort de cette base permettent-ils de préparer et de garantir des solutions d’une concentration donnée en ions hydrogène.
- Comment communiquer à une solution quelconque un pH déterminé ? — On peut communiquer à une solution donnée un pH déterminé en lui ajoutant tout simplement un mélange tampon ayant précisément le pH en question. Cependant il est nécessaire de vérifier, par une mesure directe, que la concentration en ions hydrogène a bien la valeur qu’on se proposait de réaliser, car le pouvoir régulateur d’un tampon n’est pas illimité.
- II. MESURE DU COEFFICIENT, pH PAR LES INDICATEURS COLORÉS
- La méthode colorimétrique repose sur l’emploi de substances très diverses, appelées indicateurs, dont la teinte varie avec la concentration des ions HQ c’est-à-dire avec le pH des milieux où elles se trouvent. '
- Indicateurs colorés. —Si dans une solution d’acide chlorhydrique additionnée de quelques gouttes d’une solution de méthylorange, on ajoute des quantités croissantes de soude, on voit la teinte passer du rouge au jaune dès que la quantité de soude ajoutée est celle nécessaire à la formation du chlorure de sodium. En réalité, le virage n’est pas brusque et on peut saisir avec quelque attention une série de teintes de passage. Sorensen a montré que chacune de ces teintes correspond à une valeur déterminée du pH. L’intervalle de virage comprend souvent plusieurs unités de pH.
- Les indicateurs sont, selon Ostwald, des acides faibles ou des bases faibles dont la molécule non dissociée a une couleur différente de celle de ses ions. Ainsi la phtaléine du phénol est un acide faible dont la molécule H 3 est incolore et l’ion 3 rose rouge.
- Dans une solution acide la dissociation de H 3 est nulle et la solution est incolore. Quand, par addition de soude à la solution, on a neutralisé tout l’acide qu’elle contenait, le moindre excès de soude donne le sel Na 3, qui est fortement dissocié et renferme des ions 3 : la solution est colorée en rouge. Parfois, comme dans le tournesol, l’acide non dissocié H 3 et l’ion 3 sont tous deux colorés, mais possèdent des couleurs nettement différentes.
- Propriétés de quelques indicateurs. — Un très grand nombre de substances ont été proposées comme indicateurs, et leur nombre s’accroît tous les jours. Les plus anciennement utilisées sont d’origine naturelle (tournesol, alizarine, cochenille, etc.) ; les plus récentes
- sont des produits chimiques de synthèse appartenant aux groupes organiques les plus divers.
- Pour être recommandable, un indicateur doit atteindre instantanément en solution l’équilibre de dissociation qui lui correspond, posséder des ions d’une très grande intensité de couleur et ne pas être détruit par les solutions où on l’introduit.
- Voici, à titre d’exemple, quelques indicateurs souvent utilisés :
- Le pourpre de métacrêsol, qui passe du rouge (acide) ou îaune (base) dans une zone de virage comprise entre pH =0,5 et pH = 2,5.
- La tropéoline 0 0, qui passe du rouge (acide) au jaune (base) dans une zone de virage comprise entre pli = 1,3 et pli = 3.
- Le rouge de méthyle, qui passe du rouge (acide) au jaune (base) dans une zone de virage comprise entre pH = 4,4 et pH=6,2.
- Le rouge neutre, qui passe du rouge (acide) au jaune (base) dans une zone de virage comprise entre pli = 6,8 et pli =8.
- La a- naphtol-phtaléine, qui passe d’une teinte incolore (acide) au bleu (base) dans une zone de virage comprise entre pH —7,3 et pli = 8,7.
- La phtaléine du phénol, qui passe d’une teinte incolore (acide) au rouge (base) dans une zone de virage comprise entre pli = 8,2 et pli = 10.
- Les solutions d’indicateurs doivent être conservées dans des flacons de verre bouchés à l’éméri et paraffinés intérieurement pour éviter la lente dissolution du verre.
- On peut également employer des flacons en verre vert préalablement lavés avec une solution chaude de carbonate de soude, puis avec de l’acide chlorhydrique, et enfin rincés soigneusement et à plusieuss reprises à l’eau distillée.
- Il est bon de redistiller l’eau et de la faire bouillir au moment de s’en servir pour chasser l’acide carbonique dissous.
- III* MESURE ÉLECTROMÉTRIQUE DU pH
- Principe. — La mesure électrométrique du pli repose sur l’emploi d’une électrode à hydrogène. On appelle ainsi une lame ou un fil de platine recouvert d’un dépôt de noir de platine constitué par du platine très divisé qui absorbe très fortement les gaz et notamment l’hydrogène.
- On déduit le coefficient pH d’une solution de la mesure électrométrique de la différence de potentiel électrique qui s’établit entre une électrode saturée d’hydrogène plongeant dans cette solution et une autre électrode plongeant dans une solution dont la concentration en ions H+ est connue, les deux solutions étant réunies par un siphon.
- On établit la chaîne suivante :
- Lame de platine platiné saturé d’hydrogène.
- Solution de concentration normale en ions H".
- Solution de concentration inconnue.
- Lame de platine platiné saturé d’hydrogène.
- Le pH se déduit de la différence de potentiel e,
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- mesurée en volts, qui existe entre les extrémités de cette chaîne par la formule :
- pH = 0,00019837 T
- T désignant la température absolue de la solution, égale, comme on sait, à sa température centigrade augmentée de 273°.
- Électrode au calomel. — Ainsi la mesure apparaît comme théoriquement très simple. Malheureusement, comme il serait difficile, sinon impossible, de réaliser une solution étalon normale en ions H+, il a fallu chercher une autre solution étalon qu’on pût prendre comme terme de comparaison. On remplace dans les mesures l’électrode qui plongeait dans une solution normale en ions 11“, par une électrode au calomel étalonnée une fois pour toutes.
- Considérons le tableau :
- /Electrode au calomel,
- 0 Électrode d’hydrogène normal \Électrode d’hydrogène X.
- E
- où E0, E, e représentent les différences de potentiel entre les éléments indiqués sur le tableau. On a :
- d’où
- E— E0 H- e e = E — E0
- E est la différence de potentiel qu’on mesure expérimentalement ; E0 est la différence de potentiel déterminée une fois pour toutes entre l’électrode au calomel et l’électrode normale en ions hydrogène; e est la force électromotrice cherchée, dont dépend pH. On a donc, en remplaçant e par sa valeur dans l’équation (1) :
- pH =
- E-E„ 0,00019837 T
- (2)
- Électrode à hydrogéné. — L’électrode à hydrogène est constituée par une lame de platine, recouverte de noir de platine et plongeant partie dans le liquide à étudier, partie dans l’atmosphère d’hydrogène qui le surmonte. L’agitation du liquide favorise l’établissement de l’équilibre.
- Pour platiner l’électrode on la nettoie d’abord soi-
- gneusement avec de l’acide
- Fig. 3. — Schéma du montage d’un dispositif électrométrique.
- sulfurique et on la rince à l’eau distillée. On monte une petite cuve à électro-lyse dont la lame constitue la cathode, un fil de platine quelconque l’anode, l’électrolyte ayant la composition suivante :
- Chlorure de platine . 1 gr.
- Acétate de
- plomb. . 0 gr, 025.
- Eau distillée. 100 gr.
- On établit entre les deux électrodes une tension
- d’environ 4 volts fournie par deux éléments d’accumulateur au plomb. Par le passage du courant le chlorure de platine de la solution est électrolysé et donne sur la cathode un dépôt de noir de platine.
- On fait passer le courant pendant 5 minutes pour le premier platinage et pendant Fi ^_iUctrodeaucaiomel,
- 1 minute pour les platinages suivants. Sans rien changer
- aux connexions, on remplace la solution précédente par de l’eau acidulée avec l/100e en volume d’acide sulfurique. On laisse passer le courant durant 10 à 15 minutes et on vérifie que les bulles d’hydrogène se dégagent régulièrement sur toute la surface de l’électrode. On laisse ensuite pendant 1 heure la lame dans de l’eau distillée fréquemment renouvelée.
- La lame ainsi préparée est placée dans le vase en verre qui doit contenir le liquide à étudier et l’atmosphère d’hydrogène. Entre les expériences, la lame de platine doit toujours plonger dans l’eau distillée et ne jamais être laissée à sec.
- Forme des vases. — Le vase dans lequel plonge l’électrode à hydrogène est constitué en principe par une ampoule possédant une entrée et une sortie d’hydrogène avec fermetures hermétiques et munie d’un siphon permettant d’établir la liaison de l’électrode à hydrogène avec l’électrode à calomel. Un grand nombre de modèles ont été proposés, dont la forme varie suivant le but des recherches. La figure 1 représente quelques types de ces vases, ceux de Sôrensen, Clark, Hildebrand.
- Certains modèles, notamment le modèle de Clark, sont munis de dispositifs permettant une agitation régulière de l’électrode, ce qui favorise l’adsorption de l’hydrogène et acccroît la rapidité des mesures.
- Électrode au calomel. — L’électrode au calomel est constituée essentiellement par du mercure surmonté d’une couche de calomel et d’une solution de chlorure de potassium décinormale ou saturée.
- Le vase en verre (fig. 2) comporte un siphon qui, par l’intermédiaire d’une solution de chlorure de potassium saturée, assure la liaison avec l’électrode à hydrogène. L’ouverture supérieure, fermée par un bouchon soigneusement rodé, sert au remplissage. Un tube, situé sur le côté et muni d’un robinet, permet de purger le siphon; enfin, à la partie inférieure, une borne communique avec le mercure de l’électrode par l’intermédiaire d’un fil de platine-(9.
- Le mercure doit avoir été récemment distillé ou, tout au moins, avoir été traité par l’acide nitrique dilué, et filtré. Quant au calomel, celui que l’on trouve couramment en pharmacie convient très bien, à condition de le laver abondamment avec la solution de chlorure de potassium. Le calomel, encore humide, est recueilli dans un mortier et trituré avec un peu de mercure pour détruire toute trace
- 1. Ce fil doit avoir été, au préalable, amalgamé par électrolyse d’une solution de nitrate mercureux durant quelques secondes (fil relié au pôle négatif de la pile servant à l’électrolyse).
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- de sublimé, puis versé dans le récipient. On introduit au-dessus la solution de chlorure de potassium décinor-male.
- Une électrode ainsi constituée a l’avantage de posséder une force électromotrice qui varie fort peu avec la température, mais sa concentration pourrait changer à la longue par évaporation, et il en résulterait de fortes erreurs. Aussi a-t-on préconisé l’emploi d’une solution saturée de chlorure de potassium. Pour être sûr que cette saturation se maintienne à toutes températures, il est nécessaire d’ajouter dans l’électrode un excès de chlorure de potassium en cristaux.
- Mesure potentiométrique. — Les deux électrodes précédentes étant reliées par l’intermédiaire d’une solution de chlorure de potassium saturée, il faut mesurer, à une fraction de millivolt près, la différence de potentiel E qui existe entre les deux extrémités.
- C’est ce qu’on réalise par la méthode dite méthode d’opposition. Sa mise en œuvre nécessite l’emploi : 1° d’un accumulateur de 2 volts ; 2° d’une pile étalon dont la force électromotrice soit rigoureusement connue (par exemple étalon Weston); 3° d’un dispositif potentiométrique.
- La figure 3 donne le schéma du montage. Un accumulateur A est branché sur un fil résistant a b parfaitement calibré :
- 1° La pile étalon P et l’accumulateur A étant réunis par leurs pôles de même nom aux deux extrémités du fil, on règle la résistance variable R jusqu’à ce qu’en fermant la clef F, le galvanomètre G reste immobile (la pile étalon P ayant une force électro-motrice de 1 volt 018, la différence de potentiel qui existe entre chaque millimètre du fil, lorsque le réglage est terminé, vaut 1 millivolt);
- 2® Par la manœuvre d’un commutateur convenable, on supprime l’étalon et on branche le système formé par l’électrode à hydrogène et l’électrode à calomel entre le pointa et un curseur mobile G pouvant glisser le long de a b. Dans ce cas comme dans le précédent, ce sont les pôles de même nom qui sont reliés ensemble, le calomel au pôle positif de l’accumulateur, l’électrode à hydrogène au pôle négatif. On déplace alors le contact mobile jusqu’à ce que le galvanomètre ne dévie plus lorsqu’on appuie sur la clef F; la position du curseur mobile donne directement en millivolts la différence de potentiel cherchée.
- Dans le cas où la précision importe moins que la rapidité des mesures, on peut utiliser des appareils dits à lecture directe. Dans ces appareils, le potentiomètre n’a plus besoin d’être gradué. Ayant branché l’accumulateur entre les extrémités a et b et l’ensemble des électrodes à étudier entre a et le contact mobile C, on déplace C jusqu’à ce que l’équilibre soit réalisé, ce que permet de constater un appareil de zéro. A ce moment, on lit directement la différence de potentiel sur un millivoltmètre branché entre les points a et C. Dans certains modèles, le même millivoltmètre sert pour constater l’équilibre et pour mesurer la différence de potentiel. Il faut alors se contenter du chiffre des millivolts et encore est-il néces-cessaire pour l’obtenir d’apprécier à l’œil le dixième d’une division, ce qui demande quelque habitude.
- Marche d’une mesure. — La technique d’une mesure comporte les opérations suivantes :
- 1° Remplissage de l’électrode avec le liquide à étudier et passage d’un courant d’hydrogène pur ;
- 2° Agitation de l’électrode (certains modèles réalisent cette agitation mécaniquement) ;
- 3(' Mise en relation de l’électrode à hydrogène avec l’électrode à calomel par un siphon plein d’une solution saturée de chlorure de potassium ;
- 4° Insertion de l’ensemble des électrodes dans le dispositif potentiométrique et lecture à intervalles réguliers de la différence de potentiel et de la température, jusqu’à ce que l’appareil de mesure fournisse des indications invariables (si l’appareil n’est pas à lecture directe il faut préalablement étalonner le potentiomètre).
- 5° Calcul du pH d’après la mesure faite de la différence de potentiel E, par application de la formule 2.
- La température doit être connue avec précision et demeurer constante au cours de la mesure, ce qui est assez délicat à réaliser si l’on opère dans une salle où elle éprouve de grandes variations. L’électrode à hydrogène, dont la capacité calorifique est assez faible, prend très vite la température de la salle ; il n’en est pas de même pour l’électrode à calomel qui contient une masse considérable d’une solution saturée de chlorure de potassium. Il est bon de la protéger le mieux possible contre tout échange thermique en la mettant dans une boîte garnie de feutre.
- De petites bulles gazeuses restent souvent accrochées aux parois du siphon qui fait communiquer les deux électrodes et produisent un accroissement considérable de la résistance. Il faut les éliminer avec soin.
- Enfin, des traces d’un grand nombre de substances (ammoniaque libre, hydrogène sulfuré, arsenic, protéines coagulées, etc.) peuvent faire disparaître l’activité du noir de platine. L’électrode devient inapte à fixer l’hydrogène. Il faut alors la replatiner après avoir dissous tout le noir de platine (‘).
- Électrode à quinhydrone. — La différence de potentiel mesurée à l’électromètre n’atteint pas une valeur stable si la solution contient une substance réductible par l’hydrogène. La méthode de l’électrode à hydrogène devient inapplicable. Dans le cas des solutions acides oxydantes, on peut employer la méthode dite de l’électrode à quinhydrone proposée par Billmann.
- Elle repose sur l’emploi de la quinhydrone, substance qui, par un mécanisme que je ne puis préciser ici, réalise dans la solution une concentration constante en gaz hydrogène analogue à celle qu’on obtiendrait en saturant d’hydrogène la solution sous une pression donnée. Mais cette pression extrêmement faible est insuffisante pour réaliser les réductions que l’hydrogène naissant produirait sous la pression atmosphérique en présence du noir de platine, comme dans l’électrode à hydrogène ordinaire. Pour mesurer l’indice pH d’ùne solution acide On y ajoute de la quinhydrone (s), on y plonge une lame de platine nue (non platiné) et on mesure la différence de potentiel aux extrémités de la chaîne :
- 1. Pour dissoudre le noir de platine on peut prendre la lame comme anode dans l’électrolyse d’une solution d’acide chlorhydrique.
- 2. De manière à réaliser une solution de quinhydrone de concentration 0,005 N.
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- Platine ordinaire Solution quinhydrone Electrode au calomel
- V
- Si l’électrode à calomel est remplie avec une solution décinormale de chlorure de potassium (électrode déci-normale) la valeur de pH peut se déduire de la différence de potentiel Y entre les extrémités de la chaîne par la formule :
- pH
- 0,3665 —Y 0,0577
- valable à 18° G.
- La méthode à l’électrode à quinhydrone donne pour les solutions acides, les seules auxquelles elle s’applique, les mêmes résultats que l’électrode à hydrogène ordinaire. Elle a sur celle-ci l’avantage de ne pas nécessiter le passage d’un courant d’hydrogène, opération qui demande toujours un certain temps; aussi est-elle beaucoup plus rapide.
- IV. CONCLUSION
- La méthode colorimétrique permet d’obtenir rapi-
- --....... .................... — Ï53 =
- dement des résultats très suffisants dans un grand nombre de cas. Aussi, jouit-elle d’une grande faveur dans certains laboratoires biologiques, cliniques ou industriels. Cependant il ne faudrait pas se faire d’illusions sur sa simplicité. Elle ne peut fournir des résultats ayant quelque valeur que si l’on prend de minutieuses précautions dans la préparation et le maniement des indicateurs. Encore certains facteurs : présence de sels ou de protéines, variation de température, etc., peuvent-ils influencer les résultats.
- La méthode électrométrique est d’une technique plus délicate. Elle nécessite l’emploi d’un appareillage assez compliqué et assez coûteux. Mais elle ne présente aucune difficulté véritable. Elle offre l’avantage d’être plus précise et de renseigner l’opérateur sur une laute de technique, par l’impossibilité dans laquelle il se trouve alors de faire une mesure. Aussi est-ce la méthode de référence dans les cas litigieux A. Boutaric.
- 1. Les lecteurs pourront,trouver d’utiles compléments à cet article dans l’excellent ouvrage de M. R. Legendre, La concentration en ions hydrogène de l’eau de mer. Le pH. Presses universitaires de France, Paris, 1925.
- LA JEUNESSE DE LA LANGOUSTE
- Sait-on qu’on ne connaît pas encore toute l’histoire d’une bête aussi grosse, aussi commune et aussi comestible que la langouste [Palinurus vulgaris)!
- Tous les amateurs de langoustes ont vu des femelles grainées, c’est-à-dire portant sous la carapace de leur queue, fixées aux palettes latérales, des masses d’œufs ou plus exactement de petites larves en formation dans leur coque.
- Les pêcheurs savent que les langoustes grainées restent près des côtes, ou s’en approchent, et qu’on les prend facilement; à tel point qu’il a fallu réglementer la pêche et interdire la capture de celles-ci.
- Les naturalistes connaissent un animal singulier, mince et plat comme une feuille, rond comme une pièce de monnaie, transparent comme du verre, muni de deux gros yeuxpédon-culés et de quatre paires de pattes. Longtemps on l’a décrit comme une espèce distincte, le Phyllosome, puis on s’est aperçu que ces Phyllosomes naissent des œufs portés par les Langoustes, qu’ils sont donc des larves de celles-ci et qu’elles doivent subir dans leur développement des transformations extraordinaires.
- On trouve souvent des Phyllosomes dans les pêches pélagiques faites en surface et on connaît maintenant ceux de la plupart des espèces de Langoustes. On sait aussi, pour l’avoir observé, que les jeunes Phyllosomes, dès leur sortie de l’œuf, montent en surface, à la lumière et qu’ils y nagent maladroitement, péniblement, soumis aux hasards des courants et des vents.
- Entre cette feuille transparente et la Langouste que nous mangeons, il y a un monde, et un mystère qui commence à peine à s’éclairer.
- En 1913, pour l’aborder, M. le professeur Bouvier passa l’été au laboratoire maritime de Plymouth et fil pêcher pendant 3 mois autour du phare d’Eddystone où les Langoustes abondent. Il eut ainsi la possibilité de suivre le développement des Phyllosomes et, chance unique, il observa un Phyllosome opérant sa dernière mue : de la feuille vide sortait un être tout différent, le Puerulus, déjà beaucoup plus comparable à une langouste adulte. L'exemplaire rarissime
- fut admirablement décrit, puis conservé soigneusement à Plymouth. Entre le plus grand Phyllosome et la plus petite Langouste existait donc une forme, un stade intermédiaire, le Puerulus.
- Malgré tous les essais pour relrouver ce dernier, on n’en revit jamais, chose étrange chez une espèce aussi commune que la Langouste. Ce n’est qu’en 1925 que Luigi Sanzo, à Messine, en retrouva 3 exemplaires que Santucci décrivit l’année suivante.
- Or voici, d’un seul coup, une bien plus grosse capture que M. Louis Page vient de signaler dans les Archives de Zoologie expérimentale et générale.
- Le 14 août 1926, un pêcheur de Concarneau apportait au Laboratoire maritime du Collège de France un grand squale pèlerin qu’il venait de harponner au sud des Glénans, près de la Basse Jaune, au-dessus d’un fond de 80 m. Ce pèlerin y nageait lentement, escorté par 4 poissons, assez rares dans la région, dont 2 purent être pris. C’étaient des Centrolophes noirs, longs de 32 et 39 cm. On les ouvrit; l’un avait l’estomac vide, mais dans l’autre on trouva 9 Puerulus de Langouste, de 16 à 17 mm de long. C’était une récolte bien inattendue et fort intéressante.
- Elle a permis à M. Fage de reconnaître que les Puerulus sont de fort mauvais nageurs, au corps lourd, qui doivent très vite quitter la surface où vivent les Phyllosomes et tomber sur le fond où ils prennent peu à peu, par des mues successives, les caractères de la Langouste adulte que nous connaissons. Ainsi est confirmée la belle découverte de M. Bouvier. Un nouveau pas est fait dans la connaissance du plus exquis et du plus gros Crustacé de nos côtes. Et aussi, les collections du Muséum national se sont enrichies de spécimens qui leur manquaient.
- Mais quelles histoires étranges cachent les eaux de la mer, combien de recherches y a-t-il encore à y poursuivre et comme nos procédés de capture doivent encore être perfectionnés, puisque, jusqu’à ces dernières années, il y avait un mystère de la Langouste, comme il y avait un mystère de l’Anguille! . René Merle.
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- LES PROCÉDÉS MODERNES DE L'INDUSTRIE DU GAZ
- Découvert en 1785 par . Philippe Lebon, le gaz n'a cessé, depuis lors, de faire l’objet de patientes recherches. Aussi, son industrie est-elle arrivée à un degré de perfection tel que, dans les usines modernes, comme nous allons le voir, il est permis d’obtenir un gaz de composition strictement déterminée avec le maximum de rendement dans les meilleures conditions, la main-d’œuvre étant réduite au minimum.
- Le gaz est un des produits résultant de la distillation pyrogénée de la houille en vase clos.
- mécanique plus forte aux hautes températures, le ramollissement ne se produisant qu’au-dessus de 1700°.
- Elles se comportent dans les fours de façon spéciale, puisqu’elles subissent un gonflement, dont on doit tenir compte dans la construction, au lieu d’un retrait comme les matériaux moins riches en silice. Leur fabrication est délicate de ce fait et doit être très soignée.
- Les têtes de cornues sont en fonte. Leur fermeture avait lieu jadis à l’aide d’un tampon; l’obturation parfaite de l’extrémité des cornues était obtenue au moyen
- Fig. 1. — Fours à cornues inclinées. Usine de Vichy,
- d'un « lut » en matière plastique, origine du mot « déluter » que nous emploierons plusieurs fois au cours de cette étude et qui, primitivement, signifiait « enlever le lut pour décharger la cornue ». Par extension, il signifie actuellement « décharger la cornue », même si l’extrémité de celle-ci n’est pas garnie de lut. Cette méthode de fermeture est d’ailleurs presque complètement abandonnée ; elle est remplacée par un système de portes munies de paumelles avec une tige verticale excentrée.
- Les fours à cornues horizontales sont encore employés dans les usines de faible et même de moyenne impor-
- I. FOURS DE DISTILLATION
- Cornues horizontales. — Les premiers fours construits furent les fours à cornues horizontales. Les cornues utilisées dans ces fours ont une section en forme de D couché (Q ). Elles sont en matière silico-alumineuse, à base d’argile réfractaire, ou en matière siliceuse (80 à 85 pour 100 de silice) ou bien enfin en « silice » (93 à 95 pour 100 de silice pure) qui est un composé de quartzite aggloméré par des traces de chaux. Les matières en silice présentent, sur les matières réfractaires silico-alumineuses, l’avantage d’avoir une résistance
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- tance; toutefois le chauffage par grille, qui n’est plus utilisé que dans les très petites usines, est presque universellement remplacé par le chauffage par gazogènes avec récupération des chaleurs perdues par l’air.
- Les fours à cornues horizontales sont les plus simples au point de vue prix de premier établissement et entretien. La main-d’œuvre considérable qu’exigeait leur service autrefois, est aujourd’hui notablement réduite par l’emploi des machines à charger et à déluter et des entraîneurs de coke à chaînes, type de Brouwer. Déplus, les réparations sont faciles.
- Fours à cornues inclinées. — En présence des difficultés suscitées par l’enfournement du charbon et le défournement du coke, on est arrivé tout naturellement à la conception de (ours à cornues inclinées.
- Dans ces appareils, les cornues ont généralement une pente de 32° à 35° ; le charbon est amené à la partie supérieure des fours au moyen de convoyeurs et d’élévateurs et, par l’intermédiaire de goulottes mobiles, tombe dans les cornues par gravité.
- La manutention mécanique du charbon est d’ailleurs utilisée aujourd’hui dans toutes les usines modernes, quel que soit le système de fours employé.
- Quant au délutage à main, il est supprimé par le fait que l’inclinaison des cornues fait s’écouler le coke de lui-même lorsque le tampon inférieur est enlevé.
- On peut se demander pourquoi on n’a pas fait tout de suite des fours verticaux ; la vraie raison est, qu’il y a 50 ans, on croyait indispensable de laisser dans la cornue au-dessus du charbon un espace pour le dégagement du gaz, de là l’inclinaison fixe à respecter 32 à 35° (talus d’éboulement du charbon) sur laquelle les techniciens de l’époque ont longuement épilogué. Or, on a reconnu que l’espace laissé libre au-dessus du charbon, loin d’être utile, était nuisible; le gaz, en effet, au contact de la paroi surchauffée de la cornue, donne du cyanogène par combi-
- Fig. 2. — Fours à chambres inclinées.
- Côté du défournement. (Usine de la Villetle, Sté du Gaz de Peiis.)
- Fig. 3. — Fours à chambres inclinées. Poussoir pour le délutage.
- naison d’azote et de carbone, de la naphtaline par condensation de la benzine et du graphite par cracking des hydrocarbures les plus intéressants.
- De plus, les fours à cornues inclinées sont de construction délicate et le massif de fours de forte surface rayonne une quantité de chaleur importante, ce qui augmente la consommation de coke de chauffage. D’autres systèmes assurent une plus grande économie de main-d’œuvre.
- Il n’y a plus, à ma connaissance, que deux installations de cornues inclinées en France, àLyon-Yaise et à Vichy. A Reims, à l’usine où les cornues inclinées ont été naguère inventées par M. Coze, elles ont été remplacées par des cornues horizontales.
- Cornues verticales. — Les fours à cornues verticales dits fours Bueb, se chargent par gravité ; leur délutage est basé sur le même principe; de plus, iL.iest possible d’obtenir du gaz à l’eau en injecfàiit de la vapeur à la base des cornues. Cet avantage, qui est réel, ne fut pas
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- Fig. 4. — Fours verticaux à distillation discontinue Mécanisme d’ouverture des portes.
- immédiatement reconnu; au début !des fours^à cornues verticales, on se préoccupait tout d’abord d’avoir un bon pouvoir éclairant et le Dr Bueb montrait que le gaz provenant de ces fours était particulièrement riche en benzine.
- Actuellement l’injection de vapeur se fait seulement dans les dernières heures de la distillation ; son grand avantage est d’augmenter le rendement en gaz en conservant à ce dernier un bon pouvoir calorifique : J4800 à 5000 calories avec une injection de 15 pour 100 de vapeur.
- Ces fours exigent moins de main-d’œuvre encore que les fours à cornues inclinées et permettent une puissance de production plus forte pour une même surface de terrain couverte. Ils sont utilisés à Nancy, à Marseille, à Tourcoing.
- Fours à chambres verticales discontinues. —
- Ce sont d’immenses cornues verticales, très allongées. Les chambres ont, par exemple, 5 m. de haut, 2 m. de longueur à la base et 30 cm. d’épaisseur, avec fruit de haut en bas. La capacité de ces chambres est, suivant les modèles, de 1 ou de 2 tonnes.
- Le chauffage s’effectue par des carneaux horizontaux comme dans les fours à cornues verticales, mais les brûleurs sont placés en parallèles. ]
- Il existe néanmoins certains dispositifs de chauffage différents : répartition diverses des brûleurs, carneaux de chauffage verticaux, etc..., sur la description desquels nous ne nous étendrons pas.
- Les chambres sont groupées par fours. Un 'four comporte de 2 à 6 chambres dont le chauffage est effectué ’au moyen de gazogènes accolés avec récupération continue.
- Les avantages de ces fours sont, d’abord, la facilité avec laquelle on peut injecter de la vapeur pour augmenter le rendement du gaz, puis la possibilité de supprimer le travail de nuit, la distillation dans ces fours durant généralement 12 heures, rarement 24.
- Fours à chambres horizontales. —
- Le charbon est distillé en masse ayant une hauteur maxima de 3 m. environ, une épaisseur de 35 à 50 cm. et une longueur variant suivant le type. Le défournement du coke incandescent s’opère à l’aide d’un poussoir ; l’inconvénient qui en résulte est que si le coke est friable il se produit un bourrage du côté du poussoir; déplus, s’il y a éboule-ment, il faut retirer le coke à la pince et au crochet, ce qui est une opération longue et pénible. Cet inconvénient qui limite le nombre des qualités de charbons à employer (charbon à coke des cokeries) a jusqu’ici empêché les fours à chambres horizontales de se généraliserjjdans l’industrie du gaz.
- Le problème du chauffage dans ces fours consiste [à obtenir une température, sinon uniforme, du moins répartie suivant une certaine loi sur les surfaces verticales des parois des chambres; comme ces chambres sont toujours grandes, le problème est assez délicat. On a donc été amené à diviser ces surfaces énormes en un certain nombre de carneaux verticaux ou horizontaux et à grouper ceux-ci soit en parallèle, soit en série.
- Quant aux récupérateurs de chaleurs utilisés, ils sont de deux types : distincts pour chaque chambre, ou bien au contraire uniques pour l’ensemble des fours. Dans ce dernier cas, ils sont alors traversés soit en parallèle par les fumées sortant des chambres, soit en série par la totalité des fumées.
- Fours à chambres inclinées. — Ces fours se rapprochent beaucoup des fours à coke; ils permettent la distillation en grande masse et, par conséquent, réalisent une économie de main-d’œuvre considérable.
- L’étanchéité de ces fours est néanmoins supérieure à celle des fours à coke ; de plus la descente du gâteau de coke se fait d’elle-même : tout au plus est-il utile dans certains cas d’appliquer un léger coup de poussoir pour déclencher le mouvement. Enfin, un avantage non négligeable de ces fours est de pouvoir distiller à peu près tous les charbons, alors que les fours à chambres horizontales se montrent beaucoup plus difficiles.
- A un autre point de vue, l’encombrement en surface d’une installation de fours à chambres inclinées est plus faible que pour les fours genre « fours à coke » à chambres horizontales.
- Les fours à chambres inclinées, comme d’ailleurs tous les autres systèmes de fours, étaient jusqu’ici chauffés au moyen de gazogènes accolés au massif des fours. Actuellement, on tend à remplacer les gazogènes accolés par des batteries centrales de gazogènes à décrassage automatique, d’où il résulte une sérieuse économie et surtout une plus grande sécurité.
- De plus, à la suite d’essais effectués récemment et qui amplifièrent la production du gaz de 25 pour 100 environ, on injecte maintenant de la vapeur dans ces fours pour augmenter le rendement en fabriquant un gaz à pouvoir calorifique d’environ 4500 calories.
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- Fours à distillation continue. — Ce sont les appareils les plus récents. Bien que leur principe fût connu depuis de nombreuses années — puisqu’il y a presque cent ans que les premiers essais de ces appareils furent tentés — la réalisation pratique ne date que du commencement de ce siècle.
- Ils constituent pourtant les plus pratiques et les plus modernes des fours d’usines à gaz.
- Ils se composent d’une cornue verticale à l’extrémité supérieure de laquelle se trouve un sas, où on introduit une certaine quantité de charbon. Après remplissage, le sas est fermé par un robinet hermétique et la distillation s’opère dans la cornue. Le coke est retiré à la partie inférieure de celle-ci par un extracteur qui l’entraîne au fur et à mesure de sa production.
- Tel est le principe général qui préside au fonctionnement de ces fours.
- Etant donné leur importance, nous allons en étudier plus particulièrement les deux types principaux : le système Woodall-Duckham et le système Glover- West.
- Dans le premier procédé, le charbon qui séjourne de 8 à 10 heures dans la cornue a une vitesse de descente d’environ 2 cm. par minute. Les cornues sont de section rectangulaire; leur hauteur varie de 7 à 8 m. et leurs parois sont légèrement inclinées.
- La quantité de charbon passée en 24 heures est naturellement fonction de la capacité des cornues, c’est-à-dire de la plus grande dimension de la section horizontale, la hauteur demeurant fixe ainsi que l’épaisseur de la couche de charbon qui est elle-même déterminée par les lois de transmission de la chaleur à travers la matière à distiller. Elle dépend aussi de la nature du charbon. De plus, la vitesse de l’extracteur à coke est variable et sert pour accélérer ou diminuer l’allure de distillation.
- Quant à l’épaisseur de la cornue elle-même, ce sont uniquement des considérations de résistance mécanique qui la déterminent.
- La température de la paroi extérieure de la chambre est au voisinage de 1300° ; elle est maxima à 1 m. environ de la partie supérieure et diminue vers le bas de la chambre. Le charbon se réchauffe à mesure qu’il descend et commence à distiller lorsque sa température est suffisante. Il y a dans les cornues un point de température maxima où la cokéfaction est complète.
- Puis, le coke formé est soumis à l’action de la vapeur d’eau injectée au bas des chambres et donne par réaction avec celle-ci du gaz à l’eau qui se rend, mélangé au gaz de houille, au barillet où il est aspiré par les extracteurs.
- Le chauffage s’obtient au moyen de carneaux verticaux dans lesquels la combustion est descendante ou ascendante suivant les types particuliers.
- Dans le premier cas, l’air et l’oxyde de carbone arrivent tous deux à la partie supérieure du four par des carneaux verticaux situés dans le même plan vertical et 1 oxyde pénètre dans les carneaux d’air par les « brûleurs » la combustion se continuant dans la rangée ^des carneaux, dits carneaux de fumées situés contre la chambre.
- Dans le second cas, l’oxyde de carbone est distribué à la partie inférieure et dans toute la' profondeur^des
- ............... ...........^..... 157 =
- fours par des carneaux verticaux d’où il pénètre dans l’air par un ou plusieurs étages de brûleurs inclinés donnant une combustion ascendante. Les fumées redescendent par une série de carneaux verticaux et se rendent au récupérateur où elles réchauffent l’air secondaire nécessaire à la combustion de l’oxyde avant d être évacuées à la cheminée par un système de tirage naturel ou forcé.
- Dans certains cas, comme à Clichy, on utilise même les chaleurs sensibles des fumées sortant des fours pour produire et surchauffer de la vapeur dont une partie est injectée dans les chambres et l’autre sert à la production de force motrice nécessaire à l’usine.
- Les parois des chambres sont constituées par des briques à rainures et à languettes destinées à éviter les fuites; ces briques ont 11 centimètres d’avant en arrière, mais les évidements réduisent leur épaisseur jusqu’à 7 centimètres.
- A la partie supérieure de la trémie auxiliaire fonctionne un robinet d’admission du charbon, qui est manœuvré toutes les deux, trois ou quatre heures suivant les cas. A la base, une trémie-magasin reçoit le coke qui est entraîné par l’extracteur.
- Cet appareil est lui-même constitué par une série de pièces en croix emmanchées sur un arbre carré. Ces pièces, décalées légèrement les unes par rapport aux autres, forment une sorte de vis à quatre filets, qui, tournant autour de son axe, fait progresser le coke vers la trémie-magasin. La vitesse de rotation de cette vis-extracteur est d’environ un tour par heure; pour la faire mouvoir, il suffit de dépenser une force motrice infime.
- Le coke, dont une grande partie de la chaleur sensible est utilisée par la décomposition de la vapeur et la formation du gaz à l’eau, comme il est dit plus haut, cède ce qui lui en reste à l’air et au gaz de chauffage, par conductibilité à travers les matières réfractaires des carneaux.
- Le syslème Glover- West emploie des cornues à section elliptique qui sont constituées par des matériaux silico-alumineux, siliceux et même par de la silice; leur base est le plus souvent en matériaux silico-alumineux.
- Fig. 5. — Une chargeuse. Usine du Landy (Gaz de Paris). On voit également les tours à coke de l’usine.
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- L’extracteur est constitué par une vis sans fin verticale dont l’axe coïncide avec celui de la cornue et qui est animé d’un mouvement de rotation d’un tour environ toutes les 40 minutes.
- La combution s’effectue dans les mêmes conditions que dans les fours à cornues verticales discontinues. Les gaz qui s’échappent avant d’aller à la cheminée passent autour de la partie supérieure des cornues, constituant ainsi une récupération partielle de chaleur; cette récupération est complétée par l’emploi de chaudières dites précisément « chaudières de récupération ».
- Les avantages du procédé de distillation continue ressortent clairement de sa description même.
- Outre que ce système permet la production simultanée de gaz de houille et de gaz à l’eau, on peut attendre de lui un meilleur rendement et obtenir un gaz à l’eau de pouvoir calorifique régulièrement constant, condition essentielle pour, a-voir une bonne utilisation du gaz.
- D’autre part, la distillation continue donne une grande souplesse de marche aux usines, économise lamain-d’œuvre d’appréciable façon (4 hommes peuvent fabriquer 20000 mètres cubes en 24 heures) et permet la production d’un coke plus léger et parfaitement froid.
- D’autre part, la production d’ammoniaque est augmentée et le goudron résultant est beaucoup plus fluide que dans les autres procédés, par conséquent plus facile à traiter.
- D’ailleurs, une Commission instituée en 1917 par le Gouvernement britannique, en vue de déterminer la meilleure méthode de production de gaz de ville, a conclu que les fours à distillation continue avec injection de vapeur constituaient le meilleur procédé de fabrication connu.
- La Société du Gaz de Paris a procédé, il y a peu de temps, dans son usine de Clichy, à la mise en route de fours Woodall-Duckham de grande capacité, avec batterie centrale de gazogènes auto-productrice de vapeur. Cette installation ultra-moderne contient les derniers perfectionnements.
- Nous verrons d’ailleurs plus loin l’obligation pour les usines à gaz de fabriquer le « gaz contractuel » défini par le cahier des charges-type, qui permet la livraison d’un gaz de pouvoir calorifique ne dépassant pas 4500 calories.
- Or, le gaz fourni par les cornues horizontales est à 5200 calories avec 8 pour 100 d’oxyde de carbone. Pour abaisser son pouvoir calorifique, il faut lui mélanger du gaz à l’eau à 2700 calories dans la proportion de 20 pour 100 environ; mais le gaz à l’eau contient de 35 à 40 pour 100 d’oxyde de carbone. Comme il est interdit, par mesure de salubrité, de livrer du gaz en contenant plus de 15 pour 100, il en résulte qu’on ne peut faire exactement le mélange.
- Or, avec les tours à distillation continue, il est possible, en injectant de la vapeur au bas des cornues, dans une proportion déterminée, d’obtenir un gaz à 4600 calories environ, ne possédant pas plus de 15 pour 100 d’oxyde de carbone, qui, après débenzolage, voit son pouvoir calorifique ramené à 4500 calories, sa composition physique et sa composition chimique étant en tous points conformes à celles du gaz contractuel.
- II. GAZOGÈNES
- Après avoir passé en revue les divers modèles de fours, nous allons dire quelques mots de leurs appareils de chauffage : les gazogènes.
- Les gazogènes ont en effet remplacé les grilles dans presque toutes les usines; or, un gazogène est plus coûteux qu’une grille, mais a un meilleur rendement ; celui-ci provient en effet d’un réglage plus parfait de la combustion (il est en effet plus facile de brûler exactement avec un excès d’air un gaz qu’un solide) et, d’autre part, il est possible de réchauffer l’air de la combustion et de ramener dans le laboratoire les calories des fumées. Dans les fours à récupération, il y a donc un certain nombre de calories qui travaillent en « circuit fermé » et qui servent à élever le « potentiel thermique » des fluides employés pour le chauffage.
- Le principe des gazogènes repose sur une double réaction. Le coke, en brûlant avec un excès d’air, donne de l’acide carbonique qui, en passant sur du charbon chauffé au rouge dans une atmosphère dépourvue d’oxygène, se combine à lui pour former de l’oxyde de carbone combustible. La couche de coke pourra varier entre 0 m. 60 et 2 m. d’épaisseur et étant donné que la dernière réaction absorbe de la chaleur, on aura un gaz d’autant plus riche en oxyde de carbone que le gazogène fonctionnera à une température plus élevée (900° à 1000°).
- Fig. 6. — Plancher de chargement d’une des batteries à cornues verticales continues. Usine de Clichy (Sté du Gaz de Paris).
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- Le gazogène Siemens est muni à sa partie supérieure d’une trémie de chargement; l’orifice de départ du gaz se trouve à mi-hauteur du côté opposé à la façade ; à la partie inférieure est la grille, composée de barreaux de fonte, posés en gradins sur une «crémaillère », au-dessous, enfin, le cendrier fermé parles portes de service. Quand l’air est admis dans le gazogène, il brûle le coke à la partie inférieure; l’anhydride carbonique, très chaud, monte et traverse la couche de coke incandescente, au contact de laquelle il se transforme en partie en oxyde de carbone, la proportion d’acide carbonique restant
- .....:..............................159 =
- Le gazogène Lencauchez est une heureuse modification du gazogène Siemens en ce sens que, dans ce dispositif, les gaz formés à la partie supérieure sont obligés, pour sortir de l’appareil, de retraverser, grâce à l’interposition d’un barrage formant chicane, la couche de coke en ignition.
- Les gazogènes à air soufflé sont généralement des gazogènes à cuve et à grille circulaire.
- Il existe même des gazogènes sans grille où la maçonnerie est circulaire et où le combustible repose sur le fond, c’est-à-dire sur la cuve même du cendrier (gazo-
- Fig. 7. — Vue d'ensemble des premiers ateliers de fours Woodall-Duckam. Usine de Clichy (Société du Gaz de Paris).
- dans le gaz n’étant uniquement fonction que de la température de sortie du gazogène et ne dépendant nullement, comme on serait tenté de le croire, de la hauteur de combustible.
- Le gaz est mené au. collecteur, d’où il est envoyé aux brûleurs. Généralement le cendrier est garni d’eau. Mieux encore, on peut faire tomber un rideau de pluie devant la grille, ce qui a l’avantage de la refroidir et en même temps de transformer une partie de la chaleur sensible des mâchefers en chaleur latente dans le gaz.
- gènes Didier-Mond et cubilot de Saillers.) Le décrassage dès gazogènes à grille s’opère à l’aide de faux barreaux, qu’on introduit dans la masse de coke en arrière de la grille ; on peut ainsi nettoyer celle-ci en maintenant en place le bloc de coke.
- Leur chargement s’effectue par une ouverture fermée par un tampon reposant sur un siège conique ou une cloche à joint de sable. Les gazogènes sont généralement placés au bas des cornues pour recevoir directement le coke chaud provenant du délutage; le piquage se fait à l’aide de ringards.
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- Trémie à 'charbon
- Robinet à - charbon
- Indicateur. de charbon
- Trémie
- 'auxiliaire
- à charbon
- Sortie du gaz
- Cornue
- ^ du charbon j et du coke» ; Isotherme J de 900°
- .850° 950° 1000°
- vyj—Fumées //yb Injection
- Déchargement
- 'du coke
- Wagonnet à coke
- Fig. 8.
- Coupe d'uri four à cornue verticale pour distillation continue Woodall-Duckam.
- Des registres, sont placés aux endroits appropriés pour régulariser la production.
- Le décrassage de la grille est le travail le plus pénible dans le service des gazogènes. Déplus, il a besoin d’être bien fait si l’on veut obtenir un gaz de qualité optima et aussi constante que possible, en évitant les obstructions dues à des amoncellements de mâchefers dans certaines régions du gazogène. Ces blocs de mâchefers sont très difficiles à détruire ensuite quand ils se sont formés.
- On est donc tout naturellement arrivé à la conception de gazogènes à décrassage automatique.
- La première idée qui vint â l’esprit fut celle de grilles animées d’un mouvement continu ; mais si celles-ci étaient capables d’éliminer les petits mâchefers placés à leur contact, elles ne donnaient pas l’ébranlement suffisant pour faire descendre les gros blocs, qui, au
- bout d un certain ; /temps, obstruaient complètement l’appareil.
- La grille Sauva geot, qui, depuis quelques années, fonctionne déjà soit pour le chauffage des chaudières, soit dans les gazogènes de verrerie, a été introduite dernièrement dans l’industrie du gaz. Cette grille a l’avantage de pouvoir s’adapter aux gazogènes (à cuve rectangulaire, c est-à-dire que pour la recevoir, les gazogènes d’usines à gaz n’exigent que des modifications insignifiantes. Un autre avantage de cette grille résulte de ce que la gazéification du coke se fait sous l’influence’d un mélange intime d’air et de vapeur, d’où une amélioration sensible de la qualité du gaz.
- Des gazogènes du type Marischka à décrassage automatique ont été installés à l’usine à gaz de Vienne-Léo-poldau, à Clichy (Société du Gaz de Paris) où ils fonctionnent déjà, aux cokeries de la Seine à Genne-villiers, à l’usine du Cornillon, où ils seront mis en roule l’année prochaine et enfin à Lyon-la-Mouche, où on va les mettre en marche incessamment.
- Leur sole est constituée par une cuvette mobile remplie d’eau et solidaire de la grille, qui est, elle-même, constituée par une pyramide à gradins excentrée. Un mouvement rotatif très lent de la sole empêche la formation de blocs de mâchefer en même temps que les scories sont obligées de déborder et sont évacuées par l’intermédiaire d’une bêche inclinée fixe et sur laquelle les mâchefers montent pour sortir de la cuvette et tomber dans des wagonnets spéciaux.
- La paroi interne du gazogène est en tôle, et les gaz, avant de sortir de l’appareil, circulent dans une enceinte en forme de manchon, constituant ainsi une chaudière destinée à produire de la vapeur en utilisant la chaleur sensible du gaz. C’est une récupération très intéressante et de ce fait la paroi refroidie ne laisse pas les mâchefers se coller à sa surface. La vapeur ainsi produite économiquement est utilisée pour la production de force motrice ; une partie seulement, injectée sous la grille, refroidit celle-ci et augmente la quantité et la qualité du gaz produit par réaction sur le coke et production de gaz à l'eau. De cette façon, la chaleur sensible du gaz
- Fig- C. — Sortie du coke dans les fours Glover-West, à distillation continue.
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- pauvre produit, qui serait perdue puisque ce gaz est utilisé froid loin du lieu de production, est récupérée.
- Les batteries centrales de gazogènes constituent actuellement le principe de l’idée la plus moderne pour le chauffage des fours à gaz.
- Ces batteries sont généralement assez éloignées des fours, auxquels le gaz arrive froid.
- La centralisation des appareils de chauffage en batteries de gazogènes, qui paraissait devoir rester du domaine des grandes usines à cause des frais élevés de premier établissement, semble vouloir s’introduire maintenant
- quelques mots plus haut, est la vivante illustration de ce procédé.
- De tels appareils peuvent arriver à gazéifier 25 tonnes de coke par 24 heures ; c’est ce qu’il faut pour alimenter une batterie de fours produisant 40000 m3; ainsi une usine dont la production journalière maxima serait de 300000 m3 comporterait une batterie de 8 gazogènes semblables dont 4 en fonctionnement, 2 en réserve et 2 en réparation et visite.
- Les chaudières de récupération de chaleurs perdues sont de deux types principaux : horizontales avec un faisceau
- Fig. 10.
- Batteries de fuurs Glover-West à distillation continue. Une partie des fours de distillation est montrée en coupe.
- dans les petites à cause des avantages qu’elle comporte.
- La chaleur sensible des fumées sortant du récupérateur, après avoir réchauffé l’air secondaire, est encore suffisante pour produire de la vapeur dans les chaudières dites de récupération dont il a déjà été question plus haut à propos de la description des fours à chambres verticales continues. Le trajet des fumées se complète par un surchauffeur de vapeur où la vapeur est portée à 300°, température optima pour l’injection dans les chambres et l’utilisation dans les turbines.
- La batterie centrale de gazogènes du type Marischka, installée à l’usine à gaz de Clichy, dont nous avons dit
- tubulaire à tubes de fumées ou verticales à tubes d’eau. Une chaudière bien calculée peut produire environ 1500 g. de vapeur par kilogramme de coke brûlé au gazogène. Cette vapeur est utilisée pour la production de force motrice, les services annexes de la fabrication et tous les besoins du traitement des sous-produits.
- III. PRODUITS DE LA DISTILLATION DE LA HOUILLE
- Après avoir passé en revue les appareils de distillation de la houille, nous allons énumérer les produits qui eu résultent.
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- Voûte de
- Trémie de
- chargement
- /—Tuyau d'eau
- ---Tuyau de vent
- Forte de . cendrier
- Cloche
- Crémaillère et barreaux
- -Registre
- Fig. 11. — Coupe d’un gazogène à barrage.
- La distillation pyrog’énée de la houille donne du gaz de houille, des eaux ammoniacales, des goudrons et du coke.
- Le gaz de houille brut est un mélange en proportions variables de corps extrêmement divers dont certains doivent être éliminés avant l’emploi à cause de leurs propriétés particulièrement nuisibles.
- Pour éliminer ces produits, on épure le gaz par une série de traitements physico-chimiques.
- Autrefois on. distinguait nettement les composés éclairants et chauffants. Certaines clauses du cahier des charges des municipalités concernaient les mesures du pouvoir éclairant et exigeaient un chiffre minimum pour ce dernier comme aujourd’hui pour le pouvoir calorifique.
- C’était notamment pour augmenter ce pouvoir éclairant que l’on carburait le gaz au benzol alors qu’aujourd’hui la loi française oblige à pratiquer l’opération inverse du débenzolage afin de récupérer le benzol, matière nécessaire à la Défense Nationale et qui joue un rôle important dans la question des carburants, aujourd’hui à l’ordre du jour.
- Il n’y a donc pas lieu de faire la distinction citée plus haut.
- Notons seulement que de tous les composés, les plus importants sont : comme éléments actifs : l’hydrogène, les carbures d’hydrogène et leurs dérivés organiques dont le plus important est le méthane, et les deux autres grandes catégories : les carbures éthyléniques et benzéniques, l’oxyde de carbone.
- Comme éléments neutres ou inertes : l’azote, l’acide carbonique, l’oxygène. Les éléments nuisibles sont les corps très complexes dérivés du cyanogène, l'hydrogène sulfuré, la naphtaline.
- Enfin, certains corps sont à récupérer par traitements spéciaux du gaz à cause de leur valeur industrielle importante : le
- benzol, l’ammoniaque et les vapeurs goudronneuses.
- Il est bien entendu qu’il s’agit ici d’une nomenclature succincte où l’on n’a pas fait mention des corps innombrables formés par réaction les uns sur les autres des éléments précédents et dont l’existence est fonction des circonstances mêmes dans lesquelles se font la distillation de la houille et le traitement du gaz formé.
- Les eaux ammoniacales sont des mélanges d’eau, de composés volatils de l’ammonium, tels que carbonate, sulfure et cyanure et de composés fixes tels que sulfate, sulfite, thiosulfate, chlorure, sulfocyanure et ferro-c.yanure.
- Les goudrons sont constitués par un liquide épais et noir formé d’un grand nombre de produits, d’abord des hydrocarbures liquides : benzène, toluène, xylène, styrolène, indènes; des hydrocarbures solides (naphtalène, fluorène, anthracène, pyrène, bitumes), des corps oxygénés (phénols, crésols, xénols, naphtols), des corps sulfurés (sulfure de carbone, thiophène), puis des corps azotés (aniline, picoline, pyridine, quinoléine, pyrol, carbazol) et enfin des particules de charbon qui les colorent en noir.
- Quant au coke, il est en grande partie formé de carbone, ayant comme principales impuretés de l’azôte, du soufre et des cendres.
- Nous examinerons dans un prochain numéro les traitements successifs que subit le gaz au sortir des fours de distillation.
- Toute une série d’opérations assez complexes est encore nécessaire pour fournir d’une part un gaz épuré, et d’autre part pour rendre utilisables les sous-produits recueillis.
- Jacques Senaut.
- (A suivre.)
- Fig. 12. — Batterie centrale de gazogènes.
- Usine de Clicliy (Société du Gaz de Paris).
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- LES PROCÉDÉS RÉCENTS D’AMPLIFICATION = TÉLÉPHONIQUE ET MICROPHONIQUE
- LA LAMPE A VIDE DE T, S. F. PERMET D’AMPLIFIER LES COURANTS DE FRÉQUENCES AUDIBLES
- Il y a bien peu de nos lecteurs sans doute qui ne connaissent pas, à l’heure actuelle, et d’une façon plus ou moins approximative, les propriétés de la lampe à vide à trois électrodes de T. S. F. que l’on a pu nommer avec raison la lampe merveilleuse.
- La forme de cette, lampe a été quelque peu modifiée durant ces dernières années et, au filament, à la grille, à la plaque primitifs ont été ajoutés, dans certains modèles, des électrodes supplémentaires, séparées ou connectées en parallèle avec les premières (fig. 1).
- Cependant, les principes initiaux de son fonctionnement demeurent les mêmes, si les détails d’exécution ont varié, et les applications des triodes et des tétrodes augmentent chaque jour.
- Les lampes à vide ne sont pas seulement employées dans les postes récepteurs de T. S. F., pour amplifier les courants à haute fréquence de l’ordre de 20 000 périodes à quelques millions environ. Elles servent à détecter les courants haute fréquence ainsi amplifiés, de manière à leur donner une fréquence audible. Ensuite, elles amplifient les courants basse fréquence ainsi obtenus de quelque 100 à 8000 périodes. Elles peuvent aussi agir comme oscillatrices pour renvoyer une partie des courants haute fréquence vers le circuit d’entrée et c’est l'effet de réaction-, pour moduler les courants de haute fréquence dans les appareils à changement de fréquence, pour émettre des oscillations locales destinées à interférer avec les oscillations incidentes pour la réception des ondes entretenues et c’est la méthode hétérodyne, etc.
- C’est également comme oscillatrices que les lampes d’émission sont généralement employées dans les postes émetteurs de T. S. F.
- Enfin, on peut encore amplifier, grâce aux lampes à trois électrodes, des courants alternatifs d’une fréquence de quelques périodes seulement, dits à très basse fréquence, et l’on peut ainsi, comme il a déjà été expliqué dans La Nature, réaliser des dispositifs efficaces de télémécanique sans fil.
- En dehors des lampes d’émission spéciales, on ne possédait guère, il y a quelques années, qu’un type de lampe moyenne pouvant être employée indistinctement comme amplificatrice haute fréquence, détectrice, amplificatrice basse fréquence et oscillatrice
- On conçoit fort bien que les caractéristiques des lampes doivent diffé-
- Fig. 1. — L’évolution de la lampe à 3 électrodes.
- I, représentation schématique; II, un des premiers modèles, la lampe T. M. (télégraphie militaire); III, un modèle récent de lampe de puissance à 2 groupes d’électrodes en parallèle.
- rer suivant les usages auxquels on les destine, et qu’il est bien préférable d’employer un type de lampe déterminé pour chaque usage particulier.
- Les constructeurs français ont pu réaliser heureusement à l’heure actuelle de nombreux types de lampes bien établis destinés à tous les usages courants, et spécialement à l’amplification des courants de fréquence audible que nous allons étudier dans cet article.
- L’AMPLIFICATION BASSE FRÉQUENCE* LES DIFFÉRENTS SYSTEMES DE LIAISON
- Pour amplifier avec une lampe triode les courants de fréquence audible de l’ordre de 100 à 8000 périodes, on les fait agir entre la grille d’une lampe et l’extrémité négative d’un filament ou le curseur d’un potentiomètre, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un transformateur à fer; on recueille les courants amplifiés dans le circuit de plaque et on les dirige, soit vers une autre lampe qui les amplifie à son tour, soit vers un écouteur téléphonique quelconque qui les transforme en vibrations acoustiques audibles (fig, 2).
- Lorsqu’on emploie plusieurs lampes amplificatrices en cascade, on les relie l’une à l’autre, au moyen d’un dispositif, dit de liaison. Il existe, on le sait, trois systèmes essentiels de liaison, à tranformateur à fer, à résistance-capacité et à impédance-capacité (fig. 3).
- Fig. 2. — Lampe triode montée en amplificatrice des courants à basse fréquence.
- [Entrés des courants basse Fréquence à amplifie
- ionique.
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- + 4v.
- + 4-v.
- -80v.
- + 4-v.
- -80v.
- fit o
- + 80v.
- + 80v.
- Fig. 3. — Les différents systèmes de liaison entre lampes à 3 électrodes pour amplification des courants de basse fréquence, f, liaison à transformateur à T ; II, liaison à résistance-capacité
- R, C, r; III, liaison à autotransformateur-capacité 5, C, r;
- , IV, liaison à bobine de cboc-capacité S, C, r.
- On s’efforce, dans ces dispositifs, pour éviter toute déformation des courants amplifiés, de rendre le système aussi apériodique que possible, ou du moins d’éviter qu’il ait une période de résonance propre correspondant à la gamme envisagée.
- D’autre part, on évite, s’il y a lieu, la formation du courant filament-grille en polarisant négativement les grilles suivant le type de lampe employé et la tension-plaque adoptée.
- L'AMPLIFICATION MICROPHONIQUE
- On connaît les propriétés du microphone à grenaille de charbon. Lorsqu’on place un appareil de ce type dans un circuit comprenant une pile ou un accumulateur et un récepteur téléphonique, et que l’on produit un bruit quelconque dans le voisinage, les ondes sonores viennent frapper le diaphragme et le font vibrer. Ces vibrations sont transmises aux particules de charbon placées derrière la plaque et appuyant les unes sur les autres à contact imparfait.
- La résistance ohmique du microphone varie donc ; il s’ensuit des variations correspondantes de l’intensité du courant passant dans le circuit, et, par suite, des variations d’attraction delà plaque de l’écouteur téléphonique.
- Finalement, les vibrations du diaphragme de l’écouteur téléphonique reproduisent et transmettent par l’air aux oreilles de l’auditeur les ondes sonores qui ont frappé la plaque du microphone,
- Mais il est souvent intéressant, non pas d’obtenir une simple réception à l’écouteur, mais une audition très forte audible dans une grande salle ou même en plein air.
- On a bien tenté d’employer des microphones pouvant supporter une intensité de courant assez grande, et des récepteurs téléphoniques d’un grand diamètre munis
- d’un pavillon amplificateur de sons, mais ces systèmes déjà anciens étaient fort imparfaits, l’intensité d’audition assez faible et les sons étaient souvent déformés (fig. 4). Ce sont les amplificateurs à lampes à trois électrodes qui ont permis de donner au problème une solution excellente et presque inespérée.
- Au lieu de transmettre directement au récepteur haut-parleur les courants basse fréquence produits par le microphone, on les amplifie d’abord au moyen d’un amplificateur à lampes, et on relie le haut-parleur aux bornes de sortie de cet amplificateur (fig. 5).
- On obtient ainsi, suivant le type d’amplificateur employé, une puissance d’audition qui peut être considérable, tout en conservant une absolue pureté de reproduction lorsque l’appareil a été soigneusement construit ainsi que le haut-parleur.
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- LES MICROPHONES EMPLOYÉS AVEC LES AMPLIFICATEURS A LAMPES
- Les microphones ulilisés sont généralement du type ordinaire à grenaille et diaphragme de charbon, soigneusement construits et pou'vant laisser passage sans échauf-fement à un courant d’intensité suffisante (fig. 6).
- Ces appareils sont adoptés quand l’opérateur peut parler à 15 ou 20 cm de la pastille microphonique, et s’il n’est pas nécessaire d’obtenir une reproduction des sons vraiment artistique.
- Si l’on veut obtenir une sensibilité beaucoup plus grande, jointe à une absolue pureté, il faut choisir un modèle plus spécial qui pourra être placé à une distance d’au moins 1 m. 50 à 2 m. de la source sonore, et assurera une excellente reproduction. Le modèle représenté
- jf’tV, 0. — Microphones à limaille ei diaphragmes de charbon pour haut-parleurs à grande puissance (modèles Gaumont).
- 1, modèle sur pied fixe; 2, modèle à trépied pliant pour l'installation de campagne.
- sur la figure 7 comporte, par exemple, une membrane non rigide de grande surface à cellules multiples permettant une transmission sans distorsion; ce modèle est alimenté avec un courant d’une tension de 18 volts et d’une intensité de 0,5 ampères.
- LES AMPLIFICATEURS MICROPHONIQUES
- Les amplificateurs basse fréquence, destinés à obtenir une audition d’intensité moyenne dans une salle de -dimensions courantes, sont établis avec des étages à transformateurs comme les appareils destinés aux auditions des radio-concerts, et avec les mêmes modèles de transformateurs à fer (fig. 8). Seul le transformateur d entrée T, dont le primaire est relié au circuit du microphone, et le secondaire à la première lampe, est un transformateur spécial de modulation à circuit magnétique «ouvert et à très grand rapport d’amplification.
- AmpliB'cateur basse fréquence à lampes
- Microphi
- . Source de chauffage des Filaments servant à l'alimentation du microphone
- Fig. 5. — Schéma de principe d’une installation d’amplification microphonique.
- Un tel amplificateur peut donc être placé à la suite d’un poste récepteur de T. S. F. pour fournir une audition intense d’un radio-concert ou amplifier les courants basse fréquence provenant d’un circuit microphonique.
- Le schéma de la figure 9 montre ainsi un amplificateur à deux étages du type à transformateurs avec lampes en opposition dit push-pull ou à va-et-viept, et qui permet d’obtenir aussi bien une excellente audition des radio-concerts qu’une amplification intense des courants microphoniques. On relie l’amplificateur, soit au poste récepteur de T. S. F. (qui ne comporte pas d’étages basse fréquence), soit au circuit microphonique, au moyen d’un simple inverseur bipolaire.
- Ce système de liaison push-pull avec transformateurs à enroulements à prise médiane permet une amplification très intense des courants microphoniques avec une amplification minima à condition d’utiliser des transformateurs d’assez grandes dimensions.
- Grâce au dispositif de montage, le courant moyen continu des circuits de plaque ne provoque aucune magnétisation du fer du transformateur de sortie, alors qu’au contraire les variations alternatives de la tension plaque s’ajoutent.
- On peut donc réaliser sur ce principe des amplificateurs à très grande puissance pour auditions en plein air à grande distance. On emploie évidemment avec ces amplificateurs des lampes spéciales de puissance, à faible résistance intérieure, et dont la tension de plaque peut at-
- Fig- l• — Microphone ultra-sensible S. E. 6. à grande surface.
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- Amplificateur
- Microphone
- Haut-parleur
- Fig. 8. — Amplificateur à 2 étages à transformateur, pour audition en haut-parleur de moyenne puissance.
- Fig. 11. — Convertisseur thermoïoniquc pour amplificateur à grande puissance. On voit en haut et au milieu les deuxvalves-kenotronpour le l'edressement du courant haute tens ion. De chaque côté une valve tungar fournissant le courant redressé à basse tension ; au-dessous :les ti'ans-formateurs et les bobinages des circuits filtres; en bas: l’amplificateur à grande puissance.
- teindre 300 à 600 volts. La puissance du courant téléphonique débité peut alors être voisine de 40 watts.
- En dehors du système de liaison à transformateur push-pull, le dispositif le plus employé dans ces amplificateurs à grande puissance semble être le système de liaison à bobine de choc-capacité indiqué plus haut.
- LES APPAREILS D'ALIMENTATION DES AMPLIFICATEURS MICROPHONIQUES
- Les amplificateurs à petite puissance sont alimentés comme les postes récepteurs de T. S. F., par des batteries d’accumulateurs de 4 à 6 volts et des batteries de piles ou d’accumulateurs de 80 à 160 volts.
- Si l’on veut obtenir une tension-plaque plus grande dans les installations à grande puissance, on peut utiliser des batteries d’accumulateurs de plaque jusque vers 550 volts, mais il est bien préférable d’employer des appareils convertisseurs fournissant un courant continu ou redressé de quelque 200 à 300 volts.
- Si l’on peut utiliser le courant continu d’un secteur d’éclairage, on adopte un moteur électrique qui actionne une génératrice produisant un courant très régulier de tension désirée (fig. 10).
- Lorsqu’on dispose du courant alternatif d’un secteur, on amène ce courant à la tension convenable au moyen d’un transformateur, on redresse ce courant à l’aide de valves, généralement du type thermoionique, et on filtre le courant redressé dans un circuit-filtre à plusieurs cellules formé de bobinages et de condensateurs (fig. 11.)
- Lorsqu’on veut réaliser une installation facilement transportable en campagne, on
- adopte une seule batterie d’accumulateurs à grande capacité et à faible tension.
- Cette batterie fournit le courant microphonique et le courant de chauffage des filaments des lampes, elle actionne, en outre, une petite commutatrice qui fournit du courant continu à haute tension pour l’alimentation des plaques des lampes.
- LES HAUT-PARLEURS EMPLOYÉS POUR L'AMPLIFICATION MICROPHONIQUE
- Les haut-parleurs employés dans des dispositifs d’amplification microphonique sont absolument analogues évidemment à ceux utilisés en T. S. F.
- Pour les auditions de petite et de moyenne intensité,
- iliHH—
- Parole , Inverseur<
- zz \ im Haut-CTI—3 parleur
- Fig, g, — Amplificateur à deux étages d'amplification basse fréquence ou système push-pull (ou va-et-vient).
- Il peut être placé à la suite d’un poste récepteur de T. S. F. ou d’un circuit microphonique.
- ôn adopte un modèle électromagnétique ordinaire, dans lequel un diaphragme D de grande dimension vibre sous l’action des bobinages B d’un électro-aimant avec aimant permanent A de champ puissant (I, fig. 12).
- Dans certains modèles, c’est une palette vibrante qui transmet le mouvement à un diaphragme séparé et les
- Fig. 10. — Groupe convertisseur.
- II comporte un moteur mû par le courant alternatif, entraînant une génératrice de courant continu. Celle-ci fournit un courant-plaque de 300 volts et un courant-filament de 8 volts.
- dispositifs de détail adoptés sont assez divers (II, fig. 12).
- Les diffuseurs de sons sont des pavillons de formes diverses ou des diaphragmes de grandes dimensions pouvant transmettre les fréquences les plus basses (fig. 13).
- Pour les auditions àtrès grande puissance, on emploie plutôt en France les haut-parleurs type télémégaphone (III, fig. 12).
- Dans ces appareils, une petite bobine mobile b b par-
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- Fig. 12. — Principe des haut-parleurs employés pour l’amplification microphonique.
- I. Système électromagnétique ordinaire. — II. Armature équilibrée type AVeston. —• III. Télémégaphone.
- courue par les courants à basse fréquence, provenant de l'amplificateur par l’intermédiaire d’un transformateur T, est placée dans l’entrefer d’un électro-aimant, dont le bobinage B est parcouru par le courant provenant d’une batterie auxiliaire.
- La bobine mobile transmet les vibrations acoustiques à un diaphragme séparé, ou constitue dans certains modèles le diaphragme lui-même, et produit les sons en comprimant la masse d’air qui se trouve dans une cavité de l’entrefer (fig. 14),
- La membrane vibrante peut être aussi constituée par
- Fig. 13. — Modèles de haut-parleurs à grands diffuseurs pour audition d’intensité moyenne.
- une calotte sphérique en aluminium qui se trouve collée de façon parfaite par sa base à un cylindre en papier spécial, supportant le bobinage dans lequel est envoyé le courant téléphonique.
- Ces « moteurs » téléphoniques sont généralement adaptés à des pavillons droits, très longs, qui peuvent atteindre des dimensions vraiment imposantes (fig. 15).
- LES APPLICATIONS DES APPAREILS D'AMPLIFICATION MICROPHONIQUE
- Ainsi que nous l’avons indiqué au début de cet article, les applications des appareils haut-parleurs à amplification microphonique sont extrêmement nombreuses et leur importance grandit chaque jour. Cette importance ne peut, d’ailLurs, être encore comparée en Europe, à l’inlluence qu’ils jouent dans la vie publique des Etats-Unis où ils se sont montrés indispensables, par exemple lors des dernières campagnes électorales.
- Fitf. 1k. — Le haut-parleur télémégaphonique Gaumont. I. Coupe. — II. Détail d’un diaphragme-bobinage.
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- nos lecteurs ont sans doute vu circuler dans Paris des postes mobiles de ce genre.
- La multiplication des usages de ces appareils s’accroît donc constamment et sans doute verrons-nous quelque jour s’élever dans nos cités ces beffrois haut-parleurs qui ont déjà été indiqués dans La Nature, et qui apprendront aux citoyens, de leur voix puissante, toutes les nouvelles de leur cité et du monde entier, dans l’intervalle des radio-concerts récréatifs(1).
- LE ROLE DES AMPLIFICATEURS DANS LA
- TÉLÉPHONIE A GRANDE DISTANCE
- On sait que pour augmenter la portée des installations téléphoniques, on a eu l’idée d’appliquer aux concerts téléphoniques les
- Fig. 15. — Haut-parleur à très grande puissance.
- Appareil complet. Son moteur téléphonique à électro-aimant
- gst constitué par la carcasse même du haut-parleur et par un pôle central creux formant l’armature du pavillon.
- On peut ranger ces applications en plusieurs catégories principales :
- 1° Transmission d’ordres ou d’informations dans les endroits bruyants, usines, salles de restaurant, gares, stades sportifs, aérodromes, places publiques, lors d’une manœuvre de foule pour la prise de fils cinématographiques, etc...
- 2” Diffusion de discours, de conférences, de sermons, dans des salles vastes ou séparées, les expositions ou en plein air;
- 3° Diffusion de concerts dans plusieurs salles ou en plein air.
- Les postes de transmission peuvent, d’ailleurs, être placés facilement sur des automobiles et beaucoup de
- Fig. 11. — Une installation de haut-parleurs sur la piste municipale de Vincennes.
- Fig. 16. — L’utilisation des haut-parleurs.
- Une installation de haut-parleurs dans un concours de gymnastique à Cliarleville. — Le moniteur, du haut de sa tribune, commande, par microphone, les mouvements de 5000 gymnastes. Les commandements sont répétés par haut-parleurs disposés le long
- du stade.
- règles d’un transport de force ordinaire en élevant la tension au départ, quitte à l’abaisser à l’arrivée au moyen d’un transformateur.
- Mais le principe de la pupinisation des lignes et câbles qui permet d’augmenter l’efficacité des circuits par l’emploi de courants d’intensité faible, mais de tension élevée,
- 1. Ce n’est pas là certes une utopie. On dit (?) qu’il existe dans la République des Soviets des édifices de ce genre bien que de modèles encore réduits!
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- Fig. 18. — Un haul-parleur gigantesque portant à plusieurs kilomètres et faisant entendre un discours à des milliers d’auditeurs.
- est insuffisant pour assurer une excellente transmission sur les très longs circuits.
- Les progrès remarquables de la technique de la téléphonie à grande distance depuis une quizaine d’années, progrès qui vont se traduire par l’établissement progressif d’un réseau complet de téléphonie européenne, sont dus à l’emploi de relais téléphoniques amplificateurs à lampes qui complètent l’équipement électrique primitif.
- Grâce à des amplificateurs ou répéteurs disposés le long des lignes, on arrive à compenser en partie, grâce à ces amplifications répétées, l’affaiblissement dû à la longueur des lignes. Ainsi, dans le grand circuit téléphonique de 4500 kilomètres de New York à San Francisco, l’emploi des amplificateurs a permis de recevoir à New
- York avec une puissance sept fois supérieure à celle que donnait l’ancien circuit pupinisé.
- En principe, les amplificateurs employés sont munis d’étages d'amplification basse fréquence du type bien connu et leur emploi permettrait théoriquement l’établissement de lignes d’une longueur infinie en augmentant le nombre des relais.
- Mais cet emploi a soulevé de très nombreux et intéressants problèmes de technique particulière dont la solution est difficile.
- Nous ne pouvons étudier tous ces problèmes dans cet article déjà très long et nous réservons leur exposé pour un article ultérieur de la revue.
- P. Hémardinquer.
- UNE GODILLE RATIONNELLE
- LA QUEUE DE POISSON
- Au dernier Salon Nautique se trouvait exposé un engin propulseur très original,
- sorte de gouvernail moteur manœuvré à la main, que l’inventeur, M. Eugène Michiels, a appelé « Queue de poisson ».
- Spécialistedes questions de technique navale, en général, et des questions sous-marines en particulier, l’inventeur a effectué des travaux intéressants sur le renflouement des épaves et les explorations sous-marines. Il a parcouru les fonds en maints endroits et a été à même d’étudier de très près la vie de leurs habitants. Il a créé un tank sous-marin curieux, capable d’évoluer en surface entre deux eaux et de ramper sur le fond.
- Fig. 1. — La « Queue de poisson ».
- Lors de la création de ce type de submersible, l’inventeur a été amené à constituer les organes de direction par des sortes d’ailerons à gauchissements, véritable copie de la queue du requin.
- Des expériences concluantes faites avec ce système amenèrent M. Michiels à essayer la propulsion au moyen d’un système. qui reconstitue mécaniquement la queue du poisson avec ses mouvements. Finalement, le modèle pratique est un appareil qui ne pèse pas 4 kg et qui est construit en tubes d’acier, émaillés, zin-gués ou nickelés.
- La silhouette générale est celle d’un gouvernail avec sa barre de com-
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- que l’on fait sur la barre, suivant la surface propre des pales et la tension du caoutchouc On imprime donc à la barre une série de mouvements horizontaux. L’eau en poursuivant son effort sur les pales est, en quelque sorte, canalisée dans une poche au centre, dans laquelle se produit et s’échappe une surpression qui n’est d’ailleurs pas nécessaire à la propulsion. Mais 1 eau qui glisse sur chacune des pales provoque une semi-obturation, car, ainsi que cela se passe lorsque le poisson fait agir sa queue, le remous qui est provoqué par la rencontre de deux glissements ne laisse échapper l’eau que proportionnellement à la violence de l’effort qu’on imprime à la barre de manœuvre. Cet engin propulseur est une reconstitution ingénieuse et pratique de la queue du
- Fig. 2. — L’appareil avant montage sur un canot.
- mande, mais deux pales, en chêne verni, sont destinées à reproduire les gauchissements de la queue de poisson.
- La barre de commande peut prendre toutes les positions pour la commodité du pilote. L’appareil lui-même s’enlève ou se fixe instantantanément sur l’embarcation, grâce à une glissière montée à demeure sur l’arrière du bateau.
- Le mouvement rappelle un peu celui du goditlage, mais ici il suffit d’agir aveuglément sur le levier sans prendre aucune précaution. L’eau travaille sur les surfaces des pales, et les axes d’oscillationdeces deux surfaces forment un certain angle qui a été déterminé après de délicates expériences.
- Les pales sont ramenées dans leur position initiale, c’est-â-dire dans le plan même de cet angle, grâce à un anneau de caoutchouc qui s’oppose à la trop grande inclinaison d’une part, et remplace ainsi les muscles de la queue du poisson, d’autre part; il a pour effet de transmettre à l’ensemble de l’appareil la poussée provoquée par la réaction de l’eau sur les pales.
- L’incidence de ces dernières varie suivant l’effort
- Fig. 3. — Canot équipé avec ta a Queue de poisson ».
- poisson. Il constitue un moteur d’embarcation tout à fait remarquable qu’apprécieront ceux qui aiment le tourisme nautique, les promenades silencieuses sur des cours d’eau ombragés, sans troubler le calme des eaux par la pétarade d’un moteur à explosion. E.-H. Weiss.
- LES TRÉSORS DE LA NEIGE
- On a déjà cité pas mal de collections singulières. Je ne crois pas qu’on ait encore signalé celle de M. W. Bentley, de Jéricho, Yermont, Etats-Unis d’Amérique.
- C’est que M. Bentley collectionne des images, des photographies, d’un objet particulièrement instable : les cristaux de neige.
- Il y a plus de 40 ans qu’il a commencé la chasse aux cristaux curieux. A l’heure actuelle sa collection comprend plus de 4700 pièces, dont il n’y a pas deux semblables!
- C’est justement la plus originale de cet ensemble que nous reproduisons ici, d’après une photographie de la Monthly Weather Reviea', très belle publication du Weather Bureau américain.
- Si je dis la plus originale, c’est que, dans l’article qui accompagne les reproductions données par la Monthlij Weather Revie m d’octobre, M. Bentley la qualifie telle. Voici, en effet, ce qu’il en dit:
- « L’orage du 1er janvier 1927 a fourni, entre autres,
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- Fig. 1.
- Cristaux de neige photographiés par M. W. Bentley, reproduction d’une planche de la Monthly Weatlier Review.
- On remarquera particulièrement
- le très curieux n° 4621 qu’on prendrait volontiers pour une horloge du type cartel.
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- le très joli cristal en relief (4572) et celui merveilleusement pointillé (4562). Mais la chute de neige du 17, même mois, a été plus remarquable encore, en fournissant l’un des plus singuliers cristaux qu’il m’ait été donné de photographier, et que j’ai appelé Cristal-horloge parce qu’il ressemble étonnamment à un cadran d’horloge. »
- En examinant la figure 4621, le lecteur verra que M. Bentley a tout à fait raison. On dirait la parfaite représentation d’un cartel d’appartement, les accidents de la partie supérieure semblant avoir été déterminés exprès en vue de fournir aux horlogers un modèle de eadre et de cadran.
- On remarquera aussi que le n° 4572 fournit un très joli sujet ornemental pour œil-de-bœuf, de même que le nu 4656.
- La forme hexagonale des cristaux de neige se prêle très naturellement à ce genre de décoration horlogère, puisqu’elle fait la nique au système décimal, et s’harmonise merveilleusement avec le duodécimal.
- La figure 4711 présente une forme d’arrangement très différente d’aspect, bien qu’également hexagonale. Elle donne une idée de l’extraordinaire variété des flocons neigeux et des ressources que leur étude serait capable d’apporter aux décorateurs et aux dessinateurs en broderies et tissus.
- J’ai dit tout à l'heure que M. Bentley marchait vers sa cinq millième photographie. Les articles qui ont été publiés déjà par lui et d’autres sur ce sujet curieux dans la Monthly Weather Révisa’ fournissent d’intéressants détails sur cette question des cristaux de neige.
- Toutes les années ne sont pas également favorables à da récolte des beaux spécimens. Loin de là. Il y a des
- années maigres qui ne donnent rien du tout. D’autres, au contraire, sont extrêmement riches et productives.
- C’est ainsi que l’hiver 1926-1927 a été particulièrement favorable.
- Au contraire, les hivers qui se sont succédé depuis 1921 jusqu’à 1926 ont fort peu rendu. De 1916 à 1920, la récolte de microphotographies de M. Bentley avait été excellente. De 1912 à 1915, par contre, sa collection avait fort peu avancé.
- M. Bentley signale encore parmi les années rémunératrices : 1902, 1904, 1907, 1910, 1911; et parmi Jes plus mauvaises : 1905, 1906 et 1909.
- Ces renseignements sont extraits de l’article intitulé : « Some recent treasures of the snow », inséré dans le numéro d’août de la Monthly Weather Review. Dans un autre article de la même revue, de novembre 1924, M. Bentley nous apprend qu’il a commencé sa collection à l’âge de 19 ans, en 1884. (Forty years study of snow crystals).
- C’est le professeur John C. Shedd qui, le premier, a appelé l’attention des lecteurs de la Monthly Weather Review sur les travaux microphotographiques de M. Bentley, dans un article, illustré de 200 gravures, paru en octobre 1919 sous le titre : « The évolution of the snow crystals ».
- Cette collection unique au monde, de près de 5000 documents, présente, en effet, non seulement, un véritable intérêt artistique, mais est en état de rendre de très grands services aux cristallographes.
- On y trouve joints l’utile et l’agréable.
- ... Miscet utile clulci !
- Léopold Rjgvekciion.
- LE CADMIUM ET SES USAGES
- Le cadmium est un métal connu depuis plus d’un siècle. 'C’est un proche parent du zinc, auquel on le trouve toujours juxtaposé dans les minerais, qu’il s’agisse soit de blendes ou de calamines, soit de certaines galènes, soit plus rarement de chalcopyrites. Les teneurs de ces minerais en cadmium sont du reste très faibles. Aussi le cadmium, que l’on obtenait jusqu’ici en traitant par des méthodes pénibles les résidus de la métallurgie du zinc, était-il resté une substance relativement rare et coûteuse. Son prix limitait beaucoup ses applications.
- La production du cadmium. — En ces dernières années, la situation s’est complètement modifiée grâce à l’apparition du procédé électrolytique pour l’élaboration du zinc. Cette méthode, dite de 1’ « Anaconda » exige l’élimination initiale des impuretés du minerai. Au cours de cette épuration préalable, le cadmium et le cuivre sont précipités par une addition de zinc. Les deux métaux sont ensuite séparés par voie chimique, puis le cadmium est recueilli par électrolyse. Le métal ainsi obtenu est très pur.
- Le cadmium pur, avant la guerre, provenait surtout des États-Unis où on le préparait à partir des poussières recueillies au cours de la filtratiou des fumées issues des fours à plomb et à cuivre. Les usines à zinc de la Silésie allemande
- vendaient du cadmium impur. Pendant la guerre, l'Allemagne a développé sa production de cadmium pour remplacer l’étain qui lui faisait défaut. Mais depuis 1923, à la suite du développement de la métallurgie électrolytique du zinc, l’Australie est devenue le grand producteur mondial du cadmium, la production du métal s’est grandement accrue; son prix depuis 1920 s’est réduit presque des 2/3, et tend encore à baisser.
- Cette baisse de prix permet aujourd hui d’envisager ses emplois industriels sur une bien plus vaste échelle que dans le passé.
- M. Cournot, dans une intéressante conférence à la Société des Ingénieurs Civils, a fait récemment une revue très complète de toutes les applications qui peuvent être aujourd’hui envisagées pour le cadmium.
- Le cadmiage. — La plus importante, incontestablement, est l’emploi de ce métal pour réaliser des recouvrements protecteurs sur les surfaces métalliques. M, Cournot, en collaboration avec MM. Bary et Perot, a spécialement étudié ce problème. Il a constaté que les dépôts éleclroly-tiques de cadmium pur ont une adhérence remarquable ; leur homogénéité, même dans les parties creuses des pièces, est excellente; la couleur est voisine de celle de l’argent. La ré-
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- sistance à la corrosion est très grande, trois fois supérieure à celle du zinc ; la tenue dans l’eau de mer est parfaite ; de plus, la couche ne présente aucune porosité, à la différence des revêtements en nickel dont c’est un grave défaut.
- Point très important : le cadmiage s’applique parfaitement à l’aluminium et aux alliages légers et leur confère une excellente protection. On sait combien est préoccupante la question des corrosions de l’aluminium et de ses alliages, surtout dans l’eau de mer et en atmosphère saline. Le cadmiage apporte à ce difficile problème une solution qui paraît des plus satisfaisantes.
- L’opération du cadmiage électrolytique se pratique à partir de bains au cyanure et s’effectue aussi simplement au nicke-lage.
- Le cadmiage a toutefois un défaut : le recouvrement est mou et perd rapidement son brillant. M. Gournot et ses collaborateurs y ont remédié en superposant au dépôt de cadmium un dépôt de nickel. On obiient ainsi un recouvrement inaltérable, dur elbrillant, au point devuedela résistance aux corrosions bien supérieur aux recouvrements actuels cuivre nickel ou zinc-nickel.
- On peut dune prévoir pour le cadmiage un btd avenir industriel. Le cadmium a encore d’autres emplois mais moins importants.
- Cadmium pur. — Le métal pur sert à fabriquer des anodes pour dépôts électrulytiques, la cathode des éléments Weston ; il sert aussi de réducteur en analyse chimique.
- Sels de cadmium. — Le plus employé est le sulfure de cadmium, dont la coloration varie du jaune clair au rouge orangé. Très résistant et stable, il est employé comme colorant et à cet égard est supérieur aux produits à base de chrome ou de plomb.
- - - ~....... ............ 173 =
- On l’emploie aussi dans l’industrie du caoutchouc, dans l’impression d’étoffes et pour la coloration de verres, porcelaines, émaux. Additionné d’un peu de sélénium, le sulfure de cadmium donne un très beau rouge, employé pour les peintures et émaux de haute qualité.
- L’oxyde de cadmium sert à fabriquer des réfractaires et des résistances électriques. Le sulfate de cadmium est employé en médecine dans les maladies d’yeux.
- Alliages de cadmium. — Avec le plomb, l’étain, le zinc, le bismuth, l’antimoine, le mercure, le cadmium forme des alliages plus ou moins complexes, à bas point de fusion, qui sont employés pour les soudures, les fusibles électriques, les extincteurs automatiques, les appareils de sûreté pour chaudières, les clichés de stéréotypie.
- Les Allemands, pendant la guerre, afin d’économiser l’étain, ont fait grand usage d’une composition de soudure comprenant 80 pour 100 de plomb, 10 pour 100 de cadmium, 10 pour 100 d’étain.
- L’alliage de Li|>o\vitz : cadmium 10 pour 100, plomb 26,7 pour 100, étain 13,3 pour 100, bismuth 50 pour 100 et qui fond entre 60 ei 70°, est très employé pour les soudures d’étain et de métal Britannia, ainsi que pour les montages lins en biologie.
- L’addition d’un peu de mercure à ces alliages abaisse encore très nettement leur point de fusion.
- On utilise aussi, pour la fabrication de médailles, des alliages argent-cuivre ou argent-cuivre-nickel, auxquels on incorpore du cadmium. On obtient un métal très malléable, d’un bel aspect et très résistant aux corrosions, notamment aux agents sulfureux.
- Enfin le cadmium est employé, dans d’excellentes conditions, pour l’affinage du cuivre. Cet emploi est déjà très développé en France et tend à se généraliser. A. T.
- UN CHEF D’ŒUVRE CHRONOMÉTRIQUE
- A l’Exposition de 1900, M. Paul Ditisheim présenta une montre qui détienL encore le record du minuscule en fait de calibre (*). Son mécanisme ne mesurait en effet que 6 mm 75 (trois lignes, pour parler comme les horlogers qui n’ont pu encore adopter le système métrique, malgré l’amende de 10 francs prévue par la loi du 4 juillet 1837).
- Aujourd hui M. Lucien Gollay nous en présente une de diamètre double, mais qui, par contre, présente des complications extraordinaires. C’est une montre à sonnerie et répétition de l’heure, du quart et de la minute.
- Pour donner au lecteur une idée de ce que peuvent être les pièces de celte montre, je dirai seulement qu’il y a, dans le mouvement, des vis dont le poids est exactement d’un de mi-milligramme.
- Le limaçon des minutes porte quatre séries de découpures en forme de marches d’escalier. Chacune des quatre branches, correspondant aux quatre quarts de l’heure, comporte 15 dents. Ces dents ont été taillées dans un disque de 3 mm d» diamètre, après avoir été tracées à la main avec un compas ordinaire. L’enfoncement de chacune par rapport à la suivante est de 6 centièmes de millimètre. C’est-à-dire que les 15 dents de chaque groupe ont été taillées dans moins
- 1. A titre de curiosité nous rappellerons que le mouvement de cette montre pesait seulement 95 centigrammes, la roue d’échappement 3 quarts de milligramme, le spiral un dixième de milligramme, le balancier 1 milligramme 75. Le diamètre du balancier était de 3 mm. 57 et celui du spiral 1 mm. 78.
- d’un millimètre. Bien entendu, tous les taillages ont été faits à la main au moyen d’une lime ordinaire.
- On peut voir cette curiosité absolument unique au monde, au musée de l’Ecole d’horlogerie de la Vallée de Joux auquel hl. Lucien Golay en a fait cadeau, à titre de souvenir de sa carrière de professeur de complications dans cet établissement. On s’imagine quels élèves a du faire au cours de celte carrière un maître de cette habileté.
- Peu de personnes savent ce qu’est cette Vallée de Joux, pépinière d’artistes d’une virtuosité exceptionnelle et où fonctionnent des usines fort importantes, vouées à la fabrication des pièces de luxe et des complications. Allongée au pied du Risoux, à l’extrémité ouest du canton de Vaud, on y accède par une petite ligne de chemin de fer qui se greffe à Vallorbe sur la grande ligne de Paris à Lausanne. Le site est extrêmement poétique, le fond de la cuvette est occupé par un joli lac, le long duquel s’échelonnent par 1000 m. d’altitude, toute une série de villages chronométriques, au milieu desquels émergent le Sentier, Le Lieu, le Brassus.
- Il y a dans ces jolis endroits des noms de familles qu’on peut considérer comme historiques en chronométrie, les Lecoultre, les Pignet, les Audemars, les Aubert, les Rochat, les Golay. L’usine Lecoultre, fort importante, est la grande pourvoyeuse d’ébauches compliquées de Suisse etde l’étranger.
- Quant aux Golay, on en rencontre partout où règne la précision. M. Lucien Gollay vient d’ajouter un nouveau fleuron à la couronne de sa vaste famille. L. R.
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- Fig. 1. — Le débordement de la Tamise à Londres et ses dégâts. D’après un panorama du Daily Mail.
- LONDRES INONDÉ
- L’inondation qui vient de désoler le centre même de la capitale anglaise en causant la mort d’une vingtaine de personnes est un événement auquel les historiens de la cité n’ont découvert aucun précédent. Certes, elle a souffert fréquemment des crues de la Tamise, dont les derniers méfaits remontaient à 1894; mais la montée des eaux avait toujours été prévue à temps, tandis qu’elle s’est produite cette fois avec une soudaineté catastrophique. Mais il a fallu tout un ensemble de circonstances anormales pour que cette rapidité foudroyante entraînât des pertes de vies humaines.
- Précisons que la Tamise n’est qu’indirectement responsable du désastre. Son niveau montait progressive-
- ment depuis une [huitaine de jours ; par bonheur, aux pluies torrentielles avaient succédé d’abondantes chutes de neige, comme on n’en avait pas vu dans le Sud de l’Angleterre depuis de longues années, et, par bonheur encore, le thermomètre se maintenait à plusieurs degrés sous le zéro. Si le dégel s’était produit dans les premiers jours de l’année, le désastre aurait pris très probablement les proportions d’une catastrophe.
- Ce fut sous l’action d'un formidable raz de marée que la Tamise, déjà grossie, rebroussa brusquement chemin et qu’une véritable muraille d’eau déferla sur le cœur de Londres. Le samedi 7 janvier, quelques minutes après minuit, le niveau du fleuve montait brusquement. A minuit et demi, les flots envahissaient le pavement du Victoria Embankment Près du pont de Blackfriars, les dalles de la chaussée se soulevaient, laissant surgir des quantités de jets d’eau. A 12 h. 35, toutes les lignes de tramways étaient immobilisées sur les quais.
- A 12 h. 45, le niveau de l’eau était de 50 cm au-dessus de la chaussée. Entre les ponts de Charing-Cross et de Westminster, des masses d’eau débordaient les parapets et retombaient en cascades dans les rués.
- Le désastre ne tardait pas à s'amplifier. Sur plusieurs points, la pression des eaux abattait de massives murailles, et le flot envahissait les rues basses. A une heure du matin, le quartier de Grosvenor-Road était recouvert, en certaines parties, par plusieurs pieds d’eau. La police prit aussitôt les mesures pour réveiller les habitants des maisons menacées; mais, dans de nombreux cas, les avertissements furent donnés trop tard, et de pauvres gens furent surpris dans leur sommeil.
- Pour comprendre ce qui se passa durant cette nuit tragique, il est nécessaire de savoir que beaucoup de maisons de Londres ont leurs
- Fig. 2. — Une rue importante, en bordure de la Tamise, Grosvenor Road
- pendant l’inondation. .
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- sous-sols aménagés soit en bureaux, soit en magasins, soit en cuisines. Fermées par des grilles de fer, les fenêtres de ces locaux ouvrent sur une sorte de fossé. Il est très rare que ces pièces semi-souterraines soient habitées la nuit. Mais le froid était très vif depuis plusieurs jours et, dans de nombreuses familles, des lits avaient été arrangés autour du poêle de la cuisine. Et c’est là une de ces circonstances anormales auxquelles nous faisions allusion au début de l’article.
- L’invasion de l’eau dans ces sous-sols fut si brusque que les pauvres gens qui s’y trouvaient furent, en quelques secondes, submergés par 2 ou 3 m. d’eau. Les barreaux des fenêtres rendaient toute évasion impossible; et l’on a cité le cas d’une jeune fille, championne de natation, qui périt noyée dans sa chambre avec ses trois sœurs. Une autre jeune fille, excellente nageuse, Miss Franckeiss, qui dormait dans un basement (ou sous-sol) de Hurlingham-Court (quartier dePutney), eut la chance de trouver une issue ; sa déposition devant un des juges chargés de l’enquête nous renseigne sur la rapidité du désastre :
- « Dès que j’entendis l’eau se précipiter en torrent, je réveillai mes deux cousines qui dormaient dans une chambre voisine. Je perdis pied aussitôt et me trouvai dans la chambre d’Irène. Le flot m’emportait; je ne pouvais plus me diriger. Nous fûmes poussées, Irène et moi, sur son lit qui flottait presque au ras du plafond. L’obscurité était complèle.
- « Je fus jetée hors du lit, et me trouvai dans ma propre chambre, sans pouvoir démêler comment. J’allais abandonner tout espoir de salut, lorsque je pensai à la fenêtre; et, m’échappant à la nage, je pus m’accrocher à la balustrade opposée... »
- Cette vaillante jeune fille sauva trois personnes, dont un enfant. D’autres durent leur salut aux draps que des locataires leur lançaient de fenêtres de rez-de-chaussée.
- La presse londonienne réclame à grands cris l’ouverture d’une enquête qui tentera de « distribuer les responsabilités » entre les administrations publiques intéressées ; et ces dernières sont, paraît-il, fort nombreuses. Les journaux énumèrent la direction du Port de Londres, la « Chambre de Conservation delà Tamise », les municipalités du comté de Londres et des communes riveraines et plusieurs Ministères.
- Mais, si des négligences ont été commises, il semble bien que l’on se soit trouvé en face d’un véritable « cas de force majeure ».
- Le grand coupable, c’est une fatale coïncidence entre plusieurs événements : 1° une crue anormale du fleuve en amont de l’agglomération londonienne ; 2° une tempête d’une violence exceptionnelle soufflant sur la mer du Nord ;
- 3° une haute marée que cette même tempête transforma en mascaret; 4° un froid anormal qui engagea de nombreuses^familles à dormir dans les sous-sols.
- L’une des autorités mises en cause, Lord Desborough, président du Thames Conservancy
- Fig. 3. — Une des rues dans le quartier de Westminster.
- Board, déclare que la Tamise, dans les derniers jours de décembre, avait vu se doubler son débit. Les quais ont
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- été calculés pour un débit de 4.500 millions de gallons (1 gallon équivalant à 4,54 litres], alors que celui qu’avait atteint le fleuve était de près de 9,000 millions.
- La quantité de pluie tombée en 1927 dans le bassin de la Tamise avait été de 37,85 pouces (96 centimètres), soit 9 pouces de plus que la moyenne tombée durant les 44 dernières années.
- Cependant, de l’avis de Lord Desborough, la crue se serait terminée très normalement, et sans provoquer de désastre, « si elle avait été seule à agir ».
- La tempête qui se déchaîna sur l’Angleterre, le 6 janvier, fut incontestablement d'une grande violence. Le vent atteignit une vitesse de 138 1cm à l’heure (38 m par seconde). Des centaines de gros arbres furent déracinés ; des maisons s’écroulèrent; des toitures furent emportées ; on compta 4 morts et plusieurs centaines de blessés.
- Cette violente tempête, soufflant sur une mer déjà gonflée par une haute marée, dressa à l’estuaire de la Tamise une gigantesque barrière qui refoula les eaux du fleuve. Un officier de marine déclare dans le Daily Mail, que, près de l’embouchure, on se rendit compte que something phénoménal (quelque chose de phénoménal) se préparait dans la soirée de vendredi
- « Un garde, écrit-il, placé à Margate (pointe Sud-Est de l’estuaire) aurait pu avenir Londres du péril avec une avance de 2 h. 20. »
- Un autre observateur dit que, aux docks de Sheerness, situés à mi-distance entre Margate et Londres, de nombreuses personnes observèrent le raz de marée une heure et demie avant que le flot atteignît Westminster.
- Un ingénieur de grande réputation, M. William Muirhead, qui s’est occupé pendant 32 ans de travaux en relation avec la Tamise, rend responsable de dix morts le parapet avoisinant le pont de Lambeth.
- Cette muraille datait de plusieurs siècles; l’unique service qu’elle rendait était d’empêcher piétons et véhicules de descendre sur le quai.
- Sans sa présence, l’eau se serait écoulée graduellement sur la chaussée ; elle aurait pénétré si lentement dans les maisons que tous les locataires auraient connu la menace assez à temps pour se mettre hors de dan-ger.
- Mais, à l’abri de cette muraille qui la retenait, l’eau s’emmagasina jusqu’à ce que sa masse fût assez lourde pour creuser des brèches dans le rempart.
- L’avalanche liquide tomba sur l’hmbank-rnent, et un énorme volume d’eau se précipita sur les maisons voisines.
- On ignore encore l’importance des dommages matériels.
- Parmi les édifices publics qui ont le plus souffert, il convient de signaler la Tate Gallery (musée de peinture), dont les sous-sols et le rez-de-chaussée furent envahis par une eau boueuse qui ne s’écoula que le lendemain.
- Beaucoup d’œuvres remarquables ont été irrémédiablement endommagées.
- On mentionne dans le nombre les aquarelles et dessins de Turner, des toiles de Landseer, un portrait authentique de Nelson par Blake, et des œuvres de peintres modernes. Victor Forbin.
- Fig. 6. — Débris de maisons écroulées dans Grosvenor Road.
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- = L’INFLUENCE DES CAUSES PHYSIQUES E SUR LA VARIATION DES CLIMATS
- En étudiant ici même les révolutions dont la terre avait été l’objet au cours des siècles passés, nous avons vu les liens étroits entre la géographie et la météorologie, comme la nécessité de tenir compte de tous les vestiges de la faune et de la flore. Certes, dans les temps primitifs de son histoire, notre globe ne jouissait pas des conditions météorologiques actuelles, les périodes glaciaires traversées en font foi, et il est indispensable de renoncer à l’idée d’un climat invariable; mais nous avons vu, également, que l’interprétation des vestiges du passé est chose particulièrement délicate, conduisant parfois à des résultats étranges ou contradictoires, et qu’il y faut apporter la critique la plus sévère I1).
- Mais, si les sciences d’observation ont pensé mettre en évidence des alternances climatiques avec des retours quasi périodiques, aucune des diverses théories proposées, hypothèse diluvienne, hypothèse glaciaire, etc., n’explique exclusivement tous les faits expérimentaux. Quelle cause invoquer de ces retours? et quelle durée leur ^assigner? Se voyant impuissants à trouver le mot de l’énigme dans les lois de la météorologie actuelle, les géologues en ont appelé aux physiciens et aux astronomes pour leur demander [une cause possible de refroidissement occasionnel du globe : perturbations que les corps célestes de notre système exercent sur le mouvement de la Terre, variation d’excentricité de l’orbite, précession des équinoxes, déplacement du périhélie, nuages cosmiques, radiation variable du Soleil, etc., dans les domaines les plus^divers.
- Gertes, la cause astronomique est prépondérante : jusqu’ici elle s’est montrée insuffisante et tous les auteurs sont obligés d’y adjoindre de pures hypothèses. Et puisque, aucun phénomène mécanique à périodicité reconnue ne permet d’expliquer les alternances géologiques, il faut en revenir à l’histoire du Soleil lui-même, qui conditionne la météorologie terrestre : ainsi apparaît, de plus en plus, la nécessité de connaître avec plus de précision les variations de l’activité solaire, la nature même de ses radiations et la façon dont elles sont reçues par la Terre.
- Ici donc, comme dans bien des chapitres de l’Astronomie moderne, le: dernier mot doit être cherché dans le laboratoire du physicien. Car les progrès scientifiques permettent d’utiliser des éléments nouveaux, et la tendance moderne consiste à revenir plus en détail sur les explications de nature physique. L’étude de l'atmosphère elle-même passe au premier plan et les découvertes de la géologie l’imposent : il est certain, par exemple, que la grandeur des animaux capables de voler est limitée par [la pression atmosphérique. Or l’existence d’animaux de cette nature, beaucoup, plus grands que ceux d’aujourd’hui, pendant le crétacé et le carbonifère, est. bien une preuve que leur vol était favorisé par une densité beaucoup plus élevée qu’elle ne l’est aujourd’hui (Harlé). Et ceci conduit à étudier le rôle de notre atmosphère à un double point de vue : propriétés actuelles, et variation de composition dans le temps.
- Il y a un siècle déjà, Fourier et Pouillet indiquaient que la température du sol s’élève plus que si l’air n’existait pas; jouant le rôle des vitres d’une couche de jardin, l’air formerait pour la chaleur une sorte de souricière, laissant passer la chaleur lumineuse du Soleil, mais absorbant à peu près complètement la chaleur obscure émise par le sol. Dans son
- 1. Cf. La Nature. 26 juillet et 13 décembre 1924, 7 février 1925, 27 février et 31 juillet 1926.
- ensemble, il est digne de remarquer que ce mécanisme est encore admis aujourd’hui et que c’est un des plus solides parmi les raisonnements sur lesquels on peut s’appuyer ; ce processus fut d’ailleurs exposé en détail et complété par des recherches ultérieures telles que celles de Garpenter, Aitken, etc....
- . Aussi bien, depuis lors, tous les physiciens, Marié-Davy, Desains, etc..., insistent alors sur le rôle régulateur général de l’atmosphère, tendant à augmenter la température terrestre ; Bureau recherche l'action combinée de la vapeur d’eau et de l’acide carbonique; Slerry-Hunt se préoccupe déjà d’étudier la variation en teneur d’acide carbonique depuis les époques géologiques, mais commet une erreur manifeste en recherchant pour ce gaz une origine extraterrestre. On approche l’appréciation quantitative de cet écran régulateur et l’on est frappé de son importance : ainsi, en plein soleil, la température de la terre est d’environ 15°, tandis que Langley la fixe à — 200° si l’atmosphère n’existait pas; cette atmosphère a donc un rôle régulateur essentiel dans la température superficielle, tout comme la vapeur d’eau selon Tyndall, de sorte que l’on ne peut comparer la Terre avec la Lune, où les mesures de Langley et de Véry indiquent des températures de 50 ou 100° vers la pleine lune.
- Les gaz de l’atmosphère ont assurément un pouvoir absorbant sensible. Mais Langley montre qu’en tenant compte des principaux, azote, oxygène, argon, vapeur d’eau et acide carbonique, il parvient encore à la surface du sol environ les soixante-centièmes du rayonnement solaire. Mais les deux derniers gaz exercent une toute autre influence sur le rayonnement terrestre, composé de radiations de grande longueur d’onde, et, par analogie avec ses mesures du rayonnement lunaire qui parvient à la Terre, Langley conclut que l’atmosphère ne laisserait passer au maximum que trente-huit centièmes du rayonnement terrestre; les inégales absorptions du rayonnement reçu et du rayonnement transmis comporteraient une élévation superficielle de température de 20°, et l’influence de l’absorption sélective de l’atmosphère, signalée par Fourier et Pouillet, paraît hors de doute.
- W. Spring, à la suite de nombreuses analyses, avait déjà signalé le rôle très important que paraissait devoir jouer l’acide carbonique dans la climatologie générale, spécifiant que comme la vapeur d’eau, il « retient aussi les rayons calorifiques et contribue puissamment à l’emmagasinage de la chaleur en un lieu donné ».
- LES VARIATIONS DE COMPOSITION DE LfATMOSPHERE AU COURS DES AGES GÉOLOGIQUES LE ROLE DE L'ACIDE CARBONIQUE
- Il reste à savoir dans quelle mesure, au cours des temps, a pu varier la composition de l’atmosphère, soit en oxygène, soit en acide carbonique. On connaît bien, à l’heure actuelle, les causes qui enrichissent l’air en acide carbonique et celles qui tendent à l’appauvrir'en oxygène. Mais, d’autre part, avant la formation de la masse immense des calcaires que renferme l’écorce terrestre, l’anhydride carbonique qui s’y trouve fixé n’était-il pas répandu dans l’atmosphère? Puis les géologues considèrent comme certain que le carbone des charbons fossiles provient d’acide carbonique, libre dans l’atmosphère ou dissous dans les eaux de l’Océan. On reste alors étonné des masses énormes d’acide carbonique qui,
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- aux époques anciennes, se trouvaient libérées dans l'atmosphère terrestre : et si tout cet acide carbonique a été présent à la fois dans l’atmosphère, celle-ci était beaucoup plus riche en acide carbonique qu’elle ne l'est aujourd’hui. Enfin, il est évident que la décomposition de l’acide carbonique par les végétaux a dû mettre en liberté une quantité d’oxygène correspondant à la quantité de carbone libre de tous nos dépôts de combustibles; et, par là, l’atmosphère devait s'enrichir très sensiblement en oxygène. C’est presque un problème de chimie que d’étudier toutes ces causes agissant en sens inverse, pour savoir comment elles se compensent ou s’équilibrent, et à quel degré.
- Arrhenius s’est demandé, notamment, si l'absorption sélective des éléments importants, acide carbonique, oxygène et vapeur d’eau, n’a pas varié avec le temps, et si cette circonstance ne suffirait pas à expliquer les variations séculaires de la température dont il nous reste des traces géologiques, par exemple la température plus élevée de l’époque tertiaire : si l’on explique que l’atmosphère était alors plus riche en acide carbonique, il ne serait pas nécessaire d'admettre des périodes de chaleur plus élevées que les chaleurs actuelles, et nous venons devoir que les masses houillères et calcaires imposent précisément cette conclusion. Or, une teneur de 2 à 3 fois plus élevée en acide carbonique entraînerait une élévation de température moyenne de 8° à 9°, suffisante pour légitimer la faune et la flore tertiaires. Alors, les éruptions volcaniques, insuffisantes par elles-mêmes, peuvent concourir à cette augmentation d’acide carbonique, et l’on peut y adjoindre le rôle de la vapeur d’eau, que précise Eckholm, mais sans admettre trop facilement, comme cet auteur, des variations du climat sur des périodes récentes très courtes.
- Rien ne permet de supposer qu’il y ait eu variation dans la teneur de l’atmosphère en azote, ce gaz n'étant pas notablement absorbé par le sol. Pour l’oxygène, la situation est identique : si même les combustions actuelles en empruntent pour faire de l’acide carbonique, les végétaux se chargeront de la transformation inverse ; ainsi, les végétaux constituaient le grand régulateur de l’appauvrissement de l’oxygène et, en y regardant de près, on ne voit aucune raison pour que, depuis la période éocène, la composition de l’air en azote et oxygène se soit modifiée, de sorte que la transparence de l’air pour les rayons solaires n’aurait pas subi de variation notable.
- Les choses se passeraient tout autrement, en ce qui concerne le rayonnement calorifique, si l’on introduisait une certaine quantité d’acide carbonique dans l’atmosphère, issu par exemple des volcans : une partie se dissoudrait dans la mer; d’après les expériences de Schlœsing, et en vertu de phénomènes analogues à ceux de la dissociation, il existe un rapport nécessaire entre la quantité de bicarbonate de chaux dissous dans l’eau de mer et la proportion d’acide carbonique mélangé à l’atmosphère. Dans un article fort intéressant, R. Legendre étudie les conséquences de la dissociation du bicarbonate et du rôle régulateur qu’apporte ainsi la mer pour l’acide carbonique de l’air : il précise très utilement les conditions de ce problème difficile, pour les diverses formes du carbone dans la nature, et s’efforce d’indiquer les multiples échanges entre les trois phases de la croûte terrestre, atmosphère, hydrosphère, et lithosphère.
- Ainsi, l’on a estimé que, par suite d’une éruption volcanique, il ne resterait dans l’air qu’un sixième environ de l’acide carbonique libéré, qui viendrait diminuer la déperdition de chaleur du sol sans influencer l’apport de chaleur solaire.
- L’équilibre antérieur serait rompu : sol et atmosphère 1. L’équilibre acide carbonique-carbonates, La Nature, 29 août 1925, p. 138.
- s’échaufferaient, et le rayonnement augmenterait très rapidement selon la 4e puissance de la température absolue (Sté-fan), un nouvel état d’équilibre s’établirait bientôt à une température un peu plus élevée que la première et comportant, elle aussi, une augmentation de la vapeur d’eau.
- Les variations de température résultant d’un tel mécanisme seraient générales et de même sens sur tout le globe : l'effet serait maximum vers 25° de latitude, minimum aux pôles et à l’équateur — cet effet étant de 20 pour 100 moins élevé sur mer que sur terre ; si l’acide carbonique augmente, toutes les différences de [température diminuent, soit de l’hiver’ à l’été, soit du jour à la nuit. Sur les données expérimentales de Langley, Arrhenius calcule qu’une diminution [de 57 pour 100 dans la teneur en acide carbonique ramènerait la [période glaciaire (baisse d’environ 4°,5), tandis qu’une augmentation de 2,5 à 3 fois nous ramènerait au climat de l’époque éocène, avec un accroissement de température [de 8 à 9° des régions arcti'ques....
- Il resterait à expliquer comment, en des [temps aussi courts géologiquement parlant, la proportion d’acide carbonique a pu subir des variations aussi importantes et, pour cela, il faut examiner le rôle des phénomènes actuels pour en apprécier l’ordre [de grandeur. L’océan et les végétaux jouent le rôle de régulateurs de la masse d’acide carbonique ; cet acide est détruit par les phénomènes d’érosion; il est accru par les phénomènes volcaniques et par la mise en liberté ,du gaz occlus dans des minéraux désagrégés par ailleurs : érosion et végétation sont d’autant plus actives que l’atmosphère est plus riche en [acide carbonique. Enfin, les données météorologiques viennent encore compliquer légèrement [le problème et [montrer qu’il faut être très prudent pour conclure à partir des analyses [de l’air, car celles qui ont été faites à Montsouris (Marié-Davy et Albert Lévy) révèlent que la proportion d’acide carbonique n’est pas constante mais en correspondance directe^avec le anode de circulation de l’atmosphère (*).
- Ainsi, il y a plus de cinquante ans, les géologues ont été conduits à supposer que le climat chaud et uniforme de certaines périodes géologiques était dû à la présence, dans l’atmosphère, d’une grande quantité d’acide carbonique, hypothèse qui ne reposait guère alors que sur des considérations d’ordre physique, ou d’ordre mécanique, quand on voulait faire descendre les oiseaux des reptiles, entraînés dans les grands courants d’uneiatmosphère très dense et contraints à lutter par [adaptation contre des vents violents : on supposait alors au gaz carbonique de très fortes pressions, inadmissibles il faut le reconnaître aujourd’hui. Peut-on même admettre de très grandes variations dans les proportions de l’acide carbonique atmosphérique ? alors que l’océan, qui, en dissolution et à l’état de bicarbonates, en renferme dix-huit fois plus que l’atmosphère, interviendra constamment comme régulateur; alors que les puits forés, les sources chaudes, les volcans, en émettent régulièrement en quantités considérables.
- Si l’on s’en tenait à la théorie d’Arrhenius, l’acide carbonique tendrait à adoucir le climat, et surtout à le régulariser en atténuant les contrastes entre les diverses saisons. Or telle n’est pas l’impression d’Eckholm lorsqu’il étudie les températures de [la Suède, leur distribution régulière et leurs variations : il tend plutôt à rechercher les origines climatiques dans le régime du Gulf-Stream, puis dans l'état de l'insolation, et, en définitive, dans le cycle des taches solaires, nous écartant du point de vue présent vers des sujets que nous aurons à envisager bientôt.
- 1. On pourra se reporter à d’intéressants articles de Stanislas Meunier sur les origines de l’acide carbonique et les variations de teneur de l’atmosphère.
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- LA COMBUSTION INTENSIVE DU CHARBON,
- DES CHANGEMENTS AU RÉGIME VOLCANIQUE PEUVENT MODIFIER EN PEU DE TEMPS LA TEMPÉRATURE DU GLOBE
- Admettons cependant que tons ces phénomènes se compensent dans la période historique, puisque, depuis lors, il n’y eut certainement pas de variation de température notable.
- Certainement, il n’en saurait être de même aujourd’hui : en effet, au siècle dernier, la combustion artificielle du charbon a détruit l’équilibre, d’autant plus que la consommation du charbon s’est accrue dans des proportions fantastiques. Van Hise en a conclu, dès 1904, à l’élévation de la température du globe : aujourd’hui on brûle par an plus d’un milliard de tonnes de charbon, d’où environ 6 milliards de tonnes d’acide carbonique; en dix siècles pareils, l’homme produirait une quantité d’acide carbonique égale à celle que renferme l’atmosphère; à cause de l’absorption de l’Océan, il faudrait 3000 ans pour augmenter la teneur de l’atmosphère de 50 pour 100, et par suite la température de 4 à 5°.
- Allons-nous revenir au climat éocène ? question qui en soulève d’autres : la consommation foudroyante du charbon depuis 1900 va-t-elle s’accroître encore ? en aura-t-on toujours? les autres forces motrices ne pourront-elles suppléer à cette combustion barbare comme moyen d’utilisation des ressources de la houille?... et qui consiste surtout à chauffer la brise qui passe....
- Quoi qu’il en soit, la consommation actuelle ,du charbon entraînerait donc une élévation de température de 0°,001 par an, affaiblie par les phénomènes d’érosion et de végétation ; et cette consommation croissante, s’attaquant à tous les dépôts, houille et tourbe, nous entraînerait vers une période plus chaude, plus favorable aux êtres vivants.
- Si l’homme a une action en si peu de temps en vertu d’un tel mécanisme, que dire d’une légère modification au régime des volcans au cours de périodes qui se comptent par millions de siècles ! On trouvera donc là une origine [très suffisante pour les variations de l’acide carbonique et, par conséquent, pour les changements de température que nous révèle la géologie.
- Dans cet ordre d’idées, et à la suite de lord Kelvin, Stevenson s’est demandé quelle est la quantité totale des combustibles carbonés contenus dans l’écorce du globe et quel rapport il peut y avoir entre la masse d’oxygène correspondante et celle qui existe effectivement, à l’heure actuelle, dans notre atmosphère. Déjà, on peut remarquer que l’incomplète oxydation des roches primitives est difficilement compatible avec l’existence d’une atmosphère aussi riche en oxygène que la nôtre; les météorites, avec des densités analogues à la nôtre, et des orbites voisines, vinrent confirmer ce point de vue, puisqu’elles ne renferment pas d’oxygène dans les gaz occlus et sont aussi formées de matières très
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- incomplètement oxydées. Les calculs de Stevenson sont très concordants et il n’est pas absurde d’imaginer qu’à l’époque où se sont formés les plus anciens sédiments, l’atmosphère terrestre ne renfermait pas, ou renfermait très peu d'oxygène et que la provision actuelle de ce gaz, emmagasinée dans l’atmosphère, provient uniquement de l’action du Soleil sur les parties vertes des anciens végétaux, dont la décomposition a produit la houille et les autres dépôts combustibles ; ce processus serait un peu restrictif, mais ne condamne nullement le grand rôle régulateur de l’acide carbonique.
- Ici, d’ailleurs, on touche à un problème botanique fo rt complexe. Il est certain, d’une part, que la teneur d’acide carbonique près du sol est extrêmement variable suivant la distance au sol, la température, le vent, la luminosité, les saisons et, d’autre part, que l’atmosphère libre contient beau coup moins d’acide carbonique que l’optimum utile aux végétaux, remarque qui fut utilisée pour augmenter les rendements. Ainsi, acide de l’air entourant les parties vertes des végétaux qui l’assimilent à la lumière, acide dégagé par le sol et provenant de l’activité des micro-organismes (*), voilà encore deux éléments délicats des problèmes généraux de l’équilibre atmosphérique.
- On paraît bien approcher ainsi de la solution, surtout par la combinaison de tels effets avec les causes astronomiques réelles, mais il ne faut pas non plus se fier aveuglément à des théories aussi simples que séduisantes, car les idées des météorologistes ont bien évolué, dans ces dernières années, au sujet des échanges thermiques entre le sol et l’atmosphère. Sans doute, on continue de penser, par exemple, que la vapeur d’eau joue le rôle d’un manteau sur la Terre et tempère grandement son refroidissement par radiation : mais Teisserencde Bort disait déjà: « On voit combien nous « sommes loin de cette idée très répandue que les variations « de température de l’air sont dues presque exclusivement à « l’effet du sol : à côté de l’influence évidente de l’échauffe-« ment et du rayonnement de la surface terrestre, il existe « toute une autre série de causes de variation dans la ternit pérature de l’air qui se rattache aux phénomènes thermo-« dynamiques ». Dechevrens a également montré que [la radiation terrestre est fort loin d'être la cause unique — peut-être même pas la principale — du refroidissement de l’air par ciel découvert : il est indispensable de recourir à la dispersion des vents et à des actions dynamiques qui se font sentir jusqu’à une altitude de 5000 m. ; la radiation ne ferait alors qu’ajouter son action refroidissante à l’effet prépondérant et normal de la divergence des courants.
- Il faudrait donc, on le voit, pouvoir tenir compte des grandes lois de la Météorologie ; mais, hélas ! celles de la circulation atmosphérique actuelle sont déjà si peu connues...
- Jean Mascart.
- 1. La Nature, 7 mars 1925.
- = LA CORONELLE LISSE =
- ENNEMIE NATURELLE DES VIPÈRES
- Dans l’article c A propos des vipères » [La Nature, n° 2761 du 15 mai 1927), l’auteur nous donne une description captivante de la vie et des mœurs de la vipère. La question de la destruction des serpents fut aussi entamée, question dont l’intérêt n’a encore jamais diminué. Dans cet article, l’auteur cite un correspondant de Vesoul qui affirme n’avoir jamais rencontré de serpents dans les Hautes-Vosges, attri-
- buant cette particularité à la présence des cigognes d’Alsace.
- Or, comme je l’ai déjà fait remarquer dans une petite note parue dans le numéro 2770 du 1er octobre 1927, cette explication ne me paraît pas être exacte, étant donné que les cigognes n’habitent pas les montagnes, mais seulement la plaine ou tout au plus, les bouches des vallées.
- D’après mon avis, les vipères ne se trouvent pas dans les
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- Vosges, parce qu’elles y sont chassées ou repoussées par la Coronelle lisse (6oronella laevis) avec laquelle la vipère ( Vipera berus ou Vipera aspis) est souvent confondue et — par conséquent — persécutée à tort. Il n’est donc pas sans intérêt de donner une courte description de la Coronelle, pour que le lecteur soit à même de faire les différenciations entre elle et l’être dangereux qu’est la vipère.
- La Coronelle lisse se trouve à certains endroits depuis la Norvège septentrionale jusqu’au sud de l’Europe; en France elle habite le Nord et, fait curieux et analogue à la situation en Alsace : là où elle vit on ne trouve pas d’autres serpents, on tout cas pendant la guerre je n’en ai jamais rencontré. (Il ne faut pas confondre la Coronella laevis avec la Coro-nella girondica qui lui ressemble un peu, mais qui est douée d’un caractère doux).
- En Alsace-Lorraine elle habite toutes les régions, à l’exception de celles de Metz et du Sundgau (sud de l’Alsace). Elle préfère un terrain sec et ensoleillé, comme d’ailleurs la vipère, et choisit surtout les pentes rocheuses, les carrières désertées, etc. Le corps de notre animal est lin et élancé, moins massif ou gros que celui du serpent venimeux. Les muscles sont bien développés et d’une belle puissance. Tendue sur la queue elle élève le corps jusqu’à la hauteur de la main. Dans l’eau, la coronelle se meut avec une grande habileté et gagne rapidement le bord. Sa longueur est de 65 à 75 cm. La coloration de la femelle est généralement grise, le mâle est gris-brun; la face ventrale varie du bleu-acier au gris-rouge, la gorge par contre présente une nuance blanchâtre.
- Sur le dos, le long du corps, deux rangs de taches brunes sont disposés régulièrement. Les deux rangs qui se prolongent jusqu’aux yeux entourent, une grande tache noire sur la nuque. La tête est petite en comparaison de l’ensemble du corps, les écailles sont lisses, pas carénées, ce qui la distingue de la vipère. La pupille de l’œil est ronde et non ellipsoïdale comme chez la Vipère. Il y a également des différences marquées en ce qui concerne la denture.
- Le caractère de la Coronelle est vif, méchant et irascible. C’est pour cela qu’elle est appelée en Allemagne : Zornnat-ter, vipère furieuse ou Yachschlange, serpent enragé. Capturée, elle mord furieusement dans toutes les directions et elle reste souvent très hargneuse pendant toute la durée de la captivité. D’autre part, elle manifeste une humeur irréconciliable envers tous les autres serpents qu’elle mord en attaquant courageusement. Quand on l’irrite elle s’enroule en prenant l’attitude de la vipère (dans cet état elle est facilement confondue avec cette dernière, même parle savant), retire le cou et ouvre largement la gueule. Sa fureur s’accentue tellement qu’elle se mord elle-même. Quand notre animal a faim, il se jette sur tous les autres serpents. Le combat est souvent tellement acharné, que les adversaires en se prenant réciproquement à la tête ne peuvent plus démordre. Les morsures saignent abondamment, puisque la Coronelle ne lâche pas immédiatement, mais meut les dents serrées et comme mâchant.
- La Coronella laevis se nourrît de préférence de lézards, mais, comme nous venons de dire, elle ne méprise pas les Vipères, surtout les jeunes et dévore aussi ses semblables.
- Au mois d’août et de septembre, elle pond six à huit œufs ; les jeunes éclosent immédiatement après la ponte. Mesurant 12 à 15 cm, ils sont d’un aspect élégant et gracieux. La face ventrale présente une coloration rouge-brique.
- Quelles sont maintenant les relations réciproques entré notre Coronelle et la Vipère?
- Plus haut nous avons déjà signalé que la Vipère disparaît là où se trouve la Coronelle.
- Nous savons de même que dans la partie méridionale de
- l’Alsace, qui touche à la frontière suisse, la Vipère se trouve rarement. De temps en temps quelques exemplaires viennent s’égarer dans le Jura alsacien. Par hasard — d’après une communication de l’Association Philomatique d’Alsace et de Lorraine — à l’occasion d’une excursion dans le Jura, commencement avril 1921, un spécimen a été trouvé sur le versant alsacien de la chaîne du Glasberg à une altitude d’environ 700 m. dans la vallée de 1’ 111 à proximité de sa source. La même communication exprime son étonnement « que ce serpent soit encore si rare dans la formation jurassique du Sundgau qui touche le même terrain en Suisse, où il est assez fréquent » et demande pourquoi cette espèce qui se multiplie assez abondamment et sûrement, ne s’est pas propagée plus vers la plaine d’Alsace, étant donné que le Jura se prolonge jusque dans les environs de Mulhouse ?
- De plus, la Vipera aspis se trouve dans les quelques régions de Lorraine où l’on ne rencontre pas la Coronelle. La même communication nous relate qu’en 1888 on a payé des primes officielles pour 1104, en 1889 pour 760, en 1891 pour 234 têtes; il est devenu plus rare maintenant. (Dans la Haute-Savoie, les primes accordées par le gouvernement ont eu l’effet opposé et inattendu. Le nombre de serpents tués augmentait d’année en( année. I1B n’est pas impossible, que les chasseurs de serpents se soientjlivrés à un élevage lucratif. )
- Dans le pays d’outre-Rhin limitrophe, c’est-à-dire dans la Forêt-Noire en Bade, la Vipère est très répandue et, par contre, la Coronelle ne s’y trouve pas.
- Il ressort de tous ces faits que [la Coronelle est (l’ennemie de la Vipère et que l’existence de la première nous protège de la présence de la seconde.
- Par conséquent on serait peut-être tenté de croire (d’après quelques lettres que j’ai reçues) que l’acclimation de la Coronelle dans les régions infestées de vipères suffirait à délivrer ces^endroits de ce fléau. Sans vouloir en nier la possibilité, il est difficile de donner une réponse nette. Comme nous l’avons vu, la Coronelle se trouve en Lorraine dans quelques régions enclavées. Pourquoi ne se propage-t-elle pas vers les autres (régions ? Puisque dans le Jura alsacien elle est si fréquente, pourquoi ne prend-elle pas possession du Jura suisse qui présente le même milieu ?
- Reconnaissons-le : malgré nos recherches biologiques, malgré nos connaissances étendues du règne*de la nature, on ignore encore beaucoup des conditions internes, c’est-à-dire inhérentes à l’être même, ainsi que des conditions de milieu extérieur qui, les unes comme les autres, jouent un grand rôle dans l’adaptation au milieu.
- Pour illustrer ces faits, il suffit de citer deux cas relatifs à notre petit pays : Depuis 50 ans on introduit des reproducteurs de la race suisse « Simmenthal » en vue de l’amélioration de la race bovine indigène. Mais, malgré tous les soins qu’on apporte à l’élevage, on n’est pas encore arrivé à arrêter la dégénération des « Simmenthal » en Alsace et on se voit forcé de continuer l’importation de reproducteurs originaux.
- De plus : Dans la Forêt-Noire (Bade) existe la poule de Bruyère ( Tetrao tetrix) tandis que ce bel oiseau fait complètement défaut dans les montagnes d’Alsace et en plusieurs reprises on a essayé de l’acclimater dans les Vosges (région du Donon), mais.toutes les tentatives ont échoué.
- Est-ce que l’acclimatisalion de la Coronelle dans les régions infestées de serpents réussirait?
- Constatons que même en Alsace on a observé une décroissance sensible de notre Coronelle.
- Ch. Weck, Docteur ès sciences.
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- VAUTOMOBILE PRATIQUE
- EmbrayageJ\à force centrifuge.
- Nous avons déjà indiqué dans une chronique récente la construction d’un système d’embrayage automatique fort simple actionné par la force centrifuge.
- Depuis ce moment, ce dispositif, réalisé d’abord sous une forme d’essai, a été complètement modifié, et il nous semble intéressant, étant donné l’intérêt de la question, de décrire le modèle définitif qui ne comporte plus que des pièces métalliques, alors que le type primitif était muni d’un volant en matière élastique dans lequel étaient noyées des masse-lottes en plomb.
- Rappelons que ce dispositif débraie automatiquement le moteur dès que sa vitesse de rotation descend au-dessous de sa vitesse normale de régime, et, au contraire, réalise l’embrayage dès que l'a vitesse de rotation augmente.
- Le débrayage et l’embrayage sont très progressifs parce qu’ils sont obtenus au moyen du frottement d’un disque garni de ferodo entre deux plateaux de fonte.
- Avec ce système, on obtient l’embrayage et le débrayage simplement en réglant la vitesse de rotation du moteur au moyen de la pédale d’accélérateur, et la pédale normale d’embrayage n’est plus employée que pour les changements de vitesse, d’ailleurs presque supprimés en palier, d’après le constructeur, même avec des voitures de faible puissance.
- L’emploi de ce système permettrait, d’autre part, d’éviter toute fausse manœuvre au conducteur novice, le débrayage s’effectuant automatiquement dès que l’effort demandé au moteur est trop grand, et que la vitesse de rotation est trop faible.
- Son fonctionnement est, d’ailleurs, très simple et il est très clairement expliqué par le schéma de la figure 1.
- Le disque d’embrayage D garni de ferodo est placé entre le volant Y et les tacs d’entraînement mobiles T.
- Sous l’action de la force centrifuge, les masselottes M appuient sur les ressorts de compensation R,, et les tacs d’entraînement peuvent s’appliquer sur le disque d’embrayage sous l’action des ressorts d’embrayage R.
- Le disque d’embrayage et l’arbre de transmission deviennent alors solidaires du volant et la manœuvre inverse se produit lorsque la vitesse de rotation diminue.
- La pédale de débrayage P agissant sur la douille coulissante S repousse les tacs d’embrayage sous l’action du linguet L, et permet d’écarter à volonté le disque d’entraînement D du volant Y, pour opérer les manœuvres de changement de vitesse.
- L'épuration intégrale dans les automobiles modernes.
- Pour éviter l’usure des pièces en mouvement dans les automobiles, il est bien évident qu’il faut réduire au minimum toutes les impuretés introduites dans le moteur par le mélange carburé, et séparer dans l’huile de graissage le lubrifiant utile des particules de carbone ou de métal produites par les explosions ou les frottements des pièces les unes contre les autres.
- Cette idée, pourtant simple et qui paraît presque évidente, n’a cependant été mise en pratique qu’il y a fort peu de temps, et encore sous l’influence américaine.
- Il existait bien déjà des filtres à essence, simples tamis métalliques, d’ailleurs, placés entre le réservoir et le carburateur et aussi dans l’exhausteur. Quelquefois il existait même dans les systèmes de graissage sous pression ou à barbotage
- des filtres à huile généralement métalliques, mais il faut convenir que ces organes utiles étaient assez rudimentaires.
- On ne s’en contente plus aujourd’hui, en général. On filtre d’abord l’air qui arrive au carburateur dans un appareil généralement statique et simple, d’un des modèles que nous avons déjà décrits ou que nous décrirons prochainement, et dans lequel se déposent les poussières de toutes sortes.
- L’essence qui arrive au carburateur traverse un filtre très complet en feutre, en peau de chamois ou en matière poreuse quelconque.
- De même, l’huile est épurée par ’un dispositif branché sur une canalisation; ce genre de filtre est généralement statique et comporte des toiles fines arrêtant toutes les impuretés ; mais il existe des types rotatifs, dont le fonctionnement est basé sur les effets de la force centrifuge, et qui sont actionnés, comme nous l’avons indiqué [dans une récente chronique, par un arbre [de distribution [ou par un tube flexible relié à un système de poulies et de courroies.
- Enfin, il convient de signaler un autre genre d’épuration employée en Amérique, et qui a été indiqué récemment.
- Si la carburation est incomplète, ce qui arrive souvent, on sait, en effet, que des vapeurs d’essence peuvent se mélanger à l’huile, ce qui d iminue la viscosité de celle-ci, on établit donc dans le carter un courant d’air qui entraîne les vapeurs d’essence au Fig.l.—Dispositif d’embrayage automatique
- moyen d’un dispo- actionné par la force centrifuge.
- sitif très simple.
- Le graissage central.
- Nous avons déjà indiqué à nos lecteurs les tentatives effectuées pour réaliser un système de graissage central sur toutes les articulations du véhicule que l’on a encore l’habitude de graisser le plus souvent au moyen d’une pompe à graisse genre técalémit.
- Qn peut remarquer, d’ailleurs, que le nombre des articulations à graisser séparément diminue de plus en plus sur les voitures modernes.
- Ainsi, les flecteurs remplacent les joints de cardans; on monte des articulations avec gaines en caoutchouc comprimé dits Silent-blocs dans les amortisseurs, les jumelles de ressort, etc.
- Quoiqu’il en soit,[il serait fort intéressant pour l’automobiliste d’effectuer en une seule fois le graissage de toutes les articulations sans avoir d’autre peine que de vérifier de temps en temps le niveau de l’huile dans un petit réservoir, et d’appuyer, s’il y a lieu, tous les quelque mille
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- kilomètres sur-un, bouton ou le piston d’une pompe faisant fonctionner tout îe système.
- Il y a même intérêt; à ce que cette opération s’effectue pendant la marche, le luJbpîft&xtt pénétrant beaucoup mieux dans les articulations lorsque eeïles-ci sont en mouvement.
- Le graissage central ne peut être fait,, on le conçoit, qu'au moyen d’huile, la graisse ne pouvant pénétrer dans les multiples conduites d’un tel système sans l’emploi d’une pression beaucoup trop forte ; il y a d’ailleurs deux groupes généraux de graissage central que nous aurons l’occasion de décrire. Dans les uns, l’huile est envoyée sous pression dans les articulations et dans les autres, elle y est amenée par capillarité.
- On a pu voir au Salon de 1927 d’assez nombreux modèles de ces dispositifs, il faut cependant attendre, semble-t-il, que la pratique nous renseigne sur leur efficacité et nous indique les avantages et les inconvénients des différents systèmes proposés.
- Appareil de signalisation lumineux et sonore.
- L’usage des appareils de signalisation se répand de plus en plus et les modèles proposés sont très divers.
- Cependant, les signaux lumineux sont assez peu visibles durant le jour sur la plupart des appareils et c’est pourquoi on a fort justement prévu sur un récent modèle en même temps qu’une signalisation lumineuse une signalisation sonore synchrone qui attire l’attention des conducteurs sur le signal lumineux.
- La boîte de signalisa -tion représentée par la figure 2 comprend donc en dessous des signaux lumineux d’arrêt, de virage à droite et de virage à gauche, un avertisseur électrique à vibreur assez puissant.
- Le signal d’arrêt est, d’ailleurs, commandé par un interrupteur automatique relié à la pédale de frein, ou actionné par une pression légère sur un levier d’un combinateur dans sa position de repos.
- Le signal lumineux du virage de gauche s’obtient en déplaçant le levier de ce combinateur à gauche, et le signal du virage à droite en déplaçant ce levier vers la droite.
- Dans chacune des trois positions du levier, une pression forte actionne l’avertisseur sonore, et l’on peut donc faire fonctionner séparément le signal lumineux sans le signal sonore (inutile la nuit le plus souvent).
- Vérificateur de niveau pour accumulateur.
- Il est essentiel pour le bon entretien d’une batterie de vérifier assez fréquemment le niveau du liquide dans les bacs, mais cette opération est souvent ennuyeuse parce que les batteries sont placées dans des endroits peu accessibles du châssis.
- Un petit accessoire très simple et d’un montage aisé per-
- Fig. 3. — App areil indicateur du niveau de Vélectrolyte dans les bacs d'accumulateurs.
- Un voyant lumineux, sur le plancher du bord, permet de se rendre compte du niveau.
- met d’effectuer cette opération immédiatement et à distance. Il se compose simplement d’une petite boîte métallique placée sur le tablier de contrôle de la voiture, et renfermant une petite ampoule à incandescence de faible voltage qui éclaire un voyant lumineux, et un bouton interrupteur à poussoir.
- En appuyant sur le bouton, on connecte l'ampoule, d’une part à la borne positive de la batterie B, d'autre part à une petite tige A en plomb plongeant dans l’électrolyte du dernier bac, et de longueur soigneusement calculée pour qu’elle plonge dans l’électrolyte lorsque le niveau est suffisant, mais qu’elle n’y plonge plus lorsque le liquide jn’atteint [pas le niveau supérieur des lames.
- On conçoit donc que si on éclaire le voyant lumineux en appuyant sur le bouton, cela indique que le courant passe dans le circuit, et que la lame plonge dans l’électrolyte ; le niveau est donc suffisant.
- Système de graissage central sous pression
- Ainsi que nous l’avons expliqué plus haut, on tente en ce moment de mettre au point plusieurs systèmes de graissage centralisé sous pression.
- Dans un de ces systèmes fort intéressant, et qui sera sans doute mis au point sous peu, le graissage s’effectue à volonté en pressant un simple bouton, et 1 on a pu supprimer tout réservoir à remplir ou à surveiller en utilisant 1 huile contenue dans le carter du moteur pour ce graissage. Les canalisations sont entièrement rigides mais articulées (fig. 4).
- L’ensemble du système comprend deux canalisations principales disposées de chaque côté du châssis et sur lesquelles se branchent les canalisations secondaires desservant les
- 4. __ Articulations directes et coudées et joints coulissants
- employés avec les canalisations i igides de graissage central Técalemit.
- Fig. 2. — Appareil de signalisation lumineux et sonore.
- On voit en haut le signal d’arrêt et les flèches indicatrices de virage, en bas le pavillon de l’avertisseur sonore.
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- Fig. 5. —Disposition générale des conduites principales de graissage.
- Montage du godet graisseur G et du bouton de commande B en dérivation sur le tube manométrique.
- organes à graisser. Ces canalisations se composent uniquement d’éléments rigides articulés et coulissants permettant évidemment le déplacement des organes par rapport au châssis.
- L étanchéité est assurée par des manchettes de cuir et des ressorts coniques comme le montre la figure 4.
- La distribution est commandée par un bouton placé à portée de la main du conducteur, elle comporte un godet graisseur G relié d’une part à la canalisation de graissage, d'autre part à une dérivation de la circulation d'huile du
- moteur, par exemple au tube du manomètre d’huile (fig. 5).
- Lorsqu’on appuie sur le bouton de commande Y, l’huile venant du moteur remplit le godet distributeur et monte dans ce godet en soulevant uû piston maintenu normalement par un ressort.
- Lorsqu’on cesse d’appuyer sur le bouton de commande le piston redescend sous la pression du ressort et l’huile contenue dans le godet se fvide dans la canalisation (fig. 6).
- Chaque Organe à graisser est muni d’un graisseur à débit réglé de façon à équilibrer la distribution de l’huile aux différents points (fig. 7).
- L’huile demeure dans les canalisations et le graissage s’effectue lentement. La quantité d’huile entrant |en jeu à chaque graissage ne peut dépasser la capacité du godet qui joue le rôle d’un véritable organe mesureur.
- Équilibreur de pression pour gonflage de pneus.
- Il faut prendre soin, lorsque l’on gonfle les pneus d’une automobile, d’équilibrer soigneusement la pression de chaque
- côté de la voiture.
- On vérifie donc la pression à droite et à gauche au moyen d’un appareil de mesure quelconque, et l’on augmente ou diminue la pression en conséquence de chaque côté.
- Mais cette opération d’équilibragepen-dant le gonflage peut être effectuée plus ra-
- rig. 7. — Montage des conduites de grais-sage centralisé sur des organes de direction et des jumelles de ressort.
- Fig. 6. — Godet distributeur avec tube d’arrivée et de départ d’huile; piston commandé par ressort.
- Fig. 8. — Equilibreur de pression pour gonflage des pneus.
- pidement et automatiquement au moyen d’un simple raccord spécial que l’on branche à la place du raccord ordinaire de la pompe (fig. 8).
- Ce raccord se partage à mi-longueur en deux branches dont chaque extrémité se fixe à la valve du pneu à gonfler.
- Les chambres à air communiquent donc, la pression devient égale dans chacune d’elles, on peut les gonfler comme s’il s’agissait d’un pneu unique.
- Thermomètre pour contrôle à distance.
- Beaucoup d’accidents seraient évités si le conducteur pouvait se rendre compte assez à temps d’une élévation anormale de température de l’eau du radiateur ou de l’huile du carter.
- C’est pourquoi il existe déjà des thermomètres d’une approximation suffisante se plaçant sur le bouchon du radiateur; on peut également vérifier la température du carter au moyen d’un modèle à tension de vapeur, dont le tube de contrôle se place facilement sur le carter au moyen d’une monture à fixation centrale et dont le cadran manométrique est placé 'sur le tablier de la voiture (fig. 9).
- Obturateur d'essence à commande à distance.
- Il est aussi utile de pouvoir 'arrêter à volonté l’arrivée d’essence au carburateur que de pouvoir couper l’allumage, et pourtant le robinet d’arrivée d’essence est souvent peu accessible dans la plupart des voitures.j
- On remédie à cet inconvénient en montant sur le tuyau d’arrivée d’essence
- au carburateur un obturateur étanche O, dont l’ouverture et la fermeture sont commandées par un bouton B placé sur la planche de bord au moyen d’un câble flexible (fig. 10).
- L’obturateur est muni d’un pointeau en bronze maintenu dans la position de repos par un ressort calibré avec dispo-
- Fig. 9. — Thermomètre pour contrôle à distance.
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- Fig. 10. — Obturateur d’essence commandé à distance.
- I, montage de l’obturateur sur le tuyau d'arrivée du carburateur ; II, vues en perspective et en coupe de l’obturateur ; III, vues en perspective et en coupe de la commande.
- des écrous par simple pression sur le Lbas de la clef est bien connu.
- Encore faut-il avoir des modèles bien construits, robustes, et fonctionnant parfai-
- tement pour toutes les dimensions d’écrous utilisés couramment en automobile.
- Il est donc utile de signaler le modèle de la figure 11 qui semble pratique et digne de prendre place dans la trousse d’un automobiliste averti. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Embrayage centrifuge : Société S. I. M. A. R. E., 119, route de la Révolte, Levallois-Perret.
- sitif compensateur assurant l’étanchéité. Le câble de commande en acier à douze brins coulisse dans une gaine en cuivre rouge.
- Le bouton de commande se compose d’un corps en bronze et d’une rampe hélicoïdale en deux parties, celle-ci s’appuie sur le ressort compensateur qui maintient le contre-pointeau sur son [siège et, en même temps, « rattrape » le jeu qui pourrait se produire dans la commande du câble.
- Clefs à serrage automatique.
- Le principe des clefs sous molette à serrage automatique
- Appareil de signalisation : Etablissements Repusseau, 75, rue Danton, Levallois-Perret (Seine).
- Jauge pour accumulateurs : Société KAP, 171, boulevard Ilauss-mann, Paris.
- Graissage central sous pression : Técalémit, 18, rue Brunei, Paris.
- Equilibreurvde pression : Etablissements Houdaille, 50, rue Ras-pail, Levallois-Perret (Seine).
- Thermomètre pour contrôle à distance. Etablissements Jules Richard, 25, rue Mélingue Paris.
- Obturateur Télébloc. Guilloux, 18, rue Yignon, Paris.
- Clefs à serrage automatique. Société Lumino, 92, rue d’Auber-villiers, Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR PASSER LES ARBRES A L'EAU DE CHAUX SANS DÉPARER L'ASPECT DU VERGER*
- Il y a quelquefois nécessité, de passer à l’eau de chaux les arbres du verger. Une fois badigeonnés, leur aspect est fort déplaisant. Nous indiquons un moyen susceptible, non pas de rendre cet aspect agréable, mais tout au moins de l’améliorer. Il est indispensable pour cela d’arrêter la couche de chaux à la même hauteur pour tous les arbres.
- Voici comment il faut procéder. En premier lieu, se procurer un morceau de tissu quelconque, huilé, de 35 centimètres de large, et d’une longueur suffisante pour entourer les arbres les plus volumineux du verger. On fixe une extrémité de ce morceau de tissu à un piquet en bois. Ce piquet doit avoir au moins 0 m. 75 de plus que la hauteur de la partie à blanchir. Puis on place la bande autour de l’arbre, en ayant soin, bien entendu, de l’enrouler plusieurs fois, et on lance le jet d eau de chaux.
- L’opération, une fois terminée, on retire le tissu et l’on constate que le bord est bien lisse et bien net. Ce procédé a également l’avantage d’être à la fois facile à réaliser et d’un prix peu élevé.
- POUR FAIRE DE L'ENCAUSTIQUE SANS DANGER
- Beaucoup de personnes préparent elles-mêmes leur encaustique et, pour cela, elles font dissoudre de la cire dans de l’essence qu’elles chauffent sur le feu. Ce procédé est éminemment dan-
- gereux et de nombreux accidents arrivent au cours de préparations de ce genre. Voici un moyen qui nous a été communiqué et qui évite de faire chauffer l’essence.
- Au moyen d’un fer à repasser chauffé qu’on applique sur le pain de cire, celle-ci fond et coule dans le récipient à essence. Il n’en résulte d’ailleurs aucun dommage pour le fer, bien au contraire, la ciré contribue à l’entretenir dans un bon état de propreté.
- POUR EMPÊCHER LA PLUME DE SORTIR D'UN COUSSIN.
- Qand on fait un coussin, un oreiller, ou'un traversin, il arrive, si l’étoffe est un peu claire, que la plume s’échappe et sort à l’extérieur. C’est très ennuyeux de voir voltiger dans tous les coins ces petites plumes qui dansent au moindre vent. Si votre étoffe est encore entière, c’est-à-dire si votre enveloppe n’est pas encore faite, étendez-la sur une planche à repasser. Prenez un morceau de cire ordinaire et frottez-le bien sur l’étoffe, comme si vous vouliez faire un parquet. Cette opération faite, prenez un fer à repasser, faites-le chauffer et repassez votre tissu.
- Si vous voulez rendre imperméable (pour la plume) une enveloppe toute faite, décousez un de ses côtés, retournez la de façon à mettre l’intérieur au dehors. Passez la cire partout, puis remettant l’enveloppe à l’endroit, glissez à l’intérieur un papier double de la grandeur de l’enveloppe. Repassez alors avec un fer un peu plus chaud que pour l'étoffe non utilisée et sortez^le papier tout de suite, la cire bouchera tous les trous du tissu et empêchera les plumes de trouver une issue pour la sortie.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances cle Décembre 1927
- BIOLOGIE
- La sécrétion et Vutilisation de la cire chez Vabeille. (M . Pkrret-Maisonnkuve.) — Lorsque l’espèce se perfectionna VApis mellifica dut développer ses moyens de production de matériaux sans perdre complètement ses habitudes ancestrales. Mais elle ne sécrète la cire qu’avec la plus stricte économie.
- Pour l’obtenir, en effet, il faut une élévation factice de la température dans le groupe des cirières, température obtenue par l’immobilisation d’une quantité d’ouvrières gorgées de miel, entourant les abeilles occupées à la sécrétion et qui doivent ainsi attendre de longues heures, dans un milieu surchauffé, que l’exsudation se produise. Seules, les jeunes abeilles peuvent supporter une telle fatigue et s’y soumettent, en raison de la seule nécessité, qui est celle de la colonie, d’entreposer rapidement couvains et provisions.
- Pour M. Perret-Maisonneuve, les abeilles sont dirigées par un instinct collectif et plastique, mais on doit leur reconnaître les lueurs d’une intelligence rudimentaire et limitée qui les conduit à économiser une substance durement acquise. Cet intellect spécial apparaît : 1° quand l’essaim n’ayant construit qu’un rayon et deux amorces ne poursuit l’achèvement de ces bâtisses que si la température et les apports le lui permettent; 2° quand les abeilles utilisent les opercules du couvain au cachetage des alvéoles à miel; 3° quand elles rapportent à la colonie la cire trouvée à l’extérieur; enfin, 4° lorsqu’elles emploient la cire gaufrée chez l’apiculteur. Il est même certain que, dans son souci d’économie, l’insecte va.jusqu’à mélanger lui-même à la cire des produits étrangers, comme de l’ocre rouge, de l’huile, des matières goudronneuses ou de la paraffine.
- CHIMIE PHYSIQUE
- Un procédé de durcissement superficiel de l’acier.
- (M. Georges Charpy.) — On sait qu’on obtient un tel résultat, non seulement par les opérations successives de cémentation et de trempe, mais encore par la nitruration qui produiL, à la surface du métal, un corps naturellement dur, le nitrure de fer.
- M. Charpy indique que l’on produit un fait analogue en provoquant la formation d’un carbure métallique, du type cémentite, comme c’est le cas avec les aciers ordinaires formés de carbone et de fer. C’est en effet à ce composé Fe3C que la fonte blanche doit les qualités mécaniques spéciales qui la rendent très difficilement attaquable à l’outil. Lorsqu’il s’agit d’acier contenant d’autres éléments que le fer, on forme à sa surface des carbures doubles ou des carbures mixtes ayant des propriétés du même ordre.
- Quand on soumet des pièces massives, maintenues entre 550 et 650° environ, à l’action de l’oxyde de carbone, du cyanogène ou de cyanures, la carburation qui se produit, grâce à la formation de cémentite, ne doit pas être confondue avec la cémentation par laquelle le carbone se dissout simplement dans le fer, en quantités croissantes avec le temps, b’il s’agit d’aciers spéciaux, il y a intérêt à opérer un peu an-dessus de 600°, sans jamais dépasser 650°, température voisine de celle du revenu qui, pour la plupart des métaux usuels, donne le maximum de résilience. Et M. Charpy ter-
- mine sa note en indiquant la nature du corps carburant, qui peut être, avec les aciers ordinaires ou le fer, l’oxyde de carbone ou le cyanogène, alors que, pour les aciers spéciaux, il est préférable d’utiliser des carbures d’hydrogène ou simplement du cyanure de potassium fondu.
- OPTIQUE
- Une nouvelle méthode interférentielle pour la mesure des indices de réfraction des liquides.
- (Mlle O. Jasse.) — Sans qu’il soit besoin de données préliminaires, il suffit de comparer les longueurs optiques de deux épaisseurs égales, l’une prise dans l’air, l’autre dans le liquide à étudier. Pour cela, il est commode d’observer les deux systèmes d’anneaux à l’infini que produit le passage de la lumière au travers d’une lame à faces parallèles, limitée par des argentures transparentes dont le liquide constitue la moitié inférieure et l’air la moitié supérieure.
- La formule que donne Mlle Jasse est fonction de la valeur de deux angles mesurables i et i', du nombre p des anneaux, de la longueur d’onde \ de la radiation choisie et de l’épaisseur e de la lame liquide. Dans le cas d’un liquide dont l’indice est voisin de 1,3, étudié avec un étalon interférentiel d’une épaisseur de 60 g, on connaît n avec une approximation de la troisième décimale, si l’on considère l’ordre au centre dans l’air à 0,02 frange près, en mesurant les angles à la minute près et en comptant environ 30 anneaux.
- Le procédé est susceptible d’une très grande précision et présente de plus l’avantage de ne demander qu’une très petite quantité du liquide à étudier.
- PARASITOLOGIE
- Les races de Stegomya fasciata et la fièvre jaune.
- (M. J. Legendre.) —- En considérant le domaine géographique du vomito negro et celui de Stegomia fasc ou OEdes argenteus qui le propage, on voit que, dans nombre de pays où vit ce moustique, le typhus amaryl est inconnu. C’est ainsi que, malgré des relations maritimes extrêmement anciennes avec la côte occidentale d’Afrique, où la fièvre jaune apparaît de nouveau chaque année, les côtes de Mauritanie, les côtes sud-occidentale et sud orientale du continent africain, Madagascar et les Mascareignes restent à l’abri de l’invasion.
- Onn’avait pas remarqué jusqu’aux travauxde M. J. Legendre, poursuivis à Tamatave, à Hanoï et dans l’À. O. F., que la Stegomia présente deux races bien distinctes, l’une dont les larves sont fines et blanches, avec imago svelte et élégant, l’autre-aux larves épaisses et brunes, aux imagos trapus et rustiques. Or la première — océano-indienne — est l’agent de la dengue, mais reste inapte à transmettre la fièvre jaune qui reste l’apanage de l’autre — africano-américaine. — On peut la classer parmi les petits moustiques, la seconde parmi les gros.
- M. Legendre en vient ainsi à demander que l’on poursuive l’extermination de la grande race en A. O. F. et en Afrique occidentale anglaise où elle maintient la fièvre jaune avec une forme sévère de la dengue, et celle de la petite race aux Indes, en Indo-Chine, et à Madagascar.
- Paul Baud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1928,
- 1 vol. in-16 de xii-669 p. avec 5 cartes célestes en couleurs,
- 2 cartes magnétiques et 3 planches de spectres. Gauthier-Yillars et Cie, éditeurs, Paris. Prix broché : 12 francs.
- L'Annuaire du Bureau des Longitudes continue à se présenter sous sa forme traditionnelle. On sait qu’il est publié en 2 volumes, le cycle de publication élant complet en 2 ans. L’annuaire pour 1928 étudie les calendriers, fournit les principales prédictions astronomiques pour l’année, offre un résumé de géophysique et d’astronomie, l’indication de poids et mesures légaux français et étrangers, ainsi que de nombreuses tables de constantes physiques d’intérêt pratique. Il contient en outre trois notices scientifiques de grand intérêt : l’histoire du Bureau des Longitudes depuis sa création par M. Bigourdan; un discours de M. Emile Picard sur le Cinquantenaire de la Convention Internationale du Mètre ; un rapport très détaillé du général Perrier sur l’organisation actuelle de la coopération internationale en géodésie et géophysique, ainsi que sur les travaux de la 3e Assemblée générale de l’Union géodésique et géophysique Internationale tenue à Prague en septembre 1927.
- jEl Observatorio del Ebro, par el R. P. Ignacio Puig. S. J. 1 vol. 200 p., 130 fig. Edité par Observatorio del Ebro. Apar-tado, 9, Tortosa. Prix : 8 pesetas.
- L’Observatoire de l’Ebre, édifié par la Compagnie de Jésus près de Tortosa il y a une vingtaine d’années, a su conquérir, en ce bref laps de temps, un rang éminent parmi les institutions scientifiques du monde, grâce à ses beaux travaux, notamment en ce qui concerne la physique du globe et l’astrophysique. Le R. P. Puig, son directeur actuel, nous offre une intéressante description de ce très bel établissement; il en expose le but et l’organisation, et il en décrit l’équipement, il résume les travaux qui y ont été faits. Il ne se borne pas à une froide nomenclature des appareils en service, mais il s’attache à en expliquer clairement le but, le principe et le fonctionnement. 11 est ainsi amené à exposer à grands traits et d’une façon fort attrayante les grands problèmes à l’étude desquels se consacrent les savants religieux de Tortosa.
- Etude théorique et pratique sur le transport et la manutention mécaniques des matériaux et marchandises, par G. von Hanifstengee (Tome I), traduit de l’allemand par G. Lehr. 1 vol. 362 p., 531 fig. Ch. Béranger, éditeur, Paris 1927. Prix : 59 francs.
- Les appareils de manutention mécaniques jouent un rôle essentiel dans toutes les fabrications modernes et constituent un des éléments de la production en série. Leur étude est donc des plus importantes. M. Lehr nous apporte la traduction d’un ouvrage allemand fort bien composé et qui rendra les plus grands services aux ingénieurs et industriels. Le tome I est consacré à l’étude du transport continu; il est divisé en deux parties principales : la première traite des transporteurs à organe de traction : chaîne, câbles ou courroies, norias; la seconde partie est consacrée aux transporteurs sans organes de traction : transporteurs à rouleaux, chemins roulants par gravité, vis et spirales, tubes de transport, couloirs oscillants, transporteurs à jets d’eau et à air comprimé. Une 3e partie est consacrée à l’étude des dispositifs accessoires. L’ouvrage contient non seulement la description des appareils, mais encore, ce qui est particulièrement intéressant, des données contrôlées qui permettent d’en effectuer le calcul et d’estimer leur consommation de force motrice.
- Cours de mécanique élémentaire (à l’usage des Ecoles Industrielles), par Moulan et Gerday, 6e édition. 1 vol. 1350 p., 1410 fig. Béranger, éditeur, Paris, 1927. Prix : 87 francs.
- Ce traité dont le nombre des éditions atteste le succès offre le grand avantage de réunir en un seul volume l’exposé des notions théoriques qui sont le fondement de la mécanique, et l’étude des principaux appareils qui relèvent de la mécanique. L’exposé théorique est fait d’une façon très élémentaire, mais éclairé par un grand nombre d’exemples et d’applications empruntés à la pratique courante de l’industrie ; c’est là une méthode excellente. Après un chapitre étendu sur la résistance des matériaux et sur la graphostatique, l’ouvrage aborde la description des générateurs de vapeur avec de nombreux détails sur leur calcul, sur leur mode de construction, sur leur conduite ; puis vient celle des machines à vapeur, et ensuite, mais un peu plus sommaire, celle des moteurs à explosion ou à combustion, et enfin celle des moteurs hydrauliques. L’ouvrage se termine par l’étude rapide des transmissions, des machines-outils, et des machines à déplacer les fluides.
- Cours d’hygiène, professé à l’Institut d’hygiène de la Faculté de Médecine de Paris, sous la direction de MM. Léon Bernard et Robert Debré. 2 vol. in-8, 1247 et 811 pages, 28 fig. Masson et Cie, Paris 1927. Prix : 160 francs.
- Ce cours, organisé par le professeur-Léon Bernard et enseigné par les spécialistes de chaque problème, forme une véritable encyclopédie de toutes les questions si nombreuses se rapportant à l’hygiène. Une première partie traite de l’épidémiologie et de la prophylaxie des maladies infectieuses ; M. Dopter y étudie le rôle du sol, de l’air et des poussières, de l’eau, de l’homme, dans la transmission des maladies et des conditions de réceptivité. Puis vient une série de monographies : les fièvres typhoïde et paratyphoïdes par Debré ; les dysenteries, la pneumonie, la grippe par Dopter; la rougeole, la scarlatine, les oreillons, la coqueluche, la variole par Debré; la vaccination antivariolique par Camus; la diphtérie par Dopter; la méningite cérébro-spinale, la poliomyélite et l’encéphalite par Debré ; la rage par Cruveilhier; le tétanos par Dopter; le paludisme et le choléra par Tanon ; la fièvre ondulante par Nattan-Larier; le typhus, la fièvre jaune par Brumpt; les fièvres récurrentes par Joyeux; la peste par Dujardin-Beaumetz ; le charbon par Vallée; les teignes par Sabouraud. Les noms de ces collaborateurs suffisent à indiquer la valeur de chaque chapitre. Les questions de prophylaxie générale sont groupées en 3 chapitres : l’isolement et l’hospitalisation par Darré; la désinfection par Henry Thierry; les désinfectants par Tiffeneau.
- Une deuxième partie est consacrée à l’hygiène sociale. Elle comprend l’étude de la tuberculose par Léon Bernard et Debré ; les maladies vénériennes par Gougerot; le cancer par Roussy. Couvelaire a écrit 3 chapitres sur la natalité et la protection de la maternité, que Lesné complète par l’examen de la protection des nourrissons sains et malades et Yitry par l’hygiène scolaire.
- L’hygiène industrielle et professionnelle est traitée, en ce qui concerne les ateliers, parFrois; les intoxications professionnelles par Duvoir; la toxicologie par Kohn-Abrest.
- Le tome II traite de l’hygiène publique individuelle et sociale : Guillon situe l’organisation gouvernementale et administrative de la France ; Ott envisage spécialement l’administration sanitaire ; Jules Renault la défense aux frontières ; Pottevin la réglementation internationale; Biraud les statistiques.
- Les problèmes d’alimentation sont examinés par Labbé et Lesné; les eaux d’alimentation par Dimitri; les boissons, les farines et pains par Labbé; les conserves et les fraudes par Nicolas; les applications du froid par Lortat-Jacob; les intoxications par Sacquépée; l’inspection des denrées par H. Martel..
- Diénert traite du captage et de la surveillance des eaux; Arnaud de l’habitation; Feine des villes; Labbé de l’air et de l’atmosphère; Rolant des eaux d’égout; Thierry des cimetières.
- Et, comme conclusion, Léon Bernard montre le rôle que doit jouer le corps médical dans toutes les réalisations désirables.
- Ce traité, écrit pour chacune de ses parties par l’hygiéniste français le plus qualifié, forme un corps de doctrine, un bilan de la science de l’hygiène à l’heure présente. Ecrit pour les médecins et jJour les professionnels, il peut servir de guide à tous et orienter les parlementaires, les municipalités dans le choix des moyens de prévenir les maladies et les épidémies, de conserver la santé, le bien le plus précieux.
- L’année psychologique, par Henri Piéron, 27e année, 1926.1 vol. in-8, 900 p., fig. Félix Alcan, Paris, 1927. Prix : 90fr.
- Il est inutile de redire chaque année l’importance et l’intérêt de cette publication. C’est le livre indispensable à tous ceux qui veulent suivre les progrès du mouvement psychologique sous ses formes si diverses. Chaque volume comprend 3 parties : des mémoires originaux; des notes, revues et mises au point; des analyses bibliographiques de tous les travaux parus dans l’année.
- Cette fois-ci, les 6 mémoires originaux traitent de la perception (H. Piéron), des qualités du travail mental (Foucault), de l’influence des glandes endocrines (Pézard), de l’application d’un nouveau test dans les écoles belges (Decroly), des mesures spatiales linéaires (Budkiewicz), d’un test d’intelligence pour l’orientation professionnelle (Mme Piéron). Les notes et revues sont principalement consacrées à des questions techniques. Enfin, l’énorme travail de bibliographie analyse et classe toutes les publications se rapportant à la psychologie et à ses multiples applications : pédologie, pathologie, ethnique, sociologie, apprentissage, orientation professionnelle, psychotechnique, méta-psychique, etc. C’est dire le nombre de ceux qui devront consulter cette oeuvre de premier ordre, et qui sont certains d’y trouver une documentation complète sur toutes les questions théoriques et appliquées dont s’occupe la psychologie actuelle.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Avion commercial léger.
- L’aviation commerciale allemande ntilise sur certaines de ses lignes aériennes un appareil particulièrement économique : le Messerschmidt M 18, muni d’un moteur de 80 à 120 chevaux.
- La voilure de cet appareil est monoplane en porte à faux, et fixée à la partie supérieure du fuselage. Elle est de forme trapézoïdale, arrondie aux extrémités et de profil décroissant. Cette aile est formée de nervures de duralumin, fixées sur un longeron unique en double T, également en duralumin; le recouvrement est en tôle d’aluminium jusqu’au longeron, en toile sur le reste de l’aile.
- Le fuselage est formé de quatre longerons en profilés de duralumin, recouvert de tôle d’aluminium raidie par des nervures longitudinales. La cabine, prévue pour trois passagers, est garnie intérieurement de contreplaqué; elle est placée immédiatement derrière le poste de pilotage, à deux places côte à côte, aménagé sous le bord d’attaque de l’aile.
- Les gouvernes sont trapézoïdales et non compensées.
- Un moteur Siemens Halske de 80 cv, ou de 100 cv. équipe cet avion. Ce moteur, à refroidissement par air, est monté sur un berceau en tubes d’acier, assemblé au fuselage par cinq boulons.
- Le train d’atterrissage est formé d’un essieu passant à l’intérieur du fuselage.
- Les caractéristiques et les performances sont les suivantes :
- Surface portante................24,8 m.
- Puissance....................... 100 cv.
- Poids à vide.................... 600 kgs.
- Charge utile.................... 600 kgs.
- Vitesse maxima à 2000 m. . . 145 kms/h.
- Vitesse minima................... 80 kms/h.
- Montée à 1000 m.................. 12 min.
- Plafond........................ 3500 m.
- L’emploi d’un tel appareil sur une ligne aérienne est un beau succès pour l’aviation commerciale à faible puissance, aviation longtemps critiquée, la seule capable cependant d’assurer l’exploitation économique des lignes à faible trafic.
- Records d’avions légers.
- L’aviation légère tchécoslovaque vient d’enlever deux records de distance en circuit fermé.
- Le capitaine Vlcek et le lieutenant Chrastina, sur monoplan biplace Avia BH9 (monoplan à aile surbaissée) moteur Walter de 60 ch., se sont attribué le record pour avions biplaces de moins de 400 kg en couvrant une distance de 1305 km à la moyenne horaire de 128 km.
- Le capitaine Cerny, sur le même appareil aménagé en monoplace BH9, s’est attribué le même jour le record pour avions monoplaces de 200 à 350 kg, en couvrant une distance de 1740 km à la moyenne horaire de 140 km.
- Le poids d’essence utilisée'est, pour le biplace, de 200 kg (soit 21 litres aux 100 km.); pour le monoplace,[ de 304 kg (soit 24 litres aux 100 km).
- Nouvel échec sur l’Atlantique.
- Le 23 décembre dernier, le « Dawn » amphibie Sikorsky S. 36 partait de Roosevelt Field à destination de Harbourg-Grace (Terre-Neuve), d’où il devait prendre le départ pour la traversée de l’Atlantique.
- L’équipage se composait de Mrs Grayson, du pilote Omdal, du navigateur Goldsborough et du mécanicien Koehler.
- Aucune nouvelle n’a été reçue depuis lors de l’appareil et de ses passagers.
- Cette dernière catastrophe porte à 15 le nombre de disparus sur l’Atlantique en 1927, pour 26 personnes ayant tenté la traversée.
- Le problème de la ligne commerciale transatlantique est donc encore assez loin d’être résolu.
- Récupération du lest sur les dirigeables.
- En cours de croisière, le poids d’un dirigeable se trouve diminué du poids de combustible consommé par les moteurs ; pour conserver l’équilibre il est donc nécessaire de libérer une partie de gaz léger, opération occasionnant une dépense de gaz considérable, en particulier quand le ballon est gonflé à l’hélium.
- Or, la combustion de 100 kg d’essence produit dans les gaz d’échappement environ 145 kg d’eau (135 kg d’eau de combustion et 10 kg d’eau atmosphérique).
- La température des gaz d’échappement étant abaissée au-dessous de leùr point de saturation, une partie de cette eau peut être condensée et conservée à bord comme lest.
- L’expérience a montré qu’à 29°4, 100 kg d’eau peuvent être ainsi récupérés.
- Sur le dirigeable américain Shenandoah, un récupérateur formé de 45 tubes d’aluminium de 21 mètres a été monté. Ces tubes, d’un diamètre de 25 mm recevaient les gaz d’échappement par l’intermédiaire d’un collecteur d’entrée ; une partie de l’eau se condensait dans le collecteur de sortie, le reste de l’eau récupérable se déposant dans un séparateur à chicanes.
- Une pompe envoyait l’eau, après filtrage, dans l’une des caisses-ballast du dirigeable.
- L’installation complète du Shenandoah pesait 680 kg; la contrepression à l’échappement était de 0 kg 07, pour une récupération de 110 pour 100 du poids d’essence brûlée.
- Navigation de nuit.
- La navigation commerciale aérienne n’atteindra son complet développement que quand les voyages auront lieu aussi bien de jour que de nuit : l’avion a beau, en [effet, être deux fois plus rapide que le train, il ne garde aucun avantage s’il est obligé de perdre dix heures par jour.
- Dans le but d’entraîner ses pilotes aux vols de nuit et par temps brumeux, une Compagnie hollandaise, la K. L. M., utilise un appareil à double commande, la chambre d’un des pilotes étant entièrement fermée. Pour la manœuvre de l’appareil, l’élève pilote ne se base donc que sur l’indication de ses instruments de bord, le second pilote n’intervenant, comme dans tout avion-école, qu’en cas de faussem anœuvre.
- Cette méthode d’éducation des pilotes est d’ailleurs employée déjà depuis plusieurs années dans certaines aviations militaires étrangères : le vol dans le brouillard et dans les nuages est, en effet, pour des escadrilles entraînées une possibilité de tactique avantageuse.
- D’autre part, la maison Farman vient de sortir un appareil dénommé « appareil laboratoire », destiné à l’étude du vol de nuit; en particulier, du balisage des routes aériennes, des appareils goniométriques, des appareils de bord, sondes aériennes, etc. Cet avion a été étudié pour présenter le maximum de sécurité : il est peu chargé au mètre carré, et peut rester en vol avec un moteur arrêté. Souhaitons qu’il nous permette de rattraper rapidement l’avance des aviations commerciales étrangères chez lesquelles le vol de nuit est déjà entré dans la pratique.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- BOTANIQUE
- La production du camphre.
- Le Japon produit 75 pour 100 environ de la consommation mondiale du camphre.
- Les camphriers sont cultivés non seulement au Japon et à Formose, mais aussi dans le Hainon, les provinces centrales de la Chine et la presqu'île malaise.
- Le camphre est extrait par distillation du bois et des feuilles. Le Bornéol ou camphre de Bornéo est extrait des arbres du nord de Bornéo, de Sumatra et de Labuan.
- La plus grande quantité et les meilleures qualités de camphre sont fournies par Formose, mais seulement depuis que Formose est passée sous la domination du Japon, qui a monopolisé l’industrie du camphre.
- La production japonaise de 1924-1925 s’est élevée à 1,6 million de kilogrammes de camphre brut et 1,49 million de kilogrammes d’huile de camphre, valant ensemble 5,09 millions de yen, en augmentation sur la production des années précédentes.
- Aux Indes, il y a une production appréciable de camphre raffiné, localisée principalement à Bombay; en 1923, on y a produit pour 235 000 £ de camphre raffiné.
- Depuis quelques années, on essaie d’implanter la culture du camphrier dans d’autres pays, en particulier aux États-Unis. L’arbre ne produit qu'après trente ans.
- La plus grande partie du camphre (plus de 80 pour 100) est consommée par l’industrie du celluloïd. L’huile de camphre est traitée pour en extraire les dernières traces de camphre et de safrol. Le résidu est utilisé dans la fabrica-tion des vernis et de l’encre de Chine, ainsi que pour l’éclairage, pour préparer le safrol, le sassafras artificiel et l’héliotropine.
- Le camphre synthétique est fabriqué en Allemagne, aux États-Unis et en Frange. L’Office japonais du monopole du camphre naturel cherche à annihiler la concurrence en baissant les prix, car le camphre synthétique a les mêmes propriétés que le camphre naturel, avec cette différence, cependant, qu’il est optiquement inactif.
- La consommation actuelle du camphre est évaluée à 6000 tonnes par an. On considère qu’au point de vue économique, la production du camphre synthétique est un problème difficile, car elle exige une essence de térébenthine riche en pinène, que peu de pays produisent.
- L’essence de térébenthine produite en France, dans les Landes de Gascogne, convient particulièrement bien à la fabrication du camphre synthétique et c’est là encore une source de débouchés pour l’industrie forestière exploitant les pineraies de la région landaise. Henri Blin.
- MÉCANIQUE
- Une installation d’essai pour le procédé Claude-Boucherot.
- Ainsi que M. Claude l’a annoncé à l’Académie des Sciences, une installation d’essai est actuellement en cours de montage pour vérifier à l’échelle semi-industrielle le fonctionnement d’une turbine à vapeur alimentée dans des conditions thermodynamiques analogues à celles de la turbine prévue dans le procédé Claude-Boucherot pour l’utilisation de l’énergie thermique des mers tropicales.
- L’installation d’essai sera faite à Ougrée-Marihaye (Belgique), sur la Meuse, et sa puissance sera de 50 kilowatts.
- La Renie Générale d’Electricité publie à ce sujet d’intéressants renseignements communiqués par les inventeurs.
- L installation d’essai, en montage aux hauts fourneaux et aciéries d’Ougrée-Marihaye, est ainsi disposée :
- L eau de la Meuse est envoyée d’abord par une pompe et en quantités à peu près égales dans deux bacs dont le niveau est un peu au-dessus de celui du fleuve aux plus hautes eaux et représente le niveau de la mer. De ces deux bacs, les eaux montent directement à l’installation édifiée sur un crassier de manière que le niveau des eaux dans le bouilleur et le condenseur soit à environ 10 m. au-dessus de celui des bacs. L’eau d’un de ces bacs est préalablement chauffée à la vapeur de manière à donner la différence de températures de 20° centésimaux. Les eaux redescendent ensuite, avant d’être rejetées à la Meuse, dans deux autres bacs accolés aux premiers et de même niveau. Les conduites de montée et de descente ont environ 50 cm de diamètre. La turbine, placée directement entre le bouilleur et le condenseur, est munie des accessoires habituels : graissage sous pression, régulateur à servo-moteur, etc..., et commande, par accouplement direct, une génératrice à courant continu. Turbine et dynamo sont construites par la Société alsacienne de Constructions mécaniques ; le disque unique et l’induit tournent à 5000 tours par minute, éventuellement jusqu’à 6000. Les services auxiliaires sont commandés par moteurs à courant continu.
- TRAVAUX PUBLICS
- Le déménagement pierre par pierre d’une ville.
- Il y a encore peu d’années, Andrinople, ancienne métropole des empires byzantin et ottoman, était une des plus importantes villes de la Turquie ; sa population atteignait 120 000 habitants, de nombreuses mosquées — près d’une centaine — l’ornaient et les sultans y possédaient une résidence estivale.
- Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une agglomération moyenne, d’environ 30 000 habitants, et ce nombre va diminuant chaque jour.
- Cet état de choses serait une des conséquences du traité de Lausanne quia, entre autres, modifié sur certains points la frontière turco-européenne. C’est ainsi que du côté de la Thrace, le tracé de la nouvelle frontière fait qu’on ne peut aller en chemin de fer de Constantinople à Andrinople qu’en traversant un coin du territoire grec et que, également pour aller de Sofia à Constantinople, ce même train doit franchir une partie de la frontière gréco-bulgare, puis la frontière turco-grecque pour atteindre Andrinople, puis encore la frontière gréco-turque, soit trois visites douanières et trois contrôles de passeports.
- On comprend qu’ainsi privée de communications libres et directes avec Constantinople et le reste de la Thrace, Andrinople voit ses habitants l’abandonner un peu chaque jour. Mais tandis qu’Andrinople dépérit de la sorte faute d’habitants, à deux pas, la Thrace hellénique regorge de réfugiés d’Anatolie. C’est pourquoi il se passe le phénomène suivant : les matériaux, c’est-à-dire toutes les parties démontables des maisons turques d’Andrinople, sont vendus aux Grecs de l’autre côté de la frontière. D’après un journal de Stamboul, V Aekham, plus de 8000 maisons ont été ainsi transférées de la Thrace turque à la Thrace hellénique, et de fait, face à Andrinople, s’élève une nouvelle cité, grecque celle-là, bien que, par souvenir de son régime sans doute, elle soit encore baptisée d’un nom turc, Altoum Karaagatch d’Or.
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- PETITES INVENTIONS
- APPAREILS MÉNAGERS Porte-manteau extensible.
- Ce porte-manteau entièrement métallique est constitué par une monture tubulaire télescopique qui porte une série de crochets reliés les uns aux autres par des losanges articulés.
- Un anneau placé à la partie extrême permet de tirer à soi tout l’ensemble qui se développe et les crochets sont écartés les uns des autres, ils dégagent les vêtements qui étaient suspendus et qui étaient appliqués les uns sur les autres, lorsque l’appareil était replié.
- Deux supports colliers maintiennent ce porte-manteau qui est fixé très commodément à la partie inférieure d’une planche d’un placard.
- Cet appareil est particulièrement pratique en voyage, car il n’est pas encombrant, il est fixé rapidement et il évite tous les inconvénients des hôtels où l’absence de penderie oblige de laisser les vêtements dans les malles ou étalés sur des chaises.
- Constructeur : A. Brugidou, 29 bis, rue de Rocroy, Paris.
- Boite à fromage.
- Voici un petit dispositif intéressant pour conserver les fromages, en particulier ceux qui sont sujets à se vider en
- coulant ou qui risquent de sécher et de devenir comme du plâtre.
- L’inventeur a imaginé une boîte en verre avec couvercle qui est soutenu par deux pivots, de sorte que d’elle-même elle prend la position d’équilibre voulue et maintient à la partie basse le morceau de fromage qui se trouve renfermé dans le récipient.
- Comme la boîte est fermée hermétiquement, il n’y a plus à craindre de poussière, de mouches, ni de moisissures. Le fromage est conservé intact et il est ainsi consommé jusqu’au bout.
- Ce système est notamment applicable au camembert qui, neuf fois sur dix, lorsqu’il est mis dans une assiette, ne tarde pas à couler et à se vider.
- Fig. 1.
- Porte-manteau extensible.
- Séchoir central articulé.
- Voici un séchoir établi suivant le principe du séchoir à crochets avec tringles métalliques, pouvant être notamment construit avec des baleines de parapluie. L’emploi du métal évidemment est un grave inconvénient.
- Un constructeur a imaginé de suspendre sous une planchette demi-ronde des lattes de bois qui, une fois relevées, peuvent se placer dans 10 crochets fixés tout autour de la planchette.
- Ainsi la latte se présente comme les rayons d’un demi-cercle fixé au mur et l’on peut alors étendre les pièces qu’il s’agit de sécher.
- L’appareil fermé ne tient pas de place.
- Construit en bois, il ne craint pas la rouille, enfin il permet d’étendre aussi peu de pièces que l’on veut, puisqu’il suffit de ne mettre en position que les lattes dont on a besoin.
- Cet appareil peut se placer dans la cuisine, la salle de bains, la lingerie.
- Constructeur : Le Secor, 14, rue Lamandé, Paris (XVIIe).
- Fig. 3.
- Séchoir central articule.
- Constructeur : Roulis, 17, passage Courtois, Paris (XIe).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Le râle des amortisseurs de vibrations dans les moteurs d’automobiles (Voir n° du 15 janvier).
- Nous recevons à ce sujet de M. Frilley l’intéressante lettre qui suit :
- « Dans votre numéro du 15 courant, l’article de M. II. Petit sur 1 Automobile signale le rôle des amortisseurs de vibrations dans les moteurs sujets au « trasb ». L’auteur indique une explication sommaire du fonctionnement de cet organe sans attacher beaucoup de crédit à cette explication. Je crois intéressant de retenir un instant votre attention pour montrer que cette idée simple semble être très près de la réalité analytique. Si on considère un solide A vibrant avec la fréquence vj et un 2a solide B lié au 1er par une liaison élastique, ce solide B a une fréquence d’oscillation propre v2 due à la réaction de cette liaison, A étant supposé fixe. Si cette liaison est amortie et si A prend la fréquence vj, B vibre avec la même fréquence 'q, mais avec un retard de phase <p.
- Si v2 est beaucoup plus petite que (p~o, A et B sont en phase.
- Si v2 — v, ç = A et B sont en quadrature.
- Si v2 est beaucoup plus grande que vx o = n, A et B sont en opposition.
- On peut donc dans ce dernier cas (B étant un corps lourd ayant une liaison à réaction faible) relier par des liaisons analogues, élastiques et amorties, un 3e corps G à A et à B de telle façon que les actions de A et B qui sont en opposition de phase s’annulent sur G.
- Dans « l’harmonie balancer », il suffit que la fréquence de cet organe soit beaucoup plus faible que celle du vilebrequin en vibration pour que la somme des actions sur le châssis des 2 masses vibrantes soit nulle, le châssis tient la place du corps C, le vilebrequin de A, le « balancer » de B.
- QUESTIONS ET REPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- La ce Queue de poisson », 9 bis, passage Ménilmontant, Paris.
- Erratum.
- Dans l’article de M. Parandel sur « Le contrôle des charbons par les rayons X », paru dans le n° 2777, p. 69, la traînée noire de la figure 1 est due à un filon de schiste et non de pyrite.
- Comment on renforce les clichés au bichlorure de mercure.
- Après développement, le cliché obtenu manque parfois d’intensité ; pour lui donner l’intensité qui lui manque on pratique le renforcement en le plongeant d’abord dans un bain composé de :
- Bichlorure de mercure............. 50 grammes
- Chlorhydrate d’ammoniaque . . . 100 —
- Eau distillée..................... 1000 —
- On constate que le cliché ne tarde pas à blanchir dans cette solution ; lorsqu’en le retournant, on se rend compte que la couche blanche a gagné le dos de la plaque, on sort celle-ci du bain et on la lave abondamment, puis on la plonge dans un second bain
- habituellement constitué par :
- Eau distillée................. 1000 cent, cubes
- Ammoniaque liquide............ 5 —
- Le cliché noircit alors dans ce liquide ; quand il a atteint l’intensité nécessaire, on le sort du bain et le lave à fond,
- N. B. Le bain ammoniacal ci-dessus est parfois remplacé avan-
- tageusement par la solution suivante :
- Eau distillée................. 1000 cent, cubes.
- Sulfite de soude anhydre ... 5 grammes.
- Les réactions qui se sont passées pendant les opérations de renforcement peuvent s’exposer ainsi :
- L’argent libre de l’image à renforcer se combine avec le bichlorure de mercure Hg Cl2 en donnant un sel double de chlorure mercureux et de chlorure d’argent :
- HgCl2 + Ag = HgCl, AgCl :
- Ce chlorure double est blanc; pour lui donner la teinte noire voulue, on le transforme en chlorure de mercurosammonium ClAzII2Hg2 qui est d’un noir opaque, cela au moyen de l’ammoniaque qui d’autre part dissout le chlorure d’argent, lequel disparaît; 2HgCl -f- 2 AzH5 = AzIDCl -f- ClAzlI2 Hg2.
- . Il est donc très important de pratiquer un lavage soigné pour éliminer tout le chlorure d’argent qui serait susceptible plus tard, au contact de la lumière, de donner un voile général de l’image.
- C. R., Saint-Etienne.
- Réparation de l’ébonite et des enduits à la gutta-percha.
- Faire fondre doucement 100 gr. de colophane, puis y ajouter peu à peu en remuant constamment 50 gr. de gutta coupée en
- petits morceanx. Bien mélanger, puis couler sur une plaque froide d'e façon à obtenir des plaquettes.
- Pour l’emploi, faire fondre à nouveau et couler le liquide chaud dans les fissures parfaitement sèches, lisser avec la lame d’un couteau chauffée, enlever les bavures et laisser refroidir.
- N. B. Les conditions essentielles à observer pour réussir sont :
- lü De bien laisser sécher les fissures, ainsi que le bois support s’il s’agit de cuves recouvertes de gutta, avant d’entreprendre toute réparation.
- 2° De ne pas cherchera faire la soudure de parties avoisinantes sans faire intervenir la masse d’apport préparée ci-dessus.
- M Guéret, Chateau-Thierry.
- Peut-on enlever le goût empyreumatique des alcools de fruits ?
- Lorsque l’on procède à la distillation des moûts obtenus par la fermentation des fruits, cerises, prunes, etc., il arrive fréquemment que la flamme du foyer vient chauffer des parties de la chaudière non recouvertes de liquide ; elles se trouvent surchauffées et lorsque le moût les recouvre à nouveau il y a décomposition pyrogénée, avec production de substances âcres et nauséabondes qui sont entraînées avec l’alcool et le rendent impropre à la consommation.
- On sait que l'arôme des alcools de consommation leur est donné par l’association variable en nature et proportions d’aldéhyde, éthers et alcools supérieurs ; il est par conséquent très difficile sinon impossible dans un pareil mélange d’éliminer les produits empyreumatiques sans toucher à ceux qui donnent aux alcools le goût agréable; cependant, dans une certaine mesure, on peut réaliser une grande amélioration en filtrant l’alcool sur de la braise de boulanger fraîchement préparée. Bien entendu opérer en filtre clos pour éviter l’évaporation de l’alcool.
- Si cette opération ne donnait pas le résultat attendu, c’est que l’alcool serait trop chargé en produits odorants et la seule ressource serait une redistillation en présence de carbonate de soude, mais alors l’alcool distillé serait exempt de tout bouquet.
- J. B., Nancy.
- Un peu de chimie culinaire : la moutarde.
- La moutarde de table se prépare très facilement en délayant, dans du verjus ou moût de raisin non mûr, de la farine de moutarde noire (Sinapis nigra) ou de moutarde blanche (Sinapis alba), ensuite on y ajoute suivant le goût du consommateur certaines épices ou aromates, tels qu’estragon, cannelle, girofle, enfin une quantité importante de sel de cuisine.
- Les moutardes dites de Dijon sont faites avec des graines presque dépouillées de leur tégument, on les désigne sous le nom de moutardes blanches ; les moutardes de Meaux sont grises et fabriquées avec les graines encore pourvues de leur épiderme.
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- Le verjus (mustum) doit aux matières pectiques qu'il contient la propriété de tenir en suspension la moutarde divisée, celle-ci de son côté apporte deux principes dont la réaction l’un sur l’autre sous l’influence de l’eau donne naissance à l’huile essentielle ou essence de moutarde (sulfocyanure d’allyle) à laquelle la moutarde doit sa saveur brûlante et qui ne préexiste pas dans la graine.
- L’un de ces principes est le myronaie de potasse, l’autre un ferment soluble de nature azotée nommé rnyrosirie qui dédouble le myronate de potasse en sulfocyanure d’allyle, sucre et bisulfate de potasse. 11 résulte de l’association du moût et du sulfure d’allyle un mélange légèrement irritant sur la muqueuse buccale, d’où le nom de mustum ardens d’où est venu le nom de moutarde.
- Les recettes de préparation de moutarde de table sont extrêmement variées, chaque fabricant faisant intervenir les épices qui plaisent à sa clientèle ; cependant on peut prendre comme base
- la formule suivante :
- Verjus........................' 55 grammes
- Farine de moutarde.............35 —
- Sel de cuisine................• 10
- Aromates, épices, vinaigre .... ad libitum.
- M. R. Fucus, Horbourg, Haut-Rhin.
- P. S. Nous avons traité la question « Destruction des mauvaises herbes par l’acide sulfurique » dans un précédent numéro (Réponse à M. Rainai, de Paris). Si cette question vous intéresse, vous trouverez des renseignements complémentaires dans l’ouvrage de Rabaté, édité par la Maison rustique, rue Jacob.
- Peut-on réparer les statuettes en plâtre ?
- Les statuettes en plâtre se recollent d’une façon parfaite et sans que les traces de réparation soient visibles, en se servant simplement de plâtre, mais en qbservant la précaution essentielle de mouiller à fond les parties à recoller, jusqu’à ce qu’elles ne soient plus capables d’absorber de l’eau.
- Après cela, on gâche du plâtre à mouler, assez fluide, et on enduit de la pâte les parties à joindre en opérant assez rapidement pour que le plâtre n’ait pas le temps de durcir au cours de l’opératio.n, on met en contact, ligature au besoin et laisse le plûtçe faire prise.
- Pour terminer on enlève les bavures d’abord au grattoir sur le plâfre frais, puis, quand il est parfaitement sec, avec du papier de verre fin et neuf pour ne pas salir l’objet.
- Mlle Axstett, Paris.
- Ne laissons pas s’embuer les tableaux.
- Pour néttoyer les tableaux peines à l’huile, il suffit souvent de les laver à l’eau pure tiède au moyen d’une éponge fine ; mais si le vernis est cause de l’obscurcissement il faut enlever celui-ci en frottant doucement la surface avec un tampon de coton imbibé d’un mélange à parties égales d’essence de térébenthine et d’buile d’aspic.
- 'N. B. L’huile d’aspic n’est autre chose que l’essence de lavande commune (Lavandula Spica).\
- Un peu d’expérience est nécessaire pour mener à bien ce travail; c’est pourquoi nous conseillons d’opérer au début sur un objet de faible valeur.
- Dans certains cas un mélange d’une partie d’essence de térébenthine et de deux parties d’alcool réussit également bien pour certains vernis.
- M. Semanate, Paris.
- Qu’est-ce que la chloropicrine?
- La çhloropicrine utilisée pendant la guerre pour la production de vapeurs irritantes a trouvé par la suite une application heureuse comme insecticide puissant.
- La chloropicrine est un liquide huileux, incolore, très réfringent, de densité 1.655, qui irrite les muqueuses très fortement ; elle peut être portée à 150u sans se décomposer, mais sa vapeur surchauffée détone violemment.
- La chloropicrine est neutre aux papiers réactifs, elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, inattaquable par les acides forts, même à l’ébullition.
- On-obtient facilement la chloropicrine par le procédé d’Hof-
- mann qui consiste à délayer du chlorure de chaux dans l’eau froide et à ajouter doucement le dixième de son poids d’acide picrique également dissous dans l’eau froide. L’opération se fait dans une cornue tubulée ; on refroidit au besoin, car la réaction est très vive.
- Lorsque l’on a terminé l’addition d’acide picrique, on chauffe et la chloropicrine distille. Le rendement est d’environ 115 pour 100 de l’acide picrique employé.
- La chloropicrine s’emploie soit en fumigations par libre évaporation du liquide dans la pièce close à raison de 5 gr. environ par mètre cube, le produit étant placé dans une soucoupe, soit en pulvérisations locales d’une solution à 5 ou 10 pour 100 dans l’alcool, qui peut être, dans ce cas, le vulgaire alcool à brûler.
- M. le Dr H. C., Paris.
- Utilisons les colles à la caséine.
- Les colles à la caséine qui ont été employées pendant la guerre avec des résultats très satisfaisants, en particulier pour le collage des bois qu’elles fixent sans les souiller, sont actuellement mises dans le commerce sous forme de poudres qui ont un très grand succès, car il suffit de les délayer dans l’eau tiède pour obtenir un excellent produit.
- On peut prendre comme type d’une composition de ce genre :
- Caséine sèche........................ 80 grammes
- Carbonate de soude sec (sel Solvay) . . 4,5 —
- Fluorure de sodium................... 3 —
- Chaux éteinte en poudre.............. 12,5 —
- 100,0 —
- Le fluorure de sodium entre dans cette composition comme conservateur, son action antiseptique est parfois complétée dans les colles américaines par l’addition de 1 pour 100 d’arséniate de soude. E. G., Riom.
- Protégeons les pierres de nos demeures.
- Trop souvent les matériaux employés dans la construction des maisons sont poreux et, après avoir absorbé de grandes quantités d’eau ayant pour origine les pluies ou l’ascension par capillarité du sol, ces pierres se fendillent sous l’action de la gelée, ce qui amène bientôt leur destruction.
- Fort heureusement il existe un procédé très sûr pour lutter contre cet inconvénient, c’est la fluatation qui consiste à imprégner la pierre d’un fluosilicate soit de zinc, soit de magnésie; au bout de quelques heures, il se forme avec'la chaux du calcaire un fluosilicate double d’une grande dureté qui constitue un revêtement d’une extrême solidité.
- Pratiquement on emploie surtout le fluosilicate de magnésie à 40° Baumé dont il faut environ 600 gr. pour durcir 1 m2-L’application se fait en deux fois, c’est-à-dire que l’on prend 300 gr. de fluosilicate que l’on étend de son volume d’eau et on donne une première couche avec le mélange, en se servant d’un pinceau en soies de porc, sans garniture métallique.
- On laisse sécher 12 à 24 heures suivant l’état de l’atmosphère, puis on passe la deuxième couche avec 300 gr. de fluosilicate non étendu, c’est-à-dire à 40° B.
- Le surlendemain, la pierre est dure.
- La première imbibition doit pénétrer le plus profondément possible dans la pierre, la seconde n’a pas besoin d’aller aussi loin.
- Les fluosilicates prêts à employer se trouvent chez la plupart des fournisseurs de produits chimiques ; la Maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand est spécialisée dans la fabrication des produits de ce genre. M. Ducoté, Lyon.
- Patinage du cuivre en vert ou vert bleu.
- Prendre :
- Vinaigre fort j à 8n......... 1000 cent, cubes
- Sel ammoniac................. 15 grammes
- Bicarbonate de soude. .... 5 —
- Appliquer la mixture au pinceau, sur la pièce bien décapée par un bain de soude caustique à 5 pour 100,
- Laisser sécher et répéter l’opération jusqu’à ce que la patine ait acquis l’intensité voulue.
- Finalement passer à, la surface de l’objet une brosse dont les soies ont été légèrement cirées. M. Pavin, au Cogner.
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- ACTUALITES ILLUSTRÉES
- Projections dans les nuages.
- Depuis longtemps, on a songé à utiliser les projecteurs pour éclairer les nuages et pour y faire de la publicité. Dès 1803, à VExposition universelle de Chicago, un appareil de ce genre était employé dans ce but. En France, les lois taxant les annonces lumineuses ont prévu ce mode de réalisation et l’ont même chargé de droits prohibitifs. C’est dire que les projections dans ou sous les nuages ne sont pas une nouveauté technique.
- Ajoutons qu’on pourrait prévoir leur emploi pour bien d’autres buts : éclairage de terrains d'aviation, signaux optiques nocturnes de grande portée, etc.
- C’est cette dernière raison qui a conduit /'Office national des Recherches et Inventions à essayer, ces jours-ci, un projecteur de ce genre que nous avons pu voir et que représentent les photographies
- une distance de 500 mètres, 300 mètres environ à 1000 mètres.
- Bien entendu, pour que la projection soit possible, il faut des conditions météorologiques particulières : nappe de nuages à surface inférieure plane formant plafond à hauteur convenable. Le cas n'est pas très rare dans nos régions.
- Avant de servir à des recherches plus techniques, ce projecteur annonce en ce moment aux Parisiens, dans le ciel, le Ve Salon des Arts ménagers, ouvert jusqu’au 19 février. Quand le ciel est clair, aucune projection ne peut avoir lieu, mais les autres soirs, on découvre de tout Paris le puissant pinceau de lumière qui parcourt le ciel; quand les nuages sont favorablement massés, on y voit apparaître un cercle de'lumière, tournant lentement afin que de tous les points on puisse lire facilement l’inscription qu’il porte ; celle-ci change périodiquement comme on peut se l'expliquer facilement en voyant la photographie des disques.
- L’effet est nouveau et curieux.
- jointes. Un groupe moteur fournit le courant pour l’éclairage et le fonctionnement de l’appareil monté sur remorque. La source lumineuse est une lampe à arc de 250 ampères; la lumière est réfléchie et concentrée par un miroir parabolique en verre de 1m. 10 de diamètre: elle traverse une chambre à eau, puis un disque dans lequel on aplacé l’image à projeter découpée dans une feuille de cuivre. Ce disque et cinq autres sont percés à travers un grand cercle qui permet de substituer les images à volonté ou automatiquement. Chaque disque est entouré de galets qui lui communiquent un mouvement de rotation lente sur lui-même. Le faisceau sortant à travers le disque découpé traverse un objectif de projection de 20 cm. de diamètre et d’un mètre de distance focale, puis est réfléchi par un miroir plan orientable en tous sens. La projection occupe un angle de 18 à 20°, l’image sur l’écrân des nuages mesure donc de 150 à 180 mètres à
- 95.409. — Paris, lmp. Lahure. iû-; co
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- PISCICULTURE ET AVICULTURE
- DANS LES RIZIÈRES A MADAGASCAR
- Pour définir d’un mot l’élevage du poisson dans les rizières j’ai créé le terme de rizipisciculture. Si le mot est nouveau, la chose n’est pais nouvelle. Depuis longtemps, au Japon et en Chine, on fait l’élevage de la carpe dans les champs de riz en y déversant les œufs du cypri-nidé, ils y éclosent et les alevins s’y développent rapidement.
- Dans les provinces rizicoles d’Italie, en Lombardie et en 'Vénétie, la carpiculture en rizière a pris depuis une quinzaine d’années une extension considérable, des carpes-miroir, âgées de seize mois, peuvent atteindre 1500 gr. après deux séjours de trois mois dans une rizière.
- Dans nos colonies, les terres enrizées représentent d’immenses superficies, deux millions et demi d’hectares en Indo-Chine, 500 000 hectares à Madagascar.
- La rizipisciculture est donc d’un gros intérêt pour nos colonies, il faut l’y introduire et l’y ' répandre partout où les conditions hydrauliques de la rizière rendent cet élevage possible. Je l’ai introduite à Madagascar avec un double objectif : économique, la production de poisson; sanitaire,-la destruction des larves de moustiques qui transmettent la fièvre paludéenne. Ici, je parlerai surtout de l’objectif alimentaire.
- LA RIZICULTURE A MADAGASCAR
- L’élevage du poisson étant subordonné à la culture de la céréale, il est nécessaire d’indiquer comment se pratique celle-ci sur les hauts plateaux de Madagascar où j’ai fait mes expériences de rizipisciculture. Les Iiovas exécutent dans leurs rizières la série des travaux suivants : labour à la bêche à une profondeur de 20 cm, quelques mois plus tard émottage sous une mince couche d’eau, repiquage du plant huit à quinze jours après l’émot-
- tage. Le riz de marais (Oryza sativa) à Madagascar et en Indo-Chine ne se sème pas directement dans la rizière comme en Italie, il est semé d’abord en pépinières et repiqué ensuite, comme chez nous le plan d’oignon ou de laitue. L’arrachage du plant long de 20 à 25 cm, qui se fait à sec, et le repiquage qui se fait sous quelques centimètres d’eau, sont pratiqués par des femmes.
- A mesure que le jeune plant grandit, on lui met au
- pied une plus forte nappe d’eau que retiennent de petits talus de 20 à 30 cm de hauteur entourant la rizière. Une coupure dans les talus opposés permet à’vo-lonté la retenue ou la circulation de l’eau dont on règle le débit à l’aide de quelques mottes.
- La hauteu
- d’eau ne devrait jamais être supérieure à 20 cm. Mais, pour cela, il faudrait être les maîtres de l’eau, ce qui est rarement le cas à Madagascar. Dans les parties basses des plaines, les riz ont pendant des semaines de l’eau jusqu’à l’épi, le Malgache doit faire sa récolte dans l’eau jusqu’à la ceinture.
- Après la coupe du riz, l’eau stagne encore pendant des mois dans beaucoup de rizières. Cependant l’assec pendant une longue période est indispensable à l’aération et à la nitrification du sol, il a pour autre résultat de détruire les larves de moustiques et autres insectes nuisibles. L’hygiène et l’agronomie sont entièrement d’accord à ce sujet*
- Sur les hauts plateaux de File, les rizières se classent en rizières de première ou deuxième saison, selon la date du repiquage, août et septembre pour les premières, novembre et décembre pour les autres (Madagascar est dans l’hémisphère austral).
- Les rizières de première saison sont des rizières de plaine, irriguées par les canaux du système hydraulique ; les autres, plus ou moins élevées au-dessus du niveau de
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- Fig. 2. — Le labour de la rizière (dessin de Mlle Legendre).
- la plaine ou sculptées en gradins dans les collines, reçoivent l’eau des sources à la tête des thalwegs et l’eau des pluies; on ne peut les mettre en culture que lorsque la saison des pluies, qui commence en novembre, est régulièrement établie. La récolte dans les'rizières basses se fait en décembre et janvier, dans les rizières hautes en mars et avril.
- i LA RIZIPISCICULTURE
- Chaque rizière est un petit étang temporaire peu profond, planté avec une graminée aquatique à croissance rapide. Les conditions favorables au riz, fumure, eau à circulation lente, sont également propices à la reproduction et au développement de certains poissons. La densité régulière de la végétation empêche l’eau d’atteindre une température nuisible à la population ichtyologique.
- De septembre à fin avril, la température de l’eau dans les rizières se maintient, du lever au coucher du soleil, entre 20° et 25ü centigrades, elle peut monter quelquefois
- Fig. 4. — Arrachage des plants de riz (dessin de Mlle Legendre).
- d’un ou deux degrés pendant les heures chaudes ou bien descendre d’un chiffre égal au cours de la nuit ou sous l’influence d’une forte pluie.
- Il est évident que, dans ces conditions idéales de température, les cyprinidés et autres espèces qui habitent pendant quatre à six mois ou plus les eaux calmes et chaudes de rizières très riches en plankton y ont une croissance extraordinairement rapide, ils s’y trouvent dans une véritable forcerie, en état de suralimentation continue.
- Aucun aménagement particulier des rizières n’est nécessaire pour l’élevage des poissons, il suffît de donner partout aux talus une hauteur de 30 cm afin que, pendant les averses torrentielles de la saison des pluies, l’eau ne les déborde pas et ne permette pas aux poissons de s’enfuir. Le seul dispositif que réclame la rizipiscicul-ture est de placer dans les deux coupures étroites des talus pour la circulation de l’eau un treillage métallique ou un clayonnage serré pour empêcher les poissons de passer dans la rizière voisine.
- Le déversement des poissons dans la rizière doit être
- Fig. 3. — Emottage de la rizière (dessin de Mlle Legendre).
- pratiqué huit jours après le repiquage, alors que les jeunes plants ont fait leur reprise. Le nombre de poissons à déposer dans une rizière dépend naturellement de la superficie de l’étang-rizière, il devra être largement calculé en raison de l’abondance extrême de la nourriture composée d’entomostracés (cyclopes, daphnies, etc.), d’insectes (larves de moustiques, de chironomes, de dytiques, de libellules), de vers et de batraciens en nombre considérable. Après avoir adopté le chiffre d’un cyprin doré de 6 cm pour 4 m2, j’ai constaté qu’il était très au-dessous de la capacité alimentaire de l’étang-rizière, on peut le porter à 5 poissons tout venant par mètre-carré d’eau, si on n’emploie que le cyprin. Si on y joint la carpe ou la perche, on les y mettra à raison d’une perchette et d’un carpillon pour huit cyprins.
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- Il incombe à chaque riziculteur d’éprouver la capacité alimentaire de ses rizières pour les poissons qu’il emploiera : cyprin, carpe, perche.
- Le cyprin doré ( Carassius auratus Linné) a été introduit à Tananarive par Jean Laborde, il y a une soixantaine d’années, sous les espèces de sept poissons rouges, qui furent déposés dans le lac Anosy situé au pied de la ville.
- De là, leurs descendants se répandirent ou furent transportés dans tous les canaux, marais, étangs, lacs et cours d’eau des hauts plateaux. C’est Sainjon qui les introduisit dans le lac Alaobra où ils pullulent aujourd’hui en compagnie de la perche malgache.
- Le poisson que j'ai appelé perche malgache et dont j’ai publié la biologie (mœurs, ponte, régime alimentaire) et l’élevage est le Paratilapia Pollcni, Bleeker de la famille des Cichlidés..
- Confiné dans certains lacs et marais, il ne s’aventure
- Fig. 6. — Troupeau de canards dans les rizières de Manjaharay.
- pas dans les canaux qui conduisent aux rizières de plaine, il faut l’y transporter et, à plus forte raison, dans les rizières de colline. Il vit parfaitement et croît notablement dans les rizières, j’y ai même observé des pontes, ce qui n’est pas à rechercher, car les alevins n’ont pas le temps d’atteindre une taille suffisante en une saison rizieole et. sont exposés à périr au moment de la pêche, car ils supportent mal les chocs. Il est donc préférable de ne mettre en rizières que de jeunes perches ayant déjà frayé et libérées de la garde de leur nichée.
- La ponte commence en novembre, la garde des œufs, puis des alevins par les parents dure au minimum un mois.
- Ce percoïde est le poisson de luxe des hauts plateaux; sa chair est savoureuse et n’a que les arêtes costales. Il atteint un bon prix sur les marchés, frais ou fumé.
- Les huit carpes miroir (Cyprinus carpio, çar. specularis) que j’ai introduites de France à Tananarive, en avril 1914, s’y sont parfaitement acclimatées, reproduites et conser-
- Fig. 5. — Troupeau d’oies sur une rizière, dans la région de} Tananarive.
- vées pures malgré l’impossibilité d’éviter l’introduction du cyprin doré dans les étangs où on les élève.
- Des carpillons de leur descendance ont été transportés par le Service des Eaux et Forêts (Louvel) dans les étangs de la forêt de l’Analamasotra, dans le lac Alaotra (600 carpillons en mai 1923) et ailleurs. Ces poissons d’une espèce sélectionnée, à croissance rapide, sont ou peuvent être à la disposition des stagniculteurs et rizicul-teurs. Ils trouveront dans la rizière un milieu d’élection, la seule chose à craindre est l’évasion, si les talus ne sont pas assez élevés ; il est certain que la rizicarpiculture donnera des résultats remarquables.
- Pour le cyprin et la carpe, l’empoissonnement de la rizière sera rendu plus facile en adjoignant aux jeunes cyprins et aux carpillons un certain nombre de poissons de même espèce sur le point de frayer, dont les alevins peupleront la rizière. Malgré que la perche fasse une grande consommation de cyprins, on ne s’en aperçoit pas dans la multitude de ceux-ci; la carpe se défendra encore mieux puisqu’elle croît plus vite et deviendra rapidement trop volumineuse pour être avalée par la perche.
- En quatre à cinq mois de rizière, le poids des poissons récoltés atteint facilement 15 fois celui des poissons déversés. Après neuf mois dans une rizière basse, je l’ai
- Fig. 7. — Huttes-abris pour canards à Manjaharay. j
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- vu atteindre 25 fois le poids de la semence. Il varie suivant les conditions particulières à l’étang-rizière, mais c’est toujours une bonne affaire de récolter simultanément dans le même champ riz et.poissons.
- La perche croît beaucoup moins vite que les cyprini-dés, mais elle rachète la quantité par la qualité.
- Après la coupe du riz, un bâton fiché dans le sol et
- Fig. 8. —: Pêche à la nasse traînante.
- portant à son sommet un paquet d’herbes signifie que la pêche y est interdite aux tiers.
- Le riz ne souffre pas de la présence des poissons, il est même certain que la multitude de ceux-ci qui mangent et digèrent sans cesse (on trouve rarement leur tube digestif vide) fournissent par leurs déjections et par les cadavres de ceux qui meurent une fumure qui n’est pas négligeable.
- Avant la mise à sec de la rizière, on récolte les poissons en les cernant dans un angle à l’aide d’un rouleau ininterrompu de chaume et d’herbes confectionné sur place, ou bien avec une nasse traînante, sorte de petit chalut à main avec lequel les femmes grattent le fond. Une partie du poisson est consommée à l’état frais, le reste séché au soleil; il se conserverait mieux s’il était fumé ou salé.
- Après la coupe du riz, l’eau stagne encore plusieurs mois dans les rizières parce qu’il est impossible de les assécher ou, le plus souvent, parce que c’est toléré depuis l’occupation française. Les Malgaches en profitent pour y laisser les poissons jusqu’à la baisse des eaux et pour y élever des palmipèdes, canards et oies, dont ils sont grands amateurs. Dans ce pays dont une grande surface est couverte d’eaux stagnantes permanentes (marais, lacs) et d’eaux stagnantes temporaires (rizières), cette industrie ne pouvait manquer d’être prospère. L’élevage des palmipèdes y est une annexe de la riziculture et s’y fait sur une assez grande échelle, surtout dans les parties basses des plaines. Pendant la végétation du riz, la rizière est interdite aux canards et aux oies, ils en prennent possession après la récolte. Dans la banlieue de Tananarive on rencontre des troupeaux dé ces vola-
- tiles qui passent la journée sur les rizières et la nuit dans la hutte basse, construite sur une digue, qu’ils partagent avec leur gardien.
- Les canetons et dindonneaux restent au village où ils reçoivent les soins et les pâtées qu’exige leur âge; ne vont aux grandes eaux que ceux qui ont dépassé l’âge fragile. Ceux-ci trouvent dans la prairie aquatique une alimentation végétale et animale qui les conduit rapidement au marché avec leurs commensaux, les poissons.
- On pourrait, en empoissonnant toutes les rizières de Madagascar, produire en six mois 50 000 tonnes de poisson, soit 100 kg à l’hectare, ce qui est un minimum. Cela suppose évidemment l’affectation dans chaque canton de petits étangs ou viviers, publics ou privés, à la semence, alevins et reproducteurs, destinée aux rizières. La <c reconnaissance du ventre » est celle que l’indigène pratique le mieux, il saura gré aux pouvoirs publics de ce qu’ils feront pour faciliter et améliorer sa subsistance.
- Au sujet de l’emploi des poissons larvivores dans la lutte contre les moustiques anophèles qui propagent la malaria, il est évident que la rizipisciculture doit être étendue à toutes les rizières puisque ce sont elles qui sont les principaux centres de production des anophèles.
- Si, sur cent rizières qui entourent un village et l’infectent de paludisme on n’en empoissonne que cinq, quatre-vingt-quinze autres lâcheront encore assez d’anophèles pour maintenir l’index paludéen du village.
- La généralisation de la rizipisciculture, l’assèchement des rizières après la coupe du riz, la substitution de cultures sèches : légumineuses, maïs, manioc, etc., aux rizières de collines très malarigènes et de rendement médiocre, l’élevage d’animaux domestiques susceptibles d’attirer sur eux la piqûre des anophèles, sont les méthodes efficaces énumérées dans mon « plan de campagne antipaludique pour Madagascar ». La quinopro-phylaxie, aujourd’hui en honneur, est un moyen ruineux, sans effet et hors de proportion avec le but à atteindre. Ce n’est pas avec la quinine qu’on a assaini la Sologne. On ne gagne pas une bataille avec des postes de secours; tout en soignant le paludéen, il faut attaquer les anophèles, comme on pourchasse le chien enragé, tout en traitant les personnes mordues, c’est le seul et sûr moyen de vaincre la malaria.
- Dr J. Legendre.
- Fig. 9. — Pirogue et nasse de pêche.
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- LA FABRICATION SYNTHÉTIQUE =E
- DE L’ACIDE NITRIQUE ET DES NITRATES AU DÉPART
- DU GAZ AMMONIAC
- Devant la consommation sans cesse croissante des engrais synthétiques, la fixation de l’azote atmosphérique reste l’un des principaux problèmes de la chimie industrielle et, de préférence à celui des sels ammoniacaux — sulfate et chlorure — certains agronomes recommandent aujourd’hui l’emploi du nitrate de chaux, directement assimilable par les végétaux, donc d’action rapide et qui peut ainsi s’utiliser, en fin de printemps ou dans.le cours de l’été, à la dose minimum de 100 kg à l’hectare, sur les terres argileuses ou sableuses, ou sur les terres à betteraves décalcifiées. C’estla raison pour laquelle le nitrate dit industriel et de couleur grise, où l’analyse décèle, à côté du sel (N03)-Ca, 4H20, l’azotate basique (N03)*Ca, CaO, pour une teneur en acide nitrique N05H voisine de 50 pour 100, est devenu un produit de vente courante dont la seule industrie allemande a livré, du 1er juillet 1926 au 30 juin 1927, 420000 tonnes, qui correspondent à 60000 tonnes d’azote, sensiblement le vingtième de la consommation mondiale. C’est là un concurrent sérieux pour le nitrate de soude chilien, sorti des gisements de Taracapa, Toco, Antofagasta, Aguas Blancas et Taltal, engrais à la teneur moyenne de 15,5 0/0 d’azote (N), dont la production, évaluée en élément N, ne dépassera pas, en cette année 1927, 300000 tonnes.
- Jusqu’en 1920 l’Europe ne comptait vraiment qu’un seul producteur de nitrate synthétique : la Société norvégienne de l’azote qui, fondée en 1905 pour l’exploitation des procédés Birkeland et Eyde, possède les chutes du lac de Mjoes, dans la vallée de Télémark, à quelque
- _Tube c/e Fonte émaii/èe
- JTube de n/cket
- J vers /es tours d'oxydation et d'aùsorphon
- Fig. 2. — Appareil de catalyse Ostwald.
- Four-
- électrique
- Gaz chauds à 800’-/000°c
- Bioxyde dazote
- Chambre de refroissement
- IL
- sot
- Pèroxydi
- d'azote
- Chaudière
- Chambre
- d’oxydation
- Lit de chaux
- Fig. 1. — Schéma d'une usine préparant l’acide azotique par oxydation directe de l’azote.
- cent cinquante kilomètres d’Oslo, où l’ensemble de ses trois usines (Notodden, Rjukan I et Rjukan II) disposait, aux derniers mois de 1925, de 400000 ch.
- LE PROCÉDÉ PAR OXYDATION DE L'AZOTE
- On connaît les grandes lignes de la méthode mise en œuvre : oxydation de l’azote atmosphérique, par simple passage de l’air lancé en trombe à la surface d’une sorte de disque produit, dans une chambre en briques réfractaires, par le courant alternatif faisant jaillir l’arc entre deux électrodes de cuivre distantes de 8 mm, puis oxydation de l’oxyde azotique, enfin absorption du peroxyde formé, l’usine livrant ainsi : soit l’acide concentré à 95 pour 100 N O3 H, soit le nitrate calcique que donne l’acide étendu, venu de l’une des premières tours d’absorption et laissé au contact de calcaire broyé. Dans ce dernier cas, la solution est envoyée dans des appareils à grimpage, type Kestner, et concentrée vers 140° de façon à « se prendre en masse » dès qu’on procède au coulage, en présence d’un peu de )chaux, dans des tonneaux de fer.
- La suite des réactions peut se résumer comme il suit : .N+0->àO, 2N-+-30 N2O3
- NO +- O -* X O2, N 203 -+- O -X 2 N O'2 12 NO2 -j- 3H20 -> 6N03II +3 X*03 3NS03 -f- I-PO-y 2 \(Eli + 4N O 2N03H -4-CaO = IPO -f- (NO3) "2Ca sans insister sur les réactions secondaires signalées par MM. Brinner, Durand, Pascal, Guichard et Sanfourche.
- Le four à arc a fait l’objet de nombreux brevets — Pauling, lvowalski et Moscicki, Schônherr, Helbig... — mais son emploi ne peut se développer que dans lespays à chutes d’eau extrêmement puissantes. En effet, la teneur des gaz en oxyde NO, à la sortie du premier appareil, varie entre 1,5 et 2,5 pour 100 et pour fixer 100Ô gr. d’azote :
- le four Pauling demande 97 ch. heure » Birckeland » 84 » »
- » Schônherr » 80 » »
- Le travail fourni par les dynamos se transforme presque entièrement en énergie calorifique, en partie enlevée par l’eau de refroidissement des électrodes, en partie
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- entraînée par les gaz ou perdue par rayonnement. La Norvège seule, en Europe, est particulièrement favorisée par ces réservoirs de force que sont quelques-uns de ses lacs, comme ce lac de Mjoes qui, sur une superficie de 57 km2, emmagasine 800 millions de mètres cubes'd’eau.
- L'OXYDATION DE L'AMMONIAC
- Si bien que les usines françaises, anglaises, allemandes ou américaines, développées au cours de la guerre mondiale pour la fabrication de l’acide NOsH nécessaire à la préparation de certains explosifs, ont dû marquer une préférence pour le procédé qui repose sur une très ancienne expérience de cours : oxydation du gaz ammoniac NID, entraîné par un courant d’air sur de la mousse de platine chauffée, expérience signalée, en 1842, par Frédéric Kiihlmann, professeur à la Faculté de Lille. La réaction ne se produit pas avec formation immédiate d’acide, comme l’indique la formule le plus souvent adoptée :
- 2 N IP -f- 202 —> N 031I -b 11-0 car, à la température de [300°, l’acide ne peut subsister. Il se forme d’abord de l’oxyde azotique qui fixe ensuite de l’oxygène, la réaction (1) 2 \ÎF-~5 O -> NO -f- 31-1*0,
- qui libère 107 300 calories, étant moins brutale que l’oxydation totale
- 2NTHr,-f- 30 N2 -t~ 3H-0 qui en dégage 150000.
- En présence cl’un catalyseur, cette réaction (i) se produit quantitative entre 600 et 800°, et le problème de l’absorption des vapeurs de peroxyde formé par la suite (NO-p-O—x NO3) se pose de la même façon que pour les procédés de synthèses Birckeland, Paulingou Schônherr, à cette différence près cependant que les gaz fournis par la réaction de Kiihlmann sortent du « convertisseur » beaucoup plus chargés en oxyde d’azote que les mélanges de même nature des fours à arc : leur teneur en gaz utile NO correspond en effet à une production de 220 à 240gr. d’acide N03H au mètre cube.
- C’est en 1906 queM. Ostwald fixa les meilleures conditions de l’expérience — air 11 parties, Nil5 1 partie et, sept ans plus tard, on ne comptait encoré en Europe que deux usines, l’une en Westphalie, à Gerthe, l’autre en Belgique, à Yilvorde, où, partant de l’ammoniac, on fabriquait, dans la première, de l’acide à 58 pour 100 N05H,dans la seconde du nitrate No3NIL. Leurs techniciens suivaient les indications du professeur de Leipzig alors qu’à Spandau, le Dr Kaiser, modifiant un peu le procédé, utilisait dans ses ateliers d’essais un catalyseur en forme de grille. Mais, au cours des années qui suivirent 1914, on vit la fabrication se développer en Allemagne (usines d’IIœchst, d’Oppau, de Merseburg), en Angleterre (usine de Bekton, près de Londres), aux États-Unis (usines de Sheffield et de Muscle Shoals), en France enfin (usine d’Angoulême).
- Il reste entendu que pour un grand nombre d’applications, — industries des matières colorantes, de la soie artificielle ou du fulmi-coton — l’acide fourni par l'ox3r-dation catalytique de l’ammoniac est trop étendu et demande une concentration qui n’est pas la partie la moins
- importante de la fabrication. Par contre, il se prête directement à la préparation des nitrates N05Na ou (NO3) aCa, et c’est ainsi que les usines signalées plus haut se sont transformées, pour la plupart, en fabriques d’engrais synthétiques au lendemain même de l’armistice, les installations allemandes restant, dans cet ordre d'idées, de beaucoup les plus importantes.
- Préparation de l’ammoniac. — La grande « fragilité » des différents catalyseurs en usage exige que le gaz Nil3 ne contienne aucun « poison », comme l’hydrogène sulfuré ou le phosphure d’hydrogène. — A l’usine d’Angoulême qui reproduisait, dans ses grandes lignes, celle de Vilvorde, on obtenait l’ammoniac par décomposition de la cyanamide calcique, en présence d’eau alcaline. L’appareillage comprend alors une série d’autoclaves de 12 à 15 me., chargés de 3000 à 3500 kg de chaux azotée et pouvant supporter, en marche normale, une pression de 12 kg. L’évacuation du gaz se faisant à trois ou quatre reprises, chaque opération, d’une durée de cinq heures, libère de 1100 à 1200 me. d’ammoniac qui se purifie par simple passage sur de la chaux semi-éteinte, puis filtration, dans des caisses à poussière, au travers d’une série de toiles.
- Dans les usines allemandes, comme Hœchst, on préfère l’ammoniac préparé par la méthode Haber-Bosch. Dans les colonnes à plateaux, que surmonte un rétrogradateur tubulaire, la solution à 20-22 pour 100 Nil3 est soumise à l’action de la vapeur d’eau arrivant sous une pression de 2 kg. Le gaz traverse ensuite des tours garnies d’anneaux llaschig, arrosés d’une lessive de soude qui retient les produits sulfurés et, dans une série de tubes refroidis, il se sépare de l’eau entraînée. Chaque colonne de distillation, d’un diamètre de 2 m pour une hauteur de 3 m. 50, contient 15 plateaux et, traitant par journée de travail de 90 à 100 tonnes de lessive alcaline, donne de 20 à 23 t. d’ammoniac. Dans un collecteur, ce gaz rencontre de l’air soigneusement filtré sur toile de coton, pour fournir à la combustion le mélange (°/0i
- air 87,5 — Nil3 12,5.
- Dans les installations anglaises, type Beckton, onobtient un mélange comparable par l’envoi d’air dans une colonne cylindrique, analogue aux colonnes Savalle, haute de 3 m et munie de quatre plateaux à trop-plein permettant un barbotage régulier au travers de la lessive à20 p. 100 NIPqui les recouvre. Du plateau inférieur au sommet, la température va s’abaissant de 100 à 20 degrés.
- Four convertisseur. — Dans cet appareil, le catalyseur est l’organe essentiel et, depuis 1910, de multiples essais ont porté tant sur sa nature — platine, alliages d’or et de palladium, fer pur ou fer allié à un second métal : bismuth, cuivre, cérium, tungstène — que sur la forme à lui donner : lames ondulées, toiles, mousse, grains.... — Chaque usine se distingue ainsi des installations analogues, bien plus par le four de combustion que par les organes qui le suivent, tels que récupérateurs de chaleur et tours d’oxydation ou d’absorption.
- Un atelier du type Vilvorde, employant la méthode Ostwald, comprend une série d’unités, formées chacune de deux tubes de même axe, l’un en laiton ou en fonte, et calorifugé, l’autre en nickel. Le mélange des gaz, air
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- et ammoniac, qui s’est fait dans les simples paniers en tôle perforée que renferme une conduite cylindrique, traverse l’espace annulaire qui sépare les deux tubes et récupère 40 pour 100 de la chaleur dégagée par la réaction de Ivühlmann, au contact du tube de nickel dans lequel il pénètre, pour le parcourir de haut en bas, par l’appareil de catalyse proprement dit. Celui-ci peut être formé d’une sorte de spirale, haute de 2 cm et donnée par
- J
- deux bandes de platine (épaisseur mm), la première
- lisse, la seconde ondulée, qu’on applique l’une contre l’autre et qu’on enroule ensemble. Les tubes de fonte ou de nickel ont respectivement un diamètre de 10 ou de 8 cm pour une hauteur de 3 m. 50 et le tube d’évacuation, pour le mélange NO + air, qui termine l’unité présente une section de 700 cm2. Pour l’alimentation, une même conduite suffit à deux batteries de 12 à 18 convertisseurs, et, la durée de contact entre les gaz et la spirale de platine attei-
- , . 1 gnantapeine-^Q
- onestime qu’un gramme du métal précieux suffit à la production quotidienne de 2 kg d’acide N CPH.
- A l’usine d’Oppau, chaque convertisseur se compose d’une caisse de tôle cylindrique, revêtue de briques réfractaires sur une épaisseur de 30 cm. La section utile est de 7 à 8 mq pour une hauteur de 5 m. 50. Au tiers de cette hauteur, une voûte de maçonnerie percée de trous supporte, sur une épaisseur de 8 à 10 cm, les grains du catalyseur à base d’oxyde de fer/FeHJ5, 30 0/0; Mn'CF, 8 0/0; Bi2Or>, 8 0/0 j. La mise en température étant obtenue avec les gaz chauds d’un foyer indépendant, on lance le courant de gaz, air et ammoniac, qui, arrivant 4300-330°, s’échappe, après un contact d’une demi-seconde avec la substance active, chargé d’oxyde AzO à 750°. Les appareils sont jumelés et le rendement s’élève à 90 pour 100.
- A Hœchst, la combustion de l’ammoniac se réalise dans des fours en fonte, composés de deux corps en forme de troncs de cône accolés par la plus grande base, et le catalyseur est fait de trois toiles de platine juxtaposées. Avec 1000 mailles au cm carré, le fil a pour diamètre 0,06 mm; des fils plus gros viennent, par intervalles de 7 à 8 cm, renforcer les trois disques dont le rayon est de 25 cm. Le montage de ces fours se fait par groupe de 14, en deux séries de 7 — chaque groupe correspondant à un échangeur de température — et l’ensemble de l’installation comprenait, en 1922, 252 appareils : 14 groupes de 14, et
- 2 groupes, comptant chacun 4 séries de 7. En marche normale, la production d’un convertisseur dont la toile doit être vérifiée tous les cinq ou six mois est, par journée de travail, de 1050 à 1100 kg d’acide NOHI, le rendement s’élevant à 4 kg par gramme de métal actif.
- Dans les usines anglaises, le convertisseur — type Brünner et Mond — comprend, comme organe catalyseur, deux toiles de platine, couvrant chacune 150 cm carrés et présentant 150 000 mailles pour un fil de même diamètre que le fil employé à Hœchst. L’ensemble est chauffé par un courant de 300 ampères, sous 12 volts, amené par des barres d’argent, les deux toiles étant séparées par un cadre de mica et des baguettes de quartz.
- Aux Etats-Unis, à la suite des essais de MM. Landis, B. Taylor, II. Copps, APerley et G. L. Parsons, on s’en est tenu aux indications de ce dernier“chimiste. Le convertisseur contient une toile de platine, large de 33 cm et
- longue de 3 m, pliée sur elle-même, de façon à donner une masse cylindrique qui repose sur une plaque de silice au centre d’une enveloppe de briques réfractaires dont le rayonnement suffit, après allumage et mise en marche, à maintenir une température de 800°. Le rendement dépasse 93 pour 100 et atteint 120 gr. d’acide N03H par décimètre carré de surface de toile, soit près de 18 kg par gramme de platine. Pour une tonne de production journalière, on n’immobilise ainsi que 50 gr. de métal et l’addition d’une faible quantité d’iridium (1 pour 100) a. paru donner d’excellents résultats, ainsi que « l’activation » préalable du catalyseur, lavé à l’éther et maintenu ensuite, vers 800-850°, dans une atmosphère chargée d’ammoniac où il semble que sa surface se recouvre d’une couche infiniment mince de métal spongieux.
- Tours d’absorption. — A la sortie des convertisseurs, Tes gaz chargés de peroxyde NO2 traversent une sérié de canalisations qui permettent d’abaisser leur température et'de récupérer, dans des échangeurs, une grande partie de la chaleur entraînée. Généralement, ils marquent 140-150° quand ils arrivent aux tours d’absorption.
- Nous n’insisterons pas, comme nous l’avons dit, sur les diverses réactions auxquelles se prêtent, au contact de l’eau, les multiples composés oxygénés de l’azote. Le lecteur qu’elles intéressent les trouvera, longuement étudiées, dans les différents ouvrages que nous indiquerons à la fin de cette étude. Nous noterons seulement, pour la clarté de ce qui va suivre, que les mélanges se trouvent
- —>• Départ c/es gaz dans le chauffage préalable
- SCC.,
- air+ammoniac
- Regard
- Bi303+Fea03+ Mn aO 3
- Regard
- peroxyde id'azote
- Four de chauffage au gaz pauvre —
- Fig. 3. — Convertisseur-type, de l’usine cf’Oppau.
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- —----- 200 1 =
- bientôt dans un milieu riche en acide nitrique, dont l’eau de lavage se charge de plus . en plus et qui peut ainsi intervenir. A ce sujet, M. Sanfourche a indiqué que sa réduction s’amorce dès que la concentration atteint 50 pour 100 et que la température tombe au voisinage de 50°.
- ^(p+2N<J3H-^2N2(>4-H20.
- Un réchauffement des gaz, dans les tours tendrait surtout, des deux effets qu’il peut produire, à déplacer l’équilibre de la réaction de Briner et Durand, en faveur de l'acide nitreux :
- 2XO-+-HsO-f-N03 H ^3N02H.
- Malgré l'opinion de quelques praticiens qui pensent qu’en abaissant à 10’la température des courants gazeux on faciliterait l’oxydation du dérivé NO aux dépens de l’oxygène qu’ils renferment — on admet, dans la pratique courante, qu’une circulation méthodique des acides, recueillis au bas des diverses tours et qui reviennent à la première, ne peut fournir qu’un produit à 50 p. 100 NO3 H, à concentrer par la suite ou employer directement à certaines opérations comme l’attaque d'un carbonate. On remarquera d'ailleurs qu'avant d'être rejetés dans l’atmosphère, les gaz des « tours acides » sont soumis, dans les deux dernières tours, à l’action d’une lessive alcaline, l’installation produisant ainsi, à côté de l’acide étendu, des solutions de nitrate et de nitrite, car, enfin de trajet, les gaz très dilués tendent à donner plus d’anhydride azoteux que d’anhydride azotique.
- A l’usine française d'Angoulême, montée très rapidement sur les plans de l’usine de Vilvorde, un jeu d’orgue formé de tubes d’aluminium précédait un circuit en grès, refroidi dans une cuve à eau. L’absorption se réalisait ensuite dans des tours hautes de 12 m. 50 pour un diamètre de 4 m. 20, et remplies, sur une épaisseur de 8 m., de briques inattaquables, offrant par appareil une surface de contact de 2500 mètres carrés pour une vitesse moyenne des gaz de 7 cm à la seconde.
- A Hcechst, avant leur arrivée aux tours d’absorption, les gaz sont brusquement refroidis, de façon à se dessécher avant oxydation totale, par passage dans l’espace étroit qui sépare les parois de deux cylindres d’aluminium de même axe et d’une hauteur de 2 m, pour des diamètres respectifs de 78 et de 80 cm. Chaque série de huit tours est ainsi précédée de seize réfrigérants, au sortir desquels on fait un apport d’air supplémentaire. Les tours d’absorption proprement dites sont au nombre de 32 (4 files de huit chacune). D’une hauteur de 12 m. pour un diamètre de 6, les six premières de chaque file ont des parois en briques inattaquables par les acides, alors que les deux autres, faites de tôle épaisse, sont réservées à l’arrosage alcalin, à l’aide de liqueurs à40pour 100 C03Na2. Le remplissage, analogue à celui d’un Glover, comprend un empilage régulier de cylindres en poterie vernissée, un mur diamétral provoquant la circulation des gaz, pour chaque moitié de la tour, dans un sens déterminé. L’arrosage est assuré au sommet par des ponapes à garniture de ferro-silicium qui répandent les acides faibles sur un disque tournant à la vitesse de 100 tours à la minute. Au bas de la première tour, on soutire l’acide à50p. 100NO3H qui marque 34-35 degrés à l’aréomètre Baumé, un cin-
- quième de l’acide réellement produit se retrouvant, grâce aux deux dernières tours, sous la forme de sels alcalins. On estime à Hcechst que le rendement de la catalyse étant de 90 à 92 pour 100, celui des appareils d’oxydation, puis d’absorption, atteint 88 pour 100.
- A l’usine d’Oppau, le refroidissement des gaz sortis des convertisseurs s'obtient par simple passage dans des tours remplies de morceaux de quartz, et l’installation d’une série comprend : une tour de tête (haut. 15 m, diam. 6) suivie de quatre tours « acides » à circulation méthodique, puis de deux tours « alcalines ». C’est au bas de la seconde qu’on recueille un produit à 45-46 pour 100 NO3 H, les liqueurs issues de la troisième et quatrième ne tenant respectivement que 25 et 15 pour 100. Par une série de canalisations et un jeu de pompes en ferro-chrome-nickel ou en ferro-silicium, débitant chacune une centaine de mètres cubes à l’heure, on peut d’ailleurs modifier la marche des liqueurs acides, suivant les besoins déjà consommation. Seule, la circulation des gaz et vapeurs est réglée une fois pour toutes.
- Concentration de Vacide. — Pour élever le titre de l’acide et le rendre ainsi propre à certaines fabrications, comme celles des explosifs, on peut, dans une première opération, atteindre une teneur de 68 pour 100 N03H, par simple circulation, dans une sorte de Glover, arrosé avec le produit à 45-50 pour 100 qui rencontre, dans sa chute, les gaz chauds venus des convertisseurs. Mais suivant les indications delà Société norvégienne de l’azote, on tend à réaliser cette « préconcentration » dans des capsules couvertes, en ferro-silicium, disposées en cascade, communiquant entre elles et léchées„par les gaz chauds venus d’un foyer indépendant, l’ensemble de l’installation se terminant par une colonne de récupération qui retient les vapeurs nitriques entraînées et ne laisse passer que la vapeur d’eau. Dans les cuvettes inférieures, la température d’ébullition se maintient à 120-123° et, pour une batterie —type Kaltenbach — comprenant 12 appareils, d’un rayon de 0 m. 5 pour une profondeur de 0,40, on arrive à 26-27 tonnes d’acide à 65 pour 100 N03H, au départ de 35 tonnes d’acide dilué, sorties de la première tour d’absorption.
- La concentration finale donnant un produit à 99-99,1 pour 100 N03I1 pourrait s’effectuer dans des cornues, mais on préfère opérer par distillation, en colonne, au contact d’acide sulfurique à 96 pour 100 S O4 H2.
- A l’usine d’Uœchst, les colonnes cylindriques hautes de 7 m. pour un diamètre extérieur de 0,80 m. sont constituées de segments de fonte siliciée, revêtus intérieurement de briques vernissées et chargés de morceaux de quartz. L’acide nitrique faible et l’acide sulfurique arrivent. ensemble à la partie supérieure et se rassemblent dans une cuvette à bords dentelés qui répartit uniformément le mélange : ac. nitrique 1 partie : ac. sulfurique 7 parties. Malgré l’élévation de température produite par l’absorption immédiate d’une assez grande quantité d'eau et qui provoque le départ d’une forte proportion de vapeurs nitriques, on doit injecter par le bas de la colonne un peu de vapeur surchauffée. L’acide NOsH distillé se condense dans Je faisceau tubulaire d’un réfrigérant en ferro-silicium, alors que l’acide sulfurique étendu
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- s’écoule dans deux appareils, type Kessler, pour être de nouveau concentré et revenir en fabrication.
- L'INDUSTRIE FRANÇAISE DU NITRATE DE CHAUX
- Cette industrie de l’acide nitrique et des nitrates de synthèse constitue l'un des plus grands progrès de la chimie industrielle appliquée au cours de ces quinze dernières années, et, pour donner une idée de son importance économique, nous rappellerons que les seules usines d’Oppau et d’Ilœchst ont été équipées chacune pour une production quotidienne de 330 à 350 tonnes d’acide. On ne saurait donc s’étonner de voir les industriels allemands figurer en première ligne sur la liste des fabricants du nitrate synthétique destiné à
- l’agriculture.
- en
- ne pouvions. songer à leur oppo-
- 3/r+ammoniac
- de
- la
- de
- Catalyseur reposant Sur une plaque cfe silice
- Nous France,
- ser l’usine d’Angoulême montée au cours des hostilités et qui obtenait cependant, avec des moyens de fortune, le rendement très honorable de 85 pour 100.
- Après celle des usines La Madeleine-lez-Lille, mise en marche de l’usine Soulom (arrondissement d’Ar-gelès), rachetée à la Société Norvégienne de l’azote, permettra heureusement de réduire une importation qui, pour le nitrate de chaux, a atteinten 1926,30 000 tonnes, contre 28 000 en 1925.
- Créée en mai 1925, la Société qui l’exploite, a obtenu de la Société des Phosphates Tunisiens le contrôle de la Société des Forces électriques de la vallée de Gavarnie, propriétaire de la centrale de Luz, actionnée par la chute de Gèdre et forte de 30000 ch, à la suite d’un canal d’amenée long de 10 km.
- Trois turbines de 12 000 ch entraînent trois alternateurs et la ligne à haute tension aboutit, à l'usine de Soulom, au poste de transformation qui comprend six commutatrices de 3700 k\v chacune.
- La fabrication de l’hydrogène demandé par la synthèse de l’ammoniacest assurée par800cellules — électrolyseurs knowles —donnant, par journée de 24 heures, 2700 nr\ de gaz à 99,7 pour 100 H. (Les anodes en tôle de fer de ces appareils étant séparées des cathodes par un diaphragme en amiante, on soumet au courant une solution de soude caustique dans l'eau distillée — 15 pour 100 Na2 O, et, le plus souvent, ces cellules fonctionnent sous 2,25 volts en consommant 5,66 kwh. par m\ d’hydrogène). L’installation, type Casale (N -+-3H->NH''
- Trou d'allumage Fermé par une plaque de mica
- X
- Boite à gaz
- Support de niche/
- Fig. 4.
- sous 500 atm.) comprend six unités de 7 tonnes et demie chacune, et l’oxydation de l’ammoniac se réalise dans des convertisseurs Franck-Caro ; enfin quatre puissantes tours d’absorption et de neutralisation, montées déjà par la Société norvégienne de l’azote, permettent de passer du bioxyde NO au peroxyde NO2 et de là à l’acide étendu ou au nitrate calcique. Pour ce dernier sel, M. Pascal indique que les solutions peuvent se concentrer dans une série d’appareils à grimpage, avec revêtement d’élianite (ferrosilicium) jusqu'à la teneur qui permet une prise en masse : 18 tonnes du produit commercial demandent l’évaporation de 20 tonnes d’eau.
- La production prévue — mais le premier wagon de nitrate n’a quitté l’usine qu’en avril dernier — paraît être
- de 35000 tonnes annuelles, auxquelles viendront s'ajouter, dit-on, de 1000 à 1500 tonnes de nitrate sodique et 4000 tonnes de sulfate S O1 (NH4j2.
- La consommation française du nitrate calcique semble ainsi assurée pour les années qui vont suivre, surtout si l’on rappelle que les usines lilloises sont maintenant équipées pour oxyder l’ammoniac préparé dans les cokeries même (Anzin, Maries, Cour-rières, etc.) avec l’hydrogène qui entre pour 50 pour 100 dans la composition des gaz rejetés par les batteries.
- A notre sens d’ailleurs, ces dernières installations ne tarderont pas à tirer parti d’une situation exceptionnelle.
- Leur fabrication ne présente pas, comme le fait l’industrie norvégienne de l’oxydation de l’azote, le côté pittoresque de ne demander comme matières premières que ces « éléments » de la philosophie grecque : l’air et l’eau; mais le développement de l’industrie cokière, avec récupération totale des sous-produits, leur fournira vraisemblablement l’hydrogène initial, à des prix assez bas pour rendre toute la concurrence malaisée (*).
- D’ici peu, grâce à cette nouvelle industrie, l’active région du Nord possédera une nouvelle source de richesses qui contribuera à renforcer sérieusement l’indépendance économique de notre pays.
- Xavier Larargue.
- 1. Bibliographie. — P. Pascal : Synthèses et catalyses industrielles ; L. IFackspill : l’Azote; M. Guichard : les Industries de l’azote; Paul Baud : Chimie industrielle (2° édition).
- Réfractaire
- atr+peroxyde =»- d'azote
- - Convertisseur C. 4 Parsons en dans les usines américaines.
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- AVIONS D'AVENIR
- I. AVION BERNARD HUBERT
- Fig. 1. — Coupe à travers le fuselage de l'avion Bernard-] lu ber t-100.
- sieurs années de retard, que nous allons au-devant des plus graves déceptions avec nos brillants mais si fragiles avions militaires et qu’enfin notre politique des grands raids et des discours naïvement optimistes n’a pu masquer notre insuffisance qu’à la seule opinion publique française.
- Ceux de nos lecteurs qui douteraient encore de cette situation peuvent aller à l’aéroport du Bourget et comparer les avions français aux avions étrangers qui sillonnent l’Europe.
- Dans ces conditions, nous estimons que le silence est plus coupable que la vérité si pénible soit-elle ; le silence aggrave la situation, la vérité peut au contraire nous indiquer les voies à suivre.
- L’Aviation française est gravement malade ; les symptômes de sa maladie sont perceptibles depuis plusieurs années, mais son diagnostic n’a été rendu public que depuis quelques mois. C’est d’ailleurs le rapporteur du budget à la Chambre des Députés qui a lui-même dénoncé le mal pour que des remèdes appropriés lui soient opposés, s’il n’est point trop tard.
- Depuis de nombreuses années, nous signalons cette situation lamentable ; tous nos avertissements s.e sont heurtés à l’optimisme béat des organisations officielles <jui prenaient toute critique pour une attaque personnelle.
- Le cadre scientifique de La Nature ne nous permet pas de discuter les raisons profondes qui ont amené cette situation; nous pouvons seulement constater qu’il existe une maladie morale se manifestant par une politique confuse et sans esprit de suite, et, d’autre part, une maladie physique qui se manifeste encore plus clairement par l’absence d’avions français comparables en qualité à ceux que depuis plusieurs années, certains pays étrangers ont créés et utilisent avec succès.;
- Notre technique officielle s’est enfermée volontairement dans une tour d’ivoire; elle ignore les progrès étrangers et elle épuise toute son intelligence à essayer vainement de comprendre tout le progrès aéronautique dans des formules mathématiques rigides autant qu’arbitraires ; cette technique officielle en arrive à repousser tout progrès qu’elle n’a pas créé elle-même.
- Tous les jeunes ou nouveaux constructeurs animés par des idées modernes ont été systématiquement découragés au profit de vieilles maisons, jadis glorieues, mais qui, depuis la guerre, ont concentré tous leurs efforts non pas vers la création de formules nouvelles en progrès, mais vers les démarches administratives qui amènent si fructueusement les commandes en grande série d’un matériel médiocre, ce qui est infiniment plus rémunérateur que, les études systématiques.
- Tous les étrangers, même les meilleurs amis de la France, déclarent que notre technique a maintenant plu-
- •T* 'fi
- Quelques constructeurs français se sont aperçu qu’il valait tout de même mieux aborder l’étude des avions modernes, plutôt que de s’épuiser en vain « à rafistoler » les vieilles formules périmées.
- Devons-nous ajouter que ces constructeurs ne sont justement pas ceux qui depuis plusieurs années bénéficient de la fameuse « politique de soutien! »
- Par vieilles formules périmées, nous entendons ces
- Fig. 2. — Répartition comparative du poids d'un avion Blériot-Spad-56 de 1920 [vitesse 115 km.-h.) et d’un avion Bernnrd-Hubert-190 de 1928 [vitesse 210 km.-h.) tous deux munis d’un moteur Jupiter 420 ch.
- Avion
- Blériot -Spad
- Avion
- Bernard - Hubert
- Charge
- payante
- \
- (D
- Combustible
- Pilote
- (D
- en
- Avion à vide y compris aménagements
- Fbids total 266? K.
- Charge payante =23,8% Charge payante au CV = I Kg 5
- Charge
- payante
- Combustible
- 300K.
- \ Pilote Aménagements
- Groupe
- motopnopulseur
- Fuselage et Itram dàtterrissagi
- Aile
- Fbidstotal - 3181 K. Charge payante = 28,2%
- Charge payante au CV= 2KgsI
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- = 203
- avions de toile et de morceaux de bois assemblés au moyen de mâts et de cordes à piano tendues. Ces assemblages hétéroclites donnent des avions légers et parfois brillants lorsqu’ils sont neufs, mais d’une fragilité à l’usage invraisemblable. Relèvent de ces formules tous ces vieux biplans à ailes minces qui forment non pas seulement le fond, mais la presque totalité de la flotte française, militaire ou civile.
- Par formules modernes, nous entendons ces avions monoplans à ailes épaisses, à surfaces dures, d'une construction robuste, souvent « monobloc », d’où sont proscrites toutes cordes à piano et étudiés en vue de la securité et de l’économie d’utilisation plutôt que pour cxécu-
- perte ; car, outre plusieurs avions militaires, il venait de terminer les plans d’un avion commercial qui pouvait nous donner un peu d’espoir pour l’avenir de notre pauvre aviation marchande.
- Celte réalisation résultait de nombreuses conversations entre M. Hubert et une Compagnie de navigation aérienne, la C I D N A qui depuis longtemps se plaignait de la médiocrité des avions qu’elle était obligée d’opposer en Europe aux avions étrangers.
- M. Hubert, sans aucun parti pris, n’hésita pas à s’inspirer des avions étudiés et mis au point à l’étranger et il eut pleinement raison puisque du premier coup il réalisa un avion très en progrès sur tout ce qui s’était
- Fig. 3. — L’avion Bernard-Hubert avant son premier vol (vue latérale).
- ter quelques tours de force retentissants. L’aéronautique française n’a que faire de chevaux de course vivant sous des couvertures, soignés par une armée de lads et époumonés après le moindre effort.
- Comme toutes les aéronautiques du monde, elle veut de solides chevaux rustiques et endurants.
- I. L’AVION BERNARD HUBERT 190 T.
- Le créateur de cet avion, M. Hubert, avait déjà conçu l’avion de pure vitesse qui, il y a quelques années, obtint le record de vitesse de 448 km à l’heure, ravi à la France tout dernièrement par l’Angleterre.
- M. Hubert vient malheureusement d’être tué dans un stupide accident d’automobile, sa mort est une lourde
- jusqu’alors fait en France. Le premier avion construit sur ces plans fut celui que sous le nom d’avion « Tango » devait piloter Tarascon pour tenter la traversée de l’Atlantique, de Paris vers New-York.
- La construction du premier avion fut retardée pendant plus de six mois par de graves difficultés financières; l’Etat, si généreux parfois pour les commandes de prototype, mit presque une année avant de passer le marché de commande, et, àla veille d’être abandonné, l’avion fut repris, terminé et mis au point dans les ateliers de la C I D N A au Bourget.
- Au début de l’hiver, les essais furent brillants, mais il était trop tard pour tenter le grand raid océanique, i
- Devant ces bons résultats, M. Hubert créa un nouveau
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- type . légèrement . amélioré . dont plusieurs exemplaires sont actuellement en construction. C’est ce dernier modèle dont nous allons donner les chiffres.
- C’est un avion monomoteur 420 ch, monoplan purement cantilever destiné à transporter 8 passagers confortablement installés dans 2 cabines.
- Le « Bernard Hubert 190 » possède une aile épaisse, d’un seul bloc, toute en bois y compris le revêtement et indéformable. Elle ressemble à l’aile des avions Fokker ; comme elle, son épaisseur et sa profondeur, maxima au centre, vont en décroissant vers les extrémités, donnant ainsi une stabilité remarquable, s’opposant à la vrille ou aux brusques abattées latérales.
- L’épaisseur maxima est de 56 cm., la profondeur maxima de 3 m. 17 et l’envergure totale de 17 m. 30.
- Trois forts longerons sont entre-toisés par des nervures robustes et le revêtement de bois contreplaqué
- Il est maintenant prouvé que le pilotage dans ces conditions est infiniment moins fatigant.
- Le poste de pilotage communique par une porte centrale avec une première cabine contenant deux passagers mais pouvant être débarrassée de ses fauteuils pour recevoir un chargement de colis et de poste. Cette première cabine peut être chargée directement de l’extérieur par une grande porte.
- Ensuite on accède, toujours par une porte centrale, à une deuxième cabine comportant 6 sièges et un palier d’entrée formant, par le jeu d’une porte spéciale, le cabinet de toilette de l’avion.
- Ces cabines libres de toute espèce de mât ou de corde à piano sont éclairées par de larges fenêtres donnant aux passagers une vue splendide sur les pays survolés.
- Les gouvernes sont bien nettes et également cantilever sans mâts ni câbles. Le train d’atterrissage est de
- Fig. 4. — L’avion Bernard-Hubert vu de r>/4 avant.
- achève de donner une indéformabilité absolue à cette aile qui n’est fixée au fuselage que par quatre forts boulons.
- Le fuselage, d’une seule pièce également, est aussi construit entièrement en bois à l’exclusion de toute pièce métallique ou coi'de à piano. Sa disposition intérieure est la suivante : à l’avant : un bâti-moteur métallique en forme de pyramide fixé au fuselage par quatre boulons, donc essentiellement démontable. Ce bâti est suffisamment éloigné de la première cloison du fuselage pour qu’un mécanicien puisse se tenir debout dans l’intervalle libre et travailler sur tout l’arrière du moteur.
- Le fuselage proprement dit commence par une cloison pare-feu, en amiante revêtue de métal; derrière elle, vient le poste de pilotage à deux places, les pilotes sont enfermés dans un capotage en forme de conduite intérieure qui les protège contre le bruit et les intempéries atmosphériques.
- conception moderne, c’est-à-dire avec deux grandes roues et sans essieu; le dispositif d’amortissement souple et efficace consiste en rondelles de caoutchouc écrasées entre plusieurs rondelles métalliques solidaires de deux tubes coulissants l’un dans l’autre. Grâce à l’absence d’essieu, l’avion peut atterrir sans capoter dans les champs de céréales ou dans les prairies à hautes herbes.
- Le moteur utilisé est un 420 ch Gnome-Jupiter à refroidissement par air. On prévoit qu’il sera avantageux, sur cet avion à gros fuselage, de monter le moteur avec un démultiplicateur qui permettra l’emploi d’une très grande hélice tournant plus lentement.
- L’aile contient les réservoirs de combustible; en cas d’incendie, ils peuvent être vidangés immédiatement.
- *
- * *
- Dans l’ensemble, cet avion doit être considéré comme le premier effort réussi pour doter l’aviation marchande
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- Fier. 5.
- Les essais statiques de l’avion : chargement de l’aile.
- Tous les sacs de sable répartis sur le sol doivent s’ajouter à la charge déjà placée sur l’aile.
- française d’un engin vraiment commercial. Son rendement économique constitue un véritable progrès puisque 900 kg de charge payante peuvent être transportés sur l’étape standard (600 km avec vent debout de 10 m. seconde) à une vitesse maxima de 200 km à l’heure. Dans ces conditions, on peut compter sur une vitesse moyenne de 175 km.
- La charge enlevée par mètre carré de surface portante atteint 74 kg, ce qui paraissait exorbitant il y a quelques années à notre technique, chiffre qui est maintenant dépassé par tous les avions allemands à ailes épaisses.
- Quant à la charge marchande, elle atteint plus de 2 kg par cheval, ce qui est remarquable.
- Fig. 6. — Le fléchissement de l’aile pendantles essais statiques est de Î8cm.
- Notre seule critique portera sur la formule de construction qui nous paraît trop complexe; elle entraîne un prix de revient sensiblement bien trop élevé pour un avion de cette simplicité et de ce tonnage.
- Un prix supérieur à 200 000 francs ne serait admissible pour un pareil avion (sans le moteur naturellement) que s’il pouvait durer en service plus de 3000 heures, ce dont nous doutons. Ce chiffre est d’ailleurs atteint et dépassé par les Fokkers, en particulier par ceux qui sont en service en Suisse à la Compagnie Balair.
- Nous publions avec cet article quelques-photographies représentant les essais statiques de l’avion Bernard' Hubert.
- La formidable charge de sable, déposée avec les plus grandes précautions de symétrie sur l’aile retournée, fait travailler cette charpente dans le même sens et avec les mêmes inconvénients de torsion que la poussée de l’air au cours des plus graves acrobaties.
- Le coefficient 6 exigé correspondait à une charge de 14 800 kg de sable, or, cette aile ne s’est brisée que sous une charge de 22 000 kg, c’est-à-dire au coefficient 9. Une des photographie montre la déformation d’ensemble qu’arsubie l’aile entière et une autre montre le fléchissement de l’extrémité de l’aile, le long de sa règle de repère. Tel qu’il est, cet avion représente un effort des plus méritoires.
- Dans un prochain article, nous décrirons les avions métalliques Avimèta qui relèvent d'une conception au moins aussi moderne que celle de l’avion Bernard Hubert.
- Si l’aviation française peut être sauvée à temps, ce sera grâce à ses jeunes constructeurs.
- Jean-Abel Leeranc.
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- L’ÉVOLUTION DE L’INDUSTRIE DU PÉTROLE EN J 927
- L’industrie du pétrole a traversé au cours de l’année 1927 une crise particulièrement accusée, dont les causes sont multiples, les unes d’ordre général, les autres spéciales à cette branche de l’activité humaine. Les premières se lient aux difficultés qu’éprouve le développement normal des affaires, à la suite des ruptures d’équilibre, conséquences d’une sorte de guerre économique latente : i’incertitude qui pèse sur l’ensemble du marché mondial a entraîné une restriction marquée dans la consommation de l’essence. D’autre part, la situation prépondérante que s’est assurée l’Amérique dans le domaine de l’exploitation du naphte, où l’Angleterre seule la concurrence, a amené des réactions en sens divers des autres Etats du globe.
- Par des palliatifs de circonstance, les puissances qui ont en main l’hégémonie de la production du pétrole, ont tenté de remédier à la crise. Malgré tout, celle-ci se développera jusqu’à ce qu’une nouvelle orientation se manifeste dans les directives des trusts qui monopolisent l’industrie des combustibles liquides. Il faut qu’affaire de pétrole cesse d’être synonyme de valeur spéculative. L’immense richesse des réserves mondiales d’hydrocarbures et les possibilités de rendement des usines de synthèse doivent assurer à tous les pays la sécurité de leur ravitaillement en essence. D’ailleurs, l’axe géographique autour duquel se concentrent aujourd’hui les grands chantiers de naphte, delà Californie aux Antilles, en se déplaçant peut-être plus ou moins prochainement, modifiera bien des données politiques de ce problème vital. Tels sont les principaux facteurs qui ont joué dans l’évolution de l’industrie pétrolière durant 1927.
- La production du pétrole en Î927. — Les principaux pays producteurs de pétrole ont fourni l’année dernière les tonnages approximatifs ci-après :
- Etats-Unis 890000 000 barils
- Russie 79 000 000
- Venezuela 05 200 000 —
- Mexique 63 400 000 —
- Perse 36 000 000 —
- Roumanie 27 500 000
- Indes néerlandaises. . 20 000 000
- Colombie sud-amér. . 14 000 000
- Pérou 11 000 000 —
- Argentine 8 000 000 —
- Indes britanniques. . 6 800 000
- Pologne 5 900 000
- Trinité (col. brit. i . . 5 400 000
- Sarawak (col. brit.
- Bornéo) 5 000 000 —
- Japon 1 700 000 —
- Bgypte 1 150 000 —
- Allemagne 700 000 —
- France 500 000 —
- Canada (dom. brit. i . 500 000 —
- Equateur 320 000 —
- Tchécoslovaquie. . . 150 000 —
- ; nombres nous font voir que le sous-sol des
- a donné, en 1927, 10 fois plus de pétrole
- second gros producteur mondial de naphte, la Russie. Après l’Amérique du Nord se rangent trois pays avec des chiffres très voisins les uns des autres, au point de vue du débit de leur industrie pétrolière : la Russie, le Venezuela, le Mexique. Puis un nouvel écart considérable classe, avec une production en moyenne moitié moindre, la Perse et la Roumanie.
- L'action des grands trusts anglo-saxons. —
- Les Indes néerlandaises constituent le pays colonial à plus fort rendement (20 000 000 barils). L’ensemble des colonies, dominions et pays d’influence britannique, Indes, Trinité, Saravrak, Egypte, Canada, atteint le chiffre total de 18 850 000 barils, soit à peu près autant que les possessions hollandaises de Malaisie. En fait, toutes ces contrées sont sous la dépendance du grand trust anglo-néerlandais, la Royal Dutch. lui-même étroitement associé à la puissante firme d’Etat britannique, l’Anglo-Persian, maîtresse de la Perse. C’est donc une production totale de 74 850 000 barils qui émane de l’ensemble des groupements liés à l’hégémonie politique et économique de l’Angleterre.
- Évidemment, la production nord-américaine lui est plus de 10 fois supérieure, et celle seule du trust de la Standard Oil plus de 6 fois.
- La réaction contre l’emprise des grands trusts. — L’omnipotence que tendent à exercer les trois grands cartels mondiaux du naphte a créé des réactions de formes variées dans les pays dont ils ne sont pas une émanation directe ou indirecte : exacerbation du mouvement xénophobe vis-à-vis des compagnies exploitantes (Mexique), développement des monopoles d’Etat intensifiant la production (Russie, Argentine); constitution de syndicats nationaux groupant les sociétés étrangères transformées (Roumanie, Pologne, Tchécoslovaquie, Autriche); classement du pétrole comme richesse nationale iColombie, Pérou, Japon, Equateur, Chili, Bolivie, Guatemala, San Salvador, Costa Rica) ; industrialisation des procédés de synthèse du pétrole (Allemagne) ; institution d’un carburant national comprenant, pour une part plus ou moins large, un succédané de provenance indigène (France, Italie, Hongrie).
- Le Venezuela reste le seul grand producteur de naphte largement ouvert à tous : son industrie pétrolière est dans la proportion de 51 pour 100 aux mains de groupes américains, de 45 pour 100 à celles de la Royal Dutch et de 4 pour 100 à celles des firmes purement britanniques; la France, qui aurait pu se créer librement des intérêts dans ce pays, très accueillant à nos nationaux, n’a pas trouvé dans nos hautes sphères financières les concours indispensables.
- Le Venezuela a précisément eu sa production presque doublée dans le cours de 1927 et la Colombie a vu le débit de ses oils ducts à peu près multiplié par trois.
- Mais les deux facteurs qui paraissent devoir influencer le plus directement l’avenir de l’industrie pétrolière mondiale sont la fabrication de produits de synthèse en Allemagne et la mise en valeur des gisements de Mésopotamie.
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- L’industrialisation des procédés de synthèse.
- — La fabrication de pétrole synthétique pouvait être tenue hier encore pour un mythe. Aujourd’hui, l’Allemagne s’affirme à la tête d’un mouvement, qui est sorti du domaine du laboratoire scientifique pour entrer dans le cycle de la grande industrie. Les usines de Merseburg procèdent actuellement à des expériences d’hydrogénation de la houille, d’hydrogénation du lignite et de traitement du coke de lignite bitumineux, utilisant les brevets Bergius, Fischer et I. G. Farbenindustrie.
- La prospection par forage de la Mésopotamie.
- — La Mésopotamie s’est révélée ces derniers temps l’un
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- Bien des problèmes techniques, financiers, juridiques et politiques restent en suspens pour la mise en valeur des gisements d’hydrocarbures de Mésopotamie. Le transport du précieux produit soulève de graves questions. Mais nul doute que si notre pays le veut, il est assuré là d’une source de pétrole qui lui permettra, non seulement de pourvoir à sa propre consommation, mais encore de concurrencer librement sur le marché d’Europe les produits des grands trusts, après avoir emprunté largement, comme voie de transport terrestre, des pays d’influence française.
- La lutte pour la maîtrise du marché européen.
- Fig. 1. — Carte de répartition des principaux gisements de pétrole par rapport au tracé des grandes lignes structurales du globe.
- Les ti'aits horizontaux indiquent les gisements de pétrole des terrains primaires; les traits verticaux, ceux des terrains secondaires; les taches noires ceux des terrains tertiaires; les pointillés entourés de lignes discontinues désignent les géosynclinaux circum- et transpacifiques, sud-eurasatiques ouralo-mozambiques des ères secondaires et tertiaires, correspondant aux chaînes de montagnes récentes (sauf pour la zone ouralo-mozambique); les quadrillés, entourés de lignes de traits alternant avec des points, marquent les boucliers du début de l’ère primaire, c’est-à-dire les vieilles terres pénéplaines et en partie envahies par les océans actuels (continent nord-atlantique, russe
- africano-brésilio-australo-indo-malgache, sinien et sibérien).
- des pays les plus riches en pétrole du globe, sinon même l’une des contrées les mieux dotées en réserves de combustible liquide. Le précieux « or noir » y appartient, conjointement, aux grands trusts et à la France. Les gouvernements européens peuvent heureusement exercer sur le développement des affaires de naphte en Irak une action prépondérante : un quart des droits appartiennent ici à l’Anglo-Persian, dont l’État britannique détient plus de la moitié des actions, tandis qu’un autre quart des titres de la Turkish Petroleum est en la possession de la France, qui a confié leur gestion à un vaste consortium sur lequel l’Etat français s’est réservé un droit de regard.
- — Ainsi se dessine une lutte économique gigantesque entre deux tendances ayant en vue de capter la consommation d’essence des grands Etats continentaux de l’Ancien Monde. L’Allemagne apporte ses solutions physicochimiques qui pourraient assurer le ravitaillement de la vieille Europe en pétrole, si demain le blocus économique l’isolait des trois grands foyers de production du naphte, l’Amérique septentrionale et nord-méridionale, le Proche-Orient, l’Indomalaisie. La France peut fournir, par la voie Syrie-Méditerranée, du pétrole, dont les sources sont bien plus proches que celles aujourd’hui exploitées par les puissants syndicats anglo-américains, en concurrence d’ailleurs avec ces derniers groupements.
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- La physionomie du problème mondial du pétrole s’est ainsi profondément modifiée cette année, dans des sens divers, mais qui demeuraient fort incertains encore au crépuscule de 1926.
- Les méthodes physiques de prospection. — D’ailleurs l’avenir peut de nouveau modifier grandement la face des choses en matière d’industrie pétrolière. Les bases de la prospection du naphte sont essentiellement géologiques. Or, la constitution du sous-sol de vastes contrées du globe demeure presque entièrement inconnue, et l’exploration de grandes surfaces demandera fort longtemps. Toutefois, de remarquables progrès sont peut-être à la veille d’être réalisés dans la voie des processus rapides d’examen de la constitution des terrains, grâce à l’utilisation des propriétés physiques des corps : conductibilité électrique, perméabilité magnétique, vitesse de transmission d’un ébranlement, force d’attraction.
- Des méthodes électrique, électro-magnétique, magnétique, sismique et de gravitation, viennent ainsi au secours des voies habituelles d’investigation de la géologie. Sans cette dernière d’ailleurs leur interprétation en matière de prospection de naphte est impossible. Mais, en utilisant le cadre de la documentation stratigraphique et tectonique, les solutions de la physique du globe procurent au prospecteur de précieuses données sur l’allure des terrains du sous-sol. Nul doute que l’emploi rationnel de ces procédés physiques d’exploration ne permette la reconnaissance de nouvelles régions pétrolifères du^globe.
- La limitation de la production aux États-Unis. — D’autre part l’exploitation des puits de pétrole fait chaque jour des progrès marqués. La crise de surproduction, que viennent de traverser les Etats-Unis, s’est manifestée notamment dans l’Oklahqma, où, aux chantiers de Seminole,'par exemple, s’est intensifiée l’installation du pompage par l’air ou le gaz. Pour compenser les effets désastreux d’une politique d’extraction intensive, les autorités gouvernementales de l’Oklahoma, le pays au régime dictatorial des Etats-Unis, ont interdit le forage de puits dans certaines zones, et défendu l’usage des explosifs employés en vue d’augmenter le débit des sondes.
- La richesse des réserves mondiales. — Ces artifices politiques ne sauraient avoir que des répercussions momentanées sur l’industrie du naphte. L’intensité de son développement, dont 1927 a marqué une grande étape, contredit toutes les prévisions pessimistes intéressées, dont une presse, trop encline à accueillir les idées toutes prêtes, s’était faite l’écho. Il y a encore des masses énormes de pétrole dans les zones superficielles de l’écorce terrestre et nos procédés actuels n’en extraient qu’une faible partie dans les gisements où des chantiers ont été ouverts. De plus, la fabrication des hydrocarbures liquides sera parfaitement réalisable le jour où les prix favoriseront le développement de cette branche de l’industrie, déjà stimulée par les nécessités de la défense nationale dans divers pays. L’intérêt de la France est que les combustibles liquides se négocient chez elle à des taux aussi bas que le permettent les moyens de ravitaillement dont elle peut, si elle le veut, devenir maîtresse.
- La situation géologique des grands gisements de charbon et de pétrole. — Il ne fait pas de doute que l’utilisation des combustibles liquides se généralise de jour en jour et tende à prendre, dans une foule de domaines de l’activité humaine, la place occupée précédemment par l’emploi du charbon. Le rôle joué jusqu’à ces derniers temps parla houille dans l’économie générale, avait concentré la grande industrie dans la zone des plissements hercyniens en Europe (Angleterre, France, Belgique, Allemagne, Russie), de même qu’en Amérique ('Etats-Unis du Nord-Est). La substitution du naphte au charbon, comme générateur de force, tend à déplacer l’axe d’expansion du développement des civilisations. En effet, les hydrocarbures liquides se sont surtout accumulés, grâce aux phénomènes de migrations, dans les régions des plissements de l’ère tertiaire. Des résidus importants de gîtes de pétrole se trouvent bien dans les terrains anciens des Alleghanys, mais s’ils ont eu une action presque prépondérante sur le marché autrefois, ils ne sont plus aujourd’hui considérés avec grand intérêt par les exploitants. C’est le long des hautes chaînes de montagnes du globe, surtout dans des régions voisines des principaux croisements des lignes directives du relief terrestre, que se localisent chaque jour davantage les plus puissants chantiers de l’industrie pétrolière : 1° Californie, Oklahoma, Texas, Mexique, Colombie,Venezuela; 2° Caucase, Sud de l’Oural, Mésopotamie, Perse; 9° Bornéo, Java, Sumatra.
- Ces trois larges aires d’intersection des zones désignées par les géologues sous le nom de géosynclinaux tertiaires, jalonnent en effet un grand cercle de notre sphère, orienté sensiblement comme l’équateur et marqué encore aujourd’hui par des traits spéciaux de l’hydrographie et de la topographie : golfes ou mers intérieures du Mexique, des Antilles, de la Méditerranée, de la Caspienne, de la Perse, d’Oman, du Bengale, de la Sonde, encadrées de chaînes de montagnes au relief bien accusé. Cette ligne subéquatoriale est recoupée par trois méridiens d’arcs montagneux : 1° Rocheuses-Andes ; 2° Oural-Abyssinie-Madagascar; 3° Japon-Malaisie-Àustralie. C’est dans les contrées où se recoupent ces grands cercles que les interférences des mouvements tangentiels ayant déterminé la surrection de certains compartiments, ont intensifié les migrations de pétrole.
- Actuellement, c’est au vaste carrefour s’étendant de la Californie à Trinidad par l’Oklahoma, le Mexique, la Colombie et le Venezuela que se localise la grande industrie pétrolière. Mais le champ qui englobe le Caucase, l’Oural du Sud, l’Irak, la Perse, se révèle d’une telle richesse que l’on peut songer au jour où l’importance des gisements de naphte ramènera le foyer de l’activité extractive mondiale dans le Proche Orient qui a vu naître les plus anciennes civilisations de l’Égypte à la Susiane par la Chaldée. La Mésopotamie, pays de l’emploi traditionnel du bitume pour le calfatage des bateaux, n’est-elle pas encadrée par les contrées où est né le culte du feu, le Caucase et la Perse !
- L. JOLEAUD.
- Professeur à la Sorbonne.
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- LES PROCÉDÉS MODERNES DE L'INDUSTRIE DU GAZ
- [Suite et fin, voir N° 2779.)
- IV, LE TRAITEMENT DU GAZ BRUT
- Lorsque le gaz très chaud sort des cornues de distillation, il tient en suspension toutes les impuretés précédemment énumérées.
- Au sortir des fours, il est donc envoyé dans les bai'il-lets par 1 intermédiaire des colonnes montantes. Celles-ci sont munies à leur extrémité supérieure d’un tampon de
- siphon destiné à la vidange du goudron et [des eaux ammoniacales.
- L’opération qu’on fait subir ensuite, au gaz est celle de la condensation qui s’exécute soit à chaud, soit à froid.
- On a beaucoup discuté autrefois sur la question de la condensation. On voulait avant tout laisser le benzol dans le gaz en lui retirant la naphtaline et on pensait pouvoir réaliser cela par une condensation à chaud en
- Fig. 13. — Satie des extracteurs Beale. Usine de la Villette (Société du Gaz de Paris).
- ramonage, qui permet l’introduction de racloirs destinés à éviter la formation d’un magma d’encrassement.
- Le barillet est un collecteur de gaz garni d’eau destinée à retenir une partie du goudron et les produits ammoniacaux; c’est un récipient généralement en tôle.où le gaz est amené par une pipe, sorte de tube recourbé qui plonge dans l’eau.
- Pour pénétrer dans le barillet, le gaz doit vaincre une résistance due à ce qu’on appelle « la garde », hauteur dont plonge la pipe dans le milieu aqueux du barillet. Cette garde est un facteur important qui doit être bien surveillé. La garde au barillet et le vide produit dans ce dernier par l’aspiration des extracteurs déterminent la pression qui règne à l’intérieur de la cornue.
- A la partie supérieure du barillet, se trouve une sortie pour les gaz emmenés par le collecteur et, au bas, un
- supposant que le goudron retirait à chaud surtout la naphtaline et à froid surtout le benzol. On a reconnu depuis qu’il n’en était pas ainsi, et, comme aujourd’hui, de toute façon, on extrait le benzol, on opère en général à froid.
- L’opération suivante est celle de Y extraction, qui consiste, en maintenant dans l’ensemble du système une pression convenable, à amener le gaz dans les appareils d’épuration et les gazomètres.
- Le gaz qui sort des fours ne pourrait en effet parcourir seul les circuits très nombreux qu’on lui fait suivre pour épuration et traitement, à cause des multiples résistances rencontrées. De plus, les gazomètres par leur poids, s’opposeraient aussi à ce parcours vers l’émission. C’est donc aux appareils dits extracteurs qu’incombe le rôle d’aspirer le gaz dans les fours à travers les appareils de
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- Fig. i4. — Gazomètres télescopiques.
- Usine du Landy (Société du Gaz de Paris).
- réfrigération et de condensation et de le refouler dans les laveurs, épurateurs, compteurs et gazomètres.
- Les différents types d’extracteurs peuvent se ramener à trois principaux :
- a) Extracteurs à piston, où les clapets sont remplacés par des sortes de tiroirs (système Pintsch).
- b) Extracteurs rotatifs (appareils Beale).
- c) Extracteurs rotatifs centrifuges.
- Le gaz est ensuite soumis à une seconde condensation. On lui fait traverser soit des condenseurs à choc (système Pelouze et Àudoin), soit des condenseurs à cloche rotative (système Mallet) qui évitent l’ennui du bouchage par la naphtaline, soit enfin des condenseurs électrostatiques (système Cottrell) basés sur le principe de l’ionisation de particules de goudron venant se fixer sur la paroi d’un tube électrisé.
- L’appareil Pelouze et Àudoin, qui est le plus généralement employé, est composé de plaques de tôles perforées espacées de 1 cm 1/2 environ et décalées légèrement les unes par rapport aux autres, les pleins de l’une se trouvant en face des trous de lJautre.; Le gaz circule entre ces chicanes, déposant sur les plaques les vésicules goudronneuses qu’il tient en suspension.
- Après cette opération, le gaz ne contient plus de goudron. On procède alors au lavage du gaz, d’abord à l’eau, pour éliminer l’ammoniaque et l’acide carbonique qu’il contient. Cette opération s’effectue soit dans des appareils à léchage ou à léchage et pluie, soit dans des appareils à barbotage, soit enfin dans des appareils à pulvérisation.
- Les divers procédés employés sont trop nombreux pour qu’il soit possible ici de les décrire en détail.
- Le gaz est ensuite débarrassé du cyanogène. Pour cela, il est traité par un sel de fer en suspension dans une solution alcaline.
- Dans le procédé Bueb-Guillet, il est lavé avec une solution de sulfate ferreux ; le gaz dégoudronné est ainsi séparé d’une partie seulement de son ammoniaque.
- La Société du Gaz de Paris effectue l’opération en deux phases. Elle fait agir d’abord sur le gaz une solution de sulfate ferreux et un lait de chaux; à la sortie de l’appareil, le mélange se présente sous la forme d’une boue noirâtre colorée par le sulfure de fer; il est alors filtré. La solution retient le cyanogène sous la forme de ferro-cyanure de calcium qu’on fait cristalliser. La boue est ensuite séchée à l’air, où elle subit une revivification qui lui fait prendre une teinte ocre; après broyage, cette matière semble pouvoir servir de matière d’épuration.
- On extrait ensuite la naphtaline. Cette opération se fait à l’aide des huiles lourdes qui la dissolvent.
- Arrivé: à ce stade du traitement, le gaz contient encore de) l’ammoniaque en partie, de l’hydrogène sulfuré, du sulfure de carbone et des traces d’acides cyanhydrique et sulfocyanhydrique ; il est donc nécessaire de l’épurer à nouveau soit à sec par l’hydroxyde de fer qui arrête le soufre et aussi le cyanogène, soit par lavage avec une solution de carbonate de soude qui absorbe les acides sulfhydrique et cyanhydrique.
- Le premier procédé constitue l’épuration sèche. Le gaz impur passe dans une série de cuves préalablement remplies de matières à base d’oxyde de fer, qui retiennent l’hydrogène sulfuré et une grande partie des composés cyanurés encore contenus dans le gaz. Autrefois, ces cuves étaient de petites dimensions que l’on « faisait » à intervalles fixes ou lorsque le besoin s’en faisait sentir. La matière ayant servi était sortie des cuves et étalée à l’air libre pour se revivifier; après quoi elle était réintroduite en cuve pour subir un autre passage. Une matière ayant ainsi travaillé aux différents rangs de passage dont l’ordre n’est pas immuable est ensuite réformée et vendue à cause des éléments chimiques contenus, dont les principaux sont le soufre et les ferrocyanures; certaines vieilles matières sont aussi vendues comme engrais en raison de l’azote total qu’elles renferment.
- Actuellement on tend à simplifier les manœuvres que
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- nécessitent l’entrée et la sortie des matières en utilisant des cuves de plus grande capacité desservies par ponts roulants et bennes de transport, réduisant ainsi notablement la main-d’œuvre. De plus, une même matière travaille à tous les rangs. Elle se revivifie elle-même en cuve et ne sort que pour être réformée, d’où il résulte une diminution de main-d’œuvre et une réduction du prix de revient d épuration. Quant au procédé liquide, il n’est pas encore très employé, car il ne paraît pas pouvoir s’utiliser seul sans épuration sèche pour une épuration première ou un finissage.
- La bonne épuration est vérifiée à intervalles rapprochés par contact entre le gaz épuré et des échantillons de papier imbibé d’acétate de plomb qui doit rester blanc, la moindre trace d’acide sulfhydrique dans le gaz donnant un précipité de sulfure de plomb, qui noircit le papier-témoin.
- On procède ensuite au dèbenzolage du gaz, opération actuellement obligatoire, en vertu de la loi du 22 juillet 1923.
- Le benzol est surtout un mélange d’hydrocarbures de la série aromatique. Un mètre cube de gaz en contient environ de 30 à 45 grammes.
- Le débenzolage a lieu après ou avant l’épuration; il s’effectue soit par dissolution ou lavage à l’huile ou au crésol, soit par adsorption par le charbon de bois ou la silice précipitée, soit enfin par réfrigération en condensant la vapeur de benzol.
- Le procédé le plus employé est le traitement par l’huile lourde.
- Nous n’insisterons pas davantage sur cette question.
- Nous laisserons également de côté l’importante question du traitement des sous-produits : eaux ammoniacales et goudrons, qui constitue pour les usines à gaz une somme de revenus sérieuse, mais acquise au prix d’opérations souvent délicates qui relèvent de l’industrie chimique.
- Ce traitement est le même, en principe, que celui qui se pratique dans les installations de récupération des fours à coke, avec cette différence toutefois que les cokeries sont toujours des organisations puissantes, à grand débit et qu’elles ont intérêt à utiliser les procédés les plus perfectionnés, tandis que beaucoup d’usines à gaz sont de petits établissements distillant de petites quantités de houille, et qui ne peuvent supporter les frais de premier établissement d’installation trop complète. Aussi la petite usine à gaz est-elle aujourd’hui très menacée.
- Il nous faut toutefois dire un mot de plus important des sous-produits de l’industrie gazière, le coke de gaz-, constitué par le résidu solide de la distillation de la houille, il se présente sous la forme de morceaux noirs ou gris clair. Sa densité varie suivant les qualités de houilles entre 1,20 et 1,90. Il est. très poreux. Le poids de l’hectolitre de coke sec varie entre 35 et 60 kg.
- Son utilisation dans les usines à gaz est tout indiquée pour le chauffage des gazogènes Le surplus, environ 50 pour 100 du poids de la houille, est livré au commerce comme combustible. Etant donné sa porosité, le coke est employé dans certains appareils épurateurs.
- Y. SOCIÉTÉ DU GAZ DE PARIS
- Pour terminer, nous allons montrer comment, en partant des principes que nous avons étudiés plus haut, les grandes usines à gaz ont modernisé leurs agencements. Nous prendrons comme type la Société du Gaz de Paris.
- L’ancienne Compagnie parisienne du Gaz, créée en 1855, fut remplacée en 1907 par la Régie intéressée de la Société du Gaz de Paris.
- Un programme de travaux de 226 millions fut décidé par la loi du 6 février 1914; malheureusement la guerre vint le contrarier et il ne fut exécuté qu’en partie pour parer aux besoins les plus pressants.
- Un programme de modernisation de 300 millions fut voté par la loi du 27 février 1923; il fut entièrement exécuté et un nouveau programme est actuellement à l’étude. Il a pour but de réduire, en appliquant les nouveaux procédés, la main-d’œuvre et le travail du personnel.
- La Société possède 7 usines ainsi réparties :
- 5 à l’intérieur de Paris (la Villette, Saint-Mandé, Ivry, Yaugirard, Passy).
- 2 en banlieue (Clichy et le Landy).
- L’usine du Cornillon actuellement en construction, complétera bientôt cette énumération.
- En 1926, la production journalière de la Société était de 2 060000 mètres cubes en hiver et 1.000000 en été.
- Lorsque l’usine de Clichy réorganisée sera mise en route, la production maxima se répartira à peu près ainsi :
- Cornillon (1 atelier)
- Le Landy ...........
- La Villette.........
- Clichy. ............
- Ivry................
- Au total. . .
- Fig. 15. — Gazomètres secs.
- Usine de la Villette (Société du Gaz de Paris).
- 150.000
- 1.000.000
- 500.000
- 500.000
- 240.000
- 2.390.000 m5
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- 212
- Fig. 16. — Fours Woodall-Duckat». Usine de Marseille.
- L’usine du Landy, qui est actuellement la plus puissante d’Europe, couvre une superficie de 48 hectares. Elle est raccordée au chemin de fer du Nord et est reliée par eau au canal Saint-Denis. Sa construction fut commencée en 1889 et modernisée de 1908 à 1911.
- Elle utilise pour la distillation delà houille 24 batteries de 0 fours doubles à 9 cornues horizontales de G mètres.
- Elle produit en outre du gaz à l’eau par 6 groupes d’appareils Humphreys et Glasgow de SOOOQmû chacun, une centrale électrique de 1600 kw fournit l’énergie nécessaire à la marche de l’usine.
- De l’autre côté de la Route Nationale n° 1 de Paris à Calais se trouvent les terrains du Cornillon qui couvrent une superficie de 52 hectares et sur lesquels on édifie une usine qui comportera 6 ateliers de distillation de gaz ; un premier atelier qui fonctionnera cette année est équipé avec des fours à chambres inclinées : 4 batteries de 8 fours à 3 chambres pouvant distiller 6 tonnes de houille. Ces appareils seront chauffés par une centrale de gazogènes type Kerpely-Marischka à décrassage automatique.
- L'usine de Clichy, en bordure de la Seine, est raccordée au réseau de l’État; elle est actuellement en cours de modernisation. Seule, la guerre a retardé l’exécution du programme de transformation.
- L’ancienne usine comprenait 3 ateliers de 5 batteries de 6 fours doubles à 8 cornues de 3 m. avec gazogènes et récupérateurs Siemens pouvant fournir une production de 400000 m3 par jour. Ces fours sont actuellement démolis et la nouvelle usine comprendra 3 ateliers de 4 batteries de fours à distillation continue du type Woodall-Duckham avec centrale de gazogènes.
- Le premier atelier vient d’être mis en route.
- Il est constitué par 4 batteries de 4 fours à 4 chambres verticales réparties par groupe de 2. Chaque cornue peut distiller G t. et demie de charbon par 24 heures. La centrale de gazogènes est du type Marischka et l’installation de distillation et de chauffage a été effectuée par la Compagnie générale de Construction de Fours.
- En injectant de la vapeur au bas des cornues, la production peut être d’environ 400 m3 par tonne de houille distillée, soit 2600 m5 par cornue et par 24 heures et 166400 m3 pour les 64 cornues de l’atelier ; ce qui, lorsque les 3 ateliers de l’usine seront en marche, représentera une production journalière de 500000 mètres cubes.
- Du gaz à l’eau carburé peut en outre être fabriqué dans des appareils Humphreys et Glasgow de 50000 m5
- L’usine delà Villette couvre une surface de 33 hectares. Elle fut commencée en 1861. Elle est reliée au chemin de fer de l’Est et à la Ceinture et possède de plus un port sur le canal Saint-Louis. En 1907, 16 batteries de 8 fours doubles à 7 cornues horizontales étaient en fonctionnement. En 1910, la modernisation de l’usine était décidée : aux cornues hoiûzontales on devait substituer 12 batteries de fours à chambres inclinées. Le premier atelier fut mis en service en 1913, le second en pleine guerre (1916) et le dernier en 1922. L’usine comprend actuellement 3 ateliers de 4 batteries de fours à chambres inclinées, chaque batterie étant elle-même composée de 8 fours de 3 chambres.
- Ces chambres sont inclinées à 40° et ont une longueur de 6 mètres, une hauteur de 3 m. 50 et une largeur variant de 0 m. 32 (côté chargement) à 0 m. 48 (côté défournement). Elles peuvent contenir 4 t. 8 de charbon, qui sont distillées en 24 heures. La puissance totale de l’usine est de 410000 m3 de gaz de houille.
- Le chauffage des fours a lieu par gaz de gazogène, chaque four possédant un gazogène accolé.
- Le chargement des fours s’effectue par gravité : le charbon tombe de trémies dans les chambres par l’intermédiaire d’une goulotte portée par un chariot à galets et se déplaçant sous la ligne des trémies au-dessus des portes de chargement des chambres.
- Le défournement a lieu également par gravité ; il s’opère à l’aide d’un chariot extincteur dans lequel tombe le saumon de coke glissant sur la sole inclinée de chaque chambre. Un chariot dessert deux batteries.
- La réduction de main-d’œuvre qui résulte de ces dispositifs est considérable; aussi, tandis que les cornues horizontales de 3 m., chargées à la main, ne reçoivent que 150 kg distillés en 4 heures et celles de 6 m., chargées mécaniquement, 350 kg distillés en 8 heures, chaque chambre, dans le système décrit ici reçoit par 24 heures une charge de 4800 kg.
- Quant au coke, il est pris à l’extrémité du b de Brouwer »
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- par un convoyeur Hunt qui le remonte à la partie supérieure des caisses à coke.
- L’atelier de gaz à l’eau comprend 3 groupes d’appareils Humphreys et Glasgow et la chaufferie, 4 groupes de 2 chaudières Babcock et VVilcox de 150 m2 de surface de chauffe. Une usine expérimentale est adjointe à l’usine de production.
- L’usine à goudrons qui est accolée à l’usine de la \ illette a été créée en 1856 par la Compagnie parisienne du gaz. Des perfectionnements y ont été sans cesse réalisés.
- La capacité des chaudières de distillation fut portée à 20 tonnes et la Société poursuit la modernisation des appareils destinés à la déshydratation des goudrons et à la rectification des benzols et des huiles légères.
- L’usine d’Ivry, qui se trouve à l’angle de l’avenue de Choisy et de la rue de Tolbiac, dessert la partie sud-ouest de Paris. Elle fut définitivement modernisée en 1924.
- Le chargement et le déchargement des cornues ont lieu à l’aide de machines; quant au coke, il est entraîné par des appareils type « de Brouwer ».
- La vapeur est fournie par des chaudières de récupération utilisant les chaleurs perdues des fours de distillation; le gaz à l’eau est produit par des appareils Humphreys et Glasgow de 20 000 m3 de puissance unitaire.
- Ajoutons que l’usine d’Ivry peut être mise en communication à l’aide de canalisations et de détendeurs avec l’usine du Landy. Quant aux usines de Passy (quai de Passy), Vau girard (entre la rue Mademoiselle et la rue Lecourbe) et Saint-Mandé (cours de Vincennes), dont le matériel est très usagé et de modèle ancien, la Société a décidé de les désaffecter.
- Pour l’usine de Passy, c’est chose faite ; elle est éteinte depuis le 10 juin 1927. Celles de Vaugirard et de Saint-Mandé le seront ultérieurement.
- VI. CAHIER DES CHARGES-TYPES
- Il n’est pas inutile enfin de dire un mot des cahiers des charges-types qui réglementent dans chaque pays la production du gaz d’éclairage et qui sont, en somme, pour chaque Etat, le code de l’Industrie gazière.
- En France, la fabrication du gaz est réglementée par la loi du 22 juillet 1923, « loi déterminant les spécifications relatives à la qualité du gaz, qui pourront être introduites dans les cahiers des charges des concessions gazières ou contrats de fournitures ou distribution du gaz de houille », dont nous avons déjà parlé à propos du débenzolage.
- Cette loi stipule que, « dans toute convention nouvelle ou modifiée, relative à la fabrication, à la fourniture ou à la distribution du gaz de houille, la qualité du gaz à fournir ou à distribuer devra être caractérisée exclusivement par son pouvoir calorifique à pression constante, eau condensée; le minimum de ce pouvoir exigé ne pourra être supérieur à 4500 calories par mètre cube mesuré à 0° centigrade et sous pression de 760 mm de mercure, ni être inférieur à 3500 calories ».
- D’autre part, une Circulaire du Ministre de l’Intérieur, en date du 22 novembre 1919, prescrit que le gaz fourni ne doit pas avoir une teneur en oxyde de carbone dépassant 15 pour -100. De plus, le gaz mixte livré à la con-
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- sommation doit toujours posséder l’odeur caractéristique ,du gaz de houille.
- ! Le cahier des charges anglais (1920) est beaucoup plus favorable aux progrès techniques de toutes sortes. Il n’y a pas de limitation du pouvoir calorifique; mais, comme les droits du consommateur doivent être sauvegardés, la vente, du gaz-est basée sur les unités de quantités de chaleur effectivement distribuées, la déclaration du pouvoir calorifique étant obligatoire.
- En Italie, le pouvoir calorifique indiqué par le cahier des charges est particulièrement bas : 3500 calories, ce qui a pour but d’obliger les exploitants, dans un pays où le charbon doit être importé, à tirer de la houille la quintessence du gaz. D’autre part, la vente du coke est très facile en Italie; il s’établit donc un état d’équilibre entre la production du gaz et celle du coke.
- De cette revue rapide, il résulte donc que, d’après les réglementations actuellement en vigueur, la notion de pouvoir éclairant a complètement disparu et qu’on se préoccupe maintenant d’obtenir un meilleur rendement du gaz par tonne de houille distillée, ce qui conduit naturellement à un abaissement du pouvoir calorifique (').
- Jacques Senart.
- 1. Les photographies qui illustrent cet article nous ont été obligeamment communiquées par la Société du Gaz de Paris et la Compagnie générale de Constructions de Fours.
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- LA BROSSERIE MECANIQUE
- Fig. 1. — L’ancien mode de montage des brosses à la main.
- La fabrication des brosses, et spécialement l’opération du montage, n’a guère varié pendant de longues années. La grosse brosserie emploie comme monture le bois ; les soies sont assujetties par une ficelle qui forme des boucles successives dans les trous d’une planchette, chaque boucle maintenant une touffe de brins de chiendent, de crins, de soies qui sont ainsi repliés par le milieu. Souvent, on colle sur la planchette une plaquette de boi> qui dissimule la fixation.
- Dans la brosserie fine, la monture est très variable : bois plus ou moins précieux, os, ivoire, écaille, matières plastiques diverses. Les soies sont maintenues par un fil de laiton ou plus souvent 'par un cordonnet de soie. Quand on utilise des machines de perçage, les trous ne traversent pas la patte de part en part, ce qui supprime ainsi la plaquette collée.
- Pendant longtemps, le montage se fit uniquement à la main, les usines préparant les manches, le support et confiant le tout à des ouvrières, qui effectuaient leur travail à domicile. C’est notamment dans les villages de l’Oise que la fabrication manuelle des brosses s’est développée en France et la perfection des pièces obtenues répandit, par le monde entier, le renom de notre brosserie fine, dont l’exportation fut longtemps florissante.
- LES MACHINES AUTOMATIQUES
- Avec la guerre les temps ont changé. Tout d’abord, la demande du consommateur s’est accrue considérablement et la main-d’œuvre n’est plus suffisante pour assurer une production en rapport.
- La machine était déjà intervenue pour le travail de préparation des pièces, mais le montage était encore resté manuel. Dans certains pays où la main-d’œuvre spéciale se montrait plus rare, on a songé à effectuer mécaniquement toutes les opérations. La mise au point de machines aussi compliquées, susceptibles de traiter des modèles de brosses très différents, fut assez longue. Les premières, et notamment certaines machines allemandes, nécessitaient un grand nombre de réglages. Quoi qu’il en soit, l’introduction de la machinerie a permis à certains pays, comme l’Allemagne et surtout le Japon, des productions énormes, à ce point que les brosses japonaises envahirent l’Amérique, la France passant au troisième rang des pays producteurs.
- Les résultats obtenus par les Allemands et les Japonais grâce à leurs machines provoquèrent des recherches aux Etats-Unis et un ingénieur, M. Jobst, conçut une série de mécanismes ingénieux, dont la diffusion dans les brosseries américaines paralysa progressivement, jusqu’à l’extinction presque, l’importation j aponaise.
- Fig. 2. — Le perçage des brosses.
- Machine à forets multiples et tambour porte-brosses pour le perçage des brosses à dents en une seule fois.
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- La France ne pouvait rester en retard. C’est ce qu’ont compris des industriels avisés, qui pour la fabrication des brosses en général, plus spécialement pour la brosse à dents, ont su s’inspirer des méthodes étrangères. Les machines américaines ont été ainsi adaptées, perfectionnées même, et l’industrie française de la brosserie fine, industrie éminemment nationale, bénéficie d’un regain d’énergie ; elle peut désormais lutter à armes égales, même plus parfaites, contre ses dangereuses rivales.
- Passons rapidement en revue les divers types de machines que nous avons été voir fonctionner dans une usine de l’Oise, montée par la Société « La Brosse ».
- LE PERÇAGE DES MANCHES
- Tout d’abord, notons que la matière employée pour la brosse à dents, dans les modèles perfectionnés, n’est plus l’os, mais la galalithe et le celluloïd. Ces substances translucides, propres, homogènes, ne s’altèrent pas à l’usage : elles permettent d’établir des pièces de bel aspect qui répondent à toutes les exigences de l’hygiène.
- La galalithe et le celluloïd, ou des produits similaires, sont obtenus en plaques que l’on ramollit dans l’eau chaude et que l’on débite à la cisaille. Un cambrage à la presse donne aux bâtonnets l’allure générale du manche de la brosse ; puis, au moyen d’un montage, on les travaille à la toupie pour les alléger au centre et abattre les angles.
- Après nettoyage, on obtient un manche fini qui passe ensuite aux machines.
- La première est la perceuse multiple, qui comporte un tambour à encoches, analogue à un induit de dynamo, chaque encoche pouvant recevoir un manche à percer.
- Une tête de perçage comporte autant de forets qu’il y a de trous dans le manche, forets tous reliés entre eux par un mécanisme ingénieux travaillant dans l’huile et actionnés ainsi par un arbre unique. Cette tête travaille de bas en haut et les forets émergent du socle de la machine, pour atteindre le manche de la brosse. La pro-
- Fig. 3. — Le perçage, des brosses.
- Machines à forets multiples et tambour porte-brosses. Le tambour a été enlevé et l’on aperçoit le groupe des forets qui émergent de la table inférieure sur laquelle on a placé une monture déjà percée.
- fondeur est réglée, car on ne perce que des trous borgnes pour le logement des soies. Des trous d’aération traversent le manche de part en part, ils sont percés sur une autre machine. Une ventilation assure l’entraînement des copeaux produits au perçage.
- Dès qu’un manche est percé, les forets s’effacent, le tambour tourne de l’angle voulu pour amener en position le manche suivant et aussitôt les forets reparaissent pour agir à nouveau.
- La durée des forets est de vingt mille à trente mille manches suivant la qualité de la matière. Avant qu’il soit nécessaire de remplacer les outils de perçage, il est possible de les affûter à nouveau, mais, quand ce besoin se fait sentir, cela prouve généralement qu’ils sont assez usés sur les côtés aussi bien que sur la pointé; il faut alors les jeter et les remplacer par des neufs. .
- Toutes les parties de la machine baignent
- Fig. k. — Les différentes opérations du montage d'une brosse à dents.
- A, les soies et le crochet métallique; B, le crochet est mis à cheval sur les soies; C, garnissage d’un trou; D, manche nu et percé; E, brosse après
- coupe des soies.
- (7T) Boucle en fiI ^ métallique
- Trous débouchés
- pour aération Trous borgnes
- Coupe des
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- Fig. 6. — Montage des brosses a dents.
- Machine intermittente.
- dans l’huile et toutes les pièces tournantes sont montées sur des roulements à billes.
- Un seul moteur électrique commande tous les mouve-
- Fig. G. — Montage des brosses à dents. Machine continue à tambour.
- ments et l’ouvrière n’a pas d’autre besogne que celle d’alimenter le tambour en manches non percés, en retirant successivement ceux qui sont terminés. La production est de 1200 pièces à l’heure, qui passent ensuite à la machine à monter.
- LE MONTAGE DES SOIES ;
- Les soies sont maintenues par touffes individuelles, une pour chaque trou. Un crochet en fil d’acier, en forme d’U, est forcé dans le trou, il se croise en boucle et coince les soies en les agrafant solidement. La machine intermittente qui exécute ces opérations est à tête verticale. Elle est alimentée en soies mises dans une glissière et en fil métallique continu. Les organes de travail coupent un tronçon de fil et le courbent; ils prennent une touffe de soies et l’U métallique se met à cheval au milieu; le bec de la machine place le tout dans un trou du manche et se relève pour garnir ensuite le trou voisin.
- Le déplacement du chariot qui porte le manche de brosse est automatique, de sorte que le garnissage se fait successivement par files, qui sont équipées les unes après les autres, sans que l’ouvrière intervienne autrement que pour retirer le manche complètement garni et le remplacer par un autre vide. Chaque machine mue par un moteur électrique peut ainsi fournir 240 brosses à dents à l’heure, alors qu’une ouvrière habile ne peut, à la main, en garnir que dix au plus.
- Les brosses obtenues sont passées sur une coupeuse, qui donne aux soies la forme définitive. Le manche est marqué par un poinçon chauffé électriquement, comme cela se pratique pour les crayons et les porte-plume.
- Une machine plus perfectionnée encore est celle qui assure le garnissage d’une manière continue, l’organe principal étant un tambour analogue à celui de la machine à percer. La tête de travail qui prépare les touffes de soie et leur agrafage est alors horizontale et le seul souci de l’ouvrière consiste à alimenter le tambour en manches non garnis et à retirer les pièces finies.
- Toutes les opérations se font ainsi sur une seule machine, car une tête de perçage, qui se déplace d’une manière identique à celle de la tête de montage, se charge de perforer les manches, avant qu’ils n’arrivent devant l’organe qui place les soies. Il n’y a dans ce cas qu’un seul foret et non une tête multiple, puisque le foret suit fidèlement les mouvements du bec garnisseur. Sur la même machine, on pourrait agencer le mécanisme pour que la brosse garnie passât enfin d’opération devant une tondeuse. On obtient donc aies brosses complètement finies à raison de 4500 par jour.
- Tous les mouvements : celui du foret de perçage, du bec garnisseur, du tambour porte-manches sont obtenus au moyen de cames circulaires en tôle découpée. Un seul moteur électrique suffit à actionner le tout et des contacts électriques sont prévus en différents points, de façon quhls entrent en jeu lors d’une défectuosité quelconque : cassure du fil métallique, défaut d’approvisionnement des soies, mauvais montage d’un manche, etc. Dans ce cas, le disjoncteur du coffret d’alimentation, placé sur la machine, entre enjeu et le moteur électrique stoppe.
- Ce contrôle automatique arrête donc la machine dès
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- que quelque chose n’est pas en ordre. Par exemple, si une brosse n’est pas convenablement mise en place à 2/10 de millimètre près, il n’est pas possible de mettre la machine en marche, sans avoir remédié au défaut. Si les soies viennent à manquer dans le mécanisme distributeur, la machine ne peut partir également qu’après qu’on a fait le nécessaire. Si le fil métallique, dont sont faites les attaches qui retiennent les soies dans les trous est défectueux, pour une raison ou pour une autre, la machine s’arrête aussitôt que la partie défectueuse du fil entre dans le mécanisme. En outre, si quelque chose n’est pas correct à l’intérieur du mécanisme de coupe et de pliage, ou si la poussière de métal vient à s’accumuler de façon à empêcher l’avancement du fil, la machine s’arrête aussi immédiatement; elle ne peut plus être remise en marche par une simple manœuvre des commutateurs électriques, tant que l’opérateur n’a pas remédié au défaut et réglé la machine dans des conditions de marche convenables.
- Tous ces dispositifs de contrôle automatique rendent pratiquement impossibles toutes les détériorations qui pourraient survenir à la machine, soit par suite d’ignorance ou d’un manque de soins de la part de l’opérateur. En outre, s’il arrive qu’un manche ait été manqué par suite d’une interruption quelconque, un petit appareil supplémentaire, dont est muni le mécanisme indicateur, permet de revenir au trou non garni et de terminer l’achè-vementdela brosse, de façonà obtenir un produit parfait.
- LES DIVERSES CATÉGORIES DE BROSSES
- Nous n’avons parlé jusqu’ici que des brosses à dents; ce sont en effet celles dont on fait la plus grande consommation. Cependant, sur les mêmes principes que ceux que nous avons indiqués, on a conçu des machines qui fabriquent automatiquement les brosses à cheveux, à ongles et à habits, et toute la série des brosses industrielles ou de ménage dont les modèles varient à l’infini.
- Dans le modèle que nous avons vu, une tête de perçage à un foret agit sur une monture vierge, tandis qu’à
- côté d’elle, sur le même . bâti, un bec garnis-seur pose les touffes de soies sur une monture déjà percée. Les montures sont placées dans dés supports interchangeables et, dès que le der-niertroueStper-cé, la dernière touffe mise en place, la machine s’arrête et revient à sa position de départ.
- L’ouvrière n’a' donc qu’à, garnir les supports en montures vierges, à les déplacer après le perçage pour les amener au garnissage, et enfin à retirer la Fig. 7. — Vue de profil du tambour garni brosse finie La brosses de la machine à monter'continue.
- production est
- de 40 pièces à l’heure. Comme dans la imachine précédente, on dispose d’un seul moteur électrique qui agit sur des mécanismes de cames, dont la forme varie suivant le genre de brosse à obtenir. En changeant les cames, ce qui demande au plus une demi-heure, on adapte la machine au travail désiré.
- CONCLUSION
- La fabrication des brosses s’est, comme on le voit, complètement transformée. Grâce à l’application des Lméthodes modernes, heureusement étudiées et adaptées par nos industriels, grâce aussi à la mise au point, pour le fini de la fabrication française, de machines; perfectionnées, nous sommes les maîtres du marché intérieur et ppuvons même reconquérir la. place que nous occupions autrefois dans l’exportation.
- A vrai dire, nous sommes restés imbattables dans la brosserie de luxe, grâce, à l’adresse et aux qualités de nos artisans ; mais, pour l’article moyen, la difficulté vient en outre des droits élevés qui frappent les matières premières, que nous devons acheter au dehors, et des taxes qui accueillent le produit manufacturé, quand il se présente au guichet des douanes étrangères. La réussite présente des fabricants français n’en a certes que plus de valeur.
- E.-H. Weiss.
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- L'AUTOMOBILE AU SALON DE 1927
- LES CHASSIS
- Nous avons examiné, dans notre précédent article, les principales nouveautés concernant les moteurs des voitures exposées au Salon. Nous allons passer maintenant à l’examen des autres organes mécaniques du châssis : nous verrons que le champ est vaste.
- LA TRANSMISSION
- Nous entendons par transmission tous les organes situés entre le moteur producteur d’énergie, d’une part, et, d’autre part, les roues motrices qui font avancer le véhicule. La transmission comprendra donc l’embrayage, la boîte de vitesse, les joints flexibles et le pont arrière.
- Fig. 1. — Vue de Vembrayage Centrifugia.
- En matière d’embrayage, nous voyons une tendance de plus en plus nette se manifester en faveur de l’embrayage à disque unique fonctionnant à sec : disque en acier frottant contre deux garnitures en composition amiantée, montées d’une part sur le volant, d’autre part sur un plateau solidaire du volant. Dans certains cas, la garniture est portée par le disque d’embrayage lui-même, mais plus généralement celui-ci est nu.
- Les avantages de l’embrayage à disque unique sont bien connus : simplicité, sécurité de fonctionnement, et surtout grande légèreté et, par suite, faible inertie du plateau et de son arbre, ce qui facilite grandement les manœuvres de changement de vitesses.
- L’embrayage à cône, encore employé sur certains types de voitures chez quelques constructeurs, tend à disparaître : on lui reconnaissait une grande rusticité et certaine facilité pour changer lès garnitures du cône, facilité d’ailleurs bien relative, surtout depuis la générali-
- sation du bloc moteur. Je crois que tous ceux qui conduisent des voitures l’auront vu disparaître sans regret.
- A propos des embrayages, nous devons signaler un appareil peut-être pas absolument nouveau (il date, en effet, d’un peu plus d’un an déjà), mais qui constitue un pas en avant dans la simplification de la conduite des voitures : je veux parler de l’embrayage automatique Centrifugia.
- Il est de notoriété courante que la manœuvre la plus difficile à exécuter par le conducteur novice, et même par un certain nombre de conducteurs déjà avertis, est l’embrayage, c’est-à-dire la mise en prise progressive du moteur sur la transmission pour faire démarrer la voiture. Un embrayage maladroit trop brusquement exécuté amène le calage du moteur, incident souvent désagréable, particulièrement dans les rues encombrées.
- C’est en partant de ces considérations qu’a été réalisé l’embrayage Centrifugia. Il se compose, en principe, d’un embrayage ordinaire avec des ressorts antagonistes qui, lorsque le moteur est immobile, réalisent le débrayage. Des masselottes, disposées tout autour du plateau d’embrayage, peuvent tourner autour d’un axe tangent à la circonférence moyenne de ce plateau ; elles sont pourvues de leviers qui peuvent agir sur les ressorts antagonistes. Le tout est agencé de telle sorte que, lorsque la force centrifuge qui agit sur ces masses pendant la rotation du moteur atteint une valeur suffisante, les leviers qui leur sont solidaires annihilent l’action des ressorts antagonistes et permettent par conséquent la mise en prise automatique de l’embrayage.
- On peut toujours réaliser le débrayage en se servant de la pédale qui subsiste.
- Il résulte de la construction même de l’embrayage Centrifugia une grande facilité de manœuvre du véhicule. Pour démarrer, en effet, il suffit de mettre en prise une combinaison quelconque d’engrenages (cela sans débrayer, puisque l’embrayage est automatiquement débrayé quand le moteur tourne au ralenti), de desserrer les freins et d’appuyer sur la pédale d’accélérateur ; dès que le moteur prend de la vitesse, la force centrifuge agit sur les masse-lottes et la mise en prise de l’embrayage s’effectue progressivement et automatiquement. A partir d’une certaine vitesse de rotation, déterminée par construction, la mise en prise est complète et tout se passe comme avec un embrayage ordinaire.
- Pour s’arrêter ou ralentir, il suffira de ralentir l’allure du moteur et, éventuellement, de serrer les freins, toujours sans débrayer.
- L’embrayage Centrifugia nous paraît être intéressant et appelé à un certain avenir, surtout sur les voitures petites et moyennes, utilisées par les débutants ou pour un service de ville.
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- Dans les boîtes de vitesse, guère de nouveautés : les partisans des 3 et 4 vitesses restent sensiblement sur
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- leurs positions. Certaines voitures nouvelles ont des boîtes à 3 vitesses pour des raisons qui paraissent dépendre uniquement de préoccupations d’économies dans leur établissement. Il y aurait à disserter longuement sur les avantages et inconvénients des boîtes à 3 et 4 vitesses.
- Pour résumer notre opinion sur ce point, nous dirions volontiers que les boîtes à 4 vitesses sont toujours préférables lorsqu’on veut et surtout lorsqu’on sait utiliser sa voiture au mieux. Les boîtes à 3 vitesses sont acceptables dans tous les autres cas. En somme, 4 vitesses pour tous ceux qui savent bien conduire, 3 vitesses pour tous les autres. Comme ces derniers l’emportent numériquement sur les premiers, les boîtes à 3 vitesses ont encore de l’avenir devant elles.
- Bien entendu, il y a toutes réserves à faire sur l’emploi des boîtes à 3 vitesses pour les voitures destinées à des routes de montagne.
- Nous avions vu, en 1926, une voiture à changement de vitesse automatique et progressif, la voiture Constanti-nesco ; elle n’était pas cette année au Salon, et nous n’en parlons, par conséquent, que pour mémoire. Par contre, nous avons vu la voiture Sensaud de Lavaud, également à changement de vitesse automatique et continu, voiture qui a été étudiée très complètement dans un récent numéro de La Nature (1er novembre 1927), nous nous permettrons donc de renvoyer nos lecteurs à cette étude pour détails complémentaires.
- En ce qui concerne la position de la boîte de vitesse, il n’y a plus guère actuellement que deux écoles : le système du bloc-moteur (carter commun pour le moteur, l’embrayage et la boîte), elle système bloc-transmission (boîte de vitesse montée sur le tube de réaction).
- Le bloc-moteur a pour lui la grosse majorité des constructeurs. Quant au bloc-transmission, il a été inauguré, il y a peu d’années, par Louis Renault qui l’applique maintenant à toutes ses voitures, avec complet succès.
- Avec le bloc-transmission, on sait que l’arbre d’embrayage est prolongé jusqu’à une traverse du châssis au droit de laquelle il porte un joint de cardan. Sur ce joint s’articule, d’autre part, l’arbre primaire de la boîte de vitesse dont le carter fait corps avec la partie antérieure du tube de réaction. L’arbre secondaire de la boîte se prolonge directement jusqu’au pignon conique.
- De la sorte, toute la transmission possède, théoriquement au moins, un seul joint de cardan qui, tournant à grande vitesse, peut être de dimension assez faible.
- Le système bloc-transmission répartit peut-être mieux les poids que le système bloc-moteur, auquel on reproche assez fréquemment de charger un peu trop l’avant de la voiture.
- Au point de vue accessibilité, nous considérons que les deux systèmes sont à peu près équivalents.
- Les joints de cardan, interposés normalement entre la boîte de vitesse et le pont arrière, sont très souvent du type à croisillon, de plus en plus rarement, du type à dés. Bien entendu, quand le joint est à croisillon, l’arbre comporte un joint coulissant.
- L’emploi de joints flexibles en toile et caoutchouc est maintenant général sur la plupart des petites voitures. L’expérience a montré que ce système présentait toute sécurité.
- Les pignons à denture courbe sont de règle absolue pour tous les ponts arrière, chaque fois au moins que dans ce coin on emploie des pignons, c’est-à-dire chez tous les constructeurs moins un : Peugeot seul, en effet, a conservé, et encore seulement pour ses petites voitures, la transmission à vis à laquelle il est fidèle depuis si longtemps.
- Nous avons vu, au stand Mathis, un pont arrière avec engrenages Hypoid. On sait que les engrenages Hvpoid
- Fig. 3. — Nouveau châssis Farman.
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- sont, en quelque sorte, un intermédiaire entre les pignons coniques à denture courbe et la vis sans fin : l’arbre qui porte le pignon attaque la roue d’angle èn dessous de son plan central.
- Les pignons Hypoid ont fait leur apparition, il y a environ un an, sur le marché américain. On peut les considérer encore comme une nouveauté qui n’est pas passée dans le domaine des applications classiques. Ils auraient l’avantage de permettre une démultiplication plus grande que les pignons coniques ordinaires pour des
- dimensions déterminées de la roue d’angle. Ils permettraient aussi, grâce à la position moins élevée de l’arbre à cardan, d’établir plus aisément des carrosseries à plancher très bas.
- LA DIRECTION
- La direction a fait l’objet d’études très fouillées, surtout depuis que les phénomènes d’oscillation des roues avant désignés sous le nom de shimmy ont fait leur apparition, c’est-à-dire, en somme, depuis qu’on emploie des pneus ballons.
- En matière de direction on veut, sur une voiture automobile résoudre à la fois les trois points suivants : 1° Commande douce au volant; 2° Absence de réaction; 3° Absence de shimmy.
- On peut évidemment obtenir une douceur de direction aussi grande qu’on le veut en démultipliant le mouvement dans la boîte de direction; cela ne va d’ailleurs pas sans inconvénient, une direction trop démultipliée étant, en général, peu précise et assez désagréable, surtout pour les voitures rapides.
- L’absence de réaction, qui pourrait théoriquement s’obtenir grâce à une direction absolument irréversible, est cherchée dans une autre voie. On ne peut guère, en effet, utiliser une direction complètement irréversible sans disposer des organes d’amortisseurs à course importante entre les roues et le doigt de direction. Or, la présence de ces organes rend la direction peu précise, paresseuse, et est souvent une cause de shimmy.
- Toutes les directions des voitures de tourisme sont donc réversibles.
- Pour qu il n’y ait pas, sur le volant, réaction des chocs de la route, on a pensé qu’il était convenable de réaliser une épure parfaitement correcte de la timonerie de la direction. Voici ce que nous entendons par là :
- Considérons l’essieu avant et plus particulièrement la rotule qui termine le levier d’attaque de la fusée. Cette rotule est reliée au doigt de direction par deux circuits mécaniques indépendants l’un de l’autre. Il y a d’abord liaison directe et rigide par la barre de direction qui maintient une distance fixe entre la rotule du levier d’attaque et la rotule du doigt de direction.
- L’autre liaison s’effectue par l’intermédiaire des ressorts dé suspension et du châssis qui porte toujours la boîte de direction.
- Il y a des liaisons surabondantes par conséquent et qui ne peuvent subsister que si la boîte de direction permet
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- un certain déplacement dans les oscillations verticales des roues.
- Si l’on considère seulement la première liaison entre les deux rotules (barre de direction) et qu’on fixe l’extrémité du doigt de direction, la rolule du levier d’attaque se déplacera lors de la flexion des ressorts avant sur une circonférence ayant pour centre la rotule du doigt de direction et pour rayon, la longueur de la barre de direction, cette circonférence aura naturellement sa concavité tournée vers l’arrière de la voiture.
- Supposons la barre de direction enlevée et les deux organes que nous envisageons réunis seulement par la deuxième chaîne mécanique : ressorts et châssis. Si le ressort avant a son point fixe à l’avant, la rotule du levier d’attaque décrit, pendant les flexions de ce ressort, une courbe dont la concavité est tournée vers l’avant de la voiture. Celte courbe ne peut évidemment pas coïncider avec la précédente, et il en résulte qu’à chaque oscillation des ressorts, il se produit un allongement ou un raccourcissement du rayon de la circonférence dont nous avons parlé, il y a un instant, c’est-à-dire dans la longueur de la barre de direction.
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- Articulons au contraire le ressort avant par un point fixe à l’arrière et une jumelle à l’avant : le lieu géométrique de la rolule du levier d'attaque, considéré comme lié seulement par le ressort et le châssis, sera une courbe dont la concavité se trouve maintenant tournée vers l’arriere. En disposant convenablement la rolule du doigt de direction, on peut, sinon faire coïncider complètement cette courbe avec la circonférence, tout au moins l’amener à avoir avec elle une certaine longueur d’arc qu’on peut considérer pratiquement comme commune. D’où plus grande stabilité de la direction.
- Si donc, on admet que les réactions de la direction sont dues à la non-concordance des deux courbes dont nous avons parlé, on obtiendra une direction meilleure, en disposant les ressorts avant avec leur point fixe à l’arrière. C’est ce qu’ont fait, cette année, un assez grand nombre de constructeurs, remettant à la mode un dispositif appliqué, il y a une vingtaine d'années environ, par la maison de Dion-Bouton sur plusieurs séries de voitures. Ce système présente un certain inconvénient au point de vue du travail des ressorts avant pendant les coups de frein : la moitié arrière de la maîtresse-lame travaille à ce moment à la compression et, est par conséquent exposée au flambage.
- Il est d’ailleurs permis de se demander si les oscillations de la direction sont bien dues à l'imperfection de l’épure : il semble, et nous partageons en cela l’opinion d’éminents ingénieurs comme MM. de Ram et Sensaud de La-vaud, que la cause principale des réactions de la direction réside dans les forces gyroscopiques qui agissent sur les roues avant lorsque celles-ci franchissent un obstacle.
- Voici, d’ailleurs, comment s’exprime à ce sujet M. de Lavaud :
- « Ainsi, un choc frappant l’une des roues avant
- Fig. 6. — Servo-frein Perrot-Bendix.
- En marche avant, les patins A et B articulés l’un sur l’aulre en C etpivotant autour du point fixe D, fontoffice de frein à déroulement. En marche arrière, c’est le patin E pivotant autour de F qui assure le freinage à la façon ordinaire. La came G, oscillante, répartit l’effort sur chaque segment.
- en l’obligeant à s’élever : les deux roues tendent à se braquer en sens inverse du mouvement qui résulterait de l’action de la percussion tangentielle reçue du sol. Il est bien évident, en effet, que cette percussion, agissant autour du pivot, solliciterait, si elle était seule, la roue droite qu’elle affecte à tourner de gauche à droite. Son action est secondaire, mais surtout elle est soustractive, puisqu’elle vient en déduction de l’effet gyroscopique prépondérant.
- — Voiture Tracta 7 ch k cyl. ItOO enfi avec roues avant motrices. (Photo. Roi.)
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- « Le couple gyroscopique subi par chaque roue est facile à évaluer; il est le produit du moment d’inertie d’une roue par rapport à son axe par la vitesse angulaire des roues et la vitesse cp d’inclinaison de l’essieu. C’est ainsi qu’avec des roues de 0 m. 80 de diarpètre,' pesant équipées 30 kg pour un rayon de giration de 0 m. 24, à une vitesse de 90 kilomètres à l’heure, chaque roue recevra un couple gyroscopique de 39 kilogramipètres autour de son pivot, si r = 5 mèt. sec. C’est donc une percussion de 78 kilogrammètres que recevra la timonerie. La réaction tangentielle reçue du sol ne peut, dans le cas d’obstacles usuels, excéder 100 kg. Son moment, par rapport au pivot, reste bien inférieur au couple gyroscopique.
- « Il faut retenir de ceci que les réactions perçues au volant résultent surtout des effets gyroscopiques agissant en sens inverse de ce qu’on croit généralement, et indépendants de l’emplacement des pivots.
- « Comme, de plus, la percussion reçue du sol vient en
- Fig. 8.
- Suspension arrière de la voiture Tracta. /'Photo Roi.)
- déduction, il est favorable d’écarter les axes des pivots des plans moyens des roues.
- « Notons en passant, que c’est dans la suppression des réactions gyroscopiques qu’il faut voir l’agrément de conduite obtenu par toute suspension avant à roues indépendantes, imposant un mouvement de translation aux roues dans leurs débattements verticaux. »
- Toujours pour éviter les phénomènes oscillatoires synchrones des deux roues avant, on a, cherchant dans une autre voie, supprimé l’accouplement direct des roues directrices : c’est en particulier ce qu’a réalisé M. Wa-seige sur le nouveau châssis Farman. Il a placé sur l’essieu même, deux boîtes de direction, chacune d’elles attaquant une fusée. Un système d’arbres et d’engrenages relie ces deux boîtes à la colonne de direction. Nous avons pu essayer cette voiture, et avons constaté la disparition absolue des réactions de la direction.
- A noter également un dispositif analogue dans la voi-
- ture « sans secousses » de Cottin-Desgouttes, et dans la voiture Sensaud de Lavaud.
- LA SUSPENSION
- Là aussi, de gros efforts ont été faits, sans conduire d’ailleurs à des résultats bien nouveaux, tout au moins sur les voitures classiques. On s’en tient très généralement comme organes de suspension aux ressorts droits, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, ressorts presque rectilignes sous la charge normale. Sur les voitures Renault, et sur le nouveau châssis Farman, on a placé à l’arrière un ressort transversal en plus des ressorts ordinaires qui, pour ces deux types de voitures sont des ressorts can-tilever. On obtient ainsi, évidemment, une diminution du poids non suspendu, et probablement aussi une liaison latérale meilleure entre le châssis et l’essieu.
- A signaler, toujours sur le châssis Farman, une suspension particulière de l’essieu avant par deux ressorts cantilever avec attelage de l’essieu au châssis par jambe de force. La séparation des efforts au moment du freinage se trouve parfaitement réalisée, les ressorts de suspension n’ayant plus à supporter que des efforts verticaux sans aucun moment de torsion.
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- Les amortisseurs jouent, on le sait, un rôle très important au point de vue suspension. Il semble que la formule : ressort très souple et amortisseur convenable, résume les conditions d’une excellente suspension.
- Ressort très souple, cela est facile à réaliser, mais amortisseur convenable, c’est autre chose. On trouve en effet, exposés au Salon, tous les systèmes possibles d’action des amortisseurs.
- Qu’on en juge par cette simple énumération.
- Certains amortisseurs freinent les déplacements du ressort, d’une façon constante dans les deux sens. D’autres freinent également d’une façon constante, mais dans le sens du rebondissement seulement, laissant le ressort libre de se comprimer.
- D’autres établissent,un freinage progressif qui dépend de la vitesse de déplacement de l’essieu (amortisseurs hydrauliques). D’autres amortisseurs (Rolls-Royce) freinent dans les deux sens, mais davantage à la détente du ressort qu’à la compression.
- D’autres systèmes freinent à peu près uniquement la compression du ressort, et pas la détente.
- Enfin, un système d’amortisseur qui paraît d’ailleurs extrêmement perfectionné, l’amortisseur de Ram, laisse le ressort libre de se comprimer ou de se détendre, en freinant seulement le retour à la position d’équilibre. L’intensité de ce freinage varie à peu près proportionnellement à l’amplitude du déplacement de l’essieu, et proportionnellement au carré de la vitesse de déplacement dudit essieu.
- Nous avons pu faire des essais très prolongés avec des suspensions De Ram et nous croyons que la solution du problème de la suspension doit être cherchée dans cette voie.
- Un) point qu’il ne faut pas perdre de vue d’ailleurs,
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- lorsqu’on intercale entre l’essieu et le châssis des amortisseurs puissants, c’est que le châssis doit présenter le maximum possible de rigidité. Faute de quoi, on arrive fort bien à amortir les oscillations des ressorts, mais on perçoit, à l’intérieur de la voiture, les déformations du châssis, que, elles, il est impossible de freiner.
- LES FREINS
- Bien entendu, tous les châssis [ exposés au Salon, ont des freins avant. Seuls, les systèmes de freins et surtout les systèmes de commande diffèrent.
- Il est reconnu actuellement que les systèmes de freins composés de deux segments fixes à l’une de leurs extrémités, et écartés à l’autre extrémité par une came à axe fixe sont nettement insuffisants lorsqu’il y a des freins sur les quatre roues, et que la voiture est quelque peu importante et rapide.
- Aussi, voyons-nous un grand nombre de systèmes de servo-freins et de commandes de freins se disputer la faveur du public.
- . Procédant du simple au composé, nous considérons d’abord les freins à came flottante, où la came de commande n’a pas de centre fixe, mais peut au contraire se déplacer sousl’influence delà réaction de l’effort qu’exercent sur elle les extrémités des segments. Les freins à came flottante paraissent présenter une supériorité incontestable sur les freins à came fixe.
- Viennent ensuite les freins du système Per-rot-Farman (freins à déroulement) où l’un des deux patins seul a une extrémité fixe; l’autre patin vient s’articuler à l’extrémité libre du premier, et c’est sur lui qu’agit la came de commande. L’ensemble est disposé de façon à tendre à se dérouler dans le sens de la marche avant de la voiture. La pression exercée par les deux patins à l’intérieur du tambour de frein est ainsi beaucoup plus considérable que celle qui proviendrait uniquement de l’action de la came : elle est augmentée en effet par suite de l’entraînement des segments par le tambour.
- Les freins Perrot-Farman ont le défaut de ne freiner que très peu en marche arrière. Aussi, ne les applique-t-on en général que sur l’un des deux essieux (essieu avant d’ordinaire).
- M. Perrot a d’ailleurs imaginé depuis deux ans environ, un système de frein à trois patins, dit Perrot-Bendix, dans lequel deux patins, agencés comme dans le Perrot-Farman, font frein à déroulement en marche avant, et le troisième patin agit seul à la façon ordinaire pour la marche arrière.
- Un nombre de constructeurs de plus en plus grand utilisent pour la commande des freins des systèmes empruntant à la voiture une énergie étrangère, systèmes connus sous le nom de servo-freins.
- On sait que c’est M. Birkigt qui a appliqué le premier commercialement un servo-frein sur les voitures Hispano. C’est un système de servo-frein mécanique, qui fait appel aux forces d’inertie comme énergie extérieure.
- Le servo-frein Birkigt n’agit qu’en marche avant.
- Louis Renault équipe tous ses châssis importants avec un servo-frein mécanique qui, lui, agit dans les deux sens : même principe général que le servo-frein Birkigt.
- Rolls-Royce fait usage également du servo-frein mécanique d’un principe analogue. Tous les autres constructeurs ont eu recours, comme servo-frein, au système à dépression.
- Ces servo-freins utilisent, on le sait, comme source d’énergie étrangère, le vide partiel qui règne dans la tuyauterie d’aspiration du moteur, lorsque celui-ci tourne avec le papillon du carburateur fermé ou presque fermé. Il existe deux systèmes de servo-freins à dépression : le servo-frein Dewandre qui a été réalisé le premier par un ingénieur belge et qui est appliqué sur le plus grand nombre des véhicules utilisant le servo-frein à dépression. L’autre système est utilisé par la Cie Westinghouse. Il présente d’ailleurs de nombreuses analogies avec le premier. Nous avons vu sur un stand un frein électrique ou
- plutôt magnétique, le frein Eclair. Il comporte un électroaimant annulaire fixe, monté sur un plateau solidaire de l’essieu avant devant lequel tourne un plateau de fonte solidaire de la roue. Le plateau tournant peut subir un léger déplacement latéral et venir, lorsqu’on lance du courant dans les enroulements de l’électro-aimant, se coller contre lui. L’intensité/lu freinage est réglée par un rhéostat manœuvré par la pédale.
- Le frein Eclair, ne comportant aucun système de réaction, ne peut être appliqué que sur l’un des deux essieux, le frein mécanique étant conservé sur l’autre. On préconise le montage du frein magnétique sur l’essieu avant.
- A noter enfin sur le chapitre de la commande des freins toute une série de dispositifs mécaniques désignés souvent sous le nom de servo-freins, et qui la plupart du temps ne sont que des combinaisons plus ou moins ingénieuses pour faire varier le rapport de démultiplication entre la pédale et la came de frein.
- Dans certains de ces dispositifs, on utilise la force d’un ressort qui se bande automatiquement pendant la manœiî-
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- vre. Enfin, notons que les servo-freins hydrauliques, représentés l’année dernière sur un type de voiture, ont pratiquement disparu cette année.
- A propos des servo-freins hydrauliques, il convient de remarquer que la commande hydraulique des freins ne constitue en rien un servo-frein. C’est un moyen de réaliser une démultiplication entre la pédale et les segments de freins par le principe connu de la presse hydraulique, mais qui n’a rien à voir avec les servofreins.
- LES ROUES INDÉPENDANTES
- La suspension est dite par roues indépendantes, lorsque les deux roues du même côté de la voiture (avant et arrière) ne sont pas reliées par un essieu rigide. Les voitures à roues indépendantes suivent une progression constante au point de vue nombre, depuis quelques années.
- Le principe delæroue indépendante est fort ancien : il était appliqué en effet sur les vieilles voitures Sizaire et Naudin. Deux voitures ont un système de roues indépendantes avec un essieu rigide; ce sont : Lancia, qui a un essieu rigide à l’arrière et des roues indépendantes à l’avant, et Stevr qui, au contraire, a un essieu rigide à l’avant et des roues indépendantes à l’arrière.
- D’autres ont adopté les roues indépendantes partout; ce sont :
- Sizaire, Cottin-Des-gouttes, Sensaud de Lavaud, Tracta, Bue-ciali... Les systèmes de suspension employés avec les roues indépendantes varient d’ailleurs d’un constructeur à l’autre : Sizaire, Cottin-Desgouttes utilisent des ressorts à lames transversaùx, Bucciali et Sensaud de Lavaud des ressorts en caoutchouc.
- Ces deux dernières voitures présentent>une. autre par7 ticularité fort importante; leurs roués avant! sont motrices et directrices, les roues arrière étant simplement porteuses. 11 y a là une tentative fort intéressante pour l’avenir. La maniabilité, en particulier aux grandes vitesses, d’une voiture à roues avant motrices est en effet très supérieure à celle de la voiture classique. Il est probable que nous verrons les voitures à roues avant motrices se développer dans un avenir prochain.
- Quant aux systèmes à roues indépendantes, les avis sont assez partagés. Tout dépend, je crois, du mode de réalisalisation adopté.
- Certaines d’entre elles, en effet, offrent une tenue de route transversale parfois insuffisante. Toutes, il faut le reconnaître, présentent l’avantage d’une suspension remarquable. Signalons enfin, comme voiture singulière, la voiture Claveau à roues indépendantes, et qui présente en outre la particularité d’avoir son moteur à l’arrière.
- LES COTES PRATIQUES DE LA VOITURE
- L’entretien de la voiture incombera de plus en plus au propriétaire de la voiture lui-même : le chauffeur spécialisé dans la conduite et l’entretien du véhicule devient en effet de plus en plus rare. Il convient donc de simplifier l’entretien, et de l’automatiser le plus possible.
- C’est dans ce but qu’a été imaginé le système de graissage central présenté par un certain nombre de constructeurs, en particulier par le grand maître du graissage du châssis, j’ai nommé Técalémit.
- Plusieurs écoles s’affrontent au point de vue graissage central; Técalémit présente un système de graissage forcé à action intermittente : l’huile est envoyée sous pression dans toutes les articulations, chaque fois que le conducteur agit sur un organe de commande. Cet organe est un simple bouton qui peut être manœuvré soit à l’arrêt., soit pendant la marche.
- Técalémit emploie des canalisations rigides sans joint
- articulé. Un autre système présenté par Al-cyl permet le graissage continu sans pression, en utilisant les phénomènes de capillarité. Dans ce système, la tuyauterie est souple.
- A. noter les systèmes Félix, Bijur, dont Ducellier a acquis l’exclusivité pour la France.
- A rapprocher au point de vue de la facilité de l’entretien, les systèmes d’épuration, d’huile, d’air et d’essence, dont nous avons parlé dans notre précédent numéro. ’
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- L’impression d’ensemble qui se dégage du Salon de 1927, est celle d’un énorme effort technique.
- Il est permis, en voyant l’énergie dépensée pour créer ainsi de nouveaux types, de regretter que ces efforts soient restés individuels et dispersés. Il y aurait lieu, en effet, de concentrer les moyens techniques de notre industrie et de travailler sinon en commun, tout au moins en liaison étroite, pour parer au danger de plus en plus grand, de la concurrence étrangère, en particulier américaine.
- On a dit et répété que le Français était absolument individualiste. Espérons que sous la menace cet individualisme se montrera moins intransigeant.
- La Société des Ingénieurs de l’Automobile, récemment constituée, est un premier pas vers l’intercommunication technique de la construction automobile française. Souhaitons que ce premier pas soit suivi de quelques autres.
- Henri Petit.
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- quelques notes r—.......-
- SUR LES MACHINES DITES PARLANTES
- I. HISTORIQUE
- L’histoire de l'invention du phonographe (ou machine reproduisant les sons) a été narrée plusieurs lois dans maintes publications. Néanmoins, de multiples erreurs sont courantes à son sujet; entre autres celle qu’Edison n’est pas Y inventeur du Phonographe :
- Sans doute, à différentes époques, quelques savants avaient eu Vidée, la conception intellectuelle d’une machine quelconque pouvant enregistrer les sons (parole ou musique) pour les reproduire ensuite.
- Parmi ces savants précurseurs, que l’histoire du phonographe ne doit point passer sous silence, un des plus remarquables est Charles Cros, qui sous un pli cacheté (rendu public seulement en décembre 1877), daté d’avril 1877, adressait à l’Académie des Sciences la description d’une machine enregistrant et reproduisant les sons. Charles Cros, mort en 1888, ne sut pas réaliser ce rêve.
- Vers novembre 1877, c’est-à-dire avant que personne n’eùt connaissance des idées de Cros, M. Edison déposait une demande de brevets sur les résultats de ses découvertes très accidentelles, qui l’avaient mené à la construction d’une machine fort rudimentaire dans laquelle il put d’abord enregistrer une petite histoire (Mary had a little lamb) et se l’entendre répéter d’une manière assez intelligible quelques minutes après par la même machine.
- On a raconté beaucoup sur la manière dont Edison inventa le phonographe. Voici l’exacte vérité.
- Dans le courant de 1877, M. Edison, avec la collaboration de plusieurs jeunes gens, travaillait à perfectionner le téléphone, récemment inventé par Al. Graham Bell, la lampe à incandescence, etc... dans son laboratoire de Menlo Parle, à Orange, New Jersey. Les économies des uns et des autres s’épuisaient et l’un d’eux, Edward H. Johnson, décida de partir en conférences dans la région sur les inventions du maître. Quelques jours avant le départ, Edison manipulant une membrane téléphonique ou microphonique, munie d’une pointe, dit à Johnson : « Si cette pointe peut piquer, en vibrant, mon doigt, elle pourrait tout aussi bien inscrire, sur une feuille de papier ou toute autre matière qui glisserait devant elle, des vibrations correspondant à la voix; en repas-
- sant devant la pointe la même feuille, le diaphragme répéterait et reproduirait les mêmes courants électriques. M. Johnson partit frappé de cette idée et fut autorisé à en parler à Sara-toga. Il la mentionna à la lin de la conférence, de même à Buffalo. Le lendemain, quelle ne fut pas sa surprise de lire dans un journal de cette localité une grosse manchette :
- La dernière merveille d’Edison :
- Une machine qui parle;
- Le prodige d’aujourd’hui décrit hier soir par le Professeur Edward H. Johnson.
- Immédiatement celui-ci renvoie à plus tard la suite des conférences et prend le train pour Menlo Park :
- « Qu’est-ce qui vous arrive? dit Edison surpris. — Lisez ceci. — Eh bien, qu’y a-t-il de travers ? — Oh ! rien, au contraire, notre fortune est faite. Lisez! Lisez! Mais c’est une machine qui parle et nous ne l’avons pas encore réalisée. »
- Immédiatement le Sorcier (The Wizard, comme on appelait Edison) mande John Ivruesi (mort à Schenectady le 25 février 1899), lui décrit une simple machine et lui commande de la confectionner.
- C’était un cylindre de cuivre, de 4 1/2 pouces de diamètre monté sur un arbre fileté de 18 pouces environ de long, muni à son extrémité d’une manivelle. Un diaphragme métallique, armé d’une pointe mousse, solidaire de la vis de l’arbre, glissait devant le cylindre et l’on tapissait celui-ci d’une feuille d’étain épaisse. A la fin de cette même journée, Kruesi apportait cette machine à M. Edison. Kruesi fit donc le premier phonographe et M. Edison est le premier qui enregistra : « Mary had a little lamb ;
- « Ils fleece was white as snoAv a And eAferywhere that Mary went,
- « The lamb was sure to go. »
- Quand le « sorcier » eut fini, il ramena le diaphragme au point de départ et silencieux, avec anxiété, écouta en tournant, sans grande confiance, s’attendant à un bruit confus. Quelle ne fut pas sa surprise et sa joie d’entendre répéter une voix nasillarde, mais suffisamment claire :
- « Mary had a little lamb ; etc..., »
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- Cette même machine fabriquée par Ivruesi sur les plans de M. Edison repose aujourd’hui à Londres au Musée des Brevets de Kensington.
- Et l’invention en cet état dormit 10 ans. A ceux qui la rappelaient à M. Edison, fortement occupé d’autres inventions, il répondait : « Nous y reviendrons quand nous aurons le temps. » Au reste il avait pris, en novembre 1877 —un mois avant que le pli cacheté de Charles Cros ne fût ouvert à l’Académie des Sciences de Paris, des brevets qui le protégeaient. Au bout de ce temps il concéda à :
- The North American Phonograph C° l’autorisation du nom de « phonograph « (qu’il avait déposé) et l’exploitation d’une machine pour l’usage du dactylographe avec un cylindre en savon métallique dit de cire, qui vraisemblablement n’est pas de l’invention de M. Edison. Mais vers 1889 celui-ci reprit son enfant, le perfectionna et trouva une meilleure formule pour la composition du cylindre dit de cire, dont la perfection n’a été atteinte par aucun autre.
- D’années en années, Edison a ajouté à son enfant de nouvelles qualités qui lui ont toujours permis d’être bien loin en „ avant des inventeurs et des concurrents, malgré les efforts et les recherches et les magnifiques résultats obtenus par les inventeurs du gramophone ou machine parlante à disques.
- M. Edison était assez riche pour qu’on lui fit ce larcin : de l’invention en 1877 ;mais ce qui est ci lui, l’histoire impartiale le lui restitue.
- Quelques mois plus tard, l’auteur se rappelle avoir eu à Québec une machine semblable et sur une feuille d’étain, enroulée sur un mandrin (diamètre : 4 pouces 1/4), avoir enregistré : J'ai du bon tabac, et l’avoir entendu répéter ensuite.
- Toutefois Edison n’est pas le constructeur de la première machine parlante suffisamment pratique et perfectionnée.
- Le principe du phonographe trouvé au cours de ses études personnelles et réellement, matériellement, construit par lui resta près de 10 ans à l’état rudimentaire. L’inven-venteur était absorbé par d’autres soucis et particulièrement par la lumière électrique et la lampe à incandescence — laquelle est le produit de son génie et ne lui a jamais rapporté un denier.
- D’autres physiciens et chercheurs américains ramassèrent ses idées, les firent fructifier. Charles Summer Tainter (coinventeur du radiophone) (1) inventa (peut-être avec d’autres) le cylindre en cire ou savon métallique (en réalité composé
- 1. Radiophone : Transmet le son par la lumière (invention de Tainter et Bell).
- d’une quinzaine d’éléments) et après avoir diminué le mandrin l’adaptèrent sur une machine bien étudiée, pratique et satisfaisante et permettant à tous d’enregistrer fidèlement et délicatement la parole et la musique. Ce fut une révolution. De même l’apparition du pneumatique vulgarisa l’emploi du vélocipède primitif.
- Cette machine se présenta sur le marché sous le nom de Graphophone ou Columbia, M. Edison étant légalement propriétaire du nom phonographe.
- Incité par cet exemple, poussé par ses collaborateurs, Edison reprit en main son phonographe et eut à cœur de faire mieux encore. II y réussit, à cette époque du moins; mais nous devons rendre hommage au Graphophone qui apparut le premier sur le marché. M. Edison, pour le cylindre, ne fit qu’en perfectionner la composition, dont il a gardé et le secret et la supériorité incontestable. Ces produits furent révélés au monde à l’Exposition de Paris de 1889, tout d’abord.
- A l’origine, le but de M. Edison était de faire une machine de bureau, pour remplacer la sténographie, c’est-à-dire ce que nous appelons aujourd’hui le phonographe commercial (Business Phonograph),
- Depuis 20 à 25 ans, le phonographe Edison et le graphophone Columbia ont marché simultanément dans la voie du progrès d’où partirent les créations de toutes les autres marques à cylindre.
- 1887. — Vers la même époque, sur des principes différents d’enregistrement, et développant les idées de Charles Cros, un autre américain, M. Emile Berliner, déjà connu par l’invention du récepteur téléphonique employé avec courant induit, conçut et produisit la machine à disque, à sillons de profondeur égale, c’est-à-dire vibrant de droite à gauche, qui resta longtemps remarquable par le son puissant mais confus. Enfin, vers 1898 ou 1900, Berliner réussit à faire .faire à son invention un grand pas vers la netteté des sons. Du coup, elle devint populaire, le public trouvant le disque plus maniable et moins encombrant que le cylindre.
- Au reste, si j’examinais par comparaison l’un et l’autre système, je trouverais à dire en faveur et contre l’un et l’autre. Les deux peuvent avoir leurs partisans très raisonnables scientifiquement.
- Depuis cette troisième invention (le disque), des quantités de maisons ont marché sur les traces de Berliner et inondé de disques sans valeur le monde déjà couvert de bien médiocres cylindres!...,
- (A suivre.) C.-IL Boulât.
- =—---= HYGIÈNE ET SANTÉ EEhï. h
- L’ORGANISME ET LES TROUBLES DE L’ÉQUILIBRE ACIDE-BASE DES HUMEURS
- L’organisme est un complexe qui se trouve dans un équilibre fort instable. Des forces opposées le tiraillent incessamment de part et d’autre et il lui faut une énergie constamment en éveil pour leur résister efficacement. Tel est, entre autres, l’équilibre entre les nerfs accélérateurs et les nerfs ralentis-seurs auquel j’ai consacré ici même une chronique. (La Nature, 5 décembre 1924, n° 2644). Tel est encore l’équilibre entre les acides et les bases que l’organisme conserve à l’état normal avec une constance qui a régulièrement surpris les
- physiologistes qui se sont occupés de la question et dont la connaissance a apporté des acquisitions pratiques singulièrement importantes. Cet équilibre est fixé aux alentours de pH = 7,4. En se reportant à l’excellent article de M. Boutaric (La Nature, n° 2773, 15 novembre 1927) le lecteur aura, sur la signification de ces chiffres et par suite sur l’étroitesse des oscillations que se permet l’organisme, toutes les précisions désirables.
- Cet équilibre si rigoureux est constamment menacé par la
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- Production d’ions H oujOH. d’où lutte incessante d’un intérêt réel. Voir comment l’organisme garde l’équilibre et quelles affections se produisent quand la balance est rompue dans un sens ou dans l’autre, constitue un spectacle auquel tous ceux qui par goût s’occupent de biologie sont sensibles !
- Notons tout d’abord que le sang contient des sels dits sels-tampons (bicarbonates, phosphates, etc.) qui ont la propriété singulière d’absorber des ions II ou, inversement, des ions OH sans que la réaction du sérum soit modifiée, dans un sens ou dans l’autre. D’autre part, l’élimination des acides, de ceux du moins qui ne sont pas volatils, incombe surtout aux reins. C’est, pour ces organes, un très gros travail qui, avec l’élimination de l’urée, déchet ultime des albumines, est le plus important de ceux qui leur reviennent.
- Les acides volatils, comme l’acide carbonique, sont éliminés, on le sait, par les poumons. Le mécanisme de cette élimination est assez spécial pour nous retenir un instant. Si l’acide carbonique pour une raison ou pour une autre s’accumule dans le sang et en augmente l’acidité, aussitôt le centre respiratoire, d’une extrême sensibilité aux ions II, réagit énergiquement et provoque de profonds mouvements d’inspiration et d’expiration qui auront pour effet de diminuer la concentration de l’acide carbonique du sang en la rapprochant de celle de l’air qui est beaucoup plus faible. Dès que cette concentration aura diminué, ces mouvements respiratoires perdront de leur amplitude pour reprendre un rythme habituel.
- Si, par un effort énergique, on prolonge exagérément ces amples mouvements respiratoires, l’acide carbonique du sang s’élimine de plus en plus et l’alcalose fait son apparition. Alors l’effort exigé pour conserver aux mouvements respiratoires cette ampleur excessive devient de plus en plus grand et finit par lasser l’individu le plus vigoureux, car un des symptômes les plus saillants de l’alcalose, c’est que le centre respiratoire n’étant plus excité par les acides, les mouvements d’inspiration et d’expiration cessent.
- Dans quelques circonstances, d’ailleurs plus rares, l’estomac intervient pour régulariser cet équilibre. Au moment des repas il s’emplit, on le sait, d’un suc d’une acidité très élevée. Si, à ce moment, un vomissement se produit, l’organisme se trouve spolié d’une quantité appréciable d’ions H et l’équilibre est rétabli ou [l’alcalose produite pour un temps. C’est ce qui se réalise dans certaines circonstances sur lesquelles nous reviendrons.
- L’équilibre si jalousement gardé se rompt quelquefois. Il se rompt dans un grand nombre de circonstances très diverses que nous allons passer en revue. Envisageons tout d’abord les acidoses, c’est-à-dire les cas où l’organisme s’enrichit en ions IL C’est le cas après un rude effort physique. Toute contraction musculaire s’accompagne de la production d’acide lactique d’abord et d’acide carbonique ensuite. Par temps chaud, quand la transpiration s’empare de toute l’eau disponible pour rafraîchir la peau et qu’il n’en reste plus aux reins pour éliminer les acides, quand les muscles respiratoires eux-mêmes sônt trop fatigués pour faire travailler efficacement les poumons à l’élimination de l’acide carbonique, il se produit le coup de chaleur parfois mortel, une acidose typique, qu’on prévient par un usage abondant d’eau fraîche à l’intérieur et à l’extérieur, de fruits et de sucre qui alcalinisent les humeurs et par le repos pris à temps.
- Une seconde forme d’acidose, s’observe dans le diabète grave. Elle est due à une combustion irrégulière des aliments, peut-être des graisses. Il se produit ainsi des corps cétoni-
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- ques, de l’acide diacétique, etc. Les reins luttent contre la fonctionacidede ces corps en fabriquant de l’ammoniaque qui les neutralise. Quand il ne réussit pas à accomplir le travail demandé, il se produit une respiration ample et profonde, semblable à celle de l’organisme imprégné d’acide carbonique qui, dans ces conditions, diminue beaucoup, libérant ainsi les bases alcalines.
- L’acidose apparaît encore quand les reins sont trop gravement atteints pour éliminer ou neutraliser convenablement les acides et notamment, comme on le sait depuis peu, dans l’urémie.
- Les opérations chirurgicales, les grands délabrements physiques consécutifs à un accident, une forte irradiation par les rayons X, provoquent parfois l’apparition d’un excès d’ions H.
- Enfin, il y a à mentionner une série de formes d’acidoses qui sont souvent caractérisées par des vomissements ayant pour effet l’élimination d’acides en excès. Ces cas s’observent chez les enfants qui sont atteints d’une affection très spéciale, appelée vomissements acétonuriques dont le nom vient du fait qu’elle s’accompagne de vomissements et de la présence, dans l’urine de corps cétoniques, indice sûr d’une tendance à l’acidose. Un phénomène très analogue s’observe au cours de la grossesse et peut alors constituer un danger grave puisqu’il va jusqu’aux crises d’éclampsie souvent mortelles.
- Notons enfin que pendant le sommeil il y a tendance à l’acidose; alors, en effet, l’acide carbonique s’accumule dans le sang.
- Les alcaloses semblent plus rares, mais elles sont parfois graves aussi.
- L’une, comme depuis peu, à laquelle Ph. Pagniez a récemment consacré un intéressant travail (Presse Médicale, 4 mai 1927), a une valeur expérimentale considérable. Elle est d’ailleurs utilisée comme moyen de diagnostic précieux. Elle consiste à faire respirer soit sur le rythme accéléré de 30 ou 40 fois par minute, soit sur un rythme plus lent de 12 à 15 fois par minute mais avec mouvements très profonds. La proportion d’acide carbonique du sang diminue de ce fait et l’alcalose apparaît, le pH passant de 7,35 à 7,50 par exemple en 5 ou 10 minutes. Alors apparaissent des phénomènes singuliers qui ne se produisent pas chez tout le monde et qui sont proportionnels à la vigueur avec laquelle on a respiré. L’individu qui se livre à cette expérience ressent tout d’abord des fourmillements dans les extrémités, puis la main se met de force, comme au cours d’une crampe, dans une position qui serait celle qu’on lui donnerait si on voulait la faire passer par le goulot étroit d’un bocal, en mettant le pouce à l’intérieur des autres doigts eux-mêmes légèrement fléchis. Le pied est le siège de phénomènes analogues.
- Chose remarquable, ces phénomènes sont semblables à ceux qu’on observe chez les enfants atteints de convulsions ou de tétanie, maladies dans lesquelles l’existence d’alcalose parait aujourd’hui établie. Ils se retrouvent encore chez les individus auxquels on a enlevé les glandes parathyroïdes, situées au voisinage de la glande thyroïde. Ils se constatent enfin dans l’épilepsie, caractérisée, elle aussi, par des crises au cours desquelles surviennent des contractures qui sont analogues à celles des convulsions et qui peuvent être parfois provoquées par une série d’inspirations profondes. L’épilepsie serait donc une alcalose survenant par crises. De fait, on.la soigne actuellement par des cures de jeune ou par l’administration de corps gras, deux! moyens qui tendent l’un et l’autre à provoquer de l’acidose.
- Nous en sommes ainsi à un chapitre extrêmement troublant où nous voyons des symptômes, très analogues à ceux d’une maladie aussi grave que l’épilepsie, être provoqués par
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- des mouvements respiratoires exagérés, faciles à reproduire volontairement ou involontairement, par exemple pendant une crise de sanglots.
- La migraine rentre probablement aussi dans la même catégorie des maladies dues aune insuffisance d’acide, comme d ailleurs, la mélancolie, maladie mentale très particulière.
- Il est encore une affection fort répandue que quelques auteurs veulent faire rentrer dans le groupe des alcaloses. Ce sont les crampes que chacun connaît pour les avoir ressenties plus ou moins fréquemment. Il s’agit d’un muscle qui, brusquement, parfois au moment où on le contractait pour faire mouvoir un segment de membre, devient dur comme du bois, en provoquant une douleur trop souvent atroce. Les muscles le plus fréquemment atteints sont ceux des mollets et ceux de la plante du pied. 11 n’est pas impossible que le lumbago relève,parfois d’un mécanisme analogue.
- Le remède le plus logique et le plus instinctif qu’on oppose à cette crampe est de faire un mouvement précisément inverse de celui qui est réalisé par la contraction du muscle en état de crampe, et par conséquent de distendre le muscle contracté. Ceux qui sont partisans de l’alcalose dans cette affection pénible conseillent, en outre, de ne pas respirer le plus longtemps possible afin de laisser le sang s’acidifier en se chargeant d’acide carbonique.
- Pour ma part je suis, avec certains auteurs.comme Grund, assez peu partisan de cette théorie. S’il est peut-être de.s crampes par alcalose il en est d’autres qui surviennent au cours de la fatigue musculaire, par exemple, ou pendant le sommeil ou encore au cours de la grossesse, périodes qui, comme nous l’avons vu, sont, les unes et les autres, caractérisées par de l’acidose. Alors, respirer profondément,
- manger des sucreries et rester au repos constitue le meilleur remède.
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- # î*î
- Pratiquement, la véritable difficulté que le médecin doit vaincre en ce qui concerne les affections qu’on vient de voir, c’est de faire un diagnostic exact. Cette difficulté vaincue, le traitement se déduit parfois, mais non toujours, d’une manière logique. Chemin faisant, j’ai d’ailleurs donné les indications pratiques les plus intéressantes. En tout cas, le principe consiste, pour l’alcalose surtout, à donner des acides organiques, des mets riches en graisses qui donnent naissance à des produits acides ou encore à faire jeûner. Dans les acidoses on donnait autrefois des alcalins et notamment du bicarbonate de soude. Aujourd’hui on donne de l’insuline comme dans le diabète. Mais à ces règles il y a de nombreuses exceptions.
- D1 P. E. Moriiardt.
- Bibliographie
- Yoici, outre ceux qui ont été indiqués dans le texte, quelques-uns des travaux qu’on peut consulter sur ce vaste sujet :
- Bigwood. L’équilibre acide-base du sang en clinique. Le Scalpel, n? 4, 23 janvier 1926. — Boutaric. Comment on définit l’acidité, d’un liquide. La concentration en ions hydrogène et l’indice pH La Nature, n° 2773, 15 novembre 1927. — Coste. Equilibre acido-basique des milieux biologiques. Presse médicale, 10 juin 1925. — R. Legendre La concentration en ions hydrogène de l’eau de mer. Presses universitaires de France, Paris 1925. — Pagniez. L’épreuve de l’hyperpnée. Presse médicale, n° 36, 4 mai 1927. — ..Marcel Labbé et F. Nepveux Acidose et alcalose. Masson, Paris, 1928.
- NOTRE NOM
- Nos lecteurs n’ont pas oublié les pages que nous consacrâmes, l’été dernier, à l’innovation si curieuse d’un artiste brésilien, M. Raul Pedernei-ras, qui, en assemblant les lettres d’un nom, réussit à lui donner la forme d’une chose animée ou d’un symbole.
- L’excellent dessinateur, que ses compatriotes ont surnommé depuis longtemps le « Caran d’Ache Brésilien », réside depuis quelques jours à Paris. Il a bien voulu traduire à sa façon le titre de notre revue en lui donnant la forme du flambeau de la science. Nous sommes très .heureux der-reproduire ici son amusant dessin.
- Il nous a communiqué en même temps son interprétation du nom de notre collaborateur, M. Victor Forbin, son ami de vieille date, dont nos lecteurs connaissent l’humeur voyageuse. Un bateau sous ses voiles gonflées? C’est à la fois symbolique et spirituel!
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- : BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN AVRIL 1928 (*)
- On a annoncé récemment la découverte, près [de l’étoile j Gémeaux, d’une petite comète à la position que voici, le 28 janvier 1928, à 23" 6”,0 (T. U).
- 'Ascension droite = 6» 24“ 56’, déclinaison =r-|-20016’,
- 11° grandeur. Faible mouvement. -
- Cette comète, étant la première trouvée cette année, avait été inscrite sous la dénomination : 1928 a.
- Au moment de l’impression de ce numéro, nous apprenons que cette comète n’existe pas, et que la découverte annoncée provient d’une erreur d’interprétation.
- Les observateurs de planètes devront reporter sur d’autres corps célestes leur activité scientifique. En effet, en avril, Saturne est bien visible dans la seconde moitié de la nuit et Neptune presque toute la nuit.
- Toutes les autres planètes sont inobservables.
- A signaler ce mois-ci l’observation de la lumière zodiacale, le soir, à l’Ouest; de la lumière cendrée de la Lune; des étoiles filantes Lyrides, etdesdeuxcurieuses occultations des étoiles e et x des Gémeaux.
- I. Soleil — Pendant le mois d’avril, le Soleil continue son ascension dans l’hémisphère nord du ciel.
- De +4° 33' le lor, la déclinaison atteint +14° 47' le 30. La durée du jour, pendant le mois, croît de 12h49m le lor, à 14h 29“ le 30.
- Voici le temps moyen, à midi vrai, de deux en deux jours :
- Dates. Heures du passage Dates. Heures du passage
- Avril 1er llh 54“ 37* Avril 17 11» 50“ 14*
- — 3 llh 54“ 1’ — 19 llh 49“ 47’
- — 5 llh 53“ 25* — 21 llh 49“ 22*
- — 7 11» 52“ 51s — 23 llh 48” 48*
- — 9 Uh 52* 17* — 25 Uh 48“ 36*
- — 11 Uh 5i“ 44s — 27 llh 48“ 16*
- — 13 llh 51“ 13* — 29 Uh 47“ 58*
- — 15 Uh 50“ 43*
- On l’observera surtout du 12 au 22, période pendant laquelle la Lune n’illuminera pas le ciel.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’avril, seront les suivantes :
- P. L. le 5, à 3h 38m I N. L. le 20, à 5h 25"*
- D. Q. le 13, à 8» 9” | P. Q. le 26, à 21» 42“
- Age de la Lune, le 1er avril, à O1* = 10J',1 ; le 21 avril, à 0» = 0J,8. Pour une autre date du mois, on aura l’âge de la Lune à 0h, en ajoutant 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 21.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril, le 12 = — 25° 36'; le 25 = -f 25°40'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 8 avril, à 0h. Parallaxe — 54'2". Distance = 405 820 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 20 avril, à 19». Parallaxe = 61'17". Distance = 358 800 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 6 avril, occultation de 2 Balance (gr. 6,3), de 20» 21“ à 21»28”. — Occultation [de 4 G. Balance (gr. 6,5), de 21» 3m à 21h 54,n.
- Le 23, occultation, de 121 Taureau (gr. 5,1), de 19»19™ à 20h 47”.
- Le 24, occultation de s Gémeaux (gr. 3,2), de 22» 5m à 22h 40".
- La disparition de l’étoile aura lieu derrière le limbe obscur, éclairé toutefois par une lumière cendrée encore bien sensible (fig. 1).
- Le,25, occultation de x Gémeaux (gr. 3,6), de 21h 38m à 221,24,n.
- La disparition de l’étoile se fera, comme pour l’occultation précédente, derrière le bord obscur rendu visible par une faible lumière cendrée
- (fig- 2).
- Le 29, occultation de 46 Lion (gr. 5,8), de 0h 15™ à 0» 55m.
- Les occultations des 24 et 25 avril seront très intéressantes à suivre.
- Marées, mascaret. —- Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 20 avril. Voici l’heure de la pleine mer à Brest, au moment de ces plus grandes marées :
- Fig. 1.— e des Gémeaux (gr. 3,2), [ Fig. 2. — x des Gémeaux (gr. 3,6), le 2k avril 1928, de 22» 5” à 22» 40“. | le 25 avril 1928,de 21" 3S“ à 22h 24“.
- Occultations de brillantes étoiles par la Lune en avril. Images renversées, telles qu’elles apparaissent dans une lunette astronomique.
- Observations physiques. — De belles taches apparaissent, de temps à autre, sur le Soleil. Ne pas manquer de les observer et de les dessiner. Une petite lunette suffit pour se livrer à l’étude du Soleil.
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale, par les soirées pures et sans clair de Lune, est bien visible à l’Ouest, dès la nuit venue.
- 1. Toutes les heures données dans le présent Bulletin astronomique sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0» à 24» à partir de 0h (minuit). C’est le temps légal en France. Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici.
- Marées du matin. Marces du soir.
- Dates. Heures. Coetlieient Heures. Coetlieient
- Avril 18 2h 29“ 0,82 14h50“ 0,90
- — 19 3h 11“ 0,98 15h 32“ 1,04
- — 20 3h 51“ 1,10 16h 12“ 1,13
- — 21 4h 32“ 1,15 16»54“ 1,14
- — 22 5h 15“ 1,12 17»36“ 1,08
- — 23 5h 58™ 1,02 18»19“ 0,94
- En raison de l’importance des marées en avril, le phénomène du mascaret se produira. En voici les dates et heures pour Quillebeuf, Villequier et Caudebec :
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- Dates. Coefficient de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebee.
- Avril 19 1,04 19hllm 19h 48™ 19h 57™
- — 20 1,10 7" 27™ 8» 4™ 8h 13™
- — 20 1,13 19 "AO™ 20h23™ 20h32™
- — 21 1,15 811 5™ 8h 42™ 8h 51™
- — 21 1,14 20" 26“ 21h 3™ 21h12™
- 22 1,12 811 47™ 9„ 24- 9" 33™
- — 22 1,08 2'lh 9™ 21" 46™ 21" 55"'
- Nous avons donné au n° 2778, du 1er février 1928, p. 134,
- les unités de hauteur de quelques ports français.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l'aide des éléments contenus dans l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1928, donne les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois d’avril 1928.
- lement visible, lors de ses élongations, comme une étoile de 8" grandeur et demie. Il faut, pour cela, une petite lunette de 0"’,05 d’objectif au moins.
- Yoici les élongations de Titan, en avril :
- Dates. Élongation. Heure.
- Avril 3
- — 11
- — 19
- — 27
- Orientale. 13",6
- Occidentale. 18",2
- Orientale. 11",8
- Occidentale. 16",2
- Uranus s’est trouvé en conjonction avec le Soleil le mois dernier. Il est inobservable.
- Neptune est visible presque toute la nuit. Pour le trouver, on s’aidera de la carte spéciale que nous avons donnée au n° 2774, du 1er décembre 1927, p. 518. La planète la plus éloignée du Soleil brille comme une étoile de 8e à 9" gran-
- ASTRE Dates : AVRIL Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellations et étoiles voisines. VISIBILITÉ
- 5 5" 22™ 11"53™25‘ 18" 26™ 0" 57“ + 6° 5' 32' 11"2 Poissons
- Soleil . . . .< 15 5 2 11 50 43 18 41 1 34 f 9 47 31 55,2 Poissons »
- 25 4 43 11 48 36 18 55 2 11 + 13 12 31 50,4 Bélier
- 5 4 53 10 29 16 4 23 30 — 5 56 6,2 Verseau
- Mercure . . .' 15 4 43 10 50 16 58 0 28 + 0 25 5,4 Verseau 1 Inobservable.
- 25 4 35 11 20 18 5 1 35 + 8 20 5,2 v Poissons
- 5 4 50 10 31 16 13 23 33 — 4 31 11,0 Verseau
- Vénus . . . .< 15 4 34 10 37 16 41 0 18 + 0 16 10,6 44 Poissons ( Inobservable.
- 25 4 17 10 43 17 9 1 3 + 55 10,4 e Poissons
- 5 4 1 9 1 14 0 22 3 — 13 22 5,0 V erseau
- Mars ’ 15 3 38 8 51 14 3 22 32 — 10 42 5,2 t Verseau > Inobservable.
- 25 3 14 8 40 14 .6 23 1 — 7 52 5,2 9 Verseau
- Jupiter. . . . 15 4 56 11 28 17 59 1 10 + 6 17 31,0 ô Poissons Inobservable.
- Saturne . . . 15 23 13 3 31 7 48 17 12 — 21 20 15,8 0 Ophiuchus Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . . 15 4 27 10 35 16 43 0 18 + 1 11 3,2 39 Poissons Inobservable.
- Neptune . . . 15 13 7 20 11 3 16 9 56 + 13 11 2,4 v Lion Presque toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure est inobservable ce mois-ci. Le tableau ci-dessus montre qu’il se lève presque en même temps que le Soleil et se couche avant lui. Il s’achemine vers sa conjonction supéi* rieure, qui aura lieu le 3 mai.
- Vénus, également, est inobservable en avril. *
- Mars est tout juste visible dans l’aurore. Mais, pratiquement, il est inobservable. Il sera de mieux en mieux situé dans les mois à venir.
- Jupiter sera en conjonction avec le Soleil le 6 avril.
- Comme les planètes précédentes, il faudra donc renoncer à l’observer ce mois-ci.
- Saturne est visible dans la seconde partie de la nuit, dans la constellation d’Ophiuchus. Il sera très bas sur l’horizon de Paris.
- Yoici les éléments de l’anneau, à la date du 14 avril :
- Grand axe extérieur............................. 39",87
- Petit axe extérieur............................. 17",75
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................-j-26° 25'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, + 26° 28'
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, est faci-
- deur. Avec un fort grossissement, elle apparaît avec un petit disque bleuâtre d’environ 2",3 de diamètre. Flammarion fait remarquer, dans ses Annuaires, que certains amateurs, doués d’une excellente vue, et d’une bonne, jumelle, arrivent à suivre cette planète sur-le ciel. Cela est possible, mais il faut, avant tout, une patience à toute épreuve et un support, pour la jumelle. De jour en jour, ayant trouvé Neptune, on peut le suivre dans son déplacement. Mais une petite lunette sur un pied stable est certainement préférable.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 3", Neptune en conjonc. avec la Lune, à 4° 37' S.
- Le 8, à 2", Mercure — — Vénus, à 1° 7' S.
- Le 10, à 13", Saturne — — la Lune, à 2° 27'N.
- Le 13, à 8", Mercure — — Uranus, à 1° 53' S.
- Le 16, à 13", Mars — — la Lune, à 3« 57'N.
- Le 18, à 11", Uranus — — la Lune, à 4° 25 N.
- Le 18, à 18", Vénus — — la Lune, à 3° 18'N.
- Le 19, à 2", Mercure — — la Lune, à 2° 26' N.
- Le 19, à 11", Jupiter — — la Lune, à 3o 13' N.
- Le 22, à 11", Mercure — — Jupiter, à 0» 45' S.
- Le 28, à 8", Neptune — — la Lune, à 4o 47' S.
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- Étoiles variables. —Yoici le seul minimum que l’on pourra observer en avril, de l'éclat de l’étoile Algol (p Persée) : le 15, à 20h 5m. La constellation de Persée s’approche de l’horizon nord-nord-ouest et, pendant plusieurs mois, on ne pourra plus observer ces minima d’Algol.
- Étoiles filantes. — Quelques essaims d’étoiles Mantes sont actifs en avril, notamment l’essaim des Lyrides qui, du 19 au 22, donne naissance à des météores rapides.
- Radiant
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Avril 9 255° 4- 36° iz Hercule.
- — 16 au 30 206° + 13° y; Bouvier.
- — 19 et 20 271° + 33° 104 Hercule.
- — 29 et 30 326« — 2« a Verseau.
- Etoile Polaire. . — Voici les heures de passage de l’Etoile
- Polaire au méridien de Paris en avril : Heure. Temps sidéral à üh
- Dates. t’a s sage. (T. U.) (T. U.)
- Avril 10 Inférieur 0"13m 13’ 13h 11” 54“
- — 13 — 0" lm 25’ —
- — 13 — 23h 57™ 29’ —
- — 20 — 23h 29“ 58" 131’ 51,n 19“
- — 30 — 221' 50ro 42“ 14" 30"’ 45“
- .........:.....: - CHRONIQUE
- Record du monde avec 1000 kg de charge.
- L’avion Bernard « Ingénieur Hubert», préparé pour la traversée de l’Atlantique, a battu à Istres, le 24 janvier, le record du monde de vitesse sur 1000 km avec 1000 kg de charge utile. La moyenne horaire obtenue dépasse 218 km-h.
- L’appareil, muni d’un moteur Jupiter-Gnôme-Rhône de 420 ch était piloté par l’aviateur Paillard.
- Le record appartenait depuis juillet 192" à l’aviateur allemand Steindorf avec 215 km-h.
- Farman F-160.
- La maison Farman vient de sortir un nouvel appareil du type Goliath destiné au bombardement, dont les performances sont intéressantes.
- Cet avion est muni de deux moteurs Farman de 500 ch chacun, placés comme dans le Goliath, au-dessus du plan inférieur (ces moteurs sont montés avec démarrage électrique).
- Avec son équipement complet (y compris T. S. F., cinq mitrailleuses, aménagement des différents postes), l’appareil emporte 1200 kg de bombes, pour un rayon d’action de 1000 km et une vitesse maxima de 200 km-h. Il plafonne alors à 6000 m. et pèse 6800 kg. Ces performances mettent le F-160 au premier plan des appareils de bombardement à longue distance existant actuellement.
- Marseille-Barcelone.
- La grande Compagnie allemande de transport aérien : la Lufthansa, qui assurait déjà le trafic sur la ligne Genève-Marseille, vient d’inaugurer le prolongement de cette ligne sur le tronçon Marseille-Barcelone.
- Il convient de remarquer que le but final de cette Compagnie n’est probablement pas l’Espagne, mais l’Amérique du Sud ; la nouvelle ligne pourrait ainsi entrer bientôt en concurrence avec la ligne française vers l’Amérique.
- Pour ce service, la Lufthansa utilise des hydravions Rohr-
- ....-........ 1 —=====..................r= 23 ï =
- V. Constellations. — L’aspect du ciel, le 1er avril à 21h, ou le 15 à 20h, est le suivant. On remarquera le brillant aspect des constellations à l’Est et à l’Ouest. Une seule étoile de l,e grandeur est visible au Sud : Régulus.
- Au Zénith : La Grande Ourse.
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse ; Céphée ; Cassiopée.
- A l’Est : Le Bouvier; la Chevelure; la Balance; la Vierge.
- Au Sud : Le Lion; le Corbeau; l’FIydre; la Licorne.
- A l’Ouest : Les Gémeaux; Orion; le Taureau; le Petit Chien.
- Voici quelques-unes des principales curiosités sidérales bien placées pour l’observation avec de petits instruments :
- Castor, l’amas des Gémeaux et les étoiles doubles S, Z et
- L’amas du Cancer et les doubles 0, t, Ç.
- Régulus et son compagnon, y et 54 Lion.
- L’étoile double y de la Vierge.
- e et 54 de l’Hydre. 24 de la Chevelure.
- Les doubles e, tc, l, p. Bouvier. Le Cœur de Charles.
- 14 et M.37 Cocher; v, <}>, o Dragon. La Polaire.
- Algol, e, -ç Persée, y; Cassiopée. Em. Touchet.
- D’AVIATION
- bach « Rocco », appareils bimoteurs de 1350 ch, aménagés pour 10 passagers.
- Ces appareils sont à coque centrale et flotteurs latéraux, la voilure est monoplane en porte à faux, et les moteurs fixés latéralement sur des bâtis au-dessus de l’aile.
- De construction métallique très étudiée, le « Rocco » est l’un des appareils de ce tonnage les plus robustes existant ; sa manœuvre à l’accostage est facile ; son équipement assure toute sécurité (T. S. F. fonctionnant l’appareil étant amerri, pompe d’épuisement, caissons étanches aux bouts d’ailes assurant l’équilibre en cas de crevaison d’un flotteur, voiles de secours, cabine en deux parties avec cloison étanche, etc.).
- La vitesse maxima est de 220 km-h., la vitesse de route de 168 km-h., le rayon d’action à charge normale, de 1300 km, à charge maxima de 2400 km.
- Une modification légère d’un appareil de ce genre permettrait d’assurer dès maintenant la ligne postale de l’Amérique du Sud. Nous sommes obligés de constater que l’hydravion équivalent n’existe pas en France ; le Rohrbach « Rocco » est l’aboutissant d’une longue série d’études, les études d’hydravions de gros tonnages sont inexistantes, ou à peu près en France; nos lignes maritimes sont donc sérieusement handicapées par les lignes allemandes. En particulier la liaison Europe centrale-Amérique du Sud, qui pouvait nous appartenir, est, en train de nous échapper.
- Dynamomètre de transmission pour avions.
- Des essais ont été effectués au Langley Memorial Aero-nautical Laboratory (Etats-Unis), sur la mesure en vol du couple des moteurs d’aviation et de la traction de l’hélice.
- Dans ce but, un appareil dynamométrique (dynamomètre de moyeu R.endemann) a été installé sur un moteur Liberty 12, monté sur avion DFI 4.
- Cet appareil, placé à l’avant d’un moyeu spécial, est constitué par deux groupes de trois petits cylindres contenant un liquide dans chacun desquels se déplace un piston.
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- Les cylindres du premier groupe, placés en étoile autour de l’axe, servent de liaison dynamométrique entre le moteur et l’hélice ; ceux du second groupe, placés longitudinalement autour de l’axe, équilibrent la poussée de l’hélice.
- La pression du liquide contenu dans les cylindres est transmise, par l’intermédiaire de joints tournants, à des manomètres gradués convenablement.
- Les mesures permises par un tel appareil sont du plus grand intérêt : elles permettront de vérifier les formules de prédétermination de puissance en altitude, de comparer des moteurs et des hélices à leur altitude d’utilisation, etc.
- Conditions techniques de la traversée de VAtlantique.
- Les derniers échecs pour la traversée de l’Atlantique ont affirmé la difficulté technique de réalisation d’un tel raid, et à plus forte raison d’une liaison commerciale. — M. l’Ingénieur en chef Franck du S. T. I. Aé., a exposé dernièrement à la S. F. N. Aé. les conditions techniques de la traversée, en particulier dans le sens Europe-États-Unis.
- Routes. — Trois routes sont offertes :
- 1° La route directe (arc de grand cercle) passant par Terre-Neuve (5830 km) ;
- 2° La route des paquebots (6325 km);
- 3° La route des Açores (6543 km).
- Les temps des parcours varient, d’été en hiver, de 5 à 6 heures pour la route des Açores, de 8 à 11 heures pour les autres routes (soit 1400 km de différence).
- Le calcul, fait pour les conditions météorologiques les plus défavorables, donnent pour ces trois routes les durées de traversées suivantes :
- Juillet. Janvier.
- Route du Nord................ 46h,25 47h,20
- — transatlantique-. . 49\30 .5lh,40
- — des Açores .... 48h,15 52ll,05
- ceci, pour une vitesse propre de 150 km-h.
- De l’examen des conditions météorologiques, il résulte que :
- La route du Nord est tentante en été, déplorable en hiver ; elle présente peu de bateaux en été, aucun bateau en hiver, donc aucun repère de navigation, et aucun secours possible en cas d’accident.tDe plus, un appareil muni de T. S. F. reste sur cette route, pendant 1200 km hors de portée des postes continentaux.
- La route des paquebots présente un bateau tous les 800 km environ (2 paquebots par jour et par continent), les relèvements sont donc faciles, mais le temps est généralement mauvais.
- La route des Açores, au contraire, assure le beau temps en été; le mauvais temps y est accidentel en hiver; mais elle est parcourue par un moins grand nombre de bateaux, et ceux-ci sont moins bien outillés en T. S. F.
- Equipage. — La navigation dans le sens Europe-États-Unis est beaucoup plus difficile que dans le sens inverse; d’une part, parce que la route du nord y arrive parallèlement à la côte depuis Terre-Neuve (l’avionpeut donc manquer la terre) ; d’autre part, parce que les dépressions avancent d’Amérique en Europe : la prévision est donc plus facile et sûre dans ce sens.
- Le raid d’un pilote seul, déjà risqué dans le sens Etats-Unis-Europe, peut donc être regardé comme très imprudent dans le sens Europe-États-Unis. Un équipage de 3 hommes, au moins, dont un radiotélégraphiste .sera donc nécessaire.
- Appareil. — L’examen des caractéristiques nécessaires aux appareils transatlantiques montre la nécessité d’employer des
- avions terrestres (pour les raids, et pour les voyages commerciaux avec escale aux Açores).
- Un appareil inultimoteur bien étudié, présente d’ailleurs une sécurité très grande : victime de panne d’un moteur au début du voyage, il vidange une partie de l’essence et revient ; en fin de voyage, il peut continuer (l’appareil étant allégé) ; dans tous les cas, il peut vidanger toute son essence et flotter un certain temps. L’hydravion assez léger pour traverser et assez robuste pour tenir la mer longtemps n'existe pas encore.
- Dans tous les cas, la réussite de la traversée Europe-États-Unis nécessiteune préparation méthodique du matériel et de l’équipage.
- De la discussion qui suivit la conférence de M. l’Ingénieur en chef Franck, il ressort que le vol sur tout le parcours au voisinage du plafond, avec suralimentation du moteur augmenterait sensiblement le rayon d’action; il nécessiterait une étude de la haute atmosphère, et des compresseurs de fonctionnement sûr.
- D’autre part, le poids du combustible à emporter rendrait avantageux des moteurs à faible consommation (grande compression et combustible spécial, diesel, moteurs à longue détente genre Andreau, moteurs spéciaux sous-alimentés). Le poids par cheval devient, en effet, secondaire pour un parcours aussi long; de plus, les conditions de fonctionnement sont moins variables et plus proches du rendement maximum de l’ensemble.
- Sonde aérienne « Echolot ».
- Les altimètres utilisés à bord des avions, sont, comme chacun sait, sujets à erreurs importantes (plusieurs centaines de mètres); ils sont donc pratiquement inutilisables à l’atterrissage, c’est-à-dire au moment où la connaissance précise de l’altitude est indispensable.
- Parmi les appareils de bord destinés à donner au pilote son altitude exacte, la sonde aérienne « Echolot » se place au premier plan, tant par sa simplicité que par sa sécurité de fonctionnement.
- Le principe de cette sonde est le suivant : un son bref est émis à bord de l’appareil, il va se réfléchir sur le sol et revient à l’appareil; le temps compris entre l’émission et l’écho, fonction de la hauteur est mesuré.
- Le son est produit par un détonateur à charges multiples, commandé ou automatique. Il impressionne, au départ, un premier microphone qui déclanche un miroir en rotation uniforme. Ce miroir reçoit un pinceau lumineux, et le réfléchit sur un verre dépoli gradué en altitudes. Un deuxième microphone, situé de l’autre côté de l’appareil, est impressionné par l’écho, et déplace une lentille placée sur le trajet du pinceau lumineux.
- A l’émission, un point lumineux se déplace sur le cadran de l’appareil, d’un mouvement uniforme, laissant derrière lui une traînée lumineuse ; à la réception de l’écho, ce point est dévié brusquement, ce qui provoque une discontinuité de la traînée lumineuse. A la graduation correspondante se lit l’altitude.
- Les essais ont montré l’efficacité de l’appareil jusqu’à une distance du solde 10 centimètres; enfin les expérimentateurs prétendent pouvoir juger de la nature du sol d’après l’allure du point de discontinuité, ce point étant beaucoup plus net pour un sol dur et découvert, que pour un terrain mou ou couvert de broussailles.
- L’appareil destiné aux avions comprend deux graduations : de 0 à 25 m et de 0 à 100 m. Ses dimensions sont : 60X245 x205 mm, son poids 2 kg200.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE H.-A. Lorentz.
- L'illustre physicien hollandais, Hendrick-Antoon Lorentz, vient de mourir le 4 février 1928. Il était né à Arnheim le 18 juillet 1853. Pendant de longues années il professa brillamment la physique à l’Université de Leyde et ne quitta ce poste que pour prendre la direction des recherches à l’Institut Teyler de Haarlem.
- Ses travaux originaux portent sur les théories de l’optique et de l’électricité ; dans sa thèse de doctorat, en 1875, il étudie, en partant de la théorie électromagnétique de la lumière de Maxwell, les lois de la réfraction et de la réflexion.
- En 1880, il établit une théorie de la propagation des ondes électriques dans un milieu formé de particules discontinues. En 1884, il aborde l’étude des effets du champ magnétique sur la polarisation de la lumière réfléchie et provoque, par ce mémoire, les recherches expérimentales de Zeemann qui aboutirent en 1897 à la découverte du phénomène de Zeemann.
- En 1892 et 1895, il publie deux mémoires célèbres, l’un en français : « La Théorie électromagnétique de Maxwell et son application aux corps mouvants », l’autre en allemand : Essai d’une théorie des phénomènes électriques et optiques dans les corps en mouvement ». Il y démontre notamment que le principe de relativité, valable dans le domaine de la mécanique ordinaire, l’est également dans celui de l’électrodynamique.
- Ces deux mémoires devaient être le point de départ des théories relativistes au développement desquelles Lorentz, lui-même, prit également en ces dernières années une part importante. H.-A. Lorentz était très connu en France. En 1912 il donna, au Collège de France, des conférences sur les phénomènes de quanta, et tout récemment, à l’occasion du Centenaire de Eresnel, il s’imposa le voyage de Paris pour venir rendre en public un touchant hommage au créateur de l’optique ondulatoire.
- Lorentz a formé de nombreux et brillants élèves : la physique hollandaise, qui-compte tant de noms illustres, est, grâce à lui, assurée de briller longtemps encore d’un vif éclat. G. T.
- Le major général Gœthals.
- Le 21 janvier dernier, le major général Gœthals de l’armée américaine est mort à New-York à l’âge de 69 ans. Lé nom de cet ingénieur militaire a été rendu célèbre par l’achève-
- ment du percement du Canal de Panama. Chargé de la direction des travaux en 1907, par le président Roosevelt, il sut mener à bien cette tâche colossale, qui se présentait dans des conditions très difficiles. Les travaux étaient commencés depuis 1902, après rachat de la concession française par les Elats-Unis. Ils se poursuivaient péniblement: un échec était à craindre. Le président Roosevelt décida alors de substituer aux entrepreneurs privés une régie d’Etat organisée militairement. Le général Gœthals sut rétablir et maintenir la discipline parmi les travailleurs, faire disparaître par un contrôle hygiénique sévère la fièvre jaune et la malaria qui
- décimaient les chantiers, et venir à bout des difficultés techniques formidables qui se rencontraient,notamment dans le creusement de la célèbre tranchée de Culebra. Grâce au talent et à l’énergie de Gœthals, le canal était mis en service le 3 août 1914.
- ASTRONOMIE
- L’Astronautique et le « Prix Rep-Hirsch ».
- Ce n’est pas d’aujourd’hui que les astres ont exercé une invincible attraction sur l’esprit humain. Depuis que l’homme regarde lè ciel, il rêve, quittant son propre Globe, d’aborder sur les Terres du Ciel, sui-l’expression de Camille Flammarion. Tentés par l’aventure prodigieuse, force rêveurs et écrivains ont imaginé engins et appareils dont leurs héros se servent pour visiter nos « voisins » du Ciel. Ce mot de voisins ne possède d’ailleurs qu’une valeur très relative. Sans doute la Lune est-elle très proche de la Terre, lorsqu’on compare sa distance à celle des planètes. Que sont quelques centaines de milliers de kilomètres à côté des millions et des millions (50 à 57) qui nous séparent au moins de Vénus et de Mars! A leur tour ces distances sont insignifiantes en comparaison de celles des autres planètes du système polaire, et nulles vis-à-vis de l’éloignement des étoiles... Mais dans le domaine pratique il en va tout autrement.
- En vérité est-il seulement possible de franchir la « faible » distance qui nous sépare de la Lune? Peut-être, répondrons-nous aujourd’hui.
- Il est bien inutile d’insister sur le côté purement spéculatif de toutes les inventions mises en jeu, à grand renfort d’imagination, dans les innombrables romans d'aventures extraterrestres. Mais arrêtons notre attention sur le côté vraiment scientifique du problème que les connaissances et les données actuelles permettent d’envisager. Manifestement la balistique simple ne peut entrer efficacement en ligne de compte,
- Fig. 1. — H.-A, Lorentz.
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- = 234 ................................. ..............=
- Un véhicule, obus ou autre, propulsé suivant la verticale par une cause unique au départ, comme une déflagration d’explosifs, ne peut conserver sa vitesse un temps suffisamment long.
- Il en est tout autrement de la fusée, capable, portant en soi le principe-de sa propulsion, de conserver celle-ci ou même de l’accélérer dans des conditions déterminées pendant le laps de temps nécessaire. Diverses solutions d’un semblable engin ont déjà été proposées, entre autres le projet de la fusée Goddard.
- Les conditions d’un tel problème, M. Robert Esnault-Pelterie les a envisagées avec la dernière rigueur scientifique, et les calculs du savant ingénieur font connaître exactement les éléments essentiels : forme delà fusée, énergie minimum, accélération, etc., etc. En fait nous trouvons dans ces données la solution cherchée. Mais elle n’est encore que sur le papier ; et, si théoriquement l’aventure est possible, la chose est bien différente encore pour le domaine pratique... Quelle sera l’énergie capable d’être mise en jeu? Aucune des réactions actuellement connues n’est suffisante, eu égard à la masse de <c combustible « que doit emporter avec lui le véhicule, même pour franchir la plus faible distance interplanétaire, en l’espèce celle de la Terre à la Lune. Mais la science n’a pas dit son dernier mot, et l’avenir semble dans le domaine de la physico-chimie; demain, peut-être, l’énergie réclamée sera mise à notre disposition par la désintégration des atomes, ou par l’hydrogène atomique, pour ne citer que quelques-unes des hypothèses envisagées par M. Esnault-Pelterie dans son magnifique exposé.
- Pour encourager les chercheurs, M. Esnault-Pelterie, avec le généreux concours de M. André Hirsch, vient de mettre à la disposition de la Société Astronomique de France une somme permettant de distribuer, jusqu’en 1930, un prix de 5000 francs. Le « Prix Rep-Hirsch » est destiné à récompenser le meilleur travail original susceptible d’amener la réalisation de l’un des nombreux desiderata tendant à la solution du problème cherché. A cet effet, une Commission a été nommée, dite de 1 ’Astronautique. C’est ainsi que cette science nouvelle a été baptisée par M. J.-H Rosny aîné, de l’Académie Concourt qui, avec les deux donateurs, fait partie de la Commission; les autres membres sont actuellement : MM. le général Ferrié, membre de l’Institut, Président; Jean Perrin, E. Fichot, membre de l’Institut, Vice-Présidents; H. Deslandres, G. Urbain, Ch. Fabry, membres de l’Institut ; J. Baillaud, Em. Relot, Jos. Rethenod, D1' André Ring, général Charbonnier, II. Chrétien, E. Esclangon, Léon Gaumont, A. Lambert, Ch. Maurain, R. Soreau. L. R.
- ÉLECTRICITÉ
- La Télévision à travers l’Atlantique.
- Le 9 février 1928 marquera sans doute une date importante dans l’histoire des communications. Ce jour-là, en effet, un inventeur anglais, M. Baird, qui depuis plusieurs années travaille à mettre au point un système de télévision, a réussi à transmettre de Londres à New-York des images animées; on a pu apercevoir de New-York le visage d’un homme et celui d’une femme de Londres. La transmission a été effectuée par fil téléphonique de Londres au poste radio de Purley, de là elle a été radiodiffusée vers New-York.
- Les images aperçues à New-York n’étaient ni très nettes, ni persistantes.
- Les atmosphériques et le fading, ainsi que les postes de T. S. F. à courte longueur d’onde ont beaucoup gêné la transmission.
- Mais un pas important a été franchi : il y a quelques mois, on réussissait à transmettre la parole par-dessus l’Atlantique, entre l’Ancien et le Nouveau Continent ; depuis, plusieurs avions ont franchi l’Océan dans sa plus grande largeur ; aujourd'hui c’est la vue humaine dont la portée s’accroît au delà des limites rêvées même par les romanciers.
- MÉTALLURGIE
- Un clocher en aluminium.
- Le clocher de l’église protestante évangélique de la Smith-field Street, à Pittsburgh (Etats-Unis), offre cette particularité, unique au monde actuellement, d’être tout entier en aluminium.
- C’est une flèche élégante qui, à 60 m. au-dessus du sol, surmonte un majestueux campanile.
- Il mesure 27 m. de haut.
- Il est fait de 221 pièces coulées dont la plupart constituent des motifs décoratifs, et pèse au total 3300 kgr.
- Pour des raisons administratives, toutefois, la carcasse de support, qui avait été prévue en profilés d’aluminium, a dû être exécutée avec des profilés en acier.
- MARINE
- La paternité du mouillage des mines par sous-marins.
- Dans l’article sur le mouillage des mines par sous-marins, paru dans le n°2775, du 15 décembre 1927 de La Nature, j’ai attribué à l’Allemagne l’idée première d’utiliser les sous-marins à cet usage.
- Des documents précis et indiscutables me prouvent que j’ai fait erreur.
- Je suis d’autant plus heureux de le reconnaître que ma rectification établira que c’est à l’industrie française, en la personne de la maison Normand, du Havre, que revient le mérite de cette invention qui a été si grandement exploitée pendant la guerre.
- En effet, par lettre du 26 juillet 1912, cette firme soumettait au Ministre de la Marine un projet de sous-marin étudié spécialement pour permettre le mouillage des mines sous-marines en plongée.
- Dès juin 1912, la maison Normand prenait le brevet français pour le mouillage des mines.
- Ces mêmes brevets étaient accordés en octobre 1913 en Angleterre, en mai 1914 aux Etats-Unis et en Suède au début des hostilités. 1
- La demande était encore en discussion en Allemagne, où le brevet ne fut accordé qu’en 1916.
- La marine française n’a pas donné suite immédiatement aux propositions de la maison Normand, parce qu’elle désirait voir expérimenter et mettre au point définitivement la mine spéciale pour sous-marin que construisait la maison Sauter Harlé.
- C’est seulement en 1917 que, ces essais de mines étant terminés et déclarés satisfaisants, la Marine décida la transformation de deux sous-marins Astrée et Amarante en mouilleurs de mines et confia aux chantiers Normand la construction du sous-marin mouilleur de mines Chailley-Bert.
- Mais, dès septembre 1915, les premières mines allemandes mouillées par sous-marin firent leur apparition.
- Il faut ajouter que le système adopté à ce moment par nos ennemis était très défectueux et constituait un grave danger pour les bâtiments chargés de cette opération délicate.
- C‘ Sauvaire Jourdax.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Hydrodynamique générale (Fluides parfaits et visqueux. Ailes d’avions), par H. Bouasse. 1 vol. 500 p., 260 fig. Delà-grave, éditeur, Paris, 1928. Prix, broché : 50 francs.
- Ce volume est le premier d’une série de trois ; le second consacré à la résistance des fluides a déjà paru; le troisième traitera de l’étude expérimentale des tourbillons. Ces publications couvriront donc tout le domaine physique de l’hydrodynamique moderne, rendu si important par le développement de l’aviation et des exploitations hydrauliques.
- Le présent volume offre le grand mérite de présenter un exposé d’ensemble des théories hydrodynamiques dans leur état actuel et de montrer très clairement les conditions dans lesquelles elles sont utilisables. On sait que la théorie classique du fluide parfait conduit à des conclusions paradoxales que contredit l’expérience immédiate; son emploi est cependant parfaitement légitime sous certaines conditions et conduit à des méthodes de calcul pratiques et fécondes, que M. Bouasse expose d’une façon didactique qui rendra les plus grands services, notamment aux ingénieurs hydrauliciens ou d'aviation. Il montre ensuite comment faire intervenir la viscosité pour rendre compte des phénomènes des fluides réels et il expose la théorie des surfaces de discontinuité aujourd’hui abandonnée, puis celle de la couche limite de Prandtl. Il termine en étudiant la translation des sphères, à l’occasion de laquelle il combat vivement la théorie de Stokes, puis la translation des cylindres (phénomène de Magnus), enfin la résistance à l’avancement du plan mince et celle des ailes d’avions.
- Cours d’aéronautique, par Emile Leroux. 1 vol. 38ft p., 166 fig. et 1 pl. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1927. Prix : 56 francs.
- M. Leroux publie le cours qu’il professe à l’Ecole du Génie maritime. Il y condense l’essentiel de ce que doivent connaître aujourd’hui ceux qui veulent se spécialiser dans la technique aéronautique. Cet exposé, logiquement ordonné, clair et précis, constitue une parfaite initiation à la science moderne de l’air. Il débute par les lois de l’aérodynamique, telles qu’elles résultent des travaux les plus récents, accompagnées des résultats donnés par l’expérience. Puis, il étudie la dynamique de l’avion, et celle de l’hélice à Laquelle l’auteur apporte une contribution person-, nelle originale et importante ; puis les régimes du vol de l’avion, le virage, les conditions de stabilité, le pilotage. L’hydravion fait l’objet d’unè étude particulière. On trouve ensuite des notions sur la construction de l’avion et sur les matériaux mis en oeuvre à cet effet, une excellente étude du moteur d’avion et des dispositifs particuliers que lui impose la nécessité de conserver sa puissance en altitude; un exposé des essais pratiqués en vol, et la façon d’établir un avant-projet. L’ouvrage se termine par l’étude sommaire du ballon libre, du dirigeable et du ballon captif.
- Précis de Physique d’après les théories modernes,
- par G. Boutaric (2° édition). 1 vol. 918 p., 736 fig. et 1 planche en couleurs. Doin éditeur. Paris, 1928. Prix : 36 francs.
- Cet ouvrage élémentaire écrit à l’usage des candidats au baccalauréat et des étudiants de P. G. N. a le mérite d’exposer très clairement, dans un ordre logique, et sans appareil mathématique, l’essentiel de la physique telle qu’elle est aujourd’hui constituée. La lecture en est facile et à ce titre elle se recommande non seulement aux étudiants à qui elle est spécialement destinée, mais aussi à toutes les personnes soucieuses de culture générale.
- L’Électrification de la France, par Maurice Mollard. 1 vol. 228 p., 1 carte. Dunod, éditeur. Paris 1927.
- La mise en valeur de nos chutes d’eau subit depuis 1922 un ralentissement regrettable. M. Mollard, sénateur de la Savoie, montre avec statistiques à l’appui que la France s’est laissé dépasser dans cette voie non seulement par les Etats-Unis et le Canada, mais par l’Italie. Néanmoins nous importons de grandes quantités de charbon dont une bonne partie est mal utilisée. M. Mollard recherche les causes qui expliquent la médiocre mise en valeur de notre domaine hydraulique : il les trouve dans le particularisme outré des industriels, dans l’absence, parmi l’administration, d’une politique ferme et à larges vues, et dans l’inefficacité du contrôle. Pour remédier à cette situation, il cherche à établir un programme d’ensemble pour la mise en valeur de tout le domaine hydraulique de France et l’électrification générale du pays, avec interconnexion des grandes centrales et création d’un « superréseau » de destribution. Ce programme paraît séduisant, quoique étudié bien superficiellement. Pourquoi faut-il que l’auteur, pour le réaliser, n’aperçoive d’autre moyen que d’imposer une taxe spéciale aux usines thermiques, c’est-à-dire de taxer la force motrice qu’elles produisent. L’énergie hydraulique est précieuse,
- mais sa supériorité doit se manifester par un prix de revient inférieur et c’est un moyen trop commode et très dangereux que de lui assurer cet avantage en grevant artificiellement son soi-disant concurrent. L’auteur nous égare dans la politique; nous cessons d’être dans le domaine technique.
- Mémento du chimiste, deuxième édition, rédigée sous la direction de : Marcel Boll et Paul Baud. T. II par J. Boisseau, M. Caville, M. Ciiivoret, L. P. Clerc, D. Elouard, R. Le Coarer. 1 vol. 686 p., 13 fig. Dunod éditeur. Paris, 1928. Prix, broché : 95 francs.
- Cet ouvrage traite tout d’abord des liqueurs titrées et réactifs particuliers, de l’analyse des eaux, puis il aborde l’étude des combustibles solides et liquides et des lubrifiants; les métalloïdes et leurs principaux dérivés sont ensuite étudiés en détail ainsi que les minerais, métaux et alliages. Les chapitres suivants sont consacrés à la grande industrie chimique (acide sulfurique, sel marin, acide nitrique, industries de la soude, des sels de potassium, des gaz industriels, etc...), puis aux industries chimiques diverses (chaux et ciments, céramique, verrerie, produits organiques, caoutchouc, gutta-percha, résines, gommes, vernis, alcools, corps gras, savons, bougies, huiles, sucres, textiles, papiers, poudres, cuirs, etc...).
- Une place importante est faite dans les derniers chapitres aux analyses agricoles, à l’industrie des produits alimentaires, à la photographie, à la chimie biologique, enfin à l’étude des matières colorantes.
- IV. Lamarck et l’interprétation de la Nature,
- (L’Histoire de la Nature vivante d’après l’Œuvre des Grands Natui'alistes Français), par Louis Roule. 1 vol. in-16, 247 p. Flammarion, Paris. Prix : 12 francs.
- Le naturaliste Lamarck possède aujourd’hui une renommée mondiale. Son nom est devenu populaire. Il n’en fut pas ainsi lorsqu’il vivait, au début du siècle dernier. Seul un petit cénacle d’auditeurs, dans lequel figuraient Balzac et Sainte-Beuve, assistait à ses cours du Muséum, et s’intéressait à ses pensées. Une existence matérielle laborieuse et modeste; une vie intellectuelle fougueuse et ardente; une longue vieillesse infirme et abandonnée; une mort ignorée, puis l’oubli immédiat; ensuite une résurgence glorieuse, s’achevant en apothéose : telle est l’histoire de Lamarck.
- Son nom cependant, dans les sciences de la Nature et de la Vie, se lie désormais à la notion de l’évolution progressive des êtres au travers des âges.
- Le volume qui lui est consacré par le professeur du Muséum, et qui vient après ceux sur Buffon, Daubenton et Cuvier, raconte agréablement les principaux épisodes de sa vie tourmentée et de sa fin douloureuse, situe ses admirables travaux sur la philosophie de la Nature.
- Erblichkeitsforschung an Pflanzen. Ein Abriss ihrer Entwicklung in den letzten 15 Jahren, par Friedrich Gëhlkers. 1 vol. in-8, 203 p., 10 fig. Wissenschaftliche Forschungsberichte, bd. NVIII. Tlieodor Steinkopff, Dresde et Leipzig, 1927. Prix : broché, 13 marks; relié, 14 m. 50.
- Ce 18e livre de la collection du Dr Liesegang est consacré par le professeur de botanique de l’université de ïübingen au résumé du développement des recherches sur l’hérédité des plantes en ces 15 dernières années. Il débute par le rappel des lois de Men-del et des hypothèses sur le rôle des chromosomes dans l’hérédité, puis il passe en revue les progrès des études sur la stérilité, la léthalité, la sexualité des végétaux, leurs mutations. Bonne mise au point, analysant nombre de travaux dont aucun français, d’autant plus utile que la génétique devient une science hermétique, ayant son langage propre trop souvent bien difficile à comprendre par les non-initiés.
- Notre sixième sens, par Charles Richet. 1_ vol. in-16, -253 p., 28 fig. Éditions Montaigne, 13, quai de Conti, Paris. Voici une suite au Traité de Métapsychique, moins bourrée de faits, mais relatant avec précision une série de phénomènes d’hallucinations véridiques, de monitions, de cryptesthésie, survenus spontanément ou constatés au cours d’expériences, qui semblent bien prouver que, dans certains cas, certains sujets peuvent ressentir des faits extérieurs autrement que par les cinq sens connus. Le professeur Richet appelle sixième sens celui ou ceux qui, dans certaines circonstances exceptionnelles, provoquent la perception d’éléments réels du monde extérieur restant généralement ignorés de nous. Les observations rapportées paraissent certaines, et c’est déjà beaucoup; bien entendu, le fonctionnement du sixième sens reste inconnu et inexplicable.
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- PETITES INVENTIONS
- OBJETS MENAGERS Escalier repliable.
- La construction des escaliers demande à être étudiée d’une façon particulière lorsqu’on dispose de peu de place. Jusqu’à
- Fig. 1. — À gauche : L’escalier repliable ouvert; A droite : Le même, replié.
- présent, on s’est généralement contenté, lorsqucoe l’enmbre-mentdoit être réduit au minimum, de l’escalier en hélice. C’est la seule méthode employée pour les endroits exigus. Le cas se présente fréquemment dans les constructions modernes, surtout dans les grandes villes où le terrain a une valeur importante. Les escaliers à pic, que l’on prévoit lorsque l’on ne veut pas utiliser l’escalier en hélice, rendent la montée et la descente pénibles et dangereuses, notamment pour les personnes âgées.
- M. Frantzen a imaginé un escalier repliable contre le mur, qui présente le minimum d’encombrement et qui demande également le minimum de trémie à réserver dans le plancher.
- Il part du principe connu, mais bien mal appliqué jusqu’à présent, des marches décalées et alternées. Avec les proportions adoptées, on peut monter et descendre le plus verticalement possible, sans aucune gêne, ni impression de vertige.
- L’escalier est repliable contre le mur. Pour cela, il est muni d’une rampe articulée repliable. S’il s’agit par exemple d’un escalier du genre de celui que nous avons vu, qui fait communiquer d'eux étages d’un immeuble à l’intérieur d’un appartement, voici les dimensions appliquées : le couloir a 80 centimètres de largeur seulement, l’escalier 3 m,50 de longueur. Il se replie contre le mur grâce à des charnières spéciales et ne demande qu’un effort de relèvement de 8 à 9 kilos.
- Un crochet scellé et articulé, au milieu du mur et de l’escalier, permet le maintien de l’ensemble.
- La différence d’étage est de 3 mètres de hauteur, la longueur du pied de l’escalier est de 1 m.90. Lorsqu’il est ouvert, depuis le mur jusqu’à l'extérieur de la rampe, il y a 0 centimètres et lorsque l’escalier est replié contre le mur.
- 20 centimètres seulement, ce qui maintient le passage libre suffisant dans le corridor.
- Les marches sont soit en chêne de 27 ou de 34 millimètres, soit en contreplaqué armé de 15 millimètres. La tôle striée, peu élégante et coupante, a été rejetée. L’avancée de chaque marche, du côté où on pose le pied, est tenue par le plat supérieur du limon, qui empêche toute flexion. Un fer spécial sur un chevron parallèle à l’escalier et fixé au préalable contre le mur rend pratique le fonctionnement. L’escalier n’est pas appliqué par l’angle du limon arrière, mais bien au contraire en son milieu.
- Il est évident que le prix de revient d’une telle combinaison est bien inférieur à celui d’un escalier ordinaire. Le même système s’applique également aux échelles fixes ou mobiles, même presque verticales, ce qui est très intéressant pour les salles des machines, les magasins, les escaliers des bateaux, où notamment l’emplacement est limité.
- Enfin, l’inventeur applique également son système à un escalier escabeau qui constitue alors un meuble pratique, car on n’a pas la gêne de l’escabeau ordinaire où le peu de largeur des marches et leur mauvais recouvrement rendent l’ascension délicate. Le minimum de largeur est ici de 20 centimètres, alors qu’un escabeau courant atteint au plus 12 centimètres.
- Un guide sur la dernière marche de l’escabeau assure au corps un maintien facile et évite tout vertige. C’est une solution très intéressante en ce moment où la construction atteint des prix élevés et où l’on cherche à utiliser au maximum la place dans une habitation.
- L. P. Frantzen, 52, avenue Alfred-de-Musset. Le Vésinet (S.-et-Oise).
- Commande électrique de chasse d’eau.
- Cet appareil, qui était exposé au Concours Lépine, assure automatiquement la commande des chasses d’eau, notamment
- Bobine è noyau plongeur
- Bouton
- électrique
- Fig. 2. — Schéma de la commande électrique] de chasse d’eau.
- pour les water-closets, simplement par le fonctionnement d’un contact électrique.
- L’appareil se compose d’un noyau magnétique qui est en fer plein lorsque l’alimentation se fait parle courant continu ou en fer feuilleté s’il s’agit de courant alternatif. Une bobine
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- d’induction attire ce noyau plongeant et elle est conçue pour fonctionner soit sur 110 volts, soit sur 220 volts.
- L’intensité nécessaire au fonctionnement est de 2 ampères 8, et la force d’attraction est de 5 kg.
- Etant donné le fonctionnement pour ainsi dire instantané du système, la consommation est négligeable. Il suffit d’envoyer le courant dans la bobine pour que le noyau soit attiré.
- Comme ce noyau est relié à la chaîne qui commande la chasse d’eau, celle-ci se déclenche immédiatement.
- L’appareil se prête à diverses combinaisons; on peut le commander, par exemple, par un bouton analogue à un bouton de sonnerie, mais suffisamment isolé pour fonctionner sur le courant d’éclairage. On peut également commander l’appareil par un contact de passage de porte avec isolement spécial pour l’éclairage. Au moyen d’une pendule à contacts, on peut également faire fonctionner la chasse d’eau d’une façon intermittente, mais régulière, à intervalles calculés. Enfin, on peut aussi disposer des contacts sous les divers modèles de sièges, de façon que l’automaticité soit assurée par ce moyen.
- Dans ces dernières combinaisons, on emploie une minuterie qui est réglée pour un nombre de minutes déterminé, de sorte que le fonctionnement n’a lieu qu’après un court intervalle, lorsque la personne est déjà sortie.
- Ce petit système est très intéressant. Son fonctionnement s’applique notamment dans les grands établissements où les cabinets de toilette sont à la disposition du public. L’automaticité de la chasse d’eau assure toujours un parfait nettoyage. Elle fonctionne seule, sans que la mécanique puisse se déranger et, au besoin, sans que la personne faisant usage des water-closets ait à s’occuper d’une façon quelconque de la chasse d’eau.
- Lachèvre, 36, rue Jacob, Paris.
- Fig. 4. — Pied pliant « Union ».
- Tendeur de pantalon.
- Ce tendeur de pantalon est composé de trois parties formant pince; la partie supérieure prend le haut du vêtement, les deux autres pincent les plis des côtés.
- Pour mettre l’appareil en place, on dispose le pantalon les quatre coutures ensemble et on laisse retomber les poches pour qu’elles ne soient pas prises dans l’appareil.
- On prend le côté devant qui est le moins cintré, on dévisse l’écrou, on met les plis sur la planchette où se trouve une entaille réservée pour les parements ou remplis; on exerce une légère pression, on remet le côté dessus et on revisse l’écrou en serrant légèrement.
- On place ensuite deux pinces de serrage, l’une sur le trait du haut, la deuxième à la hauteur des genoux.
- On opère de la même façon pour l’autre côté en utilisant la pièce légèrement cintrée.
- La pièce du haut est mise en place en laissant sortir les ; boutons des bretelles, ce qui l’empêche de glisser.
- On exerce une forte tension sur les coulures avant de suspendre le pantalon.
- Le lendemain, enfin, le vêtement est retiré impeccable; il n’y a plus de genouillère, ni de plis qui se forment en s’asseyant au devant, dans le haut et sous les genoux.
- On augmente ainsi la durée du vêtement qui continue à avoir un aspect neuf ; le repassage à la vapeur a l’inconvénient d’atténuer les teintes et d’abréger la durée du tissu.
- M. Maison, 16, passage du Génie (XII0).
- PHOTOGRAPHIE Pied pliant « Union ».
- Les pieds pliants employés en photographie ont l’inconvénient d’être instables lorsqu’on les pose sur une surface lisse : carrelage, parquet ciré, etc. ; il en résulte souvent des déplacements intempestifs qui obligent à recommencer la visée et la mise au point.
- Sur les tapis, les pointes risquent d’y pénétrer et de provoquer des trous ou des déchirures.
- Un nouveau pied pliant a été imaginé qui évite très simplement ces divers inconvénients. Il pèse 4,8 kg; plié, il ne mesure que- 10 cm de long sur 5,5 de large; ouvert, il peut atteindre 1 m.50.
- Les trois pieds sont reliés par des tendeurs métalliques mobiles; ils supportent un axe central en deux parties coulissantes qui permettent de régler la hauteur comme on le désire.
- Un large plateau supérieur peut supporter aisément une chambre 18 x 24 ou même 24 x 30. Ce plateau se hausse et se baisse au moyen d’une manivelle et peut être incliné jusqu’à 45°.
- Etablissements Union, 6, rue du Conservatoire, Paris, 9e.
- Tendeur de pantalon.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des tours penchées (n° 277G).
- M. Devaux, ingénieur ci\’il des Ponts et Chaussées, nous écrit :
- « Vous avez oublié de mentionner dans la nomenclature des tours penchées la cloche de l’église Saint-Martin, à Etampes (Seine-et-Oise), qui, entre autres avantages, offre pour les curieux d’être beaucoup plus près de Paris, au bord de la route Paris-Toulouse, et d’être même très visible du chemin de fer (ligne de Paris -à Orléans, au bas de la rampe de Guillerval, ou ligne
- QUESTIONS
- Erratum.
- Nos lecteurs ont sans doute rectifié d’eux-mêmes les petites erreurs d’impression des textes des légendes des figures 3, 4 et 12 de l’article <c sur l’amplification microplionique » paru dans le n° 2779 de La Nature.
- Dans le schéma de la figure 8 une ligne horizontale trop longue tracée par le dessinateur avait bien malencontreusement connecté la grille à la plaque de la première lampe; mais cette erreur était heureusement trop grossière pour n’être pas évidente.
- Montage d’une superhétérodyne sur antenne.
- Une antenne extérieure recueille toujours beaucoup plus d’énergie qu’un cadre. En utilisant une antenne avec votre superliété-rodyne, les auditions obtenues seront sans doute plus intenses, mais la sélectivité sera un peu diminuée.
- Le moyen le plus simple d’utiliser l’antenne consiste à connecter la descente d’antenne h l’une des bornes du cadre (essayer celle qui donne le résultat optimum) et une prise de terre facultative à l’autre borne.
- Il n’y a aucun changement à apporter au montage intérieur de l’appareil, seul le réglage du condensateur d’accord sera évidemment modifié.
- M. T., a. Toulis (Aisne).
- Questions diverses sur tes parasites et les changeurs de fréquence.
- 1" Le cadre est plus sélectif, par principe, que l’antenne, et il permet la réception sans prise de terre.
- En employant un cadre, on peut donc éviter de recevoir les parasites provenant d’une direction déterminée, ou transmises par la terre (parasites industriels). Mais, en dehors de ces cas particuliers, il est évident que le cadre ne peut permettre par lui-même une élimination des parasites si on ne l’emploie pas avec des appareils de réception eux-mêmes peu sensibles aux parasites.
- 2° Etant donné que vous utilisez généralement une lampe détectrice à réaction suivie d’étage d’amplification basse fréquence, sans amplification haute fréquence, nous ne pensons pas que vous auriez grand avantage à remplacer votre antenne uni-filaire de grande longueur par une antenne prismatique plus courte.
- Les résultats seraient, certes, aussi bons, mais il est douteux qu’ils soient meilleurs.
- Une antenne basse de grande longueur, dont on peut mettre l’extrémité à la terre à travers une résistance (genre Beverage), permet quelquefois d’obtenir des effets antiparasites, mais on ne peut rien affirmer a priori.
- 3" Nous ne comprenons pas bien votre cpiestion. Votre appareil actuel à trois lampes est évidemment assez peu sélectif, et il doit être difficile de séparer les émissions de longueurs d’onde voisines.
- d’Etampes à Pitliiviers, près de la station Saint-Martin d’Etampes), qui passe en remblai élevé. Elle présente également l’intérêt d’avoir une inclinaison variable avec le temps qu’il fait, ou suivant qu’il a peu ou beaucoup plu dans les jours précédents, ce qui montre bien qu’elle repose sur une poche d’argile. Ceci a d’ailleurs influé sur son architecture : commencée au début du roman avec de larges et lourdes assises, elle s’arrête brusquement à une trentaine de mètres par une plate-forme horizontale, qui n’a été couronnée que beaucoup plus tard par un simple abri à cloches dans le style des clochers des villages des environs. »
- ET RÉPONSES
- 4° Un poste à changement de fréquence serait beaucoup plus sensible et plus sélectif que votre poste actuel. Vous pourriez employer une petite antenne extérieure (sans prise de terre) et il serait inutile, dans ce cas, d’avoir un poste comportant plus de cinq à six lampes.
- Vous pourrez utiliser, par exemple, une lampe bigrille chan-geuse de fréquence, deux étages d’amplification moyenne fréquence à résonance, une lampe détective et un étage d'amplification basse fréquence avec transformateur bien étudié et lampe de puissance.
- 5" La lampe dite radio-bigril est à filament ordinaire au tungstène, il faudrait que vous utilisiez une lampe micro-bigril à faible consommation.
- M Léonard Martin, a Ipu-Ceara (Brésil).
- Installation d’un poste récepteur d’usager.
- 1° La réception sur cadre ou sur antenne intérieure s’effectue sans qu’il soit besoin d’aucune installation spéciale à établir dans l’appartement.
- L’emploi d’un fil du secteur électrique comme antenne n’est pas recommandé en général, parce que les résultats obtenus de cette façon sont assez irréguliers. Vous pouvez consulter à ce propos La T. S. F. des Usagers (Masson, éditeurs).
- 2° Les postes à réglage automatique, et plus spécialement les postes automatiques à changement de fréquence, constituent les modèles que doit choisir de préférence l’usager parce qu’ils permettent la réception des émissions sur cadre sans qu’il soit besoin de connaissance technique pour leur réglage.
- Leur seul inconvénient est leur prix d’achat élevé, conséquence de la difficulté de leur construction.
- M. Lévy, a Nancy (Meurthe-et-Moselle).
- Construction d’un poste à changement de fréquence.
- Vous pouvez assez facilement réaliser un poste à changement de fréquence à six ou sept lampes à lampe bigrille changeuse de fréquence qui vous permettra d’entendre sur cadre et en haut-parleur les principales émissions radiophoniques européennes.
- Ce poste comprendra une lampe bigrille changeuse de fréquence, deux ou trois étages d’amplification moyenne fréquence, une lampe détectrice et deux étages basse fréquence à transformateurs.
- Vous trouverez un bon schéma pratique de poste de ce genre ainsi que l’indication de pièces détachées particulièrement faciles à adapter dans le numéro 2774 de La Nature (1er décembre 1927), page 524.
- M. Leroy, Toulouse (Haute-Garonne).
- Montage d’une antenne extérieure.
- Si vous désirez établir une antenne extérieure à plusieurs fils en nappe ou en prisme, il est inutile d’employer une « tresse » de fils conducteurs ; du fil de 12/10 mm au 20/10 mm de diamètre suffit suivant la longueur de l’antenne.
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- Mais pour une antenne unifilaire de faible longueur, on a quelque intérêt à augmenter la surface en employant une « tresse ».
- Il faut bien entendu choisir un modèle spécial résistant aux intempéries.
- M. Lebel, Paris.
- Choix d’accumulateurs ou de piles pour la tension-plaque.
- 1° Au point de vue de la pureté d'audition seulement, les accumulateurs et les piles donnent théoriquement le même résultat si l’on prend soin d’avoir toujours des éléments de piles en bon état et de shunter les batteries par un condensateur fixe de quelques microfarads.
- La différence que l’on constate quelquefois en faveur des accumulateurs provient simplement de ce que la résistance intérieure de ceux-ci est très faible alors que la résistance intérieure des piles augmente rapidement si elles sont usagées ou mal entretenues.
- Mais le choix entre accumulateurs et piles est surtout basé sur des raisons de différence d’entretien ou d’économie.
- . 2° Vous pouvez trouver des détails nombreux sur l’entretien et la recharge des accumulateurs dans La Pratique radioélectrique (Masson, éditeur).
- M. Lévy, Metz (Moselle).
- Système pratique d’alimentation sur le secteur alternatif.
- 1° Le système le plus simple pour le chauffage des filaments de votre poste consiste à utiliser une petite batterie d’accumulateurs de faible capacité (7 à 10 ampères-heure) et à lames épaisses et à charger continuellement cette petite batterie à l’aide d’un petit chargeur à soupape électrolytique au tantale ou au silicium dont les différents modèles ont été indiqués dans La Nature.
- Le débit de cette soupape est seulement de 80 à 200 milliampères et la consommation en courant du secteur est insignifiante.
- 2° Pour l’alimentation en courant-plaque deux solutions également pratiques sont possibles.
- a) Emploi d’une petite batterie d’accumulateurs chargée continuellement par des soupapes électrolytiques du même type que précédemment (mais à plusieurs éléments).
- b) Adoption d’une boite d’alimentation plaque avec redressement par valve thermoionique ou à gaz rare sans filament et circuit-filtre bien établi.
- M. Steinberg, Paris.
- Réglage d’un poste à changement de fréquence.
- Le réglage d’un poste à changement de fréquence n’est pas plus complexe, en réalité, que celui d’un poste classique à résonance à quatre lampes. Pour connaître, en détail, les différentes manœuvres de réglage des appareils de types divers, vous pouvez consulter La T. S. F. des Usagers (Masson, éditeur).
- M. Rébo, Fontainebleau.
- Réglage d’un poste à changement de fréquence.
- 1° Le réglage d’un poste à changement de fréquence bien construit n’est pas plus difficile que celui d’un poste à résonance classique puisqu’il se réduit, en principe, à la manœuvre du condensateur d’accord et à celle du condensateur de modulation.
- Dans certains modèles, cette manœuvre a même été simplifiée, on le sait, au moyen de dispositifs de réglage à combinateurs automatiques ou à commande conjuguée unique.
- 2° Le choix des piles de plaque d’un poste à changement de fréquence comportant des lampes de puissance doit être effectué avec soin, si l’on veut obtenir de bons résultats, étant donné l’intensité relativement élevée du courant de plaque total..
- Il est préférable de choisir des batteries à grande capacité, bien que d’un prix plus élevé que les batteries de faible capacité d’un prix plus modique. L’entretien annuel de ces dernières serait, en effet, très onéreux, parce que leur remplacement très fréquent s’imposerait, alors que les batteries à forte capacité peuvent être utilisées pendant de longs mois.
- ................—-......... —...............— 239 =
- Vous pouvez trouver de nombreux renseignements dans l’entretien et le choix des piles et des accumulateurs dans La T. S. F. des Usagers (Masson, éditeur).
- M. L. Rélo, a Nice (Alpes-Maritimes).
- Emploi d’un poste à superréaction.
- Un poste portatif superrégénérateur vous permettra certainement d’obtenir en voyage des réceptions intéressantes d’émissions radiophoniques sur ondes courtes; ces auditions pourront même, sans doute, le plus souvent, être réalisées en haut-parleur, simplement avec les deux lampes de l’appareil et sans adjonction d’étages basse fréquence.
- Cependant nous ne pouvons vous conseiller d'utiliser uniquement un dispositif de ce système pour entendre toutes les émissions européennes. En raison de son principe même, on sait, en effet, qu’un poste superrégénérateur amplifie fort mal les émissions au-dessus de 600 m. de longueur d’onde environ. Pour recevoir les radio-concerts de Radio-Paris, la Tour Eiffel, Coventry, Kœnigswusterhausen, Motala, etc., il faudrait donc adopter un autre appareil de réception sur cadre ou sur antenne.
- M. Friburc., a Paris.
- Un truc pour éclaircir les vieux bois.
- On sait qu’avec le temps tous les bois ont une tendance à foncer; si cet aspect est une garantie d’ancienneté, il peut cependant se présenter que l’on veuille rajeunir certains meubles pour les mettre à l’unisson d’une décoration moderne.
- Si dans ce but vous consultez un spécialiste, il se contentera de hocher la tête, mais se gardera bien de vous livrer le secret que les ébénistes se sont transmis de génératiop à génération.
- Rien de plus simple cependant et de plus logique si on veut se rendre compte que, le fonçage de la teinte étant dû à une oxydation à l’air, si on veut l’éclaircir, il faut s’adresser à un corps réducteur. Or il en est un que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs : l’acide oxalique vulgairement acide de sucre.
- Dans un vase non métallique, on fait dissoudre 15 à 20 gr. d’acide oxalique par litre d’eau chaude, puis au moyen d’une éponge on imbibe la surface du bois de la solution.
- On laisse sécher quelques heures pour que la réduction des matières organiques ait le temps de s’effectuer, puis on rince à l’eau tiède; on retrouve alors un bois clair, jeune, donnant au meuble un tout autre aspect.
- N. B. Si le meuble était verni ou ciré, il devrait, bien entendu, être préalablement déverni ou déciré en le passant à l’eau seconde tiède des peintres (soude caustique à 5° B), faute de quoi l’acide oxalique n’aurait aucune action sur du bois protégé par une cuirasse. M. Woillez, Beauvais.
- Pourquoi le vent porte-t-il le son ?
- Un observateur situé à une certaine distance d’une source sonore qu’il entend, par temps calme, cesse de l’entendre lorsque le vent souffle vers cette source, et au contraire l’entend plus distinctement lorsque le vent vient de la source vers l’observateur.
- Une première explication du phénomène pourrait être la suivante : tout se passe comme si la source sonore était animée d’un mouvement de translation égal à la vitesse du vent; la source, pendant l’audition du bruit, semble donc se déplacer vers l’observateur si le vent est favorable, s’en éloigner si le vent est contraire.
- Mais la vitesse du vent est toujours très faible par rapport à celle du son, et ce mécanisme ne pourrait provoquer qu’une variatiomtrès faible dans l’intensité sonore perçue. 4
- M. J. Becquerel, dans son Traité de l’Acoustique (Hermann, éditeur), donne une explication plus plausible. Le vent n’a jamais une vitesse uniforme à toute altitude ; en fait, la vitesse va toujours en croissant depuis le sol où elle est presque nulle, jusqu’à une certaine hauteur. Dans un vent, même très régulier, il y a donc de bas en haut des couches d’air superposées et animées de vitesses régulièrement croissantes. Dans chacune de ces couches, la vitesse du vent s’ajoute ou se retranche à celle du son; il en résulte une réfraction des rayons sonores, qui a pour effet de les rabattre vers le sol dans la direction du vent, et en sens inverse dans la direction contraire au vent. D’où une audition meilleure pour l’observateur placé sous le vent que pour celui placé contre le vent. M. Ch. V. Verchamp.
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- ACTUALITÉS ILLUSTRÉES
- Fig. i. — Un nouveau bolide automobile.
- Sur cette voilure, munie d’un moteur de 900 ch, le major Campbell a réalisé, à Dayton Peach, la vitesse de 333 km 199. (Photo International
- Press Bureau.)
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- Fig. 2. — Le nouveau dirigeable Bébé de l'armée italienne.
- Sa capacité est de 1000 m3, il mesure 20 m. de long, son moteur est de 40 ch, sa vitesse de 90 km /h. (Photo International Press Bureau.)
- Fig. 3. — Un nouveau dirigeable pour atteindre le Pôle.
- Construit près de Rome sur les plans du général Nobile qui conduisit A.mundsen au pôle Nord sur le dirigeable Norge, ce nouveau dirigable est destiné à une expédition polaire italienne. Il cube 18 500 m3, a 3 moteurs'de 750 ch, dans 3 nacelles. Il emportera 14 personnes et 7000 kg d’essence 3 pour un vol de 7000 km. (Photo International Press Bureau.)
- Fig. 4.
- Travaux du nouveau pont d’Jvry-sur-Seine franchissant la Seine en une seule portée. Longueur totale :
- 217 mètres ;
- portée d’un pylône à l’autre 134 mètres ; hauteur des pylônes :
- 56 mètres ; hauteur du tablier au-dessus ’deTeau :
- Il mètres.
- (Photo Roi.)
- 95.539- — Paris, lmp. Lahurë/— 1-3-28.
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- Paraît le ier et le i5 de chaque mois
- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la rente en France.
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- Paraît le Ier et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain. PARIS, VJ' (T{. C. Seine : 15.204)
- PRIX DE L’ABONNEMEMT
- Tarif intérieur, France et Colonies ; 12 mois (24 n0'), 70 fr. ; — 8 mois (12 n°”), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 nos), 85 fr. ; — 6 mois (12 n"'), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarifa0! j *Jn AN- *
- ................. ( bix MOI .
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n° 2
- Un an..........
- Six mois. . . .
- 110 fr.
- 55 fr.'
- Tar^extérieurjlUj. valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour !00 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Eslhonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lit'manie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie {U, H. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et G1”, sur une banque as Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1er de chaque mois.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la dijférence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Pans-VIe, Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à 1 obligation de Findication d'origine.
- Écrivez dès aujourd’hui Ch. BLONDEL et
- pour demander le catalogue IÇ28 a des CANOËS CHAUVIERE Administration : 40, Avenue de la République, PARIS E. H. WEISS Ing.-Conseils E. C. P. 5, rue Faustin-Hélie —Paris BREVETS Conditions spéciales aux abonnés de La NA TURE
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- N“ 2781.
- LA NATURE
- 15 Mars 1928.
- Yih
- Si
- LA TRAGEDIE D’HERCUL
- Les archéologues et les amateurs d’art du monde entier qui pendant les dernières cinquante années se sont demandé ce que serait la destinée finale d’IIerculanum — la ville sœur de Pompéi — seront heureux d’apprendre que M. Mussolini (avec la promptitude habituelle dont
- torrent de cendres et de pierres qui détruisit Pompéi en trois jours, fut brusquement ensevelie sous un torrent d’eau et de boue, descendu du Vésuve, accompagné par les formidables coups de tonnerre d’une tempête infernale qui dura 72 heures. Les habitants horrifiés périrent,
- Fig. 1. — Vue générale des excavations actuelles. Au centre : la « Grand’Rue ».
- il suit ses promesses) a donné aux fouilles récemment entreprises à Herculanum une telle poussée que quoique six mois seulement soient passés depuis le premier jour des recherches, il est déjà possible de dire qu’un deuxième Pompéi apparaîtra au Monde lorsque l’épais lit de boue dans lequel Herculanum se trouve enseveli sera enlevé.
- LA TRAGÉDIE
- Herculanum, que Cicéron appelait et le bijou de toutes les villes d’eau » et que la mère de Néron, Agrippine, décrivait comme « un paradis pour les dieux mortels », après avoir échappé miraculeusement à la furie du
- leur seul espoir de refuge, la mer, étant interdit par la confusion et par la fureur des éléments.
- Ce que le feu et les cendres brûlantes firent pour Pompéi, . l’eau et la boue le firent pour Herculanum.
- En 72 heures cette jolie ville de loisirs et d’agrément fut ensevelie'sous un lit de boue épaisse, haut de près de 20 mètres, sous lequel des milliers de personnes avaient trouvé la mort.
- II est presque impossible d’évaluer la masse de cette boue épaisse, visqueuse et noire, que le Vésuve versa sur Herculanum. On dit qu’il y en eut plus d’un million de tonnes, et en effet non seulement la Ville disparut, mais le petit golfe au bord duquel elle s’étalait fut rempli sur une distance de près de 300 mètres, ce qui explique
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- pourquoi les fouilles actuelles ont lieu assez loin du rivage actuel.
- La catastrophe advint en l’an 79 après J.C., exactement il y a 1849 ans.
- Quoique Merculanum ait été appelée la Ville « sœur » de Pompéi (il y a une distance de moins de 3 milles entre elles), elles étaient pourtant tout à fait différentes.
- Pompéi était la ville riche de province où le commerce battait son plein, la vie y était intense et l’argent y circulait parmi les riches parvenus, les boutiquiers prospères et les financiers rusés; llerculanum était le lieu
- Cicéron, de philosophes comme Claudius Pulcher, Sénèque et Calpurnius Pison.
- LES PREMIÈRES FOUILLES
- Si llerculanum est resté enseveli pendant 2000 ans tandis que Pompéi a été rendu beaucoup plus tôt à la lumière du jour, c’est qu’il était beaucoup plus facile et moins coûteux d’enlever des cendres que de la boue solidifiée.
- En 1719 le roi Emile de Lorraine (qui gouvernait Naples à cette époque) réussit — en s’ouvrant un passage
- Fig. 2. — La « maison d’Argus » que l’on suppose avoir appartenu à un riche parvenu du temps.
- de repus pour tous ceux qui procul negotiis désiraient passer quelques mois de repos en jouissant de leurs richesses et en oubliant le bruit et le brouhaha de la vie urbaine. Pompéi était le centre où l’on gagnait l’argent; Herculanum était celui où l’argent pouvait acheter le bonheur. Pompéi était commercial, Herculanum intellectuel. Pompéi était décadent, Herculanum subissait encore la meilleure influence grecque lorsque la catastrophé le frappa. Pompéi était corrompu, Herculanum porte encore les traces de rêve et de poésie. " Pompéi était le refuge de tous les parvenus des guerres de l’époque, Herculanum était le refuge d'écrivains comme
- à travers un grand puits qu’il faisait construire pour un réservoir d’eau — à toucher la galerie du Théâtre que l’on savait avoir pu contenir 20000 personnes. Cette trouvaille occasionnelle fut le début d’excavations plus profondes qui aboutirent aux rangs inférieurs et à la scène, le tout très bien conservé et plein de statues précieuses et de riches marbres. Cependant l’ensemble du Théâtre resta enseveli dans son lit et il s'y trouve encore aujourd’hui dans la plus parfaite obscurité, à 40 mètres sous le niveau de la rue, partiellement encombré parles immenses colonnes de terre qu’il fallut laisser en place pour empêcher l’écroulement de toute une
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- petite ville — Résina — bâtie au-dessus d’une partie importante de la vieille ville romaine..
- Aucune autre fouille importante n’est à signaler à Herculanurn depuis 1710, si l’on excepte quelques « essais » rudimentaires et irréguliers faits au moyen de « cuniculi » (ou galeries) dont le but était uniquement la recherche d’objets d’art et de trésors qui existaient et qui existent encore dans les jolis bâtiments abandonnés en toute hâte à l'approche du danger. Ces « essais » ont tous été plus nuisibles qu’utiles et aucun nouvel effort d’excavations scientifiquement conduit n’a plus été fait jusque sous le roi Victor Emmanuel II, entre 1869 et 1875, lorsque l’on rendit à la lumière quelques bâtiments intéressants.
- LES TRAVAUX ACTUELS
- Les travaux actuels, commencés en mai 1927, sont conduits sous la surveillance directe du Professeur Majuri de Naples, un archéologue jeune et de talent qui consacre la meilleure partie de sa vie aux études de Pompéi et d’Iierculanum et qui a réussi à y intéresser M. Mussolini au point d’en obtenir de commencer des travaux de toute urgence avec de puissants moyens, ce qui a déjà permis de dégager des bâtiments, dés fresques, des mosaïques et des travaux d’art de premier ordre. C’est un travail ardu, coûteux, délicat qui durerait des années, ét même des siècles si l’on ne dispose pas de fonds très importants.
- Herculanurn doit cependant être rendu à la lumière, le Monde doit encore une fois traverser les rues familières aux Romains d’il y a 2000 ans.
- Le travail d’excavations est fait par une petite armée d’ouvriers enthousiastes, tous artistes nés, tous contents de contribuer à un travail dont ils apprécient l’importance. Ils travaillent patiemment, lentement, silencieusement,
- t'ig. k. — La scène et l’orchestre du theâti e d'Herculanurn, au-dessous du niveau de la rue, en voie de dégagement
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- Fig. 5, — Le jardin de la « maison d’Argus ».
- avec la méticulosité de collectionneurs, avec un zèle presque religieux, leurs yeux brillants de joie lorsque l’enlèvement d’un bloc de boue montre un nouveau mur, une nouvelle porte, une nouvelle pièce de mosaïque ou un objet d’art. C’est une petite armée d’hommes qui ont dédié à l’art leur âme et leur corps, qui renoncent à la liberté et aux amusements pour un seul but : la découverte. C’est un groupe merveilleux et unique que forment ces ouvriers italiens sobres, habiles, enthousiastes.
- Si les fonds sont suffisants, le Professeur Majuri espère que les excavations seront assez avancées cette année pour permettre une vue d’ensemble d’au moins la partie orientale de la ville, celle qui s’étendait près des grands Thermes (ou bains publics) et qui gît maintenant sous un groupe de maisons modernes qu’il faudra tôt au tard démolir pour permettre au travail de continuer.
- Aussitôt que des excavations ont lieu, elles sont suivies par le travail de « reconstruction », un travail qui aujourd’hui est fait avec bien plus d’intelligence et de fidélité qu’autrefois, en usant soit des matériaux des fouilles, soit d’autres modernes, mais durnême genre que les originaux.
- Ainsi Herculanum est en train de renaître au jour.
- Sortant de son linceul de boue noire, la ville ancienne
- resplendira peu à peu, révélant aux yeux de tous ceux qui aiment l’art, les aspects merveilleux d’une des plus grandes civilisations du Monde.
- M. Pettinati.
- Fig. 6. — Le professeor Majuri devant une fresque qui vient d’être mise à jour.
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- = L'ÉCOLE SUPÉRIEURE D'ÉLECTRICITÉ DE PARIS =
- Voici un demi-siècle environ, l’ère industrielle s’ouvril pour l’électricité. Un physicien russe, Jablochkoff, inventa effectivement, en 1876, les « bougies » de charbon à arc voltaïque que ne tardèrent pas à remplacer les lampes électriques à incandescence d’Edison (1878), tandis qu’après des essais préliminaires effectués à Munich, à Paris, puis de Vizille à Grenoble, Marcel Deprez parvint à réaliser un quasi-miracle : le transport électrique de la force mécanique au moyen d’un fil de cuivre posé entre Creil et Paris. Ces dernières cxpérienees, en particulier, eurent un retentissement mondial. Dorénavant, il allait suffire de capter la puissance mécanique à un endroit quelconque pour l’utiliser au loin. Grâce à la Fée électricité, l’énergie des chutes d’eau, des fleuves ou des rivières pourrait éclairer les villes, à des centaines de kilomètres de distance, faire marcher des usines et des trains.
- L’électricité quittait le laboratoire pour conquérir le domaine industriel, et il fallut former des ingénieurs spécialistes capables d’en établir la technique et d’en développer les applications.
- La France, qui avait organisé l’exposition et le congrès international d’électricité (1881), se laissa distancer dans cette voie. Dès 1883, un riche industriel belge, Montefiore, fonda le premier Institut électrotech-nique qui, rattaché à l’Université de Liège, jouit encore aujourd’hui d’une excellente renommée. De son côté, le Polytechnicum de Zurich (Suisse) créa de nouveaux cours électro-mécaniques. A leur suite, certains grands établissements français d’enseignement supérieur, l’École centrale des Arts et Manufactures, l’Ecole de physique et de chimie de la ville de Paris et le Conservatoire des Arts et Métiers introduisirent l’électricité industrielle dans leurs programmes, mais aucune institution ne se consacrait chez nous, d’une façon spéciale, à l’étude approfondie de ces nouvelles applications scientifiques.
- C’est alors que, prévoyant l’énorme développement que devait prendre fatalement Y électricité industrielle, la Société française des Électriciens fonda, dès 1888, un Laboratoire central d’électricité, puis en 1894 une Ecole d’application de Vélectricité qui, sous la savante direc-
- Fiff.L
- tion de M. Paul Janet (fig. 1), se transforma bientôt en Ecole supérieure d'électricité installée rue de Staël, à Paris, et grandit rapidement. La promotion de début comptait seulement 12 élèves, mais petit à petit la valeur de ce centre d’instruction technique s’affirma si bien, qu’en 1927-1928, deux cent vingt-six français ou étrangers en suivent les cours.
- LES NOUVEAUX BATIMENTS ET LEUR ÉQUIPEMENT
- L’Ecole supérieure d’électricité se trouvait donc à
- l’étroit dans les bâtiments primitifs, même avant 1914. Aussi après la tourmente, un groupe d’industriels électriciens français, sous l’impulsion de M. Geoffroy, ouvrit, en 1920, une souscription, qui rapporta environ 5 millions de francs. Cette somme s’arrondit jusqu’à 11 millions par suite des diverses subventions de l’État, de la Ville de Paris et du département de la Seine. Grâce à tous ces appuis et à quelques autres, la direction de l’Ecole supérieure d’électricité put acquérir un vaste terrain d’une superficie de près de 16 000 mètres carrés, sis avenue Pierre-Larousse, à Mala-koff et sur lequel on a bâti, en deux ans, un édifice d’une sobre architecture (fig. 2), inauguré le 10 novembre 1927. Ces bâtiments abritent des salles de cours, de machines, des ateliers et des laboratoires fort bien compris permettant aux élèves de s’initier aux lois délicates et complexes du fluide électrique, aux méthodes de mesure, aux essais et aux opérations pratiques qu’ils devront ultérieurement effectuer ou surveiller.
- D’une façon générale, les locaux destinés à l’enseignement oral se trouvent rassemblés dans la partie antérieure de ce véritable palais technique. On y remarque, au rez-de-chaussée, Y amphithéâtre, avec ses 300 places et des salles de cours prévues pour contenir 160 à 170 auditeurs. Dans le vestibule, on a groupé des appareils et des dispositifs électriques qui forment comme une sorte d’exposition permanente pour les élèves, tandis qu’au premier étage on a installé la bibliothèque et les salles de conseil. Trois autres bâtiments, paral-
- M. Paul Janet, membre de U Académie des Sciences, directeur de l Ecole supérieure d'Electricité,
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- Fig. 2. — Le batiment principal de la nouvelle Ecole supérieure d‘Electricité récemment construite à Malakoff (Seine).
- lèles au premier, sont réservés aux mesures électriques, aux essais de machines et à l’atelier. En utilisant le terrain, de façon rationnelle, on a pu doter les deux premiers services de vastes snus-sols largement éclairés
- Fig. 'J. — Atelier de mécanique.
- Jeunes électriciennes s’exerçant aux travaux de la lime et à l’ajustape.
- dans lesquels on a logé les annexes, tandis qu’on a mis au rez-de-chaussée les salles de manipulation proprement, dites.
- Arrêtons-nous devant quelques-unes des 42 tables de manipulation de la salle des mesures électriques (fig. 4), sise au rez-de-chaussée. Là, nous verrons les élèves mesurer des résistances, des forces électromotrices, des intensités de courants ou des champs magnétiques, etc. Un vaste tableau (fig. 5), établi au centre de la salle, envoie à chacune des tables l’énergie électrique sous la forme désirée, grâce à des batteries d’accumulateurs, à des groupes de moyenne tension à courant continu, diphasés ou triphasés'auxquels il est relié (fig. 6). Quant aux oscillographes, aux galvanomètres et électromètres de précision, aux photomètres et autres instruments délicats, on les a disposés dans les sous-sols afin de pouvoir les observer suivant les conditions requises.
- La salle d essais des machines (fig. 7), qui mesure 57 mètres de longueur sur 13 mèlres de largeur, comprend 28 plates-formes d’essais courants. Chacune d’elles reçoit du courant continu à tension fixe de 115 volts, grâce à des transformateurs rotatifs synchrones desservant tous les groupes; du courant continu à tension variant de 30 à 180 volts produit par une batterie d’accumulateurs et par des survolteurs-dévolteurs, du courant
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- diphasé 3X115 volts et du courant triphasé 3 X115 volts fourni soit par la Compagnie Ouest-Lumière, soit par des groupes spéciaux de 50 kilowatts. A l’aide de ce matériel perfectionné et de plusieurs plates-formes, spécialement agencées dans les sous-sols, pour les mesures de rendement par les méthodes différentielles, les élèves peuvent se familiariser avec tous les essais de machines électriques (alternateurs, moteur asynchrone, transformateur monophasé, moteur triphasé, etc.)-.
- Si maintenant nous descendons dans l'atelier (fig. 8) placé directement, à côté des sous-sols de la salle d’essais de machines, nous verrons, dans ce vaste hall de 15 mètres de large sur 70 mètres de long, des équipes tra-
- Fig. 5. — Les groupes éleclrogènes de la salle des mesures. Le tableau de distribution permet d’envoyer le courant électrique sous la forme voulue aux 42 tables de manipulation.
- Fig. 4. '
- Une table de manipulation de la salle des mesures. Elèves effectuant des mesures.
- et d’essais de machines, participe aux ressources de ces dernières.
- LES ÉLÈVES
- Depuis sa fondation, plus de 4000 ingé-nieurs-électriciens. tant français qu’étrangers, ont passé par l’Ecole supérieure d’électricité de Paris et su faire apprécier dans le monde entier leurs connaissances techniques étendues et l’esprit pratique de leur science. En dehors du concours d’entrée, dont le niveau s’élève à chaque promotion, on admet sur titres, dans cet établissement d’enseignement supérieur libre, les anciens élèves des grandes Ecoles (Mines, Ponts et Chaussées, Centrale des Arts
- Fig. 6. — Elèves étalonnant des accumulateurs.
- vailler le bois ou forger le fer, s’exercer au maniement des scies et des perceuses, des tours et autres machines-outils. Au cours des visites nécessitées pour la rédaction de cet article, nous avons même remarqué de gracieuses « électriciennes » limant des morceaux de laiton, ajustant des pièces d’appareils, faisant des épissures et, troquant l’aiguille de leurs mères pour le marteau, les pinces ou les cisailles pour bobiner des électro-aimants avec une dextérité sans pareille. Le féminisme ne compte plus ses conquête*51
- Enfin depuis 1919, par suite d’une convention spéciale entre l’Université de Paris et la commission administrative de l’EcoU, la chaire d’électrotechnique générale, occupée actuellement par M. Janet, est rattachée à la Faculté des Sciences. Aussi comporte-t-elle un laboratoire de recherches qui, placé au rez-de-chaussée, dans le bâtiment reliant les salles de travaux pratiques de mesures
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- Fig. 7. — La salle d’essais des machines. Une des 28 plates-formes.
- navals, fonctionnaires des Postes, des Télégraphes ou du Génie rural) pour s’y perfectionner dans les différentes branches de l’élec-trotechnique. Notons pour terminer l’importance de la section spéciale de raclioiélégra phie dont l’effectif atteint, en 1927-1928, plus du quart de la promotion et celle d éclairage qui, fonctionnant seulement depuis 1925 est fréquentée aujourd’hui par une cinquantaine d’élèves réguliers.
- L’École supérieure d’électricité de Paris répondait donc à un véritable besoin et nul doute qu’elle ne trouve, dans un avenir prochain, les concours financiers qui lui sont nécessaires pour compléter l’outillage de ses laboratoires, aménager les espaces disponibles en terrains de sport pour les élèves et former un capital dont les revenus permettront, tout en assurant la sécurité du lendemain, d’alléger les frais d’études, si lourds aujourd’hui pour la classe moyenne.
- Jacques Boyer.
- et Manufactures, Polytechnique, etc.) et les ingénieurs diplômés des Instituts électrotechniques de Grenoble, Lille, Nancy et Toulouse, tandis que les ingénieurs sortant des Écoles nationales des Arts et Métiers et les licenciés ès sciences doivent subir des épreuves partielles.
- Dans le même ordre d’idées, les candidats étrangers peuvent être soit dispensés du concours d’entrée sous réserve de justifier de titres suffisants, soit appelés à subir seulement des examens restreints par assimilation avec certaines catégories de candidats de nationalité française. La promotion 1927-1928, par exemple, compte près de 70 étrangers (Belges, Polonais, Boumains, Espagnols, Bulgares, Busses, Tchécoslovaques, Chinois, etc.). Cette année, l’Etat français a également envoyé 28 délégués (ingénieurs des Ponts et Chaussées, officiers de terre et de mer, ingénieurs
- Fig. 8. — Ateliers des machines-outils.
- L’AMÉNAGEMENT DU GRAND CANON DU VERDON
- Il y a vingt-deux ans, La Nature fut la première à publier des photographies (n° 1712, 17 mars 1906), du grand canon du Verdon, qui venait d’être exploré (11 au 14 août 1905) par son directeur d’alors, M. E.-A. Martel, avec la collaboration de MM. A. Janet, Lecouppey de la Forest, Louis Armand et Isodore Blanc, en exécution d’une mission du Ministère de l’Agriculture pour l’étude des origines et de l’utilisation éventuelle de Fontaine-TEvêque.
- Rappelons sommairement que (*) : « entre Castellane (1) Les passages entre guillemets sont empruntés aux plus
- et Draguignan, le Verdon, principal affluent (rive gauche) de la Durance, sépare les départements des Basses-Alpes et du Var, par un prodigieux fossé naturel ou canon, creusé sur 21 kilom. de longueur dans les calcaires du jurassique du supérieur. Cette entaille profonde de 400 à 1100 m., entre falaises presque partout perpendicu-
- récents textes même de Martel et notamment à son bel ouvrage La France Ignorée (Paris, Delagrave, 1928; y. La Nature du 1er février 1928, p. 136, dont les trois premiers chapitres décrivent le Grand Canon et ses parages), à Y Illustration du 21 janvier 1928 et à la Revue du Tourirtg-Club de février 1928.
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- impression fut formellement confirmée par les quelques douzaines d’excursionnistes qui, pendant vingt ans, se risquèrent, à la suite des premiers pionniers dans les eaux du Verdon : entreprise peu ordinaire d ’ alpinisme aquatique, exigeant une solide endurance physique, de fréquentes immersions complètes, des conditions météorologiques favorables qui ne se rencontrent pas tous les ans, l’emploi de cordes et de ceintures de sauvetage en kapock, deux ou trois bivouacs au fond de la gorge stupéfiante, etc., etc.
- Mais les enthousiasmes rapportés — et exprimés en diverses revues — par les participants de ces humides acrobaties, n’avaient pas réussi à obtenir que le grand canon du Verdon fût rendu, partiellement du moins, accessible à tous ceux qui redoutaient « un avenir de rhumatismes ». Maint syndicat d’initiative s’y était essayé, toujours découragé par les perspectives de dépenses et d’obstacles à vaincre.
- Et le Verdon attendait son tour... à la porte du Touring-Club de France, qui vient enfin de s’ouvrir largement. Après les routes de la Corniche d’Or (Esterel), des Alpes, des Pyrénées, après l’organisation hôtelière des Causses et l’aménagement de l’Aven ' Armand, MM. Defert, E. Chaix, E. Auscher, les présidents du T. C. F., ont fait voter, pour 1928, par leur conseil d’administration, une préliminaire somme de 160 000 fr. pour l’exécution d’une première tranche de travaux.
- C’est en 1926 que le comité du Tourisme en Montagne du T. C. F. fit exé-Fi". 1. -iLe grand canon du Verdon. (Phot. Martel.) cuterpar trois commissaires (MM. Ivan
- laires; ne mesure, en plusieurs endroits, que 6 à 20 m. de largeur au niveau du torrent, avec 30.0 à 1200 m. seulement d’un rebord à l’autre de ses murailles stipéi ieures. »
- On n’en avait jamais suivi le fond au fil du torrent (dont le capricieux débit varie de 6 m3 à 1400 m3 par sec.). Ce qu’on en connaissait, soit du sommet des falaises, soit en quelques points sporadiques où se risquaient des coupeurs de buis, avait cependant motivé cette phrase d’Elisée Reclus en 1877 (La France) : « il n’est guère d’exemple plus remarquable sur la terre d’entaille pratiquée par les eaux dans l’épaisseur des roches. » L’exploration minutieuse, difficile et dangereuse de 1905 (renouvelée et complétée en 1906) révéla que la France possédait là une merveille naturelle sans rivale en Europe. Cette
- Fig. 2. — Le Baume aux Pigeons. (Phot. Martel.)
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- par la faute, ou mieux par la grâce du Verdon... qui est en France ».
- Gomme pour l’Aven Armand, il est bien regrettable que l’aménagement du Verdon n’ait pas été accompli avant la guerre, mais il fallait attendre que le Touring Club fût en mesure de s’en mêler, d’agir, et d’exécuter ce travail, qui sera formidable et magnifique (*).
- Lucien Rcdaux.
- 1. Pour tous détails sur le grand canon du Verdon voy. Martel. Annales de l’hydraulique agricole (fascic. roses. Ministère de l’agriculture). fasc. 33 et 34, 11)05 et 1906 (Rapports officiels, 74 p. avec 50 fig. et cartes). —C. R. Ac. Sc. 5 déc. 1905. — La Nature (17 mars 1906). — Tour du Monde 8 et 15 déc. 1906. — Annales de Géographie, 15 novembre 1908. — La France Ignorée, chap. Iet II (Paris, Delagrave, 1928, in 4 , 400 figures.)
- Fig. 3.
- Fig. 4. — En amont de l’étroit du Maugué. (Phot. Martel.) Sortie du Pas du Cavalet. (Phot. Martel.)
- Imbert, Ardoin et Borelli) une étude technique détaillée, pour établir les possibilités d’aménagement. Et voici ce qui est décidé :
- On va commencer par tracer ou arranger aux flancs des falaises de la rive droite deux groupes distincts de sentiers, dans les 200 à 300 m. au-dessus du courant même : l’un vers l’entrée du canon, en utilisant deux des septs tunnels (1906-1910) abandonnés d’un ancien projet de force motrice ('), (parcours 2 heures 1/2); l’autre vers le milieu, greffé sur la route de la Palud à Moustiers-Sainte-Marie (4 à 5 heures).
- Sur un troisième point, en aval, on rétablira un sentier, qui descendait du village de Mayreste jusqu’au bord même du Verdon, à la sortie du sauvage Etroit des Cavalelsi^).
- Ces premiers arrangements seront prêts pour 1930 et comprendront l’organisation d’hôtels et de ravitaillements à Castellane, la Palud, Moustiers, ainsi que la création, par le P.-L.-M., de parcours automobiles de Nice à Marseille. Ce sera la mise en valeur de toute une admirable région, jusqu’ici délaissée, de la Provence.
- Les sentiers créés « seront de bons chemins de piétons, peu fatigants, et dévoilant déjà une grande partie des extravagants aspects de cette ignorée merveille (répétons le mot). Plus tard, on raccordera les deux groupes et on avisera aux moyens de parcourir en entier les quatorze plus beaux kilomètres du fond de l’inimaginable canon ».
- En 1912, a déclaré M. Martel, «j’ai vu le grand canon du Colorado et plusieurs autres des Etats-Unis. Ils m’ont, malgré leurs colossales dimensions et leurs éblpuissantes couleurs, moins étonné que je m’y attendais, et cela,
- 1. Voy. La Nature, n° 2042,13 juillet 1912.
- 2. Voy. E. Ardoin, Reçue T. G. F., Février 1928.
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- PAQUEBOTS ET AVIONS
- J’ai déjà eu l’occasion d'entretenir les lecteurs de La Nature de projets incomplètement définis, et en particulier d’une étude du grand constructeur naval anglais, Sir Eustace d’Eyncourt, d’où résulterait la possibilité de munir certains paquebots d’avions ou d’hydravions.
- Ces appareils seraient destinés à raccourcir la traversée pour certains passagers particulièrement pressés, ou pour des ’colis impatiemment attendus, en prenant leur vol aux deux extrémités du trajet, un certain nombre d’heures avant l’arrivée au port.
- Le temps ainsi gagné serait important si l’on considère qu’un avion de vitesse moyenne peut réaliser 200 kilomètres à l’heure alors que les paquebots les plus rapides ne donnent que 46 kilomètres dans le même temps (25 nœuds).
- C’est une compagnie française, la Compagnie Générale Transatlantique qui, la première, va réaliser cette idée intére s santé. Son président, M. Dal Piaz, l’a annoncé par une communication à l’Académie de Marine dans sa séance de décembre dernier.
- On constate, a-t-il dit, que, pour obtenir de nouveaux progrès dans une ré-duction relativement faible de la durée des traversées, il faudrait augmenter d’une façon énorme, donc ruineuse, et par cela même inadmissible la puissance des machines des paquebots. D’autre part, la création de services aériens réguliers d’un côté à l’autre de l’Atlantique apparaît comme impossible pour encore bien longtemps. Mais rien n’empêche de combiner les systèmes paquebot-avion, en établissant une liaison entre la terre et le paquebot par appareils volants.
- La possibilité de l’utilisation des avions à bord des navires de guerre est aujourd’hui démontrée et pleinement réalisée en pratique. Il n’y a donc pas de raison de ne pas l’admettre pour Jes navires de commerce.
- La Compagnie Générale Transatlantique a donc décidé de créer un service d’hydravions à bord de son dernier paquebot VIle-de-France, en vue d’établir des communications rapides avec la terre aux deux extrémités des traversées.
- Le modèle de l’hydravion définitif est déjà déterminé. Ce sera un appareil d’une portée utile de 5 tonnes. Mais il n’est pas encore construit. En l’attendant on utilisera
- un hydravion plus petit, du modèle de ceux qui effectuent actuellement le service de la Corse.
- L’hydravion devra être lancé par un instrument spécial du genre catapulte (fig. 1), déjà employé sur presque tous les cuirassés américains et aussi sur nos derniers croiseurs français, du type Duquesne. Il y aura sans doute quelque difficulté à trouver sur le pont supérieur de Y Ile-de-France la place nécessaire pour installer l’appareil de lancement et l’hydravion lui-même, mais c’est une question de technique à laquelle les ingénieurs de notre grande Compagnie de navigation sauront répondre.
- Dans sa communication à l’Académie de Marine, M. Dal Piaz examine les conditions du fonctionnement de ce nouveau service.
- Il fait ressortir qu’en direction de l’Amérique, l’hydravion pourrait quitter le bord pour gagner New-York à une distance relativement grande. Par exemple si on
- prend respectivement 22 nœuds (40 kilomètres à l’heure) pour la vitesse du paquebot et 200 kilomètres pour celle de l’avion on voit que si ce dernier quitte le navire à 960 kilomètres de la côte, soit à une journée duport,il mettra 4 heures à parcourir cette distance et arrivera à peu près 20 heures avant le paquebot. C’est évidemment une avance intéressante.
- Dans le sens New York-Le Havre on gagnerait encore plus de temps. D’abord parce que le vent souffle généralement de l’Ouest aux abords de la Côte d’Europe et qu’ainsi le vol de l’avion serait favorisé, puis parce que le paquebot fait escale à Plymouth, et y passe un temps appréciable.
- La réalisation de ce projet si intéressant en lui-même présentera encore l’avantage de permettre une étude approfondie des conditions générales du vol en avion dans l’Atlantique et par là de préparer l’avènement du futur service aérien entré l’Amérique du Nord et l’Europe.
- Souhaitons donc le succès de l’initiative que prend, en cette matière, la Compagnie Générale Transatlantique. Techniquement, il ne fait aucun doute. Commercialement, il est très probable, puisque ce nouveau projet répond au désir croissant de vitesse et de rapidité de notre époque et qu’il permettra de diminuer de près de. deux jours la traversée de l’Atlantique.
- Cl SaCWAITI Ë-JoUKDAN,
- 'Fig- 1 — Hydravion américain lancé par catapulte à bord du Nevada, d’après l’Aéronautique.
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- LE CAFE AU TONKIN
- Peu de gens, en dehors des rares esprits soucieux de se renseigner avec quelques détails sur ce que peut valoir notre domaine colonial, savent du Tonkin qu’il produit un café de qualité supérieure, vendu à peu près partout comme moka. Mais voudrait-on juger par soi-même et goûter de ce café avec certitude de son origine, la difficulté serait insoluble : nul ne vend, à Paris, de café du Tonkin, ou du moins nos recherches ne nous ont pas permis de trouver boutique où nous ravitailler en ce moka... des rives du Fleuxœ Piouge. Les courtiers estiment plus avantageux, dit-on, de le vendre aux détaillants sans avouer sa provenance réelle et ces derniers s’en soucient peu, car ils jugent déraisonnable qu’un café produit chez nous, en terre tonkinoise, puisse être accueilli avec faveur par le consommateur. « Peut-il bien venir quelque chose de bon de Nazareth ? » disaient les Juifs au temps du Christ, et de même l’on croit difficilement en France qu’il puisse venir d’une colonie française, et en particulier d’Indochine,quelque chose de réellement bon. Un marchand de denrées coloniale^, à Paris, garantit le thé qu’il livre « exempt de toute addition de thés d’Annam ». A la bonne heure, voilà un négociant entendu en l’art de faire de la réclame pour notre colonie. Peut-être est-il commandeur du Dragon d’Annam. S’il ne l’est pas, qu’on répare cette injustice.
- Cet ostracisme qui frappe, en France, les produits de nos propres domaines est aussi honteux qu’il est injuste. Dans les bonnes maisons françaises, l’on devrait avoir à cœur de réagir et par tous les moyens. Négligeons pour le moment le thé dont nous reparlerons quelque jour, et tenons-nous-en au café : il est, répétons-le, de qualité tout à fait supérieure et le temps est venu, semblerait-il, où les planteurs Indochinois se devraient de faire obligation aux courtiers acheteurs de leur production, de revendre celle-ci en soulignant la provenance, sans crainte aucune d’handicaper les ventes sous l’aveu d’un prétendu
- vice originel. Une campagne bien faite, courageusement menée, avec, — il le faudrait, — création de salles de dégustation, modifierait, croyons-nous, cet état d’esprit d’un public qu’il suffirait de renseigner et de convaincre.
- L'HISTOIRE DU CAFÉ EN INDOCHINE
- La belle histoire de la culture du café en Indochine et spécialement au Tonkin, vaut d’être contée. Les plus vieilles plantations que l’on peut admirer aujourd’hui et qui servent de modèles à d’autres, dont le nombre et l’importance iront croissant désormais, doivent leur existence à quelques hommes dont la remarquable et persistante énergie devrait être donnée en exemple aux jeunes gens de nos collèges, incertains, quand leurs études s’achèvent, entre tant de mornes carrières où s’engager dans la métropole.
- Il y a quarante ans environ, MM. Guillaume frères, adjudicataires de la construction de l’hôpital de Lanessan, à Hanoï, obtenaient du gouvernement un permis d’exploitation d’une carrière, située sur la rive droite du Day, en face de lvéso. Bientôt, pour diriger le travail sur ce chantier et former les indigènes à la taille de la pierre, ils firent venir de France un maître-carrier, M. Louis Borel. Le nouveau venu fut frappé de l’étendue des terres laissées en friches dans la région montagneuse attenante, et, terrien dans l’âme, il comprit ce qu’en devrait tirer une mise en culture. Quelques missionnaires du centre religieux de Késo avaient dans leurs jardins de superbes caféiers; il s’avisa de planter lui aussi de ces arbustes et fut surpris de leur rapide et très belle venue. Comme il avait en Dauphiné trois frères cultivateurs très experts, il les renseigna sur ce qu’il voyait et leur dit la confiance née en lui. Peu après, MM.'Joseph, Marius et Ernest Borel rejoignaient au Tonkin leur aîné.
- Ces nouveaux colons représentaient au plus haut degré l’espèce « désirable » dans un pays neuf. On n’imagine pas d’autre sorte les premiers immigrants français au Canada, créateurs de la forte race peuplant la province de Québec. Ces hommes dans toute la force de leur jeunesse, doués de la plus robuste santé, intelligents et d’un courage à toute épreuve, se mirent à la besogne et, tout d’abord, en association avec MM. Guillaume frères. La première plantation créée le fut tout à côté de la carrière de Késo, en un lieu qu’on baptisa « la Cressonnière » ; un peu plus tard, d’autres terrains furent défrichés et plantés au lieu dit « la Plaine aux sangliers ». De proche en proche, MM. Borel devaient gagner du côté de Chiné et même notablement dépasser ce point. Toute une immense région se transformait en jardin.
- Ce qu’il importe de noter d’abord dans l’œuvre de ces colons, c’est qu’ils innovaient en tous points, qu’ils ne pouvaient, d’année en année, se guider que d’après les seules expériences faites par eux-mêmes. Rien, ou presque
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- rien de ce qui s’était fait en d’autres contrées pour le café ne pouvait leur être utile, les conditions locales imposant des modifications à'tout ce qu’on eût pu apprendre ailleurs. Il fallait tout essayer, innover, et tout déterminer par empirisme : d’abord le choix des variétés à planter, leurs assolements, les abris à donner ou à ne pas donner; les « façons » culturales, les espacements, la fumure, enfin, plus tard, tous les détails de la préparation du grain. C’était ainsi une longue série d’écoles à entreprendre et la plus énergique fermeté, la foi la plus solide étaient indispensables pour s’y aventurer au milieu du désaveu général ou des critiques, sans oublier les mécomptes inévitables dans une exploitation agricole si nouvelle et entreprise en ces conditions. Nul ne croyait à la possibilité de mener à bien, dans la colonie, la culture du café. Quel nombre d’années faudrait-il pour pouvoir répondre victorieusement aux dénigreurs ? Les intéressés le savaient mal.
- Il paraissait impossible cependant de risquer une opinion avant cinq ou six ans de rude travail et encore l’exemple désastreux des plantations de Ceylan, si prospères durant une longue période et ruinées subitement en quelques mois par Yllemileya vcistatrix permettait aux sceptiques de conclure par anticipation à des catastrophes inévitables. C’est assez la coutume des paresseux et des inertes de tendre à paralyser ainsi par leurs bavardages les gens actifs. Le Tonkin a une saison d’hiver ; pouvait-on, par suite, sous un tel climat, espérer quelque chose d’un arbuste des pays de zone torride, quand on savait qu’en décembre et janvier le thermomètre assez souvent accuse six degrés seulement, et parfois un peu moins, au-dessus de zéro ? Des gens affirmaient avoir couru le Brésil, visité les plantations dû roi du café, le fameux vicomte de Nova-Friburgo, et ils haussaient les épaules, déclarant folie l’idée de planter du café au Tonkin. Sourds à ce verbiage, MM. Borel persévéraient. Ils passèrent par toutes les épreuves capables de démoraliser. Tout près d’eux, en fait, des colons moins tenaces renonçaient à une culture trop aléatoire, jugeaient-ils !
- Cet exemple n’ébranla pas les croyants.
- Des épizooties détruisirent les troupeaux indispensables à la fumure des plantations; MM. Borel virent par centaines chaque jour, durant une période, les bêtes de leurs étables frappées de septicémie hémorragique ou par la peste bovine et perdirent de la sorte, en une seule fois, douze cents animaux Ils reconstituèrent ce cheptel. Enfin, les récoltes vinrent. Elles se succédaient variables et le triomphe ne pouvait être proclamé trop tôt. S’il y avait lueur d’espoir, le dénigrement ne cessait pas; mais, de plus en plus s’affirmaient aussi les excellentes raisons qu’avaient eues MM. Borel de persévérer. Aujourd’hui, après plus de trente ans, la bataille est gagnée. Le café prospère au Tonkin ; sa culture est largement rémunératrice et l’on sait dorénavant à quelles conditions elle doit l’être. Chaque année, les surfaces plantées s’étendent et les sociétés à gros capitaux sont créées et se
- créent encore pour une exploitation dont personne ne doute plus.
- LES CAFÉIERS DTNDOCHINE
- Les essais, au début, avaient porté sur presque toutes les variétés connues de caféiers. A Yarabica on voulut, durant un temps, substituer le liberia, tenu pour plus résistant ; très rapidement, on revint de cette erreur ; le produit du Liberia est de qualité moins bonne et la rusticité du plant ne compensait pas le défaut d’arome du grain. On revint donc à Y arabica-, néanmoins, depuis quelques années, un arbuste nouveau est admis avec une réelle faveur sur le plus grand nombre des plantations; il s’agit du chari, dont les premières graines furent confiées aux frères Borel par M. de Vilmorin. Cette variété offre d’incontestables avantages; l’arbuste est d’une grande robustesse, il atteint facilement quatre mètres de croissance et le poids net des grains préparés et séchés qui, sur Y arabica en plein rapport, varie, suivant les sols et leur entretien, entre trois cents et huit cents grammes, dépasse le kg avec le chari. Circonstance très précieuse enfin, ce dernier arbuste n’est pas atteint par le borer, parasite du caféier, qui impose la plus rigoureuse surveillance aux planteurs A'arabica.
- On peut dire, d’une manière générale, qu’actuellement les colons tendent à avoir sur leurs terres autant de chari que d'arabica. L’idéal auquel on vise serait d’obtenir dans le pays et par hybridation des variétés dont la fructification pût s’échelonner sur des périodes plus longues, de façon à permettre une meilleure répartition du; travail des récoltes.
- Le grain du chari, plus gros que celui de Y arabica, donne un excellent café, mais d’un arôme moins fin ; il est vendu un peu moins cher aussi; toutefois cet inconvénient se -trouve compensé par la plus grande abondance de fruits obtenus par arbuste; la rusticité est supérieure et les exigences en engrais paraissent beaucoup plus réduites ; enfin la résistance aux parasites est certaine.
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- La production de l’Indochine en café n’est encore que de quelques milliers de tonnes ; elle est appelée désormais à progresser rapidement.
- LES TERRES ROUGES D'INDOCHINE
- En ces dernières années, on a fini par se rendre compte que la colonie possède des terres d’une richesse exceptionnelle. Seules les terra rossa du Brésil peuvent, dit-on, leur être comparées et le public s’hahitue enfin à entendre parler, en France, de nos « terres rouges » qui occupent dans notre possession d’Extrême-Orient une aire des plus étendues, et qu’on ne soupçonnait pas. Les planteurs de caoutchouc de Cochinchine en avaient les premiers apprécié la valeur et l’on vient de se rendre compte qu’elles conviennent au café tout autant qu’à l’hévéa, qu’elles constituent le sol rêvé pour toutes les cultures riches.
- Les terres rouges d’Indochine, disent les géologues, sont le produit de la décomposition, sous l’effort des siècles, de roches volcaniques anciennes. Leur richesse en acide phosphorique est sans exemple et, d’autre part, leur teneur en fer favoris* le café. Partout leur profondeur est considérable ; sur les plantations de la Société agricole et forestière de Yen-My, dans la province de Thanhoa, elle excède trente mètres. Ce sol est naturellement meuble et perméable. Les racines des caféiers, arbustes à racines pivotantes, pénètrent à l’aise dans un terrain pareil qui reste frais en toute saison. En raison de la proportion élevée d’acide phosphorique, les exigences en engrais, répétons-le, sont plus modérées et le fumier de ferme, donné en quantité plus réduite qu’ail-leurs, assure des résultats qu’on n’obtient jamais en d’autres terres.
- Pour quelques planteurs, l’erreur consista parfois en
- un choix peu judicieux des terrains propres à la culture du 'caféier. Désormais les terres rouges seront recherchées surtout, et, par chance, elles abondent. Sait-on que l’aviation rendit au service géologique d’Indochine le service inattendu de lui apprendre qu’un très grand parcours de la chaîne annamitique est constitué par d’anciens volcans, dont nos aviateurs, du haut de leur carlingue, découvraient les cratères.
- Nous avons vu certains hommes politiques s’émouvoir récemment de l’attribution de quelques étendues de ces terres à des colons français et cela, disait-on, au préjudice des indigènes ! Peut-être ignore-t-on dans les milieux hostiles « au colonialisme « que ces terrains concédés sont toujours à l’état de brousse et la plus rébarbative qui soit, ou couverts d’impénétrables forêts. C’est là le domaine des seuls fauves et des reptiles; il est totalement improductif et sauvage ; la fièvre y sévit. Nos planteurs le transforment en superbes jardins de gros rapport et pour eux et pour les indigènes. Par ce travail des races nomades tendent à devenir sédentaires, un mieux-être se généralise. L’œuvre calomniée est, qu’on en soit certain, excellente, elle mérite notre admiration, elle est toute à l’honneur de notre pays. Si les amateurs de paradoxes se plaisent à vanter « le bon sauvage » cher à R.ousseau, nous devons souhaiter pour le plus grand bien de notre pays, pour l’avenir de l’Indochine, que des essaims nombreux de jeunes Français résolus se rendent dans notre grande colonie asiatique, décidés à mettre en valeur ces terres incomparables qu’il faut laisser à leur disposition. A s’y résoudre, ils s’assureront une vie fière, ils développeront leur personnalité et étendront le bon renom de notre pays.
- M. Dandolo.
- L'ÉCLAIRAGE INDUSTRIEL & COMMERCIAL MODERNE
- Dans un précédent article, nous avons étudié les procédés employés pour obtenir un éclairage rationnel. Nous allons, dans le présent article, examiner les applications à quelques cas particuliers : ateliers, magasins, bureaux, vitrines et devantures.
- L’éclairage électrique est le plus couramment employé et les lampes à incandescence sont presque exclusivement utilisées pour l’éclairage intérieur. Pour l’éclairage extérieur on emploie également l’arc électrique.
- I. LAMPES A INCANDESCENCE
- On trouve dans le commerce les types de lampes suivantes :
- a) Lampes à filament métallique dans le vide ;
- b) Lampes à filament métallique en atmosphère gazeuse (fig. 1) ;
- c) Lampes tubulaires spécialement utilisées pour les rampes (lampes linolites).
- Les lampes se désignent par leur puissances en watts.
- Les lampes à filament métallique dans le vide se construisent pour des puissances variant de 10 à 100 watts.
- Les lampes à filament métallique en atmosphère gazeuse se construisent à partir de 75 watts pour les distributions électriques sous tension de 110 à 135 volts et à partir de 100 watts pour les distributions de 190 à 250 volts.
- Une lampe a, en général, un rendement d’autant plus grand que sa puissance est plus élevée : ainsi une lampe à filament métallique en milieu gazeux donne un flux lumineux de 1200 lumens si elle a une puissance de 100 watts, et un flux de 4400 lumens si elle a une puissance de 300 watts. Dans le premier cas, on a 12 lumens par watt et dans le second 15 lumens par watt.
- Pour obtenir un éclairage économique, on a intérêt à employer des lampes de grande puissance : ainsi une lampe à filament métallique en atmosphère gazeuse ayant une puissance de 200 watts donne sensiblement le même flux lumineux que 13 lampes de 25 watts à filament métallique dans le vide; dans le premier cas, pendant une heure on dépense 200 watts-heui’e et dans le second 13 X 25 = 322 watts-heure.
- Par conséquent, pendant les 1000 heures de bonne
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- utilisation des lampes, en utilisant la lampe de 200 watts on économisera 125 000 watts-heure ou 125 kilowatts-heure, soit 187 fr. 50 en comptant 1 fr. 50 le kilowatt-heure.
- Il convient, en outre, d’ajouter que les 13 lampes de 25 watts coûtent environ deux fois plus que les lampes de 200 watts.
- Les lampes se fabriquent en verre clair, opalin, dépoli ou émaillé; ces derniers diminuent l’éclat de la lampe et suppriment les sensations d’éblouissement.
- On désigne souvent sous le nom de lam pes monowatt les lampes à filament métallique dans le vide et sous le nom de lampes demi-watt,, les lampes à filament métallique en atmosphère gazeuse.
- Les lampes tubulaires, encore appelées lampes linolites, sont du type monowatt et ont la forme d’un long tube muni à chaque extrémité d’un culot par lequel se produit le contact avec le courant électrique (fig. 4).
- Ces lampes ont un encombrement très faible et peuvent être facilement installées dans les angles des vitrines. Elles ne se construisent que pour des puissances assez faibles (100 watts) et comme le nombre de lampes qu’on peut installer dans une vitrine est limité par leur longueur, elles ne permettent pas de réaliser un éclairage intensif.
- Fig. 1. — Lampe électrique à atmosphère gazeuse.
- II. ÉCLAIRAGE DES ATELIERS, DES MAGASINS, ET DES BUREAUX
- a) Éclairement nécessaire à différents travaux. — Chaque local doit recevoir l’éclairement nécessaire au genre de travail qu’on y effectue. Autrefois on comptait un certain nombre de bougies par mètre carré
- de plancher ou par mètre cube du local. Fig. 3. — Réflecteur eu verre argenté. Mais Ces règles donnent des résultats insuffisants. D’ailleurs, les lampes ne se désignent plus par le nombre de bougies qu’elles fournissent, mais par leur puissance en watts. Des ta-
- bleaux indiquent le flux lumineux correspondant à chaque puissance, et nous avons vu, dans l’article précédent, une méthode pour déterminer le nombre et la puissance des lampes nécessaires pour obtenir dans un local donné un éclairement déterminé.
- Il ne faut pas se contenter d’éclairer les locaux où l’on travaille, il faut également éclairer les endroits où l’on circule (couloirs, escaliers, cours). On admet généralement qu’un éclairement de 2 à 5 lux est suffisant pour que l’on puisse circuler sans hésitation.
- Quant à l’éclairement admis pour les différents travaux effectués dans les usines et ateliers, il varie notable- Fig- — &n diffuseur de bureau. ment d’un atelier à l’autre. En Amérique on a établi des codes d’éclairage donnant pour certaines industries des valeurs minima d’éclairement. En France, il n’y a pas encore de code d’éclairage, mais la Commission de l’éclairage des usines et des écoles a dressé un tableau donnant des éclairements minima au-dessous desquels il est recommandé de ne pas descendre. Ce sont généralement les éclairements imposés dans les codes américains.
- Le tableau ci-dessous (donne quelques indications sur les éclairements généralement utilisés (1).
- Bureaux (éclairage général)... 15 à 20 lumens.
- Bureaux (tables). ................ 20 à 35 —
- Salles de dessin................ 50 à 100 —
- Usines.
- I. Gros travaux.
- Fonderie......................... 12 à 25 —
- Forge, menuiserie, tannerie. . . 20 à 30 —
- IL Travaux demi-fins.
- Serrurerie, chaudronnerie, ébénisterie.
- Tréfilage, montage ...... 40 à 50 —
- III. Travaux fins.
- Ajustage, tissage d’étoffes fines.
- Fabrique de lampes à incandescence ............ ...... 50 à 80 —
- 1. Darmois. Uéclairaoe. (Encyclopédie Léauté.)
- Fig. 4. — Lampe linolite.
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- Fig. 5. — Réflecteur large et profond, pour Véclairage industriel. Le Réflecto-Lux..
- ÎV. Travaux très fins.
- Horlogerie, mécanique de précision.
- Dessin, broderie . . . . . . . 80 à 120 lumens
- Magasins et boutiques.
- T , . ( Marchandises claires ... 40 —
- Intérieur \ ,
- ( — sombres. . . 80 —
- ! Marchandises claires. ... 80 —
- Devantures ] — demi-claires . 150 —
- / - sombres. . . 200 —
- b) Éclairage général et éclairage local. —
- Jusqu’à ces dernières années, les éclairements faibles
- (20 à 30 lux) étaient obtenus par éclairage général et les
- éclairements supérieurs par éclairage local.
- On tend actuellement à éclairer les ateliers par un
- éclairage général qui est suffisant dans de nombreux cas.
- Mais souvent les deux éclairages sont nécessaires, par
- exemple quand il faut exécuter des travaux minutieux.
- Certains ouvriers ne peuvent pas se passer de l’éclairage
- local.
- D’après des expériences rapportées par Caldwell, la proportion de 40 pour 100 pour l’éclairage local et 60 pour 100 pour l’éclairage général est celle qui convient le mieux à la moyenne des ouvriers.
- La lumière doit être répartie uniformément pour éviter
- Fig. 6. — Réflecteurs pour vitrines.
- A gauche: réflecteur en verre arg’en té spécial, A droite : réflecteur en verre prismatique holophane.
- là production de zones d’ombre et de zones de lumière et les contrastes qui en résulteraient. Mais une certaine proportion d’ombres étant nécessaire, pour voir le relief des objets, il ne faut pas que l’uniformité de l’éclairage fasse disparaître complètement les ombres.
- En ce qui concerne les mtgasins, certains demandent seulement un éclairage général (magasins de fourrures, de meubles, de tailleurs, boulangeries, épiceries, etc ). Dans ce cas, une seule rangée de lampes au milieu du magasin suffira généralement.
- Dans d’autres cas, il est nécessaire de prévoir en outre un éclairage local : par exemple, dans un magasin de confection, il faut un éclairage local devant les glaces pour les essayages.
- Pour les magasins de luxe et ceux qui ont une décoration très soignée, il faut un éclairage bien diffusé avec des lampes artistiquement décorées; pour ces magasins l’éclairage indirect convient particulièrement bien.
- La figure 7 représente un bon éclairage d'atelier. Les bureaux, salles de dessin, salle de classe, etc., étaient autrefois éclairés, en général, par des lampes individuelles placées sur les tables de travail ou suspendues un peu au-dessus de ces tables. Cette méthode répartit très inégalement le flux lumineux. Il est préférable de prévoir un éclairage général permettant d’effectuer quelques travaux peu minutieux (tenue de registres, classement) et un éclairage local pour les travaux plus difficiles (machine à écrire).
- Dans les. grands bureaux on pourra employer l’éclairage semi-indirect; dans les petits bureaux on pourra renoncer à l’éclairage général, sauf à garder une lampe centrale qui pourra être souvent éteinte.
- c) Appareils. — Dans le cas des ateliers on emploie généralement l’éclairage direct et les lampes sont munies de simples réflecteurs en tôle émaillée. Pour l’éclairage local on peut employer un réflecteur profond en forme de dôme; pour l’éclairage général on emploie un réflecteur large et profond (réflecto-lux) (fig. 5). Quant à l’abat-iour plat en formé d’assiette, il est à éliminer.
- Dans les magasins les réflecteurs directs sans verrerie diffusante sont à rejeter à cause de leur aspect peu décoratif; il faut, en tout, cas, employer avec ces appareils des lampes émaillées ou demi-émaillées.
- Les diffuseurs doivent être de forme simple, faciles à nettoyer, peu absorbants, mais suffisamment épais pour cacher les filaments des lampes.
- On emploie souvent l’éclairage indirect ou semi-indirect quand les murs et le plafond ont un pouvoir réflecteur suffisant.
- Dans les bureaux on peut employer l’éclairage direct au moyen de diffuseurs comme celui que représente la figure 2.
- L’éclairage indirect, qui est surtout recommandé pour des salles de dessin, peut être réalisé au moyen de réflecteurs en verre argenté (fig. 3).
- III. ÉCLAIRAGE DES VITRINES ET DEVANT J RES
- Vitrines intérieures. — Les vitrines intérieures où sont exposées les marchandises dans les magasins doivent être particulièrement bien éclairées pour mettre
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- les objets en valeur. On peut les éclairer au moyen de lampes munies de réflecteurs en verre argenté ou de lampes linolites, munies de réflecteurs en forme de gouttières.
- L’éclairage des vitrines doitêtre supérieur à celui du reste du magasin, de manière à les mettre en évidence (150 à 250 lux).
- Vitrines extérieures ou devantures. — L’éclairement à adopter pour ces vitrines dépend de trois facteurs principaux.
- 1° Eclairement environnant. — Un magasin doit être d’autant plus éclairé que la rue et les magasins voisins ont eux-mêmes un éclairage plus intense.
- Ce principe s’applique particulièrement aux devantures des magasins.
- 2° Profondeur de la vitrine. — Il est évident que la surface à éclairer augmente avec cette profondeur et, par suite, le nombre des lampes à installer augmente également.
- 2° Teintes des objets exposés. — Il faut prévoir un éclairage suffisant pour que les objets les plus sombres paraissent bien éclairés.
- Choix des appareils.— Les vitrines doivent être éclairées avec des appareils étudiés spécialement pour cet usage. Les lampes nues sont à rejeter, car elles sont éblouissantes et empêchent de voir nettement les objets exposés; d’ailleurs, elles laissent perdre une partie importante du flux lumineux sur le plafond et le sol extérieur (fig. 9). Les lampes doivent être masquées de manière que l’éblouissement ne puisse se produire et que le flux lumineux soit bien utilisé (fig. 8).
- On peut employer des lampes linolites avec réflecteurs en forme de gouttière, quand on n’a pas besoin d’éclairements très intenses. Pour des éclairements intenses on emploie des lampes à filament métallique en atmosphère gazeuse, équipées avec des réflecteurs en verre argenté ou en verre prismatique (fig. 6) dont la forme a été déterminée pour renvoyer la lumière vers un certain angle, de manière à bien l’utiliser.
- Ces réflecteurs sont disposés en haut de la devanture de façon que tout le flux lumineux de la lampe soit envoyé dans la vitrine; aucune partie de ce flux ne doit être renvoyée vers l’extérieur (fig. 10 et 11).
- Le mieux est de noyer les réflecteurs dans le plafond de la vitrine ou de les masquer à la vue des passants à l’aide d’une bande d’étoffe, par exemple.
- Quand les magasins voisins ne sont pas très éclairés on peut utiliser comme appareil
- Fis
- Exemple d'atelier bien éclairé.
- L’atelier central d’outillage de la Compagnie des Lampes*à Ivry. Éclairement 120 Lux.
- Fig.
- d’éclairage d’une devanture les lampes et potiches qui s’y trouvent exposées. On peut encore employer des
- — Une bonne réalisation d’éclairage exté ùeu • de magasin.
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- Fig. 9. — A gauche : devanture éclairée par des lampes masquées.
- plaques diffusantes en verre dépoli, imprimé ou émaillé qui permettent d’obtenir une grande variété d’effets.
- Puissance à prévoir. — Pour des vitrines ayant une profondeur de 1 à 2 mètres éclairées par des lampes munies de réflecteurs appropriés, on peut admettre la dépense par mètre courant indiquée ci-dessous, d’après la Compagnie générale des lampes :
- Grande ville : Super-éclairage, 1000 watts par mètre
- courant de façade ;
- — Eclairage très brillant, 400 watts;
- — Eclairage brillant, 250 — ;
- Eclairage convenable, 150 — .
- Petite ville : Bon éclairage, 100 —
- Fig. 10 — Eclairage correct d’une devanture.
- i. éblouissantes ; A droite : la même équipée avec des lampes nues.
- Si l’on emploie des « lampes lumière du jour », qui permettent de voir les objets de la même couleur qu’à la lumière naturelle, il faut augmenter ces chiffres de 50 pour 100. Si l’on veut, par exemple, réaliser dans une vitrine de 10 mètres de largeur un éclairage très brillam, il faudra une puissance de 4000 watts : on y installera 20 lampes de 100 watts espacées de 0 m. 50. Avec un éclairage brillant, il faudra 2500 watts, soit 17 lampes de 150 watts espacées de 0 m. 58. Avec le kilowatt-heure à 1 fr. 50, la dépense sera de 6 francs par heure dans le premier cas, de 3 fr. 75 dans le second. C’est une dépense relativement minime et qui doit être d’un bon rendement, une vitrine bien éclairée constituant la meilleure publicité. L.P.
- Ig. il. — Eclairage d'une devanture,q>osition défectueuse du réflecteur.
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- LE CHAUFFAGE CENTRAL PAR LE GAZ
- LE « SYSTÈME VAP ”
- L'emploi du gaz d’éclairage comme combustible dans les chauffages centraux offre des avantages manifestes ; suppression de toute manutention de combustible, mises en marche et arrêts instantanés ; facilité et souplesse du réglage de la température. Aussi voit-on cette solution se développer assez rapidement. De nombreux systèmes ont été imaginés pour la rendre sûre et pratique. La Nature en a déjà entretenu ses lecteurs à plusieurs reprises. La plupart consistent en une simple transformation de la chaudière.
- M. Mennesson a abordé le problème d’une façon différente en vue d’apporter une solution d’ensemble
- rationnelle. Le système de chauffage qu’il a créé à la suite de longues études porte le nom de « Vap ». Son étude fait l’objet des lignes qui suivent.
- L’inventeur s’est proposé tout d'abord de réaliser une combustion du gaz aussi parfaite que possible ; puis, ayant libéré dans la flamme le maximum de calories, il a voulu les utiliser avec le maximum de rendement en tenant compte de ce fait essentiel qu’un chauffage au gaz doit être, par principe, un chauffage intermittent que l’on met en marche ou que l’on arrête suivant les besoins, et qui doit cependant maintenir une température constante dans les locaux occupés. Ces considérations conduisent à rechercher une chaudière et des radiateurs ayant le minimum d’inertie calorifique et permettant d’élever rapidement la température des pièces à chauffer.
- Voici comment ces différents problèmes ont été résolus.
- COMBUSTION DU GAZ
- On sait depuis longtemps que le gaz, en brûlant, peut produire, malgré sa pauvreté relative en calories, des températures très élevées (1800° environ) et que le rendement du brûleur est d’autant plus élevé que la température de combustion est plus haute.
- D’autre part, il fallait utiliser un brûleur aussi simple que possible. Le choix de M. Mennesson s’est porté sur un brûleur du type chalumeau, n’exigeant pas de compresseur d’air ni de gaz et ayant fait ses preuves dans l’industrie : le brûleur doseur d’air V. H. Richard. C’est un appareil entièrement en laiton, très simple de construction et de maniement, et dont aucune partie n’est susceptible de s’encrasser ou de se détériorer. Il donne une flamme très chaude, reconnaissable à la belle cou-
- Rèservoin
- Fumées
- Bouilleur
- Fis. 2.— Coupe du bouilleur Le Vap.
- leur violette du dard; il se règle, pour des débits variant de 25 à 1200 litres, par la seule manœuvre d’une manette. Il assure à tous les débits un mélange intime, et en proportions exactes, de l’air et du gaz.
- Une double prise d’air lui permet de s’adapter à des pressions très diverses. Son rendement, en marche normale, est de 99,9 pour 100 tandis que celui des brûleurs domestiques usuels peut tomber en dessous de 40 pour 100.
- CHAUDIÈRE « LE VAP »
- L’eau servant de véhicule à la chaleur n’est utilisée ni comme eau chaude, ni comme vapeur, mais sous forme d’émulsion d’eau et de vapeur.
- Le chauffage à l’eau chaude usuel, où l’eau se refroidit par exemple de 80” à 50° entraversantles radiateurs, ne fournit que 30 calories par kg d’eau transporté. « Le Vap » pouvant fonctionner depuis la vapeur à 1 kg. jusqu’à l’eau chaude à 50° permet de libérer jusqu’à 600 calories par kilo d’eau véhiculé. A partir de 100", il se produit dans le bouilleur un mélange émulsionné d’eauchaude et de vapeur dont la proportion varie automatiquement; suivant la quantité de chaleur offerte à l’eau qui pénètre dans le bouilleur, celle-ci n’est que chauffée ou bien est vaporisée partiellement ou même totalement.
- Le bouilleur (fig. 2) est constitué par un tube d’acier épais de forme spéciale, enrobé de fonte et très robuste.
- Fig 1. — Brûleur doseur d’airN. H. Richard.
- Fig. 3. — Schéma d’ensemble de l'installation de chauffage.
- Nourrice d’alimentation
- Fbnte Jéqi
- fube en cuivre de Sa 8 m/m
- Réserve d'eau à l'air libre
- Départ
- L Chaudière
- J Tube cuivre dé6m/m
- Retour d'eau
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- î».* 11 r' y'
- Fig. k. — Vue de la chaudière Le Vap.
- Il est placé immédiatement au-dessus des brûleurs.
- Un réservoir d’eau est placé au-dessus du bouilleur; dans la canalisation qui les relie est insérée une soupape automatique d’alimentation ne permettant à l’eau de passer que dans un sens : du réservoir au bouilleur.
- FONCTIONNEMENT
- La soupape d’alimentation est ouverte au repos par son propre poids. Le bouilleur est alors plein d’eau; il contient environ 700 gr. pour un générateur de 13 000 calories (fig. 4.)
- Dès l’allumage la fonte du bouilleur s’échauffe. En quelques minutes, sa masse relativement faible (35 kg.) est chauffée et élève la température de l’eau. Celle-ci se dilate et commence à fonctionner par thermosiphon. La canalisation, de petit diamètre, dès le départ s’emplit rapidement jusqu’à la nourrice d’alimentation placée au point le plus haut de l’installation. Simultanément, à l’autre extrémité du bouilleur, le courant d’eau qui se produit dans la canalisation de liaison avec le réservoir ferme la soupape d’alimentation.
- A partir de la nourrice, l’eau s’écoule rapidement par es petits tubes de cuivre disposés en pente légère, jusqu’aux radiateurs. Cet écoulement produit un vide qui se répercute dans le bouilleur et provoque une nouvelle ouverture du clapet et une nouvelle entrée d’eau. Chaque écoulement d’eau, en créant dans la canalisation d’arrivée un vide relatif, produit dans la canalisation de retour une pression relative instantanée qui suffit à ce moment à assurer l’ascension de l’eau de retour jusqu’à la cuve réservoir d’eau qui se trouve d’ailleurs immédiatement au-dessus du bouilleur, donc à faible hauteur.
- Pendant les premiers instants de chauffage, le bouilleur continue à s’échauffer et au bout de quelques phases de fonctionnement, l’eau qui y pénètre y reçoit instantanément beaucoup de calories. Son écoulement étant retardé par l’exiguïté du tube de départ, il se forme dans son sein des bulles de vapeur de plus en plus nombreuses dont la pression assure alors un rapide écoulement vers les radiateurs.
- En pleine marche, l’eau est entièrement vaporisée dans le temps écoulé depuis la dernière phase et c’est alors la condensation de la vapeur dans les radiateurs qui produit le vide nécessaire à la réouverture du clapet. C’est la pression momentanée de la vapeur qui assure le retour d’eau ascensionnel des purges à la chaudière. Quand le système est en marche modérée, le fonctionnement est intermédiaire entre les 2 limites ci-dessus. L’usager n’a d’ailleurs pas à se préoccuper du contenu des canalisations. Il lui suffit de régler la dépense au nombre de pièces àchauffer et àla chaleur qu’on y demande. À chaque
- Fig. 5. — L'aspect des radiateurs.
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- nouveau réglage, le changement de régime est instantanément obtenu d’une façon entièrement automatique.
- Le système est donc très simple. Non seulement il ne comporte pas d’appareils auxiliaires, mais encore il n’a pas d’accessoires encombrants tels que le vase d’expansion des chauffages à thermosiphon. L’ensemble étant à l’air libre, aucun appareil de sécurité n’est prévu.
- RADIATEURS ET CANALISATIONS
- Les canalisations, à faible section, sont en cuivre rouge recuit, faciles à poser et à raccorder. Elles se posent à peu près comme les fils électriques, sans dégrader les murs ni les planchers.
- Les radiateurs, qui sont en somme des condenseurs de vapeur en même temps que des tubes de circulation d’eau chaude, sont également en cuivre rouge. Ils sont disposés en faisceaux tubulaires, présentant une très grande surface d’échange. En marche réduite, les tubes sont brûlants sur une certaine zone et complètement froids dans le bas, parce que le fluide s’est, au profit de l’air extérieur, dépouillé de toute sa chaleur utile avant d’arriver au bas
- des tubes. A pleine marche, toute la hauteur des tubes est utilisée pour l’échange.
- L’eau qui revient au bouilleur est sensiblement à la même température que la pièce chauffée.
- L'ÉVACUATION DES GAZ BRULES
- Ce point toujours important en matière de foyers à gaz est étudié ici de manière à améliorer le rendement et à diminuer le coût des cheminées d’évacuation.
- Les fumées chaudes sortant de la chaudière sont conduites à la partie supérieure d’un appareil refroidisseur appelé « Siphon de fumées ». Elles s’y refroidissent complètement, en descendant, y abandonnent toutes leurs calories et en particulier celles de la vapeur produite par le gaz. Elles sortent froides à la partie inférieure, et alors, plus lourdes que l’air, elles sont conduites à l’extérieur en descendant.
- Ajoutons enfin que le bouilleur peu encombrant et d’aspect décoratif, les radiateurs de dimensions réduites, les canalisations peu apparentes permettent de réaliser des installations d’aspect agréable et fort élégantes.
- R. Yillers.
- NOUVEAU CHANGEMENT DE VITESSE PROGRESSIF
- Jusqu’à maintenant les seuls dispositifs, assez médiocres d’ailleurs, de transmission mécanique d’une puissance à vitesse variant d’une façon continue, étaient : 1° celui qui utilise deux poulies coniques avec courroie; 2° celui qui utilise une chaîne ou une courroie entre poulies fendues.
- Quant au type de transmission à engrenages employé dans les automobiles par exemple, il n’est pas à vitesse infiniment variable puisqu’il ne permet, chacun le sait, que trois ou quatre vitesses définies.
- On comprend que la transmission de la force, sa bonne utilisation à n’importe quelle vitesse retiennent l’attention des techniciens depuis de longues années, car étant coûteuse à produire il importe dès lors de la bien utiliser. L
- Une solution remarquable de ce problème vient récemment d’être réalisée sous la forme de la transmission P. I. V. (Positive infînitely variable)-, par ce dispositif, le rapport des vitesses entre un arbre moteur et un arbre conduit p~ut être modifié, progressivement ou instantanément, avec douceur.
- Le principe essentiel de l’invention, due à un ingénieur anglais, M. Brown-lie, est l’utilisation d’une chaîne spéciale, reliant deux poulies du type à disque conique, calées sur chaque arbre (fig. 1). Les vitesses relativesde ces arbres peuvent être modifiées à volontépar lamqnœuvre d’un simple levier; la transmission est robuste, silencieuse etsans glissement.
- Ceci est rendu possible par la disposition inté-
- Fig. 1. — Lachafne du changement de vitesse P.I.V.
- Remarquer les paquets horizontaux de plaquettes mobiles en acier qui permettent à la chaîne d’engrener avec les saillies des poulies dentées.
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- Fig.2 et 3. — A gauche : Changement de vitesse P.I. Y.Couvercle de boîte enlevé. A droite . Vue extérieure d'un changement de vitesse PI Y dans son carter.
- rieure des deux poulies à expansion, elles présentent des saillies et des rainures placées selon dès rayons à 30° les unes des autres. Il en résulte que la chaîne court en étant engagée de manière très solide sur les bords des saillies agissant comme des dents, et cela aussi effectivement que dans le système de la chaîne Galle.
- La chaîne P. I. V. est construite à la manière ordinaire, c’est-à-dire formée de chaînons reliés par des axes ; toutefois ces chaînons sont réalisés très ingénieusement, ils sont étampés de manière à former une encoche longitudinale. Celle-ci renferme une sorte de carter complètement rempli de petites plaques d’acier étroitement liées
- et dressées, mais ayant un jeu suffisant pour se mouvoir légèrement les unes par rapport aux autres et se placer entre les saillies ou dents. La chaîne entre alors en fonctionnement entre le V des poulies à expansion.
- Une dent pousse un nombre déterminé de plaques d’acier dans la rainure ou l’espace entre les dents de la face de la poulie opposée, les poulies étant disposées de façon à avoir toujours une saillie ou une rainure opposées l’une à l’autre.
- Quand on veut faire varier le rapport des vitesses entre les deux arbres, il suffit de faire glisser longitudinalement les deux moitiés des poulies à expansion, manœuvre qui s’effectue au moyen d’un simple levier. Les deux moitiés d’une poulie sont amenées en contact étroit, ce qui auto-matiquementamènela chaîne dans le YT.
- On obtient ainsi un effet semblable à celui que donnerait une poulie de grand diamètre; de plus et en même temps, les deux moitiés de l’autre poulie sont diminuées, ce qui oblige la chaîne à courir vers un diamètre plus faible de telle sorte que la variation de la vitesse est pratiquement infinie entre les limites permises par le profil de la transmission. Des essais effectués au Laboratoire national de Physique de Londres ont montré un rendement de 87 à 95 0/0 selon le rapport des vitesses.
- Tout le dispositif peut être enfermé dans un carter petit, compact et entièrement fermé, assurant protection absolue contre la chaleur, la fümée, la poussière, l’humidité. Cette transmission semble appelée à un très grand avenir, grâce à elle un moteur tournant à vitesse constante pourra directement conduire un arbre à vitesses variables.
- M. Bousquet.
- Fig. 4. — Vue par en dessus d’une des poulies du changement de vitesse et de la chaîne. On voit comment les plaquettes d'acier modèlent leur profil sur celui des saillies de la poulie.
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- ^ PARASITISME ET TOXICITÉ ^
- (IVRAIE ENIVRANTE ET SEIGLE ENIVRANT)
- Par* l’immense plaine saturée de lumière et de chaleur, et toute scintillante d’un rayonnement subtil qui émane de chaque chose, c’est, de quelque côté que se tourne le regard, la danse éperdue des blonds épis de blé. Marée fauve, soumise aux caprices -inconstants de la brise, instable et désordonnée.... Les pensées s’élargissent en même temps que le regard, devant l’immensité mouvante ; visions de l’esprit et visions de l’œil atteignent aux plus lointains horizons permis.... Tout est vie autour de qui sait la comprendre : vie largement épanouie et reflétée par le lourd épi de blé comme par l’humble brin d’herbe qui se cache à son ombre, vie secrète et cachée dont nous devons la connaissance aux patientes recherches de ceux qui l’ont étudiée.
- LTVRAIE ENIVRANTE
- Qui ne connaît l’Ivraie, cette mauvaise herbe des moissons, que les champs de blé hébergent à foison, aux beaux jours de juillet? Mais qui sait, aussi, le mystère de sa semence, dont se sont préoccupés, à ce jour, maints et maints biologistes?
- Le nom seul de cette plante recèle déjà, en lui-même, la propriété essentielle du grain d’ivraie, dont l’absorption accidentelle est l’origine de symptômes d’intoxication qui se manifestent, chez l’homme ou les animaux ayant ingéré ces graines, par des tremblements, du vertige, des vomissements plus ou moins accentués selon la quantité de graines absorbées.
- La dénomination d’ivraie enivrante, souvent utilisée aussi, caractérise bien, par ailleurs, les propriétés vénéneuses indubitables des semences de cette Graminée..
- Les dangers que font courir, à ceux qui les absorberaient, ces grains d’ivraie sont, il est vrai, de nos jours du moins, très restreints, l’usage généralisé des trieurs permettant une facile élimination de ceux-ci ; mais les accidents dus à la consommation de pain fait avec de la
- farine de blé contenant ces graines d’ivraie étaient assez fréquents autrefois, et ont valu à cette plante la renommée qu’exprime son nom vulgaire.
- Il n’est point rare que les semences végétales soient douées, au même titre que celles de cette Graminée, de propriétés vénéneuses caractérisées. N’est-ce point le cas aussi, parexemple,
- Fig. 2. — Filaments du champignon à F intérieur du grain d’ivraie.
- des graines de la Bryone dioïque, cette plante enlaçante qu’hébergent souventleshaies de nos pays, ou de la Douce-Amère, Solanacée aux baies rouges ou violacées ?
- LE CHAMPIGNON DE LTVRAIE
- Mais, dans le cas particulier de l’Ivraie enivrante, cette toxicité est rattachée volontiers, par certains auteurs, à la pénétration de la graine par certain champignon, dont l’étude a été tentée par de nombreux biologistes.
- C’est à Vogl que nous sommes redevables de la découverte du champignon de l’Ivraie.
- Par une note publiée le 23 janvier 1898, dans le Zeitschrift fiir Ndhrungsmit-teluntersuchung, Hygiène und Warenkunde, Vogl faisait connaîlre l’existence, presque constante, sous le tégument du grain d’ivraie, d’un feutrage constitué par l’agglomération des filaments mycéliens, ou hyphes, d’un champignon stérile; seuls, quelques rares échantillons de cette Graminée apparurent, à cet auteur, indemnes de tout parasite.
- Les observations ultérieures des auteurs qui ont étudié le champignon de l’Ivraie ont confirmé les premières indications apportées à son sujet par le biologiste allemand.
- C’est ainsi que Freeman, en 1903, pâr une notice parue dans les Philosophical Transactions of the Royal Society of London, signale que les semences non infectées de l’Ivraie enivrante seraient, seulement, dans la proportion de 5 pour 100. P. Guérin (1898), sur 40 échantillons de Loliutn temulentuni (ou Ivraie enivrante) de provenances différentes, en a rencontré 3 dépourvus de champignon.
- A. Nestler (1898) dit que, sur plus de 100 fruits examinés, quelques-uns seulement ne présentèrent pas le cryptogame habituel. Seul, T.-F. Ilanausek (1898) fit mention de n’avoir point trouvé de semences indemnes, sur plusieurs centaines par lui disséquées.
- Presque tous ces auteurs sont également d’accord pour admettre la possibilité, pour d’autres espèces de Lolium, d’héberger ce même champignon. Ainsi, l’Ivraie vivace ou Ray-Grass anglais (Lolium perenne), Graminée des plus précieuses, parmi toutes celles utilisées à cet effet,
- L'ivraie enivrante.
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- pour la création de pelouses et gazons fins, a été observée infectée dans sa semence, dans 5 cas sur 30 par Freeman (1903), dans 28 cas sur 100 par A. Nestler (1904) ; ce
- Champignon
- Couche de cellules à .-aleurone
- Albumen
- I . Champignon f Embryon
- Fig. 3.
- Section longitudinale de Lolium temulentum.
- même auteur a observé une semblable contamination de la semence dans 26 pour 100 des cas, chez le Ray-Grass d’Italie (Lolium ùalicum), très utilisé, en agriculture, pour l’ensemencement des prairies temporaires.
- La fréquence beaucoup plus grande de ce champignon chez l’Ivraie enivrante à laquelle, selon P. Guérin, il donne ses propriétés toxiques, ne semble point due à une préférence spéciale pour cette plante. Il est aisé, aussi, de l’expliquer sans faire intervenir, pour cela, l’hypothèse, toujours très discutable, d’une symbiose : tandis que les grains attaqués des autres espèces de Lolium sont envahis par le champignon, au point de perdre leur pouvoir germinatif, ceux de l’Ivraie, plus résistants, se ressentent fort peu de l’atteinte du parasite qui reste localisé au-dessous du tégument protégeant la semence au dehors; ces grains attaqués donnent naissance à des générations successives de plantes qui portent, indéfiniment avec elles, le parasite.
- Ajoutons que l’invasion doit être fort ancienne, puisque G. Lindau a retrouvé, en 1904, un champignon identiquement situé sur des fruits d’ivraie provenant de tombeaux de Pharaons de la Ve Dynastie (2400 ans environ avant J.-G.).
- L’Ivraie de l’Ecriture Sainte, dont le grain vénéneux cause des vertiges lorsque sa farine se trouve mêlée à celle dont on fait le pain, ne saurait être aussi, vraisemblablement, que le Lolium temulentum, dont l’observation des semences permit l’intéressante découverte de Yogi.
- Ce nom même de Lolium, d’ailleurs, déjà employé par Virgile et Dioscoride, dérive apparemment du mot cel-
- tique Loloa, par lequel était désignée l’Ivraie aux fruits enivrants.
- LE SEIGLE ENIVRANT
- Il est très possible, ainsi que semblent l’admettre divers auteurs, que le champignon de l’Ivraie soit le même que celui du Seigle enivrant, signalé pour la première fois par Eriksson en 1883. Les propriétés vénéneuses que montrent parfois les grains du Seigle sont, lorsqu’elles se manifestent, l’origine d’une maladie qui est rare en France, mais paraît plus répandue dans l’est de l’Europe (selon de Jaczewski) et en Extrême-Orient.
- Les grains vénéneux se reconnaissent à leur petite taille et leur aspect ridé ; sous le tégument, qui reste à peu près intact, s’observe un feutrage mycélien assez lâche, qui s’étend vers l’intérieur en détruisant l’amidon et finit par envahir complètement l’intérieur du grain.
- Ce feutrage est constitué par un champignon dénommé Stromatinia temulenta, et qui, à l’inverse de celui de l’Ivraie, a révélé, à ceux qui l’ont étudié, ses formes reproductrices, ou organes de fructification, sous l’aspect de cupules longuement pédicellées, de coloration fauve pâle, dont se recouvrent les grains infectés lorsqu’ils sont placés à l’humidité.
- S’il y a identité entre le champignon du Seigle enivrant et celui de l’Ivraie, le Stromatinia temulenta serait ainsi accidentel et parasite sur le Seigle, constant et stérile chez les Lolium. On s’expliquerait aussi, par l’identification des deux cryptogames, la facile dispersion du parasite chez les Ivraies, où n’ont jamais été observés, à ce jour, d’organes de multiplication.
- La toxicité des grains du Seigle enivrant, et les phénomènes de stupeur qui en dérivent et rappellent ceux qu’amène l’ingestion des graines de l’Ivraie enivrante, sont dus au parasitisme de ces grains par le Stromatinia temulenta.
- De même, en effet, que E. Ilannig avait montré, en 1907, que les fruits infectés de l’Ivraie enivrante contiennent un alcaloïde toxique, absent des semences non contaminées de cette Graminée, Mlle Gabri-loxvitsch a pu se rendre compte que le Stromatinia temulenta décompose l’albumine du grain de Seigle en produisant un glu-coside qui détermine l’ivresse et, s’il est introduit directement dans le sang, la mort.
- Curieuses réactions des êtres vivants, qui permettent à un champignon banal, parasite de plantes aussi communes que le Seigle ou l’Ivraie, d’exercer accidentellement sa toxicité sur l’Homme, victime de sa méconnaissance des lois mystérieuses de la Nature.
- L. Guyot,
- ingénieur-agronome.
- Fig. 4. — Organes de fructification du Stromatinia temulenta sur grain de seigle infesté.
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- LA REPRODUCTION ÉLECTRIQUE
- DES DISQUES DE PHONOGRAPHE
- GÉNÉRALITÉS
- Dans un article récent, nous avons étudié deux applications récentes fort intéressantes des amplificateurs à lampes : la réalisation de dispositifs haut-parleurs à grande puissance, l’établissement de lignes téléphoniques très longues à répéteurs-amplificateurs.
- Bien que n’ayant pas une portée utilitaire et sociale aussi grande, l’application d’un caractère artistique et récréatif que nous allons décrire n’offre pas moins un très grand intérêt, et sa diffusion parmi le grand public ne peut tarder à avoir lieu en France.
- Cette application se rapporte à un nouveau perfectionnement apporté aux phonographes grâce aux amplificateurs basse fréquence à lampes : la reproduction électrique des disques et l’audition obtenue par des haut-parleurs de T. S. F. avec une intensité et une fidélité remarquables.
- Cette innovation, venant après l’enregistrement électrique des disques, également obtenu grâce aux amplificateurs à lampes, montre bien que l’industrie phono-
- Fig. 2. — Principe d'un traducteur ou pick-up électromagnétique.
- L’aiguille en acier ou le saphir est fixé, directement ou non, à une armature vibrante qui se déplace devant les pôles d’un électro-aimant dont les bobinages sont reliés à un amplificateur.
- Boîtier fixé au / bras du phonographe
- Dispositif de réglage et
- Armature vibrante
- Bobine
- d'électro-aimant
- Aiguille op saphdr "
- Fig. 1. — Un des premiers modèles de phonographe à reproduction électrique établis en France en 1922.
- Type Gaumont. Traduction microphonique à grenaille de charbon.
- graphique et l’industrie radioélectrique ne sont pas ennemies puisqu’elles s’entr’aident mutuellement.
- Une grande compagnie de phonographes américaine ne vient-elle pas d’établir aux Etats-Unis une chaîne complète de stations de radiodiffusion, sans doute pour faire connaître ses nouveaux disques au public des amateurs de T. S. F., mais en contribuant aussi de cette manière aux progrès de la radiophonie.
- L'AMPLIFICATION PHONOGRAPHIQUE PAR LES AMPLIFICATEURS A LAMPES
- Un premier et très important perfectionnement apporté aux phonographes, l’enregistrement électrique, a été récemment étudié dans La Nature (n° 2754).
- Rappelons que ce nouveau procédé consiste à faire agir les sons à enregistrer sur un microphone qui engendre des courants à basse fréquence correspondants; ces courants sont amplifiés par un appareil à lampes et actionnent ensuite un enregistreur électro-magnétique.
- Grâce à ce procédé, substitué à l’ancien système d’enregistrement mécanique, l’enregistrement de la parole, du chant, et des morceaux d’orchestre les plus complexes est devenu d’une fidélité extraordinaire et l’audition des disques enregistrés électriquement surprend les amateurs de musique qui n’avaient entendu jusqu’alors que des disques d’ancien modèle.
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- 2 66
- 4“ volts
- Eroulement du traducteur ou secondaire d'un transformé
- *90 volts
- * 100 volts
- +• 120 à 150 volts
- système consiste évidemment dans le traducteur ou « pick-up » microphonique, et il existe théoriquement trois sortes de ces traducteurs :
- 1° Les traducteurs à grenaille de charbon.
- 2° Les traducteurs électromagnétiques.
- 3° Les traducteurs électrostatiques.
- Mais, en fait, les modèles de la première catégorie emplo}rés d’abord ne permettent pas d’obtenir une fidélité de reproduction suffisante sans bruits parasites, de sorte que les deux dernières catégories d’appareils sont seules adoptées à l’heure actuelle, et nous allons les étudier successivement.
- DISPOSITIFS A TRADUCTEURS ÉLECTROMAGNÉTIQUES
- Fig. 3.
- Amplificateur à 3 étages pour amplification phonographique.
- C’est en réalité, nous l’avons noté, l’emploi des amplificateurs à lampes qui a permis la réalisation de l’enregistrement électrique, et c’est aussi l’emploi des amplificateurs qui permet la mise en pratique de cet autre perfectionnement non moins important du phonographe, la reproduction électrique.
- Quelques notions ont été données sur ce procédé dans l’article déjà cité, mais son étude un peu plus détaillée est extrêmement intéressante, d’autant plus que son usage n’est nullement réservé aux professionnels, et qu’elle peut être appliquée dès maintenant par n’importe quel usager sur un phonographe quelconque, et avec des disques quelconques.
- Les meilleurs résultats seront cependant obtenus, évidemment, avec des disques enregistrés électriquement.
- On sait qu’en principe, la reproduction électrique consiste à utiliser, au lieu d’un diaphragme mécanique ordinaire, un dispositif microphonique actionné par une aiguille ou un saphir vibrant. Les courants basse fréquence produits par le microphone sont envoyés dans un amplificateur à lampes, et actionnent ensuite un haut-parleur qui peut être d’un modèle quelconque utilisé en T. S. F.
- En augmentant la puissance de l’amplificateur et du
- haut-parleur, on peut ainsi obtenir une audition aussi intense qu’on le désire, audition d’une fidélité parfaite si les appareils sont bien établis. De plus, on peut séparer au moyen de fils conducteurs le haut-parleur, ou les haut-parleurs, du dispositif reproducteur et amplificateur
- La partie la plus caractéristique du
- Les traducteurs électromagnétiques sont basés sur le principe bien connu de la réversibilité des écouteurs téléphoniques, employé dans les 'premières installations de Graham Bell.
- Une pointe^en acier ou en « saphir » glissant sur le sillon d’enregistrement du disque est fixée à une armature
- Fig. 5.
- British
- — Traducteur avec dispositif d’amortissement.
- Type de la
- Broadcasting Corporation.
- Fig. 4. — Amplificateur américain à basse fréquence h liaison à double impédance.
- Le dispositif C à réglage de l’intensité représenté ici monté en série sera de préférence monté en parallèle; D, est une fiche de prise de courant.
- vibrante en fer doux se déplaçant en face des bobinages d’un électro-aimant (fig. 2).
- Les déplacements de l’armature, correspondant aux vibrations acoustiques de' la pointe, engendrent dans les bobinages des courants à basse fréquence d intensité très faible Ces courants sont envoyés, directement ou par l’intermédiaire d’un transformateur (lorsque la résistance ohmique des bobinages est faible), à un amplificateur à basse fréquence, qui les transmet, après amplification, à un haut-parleur plus ou moins puissant, suivant le modèle d’amplificateur adopté.
- Cet amplificateur basse fréquence est, d’ailleurs, d’un des modèles décrits dans notre dernier article sur l amplification microphonique, et ne diffère que par la suppression, en général, du transformateur de modulation d’entrée à grand rapport d’amplification.
- L’usager qui veut obtenir simplement une bonne audition d’intensité suffisante pour une chambre de dimensions moyennes d’un appartement pourra, s’il possède déjà un appareil de T. S. F. à deux étages basse fréquence à transformateurs, l’employer à ce nouvel usage.
- Les"deux lampes d’amplification basse fréquence seront seules utilisées évidemment lorsqu’on voudra écouter
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- une reproduction phonographique électrique. On peut prévoir simplement un jack téléphonique à plusieurs lames dont la fiche sera connectée à volonté au traducteur microphonique, et permettra de le relier au circuit de grille de la première lampe basse fréquence.
- L’introduction de la fiche du jack produirait, en même temps, l’extinction des filaments des lampes haute fréquence et détectrice et mettrait hors circuit les éléments reliés normalement à la grille de la détective.
- Il est encore préférable, pour obtenir d’excellents résultats, de construire ou d’acheter un petit amplificateur spécial à deux ou trois étages et cet appareil est, d’ailleurs, fort simple.
- Nous avons décrit dans notre précédent article des modèles à liaison push-pull qui peuvent parfaitement convenir dans ce cas et un amplificateur comportant un étage à transformateur et deux étages à impédance-capacité ou résistance-capacité avec tension plaque assez élevée et lampes de puissance semblent devoir assurer une amplification fidèle de la majorité des fréquences audibles, (fig. 3).
- Aux États-Unis, on emploie très souvent pour l’am-
- Fig. 7. — Traducteur électromagnétique Brown. A gauche : monté. A droite : démonté.
- plification phonographique un amplificateur à liaison par double impédance et l’on règle l’intensité d’audition en shuntant l’enroulement du traducteur électromagnétique au moyen d’une résistance variable (fig. 4).
- On ne saurait obtenir de bons résultats simplement en adaptant un porte-aiguille ou un porte-saphir au diaphragme vibrant ou à l’armature d’un récepteur téléphonique ordinaire.
- Pour éviter les bruits parasites dus au glissement de l’aiguille sur le disque, il faut que la construction mécanique du traducteur soit étudiée spécialement et que l'armature vibrante soit munie d’un dispositif d’amortissement mécanique. Un moyen simple consiste à réaliser cet amortissement à l’aide de tampons en caoutchouc (fig. 5).
- Ce dispositif mécanique bien construit suffit à assurer la pureté de la reproduction, si les autres organes du système sont convenablement choisis. On pourrait cependant ajouter, s’il y a lieu, entre le traducteur et l’amplificateur une boîte de couplage avec régulateur et circuit filtre formé simplement d’une résistance variable R, d’un bobinage S et d’une capacité C. S sera, par exemple, un bobinage de 1500 spires et C une capacité de 8/1000 de microfarad (fig. 6).
- On trouve désormais, en France, à des prix relativement modiques des traducteurs électromagnétiques établis par des construc- Fig. 6. — Principe d’une boîte de couplage leurs français OU im- *vec régulateur circuit-filtre.
- portés d’Angleterre
- et d’Allemagne (fig. 7). L’adaptation de ces traducteurs à des phonographes de modèles quelconques se fait immédiatement, simplement en montant cet appareil à la place du diaphragme ordinaire à aiguilles ou à saphir (fig. 8).
- L’ensemble du dispositif complet, c’est-à-dire l’amplificateur avec ses batteries d’alimentation, peut être assez facilement disposé de même, en général, dans le meuble du phonographe, lorsque celui-ci est présenté sous cette forme (fig. 9).
- On peut utiliser, comme nous l’avons expliqué plus haut, un poste récepteur de T. S. F. pour l’amplification phonographique pendant l’intervalle des auditions radiophoniques, et, dans ce cas, on place évidemment le phonographe muni du traducteur à côté du poste de T. S. F.
- Nous avons indiqué plus haut qu’on pouvait employer pour la reproduction électrique phonographique un haut parleur de T. S. F. quelconque, encore faut-il que ce haut-parleur soit capable de reproduire avec une fidélité suffisante les sons musicaux sur une gamme de fréquences assez étendues.
- Il faudra, en général, dans les modèles sans pavillon, choisir un type à diffuseur d’assez grand diamètre, si l’on veut pouvoir reproduire les fréquences acoustiques basses, et spécialement les concerts de musique d’orgue, enregistrés actuellement d’une façon si remarquable, grâce aux appareils d’enregistrement électrique.
- LES TRADUCTEURS ÉLECTROSTATIQUES
- Il existe une deuxième ou plutôt une troisième caté-
- Fig. 8. — Phonographe électrique SEG muni d’un traducteur
- électromagnétique.
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- gorie de traducteurs qui, d’ailleurs, n’est pas encore employée en France à l’heure actuelle, ce sont les « pick-ups » électrostatiques.
- Ces appareils sont, en réalité, de tout petits condensateurs variables à air, dont la capacité varie sous l’action mécanique des vibrations acoustiques transmises par une aiguille ou un saphir glissant sur le disque phonographi-que. La figure 10 montre la disposition de principe. La pointe vibrante est reliée mécaniquement, mais non électriquement, à une armature oscillante portant une plaque métallique qui se déplace ainsi en face d'une autre plaque métallique parallèle, isolée et fixe, de telle sorte que les deux plaques, qui constituent les armatures d’un petit condensateur, soient toujours séparées par une mince couche d’air. Il est également prévu un dispositif d’amortissement des oscillations de la pointe.
- On obtient ainsi, non plus des courants à basse fréquence, mais uniquement des variations d’une petite capacité; on ne peut donc pour la reproduction électrique se contenter d’un amplificateur à basse fréquence.
- On monte le « pick-up » dans un circuit oscillant agissant indirectement sur une lampe montée en hétérodyne.
- Les oscillations locales à haute fréquence, modulées ainsi par le pick-up suivant les vibrations acoustiques transmises par l’aiguille, sont envoyées à une lampe détectrice, et ensuite amplifiées en basse fréquence avant d’agir sur un haut-parleur.
- La figure 11 montre le schéma d’un appareil d’amplification américain de ce type. La première lampe V est montée en hétérodyne, et sa bobine de grille L est couplée indirectement avec le bobinage Ls d’un circuit
- oscillant dans lequel est monté le « pick-up » dont les armatures sont et Cr
- Les courants modulés à haute fréquence sont transmis au moyen d’un transformateur Tj à la deuxième lampe Vj qui les détecte et les envoie aux lampes basse fréquence Vs, V3 et V4 à liaison à double impédance.
- Boîtier fixé au iras du phonographe
- flaque
- 'métallique
- isolée
- Armature
- vibrante
- Aiguille
- Sillon
- enregistré
- Bisque
- Fig. 10. — Principe d’un pick-up électrostatique.
- Enfin, un circuit-filtre est placé à la sortie avant le haut-parleur; il en protège les enroulements, tout en éliminant les bruits parasites.
- D’après le constructeur, ce système aurait l’avantage d’avoir une armature mobile beaucoup plus légère que celle d’un traducteur électromagnétique, ce qui diminue évidemment l’inertie et augmente la fidélité de reproduction, mais il faut attendre confirmation de ces résultats.
- On peut se rendre compte, en tout cas, que dès à présent, en France, tout possesseur d’un phonographe ou d’un poste de T. S. F. peut pratiquer aisément le phonographe électrique; leur intérêt évident ne peut manquer de leur assurer une diffusion rapide et importante.
- P. IiÉMARDlNQUER.
- Fig. 11. — Amplificateur pour traducteur électrostatique.
- Batterie de + 45
- Electrostatique
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- = : L.: = LES PROGRÈS —, =
- DE LA SOUDURE AUTOGÈNE ÉLECTRIQUE
- Les procédés de soudure autogène, notamment les procédés électriques à l’arc, et ceux qui font appel à l’hydrogène atomique, ont fait de tels progrès en ces dernières années que ce procédé d’assemblage des pièces métalliques est aujourd’hui en voie de supplanter d’autres procédés, jusqu’ici classiques, comme le rivetage, et même dans certains cas la fonderie.
- On a construit déjà, depuis longtemps, des réservoirs entièrement soudés. On a construit également en Angleterre et aux Etats-Unis des navires dont la charpente est assemblée par soudure.
- Des édifices à charpente métallique ont été établis de même.
- Le travail de soudure est plus rapide et moins coûteux que le rivetage usuel à la main ou à l’aide d’outHs à l’air comprimé.
- Quant à la solidité, longtemps discutée, il semble bien qu’elle offre les mêmes garanties, lorsque le travail est correctement exécuté.
- Une preuve remarquable de la qualité de ces soudures est offerte par l’exemple de la grande Société américaine, la General Electric Co dont les laboratoires ont précisément créé la soudure à l’hydrogène atomique.
- Cette société fait appel, aujourd’hui, à la soudure autogène pour la construction des stators de ses machines tournantes : moteurs ou génératrices électriques, enveloppes de turbines hydrauliques, et cela non seulement pour de petites machines, mais encore et surtout pour les machines des plus grandes dimensions.
- Un stator de machine électrique à courant continu par exemple est une enveloppe cylindrique, munie de saillies intérieures qui constituent les pièces polaires. Autrefois ces pièces étaient obtenues par fonderie. La fonderie exige tout, d’abord l’exécution de modèles, travail délicat, long et coûteux ; puis la coulée réserve ensuite bien des surprises et nombre de pièces sont manquées au cours de ces opérations-: il faut les refaire. D’autres ont des défauts qui n’apparaissent qu’au cours de l’usinage, et c’est plus grave encore.
- Enfin une pièce saine, sortie de fonderie, n’est jamais dans son état définitif; il faut la nettoyer, puis l’usiner pour enlever les excès de matière qu’on a délibérément laissés dans la pièce brute, pour faire face aux déformations possibles des moules au cours de la coulée. Bref, la fonderie, malgré
- l’habileté de ses techniciens, est dans la construction des machines la source d’un grand nombre de difficultés qui élèvent le prix de revient, allongent le délai de fabrication, et
- qui sont d’autant plus sérieuses que les pièces sont fabri-
- quées à un plus petit nombre d’exemplaires ; ce qui est le cas pour les grosses machines. Enfin, pour les pièces volumineuses, leur manutention à la fonderie et dans l’atelier mécanique, ainsi que leur transport, sont des opérations difficiles et onéreuses. Avec l’emploi de la soudure, il en va
- tout autrement. L’enveloppe cylindrique est constituée au moyen de tôle d’acier laminée ; c’est une matière
- qu’il est aisé d’obtenir en
- qualités rigoureusement constantes, aussibiencomme caractéristiques mécaniques que comme épaisseur. A l’état brut, le transport en est facile.
- On en réunit les extrémités par soudure.
- On assemble de même par soudure les diverses pièces en saillie qui donnent à ce stator sa forme définitive. On utilise à cet effet des machines à souder automatiques, à l’arc électrique.
- C’est par ce procédé que sont construits aujourd’hui les stators des plus puissantes machines électriques en service aux Etats-Unis.
- Il assure non seulement un abaissement considérable du prix de revient de ces machines, mais il offre encore sur l’ancien procédé de la fonderie l’avantage de fournir des pièces plus légères et plus sûres, parce que construites en tôle d’acier dont les qualités peuvent être contrôlées rigoureusement en tous points avant la mise en œuvre.
- Ajoutons que le découpage des pièces métalliques destinées à être assemblées est lui-même pratiqué, dans les ateliers de la General Electric C°, au moyen de chalumeaux coupeurs, automatiques ou semi-automatiques, fonctionnant à l’oxygène et au gaz d’éclairage.
- Ce triomphe de la soudure autogène et du découpage au chalumeau dans la grande construction mécanique apparaît comme un événement économique de la plus haute importance.
- Il est intéressant de rappeler aussi quelles préventions ont accueilli à leur naissance ces nouveaux modes de travail des métaux; préventions parfois justifiées par l’inexpérience ou l’insuffisance des exécutants. Les progrès accomplissent dus tout à la fois au perfectionnement des appareils et des méthodes et à la création d’excellents ouvriers et pi’aticiens.
- Fig. 1. — Le stator d’ün alternateur électrique de k8 000 kilowatts fabriqué au moyen de la soudure à l'arc.
- Cette pièce, destinée à être accouplée avec une turbine hydraulique, mesure 12 mètres de diamètre et a exigé 600 mètres de soudure.
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- LE LIÈGE AGGLOMÉRÉ EN TAXIDERMIE
- Depuis les archaïques et grossiers « empaillages » obtenus en bourrant de paille; de sciures ou d’étoupes les peaux d’animaux, les perfectionnements les plus variés et les plus heureux ont abouti à l’art difficile et à la science délicate qu’est la taxidermie.
- La lecture d’un récent ouvrage sur les procédés modernes de naturalisation nous a permis de constater une lacune d’autant plus regrettable que le système que nous allons décrire n’y est nullement mentionné, quoique étant incontestablement le plus perfectionné.
- Cet oubli ou cette ignorance ne peut provenir que de la trop grande modestie du naturaliste qui depuis 20 ans opère avec succès tous ses montages par un procédé personnel qu’il est dommage, faute de publicité, de ne pas voir vulgarisé.
- Pour son premier essai, notre inventeur appliqua son système au montage d’un éléphant qui fait l’admiration de tous les visiteurs du Muséum dTIistoire naturelle de Toulouse (').
- Le 11 décembre 1907, le directeur du cirque Pinder faisait don au Muséum de Toulouse de la dépouille d’un éléphant adulte. Cet animal, devenu soudainement furieux, venait de causer un grave accident sur la route de Mon-tauban à Agen et on dut faire appel à un peloton de dragons qui l’abattirent à coups de mousqueton.
- En possession de cette peau d’éléphant mâle d’Asie, M. Louis Roule, l’éminent professeur du Muséum d’Histoire naturelle de. Paris, alors conservateur des collections zoologiques de Toulouse, fit mander son naturaliste-préparateur, M. Philippe Lacômme, et, rompant avec la conception banale et froide des pièces montées ordinaires, lui lut, en guise de commande, une page de Stanley dans laquelle le célèbre explorateur décrit l'attitude réelle et l’aspect terrifiant d’un éléphant qui l’ayant éventé s’apprêtait à le charger.
- L’ex-pensionnaire de la ménagerie Pinder avait été débité par un boucher de Montauban, en sorte que M. Lacomme se trouvait privé du squelette et des mensurations si utiles pour mener à bien un tel travail.
- De ce fait et à cause de la technique nouvelle consistant à représenter l’éléphant en action, le montage s’annonçait très difficultueux.
- Mais le problème se compliqua encore du fait que le Muséum de Toulouse ne possédait pas de laboratoire assez vaste pour une telle pièce, ni de portes assez grandes pour permettre de l’amener, une fois terminée, dans la galerie des mammifères.
- Enfin, dernière difficulté à résoudre, le plancher déjà très chargé de cette galerie, située au premier étage, ne pouvait sans danger recevoir une surcharge supérieure à mille kilos, or un éléphant naturalisé par les procédés habituels atteint en moj^enne un poids triple.
- L’entreprise devenait donc une gageure, à moins de faire un éléphant en liège ! C’est ce que fit M. Lacomme.
- 1. Voir dans le Bulletin de la. Socié’é Zoolo’gique de France du 18 août 1911, tome XXXVI, page 154, une communication de M. Ph. Lacomme, Naturaliste à Toulouse (présentée par M. L. Roule), sur : « Un nouveau procédé de montage et de naturalisation des grands animaux au moyen du liège arme »
- Parcourant l’Exposition de Toulouse de 1908, l’esprit toujours en éveil sur la réalisation de son projet, il remarqua dans le stand des usines David, de Laverdac (Lot-et-Garonne), un produit nouvellement lancé dans 1 industrie, le liège aggloméré dont l’emploi s’est généralisé rapidement dans le cloisonnement des coques de navires, des chambres et des wagons frigorifiques, etc....
- Tous les déchets et les rognures de liège qui jadis étaient inutilisés et jetés sont maintenant soigneusement recueillis, triés,, hachés, ébouillantés et passés à la presse hydraulique qui les comprime et les façonne en cubes, lesquels sont débités en planches à la scie.
- Selon les usages auxquels on les destine, ces planches sont utilisées directement ou divisées en briques, briquettes, feuilles, carpettes, semelles, car ce liège aggloméré est plus fin, plus souple et beaucoup plus ouvrable que le liège ordinaire.
- Ces qualités alliées à la légèreté, idéale au point de vue de M. Lacomme, déterminèrent ce dernier à utiliser la brique de liège aggloméré*, mais l’emploi de ce procédé inédit nécessitait un montage spécial.
- Après avoir modelé une maquette en cire au dixième de grandeur réelle, maquette d’un réalisme saisissant que M. Lacomme traita avec son grand talent de sculpteur animalier (*), il construisit pour les membres et le tronc du futur montage un bâti en bois, renforcé par des coins et des arcs-boutants (fig. 1).
- Sur ce bâti sommaire et à l’aide de fils de fer recuit malléables, l’artiste tissa un réseau métallique dont l’ensemble reproduisait la silhouette et la périphérie de l’éléphant tel que les mesures prises sur la peau permirent de le reconstituer (fig. 2).
- Ce n’était là qu’une phase du montage, car peu à peu, grâce aux mesures prises sur les gabarits en fil de fer et au moyen de minces planches convenablement découpées et assemblées, l’animal se présenta sous l’aspect étrange d’un éléphant fait uniquement en courbes de niveaux (fig. 3).
- L’impossibilité sus-énoncée d’introduire l’animal entier dans la galerie du Muséum obligea M. Lacomme à prévoir et à réaliser, pour l’assemblage, le démontage pour le transport et le remontage final, une série de tronçons reliés à l’aide de boulons.
- Il restait à « garnir » les entretoises des cloisonnements, ce qui fut fait à l’aide des briques de liège aggloméré. Découpées à la scie à main, sculptées et retouchées à la râpe, les briques de liège reliées entre elles par de longues et fines pointes d’acier inoxydable vinrent s’encastrer entre les cloisons de bois et leur juxtaposition garnit tous les vides sur une épaisseur moyenne de 10 à 15 centimètres, tout le reste de l’éléphant étant creux, à l’exception du bâti indispensable (fig. 4, 5 et 6).
- L’animal fut alors démonté en 12 pièces, transporté du laboratoire particulier de M. Lacomme jusqu’au Musée et remonté à sa place définitive sous la baie vitrée de la galerie Filhol.
- 1. Cette statuette fut remarquée par M. Jauzion, éditeur d’art à Toulouse, qui n’hésita pas à la faire éditer. Fondue en hionze par la maison Bernard Lyon, de Paris, elle se trouve dans le commerce.
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- Hg. 1 à 3. — 1. Le bâti initial de F éléphant chaussé de ses semelles; 2. Le bâti avec sa carcasse en fil de fer qui fit place aux sections en bois. Entre les pattes anterieures on voit la maquette au dixième de grandeur ; 3. IJ éléphant en « courbes de niveaux ».]
- Là, « l’écorché » subit une dernière séance de modelage et de retouches à la râpe, puis toute la surface du mannequin fut enrobée d’un mélange de colle, de dextrine et de poussière de liège qui effaça les moindres rugosités.
- Cependant, la peau recevait une dernière préparation à base d’arsenic pour assurer sa conservation et fut posée sur le mannequin. Toutes les mesures ayant été 'bien prises, l’habillage se fit normalement et ce splendide éléphant chargeant et barrissant, la trompe menaçante, fut inauguré par les membres du Congrès de l’Association française pour l'avancement des Sciences. Depuis lors,
- M. Lacomme, dont l’activité féconde et le grand talent ont doté le Muséum de nombreuses œuvres d’art, applique son procédé au liège aggloméré avec un succès qui ne s’est jamais démenti et qui est confirmé par la parfaite conservation des premiers spécimens.
- En 1914, M. Fairfield Osborn, le savant naturaliste américain, visitant le Muséum de Toulouse, sous la conduite de l’un des conservateurs, le comte Begouen, s'arrêta stupéfait devant l’éléphant. Le Directeur du Muséum d’Histoire naturelle de New-York s’extasia sans réserve sur la valeur artistique et le réalisme saisissant de cette
- big. b à 6. — 4. Les briques de liège convenablement découpées, sculptées et juxtaposées garnissent les vides des cloisonnements ; 5 L’animal en. voie d'achèvement (on distingue sur la section du cou, Vemplacement des boulons permettant de fixer ta tête, que l’on aperçoit encore non garnie de liège au pied du mannequin) ; 6. La tête vient d’être mise en. place et va être achevée par M. l} h. Lacomme que l’on voit ici dans sou laboratoire.
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- œuvre. A M. Lacomme accouru en blouse de son laboratoire, il prodigua ses félicitations et lui affirma et qu’il ne connaissait pas au monde un éléphant rendu, avec autant de fougue et de vérité
- Mieux que l’antique bourrage, ou la sculpture sur bois, le carton-pâte ou le modelage en plâtre, le liège aggloméré permet une précision des formes, une légèreté et une solidité inégalables.
- Ce dernier procédé ne comporte ni manipulation salissante ni préparation laborieuse, telles que le gâchage du plâtre, la confection de mèches d’étoupes trempées dans
- quartiers de liège reliés entre eux par de longues pointes et maintenus par les compartiments en planches forment un tout solidaire très résistant.
- Enfin, ce liège aggloméré et stérilisé constitue un milieu exempt de tout parasite destructeur et, par sa nature même, à l’abri de toute détérioration par l’humidité et la sécheresse, ce qui n’est pas toujours le cas pour le plâtre qui en outre peut se craqueler, à la suite de la pression parfois considérable exercée par la peau qui se rétracte avec le temps.
- Ce dernier inconvénient est encore évité par l’em-
- Fig. 7. — Muséum d’histoire naturelle de Toulouse : éléphant mâle d’Asie. (C’est par un procédé personnel au liéqe aggloméré que M. Ph.. Lacomme a obtenu ce chef-d’œuvre dont le savant naturaliste Fairfield Osborn a dit : « qu’il ne connaissait pas au monde un éléphant
- rendu avec tant de fougue et de vérité » l.
- le plâtre ou de moules pour la pâte de carton. Une scie à main et une râpe suffisent à découper, dégrossir et sculpter le liège.
- Une des grosses difficultés de l’habillage, surtout pour les grands mammifères, consiste en ce que la peau tannée perd beaucoup de son élasticité et que l’on est souvent obligé de la tirailler avec des pinces et de la fixer au mannequin avec des pointes. On conçoit le danger et la difficulté de cette dernière manœuvre quand on opère sur un mannequin en plâtre ou en carton-pâte et la facilité évidente quand il s’agit d’un montage en liège. Les
- ploi du liège qui présente une élasticité suffisante.
- Le procédé de M. Philippe Lacomme, préparateur-conservateur technique du Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse, constitue à l’heure actuelle le dernier perfectionnement apporté à l’art si délicat de la taxidermie, art qui prend de plus en plus d’importance et d’intérêt à notre époque où l’on assiste à la disparition, surtout parmi la grande faune, d’animaux dont il importe plus que jamais de conserver des spécimens qui présenteront, aux yeux des générations futures, les apparences de la vie. Norbert Casteret.
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- LES MACHINES PARLANTES
- XI. QUELQUES NOTES TECHNIQUES
- P
- II faut avouer que si les inventions élaient efficacement protégé-s, à peu près toutes les fabriques de machines parlantes du monde devraient payer des droits à ces trois sources américaines d’invention (sauf pour quelques détails plus ou moins importants qui leur sont propres) que nous avons mentionnées dans'notre précédent article. (Voir n" 2780.)
- De côté et d’autre, la recherche du progrès s’est portée sur la machine (pas assez), le diaphragme et le cylindre ou le disque. On a réalisé des perfectionnements de détails très ingénieux. Mais disons tout de suite — et c’est le but de cet article — pour aider au progrès, on enregistre mieux qu’on ne reproduit.
- Une réelle qualité est quelquefois là dans le cylindre ou le disque, et on est impuissant à la rendre. Ce que l’on entend est inférieur à ce qui a été emmagasiné. On sera étonné plus tard de retrouver, d’entendre sortir d’un disque ou cylindre délaissé (mais non usé) des qualités qu’on ne lui soupçonnait pas. Pourquoi cela ?
- La reproduction. — C’est que la reproduction a été moins étudiée que l’enregistrement, lequel, du reste, était plus ingrat. L’heure viendra où l’on fera mieux, malgré le bon public de moindre goût, qui trouve mauvais, criard, etc..., et qui achète, et agace tout le quartier!
- Vous connaissez le grand reproche du son dit phonographique c’est-à-dire nasillard, le son de fer-blanc, de zinc, de vitre fêlée et de voix alcoolique; que sais-je?
- A-t-on cherché à y remédier? Très peu! que je sache. Et pourquoi se donner tant de peine puisque le public, et quelquefois un public artistique, achète et nous bourre quand même de ce nasillard. Combien de possesseurs de phonographes savent seulement régler la vitesse de leur machine?
- Elle doit toujours marcher à la vitesse exacte et précise à laquelle elle a manœuvré à l’enregistrement, quand bien même l’artiste aurait débité trop vite ou trop lentement lors de cet enregistrement.
- Mais sait-on bien à quoi attribuer ce son nasillard?
- 11 tient à plusieurs causés. Quelquefois à l’itpperfection du diaphragme. Mais il y a d’excellents diaphragmes, bien qu’ils n’excluent pas une plus grande perfection encore.
- Notez que les membranes de ces diaphragmes ont deux faces; c’est précisément le double son simultané ou plutôt successif, de ces deux faces de membranes (comme de deux membranes différentes) qui est défectueux. Cette disposition produit ce que l’on appelle une constante ou interférence. Supprimez, comme je l’ai fait, l’un des deux sons, vous aurez purifié le rendement de votre phonographe d’une manière surprenante.
- Toutefois, en supprimant l’un des chanteurs (qui avait le défaut de ne pas chanter à l’unisson) vous diminuez le volume du résultat, sinon de moitié (parce que celui conservé est amplifié par le cornet) du moins du tiers ou du quart : un certain public — non pas toujours le plus connaisseur — exige le volume primitif. Essayons de le restituer, sans altérer la pureté. C’est l’affaire de l’appareil faisant suite au diaphragme.
- Certains fabricants semblent confondre sonorité et volume ou intensité. Un son peut être faible et sonore; c’est le cas d’une musique harmonieuse se faisant entendre faiblement; comme le tic tac, ou la sonorité de beaucoup de montres. Un son peut être intense (ainsi que beaucoup de phonographes entendus dans toute une rue, hélas), et être pauvre en sonorité, comme le choc de deux pierres,. Les vibrations d’un son
- bien sonore se prolongent d’une manière agréable, en mourant graduellement ; les sons qui manquent de sonorité sont courts et secs comme un sifflet, et souvent désagréables.
- Pour plusieurs phonographes, les sons ont pu être enregistrés suffisamment sonores (c’est-à-dire prolongés d’une manière délicate) ; cette sonorité ne se trouve souvent pas dans la reproduction. Des fabricants ont cru y remédier par l’intensité. Ils ont fait appel à un bras de levier relativement long dans l’ajustement de l’aiguille ou du saphir : c’est assez ingénieux. Ils arrivent ainsi à redonner un volume plus grand que l’originel. Croyez bien que ce n’est pas sans altérer la qualité, la pureté ou la vérité du son d’origine.
- Parlons des appareils faisant suite au diaphragme.
- Il y a très peu de cornets excellents. On a trop sacrifié au coup d’œil et à la commodité. Jusqu’à présent, la suppression prétendue de tout cornet sacrifie encore une partie de la qualité ; à vrai dire on a cherché une commodité et une nouveauté commerciale. Passons! On a cru longtemps que le cornet devait être en matières vibrantes, sonores : c’est le contraire, assurément, comme dans les instruments de musique à tubes.
- Si vous voulez uu pavillon, rappelez-vous que le pavillon f1) n’est guère que pour l’œil. Tout au plus, sert-il d’écran pour restreindre l’audition en arrière de l’appareil. Dans la plupart des cornets, si vous supprimez le pavillon souvent inutile, que vous reste-t-il de partie utilisable ?
- Sur ces principes, il a été construit des cornets qui sont utiles à leur maximum, en leur totalité, dans lesquels la matière n’apportait que sa neutralité.
- Mais entre le diaphragme et le cornet, vous ne mettez rien? Il y faut quelque chose; un filtre, oui, un filtre qui retienne les sons mauvais (venant de la machine et non de l’ârtiste) et laisse passer les sons musicaux, les sons qu’on a voulu enregistrer avec leur brillant, leur moelleux, leur sonorité. C’est l’office d’une tuyauterie spéciale, résultat de recherches expérimentales très longues.
- Quant à la friture, ce bruit de l’aiguille ou du saphir sur une surface- trop rugueuse du disque ou du cylindre, c’est une infériorité Quand elle est peu sensible, comme dans les bonnes marques, la tuyauterie ci-dessus mentionnée la filtre, la mange. Yous avez remarqué que les productions phonographiques, à cause de cette friture, font rarement des poses ou silences musicaux, ni des piano (dulce). Je connais des marques qui les réussissent à merveille.
- Un mot encore sur le diaphragme et sa membrane. Celle-ci doit avoir une tension bien déterminée, ni plus ni moins. L’oreille délicate du constructeur l’ajustera bien une première fois; mais cet ajustement ne persiste pas indéfiniment, pas plus qu’un violon, qu’un piano, ne sont accordés une fois pour toute leur vie. C’est très délicat, comme l’oreille de l’accordeur. — Il y a des diaphragmes bon marché, dont la membrane est fixée avec de la cire ou autre colle ; jugez de l’accord ou tension exacte qu’il est possible de donner à telle membrane.
- Sur les données ci-dessus, l’auteur a pu, avec une des meilleures marques de phonographes et les meilleurs de ses produits, obtenir des résultats véritablement étonnants pour les plus incrédules et les plus difficiles, charmant des auditeurs déjà blasés cependant et saturés de médiocres machines parlantes. En dépit de ceci, je crois que longtemps encore, la phonog'raphie comme la photographie, offrira un large
- 1. La partie qui s’évase brusquement.
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- domaine pour les chercheurs en phonographie, comme en photographie.
- L’enregistrement. — Pour enregistrer — c’est un art qui demande beaucoup d’expérience et de persévérance — les maisons, soucieuses du mieux, emploient un diaphragme enregistreur spécial (quant à la membrane) pour chaque artiste ou chaque genre de musique. Elles ont donc dans leur laboratoire un certain nombre de diaphragmes qu’on essaie la première fois au nouveau venu. On lui garde le numéro qui a été trouvé le plus satisfaisant comme le bottier sérieux a toujours la même forme la plus conforme pour le même client ; c’était ainsi du moins avec les diaphragmes en verre extra-mince.
- Vous voyez toutes les complications pour aller vers le parfait. N’accusez donc pas toujours le phonographe, mais l’insuffisance des soins apportés à son emploi.
- Avec un bon appareil de photographie, de prétendus artistes obtiennent toujours des produits inférieurs à ceux que
- de plus véritables nous tirent d’appareils ordinaires ! Il en est de même pour le phonographe. C’est comme une montre : le phonographe de bonne marque ne doit jamais être touché par des enfants, quels que soient leur taille et leur âge. L’opérateur sérieux, soigneux et intelligent doit seul le manipuler, même pour faire rire le public.
- Le phonographe vivant, donnant l’illusion de la voix humaine et des instruments de musique (existant en dehors du phonographe) et décorant le salon malgré le cornet désavantageux où il pourra se faire entendre désormais, à satiété, des personnes riches ou nerveuses que faisait fuir jusqu’ici la moindre audition phonographique, cet instrument existe.
- C’est beaucoup dire, n’est-ce-pas ? Mais je ne fais que répéter ce qui m’a été dit et redit très sincèrement par des personnes au sens véritablement musical, mettant jusqu’à ce jour le phonographe de n’importe quelle marque au rancart, pauvre victime ?
- Ch. Boulay.
- M. A. TRUELLE
- Yoici malheureusement le dernier article de M. Truelle que La Nature publiera. Il l’a écrit quelques jours seulement avant sa mort.
- Notre collaborateur vient de mourir dans sa 79e année. Il était né à Pont-Audemer en 1849 et, tout jeune, s’était intéressé aux fruits et particulièrement aux pommes à cidres. Après d’excellentes études de pharmacie, il soutint une thèse sur la cidrerie qui lui valut la grande médaille d’or des thèses. Il s’établit à Trouville et y continua ses recherches sur le même sujet qui lui valurent d’être élu membre de l’Académie d Agriculture.
- Il laisse de précieux ouvrages : Y Art de reconnaître les fruits de pressoir, le Guide des meilleurs fruits de pres-
- soir, Y Atlas illustré des meilleures variétés de fruits à cidre et le Manuel du fabricant de cidres mousseux et gazéifiés, récemment paru.
- A La Nature, il donnait régulièrement, depuis longtemps, des études fort goûtées sur les fruits et il venait de commencer une nouvelle série sur les principaux légumes.
- Celles qui ont paru ici pendant la guerre ont été réunies en un volume : Comment utiliser nos fruits sans sucre.
- Nos lecteurs ont su apprécier la compétence, la sûreté d’information de M. Truelle, mais ils n’ont pu connaître l’homme qui était consciencieux, fin, délicat, d’un commerce très sûr et agréable.
- „ NOS LÉGUMES ...=
- HISTOIRE, PRODUCTION, UTILISATION
- CHICORÉES
- Etymologie. — Chicorée provient des mots latins, cicorea cichorium, qui dérivent eux-mêmes du grec « Kikoré » et « kikorion ». La synonymie ancienne de la plante comprendrait des noms d’origine latine, égyptienne et peut-être syrienne. Les opinions des commentateurs sont contradictoires en ce qui concerne l’application de ces différents noms communs probablement à la chicorée sauvage et à la chicorée Endive, deux espèces qu’il ne faut pas confondre.
- I. Chicorée Endive. (Cichorium Endivia L.)
- Composées.
- Histoire. — Endive dérivé du latin Jntybus, intubum, etc., et surtout du bas latin « Endivia ». L’origine des endives, encore incertaine, il y a plusieurs années, a été déterminée depuis les recherches de quelques botanistes, notamment de de Candolle, qui admet que nos chicorées frisées et nos sca-
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- rôles résultent d’une culture soignée du Cichorium pumilum, espèce annuelle spontanée dans toute la région méditerranéenne. On ne possède aucune preuve que l’endive ait été cultivée pour la table des Anciens, bien que Horace ait dit « qu’il ne désire pour assurer son bonheur que des olives, de la chicorée et de la mauve ».
- « Indiiba », qu’on trouve dans le Capitulaire de Villis de Charlemagne, peut désigner l’endive et aussi la chirorée sauvage. Les Arabes employaient couramment l’endive sous le nom d’Induba ou d’ Hindâbâ.
- Au xv° siècle, on voit, paraître la C. endive en France dans certains comptes de dépenses, mais plutôt pour usage économique (eau de toilette). Au xvi0 siècle, on reconnut quelle était mangeable après avoir été blanchie.
- C’est par le mot « scarole » et non par chicorée, que les « herbalistes ,> désignaient les anciennes variétés d’endives. Cl. Mollet, au commencement du xvii° siècle, distinguait deux chicorées : une qui est frisonnée et l’autre qui ne l’est pas (scarole). Stainville, maraîcher aux Champs-Elysées, a été le premier qui força la chicorée fine d’Italie, en 1791.
- Production. Variétés. — On peut diviser les chicorées endives en deux groupes : 1° Les chicorées frisées, aux feuilles très divisées ; 2° Les chicorées scaroles, aux feuilles ondulées presque entières. Les principales variétés sont : a) pour le premier groupe : Chicorée frisée d’été ou Ch. d’Italie spéciale pour le forçage, Ch. frisée de Rouen ou Ch. corne de cerf, pour l’été et l'automne; Ch. frisée de Meaux pour l’automne; Ch. frisée d’hiver; b) pour le second groupe, Scarole verte maraîchère pour l’été; Sc. grosse de Limay pour l'automne; Sc. en cornet pour l'hiver, etc.
- La ville de Meaux est un centre très important de cultures de salades diverses; c’est elle qui fournissait, autrefois, la majeure partie de la consommation parisienne.
- IL Chicorée sauvage. (Barbe de Capucin, Witloof) Cichorium Intybus L.
- Le type sauvage de cette chicorée est une herbe vivace, d’une saveur très amère, dont l’habitat très vaste s’étend sur toute l’Europe. Elle est assez commune en France sur les chemins, dans les lieux secs, incultes et arides.
- Très améliorée par la culture, elle fournit, en outre, des salades de chicorée sauvage, améliorée et panachée, deux autres produits étiolés très estimés en France, le premier en date, la Barbe de capucin, puis le Witloof, de création assez récente, improprement appelé Endive.
- Barbe de capucin.
- La première mention (de la chicorée sauvage étiolée remonte à Cl. Mollet dont l’ouvrage a été rédigé vers 1610-1615, mais c’est au milieu du xvin0 siècle qu’on voit la Barbe de capucin entrée dans la culture maraîchère. Le Dictionnaire d’Agriculture de la Chesnaye( 1751) mentionne que les maraîchers portent dans les caves du fumier chaud dont ils font une couche de la hauteur d’un pied et qu’ils y enterrent leur chicorée par grosses bottes. En France, la culture en a été généralisée en 1797, et il paraît que l’usage de cette salade a été introduit en Angleterre par les réfugiés français.
- Sa culture industrielle pour les marchés parisiens a commencé à Montreuil-sous-Bois (Seine), mais l’on en ignore la date exacte. On sait toutefois qu’elle n’a pris une grande importance qu’à partir de la seconde moitié du xix® siècle, à l’époque où les maraîchers adoptèrent la chicorée à grosse racine ou chicorée à café, qui produit des lanières étiolées plus abondantes, plus tendres et un peu moins
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- amères. L’origine de cette amélioration est due à M. Lepère, beaucoup plus connu comme arboriculteur.
- Production. Variétés. — La sélection de la chicorée sauvage a permis de créer des sous-variétés caractérisées par la forme, la largeur et la coloration des feuilles (Barbe de capucin), par la faculté de constituer de petites pommes (Witloof) ou par le volume et la propriété de leurs racines (chicorée à café). Yoiciles trois plus importantes : Chicorée sauvage améliorée, spéciale pour la barbe de capucin; Chicorée sauvage à grosses racines de Bruxelles, réservée pour le Witloof; Ch. sauvage à grosses racines de Magdebourg, cultivée surtout pour la fabrication du café de chicorée.
- Actuellement, de très nombreux maraîchers pratiquent le forçage de la chicorée dans la région Est parisienne. La production représente, pour le seul département de la Seine, une valeur marchande annuelle de plus de 1200 000 francs sur le marché des Halles de Paris.
- Witloof.
- Le Witloof est une obtention belge, ce qui explique son nom flamand dérivé de « wit » blanc et de « loof » feuillage. Il n’est autre chose qu’une [Barbe de capucin pommée obtenue par un procédé de culture spécial, c’est-à-dire par [le forçage en terre à l’abri de l’air, tandis que la Barbe de capucin subit seulement le forçage en cave à l’air libre. La variété employée diffère comme je l’ai dit ci-dessus.
- . Son obtention, vers 1851, est due à Bresiers, jardinier en chef de la Société d’Horticulture de Belgique, mais le procédé resta secret jusqu’à sa mort. Dévoilé par sa veuve, et devenu très populaire dans son pays d’origine, le Witloof resta néanmoins légume local pendant plus de 20 ans.
- Il a été introduit, en France, par M. Henri de Vilmorin qui, pour la première fois, en présenta quelques pieds, en 1875, à la Société nationale d’Horticulture de France. Peu d'années après, on vendait le Witloof aux Halles sous le nom d'Endive de Bruxelles et les petites marchandes le voitu-raient dans les rues de Paris : il avait atteint le faîte de la renommée !
- Bien que Bruxelles soit toujours le grand centre de la production du Witloof, qui a pris depuis plusieurs années une importance, considérable, on a commencé sa culture sur une assez vaste échelle, depuis 1892, dans les environs de Paris, notamment en Seine-et-Marne, dans le Nord et autour de certaines grandes villes.
- Chicorée à Café.
- Elle comprend deux variétés : La Chicorée de Brunswick et la Chicorée à grosse racine de Magdebourg. Leur emploi dans la fabrication industrielle de la racine tuméfiée nous vient des Hollandais qui ont vulgarisé cette méthode dans le Nord de la France, d’où elle a été apportée à Onnaing par M. Guiraud.
- Quoique sa culture ait lieu dans neuf départements, elle n’a guère d’importance que dans "trois où elle a produit en certaines années : Somme 8000 quintaux, Pas-de-Calais 411000 qx, Nord 744 000 qx. La surface occupée dans ce dernier département s’élève à près de 3500 hectares. La production intéresse surtout les arrondissements de Dunkerque, Lille et Valenciennes. Le rendement oscille entre 200 et 350 quintaux à l’hectare en racines vertes fournissant à la dessiccation 20 à 25 pour 100 de cossettes séchées.
- Rendement des différentes chicorées. — Le rendement varie énormément avec la sorte cultivée et la qualité du sol. Une belle chicorée de Rouen pèse 800 grammes à 1 kg; une
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- chicorée de Meaux 500 gr., une chicorée frisée fine d’été 400 gr. ; une scarole (ou escarole) verte 700 gr.
- On peut récolter, par are, 400 à 500 bottillons capables de donner 350 à 500 gr. de barbe de capucin ou 2000 petits chicons (endives de Paris) pesant chacun de 100 à 200 gr. (J.- Vercier).
- Prix dés différentes chicorées primeurs et de pleine saison aux Halles de Paris —Les premières chicorées et escaroles sont arrivées du Midi, puis de la banlieue parisienne; celles de Nantes et d’Orléans au début de mai. Les endives belges et les endives françaises sont apparues au commencement d’octobre et n’ont disparu qu’en mai. Les endives belges ont accaparé une grande partie du marché.
- Dans l’impossibilité d’indiquer les multiples et grandes variations que leurs prix ont subies pour les différentes raisons qui influencent les cours, je ne donnerai que les prix maxima et minima, aux 100 kg, constatés pour ces diverses salades.
- Chicorées du Midi : max. 200 fr. : min. : 50 fr. — Chicorées de Paris : max. 150 fr. ; min. 10 fr.
- Escaroles : max. 140 fr. ; min. 10 fr. — Endives belges : max! 850 fr., min. 150 fr. Endives f rançaises : max. 900 fr. ; min. 150 fr.
- Utilisation. Alimentation. — Ces différents genres de chicorées introduisent dans l’économie, comme légumes herbacés, fort peu de matière organique assimilable, mais beaucoup d’eau et surtout, d’après Armand Gautier, de l’hémato-gène et des sels riches en potasse, soude, chaux, magnésie, fer, phosphates, etc. Elles n’ont qu’un faible pouvoir nutritif et ne donnent que peu de calories. Ce sont des minéralisa-teurs de l’organisme. Par leur résidu intestinal du surtout à la cellulose, elles sont laxatives. C’est un moyen pour les
- gros mangeurs de viande d’en prendre moins et d’être moins exposés à la goutte et à la gravelle; toutefois, les salades sont contrindiquées aux entériteux et aux personnes qui n’ont pas de très bonnes dents pour les mastiquer crues ; elles doivent les manger cuites.
- On consomme : 1° les chicorées frisées et les escaroles crues en salades ou cuites et accommodées au beurre ou au jus de viande. On fait des conserves de chicorée pour garniture. Il en est de même pour la chicorée amère; 2° la barbe de capucin, avec un accompagnement de rondelles de betteraves cuites au four ; 3° le Witloof, nommé à tort endive, après avoir jeté les premières eaux de cuisson qui renferment l’excès de tanin contenu dans les feuilles, et l’avoir accommodé, comme il est dit plus haut.
- Thérapeutique. — Les,1 Anciens ont cultivé la chicorée sauvage comme légume et plante médicinale. Pline connaissait déjà ses propriétés dépuratives; il la préconisait pour le foie, la rate et la vessie. Jusqu’au xviii6 siècle, elle n’a été qu’une plante médicinale très employée. Saint-Simon, racontant la mort d’Henriette d’Angleterre, dit que cette princesse décéda subitement à Saint-Cloud, en 1670, après avoir pris son infusion habituelle de chicorée rafraîchissante.
- La chicorée sauvage jouit toujours dans la médecine populaire d’une grande réputation comme dépuratif et stomachique en infusion à des doses variant selon le cas de 10 à 60 gr. par litre. Elle entre : a) dans le suc d’herbes avec la fume-terre, le cresson et la laitue, par parties égales; b) dans le sirop ae chicorée composé, si employé dans la médecine infantile, etc.
- L'industrie transforme les racines torréfiées puis broyées en un produit nommé « Café de Chicorée » qu’on mélange au véritable café pour en augmenter la coloration, et aussi pour le frauder, ce qui, par suite, lui fait occuper une grande place dans notre alimentation.
- A. Truelle.
- LA PHOTOSENSIBILISATION
- La lumière frappant notre organisme, alors que certains incidents ou accidents l’y ont préparé, se manifeste alors par divers érythèmes, manifestations cutanées, voire brûlures, c’est ce que l’on appelle la photosensibilisation.
- Ces faits pour n’être pas nouveaux se sont tellement multipliés en ces dernières années, qu’on les a très étudiés, mis à l’ordre du jour de diverses sociétés scientifiques et médicales, telle, par exemple, la Société de Pathologie comparée qui, à sa séance annuelle du 8 décembre 1926, a entendu plusieurs rapports sur la photosensibilisation chez les végétaux, les animaux, l’homme, et qui y est revenue le 14 décembre 1927, à propos de fraudes alimentaires
- Il est bon de dire que le Dr Romain Yigouroux, électro-logiste de la Salpêtrière, dès 1902, avait remarqué que l’injection d’une solution de sulfate de quinine dans un sein cancéreux rendait celui-ci plus sensible à l’action de cette lumière pénétrante que sont les rayons X, et que ceux-ci par suite retardaient l’évolution de la maladie, prolongeaient une existence améliorée.
- Mais c’est en 1903 et 1904, l’américain William James Morton, l’inventeur des courants qui portent son nom, qui, sous le nom d’histofluorescence des tissus, montra l’action de certaines substances en ingestions, injections ou badigeonnages cutanés, par influences lumineuses, radiations diverses, ultra-violets ou rayons X. Tappenheimer et d’autres
- auteurs en Europe, ensuite, montrèrent les éruptions produites sous l’action de la lumière par ces mêmes substances, notamment l’éosine, l’acridine, la gonacrine, dont l’étude est revenue à l’actualité.
- On peut aussi les utiliser pour la cure ; l’éosine, sur des cancroïdes, m’a donné avec les ultra-violets d’excellents résultats dès 1905.
- Les phénomènes cutanés ne sont pas les seuls, mais comme ils sont les plus apparents, ce sont ceux qu’on connaît, qu’on voit le mieux. Les actions profondes se traduisent du reste par des réactions attribuables à tant de causes. Cependant, pour les rayons X notamment, j’ai, dès 1904, avec les faibles doses d’alors, constaté de la courbature, de la fièvre. Plus tard, sir H. Rolleston a signalé des cas de mort. Les Allemands en ont publié également ; c’est ce que j’ai appelé « choc radiant » et que je décrivis à l’Académie des Sciences (14 mai 1923 et 14 mars 1927).
- Ce « choc radiant » a été bien mis en évidence par les vétérinaires surtout. C’est ainsi qu’un ruminant peut manger impunément à l’ombre des sommités fleuries de millepertuis [Hypericum pertusianum), mais qu’il se couvre d’éruption cutanée en passant au soleil : la manifestation est immédiate avec la lumière. On a cité des humains se couvrant de même d’urticaires variés, avec le passage à l’action lumineuse, sans qu’on en puisse encore déduire exactement la cause.
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- Depuis la Grande Guerre, la nourriture a été très modifiée, souvent falsifiée ; nos organismes très altérés, devenus sensibles, photosensibles, ont présenté des réactions plus rapides, plus manifestes. C’est qu’en effet, il apparaît à peu près certain que diverses substances connues ne sont pas seules à provoquer le « choc radiant », que celui-ci se peut encore produire, après des émotions diverses (c’est ce que Paul Bourget appelle psychoclasie), des interventions chirurgicales, des ingestions alimentaires normales même. Les individus sont très différents les uns des autres, et le hasard seul, le plus souvent, les montre sensibles à tel ou tel phénomène. Les vieilles idiosyncrasies- d’autrefois, et Y anaphylaxie du professeur Ch. Richet, se décèlent ainsi : une radio-anaphylaxie se crée, agissant surtout, montre M. Louis Bazy, sur les tissus infectés.
- Les poissons, les crustacés, les fraises', certains médica. ments (antipyrine, iodure de potassium), déterminent des éruptions cutanées auxquelles la lumière ne paraît pas avoir de part. Cependant, des éruptions existantes, les fièvres éruptives, rougeole, scarlatine, variole, n’ont pas autant d’intensité dans l’obscurité, et mieux, cèdent rapidement à la lumière rouge.
- La lumière, la photolyse, de Daniel Berthelot, peut produire, a-t-il démontré, sans ferments, en vases clos, de véritables digestions (A. Boutaric), donc, sans nul doute, influencer les nôtres.
- Les intoxications alimentaires sensibilisent les individus. Le sel de cuisine, si pris en abondance, rend les tissus plus perméables aux rayons X, comme chez d’autres, il provoque des œdèmes; ceux-ci fréquents, comme les troubles digestifs, chez les enfants, n’expliqueraient-ils pas certains accidents, voire mortels, par les rayons ultra-violets accidents très rares du reste.
- On a signalé aussi ces dernières années, plus d’érythèmes et de radiodermites, sous l’action des rayons X, même pour de simples doses, faibles, lors d'examens ou de traitements radiologiques. Les patients que l’on a pu suivre, avaient été victimes d’intoxications alimentaires, donc, par elles, sensibilisés, photosensibilisés.
- Ces faits nouveaux ne sont pas évidemment pour simplifier l’exercice de la médecine, déjà si difficile, malgré ou à cause de tant d’examens imaginés en ces dernières années et décrits par le Dr Maurice de Fleury, en Le Médecin, monographie de notre profession.
- Plus, le D1 J. Iiéricourt, en le 'Terrain dans les Maladies, nous montre notamment l’encéphalite léthargique, maladie nouvelle, survenue depuis 25 ans. D’autre part, le Dr Veillard,
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- d’Orléans, Jean Séval, d’Astafîort, nous montrent, reparaissant, une affection disparue, la pellagre, « maladie du Soleil » comme on l’appelait jadis dans maints pays ensoleillés, consommant des farines de maïs, de sarrasin, et où elle était fréquente. Le Dr Th. Roussel, plus tard sénateur, auteur de la loi de protection de l’enfance, en fit l’objet de sa thèse, car la pellagre était alors très fréquente, en la Lozère, son pays.
- Le D1 Veillard trouve des parentés entre cette affection et l’encéphalite léthargique. Le Dr Jean Séval l’a constatée chez des malades d’un même boulanger, consommateurs d’une même farine, toujours en des pays où la lumière est abondante.
- Certains aliments peuvent donc être poisons dans les pays très lumineux, et inoffensifs dans les régions à soleil modéré.
- L’encéphalite léthargique qu’a bien étudiée le professeur Cruchet, de Bordeaux (Presse Médicale, 1er février 1928), dont il a vu à l’armée, et depuis la paix, des quantités de cas, ne serait pas contagieuse : il n’en aurait vu nul cas. C'est également l’opinion de quantité de praticiens autorisés. Il ne peut donc s’agir d un virus. Encore, en eût-on vu plusieurs cas dans une même famille, nourrie de même façon, que cela ne prouverait nullement la contagion, mais l’identité d’alimentation et de milieu. Il faut être très difficile pour admettre la contagion ou l’hérédité : des causes semblables, sans elles, pouvant en produire toutes les apparences. Le chapitre des intoxications alimentaires et des photosensibilisations ainsi produites est à créer en quelque sorte, car nous savons encore bien peu de chose sur ces corrélations plutôt soupçonnées que scientifiquement établies.
- Mais que de faits troublants déjà ouvrent la brèche sur ce terrain inconnu. On punit de travaux forcés les individus falsifiant les billets de banque, et souvent, sinon toujours, les fraudeurs alimentaires restent impunis !
- Le chapitre de la photosensibilisation, en dehors des intoxications que l’on pourrait qualifier de normales et connues, nous montre d’autres dangers dus aussi à des troubles digestifs, émotionnels ou pathologiques, pouvant mener même à la mort par certains agents thérapeutiques, produire « le choc radiant » si insidieux, si perfide ! choc radiant parfois utile aussi comme l’est le choc protéinique d’ordre alimentaire. La discrimination est à faire entre l’utilité et la nocivité, et avec la variabilité, le tempérament de chacun de nous, combien difficultueuse.
- Dr Foyeau de Courmelles.
- LA POPULATION DU MAROC
- Un recensement effectué le 7 mars 1926 dans la zone française a donné les résultats suivants :
- Population totale : 4229146, soit un peu plus de 10 habitants par kilomètre carré (415 000 km2).
- Les villes les plus peuplées sont :
- Marrakech . . . 149 263 dont 3 652 européens.
- Casablanca . . . 106 606 — 34 984 —
- Fès ..... . 81 172 — 3559 —
- Rabat........... 38 044 — 13 916
- Meknès.......... 29 930 — 4 923 —
- Safi............ 26 914 — » —
- Salé............ 20 965 - » —
- Oudjda......... 19 976 — 8 780 —
- Mazagan .... 19 159 — 1 633 —
- Mogador.... 18 401 — » —
- Kénitra......... 9 931 — 3 900 —
- Taza..........., . 9 606 dont 2 284 européens.
- Aze.mmour . 9127 — » —
- Sefrou......... 8 478 — »'. —
- Settat......... 7 834 — » —
- Parmi les indigènes on compte environ 4 086 882 Musulmans et 107 552 Israélites dont 19 000 à Casablanca, 12 718 à
- Marrakech.
- Parmi les Européens on compte :
- Français. . . . 34 407 Portugais. . . . 861
- Espagnols. . . 15141 Suisses............552
- Italiens. . . . 10 300 Maltais1.......... 478 *
- Anglais .... 907 Grecs..............370
- Ces nombres principaux relatifs à la population du Maroc ont été publiés récemment par V Économiste français (12 novembre 1927).
- * L- R.
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- L'AUTOMOBILE PRATIQUE
- Le recensement des automobiles.
- On sait qu’un recensement annuel des automobiles de toutes catégories a lieu chaque année du 1er au 16 janvier, d’après un arrêté assez récent du 14 octobre 1926.
- D après cet arrêté, tous les propriétaires d’automobiles en état de marche (en cas contraire, il est nécessaire de présenter un certificat d’inaptitude) doivent remettre à la mairie tous les ans une déclaration de possession avec tous les détails nécessaires sur leurs voitures. Cette déclaration doit être rédigée sur une feuille imprimée mise spécialement à la disposition des propriétaires d’automobiles dans toutes les mairies.
- Cette déclaration suffit, en général, et il n’est plus nécessaire de présenter les voilures de tourisme devant une commission militaire, mais le défaut de déclaration rend toujours les propriétaires passibles de sanctions pécuniaires assez graves.
- L’entretien des automobiles en hiver.
- Nous avons indiqué dans une de ces chroniques les précautions à prendre en hiver pour assurer la marche normale du moteur d une automobile et spécialement une consommation d essence régulière; mais il convient, en outre, pour le bon entretien d’une voiture, d’observer une série de prescriptions absolument indispensables si l’on veut éviter des irrégularités de fonctionnement, et même des accidents fâcheux.
- Tout d’abord, pour le service de ville, l’huile employée pendant l’hiver doit, en général, être’plus fluide que pendant 1 été, et cette huile doit être changée plus souvent parce qu’une plus grande quantité d’essence provenant d’un mélange très riche et non brûlée dans les cylindres se mélange à cette huile et lui enlève plus rapidement son pouvoir lubrifiant.
- La mise en route du moteur au moment du départ étant toujours plus difficile, il convient de ne pas employer le
- Fig. 1. — Autoprojecteur Restor.
- démarreur électrique seul à cet effet, ce qui endommagerait très vite la batterie d’accumulateurs, mais d’utiliser la manivelle, ou à la fois le démarreur et la manivelle.
- Le conducteur demandera, par exemple, à un aide de tourner la manivelle pendant qu'il appuiera sur la pédale ou le bouton du démarreur électrique (Ne pas mettre trop d avance à l’allumage si celle-ci est réglable pour éviter des « retours de manivelle » dangereux).
- Nous avons déjà indiqué, d’ailleurs, qu’il convenait en hiver de recouvrir le radiateur d’un cache-radiateur réglable et même d’enlever la courroie du ventilaleur (lorsqu’elle existe) pour éviter un refroidissement exagéré de l’eau de circulation, refroidissement nuisible au bon rendement du moteur et qui rendrait même les démarrages difficiles et la carburation irrégulière.
- L’emploi d’un thermomètre dé radiateur peut rendre de grands services dans ce cas, parce qu’il permet de régler au mieux le déplacement du volet mobile du cache-radiateur.
- On sait également que le mélange à l’eau du radiateur de glycérine ou d’alcool dénaturé s’impose lorsque l’automobile doit séjourner dans un garage non chauffé, et qu’on ne veut pas s’astreindre à prendre la précaution de vider le radiateur tous les soirs.
- Beaucoup de ces inconvénients de l’hiver pour les automobilistes : mise en route difficile, grande viscosité de l’huile au départ, danger de gel de l’eau du radialeur, etc..., sont supprimés si l’on dispose d’un garage chauffé ou si l’on peut placer constamment sous le capot de l’aulomobile un appareil de réchauffement électrique ou à essence muni d’un dispositif de sûreté, d’un des modèles qui ont été décrits dant ces chroniques.
- Projecteur à usages multiples, orientable en tous sens.
- La sécurité de la marche des automobiles la nuit ne peut être assurée que par des appareils d’éclairage puissants et bien étudiés; mais l’emploi des deux phares réglementaires n’est pas suffisant, en général, d’une part parce que ceux-ci n’éclairent que la partie de la route située en avant du véhicule (inconvénient pour les virages, pour lire les poteaux indicateurs, etc.), d’autre part, parce qu’il est nécessaire d’éteindre les lampes de phare, ou du moins d’atténuer leur éclat, au croisement d’un autre véhicule pour éviter les fâcheux effets de « l’éblouissement ».
- Un petit projecteur auxiliaire peut donc rendre de très grands services, à condition que son éclairage soit efficace et que sa manœuvre d’orientation soit immédiate, même si l’appareil est adapté à une conduite intérieure.
- Un accessoire de ce genre peut, d’ailleurs, être construit en même temps pour d’autres usages et servir de balladeuse, de miroir rétroviseur, etc., comme nous l’avions déjà indiqué dans une précédente chronique.
- Un constructeur français a établi récemment un nouvel appareil de ce genre très bien étudié et particulièrement pratique au point de vue de la rapidité de la manœuvre d’orientaiion (lig. 1).
- Le projecteur, comportant deux cercles gradués d’orientation, est muni, en outre, d’un miroir rétroviseur F de 75 mm de diamètre, et un écrou à boules G permet de séparer rapidement le projecteui du dispositif de commande pour l’utiliser comme balladeuse. Le corps du projecteur contient, à cet effet, quatre mètres de fil électrique double qui s’enroule automatiquement après usage.
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- Le projecteur est, d’autre part, relié normalement au réseau de distribution d’éclairage électrique de l’automobile par un conducteur protégé par une gaine souple avec coude E permettant de suivre l’orientation du système.
- L’appareil est fixé simplement à un montant avant de la carrosserie par une plaquette évidée D qui, par un ajustage approprié, permet d’épouser toutes les formes de ce montant.
- Mais la caractéristique principale du dispo-alif réside dans son système d’orientation rapide tout à fait original.
- Les mouvements horizontaux et verticaux sont, en effet, commandés par un seul bouton C. En poussant la poignée dans le sens de la flèche A, le mécanisme est enclenché par le mouvement vertical, et l’on tourne le bouton molleté soit à gauche, soit à droite, en continuant de tirer pour obtenir l’orientation désirée.
- En poussant la poignée dans le sens delà flèche B, le mécanisme est enclenché pour le mouvement horizontal, et l’on tourne le bouton soit à gauche, soit à droite, en continuant de pousser pour obtenir l’orientation désirée.
- Dispositif de secours contre les « pannes d’essence ».
- Il n’existe certes pas de « panne » plus ridicule pour un automobiliste que la « panne d’essence ». L’arrêt irrémédiable, quelquefois loin de tout village, simplement par suite d’une fuite d’essence ou d’une négligence du conducteur, et alors qu’aucune partie de la voilure n’est endommagée, est vraiment absurde.
- On peut évidemment éviter tout danger de u panne » de ce genre en prenant la précaution d’emporter toujours dans la voiture un « bidon » d’essence de secours. Mais le transport de ce bidon encombrant est ennuyeux et peut même être dangereux.
- Un dispositif fort simple, qui se monte très rapidement sur l’exhausteur, lorsque le réservoir d’essence est à l’arrière, ou sur le réservoir lui-même lorsqu’il est à l’avant de l’automobile, prévient presque toujours cette fâcheuse panne d’essence tout en évitant l’ennui d’employer un bidon de secours.
- On remarquera, d’ailleurs, que certains constructeurs ont adopté récemment un dispositif analogue sur leurs châssis de série.
- La canalisation d’essence du carburateur n’est pas reliée dans ce dispositif à la sortie normale de l’exhausteur ou du réservoir, mais à la sortie d’un appareil tubulaire dont la coupe est indiquée sur la figure 2.
- Cet appareil ne permet la vidange du réservoir ou de l’exhausteur que jusqu’à un niveau déterminé. Lorsque pour une raison quelconque on a donc atteint ce niveau, le moteur s’arrête ; mais il n’y a pas pour cela panne d’essence, puisqu’en dessous de ce niveau il demeure encore quelques litres d’essence de réserve dans l’exhausteur ou le réservoir.
- Pour employer cette essence de réserve, qui permettra à l’automobiliste d’arriver jusqu’au plus prochain « distributeur » d’essence, il suffit de tourner un bôuton molleté placé sur le tablier de la voiture ou directement sur le réservoir.
- Ce mouvement fait tourner le tube intérieur du système, et met l’une en face de l’autre, deux ouvertures circulaires des tubes concentriques qui laissent passage à l’essence de secours!
- Burette à huile perfectionnée.
- Il est, en général, beaucoup plus pratique de se servir d’une burette à huile que d’une seringue pour le graissage, parce
- Niveau normaly de l'essence
- Essence de
- Jhssage de la
- réserve de secours
- Fig. 2. — Dispositif de secours contre les « vannes d’essence 5).
- qu’une burette ne risque pas de tacher les habits comme une seringue, et peut servir à effectuer de nombreux graissages sans nouveau remplissage, grâce à son réservoir d’huile assez grand.
- Mais, pour certains graissages d’organes peu accessibles, de rotules de direction, par exemple, il est indispensable d’utiliser une seringue qui permet de lancer un jet d’huile même à distance, et cet accessoire peut donc paraître encore nécessaire malgré ses inconvénients.
- Un nouvel accessoire d’automobile fort pratique, qui vient d’être construit, possède à la fois les avantages d’une burette et ceux d’une seringue.
- Grâce à son piston spécial avfec canalisations à clapets à bille, l’huile est aspirée dans une sorte de seringue intérieure au réservoir de la burette, et ensuite projetée comme avec une seringue ordinaire (fig. 3).
- Dispositifs de signalisation mécanique.
- Nous avons déjà décrit, dans cette chronique, d’assez nombreux systèmes électriques de signalisation, mais certains
- Fig. 3. — Burette de graissage perfectionnée.
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- Fig. 4. — Dispositifs de
- automobilistes préfèrent cependant faire monter sur leurs voitures des appareils exclusivement mécaniques; nous allons décrire à leur inlenlion un système de ce genre assez récent.
- Ce dispositif comporte, comme le montre la ligure 4, deux flèches d’assez grande dimensions en matière coloriée, souples et transparentes, mobiles autour d’un axe placé à droite et à gauche du pare-brise, et une plaque métallique émaillée éclairée la nuit par la lanterne arrière.
- Au repos, les flèches sont protégées par des gaines et elles sont déplacées simplement au moyen de deux manettes fixées sur le volant [b, fig. 4).
- La nuit, ces flèches transparentes, donc visibles de l’avant comme de l’arrière, sont éclairées par un petit projecteur situé à leur base; elles restent visibles pendant tout le virage et disparaissent automatiquement dès que l’on redresse la direction.
- Le mot « Stop » apparaît automatiquement, d’autre part, sur la plaque rectangulaire émaillée arrière dès que l’on appuie sur la pédale de freins.
- Volants flexibles en tous sens..
- Nous avons déjà décrit dans nos chroniques des modèles de volants de direction flexibles, mais les bras des ces volants n’étaient généralement flexibles que dans le sens vertical, pour absorber les vibrations transmises par le tube de direction.
- Les inégalités de la route entraînent souvent des oscillations latérales des roues, et il en résulte plus ou moins, suivant le modèle et l’état des organes de direction, des vibrations angulaires du tube de direction et de véritables oscillations pendulaires du volant dans son plan. L’emploi de lames-ressorts pour le volant de direction n’est évidemment pas un remède suffisant pour supprimer cet inconvénient.
- signalisation mécanique.
- Les nouveaux modèles de volants flexibles, représentés sur la figure 5, sont encore plus perfeclionnés. Dans le modèle a, les bras sont constitués par des tiges d’acier à ressort dites « cordes à piano » très flexibles et très résistantes.
- Ces cordes à piano coulissent librement dans des glissières d’acier à l’intérieur de la couronne du volant, ce qui permet une déformation dans le plan horizontal.
- Les bras du deuxième modèle sont constitués par des lames minces en acier qui coulissent à l’intérieur de glissières métalliques faisant corps avec une couronne en tube d’acier creux.
- Le volant est relié à la couronne de direction par l’intermédiaire d’un moyeu à huit ressorts amortisseurs qui absorbent toutes les vibrations angulaires.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Auicp) cjeiitur Rtsior, 19. rue Ybry, Neuilly.
- Burette de graissage perfectionnée. Maison Gauthier, 140, rue Oberlcampf, Paris (11e).
- Signaux mécaniques Lub, 1, avenue de Yillors Paris (7°).
- Volants flexibles. Jean Luxer, 94, rue de la Tour, Paris (16e).
- Fig. 5. — Volants flexibles.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR ENLEVER LES TACHES DE TEINTURE D'IODE, DE FRUIT OU DE SANG
- Un de nos lecteurs, le Dr E. L., chirurgien, nous adresse l’intéressante communication qui suit :
- « Je me permets de vous envoyer une simplification de ce que je lis dans votre n° 2773 du 15 novembre 1927. à la page 479 : Taches de teinture d'iode.
- Que ces taches passent toujours à l’eau chaude, n’est pas parfaitement exact, en ce sens que, si la teinture d’iode a été quelque peu évaporée et ainsi transformée en fausse solution colloïdale, l’iode à l’état métallique brûle assez rapidement les tissus. Il en est fréquemment ainsi quand on tarde à intervenir, l’alcool s’en va et pour peu que l’iode n’ait pas été entièrement transformé par l’amidon, un mouchoir de poche par exemple, la brûlure du tissu n’est pas rare.
- Enfin on n’a pas toujours de l’hyposulfite de soude, tandis que dans presque toutes les familles on possède maintenant, comme désinfectant, du lysoforme, soit une solution de savon avec de la
- formaline. Il n’y a qu’à frotter la tache d’iode avec un peu de lysoforme pur, laisser agir quelques minutes et rincer à l’eau froide. Si la tache est étendue, simplement laisser tremper le tissu quelques minutes dans une solution fraîche et un peu forte, 5 pour 100 de lysoforme dans l’eau froide.
- D’ailleurs on fait disparaître une foule de taches avec ce procédé, taches de fruits, de sang, mais bien entendu si le linge n’a pas été passé à l’eau chaude, ce qui fixe le sang de façon presque indélébile. C’est aussi un moyen très pratique pour admirablement blanchir les dentelles et les fines broderies de Saint-Gall, sans frotter ni fatiguer le tissu.
- C’est facilement compréhensible, le savon lave et la formaline, un oxydant, blanchit.
- P. S. — Pour l’iode il y a une décomposition plus compliquée, l’iode se transforme en un produit voisin de l’iodoforme. Pour nous, chirurgiens, c’est très utile pour blanchir, après usage d’iode, les cuvettes et récipients émaillés, qui sont péniblement tachés. Un peu de solution de lysoforme dans la cuvette et, après quelques minutes, il n’v paraît plus.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Moteur Fairchild-Caminez à came.
- Le remplacement de la liaison classique bielle-manivelle des moteurs à explosion, par une liaison came-galet, a tenté de nombreux constructeurs. Les principaux avantages de cette solution sont les suivants :
- Possibilité de réduire les dimensions du moteur, donc son poids ; diminution des masses animées de mouvement alternatif, donc équilibrage plus parfait; possibilité de modifier les courses des pistons, donc d’améliorer le rendement; vitesse réduite de l’arbre, pour une même vitesse des pistons, donc meilleur rendement du propulseur sans recourir au réducteur; possibilité dé commande des soupapes par l’arbre principal, en raison de sa vitesse réduite, donc suppression de l’arbre à cames.
- Malheureusement, les difficultés de réalisation sont grandes, et peu d’essais ont donné toute satisfaction.
- L’un des moteurs à liaison par came, actuellement réalisés, les plus intéressants pour l’aéronaulique, est le moteur Fairchild-Caminez 447 B de 142 ch.
- Ce moteur est à quatre cylindres en étoile à refroidissement par l’air. Chaque piston porte un galet de roulement en acier au chrome, tournant sur une double rangée de rouleaux. Les quatre galets portent sur une came à deux levées symétriques, fixée par rainures sur l’arbre moteur.
- Le rappel des pistons est assuré par deux losanges déformables formés chacun de quatre biellettes, fixées par l’intermédiaire de chapes à chacun des pistons (ces biellettes, travaillant à la traction et n’ayant que des efforts faibles à transmettre, sont très légères).
- Un tour de l’arbre correspondant aux quatre temps du cycle, les cames de distribution sont placées sur l’arbre lui-même.
- Les autres organes du moteur sont classiques : cylindres en aluminium avec chemises en acier, chambre d’explosion hémisphérique, à soupapes inclinées, carter en aluminium.
- Ce moteur a les caractéristiques suivantes : alésage 146 mm.
- course 112 mm.
- compression 5
- puissance 135 ch à 1050 t/min.
- 142 ch à 1120 t/min. poids (sans moyeu) 154 kg.
- Un essai de 50 heures suivi d’un essai de 27 heures sans arrêt a permis de vérifier la bonne tenue du système de liaison, et la sécurité de l’ensemble.
- Amphibie Sikorsky S 36.
- Un appareil de physionomie assez curieuse a été construit récemment par la Sikorsky Manufacturing Company : cet
- Fig. 2. — Amphibie Sikorsky S. 36.
- appareil, un amphibie de 400 ch possède unegyjj§pilure sesqui-plane à mâts obliques formant pout^gj^gi^^rren ; le plan inférieur, de faible envergure, est fixé à la partie supéeriure de la coque et porte deux flotteurs latéraux.
- Le plan supérieur porte les deux fuseaux moteurs, munis de moteurs Wright-Whirlwind de 200 ch. Partant du bord de fuite du plan supérieur, et supportée vers l’arrière par deux mâts en V, une poutre légère relie la voilure à l’empennage.
- La coque est ainsi très réduite, en forme de canot à un redan et fond amorti (12°), elle porte le train à roues rele-vables.
- La structure des ailes est très légère, avec assemblages rivés ou boulonnés et recouvrement toile, la poutre de réunion est de structure métallique (analogue à un fuselage) ; la coque est en bois recouvert de tôle de duralumin, les mâts de voilure en tubes d’acier profilé.
- Trois types d’aménagement sont prévus pour l’appareil : pilote et passagers dans une cabine ouverte, pilote et passagers dans une cabine fermée (7 passagers), deux places côte à côte à l’avant, soute à bagages (5 mètres cubes) à l’arrière.
- Chacun de ces types peut être modifié pour les grandes traversées (voilure plus grande, réservoir spéciaux).
- L’appareil est spécialement étudié pour voler avec un seul moteur ; l’effort de traction dissymétrique est alors compensé par l’effet de l’empennage vertical (empennage double à profil dissymétrique).
- Les caractéristiques de l’appareil sont les suivantes : poids à vide 1800 kg.
- charge utile 907 kg.
- surface 54,35 m*.
- puissance 400 ch.
- vitesse maxima 193 km/h,
- vitesse de route 160 km/h.
- vitesse, un moteur arrêté 136 km/h.
- plafond 4500 m.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Janvier 1928
- ÉLECTROCAPILLARITÉ
- Propriétés électrocapillaires du mercure au contact de l’air. (M. G. Colange.) — Les expériences de Lippmann ont porté seulement sur du mercure au contact des électrolytes, sans indiquer comment le métal se conduit dans le cas d’un jsolant. gazeux.
- En employant un électromètre, avec une pointe d’un dia mètre supérieur à 0,1 mm. et en reliant le mercure du tube à l’un des pôles d’une machine électrostatique, dont l’autre pôle est libre, on constate — le métal de la cuve étant supprimé — que, pour une différence de potentiel de quelques milliers de volts, le mercure descend s’il est relié au pôle +, et remonte s’il est relié au pôle —.
- Le fait ne saurait s’expliquer par des phénomènes d'influence ou d’électrisation du verre, au contact du métal, par frottement, car M. Colange indiqup que l’on obtient les mêmes résultats en alternant les pôles régulièrement ou en gardant, plusieurs fois de suite, le même pôle. Il y a là un phénomène électrocapillaire où la constante du mercure augmente lorsqu’il est électrisé négativement et diminue dans le cas contraire.
- De plus, en augmentant progressivement le potentiel négatif du métal dans le tube, on note que le ménisque monte d’abord, pour atteindre un point maximum, et redescendre en dépassant même sa position de départ. Dans le cas d’une décharge lente de l’appareil, ce ménisque remonte, passe à la position maximum et revient au point initial.
- Pour les expériences de M. Colange, le maximum de constante capillaire correspondait à un potentiel négatif de 15 000 à 20000 volt-j.
- CHIMIE PHYSIOLOGIQUE
- La nature des graisses d’insectes. (M. Jean Timon-David.) — Groupés en quantité considérable dans des galles de fortes dimensions, les Pemphigus utricularius Pass, insectes aphidiens parasites du Térébimhe (Pistacia Terebinthus L), peuvent se recueillir en nombre suffisant pour être soumis à un premier lavage à l’éther qui élimine les débris de substance cireuse et laisse, après distillation, une graisse jaune pâle, formant des cristaux fusibles à 35,J, avec, un rendement de 20 pour 100.
- Déterminé par la méthode de Kottstorfer, l’indice de saponification atteint le chiffre élevé de 255, alors que l’indice d’iode ne dépasse pas 1,5, ce sont là deux indications pour conclure à l’existence de glycérides d’acides saturés et à chaînes courtes. De plus, l’indice de Polenske est nettement supérieur à celui de Reichert-Meissl, comme dans le cas du beurre de coprah.
- La distillation fractionnée des éthers éthyliques, sous pression réduite, a permis de conclure à la présence de l’acide laurique, et M. Jean Timon-David estime que le beurre des Pucerons du Térébinthe est constitué par des glycérides de nombreux termes de la série acétique : acides volatils solubles (groupe de l’acide butyrique) ou insolubles (groupe de l’acide caprylique), acide laurique, enfin acides supérieurs, du moins jusqu’à l’acide en C1G (acide palmitique).
- GÉOLOGIE
- Un gisement de végétaux triasiques près de
- Saint-Jean de Maurienne. (M. M. Gignoux.) — Loin de la zone houillère du Briançonnais, à l’ouest du bord de la zone de l’Embrunais, la carte géologique au l/80000e indique un pointement de terrain carbonifère, dans le Trias qui constitue les pentes nord du Mont Charvin. A 1100 m., on voit poindre des schistes noirs et luisants, associés à des argi-lites, des grès micacés et des quartzites verts, dont l’ensemble a été attribué au strate houiller sur les indications de MM. P. Lory et Y. Paquier.
- Or, les empreintes végétales, relevées par M. Gignoux et soumises à 1 examen de MM. P. Bertrand et P. Pruvost, ont indiqué nettement des traces d’Equisetites arenaceus Jaeger, propre, on le sait, à l’époque du Trias. C’est là un nouvel exemple de faciès à végétaux de la zone alpine externe qui simulent 1 âge houiller, comme on peut le voir dans le vallon de Rosseline, au col du Jorat, au belvédère des Aiguilles Rouges, aux Praz de Chamonix, enfin à La Valette, au nord-est de La Mure d’Isère.
- De telles assises charbonneuses n’appartiennent pas, d après M. Gignoux, au Trias inférieur, mais à la Lettenkohle ou au Keuper. Leur origine est certainement continentale et le caractère, très sporadique et local, de leur développement rie permet pas d’utiliser ces formations gréseuses, à qui veut écrire 1 histoire du mouvement des mers triasiques autour des massifs cristallins.
- BIOLOGIE.
- La faune lacustre du Grand Lautien. (MM. Léger et Motas). Au nord de la plaine de Garéoult, en Provence, ce lac apparait, à une altitude de 310 m., comme un immense puits couvrant] plus d’un hectare d’ouverture,, aux parois rocheuses et aux eaux de couleur vert sombre.
- Situé dans le Muschelkalk, le Grand Lautien, serait dû, pour Delebecque, à l’effondrement d’une voûte gypseuse dans une cavité sous-jacente du Trias et Kilian explique ses fortes variations de niveau par les relations avec les eaux venues du calcaire triasique fissuré, situé au nord à une altitude plus élevée. En août, septembre et octobre derniers, MM. Léger et Motas ont pu aborder la zone sublittorale, par un éboulisde la paroi, et reconnaître d’abord, en basses eaux, deux zones végétales sous-lacustres d’une remarquable homogénéité : une ceinture de Eontinalis antipyretica L. de 2 à 3 m. de hauteur puis, au-dessous et formant un épais tapis, une zone de Charas.
- Mais, ils ont constaté que le Grand Lauiien se caractérise par une faune hydrocarienne, comprenant un mélange de types trouvés seulement dans le Nord et de types tropicaux nouveaux pour la faune française ; enfin deux formes sont inattendues : Axonopsalbia lantiani etLimnolegeria longiseta. Si bien qu’il n’est pas possible encore aux auteurs de cette note de prendre parti entre deux hypothèses : conservation par le Grand Lautien, à la faveur des eaux souterraines des formes nordiques, reliques des temps froids et des formes tropicales contemporaines des périodes chaudes , ou existence d’une faune lacustre profonde, inconnue jusqu’ici et que seul l’abaissement excessif des eaux a permis de mettre à jour.
- Paul B.
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- NOTES ET INFORMATIONS -.
- NÉCROLOGIE L.-F. Henneguy.
- L’école histologique française a perdu en quelques mois trois de ses maîtres : Prenant, puis Laguesse, et tout dernièrement Henneguy.
- Henneguy, né en 1,850, avait fait ses études médicales à Montpellier, puis était entré au Collège de France où il fil toute sa carrière. Il y était professeur d’embryogénie comparée depuis 1900. Membre de l’Académie d’Agriculture, puis de l’Académie de Médecine et enfin de l’Académie des Sciences, il venait d’ètre élu vice-président de cette dernière Compagnie. Pendant 5 ans, il présida la Société de Biologie.
- Son œuvre, très étendue, comprend de nombreux travaux originaux, notamment sur le développement des poissons osseux, diverses questions de structure cellulaire et d’histologie et plusieurs ouvrages devenus classiques, tels que le
- L.-t'. Henneguy. (Photographie II. Manuel.)
- Traité des méthodes techniques de Vanatomie microscopique (3 éditions en collaboration avec Bolles Lee), Les Insectes, (1904), les Leçons sur la cellule (1896), Iæ ine cellulaire (1923). Il dirigeait les Archives d’anatomie microscopique.
- Son enseignement, remarquablement documenté, son esprit clair, son caractère si français et si droit ont fortement agi sur les biologistes de la génération présente; il a appris à beaucoup d’eux les meilleures techniques d’étude, les qualités d’esprit et de langage scientifiques, la vanité et la fragilité des théories trop souvent retentissantes parce que simplistes; il les a guidés à travers les transformations récentes de la biologie, allant de la morphologie pure vers les conceptions nouvelles, physiologiques et physico-chimiques. Pour toutes ces raisons, son influence intellectuelle fut considérable.
- MINES
- Découverte d’un important gisement de houille à Madagascar.
- Le Ministre des Colonies annonce qu’un important gisement houiller a été reconnu récemment à Madagascar dans la province de Tubar. Des indices de l’existence de la houille dans cetie région avaient été constatés depuis plusieurs années déjà, par des explorateurs désintéressés, le capitaine Cobanap d'abord, puis M. Perrier de la Bathie. Guidé par ces indices, un tenace prospecteur, M. Jamet, finit par en trouver d autres plus probants vers les sources de la rivière Sakoar, sur le parallèle de Tubar et à 150 km. environ à l’est de cette ville.
- Des études entreprises par un syndicat groupant plusieurs sociétés et banques de la Métropole, il résulte qu’il s’agit là d’un gisement fort important de bonne houille demi-grasse, à faible teneur en cendres, cokéfiable, d’un pouvoir calorifique de 7500 calories environ et spécialement utilisable pour la combustion sur grille.
- Ce gisement est dans le permien. Il ^affleure au voisinage du massif cristallophyllien. Jusqu’à présent 6 couches d’épaisseur moyenne ont été reconnues; elles plongent vers l’ouest, de 15° environ. Les recherches faites en direction sur des dizaines de kilomètres ont démontré une continuité remarquable.
- Déjà il n’est plus téméraire de parler de tonnage probable de l’ordre du milliard de tonnes en supposant l’extraction limitée à la profondeur de 500 mètres.
- Souhaitons que cette région soit promptement dotée des moyens de communication nécessaires pour tirer parti de cette précieuse richesse.
- CHIMIE VÉGÉTALE
- Les graines d’Euphorbia amygdaloides.
- M. Gillot a étudié les graines del’Euphorhia amygdaloides L. ou E. Sylvatica Jacq. qui est très répandue en France. Une étude détaillée résume ses recherches dans le Bulletin des sciences pliai macologiques. Cette Euphorbe constitue une plante robuste à plusieurs tiges un peu ligneuses à la base. Les graines ovoïdes, de 2 à 3 mm. de longueur, ont sous une enveloppe dure, cassante, une amande oléagineuse d’où l’on peut extraire pratiquement environ 25 % d’huile.
- La composition des graines est la suivante :
- Eau. . ........................... 9,33 o/o
- Matières grasses. . . .... 28.88
- azotées................21,02
- — glucidiques............... 7,92
- — minérales. . . . 3,44
- Cellulose.........................29,41
- L’huile, très fluide, jaune pâle, a une saveur un peu acre. Elle présente les propriétés suivantes :
- Densité 0,9359 à. . . . 15°
- Indice de réfraction à . 22° 1,4810, à 15° 1,4836
- Indice de Crismer. . . 64°
- Congélation à...........30’
- Acides gras libres (en acide oléique)............ 1,07 H/0
- — solubles (en ac. butyrique) . . . 0,28 °l0
- — insolubles -f insaponifiables ( llehner). 95.85 °/0
- Matières insaponifiables......................... 0.88 l)'i0
- Indice d’iode (Wijs).............................192.1
- — d’acétyle (André) .......................... . 5,8
- L’indice d’iode des acides gras est ....... 201,0
- L’indice d’iode élevé classe cette huile parmi les siccatives.
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- PETITES INVENTIONS
- OBJETS MÉNAGERS.
- Appareil à pocher les œufs
- IL est assez difficile de réussir les œufs pochés ou les œufs frits. Un petit appareil permet de faire ces préparations
- facilement.
- C’est une sorte de poche, avec un couvercle percé de trous. L’œuf est cassé et placé dans l’appareil que l’on referme ensuite. On plonge l’appareil fermé dans l’eau bouillante et on l’y maintient quelques minutes. Une tige avec crochet permet d’ailleurs de le soutenir par le bord de la casserole.
- Lorsqu’on juge que l’opération est faite, on retire l’appareil, on ouvre et on déverse sur un plat l’œuf poché qui est toujours parfaitement réussi.
- Le Poch’œuf, 32, rue Singer (16e).
- Couvercle autoclave.
- Les récipients autoclaves qui accélèrent la cuisson des aliments sont actuellement à la mode. Ces marmites spéciales ont un couvercle étanche et un dispositif de sécurité pour limiter la pression à l’intérieur de l’appareil et, du fait même, la température de la cuisson.
- Il est possible, dans certains cas, d’utiliser des récipients déjà existants, si l’on a à sa disposition un système de fermeture autoclave. C’est ce qu’a imaginé un inventeur qui a réalisé une armature constituée par une assise avec un étrier articulé, au centre duquel se trouve une vis de pression, laquelle agit sur un couvercle venant coiffer la cocotte en fonte ou la marmite en aluminium qu’on transforme ainsi immédiatement en marmite autoclave.
- Bien entendu, ceci ne peut se faire qu’à la condition d’avoir un appareil de sécurité très bien conditionné, qui est prévu sur le couvercle amovible et quidoit être soigneusement entretenu.
- On connaît les résultats que l’on obtient avec tle système de cuisson autoclave qui réduit considérablement le temps de la cuisson et assure une économie importante de combustible-
- Couvercle « l’Éclair », 77, boulevard Sébastopol. Paris.
- Fig. 2. — Couvercle « U Éclair ».
- Petit narghilé.
- Cet appareil est un narghilé minuscule qui permet de fumer la pipe, le cigare, la cigarette sans risquer de répandre des cendres sur les tapis, les nappes, les effets et sans être incommodé par la fumée.
- Il est constitué par un foyer en racine de bruyère véritable. Si l’on veut fumer la pipe on la bourre de tabac comme àl’ordinaire, mais on peut aussiajustersurlefoyer un appareil qui, d’un côté, permet de fumer la cigarette et, de l’autre, le cigare.
- Le narghilé est complété par un cendrier amovible qui retient les cendres de la cigarette et du cigare. Ce petit dispositif très simple, d’inveffiion et de fabrication Fig. 3. — Petit Narghilé.
- française, fait l’objet de plusieurs brevets.
- S’il s’agit uniquement d’avoir un appareil pour fumer la cigarette, le foyer en racine de bruyère est supprimé et il est remplacé par un fume-cigarette sur lequel on ajuste un tuyau flexible de la longueur que l’on veut. La fumée, dans ces conditions, est débarrassée de nicotine. Ajoutons que ces appareils peuvent se faire suivant des teintes qui s’harmonisent avec la pièce où ils doivent être en service.
- Tabenau. 3, rue Saint-Sauveur. Paris (1er).
- Vaporisateur pour chauffage central.
- Un inconvénient du chauffage central est la dessiccation de l’air des appartements. Il est donc utile de disposer sur les radiateurs des récipients contenant de l’eau, afin d’humidifier plus ou moins efficacement l’air de la pièce.
- La mise en place d’un récipient sur un radiateur n’est pas toujours commode et la vaporisation de l’eau n’est, en général, pas très efficace. Un système de récipient, d’un fonctionnement parfait, a été imaginé sur le principe des alcarazas.
- Le récipient en terre poreuse est simplement rempli d’eau qui s’évapore par la surface extérieure; au besoin, on peut additionner le liquide d’une lotion aromatique et désinfectante. Suivant la chaleur de la pièce la vaporisation se fait plus ou moins rapidement, automatiquement de la quantité nécessaire demandée par la chaleur dégagée par le radiateur. On évite ainsi la formation de poussière,le travail du bois des meubles et on favorise le développement des plantes d’appartement.
- Il y a naturellement différents modèles de récipients.
- La forme cylindrique s’applique aux poêles à combustion lente, aux appareils à bois ou à charbon ; une forme prismatique décorée se pose sur les radiateurs dont la
- Fermé
- Ouvert
- Fig. 1. — Le Poch’œuf.
- Fig. 4. — Vaporisateur pour chauffage central.
- Radiateur-
- Vaporisateur-
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- partie supérieure est plane ; mais la plus originale est celle qui permet au vaporisateur de s’incruster entre deux montants d’un radiateur. On ne risque plus alors de renverser le récipient, lequel se trouve dans une position très favorable d’ailleurs à une évaporation efficace.
- A. Seigle, il, rue des Parchamps (16e).
- Sorbetière.
- Les glaces constituent le meilleur et le plus sain des entremets complétant heureusement un bon diner. En tous temps, en toutes saisons, à un banquet, à une fête, les glaces trouvent toujours des gourmets pour s’en délecter.
- Le prix de la vie en rend l’usage dispendieux et beaucoup de gens sont obligés de l’écarter de leurs menus pour cette raison. Il est donc intéressant d’avoir chez soi une sorbetière qui permette de préparer des glaces excellentes et de récupérer ainsi le prix de revient de l’appareil, lequel, en outre, procure la satisfaction de préparer soi-même des entremets délicieux, rapidement, avec des ingrédients choisis.
- Une nouvelle sorbetière, exposée au Salon Ménager, est entièrement métallique, donc facile à entretenir. Le cylindre extérieur émaillé rouge reçoit le mélange congélateur. Dans
- Crème à glacer
- Fis;. 5. — Sorbetière « Freezer ».
- l’intérieur de ce cylindre s’en logent deux autres qui se pénètrent. Le cylindre intérieur reçoit la crème que l’on a préparée pour être glacée. Celui qui enveloppe ce cylindre intérieur est percé de trous et il évite que le mélange réfrigérant ne touche directement le récipient intérieur, tout en maintenant le mélange en place. Ces cylindres s’emboîtent les uns dans les autres très facilement; ils ferment hermétiquement la sorbetière et s’enlèvent rapidement lorsque la glace est préparée. Le nettoyage et le séchage sont des plus faciles.
- Pour remplir la sorbetière, on la place debout sens dessus dessous : on verse la glace pilée jusque vers le milieu de la partie annulaire, tous les cylindres étant en position. Cette opération se fait en enlevant le grand couvercle, on ajoute ensuite une tasse de sel marin, puis de la glace pilée et on referme le couvercle formant fond. On retourne alors la sorbetière de manière à verser la crème dans la poche intérieure que l’on ferme ensuite avec son couvercle, au moyen de la manivelle qui donne la pression de fermeture nécessaire.
- L’appareil est déposé horizontalement sur une sorte de trépied et lorsqu’on juge que l’opération est terminée, on le redresse, on enlève le couvercle et on démoule.
- Derwent Foundrt G°, 118, rue de la Tombe-Issoire, Paris (14°)
- Bouchon Automatique.
- Les bouchons à extension d’un anneau de caoutchouc agissent généralement au moyen d’une vis que l’on manoeuvre par une rondelle, pour provoquer la dilatation de la garniture lorsque le bouchon est placé dans le goulot.
- Un nouveau système de bouchon automatique extensible est d’un fonctionnement plus rapide. La rondelle supérieure porte des cames qui, pendant la „ n , _
- , . 1 1 ris;, o. — Bouchon « Geova ».
- rotation, peuvent remonter ou descendre des
- rampes prévues sur l’armature supérieure du bouchon.
- Il suffit donc d’une rotation rapide de la pièce supérieure pour provoquer la dilatation de la garniture en caoutchouc et la fermeture instantanée et étanche d’une bouteille ou d’un flacon. Le mouvement inverse est contrarié par un ressort de renvoi réglable; en faisant effort, la rondelle supérieure fait remonter les cames sur les rampes et supprimé l’extension de la garniture caoutchouc. La vis de réglage permet d’obtenir toute la gamme des diamètres d’entrée des bouteilles d’usage courant.
- Ce système s’applique naturellement à toutes sortes de récipients, même à des encriers de bureau. On peut y adjoindre un bouchon stilligouttes pour lotions et dentifrices. Il est d’ailleurs très facile de nettoyer le bouchon en le lavant.
- Bouchon Geova. 1, rue Tarbé (17e).
- Écailleur de Poisson.
- Cet appareil est constitué par un racloir à deux branches dentelées, qui raclent les écailles, lorsqu’on tient l’appareil à peu près perpendiculairement au poisson. Il faut que les deux branches du racloir double portent sur les écailles, le poisson étant placé à plat sur une table. L’opération de l’écaillage se fait alors rapidement et l’on ne risque pas d’écorcher ou d’arracher la chair.
- Une fois cette opération terminée, pour ouvrir le poisson et le vider, il suffit de
- tourner l’appareil . ,
- • „„„ Fis-. 7. — Ecailleur de poisson.
- qui porte sur le dos ° r
- un couteau pointu que l’on utilise comme un couteau ordinaire.
- Sa forme est appropriée pour le travail qu’on lui demande.
- Ainsi on n’a qu’un seul appareil au lieu de deux et on ne risque pas de se servir du couteau qui a travaillé le poisson pour d’autres opérations, où l’od eur serait particulièrement désagréable.
- Établissements P.
- Watteau, 52, rue Fes-sart, Paris (19e).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Le Vent porte-t-il le son ?
- Le D*- S. Tara de Penestin (Morbihan) nous écrit, à propos d’une réponse publiée à ce sujet dans la Boite aux Lettres :
- Contrairement à votre affirmation « Pourquoi le vent porte le son » j’ai remarqué et remarque journellement que sur les routes les conducteurs de voitures hippomobiles entendent beaucoup mieux les avertisseurs des autos (trompe-clak«on) et de ce fait se garent mieux quand la voiture roule CONTRE le vent. Je précise
- — voitures à chevaux marchant contre le vent et auto venant derrière et marchant elle aussi contre le vent.
- Je fais en moyenne 70 kilomètres par jour et ma remarque est journalière. De plus l’audition est meilleure par vent fort que par vent faible.
- Enfin il m’arrive fréquemment avec vent dans le dos d’arriver jusqu’à l’obstacle sans que celui-ci entende, ma vitesse ordinaire en auto est de 40 kilomètres heure.
- Nous serions reconnaissants à ceux de nos lecteurs qui pourraient confirmer et préciser ccs observations.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Chauffage au gaz « Le Vap r>. Constructeur : Etablissements Mennesson, 20, Rive droite du Canal, Troyes, et 46, rue Saint-Antoine, Paris.
- Nouveau changement de vitesse progressif. Constructeur : Société anonyme P. L. Y., 1, rue Laffitte, Paris. IXe.
- Choix d’un poste récepteur.
- Pour recevoir sur cadre à grande distance et en haut-parleur les émissions européennes, le modèle d’appareil le plus sensible et le plus sélectif à l’heure actuelle est le type à changement de fréquence.
- Les appareils les plus simples et les moins coûteux de cette catégorie comportent un changeur de fréquence à lampe bigrille, (leux étages d’amplification intermédiaire, une lampe détectrice et deux basses fréquences, soit en tout cinq ou six lampes.
- Comme dispositif d’alimentation vous pouvez employez simplement une petite batterie de chauffage chargée continuellement 0 par un redresseur électrolytique au silicium, et pour la tension plaque, soit également une batterie d’accumulateurs de 80 volts, soit une boîte d’alimentation avec valve biplaque thermoïonique ou à valve sans filament à gaz rare.
- Pour les détails d’installation, de cadre, les écouteurs et haut-parleur, entretien et réglage du poste, vous pouvez consulter la T. S. F. des Usagers et la Pratique radioélectrique (Masson, éditeur).
- M. Grillet a Saint-Lunaire, Ille-et-Vilaine
- Choix d’un poste à galène.
- Avec un poste à galène, même bien installé dans les condidions les plus favorables et muni d’une antenne bien dégagée et de grande longueur, on ne peut espérer recevoir que les émissions européennes à grande puissance telles que celles de Radio-Paris, la Tour Eiffel, Daventry, Leesen, la nouvelle super-station allemande.
- Les meilleurs résultats seront généralement obtenus avec une antenne unifilaire bien dégagée, bien isolée, tendue à la plus grande hauteur possible, d’au moins 50 m. de long.
- On a intérêt évidemment à employer des récepteurs sensibles; les casques Brown sont à recommander bien que d’un prix assez élevé.
- Vous pouvez trouver des pièces pour constituer votre poste dans n’importe quelle maison de vente d’accessoires de T» S. F. et nous vous signalons simplement trois adresses :
- Radio-Amateurs. 46, rue Saint-André-des-Arts, Paris.
- Le Pigeon Voyageur. 211, Bd Saint-Germain, Paris.
- Matériel Dyna. 43, rue Richer, Paris IXe.
- M. Patin, a Gournat.
- Modifications à un poste récepteur.
- 1° Votre antenne unifilaire étant plus haute et mieux dégagée
- que l’antenne en nappe vous permet d’avoir de meilleurs résultats, mais sa longueur d’onde propre est sans doute assez grande, elle ne vous permet pas de recevoir très bien des émissions sur ondes courtes, si votre appareil d’accord n’est pas étudié en conséquence.
- Si vous modifiez votre poste et augmentez sa sensibilité, il n’y a aucun inconvénient à utiliser une antenne en prisme de quatre fils d’une quinzaine de métrés de long, de préférence en T, c’est-à-dire avec descente d’antenne médiane de façon à diminuer la longueur d’onde propre
- 2" La charge continue de votre batterie de chauffage à l’aide d’une soupape électrolytique au silicium par exemple est un moyen très pratique et économique qui vous donnera sans doute de très bons résultats.
- Nous ne savons pas quel mode d’alimentation plaque vous avez employé jusqu’à présent; l’usage des piles est simple et pratique, mais assez coûteux si le poste de réception comporte de multiples étages, et surtout des lampes de puissance sur les étages à basse fréquence.
- Vous pouvez utiliser une batterie d’accumulateurs de faible capacité du type ordinaire à lames de plomb ou de préférence au fer-nickel à liquide alcalin, chargée continuellement par un redresseur électrolytique comportant plusieurs soupapes au tantale ou au silicium eu série, soit une boite d’alimentation avec valve de redressement thermoionique biplaque ou sans filament à gaz rare, suivie d’un filtre à condensateurs de grande capacité et inductances à noyau de fer.
- 3° Nous ne vous coriseillons pas d’ajouter un deuxième étage à haute fréquence à résonance, cette adjonction compliquerait les réglages de votre appareil et nécessiterait une nouvelle mise au point complète du système.
- Nous vous conseillons donc plutôt de construire un poste changeur de fréquence bigrille, comportant une lampe changeuse de fréquence, un ou deux étages moyenne fréquence, une detectrice, et deux étages basse fréquence, soit en tout cinq ou six lampes.
- Ce poste permet la réception sur cadre ou sur antenne en ajoutant simplement un dispositif d’accord, de préférence du type Bourne.
- Nous vous faisons remarquer, d’ailleurs, que vous pourrez sans doute employer pour cette construction une partie des pièces que vous possédez et que, d’autre part, l’adjonction d’un étage haute fréquence que vous vouliez réaliser aurait un effet nullement comparable à la suppression d’un étage basse fréquence. L’amplification haute fréquence augmente en effet la sensibilité de réception, c’est-à-dire permet de recevoir les émissions lointaines ou provenant de postes peu puissants, mais elle n’augmente pas, le plus souvent, dans des proportions sensibles l’intensité d’audition des émissions fortes.
- Les étages basse fréquence, au contraire, n’augmentent nullement la sensibilité du poste récepteur; ils permettent seulement de recevoir en haut-parleur des émissions déjà entendues nettement à l’écouteur à la sortie de la lampe détectrice.
- M. Frémont, a Troissy (Marne).
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- L’alimentation d’un poste récepteur sur le courant continu.
- On alimente généralement un poste sur le courant continu à l’aide de résistances formées de lampes à incandescence ou de résistances en fil métallique permettant d’obtenir le courant de tension nécessaire pour la charge continue d’une petite batterie d’accumulateur-tampon de faible capacité servant au chauffage des filaments.
- Quant au courant de plaque, on peut l’obtenir en abaissant la tension du courant du secteur à l’aide de résistances de la même nature que précédemment, et en filtra rit le courant ainsi obtenu dans un circuit filtre formé généralement de deux condensateurs de 4 à 5 microfarads et dune inductance à fer de 50 henrys.
- Vous trouverez les renseignements et schémas de ces appareils d’alimentation dans la Pratique Radioélectrique (Masson, édit.) ou dans Les solutions modernes d’alimentation par le secteur, par P. Hémardinquer (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- M. Babon, a Bellegarde (Ain).
- Comment désodoriser les peaux de chèvres.
- La farine de moutarde f/alche possède des propriétés désodorisantes utilisées depuis longtemps dans la pratique pharmaceutique, que l’on peut également appliquer aux peaux de chèvres pour faire disparaître l’odeur désagréable qu’elles présentent.
- Pour cela, on délaye la farine de moutarde, récemment broyée, dans de l’eau tiède, de manière à obtenir une bouillie semi-fluide. Barbouiller de ce mélange aussi bien le côté poil que le côté chair de la peau, rouler celle-ci sur elle-même, ainsi enduite; envelopper de papier et laisser en contact 24 heures.
- Exposer ensuite au grand air, puis une fois la peau bien séchée, secouer, battre avec une baguette pour débarrasser des débris de farine, brosser et lustrer.
- M. Constant, a Clermont-Ferrand.
- Peut-on graver sur cuivre des inscriptions en se servant d’un composteur?
- La gravure ainsi obtenue ne peut jamais être profonde, car en admettant que l’on ait imprégné d'acide nitrique un cachet de caoutchouc portant l’inscription à reproduire, il est de toute évidence que la quantité d’acide ainsi transportée sur la plaque de cuivre sera excessivement faible, l’acide aura épuisé son action avant qu’une gravure profonde soit réalisée.
- Quant à réencrer le caoutchouc pour le remettre exactement à la même place, il n’y faut pas compter, le repérage serait trop difficile pour ne pas dire impossible.
- En conclusion, si vous voulez graver sur cuivre, employez le procédé classique qui consiste à enduire la surface d’un vernis approprié. Enlever ensuite au stylet les parties convenables du vernis de façon à mettre le cuivre à nu et imbiber la surface ainsi préparée avec de l’acide nitrique, cela à plusieurs reprises jusqu’à ce que le creux ait la profondeur voulue. Rincer la plaque à l’eau pure, sécher, puis enlever le vernis à l’essence de térébenthine. Ecole normale de Draguignan.
- Protection des bacs en bois immergés.
- Lorsque l’on n’a en vue que de retenir une certaine quantité de terre, par exemple pour maintenir en place des plantes aquatiques, on peut se contenter de peindre les caisses avec une peinture au caoutchouc obtenue en ajoutant à une peinture ordinaire 50 grammes par kg. d’une mixture obtenue en faisant digérer ensemble pendant plusieurs jours en flacon bien bouché :
- Caoutchouc Para, gomme pure. 30 grammes Tétrachlorure de carbone . . . 650 cent, cubes
- Benzine....................... 350 —
- Dans le cas où les sacs seraient destinés à la pisciculture, comme les peintures pourraient contenir des sels de plomb, nuisibles aux poissons, on devra se contenter de laquer le bois, au moyen d’un vernis à la gomme laque que l’on prépare sans difficulté en mettant dans un flacon et agitant fréquemment :
- Gomme laque blonde........... 120 grammes
- Alcool à 05® q. s............ 1000 cent, cubes
- ............ zz===::::-== 287 =
- N. B. Bien que les impuretés de l’alcool dénaturé puissent s’éliminer assez rapidement par évaporation, il est préférable de se servir d’alcool bon goût afin qu’aucun principe ne vienne gêner le développement des alevins.
- M. P. Vack a Lemberg
- Comment enlever les taches d’huile sur un dallage ou un parquet.
- Le pouvoir absorbant du plâtre sec est considérable et on peut utiliser cette propriété pour faire disparaître avec facilité les taches grasses qui par suite d’accident, veilleuse renversée, bouteille brisée par exemple, souillent le sol d’une cuisine, d’un appartement, voire d’une cour où a séjourné une automobile.
- Pour faire disparaître les taches, il suffit de les recouvrir d’une légère couche de plâtre fraîchement cuit, dans l’état où il est livré aux maçons. On laisse en contact une journée, on enlève le plâtre qui par capillarité a absorbé une certaine quantité de matière grasse et on le remplace par du plâtre neuf. L’opération est répétée jusqu’à disparition de la tache, ce qui a lieu plus ou moins rapidement suivant la porosité du bois ou du carrelage. Nous savons cependant par expérience personnelle que ce but est assez rapidement atteint et avec un résultat parfait.
- X abonné a Paris.
- Est-il difficile de percer le verre ?
- Le perçage du verre ne présente pas autant de difficulté qu’on pourrait le supposer, il suffit en effet d’un peu de patience et de ne jamais mettre en porte à faux les plaques sur lesquelles on va travailler. Pour cela on les pose soit sur une feuille de liège, soit sur un feutre ou une couverture de dimensions appropriées.
- Si le trou doit être grand, on prend un tube de laiton de même diamètre que l’on monte sur un mandrin fixé à une perceuse pouvant lui communiquer un mouvement assez rapide de rotation. A l’intérieur du tube on introduit une bouillie de sable ou d’émeri en poudre et d’eau et on fait tourner le tube jusqu’à ce qu’il ait traversé la plaque.
- Dans le cas de trous plus petits on se sert de forets en acier que les praticiens imbibent d’une mixture composée de :
- Essence de térébenthine.........25 cent, cubes
- Bioxalate de potasse............15 grammes
- Ail broyé..................... une gousse
- La pénétration des forets étant beaucoup plus rapide que celle des tubes de laiton, afin de ne pas briser la plaque vers la fin du perçage du trou, on s’arrête quand on est arrivé à moitié et on attaque de l’autre côté. Avec un peu d’habitude on acquiert facilement le tour de main nécessaire et pour peu que l’on se soit exercé à manier le diamant des vitriers, on se trouve bientôt à même de remettre un disque à Une machine de Ramsden ou de refaire pour un beurrier un couvercle malencontreusement brisé.
- M. E. Lods a Malakoff Seine.
- «?/
- Vernissage du laiton des appareils de physique.
- Ce vernis dont la couleur jaune est caractéristique se prépare
- en prenant :
- Gomme laque................... 125 grammes
- Sandaraque.................... 125 —
- Sang-dragon.................... 15 —
- Gomme gutte..................... 3 —
- Térébenthine de Venise. ... 65 —
- Essence de térébenthine .... 1000 —
- Afin de faciliter la dissolution on ajoute dans le flacon quelques morceaux de verre bien propre qui par leur entre-choquemeut divisent les résines.
- On agite fréquemment pendant plusieurs jours en maintenant dans un endroit chaud.
- Finalement on filtre au coton après'avoir bien laissé se sédi-menter les impuretés.
- N. B. Parfois la gomme laque est remplacée par le copal pyrogéné et un tiers de l’essence de térébenthine par même quantité d’essence commune de lavande (huile d’aspic).
- M. Dutordoir a Paris.
- N. B. Nous avons maintes fois traité la question des vrillettes et de leur destruction dans la Boîte aux Lettres (La Nature n° 2771, page 384, n° 2755, page 191, etc.) veuillez bien vous y reporter.
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- ACTUALITÉS ILLUSTRÉES
- Les installations nouvelles de l’aérodrome de Croydon près de Londres.
- 1. La tour de contrôle, d’où l’on donne aux aviateurs] le signal de permission de descente et l’indication de l’endroit où ils doivent descendre.
- 2, Un phare mobile. A sa droite : un phare spécial qui s’allume au moment où un avion se prépare à
- atterrir et qui éclaire le terrain.
- CONTINENTAL ARRIVAI ART
- 4. Uriphare à tubes à vapeur de mercure qui, la nuit, donne l’indication du Nord.
- 5. L’aérodrome possède un service de police montée.
- 3. Les « cartes de jeux » des aviateurs.
- Signaux placés sur le sol à 20 km. de Croydon. Les couvercles ouverts signifient : temps passable, quelques couvercles ouverts signifient : temps variable, tous les couvercles fermés : tempête.
- A*
- 6. L’arrivée d’un avion. Déchargement des marchandises.
- ç5.58r. — Paris,'lmp. Lahure. — i5-3-28.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain. PARIS, VI- (R. C, Seine : i5.234j
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tari! intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n08), 70 fr. ; — 6 mois (12 n**), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n**), 85 fr. ; — 6 mois (12 n'"), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n* 1
- Un ait. ...... .
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- Tarif n° 2
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- ^jÛ^S^érieuTjrU^ valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela,
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- N" 2782.
- LA NATURE
- Jer Avril 1928*
- LES RICHESSES MINIÈRES DU CANADA
- Au cours de ma double traversée de l’immense Puissance du Canada, j’ai pu visiter plusieurs de ses plus importants centres miniers. Certes, mon étude git été
- j’ajouterai à cette excuse que de multiples sujets y sollicitaient mon attention, et que je ne pouvais décemment les sacrifier tous au profit d’une enquête sur les mines
- Fig. 1. — Paysage^des Laurentides près d’Huberdeau.
- Paysage caractéristique du « Bouclier » Canadien au cœur de la chaîne des Laurentides. (Photo. Canadian National Railway.)
- plus complète sur ce domaine si j’avais eu le temps de parcourir les provinces maritimes (notre ancienne Acadie), qui doivent une bonne part de leur prospérité à leurs beaux gisements de houille et de minerai de fer.
- Mais il faut savoir se limiter lorsque l’on pénètre dans un pays presque aussi étendu que l’Europe! Et
- canadiennes ! Quelques chiffres, qui peuvent me servir de préambule, montreront l’importance croissante de l’industrie minière canadienne. Les statistiques n’étaient que partielles avant 1886.
- Voici la valeur de la production annuelle depuis cette date pour les années suivantes :
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- Dollars.
- pores à des alluvions provenant du rabotage opéré par des glaciers continentaux. On a des raisons de croire qu’ils furent entraînés par le glacier oriental, le labra-doréen. Le gisement d’origine se trouverait donc « quelque part » dans l’immense péninsule du Labrador, qui, d’ailleurs, est pratiquement inexplorée.
- Ces ressources minérales s’échelonnent très curieusement à travers le continent. En allant de l’est vers l’ouest, nous rencontrons d’abord les importants gisements de houille de la Nouvelle Ecosse, puis (dans le sud-est de
- 1886 .............." -10.221.255
- 1890................. - 16.763.353
- 1900............. . . . 64.420.877
- 1910............... 106.823.623
- 1925................. 226.583.333
- La variété des ressources minérales du Canada est remarquable : elles comprennent presque tous les métaux et métalloïdes employés par l’industrie. Les seules
- Fig. 2. — Vue de Montréal.
- On distingue à l’extrême horizon deux des huit anciens volcans émergés de la grande plaine. (Photo. Canadian National Railway.)
- exceptions importantes sont l’étain et l’aluminium, ainsi que les pierres précieuses. Encore convient-il de noter, sur ce dernier point, que le Canada doit recéler des gisements diamantifères. M. Théo. C. Denis, ingénieur français, directeur du Bureau des Mines de la Province de Québec, avec qui j’eus l’occasion de converser, me communiqua, à ce propos, une observation très intéressante.
- Des diamants ont été trouvés dans le Wisconsin (Etats-Unis), au sud du Lac Supérieur. Ils y sont incor-
- la Province de Québec) les énormes dépôts d’amiante qui fournissent au monde presque la totalité de l’amiante qu’il consomme. Plus loin, vers l’ouest, ce sont les bancs de sel.gemme et les champs pétrolifères de la région du Saint-Laurent, en Ontario. Puis, c’est le fameux « bouclier canadien »', dont je parlerai plus loin, où s’étagent du sud au nord, et sur un espace relativement réduit, de richissimes gisements de nickel et de cuivre (Sudbury), d’argent (Cobalt) et d’or (Porcupine, Kirkland Lake, Rouyn). Ensuite, c’est la Prairie du Far-West, dont
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- l’épaisse couche de terre végétale recouvre d’immenses couches de charbon. Enfin, nous rencontrons la région des Montagnes Rocheuses, avec ses multiples gisements de pétrole, de houille, d’or, d’argent, de cuivre, de plomb, de zinc, etc. J’aurai complété ce tableau d’ensemble quand j’aurai rappelé que les régions arctiques canadiennes, dont la prospection n’est même pas ébauchée* ont déjà révélé l’existence d’énormes dépôts de cuivre natif et de houille.
- QUELQUES CHIFFRES SUR LA PRODUCTION
- Parmi les statistiques que j’ai recueillies à Ottawa, capitale fédérale du Dominion, en rendant visite aux fonctionnaires du Département des Mines, je choisirai celles qui détaillent la production pour 1925, mais en ne retenant que les chiffres importants. Pour ne pas abuser des nombres, je n’indiquerai que la valeur en dollars :
- Fig. 3.— Partie ondulée des vastes plaines du Far- West Canadien.
- Dollars.
- Arsenic................................ 130.302
- Bismuth................................. 17.566
- Cobalt............................... 2.328.517
- Cuivre.............................. 15.649.882
- Fer (minerai exporté)................... 11.934
- Or. ... ....................... 35.880.826
- Argent. . ....................... 13.971.150
- Molybdénite............................. 11.176
- Nickel............................ 15.946.672
- Platine.............................. 1.028.192
- Plomb...................• . . . 23.127.460
- Palladium, rhodium,
- iridium, etc. . . . 648.969
- Zinc............... 8.328.446
- ment l’ouvrage édité en 1927 par MM. Wyatt Malcolm et A. H. A. Robinson et ceux de notre compatriote M. l’ingénieur Théo. G. Denis), il me sera facile d’ajouter à mes observations personnelles (très superficielles, il faut l’avouer) et de mettre en relief les grandes lignes de la description géologique de cet immense territoire.
- Sa principale caractéristique est le Plateau Lauren-tien, appelé aussi Bouclier Canadien (Canadian Shield), ou encore Bouclier Précambrien, qui recouvre plus des neuf dixièmes de la vaste province de Québec, les trois quarts de l’Ontario, le nord du Manitoba et de la Saskatchewan, et qui s’étend jusqu’au rivage de l’Océan Glacial, ,en englobant plusieurs des grandes îles de l’Ar-
- Fig. 4. — Fonderie de cuivre en Colombie Britannique. Photo. Canadian Goyernment Motion Picture Bureau.
- Parmi les corps non métalliques, je mentionnerai pour cette même année 1925 :
- Amiante ........... 8.988.360
- Charbon.............. 49.261.951
- Graphite................ 158.763
- Gypse................. 2.389.891
- Gaz naturel........... 6.833.005
- Pétrole............... 1.250.705
- Sel................... 1.410.697
- Talc.................... 205.835
- Enfin, je puis signaler que la production de ciment a été de plus de 14 millions de dollars; celle de la chaux a dépassé 3 millions. Les carrières de pierre à construction ont produit 7 millions et demi. La terre à brique et la terre à potier ont rapporté plus de 8 millions.
- GÉOLOGIE ET PH Y SIOGR APHIE
- En compulsant les plus récents travaux. des géologues canadiens (notam-
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- chipel Arctique. Ce plateau offre les plus anciennes roches connues, presque toutes d’origine ignée; il est caractérisé en surface par une succession quasi ininterrompue de collines rocheuses d’une hauteur de moins de 70 m . ; ce n’est que dans le Labrador qu’il présente de véritables montagnes, hautes de moins de 2000 mètres.
- Cette immense étendue est parsemée de lacs de toutes dimensions, reliés généralement entre eux par des cours d’eau barrés de rapides et de cascades. Par la portière de notre wagon, nous pûmes compter plus de 50 lacs en l’espace d’une heure, pendant la traversée de l’Ontario. D’après des photographies aériennes prises [dans l’ouest de cette province, on peut y compter sept cents lacs sur une aire de 250 milles carrés!
- Ces roches précambriennes sont hautement minéralisées. La prospection méthodique de l’immense plateau est à peine amorcée; elle n’a pu l’être que dans le voisinage immédiat des voies ferrées, dont l’importance est insignifiante, par comparaison avec les immensités qu’elles traversent. Cependant, c’est sur ce plateau que
- Fig. 5. — La gare de Sudbury (Ontario), la métropole du nickel.
- Cette gare a disparu, il y a quelques semaines, dans une crevasse à la suite d’un tremblement de terre. (Photo Cana-dian National Railway.)
- l’on a déjà découvert les richissimes gisements aurifères de Porcupine et de Kirkland (Ontario), et ceux de Rouyn (Québec), les mines d’argent de Cobalt et les dépôts de nickel et de cuivre de Sudbury (Ontario), les minerais de fer du Lac Supérieur, et de nombreux et importants gisements de graphite, de plomb, de zinc, de molybdé-nite, de mica, etc.
- Au sud de ce bouclier, nous rencontrons la région sédi-mentaire des plaines basses du Saint-Laurent qui, traversant le fleuve du même nom, s’étendent jusque dans l’intérieur de l’Etat de New.York; le Niagara en fait partie. On y trouve des épaisseurs de grès cambrien de 2000 mètres. Dans les environs de Montréal, on y voit surgir de la plaine huit montagnes rondes ou ovales, hautes de 200 à 400 mètres, qui sont d’anciennes « chëminées » de volcans; le Mont Royal, qui domine cette ville, est l’une d’elles.
- i C’est dans cette région que l’on exploite des puits de pétrole, des gisements de sel et de gypse, ainsi que des carrières de pierre à chaux, de pierre à ciment, cle terre àbrique, etc.
- Au sud-est de ce même bouclier, entre le Saint-Laurent et l’Atlantique, nous trouvons une troisième région dite Appalachienne : elle est principalement constituée par l’Acadie ; diverses chaînes de montagnes d’une hauteur modérée (dont le point culminant est de 1200 m.) la traversent, avec des formations géologiques qui s’échelonnent du Précambrien au Mésozoïque.
- La richesse de cette région comprend les beaux gisements de houille de Sydney et de Minto, et les fameuses mines d’amiante du sud-est de Québec, les plus productives du monde. Je mentionnerai encore les veines de quartz aurifère de la Nouvelle-Ecosse, les dépôts de zinc et de plomb de la péninsule de Gaspé et de l’île du Cap-Breton.
- A l’ouest du Bouclier s’étend la quatrième région : celle des Plaines intérieures, plus connue sous le nom de Prairie. C’est une succession de plaines herbeuses qu’ondulent çà et là les débris de collines rabotées par les anciens glaciers, qui ont couvert d’une épaisse couche de sédiments tertiaires les formations crétacées composant presque partout le sous-sol.
- C’est de ces plaines que le Canada tire depuis une vingtaine d’années les prodigieuses récoltes de blé dont il nourrit une partie du monde. De son côté, le sous-sol livre d’énormes quantités de charbon bitumineux et de lignite. Depuis deux ou trois ans, on a découvert dans l’ouest de cette même région d’importantes nappes de pétrole (principalement dans la Turner Valley et dans le district de Wainwright). Et (toujours depuis deux ans) des villes importantes (comme Edmonton) se chauffent exclusivement au gaz naturel que produisent ces mêmes districts.
- La cinquième région est dite des Cordillères. Elle comprend l’énorme système montagneux qui, commençant à l’est par les Rocheuses, se continue vers l’ouest par d’autres chaînes parallèles jusqu’au rivage du Paci-cifique. Les pics de 3000 et 4000 mètres y sont nombreux. On y rencontre une grande variété de formations géologiques, et des volcans d’âge récent.
- Comme le Bouclier, cette région est hautement minéralisée. On y trouve, et parfois presque côte à côte, de très importants gisements d’or (quartz ou placers), d’argent, de cuivre, de plomb, de zinc, de houille, de lignite. Les fameux placers [du Klondyke, maintenant épuisés, furent découverts dans le nord de cette région. Du train du Canadian National Railway qui nous fit traverser deux fois les Rocheuses, j’eus plusieurs fois l’occasion d’apercevoir en pleine solitude des pancartes indiquant le voisinage de mines d’or ou de mercure.
- DANS LE ROYAUME DU NICKEL
- Je parlerai d’abord de ce centre minier parce que ce fut le premier que j’eus l’occasion de visiter. Parti la veille de Montréal, notre train nous débarquait le matin, vers 10 heures, à la gare de Sudbury. Je regrette de dire que la photographie qui montre celte gare n’est déjà plus qu’un souvenir du passé : en octobre dernier, soit trois mois après notre passage, les bâtiments disparaissaient dans une large crevasse produite par un séisme.
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- L’histoire de ce district est très curieuse. En 1856, un arpenteur, constatant que sa boussole s’affolait, tandis qu’il mesurait un terrain en un endroit où se trouve actuellement la mine Creighton, ramassa quelques fragments de roche qui furent ensuite identifiés comme des pyrites magnétiques, avec traces de nickel et de cuivre. La région était alors inhabitée et sans routes; de plus, les applications industrielles du nickel étaient encore fort rares. La découverte tomba dans l’oubli.
- En 1883, alors que le Canadian Pacific poursuivait la construction de sa ligne transcontinentale, les ouvriers mirent à jour, dans ce même district de Sudbur3r, des bancs de chalcopyrite, et les prospecteurs ne tardèrent pas à affluer. Comme le terrain offrait en surface des quantités de filaments d’or natif, on l’exploita d’abord comme gisement aurifère. Puis, pendant 4 années, les ingénieurs n’y virent plus qu’un vaste gisement cuprifère. Ce ne fut que vers la fin de 1887 que la nature des bancs fut identifiée. 1200 tonnes de minerai, que l’on croyait ne contenir que du cuivre, avaient été expédiées de Copper Cliff à une lointaine fonderie américaine, située dans le New-Jersey.-Et ce fut là qu’on découvrit que la roche contenait 7 parties de nickel pour 4 de cuivre.
- Durant les 20 années qui suivirent, de nombreuses compagnies plus ou moins puissantes se formèrent pour exploiter les gisements et construire des hauts fourneaux.
- La plupart ont été absorbées par deux entreprises, l’International Nickel Company et la Mond Nickel Com: pany, qui, à elles deux, fournissent les 90 pour 100 de la consommation pondiale de nickel. En 1918, leur production fut de 46 000 tonnes. Elles l’ont ramenée depuis à 37 000 tonnes, chiffre auquel s’ajoutent 20 000 t. de cuivre.
- En outre, on récupère aux fonderies (dont une, celle de Conniston, est à 12 km de Sudbury) des quantités considérables d’or, d’argent, de platine, de palladium, de rhodium, de ruthénium, d’iridium et d’osmium, provenant des mêmes minerais.
- Le gisement se présente sous une forme très curieuse; c’est une bande dont la largeur varie de 3 à 5 km. et qui décrit une ellipse, les deux axes mesurant respectivement 58 et 26 km. L’intérieur de cette vaste ellipse est couvert de fermes, et j’y ai visité plusieurs villages prospères, tel Chelmsford qui occupe exactement le centre du bassin et est habité presque exclusivement par des Canadiens français venus du Québec. La région (que je parcourus sous un soleil torride) est agréable et pittoresque avec ses champs verdoyants et ses forêts, entremêlés de jolis lacs. Mais, sur tout le pourtour du bassin, le sol est éventré de profondes excavations, et, dans un rayon de plusieurs kilomètres autour des hauts fourneaux, le paysage me rappela l’aspect de nos champs de bataille, deux ou trois ans après l’armistice. Les gaz délétères y ont dévoré tout signe de végétation, et la forêt n’y est plus rappelée que par des troncs squelettiques (fig. 6).
- Jusqu’en ces derniers temps, toute l’extraction se faisait à ciel ouvert. Je me suis penché à Creighton sur une excavation qui me parut énorme, et dont un ingé-
- Fig. 6. — Le royaume du, nickel à Sudbury.
- Région dévastée par les gaz que déversent les fours de
- la fonderie de Conniston dont on voit la cheminée au loin.
- (Photo. Canadian National Railway.)
- nieur me donna les dimensions : 300 pieds de profondeur, 400 de largeur, 670 de longueur.
- Maintenant, on creuse des puits et des galeries ; les plus profonds de ces travaux sont à moins de 700 mètres de la surface.
- La ventilation naturelle est suffisante pour aérer les galeries ; les eaux d’infiltration sont en quantité insignifiante.
- Une commission formée en 1916 par le gouvernement provincial de l’Ontario a calculé que les réserves de minerai dans le bassin de Sudbury ne devaient pas être inférieures à 150 millions de tonnes. Tout récemment, un sondage effectué à la mine Frood a révélé la présence d’une énorme masse de minerai évaluée à 100000 000 t., avec une teneur moyenne de 2,05 de nickel et de 1,45 de cuivre pour 100.
- D’où l’on peut conclure que les nombreuses industries qui emploient actuellement du nickel n’ont pas à s’alarmer de longtemps sur les risques d’épuisement de ces mines (*).
- [A suivre.) Victor Forbin.
- 1. Photographies du Canadian National Railway et du Motion Picture Bureau.
- Fig. 7. — La fonderie de l'International Nickel Cy près des gisements de Sudbury.
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- NOUVEAUX APPAREILS DE PHYSIQUE
- Tahle des relais
- du tracelet
- Fig. 1. — Eléments de la machine à diviser en fonction d’une longueur d’onde de M. A. de Gramont.
- L, lampe à mercure Colton, à grand éclat; 5, S2, lames d’interféromètre Fabry-Pérot; (7, C2, chariots portant les lames St S2; G, glissières des chariots Ct C2\ O, objectif projetant l’image des anneaux sur l’écran E, qui laisse passer seulement la tache centrale, la lumière correspondante tombe ensuite sur la cellule photoélectrique P; Mt jM», moteurs des chariots, commandés par des relais.
- La Société française de Physique, fondée en 1873, groupe les personnes qui, par leur profession ou par leur curiosité éclairée, s’intéressent au développement de cette science. Outre ses séances bimensuelles, elle organise chaque année une série de conférences au cours desquelles des savants de toutes nationalités présentent les découvertes récentes de la physique et leurs applications à l’industrie. Ce cycle est heureusement complété par une exposition publique, où les expériences du chercheur voisinent avec les appareils de laboratoire ou industriels nouveaux.
- La dernière exposition eut lieu les 1er, 2 et 3 juin 1927, dans les nouveaux bâtiments de l’Institut d’Optique, boulevard Pasteur. Ce fut là une innovation fort goûtée, car chacune des salles ne contenait qu’un très petit nombre de stands, et cela fut très favorable à une bonne présentation. Nous allons rendre compte, aussi complè-temelit que nous le permet la place limitée dont nous
- disposons, des expériences et appareils présentés (’).
- Expériences de Physique. — Nous signalerons, sans nous y arrêter, la belle expérience de télévision en fonctionnement de MM. Belin et Holweck ainsi que le modèle de démonstration, le téléphote, présenté dans le même but par M. Dauvillier ; ces montages seront prochainement décrits dans cette revue.
- M. de Gramont a tenté de réaliser une machine à diviser automatique qui serait exempte des défauts provenant des irrégularités de la vis. Cette machine est principalement destinée à tracer des réseaux de diffraction, qui se trouveraient ainsi débarrassés des erreurs périodiques qu’il est si difficile d’éliminer.
- L’intervalle compris entre deux divisions n’est pas déterminé par une fraction de tour d’un organe mécanique, mais bien par la longueur d’onde d’une radiation monochromatique (fig. 1).
- Un robuste banc d’optique est constitué par deux cylindres d’acier; sur ceux-ci reposent, par cinq points de contact, deux chariots auxquels deux moteurs électriques communiquent des déplacements micrométriques.
- Ces deux chariots portent respectivement deux glaces semi-argentées donnant un système d’anneaux . d’interférence d’après la méthode de MM. Fabry et Pérot. On fait tomber sur l’élément interférentiel la lumière filtrée d’une lampe à mercure à grand éclat de M. Cotton. Par un système optique convenable, l’image des anneaux se forme sur une cellule photoélectrique au potassium; un écran percé d’un trou circulaire délimite une fraction convenable de la tache centrale, qui est claire ou obscure suivant la distance qui sépare les deux glaces semi-argentées.
- L’un des chariots étant maintenu immobile, l’autre se déplace et il se produit sur la cellule photoélectrique une succession de taches lumineuses correspondant chacune à un déplacement d’une longueur d’onde.
- Les variations de courant produites par la cellule photoélectrique sont amplifiées par des lampes triodes jusqu’à faire fonctionner un relais et un compteur électromécanique.
- Ce compteur enregistre la formation des anneaux et opère, après qu’il en est passé un nombre déterminé à l’avance, les manœuvres de mise en route et d’arrêt des différents mécanismes : fonctionnement du tracelet qui gravera les traits sur l’objet à diviser, puis déplacement du réseau pour le trait suivant.
- Le tracelet de la machine n’est pas encore terminé, mais on a pu voir fonctionner à l’Institut d’Optique le déplacement alternatif du premier et du deuxième chariot après le passage de 20 anneaux sur la cellule photoélectrique. Rappelons que le passage d’un anneau corres-
- 1. Suivant le désir exprimé par la rédaction, nous ne parlerons ici que des appareils français non encore décrits dans cette Revue-
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- pond à un déplacement de l’un des chariots de 0,00025 mm, soit 5 microns pour 20 anneaux.
- MM. Dubois et Fournier présentaient un dispositif de phonétique expérimentale en fonctionnement, avec les particularités suivantes : microphone à sensibilité uniforme entre 50 et 3500 périodes, ce résultat étant obtenu par le couplage d’un certain nombre de microphones élémentaires amortis et doués de plusieurs résonances éloignées, réparties sur toute la gamme des fréquences. Ce microphone, construit par la Société Cerna, est assez puissant pour moduler directement un courant de 1 ampère sous 6 à 10 volts. L’oscillographe, modèle Dubois, est actionné directement par le microphone. On peut observer les courbes visuellement, par miroir tournant, ou les photographier directement sur papier sensible, grâce à l’éclairage très puissant fourni par l’arc G. M. G., construit par la maison Granoux, de Marseille. Cette lampe n’est autre que l’arc Garbarini, réalisé pratiquement par MM. Le Bozec, Gautier et Dubois. Le charbon négatif est remplacé par une électrode annulaire creuse, en cuivre, refroidie par thermo-siphon. A travers l’espace annulaire on voit, « en bout », le cratère positif, dont la fixité est absolue, car le charbon ne peut se déplacer que perpendiculairement au plan de l’anneau. Un dispositif de réglage automatique de l’avance le maintient toujours à une distance fixe en arrière de la cathode. Cette lampe est caractérisée par une très grande brillance. Alors que, avec l’arc ordinaire, on obtient 155 bougies par millimètre carré, l’arc G. M. G. fournit un éclat qui va de 250 bougies par millimètre carré à 25 ampères, à 700 bougies par millimètre carré à 40 ampères.
- A citer également un dispositif de phonocardiographie électrique, avec microphone-sthétoscope électromagnétique, comportant un amplificateur bigrille à résistance négative, modèle Dubois, construit par les Etablissements Cerna.
- Appareils destinés à la recherche scientifique. — La Maison Beaudoin présentait le spectrographe dans le vide de M. Thibaud, pour l’étude de l’ultra-violet extrême (fig. 2). Cet appareil est né d’une technique nouvelle, basée sur l’emploi d’un réseau de diffraction à petit nombre de traits (de 50 à 200 au mm), placé presque tangentiellement au faisceau parallèle incident. Cette méthode, par laquelle M. Thibaud a obtenu déjà des spectres de diffractions de rayons X très mous, et déterminé, en valeur absolue, les longueurs d’onde correspondantes, se révèle comme devant être particulièrement efficace pour l’étude de l’ultra-violet extrême (de 1400 A aux rayons X les plus mous). A cause de l’absorption très forte produite sur ce rayonnement par les moindres traces de gaz, il faut placer le dispositif dans un vide très poussé, ce qui rend très difficile la construction de l’appareil. La dispersion est beaucoup plus forte qu’avec les réseaux à grand nombre de traits (jusqu’à 1000 au mm) et à grande distance focale employés par Millikan, avec lesquels il atteint la longueur d’onde de 600 A.
- L'intensité est telle que l’on peut utiliser des
- plo, 3. Nouveau modèle de rupteur synchrone à contacts glissants
- de l'oscillographe cathodique Dufour.
- plaques photographiques ordinaires simplement huilées.
- Dans le même stand, nous avons remarqué le dernier modèle d’oscillographe cathodique Dufour. Un nouveau rupteur synchrone à contact glissant (fig. 3) envoie dans le tube à vide, de seconde en seconde, une demi-alternance du courant d’alimentation. Le même courant, décalé de 90°, traverse les bobines de balayage. Le courant de balayage passe donc par zéro, au moment où le tube atteint son voltage et son intensité maxima.
- Six plaques, contenues dans un châssis magasin, manœuvrées de l’extérieur, peuvent être impressionnées successivement, sans avoir à faire entrer d’air dans l’appareil. On peut également employer du film.
- M. Pierre Goby, initiateur de la technique microradiographique, présentait les appareils qui lui ont servi au cours de ses recherches ainsi que d’intéressantes photographies.
- M. Pierre Goby a réussi à établir un modèle de tube radiographique donnant une source parfaitement ponctuelle, ce qui lui permet d’obtenir des radiographies très agrandies
- Fig. 4 — Installation de vide de M. L. Dunoyer.
- A gauche : pompe à condensation ; A droite : jauge de Mac Leod.
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- Fig. 5. — Sélénomctre Lévy et Rio.
- d’objets microscopiques. C’est ainsi qu’on a pu voir des radiographies du tube digestif d’insectes minuscules, auxquels ce patient -chercheur avait préalablement fait absorber de la baryte.
- Le collimateur à faisceaux multiples, des Etablissements Gaiffe-Gallot et Pilon, est destiné aux études de cristallographie au moyen des rayons X. Un tube Coo-lidge, de forme spéciale, fournit un faisceau qui occupe tout l’espace situé entre deux plans perpendiculaires à l’axe de ce tube. Les rayons sont partagés par 16 ouvertures, disposées en cercle autour du tube, en 16 faisceaux parallèles (disposés suivant les rayons d’une circon-
- Fig. 6. — Rcfractoniètre Pulfrich-Abbe de M. Nectoucc.
- férence), au moyen desquels on peut prendre soit des clichés de Laue, soit des photogrammes Ilull, Debye et Scherrer. Cet appareil, qui permet d’opérer simultanément sur un grand nombre d’échantillons, est employé principalement pour la différenciation de perles fines et clés perles cultivées, ainsi que pour l’étude d’échantillons de métaux.
- Les Etablissements Mardn-Rivaille présentaient une installation de vide moderne en verre ou quartz fondu, due à M. Dunoyer (fig. 4). Une trompe à eau fournit un vide préliminaire de 20 à 30 mm de mercure. A sa suite vient une piompe à condensation de mercure à double effet. La vapeur de mercure, portée à l’ébullition en E, monte dans le tube calorifugé en T, puis s’échappe par l’extrémité effilée du tube B, dans le cône A, où elle est brusquement refroidie par la circulation d’eau. C’est le premier étage. Une partie de cette vapeur diffuse par les trous t, dans la cloche C, et vient se condenser sur les parois refroidies. C’est le second étage qui fait le vide dans la canalisation par le tube D. Cette pompe, de dimensions très restreintes, donne un vide limite de cent millièmes de millimètre de mercure. La pression est mesurée par la jauge de Mac Leod, modèle Dunoyer (fig. 4). Grâce à la disposition de sa quadruple chambre de compression, formée de quatre tubes de diamètre décroissant, soudés bout à bout, et portant chacun un trait de repère délimitant des volumes variant dans un rapport de 1 à 10, quand on passe d’un trait au suivant, le domaine des pressions que l’on peut mesurer avec cette jauge s’étend de 4 mm à 0,00001 mm de mercure. Toute correction capillaire est évitée, pour la lecture des pressions, par l’emploi d’un manomètre à quatre tubes ayant respectivement les mêmes diamètres que chacun des quatre tubes de la chambre de compression. On obtient une manœuvre facile et rapide du mercure au moyen d’un robinet à pointeau.
- Nous avons vu également un appareil à distiller le mercure, système L. Dunoyer, à grande vitesse de distillation, basse température d’évaporation et fonctionnant sans aucune surveillance. Une petite lampe de laboratoire à vapeur de mercure, modèle Dunoyer, en ver/e ou quartz et à très grand éclat (brillance de 200 bougies par centimètre carré), est spécialement destinée à l’éclairage des appareils à fente.
- L’appareil de M. R. Ferroux, présenté également par la Maison Martin-Rivaille, pour la préparation du 7'adon, utilise le dégagement d’un sel de radium. Le mélange gazeux résultant est purifié par des absorbants convenables et l’émanation concentrée par refoulement, sans air liquide. L’appareil est double, ce qui garantit la continuité de son fonctionnement.
- Le sélénomètre A. Rio (fig. 5), des Etablissements scientifiques Lévy et Rio, mesure directement l’intensité du rayonnement dans la région spectrale de plus grande sensibilité du sélénium. R peut aussi servir à la mesure de l’intensité ultra-violette totale d’un rayonnement entre les longueurs d’onde 2700 et 4000 À, grâce à un artifice. Le sélénium étant très peu sensible dans l’ultra-violet, M. Rio fait agir le rayonnement sur une substance phosphorescente, placée tout contre le sélénium. Il remplace
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- ainsi l'action directe, faible, des rayons ultra-violets, par celle, beaucoup plus intense, d’un rayonnement secondaire placé dans la zone spectrale de sensibilité maximum du sélénium.
- Signalons également, dans la même catégorie, les éléments photorésistants au sélénium de M. Fournier, dans le vide, d’épaisseur très faible, et dont les contacts électriques ont fait l’objet d’études tout à fait soignées. On obtient ainsi une bonne sensibilité,- avec un minimum de fatigue.
- Les Laboratoires A. de Gramont présentaient Vinter-féromètre de M. G. Mabboux, destiné à la comparaison industrielle, en série, des surfaces optiques, sans exiger leur mise au contact. Il sert également à la vérification des lames à faces parallèles. Les réglages se font à 0,001 mm près, par déformation élastique.
- Signalons simplement, le dispositif en étant bien connu des lecteurs de cette Revue, Y installation inter-férométrique mise au point par M. Pérard, au Bureau International des Poids et Mesures, pour la détermination en valeurs absolues des longueurs d’étalons à bouts, et réalisé en un appareil par MM. Jobin et Yvon.
- L’Institut d’Optique exposait le dilatomètre interfé-rentiel de M. Arnulf, permettant de bonnes déterminations des coefficients de dilatation ou des courbes d’allongement des corps en fonction de la température, en opérant sur des échantillons de très petites dimensions (par exemple quelques dixièmes de millimètre). Cet appareil est automatique et enregistre directement le passage des anneaux d’interférence produit par la variation d’épaisseur, ainsi que la courbe correspondante de
- Fig. 8. — Schéma du gyroscope de M. A. de Gramont.
- Fig. 7. — Photographie obtenue au moyen de VHypergomar de M. H. Chrétien (à droite), comparée à une épreuve normale (à gauche)
- température (couple thermoélectrique et galvanomètre). L’appareil permet d’opérer jusqu’à 900° centigrades.
- L’appareil en service à l’Institut d’Optique pour la détermination des courbes d'absorption des verres dans Vultra-violet est basé sur le principe suivant : on projette sur la fente d’un spectrographe les images juxtaposées de deux trous également éclairés par de la lumière ultraviolette, l’un des trous étant couvert par l’échantillon à étudier. Les deux images sont polarisées à angle droit et l’on peut leur donner telle intensité relative que l’on désire, par la rotation d’un nicol placé sur le trajet du faisceau. On cherche, sur les deux spectres juxtaposés dans le spectrographe, deux raies d’égale intensité, d’où l’on déduit facilement l’absorption pour la radiation considérée.
- L’Institut d’Optique exposait également plusieurs appareils de M. A. Arnulf, destinés à la mesure des rayons de courbure. Deux de ces appareils utilisent un microscope autocollimateur qui permet de pointer le centre de courbure et le sommet de la surface à mesurer, cette dernière opération étant exécutée au moyen d’un artifice qui élimine complètementl’em-ploi de la poudre de lycopode et les incertitudes que comporle ce procédé. On emploie en outre de bons objectifs de microscope à’ ouverture moyenne (ouverture numérique 0,20), ce qui fournit, sur les deux appareils, à condition que les surfaces à mesurer aient une ouverture suffisante, une précision absolue
- Fig. 9. —VuedugyroscopcA.de Gramont
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- de ±0,001 mm. Un des appareils est muni d’un mandrin spécial, assurant le centrage automatique de la surface à étudier.
- Un autre appareil permet la mesure industrielle des très grands rayons par les anneaux de Newton, ainsi que l’application de deux ingénieuses méthodes dues à M. Fabry; l’une, spéciale aux rayons concaves, consiste à mesurer la distance des points de contact entre la surface et un dièdre d’angle connu, en vei're, les points de contact étant matérialisés par le centre des minuscules anneaux de Newton s’y formant. La méthode analogue pour les rayons convexes consiste à mesurer la distance des points de contact entre la surface et un bloc de deux portions de sphères de rayons connus, et dont la distance des centres est connue.
- Le banc d'optique de 4 m., pour l’étude des aberrations axiales des objectifs par la méthode de Foucault, a été construit à l’Institut d’Optique par M. J. Gojan, qui a perfectionné cette méthode en étendant son action aux radiations qui impressionnent la plaque photographique et en l’appliquant aux aberrations extra-axiales.
- Le réfractomètre de MM. Fabry et Roux, présenté par l’Institut d’Optique, est destiné à la mesure des indices
- Fig. 10. — Balance de M. A. Piccard.
- de réfraction des corps, sans qu’il soit nécessaire de leur faire subir aucune taille, ni autre modification quelconque. Le principe de cette méthode, dû à M. Ch. Fabry, consiste à remplacer la mesure de l’indice du corps à étudier, par celle d’un liquide d’indice identique, dans lequel on le plonge, l’indice de ce liquide étant déterminé facilement par la déviation que donne un prisme de référence immergé dans ce même liquide. Le critérium de l’égalité d’indice entre le corps à étudier et le liquide, pour une radiation monochromatique donnée, est fourni par la disparition de ses propriétés optiques, que l’on met en évidence par le procédé qui convient à chaque cas particulier (par exemple disparition de la convergence d’une lentille, de la déviation d’un prisme). Les déviations du prisme de référence excèdent rarement 3°, aussi les mesure-t-on par la méthode de Poggendorff, ce qui évite l’emploi onéreux d’un cercle divisé de haute précision.
- Le réfractomètre de Pulfrich-Àbbe combiné, construit par la Société des Lunetiers et dû à M. Nectoux (fig. 6), est un instrument de construction extrêmement robuste et soignée. Il fournit sans difficulté une précision de 0,00001 sur l’indice, atteinte seulement par les grands goniomètres. Noter son dispositif d’éclairage par un monochromateur très simple à prisme de Broca.
- Le fronto-focomètre de M. Nectoux, construit par la Société des Lunetiers, est destiné à la vérification précise en série des distances focales, vraies ou frontales, des verres de lunetterie, ainsi qu’à la détermination de leur centre et, le cas échéant, de leurs axes. C’est le premier appareil de cette espèce conçu et exécuté en France.
- M. Henri Chrétien présentait un système de lentilles, qu’il nomme Yhypergomar, qui, placé devant un appareil de prises de vues cinématographiques et devant les appareils de projection ordinaire, permet, sans aucune modification de ces appareils, de faire de la cinématographie panoramique en largeur ou en hauteur, évitant ainsi les inconvénients graves de la prise de vue par appareils multiples. Les images obtenues avec l’hypergomar sont réduites linéairement dans un rapport déterminé, de deux ou trois fois, mais seulement dans le sens horizontal ou le sens vertical, selon l’orientation qu’on donne aux génératrices des lentilles, ce qui double ou triple, dans le même sens, la valeur du champ enregistré sur un film de dimensions normales. A la projection à travers un dispositif semblable, les proportions exactes sont restituées et l’on couvre ainsi un écran deux ou trois fois plus étendu en largeur ou en hauteur. La figure 7 montre une image normale et une image fournie par l’hypergomar.
- Les Laboratoires A. de Gramont exposaient également un gyroscope, alimenté en courant alternatif par ses axes de suspension (fig. 8). Le moteur comporte un stator diphasé et une cage d’écureuil, constitués par le tore du gyroscope. Le courant monophasé, amené par les points de suspension, emprunte le cercle de cardan coupé par des isolants. A l’entrée du stator, il se divise dans deux circuits d’impédance différente; un condensateur est en série avec l’un d’eux.
- Les deux composantes du courant diphasé ainsi obtenu
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- sont sensiblement orthogonales. Dans ces conditions, M. A. de Gramont a fait tourner, à la pression atmosphérique, un tore de 800 g. ; diamètre 80 mm, à des vitesses qui ont atteint 22 000 tours à la minute. Signalons également, des mêmes Laboratoires, un indicateur de virages gyroscopiques pour avions.
- La balance A. Piccard (fig. 10), construite par les Etablissements Poulenc, frères, est un-instrument très différent de ceux auxquels nous sommes accoutumés. Pour augmenter la rapidité des mesures, l’auteur a fixé la durée d’oscillation du fléau à une valeur très faible, ce qui oblige, pour obtenir une sensibilité suffisante, à ramener sa longueur totale à 4 cm. Les couteaux, impossibles à construire dans ces conditions, sont remplacés par des articulations élastiques (rubans d’acier inoxydable). Il devient nécessaire alors de réduire la course du fléau à quelques millièmes de millimètre (observation de l’aiguille au microscope) et, pour éviter les fluctuations du fléau, de travailler à charge constante. L’un des côtés du fléau porte, fixé invariablement à son extrémité, un contrepoids; l’autre côté porte, par une suspension élastique, deux plateaux, l’un pour les poids variables, l’autre pour la masse à peser, la pesée consistant à égaliser à l’action du contrepoids la somme de ses masses d’où une pesée à l’abri des erreurs systématiques. Grâce à des freins à air, l’amortissement est presque apériodique. La petitesse de la course permet d’éviter l’arrêt de la balance et de réaliser la pose automatique rapide des poids et leur lecture instantanée, jusqu’au centigramme. Les milligrammes et leurs fractions sont réalisés par un ressort dynamométrique en élinvar, avec lecture instantanée.
- Le gaussmètre de MM. Cotton et Dupouy (fig. 11) est un appareil donnant, par la lecture directe d’une aiguille sur un cadran, la valeur des champs magnétiques. Il est basé sur l’emploi d’un cristal magnétique, placé dans le champ à mesurer, et dont le couple actif est équilibré
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- Fig. 11. — Gaussmètre de MM. Cotton et Dupouy.
- par celui d’un ressort antagoniste. Le coefficient d’aimantation extrêmement faible des cristaux magnétiques ne modifie en rien le champ à mesurer. La petitesse du cristal employé permet l’exploration point par point d’un espace traversé par des lignes de force magnétiques.
- En résumé, cette Exposition fut fort intéressante et il faut féliciter ses organisateurs et tous les exposants dont nous pûmes admirer les efforts.
- Albert Arnulf,
- Chef de Travaux à l’Institut d’Optique
- L’AIR DE PARIS
- L’atmosphère de Paris, comme celle de toutes les grandes agglomérations urbaines, est viciée par des causes multiples : foyers industriels ou domestiques, gaz d’échappement des automobiles, microbes et déchets vitaux. Aussi, quoique l’air renferme bien moins de germes pathogènes que les eaux et le sol, sa pollution par les poussières et les produits gazeux de combustion préoccupe, depuis quelque temps, d’éminents hygiénistes. Une jauge d’Ovcen, placée sur la terrasse du Palais-Royal, a permis notamment à d’Arsonval et Bordas de recueillir 12 gr. 871 de poussières par mètre carré, tandis que l’analyse chimique des gaz résultant de la combustion du charbon leur donnait 2 gr. 569 de carbone, 1 gr. 824 d’hydrocarbures, 2 gr. 432 d’acide sulfurique, 0 gr. 253 de chlore et 0 gr. 021 d’ammoniaque par mètre carré. L’inhalation de ces substances nocives prépare donc le terrain pour le développement ultérieur d’affections microbiennes des voies respiratoires.
- Certaines communes de la banlieue parisienne se trou-vent encore moins bien partagées, sous ce rapport, que le centre de la Capitale puisque les mêmes auteurs ont enregistré à Vitry jusqu’à 1 kg. 592 de poussières par mètre carré durant le mois de février. Ils ont également trouvé, dans l’atmosphère de Paris et de sa banlieue nord, assez de fumées et de produits phénoliques pour que les eaux de la Marne et de la Seine stérilisées par le chlore, acquièrent un goût d’iodoforme suffisamment prononcé pour les rendre fort désagréables à boire.
- De son côté, le Dr Rohn-Abrest a récemment effectué des sondages simultanés de l’atmosphère à différents niveaux de la Tour Eiffel et il a pu formuler les conclusions suivantes. Au pied du monument, dans les jardins du Champ-de-Mars, l’air est très pur et contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’est pas plus chargé de fumées au voisinage du sol que dans les parties élevées. Au contraire, la viciation générale de l’atmosphère pari-
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- sienne s’accroît avec l’altitude soit par apparition dans les couches supérieurës, de petites quantités d’oxyde de carbone, soit par l’augmentation de l’acide carbonique vers la petite plate-forme supérieure sise à 12 m. du sommet (288 m.). D’ailleurs, les chiffres relevés au cours des expériences paraissent plutôt rassurants et n’indiquent, pour l’ensemble de l’agglomération urbaine, qu’une viciation chimique très faible (30 à 45 cent-millièmes d’acide carbonique et 1 cent-millième d’oxyde de carbone au maximum) sauf par moments, dans les espaces peu ventilés où la proportion de ce dernier atteindrait 5 ou 6 cent-millièmes. Aussi M. Kohn-Abrest déduit, de toutes ses expériences, qu’il faut multiplier les espaces libres ainsi que les squares. Il convient, en outre, de ne pas construire de « gratte-ciels, au sommet desquels, d'ailleurs, l'air n aurait pas plus de garantie de pureté qu'au voisinage du sol ».
- Enfin, M. Daniel Florentin, sous-directeur du Laboratoire municipal de Paris, a constaté, au cours de plusieurs expertises relatives à la recherche des gaz de fumées dans l’air de salles ou d’appartements, la présence systématique, à certaines heures, d’importantes quantités d’anhydride carbonique et souvent d’oxyde de carbone alors qu’aucune fissure n’existait dans les coffres des cheminées.
- L'ÉTUDE DE L'AIR DANS PARIS
- Afin d’expliquer de telles anomalies, le savant chimiste entreprit une étude d’ensemble (sur la composition de l’air des rues de la Capitale, au point de vue de sa teneur en ces gaz toxiques et il a communiqué récemment à l’Académie des Sciences de Paris les résultats des observations qu’il a faites sur ce sujet depuis deux ans environ.
- Ses collaborateurs se promenaient à travers les artères de la Ville-Lumière et dans certaines localités de la banlieue, pour recueillir des échantillons d’air qu’on analysait ensuite au Laboratoire municipal. Avant toute prise gazeuse, chaque opérateur mesurait la vitesse du vent (fig. 1) au moyen d’un petit anémomètre de poche et d’un compteur à secondes, puis il notait la caractéristique du temps (beau, clair, brumeux, couvert ou nuageux, froid ou chaud, doux ou neigeux). Ces renseignements enregistrés, il recueillait des volumes d’air à peu près identiques dans un ballon de caoutchouc, qu’un gros soufflet lui permettait de gonfler (fig. 2). Afin de se rendre compte de la hauteur de la couche polluée, M. Florentin ordonna à ses aides d’effectuer des prélèvements simultanés à différents niveaux.
- Les expérimentateurs rapportaient au Laboratoire tous ces échantillons qu’ils y analysaient ultérieurement. On dosait Vanhydride carbonique (fig. 2) au moyen de la baryte mais en utilisant des solutions suffisamment diluées afin d’éviter tout phénomène de dépôt. Pour le dosage de Yoxyde de carbone, on employait la méthode du sang (fig. 2), indiquée primitivement par Vogel,
- mais dont MM. Florentin et Vandenberghe ont précisé la technique à tel point qu’on peut, grâce à elle, déceler, dans l’air, 1 cent-millième de ce gaz toxique. L’analyse s’opère, en principe, de la manière suivante. On aspire, au moyen d’une trompe, l’échantillon d’air à examiner, dans un flacon à tubulures et on y introduit, à l’aide du tube à brome qui le surmonte, de l’hydrosulfite alcalin. Ce réactif a pour objet de priver la masse gazeuse de l’oxygène qu’elle renferme. Pour opérer un contact intime des corps en présence on agite vigoureusement le récipient, puis on ajoute de l’eau ordinaire dans le tube à brome dont on ouvre et on ferme tour à tour le robinet jusqu’à ce que l’absorption soit complète. A ce moment, on fait barboter le gaz totalement désoxygéné à travers une solution d’hémoglobine, mise elle-même dans un tube de Winkler à trois spires. La première de celles-ci porte une petite cuve à faces parallèles sur laquelle on braque un spectroscope à vision directe (fig., 2) tandis qu’on dispose, un peu plus loin, une lampe électrique.
- Avec cette installation, la marche d’une opération analytique se poursuit facilement. Après avoir mis le tube d’évacuation du flacon en communication avec le tube de Winkler au moyen d’un tuyau de caoutchouc oblitéré par une pince de Mohr, on ouvre le robinet du tube d’évacuation et on règle l’écoulement gazeux en desserrant plus ou moins ladite pince. Le gaz circule alors, bulle bulle, à une vitesse
- Fig. 1.
- En haut : Mesure de la vitesse du vent avant d'effectuer une prise d’air dans une rue de Paris. L’observateur tient d’une main un anémomètre de poche et un compteur à secondes.
- En bas :
- Prise d’air au niveau du sol, place de la Concorde à Paris. L’opérateur recueille le gaz dans un ballon de caoutchouc qu’il gonfle avec un gros soufflet.
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- correspondant au débit horaire de 300 à 400 cm3; comme, d’autre part, il se trouve entièrement dépouillé d’oxygène et passe dans un milieu réducteur, la moindre trace d’oxyde de carbone se combine à l’hémoglobine pour donner de l’hémoglobine oxy-carbonée. Pas besoin de manipulations pour s’en assurer : on regarde simplement au spectroscope la solution sanguine traversant le tube de Winkler.
- L’observateur commence par apercevoir les bords nets de la bande unique de l’hémoglobine qui s’estompe ensuite peu à peu.
- Puis quand l’hémoglobine oxycarbonée représente 25 à 30 pour 100 de la totalité du pigment, ses deux raies caractéristiques apparaissent. C’est le point de repère choisi comme terme de la réaction et on note alors le volume qui a passé. Une courbe établie par points, au moyen d’essais antérieurs et donnant pour un gaz de teneur déterminée le volume qui a circulé, permet réciproquement de fixer la quantité d’oxyde de carbone contenu dans un échantillon gazeux. 11 suffit, en ce cas, de connaître le volume nécessaire pour voir apparaître les deux bandes de l’hémoglobine oxycarbonée.
- Grâce aux analyses faites sur des échantillons prélevés en divers endroits de la Capitale et de la banlieue (place de l’Opéra, église de Belleville, rue de Charenton, rue de Mogador (2e et 3’ étages), rue de Provence (1er et 2e étages), rue de Richelieu, Billancourt, Villejuif (altitude 120 m.), etc., M. Florentin a pu tirer un certain nombre de conclusions, que nous résumerons de la manière suivante.
- CONCLUSIONS
- Durant la journée, l’air des artères du centre de Paris renferme une quantité importante d’anhydride carbo-
- nique et un peu d’oxyde de carbone, dus surtout aux moteurs d’automobiles. L’intensité de cette pollution varie, du reste, beaucoup suivant les conditions atmosphériques (la vitesse du vent en particulier) et la densité de la circulation des véhicules à traction mécanique. Dans les rues, la souillure aérienne diminue assez rapidement en fonction de la hauteur,car même dans les voies à circulation intense, on ne rencontre que des teneurs en oxyde de carbone inférieures au cent-millième à partir du 3e étage des maisons.
- Dans les quartiers de la périphérie et dans la banlieue, sauf quelques rares exceptions de centres industriels suburbains, l’air se trouve nettement moins pollué que dans le centre de la ville où circulent de nombreuses voitures automobiles.
- De toutes ces observations, se dégagent quelques enseignements pratiques. D’abord, le tuyau d’alimentation d’un système de chauffage à air chaud devra déboucher à une certaine hauteur au-dessus du sol. Il faudra, en outre, s’assurer par une analyse préalable, de sa pureté chimique et de sa teneur en poussières. En second lieu, pour expertiser, en toute sûreté, l’atmosphère suspecte d’un appartement situé dans le centre de Paris, on prélèvera, en même temps que l’air incriminé, un échantillon de celui de la rue au niveau dudit local. Enfin, au point de vue hygiénique, il semble que le séjour habituel dans les rez-de-chaussées et les premiers étages des immeubles en bordure des artères centralès de Paris présente certains inconvénients pour les personnes débiles, car elles y respirent continuellement, durant la journée, des traces d’oxyde de carbone, des hydrocarbures et des produits aldéhydiques divers, provenant des gaz d’échappement des moteurs d’automobiles et capables d’altérer à la longue des santés fragiles. Jacques Boyer.
- Fig. 2. — 1. Dosage de l’anhydride carbonique. Remplissage du flacon avec une solution de baryte titrée.
- 2. Dosage de l'oxyde de carbone par la méthode du sang. Barbotage de l’air, privé d’oxygène dans le tube de Winckler à 3 spires contenant une solution d’hémoglobine.
- 3. Installation expérimentale de M. Daniel Florentin. Examen des raies de l’hémoglobine avec le spectroscope à vision directe.
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- LES EAUX SOUTERRAINES DES MINES LORRAINES
- L’étude de la circulation souterraine des eaux est On ne sera pas peu surpris d’apprendre qu’en 1924 on
- récente, et il est inutile de rappeler ici le rôle de pion- a exhauré 3 millions 385 000 mètres cubes de nos houil-
- nier joué dans cette question par l’éminent E.-A. Martel, 1ères du Nord, 204 millions de la Ruhr, 56 millions du
- ancien directeur de La Nature. bassin de Briey. L’importance économique du problème
- Cependant, la question présente, outre son intérêt théo- explique que tout récemment il ait suscité la communi-
- rique, un intérêt pratique tout particulier dans les mines, cation simultanée de plusieurs rapports documentés à
- des assemblées d’ingénieurs. C’est ainsi qu’au Congrès messin de la Navigation intérieure M. l’ingénieur du contrôle des mines Chanzy a examiné généralement les relations entre les eaux souterraines et les eaux superficielles du rayon de Briey, et M. l’ingénieur Brunder celles qui touchent le sous-sol sarrois, tandis qu’à la Société minérale de l’Est, MM. le professeur Joly, de la Faculté de Nancy, et J. Riollot procédaient à des constatations analogues, mais plus détaillées, pour certaines exploitations briotines (1).
- GÉOLOGIE DU BASSIN DU BRIEY ET DE LA SARRE
- Pour bien comprendre l’expansion des eaux souterraines en Lorraine, il convient de rappeler les conditions géologiques du sous-sol de Briey. En principe celui-ci est constitué par les étages inférieurs de l’oolithe (bathonien et bajocien) et par l’alénien minéralisé, qui appartient au lias supérieur. Ces terrains sont formés de calcaires et de marnes, tantôt peu résistants, tantôt crevassés. Le bathonien, en particulier, est fréquemment troué, ce qui explique la perte de la Meuse à Neuf-château, et les phénomènes similaires enregistrés à Dieulouard, à Toul, à Briey.
- Il sied, également, de considérer que les couches sont faiblement inclinées du nord-est au sud-ouest, par conséquent en direction de Paris, et interrompues par les failles de Crus-nes, Mons, Audun, Avril, Fontoy, Ottange, Tucquegnieux, Woigot, les unes parallèles, les autres perpendiculaires.
- La formation sarroise est sensiblement différente. Ici un anticlinal houil-ler, orienté sud-ouest-nord-est, s’ennoie vers le sud, après s’être morcelé en plusieurs dômes, sous le permien et le trias, en discordance avec le houil-
- 1. Signalons aussi : La lutte .contre l’eau aux mines de Yalleroy, par M. Terrier, directeur (Revue de l’Industrie minérale, 1er janvier 1926) ; Le régime des eaux et la cimentation aux mines de Rombas, par M. Bouvier {Idem, 11 novembre 1925) ; Les moyens de protéger les mines de fer de l’Est contre l’envahissement des eaux, par M. Leickmann, directeur des mines de Droi-taumont {Idem, 15 février 1926).
- Fig. 1. — Carte résumant les recherches faites sur les eaux souterraines dans la région minière d’Ànderny-Fonloy-Saint-Pierremont (Meurthe-et-Moselle).
- Légende
- Audun-le-Romai
- Source naturelle
- Perte d'eau.....
- Entonnoir.......
- Gouffre.........
- Dégorgeoir......
- Zone absorbante..
- Ruisseau....•...
- Faille..........
- Mine..........
- Perte dAudun
- Fkrte dAnderny •
- Anderny
- fbrtesi. iu ruisseau, ‘:..-L...A'Andnd ^
- Vallée sèche à pertes
- homme ram
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- Tri eux
- Mine. dAnderny
- on j
- p^Nhne de Tucquegnieux
- Tucquegniei
- Mancieulles
- Mance
- du fait de l’intensification de l’exploitation dans les mines aquifères, où les dépenses d’exhaure peuvent atteindre des taux élevés, et même paralyser l’extraction. Dans un rapport inédit de 1921, un érudit directeur d’une entreprise de Briey estimait que l’épuisement de l’eau, à raison de 3 m3 par minute, dans une mine profonde de 200 m., déterminait l’oscillation suivante dans les prix de revient de la tonne :
- Tonnes,
- 10 fr. 40 pour une extraction mensuelle de 50.000
- 11 fr. 35 — — 40.000
- 12 fr. 85 — — 30.000
- 14 fr. 60 — — 20.000
- 17 fr. 15 — — 15.000
- 11 fr. 40 — — 10.000
- 34 fr. 10 — -— 5.000
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- Fig. 2. — Le ruisseau de Mance dont une perte (point 4 de la carte) inondait les travaux de mines de Saint-Pierremoni.
- 1er. Des failles N.-O.-S.-E. ou N.-E.-S.-O altèrent le faciès général, Le pendage du carbonifère varie de 0 à 90°, l’inclinaison s’exagérant au S.-E. de l’anticlinal principal.
- Les terrains houillers sont formés de schistes, grès et conglomérats minéralisés. Les schistes sont imperméables, mais l’exploitation y peut susciter des affaissements, générateurs de venues d’eau. De même, les grès sont pratiquement étanches, mais leurs fractures peuvent se remplir d’eau, et provoquer la formation de poches, d’autant plus aqueuses que la cassure sera en communication avec les rivières de surface ou une nappe d’eau supérieure.
- Le permien supérieur et le houiller ne recèlent des eaux que dans leurs diaclases.
- Au contraire, les grès vosgiens (grès bigarrés moyens), sont aussi poreux que fissurés, par conséquent très aquifères.
- Les afflux d’eau y ont longtemps retardé l’extraction. Cette sujétion est d’autant plus grave que l’étage a une puissance variant entre 180 et 400 m.
- Les grès bigarrés supérieurs apparaissent moins perméables. Si les Zwischenchichten sont encore aqueux, malgré leurs intercalations argileuses, les grès à votzia, beaucoup plus compacts, arrêtent presque entièrement les infiltrations.
- On rencontre enfin le Muschelkalk dolomitjque et cal-caireux, et le Keuper marneux, sillonnés par des circulations d’eau. Les grès vosgiens s’affirmant vers la Moselle, les nappes s’exacerbent naturellement vers l’ouest.
- LES PLUIES ET LES EAUX DE SURFACE
- Dans quelles limites les eaux souterraines sont-elles influencées par les pluies et la circulation intérieure ? Il importe à cet égard d’observer que la Lorraine est naturellement pluvieuse comme la Sarre.
- A Nancy, les constatations poursuivies depuis 1841 ont permis d’enregistrer une chute moyenne de 700 mm. Mais le bassin de Briey est sensiblement plus humide, et l’on peut, avec M. Chanzy, estimer à 800 mm ses réceptions pluviales. L’évaporation et la végétation absorbent une bonne partie des eaux. Néanmoins, on a pu calculer que de 47 à 61 pour 100 — soit 53 pour 100 en moyenne — ne sont pas soustraitès à la circulation, les résidus diminuant l’été, pour progresser énormément l’hiver.
- Ces flots résiduels s’écoulent sur des formations différentes dans le bassin briotin : au nord-est, le (recouvrement étant calcaire, l’eau disparaît; tandis qu’au sud-ouest les marnes étanches la retiennent et en alimentent le débit de l’Orne.
- Dans le premier cas, il se forme des torrents souterrains — le plus rarement — et plus souvent des accumulations aqueuses dans les cassures. Parfois, les eaux souterraines reparaissent au jour. Le plus généralement cette résurgence est provoquée par une faille. Celle
- de Fontoy donne naissance à la Fentsch, celle de Mons-Bonvillers au Woigot, celle de Crusnes à la rivière de ce nom.
- Toutefois, les eaux de profondeur ne sont pas exclusivement fournies par les pluies et infiltrations. M. Chanzy a très justement remarqué que le bassin versant de l’Orne occupe 116000 hectares. En y admettant une pluie annuelle de 930 millions de mètres cubes (800 mm) et un résidu de 465 millions de mètres cubes (50 pour 100), l’Orne ne débitant que 230 à 250 millions de mètres cubes, l’absorption s’élèverait à 215-235 millions de mètres cubes. Pour l’ensemble du bassin de Briey, le résidu atteint environ 180 millions de mètres cubes. L’exhaure voisinant 57 millions de mètres cubes, les infiltrations à l’aplomb des exploitations ne sauraient alimenter les venues d’eau exhaurées. Il faut supposer « un bassin de réception plus vaste ».
- D’après M. Chanzy, il n’y aurait pas lieu de s'arrêter, en principe, à un apport des cours d’eau, mais d’envisager un appoint sérieux des réserves souterraines, par les traçages, les dépilages qui bouleversent les dépôts, et les foudroyages brutaux. M. le professeur Joly ne partage pas cette opinion.
- LA CIRCULATION SOUTERRAINE, EN PARTICULIER A BRIEY
- Il convient de se rappeler que les eaux de pluies, en s’imprégnant d’acides sulfurique et carbonique peuvent désagréger le sous-sol, élargir les fissures et fractures, et, d’autre part, boucher les anfractuosités.
- Un travail permanent s’accomplit donc au sein de la terre.
- Il faut, simultanément, se bien pénétrer de cette idée que les « nappes » n’ont nullement le caractère qu’on serait porté à leur attribuer. Leur surface n’a rien d’ho-
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- rizontal, tant s’en faut, et elles n’ont rien de l’immobilité d’un « horizon ». -
- Leur débit est, d’ailleurs, très variable.
- Les expériences si remarquables effectuées par MM. Joly, Riollot et Hanra à Saint-Pierremont montrent que les eaux de la mine peuvent être influencées très rapidement, en moins de 3 heures, par les débits de la Mance, des projections de fluorescéine ayant dénoncé une relation indiscutable entre les eaux de rivière et du fond à la traversée de l’oolithe de Jaumont.
- Les mêmes études du groupement de recherches hydrogéologiques du bassin de Tucquegnieux ont fait connaître l’existence à Saint-Pierremont d’une diaclase de 0 m, 30 à 3 m. de largeur, de profondeur ignorée, et d’un débit maximum de 45 m3 par minute.
- Une autre rivière souterraine s’alimente aux sources de Dolain, captées pour les besoins de Briey. Au gouffre Armand, du nom d’un élève de l’Ecole des Mines de Nancy qui y trouva la mort, on a reconnu une diaclase de.0m. 40 à 1 m. 50 et une seconde de 3 à 3 m. 50, par laquelle circule un ruisseau. A An-derny, une diaclase de 0 m. 40 de largeur nord-sud a donné 2 m d’eau à la minute.
- 1 Ces diaclases sont les organes de la circulation intérieure du rayon/ Elles semblent, selon M. Joly, n’avoir parfois aucune relation et aucune influence entre elles. « Tout se passe alors comme s’il existait une série de compartiments étanches, '
- ce qui fait que, pour une même mine, il peut y avoir plusieurs compartiments à régimes différents. » < ’
- Néanmoins, les eaux cheminent sensiblement du nord au sud, à des niveaux qui ne dépendent pas des assises imperméables, mais peuvent avoir été impressionnés par la profondeur des vallées extérieures et la^charge d’eau du canal souterrain.
- Les ruisseaux du fond débitent parfois jusqu’à 50 m3 par minute, et la source de Fontoy peut même livrer 120 m3. On voit par ces chiffres toute l’étendue des troubles que cette circulation peut apporter dans les concessions. « 1
- L'EXHAURE EN LORRAINE
- Les venues d’eau dans les mines lorraines sont naturellement exceptionnelles. Nous avons signalé qu’en 1925 il a fallu pomper 56 061000 m3 d’eau à Briey, soit 107 m3 par minute. Dans ce district la moyenne oscille entre
- 0 m3 34 et 18,6 m3. A Tucquegnieux on compte sur 7 à 8 m3, à Landres sur 8 à 10, à Auboué sur 14 à 30 m3. L’afflux s’intensifie, à Sainte-Marie, à 25-35 m3.
- La hauteur de refoulement moyenne étant de 177 m. (36 à 242 in.), le travail d’exhaure de 1927 s’élevait à 99 760 000 tonnes hectométriques et par mine de 0,37 à
- 12.5 millions de tonnes hectométriques.
- La Moselle houillère n’est pas beaucoup plus favorisée.
- D’après M. Brunder, à Petite-Rosselle les afflux des fonçages de puits sont de 17 m3 7 au puits Saint-Stéphanie; à Sarre et Moselle, on les évalue à 9,5" et
- 10.5 m3 par minute; à la Houve, le puits Jules en a accusé 5 m3, le puits 3 de 4 à 7,5, le puits 4 de 6 à 25, et le puits de Folschwiller en enregistre 6 m3. Dans les exploitations, on a constaté en 1926, 26 m3 5 à Simon (Petite-Rosselle), 12,2 à Fréming, 3,5 à la Houve, 2,8 à Sarre-et-Moselle (puits 2 de Sainte-Fontaine). Même situation aux mines de la Sarre. En 1926, on a observé une moyenne de 5 m3 à Victoria, 0,6 à Amelung, 0,49 à Steinbach, 0,6 à Hostenbach, avec des maxima de 7,5 m3 à Victoria. Mais on a pu noter des venues exceptionnelles de 35 m3 par jour à Goet-telborn, de 20 à Saint-Ingbert.
- L’exhaure des mines lorraines entraîne des débours de centaines de millions.
- Tout a été donc mis en œuvre pour discipliner les eaux souterraines.
- MESURES PRISES PAR LES MINES CONTRE LES EAUX
- La lutte contre les venues tréfoncières présente plusieurs solutions. Une première formule consiste à éviter toutes causes d’intrusion des eaux dans les chantiers d’exploitation, par le remblayage à la main, et l’utilisation des stériles abattus. Mais ce procédé n’a d’effet que lorsque les afflux sont modestes.
- Les affaissements de terrains ne sont, en outre, que partiellement évités. Le remblayage hydraulique est plus efficace, et les tassements en sont plus réduits.
- On a préconisé aussi, et on emploie fréquemment, la cimentation des terrains. Tantôt, comme à Sarre-et-Moselle, on pratique, après chaque sondage de traçage accusant une cassure aquifère, l’injection de lait de ciment sous pression. Mais il faut souvent multiplier les opérations, de manière à créer un véritable revêtement bétonné. On' a pu, il est vrai, enrayer ainsi des venues importantes dans la Moselle. Tantôt on cimente systé-
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- matiquement. A Droitaumont (Briey) on a pu de la sorte supprimer un afflux de 3 m3 par minute.
- Une mesure plus radicale encore consiste à édifier des
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- A l’intérieur, ont été équipés quatre groupes élévatoires, comprenant chacun un moteur électrique et une pompe centrifuge de 10 m3 par minute. Le résultat acquis a été
- Fig. 4.
- 1. Ouverture de la crevasse provoquant la perte du point 4.
- 2. Les travaux pour détourner vers le jour les cours d'eau souterrains.
- La station de pompage provisoire du point 4 et la crevasse.
- 3. Les travaux pour détourner vers le jour un cours d'eau souterrain.
- serrements, qui isolent les zones d’extraction des secteurs abandonnés ou aquifères. On élève alors un barrage de briques et béton, absolument étanche.
- Mais on risque de constituer en arrière un réservoir, susceptible de faire remonter le niveau hydrostatique. Un remède plus nouveau a été inauguré à Saint-Pierremont, où l’on n’en est plus à compter les initiatives hardies. Le ruisseau souterrain exploré avec soin, il est en fait possible de cimenter son lit et de détourner le cours vers le jour, ou de pomper ses eaux. La Société de Saint-Pierremont a installé, à cette fin, dans une petite vallée, un caisson monolithe en ciment armé, parfaitement étanche, et enfoui à 8 m. 50 de profondeur.
- Aménagement du lit de la Mance pour lui permettre de recevoir les eaux souterraines pompées au point 4.
- 4. Les vompes en action au point 4.
- 5. Les crépines des pompes installées dans un caisson monolithe en ciment à 8 m. 50 de profondeur, au point 4, pour épuiser le cours d’eau souterrain.
- *
- décisif. Il n’est pas interdit de prévoir l’exécution de longues galeries d’exhaure, acheminant les eaux intérieures vers un point bas de la vallée. Cette formule serait coûteuse, mais assainirait peut-être tout un bassin. Aussi des Sociétés se sont-elles préoccupées de sa réalisation éventuelle. On pourrait drainer les eaux de Briey vers la Moselle, la Marne ou l’Aisne. Mais, quelle que soit la méthode adoptée, il importe de ne pas généraliser à l’excès. Ici il faut examiner chaque cas en particulier, avant de prendre une décision. Toutefois, une exploration préalable et complète doit être à la base de tous les travaux. On ne domine la nature qu’après l’avoir approfondie. Auguste Pawlowski.
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- LES REPTILES DE FRANCE
- UN LÉZARD APODE : L’ORVET
- Puisque nous avons pris à tâche de réhabiliter les animaux méconnus ou malmenés par les humains, — si souvent ignorants ou inconscients, — nous devons nécessairement plaider la cause de l’Orvet.
- La Nature qui procède par transition semble avoir créé les Scincoïdés pour faire le passage entre les Lacer-tidés etd.es Ophidiens. En effet, la famille des Scincoïdés joint à l’aspect des Serpents l’organisation des Lézards. Mais tandis quelle genre Chaleides comprend des indi-
- sentant du genre Anguis, dont Cuvier avait fait la première famille de l’ordre des Ophidiens, Anguis étant le nom latin qui désigne les Serpents en général. Depuis lors, l’Orvet a été classé au dernier rang des Sauriens, mais on lui a laissé le nom d’Ano-wfs qui convient assez à son extérieur de petit Serpent.
- Le nom d’Orvet, d’après Viaud-Grand-Marais, viendrait de orbare : priver, orbatus, sous-entendu « de lumière », c’est-à-dire aveugle, car les habitants des campagnes s’imaginent que cet animal est privé du sens de la vue.
- Cette croyance est née du fait que la pauvre bête ferme les yeux lorsqu’on la tue.
- Comme le dit M. Raymond Rolli-nat, pareil geste prouve que l’Orvet est un Lézard puisque les Ophidiens, n’ayant pas les paupières mobiles, ne pourraient fermer les yeux!...
- L’Orvet a les yeux petits, mais bien munis de trois paupières.
- Cependant, on ne sait pourquoi, l’Orvet inspire une vive crainte,
- 'i Fig. 1. — A gauche : Seps Chalcide, femelle adulte.
- Fig. 2. -- A droite : Trois jeunes Seps, âgés de deux mois.
- vidus muni s--' de pattes, le - genre Anguis se caractérise par l’absence de membres. ’ Encore le Seps Chalcide (Seps Chalcicles Duméril et Bibron, ou Chaleides lineatus Leuck) ne se sert-il de ses courtes pattes, à trois doigts rudimentaires, que pour la marche lente; pour fuir, il rampe à la manière des serpents, par les ondulations très rapides de son corps, les pattes restant couchées le long des flancs. C’est un inoffensif et charmant Reptile, grand mangeur de petits Insectes. Un Seps d’espèce voisine du Seps de notre midi, qui ihabite l’Italie et les îles de la Méditerranée, a des pattes encore plus petites.
- La figure 1 montre un Seps >Chalcide, originaire de Nice et appartenant à M. Raymont Rollinat. Ce Seps est une femelle adulte. On peut en distinguer les pattes : les antérieures sont très rapprochées de -la tête, les postérieures sont près du cloaque.
- On voit, à droite, trois jeunes Seps, âgés de deux mois. Là encore, on aperçoit les pattes.
- Or, Seps dépourvu de pattes, tel est l’Orvet, — sous la peau duquel on peut trouver encore des vestiges des membres postérieurs, disparus probablement les derniers.
- L’Orvet fragile (Anguis fragilis Linné) est le seul repré-
- et de vieux dictons témoignent de cette terreur
- SLl’Adeux (L’Orvet)
- Avait des yeux,
- Si le Serpent (La Couleuvre à collier)
- Avait des dents (des crochets venimeux), , .
- On ne verrait ni bêtes ni gens !
- .y: Si bœuf voulait,
- Si Anvin (L’Orvet) voyait,
- Et si sourd (La Salamandre terrestre) entendait, Personne ne vivrait ! ‘J
- Ce prétendu aveugle, a-d’iris doré. Peut-être voit-il mieux dans l’ombre qu’en pleine lumière. Encore n’est-ce pas démontré. : • b .>
- Quant au qualificatif die « fragile » dont on l’a baptisé, il est justifié par la facilité.avec laquelle se brise la queue de L’animal et d’autant mieux que, lorsqu’il se sent pris,
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- il se raidit, de tous ses muscles, par un singulier instinct de défense. De là son surnom de Serpent de verre. Mais la queue de l’Orvet, longue et un peu conique, ne se reforme pas comme celle des Lézards ; une fois cassée, elle se termine par un petit cône de couleur foncée. Aussi, quand certains traités d’histoire naturelle, et non des moindres, montrent l’Orvet possesseur d’une queue courte et finissant brusquement par une pointe conique, il s’agit sûrement d’un Orvet à queue mutilée.
- La tête de l’Orvet, plutôt petite, est couverte de plaques écailleuses. Le museau est peu allongé. Les mâchoires s’articulent directement avec le crâne, comme cela a lieu chez les Lézards (par conséquent, la bouche n’est pas dilatable comme l’est celle des Ophidiens) ; les mâchoires sont armées de dents aiguës, la langue est bifide ; l’ouverture de l’oreille est peu apparente.
- Le cou est peu distinct.
- Le corps, long, est cylindrique. Le nombre des vertèbres est de 130, dont 65 caudales. La taille moyenne de l’Orvet adulte est de 30 à 50 cm, Sa grosseur a été comparée à celle d’un crayon ordinaire, mais, chez le sujet très adulte, elle est plus forte.
- Comme organisation interne, l’Orvet présente, notamment, des poumons inégalement développés, caractère qu’il partage avec les Ophidiens.
- Mais ce qui est remarquable et tout à fait distinctif chez l’Orvet, c’est la nature de ses écailles lisses, brillantes, arrondiés et disposées comme les tuiles d’un toit ; en dessous comme en dessus, le corps est recouvert de petites écailles, tandis que les Serpents ont toujours la face ventrale garnie de larges écailles transversales. La femelle adulte est presque aussi grande que le mâle, alors que, chez les Lézards, le mâle est plus grand que la femelle; chez la plupart des Serpents, — pas chez tous, cependant, — la femelle est plus grande que le mâle. (Ceci dit, à tout le moins, des Reptiles de notre pays).
- L’Orvet mâle a la tête plus grosse, la base de la queue plus large que la femelle. Le mâle est d’un brun plus ou moins roux en dessus ; il n’est point rayé de noir, parfois ses flancs et les côtés de sa queue sont d’un brun plus foncé que le dessus du corps. Les parties inférieures sont assez claires, beaucoup plus claires que celles de la femelle.
- La figure 4 montré un Orvet mâle adulte et un Orvet femelle adulte.
- La femelle, sur un fond brun clair, porte une ligne
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- noire médiane en dessus du corps. Souvent, d’autres lignes accompagnent la ligne médiane, qui est un peu plus large à la tête; les flancs et les côtés de la queue sont noirs. Les parties inférieures sont fréquemment noirâtres ou marbrées de brun. La coloration des femelles est assez variable, mais très différente de celle des mâles.
- On peut dire que l’Orvet est un élégant petit animal, joliment habillé. Au repos, lové, paré de reflets métal liques, on le prendrait pour un bibelot de bronze.
- Apode et recouvert d’écailles sans relief, l’Orvet rampe assez lentement et surtout par le jeu de ses muscles vigoureux. Pourtant, comme tous les Reptiles, son allure devient plus vive pendant la belle saison, surtout s’il se croit en danger.
- Sans doute à cause de la façon de vivre de ses principales proies : petites Limaces et Lombrics, l’Orvet sort surtout le soir. Dans la pénombre du crépuscule, il se met à chasser les Insectes, les Mollusques et les Vers desquels il se nourrit. On le voit aussi de très bon matin, certainement pour le même motif. Cependant, après une période’ de sécheresse, la faim le pousse à sortir en plein jour, après une pluie d’orage, quand les Lombrics et les Limaces errent en grand nombre.
- A la moindre alerte, l’Orvet se retire dans un trou souterrain, soit qu’il ait élu domicile dans le trou abandonné par un Rongeur, soit qu’il ait lui-même, et péniblement, creusé de son museau, dans la terre meuble, une galerie profonde. En d’autres circonstances, il peut s’établir dans une faille de rocher.
- L’Orvet préfère les lieux humides et herbeux; mais on le rencontre (partout, dans les terrains de toutes natures et jusqu’à 2000 m. d’altitude. En un mot, il habite partout où il peut trouver à se nourrir et à se cacher.
- L’Anguis aime à boire fréquemment. Il nage avec aisance, lorsqu’il y est accidentellement forcé, et chasse les Insectes sous les herbes'aquatiques des bords des mares.
- L’Orvet est donc, non seulement un être absolument inoffensif, mais un véritable auxiliaire de l’Homme, un animal utile qui mérite d’être protégé. Dans les terres cultivées, sa place devrait être réservée.
- Voici ce que dit, de ce serviteur bénévole, l’un de nos erpétologues les plus compétents, M. Raymond Rolli-nat : « Ses lieux de prédilection sont les cultures maraî-
- Fig. 3. — Cage pour Orvets adultes.
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- chères, coupées de fossés peu profonds aux eaux presque dormantes et remplis d’un tel fouillis de plantes que la fraîcheur et l’humidité s’y conservent pendant les mois les plus chauds et les plus secs; les Limaces, chassées des cultures par la sécheresse, viennent occuper ces lieux humides et sont alors la proie presque exclusive de l’Orvet. »
- Il serait à souhaiter que l’Homme perdît la sotte habitude de tuer l’Orvet et d’autant plus que ce Reptile est assailli par beaucoup d’ennemis : il est la proie des Rapaces diurnes et de plusieurs Ophidiens, il est encore la proie du Sanglier, du Porc, du Blaireau, du Hérisson, de la Musaraigne (lorsqu’il est petit), des Hérons, des Poules et môme du Lézard vert qui s’attaque aux jeunes sujets. A cette liste, il faudrait ajouter le Chat, la Pie, les Corbeaux, et elle ne serait assurément pas complète.
- L’Orvet mue plusieurs fois par an et à des époques indéterminées. Il est curieux d’observer que le changement de peau s’opère d’une façon qui rappelle à la fois les Lézards et les Serpents : l’épiderme de la tête et de la partie antérieure du corps se détache par lambeaux, comme cela.se passe chez les Sauriens; tandis que l’épiderme de la partie postérieure du corps et de la queue se dépouille d’une seule pièce, comme chez les Ophidiens. Pour se débarrasser de son vieil habit, la souple bête s’agite et se noue en des atitudes singulières jusqu’à ce qu’elle sorte de sa défroque, finalement « télescopée » et non étalée comme celle des Serpents. En son frais costume, l’Orvet apparaît alors tout à fait agréable à regarder.
- A l’automne, les Orvets prennent leurs quartiers d’hiver, ils s’enfouissent dans des trous ou sous un tas de fumier et souvent en nombreuse compagnie. Vers la fin d’octobre, jeunes et vieux ont disparu de la surface pour se plonger dans un demi-engourdissement.
- Pour peu que le temps soit doux, en mars, l’Orvet se réveille, sort de sa cachette, pour s’allonger paresseusement au soleil et pour chasser quelque proie. D’abord, il s’éloigne peu de sa demeure ; mais, dès que la chaleur commence, il s’aventure en de plus lointaines pérégrinations.
- L’accouplement des Orvets a lieu aux mois de mai et de juin. La femelle n’a pas moins de sept œufs et pas plus de dix-neuf. Elle pond dans son trou ou dans les herbes, à partir de la fin du mois d’août jusqu’à la mi-septembre.
- L’Orvet est ovovivipare : à peine l’œuf, à enveloppe mince et transparente, est-il pondu, que le petit s’agite, déchire sa prison et s’en échappe.
- L’ovoviviparité de l’Orvet est très ancienne. La dent caduque n’est qu’un vestige de l’oxigane devenu inutile, elle « s’est atrophiée de génération en génération, et maintenant elle ne dépasse jamais le museau de l’Orvet », a écrit M. Rollinat dans son remarquable travail sur la tendance vers l’ovoviviparité chez quelques Sauriens et Ophidiens de la France centrale.
- D’après le naturaliste d’Argenton, il est permis de supposer que les Ophidiens descendent des , Sauriens ; les rudiments de membres des Sauriens serpentiformes et de quelques Ophidiens (du Python, par exemple) tendraient à justifier cette hypothèse. Or, nos Sauriens et
- nos Ophidiens ont évolué vers l’ovoviviparité et plusieurs d’entre, ces animaux [ont atteint cette forme de reproduction que nous dirons perfectionnée, « puisque les embryons qui se développent dans les œufs conservés dans le corps d’un animal sont plus en sécurité que ceux qui sont contenus dans des œufs confiés à la terre pour un temps plus ou moins long ».
- Or, les Reptiles ovipares pondent des œufs à coque dure (Chéloniens et Crocodiliens), que le petit doit ouvrir au moyen d’une sorte de minuscule cône corné qu’il porte à l’extrémité du museau et qui tombe quelques jours ou quelques mois après l’éclosion ; ou bien ils pondent des œufs à coque parcheminée (Sauriens et Ophidiens), que le prisonnier fend à l’aide d’une dent tranchante qui dépasse plus ou moins le museau, et tombe peu de temps après la naissance. Chez l’Orvet, la dent caduque n’est plus d’aucune utilité; chez la Vipère aspic, dont l’ovoviviparité est encore plus ancienne, la dent caduque à presque totalement disparu.
- M. Rollinat eut des femelles d’Orvet qui pondirent en cage. Dès que l’œuf est pondu, le petit remue dans sa prison transparente et élastique. D’un coup de museau, il se libère de l’enveloppe qui se flétrit et s’affaisse aussitôt. Le nouveau-né fait son entrée dans le monde en regardant autour de lui, déjà anxieux de trouver une cachette.
- La figure 6 montre des Orvets venant de naître.
- A sa naissance, l’Orvet mesure de 72 à 95 mm de longueur totale. Il est d’un brun gris très clair, presque doré, en dessus, avec une ligne médiane très fine qui s’élargit sur la tête, les flancs sont noirs. En dessous, il est noirâtre, sauf le dessous de la gorge qui est moins sombre. En somme, le nouveau-né porte, en bien plus beau, la livrée des femelles. Le petit Orvet, très net et brillant, a un éclat métallique généralement cuivré; sa tête paraît un peu grosse et bombée.
- La croissance de l’Orvet est lente, comme celle de tous nos Reptiles. Le jeune sujet n’est en état de s’accoupler qu’au printemps de sa troisième ou même de sa quatrième année.
- Dans l’estomac des Orvets, M. Rollinat a trouvé des Limaces, des Lombrics, des Chenilles rases, des Cloportes. Ce Reptile mange beaucoup, surtout dans les mois de juin, juillet, août et septembre.
- Le très jeune Orvet se nouriit de petits Vers, de minuscules Limaces et Cloportes.
- Cet auxiliaire de l’horticulteur ne cause pas le moindre dommage aux plantes, et, comme il est plutôt joli et gracieux, il faut espérer que ce petit Scincoïdé cessera d’être un objet de répulsion, impitoyablement détruit par suite de préjugés stupides.
- L’Orvet peut être gardé en captivité. La cage aux parois de verre ou de toile métallique doit contenir du sable humide recouvert de mousse humide sur laquelle repose une autre couche, très épaisse, de mousse sèche. L’Orvet s’enfonce dans ce moelleux matelas pour aller se loger dans les parties humides. On le nourrit de Lombrics et aussi de larves de Ténébrion. La cage doit être mise au grand air, le jour ; quand le soleil n’est pas trop ardent, souvent le petit captif s’allonge sur la mousse,
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- Fig;. 4. —’iJJrvet fragile, mâle adulte.
- Fig. 5. — Orvet fragile, femelle adulte.
- surtout dans la soirée, avant qu’on rentre sa cage.
- La figure 3 montre une cage pour Orvets adultes.
- Nous tenons ici à remercier M. Raymond Rollinat qui a bien voulu nous communiquer les photographies qui illustrent cet article, et qui ont été prises chez le savant naturaliste, en 1926.
- Enfermés dans un jardin bien clos, les Orvets sont les hôtes les plus paisibles du monde; ils ne se départissent guère de leur timidité naturelle et s’exposent rarement à la vue de leur maître. Lorsqu’on cherche à les toucher, ils se retirent avec lenteur.
- Cependant, il ne faudrait pas en conclure qu’il n’est pas possible d’apprivoiser ces gentils Sauriens. M. Ch. Mailles, membre du Conseil de la Société Nationale d’Acclimatation de France, qui a su mener à bien l’élevage de petits animaux de diverses espèces, a possédé pendant de longues années des Orvets, sur lesquels il a eu l’amabilité de nous donner quelques détails des plus intéressants.
- M. Mailles a consêrvé trois Orvets, — un mâle et deux femelles, — pendant dix-neuf ans. Encore les avait-il reçus très adultes et sont-ils morts accidentellement, tous trois en même temps.
- Ces Orvets vécurent en liberté dans un local mi-serre, mi-orangerie. Chaque année, une femelle avait de neuf à douze petits, le plus souvent onze ; ce n’était pas toujours la même, ni régulièrement alternée, non plus.
- M. Mailles, nourrissait ses Orvets de Vers de farine, ce qui avait exigé une certaine adaptation; — mais ils mangeaient aussi des Limaces, des Lombrics, des Chenilles rases, etc.
- Lorsqu’ils avaient faim, les trois Orvets se hâtaient le plus qu’ils pouvaient à la rencontre de leur maître. Parfois, ils prenaient la proie au bout des doigts ; plus souvent, ils s’approchaient très
- près, seulement. Volontiers, ils acceptaient de la viande crue ou cuite, comme le font les Lézards.
- M. Mailles a observé que les Orvets sont essentiellement diurnes, mais aussi crépusculaires, surtout dans les temps chauds. Rien ne lui permet de croire qu’ils soient nocturnes, comme l’ont dit certains auteurs.
- Par les temps frais, les Orvets s’étendent au soleil. S’il fait chaud, ils ne recherchent les rayons solaires que brisés par un écran, naturel ou non, ce qui les rapproche un peu des habitudes du Lézard vivipare.
- Pour s’emparer de l’Orvet, il faut le rechercher de préférence au printemps, quand, au sortir de l’engourdissement hivernal, le Saurien s’étend paresseusement au soleil. Il est recommandé de le saisir à la tête ou à la partie antérieure du corps, et non par la queue, qu’un geste brusque briserait fatalement.
- Peut-être pourrait-on utiliser, pour s’emparer de l’Orvet, la petite nasse en fine toile métallique que préconise M. Mailles pour prendre les Lézards et dont nous avons parlé dans notre article sur le Lézard des murailles (n° 2732 de La Nature).
- Cette nasse, amorcée au moyen d’un Ver ou d’une Limace, pourrait être placée sur le passage du petit Reptile qui, pris de la sorte, ne risquerait pas d’être endommagé. Enfin, comme système de capture, — citons encore le lasso de gros fil noir attaché au bout d’une longue baguette, que M. R. Rollinat manie avec une dextérité sans égale, dans sa « cueillette » des Lézards et des Serpents.
- Quoiqu’il ne cherche qu’à passer inaperçu, l’Orvet mérite mieux que le dédain général, et nous voudrions avoir prouvé que son étude n’est pas dénuée de tout intérêt scientifique.
- Alex. Feuillée-Billot, de la Société Nationalë d’Acclimatation de France.
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- E LES HAUTES TENSIONS ÉLECTRIQUES E EMPRUNTÉES A L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- Ce n’est qu’en recourant à toutes les ressources de la technique moderne qu’on a réussi, ces temps derniers, à produire des tensions électriques allant jusqu’à deux millions de volts. Toutes les tentatives pour dépasser cette limite avec des transformateurs de plus en plus puissants se sont heurtées à des difficultés rapidement croissantes et qui, jusqu’à nouvel ordre, ne laissent entrevoir, qu’au prix de dépenses démesurées, des résultats positifs.
- D’autre part, il serait d’autant plus intéressant d’en-
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- Fig. 1. — Vue d’ensemble de l’installation au sommet du Monte Generoso.
- gendrer des tensions plusieurs fois plus élevées, qu’elles permettraient de produire des rayons cathodiques extrêmement rapides. Ceux-ci ne peuvent être fournis jusqu’ici — en quantités infimes — que par le radium. On sait l’intérêt que présenterait une source abondante de projectiles électroniques, animés' de très grandes vitesses pour des expériences de destruction atomique.
- Depuis les expériences de Franklin, on sait que les potentiels électriques accompagnant les orages (comme le fait du reste comprendre la longueur des décharges) atteignent, des valeurs extraordinairement élevées. Les mesures exactes faites ces temps derniers ont, en effet, démontré l’existence de champs électriques de quelques
- centaines de mille volts par mètre en sorte que, dès une hauteur de 100 m, on aurait un potentiel, par rapport à la terre, de 5 à 30 millions de volts.
- MM. A. Brasch, F. Lange et C. Urban, de l’Institut de Physique de l’Université de Berlin, ont, l’année 'dernière, au sommet du Monte Generoso, près de Lugano, en Suisse, endroit fameux pour la fréquence et la violence de ses orages, commencé des essais, pour emprunter à l’électricité atmosphérique les tensions extrêmes dont on aurait besoin pour la destruction des atomes.
- Une sorte d’antenne — réseau de fils muni de pointes et occupant une superficie de 400 m2 — a été employée pour emmagasiner les charges atmosphériques. Etant donnée l’impossibilité de faire porter ce système de fils par un cerf-volant ou ballon, on a dû choisir une suspension solide par câble porteur, tendu librement entre deux sommets. La longueur de ce câble était de 760 m, sa hauteur au-dessus du sol d’environ 80 m. Le câble était, à ses deux extrémités, isolé pour une tension de 2,5-3 millions de volts, en courant continu, par des isolateurs en stéatite. En raison de la fréquence des coups de foudre auxquels cette installation était exposée, ce type d’isolateur, par sa grande résistance mécanique, était particulièrement approprié. On a disposé, aux deux extrémités du câble porteur, des chaînes d’environ 30 isolateurs de ce genre, qu’on a eu soin de paraffiner. L’une des deux moitiés du câble servait en même temps comme conducteur, pour amener les charges électriques captées par le réseau de fils aux appareils de mesure ins-. .tàllés à l’endroit où la distance entre le câble et le sol était la plus petite.
- En dehors des pertes d’isolement, il s’agissait de supprimer, autantque possible, les pertespar aigrettes, qui, aux tensions élevées et en raison de la petitesse des intensités de courant disponibles, jouaient un rôle prépondérant. L’intensité des aigrettes décroissant en raison inverse du rayon de courbure d’un conducteur donné, il s’agissait donc d’augmenter autant que possible le diamètre du câble reliant le réseau de fils aux appareils de mesure. Un câble plein de grand diamètre aurait été trop pesant et peu maniable. Les trois physiciens ont disposé autour d’un câble métallique mince une rangée de protecteurs, formés de cylindres creux métalliques à parois minces, dont le diamètre augmente à mesure qu’ils s’approchaient du sol.
- Ce dispositif s’est comporté comme un tube continu entourant le câble et lui conférant une grande mobilité, permettant de tenir compte des intensités de champ variables en faisant varier les diamètres de ces cylindres. C’est ainsi qu’on a réussi à protéger une section de câble de 150 m de longueur, en passant lentement d’un diamètre de 4 cm à un diamètre de 75 cm.
- Une cabine aux parois métalliques (à l’épreuve des coups de foudre) abritait les expérimentateurs et leur .permettait de faire leurs observations en toute sécurité; c’est encore de cette cabine qu’ils pouvaient régler l’écla-
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- Fig. 2. — Les cylindres creux protégeant le câble contre les pertes par aigrettes.
- teur disposé au-dessous du dernier cylindre protecteur.
- Il n’a pas été possible de déterminer l’intensité du champ entre le bout inférieur du câble porteur et la terre, les nuages d’ions produits par les aigrettes dérangeant la distribution normale du champ aux tensions élevées.
- Les difficultés de montage dans ce terrain accidenté ont retardé l’achèvement de l’installation qui n’a pu être mise en service que vers la fin du mois d’août. Les expérimentateurs ont, par conséquent, dû laisser passer la saison la plus riche en orages; ils n’ont pu profiter que d’un seul orage passant au-dessus de l’installation et qui leur a prouvé d’une façon incontestable que la méthode choisie devait leur assurer un plein succès.
- La distance maxima des électrodes de l’éclateur était de 4,5 m, distance traversée facilement par les décharges électriques. La suite d’étincelles, lors du maximum d’intensité de l’orage, était d’environ 1 par seconde; elle s’est maintenue remarquablement constante pendant 30 minutes. Les expériences faites auparavant sur une antenne auxiliaire et, lors d’orages éloignés, sur la grande antenne d’essai, ont mis en évidence la possibi-
- lité de porter, dans le cas, d’une suite si rapide d’étincelles, la distance explosive à une valeur environ double, avant d’atteindre la limite traversée par les décharges. Or, comme pendant l’orage, il n’était pas possible d’aug-
- jFig. 3. — A gauche : Disposition de l'éclateur a la distancé^de 4,5 ni. alimenté par V électricité atmosphérique en temps d’orage. A droite :
- L’éclateur photographié pendant un orage. - V •
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- menter la distance explosive de l’éclateur, on a dû se contènter d’établir, comme tension minima, celle de 2,3 millions de volts, correspondant toutefois à la distance de 4,5 m entre des pointes véritables.
- Ce sera donc chose relativement facile d’atteindre, lors de la reprise de ces expériences, en été 1928, avec une installation plus grande, des potentiels^plusieurs fois plus élevés.
- D’autre part, les trois physiciens, à l’Institut de l’Université de Berlin, ont, au cours de l’hiver, mis au point des tubes de décharge à l’épreuve des tensions extrêmes et avec lesquels ils se proposent de tenter la destruction des atomes.
- Ce travail a été rendu possible par la munificence de la « Notgemeinschaft », Comité de patronage qui* à l’époque de la grande crise économique allemande, s’est donné la tâche de soutenir, en Allemagne, les recherches scientifiques. La maison Brown, Boveri et Cie, à Mannheim, s’est gracieusement chargée des travaux d’installation; c’est encore elle qui, concurremment avec la Société Steatit-Magnesia, à Holenbrunn, et la Société de l’Industrie des câbles (A.-G. für Seilindustrie), à Mannheim-Neckarau, a mis à la disposition des expérimentateurs la presque totalité du matériel de construction et de montage.
- Alfred Gradenwitz.
- E L'AVIATION ALLEMANDE :--------------~
- L’HYDRAVION GÉANT DORNIER-SUPER-WAL, QUADRIMOTEUR
- Le 7 mai 1926, après de longs pourparlers, une délégation germano-alliée signait, à Paris, un accord aéronautique modifiant totalement les règles qui avaient été imposées à l’Allemagne, depuis avril 1922, pour la limitation de sa flotte aérienne militaire et civile. Aux termes de cet accord, toutes les restrictions prévues auparavant pour les avions commerciaux allemands étaient abolies.
- Il était simplement stipulé que le nombre des appareils ne devait pas dépasser les besoins des Compagnies de navigation aérienne. A part cela, l’aviation marchande allemande recouvrait donc, dans ses différentes branches, la liberté complète.
- Les constructeurs d’outre-Rhin, à vrai dire, n’avaient pas attendu que cette liberté leur fût rendue pour mettre en chantier, dans leurs usines en Allemagne, des avions de transport dont les caractéristiques ne répondaient aucunement aux prescriptions édictées par les Alliés. Ils avaient dès longtemps entrepris l’étude et la construction de machines extra-puissantes, afin d’être prêts le jour où tomberaient les fameuses « chaînes » de l’aviation allemande. Cette préparation, plus ou moins dissimulée, fut confirmée lorsque les usines Junlcers, de Dessau, sortirent, quatre mois à peine après la signature de l’accord de Paris, un avion de transport trimoteur de 1200 ch, entièrement métallique, avec cabine à deux étages, compartiments séparés et chambre de machines. De même, on pourrait multiplier les exemples : quelques semaines plus tard, en octobre 1926, les Dornier-Metallbauten, de Friedrichshafen, procédèrent avec succès, sur le lac de Constance, aux essais de l’hy-
- dravion géant bi-moteur Super- Wal de 1300 ch. Ce n’était alors qu’un début, dont on commence à entrevoir la suite aujourd’hui.
- En fait, cette même firme Dornier a terminé, à la fin de l’an passé, la construction d’une nouvelle formule d’hydravion géant, également désignée sous l’appellation de Super- Wal, mais équipée de quatre moteurs Jupiter VI en tandem, d’üne puissance totale de 2000 ch.
- Cet appareil vient d’être mis au premier rang de l’actualité pour avoir établi, en janvier, plusieurs records du monde de vitesse et d’altitude avec charge utile de 4000 kg. Il est donc particulièrement intéressant de l’examiner un peu en détail, d’autant plus qu’il constitue la plus récente manifestation de l’effort incessant de l’industrie aéronautique allemande.
- La caractéristique essentielle du Super-Wal quadrimoteur réside dans la disposition des groupes moto-propulseurs. Les quatre moteurs Jupiter VI, démultipliés, sont accouplés deux à deux dans des carlingues encastrées dans l’aile et parfaitement accessibles en vol depuis l’intérieur de la coque. Le carburant est contenu dans huit réservoirs d’une capacité totale de 3600 litres.
- Les ailes, légèrement surélevées au-dessus de la coque, sont en deux parties, fixées à la cabane et haubannées par une paire de mâts obliques aboutissant aux nageoires. La construction comprend deux longerons en rubans de tôle d’acier. Les nervures-caissons sont en duralumin et le recouvrement en duralumin en forme de tôles planes à bords relevés et assemblés par rivets.
- La coque, également en duralumin avec quelques arma-
- Fig. 1. — L’hydravion Dornier-Super-Wal p/-ewaft< son vol sur le lac de Constance.
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- tures en acier, est à redan unique et possède une quille large et plate. Deux importantes nageoires profilées sont encastrées de chaque côté. Cette disposition est favorable à une bonne finesse aérodynamique et assure une excellente tenue en mer. L’aménagement intérieur de la coque est fort bien compris. Dans la proue, un large espace est réservé à l’équipement maritime. A la suite se trouvent une cabine pour 12 passagers, le poste de pilotage à double commande, le compartiment de l’installation radioélectrique, la soute à bagages et enfin une seconde cabine à 8 places. Outre l’équipage normal, comprenant deux pilotes, un mécanicien et un radiotélégraphiste, le Super- Wal quadrimoteur peut donc emporter 20 passagers confortablement installés pour des voyages au long cours.
- L’empennage est soutenu par une paire de mâts obliques se rattachant au bord inférieur de la coque. Les
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- longerons sont en acier et les nervures en duralumin. Tous les gouvernails sont compensés: Celui de direction est revêtu de tôle, de même que le plan fixe horizontal.
- Les principales caractéristiques sont les suivantes : envergure, 28 m. 6; hauteur, 5 m. 9; longueur totale, 24 m. 6 ; surface portante, 143 m2.
- D’autre part, en ce qui concerne les performances, il est à signaler que la vitesse de 220 km-h a été atteinte lors des vols d’essais.
- Les photographies que nous publions illustrent suffisamment cette brève description pour qu’il ne soit pas nécessaire de l’approfondir davantage et d’insister sur le bel aspect du Super- Wal quadrimoteur. Il est représenté ici sur le lac de Constance, avant son envol pour l’Italie, où il assure actuellement le service Gênes-Rome-Palerme. ;
- Claude Schubiger.
- Fig. 2 — L’hydravion Dornier-Super-Wal quadrimoteur.
- UNE PUISSANTE LOCOMOTIVE A TURBINE
- Depuis quelques années se poursuivent en Suède, en Suisse, en Angleterre et en Allemagne des essais de locomotives dont l’organe moteur est constitué par une turbine à grande vitesse.
- Depuis les immortels travaux de Sadi Carnot, nous savons ' que le rendement thermodynamique maximum d’une machine à vapeur, c’est-à dire le rapport entre le travail mécanique produit et l’énergie calorifique mise en leu, est fonction de la chute de température que subit le fluide vapeur dans l’organe d’utilisation (cylindre ou turbine). Pour améliorer ce rendement, il faut donc augmenter le plus possible cette chute; d’où l’emploi des
- hautes pressions dans les chaudières, des fortes surchauffes et des détentes poussées par l’emploi des condenseurs.
- Jusqu’à ces dernières années, l’installation de dispositifs de condensation à bord des locomotives s’était heurtée à des difficultés insurmontables. En effet, plus la vapeur se détend, plus elle augmente-de volume. Or les cylindres ont des dimensions strictement limitées par le gabarit du matériel, et l’emploi de, la condensatioh conduit à des dimensions prohibitives. La turbine à grande vitesse ne présente pas cet inconvénient ; grâce à la rapidité de sa rotation, elle peut être traversée par un flux de vapeur très important sans présenter d’énormes
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- sections de passage, aussi a-t-elle permis de résoudre cet important problème.
- En fait, le rendement global pratique qui est le produit du rendement thermodynamique de l’appareil moteur par les divers autres rendements : rendement calorifique de l’appareil évaporatoire, rendement mécanique de la transmission, etc... s’améliore considérablement par l’emploi de la condensation. Pratiquement, on en trouve la mesure dans le quotient du travail mécanique fourni au crochet d’attelage par l’énergie totale du charbon consommé. Il y a une quarantaine d’années, ce rendement atteignait à peine 5 pour 100; avec les locomotives modernes (timbre 16 kg/cm2, surchauffe 300° C. et détente compound) on aarive à 9 pour 100. Mais nous sommes encore très loin des rendements obtenus dans de récentes installations fixes. Par exemple, à la Centrale thermique de Langenbrügge (Belgique), l’usage d’une pression de l’ordre de 100 ltg/cm2 dans les chaudières, de 450° C. de surchauffe, et de condenseurs, a
- nages un faux essieu accouplé par bielles aux trois essieux moteurs. La pression à l’admission est de 22 kg/cm2, bien supérieure à celle de la majorité des locomotives qui ne dépasse guère 16 kg/cm2. L’échappement de la turbine se fait dans des condenseurs à surface placés le long du corps cylindrique au-dessus des essieux couplés et bien visibles sur la figure. L’eau de condensation est reprise par la pompe alimentaire, tandis qu’un éjecteur à vapeur maintient constamment le vide dans les condenseurs.
- Comme il n’y a plus aucun échappement de vapeur par la cheminée, il a fallu suppléer au manque de tirage artificiel obtenu ordinairement par cet artifice. Pour cela, on a disposé un ventilateur, actionné par une turbine à vapeur auxiliaire, dans la partie supérieure de la boîte à fumée.
- Mais l’organe le plus original de la locomotive est le réfrigérant de l’eau de circulation des condenseurs. Il est de toute nécessité, en effet, étant donné l’approvisionne-
- Fig. 1. — La nouvelle ocomotive Pacific a turbine Zoëlly construite par Maff'eï à Munich.
- permis d’atteindre en marche industrielle un rendement de 28 pour 100. Celui qu’avait atteint dès ses premiers essais la turbolocomotive Ljungstrôm (Suède), voir La Nature, n° 2536, était de 12 pour 100 et voici qu’une nouvelle machine construite par Maffeï (Allemagne), vient de fournir un rendement en marche normale de 15 pour 100. On comprend aisément par ces chiffres quel intérêt présentent ces récentes réalisations.
- La locomotive à turbine de Maffeï (fig. 1) présente d’autres originalités remarquables. C’est une « Pacific » (2-3-1 ou 2-C-l suivant la nomenclature adoptée), destinée à la remorque des trains rapides et lourds. A sa vitesse normale de 100 km/h, elle développe un effort de traction de 11 000 kg, soit une puissance de 4000 ch; ce qui la place parmi les plus puissantes machines européennes.
- La turbine Zoëlly à grande vitesse est placée à l’avant, au-dessus du boggie directeur. Son arbre attaque par l’intermédiaire de deux réducteurs de vitesse à engre-
- ment limité dont on dispose, de ne pas évacuer cette eau et de la réintroduire après réfrigération dans le circuit de circulation. Le réfrigérant est constitué par deux véritables radiateurs tubulaires parcourus par le flux d’eau à refroidir et disposés latéralement sur le tender. Des rampes placées à la partie supérieure font ruisseler constamment une fraction de l’eau sur la surface tubulaire, tandis que deux ventilateurs à hélice créent un violent courant d’air qui provoque une évaporation intense de l’eau de ruissellement. Dans ces conditions, les calories sont évacuées par de l’eau à l’état de vapeur et la consommation en eau de la locomotive Maffeï est tout à fait de l’ordre de celle d’une machine ordinaire sans condensation.
- Les résultats acquis aujourd’hui par les locomotives à turbines sont des plus encourageants et sans doute allons-nous assister à un important développement de ce genre de machines.
- E. C.
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- LA COULEUR BLEUE DU CIEL ET DES MERS E
- Je voudrais exposer brièvement dans cet article les principales théories qui ont été émises pour expliquer l’origine du bleu du ciel et du bleu des mers. Après bien des tâtonnements on est arrivé, semble-t-il, à une explication définitive pour le bleu du ciel. Mais en ce qui concerne le bleu des mers, les théories proposées ne semblent pas encore pleinement satisfaisantes.
- Opinions anciennes. — Pour Léonard de Vinci, la couleur bleue du ciel était due au mélange de la lumière solaire blanche, réfléchie par les couches supérieures de l’air, avec le noir intense de l’espace.
- Newton rattacha cette couleur à celle des lames minces, qu’il avait longuement étudiée. Vues par réflexion, les pellicules transparentes les plus minces qu’on sache réaliser, dans les bulles de savon par exemple, sont noires; à mesure que l’épaisseur croît, la teinte devient successivement bleue, blanche, jaune, rouge, etc. Le bleu qui apparaît d’abord, Newton l’appelait bleu de premier ordre, et il pensait que sa couleur était celle du ciel. Pour lui, la teinte des cieux s’expliquait par la réflexion de la lumière solaire sur les petites gouttes d’eau contenues dans l’atmosphère. Cette théorie, admise sans discussion jusqu’en 1847, fut alors réfutée par Clausius qui, la soumettant à une analyse mathématique serrée, montra que ses conséquences étaient contraires aux faits.
- Les expériences de Tyndall. — La théorie proposée par Tyndall, en 1869, point de départ de celle aujourd’hui admise, repose sur une observation très simple. Dans une cuve contenant de l’eau, versons quelques gouttes d’essence de citron d’une solution de résine dans l’alcool, etc. Il se forme un très léger précipité qui rend la solution trouble. Disposons la cuve devant une source de lumière blanche et regardons-la latéralement dans une direction perpendiculaire à celle du faisceau qui la traverse (fig. 1). Chaque fine particule éclairée par le faisceau renvoi-e ou, comme on dit, diffuse de la lumière dans toutes les directions. En se plaçant latéralement, c’est-à-dire dans une direction perpendiculaire à celle du faisceau qui traverse la cuve, on reçoit la lumière diffusée par le milieu trouble et on constate que cette lumière est d’un très beau bleu.
- Tout milieu contenant en suspension de fines particules présente la même couleur quand il est vu par diffusion. La teinte bleutée de la fumée de tabac éclairée par le soleil et regardée latéralement se rattache à cette cause.
- Le faisceau transmis, moins riche en radiations bleues que le faisceau incident, apparaît coloré en jaune ou en rouge, suivant l’épaisseur traversée.
- La lumière diffusée par la cuve perpendiculairement au faisceau incident est polarisée; les vibrations, au lieu d’avoir toutes les orientations possibles, comme dans la lumière naturelle, ont une même direction perpendiculaire à la fois au faisceau incident et au rayon diffusé. Or la lumière émanée du ciel dans une direction formant un angle droit avec celle des rayons solaires est aussi très fortement polarisée.
- La double analogie entre la couleur et la polarisation
- de la lumière du ciel et celles de la lumière diffusée par les milieux troubles a conduit Tyndall à rattacher le bleu du ciel aux propriétés optiques des milieux troubles. La lumière diffusée latéralement par un milieu trouble doit être comparée au bleu du ciel; la lumière jaune transmise, à la lumière directe du soleil couchant qui a traversé une grande épaisseur d’air.
- Théorie de lord Rayleigh. — Lord Rayleigh a repris cette théorie et l’a développée mathématiquement. Sans entrer ici dans le détail des calculs, mentionnons-en simplement les résultats.
- Considérons un obstacle extrêmement ténu, petit, même vis-à-vis des longueurs d’onde, c’est-à-dire de dimensions inférieures à une . fraction de micron. Un seul obstacle ne diffuserait qu’une quantité de lumière extrêmement faible, mais il n’agit pas de la même manière sur toutes les radiations : celles dont la longueur d’onde est relativement grande sont à peirie affectées alors que les ondes plus courtes sont fortement diffusées ; de même, un bouchon flottant n’arrête pas une grande vague mais modifie le trajet de petites rides. En résumé, les radiations violettes‘et les radiations bleues sont plus diffusées que les rouges; le petit obstacle, s’il pouvait être perçu, paraîtrait bleu.
- Si, au lieu d’un seul obstacle,, nous en considérons un grand nombre, leur ensemble, éclairé par un faisceau lumineux et regardé latéralement, ce qui permet de ne recevoir que la lumière diffusée par les particules, aura l’apparence d’un nuage bleu.
- Le rapport entre l’intensité de la lumière diffusée et l’intensité du faisceau incident, pour les diverses radiations, varie en raison inverse de la quatrième puissance de la longueur d’onde; il est proportionnel au nombre de particules diffusantes par centimètre cube et dépend, d’une manière assez complexe, des propriétés optiques de la matière qui les constitue.
- Nature des particules qui diffusent la lumière bleue du ciel. — Restait à préciser la nature des particules qui interviennent pour produire le bleu du ciel. Lord Rayleigh avait d’abord pensé aux poussières, aux très fines gouttelettes d’eau, etc., que renferme toujours l'atmosphère.
- Cependant, comme le bleu du ciel persiste et même devient plus pur aux altitudes élevées où les pous-
- Lumière transmise * rouge
- Lumière diffusée bleue
- Fig. 1. — La cuve G (vue en coupe), est éclairée par la source de lumière S. Elle renferme une fine suspension. La lumière qu’elle renvoie latéralement est bleue, celle quelle laisse filtrer est rouge.
- Fig. 2. — Rayon de lumière naturelle.
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- sières sont moins abondantes, il semblait nécessaire, pour l’interpréter, de faire intervenir un constituant essentiel de l’atmosphère. Aussi, lord Rayleigh fut-il conduit, en 1899, à supposer que la diffusion de la lumière s’effectue sur les molécules gazeuses elles-mêmes. Dans la formule qu’il avait établie antérieurement, il suffisait de remplacer le nombre des parti-des molécules gazeuses contenues dans un centimètre cube d’air. Les prévisions que fournit sa formule pour la composition du bleu du ciel sont en bon accord avec les observations faites.
- On a pu constater directement qu’une masse donnée d’un gaz pur diffuse la lumière suivant la loi établie par lord Rayleigh. La difficulté de l’expérience ne réside pas tant dans la petitesse de l’effet à observer que dans l’élimination des lumières parasites qui le masquent. Si on réalise, au moyen d’une cavité noire, un fond parfaitement sombre, l’œil bien reposé ou la plaque photographique permettent de déceler nettement le trajet du faisceau lumineux dans un gaz, même si celui-ci a été soigneusement débarrassé de toute poussière. L’expérience a été réalisée par Cabannes et par lord Rayleigh fils (alors Strutt).
- Contrairement à ce qu’on croyait autrefois, il n'existe pas de milieux optiquement vidés. Dans le gaz le plus pur, dans le liquide le mieux débarrassé de poussière, on perçoit toujours la trace d’un faisceau de lumière, à la condition de se mettre rigoureusement à l’abri de tout éclairement parasite.
- La mesure de l’intensité de la lumière diffusée par un gaz permet, en appliquant la formule de lord Rayleigh, de calculer le nombre de molécules renfermées dans un centimètre cube de gaz. Le nombre ainsi obtenu est en excellent accord avec ceux que fournissent les autres méthodes de numération des molécules. D’où une nouvelle et éclatante confirmation quantitative de la théorie de lord Rayleigh.
- Polarisation de la lumière diffusée. — Chacun sait qu’on attribue la lumière à des vibrations de l’éther qui s’effectuent perpendiculairement à la direction des rayons lumineux. Chaque particule d’éther effectue des oscillations dans des directions perpendiculaires au rayon. Dans ce qu’on appelle la lumière naturelle, ces vibrations, tout en restant dans un plan perpendicu-
- laire au rayon, s’effectuent, en un temps très court, suivant toutes les directions possibles de ce plan (fig. 2). Lorsque la lumière a subi une certaine modification qui a pour effet de la polariser, les vibrations des molécules d’éther se font toujours suivant une même direction, située bien entendu dans un plan perpendiculaire au rayon, mais cette direction, au lieu de changer à tout instant comme pour la lumière naturelle, demeure invariable (fig. 3).
- Dans un rayon de lumière naturelle, les vibrations se font, comme nous venons de le dire, suivant toutes les orientations sans qu’aucune soit privilégiée et les composantes moyennes OA et OB de ces vibrations suivant deux directions rectangulaires quelconques OX, OY, normales au rayon, sont exactement égales (fig. 4).
- Les mesures visuelles ou photographiques montrent que la lumière diffusée par un gaz, dans une direction perpendiculaire au faisceau incident, est en général très fortement mais non totalement polarisée : la composante OB est très petite vis-à-vis de la composante OA, mais non pas nulle (fig. 6). Ce fait pourrait tenir, soit à ce que les particules diffusantes ne sont pas assez petites (lorsque lesgrains d’un milieu trouble artificiel grossissent, on voit la polarisation s’atténuer), soit à ce qu’elles ne sont pas sphériques comme le suppose la théorie. L’air ayant été soigneusement purgé de poussières, la première cause n’intervient pas. Il faut donc admettre que les molécules des gaz ne sont pas sphériques, et l’étude de la polarisation de la lumière qu’elles diffusent fournit des renseignements précieux sur leurs formes. Des divers gaz examinés, seul l’argon diffuse une lumière totalement polarisée et peut être considéré comme formé de molécules sphériques.
- La vase atmosphérique. — Le bleu du ciel, tel qu’on peut l’observer dans la nature, ne satisfait qu’ap-proximativement aux prévisions théoriques. C’est que l’atmosphère n’est pas uniquement formée de molécules gazeuses : elle comprend des poussières en suspension, solides ou liquides, d’origines diverses, surtout abondantes dans les couches inférieures, qui constituent, suivant une expression imagée de Crova, autrefois professeur à l’Université de Montpellier, à qui l’on doit un fort bel ensemble de recherches sur l’étude des radiations solaires et sur la composition de la lumière diffusée par le ciel, une véritable « vase atmosphérique ». De plus, l’éclairement d’une portion de l’atmosphère est produit, non seulement par les rayons solaires directs, mais par les rayons que diffuse le reste de l’atmosphère et par ceux que renvoie la surface du sol. Ces diverses causes ont pour effet de modifier la teinte du ciel et d’affaiblir la polarisation de la lumière diffusée. Celle-ci est loin d’être totale, même aux altitudes élevées où l’air est cependant très pur, ainsi que j’ai pu le constater dans mes recherches au sommet du mont Blanc; à ces altitudes, la présence constante de neige sur le sol augmente fortement la lumière solaire renvoyée vers l’atmosphère et constitue une cause notable de dépolarisation. Au niveau de la mer, au contraire, ce sont surtout les poussières qui troublent le bleu du ciel et affaiblissent la polarisation.
- A la suite d’un grand nombre d’observations, j’ai reconnu l’existence d’une relation très nette entre la
- L ! i
- J
- Fig. 3. —Rayon de lumière polarisée.
- cules diffusantes par celui
- Fig. 4. — O représente la trace d’un rayon de lumière naturelle perpendiculaire au plan de la figure. Les composantes moyennes OA et O B des diverses vibrations suivant deux directions rectangulaires OX e^OY ont exactement la même valeur.
- Y
- B
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- transparence de l’atmosphère et la polarisation de la lumière qu’elle diffuse. Plus l’atmosphère est transparente, c’est-à-dire moins elle affaiblit les rayons du soleil, et plus est grande la polarisation de la lumière diffusée
- OB
- par le ciel (c’est-à-dire plus est petit le rapport de la figure 6.
- Le bleu du ciel et l’ozone. — La théorie de lord Rayleigh s’adapte merveilleusement à l’interprétation de tous les faits connus, à condition de faire intervenir toutes les particules diffusantes qui peuvent exister dans l’atmosphère. On n’en saurait dire autant d’une théorie longtemps admise, surtout par les chimistes, et dont on trouve encore des traces dans certains ouvrages, qui attribue le bleu du ciel à la présence d’ozone dans l’atmosphère.
- J’ai mentionné cette théorie dans mon article sur l’ozone dans l’atmosphère ('), ce qui me dispensera d’y insister très longuement aujourd’hui. Elle repose sur ce fait qu’une couche d’ozone, vue par transparence, présente une couleur bleue. Une telle propriété pourrait intervenir pour rendre le bleu du ciel plus profond, mais n’en saurait être la cause. Elle n’explique nullement pourquoi la lumière du ciel est polarisée, ni même simplement pourquoi l’atmosphère renvoie de la lumière. Enfin, si l’air était bleu par transmission, c’est qu’il absorberait une plus forte proportion de radiations rouges; le soleil, près de l’horizon, dont les rayons traversent une très grande épaisseur de l’atmosphère, devrait paraître bleu.
- Rôle que joue dans la nature la diffusion de la lumière par les gaz. —M. Charles Fabry a appliqué la théorie de la diffusion de la lumière par les gaz à l’explication d’un certain nombre de phénomènes astronomiques. Le spectre de la couronne solaire comprend un petit nombre de lignes brillantes — révélant l’existence d’un gaz incandescent — qui se détachent sur un fond continu attribuable à de la lumière diffusée. M. Ch. Fabry pense pouvoir identifier la substance diffusante avec le gaz même qui constitue la couronne ; la forte polarisation de cette lumière, constatée lors des éclipses de soleil, est, comme celle de la lumièrs du ciel, une conséquence de la diffusion gazeuse.
- La lumière zodiacale, celle de la queue des comètes, sont susceptibles d’une interprétation analogue. De même la luminosité du ciel nocturne, supérieure à ce que permet de prévoir l’éclat des étoiles, pourrait tenir à une diffusion de la lumière solaire par un gaz ultra-raréfié et extra-terrestre.
- La couleur bleue des mers. — On a rattaché le bleu des mers à diverses causes ; il est difficile de démêler celle qui intervient réellement.
- On a soutenu, avec quelque apparence de raison, qu’il n’était que le bleu du ciel vu par réflexion. Quand le ciel s’obscurcit, en effet, l’eau paraît couleur de plomb ; quand les nuages sont clairsemés, la mer prend un aspect gris sous les nuages, tout en conservant ailleurs sa couleur bleue. Si le bleu d’une mer profonde paraît souvent plus sombre que celui du ciel, c’est peut-être qu’on
- 1. Voir La Nature, 15 octobre 1927.
- Fig. 5. — Rayon de lumière totalement polarisée. Une seule des composantes OA subsiste.
- le compare involontairement à la région la plus voisine de l’horizon, alors que le bleu du ciel le plus pur se trouve aux environs du zénith. En fait, quand l’eau est calme et qu’on la regarde sous un angle tel qu’elle réfléchisse dans l’œil les parties basses du ciel, sa couleur bleue est notablement atténuée ; tout plissement de la surface sous l’action
- du vent renforce beaucoup la couleur parce qu’alors la lumière réfléchie vient des régions plus hautes du ciel.
- Dans certains cas, il semble qu’on doive attribuer une partie de la couleur bleue des mers à l’eau elle-même, soit que cette eau ait une couleur propre bleue, renvoyée par le fond de la mer, soit que de fines particules en suspension diffusent de la lumière bleue.
- Enfin, Raman a développé récemment une théorie qui rattache la couleur bleue des mers au phénomène dit des « fluctuations ». L’agitation continuelle des molécules d’un liquide, révélée notamment par le mouvement brownien, a'pour effet d’entraîner des variations incessantes dans la composition ou la densité de très petites portions de liquide. Cette composition ou cette densité subissent (donc à chaque instant des fluctuations. Il en résulte dans le liquide une hétérogénéité qui favorise la diffusion de la lumière comme l’a établi Smoluchowski. Les fluides, au voisinage de l’état critique, où les fluctuations sont particulièrement importantes, présentent une opalescence caractéristique. Dans les liquides ordinaires, et en particulier dans l’eau, le phénomène des fluctuations doit se manifester, quoique à un degré bien moindre. Partant de cette hypothèse et appliquant la théorie de Smoluchowski, Raman a établi qu’une grande épaisseur d’eau, vue par diffusion, doit paraître bleue. Cette dernière cause possible du bleu des mers serait la plus efficace, les autres étant seulement des facteurs accessoires.
- Conclusion. — S’il en est vraiment ainsi, le bleu du ciel et celui des mers, qui s’associent si harmonieusement dans la nature,
- apparaissent comme la manifestation d’un même phénomène : la diffusion de la lumière sous l’influence d’hétérogénéités produites au sein des gaz et des liquides par les molécules en mouvement.
- Leur existence fournit un nouvel argument en faveur de la théorie moléculaire de la matière.
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- Fig. 6. — Rayon de lumière partiellement polarisée. Les deux composantes OA et OB subsistent mais ont des valeurs inégales. La composante OB est d’autant plus petite que la lumière est plus près d’être complètement polarisée.
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- UNE HORLOGE QUI SE REMONTE TOUTE SEULE
- Fig. 1. — L’horloge de M. Reutter.
- Il ne s’agit pas cl’un faux mouvement perpétuel, non plus que d’une horloge électrique. Il s’agit tout bonnement d’une horloge de mécanisme extrêmement simplifié dont les aiguilles sont actionnées grâce à la force d’un ressort bandé automatiquement par les variations naturelles de l’air atmosphérique : variations de température et variations de pression.
- L’énergie nécessaire à ce remontage est extrêmement faible.
- M. Reutter l’a calculée avec beaucoup de soin.
- M.. Reutter est l’inventeur de cette nouvelle machine à mesurer le temps. Il a. trouvé ceci :
- Etant donné un mouvement réglé par un pendule à torsion mettant une minute pour faire une oscillation complète aller et retour, la dépense en énergie, en 24 heures, ne dépasse pas 10 à 15 grammes-centimètre, soit mille fois moins que n’exige un mouvement ordinaire.
- Etant donné un vase hermétiquement clos renfermant 10 litres d’air, une augmentation de température de 1° centigrade permet à cette masse d’air de fournir une énergie utilisable de 36 grammes-centimètre, soit au
- moins de quoi entretenir le mouvement dont il vient d’être parlé pendant deux jours.
- Une variation de pression barométrique de 3 mm de mercure produit un effet identique.
- On peut donc être absolument certain que jamais la force d’entretien ne fera défaut.
- Le schéma de la figure 2 explique très clairement le fonctionnement de cet instrument.
- C’est la cage de verre hermétiquement close qui renferme tout le mécanisme.
- t un tube de communication qui conduit l’air extérieur dans le double soufflet S, dont les gonflements et les affaissements successifs font osciller autour de son axe d le levier auquel ils sont reliés en B.
- n est un double rochet dont les deux branches enserrent la roue à rochet r et la font tourner toujours dans le même sens, l’une agissant dans le cas des gonflements, l’autre dans celui des affaissements de S.
- Fig. 2. — Mécanisme de l’horloge qui se remonte toute seule.
- C, cloche en verre ; S, soufflets déformables ; L, leviers moteurs ; rj, rochets ; r, roues à rochets; R, ressort moteur; M, minuterie; a, aiguilles; f, fourchette; O, fil de suspension; V, volant de pendule ; t, tube reliant les soufflets à l’extérieur.
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- r entraîne en tournant le ressort spiral R qui se bande légèrement sous son action et donne l’énergie nécessaire à l’entretien du mouvement très simplifié contenu dans la boîte M.
- Ce mouvement comporte un échappement dont l’ancre est simplement constituée par deux branches /"appuyant alternativement sur un minuscule cylindre de verre II, mobile sur son axe et fixé sur un bras du tube protecteur du balancier à torsion dont le fil se voit en o et la masse en Y.
- Notons que le ressort r rend 95 pour 100 de l’énergie qu’il a reçue du rochet R, alors que généralement le rendement des ressorts de pendules et d’horloges n’est que de 65 pour 100.
- Notons aussi qu’aucun organe intérieur n’a besoin d’huile, et que l’accès de la poussière encrassante est absolument interdit.
- Notons enfin que le dispositif dont il vient d’être question est seulement une application du principe d’utilisation des deux sources d’énergie que constituent : 1° les
- —.....=r-.... ..........::.. .........319 =
- variations de température; 2e celles de la pression.
- Comment se fait-il qu’on n’ait pas encore pensé à ça, direz-vous?
- Je ne dis pas qu’on n’y ait jamais pensé. Mais si on y a pensé, on n’y a pas réussi. Et l’avantage de M. Reutter, c’est d’avoir réussi.
- Et si je ne dis pas qu’on n’y ait jamais pensé, c’est que précisément dans un vieux livre célèbre, mais qu’on ne lit pas assez, parce qu’il est écrit en latin, les Mirabilia technica du père Gaspard Schott, contemporain et ami du fameux Père Kircher, — livre écrit en 1664, il y a une proposition 50, intitulée : Manières de rendre perpétuelles les machines chronométriques par Vair. Et dans cette proposition l’auteur suggère : Aeris rarefactiones et condensationes, et motiones humiditate et siccitate aeris.
- Ce sont exactement ces suggestions qu’a utilisées M. Reutter.
- Et cette réalisation va faire tiquer les constructeurs de nos ingénieuses pendules électriques, qui ne peuvent encore marcher que dix ans. Léopold Reverchon.
- JUSQU’OU PLONGENT LES BALEINES?
- La Nature a déjà examiné (n° 2721) les divers Cétacés de nos mers et indiqué de nombreuses questions posées par leur genre de vie si particulier : vie dans l’eau et respiration dans l’air.
- Notre confrère anglais Nature publie de temps à autre de v courtes notes de M. Robert W. Gray sur le même sujet, d’après des renseignements de baleiniers.
- La dernière qui vient de paraître pose une fois de plus le problème de la plongée des' Cétacés.
- On sait que ces animaux ont des poumons comme tous les autres mammifères et qu’ils émergent plus ou moins de l’eau au moment où ils viennent expirer,, puis inspirer.
- On ne sait pas bien ce qu’ils font entre deux émersions, jusqu’à quelle profondeur ils peuvent descendre alors, ni combien de temps ils peuvent rester en plongée.
- Le temps de plongée est limité par la capacité respiratoire du sang dont on sait que la masse est considérable. La profondeur est bornée par la résistance du thorax de ces animaux à la pression hydrostatique.
- Racovitza, qui a vu beaucoup de baleines dans l’océan Austral, admettait qu’elles ne plongent pas plus d’une heure,
- ni à plus de 100 m. M. Gray cite des faits beaucoup plus étonnants. Il fait d’abord remarquer que les harpons de chasse lestent les baleines d’un poids supplémentaire : 10 livres pour les anciens harpons à main, 12 livres pour les modernes lancés au canon, 150 livres pour les harpons-bombes des Norvégiens. Les animaux atteints par les petits harpons plongent généralement aussitôt et remontent ensuite en surface où ils meurent, ou sont achevés, après quoi leur cadavre reste flottant, ce qui permet sa remorque vers la terre.
- M. Gray signale qu’en 1876, dans la mer du Groenland, une baleine vraie, atteinte par le harpon d’un canon, descendit jusqu’à 1700 m. et mourut en un peu moins d’une heure. D’autres de grande taille, de même espèce (Balaena mysti-cetus), ont plongé jusqu’à 1300 ou 1500 m. et Scoresby a même signalé de ces baleines allant s’assommer sur le fond quand il est à faible distance.
- Quel physiologiste dira maintenant le mécanisme de la résistance de ces animaux à de telles pressions ?
- René Mf.ri.e.
- A PROPOS D’UNE CATASTROPHE SUR LE MÉKONG
- Nul n’ignore que le Mékong est, pour l’Indochine, une utile voie de pénétration. Long de plus de 4500 km, ce fleuve majestueux, frère du Yang-Tsé-Kiang, draine comme ce dernier, partie des eaux du Thibet et sert de frontière sur une fraction de son cours entre le Laos français à l’est et les pays Birmans et Siamois situés à l’ouest. Malheureusement cette grande voie fluviale, à biefs navigables successifs, est coupée par des rapides et cataractes. C’est ainsi qu’à Khône, le Mékong franchit un seuil gigantesque enserrant en ses bras l’île du même nom par-dessus laquelle la Compagnie des Messageries fluviales de Cochinchine a dû et doit encore faire passer
- par voie ferrée, et cela non sans de très grandes difficultés, les chaloupes qu’elle destine à la navigation du Mékong laotien. Une dépêche de Hanoï a annoncé dernièrement la perte de l’une de ces unités de la flotte [Le Trentinian) de cette Compagnie à la suite d’une explosion survenue à bord pendant la navigation. On a malheureusement à déplorer la perte de très nombreuses vies humaines.
- Les photographies groupées ci-contre (Collection Roger Ducamp) illustrent la manière d’être du grand fleuve Mékong, « veine cave » du Laos, du Cambodge et dé la Cochinchine. R. D.
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- Fig. 1 à 6. — 1. Navigation dans les rapides balisés, zone dangereuse ; 2. Train de pirogues à Stung Trong; 3. Dans la forêt noyée
- aux hautes eaux; 4. Grandes pirogues et chaloupes dans le bief supérieur; 5. Chariot pour transporter les chaloupes à Khône, Nord; 6. Chaloupes chargées sur chariot pour la traversée de l’ile Khône, moment du lancement.
- Photos R. Ducamp.
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- LES SERPENTS DU VIVARIUM
- LA COULEUVRE A ANNEAUX VARIÉS
- Les visiteurs du Vivarium, — au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, — admirent la beauté d’une Couleuvre de l’Amérique du Sud, et quelques-uns nous ont demandé de leur parler de cet élégant Serpent.
- Il s’agit d’un Liophis pœcilogyrus Wied. Nous avons relevé, dans Boulenger, une dizaine de noms donnés à l’espèce, parmi lesquels •. Coluber pœcilogyrus Wied, Coluber doliatus Wied, Coluber bicolor Reuss, Coluber M. Nigrum Raddi, Coronella Merremii Schlegel, Liophis Merremii Duméril et Bibron Le Liophis pœcilogyrus appartient au genre Liophide, Liophis Wagler. Liophis signifie Serpent lisse, parce que les écailles du tronc ne sont point carénées.
- Les caractères du genre sont les suivants : longueur médiocre du corps, museau arrondi, écailles lisses, courtes, hexagonales, queue courte.
- Les représentants du genre Liophide habitent le Nouveau-Continent et, particulièrement, l’Amérique du Sud.
- Nous voyons quatre espèces-types du genre. Deux portent sur le dos des taches noires, ces taches affectent une forme de doubles anneaux chez le Liophide à doubles anneaux, elles sont carrées chez le Liophide de la Reine. Les deux autres espèces-types ont le dos brun ou noir, à demi-cercles blancs en C, chez le Liophide Cobel, à taches ovalaires jaunes chez le Serpent qui nous intéresse, c’est-à-dire chez le Liophide de Merrem ou Liophide à anneaux variés.
- Le nom de pœcilogyrus, tiré de deux mots grecs (que l’on peut traduire par : « diversifié-courbé »), signifie anneaux variés. C’est le prince de Neuwied qui donna ce nom au Serpent en question.
- Nous trouvons dans Duméril une description détaillée de l’espèce. L’auteur fait observer que, chez le Liophis pœcilogyrus, l’abdomen et le dessous de la queue sont entièrement d’un jaune abricot uniforme.
- La région supérieure du corps est couverte d’anneaux interrompus au bas des flancs. Ces anneaux dont la longueur comprend trois, quatre ou cinq rangées transversales d’écailles, et dont les dimensions sont à peu près égales, sont, alternativement, soit de la nuance des régions inférieures, soit d’un gris de lin plus ou moins intense. Outre la teinte principale, il y a du noir sur un point du pourtour de chaque écaille. Ces maculatures forment au point de jonction dés anneaux, une bande noire qui détermine d’une façon assez tranchée leurs limites respectives. La constance des taches est caractéristique, chaque pièce de l’écaillure en porte une. Toutes les plaques de la tête et des lèvres sont irrégulièrement bordées et mouchetées de noir, et celles des tempes, surtout, en sont presque complètement couvertes.
- Le dessus du tronc est revêtu de grandes écailles rhom-boïdales. Les plaques du vertex sont petites.
- Les yeux sont légèrement dirigés en haut.
- Le tronc est tout d’une venue avec la tète, l’origine de la queue n’est pas distincte. Il en résulte quelque peu de lourdeur dans le port, et le prince Max de Neuwied parlant de la Couleuvre à anneaux variés, a dit « qu’elle n’est pas du nombre des agiles ».
- L’espèce qui nous occupe comprend diverses variétés qui ne se distinguent que par le nombre différent des gastro-stèges et des rangées longitudinales des écailles du tronc.
- Notons que le genre Liophis appartient à la famille des Colubridés aglyphes, pourvus d’une glande parotide et de crochets maxillaires pleins. Ces crochets sont séparés des dents précédentes par une barre.
- Les Colubridés aglyphes venimeux ne sont pas dangereux pour l’Homme.
- Les dimensions du plus grand des individus mesurés, d’après Duméril, étaient les suivantes : tête : 0 m. 035, tronc : 0 m. 79, queue : 0 m. 175. Total : 1 mètre.
- Duméril fait remarquer que le coloris et le dessin de la robe des Liophides présentent certaines variations individuelles.
- Des modifications d’aspect se produisent pendant l’accroissement du Reptile. Le prince de Neuwied a décrit et a figuré les modifications propres à l’espèce à anneaux variés, qu’il a représentée à deux âges différents.
- Schlegel a cru que l’âge exerçait une influence constante sur les couleurs du Serpent, mais cette influence demeure problématique. On sait, d’ailleurs, combien est variable l’habit d’un Serpent, d’un individu à l’autre.
- Le Liophis pœcilogyrus habite le Brésil. Il est commun, notamment, dans la province de Bahia et dans les provinces voisines.
- Le prince de Neuwied a rencontré cette espèce depuis le Rio de Janeiro jusqu’à l’Espirilu-Santo ; à mesure qu’on monte vers le nord, elle devient plus rare.
- Duméril a noté que les échantillons apportés au Muséum provenaient du Brésil, de l’Uruguay (Montevideo), de la Bolivie (Santa-Cruz), de la Guyane (Cayenne).
- Selon le prince de Neuwied, le Liophide à anneaux variés « se plaît dans les prairies humides, marécageuses, à proximité de l’eau, dans l’herbe des marais, ce qui lui a valu le nom de Cobra d'agoa ou Serpent d’eau; mais il se lient aussi dans les terrains sablonneux ».
- Au Vivarium, le Liophis habite une cage très chauffée, il est habituellement lové sur le sable ou sur une pierre. Ce sujet, qui mesure au minimum 80 cm de longueur, est en parfait état. Il a bon appétit et nous le vîmes s’agiter, regarder de tous côtés pour réclamer son repas : il attendait impatiemment l’infortunée Souris ou Grenouille qui allait lui être donnée en pâture. Très vive, très éveillée, dardant sa langue bifide, la jolie bête s’enroulait et se déroulait, comme pour se faire admirer sur toutes ses faces.
- Sa robe, dont le fond se compose d’une sorte de damier noir et blanc, est largement annelée de rose et de gris, du plus chatoyant effet. Le dessous du corps, brillant cQmme une porcelaine, est d’un rose saumon presque uni, avec quelques taches noires sous la tête.
- Mais la description ne donne qu’une faible idée de l’éclat et de la richesse du coloris. Les tons roses s’accentuent jusqu’au carmin foncé et s’atténuent en jaune abricot, suivant le jeu de la lumière. Le gris se fonce jusqu’au noir, qu s’irise de vert et de bleu. Et vraiment, quand le Serpent ondule sous nos yeux, nous croyons voir s’animer une de ces faïences d’art blésois, à reflets métalliques, sorties des mains de l’artiste regrettée, Mme Eglantine Lemaître.
- Nous tenons à remercier ici M. le Dr R. - Jeanne!, Directeur du Vivarium, qui a bien voulu nous donner quelques renseignements sur leLiophis pœcilogyrus, lequel a été déterminé par Mme le Dr Marie Phisalix. Et c’est grâce à la bienveillance de notre éminente collègue que nous avons pu recueillir les précisions complémentaires que nous avons résumées plus haut.
- Dans la cage voisine de celle du Liophide, il y eut deux Vipères des sables. Elles y étaient le 12 décembre 1927, quand les membres de la Société Nationale d’Acclimation de
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- France visitèrent le Vivarium, sous la direction de M. le Dr R. Jeannel. Ces Cérastes avaient été rapportés d’Afrique par M. Rossion, qui traversa le Sahara, seul, en motocyclette ; ils sont morts d’inanition parce' qu’on ne put se procurer à temps une nourriture convenable à l’espèce. L’entretien des hôtes du Yivarium est, en effet, des plus complexes. Et nous ne parlerons pas de l’installation de chacune des cages, qui a demandé un travail considérable, aussi minutieux que savant.
- Mais si les Cérastes sont morts, par contre, voici un nouvel arrivant, un Zaménis diadème, Zaménis diadema Gunther, de Sfax (Tunisie). Sa robe, très claire, est bien faite pour se confondre avec le sable ensoleillé. Il vient de muer et sa dépouille entière ressemble à un long ruban de gaze blanche. Il arbore une belle peau neuve, blanchâtre, ornée de dessins qui vont du ton café au lait, jusqu’au noir sur le dessus du tronc. L’iris est d’or clair.
- Duméril et Bibron ont appelé Diacrantériens les Colu-bridés chez lesquels « tous les crochets sont lisses, les deux derniers étant plus longs et séparés de ceux qui les précèdent par un espace sans crochets. » Ils avaient rangé dans cette famille les Zaménis, les Liophis, etc.
- Enfin le Yivarium possède des Couleuvres à collier, elles font partie de la nombreuse ménagerie qui peuple la charmante reconstitution intitulée : « La vie au bord d’une mare ». Trois jeunes Tropidonotus natrix trouvent, là ample nourriture. (Nous ne reparlerons pas de la Couleuvre à collier, qui a fait l’objet d’un précédent article, voir La Nature, n" 2577).
- Les Serpents ne sont pas nombreux au Yivarium. Ils ne peuvent y occuper qu’un rang de second ordre. Mais la qualité rachète la quantité puisque le Liophis mérite, à lui seul, une visite. Alex. Feuillée-Billot.
- QUELQUES NOTES SUR LES MACHINES PARLANTES
- IIL APPAREILS A DISQUES (Yoir n°“ 2780 et 2781)
- Les appareils à disques ont conquis assez facilement la faveur du public au détriment de la popularité primitive du cylindre.
- A ceci deux raisons -,
- La première est le fait du marchand et fabricant, qui, comme le lanceur de modes annuelles, s’ingénie à faire chaque année du nouveau.
- La seconde raison de la défaveur du cylindre est son incommode encombrement et sa fragilité comparativement aux disques (*). De plus, les machines à disques usuelles sont plus simples de mécanisme et plus faciles à manier par le gros public qui n’a plus à faire que le réglage de la vitesse, auquel il arrive, du reste, difficilement.
- Cependant, scientifiquement, le cylindre est la meilleure surface sur laquelle, jusqu’ici, il soit permis de faire de bons enregistrements précis, et des fabricants de disques commencent d’abord par recevoir sur cylindre, ce qu'ils livreront au commerce sur disques. Par cette transposition mécanique du cylindre au disque, ils altèrent la pureté primitive et ajoutent une seconde friture à la première. Pour satisfaire le goût du public, qui aime le bruyant, ils augmentent encore le volume initial du son par la disposition du bras de levier qui supporte la pointe traînant sur le disque. Les bruits étrangers déjà multipliés en quantité s’augmentent aussi en volume.
- Peut-on s’étonner que certains perfectionnements qui s’adaptent si bien au système à cylindre, n’aient pu donner de résultats satisfaisants avec des machines à disques actuellement sur le marché ? On peut, sans doute, construire des machines à disques meilleures. Mais dans ce cas, tous les avantages, extérieurs que ces machines offraient sur les phonographes à cylindre de précision disparaissent. Le disque reste (à moins de nouvelles découvertes) un instrument de second ordre.
- En voici les raisons :
- On sait que dans l’enregistrement c’est une pointe burinante (labourante) qui trace un sillon dans la cire (ou autre matière similaire plastique). C’est au fond du sillon ou de chaque côté de l’intérieur de ce petit fossé que sont tracées les plus ou moins grandes dépressions produites par le burin (pointe) quand il vibre avec la membrane dont il est solidaire. Ce sont ces dépressions qui, à la reproduction dans le cylindre, occasionneront, de haut en bas, les mêmes
- 1. Bien qu’on les fabrique aujourd’hui incassables et inusables.
- vibrations par la pointe mousse, et alors le diaphragme reproducteur chantera le même son si des éléments contraires ne se sont pas interposés.
- Or, examinons, au microscope (ou à la loupe), ces impressions : elles sont extrêmèment nombreuses et délicates, et la déformation de quelques-unes ou même de l’une d’elles affecte sensiblement la pureté de la vibration reproductrice. Les deux lignes formant chaque côté du fossé ou sillon doivent être parallèles et de même longueur. C’est le cas dans le cylindre, ce ne l’est plus dans le disque.
- Sur une bobine de fil de soie bien faite, chaque.enroulement de la même rangée est exactement de la même longueur que son voisin, et par conséquent les creux ou les espaces entre chaque enroulement, développés en ligne droite, sont deux à deux et jusqu’au bout de la rangée, de la même longueur. Mais aussi chaque enroulement est plus long que celui de la rangée au-dessous. D’une rangée à une autre, les enroulements ne sont pas parallèles, mais concentriques.
- Développez sur un plan les spires (ou sillons) tracées sur un cylindre phonographique, vous n’en aurez pas altéré la longueur. Mais dans le disque, les deux côtés du sillon sont concentriques pratiquement ; en réalité, c’est une hélice dans le cylindre et une spirale dans le disque.
- Des deux côtés de ce sillon du disque, la ligne.extérieure est plus longue que la ligne 'intérieure. La pointe reproductrice se mouvant de droite à gauche, n’a pas son champ de vibration identique à droite et à gauche. Elle a plus d’ampleur vers la ligne extérieure; elle est plus gênée vers la ligne intérieure. Voilà donc une cause nouvelle d’altération de la pureté. Et ici quel remède?
- Vous avez remarqué que les grands disques de cinquante centimètres sont meilleurs que les petits, pourvu que l’enregistrement reste dans le diamètre de 50 à 40 centimètres. La raison en est justement que les lignes, considérées comme concentriques de la spirale, ont une courbure moins accentuée, elles s’approchent davantage de la ligne droite et par suite du parallélisme ; mais si ces disques sont prolongés jusque vers le centre, les vibrations seront de plus en plus gênées, resserrées, ratatinées, aux dépens assurément de la bonne reproduction.
- Un inconvénient dé tout phonographe enregistreur ou reproducteur, ce sont les vibrations ou oscillations étran-
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- gères. Lorsque d’abord vous enregistrez, en plus de la membrane, tout dans un certain rayon vibre, plus ou moins en même temps : les cloisons, les objets environnants, le cornet enregistreur, la machine elle-même, et c’est un inconvénient qu’il faut atténuer le plus possible s’il n’est pas possible de le faire disparaître (4). Les mêmes phénomènes se répètent à la reproduction pour lui nuire plus ou moins. Vous auriez donc un meilleur enregistrement et une meilleure reproduction, si vous pouvez obtenir que le diaphragme (la membrane) seul vibre avec la pointe et que le reste, y compris surtout la boîte qui porte la membrane et le tuyau adjacent, soit aussi stable et fixe que possible. Si théoriquement c’est difficile, pratiquement certains constructeurs très sérieux l’ont recherché essentiellement et l’ont rigoureusement appliqué. Votre part sera facile ; elle consistera à n’employer que leur système dans une salle où les vitres des fenêtres et des meubles soient neutralisées : les objets soient silencieux et ne fassent pas chorus, la table soit lourde ou fixée au mur, etc... que votre cornet enregistreur et surtout reproducteur — celui-ci ne saurait être supprimé comme le prétendent à faux certains constructeurs, mais plutôt amplifié suivant certaines règles — que ces cornets soient en matière neutre au point de vue acoustique: bois, carton, liège, etc., ce n’est pas la matière première qui aide, mais la forme.
- Enfin que la machine de votre phonographe soit d’un mécanisme lourd et non oscillant. L’idéal est la machine électrique lourde et sans engrenage. Il faudra que le mécanisme à ressort soit constitué de façon que les dents de l’engrenage ne viennent pas frapper sensiblement les unes sur les autres. A ce sujet, les mécanismes à ressort pourvus d’un volant, méritent une bonne note; dans l’appareil à disque, le disque lui-même forme volant, et c’est une qualité que je lui reconnais.
- Mais, — point de la plus haute importance — il faut surtout que le parleur, c’est-à-dire que la boîte qui contient la membrane vibrante, soit fixe ou stable par rapport à la surface impressionnante, tout en se déplaçant doucement pour suivre le changement de plan vertical des spires aussi bien pour le cylindre que pour le disque. Or, dans les appareils à disque, comme autrefois dans les appareils à cylindre bon marché, ce parleur (la boîte entière) participe à toutes les vibrations de la pointe. Et, si léger soit-il, son poids l’entraîne en cahots de contre-coups. Ces cahots s’ajoutent aux vibrations ou les neutralisent et fournissent une bouillabaisse d’oscillations de toutes sortes qui ne peuvent en aucune manière donner une reproduction fine, naturelle ou artistique.
- Déplus, le sillon sur lequel sont inscrites ces ondulations si délicates, vous vous en servez pour supprimer dans le mécanisme une vis conductrice métallique. C’est soulager étrangement la construction aux dépens de ce pauvre disque !...
- 1. On a tourné cette difficulté en enregistrant loin les artistes et transmettant le son électriquement d’un microphone récepteur à un diaphragme enregistreur. — Voir l’excellent travail de M-. A. Troller, La Nature, n° 2754 et aussi celui de M. P. Hémar-dinquer, n° 2781.
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- Chargé déjà d’un travail si délicat et si minutieux pour le chant et le chant seulement, vous faites brutalement servir ses fines striures de rail, de chemin macadamisé pour tout l’appareil du parleur.
- Pourquoi ces objets ne se portent-ils pas eux-mêmes comme un bras rigide au lieu de s’appuyer sur la page enregistrée et musicale si respectable? Celle-ci ne doit pas être une vis mécanique servant de rouage. ,
- Tel est le résumé des objections graves contre le disque.
- Mais si vous persistez à vouloir vous servir du disque comme d’un appareil sérieux, et non comme d’un simple jouet, 'destiné tôt ou tard à vous dégoûter;,... ayez :
- 1° Une machine soignée régulière, donnant des oscillations pratiquement nulles. Sous ce rapport, les machines électriques sans engrenage sont la perfection.
- 2“ Ne croyez pas à l’appareil sans cornet (le pavillon ou la partie s’évasant en courbe, peut être supprimé). Un cornet est indispensable et doit avoir, pour être bon, certaines dimensions.
- 3° Ayez de préférence des disques de grand diamètre, enregistrés dans les spires éloignées du centre seulement. Que l’original mère ait été enregistré sur disque, comme le faisait l’inventeur Berliner (gramophonej par des procédés meilleurs qu’à l’origine. Que des moules soient pris.directement sur ce disque maître ou mère par des procédés aussi délicats que le moulage sur or par électricité, physique,puis chimique. La copie sera ainsi absolument identique à l’original.
- 4° Que votre parleur ne se serve pas du disque comme rail conducteur, mais soit conduit par une vis indépendante de ce disque qui ne doit porter que le poids de la pointe et la tension de la membrane seule.
- 5° Que le bras de levier (du premier genre) supportant la pointe ait son point d’appui à pëu près au milieu, c’est-à-dire à même distance de la puissance et de la résistance. De cette façon, vous ne tricherez pas sur l’intensité du son, mais vous aurez une expression plus naturelle. Crier n’est pas chanter. Il y a d’autres moyens pour obtenir le volume suffisant. Mais le fabricant a employé celui qu’il a trouvé le plus économique pour sa construction ; tant pis pour l’acheteur.
- 6° Faut-il un saphir (que vous donne-t-on sous le nom de saphir ? un produit à 10 centimes) ou une aiguille en fer ou acier ? Si vous avez un disque minutieusement enregistré (et combien peu le sont?), il faut une pointe mousse dure taillée très finement en saphir ou en diamant. Quant à la matière du disque, elle doit être autre que cette espèce d’ébonite adoptée couramment dans le commerce. La surface en est trop poreuse et pas assez lisse. Quelque chose donnant une surface comme la cire, le celluloïd, etc., serait préférable.
- Alors, où trouver tout cela ?
- Jusqu’à présent, la meilleure machine parlante est celle qui est construite avec le plus grand soin et la plus grande précision, avec les meilleurs matériaux et avec... le cylindre qui bien qu’aujourd’hui peu connu n’a pas été surpassé.
- Edison, l’inventeur du phonographe, est encore le roi de son invention ! Ch. Botjlay.
- PRESTIDIGITATION
- SURPRENANT MYSTÈRE
- Depuis longtemps déjà, les prestidigitateurs présentent le truc dit de la Malle des Indes ; malheureusement le moyen employé est beaucoup trop connu et le tour n’a plus le succès d’autrefois ; on a donc cherché à rénouveler l’expérience et l’on est arrivé à créer une présentation que je trouve beaucoup plus extraordinaire que celle de la fameuse
- Malle. Voici cette présentation avec l’explication des moyens employés.
- L’opérateur entre en scène. On lui apporte une table et six panneaux de bois léger qui sont montrés sur les deux faces et qui servent à construire une caisse sur la table. Le fond est d’abord posé, puis viennent se placer l’arrière et les
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- c/e fond
- Fig. 1.
- deux côtés, le devant et le dessus étant laissés provisoirement debout devant la table. Les panneaux sont reliés les uns aux autres par des angles de métal et des chevilles, comme on le voit sur notre gravure, (fig. 1).
- L’opérateur fait alors apporter la caisse A (fig. 2) qui est fortement cordée et cadenassée, et il prie deux spectateurs de bonne volonté de vouloir bien venir sur la scène pour vérifier la fermeture de cette caisse, et y apposer des scellés à leur volonté. Il leur remet pour cela des bandes de toile et de la cire. Les spectateurs mettent les cachets de garantie ou cela leur fait plaisir et se servent de ce qu’ils veulent comme empreintes sur ces cachets, pièces de monnaie, bagues, clés, etc. Lorsque tout ce travail est terminé, les deux spectateurs sont iùvités à s’asseoir pour assister à la suite de l’expérience et en vérifier la sincérité
- A ce moment, le prestidigitateur fait entrer une jeune femme qu’il présente aux spectateurs, et pour bien montrer qu’il n’y aura pas de substitution de personne, il lui place au cou ou au poignet, une bande de toile sur laquelle un des deux témoins place aussi un cachet. La jeune femme monte dans la caisse construite sur la table; le devant de la caisse est accroché et, au moment de refermer complètement la jeune femme, en mettant le couvercle, le prestidigitateur lui passe un pistolet en lui recommandant de tirer au commandement de trois. Le couvercle est placé un peu de biais pour que le coup de feu puisse être tiré. Le commandement retentit, le coup de feu part, la caisse est ouverte, puis entièrement démontée : elle est vide ! Le prestidigitateur prie alors de constater que sur la caisse ficelée, les cachets sont toujours intacts et les cadenas fermés. Les deux témoins, après vérification, ouvrent les cadenas; le cordage est enlevé, la caisse ouverte et, à l’intérieur, on découvre une seconde caisse ficelée et cadenassée. Ouverte comme la précédente, elle laisse voir une troisième caisse également cordée et fermée au cadenas. Enfin cette dernière caisse étant ouverte, on constate que la jeune dame est à l’intérieur ; grâce au collier ou au bracelet cacheté qui lui a été mis, on peut se rendre compte qu’il n’y a pas eu d’échange de personne. Cette disparition subite, ce passage dans trois caisses fermées, scellées, sont des choses qui paraissent impossibles, mais qui s’expliquent quand on est au courant des nombreux trucs employés par les modernes sorciers que sont les prestidigitateurs.
- Lorsque la jeune femme est dans la boîte construite sur la table, la table de devant et le couvercle sont placés le
- devant appuyés sur la table. La plaque de devant est placée mais le couvercle est toujours debout, il sert à masquer pour les spectateurs une planche formant pont, qui est envoyée derrière par une trappe à ressort, dite trappe anglaise, pratiquée dans le décor. Cette planche que l’on voit sur la gravure, vient s’appuyer sur l’arrière de la boîte et dans cet arrière s’ouvre également une trappe à simple charnière. Aussitôt que le pistolet a été donné, la jeune femme soulève la trappe à charnière, se laisse glisser sur la planche et passant au travers du décor, est reçue par un aide. Immédiatement elle se couche dans la boîte C qui est cordée en moins de soixante secondes. Pendant ce temps, le prestidigitateur a commandé « trois » et au commandement, un aide dans la coulisse a tiré un fil qui a fait partir un détonateur encastré dans un des côtés de la caisse. Ce fil a été accroché au détonateur au moment de la construction de la boîte.
- Passons maintenant à l’apparition. La caisse A n’a rien de particulier et les spectateurs peuvent la vérifier, la cacheter tout à leur aise. Lorsqu’elle est ouverte, on en retire la caisse B. Cette deuxième caisse, qui paraît bien ficelée et cadenassée, n’a pas de fond. Les cordes s’arrêtent sur les côtés et l’on ne peut mieux la comparer, sauf la question de forme, qu’à un gobelet renversé.
- Les opérateurs, c’est-à-dire le prestidigitateur et un aide, ont soin, en retirant la caisse B, de la placer en un point soigneusement repéré du plancher. A cet endroit s’ouvre une trappe dite à échange : le morceau de plancher s’enfonce, on place dessus la caisse C, le morceau de plancher remonte introduisant cette caisse C dans la fausse caisse B qui est alors ouverte. La caisse C en est sortie, ouverte, laissant voir la jeune dame voyageuse.
- Toute la première partie de la présentation, c’est-à-dire la disparition, doit se faire assez lentement pour que les spectateurs aient bien le temps de se rendre compte de l’action, mais à partir du moment où la jeune femme est arrivée derrière le décor, la présentation doit être aussi rapide que possible afin d’augmenter l’étonnement des spectateurs.
- Comme dans toutes les expériences où des témoins ont été demandés pour assister sur la scène à l’expérience présentée, on a soin de les faire asseoir en des points soigneusement repérés pour qu’ils ne puissent pas voir le départ de la jeune femme. Alber.
- Fig. 2.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI 1928 C)
- Mois assez calme, astronomiquement parlant, bien entendu. On pourra observer de nombreuses occultations d’étoiles par la Lune, notamment, le 27, l’occultation de l’étoile v de la Yierge, de quatrième grandeur. On pourra encore observer les étoiles filantes Aquarides, au début du mois. Et c’est à peu près tout! Les planètes Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Uranus sont invisibles, ou si mal placées qu’on aura toutes les peines à les voir. Par conséquent, les conjonctions de ces planètes avec la Lune passeront, pour la plupart, inaperçues.
- Une éclipse totale de Soleil aura lieu le 19 mai. Elle aussi sera invisible, pour nous autres Européens, puisqu’elle se passera entre l’Afrique australe et le pôle Sud. Nous nous dédommagerons en observant Saturne, dont les anneaux sont très ouverts et constituent toujours un spectacle du plus vif intérêt.
- A signaler la lumière cendrée de la Lune, du 21 au 23 mai.
- I. Soleil. —- En mai, le Soleil s’élève de plus en plus
- dans l’hémisphère boréal céleste. _____________________
- De -(-15°5', sa déclinaison atteint + 21° 55' le 31. A la fin du mois, on approche des plus longs jours de l’année. La durée du jour est de 14h 32“ le 1er et de 15h 49m le 31. Voici le temps moyen, à midi vrai, de deux en deux jours. On sait que l’on désigne ainsi le moment du passage du Soleil au méridien.
- Eclipse totale de Soleil. — Une éclipse totale de Soleil se produira le 19 mai. Elle sera invisible à Paris. L’éclipse générale débutera à llh 25™ ; elle sera maximum à 13h 24™ et finira à 15h 23™. Grandeur maxima de l’éclipse : 1,014, le diamètre du Soleil étant un. Cette éclipse sera visible de l’extrême sud de l’Amérique du Sud, du Sud de l’Océan Atlantique, dans l’Afrique du Sud et du Sud de l’Océan Indien. L’axe du cône d’ombre restera en dehors de la Terre.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mai, seront les suivantes :
- P. L. le 4, à 20h 12m D. Q. le 12, à 20» 50“
- N. L. le 19, à 13» 14" P. Q. le 26, à 9» 12°
- XXII!h
- xxir
- xxr
- 15
- Dates. Heures du passage.
- Mai 1er 11» 47“ 42-
- — 3 11» 47“ 28“
- — 5 11» 47“ 16*
- — 7 11» 47“ T
- — 9 11» 47“ 0*
- — 11 11» 46™ 55*
- — 13 11» 46“ 52*
- — 15 11» 46“ 52*
- — 17 11» 46“ 54-
- — 19 11» 46“ 59s
- — 21 11» 47“ 6*
- — 23 11» 47“ 14*
- — 25 11» 47“ 25’
- — 27 11» 47” 38’
- — 29 11» 47“ 52*
- — 31 11» 48“ 9“
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- Age de la Lune, le 1er mai, à 0» = 10j,8 ; le 20, à 0» = 0j,4. Pour toute autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé
- depuis le 1er ou le 20. Et pour une heure donnée, ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mai : le 9 == — 25° 44'; le 22 = -f 25<>45'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 5 mai, à 5h. Parallaxe = 53'58". Distance = 406 320 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 19 mai, à 6». Parallaxe = 61'21". Distance = 357 320 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 2, occultation de 66 Vierge (gr. 5,7). Emersion seule visible à 19» 36™.
- Le 3, occultation, de / Vierge
- CK
- A*
- 9^ / /
- Equateur
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- 15'
- XXIIIh
- XXII11
- XXI*
- Fig. 1. — Deux positions du radiant des Aquarides.
- Ces étoiles filantes sont visibles du lor au 13 mai. On s’attachera à déterminer le plus grand nombre possible de trajectoires, pour pouvoir calculer l’emplacement actuel du radiant.
- Observations physiques. — De beaux groupes apparaissent de temps à autre sur le Soleil. Les observer et les dessiner. Ne jamais omettre la bonnette en verre noir en cas d’observation directe. L’observation par projection est plus facile, surtout pour la mise en place des taches sur un disque représentant le Soleil. Mais rien ne vaut l’observation directe pour t étude des petits détails de la photosphère.
- Lumière zodiacale. — La longueur des jours, surtout vers la fin du mois, en même temps que l’inclinaison de l’écliptique sur l’horizon, mettent un obstacle à l’observation de la lumière zodiacale. On pourra encore essayer de l’observer tout à fait au début du mois. Mais la Lune gênera cette observation par sa présence.
- 1. T jutes les heures données dans le présent Bulletin astro-i.omi :ae sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0» à 2U à partir de 0» (minuit). C’est le temps légal en France. 1’ n iant la période d’application de l’heure d’été (du 15 avril au 0 o;.obre), ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici.
- (gr. 4,8), de 0» 4™ à 1» 17”
- Le 3, occultation de 96 Vierge (gr. 6,5), de 19» 6“ à 20» 3™.
- Le 27, occultation de v Vierge (gr. 4,2), de 19» 15™ à 20»38™.
- . Celte occultation se produira un jour après le Premier Quartier.
- L’étoile disparaîtra au Lord éclairé et réapparaîtra derrière la partie obscure delà Lune, éclairée par une faible lumière cendrée.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 19. Voici l’heure de la pleine mer, à Brest, au moment de ces plus grandes marées :
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. "^Coefficient
- Mai 18 2» 40“ 0,95 15» 1” 1,00
- — 19 3» 23“ 1,04 15»46“ 1,06
- — 20 GO 3 1,07 16» 31” 1,06
- — 21 4» 55“ 1,03 17»18” 0,99
- — 22 5» 41“ 0,94 18» 6“ 0,88
- — 23 6» 31” 0,82 18»55” 0,75
- Le mascaret se produira en mai, en raison de l’importance des marées. Voici les heures d’arrivée du mascaret pour trois localités, aux dates ci-après.
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- Dates. Coefficient de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Mai 19 1,04 7h 3» 7h 40m 71,49m
- — 19 1,06 19h23” 20h 0” 20h 9“
- — 20 1,07 7h 43” 8h 20” 8h 29»
- — 20 1,06 20h 4” 20h41” 20» 50“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, contient les prim
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 16 mai :
- Grand axe extérieur.............................. 41",32
- Petit axe extérieur.............................. 18",37
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................+ 26° 24'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26° 31'
- Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, est sur-
- ASTRE Dates : MAI Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (J). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellations et étoiles voisines.
- L 5 4h 26“ llh 47n ’16‘ 19i10” 2h 49” + 16° 16' 31' 45" 6 Bélier
- Soleil .... 15 4 11 11 46 52 19 24 3 28 + 18 53 31 40,8 Bélier
- ï 25 3 59 11 47 25 19 36 4 8 + 20 58 31 37,2 Taureau
- f 5 4 33 11 57 19 20 2 54 + 16 46 5,0 £ Bélier
- Mercure. . . 15 4 43 12 43 20 43 4 20 + 23 11 5,6 e Taureau
- 25 5 11 13 27 21 43 5 36 + 25 36 6,6 Ç Taureau
- 5 4 2 10 49 17 37 1 49 + 9 44 10,0 O Poissons
- Vénus. . . .< 15 3 48 10 57 18 6 2 36 + 14 2 10,0 Bélier
- 25 3 38 11 6 18 35 3 25 + 17 46 9,8 ô Bélier
- 5 2 49 8 29 14 9 23 29 — 4 57 5,4 Verseau
- Mars < 15 2 24 8 17 14 11 23 57 — 1 58 5,6 Poissons
- 25 1 59 8 6 14 13 0 25 + 1 0 5,8 Poissons
- Jupiter. . . . 15 3 12 9 56 16 40 1 37 + 8 53 31,6 n Poissons
- Saturne . . . 15 21 9 1 27 5 45 17 6 — 21 11 16,4 0 Ophiuchus
- Uranus. . . . 15 2 32 8 43 14 53 0 23 + 1 46 3,4 44 Poissons
- Neptune. . . 15 11 8 18 13 1 18 9 55 + 13 13 2,4 V Lion
- VISIBILITÉ
- > »
- ' Un peu visible à la fin du mois.
- Inobservable.
- • Un peu visible le matin.
- Inobservable. Seconde partie de la nuit.
- Inobservable. Première partie de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en
- temps universel, du passage au méridien de Paris.
- cipaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mai. Il a été dressé à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1928.
- Mercure sera invisible pendant la plus grande partie du mois. La plus grande élongation du soir se produisant au début de juin, on pourra rechercher la planète, à l’Ouest, à partir du 25 mai.
- i la phase et la grandeur stellaire de Mercure : Dates. Disque illuminé. Grandeur :
- Mai 5 0,99 -1,8
- — 10 0,95 -1,5
- — 15 0,84 — 1,1
- — 20 0,71 — 0,5
- — 25 0,58 0,0
- — 30 0,46 + 0,4
- Vénus est inobservable pendant tout le mois.
- Mars se lève, le 25, exactement 2 heures avant le Soleil. On pourra donc l’observer avant l’arrivée du jour. Son diamètre est encore bien réduit et il faut attendre pour commencer une étude utile de la surface.
- Jupiter est inobservable, s’étant trouvé en conjonction avec le Soleil, le 6 avril.
- Saturne est surtout visible après minuit. Au début du mois, il se trouvera à mi-distance des étoiles vj et 0 Ophiu-chus. Une petite lunette de 0“,075 permet d’observer l’anneau. En mai, le petit axe de l’anneau atteindra presque son maximum pour l’année. C’est-à-dire que l’ouverture des anneaux devient de plus en plus importante.
- tout visible lors de ses plus grandes élongations. Voici celles
- qui se produiront en mai Dates. Élongation. Heure.
- Mai 5 Orientale. 9\6
- — 13 Occidentale. 13\8
- — 21 Orientale. 7h,2
- — 29 Occidentale. llh,l
- Uranus, tout près de l’étoile 44 Poissons, est inobservable ; il se lève 2 heures environ avant le Soleil, au milieu du mois.
- Neptune sera en quadrature orientale avec le Soleil, le 17 mai. Pendant tout le mois il sera presque immobile, à moins de un degré de l’étoile v Lion. Neptune sera stationnaire le 7 mai, à 9h. On s’aidera, pour le trouver, de la petite carte que nous avons donnée au n° 2774» du 1er décembre 1927, p. 518. Neptune brille comme une étoile de 8e à 9e grandeur.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- en conjonc. avec o Poissons (gr. 4,5),
- Le 3, à 10h, Vénus
- Le 7, à 17h, Saturne Le 15, à llh, Mars Le 15, à 23h, Uranus Le 17, à 9h, Jupiter Le 17, à ÎO1*, Vénus
- Le 18, à 17h, Vénus Le 20, à 20h, Mercure Le 25, à 15h, Neptune
- à 0°13 S. la Lune, à 2° 29' N. la Lune, à 3° 49' N. la Lune, à 4° 28' N. la Lune, à 2° 48'N. n Bélier (gr. 5,5), à 00 12' N. la Lune, à 1° 9'N. la Lune, à 1° 26' N. la Lune, à 4° 53' S.
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- Étoiles filantes-. — Du 1er au 13 mai, on peut observer la chute des Aquarides. Ce sont des étoiles filantes rapides, avec traînées. Le radiant est voisin de l’étoile r, Yerseau. La figure 1 montre la position de deux radiants des Aquarides, toutes deux données par M. W.-F. Denning. L’une, celle de gauche, est figurée d’après la position donnée dans Y Annuaire astronomique Flammarion; l’autre, celle de droite, d’après la position indiquée dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes.
- La conclusion qui s’impose, c’est que des observations nouvelles sont nécessaires pour déterminer la position probable du radiant des Aquarides. Yoir d’ailleurs le tableau suivant :
- Radiant
- Dates. Essaim. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- 29 avril-2 mai Aquarides 326° — 2° a Verseau.
- 1" au 13 mai Aquarides 339° — 2° (] Yerseau.
- 22 mai — 232° + 250 a Couronne
- Étoile Polaire. —Voici les heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Heure. Temps sidéral à 0h
- Dates. Passage. (T. U.) (T. U.)
- Mai 10 Inférieur 22h llm 28s 15h 10m 10“
- — 20 — 21h 32“115' 15h 49m368
- — 30 — 20h 53m 4‘ ÎÔ^81 2S
- Y. Constellations. — L’aspect de la voûte étoilée, le
- !r mai à 23h, ou le 15 mai à 22h, est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse (Mizar, v, 23 h, g); le
- Bouvier (-:, %, \, x, 44 i) ; les Chiens de Chasse (Le Cœur de Charles).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire, 5, it, y) ; Céphée (ô, M, •/., £, [3, o) ; Cassiopée (t), ï, a),
- Au Nord-Est : Le Cygne.
- A l’Est : Le Scorpion et l’Aigle se lèvent; la Lyre (a, s, Ç, ï], M. 57); Hercule (a, p, x, 95, t, M. 13); la Couronne.
- Au Sud-Est : Ophiuchus (36 À, p, 39, 67, 70).
- Au Sud : La Vierge (y, 0, 84, 54, 17, nébuleuses); le Bouvier (Arcturus) ; la Balance (a, p, Ç, t) ; le Corbeau (ô, 23675).
- A l’Ouest : Le Lion (a, p, y, Ç, i, 54, 90) ; le Cancer (amas) ; les Gémeaux (Castor et Pollux).
- Au Nord-Ouest : Capella glisse à l’horizon.
- Em. Touchet.
- UN PROCÉDÉ DE MATURATION ARTIFICIELLE
- DES FRUITS
- On s’est aperçu, il y a quelques années, que certains fruits, notamment les oranges et les citrons, cueillis avant d’être tout à fait mûrs pouvaient être très rapidement portés à maturité en les exposant pendant un certain temps à une atmosphère d’éthylène. Cette constatation, qui paraît avoir été faite pour la première fois par Chase et Denny, n’a pas tardé à être étudiée de près par toute une série d’auteurs américains.
- Harvey notamment a fait les mêmes constatations non seulement avec l’éthylène, mais aussi avec le propylène et l’acétylène et il est arrivé ainsi à hâter la maturation des fruits aussi bien que des légumes. Ainsi, par exemple, il fait augmenter avec l’éthylène la richesse du céleri en sucre de 20 à 30 pour 100. Les bananes, les tomates et d’autres fruits peuvent également mûrir sous cette influence en perdant leur excès d’acidité ou, quand il s’agit de plantes qu’on fait habituellement « blanchir » en perdant leur chlorophylle. De même les tanins et d’autres substances en excès dans la plante encore impropre à la consommation disparaissent du fait de ce traitement.
- On est arrivé ainsi à faire mûrir en 3 à 6 jours des tomates dont le diamètre ne dépassait pas 3 cm. Dans d’autres cas, 24 à 60 heures d’exposition à l’atmosphère gazeuse suffisent pour obtenir un résultat suffisant.
- Il serait fort intéressant de savoir comment l’éthylène agit. Mais jusqu’ici on en est réduit à des hypothèses assez peu satisfaisantes. En tout cas, les choses se passent comme si l’application de ce gaz déterminait une augmentation du taux de la respiration. En effet la température des locaux où sont contenus les fruits s’élève sous l’influence de ce traitement. D’autre part, pour Réa et Mullinix l’éthylène agit comme un ferment pour convertir l’amidon en sucre. Si cette hypothèse se vérifiait l’éthylène devrait être considérée comme un agent catalytique. Mais cette action doit être assez différente de celle qui permet à l’éthylène de faire disparaître la chlorophylle.
- Si cette méthode de traitement paraît vraiment physiologique à certains auteurs comme Harvey il faut reconnaître cependant que pour d’autres et notamment pour Chace el Chureh, l’éthylène provoquerait une simple coloration de l’écorce du citron, étant donné que la constitution chimique de la pulpe ne serait pas sensiblement modifiée. Mais les arguments de ces derniers auteurs ne paraissent pas très significatifs. On est donc en droit jusqu’à nouvel ordre d’admettre qu’il s’agit d’une véritable maturation, de sorte que la question qui se pose maintenant pour les hygiénistes est de savoir comment les vitamines supportent ce traitement.
- On sait, d’une manière générale, que les fruits et les légumes perdent un peu de leurs vitamines au cours de la maturation. Les « petits pois », les carottes et les pommes de terre nouvelles sont les uns et les autres plus riches en vitamines que les mêmes légumes arrivés à leur état de maturité complète. Il n’est pas impossible qu’il en soit de même pour les fruits, le milieu acide des fruits verts étant particulièrement favorable à certaines vitamines et plus spécialement à la vitamine C. Il ne serait donc pas tout à fait impossible que le traitement par l’éthylène appauvrisse d’une façon exagérée les légumes et les fruits de leur contenu en vitamines. C’est là une question qui devra être étudiée par les biologistes. En attendant il semble bien que l’étude de cette question de la maluration artificielle des végétaux constitue une question d’un très grand intérêt aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs.
- Dr P.-E. M.
- On retrouvera des renseignements complémentaires sur cette question dans les travaux suivants :
- Chace et Church. Effect of Ethylene on Composition and Color of Fruits. Indusl. and Engin. Chem., octobre 1927.
- Chase et Denny. Use of Ethylene in the Coloring of Citrus Fruit. Indust. and Engin. Chem., avril 1924.
- Hervey. Use of Ethylene in Chemical Ripening of Fruits and Yegetables. Chem. Bull., avril 1927, p. 101.
- Rea et Mullinix. Action of Ethylene on Pure Starch. Journ. Am. Chem. Soc., août 1927.
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- LIVRES NOUVEAUX
- De la résistance de l’air au mouvement des projectiles, par le colonel A. Grouard, 1 brochure 92 p., 7 fig. Berger-Levrault, éditeurs, Paris 1928. Prix ; 6 francs.
- La dérivation des projectiles a depuis longtemps attiré l’attention des artilleurs et des savants. Robins, dès 1742, montrait que la résistance de l’air sur un projectile sphérique en rotation cesse d’être dirigée parallèlement à la trajectoire. Cette idée, combattue par Euler, puis par Poisson, et cependant conforme à la réalité, n’a pu se faire jour que 100 ans plus tard, avec les théories du général Didion et les expériences célèbres de Magnus. Sur ces bases, la dérivation du projectile sphérique s’explique aisément. Mais à ce moment apparaissaient des projectiles oblongs lancés par les canons rayés et devant la complexité plus grande de la dynamique de ces mobiles, les théories classiques se contentèrent d’approximations qui s’accordent mal avec les phénomènes observés sur les projectiles sphériques. Le colonel Grouard, partant des données établies par Magnus, exprime les effets de la rotation des projectiles par des formules simples et suffisamment approchées pour permettre de prévoir toutes les particularités de la dérivation. L’auteur, qui faisait partie de commissions d’expériences en 1869, constate un bon accord entre sa théorie et ses observations de cette époque. Il est à souhaiter que cette théorie, fort intéressante, soit confrontée avec les résultats donnés par les matériels modernes.
- Cours pratique d’Electricité industrielle, par Léon Boutiiillon et M. Goudonnet,2 vol. illustrés. Gauthier-Villars, éditeurs. Paris 1927. Prix : 1er vol. 14 francs, 2e vol. 20 francs.
- Cet ouvrage a été rédigé à l’usage des élèves de l’enseignement technique. Les auteurs se sont donc proposé d’écrire tout d’abord un manuel simple et pratique, et surtout donnant les connaissances nécessaires pour comprendre et manier les machines industrielles; or, celles-ci sont aujourd’hui avant tout des machines d’induction qui exigent la connaissance des lois de l’électricité dynamique Cette considération a dicté le plan de l’exposé théorique des lois fondamentales auxquelles est consacré le premier volume. Après les notions préliminaires de mécanique, ils prennent comme point de départ, les notions de courant électrique, d’intensité, d’énergie électrique et de potentiel ; puis ils exposent les lois d’Ohm et de Joule, le magnétisme, l’électro-magnétiSme et les lois de l’induction, ensuite les condensateurs et le champ électrique, puis les courants alternatifs. Ce mode d’exposition, conforme à celui adopté par M. Fabry, relègue au second plan l’électricité statique. Les auteurs justifient ce choix par d’excellentes raisons d’ordre pratique. Mais le développement rapide des applications électroniques conduira sans doute un jour à revenir, même dans les ouvrages destinés aux praticiens, à l’exposé autrefois classique débutant par la peau de chat et les balles de sureau.
- Le 2e volume est consacré aux machines et appareils électriques : dynamos, alternateurs, moteurs, transformateurs et convertisseurs. Il explique le principe et le fonctionnement des principaux types de ces machines, avec quelques notions sur leur construction. Les appareils thermoioniques, les piles, accumulateurs, l’appareillage, les appareils de mesure sont ensuite étudiés dans le même esprit. Les théories exposées sont simples et toujours adaptées aux types de machines les plus modernes, ce qui confère une véritable originalité à cette partie de l’ouvrage. Celui-ci, dans son ensemble, constitue un excellent traité élémentaire.
- Le charbon de bois. Fabrication en forêt, par les procédés ordinaires et avec les appareils actuels, par Max Ringelmann. 1 vol. in-l6, .125 p., 32 fig. Librairie agricole de la Maison Rustique. Paris, 1928. Prix : 6 francs.
- La production de charbon de bois permet de débroussailler les forêts, de nettoyer leur sol, de diminuer ainsi les causes d’incendie, d’augmenter leur production et leur valeur. Elle fournit à l’agriculture un combustible qu’on sait maintenant bien utiliser dans les moteurs. Elle fournit aux transports une source de force motrice qui présente un intérêt national. La fabrication du charbon de bois était jusqu’ici un art, de conduite difficile qui limitait la production. Des appareils sont nés, les uns transportables pour travailler à pied d’œuvre en forêt, les autres, fixes, véritables usines à récupération de sous-produits, qui tous permettent la carbonisation du bois en grand, sans technique spéciale. Ce petit livre les décrit et les étudie, d’après l’expérience acquise en ces dernières années au cours de nombreuses épreuves officielles
- Paysages et problèmes géographiques de la Terre américaine, par Douglas W. Johnson. 1 vol. in-8, 248 p.)
- 52 fig., 40 pl. Bibliothèque Géographique. Payot, Paris, 1927 Prix : 40 francs.
- L’auteur, professeur à l’Université Columbia, est venu faire dans les Universités françaises une série de cours dont on trouve ici les thèmes principaux. Gela fait un livre captivant par la description des grandioses spectacles de la nature qu’offre la terre américaine et par l’analyse délicate de l’origine de ces aspects.
- On y voit les merveilles que sont le Niagara, le grand Canyon du Colorado, le Parc National des glaciers ou la vallée de Yose-mite et les conclusions de la science américaine sur les problèmes de la physiographie où elle est passée maître.
- Les plantes médicinales, par Ph. Eberhardt. 1 vol. in-16, clxiv -f- 136 p., 52 fig., 7 pl. en noir et 96 en couleurs. Encyclopédie pratique du naturaliste. Paul Lechevalier. Paris 1927. Prix : cartonné toile, 36 francs.
- Depuis la guerre, la cueillette et la culture des plantes médicinales se sont beaucoup développées en France Un bon manuel écrit avec compétence rendra donc d’utiles services. C’est le cas de ce livre du professeur de la Faculté des Sciences de Besançon qui a propagé l’utilisation de cette richesse en Franche-Comté. La première partie donne les caractères des plantes, leurs propriétés et leurs usages. Deux chapitres sont consacrés à la récolte, à la culture, aux dates de cueillette, aux modes de séchage et de préparation. Un magnifique album de 103 planches, presque toutes en couleurs, faisant chacune face à une page de texte, représente les espèces intéressantes de nos régions.
- Traité de zoologie, par Edmond Perrier. Fasc. YIII. Développement embryogénique des Vertébrés allantoïdiens. Les Reptiles, par Rémy Perrier. 1 vol. in-8, p. 2881-3118, 129 fig. Masson et Cie. Paris, 1928. Prix : 40 francs.
- Le grand Traité de zoologie d’Edmond Perrier, interrompu par sa mort, est continué par son frère et l’on peut en espérer prochainement la fin. Voici un nouveau fascictde consacré d’une part au développement des vertébrés marcheurs terrestres, amniotes ou allantoïdiens, depuis l’œuf jusqu’à la constitution des organes et à la forme adulte, et d’autre part, à la classe des Reptiles. L’anatomie de ceux-ci est décrite fonction par fonction, puis leur classification, en y comprenant les espèces fossiles. C’est le seul ouvrage français aussi détaillé et aussi complet pour la zoologie.
- Les aspects chimiques de l’immunité, par H. G.
- Wells. Traduction de L. Boëz. 1 vol. in-8, 384 p., Gaston Doin et Cie. Paris 1928. Prix : 35 francs.
- Cet ouvrage fait partie de la série des monographies publiées par la Société des chimistes américains. Il représente un aspect de l’immunologie, différent de celui habituellement considéré en France puisqu’il envisage plus spécialement le point de vue chimique, auquel conduit, comme dit Duclaux, toute étude approfondie des problèmes biologiques.
- Ce traité comporte un exposé méthodique des connaissances récentes sur l’immunité; il permettra au lecteur français de se documenter rapidement sur les progrès de ces recherches dans les pays de langues anglaise et allemande.
- Les Chartreux maîtres de Forges, par A. Bouchayer. Bois en couleurs, dessins et cartes de D. Girard. 1 vol. in-8, 248 p. Éditeur : Odier et Richard. Grenoble 1927. Prix : 50 francs. Cet élégant et attrayant volume, luxueusement édité, nous apporte une véritable révélation en matière d’histoire de la technique. Selon l’auteur, le procédé de fabrication de l’acier en deux temps, en passant par la fonte, procédé qui est la base même de la sidérurgie moderne, serait dû aux Chartreux du Dauphiné. A vrai dire, ce n’est là qu’une hypothèse, trè'S vraisemblable, mais qui ne s’appuie que sur bien peu de documents, et qui, par suite, reste discutable. Mais qu’elle soit vraie ou fausse, le travail de M. Bouchayer reste d’un puissant intérêt, car il nous montre comment les Chartreux, dès la fondation de leur ordre au début du xme siècle, et dès leur installation dans le Désert dauphinois, cherchèrent dans la fabrication du fer les ressources nécessaires à leurs œuvres charitables ; rapidement ils passent maîtres en cette technique; leurs produits sont célèbres dans le monde entier; les progrès et les inventions se multiplient au sein des Chartreuses dauphinoises et se propagent dans toute l’Europe, par l’intermédiaire des diverses maisons de l’Ordre. L’industrie des Chartreux fut brillante pendant tout le moyen âge. Puis les guerres de religion lui portent un rude coup. Elle s’en relève pour décliner au xvme siècle, par suite des difficultés créées par les règlements forestiers et s’interrompre définitivement à la Révolution.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Premier vol en circuit fermé.
- Il y a juste vingt ans, le 11 janvier 1908, Henry Farman, pilotant un appareil construit par les frères Voisin, appareil propulsé par un moteur Antoinette construit par Levavas-seur, bouclait le kilomètre au-dessus du terrain d’Issy-les-Moulineaüx.
- Il recommençait cet exploit deux jours après, le 13 janvier, remportant ainsi le prix Deutsch-Archdeacon.
- Mesure en vol des déformations des avions.
- MM. Huguenard, Magnan et Planiol, les inventeurs de l’accélérographe déjà décrit dans La Nature (n° 2778), ont construit également un appareil destiné à la mesure des déformations en vol, des différentes parties d’un avion (des ailes en particulier).
- Cet indicateur de déformations comprend essentiellement : une armature fixe, définissant le système de coordonnées par rapport auquel sont mesurées les déformations; une armature mobile liée à la pièce déformée ; un comparateur mesurant le mouvement relatif des deux armatures précédentes.
- L’armature fixe est placée, soit à l’intérieur de l’aile quand la construction le permet, à l’extérieur pour les ailes minces; elle est alors profilée en forme de moindre résistance.
- Le comparateur employé est à transmission liquide. Il se compose, au transmetteur, de deux capsules manométriques opposées fixées à l’armature mobile, et séparées par une pièce fixe.
- Tout mouvement relatif se traduit donc par une dépression dans l’une des capsules et par une surpression dans l’autre.
- Le même système manométrique se retrouve au récepteur, où il actionne la plume d’un enregistreur à tambour.
- Combiné à un accélérographe, cet indicateur de déformations permet le contrôle complet de la tenue en vol des éléments de l’avion, donc l’étude des conditions à imposer et des méthodes de calcul permises.
- Le raid d’Hinckler.
- Le pilote anglais Hinclder vient de réaliser un raid d’un grand intérêt, d’Angleterre en Australie.
- ParLi de Londres le 7 février, il a touché l’Australie le 23. Il a donc parcouru en 16 jours, par bonds de 1000 à 1500 km, la distance que Ross Smith avait mis 28 jours à couvrir.
- Or, Ross Smith disposait d’un appareil de 700 ch, alors que Bert Hinckler pilotait, seul, un avion de 80 ch.
- Cet appareil est un biplan Avro-Avian très utilisé en Angleterre, muni d’un moteur Cirrus à 4 cylindres en ligne.
- Pour le raid, l’appareil a subi "quelques modifications : le profil d’aile a été changé (profil biconvexe) ; au réservoir normal placé dans le plan supérieur a été ajouté un réservoir fixé à la place du passager. Le train d’atterrissage a été modifié pour permettre une manœuvre facile au sol de l’appareil replié (les ailes se replient contre le fuselage, en entraînant dans ce mouvement l’un des mâts du train, reculant les roues vers le centre de gravité de l’avion).
- L’avion emporte également un niât de rechange, de la toile et un bateau de caoutchouc.
- Avion Sikorsky 5-37.
- Les appareils de transport de gros tonnage, s’acheminent depuis longtemps déjà vers la formule : monoplan à aile épaisse, comportant le minimum de mâts et haubans; ceci en raison de la grande importance des profils épais et des importants porte-à-faux qu’ils permettent (possibilité d’utilisation de longerons de grande hauteur). Les profils épais présentent malheureusement une traînée supérieure à celle des profils minces, et, de plus, l’allongement (rapport de l’envergure à la profondeur de l’aile) se trouve toujours limité, sur le monoplan, par l’épaisseur du profil employé.
- Or, la traînée de l’aile diminue, à surface égale, quand l’allongement augmente. Une solution toute différente se présente donc pour l’avion de gros tonnage : le multiplan de grand allongement à ailes minces et grand entreplan (réduction des interactions).
- Cette solution est défenduç depuis longtemps par le constructeur. Sikorsky ; les cellules obtenues présentent un rendement aérodynamique voisin de celui des monoplans, le gain de poids qu’elles donnent est intéressant.
- Encore dernièrement, un appareil Sikorsky, le 5-37, est sorti, donnant des résultats satisfaisants.
- Cet appareil, un bimoteur de transport de 850 ch, est construit entièrement en duralumin rivé et boulonné (rivets de duralumin, boulons d’acier au nickel). Les longerons sont en double T, avec âme triangulée en poutre Warren; les entretoises et les nervures sont également en profilés assemblés.
- La voilure, recouverte de toile, est sesquiplane, chacun des plans présentant un allongement voisin de 11.
- Le fuselage est constitué par deux poutres de Warren verticales, formées de. cornières de duralumin; ces poutres sont réunies par des traverses et des croisillons de corde à piano. Un lattis léger bombe les faces inférieure et supérieure du fuselage qui est ensuite entoilé.
- Les moteurs sont fixés dans des nacelles latérales, placées entre les plans ; au droit du premier mât de cellule à l’arrêt d’un des moteurs, le couple est compensé par un empennage vertical spécial (biplan à profil dissymétrique). Le démarrage est assuré électriquement.
- L’aménagement de l’appareil comporte, à l’avant, un poste de pilotage à deux places côte à côte ; derrière celui-ci la cabine des passagers mesurant 1 m. 30X1 m- 83X4 m. 88; cette cabine est prévue pour 16 passagers; elle est revêtue intérieurement de « Balsam wood », isolant contre le froid et le bruit des moteurs.
- Le train d’atterrissage est sans essieu, il comporte deux mâts en Y articulés et un mât télescopique à amortisseurs oléo-pneumatiques et à rondelles de caoutchouc.
- Voici les caractéristiques de l’appareil :
- Puissance.............. 850 ch.
- Surface portante . . 100 m2.
- Poids vide............ 3267 kg.
- Poids en charge . . 6441 kg (16 passagers, 600 kg de fret).
- Vitesse maxima . . 225 km/h.
- Vitesse de croisière. 193 km/h.
- Rayon d’action, . . 7 heures.
- Tout dernièrement cet avion a été transformé en appareil de bombardement de nuit (remplacement des moteurs par deux moteurs de 525 ch, agrandissement de l’empennage horizontal) ; ce dernier type est actuellement construit pour l’aviation militaire américaine.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE INDUSTRIELLE L’emploi des petites eaux de formol.
- La récupération du formol contenu dans les solutions résiduaires très diluées provenant de la fabrication soit de la bakélite., soit de la galalithe, soit du lavage des laines et des crins, serait de la plus haute importance si on pouvait la faire économiquement et effectivement.
- Dans le lavage des laines et crins, on emploie des quan. tités considérables de formol à 2 pour 100 et on en laisse dans les petites eaux 0,5 pour 100 environ.
- Dans l’industrie de la bakélite, quand on travaille mal, on en laisse jusqu’à 10 à 15 pour 100; quand on travaille bien, on en laisse de 4 à 6 pour 100.
- Dans l’industrie de la galalithe on a des petites eaux à 2 à 3 pour 100.
- MM. W. Ledburget W. Blair ont traité la question, tant au point de vue laboratoire qu’au point de vue industriel, dans le Chemical Trade. Leur travail a été effectué au bureau des recherches chimiques du Département des recherches scientifiques et industrielles.
- Il semble que cette question soit en bonne voie d’être résolue. L’inconvénient qui se présente, si l’on distille les petites eaux de formol, c’est que, au cours de cette opération, cet aldéhyde subit une décomposition partielle.
- On constate une différence notable entre la quantité d’aldéhyde mise en jeu et celle récupérée.
- La cause en tient en partie aux soudures des appareils de distillation qui ont une influence néfaste sur le formol. Il faut que, dans la cucurbite et la colonne de distillation, les soudures à l’étain soient recouvertes de cuivre, afin d’éviter le contact du formol et de la soudure. Ce cuivrage s’obtient par dépôt de nitrate de cuivre. 'Cette couche protectrice réduit sensiblement la perte en formol.
- On a observé dans cet ordre d’idées que des traces même minimes de plomb, ce qui est le cas pour la soudure à l’étain, devaient être impitoyablement proscrites de tout appareil.
- Mais la dépense de vapeur nécessaire pour concentrer une solution de formol par distillation est très grande et rend l’opération très dispendieuse.
- Voici un premier résultat de l’expérience :
- Si l’on distille les 2/5 d’une solution de formol à 0,5 pour 100, on récupère 73 pour 100 du formol total sous forme d’une solution à 0,91 pour 100.
- Cet essai a été fait au laboratoire.
- Voici un autre essai fait industriellement..
- On part d’une solution de formol à 0,5 pour 100 et, par une suite de distillations successives dans lesquelles le distillât provenant d’une opération devient la charge de la distillation suivante, on arrive à des concentrations convenables. Mais, en somme, on peut dire que la distillation des petites eaux de formol sous la pression atmosphérique est un leurre.
- On a donc étudié systématiquement la distillation sous pression en vue d’augmenter la concentration en formol dans la phase vapeur et par suite dans le distillât.
- On a constaté qu’à la pression de 4 kg, la concentration de formol dans la vapeur, et par suite dans le distillât également, atteint sa valeur optima; c’est ainsi que, en distillant un cinquième du volume des petites eaux à 4 kg de pression, on arrive à obtenir tout de suite un distillât 3 fois plus concentré que la solution initiale.
- Mais pour des solutions de concentration plus élevée, l’opération réussit moins bien. A la pression de 17 kg, le formol se décompose.
- On a étudié également l’influence de l’alcool méthylique
- toujours [présent dans le formol commercial. La plus grande proportion d’alcool méthylique se trouve dans la première portion du distillât, soit avec une distillation sous pression ou non. Pour la distillation sous pression, la présence d’alcool méthylique a pour effet de diminuer considérablement le pourcentage en formol de la première fraction, mais en même temps d’augmenter la teneur en formol delà seconde fraction.
- 11 est une autre source de formol récupérable qui devrait attirer l’attention des industriels et utilisateurs de matières plastiques.
- Actuellement les déchets de sciage, perçage, tournage de galalithe, les chutes, les résidus de toute nature sont vendus à un prix infime (0 fr. 40 le kg) comme matière première pour engrais noir (traitement par l’acide sulfurique desdits déchets en présence de phosphates de chaux naturels, puis concassage, broyage et ^tamisage) ; il y aurait lieu d’étudier systématiquement la désintégration de ces déchets suivie d’une distillation sous pression destinée à augmenter le pourcentage en formol dans la phase vapeur et par suite dans le distillât. La question vaut la peine d’être traitée étant donnée la différence entre le prix du formol (9 francs le kg pour 40 pour 100 réel) et celui de ces déchets (0 fr. 40).
- Albert Hutin.
- NAVIGATION
- Un nouveau procédé pour la construction des navires.
- L’Allemagne a, conformément aux prescriptions du traité de Versailles, mis en chantier deux croiseurs de 6000 tonnes, le Karlsruhe et le Konigsberg, pour la construction desquels on a inauguré un moyen tout nouveau d’assemblage des tôles d’acier de la coque.
- Ces navires seront sans couture, c’est-à-dire que les rivets sont supprimés et les plaques soudées les unes aux autres par un procédé électrique.
- Les constructeurs allemands qui inaugurent ce système estiment qu’ils obtiendront un gain sur le temps employé au montage de la coque et aussi sur le poids de cette coque par la suppression des rivets. Mais ce second point est discutable puisque le rivet ne fait que remplacer le métal du trou qu’il vient remplir. Par ailleurs, on est porté à croire que le travail de soudage des plaques diminuera la valeur de leur résistance.
- Quoi qu’il en soit, c’est là une expérience très intéressante, mais dont seule la tenue à la mer de ces navires pourra confirmer ou infirmer la valeur. La coque d’un navire doit supporter, dès qu’il affronte la mer, et plus encore, naturellement, la grosse mer, des efforts souvent énormes dans lesquels les lignes d’assemblage des tôles jouent un rôle particulièrement important.
- On voit donc que la marine allemande fait preuve d’une certaine audace en adoptant, tout de go, un procédé dont la faillite, si elle venait à se produire, serait soudaine et pourrait provoquer une véritable catastrophe. Cette particularité mise à part, ces deux nouveaux croiseurs sont des navires remarquablement étudiés. Leur déplacement de 6000 tonnes est la limite supérieure imposée par le traité de Versailles qui fixe aussi à 147 mm le calibre maximum de leur artillerie. Ils porteront 9 de ces canons en 3 tourelles axiales triples. La vitesse prévue est de 32 nœuds fournis par des turbines à engrenages d’une puissance de 65000 ch, mais en plus ces navires porteront des Diesel qui serviront pour croiser à 10 ou 12 nœuds, permettant ainsi d’économiser totalement le combustible des chaudières. Par ces moyens on atteindra un rayon d’action de 6000 milles, ce qui est très considérable.
- Cl S au vaire-Jourdan.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Coupe-boulons.
- Généralement les coupe-boulons sont constitués de façon à ne pas permettre l’arasement de la tête au niveau exact de
- l’écrou et le filet de la tige saillante se trouve généralement écrasé par les pièces coupantes.
- Un nouveau système évite tous ces inconvénients. L’angle coupant de la lame glisse sur la surface externe de l’écrou pour cisailler, au niveau de cette surface, la tige qui en sort, tandis que le corps du coupe - boulon prend appui sur le côté de l’écrou.
- La construction est conçue d’unefaçontrès ingénieuse : le corps de l’outil est formé par une cage fermée par une plaque ; ce corps est solidaire d’une poignée et porte un axe sur lequel s’articule un levier dont l’extrémité forme excentrique et pousse le porte-outil dans la cage. Une biellette articulée sur le porte-outil et sur le levier assure le recul du porte-outil lors de l’écartement des leviers.
- L’outil coupant est donc entraîné par le porte-outil au moyen d’une série de dents et il présente son angle coupant sur la face de l’écrou, tandis que le bord supérieur de la cage s’appuie sur une des faces de ce même écrou.
- Par conséquent, lorsqu’on rapproche les poignées, la lame glisse sur la face de l’écrou et l’on coupe la tige filetée à son niveau, sans détériorer le filet restant qui est soutenu par le taraudage
- de l’écrou. Grâce à la série de dents on peut corriger la course de la lame lorsqu’elle s’est raccourcie à la suite de divers affûtages.
- Cet appareil est donc très intéressant, car il permet le cisaillement dans des conditions telles que la retouche ultérieure est inutile, lorsque l’on veut qu’aucune longueur de tige filetée ne dépasse l’écrou qui le bloque dans sa position.
- A. Guyot, route de Paris, à Mably (Loire).
- Verrou amovible de sûreté.
- Voici un petit dispositif particulièrement ingénieux et simple, qui bloque une serrure à l’intérieur d’une pièce et empêche ainsi tout cambriolage.
- Cet appareil peu volumineux, qui se met facilement et sans gêne dans la poche du gilet, permet au voyageur dans une chambre d’hôtel, d’arrêter le cambrioleur qui craint le bruit.
- Le verrou est constitué par un anneau solidaire d’une petite rondelle-écrou, qui se visse sur une tige filetée, terminée par une patte d’équerre. Sur la tige coulisse une
- (/llliliJl'I/iUlfdiKIl/UlL,'' un, mgr/
- Fig. 3. — Verrou amovible de sûreté, a) replié pour la poche ; b) déplié pour l’emploi; c) première phase de la mise en place; d) appareil bloquant la serrure.
- sorte de fourche qui vient s’appliquer, lorsqu’on visse la rondelle-écrou, de part et d’autre du corps de la serrure et de la gâche.
- L’équerre de la tige filetée pénètre à l’intérieur de la gâche. Pour la placer facilement, on ouvre la porte et on tient la pièce en U verticalement; on ferme la porte, on fait tourner la pièce en U ou croissant et on la place horizontalement. On visse ensuite la rondelle-écrou en faisant tourner la boucle de manière à bloquer la pièce sur le corps de la serrure et sur la gâche. Grâce à l’arc-boutement produit par le retour d’équerre, il est désormais impossible de fracturer la porte. L’appareil se pose et s’enlève d’ailleurs instantanément.
- Constructeur : S E. P. I. N‘., 98, rue Réaumur, Paris (11e).
- Petit coffre-fort encastré et portatif.
- Un inventeur a récemment imaginé un dispositif tout à fait original, destiné à protéger les objets précieux : bijoux, sommes d’argent, etc., en assurant une sécurité très grande, tout en permettant de transporter le petit coffre qui les contient, et de réaliser, en chaque endroit où l’on se trouve au cours d’un déplacement, la même sécurité que chez soi.
- coupant
- Porte-outil.
- Biellette
- Levier
- Schéma du coupe-boulons.
- Fig. 2. — Détail du coupe-boulons.
- . Tige a couper
- Ecrou
- Outil
- coupant
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- L’appareil comporte un casier métallique robuste, dont les dimensions sont invariables. Ce casier peut s’encastrer dans le mur d’une habitation particulière, dans le mur d’une chambre d’hôtel, dans les parois d’un compartiment de chemin de fer, d’une cabine de bateau.
- Le casier sert de logement à une sorte de tiroir également métallique, qui vient s’ajuster exactement dans le casier. Il est fermé par une serrure à combinaison, comme celle que nous avons précédemment décrite, et qui a l’avantage de ne pas nécessiter de clé, tout en permettant de varier à l’infini le nombre des combinaisons possibles, la combinaison étant naturellement connue seulement du propriétaire du tiroir.
- Ainsi le tiroir se trouve dissimulé dans le mur de l’appartement. On peut d’ailleurs le disposer de façon qu’il soit un peu en retrait. L’ouverture est alors camouflée par des tentures, par du papier peint ou par tout autre dispositif qui augmente l’inviolabilité. La serrure ne peut être crochetée puisqu’il n’y a pas de clé et, si l’on ne connaît pas la combinaison, il est absolument impossible de l’ouvrir.
- Lorsque le possesseur des objets précieux contenus dans
- Mv
- Serrure à
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- yavYYYYYYYYyY
- Trou de rivet fraisé
- Fig. k. — Coffre-fort encastré et portatif.
- le tiroir part en voyage, il enlève simplement le tiroir qu’il met dans une gaine et qu’il emporte avec lui.
- Dans le compartiment de wagon-lit, dans la cabine du paquebot, dans une chambre d’hôtel où il descendra, il trouvera à sa disposition (lorsque le système sera diffusé suffisamment) un casier identique à celui qui est installé dans le mur de sa maison. Il pourra y placer son coffret et mettre à l’abri de la façon la plus sûre les objets auxquels il tient.
- Il les soustrait ainsi à tous risques de vol puisqu’il est impossible d’enlever le coffret et de détacher le casier de son support. En effet, un dispositif de rivets ménagés dans des trous fraisés est parfaitement inaccessible lorsque le coffre est en place dans le casier.
- Constructeur : Société des Serrures Ac’ement, 98, rue Réaumur, Paris.
- HYDRAULIQUE Un ascenseur d'eau.
- Lorsque l’on veut irriguer les terres avoisinant un cours d’eau, il est nécessaire de relever l’eau au-dessus du sol.
- Depuis très longtemps, on se sert pour cette élévation du cours d’eau lui-même ; c’est le principe des noria qu’on rencontre dans les pays les plus divers.
- M. Paul Ciron, deTlemcen, vient de proposer à cet antique procédé une variante qu’il a appelée « ascenseur d’eau automatique ».
- C’est une chaîne à godets disposée sur un 'pylône vertical. De ces godets, certains sont des auges ordinaires ouvertes, les autres sont des auges fermées, munies d’orifices latéraux situés vers le haut dans la partie ascendante de la chaîne.
- On comprend qu’une chute d’eau,telle que celle représentée sur la figure 5, actionne l’ascenseur. La force motrice produite par la descente des auges pleines d’eau qui se vident au bas delà chaîne permet d’élever les auges fermées, reconnaissables sur la figure à leur fente latérale; celles-ci ne se vident qu’au haut du pylône quand elles changent de position.
- Le rapport entre la hauteur de chute et la hauteur d’élévation, pour une proportion donnée d’auges fermées, est aisé à calculer en tenant compte des frottements.
- L’ascenseur d’eau peut trouver dans certains cas favorables une utilisation pour l’irrigation, par exemple en Algérie, sur le parcours des oueds.
- M. Paul Ciron, Tlemcen.
- CYCLISME
- Arrache-clou.
- Yoici un système d’arrache-clou qui était exposé au Concours Lépine et qui permet de protéger les enveloppes des bicyclettes et des motos. Il se monte sur le garde-boue. Pour cela, on perce dans ce dernier un trou de 5 mm à l’arrière de la roue, à 12 cm environ au-dessus du moyeu et, avec un boulon, on fixe l’appareil sous le garde-boue les dents en bas. C’est en somme un genre de fourchette à dents épaisses qui, dans le cas où un clou se fixe plus ou moins solidement dans l’enveloppe, l’arrête et le retire. L’appareil agit également sur les silex qui restent adhérents aux pneus.
- La fixation par boulons peut être remplacée par un collier et, dans le cas où l’on n’a pas de garde-boue, l’appareil est modifié de manière à être placé sur la roue avant avec collier à la fouche et sur la roue arrière avec des tringles. L’appareil ne frotte pas sur l’enveloppe, la denture effleure le caoutchouc sans s'y appuyer.C’est un réglage del’em-placement del’appareil qui donne ces conditions. Enfin le rayon de la courbure correspond à celui de l’enveloppe. On l’adapte à la main, exactement à la grosseur du pneu. II y a d’ailleurs trois sortes d’appareils pour les petits pneus, les pneus moyens et les gros pneus.
- L’Anticrèv, 3, rue Grétry, Paris.
- Fig. 5. — Ascenseur d’eau.
- Fig. 6. — L’Anticrèv.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Installation d’un poste à galène.
- Les résultats obtenus avec un poste à galène ne dépendent évidemment, question antenne et conditions locales mises à part, que de la qualité du détecteur à galène et du système d’accord.
- Vous pourrez vous procurer un bon poste à galène cbez de nombreux constructeurs, par exemple en vous référant aux adresses suivantes :
- Radio-Amateurs, 46, rue Saint-André-des-Arts, Paris (6e).
- Société Française Radioélectrique, 79, boulevard Haussmann, Paris.
- Le Matériel Téléphonique, 46, avenue de Breteuil, Paris.
- Comme notices de vulgarisation moderne se rapportant uniquement aux postes à galène, nous ne connaissons guère que les fascicules parus cbez Ghiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris.
- M. Patin, Gournay-en-Bray (Seine-Inféiueure).
- Construction d’un poste à changement de fréquence.
- Il est assez facile pour un amateur de construire un poste à changement de fréquence par lampe bigrille en utilisant des pièces détachées, spécialement construites que l’on trouve maintenant dans le commerce. Nous pouvons vous signaler, parmi les constructeurs de ces pièces, les fabricants suivants :
- Etablissements F. A. R. Voilant, agent général, 31, avenue Tru-daine, Paris.
- Etablissements Gamma, 16, rue Jacquemont, Paris.
- Ces pièces ont, d’ailleurs, déjà été décrites dans les chroniques de La Nature. D’autre part, vous pourrez trouver des renseignements sur les principes des appareils à changement de fréquence dans La superhétérodyne et la super-réaction (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris), et les plans de construction que vous demandez se trouvent, soit dans Les Montages Modernes en Radiophonie, tome III, soit dans la revue La T. S. F. pour tous du même éditeur, spécialement dans le numéro de février 1928.
- M. Soubens, Clamart (Seine).
- Entretien d’accumulateurs.
- L’emploi des lampes à faible consommation à filament thorié n’a pas supprimé l’usage des accumulateurs, comme on aurait pu le prévoir a priori, il a simplement modifié les caractéristiques de ces derniers.
- On choisit donc maintenant des batteries de faible capacité, mais très robustes, à lames très épaisses et ne nécessitant que des recharges peu fréquentes. Vous pouvez trouver toutes les indications utiles pour l’entretien de ces batteries dans La Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur).
- M. Steinberg, Paris.
- Augmentation de la sélectivité d’un appareil.
- Les postes à changement de fréquence sont évidemment les appareils les plus sélectifs qui existent à l’heure actuelle, surtout si l’on reçoit sur cadre, comme cela se fait d’habitude avec ce type de récepteurs.
- On peut cependant augmenter dans de grandes proportions la sélectivité d’un appareil à quatre lampes à un étage haute fréquence à résonance du type classique et sur antenne en intercalant entre l’antenne et la borne « antenne » du poste un circuit-filtre éliminateur.
- Ce circuit-filtre peut être formé simplement par une petite bobine en nid d’abeille et un condensateur variable à air de 0,5/1.000 à 1/1.000 de microfarad de capacité. Le circuit oscillant ainsi formé est accordé sur la longueur d’onde de l’émission à éliminer.
- Nous avons déjà d’ailleurs indiqué dans nos chroniques des modèles de ces accessoires. Vous pourriez trouver des renseignements complets à ce sujet dans le tome I des Montages Modernes en Radiophonie (Chiron, éditeur, 40, rue de Seine, Paris) ou dans la T. S. F. pour tous (revue du même éditeur).
- M. Delaporte, Senlis (Oise).
- Ouvrages ou articles sur la T. S. F.
- Vous pourrez trouver des articles sur la T. S. F., parus en 1926 et en 1927 dans La Nature, dans les numéros suivants : 2705, 2711, 2715, 2720, 2723, 2750, 2751, 2752, 2753, 2756, 2758, 2759, 2760, 2764, 2766, 2769, 2774.
- D’autre part, si vous désirez un livre indiquant exclusivement des schémas et plans de montage avec photographies et caractéristiques d’appareils modernes de réception, vous pourrez consulter les Montages Modernes en Radiophonie, livre déjà indiqué plus haut dans la réponse à M. Delaporte.
- M. Meyssan, Bordeaux (Gironde).
- Installation d’un appareil d’alimentation sur le secteur.
- Vous nous indiquez bien la tension du courant de votre secteur, mais non pas sa nature. Il est indispensable que vous précisiez si ce courant est continu ou alternatif pour que nous puissions également vous préciser quels appareils il faut adopter pour maintenir en charge constante vos batteries de chauffage et de tension-plaque de 4 volts et de 80 volts.
- M. Simon, La Madeleine-lez-Lille.
- Charge et construction d’une batterie de 80 volts.
- 1° Pour éviter tout danger de court-circuit dans le cas d’emploi du courant continu d’uD secteur, il suffit de placer un condensateur d’arrêt entre la borne « terre » du poste et la prise de terre. Ce condensateur, du type ordinaire téléphonique, aura une capacité de 1 à 4 microfarads.
- La charge d’un accumulateur de 80 volts sur le courant continu s’obtient en plaçant en série une résistance formée d’un dépôt de graphite ou de lampes à incandescence.
- Vous pouvez consulter à ce sujet La Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur).
- 2° Pour obtenir directement, à l’aide du courant continu d’un secteur, le courant de plaque nécessaire au fonctionnement d’un poste récepteur, il suffit généralement de filtrer le courant du secteur dans un circuit-filtre formé de capacités de plusieurs microfarads et d’inductances à fer de quelque 50 lienrys.
- La résistance ohmique des inductances suffit généralement à abaisser suffisamment la tension pour un secteur de 110 volts. On peut également employer des lampes à incandescence comme résistances.
- Vous pourriez trouver dans Les Solutions Modernes du problème de VAlimentation par le Secteur (Chiron, éditeur) les détails nécessaires pour la construction complète d’un tel dispositif.
- 3° Pour former une petite batterie d’accumulateurs de 80 volts à lames de plomb massif, on commence par charger cette batterie dans un sens quelconque jusqu’à ce que les lames prennent respectivement des teintes gris clair et brun rouge. Cette première opération dure de 20 à 25 minutes et l’intensité de charge, qui varie évidemment suivant la surface des lames, ne dépasse pas, en général, 0,3 ampère.
- On décharge très lentement la batterie à fond, puis on recommence la charge en inversant les pôles.
- Après quatre à six opérations successives semblables, on peut fixer définitivement les pôles, et la batterie peut entrer en service. Cependant on répétera fréquemment les charges pendant les premiers temps de service.
- M. G. D., Paris.
- Réception des concerts radiophoniques à grandes distances.
- Il est très difficile d’entendre à une distance extrêmement grande, par exemple celle séparant la France de lTndo-Chine, les émissions radiophoniques sur ondes longues telles que celles de la Tour Eiffel Ou de Radio-Paris.
- D’une part, en effet, l’affaiblissement des signaux à cette distance et sur ces longueurs d’onde empêche presque toute réception et, d’autre part, les bruits parasites atmosphériques
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- en Asie et en Afrique sont souvent tellement intenses qu’ils rendraient la réception désagréable et même souvent inaudible.
- Par contre, les émissions sur ondes courtes, de quelque 300 m. de longueur, et surtout les émissions sur ondes très courtes, au-dessous de 100 m., semblent généralement bien reçues à grandes distances et dans les pays tropicaux, d’une part, par suite du mode particulier de propagation de ces ondes, et, d’autre part, parce qu’une grande partie des parasites atmosphériques ont une longueur d’onde propre assez grande et ne sont pas entendus lorsque le poste récepteur est réglé sur les ondes très courtes.
- Nous publierons prochainement dans La Nature un article dans lequel nous étudierons le mode de propagation des ondes très courtes et les appareils de réception permettant de recevoir ces émissions.
- Nous vous indiquons, de suite, cependant qu’il existe deux catégories d’appareils récepteurs pouvant servir avec efficacité à la réception des émissions radiophoniques de ce genre.
- On peut employer soit une lampe détectrice à réaction, plus ou moins modifiée et suivie d’étages d’amplification basse fréquence, soit un poste à changement de fréquence muni d’un changeur de fréquence à lampe bigrille, par exemple, disposé spécialement en vue de la réception de ces ondes.
- Nous vous indiquons ci-dessous deux adresses de constructeurs pouvant vous fournir des appareils de ces deux types :
- Etablissements Radio-LL. 66, rue de l’Université, Paris.
- Comptoir de T. S. F. 11, rue Cambronne, Paris.
- Dr Dantrelle, a Charleville.
- Un intéressant procédé de Photo-multicopie.
- Ce procédé, qui est désigné sous le nom d’orthographie, permet de reproduire à un grand nombre d’exemplaires des documents, plans, dessins, dont on a pris une photographie au préalable, en transformant une couche de gélatine en planche phototypique.
- Pour cela on trempe pendant cinq minutes une épreuve sur papier au bromure dans l’eau froide, puis on l’essore et on l’applique sur une feuille de papier gélatiné qui a été immergée de deux à trois minutes dans un bain forint de la solution suivante, diluée à 15 °/0.
- Bichromate de potasse en solution à 10 °/0 . . 50 c. c.
- Ferricyanure de potassium en solution à 10 °/0 . 20 —
- Bisulfate de potassium en solution à 10 °/0. . . 2 —
- Bromure de potassium en solution à 10 °/0 . . 20 —
- Alun de chrême en solution à 10 °/0.......... 0,5 —
- Eau distillée q. s. pour faire 500 cc.
- On maintient en contact pendant 20 minutes l’épreuve au gélatino-bromure et la feuille de papier gélatiné, puis on les sépare, fi Le papier gélatiné, est alors placé dans de l’eau à 32°-33° c. On voit l’image apparaître en relief à cause du gonflement proportionnel de la gélatine qui s’est plus ou moins imperméabilisée dans les parties qui étaient en contact avec les noirs de l’épreuve.
- Pour obtenir des reproductions indélébiles, il suffit de passer sur cette feuille un rouleau garni d’encre ;phototypique et d’y appliquer la feuille de papier sur laquêlle doit s’effectuer l’impression. La pression de la main est seule nécessaire en général pour obtenir immédiatement une épreuve. On encre ensuite de nouveau et on continue le tirage qui peut fournir au moins une centaine d’exemplaires.
- Comme papier gélatiné, on peut se servir du papier simple ou double transfert employé dans le procédé au charbon.
- Bibliothèque de Chatillon-sur-Seine.
- P. S. 1° Le meilleur procédé de protection du bois contre les insectes rongeurs est le badigeonnage au zincate de. soude tel que nous l’avons exposé dans le n° 2766, page 143.
- 2° Si nous avons bien compris votre question, il s’agirait de la transsudation des liquides goudronneux provenant de la condensation partielle des fumées qui viendraient apparaître en auréoles sur le mur de la cheminée.
- Vous pourrez éviter cet inconvénient en appliquant au pinceau sur lë plâtre bien sec une couche de vernis courant à la gomme laque (gomme laque 120 grammes, alcool à brider 1000 cent.-cubes), cela d’une façon assez étendue pour que les auréoles ne viennent pas déborder ultérieurement. Après quoi vous pourrez peindre ou appliquer un papier de tenture sans crainte d’apparition de bistre.
- 3° La question trous dans l’aluminium a été traitée dans le n° 2772, page 431, de la Boîte aux Lettres.
- Bibliothèque de Chatillon-sur-Seine.
- L’Eau de Javel « en poudre ».
- L’eau de Javel, d’un emploi si considérable aujourd’hui tant pour le blanchiment et le blanchissage que comme désodorisant et désinfectant, présente cependant l’inconvénient de faire transporter inutilement une certaine quantité d’eau, alors que l’on a à sa disposition un produit trois à quatre fois plus riche en chlore, le chlorure de chaux, qui a en outre l’avantage d’être solide, par conséquent de ne pas faire craindre le bris des bouteilles ou bonbonnes et la perte de leur contenu (Extraits de Javel les plus concentrés 28°-30° ohlorométriques. — Chlorure de chaux l00o-l'10°).
- Partant de cette observation, on peut considérer que le chlorure de chaux, ou plus exactement l’hypochlorite de calcium (poudre de chlore des marchands de couleurs), constitue « un réservoir de chlore » facilement transportable soit à la campagne, soit aux colonies, permettant de préparer au moment voulu l’eau de Javel nécessaire pour les besoins du ménage ou pour la désinfection
- hospitalière (liquide de Dalcin).
- Pour cela on prend :
- Chlorure de chaux sec............. 220 grammes
- Carbonate de soude cristallisé . . 440 —
- Eau ordinaire..................... 10 litres
- Délayer avec soin le chlorure de chaux dans les deux tiers de l’eau par hroyage autant que possible dans un mortier, de façon qu’il n’y ait plus de grumeaux et que l’on obtienne un lait bien homogène.
- D’autre part dissoudre le carbonate de soude dans le dernier tiers d’eau; mélanger les deux solutions, laisser se sédimenter le carbonate de chaux résultant de la réaction et décanter le liquide limpide.
- On obtient ainsi l’eau de Javel propre à l'emploi, ne risquant pas de brûler le linge et qui marque de 2° à 2°,5 chlorométriques, c’est-à-dire qu’un litre contient de 2 à 2,5 litres de chlore gazeux.
- N. B. — Faire ces manipulations dans des récipients en verre ou en grès et non dans des vases métalliques qui seraient attaqués par le chlore. — Utiliser le résidu calcaire sédimenté à la désodorisation-désinfection des fosses d’aisances.
- M. Kormann, Parc d’Artillerie, Marseille.
- Bibliographies demandées :
- Ouvrages sur les Parfums. — Les parfums, par Le Florentin. — Les nouveaux parfums synthétiques, par Gattefossé. — Formulaire des parfums, par Durvelle ; éditeur Desforges 29, quai des Grands-Au gus tins.
- Les parfums (Chimie et Industrie), par Paul Jeancard; éditeur Baillière 19, rue Hautefeuille. — Dictionnaire de la chimie des parfums, par Félix Colas; éditeur, Revue des Marques, 43, avenue Gambetta, Paris.
- M. C. Gicquel, a Limoges.
- Ouvrages sur la Dorure. — La dorure et l’argenture au feu, au trempé, à la feuille, au pinceau, etc., par Mathey, Maigre Villon et Petit; éditeur Mulo, 12, rue Hautefeuille. — Les dépôts métalliques directs et indirects, par Gasnier; éditeur Baillière 19, rue Hautefeuille.
- Ouvrages sur la préparation des bouillons. Utilisation des débris animaux, par Lezé. — Les déchets et sous-produits d’abattoirs, par Poher et Razous. Librairie de la Société d’Editions techniques 16, rue du Pont-Neuf, à Paris. L’équarissage, par Martel ..Dttnod, édit.
- Ouvrages sur les dépôts électro-chimiques. Electro-chimie et Électro-métallurgie, par Albert, Levasseur. — Les métallurgies électrolytiques, même auteur. — Les merveilles dp l’él^tro-Chimie, par Guarini. —. Manuel de manipulations d’électro-chimie, par G. Marie; éditeûr Dunod, 92, rue Bonaparte. — Manuel de galvanoplastie, par Brunei; édi^gur Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins. — Les dépôts métalliques, par Gasnier. — Précis d’électro-méfl&llurgie et d’électro-chimie, par Guillet. — Électro-sidérurgie, par Clausel de Coussergues. — Électrolyse, galvanoplastie, fours électriques, par Garcin. — Manuel pratique de galvanoplastie et de dépôts électro-chimiques, par Brochet; éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- M. Charmoille, a Cannes.
- Ouvrages sur la Construction des dynamos. — Construction des
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- dynamos, par Brunswick, Ingénieur de la Maison Bréguet; éditeur Gautliier-Yillars. Moteurs électriques à courants continus ou alternatifs, par H. Hobart; éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. C. Lafont, a Rieumes.
- Ouvrages sur la Papeterie. La fabrication du papier, par Puget; éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille. Les pâtes à papier mécaniques et chimiques dans l'ouvrage « le Bois » de l’encyclopédie de Billôn ; éditeur Albin Michel, rue Huyghens, à Paris. Le papier, par Charpentier, Encyclopédie Frémy; éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. Messie, a Paris
- Ouvrages sur les Matières plastiques."—Les matières plastiques, par Fritsch; éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. Le fabricant de peignes et boutons, par Schmitt; éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille. — La cellulose et ses dérivés, par Clément et Rivière; éditeur Béranger, 15, rue des Saints-Pères.
- M. Kreger a Riga.
- Adresses demandées.
- Vous trouverez du celluloïd non chargé dans les maisons suivantes : Aceloïd, 20, Boulevard St-Denis. Société française du Celluloïd, 6, rue Albouy. Convert, 177, rue de Bagnolet. Favre, 73, rue Turbigo. Greenhill, 69, rue de Chabrol. Lafont, 4, Passage Moulin, 12°.
- M. Attinger, a Neuchâtel, Suisse.
- De quelle manière s’obtient le poli du marbre ?
- Pour réaliser le poli qui permet de faire valoir les veinures du marbre, point n’est besoin d’appareils ni de produits compliqués ; l’essentiel est d’avoir beaucoup de patience, car ce n’est que progressivement que l’on passe de la surface rugueuse au brillant miroir. Tout le talent de l’opérateur consiste à graduer les abrasifs qui doivent être de plus en plus doux et de plus en plus fins.
- On commence par dégrossir au sable ou à l’émeri en frottant d’abord dans un sens, ensuite dans l’autre avec une molette en grès que l’on remplace par un morceau de bois, l’abrasif étant la potée d’étain (mélange d’oxydes de plomb et d’étain). Finalement on se sert d’un tampon en chiffon sur lequel on a déposé des raclures de plomb. Il ne reste plus qu’à laver, sécher, encaustiquer pour obtenir le brillant définitif.
- N. B. Bien entendu toutes ces opérations sont faites aujourd’hui mécaniquement et ce n’est guère que pour des remises en état sur place que l’on travaille à la main.
- M. E. Kruchten, a Lunéville.
- Précautions à prendre pour conserver les dépouilles d’animaux exotiques.
- Les peaux d’animaux provenant de la chasse dans les pays exotiques ne peuvent en général être tannées de suite et sont sujettes à altération si on ne prend pas immédiatement certaines mesures pour en assurer la conservation.
- La première et la principale, quelles que soient les prévisions, est d'enduire la partie interne de la peau, c’est-à-dire le côté chair, de savon arsenical ou savon de Becœur que l’on prépare ainsi :
- Dans une capsule de porcelaine on introduit :
- Anhydride arsénieux pulvérisé. . 300 grammes
- Carbonate de potasse sec.... 120 —
- Eau ordinaire.................. 300 —
- On chauffe en remuant constamment de façon a bien assurer le départ de l’acide carbonique, on ajoute alors 300 grammes de savon blanc râpé, puis on retire du feu et on incorpore finalement 40 gramme^ de chaux vive pulvérisée et 50 grammes de camphre également en poudre. Le mélange bien homogène est façonné en bâtonnets qui seront d’un maniement facile pour l’enduisage de peaux.
- N. B. — Eu égard aux propriétés toxiques de l’acide arsénieux, un lavage sévère des mains s’impose après ces manipulations.
- Dans les contrées à climats secs, on peut se contenter de cet enduisage en faisant sécher la. peau à l’ombre et dans un courant d’air; mais si le climat est humide, il faudra en outre saler la peau ou mieux encore saupoudrer le côté chair d’un mélange à parties égales de sel marin et d’alun pulvérisés, ce qui évitera la chute des poils. Ct Weller, Rio de Janeiro.
- —............. 111 1 = 335 =
- Quel est le solvant à adopter pour la colle de poisson ?
- On trouve habituellement sous une forme courante la colle de poisson à l’état de liquide épais ou Fish-glue dans des tubes d’étain semblables à ceux des couleurs broyées pour peinture et vendus sous les noms de Seccotine, Colle tout même le fer, Matout-colle, etc.
- Gè produit qui a des propriétés adhésives remarquables est constitué par de la colle de poisson non desséchée lors de sa fabrication. (Pour mémoire nous rappelons que la matière première est la vessie natatoire de certains poissons, principalement des esturgeons.)
- Comme on ne dispose pas toujours de l’ichtyocolle sous cette forme, on a le plus souvent recours aux colles de poisson présentées privées d’eau, à l’état de rubans ou de feuillets, que l’on remet en dissolution ou plutôt à l’état colloïdal par macération de plusieurs heures dans un liquide alcoolique à 10 pour 100.
- En même temps que l’alcool assure la conservation de la préparation, il donne au produit une plus grande viscosité et il augmente d’une façon notable la faculté d’adhésion. L’alcool ainsi étendu est donc le véhicule de choix pour délayer les colles de ce genre. E. C. Strasbourg.
- Peut-on se procurer des moulages des statues du Louvre?
- Le Musée du Louvre possède un atelier de moulage, 34, quai du Louvre, qui permet aux amateurs d’œuvres d’art, de se procurer à des prix très raisonnables, des reproductions parfaites avec patine à la demande.
- Le bureau de vente des moulages est situé au Louvre, Porte Denon, les moulages ne sont exécutés que sur commande avec les creux de la collection, il faut donc les demander d’avance, car un délai d’environ un mois est nécessaire pour l’exécution et le séchage complet des pièces.
- On peut également adresser les commandes aux Archives photographiques d’Art et d’Histoire au Palais Royal, 1 bis, rue de Valois; un catalogue-répertoire des sujets qui peuvent être ainsi reproduits a été édité, son prix est de 5 francs.
- Jean de La Bridoire.
- De quelle manière s’obtiennent les peintures craquelées?
- Les enduits dits craquelés sont le résultat de la différence de contraction entre la couche superficielle et la couche de fond.
- Dans cet ordre d’idées, les vernis craquelés se réalisent en appliquant un vernis à l’alcool ou à l’essence (non un vernis gras) sur une peinture à l’huile insuffisamment sèche. L’expérience seule peut guider pour apprécier le moment favorable à l’application.
- On obtient le même effet pour les peintures en appliquant une peinture maigre, c’est-à-dire forcée en essence sur un fond gras, ou en mettant un excès de siccatif dans la peinture servant à donner la dernière couche. Jean de La Bridoire.
- L’amateur doit-il entreprendre la fabrication des vernis?
- 1“ Ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises la préparation des vernis « bien réussis » n’est pas à la portée de l’amateur, car, le plus souvent, il entre dans leur composition des copals qui doivent être pyrogénés avant dissolution, or cette opération nécessite la connaissance de certains tours de main.
- A notre avis, il est plus avantageux d’exposer à un fabricant spécialiste les qualités que l’on réclame du vernis en cause : souplesse ou dureté, séchage rapide ou lent, coloration, opacité ou transparence, nature du support, etc.; on obtiendra ainsi immédiatement un produit bien équilibré sans s’exposer à des mécomptes coûteux par la perte des matières premières. — Adresses de fabricants de vernis appréciés : Sohnée frères, 58, rue de Saint-Mandé, Paris Montreuil (Seine). — Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs, Paris.
- 2° Nous avons traité la question moutarde de table dans une réponse faite à M. Frichs à Harbourg (Haut-Rhin).
- 3° Pour apporter remède à la sédimentation des matières en suspension dans votre cc produit pour poêles », il nous faudrait en
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- connaître la composition, ce que vous avez omis de nous indiquer. E. S., a Hornu, Belgique.
- (ju’est-ce que la peinture au bichromate?
- Sous ce nom on emploie quelquefois une mixture ainsi composée pour foncer la teinte des bois et leur donner l'apparence de vieux chêne :
- Eau ordinaire.................. 600 grammes
- Acide sulfurique à 66° B....... 400 —
- Bichromate de soude . . . . . . 100 —
- L’acide sulfurique agit en carbonisan t superficiellement le bois : il faut donc surveiller ce noircissement; lorsqu'on le juge suffisant on lave à l’eau ordinaire, puis à l’eau ammoniacale. Finalement on rince une dernière fois à l’eau pure.
- N. B. Bien entendu quelques essais préalables sur des bois de même nature sont nécessaires pour se faire la main, ne se servir que de vieux pinceaux sans viroles de zinc et éviter de répandre la solution acide sur des vêtements, en particulier sur ceux de toile. M. Gagnebin, a Annecy.
- Conservons les fraîches couleurs de nos aquarelles.
- Dans notre numéro 2760 du 1er août 1927, nous avons signalé l’emploi avantageux que l’on peut faire des propriétés modificatrices de la lumière, du sulfate de quinine, en appliquant ce sel sur la vitre qui protège l’aquarelle.
- Comme complément à cette indication, nous indiquerons qu’il s’agit d’une solution saturée à froid. Le sulfate de quinine dont il s’agit est le sulfate basique officinal (C20 H24 Az2 O2) S04H--j-8 H20, qui est soluble dans 570 parties d’eau froide, par conséquent un litre de solution saturée à 15°C contient 1 gr. 75 de sulfate officinal.
- N.B. — Pour qu’il reste un peu plus de sel protecteur sur la vitre, on peut incorporer à la solution de quinine 2 à 3 gr. par litre de gélatine blanche (blanc-manger des épiciers) que l’on fera gonfler pendant 12 heures dans l’eau froide avant de liquéfier au bain-marie.
- M. Lignier, a Nantes.
- Marquage au tampon des objets de verrerie.
- Sans avoir la finesse de la gravure « individuelle », le marquage au tampon peut rendre des services pour l’estampillage en série des objets en verre.
- Pour cela, on prend un volume déterminé d’acide fluorhy-•drique du commerce, par exemple 50 cm3, que l’on sature exactement, avec les précautions d’usage pour ne pas avoir de projections, par l’amoniaque liquide ou alcali volatil. On ajoute un volume d’acide fluorhydrique égal à celui déjà employé (50 cm3) et on épaissit par addition de sulfate de baryte jusqu’à consistance crémeuse convenable pour emploi au tampon de caoutchouc.
- M. Binggeli, a Buenos-Aires.
- N.-B. — La gravure du verre à la gélatine à laquelle vous faites allusion se pratique de la manière suivante :
- On fait une dissolution de bonne colle forte à consistance courante telle qu’elle est employée pour le collage du bois (prendre de la colle neuve et non une colle usagée dont le chauffage aurait modifié les propriétés), puis y ajouter 5 pour 100 d’alun (sulfate d'alumine et de potasse).
- Coller alors sur le verre, à la gomme arabique, sous forme de papier découpé, les dessins ou motifs que l’on veut réserver en transparence et, après dessiccation, passer au pinceau sur la pièce une première couche de gélatine alunée, lorsque cette couche est refroidie et sèche, au doigt, on en passe une seconde, puis on attend au moins une journée pour que la gélatine soit assez dure et ne se laisse pas rayer par l’ongle. Alors on place l’objet dans un endroit chaud, voisinage d'un poêle par exemple ou dans une étuve si on en possède une, sans que la température soit trop élevée, 50°C au maximum. Bientôt on entend un craquement, la feuille de gélatine se détache entraînant des paillettes de verre, de sorte que la partie primitivement couverte de gélatine se trouve givrée et revêtue d’arabesques du plus heureux effet. Un lavage à l’eau tiède enlève ensuite les découpages en papier sous lesquels le verre est resté transparent. Observation : ne pas faire complètement le tour de l’objet lors de l’enduisage au pinceau, car alors
- la gélatine ne pourrait plus se détacher, tout au moins sans incision.
- Par quel moyen peut-on se rendre compte rapidement de la pureté d’une huile?
- L’analyse des huiles est toujours une opération délicate qui nécessite la détermination de certaines caractéristiques : indice de saponification (Kœttstorfer), indice d’iode (Hübl), point de solidification, réactions colorées diverses, etc., et ce n’est que par des recoupements que le chimiste peut se faire une opinion définitive. Mais on peut tout au moins par un essai rapide se rendre compte si une huile est pure, par la réfraction plus ou moins accentuée du rayon lumineux qui la traverse.
- Se basant sur cette constatation, MM. Amagat et Ferdinand Jean ont construit depuis très longtemps déjà un appareil pratique désigné sous le nom d’oléo-réfractomètre ne nécessitant que quelques centimètres cubes d’huile, qui permet de constater si la déviation correspond bien à celle de l’huile qualifiée pure.
- Les déviations produites par les principales huiles sont les suivantes à l’oléoréfractomètre :
- Amandes douces -j- 6° Colon -j-20° Œillette —J— 29°
- Arachides -j- 35° Lin -j- 53° Olives —|— 1° à —|— 2°
- Pieds de bœuf — 4° Foies de morues-)-38° Poissons —38°
- Cliènevis -j-31° Navette -j- 18° Ricin -f- 44°
- Colza -j-18° Noix +35° Soja +22°
- Dans le cas particulier d’addition éventuelle d’huile de Soja, on voit immédiatement que l’intervention de 10 pour 100 de cette huile double ou triple la déviation normale de l’huile d’olives.
- M. L. Cohen, a Sfax.
- Pour fixer énergiquement le verre au métal.
- Lorsque l’on veut obtenir une liaison parfaite entre le verre et le métal, on peut employer le mastic ci-dessous qui donne d’excellents résultats :
- Huile de lin cuite....................... 50 gr.
- Vernis copal du commerce ................150 —
- Dissolution de caoutchouc pour cycles. . . 50 —
- Après mélange intime, on incorpore au moment de l’emploi une quantité de blanc de céruse suffisante pour donner du corps et laisse durcir. M. Huguoniot, aux Mureaux.
- Sachons préparer nous-mêmes les laits de toilette.
- La plupart des préparations réputées, désignées sous le nom général de laits pour le visage, ne sont autre chose que des émulsions d’amandes douces et de blanc de baleine. Voici, d’après Cer-belaud, une préparation qui peut servir de ty'pe :
- Blanc de baleine................................. 3 gr.
- Cire vierge...................................... 3 —
- Savon blanc de Marseille......................... 3 —
- Amandes douces décortiquées..................... 40 —
- Eau distillée simple.......................... 100 —
- — de roses................... 100 —
- — de laurier-cerise............... 50 —
- Acide salicylique..............................0.10 —
- Essence de verveine.......................... 0.50 —
- Alcool à 9O0................................. 50 cc.
- Avec un peu d’habileté, chacun peut réaliser celte petite fabrication en opérant ainsi :
- 1° Faire fondre au bain-marie les trois premières substances;
- 2° Piler au mortier les amandes pour obtenir une pâte fine:
- 3° Laisser dans le mortier le quart de la pâte, soit 10 gr. environ, y verser le mélange fondu.en 1°, bien mélanger, ajouter ensuite le reste des amandes et malaxer jusqu’à obtention d’un produit homogène ;
- 4° Verser lentement dans le mélange, en continuant à broyer, les eaux distillées, l’alcool, l’acide salicylique et l’essence de verveine;
- 5° Passer le lait obtenu dans une mousseline très fine, pour retenir les particules grossières et mettre en flacons.
- M. Reboul-Salze, a Gannat.
- P.-S. — Vous trouverez tous renseignements sur les brevets qui vous intéressent à l’Office des brevets, 26 bis, rue de Pétro-grad, Paris, 8°. Les salles de communication sont ouvertes au public tout les jours, sauf le dimanche de midi à 16 heures.
- 95.642. — Paris, lmp. Lahure. — I-4-28.
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- N° 2783.
- 15 Avril 1928
- Prix du Numéro : 3 francs 50
- O /v * **T * ^ 7 C* J— --7-
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- Paraît le îar et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON «t C1*, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI' (R. C. S tint :
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois |24 n**), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n"), 85 fr. ; — 6 mois (12 n"), 43 fr.
- Tarif pour l'étranger : Tarif n* i \ *
- ........................."-un ( Six HOi'.
- 90 fr.
- 45 fr.
- Tarif n* 2
- L' > A.K . . ......................
- Sl-X MOIS................... . .
- ilO fr. 55 fr.
- Ta^i^e^térieurnM valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, J île magne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Eimopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie {U. R. S. S.j, San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n* 500, Paris) ou chèque à l’ordre de Masso.v et Ci#, sur une banque ae Paris.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*.
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- N° 2783.
- LA NATUR
- LE RAIL POSTAL ULTRA-RAPIDE
- LE RAIL N’EST PAS DÉFINITIVEMENT SURCLASSÉ PAR L’AVION POUR LES TRANSPORTS LÉGERS ET RAPIDES
- Il est admis couramment aujourd’hui, même parmi les ingénieurs, que le rail, prototype des « transports lourds », est définitivement surclassé par l’avion dans le domaine des transports extra-légers et ultra-rapides (postes, messageries de luxe, etc...) en raison, notamment, delà condition limite d’adhérence et du mode de guidage du matériel ferroviaire qui impose, plus particulièrement pour les grandes vitesses, un minimum de charge par essieu.
- Il importe cependant, dans l’intérêt bien compris aussi bien de l’aviation que du chemin de fer, de discuter cette opinion qui, mal fondée à notre sens, risque de conduire dans l’application à des expériences vouées à l’échec.
- L'ERREUR DU VOL GUIDÉ
- Mais, auparavant, il nous faut déblayer le terrain et faire justice de certaines conceptions... extra-ferroviaires, vaguement apparentées à l’aviation. De véritables hérésies, le mot n’est pas trop fort, se sont donné déjà libre cours dans cette partie encore mal défrichée du domaine des transports, risquant de couvrir de leur discrédit les parties saines des théories qui leur ont donné naissance et qu’elles travestissent plus ou moins grossièrement.
- L’idée de tirer parti industriellement, autrement que pour la navigation aérienne, de la propulsion par l’hélice, avait déjà donné lieu, dès 1911, en Californie, entre les localités de Glendale et Burbank, distantes de 20 km, à des essais d’un type de chemin de fer aérien utilisant un véhicule actionné par la rotation d’une hélice propulsive placée à l’arrière.
- Celte voiture, presque complètement en aluminium, pouvait contenir 56 personnes assises; elle était suspendue par 4 galets sur la partie supérieure d’un rail aérien sous-bandé.
- L’hélice, à 2 larges pales en aluminium, était actionnée
- directement par un moteur à gazoline, 2 cylindres, de 70 ch.
- Ces essais n’eurent aucune suite pratique, ce qui n’a rien de surprenant eu égard au mauvais rendement de l’hélice utilisée et aux conditions mêmes d’utilisation de la traction aérienne dont nous préciserons plus loin les données rationnelles d’adaptation.
- La conception du « vol guidé » est, a priori, assez séduisante et apparaît comme une solution élégante du problème des chemins de fer « glissants » qui a suscité, sans résultats pratiques, de si nombreuses recherches.
- D’une manière générale, le véhicule constitue un véritable avion dont le vol serait, en quelque sorte, guidé par la voie aérienne sur laquelle il prendrait appui totalement ou partiellement, suivant la vitesse de l’engin.
- Or les conditions d’avancement, sur sa voie de guidage, d’un véhicule pourvu de plans de sustentation ou d’équilibrage sont tout à fait particulières et loin d’être comparables, par exemple, à celles de Thydro-glisseur qui, lui, prend appui sur une mince émulsion d’eau et d’air. Le voilier aérien envisagé. resterait soumis, en plein air, à des variations de poussée qui, dans les limites, très étroites, du jeu de guidage, rendraient l’allègement escompté essentiellement intermittent et partant illusoire, au point de vue de la suppression des frottements des organes de retenue ou de roulement, soit
- Fig. 1. — La torpille postale.
- La forme de l’enveloppe serait celle de moindre résistance aérodynamique, renflée à l’avant et effilée à l’arrière, diamètre 0 m. 45, longueur 3 mètres poids 125 kg. Le bolide roulerait sur 2 boggies, munis chacun de deux moteurs électriques. Au milieu, la chambre postale, d’une longueur de 0 m. 90 et pouvant contenir 25 kg de papiers en moyenne. Pour assurer la stabilité aux grandes vitesses (400 lem-heurej, des galets à axe vertical rouleraient contre le rail médian qui jouerait le rôle à la fois d’amenée de courant et d’organe de retenue.
- Dessin de R. Lardat.
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- Fig. 2. — La ligne.
- Constituée par une poutre continue, elle serait maintenue à une hauteur moyenne de 15 mètres par une double suspension parabolique qui reposerait tous les 400 mètres environ sur des pylônes couples de 45 mètres de baut. Des câbles paraboliques transversaux annuleraient les efforts latéraux. Les grandes portées obtenues permettraient de franchir la plupart des obstacles natui’els avec des rampes ne dépassant pas 0 m. 015 au mètre. Aux abords des centres habites, la ligne se relèverait à 40 ou 50 mètres Poids au km ; 35 tonnes.
- D’après la maquette de R. Lardat.
- supérieurs, soit inférieurs. D’ailleurs, la ligne devrait être apte à soutenir, en n’importe quel point du parcours, la surcharge totale maximum du locomoteur : c’est dire qu’elle devrait, pour le moins, être calculée et établie comme s’il s’agissait d’une voie ordinaire de roulement, sans réduction de son poids permanent.
- Il y aurait lieu, également, d’envisager, dans la pratique, l’influence néfaste de la voilure dans les courbes et sous l’action d’un vent violent, ainsi que l’extension anormale du gabarit transversal de la voie aérienne qui en serait la conséquence.
- Enfin et surtout, la résistance supplémentaire à l’avancement serait énorme comparativement à la résistance de roulement qui résulte du glissement des axes des roues dans leurs coussinets et du roulement des bandages sur les rails.
- C’est ainsique, dans l’hypothèse d’un locomoteur léger, à boggies et roulements à billes, cette résistance au roulement correspondrait à un effort retardateur de moins de 5 kg par tonne remorquée, à la vitesse de 100 km à l’heure ; alors qu’une voilure, disposée à l’incidence nécessaire pour obtenir le soulèvement présenterait, à la même vitesse, une résistance à l’avancement de plus de 200 kg par tonne, plus de 40 fois supérieure à la résistance de roulement qu’elle se propose de supprimer.
- En ce qui concerne, d’autre part, la propulsion aérienne il semble bien que les auteurs de projets ne se soient pas rendu compte qu’elle n’a d’intérêt qu’aux grandes vitesses, le rendement d’une hélice tournant a très haut régime — cas de l’hélice de petit diamètre — ne pouvant être satisfaisant que si la vitesse de translation est très élevée.
- LE CHEMIN DE FER ULTRA-RAPIDE
- Les données rationnelles de l’automoteur extra-léger et ultra-rapide de chemin de fer. —
- Revenons au chemin de fer et rappelons sommairement les données essentielles, d’ordre théorique et pratique, qui résultent des conditions de circulation en vitesse de son matériel roulant, d’après les études des spécialistes et, notamment, d’après les beaux travaux de M. G. Marié, ancien Ingénieur de la Compagnie P.-L.-M.
- On.sait que ces études ont mis en évidence : en ce qui concerne l’allègement de la charge sur les essieux, l’influence non seulement des oscillations des ressorts de suspension, dont l’effet minimum correspond à des valeurs convenables de la flexion statique de ressorts et du frottement relatif de ces ressorts, mais encore de la hauteur du centre de gravité du véhicule par rapport au centre d’oscillation ; — en ce qui concerne la pression latérale : l’influence des oscillations de roulis et de lacet qui peuvent
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- amplifier considérablement l’action de la force centrifuge dans les courbes; -— en ce qui concerne les conditions de déraillement par ascension du boudin sur le rail: l’influence de l’inclinaison sur la verticale de la surface de frottement du boudin sur le rail; du frottement moteur qui, par suite de la solidarité de la roue et du boudin, tend à faire monter celui-ci le long du champignon du rail, avec contact successif et du rail et des parties du boudin de plus en plus éloignées de la jante, et, enfin, de la masse de la roue qui, contrairement à l’opinion courante, a plus d’inconvénients que d’avantages.
- C’est de l’ensemble de ces considérations que résulte la conception rationnelle d’un petit locomoteur extraléger, susceptible de réaliser des vitesses d’un ordre non encore atteint en matière de chemin de fer, et dont les caractéristiques peuvent se résumer comme suit :
- Centre de gravité sensiblement rapproché du centre d’oscillation.
- Construction extra-légère, du type aéronautique, tant pour l’ossature que pour l’enveloppe monocoque extérieure.
- Dispositifs de guidage, désolidarisés du roulement et montés sur couronne indépendante, supprimant le frottement moteur ascensionnel.
- Bandages en caoutchouc, réduisant au minimum les réactions d’impact, notamment au passage des joints, ainsi que le glissement transversal sur le rail, tout en réalisant des conditions d’adhérence maximum.
- Roues légères et robustes à roulement à billes, compensant, et bien au delà, le « tirage » supplémentaire afférent à l’emploi de bandages caoutchoutés.
- Moteurs rotatifs, de faible poids et de grande puissance, pouvant, le cas échéant, à titre d’organe supplémentaire et, notamment, de « super-vitesse », faire application d’un mode de traction indépendant de toute condition d’adhérence massique.
- Forme extérieure soigneusement polie et parfaitement profilée suivant la moindre résistance aérodynamique.
- Enfin, moyennant l’adaptation, particulièrement simple, tant au matériel fixe qu’au matériel roulant, d’organes supplémentaires de retenue verticale, les conditions de déraillement se réduisent sensiblement à une seule, fonction de la résistance mécanique des organes de sécurité. Dès lors, la seule limite pratique de la vitesse maximum réside dansf'la puissance effective du locomoteur, de
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- telle sorte que rien n’interdit d’envisager, pour un chemin de fer extra-léger, des vitesses supérieures à celles atteintes dans le domaine même de l’aéronautique, avec un rendement économique incomparablement supérieur.
- La torpille ferroviaire pourrait battre tous les records de vitesse. — Si l’on considère, en effet, un automoteur soigneusement profilé pour la moindre résistance aérodynamique sous la forme d’une sorte de torpille d’un diamètre de 0 m. 40 au maître-couple, avec un allongement de 5 à 7 fois ce diamètre, un poids total de 125 kg en ordre de marche, dont 25 kg de fret utile et muni de 2 boggies moteurs d’une puissance de 8 ch, la vitesse limite de ce bolide, d’après son équation d’équilibre à son maximum de puissance, serait de 400 km à l’heure environ, ce qui permettrait de compter sur une vitesse commerciale de 360 km-h en profil facile (rampes inférieures à 15 mm par mètre).
- On pourrait aussi concevoir une torpille identique comme poids et dimensions extérieures à celle envisagée ci-dessus, mais dont la puissance massique, c’est-à-dire la puissance ramenée au kg, serait 2 fois 1/2 plus élevée, ce qui correspondrait à 5 kg par ch. Un tel bolide pourrait prétendre à une vitesse limite de 520 km-h. Et nous ne sommes qu’à 20/30 ch de puissance. On voit quels horizons insoupçonnés là voie de fer ultra-rapide est susceptible d’ouvrir aux transports extra-légers, les seuls d’ailleurs dont il puisse être question ici. Ce résultat n’a rien qui doive surprendre, d’après la comparaison faite plus haut de la résistance à l’avancement de l’automoteur roulant et de l’automoteur ailé, à sustentation indépendante.
- La voie ferrée aérienne. — Rien ne s’opposerait à l’utilisation du matériel extra-léger sur les voies ferrées ordinaires. Ce serait même là une application particulièrement avantageuse au point de vue économique puisque la dépense de premier établissement se réduirait à l’adaptation au matériel roulant d’un dispositif de guidage indépendant de la charge massique des essieux. Toutefois, des vitesses aussi extra-normales que celles envisagées ci-dessus ne sauraient être pratiquement envisagées que sur des voies spécialisées et à tracé peu tourmenté, comportant de longs alignements raccordés par des courbes de grand rayon.
- Nous ne rappellerons pas à ce sujet les avantages nombreux et bien connus des voies surélevées en matière de
- V Fig. 3. — Détail de la ligne.
- La poutre continu€~Sërait armée de petits arcs élémentaires de 6 mètres de portée. Les deux voies seraient superposées, et dans l’axe de chacune d’elles un rail médian servirait d’amenée de courant. (Dessin de R. Lardat.)
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- Fig. 4. — Schéma de la circulation des torpilles dans la gare-poste centrale.
- 1voie inférieure d’arrivée de la ligne 2; D.2, transporteur descendant à l’arrivée des
- sacs postaux dans le hall de poste P (rez-de-chaussée); l, m, camions et ligne de métro automatique emportant les courriers vers Paris, après le tri de la poste; A, A, E, transporteur amenant la torpille vidée à l’atelier de visite et réparation (sous-sol) ; E, C, F, circuit de visite, graissage, mise de côté pour réparation, par des équipes successives de mécaniciens; F, B, B, transporteur remontant les torpilles revisées et les distribuant dans les chargeurs correspondant à chaque ligne; C2, chargeur de la ligne 2, fournissant constamment une torpille en position de départ; l', m', camions et ligne de métro automatique apportant, au bureau de poste P, les courriers venant de Paris ; M%, transporteur
- amenant au niveau des voies les sacs destinés à la ligne 2, après le tri dans le bureau de poste; S.,, voie supérieure de départ de la ligne 2.
- (Projet de R. Lardat.)
- très grande vitesse et nous nous bornerons à faire remarquer que, parmi les divers systèmes établis ou essayés à ce jour, il n’en est pas encore, à notre connaissance, qui aient réussi à résoudre économiquement le problème des transports ultra-rapides à grand rendement.
- C’est ainsi que sur le chemin de fer aérien de Barmen à Elberfeld les résultats, d’ailleurs intéressants, signalés en ce qui concerne l’accélération de mise en vitesse et la faible consommation de courant, n’ont été obtenus qu’au prix d’une très lourde et très coûteuse superstructure, pesant plus de 1100 kg au mètre courant, d’un prix de revient supérieur à celui d’un chemin de fer ordinaire
- de même rendement. D’autre part, le libre balancement de véhicules suspendus à des monorails n’est pas compatible avec l’adoption, dans les courbes, des très grandes vitesses qui, en fait, n’ont jamais été pratiquées sur le chemin de fer en question.
- Ceci étant, nous avons été conduits à adopter une suspension parabolique à très grandes portées (400 à 500 mètres), moins déformables, à égalité de poids mort par mètre courant, que les faibles ou moyennes portées sous l’action d’une même charge isolée (G. Pi-geaud), avec pylônes métalliques et poutre de rigidité axiale supportée et stabilisée par des câbles paraboliques, sans haubans et sans articulation médiane, suivant les dispositions réalisées dans les ponts suspendus du type le plus récent (T. Godard).
- Quant aux objections tirées du danger des oscillations et vibrations afFé-rentes aux circulations ultra-rapides prévues sur de tels ouvrages, il est essentiel de ne pas perdre de vue que la surchage roulante est ici isolée, très légère et très stable, et ne peut donner lieu aux mouvements rythmiques de grande amplitude susceptibles de prendre naissance sous le passage des trains lourds et rapides des voies ferrées ordinaires; que les joints des rails sont bloqués sur la travée, le jeu des actions thermiques étant reporté sur des appareils de dilatation au droit des appuis; que l’automoteur est muni d’un train de roulement spécial, à bandages caoutchoutés qui constituent le meilleur amortisseur, tout en supprimant un ferraillage indésirable à tous égards; que la poutre de rigidité pourrait être encastrée au droit des appuis, ce qui aurait pour effet de diminuer l’amplitude des vibrations et de les éteindre plus rapidement (T. Godard).
- La stabilité transversale de cette poutre axiale, qui supporte les 2 voies de roulement superposées, serait assurée, même sous la poussée du vent soufflant en tempête, d’une part grâce à l’obliquité des suspentes et, pour le surplus, par de petits câbles ou des fils en acier de retenue annulant à la fois les composantes horizontales et verticales de celte poussée.
- Les pylônes seraient avantageusement réalisés sous la forme déjà étudiée par l’éminent spécialiste M. Leinekugel Le Gocq : type d’égale résistance dont la hauteur au-dessus des voies varierait seule suivant l’ouverture des travées qu’ils supportent. Leur hauteur pourrait ainsi atteindre 40 à 45 mètres pour des portées de 400 à 500 mètres, la cote au-dessus du sol du chemin de roulement le plus
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- bas étant d’environ 15 mètres, d’où facilités d’exécution sans expropriation coûteuse, sans gêne pour la culture non plus que pour les moyens de communication existants, possibilité, enfin, de procéder par longs alignements et de rattraper, tout en gardant la voie sensiblement horizontale, des différences de niveau de plusieurs mètres.
- Les sommets des pylônes seraient reliés entre eux, suivant la technique usuelle des ouvrages suspendus, par de petits câbles spéciaux, dits « câbles de tête », destinés à équilibrer les têtes des pylônes quelle que soit la position des torpilles postales sur la ligne. Ces câbles pourraient d’ailleurs être prévus comme feeders d’alimentation de la voie électrique.
- Le poids total de la ligne aérienne ainsi réalisée serait d’environ 45 à 50000 kg au kilomètre dont 35 000 kg environ d’acier laminé pour la poutre centrale et les pylônes, et 10 à 12000 kg de câbles en acier à haute résistance. Le prix de revient total serait ainsi de l’ordre de 100 à 120 000 francs le kilomètre, à titre de première approximation.
- Nous verrons que ce prix minimum pourrait être majoré de 25 et même de 50 pour 100 sans que son influence sur le prix de revient du transport du pli de 50 gr ou du colis postal de 1 kg soit très sensible, dans les conditions de débit où la voie postale ultra-rapide doit être normalement envisagée.
- LE FONCTIONNEMENT DU SERVICE POSTAL
- On a pu se rendre compte de ce point essentiel qu’il ne s’agit ici en définitive que d’un petit chemin de fer électrique à double voie établi aériennement dans des conditions d’exécution telles que l’état actuel de la technique de la construction métallique permet de les considérer pomme tout à fait normales et courantes.
- Les données d’exploitation de ces voies électriques ne présenteraient aucune particularité qui n’ait déjà fait l’objet de réalisations dûment éprouvées, soit, à plus grande échelle, suivant les dispositions autrement complexes des chemins de fer ordinaires, soit dans les installations de téléphérage dont un exemple particulièrement intéressant nous est fourni par le petit chemin de fer électrique souterrain qui vient d’être mis en service à Londres pour le transport accéléré des sacs postaux.
- Ces dispositions consistent essentiellement — les circulations se succédant en sens unique sur chaque voie — à assurer la sécurité de cette succession de telle sorte qu’en aucun cas l’arrêt ou le ralentissement de l’un quelconque des automoteurs puisse avoir pour conséquence la présence simultanée dans la même section, dite de « bloc automatique », de deux véhicules consécutifs.
- A cet effet, chaque automoteur qui pénètre dans une section de bloc coupe le courant d’alimentation dans la section qu’il vient de franchir. D’autre part, la suppression du courant d’alimentation d’un automoteur déclenche, chez ce dernier, le fonctionnement d’un système de freinage électrique et électro-magnétique réglé automatiquement de manière a provoquer l’arrêt après un parcours au plus égal, dans les circonstances les plus défavorables, à la demi-longueur d’une section de bloc qui fixe ainsi la valeur inférieure de l’écluse de sécurité.
- L’arrêt accidentel d’un automoteur pourrait donc provoquer, de proche en proche, l’arrêt de tous les véhicules en circulation après lui sur la ligne. Afin de réduire au minimum l’importance et l’amplitude de ces perturbations, des postes intermédiaires de surveillance et d’entretien, judicieusement répartis sur le parcours où au voisinage de la ligne, permettraient de suivre, par l’indication optique en cabine la marche des électromoteurs, de ma-
- Fig. 5. — La gare-poste centrale de Paris.
- Construite en béton armé, placée en dehors et le plus près possible de la capitale, elle recevrait les lignes reliant Paris aux grandes villes françaises. En haut la gare, à la fois gare terminus et de transit. Au rez-de-chaussée : la poste; dans le sous-sol, éclairé par de vastes cours anglaises : l’atelier de visite et de réparation. D’amples circulations verticales, escaliers, ascenseurs, monte-charge, transporteurs, relieraient ces divers étages. (Projet de R. Lardat. Ingénieur E.C.P. architecte D.P.L.G.)
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- nière à localiser immédiatement tout dérangement accidentel et à permettre au poste de secours le plus rapproché d’y remédier sans retard, comme il est fait actuellement sur les lignes ferroviaires électrifiées. Il n’est pas exagéré, eu égard à la robuste simplicité des organes moteurs, de considérer comme extrêmement rares des perturbations d’une durée telle que le délai de garantie de remise de la correspondance postale puisse en être sensiblement affecté.
- Aux postes terminus, le départ et l’arrivée (après ralentissement automatique et arrêt en fin de course) des automoteurs donneraient lieu à une manutention mécanique, réglée de manière à assurer le défilé à la chaîne dans la salle de tri, en vue du déchargement et du chargement des cylindres postaux et de l’expédition régulière des automoteurs à la cadence fixée par l’horaire.
- Une étude, très intéressante, de cette manutention mécanique, due à notre distingué collaborateur M. R. Lardat, auteur des maquettes de la ligne et du quai de la gare' centrale de Paris, traite le cas particulièrement complexe’ d’un poste central à 8 directions dont le schéma est repré-' senté sur la figure 4.
- UN EXEMPLE D'APPLICATION
- Le prix de revient du transport par la voie aérienne ultra-rapide sera, avant tout, fonction du débit utile de' la ligne et une telle installation ne peut pratiquement se justifier que comme liaison entre deux ou plusieurs centres industriels ou commerçants de première importance, donnant lieu à un courant d’affaires très intense-
- Tel serait le cas d’une liaison entre Paris et la région du Nord dont le centre de gravité peut être fixé à Lille ou encore de Paris au Havre. Il s’agirait, par exemple, pour Paris-Le Havre, d’une ligne de 250 km dont le capital d’établissement serait de l’ordre de 35 millions, y compris les installations accessoires et la constitution d’un parc de matériel de 100 torpilles, dont 1/4 pour la réserve, permettant d’assurer un départ toutes les 40 secondes pendant les heures les plus chargées.
- En supposant le service réglé à plein rendement pendant 4 heures, puis à raison d’un départ toutes les 5 minutes pendant 7 heures, et enfin toutes les 15 minutes pendant 7 autres heures, le tonnage utile journalier pourrait atteindre 24 tonnes. Les charges journalières d’exploitation (intérêt et amortissement du capital d’établissement, dépenses de courant, d’entretien, frais généraux, etc.) s’élèveraient à 30000 francs environ; avec le débit envisagé, le prix de revient de la tonne kilométrique offerte serait ainsi de 5 francs environ. Le transport à la distance entière d’un kilogramme de fret utile reviendrait donc à 1 fr. 25, celui, d’une lettre de 20 gr à 2 centimes 5 : chiffres théoriques évidemment, mais curieux, car ils montrent à quels prix on peut descendre avec des débits élevés.
- En supposant un rendement d’exploitation 100 fois plus faible, soit 1 pour 100 de la capacité totale de transport envisagée ci-dessus : à peine 120 kg par jour dans chaque sens, le prix de revient du transport de la lettre n’excéderait pas 2 fr. 50, prix inférieur à celui du plus court télégramme, et à la moitié du prix d’une communication téléphonique à cette distance.
- Pratiquement, on serait conduit à établir plusieurs tarifs suivant les délais de remise, par exemple, 10 francs par 10 gr avec remise garantie dans 1 h 1/2; 2 francs les 20 gr avec remise dans les 4 heures, etc.... Il suffirait dans ce cas de 3000 plis de la première sorte, 8000 de la deuxième et 1500 kg de colis pour couvrir déjà deux fois la dépense quotidienne, sans que les prix envisagés aient rien d’exorbitant.
- Comparaison avec les autres modes de transport. — Il convient d’abord d’éliminer le transport par « pneumatique » dont la vitesse et la capacité sont insuffisantes.
- Nous ne mentionnerons également que pour mémoire le transport par automobiles qui ne saurait lutter avec le chemin de fer ordinaire dont la vitesse commerciale de Paris à Lille atteint près de 100 km à l’heure.
- Reste le transport par avion : dans les meilleures conditions de rendement (avions de 230 ch pesant en charge 1750 kg, susceptibles de transporter 500 kg de charge marchande à 160 km-h de vitesse de route), et dans des conditions de révision et de renouvellement du matériel moteur et planeur exceptionnellement favorables, le prix de revient de la tonne kilométrique à pleine charge ne s’abaisserait pas en dessous de 10 francs, taux deux fois supérieur à celui de la voie postale aérienne pour une vitesse deux fois moindre.
- Enfin et surtout, nous n’avons pas fait intervenir la régularité, donnée fondamentale en matière de transport postal. Or, tant qu’on n’arrivera pas à évoluer en avion à des vitesses très faibles, de l’ordre de 10 km à l’heure, de façon à traverser sans danger les bancs de brouillard, à atterrir dans la brume, à se poser normalement de nuit sans éclairage du terrain, l’avion ne pourra, dans les pays à grand trafic et sur des parcours accessibles à la voie postale’ ferroviaire, assurer les services postaux avec une régularité suffisante.
- Ajoutons qu’on n’a qu’une notion assez approchée de la régularité par les statistiques actuellement publiées, où est considéré comme « régulier » tout voyage dont le retard n’excède pas 100 pour 100 du temps de l’horaire.
- CONCLUSION
- Ainsi donc, dans la course à la vitesse, le rail est loin encore d’avoir dit son dernier mot. En ce qui concerne le trafic postal l’emploi de l’avion est tout indiqué pour les trajets à longs parcours, où, vis-à-vis du chemin de fer ou du bateau, la question de régularité à l’heure ou même à la journée ne se pose pas. Mais, sur les parcours, à grand trafic, relativement courts, de l’ordre de ceux qu’on peut envisager en France, la formule de la voie ferrée ultra-rapide nous paraît être incontestablement la mieux adaptée au développement des échanges postaux, intimement lié au développement économique des régions desservies, ainsi qu’à la mise en valeur de nos grandes richesses nationales : le fer et la houille blanche.
- L. Hirschauer, A. Talon,
- Ingénieur en chef Ingénieur des
- , de TAéronautique. Chemins de fer du Midi.
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- LA CITÉ UNIVERSITAIRE DE PARIS
- S’ÉLÈVE PEU A PEU
- Comme au temps de Robert de Sorbon, la jeunesse studieuse d’aujourd’hui pourrait s’intituler la « Communauté des pauvres maîtres ». Si les 25 000 étudiants, qui suivent maintenant les cours des diverses Facultés parisiennes, ne vivent plus d’aumônes ainsi que leurs prédécesseurs du xne siècle, si les amphithéâtrçs de la nouvelle Sorbonne ou de l’Ecole de Droit sont plus confortables que les modestes granges où professaieht'avec éclat les Albert le Grand, les Guillaume de Saint-Amour et les Jean de Sacro-Boseo, la « Montagne Sainte-Geneviève » n’abrite cependant pas beaucoup de « nouveaux riches » à l’heure présente !
- A part quelques fils de bourgeois aisés, la plupart des étudiants doivent demander à des besognes supplémen-
- jeunesse studieuse et pauvre, « sous la seule condition que les pavillons, destinés à recevoir 350 étudiants français, seraient édifiés sur les terrains des fortifications, à la hauteur du Parc de Montsouris, dans le quartier le plus sain et le plus aéré de la Capitale. »
- Appell, alors recteur de l’Académie de Paris, saisit de la question le Ministre de l’Instruction Publique, Hon-norat, qui avisa aux moyens pratiques pour mettre le projet sur pied. Quinze mois plus tard, en vertu de la loi du 27 juin 1921, l’État français racheta à la Ville de Paris certains terrains des fortifications pour les rétrocéder gratuitement à l’Université de Paris afin de loger des étudiants « dans les meilleures conditions de vie matérielle et morale ».
- Fig. 1. — Plan d’ensemble de la Cité Universitaire de Paris.
- taires les quelques centaines de francs que leurs parents, aux prises avec les difficultés matérielles de la vie, ne peuvent leur envoyer chaque mois. En particulier, l’angoissant problème du loyer se pose pour lès jeunes gens de province ou de l’étranger voulant venir parachever ' leur instruction dans un des nombreux établissements d’enseignement supérieur de la Ville-Lumière.
- Vu la cherté actuelle de l’existence, les pauvres « déracinés » se demandent avec anxiété s’ils pourront continuer leurs études à Paris. Heureusement on cherche de divers côtés à porter remède à une telle situation, si désastreuse pour l’avenir intellectuel de la France et !potir’son rayonnement dans le monde. La Cité univej'si-taire qui s’édifie, peu à peu, le long du boulevard Jourdan, répond à ce double but. On doit l’initiative de cette utile fondation à „un généreux philanthrope, Émile (Deutsch de la Meurthe, qui offrit à l’Université de Paris une somme de 10 millions de francs pour héberger la
- Dans la pensée de ses promoteurs, cette création devait susciter d’autres initiatives et s’ouvrir à la jeunesse de tous les pays amis de la culture française. Un tel espoir ne fut pas déçu. De toutes parts, les dons affluèrent. La Belgique et le Canada, les États-Unis et l’Argentine, l’Espagne, le Japon, la Colombie et le Venezuela ont' déjà répondu à l’appel du Comité de cette grande oeuvre de solidarité interscolaire. Bientôt la plus vieille université du monde groupera, dans cette nouvelle Cité gaie et confortable, des jeunes gens venus comme leurs devanciers du Moyen Age des quatre coins de l’univers.
- Après avoir vécu dans la paix sereine des bibliothèques ou des laboratoires de nos Facultés, après avoir pratiqué les sports dans le beau parc qui entoure les pavillons de la pimpante Cité universitaire, après s’être groupés autour des chaires de nos plus célèbres profes*-seurs, ces jeunes intellectuels retourneront dans leurs
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- patries respectives, tout imprégnés de nos méthodes d’enseignement et de notre civilisation. En « internationalisant » la science et les mœurs françaises, ces « camarades » deviendront mieux que personne les pacifiques missionnaires du progrès.
- LA CITÉ FRANÇAISE
- Parcourons maintenant cette petite ville dont la première pierre fut posée le 9 mars 1923 et qui comptera,
- sous peu, près de 4000 habitants des deux sexes. Elle s’étend sur 28 hectares dont 19 destinés aux sports et aux jeux et 9 hectares consacrés à l’habitation ainsi qu’aux services communs. Dans l’idée de ses créateurs, cette ruche internationale constitue, en effet, une sorte de phalanstère où chaque étudiant a son logement. La
- Fig. 2 et 3.
- En haut : Entrée de la Cité Universitaire.
- (Au fond, le Parc de Montsouris.)
- A gauche : Bâtiment de VAdministration et grouve des Pavillons français.
- partie française, bâtie sur les plans de l’architecte Lucien Bechmann, ne rappelle en rien une caserne ou un pensionnat. De vastes cours plantées d’arbres, des pelouses, des terrains de tennis et de foot-ball séparent les divers corps de bâtiments que réunissent entre eux des pergolas vitrées. Les chambres, mises à la disposition des étudiants de France, sont actuellement au nombre de 430 dont 350 ressortissent à la fondation Deutsch delà Meurthe et80 à une fondation spéciale de l’Institut agronomique de Paris. Chacun de ces petits logements comporte un aménagement intérieur sinon
- Fig. 'x. — Chambre d’étudiant français.
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- Fig. 6. — La Cité Universitaire : le pavillon belge.
- luxueux, du moins confortable. Par une grande baie, la lumière entre à profusion.
- L’ameublement se compose d’un lit-divan, d’un bureau, d’une bibliothèque, d’une penderie-armoire et d’un lavabo qu’une tenture dissimule aux yeux des visiteurs quand l’occupant ne s’en sert pas. Nos étudiantes, en particulier, savent aménager leur home avec goût et, sur leurs canapés moelleusement garnis d’artistiques coussins, elles aiment parfois à se délasser, en prenant une tasse de thé avec leurs compagnes d’études!
- Grâce à ses dispositions très pratiques, chaque chambre d'étudiant français ressemble, pendant la journée, à un cabinet de travail meublé d’une façon moderne.
- Dans celte ambiance, si différente des dortoirs de lycées ou môme des étroits logis du Quartier Latin, les futurs avocats, médecins ou professeurs se plairont sans doute.
- D’autant plus que, dans des salles communes de réunions, les habitants de la Cité universitaire lisent, échangent leurs idées, font de la musique ou de la gymnastique, jouent aux cartes ou fument tranquillement leur « bouffarde » en compagnie.
- LES CITÉS ÉTRANGÈRES
- Ils peuvent, dès maintenant, voisiner avec des étudiants canadiens ou belges, dont les pavillons sont achevés depuis le mois de décembre 1927. On construit actuellement d’autres bâtiments pour leurs camarades d’Angleterre (300 chambres), des Etats-Unis (250 chambres), du Japon (60 chambres), de la Colombie et du Venezuela (50 chambres) et pour les Espagnols dont le
- Fig. 7. — Le pavillon belge : salle de spectacles.
- roi Alphonse XIII a voulu choisir, lui-même, l’emplacement. •
- Les divers pavillons étrangers, tout en s’harmonisant avec les autres édifices de la Cité Universitaire, portent le cachet architectural de chaque nation. Le bâtiment de la Belgique, construit grâce au don de 5 millions fait par
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- Fig. 9. — Salon bibliothèque du papillon du Canada.
- M. et Mme Biermans-Lapotre, rappelle certains châteaux des Flandres avec les sveltes tourelles de sa façade et la forme de son toit, sous lequel s’abritent 200 étudiants.
- Les chambres sont spacieuses et la salle de spectacle très artistement agencée.
- Le pavillon du Canada brille extérieurement par sa simplicité et les deux terrasses à l’italienne, qui couvrent ses deux ailes, le distinguent seules d’un building commercial de Québec ou de Montréal. Par contre, à l’intérieur, un vaste hall et un salon-bibliothèque confortablement meublé permettent aux fils de la « Nouvelle France » de se croire logés dans un des plus superbes palaces du Dominion!
- Telle est la grande œuvre créée sur l’initiative d’Emile Deutsch de la Meurthe et que dirige maintenant, d’après une convention passée, le 20 juillet 1925, avec le recteur de l’Université de Paris, la Fondation nationale pour le développement de la Cité Universitaire. Cet organisme, reconnu d’utilité publique, administre la petite ville, se charge de réunir les ressources nécessaires à son bon fonctionnement ainsi qu’à son extension et nous souhaitons que de prochaines libéralités lui facilitent jla construction de nouvelles maisons d’étudiants français ou étrangers sur les terrains encore libres situés aux abords du Parc de Montsouris. Jacques Boyer.
- L ... : .... = INITIATION BIOLOGIQUE1’ -......— —
- LES CORRÉLATIONS ENTRE LES CELLULES (*»«•)
- I. LES CORRÉLATIONS CHIMIQUES. — IL LES SÉCRÉTIONS INTERNES HORMONIQUES
- Comme le lecteur l'a appris précédemment, les corré-lations chimiques qui lient, dans les organismes com-
- Fig. î. — Schéma du centre respiratoire et de ses connexions. (D’après Hédon.)
- P, pédoncules cérébraux; R, corps sestiformes ; V,plancher-du 4° ventricule cérébral ; M, moelle épinière ; C, centre respiratoire.
- plexes, les cellules les unes aux autres, ressortent de deux systèmes bien différents.
- Dans l’un prennent place les sécrétions internes nutritives, grâce auxquelles il est satisfait aux besoins alimentaires, qualitatifs et quantitatifs, des cellules.
- Dans l’autre se rangent les sécrétions internes hormo-niques. Et l’on sait déjà qu’il faut entendre par « hormones » des substances souvent mal identifiées quant à leur nature, mais connues par leurs effets, qui, véritables « messagers chimiques », assurent la liaison entre des régions distinctes de l’économie. Brown-Séquard est le véritable instaurateur de cette féconde doctrine qu’il pressentit dès 1890, alors que Claude Bernard apparaît comme l’initiateur à la connaissance des sécrétions internes nutritives.
- Dernièrement, j’ai passé ces dernières en revue. Les lignes qui vont suivre seront consacrées à l’étude des hormones.
- Avant d’examiner, dans ses manifestations, chacune de celles que l’on connaît suffisamment à l’heure actuelle, une indispensable tâche préliminaire nous échoit : celle de procéder à leur classification.
- Toute systématisation comporte un artifice certain, surtout en biologie qui est essentiellement la science du varié, et qui connaît peu de lois sans exceptions, peu de
- t. Voir La Nature, n° 2777.
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- règles sans cas particuliers. Je tâcherai au moins de tenir compte de tous les faits connus et cet effort de synthèse aboutira à un plan d’étude bien plutôt qu’à un classement digne de ce nom.
- Les hormones peuvent être distinguées, d’abord, d’une manière grossière, suivant leurs effets, puis, ce premier critère d’identification une fois établi, suivant leur source.
- Les effets hormoniques_sont susceptibles de se ranger en trois groupes. Les uns se traduisent par des différenciations : nous avons eu antérieurement l’occasion d’indiquer ce qu’il convient d’entendre par là. Les autres se manifestent par des phénomènes de prolifération cellulaire. Enfin les derniers consistent en la mise en jeu de fonctionnements déterminés. Certains auteurs ont déjà conçu une division, sinon semblable, du moins de même ordre. C’est ainsi que Gley a proposé que fût appliqué le nom d’hormones aux substances qui déclenchent des fontionnements, et celui d’harmozones à celles qui suscitent des transformations morphologiques. Je ne nie pas l’opportunité d’une telle définition. Mais son emploi se heurte à une difficulté sérieuse : c’est qu’un seul et même « messager chimique » est capable de détenir ces différentes propriétés, de sorte que l’attribution, à un support unique, d’une double dénomination, risque d’engendrer des confusions. Ainsi, l’hormone « sexuelle » chez des Batraciens comme les Tritons se montre apte, à la fois, à provoquer le développement de la crête des mâles, et à mettre en jeu l’activité glandulaire des cellules de certains conduits, tels que les canaux excréteurs des reins. Il semble donc superflu d’opposer les harmozones aux hormones.
- Parmi les praticiens de 1’ « endocrinologie », comme on appelle l’étude des sécrétions internes et surtout celle des hormones, il en est bien qui ont cru devoir opposer à celles-ci d’autres principes relevant de la même définition générale, mais doués de propriétés différentes : les chalones. La distinction entre les hormones et les chalones repose sur cette notion que les premières suscitent des modifications visibles, le passage d’un état à un autre, tandis que les deuxièmes auraient le pouvoir d’empêcher, d’inhiber des changements qui, sans elles, se produiraient spontanément. Un exemple va immédiatement rendre compte d’une telle définition. Lorsqu’on enlève à une poule ses ovaires, le plumage acquiert les caractères de celui du mâle : c’est que la sécrétion interne de l’ovaire inhibe la tendance spontanée des plumes à acquérir l’aspect, la pigmentation, qu’elles offrent chez le coq. L’ovaire sécréterait ainsi, non une hormone, mais une chalone.
- L’emploi de ce terme rencontre le même inconvénient que celui d’harmozone. Une seule sécrétion interne est capable d’assurer simultanément des effets positifs et négatifs. C’est ainsi que la prétendue « chalone » ovarienne conditionne le développement de l’oviducte. Il apparaît donc comme une inutile complication dans le vocabulaire scientifique d’y admettre un terme dont l’emploi ne s’impose pas. Au surplus, on aurait,le droit de contester la validité même de la notion d’influences
- Fig. 2. — Coupe de duodénum.
- Muq., muqueuse, hérissée de villosités tapissées par l’épithélium intestinal, et renfermant des glandes de Lieberkühn ; gl. Bh., glandes deBrunder, occupant toute l’épaisseur de la sous-muqueuse; musc., musculeuse. — Microphotographie. Grossissement : 50 diamètres.
- inhibantes. L’action endocrine de l’ovaire sur le plumage peut se manifester d’une manière positive, par un changement d’état, si on retransplante l’organe chez une poule castrée : alors le plumage, devenu mâle, récupère le caractère femelle.
- En résumé, c’est le mot seul d’hormones qui nous paraît répondre à toutes les nécessités de la terminologie et c’est, en définitive, en des phénomènes de différen-
- Fig. 3. — Coupe de glande thyroïde.
- v. th., vésicules thyroïdiennes; ép., épithélium de la grosse vésicule occupant la moitié droite de la figure ; c, colloïde renfermée dans cette vésicule. — Microphotographie. Grossissement : 500 diamètres.
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- dation, de multiplication cellulaire, et enfin de fonctionnements (en particulier de fonctionnement glandulaire) qu’il faut voir les résultats essentiels de leur action.
- Mais il ne suffit pas, comme je le laissais pressentir quelques lignes plus haut, d’envisager les seuls effets des hormones pour éclairer, d’une lumière suffisante, l’étendue des cas particuliers. Il importe encore de considérer leur source.
- Ici encore, on se trouve amené à les répartir en trois groupes.
- Certaines hormones tirent leur origine de toutes les cellules de l’organisme indifféremment et représentent un produit ou un déchet de leur métabolisme auquel il est dévolu d’aller faire sentir leur action en un point déterminé. D’autres, au contraire, naissent d’organes ou de régions bien localisées, mais sans que ces organes ou ces régions soient voués exclusivement à leur production. Enfin certaines hormones sont excrétées par des glandes auxquelles incombe, au moins apparemment, le rôle unique de les élaborer. J’aurai, dans la suite, à tenir compte de cette hiérarchie, qui me fournira un plan d’étude commode.
- II est encore un procédé de systématisation auquel on
- Fig. 4. — Image comparative de deux chèvres de la même portée, âgées de 4 mois, dont l’une (celle de droite) a subi l’ablation de la thyroïde à 21 jours. (D’après v. Eiselsberg.)
- Fig. [>. — Étapes de la métamorphose des têtards de grenouille rousse.
- De gauche à droite : 1° Têtard au début des processus méta-morphotiques ; 2° Développement des membres postérieurs ; 3° Apparition des membres antérieurs ; 4° Dégénérescence de la queue; b” Petite grenouille métamorphosée. — Photographie. Grossissement : X 2.
- pourrait s’étonner que je n’eusse pas recours : je veux parler de la nature des hormones. Mais celle-ci est bien souvent méconnue, et les cas où elle ne l’est pas prouvent suffisamment que sa variabilité la rend impropre à entrer dans un cadre défini. Je me limiterai donc aux principes de classification qui viennent d’être exposés. Et c’est en suivant ces quelques allées, tracées artificiellement dans ce vaste domaine, que je vais apporter, sur les sécrétions internes hormoniques, une série d’indications objectives.
- Pour me conformer aux indications précédentes, je considérerai d’abord le s hormones qui, sans nulle spécificité d’origine, naissent en tous points de l’organisme : pour fixer les idées, je les appellerai dorénavant les « hormones générales ». J’examinerai ensuite les hormones produites localement, en des tissus ou organes non spécialisés, et qui seront désignées par l’expression d’ « hormones locales ». Je réserverai enfin la dernière place aux hormones qui prennent leur source en des organes spécialisés, en des glandes à sécrétion interne hormonique : ce seront les « hormones glandulaires ».
- I. — LES HORMONES GÉNÉRALES.
- De l’existence et du mode d’action de cette catégorie d’hormones, il existe un exemple typique : je veux parler de l’influence que l’acide carbonique, contenu dans notre sang, exerce sur le fonctionnement du centre respiratoire. Quelques mots seront nécessaires pour développer cette brève proposition.
- Les mouvements respiratoires sont régis par le jeu d’un certain nombre de muscles, dont les contractions ont pour effet l’ampliation de la cage thoracique, c’est-à-dire l’inspiration. Or, les nerfs qui se rendent à ces muscles, et commandent leur activité, tirent leur origine de « noyaux », ou groupements de cellules nerveuses, situés dans la moelle épinière à différents niveaux. Pratique-t-on, chez un animal, la section de la moelle, au-dessous du bulbe, le fonctionnement des noyaux moteurs des muscles respiratoires est suspendu. En revanche, une section qui passe au-dessus du bulbe exerce peu d’influence sur la motricité respiratoire. C’est qu’il existe, dans le bulbe, un centre respiratoire, dont l’activité automatique commande et coordonne celle des noyaux d’origine des nerfs qui se rendent aux muscles considérés (fig. 1).
- Or, le fonctionnement de ce centre est lui-même subordonné à la présence dans le sang, sous une certaine tension, de gaz carbonique, partiellement combiné sous forme de carbonates et surtout de bicarbonates. Selon les données actuellement admises, ce corps agit par le taux d’acidité qu’il introduit dans le milieu, c’est-à-dire par la concentration en ions hydrogène qu’il contribue à y réaliser. Cette acidité vient-elle à croître, le centre respiratoire est excité, et les mouvements respiratoires augmentent d’ampleur et de fréquence.
- Il est juste d’ajouter que l’acide carbonique ne constitue nullement un excitant strictement spécifique. L’acide lactique, qui se forme au cours d’un intense travail musculaire et se déverse dans le sang, est parfaitement susceptible de provoquer, suivant le même mécanisme, un effet ana-
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- logue. Des actions d’ordre physique sont aussi capables de stimuler le centre respiratoire : c’est ce que l’on constate lors d’une élévation anormale de la température interne.
- Quoi qu’il en soit, c’est le gaz carbonique qui, issu des combustions dont nos tissus sont le siège et repris par la circulation, représente un des excitants physiologiques normaux du centre respiratoire. Devient-il plusabondant, la ventilation pulmonaire est aussitôt rendue plus intense, et, par suite, son élimination au niveau du poumon accélérée : ainsi se rétablit l’équilibre.
- Le gaz carbonique mérite donc bien d’être considéré comme une hormone générale, que toutes nos cellules concourent à sécréter, et à laquelle l’harmonie est assurée entre leurs besoins en oxygène, et l’activité de la fonction pulmonaire qui pourvoit à ce ravitaillement. Le gaz carbonique est bien un « messager chimique » sans nulle spécificité d’origine.
- En est-il d’autres de même catégorie? C’est fort vraisemblable, encore que l’on ne dispose, à l’heure présente, d’aucun ensemble de constatations aussi précis que celui dont je viens de faire état.
- IL — LES HORMONES LOCALES-
- Nous en arrivons à l’étude d’une classe d’hormones qui, loin de naître en tous points de l’organisme comme l’acide carbonique, « hormone respiratoire », prennent leur source en des organes ou des régions déterminées, sans que toutefois leur sécrétion puisse être attribuée à des éléments spécialisés en ce sens.
- Ce qui caractérise en général l’action des hormones locales, c’est qu’elle se fait sentir elle-même localement, je veux dire sur une région limitée, et voisine de celle où naît l’hormone. Elle s’y manifeste, soit par la différenciation ou la croissance de tissus ou d’organes, comme c’est le cas chez l’embryon, soit par la mise en jeu de fonctionnements cellulaires, comme on le constate chez l’adulte.
- Lorsque, en effet, dans un article publié récemment (l), j’ai traité le problème de la différenciation cellulaire, j’ai fait allusion déjà aux hormones locales de l’œuf ou de la larve en développement. J’ai montré que, dès les stades les plus précoces de l’embryogenèse, certaines zones contrôlent la différenciation des zones voisines, à telle enseigne que leur destruction empêche ces dernières d’évoluer. Ainsi, dans l’œuf de Triton, une région bien définie, la lèvre dorsale du blastopore (orifice de la gastrula et futur anus de la larve) tient sous sa dépendance la différenciation des organes axiaux, de la moelle épinière en particulier. Selon l’embryologiste allemand Spemann, c’est là un « centre organisateur » et il est, sinon certain, du moins fort vraisemblable, que son influence est d’ordre chimique, c’est-à-dire s’exerce au moyen d’une véritable hormone; je ne reviens pas sur d'autres exemples de phénomènes comparables, dont j’ai fait état au cours de l’article indiqué.
- Sans doute n’est-il pas téméraire de penser que ce jeu d’interactions se manifeste d’une manière très générale au cours du développement, tant pour provoquer la différenciation des organes les uns aux dépens des autres
- 1. Voir chapitre, n° 2760.
- Fig. 6. — Coupe de parathyroïde, c. p., cordons de cellules parathyroïdiennes; c. s., capillaires sanguins. — Microphotographie. Grossissement : 250 diamètres.
- que pour assurer l’harmonie de leurs dimensions réciproques.
- Chez l’adulte, il ne saurait plus être question d’hormones différenciatrices. Mais il existe une hormone de fonctionnement que l’on est en droit, selon toute apparence, de ranger parmi nos « hormones locales » : je veux parler de la sécréline, découverte par les physiologistes anglais Bayliss et Starling.
- Quand les aliments passent, de l’estomac, dans le
- Fig. 7. — Coupe de surrénale humaine, c c., capsule conjonctive; z. g., zone glomérulaire delà substance corticale; z. f., zone fasciculée de la substance corticale; z. r., zone réticulée de la substance corticale; s. m., substance médullaire (ou médullo-surrénale) ; c., veine centrale. —Microphotographie. Grossissement : 100 diamètres.
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- III. - LES HORMONES GLANDULAIRES
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- duodénum, partie initiale de l’intestin, les parois de cet organe donnent naissance à une substance qui, recueillie par les vaisseaux, va, grâce à eux, atteindre le pancréas. Là, elle détermine aussitôt l’excrétion du suc pancréatique, liquide qui renferme les ferments digestifs élaborés par la glande. La substance en cause n’est autre que la sécré-tine. Elle représente une hormone typique, un véritable agent de liaison chargé de déclencher le rejet de suc pancréatique dans l’intestin au moment même où la présence des aliments à digérer y rend sa présence et son action nécessaires.
- Rien n’autorise à penser que la sécrétine soit élaborée par des éléments du duodénum spécialisés en vue de cette tâche. Le duodénum (fig. 2) renferme bien diverses glandes. Mais elles sont des glandes exocrines dont le produit s’écoule dans la cavité intestinale. Nous n’avons
- Fig. 8. — Zone fasciculée de la substance corticale de la glande surrénale.
- tr., travées de cellules glandulaires parallèles les unes aux autres; i’. s., volumineux capillaires sanguins (sinusoïdes). — Microphotographie. Grossissement : 500 diamètres.
- pas, dans l’état actuel de nos connaissances, de raison d’admettre que l’hormone duodénale tire sa source de telle région, de telles cellules de l’organe, plutôt que de telles autres. Elle paraît donc bien, sous ce rapport, homo-logable aux « hormones locales », telles que je les ai précédemment définies.
- Notons d’ailleurs que non seulement l’activité du pancréas, mais encore celle du foie, tout au moins en ce qui regardela sécrétion biliaire, sont sollicitées par la sécrétine. Or, ces deux organes se développent, lors de l’ontogenèse, aux dépens de bourgeons qui se forment, côte à côte, sur la paroi du duodénum. On ne peut s’interdire de constater ainsi un rapport entre les associations fonctionnelles et la parenté embryologique, ni de supposer que les premières résultent, en quelque mesure, de la seconde.
- Les hormones que je me propose de classer dans cette troisième catégorie se distinguent des précédentes en ce qu’elles sont élaborées par des glandes, adaptées à ce rôle exclusif, et étroitement spécialisées dans ce sens : les glandes à sécrétion interne hormonique. La glande thyroïde et les glandules parathyroïdes, les capsules surrénales, l’hypophyse, les îlots de Langerhans du pancréas, les glandes endocrines des gonades, appartiennent à ce groupe d’organes, dont je me propose de passer ici la rapide revue.
- Ce qui les caractérise tous, c’est qu’ils sont dépourvus de canaux excréteurs comme en possèdent les glandes à sécrétion externe. En revanche, leurs cellules affectent des relations d’étroite contiguïté avec les vaisseaux sanguins et lymphatiques, où l’hormone qu’elles produisent peut être constamment déversée. Aussi celle-ci est-elle en mesure d’atteindre, par la voie circulatoire, les éléments électivement aptes, de par leur constitution même, à réagir à son influence.
- Il me reste à tâcher de rendre un compte succinct des particularités les plus importantes qu’offrent la structure et surtout la fonction des diverses glandes endocrines hormoniques, et à montrer non seulement les données, mais aussi les inconnues de ces problèmes.
- La glande thyroïde. — Située, chez les Mammifères, en avant du larynx, la thyroïde se compose de petites vésicules régulières, bordées chacune d’une seule couche de cellules glandulaires, et entourées de toutes parts par un lacis serré de vaisseaux (fig. 3). Le produit de sécrétion, qu’on appelle la substance colloïde, s’amasse dans ces vésicules et les remplit. Mais comme elles ne possèdent aucun débouché vers l’extérieur, ce produit retraverse nécessairement l’épithélium pour passer dans la circulation. Selon de récentes observations que j’ai pratiquées, le phénomène d’excrétion de la colloïde débute, chez l’embryon des Mammifères, à un stade déterminé et constant de la gestation; et tandis qu’il se montre fort discret chez l’adulte, là il s’opère avec une intensité telle que les préparations histologiques décèlent des images nettes de vésicules en train de se vider, voire complètement vides.
- On admet que la colloïde vésiculaire contient l’hormone thyroïdienne, et l’on a des raisons de penser que celle-ci est une molécule complexe, caractérisée par la forte teneur en iode. Oswald a réussi à isoler, sous la forme d’une globuline iodée, l’iodothyroglobuline, une substance qui correspond au moins à l’un des principes actifs de l’hormone, et, poussant plus loin l’analyse, le chimiste Bau-mann a extrait de la thyroïde une iodothyrine qui arrive à remplacer pour une large part la glande totale dans ses actions physiologiques ou thérapeutiques.
- L’hormone thyroïdienne exerce sur l’organisme une influence complexe, qu’on a pu soumettre à l’épreuve de l’expérimentation, grâce au fait que l’ablation de l’organe n’entraîne pas la mort. La « thyroïdectomie », ainsi qu’on appelle cette opération, ou bien le profond trouble du fonctionnement thyroïdien réalisé, en pathologie humaine, par certaines formes de goitre, entraînent
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- un ensemble de signes caractérisés. S’il s’agit d’individus jeunes, leur développement se ralentit à l’extrême : ce qui indique que l’hormone thyroïdienne excite la croissance, singulièrement celle du squelette (J) (fig. 4). La peau devient pâle, bouffie, épaissie par une variété d'œdème qui a valu, aux conséquences du déficit thyroïdien, le terme global de « myxœdème » : on en peut déduire que l’hormone thyroïdienne agit sur le tissu conjonctif et, avant tout, sur celui qui forme la doublure de la peau. Les échanges nutritifs, le métabolisme, sont ralentis; la consommation de substances -protéiques principalement se trouve réduite : ce qui tend à prouver que l’hormone thyroïdienne intervient dans la régulation du métabolisme. L’intelligence demeure ou devient précaire (crétinisme thyroïdien) : ce qui montre que l’hormone thyroïdienne la contrôle dans une certaine mesure.
- Selon toute vraisemblance, ces divers symptômes sont liés et découlent l’un de l’autre, l’action sur la nutrition représentant sans doute le fait essentiel.
- Au contraire, on connaît, chez l’Homme, une maladie, le goitre exophtalmique, qui semble causée par un fonctionnement exagéré de la thyroïde. Or un des caractères de cette affection réside en l’excitation du système nerveux sympathique, laquelle se traduit entre autres signes par une accélération des mouvements du cœur. On en tire la suggestion que normalement l’hormone tyroïdienne exerce une influence sur le sympathique.
- Ce n’est pas tout. Chacun connaît les étapes et les manifestations de la métamorphose chez les Batraciens, les grenouilles, par exemple (fig. 5). Or Gudernatsch a montré le premier, il y a quelques années, que la métamorphose ne se produit pas lorsqu’on enlève précocement leur thyroïde à des têtards, et qu’en revanche elle intervient prématurément si on les nourrit de thyroïde de quelque espèce que ce soit. L’hormone thyroïdienne a donc à son actif le conditionnement des phénomènes métamorphotiques.
- C’est dire la variété des fonctions thyroïdiennes. Quelle est la clef qui leur est commune? Comment concevoir les rapports qui nécessairement les unissent? Ce sont là des questions encore en suspens aujourd’hui.
- Les glandes parathyroïdes. — Annexés au corps thyroïde, au nombre de quatre (deux de chaque côté) chez les Mammifères, ces organes sont formés de cordons irréguliers de cellules, parmi lesquels circulent, nombreux, vaisseaux sanguins et lymphatiques (fig. 6). Leur ablation provoque la mort. On suppose que l’indispensable hormone qu’ils sécrètent agit sur l’utilisation du calcium par les cellules, ou bien encore permet l’élimination d’un produit toxique du déchet de certains protides, la guanidine. Mais l’obscurité règne encore sur son rôle, autant que sur sa nature. Ce qui paraît probable, c’est que sa déficience joue dans un état convulsif qui s’observe chez les enfants, la « tétanie ». Les animaux à qui on a enlevé les parathyroïdes présentent en effet des convulsions comparables. Mais il reste à éclairer le mécanisme d’un semblable effet.
- Les capsules surrénales. — Ce sont des glandes endocrines qui coiffent chacune un des reins, à la manière
- Fig. 9. — Hypophyse (coupe totale).
- I. a., lobe antérieur, ou lobe glandulaire; l. p., lobe postérieur ou lobe nerveux; t. p., tige pituitaire, qui rattache l'hypophyse au plancher du 3e ventricule cérébral; inf., cavité infundibulaire, qui communique avec le 3° ventricule cérébral. — Microphotographie. Grossissement : 15 diamètres.
- d’un cimier de casque. Leur structure est complexe. Chaque capsule possède une partie centrale, ou médullo-surrénale, et une partie périphérique, ou cortico-surrénale, qui possèdent l’une et l’autre une origine embryologique distincte, ainsi qu’une constitution et un rôle différents (%• 7).
- La médullo-surrénale est composée de travées de cellules qui, particularité remarquable, dérivent, au cours du développement, de la même souche d’éléments que les cellules nerveuses sympathiques. L’hormone qu’elles sécrètent, a pu, non seulement être identifiée chimiquement par Takamine, en 1895, mais encore être reproduite par synthèse : c’est Yadrénaline, dont la molécule
- Fig. 10. — Lobe glandulaire de l’hypophyse, avec les divers types de cellules qui le constituent.
- bas., cellules à réaction basophile; ac., cellules à réaction aci-dophile; chr., cellules chromophobes. — Microphotographie. Grossissement : 300 diamètres.
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- complexe présente la structure d’une pyrocatéchine substituée.
- Ce « messager chimique » passe, en quantités infimes, dans la circulation, et va exciter les terminaisons nerveuses des cellules sympathiques, spécialement au niveau des fibres musculaires lisses des viscères. Il apparaît ainsi que le cousinage embryologique entre le système ganglionnaire sympathique etlamédullo-surrénale (parfois désignée, avec quelques petites glandules de même nature dispersées en divers points de l’organisme, sous le nom de système paraganglionnaire) a pour suite un couplage fonctionnel étroit. L’adrénaline, par son action sur la musculature des vaisseaux sanguins, détermine leur resserrement, et contribue ainsi à élever la pression artérielle.
- La cortico-surrénale tire, elle, son origine de la paroi mésodermique de la cavité péritonéale primitive. Les cellules qui la constituent s’ordonnent en travées qui affectent une disposition différente suivant qu’on considère la zone la plus externe, la zone moyenne, ou enfin celle qui avoisine la médullo-surrénale (fig. 7 et 8). Leur rôle est encore bien mal connu. On pense qu’elles interviennent dans la synthèse d’un lipoïde dont notre organisme, particulièrement au niveau du système nerveux, fait une importante consommation : la cholestérine. Mais alors, la cortico-surrénale se rapprocherait, par sa fonction, des glandes endocrines nutritives, bien plus que des glandes endocrines hormoniques. On lui assigne aussi une influence dans le métabolisme ou le catabolisme de certains pigments. Ce qui paraît sûr, c’est que la corticosurrénale est indispensable à la vie, et /" N qu’il faut attribuer à sa déficience,
- 1 T \ P^13 CIUce^e de médullo-surré-
- nale, la mort qui suit fatalement la « surrénalectomie » (encore que tout récemment on ait réussi à prolonger considérablement le délai de survie après cette opération). Quoi qu’il en soit, il reste fort à faire pour pénétrer le mystère de son fonctionnement et de son rôle.
- L'hypophyse. — Gomme les capsules surrénales, l’hypophyse est un organe double, formé de deux parties accolées dont l’une tire son origine du cerveau moyen, auquel la relie, même chez l’adulte, un pédicule, et l’autre, de la voûte de la cavité buccale, dont elle se sépare assez rapi-
- ,, , , . dement au cours de l’évolution em-
- Silhouette de géant . . .
- acromégalique. bryonnaire (fig. 9). Ainsi constituée,
- D’après Brissaud l’hypophyse se loge, au-dessous du et H. Meige.) cerveau, dans une petite dépression
- Remarquer les de la base du crâne, la « selle tur-dimensions des ci
- mains et des pieds. *
- La partie d origine nerveuse est
- le lobe postérieur.
- On y trouve un entrelac confus de fibrilles nerveuses et de cellules névrogliques. La partie d’origine épithéliale est le lobe antérieur (fig. 10). Entre les deux lobes, il
- existe une zone spéciale, la partie intermédiaire, où l’on rencontre des vésicules remplies de substance colloïde qui rappellent celles de la thyroïde. Cette colloïde, on l’a récemment montré (Collin), est susceptible de se déverser dans les centres nerveux par l’intermédiaire du pédicule, dit tige pituitaire, qui rattache l’hypophyse au cerveau.
- Y a t-il une ou plusieurs hormones hypophysaires? On n’en sait rien encore. Mais on attribue, à bon droit, plusieurs fonctions à l’hypophyse. Elle agit sur le développement du squelette, et l’excès de son activité provoque un véritable gigantisme, accentué surtout aux extrémités des membres (acromégalie) (fig. 11). Elle excite la musculature de certains viscères, comme l’utérus. Elle préside à certains échanges nutritifs, de sorte que sa déficience aboutit à une surcharge graisseuse de l’économie, accompagnée de chute de la pression sanguine, de prostration, d’hébétude. Elle contrôle enfin, dans une certaine mesure, l’activité des glandes germinatives.
- Les îlots de Langerhans du pancréas. — Le pancréas est, en partie, une glande « exocrine », qui, par l’intermédiaire d’un canal excréteur, déverse dans le duodénum un « suc pancréatique » riche en ferments.
- Grâce à ce suc, le pancréas exocrine intervient dans la digestion des matières protéiques, des sucres et des graisses. Mais il est aussi une glande endocrine hormo-nique : disséminés parmi les éléments de la glande exocrine, on trouve, en effet, de petits amas cellulaires, formés de travées parmi lesquelles circulent des capillaires sanguins : ce sont les îlots de Langerhans (fig. 12).
- En 1889, Von Mering et Minkowski avaient, après Lancereaux, établi que le pancréas se comporte comme une glande endocrine, dont l’ablation totale entraîne un diabète mortel. C’est l’histologiste Laguesse qui, peu d’années plus tard, vit dans les îlots de Langerhans des glandules à sécrétion interne, responsables de l’influence du pancréas sur l’organisme.
- L’hormone qu’ils sécrètent possède à la fois une action locale et générale. Son action locale s’exerce sur le foie qui, grâce à sa présence, devient capable de fixer le glucose et de l’emmagasiner sous forme de glycogène, bref d’assurer sa fonction glycogénique (1). Quant à son action générale, elle consiste à contrôler et à permettre l’utilisation du glucose par les cellules, qui, sans son intervention, se montrent incapables de le consommer. Aussi la déficience de l’hormone pancréatique a-t-elle pour suite inévitable l’élévation du taux du glucose contenu dans le sang, c’est-à-dire l’hyperglycémie. Ce même symptôme constitue un des signes du diabète humain, qu’on impute à juste titre, au moins dans beaucoup de cas, à un trouble de la sécrétion interne du pancréas.
- Des savants canadiens, Banting, Best, Mac Leod, ont réussi dernièrement à extraire du pancréas le principe actif des îlots de Langerhans. Ils l’ont appelé « insuline »,
- 1. J’ai confirmé cette notion dans le cours des dernières années en montrant que chez l’embryon les îlots de Langerhans commencent à se développer et à fonctionner à un stade plus ou moins tardif de la gestation, variable d’une espèce à l’autre, constant pour une même espèce, et que la fonction glycogénique du foie s’établit au même stade.
- Fig. 11.
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- et, depuis lors, on utilise cette substance avec succès dans le traitement de l’hyperglycémie diabétique et des accidents dont elle est responsable.
- Les glandes endocrines des gonades. — Je me contenterai de les signaler ici pour mémoire, car leur étude ne saurait être séparée de celle des mécanismes généraux de la sexualité.
- On a pu se rendre compte, en parcourant cette revue rapide, de la complexité extrême du jeu d’interactions humorales qui, dans notre organisme, solidarisent les divers tissus et organes. Encore ai-je dû, pour sacrifier à la clarté de l’étude, décrire isolément les faits relatifs à chaque hormone. Ce qu’il importe de savoir, à l’issue d’un tel exposé, c’est que les diverses actions hormo-niques se combinent, les unes pour cumuler certains effets, les autres pour les corriger, et que, dans les conditions normales, l’équilibre des fonctions organiques résulte de leur jeu concerté, non de leur action indépendante. Ainsi le métabolisme ne subit pas seulement le contrôle de l’hormone thyroïdienne, mais encore celui de l’hormone hypophysaire, des hormones génitales, etc... En outre, les différentes glandes endocrines ne laissent pas d’être elles-mêmes interdépendantes l’une de l’autre. J’ai observé, dernièrement, qu’au cours du développement embryonnaire l’entrée en fonctionnement des îlots de Langerhans et celle de la thyroïde sont simultanées. Chez l’adulte il existe une influence réciproque de la surrénale, de la thyroïde, sur le pancréas, pour ne citer qu’un exemple. Faut-il ajouter qu’on commence à peine à voir clair dans cet enchevêtrement de déterminismes,
- Fig. 12. — Coupe de pancréas.
- ac., acini de la glande à sécrétion externe; i. L., îlot de Langerhans. — Microphotographie. Grossissement : 250 diamètres.
- et que bien des possibilités de découvertes s'ouvrent toujours dans ce domaine?
- Qui plus est, aux corrélations chimiques que l’on vient de considérer s’adjoignent, dans les organismes, de précises corrélations nerveuses, qui collaborent, elles aussi, étroitement avec les premières. Leur étude fera l’objet d’un prochain article.
- Dr Max Akon,
- Professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- LA TÉLÉPHONIE SANS FIL ENTRE PARIS ET ALGER
- La liaison radiotéléphonique entre Paris et Alger vient d’être réalisée avec plein succès. Cette belle réalisation, effectuée par une méthode nouvelle, fait honneur à MM. Chireix et Mesny, les inventeurs des appareils qui ont rendu cette liaison possible et à la Société Française Radiotélégraphique qui les a mis en œuvre. La méthode reposé sur l’emploi des ondes courtes dirigées. Dans son articles du 15 septembre 1927 (n° 2769), M. P. Hemardinquer a exposé le principe du système de radiocommunication par ondes courtes dirigées, expérimenté à cette époque à Sainte-Assise. Il a décrit également les appareils. C’est ce dispositif qui, après quelques nouveaux perfectionnements, a permis de téléphoner de Paris à Alger.
- Le problème de la radiotéléphonie est beaucoup plus complexe que celui de la radiotélégraphie et il est tout différent de celui de la radiodiffusion. L’objet de cette dernière est de faire entendre au même instant à un nombre illimité d’auditeurs le même concert, les mêmes informations.
- La radiotéléphonie, au contraire, doit, comme le téléphone ordinaire, permettre d’établir entre deux correspondants une communication bilatérale, efficace, sûre et discrète. Il est indispensable en outre que les usagers puissent utiliser pour l’émission et la réception les appa-
- reils téléphoniques ordinaires du réseau téléphonique par fil, afin que les conversations puissent s’échanger sans plus de difficultés que s’il s’agissait de téléphoner par fil entre abonnés d’un même réseau. Enfin il faut assurer des appareils spéciaux, aux stations d’émission et de réception, le secret des communications sur le parcours radioélectriques.
- Ces problèmes essentiels résolus, rien ne s’oppose plus à l’emploi
- commercial du ra- pig. I. — Une liaison radiotéléphonique diotélephone com- vient d’être établie entre Paris et Algery me moyen de com- distants de près de 1500 kilomètres.
- munication entre continents éloignés.
- La première liaison radiotéléphonique commerciale à grande distance fut ouverte, le 6 janvier 1927, entre l’Angleterre et les Etats-Unis.
- On utilise, dans les stations d’é-
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- Centra/= Ségt/r =d
- ipparei/dMannes itnt sûre du Commerce
- PARIS
- Bureau Centra! MD/O rue Montmartre
- $0/Ci/omètres
- /500h ’/omètres
- ALGER
- Poste de récep tim d'ALGER V
- Ligne
- Central'téléphonique du Gourern P Généra/
- Fig. 2. — Schéma de la liaison radioélectrique entre les réseaux téléphoniques de Paris à Alger.
- missions anglaises et américaines, des émetteurs à ondes radioélectriques longues. Malheureusement, tous les inconvénients rencontrés par les systèmes radio-télégraphiques qui utilisent ces ondes se retrouvent à un degré bien supérieur en radiotéléphonie ; les troubles atmosphériques nombreux et intenses mettent cette liaison dans l’incapacité absolue de satisfaire aux besoins d’un trafic important; quand la liaison peut être établie,
- c’est bien souvent à très grande peine que l’on peut, à certaines saisons, saisir les paroles de son correspondant.
- De plus, les installations à ondes longues, même les plus modernes, nécessitent d’une part des immobilisations importantes de capitaux à la construction et d’autre part des dépenses d’exploitation très élevées. Le rendement économique d’un tel système devient inadmissible, bien que les correspondants acquittent des taxes très élevées.
- A la mise en service de cette première liaison radioté-léphonique, on aurait pu croire que l’Administration française et notre Industrie radioélectrique nationale s’étaient laissé devancer par l’Etranger, dans le domaine des applications de la radioélectricité.
- L’essai de radiotéléphonie commerciale qui vient d’être fait par l’Administration avec la collaboration de l’Industrie française, pour relier les réseaux téléphoniques français à ceux de nos possessions Nord-Africaines, est une preuve éclatante de la supériorité de notre technique dans ce domaine.
- COMMENT A ÉTÉ RÉALISÉE LA LIAISON PARIS-ALGER
- Soucieuses de mettre à la disposition du public un moyen de communication sûr, efficace et régulier pour l’usage duquel les taxes à acquitter seraient comparables à celles des communications téléphoniques à longue distance du régime intérieur français, l’Administration des P. T. T. et l’Industrie française ont porté leurs efforts sur l’emploi des ondes courtes pour le trajet radioélectrique.
- La nouvelle technique des ondes courtes projetées, mise au point en France avec un souci manifeste d’économie et de réalisation industrielle, a permis à la radiotéléphonie de franchir les derniers pas qui lui restaient à faire pour atteindre à la perfection, comme viennent de le prouver les remarquables résultats obtenus dans le cours de ces essais (fig. 1).
- La station d’émission était installée sur le terrain de la Compagnie Radio-France au centre même de Sainte-Assise. Elle pouvait être commandée par un quelconque des appareils téléphoniques du réseau français. La station de réception était installée dans les environs immédiats d’Alger et reliée au réseau téléphonique Nord-Africain (% 2).
- Afin de diminuer les frais entraînés par cet essai, Alger n’était pas muni de station d’émission, la liaison ne pouvait donc être établie que dans un seul sens, entre la France et le Nord-Afrique.
- Une liaison Duplex bilaterale aurait pu être réalisée suivant le schéma de la figure 3.
- La réalisation de cette liaison n’aurait présenté aucune difficulté technique; la liaison unilatérale ayant donné toute satisfaction, il aurait simplement suffi d’utiliser deux longueurs d’ondes, très légèrement différentes* pour assurer la liaison radioélectrique dans le sens Paris-Alger, d’une part, et dans le sens Alger-Paris, d’autre part.
- Fig. 3. —- Schéma d’une liaison duplex bilatérale entre France et Afrique du Nord.
- Centraux téléphoniques Réseau français
- Centraux téléphoniques Réseau Nord-Africain
- Poste téléphonique ordinaire dun abonné quefconque du réseau téléphonique français
- t Poste téléphonique ordinaire d'un abonné quelconque du réseau té/éphon iu.‘Nord-Africain
- FRANCE
- AFRIQUE DU NORD
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- Seules « les ondes courtes projetées » de 30 mètres de longueur d’onde ont été utilisées dans le cours des essais.
- Le matériel utilisé permettait de réaliser une liaison radiotéléphonique satisfaisant à toutes les conditions que doit remplir une liaison quelconque effectuée par la voie hertzienne, à savoir :
- 1° La régularité, c’est-à-dire qu’à moins de conditions atmosphériques, qui seraient du reste de nature à perturber le réseau téléphonique ordinaire, le service radioélectrique doit pouvoir être assuré.
- 2° L’efficacité : la liaison hertzienne ne doit introduire ni affaiblissement, ni déformation de nature à gêner l’échange de conversations.
- Seule l’utilisation « d’ondes courtes projetées » permet ces garanties.
- La régularité est obtenue, grâce à l’emploi d’une antenne-projecteur. Ce type d’antenne possède la propriété de concentrer l’énergie rayonnée en un faisceau étroit que l’on dirige sur le poste correspondant.
- On peut ainsi obtenir à la réception un champ électrique intense et y disposer d’une réserve d’énergie suffisante pour lutter contre les effets des variations constatées dans la propagation des ondes électromagnétiques.
- Les ondes électriques, comme les ondes lumineuses, calorifiques ou sonores, peuvent être dirigées; seules les fréquences relativement basses utilisées avec des ondes longues interdisaient la construction de réflecteurs ou projecteurs pratiques : on aurait été, en effet, conduit à des installations très vastes comportant des supports très élevés, ce qui empêchait pratiquement la mise au point de systèmes projecteurs d’ondes longues.
- Avec les ondes courtes, le problème se trouvait être économiquement plus aisé. Les chercheurs des différents pays s’orientèrent alors dans cette voie.
- L'ANTENNE-PROJECTEUR CHIREIX-MESNY
- Alors que des projecteurs de très grandes dimensions faisaient leur apparition à l’étranger, MM. Chireix et Mesny mirent au point un projecteur très simple, connu sous le nom de projecteur S. F. R.-C. M., de dimensions réduites dont les qualités directionnelles ne le cèdent en rien à celles des projecteurs étrangers.
- Cette découverte sensationnelle, résultat de nombreuses et longues recherches, marquera une date dans l’histoire des communications radioélectriques à grande distance.
- Le principe général de l’antenne projecteur S. F. R.-C .M. est le suivant :
- On utilise un fil développé en zigzag (dents de scie) dans un plan et formé d’éléments d’égale longueur coudés à angle droit, chaque élément de fil a une longueur égale à une demi-longueur d’onde. Sur tout son trajet, les caractéristiques électriques du fil ne présentant pas de changement important, l’énergie peut se propager d’une extrémité à l’autre, même si le nombre d’éléments est assez considérable.
- Pour augmenter l’efficacité à distance d’une telle antenne, on peut monter deux ou plusieurs étages de zigzag dans un plan vertical. Pour la simplicité du réglage, on alimente ces étages en leurs milieux : on a alors le schéma de principe de la figure 4.
- Fig. k. — Schéma de principe d’une antenne-projecteur simple, type C. M.
- L’ antenne qui y est figurée comporte en fait 32 éléments « demi-ondes » disposés de façon à réaliser deux alignements croisés de 8 antennes, chacune de ces antennes comportant elle-même deux « demi-ondes ». Le système complet occupe une longueur totale de 5 ou 6 longueurs d’ondes, et le faisceau de radiation de cet ensemble tracé en coordonnées polaires a un angle d’ouverture de moins de 20 degrés. Pour un écart inférieur à cinq degrés de la direction privilégiée, l’énergie reçue tombe en dessous de la moitié de sa valeur (fig. 5).
- Bien que l’antenne que nous venons de décrire présente des propriétés directives déjà accentuées, l’antenne normale type C. M. est beaucoup plus développée et permet d’obtenir des faisceaux encore plus étroits (fig. 7).
- En remarquant que le schéma de la figure 7 représente en somme une suite d’X ou de carrés, l’antenne normale C. M. est constituée par deux étages d’X superposés.
- L’alimentation se fait au milieu de chaque baie.
- Une telle antenne aurait un pouvoir directionnel double, les deux directions privilégiées étant celles qui sont perpendiculaires au plan vertical de l’antenne.
- Fig. 5. — Diagramme de Vénergie rayonnée par une antenne-projecteur G. M.
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- 5,5 X
- Zônede\
- pénornbtj-e
- Zone ]/
- Active
- Zone
- Active
- Zone de pénombre
- f| ou Réf lecb
- Ant enne
- eur
- ou Réflecteur
- Fig. 6. — Plan et élévation de Vantenne-projecteur G. M. construite à Sainte-Assise par la Société française Radioélectrique.
- Afin d’annuler complètement le rayonnement dans la direction opposée à celle que l’on veut favoriser, on installe en arrière du rideau d’antenne et à une distance égale à un quart de longueur d’onde un ensemble d’aériens en tous points analogue au précédent et qui est excité par induction par ce dernier. - Ce deuxième ensemble constitue écran et la radiation vers l’arrière se trouve complètement annulée.
- On a ainsi réalisé un système d’antenne-projecteur à effet unidirectionnel.
- En dehors des nombreux avantages que présente cette antenne au point de vue installation mécanique, nous signalerons que de petits déréglages en longueur d’onde n’influent que très faiblement sur l’efficacité du système. On peut ainsi aisément utiliser le même
- Fig. 1. — Vue de Vantenne-projecteur de Sainte-Assise.
- aérien pour superposer plusieurs émissions simultanées.
- Toutes les remarquables propriétés directionnelles de l’antenne S. F. R.-C. M., à l’émission se retrouvent évidemment à la réception. Aussi l’emploi simultané de telles antennes à l’émission et à la réception permet de garantir une efficacité absolue à la liaison et d’atteindre des résultats inégalés et absolument imprévisibles îus-qu’à ce jour.
- L’APPAREIL ÉMETTEUR
- Afin que la liaison radiolélectrique n’apporte ni affaiblissement ni déformations aux communications, en un mot pour avoir une liaison efficace, on utilise une puissance d’émission relativement grande avec un taux de modulation considérablement plus élevé que celui généralement adopté pour les émetteurs de radiodiffusion, ce qui permet d'obtenir à la réception l’excès d’énergie indispensable pour actionner les dispositifs régulateurs destinés à rétablir automatiquement le niveau de l’énergie à l’entrée des lignes téléphoniques desservies.
- La stabilisation rigoureuse de l’émission par un mailre-oscillateur à quartz piézoélectrique permet de maintenir une stabilité parfaite de la longueur d’onde d’émission.
- Le schéma de principe de l’émetteur utilisé est donné par le schéma de la fig. 8.
- Avec une puissance alimentation prise au réseau, de 60 kilowatts environ, l’émetteur peut fournir à l’antenne une onde porteuse de près de 15 kilowatts. L’émetteur est prévu pour fonctionner sur deux longueurs d’onde, comprises entre 15 et 40 mètres, de façon à pouvoir choisir celles qui s’adaptent le mieux à la liaison. L’émetteur
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- Fig. 2. — Dégraissage des os verts par ébullition dans l'eau.
- L’opération se pratique dans de grandes cuves. Les matières grasses surnagent et sont enlevées au fur et à mesure
- qu’elles se forment.
- sont mis dans de grandes cuves et traités par l’acide chlorhydrique étendu. Au bout de quelques jours, les matières minérales : phosphate et carbonate de chaux, se dissolvent et il ne reste que la matière animale, l’osséine qui conserve la forme de l’os. Cet épuisement dure environ une dizaine de jours. L’eau acidulée circule dans sept ou huit cuves, de telle façon que l’eau la moins riche en acide passe sur les os les plus riches en matières calcaires. Quand la première cuve est épuisée, on la retire; la deuxième passe la première et celle que l’on a enlevée, rechargée à nouveau avec des os dégraissés, repasse la dernière.
- L’osséine complètement séparée des matières calcaires est lavée à fond pour enlever l’acide qui l’imprègne. Ces lavages doivent être faits avec le plus grand soin et continués jusqu’à ce que les eaux ne donnent plus de réaction sensible au papier de tournesol.
- On termine la neutralisation par un chaulage suivi d’un lavage tout à fait minutieux. L’osséine purifiée et neutralisée est portée dans des trémies au-dessus d’une cuve dans laquelle elle est soumise à l’ébullition pendant douze heures. Au bout de ce temps, la solution gélatineuse se déverse dans une tuyauterie qui la transporte dans une salle réfrigérée spécialement. Là, celte solution
- se prend rapidement en une masse tremblante demi-solide. ...- .....*
- On découpe cette masse en feuilles minces sur des filets tendus sur des cadres qu’un convoyeur emporte dans un long couloir traversé par un fort courant d’air chaud.
- Les os épuisés une première fois subissent un second traitement avec de la nouvelle eau, mais, c’est naturellement le « premier jus » qui constitue la meilleure qualité de la gélatine.
- Aussitôt que les feuilles de gélatine sont complètement séchées, on les découpe en morceaux que l’on écrase, car, c’est sous la forme granulée que la gélatine est livrée à la consommation.
- Lorsque la gélatine est prête à l’expédition, elle passe au laboratoire, où elle est analysée par plusieurs chimistes, pour voir si elle remplit bien les conditions très strictes établies par le laboratoire de Chimie du ministère de l’Agriculture.
- LES USAGES DE LA GÉLATINE COMESTIBLE
- C’est que la gélatine comestible est un des desserts les plus en vogue, chez les Yankees qui, sous la forme de
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- toutes sortes d'entremets en consomment plus de 2 millions de kg par an.
- La confiserie et la pâtisserie font également usage de la gélatine comestible, elles en absorbent bien une moyenne de 1 500 000 kg annuellement.
- Mais, dira-t-on, en quoi cette substance peut-elle se recommander aux confiseurs?
- Certains produits de confiserie ont une ennuyeuse tendance à granuler. Ce granulage est produit par le retour du sucre à sa forme cristalline. Or, on peut prévenir cet inconvénient au moyen de certaines substances appelées « colloïdes ».
- Ces colloïdes sont précipités de leurs solutions par l’addition de sels ou d’acides. Par exemple, la caséine du lait est précipitée en masses floconneuses par l’addition d’un acide.
- Chose remarquable, il y a des colloïdes qui empêchent cette coagulation, même lorsqu’on les emploie à faible dose.
- La gélatine est précisément un agent protecteur ou stabilisateur dont l’efficacité surpasse celle de tous les autres.
- Ainsi une partie de gélatine exerce la même action protectrice qu’approximati-vement 6 parties d’albumine d’œuf amorphe, 16 parties de blanc d’œuf frais,
- 50 parties de gomme arabique ou 400 parties de gomme adra-gante.
- Dans la préparation des pâtes feuilletées, la gélatine, à faible dose, permet d’obtenir un feuilletage plus partait et de meilleure apparence.
- Mais, c’est surtout dans l’industrie de la crème glacée que la gélatine comestible trouve son utilisation la plus marquée : plus de 4 millions de kg par an.
- Avant d’expliquer comment celte substance agit dans la crème glacée, nous devons constater combien cette gourmandise est populaire aux Etats-Unis.
- L’ « ice cream » (crème glacée) se vend partout : dans les confiseries, les pâtisseries, voire dans les pharmacies.
- Des marchands ambulants la débitent en plein vent sur des charrettes à bras, sur des voitures automobiles et autres.
- On la sert dans tous les hôtels, dans tous les restaurants, dans tous les buffets.
- Aussi, la fabrication de 1’ « ice cream » est-elle devenue une industrie des plus importantes, surtout depuis
- qu’on introduit la gélatine comestible dans sa préparation.
- De fait, bien qu’employée à la faible dose de 0,5 à 1 pour 100, la gélatine est un facteur très utile dans la préparation de la crème gelée : elle a une triple fonction :
- Elle empêche les cristaux de lactose et de sucrose de se former en gros blocs et retarde la formation de gros cristaux de glace, assurant ainsi l’homogénéité du produit.
- Ensuite, elle augmente la viscosité du mélange et contribue à maintenir le degré de foisonnement voulu. Enfin, elle permet au mélange d’absorber et de conserver de l’air, elle empêche cet air de s’échapper et donne une crème glacée qui « tient bien », plus facile à transporter et à conserver.
- La gélatine comestible ne se recommande pas seulement par ses propriétés colloïdales, mais aussi par sa valeur alimentaire dûment constatée au cours de nombreuses expériences faites par plusieurs savants, entre autres le Dr Thomas Downey, directeur du laboratoire des recherches industrielles de l’Université de Pittsburg (Pen-sylvanie).
- Elle facilite, par exemple, la digestion et l’assimilation du lait et des produits lactés, principalement de la crème congelée, ce qui explique pourquoi cette dernière peut être parfaitement digérée par les très ] eunes enfants et pourquoi elle est recommandée aux malades et aux convalescents.
- Enfin, la gélatine comestible joue dans la médecine un rôle dont l’importance grandit sans cesse.
- Pour ne pas prolonger outre mesure notre étude, disons seulement que, sous forme d’injections sous-cutanées, on l’utilise avec succès contre différentes sortes d’hémorragies.
- Elle est aussi très efficace dans la gastro-entérite; elle constitue un excellent remède contre l’artério-sclérose, contre l’infection chronique des intestins et surtout contre l’effroyable diarrhée infantile qui fait pleurer tant de mères.
- Pour terminer mentionnons, bien qu’il ne s’agisse plus d’un usage comestible, le grand emploi qui est fait de la gélatine très pure pour la préparation des plaques et pellicules photographiques ou cinématographiques.
- L. Kuentz.
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- AVIONS CONTRE CUIRASSÉS
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- C’est une question à l’ordre du jour, dans toutes les marines, que de déterminer le rôle éventuel de 1 aviation dans les opérations militaires futures et c’est un sujet dont nous avons souvent entretenu nos lecteurs. En dehors du rôle de reconnaissance, l’avion peut assumer des missions de combat et en particulier intervenir par des bombardements contre les bâtiments puissants de haute mer, aussi bien que contre les sous-marins.
- Quelle sera l’efficacité de l’avion porte-bombes contre
- les
- et contre les
- grands
- croiseurs.
- Des expériences ont été faites par la marine des Etats-Unis. Un grand cuirassé déclassé, VAlaba/na, a été attaqué par des avions bombardiers, protégés par des nuages de fumée. Des expériences analogues ont été faites sur le torpilleur Virginia. Les photographies ci-jointes représentent quelques-unes des phases de ces expériences sensationnelles.
- Voici tout d’abord (fig. 1 et 2) l’avion projetant le nuage de fumée à l’abri duquel ses camarades descendront presque à la hauteur du cuirassé pour laisser choir leurs projectiles.
- Le bâtiment a été attaqué au moyen de bombes de .150 et de 1000 kg.
- La figure 3 représente l’éclatement d’une bombe de 150 kg tombant sur le cuirassé. Celui-ci a reçu en 30 secondes un certain nombre de ces petites bombes et une
- g, et a été en ce
- court laps de temps réduit à l’état d’épave.
- Les figures 4 et 5 montrent ce qu’il est advenu du bâtiment moins imposant, le
- Fig. 1.
- Avion projetant un nuage de fumées.
- Phot. International Graphie Press.
- Cette question a soulevé des polémiques très vives, aux Etats-Unis notamment; polémiques qui ont même entraîné la retraite du général commandant les forces aériennes.
- Nul n’a
- contesté
- danger
- courir un gros navire s’il reçoit
- peut
- bout
- portant, tombant du haut des airs, une
- bombe chargée de plusieurs centaines de kg d’explosifs.
- Mais on a nié la possibilité pour l’avion de placer au but un tel projectile, alors que lui-même sera soumis au tir convergent de tous les canons antiaériens de la flotte attaquée. Dans ces conditions, les chances d’atteindre le but deviendraient minimes, et de l’ordre de celles que l’on peut normalement accepter à la guerre, tandis que les partisans enthousiastes de l’aviation affirment que l’arme aérienne condamne à la disparition les grands bâtiments trop peu mobiles, et de trop grande superficie. Ils ajoutent que l’avion peut se défendre efficacement contre l’artillerie antiaérienne du bord au*moyen des nuages de fumée, à l’abri desquels il opérera en sécurité relative le lancement de ses bombes.
- Fig. 2.
- Le nuage de fumée forme un écran impénétrable à la vue. Phot. International Graphie Press.
- Virginia. La première d’entre elles montre l’éclatement d’une bombe de 500 kg, frappant le bâtiment lui-mèmé ; la figure suivante montre une bombe éclatant sous l’eau au contact du navire; elle fait autant de dégâts que la première.
- La figure 6 montre ce qui reste du torpilleur après ce bombardement.
- Le bâtiment est hors de combat.
- On peut discuter à^perte de vue sur la signification de ces expériences qui n’ont évidemment pas été exécutées dans les conditions de la guerre les avions ont attaqué un
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- Fig. 3 à 6. — De gauche à droite et de haut en bas :
- Fig. 3 (en haut à gauche).
- Le cuirassé « Àlabama », frappé par une grosse bombe d'avion.
- Fig. k. — Eclatement d’une bombe de 500 kg sur le « Virginia ».
- Fig. 5. — Une bombe de 500 kg éclate sous l'eau à proximité du a Virginia ».
- Fig. 6. — Le « Virginia » après le bombardement. Phot. International Graphie Press.
- objectif sans défense; ils sont partis d’une base à courte distance de l’objectif. Dans la réalité ils auraient eu à faire un long parcours à partir de la côte ou à partir du navire porte-avions qui les aurait hébergés jusqu’à l’approche du combat. Encours de route, ils auraient eu des chances de se heurter à l’aviation de combat ennemie lancée à leur recherche; et leur mission n’aurait sans doute eu de chances de succès qu’à la condition que cette aviation de combat ait été soit dépistée, soit au préalable annihilée ou neutralisée. Les nuages de fumées ne cacheraient sans doute pas les avions aux vues de toute une escadre. Un vaste champ reste ouvert aux hypothèses.
- Quoi qu’il en soit, les documents ci-contre sont un témoignage éloquent de la puissance éventuelle de l’arme aérienne.
- R. Y.
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- LES MOUCHES A TRUITES
- PERLES, NÊMOURES, SIALIS
- Les Perlides, comme les autres insectes Névroptères, ont quatre ailes en deux paires minces et transparentes, à nervures fines et nombreuses. Les pêcheurs à la ligne, qui ne sont pas obligés d’être savants en histoire naturelle, les distinguent au premier coup d’œil des autres insectes aquatiques par la position de leurs ailes au repos : si les Ephémères les ont verticales et les Phry-ganes en forme de faîte de toit, les Perlides les portent à plat sur le dos, qu’elles dépassent généralement en longueur, et aussi parfois se courbent sur les côtés en demi-cylindre pour épouser / \ la forme arrondie du corps.
- Mais cette marque distinc-Fig. 1. — Larvulc de tive ne pourrait suffire à un Perla marginata. entomologiste. En voici d’au-
- tres : les quatre ailes sont presque égales en forme et en dimensions; ce n’est que de fort peu que les postérieures peuvent être moins longues mais plus larges. L’avant des ailes postérieures vient se loger directement sous l’arrière de l’aile antérieure correspondante, tandis que l’arrière de l’aile postérieure (champ anal) se replie en éventail au-dessous de
- Fia. 3. — Chloroperla grammatica.
- FU
- — Perla marginata insecte parfait.
- la première quand l’insecte est au repos. Les ailes antérieures sont à nervures fortes mais à peu de transversales; elles ne se plissent pas quand elles sont couchées sur le dos de l’insecte au repos, recouvrant les ailes postérieures.
- Tête plate, munie ou non de mandibules ; longues antennes, gros yeux à facettes.
- Corps déprimé; thorax de trois segments sensiblement carrés, abdomen de 10 segments. Pas d’é-cailles. Pattes longues et ciliées. 2 cerques plus ou moins développés et
- souvent réduits au point d’être invisibles à l’œil nu.
- Les larves des Perlides ont les membres courts, deux soies caudales. Les pièces de la bouche sont broyeuses, ces larves étant éminemment carnassières. En général, la respiration est cutanée; beaucoup de larves ont de grandes branchies extérieures comme certaines Ephémères. Ces larves sont nues. Elles ne se construisent pas de maisons comme les Phryganes. Elles marchent plus souvent qu’elles ne nagent.
- Elles vivent et se développent en eaux courantes et en eaux calmes.
- Elles sont à métamorphoses incomplètes, c’est-à-dire qu’elles ne s’arrêtent pas au stade de la chrysalide immobile. La nymphe, caractérisée par l’apparition de rudiments d’ailes, a les mêmes mœurs que la larve.
- Quand les nymphes sont lasses de leur vie aquatique et désireuses de se transformer en insectes ailés, elles grimpent sur une pierre ou un tronc d’arbre rugueux, hors de l’eau.
- Elle s se gonflent d’air qui brise leur enveloppe nymphale et éclosent sur place en y oubliant leur dépouille entière, y compris la cornée des yeux et souvent leurs soies
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- caudales. Elles ne changeront plus d’aspect ni de couleur jusqu’à leur mort.
- Les Perfides, devenus adultes, s’élèvent en lignes
- inclinées. Leur vol est lourd, généralement horizontal et sans crochets.
- Bâtis uniquement pour accomplir l’œuvre de reproduction, ils ne prennent plus de nourriture et meurent en peu de jours.
- L’accouplement a lieu par superposition, et jamais en volant.
- Latreille a divisé l’ensemble des Perlides en Perles, qui ont des soies caudales, et en Némou-res qui n’ont pas de queue. Je ne vous en dirai pas les nom-f breux sous-genres,
- vK r 7 q• i• . . dont n’a que faire le
- rig. 5. — Larve de bialis utana. 1
- pêcheur.
- Citons la Perla Ne-bulosa (Nephelopteryx nebulosa) : c’est un insecte de 12 à 16 mm de long, au corps noir mat, ailes brunes, pattes grises, ce qui ne correspond que vaguement au february red par lequel les Anglais prétendent l’imiter.
- La Perla Bipunetata est la plus grande des espèces françaises : la femelle atteint 27 à 32 mm de longueur de corps (mesuré ailes fermées) et 54 à 63 mm d’envergure. Insecte de couleur générale fauve.
- La Perla Marginata, presque aussi longue d’ailes, mais un peu moins de corps, ést très commune en France, notamment en juin et juillet; c’est elle que les Anglais ont imitée par la Stone fly, ou mouche de pierre.
- La Chloroperla Grammatica a pour artificielle la Yel-low Sally, jaune et fauve.
- J’en passe et de non moins intéressantes pour en arriver aux Némoures, dont j’ai dit que les cerques étaient nuis ou rudimentaires.
- Le professeur R. Perrier croit que certaines larves de Némoures habitent les eaux stagnantes, contrairement aux Perles, marchant lentement sur la vase ou les plantes aquatiques. En tout cas, elles ont le corps plus élargi et
- les moignons des ailes des nymphes sont divergents, un peu comme les pointes des ailes des mouches domestiques.
- La Leuctra Geniculata et la Leuctra Cylindrica, longues de 7 mm sans les ailes à 12 ou 14 mm ailes fermées, sont des insectes jaunâtres et brunâtres imités par le Willow fly,e tse rencontrent en août dans toute l’Europe.
- Je voudrais dire ici quelques mots de la famille des Sialides qui se différencient sensiblement aussi bien des Phryganes — dont nous parlerons ultérieurement — que des Perles et des Némoures. Les Sialis de Latreille sont comprises par Pictet parmi les Névroptères, et par R. Perrier dans le sous-ordre des Planipéennes. Les entomologistes modernes en font des Mégaloptères.
- La larve des Sialis est hexapode, agile, munie de huit paires d’organes respiratoires externes, simples et qui s’allongent symétriquement des deux côtés de l’abdomen. Elle est aquatique et vit dans la vase des rivières. Mais elle se métamorphose hors de l’eau et reste à sec un certain temps à l’état de nymphe immobile.
- L’existence larvaire dure une année.
- Chez l’insecte parfait, les ailes, au repos, sont en forme de toit. Si la larve a une soie caudale, l’insecte parfait est dépourvu de cerque. Par contre, il possède deux antennes longues d’environ la moitié du corps; les ailes sont toutes semblables, richement nervées. Le corps massif est peu coloré.
- Remarque importante : les Sialis, qui se sont transformés sur le rivage, pondent également hors de l’eau en attachant leurs œufs (2 à 3000 et en forme d’obus tassés verticalement les uns contre les autres) aux herbes du bord de l’eau. C’est à sec que ces œufs éclosent, et, si les larvules descendent de suite à la rivière, elles restent probablement amphibies.
- Les Anglais pêchent beaucoup avec Y Aider fly qui est la copie de la Sialis flavilate-ra ou lutaria, dernier nom qu’elle tient de l’habitude de sa larve de vivre dans la boue.
- C’est un insecte 6' “ Sialis lutaria : insecle ParfaiL
- de 10 à 13 mm
- au corps noir, tête et corselet mélangé de fauve vif, ailes brunes, qui paraît dans les vallées, d’avril à juin.
- J’ai rarement vu la Sialis lutaria sur l’eau en France, mais les Anglais font le plus grand cas de sa mouche artificielle. Ryvez.
- LES INSTITUTS DE BEAUTE
- Le Ministre du Travail, de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance sociales vient de saisir le Conseil supérieur d’hygiène publique de France d’une question bien délicate : Faut-il réglementer le commerce des produits de beauté et en contrôle, r, F exercice, au point de vue de l’hygiène?
- Cela nous a valu un savoureux rapport de M. le D' Bordas, que viennent de publier les Annales des Falsifications et des Fraudes. Nous nous en voudrions de ne pas le faire connaître à nos lecteurs.
- M. le Dr Bordas silhouette d’abord l’évolution actuelle de
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- ce commerce élégant. Avant 1914, les coiffeurs exerçaient leur art dans des magasins appelés « salons de coiffure » à clientèle principalement masculine. Depuis la guerre, cette clientèle a beaucoup diminué par suite de la généralisation des rasoirs de sûreté et ne va plus guère chez le coiffeur que pour la coupe des cheveux, le nettoyage de la tête, etc., opérations mensuelles et non plus quotidiennes.
- « Par contre, dit le Dr Bordas, grâce à la mode des cheveux courts, les femmes qui n’allaient qu’assez exceptionnellement chez les coiffeurs ont remplacé, avec avantage, la clientèle masculine défaillante. Elles dépensent ainsi plusieurs heures par semaine pour subir les multiples traitements : de la taille des cheveux, l'application de lotions variées, le séchage électrique, les frisures perpétuelles, les teintures, etc... opérations qui se terminent, en outre, le plus souvent, par des acquisitions de boîtes de poudre de riz, cosmétiques, crayons pour les lèvres, les yeux, etc... »
- Les succès, sans cesse grandissants, de ce nouveau commerce, l’ont amené à s’étendre et à se perfectionner, et les salons d’antan sont devenus des « académies » ou des « instituts de beauté ».
- Les plus perfectionnés de ces établissements présentent un spectacle nouveau, réjouissant peut-être pour le satiriste, mais combien inquiétant , pour l’hygiéniste, sinon pour le moraliste aussi.
- M. le D‘ Bordas nous fait pénétrer dans un de ces temples et en donne le tableau suivant :
- Les instituts de Beauté de Paris ont généralement à leur tête une beauté cataloguée, qui est présentée au public de la façon suivante :
- « Pour que pendant vingt ans, aux yeux du monde entier,
- « ELLE ait été considérée comme la plus pure expression de la « beauté, comme la source la plus merveilleuse de charme et « de raffinement, il fallait que cette femme idéale, dont Véclat « n’a fait que grandir, connût de prodigieux secrets! »
- « Plus que toute autre, elle était désignée pour être la « prêtresse d’un temple de beauté. Cédant à la prière de « nombreuses admiratrices, elle dirige maintenant un « Institut, dont les traitements et les produits, basés sur des « principes absolument nouveaux et donnant des résultats « stupéfiants, connaissent un succès égal à la grandeur de a son nom! »
- D’une façon générale, la technique mise en œuvre dans ces établissements est des plus variées.
- On utilise les procédés physiques, tels le froid, la chaleur, la lumière, l’électricité.
- On a recours, suivant les cas, aux exercices physiques, aux mouvements rythmiques, aux rouleaux écraseurs pour maigrir ou pour diminuer les poitrines trop opulentes, car la mode actuelle est aux femmes extraplates. On préconise les douches froides ou chaudes, internes ou externes, la sudation artificielle, le repos, Fnfin les massages spéciaux accompagnés de tout un cortège d’opérations où les onguents, crèmes, lotions, pâtes épilatoires, boues exotiques, teintures spéciales, etc., jouent un rôle capital, non seulement lors de la visite de la cliente à l’établissement, mais encore lorsque la malheureuse victime des Beautors rentrera chez elle!
- Pour bien saisir le mécanisme de quelques-unes de ces opérations, prenons le cas d’une dame qui désire conserver sa beauté et qui a été effrayée par la présence d’une légère ride à la tempe. Elle s’adresse à un Institut de Beauté dirigé par une de ces Beauty cataloguées décrites plus haut.
- Elle est reçue par la Directrice, assistée d’un Docteur en Médecine, ou d’une Doctoresse spécialisée. Après une conversation de quelques minutes qui a surtout pour but de diagnostiquer avec précision à quelle classe de la Société appartient la cliente, on la fait passer dans un petit box cabinet de toilette,
- dont les murs sont garnis d’étagères couvertes de petits flacons multicolores. Là, on lui fait savoir que le grand pi’in-cipe qui domine toute l’hygiène de la beauté réside dans l’observation suivante :
- « T,a vie actuelle est essentiellement contraire à Vhygiène,
- « les intoxications sont, non seulement, la cause de tous jios « maux, mais aussi celle de nos flétrissures ».
- La cliente, stupéfaite, ouvre de grands yeux! Le Docteur ou la Doctoresse lui dit : « N’ayez aucune crainte, Madame, avec votre permission, nous allons débarrasser votre corps de toutes les humeurs, de toutes les âcretés qu’y déposent la bile et votre vie de chaque jour dans nos cités mouvementées . Nous allons, Madame, « nettoyer cette partie de vous-même « que les naturalistes appellent le côlon, en vous faisant « absorber un petit clystère insinuatif, préparatif et remol-« lient pour amollir, humecter et rafraîchir les entrailles de Madame ! »
- Fermons les rideaux! Dans une pièce voisine se trouve un four de forme allongée, dans lequel on glissera la patiente. Ce four électrique est souvent une caisse en chêne dans laquelle existe un nombre plus ou moins grand de lampes électriques. Suivant la température on allume«une, deux, ou trois de ces lampes. Là, dit le Beautor, « toutes les toxines <c s’éliminent, les pores delà peau sont bien ouverts, favorisant « cette respiration des tissus, grâce à laquelle notre santé « s’améliore rapidement ! »
- Au bain, dit électrique, qui d’après le prospectus, est une savante combinaison des rayons infra-rouges et des rayons ultra-violets, succède une douche, prise dans une petite cabine attenante, puis une friction sur tout le corps.
- La patiente est ensuite étendue sur un lit de repos, « afin « qu’aucun effort, aucune crispation ne lui apportent la moin-« dre lassitude et l’on procède au nettoyage de la peau ».
- Après l’héliothérapie, l’hydrothérapie, voici maintenant l’oléothérapie
- On enduit la face d’une huile qualifiée d’extrêmement pure ; on protège les yeux par un tampon d’ouate et l’on promène sur le visage une lampe bleue qui dégage une assez forte chaleur; « les pores de la peau se dilatent, ce qui facilitera l’action bienfaisante du massage ».
- Le visage, dûment massé, est ensuite recouvert d’un masque d’ouate trempé dans une lotion astringente glacée, puis, après 15 minutes, on enduit le visage d’une pommade blanche épaisse à laquelle est substituée ensuite une autre crème astringente, mais chaude cette fois.
- Le visage est alors prêt pour le maquillage : opération très variable suivant l’âge et la flétrissure. Ou bien, on colore les joues plus ou moins légèrement de rouge, d’orange ou de jaune, ou bien on procède à un véritable émaillage, si en honneur autrefois et qui, grâce à la mode transatlantique, paraît à nouveau parmi nous.
- L’émaillage, après la préparation du fond, tout comme en peinture, est recouvert par la composition extra-secrète ! Ce produit est à base d’écailles d’ablettes en suspension dans de l’essence de rose. (On substitue par raison d’économie des écailles de harengs aux écailles d’ablettes). D’où le qualificatif de fishy white employé par les satiristes américains pour indiquer la blancheur un peu bleuâtre de l’émaillage de certaines belles dames, en opposition avec le tomato-can red (rouge de boîte de tomate) pour les émaillages montés en couleur.
- Enfin, notre malheureuse cliente aura encore à subir un peu d’épilage des sourcils, pour donner à ces derniers la netteté de contour que l’on peut admirer sur les têtes de bois des mannequins exposés aux étalages des grands magasins.
- Un mot, en passant, sur cet épilage qui est fait soit à la
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- pince, et non sans douleur pour la patiente, soit avec des aiguilles thermo-électriques. On brûle ainsi le bulbe du poil, ce qui, évidemment, le détruit, mais cette opération, lorsqu’il s’agit d’enlever les poils de la lèvre supérieure, présente de sérieux dangers, étant donné le processus inflammatoire qui est la conséquence d’une pareille opération.
- Examinons maintenant ce qui va se passer au moment où la cliente, enfin libérée de son Beautor, va se trouver en présence du Cosmétologiste. Le Cosmétologiste, aux Etats-Unis, représente assez bien le Chef des odeurs suaves d’HAMiLCAE.; il dirige, avec autorité, le compartiment des pommades, cosmétiques, onguents, fards, corps gras en général. Il connaît, sur le bout des doigts, le nom et la composition des multiples préparations de sa maison. Il a acquis ainsi, vis-à-vis de sa clientèle, la réputation d’un homme dont le savoir mystérieux est unique in the world.
- C’est lui qui assiste aux séances de massage et qui daigne, quelquefois, mettre non pas la main à la pâte, mais seulement son index; il indique les crèmes, gelées, huiles, etc. que l’on doit employer de préférence, étant donné la nature de la peau du visage de la patiente et peut-être aussi « in petto » l’importance dé son porte-monnaie!
- C’est ainsi que, dans les catalogues luxueux qui se distribuent dans l’établissement, on lit que la Prêtresse du Temple a fait un plan de tous les cas pouvant se présenter sur le terrain de la dermatologie — pour chacun d’eux, elle a créé un produit à base d’huile ou de substance vivante !
- Il s’agit donc de faire adopter, à la cliente, le plus de ces produits spéciaux — extrêmement coûteux, mais dont les résultats sont certains, souverains même, pour la rénovation des tissus! Il n’est guère possible de citer les noms de ces crèmes, fards et parures, sans risquer de faire une publicité à des produits dûment déposés et propriété de tel ou tel institut.
- Mais, que nous ayons affaire à de la neige de Tombouctou, de la Crème de laitance de carpe ou à de la Pâte des 36 voleurs, toutes ces préparations sont à base de corps gras d’origine animale ou végétale.
- La graisse de bœuf, de porc ou de suint, le beurre de
- cacao additionnés de quantité variable, suivant le degré de consistance recherchée, de vaseline, de cire, d’ozokérile, etc., le tout aromatisé, bien entendu, de parfums les plus variés. C’est dans le groupe des fards que l’on rencontre le plus de préparations à base de céruse, de baryte et de bismuth.
- La cliente ayant ainsi fait sa provision de petits pots et de flacons, plus ou moins artistiques, a soin de se munir de bandelettes en caoutchouc, de mentonnières, de papillons transformateurs du nez, de la lèvre, des joues, des oreilles et même du masque complet.
- Ceci fait, elle n’aspire plus, désormais, qu’à préparer son offensive nocturne contre les maudites rides naissantes.
- Après s’être enduit la face de pommade astringente ou autre, et avoir recouvert le tout des fameuses bandelettes en caoutchouc, ou de papillons conformateurs, etc., elle attend avec une certaine émotion l’aube naissante pour juger de l’effet promis par le Cosmétologiste!
- Or, tous ces traitements, s’ils n’assurent pas la conservation des apparences de la jeunesse et de la beauté, ont parfois des effets inverses et fâcheux.
- Tout d’abord, la plupart des dermatologistes estiment que les cosmétiques facilitent l’apparition précoce des rides. Tous connaissent des éruptions, des desquamations, des eczémas causés par des teintures, fards, épilatoires, etc. Certains cosmétiques sont à base de bismuth, de zinc, de plomb, de mercure; les épilatoires sont des sulfures alcalins sinon arsenicaux; certaines lotions sont du tétrachlorure de carbone parfumé; les décolorants à base d’eau oxygénée contiennent de l’acide chlorhydrique; les teintures à base de noir d’aniline sont toxiques et irritantes; etc., etc.
- Aussi, le Conseil supérieur d’Hygiène publique de France a suivi son rapporteur dans ses conclusions et émis le vœu que le commerce des produits de beauté soit réglementé, que leur composition soit indiquée sur les pots, boîtes, flacons, que l’emploi des hydrocarbures volatils et des composés toxiques soit interdit.
- Puisse-t-il être entendu du pouvoir exécutif et aussi des malheureuses coquettes qui sacrifient trop souvent leur santé au désir de faire durer leur beauté ! R. M.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR ÉVITER DE FAIRE DES TACHES D'ENCRE AVEC UNE RÈGLE CARRÉE
- Quand on doit tracer de nombreux traits consécutifs avec une règle carrée, puis qu’on s’interrompt pour recommencer, on oublie parfois, même souvent, d’essuyer la règle et, lors de son application sur le papier, on risque de faire des taches.
- Pour éviter cet inconvénient, on garnit la règle, le plus près possible des extrémités, d’un petit clou à tête de cuivre (comme on en place pour tenir les capitons de chaises ou de fauteuils), à chaque bout et sur trois faces seulement; la quatrième devant être à plat sur le papier.
- Il devient alors incommode de placer la règle autrement que sur cette face plate qui n’est jamais souillée. Si par hasard, malgré cela, on la plaçait du côté souillé d’encre, l’écartement produit par les clous éviterait la tache.
- On pourrait remplacer les clous par deux petits étriers placés un à chaque bout de la règle, sur laquelle ils pourraient coulisser suivant la longueur du trait à tracer.
- D’autre part, la face qui se trouve à plat sur le papier peut être choisie sur une règle gondolée et les traits seront ainsi toujours droits.
- PRÉPARATION D'UNE HUILE AU CAOUTCHOUC
- On découpe un morceau de chambre à air d’auto ou de bicyclette hors d’usage et on fait dissoudre à feu doux ce caoutchouc de bonne qualité dans de la vieille huile de graissage. Il faut naturellement prendre des précautions pour cette opération.
- On obtient alors une composition épaisse et gélatineuse qui sera très utile pour graisser après démontage, la clé de n’importe quel robinet à boisseau. Cette pâte sert également pour aveugler les fuites ou les fissures des robinets de canalisations d’eau, de gaz, de vapeur. Elle sert aussi dans l’installation des canalisations ou des robinetteries et peut remplacer la céruse ou d’autres produits similaires dont on a l’habitude de se servir pour les joints.
- COMMENT DÉMONTER UNE CHAINE DE BICYCLETTE
- Il n’est pas nécessaire, lorsque l’on veut démonter la chaîne de sa bicyclette pour un nettoyage, de faire sauter le goujon d’assemblage. On peut procéder beaucoup plus simplement de la façon suivante :
- Avec la main gauche, on saisit la pédale; avec la main droite, la chaîne. Puis, tandis que l’on fait tourner lentement la manivelle de la pédale, on tire, sans forcer, la chaîne en dehors. Au bout d’un instant, elle ne mordra plus sur les dents de la roue du pédalier, glissera à côté et se trouvera ainsi automatiquement démontée.
- C’est, on le voit, une méthode d’une parfaite simplicité, qui ne risque jamais de détériorer la chaîne ni les dents. Au contraire, si l’on veut démonter le goujon d’assemblage, on rencontre souvent de grandes difficultés, car il est souvent déformé par la tension très forte à laquelle il est soumis (le façon constante.
- Quel que soit le travail auquel on se livre sur un cycle, il est toujours plus prudent de démonter la chaîne, sous peine de finir par se pincer les doigts.
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- U AUTOMOBILE PRATIQUE
- LE DOUBLE DÉBRAYAGE
- Peu d’automobilistes connaissent cette manœuvre simple en réalité et qui rend aisé le passage d’une vitesse supérieure à une vitesse inférieure, en côte par exemple, même avec les changements de vitesse les plus délicats.
- Nous avons déjà indiqué le principe de cette opération qui a pour but de débrayer les pignons et de les amener à une certaine vitesse, telle qu’en débrayant à nouveau pour passer à une vitesse inférieure, ils entrent sans aucun bruit dans les engrenages correspondants.
- Pour effectuer cette manœuvre, on exécute les mouvements successifs suivants :
- T On débraye légèrement;
- 2° On tire le levier de vitesse au point mort ;
- 3° On embraye doucement en gardant le levier de vitesse au point mort ; .
- 4° On débraye de nouveau;
- 5° On place le levier de changement de vitesse dans la position correspondant à la vitesse inférieure, ce qui doit se
- concurrencer aux États-Unis les voitures plus luxueuses offertes par leurs concurrents, etpouvant mieux convenir également à la clientèle européenne moyenne, habituée peu à peu au confort et même à l’élégance des voitures françaises construites en grande série.
- Ces nouvelles voitures Ford ont fait récemment leur apparition à Paris, du moins dans les expositions, et elles ont évidemment suscité un grand mouvement de curiosité et même d’étonnement, tant elles diffèrent du modèle primitif.
- On avait l’habitude de considérer les voitures Ford comme une sorte de « ferraille interchangeable », (ainsi les appelaient les jaloux,) une voiture pouvant rendre de très grands services dans les conditions les plus pénibles, d’un prix très modique, mais peu rapide, inconfortable, et consommant beaucoup d’essence.
- La nouvelle Ford est, en quelque sorte, une voiture de luxe, et son prix de vente en France est assez élevé; elle ne doit donc pas viser, sans doute, à plaire à la même clientèle que le premier modèle, et il est assez curieux d’autre part de constater, lorsqu’on examine son châssis (fig. 1), combien
- Commande allumage et gaz
- Distributeur Réservoir . dallumage d'essence AO!
- Pompe à eat
- Commande des phares
- Ressort transversal
- Pédale démarreur
- Silencieux 1conique
- . Levier des vitesses.
- Klaxon
- électrique
- ayigpiwr ---------—yrr—
- zBz* \ \Boite 3 vitesses 7
- / Embrayage à Tendeur de renfort du
- / disques multiples tube de cardan
- Supports avec isolateurs caoutchoutés
- Amortisseurs & J hydrauliques
- Sonde
- Ressort
- Transversal
- Carter d'essieu en tôle d acier
- Freins sur les 4 roues
- depoussée Démarreur
- Fig. 1. — Le châssis 'de la nouvelle Voiture Ford.
- produire sans qu’on entende aucun bruit d’engrenage, si la manœuvre a été bien faite.
- Il est bien évident que ces opérations doivent être accompagnées de manœuvres correspondantes de la pédale d’accélérateur.
- On peut laisser le pied sur la pédale pendant toutes les manœuvres en appuyant très légèrement sans laisser le moteur « s’emballer », mais en lui permettant de prendre une vitesse de rotation normale.
- On peut également ne pas appuyer sur la pédale pendant les deux premières manœuvres, appuyer doucement pendant la troisième, ne plus appuyer pendant les quatrième et cinquième et commencer à appuyer de nouveau lentement pendant le deuxième embrayage.
- Il est bien évident que toutes ces manœuvres doivent s’effectuer assez rapidement; d’ailleurs, si leur énoncé peut paraître long, leur exécution est rapide.
- LA NOUVELLE VOITURE FORD
- On sait que les usines Ford avaient arrêté pendant plusieurs mois la production de leur modèle unique bien connu pour étudier la fabrication d’un modèle nouveau, pouvant
- l’influence des idées françaises s’est exercée dans la construction de ce nouveau type.
- Notons même que des accessoires entièrement français, tels que des amortisseurs hydrauliques et le carburateur, ont été adoptés par le constructeur américain.
- Le moteur de 77 mm d’alésage et 107 mm de course (type européen), imposé pour 11 chevaux, forme bloc avec le changement de vitesse à trois vitesses et marche arrière par deux baladeurs avec levier au centre.
- Les soupapes sont latérales, avec bougies placées directement au-dessus des soupapes. Le vilbrequin est entièrement équilibré avec de très larges portées, le pont arrière est à pignons coniques à taille « Gleason » avec roulements à galets coniques.
- La transmission se fait par un tube rigide à cardan unique et la suspension par des ressorts transversaux à faible flèche. Il y a quatre freins intérieurs sur les quatre roues à levier et pédale et très puissants.
- L’allumage par dynamo et bobine comporte un distributeur placé près de la culasse du moteur et réuni directement aux quatre bougies par des barrettes en cuivre.
- La direction est à vis sans fin et secteur avec volant élastique de grand diamètre.
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- tJumelle
- Axe delà jumelle
- Fig. 2. — Pare-chocs souple inaccrockable à double lame.
- l’appareil au repos; II, fléchissement sous un choc faible; III, fléchissement sous un choc intense.
- Enfin, les carrosseries, toutes en tôle d’acier recouverte d’enduit cellulosique, sont réalisées sous différentes formes élégantes et confortables et les véhicules complets sont munis de nombreux accessoires ; essuie-glace, pare-chocs, klaxon électrique, etc.
- En résumé, le nouveau modèle Ford, qui s’adresse à une clientèle toute différente de celle que visait le modèle primitif, n’offre plus guère de caractéristiques absolument originales, il pourra cependant séduire sans doute bon nombre d’acheteurs de par le monde par ses qualités de solidité, de confort, et même d’élégance.
- crochée latéralement d’arrière en avant, ce qui pourrait produire un accident, l’axe de la jumelle correspondante oscille et l’accrochage est évité lfig- 3)-
- POMPE A GRAISSAGE INSTANTANÉ
- Nous avons déjà décrit les systèmes de graissage à pression, genres Tecalemit ou similaires ; un nouveau modèle de pompe à huile ou à graisse de ce genre permet très facilement le graissage à haute pression des articulations munies de graisseurs spéciaux, même lorsqu’ils sont d’accès difficile, et aussi des orifices non munis de ces graisseurs.
- L’appareil compresseur comporte un tube compresseur A muni à son extrémité d’une rotule B avec une bille J formant soupape à ressort, un réservoir C à graisse, fermé par un couvercle E, une tige piston D avec ressort de rappel F, un tube G qui coulisse dans une rondelle FI (tig. 4).
- Le fonctionnement du système est facile à comprendre. Dès que l’on pousse la pompe sur le graisseur en appuyant avec la main sur le couvercle E, la graisse contenue dans le tube A est expulsée par le piston D dans l’organe à graisser, sous une très forte pression.
- Quand on cesse la poussée, la soupape I se referme, et le
- UN NOUVEAU PARE-CHOCS INACCROCHABLE
- Pour qu’un pare-chocs soit réellement efficace et constitue une véritable protection de la voiture contre les accidents sans pouvoir être en même temps la cause indirecte d’un
- danger pour le véhicule, il faut qu’il soit Fig. 4. - Appareil à graissage instaniané. réellement inaccro_
- Coupe du surcompresseur de graisse et chable. des différents modèles de graisseurs. Nous avons déjà décrit dans cette chronique quelques modèles de pare-chocs inaccrochables rigides.
- Un constructeur vient d’établir un nouveau modèle souple qui semble présenter des particularités intéressantes.
- Ce modèle comprend plusieurs lames de ressort. Pour l’absorption d’un choc faible, la première lame entre seule en action et la lame de soutien ne commence à agir que si le choc est assez intense (% 2).
- De cette façon, les chocs sont absorbés progressivement et la souplesse du système est assez grande.
- Lorsque la pointe du pare-chocs est ac-
- Décrochage du pare-chocs sous l’action a*un choc latéral, venant de l’arrière.
- ressort F, en écartant le piston D du tube A, crée le vide à l’intérieur de celui-ci; à fond de course, l’orifice du tube A est ouvert, et lé lubréfiant est aspiré dans le tube qui est rempli à nouveau.
- A chaque mouvement de la pompe, la pression du piston expulse assez de graisse pour alimenter un graisseur.
- Pour le bon fonctionnement de l’appareil, il est évidemment nécessaire d’éviter la rentrée de l’air dans le tube A, et, à cet effet, le ressort de rappel et le piston sont enfermés dans un tube fermé en E d’une manière étanche ; de plus, une rondelle formant cloison mobile est encastrée par une collerette crénelée à la surface de la graisse.
- Cette cloison mobile coulisse librement sur le tube F et sert en même temps à expulser l’air qui pourrait s’introduire à l’intérieur de la graisse pendant le remplissage.
- CONTROLEUR D'ALLUMAGE
- Les moyens ordinaires, généralement employés pour contrôler « l'allumage » dans chaque cylindre, tels que l’emploi d’un tournevis à manche isolant dont on place la tige sur la bougie et l’extrémité près de la masse du moteur, sont incommodes et inefficaces.
- On utilise depuis quelque temps les propriétés des tubes à gaz rare (tels que le néon) qui s’illuminent sous l’influence des courants à haute tension pour contrôler très simplement, d’une façon fort efficace, et, sans aucun démontage, « l’allumage » des bougies à l’intérieur des cylindres.
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- Un accessoire fort utile, dont la construction est basée sur ce principe, a la forme d’un bâtonnet isolant muni d’une petite calotte métallique à une extrémité, et au centre d’un « voyant « lumineux qui s’illumine sous l’action des étincelles éclatant dans le cylindre.
- Pour contrôler l’allumage d’un cylindre, on touche simplement l’extrémité de la bougie avec la calotte métallique du système en tenant l’autre extrémité dans la main (fig. 5).
- Lorsque les étincelles de couleur rouge-orange vues dans le « voyant » sont très fortes, les électrodes de la bougie sont trop écartées; si elles sont faibles ou intermittentes, la bougie est légèrement encrassée ou défectueuse, le distributeur ou le câble de connexion est en mauvais état.
- Si l’on n’aperçoit aucune étincelle, il faut démonter la bougie pour l’examiner plus complètement. Dans le cas où l’on ne constate rien d’anormal on la remonte, et, le moteur étant en marche, on promène le bout métallique de l’appareil tout le long du câble d’arrivée de la bougie à la magnéto (III , fig. 5). On peut ainsi découvrir et localiser une perte de courant, un isolement défectueux, ou une rupture partielle du câble. Enfin, si les bougies et les câbles de connexion sont en bon état, les troubles d’allumage ne peuvent provenir que de la magnéto dont le charbon est défectueux, le distributeur encrassé, les vis platinées usées ou mal réglées, etc....
- FABRICATION NOUVELLE DES PLAQUES D'ACCUMULATEURS
- La mise hors d’usage des accumulateurs, et spécialement des batteries pour automobiles exposées aux chocs constants, provient généralement de la désagrégation des plaques positives. Le plomb antimonieux des grilles devient cassant, les cadres se cassent, ou bien la matière active tombe hors des alvéoles et cause des courts-circuits.
- On emploie, en général, des séparateurs en celluloïd, en •ébonite, ou en bois, mais ceux-ci ne peuvent assurer une protection absolue contre ces inconvénients.
- Dans un nouveau modèle de batterie établie par une société française, les séparateurs sont remplacés par des feuilles en celluloïd perforé qui entourent complètement les plaques positives et négatives d’une gaine fermée par collage.
- Ces feuilles de celluloïd sont rendues poreuses par laminage entre deux rouleaux qui les transpercent sans enlever de la matière. Pour éviter les déchirures, on colle sur les parties non perforées des baguettes verticales également en celluloïd d’épaisseur convenable, et qui maintiennent en même temps l’écartement des plaques dans les éléments.
- La .pâte active est ainsi solidement maintenue et l’on peut augmenter l’intensité de charge sans craindre une défor-
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- Fig. 5. — Usage d'un contrôleur d’allumage.
- I, vérification d’une bougie ; II, vérification d’un câble de connexion ;
- III, vérification d’un distributeur d’allumage.
- mation ou une chute de matière; il ne peut donc plus se produire de court s-circuits par particules de cette matière active.
- APPAREIL MÉCANIQUE DE SIGNALISATION TRÈS SIMPLE
- Nous avons déjà décrit plusieurs modèles d’appareils de signalisation mécaniques ou électriques.
- Il nous semble intéressant d’étudier sommairement encore une fois un modèle mécanique très simple qui semble présenter des avantages pour les automobilistes préférant les commandes purement mécaniques aux systèmes électriques plus ou moins complexes.
- Cet appareil récent comporte simplement une flèche métallique pliante dissimulée au repos dans le corps même de l’appareil (fig. 6).
- Une manette de commande placée à portée de la main du conducteur agit sur la flèche par l’intermédiaire d’un câble d’acier coulissant dans une gaine étanche et fait apparaître cette flèche à droite lorsqu’on veut tourner à droite, et à gauche lorsqu’on veut tourner à gauche.
- La nuit, la flèche est éclairée par une lampe logée à l’intérieur de l’appareil et qui l’éclaire alternativement et automatiquement à droite ou à gauche, le contact étant établi par le mouvement même de cette flèche. De plus, le mouvement de la pédale defréin fait apparaître l’inscription « Stop ». On peut d’ailleurs utiliser un seul appareil ou deux, dont l’un à l’avant et l’autre à l’arrière. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Pare-chocs Prima, 8, rue de l’Hôtel-de-Yille, Neuilly-sur-Seine.
- Surcompresseur Lub, 1, avenue de Villars, Paris (7e).
- Contrôleur d’allumage, Michel et Nissen 23, rue Kléber, Levallois-Perret.
- Accumulateur Monoplaque 77, boulevard Marceau, Colombes (Seine).
- Avpareil signalisateur, J. Broudel, 62, rue Caumartin, Paris
- Fig. 6. — Signalisateur mécanique à flèche.
- I, mouvement de la flèche indicatrice; II, montage des appareils sur les ailes de l’automobile.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Avionnette Koolhoven F. K. 30.
- L’ingénieur hollandais Koolhoven vient de construire un appareil léger de conception particulièrement originale : il s’agit du F. K. 30, avionnette biplace monoplane pouvant recevoir un moteur quelconque d’une puissance de 60 à 100 cv.
- La voilure de cette avionnette est formée d’une aile d’une seule pièce à ailerons non compensés. Cette aile est fixée, par l’intermédiaire de mâts en N, aune sorte de plaque tournante placée sur le fuselage. L’appareil peut donc être replié par simple rotation de la voilure autour d’un axe vertical ; un verrou bloque naturellement la plaque tournante soit à sa position de vol, soit à sa position de repos.
- Le groupe motopropulseur est placé à hauteur de l’aile dans une échancrure du bord de fuite. L’hélice métallique, est donc propulsive.
- Le fuselage se compose, en avant de l’aile, des postes du pilote et du passager, placés en tandem ( la visibilité est donc parfaite), en arrière de l’aile, d’une poutre de hauteur réduite (pour le passage de l’hélice), portant les empennages. Tout le fuselage est recouvert de contreplaqué.
- L’empennage horizontal, en forme de losange, est fixé à la partie supérieure du plan de dérive, et soutenu par deux mâts obliques. Seul, le gouvernail de direction est compensé.
- — Avionnette Koolhoven F. K. 30.
- Le train d’atterrissage, à large voie (2 m. 25), comprend pour chaque roue ’deux mâts en V articulés à la partie inférieure du fuselage, et un mât télescopique à amortisseur oléo-pneumatique (course 0 m. 30), articulé à la partie supérieure du fuselage.
- Les caractéristiques générales et les performances théoriques de l’appareil sont les suivantes :
- longueur 8 m.
- longueur replié 9 m. 70
- poids à vide 272 kgs.
- poids total 535 kgs.
- puissance 60 cv.
- vitesse maxima 145 km s/h.
- vitesse pratique 128 kms/li.
- vitesse d’atterrissage 53 kms/h.
- Une remorque à deux roues transformable en hangar, a été étudiée par le constructeur pour le transport facile de l’appareil replié et son abri en campagne. L’ensemble forme ainsi un matériel pratique de tourisme et de sport aérien.
- Trimoteur transatlantique français.
- Un appareil destiné 4 la traversée aérienne de l’Atlantique va faire ses premiers essais. C’est un monoplan trimoteur (Hispano 180 ch) de construction entièrement en bois.
- La voilure, monoplane de profil épais, est trapézoïdale, surbaissée et en porte à faux.
- Les trains d’atterrissage latéraux sont entièrement entourés par un carénage se raccordant aux fuseaux moteurs qui dépassent de la partie inférieure de l’aile. La finesse de l’ensemble est ainsi très améliorée.
- Cette disposition permet en outre à un mécanicien de se tenir debout derrière chaque moteur latéral, et de vérifier facilement le fonctionnement des pompes des carburateurs et des magnétos.
- Les hélices sont bien dégagées, et placées très en avant du bord d’attaque de l’aile, ce qui laisse espérer un rendement supérieur.
- L’appareil a été entièrement calculé et dessiné par M. René Couzinet, ingénieur de l’Ecole Supérieure d’Aéronautique. L’équipage transatlantique comprendrait deux pilotes, un navigateur, un radiotélégraphiste, un mécanicien et un passager. Nous reviendrons d’ailleurs prochainement sur ce bel effort de technique française.
- Mesure de la vitesse horizontale des avions.
- La mesure précise de la vitesse horizontale des avions, mesure des plus importantes, présente de sérieuses difficultés. Un appareil automatique de mesure sur base, le plus précis actuellement, est utilisé en France depuis 1924 par le Service technique de l’Aéronautique : c’est l’appareil de chronométrage Dumanois-Ceccaldi, installé le long de la route rectiligne de Versailles à Choisy-le-Roi.
- L’appareil est composé de deux postes limitant la base d’essais, et d’un poste central.
- Les postes de base, reliés téléphoniquement au poste central, comportent chacun un appareil photographique monté sur tourelle de réglage, et pouvant osciller dans le plan vertical perpendiculaire à la base. L’obturateur de plaque de cet appareil ferme le circuit de la plume d’un enregistreur, au passage de la fente au milieu de la plaque.
- Le poste central comporte un enregistreur à bande de papier dont on peut faire varier la vitesse. Une plume marque sur la bande les secondes ou cinquièmes de seconde, une autre repère les 10, 20 ou 30 secondes, une troisième est commandée par les appareils photographiques.
- Les opérations à effectuer sont les suivantes :
- 1° Vérifier les battements à l’aide d’un chronographe étalon ;
- 2° La première station annonce l’avion prêt; la bande de papier est mise au ralenti;
- 3° La première station annonce que l’avion va s’engager sur la base; le dérouleur est mis à la grande vitesse, l’opérateur de la première station suit dans le viseur de l’appareil photographique la marche de l’avion, il déclenche l’obturateur quand l’avion est approximativement au milieu du viseur ; l’obturateur, au milieu de sa course, actionne la plume correspondante du poste central ;
- 4° Le déroulement est mis au ralenti, jusqu’à l’avertissement du second opérateur ;
- 5° L’appareil de la deuxième station est déclenché dans les mêmes conditions que le premier, et actionne la plume de l’enregistreur.
- Les clichés d’entrée et de sortie de la base étant développés, la mesure sur le cliché de la longueur du fuselage donne l’échelle de la photographie. La distance de l’avant du fuselage au plan perpendiculaire à la base (plan matérialisé par une balise) est lue à l’échelle, et permet de connaître la distance exacte parcourue entre le déclenchement des obturateurs, donc la vitesse de l’avion.
- La longueur de la base est de 4610 m. 10; l’erreur relative est inférieure à 1/500 000°.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Guignard.
- A l’une des dernières séances de l’Académie des Sciences, M. Hamy, président, a évoqué, en ces termes, la vie et l’œuvre du grand botaniste qui vient de mourir :
- « Docteur ès sciences naturelles et lauréat de l’Ecole supérieure de Pharmacie, en 1882 il débuta dans la carrière scientifique comme préparateur de botanique au Muséum. Chargé des fonctions d’aide naturaliste dans cet établissement. presque aussitôt nommé professeur de botanique à la Faculté des Sciences de Lyon, il était chargé définitivement, quatre ans après, du même enseignement à l’Ecole supérieure de Pharmacie de Paris. Il devint membre de notre Académie en 1895, et il occupa le fauteuil devenu vacant par la mort de Duchartre.
- Au début de sa carrière, Guignard s’est attaché à préciser les conditions anatomiques qui préparent et accompagnent la multiplication des cellules dans les végétaux. Il a apporté des contributions de première importante à l’étude des phénomènes complexes qui se manifestent au cours de cet acte fondamental de la vie des plantes.
- La cellule, organisme élémentaire des tissus vivants, se multiplie par voie de segmentation, et le phénomène se produit, en général, après la division du noyau qu’elle renferme et qui joue un rôle capital dans la vie de cet organisme. A l’époque à laquelle remontent les premières recherches de notre confrère, l’étude du mécanisme de cette division était à peine ébauchée.
- Les faits suivants, qui se produisent successivement, ont été petit à petit mis en lumière. Isolé par une membrane du milieu vivant semi-fluide, appelé le protoplasme, dans lequel il est plongé, le noyau renferme des nucléoles et un filament à replis multiples, formé d’une substance homogène dans laquelle sont alignées des granulations, possédant la propriété de fixer énergiquement certaines matières colorantes, d’où l’épithète chromatique ajoutée à la désignation de ces organes et de ceux qui en dérivent. Au cours des métamorphoses du noyau, le filament prend l’aspect d’un peloton lâchement enroulé, les nucléoles se résorbent, les granulations chromatiques se coupent et forment deux séries parallèles, le filament se sépare en tronçons ou segments chromatiques dont le nombre est fixe dans certains tissus, la membrane disparaît, le protoplasme envahit le noyau et engendre les fils d’un fuseau à l’équateur duquel les segments chromatiques se disposent en étoile. Ces segments se dédoublent alors dans le sens de leur longueur ; puis chacune des séries de granulations se sépare de sa jumelle, glisse le long des fils du fuseau, vers l’un et l’autre pôle, pour former, dans leur voisinage, deux étoiles rayonnantes. De nouveaux fils se produisent, à partir de ce moment, entre les étoiles, constituant une sorte de tonneau à l’équateur duquel se forme l’organe appelé plaque cellulaire, origine de la cloison séparatrice de deux jeunes cellules. Simultanément, près de chacun des pôles, les segments chromatiques secondaires, résultant du dédoublement des segments primitifs, se soudent; la membrane nucléaire et les nucléoles apparaissent. Deux nouveaux noyaux complets sont alors formés.
- Communs au règne végétal et au règne animal, ces phénomènes ont nécessité, avant d’être bien connus, de longs et difficiles travaux parmi lesquels ceux de Guignard occupent une place très importante. C’est à lui que l’on doit notamment la démonstration du dédoublement longiludinal des
- segments chromatiques et la découverte du transport en sens inverse de chacun d’eux vers les pôles. Ce dédoublement, quelle que soit la longueur relative des segments primitifs, assure l’égalité de la substance chromatique entre les deux nouveaux noyaux. Par là s’est trouvée établie l’analogie complète de la division nucléaire chez les animaux et les plantes.
- A ces métamorphoses se rattache la découverte, faite par Guignard, dans le protoplasme entourant le noyau de la cellule végétale, de petites masses sphéroïdales, appelées sphères directrices, qui entrent en activité avant la division du noyau et occupent l’un et l’autre pôles du fuseau, durant la succession des phases caractérisant cette division. Chacune d’elles se dédouble, au moment où les nouveaux noyaux prennent naissance, et se transmettent sans discontinuité d’une cellule à l’autre, comme les segments chromatiques, pendant la vie entière de la plante.
- Quelle part le mécanisme des métamorphoses du noyau et les sphères directrices ont-ils dans l’acte de la fécondation? Dans cette recherche, notre confrère a poussé l’investigation aussi loin que possible, s’attachant à reconnaître comment se forment les cellules mâles et femelles, dans les organes spéciaux des plantes, et en quoi elles se différencient des cellules purement végétatives. Comparés aux noyaux de ces dernières, il a vu que ceux des cellules mâles et femelles ne sont que des demi-noyaux, fruits d’un mode de formation particulier. Incapables de se développer isolément, leur union est nécessaire, pour les tirer de cette sorte de léthargie. Mais la fécondation ne résulte pas seulement de cette union, encore faut-il que se réalise la fusion préalable des sphères directrices appartenant à chacun d’eux. Guignard a montré les importantes conséquences attachées à ces phénomènes remarquables, tant au point de vue de la fécondation que de la transmission des caractères. Leur connaissance lui a permis de préciser, chez les hybrides, les causes de stérilité tant de l’organe mâle que de l’organe femelle.
- Guignard a étudié le corps reproducteur mâle des Cryptogames, dont les organes génitaux sont dissimulés, en vue de découvrir sa structure et de quelle partie de la cellule mère il tire son origine. Dans les Phanérogames, ou plantes à fleurs, il a cherché la clef des mystères entourant le mode de formation de l’organe femelle ou sac embryonnaire. Ces recherches, couronnées en 1891 par le prix Bordin, laissaient de côté un point obscur dont il est venu à bout quelques années après. On savait que deux cellules mâles sont toujours engagées dans le tube pollénique de l’organe femelle. L’une intervient dans la fécondation, pour créer l'embryon. Ses travaux l’on conduit à mettre en évidence le rôle de la seconde; tandis que le savant russe Nawaschin obtenait simultanément le même résultat. Elle a pour fonction de fournir l’albumen, tissu de réserve servant à la nourriture de l’embryon. Cette propriété, découverte chez le Lilium Martagon, Guignard l’étendit à un grand nombre de plantes, appartenant aux familles les plus variées, et en tira d’autres conséquences pleines d’intérêt.
- Dans le domaine de l’embryogénie végétale, ses recherches sur les Légumineuses lui ont permis, en particulier, d’établir d’une manière définitive le rôle du suspenseur de l’embryon, tantôt purement mécanique, tantôt physiologique. Suivant pas à pas, d’autre part, dans un grand nombre de familles, la transformation de l’ovule en graine, notre confrère a pu mettre en lumière la diversité d’origine de ce tégument et ses nombreuses variations d’une plante à l’autre, fussent-elles de la même famille.
- Les organes de sécrétion ont donné lieu, de la part de Guignard, à de fort intéressantes observations concernant
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- l’existence d’un système sécréteur à mucilage particulier, chez les Laminaires. Certaines Légumineuses, donnant des oléo-résines, présentent aussi, d’après ses recherches, des canaux de formation et d’organisation tout à fait spéciales.
- L’examen de la localisation des diastases et des glucosides, dans les végétaux, l’a conduit à découvrir leur existence dans des familles où elle était insoupçonnée. Ces principes actifs fournissent les essences propres à certaines plantes et l’acide cyanhydrique dans d’autres dont il a étendu la liste. A cet égard, c’est grâce à lui que le pois de Java a été proscrit, en France, pour l’alimentation, en raison de la dose toxique de ce poison qu’il est susceptible de produire. Ses recherches sur les végétaux à glucosides cyanogéné-tiques l’ont amené à étudier l’influence réciproque des plantes associées par le greffage. Il arrive que malgré les échanges de matières qui s’effectuent, pour la nutrition et le développement des individus en rapport, certaines substances, telles que les glucosides en question, peuvent rester localisées dans l'un ou l’autre conjoint, chacun conservant son chimisme propre et son autonomie.
- Les travaux bactériologiques de Guignard ont été entrepris en vue d’étudier l’action des agents extérieurs, en particulier des substances chimiques ou antiseptiques, sur certains microbes. Dans ces conditions, on peut leur faire prendre presque toutes les formes connues chez les Bactéries. Mais, quand on les replace dans les conditions normales, ils reprennent peu à peu leurs caractères typiques, d’où résulte cette conclusion importante que l’espèce n’est pas moins .fixe chez les bactéries que chez les organismes plus élevés.
- J’ajouterai que, grâce à Guignard, la botanique a permis, entre autres services, pendant la guerre, d’éventer le secret d’une dangereuse invention de nos ennemis. Des grenades, laissées dans les tranchées abandonnées par eux, éclataient soudain au bout d’un, certain temps. Notre confrère en découvrit la cause. Ces engins contenaient un fragment végétal particulier dont le gonflement progressif, sous l’influence de l’humidité, était capable, à un moment donné, de déclencher un percuteur.
- Tel est, dans ses grandes lignes, le résumé de l’œuvre de Guignard qui s’étend sur le domaine entier de la biologie végétale. »
- ZOOLOGIE
- La Manne de Madagascar
- M. Perrier de la Bathie donne dans le Bulletin Economique de Madagascar d’intéressants détails sur la « manne » de Madagascar. Nous en extrayons ce qui suit.
- Cette manne est une sécrétion des larves d’une cicadelle, le Phremnia Eubra Signoret. Les larves se développent en septembre-novembre sur les tiges de nombreuses lianes ou arbustes, appartenant presque tous à la famille des combré-tacées. Elles couvrent littéralement les rameaux de ces plantes dont elles sucent la sève de même manière que la cicadelle du mimosa, mais ces larves, au lieu d’être enfouies, comme ces dernières, sous une mucosité nauséabonde, sont couvertes d’efflorescences très blanches, en forme de plumes d’autruche, atteignant parfois 1 cm de long et fixées sur des appendices piliformes, appareils dont l’insecte est couvert et qu’il peut faire mouvoir dans une certaine mesure. De loin, à ce moment, les lianes parasitées paraissent avoir leurs tiges couvertes d’abondantes fleurs blanches, du plus gracieux effet.
- Lorsqu’on s’approche et que l’animal est effrayé, il étale ses efflorescences absolument comme un paon étale ses plumes lorsqu’il fait la roue. Ce sont évidemment pour lui
- des appareils de défense dont il se sert pour se préserver des prédateurs, qu’éloigne sans doute la poussière légèrement visqueuse dont sont couverts ces appendices. Lorsqu’on effraie davantage l’insecte, il saute en perdant en partie ses efflorescences. Au repos, ces larves ont leur rostre profondément enfoncé dans l’écorce de la plante-hôte et en sucent continuellement la sève, formant ainsi sans arrêt de nouvelles efflorescences dont la poussière s’agglomère et tombe en gouttelettes sur les branches ou les feuilles situées en dessous, où elle s’amasse en concrétions de formes diverses, très blanches, pouvant parfois atteindre la grosseur du poing. Ce sont ces concrétions qui constituent la « manne » de Madagascar. Cette matière très blanche, légèrement sucrée, sans aucun mauvais goût, est appelée par les indigènes tan-tely-sakondry, c’est-à-dire miel de cicadelle. Ce tantely-sakondry est recherché et mangé par les Sakalaves. Pourtant, fait assez curieux, les fourmis et les autres insectes n’y touchent jamais. Dès les premières pluies, de novembre à décembre, ce produit disparait, dissous par les eaux pluviales.
- Les larves, après avoir atteint la grosseur d’un gros pois, muent à cette époque et prennent leur forme parfaite. Ce sont alors de très belles cicadelles, à grandes ailes d’un beau rose, qui continuent à vivre en bandes sur le support qui les nourrit. A ce moment ces lianes semblent couvertes de magnifiques fleurs roses, fleurs qui s’envolent au moindre choc.
- Le Phremnia rubra est assez répandu dans toutes les régions chaudes de l’île, mais il ne produit de manne en quantité appréciable que dans les régions où il pleut rarement pendant le développement des larves. L’Ouest et le Sud-Ouest pourront fournir une certaine quantité de ce produit, lorsque les indigènes sauront qu’il a une certaine valeur. On pourrait, en outre, le produire plus en grand en multipliant, dans ces régions, les plantes (surtout des com-brétum) que ces insectes préfèrent.
- COLONISATION
- L'Office des Etudes du chemin de fer Transsaharien.
- Nous avons, en ces dernières années, publié plusieurs études sur le Sahara et le chemin de fer Transsaharien. Un mouvement d’opinion s’est dessiné en faveur de cette grande œuvre, que beaucoup de bons esprits regardent comme une liaison indispensable à l’avenir de nos colonies africaines. Cependant l’accord n’est pas unanime sur la nécessité de cette entreprise. Certains dénient encore tout avenir, et même tout intérêt à un chemin de fer Transsaharien. Parmi ses partisans, l’accord n’est pas fait davantage sur le tracé à choisir.
- Enfin les moyens de réalisation et le mode de traction exigent eux aussi des études préalables minutieuses. Ces études techniques et économiques terminées, il restera à résoudre le problème financier.
- On a envisagé à cet effet le recours aux prestations en nature de l’Allemagne. Le gouvernement a compris combien il est important de résoudre au plus tôt toutes ces questions préalables et à cet effet il a fait adopter par le Parlement un projet de loi créant un office des Etudes du chemin de fer Transsaharien.
- Cet office disposera d’une dotation à fonds perdus de 11500 000 francs dont 4 millions versés par l’Etat, 3 millions par l’Algérie, 500 000 francs par l’A. O. F., 500000 francs par le Maroc, 500 000 francs par la Tunisie et 3 millions par les Cie9 de Chemins de fer P.-L.-M., P.-O. et du Midi.
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- LIVRES NOUVEAUX
- The New Quantum Mechanics, by G. Birtwistle. 1 vol.
- 290 p., Cambridge University-Press. Fetter Lane London.
- 1928. Prix : 16 sh.
- L’évolution de la physique théorique a pris en ces dernières années un caractère révolutionnaire. C’est tout d’abord le mécanisme classique qui s’absorbe dans l’électrodynamique. Mais celle-ci à son tour se trouve en présence de deux classes de phénomènes qui la conduisent à des théories contradictoires : la théorie ondulatoire et les quanta. Cette dernière vers 1925 paraissait avoir trouvé son expression quasi définitive dans la représentation de l’atome de Bohr, qui aboutissait à une sorte de compromis entre la mécanique classique et la théorie de quanta, et grâce auquel on réussissait à prévoir et à calculer la longueur d’onde des diverses radiations émises par un atome. Mais l’étude des raies multiples, et de l’effet Zeemann montra bientôt que la théorie de Bohr elle-même ne donnait que des résultats insuffisamment approchés. Il fallait donc trouver une théorie serrant de plus près encore la réalité des phénomènes électriques. Cette tâche a été entreprise dans des voies diverses par plusieurs savants, et chose remarquable les efforts, en apparence divergents, conduisent à un ensemble théorique cohérent. Les plus importants travaux dans cette voie sont ceux de Heisenberg, de Louis de Broglie, de Schrôdinger et de Dirac. Ils aboutissent à une mécanique nouvelle qui semble réussir à embrasser à la fois les phénomènes ondulatoires et ceux des quanta. Mr Birtwistle a entrepris d’exposer dans leur ensemble ces conceptions nouvelles, les travaux récents qui s’y rapportent, et les résultats auxquels elles conduisent. Cet ouvrage, qui n’a pas d’équivalent français, permet aux lecteurs munis d’un solide bagage scientifique, d’aborder sans trop de peine ces questions neuves et difficiles, et d’en comprendre la haute portée.
- Les chemins de fer urbains parisiens, par L. Biette.
- 1 vol., 525 p., 248 fig. J. B. Baillière, éditeur. Paris 1928.
- Prix : 90 francs.
- On sait le rôle qu’ont joué depuis 1900 dans le développement de l’agglomération parisienne les chemins de fer dits « Métropolitains ». Ils représentent une œuvre magnifique au point de vue technique, et du plus haut intérêt au point de vue économique et social. Très discutés à l’origine, ils n’ont plus aujourd’hui que des partisans ; et leur extension est même réclamée à grands cris ; elle pose du reste de difficiles problèmes.
- Chose curieuse, l’histoire et la description de ce précieux mode de transport n’avaient pas encore été écrites. Cette lacune est aujourd’hui magistralement comblée par M. Biette, qui fut dès l’origine un collaborateur de l’ingénieur Bienvenue « le père du Métropolitain ». Il rappelle l’étude et les longues discussions qui ont précédé la décision du Conseil Municipal de Paris, il fait l’historique des conventions qui président à la gestion de ces transports, et dresse le tableau des capitaux investis dans ces travaux. 11 fait ensuite la description technique des lignes, de leurs principaux ouvrages, et des modes de construction mis en œuvre.
- Électrode à hydrogène à saturation permanente.
- Mesure du pH et du pouvoir tampon, par le Dr Jean Swtnge-
- danw. 1 vol. in-8, 84 p., 16 fig. Masson et Gie, Paris, 1928.
- Prix : 7 francs.
- Après avoir rappelé la définition du pH et les moyens de le mesurer, l’auteur décrit une nouvelle électrode à hydrogène à saturation permanente particulièrement bien adaptée aux mesures en série, rapides et précises.
- Un amplificateur de fréquence intermédiaire, par
- M. L. Chrétien. 1 fascicule de 19 p., avec 8 figures et schémas.
- Éditeur La T. S. F. Moderne. Prix : 3 fr. 50.
- Les appareils à changement de fréquence destinés surtout à la réception sur cadre des émissions faibles ou lointaines avec le maximum de sélectivité sont de plus en plus utilisés en France.
- Mais, quel que soit le procédé de changement de fréquence utilisé, les résultats obtenus dépendent avant tout des étages d’amplification moyenne fréquence du système. M. L. Chrétien, technicien connu et rédacteur de la T. S. F. Moderne, décrit en détails dans ce fascicule la construction d’un amplificateur moyenne fréquence très sensible pouvant être utilisé dans tous les cas.
- Le sous-sol de la France. Répertoire annuel des Mines
- et Gisements de France par ' L. Laffitte. Editions de l’Office
- Général Minier, 85, rue Taitbout, Paris.
- En collaboration avec des Ingénieurs — MM. Ch. Baron, Braly
- de Chaumont, Colomer, Maubert et Tixier — et des Universitaires — MM. Joleaud et Lanquine — M. Léon Laffitte vient de dresser un inventaire complet des mines et. gisements de France, qui font l’objet d’une exploitation ou d’une étude. Et l’on doit reconnaître que malgré diverses tentatives faites au lendemain de la guerre mondiale et qui témoignaient bien plus d’un désir de se rendre utile que de connaissances suffisantes, un tel répertoire restait à composer.
- L’ouvrage auquel M. Léon Laffitte a donné une parfaite unité — et les qualités qu’on demande à un tel instrument de travail — comprend, avec un travail d’ensemble sur l’or en France, une partie technique fixant la liste des concessions par département et une partie administrative indiquant, non seulement les points essentiels de notre législation minière, mais encore les formes à observer pour les demandes en autorisation de recherches et les demandes en vue d’acquérir ou d’accorder une concession.
- En un volume de maniement facile, géologues,, prospecteurs, propriétaires et financiers trouveront dorénavant rassemblées les précisions qui leur sont indispensables et qu’il leur fallait jusqu’ici rechercher dans une foule de documents dont le manque de clarté n’était pas le moindre défaut.
- Les champignons comestibles et vénéneux, par
- A. Maublanc. 2e édition, t. II. 1 vol. in-16, 108+144 p., 96 pl. en couleurs. Encyclopédie pratique du naturaliste, vol. XXIII. Paul Lechevalier, Paris, 1927. Prix : cartonné, 40 fr.
- Lors de l’apparition du t. I, nous avons dit tout le bien que nous pensons de cette œuvre du secrétaire général de la Société myco-logique de France. Le texte en est très clair, les aquarelles de Mlle Bouly sont remarquablement exactes. Ce livre sera le guide sûr de tous les amateurs de champignons. Le t. II termine la description des Basidiomycètes, y ajoute celle des Ascomycètes et termine par des renseignements détaillés sur les champignons comestibles et vénéneux, les accidents dus aux derniers, la vente, la préparation et la culture des premiers.
- Die Tierwelt der Nord und Ostsee, par G. Grimpe et E. Wagler. Alcademische Yerlagsgesellschaft, Leipzig. Lieferung IY : Bryozoa, par E. Marctjs ; Pisces, partie générale, par H. M. Kïle et E. Ehrenbaum ; Teleosiei Physoclisti, par G. Duncker. 1 vol. in-8, 248 p., 193 fig., 1 pl. Prix : 18 marks. Lieferung Y : Lamellibranchia, par F. Haas ; Copelata, par À. Buckmann. 1 vol. in-8, 116 p., 58 fig. Prix : 8,80 m. Lieferung VI : Epicaridea, par F. Nierstrasz et G. A. Brender a Brandis; Stomatopoda, par H. Balss; Décapoda, par H. Balss; Teleostei Physoclisti, Gadiformes, par W. Schnakenbeck. 1 vol. in-8, 212 p., 249 fig. Prix : 16,80 m.
- Lieferung VII : Ctenopkora, par Thilo Krumbach; Leptostraca, par J. Thiele; Cyclostomi, par \V. Schnakenbeck; Elasmobran-chii, par E. Ehrenbaum. 1 vol. in-8, 138 p., 90 fig. Prix : 10,80.
- Nous avons signalé (n° 2773) l’apparition des premiers fascicules de cet important ouvrage et dit tous les services qu’il rendra. Les nouveaux fascicules suivent rapidement et régulièrement, se rapportant comme le montre leur contenu indiqué plus haut, aux divers groupes d’animaux marins de la mer du Nord et de la Baltique.
- Malgré la multiplicité des auteurs, rendue indispensable par la variété des groupes étudiés, le plan d’ensemble est rigoureusement respecté et l’œuvre est remarquablement homogène. Dans ces conditions, si rarement réalisées dans les traités volumineux, le concours coordonné de nombreux rédacteurs assure une compétence, une sûreté d’information jusque dans les détails qui donnent à l’ouvrage une valeur exceptionnelle.
- Chaque groupe animal est étudié de la même façon : caractéristiques, division en familles et en genres, classification et description des espèces, avec pour chacune l’indication de sa distribution géographique ; en outre, renseignements précis sur l’anatomie, le développement, les mœurs, la nourriture, le mode de vie, les parasites. Une bibliographie suffisante pour retrouver les travaux originaux complète chaque chapitre.
- Les 4 fascicules indiqués ici traitent de nombreux groupes importants et souvent difficiles à étudier, à cause de la multiplicité des espèces : bryozoaires, lamellibranches, décapodes, poissons. De nombreuses et excellentes figures facilitent largement les déterminations.
- L’Indochine, par P. Desfeuilles. 1 brochure, 96 p. Éditions Pierre Roger, Paris, 1927. Prix : 5 francs.
- Petite monographie de l’Indochine française résumant très clairement l’histoire de notre colonie, ainsi que ses caractères géographiques et économiques essentiels.
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- PETITES INVENTIONS
- PHYSIQUE
- Colorimètre Trichromatique.
- Il est difficile de caractériser d’une façon précise une couleur qu’on emploie dans la décoration, dans l’industrie,
- Schéma du colorimètre de Guild.
- CD, prisme rotatif rapide; S, teinte à mesurer; I, lentille; H, lunette; E, lentille; F, cube photo métrique ; K, lentille; J, miroir transparent.
- de manière à la reconstituer au moment voulu, d’une façon absolumént rigoureuse.
- Il faut conserver des échantillons dans un état parfait et malgré tout, on a de grandes difficultés parfois à reproduire la teinte primitive.
- Souvent des écarts faibles se traduisent pour le fabricant par des pertes considérables. Il est donc indispensable d’avoir une mesure précise et sûre.
- Le colorimètre trichromatique Guild permet l’analyse, la mesure et la détermination des couleurs, qui sont alors définies par des valeurs numériques bien fixées, permettant de reproduire une couleur quelconque en se basant sur les nombres que l’on a enregistrés.
- Le principe de l’appareil est basé sur le système de trois couleurs composantes, mais le dispositif perfectionné réalise le mélange parfait et donne la possibilité de mesurer des couleurs à degré de saturation élevé ; toutes, y compris les pourpres peuvent facilement être caractérisées.
- L’appareil comporte une boîte métallique close, qui contient les dispositifs essentiels. Sur la gauche, un bras latéral porte un globe et une lentille, qui est destinée à concentrer et à diriger le faisceau lumineux. Celui-ci pénètre dans la boîte close par trois ouvertures de dimensions variables — chacune étant fermée par un verre coloré — qui fournissent ainsi trois couleurs primaires que l’on combine dans l’appareil mécaniquement grâce à un système rotatif rapide actionné par un moteur électrique et dont on fait varier à volonté les proportions relatives.
- Sur le côté de la boîte est montée une lunette où l’observateur voit directement la teinte à mesurer et en dessous, la couleur composéé formée par les trois teintes primaires précédentes.
- On modifie la proportion de chacune de ces teintes en agissant sur un bouton de réglage particulier, ce qui fait varier la dimension de l’ouverture correspondante et par
- conséquent à volonté la proportion de chacune des couleurs qui intervient pour la couleur composée. L’observateur doit donc agir successivement sur les boutons de réglage des trois teintes primaires, de manière à obtenir une reconstitution absolument identique à la teinte de l’échantillon qu’il a également sous les yeux. Les deux teintes se trouvent superposées dans la lunette.
- Lorsque l’observateur a obtenu ainsi l’identité absolue, grâce à la manœuvre des boutons, il peut noter les proportions de chacune des teintes primaires constituantes qui sont fournies par les dimensions respectives des ouvertures variables.
- Il est possible d’ailleurs, par un calcul simple, de transformer ces résultats et de les ramener à une base commune pour les rendre indépendants des couleurs primaires de l’appareil.
- Dans le cas de teintes très intenses, il est nécessaire de faire une double mesure, mais quelle que soit la couleur, il n’y a aucune différence fondamentale dans la manière d’opérer.
- Cet appareil présente évidemment un très grand intérêt pour toutes les industries qui sont intéressées à la mesure des couleurs, aussi bien pour les teintureries, les fabricants de tapis, de papiers peints, de linoléums que pour les préparateurs de couleurs lithographiques, d’encres d’imprimeries, de vitraux, de céramiques, etc.
- Dans certains domaines scientifiques, en particulier lorsqu’on a besoin de conserver une trace durable des couleurs d’objets naturels, qui se modifient sous l’action du temps ou des circonstances, le colorimètre permet de fixer par des
- chiffres la teinte primitive et donne la possibilité de la reconstituer à volonté au moyen de l’appareil. E. H. Weiss.
- En vente à la Cambridge and Paul Instrument G0,198, rue Saint-Jacques, Paris.
- TRANSPORTS Wagons chaises-longues.
- Les wagons-lits contiennent peu de voyageurs, par conséquent les places sont chères, bien que la superposition des
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- lits soit désagréable. D’autre part, ces wagons ne sont utilisés que dans les trains de nuit; or, bien des personnes, délicates ou fatiguées, voyageraient volontiers étendues pendant le jour. Un inventeur, M. Hanin, propose à cet effet un nouveau type de wagon : le wagon chaises-longues.
- Le wagon chaises-longues est confortable pour dormir ou pour veiller; il contient 48 chaises A disposées de chaque côté d’un couloir central B obliquement afin d’avoir une longueur suffisante, bien que les wagons ne puissent dépasser 2 m 75 de largeur intérieure ; le couloir central assure l’accès facile à chaque place.
- Afin de permettre aux voyageurs de s’asseoir quand bon leur semble, la partie inférieure des chaises C se redresse contre la cloison basse de séparation entre chaque case, et deux accotoirs les complètent. En bout des cloisons de séparation est un léger poteau avec traverse D. Les cases, par groupes de quatre, sont séparées par une cloison pleine de toute hauteur E.
- Chaque voyageur dispose d’une fenêtre à coulisse verticale F, surmontée d’un imposte ouvrant à soufflet G, qui permet d’aérer en évitant l’arrivée directe de l’air; sous chaque fenêtre est une tablette H.
- Au-dessus du couloir central, un lanterneau I, muni de petits châssis vitrés ouvrant à soufflet, complète l’aération et éclaire le couloir, à travers le plancher en tôle perforée J qui porte les bagages des voyageurs, au-dessus du couloir.
- Chaque fenêtre a un rideau, et un autre entre chaque place, glissant sur tringle, permet aux voyageurs de s’isoler de leurs voisins. Il en est de même sur lu couloir où chaque case peut se fermer par un rideau en forte étoffe, laissant un vide de 0 m 15 au-dessus de la tringle pour la circulation de l’air et de la lumière.
- Des lampes électriques placées vers le plafond K, entre deux cases, les éclairent, elles sont munies d’écrans permettant à chaque voyageur de masquer la lumière de son côté.
- Quatre W. C. L. avec toilettes sont disposés aux extrémités de ces wagons, qui peuvent se faire en première et seconde classe, voire en troisième, avec plus ou moins de luxe et de confort et de largeur de sièges.
- Inventeur : M. H. Hanin, 63, rue d’Auteuil, Pax-is.
- SPORTS NAUTIQUES Propulseur à rames guidées.
- Au Concours Lépine, on voyait un nouveau système propulseur qui était appliqué sur une sorte de tandem nautique,
- Fig. 4,
- Propulseur à rames guidées.
- Fig. 3. — Wagon chaise-longue.
- Plan et coupe.
- mais qui est envisagé par l’inventeur également pour la navigation à moteur.
- Ce propulseur à rames fonctionne par la rotation d’un arbre commandé soit à la main, soit au pied, soit par un moteur et il peut s’appliquer sans aucune modification à des glisseurs ordinaires, à des embarcations à coque et il peut fonctionner aussi bien pour la marche arrière et pour la marche avant; il suffit d’inverser le sens de rotation de l’arbre.
- Le bras de la rame est conduit en un point intermédiaire convenable de sa longueur suivant un cercle, au moyen d’un manneton de manivelle, tandis que l’extrémité opposée à la rame est guidée dans le plan vertical en suivant une courbe plus ou moins voisine de ce plan grâce à des liaisons cinématiques.
- L’appareil qui était présenté au Concours Lépine ne l’était qu’à titre de démonstration, car ce mode de propulsion est applicable aux bateaux ou aux glisseurs.
- Dans ce cas, le système est monté à l’arrière et il actionne, au moyen d’un moteur, quatre pédales ou rames décalées de façon à obtenir la continuité.
- Ainsi ce système peut être utilisé pour le sport, la remorque en rivière ou sur les canots ; également comme rame indépendante ou accouplée, à l’avant de l’embarcation.
- Il y a là une combinaison très ingénieuse et économique, qui sera certainement très appréciée par tous les amateurs du tourisme nautique.
- Constructeur : E. Bernard, 3, rue de Richelieu, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Les Gaudes.
- M. Cardot nous écrit à ce sujet. « Je lis dans le n° 2778, du 1er février, article relatif à la fabrication du Pain d’Épices : « Ce que l’on appelle Gaudes actuellement en Bourgogne et en Franche-Comté est de la farine de maïs .»
- Cette désignation est incomplète et, telle qu'elle est, inexacte. En effet, les Gaudes sont de la farine de maïs tor/ëfiê préalablement. Avant de moudre le maïs, il est soigneusement torréfié, comme le café. On ne saurait manger le produit résultant de l’accommodement de la farine du maïs naturel.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Renseignements sur la fabrication industrielle des rubans de machines à écrire.
- 1° Fabricants de machines à tisser les rubans : Diederiohs, à Bourgoin (Isère). Ateliers des Yosges, 1, rue Jules-Lefebvre, à Paris. Demol, 50, boulevard de la Yillette. Dupré, à Romilly-sur-Seine. Ed. Lambert, 249, avenue du Président-Wilson (Plaine-Saint-Denis). Gerest, 23, cours Fauriel, à Saint-Etienne.
- 2° Fabricants de rubans non encrés : Dallo et Gie, à Saint-Étienne (Loire). Dolomier, 22, rue de la Sous-Préfecture, même ville. Ochswald, àBelvalpar Sénones, Yosges. Lejuif, à Thiberville (Eure).
- 3° Pour l’encrage des rubans prendre :
- Violet de Paris................ 5 grammes
- Savon mou...................... 5 —
- Glycérine .......... ...... 20 —
- Eau distillée..................55 —
- Laissez digérer quelques jours dans un flacon bien bouché en agitant fréquemment, passer au travers d’une mousseline pour séparer les impuretés, appliquer avec une petite brosse sur les rubans tendus.
- Dr André, Nancy.
- Sur les papiers dits au « ferro » prussiate.
- Les papiers au prussiate que l’on utilise aujourd’hui d’une manière si courante dans l’industrie pour le tirage des « bleus » ne sont pas préparés avec le ferro cyanure de potassium, mais avec le ferri cyanure, la locution courante de papiers au ferro-prussiate est donc défectueuse car elle prête à confusion.
- La préparation normale des’ papiers de ce genre s’effectue de la manière suivante :
- On commence par préparer les deux solutions A et B qui se
- conservent bien isolément :
- A Citrate ferrique ammoniacal. . . 25 grammes
- Eau distillée.................... 200 —
- B Ferricyanure de potassium ... 45 —
- Eau distillée .................. 200 —
- Au moment de l’emploi, on mélange volume à volume les deux solutions, on filtre au besoin et on étend au pinceau sur le papier support choisi bien encollé.
- L’opération doit se faire dans une pièce faiblement éclairée, en se servant par exemple d’une bougie; faire sécher rapidement dans l’obscurité.
- Au moment du tirage le papier ainsi préparé est exposé derrière le négatif jusqu’à ce que l’image soit au delà de ce qu’elle doit être. On retire alors du châssis, lave à l’eau jusqu’à ce que les blancs soient dégagés et l’image à point.
- Sous l’influence de la lumière, le citrate ferrique est réduit et ramené à l’état de sel ferreux qui se combine avec le ferricyanure en donnant le bleu de Turnbull qui est la teinte finale du papier.
- Au développement fixage, pour faire disparaître plus rapidement la teinte jaune et donner à l’épreuve plus de brillant, on peut la plonger quelques secondes dans un bain composé de :
- Chlorure de chaux.................... 0 gr. 50
- Acide chlorhydrique pur.............. 5
- Eau distillée. . .. *............ 100 c. c.
- Aussitôt que toute coloration jaune a disparu, on lave abondamment et fait sécher.
- V. B., Lyon.
- Un peu de chimie : Combien le sulfate de magnésie cristallisé contient-il de magnésie anhydre ?
- Le sulfate de magnésie cristallisé tel qu’il est employé en pharmacie sous les noms de Sel d’Epsom, Sel d’Angleterre, Sel de Sedlitz a pour formule MgSO4, 7H20.
- On peut considérer qu’il résulte de l’action de l’acide sulfurique sur la magnésie anhydre avec fixation de 6 molécules d’eau.
- MgO -j- S04H2 6 H20 = Mg SO4, 7 H20
- 40 246~~"
- Par conséquent 100 grammes de sulfate de magnésie cristallisé 40 X 100
- renferment---— =16 gr. 26 de magnésie anhydre.
- D. S. T., Fenestin.
- A propos de la maturation des fruits.
- Notre documentation sur la maturation des fruits par l’éthylène a été puisée, ainsi que nous l’avons signalé dans l’article du numéro du 1er septembre, dans un extrait du travail du Dr Harvey, professeur au Collège d’Agriculture du Minnesota, qui a eu l’ingénieuse idée de cette application.
- Très probablement il s’agit là d’une légère modification de l’emploi, qui a été fait quelques années avant la guerre, des vapeurs d’alcool de vin ou alcool éthylique, dont on laissait l’évaporation se faire à l’air libre dans les chambres de maturation! le liquide étant placé.dans des soucoupes réparties en différents endroits.
- Le procédé du Dr Harvey présente-t-il une supériorité, nous ne pouvons en juger, car, à notre connaissance, il n’a pas été fait encore d’application de ce genre en France ; en tout cas si l’éthylène existe en quantité importante dans le gaz de houille, ce n’est pas pour le moment un produit que l’on trouve isolé dans le commerce et à l’état pur.
- M. Zubert, La Garde-Toulon.
- Sachons réparer le marbre.
- La réparation du marbre, le rebouchage de trous ou de fissures qui peuvent s’y trouver, s’effectuent avec facilité au moyen de plâtre fin à mouler (de préparation récente), que l’on gâche avec une solution d’alun ordinaire (sulfate d’alumine et de potasse Al2 (SO4)3 K2S04, 24II20) à 60 grammes par litre.
- Avoir soin de mouiller au préalable les parties du marbre qui doivent recevoir le produit du gâchage et qui seront bien entendu exemptes de graisses. Employer le plâtre tel quel, pour réparer du marbre blanc, ou colorer légèrement par une couleur minérale, ocre jaune ou rouge, pointe de noir d’ivoire s’il s’agit d’un marbre coloré.
- Un peu d’adresse est ici nécessaire pour réaliser l’égalité de teinte, car il faut tenir compte que le ton de la masse d’apport baisse en séchant.
- Quand le plâtre est bien sec, c’est à-dire un jour ou deux plus tard, on applique avec un couteau bien propre une faible couche de paraffine blanche sur l’endroit traité. Si l’opération a été bien faite on ne doit plus distinguer le raccord.
- Établissements P. C., Paris.
- Comment supprimer la mousse des liquides industriels.
- Fréquemment dans l’industrie le problème se pose de supprimer
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- la mousse qui se produit dans les liquides plus ou moins consistants, eaux de savon, solutions riches en albumine, dont on opère le transvasement au cours des operations.
- Bien qu’un certain nombre d’appareils aient été imaginés pour produire mécaniquement l’émoussage (Brise-mousse Eyrol, 23, rue Mathis; Bernard, 25, rue Geoffroy-Làsnier ; Bréhier, 50, rue de l’Ourcq), le mieux est d’une façon générale d’éviter la formation de cette mousse, formation qui est due à une disposition défectueuse amenant un battage en présence de l’air, par exemple une chute brutale dans un réservoir inférieur, un barbot-tage dans les clapets d’une pompe ou une aspiration d’air par celle-ci lorsqu’il n’y a plus de liquide dans le réservoir.
- De toute nécessité il faut déterminer sur place où se produit la mousse, sur le parcours du liquide susceptible d’emprisonner de l’air, faire effectuer le cheminement en tuyaux étroits, toujours remplis ; faire les arrivées de liquide par le fond et non en surface. De même faire les reprises également par le fond en évitant le déversement. En d’autres termes, la surface du liquide dans les réservoirs doit toujours être tranquille, et si nous prenons comme type une eau de savon servant au tréfilage, nous mettrons la bâche de réserve au-dessus de la machine de façon que l’eau de savon descende lentement par gravité ; après avoir joué son rôle elle sera recueillie sans chute et le remontage s’en effectuera d’une façon intermittente par pression de vapeur dans un petit monte-jus plutôt qu’au moyen d’une pompe.
- Si la question est bien étudiée, la mousse ne doit plus se produire ou tout au moins en quantité si minime qu’un petit jet de vapeur à la surface du liquide dans le bac supérieur le maintiendra en parfait état. J. B., à Lyon-Villeurbanne.
- Comment on insolubilise la gélatine par le bichromate de potassé.
- On sait que la gélatine bichromatée-sèche, exposée à la lumière, devient insoluble dans l’eau, propriété qui est susceptible de nombreuse applications, voici quelles sont les conditions optima
- de bonne réussite.
- Prendre : Gélatine blanche.................... 50 gr.
- Eau non calcaire................. . 500 —
- Laisser gonfler la gélatine dans l’eau froide pendant 12 heures, liquéfier au bain-marie et appliquer tiède au pinceau.
- Après refroidissement complet de quelques heures, immerger
- dans un bain composé de :
- Bichromate de potasse.................. 15 gr.
- Eau non calcaire....................... 500 —
- Ammoniaque liquide...................... 5 cc.
- Faire sécher ensuite en pleine lumière.
- V. B. — Au cas où on voudrait conserver à la couche une certaine souplesse, il suffirait d’ajouter à la préparation gélatinée' quelques centimètres cubes de glycérine. P.-A., a Avignon.
- Préparation des savons liquides.
- Pour préparer les savons liquides, que l’on place dans les distributeurs à bascule, il ne faut pas se servir de graisses animales qui donnent des solutions troubles et se prenant en gelées par le refroidissement ; le mieux est d’employer les huiles végétales par exemple l’huile d’olives, comme dans la formule suivante qui peut
- servir de type :
- Huile d’olives............................. 300 cc.
- Eau distillée.............................. 325 —
- Soude caustique en plaques............... 45 gr.
- Carbonate de soude sec................... 10 —
- •V.-B. — L’eau distillée s’impose si on désire une solution bien limpide, car avec les eaux ordinaires toujours plus ou moins calcaires, il y aurait précipitation des sels de chaux par la soude caustique et le carbonate.
- On fait dissoudre ces deux derniers produits dans le volume d’eau indiqué et on porte à l’ébullition, puis on verse sous forme de filet l’huile végétale. Après quoi on laisse bouillir, en remplaçant à mesure l’eau qui s’évapore, cela jusqu’à saponification complète, on cesse alors de chauffer, laisse refroidir et ajoute :
- Alcool à 90°GL........................ 300 cc.
- Suivant le goût de chacun, ajouter quelques gouttes de l’essence préférée, violette, héliotrope, etc. Dans les produits bon marché on ajoute le plus souvent de la nitrobenzine (essencede mirbane) qui sert à masquer l’emploi d’alcool dénaturé dans la préparation. M. Thierrard, a Paris.
- = 383 =
- Pourquoi le nitrate d’argent peut-il tacher en rouge brique un tapis dont la laine est teinte en jaune.
- Avant l’emploi courant des couleurs dites d’aniline, on pratiquait presque toujours la teinture en jaune par le chromate de plomb, obtenu en trempant successivement la fibre au bain d’acétate de plomb puis de chromate de soude.
- Lorsque certains brins d’un tapis ont été teints de cette façon et qu’une solution de nitrate d’argent renversée par inadvertance vient au contact des fibres jaunes, il se forme du chromate d’argent de couleur rouge brique et l’on peut craindre que le tapis soit à jamais détérioré.
- Fort heureusement le chromate d’argent est très soluble dans l’hyposulfite de soude et il suffit d’imbiber les parties tachées avec la solution courante d’hyposulfite employée par les photographes mais non usagée, bien entendu, pour voir disparaître à vue d’œil les malencontreuses souillures. Rincer ensuite à fond à l’eau tiède pour enlever l’argent ainsi dissout, car s’il a disparu à la vue, il est encore présent dans la fibre et il convient de l’éliminer, sans quoi, sous l’infltienbe de la lumière, il reparaîtrait bientôt en noir cette fois et serait beaücoup plus difficile à enlever.
- - M.-Imbert, a Saint-Gyr (Yar).
- Amusons-nous à préparer des figurines baromètres.
- Certains fabricants étrangers mettent à nouveau sur le marché des figurines enluminées qui, sous l’inflüence des variations d’humidité de l’air, changent de couleur et constituent ainsi de petits baromètres fort intéressants à consulter sur les probabilités de pluie.ou de sécheresse.
- Rappelons que ces amusants dessins constituent une application du pouvoir hygroscopique de certains sels métalliques en particulier ceux de cobalt qui à l’état sec sont bleus et deviennent de plus en plus roses à mesure que l’air qui les environne devient plus humide.
- On peut réaliser facilement une préparation de ce genre en
- prenant :
- Eau distillée............................. 100 cc.
- Gélatine blanche........................... 8 gr.
- Chlorure de cobalt.......................... 2 —
- Laisser préalablement la gélatine se gonfler à froid dans l’eau pendant quelques heures, liquéfier ensuite au bain-marie, ajouter le chlorure de cobalt et se servir du liquide pour enluminer le dessin aux endroits choisis, cours d’eau,»ciel, etc.
- Si on préfère imbiber une mousseline légère de la préparation pour constituer de petits vêtements aux personnages, ou des pétales à dès fleurs, on ajoutera quelques gouttes de glycérine, afin de conserver aux tissus leur'souplesse, la glycérine étant elle-même hygroscopique ne peut avoir qu’un effet avantageux.
- MM. G. Woillez, a Beauvais.
- Jeanmaire, a Phalsbourg.
- Adresses demandées :
- Étude d’un traitement de l’huile de poissons. — Veuillez vous adresser au Laboratoire Wolff, 157, faubourg Saint-Denis, Paris, 10e, qui est spécialisé dans l’étude et l’analyse des corps gras.
- Ouvrages jur la culture des plantes médicinales. — Culture des plantes médicinales, culture et récolte des plantes indigènes, par Rolet et Bouret. Editeur Baillière, 19, rue Hautefeuille. Culture des Plantes médicinales, par Goris et Demilly. Editeur Vigot, 23, place de l’Ecole-de-Médecine. Pour renseignements complémentaires, s’adresser à l’Ecole d’Herboristerie (ancien hôtel Montmor), 79, rue du Temple, 2e, et à la Fédération des Herboristes de France et des Colonies, 28, rue Greneta, 2°, ainsi qu’à la Librairie Kliensieck, 3, rue Corneille.
- Isidro Bulto, Barcelone.
- Appareils de ménage à mouler les briquettes. — Vous aurez une documentation complète sur les appareils existants pour cette petite fabrication à l’Association des petits Fabricants et Inventeurs français, 151, rue-du Temple, Paris, 3e. Le bureau est ouvert tous les jours de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures, sauf le dimanche. Téléphone : Archives 20-82.
- M. Brenot, a Paris.
- Où trouver de la Bakélite : Société la Bakélite, résine synthétique, 14, rue Roquepine, Paris, (8e. Etablissements Lavalette, 175, avenue de Choisy, Paris. G. D., a Charleroi.
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- ACTUALITÉS ILLUSTRÉES
- 95.741 • — Paris, lmp. Lahure. — 15-4-28.
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- N° 2784. —
- 1” Mai 1928 /
- Parait le ier et le i5 de chaque mois
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- Paraît Se 1er ©t le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (T\, C. Seine : i5.23^.)
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n08), 70 fr. ; — 6 mois (12 n08), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*’), 85 fr. ; — 6 mois (12 n08), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarifa°1 i AN- *
- ...................... ( tix MOIS.
- 90 fr. \ Un an...................... 110 fr.
- , e , Tarif n° 2
- 45 ir. ( Six mois................... 55 fr.
- valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie ( U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d'Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte na 599, Paris) ou chèque à l'ordre de Masson et G*8, sur une banque de Paris.
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- Bans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
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- Exiger la Marqua dépotée ei-deaeeua
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- N’ 2784.
- 1" Mai 1-928
- LA NATURE
- LE BÊCHAGE SANS FATIGUE
- En dépit des lois delà mécanique, M. Costes invite les jardiniers à travailler le sol sans fatigue. Grâce à la fourche qu’il vient d’inventer et qu’il a baptisée du nom fort alléchant de « bêche sans effort », les disciples de saint Fiacre pourront effectivement remuer les mottes de terre sans se courber et en gardant une position favorable pour la respiration.
- Cet instrument se compose d’une robuste fourche à bêcher (fig. 1) qu’une tôle amovible permet de transformer en bêche à fer plein (fig. 2) pour retourner les terres légères (fig. 3). Son manche fait avec le fer un angle obtus et porte vers le haut une latte de bois à bras inégaux.
- On peut, de la sorte, utiliser la bêche Costes à la manière ordinaire ou bien, comme cet appendice se fixe à l’aide de boulons et d’écrous à oreilles, le tirer plus ou moins, soit à gauche, soit à droite du manche, selon qu’on désire opérer le déversement de la terre vers la droite ou vers la gauche.
- Quels sont les avantages de ces dispositions ? Avec les bêches ordinaires dont la palette se trouve dans le prolongement du manche, les professionnels se courbent plus ou moins pendant leur dur labeur. Les muscles de leurs reins travaillent alors beaucoup, tandis que leurs bras, rapprochés de leur poitrine, les gênent pour respirer. Aussi les citadins peinent-ils énormément en jardinant avec de tels outils, car ils font jouer les muscles de la région lombaire, que les professions sédentaires n’accoutument pas à ce genre d’exercice. Avec la bêche Costes, au lieu de jeter les mottes de terre en avant sur les portions déjà retournées selon la méthode habituelle,
- l’homme les déverse au moyen d’un levier à droite ou à gauche, selon qu’il est droitier ou gaucher. Dans tous ses mouvements, le buste du travailleur reste droit, les bras écartés de sa poitrine et il respire avec aisance.
- Etudions maintenant d’un peu plus près les gestes d’un
- jardinier maniant la « bêche sans effort ». Le voici en train de retourner la terre.
- Après avoir placé la main droite sur le petit bras de levier et la gauche sous la grande poignée (fig.4), il enfonce le fer avec le pied droit et aussi verticalement que possible en tendant les bras en avant.
- Il abat ensuite le bloc terreux en abaissant les mains devant lui et, sans qu’il ait besoin de se courber, la palette remplie de terre devient à peu près horizontale.
- Puis, reculant de quelques centimètres pour provoquer le glissement de l’instrument et de sa charge (fig. 5), sur la portion du sol non entamée, il déverse celle-ci vers la droite dans la jauge précédente. Pour cela, il appuie avec la main gauche sur le grand bras de levier (fig. 6), ce qui détermine la rotation du manche de l’outil et par suite le déversement de la terre.
- Il ne lui reste plus pour achever sa besogne que de saisir sa bêche verticalement, les mains aux poignées et de pilonner les mottes ou de les frapper à plat avec le fer en tenant le manche à la manière habituelle.
- S’il veut soulever la terre, la jardinier tient les deux bras du levier avec ses mains, les bras allongés en avant, le fer presque vertical et il enfonce son outil avec son pied, puis il abat en arrière et en avant en
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- même temps qu’à l’aide des poignées, il opère des rotations du manche.
- D’ailleurs, cet instrument paraît répondre, d’une façon parfaite, aux conceptions néo-culturales.
- Selon ces théories actuellement fort en vogue, on aurait intérêt à laisser chaque couche de terrain dans sa place habituelle.
- A la partie supérieure du sol se trouvent, en effet, des microbes sachant s’accommoder de l’oxygène et peut-être même de l’azote atmosphérique.
- Dans les profondeurs, au contraire, vivent des organismes anaérobies se reproduisant en dehors du contact de l’air.
- La végétation des forêts ou des prairies naturelles ne s’opère-t-elle pas sans intervention des différentes tranches de terre, que seules les lombrics, , les taupes ou autres bestioles, bouleversent d’une manière très minime ?
- Les cultivateurs se donnent donc une peine bien souvent inutile.
- Or, la bêche sans effort leur permet de travailler,
- sans retournement superflu, la couche tout à fait superficielle des jardins.
- Grâce à elle, ils pourront ameublir le sol de leur lopin de terre en évitant la courbature des reins, ils retourneront aisément les mottes sans avoir besoin de les soulever à bout de bras et, le torse libre, ils respireront plus à l’aise au cours de leur besogne.
- Avec cet instrument, ils jardineront donc sans trop de fatigue, tout en exécutant une gymnastique respiratoire des plus salutaires pour le maintien de leur santé.
- On croit trop souvent que les instruments simples ne sont plus susceptibles de progrès : parce qu’ils sont employés depuis des temps immémoriaux, on s’imagine qu’ils sont parfaitement adaptés à toutes les conditions de leur emploi. En réalité, il y a toujours intérêt à scruter méthodiquement leur mode de travail et leur rendement : c’est ainsi que Taylor, dans un cas célèbre, a pu améliorer la technique du pelletage, son élève Gilbreth la pose des briques. Souhaitons que M. Costes rencontre le même succès.
- Jacques Boyer.
- tig k a 6. — Manœuvre de la bêche Costes. — A gauche : Comment on enfonce la bêche;
- Au centre : la palette étant remplie de terre, le jardinier recule la bêche de quelques centimètres
- pour faix-e glisser l’outil et sa charge ;
- A droite : Comment on renverse une motte de tei're.
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- et:...._ ...... L'ILE BOUVET ----:— = 387
- NOUVELLE EXPÉDITION NORVÉGIENNE DANS L’ANTARCTIQUE
- Une expédition norvégienne qui promet d’être particulièrement féconde est actuellement à l’œuvre dans l’Antarctique.
- Depuis plusieurs années, l’Angleterre manifeste l’intention d’apporter des [restrictions à l’exercice de la pêche à la baleine par les Norvégiens dans les régions polaires australes qu’elle a récemment annexées à son empire : la
- Géorgie du Sud, les Shetlands et les Orcades australes, ainsi que les terres de Graham et Victoria.
- Dans ces conditions, M. Lars Christensen, le magnat de‘l’industrie baleinière en Norvège, fait étudier les possibilités de chasse aux grands cétacés dans les parties de la zone antarctique sur lesquelles la Grande-Bretagne n’a pas proclamé sa souveraineté. Après avoir
- Fig. 1. — Position de l'île Bouvet dans VAntarctique.
- * A Tristan d'Acunha
- /. du Pr/hge Edouard
- DJEPENPA NC
- l. Bouvet
- i. Marion
- FALKLAND
- h'.Crozet
- -Orcades Àustf\^
- 7 Falkland
- T. End et
- iriache1
- T j Gui daume U
- Edêuard.
- O 121
- DEPENDANCE
- Tksman/e
- AUSTRALIE -
- ISO * w.
- de 6n /,
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- = 388 =:: -..........................=
- envoyé la reconnaissance à l’île Pierre Ier (Pacifique austral) que nous avons racontée ici même (n° 2768, 1er septembre 1927), cet armateur entreprenant a organisé cette année une expédition beaucoup plus importante à tous les points de vue.
- Elle compte, outre son capitaine, un expert en matière de levers hydrographiques, un zoologiste, M. Rus-tad, et, un océanographe, M. H. Mosby, chargé en même temps des observations météorologiques. Elle dispose d’un solide vapeur de 285 tonnes, construit pour la navigation dans les glaces et muni d’un outillage scientifique perfectionné, le Norvegia. Son champ d’opérations comprend les abords de la zone polaire australe entre le 50° de Longitude Est, et le 120° de Longitude Ouest, c’est-à-dire depuis la terre Enderby, le fragment le plus occidental du continent antarctique connu dans l’Océan Indien jusqu’au méridien passant par les îles de l’Océanie les plus avancées vers l’Est. Les Norvégiens se proposent d’examiner si les baleines se rencontrent dans ces régions en nombre suffisant pour que la chasse à ces grands cétacés soit rémunératrice.
- Au point de vue géographique, cette entreprise présente le plus grand intérêt.
- L’Océan Indien austral et l’Atlantique Sud, depuis la terre Enderby jusqu’à la terre Coats, comme le Pacifique austral entre la terre Charcot et la terre du roi Édouard VII, sont encore complètement inconnus. Dans ces deux vastes secteurs, les contours du continent antarctique demeurent indéterminés; il y a là sur les cartes deux immenses blancs larges, l’un de 2800 kilomètres, l’autre de 2000. Le travail ne manque donc pas dans ces parages.
- D’autre part, pendant cette croisière, deux savants de l’université d’Oslo, le professeur Holtedahl et le docteur O. Olstad, grâce au concours des baleiniers appartenant à M. Lars Christensen se proposent d’étudier la géologie et la zoologie des terres australes au sud de l’Amérique.
- Les premières nouvelles de l’expédition, publiées le 19 janvier dernier par le Tidens Tegn d’Oslo, font prévoir d'importants résultats.
- Du Cap, le Norvegia a fait route vers l’île Bouvet dans l’Atlantique Sud. Le 1er décembre 1927, il a réussi à atterrir sur cette île considérée jusqu’ici comme inabordable, et son capitaine en a proclamé l’annexion à la Norvège en vertu de pouvoirs spéciaux que son gouvernement lui avait conférés à cet effet.
- La veille du jour où celte nouvelle était lancée, le Colonial Office britannique avait fait connaître qu’il avait donné à bail à une compagnie norvégienne de chasse à la baleine cette même île Bouvet ainsi que sa voisine, l’île Thompson, laquelle, soit dit en passant, n’existe pas. De là, discussion entre la Grande-Bretagne et la Norvège au sujet de ce rocher glacé perdu au milieu de l’Océan Antarctique.
- L’ILE BOUVET
- Pour nous autres Français, la question n’est pas dépourvue d’intérêt, l’île ayant été découverte en 1738 par notre compatriote, le navigateur Lozier Bouvet qui la prit
- pour un promontoire du fameux continent que les géographes du xvme siècle étendaient dans l’hémisphère austral jusqu’au 50® de latitude sud.
- Après cela, ni Cook au cours de son deuxième voyage (1772-1775), ni James Ross au retour de sa célèbre exploration à la terre Victoria (1843), ne réussirent à retrouver cette terre; aussi bien tous deux émirent-ils l’opinion que le marin français avait été victime d’une de ces illusions d’optique si fréquentes dans les mers froides et qu’il avait pris pour Une côte escarpée quelque gros iceberg.
- En revanche, des chasseurs de phoques anglais affirmaient avoir découvert dans ces parages, au début du xixe siècle, pas moins de trois îles qu’ils avaient nom mées Liverpool, Lindsay et Thompson. Un de ces marins, Norris, avait même, en 1825, débarqué sur Liverpool et en avait pris possession au nom du roi Georges IV ; il existait donc certainement dans cette région au moins une île.
- Seulement en 1898, on sut à quoi s’en tenir à ce sujet. En décembre de cette année-là, l’expédition allemande du professeur Chun, montée sur 1 e Valdivia, retrouva Bouvet, mais à 400 kilomètres environ à l’ouest du gisement que son découvreur lui avait assigné; par contre, pendant trois jours, bien que le temps fût relativement clair, sans succès, elle rechercha les îles que les chasseurs de phoques déclaraient avoir rencontrées aux environs.
- Tout récemment, en 1926, une autre expédition scientifique allemande, celle du Meteor, a confirmé en tous points les observations du Valdivia ; notons que durant sa croisière autour de Bouvet, la visibilité s’étendait dans un rayon de 15 à 18 kilomètres.
- L’île Liverpool de Norris se confond donc avec Bouvet; par conséquent, la prise de possession accomplie par ce marin, en 1825, au nom du roi d’Angleterre, s’applique à cette dernière terre. Depuis longtemps d’ailleurs, les Instructions nautiques, anglaises et françaises, indiquent Bouvet comme faisant partie des domaines britanniques.
- A QUI APPARTIENT L’ILE BOUVET
- En est-il encore de même aujourd’hui? Nous ne le pensons pas.
- Depuis une vingtaine d’années, l’Angleterre a en quelque sorte modifié le statut politique de l’Antarc-tique. Alors que jusque-là on estimait la simple prise de possession d’une terre effectuée, en passant, par un marin ou par un explorateur, sans qu’elle fût suivie d’une occupation permanente suffisante, pour créer des droits sur cette terre, le gouvernement britannique estima, au début de ce siècle, que cette opération devait être complétée par un acte solennel de l’autorité royale.
- En conséquence, en 1908 et en 1917, le roi Georges V, par lettres patentes, proclama l’annexion des terres situées au sud de l’Amérique : la Géorgie du Sud, les Shetlands et les Orcades australes, la terre de Gra-ham, dont précédemment des marins anglais avaient pris possession, ainsi que d’ailleurs des côtes découvertes
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- par de Gerlache et Charcot. Bref, par cet édit royal, tous les territoires compris entre le 20° et le 80° de Longitude Ouest de Greenwich étaient déclarés partie intégrante de l’empire britannique et dépendance des îles Falkands.
- Puis, en 1923, par un « ordre en Conseil », le roi proclama également l’annexion de la portion de la zone antarctique délimitée par les 150° de Longitude Ouest et 160° de Longitude Est, c’est-à-dire des terres Victoria et Edouard VII qui, elles aussi, avaient été précédemment l'objet de prises de possession de la part de marins anglais. Ces terres étaient rattachées au « dominion » de Nouvelle-Zélande, sous le titre de « Ross Dependency ».
- En présence de cette politique d’annexion pratiquée par l’Angleterre dans l’Antarctique, le gouvernement français prit aussitôt des mesures destinées à sauvegarder nos droits sur les terres désertes ou glacées de l’hémisphère austral sur lesquelles nos marins avaient jadis planté le pavillon national.
- A cet effet, un décret du Président de la République fut inséré au Journal Officiel du 27 novembre 1924 rattachant au gouvernement général de Madagascar les îles Saint-Paul et Amsterdam, les Kerguélen, les îles Crozet et la terre Adélie (portion du continent antarctique situé dans le sud de l’Australie) et déclarant ces terres dépendances de ce gouvernement. Des rapports, des circulaires et des arrêtés ministériels complétèrent cette mesure conservatoire de nos droits sur ces rochers et sur ces blocs de glace.
- Le rappel de notre souveraineté sur la terre Adélie a causé une très vive émotion parmi la presse australienne. Aussi eussions-nous fait une excellente affaire en même temps que de la bonne politique, si nous avions cédé au désir de nos amis du Pacifique et leur avions vendu ces « arpents de neige ». Dans ce cas, aucune erreur économique n’était à redouter. La terre Adélie est et restera un immense glacier.
- Mais revenons à Bouvet. Cette île, se trouvant en dehors des deux secteurs annexés par la Grande-Bretagne, ne saurait aujourd’hui lui appartenir. D’autre part, par l’emploi des lettres patentes et des ordres royaux en conseil, le gouvernement britannique a déclaré implicitement que la prise de possession ne suffisait pas à ses yeux pour établir sa souveraineté sur les terres sises à l’ouest du 20° de Longitude ouest; par conséquent, il ne saurait invoquer maintenant cette cérémonie pour prétendre à la propriété d’une terre située à l’est de ce méridien. Donner et retenir ne vaut. Les Norvégiens sont donc en droit de considérer Bouvet comme une terre vacante, un no mans land. En tout cas, le cabinet d’Oslo a déjà notifié aux gouvernements étrangers l’annexion de cette île.
- LES RÉSULTATS DE L'EXPLORATION NORVÉGIENNE
- Quoi qu’il arrive de cette contestation territoriale, l’expédition du Norvegia n’en restera pas moins très intéressante.
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- Rappelons que Bouvet est constitué par un énorme cône volcanique s’élevant à 918 mètres à pic au-dessus de l’Océan; ajoutez à cela que la mer est presque toujours très haute dans ces parages et vous comprendrez les difficultés d’accès de cette île. Aussi n’y connaît-on qu’un seul débarquement authentique, celui de Norris en 1825.
- Non seulement les Norvégiens ont réussi à prendre pied à Bouvet, mais encore ils y sont demeurés près d’un mois. Il est donc évident que, comme l’expédition du Meteor l’avait supposé, un mouillage existe sur la côte nord, à l’ouest du cap Valdivia, et que leur navire a pu y ancrer.
- Pendant ce séjour, l’expédition a bâti une maison, installé des dépôts de vivres et s’est livrée avec succès à la chasse à la baleine et au phoque à fourrures dans les eaux environnantes. De leur côté, les naturalistes ont travaillé avec ardeur sur ce terrain vierge de toute recherche et combien intéressant !
- L’activité volcanique paraît continuer à se manifester à Bouvet ; l’expédition du Meteor a observé une fumerolle produite par la vaporisation des embruns tombant sur les pierres du rivage. En outre, les savants allemands ont aperçu des taches de verdure dans des ravins abrités.
- Au cours de ses croisières autour de Bouvet, le Norvegia ayant donné contre une roche, l’expédition en quittant cette île, au lieu de se diriger dans l’est, vers la terre d’Enderby, comme cela avait été d’abord décidé, a fait route à l’ouest vers la Géorgie du Sud pour s’y faire réparer.
- Malheureusement, faute de matériaux, ce travail n’a pu être effectué et de ce fait la campagne si brillamment inaugurée s’est trouvée brusquement terminée pour cette année.
- De leur côté, le professeur Iloltedahl et le D1 Olstad ont travaillé avec succès dans les terres antarctiques américaines.
- Après un séjour aux Falklands, le professeur Holtedahl monté sur un baleinier appartenant à M Lars Chris tensen a fait route vers les Orcades australes. Une épaisse banquise l’ayant empêché d’atteindre cet archipel, il s’est rendu aux Shetlands, après avoir exécuté un débarquement à l’île Clarence où il a réuni des collections.
- A la date du 21 janvier, les deux naturalistes norvégiens étaient installés à l’île Wiencke dans le détroit de Gerlache. Ils ont ensuite exploré la région baie des Flandres — île Victor Hugo, à l’entrée sud de ce goulet, puis sont revenus à l’île Déception. Sur cette île volcanique, le géologue a fait de nombreuses observations très intéressantes, annonce un radio du 31 janvier. A cette date, les deux naturalistes sont partis pour rallier la Géorgie du Sud.
- L’expédition organisée par M. Lars Christensen s’annonce donc comme singulièrement fructueuse pour la science, et elle mérite d’autant plus la sympathie qu’elle est due à l’initiative privée.
- Charles IIarot.
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- AVIONS MÉTALLIQUES MODERNES
- LES AVIONS “ AVIMETA LEPÈRE ”
- j Njôtre dernier article étudiait l’avion Bernard-Hubert construit entièrement en bois suivant une formule monobloc excluant les haubanages en corde à piano.
- Nous allons examiner de nouveaux avions, également monobloc dans leurs éléments constitutifs, mais cette fois construits intégralement en métal : les avions Avimeta Lepère dont deux exemplaires viennent d’être lancés il y a quelques semaines et sont à Villacoublay en cours de mise au point.
- Ces avions très modernes ont été créés par un jeune ingénieur, M. Lepère, chargé par les Etablissements du Greusot d’étudier des formules d’avions métalliques.
- Le Greusot avait commencé par construire plusieurs types d’avions métalliques de guerre de très gros tonnage, mais qui, lancés vers 1920, ou même plus tard, ne se sont pas révélés supérieurs aux avions allemands similaires lancés en 1916 et 1917. Ges essais, qui ont été très onéreux pour l’Etat, n’eurent pas de lendemain : les formules choisies étaient très mal appropriées à l’emploi du métal, et, une fois de plus, on avait voulu créer des avions métalliques suivant le mode de construction des avions de bois classiques en France, c’est-à-dire en assemblant tant bien que mal de très légères charpentes de métal, de la véritable dentelle, et en raidissant le tout par des centaines de cordes à piano.
- Que l’une de ces cordes se brise ou seulement se détende, et tout l’ensemble se désarticule lamentablement.
- M. Lepère, après quelques essais, orienta la fabrication
- de ses avions nouveaux vers des réalisations réellement mécaniques et industrielles. Plusieurs types d’avions multimoteurs furent ainsi lancés. Quoique beaucoup plus intéressants que les précédents, ils n’en finirent pas moins au cimetière des avions réformés de Villacoublay.
- M. Lepère faisait son école et simplifiait de plus en plus sa construction.
- Un très beau biplace de combat monomoteur, très pur de ligne, monoplan semicantilever, fut exposé par lui au
- dernier salon de l’aéronautique et termine actuellement ses essais militaires.
- Enfin M. Lepère s’intéressa à l’aviation marchande et il construisit simultanément deux avions actuellement terminés et qui d’ici quelques semaines seront mis en essais sur les lignes de navigation aérienne.
- II. AVION AVIMETA-132
- L'Avimeta 132 est un gros monoplan presque cantilever, à ailes épaisses, construit entièrement, y compris le revêtement extérieur, en « Alférium », d’un tonnage total en vol d’environ 2700 kgs (fig. 1).
- Il est animé par une puissance d’environ 700 ch. répartis en trois moteurs de 230 ch.
- L’aile, d’une envergure de 22 mètres, possède en son centre une épaisseur de 0 m. 61 et une profondeur de 4 mètres, qui vont en diminuant vers les extrémités.
- La forme générale qui en découle lui procure ainsi
- Cabine 12 places
- Poste de T.Sfè droite Toilette W.Càgauche
- Fig. 1. — Coupe de l’avion Avimeta-132 trimoteur entièrement métallique.
- Puissance 700 ch, charge marchande 1200 kg, vitesse 145 km/h.
- Fig. 2. — Vue avant de rAvimeta-132 trimoteur.
- Remarquer la pureté des lignes, l’accrochage des moteurs latéraux, le train d’atterrissage.
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- une stabilité de forme analogue à celle dont iouissent les Fokker.
- La partie centrale de l’aile fait partie du fuselage, elle est d’ailleurs creuse et en réalité n’est représentée que par les deux longerons, sur lesquels, de part et d’autre du fuselage, viennent se fixer les deux tronçons de l’aile; ces tronçons sont fixés par des raccords à vis de grand diamètre comme à bord des avions Junkers.
- Chacun des tronçons d’aile est en outre rigidement soutenu par une paire de mâts obliques qui viennent s’articuler au bas du fuselage.
- Ces ailes constituent des blocs absolument indéformables et leur construction exclut les haubanages tant intérieurs qu’extérieurs; une fois montées, il n’est jamais besoin d’y toucher pour obtenir une bonne incidence de vol.
- Ces ailes sont revêtues de tôles ondulées rivées très simplement sur les longerons et sur les nervures. Ces surfaces dures et indéformables sous la pression de l’air
- revêtement métallique en tôle ondulée, comporte à son extrême avant le bâti du moteur central construit en tubes d’acier et fixé sur les quatre longerons par quatre boulons.
- Après le moteur se trouve une cloison pare-feu en amiante et en métal qui isole dans la partie extrême avant les risques de feu au moteur.
- Derrière la cloison pare-feu est le poste de pilotage, disposé pour deux pilotes bien abrités contre le bruit du moteur et les intempéries par une « conduite intérieure » complètement close.
- Ainsi placé à l’avant de l’avion (fig. 4), le pilote a une excellente vue sur sa route de même que sur le terrain au moment de l’atterrissage.
- Le poste étant surélevé, il a été facile d’aménager sous lui une importante soute à messageries qui peut se remplir directement par une. porte extérieure (fig. 2).
- Fig.
- Vue latérale de Z’Avimeta-132.
- Remarquer l’empennage arrière cantilever, la commande rigide et centrale de l’aileron.
- sont d’un rendement incomparable et d’un entretien nul.
- On connaît des avions Junkers qui ainsi revêtus ont conservé la même tôle sur leurs ailes depuis 7 ans malgré plus de 3500 heures de vol! Notons en passant que la toile habituelle des ailes ne résiste pas à plus de 2 ans ni à plus.de 250 heures de vol.
- A l’arrière de chaque aile se trouve un grand aileron de gauchissement actionné par un seul guignol de commande placé en son centre. Cette réalisation hardie est visible sur les photographies qui accompagnent cet article.
- Les dimensions des tronçons d’aile permettent de les transporter facilement soit sur remorque automobile, soit sur wagon.
- Le fuselage composé de longerons, de cadres et du
- Fig. 3. — Vue 5/i avant de Z'Avimeta-132.
- Remarquer la conduite intérieure du poste de pilotage; le carter qui, tout le long du fuselage sous les fenêtres, contient les commandes de gouverne. Sous l’avant : phare d’atterrissage de nuit
- Par une porte et un couloir central partant du poste de pilotage on accède à droite au poste de T. S. F. dans lequel peut se tenir l’opérateur, et à gauche à la toilette-W.-C.
- A l’extrémité de ce couloir une porte conduit à la vaste cabine des passagers comportant 12 fauteuils. Cette cabine rest grande et mesure 18 mètres cubes, elle est bien éclairée par de larges fenêtres assurant une vue splendide. (Les fenêtres visibles sur nos photographies n’étaient que provisoires pour les premiers vols.)
- Derrière la cabine, le fuselage se continue jusqu’aux gouvernes qui sont assez curieuses : les trois plans stabilisateurs et les trois gouvernails sont interchangeables entre eux; ils sont purement cantilever et par conséquent nullement haubanés ni par mâts ni par câbles.
- Les plans stabilisateurs sont réglables en plein vol de la cabine de pilotage et permettent soit de rattraper le couple de dérive produit par l’arrêt d’un moteur latéral,
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- Fig. 5. —Le poste de pilotage de Z’Àvi meta-132.
- Au centre : le bloc de commande des 3 moteurs. Les tiges de commande montent rers la gauche; à gauche : remarquer la tôle ondulée qui constitue toutes les parois de l’avion.
- soit de rattraper le centrage de l’avion dans le cas d’une charge mal répartie.
- Pour le transport ou les réparations ce fuselage peut se démonter en cinq parties en démontant seulement à chaque coupe 4 boulons; la première partie se compose du bâti du moteur central, la seconde du poste de pilotage, la troisième la cabine, la quatrième le fuselage de queue et la cinquième est l’étambot porteur des trois éléments des gouvernes.
- Cette divisibilité est évidemment un gros élément d’économie d’exploitation si on la compare avec certains avions de même capacité dont le fuselage est en une seule pièce, ce qui en rend le maniement et le transport très difficiles.
- Le train d’atterrissage est très moderne de conception; l’avion repose sur deux roues de grand diamètre par l’intermédiaire d’un jeu de jambes, de force et de mâts qui permettent d’obtenir une très large voie entre les roues et reportent néanmoins les efforts au fuselage. Le dispositif d’amortissement est analogue à celui de l’avion Bernard Hubert et composé de rondelles de caoutchouc comprimées entre des disques solidaires de deux tubes coulissants.
- Il n’existe donc pas d’essieu entre les roues, ce qui
- Fig. 6. — Z/’Avimeta-9 vue latéralè.
- rend possible l’atterrissage de l’avion dans les champs de céréales ou les prairies.
- Toutes les commandes des gouvernes sont rigides et assurées par des tringles guidées par des galets; toutes les articulations sont montées sur roulement à bille. Les commandes passent extérieurement tout le long du fuselage sous les fenêtres de la cabine; elles sont protégées et encloses dans un carier facile à ouvrir pour les vérifications.
- La puissance motrice d’environ 700 ch. se compose de trois moteurs Salmson A. B. 9 de 230 ch. chacun, à refroidissement par air.
- L’un de ces moteurs est à l’avant du fuselage, les deux autres de part et d’autre du fuselage sont suspendus sous les ailes-absolument comme le sont les moteurs latéraux du Fokker 3 m. ; ces moteurs sont bien dégagés pour les refoulements des hélices et facilement accessibles pour leur entretien.
- Pour parer aux dangers d’incendie, les réservoirs d’essence sont placés entre les moteurs latéraux et le fuselage, dans l’épaisseur de l’aile entre les deux longerons. Cette disposition permet de rendre ces réservoirs très facilement larguables en plein vol; le pilote peut en cas d’urgence les faire basculer vers l’arrière et les canalisations se coupent sur des points de cisaillements prévus à cet effet.
- Avimeta en vol pèse avec toute sa charge 4880 kg dont 1200 sont constitués par la charge marchande. Sur la base, la vitesse obtenue a été supérieure aux prévisions et a atteint 190 km à l’heure.
- Ce poids total de 4880 kg pour une surface portante de 70 mètres carrés représente une charge enlevée de 68 kg au mètre carré.
- A vide YAvimeta 132 pèse 2700 kg ; nous donnons d’autre part un tableau représentant les charges et poids enlevés.
- A l’instar du Fokker VII cet avion a été étudié pour être sans modifications transformé soit en monomoteur, soit en bimoteur, soit en trimoteur suivant les demandes des utilisateurs.
- Le prototype actuellement à Villacoublay est équipé en trimoteur et doit être aménagé en avion de nuit avec huit couchettes ; il sera mis en service selon toutes probabilités par la Cie Air Union sur le parcours de nuit Londres-Marseille.
- Il est évident que ce type d’avion paraît bien indiqué pour voler de nuit avec une sécurité très suffisante puisque à pleine charge il vole correctement avec seulement deux de ses moteurs.
- Presque tous les constructeurs de trimoteurs affirment, il est vrai, que leurs avions peuvent procurer le même avantage avec un de leurs moteurs arrêté; mais dans la pratique on constate que la plupart de ces avions ne jouissent de cette faculté que lorsqu’ils sont neufs, parfaitement réglés et que les toiles de leurs ailes sont bien tendues, c’est-à-dire toutes neuves. Après quelques voyages, il n’en est plus de même et le vol, avec un moteur en panne, s’il reste possible, devient assez dangereux parce que l’avion devient trop tangent.
- Or les avions monoplans, à aile épaisse et à surface
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- portante dure, qu’elle soit de bois comme le Fokker ou métallique comme V Avimeta conservent toutes leurs qualités de vol puisqu’ils sont par construction indéréglables et que leurs ailes, quelle que soit leur usure, conservent exactement les mêmes pouvoirs sustentateurs.
- Les performances de VAvimeta 132 sont bien comparables à celles du Fokker VII 3 m. Ce qui est un véritable succès pour M. Lepère dont cet avion ne représente que le premier essai dans cette voie.
- Les poids de VAvimeta (voir tableau, page 395) comparés à ceux de l’avion trimoteur Caudron 61 bis, tel qu’il en fonctionne six unités depuis cinq années sur la ligne de Paris à Constantinople, révèlent un très grand avantage pour VAvimeta.
- Il y a toutefois une réserve à formuler et elle est importante puisqu’elle porte sur la construction même de l’avion ou plus exactement sur la rusticité et la solidité à l’usage de ce matériel. Bien des éléments de VAvimeta peuvent paraître un peu fragiles; certaines cornières, certaines tôles, etc., seront peut-être assez rapidement endommagées en service.
- Seule l’expérience nous montrera si nos craintes sont vaines.
- M. Lepère, et en particulier une demande de la CIDNA pour l’inciter à étudier un type d’avion qui manquait totalement en France et dont la révélation s’était faite un peu brutalement aux yeux de notre opinion publique avec les arrivées successives à travers l’Atlantique de plusieurs avions de 200 ch, tels ceux de Lindbergh, Chamberlin, etc.
- Ces avions n’étaient, en effet, pas spécialement des avions de grands raids, sortes de monstres sans lendemain, mais bien des avions commerciaux, avec cabines confortables.
- Or, l’orientation officielle donnée à l’aéronautique française allait exactement à l’inverse de la tendance américaine au même moment.
- Pendant qu’en effet nos services techniques ne visaient qu’à monter sur les avions français militaires ou civils des moteurs de plus en plus puissants pour obtenir de meilleures performances, subitement Chamberlin et Levine nous montraient qu’un petit avion de 200 ch construit aux Etats-Unis par un ingénieur italien Bellanca, inconnu en France, était capable de voler quelque 50 heures à la vitesse d’environ 200 km à l’heure avec deux passagers. L’industrie française étudiant le même
- Fig. 7. — £/Avimeta-9, vu. de 3/4.
- M. Lepère prétend que les réparations de son avion peuvent s’effectuer très facilement sans outillage spécial et sans main-d’œuvre particulièrement experte.
- Nous avons constaté nous-même que cet important avion a été construit dans des conditions de simplicité absolue, sans autre outillage qu’une tronçonneuse et qu’une presse spéciale pour onduler les tôles de revêtement.
- Cette méthode est bien celle de la vraie construction métallique de l’avenir, et elle est heureusement bien loin de la méthode de construction métallique de certain avion militaire qui équipe en grande partie notre armée de l’air et qu’on ne peut construire en série qu’après constitution d’un outillage d’une valeur de 8 à 9 millions ! ...
- Voilà une formule mauvaise au point de vue économique ; c’est pourtant celle qu’a choisie la technique officielle française.
- III. AVION AVIMETA 9.
- Pendant que le gros trimoteur Avimeta était en construction, plusieurs demandes furent adressées à
- Fig. 8. — -i/ÂTâmeta-t), vu de face.
- problème ne croyait alors pouvoir envisager qu’une puissance motrice variant de 500 à 1000 ch.
- M. Lepère se )nit donc au travail, et il vient de sortir il y a quelques semaines un petit avion tout à fait remarquable, conçu d’ailleurs suivant la même formule que son trimoteur.
- L'Avimeta 9 est un fin monoplan entièrement métallique, y compris le revêtement : il est destiné à transporter 4 passagers et 1 pilote dans des conditions de confort véritable et de réelle économie, puisque la puissance de base nécessaire est de 200 ch.
- Ce n’était pas un problème simple que de construire ainsi un avion moderne de lignes, rustique, léger, entièrement métallique et possédant la suprême qualité d’être d’un prix de revient très bas.
- L’aile est semi-cantilever, épaisse, mais, par mesure d’économie, constante dans son épaisseur et dans sa profondeur. Sa partie centrale fait partie du fuselage sur lequel viennent se fixer les deux tronçons latéraux par de gros raccords vissés ; chaque tronçon est soutenu par une paire de mâts obliques articulés sur le bas du fuselage.
- Cet assemblage est indéréglable par construction et l’aile est indéformable (fig. 6).
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- L’envergure est de 12 m. 60 et permet de garer l’avion dans tous les hangars courants ; la surface portante est de 29 mètres carrés.
- En raison de sa faible dimension, le fuselage est en une seule pièce; à son avant est fixé le bâtimoteur amovible que nous verrons tout à l’heure ; à l’avant des 4 longerons du fuselage est fixée la plaque pare-feu : puis vient le poste de pilotage entièrement clos par de larges vitres et aménagé pour un seul pilote dont le siège est placé au centre (fig. 6).
- Derrière ce poste et sans aucune séparation d’avec lui vient la cabine pour 4 passagers installés face à l’avant.
- Cette cabine est vitrée et très gaie ; la présence du pilote devant le passager doit donner beaucoup d’attrait aux voyages aériens effectués dans cet avion, toutes les manœuvres étant visibles et le pilote les expliquant sans le moindre effort à ses passagers.
- Deux portes permettent d’accéder dans la cabine et une porte au poste de pilotage.
- Les gouvernes, classiques, sont fixées à l’extrémité du fuselage, elles sont cantilever à l'exception du plan stabilisateur qui, étant réglable en plein vol par le pilote, est soutenu de chaque côté par deux jambes de force.
- Nous trouvons encore ici un train d’atterrissage très moderne, qui s’apparente de très près avec celui de l’avion Ryan de Lindbergh (fig. 7).
- Deux roues, sans essieu naturellement, reportent les efforts vers le haut du fuselage, par l’intermédiaire de mâts et d’un dispositif d’amortissement en rondelle de caoutchouc comprimable.
- La voie de l’avion Avimeta est considérable et doit faciliter son atterrissage en terrains variés.
- Tout a été simplement conçu dans cet avion, néanmoins nous croyons devoir attirer tout spécialement l’attention de nos lecteurs sur la très intéressante installation du groupe moto-propulseur.
- Reprenant une idée déjà réalisée sur certains avions, et en particulier sur les avions Morane-Saulnier, M. Le-père a constitué un groupe moto-propulseur complètement amovible, bien distinct du fuselage et même du poste de pilotage.
- Cet ensemble comporte d’abord le moteur, puis son bâti et le capotage, puis la plaque pare-feu, le réservoir d’huile, la planche d’instruments de bord du moteur, et enfin toutes les commandes de ce moteur.
- Tout le groupe ainsi constitué se fixe sur le fuselage par quatre goujons boulonnés; dans ces conditions, un
- changement de moteur ne demande pas plus de 20 minutes au total.
- Voilà enfin une réalisation heureuse en faveur de l’aviation économique ; les avions peuvent ainsi être utilisés avec une grande intensité, volant tous les jours plusieurs heures sans être immobilisés par les questions d’entretien, de réparation ou de changement de moteur.
- Ainsi qu’il est visible sur l’une de nos photographies, le pilote assis à son poste trouve devant ses yeux deux groupes d’instruments de bord ; d’abord ceux qui sont solidaires de l’avion lui-même et qui ne concernent que lui : altimètre, indicateur de stabilité, montre de bord, etc*..; ensuite les instruments de bord solidaires du moteur et qui ne concernent que lui : compte-tours, manomètre de pression d’huile, thermomètre de température d’huile, etc... (fig. 11).
- Dans les aéroports d’attache de ces avions doivent se trouver quelques bâtimoteurs de rechange, prêts à être montés immédiatement sur l’avion qui aura des difficultés
- avec son moteur.
- Les réservoirs d’essence sont placés dans l’épaisseur de l’aile et larguables en plein vol par basculement et cisaillage des conduites.
- L’installation des commandes est très curieuse ; M. Lepère, partant de ce principe que, pour fabriquer à bon marché, il faut constituer en usine des éléments complets qu’il ne s’agit plus que d’assembler pour constituer l’avion terminé entièrement, a non seulement construit tout à fait séparément ses voilures, fuselages, bâtimoteurs, train d’atterrissage, mais aussi un élément complet des commandes.
- L’âme de cet ensemble est un gros tube de métal qui, lui-même commandé par le manche à balai, actionne en oscillant les tringles de commande des ailerons.
- Dans ce tube passent les commandes des gouvernails de profondeur et du gouvernail de direction, ainsi que la commande de réglage du plan stabilisateur.
- Toutes ces commandes agissent directement, sans renvois, ni poulies ; cette disposition procure un gain de poids et de sécurité, grâce à sa simplicité.
- Regrettons seulement que M. Lepère ait simplement posé cet ensemble sur le plancher de la cabine, ce qui risque de gêner les passagers.
- Nous devons aussi signaler que les fenêtres de la cabine gagneraient à être un peu abaissées pour faciliter les vues à la verticale,
- Ces améliorations seront certainement apportées aux avions de l’avenir.
- Nous avons vu que Y Avimeta 9 avait été calculé pour
- Fig. 9. — Le groupe motopropulseur amovible de /’Avimeta-9. Remarquer à droite l’ensemble des commandes du moteur.
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- une puissance de 200 ch ; il peut néanmoins être équipé avec tous les moteurs s’étageant entre 120 et 200 ch, suivant les performances désirées par les utilisateurs.
- En avion de tourisme avec un moteur de 120 ch Salmson, tel YAvimeta 9 qui vole à Villacoublay, deux passagers et un pilote sont transportés à la vitesse de 160 km à l’heure.
- En avion de transport, avec un moteur de 175/180 et tels YHispano Suiza ou le Lynx qui paraissent être pour cet avion les moteurs les plus favorables, la charge marchande passe à 350 kg, soit quatre passagers en plus d’un pilote. Cette charge est en somme le maximum de ce que peut contenir pratiquement la cabine. Il n’y a donc pas d’intérêt à augmenter la puissance, sinon pour obtenir une vitesse supérieure.
- A peine cet avion était-il terminé, que la CIDNA en commandait trois exemplaires équipés provisoirement avec des moteurs Salmson 260 ch à eau. Il est certain que ces moteurs seront, économiquement parlant, trop lourds et trop puissants pour ces petits avions ; ils ne seront montés qu’à titre expérimental en attendant que la confirmation des qualités de la cellule permette l’achatde moteurs neufs, moins puissants et mieux adaptés.
- Sur le réseau de la CIDNA à travers l’Europe, ces avions seront utilisés avec profit pendant le service ralenti de l’hiver ou même en automne ou au printemps sur certaines sections dont le trafic commercial ne justifie pas encore la mise en route d’avions de 400 ch, ou bien encore sur certaines sections asiatiques de la ligne de Bagdad où la CIDNA veut essayer de faire de l’aviation vraiment économique. Voici quelles sont les performances normales de cet avion Avimeta 9 lorsqu’il est muni d’un moteur Hispano 180 ch.
- Fig. 11.
- Vue intérieure du poste de pilotage de CAvimeta-9.
- En haut : fermeture vitrée; au-dessous : les instruments de bord
- de l’avion; au-dessous et à gauche : les commandes du moteur; au centre : les instruments de bord du moteur; devant : le manche à balai.
- Fig. 10.
- Vue arrière du groupe motopropulseur amovible de Z’Avimeta-9.
- Remarquer la tôle pare-feu ; à gauche : les commandes du moteur; au centre : les instruments de contrôle du moteur.
- Pour une surface portante de 29 mètres carrés, un poids total de 1465 kg en vol avec toute sa charge, la vitesse obtenue est de 185 km à l’heure ; la charge marchande étant de 350 kg.
- Nous ne pouvons que nous réjouir de voir enfin un constructeur français abandonner le mirage des grands
- TABLEAU DES CARACTÉRISTIQUES des avions AVIMETA et des avions qu’ils remplacent.
- CAUDRON 61 bis Trimoteur. AVIMETA 152 Trimoteur. BLÉRIOT 33 Petit monomoteur. AVIMETA 92 Petit monomoteur.
- Surface. . . . Poids à vide. . Charge utile. Poids total . . Puissance. . . Vitesse .... 107 m°-. 3124 kg. 1688 kg. 4812 kg. 700 ch. 161 km h. 71 m*. 2700 kg. 2300 kg. 5000 kg. 700 ch. o, 190 kmh! 43 m2. 1070 kg. 727 kg. 1797 kg. . 250 ch. 169 kmh. 29 m2. 895 kg. 760 kg. 1655 kg. 230 ch. 205 km-h
- A puissances sensiblement égales les résultats de charge utile et de vitesse des « Avimeta. » Lepère sont très supérieurs à ceux de leurs devanciers.
- raids et des records pour créer des machines qui peut-être ne donneront pas lieu à une publicité intensive, mais permettront à l’aviation marchande française de faire meilleure figure devant ses concurrents étrangers.
- Jean-Abel Lefrànc.
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- OÙ EST LE CRÂNE DE DESCARTES?
- On sait où et comment Descartes mourut. Parti de Hollande en Suède, car la reine Christine désirait « le voir et s’entretenir avec lui sur la philosophie », il descendit à Stockholm chez l’ambassadeur de France, M. de Terlon. Souvent, à cinq heures du matin, il sortait pour donner ses leçons à l’originale souveraine, toujours levée avant l’aube. L’auteur du Discours sur la Méthode prit froid, un certain jour d’hiver, en se rendant à un de ces entretiens philosophiques et, le 11 février 1650, il mourut d’une congestion pulmonaire, à l’âge de 54 ans. On l’enterra alors dans le cimetière de l’hôpital des Orphelins. Seize ans plus tard, on l’exhuma pour ramener sa dépouille mortelle en France et voici comment son biographe, Baillet, rapporte les circonstances qui entourèrent cette funèbre odyssée :
- « Le corps fut déposé dans la chapelle de l’hôtel de M. de Terlon où l’on fit procès-verbal de tout ce qui s’était passé.
- M. de Terlon, songeant à la commodité du transport, avait fait faire un cercueil de cuivre, long de deux pieds et demi seulement, parce qu’il se doutait que le crâne et les os du défunt seraient détachés et qu’on pourrait les ranger les uns sur les autres sans indécence.
- L’on renferma les os couchés sur les cendres dans ce nouveau cercueil, avec de nouvelles cérémonies et quelques prières; mais l’on ne put refuser à M. le chevalier de Terlon un des ossements de la main qui avait servi d’instrument aux écrits immortels du défunt, et qu’il avait religieusement demandé à l’assemblée, qui comprenait presque toute l’Église catholique de Suède, en témoignage du zèle qu’il avait pour conserver la mémoire de M. Descartes. On dressa un nouveau procès-verbal et on le mit avec le premier dans le cercueil que l’on jugea à propos de ficeler et d’enchâsser dans de fortes barres de fer; après quoi on le fit emporter et M. l’ambassadeur le garda dans son antichambre jusqu’au départ. »
- Après un séjour de trois mois à Copenhague, les restes du profond penseur furent acheminés par terre afin d’éviter les hasards de la navigation, puis ils arrivèrent à Paris. Aussitôt on les emmena chez M. d’Alibert, rue de Beautreillis et trois jours après, on les déposa dans une chapelle de l’église Saint-Paul. Ensuite, le 24 juin 1667,
- on les transporta en grande pompe dans l’église Sainte-Geneviève-du-Mont « afin que les dépouilles de la mortalité de ce grand philosophe pussent servir de trophée à la vérité éternelle que son esprit avait cherchée sur la terre et que son corps possédait en l’autre monde, autant qu’il est permis de l’espérer de la mansuétude de Dieu ».
- En tous cas, si l’âme de Descartes jouit de la félicité céleste, ses restes ne connurent guère le repos ici-bas ! La Convention ayant décidé de leur accorder les honneurs du Panthéon par décret du 1er octobre 1795, on les exhuma et en attendant la solennité on les déposa provisoirement au Musée des Monuments français qu’ils
- quittèrent seulement en
- 1819 pour l’église Saint-
- Germain-des- Prés.
- A cette époque, le cercueil qui les contenait étant trop grand, on mit dans une urne plus petite, les quelques os et le peu de poussière qui restaient du célèbre philosophe.
- Telle semble être l’histoire véridique de ces pérégrinations funèbres.
- Examinons à présent les légendes qui se formèrent autour de ces pauvres cendres tant ballottées !
- Avant de parvenir à sa dernière demeure parisienne, le corps du génial auteur de la Géométrie aurait subi une double muli-lation.
- D’abord l’officier suédois chargé d’en surveiller le transport aurait fracturé la bière et enlevé le cœur de Descartes qu’il aurait enfermé dans une cassette de plomb.
- A la mort de ce profanateur du cercueil, une inscription, portée sur l’urne funéraire, permit de se rendre compte des motifs de son acte : il ne voulait pas « rendre la plus noble partie du grand philosophe français à son ingrate patrie, indigne, d’après ses dires, de posséder un trésor si précieux ! » En outre, dès 1666, un autre suédois, capitaine des Gardes, Israël Planstroem, se serait emparé du crâne de l’immortel écrivain et quand il décéda, le précieux objet fut vendu à l’encan; puis en 1751 l’orientaliste Olof Celsius en devint propriétaire. Ensuite la boîte crânienne, quiavait abrité un si puissant cerveau, passa dans des ventes successives et échoua entre les mains de Berzélius, qui l’apporta en France (1821). A cette date, le savant chimiste suédois écrivit, en effet, à Cuvier qu’il possédait le crâne de Descartes et il chargea
- Fig. 1. — Le crâne de Descartes offert par Berzélius à Cuvier en 1821 et conservé actuellement au Muséum national d’histoire naturelle de Paris.
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- un peu plus tard Berthollet de l’offrir à l’Académie des Sciences. Après examen, la docte assemblée en confia finalement la garde au Muséum d’histoire naturelle où il se trouve encore.
- Sur cette pièce « anatomique », que nous avons pu voir et photographier grâce à l’obligeance de M. le professeur Verneau, ses propriétaires successifs mirent diverses inscriptions. On lit, en particulier, l’épigraphe suivante due à un certain Hof :
- Parvula cartesii fuit haec calvaria magni Exuvias reliquas
- hallica busta tegunt Sed laus ingenii toto
- diffunditur orbe Mistaque coelicolis menspia semper ovat.
- A côté, les lignes suivantes, écrites en suédois et dont voici la traduction, semblent authentifier la vénérable pièce anatomique :
- « Crâne de Descartes pris et gardé par Israël Planstroem en 1666, lors de l’envoi du cadavre en France et depuis ce temps caché en Suède. »
- Toutefois plusieurs faits probants vont à l’encontre des assertions précédentes.
- Cuvier, en effet, demanda jadis à Lenoir, le conservateur du Musée des Monuments français, qui avait recueilli les restes de Descartes à Sainte-Geneviève, s’il avait trouvé un crâne parmi les ossements du philosophe lors de leur transfert en 1819, et ce témoin lui répondit de façon très précise :
- « A très peu de profondeur en terre, nous trouvâmes les restes du cercueil de bois pourri et quelques ossements" en très petite quantité : c’est-à-dire une portion du tibia, du fémur et quelques fragments du radius et du cubitus.
- ... Nous avons trouvé la très petite partie d’un os plat, d’un tissu sei’ré, qui nous a paru être un fragment du crâne, comme pourrait le présenter le pariétal. Cette partie était si peu spongieuse que j’en ai fait faire plusieurs bagues. Ces bagues ressemblaient assez à une agathe... Je les ai offertes à des amis de la bonne philosophie. »
- Malgré cet aveu, Cuvier, en comparant la pièce anatomique avec les portraits de Descartes, opine pour son authenticité mais avec quelques restrictions ; car, ajoute le savant paléontologiste, il manque au crâne, « les marques d’avoir séjourné dans la terre. Il faudrait, d’après son état, qu’il ait été pris avant la première inhumation, ce qui ne s’accorde pas avec la tradition de Suède sur le moment où s’exécuta la soustraction. »
- Du reste, sur l’initiative de M. Edmond Perrier, alors
- directeur du Muséum d’histoire Naturelle de Paris, la question revint sur le tapis en 1912. Le Dr Paul Ri-cher entreprit alors, de concert avec Gaston Darboux, une série de recherches pouridentifier le crâne supposé de Descartes; il le compara avec les portraits du philosophe par Franz Hais et Sébastien Bourdon que possède le Musée du Louvre. La méthode employée dans ce but par l’éminent anatomiste doublé d’un maître sculpteur, comportait trois opérations. Il exécuta, d’après le premier tableau de Franz Hais, le dessin d’un crâne s’y adaptant aussi exactement que possible. D’autre part, il dessina, à la même échelle le crâne du Muséum orienté d’une façon similaire. Finalement, il superposa ces deux documents graphiques, qui concordèrent d’une manière presque absolue. Du reste, la première de ces vérifications est plus rigoureuse qu’on ne le supposerait de prime abord. Elle ne permet guère à l’imagination de l’expérimentateur de s’égarer en chemin. Effectivement, une tête présente un certain nombre de repères osseux très précis, que M. Richer put mettre en évidence sur le tableau du célèbre peintre hollandais. Il marqua donc des points noirs très visibles sur le premier dessin, à la racine des os du nez, aux apophyses orbitaires externes, à l’épine nasale, etc. Il répéta ensuite ces mêmes signes sur un moulage en plâtre que lui avait procuré le Muséum d’Histoire Naturelle. Grâce à ces marques, il plaça avec une précision, en quelque sorte mathématique, le crâne
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- de Descartes dans la position que Hais avait donnée à son modèle. Il put alors déterminer les dimensions exactes de l’image à réaliser.
- Afin de rendré la comparaison absolument démonstrative, M. Richer fit dessiner ce graphique à la Chambre claire par des techniciens très experts et qui n’avaient pas vu le premier dessin exécuté d’après le portrait du Louvre. La superposition des deux effigies cartésiennes (celle réalisée d’après la peinture hollandaise et celle dessinée d’après le crâne) fut complète, tandis que d’autres dessins, exécutés dans des conditions identiques, d’après plusieurs crânes pris au hasard dans une collection anatomique, montrèrent de notables discordances avec la
- Fig. 3. t— Le portrait de Descartes par Franz Hais. Musée du Louvre.
- reproduction faite d’après le tableau de Franz Hais.
- Des expériences identiques répétées avec le portrait de Bourdon et avec celui de Berlc dont une copie existe à la bibliothèque de l’Institut de France, ainsi qu’aver un médaillon en terre cuite du Musée de Versailles, furent également concluantes.
- De son côté, le Professeur Verneau se rendit compte, par des mesures précises, que la tête attribuée à Descartes reproduit les caractères céphaliques du génial penseur tels qu’on peut les déduire des mêmes sources. Les données anthropologiques semblent donc militer en faveur de la précieuse relique, tandis que certains témoignages historiques autorisent le scepticisme !
- J. DE LA CeKISAIE.
- LE RAID DE COSTES ET LE BRIX
- Le Raid Aérien de Costes et Le Brix.
- Le magnifique voyage de. Costes et Le Brix, déjà marqué par la superbe traversée de l’Atlantique Sud s’est ache\é le 14 avril en apothéose.
- Après une randonnée à travers tout le continent américain, après de nombreuses et dures étapes dépassant souvent 2000 km, exécutées parfois dans des conditions très difficiles, au-dessus des montagnes, sur les forêts vierges, ou des plaines désertes, les deux aviateurs ont gagné le Japon par paquebot. Leur appareil démonté à San-Francisco était remonté à Tokio et le 8 avril les hardis navigateurs reprenaient la voie des airs : en 7 jours et 7 étapes, ils parcouraient
- 16 000 km pour regagner l’aérodrome du Bourget, où ils atterrissaient à l'heure exacte qu’ils avaient annoncée de Tokio. Un accueil triomphal les y attendait, récompense méritée de leur étonnante prouesse, jusqu’ici sans précédent.
- Rappelons que le 10 octobre les deux aviateurs avaient en une seule étape franchi la distance Paris-Saint-Louis du Sénégal : soit 4600 km.
- Le 14 octobre ils traversaient l’Atlantique Sud entre Saint-Louis et Natal sur la côte du Brésil, soit 3400 km Le
- 17 octobre, ils étaient à Rio de Janeiro; le 19 à Buenos-Ayres. Les mois de novembre et décembre furent consacrés à des randonnées à travers l’Amérique du Sud; parmi lesquelles il faut signaler, le 13 décembre, le retour d’une seule traite de Rio de Janeiro à Buenos-Ayres (2200 km) ; le 14 décembre ils franchissent les Andes, de Buenos-Ayres à Santiago du
- Chili (1300 km.) ; le 21 décembre le voyage de Santiago à La Paz (2100 km) à une altitude supérieure à 4000 m. Au mois de janvier, Costes et Le Brix parcourent l'Amérique Centrale; ils arrivent le 4 février à la Nouvelle-Orléans, le 8 à Washington, le 11 à New-York; le 6 mars ils vont de Detroit à Cheyenne (2300 km) et le 8 de Cheyenne à San Francisco (1260 km).
- Voici les étapes du retour de Tokio :
- 8-9 avril : Tokio-Hanoï (4200 km) — 10 avr. : Hanoï-Calcutta (2235 km) — 11 avr : Calcutta-Karachi (2215 km) — 11-12 avr. : Karachi-Bassora (2130 km) —f 12-13 avr. : Bassora-Alep (2200 km) — 13 avr. : Alep-Athènes (1350 km) — 14 avr. : Athènes-Paris (2272 km).
- Ce tableau éloquent fait ressortir l’extraordinaire habileté et la résistance physique des deux aviateurs, en même temps qu’il met en relief les qualités du matériel : l’avion Breguet et son moteur Hispano de 450 ch.
- Au total le voyage représente 57 147 km de vol parcourus en 38 étapes.
- Le pilote Costes s’est déjà rendu célèbre par des raids à grande distance : en sept. 1926 : Paris-Assôuan en un seul vol (4 500 km) avec le lieutenant de Vitrolles, puis avec le capitaine Rignot : Paris-Djaslc (5 396 km), record de distance; le 4 juin 1927, avec le capitaine Rignot : Paris-Nijni-Tuylkok, en Russie (5 000 km). L’aviateur Le Brix est officier de marine, il a fait ses preuves dans l’aviation de bombardement et de reconnaissance au Maroc.
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- Pig. i. —La montée de la constellation de Persée, bord de la znoe circumpolaire. Photographie prise, de môme que les suivantes, à la latitude de Paris.
- = LA VOÛTE CÉLESTE =
- Rien n’est plus représentatif que le terme si usité : la Voûte Céleste; et cependant il ne correspond à aucune réalité, puisque autour de la Terre l’espace s’étend sans bornes, avec les myriades d’astres qui y sont perdus à toutes les distances imaginables, Il n’y a donc là qu'une illusion, constante, dont les yeux humains ont toujours clé frappés; elle semblait logique dans les anciens systèmes expliquant le ciel par 2
- des sphères de cristal où les astres étaient enchâssés.
- Quoi qu’il en soit des causes provoquant cette illusion d’une voûte un peu surbaissée, apparence à laquelle la couche atmosphérique n’est peut-être pas étrangère, elle nous donne vraiment l’impression d’une immense sphère tournant d’un mouvement majestueux autour de nous. Ce mouvement, contre-partie de la rotation du globe terrestre, est assez lent pour ne pas attirer spécialement le regard. On ne peut guère l’apprécier qu’à l’aide de points de repère derrière lesquels se déplace par exemple le disque du Soleil, ou celui de la Lune; l’horizon, les silhouettes d’arbres ou de monuments se découpant en plein ciel permettent alors une telle appréciation, mais en y prêtant néanmoins une certaine attention. Suivre cette marche inexorable est une récréation instructive ; la contempler avec discernement, et mieux encore l’enregistrer, constitue une excellente leçon de choses.
- Il serait fastidieux de s’astreindre à une immobilité de fakir, l'œil fixé sur un jalon invariable, pour se rendre compte de la marche de la sphère céleste autour de nous. Le résultat de cette attente serait d’ailleurs loin d’être aussi suggestif que l’examen de photographies dont l’obtention ne présente d’ailleurs aucune difficulté.
- Tout au plus, certaines conditions entrent-elles enjeu pour leur bonne*réussite.
- Un simple appareil suffit, monté sur un pied ordinaire, ou bien posé sur une table, un rebord de fenêtre, pourvu qu’on puisse le maintenir au besoin dans une position relevée par un dispositif quelconque : planchette inclinable sur le pied ou simple cale dans les autres cas. Il n’est pas besoin d’insister sur la nécessité d’une stabilité absolue.
- L’appareil braqué sur le point du ciel choisi, et l’objectif découvert, il n’y a plus qu’à attendre le résultat ; celui-ci sera d’autant plus frappant que la pose sera plus longue, — au moins une heure. Pendant ce temps, le ciel tourne, et les astres dont l’image se déplace sur la plaque sensible, s’enregistrent sur cette dernière sous l’aspect de trajectoires vannées dans leur allure et dans leur étendue. En effet, ces arcs de cercle tous décrits dans le même temps ont une valeur maximum à l’équateur (grand cercle de la sphère) pour décroître progressivement vers les pôles (fig. 2, ab, a'b'\.
- Marche apparente du Ciel, par rapport a Vhorizon pour un observateur différemment situé sur la Terre.
- zénith
- l’horizon
- Plan de
- jto /‘horizon
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- l’observateur à la surface de la terre (fig. 2). Des clichés de la même région céleste, pris sous des latitudes différentes seraient intéressants à comparer pour qui n’est pas familiarisé avec ces notions.
- En tous lieux, ces photographies nous instruisent sur la marche des astres, leur lever, leur passage au méridien et leur coucher.
- On estimera aisément que la luminosité de l’objectif utilisé est un facteur de grande importance ; il devra aussi être capable de travailler à toute ouverture. Le format de l’appareil importe peu; les clichés, dont les épreuves agrandies sont reproduites ici, ont été pris avec un Block-Notes Gaumont 6,5 X 9 muni d'un objectif Tessai'-Zeiss F = 4,3.
- Fig. 3. — Lever de Sirius et de la constellation du Grand Chien, dans l’hémisphère austral.
- Suivant la partie du ciel considérée, l’effet de la perspective nous montre ces trajectoires comme des courbes plus ou moins accentuées et d’inclinaison variable par rapport au plan de l’horizon.
- Ainsi est mis'en évidence d’une manière frappante le mouvement apparent de la voûte céleste, laquelle, par de telles images, semble prendre un caractère de réalité. L’allure et l’inclinaison de ces trajectoires est fonction de la position de
- Fig. 5. — Lever des étoiles équatoriales de la constellation (i’Orion.
- Fig. 4. — Passage au méridien de Fomalhaut, étoile australe s'élevant peu au-dessus de l'horizon.
- Il convient maintenant d’attirer l’attention sur les quelques obstacles qui s’opposent souvent à une bonne réussite.
- Pour ces sortes de photographies, il y a tout intérêt à opérer hors de tout abri limitant trop l’étendue visible du ciel.
- Par certain temps et en raison de la longueur de l’exposition, un dépôt de fine rosée se forme sur l’objectif et atténue l’éclat graduellement des étoiles jusqu’à l’extinction.
- Cet inconvénient arrive principalement pendant les nuits d’automne.
- Ne parlons pas des nuées qui passent çà et là, et dont l’effet est d’interrompre les traînées lumineuses pour les changer en une file de signaux Morse !...
- De tels clichés ne sont pas seulement intéressants
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- Fig, 6 et
- 1- — En haut : la ronde des Etoiles autour du Pôle Nord (pose 4 heures) Le petit arc brillant, vers le centre, représente la marche de l Etoilé Polaire. — En bas : Le passage au méridien inférieur des étoiles circumpolaires de la Grande-Ourse.
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- au point de vue éducatif, pour la démonstration des mouvements célestes. Ils nous révèlent aussi que Vob-scure clarté qui tombe des étoiles n’est pas une simple image littéraire : on peut le constater, grâce au paysage dont la silhouette se découpe avec vigueur sur le ciel rendu photogénique par la lueur diffusée de toutes les étoiles.
- Enfin, nous pouvons encore considérer ces sortes de photographies comme susceptibles d’aider à certaines recherches. Prises systématiquement, elles peuvent en effet constituer d’utiles documents relatifs à la variabi-
- lité de certaines étoiles, par la comparaison très aisée à effectuer de l’éclat relatif de ces longues traînées parallèles.
- Un observateur zélé, dépourvu de tout autre moyen d’investigation, aurait certainement la possibilité de se livrer ainsi à d’intéressants travaux.
- En tout cas l’obtention de ces clichés nocturnes, en variant les conditions et les effets, constitue un agréable passe-temps pour ceux qui aiment jouir pleinement des spectacles de la nature, à l’époque des vacances.
- Lucien R.udaux.
- L’ECLAIRAGE AUTOMATIQUE
- DES CHAMPS D’ATTERRISSAGE
- Les avions actuellement évitent, autant que possible, les atterrissages de nuit sur les aérodromes. Lorsqu’il en est autrement, l’aérodrome est avisé en général et prend ses dispositions pour éclairer le terrain. Mais il ne pourra pas toujours en être ainsi. Lorsque les voyages aériens se multiplieront, les parcours de nuit seront fréquents,, et les aérodromes se verront obligés de maintenir leurs terrains éclairés toute la nuit. C’est ce qu’il fallut faire au Bourget lors des voyages célèbres de Lindbergh, de Cham-berlin-Levine, et du commandant Bird.
- Cette sujétion est manifestement fort onéreuse.
- Mais on peut l’éviter, par un ingénieux dispositif imaginé par M. Spooner, de la Société américaine Westinghouse Mfg C°, dispositif récemment expérimenté sur l’aérodrome de Bet-tisfield à Mackresport. Le bruit du moteur de l’aéroplane, approchant de l’aérodrome, y est utilisé pour fermer automatiquement le circuit d’éclairage. ,
- L’invention comporte en gros un microphone, des circuits résonants et amplificateurs, un relais à temps, et des contacteurs. Le microphone perçoit le bruit du moteur et le traduit en courant électrique; celui-ci est transmis à un circuit résonant accordé sur la fréquence
- du bourdonnement du moteur; ce circuit amplifie le courant et en même temps élimine ceux qui seraient engendrés par des bruits parasites de fréquence différente. Le relais à temps apporte une sécurité supplémentaire; car il ne se déclenche que si le son persiste, sans interruption, pendant une période de 10 secondes.
- On est donc à peu près certain d’éviter les allumages intempestifs que pourraient provoquer des bruits parasites, de même fréquence que celui du moteur de l’avion en passe d’atterrir.
- Une fois le relais déclenché, les contacteurs assurent la fermeture du circuit d’éclairage et les phares s’allument.
- Ajoutons que bon peut également écouter directement au moyen d’un téléphone des courants filtrés par l’appareil et qu’un observateur peut ainsi épier et suivre l’approche d’un avion. G’est une sécurité de plus pour celui-ci.
- En définitive, l’appareil de M. Spooner est un détecteur d’avions par le son et, à ce titre, il peut trouver nombre d’applications. C’est, en tout cas, un premier pas intéressant dans la recherche des moyens de faciliter la i navigation aérienne, en appelant à son aide toutes les ressources du machinisme.
- Fig. 1. — Essai de l’appareil détecteur d'avions sur Vaérodrome de Bellisfield.
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- QUELQUES EXPÉRIENCES SUR LES PROPRIÉTÉS
- ÉLECTRIQUES ET RADIOÉLECTRIQUES DU CORPS HUMAIN
- GÉNÉRALITÉS
- Le corps humain est le siège de phénomènes physiques et chimiques généralement assez bien connus à l’heure actuelle, du moins d’une manière superficielle, et il n’y aurait aucune difficulté à concevoir que ces phénomènes physiques et chimiques soient accompagnés de phénomènes électriques,
- Jadis un physicien éminent crut discerner, en étudiant certaines particularités physiologiques, une émission de radiations particulières par le corps humain, mais les fameux rayons « N » sont demeurés à l’état d’hypothèse gratuite !
- Des études plus récentes effectuées par des physiciens ou des physiologistes non pas sur des hommes, mais sur certains animaux tels que les pigeons voyageurs ou quelques espèces de papillons, aux instincts de direction vraiment inexplicables « a priori », permettent pourtant d’espérer que I on arrivera quelque jour à discerner le rôle que peut jouer la radioélectricité dans les manifestations de la vie.
- Nous n’avons d’ailleurs pas l’intention, dans cet article, de considérer ce genre de propriétés très hypothétiques du corps humain relatives à la production de courants électriques d’une fréquence encore inconnue et sous une forme également inconnue.
- Nous voulons seulement examiner quelques phénomènes beaucoup plus précis, et qui peuvent être étudiés, d’ailleurs, très facilement par nos lecteurs : ce sont simplement les effets déterminés dans le corps humain par le passage de courants électriques de formes courantes, depuis le courant continu jusqu’aux courants à très haute fréquence de T. S. F. en passant par les courants téléphoniques à basse fréquence.
- Il ne nous appartient d’ailleurs pas d’étudier ces phénomènes au point de vue médical et nous nous contenterons de les considérer assez sommairement en tant qu’électricien ou radioélectricien.
- Fig. 2. — Le corps humain, aussi isolé que possible, peut servir a’antennc intérieure improvisée pour la réception des émissions
- de T. S. F.
- LA RÉSISTANCE OHMIQUE DU CORPS HUMAIN
- Le corps humain est un conducteur, mais c’est un conducteur plus ou moins parfait suivant les conditions dans lesquelles il est traversé par le courant.
- Prenons entre les doigts de la main gauche une des bornes d’une pile ou d’un accumulateur de 80 volts A d’un modèlebiencon' nuen T. S, F., et, entre les doigts de la main droite, serrons une borne d’un milliampèremètre M gradué de 0 à 3 ou 0 à 5 milliampères, dont l’autre borne est connectée à la deuxième borne de la batterie A, en prenant la précaution d’avoir les mains bien sèches (fig. 1).
- L’aiguille du milliampèremètre nous indique le passage d’un courant d’une intensité d’environ 1 milliampère, ce
- / E\
- qui nous montre, d’après la loi d’Ohm f R = -j- j, que la
- résistance d’un corps humain dans ces conditions est d’environ 70000 à 80000 ohms.
- Cette résistance varie évidemment suivant la pression des doigts et les sujets, et elle diminue dans de grandes proportions si le corps est enduit d’un liquide élec-trolysable comme l’eau salée. L’intensité du courant traversant le corps augmente alors tellement qu’elle peut causer des désordres physiologiques très graves.
- C'est ainsi que l’on a constaté des accidents mortels survenus à des personnes plongées dans un bain et touchant, par mégarde un objet relié à une canalisation électrique d’un secteur de 110 volts, un radiateur électrique par exemple.
- LE CORPS HUMAIN COLLECTEUR D'ONDES ET CONDENSATEUR
- Tout conducteur d’assez grande surface et bien isolé peut servir d’antenne réceptrice pour les ondes de T. S. F. ; on peut donc, dans certaines conditions, utiliser le corps humain comme collecteur d’ondes improvisé.
- Plaçons plusieurs sujets, de préférence se tenant par la main, sur un tapis quelconque, ou mieux sur un tapis en caoutchouc, et prions la personne formant l’extrémité de cette « chaîne » originale de saisir avec ses doigts, mouillés de préférence, la borne « antenne » d’un poste
- Fig. 1. — Four mesurer la résistance ohmique du corps humain, on serre, avec les doigts de la main gauche, une borne d’une batterie de 80 volts A et, avec les doigts de l'autre main, une borne du milliampèremètre M.
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- Fig. 3. — La transmission des courants téléphoniques par le corps humain e$t mise facilement en évidence en intercalant plusieurs sujets dans le circuit du haut-parleur de T. S. F.
- de T. S. F. dont l’antenne normale a été déconnectée. En rectifiant le réglage du poste récepteur, on entend de nouveau les émissions comme si cette chaîne humaine constituait une sorte d’antenne intérieure, d’un rendement plus ou moins satisfaisant, on s’en doute d’ailleurs!
- (fig- 2).
- Si nous modifions le nombre des personnes de la chaîne, ou si nous remplaçons un sujet par un autre, on constatera que l’on doit modifier le réglage du condensateur d’accord du poste récepteur, ce qui montre que la capacité du corps varie selon les individus, et permet d’effectuer des comparaisons intéressantes.
- LA TRANSMISSION DU COURANT TÉLÉPHONIQUE PAR LE CORPS HUMAIN
- De même que le corps humain est un conducteur plus ou moins parfait pour le courant continu et pour les oscillations de T. S. F., il livre passage encore plus facilement aux courants téléphoniques à basse fréquence et une expérience d’une réalisation immédiate permet de s’en rendre compte.
- Si l'on intercale le corps de plusieurs opérateurs se tenant par la main dans le circuit de sortie d’un poste de T. S. F. entre les bornes de sortie et le haut-parleur (fig. 3), cette modification inattendue des câbles conducteurs n’apporte presque aucune modification à l’audition habituelle.
- Fig. 5. — Cette forme d’expérience originale, imaginée en Angleterre, permet d’écouter des radioconcerts à l’aide d’une simple feuille de papier fort, en guise d’accessoire récepteur.
- LES RÉCEPTEURS TÉLÉPHONIQUES
- HUMAINS
- Le principe des récepteurs téléphoniques électrostatiques est connu depuis 1876, et, à l’occasion de l’exposition de physique de 1884, le physicien hollandais
- Fig. 4. — L’expérience des gants de chevreau reproduite avec un poste de T. S. F. .
- bien connu Giltay avait déjà réalisé d’intéressantes expériences basées sur ce principe, présentées sous une forme très originale et qui furent relatées dans La Nature du 3 mai 1884.
- Deux opérateurs portant des
- gants en chevreau glacé à une main tenaient dans la main non gantée les extrémités d’un câble à deux conducteurs d’un circuit téléphonique.
- Ils appuyaient leur main gantée sur les oreilles d un « sujet », isolé de préférence, et ce sujet pouvait ainsi entendre sans écouteurs une communication téléphonique.
- L’explication de ce phénomène est simple, le corps du sujet se comporte comme un conducteur placé entre les lames diélectriques des gants de chevreau, et les mains des opérateurs se comportent également comme deux lames conductrices.
- En réalité, on a donc intercalé dans le circuit téléphonique deux « condensateurs parlants » et les vibrations acoustiques de ces condensateurs sont perçues par les oreilles du « sujet ».
- Cette expérience, fort intéressante et qui suscita à l’époque une grande curiosité, peut être maintenant tentee sous une forme tout à fait moderne en utilisant les courants téléphoniques à basse fréquence provenant d’un poste récepteur de T. S. F. et destinés normalement à actionner un haut-parleur (fig. 4).
- Deux opérateurs ayant chacun une main gantée d’un gant de chevreau à la paume bien tendue tiennent dans l’autre main nue les extrémités déroulées du câble télé-
- phonique du haut-parleur.
- Lorsqu’ils appuient leurs paumes gantées sur les oreilles d’un « sujet », ce dernier entend très nettement l’émission radiophonique, évidemment le poste a dû être préalablement bien réglé et être assez puissant pour fournir normalement une excellente audition en haut-
- parleur.
- Au lieu d’employer cuir d’un gant, on pourrait utiliser plus simplement encore une feuille de papier fort, comme le montre la figure 5.
- La présentation de l’expérience serait encore plus originale, mais le phénomène demeure le même.
- Il est encore ce-
- comme diélectrique la feuille de
- Fig. 6. — Comment on peut},faire entendre une émission de T. S. F., sans aucun récepteur mécanique ou électrique.
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- pendant une autre forme de cette expérience, peut-être plus simple s’il est possible, mais qui paraît plus mystérieuse aux spectateurs non initiés, parce qu’elle n’exige absolument aucun accessoire particulier; cette manière d’opérer avait, d’ailleurs, été signalée déjà en 1884 par M. Giltay ; « nil novi sub sole »/
- Quoi qu’il en soit, l’expérience peut être exécutée actuellement sous la forme suivante (fig. 6) :
- Un opérateur tient dans sa main gauche nue l’extrémité non isolée d’une des connexions de sortie d’un poste de T. S. F , reliée normalement au haut-parleur et un autre opérateur tient dans sa main droite l’extrémité de l’autre connexion de sortie du poste.
- Dans ces conditions, lorsque l’un des opérateurs
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- ' ' % .
- appuie la paume de sa main sur l’oreille de l’autre sujet ce dernier entend assez distinctement l’émission radiophonique.
- On explique ce phénomène simplement en remarquant qu’entre la paume de l’opérateur et l’oreille du sujet il existe toujours une mince lame d’air qui forme diélectrique et provoque le fonctionnement de cet original « condensateur parlant ».
- On voit donc que le corps humain peut servir de résistance, de condensateur, de collecteur d’ondes, de câble conducteur et même de récepteur téléphonique! La nature avait sans doute prévu l’avènement de là T. S. F.! a
- • . % P. Hémardinquer.
- POUR DÉCELER L’OXYDE DE CARBONE
- L’oxyde de carbone, produit des combustions incomplètes, est sans doute le plus dangereux des gaz toxiques usuels. En effet, il est incolore, inodore et sans goût, et rien ne décèle sa présence.
- Or celle-ci est dangereuse, sous de très faibles concentrations : 2 ou 3 heures de séjour dans une atmosphère ne contenant que 0,04 pour 100 d’oxyde de carbone suffisent à provoquer de violents maux de tête; une atmosphère à 0,3 pour 100 d’oxyde de carbone provoque au bout de 20 à 30 minutes des évanouissements, suivisde mort, si on n’intervient pas aussitôt.
- L’oxyde de carbone se rencontre dans les produits de combustion de foyers domestiques ou industriels, en plus ou moins grande quantité suivant l’allure de la combustion ; il existe en quantités notables dans le gaz d’éclairage, plus ou moins chargé de gaz à l’eau.
- Enfin, dans les mines souterraines, sa présence est fréquente pendant les incendies et après les coups de mine, et elle y est particulièrement dangereuse en raison des difficultés de la ventilation. Ceci explique que le Bureau of Mines des Etats-Unis ait entrepris la recherche d’une méthode propre à déceler facilement l’oxyde de carbone au fond des galeries de mines.
- Les résultats obtenus, pour ce cas spécial, peuvent du reste être fort utiles dans bien d’autres cas où il n’est pas moins important de disposer d’un moyen avertisseur efficace.
- *
- * #
- Le Bureau of Mines pratique différentes méthodes pour déceler l’oxyde de carbone dans l’air des galeries : observations sur les serins ou les souris, plus sensibles que l’homme à l’intoxication par l’oxyde de carbone; détermination de la teneur d’oxyde de carbone dans des échantillons de sang par la méthode de l’acide pyrotannique ; analyse volumétrique du gaz par absorption ou combustion; enfin l’emploi de l’acide pentaiodique comme indicateur.
- La méthode par l’acide pyrotannique ne peut s’employer que pour un air ne contenant pas plus de 0,2 pour 100 d’oxyde de carbone; ce qui restreint son emploi. L’analyse volumétrique n’est guère praticable au fond d’une mine. C’est une méthode de laboratoire.
- Il ne reste donc que l’acide pentaiodique, qui est employé aux Etats-Unis suivant la méthode préconisée par Hoover et
- Lamb, et baptisée pour cette raison du nom de hoola-mite. f
- Un petit tube en verre contient de la pierre ponce pulvérisée, imprégnée d’acide pentaiodique et d’acide sulfurique fumant.
- Au moyen d’une poire en caoutchouc, munie de valves convenables, on fait traverser ce tube par un courant d’air à étudier; si celui-ci contient de l’oxyde de carbone, l’iode est mis en liberté et les particules de pierre ponce, qui étaient blanches, changent de couleur ; elles deviennent bleu vert ou même violet brun, ou noires, suivant la teneur en oxyde de carbone.
- La hoolamite est donc un moyen commode de déceler l’oxyde de carbone. Mais ce n’est pas un moyen parfait : car il n’indique pas combien il manque d’oxygène dans l’atmosphère étudiée; et en particulier il ne révèle pas la présence de gaz irrespirables ou délétères tels que l’acide carbonique, l’hydrogène sulfuré. D’autre part, il n’est pas d’un fonctionnement automatique et il ne donne aucun avertissement si l’opérateur néglige de faire fonctionner le tube : à ces divers points de vue l’emploi des serins ou des souris est plus sûr.
- Mais le tube à hoolamite convenablement utilisé offre l’avantage de fournir une détermination pratique et suffisamment précise de la teneur en oxyde de carbone de l’atmosphère dangereuse et d’en suivre les variations, ce qui ne peut être fait avec les serins ou souris ; ceux-ci, une fois que la concentration du gaz dangereux atteint certaines proportions, s’évanouissent et il faut les renvoyer dans l’air pur; ils cessent d’être utiles.
- Au cours d’un sauvetage dans une mine victime d’un coup de grisou par exemple, l’équipage de secours muni de tubes à hoolamite pourra se rendre compte immédiatement et à chaque instant de la toxicité de l’atmosphère où il s’avance et il pourra sans hésitation agir en conséquence.
- Ajoutons que cette propriété oxydante de l’acide iodique est connue depuis longtemps. Elle a été appliquée par Armand Gautier,, puis par Nicloux au dosage de l’oxyde de carbone et, pendant la dernière guerre, Desgrez l’a utilisée pour réaliser un masque respiratoire protecteur contre le même gaz toxique. Ce qui limite son emploi est la nécessité de préparer un acide iodique chimiquement pur, la moindre trace d’impureté réductrice mettant en liberté de l’iode, même en l’absence d’oxyde de carbone toxique.
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- UNE MISSION ÉCONOMIQUE ET SCIENTIFIQUE
- EN AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
- Fig. 1. — Le Bord] René Eslienne de Reggane, situé à l’extrême limite des palmeraies sahariennes, à deux journées d'auto de Colomb-Béchar.
- Sous le patronage des ministères du Commerce et des Colonies, M. le Professeur Emile Perrot partait, il y a quelques mois, en mission à travers l'Afrique Occidentale Française. L'actif directeur de l'Office national des matières premières pour la droguerie a rapporté de son voyage, non seulement une ample provision de documents scientifiques qu'il se propose d'étudier dans son laboratoire, mais encore des aperçus originaux et des observations d ordre économique du plus haut intérêt quil vient
- d'exposer à la Faculté de Pharmacie en une substantielle conférence accompagnée de projections-, c'est cette conférence que nous résumons brièvement ci-après.
- L’automobile a vaincu le désert. Cet événement, l’un des plus saillants de ces dernières années, est d’une portée beaucoup plus grande qu’on ne se l’imagine de prime abord. En effet, il ne s’agit pas ici d’une victoire toute platonique, mais d’un fait pratique, susceptible de révolutionner très rapidement les conditions économiques de notre vaste empire africain. Tombouctou la mystérieuse, avec ses constructions de pisé, n’est plus qu’à neuf jours de Paris. Désormais, pour se rendre à leurs postes ou à leurs affaires, les fonctionnaires et les commerçants ont à leur disposition une voie nouvelle, qu’empruntent déjà d’audacieux touristes.
- Le temps du chameau est définitivement révolu. Aux autochenilles Citroën et aux puissantes voilures à six roues Renault et Berliet qui, les premières, tentèrent ces périlleuses randonnées se substituent déjà les simples voilures « de série », 10 ch de la Compagnie générale transsaharienne. Et, pour un modeste prix, vous pouvez acquérir maintenant, dès Oran, le ticket qui vous permettra de traverser presque sans danger le Sahara, ancien « pays du sable, de la peur et de la soif », réputé iadis infranchissable.
- C'est sur la première voiture de ce service régulier que le Professeur Em. Perrot prit place, le 1er novembre dernier, à Colomb-Béchar, en compagnie d’un chauffeur et de trois autres passagers. Quelques bagages, des aliments, une petite installation de T. S. F., un bidon de 50 litres d’essence et un autre rempli d’eau, complétaient approximativement le maximum de charge : 600 kg environ.
- A TRAVERS LE DÉSERT
- Il s’agit dès lors, « avec les moyens du bord », de gagner Bourem, sur le Niger et de là, Tombouctou. A la moindre anicroche, c’est l’arrêt forcé et grave, loin de tout secours. La route choisie est celle d’Igli, Adrar, Reggane, le Tanesrouft et Tabankort.
- Les seuls guides seront la trace des roues des autres voitures, quelques tas de pierres dressées et des bidons laissés par les hardis pionniers qui, les premiers, ont jalonné ces routes et dont l’un d’eux, d’ailleurs, René Estienne, a payé de sa vie sa témérité. Des alternatives de sable et de cailloux, coupées de végétations herbacées ou épineuses, condui-
- Fig. 2. — Le poste n° 1 de la Compagnie générale Transsaharienne ; des postes analogues, uniquement composés de bidons d’essence et d’eau, jalonnent dès maintenant la ligne de traversée du Désert.
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- sent, en deux jours, après étapes aux postes d’Igli et de Timmondi, à l'extrême limite des palmeraies, au bordj de la Compagnie, à Reggane, non loin de Taourit. Sur le sol caillouteux, la voiture fait facilement du 50 ou du 60 km à l’heure; dès quelle s’enlise dans le sable, on dégonfle les pneus arrière à 1 kg de pression, l’enveloppe déborde, s’agrippe et la voiture repart.
- Le bordj de Reggane est un fortin de terre séché. Composé de chambres d’un confortable suffisant, il abrite en outre quelques * voitures de rechange et est organisé pour être défendu contre les attaques des pillards. Un ménage parisien, M. et Mme Ardouin (dont le mari fut l’un des compagnons d’exploration des frères Estienne), habite ici courageusement, loin de toute civilisation, et fait aux voyageurs les honneurs d’un site curieux, irrigué de canaux construits par les indigènes et atteignant parfois 7 à 8 km de long. L’amabilité de ces hôtes, qui ne craignent pas de rester en cet endroit perdu, fait mieux encore apprécier le repos salutaire de l’oasis.
- De Reggane au Niger, la distance à franchir, sans un point cl'eau, est de plus de 1100 km. Deux citernes de ciment sont construites sur le chemin, mais elles restent vides pour le moment. Seuls, quelques bidons d’essence et d’eau, numérotés (postes de ravitaillement réduits à l’essentiel) jalonnent la route. Le vaste plateau pierreux du Tanesrouft est certes l’une des régions les plus désolées. La faune et la flore y deviennent bientôt si réduites qu’on ne trouve plus guère, derrière les pierres, que quelques plantes desséchées et, de place en place, quelques sauterelles. Parfois, en faisant éclore des myriades d’œufs, une pluie inattendue peut être cause de véritables désastres. Devenues trop nombreuses, les sauterelles ne trouvent plifs à se nourrir, et c’est l’exode en vols serrés vers les régions plus accueillantes du nord, où elles s’abattent sur toutes végétations, pour les dévaster.
- Au milieu de ce désert aride et brûlant, l’inévitable panne devait se produire. Heureusement après six heures et demie de travail difficile, tout était rentré dans l’ordre, mais il fallut vingt-six heures de marche consécutives pour rattraper le temps perdu et arriver suivant l’horaire prévu, au poste de Tabankort. La dernière partie du trajet s’effectua, pour la joie des chasseurs, dans la contrée très giboyeuse de l’oued Tilemsi. Le Professeur Era. Perrot eut également la satisfaction d’y caractériser le séné des pharmacies, dont la présence, dans ce pays peu fréquenté des botanistes, restait ignorée.
- LE SOUDAN NIGÉRIEN
- Alors qu’on se dirige sur Gao, à six heures du poste de Tabankort apparaît aux
- yeux émerveillés le Niger majestueux. A une époque géologique récente, contemporaine sans doute de l’époque glacière, une véritable mer intérieure occupait la vaste cuvette qui subsiste en contre-bas du lit actuel du fleuve. De grands lacs, comme le Eaguibine, le Débo, le Nan-gué, en sont les derniers vestiges. 11 est probable qu’a-lors le Niger se jetait dans le lac immense dont les eaux étaient arrêtées par des blocs de rochers. Mais une lente érosion a fini par creuser ce mur qui semblait infranchissable et le Niger libéré a poursuivi sa route
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- Fig. 5. — Acacias gommiers de ia région sud de Tombouctou.
- vers le Golfe de Gainée. Cette grande artère fluviale mérite véritablement le nom de « Nil Français », qu’on lui a donné; il ne lui manque que d’être mise en valeur.
- La navigation, actuellement impossible, sur toute la partie coupée de rapides, qui va de Bamako à Kouli-kouro, va se trouver très heureusement établie, dans un délai de 2 à 3 ans, grâce à la création d’un canal latéral, en bonne voie d’achèvement. D’autre part, le plan des régions irrigables a été très exactement relevé par de nombreuses photographies prises en avion, ce qui a permis d’entreprendre, en aval de Koulikouro, vers Sansanding, la construction d’une digue de 100 km, capable de résister aux plus grandes crues. Dès lors, tous les espoirs sont permis : 300000 hectares de terres
- Fig. C,
- Exsudation de gomme arabique, en boules, sur les grosses branches de l’arbuste.
- inutilisées seront inondés à volonté et fertilisés, où le coton pourra tenir la première place, et le trafic sur le fleuve, enfin régularisé, s intensifiera. Les bêtes de boucherie pourront également constituer un important appoint, car les troupeaux trouvent sur les bords du Niger, à peu de frais, une nourriture abondante : le bourgou (espèce de sorgho) dont la tige submergée est repiquée chaque année par le piétinement des zébus qui le consomment.
- Dans la région sud de Tombouctou abonde en outre un arbrisseau épineux très utile, l’^L-cacia Verek producteur de la gomme arabique. Malheureusement, on ne récolte guère jusqu’ici, bon an mal an, que 300 tonnes de gonime mélangée de sortes inférieures ; on peut dire qu’il y a là une source de richesse économique complètement négligée. L’administrateur de cette contrée l’a si bien compris qu’il a convoqué, A' en réunion extraordinaire, les chefs Touaregs, pour que des instructions précises leur soient données directement par M. le professeur Perrot et son collaborateur. M. Alland, qui ont étudié sur place, en 1920, la récolte de ce produit au Kor-dofan, dans le Soudan anglo-égyptien. D’ores et déjà, il apparaît comme certain que le Soudan subdésertique français, de la Mauritanie au Tchad, pourrait très rapidement satisfaire aux besoins de notre marché.
- LA HAUTE-VOLTA
- Le plus souvent, le sol de la Haute-Volta ne comporte qu’une faible couche de terre arable recouvrant immédiatement le roc. Dans ces conditions, il n’est guère possible d’entreprendre des cultures riches ou exigeantes. Les troupeaux eux-mêmes vivent difficilement dans ces régions que déciment les épidémies, spécialement la trypanosomiase. Ce pays pauvre a de plus l’inconvénient de se trouver trop près d’un pays très riche, la Gold-Goast anglaise qui attireles indigènes pour la récolte rémunératrice du cacao. On y trouve cependant deux éléments importants de trafic : de bonnes routes et des autos. L’utilisation raisonnée des eaux de la Volta (ou plutôt des Yolta) permet en outre d’espérer une meilleure irrigation du pays et par suite une amélioration des terres trop sèches.
- On y trouve sans doute un peu de coton et même, à Ouagadougou, une petite usine de filature ; mais il semble que cette culture convienne mieux aux régions nigériennes plus favorisées. Par contre, d’autres textiles comme le Kapok et le Sisal pourraient être obtenus avec quelque avantage. La bourre du Kapokier du Soudan présente l’inconvénient, à la maturité du fruit, d’être semée à tout vent, ce qui cause une grosse perte de matière ou un surcroît de travail ; pour bien faire, il faudrait envisager l’acclimatation de variétés voisines, dont le fruit ne s’ouvre pas et qui exigent, de ce fait, beaucoup moins de main-d’œuvre. Le Sisal,
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- Fig. 7. — Une pépinière de sisal à Sama, Cette plante textile fournit des fibres recherchées
- dont la fibre est utilisée pour la fabrication des cordages, n’existe guère que dans un petit nombre de plantations ; sa culture, suffisamment étendue, pourrait devenir l’une des plus belles ressources de la colonie.
- Mais il y a mieux encore: la Haute-Volta apparaît comme un réservoir inépuisable de matières grasses variées. Le beurre de Karité, qu’on extrait des semences de cet arbre, entre en proportion importante dans l’alimentation indigène ; purifié, il est également utilisé, en Europe, dans la fabrication des bonbons de chocolat, comme succédané du beurre de cacao.
- Les arachides, le sésame, le ricin s’y trouvent de même en grandes quantités. On peut se demander, dans de telles conditions, comment il se fait que les machines des usines et des bateaux se servent encore exclusivement de bois pour la production de la force motrice.
- Incontestablement, ici l’avenir appartient à la houille végétale grasse dont le prix de revient est minime.
- LA HAUTE ET LA BASSE-GUINÉE
- La riche région préforestière de la Haute-Guinée et les fertiles plateaux des montagnes du Fouta-Djalon méritent enfin de retenir notre attention.
- dans le Soudan nigérien. pour la fabrication des cordages.
- C'est là que, grâce à la ténacité d’un gouverneur éclairé, on peut voir déjà près de 20 000 hectares de terres cultivées par des indigènes sommairement édu-
- Fig. 8. — Une gare près de Kindia, en Guinée, avec des sacs d’engrais au vremier plan.
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- qués, s’aidant de charrues et de herses attelées de zébus.
- A Kankan, marché habituel de la Kola fraîche, on trouve, en outre, actuellement, du riz excellent provenant des montagnes ou des plaines inondées, du Fonio pilé, semoule très nutritive, du café, et de nombreuses plantes subtropicales et tempérées, qui font déjà l’objet d’une exploitation méthodiquement suivie.
- Dans la Basse-Guinée, on rencontre de vastes bananeraies et d’immenses champs d’ananas. Par contre, ce qui manque, ce sont les moyens d’expédition rapide et de conservation. Faute de frigorifiques, les citrons, les oranges, les bananes se perdent sur place en quantités considérables.
- Ce pays, autrefois sous-alimenté, est aujourd’hui richement approvisionné, et les indigènes ne connaissent plus la disette. Dans un avenir très prochain, il deviendra capable de fournir à tout le Soudan central des
- légumes européens : pommes de terre, carottes, choux-fleurs, navets, etc..., et même, s’il le veut, du blé et du vin.
- Il faut retenir de cet aperçu, forcément un peu schématique, que la Métropole ne se désintéresse nullement de ses vastes colonies africaines; quoique ne disposant que de moyens financiers restreints, elle en poursuit cependant systématiquement la mise en valeur. Dès aujourd’hui, le désert lui-même peut devenir un centre de tourisme. Il est à souhaiter que de nombreux automobilistes viennent visiter ces régions ; les connaissant mieux, ils aideront par leurs capitaux l’entreprise d importants travaux d’exploitation où l’indigène lui-même trouvera une source d’activité plus grande et de plus grande richesse.
- Raoul Lecoq.
- LES GAZ RARES DE L’ATMOSPHÈRE
- Composition de l’air
- Par d’immortelles recherches, Lavoisier avait établi que l’air est un mélange d’un gaz propre à entretenir les combustions, l’oxygène, et d’un gaz que l’on a cru pendant longtemps complètement inactif, l’azote.
- Les successeurs de Lavoisier, pendant tout le cours du xixe siècle, n’ont guère modifié les conclusions précédentes. Vers 1890, on savait que l’air renferme, outre l’oxygène et l’azote, de petites quantités de vapeur d’eau, de gaz carbonique, des traces de composés nitreux, d’ozone, d’hydrogène et d’innombrables poussières minérales ou organiques, surtout abondantes au voisinage du sol. On avait quelque peu perfectionné les méthodes de dosage de l’oxygène et de l’azote et précisé les mesures de Lavoisier : l’air était considéré comme renfermant, en poids, 23 d’oxygène pour 77 d’azote, et en volume, 21 d’oxygène pour 79 d’azote.
- Les recherches de Lord Rayleigh et de Ramsay ont ouvert une ère nouvelle dans l’histoire de nos connaissances sur l’air atmosphérique en établissant l’existence, dans cet air, de cinq gaz jusque-là inconnus : l’argon, le néon, le krypton, le xénon, l’hélium.
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- Découverte de l’argon
- Antérieurement aux recherches de lord Rayleigh et de Ramsay dont nous allons parler, pour préparer l'azote on s’adressait à l’air sec et privé de gaz carbonique dont on fixait l’oxygène au moyen d’un corps très oxydable, par exemple le phosphore. On considérait l’azote ainsi obtenu comme parfaitement pur.
- Cependant, dès 1788, le savant anglais Cavendish avait fait une expérience tout à fait remarquable qui eût dû laisser des doutes à cet égard. A de l’air privé de vapeur d’eau et de gaz carbonique, il ajoutait la quantité d'oxygène nécessaire pour que, sous l’influence des étincelles électriques, tout, l’azote de cet air pût se combiner à l’oxygène présent dans le mélange en donnant le corps qu’on appelait alors hypo-azotide, et que nous appelons aujourd’hui peroxyde d’azote. L’expérience étant faite en présence d’une solution de potasse, le produit formé était absorbé pour donner du nitrate et du nitrite de potasse qui restaient en dissolution. Dans ces
- conditions, Cavendish observait constamment un faible résidu gazeux égal environ à la cent-vingtième partie de l’azote employé. « Il y a donc, avait-il conclu, une partie de l’azote de notre atmosphère qui diffère du reste. » Mais celte . observation de Cavendish était passée inaperçue.
- C’est seulement en 1894-1895 que deux autres savants anglais, Lord Rayleigh et Sir William Ramsay, s’avisèrent de déterminer, avec la grande précision que l’on apporte aujourd’hui à ces mesures, la densité de l’azote atmosphérique (c’est-à-dire retiré de l’air en éliminant l’oxygène) et celle de l’azote chimique (c’est-à-dire retiré de combinaisons azotées telles que l’urée ou l’azotate d’ammoniaque).
- Ils trouvèrent ainsi que l’azote atmosphérique avait pour densité 0,9723, tandis que celle de l’azote chimique était constamment 0,9671.
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- Là différence 0,0052, soit environ, soit > quoique
- 1UUU aUU
- très faible, était supérieure aux erreurs d’expérience. Aussi les savants anglais furent-ils amenés à penser qu’elle devait tenir à ce que les deux gaz n’étaient pas identiques et que l’azote atmosphérique contenait un gaz jusque-là non isolé, plus dense que lui. Ils reprirent l’expérience de Cavendish en modifiant le dispositif> de manière à obtenir une quantité du gaz résiduel suffisante pour en déterminer la densité. Conformément à leur prévision, ils trouvèrent pour cette densité une valeur supérieure à celle de l’azote et égale à 1,378, ce qui permettait, par un calcul très simple, de déduire la proportion du nouveau gaz que doit contenir l’azote atmosphérique. Le résultat ainsi obtenu fut en accord avec l’observation de Cavendish.
- Ils constatèrent que le gaz isolé était complètement inactif; aussi le désignèrent-ils sous le nom d’argon, dérivé du mot grec apyov signifiant inactif.
- Préparation de l’argon.
- On relire l’argon de l’air atmosphérique. Nous venons d’indiquer comment Lord Rayleigh et Ramsay l’ont isolé en utilisant la propriété que possède l’azote de s'unir à l’oxygène pour donner du perôxyde d’azote absorbable par la potasse, alors que l’argon reste inaltéré.
- Une deuxième méthode consiste à faire passer l’air, d’abord
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- sur du cuivre chauffé au rouge qui, dans ces conditions, absorbe l’oxygène en donnant de l’oxyde de cuivre, puis dans un tube chauffé au rouge contenant du magnésium, ou du lithium ou mieux du calcium, métaux qui absorbent l’azote en donnant des azotures.
- Un troisième procédé consiste à faire passer l’air sur du carbure de calcium contenu dans un tube chauffé à 800°; l’azote et l’oxygène sont fixés simultanément, le premier sous forme de cyanamide calcique, le second sous forme de chaux.
- En réalité, toutes ces méthodes donnent l’argon mélangé aux divers autres gaz rares de l’air. On peut le purifier en liquéfiant le mélange gazeux et en soumettant le liquide obtenu à la distillation fractionnée.
- La liquéfaction pour les besoins de l’industrie de quantités considérables d’air a donné à M. Georges Claude l’idée d’extraire systématiquement de l’air liquide 1ous les gaz rares que renferme l’air atmosphérique et de faire de ces gaz des sous-produits de l’industrie de l’air liquide. Le néon et l’hélium sont relativement faciles à extraire. Mais l’extraction de l’argon présente de très grandes difficultés.
- « C’est que, écrit M. G.
- Claude, au lieu d’être ou plus volatil que l’oxygène et que l’azote, ce qui permettrait de le chercher dans les résidus de liquéfaction, ou moins volatil qu’eux, ce qui conduirait à l’atteindre dans les résidus d’évaporation, l’argon a eu le mauvais goût de s’intercaler entre eux, et de la façon la plus désagréable, tout près de l’oxygène, car son point d’ébullition, — 180°, diffère d’à peine 4 degrés de celui de l’oxygène.
- « Il en résulte que, normalement, il sort des appareils mêlé partie à l’azote, ce qui n’est pas très grave, partie à l’oxygène, ce qui l’est plus. De plus en plus,
- en effet, l’industrie exige pour l’oxygène un grand degré de pureté. Pour le coupage des métaux, spécialement, on n’obtient de très bons résultats qu’avec des teneurs de 98-99 pour 100. Il n’y a donc pas seulement, à essayer d’extraire l’argon, un intérêt spécial à ce gaz, mais aussi le désir d’améliorer la production de l’oxygène. »
- M. Linde d’abord, puis M. G. Claude avec la collaboration de M. Le Rouge, sont parvenus à extraire une grande partie tout au moius de l’argon atmosphérique, et la quantité d’argon ainsi produite dans les usines d’air liquide est suffisante pour subvenir aux applications actuelles de ce gaz.
- Découverte et extraction des autres gaz rares.
- Après la découverte de l’argon, Ramsay, poursuivant l’examen de l’azote de toutes provenances, porta son attention sur les gaz dégagés dans la calcination de quelques minéraux, en particulier, de la clévéite, mélange d’oxyde d’uranium et d’oxydes rares, où la présence de l’azote avait été signalée. Il s’aperçut que le gaz dégagé était en réalité formé non seulement d’azote et d’argon, mais d’un autre gaz qui, rendu lumineux dans un tube de Gessler, donnait au
- spectroscope une raie jaune identique à celle que, lors de l’éclipse de 1868, Janssen, Lockyer et quelques autres avaient signalée dans le spectre des protubérances solaires et qu’ils avaient attribuée à un gaz encore inconnu sur notre globe mais existant en abondance dans le soleil, auquel ils donnèrent le nom d’hélium.
- Quant au néon, au krypton, au xénon, complètement insoupçonnés avant cette belle série de découvertes, ils furent séparés en 1898, par Ramsay et Travers, dans l'argon brut de l’atmosphère, par liquéfaction et distillation fractionnées.
- L’hélium et le néon sont de tous ces gaz rares les plus rebelles à la liquéfaction. On les retrouve, dans les premières poriions de la distillation fractionnée d’air totalement liquéfié. Industriellement. M. G. Claude procède par condensation fractionnée de l’air liquide : les deux gaz se retrouvent alors dans les résidus non condensés. Cette extraction est relativement aisée.
- Le krypton et le xénon qui sont les moins volatils des gaz rares se concentrent dans les résidus de distillation de l’air
- liquide, leur extraction systématique présente d'ailleurs de sérieuses difficultés.
- Il existe d’autres sources d’hélium plus riches que l’air atmosphérique. Les gaz qui se dégagent de certaines sources thermales en renferment parfois une proportion assez élevée, 6 pour 100 pour la source de Maizières, et 10 pour lttO pour celle de Santeuay. Mais ce sont les gisements de pétrole gazeux du Canada et du Texas qui jusqu’ici fournissent les plus forts débits d’hélium. Ainsi la source Pétrulia du Texas produit jusqu’à 800 000 mètres cubes par jour d’un gaz renfermant 0,9 pour 100 d’hélium. En soumettant ce gaz à la liquéfaction et à la distillation fractionnées par la méthode de Linde ou celle de Claude, on arrive à liqûéfier tous ses composants, sauf l’hélium, et on obtient ainsi un résidu renfermant 92 pour 100 de ce gaz.
- Teneur de l'atmosphère en gai rares.
- Ramsay avait déterminé la proportion des divers gaz rares dans l’atmosphère. Mais ses mesures avaient porté sur de Irop petites quantités de gaz pour pouvoir fournir autre chose que des valeurs approximatives. Mettant à profit les énormes quantités d’air qui sont journellement liquéfiées dans les usines d’air liquide, Claude, pour l'hélium et le néon, Lepape pour le xénon et le krypton, ont pu corriger et préciser les chiffres de Ramsay.
- Voici les résultats :
- 1 litre d’argon
- — de néon
- — d’hélium ----- de krypton
- — de xénon
- dans 105 litres d’air
- 70.000 —
- — 200.000 —
- l.OOO.OtlO —
- — 10.000.000
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- 4Î2
- Propriétés des gaz rares
- Tous ces gaz sont caractérisés par une inactivité chimique tout à fait remarquable. C’est, comme nous l’avons déjà exposé, grâce à cette inactivité qu’on les a isolés, car ils ne sont pas absorbés par les substances qui fixent l’oxygène ou l’azote. Signalons cependant qu’on a réussi à combiner certains d’entre eux avec l’eau pour former des hydrates cristallisés.
- On sait qu’on obtient la masse moléculaire d’un gaz en multipliant sa densité relative par 28,88. Quant à la masse atomique, on la détermine en recherchant quelle est la plus petite quantité du corps qui entre dans la masse moléculaire de ses diverses combinaisons. Les gaz rares de l'air ne fournissant aucune combinaison, la méthode habituelle de détermination des masses atomiques ne pouvait s’appliquer. On s’est adressé à une méthode physique : la mesure du C
- rapport — entre la chaleur spécifique du gaz à pression constante et sa chaleur spécifique à volume constant. Ce rapport dépend essentiellement du nombre d’atomes que renferme la molécule du gaz étudié. En particulier, il prend la valeur 1,66 lorsque la molécule ne renferme qu’un seul atome, ce qu’on traduit en disant qu’elle est monoatomique. C’est ce qui arrive pour tous les gaz rares. Les symboles de ces atomes étant He pour l’hélium, Ar pour l’argon, Ne pour le néon, Kr pour le krypton, X pour le xénon, les molécules ont respectivement pour formule He, Ar, Ne, Kr, X.
- Voici, emprunté au cours de chimie deM.de Forcrand, un tableau synoptique résumant les principales propriétés de ces divers gaz.
- Poids atomique ou poids Ile Ne- Ar Kr Xe
- moléculaire 3,99 20,2 39,88 82,9 130,2
- Densité gazeuse. .... 0,137 0,696 1,378 2,87 4,52
- Densité liquide Volume atomique ou vo- 0,122 ? 1,212 2,155 3,52
- lume moléculaire . . . Température d’ébullilion 32,7 ;> 32,92 37,84 36,40
- (en degrés absolus) . . Température de solidifica- 4° 25 30« 87°2 121° 3 163«9
- tion (en degrés absolus). Température critique (en 10 23° 85° 1 104° 1330
- degrés absolus) .... Pression critique (en at- 5° 25 53° 155° 6 210° 5 2870 7
- mo sphères) 2» 3 29" 52“ 9 54» 3 57» 2
- On voit que les températures critiques, les températures de solidification et celles d’ébullition vont en croissant régulièrement de l’hélium au xénon. Les gaz sont donc d’autant plus difficilement liquéfiables que leur masse atomique est plus faible L’hélium est le plus difficilement liquéfiable des gaz connus, il n’a été solidifié que récemment au laboratoire cryogénique de Leyde par compression de l’hélium liquide dans un tube plongeant dans un bain d’hélium bouillant sous pression réduite. Sous une pression de 26 atmosphères, la température de fusion est de 1,1 degré absolu ( — 271°9 Cj. C’est l’ébullition de l’hélium liquide qui a produit la plus basse température atteinte, extrêmement proche du zéro absolu (0,9 degré absolu).
- L’hélium et les désintégrations radioactives
- y
- L’hélium est un produit constant des désintégrations radioactives. Il est à peine besoin de rappeler aux lecteurs de La Nature que les substances radioactives et notamment le radium, émettenl un rayounement complexe, que l’action d’un champ magnétique ou d’un champ électrique permet de
- décomposer en trois groupes distincts : les rayons alpha, les rayons bêta, les rayons gamma.
- Les rayons gamma sont de même nature que la lumière et les rayons X; ce sont des ondes électromagnétiques de l’éther de très courte longueur. Les rayons bêta de nature corpusculaire sont constitués par un flux de particules d’électricité négative sans support matériel qu’on appelle électrons. Quant aux rayons alpha, également corpusculaires, ils sont constitués par des atomes d’hélium électrisés positivement. C’est ce qu’a mis très nettement en évidence une expérience de Rutherford et Royds.
- Un fragment de radium était enfermé dans un petit tube de verre à parois très minces, assez minces pour pouvoir être traversées par les particules alpha, mais suffisamment résistantes et imperméables aux gaz pour maintenir la pression atmosphérique d’un côté, tandis que le vide presque parfait existait de l’autre. Ce petit tube étant disposé à l’intérieur d’une ampoule de verre plus large, dans laquelle on avait fait le viue, on trouva, après plusieurs jours, de l’hélium dans l’ampoule extérieure. Comme on s’était assuré que de l’hélium introduit dans le tube intérieur ne pouvait pas diffuser à travers les parois, il fallait conclure que les particules alpha, après avoir traversé le tube intérieur et perdu leur charge électrique, s’étaient transformées en atomes d hélium. La présence d’hélium dans le tube extérieur était caractérisée par l’apparition progressive de la raie jaune de cet élément dans le spectre que fournissait le passage de la décharge électrique dans le tube extérieur. Cette production d’hélium à partir du radium est le premier exemple nettement constaté d’une transformation d’un atome en un autre, ou, pour parler le langage des alchimistes, d’une transmutation de la matière.
- L’atome de radium de masse 226 se désintègre en donnant finalement l’hélium de masse atomique égale à 4 et un autre gaz qu’on a appelé successivement émanation du radium, puis niton (pour rappeler qu’il luit dans l’obscurité), et pour lequél on semble s’être arrêté définitivement à la désignation de radon, qui rappelle sa parenté avec les divers gaz rares de l’atmosphère, Comme ces gaz, en effet, le radon est complètement inerte, monoatomique. Il est beaucoup plus facilement liquéfiable même que le xénon. Mais il présente ce caractère particulier, qui le distingue des autres gaz rares, d’être radioactif et de se désintégrer lui-même spontanément (de moitié en 3,85 joursj en donnant de l’hélium et un élément solide appelé radium A (de poids atomique 218), lequel se désintègre à son tour au bout de très peu de temps (quelques minutes), en subissant une suite de transformations sur lesquelles nous n’avons pas à insister ici. Mentionnons seulement que la désintégration du thorium et celle de l’actinium donne lieu à des dégagements d’hélium et à la production de gaz inertes tout à fait analogues aux gaz rares de l’atmosphère, qu’on appelait autrefois émanations du thorium et de Vactinium, et qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de thoron et d’actinon.
- Il faut retenir de tout ceci que les transformations des substances radioactives donnent lieu à la production constante d’hélium, et c’est là une source importante de ce gaz sur notre globe, qui explique l’origine d’une partie tout au moins de celui que dégagent les sources thermales radioactives.
- Structures des atomes des gaz inertes.
- On sait que les progrès de nos connaissances sur la matière ont peu à peu amené les physiciens à envisager les atomes des divers éléments comme des systèmes complexes. Dans le modèle proposé par Rutherford, l’atome est considéré comme
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- formé d’un noyau électrisé positivement autour duquel gravitent des électrons. L’atome étant électriquement neutre, la charge totale transportée par les électrons négatifs qui gravitent autour du noyau doit être équivalente à la charge positive de ce noyau.
- Diverses recherches ont amené à admettre que le nombre des électrons satellites est égal au numéro d’ordre que possède l’élément dans la liste des corps simples rangés dans l'ordre des masses atomiques croissantes, qu’on appelle numéro atomique de l’élément. Ainsi dans l’hydrogène, le plus léger des atomes, et par suite de numéro atomique égal à 1, un seul électron gravite autour du noyau. L’atome
- -... = 4Î3 =
- Les forces qu’un atome exerce sur un autre atome dépendent principalement de la ceinture des électrons extérieurs. Et, comme il est naturel de chercher dans ces forces l’origine de l’affinité chimique et de maints phénomènes physiques, tels que la tension superficielle, la cohésion la viscosité, le pouvoir ionisant, etc., on conçoit que la ceinture externe d’électrons soit une partie très importante de l’atome.
- Ces propriétés varient d’une manière quasi périodique; elles croissent et décroissent quand on avance dans la série des éléments rangés suivant l’ordre de leurs masses atomiques, comme le montre le graphique de la figure 1 qui représente la variation, en fonction de la masse atomique, de
- Classification de Mendelejeff.
- 0 1 11 111 IV V VI Y11 VIII
- Hydrogène UI 1,008 Hélium 2. Ile. 4,00 Lithium 3. Li. 0,94 Béryllium 4. Be. 9,1 Bor 5. B. 10,9 Carbone 6. C 12,00 Azote 7. N. 14,01 Oxygène 8. 0. 16,00 Fluor 9. F. 19,00
- Néon 10. Ne. 20,2 Sodium 11. Na. 25,00 Magnésium 12. Mg. 24,52 Aluminium 13. Al. 27,1 Silicium 14. Si. 28,5 Phosphore 15. P. 51,04 Soufre 16. S. 52,06 Chlore 17. Cl. 55,06
- Argon 18. A. 59,88 Potassium 19, K. 59,1 Calcium 20. Ca. 40,07 Scandium 21. Sc- 44,1 Titane 22. Ti. 48,1 Yanadium 23. Y. 51,06 Chrome 24. Cr. 51,06 Manganèse 25. Mn. 54.95 Fer 26. 55,85 Cobalt 27. Co. 58,97 Nickel 28. Ni. 58,0>-
- Cuivre 29. Cu. 65,57 Zinc 30. Zn. 05,57 Gallium 31. Ga. 69,9 Germanium 32. Ge. 72,5 Arsenic 33. As. 74,96 Sélénium 34. Se. 79,2 Brome 35. Br. 79,92
- Krypton 36. Kr. 82,92 Rubidium 37. Rb. 81,45 Strontium 38. Sr. 87,85 Yttrium 39. Y. 88.7 Zirconium 40. Zr. 90,6 Niobium 41. Nb. 95,5 Molybdène 42. Mo. 96,0 43. Ruthénium 44. Ru. 101,7 Rhodium 45. Rh. 102,9 Palladium 46. Pd. 100,7
- Argent 47.Ag.107,88 Cadmium 48. Cd.112,4 Indi m 49. In. 114,8 Étain 50. Sn. 118,7 Antimoine 51. Sb.120, 2 Tellure 52. Te. 127,5 Iode 53. 1.126,92
- Xénon 54. Xe. 150,2 Cæsium 55.Cs.152,81 Baryum 56.Ba.157,57 Lanthane 57. L.. 159,0 Cérium 58.Ce.140,25 Praséodyme 59. Pr. 140,6 Néodyme 60. Nd. 144,5 61.
- Samarium 62. Sa. 150,4 Europium 63. Eu. 152,0 Gadolinium 64. Gd. 157,5 Terbium 65. Tb. 159,2 Dysprosium 66. Ds. 162,5 Holmium 67. Ho. 165,5 Erbium 68. Fr. 167.7
- Thulium 69. Tu. 168,5 Ytterbium 70. Yb. 175,5 Lutécium 71. Lu.175 Celtium 72. lit. Tantale 73. Ta. 181,5 Tungstène 74. XV. 184,0 75. Osmium 76. Os. 190,9 Iridium 77. Ir. 195,1 Platine 78 1 t. 195,2
- Or 79. Au. 197,2 Mercure 80. Ilg. 200,6 Thulium 81. Tl. 204,0 Plomb 82. Pb. 207,2 Bismuth 83 Bi. 208,0 Polonium 84. Po. 210? 85.
- Émanation 86. Nt. 222,4 87. Radium 88. Ra. 226,0 Actinium 89. Ac. Thorium 90.Th.252,15 Uranium X2 91. Uranium 92. U. 258,2
- Fig. 2. — Tableau représentant la classification de Mendelejeff.
- d’hélium, le second des atomes dans l’ordre de leur massé, renferme deux électrons satellites. Celui du lithium, qui vient ensuite, en contient trois; l’atome d’argent, qui occupe le 47e rang, en possède 47, et ainsi de suite.
- L’étude de la répartition de ces électrons autour du noyau a fait l’objet de nombreuses recherches théoriques. On a été conduit à penser qu’un nombre très limité seulement de ces électrons peuvent être situés sur une même surface sphérique, concentrique au noyau. Si ce nombre dépasse une certaine valeur critique, les électrons doivent se séparer en deux ou plusieurs groupes, rangés sur une série de surfaces concentriques rappelant les diverses enveloppes d’un oignon.
- la chaleur de combinaison des éléments avec le chlore.
- Ainsi, comme l’a remarqué Mendelejeff, par l’ensemble de ses propriétés chimiques, le dixième élément (néon) ressemble étroitement au second (hélium), le onzième (sodium) au troisième (lithium) et ainsi de suite. De sorte que tous les éléments se groupent naturellement par familles, les membres d’une même famille se trouvant séparés les uns des autres par sept éléments intermédiaires. La classification de Men-delejefï, appelée parfois classification périodique est représentée sur le tableau 2, les éléments y sont écrits successivement sur les lignes horizontales en suivant l’ordre croissant des masses atomiques ; les colonnes verticales contiennent
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- les familles ou groupes des éléments chimiquement semblables.
- Le numéro de ces colonnes 0, I, II, etc., exprime, avec certaines réserves, la valence chimique habituelle des éléments (ou la différence entre le nombre 8 et cette valence), c’est-à-dire le nombre des atomes d’hydrogène auquel un atome de l’élément peut se combiner ou qu’il est susceptible de remplacer.
- On interprète bien les principales propriétés chimiques des atomes dans l’hypothèse que la couche électronique externe comprend un nombre d’électrons qui est le même pour tous les éléments d’une même famille ou colonne verticale de la table de Mendelejcff et qui varie d une unité quand on passe d’une famille à la suivante dans le sens horizontal.
- Le nombre des électrons de la couche externe est ainsi égal à 1 pour les éléments de la colonne I (lithium, sodium, etc.), à 2 pour les éléments de la colonne II (magnésium, calcium; etc.), à 7 pour les éléments de la colonne VII (fluor, chlore, etc.).
- Le maximum d’électrons de la couche externe se trouve réalisé dans les éléments de la colonne 0 qui sont précisément les gaz rares de l’atmosphère.
- Les éléments de la colonne I ont tendance à perdre l’électron unique de leur couche externe pour le céder à un élément de la colonne VII qui complète ainsi le nombre d’électrons de sa couche externe. Aussi mis en présence l’un de l’autre les deux éléments sodium et chlore appartenant l’un à la famille I. l’autre à la famille VII, se combinent-ils pour donner du chlorure de sodium, composé dans lequel on peut d’ailleurs distinguer aisément, notamment lorsqu’il est dissous dans l’eau, l’ion sodium positif Na+ (formé de l’atome Na privé d’un électron et par suite chargé positivement) et l’ion chlore négatif Cl— (formé de l’atome Cl associé à un électron supplémentaire).
- Les éléments de la colonne II, par exemple, magnésium, calcium, etc., ont de même tendance à céder les deux électrons que renferme leur couche externe aux éléments de la colonne VI, oxygène, soufre, etc , dont la couche externe qui comprend six électrons se complète ainsi jusqu’à renfermer huit électrons Ainsi la combinaison semble s’effectuer dans tous les cas de manière que les éléments complètent leur couche électronique externe en amenant celle-ci à contenir huit électrons. On comprend ainsi que les éléments de la famille 0, dont la couche externe comprend précisément 8 électrons, n’ayant pas à compléter cette couche puisqu’elle est déjà complète, ne présentent aucune tendance à entrer en combinaison. Ainsi s’interprète aisément l’inactivité des gaz rares qui apparaît jusqu’ici comme leurs caractéristiques les plus importantes.
- Les gaz rares partagent la série des éléments en 5 périodes (en laissant de côté l’hydrogène) :
- 1° Deux courtes périodes de 8 éléments allant de l’hélium au néon, du néon à l’argon ;
- 2° Deux longues périodes de 18 éléments comprises entre l’argon et le krypton, le krypton et le xénon;
- 3° Une très longue période de 18 éléments, dite période des terres rares, qui commence au xénon et finit à l’émanation du radium ;
- 4° Et enfin une période incomplète formée des éléments dont le numéro atomique est supérieur à l'émanation du radium (86) et qui s’arrête brusquement à l’uranium (92).
- Sur le nombre total N des électrons satellites que renferment les divers atomes des gaz rares, on a fait quelques remarques curieuses. Ces nombres peuvent, en effet, s’écrire de la manière suivante :
- Gaz
- N
- Hélium 2 — 2 x l2
- Néon 10 =r 2 ( I2 -j- 2'-)
- Argon 18 = 2 112 -+ 22 + 2~)
- Krypton 36 = 2 (1- —f- 22 -f- 22 4- 3a)
- Xénon 54 = 2 ( l3 -j- 2- —J— 22 32 -f- o2)
- Emanation du radium 86 = 2 (l2 -j- 23 -j- 2L- -J- 32 -+ 32 + 42)
- Jusqu’ici on ne voit pas pourquoi ces nombres d’électrons, qui suivent la loi remarquable indiquée dans le tableau, correspondent à des maxima de siabilité pour l’atome. Il y a là un champ de recherches intéressant ouvert aux spéculations théoriques.
- Applications des gaz rares.(M
- La découverte des gaz rares n’est pas seulement intéressante au point de vue théorique. Ces gaz, qui ont passé si longtemps inaperçus et qu’on croyait n’exister sur notre globe qu’en quantité très faible, ont déjà reçu d’importantes applications. Et l’on entrevoit que le domaine de ces applications pourra s’étendre à mesure que se perfectionneront les techniques mises en œuvre pour l’extraction des gaz rares.
- Hélium. — L’hélium est un gaz très léger, deux fois plus lourd seulement que l'hydrogène et, comme il présente sur celui-ci l’avantage d’être complètement ininflammable, il est tout naturel qu’on ait songé à l’utiliser au gonflement des aérostats. L’idée a pris naissance au cours de la guerre 1914-1918. C’est au début de 1915 que Sir W. Ramsay posa aux Américains la question de l’emploi de l’hélium flans les dirigeables. Il écrivit le 28 février à M Richard Moore, chimiste en chef du bureau des Mines des Etats-Unis : « J’ai fait des recherches sur le dégagement gazeux des houillères au sujet de l’hélium, qui pourrait être employé dans nos dirigeables. Il ne parait pas qu’il y ait quelque chose à faire avec le gaz des houillères anglaises, mais j’attends des échantillons du Canada et des Etats-Unis. »
- Cette suggestion de Ramsay ne fut prise en considération que du jour où les États-Unis rompirent la neutralité. Des crédits importants ayant été accordés, trois usines d’essai furent alors édifiées pour traiter les 500 000 mètres cubes de gaz à 0,93 pour 100 d’hélium dégagés chaque jour à Pétrolia (Texas). D’autres tentatives furent faites au Canada.
- Les procédés suivis pour l’extraction de l’hélium différaient dans leurs détails suivant les usines. Mais, en principe, les gaz qui, à Pétrolia, contiennent 60 pour 100 de méthane, 10 pour 100 d’éthane, 30 pour l'OO d’azote et 1 pour 100 d’hélium, étaient comprimés, puis liquéfiés méthodiquement jusqu’à l’obtention d’un résidu riche en hélium. Quant aux gaz revaporisés et privés de leur hélium, ils étaient utilisés comme combustibles.
- Par suite du retard apporté à la réalisation de l’idée de Ramsay, l’utilisation de l'hélium n’a été d'aucun secours aux armées alliées. Mais à la fin de la guerre, 5600 mètres cubes de gaz avaient élé obtenus et les États-Unis possèdent aujourd’hui des dirigeables gonflés à l’hélium.
- En France, comme le fait remarquer G. Claude, on ne peut songer à extraire l’hélium de l’air pour l’utiliser ensuite à gonfler des aérostats : « A raison de 5 millionièmes dans l’air, c’est 25 mètres cubes d’hélium par an qu’on pourrait fabriquer avec un appareil de 100 mètres cubes d’oxygène à l’heure; à ce train, il faudrait deux mille ans. pas plus, pour gonfler un zeppelin; commencé à la naissance de Jésus-Christ, le gonflement serait fini pour l’ouverture de l’Exposition universelle de l’an 2000 ».
- 1. Les renseignements contenus dans ce paragraphe sont empruntés au livre de M. Georges Claude. Air liquide, Oxygène, Azote, Gaz rares, 2“ édition. Dmiod, éditeur, 1926.
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- Toutefois, ajoute également M. G. Claude, nous aurions tort, en France, de nous désintéresser de la question de l’hélium. Ce n’est pas, en effet seulement en matière d’aérostation que ce gaz pourra rendre de précieux services quand il sera industrialisé. Il pourra, par exemple, fournir par sa détente avec travail extérieur des températures infiniment plus basses que celle de l’air liquide — et dont on peut être sur que l’industrie saura s’emparer un jour, comme elle s’emparera aussi de cette technique de l’hélium liquide, qui, à deux ou trois degrés du zéro absolu, a procuré à Kamerlingh-Onnes de si éclatants triomphes. »
- Néon. — Le néon, est devenu un nouvel agent d’éclairage, grâce à la facilité avec laquelle il se laisse traverser par l’effluve électrique. Dans un tube de verre bien sec, contenant du néon avec un peu de mercure, on voit, en agitant le tube, apparaître une lueur orangée, que la simple électrisation de frottement du mercure contre le verre suffit à provoquer.
- Cette observation de N. Collie a été le point de départ do l’industrie de l’éclairage au néon, créée par G. Claude.
- Les tubes au néon, rendus lumineux par le passage de la déchargé électrique, émettent une belle lumière rouge orangé et sont utilisés pour, l’éclairage, notamment dans les enseignes lumineuses. Ces tubes sont jusqu’ici les seules applications utilisant le néon, « ils en usent si peu, écrit M. G. Claude, que les 300 litres fournis en un seul jour par un seul appareil alimenteraient pendant trois ans, au débit actuel, mes ateliers de fabrication de tubes au néon de Boulogne-sur-Seine! »
- Argon. — L’argon a reçu une application très importante dans l’éclairage par les lampes à incandescence. On croyait autrefois qu’il était nécessaire de réaliser dans les ampoules un vide aussi poussé que possible. Mais on a constaté que de petites quantités d’un gaz inerte, tel que l’azote ou mieux l’argon, améliorait notablement le rendement. C’est en laissant de l’argon dans l’ampoule qu’on obtient les lampes dites demi-watt qui ont constitué un très réel progrès dans l’éclairage par incandescence.
- Krypton et xénon. — Le krypton et le xénon sont des gaz très lourds, leur densité est par exemple trois fois plus grande que celle de l’air pour le krypton, et quatre fois et demie plus grande pour le xénon. Leurs atomes sont très complexes, comme le révèlent les spectres lumineux formés d’un très grand nombre de lignes. L’opacité des corps simples pour les rayons X croissant avec leur poids atomique, celle de ces gaz est très considérable; le xénon, par exemple, est aussi opaque aux rayons X que les os de notre corps. On pourrait donc l’insuffler dans les organes, estomac, intestin, etc., dont on désire explorer les contours aux rayons X, ce qui serait beaucoup plus commode et plus rapide que les bouillies bismuthées actuellement utilisées par les radiologistes.
- On pourrait également les employer mieux encore que l’argon dans les lampes à incandescence, puisque cette application est gouvernée par la grosseur des atomes. La rareté, de ces gaz peut sembler un obstacle irrémédiable à leur emploi. Toutefois, comme le fait remarquer G. Claude, on traite dans les usines d’oxygène et d’azote des quantités d’air tellement considérables que si 1 on parvenait à recueillir sans trop de complications une partie du xénon et du krypton de l’air traité, c’est des litres par heure, des dizaines de mètres cubes par an, qu’on pourrait obtenir dès maintenant dans les seules usines françaises de la société VAir liquide.
- Les gaz rares et la philosophie naturelle.
- Les belles recherches poursuivies depuis vingt ans par M. Ch. Moureu et ses collaborateurs, principalement M. Le-pape, ont établi que les cinq gaz rares sont présents dans l’atmosphère interne comme dans l’atmosphère externe de
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- notre globe, mais toujours en très faibles proportions, ce qui légitime leur dénomination. Plus de 200 mélanges gazeux naturels, gaz dégagés par les sources thermales, grisous, gaz des mines de pétrole et de potasse, gaz volcaniques, etc., ont été examinés.
- En dehors des gaz courants (azote, anhydride carbonique, etc.) et des émanations radioactives, M. Ch. Moureu et ses collaborateurs ont trouvé dans les gaz de toutes les sources thermales de l’hélium, du néon, de l’argon, du krypton et du xénon.
- Les quantités globales de ces gaz rares diffèrent suivant les sources. En outre, et c’est là un fait très remarquable, la teneur en hélium souvent minime devient parfois considérable : c’est ainsi que l’hélium forme les 10 centièmes des gaz dégagés par la source de Santenay (Côte-d’Or). On ne constate d’ailleurs aucune relation même grossière entre la radioactivité des sources et la proportion d’hélium. Il faut donc en conclure qu’une faible partie seulement de l’helium des sources provient de la destruction récente de« éléments radioactifs présents dans les terrains traversés, la presque totalité étant sans aucun doute de l’hélium fossile.
- Mais l’hélium joue un rôle tout à fait à part. Dans les gaz thermaux, les proportions relatives de l’azote et des gaz rares autres que l’hélium sont toujours très sensiblement les mêmes que dans l’air atmosphérique. Cette constance s’explique si l’on admet que l’azote et les cinq gaz rares chimiquement inertes se sont conservés dans le même état depuis la nébuleuse génératrice du système solaire où ils étaient distribués uniformément. « L’uniformité de composition initiale du mélange azote et gaz rares, ces gaz étant restés partout et toujours réunis et libres, a dû se conserver à travers tous les bouleversements de l’évolution astronomique et géologique de la Terre. » Les variations que présentent les teneurs en hélium tiennent à ce que ce gaz est l’un des résidus stables de la désintégration des éléments radioactifs qui sont inégalement répartis dans l’écorce terrestre où ils forment dans certains endroits de véritables gisements.
- Conformément à cette hypothèse, M.Ch. Moureu et M. Le-pape ont constaté que tous les mélanges gazeux naturels (grisous, gaz des mines de pétrole, gaz des mines de potasse, gaz volcaniques, etc ) contiennent l’azote et les cinq gaz rares avec les mêmes proportions relatives que l’air atmosphérique et les gaz thermaux.
- « On n’aperçoit pas, écrit M. Ch. Moureu, comment une telle ressemblance pourrait se concevoir en dehors d’une origine commune de tous ces azotes bruts. » Et l’éminent professeur du Collège de France développe avec autant de profondeur que d’éloquence la portée des problèmes que conduit à envisager l’universelle diffusion des gaz rares dans la nature : « La raison en est dans la situation toute privilégiée qu’occupent l’argon et ses congénères vis-à-vis des autres éléments. Leur complète inertie, qui les place, pour ainsi dire, en marge de la Chimie, leur permet de résister, en restant sains et saufs, à tous les cataclysmes de l’Astronomie et de la Géologie, dont ils ont été de tout temps les témoins indifférents et respectés ; elle leur assure une éternelle inviolabilité. Grâce, en outre, à la propriété dont ils jouissent d’être difficilement liquéfiables, ils ont accès dans tous les fluides et dans toutes les atmosphères, où les cinq membres de la famille voyagent librement et toujours de compagnie. Un autre gaz relativement inerte, l’azote, les accompagne partout ; il est leur diluant constant. C’est un rôle bien suggestif que celui de l’hélium dans les processus de l’évolution de la Matière, et quelle exceptionnelle destinée que celle de ces éléments dans les phénomènes de la Physique du Globe et de l’évolution des Mondes! » A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
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- LE « MÉTRO ” POSTAL DE LONDRES
- Fig. 1. — Chargement des wagonnets postaux.
- Le tube railway que Londres vient d’inaugurer paraît être le résultat de longues études. Dès le début de ce siècle, les ingénieurs de l’Administration des Postes s’étaient préoccupés d’assurer un transport plus rapide de la correspondance dans la capitale anglaise.
- Ils avaient tout d’abord tourné leurs regards vers le système parisien du réseau pneumatique. Mais les essais furent abandonnés en 1911, au profit d’un nouveau projet : la construction d’une voie souterraine à trains électriques.
- Les travaux furent commencés en 1913. Abandonnés à la déclaration de guerre, ils furent ensuite retardés par la grève de 1926.
- Le tunnel est construit à une profondeur de 80 pieds (24 m. 32) sous le niveau du sol. En son état actuel, il traverse la ville de l’Est à l’Ouest, parallèlement à la Tamise. Après achèvement, le réseau comportera des embranchements qui relieront à cette ligne centrale les principales gares. Cette même ligne se divise en deux secteurs qui se soudent sous le General Post Office (équivalant a notre Hôtel des Postes) après avoir desservi plusieurs bureaux importants.
- Les dimensions du tunnel sont de 3 mètres de largeur et de 2 m. 70 de hauteur. Les rails ont un écartement de 0 m 60 La longueur actuelle de la ligne est de plus de 10 km. Elle comporte deux voies de circulation générale, et des voies de garage sur lesquelles les trains s’aiguillent automatiquement pour aller prendre leur chargement ou débarquer leur cargaison. En outre, aux deux terminus, des boucles permettent aux trains de repartir vers leur point de départ sans avoir à renverser leur marche.
- Chaque train se compose de trois voitures dont les dimensions sont de 1 m. 50 de hauteur sur 3 m. 50 de longueur. Leur marche, entièrement automatique, est réglée d’une cabine centrale (switch cabin) qui est comme le cerveau directeur de tout le système. Dans ce local, un employé a devant lui tout un jeu de leviers et de manettes qui commandent la vitesse des trains,
- Il a sous les yeux un diagramme où le réseau est repré-
- senté avec ses stations, ses voies de garage, ses points d’aiguillage. De minuscules lampes qui s’allument et s’éteignent le renseignent instantanément sur la position de chaque train. S’il commettait une distraction, son moment d’oubli n’entraînerait qu’un bref arrêt, car la ligne est divisée en sections, et, en pénétrant de l’une dans l’autre, le train coupe le courant derrière lui.
- Chaque station souterraine est reliée au bureau de surface correspondant par des convoyeurs et par des ascenseurs servant à descendre ou à monter la matière postale enfermée dans des sacs.
- Les employés attachés à la station entassent ces sacs, apportés au quai par les convoyeurs, dans des chariots à roulettes. Dès que le train stoppe, le paroi latérale des vagonnets s’abat, faisant office de passerelle. Chaque chariot est poussé dans un vagonnet; les plaques latérales reprennent leur position normale ; le train se remet aussitôt en marche, avec une vitesse de 50 kilomètres à l’heure.
- Le déchargement s’opère de même. Les chariots sont tirés des vagonnets, et lès sacs sont poussés dans une hotte au ras de la plate-forme. Ils tombent sur la courroie du convoyeur qui les transporte vers l’ascenseur pour aboutir enfin à la station de surface.
- L’entreprise a coûté un million et demi de livres sterling. Les trains de trois vagonnets sont actuellement au nombre de trente. Leur capacité totale de transport est de 90 tonnes par heure.
- La mise en service de ce réseau améliorera considérablement la distribution de la matière postale dans l’immense ville. En outre elle supprimera plusieurs centaines des lourds fourgons qu’emploie le General Post Office. La circulation dans les rues de Londres en sera notablement améliorée.
- Victor Forbin.
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- UNE GRANDE ŒUVRE —...~
- LA SMITHSONIAN INSTITUTION
- Ce n’est peut-être pas la plus riche, mais c’est la plus ancienne et celle qui a servi de modèle aux autres de ces « Institutions » qui consacrent des ressources immenses à la diffusion et au progrès des sciences, dont s’enorgueillissent les Etats-Unis, et qui feront vivre les noms de leurs fondateurs, Carnegie et Rockefeller, par exemple.
- Il y a peut-être quelque intérêt à en retracer l’histoire. Et, d’abord, disons ce que fut l’homme qui l’a créée et qui lui a donné son nom.
- Il était né en 1765 et mourut à Gênes le 27 juillet 1829, il est donc probable que l’an prochain on célébrera son centenaire. — C’était un enfant naturel. Sa mère était une veuve, Elisabeth Keate Macil, arrière petite-fille de Charles, duc de Somerset. Son père, Hugh Smithson, fut plus tard le premier duc de Northumberland. Comme son compatriote, Richard Wallace, dont le nom est resté si justement populaire à Paris, Smithson appartenait indirectement, on le voit, à la plus haute aristocratie anglaise.
- En 1782, il entra à Pembroke-College, qui dépend de l’Université d’Oxford, et il y prit goût à l’étude des sciences physiques, spécialement de la chimie, delà minéralogie et de la géologie. En 1787, il devint membre de la Société Royale de Londres, et de 1791 à 1807, publia un certain nombre de mémoires dans les Philosophical Transactions, le Philosophical Magazine et les Thomson’s Annals of Philosopha. Smithson passa la plus grande partie de sa vie à Paris, où il demeurait, 121, rue Montmartre, et il avait d’intimes relations avec les savants français, notamment avec Arago. Cet illustre ami nous apprend, dans la biographie d’Ampère, que Smithson, dont la santé et l’humeur étaient fort mauvaises, consacrait la moitié de son temps au travail et l’autre au jeu. Arago essaya de le corriger de cette funeste passion et y réussit.... pour quinze jours. Smithson jouissait d’une immense fortune, et sut d’ailleurs ne pas se ruiner. Cependant, il avait l’ambition d’immortaliser son nom, et, ses publications lui paraissant insuffisantes pour atteindre son but, qu’il avait, dès sa jeunesse, défini par ces mots : « Mon nom vivra encore dans la mémoire des hommes .quand les titres des Northumberland seront oubliés », il prit une autre voie pour y arriver. Il légua aux Etats-Unis sa fortune, qui dépassait 100000 livres sterling, à charge de fonder « un établissement destiné à faire progresser les sciences et à répandre les connaissances scientifiques parmi les hommes. » Ces mots sont reproduits sur le cachet de l'Institution, et on y a ajouté deux mots latins : Per orhem, pour indiquer que le progrès des sciences est chose universelle, à quelque peuple qu’il soit dû.
- On peut s’étonner que, né en France de parents anglais, ce soit aux Etats-Unis qu’il ait songé, car il n’y avait jamais été et n’y connaissait personne. Ce qui est important, c’est qu’il avait mis son capital en bonnes mains et il était impossible de mieux l’employer qu’il ne l’a été. j1)
- Un neveu de Smithson devait avoir l’usufruit de cette fortune; mais, dès 1836, le Congrès accepta le legs qui montait à 650 000 dollars ou plus de 3 250 000 francs d’alors. En 1838, les Etats-Unis furent mis en possession de cet argent. Huit années se passèrent encore, et, en 1846, le Congrès décida la construction, qui revint à plus de 2 250 000 francs, du palais de l’Institution. Il a été construit aux frais de l’Etat et se trouve à Washington.
- 1. La Smithsonian’Institution a fait connaître son histoire dans un très beau volume, publié en 1896.
- Reconnue par une loi du 10 mai 1840, l’Institution Smith-sonienne est administrée par un bureau de régents qui élisent un secrétaire directeur chargé de toute l’administration. Le premier de ces secrétaires directeurs fut le physicien Joseph-Henry; il resta en fonctions jusqu’à sa mort, arrivée en 1878. On lui donna comme adjoint un naturaliste distingué qui devait être son successeur, M. Spencer Fullerton Baird.
- La Smithsonian Institution employa tout d’abord ses ressources à des études ayant pour but de faire connaître la climatologie de l’Amérique du Nord. Dès 1847, deux météorologistes illustres, Espy et Loomis avaient adressé une lettre à Joseph Henry pour lui signaler l’importance qu’il y aurait à établir des stations météorologiques et à faire étudier la marche des orages sur le continent américain.
- Mais il fallait avant tout former des observateurs, et un Suisse d’origine, le professeur Arnold Guyot, se chargea, dès 1850, de rédiger des instructions à l’usage de ceux-ci.
- On ne tarda pas à avoir plusieurs milliers de stations fonctionnant, il est vrai, sur un territoire aussi grand que l’Europe. Aux personnes de bonne volonté que l’on put trouver, on distribua des instruments météorologiques dûment vérifiés, en leur imposant simplement d’envoyer chaque mois les résultats de leurs observations ; mais comme, si soigneux que soient les observateurs, il est toujours nécessaire de contrôler les chiffres qu’ils communiquent, il est clair que, par la confrontation des observations faites dans les diverses localités, on aura grande chance de retrouver les erreurs qui ont pu leur échapper, en vertu de l’adage Natura non facit saltus. Ces chiffres doivent d’ailleurs subir certaines réductions, ce travail était fait dans les bureaux de l’Institution, par des calculateurs qu’elle payait. A côté de ces employés, d’autres travailleurs résumaient les résultats de toutes ces observations sous forme de magnifiques cartes indiquant pour chaque saison de l’année la moyenne de toutes les observations de chaque nature : « C’est, nous dit M. Angot, un des travaux d’ensemble les plus importants que la science météorologique ait jamais eu à enregistrer. »
- Il va sans dire que l’Institution s’est efforcée de bien gérer son capital et de l’accroître autant que possible. Cet accroissement a pour origine un certain nombre de dons et legs ; le plus notable de ceux-ci est dû à M. Thomas G. Hodgkins (*) ; il dépasse 250000 dollars. Ces fonds sont, soit déposés au trésor qui, dans ce cas, paie un intérêt annuel de 6 pour 100, soit confiés à diverses banques, ce qui ne va pas sans qu’on coure un certain risque. C’est ainsi qu'en 1874 la faillite d’une de ces banques obligea l’Institution à réduire quelque peu le champ de ses travaux. Elle invita ses correspondants à envoyer le résultat de leurs observations au Signal
- 1. M. Hodgkins était né à Londres en 1803, mais il fut élevé en partie en France, si bien que notre langue lui était tout à fait familière: il aimait nos classiques, en particulier Boileau, qu’il citait volontiers. Embarqué pour les Indes, il fit naufrage à l’embouchure de l’Hoogly et se trouva sur le pavé de Calcutta, sans argent et sans amis. La misère le rendit philanthrope. De retour en Angleterre, il se maria, puis passa aux Etats-Unis, où il s’occupa d’affaires et fit une grande fortune. Cela ne l’empêcha pas de s’occuper d’études scientifiques, et notamment de l’influence de la température et de l’état de l’atmosphère sur le physique et le moral de l’homme. Parmi les récompenses que donne la Smithsonian Institution, il y a une très belle médaille, oeuvre de Chaplain, qu’on appelle « The Hodgkins Medal ». M. Hodgkins est mort en 1892, dans le Long-Island. Toute sa fortune a été donnée à des œuvres philanthropiques.
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- Service of Army, qui venait d'être créé, et elle se borna à travailler sur les documents publiés par ce Signal Service, et tandis que celui-ci se consacrait à la prédiction journalière du temps probable, l’Institution cherchait à découvrir les lois générales du climat américain. Ajoutons que le Signal Service a cessé d’exister le 1er juillet 1891. Une administration civile, le JFeather Bureau, a pris sa place. Ce Bureau dispose de ressources considérables, près de huit millions de francs en 1910, et il est probablement encore beaucoup mieux doté à l’heure actuelle. Ses employés sont au nombre de plus de 600 et, à côté de ceux-ci, des collaborateurs d’une autre catégorie reçoivent des gratifications allant de 5 à 25 dollars par mois; on peut enfin compter environ 4750 personnes qui lui prêtent un concours bénévole, si bien que plus de 7000 météorologistes de carrière ou autres travaillent à l’avancement d’une science hautement populaire de l’autre côté de l’Atlantique. Qu’on en juge ; voici ce que nous dit à ce propos M. Manley-Bendall :
- « On est frappé, en voyageant dans les Etats-Unis, de la publicité extraordinaire donnée à ces prévisions : dans les hôtels et restaurants, gares, halls des grands bâtiments, ascenseurs, etc., partout on trouve le petit cadre de métal avec le carton imprimé et les probabilités pour les 24 heures ».
- Chez nous aussi, on affiche les Bulletins de V Office national météorologique, notamment à l’extérieur des mairies parisiennes, dans les Bourses, dans les bureaux des ports. Mais, sauf en celte dernière circonstance, il ne semble pas que le public fasse grande attention à ces Bulletins. A Paris en particulier, il les consulte beaucoup moins que les horloges qui, tout à côté, donnent l’heure précise.
- C’est que la météorologie est une science vraiment connue et appréciée de l’autre côté de l’Atlantique. Il est vrai que, dans la partie la plus peuplée des Etats-Unis, dans la Nouvelle-Angleterre, on est mieux placé que dans l’Europe occidentale pour recevoir les avertissements relatifs à la prévision du temps. Si, en Russie et en Turquie, les populations étaient aussi denses et aussi éclairées que celles de la France et de l’Angleterre, les avertissements météorologiques exciteraient chez elles le même intérêt que chez les riverains de l’Atlantique aux Etats-Unis (Q.
- Ajoutons que nous devons espérer que chez nous disparaîtra cette cause d’infériorité, grâce à l’extension certaine de l’emploi de la télégraphie sans fil à bord des grands navires.
- Revenons à la Smithsonian Institution.
- Les Etats-Unis lui doivent entre autres choses :
- La fondation d’un « Muséum » où sont déposés tous les objets dont l’étude peut intéresser les naturalistes ; ces collections ont reçu un accroissement très important en 1876, après la clôture de l’Exposition qui eut lieu à l’occasion du centenaire de l’Indépendance américaine; on y voit tout ce qui concerne l’histoire naturelle, la géologie, la paléontologie, l’archéologie et l’ethnologie de l’Amérique, et, à côté, se trouvent rassemblés, des objets d’art, notamment beaucoup de belles gravures, ainsi que des tableaux dus au pinceau d’artistes américains, et de nombreuses et magnifiques porcelaines chinoises et japonaises.
- Nous mentionnerons ensuite le Bureau d’ethnologie américaine, qui étudie les moeurs et coutumes des Indiens de l’Amérique du Nord, leurs lois, leurs religions, leurs langues, ainsi que ce qui les caractérise au point de vue physique et les distingue des autres races humaines.
- Très importante est la bibliothèque de l’Institution, où les volumes se comptent par centaines de mille ; on y trouve
- 1. L’enseignement est pour beaucoup dans cette popularité. Mnl9ü7, pour l’Etat de New-York seulement, la carte météorolo-ique journalière a été reçue et étudiée dans 529 écoles.
- surtout les publications des sociétés savantes du monde entier et les périodiques scientifiques. Ces ouvrages ont été achetés, ou bien on les a obtenus par voie d’échange.
- Car il y a un système d’échanges internationaux qui a été créé en 1850, et par l’intermédiaire duquel les publications scientifiques des Etats-Unis parviennent aux sociétés savantes et aux chercheurs isolés des autres pays ; bien entendu, la bibliothèque de l’Institution s’enrichit, en retour, des publications étrangères. En 1906, le Bureau des échanges avait 56 314 correspondants répandus sur toute la surface du globe, et, depuis 1850, il avait expédié 2 748 852 colis. L’Institution a publié de nombreux ouvrages dont nous ne ferons pas mention ici.
- Nous ne pouvons passer sous silence le National zoological Parle dont la superficieestdel66,48acres (*) (l’acre vaut environ un demi-hectare). Créé en 1890 pour l’avancement de la science ainsi que l’instruction et le délassement du peuple, ainsi que pour la conservation des grandes espèces animales qui risquent de disparaître devant l’envahissement continu par l’homme des anciennes solitudes de cet immense pays, ce parc se trouve à Rock-Creek, à deux milles au nord du centre de la ville ; les eaux y abondent et sa surface est très pittoresque.
- On conçoit que ce n’est pas une sinécure que d’administrer la Smithsonian Institution, et les hommes qui ont eu l’honneur d’en être chargés, méritent bien qu’on fasse connaître leurs noms et les services dont on leur est redevable.
- Joseph Henry était né à Albany en 1799, de parents d’origine écossaise. Il fut d’abord'apprenti horloger; mais, malgré ses aptitudes pour la mécanique, ce métier ne lui plut guère. Il rêvait de succès dans l’art dramatique et s’exerçait à jouer la comédie. En 1815, la lecture d’un ouvrage de vulgarisation, les Lectures of experimental Philosophy, etc., lui fit connaître sa véritable vocation et le convertit. A vingt-six ans, il était professeur de mathématiques à l’Académie de sa ville natale ; mais c’est à la physique qu’il consacra principalement ses efforts, et notamment à l’électro-magnétisme. Aussi, ne faut-il pas s’étonner de le voir, en 1832, professeur de « Natural Philosophy », au collège de New-Jersey. Très dévoué à ses élèves, il se fit remarquer par la clarté de ses leçons, et par les intéressantes expériences dont il les « illustrait ».
- Son enseignement n’empêcha point ses travaux personnels, dont nous ne dirons qu’une chose, c’est qu’en 1893, sur la proposition de E. Mascart, le Congrès général des électriciens, réuni à Chicago, décida de donner le nom de « Henry » à l’unité pratique de coefficient d’induction. C’était mettre notre physicien sur le même rang que Watt, Joule, Ampère, etc., et il ne pouvait espérer une plus belle récompense de ses travaux sur l’électricité.
- Appelé au secrétariat de l’Institution créée par Smithson, il eut à faire face aux labeurs d’une administration qui peut se comparer à un ministère, mais il ne fléchit point sous ce poids effrayant. Pour le soulager, il est vrai qu’on lui avait donné, dès 1850, un précieux auxiliaire, le naturaliste Spencer FullerLou-Baird (1823-1887), qui connaissait merveilleusement l’histoire naturelle de l’Amérique du Nord ; aussi, s’occupa-t-il spécialement des collections appartenant à l'Institution, et, sous son influence, de nombreux volumes, où se trouvent ses travaux personnels, furent consacrés aux mammifères, oiseaux et poissons des Etats-Unis. Il fut membre de la Commission des pêcheries, et le développement
- 1. Celle du Jardin zoologique de Bei’lin est 63 âcres, de l’établissement analogue de Londres 36, et notre pauvre et glorieux Muséum vient en dernière ligne, il dispose, en ce qui concerne la zoologie, de 17 acres. On sait que sa surface totale est d’environ 21 hectares.
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- de l’industrie de la pèche lui est dû en grande partie.
- Quatre jours après la mort de Henry, arrivée le 13 mai 1878 (M. M. Baird fut nommé à sa place, qu’il occupa jusqu’à son dernier jour (19 août 1887). Il fut remplacé par l’astronome Samuel P. Langley, qui, depuis quelques mois était son premier assistant, et, à ce titre, s’occupait surtout du service des publications et des échanges internationaux, qui est très important, car ce n’est pas pour rien que sur le cachet de l’Institution, on lit les mots Per orbem. A un autre assistant, M. G. Brown Goode, était confiée la direction du National Muséum.
- M. Langley, né en 1834, avait fait ses études à Boston, et, dès le collège, il s’était distingué par ses aptitudes pour les sciences mathématiques et physiques; il commença par être ingénieur civil et architecte jusqu’en 1864. Alors, avec un de ses frères, chirurgien de marine, il entreprit la construction d’un télescope, et fit un voyage en Europe où il visita les principaux musées et étudia les langues « continentales ».
- De retour dans son pays, il réalisa son rêve en devenant un des aides du directeur de l’observatoire de Cambridge, Joseph Winlock. Gomme jadis le grand Herschel, il fabriqua de ses mains plusieurs télescopes. Il semble d’ailleurs que ce soit surtout à ses propres efforts qu'il doive d’être devenu un des premiers théoriciens et des plus habiles astronomes de son temps. En 1866, il fut nommé professeur de mathématiques à l’école de marine d’Annapolis, ce qui lui fournit l’occasion de réorganiser un petit observatoire L’année suivante, il devenait professeur de physique et d’astronomie à l’université de Pennsylvanie, dont le siège est à Pittsburg, en même temps que directeur de l’observatoire situé dans la ville voisine d’Alleghany. Il y resta jusqu’au commencement de l’année 1887 ; c’est alors qu’il devint le premier adjoint de M. Baird, dont il devait bientôt recueillir la succession.
- Pendant son séjour à Pittsburg, il se consacra à des travaux qui avaient un intérêt pratique, en même temps qu’à des recherches théoriques qui, sans doute, avaient plus d’intérêt pour lui.
- C’est ainsi qu’il inventa un nouvel instrument, le Colo-mètre, qui est basé sur la variation de conductibilité des fils métalliques avec la température. Employé sur une haute montagne, il permet de prolonger le rayonnement solaire au delà de la limité admise jusqu’alors et de mesurer les longueurs d’onde des divers rayons. On doit à M. Langley une carte spéciale de cette région nouvelle, qui a des raies noires, comme la région lumineuse et la région ultra-violette.
- Les hautes montagnes, nous venons de le dire, ont de grands avantages pour les observations d’astronomie physique. C’est ainsi qu’en 1881, Langley alla s’installer sur le Mont-Whitney, en Californie, et y resta du 25 juin au
- 1. Une statue élevée à Henry dans les jardins de l’Institution par ordre du Congrès, a été inaugurée le 19 avril 1883.
- 10 septembre, à 14 000 pieds (environ 4250 m) (*) au-dessus du niveau de la mer. Les principaux résultats de cette expédition furent . 1° la découverte d’une extension nullement soupçonnée du spectre solaire ; 2° le calcul de l’intensité des différents rayons solaires avant qu’ils pénètrent dans l’atmosphère terrestre ; 3° l’indication de ce fait que seulement 6 pour 100 de ces rayons arrivent jusqu’à la surface de la Terre; enfin, une nouvelle et importante détermination de la constante solaire.
- L’Amérique possède, en Californie, deux observatoires situés à de grandes altitudes, celui du Mount-Hamilton (1283 m.) et celui du Mount-Wilson (1731 m.); mais le voisinage d’un grand centre scientifique est si avantageux sous d’autres rapports que des établissements astronomiques de premier ordre seront toujours maintenus aux environs des grandes villes. Les observatoires de Paris et de Meudon ne disparaîtront pas parce qu’on en construit un sur le mont Salève, si bien aménagé qu’il doive être.
- C’est pourquoi, bien que Washington possède déjà un observatoire officiel qui est un des mieux pourvus qui soient au monde, et un observatoire privé, fondé par les Jésuites et qui est loin d’être sans importance, la Smithsonian Institution n’a pas hésité à faire construire dans cette ville, un Astropkysical Observatory, qui fut placé sous la direction immédiate de Langley.
- Cet établissement occupe une superficie de 20 acres (10 hectares) pris sur le « Smithsonian-Park », auprès des bâtiments principaux de l’Institution. Dans cet observatoire (2) construit en 1890, M. Langley a poursuivi ses travaux jusqu’à sa mort, arrivée le 27 février 1906.
- N’oublions pas de dire que, dans un autre ordre d’idées, la science de l’aérodynamique lui doit beaucoup. Il fut un des premiers à faire construire un aéroplane qui progressa et se soutint dans l’air pendant un temps notablement plus long qu’aucun des appareils antérieurement essayés.
- Il ne pouvait donc qu’être universellement honoré et reçut les récompenses les plus flatteuses. Il était membre étranger de la Société Royale de Londres; en 1888, l’Académie des Sciences de Paris l’admit au nombre de ses correspondants et lui décerna, en 1893, le prix Janssen. Il va sans dire qu’il faisait partie de l’Académie des sciences de Washington, et, en outre, d’une foule de sociétés savantes américaines.
- Il eut comme successeur, en qualité de directeur de 1’ « Astrophysical Observatory », son principal assistant, M. Abbot. Depuis cette époque, l’Institution a poursuivi sa glorieuse carrière : Vires acquirit eundo. E. Doublet.
- 1. La hauteur du Mont-Whitney est 6187 m. S’établir à une pareille élévation et y séjourner plusieurs semaines était évidemment impossible.
- 2. L’Astroplxysical Observatory a publié ses travaux en quatre beaux volumes, dont le premier a paru en 1904, du vivant de Langley. et le dernier en 1922. Il est probable que, sans la grande guerre, ces volumes seraient plus nombreux.
- :.II. HYGIÈNE ET SANTÉ ==
- LA VACCINATION PRÉVENTIVE
- CONTRE LA TUBERCULOSE DES NOUVEAU-NÉS PAR LE « BCG ”
- La Nature a fait connaître en leur temps à ses lecteurs (n°8 2638, 2678, 2710), le principe, le procédé d’application et les premiers résultats obtenus, de la méthode de vaccination préventive contre la tuberculose des nouveau-nés imaginée par M. le Dr A. Calmette.
- On sait tout l’intérêt, toute l’importance qu’elle présente pour l’avenir de l’espèce humaine. Peu à peu, son efficacité se confirme à mesure que son application s’étend et l’on peut légitimement espérer maintenant que sa généralisation aboutira à faire disparaître un des plus graves fléaux qui pèse
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- encore sur l’humanité. La syphilis vaincue — et elle l’est, — la tuberculose disparaissant, il semble bien que le Dr Calmette en a trouvé le moyen, il ne restera plus que le cancer comme plaie sociale, encore sans remède. Ce sont là des victoires plus belles que toutes les autres et sur lesquelles on ne saurait trop insister.
- M. Calmette et ses collaborateurs, MM. Guérin, Boquet et Nègre, viennent de publier un nouveau bilan de leur activité : les statistiques et les résultats de ces trois dernières années. Nous empruntons aux Annales de l’Institut Pasteur les données qui suivent. Elles se passent de tout commentaire.
- 8 à 12 pour 100 des enfants meurent actuellement dans leur première année dont 0,13 pour 100 par tuberculose. Mais ce pourcentage s’accroît énormément quand le nouveau-né est élevé dans un milieu bacillifère, au contact de parents tuberculeux ; il dépasse alors 24 pour 100 des naissances et peut atteindre même jusqu’à 80 pour 100.
- 1,6 pour 100 des enfants meurent entre 1 et 4 ans, dont 0,14 pour 100 par tuberculose. La plupart des décès par tuberculose se produisent avant la fin de la seconde année.
- Si bien que si l’on réussit à protéger les enfants contre l’attaque tuberculeuse pendant les trois premières années de leur vie, on diminue beaucoup leurs risques d’infection et la mortalité qui en résulte. C’est là l’idée qui a guidé M. le Dr Calmette pendant toutes ses recherches.
- Or, le vaccin B C G, administré par voie buccale le plus tôt possible après la naissance, essayé en 1921 sur un seul nourrisson, puis étendu prudemment jusqu’en 1924 à 217 nouveau-nés seulement choisis parmi ceux les plus exposés à la contagion familiale, s’est montré à la fois efficace et sans aucune nocivité. C’est alors que, l’Institut Pasteur mit le précieux vaccin à la disposition des médecins et des services d’assistance et que l’expérience statistique commença.
- Le bilan au 1er décembre 1927 est le suivant: 52.772 enfants ont été vaccinés à leur naissance, tant à Paris que dans les départements. 6219 étaient nés de mères tuberculeuses ou dans un milieu de tuberculeux. 5749 purent être suivis pendant leur croissance.
- De ces 5749 enfants, 3808 étaient vaccinés depuis moins d’un an au 1er décembre 1927 ; 118 seulement étaient morts, soit 3,1 pour 100, dont 34 par maladies présumées tuberculeuses, soit 0,9 pour 100.
- Il suffit de rapprocher ces [chiffres de ceux précédemment donnés pour conclure.
- Mortalité en pour 100 des naissances,
- en milieu en milieu tuberculeux Enfant de Oàl an. générale, tuberculeux, vaccinés par le B. C. G.
- Par toutes causes. 8,5 > 24 3,1
- Par tuberculose. 0,13 — 0,9
- 1941 enfants avaient été vaccinés depuis plus d’un an et moins de 3 ans et demi, 21 seulement étaient morts, soit 1,2 pour 100, dont 4 par maladies présumées tuberculeuses, soit 0,2 pour 100. Jusqu’à cet âge, la mortalité des enfants nés de parents tuberculeux, vivant dans un milieu de tuberculeux, mais vaccinés à la naissance, est donc inférieure à la mortalité générale jde [l’ensemble de la population du même âge-
- Il apparaît donc [que la simple ingestion de vaccin BCG à la naissance suffit à protéger l’enfant de la contagion, même en milieu particulièrement dangereux, et que cette protection est durable. [
- Si l’on veut bien jeter maintenant encore un coup d’œil sur les statistiques précédentes, on en conclura que le Dr Calmette réussit à sauver un enfant sur mille qui naissent, soit à augmenter notre population d’un millième. Quel plus beau succès pourrait-on souhaiter que celui-là?
- Et non seulement, il sauve des enfants, mais il doit, dans l’avenir, diminuer le nombre des tuberculeux adultes, puisqu’on le devient généralement dans les toutes premières années de la vie. C’est donc l’espoir, dans le temps d’une génération, de voir disparaître cette terrible maladie, les incapacités, les souffrances, les douleurs qu’elle crée. Quelle plus belle œuvre un homme a-t-il pu concevoir et réaliser ?
- R. M.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- RÉPARATION RAPIDE DES BOBINAGES ELECTRIQUES A FIL FIN
- M. P. Bochet, ingénieur, nous communique dans la lettre qui suit un procédé intéressant pour remettre rapidement en état un bobinage électrique à fil fin, dessoudé :
- «Je crois intéressant de vous signaler un moyen de fortune permettant de remédier d’une manière provisoire, mais facile, à un accident auquel sont exposés les petits appareils électriques possédant des bobinages constitués par du fil très fin. L’occasion d’expérimenter ce moyen m’a été donnée dans le cas d’un relais conjoncteur, disjoncteur d’éclairage d’automobile, appareil d’usage très répandu à l’heure actuelle.
- L’extrémité du bobinage ou plus exactement l’une des extrémités du fil mesurant quelques centièmes de mm. de diamètre était normalement fixée par soudure sur une petite pastille de cuivre.
- Dessoudé de la pastille, le fil n’était plus en contact et l’appareil cessait de fonctionner.
- Pressé par l’heure d’un départ et ne possédant pas l’outillage nécessaire pour effectuer une soudure aussi délicate, j’ai simplement collé avec de la colle forte liquide une toute petite pastille de papier d’aluminium (papier d’emballage de chocolat) sur la pastille en cuivre formant plot de contact, le fil fin étant naturellement interposé entre le papier d’aluminium et le plot de cuivre. La quantité de colle avait été réduite à une épaisseur infinitésimale par essuyage partiel avant collage et forte pression au moyen d’une tête plate de clou après mise en place.
- Cette, réparation provisoire m’a permis une utilisation normale de l’appareil conjoncteur pendant plusieurs mois. »
- POUR RÉPARER UN TROU DANS LE MUR D'UNE PIÈCE
- On s’aperçoit souvent, lorsqu’on veut repeindre une pièce, que l’enduit de plâtre est endommagé en plusieurs endroits, soi par des chocs, le frottement des meubles ou des crochets de suspension de cadres. On peut remédier facilement à cela : on commence d’abord par dégager le trou en ne craignant pas d’enlever des morceaux de plâtre à demi détachés, que la poussée du plâtre neuf ferait tomber. Il advient en particulier que le plâtre s’écaille ainsi sous l’influence de l’humidité.
- Dans ce cas, il ne faut pas craindre d’opérer « large »; puis quand l’emplacement est bien gratté, tout en laissant les rugosités qui font adhérer le plâtre neuf, on bouche le trou.
- On emploie pour cela du plâtre de finesse moyenne gâché avec la quantité d’eau nécessaire pour former une pâte consistante qui permet un travail aisé.
- Avec une truelle, mettez dans la cavité à boucher du plâtre que vous égaliserez ensuite soigneusement. Gomme il a tendance à gonfler au moment où il fait prise, il vaut mieux qu’il soit plutôt en retrait sur la surface du mur.
- Quand il est complètement sec, on gratte la surface au moyen d’une lame quelconque, de préférence une lame de cuivre, pour éviter que cela forme une saillie disgracieuse.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 42 ï
- LA VOUTE CELESTE EN JUIN J928C)
- Pour observer le ciel et se reconnaître au milieu des constellations, une bonne carte céleste est nécessaire. Nous donnons, à partir de ce Bulletin, et pour répondre à diverses demandes qui nous ont été adressées, une nouvelle série de cartes du ciel. Il sera publié une carte tous les trois mois, c’est-à-dire dans les Bulletins astronomiques pour les mois de juin, septembre, décembre et mars.
- Pour se servir de ces cartes, il faut les placer au-dessus de soi et faire coïncider le point de l’horizon dans la direction où l’on veut observer avec le même point de l’horizon sur la carte. La région du ciel que l’on a devant soit est celle que reproduit la carte. Ces cartes peuvent servir pour plusieurs mois, en remarquant que, d’un mois au suivant, le ciel est en avance de 2 heures. Ainsi la carte de la figure 1, qui donne l’aspect du ciel le
- Eclipse partielle de Soleil. — Une petite éclipse partielle de Soleil, invisible à Paris, se produira le 17 juin. Elle commencera à 20hlm, atteindra son maximum à 20h 27m et finira à 20h52“. Comme on le voit, c’est une très petite éclipse, et sa grandeur maxima sera de 0,038, le diamètre du Soleil étant un. Cette éclipse sera visible du nord de la Russie, de la Sibérie et de l’océan Glacial du Nord.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de juin, seront les suivantes :
- P. L. le 3, à 12h 14“ D. Q. le 11, à 5h 51”
- N. L. le 17, à 20h 42“ P. Q. le 24, à 22h 47“
- lerjuiu, à23 h., représente le même aspect le 15 juin, à 22 h., et le 1er juillet, à 21 h.
- I. Soleil- — En juin, le Soleilatteindra sa plus grande déclinaisonboréale : —j—23°27/. Le commencement del’été aura lieu le 21 juin 1928, à 16h. La durée du jour, de 15h 50m le 1er, atteindra 16h7ra le 21 pour retomber à 16h 4“ le 30.
- Voici le temps moyen, à midi vrai, de deux en deux jours :
- Age de la Lune, le 1er juin, à 0h = 12j,4; le 18, = 0J,1. Pour toute autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé
- depuis le 1er ou le 18. Et pour
- Dates. Heures du passage.
- Juin 1.er llh 48” 17*
- — 3 llh 48” 63*
- — 5 llh 48” 56“
- — 7 Ht 49m 17*
- 9 Hh 49m 40*
- 11 Uh 50m 4*
- — 13 Uh 5()m KO OO
- — 15 1D 50“ 54*
- — 17 lth si» 20*
- — 19 llh51“ 46*
- — 21 llh 52” 12*
- — 23 Uh 52m 38*
- — 25 llh 53“ 4*
- — 27 Uh 53m 29*
- — 29 Uh 53m 53*
- Fig. 1. — Carte représentant l’aspect de la Voûte céleste le Ier juin à 23 h. ou le 15, à 22 h., dressée par M. Lucien Rudaux,
- Observations physiques. — Comme nous le faisons chaque mois, nous recommandons l’observation physique du Soleil. De belles taches apparaissent fréquemment sur cet astre. Les dessiner et photographier chaque fois qu’on le pourra. Pour les détails, l’observation directe à l’oculaire est préférable. Pour l’ensemble, l’observation par projection permet le placement, sur les dessins, des taches et des facules.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale, dans nos régions, est inobservable en juin, en raison de la longueur des jours. La lueur anti-solaire est très basse sur l’horizon, par suite de la grande hauteur du Soleil, Il ne faut guère espérer pouvoir l’observer ce mois-ci.
- 1. Toutes les heures données dans le présent Bulletin astronomique sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24“ à partir de 0h (minuit). C’est le temps légal en France. Pendant la période d’application de l’heure d’été (jusqu’au 6 octobre), ajouter 1 heure à toutes les heures données ici. *
- une heure donnée, ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juin : le 5 =—25045' ; le 18 = -f 25045'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le l°r juin, à lh.Parallaxe=54,0". Distance =406 070 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 17 juin, à 20h 42ra. Parallaxe = 60'55". Dist.=359960 km.
- Apogée de la Lune, le 28 juin, à 20h. Parallaxe = 54'7". Dist. = 405 200 km.
- Eclipse totale de Lune. — Une éclipse totale de Lune, invisible à Paris, se produira le 3 juin. Le comméncement aura lieu à 9h 5”, le milieu se produira à 12h9m et la fin à 15h14ra. Grandeur de l’éclipse: 1 249, le diamètre de la Lune étant un. Le début de cette éclipse sera visible dans la partie occidentale de l’Amérique du Sud et de l’Amérique du Nord, dans l’océan Pacifique, en Australie et dans la partie extrême orientale de l’Asie. La fin est visible dans l’océan Pacifique, en Australie et dans la partie orientale de l’Asie.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Aucune occultation d’étoile brillante n’est annoncée ce mois-ci.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la Nouvelle Lune du 17 juin. Voici l’heure de la pleine mer, à Brest, au moment de ces plus grandes marées :
- Marées du matin.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- Juin 15 lh 18” 0,78 13h 45” 0,82
- - 16 2h 11“ 0,86 14h 37” 0,90
- — 17 3h 2” 0,93 154 26” 0,95
- — 18 3h 52“ 0,96 16»17“ 0,96
- — 19 4b 42“ 0,95 17h 7“ 0,92
- — 20 5h 32“ 0,89 17h56” 0,86
- Marées du soir.
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- ASTRE Dates : JUIN Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (1). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellations et étoiles voisines. VISIBILITÉ
- 6 3‘ 51- 11* 49m 7* 19* 48m 4l 57m + o o (M 31' 33" 6 Taureau
- Soleil 16 3 48 11 51 7 19 54 5 38 23 21 31 32,4 Taureau
- 26 3 50 11 53 17 19 56 6 20 + 23 22 31 32,1 Gémeaux
- 6 5 22 13 30 21 38 6 36 + 24 21 8,6 Gémeaux
- Mercure. . . 16 5 15 13 6 20 58 6 54 f* 21 45 10,6 Gémeaux J Le soir au début du mois.
- 26 4 35 12 13 19 50 6 41 + 19 22 12,0 Gémeaux
- 6 3 32 11 20 19 8 4 25 + 21 13 9,8 a Taureau
- Vénus 16 3 34 11 33 19 32 5 18 “h 23 3 9,8 Taureau Inobservable.
- 26 3 43 11 47 19 51 6 11 + 23 46 9,8 il Gémeaux
- 6 1 28 7 52 14 15 0 58 + 4 30 6,0 e Poissons
- Mars 16 1 3 7 40 14 16 1 25 i 7 19 6,2 Poissons Seconde partie de la nuit.
- 26 0 39 7 28 14 16 1 53 + 9 58 6,4 0 Poissons
- Jupiter. . . . 16 1 21 8 16 15 11 2 2 + 11 13 33,4 Poissons Avant l’arrivée du jour.
- Saturne . . . 16 18 47 23 7 3 26 16 56 — 20 58 16,6 Scorpion Toute la nuit.
- Uranus. . . . 16 0 28 6 41 12 53 0 27 + 2 10 3 4 44 Poissons Seconde partie de la nuit.
- Neptune. . . 16 9 5 16 9 23 13 9 57 + 13 5 2 + V Lion Dès l’arrivée de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- En raison de la faible amplitude des marées, le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1928, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juin 1928.
- Mercure pourra être recherché le soir, au début du mois — du 1er au 15 —- sa plus grande élongation se produisant le 3 juin, à 4h, à 23° 29' à l’est du Soleil. La déclinaison de Mercure sera très élevée, et la planète sera visible dans de très bonnes conditions. On pourra la rechercher dès le coucher du Soleil.
- Yoici la phase et la grandeur stellaire de Mercure :
- Dates.
- Juin 4
- — 9
- — 14
- — 19
- — 24
- — 29
- Disque illuminé.
- 0,35
- 0,25
- 0,16
- 0,09
- 0,03
- 0,01
- Grandeur stellaire,
- + 0,8 + 1,2 + 1,6 + 2,0 + 2,6 + 3,1
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 29 juin, à 13h
- Vénus est toujours inobservable. Elle sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 1er du mois prochain.
- Mars se lève de plus en plus tôt et l’on va bientôt pouvoir commencer à l’observer. On le recherchera, de préférence, avant l’arrivée du jour. Son diamètre, à présent, dépasse 6 secondes.
- Jupiter se lève un peu après Mars. Comme lui, il est visible avant l’aurore. On pourra, dès maintenant, observer quelques-uns des phénomènes produits par les satellites dans leur révolution autour de la planète. Une petite longue vue est suffisante pour suivre ces curieux phénomènes.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Juin Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATES Juin Heure. Satel- lite. phéno- mène.
- 7 3" 14“ II O. c. 25 2h 47“ II p. f
- 9 2 46 II Em. 26 2 56 III P. c.
- 19 2 50 I E. c. 27 2 6 I O. c.
- 20 2 22 I O.f. • 27 3 19 I P.c.
- 20 3 30 I P. f. 28 2 38 I Em.
- Saturne sera en opposition le 6 juin à 20h. Il sera donc visible toute la nuit.
- Yoici les éléments de l’anneau à la date du 17 juin :
- Grand axe extérieur.............................. 41",59
- Petit axe extérieur.............................. 18",47
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau ...........................................-f- 26° 22'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. -\- 26° 34'
- Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, est visible lors de ses élongations. Voici celles qui se produiront en
- jum :
- Dates. Élongation. Heure.
- Juin 6 Orientale. 4\5
- — 14 Occidentale. 8\4
- — 22 Orientale. 1\9
- — 30 Occidentale. 5\7
- Uranus sera en quadrature occidentale avec le i
- 29 juin, à 8h. Il est encore difficile de l’observer ce mois-ci, à cause de l’arrivée du jour. On essaiera cependant de le chercher à environ 1° au nord-ouest de l’étoile 44 Poissons. Uranus brille comme une étoile bleuâtre de 6e grandeur. Il est juste visible à l’œil nu pour les excellentes vues et Flam marion, dans son Annuaire, aimait à rappeler que certains
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- observateurs ont pris l’habitude de le suivre à l’œil nu dans son déplacement sur le ciel. Avec une bonne lunette, Uranus présente un petit disque sensible de 4" de diamètre environ.
- Neptune est encore un peu visible le soir, mais la longueur du jour gênera bien son observation. La petite carte du n° 2774, du 1er décembre 1927, p. 518, permettra de le rechercher, au début du mois tout au moins.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions ;
- en conjonc. avec la Lune, à 2° 19' N.
- Le 3, à 20h, Saturne Le 12, à 8h, Uranus Le 13, à 8h, Mars Le 14, à 4h, Jupiter Le 17, à 14h, Vénus Le 18, à 22b, Mercure Le 21, à 22h, Mars
- Le 22, à 0h, Neptune Le 29, à 17\ Mercure Le 30, à 22'“, Saturne
- la Lune, à 4° 24' N. la Lune, à 2° 43' N. la Lune, à 2° 17' N. la Lune, à 1° 9' S. la Lune, à 4n 46' S. o Poissons (gr. 4,5), à 0° 6' N. la Lune, à 4° 52' S. Vénus, à 4° 54' S. la Lune, à 2° 6' N.
- Étoiles filantes. — Les étoiles filantes, en juin, apparaissent peu nombreuses. Aucun radiant n’est particulièrement signalé ce mois-ci. Mais on fera bien de surveiller la voûte céleste et de noter les météores isolés. Ceux-ci paraîtront plus nombreux à la fin du mois.
- : ........ --...... ...= 423 =
- Étoile Polaire. — Voici les heures de passage de l’Etoile
- Polaire au méridien de Paris pendant le mois de juin :
- Date: 5. Passage. Heure. (T. U.) Temps sidéral à 0b (T. ü.)
- Juin 9 Inférieur 20t13“ 55" 17b 8” 27’
- — 19 — 19h 34” 46“ 17h 47m 53“
- — 29 — 18b 55” 38“ 18h 27 ° 18“
- — 29 Supérieur 6b 57m 36“ —
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er juin à 23h 30“, ou le 15 à 22h 30“, est le suivant :
- Au Zénilh : Le Dragon (v, o, p) ; Hercule (*, p, p, 95, 5, M. 13) ; le Bouvier (e, it, %, 44 i, p).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire) ; Cassiopée (rj, i, or). Capella glisse à l’horizon.
- A l’Est : Le Dauphin (y, S, 2703); la Flèche; la Lyre (ô, e, Ç, •/]); l’Aigle (15 A, -q) ; le Cygne ({J, o, p, 61e); le Capricorne; le Sagittaire (£, v, 54 e1) est au sud-est.
- Au Sud : La Couronne (£, a); le Serpent (S, 0, ); Ophiu-
- chus (36 A, 70, 67, p, 39 amas) ; la Balance (oc, ô, P. xiv. 212) ; le Scorpion (v, ce, (ï, cr, Ç, o).
- A l’Ouest : La Grande Ourse (Ç, £, 57, 23 A, cr) ; les Chiens de Chasse (a, 2, M. 51); la Chevelure; le Lion (y, i, 54, x, 88, 90, M. 65); la Vierge (y, 84, 54, 17, nébuleuse).
- Em. Touchet.
- LA T. S. F. ET LES GRANDS RAIDS AERIENS
- La direction des avions par T. S. F.
- Dans un article paru, il y a plus d’un an, dans le n° 2757 de La Nature, nous avons rappelé les principes de la radio-
- Fig. 1. — Le poste radiogoniomètrique sur l’avion.
- On aperçoit le poste récepteur à travers l’ouverture supérieure de la carlingue à demi fermée par une plaque de mica. En bas : le cadre pivotant et à éclipse et le câble métallique isolé servant de contrepoids électrique pour l’émission; à droite : la montée d’antenne fixe.
- goniométrie et expliqué comment l’emploi d’appareils radio-goniométriques à bord d’un avion pouvait permettre la direction de cet avion la nuit et par les temps les plus « bouchés «.
- Depuis ce moment, les méthodes de guidage au moyenjde ce procédé ont été fort ^perfectionnées, et un raid aérien récent très remarquable avec un avion muni d’un appareil de ce genre vient encore d’en donner la preuve.
- Fig. 2.
- Les collecteurs et émetteurs d’ondes montés sur l’avion.
- En bas : l’aube de la sortie de l’antenne ondes longues, le contrepoids et le cadre à éclipse, l’antenne fixe ondes courtes est tendue au-dessus de l’aile supérieure et des gouvernails.
- Le récent raid aérien Paris-Tombouctou-Paris.
- Nos lecteurs ont sans doute été informés par la lecture des journaux quotidiens du succès vraiment extraordinaire
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- d'un raid aérien entrepris récemment par les quatre aviateurs français : Gérardot, Cornillon, Rey et Vigroux.
- Ces aviateurs ont réussi à couvrir en quatre jours et demi un circuit de 10 000 kilomètres sur le trajet Paris - Tombouctou-Dakar - Paris en traversant sans escale le Sahara et en démontrant que Tombouctou n’était, guère qu’à vingt-sept heures de Paris !
- L’avion était muni d’un poste émetteur de T. S. F. et d’un poste récepteur ra-diogoniométrique ]qui permirent aux aviateurs de rester constamment en liaison avec les stations terrestres, de déterminer à chaque instant la position de l’avion, et par conséquent la direction à imprimer à ce dernier.
- La description sommaire des systèmes émetteur et récepteur utilisés permettra à nos lecteurs de se rendre compte des modifications apportées au procédé depuis la parution de notre dernier article.
- Le poste récepteur radiogoniométrique.
- L’appareil radiogoniométrique employé élait encore du type superhétérodyne Radio L. L, mais avec changeur de fréquence spécial permettant de recevoir sur toute la gamme de longueurs d’onde de 15 à 3000 mètres.
- Le cadre radiogoniométrique porté par un tube de duralumin se trouvait placé en dessous de l’avion, et l’on pouvait facilement le remonter à l’intérieur de l’appareil, même en plein vol ; un volant de commande permettait de commander sa rotation pour prendre les relèvements radiogoniomé-triques (fig. 1).
- Le poste récepteur n’était pas seulement utilisé, d’ailleurs, pour la radiogoniométrie, mais pouvait recevoir des mes-
- CHRONIQUE
- La traversée de l’Atlantique par le « Bremen ».
- L’avion allemand Bremen monté par les pilotes allemands Kœhn et von Hünefeld, accompagnés du commandant irlandais Fitzmaurice, à réussi les 12 et 13 avril la traversée de l’Atlantique Nord entre l’Irlande et File Greenly; cette dernière est située dans le détroit de Belle-Isle entre la côte du Labrador et l’IIe de Terre-Neuve. La distance est de 3 500 km parcourue en 35 h.
- sages quelconques et, dans ce cas, on employait comme collecteur d’ondes, soit l’antenne pendante classique de l’avion (câble métallique déroulé en plein vol), soit une petite
- antenne fixe (fig. 2).
- Le
- poste émetteur.
- Danslebutde maintenir constamment la liaison avec les postes terres! res,l’avion était muni également d’un poste émetteur complet utilisant, soit la longueur d’onde ordinaire internationale de 600 mètres, soit des longueurs d’onde très courtes : 17 mètres , 34 mètres et 62 mètres.
- L’émission sur 600 mètres se faisait à l’aide de la grande antenne pendante, et l’émission sur ondes courtes avec la petite antenne fixe munie d’un contrepoids 2).
- Le poste émetteur d’une puissance de 300 watts était aliment é par un alternateur à 600 périodes entraîné par un moulinet à vitesse constante (fig. 3).
- Malheureusement, si le récepteur a rendu les plus grands services au cours du raid, l’émetteur, qui avait donné d'excellents résultats pendant les essais préliminaires ( transmissions de Paris à Casablanca et d’Istres à Tombouctou), n’a pu être utilisé durant le vol par suite de la rupture de la pale du moulinet de l’alternateur d’alimentation, provenant d’une fixation mécanique défectueuse de cet alternateur.
- Ce fait montre bien, d’ailleurs, l’importance des problèmes mécaniques dans une installation de ce genre, et les précautions minutieuses qui doivent être observées pour mettre autant que possible les divers appareils à l’abri des chocs et des vibrations (fig. 3).
- P. HÉMA.RDINQUEK.
- D'AVIATION
- Le raid a failli avoir une issue tragique, comme tant de ceux qui l’ont précédé. Les aviateurs, pris dans une tempête de neige, ont dû atterrir au jugé dans cette île quasi déserte; l’appareil, endommagé par cet atterrissage forcé, n’a pu reprendre son vol et est resté jusqu'ici bloqué dans l’île.
- Les aviateurs signalent que la précaution qu’ils avaient prise de paraffiner les ailes a assuré une protection efficace contre les dépôts de glace et que, sans cette mesure, ils auraient infailliblement péri en mer.
- Fig. 3. — Détails du poste émetteur placé dans la carlingue. L’ensemble est suspendu élastiquement au moyen de quatre câbles robustes
- en caoutchouc.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE ......... 4
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- L'EMPLOI D'UN PICK-UP AVEC LES POSTES DE T* S* F.
- Nous avons indiqué récemment dans la Nature en quoi consistait la reproduction électrique des disques de phonographe et noté les différents systèmes d’appareils permettant de transformer les vibrations acoustiques du saphir ou de l’aiguille glissant le long des sillons du disque en des phénomènes électriques mettant en action des amplificateurs de T. S. F. et permettant d'obtenir finalement des auditions très fortes et très pures en haut-parleur des disques à reproduire. On ne trouve guère actuellement en France que des reproducteurs électriques électromagnétiques dont l’armature vibrante porte une aiguille de phonographe et qui transforment les vibrations acoustiques en courants de basse-fréquence transmis simplement à un amplificateur basse-fréquence suffisamment puissant.
- L’intérêt du système est évident puisqu’il permet d’obtenir des auditions très intenses avec le maximum de pureté, et en éliminant presque complètement le bruit si désagréable produit par le frottement de l’aiguille sur le disque dans les phonographes ordinaires.
- Les caractéristiques des différents systèmes de reproduction électrique ont d’ailleurs été indiquées dans l’article cité plus haut et nous désirons seulement préciser la facilité avec laquelle tout amateur possédant un bon poste récepteur de T. S. F. assez puissant peut adjoindre à ce poste un système de reproduction électrique à « pick-up » électro-magnétique.
- On remarquera, d'ailleurs, évidemment, que, pour la reproduction électrique, on utilisera seulement les étages basse-fréquence du poste récepteur de T. S. F. ; ce dernier devra donc comprendre un ou deux étages d’amplification basse-fréquence bien étudiés, et l’on montera de préférence sur ces étages deux lampes de puissance avec tension plaque minima de 80 volts et polarisation négative des grilles correspondantes
- Fig. 3. — Principe de l’adaptation d'un pick-up sur un poste de T. S. F.
- Tv T2, transformateurs à basse fréquence; n, transformateur de sortie du haut-parleur ; P, pile de polarisation négative des grilles.
- Bonnes
- c/uBbh-up
- étages HF
- Fig. 1. — Pick-up électromagnétique monté sur un phonographe à la place d’un diaphragme ordinaire.
- suivant le type des lampes employées. Pour que l’on puisse obtenir de bons résultats avec un système de reproduction électrique, il est nécessaire évidemment que le poste récepteur de T. S. F. donne lui-même déjà des auditions intenses et pures eu haut-parleur, ce qui démontre d’une façon suffisante la qualité des étages basse-fréquence.
- La plupart des postes récepteurs modernes, et, en particulier, les postes à changement de fréquence destinés à la réception sur cadre, sont munis d'étages à basse-fréquence bien étudiés, bien que simplement à transformateurs le plus souvent, et sont donc utilisables très — Reproducteur électromagnétique
- rapidement pour la monié sur un bras fquilibré avec
- reproduction électri- contrepoids.
- que. Si l’on possède
- donc un gramophone quelconque et un poste de T. S. F. répondant aux conditions indiquées ci-dessus, il suffira théoriquement, pour réaliser un ensemble de reproduction électrique, de se procurer un pick-up électro magnétique d’un des modèles courants que l’on trouve maintenant facilement en France.
- Ce pick-up se monte simplement à la place du diaphragme mécanique ordinaire (fig. 1), mais, cependant, si le modèle choisi est d’un poids beaucoup plus élevé que le diaphragme ordinaire du phonographe, il sera préférable d’utiliser, non pas le bras porte-diaphragme ordinaire, mais un bras spécial portant un contrepoids qui compense „. , „ , , . , ,
- .t ., c Fig. 4. — Pour adapter un pick-up de
- en par le augmenta- grande résistance à un bon poste 4ion oe poids du re- deT.S. F.àlou2étagesBF,ilsuffitderelier producteur électrique les bornes du pick-up aux bornes d’un en comparaison de bouchon coupe-grille placé sur les douilles celui du diaphragme mécanique (fig. 2).
- Si la résistance ohmique du reproducteur est assez grande, ce qui est le cas général, il suffira de faire agir directement, comme nous le savons, les courants basse-fréquence produits par le pick-up entre la grille et l’extrémité négative du filament de la lampe de T. S. F. du poste servant normalement de détectrice (fig. ’à).
- Il est très facile de réaliser cette connexion au moyen d’un bouchon coupe-grille,
- de la lampe détectrice du poste.
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- simple plaquette au manchon d'ébonite portant quatre douilles pour lampes, trois ou quatre broches et deux bornes destinées à être reliées au pick-up et connectées par des barrettes métalliques à la douille-grille et à la douille filament 4 volts (fig. 4).
- De celte façon, il suffit de placer le bouchon coupe-grille entre les douilles normales de la lampe détectrice et les broches de cette Fig. 5. — Haut-parleur Brown de grande lampe, et de connecter puissance pour reproduction électrique. les bornes du bouchon
- aux bornes du pick-up placé sur le bras du gramophone pour obtenir une bonne et intense reproduction des disques, mais il est évident que, même si ce pick-up est bien construit et le poste de T. S. F. bien adapté à ce nouvel usage, l’audition ne peut être parfaite que si le haut-parleur est lui-même bien choisi.
- Si l’on veut obtenir une audition très intense, comparable à celle que fournirait un orchestre, on doit nécessairement utiliser un haut-parleur très puissant reproduisant avec force et le minimum de déformation une gamme de fréquences acoustiques étendue.
- Nous avons déjà signalé qu’il existait maintenant en France différents modèles très satisfaisants de ces haut-parleurs et dont la plupart comportent des diaphragmes diffuseurs de sons de grand diamètre (fig. 5).
- L’intensité de la reproduction est nécessairement fonction non seulement de la puissance de l’amplificateur basse-fréquence et du modèle du haut-parleur choisi, mais encore du type de pick-up adopté.
- Il est en effet évident que, plus les courants initiaux basse-fréquence seront intenses, plus la reproduction finale sera également intense.
- Les reproducteurs électro-magnétiques actuels ont généralement des armatures bien équilibrées et amorties permettant d’obtenir des émissions pures sans déformation si les autres parties du système sont bien étudiées, mais l’intensité des courants basse-fréquence produits varie évidemment suivant la disposition et la forme de l’armature et des électro-aimants.
- On ne saurait, évidemment, donner à ce sujet aucune indication générale et l’expérience seule peut guider dans les cas particuliers.
- Dans un phonographe ordinaire, on peut régler dans une certaine mesure l’intensité de la reproduction mécanique en changeant la forme et le diamètre de l’aiguille, car nous devons noter à ce propos que la plupart des disques modernes, et d’ailleurs ceux qui conviennent le mieux à la reproduction électrique, sont à aiguille et non à saphir.
- De même, pour la reproduction électrique, on pourra régler dans une certaine mesure l’intensité d’audition suivant la nature des disques à reproduire en modifiant le type et le diamètre de l’aiguille montée sur le pick-up; l’intensité d’audition sera d’autant plus forte que l’aiguille sera d’un diamètre plus grand et d’une longueur plus courte.
- C’est ainsi que pour les morceaux très doux de violon ou d’orgue, on choisira des aiguilles fines en acier ou des
- aiguilles en bois, pour les morceaux de chant des aiguilles fines ou moyennes en acier, pour les morceaux d’orchestre, de jazz-band, etc., des aiguilles grosses et courtes.
- Si l’on veut obtenir une intensité d’audition très grande, notons encore qu’il est possible d’utiliser plusieurs haut-parleurs montés en parallèle lorsque les courants basse-fréquence produits par l’amplificateur sont assez intenses. Ces haut-parleurs seront généralement disposés en divers endroits de la salle où a lieu l’audition. Il est bon de savoir enfin que tous les disques ne conviennent pas également pour la reproduction électrique et qu’il est nécessaire d’opérer une petite sélection préalable pour obtenir des résultats parfaits.
- Les morceaux d’orgue, de violon, de violoncelle et même de piano, les solos de tous les instruments en général, donnent, le plus souvent, de bons résultats si, naturellement, l’enregistrement a été correctement exécuté; il en est de même pour tous les solos de chant. Par contre, les chœurs, les morceaux d’orchestre à instruments multiples aux sonorités violentes, comme ceux de Wagner, ne sont souvent pas à recommander, mais la reproduction delà musique moderne de Jazz est généralement assez bonne.
- UN COLLECTEUR D'ONDES TRÈS RÉDUIT
- Les formes sous lesquelles on peut réaliser un collecteur d’ondes intérieur ou extérieur à l’habitation sont extrêmement nombreuses, fils de bronze disposés en nappe ou en prisme, ruban métallique tressé ou plein, treillis métalliques divers, etc. En réalité, tout conducteur métallique, d’assez grande capacité etbien isolé, peut servir de collecteur d’ondes.
- On sait que dans les débuts de la T. S. F., on utilisait des tuyaux métalliques verticaux d’assez grand diamètre, bien isolés par leur base, et ces collecteurs d’ondes avaient, en tout cas, l’avantage d’être solides et peu encombrants.
- En reprenant la même idée, car on peut bien dire en T. S. F. comme en toute industrie, on ne doit jamais abandonner complètement une idée antérieure qui peut redevenir excel-
- Fig. 6. — Collecteur d’ondes de forme hémisphérique très réduit.
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- Fig. 7. — Montage du collecteur d’ondes représenté sur la fig. 6.
- lente si les conditions d’utilisation varient, un industriel a établi un collecteur d’ondes assez original et pratique, dont la photographie de la figure 6 représente la forme.
- Cet accessoire est simplement formé, comme on le voit, d’une sorte de boule métallique hémisphérique emboutie et très légère en aluminium ; cette boule est montée par sa base à l’extrémité d’un mât vertical isolé placé aussi haut que possible, par exemple sur le toit d’une habitation (fig. 7) ; elle est simplement connectée à la descente d’antenne au moyen d’une borne disposée à cet effet.
- Il n’est évidemment rien de plus simple comme montage, ni de moins encombrant comme antenne et les résultats obtenus paraissent assez bons.
- BLOC DE LIAISON BASSE-FRÉQUENCE A RÉSISTANCE
- On sait que, théoriquement, la liaison basse-fréquence à résistance (fig. 8) est celle qui assure le minimum de déformation, puisque l’élément de liaison est tout à fait apériodique.
- Ce système a pourtant l’inconvénient de donner une intensité d’amplification inférieure au dispositif à transformateur, et c’est pourquoi il est moins utilisé en pratique. De plus, si l’on veut obtenir de bons résultats, il est nécessaire d’utiliser des résistances d’excellente qualité dont la valeur soit adaptée aux caractéristiques des lampes montées sur le poste.
- Enfin, il est généralement nécessaire d’employer une tension plaque assez grande avec polarisation des grilles convenable et, dans ces conditions, il est facile d’obtenir une intensité d’audition au moins égale à celle que produisent deux bons étages à transformateurs, si l’on emploie trois étages à résistance de ce genre, la pureté d’audition étant généralement supérieure.
- Le montage d’étages basse-fréquence à résistance peut être rendu beaucoup plue facile si l’on emploie un élément de couplage monté dans un boîtier et d’un modèle que l’on peut se procurer actuellement en France.
- Ce boîtier comporte quatre bornes (fig. 9) : la borne P est reliée à la plaque de la lampe précédente, la borne -f- B au pôle positif de la batterie
- de plaque, la
- Fig. 8. — Liaison basse-fréquence à résonance ; R, résistance de plaque; r, résistance de grille; G, capacité de liaison.
- Fig. 10.
- portant trois étages d’amplification à éléments de ce type, et ce montage est particulièrement intéressant si l’on veut employer le poste de T. S.
- F. pour la reproduction électrique des disques de phonographe suivant les moyens pratiques décrits au début de cette chronique, parce qu’ainsi l’audition est très pure ; on emploiera toujours en général une lampe de puissance au dernier étage avec polarisation convenable.
- La tension plaque du système est obtenue par des piles de grande capacité, par des accumulateurs, ou par un appareil d’alimentation sur le courant alternatif à valve biplaque ou sans filament à gaz rare par exemple.
- La figure 10 indique à titre d’exemple le schéma de montage d’un type de récepteur à 5 lampes comportant un étage d’amplification à résonance à circuit accordé, une lampe détectrice et trois étages d’amplification basse-fréquence à résistance établis avec trois éléments découplage Bj, Ba et B-du modèle décrit plus haut.
- Chaque élément renfermant tous les éléments de liaison nécessaires, on voit que le schéma devient extrêmement simple et que le montage est aussi rapide que si l’on employait des transformateurs ordinaires.
- On voit cependant que les résultats obtenus dépendent avant tout des caractéristiques des lampes qui doivent correspondre à celles des éléments : résistances de plaque et de grille, capacités du bloc de liaison.
- G’est pourquoi les types de lampes à employer de préférence avec ces blocs ont été indiqués sur le schéma de la figure 10 .
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Collecteur d’ondes réduit : Maison Masson, 31 bis, avenue de la République, Paris.
- Bloc basse-fréquence, Philips, cité Paradis, Paris.
- Pick-Up Brown, — Sle S. E. R., 12, rue Lincoln, Paris.
- Exemple de montage à étages basse-fréquénee établis avec des blocs de liaison à résistance Bj, B3, B5.
- Fig. 9. — Bloc de liaison basse-fréquence.
- borne G à la grille de la lampe suivante et la borne — C au pôle négatif de la batterie de polarisation de grille ou à l’extrémité négative du filament.
- On peut ainsi réaliser des appareils quel -conques com-
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Février et Mars.
- CHIMIE
- Fabrication de la baryte hydratée, au départ du carbonate (M. Paul Baud). La récupération du saccharose, retenu dans les mélasses de betteraves présente certaines années un réel intérêt et la séparation, à l’état de sucrate barytique Cl2H22011, BaO, demande la préparation d’une eau de baryte marquant 33° à l’aréomètre Baumé,vers 70-72°. Un traitement, par le gaz carbonique, du précipité mis en suspension dans l’eau, après lavage, sépare le sucre du carbonate C03Ba qu’il importe ainsi de faire revenir dans un nouveau cycle de réactions.
- L’auteur indique les résultats fournis par la calcination, au four rotatif, d’un mélange intime de ce sel C03Ba avec de l’oxyde Fe205, employé sous la forme de colcotar ou de minerai. On obtient ainsi des globules noirs, se délitant au seul contât de l’eau et riches à 60-66 pour 100 de BaO, soit 120-132 pour 100 BaO, 9HaO. Par simple épuisement, on prépare des lessives alcalines de très haut titre et qui se prêtent non seulement au traitement des mélasses, mais encore à la mise en pratique de doubles décompositions de la forme
- BaO S04Na2 ---------> Na2 O -j- S04Ba pour la fabrication
- industrielle des alcalis et du sulfate S04Ba précipité, réactions totales et que le prix élevé de la baryte avait jusqu’ici fait rejeter.
- L’oxyde de fer, recueilli après filtration des liqueurs de baryte, peut être employé à la décomposition d’une nouvelle quantité de carbonate C03Ba (Fe2 O31 partie, C03Ba 10 part.), à la température de 1160-1170°, et l’ensemble des opérations constituant la « sucraterie » comprend ainsi un « cycle » complet, aux légères pertes près.
- PHYSIQUE
- Un nouveau dispositif d’alignement par émissions hertziennes (M. J. AicaRDi). Le dispositif soumis à l’Académie permettrait à un navire ou à un aéronef de suivre, en temps de brume, une direction déterminée, et son organe essentiel comprend deux antennes émettrices, peu éloignées l’une de l’autre, et lançant des ondes de même longueur, avec une différence de phase bien définie a. Si l’une des stations émet des ondes entretenues pures et l’autre des ondes modulées à une fréquence musicale y> H n’est pas indispensable que les champs produits soient égaux pour que les lignes nodales du champ interférentiel créé soient nettement définies par des zéros d’addition.
- A et B étant les centres d’émission et O un point quelconque de l’espace, les deux vecteurs OA et AB représentent l’un le champ modulé de longueur constante, l’autre le champ non modulé, variant de zéro à AB, à la fréquence y de la modulation. Dans un récepteur de T. S. F., on entend un son de fréquence y qui disparaît lorsque le déphasage a des deux
- AB
- champs répond à la relation cos a = ^q-^- l’audition
- est nulle sur une ou plusieurs hyperboles de foyers A et B, et pratiquement confondues avec leurs hyperboles.
- Les essais, effectués au Havre, ont été faits pour des longueurs d’ondes voisines de 60 mètres. Les deux postes émetteurs étant distants de 45 mètres, on obtenait ainsi trois axes écartés d’une quarantaine de degrés, celui du milieu donnant la précision maxima et servant à repérer l’alignement à baliser.
- CHIMIE PHYSIQUE
- Contribution à l’étude des boues activées (M. Lucien Cavel). Dans ce procédé d’épuration, les matières colloïdales étant adsorbées par la boue, l’auteur a cherché à établir les changements subis par la matière organique ainsi fixée, en notant les variations de ses principaux éléments : le carbone et l’azote.
- L’ensemble de ses dosages montre que les boues se désactivent par excès d’azote organique, comme l’avait suggéré Cambier, et l’on doit se tenir dans des limites telles qu’on évite un accroissement trop rapide de l’élément N, soit en réduisant le débit, pour que les nitrates apparaissent en quantité suffisante, soit en faisant des chasses de boues convenablement mesurées.
- Ces faits présentent un intérêt de premier ordre, car ils montrent^ que le procédé des boues activées, si intéressant soit-il, se prête peu aux variations de composition des eaux à épurer. Dès qu’un régime de marche a été adopté; il faut le conserver, le moindre changement dans la nature des eaux brutes causant des perturbations dont se ressent l’effluent. Le procédé des lits bactériens présente une plus grande souplesse, car une accentuation momentanée de la pollution n’entraîne pas de conséquences telles que l’épuration soit empêchée ; la matière organique en excès, par rapport à la puissance d’épuration du lit, y est fixée ou retenue mécaniquement et, sans qu’il y ait gêne ou dommage pour l’épuration envisagée, elle y subit une dégradation progressive.
- GÉOLOGIE
- Une hypothè se concernant le Permien et le Trias du Maroc (M. Henri Cermier). Au point où la route de Marrakech à Casablanca traverse l’Oum er Bbia, on peut relever un développement de couches rouges (argiles, sans gypse, ni sel), conglomérats à galets de calcaire viséen, laccolithe d’andessite) qui ne peut entrer, semble-t-il, que dans le Permo-trias de L. Gentil, si même l’on ne tient pas compte que les collines avoisinantes sont formées de Crétacé horizontal, alors que le développement en question est fortement relevé.
- Pour M. Termier, l’ensemble doit être rangé dans le Permien, et sa comparaison avec des couches analogues du Pays des Zaïans est pleine d’enseignements. Les strates du vallon de Khénifra et les strates de Mechra ben Abbou sont contemporaines et permiennes, et le terrain a été plissé lors d’une phase récente de la chaîne hercynienne, deux paroxysmes étant à envisager, l’un postviséen, l’autre postautunien. Les couches rouges que l’on peut suivre sur 150 km de longueur depuis Kebaah jusqu’à El Hajef et au delà appartiennent au Trias, horizontal sous les plateaux des Bénis, M’Guild et des Béni M’Tir, et contribuant à la formation de plis-failles dans la région de Timhadit-Bekrit.
- 11 y avait donc, d’après M. Henri Termier, à admettre une discordance entre le Permien et le Trias au Maroc, comme cela est d’ailleurs classique sur la bordure de notre Massif Central.
- Paul Baud.
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- PETITES INVENTIONS
- ART MÉNAGER La Rotolaveuse.
- Les machines à laver le linge à tambour rotatif sont certainement les plus intéressantes, d’autant plus qu’elles permettent le réchauffage de la lessive directement dans la cuve où se déplace le tambour.
- Les différents systèmes qu’on a imaginés jusqu’à ce jour comportent généralement des chicanes, des . butées qui ont pour but de forcer le linge à remonter à la partie supérieure pendant la rotation et de retomber dans l’eau savonneuse. Au moyen de trous placés de façon plus ou moins heureuse, le liquide peut circuler à l’intérieur du tambour pendant l’opération.
- Une machine, qui peut être classée dans la catégorie des laveuses à tambour, présente la particularité d’avoir un tambour ouvert et constitué par des tringles qui réunissent les deux parois; ce tambour rappelle la cage d’écureuil.
- Au lieu de jeter le linge en vrac dans le tambour, on le suspend et on l’étale sur chaque tringle comme sur une corde à linge et on a soin de le placer en couches minces. Il est possible, dans ces conditions, pour un même volume de tambour, de disposer plus de pièces à laver que dans les tambours fermés. Puis le tambour est clos sur sa surface latérale par une bande en treillage qui se met en place instantanément et dont on règle la tension suivant la quantité de linge placé dans l’appareil.
- Les pièces ainsi suspendues sont entraînées pendant la rotation et se trouvent soumises à des trempages forcés et répétés dans le liquide, lesquels se succèdent sans choc brutal, pénétrant le linge jusqu’à la trame, de la même manière que l’on ferait avec l’ancienne méthode du lavage à la main dans un cuvier.
- A chaque tour les pièces de linge, qui sont entraînées par mouvement lent, se replient de haut en bas sur elles-mêmes, puis s’étendent alternativement à chaque tour. 11 en résulte des frottements légers, tissu contre tissu, qui rappellent le frottement à la main sur la planche à laver et qui ont pour but de décaper le linge de toutes ses malpropretés. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de tourner le tambour d’une façon continue pour obtenir un bon résultat, il suffit d’une ou deux minutes de rotation de temps en temps pour opérer ce frottage du linge avec efficacité.
- Que deviennent les crasses dans ces conditions? Elles
- tombent au fond de la cuve hors des tissus, puisque les pièces sont successivement dépliées et reprennent leur position initiale suspendue, au cours de la rotation du tambour. Ainsi l’essangeage, le lessivage sont très pratiquement réalisés; le rinçage a lieu pour ainsi dire en eau courante et il se produit sur le linge étalé.
- Lorsque la dernière eau de rinçage a été évacuée, qu’on a passé au bleu, s’il y a lieu, on fait tourner le tambour plus rapidement. Grâce à la force centrifuge, le linge s’applique fortement sur la paroi cylindrique du tambour ajouré ; il en résulte un essorage efficace qui supprime la torsion à la
- main, toujours désastreuse pour la solidité du tissu et qui évite aussi la machine à essorer à rouleaux compresseurs et lamineurs, qui peuvent avoir pour la bonne conservation du linge une action néfaste.
- 11 s’agit maintenant de sécher le linge. Là encore, on le laissera dans la cuve avec le couvercle légèrement entr’ouvert; puis, dans les machines qui en sont pourvues, on mettra en marche la soufflerie d’air chaud. Sous l’action de la température et de la force dynamique de l’air envoyé par l’axe du tambour formant tuyère, le linge se trouve rapidement séché.
- D’autre part, l’action combinée de l’air chaud et de l’eau vaporisée dans le fond de la cuve provoque une stérilisation très complète du linge.
- Il ne reste plus qu’à procéder au repassage.
- Dans les figures, on a indiqué le linge porté sur une tringle seulement : il est inutile de faire remarquer que chaque tringle est chargée de la même façon, avec plusieurs pièces disposées côte à côte et superposées. La commande peut se faire à la manivelle directement sur l’arbre du tambour ou par l’intermédiaire d’une multiplication de vitesse par engrenages, quand on passe à l’essorage.
- Si l’on actionne la machine électriquement, il suffit de pousser le bouton de démarrage et le tambour, qu’on lance au préalable, tourne à la petite ou à la grande vitesse a volonté par la maneuvre d’un levier.
- Cette machine à laver est l’une des plus rationnelles et des plus pratiques parmi celles qu’on a imaginées en ces dernières années. Un essai officiel au Conservatoire des Arts et Métiers a précisé les résultats des opérations faites notamment pour l’essorage et le séchage. Les expériences eurent lieu sur une charge de 3,760 kgs. de linge sec. Après lavage, le poids du linge mouillé s’éleva à 15 kg d’eau. L’essorage, dans la
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- Fig. 2. — Représentation schématique du fonctionnement de la RotolaaeU.se.
- I, disposition du linge; II, Rotation lente : trempage du linge; frottage, dépôt des crasses, rinçage; III, La dernière eau de rinçage;
- on tourne rapidement, le linge est essoré; IV, séchage à l’air chaud.
- machine même, de la façon indiquée plus haut, fait pendant 3 min., élimina 5,5 kgs d’eau. Le séchage au moto-ventilateur ramena le poids, de demi-heure en demi-heure, successivement à 7,4 puis à 4,850 et finalement à 3,70, carie linge séché était sec que lorsqu’on l’avait introduit au début dans l’appareil.
- En résumé, on obtient du linge aussi blanc qu’avec le lavage à la main, ce qui n’est pas le cas pour nombre de machines à laver, et cela sans fatiguer, sans érailler le linge, en moitié moins de temps. On peut traiter aussi bien les mouchoirs que les draps et depuis l’introduction du linge sale jusqu’à la sortie du linge sec, la machine opère seule, sans que l’on ait à manipuler les pièces soumises au traitement. E. Weiss.
- Constructeur. Cie Industrielle de Construction de Brasserie, 10, rue de la Boétie. Paris.
- SPORTS
- Le fauteuil flottant « Flott ».
- Quel est l’amateur de bains froids qui n’a souhaité souvent par les chaudes journées, d’avoir à sa disposition quelque chose, lui permettant de se reposer paresseusement allongé, sans quitter cependant son élément favori !
- A la suite de nombreux essais, un Strasbourgeois vient de construire un appareil pratique et commode, réalisant ce rêve des fanatiques du bain. Le « Flott » n’est autre chose qu’une sorte de fauteuil, genre « transatlantique », monté sur deux flotteurs métalliques. Le tout repose sur un traîneau destiné à faciliter la mise à l’eau. La toile formant siège est supportée par un châssis déplaçable en hauteur par rapport aux flotteurs, ce qui permet au baigneur soit de rester en partie immergé, soit de se tenir complètement hors de l’eau et de prendre ainsi un bain d’air et de soleil ; un petit parasol en dais abrite la tête.
- L’appareil se meut à l’aide d’une paire de nageoires fixée an traîneau, le levier de nage qui les actionne est articulé de telle sorte qu’elles agissent toujours pour pousser l’appareil vers
- l’avant, lorsqu’on tire le levier à soi. Un gouvernail assure la direction. Pour augmenter le confort du « Flott », un petit pupitre, adapté au levier de nage, supporte la revue ouïe livre qui aidera à la rêverie et qu’on a tiré du flotteur. Chacun de ceux-ci, en effet, est divisé en deux caissons séparés, afin d’assurer une flottabilité constante, et l’un de ces caissons, muni d’une ouverture à couvercle étanche, peut contenir divers objets utiles : vêtements, vivres, ustensiles dépêché, livres, etc.
- Une rame légère, à pelle démontable, est jointe à l’appareil, pour aider à déplacer celui-ci en cas de besoin sans utiliser les nageoires. Le manche peut servir de gaffe pour le pousser en pleine eau.
- Le « Flott » se fait en deux tailles, pour enfants et pour adultes ; son poids approximatif est de 35 kg et 25 kg.
- Constructeur : Achille Vollmer, ingénieur, 41, rue Frédéric Riff, La Robertsau-Strasbourg, Bas-Rhin.
- Fig. 3. — Le <c Flott ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de l’ascenseur d’eau (n° 2782).
- M. Paul Girou, de Tlemcen, rectifie :
- La Nature avait écrit : « Depuis longtemps, on se sert de cette élévation du cours d!eau lui-même, c’est le principe des norias que l’on rencontre dans les pays les plus divers ».
- Si cela était exact, je n’aurais en effet rien inventé.
- Or, le Larousse ne mentionne même pas un mode élévateur semblable pour les norias, car il est totalement impossible, il leur faut un moteur mécanique ou animal.
- D’ailleurs, aucune objection n’a pu être présentée à nos demandes de brevets, un seul appareil américain tout récent est opposé pour le brevet de principe par l’Allemagne, qui accorde de suite le brevet particulier, mais écartera sans doute celui qu’elle objecte, qui est un bélier modifié nécessitant un captage de chute.
- La bascule élévatoire, dénommée ainsi par M. Féry, est une possibilité absolument nouvelle d’élévation d’eau automatique; l’extrême simplicité de son mécanisme est le plus grand obstacle qu’il lui faut vaincre pour s’imposer, il paraît inconcevable qu’elle n’ait pas de tout temps existé.
- Un propriétaire de la Drôme va installer une petite chaîne élévatoire actionnée par l’eau de son robinet de cuisine du rez-de-chaussée, et alimenter ainsi sa salle de bains au 2e étage. Il n’existe aucun procédé, à travers les âges, avec lequel ce résultat ait pu être atteint.
- Je n’ai donc pu « proposer une variante à un antique procédé », puisqu’il n’y en a pas ! »
- Un amateur peut-il faire du savon?
- A cette question, nous avons répondu négativement dans la Boîte aux Lettres du n° 2776. Un de nos lecteurs M. Th. Fortin, à
- QUESTIONS
- Rappels de réponses.
- M. Blanchet, à Noyon. — Nous avons longuement traité, à plusieurs reprises, la question des ciments magnésiens, en particulier dans le n° 2750, p. 87, veuillez bien vous y reporter.
- M. Fernando Ilolgado, à Madrid. — Prière de consulter dans un précédent numéro, la réponse parue sous le titre « Que sont les poudres phosphorescentes ? » ; vous y trouverez tous les renseignements désirés, ainsi que des adresses.
- V. B. A. F. — Dans le n° 2773, p. [480, nous avons indiqué quelles sont les caractéristiques de la fabrication du plomb de cbasse, à notre grand regret, nous ne pouvons entreprendre de mise au point industrielle, veuillez vous adresser à l’Office Durand-Reville, 8, rue Nouvelle, à Paris.
- M. Robert, à Vaux (Seine-et-Marne).— D’api’ès Ilutin, La Nature, n° 2628, du 16 août 1924, les produits vendus sous le nom de Cedar-Mop seraient composés de :
- Huile de bois de Chine Alcool à brûler Huile de cèdre.
- en proportions égaies. Il indique, aussi d’après un brevet américain la formule suivante :
- Huile douce......................... 490 cc.
- Alcool dénaturé..................... 490 —
- Huile de cèdre. ................... . 20 —
- Gomme il s’agit d’un milieu alcoolique, il est probable que l’huile douce en question est de l’huile de ricin.
- Pour renseignements sur l’huile de cèdre se reporter à la boîte aux lettres du n° 2389, 10 janvier 1920, p. 16.
- Rappel de réponse.
- A plusieurs reprises, nous avons signalé tout l’intérêt de l’emploi des fluates soit de zinc, soit de magnésie pour le durcisse-
- Bretteville-sur-Odoa, Calvados, nous écrit qu’il fait lui-même son savon de toilette, et y trouve avantage, et il se met à la disposition de notre correspondant pour le renseigner.
- L’Électrification de la France
- M. le Sénateur Mollard, auteur de l’ouvrage sur VElectrification de la France dont nous avons signalé la publication dans notre n° du 1er mars 1928, nous écrit :
- « Je crois que celui qui a fait l’analyse de ce que j’ai écrit n’a pas dû le lire jusqu’au bout, car il contient deux affirmations qu'il me semble difficile d’étayer.
- En premier lieu il est dit : « Pourquoi faut-il que l’auteur pour le réaliser n’aperçoive d’autre moyen que d’imposer une taxe spéciale aux usines thermiques, c’est-à-dire de taxer la force motrice qu’elles produisent. »
- C’est inexact.
- Le programme d’électrification que je propose, essentiellement pratique, repousse au contraire le principe de la taxe spéciale sur la consommation d’énergie et je soumets au Gouvernement une combinaison qui permet l’aménagement de tout notre domaine hydro-électrique sans taxe, sans subvention du Gouvernement ni même sans garantie d’intérêt.
- Secundo, il est dit aussi :
- « L’auteur nous égare dans la politique ; nous cessons d’être dans le domaine technique. »
- Or, mon ouvrage ne contient pas un seul mot de politique et je dois d’autant plus me défendre que le programme que je soumets au Gouvernement est appuyé par un groupe de sénateurs qui a bien voulu me placer à sa tête et dont la moitié du nombre appartient aux nuances politiques les plus diverses. »
- ET RÉPONSES
- ment des matériaux de construction. (Voir réponse à M. Ducotéde Lyon dans un précédent numéro). La Maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand, spécialisée depuis de longues années dans ces applications, vous indiquera quelles sont les imprégnations qui conviennent le mieux à votre cas.
- M. G. Leleu, a Marines.
- Peut-on facilement séparer l’alcool méthylique de l’alcool éthylique.
- L’alcool méthylique a pour point d’ébullition 66° C, valeur très éloignée du point d’ébullition de l’alcool éthylique, qui est de 78° C, il en résulte que la séparation des deux alcools est relativement facile, au moyen d’un appareil à distillation fractionnée (appareil à boules de laboratoire, rectificateur dans l’industrie) s’il s’agit de l’alcool méthylique proprement dit et seul.
- Il n’en serait pas de même si l’on avait en vue une récupération de l’alcool dénaturé par le méthylène type Régie. Dans ce cas l’alcool méthylique est accompagné d’acétone, de benzine et de produits empyreumatiques malodorants dont il est presque impossible de se débarrasser, c’est du reste pour cette raison que ce mode de dénaturation a été adopté, eu égard aux difficultés d’obtenir à nouveau un alcool bon goût. Toute tentative de ce genre serait économiquement parlant, vouée d’avance à un insuccès, il est préférable d’y renoncer.
- M. D. Yalence.
- Pour désodoriser les récipients qui ont contenu du pétrole.
- D’une manière générale il est assez difficile de débarrasser complètement de leur odeur les récipients qui ont contenu du pétrole, des traces de celui-ci étant suffisantes pour en révéler la présence. Ainsi faut-il bien traiter non seulement l’intérieur, mais aussi l’extérieur si l’on veut un résultat satisfaisant.
- Voici comment il faut procéder : on commence par préparer
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- une bouillie de chlorure de chaux (poudre de chlorure du commerce que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs) et on introduit le liquide dans le récipient, on roule s’il s’agit d’un fût ou on en barbouille l’intérieur si l’accès en est possible; même opération est faite au dehors en brossant énergiquement. On laisse en contact quelques heures, on rince le mieux possible, puis on opère de même avec un lait de chaux destiné à absorber le chlore résiduel. Finalement on rince une dernière fois à l’eau courante de préférence.
- Dans le cas où le récipient serait destiné à recevoir de l’eau pour l’alimentation, la réussite serait bien entendu subordonnée aux soins apportés dans la conduite du traitement.
- M. Lesage, a St-Satur (Cher).
- Poudre à désinfecter les fosses d’aisances.
- Les fosses d’aisances, par suite d’un manque d’aération par conduite spéciale ou tout autre disposition défectueuse, dégagent parfois des émanations qu’il est tout naturel de désirer supprimer. On peut y réussir facilement en projetant dans la fosse quelques poignées du mélange suivant qui agit chimiquement sur les composés sulfurés en même temps que par absorption des
- gaz malodorants :
- Sulfate de fer pulvérisé................ 500 grammes
- Sulfate de zinc.......................... 40 —
- Plâtre cuit en poudre.................... 500 —
- Braise de boulanger pulvérisé ...... 500 —
- La dose à employer dépend de la capacité de la fosse et de la quantité de matières qu’elle contient.
- M. Lesage, a St-Satur (Cher).
- Ayons sur notre bureau un bloc à coller.
- Cette présentation de la colle a pour avantage de ne pas laisser constamment le pinceau dans le liquide adhésif qui, par séchage partiel, durcit les poils et les rend ainsi cassants. Avec le bloc à coller, il suffit de placer le pinceau dans l’eau pure et c’est seulement au moment de l’emploi qu’on le passe à deux ou trois reprises sur le bloc pour prendre juste la quantité de colle nécessaire, après quoi, on le replace en bain aqueux.
- Pour préparer un bloc de ce genre, on prend :
- Dextrine...............................30 grammes
- Gélatine blanche.......................50 —
- Eau froide.............................35 —
- Blanc de zinc.......................... 5 —
- Laisser la gélatine gonfler dans l’eau froide pendant quelques heures, puis liquéfier au bain-marie, rendre homogène et ajouter en remuant :
- Sirop de glucose....................160 grammes
- Couler en moules pendant que la masse est encore fluide puis laisser faire prise.
- N. B. — On peut faire varier la quantité de glucose suivant la souplesse que l’on veut donner à la masse.
- M. Grandjean, a Paris.
- De quelle manière se blanchit le chanvre?
- 1° Le blanchiment des fibres de chanvre se pratique de la façon suivante :
- a) On commence par effectuer un premier lessivage dans un bain alcalinisé par la soude caustique à raison de 2 à 3 %, on rince soigneusement pour éliminer les matières colorantes à fonction acide qui ont été ainsi solubilisées.
- b) La fibre est ensuite immergée dans un bain froid contenant de l’hypochlorate de chaux (commercialement chlorure de chaux ou poudre de chlore) en quantité telle, qu’il y ait au maximum 2 gr. de chlore actif par litre du bain.
- N. B. — Le chlorure de chaux titre habituellement 100-110° degrés chlorométriques c’est-à-dire qu’il contient environ 100 à 110 litres de chlore au ldlogr, ou à 3 c° 17 X 110 = 348 c° 7 soit environ 350 grammes de chlore au kilogramme.
- c) On rince à nouveau et passe en bain ammoniacal de façon à saturer l’acide chlorhydrique. qui s’est formé par l’action du chlore sur l’eau, cause première de son effet oxydant et pour détruire également les chloramines qui ont pris naissance : un dernier rinçage termine l’opération.
- Le traitement ainsi exécuté est sans danger pour la fibre,
- mais il demande à être très surveillé en particulier pour le séjour dans le bain d’hypochlorite dont la durée dépend naturellement de la teinte plus ou moins foncée de la fibre que l’on veut blanchir.
- 2° Le manuel du cordier de l’Encyclopédie Roret édité, par la Librairie Mulq, 12, rue Hautefeuille contient tous renseignements techniques concernant la fabrication des cordages.
- 3° Nous ne connaissons pas la spécialité allemande à laquelle vous faites allusion, un échantillon serait tout au moins nécessaire pour que nous puissions vous donner une indication sur la nature probable.
- M. Tomor, a Pliilippopolis.
- Qu’est-ce que l’oxylithe?
- L’Oxylite est un aggloméré de peroxyde de sodium Na2 O2 additionné d’un sel destiné à régulariser le dégagement de l’oxygène qui est libéré lorsqu’on met le peroxyde de sodium en contact avec l’eau.
- Na2 O2 + H2 O = Na OH -|- O.
- La solution alcaline, ainsi obtenue, peut être utilisée comme agent de blanchiment énergique grâce à ses propriétés oxydantes, c’est pourquoi la consommation industrielle du peroxyde de sodium est devenue actuellement très importante pour blanchir le coton, la laine et particulièrement la paille.
- Une condition essentielle à réaliser lorsque l’on monte un bain de blanchiment de ce genre est d’assurer le dégagement lent de l’oxygène en neutralisant au fur et à mesure de la production la soude caustique dont il a été fait mention précédemment; on peut par exemple utiliser le peroxyde de sodium simple avec comme retardateur le sulfate de magnésie et prendre :
- Peroxyde de sodium....................... 1000 grammes
- Sulfate de magnésie................... 3000 —
- Eau...................................... 100 litres
- La réaction est la suivante :
- Na2 O2 + M g SO4 = Na2 SO*-+ MgO2
- en d’autres termes la magnésie joue alors le rôle de régulateur, en fixant momentanément l’oxygène sous forme de peroxyde de magnésium plus stable.
- On peut également neutraliser l’excès d’alcalinité dès la préparation du bain en prenant :
- Eau...................................... 100 litres
- Acide sulfurique 65° B................... 1350 grammes
- Après mélange et refroidissement on ajoute peu à peu Peroxyde de sodium......................... 1000 grammes
- Les bains doivent être employés à température peu élevée pour éviter les pertes d’oxygène, les récipients qui les contiennent seront en bois, en poterie ou en plomb,
- L’Oxylithe est fabriquée à Asnières, 225, quai Aulagnier, par les procédés Georges Jaubert.
- J. DE B., BREVETÉ A BRUXELLES.
- Préparons nous-mêmes nos fixatifs à dessins.
- Les dessins au crayon ou au fusain présentent une faible résistance aux manipulations si l’on n’a soin, après exécution, de donner une certaine adhérence au papier par l’emploi de liquides appelés fixatifs que l’on pulvérise au moyen d’un vaporisateur.
- Rien de plus facile que de préparer soi-même ces solutions qui sont toujours à base de gommes-résines et d’alcool : voici deux formules également bonnes et peu coûteuses ;
- A Gomme-laque blanche....................... 5 grammes
- Térébenthine de Venise................... 5 —
- Alcool à 95°...........................90 cent, cubes
- B Gomme-laque blanche....................... 8 grammes
- Résine Copal............................. 2 —
- Alcool à 95°...........................95 cent, cubes
- Laisser digérer pendant plusieurs jours, en flacon bien bouché, filtrer ensuite soigneusement sur coton pour séparer les impuretés de façon à obtenir un liquide bien limpide, non susceptible de provoquer des obstructions dans le tube fin du pulvérisateur.
- A. P., a St-Dié (Vosges).
- 95,810. — Paris, lmp. Lahurk. — 1-5-28.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C,e, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain. PARIS, VE (R. C. Seine ; s5.z34) Tél. Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 iT‘), 70 fr. ; — 6 mois (12 n°“), 35 fr.
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- .. ( DIX MOIS
- Tarif extérieur n 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Isologue, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie (U. II. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
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- N° 2785,
- LA NATURE
- 15 Mai 1928.
- LES ASPECTS DU SAHARA
- Le Sahara n’est pas, il y a longtemps qu’on le sait, y sont la désagrégation mécanique, due aux variations
- une immense mer de dunes. Si, dans toute son étendue, thermiques, et l’érosion éolienne; encore, cette dernière
- les conditions naturelles du désert lui confèrent des traits n’est-elle que secondaire vis-à-vis de la précédente; elle
- Fig 1 4 4. — 1. Montagnes granitiques à formes arrondies ; au fond : hauteurs tabulaires basaltiques, (Atakor du Hoggar.J 2- Au premier plan un pic granitique ; au fond : le pic Ilanian, dyke de phonolithe, sommet culminant du Hoggar. 3. Roches éruptives déchiquetées (Atakor du Hoggar). 4. Exemple caractéristique du mode saharien d’érosion : les granits se débitent en énormes blocs. (Hoggar.)
- généraux communs, il offre cependant, dans le détail, une assez grande variété d'aspect.
- Le désert est caractérisé par la rareté et l’irrégularité des pluies, par une très forte insolation, due à la latitude et à l’absence de nuages, enfin, par une extrême sécheresse de l'air. Son climat est très continental, donc excessif. Il s’ensuit que les facteurs d’érosion principaux
- n’a qu’un rôle de balayage. Le Sahara porte, pourtant, les traces d’une période plus humide, à l’époque quaternaire, qui détermina une puissante érosion. Cette dernière, forte quant à ses effets sur place, n’a, en général, pas eu, comme celle de tous les bassins fermés, pour conséquence l’entraînement jusqu’à la mer des alluvions; celles-ci se sont étalées à peu de distance des hauteurs
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- d’où elles avaient été arrachées, noyant la base de ces montagnes dans une plaine de reg horizontale.
- Le mécanisme de l’érosion saharienne peut donc se schématiser ainsi : la roche, sous l’influence des changements de température, éclate en fragments de plus en plus petits; les poussières ou les grains isolés sont enlevés par le vent. Les débris les plus gros tombent et s’accumulent au pied des escarpements. Ils forment des talus d’éboulis à pente beaucoup plus forte que dans les climats humides. Tous les versants sahariens sont toujours très raides. L’action du ruissellement, qui, ailleurs, tend à adoucir toutes les pentes; n’existe pas ici; l’érosion éolienne, au contraire, attaquant surtout la base des reliefs, contribue à exagérer cette raideur.
- Il en résulte quelques caractéristiques communes à tout le Sahara : un pays desséché, et de relief, en général, peu élevé, mais fortement érodé, où subsistent des vallées nombreuses, souvent bien marquées, quelquefois puissantes, d’oueds morts; des hauteurs décharnées, qui percent parfois d’une façon soudaine des plaines environnantes; des versants abrupts; une absence complète de terre végétale. En outre, la végétation fait fréquemment défaut ou, spéciale, très clairsemée, se concentre dans certaines régions privilégiées plus humides; la faune n’est ni riche, ni nombreuse; la population, très faible, est soit nomade, alors très peu dense et répartie sur de vastes espaces, soit sédentaire, alors groupée où l'eau souterraine lui permet la culture, donc la vie. Enfin, partout, le vernis saharien recouvre la plupart des roches et leur donne une tonalité foncée; il est constitué par une pellicule mince, luisante et dure de produits concré-tionnés. De nombreuses roches sont creusées par l’érosion éolienne d’alvéoles plus ou moins grands, qui leur donnent une apparence particulière.
- Mais, sous cette unité fondamentale, on trouve de multiples aspects. En effet, la nature des roches du sous-sol, l’altitude et les répercussions locales qu’elle entraîne sur le climat, l’histoire géologique, orographique et climatologique sont autant d’éléments qui intervinrent pour varier considérablement le façonnement du modelé d’un pays. Au Sahara, le résultat de ces actions est d’autant plus net qu’aucun manteau d’humus ne cache la roche et n’uniformise son apparence.
- Nous allons passer en revue les types les plus caractéristiques de paysage saharien, dont-nous donnons ci-contre des reproductions, choisies parmi les photographies que nous avons rapportées de cette région (').
- LES MONTAGNES
- Quoique les reliefs peu accentués, plaines, plateaux, dominent au Sahara, on y compte plusieurs massifs montagneux importants, le Hoggar (3000 m.), le Tibesti (3200 m.), principaux par leur étendue comme par leur altitude, l’Aïr, l’Adrar des Iforass. Ces massifs de roches cristallines anciennes ou éruptives assez jeunes sont très chaotiques, il est difficile d’y discerner un enchaînement.
- 1. Voir également à ce sujet les photographies publiées dans les numéros 2745 du 13 novembre 1926 et 2767 du 15 août 1927 de La Nature.
- Les aspects dominants sont : des formes arrondies (dômes granitiques), des formes tabulaires à bords en falaise (roches basaltiques), ou des pitons et des aiguilles (roches éruptives, dykes), des sierras, des crêtes aiguës ou des aiguilles déchiquetées de granits, ou enfin des entassemenis ou des chaos d’énormes boules de granits ou parfois de grès. L’érosion saharienne a réalisé, parfois, des effets analogues à ceux qu’obtint dans nos pays l’érosion glaciaire. On rencontre dans ce pays des formes qui rappellent celles des aiguilles alpestres. La topographie granitique n’offre, dans nos régions, de crêtes déchiquetées, d’aiguilles que dans les hautes montagnes. Là, les variations de température, les gels nocturnes font éclater mécaniquement la roche; sous l’influence d’une cause similaire, il n’est donc pas étonnant de trouver des aspects analogues au Sahara. Le relief des cimes sur les vallées n’est jamais bien grand, mais la raideur des pentes le fait paraître plus élevé qu’il n’est en réalité. Les thalwegs ont en général une inclinaison assez douce, à part quelques changements brusques de pente. Ils sont faciles à suivre, quoique encombrés souvent de gros blocs; mais il est difficile de passer de l’un dans un autre. Toutes les pentes, à part les à-pics rocheux, sont couvertes de détritus d’érosion. Dans certaines régions, telles que le Hoggar, il existe, au milieu ou sur le pourtour des monlagnes, de nombreuses terrasses ou plateaux basaltiques, ou bien quelques hauteurs tabulaires de phonolithe; les premiers sont couverts de gros cailloux ronds, les autres de dalles plates, le basalte et la phono-liihe ne se débitant pas de la même manière lorsqu’ils s’altèrent.
- Ces montagnes, dont l’aspect est bien différent de celui du Sahara classique, sont souvent très pittoresques. Très sauvages, elles n’offrent rien de triste; leur beauté réside surtout dans les colorations splendides qu’elles prennent, particulièrement au lever et au coucher du soleil et davantage en hiver : teintes tantôt très vives, tantôt très douces, lumineuses, barrées d’ombres profondes bleues ou violettes.
- Les contreforts des montagnes revêtent souvent la forme de chebka; c’est-à-dire qu’ils sont coupés en tous sens par des ravins qui constituent un réseau incohérent.
- LES PLATEAUX
- Les plus caractéristiques des plateaux sont les Tassilis du pays Touareg. Formés de roches gréseuses, de superficie plus ou moins grande (le plus vaste, le Tassili des Ajjers, a plus de 400 km de long), ils s’effondrent en falaises sur tout ou partie de leur pourtour; ces falaises très abruptes, hauies parfois de plusieurs centaines de mètres, sont souvent recouvertes jusqu’à la moitié ou les deux tiers de leur hauteur par un glacis d’éboulis. La surface de ces tassilis est la plupart du temps constituée uniquement par une table de roc, vernissée, largement fendue ou craquelée, ou même bouleversée et couverte de blocs plus ou moins gros; c’est la hamada dans son aspect le plus caractéristique. Ils sont creusés de gorges profondes et étroites, à parois verticales; ces canons [kheneg), qui s’étendent parfois sur de grandes longueurs,
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- seront une des curiosités touristiques du Sahara. Il n’y a pas en Algérie de gorges plus belles, plus grandioses que celles d’Arak ou de Takoumbaret au I-Ioggar, ou de l’oued Myrrho aux Ajjers.
- Ailleurs, on rencontre des plateaux de, roches de natures différentes, calcaires, schistes, etc. Ils se terminent souvent en falaises [baten). Leur surface est une: hamada, mais moins tourmentée que celle des tassilis. Lorsqu’il y a une superposition de couches de différentes duretés, le profil est en échelon. Les vallées constituent alors de mer-
- veilleuses coupes géologiques naturelles. La vallée d’Kl Guet-tara tranche ainsi le baten qui limite au sud le plateau du Tad-maït, et qui domine la dépression du Tidilielt. On y voit des couches successives de marbres, de dolomies, de calcaires, de marnes, d’argiles et de grès.
- LES PLAINES
- Les plaines sont de trois types : hamada, reg ou plaine de sable. La hamada est une table rocheuse, calcaire ou gréseuse, à peu près nivelée par l’érosion, et dont le vent a balayé les dé-
- Fig. 5 à 9. — 5. Falaises bordant un plateau éruptif (Àtakor du Uoggar). 6. Au bord d’un plateau basaltique (Atakor du floggar). 7. Aspect d’un cation dans un iassiti; Khanguet et Hadid [la gorge de fer) dans le Mouydir. 8. La paroi de grès d’un cation dans un tassili; gorges de Takoumbaret [Mouydir). 9. La surface d’un tassili [Mouydir). La roche nue, érodée, vernissée, hérissée de blocs ou
- d’éboulis constitue une hamada très difficile.
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- bris détritiques les plus fins, polissant la surface du roc ou les éclats les plus gros (vernis Saharien) ou les creusant d'alvéoles. Les. hamadas comptent parmi les régions les plus désolées et les plus stériles du Sahara. Les regs sont des plaines d’alluvions.
- Un oued saharien, rivière de bassin fermé, a pour niveau de base l’accumulation de ses propres alluvions dans sa zone d’épandage; au fur et à mesure de l’alluvionne-ment, le niveau de base tend à s’exhausser et la zone d’épandage se déplace. « La surface d’alluvionnement s’étend donc indéfiniment, tout le fond de la cuvette se tapisse d’alluvions : la plaine, à perte de vue, est une caractéristique du paysage désertique », dit M. E.-F. Gautier. Le sol du reg est formé d’un gravier plus ou moins fin, car le vent puissant du désert en a enlevé tous lès éléments meubles et les fines particules. Parfois, au milieu de ces plaines de reg, jaillissent brusquement des petites chaînes montagneuses ou des hauteurs isolées,
- Les plaines de sable sont des cuvettes d’épandage remplies de sable d’origine fluviale.
- LES DUNES
- Les dunes offrent l’aspect le plus classique, mais non pas le plus répandu du Sahara. Elles n’occupent que la neuvième partie, environ, de sa superficie. Elles sont le résultat de l’action du vent sur le sable, produit lui-même par l’érosion fluviale. Leur type est l’erg, énorme masse de dunes, qu’on a comparée « à une mer de sable aux vagues puissantes et confuses ». Les ergs sont souvent très vastes : 400 km sur 400 km ou plus; l’Erg Lybique, le plus grand de la terre, a 1200 km de long sur 400 à 500 km de large.
- La plupart des dunes ont un versant en pente douce du côté exposé au vent, la surface en est tassée et dure ; l’autre versant est raide et croulant ; une arête vive
- Fig. 10 et il. — 10. D'n erg. Au premier plan le versant raide de la dune, en haut duquel on voit l’arête vive, qui le sépare du versant au vent. H. Une belle guelta au premier plan. Remarquer a Varrière-plan à droite l’inclinaison des couches.
- gours. Ces gours sont des témoins qui ont résisté à l’érosion. Il en est de toutes les dimensions; ils sont parfois gigantesques. Lorsque l’action du vent a rongé leur base et que leur sommet plus dur a résisté, ils prennent l’aspect de champignons, assez fréquent chez ceux de proportion réduite. On rencontre quelquefois, au Sahara, d’immenses champs de pierres ainsi sculptées de la façon la plus étrange. Moins désolés que les hamadas, les regs sont néanmoins très stériles.
- Ces plaines, hamadas ou regs, qui s’étendent sur d’immenses espaces, constituent le paysage dominant du Sahara; de leurs horizons infinis, de leur monotonie même il se dégage une certaine grandeur. La plaine de la Crau nous en offre en France une image assez approchée.
- Les tanezroufts ne constituent pas un type particulier de paysage ; ils rentrent à ce point de vue dans la catégorie précédente; ils ne s’en différencient que par le manque absolu d’eau et de végétation,
- sépare l’un de l’autre; ce sont les sifs[l). Les oghrouds sont des dunes massives, beaucoup plus élevées, dont la hauteur atteint ou dépasse 200 m. Les gassis sont des couloirs de sol ferme, dégagés de sable, qui coupent l’erg sur de grandes longueurs, parfois de bout en bout; ils constituent, par suite, des itinéraires de prédilection.
- Les dunes sont à la fois permanentes et mouvantes; c’est-à-dire que, si elle ne changent ni de place, ni de forme, le sable, qui les constitue, se déplace, se renouvelle. Leurs crêtes fument par les jours de vent, et c’est un joli spectacle que de voir le sable courir à leur surface par larges ondes, et empanacher leurs sommets d’un léger nuage. Leurs arêtes, ainsi rafraîchies constamment, sont toujours vives, et se découpent sur le ciel avec une extrême netteté.
- Les dunes de formation récente sont blanches, les 1. En arabe, sif signifie sabre.
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- anciennes au contraire sont dorées, le sable qui les constitue ayant eu le temps de s’oxyder à l’air.
- Les ergs comptent, en général, parmi les régions privilégiées du Sahara, en raison de l’humidité accumulée dans la masse de leur sable et dans leur sous-sol, et protégée de l’évaporation par cette masse même. On y trouve des pâturages abondants et de nombreux points d’eau. Il y a des exceptions : le terrible Erg Ghech, l’impénétrable Erg Lybique en sont le type.
- .......... = 437 =====
- ont une pente plus douce mais irrégulière, elles sont coupées par des rapides, ou même des chutes barrées, par endroits, par des portes rocheuses, où les crues ont accumulé d’énormes blocs.
- Dans les Tassilis ce sont de profonds et longs canons.
- En plaine, leur lit est plus ou moins encaissé, selon que la roche où ils l’ont creusé est d’une dureté plus ou moins grande, et que leur force d’érosion a été plus
- Fig. 12 à 15. —12. Unepalmeraie en plaine, Adrar (Touat). 13. Une palmeraie au flanc d’une hauteur, Titnmimoun (Gourara). 14. Une
- palmeraie au bord d’un oued; Beni-Abbès, vers la fin d’une crue de l’Oued Saoura. 15. Une palmeraie ensablée, Foggaret el Àrab (Tidihelt).
- On rencontre aussi des régions de sable, où celui-ci forme non pas des dunes, mais des buttes irrégulières, peu élevées, souvent couvertes de végétation; les Arabes les désignent sous le nom de nebka.
- LES OUEDS
- L’aspect des oueds est fonction de la région qu’ils traversent.
- A leur naissance, ce sont des ravins encaissés et à pente rapide; plus loin, dans la montagne, leurs vallées
- ou moins intense; cette dernière est elle-même fonction de la masse d’eau qui a coulé, de la régularité ou de la fréquence de son écoulement.
- Aussi, le lit de l’oued est-il de moins en moins en contre-bas, à mesure qu’on s’éloigne des hauteurs d’où il descend, et il finit souvent par n’être plus séparé de la plaine environnante par aucune dénivellation sensible et n’être plus marqué que par une bande de sable ou une traînée de végétation.
- Il y a des oueds morts et des oueds vivants. Les oueds vivants sont ceux où coulent encore un courant
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- = 438 — - 1 ...v-r——................ —
- souterrain, permanent ou presque, et, de temps à autre, l’eau d’une crue. Dans les oueds morts il n’y a plus aucune circulation, ni superficielle, ni profonde. Rien ne vient plus raviver leur lit, que l’érosion éolienne tend à effacer.
- En certains endroits des oueds vivants, des dépressions restent remplies d’eau après une crue, formant des petits lacs temporaires, des 'gueltas. Dans la montagne, où elles sont taillées dans le rocher, elles forment de véritables citernes à ciel ouvert, que les Touareg nomment aguelmans. Ces gueltas ou ces aguelmans, entourés souvent d’une abondante végétation, forment un contraste reposant avec l’aridité environnante.
- Les sebk/ias sont des lacs temporaires d’eau salée; après une périodë de pluie, ils s’emplissent d’eau, qui s’évapore en laissant à la surface un dépôt de sel formant une croûte épaisse, étincelant au soleil, et qui ressemble à s’y méprendre à une couche de neige ou de glace. Les chotts sont d’immenses sebkhas.
- Les uns comme les autres sont parfois dangereux à traverser, car la croûte de sel recouvre par places des terrains mouvants, où hommes et chameaux s’enlisent.
- LES OASIS
- Les oasis sont les régions où les ressources permanentes en eau souterraine ou, exceptionnellement,'en eau courante, ont permis à l’homme de créer des cultures et d’y mener une vie agricole et sédentaire. Leur aspect classique est la palmeraie. Sur une surface considérable s’étendent des jardins irrigués, plantés de palmiers, qui se comptent par dizaines ou môme par centaines de mille pour les grandes oasis. Sous les dattiers poussent des arbres fruitiers, à l’ombre desquels on cultive des céréales et des légumes.
- La palmeraie est le plus souvent établie en plaine, dans le fond d’une cuvette, au point où l’eau souterraine est atteinte le plus facilement, soit par des puits, soit par des foggaras ; ces dernières sont des galeries souterraines ramifiées, longues de plusieurs kilomètres, sur les parois desquelles suinte l’humidité; celle-ci se rassemble dans le fond de la foggara, et s’écoule en ruisselet continu et plus ou moins abondant à sa sortie. Ces foggaras, dont les taupinières de déblai marquent, de distance en distance, le tracé en surface, représentent un énorme travail.
- Leur développement atteint 40 km poür une seule oasis, Tamentit, et au moins 2000 km pour l’ensemble des oasis du Toual.
- Exceptionnellement et sur les confins du Sahara, il existe des palmeraies irriguées par de l’eau courante, par des sources qui se réunissent pour former une rivière unique, comme à Gabès et dans certaines oasis du Djérid (Tozeur)(1), ou, au contraire, qui s’écoulent en ruisseaux multiples, comme à El Oudiane, dans le Djerid.
- 1. A Tozeur, 194 sources débitent 750 litres à la seconde ; à Nefta, 152 sources débitent 500 litres à la seconde.
- Parfois, la palmeraie s’étend en totalité ou en partie sur le versant d’une montagne, d’un plateau comme c’est le cas pour Timmimoun, Figuig, Gafsa ou Tamerza. Plus accidentée, elle gagne ainsi en pittoresque. D’autres fois, elle se trouve dans la vallée d’un oued, au pied des hauteurs qui le bordent. C’est le cas des oasis du Mzab, ou de Beni-Abbes dans l’oued Saoura.
- Aux abords des oasis existe presque toujours une sebkha, nappe de sel en été, lac en hiver, où se déverse l’excédent d’eau d’irrigation de la palmeraie. Ces sebkhas, parfois considérables, sont suffisantes pour attirer, à l’époque de leur passage, des canards sauvages ou des hérons. On peut à In Salah, par exemple, se donner le plaisir original de tirer des canards en plein Sahara.
- Un type d’oasis tout à fait différent est constitué par celles du Souf.
- La culture s’y fait sans irrigation. Les palmiers sont plantés au fond d’excavations profondes, en forme d’entonnoirs, soigneusement entretenues au milieu des dunes ; ils peuvent atteindre directement par leurs racines la couche humide du sous-sol
- En lisière ou, plus rarement, au cœur de la palmeraie, se groupent un ou plusieurs villages (‘), les Ksour. Ils sont construits en briques de terre séchées au soleil et comportent souvent une kasbah, c’est-à-dire une enceinte crénelée, flanquée de tours, où les sédentaires se réfugiaient en cas d’attaque.
- Remarquons que les ksours sont toujours établis d’un même côté de la palmeraie, lorsque celle-ci est bordée de dunes et présente une tendance à s’ensabler. Certains Ksour sont d’ailleurs en partie ensablés. Dans l’un des villages d’In Salah, la maison qu’occupa le père de Fou-cauld est enfouie sous une haute dune.
- Dans la plupart des oasis, les jardins sont enclos de murs de terre sèche plus hauts qu’un homme, et parcourus de ruelles étroites. Pour s’y promener avec plaisir, il faut y circuler à cheval ou à méhari; le regard plonge alors dans les jardins. Dans d’autres palmeraies, au Tidikelt, par exemple, ces murs sont remplacés par des haies moins élevées de djerids (palmes).
- Ces oasis diffèrent donc entre elles par quelques points, mais elles ont toutes le même aspect fondamental : la palmeraie. Pourtant toutes les oasis du Sahara ne sont pas des palmeraies. Il existe, en effet, des points où les ressources en eau se prêtent à la création d’un centre agricole, mais où le climat n’est pas propice à la culture du dattier. C’est ainsi que les ar'rem du pays touareg comprennent des jardins où poussent quelques arbres fruitiers (pêchers, abricotiers, figuiers), de la vigne, où l’on cultive du blé, de l’orge et du mil, mais qui sont tout à fait dépourvus de palmiers. Ces ar’rem sont d’ailleurs minuscules vis-à-vis des puissantes palmeraies du Touat, du Tidikelt, de l’oued Rhir, du Souf ou du Djerid.
- Leurs habitants sont en petit nombre et habitent soit des maisons en briques de terre sèche, soit des zeribas, huttes cubiques de roseau.
- 1. La palmeraie du Timmi (Adrar), au Touat, compte vingt-six Tillages.
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- Le Sahara offre donc, dans son immense étendue, une grande variété d’aspects. La photographie ne peut, malheureusement, en rendre le principal attrait, la lumière
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- mités, l’infini de ses plaines, l’exubérante végétation de ses oasis offrent des spectacles multiples. D’un pittoresque ou d’une sauvagerie extrêmes par endroits, âpre
- Fig. 10 (à gauche). Un chemin dans une oasis (Adrar), les jardins sont entourés de murs de terre sèche. Fig. 20. (à droite). Arbres fruitiers dans une oasis [Adrar).
- et les couleurs. Ses montagnes aux magnifiques colorations, le moutonnement de ses dunes dorées, où le soleil couchant fait se jouer mille teintes, ses horizons illi-
- mais jamais triste, avant tout grandiose, le Sahara est un pays très attachant.
- Lieutenant F. Demoulin.
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- = RELATIONS ENTRE LA PROPAGATION = DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES L’ACTIVITÉ SOLAIRE ET L’ÉTAT DE L’ATMOSPHÈRE
- Des recherches furent entreprises pendant l’été de 1927; dans la région des Pyrénées occidentales, sur les relations existant entre la propagation des ondes électromagnétiques, l’activité solaire, les actions électromagnétiques, l’état général de l’atmosphère et l’état météorologique local.
- L’ensemble des résultats quotidiens recueillis de la fin de mai à la fin de septembre 1927 fut réuni sous forme de graphiques, dont l’étude comparée conduisit aux déductions suivantes.
- LES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES.
- Les ondes furent recueillies par de longues antennes de 125 m. de développement, reliées à un poste à trois lampes. Les réceptions recueillies plusieurs fois par jour sur longues et moyennes ondes furent classées méthodiquement. On constata que les réceptions furent généralement mauvaises et sujettes à de fréquentes variations, ainsi du reste qu’il en fut dans l’état atmosphérique. Nous avions du reste déjà constaté à diverses reprises que la propagation des ondes hertziennes paraissait placée sous la dépendance de l’état de l’atmosphère, de l’activité solaire, et des actions électromagnétiques, et qu’il semblait possible d’attribuer ces effets communs à une action ultraradiante d’origine solaire et cosmique que nous avions signalée pour la première fois en 1921 (*).
- Nos dernières recherches confirment et précisent les précédentes.
- ÉTAT GÉNÉRAL DE L’ATMOSPHÈRE.
- Le graphique (7) résumant l’état atmosphérique et -sismique sur la surface entière du Globe pendant l’été 1927 résulte des renseignements fournis par la radiophonie et par la grande presse. Ces renseignements •furent malheureusement incomplets, car ils indiquaient l’état météorologique et sismique dans les seules régions ‘habitées, abstraction faite de cet état dans les régions
- • désertiques, montagneuses et inhabitées. Toutefois, ces renseignements incomplets présentent une réelle valeur
- pratique, car l’on sait que les grands troubles atmosphé-
- • Tiques, -sismiques et volcaniques, prennent naissance dans «un • certain nombre de points du Globe, situés sur les .grandes cassures terrestres, tels que le Japon, les Antilles, lie'Chili,-etc., situés au voisinage même de l’Océan. La •plupart de ces régions sont habitées et reliées aux grands centres d’information. Grâce à ces circonstances particulières, il semble donc permis de recueillir des rensei- gnements suffisants sur les principaux phénomènes mon-
- • diaux.
- Un examen comparatif des graphiques (6) et (7) se t rapportant à la propagation des ondes électromagnéti-
- 1. Relations entre les perturbations électromagnétiques et les i troubles solaires. (L’Onde Électrique, n° 55, juillet 1926.)
- ques et à l’état général de l’atmosphère, montre du reste d’étroites relations entre les deux ordres de phénomènes qu’accuse une grande similitude dans les deux courbes.
- L’étude comparée des autres graphiques nous conduit progressivement jusqu’à l’origine probable de l’ensemble des phénomènes.
- LES ACTIONS ÉLECTROMAGNÉTIQUES.
- Les actions électromagnétiques sont mesurées à l’aide de divers instruments tels que le magnétographe, la boussole magnétomètre, l’électromètre (La Science Moderne, octobre 1925). Ces instruments sont utilisés avec profit par les Observatoires du Chili (Boletin mensual del Observatorio del S alto-Santiago de Chile : Director. S. Don Navarette).
- Ces instruments indiquèrent des perturbations presque continuelles, pendant l’été 1927, concordant le plus souvent avec des troubles dans l’état général de l’atmosphère et dans la propagation hertzienne.
- Un fait important fut également noté pendant ces troubles. La boussole magnétomètre et l’électromètre genre Curie ne cessèrent d’osciller, nuit et jour, pendant cette longue période d’agitation solaire et terrestre. Leurs arrêts de courte durée furent seulement notés vers les milieux de juillet et d’août (graphique 5). Les oscillations cessèrent presque brusquement à la fin de septembre, à la date même où se produisit la disparition très rapide de deux foyers solaires diamétralement opposés l’un à l’autre.
- Nos recherches antérieures semblent démontrer que la cause des variations électromagnétiques doit être recherchée dans des actions ultràradiantes d’origine solaire et cosmique; les effets d’ionisation dans la haute atmosphère et à la surface du sol paraissent dus à des radiations beaucoup plus longues que les ultraradiations; ces radiations proviennent de l’effet secondaire Compton.
- L'ACTIVITÉ SOLAIRE
- L’été 1927 fut remarquable par l’activité solaire précédant l’époque de maximum 1927-1928.
- Il se produisit trois catégories distinctes de foyers solaires.
- En premier lieu, deux foyers solaires conjugués A et a (4) diamétralement opposés, qui disparurent tous deux du 26 au 28 septembre. Ces foyers conjugués furent en activité continuelle, et l’on put remarquer que la recrudescence d’activité dans l’un d’eux concordait avec un affaiblissement de l’autre. C’est à ces deux foyers conjugués que l’on doit attribuer la plus grande part dans l’activité électromagnétique de l’été 1927.
- Un autre foyer double, en opposition diamétrale D-d (2), fut de courte durée. Il se forma vers le milieu de
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- septembre et disparut en octobre; son action s’ajouta à celle des foyers précédents pour provoquer de nombreux troubles électromagnétiques, atmosphériques et sismiques particulièrement importants pendant la seconde quinzaine de septembre; ainsi que ceux observés dans les communications radiotéléphoniques presque impraticables pendant cette période.
- Il se produisit en troisième lieu, des foyers passagers (1) en transformation continuelle, qui évoluèrent vers la fin du mois de juin, de juillet et d’août; celui de
- L'ÉTAT LOCAL DE L’ATMOSPHÈRE.
- Il est également instructif de comparer les graphiques représentatifs de la pression et de l’état atmosphérique locaux, avec les graphiques précédents.
- Les courbes (8-9) représentent la situation locale dans la région des Pyrénées occidentales. On voit que ces courbes ne concordent pas avec les autres ; on y retrouve cependant des relations communes aux dates des grandes perturbations. Les actions locales varient du reste d’une région à une autre, démontrant de la sorte qu’il n’y a
- Foyers passager.
- j Passages laux bords OetE Foyers I
- durables j Foyers en oppositions diamétrale
- (1)
- <2)
- (3)
- (4)
- '-K '^1
- Oscillations
- électromagnétiques Propagation /
- des ondes j Bonnes réception èlectroma- f
- Arrêts deî oscillations
- VA%
- gnêtiques réceptn
- _ , , , Calme général
- btat general ) —
- de/atmosphère) Troubles
- | generaux
- / Hautes pressions7g^
- Etat 1 Basses pressions
- local \ Beau temps local
- B.P. \ Mauvais temps local
- y/m/Mm/m'
- (6)
- (7)
- (8)
- (9)
- 4 8 12 15 19 24 28 31 4 7 U 15 19 23 27 31 4 7 12 15 19 23 27 31 Juillet Août Septembre
- Fig. 1. — Graphiques représentant l’activité solaire, l’état général de l’atmosphère, l’état météorologique local et les actions
- électromagnétiques au cours de l’été 1927.
- fin d’août se prolongea pendant une partie de septembre. Les troubles les plus grands sc produisirent aux passages des foyers conjugués au méridien central, dans l’un et l’autre hémisphère solaire; ils furent particulièrement accusés pendant les périodes de transformation des foyers temporaires.
- Ces observations semblent démontrer que l’activité solaire se trouve à l’origine des actions ultraradiantes, qui sont elles-mêmes la cause des troubles atmosphériques, sismiques et des troubles de la propagation des ondes hertziennes.
- pas lieu de tenir compte des variations locales dans la propagation des Ondes électromagnétiques.
- En résumé la propagation des ondes électromagnétiques paraît étroitement liée à l’état général de l’atmosphère, aux phénomènes électromagnétiques et ultrara-diants qui semblent eux-mêmes dépendre en grande partie de l’activité solaire.
- Il semblerait résulter de ces observations que l’on pourrait tirer d’utiles indications, dans la météorologie générale, de l’étude systématique de la propagation des ondes électromagnétiques. Albert Nodon.
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- LE DÉNOYAGE DES MINES DU NORD ET DU PAS-DE-CALAIS
- En 1913, la France consommait, en houille, coke et agglomérés, 65 millions de tonnes de combustibles dont 24 millions devaient être importées de l’étranger. Les gisements nationaux, très limités, à couches peu nombreuses et relativement minces, ne produisaient en effet que .41 millions de tonnes de houille, malgré le gros effort fait1 depuis üne dizaine d’années pour intensifier l’extraction. Le bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais, à lui seul, s’inscrivait dans cette production natio-^
- sonne et que de part et d’autre on se disputait âprement. Menacés cependant par nos offensives successives entre Loos et Vimy, les Allemands ne voulurent abandonner nos mines qu’après les avoir rendues pour longtemps inutilisables. Or, le gisement houiller du Pas-de-Calais se trouve enfoui sous une centaine de mètres de morts-terrains en majeure partie crétacés et les assises crayeuses de cette formation renferment deux niveaux aquifères extrêmement abondants, dont les travaux souterrains ne
- Fig. 1. — Les installations superficielles de la fosse n° 5 des Mines de Lens après la retraite allemande.
- nale pour 27 389 000 tonnes, c’est-à-dire pour environ les 2/3 et occupait alors 130 000 ouvriers.
- Formant une longue bande d’une centaine de km orientée suivant la direction générale Valenciennes-Béthune, ce bassin, par sa situation même au voisinage de la frontière belge, se trouva directement menacé le jour où la bataille de Charleroi obligea les armées alliées à battre en retraite. L’invasion commencée par les mines d’Anzin en août 1914 se développa rapidement vers l’Ouest et lorsqu’à la fin de l’année le front se stabilisa, les deux tiers de notre grand bassin étaient aux mains de l’ennemi.
- LES DESTRUCTIONS
- Durant toute la guerre, cette région resta le champ de bataille dont la valeur économique n’échappait à per-
- sont protégés que par une couche argileuse imperméable et par les revêtements étanches des puits. L’ennemi, qui connaissait parfaitement cette situation, évalua facilement tout le parti qu’il pouvait en tirer pour le but qu’il se proposait.
- En 1915, il fit sauter les cuvelages d’un grand nombre de fosses des mines de Lens et Liévin. En 1917, il anéantit les fosses 8 et 8 bis de Béthune. Enfin, en 1918, il étendit systématiquement ses destructions aux autres concessions et tous les puits de la zone occupée auraient subi le même sort si notre offensive n’avait obligé l’ennemi à abandonner son travail.
- Le procédé généralement employé était le suivant : on faisait sauter les cuvelages en attachant les charges d’explosifs aux extrémités d’une forte poutre dont la longueur égalait à peu près le diamètre du puits. On descen-
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- Fig. 2. — Fosse n° 10 des Mines de Courrières.
- L’explosion a produit un vaste entonnoir dans lequel le chevalement est à demi englouti.
- dait cette poutre au moyen de deux cordes jusqu’à la profondeur désirée et ensuite on lui donnait une position horizontale de façon à serrer énergiquement la charge d’explosifs contre le cuvelage.
- Sur les 212 fosses occupées par l’ennemi au cours de la guerre, 140 ont été minées.
- Si ces destructions ne donnèrent pas partout les résultats escomptés par les Allemands, il faut bien souvent en trouver la raison dans le fait que certains puits, creusés avec cimentation des craies aquifères, possédaient autour de leurs cuvelages une épaisse couche de terrains étanches que les explosions n’entamèrent pas complètement.
- Cependant, dans certains cas, tels que les fosses 8 et 8 bis de Béthune, 9 et 16 de Courrières, 3 de Meurchin, l'importance des charges avait fait remonter les éboulements jusqu’à la surface et les emplacements des puits n’étaient plus alors marqués que par de vastes entonnoirs de plus de 50 mètres de diamètre dans lesquels la superstructure était engloutie.
- Dans le Pas-de-Calais, les exploitations de Carvin, Drocourt, Lens, Liévin et Meurchin furent totalement noyées avant qu’il ait été possible de réparer les cuvelages. Aux mines de Courrières, on parvint aü prix d’immenses difficultés à obstruer les brèches de 17 puits,; mais la fosse n° 9, dont les travaux de sauvetage demandèrent de longs mois, détermina, l’inondation presque complète de la concession.
- Dans le Nord, toutes les fosses détruites, sauf une, donnèrent des venues d’eau assez faibles qui purent être aveuglées dès le début.
- Une évaluation, faite en avril 1919, et qui d’ailleurs se trouva confirmée au fur et à mesure de l’exécution du dénoyage, montra toute l’étendue du désastre. Les volumes
- d’eau à extraire se chiffraient en effet comme suit :
- Béthune. ' . . 880.000
- Carvin. . . 4.560.000
- Courrières . . 25.050.000
- Dourges . . 4.040.000
- Drocourt . . . 4.500.000
- Lens . . 35.000.000
- Meurchin . . 5.000.000
- Liévin . . 11.400.000
- Ostricourt........ . . . . 110.000
- Anzin ........ . . 1.100.000
- Compagnies 'diverses . 960.000
- Total. . . . . 92.600.000
- Le bassin houillcr du Nord et du Pas-de-Calais et la zone occupée par l'ennemi à partir d'octobre 191k.
- Front
- Octobre 191b
- Béthune
- .MEURCHIN/ ^
- NŒUX
- IURGES
- INES\
- YICOIGNE
- ESCARPELLE
- DROCOURT
- ANZIN
- i Douai
- ANICHE
- Denain
- Front
- Octobre 191b
- IUCHY
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- Gomme on peut s’en rendre compte par le graphique de la figure 4, la masse d’eau la plus importante se trouvait comprise entre les profondeurs de 200 et 400 m.; mais, dans certains cas, il fallait descendre à 700 et 800 m. pour assécher complètement les travaux.
- Il apparut rapidement qu’un travail de cette importance ne pouvait être mené à bonne fin sans une collaboration étroite de toutes les Compagnies intéressées. Non seulement certaines avaient entre elles des communications franches qui les rendaient solidaires, mais encore l'évacuation de semblables volumes d’eau par les canaux et rivières d’une région aussi plate que les Flandres nécessitait de sérieuses précautions.
- C’était enfin un important matériel qu’il fallait spécialement approvisionner et répartir entre les différentes
- 30.5)8.00(1
- 5.5» .000
- 100 ZOO . 300 m 500 600 700 000
- Profondeur en mètres
- Fig. 4. — Volumes d'eau contenus dans les travaux aux diverses profondeurs.
- fosses suivant un plan minutieusement étudié de façon à tenir compte des possibilités de chacun et de la nécessité de mettre rapidement à découvert les premiers travaux capables de fournir du charbon à notre industrie nationale. Cette obligation d’un travail en commun conduisit l’Etat à prendre en charge l’exécution du dénoyage avec possibilité pour lui de confier les opérations à un entrepreneur qui en la circonstance fut la Société civile de! Dénoyage .des Houillères du Pas-de-Calais, constituée par la presque totalité des mines sinistrées.
- PROGRAMME DE DÉNOYAGE
- Le programme de dénoyage, qui devait être relativement souple pour se prêter à toutes les exigences d’un semblable travail, fut arrêté sur les bases suivantes, d’un commun accord entre toutes les Compagnies :
- P'e phase. — Cimentation des terrains pour aveugler les venues d’eau, réfection des têtes de puits, épuisement par pompes mobiles jusqu’à la profondeur de 100 m., réparation des cuvelages.
- 2e phase. — Epuisement par pompes centrifuges verticales mobiles jusqu’aux profondeurs limites de 240 et 350 m. suivant les puits.
- 3e phase. — Pour les fosses plus profondes, établissement d’un relais à un ancien accrochage et achèvement du dénoyage au moyen de deux pompes en répétition, le relais pouvant être soit une pompe verticale, soit une pompe horizontale fixe.
- CIMENTATION
- On avait tout d’abord envisagé de réparer les cuvelages à niveau vide en utilisant des pompes très puissantes à gros débits. Mais si ce procédé pouvait donner d’excellents résultats pour les puits isolés, il était impraticable dans l’immense bassin constitué par les mines de Lens, Liévin, Meurchin, et force fut alors de recourir à la cimentation des terrains pour aveugler les venues d'eau.
- Les renseignements que l’on possédait sur les explosions faites parles Allemands, sur la valeur des terrains entourant les fosses et sur l’état des cuvelages en 1914 conduisirent la Société civile de Dénoyage à entreprendre la cimentation de 25 puits avant de commencer le dénoyage.
- Cette opération demandant à être poursuivie avec activité pour ne pas retarder la mise en service des premières pompes, les travaux de cimentation furent confiés, au printemps de 1920, à sept entreprises françaises et étrangères dont trois pour la circonstance se réunirent en un seul consortium.
- En dehors de quelques cas spéciaux où les terrains particulièrement bouleversés nécessitèrent de multiples précautions, chaque fosse fut entourée d’une série de forages de cimentation régulièrement distribués sur un ou plusieurs cercles concentriques au puits. Tantôt on avait 15 sondages répartis sur une couronne de 15 à 16 m. de diamètre, tantôt on creusait 20 forages disséminés sur deux cercles de 20 et 25 m. (fig. 6).
- Cette dernière disposition avait l’avantage d’augmenter l’épaisseur de l’anneau de terrains cimentés, mais par contre accroissait l’écartement des forages et leur distance au puits, ce qui parfois pouvait être un inconvénient. Les trous d’injection furent creusés au trépan ou à la sondeuse. Bien que certains aient été poussés jusqu’à 100 m., la grande majorité fut arrêtée au banc de meule, situé à 55 ou 70 m. de profondeur et marquant la limite des terrains fissurés. On opéra par passes de 5 à 20 m. suivant l’importance des cassures.
- Pour ne pas fatiguer les cuvelages, on limita généralement la pression d’injection à 6 kg. Dans certains cas, on l’éleva systématiquement à 12, 15 et même 20 kg de façon à étendre le plus loin possible le rayon d’action de la cimentation. On employa normalement un lait de ciment à 100 ou 150 kg par mètre cube d’eau. Cette quantité était augmentée dans de fortes proportions chaque fois qu’un sondage absorbait beaucoup. Dans
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- les rares cas 'où les forages donnèrent des communications franches avec le puits, il fut nécessaire d’ajouter au ciment des matériaux d’obturation. On employa à cet effet de la sciure de bois.
- Poursuivi simultanément sur tous les points, cet énorme travail, qui avait été commencé en mars 1920, fut terminé au début du mois de novembre de la même année. Il nécessita le creusement de 35 500 m de sondages et absorba 19 500 tonnes de ciment dont l’approvisionnement à cette époque ne fut pas une des moindres difficultés de l’opération. Il donna partout d’excellents résultats et c’est en pleine sécurité que les Compagnies houillères de Lens, Meurchin et Liévin mirent en service leurs premières pompes de dénoyage dès le mois d’octobre 1920.
- DÉNOYAGE
- Pour l’exécution de la deuxième phase du travail, c’est-à-dire pour l’épuisement des eaux jusqu’aux profondeurs de 240 et 350 m., la Société civile de Dénoyage disposait de 42 pompes représentant à elles seules une puissance totale de 23100 ch.
- Fig, 5. — Le volume d'eau extrait des mines noyées représente un cube de 450 m. de côté,
- Puissance Hauteur Débit horaire
- Nombre Constructeur du maxima àlaprofondeur
- moteur de refoulement limite.
- cli. mètres. mètres cubes.
- 12 Boving 660 240 360
- 4 Sulzer 700 240 520 F
- 2 Sulzer 340 260 240
- 1 Sulzer 250 250 150 !
- 8 Sulzer 400 375 150
- 15 Bateau 550 350 250
- D’une façon générale, chacune de ces unités comprenait une pompe centrifuge verticale accouplée à un moteur asynchrone triphasé complètement blindé, travaillant sous 1000 ou 3000 volts et dont l’appareillage de démarrage était installé au jour.
- Ce groupe, appelé à descendre au fur et à mesure de l’abaissement du plan d’eau, était solidement fixé sur un châssis métallique suspendu, par simple mouflage, à un câble de manœuvre. Sur le châssis étaient également montés : les tuyauteries d’aspiration, la tubulure de refoulement avec sa vanne et son clapet, la plate-forme et les échelles de manœuvre, les vannes, les by-pass, les manomètres, ampèremètres, interrupteurs, appareils de graissage, etc... On arrivait ainsi à des unités fort encombrantes dont la hauteur verticale variait de 9,5 à 12,5 mètres et dont le [poids propre en ordre de marche oscillait, suivant les types, entre 10 000 et 20 000 kg.
- Pour leur manœuvre et leur alimentation en courant électrique, les pompes de dénoyage demandaient une importante machinerie, comprenant (fig. 8 et 9) :
- Un chevalement en bois de 18 mètres de hauteur avec ses poulies de renvoi et ses molettes.
- Un cabestan de 37 ou 42 tonnes pour la translation du groupe moto-pompe.
- Un touret avec prises de courant par bagues pour la
- Fig. 6. — Les forages de cimentation autour d’un puits endommagé.
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- descente du câble électrique au fur et à mesure de l’abaissement du plan d’eau.
- Un treuil électrique de manœuvre de 90 ch. avec cuffats pour la circulation du personnel et la manutention des matériaux.
- La tuyauterie de refoulement de chaque unité était
- de 50 à 80 kg par cm2. Fabriqués en longueur de 6 m, ils possédaient des diamètres intérieurs de 172 à 330 mm, et leur poids métrique atteignait de 33 à 62 kg, suivant les types.
- La tuyauterie, telle qu’elle était montée, constituait une poutre verticale, chargée en chaque point d’un poids d’autant plus important que sa distance à l’extrémité supérieure de la conduite était plus grande. Elle était donc soumise, non seulement à la compression, mais encore au flambage.
- Pour éviter des inflexions dangereuses qui en auraient déterminé certainement la rupture immédiate, la colonne portait tous les 6 mètres des colliers (fig. 10) embrassant les tuyaux et pourvus d’oreilles dans lesquelles passaient les deux brins du câble de suspension.
- A une de leurs extrémités, ces colliers étaient en outre munis de petites presses pour la fixation du câble électrique alimentant le moteur.
- Cette disposition, qui pouvait paraître fort hasardeuse dans le cas présent, donna d’excellents résultats et n’occasionna aucun accident.
- Pour supporter les pompes de dénoyage, on utilisa des câbles ronds en acier à 180 kg de résistance par mm2, montés en mouflage simple, de façon à répartir les efforts entre deux brins. Les charges suspendues étaient, en effet, très importantes. On avait, par exemple, pour une pompe de 260 m3 à 240 m de hauteur de refoulement :
- Poids du groupe . . 18.500 kg.
- Poids de la tuyauterie vide.............. 15.000 kg.
- Poids de l’eau dans
- la conduite. . . , 18.S00 kg.
- Poids du câble électrique ................ 2.100 kg.
- Poids total suspendu.
- Effort statique sur
- 54.400 kg. 27.200 kir.
- Fig. 7. — Pompe Rateau et pompe Boving, montées sur un même puits et prêtes à être descendues.
- fixée directement à sa base sur le châssis même de la pompe qui en supportait tout le poids. Elle descendait ainsi avec lui au fur et à mesure de l’abaissement du plan d’eau. Son allongement était obtenu par addition à sa partie supérieure d’éléments de 6 mètres de longueur.
- Les tubes en acier, dont 16 000 mètres furent nécessaires, avaient été prévus pour résister à des pressions
- kg. m.
- ks\
- chaque brin . . .
- Poids métrique du
- câble porteur. . . 13,5
- Longueur maxima de chaque brin. . . . 247
- Poids maximum de chaque brin .... 3.330 ^
- Effort statique maximum à l’enlevage. . 30.530 kg.
- Charge de rupture du câble pour un
- coefficient de sécurité de 5........ 153.000 kg.
- En tenant compte du travail en répétition des pompes
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- mobiles, on arriva, pour le programme envisagé, à des résistances de câbles comprises entre 124 et 183 tonnes, qui conduisirent à adopter trois types de cordes en acier ayant respectivement des charges de rupture effectives de 132, 171 et 195 tonnes.
- Pour réaliser le mode de suspension des pompes que nous avons indiqué, il était nécessaire de fixer l’extrémité du câble au sommet du chevalement. Les procédés d’attelage ordinairement employés ne paraissant pas offrir des garanties de sécurité suffisantes, on eut recours à une suspension par bielles et presses pouvant résister à un effort de traction de 150 tonnes et portant des repères destinés à déceler les glissements des cordes dans leurs amarrages.
- Les 42 cabestans utilisés pour la manœuvre des pompes furent spécialement étudiés par les Ateliers de Fives- Lille en vue du dénoyage. Ils étaient constitués par des tambours ayant des diamètres d’enroulement minimum de , 1 m. 200 et 1 m. 300 ; un moteur triphasé de 80 ch en assurait la commande par l'intermédiaire d’un train
- Treuil électrique de manœuvre de 30 H P
- I
- 3m38
- 1
- oë
- Axe tambour
- De l’axe du tambour à l'axe du puits SOm Pompe . t<-----------------------
- Puits
- On -n
- F
- -HJ
- Cabestan de h-2 tonnes pour translation de la pompe
- Treuil pour câble électrique
- Fig. 8. -— Installation 'superficielle d’une pompe de dénoyage (plan).
- . d engrenage.
- et
- procurait une vitesse de translation de la pompe comprise entre 2 m. 30 et 4 m. 70 par minute.
- Le courant électrique triphasé, fourni sous la tension ' de 15 000 volts, était abaissé à 1000 ou 3000 volts, sui- ' vaut les besoins, et envoyé à la pompe par un câble à 3 conducteurs sous caoutchouc, muni d’une armature métallique extérieure. Appelé à se dérouler dans le puits au fur et à mesure de la descente du groupe moto-pompe, le câble d’alimentation était enroulé à la surface sur un touret métallique que l’on manœuvrait à la main.
- ’ ' La pompe de relais était, suivant les disponibilités, soit une pompe horizontale destinée par la suite à l’épuisement normal de la fosse, soit un groupe de dénoyage. Dans" ce dernier cas, il fallut installer dans le puits même un solide plancher de support et, en outre, en. vüe de mânœuvres éventuelles, relier la pompe au chevale-mefit de la surface par un câble en acier attelé à un second‘câbesta.n. Pour plus de sécurité, ce câble était* maintenu constamment tendu.
- LE DENOYAGE A GRANDE PROFONDEUR
- Les groupes moto-pompes, dont nous avons précédemment parlé, permettaient d’abaisser le plan d’eau jusqu’à 350 ou 375 mètres de profondeur.
- En dessous de ces niveaux, il fallut utiliser deux pompes en répétition, l’une fixe, l’autre mobile suivant l’eau dans son abaissement. On choisit, autant que possible, pour l’installation de la pompe fixe, un ancien étage d’extraction dont les galeries voisines du puits permirent de réaliser très rapidement et à peu de frais la salle des machines et les réservoirs nécessaires.
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- Fig. 10. — Collier fixé sur la tuyauterie de refoulement dé la pompe de dénoyage (élévation et coupe en plan).
- LA REMISE EN ETAT DES MINES
- Toute la machinerie, nécessaire à l’exécution du programme de dénoyage que nous venons d’exposer rapidement, demandait la fourniture d’une quantité considérable d’énergie électrique. Or, toutes les centrales de la zone dévastée étaient anéanties et seules, à l’Ouest, les usines génératrices des mines de Béthune, à peu près intactes malgré de nombreux bombardements, étaient susceptibles de fournir un léger appoint. Il s’imposait donc de trouver ailleurs le courant dont on avait besoin ; aussi, dès 1919, entreprit-on l’édification d’une centrale commune de 18 000 kw, à l’est de la zone dévastée.
- En même temps, on construisit un réseau de distribution aérien de 145 kilomètres comprenant 5 lignes principales à 15 000 volts.
- Commencé dans le Pas-de-Calais au milieu de 1920, le dénoyage se développa très rapidement au fur et à mesure de l’achèvement des travaux de cimentation qui constituèrent la première phase du travail. Le maximum d’intensité fut atteint en 1921, année pendant laquelle on exhaura 36 millions de mètres cubes d’eau.
- Fig. Il, — Cabestan de manœuvre de 37 tonnes des Ateliers de Fives-Lille.
- Par suite des arrêts inévitables résultant du manque de courant électrique, de la vérification des différents organes de la pompe, de l’allongement de la colonne de refoulement, la marche continue de 24 heures n’a été que très rarement réalisée. Pratiquement, dans une période de fonctionnement normal, un groupe travaillait 19 à 22 heures par jour.
- Il arriva plusieurs fois, au cours des opérations de dénoyage, que la base du puits se trouva à une vingtaine de mètres en dessous de la profondeur limite que pouvaient atteindre les pompes. Pour éviter, dans ces cas, l’installation de répétitions, toujours fort coûteuse, on parvint à augmenter artificiellement la hauteur de refoulement des groupes d’exhaure en injectant de l’air comprimé, soit à haute pression à la base de la tuyauterie, soit à 6 kg dans les 50 derniers mètres de la canalisation.
- Principalement au passage des anciens étages d’extraction et à la fin du dénoyage des puits, c’est-à-dire aux moments oùles eaux de ruissellement arrivaient directement à la crépine, les pompes aspiraient un liquide chargé de grains de rouille et de particules argileuses très fines. Ces boues, non seulement usaient rapidement les pompes, mais encore gênaient considérablement leur marche. Par centrifugeage, elles se collaient sur les parois des canaux de circulation où elles arrivaient à former des sédiments durs de plusieurs millimètres. Elles engorgeaient les circuits de refroidissement, colmataient les crépines et se déposaient dans les tuyauteries de refoulement. Finalement, le débit du groupe diminuait, et le désamorçage même se produisait.
- Lors de l’arrêt des groupes, on a toujours constaté une importante remontée de l’eau dans les puits. Cette ascension, très rapide durant les premiers jours et surtout les premières heures, diminuait progressivement d’intensité au fur et à mesure que l’arrêt se prolongeait. Il faut attribuer ce phénomène au fait que les pompes de dénoyage avaient des débits élevés et que les galeries reliant les travaux inondés aux fosses étaient obstruées par de multiples éboulements offrant une notable -résistance. Par suite, en marche normale, le plan d’eau dans le puits était très inférieur à celui des travaux et, lors de l’arrêt de l’épuisement, l’équilibre tendait à se rétablir.
- La durée d’abandon des travaux, par suite de la guerre, a varié de 5 à 12 ans et même davantage, mais l’inondation ne s’est pas produite immédiatement. La poussée des terrains, la pourriture du boisage ont donc eu tout le temps d’accomplir leur œuvre de destruction, que l’eau est venue ensuite compléter.
- Les travers-bancs qui ne comportaient aucun soutènement et les galeries maçonnées ou bétonnées ont relativement bien résisté, mais toutes les voies boisées, et ce sont les plus nombreuses, furent retrouvées complètement éboulées. C’est principalement sur le matériel que l’action destructrice des eaux s’est fait le plus sentir; A part quelques pièces de fonte, tout ce qui n’avait pas été écrasé par les éboulements
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- a été rongé. Les éléments sans grande épaisseur, comme les tuyaux, les buses d’aérage, les wagonnets, les turbines des petits ventilateurs, ont été réduits à l’état de minces feuilles de rouille.
- Les patins des rails, les traverses métalliques ont été rongés.
- Le matériel, sauvé à grands frais, a généralement été hors d’usage en très peu de temps.
- La remise en état des mines constituait, comme on le voit, une entreprise gigantesque.
- Partout, au fur et à mesure que le niveau de l’eau descendait, les puits étaient réparés, les galeries rele-
- 1925 10.679.000 tonnes, soit 90,1 pour 100
- 1926 12.611.000 tonnes, soit 106,4
- 1927 13 132.000 tonnes, soit 110,6 —
- A partir de 1926, les chiffres d’avant-guerre étaient donc largement dépassés.
- L’utilisation par le personnel d’un matériel nouveau, créé de toutes pièces pour la circonstance, se fit avec moins de difficultés qu’on ne pouvait craindre.
- Il y eut bien, dans les premiers mois, quelques modifications à apporter pour la mise au point de l’outillage, mais il n’en subsiste pas moins que cette formidable ma-
- Fig. 12. — Chevalement provisoire en bois supportant la pompe de dénoyage.
- vées et on s’efforçait de reprendre l’exploitation dans les quartiers les plus abordables. L’accroissement de la production suivait ainsi pas à pas et marquait la progression du dénoyage. Réduite de 11847 000 tonnes en 1913, à moins de 1 pour 100 en 1919 pour les concessions sinistrées du Pas-de-Calais, l’extraction passait successivement à :
- 1920 482.000 tonnes, soit 4,0 pour 100
- 1921 1.826.000 tonnes, soit 15,5 —
- 1922 3.404.000 tonnes, soit 28,8 —
- 1923 6.060.000 tonnes, soit 51,2 —
- 1924 8.800.000 tonnes, soit 74,3 —
- chinerie a assuré sans répit pendant six ans l’épuisement de près de 100 millions de mètres cubes d’eau.
- Ce résultat, ainsi que le relèvement rapide de la production de nos mines sinistrées, font le plus grand honneur aux constructeurs qui ont su concevoir le matériel nécessaire et surtout à tous ceux qui, comme ingénieurs, contremaîtres ou ouvriers des Compagnies houillères, ont prodigué sans compter leurs efforts et léur inlassable énergie à la restauration de nos exploitations dévastées.
- L. Lahoussay,
- Ingénieur en Chef des Services techniques du Comité des Houillères de France.
- irk k
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- 450 LES LOCOMOTIVES A CHARBON PULVÉRISE =
- L’emploi du charbon pulvérisé, comme combustible pour chaudières fixes et pour foyers industriels, a pris, ces dernières années, une grande importance. Les grandes 'centrales électriques surtout font appel à ce combustible, en raison de la grande simplification du service, de la réduction des frais d’exploitation et de la facilité avec laquelle il s’adapte à toutes variations de charge.
- On était en droit de s’attendre à des avantages analogues pour les installations mobiles, locomotives, bateaux à
- bon pulvérisé, y ont été réalisées, indépendamment l’une de l’autre. L’une et l’autre assurent des rendements et des coefficients économiques très satisfaisants.
- Le foyer à charbon pulvérulent construit.par la Société AEG se trouve, depuis plusieurs mois déjà, en service sur une locomotive de train de marchandises, où l’on n’a qu’à s’en louer. Elle fait face sans difficulté, et pendant des temps assez longs, à des surcharges allant jusqu’à 30 pour 100. La locomotive à charbon pulvérisé se corn-
- Fig. 1. — La locomotive à charbon pulvérisé construite par la Société A. E. G.
- vapeur, etc. Mais des difficultés spéciales.se sont rencontrées tenant sur tout à des problèmes de poids.et d’encombrement, les chambres de combustion dans les foyers à charbon pulvérisé devant être plus vastes que celles des foyers à charbon ordinaire. Il n’existe pas encore de navire se servant du charbon pulvérisé. Des locomotives à charbon pulvérisé ont été construites, en ces dix dernières années aux Etats-Unis d’une part, en Suède d’autre part, mais ne semblent pas avoir donné satisfaction, car depuis plusieurs années, on n’en a plus entendu par-, 1er. La question a été récemment reprise en Allemagne, et avec succès, semble-t-il.
- Deux solutions du problème de la locomotive à char-
- porte d’une façon particulièrement avantageuse en cas de fortes variations de la consommation de vapeur; la combustion, en effet, peut être facilement proportionnée à la demande.
- D’autre part, le personnel de la locomotive, au lieu de sa rude corvée ordinaire, n’a plus qu’à régler l’apport du charbon pulvérulent et de l’air nécessaire au foyer, en ouvrant et en fermant des soupapes, et sa tâche s’en trouve singulièrement facilitée. Signalons enfin la rapidité de la mise à feu et la très considérable économie de combustible; celle-ci, d’après les essais jusqu’ici faits, est d’environ 20 pour 100.
- Extérieurement, la nouvelle locomotive ne se distingue
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- des machines usuelles que par la soute à charbon circulaire disposée sur le tender.
- La combustion est réalisée de la façon suivante :
- Une partie de l’air nécessaire, dite air primaire, est amenée en même temps que le charbon pulvérisé et distribuée, à l’aide de longues tuyères munies de nombreuses palettes, à la boîte tout entière. Ce n’est qu’après mélange intime et allumage définitif de ce mélange air-charbon pulvérulent qu’une nouvelle portion d’air de combustion (air secondaire), ajoutée au-dessus des tuyères, donne lieu à une nouvelle agitation énergique et à une combustion intégrale. La partie inférieure de la boîte à feu a été revêtue de maçonnerie, destinée à s’opposer à un rayonnement excessif vers l’extérieur. D’autre part, le foyer est muni d’une voûte en maçonnerie réfractaire, au-dessous de laquelle ont lieu l’allumage et la combustion proprement dite. Les gaz de combustion, pour parvenir à la surface de chauffe proprement dite, doivent contourner cette voûte et c’est grâce à un rétrécissement considérable qu’ils atteignent une vitesse élevée, favorable a la transmission de la chaleur.
- * A peu près en même temps que la société A E G, une société d’études dont font partie des usines de locomotives
- ------- .............- ........-- 45J ==
- bien connues: Ilentschel, Borsig, Krupp, Sclnvartzkopff, Ilanomag, etc., a commencé les essais d’un foyer à charbon pulvérulent pour locomotives. Au laboratoire d’essais, à Gassel, on vient d’atteindre des charges extrêmement élevées de la boîte à feu et des coefficients économiques très favorables. Une grande locomotive à train de marchandises appartenant aux Chemins de Fer de l’Etat allemand va être mise en service avec ce nouveau foyer. A l’inverse de ce que nous venons de dire à propos de la locomotive de l’A E G, dans ce modèle il n’y a qu’un apport d’air primaire. La disposition des: tuyères à charbon pulvérisé est également essentiellement différente dans les deux foyers. ,
- Les chances économiques des foyers à charbon pulvérulent sont d’autant plus favorables qu’ils permettent de brûler des combustibles inférieurs avec un. rendement fort élevé: C’est ainsi que le lignite pulvérisé, suffisamment desséché, a donné des résultats au moins aussi favorables que la poussière de houille. Aussi y a-t-il lieu de supposer que ces nouvelles locomotives seront, pour commencer, employées surtout dans l’Allemagne centrale où le lignite abonde.
- Alfued Gkadenwitz.
- .. FLÈCHE EN SILEX : .....
- INCLUSE DANS UNE VERTÈBRE HUMAINE
- M. le Dr Morel (de Mende) a trouvé, dans la grotte de SainterEnimie, (Lozère), un ossuaire de la Pierre polie. -, l^armi les, ossements, il a reconnu unt vertèbre humaine, dans laquellejest fixée, comme l,e montre la,radiographie, ci-jointe (lig. 1) une flèche ovalaire à soie}J en silex taillé.
- Il n’y a aucun, travail de réparation osseuse.
- Le sujet est donc, mort après cette blessure, qui .n’était pas mortelle cependant.
- L’os a été étudié avec soin par un anthropologiste averti, le D' M. Baudouin, qui a diagnostiqué, une deuxième dorsale, grâce à une méthode spéciale.
- , Ce fait.est jusqu’à présent unique én son genre, car toutes lesA autres vertèbres humaines. ainsi transpercées de pointes en silex, qui Sont connues dans la science, sont des vertèbres lombaires. (*)
- : 1. On sait que plusieurs exemplaires: de vertèbres, humaines
- Fig. 1.
- Pointe de flèche, en silex taillé, d’époque néolithique terminale, incluse dans une deuxième vertèbre dorsale humaine.
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- On remarquera que le projectile est entré de profil par le deuxième espace intercostal à droite : ce qui est assez
- extraordinaire pourune pointe de flèche ! La moelle n’a pas été touchée. : ‘
- Seul le corps de la vertèbre a été un peu fracturé en haut.
- A noter qu’un silex, quand il est inclus dans un os, paraît plus noir que quand il est libre.
- Dr M. Baudouin.
- transpercées par des flèches de pierre sont déjà connus.
- L’un des plus beaux figure dans la collection Prunières de la galerie d’anthropologie du Muséum national de Paris. Il fut trouvé par le Dr Prunières dans une grotte sépulcrale de la Lozère et décrit dans les Comptes Rendus de l’Association française pour l’Avancement des Sciences. M. Marcellin Boule l’a figuré dans son ouvrage classique Les hommes fpssiles et suppose, dans ce cas, qu’il s’agit d’une flèche néolithique reçue par un dolichocéphale paléolithique d’un des envahisseurs néolithiques brachycéphales dont les crânes sc retrouvent dans les dolmens.
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- ^ LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE =
- LES VUES PANORAMIQUES - LA TOPOGRAPHIE LA CARTOGRAPHIE AÉRIENNE
- Voici une science nouvelle qui a eu pour père un grand français, le colonel Laussedat, lequel, malheureusement, rie fut pas prophète en son pays. Ses travaux, qui datent de 1845, tombèrent dans l’oubli. Ils furent repris en Espagne, en Italie, au Canada et surtout en Allemagne et en Autriche. Quelques années avant la guerre, le colonel Saconney s’attaqua à cette question, et avec sa ténacité bien connue, arriva à des résultats splendides, avec des moyens encore rudimentaires si on les compare à nos avions actuels.
- C’est en effet, à l'aide de cerfs-volants à bord de vaisseaux de guerre qu’il fit les premiers levers aériens des côtes du Maroc.
- Ce sont les autrichiens Scheim-pflug et Kammerer qui certainement amenèrent les procédés de photographie aérienne à leur plus grand p e r f e ctionnement avant la guerre.
- Leur matériel de prise de vues et de restitution avait été conçu et réalisé. en entier. Il se composait en principe d’un appareil de prise de vues à huit chambres : l’une centrale verticale et sept convergentes inclinées à 45° sur la première. Les photographies étaient obtenues à bord de ballons libres ou de dirigeables, et c’est à bord de l’un de ces derniers que Kammerer trouva la mort en avril 1914. La restitution était obtenue au moyen d’un appareil très scientifiquement conçu et qu’ils dénommaient perspectographe. Ce qui manquait à ce moment, c’était encore le véhicule aérien. L’avion n’était pas encore au point.
- Mais la guerre devait transformer tout cela et très rapidement la photographie aérienne acquit une importance capitale comme renseignement. C’est elle, et elle seule en effet, qui permit au commandement de suivre pas à pas tous les travaux ennemis. Elle ne laissait rien
- échapper. Les besoins créèrent l’organe et nous vîmes bientôt apparaître l’appareil de photographie aérienne entièrement métallique 13x18 avec un objectif , de 0 m. 26 de foyer.
- Mais bientôt il fallut voler à 2000 m., puis 3000, 4000 et 6000 mètres. Le renseignement fourni étant insuffisant, on créa l’appareil de 0 m. 50, puis de 1 m. 20 avec un format de 18x24. Un améliora les magasins et vers la fin de la guerre apparurent les appareils à films.
- Ils permettaient de faire en un seul vol 100 à 200 photographies 18x24 avec un minimum de poids et encombrement. Nos ennemis qui nous avaient précédés là comme en toute chose, perfectionnaient aussi de leur côté. C’était une lutte sans merci.
- La guerre se termine et l’on songe alors à utiliser tous ces appareils et aussi toutes les connaissances acquises pendant ce temps. La première idée qui vint à chacun fut : « Nous avons fait des cartes photographiques pendant la guerre, nous allons nous servir de nos méthodes pour les besoins civils et les commandes vont affluer ». Malheureusement, il y avait fort loin de l’idée à la réalisation. Très vite on s’aperçut que ce qui avait été suffisant pour les besoins militaires était insuffisant pour la précision demandée par les Services publics ou les particuliers ayant besoin de plans à l’échelle.
- Malgré ses imperfections, qui chaque jour vont en diminuant, la photographie aérienne peut et doit rendre des services et nous allons voir comment.
- PHOTOGRAPHIE PANORAMIQUE
- Les applications de la photographie panoramique sont innombrables et chaque jour une utilisation nouvelle
- Fig. 1. — Vue panoramique d’une partie du village et du château de Champs, appartenant à M. Caken d’Anvers.
- Siir celte photographie apparaissent la belle ordonnance des jardins à la française et la dentelle qui a été reconstituée par M. Cahen d’Anvers comme elle avait été tracée lors de
- la création dit domaine.
- (Cliché Compagnie Aérienne Française).
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- nous est signalée. Seule, en effet, elle nous permettra d’avoir une vue d’ensemble d’un monument, d’un site. Seule, elle nous donnera l'idée générale suivant laquelle une ville a été créée et Vurbanisme, cette nouvelle science à l’ordre du jour, trouvera dans la photographie aérienne une source inépuisable de renseignements.
- L’aspect des villes de Vitry-le-François et d’Aigues-Mortes par exemple, vues en avion, est saisissant, et nous sommes tout étonnés de voir que les Américains n’ont rien inventé avec leurs villes en damier. Les monuments prendront un nouvel aspect et une fois de plus l’harmonie et l’équilibre de l’art latin nous seront révélés.
- La géographie physique et la géologie pourront illustrer et renouveler leur enseignement, grâce à la photographie aérienne, qui montrera les érosions, les stratifi-
- PHOTOGRAPHIE VERTICALE. LEVER DE PLAN.
- CADASTRE. CARTOGRAPHIE.
- La.plus grande application de la photographie aérienne et celle dont nul ne peut prévoir le développement est certainement le lever de plan et la cartographie.
- Lever de plan. —- Le lever de plan pour les échelles variant du l/1000e au 1/20.000e était, par les anciennes méthodes, long, difficile et coûteux. La photographie aérienne nous a permis de simplifier tout cela. Elle ne nous dispensera pas toutefois d’un travail préparatoire au sol. C’est pourquoi, il faudra, contrairement à ce que beaucoup pensent, une étroite collaboration entre l’ingénieur, le géomètre, l’arcliitecte et l’opérateur aviateur. Ces plans seront obtenus par les procédés de photo-restitution.
- Photo-restitution. — La question de la photo-
- Fig. 2 et 3. — Fragment de plan parcellaire photographique à gauche, et graphique à droite à l'échelle originale du lj1000 qui avec la photographie panoramique ci-dessus, donne l’image exacte du domaine et permettra toute amélioration ou modification de la propriété.
- (Cliché Compagnie Aérienne Française.)
- cations et toutes les modifications subies par notre planète à travers le cours des siècles.
- L’hydrographie trouvera une aide puissante dans la photographie aérienne, qui lui permettra de voir le tracé des côtes à marée basse et à marée haute, de déterminer les hauts-fonds et les bas-fonds, de tracer dans un estuaire le chenal praticable et d’indiquer les bancs de sable. Seul l’examen attentif de semblables photographies par les Ingénieurs des Services de la Marine pourra nous dire les milliers de renseignements utiles fournis par l’avion.
- Enfin, la photographie panoramique pourra servir pour les lotissements de terrain, les vues d’ensemble de châteaux et parcs, les études de cités-jardins et cités ouvrières.
- En particulier, il n’est pas un directeur d’usine ou d’industrie qui ne voudra avoir une vue d’ensemble de ses établissements. Ces vues seront d’un usage constant pour la publicité sous toutes ses formes : agrandissements pour expositions, foires, catalogues illustrés, cartes postales, revues industrielles, etc....
- restitution est certainement la plus ardue au point de vue réalisation. Depuis la guerre, elle a fait d’immenses progrès dans tous les pays. Nous citerons rapidement les appareils en usage ou en voie de réalisation.
- En France, l’appareil couramment employé est dû à l’ingénieur Roussilhe. Il se compose d’une lanterne de projection spéciale dans laquelle le cliché, l’objectif et le plan de projection peuvent prendre respectivement toutes les positions dans l’espace. Ceci permet de reconstituer, à l’échelle demandée, le trièdre aérien composé de : plaque, objectif, terrain, en remplaçant le terrain par le panneau de projection. En faisant coïncider sur ce panneau 3 points du cliché avec les 3 mêmes points triangulés à l’avance sur le terrain, on obtient une restitution planimétrique et à l’échelle de tout le terrain représenté par le cliché.
- Il n’y a plus qu’à faire des corrections d’altitude. Cette méthode est élégante et rapide.
- En Allemagne, la question de la photo-restitution et de la stéréophotogrammétrie aérienne a été poussée très loin par le professeur Hughershoff dont l’auto-carto-
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- graphe est construit par la maison Heyde de Dresde. La maison Zeiss a adapté aussi un stéréo-comparateur aux besoins aériens.
- L’Italie est loin d’êtrë en retard. L’ingénieur Nistri a construit un appareil remarquable qui se sert aussi de deux'photographies formant stéréogrammes.
- Après avoir étudié rapidement les différents appareils qui nous permettent d’exécuter le travail, voyons à quelles applications réelles nous les utiliserons.
- LE CADASTRE
- En France, le cadastre â été dressé entre 1810 et 1845, mais n’a jamais été révisé, sauf pour quelques
- rement les possesseurs de domaines, qu’ils soient propriétaires de milliers ou seulement de quelques dizaines d’hectares.
- De même que l’engrais chimique, la motoculture, la sélection des graines, etc., a révolutionné les anciennes méthodes en faisant rendre à la terre beaucoup plus que jadis, de même la photographie aérienne permettra à chacun de mieux connaître ses propriétés, leurs divisions, leur aspect et sur un plan clair et à jour de discuter les rotations de culture, assollements, etc.
- Dans le bureau de chaque ingénieur agronome, de chaque régisseur, à côté l’un de l’autre, le plan photographique, le plan graphique, et la 'vue panoramique
- Fig. 4. — Plan photographique de la ville de Nîmes.
- communes et l’on s’inquiète beaucoup de ce travail général sur lequel est basé le rendement de l’impôt foncier. Or, on estime qu’il faudrait vingt-cinq ans pour renouveler le cadastre, en admettant que l’on puisse trouver le nombre de géomètres suffisant, ce qui est improbable.
- Les essais faits à l’aide de la photographie aérienne ont été concluants et nettement en sa faveur au point de vue rapidité, prix de revient, exactitude. D’après ces essais, on estime que huit ou dix années suffiraient pour établir les clichés du territoire entier de la France.
- Domaines. — Ces plans intéressent tout particuliè-
- de la propriété sont dès maintenant indispensables.
- Dans les grands domaines forestiers les coupes seront visibles et faciles à déterminer et à prévoir ainsi que les chemins nouveaux qu’il y aurait lieu de tracer pour faciliter et améliorer l’exploitation.
- Dans les domaines agricoles ce plan facilitera le travail pour indiquer les clôtures, coupes de bois, création de chemins, ensemencements. Il fixera la configuration non seulement du domaine lui-même, mais encore des abords pour les achats éventuels et les remembrements.
- Dans les pays de vignobles, chez les arboriculteurs (oliviers, orangers), chez les pépiniéristes on sera étonné de
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- voir la richesse de renseignements donnés par le plan photographique sur l’état des plants et des arbres. On pourra parfaitement les compter et voir les manques.
- Les propriétaires de grandes chasses ont déjà pensé depuis longtemps à s’adresser à une compagnie spécialisée dans la photographie aérienne pour avoir le plan exact de leurs domaines qui dans ce cas sont photographiés avant la pousse des feuilles.
- Par ces temps de lotissements et de morcellements de splendides propriétés, tant aux environs de Paris que
- Il est établi généralement à des échelles variant de 1/1000 au 1/5000.
- Fourni avec le plan photographique il donnera l’aspect exact du domaine avec le dessin des routes, les habitations isolées, les ouvrages d’art, les accidents naturels du sol (bois, eaux, carrières, etc.), toutes les limites de culture apparentes. Les clôtures, les traverses, les enclaves seront faciles à déterminer.
- On pourra avec ce plan précadastral établir par la suite le : plan parcellaire, document sur lequel sont re-
- Fig. 6. — Vue panoramique d'une partie delà ville de Nimes, en particulier des arènes, jardins et cathédrale. L’urbaniste pourra utilement se servir de cette vue panoramique pour compléter les renseignements donnés ci-contre.
- (Cliché Compagnie Aéi'ienne Française.)
- sur la Côte d'Azur, le plan photographique et graphique ainsi que la vue panoramique ont aidé à la création de lots et à leur vente en présentant au public l’aspect général de la propriété et ses avantages.
- PLAN PARCELLAIRE
- Le plan préparcellaire, servira de fond de plan à l’établissement d’un plan parcellaire ou d’un plan cadastral.
- Le plan préparcellaire est particulièrement indiqué pour les propriétaires de domaines.
- portées toutes les limites de parcelles, c’est-à-dire les limites de propriétés et les limites de culture ou d’exploitation.
- Nous résumerons en quelques lignes les avantages de la phototopographie appliquée aux levers de domaines en indiquant les principaux avantages de celte méthode qui sont les suivants :
- La rapidité d’exécution, bien supérieure à celle que peuvent atteindre les anciens procédés.
- La précision que l’on obtient par les procédés de photo-topographie est du même ordre que celle, que l’on obtient dans les relèvements par les méthodes usuelles
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- avec report graphique. Ce fait, maintes fois contrôlé, a fait l’objet d’expériences officielles en France, notamment par le Ministère des Régions libérées. Ajoutons que le lever basé sur les photographies aériennes, par son caractère industriel et le contrôle mutuel des diverses opérations, écarte toute possibilité d’omission ou d’erreurs matérielles auxquelles sont naturellement sujets les meilleurs géomètres.
- L'économie. — L’avantage d’économie des levers par la phototopographie résulte de l’économie de temps et du haut rendement des procédés mis en œuvre. Il va sans dire que pour établir une comparaison des prix, il importe d’adopter les mêmes caractéristiques et les mêmes garanties de précision entre les différents procédés que l’on compare.
- La richesse de détails. — Les plans graphiques comportent des caractéristiques très complètes. En outre, le plan photographique qui est fourni en même temps que le plan graphique ajoute à ces détails schématiques tous ceux que l’on obtient d’une vision directe du terrain.
- PLANS DE VILLE. TRAVAUX PUBLICS
- Fig. 7. — Monaco et Monte-Carlo.
- Cette photographie en dehors de son intérêt au point de vue touristique : (on y voit le port, le palais du prince de Monaco, l’Institut Océanographique et le casino de Monte-Carlo, dans le fond les contreforts des Alpes, la grande corniche et la corniche d’or,) sera d’un intérêt puissant pour l’étude de la géographie physique; elle illustrera l’explication d’un port, d’une presqu’île, des contreforts
- montagneux, etc...
- (Cliché Compagnie Aérienne Française.)
- Les plans de villes avec leur zones d’extension et d’embellissement auront avantage à êlre faits par la photographie aérienne, car là les difficultés inhérentes aux anciennes méthodes sont terribles. Dans une grande ville, le dessin d’un îlot avec tout son détail de maisons demande plusieurs jours pour être levé dans tous ses détails. Le cliché aérien nous le donnera à l’instant.
- Dans le même ordre d’idées, la photographie aérienne aidera grandement aux levers de plans de gares, canaux, ports, lignes de transport de force, etc., en un mot à tous les travaux publics.
- Dans cet ordre d’idées nous devons citer la Compagnie aérienne française qui a fait d’importants travaux tels que les levers de plus de 400 villes en France, Algérie,
- Tunisie, Maroc, les levers cadastraux de la Martinique et le travail cartographique d’une partie du Canada. Ce dernier travail commencé depuis deux ans représente déjà le lever d’un million d’hectares.
- CARTOGRAPHIE
- Tout ce que nous avons dit s’applique à la cartographie, mais ici les méthodes seront légèrement différentes.
- Deux cas se présentent :
- La carte en pays connu déjà levé.
- La carte en pays inconnu.
- En pays connu où tout existe, comme la
- France ou la Belgique il peut paraître extraordinaire d’avoir à utiliser ces méthodes. Cependant, il faut bien constater que nos cartes actuelles ne sont plus à jour.
- Fig. 8. — Les Baux.
- Pour l’étude de la géographie physique et humaine, cette photographie est précieuse, car elle montre les contreforts des Alpilles, des érosions de massifs crayeux, avec dans la montagne le vieux village des Baux en partie abandonné et dans la vallée le nouveau village qui s’ést construit.
- (Cliché Compagnie Aérienne Française.)
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- La photographie aérienne sera là un puissant adjuvant.
- Il n’y aura qu’à rendre apparents les points géodésiques existants et tout ce que nous avons dit pour les plans et le cadastre sera applicable.
- Nous travaillerons seulement à plus grande altitude ou avec des appareils à plus court foyer pour couvrir le plus de terrain possible en un seul vol.
- En pays inconnu, le problème n’est plus le même. Tout est à faire et la photo aérienne seule est impuissante si l’on désire avoir immédiatement un plan exact. Mais est-ce bien utile ? Nous ne le croyons pas, et à notre avis, voici une méthode de travail à adopter :
- On prendra une première série de photographies à l’échelle la plus proche de celle demandée, ou tout au moins à une échelle connue donnée par l’altimètre, et la carte sera faite par simple tirage et assemblage. Nous n’aurons évidemment qu’une image du terrain à une échelle approximative, mais une image combien précieuse. Tout y sera représenté avec la véritable forme : les moindres rivières et ruisseaux, les bois, les clairières, les marais, tout sera visible et nous aurons leurs dimensions respectives.
- Grâce à cette image cartographique nous pourrons nous promener sur le terrain, dans notre bureau. Nous pourrons à coup sûr faire tous les projets de voies ferrées,
- EEf::::. vè/bz LA FOUDRE EN
- M. P. Dalloz, dans la Montagne, décrit avec précision de précieuses observations qu’il eut l’occasion de faire sur les phénomènes électriques en montagne, et notamment sur la foudre en boule.
- Le 14 juillet 1921, il avait entrepris avec M. A. Bonifas et sans guide la difficile ascension de' là Méije. Le beau temps avait d’abord favorisé l’entreprise. Mais, arrivés au « Cheval Rouge », en enfourchant l’arête étroite d’où l?on découvre le village de la Grave, les deux grimpeurs*furent intrigués par un bourdonnement semblable à celui que-fait une ligne à haute tension ou une ruche. Le ciel était toujqurs pur. Seuls, quelques gros nuages blancs coiffaient les Aiguilles d’Arves; mais leur aspect ne semblait pas menaçant;_Ies alpinistes, un peu novices à l’époque, décidèrent de continuer l’ascension. Quelques instants plus tard, ils arrivaient au sommet. Mais soudain ils virent le clair paysage se transformer : « les horizons qui par les belles journées d’été sont bleus devinrent gris. Les rochers perdirent tout relief. Les neiges se salirent.
- Très loin au-dessous de nous, sur le Glacier de la Meije se formèrent de petits nuages blancs qui hésitèrent un instant avant de s’élever le long de la pente Nord de la montagne.
- Ces condensations devinrent vite très importantes. Chassées par un courant d’air ascendant, elles gagnèrent l’arête, la franchirent, tourbillonnèrent un instant avant d’être happées par le précipice. Le sifflement qui avait éveillé notre curiosité reprit de plus belle et cessa brusquement avec un bruit mou. Le tonnerre gronda sur les aiguilles d’Arves .»
- En moins de 5 minutes, la tempête succède au beau temps. Enveloppés dans la brume, exposés à un vent violent chassant des rafales de grêle, les deux hommes restent bloqués au sommet de la montagne, dans une position des plus critiques, sans autre ressource que de se blottir à l’abri du vent dans une anfractuosité du sommet. « La conscience du danger inévitable, dit M. Dalloz, créa en nous un état d’indifférence, de détachement très favorable à l’observation ».
- « Privilégié par sa forme et son attitude, le sommet de la Meije prenait toute la charge développée par influence sur les glaciers et les parois voisines- -Lorsque son -intensité-.
- de canaux d’irrigation, d’assèchement, de défrichement et nous éviterons aux explorateurs des recherches pénibles.
- Sur cette image fidèle du terrain nous pourrons enfin préparer notre travail géodésique, et lorsque nous voudrons faire cette dépense, le travail sera considérable^ ment simplifié. ^
- Le travail à terre étant alors fait, rien ne nous empêchera de refaire la même opération aérienne avec toute la précision voulue. Nous voyons tout de suite combien ces méthodes nouvelles sont précieuses pour nos colonies. ' ' r'
- Là où presque tout est à faire', il serait inadmissible de laisser inexplorés des terrains dont les richesses sont immenses, mais difficiles d’accès.
- Pour les tracés des routes, des voies ferrées, même pour l’organisation de l’infrastructure des lignes aériennes, des reconnaissances préalables par photographie aérienne deviendront indispensables. 1
- En résumé, la photographie aérienne a résolu ou résoudra une masse de problèmes qui inquiètent leè hommes depuis qu’il se déplacent sur notre planète.
- André Carlier,
- Président de
- l’Association Française Aérienne.
- MONTAGNE
- augmentait, le dégagement électrique produisait un sifflement de plus en plus aigre, semblable à celui d’une soupape qui lâche de la vapeur. L’irritation du système pilaire nous faisait endurer un picotement des plus désagréables....
- « Il y avait rupture d’équilibre lorsque le son avait atteint une certaine hauteur. La charge retombait à zéro et ce retour au point mort s’acco-mpagnait du bruit d’un fer rouge plongé dans l’eau. La commotion du choc en retour était surtout sensible aux genoux et aux coudes.
- Tout à coup, il y eut dans l’air un froissement et la charge tomba à zéro sans que nous fussions secoués plus brutalement que nous ne l’avions été jusqu’alors. Une boule de feu, dont le centre était jaune-paille, et les bords légèrement violacés surgit au-dessus de nous et se perdit dans la brume. Il y eut un petit coup de vent très sec qui souleva nos coiffures. A quelle distance l’étincelle passa-t-elle de nous? Je ne puis rien préciser, je ne puis que décrire des apparences. Sans doute aurions-nous vu sous le même aspect une orange passant à 2 m de nous. »
- M. Dalloz et son compagnon purent suivre des yeux cette boule, pendant un temps appréciable, peut-être une seconde. Elle suivait dans la brume un parcours irrégulier et comme hésitant, accompagné d’un bruit analogue à celui que fait un insecte en volant.. Quelques instants plus tard, un grondement sourd : c’était l’écho du^tonnerre répercuté par la Vallée des Etançons. Les deux observateurs perçurent très distinctement l’odeur aliacée dé l’ozone.
- Puis le sifflement de la montagne reprit aussitôt : une minute à peine après l’émission de la première boule, une nouvelle boule de feu apparut qui suivit le même trajet que la première. A ce moment le vent était nul.
- Enfin l’orage s'éloigné, la brume se dissipe et une nuit claire succède à la tempête. Nos deux excursionnistes durent passer au sommet une nuit de bivouac fort dure. Le lendemain, ils regagnaient la vallée, sans autre incident, heureux d’être quittes à si bon compte d’une aventure qui eût pu devenir tragique.
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- LES PROCÉDÉS SIMPLES DE TRANSMISSION PAR T, S. F.
- DES IMAGES EN BLANC ET NOIR
- La Nature n’a jamais manqué de tenir ses lecteurs au courant des progrès de la télépholographie et des tentatives dont le succès permet d’espérer une prochaine réalisation du télécinéma et de la télévision. Mais pour réaliser la transmission de plusieurs dizaines de milliers de points lumineux à la seconde, les laboratoires ont mis en œuvre un matériel très compliqué que ne sauraient posséder des amateurs. D’autre part la téléphotographie, le télécinéma et la télévision exigent l’emploi d’une onde modulée par l’intensité d’éclairement comme la radiophonie utilise une modulation par l’intensité sonore : il en résulte un notable affaiblissement de la portée à moins qu’on ne puisse recourir à de fortes puissances d’émission. Pour les deux raisons que nous venons de dire, il est à présumer que le cinéma sans fil ne sera pas avant longtemps à la portée des amateurs, même si sa mise au point technique devait être achevée sous peu.
- Tout au contraire, la transmission d’autographes et de dessins par T. S. F. est facilement réalisable avec des appareils simples, robustes et d'un prix abordable, et dès qu’on réfléchit aux possibilités ainsi ouvertes aux innombrables amateurs et usagers, on s’étonne de voir qu’elle ne soit pas déjà devenue d’une pratique courante.
- Au milieu du xixe siècle, la télégraphie sur fil était déjà parvenue à un degré de perfection suffisant pour permettre la transmission d’images en blanc et noir, et
- Fig. 2. — Poste récepteur de télautographie.
- en particulier d’autographes. C’est en 1843 que Bain a inventé le premier télégraphe copiant. En 1847,
- Bakewell a apporté un perfectionnement capital à l’appareil de Bain.
- Mais c’est à Ca-selli qui travaillait la question depuis 1855, qu’il devait appartenir de transmettre des images par fil à longue distance : en 1863 son pan- Fig l-—Poste émetteur de télautographie. télégraphe fonctionna entre Paris et Lyon. Evidemment des progrès considérables ont été réalisés depuis: lors, tant pour la rapidité de transmission qu’en ce qui concerne la finesse des images. Le télautographe Belin qui fonctionne commercialement entre les principales villes de France réalise la perfection. Mais déjà les résultats de Caselli donnaient de grandes satisfactions.
- Actuellement, au point de vue de l’amateur, la situation est la suivante :
- 1° La rapidité de la transmission doit être sacrifiée à la simplicité de l’appareillage.
- 2° Il paraît également intéressant de renoncer à la transmission d’images à tonalités dégradées telles que les photographies, pour s’en tenir à celle d’images en blanc et noir telles que les dessins au trait où les ombres peuvent d’ailleuis être convenablement réalisées par des systèmes de hachures. La téléphotographie est en effet comparable à la radiotéléphonie. L’onde porteuse est modulée dans un cas'par l’intensité lumineuse comme elle l’ëst dans l’autre par l’intensité sonore. En broad-casting la modulation est suivie par le haut-parleur. En téléphotographie, l’appareil correspondant est un galvanomètre à miroir, combiné avec une source lumineuse, un système de lentilles et de diaphragmes et une plaque photographique.
- La télautographie est au contraire, comme la télégraphie, un système de « tout ou rien ». La pièce finale du récepteur est, dans un cas, un enregistreur Morse, dans l’autre un simple relais actionnant un crayon. En se limitant aux transmissions en blanc et noir, on gagne donc en simplicité, et aussi en portée, car il est bien connu des amateurs qu’une même station se fait entendre beaucoup plus loin en télégraphie qu’en téléphonie.
- Un appareil de télautographie sans fil comprend quatre parties essentielles
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- 1° Un dispositif d’entraînement du cliché permettant l’exploration successive de tous ses points.
- 2° Un dispositif traducteur des blancs et noirs de l’image.
- 3U Un dispositif de synchronisation.
- 4° L’appareillage télégraphique proprement dit.
- Pour étudier successivement ces quatre parties, nous choisirons, entre les nombreux télautographes existant, un modèle de Dieckmann d’une réalisation particulièrement simple (fig. 1 et 2).
- I. Dispositif d’entraînement. — Tous les appareils modernes comportent une exploration du cliché en hélice. Le cliché est enroulé sur un cylindre I qui tourne d’un mouvement uniforme, étant entraîné par un mouvement d’horlogerie 2. Par l’intermédiaire de deux roues dentées égales 3, une lige filetée 4 tourne à la même vitesse. Par l’intermédiaire d’un écrou, le chariot traducteur 5 est ainsi entraîné parallèlement à l’axe du cylindre et avance d’une quantité égale au pas p du filetage 4, chaque fois que le cylindre I fait un tour. Le style métallique 6 porté par le chariot 5 décrit donc sur le cliché une hélice de pas p et de diamètre D égal à celui du cylindre I.
- Au poste récepteur, on trouve le même ensemble (fig. 2, pièces 11 à 16). Pour que l’image reçue soit semblable au cliché transmis et ne soit ni allongée ni rac-
- courcie, il faut que
- le rapport ~
- même pour l’appareil émetteur et pour tous les récepteurs.
- Remplacez le cliché par un cylindre de phonographe, le tàteur 6 par un diaphragme à aiguille : vous retrouvez exactement le montage des premières machines parlantes d’Edison.
- II. Dispositif de traduction. — Le télautographe fonctionnant comme un télégraphe, on doit trouver au poste émetteur un manipulateur et au récepteur un relais enregistreur,
- Le cylindre I est métallique et un contact y est pris par le frotteur 7. Le cliché est constitué par une feuille d’aluminium sur laquelle on a dessiné à la plume, en employant, au lieu d’une encre ordinaire, une laque isolante. Le bras du chariot 5 et le crayon tâteur 6 sont métalliques.
- Le cylindre étant en mouvement, tant que le crayon 6 explore les blancs de l’image, il reste en communication électrique avec le cliché métallique et le cylindre ; le circuit électrique 5, 6, 7 est fermé, ce qui correspond au cas où, en télégraphie, le manipulateur est abaissé.
- Quand le crayon métallique 6 vient à passer sur un trait du dessin, le circuit 5, 6, 7 est au contraire interrompu par la laque isolante avec laquelle ce trait est tracé; les noirs de l’image correspondent donc à la position relevée d’un manipulateur.
- Au poste récepteur, lorsqu’un courant est reçu dans la bobine 17 d’un relais mis à la place qu’occuperait le Morse en télégraphie ou le haut-parleur en téléphonie, la palette 18 se trouve attirée et, perdant le contact de la
- vis argentée 19, elle ouvre un circuit local alimenté par le pile 20 et qui comprend deux relais en série, 21 et 22. Le relai 22 n’étant plus excité, le ressort antagoniste 23 relève le crayon 16 qui n’appuie plus sur la feuille de papier tendue sur le cylindre 11 : le blanc est ainsi respecté. C’est le cas correspondant en télégraphie à l’absence de courant dans le circuit local du Morse.
- Quand aucun courant de réception ne passe plus dans la bobine 17, la palette 18 retombe sur la vis argentée 19 et ferme le circuit local. La pile 20 débite dans l’électro 22 qui attire son armature et appuie le crayon 16 sur la feuille de papier, en sorte que les noirs du cliché y sont reproduits.
- En pratique, au lieu d’un crayon tendre ou d’un stylo encré, on préfère employer un crayon métallique. La feuille de papier blanc tendue sur le cylindre 11 est recouverte d’une feuille de papier carbone et la pression du crayon 16 provoque l’impression du papier blanc par le carbone. Pour faciliter la copie, Dieckmann chauffe électriquement le crayon 16 par un courant dérivé de la pile 20 : le rhéostat 25 permet le contrôle de la température.
- On peut également réaliser l’impression par électro-lyse en employant un papier chimique tel que le papier cherche-pôle. Celte méthode, moins avantageuse, a été abandonnée.
- III. Dispositif de synchronisation. — Pour éviter toute déformation de l’image, pour que deux points voisins sur le cliché soient également voisins sur la copie, il faut évidemment que les cylindres 1 et 11 tournent exactement à la même vitesse : il faut, en d’autres termes, réaliser la synchronisation rigoureuse de leurs rotations.
- La synchronisation approximative est obtenue en agissant sur le régulateur du mouvement d’horlogerie 12, constitué comme le régulateur d’un phonographe.
- Pour réaliser ensuite la synchronisation rigoureuse, on a recours à la méthode de d’Arlincourt, dont voici le principe : on laisse le cylindre récepteur tourner un peu plus vite que le cylindre émetteur, mais on l’arrête à la fin de chaque tour et on le laisse attendre que le cylindre émetteur ait fini sa révolution.
- Dans ce but, tandis que le mouvement d’horlogerie 12 entraîne d’un mouvement continu les roues 13, on lui a fait commander le cylindre 11 par l’intermédiaire d’un embrayage 26, susceptible de patiner. Le bord du cylindre porte une saillie 27, qui est arrêtée en fin de tour par le doigt 28 du relai 21.
- Au poste émetteur, la hauteur du cliché n’est guère égale qu’aux 4/5 du périmètre du cylindre 1. Sur un cylindre de 18 centimètres de longueur et 5 de diamètre, on mettra, par exemple, un cliché de 13 X 18 : il restera ainsi une largeur disponible de 27 millimètres sur laquelle on tracera une bande de 20 millimètres au moyen d’un vernis isolant : c’est la bande de synchronisation.
- Tandis qu’elle défile, à la fin de chaque tour, sous le crayon 1, elle coupe le courant télégraphique : au récepteur, le circuit local est fermé, le relai 21 soulève le
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- doigt 28, qui arrête au passage le doigt 27 et fait attendre le cylindre 11.
- Quand le crayon 1 sort de la bande de synchronisation et pénètre dans la marge blanche de 7 mm, le courant télégraphique passe à nouveau, le circuit local de réception est ouvert, le relai 21 n’est plus excité, le ressort antagoniste 24 efface le doigt 28 et le cylindre récepteur 11 commence une nouvelle révolution exactement au même instant que le cylindre émetteur 1.
- Le mouvement d’horlogerie 2 doit être très régulier. Les irrégularités du mouvement 12 seront alors décelées immédiatement par des franges apparaissant sur le bord d’entrée : le réglage du mouvement 12 consistera à faire disparaître ces franges en laissant à la bande de synchronisation sa largeur normale : il s’opère par action sur le régulateur. L’expérience a prouvé que ce système de synchronisation, dont le mode de réalisation est si simple, est parfaitement suffisant quand on dispose de quelques minutes pour la transmission d’une image. C’est lui qu’on appliquera chaque fois qu’on voudra réaliser des transmissions à grandes distances.
- Nous voudrions cependant suggérer ici l’emploi d’une autre méthode de synchronisation dans le domaine de la radiodiffusion régionale.
- Depuis quelques années, les différents secteurs de distribution d'énergie électrique, autrefois indépendants, ont été réunis entre eux pour leur permettre de se prêter une mutuelle assistance.
- Autour de chaque grande ville, on a ainsi réalisé le bouclage des centrales et, par voie de conséquence, l’uniformisation de la fréquence.
- . Il y a là une précieuse possibilité de synchronisation des appareils récepteurs télautographiques d’une région. On pourrait substituer aux mouvements d’horlogerie 2 et 12 des appareils, des moteurs synchrones de faible puissance et d'un prix de revient abordable. Pourvu que le nombre de pôles de ces moteurs et le rapport du train d’engrenages intercalé entre eux et les cylindres soient partout les mêmes, le synchronisme nécessaire à la transmission télautographique se trouverait automatiquement réalisé dans tout le domaine géographique d’un grand réseau d’électricité. Les amateurs seraient ainsi débarrassés du souci de régler la vitesse de leur appareil récepteur. Ils n’auraient qu’à accrocher leur moteur sur le réseau, ce qui est tou-iours facile pour les faibles puissances, le démarrage pouvant se faire en asynchrone.
- Il est vrai que les personnes habitant le centre des agglomérations, où le courant distribué est encore souvent du continu, ne bénéficieraient pas de cette simplification. Mais elles seraient le petit nombre et il leur res-
- terait la possibilité de recourir à l’emploi de l’ancienne méthode de d’Arlincourt.
- IV. Appareillage télégraphique — La transmission télautographique ne peut évidemment être portée que par une onde continue, mais celle-ci peut être, soit une onde entretenue pure, soit une onde entretenue modulée à fréquence musicale.
- Si l’on choisit l’onde entretenue pure, il suffit de mettre à la place du manipulateur le circuit 5, 6, 7 (fig. 1). A la réception, l’appareil 36 sera d’un type quelconque, le relais 17 étant mis à la place du haut-parleur. Mais, pour rendre perceptibles les courants reçus, il faudra, tout comme en télégraphie ordinaire, avoir recours à une hétérodyne. Ce procédé convient très bien pour les transmissions à grandes distances. Il est moins avantageux en matière de radiodiffusion, car il impose à chaque amateur le réglage supplémentaire d’une hétérodyne. Si l’appareil récepteur est du type à changement de fréquence, l’hétérodyne risque d’interférer, par une de ses harmoniques, avec l’oscil-latrice.
- Dans un même immeuble, différentes hétérodynes peuvent interférer entre elles.
- Il y a alors certainement avantage à recourir à l’emploi d’une onde porteuse modulée à fréquence musicale.
- Dans ce cas, on dispose au poste émetteur une hétérodyne à fréquence musicale, réglée, par exemple, sur 1000 cycles par seconde, soit un peu plus haut que l’octave aiguë du diapason.
- Cet appareil est représenté en 8 sur la figure 2.
- Son fonctionnement est commandé par le circuit 5, 6, 7, et il module l’onde entretenue produite par l’appareil émetteur 9 dans l’antenne 10. ,A la réception, on utilise l’appareil ordinaire de broadcasting, sans aucune modification et en remplaçant simplement le haut-parleur par la bobine de relai 17.
- Si la synchronisation est réalisée automatiquement par le procédé du moteur synchrone que nous proposons plus haut, l’amateur aura donc simplement à faire les manœuvres suivantes pour passer de la réception téléphonique à la réception télautographique :
- 1° Mise en place sur le cylindre 11 de la feuille de papier blanc recouverte d’un papier carbone.
- 2° Lancement du moteur synchrone 12.
- Le domaine d’application de la télautographie est considérable. Pour les amateurs d’émissions, ce procédé est plus intéressant que la télégraphie Morse, d’abord parce qu’il permet la transmission de dessins, ensuite parce que, dans l’envoi d’un texte, il supprime, en très grande partie, les inconvénients du fading. En effet,
- Fig. 3. — Cliché télautographique et bande de synchronisation.
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- = 462 — . ' ........................ =
- tandis qu’en télégraphie ce dernier phénomène supprime la réception de quelques mots o» groupes, chiffrés et suffit à rendre un message incompréhensible, il n’a en télautogr,aphie d’autre conséquence, que de produire quelques stries noires, sans supprimer la lisibilité. De même’ les, parasites atmosphériques ne se manifestent quef par quelques petites taches blanches qui ne déforment pas appréciablement le dessin reçu. Il est donc possible de promettre aux amateurs d’émissions une amélioration considérable des communications lointaines par l’emploi d’un, appareil télautographique aussi simple que celui qui a été décrit.
- Quelques amateurs se (consacrent à l’étude . si intéressante des perturbations atmosphériques. S’ils recouraient au lélautographe, ils pourraient, en faisant varier la sensibilité ,de leur réception, explorer l’agitation atmqsphé-j rique à ses différents niveaux (1). Au lieu de notes hâtivement prises et toujours incomplètes, ils disposeraient d’une série de clichés sur lesquels les perturbations apparaîtraient comme des traînées blanches sur fond noir. Ces documents offriraient l’avantage d’une authenticité indiscutable et d’une lecture facile.
- Enfin, dans le‘domaine du broadcasting, la télauto-
- 1. Pour ces recherches, le doigt 28 doit, bien entendu, être maintenu abaissé.
- graphie améliorerait la transmission des renseignements météorologiques en évitant les erreurs de chiffres si fréquentes en téléphonie et en permettant la diffusion de cartes météorologiques. La transmission des cours des valeurs et des denrées serait garantie contre les erreurs téléphoniques. Les nombreux cours qui sont professes par T. S. F. utiliseraient le télautographe comme un tableau noir sur lequel s’inscriraient les dessins, les schémas, les mots étrangers et les noms propres d’orthographe difficile. Les programmes musicaux pourraient être appuyés du portrait des artistes, tout comme cela se fait au théâtre. Enfin la description des grandes réunions sportives, qui est suivie avec tant d’intérêt par la foule des amateurs, pourrait être complétée par J a transmission de quelques photographies hâtivement développées et transformées en clichés en blanc et noir, à moins que le speaker, ayant un talent de caricaturiste, ne préfère envoyer les croquis qu’il ferait sur le vif.
- Il est incontestable que les nombreuses applications des télautographes simples, faciles à . manier, et d’un prix abordable, sont susceptibles d’intéresser la majorité des amateurs de T. S. F. et il est à souhaiter qu’un poste français prenne l’initiative de créer un service régulier de transmissions télautographiques dans un avenir très prochain. R. Maillet.
- LES TREMBLEMENTS DE TERRE DES BALKANS
- La péninsule des Balkans a été éprouvée au courant du mois d'avril par;: de violents et désastreux tremblements de terre. Le premier s’est produit le 14 avril; son épicentre se trouvait à Ghirpan, dans le süd de la Bulgarie; la zone de destruction s’est étendue jusqu’à Philippopoli à 50 km à l’ouest. Dans la soirée du 18 avril, un autre violent séisme a éprouvé la même région; l’épicentre était au voisinage de
- Philippopoli ; la ville a été très éprouvée ; plus de 5Q00 maisons détruites et de nombreux morts. A Sofia, distant de. plus 100 km, des maisons ont été èndomiüàgées. Le 22 avril, c’est en Grèce que le fléau sévissait' : la ville de Corinthe a été presque entièrement détruite par un nouveau tremblement de terre et plusieurs localités avoisinantes gravement endommagées; plus de 15 000 persoimes Sont sans abri. . .
- LES NOUVELLES FOUILLES DE POMPÉI
- La Nature a récemment évoqué (ri0 2781) la catastrophe causée en l’an 79 par une éruption du Vésuve, qui engloutit en quelques heures les villes voisines de Pompéi et d’Herculanum et elle a aussi rappelé les caractères distinctifs de ces deux villes voisines.
- Nous n’y reviendrons pas ici, mais nous voudrions faire connaître les fouilles récentes entreprises à Pompéi, en même ^temps qu’à Herculanum sous la direction du professeur Majuri, grâce à l’appui de M. Mussolini.
- Si Herculanum périt dans la boue, Pompéi fut ense-1 velie sous la cendre. Si la première était ville de villégiature et de repos, la seconde était ville de commerce et d’affaires, une grande ville de province. L’une et l’autre présentent donc le plus vif intérêt pour la connaissance exacte du monde antique et les découvertes déjà faites à Pompéi en ont plus1 appris sur la vie rofnaine au début
- de l’ère chrétienne que tous les autres documents qui nous sont parvenus. . / ' ,
- Il y a 180 ans que les premières fouilles ont commencé à Pompéi et plus de la moitié de l’ancienne ville a déjà été déterrée. C’est dire qu’elle réserve moins de surprises qu’Herculanum, à peine découverte jusqu’à ces dernières années.
- ' Cependant, les nouvelles excavations ont déjà mis à jour nombre de faits particulièrement remarquables/ . '
- LES FOUILLES ACTUELLES , i
- Deux méthodes se partagent les traditions archéologiques, qui ont chacurie leurs mérites ét leurs défauts sur lesquels' nous n’ouvrirons pas ici de débat : l’une est pour le respect scrupuleux de l’état dans lequel on retrouve
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- les choses du passé, l’autre est pour les reconstitutions.
- M. le professeur Majuri est partisan de la seconde : il ne se contente pas de dégager, il reconstruit. Très respectueusement, certes, puisqu'il s’efforce de rétablir l’aspect originel en utilisant les matériaux trouvés sur place pendant les fouilles ou d’autres ayant exactement les mêmes qualités et la même patine. A-t-il tort ou raison? Cld lo sa?
- En tout cas, il en obtient des effets très heureux, à en iuger par l’impression que donne le toit refait du péristyle de la maison des Vessi (fig. 1) , cette fameuse maison qui a déjà montré tant de fresques magnifiques et qui était, il y a près de 20 siècles, le rendez-vous de toute l’aristocratie de la ville.
- Les nouvelles fouilles ont été poussées surtout vers l’est de la ville, en suivant la rue de l’Abondance, dans un quartier qui devait être celui des habitations riches et des boutiques luxueuses.
- Une nouvelle rue a été mise à jour (fig. 2), dont on ne connaît pas encore le nom. Elle était bordée, sur un côté, de boutiques aux parvis ornés de fresques. Les murs extérieurs portent les traces de noms en grandes lettres dont certains sont reproduits plusieurs fois. On suppose que c’étaient les noms d’acteurs ou d’actrices
- Fig. 2.
- Fig. 1. — Le toit restauré du péristyle de la maison des Vessi.
- célèbres. La rue était proche du grand amphithéâtre.
- L’autre côté est occupé par des maisons plus ou moins grandes qui se touchent, toutes révélant la richesse et le confort. L’une d’elles, baptisée maison du célibataire à
- La nouvelle rue innommée, montrant sur les murs des boutiques des inscriptions de noms en grandes lettres.
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- cause de sa petite taille, comprend un salon, une salle à manger et une chambre à coucher sur un espace de moins de 4 mb
- Dans celle maison, on a mis à jour un très bel autel
- Fig. (i, — Puits et balcon au coin d'une rue.
- (fig. 3), consacré [aux dieux lares, entouré de fresques dont il reste des fragments.
- Au coin d’une rue, ornée d’une petite fontaine comme il en existait dans beaucoup de rues romaines, on a découvert un de ces balcons (fig. 4) fréquents dans les villes au bord de la mer. Ce balcon décoré de marbres de couleurs précédait les chambres à coucher; il était couvert d’une véranda et les femmes s’y tenaient l’après-midi tandis que les hommes fréquentaient la buvette installée au-dessous.
- Dans une des maisons, la chambre d’enfant fut retrouvée presque intacte (fig. 5); elle contenait encore le cadavre de son occupant, un enfant de 8 à 10 ans, probablement brûlé par les cendres pendant qu’il était dans son lit, retrouvé sur la porte d’entrée.
- Les nouvelles fouilles ne peuvent avancer que lentement, les couches de cendres étant plus épaisses et plus dures que dans l’ouest de la ville et leur enlèvement ne pouvant être fait qu’à la main. Chaque jour, de nouvelles fresques apparaissent qui doivent être immédiatement protégées, la lumière tendant à faire disparaître immédiatement les couleurs. Chacune d’elles est aussitôt lavée avec soin, puis traitée à la cire. Si les récents travaux n’ont pas encore mis à jour de sensationnelles trouvailles, ils ont tout au moins révélé un nouveau quartier, d’aspect plus artistique et intellectuel que ceux qu’on connaissait déjà, consacrés surtout au commerce et au plaisir. Si bien que Pompéi se révèle une ville complexe, comparable à nos cités modernes par la variété de ses habitations. R. P.
- Fig 5. — Un, cadavre d’enfant à a porte de sa chambre.
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- LES MOUCHES A TRUITES
- LES PHRYGANES
- Les Phryganes forment un sous-ordre important de la faune de nos rivières. Leur nom, qui vient d’un mot grec signifiant « fagot de brindilles », provient de l’habitude qu’ont leurs larves de se construire des abris individuels, généralement tubulaires et parfois formés de petits bouts de bois et autres débris végétaux .
- Il y en a environ 200 espèces repérées en France.
- A l’état parfait, les phryganes sont de petits papillons de couleurs généralement ternes, qu’on voit voleter le soir au crépuscule peu au-dessus de la surface des eaux : ce sont ces insectes que makers anglais sous le nom de Pendant le grand jour les phryganes se tiennent
- généralement immobiles, appliqués sous les feuilles et les herbes du bord des ruisseaux, des fleuves et des mares.
- Au repos, les phryganes portent les ailes en forme de toit, comme les sialis. Dans cette position, les ailes antérieures masquent complètement les ailes postérieures qui sont souvent plissées en dessous dans le sens de leur longueur. Les quatre ailes sont presque égales, encore que les antérieures soient parfois les plus longues et que les postérieures soient généralement plus arrondies. Ces postérieures sont souvent plus transparentes que les antérieures, lesquelles sont tour jours bordées de poils, d’où leur nom scientifique de Trichoptères, généralement adopté aujourd’hui
- les fly imitent sedges.
- Fig. 1 h k. — Divers étuis de larves de Phryganes.
- dre, c’est leur vie casanière à l’état de larve. La larve de la phrygane, c’est le porte-bois ou portefaix que connaissent bien la plupart des enfants, et mieux encore les pêcheurs à la ligne. Dans l’eau, le porte-bois protège son corps fragile et mou dans une cabane tubulaire formée de petits cailloux plats ou de brindilles de bois agglutinés : péniblement, bringuebalant, cahotant, l’animal est bien comique à observer lorsque, sortant sa tête et ses six courtes pattes de sa maison, il traîne celle-ci sur le fond quand il veut se déplacer.
- Mais procédons par ordre : d’abord l’œuf.
- Quand la femelle adulte pond, ses œufs sont enfermés dans une boule de gelée : c’est dans cette masse pour s’immobiliser sur les ruisseau, que naissent les
- assez gluante
- Fig. 6.
- Nymphe de Phrygane.
- Fig. 5. — Larve de Phrygane sortie de son étui.
- dans les ouvrages d’histoire naturelle.
- La silhouette générale de la phrygane au repos est caractéristique avec ses longues antennes, son absence de queue, et ses ailes en faîte de toit qui sont à la longueur du corps à peu près comme 3 est à 2.
- Ce corps est cylindrique et son abdomen comporte 9 anneaux. Pattes longues, en 5 articles, avec un ou plusieurs éperons sur les tibias.
- Les phryganes sont des insectes à métamorphoses complètes.
- Ce qui constitue la plus grande originalité des insectes de cet or-
- protectnce,
- pierres ou les herbes du larves.
- On les peut distinguer sous forme de minuscules bâtonnets dans la transparence gélatineuse de cet abri provisoire. Deux ou trois jours après cette éclosion, les larvules sortent de leur gelée et songent tout de suite à se construire une maison.
- Bien entendu ce sera un domicile à leur taille, et elles en changeront à mesure qu’elles grandiront : la crise du logement n’est guère à redouter quand on est maçon soi-même et qu’on a sur soi ou sous la... patte tous les matériaux de construction utiles.
- Ces entrepreneurs de bâtisses sont évidemment leurs propres architectes, et il est curieux de constater que chaque espèce de phrygane a son style à elle : telle espèce construit en bois, telle autre en pierre, de telle ou telle forme tellement constante que le grand entomologiste genevois,
- F. J. Pictet, en a fait, en 1834, une base de classement de ces larves.
- Ce n’est que par manque total des matériaux préférés, ou pour effectuer des réparations de détail, que ces larves se peuvent dé-
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- partir de leur mode de construction ancestral. Ces habitations ont le plus souvent la forme d’un étui, assez lourd pour n’êtrepas entraîné par le courant de la rivière, assez léger pour pouvoir être traîné par son propriétaire, comme l’escargot promène sa coquille.
- La larve entrée dans l’eau libre, n’y reste pas longtemps nue, moins parce que ce ne serait pas convenable que par crainte des nombreux carnassiers aquatiques qui auraient vite fait de dévorer son corps mou et sans défense ; elle reconnaît le terrain et cherche un endroit propice à la construction... elle a vite trouvé le bon lotissement, c’est-à-dire là où elle a suffisamment de matériaux propices.
- Alors la larve choisit deux ou trois pierres assez grandes et plates, et en fait une voûte mince, soutenue par des fils de soie de sa sécrétion. Elle se place en dessous; et, de là, prend successivement chaque nouvelle pierre avec ses pattes et la place avec tout le soin d’un bon maçon pour qu’il n’y ait pas d’intervalle libre et que la surface soit plane à l’intérieur. Quand la larve est contente de la position de sa pierre, elle l’attache par des fils de soie aux pierres voisines. La voûte supérieure en place et consolidée, la travailleuse continue sa construction en restant toujours en dedans de son ouvrage : elle tourne sur elle-même pour placer où il faut chaque pierre qu’elle tient entre ses pattes. Elle arrive ainsi, en cinq ou six heures, à se construire un étui, un home*où elle est bien chez elle et à l’abri des rôdeurs.
- La construction d’un étui en débris végétaux se fait d’une manière analogue en attachant avec la soie que sécrète la larve de petits bouts de bois autour du tube à paroi lisse où se cache l’animal. L’abdomen de ce dernier est terminé par deux crochets qui s’accrochent dans le petit bout fermé de l’étui, et la larve se laisserait arracher le corps plutôt que d’abandonner sa maison quand on tente de l’en tirer par la tête.
- Mais, si on la chatouille par derrière, si on lui pousse l’abdomen avec une pointe émoussée, on arrive à l’expulser de son domicile : elle en paraît en ce cas fort ennuyée. Elle se traîne de droite et de gauche cherchant un nouvel abri... elle est si affolée que, si elle trouve alors un étui vide, elle y entre sans hésitation, la tête en avant. Mais cette fausse manœuvre l’amène au petit bout clos : qu’à cela ne tienne, elle coupe ce petit bout pour se créer l’issue nécessaire par où elle pourra regarder aux alentours et chercher sa nourriture; elle bouchera ensuite l’autre bout par des fils de soie pour assurer ses derrières. Tant pis si elle a pris un logement étroit, l’important est d’être momentanément à l’abri... elle s’arrangera plus tard pour changer d’appartement ou modifier le sien. D’ailleurs, si elle est entrée dans un étui souple et large, comme beaucoup de ceux construits en brindilles de bois,
- elle se retournera dans l’étui, ce qui la mettra en bonne position et lui économisera la peine d’une réparation à l’autre bout.
- Il faut dire que, si la plupart des phryganes se construisent des maisons qu’elles traînent derrière elles à la façon des escargots, il en est deux ou trois variétés qui ont des appartements fixes. Les Ryacophiles et les Hydropsychés notamment imitent l’homme : elles ont leurs maisons, mais en sortent pour faire leur marché — je veux dire pour chercher leur nourriture, et peut-être aussi pour vaquer à d’autres occupations mal déterminées. Ces espèces construisent parfois de longues galeries couvertes à la surface de pierres, elles y circulent à l’abri des regards indiscrets, pour en sortir quand bon leur semble : ce sont des galeries de repos.
- Après un an environ de cette vie de propriétaire, la larve de phrygane a atteint son complet développement et songe peut-être à se marier, maintenant qu’elle est grande fille ou gas costaud. Pour ce, il faut belle allure et changement de toilette : Des choses aussi importantes demandent du temps et certaines préparations. Chez ces
- insectes, c’est le passage à l’état de nymphe, stade de leur vie où l’immobilité est de rigueur.
- La larve qui se prépare à aimer hors de l’eau prend tout d’abord ses précautions pour que nul indiscret ne la puisse gêner pendant son changement de, toilette... et l’on sait que les gêneurs sont les poissons qui les mangent, donc prudence.
- Madame la larve, si elle vit en étui, en ferme le bout ouvert par une grille, soit de soies entrelacées, soit de cailloux ou de brindilles assez espacés pour que l’air et l’eau y puissentpasser ; elle l’attache à une pierre pour que la demeure puisse être entraînée par le courant. Les larves à maisons fixes, de leur côté, s’enferment; elles construisent sur le rocher une calotte de pierres solidement unies où, immobiles, elles pourront prendre les 15 jours de repos nécessaires à leur transformation en fiancés et fiancées.
- Les nymphes de phryganes vivent sur l’excès de graisse qui gonfle l’abdomen jaunâtre et opaque des larves.
- Les pattes se développent en longueur, les antennes s’allongent, les ailes se forment : bientôt l’insecte ressemble beaucoup plus à l’insecte parfait qu’à la larve initiale.
- D’abord molle, cette nymphe se raffermit vite et songe à sortir faire un petit tour hors du logis... désormais agile, elle s’ébat vivement dans l’eau, nageant avec rapidité, souvent comme les notonectes, c’est-à-dire le dos en dessous et ramant avec les pattes.
- Les nymphes, pressées de se marier, se dépêchent de terminer leur transformation à sec : elles sortent de l’eau,
- Fiq. 7. — Phrygana striata : insecte parfait, ailes déployées.
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- changent une dernière fois de peau, et s’envolent, insectes parfaits.
- Insectes parfaits parce que pouvant avec leurs ailes monter vers l’azur du ciel, mais imparfaits en ceci qu’ils n’ont plus guère de bouche, ni d’estomac, encore moins d’intestin. Insectes parfaits en ceci que, sexués, ils sont
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- uniquement bâtis pour l’amour... et l’amour n’est-il pas l’apogée du bonheur animal?
- Et, comme dans les contes de fées, les phryganes ailés se marient, et ils font beaucoup d’œufs, c’est-à-dire ont beaucoup d’enfants.
- Ryyez.
- = HYGIÈNE ET SANTÉ =
- LA DIPHTÉRIE
- LES NOUVEAUX MOYENS POUR LA COMBATTRE
- Il n’est guère de maladie au sujet de laquelle il ait été fait plus de découvertes admirables que pour la diphtérie. Nous connaissons son microbe, le bacille de Loffler, depuis près d’un demi-siècle. La découverte du sérum de Roux a clôturé avec éclat le 19* siècle. Par contre, pour la rougeole, pour la scarlatine et pour bien d’autres maladies de l’enfant nous ne savons rien ou presque rien. Et cependant, tandis que ces maladies-là restent ce qu’elles étaient au point de vue gravité ou même s’atténuent très notablement comme la rougeole, la diphtérie, elle, s’aggrave dans presque tous les pays du monde. Aux Etats-Unis on le constate comme en Allemagne où, par exemple, on a compté, dans certaines villes, presque 4 fois plus de cas de diphtérie en 1927 qu’en 1924 ou qu’en 1925 avec une mortalité passant de 6 à 11 pour 100. Tels sont, en effet, les chiffres qu’on a récemment publiés pour la ville très industrielle de Bochum.
- Ce dernier chiffre, 11 pour 100 de mortalité, semble d’ailleurs être devenu quelque chose d’observation assez courante et classe la diphtérie parmi les plus graves de toutes les maladies aiguës malgré le succès des recherches entreprises à son sujet.
- A quoi cela tient-il ? On a cherché à invoquer l’association du germe de la diphtérie avec d’autres microbes, comme par exemple le streptocoque. Mais on n’a pas jusqu’ici apporté de preuves très satisfaisantes à l’appui de cette hypothèse. Il semble plus raisonnable de chercher la cause de notre impuissance à l’égard de cette maladie dans le fait, d’abord, qu’il est toujours plus difficile de guérir que de prévenir et, ensuite, que nous ignorons jusqu’ici trop de choses au sujet de la manière dont la diphtérie se dissémine.
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- Nous sommes d’ailleurs, depuis peu, en possession d’une méthode — et c’est là encore une de ces brillantes découvertes dont a bénéficié la lutte contre la diphtérie — qui permet avec une précision exceptionnelle d’observer la manière dont la diphtérie étend ses ravages. Cette méthode, c’est la réaction de Schick. Elle consiste à introduire ^ous la peau une quantité minuscule de toxines diphtériques. Chez les individus qui sont capables de contracter la maladie cette injection provoque rapidement une rougeur légère et sans danger. Chez les individus qui sont immunisés contre elle, il n’apparaît, en revanche, rien.
- En recherchant cette réaction chez un grand nombre d’enfants, on a constaté qu’il y a immunité seulement chez 9 pour 100 des enfants de un an. Mais à la fin de la 4° année d’àge on trouve déjà 40 pour 100 d’immunisés. Dans la
- 14° année cette proportion monte à 68 pour 100 et elle dépasse 93 pour 100 à partir de 30 ans.
- Comment expliquer ces faits? La réponse est simple. A côté des diphtéries avec fièvre, angine, paralysie, etc. etc., il y a des diphtéries qui passent inaperçues et qui cependant immunisent celui qui en est atteint, de sorte que chacun de nous, à partir d’un certain âge, doit être considéré comme ayant été atteint, au moins une fois dans sa vie, par une forme sévère et, en quelque sorte, visible, ou par une forme légère et impossible à diagnostiquer.
- Pour que tout le monde soit ainsi atteint, il est nécessaire de supposer que le bacille de Loffler est un des plus répandus, qu’il est véritablement ubiquitaire. C’est là, effectivement, la conclusion à laquelle on est arrivé aujourd’hui. On observe d’ailleurs, en faisant des recherches appropriées, qu’une très grande proportion d’enfants portent des germes de diphtérie dans la gorge, sans d’ailleurs souffrir. Degwitz pense que le nombre de ces porteurs de germes oscille, dans les grandes villes, entre 3 et 6 pour 100 de la population totale. Quelques auteurs en ont trouvé 10, voire 15 ou 17 pour 100. Ce sont les porteurs de germes qui, en disséminant le microbe avec les gouttelettes de mucus émises en parlant ou en toussant, créent ces cas de maladie dont les uns tuent et dont fort heureusement le plus grand nombre se borne à immuniser.
- Ces faits sont tellement certains qu’on peut par exemple constater le fait suivant, bien mis en évidence par de .Rudder : la maladie est d’autant plus fréquente chez l’enfant d’un âge donné que le milieu dans lequel les enfants observés vivent est plus dense. A AVurzbourg, par exemple, le nombre des diphtéries constatées de 1920 à 1926 a été, entre 0 et 5 ans de 28 pour 100 dans les rues peu peuplées alors qu’il était dè 50 pour 100 dans les rues très peuplées. Il résulte mathématiquement de là que dans les quartiers riches où la population est clairsemée, la diphtérie sera plus fréquente chez les adultes qui ont été moins souvent immunisés dans leur enfance que dans les quartiers pauvres. C’est ce qu’on constate à.Bçrl'in, Pour une diphtérie d’adulte, il n’y a dans les arrondissements riches que 15 diphtéries d’enfants alors que dans les arrondissements pauvres il y en a 21. Notons, pour fixer les idées, que les arrondissements pauvres dont il est question ici comportent 155 petits logements (chambre et cuisine) pour 1000 habitants tandis que les arrondissements riches n’en comptent que 22.
- . *
- il:
- Nous sommes maintenant en possession des données qui vont nous permettre de fixer avec précision la méthode sui-
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- vant laquelle la lutte contre la diphtérie peut être efficacement menée.
- Notons tout d’abord, que la désinfection des objets inertes, literie, livres, locaux ne peut pas représenter un procédé intéressant. C’est dans la gorge des porieurs de germes que se trouvent les microbes dangereux, c’est de là qu’ils partent pour contaminer directement et sans aucune station intermédiaire. On a, en conséquence, essayé fort logiquement de dépister les porteurs de germes, c’est-à-dire la vraie source du mal et de désinfecter ces gorges d’où vient tout le mal. Mais les chiffres cités plus haut montrent combien cette manière de faire exige d’effort d’autant plus que les gorges, dans les replis desquelles le bacille de Lôffier se dissimule, ne se laissent pas désinfecter facilement. Aucune des méthodes jusqu’ici proposées n’est suffisamment simple et efficace pour pouvoir être appliquée en grand. La moindre difficulté à laquelle on se heurte c’est le grand nombre de laboratoires exigés par tout procédé de ce genre.
- Il ne reste donc qu’un moyen, c’est celui qui consiste à imiter ce qui se produit spontanément : accélérer la production de cette immunité qui protège les adultes en vaccinant les enfants comme on vaccine contre la variole, contre la fièvre typhoïde et contre un certain nombre d’autres maladies. Mais le problème ainsi posé, s’il paraît simple en théorie, n’est pas très commode à résoudre pratiquement. La toxine diphtérique qui immunise est en effet un poison terrible et difficilement maniable à doses efficaces. Behring avait cependant eu l’idée d’ajouter à la toxine, une certaine proportion de l’anti-toxine telle qu’elle existe dans le sérum antidiphtérique. On enlevait ainsi une bonne partie de ses propriétés nocives à la toxine diphtérique avec laquelle on pouvait essayer de vacciner ou d’immuniser sans courir de trop gros risques.
- Au début, cependant, cette méthode ne s’était pas montrée dépourvue de tout inconvénient. Cependant, déjà il y a 3 ou 4 ans, beaucoup de personnalités compétentes considéraient que la méthode toxine-antitoxine avait suffisamment fait ses
- preuves pour être employée en grand. Telle était notamment l’opinion du savant pédiatre strasbourgeois, le professeur Rohmer.
- Mais une découverte considérable est venue simplifier les choses et lever d’une manière définitive tous les scrupules que pouvait soulever la vaccination par la méthode toxine-antitoxine. Ratnon a constaté, en effet — dernière découverte relative à la diphtérie — que la toxine diphtérique, soumise à une température de 40 et 42° et additionnée de formol dans la proportion de 4 pour 100, continue à être capable d’immuniser bien qu’elle ait perdu rigoureusement tout pouvoir toxique et, en particulier, qu’elle ne puisse plus provoquer chez le cobaye ni les lésions locales, ni les signes généraux, précoces ou tardifs, d’intoxication diphtérique.
- Le problème semble ainsi résolu par un procédé extrêmement simple et sans danger. L’anatoxine de Ramou permet, en effet, de réaliser cette immunité complète observée à partir de 30 ans au prix d’un grand nombre de cas de diphtérie grave et d’une mortalité élevée. On comprend que dans ces conditions l’Académie de Médecine ait considéré comme son devoir de recommander la vaccination en grand par la méthode de Ramon qui consiste, il n’est pas inutile de le rappeler ici, à injecter d’abord un 1/2 centimètre cube, puis 1 centimètre cube ou enfin 1 1/2 ou 2 centimètres cubes en un temps variant de 4 à 6 semaines. Dans 3 ou 4 pour 100 des cas, la première injection détermine un petit mouvement de fièvre, sans gravité aucune. Dans la plupart des cas les enfants n’accusent absolument aucun malaise et, 6 semaines après la première injection, on peut les considérer comme immunisés contre la diphtérie pour leur vie durant. Il n’y a plus qu’à suivre les judicieux conseils de l’Académie de Médecine et du monde médical tout entier pour voir disparaître à peu près complètement la diphtérie des statistiques de mortalité comme la variole a fini par disparaître partout où la vaccination jennerienne est méthodiquement appliquée.
- Dr P.-E. Moriiardt.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CORRECTION DE L'USURE D'UN CARBURATEUR
- Quand on examine les modifications qui se produisent à l’usage dans le carburateur, on constate que toutes ont pour effet d’augmenter le débit d’essence :
- Augmentation du diamètre du trou du gicleur;
- Usure des axes des balanciers;
- Matage du pointeau et du siège du pointeau commandé par le flotteur;
- Usure des masselottes qui frottent sur le flotteur;
- Usure du flotteur dont la surface se creuse d’une gorge.
- Il faudrait donc pour corriger ces altérations du réglage primitif alléger le flotteur pour baisser le niveau d’essence dans la cuve.
- Un moyen simple consiste à mettre sous ledit flotteur une ou des rondelles de liège mince percées d’un trou pour le passage de la tige guide.
- On trouve sur certains flacons de pharmacie des rondelles de liège de 1 mm à 2 mm d’épaisseur qui conviennent très bien.
- On met progressivement une, puis 2, etc..., rondelles jusqu’à ce que les bougies reprennent la teinte bistrée caractéristique d’une bonne carburation. (Communiqué par M. de Bony).
- POUR LIMER DES MÉTAUX TENDRES.
- Lorsqu’on travaille à la lime des métaux tendres et particulièrement de l’aluminium, du laiton et du plomb, la lime se détériore rapidement parce qu’elle s’encrasse et qu’elle ne produit plus d’actions utiles. On sait que l’on peut nettoyer la lime avec une carde, ce qui a simplement pour effet de décrasser la lime, mais
- non de l’empêcher de s’encrasser aussi rapidement qu’avant.
- On remédiera à cet inconvénient en frottant la lime avec de la craie, de façon à la recouvrir complètement; cette craie se loge dans le fond des dents et elle empêche l’adhérence des parcelles de métal limé; par suite, la lime ne peut plus s’encrasser, sans pour cela nuire au travail qu’elle doit exécuter.
- TRANSFORMATION D'UN BOUTON POUSSOIR EN INTERRUPTEUR.
- Le bouton poussoir qu’on utilise pour actionner une sonnerie n’établit le c ourant électrique dans le circuit que tant que l’on appuie sur le bouton lui-même. Il est par conséquent impossible de se servir de ce dispositif pour allumer des lampes à moins de maintenir le bouton pressé par un moyen quelconque.
- Voici une combinaison qui permet de transformer le bouton poussoir en un interrupteur véritable. On visse sur le côté du bouton une lame de ressort assez épaisse, qui pourra pivoter autour de la vis de manière à se rabattre sur le bouton et à appuyer d’une façon constante, pour assurer le contact permanent entre les paillettes métalliques qui sont placées à l’intérieur du bouton.
- Bien entendu, ceci n’est possible qu’avec un bouton poussoir à monture bois. S’il s’agit d’un bouton en matière moulée, il est nécessaire de fixer sur le mur une pièce de bois dont la hauteur est suffisante pour permettre d’y placer la lame ressort avec sa vis. On la prévoit alors un peu plus longue de manière qu’elle puisse appuyer par son extrémité sur le bouton qu’elle doit presser d’une façon constante.
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- PRESTIDIGITATION
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- LA FONTAINE HUMAINE LUMINEUSE
- PRESENTATION
- Lorsque le rideau se lève, les spectateurs aperçoivent au milieu de la scène une assez grande vasque argentée mesurant environ 0 m. 75 de diamètre, supportée par trois pieds également argentés.
- Cette vasque notée A sur le dessin contient un récipient cylindrique B.
- Elle est munie en son centre par dessous d’un petit tuyau T de caoutchouc. Entre les trois pieds de la vasque a été placé un petit banc.
- Cette présentation très simple est complétée par une table qui est placée sur un des côtés de la scène et qui supporte une trentaine de verres remplis de liquide, c’est-à-dire d’eau pure légèrement colorée afin qu’on puisse bien en constater la présence. Autour de la table règne un bord assez haut destiné à empêcher les verres de glisser et de tomber.
- L’opérateur alors entre, se présente au public et commence son explication :
- « L’estomac humain est « extraordinaire et il se « prête à toutes les fantai-« sies que l’on veut lui im-« poser. Je vous rappelle-« rai la curieuse expé-« rience qui consiste à in-« troduire dans l’estomac « des baïonnettes ou des « lames de sabre, celle a aussi dans laquelle l’o-« pérateur introduit dans « son estomac un grand « verre d’eau contenant « quelques petites gre-
- « nouilles et restitue un instant après les grenouilles « et le liquide. J’espère vous montrer quelque chose de « plus curieux que tout cela. Voici sur cette table une « cinquantaine de verres pleins d’eau légèrement colorée « avec quelques gouttes de vin afin que vous puissiez bien « de loin constater sa présence. Voici d’autre part une vasque « simplement montée sur trois pieds minces et dans le « milieu de la vasque un cylindre contenant un appareil « d’éclairage électrique susceptible de colorer une fontaine « lumineuse en miniature. En principe cet appareil consiste « en une lampe électrique et une série de verres de couleurs « différentes venant s’interposer entre cette lampe et le jet « d’eau. «
- « C’est une petite curiosité mécanique sur laquelle je n’insis-« terai pas, mais ce que je veux vous faire remarquer, c’est « le procédé nouveau que je vais employer pour produire le « jet d’eau qui devra être coloré. Je vais avaler rapidement « tous les verres d’eau qui sont là, ce qui remplira, gonflera
- Fig-. 1.
- La Fontaine humaine lumineuse.
- « l’estomac d’une façon démesurée et ensuite allant m’asseoir « sur le tabouret placé sous la vasque, je prendrai dans ma « bouche l’extrémité du tuyau que vous apercevez pendant « au centre. Soufflant alors dans ce tuyau d’une façon spé-« ciale j’exhalerai et projetterai tout le liquide absorbé de « façon à alimenter la fontaine lumineuse d’un jet copieux « pendant plusieurs minutes. »
- Et en effet notre homme se rendant derrière la table placée sur le côté de la scène avale avec rapidité les verres qui sont mis là à sa disposition, puis se plaçant sous la vasque, il souffle dans le tuyau et la fontaine jaillit, s’éclaire et continue
- pendant un temps assez long pour que l’on puisse se demander comment autant d’eau avait pu se loger dans un estomac.
- EXPLICATION
- V oici la marche suivie : Lorsque l’opérateur se place derrière la table pour ingurgiter les verres d’eau, il opère avec une rapidité déconcertante prenant les verres alternativement des deux mains et les reposant après avoir bu, mais il va tellement vite qu’il ne boit pas tout le contenu du verre, loin de là.
- Il repose le verre et prend le suivant de l’autre main, ce qui empêche de constater s’il a bu réellement.
- De plus, le petit bord de la table destiné à empêcher les verres de tomber empêche aussi de voir le liquide non absorbé et resté dans les verres.
- Lorsqu’il se place sous la vasque et prend le tuyau de caoutchouc pour projeter le jet d’eau nécessaire, il ne projette rien du tout, mais il appuie simplement sur le robinet à ressort P en ayant l’air de se tenir des deux mains aux supports du bassin. Le support est creux, c’est un tuyau qui amène l’eau d’un réservoir placé dans la coulisse, à hauteur telle que l’eau soit projetée à une hauteur de 0 m. 25 environ. Au moment où la vasque est apportée en scène, le support qui porte un raccord Ra est introduit dans une ouverture ad hoc. Au moment où la fontaine va marcher, un aide ouvre le robinet Ro et l’eau du réservoir monte jusqu’au robinet à ressort P, prête à jaillir à la moindre pression.
- Cette expérience, sans être absolument sensationnelle, produit cependant un assez grand effet.
- Alber.
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- 0 =.LA RADIOPHONIE PRATIQUE ' ' "=
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- CADRE POUR TOUTES LONGUEURS D’ONDE
- Les appareils modernes de réception sur cadre, et spécialement des appareils à changement de fréquence très sensibles permettent d’utiliser pourles réceptions des émissions les plus lointaines des cadres de petit diamètre et par conséquent très peu encombrants.
- La gamme de longueurs d’onde des émissions radiophoniques européennes s’étend aujourd’hui entre 200 et 3000 mètres et, pour obtenir les meilleurs résultats de réception, on avait l’habitude d’adopter deux cadres différents, l’un servant à la réception des ondes courtes, entre 200 et 600 mètres environ, et l’autre à la réception des ondes moyennes entre 600 et 3000 mètres environ.
- Cette manière d’opérer est la meilleure au point de vue du rendement, mais elle a paru peu pratique à certains usagers qui désiraient avant tout un collecteur peu encombrant, bien qu’on puisse, notons-le, combiner sur une seule armature deux enroulements perpendiculaires, dont l’un sert pour la. réception des ondes courtes, et l’autre pour la réception des ondes moyennes.
- D’ailleurs, la sensibilité des postes modernes rendait moins nécessaire cet emploi, et c’est pourquoi on utilise de plus en plus des cadres à enroulement unique fractionné de différentes façons pour la réception de toute la gamme radiophonique. Mais, pour que le rendement de ce cadre soit encore acceptable, il faut cependant que ce collecteur d’ondes possède au moins un minimum de qualités, surtout si l’on veut entendre des. émissions très lointaines ou très faibles avec une grande régularité.
- Il y a intérêt, tout d’abord, à mettre en circuit le plus grand nombre de spires compatible avec la longueur d’onde du poste à recevoir, c’est-à-dire à effectuer l’accord à l’aide d’une capacité assez faible ne dépassant généralement pas 0,5/1000 de microfarads et sans employer l’artifice consistant à monter en série des bobinages supplémentaires.
- Il faut, de plus, que la surface de l’enroulement soit suffisante, que les contacteurs soient parfaitement établis, que la résistance en haute fréquence soit très faible, et enfin, que la construction mécanique de la carcasse soit assez soignée pour assurer à l’ensemble une assez grande solidité et même un aspect assez élégant.
- Le modèle récent de cadre, représenté par la figure 1, a une surface assez grande pour assurer un rendement suffisant, tout en conservant des dimensions assez restreintes : 0 m. 80 X 0 m. 50.
- Les différentes fractions de l’enroulement, composé de spires
- de fil isolé à la soie, assez écartées, sont placées non pas l’une à l’intérieur de l’autre, mais parallèlement l’une à l’autre, ce qui diminue la résistance haute fréquence de l’enroulement petites ondes et conserve l’effet directif du système.
- Un contacteur bien étudié permet de choisir les fractions de 1 enroulement correspondant aux gammes suivantes : 170-400 mètres, 370-750, 650-1500, 1000-2500, 2300-3000, toutes ces gammes étant couvertes par une capacité variable de 0,5/100, seulement.
- La carcasse du cadre possède un dispositif tendeur permettant une tension immédiate des spires, si un léger relâchement se produit, le pied pivotant est muni d’un pivot à contact par poussoir à ressort assurant un excellent contact ; les fils de connexion entre le cadre et le poste récepteur sont ainsi reliés à la base fixe du système, et non au support pivotant, ce qui a l’avantage de supprimer tout flottement dans les fils de raccordement. La forme de la carcasse est, d’ailleurs, étudiée pour lui assurer un aspect suffisamment élégant.
- Le constructeur indique, en outre, que la résistance haute fréquence de l’enroulement mesurée par l’Etablissement central de la Télégraphie militaire ne dépasse pas 14 ohms 7 à 250 mètres, et 30 ohms 9 à 1000 mètres, ce qui semble assurer une réception normale des émissions sur ondes courtes.
- UN NOUVEAU CONDENSATEUR VARIABLE
- Ainsi que nous l’avons déjà indiqué plusieurs fois, on n’utilise plus guère à l’heure actuelle de condensateurs variables à lames semi-circulaires, dans lesquels la variation de capacité est proportionnelle au déplacement du cadran.
- On emploie des condensateurs dits « Square Law » ou « Straight Line frequency » qui produisent des variations de longueur d’onde et de fréquences proportionnelles au déplacement du cadran quand on les monte dans un circuit de résonance ou de modulation, par exemple.
- Les formes des lames mobiles et même quelquefois fixes de ces condensateurs ne sont plus semi-circulaires, mais sont établis suivant des profils spéciaux.
- Dans un récent modèle de condensateur variable, la loi de variation de la capacité est déterminée suivant une loi logarithmique, de sorte qu’en tournant le bouton de réglage d’un angle donné, on passe d’une longueur d’onde à une
- Fig. 2. — Aspect et cadran de réglage du condensateur à lecture directe des longueurs d’onde..
- Fig. 1.— Cadre orientable pour la réception de toutes les longueurs d’onde de la gamme 200-3000 mètres.
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- autre qui sont dans un rapport déterminé par cet angle.
- Avec ce cadran, dit Loga, dont la graduation est similaire à celle des règles à calcul, on obtient ainsi la lecture directe des longueurs d’onde.
- De plus, on peut lire les longueurs d’onde sur une seule graduation pour plusieurs valeurs différentes des coefficients de self-induction des bobinages en circuit, il suffit de tracer les repères correspondants sur un cadran fixe intérieur à la graduation mobile et ces repères sont très faciles à exécuter en s’accordant simplement sur une émission de longueur d’onde connue.
- Le condensateur est à lames semi-circulaires et la loi de variation réalisée simplement par un dispositif à cames (üg. 2). L’isolement du rotor est bien exécuté au moyen de bâtonnets en quartz ou en ébonite et la masse du stator aussi allégée que possible pour éviter les pertes en haute fréquence; le bouton même de manœuvre est disposé directement sur le cadran mobile comme le montre la figure, ce qui permet une lecture facile de la graduation.
- UN NOUVEAU POSTE RÉCEPTEUR A REGLAGE UNIQUE
- Ainsi que nous l’avons noté au début de cette chronique, et comme nous l’avons indiqué plusieurs fois, les postes récepteurs à réglage essentiel unique sont des appareils fort délicats à construire, mais dont l’usage est très agréable pour un usager puisque les manœuvres de réglage sont ainsi réduites au minimum.
- On sait, d’autre part, que, dans les postes à changement de fréquence à réglage unique, les condensateurs d’accord de
- cadre et de modula-
- Fig. 3. — Poste-meuble récepteur à changement de fréquence à réglage unique . (Corporation française de Radiophonie.)
- ' — ’
- y»»* *
- tion, tous deux à variation linéaire de fréquence, sontaccouplés de telle sorte que la rotation du bouton de réglage unique commande simultanément le déplacement de leurs lames mobiles.
- De cette façon, il existe toujours théoriquement une différence de fréquence constante entre la fréquence des oscillations incidentes et la fréquence de modulation.
- Mais, pour que cette fréquence demeure constante sur toute la gamme des longueurs d’onde utilisées en radiodiffusion, il est généralement nécessaire d’employer, en outre, des dispositifs spéciaux tels que le ' décalage des lames fixes au stator d’un des condensateurs suivant la gamme de longueurs d’onde envisagée.
- Un constructeur vient d’avoir l’ingénieuse idée de remplacer ces dispositifs à variation brusque par un système de compensateurs à variation continue commandé par des cames de profils rigoureusement déterminés et assurant automatiquement la constance entre des différences de fréquence des circuits sur toutes les longueurs d’onde (fîg. 2).
- De plus, le même boulon de commande actionne automatiquement un combinateur mettant en circuit les enroulements nécessaires, de sorte que le réglage se réduit, en principe, à faire apparaître le nom du poste cherché à travers une fenêtre de repère.
- UN POSTE A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE A TRANSFORMATIONS MULTIPLES
- On emploie généralement les postes à changement de fréquence pour la réception sur cadre des émissions faibles ou lointaines, et c’est pourquoi les appareils de ce genre sont presque toujours très sensibles et comportent donc un nombre de lampes assez grand, souvent supérieur à six. Mais, à côté de ces postes très sensibles, on a pris l’habitude depuis quelque temps d’utiliser des appareils à changement de fréquence dans lesquels on recherche plutôt des qualités de sélectivité que de sensibilité, et qui fonctionnent sur antenne et non sur cadre.
- Pour la réception des émissions locales, les postes qui ne comportent qu'un nombre de lampes assez réduit (4 ou 5 généralement), ont encore une sensibilité souvent trop grande et l’on peut se contenter, le plus souvent, d’adopter une lampe détectrice à réaction suivie d’un ou deux étages à basse fréquence.
- Un constructeur français, spécialisé dans la T. S. F. dès avant la guerre, et qui a déjà réalisé de nombreux appareils démontables et portatifs, a établi un petit poste à changement de fréquence à 4 lampes transformable et portatif, dont l'aspect d'ensemble est indiqué par la ligure 10.
- Ce montage à changement de fréquence comprend une lampe à changement de fréquence bigrille, une lampe moyenne fréquence, une détectrice, et un étage à basse fréquence à transformateur ; un deuxième étage basse fréquence peut d’ailleurs être facilement ajouté.
- Cet appareil peut fonctionner sur cadre ou sur antenne avec montage d’accord en direct, en Bourne ou enTesla; les bobines d’accord sont montées dans des boîtiers en forme d’annéaux très légers, et les changements de bobinages ainsi que les changements de montage d’accord sont très rapides.
- De plus, une combinaison simple permet d’employer simplement la lampe détectrice et la lampe basse fréquence du système, et l’on obtient ainsi un poste autodyne à deux lampes avec accord en direct, en Bourne, et en Tesla pour la réception des émissions locales.
- Voici d’ailleurs, d'après le constructeur, les combinaisons qu’on peut réaliser avec ce poste et les résultats correspond dants.
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- Haut-parleur genre Lumière
- Accessoires cables, ècouteurs.etc..
- • Cadre cylindrique
- Casiers pour batteries dhccu-mulateurs avec chargeurs Tunguar
- Poste récepteur
- xuperhéterodyne
- Divan contenant une installation radiophonique complète.
- Sur
- 2
- lampes (Autodyne )
- Postes locaux (Montage direct, Bourne ou Tesla)
- Postes lointains Petites et grondes ondes
- Sur Self seule
- Sur
- 4
- lampes
- (Modu-
- lateur)
- Sur Cadre
- Sur petite Antenne intérieure (Montage direct)
- Sur grande Antenne aérienne ou Secteur Lumière
- ( Sur Antenne extérieure.
- Fort H. P. < Sur Secteur Lumière ou ( Téléphone.
- Petit H. P. Sur antenne intérieure ou de fortune.
- Casque Excellentes auditions dans tous les cas.
- Petit H. P. Sur très bonne antenne des postes puissants.
- Casque Excellente réception en général (même Amérique).
- Petit H. P. Postes locaux.
- Au Casque Postes lointains puissants.
- Fort H. P. Postes locaux.
- Au Casque Postes lointains puissants.
- Très fort H. P. Postes locaux.
- Bon H. P- Po stes lointains Grandes Ondes.
- Très fort H. P. Postes lointains Ondes Courtes.
- Très puissant H. P. Postes locaux.
- Très fort H. P. Postes lointains Petites et Grandes ondes.
- On remarquera, d’ailleurs, que l’appareil est extrêmement léger et peu encombrant ; les différents accessoires tels que les transformateurs moyenne fréquence, le tesla de liaison, (etc., sont montés dans des boîtiers de petites dimensions et leur adaptation est très rapide (fîg. 4).
- UN DIVAN RADIOPHONIQUE
- Enfin, le haut-parleur à diffuseur Lumière esC placé au-dessus et au milieu du divan et il se présente sous la forme originale d’un cadran d’horloge.
- CONSTRUCTION D’UN HAUT-PARLEUR SIMPLE A DIFFUSEUR DOUBLE
- Les haut-parleurs à diffuseur semblent prendre de plus en plus l’avantage sur les haut-parleurs à pavillon pour l’audition d’intensité moyenne dans les appartements, et cette priorité assez justifiée semble due autant à des raisons acoustiques qu’à des raisons esthétiques.
- Or, s’il est relativement facile de construire un haut-parleur de fortune à pavillon, il semble beaucoup moins facile, malgré les apparences, pour un amateur, de construire un haut-parleur à diffuseur conique à surface lisse ou plissée.
- C’est pourquoi il nous semble intéressant de signaler le mode de construction d’un diffuseur double cylindrique très simple (du genre Biblos de M. Louis Lumière) et qui, d’après notre confrère américain Radio-News, donnerait de très bons résultats.
- On commence par établir un cadre en bois de Om. 50 sur 0 m. 30 avec une traverse centrale portant un évidement destiné à supporter un récepteur téléphonique, réglable et aussi puissant que possible (fig. 6-1). T
- Puis on prend une feuille de papier fort (genfe papier à dessin ou couvertures de fascicules) de 0 m. 50 m. 75.
- On plie cette feuille par le milieu et on lui donne) la forme d’un double cylindre, comme le montre la figure 6-II. On maintient le pli central au moyen de petites attaches en fil métallique, du type employé dans les bureaux pour maintenir les feuilles d’un dossier.
- Les deux bords du diffuseur sont cloués sur le cadre en bois, et le centre du pli médian est enfoncé soigneusement dans la fente d’un petit cylindre de liège (bouchon) fixé simplement sur le diaphragme du récepteur téléphonique au moyen d’un peu de cire à modeler ou de. colle (fig.-6-111).
- Le système peut être employé horizontalement ou même verticalement en maintenant le diffuseur aux extrémités au moyen de petites bandes de caoutchouc (fig. 6-II). On peut adopter évidemment toutes les présentations esthétiques désirées. P. Hémardinquer./
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Cadres pour toutes longueurs d’onde, Etablissement Ondia, La Madeleine, près Boulogne-sur-Mer.
- Condensateur Loga, Lebeau, 116, rue de Turenne, Paris.
- Poste à réglage unique. Corporation française de Radiophonie, 11, place de la Madeleine, Paris.
- Poste changeur de fréquence, Horace Hurm, 14, rue Jean-Jacques Rousseau, Paris (1er).
- L’installation de T. S. F. prend place de plus en plus dans l’ameublement des salons les plus élégants, mais il est bon de savoir la disposer au mieux pour ne pas nuire à l’esthétique du mobilier.
- Un de nos fidèles lecteurs, M. Grillet, nous communique la disposition originale d’un poste récepteur qu’il a installé dans un de ces meubles divans si à la mode actuellement (fig. 5).
- Dans un des coffres du meuble sont placés le récepteur (poste à changement de fréquence) arec son cadre orientable de l’extérieur au moyen d’un petit levier. L’autre coffre renferme les batteries d’alimentation avec un redresseur (valve thermoionique) permettant une recharge facile et immédiate.
- Fig; G.
- J. Cadre en bois du haut-parleur; II. Forme du diffuseur et son mode d’attache sur le cadre du haut-parleur; III. Mode d’attache du diffuseur du diaphragme
- de l’écouteur.
- Emplacement pour le Trait de scie
- necepteur tefepnonique
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Un nouveau voyage en avion au-dessus du Pôle Nord.
- Le 15 avril dernier, deux aviateurs américains, MM. Wilkins et Eielson, ont à nouveau survolé le Pôle Nord, en partant de la pointe Barrow (Alaska) pour atterrir au Spitzberg. Ce parcours, de plus de 3600 km, a été effeclué en 20 h, à bord d’un monoplan Loc Keed, muni d’un moteur Wright Whirlwind de 200 ch.
- Nouveaux records du monde.
- Le 30 mars dernier a vu la chute de deux records importants : celui de vitesse pure et celui de durée.
- Le record de vitesse a été élevé à 512,776 km-h par le pilote italien de Bernardi (précédent record : de Bernardi, 479 km-h le 10 septembre 1927). L’appareil utilisé est l’hydravion Macchi qui représentait l’Italie à la coupe Schneider.
- Il est muni d’un moteur remarquable : le Fiat à 12 cylindres en V, moteur développant 1100 ch à pleine admission pour un poids total de 412 kgs (ce moteur n’était pas encore au point à la coupe Schneider et avait causé plusieurs accidents).
- Le record du monde de durée a été porté à 53 h 36 min 41 sec par les pilotes américains Haldeman et Stinson (précédent record : Risticz et Edzard 52 h 22 min 31 sec). L’appareil utilisé est un monoplan Stinson muni d’un moteur Wright-Wirlwind de 200 ch, avion et moteur déjà célèbres par la traversée de l’Atlantique.
- Conditions techniques de réalisation des avions et hydravions commerciaux.
- M. Yolmerange, ingénieur au bureau Yéritas, a exposé dernièrement à la Société française de Navigation aérienne les conditions techniques de réalisation des avions et hydravions commerciaux.
- Les qualités intéressant les appareils commerciaux sont : la sécurité, la vitesse, le rendement commercial, la robustesse.
- 1° Sécurité. — Les indices de pertes se rapportant aux dernières années sont les suivants (1 par mort, 0,6 par blessé grave, 0,1 par blessé léger; indice ramené à 1 million de km) :
- 1923. . . . 7,5 ( la hausse de l’indice pour les
- 1924. . . 3,2 années 1925 et 1926 semble due
- 1925. . . . 4 à l’ouverture de lignes aérien-
- 1926. . . . 5 nes présentant de grandes diffi-
- 1927. . . . 2,6 cultés (Toulouse-Casablanca).
- Les distances parcourues par accident (les accidents sont comptés quand ils causent la perte de plus de 10 pour 100 de la valeur de l’appareil) sont les suivantes :
- 1923
- 1924
- 1925
- 1926
- 1927
- 1 accident par
- 32 000 kms 42 000 — 49 000 52 000 — 79 000 —
- Si l’on élimine les accidents dus au brouillard, aux appareils nouvellement en service, et aux conditions anormales d’emploi (acrobaties);,, les statistiques donnent un mort par 1 million de kms. <
- 2° Vitesse. — La vitesse actuelle des gros appareils est de l’ordre de 175 km-h. Yitesse suffisante pour assurer le trafic par les vents les plus forts. (Remarquons qu’il n’en est pas de même pour les hydravions, de vitesse voisine de 130 km-h,
- vitesse notoirement insuffisante sur certaines lignes, Marseille-Alger par exemple.)
- 3° Rendement commercial. — Le fret par cheval de puissance varie pour les avions de 1,5 à 3 kg; pour les hydravions, il est inférieur à lt5 kg (l’imbibition des coques de bois abaisse très sensiblement le rendement commercial au bout de quelque temps de service).
- 4° Robustesse. — La construction en bois a repris durant ces dernières années un avantage du fait de la création d’enduits assurant une meilleure protection. La vie des appareils atteint ainsi 1000 heures avec seulement des réparations de détail. (La durée pratique des appareils métalliques est encore indéterminée, leur mise en service étant récente. ) Pour les hydravions, la coque métallique s’imposera dès sa mise au point définitive : elle permettra d’atteindre la charge commerciale de 1,5 kg par cheval, nécessaire à l’exploitation commerciale.
- Le problème de la construction actuelle est triple :
- a) Diminution du danger de mise au point. — Depuis ces quelques dernières années, la majorité des accidents ont eu lieu sur des appareils de mise en service récente (500 à 1 000 premières heures de vol). Le renforcement des disciplines d’exploitation, portant à 1 000 heures l’étude de l'avion en vol avant sa mise en service commercial, et aussi une moindre dispersion des efforts techniques et des crédits, l’utilisation des résultats fournis par l’aéronautique militaire et maritime, corrigeraient cet état de choses.
- b) Brume. — Le guidage électromagnétique des avions, les sondes acoustiques ne sont pas encore entrés dans la pratique. Le mieux est actuellement de ne pas voler par temps bouché ; cependant, pour la traversée de bancs de brume, un compas bien compensé et un indicateur de stabilité (appareils peu connus des pilotes!) sont suffisants. Pour l’atterrissage dans la brume, la vitesse minima doit être abaissée (plus de temps pour les interventions du pilote, moindre force vive à la rencontre d’un obstacle.)
- c) Allégement. — L’allégement maximum n’est pas incompatible avec la sécurité, puisqu’il est toujours possible d’alléger les pièces non cassées à l’essai statique. Le poids élevé de construction entraîné par le cas du vol piqué à vitesse limite pourrait être évité par la considération de cette position comme incorrecte,
- Enfin les liaisons surabondantes devront être étudiées à fond (elles peuvent augmenter les efforts dans certaines pièces), la tension initiale des tendeurs sera définie par le constructeur et vérifiée ; la résistance aux efforts secondaires (torsion des longerons) sera contrôlée; les efforts dynamiques dus aux vibrations, étudiés de près aux essais en vol.
- Protection du duralumin.
- On sait que les alliages légers à haute résistance employés par l’aéronautique subissent, quand ils sont soumis à l’action dé l’eau de mer en particulier, une corrosion diminuant considérablement leurs qualités mécaniques, sans que l’aspect de la surface des pièces soit changé.
- L’aluminium pur, soumis aux mêmes conditions, ne subit aucune corrosion semblable.
- Aussi l’Aluminium Company of America a-t-elle pensé à protéger les pièces d’alliages légers par une couche d’aluminium pur. Des plaques de duralumin ainsi protégées sur les deux faces ont été soumises pendant plus de six mois à l’action d’une solution saline (à 20 pour 100). Les essais de traction effectués ensuite n’ont révélé aucune altération des propriétés mécaniques du duralumin.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Tracé, calcul, correction, procédés modernes de la taille, des engrenages, par C.-L. Cavalieri. 1 vol., 284 pages, 157 fig. Ch: Béranger. Editeur, Paris, 1928. Prix : 58 francs.
- L’automobile a multiplié l’emploi, des engrenages, et en même temps a imposé l’obligation de les fabriquer mécaniquement, ayec une très grande précision. Notre époque a donc assisté à une transformation complète de l’art antique de la taille des engrenages M. Gavalieri expose avec sobriété et précision la technique actuelle de cette opération. Il laisse délibérément de côté la théorie cinématique de l’engrenage dont il se contente de rappeler les conclusions indispensables. Il expose comment, pratiquement, on établit un projet d’engrenage et comment on fixe les formes et dimensions des diverses parties des pièces, comment on arrête le choix du métal, enfin comment on fait exécuter la fabrication de ces pièces par les machines.
- Wireless-Direction Finding and Directional Recep» tion, by R. Keen (2“ édition). 1 voi. 490 pages, 329 fig. llifi'e, Sons. Dorset House, Tudor Street, London: Prix : 21 sh.
- Cet ouvrage traite d’une façon très complète l’important sujet désigné en France sous le nom de radiogoniométrie, c’est-à-dire les méthodes qui permettent, au moyen des ondes, hertziennes, de déterminer la position d’un poste émetteur sur la terre, sur mer, ou dans les airs. L’auteur examine d’abord les propriétés directives des systèmes d’antennes, puis étudie la réception dirigée par cadre tournant et décrit les diverses installations à cadre tournant pour recherche de directions : radiogoniomètres S. F. R., Telefunlcen, Bureau of Standard, Kolster, Radio Corporation of America, Marconi, Bellini-Tosi. Ce dernier fait l’objet d’une étude particulièrement approfondie. L’auteur montre ensuite comment on peut faire le point à bord d’un navire par les moyens radio-goniométriques. Puis il décrit les phares hertziens à ondes dirigées; il résume l’état actuel de la question des parasites ou atmosphériques; il donne enfin des détails pratiques dîinstallation à bord des navires et des aéroplanes, et présente; sous forme de tableaux les diverses .erreurs auxquelles peuvent donner lieu les lectures radiogoniométriques ; il montre comment on peut déceler rapidement ces erreurs et y remédier. L’ouvrage se termine par des notes d’astronomie pratique pour explorateurs et navigateurs.
- Geology Of Mongolia. (La géologie de la Mongolie),: par Charles P. Berkey et Frederick K. Morris. 1 vol. in-4, 475 p , 44 pl., 161 fig., 6 cartes en pochette. New York, American Muséum of Natural .History. ou chez G. P. Putnam’s Sons, New York et Londres. Prix : 10 dollars.
- Ceci est le premier des 12 volumes prévus par l’American Muséum of Natural History pour la publication des résultats scientifiques obtenus par la fameuse Central Asiatic Expédition (expédition organisée par le Prof. H. F. Osborn et dirigée par Roy Chapman Andrews, campagnes de 1922-1925).
- Ce magnifique ouvrage contient, résumées d?une manière à la fois narrative, descriptive, graphique et scientifique, les observations faites, en 1922 et 1923, par MM. Berkey. et Morris, géologues de l’expédition. Des photographies excellentes et ( nombreuses, deux planches en couleurs, de très expressifs croquis ’à la plume, un véritable luxe de cartes transportent le lecteur, d’une manière vivante et attachante, dânh le pays qu’on lui explique, tandis qu’une étonnante série de coupes géologiques lui permet de suivre, mille par mille, le chemin parcouru, sur près de 3600 kilomètres.
- Le livre comprend quatre parties, à savoir : une introduction générale expliquant l’objectif de l’expédition, sea méthodes et l’état de nos connaissances géologiques sur le Gobi avant 1922 ; une description des terrains successivement rencontrés au cours de l’itinéraire; une étude détaillée des localités les plus importantes; enfin des conclusions générales extrêmement claires.
- Progressivement, au cours de ces pages, la Mongolie se découvre, avec son vieux socle abrasé de roches anciennes, ses bassins merveilleusement fossilifères, ses falaises flamboyantes, ses pénéplaines vénérables, et aussi, par échappées, son humanité actuelle, si lointaine de nous par sa sérénité, si pathétique, aussi, par la lutte où s’affrontent encore, là-bas, pâtres et agriculteurs.
- Ce livre est une révélation du Gohi. Il suffit d’être un brin géologue, voyageur, ou simplement humain, pour le lire comme un beau roman.
- Die Tierwelt der Nord- und Ostsee, par G. Grimpe et E: Wagler. Akadémische Verlagsgesellschaft, Leipzig. 192.7. Lieferung VIII : Tintinnidae, par Jôrgensen; Copepoda non para-sitica, par O. Pesta; Cirripedia, par P. Kruger; Branchiostoma, par V. Franz. 1 vol. in-8, 184 p., 105 fig. Prix : 14,60 marks.
- Lieferung IX : Oligockœia, par W. Michaelsen; Thaliacea, par
- J. E. W. Ihle; Chondrostei, par E. Ehrenbaum; Teleosiei Physo-stomi, par H. M. Kyle et E. Ehrenbaum. 1 vol. in-8, 158 p., 118. fig. Prix : 13,60 marks.
- Lieferung X. : Gasirotricha, par A. Remane; Halacaridae, par
- K. Viets; Tèleostei Hhysoclisti, par E. W. Mohr et G. Duncker.
- 1 vol. in-8, 208 p., 259 fig. Prix : 16,80 marks. i
- .Voici la suite de cette œuvre considérable qui établit le bilan de la faune de la mer du Nord et de la Baltique. Bien des.espèces sont communes à celles-là et aux côtes françaises, si bien que ce livre peut être un guide précieux pour nos naturalistes et nos entreprises de pêche. Les fascicules se suivent rapidement et certains groupes d’animaux, dont les Poissons, sont maintenant complètement traités. On ne peut que recommander l’emploi de ce guide zoologique pour l’étude de tous les animaux qui vivent enti’e la côte et les londs de 200 m. et admirer la sûreté et 1 étendue de la documentation qui ne se borne pas à la systématique, à la classification, mais pose, précise, éclaire de nombreux problèmes biologiques et éthologiques. Souhaitons que la fin paraisse rapidement et que l’ô.n dispose ainsi d’un traité complet qui manquait.
- Structure des muscles striés, par R. Lutembacher. 1 vol. in-8, ,155 p., 103 fig. Masson et Cie, Paris, 1928. Prix : 45 fr.
- Voici >une étude qui mérite d’attirer l’attention. L’histologie classique a . décrit un aspect très complexe de la fibre musculaire striée et y a révélé une structure compliquée présentant des stries transversales et longitudinales. A vrai dire, elle n’a pas su expliquer le mécanisme de la contraction. Or voilà qu’apportant un très grand nombre de preuves microphotographiques, vues tant en lumière ordinaire qu’en lumière polarisée, sur les muscles des animâpx. les plus divers, M. le Dr Lutembacher démolit les con-ceptiôns'classiques de fond en comble et fait de la double striation de la fibre musculaire une simple apparence due à la vision par transparence de deux lames contiguës et ondulées chacune dans un sens différent C’est une révolution qui provoquera certainement de nouvelles recherches de nombreux histologistes et physiologistes et de l’auteur lui-même.
- L’urée, par Richard Fosse. 1 vol. in-8, 303 p., 13 fig. Collection «Les Problèmes biologiques ». Presses universitaires de France. Paris 1928.
- L’auteur, qui vient d’être nommé professeur de chimie au Muséum national, a fait connaître une méthode de dosage de purée par le xanthydrol qui est aujourd’hui universellement employée. Cette méthode lui a permis de déceler l’urée non seulement chez les invertébrés, mais aussi chez les vertébrés et de : montrer que ce corps est un produit physiologique de toufe les . êtres vivants, provenant de l’oxydatiort des composés les plus divers : protides, glucides, glycérine, formol. Parmi les stades de transformation, on trouve l’acide cyanhydrique, l’acide cya-nique et, chez les végétaux, un principe naturel insoupçonné'jusqu’ici, l’acide allantoïque. Get ouvrage expose les méthodes nouvelles qui ont révélé tous ces faits et les faits eux-mêmes, si importants pour la connaissance du rôle , et des transformations des matières azotées dans l’organisme.
- La vie, la maladie et la mort, phénomènes colloïdaux, par Auguste Lumière. 1 vol. in-8, 520 p., 55 fig. en noir et en couleurs. Masson et Cie, Paris, 1928.
- M. Auguste Lumière, l’un des créateurs du cinématographe, qui poursuit depuis longtemps de très importantes recherches de physiologie, soutient depuis. 1921 que « l’état colloïdal conditionne la vie; la destruction de cet état colloïdal, c’est-à-dire la floculation, détermine la maladie et la mort ». Cette idée, émise d’abord comme une hypothèse, s’est trouvée de plus en plus appuyée par des faits et ce livre prend l’aspect d’un traité où, après avoir rappelé la définition des colloïdes et leurs propriétés, l’auteur montre leur rôle dans tous les phénomènes de la vie : la croissance, la sénilité, la mort, et dans un très grand nombre d’états pathologiques, ce qui le conduit à examiner de ce point de vue nouveau - et fécond la îhérapeutique, la prophylaxie, les sérums et l’immunité.
- Le Canada par A. Lorbert. — 1 brochure, 96 p. Éditions P^ïrre Roger, Paris, 1928. Prix : 5 francs.
- Sous un petit volume, cette monographie donne une idée juste de la physionomie actuelle du Canada, elle nous offre un résumé de son histoire, la description physique de ce vaste pays, l’explication de son organisation politique et administrative et l’exposé des ressources économiques qui sont gigantesques.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CINÉMATOGRAPHIE Cinéma et Téléphotographie.
- Après trois années de recherches et d’expériences, une société de New York, l’Américan Téléphoné and Telegraph C°, a mis au point une invention qui présente un intérêt considérable pour toutes les entreprises qui s’occupent de cinématographie. Voici les faits, tels que les expose le JS'ew York Times :
- Le 2 avril dernier, une étoile de l’écran, Miss Yilma Banky, pénétrait à 10 h. 30 du matin dans un laboratoire de Chicago et souriait devant un appareil de prise de vues. Neuf heures plus tard, à une distance de 1450 kilomètres, son sourire était projeté sur l’écran de l’Embassy Theatre, à New-York. La projection, dit un témoin, avait un peu du flou des bandes cinémaiographiques du début de cette industrie; mais, telle quelle, elle marquait la première démonstration publique du nouveau procédé : la transmission d’images animées par fils téléphoniques.
- Notre confrère américain donne quelques détails techniques sur l’opération. Le négatif fut développé et séché, puis découpé en bandes de 15 cm. au laboratoire de Chicago, Ces bandes furent collées (par trois placées en tandem) entre des plaques de verre et rephotographiées. On obtint ainsi des films positifs de la dimension de 125 sur 175 cm., absolument identiques avec les films employés pour la transmission des photographies ordinaires par fils téléphoniques.
- La transmission de chacun de ces films (de Chicago à New-York) prit 7 minutes; chaque pose avait, été numérotée de façon à assurer la continuité du sourire de l’actrice. La transmission totale de la bande de 3 m. 50 s’effectua en 2 heures, soit, comme le dit pittoresquement le journal, cinq fois plus rapidement qu’aurait pu le faire le colonel Liudbergh, s’il avait été chargé de transporter la bande par avion, et dix fois plus rapidement qu’avec les trains les plus vites.
- On sait que la transmission téléphotographique s’effectue à l’aide d’un courant électrique dont l’intensité varie selon les ombres et les clairs du cliché, celui-ci se déplaçant transversalement à travers un rayon de lumière ininterrompu. Pour l’expérience en question, le courant fut amplifié avant d’être transmis sur le fil téléphonique à longue distance qui relie Chicago et New-York. „
- Dans le studio new-yorkais de. la compagnie, il fut reconverti en un courant moins intense, en proportion avec le rayon de lumière employé pour impressionner un film de sensibilité commune.
- Parmi les commentaires faits autour de cette curieuse expérience, nous ne retiendrons que ceux qui nous apparaissent d’un intérêt général.
- Actuellement, les grandes compagnies cinématographiques américaines emploient des escadrilles qui transportent ce que l’on appelle là-bas des news-reels, ou bobines d’actualités. Ce mode de transport, imposé par la concurrence acharnée que se font entre elles ces puissantes entreprises, est extrêmement coûteux. Aux avantages de la rapidité de transmission, le nouveau procédé ajoutera une notable diminution de dépenses.
- En effet, on peut calculer déjà que la transmission par téléphotographie d’une bande de 20 pieds (environ 7 mètres), dans toute l’étendue des Etats-Unis, ne coûtera que 1000 dollars.
- Nous apprenons, à ce propos, que les Etats-Unis possèdent déjà huit stations pour l’émission et la réception des télé-
- photographies. Elles sont situées dans les villes suivantes : New-York, Chicago, Los Angeles, San-Francisco, Atlanta, Boston, Cleveland et Saint-Louis.
- ÉLECTRICITÉ
- Les détecteurs à galène synthétique.
- Cette question a été étudiée par MM. Ogawa, Nemoto et Kaneko dans Researches of the Electrotechnical Laboratory (Tokyo). La Revue générale d’Electricité en résume les points essentiels.
- Les trois savants japonais montrent que la meilleure façon de préparer le sulfure de plomb cristallisé consiste en une précipitation par voie humide suivie d’une fusion. Les meilleurs sulfures sont ceux qui contiennent un peu de sulfures de thallium et d’argent. Dans ce dernier cas, on constate la présence d’argent libre. Par contre, la présence du plomb à l’état libre diminue les propriétés détectrices. L’influence de l’argent est démontrée par le fait qu’on améliore les détecteurs en les cémentant avec ce métal. On utilise l’effet du thallium en chauffant la galène en poudre avec certains composés de ce métal. Le recuit et la présence de vapeurs de soufre ont également une action efficace. Les galènes synthétiques ainsi obtenues se classent parmi les meilleurs détecteurs au point de vue des propriétés électriques et thermoélectriques La galène synthétique argentée est plus sensible si la pointe employée est en un métal électropositif que si elle est en un métal rare.
- Des courbes détectrices ont été établies pour diverses teneurs en argent et pour des pointes de natures différentes. La détection est d’autant meilleure que l’aiguille est plus fine. Elle est d’autant plus constante que les granules d’argent libre sont plus fins et plus uniformément répartis. Dans la galène synthétique, le courant va toujours du cristal à l’aiguille. On a d’ailleurs constaté que dans un couple redresseur constitué par deux pièces taillées dans un même morceau de galène, le courant redressé va toujours d’une surface plate à une pointe.
- Pont métallique construit par soudure électrique.
- La soudure autogène, comme procédé d’assemblage des pièces métalliques, se développe rapidement surtout aux Etats-Unis et en Allemagne, ainsi que nous avons eu déjà plusieurs fois l’occasion de le signaler.
- Un pont métallique vient d’être construit par ce procédé, à Chicopee Falls aux États-Unis. Ce pont fait franchir au chemin de fer de Boston et Maine le canal de Chicopee Falls. C’est le premier pont qui ait été monté en utilisant la soudure à l’arc. On ne trouve dans sa charpente ni un boulon, ni un rivet. Toutes les membrures ont été assemblées par la soudure à l’arc électrique. On a ainsi réalisé une véritable construction en une seule pièce. On estime que ce procédé a économisé 33 pour 100 d’acier. D’une part, en effet, on a pu réduire les dimensions de la plupart des éléments de la membrure, par le fait qu’en supprimant les trous de rivet et boulons, on supprimait une cause d’affaiblissement de leur résistance. D’autre part, on a pu réduire notablement le nombre et le poids des pièces d’assemblage par rapport à ce qui aurait été nécessaire pour permettre le rivetage.
- Ce mode de construction possède encore d’autres avantages : la durée d’usinage en atelier est réduite grâce à la suppression du travail long et délicat du percement des trous de rivet; entin la surface lisse des différents éléments métalliques du pont en facilite la peinture, rend celle-ci plus solide
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- et plus homogène. La protection contre la rouille est meilleure et plus durable.
- Etant donné le dur service auquel il sera soumis, le pont de Chicopee Falls permettra d’étudier de façon complète la tenue en service des joints soudés.
- Les machines motrices à vapeur de mercure.
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- Nous avons signalé en leur temps les études entreprises par l’ingénieur américain M. Emmet en collaboration avec la General Electric C° pour réaliser une turbine motrice à vapeur de mercure. L’emploi du mercure au lieu de l’eau présente un certain nombre d’avantages. Tout d’abord, à une même température, la pression de vapeur saturante est plus faible pour le mercure que pour l’eau, ce qui permet d’avoir des chaudières à températures élevées sans être obligé de les rendre aptes à résister à des pressions excessives. D’autre part, la transmission de la chaleur est meilleure dans le cas de mercure que dans celui de l’eau, d’où un rendement meilleur pour la chaudière. Enfin, la vapeur de mercure, en raison de sa densité, prend, lorsqu’elle se détend, des vitesses notablement plus faibles que celles de. la vapeur d’eau se détendant entre les mêmes limites de pression ; de là résulte la possibilité de faire tourner moins vite les roues de turbine lorsqu’elles sont mues par la vapeur de mercure; car il y a un rapport optimum entre la vitesse d’écoulement de la vapeur et la vitesse de la roue, rapport pour lequel le rendement est maximum.
- A bord des navires, c’est un sérieux avantage que d’avoir des arbres moteurs tournant à des vitesses relativement faibles. Le problème de la commande de l’hélice s’en trouve facilité.
- Généralement, il faut adjoindre à la machine à vapeur de mercure une machine à vapeur d’eau, suivant le cycle bien connu des machines thermiques à deux fluides; la vapeur d’eau étant produite dans la seconde machine par la chaleur qu’abandonne le mercure en se condensant dans la première.
- La construction des chaudières à vapeur de mercure a soulevé de difficiles problèmes; le mercure est un corps fort coûteux, et de plus il est toxique. Aucune fuite, si minime soit-elle, ne saurait donc être tolérée. lia fallu faire en outre l’étude thermodynamique complète des propriétés de la vapeur de mercure aux températures élevées. Après plus de dix années de travail tenace, une usine expérimentale a pu être construite et les résultats apparaissent très satisfaisants. Les consommations de combustible seraient de l’ordre de celles du moteur Diesel, et même inférieures.
- On annonce qu’une compagnie pétrolière des États-Unis a décidé d’équiper un navire citerne avec une machine au mercure de 3000 à 4000 chevaux. Les turbines actionneront des moteurs électriques qui commanderont les hélices.
- CHIMIE INDUSTRIELLE.
- La gomme de Zapotillier.
- Le zapotillier croît abondamment au Pérou, dans la Montana(*) surtout; son fruit est légèrement pâteux, un peu acide, et rappelant, en plus mauvais, la nèfle de nos pays.
- Chaque arbre laisse exsuder une gomme qui est vendue sur le marché de Lima, inconnue en Europe, et dont la composition n’est pas des plus certaines.
- D’aucuns prétendent que les sortes les plus claires sont constituées par la gomme de certains manguiers, et les plus colorées par de la gomme de zapotillier pur. Quoi qu'il en
- 1. On donne le nom de « Montana », au Pérou, au versant oriental de la Cordillière des Andes, qui va en s'abaissant en pente douce vers les affluents de l’Amazone. C’est, en réalité, la forêt vierge dans toute l'acception du mot, avec ses cartes incertaines, et ses périls certains, Indiens anthropophages compris, puisque des missions récentes y ont trouvé la mort.
- soit, chaque arbre peut produire de 3 à 5 kilos de gomme par an. Les arbres sont nombreux.
- Cette gomme est soluble dans l’eau comme la gomme arabique; ce n’est pas un mucilage comme celui formé par les gommes des Rosacées. C’est une solution vraie.
- Son odeur, un peu particulière, n’est pas désagréable. Nous pensons qu’elle pourrait servir comme succédané de la gomme arabique si chère.
- On peut en faire une colle à bouche, colle pour enveloppes, timbres, qui est convenable.
- Au Pérou même, elle sert à l’encollage des chapeaux dits « Panamas » en Europe fà tort, car on n’en fabrique pas à Panama). Elle leur communique la rigidité moyenne demandée en cet article, mais pas exagérée : ce qui est une qualité comme matière d’apprêt des tissus, dentelles, etc., elle remplacerait, économiquement, la bière aigre, bien des dextrines, biogommes et autres produits analogues.
- On pourrait en faire des bonbons et sirops de gomme. Nous en avons préparé des colles acétiques convenables.
- Elle est insoluble dans l’acétone, l’éther et le chloroforme; elle est soluble dans l’eau, en toutes proportions, surtout à chaud, mais lentement, insoluble dans l’alcool.
- Elle se dissout presque totalement dans la potasse, d’où elle est précipitée en presque totalité par l’alcool.
- Elle ne fixe ni iode, ni acétyle.
- Les explosions de manodétendeurs sur les bouteilles d’oxygène.
- Des explosions se produisent parfois au moment de l’ouverture des bouteilles d’oxygène comprimé servant à la soudure autogène.
- Elles sont caractérisées par une détonation accompagnée d’un jet de flamme et on constate ensuite que les pièces en caoutchouc entrant dans la construction de manodétendeurs sont entièrement volatisées et même que certaines pièces métalliques sont fondues.
- Diverses explications de ce phénomène ont été proposées. La plus plausible est celle qu’expose, dans le Bulletin de la Soudure Autogène, M. Renaud, ingénieur des Chemins de Fer du Midi.
- La fermeture des bouteilles d’oxygène est obtenue au moyen d’une petite pastille en ébonite encastrée à l’extrémité d’une vis et qui vient s’appuyer fortement à l’extrémité du canal de sortie de l’oxygène.
- Sous l’influence des fortes pressions auxquelles il est soumis le bouchon pénètre peu à peu dans le canal. 11 se forme ainsi en son milieu un appendice cylindrique dont la saillie peut atteindre plusieurs millimètres.
- Au moment de l’ouverture du robinet, cet appendice peut se briser au ras du bouchon et rester coincé dans le canal de sortie d’oxygène. Dans ce cas, ou bien le canal reste bouché et l’oxygène ne sort pas, ce qui fait croire que la bouteille est vide, ou bien, sous l’influence de la forte pression de l’oxygène, le petit bouchon d’ébonite cède brusquement; l’air compris entre le robinet d’oxygène et le détendeur se trouve porté instantanément à la pression de l’oxygène dans la bouteille et la chaleur dégagée par cette compression subite enflamme les parties combustibles du détendeur.
- M. Renaud a du reste observé lui-même un cas où, dans une bouteille paraissant vide, le bouchon en ébonite détaché de la pastille obstruait l’orifice de sortie du gaz.
- Pour éviter le risque d’explosion, il convient donc de prendre les précautions suivantes :
- 1° Visiter fréquemment les robinets pour s’assurer que les bouchons en ébonite sont en bon état;
- 2° Recommander aux soudeurs d’ouvrir légèrement la valve de la bouteille pour s’assurer que l’écoulement du gaz se fait bien, avant de monter le manodétendeur.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Cric à levier pour automobile.
- Voici une invention très intéressante concernant un cric pour soulever les voitures :
- Le principe est un levier du premier genre dont le point d’appui est en position variable, de façon que la hauteur du levier agissant soit en rapport avec la charge à soulever.
- Ce point d’appui est fixé sur un bâti qui est muni d’une semelle reposant sur le sol. A la partie inférieure du bâti est articulé une sorte d’étrier qui pivote autour d’un point fixe et qui tombe alors dans l’une des dents de la crémaillère ménagée sur le bras de levier de la puissance. Ainsi l’appareil est immobilisé en position de levage de la voiture.
- Au point de vue construction, l’appareil est conçu d’une
- Fig. 1. — Cric à levier pour automobile.
- manière très ingénieuse : le bâti est formé de deux pièces métalliques en acier plat, fixées sur un sabot en fer à U. Des entretoises maintiennent l’écartement voulu. Sur ces rpièces sont percés un certain nombre de trous qui permettent le passage d’une cheville formant point d’articulation du levier. Il est donc mobile sur cette cheville qui peut être déplacée, suivant les besoins, dans les trous du bâti.
- Le levier porte des encoches formant crémaillère et, à ses extrémités, il peut être allongé suivant le poids à soulever au moyen d’une rallonge qui porte sur ses faces une rainure et qui coulisse à l'intérieur du levier. L’étrier mobile s’engage dans les entailles de la crémaillère, ainsi que nous l'avons déjà dit.
- Voici comment l’appareil fonctionne :
- On le place verticalement en engageant la partie cintrée du levier sous l’essieu et on agit verticalement de haut en bas sur le levier en l’allongeant plus ou moins suivant le poids à
- Fig. 2. — Le modeleur.
- soulever. Lorsqu’on a donné à la voiture ou à l’organe^ la hauteur voulue, l’étrier est rabattu de façon qu’il s’engage dans l’une des encoches de la crémaillère.
- Ainsi la voiture reste maintenue dans cette position grâce à l’étrier qui forme cran d’arrêt.
- Pour descendre la voiture, il suffît d’exercer une pression sur le levier, de dégager l’étrier des encoches en le ramenant dans une position verticale.
- Le fonctionnement du cric est instantané, le réglage en hauteur est également très rapide.
- L’appareil est robuste, peu encombrant, car pour le transporter toutes les parties se replient de façon parfaite.
- E. W.
- Constructeur : Philippe di Francesco. 25, rue des Bateliers, à Saint-Ouen.
- TRAVAIL DU BOIS Outil à modeler à la main.
- L’industrie du bois, comme toutes les autres, a dû à notre époque se plier aux exigences de la fabrication en série et admettre l’intervention de plus en plus fréquente de la machine.
- Le travail de moulure, qui était autrefois toujours exécuté à la main, est aujourd’hui demandé très souvent à des machines spéciales à grand rendement. Si le résultat est intéressant au point de vue du prix de revient, il est moins satisfaisant au point de vue artistique ; la"monotonie mécanique du travail fait à la machine fera toujours regretter les accents personnels du travail fait à la main.
- Mais celui-ci sera-t-il désormais exclusivement réservé aux objets de grand luxe ?
- M. de Bruyne, l’inventeur de l’outil que nous allons décrire, ne le pense pas. Il s’est proposé, comme but, de donner au sculpteur sur bois un instrument à modeler plus souple, d’un maniement plus aisé, que le ciseau généralement employé. Le « modeleur », tel est le nom donné à l’outil, permet d’effectuer à la main, avec sûreté et rapidité, des moulures, des cintres de formes compliquées, et que l’on peut varier à son gré, sans être astreint, comme dans le travail à la machine, à reproduire toujours la même forme, (fig. 2 et 3).
- Le modeleur comporte une sorte de couteau de varlope,
- Fig. 3. — Un mode d’emploi du modeleur.
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- couteau mobile qui s’ajuste, à l’aide d’un coin de réglage, dans un porte-lame métallique fixé à l’extrémité d’un long manche en bois. Cette disposition permet de bien dégager le tranchant de l’outil; et. l’ouvrier peut le conduire à son gré le long des surfaces à travailler, quelle que soit leur forme.
- Au surplus, on pent donner au couteau toute forme utile. En outre, le. porte-outil lui-même est réglable; il est fixé au manche au moyen d’écrous; grâce à une rainure dans les joues du porte-outil, à l’endroit du serrage de ces écrous, on peut donner au porte-outil une inclinaison variable par rapport au manche et ainsi modifier la position de l’arête de coupe pour l’adapter aux cintres à exécuter.
- Constructeur : A. Bruyne, 3, impasse Pers, Paris (XVIIe).
- ARTS MÉNAGERS Le Ridorail.
- Voici un petit accessoire fort bien conçu pour assurer la fixation et le coulissement des rideaux, sans obliger de recourir aux cordons qui cassent parfois et exigent en outre un mécanisme assez compliqué susceptible de s’enrayer. Il est formé de deux petites poulies parallèles dans l’axe desquelles est monté un anneau brisé; à celui-ci est suspendu un maillon de chaîne dans lequel s’engagera un petit anneau cousu aux
- Fis;. 4. — Le Ridorail.
- rideaux. Le rideau est müni du nombre d’anneaux nécessaires auxquels on adapte autant de « Ridorails ». Il suffît maintenant d’aménager un chemin de roulement sur lequel les ridorails prendront appui. C’est un petit profilé en cuivre en forme de T renversé. Les deux poulies roulent sur les ailes de part et d’autre de l’âme. Le rideau sera ainsi suspendu. Les « ridorails » pourront rouler silencieusement et sans effort sur ce chemin, dont la forme pourra être aussi sinueuse qu’on le désirera. La manœuvre s’effectuera très simplement en agissant à la main sur le rideau dans un sens ou dans l’autre. . ‘
- Dépôts à Paris : 6, rue des Ternes et à Lille, 15, rue d’Amiens.
- SPORT
- Nouvelle suspension de bicyclette.
- La bicyclette est agréable, sauf quand on veut aller assez vite sur de mauvaises routes et, comme celles-ci sont la généralité, il est intéressant de signaler les inventions qui se proposent de remédier aux secousses agissant à la fois sur la selle et le guidon.
- Un nouveau modèle de machine remédie aux inconvénients des bicyclettes ordinaires, tout d’abord en utilisant un guidon élastique, qui supprime toute vibration brutale
- dans les avant-bras du cycliste.
- Ensuite, la suspension proprement dite, est réalisée au moyen d’un ressort à lames placé sur le tube arrière du cadre de la machine.
- Le dispositif d’attache permet d’ajus- ^ig. 5. — Suspension de bicyclette. ter ce ressort et de
- lui donner la- tension voulue en rapport avec le poids du cycliste.
- Dans cette combinaison la roue arrière est, somme toute, reliée au cadre comme l’éssieu d’une voiture automobile l’est au châssis.
- On supprime donc toute secousse et l’on peut alors gonfler le pneu arrière à bloc, ce qui permet non seulement d avoir plus de vitesse pour le même effort, mais aussi d économiser sérieusement les enveloppes.
- A. Carpentier, 40, rue de la Tannerie, à Calais.
- DIVERS
- Composteur pour marquer les caisses.
- Lorsqu’il s’agit de marquer des caisses avec diverses inscriptions, on a l’habitude de prendre des lettres découpées dans du métal mince et de les appliquer successivement sur le bois.
- On agit ensuite avec le pinceau à marquer.
- Si l’on a un grand nombre de caisses à marquer dans la journée, il y a ainsi une perte de temps considérable à marquer lettre par lettre et d’autant mieux que l’on a des caisses avec des inscriptions identiques :
- Supposons qu’il s’agisse, par exemple, de faire toute une expédition à Budapest, les colis porteront l’indication de la ville, de la raison sociale en abrégé ; seuls les numéros des caisses changeront.
- Un inventeur a eu l’idée très simple, mais il fallait y penser, de combiner un appareil composteur dans lequel on dispose les vignettes découpées de la'même manière qu’un tyP°g'rapbe réunit dans un composteur des caractères d’imprimerie.On obtient alors
- une marque complète et, ^ 0 _ Composteur pour marquer ! dès que le travail est ter- ïes ca«ses.
- rainé, les vignettes sont replacées da.ns le casier, sans risque de torsion ou de cassure.
- Il y a donc une économie considérable de temps, puisque l’appareil peut servir indéfiniment et l’on est certain de n’avoir aucune lettre brisée ni égarée.
- L’appareil se fait en quatre modèles : un pour les initiales, l’autre pour les noms des pays, le troisième pour les numéros et enfin les deux derniers pour les postaux.
- G. Gautron, 13, rue Hip-polyte-Lebas. Paris, IX.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Un curieux phénomène.
- M. Viel, ingénieur, à Bucarest, nous écrit :
- « A propos du « Mystère du château de Rcgnaholm (p. lxxix, n° 2783) je tiens à vous signaler un phénomène, qui, s’il est moins mystérieux, me semble assez curieux. Etant enfant, il y a de cela
- QUESTIONS
- Lu préparation du papier carbone est simple et facile.
- L’enduit des papiers dits « carbone » est essentiellement constitué par un mélange de matières grasses, cires et pigments pouvant être réalisé par la formule-type suivante :
- Suif épuré............................ 100 grammes
- Cire d’abeilles........................ 15 —
- Pigment................................ 10 —
- Faire fondre ensemble le suif et la cire, puis y incorporer le pigment qui, suivant la teinte à obtenir, sera le noir de fumée, le bleu de Prusse, l’indigo, employés seuls ou en mélange.
- Étendre le produit au dos de la feuille de papier avec un pinceau de manière à répartir uniformément, laisser refroidir à plat pour qu’il n’y ait pas déplacement du pigment.
- Dans les fabrications industrielles, on emploie habituellement des mélanges de graisses solides à la température ordinaire (suif, saindoux, etc.) et d’huiles animales (acide oléique, pieds de boeufs, etc.); à la cire d’abeilles on substitue parfois la cire de Carnauba, mais ce sont plulôt questions de prix de revient qui interviennent alors beaucoup plus qu’une amélioration de la qualité.
- Ecole de Commerce et d’Industrie d’Evreux.
- Pourquoi Valuminium du commerce résiste-t-il parfois fort mal à l’usage?
- L’aluminium qualifié pur par le commerce n’est, en réalité, au maximum qu’à 99 °/0 de pureté, le reste étant constitué par des métaux étrangers, en particulier du fer.
- Celui-ci, en présence de la moindre trace d’acidilé, forme avec l’aluminium un couple électrolytique et on voit alors se produire un dégagement d’hydrogène souvent parfaitement visible.
- Ce phénomène, connu depuis longtemps, a été particulièrement étudié à nouveau par H. Serger (Chem. Zeit., 51-1927 P. 369-391-44) au sujet de l’emploi de l’aluminium pour la confection des boîtes à conserves. Dans ce travail, il signale que si l’aluminium est associé au fer, l’attaque peut se produire uniquement par la vapeur d’eau sous pression.
- La conclusion à tirer de ces éludes est que nos industriels doivent chercher à obtenir un métal de plus en plus pur s’ils veulent lui assurer les débouchés multiples que la présence d’impuretés minimes lui ferme encore actuellement.
- M. Badie-Level, a Tunis.
- Pour débarrasser une vieille peau de ses poils.
- Cette opération, qui porte dans l’industrie le nom de pelanage, ne présente pas de difficulté et il suffit d’y apporter un peu de soins.
- Elle consiste à passer la peau pendant environ 48 heures dans un lait dechaux à 10 ou 12° Baumé et à l’y laisser séjourner, en la malaxant fréquemment jusqu’au moment où on se rend compte que le poil se détache; aussitôt après l’enlèvement de celui-ci, on rince la peau abondamment, puis on la trempe dans un bain d’eau légèrement vinaigrée pour saturer l’alcalinité résiduelle.
- N. B. — N’employer qu’un lait de chaux tamisé, afin qu’il soit bien homogène et agisse uniformément sur toutes les parties de la peau. Cercle de la garnison d’Angoulême.
- une trentaine d’années, je m’amusais à faire fondre le givre d’une vitre en y appliquant ma main. Malgré les lavages répétés de cette vitre, la main y resta imprimée, et, actuellement, est encore visible, légèrement irisée, sous certaines incidences de la lumière solaire. J’ai des raisons... cuisantes pour me rappeler avec beaucoup de précision les causes initiales du phénomène. »
- ET RÉPONSES
- Peut-on teindre les boutons de nacre?
- La nacre se teint avec facilité par les couleurs dites diamines, si on a pris la précaution de dégraisser l’objet en le faisant bouillir pendant quelques minutes dans un bain de carbonate de soude à 5 °/0 environ.
- On monte le bain de teinture avec la moitié du colorant et on porte aux environs de 40°-50°0, puis on y introduit les pièces dégraissées et rincées : on élève progressivement la température jusqu’à l’ébullition.
- A ce moment on retire les objets déjà fort colorés, on ajoute le reste du colorant, puis rentre à nouveau les boutons, que nous avons pris comme exemple; on chauffe, maintient le bouillon environ pendant une heure; après quoi, la teinture ayant atteint son maximum, on rince à fond.
- La quantité de colorant varie, bien entendu, avec l’intensité de coloration cherchée; voici à titre d indication les proportions que l’on peut prendre comme type d’un bain pour teintes moyennes.
- Eau non calcaire............................ 20 litres
- Soude Solvay. .............................. 10 grammes
- Sel de cuisine.............................. 50 —
- Colorant diamine......................5 à 10 —
- N. B. — Le sel de cuisine (chlorure de sodium) a pour but de faire tirer la couleur par la pièce à teindre à la fin de l’opération.
- Les couleurs diamines sont aujourd’hui d’emploi courant; pour mémoire nous citerons la Thioflavine, le Jaune solide, 1 Orange G, l’Écarlate 3 B, le Benzo-bleu solide, le Noir-jais R B, le Brun 3 G, etc. M. Ruubaud, a St-Haon-le-Chatel (Loire).
- Comment s’obtient l’acétate de butyle?
- L’acétate de butyle G2 H5 O2, C4 H9 s’obtient par la méthode générale d’éthérification qui consiste à chauffer dans une cornue un mélange préparé d’avance de l’acide et de l'alcool en présence d’un déshydratant susceptible d’absorber l’eau mise en liberté.
- Dans le cas présent on prendra par exemple 40 gr. d’alcool butylique, 80 d’acétate de sodium, 100 gr. d’acide sulfurique à 66°. Le produit distillé est ensuite rectifié sur de la chaux vive, on obtient ainsi un liquide incolore d’odeur éthérée très agréable, bouillant à 114° G et dont la densité est à 15U G de 0,884. Chauffé à l’ébullition avec la potasse ou la soude caustique il régénère les éléments primitifs : acétate de soude et alcool butylique.
- D’autres procédés peuvent également être employés, par exemple le chauffage au bain-marie, pendant quelques heures, de quantités équivalentes d’acétate d’argent et d’iodure de but)le enfermés dans un matras d’essayeur. Même opération avec le chlorure de butyle et l’acétate de potassium. Enfin on peut obtenir l’acétate de butyle en chauffant au bain d’huile un mélange de sulfo-butylate et d’acétate de potassium.
- A notre avis, si vous avez besoin d’acétate de butyle pour des expériences, le mieux serait d’acheter le produit tout préparé dans une maison spécialisée comme la Maison E. Gaillard, 134, boulevard Félix-Faure, à Aubervilliers, qui pourra vous le livrer en toutes quantités. M. Mevstre, a Lausanne.
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- Montage d’un poste à changement de fréquence.
- 1° Vous pourrez trouver dans une prochaine chronique de Radiophonie Pratique la description avec plan de montage d’un appareil à changement de fréquence avec changeuse de fréquence bigrille d’un modèle analogue à celui que vous nous indiquez.
- 2° Vous pouvez employer deux ou trois étages d’amplification moyenne fréquence, mais nous vous signalons que l’adjonction d’un étage haute fréquence à résonance en avant de-la lampe changeuse de fréquence augmente encore la sélectivité du système et diminue un peu le « bruit de fond » souvent gênant dans les appareils de ce genre, mais a aussi l’inconvénient de rendre un peu plus complexe le réglage du poste.
- 3° La tension plaque élevée de 120 volts que vous nous indiquez ne doit évidemment être appliquée que sur les étages basse fréquence, et spécialement sur la dernière lampe, avec emploi, pour cet étage au moins, d’une lampe « de puissance » avec pile de polarisation de la grille correspondante.
- 4° Nous comprenons bien l’intérêt que peut présenter un voltmètre à deux graduations pour la vérification des tensions des batteries de chauffage et de plaque, mais l’emploi d’un ampèremètre ne nous parait pas, par contre, fort utile.
- Un milliamperemètre, placé dans le courant plaque de la lampe détectrice ou dans le circuit de grille interne de la lampe changeuse de fréquence, vous permettrait de vous rendre compte du fonctionnement de la lampe bigrille ou de l’accrochage de l'amplificateur moyenne fréquence.
- M. J. G. a Grenoble (Isère).
- Réglage d’un poste à résonance.
- Pour régler un appareil à quatre lampes d’un type désormais classique et comportant un étage d’amplification haute fréquence à résonance, il faut simplement, en principe, manœuvrer le cadran du condensateur d’accord et celui du condensateur de résonance.
- De même, pour régler un poste à changement de fréquence, on manœuvre le condensateur d’hétérodyne et le condensateur d’accord.
- Seuls les postes à lampe détectrice à réaction non précédée d’étage haute fréquence ne comportent qu’un condensateur d’accord, mais le dispositif de réaction doit être réglé simultanément de façon assez précise pour la réception des émissions faibles ou lointaines en radiotéléphonie parce qu’il est alors nécessaire de se maintenir à la « limite d’accrochage ».
- Vous trouverez tous les détails nécessaires sur les manœuvres à effectuer pour le réglage des différents postes récepteurs dans La T. S. F. des Usagers (Maison, éditeur).
- M. Dumas, a Melun (Seine-et-Marne).
- Recharge d’une batterie d’accumulateurs sur le courant continu.
- 1° L’opération de recharge d’une batterie d’accumulateurs de chauffage à l’aide du courant continu d’un secteur n’est évidemment guère économique puisqu’il faut abaisser la tension du courant de 110 volts à quelque 6 volts et que la plus grande partie de l’énergie dépensée sert ainsi uniquement à échauffer la résistance mise en série dans le circuit pour amener le courant de charge aux caractéristiques convenables.
- Cependant, comme nous pensons évidemment que vous employez des lampes de T. S F. à faible consommation, l’intensité du courant d’alimentation des filaments, lorsque le poste est en fonctionnement, demeure inférieure à un ampère et il suffit d’adopter une batterie d’accumulateurs de 4 volts robuste et à plaques épaisses, mais de faible capacité (20 ampères-heure environ) comme on en trouve plusieurs modèles dans le commerce à des prix relativement modiques.
- La dépense correspondant à chaque recharge de la batterie devient alors fort supportable dans ces conditions (une dizaine d’hectowatts-heure environ) malgré le rendement déplorable du système de recharge.
- Nous vous signalons, d’ailleurs, que vous pourrez simplement
- utiliser une petite batterie « tampon » de quelques ampères-heure de capacité chargée par le courant du secteur uniquement pendant le fonctionnement du poste récepteur.
- Vous réaliserez de cette façon le chauffage des filaments des lampes par le courant du secteur à l’aide de ce petit artifice indirect.
- Dans un cas ou dans l’autre on emploie simplement comme résistance en série dans le circuit de charge une ou plusieurs lampes à incandescence montées en parallèle. Il faut employer autant de lampes de 32 bougies (filament de carbone) que l’accumulateur a de dizaines d’ampères-heure de capacité.
- Notons enfin (à titre documentaire surtout, car les avantages du système sont généralement illusoires) que l’on pourrait employer comme résistances les ampoules d’éclairage normales d’un appartement en intercalant la batterie dans le circuit d’éclairage à la place d’un fusible du compteur. La recharge de la batterie deviendrait ainsi théoriquement gratuite.
- 2° La question de l’entretien et de la recharge des batteries sur le courant continu d’un secteur est étudiée en détail dans La pratique Radioélectrique, 2° édition (Masson, éditeur), avec schémas de montage des dispositifs.
- 3° Nous ne vous conseillons pas d’employer des piles pour le chauffage des filaments, le moyen est pratique mais beaucoup trop onéreux, étant donné le nombre des lampes.
- M. Saugeron, a Asnières.
- Restauration des photographies passées.
- Voici, d’après la Photo-Revue, un procédé pour restaurer les épreuves passées, qui a valu à son auteur, M. Landaurek, la grande médaille de la Société photographique de Vienne.
- On prépare les deux solutions :
- A Eau distillée....................... 1000 cent, cubes
- Tungstate de soude. . ............. 20 grammes
- B Eau distillée....................... 400 cent, cubes
- Carbonate de chaux................. 4 grammes
- Chlorure de chaux.................. 1 —
- Chlorure d’or et de sodium......... 4 —
- Le mélange B doit être préparé au moins 24 h. à l’avance, puis la solution est filtrée dans un flacon en verre jaune afin d’assurer la conservation.
- Les épreuves à traiter sont lavées à fond, puis plongées dans un bain composé de :
- Solution A......................... 250 cent, cubes
- Solution B.........................6 à 12 —
- Au bout de dix minutes environ et lorsqu’elles sont d’un pourpre clair, on les lave et les met à finir dans un bain constitué par
- Solution A................ . ......... 250 cent, cubes
- Hyposulfite de soude.................... 25 grammes
- Les épreuves doivent séjourner dans ce bain jusqu’à complète disparition de la teinte jaune, ce qui peut demander parfois 2 à 3 h., puis on lave soigneusement et on sèche.
- Bien entendu, avant d’entreprendre un travail de ce genre sur des photographies-souvenirs dont on ne possède pas le cliché, il faut préalablement se faire la main sur de vieilles épreuves sans valeur. M. Baclin, a Cormatin.
- Réparons nos bacs d’accumulateurs.
- Une excellente composition pour obturer les fissures s’obtient facilement en faisant fondre à feu doux 60 gr de gomme laque avec la même quantité de gutta-percha, puis on ajoute à la masse, en tournant, 5 gr de minium et autant de soufre, ce dernier préalablement fondu.
- Pour employer ce ciment, on décape au grattoir les parties à luter, qui doivent être parfaitement sèches (toute trace d’eau conduirait à un insuccès), on coule alors dans la fissure la mixture liquéfiée par la chaleur, on lisse au fer chaud et enlève au couteau également chauffé les bavures, pendant que la pâte est encore suffisamment maniable. Tuileries du Berry.
- 95.886. — Paris, lmp. Lahure. — i5-5-28.
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- LA NATURE
- N9 2786. — 1er Juin 1928 ÿ Prix du Numéro : 3 francs ^
- Paraii le ier et le i5 de chaque mois pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Ce, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI5 (T\. C. Seine : Tel Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L'ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"*), 70 fr. ; — 6 mois (12 n0*), 35 fr.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n0”), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0*), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1
- Un an ... . Six mois. . .
- 90 fr 45 fr.
- Tarif n° 2
- Un an. . Six mois.
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- Tarif extérieur n° 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Eschonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
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- N" 2786.
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- LA FAUNE COLONIALE
- I. LA CHASSE
- Parmi les exportations coloniales, les produits du sol tiennent la première place : outre les textiles, nos possessions nous envoient des bois, des huiles, du cacao, du café, etc..., mais pour faire beaucoup moins souvent parler d’elle, la faune coloniale n’en est pas moins importante, et l’utilisation des animaux terrestres ou marins et de leurs dépouilles est extrêmement variée.
- C’est en premier lieu l’alimentation qui revendique les viandes congelées et les poissons secs ou conservés, c’est ensuite l’industrie du vêtement qui demande les fourrures de toutes sortes; la peausserie utilise le cuir, la bijouterie a besoin des perles, des nacres, de l’ivoire ; bien d’autres corps de métiers encore réclament pour eux les produits coloniaux d’origine animale. Le tourisme enfin est né aux colonies, et le rêve de tout explorateur n’est-il pas de se livrer à la grande chasse dans les forêts équatoriales d’Afrique ou dans la jungle asiatique?
- Comme l’a magnifiquement prouvé, il y a quelque temps, un film d’une documentation remarquable sur la traversée de l’Afrique en « autochenilles », le gibier de toute sorte abonde dans nos possessions d’Afrique, et l’attrait du danger, le goût des aventures, a poussé bien des Européens à se lancer à travers la brousse asiatique ou africaine pour chasser les animaux de toutes sortes qui peuplent ces régions.
- Qu’il s’agisse d’expéditions montées et soutenues par de puissants apports financiers, de tentatives individuelles périlleuses ou d’explorations scientifiques, le métier de chasseur exige beaucoup d’énergie, un grand courage et des qualités sportives éprouvées, car il faut joindre à la robustesse physique nécessaire pour triompher de la fatigue, la lucidité de l’esprit, et l’autorité que doit montrer un chef envers les indigènes qui l’accompagnent à titre de porteurs, de rabatteurs ou de guides.
- L’adresse et la passion des chasseurs s’exerçant sans contrôle, autrefois, avait mis en péril l’existence de cer-
- taines espèces au grand détriment de notre faune coloniale. - . t
- La protection du gibier n’est pas simplement une question d’ordre sentimental, c’est un problème d’intérêt pratique; et si l’on avait laissé les chasseurs libres de détruire à leur guise les animaux sauvages, les régions
- actuellement encore très peuplées de bêtes diverses seraient devenuesdésertes.
- L’Administration prévoyante a pris une quantité de dispositions tendant à réglementer la chasse. Les textes qui régissent la question varient naturellement suivant la colonie, mais en principe dans chacune d’elles, le chasseur est tenu de se procurer un permis : sportif délivré pour la petite, la moyenne ou la grande chasse ; administratif pour la capture scientifique; indigène, réservé, comme son nom l’indique, aux autochtones.
- Des pénalités sévères sont prévues pour ceux qui ne se muniraient pas des pièces indispensables, qui chasseraient des animaux protégés ou qui se livreraient à une battue dans les zones réservées qui ont été aménagées un peu partout dans nos possessions et où les espèces animales et végétales jouissent d’un asile absolu.
- Il serait, en effet, absurde de détruire par exemple des quantités inconsidérées d’éléphants, alors que ces puissants animaux pourraient aider à résoudre le problème des transports à travers les sentiers et dans la brousse, là où des routes ne peuvent être percées.
- Mais ce qui précède, ne doit pas décourager par avance le chasseur. Si à juste titre et après avis autorisé du « Comité de protection de la Faune coloniale », certains animaux sont protégés, d’autres par contre et qui pullulent ne font l’objet d’aucune mesure de sauvegarde et le champ reste ouvert pour la destruction des grands fauves à ceux qui se sentent, du cran et qui possèdent bon œil et vigueur physique. Parmi les animaux non protégés, citons au hasard : les lions, les tigres, les panthères, les hyènes et chacals, les sangliers, les serpents venimeux, etc....
- Fig. 1. — Éléphant abattu en A. E. F. Photo Agence économique de l’A. E. F.
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- Outre les chasseurs sportifs ou de métier, des expéditions scientifiques se rendent deftemps à autre aux colonies pour étudier et ramener en France des bêtes qui intéresserontplus tard les nombreux visiteurs du Muséum ou des parcs zoologiques.
- La plus récente parmi cés explorations est celle de M. Guy Babault, associé au Muséum d’Histoire naturelle, qui, parti de France en 192G, séjourna 15 mois en Afrique centrale, parcourant à pied plus de 1500 km sans le secours d’aucun animal porteur, par suite des ravages que n’aurait pas manqué de provoquer parmi ceux-ci la mouche tsé-tsé. M. Babault, après avoir fait de nombreuses remarques géographiques du plus grand intérêt et recueilli des renseignements de la plus haute importance, ramena en France une abondante moisson de fnammifères, de poissons, d’insectes et d’oiseaux au prix des plus grands dangers et de difficultés nombreuses.
- Les lignes qui vont suivre, écrites par un colonial,
- Fig. 2. — Chasse à l’hippopotame dans la Férégoudouleak [Cote d’ivoire).
- Photo Agence économique de l’A. O. F.
- s’adressent à tous ceux qui, sans avoir fait pour cela d’études particulières, s’intéressent à la vie des bêtes qui peuplent nos pays lointains. Envisager la question de la chasse sous tous ses aspects serait une œuvre d’une importance considérable, et les questions auxquelles il faudrait répondre seraient infiniment nombreuses. Aussi nous nous bornerons ci-après à voir une par une les bêtes les plus répandues, et à indiquer pour chacune d’elles la façon dont on leur donne la chasse.
- De par spn volume et sa puissance, la première place revient à l’Eléphant.
- L’Eléphant. —; Prenons le cas particulier de l’éléphant d’Afrique;- celui-ci habitait autrefois la majeure partie de ce continent ; mais, traqué sans répit, il s’est maintenant réfugié dans la zone centrale et en particulier aü,Congo dans l’Oubangui-Chari et au Tchad; on en distingue deux espèces : l’une: de grande taille (éléphant des forêts), l’autre de petite taille qui peuple les marécages. Les grands éléphants des forêts sont les vrais
- producteurs d’ivoire; se nourrissant de fruits, de feuillages, de branches et d’écorces, ils sont redoutés du cultivateur indigène, car sans aucun scrupule, ils piétinent la nuit venue la récolte de manioc ou de mil, et, n’hésitant même pas devant le vol avec effraction, ils iront jusqu’à puiser dans le grenier du noir la récolte péniblement amassée. Tous les fruits succulents lui conviennent et gare aux plantations de bananes qui tenteront sa convoitise.
- Plus grand que l’éléphant d’Asie, l’éléphant africain atteint une taille de 3 m à 3 m. 50. Peu dangereux pour l’homme quand celui-ci ne lui donne pas la chasse, il devient terrible si d’aventure il a deviné le chasseur et l’a surpris : il y a peu de chances pour que ce dernier s’en tire sain et sauf. Doué d’une vue peu perçante et d’une ouïe pas très fine, l’éléphant rattrape ces inconvénients par un odorat extrêmement développé. Constamment'en mouvement, sa trompe respire dans toutes les directions, prête à éventer l’homme.
- Sa chasse offre de grandes difficultés, il importe en effet de se rapprocher de lui sans donner l’éveil au troupeau (car ces pachydermes se déplacent toujours en groupe), pour cela il faut avoir le vent favorable (vent qui souffle vers le chasseur et non vers l’éléphant). Blessé, il charge son agresseur, le saisit et le prenant par la trompe il le jette à terre, piétine sa victime, ou bien l’étourdissant d’un coup de trompe il le transperce de ses défenses. La femelle surtout est dangereuse ; protégeant le jeune éléphanteau, elle n’hésite pas à charger tout animal suspect, et étendant sa sollicitude à son mâle, elle sait le défendre et se sacrifier pour lui.
- Les blancs chassent l’éléphant avec le fusil à balle explosive; vu le peu de vulnérabilité, il faut posséder une adresse peu commune pour se hasarder à pareil combat, car généralement l’un des deux adversaires reste sur le terrain.
- Les indigènes usent de moyens plus primitifs. Dans le Soudan Anglo-Egyptien, les Arabes se mettent à la recherche d’un troupeau et par des stratagèmes divers détachent un animal de la bande; ils l’isolent, puis lui donnent la chasse souvent pendant plusieurs heures ; quand la bête est épuisée par une course rapide à la rencontre d’ennemis qui se relaient sans cesse, les arabes l’entourent, mettent pied à terre et à coups de sabres ou de sagaies s’attaquent aux jarrets et au cœur. Une fois abattu l’animal est dépouillé de sa viande et de ses défenses. Les nègres, dans la région plus méridionale, attirent la bête sous un arbre dans les branches duquel ils ont mis une lourde pièce de bois à laquelle est fixé un javelot la pointe vers le sol, quand l’animal passe à bonne portée; la masse pesante est libérée et vient le frapper. Ils procèdent aussi par le feu et, après avoir isolé un troupeau dans un coin restreint de la brousse, ils l’encerclent par une large allée dépouillée de végétation, mettent le feu à l’intérieur de la zone de refuge et asphyxient ou brûlent les bêtes qui ne peuvent se sauver.
- L’éléphant est traqué par les chasseurs pour son ivoire, certains de ces pachydermes, en effet, ont des défenses qui mesurent plus d’un mètre et dont la circon-
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- férence à la base arrive à dépasser 0 m. 45. C’est surtout pour leur viande que les nègres le détruisent.
- Les hécatombes qui en sont faites, malgré la protection dont ils sont l’objet, risquent de créer un appauvrissement de la race, appauvrissement qui serait néfaste à bien des points de vue, le principal parmi ceux-ci est l’utilisation comme animaux de trait ou de bât et nous trouvons à ce sujet des enseignements précieux dans l’exemple qui nous est donné au Congo par nos amis belges. Ceux-ci, en effet, ont organisé à la Station de dressage d’Api (Uélé) la domestication du grand éléphant d’Afrique, ils commencent le dressage sur les jeunes bêtes ayant une taille de 1 m. 50 environ, la bête capturée est mise en contact avec les éléphants déjà dressés et elle ne tarde pas à se tranquilliser et à s’habituer à la captivité. On arrive à obtenir d’eux des rendements très intéressants; il faut en effet se rendre compte que deux éléphants traînent sans effort des chariots chargés de 3 à 4 tonnes, ils peuvent porter pendant une trentaine de kilomètres une charge de 400 kg, ils déplacent aisément les troncs d’arbres et obéissent docilement aux ordres de leurs cornacs.
- Il serait à souhaiter que l’on fît de même en Afrique Equatoriale Française où jusqu’à ce jour les résultats du dressage ne sont pas très satisfaisants.
- Mention doit être faite d’une race plus petite d’éléphants qui vient du Dar-Four et du Bar-el-Ghazal en Afrique centrale; extrêmement pillards, ces éléphants sont en plus doués d’une susceptibilité très grande et de colères beaucoup plus terribles que leurs frères de grande taille.
- Le Rhinocéros. — C’est après l’éléphant et avec l’hippopotame un des mastodontes de nos forêts équatoriales. Il vit seul avec sa femelle et sa progéniture; ne se risquant pas trop dans la journée il devient très dangereux la nuit et n’hésite pas à livrer bataille lorsqu’il est attaqué.
- Il y a deux espèces de rhinocéros; le rhinocéros noir qui ne dépasse pas au garrot la taille de 1 m. 50 et qui habite la forêt de l’ouest africain au-dessous de l’équateur et le rhinocéros blanc, beaucoup plus grand (près de 2 m au garrot) qui a son habitat dans les environs du Tchad.
- Le premier est recherché pour son cuir et sa viande, mais les deux défenses qu’il a sur le museau et qui sont formées de poils agglutinés n’ont aucune valeur commerciale, c’est un appendice d’une structure des plus bizarres, qui en guise de trophées peut offrir un certain intérêt, et, est utilisée, dit-on, par les Chinois comme médicament. Le rhinocéros noir est un végétarien, il se nourrit de la même façon que l’éléphant. D’une vue très faible il possède une ouïe et un odorat extrêmement développés; très lourd dans sa démarche, et incapable de changer rapidement la direction de sa course, il renverse les obstacles qui se trouvent sur son passage, chargeant au besoin les hommes qu’il rencontre et les éven-trant de sa corne.
- Le rhinocéros blanc est beaucoup plus paisible ; il ne se cache nullement et pâture en plein jour; c’est une proie facile pour le chasseur, et on en a tué des quantités,
- Fig. 3. — L’hippopotame tué est amené au rivage. Photo Agence économique de l’A. O. F.
- d’autant plus que sa corne est plus appréciée que celle du rhinocéros noir. De sérieuses dispositions sont prises pour le protéger, et il faut espérer qu’elles aboutiront à conserver dans nos régions une espèce rare et débonnaire dont la chasse n’offre aucun intérêt, ni sportif ni commercial.
- Les Hippopotames. — Les Hippopotames vivent le long des fleuves ou sur les berges des grandes étendues d’eau ; en masses compactes et debout dans les basses eaux ils somnolent, laissant leur grosse tête seule émerger des flots, sans bouger lorsque les oiseaux viennent picorer sur leur épiderme les parasites qui s’y trouvent; ils se nourrissent de jeunes plantes et de là végétation aquatique. La nuit ils sortent et en quête de pâture pénètrent dans les plantations qu’ils saccagent au grand désespoir des agriculteurs.
- Ils ont comme le rhinocéros une vue faible, mais une oreille très puissante; quand ils entendent un bruit sus-
- Fig. 4. — Une girafe tuée en A. O. F.
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- pect ils disparaissent sous l’eau et ne sortent que très loin de leur endroit de plongée. Les indigènes les chassent au harpon : pour cela ils leur donnent la course en pirogue, mais doivent se méfier de l’animal furieux qui peut briser la frêle embarcation d’un coup de mâchoire ou la renverser d’un coup de dos.
- La femelle, quand elle vient de mettre au monde son petit, entoure ce dernier d’üne attention jalouse, et le fait de l’approcher, lorsqu’elle nage dans le fleuve avec sa progéniture sur le dos, peut ne pas être sans danger.
- L’ivoire de leurs dents est précieux et les indigènes font avec leur chair des mets qu’ils apprécient énormément. Au moment de la campagne du Cameroun, pendant la grande guerre, le ravitaillement utilisa pour les troupes de la viande provenant de cette chasse.
- Les Buffles. — Ils passent les heures du îour dans les forêts épaisses et ne sortent pour paître qu’à l’aube
- Fig. 5. ^— Une grande hyène ( touba), dangereuse pour le bétail, tuée à la Cote d'Iaoire.
- ou au crépuscule. Le type le plus répandu, le buffle noir qui habite toute la zone centrale de l’Afrique depuis le Sahara jusqu’à la limite méridionale de la forêt équatoriale, est caractérisé par un corps massif porté sur des pattes courtes et trapues, la tête est armée d’énormes cornes très larges à la base, qui sont une arme terrible au moment du combat.
- Les buffles se groupent et soit au pâturage, soit au repos sont toujours protégés par des femelles qu’ils postent en sentinelle. L’animal blessé par le chasseur se replie et guette son ennemi, puis, profitant d’un moment d’inattention de celui-ci, le charge à une vitesse telle que le chasseur n’a généralement pas le temps de se garer, est projeté en l’air, puis piétiné et éventré; c’est l’accident qui coûta la vie à un de nos premiers aviateurs : Hubert Latham.
- Cet animal est peu vulnérable à la tête, car ses cornes lui font un bouclier protecteur; on préfère donc viser
- les épaules ou le cœur, à moins que, se présentant de biais, l’animal n’offre comme cible les os du bassin au chasseur qui en le frappant à cet endroit l’immobilise et peut ensuite l’achever sans danger.
- Le buffle s’apprivoise assez aisément et peut être utilisé ensuite comme animal de trait, ou même comme porteur.
- Le Gnou. — Rappelant comme allure le bœuf, le gnou semble apparenté également au bison du Far-West américain'; haut et puissant (1 m. 30 au garrot) ; sa tête est armée de cornes semblables à celles du bœuf; extrêmement défiant, le gnou n’aime pas comme le buffle les profondeurs de la forêt, il voyage toujours en terrain découvert et c’est ce qui rend son approche difficile. Par grands troupeaux ils pâturent l’herbe des prairies, seuls les vieux mâles sont isolés et passent parfois immobiles les longues heures de la journée.
- Antilopes. — Ce sont les plus gracieuses bêtes de la brousse, celles qui ne mettent pas en péril la vie des habitants et dont les mœurs sont douces et inoffensives, tout au moins à l’égard de l’homme, car il n’en est pas de même entre elles; au moment du rut, les mâles se livrent des combats acharnés pour éliminer ceux d’entre eux vieillis ou trop faibles. Très nombreux autrefois, ces animaux se déplaçaient en troupeaux de plusieurs milliers de têtes, et causaient alors de gros dégâts dans les entreprises agricoles qu’ils détruisaient complètement. Depuis, les chasseurs en ont tué d’énormes quantités, à tel point qu’elles figurent parmi les espèces protégées. Parmi les différentes races d’antilopes il convient de citer les ory.r; hauts comme de petits poneys, ils ont des cornes extrêmement longues et acérées, qui se tiennent verticales sur la tête, leur pelage gris perle, moucheté de taches noires les rend difficilement perceptibles dans les buissons.
- L’oryx n’hésite pas à s’attaquer au lion et le transperce de ses cornes aiguës, il est d’ailleurs toujours victime de son courage, car il ne peut plus se dégager de sa victime. Les Impala, dont les mâles seuls ont la tête ornée de cornes affectant la forme d’une lyre, ne se mêlent pas aux autres animaux et en groupes séparés (mâles et femelles à part) s’en vont aux pâturages à travers les hautes herbes; ce sont des animaux très jaloux et de terribles luttes s’engagent parfois entre eux.
- Les Zèbres. — Il y a plusieurs espèces de zèbres, différentes par la taille et la façon dont sont placées les rayures; c’est grâce à la distribution de celles-ci (placées verticalement et de couleur claire et sombre alternées) que cet animal arrive à se dissimuler aisément dans les fourrés et les buissons.’
- Se nourrissant d’herbes, le zèbre est recherché pour sa robe que l’on utilise comme ornement, divers essais d’élevage ont été faits pour le domestiquer, ils ont donné des résultats excellents, mais trop tôt abandonnés; il n’a été fait depuis longtemps aucun progrès dans cet ordre d’idées.
- Les Girafes. — On n’en trouve plus que très peu dans les possessions françaises et elles sont pour la plu-
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- part réfugiées dans la région du Zambèze et du Lac Tanganyika. Comme les zèbres, elles se distinguent par la disposition de leurs rayures; les mâles portent sur la tête, dans la région des oreilles, de petites cornes recouvertes de peau ; se nourrissant de feuilles, ces animaux sont d’une grande sobriété et peuvent rester très longtemps sans boire.
- Leur course est assez rapide, mais leur endurance des plus limitées permet de les capturer sans grande difficulté; la tête, placée en poste d’observation au bout de son cou, à 4 m. du sol environ, leur permet d’éventer de très loin la présence de leurs ennemis, elles sont secondées d’ailleurs par une vue, un odorat et une ouïe d’une très grande finesse.
- Elles livrent combat, si c’est nécessaire, et portent des coups de patte extrêmement dangereux.
- S’apprivoisant facilement, la girafe est l’objet de mesures de protection sévères destinées à préserver, contre les chasseurs, ce bel animal inoffensif.
- LES GRANDS FAUVES
- Le Lion. — Il est inutile de décrire un lion, car tout le monde a eu l’occasion de voir le roi des animaux derrière les puissantes grilles de nombreux établissements zoologiques, cependant il convient de signaler que contrairement à la croyance populaire un lion n’a pas forcément la tête ornée d’une crinière. Si les espèces du nord de l’Afrique (le lion de l’Atlas par exemple) ont la tête entourée d’une abondante chevelure sombre, ceux des régions méridionales ont des crinières beaucoup moins abondantes et de coloration beaucoup plus pâle ou en sont complètement dépourvus.
- Le lion se nourrit de la chair des animaux de la brousse, notamment des antilopes, des buffles et des zèbres; après avoir abattu sa victime en général d’un puissant coup de mâchoire à la gorge ou sur le cou, il mange d’abord les entrailles, le foie, le cœur et les parties musculaires, puis, sa faim apaisée, il laisse sa proie et reviendra le lendemain et les jours suivants, même si le cadavre se trouve dans un état de putréfaction avancée. Il chasse surtout la nuit et après avoir dévoré sa victime il va boire au lever du jour à la pièce d’eau la plus proche; vivant en famille il est pour le lionceau un excellent professeur de chasse et inculque à sa progéniture les principes qu’il tient lui-même de ses ancêtres.
- Peu dangereux pour l’homme quand il est adulte, il devient terrible lorsque l’âge a diminué son aptitude à la chasse des animaux sauvages, et c’est à cette époque que rôdant autour des villages il essaiera d’emporter une femme, un enfant ou même un homme, n’hésitant même pas à entrer dans les cases.
- On le guette la nuit après avoir placé comme appât le cadavre d’une antilope, le chasseur hors de portée du lion dans les branches d’un arbre le tue d’une distance de 20 m environ. L’attaque de plain-pied « est d’une
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- grande témérité, car ce fauve devient dangereux lorsqu’on le traque, et, blessé même mortellement, il charge à une extrême vitesse. Une balle à la tête peut seule arrêter son bond.
- La Panthère. — Ce carnassier est très abondant en Afrique et en Asie; les espèces se distinguent par la couleur de la robe et le mode de disposition des taches, très astucieuse la panthère s’attaque à tous les animaux domestiques et notamment au chien dont elle est particulièrement friande. Souvent isolée elle dort dans la journée, abritée dans les hautes herbes ou perchée sur la grosse branche d’un arbre Quand- vient la nuit elle guette sa proie ou la poursuit silencieusement jusqu’au moment où elle iugera bon de bondir sur elle. Le Bulletin agricole, du Congo belge fait du festin de cet animal ce saisissant tableau :
- « La victime tombe sous le choc foudroyant du fauve
- Fig. 6. — Une famille de Phacochères tués en Naute-Volla.
- Photo Agence économique de l’À. O. F.
- qui lui enfonce ses crocs dans le cou, et lui ouvre les veines, ou broie les vertèbres de la nuque.
- Là proie est ensuite traînée dans un hallier, et la panthère procède méthodiquement à son festin. Elle mange d’abord, en guise d’apéritif, le cœur, les poumons, le nez, la langue, puis elle entame les masses musculaires. Lorsque sa faim est apaisée, elle recouvre de feuilles les restes de sa proie, ou porte le cadavre au haut d’un arbre pour le déposer dans la fourche d’une branche et continuer son repas la nuit suivante. »
- La férocité de ce fauve est extraordinaire, et il tue pour le plaisir de voir couler le sang.
- Chassée au fusil ou au piège, la capture de la panthère est extrêmement difficile par suite de l’acuité de ses sens. Seuls l’attirent les appâts vivants qui la font un peu s’écarter de sa doctrine de prudence; blessée elle est aussi dangereuse que le lion et on ne saurait avant de l’approcher s’entourer de trop de précautions, car bondissant à
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- très grande vitesse elle lutte courageusement contre le chasseur, et essaiera de le tuer avant de mourir elle-même.
- Le Guépard. — Cet animal plus petit que la panthère lui ressemble beaucoup, mais diffère de cette dernière par les taches pleines de sa robe et par ses griffes qui ne sont point rétractiles ; facilement dressable il peut devenir pour l’homme un auxiliaire précieux, et dans le Sahara on l’utilise pour chasser les gazelles et les antilopes.
- Il faut noter comme proches parents de la panthère et du guépard, quoique de taille beaucoup plus petite, le serval et le chat sauvage, gros destructeurs des basses-cours indigènes.
- Les Hyènes. — Friandes de cadavres, les hyènes sont les animaux les plus antipathiques ; armées de dents terriblement puissantes elles broient les os les plus durs des carcasses qu’elles découvrent, l’odeur du sang et de la pourriture les fait venir de loin; la hyène tachetée, plus forte que la hyène rayée, ne recule pas devant l’homme et peut l’attaquer; blessée elle se défend avec énergie, et doit être approchée avec beaucoup de prudence.
- Les Phacochères. — Ce sont les sangliers africains de couleur brune ou grise, ils ont une très grosse tête et sont armés de deux énormes boutoirs, ils se nourrissent de*plantes et de racines, et sont souvent la proie des lions. . V
- LES SINGES.
- Les singes sont très répandus dans tous les pays chauds (. d’Afrique, d’Asie'et d’Amérique; leurs espèces sont extrêmement nombreuses et varient quant à la taille et à T allure depuis le petit ouistiti jusqu’aux monstrueux gorilles.- - *
- Les plus communs en Afrique sont : le gorille, le chimpanzé, le collobe et le cynocéphale.
- Le gorille est le plus grand singe connu, les mensurations suivantes de l’un d’eux ont paru dernièrement dans la « Dépêche Coloniale » et se rapportent à l’un de ceux qui-furent tués par la récente mission de M. Guy Ba-bault :
- hauteur 1 m. 90
- avant-bras 0 m. 47 de tour
- biceps 0 m. 49 —
- longueur entre les épaules de face 0 m. 80
- tour de poitrine 1 m. 50
- poids 280 kg
- Sa force est en rapport avec ses mensurations; il ne craint personne dans la forêt, pas plus le lion que la panthère, et contrairement à ce que font les autres singes qui montent aux arbres pour dormir, le gorille construit sa litière sur le sol. Redouté au plus haut point parles indigènes, il est accusé de s’emparer des femmes et de les massacrer après leur avoir fait subir les pi'FesÆraitements; marchant souvent sur ses membres inférieurs, le corps
- incliné et ses longs bras traînant par terre, il pousse, lorsqu’il rencontre un ennemi, un rugissement terrible en se frappant la poitrine de ses poings; il accepte en général le combat, et se précipite sur son adversaire qu’il tente d’étouffer.
- Le tir à balle explosive est recommandé au chasseur, qui dans cette chasse doit garder un sang-froid d’autant plus méritoire que l’aspect de ce singe est terrifiant.
- Ajoutons que la chasse de cet anthropoïde est réglementée.
- Beaucoup plus petit, le chimpanzé s’apprivoise facilement, moins dangereux que le gorille, sa capture fait l’objet d’une réglementation sévère. Nul n’ignore plus en effet l’utilité de cet animal, qui contribue, bien involontairement d’ailleurs, et grâce à de savantes opérations chirurgicales, à redonner à l’homme une vitalité nouvelle.
- Les collobes sont de beaux singes à longue fourrure noire et .blanche, les longues mèches soyeuses de la robe sont recherchées pour parer les manteaux de nos élégantes; traqués sans merci ces dernières années, on dut prendre à leur égard des mesures protectrices, mais devant les ravages qu’ils causent aux agriculteurs, leur protection deviendra peut-être moins sévère.
- Le cynocéphale ou babouin a l’allure d’un chien, et est d’une méchanceté remarquable. Il faut toujours se méfier de cet animal, qui, également destructeur de récolte, peut tuer des hommes, s’il est attaqué. Il n’hésite pas même à livrer combat à la panthère. Ajoutons que cette audace lui vient surtout du fait qu’il est toujours en compagnie de nombreux congénères.
- Les Serpents. — Il est regrettable que la mode des serpents qui sévit ces temps-ci avec fureur, ne fasse une consommation encore plus grande de la peau de ces rep-tibles qui sont extrêmement nombreux dans les pays chauds et en général très dangereux.
- On trouve dans les pays coloniaux non seulement la plupart des serpents de nos régions (couleuvres et vipères), mais encore des espèces plus puissantes et plus dangereuses.
- Le Boa notamment, d’une longueur moyenne de 4 à 5 m, possède non seulement une dentition redoutable quoique non venimeuse, mais par la puissance de ses anneaux, il arrive à écraser ses ennemis en s’enroulant autour d’eux.
- D’une gloutonnerie remarquable il fait sa nourriture des bêtes qu’il arrive à saisir (daims, antilopes, moutons) et les avale en une seule fois quitte à les digérer pendant plusieurs semaines. ^
- Le Cracheur qui attaque son adversaire par la projection d’un liquide/vénéneux sortant de sa gueule, loin de refuser le combat à l’homme ou même de le subir, il prend lui-même l’offensive et lui barre la retraite, car sa reptation est des plus rapides, puis se dressant sur ses anneaux postérieures les bajoues gonflées il crache vers les yeux de ce dernier son liquide empoisonné. Bien que la chose soit assez rare et que souvent on en puisse guérir, on a vu des cas de cécité se produire à la suite du crachement de ce reptile.
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- Les Crocodiles. — Quand on approche des rivières ou des étendues d’eau des régions tropicales il est commun de rencontrer les crocodiles vautrés sur la berge et digérant tranquillement leurs repas plantureux. Ce sont eux qui rendent dangereux le séjour le long des fleuves ou des lacs, car quiconque passe à leur portée peut être renversé d’un coup de queue, jeté à l’eau et tué. Ils ne mangent pas de suite leur victime, car ils ne peuvent mastiquer les aliments, aussi les laissent-ils quelque temj^s en réserve jusqu’à ce que le travail de décomposition s’étant produit la chair devienne suffisamment molle pour être avalée sans avoir à faire d’effort.
- La longueur du crocodile atteint souvent 4 m et il arrive, dit-on, à un âge très avancé, certains dépasseraient 100 ans.
- Leur chasse est faite au fusil et exige une grande adresse, car très résistants, une cruelle blessure peut très bien ne pas les tuer, et il est courant de les voir alors prendre la fuite et regagner l’eau; la seule blessure mortelle est celle qui atteint le cerveau.
- Il faudrait pouvoir également dans ces lignes parler des nombreux oiseaux qui peuplent le ciel colonial, leur chasse est en voie de décroissance, car l’utilisation qui est faite de leur
- parure diminue. Les jolies aigrettes ont été autrefois les victimes d’une chasse brutale qui les décimait en énormes quantités, et à laquelle il a été nécessaire de mettre fin, car sans connaître les moments propices à la récolte des brins certains Européens, sans aucun scrupule, détruisaient ces volatiles, quittes à ne trouver la précieuse plume que sur un nombre infime de pièces abattues.
- Ces oiseaux ne se parent des plumes si recherchées qu’au seul moment de la nidification, elles poussent
- alors en une petite touffe entre la naissance des ailes et tombent une fois la nidification terminée. Tuer une aigrette équivaut donc du même coup à détruire la couvée.
- Les autruches également méritent de figurer à la fin de ce rapide aperçu. La presque totalité des autruches domestiques provient de la capture d'autruches sauvages
- par les maures du Soudan. L’élevage de l’autruche est en régression, victime de la mode qui utilise beaucoup moins leurs plumes.
- *
- Fig. 7. — Un gorille femelle abattu dans la montagne, au Cameroun. Photo Agence économique des^territoires africains sous mandats.
- La diversité des espèces animales de nos colonies justifie pleinement l’extension de la chasse ; mais il ne faut pas perdre de vue que la différence est grande entre l’amateur qui part de bon malin parles belles journées d’automne de nos climats et celui qui changeant de latitude doit s’entourer, pour rechercher un gibier bien différent, de cer-tainesprécautions élémentaires.
- Tout d’abord le chasseur colonial devra se munir d’un matériel indispensable, armes et munitions appropriées au genre de chasse qu’il veut entreprendre, ensuite son équipement, son ravitaillement et sa pharmacie devront faire l’objet d’un "choix judicieux pour lequel les avis des vieux broussards ne seront pas inutiles, puis il devra s’entourer de toutela documentation nécessaire et complète tant géographique que zoologique, intéressant la région dans laquelle il désire opérer.
- Enfin il ne devra pas perdre de vue que la chasse est soumise à des réglementations, et qu’il devra se soumettre à celles-ci sous peine de s’attirer toutes sortes d’ennuis.
- R. L.
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- 488 LES APPLICATIONS DE LA SOUDURE AUTOGÈNE
- Fréquemment les lecteurs de La Nature ont été tenus au courant des améliorations apportées dans les divers systèmes de soudure autogène. Ils ont vu s’ajouter à la soudure au chalumeau (oxhydrique ou acétylénique), la soudure à l’arc électrique ou par résistance. Plus récemment, l’Amérique a vu mettre au point le procédé Langmuir à l’hydrogène atomique.
- Ces progrès techniques accumulés ont permis à la soudure autogène, pendant ces dernières années, d’é-
- Fig. 1.— Oxycoupage avec guide électrique Matex. Phot. Soudure Autogène Française.
- tendre son champ d’applications d’une manière prodigieuse.
- Ce développement pourra s’accroître encore, mais il n’est pas sans intérêt de jeter un coup d’œil d’ensemble sur son domaine actuel, de dénombrer ses applications pratiques et d’envisager sespossibilités pour l’avenir.
- DÉCOUPAGE DES MÉTAUX.
- Le découpage fut une des premières applications du chalumeau : bien que
- Fig. 2. — A gauche : presse de 8 tonnes brisée; A droite : réparée à la soudure autogène. Phot. Soudure Autogène Française.
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- réalisant exactement l’opposé d’une soudure, il a recours aux mêmes moyens techniques. Seul le procédé opératoire diffère : par exemple, avec l’arc électrique, il faut un courant d’une intensité suffisante, de façon à volatiliser à la fois l’électrode et la pièce en travail. Les emplois du découpage se bornaient d’abord à la démolition des assemblages métalliques, tels que des charpentes ou des navires ; il a été possible d’y avoir recours sous l’eau, en protégeant le jet enflammé par une gaine d’air comprimé. Mais actuellement une tendance très nette se manifeste pour fabriquer, par découpage dans de la tôle épaisse, des pièces demandées jusqu’alors à l’estampage. On y gagne un abaissement notable du prix de revient, surtout par l’emploi d’appareils mécaniques très simples permettant de suivre exactement et rapidement un contour plan donné : leur automaticité permettra dans un jour très proche de débiter en série et à des prix encore plus bas.
- RÉPARATIONS DES PIÈCES CASSÉES OU USÉES
- La soudure autogène trouva une de ses premières applications dans la réparation des pièces cassées. Dans cette voie, des progrès incontestables ont été marqués au point que l’on est arrivé actuellement à ressouder, avec les plus grandes garanties de solidité, des pièces de dimensions respectables, comme des bâtis de grosses machines, des corps de cylindres, des cages de laminoir. Les chaudières à vapeur y ont également recours pour leur remise en état et les résultats obtenus sont extrêmement satisfaisants, au point que l’on s’est mis à faire appel à la soudure pour leur construction.
- Dans le rechargement des pièces usées, elle a trouvé aussi une zone d’applications qui, sans être très vaste, offre cependant le plus [grand intérêt pratique.
- Elle permet en effet fréquemment de sauver un matériel corrodé chimiquement ou usé mécaniquement.
- Fig. k. — Croisement, de rails assemblés par soudure.
- Phot. S. A. F.
- Fig. 3. — Prisme de drague en acier au manganèse, rechargé a l'autogène.
- Phot. Soudure Autogène Française.
- Cette possibilité est précieuse pour les industriels qui évitent les grosses dépenses d’un renouvellement d’outillage : par le simple apport d’un métal approprié sur les parties usées d’une pièce, on lui redonne les dimensions et la résistance d’une pièce neuve.
- C’est ainsi que peut être prolongée l’existence des aiguillages, des croisements de voie, des bandages de roues de locomotives ou de toute pièce métallique soumise à un travail d’usure ou attaquée par un produit chimique.
- SOUDURE DES RAILS ET CONDUCTEURS
- La soudure à l’arc fut également essayée pour assurer la continuité des rails de tramway ou conducteurs de courant : c’est là une opération délicate, car il est indispensable d’oblenir un joint parfait tant au point de vue mécanique qu’au point de vue de la conductibilité. Les résultats que l’on a obtenus sont bons, mais s’amélioreront certainement encore : comparativement à l’aluminothermie, l’arc électrique, s’il coûte moins cher, ne donne pas de résultats pratiques tout à fait aussi bons.
- Mais il reste toutefois le meilleur procédé de réparation des voies ou de leur assemblage (pour un croisement par exemple).
- CANALISATIONS
- Dans l'établissement des canalisations, la soudure autogène prend aussi une place de plus en plus importante.
- Alors" qu’autrefois on utilisait des tuyaux en fonte, réunis par des joints à emboîtement ou à brides, on s’est tourné maintenant vers des conduites en acier, (. reliées par des joints de divers types et notamment soudés à l’autogène.
- On obtient ainsi des ensembles parfaitement étanches mais remarquablement souples, contrairement aux canalisations en fonte, dont la rigidité avait de gros inconvénients.
- On peut voir [un grand nombre d’exemples de conduites ainsi construites tant pour le gaz et l’eau que pour les gaz de hauts fourneaux ou les pipe-line de pétrole.
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- Fig. 5. — Conduites de fumées entièrement soudées. Phot. S. A. F.
- SOUDURE AUTOGÈNE DES ALLIAGES LÉGERS
- Devant le développement de l’industrie des alliages légers il devenait normal de songer à leur soudure autogène. Pour l’aluminium on s’est heurté tout de suite à une difficulté qui est la formation d’alumine; celle-ci s’incorpore dans la soudure dont la résistance se trouve fortement diminuée. On arrive cependant à l’éliminer grâce à des fondants spéciaux. En outre la corrosion de la soudure, fréquente sous les actions extérieures, peut être évitée grâce à l’emploi d’un métal pur et aussi par
- Fig. 6. — Exemple de construction soudée.
- Passerelle en treillis métallique soudé avec passage en béton.
- Phot. S. A. F.
- un martelage du métal qui rend la soudure plus homogène : de nombreuses expériences exécutées par l’Office Central de la Soudure autogène l’ont démontré. Il va de soi que la même exigence se retouve au sujet du métal d’apport qui doit, lui aussi, présenter la plus grande pureté.
- Avec le duralumin, la technique de la soudure se complique singulièrement, car cet alliage ne doit ses qualités physiques qu’à des traitements thermiques appropriés. On risque de créer dans la partie soudée une zone de moindre résistance, fort préjudiciable. Il est vrai d’ailleurs qu’un traitement thermique convenable, consécutif à la soudure, peut améliorer fortement ses caractéristiques.
- Néanmoins, la soudure du duralumin reste extrêmement délicate, ce qui gêne son développement.
- Le magnésium peut aussi bénéficier de la soudure autogène et son emploi fréquent en aviation a conduit à étudier de près cette question.
- Le principal écueil est la grande affinité de ce métal pour l’oxygène, ce qui oblige à recourir à des décapants spéciaux, puissamment réducteurs et dont le point de fusion soit assez bas. Les résultats obtenus peuvent être excellents à condition d’observer des soins particuliers : ne pas surchauffer le métal, qui doit également être très pur et rendre la soudure plus homogène par martelage.
- En somme, la soudure des métaux ou alliages légers est délicate, mais réalisable par des spécialistes entraînés. Elle permet dans les constructions aéronautiques de réaliser des gains de poids appréciables, et rend de orands services dans la fabrication des cuves, bacs ou ° conduits destinés à l’industrie chimique.
- SOUDURE AUTOGÈNE ET CONSTRUCTION MÉCANIQUE
- Mais, dans le domaine de la construction en général, la soudure autogène voit s’ouvrir devant elle un avenir riche en possibilités et c’est l’Amérique qui, la première, est entrée dans cette voie.
- Ce sont d’abord les pièces de fonderie qui peuvent être remplacées par des pièces soudées (comme nous l’avons indiqué dans La Nature du 15 mars 1928). Dans bien des cas, il en-résulle une économie de temps, de poids et d’usinage. Certes, la fonderie n’est pas appelée à disparaître, mais l’assemblage par soudure peut dans bien des cas la remplacer avantageusement.
- Il en va de même avec le rivetage qui devra certainement céder le pas de plus en plus à la soudure autogène, notamment dans la construction métallique. Cette branche de l’indus-rie a été, de la part des Américains, l’ob-
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- Fig. 7. — Conduite forcée entièrement- soudée. (Phot. S. A. F.)
- jet d’essais particulièrement poussés et convaincants, au point que l’on peut maintenant construire avec la plus grande sécurité, depuis des poutres à treillis jusqu’à des ateliers entiers. Tous ces travaux ont donné aux essais statiques des résultats tout à fait probants Quant aux avantages d’un assemblage soudé sur un assemblage rivé, ils sont nombreux; il suffira simplement de citer entre autres le gain réalisé sur la main-d’œuvre et le temps, la suppression du bruit des marteaux pneumatiques et surtout une réduction importante de poids, car la disparition des trous de rivets permet de diminuer la hauteur des pièces en conservant la même résistance.
- Les exemples de construction métallique se multiplient de nos jours et l’on peut citer des gazomètres, des ponts roulants, des hangars, des wagons, sans oublier les carrosseries automobiles en acier.
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- Ces quelques exemples montrent l’essor plein de promesses que prend la soudure autogène, à l’arc ou au chaluméau. Les nouveaux procédés, qui sortent à peine du laboratoire, lui ouvriront sans doute des débouchés nouveaux. Mais, d’ores et déjà, elle s’est taillé dans l’industrie une place de premier ordre où elle aide puissamment à l’amélioration de la technique et à la compression des prix de revient. A ce titre elle contribue à l’augmentation de la production, qui est une condition essentielle du mieux-être social. Son importance et sa place augmenteront sans doute rapidement dans un avenir assez proche.
- B. Lacaze,
- Ancien Elève de l’Ecole Polytechnique.
- LE COMMERCE DES BOIS EN FRANCE
- On peut résumer ainsi les mouvemenls pour l’année 1926.
- Importations ; Chêne, près de 13000 tonnes dont : Chêne de Yougoslavie 4500 environ,
- — de Pologne 1900 —
- — du Japon 1800 —
- — des États-Unis 1800 —
- Noyer, plus de 2000 t dont :
- — des États-Unis 1000 environ (noyer satiné)
- — de l’Afrique Occidentale française près de 400.
- Bois de construction divers, environ 1 500 000 t. dont : de Finlande 300 000 —
- — d’Allemagne 300000 —
- — de Suède 260000 —
- — d’Autriche 220000 —
- — de Pologne 120000 —
- Parmi les catégories spéciales de bois des pays tempérés figurent :
- les merrains pour plus de 50000 t.
- les poteaux de mines, échalas, près de 300000.
- Parmi les bois exotiques 170000 tonnes de bois fins, ou bois
- des îles, où dominent : l’okoumé, 75000 tonnes, provenant des colonies; l’acajou, 45 000, surtout de l’Afrique Occidentale.
- Enfin les bois de teinture : 75000 tonnes dont un tiers de québracho,
- Exportations : Chêne, près de 270000 t, dont 150 000 vers la Belgique, 35 000 vers la Suisse.
- Nover : 8000 t. dont 2500 vers l’Angleterre et 2000 vers l’Italie.
- Bois de construction, 425000 tonnes, dont 150000 vers la Belgique, 100000 vers l’Espagne, 35 000 vers l’Angleterre.
- Poteaux de mine, échalas, etc., 700000 t. dont près de 500000 vers l’Angleterre et près de 200000 vers la Belgique,
- Bûches, fagots, etc. 350000 t.
- Charbon de bois, 130000 t., dont 65000 vers l’Italie et 60000 vers l’Espagne.
- Bois exotiques :-20 000 t.
- Ces nombres ont été obtenus en arrondissant les chiffres principaux qui figurent dans un tableau d’ensemble de La France forestière et industrielle. L. R.
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- LE VENT PORTE-T-IL LE SON?
- Le Dr Tara nous avait communiqué une singulière observation que nous avons publiée dans notre n° du 15 mars 1928.
- Il signalait que le son d’un avertisseur d’automobile était mieux entendu en avant de là voiture lorsque le vent soufflait en sens inverse du sens de marche de la voiture. Ce fait semble contredire l’opinion courante, fondée, elle aussi, sur maintes observations certaines, à savoir
- qu’un son est mieux entendu, Fig. i. lorsque le vent est dirigé de la
- Réfraction du son. source sonore vers l’observateur.
- M. Fluhr, de Thann, propose à ce paradoxe une explication qui nous paraît juste. Nous la reproduisons ci-dessous.
- « Il semblerait, d’après.Tà remarque du D* 1'Tara, que j’ai eu l’occasion de vérifier moi-même, que le vent soufflant en direction opposée à l§£lle du son a pour effet d’accélérer sa vitesse, tandis que' -%’.il souffle dans la direction du son, il en retarde la vitessé: Le fait est que dans le
- 1er cas il y a renforcement du son par rapport au 2e cas.
- Ceci n’empêche pas que le vent porte le son. Voici l’explication : Un son étant produit, les ondes sonores arrivant à un observateur lui parviennent en partie
- directement et en partie par des réflexions dans les couches supérieures de l’atmosphère. Or, la partie qui lui. arrive directement est relativement faible par rapport à celle qui peut lui parvenir par réflexion.
- On sait qu’une onde (lumineuse ou sonore) tombant d’un milieu (1) sur un milieu (2) différent, avec un angle d’incidence i, subit une réfraction et sort du milieu (2) avec un angle d’incidence r. (Fig. 1). On a :
- Sinus i V (2)
- Sinus r V (1)
- V (1) et V (2) étant les vitesses de propagation de l’onde dans les milieux (1) et (2).
- r, • V(l)
- Donc si v '
- Fig. 2.
- Réflexion totale.
- V (2)
- Sinus i > 1,
- c’est-à-dire V (1) V (2), l’anglë r n’existe pas et il y a réflexion totale dans le milieu (1). (Fig. 2.)
- Ceci étant, voici l’application de ces formules aux cas que soulève M. S. Tara. La vitesse du vent croît du sol, où elle est presque nulle, à une certaine hauteur où elle atteint un maximum. (Voir La Nature du 1er mars).
- Les figures 3 et 4 montrent suffisamment ce qui se passe, sans qu’il soit besoin d’explications.
- Fig. 3. — Vent dans Je sens du son.
- Ici on a ; Y (2) 2> Y (1). Il y a simple réfraction du son dans les couches supérieures de l’atmosphère où il se perd. Le voiturier entend peu le clakson.
- Fig. 4. — Vent dans le sens contraire du son.
- Ici on a : Y (1) > V (2).
- Il y a réflexion totale du son sur les couches supérieures de l'atmosphère. Le voiturier entend bien le clakson.
- Vitesse du vent 35m
- Vitesse réelle du son 330 + 35 = 365m=v( 2)
- -------------->~
- Hautes régions
- Basses régions
- ^ ~// Vitesse du vent 15m
- 'V ^'é/y Vitesse réelle du son 330+15 = 345 m =v (1 )
- Soi / ; / / n / /n VT'n 7 /T7 / / / / / / n / / ? / i / n
- Auto ^ Voiture
- 35m Vitesse du vent
- Vitesse réelle du son 330-35 =295m = v(Z>
- -------------->-
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- Auto Voiture _
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- LES RICHESSES MINIÈRES DU CANADA III. LE DERNIER-NÉ DES CHAMPS AURIFÈRES. LE DISTRICT DE ROUYN
- L’une des régions du Canada qui m’ont le plus vivement intéressé est l’Abitibi. Située dans le nord-ouest de la province de Québec, non loin du rivage de la baie James, prolongement de la baie d’Hudson, elle fut considérée, jusqu’en ces dernières années, comme impropre à la colonisation. Ce fut là que le regretté Louis Hémon écrivit son roman, à la fois si rude et si pathétique, sur la vie des colons canadiens.
- Je lui ferai ce reproche d’avoir trop vanté la beauté sauvage des forêts vierges de l’Abitibi. On y chercherait vainement des arbres majestueux. Sapins, érables, saules et autres essences sont plutôt rabougris.
- Par contre, ils sont plantés si dru qu’ils présentent un fouillis souvent impénétrable.
- Les animaux à fourrure y pullulent — ce qui est bien. Mais ils abritent, en outre, des hordes de taons et autres insectes sanguinaires — ce qui est exécrable. Je conserve un souvenir tout spécial à certaines mouches, appeléespar les habitants « mouches à chevreuil », pas plus grosses que nos mouches domestiques, et dont le suçoir, traversant le drap du vêtement, mord la bête humaine en pleine peau. Engeance! peste! vermine! (Maudite bibêtei grognerait plus simplement un colon canadien.)
- C’est dans cette région sauvage, à l’est des champs aurifères de Porcupine et de Kirkland-Lake, que l’on commence à exploiter des gisements qui paraissent être riches de promesses; on les englobe sous le nom de « district de Rouyn ».
- Dès 1906, des prospecteurs attirés par les sensationnelles découvertes de Porcupine, trouvaient de l’or sur le rivage du Lac Fortune (le bien-nommé!). Une deuxième trouvaille prenait place, en 1911, près du Lac de Monsigny. Les travaux effectués autour de ces deux points ne furent pas jugés encourageants; de plus, le district, éloigné de tout centre habité, totalement dépourvu de routes, se prêtait mal aux tentatives d’exploitation. Les prospecteurs se dispersèrent.
- Mais, en 1923, de nouvelles découvertes s'effectuaient au lieu dit Rouyn, situé à mi-distance entre ces deux
- points. Des compagnies canadiennes, anglaises, américaines, se hâtèrent d’y expédier des éclaireurs. MM. Tim-mins frères, dont j’ai parlé en un précédent article, ne furent pas des derniers à organiser une prospection méthodique du terrain.
- La prospection fut contrariée par l’aspect même du sol : généralement plat, recouvert presque partout d’une épaisse couche de glaise vêtue d’une forêt très dense, il n’offre que de rares affleurements rocheux.
- Cependant, les trouvailles se multiplièrent à partir de 1923, et elles n’ont pas cessé de se produire.
- J’en eus de nombreuses preuves durant mes arrêts dans les petites villes de la région : notamment à Cochrane et à Amos. Je m’amusai, le long de leurs rues bordées de baraquements, à voir aux vitrines des îares boutiques d’épiciers, de fruitiers et de coiffeurs des échantillons de quartz aurifère accompagnés d’affiches manuscrites. Celles-ci offraient au rabais (50 ou 60 cents) des parts d’un dollar dans de nouvelles entreprises minières... Et je me fis cette réflexion que, peut-être, je ratais là des occasions de prendre rang dans la confrérie des millionnaires!
- Les découvertes faites jusqu’ici dans le district de Rouyn n’ont rien de spectacular, pour employer ici l’expression anglaise. Point de placers, ni d’or natif, ni de veines à haute teneur. On mit d’abord à jour, près du Lac Osisko et près du Lac Pelletier (les lacs sont innombrables dans cette partie du « bouclier canadien »), des filons de quartz aurifère. Simultanément, et sur un autre point du rivage du Lac Osisko, au sommet d’une colline couverte de gossan (quartz imprégné d’oxyde de fer qui signale généralement la présence de minerais à une grande profondeur), des tranchées révélaient l’existence de masses de sulfures aurifères et cuprifères, qui furent d’abord négligées, l’activité des prospecteurs se concentrant sur la recherche de filons de quartz.
- Nombre de ces filons sont désormais connus; les travaux engagés pour leur prospection en profondeur n’ont pas donné jusqu’ici, à quelques exceptions près, des résultats décisifs, ou même encourageants. Des 300 com-
- Fig. 1. — L'un des puits de la Horne Gopper Corporation de Noranda, au voisinage de Rouyn.
- Phot. Canadian National Raihvay.
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- Fig. 2. — Usine de traitement des minerais de cuivre, à Noranda, district de Rouyn.
- Phot. Canadian National Railway.
- pagnies qui ont pris des concessions autour de Rouyn, ét dont les capitaux variaient de 1 à 50 millions de dollars, beaucoup se sont déjà retirées de la lutte. Un ingénieur-expert me confiait à Québec que cinq de ces
- compagnies seulement avaient des chances sérieuses d’obtenir de brillants résultats avec leurs filons ou dépôts de cuivre aurifère et de zinc.
- Mais, à mesure que l’on se désintéressait des filons de quartz, l’activité se reportait sur les dépôts de sulfures, d’abordtant méprisés. MM. Tim-mins frères achetaient, du prospecteur cana-dien-anglais qui l’avait prise, la concession du Lac Osisko dont je parlais à l’insiant. En septembre 1924, leur premier puits atteignait la profondeur de 30 m, après avoir traversé une masse de sulfures très riches en or et en cuivre. Cette concession est maintenant connue sous le nom de Horne (qui est celui du vieux prospecteur qui l’ex-ploila en premier).
- En 1925, trois masses analogues étaient découvertes dans les environs immédiats de la Ilorne; ce sont :l’Amulet, la Waite-Montgomery et l’Alderson Mackay. Les puits forés par ces diverses entreprises ont révélé l’existence d’énormes amas de sulfures d’or et de cuivre, sans parler d’un beau gisement de zinc situé sur la même colline du Lac Osisko. La teneur varie considérablement. Un tableau que j’ai sous les yeux
- Fig. 3. — Rouyn : ville-champignon.
- Rouyn est née fin 1926. Voici l’aspect, en 1927, d’une des rues de la ville, récemment percée dans la forêt. (Phot. Canadian National Railway.)
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- Fig. 4. — Une banque et une école à Rouyn.
- m’apprend que quatre échantillons, prélevés dans le même puits, ont donné à latonne de 13 à 28 dollars.
- Un fait incontestable, c’est que l’abondance et la richesse de ces sulfures ont été jugées suffisantes pour motiver à No-randa (près des concessions Ilorne) l’érection de hauts fourneaux qui pourront traiter 1000 tonnes de minerai par jour. A mon passage dans la région, ils étaient presque achevés et ils ont dû commencer leur service en décembre dernier.
- UN PAYS TOUT BATTANT NEUF.
- Il est encore trop tôt pour parler avec certitude de l’avenir de Rouyn. En septembre 1926, les habitants de la région célébrèrent comme un grand événement l’entrée au village de Rouyn de la première automobile ! Le véhicule inaugurait la première route construite dans cette solitude ; longue de 70 km, elle reliait le nouveau camp aurifère au monde extérieur, en aboutissant à Macamic; elle ne fut complètement terminée qu’au printemps 1927. Simultanément, le Ganadian National Rail way poursuivait avec activité la construction d’un embranchement de même longueur reliant Rouyn à une station de sa ligne transcontinentale, O’Brien, qui a changé de nom pour prendre celui de l’éminent homme d’Etat qu’est M. L.-Alexandre Taschereau, premier-ministre du Québec. En octobre 1926, la voie était déjà
- assez avancée pour recevoir des trains de marchandises; ce ne fut qu’au cours de décembre 1926 qu’un train quotidien pour voyageurs commença à circuler entre Taschereau et Rouyn. Jusqu’alors, le transport des voyageurs était partiellement assuré par les hydroplanes entre la gare de Haileybury et Rouyn.
- Je cite ces faits pour que soit mise ici en relief l’extrême jeunesse du camp de Rouyn. Au reste, il suffira de voir les photographies publiées sur ces pages, et dont plusieurs m’ont été très obligeamment données par notre très distingué compatriote, M. Théo.-G. Denis, direc-
- Fig. 5. — Vue de la ville d’Amos. (Pliot. Canadian National Railway.)
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- Fisc. G- — Des puits de gaz naturel dans la Turner Valley (province d'Alberta).
- Au premier plan, un puits dont le gaz est capté pour être distribué à grande distance. Plus loin, des puits en voie de forage. (Phot. Keystone View Co.)
- le type de ces « villes-champignons » qui ^surgissent des solitudes canadiennes.
- Rouyn, dont quelques-uns de ces clichés nous montrent lés rues principales, sera peut-être une ville superbe avant dix ans. Pour le moment, ses trois banques abritent leurs bureaux dans des maisons de bois édifiées de gros troncs non équarris ; cependant, j’ai noté dans la rue Perrault, qui est le nom du ministre des mines du Québec, de spacieuses constructions de planches servant d’hôpital et d’écoles.
- Amos, qui avoisine le camp de Rouyn, m’a particulièrement intéressé. Vieille de 10 à 15 ans, cette petite ville vous prend déjà des airs de doyenne ! Elle n’a que 2.300 habitants, et elle possède une imposante « cathédrale » de style byzantin qui pourrait recevoir quatre milliers de fidèles, plus un Palais de Justice qui est presque aussi majestueux...
- Mais ses rues, larges d’une quarantaine de mètres, sont encore bordées de masures ou de chalets de bois — en attendant l’érection des skyscrapers d’un avenir plus ou moins proche !
- teur du Bureau des Mines de la Province de Québec, les autres m’ayant été communiquées par le Ganadian National Railway. Les plus vieilles ne remontent qu’aux dernières semaines de 1926, et l’ensemble nous présente
- Fig. 7. — Une installation pour récupérer la gazoline contenue dans les gaz naturels provenant des puits de Turner Valley.
- Photo Keys one View Co.
- LE CHARBON ET LE PÉTROLE DE L'ALBERT A.
- Ce nom est celui d’une province de création relativement récente, dont la superficie est le double des Iles Britanniques. Limitée à l’Ouest par les Rocheuses, a l’Est par la Saskatchewan, elle est, comme cette dernière, recouverte entièrement par la Prairie, le pays à blé par excellence. Une couche de terre noire (sédiments d’origine glaciaire), dont l’épaisseur est considérable, revêt des terrains crétacés riches en dépôts de charbon bitumineux et de lignite, et qui, depuis quatre ou cinq ans, commencent à produire du pétrole et du gaz naturel.
- Une fois de plus, il me faut constater que ce fut une entreprise ferroviaire qui découvrit ces richesses, il y a une quarantaine d’années, en construisant sa voie transcontinentale. Mais elles ne commencèrent à être exploitées qu’au début de ce siècle. En 1901* l’Alberta (qui ne comptait encore que 73.022 âmes, et qui en possède aujourd’hui plus de 700.000) produisit 300.000 tonnes de charbon. En 1925, sa production a été de près de 6 millions de tonnes.
- En visitant plusieurs villages de cette partie du Far-West,j’aipu constater que les colons n’avaient vraiment pas lieu de se plaindre, malgré les rigueurs d’un hiver de sept mois, durant lequel la température descend fréquemment à — 35^. Le sol est d’une fertilité incomparable, et il leur suffit souvent de le gratter pour mettre la main sur d’inépuisables réserves de combustible.
- A Willowbunch, un fermier, originaire de France, M. Gustave Bouffard, me montra, en parcourant ses 7.500 hectares en automobile, une butte où affleurait la couche de lignite. Ilm’apprit que les habitants avaiëht
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- le droit de creuser leur « trou individuel » pour en tirer tout le combustible qui leur était nécessaire, et sans avoir à payer la moindre redevance. Une petite compagnie avait amorcé une galerie dans cette butte; mais les travaux me parurent abandonnés.
- L’Alberta est désormais le plus grand producteur de charbon de tout le Canada; ses réserves connues sont évaluées à 1059910 millions de tonnes.
- Cette même province est en passe de devenir un grand centre pétrolier. Jusqu’ici, la production d’huile naturelle est faible : les nappes paraissent être situées à une profondeur d’au moins 600 m., et le forage de puits n’en est qu’à ses débuts. Mais plusieurs districts produisent des quantités considérables de wet gas (gaz humide) dont on tire de l’huile légère., Dans la Turner Valley, un sondage de 3.740 pieds de profondeur a mis à jour, en octobre 1924, une abondante source de ce gaz qui donne, depuis cette date, 500 barils d’huile par
- —: .... - = 497 =====
- 24 heures. En certains districts, le flux de gaz s’accompagne d’une faible production d’huile naturelle. Pendant que je visitais la région, vers la fin de juillet dernier, la presse dé l’Alberta consacrait chaque jour des colonnes à de nouvelles trouvailles; on parlait surtout des nappes de pétrole découvertes aux environs de Wainwright, près du parc de même nom, où le gouvernement canadien a reconstitué de grands troupeaux de bisons.
- Je noterai en terminant qu’Edmonton, la prospère capitale de la province, est exclusivement chauffée, depuis deux ans, à l’aide du gaz recueilli dans la vallée de Viking, à plus de 120 km. de distance. Le gaz est amené par des conduites. Un négociant en fourrures d’Edmonton, M. Louis Trudel, m’apprit que le chauffage de ses magasins et ateliers lui coûtait de 80 à 90 dollars par an avec le charbon, et qu’il ne dépensait plus que de 18 à 20 dollars avec le gaz. Victor Forbin.
- Fig. 8. — Un village neuf dans l'Abitibi. (Phot. Ganadian National Railways.)
- = QUELQUES APPLICATIONS —....................
- DES MESURES DE LA CONCENTRATION EN IONS HYDROGÈNE PAR LE COEFFICIENT pH(')
- Les applications des mesures de la concentration en ions H+ sont extrêmement nombreuses. Elles intéressent les domaines les plus variés des sciences chimiques, biologiques, médicales, etc. Nous ne saurions songer à en faire ici une revue qui eût la prétention d’être complète. Nous nous bornerons à quelques indications très générales, uniquement afin de montrer tout l’intérêt pratique qui s’attache à la considération et à la mesure de la concentration des ions H+, renvoyant aux traités spéciaux les lecteurs qui désireraient des détails sur telle ou telle application.
- Electro-titrimétrïe. — Jusqu’à ces dernières années, la neutralisation des acides par les bases, ou
- 1. Voir La Nature, n« 2773, 15 novembre 1927, et n° 2779, 15 février 1928.
- inversement, n’était suivie qu’au moyen d’un petit nombre d’indicateurs colorés, tels que l’héliantine, le tournesol, le rouge de méthyle, etc., dont le virage était considéré comme fournissant le point de neutralisation. Cette méthode convient assez bien lorsque l’acide et la base utilisés sont [un acide fort et une base forte; mais lorsque l’acide ou la base à doser sont un acide faible ou une base faible, elle peut conduire à des erreurs atteignant plusieurs unités pour 100.
- La mesure de la concentration des ions H+ par la méthode électrométrique permet de suivre la neutralisation [et de déterminer le moment précis où les quantités d’acide et de base en présence s’équivalent exactement (point d’équivalence).
- Si à un volume d’une solution acide donnée, on ajoute
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- des quantités croissantes d’une solution alcaline titrée, et qu’on représente la variation de pH en fonction de ce volume e, on obtient des courbes de neutralisation dont la forme varie avec la force de l’acide (fig. 1). Mais toutes ces courbes présentent une partie presque rectiligne et verticale pour un volume de la solution alcaline contenant une quantité de base exactement équivalente à la quantité d’acide de la solution à doser. L’abscisse de la partie verticale de la courbe fait donc connaître la concentration de l’acide. C’est là une méthode acidimé-trique précise. Dans le cas d’un acide polybasique, la courbe de neutralisation présente plusieurs portions verticales correspondant aux diverses fonctions acide.
- De même la courbe de neutralisation d’un mélange d’acides monobasiques présente autant de chutes de pH qu’il y a d’acides dans la solution, à condition toutefois que les forces des acides diffèrent entre elles suffisamment. Supposons que l’on veuille titrer 10 cm3 d’acide chlorhydrique 0,03 N (3 cm3 d’une solution déci-normale d’acide chlorhydrique-4-7 cm3 d'eau'l avec de la soude 0,1 N. On ajoute progressivement avec une burette la solution de soude décinormale, et, après chaque addition de soude, on mesure le pH du mélange. Si l’on porte en abscisse les centimètres cubes de soude versés et en ordonnée les pH correspondant chaque fois au mélange réalisé, on obtient la courbe de la figure 2. La fin de la titration correspond à l’addition de 3 cm3 de soude. A ce moment, la valeur du pH passe brusquement de 4 (solution acide au méthyl orange) à 10 (solution alcaline pour la phénolphtaléine). On comprend ainsi que le choix de l’indicateur soit indifférent quand on titre un acide minéral.
- Si au lieu d’acide chlorhydrique, on titre de l’acide acétique, on obtient le diagramme de la figure 3. Quand on ajoute la quantité de soude exactement équivalente à l’acide, la valeur de pH passe de 7 à 10. Cet intervalle est en dehors de la zone de virage du méthyl orange ; aussi faut-il utiliser la phtaléine comme indicateur. Si l’on titre un mélange contenant 3 cm3 d’acide chlorhydrique décinormal et 3 cm3 d’acide acétique décinormal, la courbe (fig. 4) présente une légère inflexion correspondant à la saturation complète de l’acide chlorhydrique et une inflexion beaucoup plus marquée lors de la saturation de l’acide acétique.
- La précision de la méthode de titration électrométrique est d’autant meilleure que la portion rectiligne de la courbe de titrage au voisinage de l’équivalence est plus étendue et se rapproche davantage d’une verticale. Elle est d’autant meilleure que l’aoide à doser est plus fort et que la base utilisée pour le titrage est plus forte : d’où l’emploi exclusif des bases alcalines pour l’acidimétrie.
- On peut titrer de même une solution basique en traçant la courbe de neutralisation représentant la variation de pH en fonction du volume d’une solution titrée acide ajouté à la solution basique à doser. Là encore la solution titrée acide doit être une solution d’acide fort.
- Bien entendu, dans la pratique, on peut porter en ordonnée sur les courbes de neutralisation non les valeurs de pH, mais plus simplement les valeurs des différences de potentiel lues directement sur l’appareil
- de mesure électrométrique et à partir desquelles on calcule le pH.
- Pour aller plus vite, comme l’équivalence entre un acide et une base dans un mélange de solutions données est réalisée pour une valeur du pH bien déterminée, on se borne souvent à ajuster le potentiomètre sur cette valeur du pH, et l’on ajoute la liqueur titrée jusqu’à ce que soit atteint l’équilibre électrique. On peut même supprimer le potentiomètre et remplacer l’électrode au calomel par une électrode à hydrogène renfermant une solution dont le pH soit précisément égal à celui qui correspond au point d’équivalence. Au moment de l’équivalence, la différence de potentiel s’annule aux extrémités de la chaîne constituée par l’électrode plongeant dans la solution étalon et l’électrode plongeant dans la solution à neutraliser, ce qu’on peut constater au moyen d’un galvanomètre.
- On peut appliquer des méthodes analogues basées sur la considération! de courbes caractéristiques au dosage de divers ions autres que l’ion H-, et notamment des ions Cl, Br, I, Mn O4, Fe, Zn, Cd, etc. Dans èhaque cas, il faut mettre en œuvre une électrode indicatrice convenable.
- L’étude de la marche que suit la concentration en ions H- au cours des neutralisations a permis de préciser les conditions d’emploi des indicateurs colorés. Elle a montré que pour chaque titration on doit employer l’indicateur dont la zone de virage comprend la valeur du pH qui est réalisée lorsque les quantités d’acide et de base s’équivalent exactement. En s’astreignant à cette condition, on évite une des causes d’erreurs importantes des titrations volumétriques par les indicateurs colorés, cause dont on ignorait l’existence avant les études sur la concentration en ions H- des solutions.
- Propriétés des colloïdes. — Toute une catégorie de colloïdes et notamment les protéines sont considérées à l’heure actuelle comme des électrolytes amphotères susceptibles par suite de se comporter soit comme les acides, soit comme les bases. Ainsi, en présence-d’un acide fort comme l’acide chlorhydrique, la gélatine et la caséine manifestent leurs propriétés basiques et donnent des chlorures et des sulfates de gélatine ou de caséine. Elles manifestent leurs pi’opriétés acides au contact d’une lessive alcaline et fournissent un gélatinate ou un caséi-nate alcalin.
- La formule générale des protéines peut donc être mise sous la forme schématique HROH. En solution aqueuse cette molécule s’ionise :
- 1° à la manière des acides, en fournissant des ions H+ suivant le mode :
- HROHît II--F-ROH";
- 2° à la manière des bases, en fournissant des ions OH" suivant l’équation :
- HROHte RH- + OII"
- Lorsque dans la solution le nombre des anions ROH~ est égal au nombre des cathions RH-, on dit que la protéine se trouve à son point isoélectrique. Pratiquement elle ne peut alors se combiner ni avec un acide, ni avec une base.
- Ce point est atteint pour des valeurs de la concentra-
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- tion en ions hydrogène caractéristiques de chaque protéine. Voici les valeurs du coefficient pH relatif au point isoélectrique pour quelques protéines.
- Protéine pH isoélectrique
- Caséine (vache. . ............. 4,6 — 4,7
- Gélatine....................... 4,6 — 4,7
- Albumine du sérum...................... 4,7
- Globuline du sérum..................... 5,4
- Albumine d’œuf................. 4,8
- Oxyhémoglobine................. 6,7
- Hémoglobine oxycarbonée. . . 6,8
- Hémoglobine réduite.................... 6,8
- Pour la valeur du pH qui correspond au point isoélectrique, les protéines présentent un certain nombre de particularités remarquables : la solubilité et le gonflement du gel, la viscosité, la conductibilité, la pression osmotique, etc., des solutions aqueuses passent par un minimum. C’est au point isoélectrique que les jprotéines fixent des quantités d’ions minima : aussi pour préparer des échantillons tout à fait purs, convient-il de les laver avec une solution dont la concentration en ions H+ soit celle du point isoélectrique. Ainsi en lavant de la gélatine en poudre avec de l’eau dont le. pli soit celui du point isoélectrique, ôn peut rapidement la purifier et la transformer en un produit ne donnant pas de cendres. Si la protéine est soluble en ce point (comme dans le cas de l’ovalbumine cristallisée), il suffit pour la purifier d’en dialyser une solution portée à cette valeur du pH.
- Dans un travail important, le savant américain Loeb écrivait : « Les protéine^ sont des électrolytes am-
- photères qui existent sous trois états différents selon la concentration en ions Hf, à savoir : (a) à l’état de protéine isoélectrique et non ionogénique; [b) à l’état de protéinates métalliques, par exemple de protéinate de Na ou de Ca, et (c) à l’état de sels acides de protéine, par exemple de
- Fig. 2. — 3 cm3 d’acide chlorhydrique 0,1 N sont additionnés de quantités croissantes de soude 0,1 N.
- En abscisses, cm3 de soude.
- En ordonnées, les pH.
- chlorure, de sulfate, etc., de protéine.
- Il résulte donc de ceci qu’une solution de protéine n’est pas suffisamment définie par sa concentration en cette matière, mais qu’il y a lieu de connaître aussi la concen-, tration en ions H+, puisque chaque protéine se présente sous trois formes (peut-être isomères) selon cette concentration en ions EU ».
- Peut-être Loeb at-tribuait-il trop d’importance à l’influence de la concentration en ions H+ sur les propriétés des pro-
- 499
- téines. Des travaux récents ont mis en évidence deux minima de gonflement pour deux valeurs différentes de pH, ce qu’on a tenté d’expliquer parl’existence dè deux, protéines ayant des points isoélectriques différents, ' sans que cette interprétation apparaisse comme entièrement satisfaisante.
- Mais si les propriétés des protéines dépendent d’un nombre plus ou moins grand de facteurs, il n’en de- Fig. 1. — Courbes de neutralisation meure pas moins que Par la soHde-
- la concentration en 1“ de l’acide chlorhydrique (courbe a), ions H+ semble de- 2° de r&cide acéti(ïue (courbe b). voir être considérée
- comme l’un des plus' importants de ces facteurs.
- A la lumière des considérations précédentes on peut rendre compte assez simplement de certaines particularités que présente la gélatine des plaques photographiques au cours des traitements que nécessite l’obtention du négatif. Le développement se fait généralement dans un bain alcalin de pH élevé (8 à 10). Le gonflement de la gélatine serait considérable si la présence de sels, carbonates et sulfites de soude, ne le diminuait un peu; en fait, l’épaisseur de la gélatine peut atteindre le triple ou même le sextuple de l’épaisseur initiale. Mais, dès que la plaque est plongée dans le bain de fixage acide d’un pH compris entre 4 et 5, le voisinage du point isoélectrique et une concentration saline élevée en hyposulfite de soude font reculer le gonflement; la gélatine durcit. L’addition d’alun de chrome ou d’alumine rend ce durcissement stable.
- De même, la concentration des ions H+ intervient dans un grand nombre d’opérations industrielles portant sur des matières colloïdales : tannage, teinturerie, sucrerie, fabrication des gelées de fruit, etc. Pour en assurer la régularité et en accroître le rendement, il y a intérêt à les effectuer dans des conditions où cette concentration en ions H+ ait une valeur déterminée.
- Chimie biologique. — Un nombre très grand d mesures ont été faites sur la concentration en ions H des liquides de l’organisme à l’état normal et à l’état pathologique. La concentration en ions hydrogène du sang est à l’état normal remarquablement constante. L’indice pH oscille autour de 7,40, les valeurs extrêmes semblant être 7,30 et 7,50. Dans des cas pathologiques, on a observé des valeurs extrêmes allant jusqu’à 7 et 8 : en deçà de 7, le malade entre dans le coma et meurt; au delà de 8, la mort survient encore, mais après des phénomènes tétaniques.
- A quoi est due cette constance de la concentration en
- i3 N a 0H
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- ions hydrogène du sang? A première vue, elle apparaît surprenante. En effet, de grandes quantités d’acides ou de bases traversent l’organisme, soit qu’elles y prennent naissance, soit qu’elles*y pénètrent. Citons par exemple : les acides carbonique, sulfurique, phosphorique, produits par l’oxydation des aliments; l’acide lactique qui se forme dans les muscles; les sels alcalins de soude, de potasse, de chaux et de magnésie, apportés par les aliments. L’organisme doit éliminer tous ces corps en excès : le gaz carbonique est exhalé par les poumons dans la respiration ; les acides fixes passent à l’état de sels dans l’urine.
- La constance en ions hydrogène du sang s’explique par les substances qu’il renferme : protéines, phosphates et surtout bicarbonates l.
- Les bicarbonates contenus dans le sang forment sa réserve alcaline, ou si l’on veut son alcalinité totale, et cette réserve varie dans des limites beaucoup plus étendues que lepH. Dans les cas, par exemple, d’acidose légère, la réserve alcaline diminue seule, tandis que le pH reste constant. Mais si la quantité d’acides qui pénètrent dans le sang dépasse certaines limites, la réserve ne suffit plus à la compenser, le pH baisse, le malade entre dans le coma et meurt.
- Dans ses études sur les fermentations, Pasteur avait signalé l’importance de l’acidité sur le développement des cultures microbiennes. Mais l’influence de cette acidité n’a été précisée qu’à partir du moment où on a su évaluer la concentration en ions H+ qui traduit l’aicdité réelle du milieu. Les diverses diastases présentent un maximum d’activité dans des milieux dont le
- pH a des valeurs déterminées. Voici les valeurs optima de ce pH pour quelques diastases :
- Diastases pH
- Saccharose...................... 4,2 — 5,2
- Maltase (levure de bière) .... 6,1 — 6,8
- Pectase......................... 4,3
- Pepsine de l’estomac............ 1,6 —1,5
- Sans doute d’autres ions ont-ils une influence sur cette activité. La diastase salivaire, par exemple, est assez sensible aux ions chlore. Mais d’une manière générale, il semble bien que ce soient les ions H+ qui exercent l’action la plus importante sur l’activité fermentaire. Et, pour chaque réaction biochimique, il semble qu’il existe une concentration en ions H+ optima dont on ne peut s’écarter sans que la réaction se ralentisse ou même cesse complètement.
- Il existe des zones d’acidité optima non seulement pour les diastases, mais encore pour les bactéries : les bacilles typhiques et paratyphiques ne peuvent subsister dans des milieux dont le pH est supérieur à 6.
- Ces considérations sont mises à profit dans un grand nombre d’opérations industrielles et agricoles où interviennent les fermentations : fabrication de la bière, çles fromages, du pain, du vin, épuration des eaux résiduaires, etc.
- Concentration en ions hydrogène des eaux. —
- 1. Voir Vincent. La concentration en ions hydrogène et sa mesure par la méthode électrométrique. 1 roi., Hermann, éditeur.
- Les eaux potables ordinaires ont un pH compris entre 7 et 8. Les eaux minérales ont un pH très variable suivant les sources. La concentration en ions hydrogène de l’eau de mer varie suivant les temps et les lieux de 7,86 à 8,24. Les facteurs qui influent sur cette concentration ont été fort nettement discutés parM. Legendre (*), qui les classe en facteurs physiques, océanographiques et biologiques. Nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici les conclusions de ce savant :
- « Les principaux facteurs physiques sont la température, la salinité, la tension de l’acide carbonique de l’air, la concentration des bases dans l’eau de mer.
- « La température a une très faible action physique sur le pH : on !peut admettre avec Mc Clendon, qu’une différence de température de 1° n’affecte le pH que d’environ 0,01. La température agit plus sur l’activité des êtres vivants, dans leurs échanges avec le milieu.
- « La salinité n’agit guère physiquement sur le pH, tout au moins dans les mers libres. Un accroissement produit une augmentation de la concentration des bases, mais aussi un ralentissement de l’activité des êtres vivants; une légère dilution diminue faiblement la concentration des bases, mais augmente l’activité chorophyllienne. Ce n’est que dans les eaux saumâtres, celles des estuaires ou des mers fermées, telle la Baltique, que les variations de salinité, devenant considérables, provoquent une instabilité du pH d’ailleurs complexe.
- « La concentration de GO2 dans l’air étant sensiblement constante, celle des bases dissoutes dans l’eau paraissant l’être également dans les mers ouvertes, ces deux facteurs n’interviennent pas.
- « Parmi les facteurs océanographiques, on peut considérer la distance à la côte, la profondeur, la latitude, les courants.
- « Les variations du pH sont beaucoup plus marquées sur le rivage qu’en pleine mer, qu’on considère les oscillations diurnes ou les saisonnières. On peut l’expliquer, soit par l’activité des algues fixées sur le fond, soit par la plus grande densité du peuplement vivant, soit par le moindre brassage de l’eau, près de la côte. Les données manquent pour évaluer l’importance de ces divers facteurs. Quoi qu’il en soit, les mares littorales présentent une stabilité du pH bien moindre que les baies et celles-ci que la haute mer.
- « Le pH diminue en profondeur, l’eau y devient plus acide. Mais cette variation n’est généralement pas progressive et souvent on observe, comme pour les teneurs en oxygène, entre 0 et 100 m, une zone intermédiaire où les valeurs dépassent celles de la surface.
- « Le pH varie en latitude; en surface, il est plus grand près de l’équateur que dans les régions polaires. Ceci est dû en partie à la température plus élevée et aussi à l’éclairement plus intense qui favorise la photosynthèse dans les région tropicales.
- « L’eau des courants froids, venant des régions polaires ou des profondeurs, a un pH plus bas que celle des courants chauds venant des tropiques ou de la surface.
- 1. R. Legendre. La Concentration en ions hydrogène de l’eau de mer. Le pH. (Les Presses universitaires de France.)
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- « Les facteurs de variation du pH les plus importants sont d’ordre biologique. Ce qui le prouve est le parallélisme entre 'les fortes teneurs en oxygène et les grandes alcalinités. En surface, les phénomènes de photosynthèse l’emportent sur ceux de respiration, si bien que l’eau subit, près des côtes, des oscillations diurnes du pH en rapport avec l’éclairement et partout, même en haute mer, des variations saisonnières en rapport avec le développement du plancton.
- « Il semble que, dans toutes les mers, l’eau de surface soit en équilibre avec une tension de GO2 moindre que celle de l’atmosphère. Dissout-elle de l’acide carbonique de l’air (ou bien est-elle renouvelée constamment par de l’eau de profondeur, plus acide, brassée par les courants? Des données plus précises sont encore désirables sur ce point. »
- Biologie. — On connaît encore assez mal la concentration en ions hydrogène ’du protoplasma vivant. Il semble cependant que cette concentration corresponde sensiblement à la neutralité et qu’elle ne dépende qu’assez peu de la concentration du milieu ambiant. Ainsi pour les éponges les nombres trouvés oscillent entre 6 et 7,6, pour les algues marines entre 6,6 et 7,3.
- La division cellulaire s’accompagne d’un gonflement du protoplasma, substance colloïdale. Gomme le gonflement des colloïdes est influencé par la concentration en ions hydrogène, on conçoit que cette concentration puisse influer sur la division cellulaire. C’est ce que l’observation a permis de constater. Ainsi le développement de l’œuf d’oursin [ne peut se faire que dans des milieux dont le pH soit compris entre 4 et 8,1. Gomme pour les fermentations et le développement des bactéries, il y a une concentration optima.
- Bien d’autres manifestations [vitales, phototropisme, variation de’ forme des cellules, mouvements ami-boïdes, etc..., sont influencées par la concentration en ions hydrogène des milieux.
- On a signalé que la répartition des animaux marins était liée à la concentration en ions hydrogène de l’eau de mer. Voici à titre d’exemple les valeurs du pH indiquées pour quelques espèces :
- pH -j- du milieu Auteurs
- £ 7,0-8,6 Gail
- Algues marines . . . • ‘ ' \ 9,4 Atkins
- Animaux marins . . . . . . 6,0-8,25 Mac Glendon
- Crustacés . . . 7,22-9,3 —
- Saumon. ... 7,70-7,9 Powers
- Hareng . . . 7,71-7,9 —
- Perche . . . 7,83-8,62 —
- Dunaliella salina. . . . . . . 0,3-8,4 Labbé
- Fabrea salina. . . . . . . . . 8,4-8,5 —
- Idotea et Nereis . . . . . . . 8,5 —
- Artemia salina. . . . . . . . 8,6-9,2 —
- Barpaticus fui vus. . . . . . . 9,1 Legendre
- Répartition des espèces végétales. — On a observé depuis longtemps que certaines espèces végétales
- ne se développent que sur des terrains granitiques ou siliceux, pauvres en calcaires; et que, réciproquement, d’autres n’existent que sur des sols riches en carbonate de calcium. Les premières avaient été qualifiées de calcifugés, les secondes de calcicoles.
- Or, des recherches récentes, notamment celles d’un jeune savant dijonnais, M. A-gène, ont permis d’établir que ce n’est
- pas seulement la teneur en carbonate de Fig. 3. — Titration de 3 cm3 d’acide calcium, mais aussi acétique 0,t N par la soude 0,1 N.
- et surtout la con- En abscisses, cm3 de soude,
- centration en ions En ordonnées, les PH.
- hydrogène du sol,
- qui interviennent dans la répartition des espèces.
- On a donc proposé de remplacer les termes calcifugés et calcicoles par ceux d'acidophiles et à’alcalinophiles, les terrains granitiques et siliceux présentant un pP compris dans la zone acide, les terrains calcaires un pF compris dans la zone alcaline.
- Sans doute, la concentration en ions hydrogène n’est pas le seul facteur qui influe sur la répartition des espèces végétales. La teneur moyenne en eau est très souvent un facteur intéressant à considérer; certaines espèces qui, dans une région, n’existent que sur des sols siliceux à réaction acide, peuvent, dans d’autres régions, se développer de préférence sur des sols constitués par des rocailles calcaires à réaction alcaline. Il n’en reste pas moins que la détermination du pH des sols permet d’interpréter un grand nombre de résultats relatifs à la localisation des espèces végétales et constitue une donnée très importante pour la science agronomique.
- -Neutralité
- QUELQUES APPLICATIONS INDUSTRIELLES
- La considération de la concentration des ions hydrogène peut être de la plus grande utilité dans un grand nombre d’industries.
- Conservation des grains et des issues des céréales. — A titre d’exemple, signalons ici l’application extrêmement intéressante faite récemment par M. Legendre à la conservation des grains et des issues des céréales, problème très important pour l’agriculture et l’alimentation.
- « La meunerie, écrit M. Legendre, traite d’une manière continue, toute l’année, des céréales, surtout du froment, pour en extraire la farine. Il lui reste comme sous-produits des issues : remoulages, sons, qui font environ le quart de la masse des grains traités. Les éleveurs demandent ces sous-produits pour l’alimentation
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- du bétail, l’hiver seulement, quand les animaux sont à la ferme; cette utilisation est très réduite l’été, quand les bêtes sont aux champs. Or, les issues fermentent rapidement et ne peuvent être actuellement conservées plusieurs mois. Les sous-produits de la meunerie pendant l’été sont donc perdus pour l’alimentation du bétail. Les grains mis en tas s’altèrent facilement : lorsqu’ils sont humides et chauds, ils germent et plus souvent fermentent et moisissent. De ce fait les transports par mer des grains coloniaux, tels que le riz, ou étrangers, tels que le blé, l’orge, le maïs, provoquent fréquemment des pertes importantes. Il en est parfois de même en France, au cours des transports par péniches ou même par wagons et parmi les stocks emmagasinés dans les greniers et les silos. Les intéressés n’appliquent d’autre remède que le brassage : pelletage à la main dans les petites fermes, agitation mécanique dans les installations plus importantes; c’est une dépense considérable de main-d’œuvre ou de force. Les essais chimiques ont toujours été très timides, par crainte d’altérer les qualités boulangères de la farine; seule, la chaux a été proposée comme déshydratant. »
- M. Legendre a constaté que les fermentations d’où résulte l’altération des grains et des farines se produisent avec le plus d’activité lorsque la concentration en ions hydrogène du milieu correspond à une valeur du coefficient pH voisine de 5 et qu’elle décroît rapidement lorsque le coefficient pH s’écarte de cette valeur. En portant les cellules à diastases, ouvertes par brisure ou fêlure, d’un tas de grains ou d’issues, à un degré d’acidité très différent de la valeur précédente, M. Legendre
- a pensé qu’on pourrait supprimer les fermentations et les altérations qui en résultent. Les expériences faites soit au laboratoire, soit dans les minoteries, ont montré toute la fécondité de cette conception. Il a suffi de choisir parmi les nombreux composés alcalins dont la présence en petite quantité accroît la valeur du coefficient pH, ceux qui sont dépourvus de toxicité, et qui n’agissent ni sur les propriétés germinatives des grains, ni sur les qualités pa-nifiables de la farine.
- M. Legendre a pu ainsi, avec des quantités infimes, stabiliser pratiquement
- des masses importantes de grains et d’issues de céréales très variés.
- Vieillissement des bois. — Mentionnons également, dans un domaine analogue, les applications que M. Legendre a faites des mesures d’acidité à la distinction entre les bois verts et les bois secs.
- Au cours d’essais entrepris par la maison Pleyel sur le vieillissement artificiel des bois, M. Legendre a reconnu que de nombreux bois verts de nos pays, mouillés par une goutte de rouge de méthyle, prennent une teinte jaune tandis que les mêmes bois vieillis artificiellement, ou d’autres bois naturellement vieux prennent une coloration rose intense. Cela indique une acidification du bois au cours du vieillissement correspondant à une variation de pH de l’ordre de 6,0 à 4,4.
- Depuis, MM. Roger Lyon, Fronet Fournier ont repris cette étude en remplaçant la coloration directe du bois par celle d’une macération de copeaux de celui-ci. Ils ont précisé les degrés d’acidité de nombreux bois verts et vieux par la valeur du pH correspondant à la coloration qu’ils obtenaient et ils ont confirmé l’acidification liée au vieillissement.
- Il y a là un moyen empirique très simple pour déceler rapidement l’ancienneté des bois.
- Conserves alimentaires. — Depuis la guerre, un excellent crustacé, la langoustine, est devenu abondant sur les côtes de France. Les pêcheurs bretons en ont organisé la pêche en hiver et surtout au printemps. Les fabricants de conserves alimentaires du littoral avaient essayé de le préparer en boîtes, mais tous y avaient successivement renoncé, en raison du noircissement qui se produit dans les boîtes de conserves de crustacés, noircissement qui les fait refuser par les consommateurs.
- L’isolement du fer-blanc et du contenu des boîtes par du papier est insuffisant; les vernis essayés pour protéger le métal sont trop coûteux, ou odorants, ou insuffisamment résistants.
- Les recherches entreprises en France par M. Legendre ont permis de déterminer le mécanisme de ce noircissement et d’indiquer comment on peut le supprimer. Il suffit pour cela d’augmenter légèrement le degré d’acidité des bouillons de cuisson et des jus de conserves par un acide quelconque : acétique, citrique, lactique, tartrique, carbonique, ou des condiments acides : vinaigre, citron, tomate, etc., ou des mélanges de ces produits donnant un goût particulier à chaque marque de produits.
- L’acidification doit être assez faible pour ne pas laisser reconnaître de goût acide et suffisante pour que les jus donnent une teinte jaune à la fois avec le rouge de méthyle et le bleu de bromothymol, ce qui correspond approximativement au pH 6.
- De cette manière on empêche l’attaque de l’étain des boîtes et la mise à nu du fer, d’où résultait le noircissement de la chair des crustacés.
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- Fig. 4. — Titration par de la soude 0,1 N d’un mélange de 3 cm3 d’acide chlorhydrique 0,1 N et de 3 cni5 d'acide acétique 0,1 N.
- Sans acide acétique la courbe aurait l’aspect de a. W, indique la fin de la titration d’HCl, W2 la fin de la titration de l’acide acétique.
- En abscisses, cm3 de soude.
- En ordonnées, les pH.
- Ac acètiaue
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- Fig. 1. __ Vue générale de la machine Schram pour poser les canalisations électriques souterraines, ’j
- La machine ci’euse la tranchée, déroule le câble et l’enfouit au fur et à mesure.
- = NOUVELLE MACHINE POUR L'ENFOUISSEMENT
- DES CABLES ÉLECTRIQUES
- Jusqu’à ces [dernières années, les travaux de terrassement, nécessités par la
- 120 mètres cubes de déblais à
- pose des lignes électriques ou téléphoniques souterraines, s’effectuaient d’une façon lente et coûteuse. La plupart du temps on creusait la tranchée à la main. Cependant depuis quelque temps on cherche à exécuter ce travail mécaniquement au moyen à.'excavateurs. Ces appareils se composent en général d’une grue, à la longue volée de laquelle se trouve suspendue une benne à bord tranchant. Sous l’action d’une chaîne qui le tire, ce godet attaque le terrain, puis se relève une fois rempli tandis que la grue pivote pour l’amener au-dessus de l’endroit où il se vide en basculant. On a imaginé plus récemment d’autres types d’excavateurs à godets montés sur courroies transporteuses système Titan ou sur chenilles. Ces derniers économisent les frais d’installation d’une voie de roulement, se déplacent par leurs propres moyens et peuvent creuser jusqu’à 10 mètres de profondeur en débitant
- Fig. 2. — Après la pose du câble, la machine rejette dans la tranchée, pour la combler, les matériaux excavés.
- l’heure. Malheureusement, quand la chaîne à godets rencontre des pierres ou des racines d’arbres, le système fonctionne d’une façon défectueuse et on doit alors';faire appel à la pioche des terrassiers.
- De toutes façons, une fois la fosse creusée, il faut amener les câbles à pied d’œuvre. Pour cela, on les débite par sections de 200 et 250 mètres[qu’on enroule sur des « tourets » ou grandes bobines en bois. On expédie celles-ci par chemins de fer et à la station d’arrivée, on les charge sur les remorques d’un tracteur qui les conduit jusqu’aux chantiers. Là, on dispose successivement chaque bobine sur un chariot à plate-forme surbaissée derrière lequel s’accroche le treuil dérouleur. Grâce à ce mécanisme, on tend le câble afin de pouvoir le déposer d’une manière rectiligne dans le fond de la tranchée. Si par suite des dispositions du terrain on ne peut pas se servir de la dérouleuse, des hommes doivent porter le câble par tronçons d’une dizaine
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- de mètres qu’ils descendent dans le trou pour l’enterrer ensuite.
- Toutes ces opérations nécessitant beaucoup de main-d'œuvre, M. Schram, Directeur de « l’Electrizitats-verband Weissenfelds-Zeit », a inventé une machine complexe qui pernaçt de poser et d’enfouir les lignes électriques ou téléphoniques souterraines rapidement et à peu de frais (fig; 1).
- Ce groupe':4h>écanique, construit récemment par la « Weserhutte \j) est formé, somme toute, par l’association d’un excavateur qui creuse le fossé, d’un transporteur rejetant les matériaux extraits, d’un chariot portant le tambour à câble (actionné parle même tracteur que l’excavateur) et d’un dispositif d'entraînement plaçant le câble dans le trou au fur et à mesure de l’avancemënt de l’ensemble (fig. 2)
- L’excavateur, monté sur deux chenilles latérales, peut changer de direction, en arrêtant la marche d’une de celles-ci; son chariot inférieur repose sur des essieux à ressorts auxquels se trouve suspendu le châssis à galets en fonte d’acier. Ce système assure l’accommodation du véhicule aux irrégularités du terrain et une répartition parfaite de la pression sur le sol. Les engrenages sont logés dans des carters à bain d’huile et leur accouplement permet 4 vitesses de marche ou de travail. En avançant lentement, l’excavateur creuse une fosse d’environ 6 mètres de long jusqu’à ce que le chariot à câble arrive à la hauteur du fossé.
- Pendant cette opération, les godets déversent les déblais sur un élévateur transversal, qui les amène
- iusqu’au transporteur longitudinal suspendu à l’excavateur et mesurant 12 mètres de longueur. A son tour, cet élévateur laisse la masse excavée s’écouler dans la tranchée par une goulotte pivotante en aluminium. Entre temps, on apporte à pied d’œuvre une bobine de câble et on la monte sur le chariot au moyen d’un treuil. On déroule alors le câble, que guide, jusqu’au fond de la fosse, une voie à galets suspendue en l’air. Ce chariot à câble repose sur 3 chenilles dont les deux latérales portent la charge principale tandis que celle du milieu devance les deux autres. Un seul cadre robuste en fer pouvant osciller dans l’essieu de support sert à loger les galets de chaque chenille. Seule de ces dernières, la chenille centrale pivote autour d’un axe vertical, tandis que ses volants et ses engrenages à vis sans fin permettent au conducteur, se tenant sur la plate-forme, de guider entièrement le chariot. En outre, deux freins, fonctionnant sur les chenilles latérales, assurent la sécurité de l’engin.
- Grâce à cette ingénieuse association de mécanismes, 5 hommes opèrent, d’une façon automatique le creusage de la tranchée, le déroulage et la pose du câble électrique ainsi que le comblage de la fosse et le nivelage du terrain bouleversé, avec une vitesse horaire d’avancement de 50 à 60 mètres alors qu’il faut 150 hommes pour exécuter les mêmes travaux à la main. L’économie réalisée permettra donc d’amortir très rapidement les frais d’achat du nouveau matériel qui constitue un remarquable progrès technique.
- Jacques Boyer.
- L'ÉNERGIE THERMIQUE DES OCÉANS
- LE PROCÉDÉ CLAUDE-BOUCHEROT
- Nous avons publié les importantes communications, dans lesquelles MM. Boucherot et Claude ont résumé les grandes lignes de l’audacieux projet qu’ils ont imaginé pour tirer parti des courants froids circulant dans les profondeurs des océans tropicaux. Cette conception grandiose a provoqué l’intérêt universel; elle a suscité aussi nombre d’objections; il en est toujours ainsi pour les idées trop neuves. Cet examen critique a eu toutefois pour résultat de prouver que les idées des deux ingénieurs français ne se heurtent à aucun obstacle théoriquement insurmontable. MM. Claude et Boucherot, dans d’intéressantes conférences, notamment devant l’Association des Ingénieurs de l’École de Liège, ont publié de nouveaux détails sur leurs projets. Ils permettent de se former une idée assez précise des futures installations océaniques. Nous allons résumer l’essentiel de ces communications.
- LE PRINCIPE DU PROCÉDÉ
- Rappelons tout d’abord le principe du procédé : on sait aujourd’hui qu’il existe au fond des océans, sous
- l’équateur comme aux pôles, des courants transportant des masses d’eau formidables à une température voisine de la congélation. Cette eau froide qui se déplace des pôles vers l’équateur, d’un mouvement fort lent, s’échauffe progressivement en remontant à la surface. Mais le courant qui parvient dans les régions tropicales reste encore très froid aux grandes profondeurs, alors que l’eau de surface est à une température de quelques degrés supérieure à 25°. Dans ces régions, on a, à peu près, suivant M. Boucherot, la correspondance suivante entre la profondeur et la température :
- Profondeur : 250 375 500 750 1000 2000 4000 mètres Température : 20 13 10 7 5 3,5 3 degrés
- Ainsi, à la profondeur de 1000 m, on trouvera en quantités illimitées de l’eau à une température de 20° inférieure à celle de la surface.
- Si on ramène cette eau à la surface, on pourra l’utiliser soit directement pour distribuer du froid, soit pour constituer la source froide d’une machine thermique à vapeur dont la source chaude sera simplement les couches supérieures de la mer et l’on pourra ainsi produire de la force motrice.
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- Comment remonter l’eau froide à la surface? La chose est théoriquement très simple. Plongeons dans la mer un tube vertical calorifugé descendant jusqu’à la profondeur voulue. En vertu du principe des vases communicants, l’eau froide du fond montera dans ce tube; elle s’y établira à un niveau un peu plus bas que la surface de la mer en raison de la plus grande densité de la colonne d’eau froide. M. Claude estime qu’au cours de son ascén-sion, l’eau ne s’échauffera pas de plus de 1/4 de degré et que, au repos, la dénivellation entre l’eau du tube et celle de l’extérieur ne dépassera pas 1 m. En service, quand l’eau sera soumise à une vitesse de circulation assez grande, cette dénivellation s’augmentera des pertes de charge dans le tuyau; pour une vitesse de l’eau de 1 m. 50 par sec., un tuyau de 5 mètres de diamètre, long de 4000 m, cette perte de charge restera inférieure à 1 m. Ainsi le niveau de l’eau froide sera tout au plus de 2 m à 2 m 50 inférieur à celui de la surface de la mer.
- Pour produire de la force motrice, on aménagera un bouilleur recevant directement l’eau chaude de surface; ce bouilleur sera mis en communication avec une turbine débouchant dans un condenseur, alimenté par l'eau froide remontée du fond de l’Océan. L’eau froide, condensant la vapeur issue de la turbine qui débouche dans le condenseur, maintiendra dans l'enceinte de celui-ci une pression de 0,01 atmosphère absolue, tandis que dans le bouilleur à 25° supposé vide d’air, l’eau entrée en ébullition se vaporisera sous la pression de 0,03 atmosphère correspondant à sa température; là vapeur, sous l’effet des différences de pression régnant entre bouilleur et condenseur, s’écoulera vers celui-ci en traversant des roues de turbine auxquelles elle abandonnera de la force motrice.
- Un autre emploi extrêmement avantageux de l’eau froide remontée à la surface consiste à l’employer comme source de froid pour refroidir les habitations. Nous allons examiner successivement ces deux applications : force motrice et froid et montrer quelles intéressantes perspectives elles offrent toutes deux. Nous montrerons ensuite, en gros, par quels moyens MM. Claude et Bou-cherot comptent réaliser leurs projets.
- LA FORCE MOTRICE
- Il est nécessaire de rappeler comment MM. Claude et
- Fig. 2. — Amenée de l’eau froide à la côte par un tuyau incliné et un tunnel.
- Niveau de fa met
- Eau chaude à +250
- Eau froide à 5°
- Fig- 1 — L’ascension de l’eau froide des profondeurs océaniques dans un tube vertical.
- Boucherot évaluent la force motrice que peut fournir une telle installation.
- La tension de vapeur de l’eau chaude à 25° dans le bouilleur est de 0,03 atm. absolue; celle de l’eau froide dans le condenseur est de 0,01 atmosphère. Si faible que paraisse au premier abord cette différence, elle suffit pour imprimer à la vapeur s’écoulant du bouilleur au condenseur une vitesse parfaitement utilisable sur des roues de turbine. M. Claude a calculé que dans ces conditions la vapeur peut prendre une vitesse de 500 m par seconde. La vapeur, animée de cette vitesse, est capable d’imprimer à une turbine à roue unique la vitesse optima de 200 à 250 m. par seconde.
- On est donc certain de pouvoir faire tourner une roue de turbine. Encore faut-il qu’elle fournisse une puissance suffisante sans exiger d’installation démesurée. Voici le calcul très simple et très probant de M. G. Claude.
- Supposons que l’eau tiède de la mer entre dans le bouilleur à 28° et que là elle se refroidisse, sous l’action de l’ébullition, à 24°; ce qui donne 0,03 atm. comme pression effective utilisable; supposons d’autre part que l’eau froide de condensation employée en quantité un peu plus grande (1,25 m5 pour 1 m3 admis au bouilleur) s’échauffe de 5 à 8°, ce qui même en tenant compte de l’influence des gaz dissous établit le vide au condenseur à 0,012 atm. Dans ces conditions, 1 m3 d’eau admis dans le
- bouilleur cède 4000 calories, donc fournit ==== =6,5 kg
- dxd
- de vapeur (615 calories représentent la chaleur de vaporisation de l’eau à 28°). Le poids de vapeur utilisé entre 0,03 et 0,012 atm. donne théoriquement 76 000 kgm. Admettons pour le rendement de la turbine le chiffre faible de 70 pour 100; on recueillera 53 000 kgm par m3 d’eau évaporé. De ce chiffre il faut déduire l’énergie nécessaire aux pompages de l’eau chaude à faire bouillir, et de l’eau froide qui alimente le condenseur, et celle qu’il faut dépenser pour extraire les gaz dissous dans l’eau de mer qui se dégagent dans le vide du condenseur.
- M. Claude évalue à 18 pour 100 au maximum la fraction d’énergie à employer aux pompages; quant à celle nécessaire à l’extraction des gaz dissous, question qui a sou-
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- Alternateur
- Alternateur
- Eau-chaude:de-surface=z
- 'ouineur
- Turbine
- Niveau
- Niveau
- la mer
- la mer
- Ea u_=L=£ froide.
- Extraction de leau * en excès dans la chaudière
- .Arrivée de J eau froide
- Extraction de l'eau condensée
- Fig. 3. — Installation de force motrice suivant le système Claude-Boucherot.
- levé d’assez vives polémiques, il l’évalue à 7 pour 100 du travail de la turbine. Ainsi par m5 d’eau admis au bouilleur, il reste disponible 40 000 kgm ; ce qui pour un débit de 1000 m3 par seconde représente une puissance nette de 400 000 kxv.
- Le prix d’installation, pour une usine de cette importance, ne serait pas supérieur à 1500 francs papier par kw ; c’est là un prix fort intéressant pour un établissement qui ne consomme pas de combustible ; il se compare avantageusement avec le prix des usines de houille blanche.
- LE FROID A PROFUSION SUR LES COTES TROPICALES
- La possibilité de remonter, du fond de l’Océan d’énormes quantités d’eaux froides ouvre d’étonnantes perspectives que M. Boucherot a admirablement précisées dans sa conférence de Liège. Les eaux pourront être directement utilisées au refroidissement des locaux ou habitations ; ou bien l’on se servira de l’eau issue des condenseurs de l’usine de force motrice; cette eau, nous l’avons vu, sortira de ces appareils à une température de 8° et constituera encore une réserve de froid suffisante.
- Dans les contrées tropicales, au voisinage de la mer, surtout, la nature semble avoir multiplié ses dons ; mais l’homme n’en tire qu’un médiocre parti. Là, sous ces climats chauds, sa puissance de travail est réduite ou annihilée. Les races blanches, même les plus énergiques,
- s’y laissent aller aux doux farniente ou s’usent prématurément. Mais on rendrait à l’homme sa capacité de travail, si on le replaçait artificiellement dans des conditions de température analogues à celle des climats tempérés.
- C’était la pensée qui guidait Maurice Leblanc lorsqu’il imagina sa machine frigorifique à vapeur d’eau qui, dans son esprit, devait offrir un moyen simple de refroidir les locaux dans les régions chaudes.
- C’est la même pensée qui guide MM. Claude et Boucherot. « Employons, disent-ils, l’eau de fond à faire de la conserve d’hommes et sur le littoral des terres intertropicales, rendu habitable aux hommes d’action et de pensée, les civilisations pourront naître et prospérer ». De quoi s’agit-il en définitive? Simplement d’abaisser entre 25 et 30° la température à l’intérieur des habitations, des bureaux, des ateliers et des usines.
- Prenons de l’eau à 10°, ce sera de l’eau provenant du condenseur de la centrale thermoocéanique, ou de l’eau puisée directement par 500 m de fond. Un mètre cube de cette eau en se réchauffant de 10 à 20° aux dépens de l’air ambiant emprunte à celui-ci 10000 calories, ou, suivant le langage des frigoristes, lui cède 10 000 fri-gories, et peut ainsi refroidir 2500 m° d’air, compte tenu de la condensation de la vapeur d’eau contenue dans cet air. Pour faciliter l’échange de température entre l’air et l’eau, le refroidissement s’effectuera directement par conlact de l’eau avec l’air; leau s écoulera lentement sur les surfaces légèrement inclinées, ou bien sera projetée en jets ou cascades rafraîchissantes, dispo-positions très simples et peu coûteuses.
- M. Boucherot a évalué le prix de revient d’un tel refroidissement. Pour un gros débit, le prix de revient du million de frigories serait de 0 fr. 35, et de 1 fr. pour les très petits débits. Ce sont des chiffres très bas; songez que ce million de frigories permettrait de rafraîchir une habitation de plusieurs pièces pendant une semaine environ, et représente la quantité de froid qui serait emmagasinée dans 12 tonnes de glace. Pour réaliser le même résultat, les machines frigorifiques les plus perfectionnées consommeraient 200 à 250 kg de charbon et exigeraient la mise en œuvre d’un matériel fort coûteux. Une conduite de 3 à 4 m de diamètre fournirait annuellement une quantité de froid correspondant à la production totale de la glace aux Etats-Unis, 40 millions de tonnes par an, dont la fabrication exige la combustion d’au moins 1 million de tonnes de charbon.
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- Notons que l’eau sortant des locaux d’habitation ou de travail à 20° est encore susceptible de céder du froid dans les lieux publics : jardins, rues, boulevards et.ifina-lement dans les ruisseaux, avant de retourner à la mer à une température qui sera probablement supérieure, dans le jour, à celle de l’eau de surface. Les eaux courantes et fraîches refroidiront l’atmosphère avoisinante : l’air froid plus dense que l’air chaud restera à fleur du sol par temps calme, c’est-à-dire justement quand il en sera besoin.
- Ainsi l’eau des profondeurs océaniques apporte aux régions chaudes où on pourra l’utiliser deux éléments précieux qui y faisaient défaut jusqu’ici : la force motrice et le froid à bon marché.
- Voici encore des chiffres éloquents : une station thermoocéanique puisant par une ou plusieurs conduites 20 m3 d’eau par seconde pourra fournir le jour 6 à 8000 kilowatts, et 250 à 300 000 frigories par seconde (c’est l’équivalent de 1100 à 1350 wagons de glace à l’heure), et la nuit 10 à 12 000 kilowatts et 130 à 200 000 frigories par seconde.
- FABRICATION D'EAU DOUCE
- Enfin une autre application importante peut être envisagée : c’est la production d’eau douce, obtenue en distillant l’eau de surface de la mer par évaporation dans le vide. Il suffira de réaliser la condensation dans des condenseurs à surface, refroidis par l’eau froide remontée des profondeurs. Le prix de revient du m5 d’eau douce obtenu dans ces conditions serait compris entre 0 fr. 175 pour les gros débits et 0 fr. 50 pour les petits débits.
- Beaucoup de régions tropicales, au voisinage de la mer, manquent d’eau douce, et pour cette raison sont presque désertiques. Il ne leur manque que l’eau et la main-d’œuvre pour transformer leurs terres arides en jardins ou cultures magnifiques et à grand rendement. Les prix ci-dessus sont assez bas pour faire d’une telle transformation une opération brillante au point de vue pécuniaire. D’autre part, la distribution de fraîcheur permettrait d’attirer et de maintenir la main-d’œuvre.
- LA RÉALISATION
- La production de la force motrice, au moyen de la vapeur dégagée de l’eau de mer en ébullition dans le vide, a soulevé d’assez vives polémiques. En réalité, elle ne pose, semble-t-il, aucun problème qui soit actuellement insoluble à l’art de l’ingénieur.
- Dans leur premier brevet, les inventeurs ont. décrit certaines dispositions pour l’ensemble du groupe bouilleur - turbine - condenseur, dispositions conçues dans le but de supprimer toutes
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- les canalisations et par conséquent les pertes de charge pour la vapeur.
- Notre figure 3 représente le plus simple de ces aménagements. Une chambre unique installée sur la plateforme flottante constitue à la fois le condenseur et le bouilleur séparés par une simple cloison dans laquelle est disposé le distributeur de la turbine à roue unique et à axe vertical. La vapeur passe donc directement, sans canalisation, à travers le distributeur et la roue pour déboucher dans le condenseur.
- Les pressions dans le bouilleur et dans le condenseur sont nécessairement inférieures à la pression atmosphérique. L’eau d’alimentation du bouilleur, de même que l’eau froide du condenseur pénètrent d’elles-mêmes grâce au vide dans ces enceintes et y sont projetées en pluie.
- Comme l’eau qui traverse le bouilleur ne peut y subir qu’une évaporation partielle, calculée de façon à n’en pas trop abaisser la température, une pompe est prévue pour extraire l’eau en excès du bouilleur et assurer dans celui-ci une circulation continue d’eau de surface. De même une pompe extrait l’eau du condenseur. Une autre pompe extrait l’air et les gaz qui se dégagent dans le condenseur.
- Une caractéristique curieuse de l’installation est qu’on pourra y faire exécuter le nettoyage intérieur et des réparations, en pleine marche, à l’aide de scaphandres, puisque les températures usitées même dans la chambre de vapeur ne dépassent pas la température ambiante.
- Plus ardus et plus audacieux sont les problèmes que soulèvent la réalisation du support flottant de l’usine centrale et celle des conduites de grand diamètre destinées à puiser l’eau du fond.
- Fig. 4. — Les procédés de MM. Claude et Boucherot ont tenté bien des imaginations. Ci-dessous une'station flottante de leur système, telle que la conçoit un dessinateur allemand, M. W. Broker, dans Illustrierte Zeitung.
- A, pompes à eau froide. B, pompes à eau chaude de surface. C, conduites d’eau froide. D, conduites d’eau de surface. E, chambre des chaudières et machines. F, station de T. S. F. G, silos et magasins. H, câbles pour amener à terre le courant de la station. I, phare. K, sous-station de transformation à terre.
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- Le premier de ces problèmes peut être négligé pour l’instant; car, avant d’établir des stations flottantes, MM. Claude et Boucherot se proposent de construire des stations côtières dans les endroits où la mer se creuse rapidement à proximité du rivage, à La Havane par exemple.
- Dans ces stations côtières, les conduites au lieu d’être verticales seront inclinées. En quelle matière seront construites ces conduites? Elles doivent être assez résistantes pour supporter les différences de pression, entre l’intérieur et l’extérieur, qui pourraient être provoquées par les mouvements de l’eau dans la conduite. La densité de la matière doit être voisine de celle de l’eau de mer : on évite ainsi les effets de la pesanteur qui seraient énormes pour une conduite de cette longueur suspendue dans l’air, et qui dans le cas actuel deviennent négligeables. On arrive ainsi tout naturellement à l’idée d’employer le bois.
- M. Claude signale qu’on utilise en Californie des tuyaux en bois de séquoia, de 6 à 7 m de diamètre et d’une technique si parfaite que certains d’entre eux servent à transporter de l’eau sous pression; ils se trouvent donc dans des conditions plus sévères que ne le seront les conduites plongées dans la mer. Ils sont d’une
- conservation indéfinie. Le bois en outre évite l’emploi d’un revêtement calorifuge.
- Comment se comportent ces conduites soumises à l’agitation des vagues, de la marée ou des tempêtes? Il faut remarquer que les agitations les plus violentes de la surface de la mer ne se transmettent jamais au delà d’une profondeur relativement faible : 60 m au grand maximum. Plus bas, règne toujours un calme absolu.
- Il n’y a donc de difficultés à prévoir que pour la partie supérieure des conduites. C’est là encore un problème dont la solution n’est pas urgente. Car les premières installations côtières pourront se raccorder au tuyau sous-marin par un canal oblique en tunnel, débouchant dans la zone tranquille (fig. 2).
- M. Boucherot évalue à 20 ou 30 millions de francs par km de longueur le prix d’une conduite verticale de 15 m de diamètre, et à 2,5 à 3 millions par km le prix d’une conduite oblique de 4 m de diamètre.
- Ces calculs et ceux que nous avons mentionnés plus haut ouvrent, on le voit, les plus brillantes perspectives; ils justifient les essais à petite échelle que les inventeurs ont entrepris et poursuivent avec une belle ténacité.
- A. Troller.
- LA GÉOGRAPHIE DU HOMARD
- Au Laboratoire maritime du Collège de France, à Concarneau, MM. M. Gompel et R. Legendre ont étudié l’action de divers facteurs sur les larves du Homard et ils viennent de communiquer leurs observations à la Société de Biogéographie. On sait que les Homards graines abandonnent les jeunes larves qui sont dans les « graines » le soir, à heure fixe. Ces larves, qui ne ressemblent en rien aux adultes, nagent en surface pendant quelques jours, y muent plusieurs fois, puis descendent sur le fond au moment où elles prennent la forme de petits Homards. MM. Gompet et Legendre ont recueilli de ces larves et ont constaté qu’elles meurent immédiatement à 30° et ne supportent pas longtemps une température supérieure à 24°5 — 25°. Dans les eaux saumâtres ces larves ne peuvent vivre dans une eau de densité inférieure à 1017,5.
- Or, le Homard se rencontre sur les côtes d’Europe jus-
- qu’en Méditerranée, mais il disparaît sur la côte marocaine. L’espèce américaine, très voisine, s’arrête vers le sud à la Virginie où l’eau de surface atteint en été, à l’époque de la ponte, une température maxima de 24°4. En outre, le Homard se trouve dans la mer du Nord, mais ne pénètre pas dans la Baltique, mer dessalée.
- Il y a donc une concordance remarquable entre la distribution géographique et les limites de température et de salinité observées au laboratoire ; une telle concordance n’est pas fortuite. Si bien que des expériences très simples, si on les répétait sur un grand nombre d’espèces, seraient susceptibles de fournir des données très précises sur la répartition de certaines espèces d’animaux marins à la surface du globe.
- René Merle.
- ..= LA PERCÉE DES PYRÉNÉES =.
- LE NOUVEAU CHEMIN DE FER TRANSPYRENÉEN DU SOMPORT
- Il ne faut jamais désespérer en France. L’aube de l’été de 1928 voit, en effet, se réaliser la bretelle transpyrénéenne du Somport ou port de Canfranc, décidée entre la France et l’Espagne en 1885, voilà près d’un demi-siècle, et concédée par le Parlement français le 17 juillet 1886. L’ouverture de cette nouvelle voie, précédant celle de la Haute-Ariège de plusieurs années,
- consacre définitivement la vérité du mot célèbre : « Il n’y a plus de Pyrénées ».
- En matière de communications ferroviaires, l’assertion était jusqu’ici demeurée fallacieuse. La France et l’Espagne n’étaient effectivement reliées que par deux lignes, Hendaye-Irun à l’ouest, Gerbère-Port-Bou à l’est, toutes deux trouées à l’extrémité de la chaîne mystérieuse, à son
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- contact avec la mer. L’arête pyrénéenne restait inviolée par le rail.
- HISTORIQUE DES TRANSPYRÉNÉENS.
- L’inconvénient de cette lacune n’avait pas échappé à l'attention des hommes politiques et des ingénieurs des deux pays. Au lendemain de l’inauguration de la ligne de Bordeaux à Hendaye et Madrid (1864), la Compagnie du Midi constituait un service d’études des voies susceptibles d’être exécutées à travers les Pyrénées.
- ...:::: .........: ..= := 509 =
- 7° Pont du Roy-Esterri-de-Anèo, par le col de Béret;
- 8° St-Girons-Esterri-de-Anèo, par Oust et le port de Salau ;
- 9° Ax-les-Thermes-Ripoll, par le col de Puymorens;
- 10° Prades-Puycerda, par le col de la Perche.
- Ce dernier projet, irréalisable avec la voie large, à cause de la longueur du souterrain prévu et du profil (de la ligne, devait être tôt abandonné.
- Mais, dans la suite, la Compagnie du Midi devait aménager la ligne Yillefranche-Bourg-Madame-la Tour-de-Carol, à voie étroite et traction électrique, pour remplir
- t.
- Fig. 1. — Carte représentant les tracés de lignes transpyrénéennes discutés aux conférences diplomatiques de t88k. (D’après Decomble,
- Les chemins de fer transpyrénéens.)
- De Bayonne à Pampelune. — 2. De Mauléon à Roncal. — 3. D’Oloron à Jaca, par le Somport. — 4. De Toulouse à Lérida, par le. Yal
- d’Aran. — 5. De Saint-Girons à Lérida, par le pont de Salou.
- Douze projets furent envisagés : soit, en allant de l’ouest à l’est:
- 1° St-Etienne-de-Baïgorry-Pampelune, par le col des Aldudes ;
- 2° et 2 bis. Mauléon-Roncal, par les cols de Larrau ou d’Urdayte (variante) ;
- 3° Bedous-Jaca, par le Somport;
- 4° Luz-Fiscal, par la vallée de Gavarnie ;
- 5 et 5 bis. Arreau-Salinas, par les cols de Saloort ou de Lopez (variante).
- 6° Luchon-Venasque, par le col de Cabrioules;
- le même objet. La France opinait pour l’exécution des tracés 2 ou 2 bis (Mauléon-Roncal) et 8 (St-Girons-Lérida) lorsqu’en 1882 le roi d’Espagne inaugurait inopinément l’amorce de la section ibérique du projet n° 3, cet acte ayant une portée surtout politique, le gouvernement de Madrid désirant reconnaître la fidélité de I’Aragon, lors de la révolution carliste.
- Simultanément, l’Espagne se prononçait contre le projet français de St-Girons, auquel elle substituait un tracé par le val d’Aran.
- Des conférences furent instaurées pour concilier les
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- Gan............
- Haut-de-Gan....
- Buzy—.....-....
- O g eu -les-Bains— Escou —.....—
- Oloron-S*?- Marie
- SlChnstau -Lurbe
- Sarrance -
- Lescun - Cette -Fygun-
- Forges d'Abel
- CANFRANC-
- Fig. 2. — Profil de la ligne de Pau à Canfranc.
- Les chiffres portés le long du profil indiquent les rampes.
- points de vue en présence. Elles aboutirent à un compromis conclu en 18S5, l’Espagne retirant son opposition contre le projet de St-Girons, et la France donnant satisfaction à sa voisine, désireuse de voir prolonger sur territoire français sa ligne du Somport. Le Mauléon-Roncal, d’autre part, était supprimé définitivement. Ces décisions furent corroborées, du côté de la France, par les concessions de 1886.
- Mais de nouvelles négociations durent être engagées en 1893. Le 'moment n’était guère favorable, à la vérité, alors que l’Espagne et la France venaient de rompre leurs relations économiques. Les années s’écoulèrent. On n’avait plus guère d’espoir, des deux côtés delà frontière, d’une solution décisive, lorsque le gouvernement de
- Paris, le 7 mars 1903, faisait savoir à Madrid qu’il proposait d’équiper, avant toute autre, la ligne d’Ax-les-Thermes-Ripoll par la Haute-Ariège.
- Peu après, le 18 août 1904, les deux gouvernements s’accordaient pour la mise en œuvre des voies du Somport et de la Haute-Ariège, l’exécution de la ligne de St-Girons étant différée. Cette solution indisposa vivement les Toulousains. Pour satisfaire à leurs vœux, un protocole supplémentaire (8 mars 1905) fixa la date de l’achèvement de la ligne de St-Girons sur le versant espagnol.
- La convention fut finalement adoptée le 26 mai 1905 par le Parlement de Paris. Cependant, l’Espagne se jugeait lésée. N’avait-on pas omis de régler le délai d’exécution de la section française du Somport! Néanmoins, le 29 décembre 1906, France et Espagne échangeaient les dernières signatures.
- Les deux voies d’Ax et du Somport devaient être inaugurées dix ans plus tard. Le 2 août 1907 était promulguée la loi d’utilité publique relative aux deux tracés de la Haute-Ariège et de la vallée d’Aspe.
- Les travaux furent entrepris sans retard et avec diligence. Malheureusement, l’infrastructure du Somport fut retardée par la guerre. Elle ne put être réentreprise qu’après l’armistice. Au contraire, l’Espagne a pu poursuivre son aménagement propre et mettre ses sections en service depuis quelque temps.
- LA LIGNE NOUVELLE BEDOUS-CANFRANC OU DU SOMPORT.
- La nouvelle voie prolonge jusqu’au territoire espagnol celle de Pau à Oloron-Redous, en activité depuis 1914. Elle met en communication les vallées d’Aspe (France) et de l’Aragon supérieur (Espagne).
- La section Bedous-Espagne mesure 28 km de longueur.
- La voie emprunte déjà le Val d’Aspe à partir d’Oloron. Elle [poursuit son tracé dans la même vallée, mais en s’élevant rapidement vers les cimes. En effet, la gare de Bedous est à la cote 407, celle de Canfranc à 1195 m d’altitude; la voie traverse la ligne de partage des eaux en souterrain à la cote 1211. Il en résulte que le profil est fort accidenté.
- Les rampes qui atteignent jusqu’à 35 mm par mètre de Bedous à Etsaut (10 km 9), (30 à 55 de Bedous à Les-cuns, 28 à 31 de Lescun à Etsaut) s’exacerbent à 43 entre Etsaut et Urdos (4 km), varient de 38 à 43 d’Urdos aux Forges d’Abel (9 km 2), puis se maintiennent à 38 de ce point à Canfranc. Les rayons des courbes ne dépassent pas 200 mètres.
- De très nombreux travaux d’art ont dû être naturellement réalisés, du fait des déclivités et de l’étroitesse de la vallée.
- On compte ainsi 2 ponts métalliques de 37 m. 50 et 50 m. d’ouverture; 3 via-
- Fig. 3. — La gare internationale de Somport ten territoire espagnol). Au premier plan, dérivation delà rivière de l’Aragon.
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- ducs, le premier comportant 3 arches de 8 mètres et un tablier métallique de 60, le second pourvu de 6 arches de 8 mètres et d’une travée métallique de 60 m. également, le dernier comprenant 1 arche de 41 m. 50 et 2 de 8 et 12 m. respectivement.
- Les souterrains sont encore plus nombreux. On n’en observe pas moins de 14; celui du Pourtalet (940 m.), le tunnel hélicoïdal de 1750 m. et le souterrain interna-
- d’Oronte, à la cote 866, qu’elle franchit à ciel ouvert, s’incline vers la vallée du Gallego, dessert Savinanigo (cote 800), s’insère entre les falaises du Gallego, descend à Murillo (cote 478) pour aboutir à Huesca.
- Du fait des accidents du sol, la voie mesure 111 km de Huesca à Jaca, bien que la distance en ligne droite n’excède pas 60 km.
- La traction est électrique de Bedous à Ganfranc, à
- Fig. 4 à 6
- 4. Route du col de Somport.
- Gare d’Aspe. Gorges et fort du Pourtalet.
- 5. Station d'Etsaut; 6. Viaduc de l’Aruoun.
- tional de faîte, dit du Somport, long de 7875 m., dont 3160 sur territoire français.
- La voie s’engage dans ce dernier à l’altitude de 1075 mètres, en quittant la station des Forges d’Abel.
- Elle s’élève à raison de 34 mm par mètre, ‘jusqu’au faîte, y demeure en palier sur 160 m., puis redescend doucement vers l’Espagne.
- Sur le versant méridional, en effet, les déclivités sont au maximum de 20 mm., les Pyrénées s’affaissant brusquement sur leur flanc nord, et allant, au contraire, se mourir vers le plateau Aragonais.
- La gare de Canfranc est internationalisée, à 9100 m. de la station française des Forges d’Abel. Au delà de Canfranc, la voie espagnole emprunte la vallée d’Aragon pour rejoindre Jaca (25 km). Ensuite elle s’élève au col
- vapeur en Espagne, jusqu’au jour où le rail ibérique sera, lui aussi, électrifié.
- AVANTAGES DE LA NOUVELLE LIGNE.
- Quels avantages le nouveau tracé assurera-t-il à la circulation?
- A vrai dire, la voie du Somport n’aura qu’une influence médiocre sur le trajet Paris-Madrid, qui ne sera réduit que de 27 km (sur 1460). Par contre, un bénéfice important sera obtenu pour le parcours Paris-Saragosse
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- (65 km) actuellement de 1158 km ; en même temps que le trajet Paris-Carthagène sera raccourci de 172 km (actuellement 1951).
- Bordeaux, de son côté, enregistrera les mêmes gains, et Pau (particulièrement favorisé) gagnera 140 km sur
- Il peut y avoir là une source de nouveaux profits pour le rail international.
- Simultanément, nous ne devons pas perdre de vue que la nouvelle artère ouvre au tourisme un riche terrain d’action : la vieille tour d’Etsaut et son pont
- Madrid (783), 179 sur Saragosse (481), 306 sur Carthagène (1294).
- Pour Toulouse, le trajet de Madrid sera amputé de 140 km sur 983, et celui de Saragosse de 178 sur 680.
- Ces avantages ne pourront manquer d’avoir leur répercussion sur l’intensification des échanges entre la France et l’Espagne, demeurés dans le passé très limités, surtout en ce qui concerne le rail. M. l’ingénieur en chef Garan faisait remarquer, dans une conférence récente, que la pro portion du trafic de transit par terre et par mer n’est, en valeur comme entonnage,
- que de 25 pour 100 à l’exportation et 45 pour 100 à l’importation, soit un tiers dans l’ensemble. La nouvelle percée doit modifier cette situation. Observons, d’ailleurs, que l’Espagne s’industrialise à la faveur de l’équi-pementjde ses forces hydrauliques.
- Fig. 7 à 10.
- 7. Viaduc d’Urdos; 8. Sous-station électrique et gare d’Ardos;
- 9. Village d’Urdos (dans le fond, entrée des gorges du Pourtalet);
- 10. Tête française du Tunnel de Somport.
- pittoresque, la cascade de Lesnie, le pic d’Anie, et surtout le nid d’aigle d’Urdos, meurtrière commandant la vallée d’Aspe, ne manqueront pas d’attirer les amateurs d’archéologie et de sites.
- Peut-être aussi verra-t-on sortir de l’ombre les sources thermales essaimées, et jusqu’ici perdues, de Labérou et de Bulasquet. Au moins, peut-on être assuré que la nouvelle voie resserrera les liens franco-espagnols et scellera davantage l’amitié des sœurs latines.
- Auguste Pawlowski.
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- LES LACUNES DE LA GÉOGRAPHIE CONTEMPORAINE
- J’ai eu souvent l’occasion d’appeler l’attention de mes lecteurs sur le renouveau de la géographie française et sur les mérites de l’école contemporaine formée par Yidal de la Blache. Je n’en suis que plus à l’aise pour formuler aujourd’hui quelques critiques qui m’ont été suggérées par la lecture de récents ouvrages, notamment de l’Amérique du Sud, de M. Pierre Denis (*)•
- Tous les chapitres de ce livre sont remarquablement documentés, rédigés avec clarté et méthode. Néanmoins l’ensemble donne une impression d’incomplet, qui se précise lorsqu’on cherche des renseignements, qu’on ne trouve pas, sur un Etat, une ville. Pas un mot sur l’organisation politique et administrative des nations étudiées ; quant aux villes, si l’on cherche, par exemple, Santiago à l’index, on voit que la capitale est mentionnée trois fois, une première fois à propos de sa situation dans la plaine centrale du Chili, une seconde à propos du climat, une troisième à propos de la colonisation. Sur la ville elle-même, rien.
- De telles omissions, systématiques, ne sont-elles point regrettables? Et quelle peut être la cause de ces lacunes?
- La géographie physique, qui reste, comme jadis, une des deux grandes branches de la géographie, se laisse, semble-t-il, déborder par les sciences annexes, oubliant trop que son but essentiel, d’après le nom même qu’elle porte, est la description dé la terre.
- La géologie prend souvent une place excessive, si bien que des géologues comme feu Yélain, se sont trouvés tout naturellement devenus géographes. Certes le substrat a une importance capitale, mais ce n’est qu’un substrat et il ne doit servir, pour le géographe, qu’à expliquer l’aspect actuel du sol. Un pays, c’est un ensemble de paysages et d’agglomérations humaines. Or ceux-là sont réduits à la portion congrue et celles-ci disparaissent du tableau. Tous les géographes contemporains, d’ailleurs, sont loin de donner dans cette erreur. M: Demangeon, par exemple, dans ses beaux volumes sur la Belgique et les Pays-Bas et les Iles Britanniques (2) a donné sur les grandes villes des aperçus caractéristiques, qu’on souhaiterait seulement moins strictement économiques et un peu plus pittoresques.
- La géographie humaine est presque exclusivement réduite à la géographie économique. Cultures, mines, industries, commerce sont traités magistralement. Le peuplement et la démographie occupent la place qu’ils méritent. Et c’est tout. Il y a pourtant autre chose.
- Il y a d’abord l’habitation humaine et ses groupements, qui est vraiment trop négligée. M. Brunhes a pourtant montré dans sa Géographie humaine de la France) s (tout ce qu’on peut tirer de l’étude comparative des types d’habitation et a fait une synthèse remarquable des types de villes, de leurs procédés de formation et d’évolution.
- 11 faut déplorer surtout la disparition de la géograph ie politique. Les cartes politiques elles-mêmes ont été éliminées. Le livre de M. Denis, destiné au grand public, n'offre même pas une carte indiquant es limites des États sud-américains, l’emplacement des capitales et des grandes villes, — la carte la plus utile au lecteur moyen. Et n’est-ce point une gageure de vouloir donner une étude complète sur un pays sans dire un mot de son organisation politique et administrative?
- La géographie contemporaine s’est un peu laissé hypnotiser par les régions naturelles : si importantes soient-elles, ces régions, comme les dialectes en linguistique, ne sont
- 1. 2 vol. gr. 8°. A Colin, collection « Géographie universelle ».
- 2. Collection « Géographie universelle ».
- 8. Collection « Histoire de la Nation française » (Plon). Voir La Nature, des 24 octobre 1925 et 15 avril 1927.
- que des types généraux sans frontières, et, en dernière analysé, des entités, dégagées par la géographie physique, mais dont il ne faut pas abuser pour expliquer les formations sociales. Les groupements politiques, les divisions administratives elles-mêmes, dès qu’elles sont durables, sont des réalités, des organismes pourvus d’une vie propre.
- Quiconque ignorerait notre organisation départementale ne connaîtrait pas complètement la géographie humaine de la Erance. On s’est moqué de la nomenclature des sous-préfectures qu’on faisait apprendre aux enfants : qui sait si on ne tardera pas à la regretter? Elle avait l’avantage de loger dans l’esprit, en les classant, des noms dont l’utilité pratique est indéniable : il était si facile de localiser cette liste par la carte, de la vivifier en caractérisant chaque ville en quelques lignes et de la compléter par l’adjonction des localités importantes du département. Ce qui n’empêchait pas, au contraire, de grouper les départements par régions.
- La géographie contemporaine, qui se croit vivante, ne l’est pas toujours. Elle compte sans doute un maître, M. Brunhes, qui possède au plus haut point cette qualité, parce qu’il a le sentiment delà vie, de l’évolution, mais aussi celui du relief, de la couleur, de l’image : il sait voir et faire voir, et il montre que l’œuvre géographique, pour être parfaite, doit associer la vision artistique à la méthode scientifique.
- Mais, à côté de lui, combien sont monotones et froids, combien se sont contentés de remplacer l’ancienne nomenclature géographique, qui avait l’avantage de constituer une ossature solide, par une nomenclature géologique, botanique, commerciale, plus complexe, plus confuse aussi? Ces géographes ont le tort de ne pas être des visuels, d’être trop portés vers l’abstrait, de s’en remettre, pour exprimer l’aspect des pays, à la photographie, qui ne remplace pas la description. Fermez le livre, on ne voit pas les régions, étudiées, disséquées, non décrites. L’ancienne géographie était devenue plus vivante, du jour où elle s’adjoignit, pour le grand public ou pour les écoles, des citations empruntées aux récits des écrivains voyageurs, des explorateurs. Malgré toute la science de l’ouvrage de M. Demangeon, j’avoue que celui de M. Dumont Wilden (1), qui n’est pas géographe, me donne de la Belgique, que je connais, une impression plus vivante et plus complète.
- Une dernière lacune enfin : l’exclusion systématique de l’histoire. Traitée longtemps par celle-ci en sœur inférieure, là géographie a pris une revanche maladroite : si accueillante à la géologie, à la botanique, à la climatologie, à l’économie politique, la géographie paraît vouloir ignorer l’histoire. Si ün pays, du point de vue physique, a un substrat géologique dont on fait grand cas, comment laisser de côté le substrat sur lequel repose la géographie humaine ? Celle-ci ne peut être comprise sans notice ou rappels historiques. Ainsi M. Pierre Denis est-il amené à faire des allusions inévitables, à propos du Paraguay, à « la guerre désastreuse de 1870 » et à « la révolution », dont il eût été utile de dire quelques mots. Renvoyer à l’histoire, c’est bien : mais qui possède une histoire du Paraguay, voire de l'Amérique du Sud? — A un autre point de vue, la pratique de l’histoire n’est pas moins indispensable au géographe pour lui donner le sens de l’évolution, de la vie.
- La géographie contemporaine a ouvert des voies nouvelles et fécondes ; elle ne gagnera rien à fermer par des barrières artificielles les chemins anciens. Pas d’exclusions systématiques, qui risquent de désorienter un public sympathique et de dessécher des branches indispensables du grand arbre.
- Albert Dauzat.
- 1. La Belgique illustrée (collection Larousse, in 4°).
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- CONTRE LES MOUSTIQUES
- Beaucoup de villes, de bourgs et de villages, à la mer et à la campagne, en plaine et en montagne, sont encore* habités ou infestés par des moustiques. Dans nombre de villégiatures, au coucher du soleil, il faut se livrer au sport gratuit d’écraser des moustiques sur ses jambes ou sur son front. Les habitants et les touristes se priveraient volontiers de la musique de ces insectes et de l’obligation de transfuser leur sang à leurs essaims affamés. Il n’est pas plus appréciable de trouver des moustiques dans sa chambre que des mouches dans son café au lait.
- Pour se débarrasser de cette vermine, il faut l’action synergique des pouvoirs publics et de la population fixe ou de passage. Voici, en attendant, quelques moyens de défense individuelle à employer selon les circonstances.
- La moustiquaire est efficace pendant le temps qu’on passe dessous, si elle est bien placée et montée sur un lit assez large. Bien placée, c’est-à-dire en dedans des montants s’il y en a, cousue de haut en bas et non drapée, on en soulève un coin, se faufile dans le lit et on reborde; assez large pour que, pendant le sommeil un bras ou une jambe ne vienne à son contact s’offrir à la piqûre des insectes à l’affût sur sa paroi extérieure. La moustiquaire était en usage plusieurs siècles avant la découverte du rôle pathogène de certains moustiques, ce n’est donc pas une nouveauté. Malgré cela beaucoup de personnes et même d’hôteliers ignorent encore la technique si simple de son emploi et en font si mauvais usage qu’ils la transforment en cage à moustiques. Tant qu’on n’aura pas pris l’habitude de l’employer, les fumées et gaz asphyxiants auront leur utilité contre ces diptères.
- Quand on découvre des moustiques chez soi, avant d’accuser ses voisins il faut se demander si on ne les élève pas soi-même dans les bailles, auges, tonneaux où on conserve de l’eau pour les usages domestiques et l’arrosage. Si ces récipients contiennent des larves on a le choix entre plusieurs procédés pour les détruire. On les asphyxiera à l’aide de pétrole, vieux moyen malpropre; ou mieux on les intoxiquera avec la poudre de trioxymèthylène (procédé Roubaud) projetée à la surface de l’eau tous les dix jours : les larves qui en mangent périssent. Ou bien on déposera dans les récipients quelques petits poissons, capturés dans le cours d’eau voisin à la nasse ou au filet pour ne pas les blesser, ils mangeront les larves. Pour cet office le poisson rouge ou cyprin doré bien connu, si on peut s’en procurer, est le plus recommandable, c’est un larvivore éprouvé. Si on l’emploie on en mettra deux de préférence, car il n’aime pas la solitude. S’il y a plusieurs réservoirs, on mettra des poissons dans chacun d’eux, ou bien on transférera le ou les poissons de l’un dans l’autre ou dans les autres au moment jugé opportun d’après la taille des larves, avant qu’elles soient métamorphosées en insectes ailés. Le poisson rouge a sa place djoffice dans les pièces d’eau d’ornement, où il assure sa vie durant la police antilarvaire ; on l’y mettra en nombre suffisant- Si les larves proviennent d’un canal sans communication avec un cours d’eau on fera de même. Si c’est un puits qui héberge les larves, ce qui est rare, on y mettra quelques poissons si l’eau n’est pas destinée à la boisson.
- Tout ceci suppose la connaissance des larves de moustiques et la recherche de leurs gîtes. Si on ne les connaît pas, il vaut mieux traiter des eaux où il n’y en a pas, mais où il peut y en avoir, que délaisser sans traitement des eaux où il y en a. Si les moustiques viennent du voisinage et qu’on ne puisse contrôler les larves, on pourra employer le filet à moustiques ou la concurrence interlarvaire, deux procédés imaginés par J. Legendre.
- Le filet à moustiques ou « papillonnette » est un instru-
- ment léger, élégant et propre, C’est un plaisir de cueillir, avec ce petit engin, les moustiques dans les coins des chambres où ils se réfugient le jour, ou bien de les saisir en plein vol, à la tombée de la nuit ou à la lumière artificielle quand ils rôdent autour des personnes qu’ils vont piquer. Leur vol lent et rectiligne rend leur capture facile, on la pratique sans quitter son fauteuil. Le même instrument peut servir au milieu du jour à prendre des mouches dans la salle à manger et dans la cuisine, et des papillons dans le jardin.
- On peut aussi user des tape-mouches qui ont l’inconvénient d’écraser les moustiques et d’étaler le sang qu’ils contiennent.
- Pour réduire au minimum l’effort à accomplir et utiliser au maximum les forces de la nature, on pourra essayer la méthode dite ent omoprophylaxie ou concurrence interlarvaire dont le principe est le suivant : si dans un cours d’eau ou un étang on introduit une espèce ichthyologique qui n'y existe pas, elle s’y fait une place plus ou moins grande, parfois très grande, mais il est rare qu’elle disparaisse. C’est ainsi que le poisson-chat a dévasté et la perche-soleil encombré certaines rivières de France où on les a introduits d’Amérique. La concurrence interlarvaire consiste à agir de même avec les larves de moustiques en opposant, dans les mêmes gîtes, celles dont on sait que l’insecte ailé pique les animaux à celle dont l’insecte ailé se nourrit sur l’homme. Il y a beaucoup d’espèces de moustiques zoophiles. Etant donné que la superficie et la nourriture disponible d’un gîte limitent dans une certaine mesure l’effectif des larves, il peut et même il doit arriver que le nombre des moustiques hostiles à l’homme soit réduit par la présence des autres. C’est ainsi que dans la petite ville de Pons la race de Culex pipiens, cousin vulgaire, piquant l’homme, a été remplacée par une race de la même espèce, apportée de Portrieux (Côtes-du-Nord), où elle fuit l’homme.
- Le résultat de semblables acclimatations variera, sans doute, avec les conditions locales ; on le connaîtra après essai. Il est peu probable que l’espèce ou race inoffensive pour l’homme puisse franchir les distances de plusieurs kilomètres qui séparent souvent les agglomérations humaines ; il serait, sans doute, nécessaire de les transporter d’une localité à l’autre, ce qui est facile; le tout est de s’en procurer.
- Si l’on habite une localité dépourvue de réglementation antilarvaire on pourra loujours par ce moyen essayer de constituer autour de son habitation une zone de protection.
- Il est en France des villes ou bourgs dans lesquels la suppression des moustiques comporte des difficultés par suite de l’existence de grands marais ou de zones périodiquement inondées; dans la plupart des cas, le problème à résoudre paraît simple après étude sur place par un homme compétent.
- La lutte contre les moustiques exige, je le répète, la collaboration des pouvoirs publics et de la population. Les moustiques ne sont pas, en effet, comme d’autres parasites sanguicoles, attachés à la personne; ils vont, sans préavis, d’une habitation à l’autre, celui qui les élève n’est pas le seul à en souffrir, c’est pourquoi les autorités doivent avoir un droit de regard dans les jardins privés. Dans l’exécution des mesures contre ces insectes piqueurs, pour réussir, il ne faut pas qu’il y ait désharmonie entre les individus et collectivités intéressés à leur destruction. On est surpris que des villes qui offrent à leurs habitants et visiteurs eau, gaz, électricité, ascenceurs, tennis, casino, etc., n’opposent à l’inconfort causé par les moustiques ni défensive, ni offensive. On semble y croire que c’est un mal aussi inévitable que la pluie, et on y laisse les particuliers livrés à leurs seuls moyens de défense.
- D’ J. Legendre.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE — ^
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIILLET 1928 (’)
- Parmi les phénomènes célestes qui attireront plus spécialement l’attention ce mois-ci, il faut tout d’abord signaler la belle conjonction de Mars et de Jupiter du 3 juillet; le rapprochement des deux astres sera très intéressant à observer le 4 au matin dès leur lever.
- Bonne période de visibilité matinale de Mercure, du 15 au 25, la plus grande élongation de la planète se produisant le 21 juillet.
- A signaler un grand nombre de conjonctions de planètes avec la Lune : et plusieurs occultations d’étoiles par notre satellite.
- Les étoiles filantes, en juillet, deviennent plus nombreuses; la chute des Persèides commence vers le 7 pour atteindre son maximum le 10 \ août. Utiliser pour l’observation des étoiles filantes la carte spéciale éditée par la Société astronomique de France.
- Enfin, les observateurs seront bien inspirés de mesurer chaque nuit de’beau temps la magnitude de la fameuse étoile Mira Ceti |o de la Baleine).
- Cette étoile variable est fort curieuse et son éclat passe de la magnitude 9,6 à la magnitude 1,7, en 331,6 jours. La période n’est pas régulière, ni la variation d’éclat.
- Il convient donc de suivre cette étoile, dont le maximum va se produire en août. La constellation de la Baleine est visible à présent dans la seconde partie de la nuit,
- I. Soleil. — Le Soleil, en juillet, accentue son mouvement de descente vers l’hémisphère austral. Sa déclinaison, de + 23° 7'le l°r, n’est plus que de +18° 16' le 31.
- La durée du jour passe de 16h3“ le 1er à 15h 6“ le 31.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen, à midi vrai, de deux en deux jours. C’est l’heure marquée par les horloges bien réglées, lorsque le Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates. Heures du passage. Dates. Heures du passage
- Juillet P» 1 lh 54“ 1 7’ Juillet 17 11“ 56“ 37»
- — 3 llh 54“ 39» — 19 IP 56” 46»
- — 5 IP 55“ 1» — 21 IP 56“ 53»
- — 7 llh 55“ 2 L‘ — 23 IP 56” 58»
- — 9 IP 55“ 39* — 25 IP 57“ 1*
- — 11 IP 55“ 56» — 27 IP 57“ 1»
- — 13 11“ 56“ 12» — 29 IP 56“ 58*
- — 15 IP 56“ 25» — 31 IP 56“ 53»
- Observations physiques. — Beaucoup d’observaleurs ont pris 1 habitude, chaque jour, d’observer le Soleil et d’en dessiner la surface. Ces dessins sont de deux sortes : 1° aspect général de l'astre pour la mise en place des taches et des groupes; 2“ croquis de détail à échelle plus grande. Rappe-
- t. Toutes les heures mentionnées dans le présent Bulletin astronomique sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24tt à partir de 0h (minuit). Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures données ici.
- Ions que le dessin par projection est particulièrement pratique pour la mise en place des taches et des groupes sur le disque. Pour les croquis de détail, observer de préférence, directement à l’oculaire, muni de la bonnette à verre noir.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — Comme en juin, en raison de la grande durée du jour, la lumière zodiacale n’est pas pratiquement observable ce mois-ci. Le Soleil étant très haut, la lueur anti-solaire est fort basse sur l’horizon, et il ne faut guère chercher à la voir en juillet, dans l’hémisphère boréal, bien entendu.
- IL Lune. Les phases de la Lune, en juillet, seront les suivantes :
- P. L. le 3, à 2h49“ I N. L. le 17, à 4b 36m
- D. Q. le 10, à 12» 16“ | P. Q. ie 24, à 14k 38“
- Age de la Lune, le 1er juillet, à 0h — 13J,1; le 18, à 0h = 0J,8. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du
- mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 18. Et pour une heure donnée, ajouter, en outre, 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent. Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le 3 =r— 25° 44'; le 16 = + 250 44'; le 30 = -- 25° 46'. Si l’on observe la Lune lors de ses passages au méridien, on constatera à ces dates, qu’elle est à sa plus faible ou à sa plus grande hauteur, à ce moment, au-dessus de l’horizon du lieu (pour nos latitudes septentrionales).
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 14 juillet, à 15h. Parallaxe = 60'11". Distance = 364 360km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 26 juillet, à 12h. Parallaxe = 54' 15". Distance =404 200 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 8, occultation de 30 Poissons (gr. 4,7). Émersion seule visible, à 23h48“.
- Le 9, occultation de 33 Poissons (gr. 4,8), de 0h 37” à lh 43“.
- Le 23, occultation de 72 Vierge (gr. 6,1), de 20h13m à 21h 24,n.
- Le 29, occultation de 68 G Sagitlaire (gr. 6,2), de 231'5“ à 0h 11” le 30. — Occultation de 86 B Sagiilaire (gr. 6,5), de 23h46” à 0h 57“ le 30.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois, dont l’amplitude sera assez faible, se produiront au moment de la Nouvelle Lune du 17. Voici l’heure de la pleine mer, à Brest, au moment de ces plus grandes marées :
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- Juillet 16 2h 52” 0.81 15“ 20” 0,84
- — 17 3h 46” 0,87 16h10” 0,89
- — 18 4h 36” 0,90 16b59” 0,90
- — 19 5h 23“ 0,90 17h 46” 0,88
- — 20 . 6h 6” 0,86 18h 27“ 0,83
- — 21 6h 48” 0,80 19h 9“ 0,76
- Fig. i. — Curieux rapprochement des planètes Mars et Jupiter à leur lever, le 4 juillet l9iS au matin. (La flèche indique le sens du mouvement diurne. A droite, pour servir d’échelle, la Pleine Lune.)
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- ASTRE Dates : JUILLET Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion' droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellations et étoiles voisines. VISIBILITÉ
- 6 3h 56m llh 55” 11* 19h 54ra 7h 1“ + 22« 42’ 3L’31"2 Gémeaux
- Soleil . . . . < 16 4 5 11 56 31 19 47 7 42 21 22 31 31,2 Gémeaux > »
- 26 4 17 11 57 1 19 36 8 22 + 19 27 31 33,6 Cancer
- 6 3 37 11 11 18 44 6 18 + 18 36 11,2 Y Gémeaux
- Mercure . . .< 16 2 54 10 34 18 15 6 19 19 51 9,0 Y Gémeaux Le matin, à la fin du mois.
- 26 2 '.6 10 36 18 26 6 58 + 21 34 6,8 ô Gémeaux
- 6 4 0 12 1 20 3 7 5 + 23 20 9,8 Ô Gémeaux
- Vénus .... 16 4 23 12 15 20 6 7 58 21 45 9,8 Ç Cancer Invisible.
- 26 4 50 12 27 20 3 8 49 + 19 6 9,8 O Cancer
- \ 6 0 15 7 15 14 16 2 20 + 12 26 6,6 £a Baleine
- Mars. ... \ 16 23 51 7 3 14 15 2 47 4~ 14 40 6,8 Bélier Seconde partie de la nuit.
- { 26 23 28 6 51 14 14 3 14 + 16 40 7.0 Ô Bélier
- Jupiter. . . . 16 23 34 6 37 13 39 2 21 + 12 47 36.0 -f\ Poissons Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . . 16 16 41 21 1 1 21 16 48 — 20 49 16,2 Ophiuchus Première partie de la nuit.
- Uranus. . . . 16 22 31 4 44 10 57 0 28 + 2 16 • 3,4 44 Poissons Seconde partie de la nuit.
- Neptune . . . 16 7 11 14 14 21 17 1 00 + 12 48 2,4 a Lion Invisible.
- * i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- On voit que l’amplitude de ces marées sera assez faible, et le phénomène du mascaret n’est pas annoncé pour ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le lableau ci-dessus, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1928, contient les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de juillet.
- Mercure sera visible le matin à la lin du mois, en de bonnes conditions, du 15 au 25 ou 28 juillet. Sa plus longue élongation aura lieu le 21 juillet, à 11'1, à 20° 3' à l’Ouest du Soleil.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure pour le mois de juillet.
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juillet 4
- — 9
- — 14
- — 19
- — 24
- — 29
- 0,03 + 2,7
- 0,09 + 2,0
- 0,19 + 1,3
- 0,31 + 0,7
- 0,47 + 0,1
- 0,64 — 0.5
- Vénus est invisible ce mois-ci. La brillante planète sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 1er juillet, à 16h.
- Mars commence à devenir visible dans de bonnes conditions. Son diamètre augmente et les observations vont pouvoir bientôt commencer. La calotte polaire boréale de Mars sera tournée vers la Terre lors de la prochaine opposition.
- A signaler, le 3 juillet, une très belle conjonction de mars avec Jupiter. La conjonction se produira le 3 juillet à 21h, à la distanee de 0° 18 S. Mais le phénomène sera très curieux à voir le 4, au lever de Mars et de Jupiter, vers lh 0“ (voir fig. T).
- Jupiter se lève à présent avant minuit. Une petite lunette suffit pour l’observer et pour suivre les évolutions des quatre principaux satellites. Voici, d’autre part, les principaux phénomènes visibles pendant ce mois.
- Saturne est visible dès l’arrivée de la nuit. Il s’est trouvé en conjonction avec le Soleil au début du mois dernier.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES J uillet Heures. Satel- lites. Phéno mènes DATES Juillet Heures Satellites. Phéno- mènes
- 2 2" 41“ II O.f. 17 3h 24“ II Im.
- 2 2 55 II P. c. 20 2 17 I O.c.
- 3 1 58 III O.c. 20 3 38 I P.c.
- 6 1 54 I P. f. 21 1 59 III E. f.
- 9 2 58 II O. c. 21 2 57 I Em.
- 11 3 0 II Em. 22 0 15 I P.f.
- 12 3 1 I E.c. 25 3 14 II E.c.
- 13 1 42 I P. c. 27 0 21 II P. c.
- 13 2 32 1 O.f. 27 2 33 II P. f.
- 14 1 1 I Em. 28 1 18 I E.c.
- 14 1 30 III Em. 28 3 56 III E. c.
- 14 3 17 III Em. 29 0 2 I P.c.
- 18 0 38 II E. c. 29 0 48 I O.f.
- 18 2 59 II E.f. 29 2 9 I P. f.
- 31 23 54 III P. c.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 19 juillet :
- Grand axe extérieur.............................. 40",53
- Petit axe extérieur.............................. 18",00
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau ........................... ................ + 26° 22"
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. 4- 26° 37
- Nous voyons actuellement la face boréale de l’anneau. Celui-ci présente sensiblement, en ce moment, son ouverture maximum.
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, est surtout visible à l’époque de ses plus grandes élongations. Voici celles qui se produiront en juillet :
- Dates. Élongation. Heure.
- Juillet 7 Orientale. 23\4
- — 16 Occidentale. 3\4
- — 23 Orientale. 21h,3
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- Uranus sera pratiquement stationnaire pendant tout ce mois à un peu plus de 1° au Nord-Est de l’Etoile 44 des Poissons. Une lunette, munie d’un fort grossissement, montrera Uranus avec un disque bleuâtre de 4" environ de diamètre. Cette planète peut être facilement visible avec une jumelle, son éclat étant celui d’une étoile de 6e grandeur.
- Neptune est invisible, perdu dans la lumière solaire. Il sera en conjonction avec le Soleil le mois prochain.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 21\ Mars en conjonc. avec Jupiter, à 0° 18' S. Le 9, à 15 ‘ ~ "
- Le 11, à 19\ Le 12, à 3h Le 15, à 19h, Le 16, à 2\
- Uranus
- Jupiter
- Mars
- Mercure
- Mars
- Le 17, à llh, Vénus Le 19, à 11\ Neptune Le 28, à 3h, Saturne
- Etoiles variables. —
- la Lune, à 4° 14' N.
- — — la Lune, à 1° 42' N.
- — — la Lune, à 1° 4' N.
- — — la Lune, à 5° 47' S.
- — — a Bélier (gr. 5,5),
- à 0° 6' S.
- —. — la Lune, à 2» 55' S
- — — la Lune, à 4° 47' S.
- — la Lune, à 2° 1' N.
- Minima de l’étoile Algol (0 Persée),
- variable de la grandeur 2,1 à la grandeur 3,2 en 2i 20h 48” : le 5 juillet, à 2» 53”; le 7, à 23h31”; le 28, à lh22“; le 30, à 221' 10”. On pourra observer fréquemment Mira Ceti, o de la Baleine, dont le maximum d’éclat doit se produire le mois prochain.
- Étoiles filantes. — Voici, d’après M. Denning, quelques radiants d’étoiles filantes donnant des météores en juillet :
- Ascension droite. Déclinaison.
- Dates.
- Juillet 23 au 25
- — 25 au 28
- — 26 au 29
- — 27
- — 27 au 29
- — 27 au 31
- — 3 L
- 480 + 43o
- 3350 + 26'
- 3420 — 34°
- 7o + 320
- 3410 — 13”
- 29o + 36°
- 310° + 44o
- Etoile voisine.
- 0 Persée. i Pégase.
- 5 Poisson austral. 8 Andromède. o Verseau.
- (3 Triangle.
- « Cygne.
- =---- ...................... -= 5J7 =
- En juillet, les étoiles filantes deviennent très nombreuses Vers le 7 commence la chute des Perséides. Le radiant initial se trouve vers l’étoile o Cassiopée.
- A signaler la chute des Aquarides, du 27 au 29 juillet, dont le radiant est situé vers ô Verseau. Les météores sont lents, avec longues trajectoires.
- Étoile Polaire. — Voici les heures de passage de l’Étoile Polaire au méridien de Paris en juillet.
- Dates. Passage. Heure. (T. ü.) Temps sidéral à O1 (T. U.)
- Juillet 9 Supérieur 6h 18“ 28“ 19h 6” 44"
- — 19 — 5h 39m 21’ 19h 46m 09*
- — 29 — 5h 0ra 13s 20h 25” 35s
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er juillet à 23h, ou le 15 juillet à 22h, est celui-ci :
- Au Zénith : Le Dragon (v, <1, o, p.) ; la Lyre (e, U ô, *]) ; Hercule (a, >, p, 95, ô).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire); Cassiopée (rj, t) ; Andromède (y, M, 31). Le Cocher est à l’horizon.
- A l’Est : Le Cygne (0, o, g, 61e); l’Aigle (y, 15 A); le Dauphin (y, 2. 2703); Pégase (tc, e, 1); le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire (£, v, 54 el, M. 8, X, W) ; le Scorpion (a, v, 0, a1 + Ophiuchus (70, 67).
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier (e, tc, g, g); la Grande Ourse (Ç, g, v, 23 h).
- Les lettres et nombres entre parenthèses désignent les principales curiosités, visibles à l’aide d’une petite lunette.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR FAIRE DES TORSADES EN FER FORGÉ
- On peut exécuter en fer forgé des objets décoratifs et l’on obtient des effets heureux en préparant des torsades de fer carré. La barre de fer portée au rouge par la chaleur de la forge subit sur une longueur plus ou moins grande des torsions qui sont elles-mêmes plus ou moins serrées. La difficulté consiste dans l’art de maintenir la barre droite, malgré la torsion.
- Pour obtenir ce résultat, on a recours à un truc, ou tour de main, dont nous allons dévoiler le secret. Quand le fer a été chauffé à l’endroit où doit se faire la torsade et que l’on a atteint le rouge voulu, on glisse la barre dans un tube de cuivre d un diamètre un peu plus grand qu’elle. Il est alors facile avec une pince ou des tenailles de la tourner autant de fois que l’on désire. On n’aura, si l’on veut obtenir plusieurs barres semblables, qu’à compter les tours de façon à être toujours pareil.
- Lorsque le travail est terminé, on sort le fer qui, sous l’action du tube, est resté parfaitement droit pendant l’opération, l’autre extrémité du tube étant maintenue dans un étau.
- LAIT CAILLÉ
- Prendre 1 litre de lait et 1 cuillerée à café de présure liquide diluée.
- Faire tiédir le lait à 25° ou 30°, y ajouter la présure diluée, et laisser le lait exposé à cette température de 30° environ durant trente min. au moins en le mettant sur un coin de foyer allumé.
- Egoutter et consommer pur ou sucré, aromatisé avec du citron, de la cannelle, ou encore mélangé avec de la crème.
- Pour préparer la présure diluée, mélanger une cuillerée à café de bonne présure commerciale liquide dans quatre cuillerées à café d’eau.
- POUR AMALGAMER LES ZINCS DES PILES
- Si les zincs sont propres, on les plonge dans une dissolution de 100 grammes (ou plus si on le désire) de bisulfate de mercure dans un litre d’eau. Au bout de 5 à 6 minutes, 10 au plus, ils sont amalgamés.
- Cette solutton se conserve indéfiniment. Pour la régénérer après un long usage, on ajoute, de temps à autre, du bisulfate ou du mercure métallique et de l’acide sulfurique.
- Si les zincs sont sales, on les décape légèrement avec de l’acide sulfurique ou chlorhydrique dilué avant de les plonger dans la solution de bisulfate.
- POUR SOUDER UN TUYAU
- Les amateurs de T. S. F. en appartement sont souvent embarrassés pour effeotuer la soudure d’un tuyau au moment de l’installation de la prise de terre. Le temps est déjà ancien où souder était une opération très délicate; mais, de nos jours, chacun peut effectuer ce travail en utilisant de la soudure en tube qu’il suffit de chauffer légèrement sur une lampe ou sur le gaz.
- Voici un procédé employé pour souder un tuyau dé plomb qu’on ne peut songer à chauffer, surtout s’il est plein d’eau, jusqu’à son point de fusion, ce qui serait d’ailleurs préjudiciable à la conduite.
- Le tuyau doit être bien gratté et le métal mis à nu sur la partie à souder. On enroule sur ce point en spires jointives le fil dénudé de la prise de terre en s’assurant qu’il est en bon contact mécanique avec le tuyau. Ce contact est enduit de soudure que l’on fait fondre avec un tisonnier porté au rouge; on a ainsi un bon contact électrique à peu de frais.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances cU Avril 1928
- CHIMIE*
- Recherches sur te rubrène. (M. Charles Moureu.)— En collaboration avec MM. Charles Dufraisse et Louis Girard, le professeur Moureu poursuit des travaux sur le peroxyde de rubrène qui possède cette propriété, curieuse pour un composé organique, de dégager du gaz oxygène sous l’action de la chaleur.
- Un précédent mémoire de ces mêmes savants avait fixé les formes cristallines et les points de fusion correspondants, le peroxyde étant préparé dans l’oxyde d’éthyle, l’acétone, le chloroforme, le benzène, le toluène ou le bromo-toluène, et montré que le solvant retenu dans les cristaux y paraît fixé d’une manière lâche, la proportion s’élevant, par molécule de peroxyde, à 1 molécule, dans le cas du bromobenzène, et à 0,5 molécule dans le cas du benzène et de l’oxyde (C2H5)-0.
- Par élévation de température, si l’on se maintient au-dessous de 140°, le gaz dégagé comprend un mélange d’oxygène (93,3 à 95,6 pour 100) et d’anhydride carbonique (4,4 à 6,7), mais ces proportions sont à inverser dès qu’on atteint 180°. Si l’on opère aux températures ordinaires, à la lumière, les dernières expériences ont mis en évidence deux faits : 1) la peroxydation du carbure en solution, par l’oxygène libre, est un phénomène réversible, l’agent physique pouvant, suivant la pression du gaz O, produire le peroxyde ou le dissocier; 2) la tension de dissociation du peroxyde est déjà notable, vers 15°.
- Le point à retenir, comme le précise le professeur Moureu, est l’analogie que le peroxyde de rubrène présente avec l’hémoglobine du sang ; ces deux composés, on le sait, ont en effet cette propriété commune de donner lieu à une absorption ou à une libération d'oxygène.
- LITHOLOGIE.
- La composition des laves basaltiques de l’Indo-Chine. (M. A. Lacroix). — Accompagné de M. F. Blond el, l’éminent Secrétaire perpétuel de l’Académie a parcou ru notre colonie d’Extrême-Orient et recueilli ainsi une grande quantité d’échantillons, qui montrent la nature basaltique des laves. L’étude de ces roches prend un intérêt particulier : de nature calco-alcaline, en effet, elles produisent, en se dissociant, la terre rouge si favorable à la culture de l’Hevea brasi-liensis et du caféier.
- La série des basaltes indochinois fournit des types à silice libre virtuelle, comme le pyroxène, augite très magnésienne présentant un angle des axes optiques de faible valeur et parfois riche en oxyde de titane. En deux points de l’Annam , Tambot et Plei-Ku, M. Lacroix a observé deux gisements de bronzite, la roche formant des phénocristaux quelquefois entourés d’une mince zone de pyroxène monoclinique orienté sur eux.
- Ne donnant aucun type mélanocrate, ces basaltes sont peu riches en minéraux colorés, et l’étude de leur structure a montré la fréquence du doléritique, d’un grain variable, mais qui peut atteindre celui d’un véritable dolérite holo-cristalline. On rencontre souvent des associations gloméro-porphyriques de phénocristaux d’olivine, d’augite et de bronzite et, dans les formes doléritiques, l’olivine se présente sous l’aspect de grains xénomorphes, alors qu’elle donne des cristaux très nets dans les types venus de l’île des Cendres et dé refroidissement brusque ou rapide.
- M. Lacroix achève son mémoire en indiquant que la série basaltique indochinoise est comparable à celle de la Chine septentrionale, mais qu’elle est plus complète. Elle se termine enfin comme elle par des types à néphéline virtuelle.
- ALGOLOGIE.
- Sur les bromuques de diverses Céramiacées.
- (M. G. Ollivier). — Sous le nom de bromuques, on le sait, M. Sauvageau retient une catégorie de Blasenzellen, dont le contenu donne, au contact de la fluorescéine, une coloration rose, analogue, comme aspect, à l’éosine. Au dire de Schussnig il y aurait là des cellules excrétrices, communiquant tardivement avec les cellules qui les portent, par un large pore, et versant leur contenu à l’extérieur par éclatement.
- Ce rôle excréteur reste douteux pour M. Ollivier qui montre par ailleurs que ces bromuques sont plus fréquents qu’on ne le croyait.
- La réaction à la fluorescéine lui a permis en effet de signaler leur existence sur les individus robustes et en voie d’accroissement de certaines Céramiacées, récoltées d’Antibes à Menton, telles que C. rubrum Ag, C. circinatum J. Ag, C. diaphanum Roth, et C. bjssoideum, ce dernier restant le mieux pourvu. Ce même botaniste n’a jamais observé, par contre, les cristaux d’albumine figurés par Kylin dans les bromuques de C. tenuissimum, comme en donnent l’illusion les chromatophores pâles des cellules sous-jacentes, vus par transparence .
- MINÉRALOGIE.
- La reproduction de la ténorite, du fer oligiste et du protoxyde de cobalt cristallisés. (M. Duboin). — Pour l’oxyde de cuivre cristallisé, on peut se contenter de projeter peu à peu le composé amorphe dans du fluorure de potassium fondu, la masse étant ensuite lentement refroidie ; mais les résultats sont meilleurs quand on prend le résultat de la fusion préalable du sel HFKF avec le dorure CuCl2, le solvant KF étant additionné de chlorure KC1 et la masse maintenue pendant deux ou trois jours à la température du rouge. L’oxyde CuO se présente alors sous l’aspect de prismes tricliniques pseudomonocliniques, où l’analyse décèle 79,85 pour 100 de cuivre (chiffre théorique, 79,74.)
- L’oxyde de cobalt donne des octaèdres et des cubo-octaèdres, si l’on dissout, dans le fluorure KF fondu, un mélange, lui-même en fusion, de fluorhydrate KF,HF, de fluorure alcalin et de chlorure CoCl2, ou bien le fluorure double de potassium et de cobalt, pur et cristallisé, l’opération comprenant une légère addition de chlorure KC1.
- Pour le fer oligiste, M- Duboin a obtenu aussi des cristaux remarquables, en employant la même technique que pour la ténorite et en substituant le chlorure Fe Cl2 au sel de cuivre correspondant. Réduit par l’hydrogène, le produit, en lamelles rouges et transparentes, donne du fer pur (70,43 pour 100).
- OCÉANOGRAPHIE.
- Les courants sous-marins du Détroit de Gibraltar (M. P. Idrac). —Un fort courant porte les voiliers de l’Océan vers la Méditerranée, et l’on avait jusqu’ici discuté l’existence d’un contre-courant que laissaient prévoir les travaux du Dr Schmidt sur la salinité et la température des eaux du détroit.
- A l’aide du nouvel appareil enregistreur récemment expérimenté sur le Pourquoi-pas ? et qui, très portatif, peut être utilisé à bord d’un simple canot de pêche, M. Idrac a pratiqué des sondages jusqu’à la profondeur de 500 mètres. La reproduction des enregistrements obtenus en mars dernier met en évidence un contre-courant, venant de la Méditerranée vers l’Atlantique, au-dessous de 150 m. de profondeur, avec une intensité souvent supérieure à celle du courant de surface. Paul Baud.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Stabilisation automatique des Ballons en altitude.
- Un ballon libre particulièrement intéressant a été essayé en octobre 1927 en Allemagne : il doit servir à des études atmosphériques, physiologiques, et à des essais de moteurs dans la haute atmosphère.
- Les conditions nécessaires étaient donc les suivantes : éviter l’évacuation de gaz au voisinage de la nacelle, stabiliser automatiquement le ballon à une altitude déterminée.
- Le ballon construit, le « Bartsch von Sigsfeld » cube 10 000 mètres cubes, son enveloppe sphérique mesure 26 mètres de diamètre et pèse 840 kg. Elle est formée de deux couches de tissus de coton (couche extérieure fils biais, couche intérieure fils droits) séparées par une couche de caoutchouc, et vernie jaune.
- Cette enveloppe est traversée complètement de bas en haut par une cheminée d’étoffe maintenue cylindrique par un certain nombre d’anneaux. Entre deux anneaux principaux de la cheminée est montée une soupape automatique très sensible,
- Soupape
- commandée
- Treuil de manœuvre
- Plan ^équipression
- Diaphragme
- 'Matelas d’air à la pression ambiante
- Membrane
- élastique
- en forme de lanterne; au-dessus et au-dessous de cette soupape, la cheminée peut se replier en accordéon, de manière qu’on puisse faire varier la hauteur de la soupape par rapport au ballon (variation obtenue au moyen d'un palan soulevant les cerceaux de la soupape), et ainsi l’altitude de stabilisation.
- A l’extrémité supérieure de la cheminée se trouve une soupape commandée de forme annulaire.
- La soupape automatique est constituée par un cône élastique sur lequel vient reposer le cercle de soupape.
- Ce cercle est suspendu à un diaphragme cylindrique soumis d’un côté à la pression intérieure du ballon, de l’autre à la pression atmosphérique ambiante : l’augmentation légère de la pression intérieure déforme ce diaphragme et soulève le cercle de soupape; le gaz s’échappe alors par la cheminée, donc loin de la nacelle. La dépression produite par le gaz s’échappant par la cheminée pourrait retarder la fermeture de la soupape ; une poche d’air annulaire, entourant le dia-
- phragme, laquelle est en communication par l’intermédiaire d’une manche à air avec l’extérieur, compense cette dépression.
- L’échappement du gaz est contrôlé par un gazomètre électrique Siemens placé dans la cheminée, immédiatement au-dessus de la lanterne.
- Le filet et la suspension de nacelle sont également d’un principe tout nouveau.
- Des essais effectués, il résulte que la soupape décolle pour une différence de pressions de l’ordre de 1 mm. d’eau, et se referme dès que l’équilibre des pressions est rétabli.
- Des vols à altitude constante ont été réalisés sans difficultés, par le jet régulier d’un peu de lest malgré réchauffement rapide du ballon; enfin il a été vérifié que le fonctionnement de moteurs d’essais placés dans la nacelle ne présenterait aucun danger.
- Semi-rigide « Italia ».
- Le dirigeable italien « Italia » destiné à un voyage dans les régions arctiques, a effectué, les 14 et 15 avril dernier, l’étape Milan-Peddin en 30 h. 1/2 de vol. Ce voyage a eu lieu dans des conditions météorologiques très défavorables (tempête, orages, pluie, neige).
- Les caractéristiques de ce dirigeable sont les suivantes :
- Volume................ 31850 mètres cubes.
- longueur . ................ 106 mètres.
- diamètre maximum...................... 18,04 —
- hauteur............................... 24,30 —
- La base de départ de l’expédition polaire est le <c Citta di Milano », navire de 5000 tonnes, ancré à Rings Bay.
- Les buts scientifiques principaux de l’expédition sont
- l’exploration (relevé des terres, études des fonds marins), et
- l’étude du magnétisme.
- Indicateur de vitesse limite Barros.
- Un moyen très sûr d’éviter la perte de vitesse, consiste à se fier aux indications d’un indicateur de vitesse précis et d’inertie minima, en restant au-dessus de la vitesse minima permise (en tenant compte pour l’évaluation de cette vitesse minima de la charge de l’appareil).
- Malheureusement, les indicateurs de vitesse généralement employés ont un retard trop important pour donner des indications utiles. Le nouvel indicateur de vitesse limite Barros n’a pas cet inconvénient.
- Cet indicateur se compose essentiellement d’une palette verticale légère, pouvant osciller autour d’un axe horizontal, et rappelée vers l’avant par un ressort taré. Cette palette, soumise au vent relatif dû au déplacement de l’avion com-mands le contact électrique d’un buzzer placé sur le casque du pilote quand celui-ci ne porte pas de casque de T. S. F., en contact avec l’un des fils de ce casque quand le pilote en porte un.
- A la vitesse normale le contact est coupé ; quand la vitesse diminue jusqu’à devenir dangereuse, le contact se ferme et le pilote est prévenu aussitôt; à l’arrêt, le contact est coupé.
- Paris-Alger sans escale.
- Le pilote Détroyat, pilotant le monoplan métallique Avi-méta 92 à moteur Wright-Whirlwind de 200 ch a accompli le raid Paris-Alger sans escale et retour, les 18 et 21 avril dernier.
- Ce vol ne serait d’ailleurs que la prudente préparation d’un grand voyage.
- Remarquons qu’il est curieux de voir un appareil de raid
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- français muni d’un moteur américain. Le Wright-Wirlwind est évidemment une excellente machine, mais plusieurs moteurs français, montés et conduits rationnellement, donnent des résultats tout à fait comparables.
- Moteurs latéraux ou moteurs en tandem.
- Les appareils bimoteurs modernes appartiennent à deux catégories : ceux dont les moteurs sont montés dans des nacelles latérales (nacelles situées sur l’un des plans ou entre les deux plans), appareils du type Goliath Farman, Lioré Ollivier, etc., et ceux dont les moteurs sont placés en tandem généralement au-dessus du plan supérieur, appareil du type Farman Oiseau Bleu, hydravions Savoia, etc.
- Ces deux types présentent des avantages et des inconvénients qui ne permettent pas d’adopter une solution unique.
- En se plaçant au seul point de vue technique, il est facile d’adapter à un appareil à moteurs latéraux une hélice lui donnant les qualités aérodynamiques les meilleures, l’intersection des hélices pouvant être considérée comme négligeable; de plus, le rendement de l’hélice adaptée est celui de la même hélice travaillant dans les mêmes conditions sur un appareil monomoteur (même vitesse et même moteur).
- Dans un groupe de deux moteurs en tandem, l’hélice avant travaille toujours avec le rendement précédent., puisque sa vitesse de translation par rapport à l’air est celle de l’avion ; l’hélice arrière au contraire travaille dans l’air refoulé par la première, sa vitesse (grandeur et direction) par rapport à l’air est difficilement calculable, et son adaptation ne peut être faite que par des essais en vol (ces essais sont d’ailleurs assez faciles). De plus, le rendement de cette hélice est théoriquement inférieur au rendement de l’hélice avant.
- D’autre part, si la plupart des avions bimoteurs actuels n’ont été construits en bimoteurs que parce que le moteur de puissance suffisante n’existait pas, il peut être nécessaire, en particulier pour les vols de nuit, de pouvoir voler un moteur étant arrêté, et, aussi, de pouvoir visiter un moteur en vol.
- L’avion à moteurs latéraux, sa puissance étant supposée suffisante, ne volera horizontalement que gouvernail de direction braqué, et incliné aux ailerons, ou bien en crabe, gouvernail de direction braqué. La manœuvre est délicate, et dans les deux cas la traînée de l’avion est très augmentée, donc la puissance nécessaire au vol horizontal plus grande qu’en vol normal.
- Les moteurs étant éloignés du fuselage, ils ne sont accessibles qu’au prix d’acrobaties (l’avion n’étant plus horizontal).
- L’avion à moteurs en tandem, au contraire, continue à voler en ligne droite un moteur étant arrêté, les moteurs peuvent être accessibles en vol (une échelle donnant accès à la cabine des moteurs); il présente donc à ce point de vue un très réel avantage.
- Notons que la position de l’axe de traction au-dessus du centre de gravité, entraîne, dans le cas des moteurs en tandem, une instabilité longitudinale qu’il est nécessaire de corriger.
- Une augmentation de puissance des moteurs fait piquer l’appareil, une baisse de puissance le fait cabrer (cause de perte de vitesse).
- Une solution classique consiste à incliner l’axe des moteurs : le souffle des hélices sur l’empennage horizontal diminuant en cas de baisse de puissance, compense la tendance précédente.
- Réservoir d’oxygène léger.
- Les vols aux grandes altitudes ne peuvent être actuellement réalisés qu’à l’aide d’un appareil respiratoire à
- oxygène destiné à alimenter pilotes et passagers ; les cabines étanches ne sont pas encore sérieusement étudiées et présentent quelques difficultés : poids des verres; elles seront d’ailleurs toujours refusées aux appareils militaires), il est intéressant de rechercher un récipient d’une grande capacité sous le plus faible poids.
- Les bouteilles actuellement employées (bouteilles à gaz comprimés classiques), pèsent 9,400 kg vides pour une capacité de 900 litres d’osygène comprimé à 150 kg. Elles mesurent 10 cm de. diamètre et 105 cm de haut (robinet compris). De plus, le détendeur est délicat, et sujet àpannes.
- Il était tout indiqué de penser à utiliser l’oxygène liquide, conservé dans des bouteilles genre bouteilles thermos. Un appareil de ce principe a été réalisé et essayé par le laboratoire du Bourget, donnant des résultats satisfaisants.
- La bouteille à oxygène liquide estune bouteille américaine à doubles parois, entièrement en alliage d’aluminium; les bouteilles ordinaires à vase de Dewar en verre ou même en pyrex, ne peuvent résister aux variations brutales de température correspondant au remplissage en oxygène liquide.
- Cette bouteille est mise en communication avec les masques respiratoires à alimenter, par l’intermédiare de canalisalions souples. La vaporisation du gaz est obtenue par réchauffage léger, au moyen d’une résistance chauffante plongeant dans le liquide, et convenablement isolée.
- Le volume de gaz vaporisé par minute est réglé au moyen d’une capsule barométrique commandant, par un système de leviers le curseur d’un rhéostat, placé en série sur l’élément chauffant. L’appareil peut donc être réglé pour suivre une loi quelconque d’alimentation en altitude.
- Le volume d’un tel appareil est pour un mètre cube de gaz celui d’une bouteille genre thermos classique. Le poids est inférieur à 500 grammes. Le système de réglage est simple, donc très sûr; il semble que cet appareil soit un perfectionnement intéressant des appareils actuellement en usage.
- Le prototype de cet appareil d’alimentation a été déposé il y a deux ans, au Service technique de l’Aéronautique. Il n’a pas encore été classé parmi les appareils officiels!
- Régularité et rendement commercial des lignes françaises.
- Si l’on admet, comme étapes effectuées, celles parcourues avec un retard de moins de 100 pour 100 sur le temps prévu, la régularité (rapport du nombre d’étapes effectuées au nombre d’étapes prévues à l’horaire), est donnée pour les principales lignes françaises, par le tableau suivant :
- Ligne Toulouse-Casablanca ....................97 p. 100
- Ligne Paris-Constantinople et embranchements. 91 p. 100
- Ligne Paris-Londres . . .......................85 p. 100
- Ligne Paris-Amsterdam. . . ............. 93 p. 100
- Ligne Paris-Berlin.............................81 p. 100
- Le rendement commercial est pour ces mêmes lignes (rapport des tonnes-kilomètres transportées, aux tonnes-kilomètres offertes) :
- 1926 1927
- Toulouse-Casablanca. . . . 52 p. 100* 50 p. 100
- Paris-Constantinople . . . 59 p. 100 61p. 100
- Paris-Londres . . 62 p. 100 50 p. 100
- Paris-Amsterdam . . . . . 40 p. 100 43 p. 100
- Paris-Berlin . . 40 p. 100 59 p. 100
- Moyenne des différentes lignes :
- régularité . 89, 4 p. 100 52 p. 100
- rendement commercial total 1925
- 1926 48 p.100
- 1927 49 p. 100
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- LIVRES NOUVEAUX
- Einfuhrung in die theoretische Optik, von Max Plance
- (26 édit.) 1 vol., 184 p., 24 fig. S. Ilirzel, édit. 2 Kônigstr.
- Leipzig, 1927. Prix broché : 6 marks.
- Cette « Introduction à l’optique théorique » fait partie d’un ouvrage plus général intitulé « Introduction à la physique théorique » et tout entier rédigé par le célèbre physicien berlinois, le créateur de la théorie des quanta.
- Le présent ouvrage consiste tout d’abord en un exposé remarquablement lucide de la théorie électromagnétique de la lumière : partant des équations fondamentales de cette théorie, il étudie l’optique des corps homogènes isotropes; établit les lois de la réflexion et de la réfraction, analyse le phénomène de décomposition de la lumière, et définit les notions d'interférence et de polarisation; il montre comment l’optique géométrique se rattache à l’optique électrodynamique et il en rappelle les formules principales; il donne enfin la théorie de la diffraction. Il passe ensuite à l’optique cristalline et aux surfaces d’ondes dans les cristaux. Une dernière partie est consacrée à la dispersion et à l’absorption dans les corps isotropes ; un aperçu sur l’optique géométrique des corps non homogènes amène l’auteur à conclure par quelques considérations sur la mécanique des quanta. Dans cet ouvrage d’une rédaction claire, logique, et originale, malgré le caractère mathématique des raisonnements, le côté physique des phénomènes n’est jamais perdu de vue et c’est lui au contraire qui sert constamment de guide.
- Cours d’Electricité théorique (t. II), par J.-B. Pomet.
- 1 vol. 373 p., 51 fig. Gauthier-Yillars et Cie, édit. Paris, 1928.
- Prix : 100 francs.
- Le volume achève la publication du cours très savant professé par M. J.-B. Pomey à l’École Supérieure des Postes et Télégraphes. Le 1er tome, paru en 1914, exposait la théorie générale de l’électricité ; le 2e tome comprend surtout des applications : la propagation du courant sur un câble, les lignes artificielles à double fil, les filtres électriques, la pupinisation, le téléphone et le transformateur, la conductibilité électrique, la décharge oscillante du condensateur, l’énergie interne d’un système d'aimants et de courants, et il se termine par des notions sur la théorie des magnétismes. En de nombreux endroits l’auteur apporte des contributions personnelles aux solutions des questions posées; ailleurs il s’inspire de mémoires originaux et récents de divers savants.
- L’ouvrage est d’un haut intérêt, mais n’est accessible qu’à des lecteurs pourvus d’une culture mathématique élevée.
- The Electrical Conductivity of Atmosphère and its
- Causes, by V. F. Hess, translated from german, by L. W.
- Codd. 1 vol. 204 p., 15 fig. Constable et C° édit. Londres 1928.
- Prix : 12 sh.
- Le Dl Hess de l’Université de Graz (Autriche) compte parmi les pionniers de l’étude de la conductibilité électrique de l’atmosphère; domaine qui a été renouvelé, après les découvertes de Rôntgen et Becquerel, par Elster et Geitel qui lui ont appliqué les théories de l’ionisation des gaz. C’est le D1' Hess qui le premier en 1911 démontra l’existence des rayons ultra-pénétrants dans notre atmosphère.
- Le présent ouvrage, traduction remise à jour d’une édition allemande un peu plus ancienne, offre une excellente mise au point claire et bien ordonnée des questions qui se rattachent au problème de la conductibilité de l’atmosphère : rappel des propriétés fondamentales des ions et description des appareils de mesure; étude des causes de l’ionisation de l’atmosphère et calcul de la part qui revient aux divers agents ionisants, dont les plus importants sont les corps radioactifs; étude du problème des rayons ultrapénétrants, étude de l’équilibre des ions dans l’atmosphère et des problèmes que pose à ce sujet la transmission des ondes hertziennes.
- Le Régime des Pluies en Tunisie pendant la période 1901-1925 par G. Ginestous. 1 vol. 224 p., 63 cartes
- et graphiques. Imprimerie Barlier, 4, rue Annibal-Tunis 1927.
- Ce rapport a été établi par le directeur du service météorologique de Tunisie pour répondre, dans la mesure où le permettent les observations effectuées jusqu’ici, aux deux questions saivantes : comment et quand pleut-il en Tunisie ? Après un aperçu sommaire sur le régime des pluies, et un résumé succinct de la répartition moyenne des pluies et des jours pluvieux pour chaque année et pour chaque saison, l’auteur reprend par périodes quinquennales l’étude des variations du régime pluvial, en groupant les stations par régions. Il arrive ainsi à des conclusions d’ensemble sur le régime pluvial tunisien et en particulier à celle-ci qui est rassurante : il n’y a pas à Tunisie diminution de la
- valeur moyenne des pluies. Le contraire semblerait plus exact. Cet intéressant travail groupe et condense sous une forme qui en rend la consultation commode une foule de renseignements précieux pour l’agriculture tunisienne.
- An introduction to oceanography, with spécial reference to geography and geophysics, par James J. Johnstone. 2e édit, revisée. 1 vol. in-8, 368p., 76 fig. et cartes hors texte. University Press op Liverpool, 1928. Hodder et Stoughton, Londres. Prix : relié, 15 sh.
- Voici la deuxième édition, entièrement revisée de l’ouvrage du professeur d’océanographie de l’université de Liverpool. C’est un tableau général de nos connaissances actuelles sur les mers du globe, leur origine, leurs profondeurs, leurs fonds, leurs bords, sur les caractères physiques et chimiques de l’eau de mer, les marées, les courants. Il se termine par un exposé des théories géologiques qui s’efforcent d’expliquer leur histoire et leurs variations. Cette excellente introduction à la lecture des traités classiques et des mémoires originaux intéresse tous les étudiants et les amateurs de sciences, à quelque branche qu’ils se consacrent, puisque la mer et ses problèmes touchent aux disciplines les plus diverses et jouent un rôle de premier plan dans l’histoire et la vie du globe.
- Traité de botanique générale, par V. N. Lubimenko. Traduit du russe par Mlle Anna Joukor, revu par MM. Ferdinand Lot et J. Friedel. 2 vol. in-8, 1228 p., 443 fig. Gauthier-Villars et Cie, Paris, 1927-28. Prix : 170 francs.
- Ayant abordé et enseigné un grand nombre de questions botaniques les plus diverses, l’auteur a pu écrire ce traité avec une documentation très étendue et très au courant des recherches récentes ; il l’a fait en outre avec un esprit de généralisation, une unité de vues qui donnent beaucoup de clarté à ses exposés. 11 débute par la morphologie de la cellule, puis passe aux fonctions physiologiques générales. Ensuite il décrit l’organisation extérieure du végétal et suit ses complications; il étudie les fonctions physiologiques secondaires des végétaux supérieurs et notamment les échanges d’eau et de gaz. Une partie spéciale est réservée à la croissance et aux mouvements; une autre à la multiplication et à l’hérédité. Une large place est faite à l’histoire du développement des divers types. Par contre, la systématique est traitée brièvement et seulement en rapport avec la théorie évolutionniste. Les derniers chapitres sont réservés à l’écologie et à la géographie. L’ensemble se lit très facilement et situe très heureusement l’état actuel de cette science.
- Clef dichotomique pour la détermination des levures, par A. Guilliermond, 1 vol. in-16,124p., fig. Le François, édit. Paris, 1928. Prix : 14 fr.
- Les Levures prennent une importance de plus en plus grande non seulement en ce qui concerne l’industrie des fermentations alcooliques, mais encore au point de vue médical, car elles sont les agents de beaucoup d’affections diverses de l’homme, connues sous le nom de blastomycoses. Or, les Levures, qui constituent une famille d’Ascomycètes inférieurs à laquelle on a donné le nom de Saccharomycétacées, comprennent une infinité d’espèces se rattachant à un assez grand nombre de genres. Ce petit livre consiste en une clef dichotomique analogue à celle que Ton utilise dans les Flores pour la détermination des végétaux supérieurs. Il permet ainsi d'arriver sans la moindre difficulté, par des moyens extrêmement simples et en évitant toute cause d’erreurs, à la détermination des genres. Cette série de tableaux est précédée d’un exposé des caractères généraux des Levures, des techniques utilisées pour la1 culture et l’observation de ces champignons ainsi que pour la séparation des espèces. Enfin, un long chapitre est consacré à la marche à suivre pour la détermination des espèces.
- L’intelligence des singes supérieurs, par W. Koghler. Traduit sur la 2° édition allemande par P. Guillaume. 1 vol. in-8, 319 p.. 19 fig., 7 pl. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, Paris, 1927. Prix : 50 francs.
- Études faites sur des chimpanzés, à la station de Tenériffe, par le professeur de l’université de Berlin. Des singes apprennent à atteindre des objets convoités, en choisissant parmi divers moyens présentés : fils de suspension, bâtons, caisses servant d’échafaudages, puis utilisent ces objets à diverses autres fins, opèrent en commun, etc. Toutes ces expériences, soigneusement ordonnées et notées, servent à analyser l’intelligence des chimpanzés, à noter leur psychologie, à la comparer aux théories générales de la psychologie humaine.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- INDUSTRIE
- L’humidification en meunerie.
- Un grand nombre de moulins s’équipent actuellement avec des appareils d’humidification, ayant pour but de maintenir constant le degré hygrométrique de l’air.
- Plusieurs industries, notamment l’industrie textile, pratiquent depuis longtemps l’humidification artificielle de leurs ateliers. M. Neu, dans une conférence à la Section des Ingénieurs Civils de Lille-Roubaix-Tourcoing, explique très clairement les raisons qui justifient l’introduction de ce procédé dans l’industrie meunière.
- Le travail de mouture s’élabore dans l’ordre suivant : mélange et nettoyage des grains, broyage à divers degrés, blutage, séparation de la farine et des sous-produits avec classification par nature et qualité.
- Le grain de blé est essentiellement hygroscopique. A l’arrivée au premier broyeur il titre 16 à 18 pour 100 d’humidité. Mais au cours du broyage, il tend à perdre par évaporation dans l’atmosphère une partie de cette humidité. La perte en eau ainsi provoquée dépend évidemment du degré de siccité de l’air, qui est variable suivant les conditions météorologiques, d’un jour à l’autre et même au cours de la journée. Cette perte influence le rendement total du moulin et le meunier a le plus grand intérêt à la réduire au minimum. D’autre part les variations du degré d’humidité du grain en mouture nuisent à la régularité de la mouture et autsi à celle du blutage ; car les soies utilisées pour les tamis étant elles-mêmes très hygroscopiques, leurs ouvertures s’ouvrent ou se referment plus ou moins suivant la plus ou moins grande sécheresse de l’air.
- Pour remédier à ces pertes et irrégularités, il est donc nécessaire de réaliser à l’intérieur du moulin un état hygrométrique constant.
- M. Neu a établi, par des essais méihodiques, que pour qu’il y ait équilibre à la température de 15° C. entre du blé ou de la mouture titrant 16 à 18 pour 100 d’humidité et l’atmosphère, il faut que l’humidité relative de l’air soit supérieure à 90 pour 100. C’est à cette condition que cesseront les pertes d’eau dans le grain au cours de la mouture. Or ce titre d’humidité dans l’air est très rarement atteint, d’où la nécessité de l'humidification artificielle.
- M. Neu a construit des appareils pour résoudre le problème : de l’eau sous pression est finement pulvérisée par des ajutages disposés en tandem dans l’axe d’un tube; ce qui a pour effet de déterminer un appel d’air à l’une des extrémités du tube communiquant avec l’air extérieur et un refoulement à l’autre extrémité. L’eau pulvérisée se mélange intimement avec l’air aspiré, se vaporise en partie, l’air se sature, se lave et se rafraîchit, puis est distribué méthodiquement dans les salles par une longue conduite distributrice munie d’ouvertures appropriées.
- Un appareil de réglage automatique arrête les appareils dès que l’état hygrométrique désiré est obtenu, et les remet en marche lorsqu’il est nécessaire. La partie essentielle de cet appareil consiste en une sorte de psychromètre composé de deux thermostats, extrêmement sensibles, à tension de vapeur. Un de ces thermostats est humidifié par un liquide dont la tension de vapeur est une fraction de celle de l’eau et correspond à l’état hygrométrique que l’on désire maintenir. Les actions différentielles relatives des deux thermostats sont amplifiées par un levier et transmises électriquement à un servo-moteur agissant dans le sens convenable sur les appareils d’humidification.
- TÉLÉGRAPHIE
- La Télégraphie optique à écoulement rapide des signaux
- Les étonnants progrès réalisés en ces dernières années par les communications radioélectriques ont fait quelque peu négliger la télégraphie optique. Celle-ci a surtout des applications militaires. Elle avait été avant la guerre l’objet d’intéressants travaux, qui avaient provoqué le perfectionnement des phares électriques et des miroirs. Toutefois son emploi, au cours de la grande guerre, a été assez restreint. Il s’est borné à assurer des communications entre des postes de commandement des premières lignes et l’arrière immédiat, au moment où les bombardements intenses rendaient précaires tous les autres modes de liaison. La télégraphie optique avait dans ces circonstances l’avantage de n’utiliser qu’un matériel simple, facile à protéger : ses messages n’étaient pas susceptibles d’être captés par l’ennemi. Ce sont là des mérites qui au point de vue militaire gardent une très grande valeur; aussi la télégraphie optique n’a-t-elle pas été abandonnée.
- Elle a fait même récemment de très grands progrès grâce aux travaux exécutés par M. F. Fournier au Laboratoire de la Télégraphie militaire.
- Ces travaux ouvrent une voie nouvelle à ce mode de communication.
- M. Fournier, avec ses appareils nouveaux, réussit à émettre et à recevoir, le jour comme la nuit, des signaux optiques avec une vitesse de transmission comparable à celle de la T. S. F.
- L’agent de transmission est formé par les rayons infrarouges émis par une source lumineuse convenable, par exemple une lampe à incandescence. Cette lumière est modulée au départ, et transformée ainsi, en quelque sorte, en une onde alternative comparable aux ondes porteuses de la T. S. F.
- Le faisceau modulé est reçu au poste récepteur, sur une cellule au sélénium, sensibilisée spécialement à l’infra-rouge. II lui imprime des variations de conductibilité électrique qui peuvent être amplifiées au moyen d’un amplificateur à lampes, puis traduites en ondes sonores au moyen d’un téléphone.
- On entend donc dans celui-ci un son continu, d’une hauteur bien déterminée, et dû seulement au faisceau de transmission, à l’exclusion de toute lumière parasite qui, n’étant pas modulée, est sans action sur le téléphone.
- Pour transmettre et recevoir les signaux, il suffit d’interrompre et de rétablir le courant suivant le code Morse ; au téléphone du poste récepteur on perçoit donc des sons longs ou brefs tout comme dans un poste télégraphique ordinaire à réception au son.
- La modulation est réalisée comme suit : entre la source lumineuse et le système optique on intercale une trame fixe formée d’une lame de verre gravée et portant des traits opaques dont l’épaisseur est égale à l’intervalle séparant deux traits successifs. Tous les rayons issus de la source traversent cette trame avant de parvenir au miroir réflecteur. D’autre part, sur cette trame, se déplace d’un mouvement vibratoire rapide une autre trame identique, commandée mécaniquement par une lame vibrante excitée électriquement. Suivant la position réciproque des deux trames, la lumière est complètement ou partiellement obturée, et l’on obtient ainsi la modulation du faisceau à la cadence de 800 à 1000 périodes par seconde.
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- L’élément détecteur est une cellule spéciale réalisée par M. Fournier; la matière active, sélénium ou succédanés, est étendue sur une pastille de silice, puis sensibilisée; 2 électrodes maintenues par pression assurent un excellent contact; le tout est enfermé dans une cellule vide d’air de façon à éliminer les variations de résistance provoquées par l’humidité.
- Cette cellule a son maximum de sensibilité dans la région du spectre au voisinage de 1 jjl, c’est-à-dire dans l’in-fra-rouge; la sensibilité cesse à 1,3 p. L’amplificateur associé à cette cellule est à 4 étages basse fréquence à lampes bigrilles.
- Avec ce dispositif, M. Fournier a pu réaliser des liaisons optiques à grand débit jusqu’à des distances très grandes. Les rayons infra-rouges étant moins absorbés que tous autres par le brouillard, il a même réussi à faire de la télégraphie optique dans le brouillard avec une portée allant jusqu’à 4 km.
- SÉRICICULTURE Le crin de Florence.
- Le crin de Florence est très recherché pour la pêche, car il constitue un fil très fin, très résistant et peu visible dans l’eau. Il est aussi employé par les chirurgiens pour faire des sutures.
- La nature de ce.fil est peu connue du public ; peu de gens savent que sous le nom de crin de Florence, de racine, boyau de Chine, on désigne un produit animal obtenu par l’étirement des glandes soyeuses du ver à soie.
- Ce sont les Chinois, dès la plus haute antiquité qui ont inventé ce fil. L’usage n’a commencé à s’en répandre en Europe que vers le milieu du xvme siècle.
- Actuellement le crin de Florence pour la pêche est préparé surtout en Italie et en Chine. Les crins chirurgicaux sont fabriqués en Espagne dans la région de Murcie, qui en exporte annuellement pour environ 12 millions de pesetas.
- M. Secrétain, directeur de la station séricicole d’Alès, dans une intéressante étude que publie le Bulletin de la Société d’Encouragement à l’Industrie Nationale, démontre que cette industrie pourrait fort bien se développer en France.
- Les races de vers à soie utilisées dans les centres de production espagnols ou italiens se prêtent parfaitement à l’élevage dans le sud de la France; et celui-ci se pratiquerait à peu près comme pour les races ordinaires. La seule différence est que le ver qui produit le crin de Florence est plus grand que ceux des races ordinaires ; il faut lui donner plus de place et plus de nourriture.
- On récolte les vers au moment où ils vont monter à la bruyère.
- On le reconnaît à ce qu’ils deviennent presque translucides et qu’ils cherchent à jeter leur jBave soyeuse à droite et à gauche pour édifier leur cocon.
- C’est à ce moment qu’on les prend pour procéder à la fabrication du crin.
- Les détails exacts de cette fabrication n’ont jamais été publiés. M. Secrétain a procédé, à la station d’Alès, à des essais qui n’ont pas encore donné de résultats définitifs, mais qu'il se propose de poursuivre.
- Voici toutefois quelques renseignements généraux : les vers « mûrs « sont immergés dans une solution acide : le plus souvent de vinaigre commercial, parfois additionné de sel et d’eau pure.
- On emploie aussi les acides nitrique, tartrique ; la bière est également utilisée pour obtenir des crins plus longs et
- —...... — » ==.... = 523 =
- plus souples. M. Secrétain ne peut encore indiquer le degré d’acidité et la durée d’immersion optima.
- Pour cette dernière il pense que la durée normale d’immersion est de 48 heures.
- On procède ensuite à l’enlevage des glandes soyeuses, opération faite généralement par les sériciculteurs. Les vers sont retirés du bain, puis étendus sur de petites claies sans cependant qu’on les y laisse trop sécher. On les prend ensuite un à un, on les ouvre, et on en retire les deux glandes soyeuses.
- Chacune est un long tube qui développé atteint 12 à 15 cm de long.
- On le prend, en le pinçant par les deux extrémités, et on l’étire d’un mouvement lent et continu.
- Suivant la qualité du ver, la nature du bain et l’adresse de 1 ouvrière, le fil est plus ou moins long, et plus ou moins rond.
- La rondeur est sa principale qualité.
- Les crins étirés sont mis à sécher sur une surface polie, puis mis en botte et vendus aux fabricants.
- Ceux-ci leur font subir toute une série d’opérations qui constituent le raffinage : décreusage dans des bains alcalins bouillants, puis immersion dans des bains d’huile, de glycérine, ou d’eau filtrée pour donner plus de souplesse au crin, azurage dans un bain d’indigo pour donner plus de blancheur au fil, enfin polissage à la peau de chamois de très bonne qualité.
- A tout cela, il faut ajouter, dit M. Secrétain, les « trucs » ou tours de main de fabrication pour arrondir les crins plats, pressage ou repassage au moyen d’étaux où les crins en s’échauffant deviennent plus brillants, etc.
- A cette fabrication se rattache celle de la racine anglaise, qui Consiste à tréfiler le crin à travers des filières d’acier, de rubis ou de saphir pour obtenir des racines rondes dont le calibrage peut se garantir à 1/1000 de millimètre près. On est arrivé à obtenir des crins aussi fins que des cheveux.
- Les résistances des crins à la traction sont les suivantes 2.5 kg pour les crins fins, 4 kg pour les moyens, 6 kg pour les gros avec élasticité de 3,5 à 8,7 par mètre, donc peu élastiques.
- BOTANIQUE
- La floraison périodique des bambous.
- L’Année Biologique rend compte d’une étude sur cette question de M. Seiichi Kawamura, parue récemment dans le Japanese Journal of Botany.
- On sait que les Bambous fleurissent périodiquement, pendant quelques années consécutives, puis restent sans fleurir un temps assez long.
- M. Kawamura a observé que Phyllostackys Ilenonis, Arun-dinaria Hendsii, Phyllostackys aurea ont fleuri, partout où on rencontre de ces plantes et simultanément, le premier durant les années 1903 à 1912, le deuxième de 1911 à 1913, le troisième de 1916 à 1921.
- Recherchant à quelles époques antérieures ces mêmes arbustes avaient déjà fleuri, il a constaté que la périodicité de ce phénomène est d’environ 60 ans ou un multiple de ce nombre.
- La floraison étant simultanée pour tous les individus d’une espèce,’quelles que soient les conditions de milieu : nature du sol, exposition, lumière, air, on se trouve, là encore, en présence d’un rythme mystérieux dont les causes restent jusqu’ici inconnues, comme on en a tant signalé depuis quelques années aussi bien chez les animaux que chez les plantes.
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- PETITES INVENTIONS
- HYGIÈNE
- L’ozotior.
- Ou sait que l’ozone est un puissant désinfectant. Ne laissant aucune odeur désagréable, cet oxygène composé est le plus indiqué pour assurer en permanence la purification de l’air des endroits habités.
- L’Ozonor est un appareil générateur d’ozone adapté à ces usages domestiques. Sa production d’ozone a été calculée pour obtenir la désodorisation et la désinfection des pièces de nos appartements en un temps raisonnable sans avoir recours aux hautes teneurs en ozone qui pourraient produire des effets dangereux sur l’organisme.
- L’Ozonor produit de l’ozone au moyen de l’effluve électrique, l’énergie électrique nécessaire est fournie par le secteur.
- Il se présente sous la forme d’une boîte cylindrique métallique horizontale posée sur 4 pieds surmontée d’une deuxième
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- Fig. 1. — L’Ozonor.
- boîte de forme particulière, nommée capot, et qui contient l’appareil même produisant l’ozone : l’ozoneur.
- L’ensemble est de faibles dimensions et pèse 4 kg.
- La boîte cylindrique renferme (pour le modèle fonctionnant sur courant alternatif) un auto-transformateur destiné à élever la tension du secteur de 110 ou 220 volts à 1500 volts environ, valeur nécessaire pour produire l’effluve.
- Grâce au parfait isolement des différents organes de ce transformateur, prévu pour 5000 volts, l’appareil ne présente pas de dangers.
- La 2° partie de l’Ozonor, celle qui produit effectivement l’ozone et qui est placée dans le capot surmontant la boite du transformateur, est constituée par un tube en aluminium supporté par une pièce isolante en bois paraffiné.
- Sur ce tube est enroulée une feuille de mica mince, puis sur cette feuille est posée une toile en aluminium.
- La toile, le mica et le tube sont parfaitement appliqués l’un sur l’autre, ceci étant obtenu en tendant la toile lors de sa fixation.
- Aux extrémités se trouvent 2 bandes de carton paraffiné, qui isolent électriquement le capot et par suite la masse de l’appareil de la toile. La toile est réunie à l’entrée du transformateur par une résistance de 80 000 ohms.
- On peut toucher impunément la toile pendant le fonctionnement de l’appareil, même si l’on est d’autre part en communication franche avec la terre ou l’autre pôle du secteur.
- Le courant traversant le corps étant limité à moins de 2 milliampères est inoffensif.
- Le tube en aluminium est réuni à l’extrémité du secondaire du transformateur, c’est-à-dire à 1500 volts.
- L’effluve se produit au contact de la toile et du mica, et l’ozone formé diffuse immédiatement dans l’air ambiant, sans qu’il soit nécessaire de brasser cet air avec un ventilateur.
- La tension de 1500 volts est amenée à l’ozoniseur par une borne isolée dans un cylindre d’ébonite (isolement 5000 volts), cette ébonite passe dans un tube métallique relié au primaire du transformateur, ce tube passe lui-même dans un autre tube fixé sur la boîte et en est isolé par 1 mm de papier.
- L’ensemble de cette borne de sortie de 1500 volts est soigneusement gommelaqué pour éviter 1 humidité.
- On voit qu’au cas, extrêmement rare, d’ailleurs, où l’ébo-nite viendrait à claquer, il se produirait un court-circuit entre les deux pôles du transformateur, mais en aucun cas, la masse de l’appareil ne serait connectée à la haute tension.
- Un fusible, placé sur le côté de l’ozoniseur, protège le transformateur au cas où la feuille de mica de l’ozoniseur viendrait à être percée.
- Il se produirait dans ce cas un court-circuit suffisant pour faire sauter le fusible.
- Pour que ce court-circuit puisse être suffisant, la résistance de protection de 80 000 ohms est shuntée par un petit condensateur dit de court-circuit qui ne peut supporter 1500 volts.
- Au moment où le mica se perce, la tension de 1500 volts se trouve tout entière appliquée sur la résistance de 80 000 ohms shuntée par le condensateur de court-circuit, celui-ci est percé immédiatement et le côurt-circuit se produit franchement, le fusible saute et met l’appareil hors circuit.
- Ce fusible devant sauter pour une intensité relativement faible est constitué par un fil d’argent très fin protégé par un tube de fibre.
- Enfin, sur le devant de l’appareil se trouvent 2 broches qui servent au moyen d’une fiche amovible à relier l’Ozonor à la source du courant.
- L’Ozonor, modèle d’appartement, purifie 150 m3 par heure environ et consomme pour environ 1 centime d’électricité par heure.
- Il se construit aussi en modèles plus importants qui conviennent pour l’assainissement de locaux plus vastes.
- Constructeur : Gailliet et Bourdais, 12, rue Saint-Gilles, Paris.
- CONSTRUCTIONS
- Machine à crépir la « tyrolienne »
- Jusqu’ici le crépi dit moucheté tyrolien employé extérieurement aussi bien pour protéger que décorer les façades des maisons est exécuté au balai. On comprend qu’en raison de la parfaite régularité des couches de mortier, un pareil travail exige du temps et par conséquent de l’argent. C’est pour obvier à cet inconvénient qu’un constructeur a établi une petite machine à crépir qu’il a baptisée naturellement la « tyrolienne ».
- Le principe de cet appareil dont l’encombrement est déterminé par les dimensions suivantes : 0 m. 45 de long, 0 m. 20 de large, 0 m. 30 de haut et dont le poids ne dépasse pas 7 kg, est un hérisson de lamelles métalliques disposées radialement sur un axe, tournant à grande vitesse et proje-
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- Fig. 2. — Appareil à crépir porté par l'ouvrier.
- tant à travers un couloir d’évacuation, en gerbe de gouttelettes, le mortier qui lui est amené par un malaxeur-alimenteur et que lui mesure un volet. Deux récipients en tôle galvanisée sont réunis tangentiellement et communiquent par une ouverture pratiquée au point de réunion ; l’amplitude de cette ouverture est réglée par le volet mû de l’extérieur par l’intermédiaire d’une poignée.
- C’est dans le grand récipient, d’une capacité de 5 litres, que se trouvent le malaxeur-alimenteur et la réserve de mortier; le petit récipient renferme le dispositif de projection et à l’origine du couloir d’évacuation, un tremplin, réglable, sensiblement tangent à la périphérie du hérisson, sous-divise la gerbe de gouttelettes.
- Le mouvement de rotation, imprimé au malaxeur au moyen d’une poignée à manivelle fixée sur l’axe, est transmis multiplié au hérisson par une transmission de chaîne à rouleaux et pignons du type cycle; le mécanisme de cette transmission est enfermé dans un carter démontable.
- L’appareil peut être mis en action, soit porté par l’ouvrier au moyen de bretelles (fig 1), soit suspendu et équilibré par un contrepoids ou un enrouleur à un câble transversal de l’échafaudage (fig 2). Le mortier (chaux ou ciment) de consistance appropriée (selon qu’il s’agit de la première ou de la seconde couche) étant versé dans l’alimenteur, à l’aide d’un
- Fig. 3. — Appareils à crépir suspendus à l’échafaudage.
- " = 1 ===== ' ...—= 525 =
- récipient quelconque, avec la main droite on fait tourner de quelques tours la manivelle, ce qui brasse le mortier, puis de la main gauche on agit progressivement sur la poignée du volet afin d’obtenir la gerbe de gouttelettes ; l’ouvrier n’a plus qu’à en diriger la faisceau sur le mur, de face pour la première couche, obliquement pour la seconde.
- Le rendement de la « tyrolienne » est de plus de 50 m2 à l’heure et par couche, évidemment au point de vitesse pure, sans le service du mortier ni échafauds. Son entretien, un simple rinçage après le travail. M. B.
- Constructeur : M. Daignas, ingénieur, avenue de la Justice à Toul (M.-et-M.).
- Incinérateur d'ordures.
- Dans les maisons de campagne ou dans certaines grandes collectivités, le problème des ordures est souvent très embarrassant à résoudre. Quand on les accumule dans les jardins en une fosse appropriée, on y adjoint également des déchets de toute sorte, des h ries, etc. Périodiquement on met le feu à cette masse, mais la combustion est difficile à provoquer et à entretenir. Un inventeur a imaginé un foyer simple et pratiqus qui permet d’incinérer les ordures ménagères avec hygiène et propreté. L’appareil est un cylindre dont le bas, de forme concave, perforé et mobile, est prolongé à 1 extérieur par une cheminée centrale qui est également perforée. Il y a ainsi une aération et un tirage forcés, de sorte que tous les éléments de la masse des ordü-res une fois embrasés sont en communication avec l’air. ^
- Ils continuent de se consommer, même si les ordures sont imprégnées d’humidité,
- On utilise l’appareil en garnissant le fond avec du papier et des brindilles de bois sec, qui permettront d’allumer le foyer au moment voulu. On ajoute ensuite les ordures en ayant soin de ne pas mettre uniquement des ordures humides, mais de faire un mélange des matières sèches avec celles chargées d’eau. Avec un vieux journal en forme de torche, on allume sous la plaque perforée et il se produit un tirage direct et violent par la cheminée intérieure; les brindilles prennent feu et la masse des ordures se consume. On peut d’ailleurs alimenter continuellement l’appareil, si toutes les ordures à brûler n’ont pas trouvé place dans le récipient. On peut ainsi brûler toutes sortes de détritus en mélangeant les ordures sèches et humides, jusqu’à ce qu’on ait obtenu un foyer très actif.
- Vers la fin de l’opération, au moyen d’une manette placée sur le côté, on agite la grille mobile; les cendres que l’on obtient peuvent être utilisées comme engrais concentré excellent.
- Enfin, notons que cet incinérateur peut être parfaitement employé comme boîte à ordures qui seront brûlées une fois que l’appareil sera plein. Bien entendu, il faut prendre la précaution de disposer au préalable, dans le fond, les brindilles et les papiers nécessaires pour provoquer l’allumage, comme nous l’avons indiqué ci-dessus.
- A. Mayer, 118, rue de la Tombe-Issoire. Paris (XIV”).
- rig. 4. — Incinérateur d’ordures.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Peut-on développer après fixage.
- Un ;de nos lecteurs, M. II. Belliot, nous écrit :
- , Je lis dans le N° 2778 du février 1928, de « La Nature » une réponse à la question : « Peut-on développer après fixage? » (M. R. Pizon) qui me suggère quelques observations. S’il est vrai que le développement après fixage présente plus d’inconvénients que d’avantages par rapport aux méthodes ordinaires de développement (il exige en particulier une plus longue exposition et une propreté absolue des manipulations), il n’est pas moins vrai que plusieurs méthodes pour l’obtenir sont connues et parfaitement mises au point. L’Agenda Lumière de 1926 donne deux formules (p. 233 et 246) et préconise même l’emploi de l’une d’elles pour le tirage des contre-types directs. Une autre formule, la plus parfaite à ma connaissance, a été proposée par MM. A. et L. Lumière et Seyewetz, dans une Note a l’Académie des Sciences (Comptes rendus, t. 178, 1924, p. 1765). Yoici cette formule :
- Préparer les deux solutions de réserve •
- f Eau....................................... 1000 cm3
- A 5 Sulfite de soude anhydre...................... 180 gr.
- ( Solution de nitrate d’argent à 10 pour 100 . 75 cm5
- ( Eau........................................ 1000 cm5
- B < Sulfite de soude anhydre....................... 20 gr.
- ( Paraphénylène diamine........................ 20 —
- Mélanger au moment de l’emploi 5 parties de la solution A
- pour 1 partie de la solution B. Le mélange est épuisé au bout d’une heure, mais l’expérience peut être répétée plusieurs fois si la plaque n’est pas jugée assez dense.
- Le fait que le bromure d’argent a été entièrement dissous avant le développement n’est pas une objection puisque le métal (argent ou mercure) nécessaire à la formation de l’image est introduit dans le révélateur.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresse relative aux appareils décrits.
- La Bêche sans effort (voir N° 2784), est en vente chez M. Hitté, 33, rue des Bourdonnais, Paris (1er).
- De quel liquide se sert-on dans les ozoniseurs?
- Ces petits appareils que tout le monde connaît, né sont nullement des producteurs d’ozone, mais bien de petites fabriques d’aldéhydes résultant de l’oxydation ménagée des alcools méthy-lique et éthylique avec comme agent catalytique le platine très divisé supporté par un capuchon d’amiante, que l’on commence par porter au rouge, puis que l’on place au-dessus du liquide alcoolique. Les deux réactions suivantes se produisent :
- CH3 OH -f- O = COH2 + H20
- alcool méthylique aldéhyde formique
- C2 II3 OH -f- O rr C2 H4 O + II20
- alcool éthylique aldéhyde éthylique
- Point n’est besoin de faire un mélange compliqué de produits chimiques pour confectionner le liquide générateur d’aldéhydes, on le trouve tout prêt dans le commerce sous la forme vulgaire d’alcool à brûler ou alcool éthylique dénaturé par 10 pour 100 de méthylène (alcool méthylique acétoné).
- Bien que cet alcool dénaturé puisse être employé tel quel on masque le plus souvent son odeur désagréable par addition de parfums et on lui donne une coloration plaisant à l’oeil, en le teintant le plus généralement en vert.
- On peut prendre, comme type de préparation, la formule suivante donnée parCerbelaud comme donnant un produit analogue aux principales spécialités telles que l’Oaonigène, l’Ozonal, l’Ozo-
- néine, etc.
- Solution de carmin d’indigo au centième. 4 cent cubes Teinture de safran du Codex ...... 5 —
- Essence de verveine (Lemongrass). ... 40 —
- Alcool à brûler........................Q. S. pour un litre.
- On peut remplacer la verveine par 25 gr de terpinol, par 15 gr. de géranium d’Algérie, par du musc artificiel, etc.
- Après mélange intime, on filtre sur papier et met en flacons.
- N. B. La préparation de l’amiante platinée se fait très facile ment en trempant le capuchon dans une solution à 10 pour 100 de chlorure de platine, puis après séchage en portant dans une flamme de lampe à alcool. Au besoin, on répète l’opération un certain nombre de fois, jusqu’à ce que le dépôt soit suffisant.
- S. a Orléans.
- Remettons en bon état le cuir usagé de nos chaises.
- Lorsque le cuir est éraflé, si. on veut appliquer du vernis, celui-ci
- fait des taches plus foncées aux endroits où les éraflures l’ont rendu poreux.
- Pour éviter cet inconvénient, il suffit, avant de vernir, d’effectuer un encollage léger avec de la gélatine, ou plus simplement de la colle forte un peu épaisse.
- Après séchage parfait, on polit légèrement au papier de verre, puis on vernit finalement avec l’un des vernis de la teinte appropriée, que l’on trouve tout préparés chez les marchands de couleurs sous le nom de vernis pour cuirs, à moins que l’on ne désire le préparer soi-même en prenant :
- Acétate de cellulose.................. 75 grammes
- Triacétine U.......................... 8 —
- Tétrachlorethane...................... 900 cent cubes
- Alcool dénaturé.......................100 —
- Colorer à volahfté par une couleur d’aniline.
- MM. Broca a Paris, Busch a Hagueneau.
- f,m4' .«fri'
- Comment désodoriser l'intérieur d'un buffet ?
- Le sëjôiiÿ de mets, parfois encore chauds, communique souvent aux parois intérieures des buffets, une odeur composite, plus ou moins agréable, pouvant se fixer sur certains aliments, en particulier sur le lait qui est très sensible au voisinage des produits odorants.
- Il est heureusement facile de faire disparaître ce petit inconvénient, en utilisant les propriétés fixatrices du formol (aldéhyde formique) qui est le désodorisant par excellence. Un simple lavage de l’intérieur du buffet avec une solution aqueuse formolée à 10 pour 100, en ayant soin d’atteindre les encoignures et interstices, permettra d’obtenir le résultat cherché. Inutile de forcer la dose de formol dont l’odeur deviendrait alors prédominante et pourrait gêner à son tour par sa persistance.
- N. B. Par solution à 10 pour 100 on doit entendre le mélange de 900 cc d’eau ordinaire et de 100 cc de formol du commerce.
- Le même procédé est applicable à la désodorisation des tables de nuit, dans lesquelles on peut laisser en permanence un petit tampon de coton hydrophile, sur lequel on a versé quelques centimètres cubes de formol commercial.
- M. Busch a Haguenau et Bodart a St-Étienne.
- Peut-on rendre le bois et les étoffes incombustibles ?
- Tout d’abord, il convient de préciser ce qu’il faut entendre par incombustibilité. Dans la pratique, le bois ou les étoffes ne peuvent être, quel que soit le procédé employé, mis à l’abri du feu, attendu qu’à partir de 200°, toutes les matières organiques commencent à se dissocier en leurs éléments constitutifs, carbone, oxygène, hydrogène et azote. En fait, si la température s’élève
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- un peu trop, il y a carbonisation et tout ce que Ton peut faire c’est d’empêcher la combustion arec flammes susceptibles de prolonger l’incendie.
- Pour Satisfaire à la condition ci-dessus, on recouvre d’une sorte de Carapace le bois ou le tissu qui isolera le corps combustible en ne permettant pas à l’oxygène de l’air d’arriver jusqu’à lui.
- Dans cet ordre d’idées, MM. Kling et Florentin, du Laboratoire municipal de Paris, ont poursuivi depuis 1913 des recherches suivies et âünt arrivés à cette conclusion que la meilleure préservation était réalisée en trempant les tissus dans le bain suivant :
- Acide borique . ........................... 50 grammes
- Borax (borate de soude cristallisé) ... 60 —
- Eau ordinaire.............................. 1000 cent cubes
- On égoutte) sans tordre, suspend et abandonne à l’air jusqu’à dessiccation complète.
- Pour le boià, ou les objets déjà en place, tels que décors, on procède par pulvérisation du même liquide dans lequel on a porté la dose respective de chacun des sels à 75 et 90 grammes.
- Ce mélange ne compromet en aucune façon la solidité des fibres textiles, encore moins celle du bois ; il est sans action sensible sur la plupart des couleurs.
- D’après ce que nous venons de dire, si l’on veut éviter non seulement la combustion, mais aussi la carbonisation, le seul moyen pratique est de construire les objets en fer; c’est pourquoi, la fabrication des meubles métalliques prend de plus en plus d’extension, pour l’organisation moderne des bureaux et ateliers d’usines (Vestiaires, armoires, etc.). A titre d’indication nous signalerons un certain nombre de maisons spécialisées dans ce but : Belain, 17, rue Angélique-Compoint 18". — Schwartz, Hautmont, 9, rue Eugène-Millon. — Ateliers Unibloc, 23, rue des Prairies. — Gantois et Beucher, 43, boulevard Magenta. — Établissements Godfars, 75, quai de la Seine, 19e. — Houdry et fils, avenue de Villars, 7e.— Marande et Pressig, 35, rue Jouffroy. —Vve Valory 183, rue de Charonne. — Wessbecher, 59, rue Grange-aux-Belles.
- Adresses demandées :
- 1° Fabricants de vernis Sœhnée frères, 58, rue de St-Mandé, Paris-Montreuil; Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs.
- 2° Bureau technique d’Études, 8, rue Nouvelle.
- M. Blanc a Limoges.
- Que sont les liquides des régénérateurs d’accus?
- Lorsque l’on constate qu’avec un acide de concentration normale et des plaques sans courts-circuits, le rendement tombe à moins de 50 pour 100 c’est que l’élément est sulfaté et le remède très simple consiste à faire intervenir la soude caustique de la façon suivante :
- On commence par siphonner l’acide, puis on remplace par de l’eau distillée; cette eau est également siphonnée et rejetée. On introduit alors dans l’élément une solution de soude caustique à 5 pour 100 et on charge.
- Si à un moment quelconque, l’électrolyte donne au papier de tournesol une réaction acide on ajoute de la soude jusqu’à réaction alcaline.
- On continue alors la charge de manière que la plaque positive prenne la teinte chocolat caractéristique d’une plaque saine et chargée de peroxyde.
- La solution de soude est alors retirée et remplacée par l’acide sulfurique à la concentration habituelle et on fait passer le courant pour charger dans les conditions normales.
- Ct de B. a Poitiers.
- Composition des Gouaches.
- Les couleurs dites gouaches sont des couleurs opaques obtenues par broyage d’un pigment avec de l’eau gommée additionnée parfois de sucre.
- Cette eau gommée se prépare en faisant digérer de la gomme arabique en excès avec de l’eau de manière qu’il y ait saturation.
- Les principales formules sont les suivantes :
- Gouache blanche.
- Blanc d’argent............................100 grammes
- Solution de gomme.........................100 —
- Eau ordinaire............................. 20 —
- 30 grammes 15 —
- 5 —
- 20 grammes
- Gouache jaune :
- Jaune de chrome......................100 grammes
- Solution gommeuse.................... 40 —
- Dr F. A. a Paris.
- Comment blanchit-on la cire d’abeilles?
- Le procédé le plus simple pour blanchir la cire consiste à fondre celle-ci au bain-marie, puis à la couler ainsi liquéfiée dans une assez grande quantité d'eau froide, de manière qu’elle forme des rubans. Ces derniers sont ensuite répartis sur une toile et exposés à la lumière solaire. De temps à autre, on arrose les rubans et on les retourne toutes les six heures. Sous l’action combinée de la lumière et de l’humidité, la cire est rapidement blanchie. D’après les travaux de Buisine ce blanchiment peut être activé en incorporant à la cire, lors de la fusion, 2 pour 100 d’acide oléique.
- On peut également gagner du temps en faisant tomber la cire non dans l’eau simple, mais dans une solution étendue d’acide sulfurique, additionnée de chlorure de calcium, mais ce procédé donne une cire plus sèche, inconvénient auquel on peut remédier en ajoutant 2 à 3 pour 100 de suif, chiffre qu’il ne faut pas dépasser, car au-dessus de 5 pour 100, l’addition serait considérée comme fraude.
- Les essais de blanchiment chimique nécessitent l’intervention d’oxydants puissants tels que le bichromate ou le permanganate de potasse en liqueur acide. On fond par exemple la cire à blanchir dans un mélange d’une partie d’acide sulfurique et deux parties d’eau, puis on ajoute par petites portions du bichromate de potasse jusqu’à concurrence de 5 pour 100 du poids de la cire. On fait bouillir quelques heures, puis on laisse refroidir et on sépare le gâteau de cire, qu’on lave d’abord à l’eau acidulée par l’acide sulfurique, puis à l’eau pure à plusieurs reprises. La cire ainsi traitée est parfaitement décolorée ; on opérerait de même avec le permanganate de potasse.
- L’eau oxygénée peut également être employée, la cire réduite en copeaux étant placée dans de l’eau oxygénée à 5 volumes, additionnée d’un peu d’ammoniaque, on maintient le tout à une température voisine de 50° G. pendant plusieurs jours, la cire ainsi traitée est rapidement blanchie.
- N. B. Les réducteurs en général, tels que l’acide sulfureux, les sulfites, les hydrosulfites n’agissent pas sur la matière colorante de la cire; le chlore ne peut être employé, car il se fixe sur les carbures non saturés de celle-ci.
- SoCIEDAD DE FOMENTO FABRIL A SANTIAGO.
- Quelques moyens pour recoller le verre.
- 1° Un premier moyen consiste à utiliser la propriété bien connue de la gélatine bichromatée de devenir insoluble après expxosition à la lumière, on prend :
- Gélatine blanche.............................100 grammes
- Acide acétique cristallisable................ 200 —
- Après avoir laissé en contact, à froid, quelques heures, on chauffe doucement au bain-marie pour liquéfier, puis on ajoute, en remuant,' 10 grammes de bichromate d’ammoniaque. On obtient ainsi un liquide épais que l’on conserve dans un flacon jaune brun et que l’on utilise à la façon habituelle des colles. On met ensuite sécher en pleine lumière, ce qui est la condition essentielle.
- Cette colle présente une coloration jaune qui n’a pas d’inconvénient lorsqu’on recolle des parties d’objet qui seront ultérieurement cachées, mais cette coloration serait disgracieuse pour les raccords apparents; dans ce cas, il serait préférable d’appliquer la
- formule suivante :
- Faire un mélange intime de :
- Poudre de verre fine.................. 35 grammes
- Florure de calciuin pulvérisé.......... 65 —
- Au moment de l’emploi, délayer la quantité de poudre que l’on juge nécessaire au collage, par addition progressive de silicate de potasse du commerce (à peu près même volume) de manière à
- Gouache rouge :
- Rouge de Venise . Solution de gomme Sirop de sucre. . , Eau ordinaire . .
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- former une pâte semi-fluide, que l’on devra immédiatement appliquer sur les fragments à réunir. On serre fortement et laisse faire prise plusieurs jours. On obtient ainsi une soudure extrêmement solide qui peut même résister à l’action de l’eau bouillante.
- N. B. La poudre de verre s’obtient sans difficulté en chauffant au rouge un morceau de verre et en .le laissant tomber dans de l’eau froide (opération de l’étonnement), le verre peut alors se broyer dans un mortier avec facilité, on le tamise ensuite.
- Cette colle convient également pour fixer le verre au fer.
- 2° La construction d’un appareil de projection d’objets opaques nécessite forcément l’intervention d’un système optique calculé spécialement, qu’un amateur ne peut espérer réaliser par groupement d’éléments hétérogènes recueillis au hasard des occasions.
- A notre avis, le mieux est de faire l’acquisition d’un appareil mis au point par un bon constructeur, par exemple Massiot 15, boulevard des Filles-du-Calvaire ou tout autre à votre gré.
- M. Camo a Givet.
- Sachons employer les peintures au silicate.
- 1° Les peintures au silicate qui sont très économiques demandent à être employées dans certaines conditions pour donner les meilleurs résultats, c’est-à-dire qu’il faut d’abord donner une première couche au silicate non teinté à 22° B ; ensuite on donne une seconde couche avec la peinture proprement dite, puis on termine par une couche de silicate simple, mais à 26° B.
- Bien entendu chaque couche doit être parfaitement sèche avant application de la suivante.
- La composition de la peinture est naturellement variable suivant le « fond » employé qui peut être le carbonate de chaux, le sulfate de baryte, le kaolin, le talc, l’oxyde de zinc, etc., cependant on peut prendre comme type servant de base la suivante :
- Lithopone................................. 500 grammes
- Silicate de soude à 40° B................. 200 —
- Eau ordinaire. .......................... 200 —
- que l’on modifiera suivant besoins.
- N. B. On peut additionner la peinture type ci-dessus d’environ 20 pour 100 d’huile de lin siccativée ; on obtient ainsi le genre peintures lavables.
- 2° A notre grand regret nous ne pouvons entreprendre de mettre au point des fabrications industrielles.
- M. Gaucher a Paris.
- Questions diverses.
- M. de Lens a Versailles. — Nous avons traité longuement la question de l’ambre vrai dans la Boîte aux Lettres du N° 5765 page 94, veuillez bien vous y reporter. 1
- Quant à l’expertise des objets de cette nature, vous pourrez facilement la faire faire chez l’un des nombreux commerçants situés sous les arcades de la rue de Rivoli, face au Jardin des Tuileries.
- MM. Waddington et Cie a Saint-Remy-sur-Avre. — Vous trouverez dans le N° 2778, page 143, du 1er Février 1928, réponse à la question que vous avez bien voulu nous poser sur la peinture des radiateurs.
- M. Bouniol a Mende. — Nous ne connaissons pas le dépositaire du produit Tex, destiné au blanchissage, mais comme nous pensons, sauf erreur de notre part, que la fabrication de cet article a été mise au point par M. de Keghel lui-même, le mieux est de s’adresser à l’inventeur, 4, rue des Deux-Communes, à Vincennes (Seine).
- M. Devalmont a Sotteville. — La question décapage des métaux a été traitée d’une façon très intéressante dans l’ouvrage Coloration des métaux, par Michel, pages 33 à 39, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins ; nous pensons que vous y trouverez tous les renseignements utiles à votre industrie.
- Cercle Sura Roustchouk. — C’est l’émulsion qui est étendue sur la face plane de la loupe de Stanhope et on impressionne directement, ainsi que nous l’avons bien indiqué dans notre N°2754, page 142, pour l’obtention des photographies minuscules. Le peu de place dont nous disposons ne nous permet pas de traiter cette question d’une manière plus étendue, mais si elle vous intéresse vous trouverez des détails complémentaires dans le Journal Sciences et industries photographiques, N° 3, de mars 1926, que vous pourrez vous procurer aux Publications photographiques Paul Montel, 189, rue Saint-Jacques, à Paris.
- M. Virally a Sens. — La quantité d’argent déposée lors de l’argenture des glaces est pratiquement insignifiante vu la faible épaisseur de la couche. Il est donc tout à fait inutile de chercher à évaluer son poids pour établir un prix de revient, la matière première, c’est-à-dire le nitrate d’argent ne coûtant actuellement que 50 cent, le gramme.
- M. des Moulins a Saint-Cloud. — Nous avons donné dans le N° 2777, page 95, tous détails utiles pour la préparation et l’emploi de la colle au sang, en usage dans l’industrie du contreplaqué; veuillez bien vous reporter à cet article.
- M. Huart a Bormes. — Le fait d’avoir établi une pièce d’habitation au-dessus d’un four de boulanger est tout à fait fâcheux et le mieux à notre avis serait que vous déménagiez pour prendre un appartement plus rationnel.
- S’il ne peut en être ainsi, il faudrait pour isoler ladite pièce établir un faux-plancher avec circulation facile d’air par dessous.
- Le point important sera de bien situer la prise d’air froid du côté opposé au soleil si elle est faite au-dessus du sol, de préférence elle sera en cave.
- D’autre part il faudra assurer l’échappement de l’air chaud, par une cheminée d’appel de hauteur suffisante au-dessus du toit. Bien entendu entrée et sortie devront être à extrémités opposées, le concours d’un architecte serait, croyons-nous, des plus utiles pour prise des dispositions convenables.
- Complémentairement, l’application d’un enduit liège-ciment magnésium est tout indiqué pour le revêtement du sol de la pièce.
- Comment se fabriquent les Meules en agglomérés-
- Les meules artificielles sont constituées par un mélange de gomme laque de résine et d’émeri ou de carborundum plus ou moins fins suivant l’usage auquel elles sont destinées. On peut prendre comme type d’une composition de ce genre la formule suivante :
- Gomme laque..............................125 grammes
- Colophane................................ 50 —
- Carborundum............................. 500 —
- Dans un récipient en fer, on fait fondre à feu doux la résine et la gomme laque, puis on y incorpore le carborundum'; après mélange intime on moule à chaud sous pression dans un moule en fer préalablement graissé.
- Avant de mettre la meule en service, on en décape la surface par immersion rapide dans un bain de soude caustique chaude à 5° Baumé environ. Sturk a Paris
- En quoi consistent les flux à souder Valuminium.
- D’une manière générale les décapants pour soudure ont pour but de préserver le métal de l’oxydation à l’endroit où la soudure ou métal d'apport est appliquée; dans le cas particulier de l’aluminium, les mélanges employés sont presque toujours à base de chlorures ou fluorures alcalins susceptibles de donner avec l’aluminium des sels doubles facilement fusibles formant un revêtement protecteur.
- Dans cet ordre d’idées, voici deux formules qui à l’usage ont donné satisfaction :
- A. Chlorure de potassium................ 60 grammes
- Chlorure de calcium..................... 30 —
- Cryolithe (Al2F6,6NaF).................. 10 —
- Gratter légèrement les surfaces à sonder, employer le décapant à la façon habituelle, comme ponr les brasures.
- B. Chlorure de potassium.............. 60 grammes
- Chlorure de lithium..................... 20 —
- Chlorure de sodium...................... 15 —
- Bisulfate de potasse..................... 5 —
- Après avoir bien mélangé, fondre au creuset, couler la masse liquide sur une plaque métallique, broyer lorsqu’elle est refroidie.
- Pour l’emploi délayer avec quelques gouttes d’eau pour former une pâte que l’on applique sur les parties où doit s’effectuer la soudure. M. Babon a Bellegarde.
- P. S. Vous pourrez vous procurer l’article en question au Tou-ring Club de France, 65, avenue de la Grande-Armée.
- 95.965. — Paris, lmp. Lahurk. — 1-6-28.
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- N° 2787.
- LA NATURE
- 15 Juin 1928.
- LA RENAISSANCE DU CASTOR EN NORVÈGE
- Voici une nouvelle qui ne manquera pas d’éveiller la curiosité des naturalistes. Le castor renaît en Norvège, si nombreux que la chasse à ce petit mammifère, interdite depuis soixante-cinq ans, a été autorisée sous certaines conditions durant les deux dernières saisons dans plusieurs départements de ce royaume.
- En Norvège, comme dans le reste de l’Europe, ce rongeur était très commun aux temps passés. Le géographe arabe Edrisi, qui écrivait au milieu du xne siècle, signale son abondance dans ce pays (1).'I1 s’y rencontrait aussi bien dans les provinces septentrionales riveraines de l’Océan Glacial que dans celles du sud. Les fouilles archéologiques pratiquées dans le Finmark oriental, le district de l’extrême nord de la péninsule Scandinave limitrophe de la Finlande, en apportent la preuve. Dans les anciens lieux de sacrifice des Lapons et dans leurs
- d’en faire hommage à leurs divinités et d’en munir leurs proches pour leur voyage dans l’autre monde (‘j.
- C’est, semble-t-il, vers le milieu du xvme siècle que les premiers symptômes d’une diminution du castor se
- tombeaux remontant à l’époque où ils étaient encore païens, que cette région renferme, on a trouvé une grande quantité de dents de castor. Au pied du monument préhistorique de Mortensnaes, sur les bords du Varanger-fjord, on en a notamment recueilli des poignées. La thérapeutique lapone attribuant à ces petits os la vertu de guérir les rages de dents, les indigènes prenaient soin 1. Nansen (Fridtjof). Nord i taakcheimen.
- Fig. 1. — Carte de la distribution actuelle du castor en Norvège.
- produisirent en Norvège. A cette époque cet animal était déjà devenu rare dans le Vestfold (rive ouest du fjord d’Oslo (*).
- La décroissance se manifesta ensuite dans tout le pays, et, à partir du début du xixe siècle, avec une telle ampleur que vers 1850-1860 ce rongeur avait presque partout disparu. Les trois derniers exemplaires qui aient été capturés en Finmark, le département le plus septentrional de la Norvège, le furent en 1860 et la dernière prise faite dans le département du Nordland (64°56' à de Latitude
- 1. Helland (Amukd). Topografisli-Statisiik Beskrivélse over Fin-markens Ami. Kristiania, 1907, I, p. 488.
- 2. Helland (Amund). Topografisk-Siaiisiik Beskrivelse ovcr Jarls berg og Larvik Ami. Kristiania, 1914, I, p. 406.
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- Nord) date de 1865 (*). Des milliers de castors qui jadis avaient peuplé les forêts, les rivières et les lacs du versant occidental de la péninsule Scandinave, il ne subsistait plus alors que quelques petits groupes isolés dans le sud du pays, dans les grandes vallées tributaires du Skagerack, notamment dans celles du Nidelv et de l’Otte-relv ou Sætersdal. Pour sauver ces mammifères de la destruction, à partir de 1863, leur chasse fut interdite dans tout le royaume; néanmoins vingt ans plus tard, en 1883, leur nombre ne dépassait guère, assure-t-on, la centaine. Ultérieurement il s’est élevé peu à peu, et, vers 1900, dés castors sont observés de temps à autre dans la région de Kristiansand. En 1898 on découvrit une hutte qu’ils avaient édifiée sur les bords d’un lac du Saetersdal. « Les castors de cette contrée sont très nomades, écrit un observateur; tantôt ils se montrent dans une localité, tantôt dans une autre pour disparaître ensuite rapidement. Evidemment ils ne trouvent pas de site à leur convenance pour y fonder un établissement durable. » Huit?ans plus tard leur effectif paraît en augmentation;
- Salvesen, habite la vallée inférieure du Nidelv, où ce rongeur s’est maintenu de tous temps; il a pu, par suite, recueillir sur ses mœurs une foule de faits curieux. Il nous paraît donc intéressant de présenter un résumé des observations de M. S. Salvesen, accompagné des photographies documentaires prises par cet excellent naturaliste. Nos lecteurs pourront ainsi se rendre compte que les travaux d’architecture accomplis par ces rongeurs dont ils trouvent la description dans les anciens ouvrages de zoologie n’appartiennent plus en Europe au domaine de la légende. Qu’il nous soit permis à cette occasion de remercier la direction de Naturen et son collaborateur de nous avoir autorisé à reproduire ces documents.
- M. S. Salvesen attribue la disparition presque complète de ce mammifère dans nos pays aux abus de la chasse, sans exclure cependant l’intervention possible d’épidémies. Cette dernière hypothèse est non seulement plausible, mais encore, à notre avis, devient presque une certitude, lorsqu’il s’agit des forêts de l’extrême nord de notre continent. Seule une épidémie peut expliquer la
- Fig. 2 et 3. — A gauche : Hutte de castors sur les bords du Vikvatn. (Vallée du Nidelv). A droite : Lac du barrage créé par les castors qui se trouve momentanément vidé ; au fond : la digue ; au premier plan à droite : hutte de castors avec deux entrées.
- Photos de M. Sigv. Salvesen, communiquées par Naturen de Bergen.
- en tout cas, en 1906, la présence de ces mammifères est relevée en cinq endroits du Saetersdal supérieur, en même temps que dans le sud de Stavanger et dans le Telemark, à environ 40 km au nord de Kragerô. Dans cette dernière région les traces laissées par ces animaux témoignaient d’une très grande activité de leur part; on v voyait un barrage qu’ils avaient construit en travers d’un petit cours d’eau et plus de cinquante arbres qu’ils avaient abattus (2).
- Depuis, ces colonies du sud-ouest de la Scandinavie se sont considérablement multipliées, si bien qu’aujour-d’hui elles comptent plusieurs milliers d’individus.
- Tout récemment Naturen, l’excellente revue publiée par le Muséum de Bergen, a fait paraître un fort important article sur le castor en Norvège (3). L’auteur, M. Sigvald
- 1. Helland (Amund). Topografisk-Statistik Beskrivelse over Nordlands Amt. Kristiania, 1907, I, p. 746.
- 2. Roskeland (Askill). Et og andet om beveren. Naturen, Bergen, XXBV, 8, août 1890, p. 252; Lund (Joël). Baeveren (Id. XXX, 6, juin 1906, p. 190); Baever i Stavanger Amt. et Mere bæver {Id. XXX, 9, septembre 1906, p. 287 et 288.
- 3. Salvesen ) (Sigvald).-Om beveren i Norge (Naturen, Bergen, LI, 7 et 8, juillet et août 1927, p. 193-210).
- brusque disparition du castor dans ces solitudes. A ce sujet les observations du pasteur Fellman relatives au bassin du grand lac Enara ou Inari, la mer intérieure de la Finlande septentrionale possèdent la valeur d’une preuve. Ce prêtre, qui résidait dans la Laponie finlandaise en 1832, rapporte qu’à cette date plusieurs années s’écoulaient sans que les habitants de la paroisse d’Enara prissent un castor, alors que soixante ou soixante-dix ans auparavant, c’est-à-dire entre 1760 et 1770, ils en capturaient des centaines. Or, dans cet intervalle les conditions démographiques et économiques de ce territoire n’avaient pas changé. De 1760-1770 à 1832, l’effectif de la population dans cette paroisse est certainement resté stationnaire, et devait être aussi faible à la seconde qu’à la première de ces deux dates. En 1884, lorsque j’explorai la région en question, il était évalué à 1000 ou 1100 âmes ; actuellement (recensement du 31 décembre 1926), il atteint 1894 unités. Notez que la paroisse d’Enara possède une étendue de 16 200 kilomètres carrés, surface égale à celle des départements de la Gironde et du Lot-et-Garonne réunis ; cela fait un habitant pour 8,5 kilomètres carrés; autant dire que ce pays est désert. Dans ces conditions, entre
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- 1760-1770 et 1832, la chasse n’a pas dû devenir plus meurtrière. D’autre part, pendant le xixe siècle l’immense forêt qui recouvre cette région est restée aussi vierge qu’au siècle précédent; par suite en 1832 les animaux qui l’habitaient n’étaient pas plus troublés dans leurs retraites qu’auparavant. Enfin, depuis 1760 aucun débouché nouveau n’ayant été ouvert aux produits du pays, les indigènes n’avaient pas été incités à poursuivre la destruction des animaux à fourrures. Pour toutes ces raisons, la disparition du castor dans la paroisse d’Enara ne saurait être attribuée à une chasse exterminatrice, pas plus d’ailleurs que dans les autres parties désertes ou à population très clairsemée de l’Europe boréale.
- * *
- Après cette discussion, arrivons aux observations de M. Salvesen et tout d’abord empruntons-lui deux données morphométriques, elles fixeront les idées sur l’aspect de ce mammifère qui, aux yeux des générations actuelles, fait figure d’animal mythologique. Le castor peut atteindre une taille de 1 mètre, à laquelle s’ajoute une queue longue de 0 m. 25 à 0 m. 30, et pèse, à l’âge adulte, entre 25 et 30 kilogrammes; ajoutons que, doué de poumons volumineux, il peut rester de 10 à 15 minutes sous l’eau. Sa nourriture consiste principalement en écorce de jeunes arbres, — celle du tremble est son mets de prédilection — subsidiairement de racines de plantes palustres et probablement aussi de certaines graminées.
- Le castor est en général d’humeur paisible, et très farouche. L’odorat et l’ouïe, beaucoup plus développés chez lui que la vue, l’avertissent de l’approche de tout être suspect; dès qu’il se croit menacé, il fuit vers l’eau la plus voisine. Parfois cependant ce mouton devient enragé et attaque. Notre auteur rapporte à ce sujet plusieurs anecdotes significatives. Un indigène, raconte-t-il, traversait un bois voisin d’un lac, lorsque son chien apercevant un rongeur occupé à grignoter le pied d’un arbre, bondit dans sa direction. Le castor dévala aussitôt à toute vitesse vers la rive ; puis, une fois sur le bord de l’eau, saisit son ennemi par la patte et l’entraîna avec lui dans le lac. Le chien aurait été certainement noyé, si son antagoniste, à bout de forces, ne l’avait lâché. Il arrive même, mais très rarement, que ces animaux assaillent l’homme. Un jour, au crépuscule, quelle ne fut pas la stupéfaction d’un habitant de la vallée du Nidelv cheminant sur une route de voir un castor déboucher du bois voisin, se jeter sur lui et le mordre cruellement. M. Salvesen a éprouvé une aventure du même genre, mais dans son cas l’animal pouvait se croire menacé. Son frère et lui suivaient sous bois une piste de castors pour rejoindre un sentier le long d’un lac où ils se proposaient de pêcher. Tout à coup ils rencontrèrent un de ces mammifères, un exemplaire de grande taille, qui, lui aussi, se dirigeait vers le lac.
- Aussitôt qu’il nous aperçut, raconte notre informateur, il se dressa sur ses pattes
- Fig. 4. — Trembles de grande taille dont le pied a été rongé par des castors,
- Phot. de M. Sigy. Salvesen, communiquée par Naturen de Bergen.
- de derrière, huma l’air et regarda autour de lui pour découvrir dans quelle direction la retraite serait la plus sûre. Pendant ce temps nous préparons nos appareils photographiques. Quelques instants après je joignais l’animal, au moment où il allait gagner un petit ruisseau. A ma vue, il reprit immédiatement le sentier et se précipita vers mon frère qui le suivait. Celui-ci n’évita d’être mordu qu’en sautant en l’air. L’animal manqua par suite son coup, et ses mâchoires claquèrent bruyamment l’une contre l’autre. Il s’enfuit en direction du lac pour regagner à la nage son habitation située sur l’autre rive.
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- * =•:
- C’est dans les deux premières décades de ce siècle que les colonies de la vallée du Nidelv paraissent s’être multipliées. Vers 1913, le père de M. Salvesen aperçut un castor dans le Vikvatn, petite nappe à 6 ou 7 kilomètres de son habitation sise à Aamli. Pendant plusieurs années ensuite on ne vitplus trace de ces animaux, àpart, de temps à autre, des arbres dont le pied avait été rongé. « Un beau jour, en automne, écrit notre auteur, quel ne fut pas mon étonnement de découvrir une hutte construite par ces mammifères, un monticule formé de vase et de petites branches, sur le bord du Vikvatn, à peu près au même endroit où mon père avait entrevu un castor quelques années auparavant. Ces menus branchages
- Fig. 5 et 6. — Digues construites par des castors. À gauche : Digue en cours d’édification. A droite : Digue complètement achevée.
- Photos de M. Sigv. Salvesen, communiquées par Naturen de Bergen.
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- avaient été dépouillés de leur écorce et taillés en pointe à leurs extrémités; les plus minces avaient été si bien travaillés que pour les préparer il semblait que l’on se fût servi d’un couteau. La vase employée dans la construction provenait de la cuvette du lac, ainsi que l’annonçait la présence d’algues du fond munies de leurs racines dans plusieurs mottes. Quinze jours plus tard ce petit monticule était devenu une haute coupole, large de 6 à 7 mètres, descendant en dessous de la surface de l’eau. A travers la nappe transparente du lac on en voyait l’entrée entre des branches immergées.
- Dans cet amas de matériaux, les constructeurs, au moyen de leurs dents et de leurs pattes antérieures, creusent les logements. Ils se composent de deux pièces : une chambre à coucher contenant une sorte de nid formé de minces échardes dé bois et parfois de graminées et un corridor débouchant dans le lac à une petite profondeur, lequel présente une pente ascendante très inclinée si la rive est escarpée. Ces animaux se comportent en ménagères soigneuses. Pour ne pas mouiller la chambre, en sortant de l’eau ils demeurent quelque temps dans le vestibule afin de laisser égoutter leur toison.
- ... a En octobre, étant allé pêcher dans le Yikvatn, écrit M. Salvesen, je remarquai un monceau très dense de branches de bouleau, et de tremble noyé devant l’entrée de la hutte des castors. C’était leur approvisionnement pour l’hiver. Sur les bords du lac, ces animaux avaient abattu des feuillus de toutes les tailles, ils s’étaient même attaqués à des exemplaires de plus de 0 m. 30 de diamètre et de 15 à 17 mètres de haut. Ils avaient débité les troncs de petites dimensions en morceaux et les avaient traînés ensuite jusqu’au lac, tandis que des grands arbres ils n’avaient,pris que quelques branches. Plusieurs des trembles et des bouleaux que les rongeurs avaient jetés bas se trouvant à 30 ou 40 mètres de la rive, il leur avait fallu de nombreuses allées et venues pour amener ces bois jusqu’à leur hutte. Afin de s’épargner la fatigue d’un transport par terre, dans plusieurs cas ils avaient eu recours au.flottage et cela parfois sur de grandes distances. , .
- Souvent les castors arrachent à un arbre simplement un morceau de son écorce, comme s’ils voulaient la déguster et s’assurer qu’elle possède une saveur agréable avant de procéder à l’abatage. Une fois leur choix arrêté, ils grignotent la tige de l’arbre jusqu’à ce qu’elle commence à osciller; ils l’abandonnent alors, et attendent que le vent l’ait renversée. Une fois le tronc à terre, ils le coupent en morceaux de longueur proportionnelle à son épaisseur, pour égaliser le poids des charges à transporter; est-il mince, les morceaux sont longs; est-il, au contraire, épais, ils sont taillés courts.
- Lorsque le froid commença à s’établir, les rongeurs ! recouvrirent une grande partie de leur demeure d’une nouvelle couche de vase, qui, sous l’influence de la gelée, acquit rapidement la consistance de la pierre. Ses habitants se trouvaient dès lors bien au chaud et à l’abri de toute attaque du dehors.
- « Dans le courant de l’hiver, ajoute notre auteur, je découvris un trou dans la glace, au fond du golfe voisin
- de la hutte, tout proche de la rive. De là, une piste tracée dans la neige remontait une pente où plusieurs jeunes bouleaux avaient été abattus. Evidemment les castors aimaient à prendre l’air et à varier leur ordinaire.
- « A la fin de mai, un jour que je pêchais dans le Yikvatn, j’entendis comme des vagissements venant de l’habitation des rongeurs; la colonie comptait des nouveau-nés! Pendant l’hiver les hôtes du lac avaient eu bon appétit, l’énorme monceau de branchages entassé en automne devant leur hutte avait disparu. »
- Les castors témoignent d’une remarquable ingéniosité à adapter leurs constructions à la nature du sol. S’installent-ils sur les bords d’une nappe d’eau entourée de tourbières, ils creusent une galerie en dessous de la couche des végétaux jusqu’à la rencontre d’un terrain solide, et la poussent ensuite en hauteur pour atteindre la surface du sol; finalement, au-dessus de l’ouverture de ce souterrain, ils construisent une hutte « en forme de meule de foin ».
- La rive du lac est-elle haute et constituée d’assises cohérentes, les ouvriers aménagent un tunnel s’ouvrant, d’un côté, un peu en dessous du plan d’eau et de l’autre sur le sommet de la berge, puis en recouvrent l'orifice supérieur d’un lit de branches et de terre. Dans ce cas, la chambre à coucher est établie dans le sol même. Pour compléter le chapitre de l’habitation, ajoutons que parfois ces rongeurs gîtent simplement dans des trous. L’été par les temps chauds ils paraissent affectionner ces abris; quelques-uns y demeurent même en toutes saisons : de vieux mâles, dit-on, qui, après la mort de leur épouse, n’auraient pu reconstituer leur foyer et auraient abandonné leur maison à leurs enfants.
- Personne n’ignore que les castors sont des terrassiers fort habiles et très laborieux, sachant construire des barrages pour aménager les nappes d’eau et les ruisseaux à leur convenance. Dans le bassin du Nidelv ces mammifères se sont livrés à de remarquables travaux de ce genre, dont les photographies de M. Sigvald Salvesen reproduites ci-contre donnent une excellente représentation.
- « En dessous de la cascade de Supland, rapporte notre auteur, descend un ruisselet égouttant de petites tourbières sises dans un vallon sauvage, rempli par une superbe futaie de vieux et grands chênes, de bouleaux, de trembles, etc., bref un coin attrayant pour des castors; partout une nourriture copieuse, partout le calme le plus profond, loin des hommes et de leur agitation. Malheureusement l’eau y est peu abondante. Séduits par l’enchantement de ce petit « bout du monde » une colonie de ces rongeurs vint s’y installer et pour cela transforma le ruisseau en un petit lac en endiguant son cours. Ces animaux choisissent fort judicieusement l’emplacement de leurs ouvrages, les appuyant sur de grosses souches tombées en travers du cours d’eau ou sur des blocs de pierre gisant dans son lit.
- Pour ces travaux d’art ils emploient, comme pour leurs maisons, des branchages et de la vase. Ces barrages atteignent parfois une longueur de 22 à 23 mètres sur 2 m. 50 de large. Les castors, comme de véritables ingénieurs, se préoccupent toujours de la
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- solidité de leurs ouvrages; dès qu’à la suite d’une crue ou de la débâcle des glaces une brèche s’ouvre dans une muraille, immédiatement ils la réparent et cela avec une rapidité étonnante. Généralement en aval de la digue principale, on en voit deux ou trois autres, moins importantes, formant une série de petites pièces d’eau étagées. Les castors travaillent la nuit; ils quittent leurs maisons au crépuscule pour n’y rentrer qu’à l’aurore. Dans les localités écartées, où ils sont assurés de ne pas être troublés par des passants, ils sortent aussi le jour; ils vont alors se chauffer au soleil ou faire une collation au pied d’un arbre, en en rongeant le tronc.
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- En général, une femelle donne le jour à deux, trois ou quatre petits par an, exceptionnellement à un nombre plus élevé, sans dépasser huit. Aussi, grâce à la protection dont ils jouissent depuis 65 ans et la disparition dans cette région de leurs grands ennemis naturels, l’ours, le loup, et le lynx, grâce également aux conditions biologiques favorables que le pays leur offre, les castors se sont multipliés dans le sud-ouest de la Norvège, aujourd’hui leur effectif dans cette partie de la Scandinavie s’élève à pas moins de 12 à 14000.
- Leur habitat actuel comprend les départements d’Aust-Agder et de Vest-Agder, les cantons occidentaux du Telemark et la partie orientale du Rogaland.
- En présence de cette situation la chasse à ce mammifère a été autorisée en 1926 et 1927 dans un certain nombre de communes de ces circonscriptions, mais elle est strictement réglementée. D’abord elle n’est permise que du 15 octobre au 30 no-
- vembre et de plus contingentée. Sur les propriétés de 100 hectares on ne peut tuer qu’une seule tête de ce gibier, sur celles de 100 à 300 deux, et trois sur les domaines de plus de 300 hectares. La capture du castor au moyen de pièges et la destruction de leurs huttes demeurent interdites. Enfin, pour empêcher le braconnage, la vente et l’exportation des peaux de castor d’origine norvégienne ne sont autorisées que si elles portent sur la patte antérieure droite le cachet de l’officier de police du district où la bête a été tuée.
- Le castor cause des déprédations aux bois de feuillus, parfois même aux cultures. Mais dans l’opinion de M. Salvesen, les avantages l’emportent de beaucoup sur les inconvénients.
- Une peau de castor brute vaut pour le moins 350 francs. Que l’on compare ce prix donné par un homme compétent à celui demandé par les grands magasins de
- Paris et de Londres, et l’on se rendra compte que le métier de fourreur est un de ceux qui nourrissent le plus largement leur homme, soit dit en passant. Aussi bien l’auteur de l’article que nous analysons propose-t-il de traiter les colonies de castor comme des fermes d’élevage.
- Elles constitueraient un cheptel dont le propriétaire du sol recueillerait les fruits.
- Cet animal étant relativement sédentaire, on l’installerait dans les futaies de feuillus qui n’ont pas grande valeur et s’il n’y trouvait pas une nourriture suffisante, on l’aiderait à subsister en déposant devant l’entrée de sa hutte des pommes de terre, des raves. Le castor réduit à l’état de lapin de chou, tel serait l’avenir de cet industrieux animal.
- Charles Rabot
- Fig. 7 et 8. — A gauche : Tremble abattu par les castors, (Tveit, Aamli. A droite : Tronc de vieux chêne rongé par les castors (Simonstad, Aamli).
- Photos de M. Sigv. Salvesen, communiquées par Naturen de Bergen.
- LA BALANCE RADIOPHONIQUE
- MESURES ET PESÉES DE PRÉCISION
- Les lampes de T. S. F., si fertiles en applications utiles, viennent de faire une nouvelle conquête dans le domaine des mesures et des pesées de précision. Un ingénieur américain a mis au point un appareil grâce auquel on soumet les bandes de matière en cours de fabrication, à un contrôle continu de leurs poids et de leurs dimensions, en assurant ainsi à la fabrication une uniformité remarquable.
- Dans la fabrication du papier, par exemple, les variations d’épaisseur — et par conséquent de poids — étaient jusqu’ici inévitables. Il est vrai qu’on s’attachait à maintenir ces fluctuations au-dessous d’un certain maximum admissible, mais ce maximum, étant donné la rareté des prises d’échantillons soumis au contrôle, était toujours assez élevé pour causer des pertes appréciables soit pour le consommateur, soit pour le fabricant. Dans
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- l’industrie du caoutchouc, ces considérations revêtent une importance encore bien plus grande, car les plaques et membranes de cette matière sont exposées à des efforts mécaniques ou électriques plus considérables, et l’on a plus d’intérêt encore à assurer l’uniformité de l’épaisseur et du poids.
- L’appareil que nous allons décrire assure une indication ou une inscription instantanée et continue de toutes variations de poids d’une bande de matière animée d’un déplacement longitudinal, sans qu’il soit nécessaire de prélever des échantillons à cet effet. L’ouvrier pourra donc, à l’aide d’un appareil de contrôle de ce genre, maintenir les variations de poids à un taux très bas. Il serait même possible de transformer l’appareil en régulateur automatique. Le « vérigraphe », c’est ainsi que s’appelle le nouvel appareil, se prête toutefois à toutes sortes de mesures différentes, telle que, par exemple, la détermination de l’humidité. Pour le papier d’imprimerie, le contrôle de l’humidité s’impose, en effet, avec une urgence encoreplusgrande que celui du poids et que les économies de matière première. Le contrôle de l’humidité assure, incidemment, des économies; on y attache donc une importance particulière. Un papier dont l’humidité relative varie entre 4 et 9 pour 100, comme c’est souvent le cas, est d’une qualité irrégulière; il s’enroule plus ou moins, il absorbe plus ou moins l’encre.
- L’imprimeur préfère donc un papier d’une humidité maintenue uniforme, au voisinage de 7 à 8 pour 100 ; le fabricant y gagne, lui aussi, et peut garantir une qualité supérieure et plus uniforme. L’application du vérigraphe a permis de démontrer que les variations jusqu’ici inévitables du poids et de l’humidité sont bien plus considérables qu’on ne l’avait supposé, même dans les milieux professionnels.
- Le principe fondamental du vérigraphe repose sur la variation que fait subir à la capacité d’un condensateur électrique, la moindre variation de la quantité de matières qui se trouvent dans l’intervalle des deux armatures.
- L’appareil comporte donc deux plaques de condensateur fixes, disposées l’une au-dessus de l’autre et dont la superficie est un peu plus grande que dans la plupart des condensateurs de T. S. F. Le produit à contrôler circule d’une façon continue entre ces deux plaques, sans les toucher toutefois. Sa présence suffit à modifier la capacité du condensateur.
- Le vérigraphe comporte, d’autre part, un circuit oscillant qui transmet un courant de haute fréquence provenant d’un générateur à lampe, à un circuit de récep-
- tion accordé, d’une disposition simple. Des instruments à lecture directe ou à enregistrement continu permettent, à tout moment, de mesurer l’intensité du courant dans le circuit de réception.
- Le condensateur constituant la capacité du circuit de réception se compose de deux parties : le condensateur de pesée et le condensateur de mise d’accord. Le premier est fait d’une paire de plaques disposés à une distance donnée l’une de l’autre et entre lesquelles se fait la pesée de la matière; les deux sont disposées en parallèle.
- Lorsque entre les plaques se trouve une substance solide, la capacité du condensateur des pesées est plus grande que dans le cas où l’intervalle ne contient que de l’air; plus le poids de cette substance est considérable, et plus la capacité variera. Le condensateur de mise d’accord, d’autre part, est un condensateur de T. S. F. actionné à la main ; il comporte une échelle distinctement tracée et permet^ à tout moment, de rétablir
- une valeur donnée.
- Un échantillon de matière normale donne lieu, dans le circuit de réception, à une certaine réaction correspondant à une déviation normale, laquelle, pour les variations à apprécier, constitue le zéro. Les poids se lisent sur une échelle convenablement disposée ou s’inscrivent constamment sur une feuille. Les deux méthodes peuvent du reste s’employer concurremment.
- Le circuit de réception se trouvant au voisinage immédiat du transmetteur, la plupart des perturbations de T. S. F. restent sans influence sur lui. Si le principe de l’appareil est fort simple, les constructeurs du vérigraphe n’en ont pas moins eu de sérieuses difficultés à vaincre. Ainsi, ce n’était pas chose facile que d’éviter les répercussions des variations de tension du circuit d’éclairage. L’influence de la température de la bande de matière n’a, à son tour, pu être éliminée qu’au prix de longs efforts et grâce à l’emploi, sur une vaste échelle, de l’alliage invar, qui, on le sait, n’éprouve pas de dilatation thermique.
- Pour mesurer ou contrôler l’humidité, on dispose, en contact avec la matière à étudier, une bande de cellulose, dont on connaît l'hygroscopicité et qui, par ses variations d’humidité et d’épaisseur, influe sur un condensateur dans le secondaire d’un circuit oscillant. C’est ainsi qu’en actionnant un relais, on contrôle un moteur, lequel, dans la fabrication du papier, par exemple, actionne une soupape dans la conduite menant au séchoir.
- Le vérigraphe est construit par VAtlantic Précision Co., à Boston, Etats-Unis. Dr Alfred Gradenwitz.
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- 17".. LES COKERIES MODERNES ------
- IL LA RÉCUPÉRATION DES SOUS-PRODUITS : LE BENZOL
- Les industries du gaz et du coke métallurgique sont sœurs jumelles. Partant de la même matière première, la houille, elles la soumettent toutes deux à une distillation en vase clos. Cependant, tandis que le but de la première est de produire un gaz destiné à l’éclairage et au chauffage des villes et des communes, la seconde a pour objet l’obtention d’un coke dense, résistant, se comportant bien dans les hauts fourneaux : distinction autrefois des plus nettes; par suite des conditions imposées dans les cahiers des charges, et de la médiocrité des moyens matériels dont on disposait, il s’ensuivait des règles de fabrication
- avoir une allure régulière. Et, si la région desservie n’est pas des plus peuplées, on risque de se trouver à la tête de gros excédents de gaz. Nous ferons remarquer que dans ce cas l’emploi du gaz riche pour le chauffage des fours peut être indiqué.
- Les prix de revient du gaz et du coke varient en sens inverse de l’importance de la cokerie : lorsque cette dernière croît, on peut en effet appliquer des moyens de manutention mécanique puissants, qui réduisent dans des proportions considérables la main-d’œuvre nécessaire par tonne de charbon carbonisé et par an. Aussi a-t-on
- Fig. f. — Vue d’ensemble de l’organisation d’une cokerie moderne.
- Mines de Courrières : batteries de 82 fours à coke et usine à sous-produits.
- et des matériels spéciaux à chacune de ces branches. Mais les perfectionnements que nous avons vu apporter à la construction des cokeries (voir La Nature, n° du lel nov. 1927), d’une part, la diffusion de l’éclairage par manchons à incandescence, de l’autre, ont supprimé les cloisons qui séparaient ces deux industries. La quantité et la qualité du gaz sont identiques et la récupération du benzol, autrefois interdite aux usines à gaz obligées de maintenir un certain pouvoir éclairant, leur est maintenant au contraire recommandée, ou même imposée.
- On a donc été amené tout naturellement à une fusion plus complète par la création de cokeries gazières qui présentent le double avantage de combler notre déficit en coke métallurgique et de fournir à bas prix un gaz de qualité constante.
- A cette création, on oppose l’objection qu’une cokerie doit comporter au moins une quinzaine de fours pour
- intérêt à prévoir des installations assez importâtes. L’extraction des différents constituants du gaz, en vue de synthèses diverses (ammoniaque, alcools), et de la préparation de l’alcool éthylique, est de f®s en plus pratiquée. Enfin la distribution du gaz à grande distance, une centaine de kilomètres même, a déjà été réalisée. Dans ces conditions, on peut concevoir comme suit l’organisation d’une cokerie complète : fabriquant un tonnage important de coke, elle libère de grosses quantités d’un gaz entraînant goudron, ammoniaque et benzol. Les goudrons sont déshydratés et employés à l’épandage sur les routes, ou distillés avec production des diverses catégories d’huiles et du brai. L’ammoniaque est transformée en sulfate, vendu comme engrais. Le benzol, suivant les besoins et les cours, est livré au commerce comme carburant, après une simple rectificationet un lavage, ou subit la série des rectifications qui séparent ses
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- constituants purs, benzène, toluène, xylènes, employés dans la fabrication de produits chimiques ou d’explosifs.
- Les fours sont chauffés au gaz pauvre par une batterie de gazogènes alimentés au petit coke., et une partie du gaz riche est refoulée, après épuration, dans le réseau des conduites de distribution. Le complément est dépouillé de son éthylène, transformé par sulfovinage en alcool éthylique, puis est soumis, en présence de catalyseurs à la température et la pression convenables, d’abord à la synthèse alcoolique qui fournit de l’alcool méthylique aux dépens de son oxyde de carbone et d’une partie de son hydrogène, puis à la synthèse ammoniacale qui donne naissance à de l’ammoniaque par réaction entre l’azote et l’hydrogène non transformé. Ainsi, dans une installation rationnellement conçue, la houille « rendra » au maximum. La quantité et la qualité des produits obtenus : combustibles, carburants, engrais, produits chimiques justifient amplement l’intérêt qui s’attache actuellement à cette industrie de la carbonisation, dont on peut dire qu’elle est indispensable à la vie du pays.
- EXTRACTEURS*
- Le gaz de distillation sort des fours à une pression très légèrement supérieure à la pression atmosphérique, de façon qu’il n’y ait de repassages directs ni à l’extérieur ni dans les piédroits. Il suit les colonnes montantes, le barillet, les collecteurs inclinés et les condenseurs réfrigérants dans lesquels il est aspiré par un extracteur; celui-ci le refoule sous une pression suffisante pour vaincre les résistances dues à son
- passage dans v les divers appareils de récupération.
- Ë*^n des types d’extracteurs les plus répandus est le « Ettare t
- ______w ^cité et sa robustesse sont toutes deux remarquables
- A l’irftéfAr d’un carter cylindrique horizontal tourne un tamboq^excentré, il est muni de plusieurs palettes, deux ou trois, formant autant de chambres de volume variable suivant la position du tambour. Le gaz, aspiré dans l'une des chambres, y subit une compression sous l’influence du changement de volume, et est refoulé au moment où ce volume passe par son minimum.
- Le fonctionnement de cet appareil n’est point gêné par la condensation du goudron qui s’y opère. L’aspiration est réglée automatiquement suivant la pression au barillet. La commande de l’extracteur est assurée, soit par machine à vapeur, soit plus ordinairement à l’aide d’un moteur électrique. Quand on dispose d’extracteurs centrifuges, il est indispensable de leur adjoindre un régulateur de vitesse.
- Fig. 2. — Extracteur de gaz de four à coke à commande électrique.
- DÉBENZOLAGE.
- Ainsi que nous venons de le dire, le débenzolage devient une opération courante. Pendant la guerre, en novembre 1915, il a été imposé aux usines à gaz les plus importantes, et, pour en développer l’usage, le Parlement a récemment accordé, pendant dix ans, la détaxe des droits intérieurs sur les benzines aux usines à gaz et aux cokeries s’équipant avec cette récupération.
- Le benzol est un mélange de plusieurs carbures aromatiques, benzène CBH6, toluène CTFCH3, xylènes G6H4 (CH3)2, cumènes, etc., dans la proportion de : benzène 75 °/0, toluène 15 °/0, xylène 9 °/0.
- Il existe dans le gaz à l’état de vapeurs, qui en sont extraites par l’un des procédés suivants :
- 1° Lavage du gaz à l’aide d’un dissolvant convenable ;
- 2° Passage du gaz sur des matières douées de propriétés absorbantes que l’on développe par certaines
- actions activantes ;
- 3° Condensation par le froid.
- 1° Débenzolage par lavage du gaz. — La méthode de récupération par lavage comporte deux stades : lavage proprement dit, et désessencie-ment du solvant chargé de benzol.
- Les liquides absorbants sont en grand nombre, et l’on peut presque dire que chaque cokerie a adopté un type particulier. Ils rentrent cependant dans quelques grandes catégories, dont les plus importantes sont : huiles lourdes de goudron de houille, pétroles lourds, huiles de paraffine de lignite, crésols Bré-geat et tétraline.
- L’huile lourde de goudron dite « huile de lavage » provient ordinairement des fractions distillant entre 260 et 280°. C’est une huile claire, fluide, d’une densité de 1,030, ne laissant pas de dépôts à la température ordinaire. Elle renferme une certaine quantité de phénols, et surtout de crésols qui sont favorables à la récupération, et le moins possible de naphtaline, qui risque d’obstruer les conduites, et est entraînée soit dans les gaz,soit dans la colonne de désessenciement.
- On emploie aussi des huiles phénolées (Compagnie du Gaz de Lyon) et des huiles anthracéniques bien décantées (Compagnie du Gaz de Paris).
- L’inconvénient de ce genre de liquides est leur faible pouvoir absorbant. Mis en contact avec les gaz dans les circonstances les plus favorables, ils ne retiennent que 2 à 3 % au maximum de leur poids.
- Il faut donc compter sur 1 1. 20 à 11.50 d’huile par m3 de gaz. Pour une cokerie carbonisant 600 t. par 24 heures,
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- on doit faire circuler 10 000 1. d'huile par heure, soit 240 tonnes par jour, absorbant environ 5 tonnes de benzol. Les pertes par entraînement dans les gaz et par décomposition dans la colonne de distillation sont par suite importantes, et la quantité d’huile fraîche à ajouter pour compenser ces pertes est considérable. Enfin, grâce à l’emploi d’échangeurs de chaleur utilisant des calories emportées par les vapeurs distillées et par les huiles dé-benzolées, la consommation de vapeur nécessaire pour chauffer l’huile benzolée et en faire distiller le benzol est ramenée à 8 ou 10 kg par kg de benzol brut extrait.
- Les huiles lourdes de pétrole sont d’un usage assez fréquent aux Etats-Unis. Elles ont une densité de 0,850, et distillent entre 250 et 350°. Elles sont moins intéres-
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- isomères (ortho, méta et para, C6^ (OH) GH3), avec de petites quantités de phénol C6H5OH —, puis, en juillet 1922, du tétrahydro-naphtalène, appelé couramment tétraline — et enfin, en juin 1925, des dérivés hydrogénés du terpène.
- Les crésols (densité: 1,044) peuvent absorber 8 à 10 °/0 de leur poids de benzol. Par suite, la consommation dè vapeur pour le désessenciement n’est plus que de 3 à 5 kg par kg de benzol.Les frais d’installation sont notablement diminués par la réduction de puissance des appareils; par contre, le mélange est environ trois fois plus coûteux que l’huile lourde de goudron.
- La tétraline (densité : 0,975) bout entre 200 et 210°. Son pouvoir absorbant est élevé. Elle n’est point miscible à
- Réservaip g huile ben zi née 'en change sur la colonne
- Condensateur de benzol \ DeF/egmateurs \
- Scrubbers
- DèP/egmateur
- réchauFFeun
- ijy
- Réfrigérant des huiles dèbenzinées
- Réi hauffeui dei huiles . benzinèes
- wwwvywxwMWMWW
- Sèoheur de gaz
- Colonne à distiller
- 'à À .é A’
- Séparateur dé et de benzol
- Echangeurs de température
- Réservoir démmagasinement du benzol
- Refroidisseur à eau / Séparateur à eau et huile -û- | , naphtahneuse
- =pompage
- Cristallisations
- Pompes centrifui Réservoir à huile benzinèe
- Réservoir à huile Fraîche
- Fig. 3. — Installation de récupération du benzol brut (système Eu. Coppée).
- santés que les huiles lourdes de goudron, car leur pouvoir absorbant est encore plus faible; il faut environ 2 1. par m5 de gaz, et la consommation de vapeur de désessenciement est d’au moins 10 kg par kg de benzol récupéré.
- L’huile de paraffiné de lignite est utilisée surtout en Allemagne, où les lignites abondent. Elle a une densité de 0,915, distille entre 250 et 400°. Elle présente'le grand avantage d’être nettement plus légère que l’eau, ce qui permet une décantation facile, et l’emploi de réfrigérants à action directe.
- Par contre, l’huile commerciale est assez impure. Il faut lui faire subir un traitement spécial à l’alcool. D’autre part, son pouvoir absorbant est inférieur à celui de l’huile lourde de goudron.
- M. Brégeat, s’attachant à la recherche de liquides présentant une affinité marquée pour le benzol, a d’abord breveté l’emploi d’un mélange à base de trois crésols
- l’eau, et sa décomposition est presque nulle. Aussi malgré son prix, son emploi est intéressant. ,
- Dans tous les cas le lavage proprement dit s’effectue à une température relativement basse, 20 à 25°au maximum, car le coefficient de solubilité du benzol croît en raison inverse de la température.
- Le gaz, refoulé par l’extracteur, passe à l’usine à sulfate où il abandonne son ammoniaque dans les saturateurs, puis il traverse des réfrigérants verticaux remplis de claies, alimentés en eau froide, qui le ramènent à une température légèrement inférieure à celle de l’huile de lavage. S’il en était autrement, on pourrait craindre des condensations d’eau, ce qui nuirait au bon rendement du lavage.
- Après les réfrigérants, on intercale souvent un séparateur à chicanes qui élimine les gouttelettes d’eau entraînées.
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- Bac en change
- Condenseur à benzol brut
- Colonne de — déflegmation
- RèchaufPeur d’huile benzolée
- échangeur de température
- Décanleur
- florentin
- Réservoir dhuile benzolée
- \____ ___________I \ Montejus pour •
- _____) ( n ) Réfrigérant d’huile Pr°duits lourds
- ] \ débenzolêe
- huile benzo/ée Réservoir à huile débenzolee
- Bacs de réserve é benzol brut
- Fig. 4. — Désessenciement de l’huile benzolée sous pression réduite (système Egrot).
- Les appareils laveurs sont, dans les cokeries, de deux sortes : scrubbers ou colonnes à plateaux.
- Les scrubbers sont des cylindres verticaux, en tôle, d’environ 3 m de diamètre, et 18 à 20 m de hauteur. Ils sont garnis de matériaux de remplissage dont le but est de diviser le plus finement possible les courants inverses d’huile et de gaz, en réalisant la surface de contact maxima — le plus] souvent, ce sont des claies en bois, placées de champ et orientées d’une rangée à l’autre suivant des directions différentes. Certaines maisons emploient les spires métalliques Brégeat, d’autres les anneaux Raschig, petits cylindres en tôle fendus suivant une génératrice. Dans ce cas, spires ou anneaux sont jetés en vrac dans le laveur.
- Les colonnes à plateaux, analogues aux colonnes distil-latoires, assurent un bon barbotage des gaz dans le liquide absorbant, mais elles sont coûteuses.
- Dans les scrubbers ou dans les colonnes, le gaz et l’huile sont soumis à une circulation rationnelle (fig. 3). Chaque usine comporte trois ou quatre scrubbers. Le gaz les parcourt en série, de bas en haut. L’huile ruisselle,
- en sens inverse, et
- Fig. 5. — Récupération du benzol var le S enrichit en benzol
- au fur et à mesure de sa descente.
- L’huile fraîche, présentant le pouvoir ab sorbant maximum, est mise en contact avec le gaz déjà épuisé. Grâce à cette méthode, on peut compter sur l’absorption de 90% du benzol contenu dans le gaz.
- A la base de cha-
- que laveur, l’huile benzolée est évacuée par une garde à écoulement visible et est recueillie dans un pot, d’où elle est reprise par une pompe centrifuge qui la renvoie à la partie supérieure du laveur suivant. L’huile qui sort du dernier laveur est reçue dans un réservoir placé en contre-bas du sol. Une pompe à courroie la refoule dans un bac en charge sur les divers appareils de désessenciement.
- Le gaz, débarrassé des goudrons, de l’ammoniaque et du benzol, passe dans un séparateur qui arrête l’huile entraînée mécaniquement. Il est renvoyé aux fours pour le chauffage des batteries, ou traité en vue de l’extraction de ses constituants, ou encore épuré et emmagasiné dans un gazomètre, pour sa distribution dans l’usine où à l’extérieur.
- La seconde phase du procédé par lavage consiste à désessencier l’huile chargée de benzol. On obtient d’une part le benzol brut, et d’autre part on régénère l'huile qui est renvoyée aux scrubbers.
- Les constructeurs adoptent l’une des deux méthodes suivantes : obtention du benzol brut du premier jet, ou passage par l’intermédiaire d’huiles légères qui sont condensées, puis soumises à une distillation fractionnée.
- Dans les deux cas, l’huile benzolée contenue dans un bac en charge passe par un robinet de réglage d’alimentation, puis traverse des échangeurs de température à faisceaux tubulaires, où elle est réchauffée aux dépens des huiles débenzolées sortant au bas de la colonne distil-latoire. Son chauffage se poursuit dans un déflegmateur-réchauffeur parcouru par les vapeurs d’huiles légères s’échappant à la partie supérieure de la colonne, et dans un surchauffeur à circulation de vapeur, qui la porte à 140° environ.
- Elle est admise sur l’un des plateaux supérieurs de la colonne de désessenciement, où elle abandonne le benzol qu’elle avait absorbé, ainsi que la naphtaline. Une injection de vapeur vive à la base de cette colonne favorise l’emraînement des dernières portions d’hydrocarbures à point d’ébullition élevé.
- Les huiles débenzolées chaudes passent dans les échangeurs, puis dans des réfrigérants tubulaires] à circulation d’eau où elles sont ramenées vers 18 à 20°. L’importance d’une bonne réfrigération est capitale. Son influence sur le rendement du lavage est considérable. Aussi la Société de Condensation et d’Applications mécaniques prévoit-elle à juste titre l’emploi d’un appareil frigorifique à évaporation directe d’eau dans le vide, à multiple étage, fonctionnant au moyen d’éjecteurs à vapeur. Cet appareil peut du reste également être appliqué au refroidissement du gaz avant lavage. On réalise ainsi la température optima même pendant les grandes chaleurs de l’été1.
- Les huiles convenablement refroidies sont renvoyées aux scrubbers pour y resservir au lavage. Le cycle est fermé : cependant, pour parer aux pertes et décomposi-
- charbon actif.
- Car tticondansabks
- Conduite de gai
- EJecleun condenseur
- 1. Voir pour détails le n° du 17 juillet 1926 de La Nature, p. 46.
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- tions, il est nécessaire de mettre en service périodiquement une certaine quantité d’huile neuve.
- Les vapeurs qui se dégagent de la colonne distillatoire sont formées d’un mélange de vapeur d’eau, de benzol et de naphtaline. Suivant le système Coppée, elles passent dans le déflegmateur-réchauffeur, puis dans une colonne déflegmatrice, qui sépare l'huile naphtalineuse, et enfin dans un condensateur fractionné, sorte de bain-marie où l’on maintient une température invariable, pour obtenir un benzol brut de qualité constante. Les produits lourds rétrogradent à la colonne déflegmatrice et les produits
- ... —.......— ...........—..... —53V =
- gasin à huiles légères. Ces dernières sont reprises, et distillées par chauffage à la vapeur dans une chaudière surmontée d’une colonne rectificatrice et suivie d’un déflegmateur. On obtient ainsi un benzol brut de qualité supérieure. Le résidu restant dans la chaudière est constitué d’huile naphtalineuse. Il est évacué dans des cristal-lisoirs, grands bacs plats en tôle, où il se refroidit. La naphtaline se dépose, et l’huile décantée est envoyée au réservoir-magasin d’huile lourde.
- La Société Egrot et Grangé construit deux types d’installations, l’un pour travail à la pression atmosphérique,
- Fig. 6. — Une installation de condensation et d’extraction de benzol dans une cokerie (système Ev. Coppée).
- A droite au premier plan : 3 scrubbers de lavage des gaz ; à gauche : gazomètre ; au second plan à droite : réfrigérant, condensateurs
- horizontaux; à gauche : château d’eau.
- légers (vapeurs d’eau et de benzol) sont condensés dans un serpentin refroidi par circulation d’eau.
- Benzol et eau se séparent par ordre de densité dans un florentin. Le benzol brut coule dans une éprouvette, ce qui permet de surveiller débit et coloration, et est reçu dans un. bac mesureur.
- La Société Lecoq opère en deux temps. Elle condense les vapeurs d’huiles légères sortant de la colonne après passage dans le déflegmateur-réchauffeur. Le liquide condensé s’écoule dans un florentin où l’eau est éliminée, puis, par l’intermédiaire d’un bac mesureur, dans le ma-
- l’autre pour travail sous vide (fig. 4). Cette seconde méthode n’exige qu’une faible dépense de vapeur, mais elle n’est applicable qu’à des usines assez importantes, et disposant d’eau froide pour l’alimentation des condenseurs. L’un et l’autre type comportent un échangeur-récupérateur de calories à haut rendement entre huile benzolée froide et huile débenzolée chaude, des appareils de chauffage et d’évaporation, des appareils de purification et un réfrigérant d’huile débenzolée. L’évaporation est réalisée soit dans une colonne à plateaux, soit sur une sole sécheuse à double fond-chauffant et à circulation
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- méthodique. Le dispositif très spécial de purification des vapeurs d’huiles légères est constitué par une colonne jouant un double rôle : la partie inférieure travaille à l’épuration tandis que la partie supérieure concentre les vapeur de benzol Les produits sortant de la colonne de désessenciement y sont introduits vers son milieu. Les parties lourdes, condensées, descendent vers la partie inférieure munie d'un système de chauffage facilement réglable. Par le maintien d’une température convenable, on ne laisse sortir que les produits lourds exempts de benzol. Les produits légers s’élevant de plateau en plateau, barbotent dans le liquide provenant de la rétrogradation d’un condenseur surmontant la colonne. En réglant ce condenseur, on évite l’entraînement des produits lourds dans le benzol. Ainsi la séparation est parfaite. La maison Egrotet Grangé garantit que le point sec du benzol brut obtenu ne s’écarte pas de plus de 2 à 3° de celui qu’on s’est imposé. Si l’on désire, au lieu d’une
- Fig. 7. — L’intérieur d’une usine à benzol brut (Installation Ev. Coppée).
- seule qualité de benzol, produire du premier jet deux qualités, par exemple un benzol léger composé presque exclusivement de benzène, et un benzol lourd, il suffit de modifier très légèrement l’appareillage décrit. La consommation de vapeur est de 3 kg par kg de benzol brut, dans le travail sous vide, et de 4 kg à la pression atmosphérique.
- La Société Wilton emploie comme organe essentiel un serpentin distillatoire renfermé dans un massif de maçonnerie chauffé. L’huile benzolée froide, réchauffée par l’huile débenzolée chaude, est refoulée à la partie inférieure du serpentin, sous une pression telle qu’à la température à laquelle elle est portée aucune vapeur ne puisse se dégager. Puis elle se détend à la pression atmosphérique dans une colonne de rectification; les vapeurs se dégagent et sont condensées. Le volume du serpentin étant des plus réduits, les échanges de température s’y font avec le minimum de pertes; d’autre part,
- on peut le chauffer à l’aide d’un foyer économiseur Wilton utilisant des combustibles de rebut. La consommation de chaleur est donc faible.
- 2° Débenzolage par absorption. — La récupération du benzol peut encore être effectuée grâce à l’emploi de matières solides douées de propriétés absorbantes particulières. Tels sont le gel de silice et le charbon activé.
- Le gel de silice est un précipité colloïdal poreux qu’on prépare en traitant le silicate de soude par l’acide chlorhydrique. Son pouvoir absorbant varie suivant la concentration de la vapeur qu’il doit absorber.
- Pour une teneur de 35 gr. de benzol par mètre cube de gaz, le gel absorbe environ 14 °/0 de son poids. Mais il présente le grave inconvénient d’avoir plus d’affinité pour l’eau que pour le benzol, ce qui réduit considérablement son efficacité.
- Aussi son emploi s’est-il peu répandu.
- Le pouvoir d’absorption du charbon fut signalé pour la première fois par Fontana en 1777 ; de Saussure en fit l’étude détaillée. Récemment, M. Ed. Urbain a mis au point plusieurs installations de récupération à l’aide de charbon activé (fig. 5) ; l’activation, qui a pour objet d’augmenter dans une forte proportion la capacité d’absorption de ce corps, était d’abord soi-disant réalisée en déshydratant le charbon par l’action d’acide sulfurique ou de chlorure de zinc, puis en le calcinant. Les travaux de M. Urbain ont prouvé que la déshydratation n’est efficace qu’à condition d’être suivie de déshydrogénation.
- L’agent d’activation qu’il préconiseestl’acide phosphorique du commerce. La calcination doit être poussée à 1000°. En effet, jusque vers 800°, l’acide phosphorique est un déshydratant puissant. Au-dessus de cette température l’oxygène de l’anhydride phosphorique réagit sur l’hydrogène combiné dans le charbon. Le phosphore se dégage, et est transformé par combustion en anhydride phosphorique.
- Dans la pratique industrielle, on part de tourbe peu cendreuse, que l’on broie finement et soumet à un mélange intime avec l’acide phosphorique. Le mélange est filé à la presse, à un diamètre de 2 à 3 mm et rompu sous forme de petits bâtonnets d’une longueur de 5 à 10 mm. La calcination s’opère en deux temps : séchage préalable par léchage de gaz chauds, puis calcination proprement dite dans des cornues permettant le dégagement du phosphore. L’opération dure une dizaine d’heures. Les vapeurs acides obtenues dans la chambre de combustion sont en partie condensées dans une tour de Gaillard, sous une pluie d’acide phosphorique faible qui en sort à l’état concentré. Les vapeurs résiduelles passent dans un réfrigérant et dans des caisses à coke. Les eaux phosphoriques en provenant sont recueillies dans un monte-acides qui les renvoie à la tour de Gaillard.
- Le charbon activé retiré des cornues est traité à
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- Eau fraîche
- Eau claire
- Condenseur à eau
- Malaxeur
- '//////Z '////////////M 7////M
- Séparateur d'eau et de benzol
- Colonne dèflegmatrice
- Pot d’absorption
- Entonnoir de vidange Régénérateur1-d’acjde \ Arrivée
- Bac de
- fractionnement
- /nn/iiiiiuni'iifi/f/fii
- '/ Pot d'absorption
- Arrivée
- 777/ 7/7///? v//////
- Arrivée de vapeur
- Rectificateur
- Monte jus^ a acide
- 'Réservoir ' a1 benzol brut
- v / ni ' ' 'ers purgeur
- mmkrrm ,
- /Reservotr/a résidus E^Montejus à acide régénéré
- rectifié
- Benzol 50% Solvent
- naphta brut
- Vers égouts
- Fii>. 8. — Rectification du benzol brut (système Ev. Coppe'e).
- l’acide chlorhydrique qui entraîne les produits minéraux, puis séché.
- Après avoir absorbé une quantité suffisante de benzol, le charbon est soumis à l’action de la chaleur : il abandonne alors le produit absorbé. Comme il ne présente que très peu d’affinités pour la vapeur d’eau, on augmente l’efficacité du chauffage en envoyant un courant de vapeur directe qui balaie la masse et facilite l’entraînement des pi-oduits volatils.
- L’absorption s’effectue dans des cc absorbeurs » verticaux ou horizontaux. Les appareils verticaux sont plutôt employés dans l’industrie du pétrole Ils ont l’inconvénient de provoquer de fortes pertes de charge. Les absorbeurs horizontaux, en usage dans les usines à gaz et les cokeries, sont constitués par des caisses en tôle renfermant un serpentin parcouru soit par de la vapeur, soit par de l’eau froide, et une arrivée de vapeur vide. Elles sont remplies de charbons activés sur une hauteur de 1 m. à 1 m. 50. Le gaz pénètre à la partie inférieure et s’élève à travers l’absorbant.
- L’absorption dégage une forte quantité de chaleur. Ce phénomène est surtout sensible pour les premières couches, dont le pouvoir absorbant est par suite très diminué; les couches supérieures complètent l’absorption. Pendant cette première phase, le serpentin plongé dans la masse est alimenté eneau froide. Lorsqu’un des absorbeurs est saturé, on le met hors circuit, et le relie à un éjecteur-condenseur, suivi d’un réfrigérant et d’un séparateur. On introduit la vapeur dans le serpentin et porte la température de la masse
- jusque vers 150°. Une injection de vapeur vive surchauffée, très divisée, complète l’action de la vapeur indirecte.
- Les vapeurs d’eau et de benzol se dégagent et sont condensées. Mais le charbon activé absorbe, en plus du benzol, de la naphtaline, que la vapeur d’eau est impuissante à entraîner. En outre, des huiles lourdes, et du goudron s’accumulent peu à peu, rendant l’appareil impropre à toute absorption. Pour prévenir cet encrassement, on dispose, en avant des caisses de récupération, des « préabsorbeurs » chargés d’arrêter les éléments nuisibles. Dès que l’un de ces filtres est colmaté, on l’arrête et change son contenu.
- Ce système, encore peu appliqué, présente l’avantage d’une grande simplicité de marche et d’un encombrement très réduit.
- 3° Débenzolage par condensation. — Enfin, on peut refroidir le gaz benzolé à une température telle
- Fig. 9. — Rectification continue du benzol {système Egrot).
- Cuvette régulatrice
- Condenseurs
- Colonne a benzène.
- Bacs mesureurs
- Alcalins de l Eau
- Lavage de benzol
- Recette les têtes
- Recette
- Recette
- Recette
- Solvent
- Résidus
- Acide Alcalins Monte -jus
- Benzol
- lavé
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- Fig. 10. — Rectificateur de benzol brut (Eu. Coppée).
- que tout le benzol soitcondensé. A la pression atmosphérique, il faut réaliser une température de —70°. Georges Claude procède par compression suivie de détente. Le rendement est excellent, mais la force motrice nécessaire est considérable, et ce système, intéressant par son principe, est peu économique.
- RECTIFICATION DU BENZOL BRUT
- Le benzol brut obtenu doit subir des traitements physiques et chimiques, qui ont pour but de l’épurer et le séparer en produits commerciaux ou purs.
- Outre le benzène, le toluène et les xylènes, le benzol contient en effet des carbures non saturés, de la naphtaline, des composés sulfurés et phénoliques. On le refoule (fig. 8), du réservoir à benzol brut, dans un laveur à agitation mécanique ou pneumatique, vaste récipient cylindro-conique en tôle d’acier revêtue intérieurement de plomb. Il y est soumis successivement à l’action d’acide sulfurique, d’eau et de soude (ou carbonate de soude). Le lavage a l’acide a pour objet de résinifier les carbures non saturés, ou de les transformer en éthers sulfuriques ou en combinaisons complexes, qui sont éliminés sous forme de résidus acides. Ce lavage terminé,
- on évacue l’acide souillé par la partie inférieure du laveur. Les résidus acides sont envoyés dans un pot de régénération, avec admission de vapeur. Ce pot est muni d’un bac pour absorption, par barbotage dans l’huile de goudron, des vapeurs nocives émises pendant la régénération. L'acide régénéré est déversé dans un monte-jus et envoyé par pression d’air comprimé à 1 usine à sulfate où il est employé dans les saturateurs. Pendant le lavage, il s’est formé sur les parois du laveur des dépôts de goudrons acides : un ou plusieurs lavages à l’eau, sans agitation, les dissolvent. Un lavage final à la soude enlève les traces d’acidité.
- Le benzol lavé est admis dans une chaudière surmontée d’une colonne rectificatrice (fig. 10). Le chauffage est effectué au début de l’opération par vapeur indirecte circulant dans un serpentin en tubes d’acier démontable ; une admission de vapeur vive est prévue en fin d’opération. Les vapeurs émises dans la chaudière sont déflegmées dans la colonne en fonte à plateaux et dans un défleg-mateur tubulaire. Les produits dégagés sont refroidis dans un condenseur à serpentin d’eau. Ils sont classés dans un réservoir de fractionnement et envoyés dans les magasins respectifs. Les résidus de la rectification s’écoulent dans un réservoir d’où ils sont refoulés par air comprimé dans la citerne à goudron.
- On obtient ainsi des produits marchands, Benzols ÜO et 50, solvant Naphta (Coppée).
- La Société Solvay-Piette a breveté une colonne de rectification continue à plateaux. On opère le fractionnement par prélèvement à des niveaux déterminés des mélanges de vapeur d’eau et d’hydrocarbures dégagées; ces mélanges sont directement envoyés dans les divers condenseurs. Le débit des différentes sorties de vapeurs est réglable par vannes. On peut ainsi faire varier la composition de chacune des fractions.
- Pour arriver aux produits purs, benzène, toluène, etc., on rectifie à nouveau les produits marchands.
- A ces installations de rectification discontinue Js’op-posent depuis quelque temps des dispositifs continus, type Barbet ou Egrot et Grangé. Ils présentent de multiples avantages : consommation de vapeur réduite, faible encombrement par rapport à leur puissance, obtention directe et simultanée de benzène et de toluène purs ou, si l’on préfère, de produits commerciaux ordinaires.
- Le système Egrot (fig. 9) comporte trois groupes d’appareils fonctionnant en série. Chacun des groupes comprend une colonne rectificatrice munie d’une caisse de chauffage et de ses accessoires (analyse des vapeurs, réfrigération du distillât, etc.). Dans le premier groupe sont éliminés les produits de tête, dans le second le benzène pur, et dans le dernier le toluène pur. Les résidus sont traités à leur tour pour en extraire les xylènes, le solvant Naphta et le benzol lourd. Des régulateurs de pression assurent la régularité du chauffage. Les appareils sont très soigneusement calorifugés pour réduire au minimum la déperdition de chaleur. La consommation de vapeur n’est que de 1 kg 250 pour l’obtention de produits purs, et de 1 kg pour la fabrication de produits commerciaux ordinaires, alors qu’elle est de 3 kg pour la rectification discontinue. J. O.
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- UN PROJET DE STATION D'AVIONS
- DANS L’OCÉAN ATLANTIQUE
- UNE ILE FLOTTANTE
- La traversée de l’Atlantique dans sa partie Nord reste évidemment le grand problème actuellement posé devant l’aviation. Franchir, d’une seule envolée, cet énorme fossé de 3400 km dans les conditions météorologiques éminemment défavorables qui y sont de règle, constitue et constituera sans doute longtemps encore une aventure redoutable, n’ayant rien de commun avec l’établissement des relations sûres et rapides qu’on désire réaliser par la voie des airs, entre l’Europe et les Etats-Unis.
- Aussi des esprits ingénieux ont-ils étudié la possibilité de poser, au milieu de cet Océan aux mœurs farouches, une sorte d’île flottante, sur laquelle les avions du service transatlantique qu’on voudrait établir pourraient venir se ravitailler, se réparer, se reposer, et d’où ils pourraient repartir. L’idée est en effet séduisante et il n’est pas impossible de la réaliser, avec les moyens puissants dont dispose l’industrie moderne.
- Mais il est bien nécessaire de n’en point méconnaître les difficultés. Elles sont nombreuses, du fait de l’élément qu’il s’agit de dompter, c’est-à-dire une des mers les plus redoutables du globe, aux colères monstrueuses et douée d’une puissance destructive illimitée. Divers projets ont donc été présentés au public à ce sujet.
- L’un d’eux que nous allons analyser, dont l’auteur est M. William Hovgaard, a été décrit par Y Engineering. Il offre cette garantie particulière qu’il émane d'un homme connaissant bien l’élément dans lequel il s’agit de travailler, et qui s’est proposé de résoudre le problème par les moyens les plus simples, les plus sûrs et les plus acceptables du point de vue de la dépense.
- En résumé il pense qu’il est possible de mouiller, à mi-chemin entre les côtes de Terre-Neuve et des îles Anglaises, un navire ayant les formes d’un grand chaland, sur le pont duquel les avions pourraient se poser, et d’où ils s’envoleraient.
- Voici les considérations principales sur lesquelles se fonde M. W. Hovgaard pour justifier la valeur de sa conception.
- L’EMPLACEMENT DE LA STATION
- La distance de Saint-Jean-de-Terre-Neuve au Cap Clear en Irlande, celle qui constitue le fossé proprement dit, est d’environ 3400 km, laquelle en l’état actuel des possibilités de l’aviation nécessite un poids de combustible qui réduit à peu de chose le fret rémunérateur.
- Si cette distance peut être partagée en 2 sections ou davantage par une ou plusieurs stations de ravitaillement, il est évident que la capacité fret en sera notablement
- Fig. 1. — Les emplacements possibles sur le parcours Irlande-Terre-Neuve, pour l'ancrage d’une station flottante d’atterrissage, se trouvent aux environs du banc Faraday ou du Bonnet Flamand.
- long. W.
- Clear
- TÈRfiF'
- NEUVl
- Banc Faraday
- PARIS
- Bonne/-F/an ai
- Açores
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- 5 .. +. ^Largeur • \ 1 1 n- _ ! yj_ LOnÿ'jaur rotei* rt; pont motr* ,7 \ 40 mètres ^ ^ ^ ~~ 'r , , . )
- Fig. 2. — Vue en plan du port d’atterrissage et d'envol de la station flottante de M. Hovgaard.
- augmentée. D’autre part la facilité du service s’en trouvera de même très accrue.
- Il a été question de choisir les Açores pour y placer cette station intermédiaire et cette solution serait en effet excellente s’il s’agissait d’établir un trafic entre les Etats-Unis et les Etats du Sud de l’Europe. Mais c’est à l’Europe du Nord qu’on pense, et le trajet par les Açores serait alors de 50 pour 100 plus long que la route directe.
- Or, sur cette route directe, à peu près à mi-chemin de Terre-Neuve à l’Irlande, exactement par 49°-50° de latitude nord et 29° à 30° de longitude ouest (Greenwich), à environ 1400 km du Cap Clear (Irlande) et 1950 km de Saint-Jean (Terre-Neuve), la nature a placé un haut-fond nommé Faraday Hills. C’est en réalité un groupe de monts submergés qui se dresse d’abîmes de 3 à 4000 m et pousse ses sommets à 1400 m en moyenne au-dessous du niveau de l’eau. Ce groupe, découvert en 1882, s’étend sur 40 km de longueur en direction sensiblement est-ouest.
- En dehors de ce point où l’établissement'd’une station de relâche pour avions paraît possible à M. Hovgaard, il n’existe plus qu’un autre banc, le Bonnet flamand, situé à 580 km seulement de Terre-Neuve. Mais outre qu’il ne partage pas la ligne de vol de façon intéressante, il se trouve en pleine région de brumes intenses et sur la voie de dérive des icebergs. Il est donc à écarter, et le plateau Faraday reste le seul point où le navire-station envisagé pourrait être ancré utilement..
- LES CARACTÉRISTIQUES DU NAVIRE-STATION
- Voici à présent ce que devra être ce navire, dans fjesprit de l’auteur du projet.
- Le plus grand possible dans la limite imposée par
- Fig. 3. — Coupe transversale du navire-station.
- Pont d'atterrissage et- d'envol
- Hangar aux. avions
- les dimensions des bassins de radoub de Southampton ou du Havre dans lesquels il sera nécessaire de le conduire périodiquement pour y être caréné, repeint, réparé. Il sera donc indispensable de le munir d’un moyen de propulsion, deux hélices avec moteurs Diesel par exemple, pour lui permettre de se mouvoir à vitesse modérée.
- Ses dimensions principales seraient :
- Longueur à la flottaison : 317 m.
- Longueur du pont supérieur : 350 m.
- Largeur du pont supérieur : 53 m.
- Largeur à la flottaison : 40 m.
- Hauteur du pont supérieur au-dessus de l’eau : 16 m. 50.
- Déplacement en charge : environ 55 000 tonnes.
- M. Hovgaard donne à la coque un tirant d’eau à l’avant de 7 m. 30, un peu supérieur à celui de l’arrière sans doute pour lui permettre de supporter le poids du système d’ancrage qui sera important comme nous le verrons plus loin.
- Le pont d’atterrissage serait absolument dégagé et aurait une forme rectangulaire avec un léger abaissement aux deux extrémités. Les avions s’y poseraient et s’en envoleraient.
- Une étude plus complète de cette partie du problème permettrait peut-être d’envisager une certaine réduction dans les dimensions ci-dessus et ouvrirait dans ce cas, la perspective d’utiliser d’autres bassins de radoub des deux côtés de l’Atlantique.
- Avec les chiffres indiqués, le navire se présenterait avec le déplacement et les dimensions principales du Leviathan.
- Ainsi compris et dessiné il posséderait une très grande stabilité de plate-forme, à en juger par les expériences faites sur le yacht impérial russe Livadia, qui était du même type. Il devrait rester parfaitement stable dans le sens tde la longueur, et n’éprouver que de très faibles roulis. 11 faut penser en effet que le navire sera mouillé sur une seule ancre, et présentera, le plus ordinairement, son avant à la direction des lames et du vent. Or, la distance de crête à crête des grandes vagues de tempête de l’Océan est rarement supérieure à la moitié de la longueur du navire, soit 150 à 160 m, et leur hauteur à 10 m. Celui-ci reposera donc toujours sur deux ou même trois crêtes et son mouvement dans le sens vertical sera pratiquement nul. Ceci dans les plus mauvaises conditions de temps, cas auquel il est vraisemblable que la traversée ne sera pas entreprise.
- L’ANCRAGE DU NAVIRE
- Le problème nautique le plus intéressant et le plus délicat parmi tous ceux qu’il s’agit de résoudre, est celui de l’ancrage du navire-station. La profondeur à laquelle il s’agit de l’assurer est en effet de 1340 m et il n’est pas besoin de dire que c’est la première fois qu’on se trouve en face d’une pareille situation.
- Les marins estiment généralement que pour assurer une bonne tenue à un navire à l’ancre, il faut filer [une longueur de chaîne égale à trois fois la hauteur du fond. Dans le cas qui nous occupe, on aurait donc à laisser entre l’écubier du navire-station et son ancre une longueur de 4000 m environ de chaîne !
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- Les études approfondies de M. Hovgaard, sur ce point particulier, démontrent l’impossibilité d’employer une chaîne d’une telle longueur, qui se romprait sous son propre poids.
- Il arrive au contraire à établir qu’une aussière d’acier de 125 mm de diamètre et 392 mm de circonférence, attachée à une ancre de 15 tonnes répondrait aux données du problème, et permettrait d’augmenter la sécurité de l’ancrage en portant la longueur de l’aussière à 6800 m, soit environ 5 fois la hauteur du fond. En réalité l’aussière serait reliée à l’ancre par une forte chaîne de 4 à 500 m qui, reposant à plat sur le sol, empêcherait l’ancre de chasser, et contribuerait à la bonne tenue générale du système. La mise en place de cette ancre et de l’énorme longueur de cordage d’acier qui devra la suivre à la mer et plus encore l’opération inverse qui consistera à relever ce matériel pour gagner un bassin de radoub, constitueront des opérations telles que jamais marins n’ont encore eu à en envisager.
- Mais, il faut le répéter, la science moderne met à la disposition des audacieux des moyens d’une telle puissance que rien ne doit et ne peut a priori être considéré comme impossible dans l’entreprise qui nous occupe aujourd’hui.
- L'ORGANISATION DU NAVIRE-STATION
- L’organisation du navire-station, en ce qui concerne son rôle proprement dit d’hôtel pour avions, bénéficiera des longues et fructueuses études qu’a nécessitées la création des navires porte-avions dont toutes les grandes marines possèdent actuellement un ou plusieurs exemplaires (Le Béarn pour la marine française 25 000 t., Furious, Courageous, Glorious, 19 000 t., Eagle 22 600 t. pour l’Angleterre, Lexington et Saratoga 33000 t. pour * les États-Unis, Raya et Akagi 26 000 t. pour le Japon).
- La grande longueur de son pont permettra d’en consacrer une partie, l’arrière, à l’atterrissage des avions et l’avant à l’envol. A la rigueur une catapulte pourra aussi être employée. Le pont immédiatement inférieur servira de hangar aux appareils qui y seront ^placés et extraits au moyen d’un ascenseur. Tous les autres services trouveront aisément à se loger dans les flancs du navire.
- Mais il reste à se prémunir contre une difficulté majeure, provenant du fait que la ligne de vol ainsi choisie passera par des parages où la brume et les temps bouchés sévissent de façon particulièrement intense.
- Comment les avions découvriront-ils le navire refuge dans le brouillard et les nuages?
- Il n’est pas douteux que la navigation aérienne a bénéficié, depuis quelque temps, de progrès et d’inventions qui ont amélioré sensiblement ses conditions de rectitude. Nous citerons notamment le compas d’induction dont Lindberg s’est servi si utilement. D’autre part la station elle-même sera naturellement pourvue de l’installation la plus perfectionnée en cette matière.
- Il est à peu près établi qu’un avion peut recevoir jusqu’à plus de 800 km des signaux de direction émis par des phares radiogoniométriques. Des phares de ce genre pourront être installés sur les rivages aux deux extrémités de la route et sur le navire-station lui-même.
- Avant
- Quille en bois
- Fig. 4. _— Profil du navire-station.
- De plus, l’heure du départ de l’avion étant connue, et aussi approximativement celle de son arrivée dans les parages de la station flottante, celle-ci pourra maintenir une relation constante avec le premier, par radio.
- Imaginons un aéro partant de Terre-Neuve à 2 heures du matin. Le temps est brumeux, mais un phare radio de Saint-Jean guidera l’appareil dans sa course jusqu’après le Banc, soit peut-être 950 ou 1000 km du rivage. A ce moment les émissions radio du navire-station seront reçues et permettront à un avion de faire route sur lui. L’arrivée pourrait ainsi se produire vers midi.
- Les passagers et le courrier seraient placés sur un autre appareil qui prendrait aussitôt son vol et pourrait atteindre la côte d’Irlande vers 8 ou 9 heures du soir. Cet horaire permettrait, pendant l’été tout au moins, d’accomplir le trajet à la lumière du jour.
- La découverte du navire-station lui-même et l’atterrissage sur son pont par temps de brume restent encore des problèmes délicats. La manœuvre pourrait cependant être facilitée par de puissants signaux phoniques, coups de canon ou sirènes émanant de la station.
- Pendant la nuit on utiliserait des projecteurs et des fusées. Il faut penser aussi au cas où les circonstances ne permettraient pas l’atterrissage sur le pont et où les appareils devraient se poser à la mer d’où ils seraient hissés par des grues. Ils devraient donc être munis des flotteurs nécessaires.
- La seule énonciation des difficultés de tous ordres qui se dressent en face d’une pareille conception montre qu’il serait outrecuidant d’affirmer qu’elles seront aisément surmontées. Bien des points restent encore obscurs et grande (sera toujours la part réservée à la bonne/ ou la mauvaise fortune. L’auteur pense d’ailleurs qu’il serait prudent, pour commencer, de se borner à utiliser son système pendant la bonne saison.
- Quoi qu’il en soit, le projet de M. Iiovgaard, bien conçu, très étudié, se présente dans des conditions qui en rendent sinon le succès assuré, du moins l’exécution possible et, à ce titre, il était intéressant de le présenter ici. G1 Sauvaire Jourdan.
- Fig. 5. — Système d’ancrage.
- Navire
- Surface de la mer
- 1350 mètres
- Chaine
- Hftiimrném.
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- ...= LA CASÉINE !-----------
- I. LA FABRICATION DE LA CASÉINE
- QU/EST-CE QUE LA CASÉINE
- La caséine est la matière albuminoïde de beaucoup la plus importante du lait puisqu’il en contient environ 32 gr par litre alors que le taux des autres substances azotées, lacto-albumine, lactoglobuline, etc., atteint à peine 6 gr par litre.
- L’analyse élémentaire de la caséine donne, d’après Hammarsten, les résultats suivants :
- Carbone.................. 52,96 p. 100
- Hydrogène............... 7,05 —
- Azote...................15.65 —
- Soufre............... 0,758 —
- Phosphore............... 0,847 —
- La caséine n'est pas cependant un corps défini, et il est impossible d’en donner la formule chimique exacte, pour la même raison qu’il est impossible de donner au lait une composition type, celle-ci pouvant être influencée par des quantités de facteurs naturels comme la race de l’animal producteur, son état physique, son mode de nourriture, le climat, la saison, etc. Le lait est un liquide de l’organisme, il y a des laits, et non un lait comme il y a des individus et non un individu. Le seul produit intervenant dans la composition du lait en quantité appréciable (50 gr par litre) que l’on puisse extraire dans un état complet de pureté, est le lactose, parce qu’il est cristal-lisable; le beurre lui-même n’est pas un produit rigoureusement constant et défini.
- Si la caséine n’est pas un produit biologiquement défini, on verra aussi que le mot « caséine » sert à dé-\ signer au moins deux substances azotées extraites du lait par des procédés très différents et douées de caractères et de propriétés distinctes. Enjoignant à cela le mode d’extraction, et les soins qui y président, la qualité, ou l’état de fraîcheur du lait originel, l’action plus ou moins prononcée des germes microbiens utiles ou nuisibles, etc., on concevra que pratiquement le marché de la caséine puisse offrir des produits variables, non seulement dans leur composition, mais dans leurs qualités.
- LA CASÉINE ET LA QUESTION DU LAIT
- On a dit que la caséine était un sous-produit de la beurrerie : cela est exact si l’on s’en tient à ce qu’on extrait la caséine du lait seulement lorsque ce lait a été débarrassé de la totalité de sa 'matière grasse par écrémage. On pourrait dire que l’élevage des porcs, ou encore la fabrication de certains fromages maigres sont également l’utilisation de sous-produits de la beurrerie, indépendamment du babeurre.
- En réalité la fabrication de la caséine est une des utilisations du lait écrémé, donc du lait lui-même lorsqu’il n’est pas consommé en nature. Cette utilisation est commercialement obligatoire, ainsi que les autres d’ailleurs, le choix est subordonné aux conditions du marché. Il faut considérer en effet que les entreprises laitières sont
- liées pour ainsi dire avec leur fournisseur, le cultivateur, pour lui acheter d’un bout de l’année à l’autre sa production en lait. Cela permet à ces entreprises d’assurer l’alimentation des grands centres d’une matière à peu près constante, malgré les variations de la production en quantité. Il s’ensuit que le facteur consommation étant lui aussi à peu près constant, la laiterie recevra à certaines périodes de l’année du lait en excès sur les besoins de cette consommation. Il faudra en tirer parti, car le cultivateur voulant récupérer un prix raisonnable de la vente de son lait ne consent, pour ces périodes de pléthore laitière, qu’à une diminution de prix minime dont on voit d’ailleurs, dans les villes, la répercussion dans le commerce de détail.
- Toutes les entreprises laitières n’ont pas pour objectif la fourniture du lait en nature. Il en est d’autres qui correspondent à un tout autre but, telles les coopératives laitières des Charentes, déjà de longue existence, créées à l’instigation de MM. Mercier et Dornic, pour redonner quelque vitalité à ces régions jadis viticoles, mais anéanties et ruinées par lè phylloxéra. Ces régions viticoles se sont transformées en régions laitières avec une extrême rapidité, et la fortune leur sourit à nouveau, car qui ne connaît le beurre des Charentes!
- Dans ces régions, en effet, éloignées de Paris et des grands centres, la quasi totalité du lait n’est pas consommée en nature, mais écrémée dès son arrivée à la laiterie, où la fabrication du beurre est primordiale et particulièrement suivie. Le lait écrémé est ensuite traité pour l’extraction de la caséine. Là, la caséinerie est le complément de la beurrerie.
- LE MÉCANISME DE LA COAGULATION DE LA CASÉINE
- La caséine du lait ne coagule pas par la chaleur comme les albumines, mais elle coagule sous l’influence de la présure ou lab, ferment extrait des estomacs de jeunes veaux. L’état colloïdal sous lequel la caséine existe dans le lait est également rompu par addition d’acide à ce lait, la caséine se sépare du sérum lacté, elle précipite. Voilà donc deux procédés, utilisés dans la pratique, permettant d’extraire la caséine du lait; l’un, l’emprésurage, donnera la caséine dite de présure ; l’autre, l’acidification du milieu, donnera la caséine dite acide. Or, les caséines obtenues par chacun de ces procédés ont une composition, des caractères, des propriétés et des utilisations nettement différents.
- Quelques explications aussi succinctes que possible sont ici nécessaires.
- Le lait frais possède, naturellement, une faible acidité qui correspond à environ 1 gr. 7 par litre exprimée en acide lactique. Sous l’influence des ferments lactiques, qui sont des germes microbiens très répandus dans l’air, et qui viennent souiller le lait dès la traite, le lactose que le lait [contient se transforme peu à peu en acide
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- lactique qui reste en solution. Cette formation d’acide lactique est progressive et fonction de l’activité microbienne. L'acide lactique formé aune action sur la caséine, même dès le début, quoique non perceptible en pratique, mais elle progresse en intensité au fur et à mesure de la concentration en acide, et finalement se manifeste brutalement par la précipitation en bloc de la caséine, le lait caillejpar autoacidification.
- Le lait est frais tant que son lactose n’a pas été louché par la fermentation lactique ; celle-ci commencée, l’équilibre est rompu, le microbe transforme ce corps en un autre qui en influence lui-même un troisième : la caséine.
- Je dois faire observer cependant, qu’indépendamment des ferments tactiques, et avant qu’ils entrent en action, j’ai mis en évidence la très fréquente altération de la matière azotée du lait sous l’influence des B. subtilis, microbes du foin et des poussières de fourrages.
- Quoi qu’il en soit, dans le cas de l’emprésurage du lait, l’action microbienne amorcée s’ajoute à l’action diastasique de la présure. C’est donc seulement avec du lait réellement frais que la présure pourra agir normalement et spécifiquement et donner une caséine, ou pour mieux dire un coa-gulum qui sera un phosphocaséinate de chaux.
- La caséine présure est donc un sel phospho-calcaire neutre. Cette appellation est sans doute personnelle, mais elle permet, ainsi que les suivantes, une interprétation nette de phénomènes en réalité encore obscurs.
- Lorsqu’on laisse au contraire l’action microbienne acidifiante se poursuivre au sein du lait au point de devenir suffisante pour produire la précipitation totale de la caséine, on provoque également la dissociation des sels phospho-calcaires du lait et leur dissolution dans le milieu acide qu’est le sérum. Il s’ensuit que la caséine finalement obtenue est très différente de la précédente ; je la dénommerai : acide caséinique, car, ainsi qu’on le verra, elle agit comme tel vis-à-vis des bases et est déplacée de ses combinaisons salines par un acide.
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- Voilà les deux sortes de caséine précédemment envisagées, elles sont typiques et nettement différenciées. On peut cependant concevoir que,si îà caséine est précipitable
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- par un acide, il n’est pas nécessaire d’attendre que cet acide soit produit aux dépens du lait même par l’action microbienne. On peut hâter ou provoquer instantanément la précipitation de la caséine par addition d’un acide dilué, minéral ou organique, à du lait frais ou en voie d’acidification lactique. On obtient ainsi une caséine dont les sels phospho-calcaires ne sont pas totalement, mais seulement partiellement dissociés; elle est différente des deux autres, bien qu’il s’agisse d’une précipitation et non d’un coagulation. Par rapport aux deux autres, cette caséine serait un sel acide.
- Nous reviendrons plus loin sur ces caséines.
- LA FABRICATION DE LA CASÉINE.
- Au point de vue pratique, la fabrication de la caséine est simple et n’exige pas un matériel compliqué, malgré l.i valeur marchande parfois élevée de la masse en traitement. Généralement les opérations se font sur 2 à 3000 litres de lait écrémé avec soin, et contenus dans une cuve en bois ou métallique, munie d’un double fond permettant le chauffage à la vapeur. S’il s’agit de préparer de la caséine présure, le lait frais est emprésuré à douce température dans la cuve même.
- Le coagulum obtenu est ensuite brisé en menus fragments, puis la masse étant maintenue en état d’agitation constant par un dispositif approprié, on cuit ce coagulum dans son sérum à la façon du fromage de gruyère ; le caillé cuit se rassemble dans le fond de la cuve, on évacue le sérum, on lave le caillé à l’eau chaude puis à l’eau froide, on le presse pour éliminer la plus grande partie de l’eau, puis on le sèche dans l'air chaud après l’avoir de nouveau' divisé par passage dans un moulin approprié.
- S’il s’agit de préparer de la caséine précipitée, on ajoute de l’acide dans la cuve au lieu de présure, ou bien on laisse le lait se cailler de lui-même à douce chaleur s’il est nécessaire. La suite des opérations est la même pour tous les cas.
- La cuisson du caillé dans le sérum a pour but de coaguler les albuminoïdes entraînés, et ensuite d’expulser le sérum par retrait et contraction du grain de caséine qui devient ainsi rèche au toucher.
- Le pressage s’effectue avec des pressoirs ordinaires ou des pressoirs à claies; les modèles sont nombreux.
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- C’est surtout le mode de séchage de la caséine à l’état de caillebotte, c’est-à-dire sortant du pressoir,qui semble retenir l’attention des inventeurs. Généralement cette caillebotte est étalée en couche mince sur des claies d’environ un mètre carré qui sont ensuite disposées les unes au-dessus des autres, mais sans se toucher, dans un tunnel à parois calorifugées où un système de translation approprié permettra, ayant introduit la caillebotte humide à une extrémité, de recueillir à l’autre extrémité la caillebotte sèche, c’est-à-dire la caséine. Le tunnel est muni à l’un de ses bouts d’un ventilateur projetant de l’air chaud et, à l’autre, d’une cheminée d’évacuation d’humidité. Ce système est encombrant, lent et coûteux en vapeur; on a proposé des appareils pour le remplacer dans lesquels interviennent la force motrice et une meilleure utilisation de la chaleur. Il en est un assez original dans sa conception qui maintient la caillebotte divisée au préalable, en suspension dans un violent courant d’air chaud. La masse ainsi agitée semble en ébullition.
- Dans la fabrication de la caséine, il importe d’éviter avec le plus grand soin tout apport de souillures ou débris, divers. Il faut de même éviter les particules ferrugineuses et le contact avec la rouille.
- Le plus souvent, la préparation de la caillebotte par acidification lactique est disséminée dans les dépôts de
- campagne des entreprises laitières vendant le lait en nature. La caillebotte est pressée surplace, puis expédiée à un dépôt central où se trouvent le séchoir et les moulins nécessaires pour réduire la caséine sèche en semoule ou farine selon la demande. C’est en somme l’utilisation immédiate des excédents ou des laits parvenant à la laiterie dans un état d’altération qui en empêche la pasteurisation et la consommation en nature. Le cultivateur vend son lait par contrat, ainsi que je l’ai dit, dans l’état où il se trouve, et sans prendre malheureusement, le plus souvent, les soins les plus élémentaires pour en assurer la conservation; en été cela se traduit parfois par des pertes importantes pour les entreprises laitières.
- La caséine-présure se prépare dans les laiteries importantes coopératives ou autres disposant sur place de tout le matériel pour assurer l’ensemble de la fabrication.
- LES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CASÉINES.
- Si l’on considère maintenant en elles-mêmes ces diverses caséines, on remarque qu’elles diffèrent entre elles, d’abord par des caractères biologiques encore mal définis, et ensuite par la présence plus ou moins grande de chaux à l’état de phosphates.
- Pour illustrer l’exposé de leur différenciation, je repré-
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- senterai ces trois caséines par les formules hypothétiques suivantes :
- Gel H H
- (1) R^_Ga (2) R«=A_Ca (3) R^_H
- ^-Ca ^\Ga ou rfc Ga
- Coagulée par Précipitée par Précipitée par
- la présure. addition d’acide. formation d’acide.
- R étant un groupement protéique complexe.
- En (1), nous avons un sel saturé, c’est le phosphoca-séinate de chaux ou caséine à la présure. Cette caséine obtenue d’un lait frais est douée de propriétés plastiques, c’est-à-dire que, sous l’influence d’agents physiques, comme la pression et la chaleur, elle s’agglomère en une masse compacte et homogène plus ou moins malléable et susceptible d’être ensuite usinée et transformée en objets divers’ par découpage, moulage ou tournage. Cette caséine ne peut fixer aucune base alcaline.
- La caséine (2) généralement obtenue avec un lait moins frais, par précipitation au moyen d’un acide surajouté, n’est déjà plus plastique, mais elle peut se combiner par son radical avec une base alcaline. Elle servira à la préparation de la caséine dite alimentaire. Il suffit pour cela d’en saturer l’acidité au moment du séchage avec du bicarbonate de soude; ce traitement lui confère une certaine solubilité et une plus grande facilité de mixtion lorsqu’elle est utilisée dans la fabrication des pains dè régime, la biscuiterie, etc.
- Un autre procédé de préparation de la caséine alimentaire consiste à coaguler le lait frais par la présure après addition de bicarbonate de soude, pour saturer la légère acidité naturelle du lait.
- Enfin (3), la caséine obtenue par formation d’acide lactique dans le lait même, par l’action des microbes, est plus ou moins débarrassée de la totalité de ses sels calcaires, elle n’a aucun caractère plastique et l’action microbienne parfois prononcée est un obstacle à son emploi dans l’alimentation; par contre, elle se combine par ses radicaux acides avec toutes les bases ou sels alcalins, pour former des caséinates correspondants qui donnent dans l’eau des solutions colloïdales douées d’un pouvoir adhésif remarquable. Cette caséine trouve de multiples emplois, notamment pour l’encollage des papiers de luxe, pour le collage des bois dans l’ébénisterie, dans les apprêts d’étoffes, chapeaux de paille, papiers peints, etc.
- On voit qu’il existe non pas une caséine, mais des caséines dont la constitution réelle est encore inconnue. A qualité égale, la caséine présure vaut générale-
- ment plus cher que la caséine lactique, mais il est des périodes où l’écart de prix n’est pas très considérable.
- La question de plasticité de la caséine oriente de nombreux chercheurs vers un même objectif, qui est de donner à la caséine lactique les propriétés plastiques qui lui manquent. Je suis récemment parvenu avec de la caséine lactique à obtenir des objets manufacturés, en tous points identiques à ceux fabriqués avec de la caséine présure, en utilisant les mêmes procédés d’usinage que pour cette dernière.
- (A suivre.) Marc Fouassier,
- Licencié ès sciences, Chimiste-Expert près le Tribunal de la Seine.
- Fi%, 3. — Un moulin à caséine.
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- 550 = A PROPOS DES PLANTES INSECTIVORES
- L’UTRICULAIRE
- Depuis 1875, année où Darwin publia son célèbre ouvrage : « Insectivorous Plants », on peut dire que nos connaissances sur ce sujet ont plutôt rétrogradé qu’avancé (*).
- Cela provient en grande partie de ce que — sous prétexte d’expliquer le phénomène — on en a tellement compliqué l’interprétation qu’on a perdu de vue le fait principal, pourtant si clairement énoncé par Darwin : « 11 y a des plantes qui capturent de petits insectes et qui les assimilent; j’ai constaté que cela est avantageux pour leur développement ».
- Les uns ont admis que la mucosité sécrétée par la plante est capable de dissoudre et de digérer les animaux qui s’y sont englués, d’autres ont protesté contre cette interprétation. A leur idée, la capture d’un insecte n’est qu’un cas fortuit, dont le végétal ne tire qu’un maigre profit. Les victimes ne sont pas digérées ; elles meurent, se décomposent et sont alors absorbées de la même manière que les produits azotés des engrais, retirés du sol par les racines.
- Or les deux procédés ont été observés : le premier, chez certaines plantes, par exemple chez Drosera; le second, chez d’autres, par exemple chez l’Utriculaire. Mais, ce qui nous importe, pour le moment, ce n’est pas tant de connaître comment se fait l’absorption que de savoir si, réellement, la plante assimile les organismes qu’elle a capturés et si cela lui est d’une utilité quelconque. Ensuite, on pourra examiner si la plante est spécialement organisée pour attirer et prendre de petits animaux ou si elle ne fait qu’utiliser ceux qui, s’étant fortuitement engagés dans des organes sans fonctions définies, n’ont pu en ressortir et y ont péri.
- Or on trouve dans nos contrées une plante dont l’observation est facile et qui fournit une réponse précise à chacune de ces questions. C’est l’Utriculaire. .
- Cette plante vit dans l’eau; elle est dépourvue de racines et elle flotte librement au sein du liquide. Son aspect est délicat et élégant. Les feuilles, portées sur une longue tige souple et ramifiée, sont espacées les unes des autres; elles sont découpées en languettes étroites, allongées, pourvues d’organes spéciaux, qu'on appelle les ascidies.
- Ce sont des sortes d’ampoules creuses, ovales, aplaties latéralement, remplies de liquide; elles atteignent une longueur d’environ 3 mm. Leur ouverture est fermée par un opercule — appelé quelquefois, à tort, clapet [a, fig. 1). .
- La paroi de l’opercule est continue avec celle de l’ouverture de l’ascidie sur les trois quarts au moins de son pourtour. Seul, le quart inférieur — soit la région où .se trouvent quatre poils — est libre ; c’est-à-dire que ses tissus ne sont pas en continuité avec ceux qui cons-
- 1. Un article paru dernièrement dans une revue scientifique ne se termine-t-il pas par cette phrase déconcertante : « Il n’y a pas plus de plantes carnivores qu’il ne saurait y avoir d’arbres anthropophages. » (Science et Vie, 1920, p. 89).
- tituent le bord de l’ouverture de l’ascidie. Le bord inférieur de l’opercule est seulement appliqué contre le bord de l’ouverture.
- L’Utriculaire passe l’hiver au fond de l’eau, à l’état de bourgeon isolé (appelé turion) qui gît dans les détritus. Au mois d’avril, il se développe en une tige qui se met à flotter. Vers le milieu de juin apparaissent de petites fleurs jaunâtres qui émergent au-dessus de la surface de l’eau.
- Or on peut facilement constater le fait suivant.
- Lorsque, au printemps, les tiges commencent à se développer, on en choisit deux, de même dimension. On les met, chacune à part, dans un bocal — contenant de l’eau de même provenance (préalablement filtrée) — et ces bocaux sont placés, tous deux, dans des conditions identiques. Mais, dans l’eau de l’un d’eux seulement, on lâche, de temps en temps, un certain nombre de petits entomostracés.
- Au bout de quelques semaines, on constate que la tige qui est dans le bocal dont l’eau contient des animaux se développe mieux que celle qui est dans l’autre; elle s’est allongée davantage et elle est plus fournie en feuilles.
- On remarque, en outre, qu’à l’intérieur de plusieurs ascidies il y a des entomostracés; ceux-ci sont morts, beaucoup sont décomposés.
- Cette simple observation montre donc que les ascidies fonctionnent bien comme de véritables pièges et, ensuite, que la plante qui a pu capturer de petits animaux a mieux prospéré que celle qui en a été privée. Il est donc logique d’admettre que c’est parce qu’elle a profité des substances qui résultent de la décomposition des organismes qui sont morts dans ses ascidies.
- Deux phénomènes restent à examiner : la plante ne fait-elle que profiter d’un cas fortuit, ou bien les ascidies sont-elles réellement des organes dont la fonction spéciale consiste à capturer de petites proies; et, dans ce cas, comment fonctionnent-elles ?
- On .admet généralement l’explication suivante : les bords de l’ouverture fermée par l’opercule sont garnis de glandes, qui sécrètent une mucosité. Celle-ci. sert d’appât et de nourriture pour beaucoup de petits organismes (vers, larves, entomostracés), qui viennent la brouter. Il peut arriver que, pendant qu’ils circulent sur l’opercule, iis poussent inintentionnellement celui-ci — qu’on suppose ne pouvoir s’ouvrir que de dehors en dedans! — et tombent dans l’intérieur de l’ascidie, dont ils ne peuvent plus sortir, l’opercule ayant repris passivement sa position première.
- Mais, je le répète, cette explication n’est qu’une hypothèse; personne, jusqu’à présent, n’ayant constaté de visu l’entrée d’un organisme dans une ascidie.
- J’ai fait, à ce sujet, un certain nombre d’expériences, qui m’ont permis d’observer divers phénomènes nouveaux et, en particulier, le fait que l’ascidie fonctionne d’une tout autre manière que celle qui est exposée d’une
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- façon classique dans les livres (1 2). J’ai réussi, en outre, à être témoin delà capture de quelques proies.
- De petits animaux viennent en effet brouter la sécrétion des glandes qui sont dans le voisinage de l’opercule; mais ce ne sont pas eux qui — activement, quoique involontairement (comme cela est généralement admis) — poussent l’opercule et pénètrent dans l’ascidie; c’est au contraire celle-ci qui, à un moment donné, se dilate brusquement et augmente de volume. Il en résulte une aspiration, et une certaine quantité d’eau, entraînant avec elle le petit animal, est aspirée et pénètre à l’intérieur de l’ascidie par Fespace qui résulte de l’écartement momentané du bord inférieur libre de l’opercule (*).
- Cet organe paraît donc se comporter comme s’il était soumis à la volonté de la plante; mais il est probable que c’est un simple réflexe, semblable à ceux que l’on observe dans divers cas de pollinisation par les insectes. Il se produit lorsque le petit animal frôle les quatre poils qui sont vers le bord libre de l’opercule (sous a, fig. 1).
- Toutefois, il n’est pas possible d’admettre que cette coïncidence d’événements soit purement fortuite et on doit reconnaître que les ascidies sont effectivement des organes spéciaux affectés à la capture de petites proies.
- Cette nouvelle manière de comprendre le mécanisme du fonctionnement des ascidies permet d’expliquer un autre phénomène que les naturalistes ne savaient comment interpréter.
- L’on constate, presque toujours, que, sur une tige d’Utriculaire, il y a quelques ascidies qui contiennent une bulle de gaz. D’après les théories classiques, ce dernier a été élaboré par la plante ét est conservé dans les .ascidies pour alléger celles-ci, afin qu’elles servent de flotteurs à la tige.
- Cependant, ayant remarqué que les feuilles auxquelles on a enlevé les ascidies qui contiennent du gaz continuent néanmoins à flotter, certains naturalistes en sont venus à douter du bien-fondé de cette explication — sans, toutefois, en avoir d’autre à proposer.
- Or il est facile de constater que le gaz qui se trouve
- 1. Elles ont été publiées : 1° sous le titre de « Le Problème de l’Utriculaire » dans les Annales de Biologie lacustre, tome V, Bruxelles, 1911-12, p. 33-46; 4 fig.; 2°, en résumé, dans Observations et Réflexions d’un Naturaliste dans sa Campagne, Genève, Kun-dig, 1928, ou Paris, Fiscbbacher.
- 2. On trouvera, dans les publications ci-dessus indiquées, la description détaillée de ce phénomène, ainsi que la manière dont il faut s’y prendre pour pouvoir facilement l’observer.
- dans quelques ascidies n’est que de l’air qui a pénétré dans celles-ci, au moment où l’on a extrait la plante de l’eau.
- On n’observe, en effet, jamais de bulles de gaz dans les ascidies d’une tige qu’on a recueillie en la faisant passer — sans la sortir du liquide — de l’eau de la mare où elle se trouve dans celle d’un bocal qu’on y a immergé : on n’en observe pas davantage dans les ascidies d’une tige qui s’est développée en aquarium. Mais il suffit d’extraire la tige de l’eau et de l’y replacer immédiatement pour qu’à la suite de cette manœuvre [on constate la présence de bulles de gaz dans un certain nombre d’ascidies.
- Cette nouvelle manière de comprendre et d’expliquer ces phénomènes n’a pas attiré l’attention des botanistes.
- Cependant, ces dernières années, plusieurs naturalistes
- sont arrivés à des conclusions semblables à celles que j’ai énoncées en 1911.
- En 1916, Ekambaram a relaté des faits qui concordent avec ceux que j’ai observés ( Journ. Agric. India, XI, Ind. Sci. Cong., p. 72-79, Calcutta, 1916).
- En 1922, Merl, [Flora, Band CXV, p. 59-74); puis, en 1924, Withy-combe [Journ. of the Lin-nean Society, Botanic, London, t. XLVI, p. 401-413) confirment mes observations, après avoir constaté eux-mêmes le phénomène de la dilatation brusque des ascidies pour la capture des proies. Withy-combe reconnaît, en outre, qu'il n’y a pas de gaz dans les ascidies des tiges qui n’ont jamais été extraites de l’eau.
- Hegner, en 1926 [Bio-log. Bull., Woods Idole, Mass. Vol. L, p. 239-720) décrit des faits semblables à ceux que j’ai observés; il donne d’excellentes figures de l’ascidie, montrant la forme qu’elle a, lorsqu'elle est aplatie, puis, lorsque, après avoir fonctionné, elle s’est dilatée. J’estime donc qu’on peut admettre que les propositions suivantes sont reconnues comme étant conformes à la réalité :
- Les ascidies sont des organes spéciaux, qui servent exclusivement à capturer de petits animaux.
- L’ascidie entière se dilate et aspire la proie, lorsque celle-ci passe sur le bord libre de l’opercule ; ce dernier ne fonctionne pas comme un clapet, mais plutôt comme une lèvre.
- Le gaz que l’on observe, parfois, à l’intérieur de quelques ascidies n’est que de l’air qui a pénétré dans ces organes, lorsqu’on a extrait la plante de l’eau.
- Dr Frank Brocher.
- imm o
- Fig. 1. — A gauclie : une ascidie n’ayant pas encore fonctionné, vue de face. Remarquez la concavité des parois latérales. Nous n’avons indiqué sur cette figure que les deux prolongements en antennes et les longs poils qui constituent une sorte de couronne ou d’entonnoir autour de l’opercule. A droite : la même ascidie, après qu’elle a fonctionné. Remarquez que la concavité des parois latérales a diminué, a, opercule.
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- . LA RÉSINE DE COUMARONE .............
- CETTE NOUVELLE RÉSINE ARTIFICIELLE REÇOIT DE NOMBREUSES APPLICATIONS
- De nombreuses recherches effectuées durant ces dernières années sur la condensation et la polymérisation ont amené la découverte de toute une classe de corps désignés sous le nom générique de résines synthétiques.
- Celles-ci sont évidemment d’une extrême diversité quant à leurs propriétés physiques et chimiques, non seulement parce qu’elles dérivent de corps élémentaires très différents, mais aussi parce que le processus de leur formation est lui-même infiniment varié.
- Cependant, on peut les classer en deux groupes principaux qui sont les suivants :
- 1° Les résines à base de formol résultant d’une condensation. Le type de ces résines est la bakélite.
- 2° Les résines de polymérisation dont le type est la résine de Coumarone.
- De très nombreuses études ont été publiées sur les corps rentrant dans la première catégorie, et différents articles parus dans ce journal ont rendu compte de leur formation et de leurs propriétés.
- Nous nous occuperons donc plus spécialement des composés appartenant à la seconde catégorie.
- Il y a lieu d’établir tout d’abord d’une façon précise la différence essentielle existant entre le mode de formation par condensation et par polymérisation.
- Dans le premier cas, l’action chimique d’un corps A (Aldéhyde) s’exerce sur un corps B (Phénol). Ces deux corps présentent des propriétés chimiques différentes.
- Dans le deuxième cas, au contraire, une molécule (Coumarone) réagit sur une molécule identique, et le composé obtenu possède la même constitution chimique que le corps primitif, mais son poids moléculaire est un multiple de celui du premier. En d'autres termes, un certain nombre de molécules identiques se sont combinées entre elles pour en former une plus lourde. C’est là la définition même de la polymérisation.
- LA COUMARONE ET L'INDÈNE
- En 1890, A. Spilker trouva dans le goudron de houille un composé répondant à la formule suivante :
- Ce produit est la Coumarone : liquide incolore, de densité légèrement supérieure à celle de l’eau, bouillant vers 170°. Il se solidifie à — 18° et est insoluble dans l’eau et les alcalis. Sa propriété principale, sur laquelle nous reviendrons plus loin, réside dans la présence de la double liaison de sa molécule.
- La Coumarone se rencontre principalement dans les fractions lourdes des benzols. C’est donc ceux-ci qui serviront de matières premières à sa fabrication. Ils renferment, en outre, un autre composé dont le rôle est très important dans la formation des résines. Nous voulons parler de l’Indène. Celui-ci est contenu dans le goudron en proportions sensiblement égales à celles de la Coumarone. Il existe également de nombreux autres composés, tels que le Styrolène, le Stil-bène possédant des doubles liaisons et pouvant par conséquent se polymériser.
- Nous dirons seulement quelques mots des propriétés de l’Indène.
- Découvert également par Spilker, dans les mêmes fractions du benzol brut que la Coumarone, l’Indène, dont la formule est la suivante :
- H CH
- est une huile incolore bouillant à 180°, qui se distingue de la Coumarone par sa plus grande instabilité. Tandis que cette dernière se conserve à l’air sans modification sensible de ses propriétés, l’Indène s’oxyde très rapidement, particulièrement sous l’influence de la chaleur et de la lumière, avec formation de corps résineux. Il se solidifie à — 2°, et sa densité est légèrement supérieure à celle de l’eau.
- L’Indène et la Coumarone ne se comportent pas de la même façon lorsqu’on les soumet à la polymérisation. Il en résulte que, suivant le traitement appliqué aux benzols lourds, les propriétés des résines obtenues sont fort différentes comme nous le verrons plus loin.
- La Coumarone se transforme par polymérisation, en para-coumarone qui se présente sous forme d’un produit solide et incolore dont le point de fusion est de 180° environ.
- L’Indène se transforme en son polymère, le paraindène dont le point de fusion est beaucoup plus bas que celui de la paracoumarone.
- Les catalyseurs employés sont assez nombreux : ce sont soit des corps solides comme les chlorures d’aluminium, de zinc ou d’étain, soit des liquides, les acides : le chlorure de titane, etc.
- Certains agissent, à peu près également sur l’Indène et sur la Coumarone. Lorsqu’on désire obtenir des résines dures il est préférable d’employer un catalyseur possédant une véritable action sélective pour les raisons que nous avons indiquées plus haut. Le plus intéressant à ce point de vue semble bien être le tétrachlorure de titane qui agit particulièrement sur la Coumarone tandis que l’Indène se transforme en proportions beaucoup plus faibles.
- Il présente, en outre, un autre avantage sur les catalyseurs solides : ceux-ci restant dans la résine après sa formation en diminuent fortement la transparence.
- Le chlorure de titane, au contraire, étant volatil, peut être séparé par distillation après que son action est terminée. L’emploi de ce composé est d’ailleurs breveté.
- FABRICATION INDUSTRIELLE DES RÉSINES DE COUMARONE
- Ces principes étant établis, nous décrirons sommairement le mode de fabrication industrielle des résines de Coumarone. La matière première employée est constituée par une fraction appropriée des benzols lourds, et contenant au total 40 à 50 pour 100 d’Indène et de Coumarone.
- Le catalyseur, acide sulfurique par exemple, est utilisé en faibles proportions. Dès qçie la réaction est amorcée, on agite la masse vigoureusement de façon à éviter un échauffement, car celui-ci provoque l’apparition d’une coloration foncée, la résinification se poursuivant dans ce cas au delà de la transformation en paraindène et paracoumarone. D’autre part, la température exerce une action directe sur la consistance de la résine obtenue finalement : à froid on obtient des produits durs, à chaud des produits dont la fluidité peut aller jusqu’à celle d’un sirop épais.
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- Pour pouvoir régler facilement la marche de la réaction, il est nécessaire de diluer la matière 'première avec du benzol par exemple, lorsque la teneur en carbures non saturés est élevée.
- La polymérisation ayant atteint le degré voulu, ce qu’on obtient en agissant à la fois sur l’agitation et sur le refroidissement, la masse est abandonnée au repos pendant plusieurs heures. L’acide sulfurique ne jouant qu'un rôle de catalyseur peut être séparé en majeure partie par décantation.
- Les dernières traces en suspension dans la résine sont éliminées par neutralisation au moyen d’une solution diluée de carbonate de soude. La soude caustique ne peut être employée à cause de sa tendance à produire des émulsions.
- La résine est soigneusement lavée à l’eau pour éliminer le sulfate de soude formé dans la réaction précédente.
- On distille ensuite la solution contenant la résine dans une chaudière munie d’un déphlegmateur pour en éliminer le solvent naphta. Cette distillation doit être soigneusement conduite et la température à laquelle elle s’effectue influe sur le point de fusion du produit fini.
- La résine est alors mise sous sa forme marchande.
- PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES RÉSINES SYNTHÉTIQUES
- Nous avons indiqué que, suivant la façon dont on conduit la fabrication, les propriétés physiques de la résine de Couma-rone varient dans de larges limites. Pour des besoins commerciaux on emploie surtout en Allemagne un tableau comprenant 30 produits différents : depuis un sirop noir foncé jusqu’à un solide cassant et incolore possédant la transparence du verre.
- La résine de Coumarone ne possède aucune odeur.
- Comme il n’est pas possible de séparer l’Indène et la Coumarone pour des raisons économiques, le point de fusion des résines de type commercial ne dépasse pas 100°.
- Elles sont normalement insolubles dans l’alcool et l’huile
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- de lin. Par contre, le benzol, l’acétone, l’essence de térébenthine et divers liquides organiques les dissolvent facilement.
- Ces résines s’altèrent très peu à l’air, à la lumière et à l’humidité.
- La différence principale entre les résines synthétiques et les résines naturelles réside dans le fait que les premières n’ayant pas de fonction acide dans leur molécule ne sont pas saponifiables par les alcalis, ce qui explique qu’elles ne puissent remplacer dans tous les cas les résines naturelles.
- PRINCIPALES APPLICATIONS DES RÉSINES SYNTHÉTIQUES
- A cause de sa transparence et de sa résistance aux agents atmosphériques, la résine de Coumarone a été employée dès l’origine pour la fabrication des vernis et des peintures. Cette application permet d’abaisser le prix de revient de ces dernières, les résines synthétiques étant dès maintenant vendues à des prix sensiblement inférieurs à ceux des résines naturelles.
- Des quantités très importantes de résine de Coumarone sont employées actuellement pour l’encollage du papier. L’insolubilité complète des résines synthétiques dans l’eau permet de les utiliser comme adhésifs sous formes diverses, colle, glu artificielle, etc.
- Dans de nombreux mélanges à base de résine de pin on a pu remplacer celle-ci par de la résine de Coumarone, les cires à cacheter par exemple.
- Il est évident que cette substitution ne peut avoir lieu dans tous les cas où on applique les propriétés acides de la colophane, par exemple dans la fabrication des résinâtes métalliques employés comme siccativants, ou celle des savons alcalins ou calciques de résine.
- On voit donc que le goudron de houille dont on a pu extraire déjà des composés si nombreux et si divers vient encore de nous livrer, grâce à un traitement simple, toute une série de produits susceptibles de très larges applications.
- H. Winkler et P. Didier.
- = UN NOUVEAU PHONOGRAPHE A DISQUES =
- PERMETTANT UNE AUDITION CONTINUE DE 40 MINUTES
- LES PERFECTIONNEMENTS RÉCENTS DES PHONOGRAPHES
- De récents articles parus dans la Nature ont pu montrer à nos lecteurs d’une façon assez détaillée les progrès immenses accomplis depuis quelques années par la technique phonographique, et il suffit, d’ailleurs, pour être convaincu de la réalité de ces progrès, d’entendre la reproduction d’un disque à aiguille récent exécutée par un phonographe mécanique ou électrique d’une bonne marque.
- L’enregistrement électrique des morceaux de chant ou d’orchestre et de la parole, les perfectionnements des diaphragmes de reproduction mécanique, l’application des procédés de reproduction électrique, rendus possibles par la collaboration de l’industrie radioélectrique, ont été accompagnés fort heureusement par des perfectionnements importants dans la fabrication des disques eux-mêmes.
- Ceux-ci permettent d’obtenir une plus grande quantité de bonnes reproductions sans usure appréciable, et des procédés spéciaux de fabrication, particuliers à chaque
- marque, éliminent généralement en grande partie les bruits de « grattement » si désagréables produits par le frottement de l’aiguille sur la surfacehiu disque.
- Cependant, la durée moyenne de l’audition produite par la reproduclion d’une des faces d’un disque ne dépasse guère, en général, deux minutes, et l’obligation d’employer un grand nombre de disques, si l’on veut entendre les différentes parties d’un morceau assez long d’orchestre ou de chant, d’une symphonie, par exemple, est évidemment assez désagréable.
- Les essais tentés pour réaliser un phonographe à disque permettant d’obtenir une audition très longue sans changement de disque sont donc fort intéressants, et le phonographe que nous allons décrire a surtout l’avantage indéniable d’être réalisé suivant un principe de construction fort simple.
- PRINCIPE^DU NOUVEL APPAREIL EDISON
- Le nouvel appareil Edison emploie des disques de diamètre équivalant à celui des disques ordinaires, c’est-à-dire de 30 cent, au maximum, mais les sillons d’enregis-
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- Fig. 1. — Le nouveau phonographe Edison a l’aspect d’un meuble élégant comme beaucoup d’appareils ordinaires modernes.
- trement sont beaucoup plus fins, plus serrés que dans les disques ordinaires, et exécutés dans le sens vertical.
- On peut se rendre compte de ce fait’en sachant que les sillons enregistrés sur les deux faces du disque ont une longueur qui n’est pas inférieure à deux kilomètres!
- Les disques sont enregistrés suivant le procédé ordinaire, mais à l’aide d’un diaphragme spécial à pointe de diamant, et l’appareil d’enregistrement est évidemment
- de la plus grande précision ; de même, la fabrication mécanique des disques est beaucoup plus soignée que celle des disques ordinaires.
- Le prix de ces disques n’est pourtant pas très élevé si l’on tient compte que l’audition de 40 minutes fournie par un seul disque les rend chacun équivalant théoriquement à une dizaine de disques ordinaires.
- DESCRIPTION DE L'APPAREIL REPRODUCTEUR
- Le phonographe reproducteur est semblable extérieurement à un phonographe ordinaire (fig. 1). Mais le diaphragme est muni d’une pointe très fine en diamant et d’une plaque vibrante en matières végétales et non en mica (fig. 2). Ce diaphragme est monté à l’extrémité d’un bras équilibré, et la pression delà pointe sur le disque et sa position sur le diaphragme peuvent d’ailleurs être réglées.
- La principale différence du système avec un phonographe ordinaire, outre l’emploi du diaphragme à pointe de diamant, réside dans l’entraînement du bras porte-diaphragme par une liaison mécanique avec le système moteur (fig. 2).
- On sait que dans les phonographes ordinaires le bras porte-diaphragme est simplement monté à rotule, et que l’aiguille ou le saphir suivent les sillons du disque en entraînant latéralement le bras.
- f En raison de la finesse des sillons du nouveau disque, ce moyen n’était plus applicable ici, et il fallut recourir à un entraînement du bras porte-diaphragme (employé d’ailleurs dans les premiers appareils Edison il y a quelque cinquante ans!).
- Le nombre des nouveaux disques spécialement enregistrés ne semble pas encore considérable, mais les premiers essais paraissent avoir été très satisfaisants et l’espoir de pouvoir entendre quelque jour les chefs-d’œuvre de la musique, telle la symphonie en ré mineur de César Franck, sans des changements continuels de disques et d’aiguilles, rendra sans doute fort heureux de nombreux adeptes de l’art phonographique.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 2. — A gauche : Le diaphragme Reproducteur est muni d’une pointe fine en diamant. La plaque vibrante n’est pas en mica, mais en tissus végétaux vernis et les vibrations sont amorties par du liège.
- A droite : Détails du phonographe reproducteur. Le bras porte-diaphragme est entraîné par le système moteur; des boutons voùssoirs placés à gauche permettent de modifier la vitesse de cet entraînement suivant que l’on veut employer des disques ordinaires ou les nouveaux disques de 40 minutes.
- Bras porte ^ diaphragme
- Fbussoins pour changement de disques
- Modérateur de sons
- Diaphragme reproducteur Disque Plateau /tournant Manette de réglage du diffuseur Pesons Mise en marche et arrêt
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- L’HORLOGERIE FRANÇAISE
- AU CHATEAU DE WINDSOR
- Le palais de Windsor est sans conteste une des plus belles et des plus riches résidences royales. Son aspect est celui d’une petite ville. Construit sur l’emplacement occupé par une forteresse bâtie par Guillaume le Conquérant, il doit sa première transformation à Henri Ier. Edouard III l’agrandit considérablement en lui adjoignant la Chapelle, la Salle de Saint-George et un Donjon. D’autres agrandissements sont dus aux rois George III et George IV.
- Entre autres collections, Windsor en renferme une de trois cents horloges et pendules environ, dont une centaine peuvent être considérées comme de véritables
- œuvres d'art. Certaines sont véritablement splendides.
- Il y a quelque temps M. Arthur Tremayne a reçu l’autorisation de photographier les principales de ces pièces et d’en publier les vues dans le Goldsmiths Journal, luxueuse revue qui constitue l’organe officiel des orfèvres anglais.
- Nous avons, grâce à M. Arthur Tremayne, l’autorisation officielle de reproduire ces vues.
- Et nous en profiterons pour mettre sous les yeux de nos lecteurs quelques-unes des pièces d’origine française qu’on admire dans la somptueuse résidence.
- Il nous sera permis de dire en passant que M. Tremayne est le chef d’une fameuse maison de photogravure londonienne en même temps qu’un confrère en journalisme.
- Voici | d’abord deux superbes horloges qu’on dirait [calquées l’une sur l’autre.
- L’une renferme un mouvement de Julien Le Roy (fig. 1). L’autre en possédait un de Ferdinand Berthoud (fig. 2); mais il a été remplacé au
- xixe siècle par un mécanisme de Vulliamy, horloger de la Cour d’Angleterre.
- La première date de 1736.
- La seconde est postérieure à cette date.
- Ces deux horloges sont de style Louis XIV, très élégant. C’est le triomphe de la marqueterie avec ornements en cuivre doré.
- On peut les comparer à un beau régulateur à équation et quantièmes de Gudin, que possède notre Conservatoire des Arts et Métiers, et qui date de 1750.
- Malgré sa splendeur, l’horloge de Gudin paraît lourde à côté des deux horloges de Windsor.
- Gudin, qui fut reçu maître en 1752, figure d’ailleurs à différentes reprises dans la collection éditée par M. Tremayne, en particulier au n° 13 représentant une pendule de cheminée de Y Octagon Room.
- Le meuble est de Boulle, avec ornements en bronze doré.
- Le cadran est surmonté d’un Cupidon, et, en dessous, figure le Temps portant une balance.
- La figure 3 représente une horloge de Lepaute,à équation, comme nombre de pièces de cet artiste, montée dans une boîte d’ébène avec feuilles d’acanthe, de chêne et de laurier, et, tout en haut, une fleur de tournesol. Cette gaine est sans doute du maître ébéniste Nicolas Petit, car elle ressemble au régulateur que possède, de Lepaute, le Conservatoire des Arts et Métiers. La seule différence consiste en ce que les ornements en bronze ciselé sont moins abondants dans cette dernière que dans celle de Windsor.
- L’horloge du Conservatoire porte la date de 1750. Jean-André Lepaute était à cette époque âgé seulement
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- Fig. 3. — Régulateur de Lepaute.
- de 30 ans. Il y avait 10 ans qu’il s’était installé place du Palais-Royal et, chose curieuse, il ne figurait pas encore sur la liste des maîtres, dans la confrérie desquels il ne fut reçu qu’en 1759.
- Dans la magnifique pièce représentée par la fig. 4, nous avons encore un spécimen de l’art décoratif français de Boulle, bien que le mouvement soit de Yulliamy.
- Vulliamy (Benjamin-Lewis) était chargé de l’entretien [et de la surveillance des horloges et pendules de Windsor. Ce n’était pas une sinécure. Il fut du reste un horloger éminent qui n’eut guère qu’un chagrin dans sa vie professionnelle, celui de n’avoir pas construit l’horloge de la Tour du Parlement de Londres. C’était d’ailleurs de sa faute.
- Les plans de cette horloge avaient été dressés par un fameux amateur Lord Grimthorpe, qui s’appelait alors simplement Dennison. Yulliamy, ayant trouvé Dennison trop exigeant, se récusa. Ce fut alors un autre célèbre maître anglais, Dent, qui se chargea du travail et le mena à bien. Si bien que l’horloge de Westminster passe pour être la meilleure de toutes les grandes horloges connues.
- Vulliamy était Suisse par son père, qui avait déjà été
- horloger de la Cour. C’est à sa charge d’horloger du Palais de Windsor qu’il dut de remplacer pas mal de vieux mouvements en bisbille par l’exactitude et la précision. Il partagea cette faveur avec un de ses confrères locaux, Hanson, dont on est surpris de trouver le nom moderne sur des cadrans appartenant à des pièces d’un siècle plus anciennes (*).
- On a remarqué dans les deux grandes horloges Louis XIV de Ferdinand Berthoud et de Julien Le Roy, la présence du Temps, dont la faux symbolise la fuite des heures.
- Le Temps se retrouve avec une fonction beaucoup plus précise dans la pendule de Manière que représente la figure 6.
- 1. Il est curieux de constater que le cadran de l’horloge (à quantièmes) de Ferdinand Berthoud porte toujours le nom de cet artiste, mais qu’en bas on a gravé le nom de Vulliamy, London, 1821.
- L’hoi-loge de Julien Le Roy est restée dans son intégrité. On y peut lire les mentions suivantes : inventé en 1736 par Julien Le Rot, de la Société des Arts, fondée d’accord avec l’horloger anglais Sully établi en France, Equation de l’horloge; .tours du mois; temps moyen; temps vrai; silence et sonnerie, et comme devise : Arte solem sequor (fig. 1).
- Fig. 4. — Meuble français de Boulle, renfermant un mouvement anglais.
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- Jean-Pierre Manière était un contemporain de Ber-thoud et de Lepaute. Il avait été reçu à la maîtrise en 1765.
- Le mouvement comporte deux cercles divisés, l’un pour les heures en caractères romains, le second pour les minutes en chiffres arabes. Le Temps, ici, marque l’heure et la minute de la pointe de sa faux. Cette horloge figure dans la salle du Trône.
- Voici enfin une horloge Louis XVI, par Solian. C’est un spécimen fort élégant. Une autre pendule du même porte, au lieu d’un jeune homme et d’une jeune femme, deux sphinx femmes. A la place de l’aigle un satyre et un faune surmontent le cadran (fig. 5).
- Parmi les nombreuses horloges françaises de Windsor il. en est une fort curieuse en porcelaine de Sèvres. Devant et sur les côtés se trouvent trois panneaux de porcelaine peinte. Celui du milieu représente « la première horloge à roues établie à Padoue en 1364 ». Sur le panneau de gauche, Iluyghens est censé faire voir à La Haye une horloge à laquelle il vient d’appliquer un pendule. Enfin, celui de droite représente un tribunal chez les Romains, avec une clepsydre déterminant le temps donné à chaque avocat pour faire son discours.
- Il est indiqué que les plaques de ces cabinets ont été établies par Me Ducluzeau d’après les dessins de Fragonard.
- Il existe au Musée céramique de la Manufacture de Sèvres une pendule semblable appelée Pendule de l'Horlogerie. Les titres des sujets des plaques de porcelaine peinte sont les mêmes, mais les peintures sont traitées
- Fig. 6. — Pendule de Manière.
- Fig. 5. — Pendule de Solian.
- d’autre manière. La « feuille d’appréciation » relative à cette pendule, et qui porte la date du 30 mai 1846, est ainsi libellée :
- « Pendule dite de l’Horlogerie, en plaques de porcelaine, montée en bronze, les trois principales époques de l’horlogerie ou l’art de mesurer le temps représentées par des sujets; les ornements reliefs rechampis en or mat.
- Peinture des figures, d’après Fragonard, par Moriot................... 2200 frs
- Prix de fabrication................ . 4781 95
- Prix de vente................... . . 5500 OOP)
- . . . 4'
- Je ne sais si c’est ce prix de vente qui a été pratiqué pour le double de cette pendule qui figure au palais de Windsor.
- On voit en tout cas que la Manufacture, du temps de Brongniart, n’étrillait pas la clientèle, puisqu’elle se contentait d’un bénéfice de 15 pour 100 [sur un prix de revient dans lequel les frais généraux paraissent avoir été soigneusement négligés!
- Ce dont on peut se rendre compte par les indications qui viennent d’être données, et qui sont fort sommaires, mais surtout d’après les gravures que M. Tremayne nous a mis à même de reproduire, avec la permission de Lord Chamberlain, c’est que le château de Windsor possède un véritable musée d’horlogerie, dans lequel abondent les belles pièces et où la France tient une place de tout premier plan.
- En fait de musée, nous n’avons rien de pareil en France, et nos voisins et amis d’outre Manche peuvent, sur ce chapitre, nous retourner le vers fameux écrit à propos du vin :
- Il n’en ont pas en France ! .
- .
- .Léopold Reverchon.
- 1. Ces indications ont été gracieusement relevées à notre intention par M. Gastineau, archiviste-secrétaire de la Manufacture, autorisé par M. l’administrateur Lechevalier-Chevignard.
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- 558 LA DEPOUILLE ELECTRIQUE DES ANIMAUX
- Fig. 1, — C.outeau ordinaire à dépouille.
- La dépouille des cuirs et des peaux est devenue d’autant plus délicate que la matière première atteint des cours plus élevés ; d’autre part certaines peaux de luxe
- Fig. 3. — L’appareil Electra vu par-dessous et vu en bout.
- sont recherchées, il est donc indispensable que la dépouille se fasse dune manière correcte, pour ne pas entamer la peau de l’animal, ce qui diminuerait considérablement sa valeur.
- De tous temps, on a utilisé des couteaux spéciaux et les plus perfectionnés sont caractérisés par une contre-lame double, qui coiffe exactement les deux biseaux du taillant de la lame et l empêche d’entailler la peau.
- La contre-lame peut tourner de 90° vers le manche, de manière à
- dégager la Fig. 2. — Le couteau de l'appareil lame et à Electra.
- permettre
- l’affilage de la contre-lame. Cette dernière est réglable au moyen de deux vis, ce qui permet de varier la saillie du taillant, en rapport avec la nature de la peau.
- Pour opérer plus rapidement, on a imaginé des appareils à lame circulaire, actionnés par un flexible ; malgré tout le couteau est toujours employé dans les parties où l’appareil mécanique ne peut opérer.
- Un nouveau système de couteau rotatif appelé « Electra » vient d’être imaginé.
- Il évite l’emploi du flexible et s’alimente uniquement par un cordon souple avec une prise de courant.
- On a donc toute facilité pour sa mise en œuvre, partout où l’on dispose du courant électrique.
- L’appareil n’est, de plus, ni lourd ni encombrant.
- Il comporte une roue à dents coupantes, protégée par une plaque inférieure que l’on peut régler de façon à laisser dépasser les dents nécessaires, en rapport avec la taille des animaux qu’on dépouille.
- Cette roue est montée directement sur l’arbre d’un moteur placé dans le carter supérieur de l’outil.
- Le constructeur utilise certainement 'le moteur universel lej plus petit du monde ; sa
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- puissance est de 1/30 ch, à la vitesse de 4000 tours par minute.
- Il est, bien entendu, établi pour les voltages voulus et pour toutes les fréquences désirées de courant alternatif.
- II est conçu de façon que l’entretien se réduise à un graissage modéré, tous les 15 jours environ, au moyen de quelques gouttes d’huile demi-fluide dans chacun des deux graisseurs. Il tourne indifféremment dans les deux sens.
- La roue à dents est allégée et elle est percée de trous
- ...::........— 559 =
- qui sont destinés à assurer une ventilation sur le moteur.
- La caractéristique de l’appareil Electra est de n’avoir aucun mécanisme, aucun engrenage, puisque l’organe de travail est fixé directement sur l’arbre du moteur. Le poids n’excède pas 1 kg; c’est donc un appareil extrêmement pratique et le plus simple de tous ceux qui existent à l’heure actuelle. Il est immédiatement mis en œuvre, aussi simplement que s’il s’agissait d’un ventilateur d’appartement ou d’un fer à repasser électrique.
- X
- LES SCULPTURES SOLUTREENNES DU ROC
- (CHARENTE)
- L’époque du Renne, dans ses subdivisions aurigna-ciennes et magdaléniennes, a fourni depuis longtemps d’innombrables manifestations artistiques. Les gravures, les sculptures et les peintures se trouvent fréquemment dans les grottes et dans les stations. Toutefois l’époque solutréenne qui s’intercale dans le milieu du paléolithique supérieur n’avait donné, jusqu’à ces dernières années, que de rares spécimens artistiques. Quelques gravures sur plaquettes calcaires ou osseuses, puis les pierres sculptées du Fourneau du Diable découvertes par M. Pey-rony, en Dordogne, formaient une modeste série.
- Au Roc, la station solutréenne, depuis quelques années, m’a livré un certain nombre de belles gravures et dans différentes communications j’ai attiré l’attention sur leur intérêt stratigraphique. On pouvait pressentir déjà que l’époque solutréenne avait connu des artistes de grand talent, alors que, dans la plupart des ouvrages récents, on s’accordait à ne reconnaître aux Solutréens qu’une habileté remarquable dans l’art de tailler les pointes à cran et les feuilles de laurier.
- Au mois d’octobre 1927, continuant les fouilles dans le riche atelier qui occupait une plate-forme au milieu de la falaise, sur la rive droite de la vallée, je [fus arrêté, non loin du rocher, par une bordure de gros blocs de calcaire juxtaposés; ils formaient un hémicycle exposé au soleil. Les blocs fort pesants furent dégagés les uns après les autres et, dès la première manœuvre, je constatai sur la face inférieure de la pierre AB une magnifique sculpture. Les autres pierres réservaient de semblables surprises. Toutes les faces sculptées reposaient à plat sur la couche archéologique de l’atelier et le dos des animaux figurés était dirigé en avant. Cette position fait supposer que les blocs étaient autrefois posés sur des socles, d’ailleurs les soubassements sont encore visibles aujourd’hui. L’ensemble formait une frise qui s’élevait à un mètre environ au-dessus du sol. Le renversement de tous les blocs fait admettre que la destruction systématique de la frise remonte à l’époque solutréenne, d’autant plus que cette œuvre d’art est recouverte par des dépôts contenant des vestiges industriels attribuables au Solutréen déca-
- dent. L’âge de ces sculptures est donc aussi précis que possible. La frise se compose [de cinq blocs : de droite à gauche au fond de l’atelier on voit le bloc AB (ûg. 1) dont la longueur atteint 1 m. 60, son poids est supérieur à 500 kg. La sculpture représente un petit cheval et un animal fantastique, dont le corps est celui d’un bovidé et la tête celle d’un suidé.
- Le bloc suivant désigné sous l’indice C (fig. 2), reconstitué par la réunion de trois fragments, est ornementé d’un cheval. Ici, on distingue une superposition de sculptures; un premier artiste avait représenté un bovidé dont les pattes sont encore visibles, mais l’animal fut détruit et remplacé par un cheval.
- En suivant vers la gauche de l’atelier l’ordre des appareils ornementés, on trouve le bloc D (fig. 2) où se profile un petit cheval fort intéressant. Sa taille est celle d’un chien fox. L’animal est bas sur ses jambes et son ventre apparaît globuleux.
- A l’extrémité gauche de l’hémicycle le dernier bloc (F), masse très pesante, était couvert de sculptures sur sa face inférieure (fig. 3). On y distingue une première figuration humaine, c’est un personnage au visage probablement masqué qui semble exécuter une danse, puis vers le centre de la pierre se trouvent deux petits chevaux et un carnassier. La fraction droite du bloc contient le morceau de choix de la frise ; un bœuf musqué, la tête inclinée sur l’arête du bloc, charge un homme représenté sur la face latérale.
- La technique employée dans l’exécution de ces différentes sculptures n’est pas uniforme, aussi peut-on penser que des artistes de valeur inégale ont participé au travail de cette frise. Les animaux du bloc AB sont très soignés, les détails sont précis, les surfaces ont subi un polissage et les contours sont accentués par un champ levé très profond, tandis que le bœuf musqué poursuivant un homme est taillé énergiquement dans la pierre. L’attitude de l’animal avec ses pattes postérieures en propulsion, sa tête penchée prête à frapper un homme, sont d’un réalisme étonnant. Le chasseur abandonne la lutte, il a mis son arme sur l’épaule et sa fuite est accentuée par la
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- Fig. 1. — Blocs A et B réunis. Longueur totale 1 m. 00. Cheval et animal fantastique, corps de Bovidé et tête de Suidé.
- nerai volontiers les déductions habituellement tirées des pratiques de sorcellerie, pour trouver une interprétation; je verrai plutôt dans cette belle exécution artistique la vénération de la fécondité.
- A proximité de l’atelier, j’ai découvert sous d’énormes blocs une sépulture contenant trois squelettes humains : ils reposaient sur un foyer solutréen; leur type correspond à celui de Chancelade, c’est-à-dire mongoloïde.
- On est donc tenté de supposer que ces hommes faisaient partie de tribus qui se sont infiltrées à la fin de l’Aurignacien et au début du Magdalénien.
- Leur agglomération inconstante ne répond pas à un véritable étage.
- flexion des jambes. Cette scène, exécutée en véritable ronde bosse, dénote chez l’artiste solutréen un talent et une habileté remarquables.
- La frise, lorsqu’elle était en place, à une époque qui ne peut être inférieure à vingt mille ans, était d’un effet saisissant, elle dominait un lieu de travail où les hommes ouvrageaient des silex et des ossements, préparaient des peaux d’animaux et entretenaient un vaste foyer.
- Ces sculptures étaient-elles consacrées à des pratiques mystiques ?
- Je n’oserais l’affirmer.
- On doit toutefois les interpréter en tenant compte de l’état gravide de presque tous les animaux figurés.
- Devant ces sculptures du Roc, j’abandon-
- Fig- 2 — Bloc G. Béunion de trois fragments Cheval et pattes de Bovidé préexistants et détruits par l'auteur de la sculptureJ du cheval. Bloc D, petit cheval au
- ventre gravide.
- Fig. 3. — Bloc F. Un bœuf musqué charge un homme. La fuite est caractérisée par la flexion des jambes, le chasseur a posé son arme
- sur l’épaule.
- Ces groupes sporadiques apportaient avec eux les secrets [j d’une technique nouvelle, ils ont modifié l’outillage et* probablement influencé l'art sculptural des:Aurignaciens.
- La frise du Roc ’est déposée aujourd’hui dans une salle du Musée de Saint-Germain.
- Elle est exactement datée et vient prouver qu’avant les Magdaléniens il existait des artistes insoupçonnés de grand talent, car jusqu’à ce jour aucune œuvre magdalénienne n’atteint un tel degré de perfection (*).
- D‘ Henri Martin,
- Directeur du Laboratoire de la Quina
- à l’Ecole des Hautes Études.
- 1. Les trois photographies qui illustrent cette étude ont été faites par M. le Dr Henri^;Martin. Elles viennent de paraître dans L’Anthropologie et nous remercions M. le Professeur Boule, directeur de cette revue, de l’autorisation qu’il a bien voulu nous donner de les reproduire.
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- L'AUTOMOBILE ET LE GRAND TOURISME = 561
- Le tourisme qui semble n’être a priori qu'une distraction et un plaisir exige néanmoins, pour être pratiqué avec le maximum d’agrément et de confort, un certain apprentissage. Cela surprendra peut-être quelques-uns de nos lecteurs, mais que ceux d’entre eux qui sont les vieux pratiquants de la route se reportent à leurs premières grandes randonnées. Ils se rappelleront certainement quelques déboires éprouvés au cours de leurs voyages, par suite d’une préparation insuffisante de leur voiture, ou d’une adaptation incomplète de celle-ci à l’itinéraire choisi ; ou bien aux gîtes d’étapes parce qu’ils n’auront pas prévu les petites difficultés de logement ou d’accès à certains points éloignés.
- Je crois donc rendre service à tous ceux qui se proposent de parcourir pendant leurs vacances un long ruban de route en voiture automobile, en leur donnant ici quelques conseils puisés dans une expérience hélas ! déjà longue, ou simplement aux sources de la pure logique.
- CHOIX DE LA VOITURE. — CHOIX DE L'ITINÉRAIRE*
- Choisir une voiture pour un voyage au long cours n’est évidemment pas le cas qui se présente normalement : la voiture existe, elle est entre les mains de son propriétaire depuis plusieurs mois, ou même plusieurs années, et ce n’est pas parce qu’il se propose de partir en vacances qu’il va chercher chez les constructeurs un type nouveau, mieux adapté au service temporaire qu’il se propose de lui demander. Nous ne chercherons donc pas à adapter la voiture au voyage projeté, mais plutôt à adapter le voyage à la voiture. Il existe sur le marché un très grand nombre de types de voitures automobiles, depuis la 5 ch ou même la moto avec side-car, jusqu’à la 40 ch.
- Evidemment, tous ces véhicules ne pourront pas, de la même façon, remplir la tâche qu’on leur impose ou plutôt, on ne pourrait pas imposer la même tâche à toutes ces voitures si différentes.
- Il est rare que l'itinéraire que l’on se propose d’accomplir pour un voyage d’agrément s’impose d’avance d’une façon absolue. Sans doute, a-t-on quelque préférence pour une région particulière, mais la visite de cette région peut se faire de bien des façons. Les étapes, en particulier, peuvent avoir une longueur plus ou moins grande, et, si la durée des voyages est d’ordinaire indépendante de la volonté des voyageurs, la longueur de l’itinéraire est un facteur dont on peut disposer.
- Le premier point à envisager sera donc d’établir cet itinéraire en harmonie avec les moyens dont on dispose pour le parcourir.
- Vous avez votre voiture depuis quelque temps, vous vous en servez, et vous connaissez par conséquent fort bien ce dont elle est capable. Vous savez par exemple, que si ladite voiture peut marcher au maximum à 80 à l’heure, en palier, il vous est facile de réaliser sans fatigue, une vitesse moyenne, arrêts déduits, de 50 kilomètres à l’heure, ce qui correspond à une vitesse commerciale, tous arrêts compris, de 40 à l’heure approximativement. D’autre part, vous voulez voir le pays que vous traversez, il faut que vous disposiez par suite du temps suffisant soit en cours de route, soit aux gîtes d'étape, et il convient par suite de ne consacrer à la route proprement dite qu’une durée illimitée.
- Pour les étapes de tourisme proprement dit, il est conseil-lable de ne pas rouler plus de 5 ou 6 heures par jour, non compris, bien entendu, le temps du déjeuner. Je considère, quant à moi que c’est là un maximum. Songez, en effet, que ce programme vous obligera à partir le matin à 9 heures.
- Vous vous arrêterez à midi pour déjeuner et je serais bien étonné que vous puissiez repartir avant 2 heures.
- Vous avez roulé 3 heures le matin, en roulant 3 heures l’après-midi, cela vous amènera jusqu’à 5 heures, ce qui est bien tard si vous voulez disposer de quelques moments pour vous promener à l’arrivée. Ajoutez qu'en cours de route, vous serez parfois amené à descendre de voiture pour aller à pied visiter quelques curiosités qui se présentent sur votre passage. Il est des coins qui imposent presque l’arrêt, voire le séjour de quelques instants : il serait maladroit de ne pas profiter des facilités que donne le tourisme en automobile, et de passer avec un simple coup d’œil en certains points où on aimerait à séjourner.
- Comptez donc 5 heures de route par jour au maximum, ou même 4, bien entendu, si vous voulez faire du tourisme. Si au contraire, vous voulez vous rendre purement et simplement d’un point à un autre, le programme est tout différend. Mais nous avons admis que vous étiez des touristes, donc des gens pas pressés, qui ne songent en rien à établir des records de vitesse ou d’endurance.
- 40 à l’heure, avec 4 ou 5 heures de route, cela fait un parcoprs moyen de 150 à 200 kilomètres par jour, à condition, bien entendu, que l’on se déplace en pays plat ou moyennement accidenté. Or, le cas sera fréquent, où, pour un voyage pittoresque, on choisira les routes de montagnes. Là, ce n’est plus 40 de moyenne que vous ferez, mais 30 et peut-être moins. Fixons donc si vous voulez à 150 ou 200 kilomètres par jour les étapes de plaine et à 100 ou 200 kilomètres maximum, les étapes de montagnes. Encore convient-il de laisser un temps disponible suffisant pour l’imprévu lorsqu’on roule en haute montagne : le cas n’est pas rare en effet, qu’une difficulté, un passage obstrué ou toute autre cause vous retarde d’une heure ou deux, et vous serez bien aise de vous être réservé un horaire élastique.
- Il faut compter aussi avec la fatigue. D’abord, la fatigue du conducteur qui peut ne pas être entraîné aux longues étapes journalières. Dès que la fatigue arrive le plaisir cesse. Le conducteur agira donc prudemment pour son propre confort, en réduisant son parcours moyen. Mais, il ne devra pas songer qu’à lui : les passagers, qui peut-être n ont pas une grande habitude de l’automobile, se lasseront assez vite de parcours un peu longs : toutes ces raisons, on le voit, militent en faveur d’étapes courtes.
- LES GITES D'ÉTAPES*
- Le choix des gîtes d’étapes est un facteur important de l’agrément d’un voyage touristique.
- Nous ne voulons envisager ici que le tourisme en France, ce qui simplifie, dans une large mesure, le problème du choix du gîte d’étape. Encore, n’est-il pas négligeable, ce problème.
- Certaines petites villes, ne présentent en effet aucune ressource par leurs hôtels, ou n’offrent aux passagers, qu’un confort très précaire. Il faudra donc, lors de la préparation du voyage, préparation qui se fait plusieurs semaines, voire même plusieurs mois avant le départ, repérer soigneusement, sur l’itinéraire projeté, les points susceptibles de fournir un gîte suffisant pour la nuit.
- On consultera les guides spéciaux (le guide Michelin est de beaucoup le meilleur du genre) pour connaître les ressources des endroits choisis,
- Si le voyage se fait pendant les mois de juillet et août, il ne faudra pas perdre de vue qu’a ce moment, vous ne serez pas seul à voyager, et que vous risquez fort de trouver les
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- hôtels pleins dans la plupart des régions où séjournent et circulent les touristes. Il sera prudent, par conséquent, de chercher à arrêter tôt les gîtes d’étapes douteux, pour s’assurer la certitude du logement, ou au.pis aller, pour avoir la possibilité d’aller en chercher un ailleurs.
- La meilleure saison pour voyager, si on craint l’encombrement, c’est la deuxième quinzaine de juin, et éventuellement la première quinzaine de juillet (le grand encombrement ne commence, en effet, d’ordinaire qu’à partir du 15 juillet). Au mois de septembre, les jours sont déjà plus courts, et moins favorables, par conséquent, aux déplacements touristiques.
- Nous avons dit, tout à l’heure, qu’il fallait adapter l’itinéraire aux possibilités de la voiture. Il faut aussi l’adapter aux possibilités du conducteur. Je veux dire par là qu’un nouveau venu à l’automobile se montrerait quelque peu imprudent en choisissant pour son premier grand voyage, des routes de montagne où une certaine expérience du volant est indispensable. Qu’on se résolve, dans ce cas, à circuler, pour la première année, sur des routes plus classiques et plus sûres : ce sera tout bénéfice.
- Il ne faudrait pas conclure de ce que je viens de dire, que je considère comme dangereuse les routes de montagne. J’entends seulement que pour que ces routes ne soient pas dangereuses, il faut que le conducteur soit nettement confirmé. Avec la circulation toujours plus intense, surtout pendant les vacances, les routes de montagne, même de hautes montagnes, sont loin d’être désertes : la route des Alpes, par exemple, qui passe assez fréquemment au-dessus de 2000 mètres, est extrêmenent fréquentée pendant les mois des vacances. Comme elle présente, en bien des endroits, des parties étroites où il est impossible non seulement de se doubler, mais encore de croiser, il faut une certaine expérience pour jouir sans arrière-pensée du plaisir du voyage sur ces routes.
- D’autres routes, peu fréquentées, parce que difficiles, doivent être réservées à ceux qui ont déjà une certaine habitude de la montagne. Certaines d’entre elles, quoique indiquées sur les cartes routières, peuvent présenter des surprises parfois peu agréables. Je me souviens, par exemple, d’avoir travaillé toute une après-midi pour essayer de franchir le tunnel qui se trouve au col du ,Parpaillon (la plus haute route de France) sans arriver à vaincre les difficultés accumulées.
- Ne prenons donc point quelque chose de trop difficile, surtout pour commencer. C’est la sagesse même qui nous le conseille.
- PRÉPARATION DE LA VOITURE.
- Tout ce que nous venons de dire, touche uniquement la partie touriste proprement dite. Bien que ce sujet n’ait rien de commun avec la mécanique, nous avons cru néanmoins devoir l’effleurer pour présenter à nos lecteurs un tableau à peu près complet de ce qu’il est nécessaire de savoir avant de partir en voyage. Nous allons aborder maintenant l’objet principal de cet article, à savoir la préparation de la voiture en vue d’une longue route.
- CARROSSERIE ET AMÉNAGEMENT.
- Commençons d’abord par ce qui intéresse le plus les passagers : la carrosserie et ses aménagements.
- Le voyage ne sera agréable que s’il se fait dans des conditions de confort suffisant. Il faut donc éviter avant tout de surcharger sa voiture d’un nombre de voyageurs que ne comporte pas l’emplacement disponible dans la carrosserie. Songez que cette voiture va être occupée plusieurs heures par jour, et cela pendant plusieurs jours. Si, pour une petite course, vos passagers s’accommodent de s’asseoir un peu en
- biais, et de replier leurs jambes sous eux, vous ne sauriez leur imposer longtemps cette position désagréable, qui devient une véritable torture si elle est prolongée quelque temps. Ne mettez donc pas 5 passagers dans une voiture à quatre places.
- Si même, vous voulez être tout à fait sage, ne mettez que trois passagers si votre voiture a quatre places juste. Mettez quatre passagers si la voiture peut en eontenir cinq. La place complémentaire sera occupée par les bagages à main qui foisonnent d’une façon extraordinaire, et dont le nombre et le volume augmentent on ne sait trop pourquoi, à mesure que le voyage se poursuit.
- Les gros bagages devront d’ailleurs prendre place dans un endroit complètement distinct de l’emplacement occupé par les voyageurs. Il faudra donc que votre voiture comporte un porte-bagage extérieur : toutes les voitures modernes sont pourvues maintenant d’une malle à l’arrière. Cette malle devra avoir les dimensions suffisantes pour que les valises de tous les occupants puissent s’y loger.
- Ne tolérez, à l’intérieur de la carrosserie que les sacs à main où l’on a besoin de puiser fréquemment en cours de route, mais rien d’autre.
- Tâchez d’avoir assez d’autorité sur les personnes que vous emmenez pour les empêcher de se surcharger d’une quantité excessive de bagages. L’expérience prouve qu’on emporte toujours beaucoup trop de bagages, et on constate, quand on défait ses malles pour la dernière fois, que certains objets n’ont jamais été utilisés dans tout le voyage. Faites donc un tri sévère dans ce que vous emportez, et exigez de vos passagers qu’ils fassent de même.
- Si vous partez en voiture fermée, vous pouvez très bien vous contenter d’un seul vêtement pour vous-même, ainsi que vos passagers masculins. Les dames pourront emporter plusieurs robes : les modes actuelles ont au moins cet avantage qu’une robe ne tient guère plus de place qu’un mouchoir de poche un peu sérieux.
- Un moyen assez pratique que j’utilise généralement lorsque j’emmène des amis dont je connais peu les habitudes de voyage, c’est de leur donner, deux jours avant le départ, une valise vide qui va dans la malle arrière, en les priant de loger tous leurs bagages à l’intérieur : je vous donne ce moyen pour ce qu’il vaut, vous l’utiliserez si vous le jugez à propos.
- Il était de mode autrefois de mettre les bagages sur les marchepieds. J’avoue que je n’aime pas beaucoup cette façon de faire, car on arrive difficilement à utiliser ainsi les marchepieds sans condamner une ou deux portes de la voiture. Ou bien, alors, ce sont les coffres à outils qui se trouvent sous les bagages, et si vous êtes obligé, en cours de route, de vous servir de votre outillage, c’est tout un déménagement qui s’impose.
- D’autre part, il n’est pas bon, an point de vue de l’équilibre de la voiture, de] charger les marchepieds d’une façon excessive.
- Enfin, pour cela, chacun s’arrange comme il peut, et au mieux des possibilités.
- LA PARTIE MÉCANIQUE.
- Passons maintenant aux choses plus sérieuses, ou tout au moins, plus importantes pour le conducteur de la voiture : la préparation mécanique de celle-ci.
- Sans doute, votre voiture est-elle en parfait état de marcher, puisque vous vous en servez tous les jours.
- Je ne le conteste pas, mais néanmoins, je crois qu’un petit examen assez sérieux de son état mécanique ne sera pas inutile.
- On tolère volontiers dans une voiture dont on se sert tous
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- les jours, pour ses affaires, de petites imperfections : le radiateur perd quelques gouttes d’eau, on en est quitte pour le remplir chaque matin.
- La tuyauterie d’essence suinte au raccord du carburateur, la perte de carburant n’est pas grande, direz-vous.
- Une portière ferme mal, et on est obligé de temps en temps de la surveiller, les voyageurs s’en occuperont, pensez-vous. Peut-être, mais il sera certainement plus agréable pour vous et les autres que tout marche d’une façon impeccable, et que rien ne vous oblige à un arrêt intempestif.
- Au cours de vos déplacements quotidiens, vous avez certainement eu connaissance des points faibles de votre voiture.
- Ces points faibles, il faudra, autant que possible, les faire disparaître avant le départ. Une petite révision de quelques heures, révision que vous pouvez d’ailleurs parfaitement faire vous-même, vous assurera une grande sécurité lors de tout votre voyage.
- Armez-vous d’un pinceau dur et d’un pot plein d’essence, nettoyez avec ce pinceau, trempé dans l’essence, toutes les articulations du châssis en enlevant la boue ou la poussière qui les recouvre, vous vérifierez si tous les écrous sont bien serrés, et si toutes les goupilles sont à leur place. Cet examen sera particulièrement indiqué pour tout ce qui touche les pièces de direction.
- Si quelque point de votre châssis manifestait une faiblesse, il faudrait y porter remède. C’est ainsi, par exemple, que si votre direction a un jeu excessif, il faudra le faire reprendre avant de partir.
- Le châssis devra être graissé complètement et soigneusement avant le départ, surtout dans les endroits dont on ne s’occupe guère d’habitude : je veux parler des roulements des roues qu’on remplira de graisse consistante, ou mieux, d’huile épaisse, de la vidange des carters de boîtes de vitesse et de pont, fort négligée en temps courant.
- Est-ce que vos garnitures de frein sont dans un état suffisant de conservation? Si vos freins ont subi des réglages fréquents, il sera prudent de faire démonter vos roues pour examiner les garnitures des segments, et les remplacer si elles sont trop minces. Ce remplacement, qui demandera au maximum une journée dans le garage où vous êtes connu, à côté de chez ‘vous, pourra vous immobiliser deux jours en cours de route, voire davantage.
- Ce qu’on devra regarder spécialement avant le départ, c’est tout ce qui touche à l’étanchéité des réservoirs contenant un liquide : réservoir d’essence, nourrice de l’exausteur, tuyauterie, joints du carburateur, radiateur et ses raccords, éventuellement, réservoir d’huile. Les moindres fuites devront être étanchées, les raccords douteux revus, et les joints remplacés.
- Il sera bon, si les raccords de circulation d’eau sont un peu vieux, de les remplacer par des neufs : la dépense n’est pas bien grande, et c’est une dépense nécessaire.
- Yous feriez bien de faire la vidange complète de votre réservoir d’essence et de le nettoyer; il n’est pas indispensable pour cela de l’enlever de la voiture : il suffira, après avoir enlevé le bouchon de vidange, de verser 10 ou 15 litres d’essence, en secouant la voiture à droite et à gauche pour que toutes les saletés qui sont au fond soient entraînées. Bien entendu, cette essence sera récupérée à la sortie, filtrée, et utilisée ensuite pour l’alimentation.
- Yous vidangerez de même le carter du moteur, en profitant pour cela du moment où vous rentrez d’une petite course, et ou, par conséquent, votre moteur est chaud et permet à l’huile de bien couler. Yous en profiterez pour nettoyer les filtres qui se trouvent sur la circulation d’huile : peut-être n’avez-vous jamais pratiqué cette opération depuis que vous vous servez de votre voiture?
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- Nettoyez de même votre carburateur et son filtre. Yérifiez que le pointeau n’est pas trop usé et porte bien sur son siège. Passez également la visite de votre magnéto : nettoyez-la, regardez les vis platinées pour voir si elles sont capables encore d’un long usage, et profitez de l’occasion pour effectuer le réglage de leur écartement.
- Un défaut assez courant des voitures de série, c’est que leur réservoir d’essence est très petit.
- Il est souvent commode, dans ce cas, d’installer à demeure, dans un coin disponible du châssis , un réservoir auxiliaire. Une tuyauterie, reliée à un robinet à trois voies à la tuyauterie principale, permet à l’exausteur de puiser soit dans le réservoir principal, soit, quand il est vide, dans le réservoir auxiliaire qui sert de réserve.
- Que vous ayez ou non un réservoir auxiliaire, il faudra toujours prévoir un bidon d’essence de réserve, que vous emporterez avec vous. Les bidons du commerce ont le défaut d’être fragiles, peu étanches et d’un arrimage parfois difficile. Avec un peu d’ingéniosité, vous trouverez certainement une place par exemple sur un marchepied ou au moyen d’une solide courroie, vous arrimerez un petit réservoir de cinq litres qui contiendra votre provision d’essence. A côté ou en face, vous disposerez de même un bidon d’huile de secours de deux litres au minimum.
- Certaines voitures ont la fâcheuse propriété de vaporiser fortement l’eau du radiateur dans les parcours de montagne; il conviendra dans ce cas d’emporter, à bord de la voiture, un récipient vide, contenant au minimum deux litres, et qui vous permettra de puiser de l’eau au ruisseau pour remplir votre radiateur en temps utile. On avait coutume autrefois d’avoir toujours, dans son outillage, un seau en toile. C’est un accessoire qui a disparu pratiquement aujourd’hui, et qui présentait cependant une certaine utilité. Il avait malheureusement le défaut d’être assez fragile, et il arrivait fréquemment qu’au moment où on voulait s’en servir, on s’apercevait qu’un outil en avait traversé le fond.
- L’OUTILLAGE
- Nous abordons là un chapitre fort important : le temps n’est plus évidemment où on était obligé d’avoir dans ses coffres de quoi faire des réparations importantes. La grosse panne est aujourd’hui à peu près inconnue, et, dans tous les cas, les garages outillés sont assez nombreux pour qu’on ne soit pas obligé de réparer soi-même sur la route. Mais, nulle voiture, si excellente soit-elle, n’est à l’abri d’une petite panne, d’une crevaison de pneu, d’une rupture de tuyau d’essence ou telle autre misère. Il faut donc avoir un outillage suffisant pour qu’une bêtise de ce genre ne vous immobilise pas irrémédiablement au bord de la route. L’outillage fourni par les constructeurs avec leur voiture représente presque toujours un strict minimum. Encore faut-il que ce minimum soit au complet et qu’il ne manque rien dans ce qui a été fourni au début.
- Yous compléterez utilement cet outillage par quelques outils dont la pratique vous aura fait reconnaître l'utilité : un jeu de clés plates, calibre allant sur les écrous, un jeu de clés à tubes, un arrache-roue, une grosse clef à mollette, une ou deux limes, un étau à main...
- Le rangement de l’outillage dans les coffres ne devra pas être fait n’importe comment, mais devra être exécuté d’une façon logique.
- Il est à peu près certain que l’outillage destiné aux réparations importantes ne sera que très rarement utilisé, si même il l’est. Yous pourrez sans inconvénient placer cet outillage au fond du coffre ou dans un logement peu accessible. Par contre, tout ce qui concerne le changement de roue ou de pneu devra être disposé dans un coffre où vous
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- pourrez accéder sans rien déranger. Dans ce coffre spécial, qui sera avantageusement placé sur le marchepied, vous aurez un cric et son tourne-à-gauche (ne pas oublier d’essayer ce cric pour voir s’il s’adapte convenablement sous les essieu ‘(xune clé de roue, un gros marteau, ou mieux une masse en plomb, un jeu de démonte-pneus, un nécessaire de réparations pour pneus, une pompe à pneus. — Signalons en passant que l’emploi d’une bouteille d’air comprimé est fort commode.
- LES RECHANGES
- L’outillage se complète des rechanges. Là encore, on pourra être moins généreux qu’on ne l’était autrefois, en raison du moins grand nombre d’avaries de fonctionnement des véhicules modernes.
- Si vous partez pour une longue route, vous agirez prudemment en emportant deux roues de rechange. Je sais bien que les pannes de pneus sont assez rares, mais néanmoins, elles se produisent. Or, quand on a crevé une fois, on se trouve complètement désemparé si on n’a aucune rechange, et, bien qu’on ait toutes chances d’arriver à l’étape sans autre avaiie, la tranquillité morale est souvent détruite, car on se dit qu’en cas de deuxième crevaison, il faudra s’offrir la réparation sur la route, qui n’a rien de tentant. Ayez donc deux roues de rechange, et vous serez tout à fait tranquille.
- Partez avec des pneus en état suffisant. Si un ou plusieurs de vos pneus sont manifestement usés et près de leur fin, s’ils portent de larges coupures, vous aurez tout bénéfice à les laisser chez vous pour une utilisation postérieure et à les remplacer avant le départ par des pneus neufs. Autrefois, on recommandait, avant de partir pour un long voyage, de s’équiper complètement à neuf au point de vue pneus. C’est qu’alors, un pneu qui durait plus de 3 ou 4000 kilomètres était considéré comme exceptionnel.
- A l’heure actuelle, la durée moyenne des pneus est de l’ordre de 10 à 15 000 kilomètres, et il serait excessif de ne vouloir rouler, pour un voyage de grand tourisme, que sur des enveloppes neuves. C’est le bon sens qui doit vous dicter votre façon d’agir sur ce point.
- Si l’on a deux roues de rechange, j’estime inutile d’emporter une chambre à air supplémentaire. On aura toute facilité pour réparer ou faire réparer la chambre avariée en arrivant à l’étape. Ne nous encombrons donc pas d’un matériel coûteux et fragile.
- Par contre, j’envisage volontiers la présence dans le coffre à outils, de quelques intérieurs et bouchons de valves : une valve qui se met à fuir vous empoisonne l’existence : il est bien simple de se mettre à l’abri d’un incident de ce genre.
- Les gens très prudents emportent une magnéto de rechange : c’est peut-être excessif, surtout si, comme c’est le cas général, on possède une magnéto d’un modèle courant: on peut êtx*e assuré, en cas de panne, de trouver une rechange dans un garage bien approvisionné. Prenez quelques charbons de rechange si vous voulez, et j’estime que ce sera suffisant. Si vous avez vérifié avant le départ vos fils de bougies, inutile de vous encombrer d’un rouleau de fils neufs. Quant aux bougies, vous en aurez 4 ou 6, suivant le moteur, rangées dans un porte-bougies sous le capot.
- Un ou deux ressorts de soupapes, une rondelle et deux clavettes de soupapes ne [tiendront pas beaucoup déplacé, et pourront vous rendre service à l’occasion. Mettez-les donc dans un coin de vos approvisionnements.
- Vous yjmettrez ausi une bride pour réparer les ressorts : il y a toutes chances pour que vous ne cassiez pas de ressorts, mais enfin, si vous savez que vous avez de quoi faire une réparation de fortune à bord, vous serez plus tranquille.
- Vous aurez, dans une boîte, tout un petit assortiment
- d’écrous, de boulons les plus courants, de goupilles, de rondelles, de joints, sans oublier un rouleau de chatterton et une bobine de fil de fer fin : bref, de quoi [parer à l’imprévu et remplacer un organe défaillant.
- On m’a présenté dernièrement, sous le nom d’indispen-sable-auto, un petit nécessaire très complet qui m’a paru particulièrement pratique, et qui renferme tout ce qu’il faut comme écrous, boulons, goupilles, etc.
- Enfin, après avoir vérifié le bon état des lampes des phares, on en [prendra deux de rechange, soigneusement emballées.
- LE CAMPING
- Etes-vous amateur de camping? Si oui, vous devez avoir des lumières particulières sur ce sujet, et je ne me hasarderai pas à vous donner des conseils, mais peut-être n’avez-vous jamais fait de camping, et êtes-vous tenté d’essayer au cours de votre prochain voyage?
- Je me permettrai, dans ce cas, de vous engager fortement à essayer, avant de partir. Assurez-vous d’abord que vos passagers supporteront le camping. Ne vous dissimulez pas que le camping véritable, qui entraîne de coucher sous la tente, oblige à un confort nécessairement restreint. Je ne voudrais décourager aucune bonne] volonté, mais je suis bien obligé de reconnaître, que, quand on [passe la nuit en pleine campagne, on est exposé à des incursions d’animaux de toute espèce (de petite espèce bien entendu!) dont la présence est quelquefois indésirable. Les dames qui ont peur des bêtes n’admettront jamais ce mode de couchage.
- La pratique du camping en automobile complique pas mal la question des bagages. Je: ne crois pas qu’il soit possible de le pratiquer d’une façon à peu près confortable sans emmener [une remorque, à moins, bien entendu, qu’on ait une très grande voiture spécialement aménagée.
- Nous laisserons donc de côté cette question camping, dont le développement sort complètement du cadre de notre sujet.
- 11 est toutefois une forme atténuée du camping, très agréable pendant l’été, et praticable sans difficulté : c’est le camping réduit au déjeuner sur l’herbe. Au lieu de s’arrêter à l’hôtel ou au restaurant pour déjeuner, on emporte, le matin, les provisions nécessaires. On a prévu dans ses bagages une lampe à alcool ou un réchaud à combustible solide; une casserole et quelques petits plats en fer-blanc, moyennant quoi on peut se passer complètement des hôteliers, au moins, bien entendu, pendant la journée. Le déjeuner sur l’herbe est d’ailleurs une façon non seulement agréable, mais encore économique de voyager.
- 11 n’est guère pratique que si l’on est quatre dans la voiture : il faut en effet se répartir le travail, faute de quoi le plaisir cesse pour se transformer en fatigue.
- Au cours de plusieurs voyages où j’ai pratiqué cette façon de faire, nous emportions, pour chaque passager, un siège pliant, et pour l’ensemble, une table pliante dite table de bridge : le tout se logeait très aisément derrière les sièges avant de la voiture, et assurait un confort très suffisant. Tout le matériel de cuisine était enfermé dans un panier qui formait cantine.
- LA RÉPARTITION DES FONCTIONS
- A propos du camping, nous avons indiqué qu’il était nécessaire que chacun assume des fonctions particulières. Pour le tourisme ordinaire, c’est également sinon indispensable, tout au moins fort agréable, et cette méthode simplifie beaucoup l’existence sur la route.
- Indiquez donc au départ, à chacun de vos passagers, les fonctions qu’il aura à remplir pour la chose publique. A l’arrivée, c’est un tel qui ira retenir les chambres et discu-
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- tera avec l’hôtelier, le même sera chargé de régler la note le lendemain matin, et assumera les fonctions de trésorier. Il conviendra d’ailleurs de régler les comptes 'tous les jours, pour éviter une comptabilité ennuyeuse à tenir et des oublis qui, autrement, ne manqueraient pas de se produire.
- Le conducteur se charge généralement de la voiture. Cependant le trésorier est tout indiqué pour assurer le ravitaillement en essence. Il descend plus facilement que le conducteur, et on perd ainsi moins de temps.
- Un autre passager s’occupera des bagages, de leur chargement à l’arrivée. Il devra s’assurer que les bagages sont au complet, et en faire la vérification avant chaque départ.
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- En cas de panne de pneu, le conducteur devra s’assurer d’un aide qui cherchera le cric dans le coffre, le placera sous la roue et la lèvera pendant que le conducteur lui-même cherchera la clé de moyeu et la masse, et démontera la roue malade.
- D’après le peu que nous venons de dire, on voit comment on devra traiter cette question de répartition des fonctions, qui simplifiera le travail général, sans imposer à personne une tâche excessive, et cela pour le plus grand agrément de tous. Henri Petit.
- = LES GLOBULES DU SANG =
- COMMENT ILS CIRCULENT ET COMMENT ILS PRÉCIPITENT
- Il fut un temps, tous ceux qui lisent Molière le savent, où la saignée était fort en honneur. Cette période s’est d’ailleurs prolongée malgré les sarcasmes du dramaturge incomparable puisqu’elle durait encore au début du xixe siècle. Broussais, mort en 1838, passe, en effet, pour être le médecin qui a le plus saigné de malades. On l’accuse même d’en avoir beaucoup tué par ce procédé. Mais j’incline à croire qu’on exagère un peu, car en médecine, comme dans beaucoup d’autres domaines, la méthode est une chose et la théorie en est une autre. Or, si la théorie de Broussais, telle qu’il l’a proposée, n’est pas défendable, par contre, la manière dont il appliquait ses idées avait peut-être une valeur aujourd’hui oubliée. Quoi qu’il en soit, la saignée avait appris, sur la propriété du sang des fiévreux, des choses que tous les médecins de la fin du xixe siècle et du début du xxe, exactement jusqu’en 1916, ont complètement ignorées.
- Ce que savaient les médecins d’autrefois c’est que le sang recueilli au cours de la saignée, chez certains malades, a une tendance à former quand il coagule une couche blanchâtre à sa partie supérieure. Au sujet de cette couche blanchâtre qu’on appelle couenne, ils firent naturellement toutes les hypothèses imaginables, allant même jusqu’à considérer ce phénomène comme la cause de la maladie. Puis tout fut oublié, saignée et couenne jusqu’au jour où, avec des méthodes parfaitement scientifiques, un médecin suédois, Fahreus, reprit l’étude systématique de ce phénomène.
- La cause immédiate de ce fait est d’ailleurs facile à comprendre. Quand cette couche blanchâtre se forme à la partie supérieure du caillot de sang, c’est que les globules rouges se sont mis à précipiter avec une vitesse plus grande que normalement et à descendre vers le fond du récipient avant que le caillot ne les emprisonne en se formant. On dit donc en pareil cas — et c’est là le terme technique employé aujourd’hui — qu’il y a accélération de la sédimentation ou de la précipitation des globules rouges.
- A quoi est dû ce phénomène? Il tient à ce que les globules rouges au lieu de constituer une suspension parfaitement homogène dans laquelle ils sont également écartés les uns des autres, présentent une tendance à s’agglutiner par leur surface plane et à former des piles analogues à des piles de monnaie. Ils constituent ainsi des agrégats 5 ou 10 fois plus gros que le globule rouge et possédant une tendance d’autant plus grande à précipiter ou à sédimenter, car tout précipité descend d’autaut plus vite au fond du tube à essai qu’il est constitué par de plus gros corpuscules,,
- Ce phénomène d’agrégation doit être évidemment mis en
- relation avec des changements dans les charges électriques des globules du sang. Linzer a, en effet, pu montrer qu’en ajoutant au sang des substances capables d’augmenter la charge électronégative des globules rouges, on augmente leur pouvoir de répulsion et on diminue leur vitesse de sédimentation.
- Mais d’autres phénomènes interviennent. Quand la vitesse de sédimentation est grande, la proportion des albumines à grosses molécules, c’est-à-dire des globulines et surtout du fibrinogène augmentent dans le sang. Or, le fibrinogène constitue un stade préparatoire de la fibrine qui, elle, est la substance constitutive du caillot. On voit donc que l’augmentation de la vitesse avec laquelle sédimentent les globules rouges témoigne du fait que le sang a une grande tendance, plus grande que normalement, à coaguler.
- Ce que nous venons de voir jusqu’ici se passe à l’extérieur des vaisseaux, in vitro. Mais il existe des phénomènes du même genre observables à l’intérieur des vaisseaux. Il n’est sans doute pas difficile de rappeler ici que depuis quelques années on s’est mis à examiner au microscope, à travers la peau saine, les capillaires sanguins superficiels. On a constaté ainsi que dans certaines maladies ils prennent une apparence particulière, parfois même assez caractéristique. Une de ces apparences est ce qu’on a appelé l’état granuleux, au cours duquel ces capillaires, au lieu d’être continus, semblent constitués par de courts segments, interrompus par des parties dépourvues de globules. Jusqu ici l’interprétation de ce phénomène était assez délicate. On avait tendance à admettre que les parties des capillaires d’où les globules sont absents devaient être le siège d’un spasme. Mais en fait, un spasme de cette nature, s’il avait existé au niveau des capillaires, aurait provoqué des troubles fort graves qu’on n’observe pas en pareil cas. C’est donc une autre interprétation qu’il faut adopter.
- Or, Fahreus vient justement de proposer une hypothèse des plus séduisantes dans un mémoire très remarquable (*) auquel nous allons faire maintenant quelques emprunts. Pour cet auteur, l’aspect granuleux des capillaires est dû au fait qu’à leur intérieur les globules rouges forment des piles courtes, entre lesquelles on ne distingue plus le capillaire, dont les parois sont trop minces pour être vues au microscope.
- Les agrégats ainsi constitués obéissent d’ailleurs à des lois hydrodynamiques très spéciales. On sait qu’en vertu du
- 1. Fa.hreus. — Strômgsverhâltnisse der BLutzellen im Gefasssys-tem. Klinische Wochenschrift, n° 3, 15 janvier 1928, p. 100.
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- théorème de Bernouilli, la somme de l’énergie potentielle, de l’énergie de vitesse et de l’énergie de pression est constante dans une veine liquide à l’intérieur d’un tube. Au voisinage des parois où la vitesse est moindre, la pression est donc plus grande. Cette pression agit plus efficacement sur les gros que sur les petits corpuscules en suspension dans l’eau, surtout si le volume des petits corpuscules ne diffère pas énormément du volume des grosses molécules (globuline, fibrinogène) constitutives du liquide. De ce fait, les piles de globules rouges, beaucoup plus que les globules isolés, sont rejetés vers l’axe du vaisseau où la vitesse est plus grande. Ainsi les gros agrégats qui transportent l’oxygène circulent en moyenne plus vite dans les petits vaisseaux que les corpuscules isolés.
- Il faut rappeler à ce sujet que le cheval possède des corpuscules rouges très petits, mais ayant une grande tendance à la sédimentation ou, ce qui revient au même, à la formation d’agrégats. Chez cet animal, par conséquent, la surface totale des globules rouges, est, par suite de leur charge en oxygène, très grande en même temps que leur transport est rapide. Ainsi se trouvent conciliées des propriétés appa-ramment incompatibles.
- Chez l’homme, dans les conditions ordinaires de la vie, ce sont les leucocytes qui constituent les plus grosses masses en suspension dans le sang circulant. Ce sont donc eux qui occupent l’axe du vaisseau et qui atteignent les plus grandes vitesses dans les petits vaisseaux, Fahreus le démontre en comptant le nombre de globules rouges et blancs du sang provenant d’un gros ou, au contraire d’un petit vaisseau. Tandis que dans le gros vaisseau on trouve, par exemple, 5 000 000 de globules rouges et 7700 globules blancs par millimètre cube, par contre dans un tube capillaire de 0,27 mm de diamètre rempli avec ce même sang on ne trouve plus que 4000 000 de globules rouges et 4100 globules blancs. Le calcul montre que pareille différence de dilution est due à ce que dans le tube les globules blancs se meuvent avec une vitesse de 65 pour 100 supérieure à celle des globules rouges et occupent par conséquent l’axe des vaisseaux.
- Il n’en est pas de même chez les animaux à sang froid et plus spécialement chez les grenouilles, dans les capillaires desquelles on peut nettement voir des globules blancs occuper la périphérie du vaisseau. Cela tient à ce que chez ces animaux les globules rouges sont plus gros que les blancs.
- Chez l’homme la constitution d’agrégats des globules rouges où l’augmentation de la vitesse de sédimentation a pour conséquence un renversement des conditions d’équilibre qu’on vient de voir : les globules blancs sont rejetés vers la périphérie du vaisseau dont l’axe est occupé dès lors par les piles de globules rouges. a
- L’importance de ce fait est considérable. Les globules blancs possèdent une certaine adhérence pour la paroi vasculaire, et s’ils viennent à s’accoler à elle, souvent ils finissent par la traverser grâce à leurs mouvements propres. C’est le phénomène de la diapédèse qui joue un rôle si considérable dans les maladies infectieuses au cours desquelles ces globules ont à se rendre, appelés qu’ils sont par leur chimiotaxie positive, au lieu d’invasion des microbes pour les phagocyter, c’est-à-dire, pour les dévorer et lés détruire. En toutes circonstances, d’ailleurs, les phagocytes ou globules blancs ont à migrer pour aller débarasser les tissus de débris figurés ou non que laisse le fonctionnement vital. Ainsi trouve-t-on régulièrement quelques-uns d’entre eux accolés à la paroi du vaisseau et prêts à le traverser. Mais ce phénomène ne prend de l’importance que lorsque des microbes ont fait sentir leur action chimique. Alors on constate que les globules rouges accélèrent leur sédimentation et, par conséquent, constituent des agrégats dont la vitesse de circulation est augmentée pour porter plus vite aux extrémités l’oxygène nécessaire â la lutte, en même temps que par leur masse, ils chassent, vers la périphérie des capillaires, les globules blancs jusqu’alors confinés dans l’axe. Ainsi ces phagocytes peuvent en nombre dès lors augmenté, opérer la diapédèse et, conformément à leur fonction principale, se rendre sur le champ de bataille pour vaincre ou mourir.
- Dr P.-E. Morhardt.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- COMMENT FAIRE DU PAPIER TACHETÉ
- On emploie le papier marbré ou tacheté dans un but décoratif,
- Far exemple pour faire des abat-jour, pour couvrir des livres et on peut obtenir des effets assez curieux surtout si l’on prépare soi-même le papier en réalisant des teintes aussi variées qu’on le désire. Voici la manière d’opérer :
- On place une feuille bien à plat sur une table. On prend ensuite
- fdusieurs bouts de n’importe quel papier de la grandeur d’une euille de papier à cigarette, on les réunit dans la main gauche et on les découpe en une infinité de petits morceaux. Une fois que l’on jugera en avoir suffisamment, on les éparpille bien sur la feuille que l’on veut marbrer, en évitant toutefois qu’ils soient trop réunis en tas.
- Prendre un tamis que l’on peut confectionner soi-même à l’aide d’une toile métallique assez fine que l’on pose sur un petit cadre de bois de 10 à 15 cm carrés. Tremper une petite brosse dure dans de l’encre ou de la couleur à l’eau et frotter vigoureusement sur le tamis placé un peu au-dessus de la feuille. La couleur tombe en pluie très fine et se dépose sur la feuille. La teinte se fait légère ou foncée suivant le goût.
- Une fois cette opération terminée, laisser sécher quelques minutes, puis souffler sur la feuille de manière à disperser les petits morceaux de papier; la place occupée par ceux-ci apparaîtra en blanc. On peut recommencer l’opération avec une autre teinte et l’effet n’en sera que plus joli.
- POUR FAIRE POUSSER DES FRAISIERS SUR UN TONNEAU
- Sur un vieux tonneau, mis au rebut de préférence, enlevez le fond supérieur et percez d’un certain nombre de trous le fond du bas. Imprégnez-en copieusement l’intérieur et l’extérieur de car-bonyle puis, l’ayant mis debout sur son unique fond, mettez un lit de petit cailloux qui assureront l’écoulement des eaux en excès jusqu’aux trous, et par suite à l’extérieur.
- A l’aide d’une mèche correspondant au diamètre voulu, perce* de 20 cm en 20 cm la paroi de trous de 4 à 5 cm d’ouverture. Placez le fût ainsi préparé sur des cales, pour l’isoler du sol, et remplissez-le de bon terreau en tassant, au fur et à mesure, aussi énergiquement que possible. Versez par-dessus un grand arrosoir d’eau.
- Dans chacun des trous, repiquez soit des filets, soit de jeunes plants venus de pépinière et naturellement de la variété désirée. A la condition d’arroser tous les jours, au moins au début, tant que la reprise n’est pas bien assurée, et de tenir ce tonneau dans un endroit largement aéré et éclairé, fût-ce à l’intérieur si l’on redoute la gelée, on peut être assuré d’avoir des plants robustes et productifs.
- Non souillés par la boue et à l’abri des visites intéressées de la plupart des animalcules malfaisants, les fruits ainsi précocement obtenus n’en seront que plus appétissants et plus savoureux.
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- PRESTIDIGITATION
- LA FÉE DES DENTELLES
- Yoici une expérience, qui,’si elle n’est pas absolument nouvelle dans les moyens employés, a l’avantage d’une présentation élégante et d’un heureux effet.
- L’opérateur commence par montrer six panneaux, deux carrés et quatre rectangulaires, deux fois plus longs que larges. Ces panneaux sont construits avec de la moulure légère formant cadre et sont garnis d’un tulle léger. Il explique que la fragilité de ces cadres ou panneaux doit enlever toute idée de préparation. La légèreté de construction est une preuve de la sincérité de l’expérience. Il invite alors quelques spectateurs à vouloir bien venir sur la scène pour contrôler son dire et surveiller la marche correcte de l’expérience. Lorsque les spectateurs sont arrivés, il leur fait toucher les panneaux, et avec ces panneaux se met à construire une sorte de grande caisse. Il pose^d’abord par terre
- « Va-t-elle trouer le tulle et le racommoder invisiblement, ou va-t-elle avoir la puissance de passer au travers du réseau si léger de ce tulle? personne ne le sait : En tout cas, elle va sortir instantanément de sa cage, sans laisser, dans les murs délicats de cette prison, trace de son passage.»
- On apporte alors un paravent assez grand pour pouvoir entourer entièrement la boîte et laisser autour un espace de soixante centimètres, environ. Ce paravent est placé derrière et sur les côtés de la boîte, le devant qui sera fermé par deux panneaux, étant libre comme l’indique notre gravure.
- « Ce passage dit, l’opérateur, va s’opérer instantanément. » En effet, il ferme son côté de paravent, le domestique ferme l’autre, immédiatement tous deux rouvrent chacun leur côté et l’on aperçoit la Fée des Dentelles, debout devant la boîte, toujours fermée et intacte, ce que l’opérateur fait
- un des panneaux carrés, puis dresse le panneau arrière, puis ceux devdroite et de gauche, en les maintenant avec des clavettes qu’il fait également visiter. Plaçant alors le 2e panneau carré sur le tout, il ne lui reste plus à mettre que le panneau’,de devant pour que la boite soit absolument fermée. Il va alors chercher la Fée des Dentelles, fort jolie personne, drapée dans un superbe manteau de dentelle, qu’elle quitte pour rester également vêtue d’un costume de dentelle. Elle entre- dans la boîte. L’opérateur place le panneau/,de devant et le fixe comme les autres au moyen de clavettes. La boîte est ainsi bien construite, bien fermée, d’une légèreté qui défie toute machination et il fait remarquer que les spectateurs ayant aidé à la construction peuvent constater que rien n’est truqué.
- « Eh bien, ajoute-t-il, la fée des dentelles si habile à fabriquer des réseaux délicats, à les agrémenter de dessins, de fleurs, d’ornements, va trouver le moyen de traverser les panneaux de tulle dans lesquels elle est enfermée.
- constater aux spectateurs qui sont venus pour vérification.
- La vue du schéma ci-dessus fait immédiatement comprendre le moyen employé : malgré la légèreté apparente des cadres faits d’une simple moulure, le cadre placé du côté de l’opérateur, au lieu d’être une simple moulure de bois, est fait en tôle d’acier et possède une porte à pivot. Cette [porte est maintenue fermée par un ressort formant tirage et par un petit verrou fermant automatiquement, ce verrou étant placé naturellement du côté du cadre qui sera à l’intérieur de la boîte construite. La Fée, immobile dans la boîte, saisit le moment où l’opérateur ferme son côté de paravent pour ouvrir le verrou et lorsque le domestique ferme le sien, elle se baisse, pousse la porte et sort par l’ouverture S. Le ressort referme la porte automatiquement.
- Tous ces mouvements ne demandent pas six secondes, ce qui paraît absolument instantané aux spectateurs.
- Alber.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La gloire des ailes, par Louis Blériot et Ed. Ramond.
- 1 vol., 336 p. Les éditions de France, Paris,' 1928. Prix : 12 fr.
- Voici un beau et bon livre, où est retracée, d’une façon vivante, émouvante, et cependant d’une sereine impartialité, l’histoire de l’aviation depuis les premiers bonds des hommes oiseaux, faisant leur périlleux apprentissage, jusqu’aux prouesses héroïques de la guerre et aux grands raids transcontinentaux de l’après-guerre. C'est surtout de l’aviation française qu’il s’agit ici. Mais pleine justice est rendue aux grands précurseurs, aux grands créateurs et aux bons pilotes étrangers Lilienthal, les Wright, à Lindbergh. Justice aussi est rendue aux Français; et la chose était peut-être plus délicate : Louis Blériot a noblement mis en évidence le rôle de ses grands émules du début : Gabriel Voisin, aujourd’hui encore méconnu, Latham, trop oublié, Ferber, un apôtre, les Farman. Un oubli. cependant à signaler dans la liste des précurseurs; le colonel Renard a été omis. Cependant le créateur du dirigeable, dès 1884, croyait à l’aviation, à l’aviation seule et le proclamait dans ses cours. Les auteurs font revivre pour nous la période, quasi préhistorique déjà, des essais à Issy-les-Moulineaux, puis la révélation de Wright au camp d’Auvours, suivie des premiers triomphes de l’aviation : traversée de la Manche par Blériot, des Alpes par Chavez, les vols de ville à ville, de pays à pays par-dessus mers et montagnes. Et voici les grandes figures des premiers as : les Garros, les Pégoud, les Védrines qui furent des héros et des victimes de la grande guerre, et dont l’exemple allait faire surgir tant d’autres glorieux chevaliers des airs : les Guynemer, les Nunges-ser, les Fonde, etc. La guerre terminée l’aviation se révèle comme un moyen de communication de grande importance. Les rivalités aériennes suscitent de nouveaux et magnifiques exploits dont on trouvera ici un excellent et fidèle résumé.
- Die Tierwelt der Nord-und Ostsee, par G. Grimpse et E. Wagler. Akademische Verlagsgesellschaft, Leipzig. Lie-ferung XI : Pterobranchia, par C. J. van der Horst ; Chaeto-gnatka, par W. Kuhl, Kinorhyncka, par A. Remane ; Pantopoda, par J. Meisenheimer ; Tardigrada, par G. Rahm; Anoplu-ra pinnipediorum, par L._ Freund. 1 vol. in-8, 124 p., 85 fig., 1928 Prix : 11,20 marks.
- Cette œuvre, dont nous avons dit le mérite et l’utilité, progresse rapidement. Le début de cette année a déjà vu paraître le fascicule 11 consacré à une série de petits groupes fort intéressants : les Ptérobranches qui comprennent! i ; \Rhabdo pleura, organismes d’affinités très discutés; les Chétognathes, formes pélagiques, transparentes, munies de nageoires latérales dont le type est la Sagitta; les Chinorhynch.es (Echinodères, Cyclorhagés) dont les parentés sont non moins douteuses; les Pantopodes (Nymphons, Pycnogonides) voisins des araignées; les Tardigrades aux formes singulières; les Anoploures, poux d’oiseaux et de mammifères marins. Chacun de ces groupes est traité d’une manière très complète : anatomie, systématique, développement, biologie, etc.
- Traité d'embryologie comparée des Invertébrés,
- par C. Dawydoff. 1 vol. in-8, 930 p., 509 fig. Masson et Cie, Paris, 1928. Prix : 120 francs.
- Depuis le traité classique allemand de Korschelt et Ileyder et le livre anglais de M. Bride, aucun ouvrage d’ensemble n’avait paru sur le développement de la forme et des organes chez les Invertébrés. L’ouvrage de Brachet, publié en 1921 à la librairie Masson, est uniquement consacré aux Vertébrés. Il était temps que les savants, les étudiants et le public de langue française disposent d’un guide sùr-, au- courant des travaux récents, relatif à l’embryologie comparée des Invertébrés qai a suscité tant de recherches et de théories.
- En effet, au moment de la vogue du transformisme et des théories de l’évolution,, on avait cru trouver dans le développement des êtres inférieurs les arguments les plus solides et les plus probants pour juger de leur place dans la classification et expliquer leurs affinités, en vertu du fameux principe que l’ontogénie reproduit la phylogénie. Si la masse des recherches provoquées par cette hypothèse n’a pas abouti à confirmer cette idée dans les détails, elles n’en ont pas moins fait progresser considérablement notre connaissance des animaux inférieurs.
- L’auteur, ancien professeur à l’Université de Perm, actuellement réfugié en France, a repris et développé un manuel publié par lui en russe qui avait eu un très grand succès et, sans se perdre dans des théories aléatoires, il s'est contenté d’exposer simplement, clairement tout ce qu’on sait des phénomènes de développement, de métamorphoses, de reproduction asexuée pour
- chacun des groupes d’invertébrés. Un grand nombre de figures illustrent et complètent le texte; de nombreux index bibliographiques renvoient aux travaux originaux. Son œuvre est un guide magistral pour les étudiants, les chercheurs et aussi pour tous ceux qu’intéresse la discussion des théories évolutionnistes.
- Traité de physiologie normale et pathologique en onze volumes, publié sous la direction de|G.-H. Roger. Secrétaire général : Léon Binet. Masson et Cie, éditeurs, Paris?
- Tome III. Physiologie du foie et de l'appareil urinaire, par M. Chiray, L. Cuénot, Ch. Dubois, J. Pavel,” F. Rathery, G.-H. Roger. 1 vol. in-8, 756 p., 81 fig., 1928. Prix : broché, 70 fr. ; relié fers spéciaux, 85 francs.
- Tome IV. Les sécrétions internes, par J.-E. Abelous, R. Argaud, M. Garnier, J.-J. Gournay, E. Hédon, R. Huguenin, P.-M Lai-gnel-Lavastine, J. Parisot, G. Richard, G. Roussy, L.-C. Soula, A. Tournade, R.-A. Turpin. 1 vol. in-8, 586 p., 125 fig., 1928. Prix : broché, 65 fr. ; relié fers spéciaux, 80 francs.
- Au moment de la publication des deux premiers volumes de ce traité (tomes VII et XI), La Nature a fait connaître sa valeur et son intérêt (n° 2 760, 1er mai 1927, p. 427). C’est l’œuvre collective des physiologistes français et une admirable mise au point de 1 ensemble de nos connaissances dans un domaine qui intéresse tout autant la science pure que ses applications à la médecine et à la chirurgie.
- La publication de ce vaste traité se continue régulièrement et voici deux nouveaux tomes consacrés aux sécrétions et excrétions dont l’étude se poursuit activement partout et dont nombre de faits nouveaux renouvelle ou étende l’importance.
- Le tome III traite de la physiologie du foie et de l’appareil urinaire. M. Roger, doyen de la Faculté de Médecine, y consacre 250 pages à 1 étude du foie, de sa constitution, de sa circulation, de la sécrétion biliaire, des transformations du glycogène, des multiples fonctions du foie, de sa régénération et de sa physiologie pathologique. Sur ce chapitre ouvert par Claude Bernard, les données les plus diverses se sont accumulées dont on trouve ici une remarquable synthèse. MM. Chiray et Pavel étudient le rôle et le fonctionnement de la vésicule biliaire et des voies biliaires extra-hépatiques, sans oublier les épreuves de cette excrétion si utiles pour la clinique. M. Cuénot, professeur à la k acuité des Sciences de Nancy, passe en revue les « foies » des Invertébrés et l’excrétion dans la série animale. M. Rathery consacre 350 pages aux reins, à la formation et à l’excrétion de l’urine, aux troubles qu’elles subissent dans les états pathologiques. Enfin, M. Dubois situe les questions encore peu connues relatives à la prostate.
- Le tome IV traite de l’immense question des sécrétions internes si diverses, si importantes pour le développement des jeunes et l’équilibre des adultes. M. Abelous débute par un exposé général des associations des’ glandes endocrines et des corrélations physiologiques qu’elles révèlent. Puis M. Hédon étudie la sécrétion interne du pancréas, MM. Abelous, Argaud et Soula la rate, MM. Parisot et Richard le thymus, MM. Garnier et Huguenin la glande thyroïde, MM. Garnier et Turpin les parathyroïdes, M. Laignel-Lavastine la glande pinéale, MM. Roussy et Gournay, l’hypophyse et la région infundibulo-tubérienne, M. Tournade les surrénales. Ainsi se trouvent passés en revue tous les problèmes si complexes posés par les sécrétions sanguines ou internes, révélés pour la plupart en ces dernières années après avoir été aperçus par Claude Bernard et Brown-Séquard.
- La médecine préventive usuelle, par le Dr Georges Schreiber. 1 vol. in-8, 384 p. Masson et Cie, Paris, 1928. Prix : 30 francs.
- Mieux vaut prévenir que guérir. Peu à peu, s’organise partout une grande œuvre qui tend non plus à soulager les malades, mais à maintenir la population tout entière en santé. Des croisades ont déjà été entreprises dans ce sens, pour les mères, les enfants, contre la tuberculose, etc. ; elles ont donné d’heureux résultats. Le médecin doit nécessairement participer à ce mouvement, qui tend à modifier son rôle. L’auteur fait partie du groupe ardent qui oriente, guide, crée la prophylaxie sociale. Il montre ici avec beaucoup de sagesse ce que doit faire le praticien. Age par âge, de la naissance à la mort, il énumère tout ce qu’on peut, tout ce qu’on doit faire pour conserver la santé, diminuer les chances de maladie, dépister celle-ci dès son origine, éviter son aggravation et la contamination. Ce livre est à la fois un manuel de santé parfaite et un guide complet de tous les moyens de recherche et de défense dont on dispose actuellement.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ETHNOGRAPHIE
- Les Colonies françaises. — Leur population.
- Le Bulletin de la Statistique générale de la France publie Les chiffres en sont établis d’après les résultats provi-
- un tableau de la population des Colonies françaises, des pro- soires des recensements officiels,
- tectorats et pays sous mandats. Nous extrayons du tableau les chiffres suivants :
- MILLIERS MILLIERS
- d’indigènes d’habitants
- EUROPÉENS ET ASSIMILÉS Sujets Par
- OU kilo-
- Dont Au protégés Au mètre
- COLONIES ( .Total. français. total. français. total. carre.
- 1 Saint-Pierre et Miquelon .... 4.030 3.750 î) )) i 17
- 1 Guadeloupe 243.243 243.243 )) )> 243 137
- i ] Martinique •Vieilles colonies . . / J 227.702 226.927 J) )) 228 231
- ) Guyane 27.680 27.680 20 8 47 0,5
- I Réunion 180.694 180.694 6 4 187 75
- \ Etablissements français de l’Inde. 1.316 1.034 272 223 273 532
- Totaux 684.665 6833 28 298 235 982 10,2
- ( Algérie 870.583 694.865 » 5.196 5.158 6.066 2,7
- Afrique du Nord . . ) "Tunisie 173.281 71.020 2 1.986 1.965 2.159 17,2
- ( Maroc. 104.712 74.558 3 4.124 4.124 4.229 10,1
- Totaux 1.148.570 840.443 11.306 11.247 12.454 4,5
- . r . . , , i £ Afrique occidentale française . . Afrique occidentale. ; rr. < . ,, 1 ( logo (mandat) 15.399 375 11.099 284 13.526 742 13.497 740 13.542 742 3,6 14,3
- Totaux 15.774 11.383 14.268 14.237 14.284 3,8
- , „ . , . , ( Afrique équatoriale française . . Afrique équatoriale. ] ^ 1 u ( Cameroun /mandat) 2.466 1.570 2.077 1.233 3.128 1 .877 3.128 1.877 3.131 1.879 1.3 4.4
- Totaux 4.036 3.310 5.005 5.005 5.010 1,9
- Madagascar et dépéndanccs 29.399 18.040 3.592 3.584 3.622 5,9
- Côte des Somalis 546 328 85 85 86 3,9
- Indochine française 24.282 4 23.164 20.673 20.052 20.697 28
- Syrie et Liban. 36.364 15.744 2.155 5 2.059 2.191 11
- Nouvelle Calédonie et dépendances 16.897 14.6696 35 35 52 2,8
- Etablissements d’Océanie 5.150 2.650 31 30 36 9
- Nouvelles Hébrides (condominium) 1.055 733 59 59 60 5
- Total général . 1.966.744 1.613.792 57.507 56.628 59.474 5,4
- 1. Dont 37 224 Européens de nationalité non indiquée dans la population comptée à part.
- 2. Non compris l’armée (approximativement 10 000 Européens).
- 3. — — ( — 39 500 Européens).
- 4. Y compris les métis européens; non compris les militaires stationnés au Tonkin.
- 5. Y compris 96 000 émigrés (Arméniens en majorité).
- 6. Dont 536 marins de nationalité non indiquée, embarqués sur les bateaux dans les ports.
- MÉDECINE
- La lutte contre la lèpre.
- Il y a dans le monde environ trois millions de lépreux. De ce nombre, 7 754 sont recueillis, soignés et hospitalisés dans 67 léproseries catholiques.
- Dans l’Inde, une société de catholiques de l’Archidiocèse de Yérapoly s’est spécialisée, depuis quelques années, dans l’exploitation et la préparation du plus efficace remède contre la lèpre : l’huile de chaulmoogra extraite de YHydnocarpus Wightiana. Le service pharmaceutique de cette société vient de proposer à toutes les missions catholiques du monde de leur céder cette huile à moitié prix.
- Cette offre est considérée comme fort importante, car le
- remède en question qui est le plus puissant que l’on connaisse pour cette effroyable maladie ne pouvait guère être jusqu’ici, en raison de sa rareté et de son prix trop élevé, utilisé que dans un petit nombre de cas.
- OCÉANOGRAPHIE
- La plus grande profondeur des mers.
- Le Journal de la Marine marchande signale qu’un radio-télégramme envoyé par le croiseur Emden annonce qu’au cours de sondages effectués entre Macassar (Iles Célèbres) et Nagasaki, ce navire a relevé une profondeur de 10 430 mètres.
- Ce serait la plus grande profondeur de mer connue.
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- PHYSIQUE
- Le radium peut servir à souder les pièces métalliques.
- Depuis longtemps déjà, on pratique dans l’industrie l’examen interne des pièces métalliques issues de fonderie ou des lingots après coulée au moyen des rayons X. On peut ainsi déceler des défauts internes qui passeraient inaperçus et qui compromettraient la résistance en service de la pièce usinée. Mais cet examen exige des installations coûteuses, ainsi que des manipulations longues et délicates. L’Institut du Radium de Leningrad vient de proposer, dans le même but, une méthode différente, à savoir de recourir, au lieu des rayons X ordinaires, aux rayons y du radium. Ces rayons ne sont eux-mêmes que des rayons X, mais beaucoup plus pénétrants que tous ceux que l’on peut produire actuellement, même avec les appareils les plus puissants. Ils peuvent traverser des pièces de fer ou de fonte de 4 m 50 d’épaisseur. L’examen par les rayons y est beaucoup plus économique que celui fait avec les rayons X usuels, car le radium dure indéfiniment ; il est d’un maniement plus facile que les ampoules à rayons X à haute tension; d’autre part on évite la lourde dépense de plaques photographiques de grandes dimensions : car les. rayons y, après passage à travers le métal, peuvent être détectés et mesurés simplement au moyen d’un électroscope spécial qui, au surplus, peut être muni d’un dispositif enregistreur.
- Le radium est enfermé dans une ampoule en verre, insérée dans un mince et profond canal à l’intérieur d’un fort lingot de plomb. Seuls peuvent passer les rayons qui se propagent dans la direction de l’axe du canal, les autres sont arrêtés. Le faisceau traverse la pièce à examiner et au sortir de celle-ci vient frapper deux filaments chargés électriquement et enfermés dans une cage en cuivre. Tant qu’aucun rayon ne pénètre à travers cette cage, l’air à l’intérieur de celle-ci joue le rôle d’un isolant. Mais lorsque des rayons y parviennent à l’intérieur de la cage, l’air est ionisé et un courant s’établit entre les filaments et la paroi métallique de la cage; on le mesure au moyen d’un galvanomètre et l’on a par là même une mesure de l’absorption des rayons y dans la pièce soumise à l’examen. Les irrégularités dans l’absorption révéleront les défauts internes.
- ÉCONOMIE DOMESTIQUE La préservation des lainages et fourrures contre les mites.
- Les mites sont de redoutables destructeurs des fourrures et des lainages. Il existe divers procédés pour les combattre, mais les uns et les autres n’ont qu’une efficacité momentanée, et le traitement doit être recommencé périodiquement si l’on veut avoir une entière sécurité.
- Après des études méthodiques entreprises au Mellon Ins-titute of Industrial Research, de Pittsburgh, deux chercheurs américains, M. Lloyd. E. Jackson et Mme H. E. Wassel, ont découvert une arme nouvelle pour lutter contre les dangereux parasites de nos vêtements, arme qui a la propriété remarquable de conférer aux produits traités une protection de longue durée.
- M. Lemaire, dans le Génie Civil, donne un exposé très complet des intéressantes recherches des deux savants.
- Retenons-en ce qui suit . les produits spécifiquement actifs à utiliser contre les mites sont les alcaloïdes des quinquinas. Ce sont d’excellents insectifuges. De plus on peut les utiliser sous une forme telle qu’ils adhèrent au lainage ou à la fourrure; ils les préservent sans en altérer.les propriétés. Ils ne répandent aucune odeur et ne sont pas toxiques pour^l’homme.
- Les alcaloïdes des quinquinas sont des substances appartenant toutes à une même famille chimique. On les trouve tout formés dans l’écorce des diverses espèces de quinquinas (Cinchonées), arbres ou arbustes originaires du Pérou et de Bolivie ; et aussi d’autres plantes de la famille des Rubiacées. Ils appartiennent au groupe de la quinoléine.
- Ceux de ces alcaloïdes qui ont actuellement le plus d’emploi sont la quinine et la cinchonine, bien connus pour leurs propriétés fébrifuges et antipyrétiques. Les plus abondants sont ensuite la quinidine, et la cinchonidine. On connaît actuellement 24 de ces alcaloïdes.
- On a constaté immédiatement que les sels des alcaloïdes de quinquina jouissaient de propriétés insectifuges énergiques, à peu près équivalentes pour les divers alcaloïdes. Les échantillons de lainages traités avec une solution alcoolique de sulfate de quinidine ont résisté plus de 4 ans à l’attaque des mites, dans les conditions les plus favorables à cette attaque ; ils sont encore en observation.
- Restait à déterminer un mode d’emploi pratique de ces produits. M. Jackson s’est posé le problème de la façon suivante : réaliser un produit qui puisse s’incorporer aux essences de dégraissage, de telle façon que le vêtement ou la fourrure, après le traitement usuel par le teinturier-dégrais-seur soit rendu inattaquable aux mites au moyen de l’alcaloïde qui restera adhérent aux fibres, ou bien dissoudre l’alcaloïde dans un solvant susceptible d’être employé par pulvérisation sans danger d’incendie.
- Ils ont arrêté leur choix sur les sels de quinidine, en raison de leur prix relativement abordable et parce qu’ils ne colorent pas les fibres animales.
- Comme solvant, M. Lloyd E. Jackson préconise une essence de pétrole, plus lourde que celle que les dégraisseurs emploient en général (essence légère d’automobile). Elle doit distiller entre 138° et 204°, et son point d’inflammation ne doit pas être inférieure à 40°. Dans ces conditions l’essence reste assez volatile pour se séparer assez aisément des tissus par exposition à l’air; en même temps, lés dangers d’inflammation ou d’explosion au cours du traitement sont réduits.
- Le solvant doit encore remplir d’autres conditions : être exempt d’eau, avoir une faible teneur en hydrocarbures non saturés, être neutre, d’une odeur agréable et ne pas contenir d’hydrocarbures aromatiques, tels que benzène, toluène, xylène qui provoqueraient des émulsions gênantes.
- La découverte de M. Jackson et Mme Wassel aura certainement d’importantes conséquences et en particulier aura sans aucun doute une répercussion profonde sur la culture et l’exploitation des arbres à quinquina.
- INDUSTRIE MINIÈRE
- La production minière du Congo belge.
- Le Congo belge a pris rapidement une place considérable parmi les producteurs miniers. Il a, en 1927, produit 88 000 tonnes de cuivre, ce qui le place au 3° rang parmi les producteurs de cuivre du monde. Il tient le premier rang pour l’extraction des minerais de cobalt et de radium ; le traitement de ces minerais a lieu en Belgique, à Hoboken près d’Anvers ; c’est là qu’est préparée aujourd’hui la quasi totalité du radium mis sur le marché mondial (25 gr environ). Le Congo tient le 8e rang dans la production des diamant après l’Afrique du Sud; ses mines du Kasaï ont, en 1927, fourni 1 100 000 carats.
- Enfin, la production de l’or et celle de l’étain vont en croissant : 4000 kg pour le premier, 710 tonnes pour le second en 1927.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Avionnette Peyret-Nessler de 12 chevaux.
- Au début de cette année, une avionnette tout à fait intéressante a fait son apparition sur nos aérodromes. Construite par Louis Peyret suivant les idées de M.Nessler, munie d’un moteur de 12 ch. au régime nominal, elle présente cependant un excédent de puissance remarquable, puisqu’une puissance de 5,5 ch lui permet de garder son altitude.
- Il convient de souligner que les puissances indiquées pour les moteurs d’avions sont des puissances efficaces, pouvant être recueillies sur l’arbre, au régime nominal du moteur. Les puissances caractérisant les moteurs d’automobiles et de motocyclettes n’ont qu’un intérêt fiscal : un moteur d’automobile qualifié 10 ch peut développer 30 à 50 ch et même plus ! Le moteur Salmson AD 3. équipant l’avionnette Pey-ret-Nessler, développe ainsi 7,5 ch à 1500 tours/minute, 12 ch à 1800 t/min. (régime d’utilisation), 16 ch à 200 t/min. Ce moteur à trois cylindres en étoile à refroidissement par l’air est une réduction du moteur de 40 ch à 9 cylindres bien connu. Le moteur de 12 ch pèse tout équipé 34 kg et consomme 240 gr d’essence et 10 gr d’huile au cheval/heure.
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- L’aileron de Vavionnette Peyret-Nessler.
- L’appareil Peyret-Nessler est un monoplan parasol. Le plan, placé loin du fuselage et de l’hélice, est en trois parties : une partie centrale, fixée à une cabane trapézoïdale, revêtue de « rhodoid » transparent; le champ de vision du pilote est ainsi très augmenté vers le haut.
- Deux parties latérales encastrées dans des ferrures de la partie centrale, et soutenue de chaque côté par une paire de mâts obliques en V. (Le flambage de ces mâts obliques est évité par la présence de deux poinçons légers.)
- Les ailerons sont à double articulation, ce qui leur donne une très grande efficacité, même aux faibles vitesses. L’aile est en bois, à longerons, caisson et nervures, portant un recouvrement de toile.
- Le fuselage est constitué de cloisons transversales légères, portant 4 longerons longitudinaux ; le recouvrement est en okoumé de 1 mm d’épaisseur. Le poste du pilote et du passager peut être en partie masqué pendant le vol par une toile élastique agrafée de manière à réduire au maximum la résistance à l’avancement.
- Le train d’atterrissage, en tubes d’acier, est haubané dans
- le sens longitudinal par des cordes à piano. Il a une voie de 1,20 met porte des roues très légères (1 kg 350) de 500X^0, à jantes bois et boyaux.
- Les caractéristiques de l’appareil sont les suivantes :
- Envergure.......................... 10.50 m.
- Longueur........................... 6 m.
- Surface portante................... 20 me.
- Poids à vide......................... 142 kgs
- Charge utile maxima.................. 135 kgs
- Vitesse maxima........................ 95 km/h.
- — minima............................ 40 km/h.
- Plafond théorique avec passager . . . 2500 m.
- Monoplan américain « Cessna ».
- La formule américaine d’avion de transport de puissance moyenne du type « traversée de l’Atlantique » vient de donner un nouvel appareil de transport, le Cessna, utilisant un moteur de 120 à 200 ch. Cet avion est un monoplan dont l’aile en porte à faux est fixée à la partie supérieure du fuselage. La voilure trapézoïdale est construite entièrement en bois, longerons, caissons, haubanage rigide en spruce, recouvrement en toile, bord d’attaque en contreplaqué. Le fuselage est entièrement en acier soudé à l’autogène suivant les dernières recherches américaines sur ce type de constructions. L’acier utilisé est un acier spécial au chrome molybdène. Le poste de pilotage a deux places côte à côte et situées sous la partie avant de l’aile est aménagé en conduite intérieure. La cabine pour deux passagers et la soute à bagages sont situées sous l’aile immédiatement derrière le pilote. Une originalité de l’appareil réside dans le train d’atterrissage : celui-ci sans essieu est formé, pour chaque roue, d’un V articulé à la base du fuselage ; un mât travaillant en traction va s’accrocher, sous le plancher de l’appareil, à un amortisseur à sandow placé à l’intérieur du fuselage. Cet amortisseur travaille pour les deux roues. L’avantage de ce dispositif est d’abriter parfaitement l’amortisseur et de diminuer la traînée. La béquille est fixée au gouvernail de direction, ce qui permet une manœuvre au sol facile et sans danger pour le fuselage.
- Les caractéristiques de l’appareil sont les suivantes ; Surface portante. ... 20 mètres carrés 6
- Envergure............... 12 — 36
- Poids vide............. 566 kilos
- Charge payante .... 250 —
- Les performances sont :
- Avec le moteur Anzani 120 ch : vitesse maximum 195 kilomètres heure, vitesse commerciale 161 kilomètres heure, vitesse minimum 72 kilomètres heure.
- Avec le moteur Wright 200 ch : vitesse maximum 240 kilomètres heure, vitesse commerciale 200 kilomètres heure.
- Nouvelle application de Vaile à fente.
- Une avionnette Moth, moteur Cirrus 80 ch, effectue actuellement en Europe un voyage de démonstration ; cet appareil est muni du dispositif d’aile à fente automatique Handley-Page qui lui confère une sécurité absolue, puisque l’aile rattrape automatiquement toute mise en perte de vitesse. Des vols de plusieurs minutes ont pu être réalisés en France, sans agir sur les commandes par vent très violent. Remarquons qu’un dispositif écartant tout danger de perte de vitesse doit augmenter sérieusement le succès de l’aviation privée, puisqu’il permet à l’appareil de pardonner la faute de pilotage et d’atterrir à faible vitesse, donc en terrain exigu.
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- PETITES INVENTIONS
- OPTIQUE
- Appareil épiscopique Universal.
- Les appareils épiscopiques où l’image fortement éclairée d’un objet quelconque ou d’un dessin, gravure, document imprimé sur une page de livre, cuve à expérience, etc., est projetée considérablement agrandie sur un écran, sont employés depuis quelques années dans l’enseignement et dans l’industrie où ils rendent les plus grands services.
- Jusqu’ici ces appareils nécessitaient l’emploi d’une puissance lumineuse considérable absorbant de 1500 à 2000 W. pour obtenir un rendement satisfaisant, et la chaleur dégagée était telle qu’après quelques minutes de fonctionnement, non seulement il était impossible de toucher à la lanterne sous risque de se brûler, mais encore les objets en projection étaient très rapidement noircis et détériorés.
- Après de patientes recherches sur les combinaisons optiques et le rendement des sources lumineuses employées, les établissements Laval viennent de mettre au point un nouvel appareil qui permet une projection, comparable à celle des diapositives, bien que les lampes employées absorbent seulement 500 Watts environ.
- Cette lanterne « Universal » diffère des autres appareils de ce genre par les points suivants :
- 1. Suppression des condensateurs en demi-boule qui sont remplacés par 3 miroirs de courbure spéciale permettant d’obtenir une concentration des rayons lumineux en trois zones se superposant et donnant un maximum d’éclairement ;
- 2. Utilisation de 3 lampes de 32 Volts 5 Amp. à point lumineux optique très réduit convenant particulièrement à la concentration du flux par miroir. Les lampes présentent de plus l’avantage de donner une lumière beaucoup plus blanche que les lampes de 110 Volts et, à cause de leur faible puissance unitaire, de réaliser un échauffement négligeable diminué encore par l’aération très forte de chaque foyer lumineux.
- 3. Emploi d’un objectif spécial à grande ouverture de 80 mm. de diamètre et d’un miroir de Foucault pour le redressement de l’image.
- D’autres détails de l’appareil rendent son emploi très pratique.
- Ainsi le plateau porte-objet est horizontal et permet ainsi de projeter tous corps opaques, livres, ou gravures posés sur lui.
- Une des particularités principales de cet appareil est la facilité" d’opérer la projection épiscopique (vues sur verre transparentes) sans arrêt ni discontinuité, tout en donnant aux deux projections une luminosité équivalente.
- Un dispositif passe-vue sur film Pathéorama ou Stop Film complète heureusement l’appareil et le rend ainsi absolument universel.
- Constructeur : Etablissements E. Laval, 10, et 10 bis, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris Xe.
- MÉCANIQUE
- L’épurateur filtre d’huile G. J.
- Les huiles de graissage sont aujourd’hui d’un prix très élevé; leur consommation s’est prodigieusement accrue avec le développement des moteurs et des machines-outils. D’importation étrangère pour la majeure partie, elles constituent un poste important au passif du bilan de nos échanges extérieurs. Il importe donc de les économiser, l’intérêt individue
- coïncidant ici avec l’intérêt national. Mais ce serait une économie désastreuse que de vouloir, soit utiliser des huiles de qualité inférieure, soit réduire le grsffssage.
- L’économie ne peut donc porter que sur le réemploi des huiles usagées.
- L’huile, en effet, qui sert à lubrifier les pièces en mouvement des machines, ne s’use que relativement peu; par contre, après un certain temps d’usage, elle est souillée d’impuretés qui lui enlèvent ses qualités et il faut la remplacer par de l’huile neuve.
- Que faire de l’huile usagée ?
- Dans les ateliers de mécanique, on a depuis longtemps l'habitude de récupérer et de remettre en état l’huile provenant des transmissions et des machines-outils ; mais les impuretés qu’elle contient sont dans ce cas assez facilement éliminables par décantation et filtrage.
- Le cas le plus fréquent aujourd’hui est celui du moteur ; ici l’huile se charge de résidus de la combustion, particules extrêmement fines et difficiles à séparer du liquide, elle contient aussi de l’eau de condensation. Pendant longtemps on a considéré comme impraticable la régénération d’une huile souillée de la sorte et les industriels se contentaient de vendre leurs huiles usagées à d’autres industriels qui en faisaient des huiles inférieures ; ou bien on les employait comme combustibles.
- Aujourd’hui différentes méthodes se sont fait jour qui permettent de régénérer l’huile et de lui restituer la plus grande partie, sinon la totalité de ses qualités originelles. Nous pouvons citer en premier lieu les centrifugeuses à grande vitesse ; des épurateurs de ce genre sont montés souvent sur les automobiles ; les hypercentrifugeuses Sharpless sont utilisées dans de nombreux ateliers.
- Un autre moyen qui, à première vue, paraît beaucoup plus simple est le filtrage. On peut se demander pourquoi il n’a
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- pas été adopté d’une façon générale, alors que la centrifugation comporte un mécanisme qui exige la perfection dans la construction. C’est que le problème de la filtration est beau-
- Rèservoir d'hui/e impure
- Filtre
- Décanteur
- Fig. 2. — Coupe de Vépurateur filtre d’huile G. J.
- coup plus délicat à résoudre qu’on ne se l’imagine au premier abord. Si l’on veut filtrer de l’huile impure sur un filtre qui retienne toutes les impuretés, celui-ci est très rapidement engorgé de particules extrêmement adhérentes; il faut procéder fréquemment à des nettoyages difficiles, lents et coûteux. On ne gagnerait rien du reste à filtrer sous pression; le colmatage qui s’effectuerait dans la profondeur des matières filtrantes n’en serait que plus tenace.
- M. Jodelet, qui a réussi à établir un appareil d’épuration statique satisfaisant, a dû au préalable chercher à éviter cette difficulté.
- Pour y réussir, il a estimé qu’il fallait, avant de procéder au filtrage, débarrasser l’huile de la presque totalité de ses impuretés solides ainsi que de l’eau de condensation qu’elle peut contenir. L’épuration comporte donc deux stades : une décantation rationnelle, puis un filtrage finisseur. D’où le nom donné à son appareil : épurateur-filtre.
- La décantation doit être faite de telle sorte que le liquide sorte clarifié du décanteur : l’huile doit cheminer d’une façon lente et continue dans cet appareil pour arriver en fin de parcours au filtre; et ce trajet doit être aménagé de façon à assurer la séparation des boues et leur enlèvement automatique. Ces conditions sont remplies de la façon suivante.
- Le décanteur et le filtre sont placés dans un même récipient cylindrique, en tôle, surmonté d’un réservoir où l’on verse l’huile à épurer. De là, l’huile est amenée par gravité, au moyen du tuyau A, à la partie inférieure du décanteur-Celui-ci possède un fond conique et est garni de plusieurs cônes superposés, Bj B2 B5, percés d’un trou à leur sommet, et munis à leur base de 3 ouvertures ménagées pour l’écoule-
- .................:.............. =: 573 =
- ment des boues. Le tronc de cône B3 est surmonté d’un chapeau muni de deux petits tubes par où le liquide peut s’échapper. Il pénètre alors à travers la masse filtrante pressée entre 2 tôles perforées au moyen d’une vis de serrage.
- L’huile, mise en charge par le réservoir, monte dans le décanteur en traversant successivement les orifices supérieurs des cônes; les dépôts glissent sur chaque cône, s’échappent par les ouvertures ménagées à la base de celui-ci et descendent dans l’étage inférieur, puis finalement se rassemblent dans le fond conique, d’où on les extrait par le robinet E. L’huile épurée sort en E, au-dessus du filtre. La pression exercée sur la masse filtrante est réglable. On la fait varier, au moyen de la vis de serrage, suivant la viscosité de l’huile. Lorsque les huiles sont très visqueuses, il est nécessaire de chauffer l’appareil, ce qui peut se réaliser de bien des façons simples.
- Constructeur : G. Jodelet, 18 bis, avenue Philippe-Auguste, Paris.
- AUTOMOBILE
- Suspension des sièges pour automobiles.
- Pour améliorer la suspension des automobiles, on se sert d’amortisseurs qui agissent généralement avec un certain retard et n’évitent pas toujours que le châssis soit projeté en l’air, le rebondissement étant transmis aux passagers par l’intermédiaire des sièges. Ceux-ci munis de ressorts non freinés n’atténuent pas beaucoup l’effet du rebondissement. Le poids des voyageurs est d’ailleurs supporté par le siège, très peu par le dossier, surtout si celui-ci est incliné, de sorte que le passager a l’impression, lorsqu’on marche sur une route en très mauvais état, de recevoir de grands coups dans le dos, notamment sur les sièges arrière. Aussi lorsqu’on arrive devant une grande dénivellation, on s’incline un peu vers Pavant pour quitter le contact du dossier et éviter le coup de raquette.
- Un inventeur a eu l’idée de suspendre rationnellement le siège, qui est alors indépendant de la carrosserie et qui est relié élastiquement avec le châssis ou le plancher du véhicule. Le dossier suit les mêmes mouvements que le siège au grand bénéfice du confort. Les points fixes sont à l’avant du siège et le système de suspension peut être naturellement quelconque. Le plus simple est constitué par exemple par des ressorts à lames, mais on peut prévoir un ressort transversal, des plaques en caoutchouc à l’arrière, d’autres dispositifs.
- Ces ressorts à leur tour peuvent être munis d’amortisseurs spéciaux pour freiner le rebondissement.
- Il y a là une amélioration évidente à l’installation des sièges des voitures automobiles, d’autant plus intéressante que les vitesses atteintes sont de plus en plus élevées.
- E. Porte, Ain M’Lila. Département de Constantine (Algérie).
- Fig. 3. — Schéma du système de suspension des sièges pour automobiles.
- Ressort è lames
- Plancher
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- La photographie aérienne. Un précurseur.
- Nous avons reçu de M. R. Batut, à Enlaure (Tarn), la lettre suivante rappelant à juste titre les travaux de son père.
- « J’ai lu avec beaucoup d’intérêt dans le n° 2785 de la Nature sous la signature de M. André Carlier, l’article sur la Photographie aérienne.
- L’auteur permettra-t-il à un modeste ingénieur agronome (il veut bien citer les ingénieurs agronomes comme des plus intéressés à la levée des plans par vues aériennes) de lui signaler une petite lacune historique.
- Il est parfaitement exact que le Colonel Laussedat a été le premier dès 1845 à préconiser l’emploi de la photographie pour la levée des plans, mais il lui manquait l’engin nécessaire pour s’élever dans l’atmosphère : le ballon libre seul connu alors était d’un emploi peu courant et fort aléatoire bien que M. Gaston Tissandier ait pu obtenir en 1886 une vue en ballon de l’Ile Saint-Louis à Paris.
- Une première communication parue dans le n° 795 du 25 août 1888 de la Nature, page 206, signalait les travaux entrepris par
- M. Arthur Batut, à Enlaure par Labruguière (Tarn), en vue de l’application du cerf-volant à la photographie aérienne.
- Dans le n° 826 du 25 mars 1889, page 257, M. Gaston Tissandier publiait un article très élogieux sur les résultats obtenus par M. Batut en photographie aérienne avec fac-similé d’une vue en plan de la ferme d’Enlaure prise à 127 m d’altitude.
- Enfin, M. A. Batut publiait en 1890, chez MM. Gauthiers-Villars et Fils, éditeurs à Paris, une brochure aujourd’hui introuvable où son procédé était minutieusement décrit avec une photographie du Tillage de Labruguière.
- Je ne voudrais pas terminer cette lettre déjà trop longue sans vous signaler la correspondance du Colonel Laussedat avec M. A. Batut au sujet de l’application de la photographie aérienne à la levée de plans ainsi que les travaux de M. Emile Wenz, industriel à Reims, qui s’est également beaucoup occupé de la photographie par cerf-volant.
- Sans diminuer en rien le mérite du Colonel Sacconey dont j’ai pu admirer le matériel pendant la guerre 1914-1918, matériel différent de celui dont se servait mon père, je crois vous avoir prouvé qu’il n’est pas le premier à avoir réalisé la photographie aérienne, mais que cette invention est bien française. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Pourquoi la peinture des autos se ternit-elle si vite ?
- Les carrosseries d’automobiles sont pour la plupart recouvertes aujourd’hui de vernis cellulosiques qui n’ont pas de plus grand ennemi que le sable très fin qui constitue essentiellement la poussière des routes.
- Avant tout, il faut éviter de frotter cette poussière sur le vernis, soit à sec, soit délayée dans l’eau; le mieux, si on possède un aspirateur, est de faire effectuer à cet appareil le premier nettoyage ; à défaut de celui-ci, on fera couler l’eau lentement sur la paro en plaçant l’éponge à la partie supérieure, mais on devra éviter toute projection d’eau, ce qui reviendrait, après délayage de la poussière, à frotter le vernis avec une eau siliceuse qui détruit rapidement le poli.
- Après le lavage opéré dans ces conditions, essuyer à la peau de chamois et passer en dernier une flanelle très légèrement vaselinée. M. Prax a Peyriag (Aude).
- Préparons nous-mêmes une bonne poudre à récurer.
- Parmi les produits d’entretien, que le commerce met aujourd’hui, en abondance, à la disposition des ménagères, les poudres à polir sont très employées pour l’astiquage de tous les objets de cuisine. Presque toujours ces articles se composent essentiellement de savon et d’un abrasif plus ou moins énergique; on peut, pour une dépense minime, préparer un produit équivalent en prenant :
- Savon de Marseille....................... 200 grammes
- Tripoli.................................. 200 —
- Alun pulvérisé............................ 10 —
- Le savon réduit en copeaux est d’abord desséché à l’étuve ou en le plaçant à l’entrée d’un four de cuisinière, puis on le pulvérise et le mélange intimement au tripoli et à l’alun.
- Pour l’emploi, on met de la poudre dans une soucoupe et on en prend un peu au moyen d’un tampon imprégné d’eau; un léger frottement sur l’objet à nettoyer donne très rapidement le brillant désiré.
- N. B. Suivant le fini plus ou moins parfait que l’on désire, on emploiera comme abrasifs des produits durs ou tendres, gros ou fins, tels qu’émeri, terre d’infusoires, potée d’étain, etc., ce qui permettra de faire des préparations pour objets grossiers ou délicats à volonté. M. Degals a Puyoo.
- Sachons affûter nos scies.
- Dans une lame de scie en travail, la pointe des dents ne fait que tracer le sillon qui doit guider la lame, c’est par le flanc des dents taillé en biseau que se fait en réalité l’enlèvement des parcelles de bois qui vont constituer la sciure.
- Pour que cette dernière action puisse se produire facilement, il faut que les dents sortent du plan de la lame, c’est ce que l’on obtient en donnant de la « voie », c’est-à-dire en écartant successivement de ce plan, par alternances, les dents de la scie, de manière que l’on ait par exemple à gauche les dents paires et à droite les impaires.
- Cette opération se pratique avec un outil spécial à encoche, mais on peut se servir plus simplement d’une clef de serrure à panneton fendu ou d’un grugeoir de peintre.
- Quant à la façon dont s’affûtent les dents, le simple examen d’une lame à dents un peu fortes (scie à bûches) permet de se rendre facilement compte de la taille qui se fait avec la lime triangulaire, appelée tiers-point, que l’on ne tient pas perpendi culaire à la lame, mais inclinée à 45° par rapport à celle-ci.
- On commence par affûter une dent sur deux en inclinant par exemple le tiers-point à droite, ce qui constitue la première passe, puis lorsqu’on est arrivé à l’extrémité on revient au point de départ et on reprend les dents laissées à la première passe mais en inclinant le tiers-point à gauche, ce qui donnera la deuxième passe.
- Pour la facilité de l'opération d’affûtage on maintient la lame dans un petit étau, ou bien on se sert d’un morceau de bois fendu par un trait de scie sur une partie de son épaisseur, morceau solidement fixé sur l’établi par le valet. La lame étant placée dans l’entaille, un petit coin de bois l’empêche de bouger pendant l’affûtage.
- Une fois celui-ci effectué, on donne de la voie, comme nous l’avons indiqué précédemment, voie qui doit être plus ou moins accentuée suivant la grandeur des dents et la nature du bois.
- M. Duval a Vesoul.
- Pourquoi il nfest pas nécessaire de moucher les bougies.
- A l’époque lointaine où on ne se servait encore que de chandelles, il était indispensable d’avoir toujours à portée de la main une paire de ciseaux appelés « mouchettes » portant sur les branches les éléments d’une petite boîte métallique dans laquelle s’enfermait
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- automatiquement le bout de mècbe fumeux qu’il fallait de temps à autre sectionner, si on voulait avoir un éclairage à peu près convenable.
- L’adoption des bougies stéariques a amené l’emploi de mèches tressées en coton qui, se recourbant sous l’influence de la chaleur, venaient se consumer dans la partie extérieure de la flamme, la plus riche en oxygène, donnant ainsi beaucoup moins de fumée; mais c’est seulement à partir de 1836 qu’un réel et définitif progrès fut réalisé par l’application du procédé De Milly qui cons-sistait à rendre fusibles les cendres de la mèche en trempant préalablement celle-ci dans une solution d’acide borique.
- Ladite solution, encore en usage aujourd’hui, est composée de :
- Acide borique ........................' 15 grammes
- Sulfate d’ammoniaque.................. 12 —
- Eau ordinaire......................... 1000 —
- Après immersion pendant quelques heures dans le liquide, les mèches de coton tressé sont essorées et séchées à l’étuve, puis mises en place au centre du moule, avant coulée de l’acide stéarique. M. Deshayes au Mans.
- Une bonne formule d’encre pour stylos.
- Prendre :
- Bleu de méthylène........................ 5 grammes
- Alun pulvérisé........................... 5 —
- Eau distillée....................... 500 —
- Alcool à 95°.......................... 20 cent, cubes
- Faire dissoudre le bleu dans l’alcool, par digestion prolongée, l’alun dans l’eau chaude; ensuite mélanger et ajouter :
- Glycérine neutre...................... 25 cent, cubes
- Agiter à nouveau, filtrer soigneusement pour éviter la présence de toute matière solide.
- Tenir également le flacon de réserve bien bouché afin de mettre l’encre à l’abri de la poussière, précaution qui n’est pas toujours observée. M. Delaporte a Senlis.
- Comment raviver la couleur des étoffes usagées.
- Quelle que soit la nature de l’article à traiter, il faut commencer par le dépoussiérer à fond par battage et brossage ou, ce qui vaut encore mieux si on possède un aspirateur, en se servant de cet appareil devenu courant aujourd’hui.
- Ensuite on passe en bain tiède, de savon blanc de Marseille, préalablement dissous après l’avoir mis en copeaux, on « chiffonne » dans le liquide aussi longtemps que cela est nécessaire pour bien dégorger et rince à fond à l’eau pure. Enfin, suivant le cas, on ravive la couleur, par immersion dans un bain ammoniacal (20 à 30 cc. d’alcali volatil par litre) ou par « piquage » à l’acide acétique (75 cc. de bon vinaigre par litre).
- Terminer en rinçant à fond.
- N. B. Pour déterminer si l’ammoniaque ou l’acide acétique doivent intervenir, il suffit de faire un petit essai préalable sur un coin de l’étoffe avant de traiter l’ensemble.
- Ecole Normale de Valence et Cercle de i,a Méditerranée.
- Recollons nos films brisés.
- L’emploi des films dits « ininflammables » à base d’acétate de cellulose se répandant de plus en plus, il est utile de connaître le genre de colle qui convient le mieux à la réparation de ces films ; de suite on peut facilement prévoir que ce seront celles à l’acétyl-cellulose qui donneront le meilleur résultat; voici d’après De Keghel une bonne formule qui peut servir de base à la préparation :
- Acétate de cellulose .......................140 grammes
- Acétate de méthyle.......................... 620 —
- Acétone'.................................... 250 —
- On obtiendra une plus grande souplesse, mais avec dessiccation moins rapide par addition d’une trace d’huile de ricin en prenant par exemple :
- Acétate de cellulose.....................140 grammes
- Acétate de méthyle........................ 600 —
- Méthylacétone............................. 245 —
- Acétate de phényle......................... 10 —
- Huile de ricin.............................. 5 —
- —......... 1 ...... = 575 =====
- Laisser digérer « à froid » en flacon bien bouché, en agitant fréquemment jusqu’à dissolution complète de l’acétate, filtrer ensuite sur coton, en couvrant l’entonnoir pour éviter l’évaporation du solvant. L. L. A Noisy-le-Sec.
- Peut-on empêcher les épreuves photographiques de se rouler au séchage.
- Lors de l’immersion des papiers gélatinés dans les bains successifs de développement, fixage et séchage, la gélatine absorbe plus d’eau que le papier; inversement, au moment du séchage, la gélatine perdant plus d’eau que le papier éprouvera un retrait plus gtand que ce dernier, de sorte que l’épreuve se roulera gélatine en dedans.
- Il existe un artifice très simple pour éviter cet inconvénient : c’est, au sortir du bain de lavage, d’appliquer la feuille gélatine en dessus sur un objet cylindrique, bouteille ou flacon, suivant dimensions et de l’y maintenir par deux bagues en caoutchouc placées sur les bords, dans la partie cadre, qui tombera au rognage.
- Ainsi placée, la gélatine séchera sous tension et une fois revenue à l’état normal n’aura plus de tendance à produire le roulage de la photo. M. Chapel a Lyon.
- Imperméabilisons nos bâches à bon marché.
- Les bâches de couleur verte employées couramment pour la couverture des voitures agricoles, ou la protection des marchandises exposées à la pluie, sont imperméabilisées de la façon suivante :
- On commence par préparer les deux solutions :
- A. Eau non calcaire........................ 10 litres
- Savon de Marseille en copeaux............... 250 grammes
- B. Eau non calcaire........................ 10 litres
- Sulfate de cuivre (vitriol bleu)............ 60 grammes
- Mouiller complètement la toile, la tordre et la plonger dans le bain A. La laisser bien s’imprégner, égoutter, tordre à nouveau et plonger dans la solution B.
- Faire sécher le tissu, puis répéter les traitements dans le même ordre deux ou trois fois. Inutile de rincer.
- M. H. de G.-B. a Allex.
- Le « truc » de la repasseuse.
- Pour donner au linge repassé le glaçage si recherché, sans qu’il soit nécessaire de se faire « blanchir à Londres », il suffit de
- préparer la mixture suivante :
- Savon blanc en copeaux................. 100 grammes
- Blanc de baleine.......................... 50 —
- Gomme adragante........................... 10 —
- Eau non calcaire........................ 1000 —
- Après avoir pulvérisé la gomme adragante, on la fait gonfler pendant 24 heures dans la moitié de l’eau, on chauffe ensuite pour la dissoudre.
- D’autre part on amène à dissolution, en chauffant, le savon dans le reste de l’eau et on y incorpore le blanc de baleine pendant que le liquide est encore chaud.
- On mélange enfin les deux solutions et agite jusqu’à refroidissement, ce qui donne une pâte fluide.
- Le produit ainsi obtenu est employé à la dose de une ou deux cuillerées à café par litre d’empois à l’amidon préparé de la façon ordinaire, cette dose peut-être augmentée sans inconvénient.
- On obtient un résultat encore plus complet en amidonnant le linge comme d’habitude et le repassant, alors on délaye dans un peu d’eau tiède une à deux cuillerées de la préparation ci-dessus et, avec une éponge ou un morceau de flanelle, on humecte la surface du linge repassé. Un second coup de fer bien chaud donne un glaçage parfait. Faoug, Suisse.
- Pour imperméabiliser des terrasses en béton de ciment.
- Le ciment n’est jamais imperméable à l’eau. Son emploi pour les terrasses recouvrant les bâtiments est donc dangereux pour
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- les plafppds sous-jacents si l’on ne prend pas certaines précautions! On peut assurer l’étanchéité en garnissant la surface du ciment au moyen de produits spéciaux, comme la callendrite, l’isodrite, etc. Mais ces produits étant assez coiiteux, poHr en éviter une consommation exagérée, il y a intérêt à verser tout d’abord, sur le ciment, du goudron qui pénètre dans les interstices ouïes fissures du ciment. Quand le ciment est bien imprégné de goudron, on fait l’application du revêtement spécial; celui-ci peut n’être posé que plusieurs mois après le goudronnage. Enfin pour protéger le revêtement spécial, on peut encore le recouvrir d’une couche mince de ciment gras.
- Le goudron seul ne saurait être employé pour rendre le ciment étanche, parce qu’il subit une décomposition lente au contact du ciment.
- Un revêtement en bitume pur, appliqué à chaud sur la surface du ciment bien nettoyée, donnerait aussi de bons résultats dose :
- 1 kg à 1 gr. 500 par mètre carré). L’opération s’effectue comme le bitumage d’un trottoir. On peut aussi se servir de l’émulsion de bitume, ce qui évite de chauffer. T.
- Rappels de réponses.
- M. Widmann A. Versailles. — Nous avons donné dans un de nos précédents numéros une bonne formule de mélange pour désinfection des fosses d’aisances (Réponse à M. Lesage à St-Sa-lur (Cher), veuillez bien vous y reporter.
- A. A. A Thiers. — L’oxychlorure de magnésium, qui forme l’élément essentiel des ciments magnésiens, ne présente pas une dureté assez grande pour résister aux frottements énergiques que subissent les meules; il faut pour agglutiner l’abrasif employer la gomme et la résine de la manière que nous avons indiquée dans notre précédente réponse à M. Stutz de Paris; pour éviter une répétition nous vous demandons de la consulter.
- M. G. Lefebvre a Jemmapes. — Pour faire réapparaître l’écriture des vieux manuscrits, vous trouverez tous renseignements sur le mode opératoire dans l’article, très complet que nous avons publié sur cette question dans le n° 2771, page 384, de la Boîte aux lettres.-
- M. H. M. a Brives et MM. École Colbert. — Ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises, les produits vendus pour enlever l’encre sur le papier sont constitués par :
- 1er flacon : solution de permanganate de potasse à 5 pour 100.
- 2e flacon : solution de bisulfite de soude du commerce.
- Vous trouverez à prix minimes ces articles chez tous les marchands de couleurs.
- M. Gueret a Paris.. — La vaseline se colore parfaitement au moyen des couleurs dites aux stéarates qui sont aujourd’hui d’usage eourant; vous trouverez ces produits chez la plupart des marchands de produits chimiques, Pointet et Girard, 30, rue des Francs-Bourgeois, Granger, 54, même rue.
- Questions diverses.
- M. Vercollier a Cambrai. — Vous trouverez une étude très complété sùr le développement des champignons parasites des charpentes, ainsi que sur les moyens de les détruire dans l’ouvrage « Travail du bois » par Michel, édit., Dosforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Mignard a Biganet. — La fabrication des plaques d’accumulateurs est toujours une opération délicate et si, en principe, il suffit de loger dans les alvéoles de plomb antimonieux, une pâte d’oxyde de plomb et d’eau acidulée, litharge Pb O pour les plaques négatives, minium Pb304 pour les plaques positives, dans la pratique, il y a toujours quelque tour de main dont chaque constructeur cherche à garder le secret. Vous trouverez les renseignements les plus complets sur cette question dans 1 ouvrage « Les Accumulateurs » par Loppe, Encyclopédie des
- Aides-mémoires, édit. Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
- M. Pierre Marouche a Constantinople. — La formule que vous nous communiquez, relative à la fabrication de savons transparents, nous parait parfaitement logique, elle est du reste analogue à une formule donnée précédemment par nous. En réponse aux questions posées, nous pouvons vous dire ceci :
- . 1° L’eau distillée est à préférer, car on est ainsi certain qu’il n’y aura pas apport de sels de chaux, dont la précipitation par carbonatation rendrait le savon opaque. A la rigueur, on doit pouvoir se servir de l’eau épurée au carbonate de soude telle que vous le signalez au paragraphe solution carbonatée.
- 2° Les corps gras mentionnés, suif, beurre de coco, huile de ricin, sont particulièrement qualifiés pour cette préparation, il ne faut pas leur chercher de substituts.
- 3° Le degré Baume des lessives caustiques (38° B) est effectivement celui qui figure dans les formules pour l’obtention des savons de ce genre.
- 4° Il est préférable d’observer exactement les conditions de préparation indiquées dans les formules avant de chercher à y apporter une quelconque modification.
- A. R. a Auch. 1° Le sesquicarbonate de soude auquel vous faites allusion est une combinaison de carbonate neutre et de carbonate acide de sodium C03Nas, 2C03NaII, il contient en outre soit 2H20, soit 3H20.
- Le sesquicarbonate de soude se rencontre à l’état naturel sous le nom de trôna en grande quantité dans certains lacs d’Egypte, de Perse, de l’Inde et du Thibet, dans les plaines qui bordent la mer Caspienne et la mer Noire, en Hongrie et surtout dans le Fezzan près du Sahara; comme il contient 22 pour 100 d’eau, y compris l’eau de constitution, sa formule correspond à (GO3;3 Na4 H2 + 3 H2 O.
- On trouve aussi le sesquicarbonate sous le nom à’urao dans la vallée de Mexico, avec une molécule dleau en moins, c’est-à-diré avec la composition (CO3)3 Na4Ha, 2H-0; il contient alors 17,40 pour 100 d’eau totale.
- Au laboratoire on obtient arlificiellement le sesquicarbonate en faisant bouillir une solution aqueuse de carbonate acide (bicarbonate) et en laissant refroidir la solution concentrée.
- 2° La quantité d’oxalates que renferme le chocolat est tout à fait négligeable au point de vue de l’alimentation des arthritiques ; un grand nombre de végétaux comestibles en dehors de l’oseille et de la tomate en contiennent au moins autant et il n’est pas du tout démontré que les oxalates ingérés se retrouvent sous la même forme après passage dans l’organisme.
- L’essentiel n’est pas d’ingérer des aliments exempts d’oxalates, mais d’assurer l’oxydation la plus complète possible du carbone résultant de la destruction cellulaire.
- En ce qui concerne les ouvrages sur la préparation des aliments de régime, veuillez vous adresser à la Librairie Maloine, Place de l’Ecole-de-Médecine.
- M. Capdepon a Kourigha Maroc. — S’il s’agit réellement d’une toile huilée placée entre deux étoffes, la réimperméabilisation ne pourrait se faire qu’en démontant le vêtement, ce qui nous paraît peu pratique. Cependant si vous voulez tenter cette opération, voici comment devrait se faire la nouvelle imbibition par l’huile.
- On prend de la très bonne huile de lin brute et on l’étend sur l’étoffe, en se servant d’un tampon de flanelle imprégné aussi peu que possible de cette huile.
- Il faut naturellement promener le tampon sur toute la surface à traiter. On pend ensuite le tissu dans un endroit frais et ventilé où il soit à l’abri du soleil, et on le laisse deux à trois semaines pour que la dessiccation soit chose faite; on recommence ensuite l’opération deux ou trois fois en suivant la même méthode.
- Avec l’huile bouillie, cela va plus vite, mais les vêtements ont une tendance à coller ; une légère addition d’ocre améliore le résultat, cependant on ne doit l’employer que si la coloration n’a pas d’importance.
- A notre avis, il serait préférable que vous partiez d’une étoffe neuve, calicot ou toile, plutôt que de chercher à vous resservir de l’ancien tissu qui doit être plus ou moins craquelé.
- 96059. —• Paris, lmp. Lahure. — i5-6-28.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-SIXIÈME ANNÉE — Î928
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- A. 0. F. : mission économique et scientifique, 406.
- Abeille : sécrétion et utilisation de la cire, 185.
- Académie des Sciences, 89, 185, 282, 428, 518.
- Accélérographe H. M. P., 137. Accumulateurs : plaques, 375.
- — : régénérateurs, 527.
- — : réparation des bacs, 480.
- Acétate de butyle : préparation, 479. Acidité : mesure, 149.
- Acier : durcissement superficiel, 185. Acoustique architecturale, 1.
- Ailerons différentiels de Haviland, 45.
- Air de Paris, 299.
- Alcools de fruits : goût empyreuma tique, 190.
- Alcools méthylique et éthylique : séparation, 431.
- Alignement par T. S. F., 428.
- Alsace : mines de potasse, 18 Aluminium : altération, 479.
- — : moulage, 46.
- — : noircissement, 47.
- Amortisseurs de vibrations des moteurs
- d’automobiles, 190.
- Amplification téléphonique et microphonique, 163.
- Analyse qualitative minérale, 95. Aquarelles : conservation des couleurs, 336. Arrache-clou, 332.
- Ascenseur d’eau, 332, 431. .
- Aspirateur à manivelle, 141.
- Astronautique et prix Rep-Hirsch, 233.
- Astronomie : bulletin, 37, 133, 229, 325, 421, 515.
- Atlantique : conditions techniques de traversée, 232.
- — : projet de station d’avions, 543.
- — : traversée par le Bremen, 424. Atmosphère : gaz rares, 410.
- Atterrissage : éclairage automatique, 402. Automobile au Salon de 1927, 71, 218.
- — : entretien en hiver, 278.
- — : épuration intégrale, 181.
- — et grand tourisme, 561.
- — pratique, 181, 278, 373.
- — : recensement, 278.
- Aviation allemande, 312.
- — : chronique, 45, 137, 187, 231, 281, 329, 376, 424, 473, 519, 571.
- Aviation commerciale : sécurité, 45.
- — de Marseille à Barcelone, 231.
- — de nuit, 187.
- — et T. S. F., 423.
- — : nouveaux records, 473.
- — : nouvel échec sur l’Atlantique, 187.
- — : Paris-Alger sans escale, 519.
- — : premier vol en circuit fermé, 329.
- — : raid de Gostes et Le Brix, 398.
- — : raid d’IIinckler, 329.
- — : régularité et rendement des lignes françaises, 520.
- Avion amphibie Sikorsky S-3G, 281.
- — Breguet, 19, 45.
- — commercial léger, 187.
- Avions commerciaux : conditions techniques, 473.
- Avions contre cuirassés, 366.
- — d’avenir, 202.
- — et paquebots, 251.
- Avion Farman-F 160, 231.
- — Foclce-Wulf, 45.
- Avions légers : record, 187.
- — : mesure de la vitesse horizontale, 376.
- — : mesure en vol des déformations, 329.
- — métalliques modernes, 390.
- Avion : record du monde avec 1000 kg, 231.
- — : station dans l’Atlantique, 543.
- — Sikorsky S-37, 329.
- Avionnette Koolhoven F-K. 30, 376.
- B
- Bacs en bois immergés : protection, 287.
- — : peinture, 143.
- Bâches : imperméabilisation, 576.
- Bains d’Iîercule : sources thermales, 89. Balance radiophonique, 533.
- Baleines : jusqu’où plongent-elles? 319. Balkans : tremblements de terre, 462. Ballons : stabilisation automatique, 519. Bambous : floraison périodique, 523. Baromètres-figurines, 383.-Baryte hydratée : fabrication, 428.
- Bauxite et murs dolomiliques, 89.
- Beauté : instituts, 370.
- Bêchage sans fatigue, 385.
- Benzol : récupération dans les cokcries, 535.
- Bicyclette : nouvelle suspension, 478. Blanchiment de la cire d’abeilles, 527.
- — de la corne, 46.
- — du chanvre, 432.
- Bloc à coller, 432.
- — de liaison basse fréquence, 427.
- Boas et pythons, 28.
- Supplément au n° 2787 de La Nature du 15 juin 19Î8.
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- ===== 578 ========
- Bobinages électriques : réparation, 420. Bois : commerce en France, 491.
- — : imitation, 142.
- — : pour les éclaircir, 239.
- — : séchage et conservation, 142.
- Boîte aux Lettres, 46, 94, 142, 190, 238.
- 286, 333, 382, 431, 479, 526. 574.
- Bouchon automatique, 285.
- Boues activées, 428.
- Bougies : mèche, 574.
- Bouillottes, 47.
- Boulons : coupe, 331.
- Boutons de nacre : teinture, 479. Bromuques de Céramiacées, 518.
- Brosserie mécanique, 214.
- Burette à huile perfectionnée, 279.
- c
- Câbles électriques : machine pour l’enfouissement, 503.
- Cadmium : usages, 172.
- Cadre pour toutes longueurs d’onde, 470. Café au Tonkin, 252.
- Cagou, oiseau rare, 70.
- Camphre : production, 188.
- Canada : Cobalt, 360.
- — richesses minières, '289, 360.
- — : 25 jours dans un train, 49. Carbonisation dubois à froid, 144. Carburateur : correction de l’usure, 468. Carotte, 130.
- Caséine : fabrication, 546.
- Casior : renaissance en Norvège, 529. Catastrophe sur le Mékong, 319.
- Cellules : corrélations, 53, 346.
- Celluloïd : coloration, 46.
- Chaîne de bicyclette : démontage, 372. Chaleur des eaux : installation d’essui Claude Boucherot, 188, 504.
- Chaleur : distribution centrale à Paris, 103. Champignons : spores, 4.
- Changement de -vitesse progressif, 201. Chanvre : blanchiment, 432.
- Charbons : contrôle par les rayons N, 69. Charbon pulvérisé : locomotives, 450. Chasse d’eau : commande électrique, 23G. Châssis d’automobile, 218.
- Chaudières à haute pression, 8.
- Chauffage central par le gaz, 259. Chaulage des arbres, 184.
- Chicorées, 274.
- Chloropicrine, 191.
- Chronométrie : chef-d’œuvre, 173.
- Ciel : couleur bleue, 315.
- — : voûte, 399.
- Ciments : imperméabilisation, 577.
- — : métalliques, 142.
- Cinéma et téléphotographie, 475. Cinématographie : triptyque, 78.
- Cire d’abeilles : blanchiment, 527.
- Cité universitaire de Paris, 343.
- Clef à serrage automatique, 184.
- Clichés : renforcement au bichlorure, 190. Climats : variation, 177.
- Clocher en aluminium, 234.
- Cobalt au Canada, 360.
- Coffre-fort encastré et portatif, 331. Cokeries modernes, 535.
- Colles à la caséine, 191.
- Colle au sang, 95.
- — : bloc, 432.
- Colles de bureau, 94.
- — de poisson : solvant, 335.
- Colles du commerce, 144.
- Collecteur d’ondes très réduit, 426. Colonies : faune, 481.
- — : population, 569.
- Colorimètre trichromatique, 3S0. Composteur pour marquer les caisses, 478. Compteur à gaz inviolable, 140. Concentration en ions hydrogène : applications, 497.
- Condensateur variable, 470.
- Congo belge : production minière, 570. Contrôleur d’allumage, 374.
- Corbeaux : migrations, 142.
- Corne : blanchiment, 46.
- Coronelle lisse, 179.
- Corps tubulaires : rénovation, 39. Corrélations entre cellules, 53, 346.
- Couleur bleue du ciel et des mers, 315.
- — ravivage sur étolîes, 576.
- Couleuvre à anneaux variés, 321. Coumarone : résine, 552.
- Courants sous-marins de Gibraltar, 518. Coussins : pour empêcher la plume de sortir, 184.
- Couvercle autoclave, 284.
- Crapaud vert dans le Hoggar, 89.
- Crépi : machine « tyrolienne », 524.
- Cric à levier pour automobile, 477.
- Crin de Florence, 523.
- Cuir : remise en état, 526.
- Cuirs : vernissage, 143.
- Cuivre : patinage en vert, 191.
- D
- Débrayage double, 373.
- Découpage sous-marin oxy-éleclrique, 13. Dénoyage des mines du Nord, 442. Dépouille électrique des animaux, 558. Descartes : crâne, 396.
- Désodorisation des buffets, 526.
- Détecteurs à galène synthétique, 475. Diphtérie : nouveaux moyens de la combattre, 467.
- Dirigeable : récupération du lest, 187.
- — Italia, 519.
- Divan radiophonique, 472.
- Dock flottant pour Bordeaux, 17.
- Dorure de la porcelaine et du verre, 47. Douleur en physiologie et en médecine, 82. Duralumin : protection, 473.
- Dynamomètre de transmission pour avion, 231.
- E
- Eaux à détacher, 47.
- Eau de Javel en poudre, 334.
- — de toilette : amélioration, 94.
- Eaux grasses ou huileuses, 144.
- — souterraines des mines lorraines, 302. Ebonite : réparation, 190.
- Ecailleur de poisson, 285.
- Eclairage automatique des champs d’atterrissage, 402.
- — scientifique et rationnel, 22, 254. Ecole supérieure d’Electricité, 245.
- Écrans orthoohromatiques, 95.
- Électricité atmosphérique : hautes tensions, 310.
- — : école supérieure, 245. Electrification de la France, 431. Électrocapillarité du mercure, 282. Electromagnétisme : relations avec l’activité solaire et l’état de l’atmosphère, 340.
- Embrayage à force centrifuge, 181. Encaustique pour parquets, 135.
- — sans danger, 184.
- Encre à écrire sur le zinc, 94.
- — 2>our stylo, 576.
- Encyclopédie : projet, 129.
- Énergie thermique des océans, 504. Ensemencement des mondes, 102.
- Épiscope Universal, 572.
- Épurateur d’buile, 572.
- Équilibre acide-base des humeurs et troubles de l’organisme, 226.
- Escalier repliable, 236.
- États-Unis : laboratoires de recherches industrielles, 21.
- Euphorbe : graines, 283.
- Extinction du feu par une fourmilière, 33.
- F
- Faune coloniale, 481.
- Faune lacustre du Grand Lautien, 282. Fauteuil flottant Flott, 430.
- Fée des dentelles, 567.
- Fers à souder : chauffage, 135.
- — électrique à poids réglable, 92.
- — forgé : torsades, 517.
- — oligiste : reproduction, 518.
- Feuilles : émigration automnale des substances azotées vers les tiges, 89.
- Fièvre jaune et Stegomya, 185.
- Films : recollage, 576.
- Fixatifs à dessins, 432.
- Flammes colorées, 47.
- Flèche en silex incluse dans une vertèbre humaine, 451.
- Fleurs : gestes, 97.
- Floraison périodique des bambous, 523. Fontaine humaine lumineuse, 469.
- Formol : emploi des petites eaux, 330. Fosses d’aisances : désinfection, 432. Foudre en montagne, 458.
- Fourmilière : extinction du feu, 33. Fraisiers sur un tonneau, 566.
- Frigorifique : machine la plus puissante,
- 66.
- Fromages : boîte, 189.
- Fruits : maturation artificielle, 327, 382.
- G
- Gaudes, 382.
- Gaz : procédés modernes et l’industrie, 154, 209.
- Gaz rares de l’atmosphère, 410.
- Gaze verte apprêtée, 144.
- Gel de silice : séchage du vent des hauts fourneaux, 91.
- Gélatine comestible : industrie aux États-Unis, 364.
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- Géiatine : insolubilisation par le bichromate, 383.
- Géographie contemporaine : lacunes, 513. Gibraltar : courants sous-marins, 518. Glace : fabrication â Téhéran, 32.
- Globules du sang, 565.
- Glozel, 81.
- Godille « queue de poisson », 169.
- Gœlhals nécrologie, 233.
- Gomme de zapotillier, 476.
- Gouaches : composition, 527.
- Graissage central, 181, 182.
- Graisses d’insectes, 282.
- Gravure sur cuivre au composteur, 287. Guignard : nécrologie, 377.
- Gutta et poix : séparation, 46.
- H
- Hauts fourneaux : séchage du vent par le gel de silice, 91.
- Haut-parleur simple à diffuseur double, 472.
- Henneguy : nécrologie, 283.
- Ilerculanum : tragédie, 241.
- Homard : géographie, 508.
- Horloge qui se remonte seule, 318.
- Horlogerie française au château de Windsor, 555.
- Houblon sauvage : dangers, 39.
- Houille : nouveau gisement à Madagascar, 283.
- Huile au caoutchouc, 372.
- — : pureté, 33G.
- Humeurs : troubles de l’équilibre, 226.
- Hydravion géant Dornier-super-Wal, 312.
- Hydravions sur paquebots, 137.
- I
- Ile Bouvet, 387.
- Imperméabilisation des bâches, 575.
- — du ciment, 575.
- Incinérateur d’ordures, 524. lncombustibilisation des bois et étoffes, 526. Indication de vitesse limite Barros, 519. Insectes : natui'e des graisses, 282. Instituts de beauté, 370.
- Institut d’Optique, 107.
- Interrupteur avec un boulon poussoir, 468. Inventions, 92, 140, 189, 236, 331, 3S0, 429, 477, 524, 572.
- Ivraie enivrante, 263.
- L
- Laboratoires de recherches industrielles aux États-Unis, 21.
- Lac Baïkal : nouvelles études, 89.
- Lait : analyse autrefois, 121.
- — caillé, 517.
- Laits de toilette, 33G.
- Lampes électriques : régénération, 114. Langouste : jeunesse, 153.
- Laves basaltiques d’Indochine, 518.
- Lèpre : lutte, 569.
- Liège aggloméré en taxidermie, 270.
- Limer les métaux tendres, 46S.
- Livres : désinfection, 144.
- — nouveaux, 88, 136, 186, 235, 328, 379, 474, 521, 568.
- Locomotives à charbon pulvérisé, 450. Locomotive à tuxxbine, 313 Londres inondé, 174.
- Lorentz : nécrologie, 233.
- M
- Machines à écrire : rubans, 382.
- — motrices à vapeur de mercure, 476. Madagascar : découverte de houille, 283.
- — : rizières, 193.
- Magnésie : sulfate, 382.
- Magnétisme : champs intenses et hauts voltages, 64.
- Manne de Madagascar, 378. Manodétendeurs : explosions, 476.
- Marbre : poli, 335.
- — : réparation, 382.
- Maroc : permien et trias, 428.
- — : population, 277.
- Mai'quage au tampon des verreries, 336. Maturation aidificielle des fruits, 327, 382. Mékong : catastrophe, 319.
- Melon, 35.
- Mers : couleur bleue, 315.
- — plus grande profondeur, 569. Merulius lacrymans, 94.
- Métro postal de Londres, 416.
- Meules artificielles, 95.
- — en agglomérés, 528.
- Meunerie : humidification, 522.
- Miel artificiel, 113.
- Mines de potasse d’Alsace, 18.
- — du Nord : dénoyage, 442.
- — lorraines : eaux souterraines, 302.
- — : mouillage par sous-maiâns, 234. Miles : préservation des étoffes, 570. Modelage à la main : outil, 477.
- Mondes : ensemencement, 102.
- Moteurs d’automobile, 71.
- Moteur Fairchild-Caminez, 281.
- Moteurs latéraux ou en tandems, 520. Mouches à truites, 369, 465.
- Moulage de l’aluminium, 46.
- Moulages des statues du Louvre, 335. Mousse des liquides : suppression, 382. Moustiques : lutte, 514.
- Moutarde, 190.
- Murs : réparation d’un trou, 410.
- Mystère surprenant, 323.
- N
- Nacre : teintux-e, 479.
- Narghilé, 284.
- Navires : nouveau procédé de construction, 330.
- Navires : propulsion par le vent, 14.
- Neige : trésors, 170.
- Nickel en fil et feuilles, 142.
- Nitrate d’argent : taches, 383 Niti’ates : fabrication synthétique à partir de l’ammoniac, 197.
- Nom, 228.
- 579
- O
- Obturateur d’essence à distance, 183. Océans : énergie thermique, 504. Œufs : appareil à poches, 284. Optique : Institut, 107.
- Oi’vet, 306.
- Oxyde de carbone : détection, 405. Oxygène : réservoir léger, 520. Oxylithe, 432.
- Ozoniseurs : liquide, 526.
- Ozonor, 524.
- P
- Pain d’épices : fabrication, 124.
- Papiers au ferro-prussiate, 380.
- Papier carbone : préparation, 479.
- — tacheté, 566,
- Paquebot : fin, 91.
- Pare-chocs inaccrocliable, 374. Parkéi'isation du fei*, 90.
- Pâte de verre, 58.
- Peaux : conservation, 335.
- — de chèvres : désodorisation, 287. Tenu : épilage, 479.
- — : soins, 142.
- Peinture au bichromate, 336.
- Peintui’es au silicate, 528.
- — ci'aquelées, 335.
- — des autos, 576.
- Pétrole : désodorisation des récipients, 431.
- — : évolution de l’industrie en 1927,
- 206.
- pH : applications, 497. pH : détermination, 149.
- Phonographes, 225, 273, 322.
- — de 40 minutes, 553
- — : reproduction électrique des disques, 265.
- Photographie aérienne, 452, 574.
- — : développement apxès fixage, 143,
- 52Ô.
- Photographies passées : restauration, 480.
- — roulées, 576.
- Photo-mullieopie, 334.
- Photosensibilisation, 276.
- Physique : nouveaux appareils, 294. Pick-up en T. S. F., 425.
- Pied pliant Union,, 237.
- Pierre à plâtre : fabrication du sulfate d’ammoniaque et du ciment Porlland, 90. Pierres : protection, 191.
- Pisciculture dans les rizières de Madagascar, 193.
- Pise ; comment sauver la tour penchée, 9. Plantes insectivores, 550.
- Pneus : équilibreur de pression pour gonflage, 183.
- Poêle combiné à pétrole, 92.
- Pojssons miocènes, 145.
- Pôle nord : voyage en avion, 473.
- Poli du marbre, 335.
- Pompe à gx*aissage instantané, 37i.
- — Farman à engrenages, 137.
- Pompéi : nouvelles fouilles, 462.
- Pont métallique par soudure électrique, 4*5.
- Population des colonies, 569. Porte-manteau extensible, 189.
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-
-
-
- Poste à changement de fréquence à trans formations, 471.
- — récepteur à réglage unique, 471. Potasse : mines d’Alsace, 18.
- Poudres phosphorescentes, 94. Preslidigitation, 132, 323, 469, 567. Projecteur orientable, 278.
- Projections dans les nuages, 192. Propulseur à rames guidées, 381. Punaises, puces : destruction, 142. Pyrénées : percée, 508.
- Pythons et boas, 28.
- R
- Radiateurs : peinture, 143.
- Radium : sondage des métaux, 570.
- Rayon vert : observation particulière, 41. Rayons X : contrôle des charbons, 69. Radiodiffusion : stations, 138. Radioélectricité : propriétés du corps humain, 403.
- Radiophonie musicale Theremin, 48, 128.
- —- pratique, 84, 425, 470.
- Rail postal ultra-rapide, 337.
- Recettes et procédés utiles, 39, 135, 184, 280, 372, 420, 468, 517, 566.
- Réchaud percolateur, 92.
- Récurage : poudre, 576.
- Réfraction : mesure interférentielle, 185. Règle carrée : pour éviter les taches d’encre, 372.
- Relais électrique ultra-sensible, 123. Repassage : truc, 576.
- Résine de Coumarone, 552.
- Résistances électriques pour rhéostats, 93. Ridorail, 478.
- Hizières de Madagascar : pisciculture, 193. Roc : sculptures solutréennes, 559. Rotolaveuse, 428.
- Rouleur universel, 140. llubrène, 518.
- S
- Sahara : aspect, 433.
- Salle Pleyel, 1.
- Savons durs : fabrication d’amateurs, 46.
- — liquides, 383.
- Scies : affûtage, 576.
- Secours contre les pannes d’essence, 279. Séchoir central articulé, 189.
- Seigle enivrant, 263.
- Séparateur de crèmes, écumes, graisses, 141.
- Serpents du Vivarium, 321.
- Serpents vivants, 28.
- Sièges d’autos suspendus, 573. Signalisateur lumineux et sonore, 182. Signalisation : appareil mécanique, 375. . — mécanique, 279.
- Smithsonian Institution, 417.
- Solutréen du Roc : sculptures, 559.
- Son porté par le vent, 239, 286, 492. Sonde aérienne Echolot, 232.
- Sorbetière, 285.
- Soudure autogène : applications, 488.
- — — électrique : progrès, 269.
- — de l’aluminium, 528.
- — d’un tuyau, 517.
- — récupération, 95.
- Sous-marins coulés : sauvetage, 358. Spores de champignons, 4.
- Statuettes en plâtre : réparation, 191. Stores : teinte jaune, 94.
- Styrax officinal en France, 91.
- Sucre interverti, 113.
- Suspension de bicyclette, 478.
- T
- Tableaux : nettoyage, 191:
- — : préparation des toiles, 46.
- Taches de goudron : enlèvement, 143.
- — d’huile sur dallage, 287.
- — d’iode, fruit, sang : enlèvement, 280.
- — de nitrate d’argent, 383.
- Taxidermie : emploi du liège aggloméré,
- 270.
- T. S. F. alignement, 428
- — et grands raids aériens, 423.
- — : irrégularité des postes récepteurs,
- 46.
- — : poste récepteur Elgédyne, 75.
- — : renseignements, 238, 286, 333.
- — : Salon de 1927, 40.
- — : transmission des images, 459. Télégraphie optique rapide, 522.
- Téléphone automatique à Paris, 116.
- — : procédés récents d’amplification,
- 163.
- Téléphonie sans fil Paris-Alger, 353. Téléphotographie et cinéma, 475.
- Télévision à travers l’Atlantique, 224-Tendeur de pantalon, 237.
- Thermomètre pour commande à distance, 183.
- Tissus filtrants : enlèvement du goût de moisi, 95.
- — pour sous-vêtements, 39.
- Tonkin : café, 252.
- Torsades en fer forgé, 517.
- Tours penchées, 11, 238.
- Tour penchée de Pise : comment la sauver, 9.
- Transsaharien : office d’études, 378. Tremblements de terre des Balkans, 462. Trias : végétaux de Saint-Jean de Maurienne, 282.
- Triptyque cinématographique, 78.
- Truelle : nécrologie, 274.
- Truites : mouches, 369.
- Tuberculose : vaccination préventive, 419. Tuyau : soudure, 517.
- U
- Utriculaire, 550.
- V
- Vaccination préventive contre la tuberculose, 419.
- Vaporisateur pour chauffage central, 284. Veilleuse-horloge, 135.
- Vent portant le son, 239, 286, 492.
- — : propulsion des navires, 14.
- Verdon : aménagement, 248.
- Vérificateur de niveau pour accu, 182. Vernis : fabrication d’amateur, 335. Vernissage du laiton, 287.
- Verre : collage, 527.
- — : fixation au métal, 336.
- —• : pâte, 58.
- — : perçage. 287.
- Verrou amovible de sûreté, 331.
- Vierge de Nuremberg, 132.
- Ville : déménagement pierre par pierre, 188.
- Vitraux : imitation, 95.
- Voiture Claveau, 30.
- Voiture Ford, 373.
- Volants flexibles, 280.
- Voltages et champs magnétiques intenses, 64.
- Voûte céleste, 399.
- w
- Wagons chaises-longues, 380.
- Z
- Zapotillier : gomme, 476.
- Zincs des piles : amalgame, 517.
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-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABETIQUE
- Alber. — La vierge de Nuremberg, 132. — Surprenant mystère, 323. — La fontaine humaine lumineuse, 469. — La fée des dentelles, 567.
- Arambourg (G.). — Les poissons de la Méditerranée à la fin du miocène, 145.
- Arnulf (Albert). — Nouveaux appareils de physique, 294.
- Aron (Dr Max). — Initiation biologique, 53, 346.
- B. (A.). — L’acoustique architecturale, 1. — Pour sauver les sous-marins coulés, 358.
- Baud (Paul) — Académie des Sciences, 89, 185, 282, 428, 518.
- Baudoin (Dr M.). — Flèche en silex incluse dans une vertèbre humaine, 451.
- Blin (Henri). — Production du camphre, 188.
- Boulât (G.-H.). — Quelques notes sur les machines parlantes, 225, 273, 322.
- Bousquet (M.). — Nouveau changement de vitesse progressif, 261.
- Boutaric (A.). — Gomment on mesure l’acidité d’un liquide, 149. — La couleur bleue du ciel et des mers, 315. — Les gaz rares de l’atmosphère, 410. — Quelques applications des mesures de la concentration en ions hydrogène, 497.
- Boter (Jacques). — Les mines de potasse d’Alsace, 18. — La pâte de verre, 58. — L’école supérieure d’électricité, 245. — L’air de Paris, 299. — La cité universitaire de Paris, 343. — Le bêchage sans fatigue, 385. — Machine pour l’enfouissement des câbles électriques, 503.
- Brocher (Dr Franck). — L’utriculaire, 550.
- Brochet (Dr L.). — La fabrication de la glace à Téhéran, 32.
- Burdo (Christian). — Observation particulière du rayon vert, 44.
- G. (E.). — Puissante locomotive à turbine, 313.
- Carlier (André). — La photographie aérienne, 452.
- Casteret (Norbert). — Le liège aggloméré en taxidermie, 270.
- Cerisaie (J. de la). — Les tours penchées, 11. — Où est le crâne de Descartes ? 396.
- Combes (Marguerite). — Extinction du feu par une fourmilière, 33.
- Constantin. — Le problème de la propulsion des navires par le vent, 14.
- D. (R.). — A propos d’une catastrophe sur le Mékong, 319.
- Dandolo (M.). — Le café au Tonkin, 252.
- Dauzat (Albert). — Les lacunes de la géographie contemporaine, 513.
- Demoulin (Lieutenant F.). — Les aspects du Sahara, 433.
- Didier (P.). — Voir Winkler.
- Doublet (E.). — Un projet d’encyclopédie, 129. — La Smifhso-nian Institution, 417.
- Feuillée-Billot (Alex.). — Les s,erpents vivants : boas et pythons, 28. — Les reptiles de France : l’orvet, 306. — Les serpents du Yivarium ; la couleuvre à anneaux variés, 321.
- Forbin (Victor). — 25 jours dans un train canadien, 49. — Londres inondé, 174. — Richesses minières du Canada, 289, 360, 493. — Le métro postal de Londres, 416.
- Fouassier (Marc). — Comment se faisait autrefois l’analyse du lait, 121. — La caséine, 546.
- Foveau de Courmelles (Dr). — La photosensibilisation, 276.
- Gallois (Georges). — Miel artificiel ou sucre interverti, 113.
- Gradenwitz (Alfred). — Hautes tensions empruntées à l'électricité atmosphérique, 310. — Les locomotives à charbon pulvérisé, 450. — Balance radiophonique, 533.
- Gutot (L.). — Parasitisme et toxicité, 263.
- Hémardinquer (P.). — Caractéristiques du Salon de la T. S. F. de 1927, 40. — Le poste Elgédyne, 75. — Radiophonie pratique, 84, 425. — Nouvel instrument de musique radioélectrique, 128. — Procédés récents d’amplification téléphonique et microphonique, 163. — Reproduction électrique des disques de phonographe, 265. — Propriétés électriques et radioélectriques du corps humain, 403. — T. S. F. et grands raids aériens, 423. — Phonographe à disques de 40 minutes, 553.
- IIirschauer (L.) et Talon (A.). — Le rail poslal ultra-rapide, 337.
- Hutin (Albert). — Emploi des petites eaux de formol, 330.
- Imbeaux (Ed.). — Comment sauver la tour penchée de Pise, 9.
- Joleaud (L.). — L’évolution de l’industrie du pétrole en 1927, 206.
- Josserand (M.). —• Les spores de champignons, 4.
- Kuentz (L.). — Relais électrique ultra-sensible, 123. — L'industrie de la gélatine comestible aux Etats-Unis, 364.
- L. (R ). — La faune coloniale, 481.
- Lacaze (B.), — Applications de la soudure autogène, 488.
- Lafargue (Xavier). — Fabrication synthétique de l’acide nitrique et des nitrates à partir du gaz ammoniac, 197.
- Lahoussay (L.). — Dénoyage des mines du Nord, 442.
- Lecoq (Raoul). — Mission économique et scientifique en A O F 406.
- Lefranc (Jean-Abel). — Avions d’avenir, 202. — Avions métalliques modernes, 390.
- Legendre (Dr Jean). — Pisciculture et aviculture dans les rizières de Madagascar, 193. — Contre les moustiques, 514.
- M. (Dr P.-E.). — Procédé de maturation artificielle des fruits, 327.
- M. (R.). Glozel, 81, — Les instituts de beauté,370. — La vaccination préventive contre la tuberculose, 419.
- Mabboux (P.). — L’institut d’optique, 107.
- Maillet (R.). — Procédés simples de transmission par T. S. F. des images en blanc et noir, 459.
- Martin (Dr Henri). — Les sculptures solutréennes du Roc, 559.
- Mascart (Jean). Influence des causes physiques sur la variation des climats, 177.
- Merle (René). — La jeunesse de la langouste, 153. — Jusqu’où plongent les baleines, 319. — La géographie du homard, 503.
- Millet (J.-G.). — Gestes de fleurs, 97.
- Moriiardt (Dr P.-E.). — La douleur en physiologie et en médecine, 82. — L’organisme et les troubles de l’équilibre acide-base des tumeurs, 226. — La diphtérie : nouveaux moyens de la combattre, 467. — Les globules du sang, 565.
- Nodon (Albert). — Relations entre la propagation des ondes électromagnétiques, l’activité solaire et l'état de l’atmosphère 440.
- Ortolo (J.). — Les cokeries modernes, 535.
- P. (L.). — L’éclairage scientifique et rationnel moderne, 22, 254.
- P. (R.). — Les nouvelles fouilles de Pompéi, 462.
- Pakandel (Paul). — Contrôle des charbons par les rayons X, 69.
- Pawlowski (Auguste). — Les eaux souterraines des mines lorraines, 302. — La percée des Pyrénées, 508.
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- = 582 : .......................—.....—
- Petit (Henri). — L’automobile au Salon de 1027, 71, 218. — L’automobile et le grand tourisme, 561.
- Pettinati (M.). — La tragédie d’IIerculanum, 241.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 181, 278, 373.
- R. (L.). — Le triptyque cinématographique; 78. — Un chef-d'œuvre chronométrique, 173. — L’astronautique et le prix Rep-Hirsch, 233. — Population du Maroc, 277. — Le commerce des bois en France, 49L.
- Rabot (Charles). — L’ile Bouvet, 387. — La renaissance du castor en Norvège, 529. 5
- Reverchon (Léopold). — .Les héros de la neige, 170. — Horloge qui se remonte seule, 318. — L’horlogerie française au château de Windsor, 555.
- Richet (Charles). — L’ensemencement des mondes, 102.
- Risbec (J.). — Un oiseau rare, le cagou, 70-
- Rudaux (Lucien). — Aménagement du grand canon du Yerdon, 246..— La voûte céleste, 399.
- Ryvez. — Les mouches à truites, 369, 465-
- S. J. — Grand dock flottant pour Bordeaux, 17.
- Sauvaire-Jourdan (G). — La paternité du mouillage des mines
- par sous-marins, 234. — Paquebots et avions, 251. — Nouveau procédé pour la construction des navires, 330. — Projet de station d’avions dans l’Atlantique, 543.
- Scuubicer (Claude). — L’hydravion géant Dornier-super-Wal, 312.
- Sénaut (Jacques). — Procédés modernes de l’industrie du gaz, 154, 209.
- Simonet (Roger). — Fabrication du pain d’épices, 124.
- T. (A.). — Hauts voilages et champs magnétiques intenses, 64.
- — Le cadmium et ses usages, 172.
- Talon (A). — Voir Hirschauer.
- Touciiet (Em.). — Bulletin astronomique, 37, 133, 229, 325, 421, 515.
- Troller (A.). — Distribution centrale de la chaleur à Paris, 103.
- — L’énergie thermique des océans, 504.
- Truelle (A). — Nos légumes : melon, 35; carotte, 130; chicorée, 274.
- V. (R.). — La fabrication des corps de chaudières à haute pression, 8. — Avions contre cuirassés, 366.
- Villers (R ). — La plus puissante machine frigorifique du monde, 66. — Le téléphone automatique à Paris, 116. — Chauffage central par le gaz, 259. — Téléphonie sans fil Paris-Alger, 353.
- Weck (Cii.). La coronellc lisse, ennemie des vipères, 179.
- Weiss (E.-II ). Une voiture en forme de coque, la voiture Claveau, 30. — La queue de poisson, 169. — La brosserie mécanique, 214.
- Winkler (H.) et Didier (P.). — La résine de Coumarone, 552.
- X. — La fou 1 rc en montagne, 458. — Dépouille électrique d^s animaux, 558.
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- TABLE DES MATIERES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- L’ensemencement des mondes (Chaules Richet)..............102
- Un chef-d’œuvre chronométrique (L. R.)....................173
- Astronautique : prix Rep-Hirsch (L. R.)..................233
- Horloge qui se remonte seule (L. Reverchon)................318
- La voûte céleste (L. Rudaux)...............................399
- L’horlogerie française au château de Windsor (L. Rever-
- ciion)...................................................555
- Bulletin astronomique (E. Touciiet). 37, 133, 229, 325, 421, 515
- II. — SCIENCES PHYSIQUES 1. Physique.
- L’acoustique architecturale (A. B.)............................. 1
- Contrôle des charbons par les rayons X (P. Parandel). . . 69
- L’institut d’optique (P. Mabboux) . . ......................107
- Mesure interférentielle des indices de réfraction............185
- Installation d’essai du procédé Claude Boucherot.............188
- Propriétés électrocapillaires du mercure.......................282
- Population du Maroc (L. R.)....................................277
- Nouveaux appareils de physique (A Arnulf)....................294
- Couleur bleue du ciel et des mers (À. Boutaric)..............315
- L’énergie thermique des océans (A. Troller)....................504
- Télégraphie optique rapide.....................................522
- Soudage des métaux par le radium.............................570
- 2. Chimie.
- Emploi de la pierre à plâtre à la fabrication du sulfate
- d’ammoniaque et du ciment Portland....................... 90
- Miel artificiel ou sucre interverti (G. Gallois).........113
- Comment on mesure l’acidité d’un liquide (A. Boutaric). . 149
- Le cadmium et ses usages (A. T.) .......................... 172
- Durcissement superficiel de l’acier.........................185
- Fabrication synthétique de l’acide nitrique et des nitrates à
- partir du gaz ammoniac (X. Lafargue)...................197
- Emploi des petites eaux de formol (A. IIutin)............330
- Industrie de la gélatine comestible aux Etats-Unis (L. Kuntz). 364
- Gaz rares de l’atmosphère (A. Boutaric)..................410
- Fabrication de la baryte hydratée...........................428
- Applications des mesures de pli (A. Boutaric)............497
- Recherches sur le rubrène................................. 518
- Reproduction du fer oligiste................................518
- Les cokeries modernes (J. Ortolo)........................535
- La caséine (M. Fouassier)...................................546
- La résine de Coumarone (H. Winkler et P. Didier) .... 552
- III. — SCIENCES NATURELLES I. Géologie. — Physique du globe.
- Murs dolomitiques aux gîtes de bauxite.................... 89
- Poissons de la Méditerranée à la fin du miocène (C. Aram-bourg)......................................................145
- Végétaux triasiques à Saint-Jean-de-Maurienne...............282
- Faune lacustre du Grand Lautien . .......................282
- Houille à Madagascar........................................283
- Permien et trias du Maroc...................................428
- Relations entre la propagation des ondes électromagnétiques, l’activité solaire et l’état de l’atmosphère (A. Nodon). . . 440
- Tremblements de terre des Balkans...........................462
- Le vent porte-t-il le son?..................................492
- Laves basaltiques d’Indochine. ........................... 518
- Courants sous-marins de Gibraltar...........................518
- 2. Météorologie.
- Observation particulière du rayon vert (C. Bukdo)........ 44
- Les trésors de la neige (L. Reverchon)......................170
- Influence des causes physiques sur la variation des climats
- (J. Mascart).............................................177
- Hautes tensions empruntées à l’électricité atmosphérique
- (A. Gradenwitz)......................................... 310
- La foudre en montagne (X.)...........................458
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Les serpents vivants: boas et pythons (A. Feuillée-Billot). 28
- Extinction du feu par une fourmilière (M. Combes)........ 33
- Initiation biologique (Dr M. Aron).................... 53, 346
- Un oiseau rare, le cagou (J. Risbec)..................... 70
- Le crapaud vert dans le Hoggar........................... 89
- La jeunesse de la langouste (R. Merle) ..................153
- La coronelle lisse, ennemie des vipères (C. Weck)........ 179
- Sécrétion et utilisation de la cire chez l’abeille.......185
- Pisciculture et aviculture dans les rizières de Madagascar
- (Dr J. Legendre)..........................................193
- Liège aggloméré en taxidermie (N. Casteret)............... . 270
- Nature des graisses d’insectes............................. 282
- Un lézard apode : l’orvet (A. Feuillée-Billot)...........306
- Jusqu’où plongent les baleines? (R. Merle)...................319
- Les serpents du Vivarium (A. Feuillée-Billot)................321
- Mouches à truites (Ryvez)............................. 369, 465
- Manne de Madagascar..........................................378
- La faune coloniale (R. L.)................................ . 481
- Géographie du homard (R. Merle)..............................508
- Ciin de Florence.............................................523
- Renaissance du castor en Norvège (C. Rabot) . . . . . . 529
- Préservation contre les mites................................570
- 4. Botanique- — Agriculture.
- Les spores de champignons (M. Josserand).................... 4
- Vos légumes (A. Truelle) :
- Melon.............................................. 35
- Carotte.............................................130
- Chicorées......................................... 274
- Vitesse de l’émigration automnale des substances azotées des feuilles rers les tiges. . .......................... . 89
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- 584
- Styrax officinal en France..................................... 91
- Gestes de fleurs (J.-G. Millet)............................ 97
- Production du camphre (H. Blin)................................188
- Le café au Tonkin (M. Dandolo).............................252
- Parasitisme et toxicité (L. GuYor).............................263
- Graines d’Euphorbia amygdaloïdes. ............................283
- Maturation artificielle des fruits (Dr P.-E. M.)...........327
- Gomme de zapolillier.......................................... 476
- Commerce des bois en France (L. R ). ......................491
- Bromuques des Céramiacées..................................... 518
- Floraison périodique des bambous. .............................523
- L’utriculaire (Dr F. Brocher)..................................550
- IV. — GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE
- Comment sauver la tour penchée de Pise (E. Imbeaux). . . 9
- Les tours penchées (J. de la Cerisaie)................... 11
- 25 jours dans un train canadien (Y. Forbin).............. 49
- Glozel (R. M.)............................................. 81
- Sources thermales des bains d’Hercule...................... 89
- Nouvelles études sur le lac Baïkal....................... 89
- Londres inondé (V. Forbin)................................ 174
- La tragédie d’Herculanum (M. Pettinati)....................241
- Aménagement du grand canon du Verdon (L. Budaux) . . . 248
- Richesses minières du Canada (V. Forbin). . . . 289, 360, 493
- Office d’études du Transsaharien...........................378
- L’ile Bouvet (C. Rabot)....................................387
- Mission économique et scientifique en A. O. F. (R. Lecoq), . 406
- Aspects du Sahara (L1 F. Démoulés).......................433
- Flèche en silex incluse dans une vertèbre humaine (Docteur
- M. Baudouin).............................................451
- Nouvelles fouilles de Pompéi (R. P.).......................462
- Lacunes de la géographie contemporaine (A. Dauzat) ... 513
- Sculptures solutréennes du Roc (Dr Henri Martin).........559
- Population des colonies françaises.........................569
- Plus grandes profondeurs des mers..........................569
- Production minière du Congo belge .........................570
- V. - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- La douleur en physiologie et en médecine (Dr P.-E.
- Moriiardt)................................................ 82
- Comment se faisait autrefois l’analyse du lait (M. Fouas-
- sier).................................................... 121
- Stegomya et fièvre jaune.................................... 185
- L’organisme et les troubles de l’équilibre acide base des
- humeurs (Dr P.-E. Moriiardt)..............................226
- Photosensibilisation (Dr Foveau de Courmelles)...............276
- L’air de Paris (J. Boter)....................................299
- Les instituts de beauté (R. M.)..............................370
- Pour déceler l’oxyde de carbone............................. 405
- Vaccination préventive contre la tuberculose (R. M.) . . . . 419
- Boues activées.............................................. 428
- La diphtérie (Dr P.-E. Moriiardt)............................467
- Contre les moustiques (Dr J. Legendre).......................514
- Les globules du sang (Dr P.-E. Moriiardt)....................565
- Lutte contre la lèpre........................................569
- VL — SCIENCES APPLIQUÉES
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Fabrication des corps de chaudières à haute pression (R. Y.). 8
- Les laboratoires de recherches industrielles aux États-Unis. 21
- Fabrication de la glace à Téhéran (Dr L. Brochet)... 32
- Pâte de verre (J. Boyer)............................ 58
- La plus puissante machine frigorifique du monde (R. Yil-
- i.ers)..................................................... 66
- Protection du fer par parkérisation........................ 90
- Séchage du vent des hauts fourneaux par le gel de silice. . 91
- Fabrication du pain d'épices (R. Simonet)..................124
- La godille « queue de poisson » (E.-H. Weiss)..............169
- Projections dans les nuages....................................192
- Evolution de l’industrie du pétrole en 1927 (L. Joi.eaud) . . 206
- Brosserie mécanique (E.-H. Weiss).............................214
- Quelques notes sur les machines parlantes (C.-H. Boulât)
- ................................................ 225, 273, 322
- Changement de vitesse progressif (M. Bousquet).............261
- Chauffage central parle gaz (R. Villers)......................259
- Progrès de la soudure autogène électrique.....................269
- Bêchage sans fatigue (J Boyer)................................385
- Explosions des manodétendeurs sur les bouteilles à oxygène 476
- Machines motrices à vapeur de mercure.........................476
- Applications de la soudure autogène (B. Lacaze)............488
- Humidification en meunerie....................................522
- Dépouille électrique des animaux (X.).........................558
- 2. Photographie.
- L’éclairage scientifique et i-ationnel moderne (L. P.), . 22, 254
- Le triptyque cinématographique (L. R.)................ 78
- La photographie aérienne (A. Cablier).....................452
- Cinéma et télépholographie................................475
- 3. Électricité.
- Caractéristiques du Salon de la T. S. F. de 1927 (P. Hémardinquer) .................................................. 40
- Radiophonie musicale Theremin................................ 48
- Hauts voltages et champs magnétiques intenses (A. T) ... 64
- Le poste Elgédyne (P. Héaiardinquer)......................... 75
- Le téléphone automatique à Paris (R. Villers) '...........116
- Relais électrique ultra-sensible (L. Kuentz).................123
- Nouvel instrument de musique radioélectrique (P. Hémardinquer) ................................................ 128
- Stations de radiodiffusion en 1928 ......................... 138
- Procédés récents d’amplification téléphonique et microphonique (P. Hémardinquer)....................................163
- Télévision à travers l’Atlantique............................234
- L’école supérieure d’électricité (J. Boyer)..................245
- -Reproduction électrique des disques de phonographe
- (P. Hémardinquer)........................................ 265
- Téléphonie sans fil Paris-Alger (R. Villers).................353
- Propriétés électriques et radioélectriques du corps humain
- (P. Hémardinquer)....................................... 403
- Dispositif d'alignement par T. S. F..........................428
- Procédés simples de transmission par T. S. F. des images
- en blanc et noir (R. Maillet)............................ 459
- Détecteurs à galène synthétique............................ 475
- Balance radiophonique (A. Gradenwitz)........................533
- Phonographe de 40 minutes (P. Hémardinquer)..................553
- Radiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Emissions de la Tour Eiffel.......................... 84
- Postes récepteurs à réglage automatique et unique . . 84
- Sensibilité des postes récepteurs..................... 85
- Yariomètres et variocoupleurs......................... 85
- Lampes à 2 grilles pour amplification basse fréquence. 86 Lampes multiples dans les postes à changement de
- fréquence.......................................... 86
- Pick-up dans les postes de T. S. F....................425
- Collecteur d’ondes très réduit........................426
- Bloc de liaison basse-fréquence.......................427
- Cadre pour tontes longueurs d’onde....................470
- Condensateur variable.................................470
- Poste récepteur à réglage unique......................471
- Poste à changement de fréquence à transformations . 471
- Divan radiophonique...................................472
- Haut-parleur simple à diffuseur double................472
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-
-
-
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Les mines de potasse d’Alsace (J. Boyer)...................18
- Distribution centrale de la chaleur à Paris (A. Trollek) . . 103
- Procédés modernes de l’industrie'du gaz (J. Senart). . 15 i, 209
- Déménagement pierre par pierre d’une ville.................188
- Clocher en aluminium.......................................^4
- Eaux souterraines des mines lorraines (A. Pawi.ova ski) . . • -j02
- A propos d’une catastrophe sur le Mékong (R. D )...........319
- Dénoyage des mines du Nord (L. Laiioussay).................44 2
- Pont métallique construit par soudure électrique...........475
- Machine pour l’enfouissement des câbles électriques (J. Boyer) 503
- 5. Transports.
- Une voiture en forme de coque (E. H. Weiss)..........• 30
- L’automobile au Salon de 1927 (H. Petit).............71, 218
- Puissante locomotive à turbine (E.-C.)....................313
- Le rail postal ultra-rapide (IIirsguauer et Talon)........337
- Le métro postal de Londres (V. Forbin)....................416
- Locomotives à charbon pulvérisé (A. Gradenwitz)...........450
- Percée des Pyrénées (A. Pawlowski) . . . Automobile et grand tourisme (H. Petit). . L’automobile pratique (L. Picard) :
- Embrayage à force centrifuge . . . .
- Epuration intégrale..................
- Graissage central....................
- Appareil de signalisation............
- Vérificateur de niveau pour accumulateur.............182
- Graissage central sous pression....................182
- Equilibreur de pression pour pneus.................183
- Thermomètre pour contrôle a distance..................183
- Obturateur d’essence à distance....................183
- Clef à serrage automatique............................184
- Recensement...........................................278
- Entretien en hiver....................................278
- Projecteur orientable.................................278
- Secours contre les pannes d’essence...................279
- Burette à huile perfectionnée....................... 279
- Signalisation mécanique...............................279
- Volants flexibles.....................................280
- Débrayage double......................................373
- Voiture Ford..........................................373
- Pare-choc inaccrochable...................... ... 3/4
- Pompe à graissage instantané. . ......................374
- Contrôleur d’allumage.................................374
- Plaque d’accus....................................... 375
- Signalisation : appareil mécanique....................375
- 6. Aviation et aéronautique.
- Avions d’avenir (J.-A. Lefranc).............................202
- Hydravion géant Dornier-superAVal (C. Schubigeh). .... 312
- Avions métalliques modernes (J.-A. Lefranc).................390
- Le raid de Costes et Le Brix................................398
- Eclairage automatique des champs d’atterrissage..........402
- T. S. F. et grands raids aériens (P. Hhmardinquer)..........423
- Projet de station d’avions dans l’Atlanlique (C‘ Sauvaire-
- Jourdan)..................................................543
- Chronique d’aviation . . . 45, 137, 187, 231, 281, 329, 376,
- 424,473,519 ............................................ 571
- 7. Marine.
- Découpage sous-marin oxy-électrique........................... 13
- Le problème de la propulsion des navires par le vent (Constantin).................................................. 14
- Grand dock flottant pour Bordeaux (S. -J.).................... 17
- Fin d’un grand paquebot..................................... . 91
- 585
- Paternité du mouillage des mines par sous-marins (G1 Sau-
- yaire-Jourdan)...........................................234
- Paquebots et avions (G1 SauvAire-Jourdan)..................251
- Nouveau procédé pour la construction des navires (G1 Sau-
- vaire-Jourdan)......................................... . 330
- Pour sauver les sous-marins coulés (A. B.)................358
- Avions contre cuirassés (R. Y.)............................366
- VII. - HISTOIRE DES SCIENCES
- Projet d’encyclopédie (E. Doublet)............................129
- Lorentz : nécrologie..........................................233
- Goethals : nécrologie.........................................233
- Truelle : nécrologie..........................................274
- Henneguy : nécrologie.........................................283
- La cité universitaire de Paris (J. Boyer). ...................343
- Guignard : nécrologie. ..................................‘ . 377
- Où est le crâne des Descartes ? (J. de la Cerisaie)........396
- La Smithsonian Institution (E. Doublet).......................417
- VIII. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Analyse des communications (P. Baud). . 89, 185, 282, 428, 518
- IX. - VARIA
- La vierge de Nuremberg (Alber)............................132
- Notre nom................................................ 228
- Surprenant mystère (Alber)................................323
- Fontaine humaine lumineuse (Alber). •................... 469
- La fée des dentelles (Alber)..............................567
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES I. Petites inventions.
- Poêle combiné à pétrole..................................... 92
- Réchaud percolateur...................................... . 92
- Fer électrique à poids réglable............................. 92
- Résistances électriques pour rhéostats...................... 93
- Rouleur universel...........................................140
- Compteur à gaz inviolable...................................140
- Séparateur des crèmes, graisses, écumes.....................140
- Aspirateur à manivelle . . . ......................... 140
- Porte-manteau extensible.................................. 189
- Boîte à fromage. 189
- Séchoir central articulé....................................189
- Escalier repliable..........................................236
- Commande électrique de chasse d’eau.........................236
- Tendeur de pantalon.................................* . . 237
- Pied pliant Union.......................................... 237
- Appareil à pocher les œufs..................................284
- Couvercle autoclave.........................................284
- Narghilé....................................................284
- Vaporisateur pour chauffage central.........................284
- Sorbetière ............................................ . . 285
- Bouchon automatique.........................................285
- Ecailleur à poisson.........................................285
- Coupe-boulons...............................................331
- Verrou amovible de sûreté...................................331
- Coffre-fort encastré et portatif........................... 331
- Ascenseur d’eau..................................... 332, 431
- Arrache-clou.............................................. 332
- Calorimètre trichromatique............................... . 380
- Wagons chaises-longues......................................380
- Propulseur à rames guidées..................................381
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-
-
-
- 586
- Rotolavcuse................................................429
- Fauteuil flottant llolt................................430
- Cric à levier..........................................477
- Outil à modeler à la main..............................477
- Ridorail................................................. 478
- Suspension de bicyclette...............................478
- Composteur pour marquer les caisses . .....................478
- Ozonor...................... ..........................524
- Machine à crépir.......................................524
- Incinérateur d’ordures............................ 525-
- Episcope Universal.....................................572
- Filtre-épurateur d’huile.....................-.........572
- Suspension de sièges d’auto............................573
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Rénovation des vieux corps tubulaires...................... 39
- Meilleurs tissus pour sous-vêtements....................... 39
- Danger du houblon sauvage.................................. 39
- Encaustique pour parquets..................................135
- Veilleuse-horloge..........................................135
- Fers à souder : chauffage..................................135
- Chaulage du verger........................................ ]S4
- Encaustique sans danger....................................184
- Coussins : pour empêcher la plume de sortir................184
- Taches d’iode, fruit, sang : enlèvement....................280
- Règle carrée : pour éviter les taches......................372
- Huile au caoutchouc........................................372
- Chaîne de bicyclette : démontage...........................372
- Bobinages électriques à fil fin : réparation...............420
- Mur : réparation d’un trou.................................420
- Carburateur : correction d’usure...........................468
- Limer les métaux tendres...................................468
- Bouton pressoir transformé en interrupteur.................468
- Torsades en fer forgé..................................... 517
- Lait caillé................................................517
- Amalgame des zincs de piles................................517
- Soudure d’un tuyau.........................................517
- Papier tacheté.......................................... . 566
- Fraisier sur un tonneau....................................566
- 3. Boîte aux Lettres.
- Irrégularités des postes de T. S. F.............. ... 46
- Savons durs : fabrication d’amateur......................... 46
- Toile des tableaux : préparation.......................... 46
- Celluloïd : coloration................................... . 46
- Gutta et poix : séparation.................................. 46
- Corne : blanchiment......................................... 46
- Aluminium : moulage........................................ 46
- Aluminium : noircissement.................•.............. 47
- Bouillottes à grande quantité de calories................... 47
- Dorure de la porcelaine et du verre......................... 47
- Flammes colorées............................................ 47
- Eaux à détacher............................................. 47
- Merulius lacrymans......................................... 94
- y Poudres phosphorescentes. . ................................. 94
- Encre à écrire sur le zinc.................................. 94
- Eau de toilette : amélioration................... . , . 94
- Colle de bureau............................................ 94
- Teinte jaune des stores..................................... 94
- Ecrans orthochromatiques.................................... 95
- Meules artificielles....................................... 95
- Colle au sang.............................................. 95
- Analyse qualitative minérale................................ 95
- Soudure : récupération...................................... 95
- Tissus filtrants : goût de moisi ........................... 95
- Vitraux vieux : imitation................................... 95
- Corbeaux : migrations.......................................142
- Peau : soins............................................... 142
- Punaises, puces : destruction...............................142
- Nickel en fil et feuilles...................................142
- Séchage et conservation des bois ............ 142
- Ciments métalliques . .....................................142
- Bois : imitations 142
- Cuirs : vernissage. .......................................143
- Développement après fixage......................... 143, 526
- Goudron : taches...........................................143
- Radiateurs : peinture.................................... 143
- Bacs : peinture......................................... . 143
- Livres : désinfection........ ..........................144
- Eaux grasses ou huileuses............................... 144
- Lampes électriques : régénération.......................144
- Colles du commerce...................................... 144
- Carbonisation du bois à froid..............................144
- Gaze verte apprêtée.....................................144
- Amortisseurs de moteurs d’auto..........................190
- Renforcement des clichés au biclilorure.................190
- Ebonite : réparation....................................190
- Alcool de fruits : goût empyreumatique..................190
- Moutarde................................................ 190
- Réparation des statuettes en plâtre...................... . 191
- Chloropicrine...........................................191
- Colles à la caséine........................-............191
- Pierres : protection....................................191
- Patine du cuivre en vert................................191
- Tours penchées..........................................238
- T S. F.................................. 238, 286, 333, 480
- Bois : blondissement.................................... 239
- Son porté par le vent.............................. 239, 286
- Peaux de chèvres : désodorisation.......................286
- Gravure sur cuivre au composteur........................287
- Bacs en bois immergés : protection......................287
- Taches d’huile sur dallage..............................287
- Verre : perçage.........................................287
- Vernissage du laiton....................................287
- Photo-multicopie........................................334
- Eau de Javel en poudra.....................................334
- Poli du marbre.............................................335
- Peaux : préparation...................................... . 335
- Colle de poisson : solvant..............................335
- Moulages des statues du Louvre. . . . . ................335
- Peintures craquelées....................................335
- Vernis : fabrication d’amateur..................... 335
- Peinture au bichromate.................................. 336
- Aquarelles : couleurs fraîches..........................336
- Marquage au tampon des verreries...................... 336
- Huile : pureté.......................................... 336
- Verre fixé au métal........................................336
- Laits de toilette............................... ... 336
- Gaudes..................................................332
- Rubans de machines à écrire................................382
- Papier au ferro-prussiate..................................382
- Sulfate de magnésie........................................382
- Maturation des fruits...................................382
- Marbre : réparation.....................................382
- Mousse des liquides........................................382
- Gélatine : insolubilisation.............................383
- Savons liquides.........................................383
- Nitrate d’argent : taches...............................383
- Figurines barométriques.................................... 383
- Ascenseur d’eau........................................ 431
- Electrification de la France............................431
- Alcools : séparation.......................................431
- Pétrole : désodorisation des récipients....................431
- Fosses d’aisances : désinfection........................432
- Bloc à coller........................................ 432
- Blanchiment du chanvre..................................432
- Oxylitlie...............................................432
- Fixatifs à dessins......................................432
- Papier carbone : préparation............................479
- Aluminium : altération..................................479
- Peau : épilage..........................................479
- Boutons de nacre : teinture.............................479
- Acétate de butyle : préparation......................... 479
- Photographies passées : restauration. ..................479
- Accus : réparation des bacs.............................479
- Ozoniseurs : liquides.............................. . . . . 526
- Cuir des sièges : réparation............................526
- Désodorisation d’un buffet..............................526
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-
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- 587
- Incombustibilité des bois et tissus.......................526
- Accus : liquides, l’égénérateurs..........................527
- Gouaches : composition....................................527
- Blanchiment de la cire d’abeilles.........................527
- Recollage du verre...................................... . 527
- Peintures au silicate.....................................528
- Meules en agglomérés......................................528
- Soudure de l’aluminium....................................528
- Photographie aérienne : précurseur........................574
- Peinture des autos : altération......................... 574
- Récurage : poudre. . .....................................574
- Scies : affûtage..........................................574
- Bougies : mèche.......................................... 574
- Encre à stylo.............................................575
- Ravivage des couleurs des étoffes........................575
- Films : recollage........................................575
- Photos : roulage au séchage..............................575
- Imperméabilisation des bâches............................575
- Repassage : truc........................................ 575
- Imperméabilisation du ciment.............................575
- 4. Livres nouveaux. 88, 136, 186, 235, 328, 379, 474, 521, 568
- XL — DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Les faits de la quinzaine.. 48, 96, 192, 238, 288, 334
- 9
- FIN DES TABLES
- fie Gérant s Pi Masbon.
- Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris,
- 1928.
- p.587 - vue 587/587
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