La Nature
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- CINQUANTE-SIXIÈME ANNÉE 1928 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- Paraît le 1er et le 15 de, chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C‘e, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain. PARIS, VIe (g. C Seine : j5.234) Tel. Littré 48-92 et 48-9$.
- PRIX DE L’ÂBOMNElVieWT
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- LA NATURE JUsîum
- LES RÉGIONS GÉOGRAPHIQUES DE LA FRANCE
- LES VOSGES'1»
- I. Configuration, aspect pittoresque, climat.
- — Le massif des Vosges est une des régions françaises le mieux délimitées. A l’est la montagne s’arrête net au
- 1. Mémento bibliographique. — Histoire : Parisot, Histoire de la Lorraine des origines à lbb'2 (Paris, Aug. Picard, 192G)'; R. Reuss, Histoire de l’Alsace (Paris, Boivin, 1918) ; Camille Jullian, Notre Alsace, Paris, Fischbaclier, 1916. — Géographie : Bleicher, Les Vosges, le sol, les habitants (Paris, Baillière, 1880); Goré, La Lorraine, le milieu, les ressources, les habitants (Nancy, 1914); Grad, L’Alsace, le pays et les habitants (Paris, Hachette, 1921).
- — Guides, voyages : Guide bleu, Vosges (Paris, Hachette, éd., 1928); Ardouin-Dumazet, Voyage en France, Les provinces délivrées, 6 vol. (Paris, Berger-Levrault, éd., 1919). — Folklore : L.-F; Sauvé, Le Folklore des Hautes-Vosges (Paris, Guilmoto, 1889); J. Variot, Les légendes et traditions de l’Alsace, 3 vol. (Paris, Crès, 1920). — Patois : Ch. Bruneau. Les parlers lorrains anciens et modernes, bibliographie critique (Revue de linguistique romane, Paris, Champion, 1925, pp. 348-413).
- seuil de la plaine d’Alsace, comme au sud sur la trouée de Belfort. Au nord, la limite naturelle est formée par la trouée de Saverne, longue dépression qu’emprunta autrefois une grande voie romaine, plus tard le canal de la Marne au Rhin, puis la voie ferrée Paris-Strasbourg. A l’ouest, les confins, qui paraissent moins nets sur la carte, sont assez bien dessinés, — sur la ligne approximative : est de Blamont et Rambervillers, nord d’Epinal, ouest de Plombières, — par les derniers massifs de grès vosgien et surtout par un brusque changement de végétation, les cultures succédant aux forêts de sapins et de hêtres.
- Les Vosges constituent le seul système montagneux, digne de ce nom, de la France septentrionale. Normandie et Bretagne n’offrent que des plateaux mamelonnés et le Morvan lui-même a été tellement arasé par
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- les eaux depuis l’époque de sa formation qu’on n’y retrouve plus les caractéristiques de la montagne.
- Les Vosges au contraire présentent, mieux encore que le Jura, malgré son élévation supérieure, un système montagneux complet avec son arête de faîte, ses zones de végétation superposées, ses vallées latérales découpées, ses petits lacs d’altitude et ses lacs plus grands en contre-bas, qui attestent, avec bien d’autres indices (débris de moraines, roches striées, blocs erratiques), l’existence ancienne de glaciers. C’est un microcosme alpestre : mais, tandis que les Alpes, aux formes saillantes, sont classées par les géographes parmi les montagnes jeunes, les Vosges appartiennent à une période d’exhaussement beaucoup plus ancienne : l’érosion et
- étapes; la vallée du Rhin s’est formée par des affaissements successifs. « Des paquets de roches se sont écroulés, d’autres sont restés accrochés aux versants, tandis que le plan d’eau du Rhin s’abaissait par un travail de creusement dont les terrasses étagées restent les témoins » (B. Auerbach et P. Deffontaines.)
- L’arête faîtière qui sépare si nettement la Lorraine de l’Alsace ne représente donc pas l’axe originaire du soulèvement. Le noyau primitif de granit n’affleure plus guère qu’au sud, de Remiremont à l’est de Colmar, par le Ballon d’Alsace et le Gresson ; au nord, le Champ du Feu présente une émergence isolée. 11 est flanqué de massifs de grès, aux teintes colorées caractéristiques des Vosges ; au nord, le grès recouvre même toute la
- Fig. 2. — Gérardmer et son lac.
- lés affaissements ont eu le temps de les user en arron-dissai^iîs contours.
- Une ^atastrophe orographique, bien antérieure à l'apparition de l’homme, a décapité le faîte- de ce système montagneux qui était, à l’origine, beaucoup plus vaste. Frappé par la similitude des Vosges et de la Forêt-Noire, dont la symétrie par rapport à la longue plaine du Rhin est remarquable, le géologue Elie de Beaumont émit le premier l’hypothèse, il y a cent ans, que ces deux massifs avaient dû n’en former qu’un seul, dont l’arête médiane beaucoup plus haute s’est effondrée pour laisser place à la dépression dans laquelle le Rhin a passé.
- La science contemporaine a confirmé cette conjecture, en la mettant au point : le phénomène s’est produit par
- chaîne centrale, des Hautes-Chaumes au Donon. Sur le versant alsacien, le placage de grès s’est écaillé en rochers pittoresques.
- La caractéristique orographique des Vosges, c’est la coexistence de formes arrondies, accusant un long travail d’érosion, avec un système de vallées ramifiées comme dans les Alpes : contraste complet avec les plissements parallèles et les plateaux du Jura. A ces montagnes en dôme on donne souvent le nom de « ballons », métaphore "assez, exacte en soi : mais il ne faut pas oublier que les sommets vosgiens, tous sur le versant alsacien, qui portent anciennement le nom de Ballons (d’Alsace, de Guebwiller, etc.), se distinguent au contraire par des arêtes vives : « ballon » n’a été ici qu’une étymologie populaire française de l’alsacien belchen,
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- Fig. 3. — Vieilles maisons alsaciennes. Phot. Chemins de fer d’Alsace-Lorraine.
- dont la valeur primitive était tout autre.
- L’opposition est complète entre les versants de l’est et de l’ouest, tout comme entre les versants français et piémontais des Alpes. Du côté lorrain, de longues vallées sinueuses descendent en pente douce entre des massifs qui s’abaissent peu à peu. Du côté alsacien, les gradins sont beaucoup plus rapides, et les derniers éperons tombent presque à pic sur la plaine, offrant des belvédères naturels comme celui de Sainte-Odile, le Hoh-Ivœnigsbourg, ou les Trois-Epis. La chute n’est pas moins brusque au sud vers la trouée de Belfort, tandis qu’au nord la montagne, qui culmine au Honeck (1361 m.), diminue insensiblement d’altitude.
- La végétation et le climat n’accusent pas moins de contrastes. Les Vosges lorraines sont couvertes de vastes forêts de sapins, dont les arbres sont souvent énormes, et que remplacent les hêtres sur les versants plus chauds ou aux altitudes inférieures; forêts entrecoupées de prairies fraîches, parfois marécageuses, qu’é-maille au printemps: le narcisse jaune (Pseudo-narcissus) appelé jonquille dans le pays. En Alsace la forêt n’occupe qu’une bande assez étroite, en contre-bas des Hautes-Chaumes ; au-dessous, le vignoble se déroule sur les pentes qui dominent la plaine.
- Les Hautes-Chaumes, qui constituent la crête, offrent une physionomie spéciale. Tandis que les montagnes latérales sont boisées jusqu’au sommet, cette longue arête, formant un étroit plateau arrondi battu par tous les vents, est dénudée, avec de rares taillis de hêtres rabougris dans les recoins plus abrités. Elle est tapissée de graminées et de mousses spongieuses, de sphaignes. On y trouve déjà quelques spécimens de flore alpestre, notamment certaines gentianes et le lis martagon. De petits lacs d’altitude (lac Blanc, lac Vert, lac du Forlet, Fischbœ-dlé, etc.) s’échelonnent aux flancs de la crête.
- Pour avoir une synthèse des aspects les plus caractéristiques des Vosges, il faut visiter d’abord, de Gérardmer à la Schlucht, la région des lacs, les plus grands du massif, qui s’égrènent sur la haute vallée de la Vologne : Gérardmer, Longemer (longue mer) (*), Re-tournemer. Les Hautes - Chaumes , surtout aux abords du Honeck, sont particulièrement intéressantes avec leurs groupes rocheux (Frankental, etc.) et leurs petits lacs.Du côté alsacien, on remarque surtout, au sud, les Ballons, qui offrent de vastes panoramas, ainsi que les éperons des contreforts orientaux (Trois-Epis, Sainte-Odile, etc.). Les plus intéressantes vallées, après celle de la Vologne, sont celles de la Moselotte et de la Moselle, sur le versant lorrain, et, du
- 1. C’est la seule région de la France romane où « mer » ait pris la valeur de lac : sans doute sous l’influence de l’allemand see, qui avait les deux sens.
- côté alsacien, celles de Saint-Amarin, de Münster, de la Poutroye, de Sainte-Marie-aux-Mines. Au nord de la chaîne, le Donon, malgré sa faible altitude (739 m.), dernier sommet important des Vosges, donne la réplique au Ballon d’Alsace (1242 m.), qui les termine au sud. Les environs d’Epinal présentent un type pittoresque de vallée vosgienne inférieure et ceux de Plombières l’aspect du massif sur les confins des Faucilles.
- Le climat est plus rude sur le versant vosgien, où les hivers sont longs et froids, les printemps tardifs et humides. A altitude égale, le versant alsacien est plus chaud, plus sec surtout. Depuis quelques décades, on a
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- remarqué que les chutes de neige ont diminué d’intensité et de durée. L’été, qui est généralement sec, arrive brusquement et la végétation double les étapes avec une exubérance magnifique. Même pendant les chaleurs, les nuits sont toujours fraîches en montagne. Par les beaux étés, c’est le paradis des touristes qui demandent à la montagne l’ombrage et le repos plutôt que les efforts de l’ascension : nulle part en France, comme dans les Vosges, on ne trouve un tel ensemble de forêts majestueuses, avec d’immenses tapis de mousse épaisse qui habille même les anciens éboulis de pierre et les rochers des sous-bois....
- II. La race et ses caractères; les villes; Vac-
- Fig. 5. — La vieille porte de Bœrsch (Bas-Rhin). Phot. Chemins de fer d’Alsace-Lorraine,
- tivité sociale. — Le peuplement des Vosges, terres froides, hautes, boisées et marécageuses, a été lent et tardif. Le versant alsacien a reçu les premiers habitats d’altitude puisqu’on y altrouvé quelques menhirs et cromlechs, notamment aux abords du Hartmannswillerkopf, et des fragments d’enceinte préceltique au Tænnichel et à Sainte-Odile (le « mur païen »).
- En tout cas, les Gaulois n’occupèrent que le pourtour du massif, bien qu’ils aient donné leur nom aux Vosges (Vosegos, nom de dieu), et que le nom des Chaumes, calmis, d’ailleurs répandu dans toute la France (la Chaux, la Calm), 'soit également gaulois. Mais on n’a relevé
- aucun nom de lieu celtique à l’intérieur des montagnes.
- Il faut remarquer, en effet, que les Vosges n’offrent, en dehors de la trouée de Saverne, qu’un seul passage facile, libre de neige toute l’année, la trouée de Saales ; sur tout le reste de la crête, les cols sont très hauts par rapport aux sommets : le Honeck, point culminant, n’est qu’à 230 m au-dessus de la Schlucht.
- Les Romains n’ont guère pénétré plus avant. Les noms de lieux en ey ou y (Faucogney, Giromagny...), qui représentent les domaines ruraux gallo-romains, ne dépassent pas le pied des contreforts. Cependant l’exploitation du plomb et les eaux minérales leur firent fonder Plombières (’). Les Alamans, qui colonisèrent l’Alsace vers les Ve et vie siècles, se cantonnèrent à leur tour dans la plaine (noms de lieux en -ing [dérivés] et en -heim [composés]. Quelques ermites, à la fin de l’empire romain, se fixèrent un peu plus haut, comme en témoignent, par exemple, les noms en -zell (latin cella) de la vallée de Munster : Fronzell, Frontis cella, etc.
- La colonisation commença avec l’époque franque et fut en grande partie l’œuvre des moines : ainsi Munster fut d’abord, comme son nom l’indique, un monastère, et plus tard Saint-Dié. Les noms en -willer, -cillé (Gueb-willer, Ribeauvillé) sont des formations romano-franques dont le second élément est le même que viller(s) du côté lorrain (Rambervillers). Toute la toponymie des Vosges lorraines, noms composés (Gérardmer, Remire-mont), noms de saints (Saint-Dié), noms de végétaux (Bruyères, le Thillot, cad. « tilleul », Provenchères, dérivé de « pervenche », etc.) suffirait à prouver, même en l’absence des documents historiques qui nous le confirment, que villes et villages des Vosges se sont fondés au moyen âge.
- La chaîne des Vosges constitua jusqu’à nos jours un puissant isoloir entre les populations des deux versants. Ethniquement et surtout psychologiquement, les Alsaciens rappellent bien plus, par leur gaieté et leur caractère frondeur, leur substrat gallo-romain que l’élément germanique des conquérants alamans; mais la langue et la géographie les orientèrent pendant de longs siècles du côté de l’Allemagne. Tout différent, le Lorrain est froid, réfléchi, tenace, dur au travail. Ici on regardait vers Epinal et Nancy, là vers Colmar et Strasbourg.
- L’opposition entre les types d’habitation n’est pas moins suggestive. De type rhénan, la maison alsacienne est fort jolie, gaie, souvent fleurie, toute en hauteur : un pignon aigu, deux étages dont le rez-de-chaussée est réservé aux produits agricoles, la vaste Stube aux belles boiseries et au plafond sculpté avec l’énorme poêle traditionnel, et les hautes cheminées où viennent nicher les cigognes.
- En regard, la maison lorraine des Vosges semble humble et écrasée : sous son toit obtus s’ouvrent des fenêtres presque au ras du sol. Ici aussi, la façade est sous le pignon, avec, souvent, une autre rangée de fenêtres sur un côté. Un pan du toit s’abaisse parfois très bas sur un appentis. La partie supérieure de la maison était jadis toujours en bois; le toit était couvert
- 1. Sur la grande voie romaine de Toul à Àrgentoratum (Strasbourg), Saverne (Tabernae) était un relai important.
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- en bardeaux (aujourd’hui en tuiles). Ce type d’habitation, qu’on retrouve, à peu près semblable, dans les régions les plus archaïsantes du Jura, doit remonter à des traditions très anciennes. Les maisons sont éparpillées et les habitants très disséminés. — En descendant vers la plaine, on passe à la maison gallo-romaine : toit de tuiles creuses, façade sous la pente du toit, grande porte cintrée, demeures très agglomérées dans les villages. — Aucune trace ici d’influence gauloise (*).
- Les villes sont rares dans le massif. La plus importante est Saint-Dié, débouché lorrain des Vosges septentrionales, ensuite Remiremont, qui joue le même rôle au sud. Les petites villes sont plus nombreuses sur le versant alsacien : les unes doivent leur développement à l’industrie plus ou moins moderne, comme Thann, Munster, d’autres sont anciennes comme Ribeauvillé, voire déchues comme Turkheim. Epinal est le grand marché des Vosges, côté lorrain, Colmar et Schlestadt, côté alsacien, Belfort, côté comtois; Mulhouse et Strasbourg sont nettement excentriques au massif. Saverne et Sarrebourg, au nord, donnent la réplique à Belfort.
- D’aspect agréable, construites à l’époque moderne par suite du développement industriel, parfois après des incendies, les villes des Vosges lorraines offrent peu de cachet : on peut signaler toutefois la place des Vosges d’Epinal et surtout la Grande-Rue de Remiremont, bordée d’arcades.
- Les villes alsaciennes sont les plus caractéristiques et les mieux conservées, au moins dans leurs quartiers anciens comme Colmar et Schlestadt; parmi les petites villes, Obernai et Turkheim sont au nombre des plus pittoresques, avec d’anciens remparts et de vieilles maisons. Barsch a deux belles portes fortifiées.
- Les monuments remarquables sont rares dans les Vosges lorraines. L’ancien château fort d’Epinal, détruit par le maréchal de Créqui en 1670, n’a laissé que d’imposants vestiges. Les églises romano-gothiques d’Epinal et de Saint-Dié (celle-ci flanquée d’un cloître intéressant), peu ornementées, attestent l’austérité de l’architecture vosgienne. Des nombreuses abbatiales, détruites ou rebâties, il n’y a guère à signaler que celle d’Etival, lourd vaisseau roman auquel le grès rouge donne un cachet très particulier.
- Le versant alsacien est plus riche. La féodalité d’abord a plus profondément marqué son empreinte par les nombreux châteaux forts pittoresquement plantés sur les buttes pour commander les vallées. A part celui du Hoh-Kœnigsbourg restauré par Guillaume II, la plupart sont en ruines, mais ces ruines sont souvent fort imposantes : Hohlandsbourg, lvintzheim, Ivaysersberg, aux environs de Colmar, Ortenberg, près de Villé, Hoh-Barr, près de Saverne, etc. L’architecture civile ancienne est surtout représentée à Colmar et Obernai. Plus artistiques aussi les églises, qui comptent, dans la région vosgienne et subvosgienne d’Alsace, trois beaux monuments gothiques, élégants et décorés de sculptures, à Thann (superbes stalles Renaissance), Colmar (Saint-Martin) et Niederhaslach (fort beaux vitraux du xive siècle).
- 1. Voir à ce sujet mon article sur les anciens types d’habitations rurales en France. [La Nature, 26 janvier 1924.)
- Fig. 6. — Ruines du château du Kaysersberg. Phot. Chemins de fer d’Alsace-Lorraine.'
- L’agriculture est très limitée dans la montagne, où forêts et prés occupent la majeure partie du sol. La principale culture est celle de la pomme de terre; puis, en descendant, des céréales, seigle à partir de 900 m, froment un peu plus bas. Les forêts sont très bien exploitées ; les scieries sont nombreuses. Le cerisier, sur le
- Fig. 7. — Le Hoh-Barr près de Saverne. Phot. Chemins de fer d’Alsace-Lorraine.
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- Fig. 8. — Château du IIoh-Kœnigsbourg. Phot. Chemins de fer d’Alsace-Lorraine.
- pourtour, est cultivé pour le kirsch (Fougerolles, au sud, est un des principaux centre.s de fabrication). La vigne, qui produit principalement du vin blanc, est la grande richesse des contreforts alsaciens. La surface des pâturages est relativement limitée, mais elle est suffisante pour entretenir un troupeau important, surtout bovin. L’industrie fromagère .a pris une extension particulière dans la région de Munster et de Gérardmer.
- La caractéristique économique des Vosges, clest le morcellement de l’industrie et sa pénétration rurale. A côté des scieries et des fromageries, les filatures et tissages (qui ont été développés en grand, après 1870, à Epinal, Thaon, etc., par des industriels venus d’Alsace), en utilisant la force motrice des rivières de montagnes, se sont installés dans presque toutes les vallées; le séchage au soleil, sur les prés, des belles toiles des Vosges est très particulier à la région. Cette ruralisation de l’industrie a empêché la désertion des campagnes, qui sont très peuplées. La broderie, dont le travail se fait de préférence à domicile, est en faveur surtout au sud-ouest (Bains, Plombières, Bruyères). L’imprimerie s’est développée à Saint-Dié au xvie siècle, l’imagerie à Epinal au xviie siècle.
- Les industries extractives sont mieux représentées en dehors du massif : la potasse dans la plaine d’Alsace, le pétrole plus au nord; le charbon dans la Sarre, le fer entre Thionville et Briey. Le terrain carbonifère, qui affleure dans les Vosges, n’a pas de charbon, mais, en petite quantité, des minerais d’argent, de plomb, etc., qui ont laissé leur nom ou surnom à quelques localités, et qui furent exploités par les Romains (Plombières), ou dejla fin du moyen âge à la Révolution (Sainte-Marie-aux-Minesj. L’appauvrissement rapide de ces gisements les a fait tour à tour abandonner.
- Les villes d’eaux les plus importantes sont sur le versant lorrain. D’abord Plombières, la plus élégante villégiature vosgienne, au centre d’une pittoresque contrée boisée et accidentée ; les « Feuillées » qui dominent le val d’Ajol sont justement célèbres. Bussang est au cœur du massif; Bains et Luxeuil, au contraire, sur le pourtour, Contrexéville et Vittel nettement en dehors. Quelques sources minérales, mais de moindre importance, jaillissent au pied des contreforts alsaciens.
- Le tourisme est développé depuis longtemps dans les Vosges. Les principaux centres, du côté lorrain, sont d’abord Gérardmer, coquette et agréable localité, puis Bussang, sans compter Plombières; sur le versant alsacien, Munster, les Trois-Epis, Sainte-Odile. On peut y joindre Colmar, qui, par sa proximité des Vosges, permet d’y rayonner facilement, grâce aux lignes de montagne et surtout aux autos-cars. Au nord, Saverne.
- La route est le grand moyen de circulation dans les Vosges. Elle traverse tous les grand cols (de Bussang,
- Fig. 9. — Faits Renaissance et église d'Obernai. Phot. Chemins de fer d’Alsace-Lorraine.
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- de la Schlucht, du Bonhomme, de Sainte-Marie, de Saales), elle accède aux deux grandes bornes terminales du sud et du nord, Ballon d’Alsace et Donon et, même, depuis la guerre, suit une grande partie de la crête des Hautes-Chaumes. Des stations d’altitude ont été créées au Ballon d’Alsace et à la Schlucht; il y a un hôtel sur le Honeck et sur le Donon.
- Les Vosges se prêtent fort bien, avec leur climat rude, leurs lacs,leurs faibles pentes, au patinage, à la luge, (que les bûcherons pratiquent depuis des siècles sous le nom de schlitte).
- Les sports d’hiver sont très bien organisés, depuis la saison dernière, à Gérardmer et au Ballon d’Alsace.
- De 1870 à 1918, les Vosges ont joué un rôle capital dans la défense militaire de la France.
- La grande ligne de fortifications allait de Belfort à Toul par Epinal et la vallée de la Moselle.
- Belfort et Epinal étaient devenus des places fortes importantes.
- Pendant la guerre, la ligne de Ifeu a, suivi de près
- la chaîne centrale des Vosges, un peu au delà au sud, un peu en deçà au nord : secteur relativement tranquille, sauf au sud en 1915, autour du Hartmanns-willer, âprement disputé, et de Munster, la vallée qui a le plus souffert, avec Cernay, des bombardements.
- Aujourd’hui les garnisons sont très réduites dans toute la région.
- Après avoir contourné les Vosges et s’être contentée d’en remonter les principales vallées, la voie ferrée va franchir la chaîne en deux points, par le col de Saales (ligne de Saint-Dié à Strasbourg), et, en tunnel, par le col de Bussang (ligne Remiremont-Mulhouse).
- La jonction Gérardmer-Golmar est assurée, l’été, par le tram jusqu’à la Schlucht), l’autobus (Schlucht-Munster) et de là, toute l’année, par le train : il est question d’assurer une liaison annuelle.
- Ainsi seront multipliées les voies de pénétration entre la haute Lorraine et l’Alsace.
- La percée [des Vosges aura attendu aussi longtemps que celle des Pyrénées. Albert Dauzat.
- Fig. 10. — Stalles du chœur de l’église de Thann. Phot. Chemins de fer d’Alsace-Lorraine.
- UNE CATASTROPHE STELLAIRE?
- LA NOVA PICTORIS
- Le 25 mai 1925 une étoile temporaire apparut dans la constellation australe du Chevalet du Peintre-, d’où le nom de Nova Pictoris par lequel elle fut désignée. Au moment de sa découverte par M. Watson, au Cap, cet astre était de grandeur 2,4. Son éclat s’accrut progressivement jusqu’au 9 juin, date à laquelle il atteignit la grandeur 0,9; en cela, la Nova se différencia quelque peu de ses pareilles, que l’on vit toujours atteindre presque subitement leur maximum. Puis la décroissance s’accomplit lentement comme il est de règle.
- Devenue invisible à l’œil nu, Nova Pictoris attira de nouveau l’attention au début de cette année non plus par son éclat, mais par des apparences curieuses; les premières observations révélèrent le fait, jusqu’à présent unique, d’un astre se dédoublant après avoir paru simple à l’origine.
- Tout d’abord, on remarqua à l’Observatoire de La Plata l’aspect particulier de Nova Pictoris, se montrant environnée d’un anneau nébuleux deM" d’arc de dia-
- mètre. Cet anneau présenta par la suite des modifications et l’on nota que le point lumineux formé par l’étoile avait une apparence allongée. Le 26 mars, à l’Observatoire de Johannesburg, dans la grande lunette de 0 m. 65 d’objectif, la Nova se montrait nettement comme une étoile double. Les deux astres possédant chacun un aspect nébuleux avaient à peu près le même éclat, la distance séparant leurs centres étant d’environ d’une demi-seconde d’arc.
- Puis des anneaux nébuleux furent aperçus, au nombre de trois, le plus grand mesurant 3' de diamètre. Enfin, tout récemment, on vient de constater, aux observatoires du Cap et de Johannesburg, que chacune des deux étoiles se dédoublait à son tour !
- S’agit-il dé la scission réelle d’un astre unique se fragmentant successivement, ou de la, séparation d'astres primitivement en contact ou extrêmement voisins.
- Dans un cas ou dans l’autre, des observations suivies pendant quelque temps encore seront nécessaires pour
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- que l’on puisse évaluer avec quelque précision la vitesse des mouvements. Dès maintenant on peut cependant tenter d’en apprécier l’importance générale.
- D’après M. Davidovich, qui l’a mesurée spectrosco-piquement, la parallaxe de Nova Pictoris serait de 0"006; une telle parallaxe correspond à une distance d’environ 5156 trilliôns de kilomètres. On peut ainsi calculer que, malgré leur faible écartement apparent, les deux composantes principales seraient en réalité éloignées d’environ 13 milliards de kilomètres. Et en admettant qu’il s’agisse bien d’un mouvement de séparation, le chemin parcouru depuis mai 1925 à mars 1928, c’est-à-dire depuis 2 ans et 10 mois, se serait effectué à une vitesse moyenne supérieure à 150 km par seconde.
- Enfin, si l’on considère comme exacte la valeur admise pour la parallaxe, nous tirons la conclusion que l’événement est déjà bien lointain. La lumière de Nova Pic-
- Fig. 1. — L'écartement probable des deux composantes AB de Nova Pictoris, comparé à la dimension du système solaire.
- toris met au moins 540 ans pour parvenir jusqu’à la Terre ; ainsi cette « actualité » qui vient de faire grand bruit remonte probablement à l’année 1388 de notre ère, date à laquelle, approximativement, sont partis les rayons lumineux qui frappent aujourd’hui les yeux humains.
- Maintenant que s’est-il passé là? Dans ces apparitions subites d’étoiles brillant d’un vif éclat, on est porté à voir des cataclysmes grandioses sur la cause (ou les
- causes) desquelles on est réduit à des hypothèses jusqu’à nouvel ordre.
- Suivant Arrhénius, un tel événement serait la conséquence d’une rencontre entre deux astres éteints, ou presque. Par suite des vitesses dont sont animés les corps célestes, la force vive développée par le choc se transforme en chaleur, qui est développée en quantité suffisante pour volatiliser la matière ou même la désagréger en ses atomes ultimes : hydrogène et hélium.
- M. Deslandres, l’éminent directeur des Observatoires de Paris-Meudon, envisage plutôt le très grand rapprochement de deux astres obscurs qui se croisent dans leurs routes. Alors se produiraient des marées formidables de la masse ignée interne de ces deux astres, faisant éclater leur écorce refroidie et déterminant la violente éruption de gaz incandescents.
- Enfin d’autres hypothèses admettent l’explosion d’un astre unique ou un paroxysme de son atmosphère incandescente, ou enfin la pénétration au sein d’une masse cosmique. La dernière explique peut-être mieux que les autres les nébulosités immenses déjà constatées autour de Nova Persei en 1901, et actuellement autour de Nova Pictoris. On peut remarquer cependant que le choc ou le passage dans Un milieu résistant détermineraient un état de choses nouveau et d’une durée considérable, peu compatible avec la rapide diminution d’éclat après le maximum.
- Le premier dédoublement de Nova Pictoris s’accorde assez bien avec le principe de l’hypothèse de M. Deslandres : les deux astres primitivement invisibles acquièrent un soudain éclat au moment du cataclysme, où presque en contact, ils apparaissent comme une étoile unique; puis conservant une incandescence décroissante, ces astres continuent leurs routes et deviennent distincts individuellement en s’écartant lentement l’un de l’autre.
- Mais comment expliquer la fragmentation ultérieure et l’immense étendue de l’anneau extérieur qui s’étend à plusieurs milliers de milliards de kilomètres, si la parallaxe estimée est exacte ?
- Il est prudent d’attendre que l’avenir permette de choisir parmi les explications proposées.
- Ce qui est certain, c’est que les apparences présentées par Nova Pictoris se rapportent à un événement sans précédent dans l’histoire des étoiles temporaires.
- L. Rudaux.
- = L’EXTENSION DU PORT DE STRASBOURG
- LE NOUVEAU PORT AUX PÉTROLES
- Le port autonome de Strasbourg offre un exemple admirable de l’énergie française sur les bords du Rhin.
- La IS/ature a publié, il y a quelque temps déjà, une étude d’ensemble, sur le port(1). Depuis lors, de nouvelles 1. Numéro du 15 janvier 1927, Pierre Winkler. « Le port de Stràébburg. »
- améliorations y ont été apportées, qui méritent d’être signalées.
- L’EXTENSION DU PORT DE STRASBOURG ET L’ENTREPOT DES PÉTROLES
- En 1920, tout un programme d’extension du port de
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- Strasbourg a été élaboré, s’étendant sur les deux extrémités du port jusqu’alors existant. Il s’agissait de créer un nouveau bassin pour les pétroles, qui corresponde aux nécessités de l’heure, et d’utiliser de vastes étendues de terrains vagues qui n’attendaient qu’une décision pour se couvrir de constructions industrielles et de darses (fig. 3).
- Le 26 avril 1924, le Parlement votait la loi qui prescrivait l’exécution de travaux d’extension du Port de Strasbourg. L’Etablissement public, dit du Port autonome de Strasbourg, en recevait l’ex-ploitalion. Cette loi prévoyait le doublement des quais et des bassins qui avaient été exécutés précédemment par la ville. Ces ouvrages nouveaux étaient à la charge de l’État.
- La ville de Strasbourg conservait certains droits de contrôle et une grande part d’influence, pour rendre hommage à l’œuvre qu’elle avait accomplie dans le passé pour le développement du Port.
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- Fig. 1. — Le bassin aux pétroles du port de Strasbourg.
- (Vu du pont construit sur le goulet d'entrée.)
- Au centre : premières installations, wagons-foudres, réservoir. Remarquer l’étendue des terre-pleins. Le rideau d’arbres à l’arrière-plan marque l’emplacement du canal de la Marne au Rhin. (Phot. Port de Strasbourg.)
- En 1918, le port de Strasbourg possédait un tout petit bassin aux pétroles. Sa superficie était de 1 hectare et demi environ. C’était une simple annexe des grands Bassins ’de l’Industrie et du Commerce. Son plan d eau et ses terre-pleins avaient été suffisants, tant que le mouvement d’importation des pétroles n avait pas dépassé 25 000’lonnes. Mais lavictoire de nos armes et les changements politiques qui en furent la conséquence, transformèrent la valeur économique de Strasbourg. De port régional, Strasbourg passa au rang de port national. Son arrière-pays fut reculé d’autant.
- En ce qui concerne plus particulièrement le problème du pétrole, les conditions économiques étaient renversées. D’abord.pour une raison d’ordre général : la consommation grandissante des essences en France. Cette consommation passa, en effet, de 800 000 tonnes à 1.500 000 tonnes de 1914 à 1925. Puis, pour des motifs d’ordre rhénan et alsacien, la nécessité de créer un entrepôt moderne et bien outillé sur les berges du Rhin s’affirmait avec d’autant plus de force, que, entre Mannheim et Bâle, il jn’y avait aucune organisation de ce genre. Strasbourg tendait à devenir un port de distribution et de répartition du pétrole pour la France, la Suisse et l’ouest allemand.
- D’autre part, l’ouverture du tunnel de Saales et l’établissement de la ligne directe Stras-bourg-Saint-Dié, en réduisant de 80 km la distance qui sépare ces deux points, ajoutent une région industrielle nouvelle, ceile des Vosges, à l’arrière-pays alsacien.
- Enfin, l’Alsace possède les riches gisements
- pétrolifères de Pechelbronn, vieux de près de deux siècles, mais munis des installations les plus perfectionnées.
- Les exploitations de Pechelbronn né se contentent pas de raffiner les huiles brutes extraites du sous-sol alsacien; elles en importent, qu’elles traitent dans leur vaste usine, ouverte en 1926, pour les exporter, une fois raffinées.
- Ajoutons, pour être complet, que l’ancien bassin aux pétroles était menacé de disparition du fait de l’extension du Port vers le sud.
- Fig. 2. — Le pont Millot.
- En béton et acier, jeté au-dessus du goulet d’accès du Bassin des pétroles. Hauteur 9 m. (Pbot. Port de Strasbourg.)
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- PORT
- DE STRASBOURG
- Fig. 3. — Plan des extensions du Port de Strasbourg.
- LES TRAVAUX DU BASSIN DES PÉTROLES
- Le choix de l’emplacement sur lequel le nouveau bassin serait établi était fonction de cette situation. Il ne pouvait s’agir de se contenter de remplacer l’ancienne darse. Il fallait construire un port puissamment outillé, les aspirations de Strasbourg, au point de vue du pétrole, s’offrant illimitées. De plus, le petit bassin primitif, coincé dans l’ensemble des installations du port, était incommode, dangereux même. Il était essentiel de ne pas retomber dans ce défaut, commun d’ailleurs à bien des ports, et qui constitue un risque permanent d’incendie.
- C’est pour apporter une solution satisfaisante à ces divers problèmes, que les ingénieurs se sont arrêtés à l’emplacement nord, occupé actuellement par le nouveau bassin. Là/ aucune crainte d’envahissement de la part des diverses autres installations du port, car on a reconnu que le développement du port strasbourgeois devait se faire vers le Sud. Au Nord, le bassin aux pétroles s’étend sur une zone sans obstacles, où il pourra recevoir tous les développements que les nécessités du trafic exigeront.
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- La construction du port aux Pétroles, au nord du canal de la Marne au Rhin, était le premier ouvrage prévu par la loi du 26 avril 1924. Le bassin devait avoir au moins 20 hectares.
- Les travaux commencèrent dès le mois de juillet 1924. Ils ont été inaugurés solennellement, le Ie1' octobre 1927, par M. Tardieu, Ministre des Travaux Publics.
- Le Bassin (fig. 1), a une surface totale de 30 hectares environ. Son plan d’eau est de 8 hectares. Ses terre-pleins s’étendent sur 23 ha 40. Il a 900 m de longueur et 9 m. 45 de profondeur totale. Sa branche Nord pourra être prolongée le long du Rhin, au fur et à
- mesure des besoins. Cette branche a 100 m de largeur. La branche Sud 70 ro. Les rives accostables sont bétonnées; elles ont un développement de 1500 m. La communication du Bassin avec le Rhin et l’entrée du port se fait par un goulet d’une largeur de 15 m au plafond.
- L’établissement de ce Bassin a doté le port de Strasbourg de 6 km, 400 de voies ferrées nouvelles, de 2 km, 200 de routes. Enfin, une ligne ferrée gagne le port du Rhin et la ligne Strasbourg-Ivehl-Munich, par un pont tournant métallique à deux volées, lancé à l’entrée du canal de la Marne au Rhin.
- Au-dessus du goulet d’accès, les ingénieurs ont construit un pont de haut tirant d’air : le pont Jean Millot, en souvenir de l’ancien Directeur de l’Office National de Navigation, mort tragiquement sur les bords du Danube dans une tournée d’inspection. Ce pont est en quelque sorte l’entrée monumentale du Bassin sur le Rhin. Il est assez haut (9 m), pour que les bateaux du Rhin puissent passer à n’importe quelle époque de l’année.
- Bien que construit en béton et en acier, le pont Millot n’est pas lourd (fig. 2). Ce pont fixe, sur lequel passe la route si fréquentée qui conduit à la forêt du Rhin, est un belvédère. Les touristes ont déjà appris à le connaître. Il permet, en effet, de porter les regards sur un paysage d’une variété incomparable : sur le Rhin et sur Kehl dont le port est bien déchu depuis l’armistice, sur les grands bassins strasbourgeois de l’Industrie et du Commerce et les établissements industriels qui les bordent, plus loin sur Strasbourg et la cathédrale.
- Le Bassin aux Pétroles peut recevoir les chalands des plus forts tonnages. Son accès est interdit aux bateaux à vapeur. Le remorquage est assuré par des bateaux à pétrole à combustion interne, spécialisés dans ce trafic.
- L'EXPLOITATION DU BASSIN DES PÉTROLES
- Dès 1926, la Société Alsacienne des Carburants a occupé toute la partie sud-ouest du Port aux Pétroles (fig. 4). Ses installations s’étendent sur 40 000 m2. La superficie couverte (ateliers, hangars, bureaux) est de 2625 m2. Les quais permettent l’accostage simultané de deux chalands du Rhin, de 2000 tonnes de combustible.
- Sur la berge, il y a une installation de pompage, qui permet de transvaser le combustible, à la vitesse de 150 m3 à l’heure, des bateaux dans les réservoirs, les camions, les wagons ou les péniches du canal.
- Les seize réservoirs argentés sont isolés les uns des autres par des levées de terre et munis de multiples appareils contre l’incendie. Ils ont une capacité de stockage de 7000 m3. Ils reposent sur des cuves vides capables de contenir tout le liquide, dans le cas où un
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- accident produirait une fissure dans les réservoirs. Les fermetures ont été établies pour faciliter le contrôle de la douane.
- En arrière des réservoirs, les hangars. Là, on étiquette, on manutentionne, on classe fûts et bidons. Dans un coin, à l’écart, le laboratoire des essais où les chimistes vérifient la qualité des essences. L’aération a été étudiée pour éviter la concentration de gaz inflammables susceptibles de nuire à la santé des ouvriers. Huit c^nts mètres de voies ferrées intérieures font communiquer les ateliers d’embidonnage, de magasinage, de stockage et de réparation.
- La Société Alsacienne des Carburants est une filiale des exploitations de pétrole de Pechelbronn. Elle a été créée en 1922 pour distribuer dans toute la France de l’Est les huiles raffinées de Pechelbronn. Elle constitue à l’heure actuelle un des principaux importateurs de pétrole de France. Son chiffre d’affaires qui était à peine de 1 million de francs par mois en 1922, atteignait 59 millions pour l’année 1926. Les sorties sont de l’ordre de vingt-cinq wagons par jour.
- La Société Alsacienne des Carburants a des ramifications étendues : la Compagnie des Transports Rhénans, créée également en 1922, assure les transports de combustible de la mer jusqu’à Strasbourg, soit par le moyen des chalands-citernes livrés à la France par le Traité de Versailles, soit par une allège-citerne, construite par la
- Société des Carburants et dont le tirant d’eau de 1 m. 10 permet une circulation par tous les temps, de Ludwigs-hafen à Strasbourg. La Société possède, à Anvers, neuf réservoirs d’une capacité globale de 25 000 m5; à Dijon, un grand dépôt de vrac, avec sept réservoirs d’une contenance totale de 3000 m3 ; enfin des petits dépôts dans tout l’Est.
- D’autres Compagnies s’installent sur les quais du nouveau bassin : la Maison Desmarais frères, les anciens Établissements Diebolt, qui construisent quatre tanks d’une contenance totale de 2 000 000 de litres, qui seront mis en entrepôt réel de douane, les Etablissements Jupiter, ex-établissements Deutsch de la Meurthe.
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- Telle est l’installation qui donne au Port autonome de Strasbourg (fig. s) une puissance nouvelle. Deux chiffres suffiront, en terminant, pour montrer le développement de notre grand port rhénan. Le trafic d’avant-guerre (1913) atteignait à peine 1 980 000 tonnes; celui de 1927 dépasse 4 300 000 tonnes. C’est la meilleure réponse que l’on puisse faire à ceux qui ont coutume de dénigrer systématiquement l’esprit d’organisation et le sens des affaires des Français.
- Félix Ponteil,
- Agrégé de l’Uni rersité,
- Docteur ès sciences politiques et économiques.
- Fig. 4. — Le bassin aux pétroles.
- Les installations de la Société Alsacienne de Carburants. (Phot. Port de Strasbourg.)
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- 12 = LA TÉLÉPHOTOGRAPHIE EN ALLEMAGNE
- LE SYSTÈME KORN-LORENZ & SES APPLICATIONS POLICIÈRES
- Fig. 1. — Le professeur Korn (à droite) et son appareil de transmission des images.
- La transmission des photographies par le télégraphe ou par la T. S. F. est d’un usage qui se répand assez rapidement et trouve de nombreuses applications. Nos lecteurs connaissent le développement que lui a donné en France M. Belin.
- En Allemagne, le prof. A. Korn, dont on connaît les travaux de pionnier dans ce domaine vient, en collabo-
- ration avec les ingénieurs de la maison G. Lorenz, de mettre au point un dispositif particulièrement approprié aux besoins de la police. Convié à la première démonstration de cet ensemble, j’ai assisté, à Tempelhof, près Berlin, à une conférence faite par l’inventeur et suivie d’une explication détaillée du principe de construction. Les invités se sont ensuite rendus à Zossen, où se trouve la station de réception et où ils ont assisté à la réception de quatre documents transmis par radio, à savoir, un portrait, un mandat d’arrêt photo-télégraphique (comportant, en dehors du texte, le portrait et l’empreinte des doigts du criminel), un croquis et un passage manuscrit.
- Un appareil destiné à ce genre d’applications doit, évidemment, satisfaire des conditions spéciales. Il doit pouvoir s’employer, dans le service de T. S. F. de la police, pour la transmission impeccable des photographies, empreintes des doigts, écritures, imprimés, etc., autant que possible, sans l’intervention de feuilles métalliques ni de clichés négatifs à la station de réception. Une grande simplicité de construction et de fonctionnement, même entre les mains de personnes dépourvues d’entraînement spécial, est encore une condition indispensable. D’autre part, il fallait avoir soin de réduire les temps de transmission au minimum com-
- Fig. 2. — L'appareil transmetteur Korn.
- 1, cylindre portant ]e document original; 2, système optique; 3, boîte renfermant la cellule photographique; 4, lentille projetant sur la cellule la lumière réfléchie par un élément du docüment; 5, source de lumière.
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- éig. S. — Le récepteur Korn.
- 1, galvanomètre à corde; 2, cylindre portant le document reproduit; 3, moteur actionnant le cylindre, à 24 volts, avec dispositif de synchronisation; 4, disque stroboscopique mettant la synchronisation en évidence; 5, engrenage; 6, interrupteur insérant l’embrayage entre l’engrenage et le cylindre; 7, dispositif optique avec fente; 8, ouverture à travers laquelle on observe les points lumineux; 9, embrayage magnétique entre le cylindre et l’engrenage ; 10, amplificateur pour renforcer les impulsions
- de synchronisation; 11, dispositif pour les filtrer: 12, récepteur radiophonique ; 13, tube redresseur ; 14, résistance de réglage
- de la vitesse du moteur.
- patible avec le principe de construction, les manuscrits devant se transmettre plus rapidement que cela ne correspondrait au rendement d’une machine transmettrice.
- Les documents destinés à être transmis par voie téléphotographique n’ont point besoin d’être, au préalable, converlis en films photographiques. A la station de départ se trouve un cylindre animé, sous l’action d’un moteur électrique, d’un double mouvement de rotation et déplacement suivant son axe. Les différents éléments du document collé sur ce cylindre sont ainsi, l’un après l’autre, frappés par le faisceau lumineux d’une lampe à éclairage constant, faisceau qu’après réflexion ils projettent sur une cellule photo-électrique. Celle-ci donne naissance à un courant électrique dont l’intensité varie en raison directe de l’intensité lumineuse qui le provoque. Les impulsions de courant ainsi produites traduisent donc fidèlement les blancs et les noirs du cliché original. Elles sont ensuite renforcées par un amplificateur, puis elles se superposent aux ondes émises par un transmetteur radiophonique qui vont leur faire traverser l’espace.
- Les dispositifs de réception peuvent fonctionner avec n’importe quel récepteur radiophonique. A la station réceptrice de Zossen,
- on a, derrière les amplificateurs (à trois étages), inséré un redresseur qui ne laisse passer que les impulsions d’un sens donné.
- Il s’agit ensuite de convertir, à la station de réception, ces impulsions en effets d’éclairage variables, afin de reconstituer les éléments de cliché auxquels elles correspondent,, A cet effet, M. Korn se sert d’un instrument de mesure extrêmement sensible, le galvanomètre dit à corde, lequel (par l’ombre que projette une corde
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- vibrantej ferme et dégage, à tour de rôle, une fente étroite, de façon à éclairer ou mettre à l’abri de la lumière une feuille de papier photographique. On ne tient compte ainsi que des différences entre le blanc et le noir; il semble donc qu’on ne pourrait transmettre de cette manière que des dessins au trait. Si toutefois on convertit les photographies en cliché traméfde similigravure — grâce à l’emploi d’un réseau assez fin — on peut, même par ce procédé en apparence rudimentaire, assurer des reproductions d’une grande finesse. Le papier photographique est enroulé sur un cylindre analogue à celui de la station de départ ; il se couvre de points gradués successifs, reproduisant le clic Lé origi-
- nal, d’une façon analogue à la décomposition opérée à la station de départ.
- La figure 4 montre la précision que l’on peut obtenir à la réception.
- Ces appareils donneront à la police une arme précieuse pour la recherche rapide des criminels. Mais ils peuvent rendre bien d’autres services. Une feuille de 100 millimètres carrés, transmise en une minute, pourra, par exemple, facilement contenir 800 caractères, que la clé Morse jusqu’ici en usage mettait dix minutes à transmettre. On pourra ainsi décupler la vitesse de fonctionnement et accroître d’autant le rendement d’une station radiotélégraphique. D' Alfred Gradenwitz.
- DYNAMOMÈTRE ENREGISTREUR DE TRACTION
- APPLICATIONS A LA CULTURE
- Dans les pays où la technique de l’agriculture est et les résultats obtenus, joints à toutes les caractéris-
- particulièrement développée, on fait maintes recher- tiques fournies par la chimie agricole sur la nature du
- Fig. 1. — Le dynamomètre enregistreur de MM. Kean et Main.
- A, appareil hydraulique de traction; B, dispositif enregistreur; C, tube manométrique ; F, boîte de contrôle; G, manomètre;
- H, pièce fixe; L, pièce portant le style enregistreur.
- ches et maints essais afin de déterminer toutes les caractéristiques nécessaires à une grande production, avec le minimum de frais de labourage.
- Dans les stations expérimentales, les expériences sont conduites scientifiquement, mais il est parfois nécessaire de déterminer sur les terrains eux-mêmes quelles sont les meilleures conditions de labour.
- Des mesures de ce genre ont été faites en Angleterre
- sol, la qualité des engrais à faire intervenir, permettent de préparer la terre dans les meilleures conditions possibles de rendement.
- LE DYNAMOMÈTRE DE TRACTION
- La résistance au labourage est enregistrée graphiquement au moyen d’un dynamomètre spécial dû à MM. Kean
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- et Hain, de la station d'Expériences de Rothamsted. L’appareil peut d’ailleurs être utilisé pour toutes les mesures ou enregistrements automatiques d’efforts ou de déformations (fig. 1).
- La méthode utilisée ne dépend pas de systèmes optique ou photographique; elle donne, par conséquent, toute sécurité.
- L’enregistrement est obtenu par un style inscrivant sur une bande fjde celluloïd transparent, lequel se déplace sous l’action d’un mouvement d’horlogerie. La pression du style est très (aible, mais elle suffit pour produire une empreinte sur la surface plastique du celluloïd et on peut observer alors la courbe tracée de cette façon.
- L’appareil comprend une partie hydraulique A, consistant en un cylindre d’huile avec un piston qui communique avec un tube de cuivre manométrique de Bourdon C.
- L’une des extrémités de ce tube est fixée solidement au bâti de l’appareil en II, l’autre extrémité au contraire est reliée à un dispositif L, qui peut se mouvoir librement dans une direction parallèle à la longueur de l’instrument.
- Le tube de Bourdon et les tubes de connexion sont remplis d’huile (fig. 1).
- Quand l’effort est appliqué, le piston tend à déplacer le cylindre.
- Il accroît la pression de l’huile qui se transmet au tube manométrique, ce qui détermine sa déformation.
- La partie L tend à se déplacer et provoque le mouvement du style d’inscription, qui trace des courbes enregistrées sur la bande de celluloïd. Lorsque la pression diminue, les mouvements se font en sens inverse et la longueur du tube manomé-lrique est réduite.
- Le style inscripteur se déplace en sens contraire du précédent.
- Afin d’équiper l’appareil pour qu’il puisse suffire à différents usages, il suffit de modifier les caractéristiques mécaniques du tube manométrique.
- Ce même système a d’ailleurs été appliqué pour déterminer les efforts réalisés agissant sur les ponts et les autres constructions devant supporter des charges roulantes.
- Il s’agit là de mesures de variations rapides de flexion dans les poutres.
- LA. MESURE DE TRACTION ANIMALE
- Dans le cas qui nous occupe, l’appareil décrit s’applique à des mesures des efforts de traction animale.
- Le système est monté entre l’engin de labourage et la flèche de labour. Le style inscripteur actionné parla mise en marche du mouvement d’horlogerie, pour déplacer la bande de celluloïd et pour régler sa vitesse, est déclenché au moyen d’une clé Morse, qui est montée sur une boîte de contrôle fermée par une glace et portée par l’opérateur. Cette boîte F est reliée avec l’enregistreur au moyen d’un câble à 4 conducteurs, isolé et armé, qui est mis en connexion au moyen d’un bouchon de prise de courant, que l’on enfonce sur un socle correspondant placé sur le côté de la boîte F.
- Le courant nécessaire est fourni par une petite batterie de 6 volts, qui est transportée sans aucune difficulté. Elle est placée sur le dos du cheval, par exemple. Le tube de communication entre le système hydraulique et le tube manométrique est un tube flexible d’acier formé de bandes enroulées en spirales et jointives, comme pour les flexibles ordinaires.
- Un manomètre à cadran, monté quelque part sur le tube de connexion, permet de se rendre compte immédiatement des variations de pression.
- L’extrémité du style est sphérique et elle détermine une flexion plastique sur la surface du celluloïd. On peut l’observer immédiatement au moyen d’un petit micro -scope portatif.
- On obtient également des agrandissements par les méthodes photogra-phiques ou par projection sur un écran, au moyen d’une chambre spéciale.
- On connaît ainsi les variations d’efforts de labourage pour une profondeur déterminée sur les différentes parties de la surface d’un terrain.
- On arrive donc, sur des étendues suffisamment importantes, à établir les caractéristiques du sol d’une manière précise.
- Si l’on joint les points qui correspondent à des efforts de même valeur, on peut tracer des courbes qui relient ces divers points, ce qui peut être très intéressant dans certains cas pour la culture rationnelle du sol ainsi caractérisé au point de vue mécanique.
- E.-H. Weiss.
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- LA RADIOACTIVITÉ EST-ELLE D'ORIGINE COSMIQUE?
- Le plomb insolé devient radioactif. Tel est le fait important démontré récemment par Mlle Maracineanu, à la suite de ses minutieuses recherches à l'Observatoire de Meudon, sous la direction de M. Deslandres.
- Ce résultat, gros de conséquences, va peut-être modifier nos idées sur la radioactivité. Toutefois, a%rant de chercher ce qu’il pourrait y avoir de fondé dans cette manière de voir, il paraît utile de rappeler que la radioactivité temporaire du plomb et des métaux en général, sous l’action des radiations solaires, était déjà connue, car elle avait été signalée dès 1902, à la suite de nos recherches au Laboratoire de Mascart au Collège de France. Ces recherches furent relatées comme suit dans le Cosmos (C. R. de l'Acad. des Sciences, 25 juin 1902). « J’ai tenté d’obtenir l’impression « photographique de plaques au gélatinobromure d’argent dis-« posées derrière des lames métalliques minces et soumises « à l’action de radiations solaires intenses et prolongées; le « plomb fournit une impression très nette lorsqu'il est placé « au voisinage immédiat de l’émulsion photographique, il « produit également une impression dans l’obscurité lors-« qu’il est préalablement insolé, etc. » On lisait plus loin :
- « Il semblerait donc possible, d’après ces résultats, de déve-« lopper au sein de la matière, et pendant un temps limité,
- « des propriétés analogues à celles qui caractérisent les « substances radioactives. » (Etudes sur les phénomènes radioactiniques par A. Nodon, Cosmos, 13 juin 1903.)
- D'autres recherches démontrèrent que la radioactivité temporaire, qui apparaît dans les métaux soumis à l’action solaire, paraît être fonction du nombre atomique de ceux-ci; elle est faible avec l’aluminium et importante avec le plomb et le bismuth. D’autres observations démontrèrent, en outre, que les substances déjà radioactives, telles que l’uranium et le radium, subissaient un accroissement sensible de leur activité sous l’action des radiations solaires, cette action étant du reste variable d’un jour à l’autre. Ces effets semblaient attribuables à des radiations extrêmement courtes ou ultraradiations semblant être d’origine solaire et stellaire. (C. R. de VAcadémie des Sciences, 10 octobre 1291, notes de M. A. Nodon des 18 avril 1922, 11 avril 1923, etc.).
- La découverte de ces radiations fut du reste confirmée, en 1923, par Millilcan qui eut le grand mérite d’en mesurer la longueur d’onde.
- Ces faits qui semblent déjà anciens, tant les progrès de la science sont rapides, nous avaient conduit, dès 1925, aux conjectures suivantes sur la radioactivité : « Il semble poste sible d’admettre, à la suite de nombreux résultats, que des « radiations dont les longueurs d’onde sont comprises entre « 10~15 et 10~16 centimètres sont susceptibles de provoquer « la désintégration atomique en chassant les électrons de « l’orbite C jusqu’à l’infini, et en atteignant le noyau lui-« même. » (Eléments d’astrophysique par A. Nodon, 1925.)
- Toutefois, l’ensemble de ces faits et conjectures paraît encore insuffisant pour permettre d’émetlre quelque opinion définitive.
- Il est cependant intéressant de se rappeler l’évolution qu’ont subie les idées au sujet de la désintégration matérielle, depuis une trentaine d’années.
- On savait, en effet, depuis 1884, que des ondes très courtes, telles que les radiations violettes et ultraviolettes, provoquent une ionisation superficielle des métaux, qui commu- nique à ceux-ci une charge positive, ainsi que nous l avions démontré pour la première fois, au Laboratoire des Recherches physiques dé la Sorbonne en 1884, et comme le confirma Hertz, trois ans plus tard, dans ses célèbres recherches sur
- les phénomènes actino-électriques. Puis, les sensationnelles découvertes successives de Becquerel, de Rœntgen et de Curie, démontrèrent que des radiations plus courtes que les ultraviolettes pouvaient provoquer des désintégrations atomiques plus profondes encore. Les rayons X et y atteignaient des couches d électrons d autant plus proches du noyau que leurs longueurs d onde étaient plus courtes et leur pouvoir de pénétration plus considérable. Mais tous ces phénomènes n avaient pu être observés que sur des métaux usuels tels que le plomb, à nombres atomiques élevés. Ces métaux sont pour ainsi dire à la limite extrême des séries radioactives, mais ils ne présentent pas de radioactivité propre. Comme d’autre part on ne soupçonnait pas alors l’existence de radiations plus courtes que les rayons y, susceptibles de provoquer des effets de désintégration plus profonds encore, et qui surtout fussent durables, on négligea bientôt ces premiers résultats. On admit finalement que la seule cause probable de la radioactivité devait résider dans des chocs électroniques au voi-sinage du noyau, principalement dans les corps à structure atomique compliquée comme celle des corps radioactifs. Cette théorie, toute spéculative, basée sur le calcul des probabilités, fut d’abord l’objet de sévères critiques de la part de quelques savants attribuant, peut-être avec raison, plus d’importance à la valeur des faits déjà acquis qu’à de simples spéculations théoriques. Mais, en fait, les théories généralement admises expliquaient suffisamment la plupart des faits connus; et elles ne furent contredites par aucun fait nouveau, ce qui explique pourquoi elles sont admises actuellement presque sans discussion.
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- Il serait cependant permis aujourd’hui d’y faire quelques réserves, principalement après les remarquables recherches de Mlle Maracineanu. On peut, en effet, se demander en toute conscience, si des radiations beaucoup plus courtes que les rayons y, telles que les ultraradiations que l’on commence seulement à connaître, ne seraient pas susceptibles de pénétrer très profondément à l’intérieur des atomes complexes tels que ceux du radium, de façon à y provoquer une désintégration, non plus temporaire comme dans le plomb et le bismuth, mais au contraire une désintégration continue ainsi que pourrait le faire une émission permanente d’ultraradiations d’origine cosmique.
- Il semble du reste que l’état d’équilibre qui existe dans les couches électroniques de corps très complexes tels que le radon (émanation du radium), est fort précaire, et qu’il suffit d’une faible action continue atteignant le noyau pour déterminer la dislocation de tout l’édifice atomique.
- D’autre part, on a constaté, depuis longtemps déjà, que la radioactivité était loin de présenter un caractère de stabilité absolue tel qu’on le lui accorde d’habitude. Les légères variations que l’on constate, sans pouvoir les expliquer, trouveraient au contraire une explication simple dans des variations correspondantes de l’émission ultraradiante qui leur donnerait naissance.
- Bref, nous en sommes encore réduits, à l’heure présente, à de simples conjectures sur ces captivantes questions. Attendons pour prendre définitivement position que de nouveaux faits irréfutables nous soient annoncés.
- Albert Nodon,
- Docteur ès sciences,
- Président de la Société astronomique de Bordeaux.
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- L’ORIENTATION DU PIGEON VOYAGEUR = 17
- ET LES PHÉNOMÈNES MAGNÉTIQUES, ÉLECTRIQUES ET MÉTÉOROLOGIQUES
- C’est à la suite de l’enquête faite sur l’orientation du pigeon voyageur (1), par le docteur Rochon-Duvigneaud, ophtalmologiste de l’hôpital Laënnec, etM. Ch. Maurain, directeur de l’Institut de Physique du Globe, que nous avons été conduit à faire des recherches sur le sens de l’orientation chez les pigeons. MM. Ch. Maurain et E. Rabaud, professeurs à la Faculté des Sciences de Paris, nous ont encouragé à poursuivre l’étude de ce phénomène et c’est sur leurs conseils que nous exposons les premiers résultats des comparaisons faites entre les situations magnétiques enregistrées à l’Observatoire du Val-Joyeux et les résultats de concours de pigeons organisés en France pendant l’année 1927 (2).
- Chaque année, les sociétés colombophiles organisent un grand nombre d’épreuves dont les distances varient entre 25 et 1200 km environ. Certains sujets, engagés dans ces concours, s’égarent; d’autres retournent au pigeonnier à la vitesse de 50 ou 100 km à l’heure. Il arrive parfois qu’un très grand nombre de pigeons soient désorientés ou se perdent définitivement comme cela s’est produit en 1927 lors du concours organisé sur Rennes (France) par les colombophiles anglais de la région du Midland (Angleterre). Les pertes furent évaluées à 80 0/0 : sur 4000 pigeons, on ne constata que 800 rentrées. Dans un autre concours, de Libourne à Roubaix, de très bons pigeons engagés en très bonne condi-
- 1. La Nature, 14 avril 1923. N° 2558, p. 232.
- 2. Nous nous sommes servi des résultats les plus complets publiés dans la revue La France Colombophile.
- tion se sont bien classés, d’autres se sont égarés.
- L’année 1927 aurait été désastreuse, et il arrive rarement que les désastres soient aussi grands en nombre et en importance que cette année-là. Tous les colombiers furent durement éprouvés. Un colombophile aurait perdu 7 pigeons champions. Un autre aurait constaté la disparition de 34 jeunes pigeons et aurait restitué 71 égarés qui se seraient rendus à son pigeonnier. Les pertes en sujets adultes et en juniors auraient été excessivement sévères.
- La plupart des colombophiles attribuent ces désastres aux orages magnétiques, et plusieurs auteurs invoquent un sens magnétique, que posséderaient les pigeons voyageurs.
- Comme la situation de l’Observatoire du Val-Joyeux est tout à fait favorable pour l’enregistrement du champ magnétique terrestre qu’aucune perturbation accidentelle ne trouble, nous avons pu faire des comparaisons entre les situations magnétiques enregistrées et les résultats de 120 concours de pigeons.
- On sait que les grands troubles magnétiques sont pratiquement simultanés et qu’il en est sans doute de même pour toute la surface du globe.
- Pour permettre une vue rapide et nette d’une grande perturbation, nous empruntons au Traité de Magnétisme Terrestre de E. Mascart, une figure comprenant une partie de la perturbation des 18 et 19 mai 1892 (fig. 1).
- Pour la France entière, oùle phénomène a été enregistré auParc Saint-Maur, à Nantes, Clermont, Lyon, Toulouse,
- DATES NOMBRE DE CONCOURS DISTANCE MOYENNE en kilomètres. VITESSE MOYENNE en mètres par minute. SITUATION MAGNÉTIQUE AVANT SITUATION MAGNÉTIQUE PENDANT
- 1er mai 1927. . 5 119 1012-65 Calme. Calme.
- 8 mai .... 6 188 982,98 Un peu agitée. Un peu agitée.
- 15 mai.... 7 249 1110,09 Presque calme. Un peu agitée.
- 22 mai .... 7 229 1103,81 Calme. Calme.
- 29 mai. . . 8 303 913,63 Assez agitée/lu 28 à 12h au 29 à 01', calme ensuite. Calme.
- 5 juin. . . . 7 312 998,81 Peu agitée. Peu agitée.
- 12 juin. . . . 7 369 1004,10 Peu agitée. Peu agitée.
- 19 juin. . . . 7 332 1108,30 Calme. Calme.
- 25 juin. . . . 3 518 1100,92 Calme. Calme.
- 26 juin. . . . 4 359 983,91 Calme. Un peu agitée
- 3 juillet. . . 5 321 1179,71 Calme. Calme.
- 11 juillet. . . 3 233 723,70 Calme. Calme.
- 14 juillet. . . 3 133 912,31 Calme. Calme.
- 17 juillet. 5 132 813,81 Un peu agitée. Presque calme.
- 24 juillet. . . 8 158 1021,94 Peu agitée. Peu agitée.
- 31 juillet. . . 7 181 976,96 Calme. Calme.
- 7 août. . . . 10 210 1090,95 Calme. Calme.
- 14 août. . . . 6 255 1340,26 Calme. Calme.
- 21 août. . . . 10 199 1491,95 Perturbation. Perturbation au début.
- 28 août. . Nombre de concoui 2 rs : 120 261 1145,58 Calme. Calme.
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- Fig. 1. — La perturbation des 18-19 mai 1892.
- P, Paris. — L, Lyon. — Pe, Perpignan. — U, Utrecht. — G, Greenwich. — C, Copenhague. — Po, Pola. — Pv, Pawlowsk. — W, Washington. — M, lie Maurice.
- Perpignan et Nice, les courbes se superposent d’une manière presque absolue dans leurs détails. Ces jours-là, sur toute l’Europe, les grands écarts se manifestent encore au même 'instant avec quelques différences dans les détails.
- Il est donc bien démontré que les courbes enregistrées au Val-Joyeux peuvent servir pour des comparaisons avec les résultats des concours de pigeons voyageurs, même si les oiseaux sont lâchés en des points très différents.
- Nous donnons, page précédente, les résultats de ces concours ainsi que les situations magnétiques enregistrées avant et pendant les épreuves (*).
- Ces comparaisons démontrent que les variations du champ magnétique terrestre ne paraissent pas être en relation apparente avec la vitesse moyenne des pigeons. Par situation magnétique calme, la vitesse de ces oiseaux devrait augmenter sensiblement, les éléments magnétiques variant peu. Par situation magnétique agitée, leur vitesse devrait, au contraire, diminuer, même par vent favorable, car les variations des éléments magnétiques les obligeraient à faire des déplacements plus ou moins grands, dans une direction ou dans une autre, suivant l’amplitude de ces éléments.
- L’examen du tableau ci-avant montre que le pigeon vole aussi rapidement par situation magnétique agitée que par situation magnétique calme, et l’on voit que pendant la perturbation du 21 août (fig. 2) la vitesse moyenne des pigeons atteint 1491 m. 95 par minute.
- L’analyse des courbes enregistrées démontre que la perturbation devient importante le 20, à 20 h. 30 m.; la courbe de déclinaison (fig. 2, courbe 3) présente un aspect très agité jusqu’à 4 heures le 21. Les variations de cet élément deviennent très rapides entre 7 heures et 9 heures le 21, c’est-à-dire pendant les premières heures de vol des pigeons. L’agitation se calme vers 9 heures, une reprise se présente le soir vers 18 heures, mais la situation redevient normale à 19 heures.
- Nous donnons, ci-après, les valeurs absolues de la déclinaison au Val-Joyeux, enregistrées au cours de ces deux journées.
- Ces premières comparaisons démontrent que l’utilisation des actions magnétiques par les pigeons est bien peu vraisemblable et nous pensons que les fortes pluies, la grêle, le fort vent contraire, le brouillard et la brume sont surtout la cause des pertes importantes. Les oiseaux, épuisés par les efforts fournis pendant plusieurs heures sous les bourrasques de pluie ou dans une atmosphère brumeuse, peuvent se décourager et s’abandonner au hasard. Ainsi, dans une expérience faite le 19 février 1928 par temps brumeux (visibilité 2000 mètres) et vent possédant une composante Est, 11 pigeons sur 19, dont plusieurs de races connues, se perdirent définitivement et
- 1. Au lieu d’étudier isolément chaque résultat, nous avons calculé la- moyenne des distances que les pigeons avaient à franchir ainsi que la vitesse moyenne des premiers pigeons de chaque concours.
- Le 20,
- oh 11027' 0 Le 20, à 12" 11° 36'9 Le 21, à 0" 110 13' 0 Le 21, à 12" 11° 33' 0
- 1" 29'1 13" 59'4 — 1" 14' 7 — 13" 34' 8
- 2" 28'8 14" 38'2 2" 16'1 — 14" 35'4
- 3" 27'4 — 15" 39'0 V 3" 13' 3 — 15" 35'1
- 4" 30' 6 — 16" 38'6 — 4" 25' 3 — 16" 35' 1
- 5h 28' 0 — 17" 36' 2 5" 24' 1 — 17" 34' 0
- 6" 27' 3 — 18" 34' 4 — 6" 23' 6 — 18" 26' 7
- ' 7* 11 23'9 — 19" 28'1 — 7" 23' 2 19" 26' 8
- 8" 35' 1 — . 20" 28' 7 — 8" 19' 2 — 20" 29'5
- 9" 34' 1 — 21" 25'9 — 9" 22' 4 — 21" 29'8
- 10" 34' 5 — 22" 28'1 — 10" 32'3 — 22" 30'2
- 11" 33'0 — 23" 23' 8 — 11" 32'3 — 23" 28'9
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- 8 éprouvèrent de grandes difficultés à s’orienter. Lâchés à 9 h. 30, à 10 kilomètres à l’Ouest de notre pigeonnier, les sujets évoluèrent dans toutes les directions pendant 15 minutes, puis disparurent dans la brume. Ce n’est qu’à 10 h. 4 que le premier oiseau était de retour au colombier; les suivants, c’est-à-dire les 7 autres qui retrouvèrent leur logis, furent constatés aux heures suivantes : 10 h. 6, 12 h. 9, 13 h, 40, 14 h. 19, 14 h. 22, 14 h. 45 et le dernier à 16 h. 15. Les onze égarés se perdirent définitivement (*).
- Les observations météorologiques faites à l’Observatoire du Val-Joyeux indiquent qu’un brouillard intense fut observé le matin à 6 h. 45, que le ciel resta peu nuageux et l’atmosphère brumeuse toute la journée. Les 20, 21, 22, 23 et 24 février le brouillard fit son apparition chaque jour et la visibilité fut très défectueuse.
- La transparence de l’air paraît donc susceptible d’intervenir dans le retour du pigeon au colombier.
- On sait qu’à une visibilité faible correspond toujours une faible conductibilité électrique de l’air (1 2). On pourrait donc songer, comme l’indiquait M. Ch. Mauraindans sa note sur l’histoire succincte des phénomènes magnétiques et électriques, à quelque rôle de la conductibilité électrique de l’air, laquelle intervient vraisemblablement dans la propagation des ondes de T. S. F. et dans les perturbations parfois énormes de cetle propagation (5).
- L’expérience citée plus haut fut faite dans les conditions indiquées par M. Ch. Maurain, comme convenant à des expériences de nature à renseigner sur une influence électrique. Les pigeons, tenus pendant plusieurs jours dans un pigeonnier entouré d’un treillis métallique, furent transportés, maintenus à l’abri d’influences électriques par un écran électrique, à l’aide d’une voiture à bras, recouverte également d’un treillis métallique, mis constamment en contact avec le sol par les roues en fer de la voiture.
- Si l’on suppose une action de la conductibilité électrique de l’air, les pigeons doivent être troublés dès que ce phénomène présente des valeurs très faibles. Dans ce cas, le nombre de petits ions auxquels est due la majeure partie de la conductibilité (4) diminue, la visibilité horizonale devient défectueuse et on observe une augmentation du nombre de gros ions. Ces derniers sont formés par des poussières qui portent des charges électriques. Une certaine proportion de ces poussières condensent la Yapeur d’eau très facilement et, s’entourant d’une enveloppe liquide, deviennent des noyaux d’Aitken.
- Les noyaux sont en relation avec l’opacité atmosphérique, la visibilité, l’absorption du rayonnement solaire et la formation des nua-
- 1. Parmi les onze égarés plusieurs avaient déjà effectué le trajet.
- 2. G. Gibault. Congrès des Sociétés savantes, 1927 et Comptes rendus de la Société météorologique de France, page 305.
- 3. La Nature, 14 avril 1923, n° 2558, p. 237.
- 4. Ch. Maurain. Traité d'électricité atmosphérique
- et tellurique.
- ges inférieurs et des brouillards au voisinage du sol^). Le nombre de particules favorable à la constitution des gros ions serait en rapport direct avec le champ électrique atmosphérique (2j.
- Ce résultat d’observation montre que la transparence horizontale de l’atmosphère paraît jouer un rôle important dans le retour du pigeon au logis (3), ce qui n’exclut pas l’intervention d’autres facteurs. Son influence ne sera facile à éclaircir que quand nous disposerons d’une série suffisamment longue d’expériences.
- Sur les conseils de M. Rabaud, nous soumettrons prochainement, à des épreuves sévères, un certain nombre de sujets de bonnes races mais non entraînés.
- A cet effet, nous avons obtenu le précieux concours de M. Masson, ancien maire de Dechy (Nord) et colombophile bien connu dans la région de Douai, qui veut bien mettre à notre disposition, dans un but tout à fait désintéressé, 12 sujets de races connues n’ayant jamais voyagé.
- A titre de contre-épreuve, plusieurs de nos pigeons seront soumis aux mêmes difficultés.
- Nous sommes déjà en possession d’un grand nombre d’observations sur les évolutions de nos sujets et nous comptons multiplier les résultats avec l’espoir qu ils apporteront leur part de lumière dans l’étude passionnante de ce phénomène.
- L’isolement de l’Observatoire où nous résidons convient parfaitement à ce genre de recherches et 1 Etablissement est muni des appareils nécessaires pour l’observation et l’enregistrement des phénomènes magnétiques, électriques et météorologiques.
- G. Gibault.
- Attaché à l’Observatoire du Yal-Joyeux de l’Institut de Physique du Globe de la Faculté des Sciences de Paris.
- 1. P.-J. Mac Langhlin. Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, 1928.
- 2. G. Gibault. « La Météorologie », novembre 1927, n° 32, p. 494.
- 3. L. G. Lenoir. a remarqué que les pigeons bien éduqués, entraînés à voler 1h nuit, ne rentraient qu’à la pointe du jour ou se perdaient définitivement quand la formation du brouillard était favorisée au cours des exercices de nuit.
- Fig. 2.
- Trois perturbations observées au Val-Joyeux en 1921.
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- ::: la caséine :
- II. LA CASÉINE MATIÈRE PLASTIQUE
- Dans un précédent article (Voir N° 2787,15 juin 1928), nous avons étudié la fabrication de la caséine. Nous allons examiner une des principales applications de cette substance. L’industrie des matières plastiques à base de caséine est de plus en plus répandue, elle tend vers l’obtention d’un produit imitant la corne, l’ivoire, l’écaille, l’ambre, etc., imputrescible et ininflammable, insoluble dans l’eau et la plupart des solvants habituels, susceptible d’être moulé, tourné, découpé.
- Le mode de fabrication généralement employé est
- celui qui utilise la caséine séchée obtenue par la présure et telle qu’on.la trouve habituellement dans le commerce à l’état moulu. Il s’agit en somme de la plastifier, à l’aide d’un liquide approprié. Alors que dans les pâtes cellulosiques, cas du celluloïd, ce liquide est constitué par une dissolution alcoolique dé camphre, ou encore, cas des acétates de cellulose, par un mélange d’alcool et de benzine ou d’acétone et d’acétate de méthyle, il est tout simplement constitué par de l’eau dans le cas de la caséine; on voit que si pour ces diverses industries, le travail mécanique est à peu près identique, il n’est pas nécessaire dans celle de la caséine de se préoccuper de la récupération des solvants qui a une importance capitale dans les deux autres.
- FABRICATION DE LA CASÉINE EN BATONS OU EN PLAQUES
- La caséine devra donc être humidifiée pour se prêter ensuite à la plastification. Le grain de caséine assez fin, gruau ou semoule, absorbe l’eau dont il est humecté ; il se
- gonfle et acquiert ainsi la propriété de pouvoir se souder à son voisin lorsqu’on le soumet à une forte pression à une température convenable inférieure à 100°.
- Ce travail préliminaire s’effectue dans un pétrin analogue à ceux utilisés dans la boulangerie, l’eau est incorporée sous forme d’un fin brouillard de façon à ne pas mouiller. C’est également dans le pétrin que se fait l’incorporation des matières colorantes solubles ou insolubles destinées à donner au produit l’aspect ou l’imitation voulus. Chaque opération s’effectue sur environ 50 kg de substance et le taux d’humidification est de 20 à 25 pour 100.
- Cette caséine ainsi préparée est soumise à l’action des appareils mécaniques qui doivent l’agglomérer, la plastifier ou la gélatiniser, selon les auteurs. On utilise pour cela des bou-dineuses, des laminoirs et des presses.
- Les boudineuses sont des machines à marche continue. La caséine, retirée du pétrin, est versée à l’aide d’un distributeur automatique dans l’appareil et entraînée par une vis sans fin vers une chambre de compression légèrement chauffée : là s’effectue la plastification. Celle-ci est soumise à l’influence de trois facteurs que l’on peut faire varier: l’état d’humidification, la pression, la température.. En sortant de la chambre de compression, la masse est entraînée, par la marche même de l’appareil, vers une filière qui est également chauffée, et à l’orifice de laquelle la caséine agglomérée sort sous forme de bâton d’un diamètre voulu ou de sections variées, suivant la forme de la filière. Ces bâtons ou joncs, d’une longueur d’un ou de plusieurs mètres, sont reçus sur une surface plane et immédiatement arrosés d’eau froide. Ils peuvent par la suite être usinés sous cette forme, mais non en cet état, pour la confection au tour de muliiples objets.
- Ces bâtons peuvent être transformés en plaques. Pour cela, on les dispose côte à côte, ou en croix deux par deux, dans des moules spéciaux susceptibles d’être chauffés en même temps que soumis à une pression de 200 kg environ. Sous l’influence de la température et de la pression la matière se ramollit et se soude. On conçoit que si l’on a soin de composer le moule avec des bâtons de couleurs choisies et variées, on peut obtenir des plaques imitant l’écaille, l’ambre, le marbre, par la simple diffusion et le seul mélange des teintes primitives des bâtons. On peut également, cela va sans dire, obtenir des plaques de teinte homogène, en partant de bâtons d’une même couleur. Ces plaques, de quelques millimètres ou moins d’épaisseur, seront plus tard découpées parle façonnier qui en extraira, par exemple, des montures de lunettes en simili écaille.
- Certains fabricants de celluloïd ont abandonné celte industrie dangereuse parfois et toujours susceptible de
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- créer des accidents par suite de la facile inflammabilité du produit manufacturé sous forme de peigne ou d’articles de Paris divers. Beaucoup se sont lancés dans la fabrication de la caséine agglomérée, mais en utilisant leur matériel antérieur, c’est-à-dire des malaxeurs, des laminoirs et des presses à blocs.
- Dans ce mode de fabrication, on agglomère la caséine directement au laminoir, on obtient ainsi des « peaux » que l’on superpose dans un moule soumis ensuite à une forte pression sous une presse chauffée. On en relire un bloc dans lequel on tranche des feuilles à l’aide d’une trancheuse appropriée, pendant qu’il est encore chaud. Ce procédé présente certains avantages tels que l’économie de main-d’œuvre, la facilité d’obtenir des feuilles minces, régulières et faciles à polir.
- L’agglomération directe sous la presse, à première vue assez séduisante, ne donne pas dans la pratique de bons résultats.
- Chaque fabricant possède son tour de main, qu’il tient secret, et les variantes ou les combinaisons de procédés dans la fabrication sont, on le conçoit, nombreuses, tout en restant dans les limites des techniques que l’on vient d’envisager.
- LE FORMOLAGE
- Les plaques ou les bâtons ne sont pas utilisables tels que nous venons de les obtenir. L’humidité les désagrégerait à nouveau, et viendrait modifier les objets fabriqués dans leurs formes et leurs aspects. Il faut insolu-biliser la caséine et la durcir. C’est là qu’intervient, avec le formol ou aldéhyde formique, le facteur temps. Le formol a en effet la propriété de former avec les matières albuminoïdes une véritable combinaison entre la fonction aldéhyde d’une part et la fonction amine d’autre part. Cette combinaison est stable et imputrescible, elle provoque également le durcissement de la caséine qui peut être ainsi plus facilement travaillée mécaniquement. En réalité l’action du formol sur la caséine donne naissance à un corps nouveau.
- L’opération du formolage est en apparence fort simple, puisqu’il s’agit de plonger les bâtons ou les plaques de caséine dans un bain de formol à une concentration et à une température convenables. La combinaison s’effectue progressivement de la surface vers l’intérieur, mais la pénétration de la masse n’est pas proportionnelle au temps, elle se ralentit peu à peu.
- La masse à formoler intervient également ; ainsi, une plaque ou un bâton d’une épaisseur ou d’un diamètre doubles de ceux d’une autre plaque ou d’un autre bâton similaires, exigera non pas le double de temps pour être pénétré par le formol, mais bien quatre ou cinq fois plus.
- Cette opération du formolage est la plus gênante de toute la fabrication, car elle exige un volume de liquide considérable et un grand nombre de bacs qui sont généralement en ciment. La mise de fonds est, on le voit, importante, du fait de la matière première, du matériel et aussi de l’immobilisation prolongée de
- Fig. 2. — Presse à plateaux chauffant pour préparation des blocs à v'artir des caséines en “ peaux ”,
- la marchandise. Ilestimportant que toutes les pièces immergées soient isolées les unes des autres afin de per-
- Fig. 3. — Laminoir à 2 cylindres pour préparation des “ peaux ” de caséine.
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- Fig.4. — Calandre pour la préparation de la caséine.
- mettre la pénétration égale du formol en tous leurs points ; de même, pour éviter leur gauchissement il faut les maintenir. Il faut vérifier fréquemment la concentration des bains, plus ils sont dilués, plus la pénétration est rapide, mais aqssi plus la matière est fragile. Enfin la température doit être comprise entre 5° et 20° C. sous peine de compromettre le résultat.
- Lorsque les plaques ou bâtons sont for-molés à« cœur», ils sont retirés du bain de formol, mis à égoutter, puis disposés dans des casiers où ils sont maintenus pour éviter leur déformation. Ces casiers sont placés dans des armoires chauffées à 30° C. environ et traversées par un courant d’air s’il est nécessaire. Là s’effectue le séchage, il ne doit pas être trop rapide, car alors, seule la surface se dessèche, le centre reste humide et les objets se fendillent ou se brisent. La durée du séchage est de trois à quatre semaines.
- On voit que le formolage et le séchage sont deux opérations longues et délicates.
- Les plaques ou les bâtons secs sont parfois déformés, malgré les soins que l’on apporte pour éviter cet inconvénient ; il est alors nécessaire de les redresser par un passage sous la presse avant leur mise en vente.
- LES APPLICATIONS DE LA CASÉINE DURCIE La caséine durcie a une densité voisine de 1,3, c’est un diélectrique assez bon. Bien que possédant une résistivité électrique appréciable, elle est rejetée comme isolant à cause de son hygroscopicité.
- Pratiquement la caséine durcie est apte à tous les usinages, elle se laisse travailler à sec à toutes les machines-outils : scie, tour, fraiseuse, etc., elle est susceptible, par polissage, d’acquérir un beau brillant, aussi est-elle très utilisée dans la fabrication d’un grand nombre d’articles courants parmi lesquels il faut citer: les montures de lunettes, les manches de canne, de parapluies, de couteau, les poignées de bicyclette, les dos de brosses et articles de toilette, les boîtes à poudre, les boutons, les articles pour fumeurs, les articles de bureau, les accessoires de jeu, la tabletterie. L’artisan et le petit façonnier trouvent dans la caséine durcie une matière première qui se prête facilement à toutes leurs conceptions.
- Enfin, il faut signaler que la caséine se laisse assez facilement mouler, on a pu confectionner ainsi des plafonniers, des abat-jour, des tulipes, des vasques pour des appareils d’éclairage, ou l’ornementation.
- L’utilisation de la caséine durcie est pour ainsi dire illimitée; les branches les plus variées de l’industrie peuvent y avoir recours.
- LE MARCHÉ DE LA CASÉINE r D’après les renseignements du Ministère de l’Agriculture, la production totale en France de la caséine peut être évaluée à : 1923, 8000 t. ; 1924, 10 000 t. ; 1925, 12500 t. Sous la rubrique « caséine et matières similaires » de la statistique des douanes, il a été importé en commerce spécial : 1923, 820 quintaux; 1924, 788 quintaux; 1925, 1753 quintaux. Sous la rubrique « caséine », cette importation a été : 1923, de 119 quintaux ; 1924, de 115 quintaux ; 1925, de 98 quintaux. A noter que cette rubrique englobe sans distinction les différentes variétés de caséine.
- Marc Fouàssier,
- Licencié ès sciences,
- Chimiste-Expert près le Tribunal civil de la Seine.
- Fig. 5. — Machine Somua pour trancher les blocs de caséine et les réduire en feuilles minces.
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- '= LES MARMITES ...............................................=
- POUR LA CUISSON DES ALIMENTS SOUS PRESSION
- LA MARMITE DE PAPIN
- En 1681, Denis Papin publiait sous le titre : « Manière d’amollir les os et de faire cuire la viande en peu de temps et à peu de frais », sa théorie du digesteur, connue depuis sous le nom de marmite de Papin.
- La cuisson rapide et économique des aliments a donc été réalisée depuis longtemps et les innombrables appareils construits à cet effet depuis quelque temps ont pour ancêtre la marmite de Papin.
- Dans la théorie rappelée ci-dessus, Denis Papin démontrait la possibilité d’élever l’eau à une température supérieure à 100° en la soumettant à une pression de 3 ou 4 atmosphères.
- Il est facile de s’en rendre compte en se reportant aux lois de l’ébullition que nous rappelons ci-dessous :
- 1° Un liquide entre en ébullition à une température donnée quand la tension maxima de sa vapeur à cette température est égale à la pression qui s’exerce à sa surface ;
- 2° La température du liquide reste constante pendant toute la durée de l’ébullition. <
- Ainsi, sous la pression atmosphérique l’eau bout à lOOi
- Fig. 2. — Marmite originale de Papin.
- Musée du Conservatoire des Arts et Métiers à Paris.
- Fig. 1. — La statue de Denis Papin Vinventeur des marmites à vapeur sous pression.
- Conservatoire des Arts et Métiers à Paris. (Phot. Boyer.)
- parce qu’à cette température la tension maxima de sa vapeur est d’une atmosphère. Cette tension maxima augmente avec la température ainsi que l’indique le tableau ci-dessous :
- Température Tension maxima
- 100° ....... lk033 (1 atmosphère)
- 105° ..............1,232
- 110° ..............1,462
- 115° ..............1,726
- 120° ..............2,027
- 120°,6 .......... . 2,066 (2 atmosphères)
- 125° ..............2,317
- 130° ..............2, 760
- 133°,9 .............. 3,033 (3 atmosphères)
- 140° ..............3,695
- 144° ..............4,134(4 atmosphères)
- 152°,2...............5,166 (5 atmosphères)
- On voit donc que si l’on exerce à la surface de l’eau une pression de 2 atmosphères, elle ne bouillira qu’à 120°,6 ; si la pression est de 3 atmosphères, l’ébullition ne se produira qu’à 133°9, etc.
- La température restant constante pendant toute la durée de l’ébullition, on voit que si l’on chauffe de l’eau àlafpression atmosphérique, la température de cette eau ne pourra jamais dépasser 100°. Toute la chaleur fournie
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- sera employée à transformer l’eau en vapeur. Mais si l’on exerce à la surface de l’eau une pression supérieure à une atmosphère, elle n’entre en ébullition i qu’a une température supérieure à 100°. Par suite, on pourra porter l’eau à une température supérieure à 100°, en exerçant à sa surface une pression supérieure à une atmosphère.
- Pour obtenir, ce résultat, Denis Papin a construit son digesteur de la façon suivante : l’appareil se compose d’un cylindre métallique à parois épaisses fermé par un couvercle, maintenu par une vis. Le couvercle est muni d’une soupape de sûreté sur laquelle s’appuie un levier chargé d’un poids mobile permettant de faire varier la pression qui s’exerce sur la soupape.
- Quand on chauffe de l’eau dans cet appareil, la vapeur qui se forme au-dessus du liquide acquiert une certaine force élastique qui empêche l’eau d’entrer en ébullition.
- Quand cette force élastique, ou tension maxima, devient supérieure à la pression exercée par le'poids, la soupape se soulève et la vapeur s’échappe en sifflant. L’eau entre alors en ébullition et la'température s’abaisse en raison de la chaleur absorbée par l’ébullition.
- L’eau étant portée à une température supérieure à 100°, son action dissolvante augmente, d’où le nom de digesteur donné par Denis Papin à son appareil.
- LES MARMITES MODERNES POUR CUISSON SOUS PRESSION*
- On trouve actuellement sur le marché des marmites
- Fig. 5. — Marmite Bovex à fermeture extérieure rigide.
- A gauche : marmite émaillée: A droite : marmite en aluminium
- Fig. 3. — Coupe d’un sifflet avertisseur pour marmites sous pression.
- de modèles très variés qui permettent, comme la marmite de Papin, d’élever l’eau à une température supérieure à 100° et, par suite, de faire cuire rapidement les'aliments.
- Ces différents modèles peuvent se classer d’après leur mode de fermeture : les uns ont un couvercle analogue à celui de la marmite de Papin, les autres ont un couvercle intérieur disposé de telle manière que la pression de la vapeur l’appuie contre la marmite (fermeture autoclave) .
- Les marmites à fermeture extérieure se divisent elles-mêmes en deux groupes : couvercle extérieur maintenu par une traverse rigide, couvercle extérieur maintenu par un ressort.
- Citons quelques appareils de chaque catégorie :
- A. Fermeture autoclave : Lilor, Vit-Eco, Nicolette,
- Nea-Culina, etc.
- ( a) rigide : Bovex, Waap.
- B. Fermeture extérieure < b) élastique: Parfaite, Stan-
- ( dard, Autothermos.
- Quel que soit le mode de fermeture, l’étanchéité est
- Fig. 4. — Marmite Lilor à fermeture autoclave.
- obtenue au moyen d’un joint en carton, en caoutchouc, ou en matière spéciale, que l’on emprisonne entre le couvercle et la marmite.
- Jusqu’à cette année, toutes les marmites étaient construites en tôle d’acier étamée, de 2 à 3 mm d’épaisseur et quelques-unes en aluminium. Au dernier salon des Arts ménagers la plupart des stands de marmites à cuisson sous pression présentaient des appareils émaillés. Dans les marmites étamées, Fétamage disparaît au bout d’un certain temps et il faut procéder assez fréquemment à un nouvel étamage, ce qui entraîne des frais d’entretien qui sont supprimés par l’emploi de marmites émaillées.
- Fonctionnement. — Le couvercle des marmites est muni d’un sifflet avertisseur qui fonctionne quand la vapeur atteint une certaine pression. Le sifflet est constitué par une soupape maintenue par un ressort (fig. 3) qui remplace le levier de la marmite de Papin.
- Le sifflet proprement dit se visse sur le corps de la soupape et comprime plus ou moins le ressort qui exerce une pression plus ou moins grande sur la soupape. Le
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- corps de la soupape porte une graduation permettant de régler la tension du ressort et par suite la température à laquelle le sifflet entre en action (1).
- Quand le sifflet fonctionne, on cesse de chauffer, on bloque le sifflet et on laisse refroidir pendant un temps sensiblement égal à celui pendant lequel on a chauffé. On ouvre alors la marmite et la cuisson est terminée.
- Pour faire cuire des légumes verts, il suffit de chauffer pendant cinq à six minutes et la marmite peut être ouverte au bout de dix à douze minutes.
- Pour les légumes secs et le pot-au-feu, il faudra chauffer pendant une quinzaine de minutes et ouvrir la marmite au bout d’une demi-heure environ.
- Organes de sécurité. — Le sifflet est en même temps qu’un indicateur de cuisson, un organe de sécurité, puisqu’il permet à la vapeur de s’échapper avant d’atteindre une pression dangereuse ; mais ce n’est pas le seul organe de sécurité.
- Les marmites à fermeture autoclave ou à fermeture
- Fig. 7. — Marmite Autothermos à fermeture extérieure élastique.
- extérieure rigide sont en outre munies d’un plomb fusible ou d’une soupape de sûreté.
- Si pour une raison quelconque le sifflet ne fonctionnait pas, quand la pression atteindrait une certaine valeur (généralement 3 kg) le plomb fondrait ou la soupape fonctionnerait et la vapeur s’échapperait.
- Dans les marmites dont le couvercle est maintenu par un ressort, ce ressort se comprime quand la pression atteint une certaine valeur (généralement 3 kg), le couvercle se soulève légèrement et la vapeur s’échappe doucement entre le couvercle et la marmite. Dans la marmite « Standard » (fig. 9), le ressort est constitué par une lame flexible, dans la « Parfaite » (fig. 8), il comporte deux rondelles Belleville, dans 1’ « Autothermos » (fig. 7), c’est un ressort à boudin.
- Les marmites de grande capacité sont munies de
- 1. Dans la Nea-Gulina le ressort du sifflet est remplacé par un levier analogue à celui de la marmite de Papin, ce qui semble faciliter le réglage et offrir plus de sécurité.
- Fig. 6. — Marmite Wapp à fermeture extérieure rigide.
- manomètres et de soupapes de sûreté et doivent être poinçonnées par le Service des Mines (4). La figure 9 représente une marmite de 200 litres installée au séminaire d’Issy-les-Moulineaux.
- Il est très important que les sifflets et les soupapes de sûreté fonctionnent normalement et ne soient pas obstrués par des débris d’aliments. Pour éviter toute obstruction, on place généralement une crépine à la base de ces^appareils.
- Économie de combustible. — D’après les renseignements fournis par les constructeurs, les temps pen-
- 1. Le poinçonnage est obligatoire à partir d’une capacité de 20 litres; les marmites, d’une capacité supérieure à 100 litres, doivent avoir 2 soupapes de sûreté.
- Fig. 8. — Marmite La Parfaite à fermeture extérieure élastique.
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- Fig. 9. — Marmite Standard de 200 litres.
- dant lesquels il faut chauffer différents aliments pour les
- faire cuire sont les suivants :
- Légumes verts tendres, poisson, pâtes. . 5 à 7 min.
- Légumes verts durs, artichauts, salsifis,
- ragoût de veau......................... 8 à 10 —
- Gibier, civet, mouton....................10 à 12 —
- Légumes secs, <pot-au-feu, soupe aux
- choux, choucroute. ........ 15 à 20 —
- Ces durées ne sont qu’approximatives ; elles dépendent évidemment de l’activité du foyer et de la contenance de la marmite. Par exemple, s’il faut 15 minutes pour un pot-au-feu dans une marmite de 3 litres, il faudra environ le double pour une marmite de 6 litres.
- La durée du chauffage étant beaucoup moindre qu’avec les appareils de cuisine ordinaires, il en résulte évidemment une économie de temps et une économie de combustible. Les constructeurs donnent, pour cette dernière, le chiffre de 50 à 60 pour 100. Sans être aussi importante, l’économie est très réelle et l’expérience montre qu’elle peut s’élever à 30 ou 40 pour 100.
- L’emploi de ces marmites est particulièrement intéressant quand on utilise le gaz comme combustible, car on peut chauffer pendant le temps iuste suffisant pour obtenir la température voulue (*).
- 1. On peut approximativement évaluer l’économie de calories résultant de l’emploi d’une marmite à cuisson sous pression, par le calcul ci-dessous
- Si nous voulons, par exemple,faire un pot-au-feu avec une telle
- Qualité des aliments. — La cuisson étant faite en vase clos, les aliments conservent toute leur saveur et leurs principes nutritifs. De nombreuses expériences de cuisson des aliments les plus divers, effectuées dans différentes expositions, ont montré aux observateurs intéressés que ces aliments étaient très bien préparés et avaient fort bon goût. Certains constructeurs ont composé de petits manuels donnant des précisions sur l’emploi de marmites spéciales pour la préparation des principaux mets.
- On a parfois reproché à ces marmites de détruire les vitamines, mais ce reproche ne paraît pas absolument justifié; car, d’une part, certaines vitamines sont déjà détruites à une température inférieure à 80° et par consé-
- marmite contenant 6 litres d’eau, prise à la température de 15°, nous chaufferons de manière à atteindre la température de 135° environ ; il faudra donc fournir : 6 X (135— 15) = 720 calories (la quantité de chaleur correspondant à la formation de la vapeur est négligeable).
- Pour effectuer la même opération dans une marmite ordinaire, on portera l’eau à la température de 100°, ce qui absorbera 6 X (100 —15) = 510 calories. Alors l’ébullition s’effectuera pendant plusieurs heures et une partie notable de l’eau sera transformée en vapeur. En admettant qu’un quart du liquide, c’est-à-dire lkg 5, se transforme en vapeur, la chaleur de vaporisation de l’eau à 100° étant de 537 calories, la quantité de chaleur absorbée serâ 537 x 1°5 = 805 calories.
- Il faudra donc fournir au total 1315 calories. L’économie réalisée par l’emploi d’une marmite spéciale sera donc de 1315—720= 595 calories, soit 45 pour 100.
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- qjient dans n’importe quel appareil de cuisine, d’autre part certaines autres vitamines peuvent résister à des températures bien supérieures à 100°, si le chauffage a lieu en vase clos, ce qui est le cas des marmites à cuisson sous pression. La question ne semble pas encore complètement élucidée ; mais, quoi qu’il en soit, une alimentation variée permet toujours d’apporter à l’organisme les vitamines qui lui sont indispensables.
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- En résumé, les appareils que nous venons de décrire permettent de réaliser rapidement la cuisson des aliments et peuvent rendre de grands services aux ména-
- gères qui ne disposent que de peu de temps pour préparer leurs repas. Elles permettent également de réaliser une économie très appréciable de combustible. Elles présentent des garanties de sécurité suffisantes, mais il est nécessaire de surveiller étroitement l’entretien et le fonctionnement des organes de sûreté (sifflet, soupapes, ressorts, etc.). Nous dirons, pour terminer, que les appareils à fermeture autoclave paraissent, en raison de leur forme, plus difficiles à nettoyer et à vider que les appareils à fermeture extérieure. Enfin, parmi ces derniers, ceux qui sont munis d’un couvercle, maintenu par un ressort paraissent offrir le maximum de sécurité.
- Henri Fougeret.
- UN NOUVEL EMPLOI DU GAZ CARBONIQUE SOLIDE
- LA GLACE SÈCHE
- La fabrication industrielle de l’acide carbonique liquéfié a connu un rapide développement grâce aux nombreux débouchés qu’offrent la mise sous pression de la bière, la prépara lion des eaux gazeuses, la consommation de certaines machines à glace et la conservation des denrées périssables.
- Tout le monde connaît les « obus », ces récipients en acier dans lesquels on livre cet acide liquéfié et qui sont munis à leur partie supérieure d’un robinet à écrou. Si l’on dévisse un de ces obus de manière à laisser couler le « liquide carbonique », celui-ci, aussitôt qu’il est sous la pression atmosphérique, passe à l’état gazeux, une vaporisation rapide se produit avec un abaissement de température amenant bientôt une solidification du produit qui se présente alors sous une forme pulvérulente, d’une blancheur éclatante dénommée « neige carbonique ».
- Or, cette « neige carbonique », connue depuis plus d’un demi-siècle, était restée une simple curiosité de laboratoire.
- On a bien essayé, à plusieurs reprises, en France, en Allemagne et en Angleterre, de mettre à profit la remarquable propriété réfrigérante du gaz carbonique solide ; mais, à cause soit de l’emploi d’un matériel inutilement compliqué, soit du prix de revient prohibitif, ces essais n’eurent pas de suites pratiques.
- Repris aux Etats-Unis, ils ont tout récemment été couronnés de succès et une maison de New-York, la « Dry Ice Corporation », fabrique sur une grande échelle la glace carbonique qu’elle livre au commerce sous le nom de «dry-ice » (glace sèche).
- Avant d’expliquer la manière dont on a réalisé ce produit, constatons que son nom lui vient de son évaporation en un gaz sec, inoffensif, sans production d’humidité ou d’eau.
- . Fig. i. — Cette jeune fille tient d'une main un petit morceau de glace sèche et de l'autre un verre de limonade gazeuse. La glace sèche est fabriquée avec le même gaz carbonique que celui que l’on utilise dans la préparation des eauoc gazeuses.
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- Fig. 2. — Installation pour la préparation du gaz carbonique solide.
- On y voit les évaporateurs, les presses hydrauliques servant à mouler les blocs de glace sortant des évaporateurs et quelques blocs de glace sèche.
- LA FABRICATION DE LA GLACE SÈCHE
- Cette fabrication n’a rien de compliqué ; elle reproduit en grand ce qui se pratique en petit dans les laboratoires de physique ou de chimie.
- Dans ces derniers, on fait arriver un jet d’acide carbonique liquide dans un récipient à parois minces. La gazéification de la partie qui se vaporise entraîne, tellement le refroidissement est intense, la solidification du reste. On recueille ce reste en faisant arriver le jet liquide dans un saoen toile. On obtient ainsi une transformation
- de 10 à 15 pour 100 du liquide en solide. C’est trop peu. Mais dans le procédé industriel on arrive à transformer plus du tiers du liquide, grâce à un refroidissement préalable de celui-ci.
- L’installation où l’on met en œuvre ce procédé comprend d’abord les évaporateurs. Ce sont des réservoirs en tôle ayant un diamètre de 0 m. 90 et une hauteur de 1 m. 50 soigneusement isolés extérieurement avec du liège. A l’intérieur de chaque évaporateur est une chemise allant presque jusqu’au sommet et laissant un espace annulaire large de 2 cm 1/2 entre les deux cylindres. Le sommet de la chemise est formé par un filtre de drap soutenu par un solide écran. Près du fond de chaque cylindre est un trou d’homme muni d’une tuyère centrale pour l’admission du liquide.
- Le liquide carbonique refroidi par le gaz est détendu dans la chemise intérieure au moyen d’une tuyère. La pression de 77 kg par cm2, sous laquelle l’acide carbonique se liquéfie à la température ordinaire, tombe à 1 kg 7. L’évaporation rapide du liquide provoque son refroidissement instantané et en transforme le tiers en une masse solide semblable à de la neige. Cette neige est filtrée par le filtre du sommet de la chemise interne et le gaz très froid qui se dégage pendant l’opération descend entre les deux cylindres pour sortir par un tuyau placé près du fond.
- Ce faisant, il crée une nappe froide gazeuse entre la zone d’évaporation effective et la paroi extérieure.
- Pour connaître la quantité de neige réalisée, on pèse l’évaporateur tout entier et lorsque la balance accuse 150 kg, on ouvre le trou d’homme pour faire glisser la charge dans des mouleaux en acier que l’on transporte aux presses hydrauliques.
- ! l'ig- 3. — Schéma d’un wagon réfrigéré à la glace sèche.
- Le gaz carbonique provenant de'l’évaporation de l’acide solidifié est distribué à travers le chargement par des tuyaux qui le répandent au-dessus des denrées. Le fond de la voiture est étanche et le gaz ne peut s’échapper que par des chicanes pratiquées au sommet du wagon. Il n’y a aucune autre aération et de cette manière on réalise une circulation permanente du gaz froid.
- Trappe de chargement
- Paroi en planches
- KEntrée de l’air thermostat
- Tube vertical distributeur de gaz
- Caillebotis
- Conduite maîtresse de gaz froid
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- Quant au gaz froid provenant des évapora-teurs sous une pression de 700 gr. par centimètre carré environ, il traverse un échangeur de température où il refroidit le liquide carbonique avant que celui-ci ne pénètre dans l’évaporateur.
- Ce refroidissement du liquide est indispensable pour rendre la préparation de la glace sèche économique et intéressante au point de vue commercial.
- La neige carbonique est ensuite passée sous des presses hydrauliques et soumises à une pression de 35 à 56 kg par centimètre carré ; elle est transformée en blocs de 19 à 20 kg que l’on coupe à la scie électrique aux dimensions convenables pour l’usage auquel ils sont destinés.
- LES AVANTAGES DE LA GLACE SÈCHE
- Actuellement le prix de la glace sèche est à peu près dix fois celui de la glace naturelle, mais même à ce taux, elle présente des avantages très marqués sur celle-ci.
- En abandonnant son froid à l’air libre, la glace d’acide carbonique passe directement de l’état solide à l'état gazeux, sans passer par l’état liquide.
- Un kilogramme d’acide carbonique dans cette transformation absorbe environ 152 calories en passant de l’état solide à l’état gazeux à 0°, alors que la glace hydrique n’absorbe que 80 calories en fondant à 0°, et il est impossible de la faire passer à l’état gazeux, car la pression de saturation de la vapeur d’eau à cette température est très basse. L’énorme
- Fig. 5. — Un chargement de crème glacée.
- Trois à quatre livres de glace sèche contenue dans un sac en papier suffisent pour maintenir 10 kg de crème glacée en parfait état pendant 18 heures.
- Fig. 4.
- Une caisse de marée devant un wagon réfrigérant.
- Un gros marchand de poisson utilise la glace sèche pour ses expéditions : 500 kg de glace sèche suffisent pour réfrigérer un wagon pendant 4 jours, alors qu’il fallait autrefois 8000 kg de glace ordinaire et 10 pour 100 de ce poids de sel.
- chaleur latente contenue dans l’eau liquide ne peut être utilisée. L’eau de fusion est alors un résidu gênant, qui abîme les marchandises et les récipients.
- L’évaporation directe du gaz carbonique solide en un gaz est particulièrement intéressante aujpoint de vue de la réfrigération des chambres froides et des wagons réfrigérants. La glace sert d’accumulateur de froid, mais le gaz qui s’en échappe constitue le véhicule idéal du froid, agent particulièrement commode dans la plupart des cas, car il peut agir sans intermédiaire coûteux.
- L’atmosphère de l’espace réfrigéré est constamment renouvelée par du gaz carbonique frais, pur, froid, qui non seulement ne communique aucune saveur désagréable aux produits, mais qui contribue même à la préservation de nombre de denrées alimentaires.
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- En s’évaporant, la glace sèche donne 0 m15 500 de gaz par kilogramme. Ce gaz remplit graduellement d’abord le bas de l’espace réfrigéré en raison de sa densité, puis à mesure qu’il s’échauffe, il s’élève vers le sommet d’où il s’échappe par l’inlermédiaire de chicanes. De cette façon, on évite l'accumulation de toute odeur nocive et de plus, la chaleur qui s’infiltre à travers les parois est absorbée et emportée par ce courant de gaz carbonique.
- Malgré sa température très basse (laf température interne d’un bloc de neige carbonique en ébullition est de —80°), la durée du-produit est remarquablement longue. Ainsi un bloc de 20 kg placé à découvert dans
- Fig. 6. — Un étalage de crème glacée.
- On met la crème dans des boîtes de carton ondulé avec de la glace sèche. Avec 500 gr. environ de cette glace, on peut garder pendant six à huit heures un litre de crème.
- une vitrine à la mi-été, dure environ 28 heures. Dans un récipient approprié cette glace se garde pendant deux semaines.
- Grâce à sa basse température d’évaporation, la neige carbonique est bien plus efficace que la glace naturelle, lorsqu’il s’agit de maintenir des températures basses, comme par exemple dans le transport de denrées congelées. La nécessité d’ajouter du sel à la glace pour réaliser des températures inférieures à zéro, implique non seulement un travail supplémentaire, mais elle diminue le gain frigorifique réalisé par ce mélange. Avec le gaz carbonique on peut obtenir, avec un bon rendement, des températures allant jusqu’à — 40° ou — 50°. De ce fait,
- l’emploi de la glace sèche est particulièrement indiqué pour l’obtention des températures inférieures à zéro, dont on a si souvent besoin dans le commerce, comme pour le transport des viandes congelées, de la marée, de la crème glacée, etc.
- LES APPLICATIONS DE LA GLACE SECHE
- Du reste, nombre de commerçants américains se rendent déjà compte des précieux avantages de la glace sèche. Un marchand de poissons en gros s’en sert pour envoyer sa marchandise de New-York à Detroit. Il lui fallait, autrefois, près de 8 tonnes de glace et 10 pour 100 de ce poids de sel, par wagon, avec deux arrêts pour rechargement de glace, alors qu’il peut expédier aujourd’hui la même quantité de poissons avec 550 kg de glace sèche qui, chargée au début du voyage, évite tout rechargement en cours de route : d’où économie de temps. De plus, étant sec, le nouveau réfrigérant n’abîme ni le matériel roulant, ni les colis embarqués, puisqu’il n’existe ni humidité, ni saumure dans le wagon.
- Un autre exemple plus topique encore nous est fourni par deux fabriques de crème glacée (ice-cream) — la gourmandise par excellence des Yankees.
- La première envoie cette denrée de New-York à Philadelphie : elle consommait, autrefois, 1250 kg de glace naturelle et 270 kg de sel, par expédition, alors qu’à présent, pour la même expédition, 90 kg de glace sèche lui rendent le même service; elle réalise, en somme, un gain dans la proportion de 1 à 15.
- Une autre compagnie expédie la crème glacée de New-York à Cuba. Placée dans des récipients en balsa (une espèce de liège) avec de la glace sèche, l’ice-cream arrive à destination, après un voyage de cinq jours, dans un état de fraîcheur parfaite.
- Pour la livraison locale de petits colis de crème glacée, aucun autre réfrigérant ne peut lutter avec la glace sèche. En mettant un petit morceau du produit, gros comme le poing, avec la crème contenue dans un carton double, on peut conserver cette denrée éminemment périssable très longtemps intacte par les temps les plus chauds.
- On utilise également la glace sèche pour l’expédition des colis postaux de beurre, de fromage ou d’œufs.
- Son emploi s’étend, du reste, tous les jours. Déjà elle sert pour le raffinage des huiles, les essais des câbles électriques à basse température. On en fait usage contre la vermine dans les dépôts de grains, de laines et de fourrures. Les confiseurs s’en servent pour « faire prendre » plus rapidement leurs crèmes; enfin les chirurgiens l’emploient pour l’anesthésie locale.
- Evidemment, la fabrication de la glace sèche, telle qu’elle est pratiquée actuellement, n’est pas encore parfaite au point de vue économique. Lorsqu’on aura perfectionné le travail des évaporateurs et la mise en bloc, on pourra réaliser un prix de revient vraiment intéressant.
- En tout cas, on peut, dès maintenant, affirmer que nous sommes en présence d’une nouvelle méthode de production du froid industriel, à laquelle semblent réservées, en tous pays, de nombreuses et utiles applications.
- L. Kuentz.
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- ....—.. LA CULTURE DES MOULES - =.......
- DANS LES BOUCHOTS DU LITTORAL DU CENTRE-OUEST
- La Moule comestible (Mytilus edulis) est connue de tout le monde sur toutes nos côtes; c’est un mollusque Lamellibranche (Bivalve) dont la coquille est formée de deux valves égales, recouvertes d’un épiderme qui tombe facilement. La moule sécrète un byssus, c’est-à-dire des filaments très solides qui servent à fixer l’animal sur les corps fermes et même aux individus voisins. La moule peut se déplacer à l’aide de ces filaments qu’elle fixe successivement sur le corps solide qui la soutient. Elle vit surtout près du rivage, dans la zone de balancement des marées, car elle aime être périodiquement recouverte d’eau ou laissée à découvert; aussi, on en récolte à marée basse sur les rochers.
- Depuis plusieurs siècles, on cultive les moules sur la côte au nord de La Rochelle (Charente-Inférieure) ; cette industrie s’est répandue plus au sud et aussi plus au nord, sur celle de la Vendée, dans des parcs constitués par les bouchots installés sur la vase marine.
- Cette culture donne des produits importants qui sont distribués par les maréyeurs et les revendeurs (chineurs) dans les départements voisins ; ils ne vont pas jusqu’à Paris, où arrivent surtout les moules des environs de Boulogne qui sont plus grosses; celles de l’Ouest passent pour avoir plus de goût.
- On ramasse aussi des moules sur les rochers et bancs calcaires (hanches dans le pays) du littoral, au milieu des galets, des sables et de la vase ; elles y vivent isolées ou par groupes, avec les huîtres ou autres coquilles marines ; mais ce sont des moules sauvages, leur goût est plus âcre ; elles sont beaucoup moins appréciées que celles des parcs.
- On appelle bouchots des sortes de palissades, formées de pieux de 3 m de hauteur environ, qui sont enfoncés à moitié dans la vase de l’estran, c’est-à-dire de la plage. Cette vase est très profonde et découvre quelquefois sur plusieurs kilomètres. Les pieux sont reliés entre eux par des clayonnages de longues branches entrelacées (fig. 1); souvent il y a deux palissades, de plus de 100 m de long, formant un angle plus ou moins aigu, qui n’est pas fermé au sommet)1).
- Les bouchots sont couverts par la marée haute, deux fois par jour, et découverts plus ou moins à marée basse ; ceux qui sont éloignés de la côte ne sont à l’air que dans les grandes marées.
- Les moules produisent des œufs qui donnent des embryons et larves qui se fixent, à un certain moment, sur les rochers ou les bouchots, par touffes. On voit ces petites moules grossir peu à peu et arriver à la grosseur
- 1. Ce nom de bouchot vient probablement de boucheau, sorte de vanne d’écluse pour arrêter l’eau dans un canal. C’est un terme poitevin analogue au Boucau de Gascogne et au mot bouché.
- d’un haricot; c’est le renouvelain. On procède alors à la transplantation des groupes, en remontant des pieux éloignés (bouchots d’aval), vers ceux qui sont plus proches du littoral (bouchots d’amontj. On place les touffes de petites moules dans des sortes de sacs formés de vieux filets que l’on accroche sur les clayonnages. Le filet se pourrit et les moules se fixent par leur byssus. Elles trouvent une nourriture abondante de plankton dans l’eau légèrement vaseuse.
- On éclaircit ensuite les coquilles si elles sont trop serrées, et on porte les moules développées sur les bouchots d’amont pour pouvoir aller les cueillir plus facilement.
- Fig. 1. — Pieux à moules ou bouchots.
- Cette industrie a été d’abord développée surtout dans les communes de la Charente-Inférieure, qui bordent le côté sud de l’Anse de l’Aiguillon, comme Charron, Esnandes, Marsilly. Du haut de l’ancienne église fortifiée d’Esnandes, on embrasse à merveille la belle courbe de l’Anse et la forêt des bouchots, qui sont au nombre de plusieurs centaines et s’étendent sur plusieurs kilomètres. Ensuite, cette industrie s’est développée dans toutes les baies où se dépose la vase marine, comme au sud de Chatelaillon et au nord de Fouras, et encore plus loin, au sud de l’embouchure de la Charente, près du Chapus. Du côté nord, on a aussi installé des bouchots à l’embouchure du Lay (Vendée) ; ceux qui ont été placés en dehors de la Pointe d’Arçay (La Roche), c’est-à-dire du côté de l’Océan, ont été enlevés par les tempêtes.
- Ces bouchots contribuent malheureusement à arrêter le flot des marés et à faciliter le comblement des anses.
- On appelle boucholeurs (*) les pêcheurs qui s’occupent de cette mytiliculture ; ce mot est mal fait, mais l’usage a prévalu ; le métier est pénible. En bas de la falaise du Vieux-Chatelaillon, il y a le village des Boucholeurs,
- 1. Il aurait fallu dire bouchoteurs.
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- relativement récent, où l’on voit aussi des parcs à huîtres ; tous les touristes et visiteurs de la côte vont voir
- leur installation, surtout par les grandes marées, où la pointe du Cornard découvre sur trois kilomètres.
- Les boucholeurs se servent dans leur travail, d’un petit bateau spécial à fond plat, sorte de pousse-pied, appelé acon ou accon (*).
- Il est long de 3 m environ, profond de 60 cm; la planche du fond est plate et se relève en avant pour former une sorte de proue ; il y a une planche longitudinale de chaque côté, et, déplus, à l’arrière, une planche transversale qui ferme l’acon avant le bout.
- Il y a donc là un espacé libre, qui sert au pêcheur pour diriger l’acon.
- Il tient ce bateau avec une main sur chaque planche latérale ; il place un genou sur la place libre, à l’arrière de la nacelle, et avec l’autre jambe, il appuie un pied sur la vase, qu’il refoule en arrière (fig. 2).
- L’acon avanpe ainsi sur la plage ; puis l’eau devient abondante ; il y a des sortes de marigots et chenaux sur cette vase, par où l’eau s’écoule (fig. 3), et l’acon flotte pour aller jusqu’aux bouchots récolter les moules à mer basse. Quelquefois, l’eau n’est pas haute et on reste debout sur la vase.
- Lorsque la marée monte, le pêcheur revient vers la côte, d’abord à flot, puis en remontant la pente, et poussant la nacelle avec son chargement, ce qui n’est pas aisé surtout si la vase a été durcie par le soleil.
- Le retour des boucholeurs est très curieux à voir par l’ensemble des acons et l’animation de la côte à ce moment, avec les femmes
- 1. Ce terme s’applique, en général, à des chalands à fond plat dont on se sert pour le chargement ou le déchargement des navires de commerce ; le patron de cette allège est un aconier; il y a des sociétés d’aconage dans certains grands ports, comme à Marseille, à Casablanca, etc.
- qui emportent [les moules pour les nettoyer, et les mareyeurs qui viennent prendre les chargements.
- L’animation disparaît à marée haute, et l’on voit alors les lignes d’acons-qui flottent près du littoral dans ce que l’on appelle le port à Esnandes et Marsilly.
- On ne trouve pas d’autres coquillages sur ces plages vaseuses ; elles sont stériles.
- Il n’y a guère que des Crabes ; on en trouve quelquefois des petits à l’intérieur des moules [Pinnothera mytilorum).
- Ces crustacés se nourrissent des vers qui habitent la vase.
- HISTORIQUE. - TRADITIONS
- L’origine de l’installation des bouchots est attribuée à un pêcheur irlandais, nommé Wal-ton, jeté sur cette côte à la suite d’une tempête, au XIe siècle ou au XIIIe.
- Il eut l’idée de deux allées de pieux formant un angle ouvert au sommet, où il plaçait des filets qui retenaient le poisson quand la mer baissait f1).
- Cette industrie a été imitée et s’est perfectionnée successivement.
- Aujourd’hui, c’estune grande richesse pour la côte(2).
- Jules Welsch,
- Doyen de la Faculté des Sciences de Poitiers.
- 1, C’est aussi à Walton que serait dû l’acon.
- Un arrêt du 11 janvier 1727 déclara « que ces bateaux permettent seuls l’exploitation des bouchots ».
- 2. La récolte totale des moules en France était, en 1913, à la veille delà guerre, de 325 000 hectolitres valant un million de francs.
- Elle ne suffisait pas à la consommation.
- Fig. 3. — Chenaux {ou marigots) sur la vase à mer basse.
- Bibliographie. — C. M. D. d’ORBiGNY père. — Histoire des Parcs ou Bouchots à moules des cotes de l’arrondissement de La Rochelle (1847, La Rochelle, 14 p.)
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- LES ROUTES DE L'AIR
- DU BOURGET
- Les catastrophes qui ont, suivi les essais de vol transatlantique d’Europe en Amérique ont démontré qu’il y avait autre chose à envisager que la puissance des appareils et l’endurance des aviateurs.
- Les malheurs survenus dans les débuts de l’aviation transatlantique ont eu des précédents, il y a déjà très longtemps dans la navigation à voile. En jetant un coup d’œil en arrière sur la navigation à voile dans les parages où sont arrivées les catastrophes aériennes, nous verrons la question sous un nouveau jour qui nous donnera un tracé’de routes plus certaines et plus sûres pour la traversée transatlantique d’Europe en Amérique.
- Entre l’ancienne navigation à voile et la navigation aérienne il y a bien des côtés communs auxquels un facteur unique, le vent, apporte à la fois ses avantages et ses inconvénients.
- Dans un cas comme dans l’autre, il faut donc faire l’étude générale de l’atmosphère et tracer des routes aériennes afin d’éviter autant que possible les zones dangereuses.
- Pendant trois siècles et jusqu’à la fin du xvinc siècle, la navigation à voile était en honneur sous tous les méridiens du globe, mais elle restait généralement une science rudimentaire et presque à l’état de routine. Il n’existait pas encore de chronomètres sur l'exactitude desquels on pût compter pour fixer la longitude. De même pour la latitude on ne possédait que de grossières astrolabes, arbalètes et anneaux, des tables de navigation qui accusaient des erreurs de près de 30 milles. Les instruments, d’autre part, donnaient plus d’erreurs en degrés que l’on n’en fait actuellement en minutes.
- Encore, vers 1760, nulle traversée transatlantique n’était plus dangereuse que la traversée du Havre à New-York en hiver. En approchant des côtes américaines, les navires qui suivaient la ligne directe (ainsi que le font actuellement les aviateurs) étaient assaillis par des bourrasques et des coups de vent formidables brisant l’énergie des marins et annihilant toute leur expérience. A cette époque, le nombre des navires qui se perdaient corps et biens dans l’Atlantique était effrayant et la moyenne des naufrages atteignait, paraît-il, certaines années, un chiffre de trois navires par jour. Il n’existait à cette époque aucune étude scientifique sur les courants et la météorologie n'avait pas encore vu le jour.
- Ému de cet état de choses, l’État américain fit alors appel aux savants et fonda un prix de 30 l’U*. livres sterling afin d’améliorer la situation de la navigrîion. Le premier, le Dr Franklin fit un travail sur l’existence du courant marin du Gulf-Stream, sur sa circulation et reconnut qu’il était l’une des principales causes des perturbations atmosphériques amorçant les principales dépressions de la zone océanique nord. Il rédigea des mémoires accompagnés de cartes des régions touchées par la dépression, en y traçant les routes à suivre pour éviter des désastres. Cet ouvrage, composé en l’année 1775, ne fut publié qu’en 1790 pour des raisons politiques.
- Ces études eurent un effet presque immédiat en Amérique. Par contre, elles n’eurent que peu d’écho en France, tant est grande l’emprise de la routine dans notre pays et ce ne fut que plusieurs années plus tard que les travaux de Franklin s'imposèrent. Notons leur répercussion sur le commerce américain qui n’eut plus à souffrir de la fermeture des ports, certains ports jusque-là fermés pendant l’hiver devinrent accessibles en toute saison. En une seule année, le revenu de
- A NEW-YORK
- la douane de Philadelphie s’éleva à plus de 2 840 000 livres sterling, c’est-à-dire dépassa de moitié celui de tous les autres États américains réunis.
- Depuis cette époque, les études météorologiques ont fait de notables progrès, tant en France qu'en Amérique, et même nous sommes obligé de reconnaître que ces progrès ont été plus rapides en Amérique, surtout au point de vue pratique, ainsi que nous le démontrent les travaux de l’illustre lieutenant Maury de la Marine Américaine auquel la science est redevable des cartes météorologiques sur lesquelles figurent les tracés des routes maritimes les plus courtes et les plus sûres à travers tous les océans. Si l’on parcourt ces travaux, on est obligé de constater que les zones à naufrages sont les mêmes que celles où sont survenues les catastrophes de l’aviation actuelle ; ces catastrophes sont produites sans aucun doute par les mêmes causes que celles déjà signalées par Franklin en 1775 et par le lieutenant Maury plusieurs années plus tard.
- Les études du lieutenant Maury sont fondées sur plus de cent vingt mille observations relevées sur les journaux de bord des navires au long cours. C’est au moyen de ces observations qu’il est arrivé à tracer les routes maritimes en usage aujourd’hui, en tenant compte de la variation des courants, de la direction des vents et de la situation de l’état de l’atmosphère.
- Au moyen des « Pilots charts » il donna aux navigateurs le moyen d’utiliser les vents réguliers et de faire gagner, par ce moyen, du temps dans les voyages au long cours.
- Pour cela, au lieu de leur indiquer le chemin le plus court, celui que suivent les aviateurs de notre temps, il prescrivait aux longs-courriers une route kilométriquement sans doute plus longue, mais qui, étant donné les vents et les circonstances atmosphériques favorables, se trouvait ehronométri-quement plus avantageuse.
- Quelques exemples feront voir la question sous son véritable jour : pour aller à la voile de New-York à l’équateur on mettait ordinairement 84 jours avant les études du lieutenant Maury, mais en suivant ses instructions et son tracé, le trajet se réduisait à 29 jours. Le voyage de New-York à San Francisco qui demandait 180 jours put être effectué en moitié moins de temps, soit en 90 jours, en suivant les indications de Maury.
- Il est très évident que, pour la navigation aérienne d’Europe en Amérique, si l’on avait suivi des instructions météorologiques comme celles dont se servait le lieutenant Maury, aucun aviateur n’eût entrepris et n’entreprendrait la traversée suivant un arc de grand cercle, comme on l’a fait jusqu’à ce jour. Car au point de vue météorologique c’est la ligne de formation des dépressions occidentales, causes des catastrophes.
- La véritable route pour aller d’Europe en Amérique du Nord, c’est de partir du Bourget, de prendre par le Sud-Ouest en longeant les côtes de France et du Portugal par le plus court chemin, puis de doubler les Açores au Sud par le 35° degré de latitude et de remonter ensuite vers le Nord-Ouest pour atteindre New-York, le point d’arrivée.
- De cette façon, on évite toutes les zones de dépressions dangereuses qui sont situées entre le 45e et le 50e degré de latitude et où se sont produites toutes les catastrophes récentes de navigation aérienne.
- La confirmation de notre thèse a été fournie parle raid de
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- Costes et Le Brix dans leur traversée de Saint-Louis à Natal, qui a été à l’abri des zones dépressionnaires.
- Il n’en est pas de même de la traversée transatlantique d’Amérique en Europe : la route normale à suivre est bien celle qui a été suivie par les aviateurs américains. Ces derniers la suivaient sans le savoir peut-être, car ils se trouvaient portés naturellement par les courants aériens du Gulf-Stream qui conduisent vers le N.-E. (
- Aussi pensons nous qu’il est de toute nécessité à l’avenir, dans le choix d’une route aérienne pour la traversée transatlantique d’Europe en Amérique, de prendre par le sud des Açores, puis de remonter directement sur New-York. Cette
- route olïre un double avantage : d’abord elle permet, le cas échéant, une escale aux Açores avec une destination soit pour l’Amérique du Sud ou du Nord, et elle évite le risque de rencontrer des zones dépressionnaires dangereuses. Il est déjà question d’essais dans cette voie pour la traversée du Bourget à New-York.
- Le jour où des études pour la navigation aérienne seront faites dans le même esprit que celles du lieutenant Maury pour la navigation à voile, la liste des catastrophes sera close, comme le fut celle des naufrages, ily a plus d’un siècle.
- Henri Murat.
- LES MOUCHES A TRUITES
- LES PHRYGANES («»)
- On divise généralement les phryganes en huit groupes ou familles.
- Les phryganes proprement dites formeront, si vous le
- Fig. 1. — Goè'ra pilosa.
- voulez bien, la première, car ce sont de grandes espèces, très communes en France.
- Ailes supérieures ayant des nervures transversales vers la bifurcation des nervures principales, ailes inférieures très plissées en longueur sur l’insecte au repos. Antennes d’une longueur comprise entre celle du corps seul et celle des ailes (qui au repos dépassent sensiblement le bout de l’abdomen). Les larves se construisent des étuis mobiles en matériaux divers.
- La P. striata, dont le corps nu a 16 à 18 mm, et atteint 25 à 27 mm les ailes fermées, a des antennes fauves d’environ 25 mm. Tête fauve, thorax brun, abdomen fauve, foncé à son extrémité, ailes larges à bords arrondis, les antérieures fauves marquées de taches obscures, les postérieures transparentes et irisées, pattes fauves avec éperons noirs sur les tibias. Cet insecte, comme le P. grandis qui lui ressemble fort, paraît en juin et juillet sur les eaux claires. Il est imité par le Large red Sedge.
- Les Scricostomes ont les ailes poilues, les supérieures sans nervures transversales, les inférieures relativement petites et médiocrement plissées. Antennes grosses, au premier anneau long et fort. Petites espèces dont les larves font, en eaux courantes, des fourreaux variés.
- Le célèbre auteur halieutique anglais Helford recom-
- mande fort son Welshman’s button : ce serait la copie du Sericostome personatum qui paraît plus commun en Angleterre qu’en France. Cet insecte brun rougeâtre est moins nocturne que ses cousins et vole volontiers en plein jour. Sa larve fait un fourreau conique, courbé, fait de sable très fin.
- A citer dans la même famille le Goëra pilosa (fig. 1)
- (.Small Parke Sedge et medium Sedge), le Brachycentrus subnubilus (le grannom d’avril).
- Les Ryacophiles ont les ailes supérieures sans nervures transversales, les ailes postérieures plus petites, plus étroites, et médiocrement plissées. Antennes minces et d’une longueur médiocre comprise entre celle du corps et celle des ailes. Les larves vivent dans les eaux courantes et ne se construisent pas d’étuis mobiles.
- Ce sont généralement des insectes communs, à ailes grisâtres, plus ou moins foncées, rarement brunâtres, dont je ne vois pas d’imitation rigoureusement spécifique.
- Les Hydropsychés ont les ailes supérieures sans transversales, grises ou brunes, souvent tachetées de noir ou de fauve foncé; ailes inférieures très plissées. Antennes minces et longues, aussi longues que le corps ailes fermées.
- Ce sont généralement des insectes d’eau courante, dont les larves ne se construisent pas d’étuis mobiles mais un domicile fixe. La Psychomyia notamment se fait une galerie tortueuse de sable agglutiné à la face intérieure des pierres, elle éclot de mai à août dans des eaux calmes.
- Les Hydropsiles ont les ailes supérieures minces, pointues, très velues et aux nervures peu visibles ; ailes inférieures semblables et non plissées.
- Antennes courtes, aussi grosses au bout qu’à la base. Ce sont de tout petits'insectes presque impossibles à imiter, au corps noir, antennes fauves, ailes grises et pattes fauves.
- Fig. 2.
- Mystacida nigra.
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- Je ne vois pas bien sur quels caractères 'Mac Lachlan base les caractères de sa famille des Limnophiles en ce qui concerne la structure des ailes et la longueur des antennes.
- R. Perrier dit des Limnophiles qu’elles constituent une famille nombreuse dont les ailes ont parfois des plages dénudées, transparentes, dont l’une occupe le milieu de l’aile, l’autre le quart terminal, et le troisième en)crois-sant à l’angle apical postérieur. Larves à fourreaux mobiles.
- Halford dit que les Limnophiles constituent l’espèce dominante en Angleterre, et cite notamment le Limno-p/iilus luîeus comme imité par le cinnanion sedge. Perruche ajoute que le Limnophilus flavus est imité par le Sand fly. Quant à moi j’ai trouvé dans le Dauphiné des quantités de phryganes de la variété Drusus dont le papillon ressemble un peu au Small Park Sedge.
- Les Leptocuridés ont des ailes couvertes de poils épais cachant les nervures, les antérieures généralement étroites et pointues, les inférieures très plissées. Antennes fines et beaucoup plus longues que les ailes.
- Leurs larves se font un fourreau étroit et conique, de matières variables.
- Plusieurs espèces de cette famille volent en plein jour, voire en plein soleil : L. nigro-nervosus, L. aterrimus (que représente à la rigueur le black Silverhorn), L. ci-nereus [brown Silverhorn, dit Perruche), L. albifrons ; Adontourum albicorne (imité par le Grey Sedge, dit Perruche) ; les Mystacidés, dont Pictet décrit 13 espèces dont la M. nigra, qui, pour moi, est le vrai modèle ins-
- —...' ......... , , 35
- pirateur du black Silverhorn anglais (insecte à corp noir, long de 9 à 10 mm. ailes fermées, pattes brunes, ailes grises garnies de poils fins et courts d’un noir métallique, fines et longues antennes annelées de brun (fig. 2).
- Voici donc, aussi résumées que j’ai pu le faire en une demi-douzaine de petits articles ('), quelles sont les notions élémentaires que doit posséder un pêcheur de truites à la mouche artificielle.
- Avouerai-je que je prépare un livre important sur cette question et que la maison Delagave doit en être l’éditeur... et que je la remercie d’avance de celte contribution au développement scientifique de la pêche. Cet ouvrage comprendra des nomenclatures détaillées et de très nombreuses descriptions d’insectes aquatiques, et aussi la manière de fabriquer les mouches artificielles qui les peuvent bien imiter.
- Mais ce que je souhaite surtout, c’est que mes amis les pêcheurs à la ligne apprenneut à mieux lire dans le grand livre de la nature. Il ne faut pas se contenter des tuyaux du grand-père, il faut progresser : et progresser veut dire étudier pour essayer de comprendre. Il faut avoir le petit courage de mettre dans son étui à gaule un filet à papillons, avoir quelques tubes de verre pour garder des spécimens d’insectes à identifier, avoir une bonne loupe pour en vérifier les détails : cela n’est pas du temps perdu. Les succès futurs en seront la récompense.
- Travaillez, prenez de la peine... a dit ce bon La Fontaine. Ryvez.
- 1. Voir La Nature, n" 2761, 2764, 276S, 2771, 2783, 2785.
- LA LUMIÈRE COMBINÉE AUX ALIMENTS
- On n’en est plus aux calories, jadis seules guides de la valeur alimentaire par la chaleur possible à produire. Des principes, dits vitamines, encore indéçelables physiquement et chimiquement, mais dont le test physiologique démontre l’existence, ont une très grande importance, mais on peut se demander s’il n’y a pas là de la lumière emmagasinée, intégrée, absorbée.
- L’héliothérapie indirecte consiste à faire absorber des huiles, des graisses, naturellement ou volontairement irradiées.
- Si l’on irradie des rats, qu’on les tue et que l’on donne leur peau à manger à des rats rachitiques, on guérit ces derniers. On sait aussi que les fourrages rentrés par un temps ensoleillé, sec, sont plus nutritifs et que les vaches ainsi nourries donnent plus de lait.
- La peau, si l’on en juge le pigment produit par l’insolation humaine, intègre la lumière. La chevelure croit et brunit plus au soleil. Les blonds y meurent plus que les bruns et les noirs. Les paysans norvégiens transplantés en pays chauds dégénèrent. Le choc solaire ne dépend pas que de la chaleur (il faudrait pouvoir citer tout le livre du Major Chas. E. VYoodruff, paru en 1905, à New-York et à Londres ; The effects of Tropical Lights).
- Revenons aux rats et aux effets physiologiques des aliments insolés, seuls effets visibles jusqu’ici avec leur photo-génisme encore non constaté par certains auteurs (Saidman).
- Si des rats, soumis à l’obscurité, mangent le bois de leurs cages irradiées, mangent les déjections d’autres rats irradiés,
- ils ne deviennent pas rachitiques. Baumer aurait même constaté par l’examen des fèces que seraient utilisés les deux tiers de la quantité ingérée et absorbée.
- La lumière n’est pas partout également soluble (?) ou intégrée. Certaines substances, la cholestérine, les stérines, l’ergostérine surtout, emmagasineraient, garderaient plus facilement les radiations que d’autres. Les foies d’animaux irradiés, et les corps gras irradiés ensuite, combattraient merveilleusement le rachitisme (Y. Malmstrom, Pappenhei-mer, E. Poulsson, Lesné, Yillaret, de Gennes, Marfan).
- Il y aurait donc, semble-t-il, intégration de la lumière en des tissus vivants. Et les vitamines, encore indécelables, autrement que par leur test physiologique, disent tous les auteurs, oubliant ou niant l’action souvent constatable sur la plaque sensible, leur ingestion ou non par des animaux, témoins et palients, sembleraient également prouver une combinaison physico-chimique de la lumière, se conservant même après la mort des êtres vitaminés parce qu’irradiés.
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- Revenons au photogénisme, car nié encore, sans doute parce que cherché en un temps trop court (ce serait, si l’on veut, la vieille « lumière noire » de Gustave Le Bon, 1896).
- J’ai pu, et l’ai publié en 1911, montrer l’emmagasinement de la lumière solaire dans les viandes grasses insolées [tasajos, de l’Uruguay) par la plaque photographique laissée plusieurs jours dans la chambre noire en contact avec ces viandes, avec voile d’autant plus intense que ces viandes
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- étaient plus grasses, sans doute plus chargées de cholestérine. Russel, puis Malmstrôm (1920), constataient aussi le fait et le second a vu que « l’extrait de la graisse irradiée fait à l’eau contient des matières d’une activité chimique relativement forte ». En 1925, Malmstrôm, d’Hôgbo Consomption, de Falun (Suède) insistait sur l’emploi des huiles, des graisses, du lait, en thérapie, méthode depuis vulgarisée sous le nom d’ « héliothérapie indirecte ».
- Cette restitution de lumière intégrée se fait peu à peu, lentement, à la façon de ces médicaments introduits par électrolyse médicamenteuse (1890), par ions à l’état naissant (ionisation, terme trop général, est aujourd’hui admis). La lumière, par ses actions chimiques, aide aussi à l’absorption locale.
- En 1901, j’ai insolé, avec mon radiateur chimique (lampe à arc voltaïque présentée à VInstitut de France, le 24 décembre 1900, par le professeur G. Lippmann), la peau, y ayant implanté deux aiguilles impolarisables ; il y avait déviation au galvanomètre à miroir, donc production d’un courant électrique, formation d’ions.
- La rapidité d’action ou non selon notre état, nos aliments ingérés, crée ou non « le choc radiant ».
- Les aliments ont donc une grande importance dans la genèse de nos maladies, par leur constitution (Yeillard,
- J. Sédillot, J. Séval) qui dépend et est en relation directe avec la lumière, que celle-ci s’y intègre, y développe des vitamines, voire des désordres cutanés (des aliments ne sont, parfois toxiques qu’en des pays ensoleillés). C’est de la photosensibilisation (*).
- Ce sont surtout les enveloppes des graines, du blé, de maints végétaux qui ont été très irradiés, qui ont gardé la propriété de germer, de nous nourrir et éviter bien des maladies. On connaît la théorie du pain complet avec le son. C’est encore ce son ingéré, même à part, seul, en certains cas, qui guérit la maladie produite par son absence, tel, le son du riz pour guérir le béri-béri : son insolé ou vitaminé par le soleil. Dans le maïs gâté et toxique, ne serait-ce pas en même temps que ia production de moisissures, l’altération du son qui en causerait la nocivité?
- Le Dr YeilJard (d’Orléans) a montré le retour de la pellagre, la production de l’encéphalite léthargique, dus à Ja consommation de maïs, de riz décortiqué, celui-ci, notamment, cause connue de scorbut depuis longtemps.
- Par analogie avec ces faits, avec la viande crue, vieillement connue contre la tuberculose pulmonaire et rénovée par la zomothérapie du professeur Ch. Richet, avec les théories des végétariens et des végétaliens, on est amené à préconiser, contrairement à toutes nos habitudes, l’emploi alimentaire de quantité de feuilles, d’enveloppes, de ^substances que nous rejetons. Nous renions les parties extérieures des légumes,
- l. Dr Foveau de Courmedles, La Nature, 15 mars 1928.
- = UNE NOUVELLE SOURCE
- Le caroubier est un bel arbre qui croît abondamment sur tout le littoral méditerranéen. Son fruit contient 20 à 25 pour cent de saccharose et parfois davantage, c’est-à-dire beaucoup plus que la canne à sucre et la betterave. Mais l’on n’avait pas réussi jusqu’ici à extraire la saccharose de la caroube.
- Le professeur italien Oddo, de l’Université de Palerme, vient d’annoncer, dans une conférence à la Société de Chimie Industrielle, qu’il avait réussi à résoudre ce problème, en employant comme solvant l’alcool éthylique ou méthy-lique. Le processus est analogue à celui que l’on met en œuvre
- des plantes, des fruits que nous consommons, n’est-ce pas une grave erreur ?
- D’après Guelpa qui préconise le jeûne et la viande (celle-ci passant, on le voit, au second plan), il en doit être ainsi, car ces parties végétales contiennent beaucoup de calcaire nous prédisposant ou augmentant notre arthritisme, et nous sommes presque tous arthritiques. Est-ce exact?
- La présence de calcaire en ces parties insolées est normale, puisque les rayons X nous montrent sa formation immédiate chez les rachitiques insolés, chez les enfants arriérés et exposés aux rayons ultra-violets.
- Le calcium et le phosphore, dans les êtres vivants, sont sous 1 étroite dépendance de la lumière, c’est-à-dire la formation du squelette. Chez les plantes, l’absence de chlorophylle et les radicelles fragiles émises en l’obscurité le prouvent.
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- * #
- Cette lumière emmagasinée, intégrée dans les tissus vivants, végétaux ou animaux, y provoque l’évaporation de l’eau, la formation du squelette aidant à la locomotion, à la production du pigment cutané (défense ou revêtement de la peau, on ne sait encore), à la croissance (Influences of Sun Rays on Plants and Animais, par C. G. Abbott, Report from Smithsonian Institution for 1926, pp. 161-173).
- Ces propriétés connues, notamment de conservation plus longue, d’antisepsie par la lumière, empêchant les altérations, arrêtant ou supprimant les moisissures des tissus sous-jacents, les toxines, ne sont pas utilisées.
- Aussi conviendrait-il, selon le DrJacques Sédillot, si on ne veut pas consommer les enveloppes protectrices (et j’ajouterai : irradiées, vivantes), de ne les enlever, de ne polir les grains de riz notamment, que très peu de temps avant de les livrer à la consommation : le béri-béri, par exemple, disparaîtrait ainsi. Le temps plus ou moins long entre l’enlèvement des enveloppes et la consommation peut doubler la mortalité. L’ingestion du son de riz guérit du reste de suite le béri-béri ; dans les pays à mono-alimentation la constatation est facile.
- La cholestérine (cholestérol), avons-nous dit, est le meilleur collecteur intégrateur de lumière (en son rapport Abbott y insiste). Elle est abondante dans le foie, le sang, et diminue avec les états infectieux, d’où, vraisemblablement, notre moindre résistance organique : moins de lumière gardée, moins de lumière absorbée ; ces états infectieux cédant par ailleurs aux extraits de levure à base de lipoïdes et d’ergos-térine (prof. Lemoine).
- Est-ce vraiment la lumière qui forme des composés physico-chimiques avec les aliments? ou forme-t-elle des vila-mines A, B, C, D, E, également utiles? Tels sont les problèmes posés, mais il reste acquis que nos substances alimentaires doivent contenir de la lumière et surtout des rayons ultra-violets. D1' Fovéau de Courmelees.
- DE SUCRE. LA CAROUBE =
- pour extraire par les solvants les graisses et huiles des corps organiques. La perte en solvant pendant l’extraction est très petite, l’appareillage extrêmement simple, le sucre extrait peut être employé immédiatement dans l’alimentation ; sa purification est facile.
- Cette méthode d’extraction du sucre par l’alcool peut, du reste, s’appliquer également à la betterave.
- Ainsi une matière première nouvelle est sur le point de faire son apparition dans l’industrie sucrière et peut être l’origine d’une véritable révolution dans cette industrie de première importance. ,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT 1928 (')
- L’éloile variable Mira Ceti doit atteindre son maximum d’éclat ce mois-ci. L’histoire de celle curieuse étoile, la
- merveilleuse de la Baleine », est coulée, tout au long, par Camille Flammarion, dans son livre dèvenu rarissime : Les Etoiles et curiosités du Ciel. En passant, disons combien tous les amateurs sérieux déplorent l’impossibilité où ils se trouvent aujourd’hui de se procurer cet ouvrage si utile, remis à jour, ainsi d’ailleurs qu’une bonne partie des autres volumes du même auteur.
- Pour en revenir à Mira Ceti — o de la Baleine — cette étoile est la première qui ait été reconnue comme variable.
- « Elle fut signalée, dès la fin du xvi” siècle, par le patient David Fabricius. C’est, en effet, le 13 août 1596, que cet observateur du ciel aperçut là, dans le cou de la Baleine, une étoile de 3e grandeur qui n’existait sur aucun des catalogues anciens. Il la revit pendant deux mois, mais en octobre elle disparut ». Nous ne suivrons pas Camille Flammarion dans sa description des observations anciennes. Bayer dessina cette étoile sur son atlas, en 1603, de 4e grandeur.
- Holwarda la vit en 1638, supérieure aux étoiles de 3e grandeur. En été 1639, elle était invisible, etc.
- Denombreuses observations furent faites de 1641 à 1644 par Fullenius, puis par Ileve-lius de 1648 à 1662. En 1667,
- Bouillaud , utilisant les observations faites de 1638 à 1660, trouva une période de 333 jours. William II ers ch el trouva, de son côté, pour cette période, 331 jours 10 heures 19 minutes.
- La période réelle est de 330 jours environ, mais elle n’est pas très régulière.
- Une grande partie s’écoule alors que l’étoile est au-dessous de la 6e grandeur. Elle descend jusqu’à la grandeur 9^ 1/2.
- Au maximum, elle atteint parfois la seconde grandeur et émet alors plus de mille fois de chaleur et de lumière que 165 jours auparavant!
- S’il y a des planètes autour de ce soleil, la vie doit y être soumise à de singulières alternatives et la monotonie ne doit pas y être de règle!
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en août, diminue, rapidement. De -f- 18° 2' le 1er, elle n’est plus que de -j- 8° 39' le 31. La durée du jour (présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon) décroît de 15* 3m et 13*27», entre les mêmes dates.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par une bonne horloge, quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- 1. Toutes les heures mentionnées dans le présent Bulletin astronomique sont données en temps universel (T. U.), compté de 0* à 24" à partir de 0* (minuit). Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures données ici.
- Dai e- Heures du passage. Dates. Heures du passage.
- Août Ie llh 56“ 50* Juillet 17 Il1* 54“ 38*
- 3 U1* 56“ 41* — 19 11* 54» 12-
- .— 5 11“ 56» 31* -— 21 llh 53» 43*
- 7 11» 56» 17* — 23 11* 53“ 13*
- 9 11*56“ 2* — 25 11* 52» 41*
- — 11 11* 55» 44* — 27 11*52“ 7*
- — 13 11“ 55» 24* — 29 11*51» 32*
- — 15 11*55“ 2* — 31 11* 50“ 56*
- Observations physiques. — L’observation quotidienne du
- Soleil, au moyen d’une petite lunette, est une des plus
- attrayantes e t des plus faciles à faire. La m éthode par pro-
- jection est à conseiller pour la mise en place globale des taches et des facules. Il est nécessaire de fixer en arrière de l’oculaire, perpendiculairement à l’axe optique de la lunette, un carton ou planchette sur lesquels se forme l’image. Pour
- représenter les détails des taches, il est préférable d’observer à l’oculaire, muni, bien entendu, d’un verre noir.!
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale, qui, sous la latitude de la France, était pratiquement inobservable depuis fin mai, redevient visible, le matin, avant l’aube.
- Elle ne présente pas la même apparence le matin que le soir, étant plus pointue à son extrémité supérieure. Bien noter ses limites en s’aidant, comme repères, des étoiles visibles.
- La lueur anti-solaire est encore assez basse sur l’horizon. Le 15 août, sa position sera de 21b40“ et — 14° 3', un peu au-dessus de l’étoile y Capricorne. L’observation de cette lueur sera ainsi très difficile à faire.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en août, seront les suivantes :
- P. L. le 1er, à 15h 31m P. Q. le 23, à 8*21»
- D. Q. le 8, à 17* 24m P. L. le 31, à 2*34»
- N. L. le 15, à 13h49»
- Age de la Lune, le 1er août, à 0* — 14J,8; le 16, à 0h = 0J,4. Si l’on veut avoir l’àge de la Lune pour une date intermédiaire, on sait nu’il suffit d’ajouter aux valeurs ci-dessus, 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 16. Et pour une heure donnée, il faut encore ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent. Ainsi, si l’on veut connaître l’âge de la Lune le 9 août, à 22*, on fera le petit calcul suivant : du 1er août 0h au 9 août 0h, il s’est écoulé 8 jours. Et du 9 août 0* au 9 août 22h, l’àge de la Lune a varié de 01,0417X22, soit de 01,9. Donc, l’âge de la Lune, le 9 août, à 22*, sera de 141,8 -f- 81 -j- 01,9 — 231,7.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 10 août, à 17h. Parallaxe = 59'26". Distance = 368 950 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- Fia-, 1. — Carte de la Constellation de ta Baleine.
- Cette carte montre la position de l’étoile variable o (Mira Ceti), qui doit atteindre son éclat maximum dans le courant du mois d’août 1928.
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- 3S
- ASTRE Dates : AOUT Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*) Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellations et étoiles voisines. VISIBILITÉ
- 5 4h 30m llh 56n,31* 19h22m 9h lm + 16° 59' 31'34" 8 Cancer
- Soleil .... 15 4 44 11 55 2 19 5 9 39 -h 14 3 31 38,4 Lion f
- 25 4 58 11 55 41 18 ’46 10 16 + 10 46 31 42,0 Lion
- 5 3 23 11 10 18 58 8 11 + 20 57 5,4 Ç Cancer
- Mercure . . . 15 4 34 11 54 19 15 9 34 + 16 17 5,0 Lion Invisible.
- 25 5 44 12 29 19 13 10 48 + 98 5,0 p Lion
- 5 5 20 12 37 19 53 9 39 + 15 35 10,0 Lion
- Vénus . . . . 15 5 49 12 45 19 40 10 26 + 11 21 10,0 p Lion Invisible.
- 25 6 18 12 51 19 24 li 12 + 6 37 10,2 Lion
- 5 23 6 6 38 14 10 3 41 + 18 24 7,4 Taureau
- Mars 15 22 45 5 25 14 5 4 8 + 19 51 7,6 o Taureau Seconde partie de la nuit.
- 25 22 24 6 11 13 59 4 33 + 21 2 8,0 a Taureau >
- Jupiter. . . . 15 21 43 4 49 11 56 2 32 + 13 35 39,6 Taureau Bien visible à partir de 23 h.
- Saturne . . . 15 . 14 40 19 0 23 20 16 45 — 20 49 15,6 Scorpion Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . . 15 20 32 2 44 8 56 0 27 + 25 3,6 44 Poissons Presque toute la nuit.
- Neptune . . . 15 5 19 12 20 19 21 10 4 + 12 27 2,4 a Lion Invisible.
- i. Celte colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- 23 août, à 7h. Parallaxe = 54' 16". Distance = 404 080 km.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer le matin, du 10 au 13 août.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 3 août, occultation de 257 B. Verseau (gr. 6,3) de 22h56m à 23h54m.
- Le 8, occultation de k Bélier (gr. 5,5), de 0h 8“ à lh 3ra.
- Le 10, occultation de w Taureau (gr. 4,8), de 0h55m à
- lh 21m.
- Le 29, occultation de 143 B Capricorne (gr. 6,1), de 20h lm à 20“ 55m.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 1er août, puis à l’époque de la Nouvelle Lune du 15 et enfin à l’époque de la Pleine Lune du 31 août. Ces marées auront une faible amplitude (coefficient maximum : 0,93).
- Le mascaret, én raison de la faible valeur des marées, ne se produira pas en août.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1928, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois d’août.
- Mercure sera invisible pendant ce mois. Il sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 16 août, à 5h.
- Vénus est également invisible, trop rapprochée du Soleil. Elle va bientôt devenir étoile du soir.
- Mars commence à réapparaître et on peut à présent l’observer dans la seconde partie de la nuit. Son diamètre, à la fin du mois, dépassera 8”. Nous parlerons, avec des détails plus circonstanciés, de cette intéressante planète, dans les prochains Bulletins astronomiques.
- Jupiter devient visible, lui aussi, dans d’excellentes conditions d’observation. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 1er août, à 15h. Son diamètre est voisin de 40" et il suffit d’une toute petite lunette pour l’observer. Rappelons qu’une lunette grossissant 45 fois montre Jupiter avec un diamètre apparent égal à celui de la Lune vue à l’œil nu.
- On sait qu’une des curiosités du monde de Jupiter réside dans les apparences présentées par les principaux satellites,
- dont les configurations changeantes font de cette planète une sorte de petit système solaire en réduction. Voici donc les principaux phénomènes qui se produiront en août :
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Août Heures. Satel- lites. Phéno- mènes DATES Août Heures. Satel- lites. Phéno- mènes.
- 1 lh 27m II p. f 19 0h 16m II E.c.
- 3 0 6 II O.c. 19 2 34 II E. f.
- 3 2 24 II O.f. 19 2 58 II Im.
- 3 2 59 II P.c. 19 4 20 I O.c.
- 4 3 12 I E.c. 20 1 29 I E.c.
- 5 0 7 II Em. 20 22 49 I O.c.
- 5 0 33 I O. c. 20 23 34 11 P. f.
- 5 1 55 I P.c. 21 0 7 I P.c.
- 5 2 42 I O.f. 21 0 57 I O.f.
- 5 4 3 I P. f. 21 2 14 I P. f.
- 8 0 2 III O.f. 21 23 28 I Em.
- 8 3 55 III P.c. 26 1 31 III Im.
- 10 2 43 II O.c. 26 2 50 II E.c.
- 12 0 0 II E. f. 26 2 54 III Em.
- 12 0 29 II Im. 27 3 23 I E. c.
- 12 2 27 I O.c. 27 23 34 II O.f.
- 12 2 39 II Em. 27 23 55 II P. c.
- 12 3 48 I P. c. 28 0 42 I O. c.
- 12 23 34 I E. c. 28 1 57 I P. c.
- 13 3 8 I Em. 28 2 4 II .P. f.
- 13 23 4 I O.f. ko GO . 2 51 I O. f.
- 14 0 •23 I P. f. 28 4 4 I P. f.
- 15 2 3 III O.c. 28 21 51 I E.c.
- 15 4 1 III O.f 29 1 18 I Em.
- 18 23 8 III Em. 29 22 32 I P.f.
- L’Annuaire astronomique Flammarion recommande d’observer Jupiter aux dates ci-après :
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- Le 17 août, vers lh 30“ : curieuse disposition des satellites I, Il et IV à l’Est de Jupiter. Phénomène à suivre.
- Le 24 août, vers lh 30™ : curieuse disposition des mêmes satellites à l’Est de la planète.
- Saturne peut encore être observé dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l'anneau à la date du 12 août :
- Grand axe extérieur.............................. 39",17
- Petit axe extérieur.............................. 17",43
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................26° 25
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, -f- 26° 39'
- Voici les élongations de Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne.
- Élongation Heure.
- 1er Occidentale. lh,4
- 8 Orientale. 19\6
- 16 Occidentale. 23\8
- 24 Orientale. 18\3
- Uranus, qu’une jumelle suffit à suivre sur le ciel, est encore visible presque toute la nuit. Il s’approche pendant tout le mois de l’étoile 44 Poissons et se trouvera, à la fin d’août, à environ un demi-degré au Nord-Est de cette étoile.
- Neptune est invisible en août. Il sera en coujonction avec le Soleil, le 22 août, à 7h.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 5, à 20h, Uranus en conjonc. avec la Lune, à 4° 3'N.
- Le 8, à 6k, Jupiter — — la Lune, à 1° 6'N.
- Le 9, à 18b, Mars — — la Lune, à 0« 35'N.
- Le 12, à 154, Mercure — — 83 Cancer, (gr- 6,6), à 0°18' S.
- Le 15, à 10h, Mercure — — la Lune, à 3»15' S.
- Le 16, à llk, Vénus — — la Lune, à 3o 51'S.
- Le 18, à 21\ Mercure — — Neptune, à 1° 18' N.
- Le 19, à 5h, Neptune — — a Lion, (gr. 1,3), à 0° 4'N.
- Le 22, à 14h, Vénus — — X Lion, (gr. 4,7). à 0° 4' N.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Persée), le 17, à 3h 1“ ; le 19, à 23h 50m ; le 22, à 20h 38m.
- Pendant tout le mois, observer l’étoile Mira Geti (o de la Baleine), pour déterminer l’époque de son maximum. (Voir plus haut et figure 1.)
- Étoiles filantes. — Le mois d’août est le mois des étoiles filantes. La chute des Perséides est bien connue. Le maximum se produit vers le 10 août. La chute cesse vers le 21 août, le radiant étant alors dans la Girafe. Voici, d’après M. Den-ning, les principaux radiants actifs pendant le mois.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Août Ie1 au 4 290 + 36« p Triangle.
- — 7 au 11 2950 -P 540 X Cygne.
- — 7 au 12 292° + 70° 8 Dragon.
- - 8 au 9 5o + 55° a Cassiopée.
- — 9 au 11 440 +- 56o r) Persée.
- — 9 au 14 9° — 19° ^ Baleine.
- — 12 au 13 345° + 500 3084 Bradley.
- — 12 au 16 61° 4- 48o p. Persée.
- — 20 et 25 6° + 11° y Pégase.
- 21 au 23 296° -f 60» 0 Dragon.
- — 23 au 31 282° + 410 a Lyre.
- — 25 au 30 237° + 65° r] Dragon.
- Étoile Polaire. — Voici les heures de passage de l’Etoile
- Polaire au méridien de Paris Dates. Passage. en août. Heure. (T. U.) Temps sidéral à 0b (T. ü.)
- Août 8 Supérieur 4h21m 5’ 21h 5“ 1*
- — 18 — 3h 41m 56* 21h 44“ 26*
- — 28 — 3h 2m 47* 22k 23“ 52s
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er août, à 21h, est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; la Lyre; Hercule.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée; Andromède; le Cocher (à l’horizon).
- A l’Est : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier; la Grande Ourse.
- L'année s’avance et déjà, tard dans la nuit, les constellations d’hiver se lèvent à l’Est. Em. Touohet.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- POUR FAIRE PARTIR UN MOTEUR D’AUTOMOBILE
- On connaît le geste classique du chauffeur qui soulève le capot et agite le poussoir du flotteur pour faire venir l’essence avant de mettre en route.
- C’est du temps perdu que l’on peut économiser comme suit : Enlever le poussoir et le remplacer par une petite tubulure
- serrée sur le couvercle de la cuve du flotteur par un écrou.
- Sur cette tubulure, un tuyau en caoutchouc de pompe de bicyclette et au bout, sur le tableau de bord, une petite poire en caoutchouc d’environ 5 cm de diamètre avec clapet, comme celles dont sont munis les vaporisateurs.
- Le fonctionnement se comprend de lui-même.
- COLLE IMPUTRESCIBLE
- On obtient une très bonne colle avec les ingrédients suivants : 10 parties de fécule de pomme de terre, 10 parties de sulfate sodique cristallisé, 1 partie de solution de formaldéhyde, 100 parties d’eau.
- Bien mélanger la fécule et l’eau; chauffer au bain-marie jusqu’à obtention d’un bon empois ; ajouter le sulfate sodique et le formaldéhyde.
- Grâce à l’addition du sulfate sodique, on peut facilement étendre au pinceau l’empois, même froid. Le mieux est de conserver cet empois dans un récipient ouvert; on peut parfaitement rendre utilisables les parties qui se sont désséchées en les additionnant d’eau.
- La force adhésive du produit est telle qu’on ne peut séparer deux bandes de papier ainsi collées, et c’est la substance du papier qui s’enlève. Par contre, il se dissout facilement et rapidement par immersion dans l’eau, ce qui est avantageux pour le réemploi des flacons qui ont été munis d’une étiquette.
- Pour certains usages, notamment pour coller sur le fer-blanc, il est bon d’ajouter encore 2 à 5 pour luO de térébenthine de Venise.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La théorie de la relativité et la mécanique céleste,
- par Jean Chazy. t vol. V1II-261 pages. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1928. Prix : 60 francs.
- M. Chazy publie le cours qu’il a professé à la Faculté des Sciences de Paris en 1927. Son objet est d’exposer les rapports de la théorie de la relativité avec la mécanique céleste en prenant comme point de départ les connaissances d’un étudiant initié aux éléments du calcul différentiel et intégral et de la mécanique. Il montre comment la théorie de la relativité explique trois désaccords de l’observation avec la théorie newtonienne : les avances des périhélies de Mercure et de Mars, l’avance du nœud de Vénus, la courbure des rayons lumineux au voisinage du Soleil.
- La télémétrie monostatique, par G. de Gramont. 1 brochure 64 pages, 45 fig. (Mémorial des Sciences Physiques, fascicule II). Gauthier-Villars. Paris, 1928. Prix : 15 francs.
- C'est l’importante question des appareils télémétriques militaires ou marins qui est ici traitée par M. de Gramont; sur ce sujet, il n’existait encore à notre connaissance aucun ouvrage spécial français. L’auteur expose les differentes méthodes employées en télémétrie, décrit les plus importants des appareils conçus pour les mettre en œuvre et montre ce que l’on peut obtenir avec ces instruments dans l’état actuel de la science.
- Eléments de la physique des rayons X, par F. Wol-fus. 1 vol. 336 paires, 77 tig., 3 pl. hors texte, Hermann, éditeur. Paris, 1928. Prix : 25 francs.
- Cet ouvrage est destiné principalement aux médecins. L’auleur s’est propose de faire connaître à ceux qui utilisent les propi'ié-tés thérapeutiques des rayons X, non seulement le fonctionnement et le maniement des appareils, mais encore et surtout le mécanisme des phénomènes physiques d’où naissent les rayons X. Et ainsi la partie la plus importante de l’ouvrage se trouve consacrée à un exposé de haute vulgarisation d’un des plus importants et des plus féconds domaines de la physique contemporaine. Et à ce titre, il s’adresse à tous lecteurs soucieux de culture générale. Ils y trouveront la description très claire des modes de production des rayons X, de leurs propriétés thérapeutiques, des lois physiques qui les régissent, des relations qui les lient à la constitution atomique et électronique de la matière ; les appareils et les méthodes de mesures les plus modernes sont également décrits sobrement, mais en mettant en évidence tout ce qui est nécessaire pour élever le praticien au-dessus du niveau du pur empirisme.
- Hydraulique agricole, par P. Lêvy-Salvadob, tome I, (3° édition, revue et mise à jour). 1 vol., 656 p., 293 fig. et 4 pl. hors texte. Dunod, édit. Paris, 1928. Prix : 68 francs.
- Le traité de M. Lévy Salvador jouit d’une réputation justifiée. Une nouvelle édition du tdme 1 de ce traité vient de paraître. L’auteur y étudie tout d’abord la formation des cours d'eau, les eaux souterraines et de superficie, les méthodes de jaugeage, puis la réglementation des barrages établis sur rivières non navigables ni flottables, dans le but d’actionner des usines ou de permettre l’irrigation. Cette réglementation, formant la partie courante du service de l’hydraulique agricole, est examinée en détail. Les chapitres suivants sont consacrés aux travaux d’entretien et d’amélioration des cours d’eau.
- Biological Chemistry and Physics of Sea XVater,
- par H. W. Harvey. 1 vol. in-8, 194 p., 65 fig. Cambridge comparative Physiology. Cambridge University Press. London, 1928. Prix relié : 10 sh. 6
- Les études (sur la physique et la chimie de l’eau de mer dans leurs rapports avec la biologie des algues et des animaux et notamment avec la « productivité » de la mer se multiplient depuis quelques années. On dispose en France pour ces questions du récent livre de Legendre. Voici, pour les lecteurs de langue anglaise, une bonne mise au point écrite au laboratoire de Ply-mouth. On y trouve un exposé de la chimie de l’eau de mer avec les récentes données sur le pH, l’alcalinité, la pression d’acide carbonique; une étude des mouvements de l’eau : vagues et courants une autre sur la température avec des considérations sur les gains et pertes de chaleur; quelques pages sur la couleur et l’éclairement de la mer ; enfin, une conclusion pratique, l’analysé physique et chimique de la densité de population et de la fertilité de la mer. En situant exactement la position actuelle de problèmes nouveaux, de tels livres rendent grand service à tous les océanographes et biologistes.
- Le paléolithique italien, par Raymond Vaufrey. 1 vol, in-4, 196 p,, 54 fig., 7 pl. hors texte. Mémoire 3 des Archives de l’Institut de Paléontologie humaine. Masson et Cie. Paris, 1928,
- La préhistoire italienne n’est guère connue que par des recherches italiennes et n’était guère utilisée jusqu’ici pour l’étude générale des races humaines et de leurs déplacements. Cependant, on admet le plus souvent au quaternaire l’existence d’un isthme sicilo-tunisien reliant l’Europe à l’Afrique; l’étude des restes humains de cette région présente donc un particulier intérêt. L’Institut de Paléontologie humaine du Prince de Monaco a chargé M. Vaufrey de cette recherche ; il a parcouru les musées italiens, visité les stations connues, fait des sondages et des fouilles nouvelles et il publie ici le premier travail d’ensemble écrit par un étranger sur la question. Les hommes du paléolithique inférieur apparaissent sur les deux versants de l’Apennin calcaire et descendent vers le sud; au paléolithique moyen, ils occupent toutes les régions calcaires de la péninsule; au paléolithique supérieur, ils abordent en Sicile. Les restes préhistoriques italiens montrent donc la même succession et la même répartition stratigraphique que partout ailleurs. De belles gravures reproduisent les pièces les plus caractéristiques.
- La vie féminine au Mzab. Étude de sociologie musulmane, par A. M. Goichon. Préface de William Marçais. Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1927, in-8, X1V-345 p., 19 pl.
- La région du Mzab, située, comme on sait, au sud de l’Atlas, à plus de 500 km d’Alger, a fait l’objet, en ces dernières années, d’un certain nombre d’études documentées. On a décrit ses plateaux rocailleux, ses oueds desséchés et le labeur acharné que ses habitants doivent déployer pour y maintenir la vie. On a raconté la fondation de ses cinq cités au xie siècle par les Aba-tides, groupe dissident de la grande famille musulmane, qui, intentionnellement, s’étaient établis loin des terres fertiles, à l’écart des routes fréquentées, pour pouvoir librement vivre selon leur foi. On a insisté enfin sur l’etrange paradoxe que présente l’existence des hommes de la race, attachés à leur sol, à leur famille et à leurs traditions mais obligés de s’expatrier une partie de l’année pour gagner leur vie dans les villes du Tell ou de la cote. Il restait à découvrir l’armature cachée que maintiennent chez ce peuple des traditions presque millénaires. C’est ce qu’a fait Mlle Goichon en étudiant de près la femme mozabite qui, elle, ne voyage pas, quitte à peine sa maison mais maintient par sa seule présence, malgré son existence effacée,- la persistance de l’esprit ancien. Au cours de deux séjours successifs, l’auteur s’est attachée avec toute son intelligence et tout son cœur à pénétrer l’âme de ces demi-veuves, à suivre l’évolution des esprits par l’éducation familiale, la religion, voire la magie depuis la naissance jusqu’à la vieillesse. Aucun détail de la vie domestique n’est négligé et Mlle Goichon n’oublie même pas de nous renseigner sur les recettes de cuisine en usage au Mzab.
- Mon séjour au Tonkin et au Yunnan, par Gabrielle M. Vassal. 1 vol. 250 p., 16 planches hors texte et 1 carte. Éditions Pierre Roger, Paris. 1928. Prix : 14 fr. 40.
- Mme Vassal conte fort agréablement ses impressions de séjour à Haï Phong, grand port du Tonkin, puis son voyage et sa villégiature à Yunnanfou, station terminus du chemin de fer du Yunnan. On trouve dans son récit de pittoresques descriptions des localités et des paysages, ainsi que d'intéressants aperçus sur les populations très diverses qui peuplent les régions du Tonkin et de la Chine du Sud visitées par l’auteur.
- La psychologie d’aujourd’hui, par J.-J. van Biervliet. 1 vol. in-16, 153 p., F’élix Alcan. Paris, 1927. Prix : 15 fr.
- Etude très fine de la philosophie de la psychologie, par le professeur de l’université de Gand. 11 montre, en une série de chapitres, que la vie consciente a des aspects multiples et complexes, qu’elle est loin d’être toujours logique et qu’on peut par conséquent étudier, à bien des poims de vue, les divers problèmes des sensations brutes, représentatives et schématiques, des émotions, de la mémoire, de l’imagination, de la connaissance, de l’attention, de la volonté.
- Les méthodes des psychologues ne varient pas moins, depuis l’introspection jusqu’aux enquêtes et aux tests. Et les sciences connexes : linguistique, histoire, ethnographie, etc., apportent de plus en plus un nouveau contingent de problèmes qui étendent encore le domaine psychologique et lui fournissent de nombreux éléments.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉCONOMIE DOMESTIQUE La vie chère.
- Nous nous plaignons à juste titre de la vie chère, sans distinguer toujours d’une façon très nette dans l’indiscutable renchérissement des prix la part due aux variations de l’étalon monétaire. Les personnes âgées se reportent avec complaisance aux temps heureux d’avant-guerre, où toutes les marchandises étaient à bon compte ; d’autres qui ont des souvenirs et des papiers de famille évoquent l’époque de leurs grands-parents ôu arrière-grands-parents. Le prix de la vie était alors, semble-t-il, d’un bon marché surprenant; quelques chiffres extraits au hasard de vieux livres et de comptes familiaux paraissent le démontrer aisément, et donnent
- ardu que d’en suivre les prix jusqu’à l’an 1820 ; documentation insuffisante, parfois incohérente, modification dans la consommation des produits types choisis pour calculer l’indice, telles sont les principales difficultés auxquelles se heurte le statisticien. Quoi qu’il en soit, la courbe de l’indice des prix a pu être dressée et comparée avec les courbes analogues dressées aux Etats-Unis et en Angleterre où les indices sont calculés depuis 1791 et 1781, elle révèle une similitude générale d’allure qui peut être considérée comme une vérification satisfaisante.
- Cette courbe est fort instructive, aussi bien par son allure générale que par ses accidents qui révèlent les périodes de crise économique.
- On y peut constater que le prix delà vie en 1820 était en
- 1880
- 150
- Fig. 1. — En trait plein: courbe de la variation de l'indice des pricc de gros en France, de 1820 jusqu à nos j'ours. — En trait fin: courbe de la variation de l'indice des prix de gros en Angleterre depuis 1182. /'D’après le Bulletin de la Statistique Générale de la France.)
- même matière à des communications aux Sociétés savantes ou aux Académies. Méfions-nous toutefois des conclusions hâtives que l’on est ainsi tenté de tirer de ces quelques données. Une comparaison entre les temps actuels et les temps révolus demande plus de précautions et de réflexions.
- On s’en rend compte par l’intéressante étude publiée dans le Bulletin de la Statistique générale de la France, sur l’indice annuel des prix de gros en France de 1820 à 1857. Il s’agissait de prolonger dans le passé la courbe des indices des prix de gros que la Statistique générale de la France dresse régulièrement depuis 1901 d’après les prix de 45 marchandises sur les marchés intérieurs. Cette courbe avait pu déjà être prolongée jusqu’à l’année 1857. De savantes et laborieuses recherches de M. Sauvy ont permis de la continuer jusqu’à l’année 1820. Il n’a pas été possible de remonter plus haut, tout au moins de suivre ces 45 marchandises jusqu’aux ^ernières années du XV1110 siècle ; ce fut déjà un travail fort
- diminution par rapport aux années antérieures; l’Europe sortait de la grande crise de la Révolution et de l’Empire. Néanmoins les prix sont encore très élevés.
- L’indice de base pour les années 1901-1910 étant de 100, il part de 153,4 pour l’année 1820 ; c’est un chiffre qui, au cours du xix° siècle, ne sera plus dépassé qu’accidentellement en 1855 et 1856 et que l’on ne reverra plus en France qu’a-près 1915.
- Après 1820, l’indice a une marche descendante très nette, troublée toutefois par une crise violente en 1825, par une faible reprise en 1829-1830, suivie d’une nouvelle baisse sensible de 1830 à 1831; l’indice est alors à 124,4; il remonte jusqu’à 135 en 1836 : année de crise que marque une baisse brusque ; puis le marché reprend son équilibre et le maximum de 1836 est à nouveau atteint en 1840. Une dépression profonde sévit alors jusqu’en 1844, suivie d’une vive reprise due sans doute aux débuts du développement des chemins de fer.
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- La crise de 1848 se révèle par un brusque effondrement des prix : l’indice tombe de 136,1 à 111,6 et ne commence à se relever qu’en 1852 ; ascension brutale qui amène les prix à leur niveau le plus élevé pour le xixe siècle en 1856; l’indice est alors de 156,4. C’est le record de la vie chère pour la période de 1815 à 1915.
- Puis les prix se mettent à baisser d’une façon continue, avec quelques accidents, comme la hausse momentanée qui marque la période 1870-1873, période de guerre et d’après guerre (indice 14U). En 1884, l’indice descend au-dessous
- de 110, valeur qui n’avait été atteinte que pendant la crise de 1848 et il s’y maintiendra jusqu’en 1910. Le minimum absolu a été atteint en 1896 (indice 82).
- On voit donc que c’est dans les 15 dernières années du xix* siècle et dans les lOpremières années du xxe, qu’il faut localiser la période heureuse de la vie à bon marché. On a beau remonter ensuite le cours des années, on ne retrouve pas d’époque comparable. C’est en ces années privilégiées et non plus haut, qu’il convient manifestement de placer l’âge d’or de la vie à bon marché.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Juin 1928
- ÉLECTIONS
- Dans sa séance du 7 mai, l’Académie a élu le Professeur Maurice Caullery, Membre de la Section d’Anatomie et de Zoologie, en remplacement de M. F. Henneguy, décédé en mars dernier. Dans celle du 18 juin, elle a élu M. L. Blarin-ghem, membre de la section de Botanique en remplacement de M. L. Guignard.
- CHIMIE PHYSIQUE
- La nitruration de certains aciers spéciaux.
- (M. Léon Guillet). — Le plus souvent, les cylindres de voitures, automobiles sont en fonte et l’on augmente la dureté du métal, rendu ainsi plus homogène et de travail plus régulier, par addition de nickel et de chrome. Pour les moteurs d’aviation, où le facteur-poids est à considérer, on préfère un acier demi-dur, dont la charge de rupture s’élève à 100 kg par mmq. Malgré ces précautions, on note bientôt une usure par frottement des pistons; le rendement du moteur diminue, tandis que la consommation d’huile s’élève. 11 était donc indiqué d’essayer une chemise en acier (C=-: 0,35 ; C~ —1,60;
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- Al —1,20), nitruré sur une épaisseur de -- à — mm.
- Les expériences ont été concluantes. Pour une voiture,
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- apres un service de 30 000 km, l’usure a atteint — au lieu de
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- — ; pour un moteur d’aviation, elle n’a pu être constatée,
- même après 100 heures de marche, tandis que, dans le cas
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- de la fonte, on aurait admis — 11 est à'noter enfin que les
- cylindres nitrurés permettent, avec avantage, l’emploi, pour la fabrication des pistons, des alliages à base de magnésium.
- M. Guillet signale encore l’intérêt de la nitruration des arbres-vilebrequins. Les conditions de frottement sont complètement changées par le poli remarquable que peuvent donner certains aciers, après traitement à l’azote. On ne redoute ni usure, ni grippement par contact prolongé avec des alliages d’aluminium, et l’on cite des moteurs fonctionnant avec arbre-vilebrequin en acier spécial nitruré et bielles en duralumin, sans interposition de coussinets en bronze ou en métal antifriction, la vitesse maximum de rotation étant augmentée de 400tours-minute et le gain de puissance atteignant 10 pour 100 au régime de 3000 t. m.
- ÉLECTRICITÉ
- La constante diélectrique du benzile. (M. L. Saint-Antoine). — L’an dernier, M. de Tallemann a reconnu que le benzile C6H5COCOC6H5, en solution dans le benzène, présente des propriétés-électro-optiques remarquables qu’on ne saurait expliquer sans connaître sa constante diélectrique. C’est à sa mesure que M. Saint-Antoine s’est attaché, en
- employant la méthode qui suit. Un oscillateur (type Mesny) à lampes triodes estcouplé à un résonateur (genre Blondlot), constitué par une self L et d’une capacité C assez grande pour qu'on puisse appliquer la formule de Thomson; en faisant varier la fréquence de l’oscillateur, on cherche sa résonance avec le résonateur, pour mesurer ensuite la longueur d’onde À, de la relation X — 2tz Y \/LC. En plongeant ensuite le condensateur du résonateur dans un diélectrique de constante Iv, la longueur d’onde devient W — 2r. Y ^KLC. De ces deux relations, on déduit la valeur de K.
- M. Saint-Antoine termine sa note en indiquant les résultats des mesures qui ont porté sur deux solutions de benzile dans le benzène à des concentrations différentes et sur le benzile fondu. Dans ce dernier cas, la constante, très élevée, varie beaucoup avec la température : de 13,04 à 95°, elle descend à 12,14, dès 110, et à 12,12 pour 120°.
- PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
- Le dégagement de Viode libre chez les Laminaires. (M. Pierre Dangeard.) — On sait que la surface de plusieurs Laminaires et de diverses Fucacées, dépourvue de lésions et ne portant pas d’épiphytes dégage un produit qui colore instantanément l’amidon en bleu, qu’il s’agisse d’exemplaires totalement immergés, ou d’exemplaires venus à sec au moment de la marée basse. On ne saurait admettre encore l’existence d’un dérivé iodé, volatil à la température ordinaire et se décomposant, en libérant l’élément I, au contact de l’eau, et l’on peut encore admettre qu’il s’agit bien d’une émission d’iode (iodovolatilisation), par toute la surface de la plante vivante, normale, dans son milieu naturel.
- M. P. Dangeard résume, dans son mémoire, les résultats acquis à Wimereux, en opérant un Laminaria flexicaulis : la plupart des exemplaires adultes se sont montrés très actifs, et, seuls, les plants de moins de 10 cm de longueur ne donnaient aucun dégagement. Une coupe épaisse du stipe, placée sur un papier amidonné, fournit rapidement le décalque en bleu du pourtour, et la blessure faite aux tissus a renforcé l’activité des cellules périphériques. C’est ainsi qu’en enlevant une portion de l’écorce par une coupe tangentielle extrêmement mince, on peut remarquer que le territoire de la blessure reste complètement inactif, tandis que la bordure est délimitée par une ligne bleue où l’émission d’iode est momentanément plus intense que sur les autres régions du stipe. Un résultat analogue est fourni par le contact des tissus avec un acide ou l’alcool à haut degré.
- Après la récolte des Laminaires, l’intensité de l’iodovo-latilisation diminue progressivement, et les plantes rejetées en épaves subissent par volatilisation des pertes d’iode d’une certaine importance et qui durent jusqu’à la décomposition des tissus épidermiques. Paul Baud.
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- PETITES INVENTIONS
- AUTOMOBILE
- Appareil pour lever les autos.
- Pour la réparation des automobiles on adopte généralement le système de la fosse qui permet à l’ouvrier de travailler commodément sous le châssis, sans être obligé de se coucher pour atteindre les organes de la partie inférieure.
- La fosse a cependant l’inconvénient d’exiger presque toujours un système d’éclairage pour rendre visibles les différents points qu’on veut inspecter ; aussi de plus en plus on adopte des appareils qui lèvent au contraire le châssis à une hauteur suffisante pour que les ouvriers puissent travailler
- la gelée avec de l’huile; des butées à la partie supérieure et à la partie inférieure limitent la course de la plate-forme.
- Le poste de manœuvre comporte un levier à trois positions pour la montée, l’arrêt et la descente. Il est placé sur la cuve étanche du transformateur de pression et il comporte des distributeurs d’air et d’eau connectés entre eux et le levier de manœuvre dont nous venons de parler.
- Avec cet appareil, on peut élever une voiture à une hauteur commode pour l’entretien.
- Avec un effort minimum, on fait tourner la voiture dans n’importe quelle direction.
- Si l’appareil doit être installé dans un étage il est facile
- Fig. 1. — Appareil pour lever Us automobiles.
- debout, commodément. L’éclairage est alors convenable pour éviter l’intervention des balladeuses.
- Un des derniers systèmes d’appareil de levage imaginé est particulièrement simple ; il fonctionne par l’air comprimé comme un véritable monte-charge de petit modèle. Le piston se déplace dans un cylindre où la pression de 7 kg permet d’élever une charge de 2500 kg: avec une pression à 8 kg on peut soulever 3000 kg et au-dessus. La force motrice est l’air comprimé et il est possible d’utiliser la station de gonflage du garage ou, dans les grandes villes, le réseau de distribution d’air comprimé, quand il existe.
- Le piston supporte une plate-forme formée de deux longerons en U, soutenus par une charpente à claire-voie. Les longerons ont 4 m. 35 de diamètre et la circonférence balayée par leurs points extrêmes mesure 4 m. 60.
- Pour installer l’appareil, il suffit de pratiquer une fouille de 3 m qui présente au fond une largeur de 0 m. 50. Un simple blocage et une margelle en maçonnerie, qu’on complète par un cimentage de la cuvette et de ses bords immédiats, constituent tous les travaux nécessaires pour recevoir l’appareil.
- Le remplissage du cylindre se fait à l’eau ou, si l’on craint
- de le suspendre à la poutrai-son; dans ce cas, le cylindre descend à l’étage inférieur.
- Etablissements Edoux-Sa-main, 72, rue Lecourbe, Paris (XVe).
- Table transportable pour automobile.
- Il est pratique de pouvoir emporter au cours d’une excursion en automobile une table repliable,légère et peu encombrante, mais d’une dimension suffisante pour permettre, par exemple, de prendre un repas ou une collation dans un endroit que l’on trouve agréable, sans être obligé de faire intervenir les services parfois dispendieux d’un aubergiste ou d’un hôtelier.
- Un inventeur a imaginé une table dont le dessus a une surface carrée de 70 cm de côté. Elle est constituée par des languettes juxtaposées comme les volets roulants ou comme certains dessous de plats. Ces languettes sont maintenues les unes contre les autres au moyen d’une toile forte collée par-dessous. Elle peut donc se rouler facilement comme une grosse feuille de carton.
- Lorsqu’on déplie le dessus, pour le maintenir rigide, les extrémités des languettes viennent se loger dans les rainures d’un longeron.
- Par-dessous se trouvent des taquets qui serviront à main-
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- tenir les barres formant les pieds de la table, qui sont disposés en croix de Saint-André.
- Chaque paire de pieds est maintenue par un axe en fer avec extrémités filetées et écrous de serrage et, afin que
- l’écartement des pieds soit invariable, la tige en fer passe au centre d’un tube de bois contre lequel les pieds installés viennent s’appuyer quand on bloque les écrous. On obtient un ensemble rigide, une table dont la hauteur est 70 cm.
- La table démontée et roulée est peu encombrante, elle se place dans un sac facile à transporter, pesant seulement 5 kg 1 /2 et,
- bien entendu, tout indiqué pour être placé dans l’auto ; c’est, à la disposition des touristes, une table pratique, montée en quelques secondes et dont les dimensions correspondent sensiblement à celles des tables dont on se sert à la maison.
- E. Lefebvre, 119, Faubourg Saint-Antoine, Paris (XIe).
- ARTS MÉNAGERS
- L’Hygiène de la maison : évier-vidoir à ordures ménagères système Garchey.
- Depuis de longues années, on est à la recherche d’un dispositif pratique pour l’évacuation des ordures ménagères. Il faut reconnaître que si des progrès ont été apportés dans
- l’hygiène et le confort (chauffage central,distribution d’eau froide et d’eau chaude, ascenseur, aspirateur de poussières, etc.), de toutes les autres pièces de l’immeuble, seuls les aménagements de la cuisine n’ont pas fait de progrès sensibles, et pour le cas qui nous occupe, on voit presque partout les ordures ménagères croupir sous l’évier, dans une poubelle pas souvent nettoyée, au centre de la préparation des repas, là même où la ménagère passe une bonne partie de sa journée.
- Par ailleurs, on sait
- que le séjour des ordures dans l’appartement et leur descente au rez-de-chaussée soulèvent un problème à la fois d’hygiène et de confort, et l’erreur des constructeurs qui établissent des gaines verticales est d’envisager la partie confort seulement.
- Evier fgl lit! Grille Z
- Voile ^ T7777/7/^J
- ca/ibreur gfej =51| Corps de
- Trop plein ÎÜJ —j ufcj Z-EJ vidoir
- Obturateur Mît L jjHfr Joint
- ’zmi- v/m.
- Godet siphon ^r-^\ .Cône-coude d’assise
- Fig. 4.
- Vue et coupe d’un évier-vidoir Garchey.
- Tout le monde connaît cette solution de la gaine : c’est un conduit vertical de grande section débordant au-dessus d’une caisse à ordures et comportant à chaque étage une porte ou une cuvette basculante par laquelle on vient chaque soir déverser la poubelle d’appartement. Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour constater l’insalubrité de ces installations (mauvaises odeurs, poussières, rats et souris, etc.) et leur difficulté de nettoyage et par conséquent de désinfection.
- L’évacuation des ordures ménagères à l’intérieur des immeubles est un problème non seulement d’ordre mécanique, mais également relevant de l’assainissement général de l’immeuble qui peut se définir ainsi : non seulement distribuer tous les fluides utiles (eau, gaz, électricité, vapeur ou eau chaude, etc.), mais encore évacuer les produits fermentescibles dès leur production dans des conduits de chute étanches au moyen d’appareils siphonnés, les seuls d’ailleurs donnant toute sécurité au point de vue de l’occlusion.
- C’est dans cet ordre d’idées et après deux ans de mise en service que M. Garchey a établi son évier-vidoir (fig. 1). Dans l’évier ordinaire, une cuve en fonte émaillée, fermée à sa partie inférieure par un obturateur, est rendue indé-bordable par un trop-plein siphonné ; elle se remplit d’eau chaque fois que la ménagère tourne son robinet de puisage. Les ordures qui viendront d’être produites y seront jetées et aussitôt immergées; de temps en temps, le simple soulèvement de l’obturateur vide la cuve de tout son contenu. Ainsi plus de poubelle dans la cuisine et, par conséquent, plus de mouches ni de mauvaises odeurs.
- On peut donc considérer ce problème comme résolu pour l’appartement; pour l’immeuble entier, des dispositifs ont dû être pris en attendant que se généralisent des systèmes d’égouts, comme celui en service à Robinson, où, dans une cité-jardin, construite par le département de la Seine, 200 éviers-vidoirs envoient les ordures ménagères directement à l’égout, supprimant de ce fait la poubelle d’immeuble et les tombereaux municipaux. Ces dispositifs spéciaux sont analogues à ceux des tamis diviseurs imposés aux premiers installateurs du tout à l’égout. En principe, ces postes de réception comportent trois compartiments : un reçoit les ordures et les sépare des eaux des éviers, l’autre où elles sont égouttées et séchées naturellement, enfin le troisième qui contient une poubelle. Le passage d’un compartiment à l’autre s’opère, soit par rotation autour d’un axe central (fig. 2), soit par le coulissement horizontal d’un tiroir. Dans tous les cas, le point d’aboutissement est la poubelle réglementaire, ce qui permet dans n’importe quelle ville de faire une installation d’éviers-vidoirs en restant dans le cadre des règlements municipaux. M. Bousquet.
- Constructeur : M. Garchey, 5, rue Tronchet.
- Ventilation du tuyau de chute et du local des boites à ordures
- Egouttage des ordures
- Réception des orducgs
- - Installation d’éviers-vidoirs dans un immeuble.
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- Le raccommodage des bas et tricots.
- Le raccommodage des tricots fins, et surtout des bas de soie, actuellement à la mode, offre de sérieuses difficultés. Les méthodes usuelles de raccommodage ne conviennent pas : la déchirure d’un seul fil en effet donne aussitôt lieu à une large brèche dans le tissu et souvent l’on préfère jeter tout simplement les bas ainsi endommagés plutôt que d’entreprendre une réparation au résultat problématique, en tout cas nuisible à l’aspect esthétique du bas.
- M. E. Sindt a imaginé un petit trousseau qui permet de résoudre le problème d’une manière très simple et sans aucune dépense.
- Pour pratiquer la méthode de raccommodage qu’il préconise, on utilise un tampon cylindrique en . matière souple, enveloppé d’une feuille de papier, dont la couleur se détache bien de celle du bas à raccommoder. Le bas est tiré sur le tampon et y est fixé à l’aide de bagues en caoutchouc, les mailles apparaissent alors d’une façon très distincte. Les bouts du fil rompu sont attachés à deux petites pinces et le bas est tendu dans le sens longitudinal afin d’écarter les fils de la partie endommagée, de faciliter ainsi le raccommodage et d’empêcher en même temps un resserrage des mailles autour de la partie à raccommoder.
- Le retricotage est fait dans le sens longitudinal en commençant au point le plus éloigné et en se servant d’un crochet à longue pointe. Le retricotage d’une baguette démailles se poursuit ainsi jusqu’au niveau du fil rompu où la dernière maille est fixée par une épingle à tige demi-circulaire implantée dans le tampon.
- Lorsque deux ou plusieurs baguettes de mailles se sont ouvertes, une agrafe à deux pointes et oreilles est disposée entre la première et la seconde baguette à retricoter. Cette agrafe est très fine et élastique, elle permet ainsi de maintenir les fils sans les empêcher de glisser par en dessous et suivant la distance entre la baguette de mailles et l’agrafe même, on réalise rigoureusement la grandeur de mailles qu’on désire.
- On procède de la même façon pour le retricotage des autres mailles du même côté en implantant dans chaque dernière maille une épingle demi-ronde entre la première et la dernière maille restée intacte du même côté pour éviter toute erreur, De la sorte toutes les mailles ouvertes sont retricotées d’un côté et ensuite de l’autre.
- Un fil ou un cheveu enfilé dans une aiguille sont insérés do la même façon qu’au début, dans la seconde maille à partir du fil rompu en passant toujours le long du dos plat de deux épingles alternativement de l’un et de l’autre côté, de telle sorte que le fil de remplacement suive tous les détours du fil original rompu et que les épingles puissent être enlevées aussitôt que les mailles qu’elles retiennent ont été reprises par le fil de remplacement.
- Finalement, les pince-fil sont enlevés et les bouts du fil coupés. Si plusieurs fils sont rompus il convient d’insérer d’abord des fils de remplacement jusqu’au dernier. Cette même méthode s’applique avec le même succès à tout autre genre de tricot.
- Inventeur : M. E. Sindt, Basse Kontz-les-Sierck n° 115 (Moselle).
- Fig. 2. — Exécution d’une réparation.
- HABITATION
- Charnière de porte.
- Voici une modification très heureuse faite aux charnières de portes.
- Les parties en contact sont préparées en forme de rampes, de sorte que, lorsqu’on ouvre la porte, celle-ci est obligée de remonter le long de la rampe et par conséquent une fois la porte ouverte, si on l’abandonne à elle-même, en raison de son poids, elle se referme seule, la partie de la charnière descendant automatiquement la rampe qu’elle vient de remonter.
- Des butées sont prévues de manière à limiter le mouvement. En dehors de Futilité d’avoir un système aussi simple de fermeture automatique de la
- porte, il faut re- FiS- *• “ Charnière déporté.
- marquer que le fait que la porte remonte légère -ment lo rsqu’on l’ouv re, permet d’assurer la join-tivité parfaite du panneau sur son cadre; de sorte qu’ on évite les bourrelets ou tout autre dispositif que l’on installe généralement au bas de la porte.
- C’est un perfec-tionnement très intéressant aux charnières de portes, qui a l’intérêt de ne pas augmenter la dépense dans de grandes proportions.
- J. Simon, Saint-Robert, 210, Rosse-lange (Moselle).
- Fig. 1. — La trousse pour la réparation des bas.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la faune coloniale (n° 2786).
- M. Guy Babault, l’explorateur naturaliste africain, nous écrit :
- « Recevant votre intéressant Journal, j’ai eu le plaisir, enlisant l’article signé R. L. (n°duler juin), de voir mon nom aimablement cité par votre collaborateur et je l’en remercie.
- Il est cependant regrettable que votre correspondant n’ait| pas pensé a me demander quelques renseignements sur les gorilles et qu’il ait redit, à la suite de la Dépêche coloniale, que ces animaux font subir des traitements odieux aux femmes indigènes qu’ils enlèveraient à leurs villages.
- C’est à mon avis absolument faux. Il n’y a que trop souvent des victimes de ces singes; mais celles-ci sont simplement tuées, écartelées ordinairement par toute la troupe de ces terribles primates, dont le nombre est encore considérable dans les régions où ils se sont localisés.
- Dans les diverses conférences que j’ai faites, je n’ai pu dire autre chose que ce que la documentation que j’avais recueillie sur place m’a révélé.
- On connaît encore trop mal la biologie du gorille et les avis sont souvent opposés sur ses mœurs principales.
- Mes trois collègues, qui ont pénétré l’an dernier sur les territoires des gorilles du Kivu, ont tous été attaqués par des mâles de ces singes et mon assistant, M. Déprimay, a de peu échappé à la mort, comme vous pourrez vous en rendre compte par le récit contenu dans le Bulletin que je vous envoie à part et où ma mission est retracée en entier.
- QUESTIONS
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Dépouille Électrique des animaux. Constructeur : M. Marcel Massin, 8, rue Raynouard. Paris, XVIe.
- Marmites pour la cuisson des aliments sous pression :
- « Marmite Lilor », Société des Anciens Établissements Liotard, 22, rue de Lorraine, Paris (19e).
- « Marmite Bovex ». Anciens Etablissements Girel, 61, boulevard Victor, Paris (15e). i
- « Marmite Waap ». Établissements Joudemand et Poivre, 21, rue Gharles-Mannier, Vincennes.
- « Marmite La Parfaite ». Établissements Perfecto, 200, rue de Noisy-le-Sec, à Bagnolet.
- « Marmite Autothermos ». Les Ateliers de Boulogne, 14, rue Béranger, Boulogne-sur-Seine.
- « Nicolette ». 28, rue Monsieur-le-Prince, Paris (6e).
- Comment reconnaître la qualité du carbure de calcium ?
- Le carbure de bonne qualité doit dégager, par kg, de 260 a 300 litres d’acétylène, à température et pression normales. La vérifie- •'-m peut se faire assez aisément au moyen d’un appareil volun . rique.
- Avtv, un peu d’expérience, on arrive, selon M. Keel [Journal de VAcétylène), à évaluer avec assez de précision le rendement du carbure d’après l’examen de la cassure : le bon carbure est en
- énéral cristallin : une cassure fraîche présente des chatoiements o eu violet, rappelant ceux des ailes de canards. Le mauvais carbure, trop riche en chaux, a une cassure terne sableuse ; si au contraire il est trop riche en charbon, sa cassure est brillante.
- Un très bon carbure est moyennement dur et se laisse facilement casser au marteau : s’il est trop riche en chaux, il est très dur et, s’il a moins de charbon, il est tendre. Un bon carbure est
- Je compte du reste aller les étudier spécialement sur place cette année et rester le temps suffisant dans leur pays afin d’être fixé sérieusement sur leurs mœurs.
- Je n’aurais certes pas relevé dans un autre journal cette petite inexactitude ; mais le public qui lit La Nature comporte un nombre considérable de mes collègues et je ne tiens pas à ce qu’ils puissent, comme votre correspondant, avoir la tentation d’attribuer au gorille, en s’appuyant sur mes dires, des mœurs qu’à mon avis, au contraire, il ne possède pas.
- Que M. L. R. m’excuse de lui signaler une autre petite erreur qui s’est glissée dans son article au sujet des cornes de rhinocéros qu’il regarde eomme sans valeur.
- Pour se rendre compte du contraire, il suffit de passer dans une grande maison de cannes et parapluies, chez Antoine, avenue de l’Opéra, par exemple. On y trouve des manches d’ombrelles, des cannes, etc., splendides et à des prix très élevés.
- D’un autre côté, on exploite ces cornes en Orient comme aphrodisiaque et ce produit est vendu, paraît-il, très cher.
- Le Gouvernement Soudanais, en raison du braconnage intensif qui se produisait sur notre frontière, me chargea d’en prévenir nos services compétents, lors démon récent passage à Khartoum.
- On voit par là que, contrairement à ce que l’on peut généralement croire, les cornes de rhinocéros sont fort recherchées et ont une valeur élevée.
- Quant au caractère débonnaire de l’espèce dite blanche, je ne conseille à personne de lui accorder la moindre confiance, ayant manqué de peu d’être éventré par l’un d’eux, l’an dernier, sans l’avoir en rien provoqué. »
- RÉPONSES
- entièrement noir violet; trop riche en chaux, il est gris trop riche en charbon, il est noir.
- L.-P. Nantes.
- En quoi consistent les thermoscopes à indications colorées?
- Certains sels, tels que les iodures doubles métalliques, ont la propriété de changer de couleur à une température déterminée.
- Le Journal of Chemical Industry indique comme exemples que l’on peut employer soit de l’iodure double de mercure et de cuivre qui est vermillon vif et devient rouge brun entre 60° et 70°, soit l’iodure double de mercure et d’argent qui, de jaune citron à la température ordinaire, passe au carmin vif de 90° à 100°.
- Il est évident qu’une étude systématique des iodures doubles réalisables permettrait de constituer une échelle de points critiques ou gamme de températures, pouvant être observées facilement à distance.
- Pour l’emploi les sels doivent être parfaitement lavés et séchés, on les mélange alors à un vernis incolore que l’on applique sur l’objet, coussinet par exemple, dont on veut surveiller l’élévation de température; un coup d’œil suffit pour s’assurer que le fonctionnement est normal.
- N. B. On trouve actuellement des pastilles toutes préparées pour l’usage que nous citons à la Maison Chouanard (Forges de Yulcain), 2, rue St-Denis, à Paris.
- B. F. G. Colombes.
- Préparons à peu de frais une bonne poudre de riz.
- Prendre :
- Amidon de riz...................... 30 grammes
- Oxyde de zinc pur..................170 —
- Carbonate de magnésie............. 200 —
- Talc...............................500 —
- Kaolin ........................... 100 —
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- La condition essentielle d’une bonne préparation est d’amener les constituants à l'état de poudre impalpable par un broyage prolongé suivi d’un tamisage. De cette manière est réalisée habituellement la supériorité des produits commerciaux, mais un peu de soin et de patience permettent de faire aussi bien.
- Quant au parfum, on l’obtient facilement en ajoutant pendant le broyage quelques gouttes de l’essence préférée : violette, héliotrope, etc. ; l’odeur sera particulièrement fixée par le carbonate de magnésie.
- M. Bernard, a Carvin.
- L’hyposulfite usagé en photographie peut-il produire des taches?
- La solution d’hyposulfite de soude n’ayant pas encore servi ne laisse sur les vêtements que des traces salines qui disparaissent à l’eau tiède”; mais il h’en est pas de même de l’hyposulfite usagé qui est chargé en sels d’argent et par conséquent susceptible de produire, après exposition à la lumière, des taches noires sur les étoffes claires.
- Dans ce cas, il faut traiter d’abord la tache par une solution d’iode dans l’iodure de potassium, qui transforme l’argent en iodure d’argent ; après avoir replié le tissu en pointe, on le fait tremper dans une solution neuve d’hyposulfite de soude, qui dissout l’iodure ; il ne reste plus qu’à rincer à fond dans l’eau tiède pour ne pas laisser d’argent dans la fibre, puis on fait sécher.
- M. Taillefer, au Prieuré.
- Qu'est-ce que le stuc?
- Le stuc est une préparation à base de plâtre connue depuis fort longtemps, qui permet d’obtenir une surface lisse et polie du plus Del effet, surtout quand on incorpore à la masse des pigments colorés qui reproduisent parfaitement les veinures du marbre.
- On réalise un excellent stuc en faisant dissoudre dans un litre
- d’eau :
- Colle forte bonne qualité.............. 20 grammes
- Alun ordinaire........................ 40 —
- Gomme arabique........................ 280 —
- Les produits étant mis à macérer la veille pour gonfler les colles, on liquéfie au bain-marie, puis on y ajoute progressivement, en gâchant, avec une truelle, deux kilogrammes de plâtre fin.
- La masse pâteuse est alors employée comme dans la pratique courante, soit pour faire des revêtements, soit pour exécuter des moulages en moules graissés. Ainsi qu’il est dit plus haut, on peut réaliser des colorations en répartissant, par « traînées » dans la pâte, des oxydes métalliques ou couleurs minérales telles que ocre jaune ou rouge, bleu de Prusse, bleu d’outremer, vermillon, minium, brun Yan Dyck, vert de Cassel, vert de chrome, violet de mars, etc.
- M. SoNKIN, A ERMONT.
- P. S. —Yous ne pouvez espérer obtenir des imitations de pierres précieuses « par moulage à froid », il faut au moins envisager une fusion d’émaux.
- Flottabilité du Kapok.
- Le Kapok, grâce à sa structure tubulaire, emmagasine une grande quantité d’air et possède ainsi une grande flottabilité. Il peut, en effet, porter trente à trente-cinq fois son poids propre dans l’eau, alors que le liège ordinaire le porte à peine cinq ou six fois ; on voit qu’il suffit ainsi de 2 à 3 legs de Kapok pour supporter dans l’eau le poids d’un homme de 70 kgs.
- Cette faible densité a fait depuis longtemps appliquer le Kapok à la confection des appareils de sauvetage ; on a constaté qu’un paquet de Kapok, qui portait trente-deux fois son poids le jour de l’immersion, portait encore vingt-six fois son poids après un mois de séjour sur l’eau. — Aucun autre produit végétal ne possède cette flottabilité à un si haut degré.
- Pour que le Kapok conserve entièrement cette propriété, il faut, condition essentielle, que les fibres ne soient pas cassées ; on a constaté, en effet, qu’une compression trop forte enlevait au Kapok ses qualités d’imperméabilité à l’eau.
- De même si on traite à l’autoclave le Kapok par la vapeur d’eau, lajfibre perd sa qualité de flottabilité, car, lors de la décompression, l’eau pénètre dans les fibres et en remplit les cavités.
- ' ... = 47 =
- Un phénomène se produit en immergeant le Kapok dans l’eau d’un récipient où on a fait le vide, ou si on le plonge dans l’alcool concentré; dans ces conditions le Kapok absorbe alors deux fois plus d’eau que ne le ferait le coton hydrophile.
- M. L., a Bordeaux.
- P.-S. Pour imperméabiliser une toile de tente, le procédé le plus simple et le plus économique est d’utiliser les savons métalliques ; pour détails de l’opération, veuillez vous reporter à la réponse faite par nous dans un précédent numéro à M. H. de Gaillard-Bancel, à Allex, Drôme.
- Nous ne vous conseillons pas de chercher à imperméabiliser une toile en vue de la fabrication d’un canot automobile; quel que soit le soin apporté, au bout de très peu de temps l’imperméabilité serait insuffisante.
- Comment se fabrique la fibre vulcanisée ?
- Le produit désigné commercialement sous le nom de fibre vulcanisée résulte de l’action du chlorure de zinc sur la cellulose, on opère industriellement ainsi :
- La cellulose, livrée par les fabricants de pâte à papier à l’état de feuilles de carton mince, est immergée dans un bain de chlorure de zinc de densité 1,85 porté à la température de 40° G, la cellulose se gonfle et se gélatinise de sorte qu’il suffit, au sortir du bain, de superposer les feuilles, puis de soumettre à une légère pression pour qu’elles se soudent entre elles, en formant un bloc compact. Une fois ce résultat obtenu, on débarrasse lentement la masse du chlorure de zinc en excès, par lavage ménagé, qui demande parfois plusieurs mois, puis on sèche et on soumet au calandrage.
- Dernièrement, on a substitué au chlorure de zinc le sulfocyanate de calcium, employé en solution concentrée, portée à une température de 130° C, l’immersion dans le bain se trouve alors réduite à quelques secondes, elle suffit pour que les feuilles deviennent susceptibles de se souder avec facilité par pression à chaud, on lave ensuite comme précédemment, jusqu’à élimination complète de l’agent gélatinisant.
- La fibre ainsi préparée se travaille facilement : elle peut être sciée, percée, tournée sans se briser ou se fendiller, elle résiste bien à l’humidité, ainsi qu’aux matières grasses ; mauvaise conductrice de l’électricité, elle permet de préparer des pièces de toutes formes comme isolants dans l’appareillage électrique.
- M. Pariset, a Lyon.
- L’altération de votre canne en cuir d’hippopotame doit être due au développement d’un champignon microscopique, le Rhizopus nigricans ; il vous suffira pour le détruire de frotter énergiquement le cuir avec un tampon humide imprégné de sulfate de cuivre pulvérisé (vitriol bleu). Laisser sécher tel quel pendant quelques jours, puis poncer à la potée d’étain.
- Convient-il d’ajouter du fiel de bœuf aux bouillies cuivriques ?
- Le fiel de bœuf ajouté à la bouillie bordelaise (destruction du mildew de la vigne) facilite le mouillage des feuilles en diminuant la tension superficielle, mais il n’augmente pas l’adhérence, au contraire ; à notre avis, il favorise ultérieurement l’entraînement des composés cuivriques par les pluies ; c’est pourquoi nous préférons faire intervenir dans la préparation des bouillies cuivriques, la colophane comme l’a préconisé J. Perraud, laquelle augmente l’adhérence en même temps que, grâce à la légère alcalinité, on obtient un mouillage facile ; la mixture se prépare en opérant
- ainsi.
- Prendre :
- Colophane pulvérisée................... 500 gram.:,\es
- Carbonate de soude Solvay.............. 500 —
- Eau ordinaire....................... 2000 —.
- Porter à l’ébullition le mélange eau et carbonate de soude, puis y ajouter progressivement la colophane qui doit se dissoudra complètement, ajouter alors : fi’
- Eau ordinaire........................... 10 litres
- Après mélange verser dans une solution composée de :
- Sulfate de cuivre (vitriol bleu)........ 2000 grammes
- Eau ordinaire tiède................ 100 litres.
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- = 48 1 '. ............
- (N. B. — Ne pas faire l’inverse en mélangeant les dissolutions, car il se formerait des grumeaux que l’on ne pourrait délayer.)
- S’assurer que le mélange est légèrement alcalin', au cas contraire, ajouter peu à peu du carbonate de soude jusqu’à ce que le liquide bleuisse le papier de tournesol, ou colore en rose le papier à la phtaléine.
- P.-S. Vous trouverez des extraits aromatiques naturels et artificiels chez Ester, 58, rue de l’Aqueduc, à Paris.
- M. Haspot, a Nantes.
- Questions diverses-
- M. P. Auger, a Noirmoutier : 1° Vous pouvez augmenter le brillant de la peinture au silicate dont nous avons donné la formule dans le n° 2778 du 1er février 1928 en ajoutant 20 pour 100 d’huile de lin cuite;
- 2° Les enduits laqués pour radiateurs auxquels vous faites allusion sont des vernis aux éthers cellulosiques, leur préparation n’est pas du ressort de l’amateur, c’est pourquoi nous vous conseillons plutôt de. les acheter tout préparés ;
- 3° Les précautions essentielles à prendre sont d’enlever soigneusement toutes les anciennes peintures s’il en existe ou de décaper la fonte du radiateur s’il est à l’état de neuf; en un mot, il faut que la peinture nouvelle puisse faire corps avec le support;
- 4° Les peintures au silicate sont très résistantes, quand on a soin de donner une couche d’impression au silicate pur et que l’on termine également après peinture par une couche de silicate identique à la première.
- M. Guérel a Meung-sur-Loire. — La Chambre syndicale des Accessoires de pharmacie, 163, rue Saint-Honoré, vous renseignera de la façon la plus complète sur les maisons fabriquant des machines pour la préparation des pommades.
- M. Bertrand a Amiens. — Nous pensons que vous voulez parler des vernis craquelés obtenus par le procédé Clément et Rivière B. F. 530658; si vous avez en vue une application de ce genre, il faudrait vous adresser aux fabricants susdésignés, rue de la Cristallerie, à Pantin.
- M. R. Hautier a Heinitz-Sarre : 1“ L’albumine de sang est un produit courant que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs ou droguistes, il est donc facile de préparer la colle au sang dont nous avons donné la formule dans le n° 2777, page 95;
- 2° Après passage des pièces à l’étuve, l’albumine se trouve coagulée, de sorte que la colle est devenue insoluble dans l’eau;
- 3° L’imperméabilisation des toiles pour confectionner un canot démontable n’est pas à envisager d’une façon réellement pratique, car si cette imperméabilisation réussit pour des vêtements sur lesquels l’eau glisse, parce qu’elle ne les mouille pas, il n’en, peut être de même pour des tissus immergés supportant la pression de l’eau, qui fréquemment pliés et dépliés perdent leur enduit. Quant à appliquer une peinture, il n’y faut pas songer puisque la souplesse de la toile est une condition essentielle de son emploi.
- Ces réserves faites, voici une formule qui, dans une certaine mesure, pourrait peut-être vous donner satisfaction.
- Dans environ un litre d’eau chaude, on délaie 50 gr de savon noir, puis on verse le liquide bien homogène dans une solution faite,, d’autre part, au moyen de 50 gr de sulfate de fer et également d’un litre environ d’eau chaude (employer un vase en bois ou en grès, non un récipient métalliqme). Ce mélange donne naissance* à un savon de fer qui se précipite, on le lave à plusieurs reprises, à l’eau tiède par décantation; on le dessèche parfaitement et le fait dissoudre dans un litre d’huile de lin cuite, préalablement mélangée à 100 gr. de dissolution de caoutchouc, employée pour les réparations de pneumatiques. L’addition de cette dernière mixture donne de la souplesse à l’enduit lorsqu’il est appliqué sur la toile, le rend plus adhérent et non cassant.
- M. Descorcier a-Beaune. — Il nous est bien difficile, à distance, de nous rendre compte des raisons pour lesquelles les 1 empreintes sur vos briques sont peu visibles, une étude sur place serait nécessaire; tout au plus pouvons-nous vous conseiller de voir d’abord s’il n’y a pas bourrage des creux de la matrice nivelant la surface de celle-ci qui n’est plus susceptible d’impri-
- mer ; dans ce cas, un brossage permettrait de remettre les choses en l’état.
- Si le mal n’était pas en ce point, il pourrait provenir d’une trop grande fluidité de la pâte, laquelle, après moulage normal étant trop molle, verrait disparaître par équilibre les empreintes. Nous ne doutons pas qu’une étude un peu serrée vous mette sur la voie des améliorations à apporter.
- P.-S. Veiller à ce que les surfaces des moules et pistons soient bien lisses pour éviter les adhérences, au besoin graphiter légèrement.
- De quelle façon se préparent les pastilles à l’eu-calyptus ?
- Les pastilles à l’Eucalyptus-Menlhol employées avec succès contre le rhume et que la réclame a fait connaître au monde entier, sont d’une préparation facile qu’il peut être intéressant de connaître ; on procède de la manière suivante d’après Gerbelaud.
- Prendre :
- Gomme arabique ....................... 600 grammes
- Sucre cristallisé . ................... 400 —
- Eau distillée............................ 500 —
- Glycérine neutre à 30°.................. 25 —
- Eucalyptol ........................... 1 —
- Menthol ... 1 —
- Teinture de salsepareille................. 5 —
- La.gomme ayant été concassée, on la Eait dissoudre à froid dans la quantité d’eau indiquée, puis, après avoir passé à l’étamine pour séparer les impuretés, on ajoute le sucre et évapore doucement jusqu’à consistance de sirop épais. Gela fait, on verse la glycérine et on colore le liquide en vert par addition suffisante de carmin d’indigo et de safran, on laisse refroidir et incorpore l’eucalyptus et le menthol préalablement dissous dans la teinture de salsepareille, il ne reste plus qu’à couler dans des moules graissés au beurre de cacao. On porte les moules à l’étuve et achève de dessécher la pâte jusqu’à consistance convenable, la glycérine empêche son durcissement.
- Patras-Grèce.
- Quels sont les colorants autorisés pour colorer les bonbons et les liqueurs ?
- Les colorants autorisés pour la coloration des produits de consommation sont :
- Pour les rouges : cochenille, carmin, santal rouge, éosinate de potasse, fuchsine exempte d’arsenic.
- Pour les jaunes : caramel, safran privé de son odeur par ébullition.
- Pour les bleus : Carmin d’indigo au molleton.
- Pour les verts : Mélanges de carmin d’indigo et de safran, de caramel ou plus simplement de vert malachite.
- Lorsque les liquides à colorer sont de titre alcoolique élevé, employer pour les teintes en vert la chlorophylle provenant des épinards.
- Une formule simple d’encre d’aniline.
- Prendre :
- , Noir d’aniline................... 40 grammes
- Gomme arabique.............. 40 —
- Eau de pluie. .................... 1000 —
- ! Afin d’assurer la conservation, ajouter une trace d’acide salicÿ-lique qui empêche le développement des moisissures.
- P.-S. — 1° Dans la formule que vous nous avez communiquée, il se forme un stéarate de fer; or, les savons métalliques étant solubles dans les huiles, les parties de la plaque ainsi traitées sont mouillées par l’encre d’imprimerie, autrement dit prennent facilement cette encre.
- 2° Les ouvrages suivants vous donneront très probablement satisfaction :
- Cent expériences de physique. Cent expériences électriques, par H. de Grâffigny, éditeur Gruyot, £0, rue des Petits-Champs.
- Manuel du mouleur, art de mouler en plâtre, au ciment, à l’argile, à la cire, à la gélatine, par Lebrun, Magnier, Robert et de Valicourt, éditeur Mulo, 12, rue Hautefeuille.
- Patras-Grèce.
- 96.116. — Paris, lmp. Lahure. — 1-7-2Ü.
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- LA NATURE
- V 2789. — 15 Juillet^ 928
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- Prix du Numéro : 3 francs 50
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- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n0*), 70 fr. ; — 6 mois (12 n0"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n06), 85 fr. ; — 6 mois (12 n"'), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n• 1
- Un an. . Six mois .
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n° 2
- Un an.................
- Six mois..............
- 110 fr.
- 55 fr.
- Tari£extérieU£JI°^l valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthome, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
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- = UNE RÉSERVE ZOOLOGIQUE ET BOYaNIQUE
- EN CAMARGUE
- Tandis que les parcs nationaux se multiplient partout, à l’étranger, la France demeure très en retard sur les pays voisins. Et pourtant la faune de France est condamnée à une disparition certaine. Les Mammifères et
- servateur du Musée zoologique d’Arles, adressa à M. le Dr Ch. Arnault, secrétaire de la Société d’Acclimata-tion, une lettre par laquelle il annonçait que le droit de chasse et de pêche sur l’étang de Vaccarès était à vendre.
- Fig l. — Vue générale des usines de la Compagnie Mais, Froges et Camargue, et d’une partie des gerbes de sel.
- Photo de la Compagnie Aérienne Française.
- les Oiseaux sont les plus menacés. C’est pourquoi, depuis longtemps la Société Nationale d’Acclimatation de France, s’est fait l’écho des amis de la nature, des savants et des artistes, pour demander la protection de la faune indigène ; depuis de longues années, elle a pensé à créer une réserve sur le territoire français ; elle s’est heurtée à d’insurmontables obstacles parmi lesquels l’indifférence publique n’a pas été le moindre facteur d’échec. Instigatrice du Congrès pour la protection de la Nature (Paris, 1925), la Société d’Acclimatation n’en vit résulter aucune solution pratique, et le but poursuivi semblait hors d’atteinte.
- Mais, durant les derniers mois de 1926, un projet se dessina qui ranima les espoirs éteints. M. Gibert, con-
- Et M. Gibert, ajoutait: « Il convient à la Société d’Accli-malation de s’en rendre acquéreur et d’y établir la plus belle réserve zoologique qui soit en Europe. »
- Aussitôt, une correspondance s’échangea. La Société d’Acclimatation apprit que le propriétaire du fonds était la Société de produits chimiques et électro-métallurgiques Alais, Froges et Camargue. Un groupe de délégués de la Société d’Acclimatation se présenta devant l’administrateur-délégué de cette société pour lui exposer le désir de créer une réserve sur les terres appartenant à la Société A. F. C.
- M. Boyoud déclara, avec une extrême bonne grâce, qu’il mettait à la disposition de la Société d’Acclimatation, à titre gracieux, une étendue d’environ 10000 hectares
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- d’étangs et de terres, incultes, pour y établir une Réserve zoologique et botanique.
- En octobre 1926 les membres de la Commission désignés par le Conseil de la Société d’Acclimatation, partirent pour la Camargue, afin de visiter ce qui lui était si généreusement offert. La Compagnie P.-L.-M., s’intéressa à l’œuvre projetée et facilita grandement le voyage de la Commission composée de MM. Maurice Loyer, secrétaire général, Ch. Arnault et Albert Chappellier, secrétaires. Le prince et la princesse P.Murat les rejoignirent par la route.
- Sous la direction de M. Gibert, les visiteurs traversèrent la Camargue jusqu’aux Salïns-de-Giraud, dans deux automobiles envoyéespar la direction de l’usine. Sous un soleil splendide, les voitures avançaient dans des terres cultivées, puis bientôt désertiques. Et ce fut l’immense
- programme fut ainsi tracé. — Premier jour, visite de l’île de l’Esquimau sur le grand Rhône, des étangs d.es Baisses et de Faraman, du Vieux-Rhône et du Grau-de-la-Dent. Deuxième jour : visite des étangs du Fournelet, du Lion et de la Dame, de la partie sud du Vaccarès, du bois des Rièges. Troisième jour : départ des Salins, pour les Saintes-Maries-de-la-Mer, en contournant la partie nord du Vaccarès, le Malagroy et l’impérial. Retour à Arles en longeant le Petit-Rhône, à l’ouest du Delta.
- Conduits à l’île de l’Esquimau, les membres de la Commission auraient voulu voiries Castors qui s’abritent dans les berges; mais les Castors ont des raisons pour ne pas se montrer, et ils restèrent cachés dans leurs terriers, dont l'entrée est à 60 cm environ au-dessous du niveau de l’eau. Sur le sol, des arbres sciés, des copeaux de bois attestent l’activité des Castors, qui se nourris-
- Fig. 2. — Vue des tables salantes, après la récolte, et des camelles. (Photo de la Compagnie Aérienne Française.)
- plaine couverte de Saladelles, Statice limonium, au brillant feuillage, aux fleurs pourpre, violettes ou bleues.
- Mais laissons la parole à M. Loyer :
- « Nulle diversité dans la végétation, nul accident de « terrain venant rompre la rigidité de la plaine, plus de «. chants d’Oiseaux, plus de bourdonnements d’insectes, « mais l’ardente lumière, peuplant de mille reflets les « humbles Saladelles de Provence, les couvrant de tona-« lités et de couleurs si précieuses que leur multitude « apparaît à nos yeux comme un manteau de soie et d’or, « jeté par quelque fée sur l’immense nudité de la « Camargue ! »
- Plus loin, la Saladelle disparaît pour faire place à la Salicorne, seule plante qui puisse vivre dans les terres salines.
- De l’usine des Salins-de-Giraud, ladélégation partit en excursions à travers la future réserve carmaguaise. Le
- sent principalement d’écorce (fig. 3). La direction de da Société Alais, Frogeset Camargue accorde, aux derniers Castors de France une protection particulière, et l’on ne saurait trop l’en louer.
- Il est rigoureusement interdit de chasser ces Rongeurs; mais il y a les braconniers....
- Dans l’île de l’Esquimau vivent des Renards qui, à plusieurs, vont pêcher des Muges dans le Rhône. Il y a aussi des Blaireaux.
- On y trouve des petits Passereaux, tels que la Fauvette Pitchou, Sylvia provincialis, la Cetti Bouscarle, Sylvia cetti.
- Quant aux Insectes, ils abondent : Papillons, Libellules, etc. Le crépuscule amène des nuées de Moustiques.
- La flore est assez riche, arborescente ou herbacée. Peupliers, Ormes, Chênes verts, Genévriers, etc... Et Asperge sauvage, Clématite, Lavande, etc.
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- Au bord du Vieux-Rhône s’étendent les marais salants où l’eau de mer n’est introduite que lorsque l’Algue Microscoleus chno-moplates recouvre suffisamment le sol pour former une couche isolante entre le marais et le sel.
- Ce dernier est ensuite recueilli et mis en gerbes, c’est-à-dire en tas coniques « qui font ressembler « l’immense marais à un « vaste campement recou-« vert de centaines de pe-« tites tentes de toile « blanche » (fig. 1). Finalement, les gerbes sont réunies en « camelle », espèce de colline, longue de plusieurs kilomètres, qui scintille au soleil (fig: 2).
- Les excursionnistes s’engagèrent entre les étangs des Baisses et de Faraman. Et c’est alors qu’ils virent les Flamants. Sur le bleu sombre des eaux du Faraman, les Oiseaux roses et blancs se détachaient pour le régal des yeux. Ils sont là par centaines, par milliers.
- Les uns, immobiles sur leurs longues jambes, les autres, circulant et fouillant la vase. Un certain nombre de ces Echassiers nichent en Camargue (fig. 5). '
- Auprès des Flamants se tiennent des Hérons pourprés, des Vanneaux; des Sternes Pierre Garin s’ébattent; des Bécasseaux maubèches, en habit d’hiver, se mêlent à eux. Quant aux Goélands, ils tourbillonnent par vols
- ' ::= 51 =
- innombrables. Au-dessus de tout cela, planent des Balbuzards ou Pandions de mer.
- Gagnant le milieu du Vieux-Rhône, large de 2000 m, les visiteurs virent voler autour d’euN des Chevaliers-combattants, des Pluviers, encore des Bécasseaux et toujours des Goélands. Au loin, des Canards.
- Le canot qui portait les excursionnistes, s’arrêta au Grau de la Dent, port des Salins-de-Giraud. (Le mot grau vient de gra-dus: entrée, ouverture.) Pour lutter contre l’ensablement, des blocs de ciment sont entassés à l’entrée du grau dans la mer ; sous les pierres, des Crabes bruns se logent, qui sont d’acclimatation récente sur le littoral méditerranéen.
- . Des Sangliers ont imprimé des traces sur le sable ; ils sont très nom-• breux en Camargue. On pense que la grande guerre a fait descendre jusque-là les Sangliers des Ardennes., Ils vivent dans les roseaux qui leur offrent un abri inexpugnable, — et ils se nourrissent de Vers, de Poissons, de Couleuvres, de Vipères même. Ils mangent aussi des racines et, quand ils le peuvent, des raisins. A ce régime les Sangliers ont prospéré en Camargue.
- Très peu de plantes peuvent croître dans le sol saturé de sel marin ; mais sur les petites dunes des Oliviers de
- Fig. 3. — Saule rongé par les Castors. (Photo Naudot.)
- Fig. 4. — Dunes de Beauduc. (Photo Naudot.) Fig- 5. — Nid de Flamants fPhoto Naudot.)
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- Bohême ont été plantés pour fixer le sable. Les jeunes arbres paraissent s’acclimater, un écriteau prie le passant de les respecter: « Ne piétinez pas la végétation qui protège cette montille. »
- Le lendemain, les visiteurs furent menés aux Riè-ges, « chapelets d’îlots boisés, d’une longueur de 7 km qui séparent le sud du Yac-carès des étangs inférieurs ».
- Vestiges d’une chaîne côtière, les Rièges s’élèvent à peine de quelques mètres au-dessus des étangs; mais de cette faible hauteur, le spectateur domine un paysage infini, empreint de toute la sévère et mélancolique beauté de la Camargue (fig. 9).
- Les arbres des Rièges sont de petite taille: Chênes verts, Aulnes, Saules.
- Des arbustes : Ronce, Ro-marin, Lentisque, Cade, se mêlent à des plantes her bacées, parmi lesquelles figure le Faux-indigo, Amor-pha fructico'sa, venu, on ne sait comment, de l’Amérique du Nord.
- Sur le sable, des traces de sangliers. Les terriers de Lapins abondent; on voit filer prestement le petit « cou-
- reur des sables », menu Lézard brun, Psammodro-mus hispanicus Fitz, spécial à la faune du sud de la France et de la péninsule ibérique.
- Beaucoup d’insectes aux Rièges, et de peu agréables : Moustiques, Tiques, Puces.
- Dans l’étendue monotone, le voyage a été prolongé : les guides, si habitués pourtant à la région, se sont écartés de la vraie route !...
- Le jour suivant, les délégués allèrent sur les bords de l’étang du Fournelet, complètement à sec, par suite de la sécheresse anormale de l’été précédent.
- Aussi les Flamants s’é-taient-ils envolés vers une contrée plus hospitalière. M. Gibert conduisit les visiteurs au domaine de Fie-louse, installé sur la pointe de terrain qui sépare le Fournelet du Vaccarès, (fig. 10). Là des arbres fruitiers, des Pins, des Gink-gos, des Lauriers-roses, ombrageant un potager, formaient un oasis doux et frais aux yeux brûlés des voyageurs.
- Un peu plus loin, une autre maison entourée d’un jardin et de terres, appartient à la Société A. F. C. : c’est
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- Fig. 9. — Le premier bois des Rièges (Est). (Photo Naudot.)
- le domaine de la Capelière, domaine que la Société A. F. C. veut bien offrir à la Société d’Acclimatation, pour y loger un garde et y établir un laboratoire. Après avoir été transformée, réparée, l’habitation pourra contenir quelques pièces destinées aux délégués de la Société d’Acclimatation au cours de leurs séjours en Camargue (fig. 8).
- L’étang de Vaccarès, tel que le virent les visiteurs, était considérablement asséché. Au lieu de couvrir de ses eaux les 7000 hectares habituels, il en occupait à peine la moitié.
- Enfin, nos délégués aperçurent l’eau tant cherchée ! Et pour les récompenser de leur attente, un admirable spectacle vint réjouir leurs yeux : en longue file, des Flamants se dressent ; « leurs ailes roses
- « s’égrainent ainsi qu’un collier de corail sur l’eau « qui semble toute d’argent, et leurs cous se déta-
- « client tout blancs sur le bleu immaculé du ciel ».
- Et durant des kilomètres, en interminable théorie, les Flamants semblèrent faire la haie à ceux qui étaient venus, de leurs brumeuses cités du nord, prendre des
- mesures de sauvegarde en leur faveur.
- On sait que la Camargue est la patrie des Chevaux et des Taureaux sauvages. Au cours de ce premier voyage, nos délégués ne rencontrèrent aucune « manade », mais seulement des animaux isolés. Ils virent aussi un « guardian », à la silhouette pittoresque, fièrement campé sur son petit cheval (fig. 11).
- La Commission revint à Paris, convaincue que la Société d’Acclimatation pourrait instaurer dans la région camarguaise, qui lui était offerte, une vaste réserve qui lui permettrait :
- 1° D’assurer la multiplication d’espèces fort intéres-
- Fig. 11. — Manade de taureaux.
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- santés parmi les Mammifères et les Oiseaux de France ;
- 2° De protéger les espèces menacées de disparition;
- 3° D’introduire et d’acclimater des animaux exotiques destinés à la domestication ou à former des gibiers nouveaux.
- Si la Société d’Acclimatation peut réaliser une œuvre dont il est inutile de souligner l’importance et l’intérêt, elle le devra en grande partie à la générosité delà Société Chimique et Électrométallurgique Alais, Froges et Camargue.
- Les 10 000 hectares de landes et d’étangs occupés par la Réserve, situés dans la partie méridionale de la Camargue, comprise au sud d’Arles, entre les Salins-de-Giraud et les Saintes-Maries-de-la-Mer, présentent ceci de remarquable qu’ils sont survolés par les Oiseaux migrateurs qui empruntent le couloir de la vallée du Rhône aux passages d’automne et de printemps.
- R ne faut pas oublier non plus que la Camargue est le seul point d’Europe où se fixent des espèces, communes autrefois et devenues rarissimes.
- Assurer aux migrateurs un lieu de repos et de sécurité, protéger la faune unique de la région, tel est le double but sur lequel il convient d’attirer l’attention de l’opinion publique.
- Car, il faut bien le dire, la Société d’Acclimatation a besoin de l’aide de tous les amis de la nature. Quoiqu’elle ait l’appui bienveillant des pouvoirs publics, elle rencontre de grandes difficultés qui retardent l’exécution de ses projets.
- La tâche entreprise est formidable: pour aller vile il faut beaucoup d’argent !
- De plus, un danger menace la Réserve : un projet de champ de tir pour avions dans des étangs contigus, s’il vient à se réaliser, entraînera l’exode des animaux et détournera de leur route les Oiseaux migrateurs. On espère néanmoins que l’administration de la Guerre ne laissera pas consommer ce désastre.
- De toutes façons, il reste beaucoup à faire pour aménager la Réserve de Camargue, sous la direction du Bureau et du Conseil de la Société d’Acclimatation, secondés par M. Gibert, conservateur de la Réserve ; des travaux ont
- été entrepris en vue de créer un parc national digne de notre pays. Déjà, le mas de la Capelière, réparé, est prêt à recevoir les hôtes de la Société.
- Des mesures sont prises pour assurer la surveillance de ces immensités désertiques : question capitale s’il en fut !
- M. Maurice Loyer est retourné en Camargue, à plusieurs reprises, pour se rendre compte de la mise en œuvre de la Réserve. Afin de modérer l’impatience de nos collègues, notre dévoué secrétaire général a rappelé que la réserve de Yellowstone, aux États-Unis, n’a été mise en fonction qu’au bout de 22 ans (1872-1894). Son étendue dépassait de beaucoup celle de la Réserve de Camargue, mais « notre effort mérite d’être comparé aux efforts « des Américains, car notre Société est la première qui « tente, avec d’aussi faibles moyens, une œuvre d’intérêt « national où la science, l’art et le tourisme se trouvent « associés ».
- Le compte rendu de M. Loyer, intitulé « Trois jours en Camargue », a été publié dans la Revue d'Histoire Naturelle appliquée, organe de la Société d’Acclimatation. Le bulletin mensuel de ladite Société tient au courant de l’organisation de la Camargue : il publie notamment les rapports de M. Gibert, où le distingué conservateur mentionne ses observations sur la faune et la flore camarguaises que modifient les saisons (*).
- Tout serait à citer de ces travaux, dans lesquels j’ai largement puisé; et cependant je n’ai pu que donner une faible idée de l’œuvre commencée par la Société d’Acclimatation. Puissé-je avoir intéressé les lecteurs deZa Nature à l’avenir d’une Réserve qui sera le dernier refuge des Castors et des Flamants, la dernière station des Rolliers et des Guêpiers, — ces Oiseaux splendides qui croient retrouver en Camargue un lambeau de terre africaine soudée au riant Midi de la France !
- A. Feuillée-Billot.
- 1. Nous tenons à remercier ici M. Gibert, Conservateur de la Réserve de Camargue, et M. le Marquis de Leschevin de Prévoisin, de la Société A. F. C , de nous avoir permis de publier les belles photographies qui illustrent cet article.
- LES HAUTS VOLTAGES DANS LES TUBES A VIDE
- Nous avons récemment signalé, en résumant une conférence de Sir Ernest Rutherford, l’intérêt que la physique moderne attache à la réalisation de très hauts voltages dans le vide. Elle y voit le moyen d’attaquer avec des armes puissantes l’édifice atomique et elle espère par là réussir à déterminer expérimentalement sa réelle structure interne.
- On obtient déjà, dans les laboratoires des grandes sociétés de constructions électriques, des voltages de Tordre de 2 millions de volts et même davantage, dans des circuits placés dans l’air. Mais l’application de tensions de cet ordre à des électrodes placées à l’intérieur de tubes vidés soulève des problèmes spéciaux très ardus.
- Ainsi que nous l’avons indiqué déjà, M. W. Goolidge, du laboratoire de recherches de la General Electric G0 s'est appliqué à les résoudre (voir n° 2777). Voici, d’après un exposé de ce savant dans General Electric Review, l’état actuel delà question.
- R est impossible, dans un seul tube, de dépasser entre électrodes un certain voltage. Lorsque cette limite est dépassée, en effet, l’espace entre les deux électrodes, même dans le vide le plus poussé, cesse d’être isolant. La décharge peut alors passer d’une électrode à l’autre, soit directement, soit indirectement en passant d’une électrode à la paroi de verre, puis de celle-ci à l’autre électrode. La décharge consiste alors en minces jets d’élec-
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- trons provenant de la cathode ; celle-ci, bien entendu, est froide. Tout se passe comme si les électrons étaient expulsés hors de la cathode par la simple application d’un champ électrostatique suffisamment puissant.
- L’expérience a montré que cet effet dépend, avant tout, non pas de la valeur absolue du potentiel appliqué entre électrodes, mais surtout du gradient du potentiel à la surface de la cathode. La décharge d’une cathode froide est favorisée par le rapprochement des électrodes et par la présence de pointes ou d’angles aigus àla surface de la cathode. C’est ainsi que M. Coolidgeayant fait ses premières observations de décharges à froid pour des voltages de l’ordre de 100000 volts, a pu reproduire le phénomène sous des tensions de Tordre de 2000 volts en opérant avec des électrodes trèsrappro-chées et une cathode faite d’un fil de tungstène extrêmement fin.
- L’effet de décharge par cathode froide limite le voltage qui peut être appliqué à un tube donné ; car si on essaie de dépasser cette limite, oubienl’onperce le tube (en raison de réchauffement local qui suit le bombardement du verre), ou bien Ton provoque une décharge par arc, consécutive au bombardement de l’anode par les électrons aspirés sur la cathode.
- Jusqu’ici, M. Coolidge n’avait pas réussi à dépasser dans un tube la tension de 250000 volts.
- Mais, dans ses plus récents travaux, il a constaté la possibilité d’élever beaucoup cette limite, en répartissant la différence de potentiel totale appliquée à un tube entre plusieurs paires d’électrodes tubulaires placées en série.
- Les électrons, provenant de la cathode chauffée, traversent les électrodes tubulaires intermédiaires sans les toucher; ils subissent, à chacune de ces traversées, des accélérations successives. On a, par ce moyen, divisé le tube en plusieurs sections, dont chacune est capable de supporter une différence de potentiel entre électrodes de l’ordre de 300000 volts environ.
- Le Dr Coolidge a déjà fait fonctionner avec succès un tube à 3 sections pouvant supporter 900000 volts.
- Ce système de tubes en cascades permet d’envisager des tubes à vide adaptés aux plus hauts voltages que Ton sait produire aujourd’hui pratiquement. Il s’appliquera non seulement aux tubes à rayons cathodiques, mais aussi aux tubes à rayons X qui ne sont que des tubes à rayons cathodiques munis d’une anticathode, , et aux kénotrons à hauts voltages.
- Les réalisations faites jusqu’ici ouvrent de remarquables perspectives ; il suffira d’un voltage de 2millions devoltspour produire des rayons X aussi pénétrants que les plus pénétrants des rayons y du radium. Avec 3 millions de volts, on pourra produire des rayons cathodiques ayant la vitesse des rayons |3 du radium; un courant de 12 milliampères sous cette tension suffira à produire dans le tube autant d’électrons à grande vitesse qu’en projetterait une tonne de radium en équilibre avec ses produits de décomposition; avec cet avantage que le rayonnement électronique pourra être suspendu ou rétabli à volonté par la simple manœuvre d’un interrupteur.
- Enfin, sous 8 millions de volts, on pourrait produire des rayons positifs ayantl’énergie des rayons a, les plus rapides du radium.
- Le problème de ces tubes à très haute tension est double, car il comporte non seulement la réalisation du tube lui-même, mais encore celle de la source qui engendre cette tension, et la connexion des deux appareils. La source de voltage élevé pourra être sans doute un transformateur, puisque Ton en construit déjà qui produisent plusieurs millions de volts. M. Coolidge envisage l’emploi de tubes immergés dans l’huile, alimentés par un transformateur dont le circuit haute tension serait plongé dans le même récipient et dans la même huile. Aucune partie du circuit haute tension ne pénétrerait dans l’eau et Ton simplifierait ainsi beaucoup le problème de la suppression des effets d’effluves. A. T.
- Fig. 1. — Un tube cathodique à 3 étages pour tension de 900 000 volts.
- Les projectiles cathodiques y sont lancés à la vitesse de 280 000 km à la seconde. La grosse sphère métallique, à gauche, contient une batterie d’accus pour le chauffage des filaments.
- Les appareils à faire le vide sont encore connectés à l’étage central.
- A droite, la fenêtre de métal qui permet aux corpuscules cathodiques de sortir du tube et de pénétrer dans l’air.
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- LES COLLABORATEURS DES SAVANTS DE FRANCE
- PRÉPARATEURS - MÉCANICIENS SOUFFLEURS DE VERRE - PHOTOGRAPHES
- Aux Etats-Unis, les laboratoires publics ou privés soiit de véritables palais. Qu’ils dépendent d’une Université, d’un organisme gouvernemental ou d’une société industrielle, ces établissements disposent d’un budget important. Aussi les techniciens qui y travaillent ont toutes les facilités nécessaires pour accomplir leur tâche : outillage perfectionné, collaborateurs nombreux et traitements confortables. Les chercheurs américains peuvent donc se consacrer entièrement à leurs expériences avec toutes chances de réussite et sans aucun souci du lendemain. Hélas! nos savants ne jouissent pas des mêmes avantages. De temps en temps, des journaux d’opinions diverses publient bien des articles sensationnels sur « la grande pitié des laboratoires de France », mais ils trouvèrent]usqu’ici peu d’échos. Quelques généreux Mécènes ont cependant répondu à leur appel en secourant certaines détresses scientifiques, en subventionnant des académies, en créant des chaires dans nos Facultés, en fondant des instituts océanographiques ou paléontolo-giques. Toutefois, les Pouvoirs Publics suivent ce mouvement de très loin.
- Mais, en revanche, si le Pactole ne coule pas dans les laboratoires français^ nos physiciens ou nos chimistes, nos géologues ou nos physiologistes possèdent de remarquables auxiliaires, des préparateurs experts qui savent se « débrouiller » avec des moyens de fortune et qui, malgré de modestes émoluments, servent leurs « patrons » avec une intelligence, qui n’a d’égale que leur dévouement. Ayant admiré les ingénieuses trouvailles de ces artisans scientifiques à une récente exposition du travail, nous avons voulu aller interviewer quelques-uns de ces lauréats uniques au monde.
- Voici les « as » des souffleurs de verre : M. Anacréon, garçon de laboratoire à la Faculté des Sciences de Paris, et M. Monais à EËcole normale supérieure que le jury a distingués parmi les meilleurs ouvriers de France, car avec leur émule, M. Henri Yigreux, de la Sorbonne, ils ont rénové leur art ou, pour mieux dire, ils ont créé la verrerie scientifique, inexistante avant eux.
- L’emploi du verre s’impose surtout en chimie, car cette substance solide, transparente, inattaquable à la plupart des corps et capable de recevoir toutes les formes pos-
- sibles, se prête admirablement bien à l’expérimentation quotidienne de l’heure présente. Avec des appareils en verre, le chimiste peut combiner ou décomposer les éléments, chauffer ou refroidir des solutions salines, distiller dans le vide ou sous pression, purifier des alcools, condenser des acides et des éthers ou conserver simplement ses réactifs. En un mot, le verre constitue l’outillage fondamental des laboratoires scientifiques et industriels d’aujourd’hui. Aussi ces virtuoses du chalumeau savent répondre aux desiderata des savants qu’ils secondent. Quand ceux-ci veulent se livrer à certaines recherches originales, étudier un phénomène très spécial ou mettre
- au point une nouvelle méthode, ils remplacent les appareils classiques, que les constructeurs professionnels fabriquent en série, par d’autres mieux appropriés au but poursuivi. Ils coudent des lubes, ils réalisent des trompes à vide, des colonnes de distillation fractionnée, des soudures internes, des serpentins, : avec une maestria rappelant celle des célèbres verriers de Murano !
- De son côté, M. Charles Entressengles est un mécanicien émérite, qui a construit des balances de précision et des dispositifs fort remarquables pour les expériences de physique de M. Guillet, professeur à la Faculté des Sciences de Paris. De lui, ce savant nous disait : « Il m’a assisté dans mes essais. Par son intelligence et sa fidélité, il a souvent simplifié ma tâche ». On ne saurait former de tels auxiliaires dans une école spéciale, car les matières qu’on doit mettre en œuvre dans un laboratoire de physique varient à l’infini. Un jour, le maître demande à son aide de fabriquer un bras de levier non conducteur de l’électricité ou une roue dentée en métal; demain, il voudra une boule en plomb, une caisse en bois dur ou une cuve en zinc. Or, pour réaliser ces installations expérimentales que le chercheur modifie sans cesse au cours de ses essais, il faut un collaborateur ayant des aptitudes manuelles remarquables et une sorte de génie inventif. Pour parodier un mot célèbre, on naît « bricoleur scientifique », on ne le devient pas!
- Ainsi M.-Paül Lavaur, attaché depuis 40 ans au laboratoire de minéralogie de la Sorbonne comme mécanicien, n’a fait son apprentissage nulle part. Au sortir de l'école
- Fig. 1. — Mlle Queutelot,
- Aide bactériologiste au Collège de France, exécutant des préparations microbiennes.
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- primaire, il commença à manier la scie, le tour ou le rabot, puis il s’initia petit à petit aux phénomènes de l’optique cristalline. Il aide actuellement M. le Professeur Wallerant dans son enseignement et ses recherches. Il a imaginé, entre autres perfectionnements techniques, un dispositif de disques rotatifspermettant l’examen successif
- ............. = 57 =
- logie delà Faculté des Sciences de Paris, en 1900, comme chef d’atelier mécanicien, il a puissamment secondé Ilaug, L. Gentil, Michel-Lévy, Douvillé et autres géologues contemporains. lia construit,en particulier, desmachines spéciales pour scier, polir et travailler les.roches en coupes minces. Deux fois lauréat au concours récent de
- Fig. 2.
- En haut :
- M. Anacréon, Garçon
- de laboratoire à la Faculté des Sciences de Paris, exécutant un appareil en verre, pour distillation fractionnée.
- En bas : M.Entressengles
- Mécanicien, a construit des
- balances de précision pour
- le laboratoire de
- physique-
- mécanique
- de
- la Sorbonne.
- En haut :
- M. Henri Ragot, Du laboratoire de géologie de la Faculté des Sciences de Paris
- et son appareil pour Ja photographie et la microphotographie des échantillons géologiques.
- En bas :
- M Lavaur, Mécanicien du laboratoire de minéralogie de la Sorbonne, examine les p réparation s artistiques destinées à illustrer les phénomènes de polarisation chromatique.
- de 8 échantillons pétrographiques sous le microscope et des coupelles très pratiques pour essais minéralogiques au chalumeau. Enfin combien de jolies préparations artistiques ne confectionne-t-il pas chaque jour, pour illustrer les phénomènes de polarisation chromatique ?
- Quant à M. Henri Ragot, entré au laboratoire de géo-
- l’exposition du travail, il se spécialisa surtout dans l’application de l’art de Daguerre à la pétrographie, et devint un maître du genre. Il a exécuté, depuis 25 ans, de remarquables clichés en noir ou en couleurs de fossiles et autres échantillons géologiques, grâce à une installation spéciale, permettant de reproduire aisément un
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- objet transparent ou opaque avec le grossissement désiré. M. Ragot résoud ce problème technique à l’aide' de deux appareils ; l’un exclusivement vertical permet les réductions, les photographies grandeur nature et les faibles grossissements ; l’autre, qui se place verticalement ou horizontalement, s’utilise pour les grossissements plus forts.
- Dans le premier, la mise au point s’opère sans toucher au grossissement, soit en déplaçant la chambre entière, soit le porte-objet. Le second appareil s’emploie pour la microphotographie. Mais, à l’inverse des instruments habituels dans lesquels on met au point en actionnant la crémaillère du microscope, autrement dit en rapprochant ou en éloignant l’objectif de la glace dépolie, la mise au point s’opère en déplaçant l’objet; par suite le grossissement est indépendant de la mise au point. En outre, une poutre rigide soutient l’ensemble de la chambre micro-photographique qui prend à volonté la position horizontale ou verticale. Plus récemment, M. Ragot a imaginé un original procédé pour faciliter la photographie des sables
- translucides; il consiste à en rendre les grains opaques au moyen d’un enduit convenable afin d’éviter les confusions dues à leur transparence, à leurs clivages ou à leurs fractures. Cet artifice met fort bien en valeur de multiples détails qui, sans cela, resteraient inaperçus sur l’épreuve.
- Enfin de gracieuses silhouettes féminines égaient maintenant plus d’un laboratoire français. Là, le beau sexe se dévoue encore aux besognes modestes, qui contribuent aux progrès scientifiques. Aussi le Jury de ces assises parisiennes du travail a cru devoir décerner une récompense, d’ailleurs méritée, à Mlle Paulette Queutelot, aide bactériologiste au Collège de France depuis plus d’un an et qui ne compte guère que vingt-quatre printemps ! Elle s’initie actuellement aux mystères de l’embryologie. Grâce à sa dextérité manuelle, elle exécute très bien les coupes de tissus organiques ou les préparations bactériennes et procède déjà à de difficiles examens microscopiques avec une tranquille et souriante sûreté.
- Jacques Royer.
- L'ESSOR DU MOTEUR A COMBUSTION INTERNE
- A BORD DES NAVIRES
- L’application du moteur à combustion interne à la
- Fig. 1. — Diagramme (volume-pression) d'un cycle Diesel à k temps et schéma de fonctionnement d’un moteur Diesel a 4 temps.
- Aspiration
- Volumes
- Echappement
- 1er Temps Aspiration
- 3? Temps A? Temps
- Combustion Evacuation
- propulsion des navires prend en ce moment un développement tel qu’il peut être intéressant d’étudier l’importance de ce mouvement et les raisons qui valent son succès à ce nouveau venu. Il ne sera pas mauvais non plus sans doute d’exposer le principe général du fonctionnement du moteur Diesel.
- Rappelons d’abord que l’ingénieur allemand, inventeur du moteur qui porte son nom et qui l’a rendu célèbre, avait d’abord cru qu’il pourrait obtenir le mouvement du piston,en mêlant à l’air frais, comprimé par celui-ci, une certaine quantité de charbon pulvérulent ; mais tous ses efforts à ce sujet furent infructueux et le succès lui vint lorsqu’il eut l’idée de remplacer le charbon par le mazout.
- LE MOTEUR DIESEL
- L’une des caractéristiques qui distinguent à première vue le moteur Diesel des moteurs dits à explosion est que le mélange de mazout et d’air comprimé réalisé dans la proportion voulue s’enflamme, dans le cylindre, sous la seule influence de la compression du piston, tandis que dans les moteurs à explosion, l’inflammation s’effectue à l’aide d’une action intérieure, presque toujours une étincelle électrique. En fait l’inflammation du mélange combustible dans le Diesel est obtenue par le phénomène d’échauffement bien connu en physique dans l’expérience du briquet à air.
- Mais il y a une différence plus profonde entre le moteur Diesel et le moteur à explosion. Dans ce dernier le mélange de combustible et d’air est réalisé en dehors du cylindre, puis admis dans le cylindre et comprimé à un taux qui ne peut guère dépasser 6 à 7 kg par centimètre carré, le mélange est alors enflammé brusauement par l’étincelle
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- électrique ; il y a explosion, c’est-à-dire combustion instantanée suivie de détente.
- Dans le moteur Diesel, il en va tout différemment; l’air est tout d’abord comprimé dans le cylindre et à une pression nécessairement très élevée (environ 35 kg par cm2). A la fin de la course décompression, le liquide combustible est injecté dans le cylindre soit au moyen d’air comprimé, soit directement par une pompe ; la pression d’injection qui doit permettre de vaincre la pression régnant dans le cylindre et d’obtenir une fine pulvérisation du liquide est très forte ; le liquide ainsi introduit brûle dès son entrée dans le cylindre, et cette combustion au lieu d’être instantanée se prolonge pendant une fraction importante de la course motrice du piston (généralement le dixième). L’injection cesse alors; la pression s’est maintenue sensiblement constante entre 30 et 40 kg; l’injection cessant, la combustion se poursuit suivie de détente.
- Les pressions et les températures mises en jeu dans le Diesel sont très supérieures à ce que l’on peut obtenir
- 59
- Ier Temps 2!? Temps
- Balayage Compression Combustion Evacuation
- tig. 2. — Schéma de fonctionnement d’un moteur Diesel à 2 temps.
- avec les moteurs à explosion. En conséquence le rendement thermique est très supérieur. Et c’est là l’avan-
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- = 60 =====
- tage essentiel du Diesel, auquel se joint la possibilité de brûler des huiles lourdes à pouvoir calorifique élevé et d’un prix d’achat modique, qui ne peuvent être utilisées dans les moteurs à explosion, où elles provoquent des phénomènes de détonation.
- Il existe des moteurs Diesel à 4 temps et à 2 temps. t Dans le moteur à 4temps, le piston, en 2 tours complets de la manivelle, effectue 4 courses dont une seule motrice. Dans le moteur à 2 temps, pour un tour complet de la manivelle le piston exécute deux courses dont une mo-
- Fig. 4. — Coupe d’un moteur Diesel-Sulzer à 2 temps
- trice. Quand, après la détente, le piston est en bas de sa course motrice, les gaz brûlés sont balayés à l’aide d’une pompe ou d’un ventilateur, et remplacés par de l’air frais, le piston remonte et comprime cet air; en haut de sa course de compression se produit l’injection du liquide, la combustion s’amorce et la course motrice du piston commence.
- Il existe enfin, aussi bien pour le cycle à 2 temps que pour le cycle à 4 temps, des moteurs à simple effet où la
- combustion a toujours lieu du même côté du piston et des moteurs à double effet où elle se produit alternativement de chaque côté.
- LE DÉVELOPPEMENT DU MOTEUR DIESEL DANS LA MARINE
- Dès avant 1912, on tenta d’adapter le moteur Diesel à certains bâtiments, comme les sous-marins, qui ne réclamaient à cette époque qu’une puissance motrice relativement faible, et pour lesquels on espérait qu’il constituerait un bon moteur de plongée. Ceci a été bien vite reconnu une erreur.
- Pour la navigation de commerce on n’y pensa pas encore parce que les puissances qu’on en pouvait obtenir ne répondaient pas aux exigences minima des plus minces cargos.
- C’est en 1912, cependant, que les chantiers Burmeister et Wain, de Copenhague réalisèrent le premier motor-ship : Selandia de 5000 tx, à bord duquel la propulsion était assurée par 2 moteurs Diesel de 1200 ch (*).
- De 1912 à 1914 les progrès du nouveau système à bord des navires furent peu sensibles. L’emploi du pétrole dans la Marine était encore une sorte de nouveauté, qui se heurtait aux grandes facilités que procurait le charbon, et au bas prix auquel on trouvait à se fournir de ce dernier combustible sur tous les points du globe.
- Bien entendu, pendant les quatre années de guerre on pensa, plus qu’à innover, à employer, tel qu’il était, le matériel navigant, pour des besoins immenses et toujours croissants, repoussant à plus tard l’étude de procédés nouveaux.
- Mais, aussitôt la paix venue, les progrès du Diesel s’affirment. En 1922, 11 pour 100 du tonnage en construction dans le monde entier passe au moteur à combustion interne avec 300 000 t. En 1923, la proportion s’établit à 24 pour 100 pour atteindre 60 pour 100 en 1924, 85 pour 100 en 1925.
- Enfin, d’après le Lloyds Register of Shipping, le tonnage des navires à moteurs en construction dans le monde, au début de 1928, est supérieur de 115 000 tx à celui des navires à vapeur sur chantiers
- Jusqu’en 1924, les progrès dans l’utilisation du Diesel marin ont été relativement lents, parce qu’on n’avait pas encore trouvé le moyen de réaliser le moteur à double effet, c’est-à-dire celui dans lequel chacune des deux courses du piston dans son cylindre produit de l’énergie. Cependant on avait construit des moteurs à simple effet fournissant jusqu’à 4000 ch, ce qui permettait, en utilisant deux moteurs, appliqués chacun à une hélice, d’atteindre 8000 ch.
- Mais pour tous les navires auxquels une puissance supérieure était nécessaire, et c’était le cas de beaucoup, les constructeurs se trouvaient bloqués.
- La mise au point du cylindre à double effet est venue renverser les barrières. Du coup la puissance qu’il était possible d’obtenir par cylindre est montée à 1000 et 1500 ch, permettant d’obtenir sur l’arbre de l’hélice
- 1. Les éléments de cette étude nous sont fournis par un remarquable article de M. H. le Masson dans la Revue Maritime, n° de mars 192H.
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- Fig. 5. — Moteur Diesel-Sulzer à 2 temps de 3000 ch destiné au paquebot Eridan des Messageries Maritimes.
- Photo communiquée par la Société de construction mécanique des procédés Sulzer
- avec le nombre de cylindres voulu,
- 10000 ch et même davantage, soit 20 000 ch, pour 2 hélices et 30 ou 40 000 ch, si on consent à employer 3 ou 4 propulseurs.
- Ce chiffre de 20000 ch est précisément celui qui convient parfaitement à la très grande majorité des paquebots actuels dont le tonnage varie de 15 à 25 000 t et qui, pour s’assurer la vitesse de 15 à 18 nœuds qui leur suffit, n’ont besoin que de machines de 15 à 20000 ch.
- Au-dessus de ce paquebot moyen qui se trouve ainsi rangé dans la catégorie des navires susceptibles d’utiliser le moteur à combustion interne, il reste un fort petit nombre de « monstres » de 30 000 tonneaux de déplacement et au-dessus auxquels le Diesel ne peut encore fournir les 30 à 35 000 ch nécessaires.
- Ils se comptent d’ailleurs par moins d’une douzaine. On voit donc que la très grande majorité des navires de. commerce existant aujourd’hui sont ou peuvent être des clients du Diesel.
- LES AVANTAGES DE LA PROPULSION MARINE PAR MOTEUR DIESEL
- Voyons maintenant quels sont les avantages par lesquels le Diesel tente cette importante clientèle.
- « Par comparaison avec la machine à vapeur, nous dit, M. H. le Masson, le moteur à combustion interne fournit : 1° une meilleure utilisation de l’énergie produite, 2° la simplicité de fonctionnement, 3° à puissance égale un moindre encombrement, moteurs auxiliaires compris, ce qui permet, à dimensions identiques du navire, une augmentation sensible du tonnage utile, 4° une moindre consommation de combustible, donc économie, et à quantité égale du mazout embarqué dans les soutes, un rayon d’action qui peut être très élevé et permet le ravitaillement dans les ports où les prix de combustible sontlesplusintéressants ». La consommation d’un moteur Diesel est, en effet, de l’ordre de 180 à 220 gr d’huile lourde à 10000 calories pour 1 cheval-heure effectif — une machine à vapeur alternative ou une turbine dont la chaufferie serait alimentée au charbon ne consommerait pas moins de 700 gr de charbon par cheval-heure dans les conditions actuelles dè fonctionnement des machines marines et . sans doute davantage Alimentée au mazout, elle consommerait pour le moins 500 gr ( l’économie due à l’emploi du Diesel est donc énorme), « 5° possibilité de réduire le personnel des machines ».
- En contre-partie de ces avantages indéniables et substantiels, les tenants de la
- machine à vapeur inscrivent les prix plus élevés de 1 machinerie Diesel, entraînant une mise de fonds pli forte et un amortissement plus lourd. Le moteur Dies< marin actuel est à marche lente. C’est donc nécessairi ment une machine lourde, encombrante et coûteuse. L< partisans de la machine à vapeur déclarent que l’en ploi de très hautes pressions dans les chaudières, qi l’adaptation à la marine de tous les progrès et raffim
- — Moteur Dieset-Sulzer à 2 temps de 5000 ch destiné au paquebot hollanda Christiaan Huygens de la « Neurland she Stoomivart Matschaapig ».
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- Fig. 7. — Moteur Diesel-Sulzer à 2 temps de 7000 ch destiné à un cargo hollandais. Photo communiquée parla Société des constructions mécaniques des procédés Sulzer.
- ments en usage dans les grandes stations centrales terrestres peuvent provoquer un retournement de la situation en faveur de la vapeur. Mais cette adaptation n’est pas encore faite et pose bien des problèmes qui restent à résoudre. Peut-être aussi faut-il ranger parmi les faits nouveaux en faveur de la vapeur l’emploi, qui vient d’être rendu possible, du charbon pulvérisé. L’élévation des prix du mazout, avec le développement de ses emplois, pourrait par contre freiner le développement de la navigation du Diesel.
- Enfin les adversaires du Diesel contestent que ce moteur soit moins encombrant que la machine à vapeur, notamment pour les moteurs à grande puissance dont la hauteur est, en effet, très importante. Il a, en outre, l’inconvénient de provoquer des vibrations beaucoup plus vives que celles dues aux turbines.
- LES MOTORSHIPS RÉCENTS
- En considérant seulement les bâtiments motorships déplus de 10 000 tx entrés en service depuis le début de 1927 et actuellement en construction, on trouve, en Angleterre : 17 unités, jaugeant de 10 000 à 27 000 tx avec un tonnage total de 240000 tx et une puissance de 183 000 ch.
- En Italie : 7 unités de 10000 à 32 000 tx (l’Italie détient le record du gros, tonnage motorship avec son paquebot Augustus de 32000 tx et celui de la vitesse avec le Saturnia et le Vulcania de 23 500 tx, 24000 ch qui ont atteint 21 noeuds aux essais.) Tonnage total 122 600 tx, puissance totale 104 000 ch.
- Les Pays-Bas : 6 unités, tonnage total 102 000 tx. Puissance totale, 77800 ch.
- Allemagne : 6 unités, 77 000 tx, 54 000 ch.
- La Suède, le Japon, l’Espagne, le Danemark, les Etats-Unis suivent avec 2 ou 3 unités chacun.
- La France apparaît avec 3 paquebots des Messageries Maritimes, jaugeant respectivement 10000, 14000 et 20 000 tx-qui ne sont encore qu’en construction. Il faut ajouter, cependant, qu’antérieurement à 1927 les Messageries Maritimes avaient rais en service le paquebot Théophile Gautier et les Chargeurs Réunis le Brazza, tous deux de moins de 10 000 tx.
- La Compagnie Générale Transatlantique a déclaré qu’elle allait suivre le mouvement, et elle vient de mettre en chantier 1 paquebot de 22 000 tx pour la ligne de New York, et 1 cargo de 13 000 tx qui seront propulsés au moyen de moteurs Diesel.
- Le retard apporté à l’introduction du moteur à combustion dans la flotte marchande française est dû d’abord au goût bien connu pour la prudence et la mesure qui est dans notre mentalité, puis peut-être aussi à la peine qu’ont eue et qu’ont encore en partie les armateurs à trouver le personnel mécanicien capable de conduire, de démonter, de réparer la mécanique extrêmement délicate que constitue le Diesel.
- Cependant il faut noter que les divers chantiers français viennent de construire ou ont sur chantiers 3 grands motorships pour le compte de l’étranger et 4 pour le compte français.
- Notons encore que les chantiers de Blainville, près Caen, construisent, pour le compte de la Marine marchande soviétique, deux pétroliers à moteur Diesel de 11 000 tx.
- En ce qui concerne les marines de guerre, l’Angleterre et l’Allemagne seule apparaissent comme décidées à doter certains de leurs navires neufs de machines à combustion interne.
- Le projet du cuirassé allemand A, dont la construction sera commencée en septembre 1928, si le nouveau Reichstag maintient les crédits votés à cet effet par celui qui vient de disparaître, comporte qu’il sera actionné par des Diesel. Il jaugera 10000 tx et portera 6 canons de 28 cm à tir très rapide. Les nouveaux croiseurs de 6000 tx à partir du Kœnigsberg seront munis de Diesel destinés à servir de machines de croisières permettant l’allure de 15 nœuds alors que les machines àvapeur (turbines) seront utilisées seulement en cas de guerre pour fournir les grandes vitesses (32 nœuds),
- Un certain nombre de petits navires de la Marine française, sous-marins, canonnières, avisos, portent aussi des moteurs Diesel.
- Je dois noter que l’idée de l’utilisation du Diesel comme machine de croisière avait été envisagée en France, dès avant la guerre.
- Le département de la marine avait reçu, en effet, d’un de ses ingénieurs des Constructions navales, un projet préconisant, à titre d’essai, l’installation à bord d’un torpilleur, en plus de sa machine à vapeur, d’un moteur Diesel qui serait employé pour la navigation à allure
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- moyenne, et aurait ainsi notablement accru le rayon d’action de ce bâtiment.
- Les principales maisons qui construisent le Diesel sont la firme Burmeister et Wain, à Copenhague, spécialisée dans le moteur à 4 temps, à simple ou à double effet, la firme Sulzer (Suisse) qui construit le moteur à 2 temps.
- La Société Française de Constructions mécaniques des procédés Sulzer exploite, dans son usine de Saint-Denis, les brevets Sulzer. Elle y construit le moteur Diesel marin à simple effet et à deux temps, et le moteur à quatre temps pour les appareils de terre.
- L’invention de Diesel étant tombée dans le domaine public, la construction de son moteur ou de ses dérivés a été entreprise par les grands établissements des principales nations maritimes. Citons en France les ateliers Normand, les chantiers de la Loire, le Creusot; en Allemagne : Ivrupp, Maschinen Fabrik; en Angleterre: Vickers, Morrlees; en Italie : Fiat, Tosi, etc.
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- Et maintenant, faut-il voir, dans le mouvement qui porte de plus en plus les armateurs et les constructeurs vers ce moteur nouveau, une sorte d’engouement, un entraînement passager vers la nouveauté, susceptible d’un retour en arrière.
- En aucune façon, répondent les personnalités compétentes. La valeur du Diesel, les commodités qu’il offre sont indicutables, et on doit s’attendre à le voir appliquer sur une très grande échelle.
- Mais il n’est pas à croire qu’il fasse disparaître la machine à vapeur arrivée à un point de rendement qui avoisine la perfection. Longtemps encore, peut-être toujours, les deux systèmes garderont leurs partisans et rendront les services qu’on leur demande.
- Cl Sauvaire-Jourdan.
- LA FAUNE COLONIALE
- LES PÊCHES
- La pêche est intéressante à des points de vue bien distincts ; tout d’abord l’utilisation du poisson dans l’alimentation permet d’épargner le bétail dans d’assez grandes proportions; elle assure à l’indigène, dans la colonie, une nourriture meilleure; elle contribue, par l’apport de principes azotés et phosphorés, à la décroissance de la mortalité infantile ; celle-ci prépare pour l’avenir une situation très grave au point de vue du recrutement de la main-d’œuvre.
- Ensuite, certains poissons utilisés industriellement, donnent des huiles, des graisses et divers sous-produits nécessaires à la vie moderne. Enfin, il ne faut pas oublier que dans la mer se trouvent, outre les poissons, les mammifères cétacés, comme la baleine, dont on retire des quantités considérables de matières utiles; et des mollusques, comme les huîtres qui, outre leur valeur comestible, peuvent renfermer sous certaines latitudes des perles dont la valeur est restée toujours très grande.
- Les différentes utilisations, qui sont faites des habitants de l’eau, expliquent suffisamment que certaines régions de notre empire d’outre-mer sont riches presque uniquement du fait de la pêche qui s’exerce sur leur côte, pêche qui a provoqué un mouvement continu de liaison avec la métropole, et qui est l’origine de leur prospérité.
- Le cas le plus typique est celui fourni par les îles St-Pierre et Miquelon, connues de tout le monde pour la pêche à la morue; mais certaines régions, moins connues parce que moins anciennement exploitées, sont également susceptibles de fournir une grosse production ; il faut citer : les côtes de Mauritanie (région de Port-Etienne et de la Baie du Lévrier) où se pêche la langouste royale ; les rivages de l’Afrique occidentale, où de nombreuses variétés de poissons sont utilisées pour le ravitaillement des populations littorales; les côtes du Gabon,
- où l’on pêche la Baleine ; celles de l’Océanie et de la Nouvelle-Calédonie, où les huîtres perlières sont activement recherchées. A signaler également, les possessions australes des mers glaciales que peu de personnes connaissent et qui peut-être un jour, lorsque la liaison pourra être plus active entre elles et Madagascar, seront des points d’appui importants pour les pêcheurs des mers du Sud, et non plus seulement les îlots battus sans relâche par le grand vent d’ouest et perdus au milieu du brouillard et des averses glacées.
- L’étude qui va suivre, ne pouvant avoir la prétention de traiter de façon complète l’importante question des
- Fig. 1. — A Saint-Pierre et Miquelon.
- Une baleine échouée dans le port de Saint-Pierre.
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- Fig. 2. — A Saint-Pierre et Miquelon.
- Les doris de l’île aux Chiens venant chercher leurs matelots 1 à bord d’un vapeur.
- pêches coloniales, n’a pour but que de donner sur les plus importantes d’entre elles, un aperçu général.
- Saint-Pierre et Miquelon. — Tout ce qui nous reste de notre ancien Canada se réduit maintenant aux quelques îlots situés au sud de Terre-Neuve, qui constituent les établissements français de Saint-Pierre et Miquelon, placés sous l’autorité d’un Gouverneur des Colonies.
- Cet établissement se compose de trois îles:
- La plus grande, Miquelon, est composée de deux îlots réunis par un long banc de sable, elle mesure 36 km sur 24 à l’endroit le plus large; elle est peu habitée parce que sa côte est inhospitalière aux navires ; le chef-lieu de la colonie a été installé à Saint-Pierre, île de 7 km sur 6 km, située à 42° 46 de latitude nord et 38°30' de longitude ouest; Saint-Pierre est protégé par un îlot nommé Vile au Chien situé àl’entrée de sa rade et qui abrite celle-ci. Le paysage n’offre évidemment pas de grands attraits; quelques arbres rabougris, entourant des lacs immobiles, des maisons en planches et au-dessus un ciel généralement gris, fait de cette région un endroit désolé, auquel donne seul de l’animation, au moment de la pêche, le va-et-vient des matelots, car c’est la pêche, et elle uniquement, qui fait la richesse de ces terres françaises, perdues dans l’Atlantique.
- La saison de pêche à la morue à Saint-Pierre et Miquelon, s’étend du mois d’avril au mois d’octobre, et c’estsur les « bancs » que les équipages des différents navires font le travail le plus rémunérateur.
- Les bancs de Terre-Neuve. — Situés au sud et au sud-est de l’île de Terre-Neuve, les bancs sont d’immenses plateaux alluvionnaires dont la formation résulte, semble-t-il, des apports qui sont produits par la rencontre du Gulf-Stream avec le courant polaire; ces apports sont composés de sables fins, de rocs, de coquilles brisées et d’oursins ; c’est au-dessus de ces exhaussements sous-marins
- recouverts de 100 m d’eau au maximum que la morue se trouve en abondance. Au-dessus des bancs voltigent sans cesse des quantités considérables d’oiseaux, et c’est à leur présence que l’on distingue de très loinlazone de pêche.
- Le plus grand des bancs: le grand banc de Terre-Neuve affecte la forme d’un triangle de près de 600 km de côté; à l’ouest de celui-ci, il s’en trouve d’importance bien moindre, désignés sous le nom de : Banc à vert, Banc de St-Pierre et Banquereau. Ce dernier est fréquenté par les navires français et les goélettes américaines; le poisson que Ton y pêche, quoique de petite taille, est très apprécié, il pèse en moyenne 400 à 500 grammes.
- Les plus grandes espèces de morue se trouvent dans la région du grand banc où Ton en a vu certaines atteindre le poids extraordinaire de 15 kg.
- Il semble qu’il y ait deux raisons pour expliquer le nombre considérable de morues qui croissent dans ces régions; d’abord la nourriture qu’elles y peuvent trouver, ensuite la basse température qui y règne et qui atteint 10 à 15° au-dessous de la moyenne des régions ambiantes, car la morue se plaît particulièrement lorsque le thermomètre plongeur descend jusqu à H-5° C.
- Il est facile de s’emparer de ce poisson d’une gloutonnerie extraordinaire, et le repeuplement normal est dû à sa prodigieuse fécondité; il n’est pas rare de voir le ventre des femelles contenir plus de 9 millions d’œufs.
- La pêche à la morue se fait sur des voiliers et des chalutiers dans la région des bancs, et sur les côtes de Saint-Pierre, dans des embarcations appelées « warys ».
- Les voiliers. — Ce sont en général des bâtiments jaugeant de 150 à 200 tonneaux, et qui ont un équipage d’une trentaine d’hommes.
- Arrivés sur les lieux de pêche, les voiliers s’arrêtent et se mettent au mouillage ; de chacun d’eux on descend des embarcations à fond plat, installées sur le pont et nommées « doris », deuxhommes s’embarquent sur chaque doris et partent à de grandes distances tendre les lignes de fond, garnies de 2 m en 2 m d’avançons munis d’hameçons; à ces derniers est fixé l’appât, « la boette », dont nous dirons un mot tout à l’heure ; les lignes sont mises en place le soir et relevées le lendemain matin; il arrive fréquemment que sur 4 hameçons, il y en ait au moins 1 auquel pende une morue.
- Les chalutiers a vapeur. — On a pu croire à un certain moment que le chalutier arriverait à supplanter le voilier, mais l’expérience a prouvé que celui-ci au contraire était bien préférable et en voici la raison ; le chalutier est tenu de se ravitailler très fréquemment en combustible; pour cela, après un court séjour de 3 à 4 semaines, il lui faut rejoindre Saint-Pierre pour regarnir ses soutes de charbon, d’où grosse perte de temps, et éloignement momentané du lieu de pêche, que le voilier, lui, ne quitte pas.
- Les warys. — Canot à fond plat et généralement muni d’un petit moteur, le wary est monté par 2 ou 3 hommes et opère à proximité des côtes; plus cheretd’un entretien plus coûteux, du fait de son équipement,
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- le wary à moteur tend cependant de plus en plus à se répandre chez les pêcheurs, car il permet la sortie par tous les temps et épargne à l’équipage de grandes fatigues.
- La boette. — La morue est extrêmement gourmande, comme nous l’avons vu plus haut, et cela explique la facilité avec laquelle elle se laisse prendre ; mais elle est en plus extrêmement capricieuse et il est nécessaire de varier par saison l’appât que l’on fixe aux hameçons :
- 1° D’avril à juin, pendant la première partie de la pêche, c’est le hareng qui est soumets favori ;
- 2° Pendant la deuxième partie, en juin et juillet, ilfaut changer et c’est au capelan qu’elle accorde la préférence ;
- 3° Enfin, pendant la dernière période qui s’étend d’août à octobre, c’est un mollusque analogue à la pieuvre, Ven-cornet, qui a ses faveurs.
- Ces appâts sont désignés d’une façon générale sous le nomfde boette etl’expression communément employée de : « boetter une ligne » signifie la mise de la boette à l’hameçon.
- La question de la boette suscita d’ailleurs de nombreuses difficultés à nos pêcheurs, car ils se procuraient le hareng nécessaire à la première période de pêche à Terre-Neuve. Mais à la fin du siècle dernier, le Parlement de cette possession britannique interdit l’exportation de la boette vers Saint-Pierre ; nos pêcheurs eurent l’heureuse inspiration de remplacer le hareng par le bulot, coquillage abondant au fond de la mer, et qui donna d’excellents résultats; on l’attrape en raclantles fonds avec des casiers amorcés de charogne ; le capelan, lui, se trouve en quantité inimaginable au mois de juin, il est pris avec une senne. Quant à l’encornet, il se prend à un engin nommé turlute, qui, hérissé de crochets et peint en couleur vive, est suspendu à une ligne de fond.
- La préparation de la morue. — Déversée en grande quantité sur le pont du voilier, après le déchargement du dori ou sur celui du chalutier après vidage du chalut, la morue passe sur un étal où elle est tout d’abord éventrée ; de l’intérieur, on ne garde que les foies et les rogues et on jette le reste à la mer, puis on lui coupe la tête. Elle passe ensuite dans les mains d’un matelot qui la fend d’un seul coup jusqu'en bas, et enlève la moitié de l’arête médiane, la morue jette complètement son sang et est précipitée pour le lavage dans une grande bassine avant d’être envoyée au saleur qui se tient dans la cale et qui la saupoudrera de sel, principalement dans les parties charnues.
- Les poissons pêchés par les « warys » sont soumis à un traitement quasi identique, sauf en ce qui concerne la salaison qui est précédée d’un séjour de 48 heures dans un baquet de saumure.
- Autrefois, toutes les morues étaient séchées soit à terre, soit sur les bâtiments. Pour cela, après avoir été lavées de nouveau et débarrassées de leur sel, elles étaient exposées au soleil, mais les difficultés de trouver sous ces iati-
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- tudes le moment précis où les conditions atmosphériques favorables sont réunies, et le surcroît de frais qui résultait de cette opération, ont fait abandonner presque complètement cette pratique.
- Ajoutons que Saint-Pierre est doté d’un entrepôt frigorifique, construit après la guerre, dont on peut attendre dans les années à venir les meilleurs résultats.
- Outre la chair elle-même, exportée pour la consommation vers l’Europe, l’Amérique ou les Antilles, les foies, les huiles, etc... extraits du poisson sont soigneusement mis à part.
- Les foies sont rassemblés dans de grands baquets nommés foissières où on les laisse se putréfier, ils se décomposent alors et donnent une partie sanguine et une partie huileuse qui est mise à part, puis filtrée et employée par la suite dans l’industrie de la tannerie. Une préparation presque identique, mais cependant plus soignée, préside à la fabrication de l’huile de foie de morue médicinale (on utilise pour cette dernière les foiesde moruespêchées le jour même).
- Les œufs de morue ou rogues sont expédiés en France et utilisés comme appât dans la pêche à la sardine.
- En plus de la morue, on trouve à Saint-Pierre un poisson très apprécié en Amérique et en Angleterre, l’èglefin ou haddock, qui avant son expédition est salé et fumé sur place ; on pêche également le flétan, genre de poisson plat semblable à la sole et àlalimande, quiserait très bien accueilli en Europe, soit sous la forme frigorifiée, soit en conserve.
- L’industrie de la pêche serait donc extrêmement prospère si depuis quelques années il ne s’était manifesté un certain ralentissement dans la consommation de la morue, très longtemps considérée comme un mets de pauvres gens; l’abondance de la viande a fait abandonner par beaucoup de familles le plat qui était autrefois hebdomadaire, et cela n’a pas manqué de provoquer une violente réaction; on essaie de réhabiliter la morue, de la remettre à la mode, la presse lui consacre de longs articles, les
- Fig. 3. — A Saint-Pierre et Miquelon.
- Le séchage de la morue.
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- Fig. b. — La pêche indigène en Afrique. Pêcheurs Bafumingas à Magala.
- gourmets en disent merveille, jamais la morue ne fut à pareille fête; et il faut souhaiter qu’elle reprenne bien vite dans l’alimentation la place qu’elle a quittée ces dernières années, car tout le monde y trouvera son profit, la ménagère économe comme le fin gourmet, sans oublier le marin breton qui, pour nous l’apporter chez nous, passe dans les brumes de l’Atlantique la moitié de l’année.
- Les Côtes de Mauritanie. — Le long de la Côte occidentale d’Afrique, depuis la colonie espagnole du Rio de Oro, jusqu’à l’embouchure du Sénégal, s’étalent vers la mer les rives sablonneuses de la Mauritanie, vaste région assez pauvre, qui assure la liaison entre le sud du Maroc et la colonie du Sénégal. Peu susceptible de donner de grandes espérances au point de vue des cultures, toute l’importance de cette colonie, qui fait partie du groupe de l’Afrique occidentale française, est concentrée sur ses côtes, et principalement dans la région de la baie du Lévrier, où, depuis des siècles, les pêcheurs des îles Canaries viennent chercher les poissons de toutes sortes dont ils font un commerce important. Maintenant encore, les pêcheurs originaires de ces îles espagnoles viennent jusque dans les eaux territoriales françaises, et, montés sur leurs petites embarcations, armés de filets aux mailles extrêmement'serrées, raflent sur de grandes étendues le fretin qui abonde dans ces parages.
- Les Canariens ne sont heureusement pas les seuls; outre quelques équipages britanniques, la marine de pêche française envoie depuis quelques années sur les lieux des bâtiments dont le nombre augmente d’année en année; ce sont les dundees bretons de Douarnenez, spécialistes de la pêche à la langouste, et de nombreux chalutiers.
- La pêche au chalut offre ici les mêmes inconvénients qu’à Saint-Pierre, et c’est la raison pour laquelle les bateaux armés de la sorte sont moins nombreux que les autres ; en effet, outre la question primordiale du ravi-
- taillement des soutes, qui oblige le capitaine à ramener au port son navire, lorsque la provision de combustible est épuisée, les grosses dépenses de personnel et d’entretien ne sont pas toujours couvertes par une abondante moisson, et il n’est pas rare de voir le chalut ne ramener du fond que quelques raies et quelques soles.
- La préférence reste donc à la pêche au filet, qui est la seule pratique dans ces régions, on se sert soit du filet fixe déposé à un endroit judicieusement repéré et visité au bout d’un certain temps, soit du filet mobile déployé rapidement par le pêcheur au moment du passage d’un banc ; les poissons le plus communément ramenés sont les « courbines », les « dorades », jles « muges », les « mulets » et les « soles », qui sont déversés sur le pont et y font un amas scintillant.
- De telles espèces, qui sont appréciées en France, ne peuvent pas y être dirigées actuellement, car il manque un établissement qui puisse les frigorifier ou en assurer un transport rapide vers les ports métropolitains; toute l’activité des entreprises existantes s’est donc bornée jusqu’à ce jour à les préparer en vue de leur exportation vers les régions plus méridionales de la côte qui en font une grande consommation, et, en premier lieu, vers le Congo belge qui est le principal client.
- Le poisson est donc vidé, décapité, tranché et salé, puis débarqué sur la terre ferme et plongé dans des cuves, d’où il ne sort au fur et à mesure des besoins que pour être porté aux laveries et aux étendages où on le fait sécher ; cette dernière opération précède l’embarquement du poisson vers sa destination définitive.
- Autrefois, les mouches et le sable souillaient le poisson mis au séchage et causaient un énorme déchet dans la quantité qui aurait pu être vendue, il n’en est plus de même maintenant, depuis qu’une société française, la Société industrielle des grandes pêches, a construit des bâtiments nécessaires à la modernisation des sécheries ; au cours de l’année 1927, 1400 tonnes de poissons ont été traitées dans cet établissement et ont été livrées à l’exportation.
- De plus, un bâtiment français, le Colpary, d’un tonnage, de 2624 tonnes, armé en navire-usine à Saint-Nazaire, pour l’utilisation intégrale du poisson, est venu également à deux reprises, au cours de l’année 1926, croiser au large des côtes de Mauritanie, donnant ainsi la preuve que la France s’intéressait désormais de façon active à la mise en valeur de ces régions.
- Les vessies de « courbines » sont préparées et envoyées vers la métropole qui les utilise pour la clarification des bières et la fabrication des colles et apprêts, les foies sont susceptibles de donner de l’huile et certaines écailles fournissent l’essence d’Orient, recherchée pour la fausse bijouterie. Enfin les déchets, au lieu d’être livrés en pâture aux oiseaux de mer, donnent un engrais riche et abondant qui est appelé à fertiliser les terres à plantations.
- Jusqu’à présent la pêche mauritanienne la plus florissante pour la France est la pêche à la langouste. Vendue sur nos marchés sous le nom de langouste du Maroc, la langouste royale est une langouste verte qui se rencontre en quantités considérables sur la côte de F A. 0. F.
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- Dans la région qui nous intéresse, elle se prend au filet fixe qui est tendu dans la soirée et relevé au petit jour, ces filets sont d’une longueur de 50 m et leurs mailles ont 8 cm. Les dundees de Douarnenez qui se livrent à cette pêche font une campagne de 3 à 5 mois et opèrent à 3 ou 4 milles du cap Blanc. Chaque dundee débarque deux chaloupes montées chacune par 2 ou 3 hommes pour la pose des engins, les filets bien tendus par des masses de plomb et soutenus au-dessus par des carrés de liège sont attachés l’un à l’autre jusqu’à faire 5 ou 6 longueurs. Aussitôt les filets relevés, les langoustes sont enlevées et placées dans un vivier situé sur le pont du dundee ; dès le retour au port d’attache la langouste est mise en réserve avec de grandes précautions dans de plus vastes viviers où il importe de la laisser demeurer le moins possible, car la mortalité y est très grande. Le moment venu et juste avant leur embarquement pour la France on les dispose avec soin dans des paniers remplis de paille et si la façon dont elles ont été arrimées est convenable le déchet est peu important et n’atteint que 6 à 8 pour 100
- Le nombre de langoustes prises en 1925 avait été de 200000 et il est passé à 260 000 en 1926, la capture moyenne par bateau avait été dans les mois d’août et septembre de 20 à 30 000.
- A noter que l’on rencontre également sur ces côtes des baleines et de nombreux cachalots qui avaient attiré il y a quelques années des pêcheurs norvégiens; ils capturèrent 220 baleines en 1925.
- M. le professeur Gruvel, directeur du laboratoire des Pêches et Produits coloniaux à l’Ecole des Hautes Etudes et au Muséum d’Histoire Naturelle, a été l’animateur de l’industrie française de la pêche dans ces régions. C’est à ce professeur éminent que revient l’honneur d’avoir étudié scientifiquement cette région et d’avoir découvert les possibilités d’exploitation qu’elle peut offrir.
- La pêche sur les côtes d’Afrique. —
- Tout le long de la côte occidentale d’Afrique, la population indigène vit presque exclusivement de la pêche aux espèces de poissons très diverses qui habitent ces régions ; parmi ces peuplades, peu civilisées d’ailleurs, qui ont dressé leurs huttes sur les plages, il convient de citer les crowmen qui habitent les villages de la Côte d’ivoire dans les environs du poste de « Tabou » et de Grand-Bassam : remarquablement bâtis, ces indigènes qui sont d’excellents pêcheurs et de très habiles marins sont embarqués comme hommes d’équipe sur les bateaux qui descendent vers le sud et débarqués au retour.
- La pêche de ces régions ne peut être intéressante que pour l’alimentation indigène, car la lagune qui va depuis la Guinée jusqu’à l’embouchure du Niger ne permet pas l’installation d’entreprises industrielles nécessaires au traitement du poisson en vue de son exportation, les indigènes sont extrêmement friands de poisson et en font un trafic très important,
- ils le mangent parfois frit dans l’huile de palme ou bien sous forme de plat compact en le mélangeant à du manioc, du riz et de l’huile de palme ou bien et surtout après l’avoir salé et fumé. Pour cela le poisson est disposé sur des clayonnages placés à moins d’un mètre du sol et recouverts de feuilles de bananier, on allume dessous un feu très fumeux et l’opération qui dure de deux à quatre jours est surveillée par les femmes et les enfants. Par une meilleure préparation et surtout par une éducation plus complète des pêcheurs, la consommation des poissons pourrait être étendue et ce serait là, comme nous l’avons vu au début de ces lignes, un moyen de mieux alimenter les populations noires et de parer à la mortalité infantile.
- La pêche à la baleine sur les côtes du Gabon. — Des baleinoptères remontent en nombre consédérable jusque sur les côtes du Gabon et même de l’Afrique Occidentale française, venant fdes mers glaciales du Sud.
- L’exploitation industrielle de ces mammifères marins est allée sans cesse en croissant, à tel point que l’on a dû prendre des mesures sévères pour arrêter les hécatombes qui auraient pu détruire complètement des animaux dont on peut retirer des bénéfices considérables, par une industrialisation raisonnée, de leurs dépouilles.
- Ces baleines appartiennent à de nombreuses espèces zoologiques [Balsenoptera musculus, physalus, borealis, acuto-rostrata, etc.. ), mais répondent d’une façon générale aux caractéristiques suivantes : leur longueur peut varier de 10 à 30 m à l’état adulte et leur épiderme est remarquable par une différence de coloration qui varie du noir au blanc en passant par une quantité de teintes intermédiaires, distribuées sur le corps soit en zones, soit en taches, soit en rayures, la partie supérieure du corps restant généralement de couleur plus sombre que le dessous.
- Fig. 5. — La pêche indigène en Afrique.
- Pêcheuses à Fort-Lamy sur le Tchad.
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- Fig. 6. — La pêche indigène en Afrique.
- Pêcheurs Sangos dans les rapides de Mobaye.
- La tête offre toujours une forme cabossée, et est remarquable par la bouche fendue jusqu’aux yeux et d’un dessin très sinueux, les dents sont remplacées par des fanons insérés dans les gencives supérieures et qui ont une longueur variant entre 1 met quelques centimètres suivant l’espèce.
- Le ton des fanons suit à peu près la teinte de la peau, ils sont toujours frangés d’une barbelure effilochée dans la partie interne.
- Le corps est orné d’une nageoire dorsale et la queue est formée de deux ailerons triangulaires accolés par un de leurs côtés et située dans le plan horizontal,ce qui est une caractéristique propre à tous les Cétacés. Les flancs sont sillonnés de plis qui partent de l'oeil et vont jusqu’à la naissance de la queue.
- Quant au jet émis verticalement par ces animaux, et qui dégage une odeur fétide, c’est simplement une condensation de l’air, expiré brusquement et souvent bruyamment, avant de plonger.
- La chasse à ces animaux était autrefois faite par des matelots qui les approchaient avec de petites embarcations dénommées baleinières et les attaquaient ensuite au harpon. Cette pratique n’existe plus actuellement que comme souvenir et on a recours à un canon d’invention norvégienne, qui projette un harpon en acier extrêmement solide.
- Après leur capture, les baleines sont gonflées avec une pompe à air pour éviter qu’elles coulent, cet air au fur et à mesure de sa disparition est d’ailleurs remplacé par les gaz produits par la fermentation intérieure. Il arrive parfois que, si la baleine n’est pas traitée à temps, la compression de ces gaz la fasse éclater.
- Solidement amarré, le corps ducétacé est dépouillé par les trancheurs qui opèrent, armés de longs couteaux ; ils découpent des bandes de peau qui sont ensuite mises de côté et tranchées à leur tour en petits morceaux rectan-
- gulaires qui sont conduits à une hache rotative; l’épaisse couche de graisse qui adhère à l’épiderme de l’animal et le protégeait, vivant, contre le froid, est montée vers les bouilloires où elle est traitée ; on obtient ainsi l’huile qui est ensuite mise en baril ; cette huile est divisée en qualités différentes qui répondent chacune à un produit commercial distinct ( graisse industrielle, savonnerie, parfumerie).
- L’exploitation de la baleine sur les côtes du Gabon donnait lieu autrefois à de véritables massacres. Certaines sociétés ne capturaient les cétacés que pour en retirer le guano et la poudre d’os, d’autres n’étaient intéressées que par le lard, d’autres enfin ne recherchaient que les fanons et de la sorte une grande partie du corps de ces mammifères, utilisable par l’industrie voisine, était laissée à l’abandon et pourrissait, en répandant dans l’atmosphère une odeur pestilentielle. Une entente entre les nations a permis de fixer les règlements auxquels doivent se soumettre les pêcheurs, quel que soit le pavillon sous lequel ils travaillent. Relevons parmi les obligations qui leur sont imposées : celle d’obtenir de l’autorité locale un permis de pêche et d’exploitation industrielle, permis valable en principe pour une saison de pêche, mais renouvelable; ce permis ne donne droit qu’à une seule usine fixe, à une flottante et à six bateaux chasseurs au maximum. Dès la seconde année d’exploitation, le concessionnaire devra utiliser la totalité du corps des animaux capturés (squelette, chair, viscères et peau). Il devra ne tuer que les animaux adultes et ne tuer ni les femelles accompagnées de leurs petits, ni les petits eux-mêmes. Il sera tenu en outre au versement d’un cautionnement.
- Grâce à ces mesures, le travail des entreprises a pu s’effectuer de façon rationnelle, les installations d’usines à terre ont permis une plus grande et plus judicieuse utilisation de toutes les parties de la baleine, et actuellement deux sociétés franco-norvégiennes opèrent sur les côtes du Gabon et font des bénéfices extrêmement importants.
- Le requin. — Bien que n’étant pas spécial à cette région, puisqu’il se trouve dans la plupart de nos mers coloniales, le requin, comme la baleine, est susceptible de donner des quantités de produits utilisables et il serait à souhaiter que, suivant en cela l’exemple donné par les Anglais et les Américains, des entreprises françaises songent à chasser et à traiter ces squales qui sont un peu partout d’une extrême abondance.
- On retire, d’un requin mort, de l’huile à raison de 50 kg par tonne, elle est demandée par les fabricants de margarine, de savon et de peinture, et également par la métallurgie pour la trempe de l’acier; on retire également de la colle, des pigments (extraits de la vésicule biliaire), du cuir et des produits utilisables en médecine et tannerie, qui sont extraits de la rate et de la glande pancréatique. Certaines industries alimentaires fabriquent des conserves avec la chair de cet animal et les os ou débris broyés servent à l’alimentation du bétail.
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- La principale raison de la chasse au requin est actuellement la recherche de son cuir très épais et très résistant; d’abord traité à l’acide pour le débarrasser des dentelures qui le recouvrent, il est fendu un certain nombre de fois avec des machines spéciales et de cette façon arrive à l’épaisseur que l’on désire lui donner. On fait avec la peau de ce squale des gants imitant le suède, des vêtements de cuir, des semelles et des chaussures très résistantes et même des articles de décoration.
- Les requins sont capturés au filet, leurs ouïes s’accrochent dans les mailles et ils se noient ; leur abondance est telle que les entreprises anglaises qui traitent le requin étendent de plus en plus leur rayon d’action et leur nombre va sans cesse en augmentant.
- La pêche dans les possessions australes. — Nous possédons dans les mers glaciales du Sud des îles peu connues : les Crozet, la Terre Adélie et les îles Kerguelen surnommées « Terre de la Désolation », par le navigateur anglais Cook ; ces dernières sont des îles de constitution volcanique, dont l’intérieur est un vaste glacier et dont les côtes sont découpées en fjords et entourées d’une multitude de petits îlots rendant extrêmement difficile la navigation. Le climat, sans être extrêmement froid, est cependant pénible par suite de l’humidité qui ne cesse de régner dans ces régions.
- En plus de l’intérêt stratégique que peuvent présenter ces terres, elles seraient toutes désignées pour servir de dépôt de charbon ou de vivres pour les navires croisant dans ces parages, mais cette question n’entre pas dans le cadre de notre étude.
- La richesse de ces îles est uniquement constituée par la chasse aux oiseaux et la pêche aux mammifères marins.
- Tous les navigateurs sont unanimes à déclarer que de nombreuses baleines vivent dans les environs immédiats de l’archipel, et les nombreuses carcasses qui gisent sur les plages témoignent que les bateaux qui leur ont donné la chasse n’ont pas su en réalité tirer complètement parti de tout ce que peut offrir comme produits un de ces monstrueux mammifères. Par contre de nombreux navires de toute nationalité se sont attaqués aux phoques qui sont extrêmement abondants eux aussi et qui, suivant la race à laquelle ils appartiennent, donnent une fourrure appréciée ou bien un cuir très solide et de l’huile que l’on extrait de leur lard. On s’est ému des hécatombes faites dans cette région où tous les animaux tant marins que terrestres ou aériens ont été décimés sauvagement par les équipages des navires, et abandonnés ensuite sans avoir été complètement utilisés; en une année notamment on a compté que 45 000 phoques avaient été détruits. Des mesures sévères sont intervenues ; actuellement ces régions ont été érigées en parc national et les permis qui sont donnés pour la pêche ou la chasse de certaines espèces dans des lieux bien déterminés renferment une clause exigeant l’utilisation totale des dépouilles des animaux détruits.... Cette mesure est-elle efficace ? C’est à souhaiter, mais l’éloignement de ces îles indique suffisamment la difficulté qu’il y a à les surveiller. Plus que des textes, la présence d’un stationnaire dans ces régions
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- lointaines serait la meilleure garantie de l’exécution des lois.
- La pêche dans les possessions d’Océanie et de Nouvelle-Calédonie. — La pêche principale de nos colonies d’Océanie (petites îles disséminées dans le Pacifique et rattachées administrativement à Tahiti, capitale Papeete) et de Nouvelle-Calédonie est sans contredit celle qui recherche les perles et les nacres. Cela ne veut pas dire que les poissons n’abondent pas dans les eaux claires de l’immense mer qui les entoure, mais tout l’intérêt réside dans la recherche des objets précieux tellement demandés par les industries de luxe.
- Les perles. — C’est une méléagrine, l’huître perlière qui donne naissance aux perles; la perle est le produit d’une sécrétion des tissus de l’huître autour d’un noyau ; les perles les plus belles sont celles qui sont contenues dans le corps même du mollusque, elles sont à bon droit préférées à celles qui sont fixées sur la coquille ou complètement enfermées dans celle-ci. La perle peut être spontanée ou au contraire produite volontairement par l’éleveur. Dans ce dernier cas, la matière obtenue est absolument identique à celle qui s’est formée naturellement; la fabrication de la perle fine de culture exige du cultivateur une opération délicate qui consiste à choisir un noyau parfaitement sphérique, à l’enrober dans le « sac perlier » d’une première huître sacrifiée et à le greffer sur une deuxième huître vivante ; il faut environ sept ans pour la formation d’une perle fine de culture.
- Les spécialistes des questions perlières ont cherché la différence qui pouvait exister entre la perle accidentelle et la perle cultivée, jusqu’ici il semble que ce soit simplement par la différence du poids spécifique qu’on puisse, dans certains cas, établir une discrimination.
- Toutes ces îles de nos possessions d’Océanie sont généralement entourées de tous côtés par une ceinture de récifs coralliens franchissables seulement en quelques endroits. A l’intérieur de ces récifs existent des lagons ou mers intérieures et c’est cette mer qui contient une grande quantité de mollusques dont on utilise la nacre, ainsi que celle de beaucoup d’huîtres perlières.
- En Nouvelle-Calédonie on recherche surtout les trocas
- Fiq. 7. — Dépeçage d'un phoque dans les îles australes.
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- qui produisent une nacre appréciée, utilisée en France pour la fabrication d’objets d’art ou de boutons.
- Qu’il s’agisse de la recherche de perles ou de la pêche aux trocas, le procédé en usage pour recueillir ces précieuses matières est celui de la plonge à laquelle se livrent la plupart des indigènes de la région côtière. La plonge est un métier non seulement dangereux, mais encore extrêmement pénible. En effet, les rives de ces îles sont constamment sillonnées par des bandes de requins de grande taille, et les combats qu’il faut livrer contre eux quand on a la mauvaise fortune d’en rencontrer finissent bien souvent par la mort du pêcheur. Celui-ci explore l’eau, généralement muni d’une lunette qui l’aide à repérer dans le fond les huîtres perlières; ensuite, se débarrassant de son pagne, absolument nu, il se jette à l’eau après avoir fait fonctionner fortement ses poumons par d’énergiques mouvements d’inspiration et d’expiration; il reste une à deux minutes et remonte sans le secours d’aucun cordage. Après avoir ramené le produit de la pêche de la journée, le soir venu, les plongeurs se livrent à l’examen des coquilles qui est fait avec un grand soin.
- Malheureusement, pour un ensemble de raisons dont la moindre n’est pas la pêche intensive donnée depuis près de 50 ans aux huîtres à perles et aux trocas producteurs de nacre, les lagons s’appauvrissent et il est à craindre qu’en l’absence de toute disposition susceptible de régénérer les lagons, on ne soit obligé d’envisa-
- ger à brève échéance la ruine totale de ces archipels, et c’est pour cela qu’il y a quelques années on a suspendu la campagne nacrière et perlière, reprise par la suite d’ailleurs sur la demande instante des industries intéressées à un approvisionnement constant.
- Conclusion. — Il est également intéressant de savoir que, loin de ne s’intéresser qu’à la pêche maritime, on a également étudié la possibilité d’alimenter en poissons d’eau douce les cours d’eaux de certaines colonies ; à Madagascar notamment des essais ont été faits pour transporter et faire vivre dans les fleuves et rivières des poissons de France.
- Que donneront ces tentatives, il est trop tôt pour en parler avec certitude ; d’ailleurs l’intérêt de la pêche en rivière se cantonne dans les zones d’habitation avoisinant celle-ci et ne dépasse pas les régions riveraines.
- Par contre, dans la plupart des colonies où se pratique la grande pêche il a été accordé de grandes facilités pour aider à son développement. Parmi celles-ci, la prime à l’armement, la prime à la pêche au chalut, etc., aident le pêcheur dans son rude métier et lui permettent de persévérer si, par exemple, la période a été mauvaise ou si pour une raison ou pour une autre il n’a pu retirer de son entreprise tout ce que lui auraient dû mériter sa persévérance et son énergie. R. L.
- ..... = ON NE PAIERA PLUS ...........=
- LES COMMUNICATIONS TÉLÉPHONIQUES DE SON VOISIN
- Tant que le régime forfaitaire a été seul en usage sur les réseaux téléphoniques des grandes villes, il était bien indifférent aux abonnés que des communications fussent demandées à leur insu sur leur poste; il en va tout autrement depuis la généralisation de la conversation taxée.
- Des compteurs enregistrent le nombre des communications demandées. On les dit fidèles et leur mécanisme réglé de telle manière que seules les conversations ayant abouti sont dénombrées. Assurément, mais il faut compter avec les erreurs des téléphonistes, malheureusement trop fréquentes, les numéros mal transmis parce que plusieurs fois répétés par des employées trop souvent distraites, l’impossibilité de distinguer entre les « qu’rante » et les « tr’antë » de l’intonation méridionale, si courante... à Paris, dans l’Administration des P. T. T., les « comment », les « sur quoi mon petit », qui finalement aboutissent à l’obtention d’un faux numéro.
- Tout cela entre en ligne de compte lors du règlement; mais Une bonne part des contestations entre les abonnés et l’Administration tire son origine du fait que des communications ont pu être demaridées sur le poste du réclamant* à son insu.
- Un patron sait-il si son employé n’a pas, en son absence,
- fait usage de son appareil pour demander des communications personnelles? La femme de chambre, tandis que ses maîtres étaient sortis, n’a-t-elle pas téléphoné à quelque camarade? Le compteur aveugle enregistre tout avec une discrétion absolue..., c’est le patron qui paye.
- Pour éviter cet inconvénient, rien n’est en fait plus simple : un vulgaire interrupteur, cadenassé de la façon la plus rudimentaire, suffit à procurer à un abonné la certitude qu’aucune communication n’a pu être demandée sur son poste à son insu. Mais alors l’interdiction est absolue et dans les deux sens. Or, il peut arriver que tout en désirant interdire les appels à partir de son poste, on souhaite que le personnel puisse éventuellement répondre à un appel venant de l’extérieur. Le problème à résoudre était celui de la sélection des communications téléphoniques de départ et d’arrivée. Il vient d'être résolu par MM. Conti et de la Ville le Roulx qui ont imaginé un sélecteur permettant le verrouillage unilatéral d’un poste et dont le principe a été, il y a peu de temps, exposé devant l’Académie des Sciences par M. Rate au.
- Le dispositif de ces inventeurs permet d’interdire l’appel à partir d’un poste dont le propriétaire a la clef dans sa poche, sans faire obstacle aux communications
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- d’arrivée auxquelles on peut toujours répondre. Il peut s’appliquer à toutes les installations appartenant à des réseaux à batterie centrale ordinaire ou intégrale, manuels ou automatiques.
- Tout réseau à batterie centrale comprend deux circuits. — Mais pour bien comprendre le jeu de ce verrou d’un nouveau genre, il faut se remettre en mémoire le schéma d’une installation téléphonique sur un réseau à batterie centrale. Toute installation de ce genre comprend, comme on le voit sur le schéma fig. 1, en dérivation sur la ligne deux circuits essentiels :
- 1° Un circuit de réception d’appels servant à l’appel du poste par le central et comportant en série un condensateur d’arrêt du courant continu G et une sonnerie magnétique à grande impédance SM. Ce circuit n’est parcouru que par un courant alternatif de fréquence assez basse — 25 à 50 périodes — qui passe seulement pendant la durée des appels du central. Le courant continu, que tendrait à y faire passer la différence de potentiel créée aux bornes de la ligne par la batterie centrale, est arrêté par le condensateur.
- 2° Un circuit de conversation et d’émission d’appels qui comprend lui-même un système contacteur commande par un crochet mobile LM et l’ensemble transmetteur-récepteur réunissant tous les organes de conversation et d’écoute ainsi que, éventuellement, le dispositif d’appel automatique TR. Au moment où l’on décroche l’appareil, ce circuit est traversé par un courant continu dont le passage actionne au central un relais chargé de faire cesser l’appel ou bien un relais qui commande soit la lampe témoin du tableau, soit l’organe chargé d’orienter la ligne vers un sélecteur libre dans le cas de l’automatique. Pendant la conversation, à ce courant continu, se superpose un courant microphonique variable. A la fin de celle-ci, tout courant cesse dans le circuit.
- Pour couper le circuit de façon unilatérale, il faut pouvoir interrompre momentanément le circuit de conversation et d’émissions d’appels sans supprimer la réception des appels par le central. Le circuit de conversation devra alors pouvoir être rétabli à la volonté du détenteur du poste ou automatiquement lorsque le poste est l’objet d’un appel, la faculté de conversation à partir de celui-ci cessant dès que la communication est coupée. C’est à
- quoi pourvoit le nouveau dispositif.
- Un verrou à « sens unique ». — Sur le
- schéma (fig. 2) on en suivra facilement le principe.
- L’appareil se com-Fig. 2. — L’appareil èlectromagné- pose d’un électro-ai-tique permettant le verrouillage uni- mant à deux enrouJe_ latéral d’un poste. ,, , .
- ments, 1 un a grande résistance (E), l’autre à faible résistance (e) et shunté par un condensateur Cm. Cet électro-aimant comporte une armature mobile Ar, commandant un contact M dont l'ouverture correspond au repos de l’armature. Une clef spéciale introduite dans
- l’appareil le court-circuite et par suite en supprime pratiquement l’effet électrique. L’appareil est intercalé en l’un des points communs aux deux circuits précédemment rappelés. (Voir fig. 3.)
- En dehors de tout appel, la batterie centrale maintient entre les bornes de la ligne une différence de potentiel continue, mais aucun courant ne passe dans les circuits, celui de la sonnerie étant coupé par un condensateur, celui de l’appareil proprement dit présentant une double coupure : celle du levier mobile, récepteur accroché (LM), celle de l’armature au repos, contact ouvert (M). Si l’on décroche le récepteur, la première de ces coupures ^LM) disparaît; mais l’autre subsiste (M), le circuit ne peut être le siège d’aucun courant et par suite le relais d’appel du central ne peut fonctionner si l’appareil n’est pas court-cir-cuité, ce qui est précisément le rôle de la clef mentionnée plus haut.
- Si maintenant le poste est appelé, le courant alternatif ne peut traverser qu’un seul circuit, celui de la sonnerie en passant par l’enroulement à grande résistance (E) et le condensateur; la sonnerie fonctionne et le passage du courant dans l’enroulement provoque l’attraction de l’armature mobile dont le mouvement ferme le contact MM. Si l’appel reste sans réponse, à sacessationl’armature revient au repos et tout se trouve placé à nouveau dans Tétât initial.
- Si pour répondre à l’appel, on décroche le récepteur, cette. opération supprime la coupure LM et le contact étant déjà fermé, le circuit est immédiatement traversé par un courant continu, lequel, en passant par l’enroulement e, maintient l’armature attirée et le contact M fermé après la cessation de l'appeL La conversation peut donc s’engager; le condensateur placé en dérivation sur l’enroulement e facilite le passage de la composante variable du courant que gênerait la self de TélectrOi Lorsque, la conversation terminée, on raccroche le récepteur, le rétablissement de la coupure LM interrompt le courant, l’armature revient au repos, rétablissant à son tour la coupure M et il est impossible de communiquer à moins d’un nouvel appel ou de la mise de l’appareil en court-circuit au moyen de la clef spéciale.
- Le schéma (fig. 3) montre de quelle manière le dispositif s’intercale sur le circuit au poste de l’abonné.
- Il y avait une difficulté. — L’armature mobile joue un rôle prépondérant dans la régularité de fonctionnement de l’appareil. Etant destinée à fonctionner sous l’influence du courant alternatif dans l’enroulement E, sa partie oscillante doit avoir un moment d’inertie suffisant pour que sa fréquence propre d’oscillation soit notablement inférieure à la fréquence du courant alternatif d’appel; de la sorte l’armature, au lieu de suivre les-alternances de ce courant, prend après quelques oscil-
- Fig. 1. — Les circuits d’un réseau à batterie centrale.
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- Fig. 3.— Situation du relais en place au poste de l’abonné, où l'on voit le principe très simple du dispositif.
- lations, souvent même immédiatement, une position d’équilibre qu’elle conserve pendant toute la durée du passage du courant. Pour cette position, le contact M doit être fermé, résultat qu’on obtient par Un réglage approprié du système rupteur.
- Ce réglage comportait une difficulté. En effet, il peut se faire qu’il s’écoule un laps de temps très court, mais cependant appréciable entre la cessation du courant alternatif et l’établissement du courant continu. Alors, si le jeu du contact M est instantané, cette courte période d’attraction nulle peut suffire à provoquer son ouverture et par conséquent à couper la communication.
- Le jeu du système rupteur doit donc comporter un certain retard et la nécessité de satisfaire- à cette condition a obligé à écarter tous les types de contacts ordinairement employés dans les circuits téléphoniques.
- Pour tourner cette difficulté, MM. Conti et de la Ville le Roulx ont imaginé un ingénieux dispositif. C’est un contact à mercure, constitué par un petit tube de verre cintré à assez grand rayon de courbure et qui est entraîné par l’armature mobile dans son.oscillation. Une goutte de mercure, enfermée dans le tube, vient, lorsque l’armature pst attirée, réunir deux électrodes de platinite. Le contact a lieu pour la plus grande partie de la course et les électrodes ne sont isolées qu’au voisinage de la position de repos de l’armature. Ainsi est réalisé le retard nécessaire, encore accru par la forme des électrodes tendant à empêcher la fuite de la gouttelette de mercure.
- En utilisant du mercure très pur, un alliage inoxydable pour les électrodes, et en faisant le vide à l’intérieur de l'ampoule, on prévient toute perturbation dans le jeu du système rupteur.
- Ainsi équipé, l’appareil fonctionne sans aléas malgré les irrégularités possibles de communications.
- Les caractéristiques pratiques de Vappareil. — Elles ont dû être calculées de manière à n’introduire aucune perturbation sur la ligne.
- On voit que le circuit de réception d’appels dans une installation moyenne comporte une sonnerie d’une résistance d’environ 1000 ohms en série avec un condensateur
- de 2 microfarads, ce qui, pour un courant d’appel à 25 périodes, correspond à une résistance apparente totale d’environ 4500 ohms. L’enroulement E du schéma 2 est établi avec une résistance de 450 ohms ; sa présence n’introduit donc sur le circuit qu’une résistance passive de 10 pour 100, ce qui est très admissible. Quant à l’enroulement e, il a une résistance de 23 ohms et est shunté par un condensateur de 1 microfarad.
- Les deux enroulements sont respectivement divisés en deux parties égales, réparties sur les deux bobines d’un électro-aimant en U, devant les pôles duquel oscille l’armature solidaire, au moyen d’un support spécial du tube à mercure.
- Le verrou est constitué par des lamelles d’acier trempé, commandées par les dents de la clef, avec interposition de pièces mobiles en matière isolante; la clef n’est donc jamais en communication avec aucun point du circuit. Ces lamelles viennent en contact avec un peigne de court-circuit au moyen de plots d’argent rivés sur les différentes pièces.
- Après un réglage soigneux, l’appareil ainsi réalisé fonctionne parfaitement. C’est ce dont l’administration des P. T .T. s’est minutieusement assurée et, après l’avoir mis à l’essai en service réel, elle vient de décider que ce dispositif pourrait être mis à la disposition des abonnés des réseaux à batterie centrale, manuels et automatiques.
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- Voilà donc à l’actif de notre pays un progrès de plus réalisé dans les commodités offertes par le téléphone. Mais il y a plus, l’application du principe, tel qu’il a été exposé devant l’Académie des Sciences, ouvre des possibilités nouvelles.
- En limitant, en effet, les conditions de fonctionnement de l’organe meneur du relais, il deviendrait possible d’obtenir que, seules, fussent reçues les communications dont l’appel serait fait suivant une forme préalablement convenue et tenue secrète. D’où une méthode de protection pouvant être utilisée dans certaines relations téléphoniques
- réclamant une sécurité spéciale, celles par exemple des autorités civiles ou militaires entre elles qui seraient mises par là à l’abri de toute supercherie, et certaines joyeuses mystifications seraient désormais impossibles.
- Georges Kimpflin.
- Fig. 4. — Le rupteur à retardement qui empêche toute interruption intempestive de la communication. L'armature oscillante O est solidaire d'un petit support d’aluminium a. Sur ce support est fixé un tube de verre b dans lequel sont soudées deux électrodes crochues de platinite P et Pt. Une goutte de mercure c peut réunir les deux électrodes.
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- : LA VÉGÉTATION EN VASE CLOS
- Le fait que beaucoup de plantes appartenant aux plus hautement organisées, à feuilles vertes, peuvent en ampoule scellée, étanche à l’air, et avec une réserve d’eau très faible et jamais renouvelée, non seulement exister pendant des mois ou des années, mais croître et se développer, voilà ce que les récentes recherches de M. Raymond H. Wallace, professeur àl’Université de Colombia, à NeAv-York, viennent de mettre en évidence. La seule condition indispensable pour la réussite de ces expériences est que la lumière nécessaire au métabolisme ait librement accès dans l’enceinte.
- Chez les plantes vertes, en effet, on est en présence d’un double métabolisme : d’une part, respiration analogue à celle des animaux, c’est-à-dire absorption d’oxygène et dégagement d’acide carbonique, tant à la lumière qu’à l’obscurité, et, d’autre part, à la lumière seulement, « photo-synthèse » ou reconstitution parla lumière, c’est-à-dire absorption d’acide carbonique et d’eau, matières premières, avec lesquelles la plante élabore ses éléments Or, comme cette photo-synthèse peut avoir lieu à une vitesse plus de 40 fois plus élevée et avec une intensité bien supérieure à la respiration, les plantes sont donc capables de former des matières organiques, telles que
- Fig. 2. — Sélaginelle photographiée six mois après son introduction dans l’ampoule.
- Un autre plant, enclos le 26 mai 1926, vit encore actuellement.
- Fig. 1. — Plant de tabac photographié deux mois après son introduction dans l’ampoule.
- Il a vécu 9 mois.
- les hydrates de carbone, graisses, etc., avec les produits qu’elles ont éliminés.
- Entre ces deux processus, on peut établir un équilibre en réglant l’éclairement.
- Bien que la possibilité du maintien des plantes vertes en vase clos découle ainsi de la théorie, on n’avait jamais pensé à la réaliser dans la pratique et ce n’est que par pur « hasard » que M. Wallace en fit la découverte.
- Ayant, en effet, pour d’autres recherches, enfermé un certain nombre de plantes en ampoules renversées, rendues étanches à l’air, par des plaques de verre dépoli enduites de vaseline, il oublia de les retirer de leur prison, l’expérience une fois finie. Ce n’est qu’au bout d’un mois qu’il remarqua, à sa grande surprise, que les plantes étaient restées parfaitement vertes, qu’elles continuaient même à croître, et qu’elles avaient l’air de se trouver très bien dans leur captivité accidentelle, où même au bout de sept mois, elles avaient toujours leur pleine vitalité. M. Wallace ne put pas établir combien de temps il eût été possible de poursuivre cette expérience, les réservoirs
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- ayant été, au bout de sept mois, accidentellement cassés. Quoi qu’il ensoit, M. Wallace en tira la conclusion que les plantes vertes pourraient se conserver dans des réservoirs plus ou moins petits, isolées de l’air et de l’eau du dehors.
- C’est alors qu’il commença l’expérimentation approfondie de ces phénomènes en plaçant une plante dans un tube de verre terminé par une petite cloche remplie d’humus ; après l’avoir introduit dans une ampoule analogue à celle d’une ampoule électrique, il scella la jonction de façon à larendre étanche à l’air. Avant de sceller ce système, placé sur un support approprié, il avait eu soin d’y introduire une petite quantité d'eau correspondant aux besoins de la plante. La plante, bien scellée, exposée, une partie de la journée, à la lumière du jour, vécut et se développa.
- Ce qui, à ce propos, importe surtout, en dehors de la réversibilité de la respiration et de la photo-synthèse, c’est le cycle aqueux de la plante. Ce processus doit, à son tour, s’équilibrer automatiquement pour que la plante puisse se conserver en parfaite vitalité dans son vase clos. L’eau vaporisée par l’humus et la plante doit, en d’autres termes, se condenser sur les parois de l’am-
- poule, couler en bas, entrer dans le plâtre poreux constituant le seau étanche, et, après avoir été absorbée par les racines de la plante, recommencer ce même cycle.
- Comment, dans ces circonstanses, les plantes, en ampoule scellée, peuvent-elles, non seulement prospérer, mais continuer à croître ? Cette possibilité est également donnée, l’humus étant sans cesse décomposé par des bactéries microscopiques donnant lieu à la production d’acide carbonique et d’eau. [C’est ainsi que la plante reçoit, le cas échéant, constamment un apport d’acide carbonique un peu supérieur à celui que la respiration lui fournit ; elle peut tirer parti de ce léger excédent pour sa croissance.
- Il va sans dire qu’on ne saurait utiliser pour ces expériences toutes les plantes. C’est de leur besoin plus ou moins grand de lumière que dépend cette faculté ; chez environ 50 pour 100 d’entre les plantes essayées, M. Wal-lahe a obtenu des résultats positifs. Bien qu’il n’ait pas encore eu l’occasion d’observer, en vase clos, la production de semences viables, rien ne paraît s’opposer à une telle éventualité. Alfred Gradenwitz,
- Docteur ès Sciences.
- ~"== L’IMITATION, EN PETIT, .................E
- DE CERTAINES CARACTÉRISTIQUES DES AURORES BORÉALES
- Un physicien suisse, M. E.-K. Muller, à Zurich, connu par ses nombreuses inventions dans le domaine de l’électrothérapeutique , a étudié les vibrations et les déviations (ayant lieu toujours dans le même sens) d’aiguilles magnétiques exposées à l’influence d’un champ magnétique variable. Il s’est servi, dans ce but, d’un dispositif
- Fig. 1. — Dispositif expérimental.
- dont le principe a été indiqué par Elihu Thomson, et il a réussi à fixer par la photographie les phénomènes extrêmement fugitifs qu’il a vu se produire :
- Une plaque en verre opale et une autre en aluminium d’environ 7 mm d’épaisseur étaient placées au-dessus d’un électro-aimant vertical à courant alternatif (courant d’excitation, 110 volts, 2-40 ampères, 50 périodes). Ayant répandu sur le verre un peu de fer pulvérulent, l’auteur a vu les lignes de force du courant alternatif passer en partie à travers la plaque métallique, de façon à polariser la poudre de fer, tandis que le reste du champ magnétique s’est converti en courants Foucault dans l’aluminium, courants dont les effets magnétiques ont, à leur tour, agi sur le fer pulvérulent.
- Or, en ajustant convenablement la plaque d’aluminium en face du noyau laminé del’électro-aimant et en choisissant des distances convenables entre les deux plaques et la surface polaire, M. Muller est parvenu à imprimer à la poudre de fer une orientation en menues couches verticales, puis à lui donner la forme de disques minuscules tournant autour de leurs circonférences.
- Cette remarquable formation de disques tournants commence sur le bord longitudinal ou transversal de la plaque métallique, aussitôt que celle-ci a été mise en position convenable en face de la surface polaire de l’électro-aimant. La fig. 2 fait voir ces disques tournants; la fig. 3 permet de se rendre compte de leur forme circulaire. Lorsque le courant est interrompu, ces disques s’affaissent ou retombent sur la plaque de verre en gardant leur forme absolument intacte.
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- Fig. 2 à 5. — Quelques aspects de la poudre magnétique dans le champ magnétique variable.
- En haut à gauche : le phénomène des disques tournants ; à droite : le phénomène des disques tournants : au moment où l’on interrompt le courant, les disques retombent en gardant leurs formes; en bas à gauche : aspect de draperie pris par la poudre de fer au-dessus d’un disque en métal non magnétique; à droite : formes arborescentes prises par des cristaux de magnétite.
- Un autre phénomène remarquable se produit, si on se sert seulement d’une plaque en métal non magnétique, telle que, par exemple, une feuille de cuivre ou d’aluminium de plusieurs millimètres d’épaisseur. En dehors des effets mécaniques et thermiques, qui dans ce cas sont frappants, on observe alors un autre phénomène. Tandis que la poudre de fer placée sur une base magnétique se trouve orientée comme à l’ordinaire, conformément au cours du flux magnétique, en se condensant lentement vers le bord de la plaque, où elle s’accumule ou se déplace vers le bord du noyau, elle s’accumule lentement vers le centre lorsque son support est en métal non magnétique. Elle se présente sous la forme d’une étoile
- rayonnante, parfaitement symétrique. La masse centrale est plus épaisse que celle voisine de la circonférence, et, tandis que le noyau de l’étoile se déplace lentement, les particules de fer voisines de la circonférence se mettent à cheminer lentement — à une vitesse dépendant de la fréquence du courant alternatif excitant — du centre vers le bord du disque.
- Or, entre ce bord et celui du noyau, il se forme des couches verticales, semblables à des côtes et qui changent sans cesse de position suivant des courbes gracieuses. Ce phénomène rappelle, d’une façon frappante, les déplacements et les changements continus des « draperies » d’aurores boréales. A. G.
- LAMPE POUR SCAPHANDRIER
- Depuis plusieurs années, les ingénieurs de la Westinghouse C° cherchaient à réaliser une lampe capable de faciliter les travaux si pénibles des scaphandriers. Leurs recherches viennent d’être couronnées de succès : la lampe pour scaphandrier existe aujourd'hui.
- C’est tout simplement une lampe Mazda de 1000 w, construite pour fonctionner avec son ampoule immergée directement dans l’eau.
- Les ampoules sphériques en verre dur sont parfaitement à même de résister aux pressions des profondeurs
- où les scaphandriers descendent habituellement. La plus grande difficulté fut de faire des contacts électriques étanches et d’empêcher la pression de l’eau d’écraser le scellement du verre et delà base de la lampe. On y a paré au moyen d’un manchon de caoutchouc spécial.
- La lampe est prête à fonctionner telle qu*on la livre : il suffit de recouvrir d’une épissure le point où les fils électriques sont liés au petit câble d’alimentation et d’imperméabiliser soigneusement ce joint.
- Pour imperméabiliser le joint épissé, on commence
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- par envelopper les fils avec un ruban d’asphalte ; puis on recouvre le joint ainsi enveloppé d’une dissolution de caoutchouc semblable à celle dont on se sert pour raccommoder les pneus d’automobile. Il faut avoir soin de mettre une bonne couche de dissolution sur'’ l’enveloppe de caoutchouc et le câble d’alimentation au moins jusqu’à 2 c au-dessus et au-dessous du joint. Il faut enfin garnir le joint d’une épissure régulière et bien serrée, pendant que la dissolution du caoutchouc est encore molle.
- Afin de faciliter le maniement de la lampe et de la protéger contre tout accident, on la place dans une monture spéciale.
- La nouvelle lampe, dont le filament est fortement ramassé , fonctionne sous des circuits de 110, 115 ou 120 v; elle dure environ 50 heures.
- Chaque lampe est éprouvée dans une chambre à compression à eau salée, où elle est soumise à une pression de 10 kg 5 par centimètrecarré, équivalant à l’immersion à une profondeur de 90 m, qui est au delà de la limite pour les appareils de plongée ordinaires.
- L utilisation de la lampe n’exige qu’une seule précau-
- tion : ne l’allumer qu’après sa mise à l’eau et l’éteindre avant de l’en sortir.
- Si on allume la lampe avantl’immersion, l’ampoule chauffe et risque d’éclater au moment de toucher l’eau. De même, si on la laisse brûler à l’air pendant quelque temps, le caoutchouc à la base de l’ampoule s’échauffe et, par suite, s’amollit ou se carbonise.
- Un ingénieur américain, M. Bowdoin, va entreprendre sous peu l’exploration de l’épave du célèbre transatlantique Lusitania, coulé dans la Manche en 1915 par un sous-marin allemand.
- Le Lusitania transportait une cargaison d’or de 5 millions de dollars et des bijoux évalués à 1 million de dollars.
- M. Bowdoin, pour faciliter les recherches des scaphandriers , s’est muni de lampes du type crue nous venons de décrire.
- Le scaphandrier portera 3 lampes de 500 w, l’une fixée sur la tête de son vêtement, les deux autres sur les épaules. D’autre part, un châssis portant 9 lampes de 1000 w sera descendu au niveau de la région où travaillera le plongeur et l’éclairera suffisamment pour qu’il puisse accomplir sa tâche aisément. L. K.
- LES AUTOMOBILES EN FRANCE EN 1927
- Le Journal Officiel vient de publier la statistique des automobiles soumises à l’impôt en France pendant l’année 1927. Cette statistique ne peut être assimilée à un recensement précis, car les automobiles militaires ou exonérées d’impôts n’y figurent pas ; d’autre part, certaines voitures dont l’impôt trimestriel aura été acquitté dans des localités différentes y peuvent figurer plusieurs fois. Enfin, le département de la Corse a été omis.
- Quoi qu’il en soit, cette statistique révèle un certain nombre de particularités intéressantes. Le nombre des automobiles pour le transport des personnes s’élève à 642 744, en augmentation de 101 306 par rapport à l’année 1926 ; celui des voitures pour transport des marchandises s’élève à 236 684 en augmentation de 38 705 par rapport à l’année précédente.
- On voit que les routes de France sont actuellement sillonnées par près de 1 million de voitures et camions, auxquels il faut ajouter : 27 450 cycles-cars, 232 201 motocyclistes. Le nombre de chevaux-vapeur imposés pour tous ces véhicules, ainsi que pour 3313 bateaux de plaisance, s’élève à 9 147 353.
- La progression que révèle la statistique dans le nombre des véhicules automobiles est tout à fait remarquable : elle est du même ordre que celle qui se manifestait aux Etats-Unis vers 1915 et laisse prévoir qu’il reste à l’industrie automobile en France une très vaste marge de développement à condition que les routes soient entretenues en bon état de viabilité et le combustible maintenu dans des limites de prix raisonnables.
- La statistique montre également la régression du cycle-car et le développement du camion à gazogène : en 1927, on compte 865 véhicules de ce type contre 271 en 1926; le nombre en a donc été plus que triplé en un an, Quant aux motocyclettes, leur nombre s’est accru de 94 222 unités.
- Là statistique distingue les véhicules de moins de 9 ans et ceux de plus de 9 ans, ces derniers bénéficiant d’un dégrèvement d’impôt. On constate que parmi les automobiles servant au transport des personnes, il y a 59 422 voitures de plus de 9 ans, 69 768 parmi les voitures à marchandises et 601 parmi les cycles-cars. Enfin, l’impôt a produit en 1927 la somme de 622 332 915 fr. en augmentation de 157 376 553 francs.
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- LA PROPAGANDE POUR L'ËLECTRICITÈ 77
- L’électrification rationnelle d’un pays est tout autant du domaine de l’éducateur que de celui du technicien.
- Des réseaux électriques importants ont été créés en France; le rendement commercial de beaucoup d’entre eux est resté inférieur, en dépit d’un prix de vente du courant élevé, à cause du peu de succès obtenu par les appareils électriques, appareils dont les avantages sont ignorés duc onsommateur.
- L’éducation du consommateur s’impose donc, si l’on veut tirer tout le parti utile de l’outil créé à grands frais, et par là accroître la prospérité générale du pays. Cette éducation ne peut être que difficilement assurée par les secteurs; leur intérêt pourrait faire douter de leur impartialité; c’est pourquoi une société complètement indépendante, la Société de Propagande Urbaine et Rurale pour l’Électricité (S. P. U. R. É.) s’est formée récemment.
- Pour intéresser tous les consommateurs éventuels d’électricité, les moyens d’action doivent être multiples : affiches, tracts, brochures, articles de presse, conférences avec projections cinématographiques, démonstrations, participation aux foires et expositions, installations modèles, concours, etc.
- Pour toucher plus particulièrement les populations rurales, la S. P. U. R. É., entre autres moyens, dispose d’un camion avec remorque, aménagé en exposition mobile. La composition de cette exposition est la suivante : sur le camion, une série de moteurs électriques (portatif, sur brouette, à réducteur de vitesse) actionnent :
- aplatisseur d’avoine, coupe-racines, hache-paille, concasseur, scie à bûches, meule. Sur la remorque : baratte, écrémeuse, perceuse à moteurs individuels, cuisine électrique avec chauffe-eau à accumulation, réchaud, four à rôtir, marmite, enfin les appareils d’usage domestique divers.
- L’énergie nécessaire au fonctionnement des appareils est prise sur le secteur ou sur un groupe électrogène monté sur le camion.
- Ce groupe d’exposition est déplacé tous les deux jours, les arrêts correspondant si possible aux jours de foire ou de marché. Dans les localités choisies a lieu une séance de démonstration, puis une conférence (applications agricoles et domestiques de l’électricité, dépenses correspondantes, conseils d’installations, entretien, précautions à prendre, notions sur les unités électriques, films).
- Des tracts distribués présentent les différents types d’appareils (en s’interdisant toute réclame pour un appareil déterminé) et renseignent sur les tarifs en vigueur dans la région (tarifs de nuit souvent ignorés).
- Les résultats obtenus par la Société sont très encourageants : augmentation du nombre des appareils électriques en service, efforts des municipalités pour l’électrification de leur commune, capitaux plus faciles à trouver pour cette électrification. Ces résultats montrent que l’éducation des grandes masses rurales est possible avec des moyens relativement restreints, à condition d’avoir un but bien déterminé et des méthodes parfaitement adaptées. Gruson.
- Fig. 1.
- Le camion-exposition de la Société de Propagande urbaine et rurale pour l’Électricité.
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- Fig. 1. — Aspect du village des « Matmata ».
- LES TROGLODYTES DU SUD TUNISIEN
- M. Jean Thomas, chargé de mission par le Muséum national,. est un infatigable voyageur. Il a déjà rendu compte dans La Nature [n° 2611, 19 avril 192h) d’un voyage d’études sur la pêche qu'il fit sur les côtes de la Guinée française et le long du Niger. Il vient de rentrer d'une randonnée, faite seul dans une automobile de 6 ch le long des côtes tunisiennes jusqu’à la frontière de Tripo-litaine, puis à travers les territoires militaires du Sud-Tunisien, jusqu aux limites du désert. Il en a rapporté un carnet de route et une collection de photographies dont il nous a permis d'extraire les notes et les vues ci-jointes relatives aux habitations souterraines des indigènes de certaines régions.
- I. MASSIF DU MATMATA
- Matmata, village de troglodytes de plus de 3000 habitants, est la capitale du territoire des Matmata, purs Berbères occupant de nombreux villages dans la partie nord de la chaîne des Ksour.
- La contrée sauvage, ocre, tourmentée, où s’étend Matmata, a l’aspect d'un pays désolé par un bombardement. Le sol est, en effet, criblé de vastes trous : ce sont les habitations de ce curieux village (fig. 1).
- Le fond de ces excavations creusées dans la terre compacte des mamelons, peut être considéré comme le patio à ciel ouvert de la maison arabe. Tout autour, dans les parois, se trouvent les chambres. On accède de plain-pied dans le patio par un couloir aménagé au flanc de ces mamelons.
- Le couloir, long de quelques mètres, s’élargit, sur son trajet, en une pièce circulaire servant d’abri aux animaux, chèvres, chameaux, etc.
- Sur les voûtes, on remarque la main, emblème rituel qui conjure le mauvais sort, le sceau de Salomon, des poissons.
- La figure 2 représente l’entrée du couloir d’une des habitations de Matmata. Ces entrées sont souvent de
- simples orifices dépourvus de toute maçonnerie, billes peuvent être closes par une épaisse porte de bois.
- Le couloir franchi, on débouche dans le patio à ciel ouvert (fig. 3).
- Gravissons un mamelon, rendons-nous au bord de l’orifice d’une de ces habitations souterraines et jetons-y un regard plongeant.
- A 7, 8, 9 m de profondeur, on voit le patio, où s’ouvrent les pièces, d’un rez-de-chaussée. D’autres pièces, débouchant également dans le puits central, forment généralement un étage et servent de magasins à grains. On y accède par une corde (fig. 4).
- Quelquefois, pour retenir la terre, les parois de l’habitation ont été en partie maçonnés, et un escalier conduit aux chambres supérieures (fig. 5).
- Les magasins à grains ont. souvent un accès supérieur débouchant par un puits sur le plateau.
- La figure 6 nous montre une jeune indigène Matmati à l’intérieur d’une demeure troglodyte.
- Sur les pics environnants de la région de Matmata, presque inaccessibles, s’élèvent encore des vestiges d’anciennes habitations où jadis, aux époques troublées, les Berbères se réfugiaient pour résister aux nomades pillards.
- Çà et là, quelques groupes de palmiers.
- Dans les vallées ou les plis des montagnes, le travail opiniâtre de cette population déshéritée a réussi à établir de petites terrasses successives où la terre arable est retenue par des barrages.
- Grâce à ce procédé, l’humidité du sol est conservée et là croissent quelques oliviers, quelques figuiers, un peu d’orge et de blé.
- Aujourd’hui des citernes communales ont été construites par l’autorité militaire, des pistes et des routes sont en voie d’exécution, le reboisement est encouragé et on se préoccupe de secourir par tous les moyens la population de cette ingrate région.
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- Le climat des Matmata est sain; en été la température y est clémente et on constate une certaine longévité de l’existence parmi les indigènes.
- II. RÉGION MONTAGNEUSE DES KSOUR (OUEST DE FOUM-TATAHOUINE)
- Le vieux Ksar de Douiret, perché en nid d’aigle, sur la montagne d’or fauve découpée par l’érosion séculaire, apparaît tel un château féodal (fig. 8).
- Au-dessous, autour du piton isolé, sont creusées des cavernes où nichent les troglodytes. Elles sont disposées en trois ou quatre véritables galeries et on en compte un millier. En avant des trous, une construction rectangulaire, en pierres sèches, est l’asile des dromadaires, des ânes, des chèvres.
- Le minaret de la mosquée se détache, à gauche, au flanc de la montagne.
- Au premier plan, les tombes jonchent le sol et, parmi elles, à droite, s’élève le Marabout de Sidi Sliman.
- ........................ --...... = 79 =
- Parmi des am oncellements de ruines, à travers d’étroits sentiers, on parvient auprès du vieux Ksar (fig. 8). Là* dans les ghorfa, les Berbères, jadis, mettaient leurs grains à l’abri des pillards qui terrorisaient la région. Aujourd’hui l’ère de la paix est venue. Les anciens Ksour sont abandonnés et le temps accomplit son œuvre destructive.
- Comme à Douiret, au village de Guermessa dont la figure 7 montre une partie, les habitations sont creusées dans le flanc des hautes falaises et débouchent dans les constructions rectangulaires que l’on aperçoit au premier plan.
- •>;.
- * îf
- Ces Ksour, environnés d’air frais et d’une pureté infinie, où les maladies sont inconnues, sont d’admirables belvédères. Un site merveilleux s’offre aux regards.
- Au pieds des monts s’étendent les immenses plaines. Verdoyantes au printemps sous l’orge et le blé dont les
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- Fig. 7 à 9. — En haut : Le village de Guermessa, photographié du haut du vieux ksar qui le surplombe. — Au milieu : Le vieux ksar de Douiret, à l’ouest de Foum-Tatahouine, avec ses habitations troglodytiques. (A gauche, au flanc de la montagne, la mosquée et son minaret; à droite, au premier plan, le marabout de Sidi-Sliman. — En bas : le vieux ksar de Douiret.)
- Djebalia peuvent aujourd’hui recueillir la récolte, elles leur offrent, en outre, des pâturages où ces montagnards conduisent, en toute sécurité, leurs troupeaux.
- Des travaux hydrauliques que les « Affaires
- indigènes » se préoccupent, d’ailleurs, de développer, assurent le bénéfice des ruissellements. Ainsi, dans le creux des montagnes et le fond des vallées, des jardins d’oliviers, de palmiers, de figuiers se sont étendus.
- Au Sud de Douiret, jusque vers Ouezzane, les ruines de 31 Ivsour et des traces de cultures témoignent de la prospérité passée. Mais au cours des siècles qui ont précédé notre arrivée, les Berbères, opprimés parles nomades, durent quitter en masse le pays. Ce fut la désolation. Jean Thomas.
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- LA MISSION SCIENTIFIQUE DU HOGGAR
- On sait que M. le Gouverneur Général Pierre Bordes, désireux de réserver à l'Algérie et à la science française le magnifique champ d’études et de découvertes que constitue la région du Hoggar, a décidé l’organisation d’une Mission scientifique composée de Membres de l’Université d’Alger et de personnalités algériennes que leurs travaux et leur compétence désignaient particulièrement à son choix :
- MM. le Dr Maire, Professeur de botanique à la Faculté des Sciences, Correspondant de l’Institut, Chef de la Mission;
- M. R. Seurat, Professeur de zoologie à la même Faculté;
- M. le D' Leblanc, Professeur à la Faculté de Médecine;
- M. Reygasse, Chargé de cours à la Faculté des Lettres, Directeur du Musée d’Ethnographie et de Préhistoire du Bardo;
- M. le Dr Foley, de l’Institut Pasteur d’Alger, ancien Directeur du Service de Santé des Territoires du Sud ;
- M. de Peyerimhoff, Chef de la Station de recherches forestières du Nord de l’Afrique;
- M. Paul-Elie Dubois, Artiste-peintre, Prix National de 1923, prix de l’Algérie en 1927.
- Cette Mission, aussi judicieusement composée, est partie d’Alger, on s’en souvient, le 16 février dernier et y est revenue le 14 mai, après un voyage de trois mois, qui l’a conduite, en automobile, des bords de la Méditerranée aux montagnes du Hoggar et ramenée vers le Nord par le large couloir du Cassi Touil traversant les grandes dunes mouvantes de l’Erg Oriental. Admirable voyage s’il en fut ! Visions et impressions sahariennes, successives et changeantes ; taches sombres des palmeraies dans les lointains; steppes reverdies par les pluies et émaillées, çà et là, des fleurs du printemps naissant ; solitudes pierreuses et désolées des hamada ; étrange beauté des montagnes du Hoggar encore tout enveloppées du mystère de leurs légendes; paysage fantastique de pitons, d’aiguilles, de flèches, de portiques, sculptés dans la roche basaltique; incendie des couchants sur les dunes dorées; majesté des nuits étincelantes d’étoiles et emplies de ce vaste silence où tout s’anéantit.
- Mais ce ne sont pas seulement des voyageurs et des artistes épris des beautés sahariennes qui nous reviennent; ce sont d’infatigables chercheurs qui ont observé, noté, étudié, inventorié, vérifié. Ils ont rapporté de nombreux documents, du plus haut intérêt, et recueilli des renseignements qui vont devenir de la science et de la vie.
- La mise en œuvre des matériaux réunis, le dépouillement de ces données vont exiger encore de patieutes études dont les résultats feront ultérieurement l’objet de publications scientifiques. D’ores et déjà cependant il est possible de donner un aperçu d’ensemble, très général, des recherches effectuées.
- M. le Professeur Maire a étudié la végétation et la flore du Sahara central, et particulièrement leurs modifications dans les hautes montagnes. La flore du Sahara central étant très pauvre, certains explorateurs du pays, comme Duveyrier, Chudeau, le Général Laperrine, le Commandant Nivelle, Geyr von Schueppenburg, avaient récolté déjà des spécimens de la majorité des espèces qui la composent, et ces spécimens avaient été étudiés par Cosson, Battandier et Trabut, Bonnet, Diels; mais on ignorait presque entièrement la répartition et le groupement de ces espèces, particulièrement dans les montagnes. Les recherches faites au cours de la mission du Hoggar ont permis d’ajouter à la flore du Sahara central un nombre important d’espèces qui n’y étaient pas encore connues; parmi ces espèces plusieurs sont encore inédites; elles ont permis, d’autre part, de définir un certain nombre d’associations végétales caractéristiques du Sahara central et
- de ses montagnes. L’étude de la flore et de la végétation du Hoggar présentait un intérêt tout particulier, en raison de la position géographique et de l’altitude relativement élevée (3000 m) de ce massif. Le traité classique de Grisebach (la Végétation de la Terre) décrivait dans ces montagnes deux étages de végétation forestière, l’inférieur constitué surtout par des Pistachiers, le supérieur par des Thuyas. Les explorateurs qui avaient visité le Hoggar n’avaient trouvé aucune trace de ces formations forestières de sorte que Diels, en 1917, affirmait l’absence, dans le Hoggar, d’une végétation climatique. Les études faites au cours de la mission du Hoggar ont permis de constater qu’il y a bien cependant dans ces montagnes une végétation climatique. Au-dessus d’un étage inférieur subtropical, à flore soudano-éthiopienne mélangée d’éléments méditerranéens, qui s’étend des plaines jusque vers 1600-1700 m d’altitude et dans lequel il n’y a aucune végétation permanente en dehors des lots d’oued, des zones d’épandage et des pieds de dunes, on trouve deux étages de végétation montagnarde. Dans le premier (de 1600-1700 à 2300-2400 m) on remarque une végétation permanente constituée par une steppe très lâche ; quelques arbres et arbustes se rencontrent non seulement dans les ravins, mais encore dans les fentes des rochers granitiques. Les éléments méditerranéens dominent dans cet étage, où s’aventurent encore quelques espèces soudano-éthiopiennes. Le second étage montagnard occupe les plus hauts sommets, de 2300-2400 m à 3000 m (sommet du Tahat). Il comporte une végétation permanente relativement abondante, constituée par une steppe à Armoises analogue à la steppe à Chih des Hauts Plateaux algériens; cette steppe, relativement dense, est encore très caractéristique sur le petit plateau du sommet du Tahat. La flore, dans cet étage, est purement méditerranéenne.
- La présence de cette végétation climatique dans les hautes montagnes montre que celles-ci sont humectées d’une façon à peu près régulière, sinon par des pluies tout au moins par des condensations occultes. De nombreuses plantes se présentent partout comme des reliques et témoignent d’un passé à climat humide et à végétation luxuriante. L’étude de la végétation des vallées de montagnes montre qu’en bien des points l’arboriculture fruitière y serait possible et fournirait un apport précieux à l’alimentation, souvent déficiente, des indigènes.
- M. le Professeur Seurat a pu, lui aussi, faire de nombreuses constatations, souvent en contradiction avec les idées admises, et recueillir d’importantes collections dont l’étude précisera nos connaissances sur la faune du Hoggar. Jusqu’ici les renseignements que l’on possède sont dus en grande partie à Duveyrier et basés sur les dires des Touareg. A une époque récente, des naturalistes ont approché le puissant Massif sans toutefois y pénétrer.
- Geyr von Schneppenburg a limité ses recherches au Tifidest et à la région d’Idelès. C’est donc un domaine presque vierge qui s’offrait aux investigations de la mission. La faune du Hoggar est très pauvre; des groupes entiers du règne animal manquent totalement ou bien sont à peine représentés. Les Mammifères ne comptent que quelques espèces; la gazelle des plateaux, le mouflon du Mouydir, le lièvre, bien différent de celui de l’Algérie. Les Oiseaux ne sont pas très communs. Il faut noter le corbeau brun, le pigeon targui, le traquet-moine, la tourterelle du Hoggar. Les serpents venimeux paraissent manquer dans les régions élevées. La faune des hauts sommets est caractérisée par l’abondance relative de certaines formes à affinités méditerranéennes; c’est ainsi que les Myriapodes, très rares aux altitudes moyennes,
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- sont communs au sommet de l’Asekrom. Le Massif du Hoggar est relativement riche en collections d’eau permanentes ou temporaires généralement établies dans des lits de rivières barrés par des dykes granitiques. M. Seurat a étudié la faune de ces mares et de l’existence à l’état vivant ou à l’état subfossile de mollusques d’eau douce, il conclut que le pays a connu autrefois une grande splendeur, jouissant alors d’un climat humide, et était sillonné en tous sens par des rivières bien alimentées,
- M. le Professeur Leblanc, par ses observations et mensurations anthropométriques, est arrivé à définir le type ethnique pur du Hoggar et à saisir ses croisements et ses métissages. Ses observations ont porté sur les Touareg du Hoggar (nobles et imrad) et les groupes voisins : Touareg Iforas de l’Adrar) Ibottanatton, Issogmaron, M’irabottin.
- Il existe un groupement de Touareg Hoggar purs, d’une très belle race berbère ancienne dans lequel se dessinent déjà très nettement des mélanges de sang blanc et des métissages nègres qui, physiologiquement, n’affaiblissent pas la race, mais la transforment et lui font perdre sa beauté et son originalité héréditaires. Les échantillons de ce type primitif resté pur sont des hommes de grande taille (1 m.70à lm. 87) à tête longue ovoïde, haute, à face longue beaucoup plus large en haut qu’en bas. Parmi leurs autres caractères morphologiques-fort remarquables, il faut signaler le faible développement des épaules et du bassin, la longueur des membres, le nez aquilin, haut, long, étroit, d’un dessin très ferme et très spécial; les pommettes saillantes avec un menton étroit. La peau est brune, et quelquefois à peine hâlée ; les cheveux, droits ou ondulés et très noirs, sont rasés sur le devant de la tête et tressés en arrière. Les gens sont uniformément bruns, généralement foncés, la bouche est petite ou moyenne et les lèvres bien dessinées, sans lourdeur; la main est longue, étroite, élégante.
- La femme noble est petite, de traits berbères généralement très accusés et non dépourvus chez les plus jeunes d’un certain charme qui sait être aimable, même pour l’étranger.
- Les Touareg Iforas sont morcelés en îlots dans l’Adrar, à Témassinine, à Rhadamès, et peut-être aussi au Sud du Tassili des Ajjers. Ils sont plus fréquemment métissés et le croisement noir a donné un type qui semble fixé et que les Berbères et Sahariens considèrent comme le vrai Ifora.
- Ibottenatton, Issog’maron sont des croisements de Touareg et de Touati arabes ou de Berbères du Nord. Les M’rabettin localisés dans les arrem des abords du Hoggar (Idelès, Tase-rouk) sont d’origine arabe.
- M. le Professeur Leblanc a fait aussi cette constatation d’une portée économique et sociale : les Nobles du Hoggar se marient tard et n’ont pas ou peu d’enfants. Dédaigneux de tout travail, sans culture de l’esprit, sans art, même primitif, sans grande curiosité, sans intelligence, aveugles devant les dangers qui les menacent; ils sont destinés à disparaître du fait de l’insuffisance de leur natalité, de leur respect du matriarcat, de leur métissage de plus en plus fréquent, de leur appauvrissement par la disparition des rezzou et des prises d’esclaves. On peut donc prévoir que les Imrad (serfs) nombreux, prolifiques et laborieux viendront au premier plan, débarrassés de ceux auxquels ils obéissent dans la crainte et dans le respect.
- M. le Professeur Leblanc est amené à conclure : Tel qu’il est actuellement, le Targui noble appartient à un groupe lybico-berbère ancien, fixé depuis des siècles et, semble-t-il, en l’absence d’une anthropométrie comparée qui puisse asseoir des certitudes, assez différent des groupes berbères du Nord, abstraction faite même des éléments blonds mêlés à ceux-ci et qui sont inconnus au Hoggar ou chez les Iforas. Le groupe
- présent a pu être précédé par une population lybique également, mais de culture et de langue dissemblables et peut-être le beau squelette trouvé dans le tombeau d’Abalessa par Chapuis et Prorok justifierait-il anatomiquement cette hypothèse, surtout si d’autres étaient trouvés au cours des fouilles nouvelles.
- M. Reygasse a pu continuer au Hoggar ses enquêtes sur les mœurs et les coutumes des Touareg, et rapporter des objets ethnographiques permettant de compléter les collections qu’il avait déjà formées et qui sont déposées à Alger, au Musée du Bardo. Il a découvert dans le Mouydir une très riche station préhistorique apparentée, par sa technique, aux industries moustériennes sans qu’il soit possible d’établir de synchronisme entre ces civilisations et les civilisations moustériennes d’Europe. Il a relevé un grand nombre d’inscriptions en caractères Tifinagh. Des monolithes recouverts d’inscriptions tifinagh actuellement intraduisibles ont été rapportés et de nombreuses gravures rupestres trouvées entre Tamanrasset, Taserouk et Idelès. De très vieilles gravures, qu’il n’est pas encore possible de dater, représentent la faune actuelle du Soudan. Certaines sont remarquables par leur fini et peuvent être comparées aux belles gravures de l’Oranie. ,Sur de nombreux rochers on remarque des gravures de plusieurs.époques ; les plus récentes représentent des chevaux et des chameaux ainsi que des caractères tifinagh ; des différences de style, le choix des animaux dessinés, la patine, permettent de les dater relativement. Les vieilles gravures montrent des girafes, des bœufs dont l’un, admirablement gravé, porte sa charge. A Amguid. M. Reygasse a également relevé une vieille peinture rupestre. Il lui a été possible d’apporter au Musée du Bardo des gravures de diverses époques provenant d'un même milieu et présentant des patines absolument différentes. L’absence d’outillage à proximité des rochers gravés ne permet pas de donner à ces gravures une date précise; cependant ces documents, extrêmement nombreux, restent parmi les plus intéressants découverts dans l’Afrique du Nord.
- M. le Dr Foley, en organisant une consultation médicale quotidienne dans tous les endroits où séjournait la Mission, a pu examiner un certain nombre de maladies et prendre un aperçu — assez superficiel d’ailleurs, étant donné la faible densité des groupements rencontrés — de la pathologie humaine dans le Hoggar.
- 11 a constaté que la tuberculose était encore peu répandue dans les populations du Hoggar, nomades ou même sédentaires, le faible degré d’infection de ces populations s’expliquant par leur isolement relatif. Le parasitisme intestinal se manifeste fréquemment chez les enfants indigènes des agglomérations, à El Goléa et à In-Salah, notamment. Le paludisme parait rare. On ne rencontre guère de paludéens chez les Touareg que parmi les individus qui se sont infectés dans la région nigériennne. M. le Dr Foley s’est livré, en même temps, à des études d’entomologie médicale. Il a pu aussi observer un certain nombre d’affections oculaires (trachome et autres conjonctivites). Il a rapporté des matériaux sur lesquels il poursuit ses recherches à l’Institut Pasteur d’Alger : étude chimique et bactériologique du sol à l’aide de prélèvements de terre, étude des ferments lactiques employés par les Touareg pour la fabrication du lait aigre, qui entre, pour une large part, dans leur alimentation.
- M. de Peyerimhofî a eu l’occasion de constater que les animaux articulés du Sahara Central sont à peu près inconnus. Aucun spécialiste jusqu’ici ne semble, en effet, avoir fait de récoltes dans ces régions et les quelques insectes que l’on doit à la bonne volonté des officiers et des médecins des compagnies sahariennes ne pouvaient, en réalité, donner
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- L'AUTOMOBILE PRATIQUE
- LA CIRCULATION DES AUTOMOBILES ET LES TRAMWAYS
- L’augmentation continuelle et très importante du nombre des automobiles, surtout dans les villes, rend de plus en plus nécessaire une étude très approfondie des problèmes de la circulation, afin d’éviter autant que possible les risques d’acci-cidents, et d'augmenter la rapidité d’écoulement du a flot » des véhicules dans les artères les plus encombrées de nos cités, construites, d’ailleurs, en majeure partie, en prévision plutôt de la circulation hippomobile.
- Mais, outre la disposition défectueuse des rues et des places, et le manque relatif de largeur des artères, il faut convenir que, dans certaines villes, une entrave fort désagréable pour la circulation automobile est apportée par la présence des lignes de tramways.
- M. Faroux, le technicien connu, a pris l’initiative d’une campagne pour la suppression graduelle des tramways urbains et même suburbains, et leur remplacement par des autobus.
- Les inconvénients des tramways sont, d’ailleurs, multiples. Tout d’abord leurs voies simples ou doubles sont placées au milieu de la chaussée ou sur un côté, et occupent un espace important en constituant une gêne de la circulation parce qu’elles peuvent détériorer les pneus des voitures, et amener des « dérapages » par temps de pluie.
- Le trajet fixe des tramways sur la chaussée n’est généralement pas indiqué d’une façon suffisamment apparente, et le « wattman » ne fait jamais aucun signal utile pour faire connaître aux véhicules qui le suivent les ralentissements, arrêts, ou virages, traversées des rues ou routes, etc.
- Les tramways ne doivent être dépassés qu’à droite et les automobiles qui suivent doivent s’arrêter également aux arrêts fixes et même facultatifs pour permettre aux voyageurs de descendre ou de monter. Cette règle cause évidemment des arrêts continuels de la circulation, alors que l’autobus s’arrête à droite de la chaussée comme tout véhicule, et ne gêne nullement l’écoulement des automobiles.
- Enfin, on peut constater avec crainte le peu d’efficacité du freinage des tramways en comparaison avec les résultats obtenus sur les véhicules automobiles modernes, infiniment plus souples et plus maniables. Les accidents ne sont généralement évités que grâce à la prudence des conducteurs, mais les autobus donnent une plus grande sécurité avec une plus grande rapidité moyenne sur un même parcours.
- Tous les avantages sont donc en faveur des autobus, et l’on peut espérer qu’un jour assez prochain ils auront remplacé complètement les tramways. D’ailleurs, à Paris quelques lignes de tramways ont été déjà remplacées ou doublées par des lignes d’autobus.
- Ce sont, semble-t-il, uniquement des raisons financières et administratives qui peuvent retarder ce changement, et il faut espérer pour les automobilistes que ce retard ne sera pas trop long.
- LE PAYEMENT A L'AVANCE DES IMPOTS DE CIRCULATION
- On sait que les impôts de circulation sur les automobiles doivent être payés chaque trimestre et d’avance, c’est-à-dire les 1er janvier, l”r avril, 1er juillet, lor octobre de chaque année.
- Contre paiement d’au moins un trimestre des droits, le receveur délivre un « permis de circulation », valable soit pour une période déterminée supérieure à un trimestre, soit permanent, c’est-à-dire valable tant qu’une déclaration nouvelle de cessation de circulation n’a pas été faite par l’auto-
- mobiliste, et à condition évidemment que les droits soient payés régulièrement chaque trimestre.
- Mais il est inutile avec cette carte permanente de se présenter chaque trimestre chez le receveur, et il suffit de lui adresser un chèque ou un mandat correspondant au montant de l’impôt pour un trimestre.
- Immédiatement après l’achat d’une voilure neuve ou d’occasion, il est nécessaire d’obtenir, outre la « carte grise » habituelle délivrée par la préfecture, ce (( laissez-passer » fiscal sans lequel la voiture ne peut circuler, même pendant un temps très court.
- D’ailleurs, un bureau fiscal a récemment été établi à Paris à la Préfecture pour permettre aux automobilistes d’obtenir immédiatement ce permis de circulation en même temps que la « carte grise », et sans avoir à se présenter chez le receveur de leur arrondissement.
- Le contrôle des permis de circulation est très sévèrement exercé avec l’aide des gendarmes et des agents spéciaux des contributions. Le défaut de paiement des impôts, ou même simplement le manque de permis de circulation pour une
- Fig. 1. — Appareil anti-vol.
- a) L’appareil : dispositif d’attache et ceinture en caoutchouc armé ;bj Pose du système anti-vol ; cy Coupe de la ceinture anti-vol; (ilFermeture delà ceinture anti-vol au moyen du verrouillage de sûreté.
- cause quelconque, expose l’automobiliste à des pénalités pécuniaires très élevées, et même à des comparutions en justice correctionnelle.
- Nous ne pouvons donc que recommander à tous les automobilistes, non seulement de payer régulièrement les droits de circulation directement ou par courrier (ce qui est plus pratique) mais également de conserver toujours ce permis fiscal indispensable dans leur portefeuille ou mieux dans une poche spéciale de la voiture en même temps que les autres papiers de circulation, de façon à être toujours en règle vis-à-vis des agents impitoyables du fisc.
- SYSTÈME ANTI-VOL SIMPLE ET PRATIQUE
- Les propriétaires d’automobiles qui conduisent eux-mêmes leurs voitures sans l’aide d’un chauffeur sont maintenant la majorité, mais cette absence de chauffeur rend aussi la surveillance plus difficile pendant les arrêts de la voiture, puisque le conducteur doit quitter l’automobile au lieu de la sur. veiller directement, comme le fait un chauffeur professionnel. '
- L’utilité d’un dispositif anti-vol est donc presque toujours certaine surtout lorsque l'automobiliste circule le plus souvent dans une ville.
- On a présenté de nombreux systèmes tant mécaniques
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- qu'électriques, mais il est nécessaire, d une part que le dispositif soit efficace et robuste, et, d’autre part, qu’il soit de manœuvre suffisamment simple et sûre pour n’exiger qu’une perte de temps insignifiante au moment de l’arrêt et de la remise en marche du véhicule.
- Il est bien évident qu’un appareil dont la fermeture ou l’ouverture serait très difficile et imposerait au conducteur des manœuvres complexes et longues serait complètement à proscrire, puisque les inconvénients l’emporteraient encore sur les avantages.
- Les appareils mécaniques semblent, d’ailleurs, préférables aux appareils électriques parce qu’ils sont simples, efficaces, et le plus souvent robustes.
- Un nouveau dispositif de ce genre paraît bien remplir toutes les conditions que l’on peut demander à un appareil anti-vol.
- Il se compose simplement, comme le montre la figure 1 a, d’une ceinture en caoutchouc armé glissant dans un dispositif d’attache métallique très robuste, fixé soit sur le côté de la carrosserie, soit sur la planche de bord. Les deux extrémités de la ceinture peuvent être réunies par un système de verrouillage spécial et robuste.
- La ceinture étant fixée d’une part à son anneau d’attache, il suffit de la passer autour du cercle du volant pour immobiliser la voiture d’une façon absolue surtout si l’on a pris soin de braquer le volant avant la fixation de la courroie (fig. 1 b).
- La ceinture anti-vol est composée d'une armature en câble flexible d’acier traité de grande résistance à la traction et au cisaillement (fig. 1 c).
- Le système de verrouillage spécial et robuste comporte une serrure de sûreté présentant le maximum de sécu-
- Fig. 2. — Allumeur électrique sans fil.
- rité :
- Pour séparer les deux extrémités de la ceinture, on introduit la clef dans la serrure, et l’on tourne d’un sixième de tour à droite ou à gauche, les deux pièces se séparent alors par simple traction.
- Après avoir passé la ceinture dans le volant, on rapproche les deux pièces, et l’on pousse à fond; il suffit alors de ramener la clef dans l’axe de l’olive et de la retirer pour obtenir un verrouillage d’une sécurité absolue.
- L’attache peut se fixer, soit sur un montant de la
- carrosserie, soit sur une tôle mince, soit sur une traverse de bois épaisse, très simplement et très rapidement; un appareil du même genre peut d’ailleurs être utilisé pour protéger efficacement les roues de secours contre les vols sifréquents surtout pendant les arrêts dans les grandes villes.
- Fig. 4. — Cantine de fumeur avec allumeur électrique.
- UN ALLUMEUR ÉLECTRIQUE SANS FIL
- Le principe des allumeurs électriques pour cigares, cigarettes et pipes que l’on emploie dans les automobiles est bien connu.
- On fait passer le courant électrique fourni par la batterie d’accumulateurs d’éclairage et de démarrage de la voiture à travers une petite résistance métallique. Cette résistance s'échauffe rapidement, est portée à l’incandescence, et permet ainsi l’allumage facile descigares, cigarettes, et mêmedes pipes.
- Il est cependant difficile, évidemment, d’approcher le bout de la cigarette ou du cigare à enflammer, et à plus forte raison le fourneau de la pipe, d’une résistance placée d’une façon fixe sur la planche de bord ou en un endroit quelconque de la carrosserie de l’automobile.
- C’est pourquoi les allumeurs employés jusqu’ici comportaient un câble d’alimentaiion assez long enroulé sur un tambour métallique avec ressort de rappel.
- Le grand inconvénient de ces appareils était l’usure rapide du câble, et les mauvais contacts du tambour au bout d’un temps plus ou moins long ; c’est ce qui explique leur emploi relativement rare malgré leur utilité évidente.
- Cet inconvénient est complètement supprimé dans un nouveau modèle anglais que l’on peut maintenant se procurer en France, puisque cet allumeur est sans fil.
- Le dispositif comporte une partie fixe A et une partie mobile B (fig. 2). La pièce A se fixe géné-ralementsur le tablier de bord de la voiture, elle est en matière moulée isolante de couleurs diverses, et porte deux pièces métalliques, l’une en forme de glissière C semi-circulaire, l’autre est un petit ressort central D.
- La glissière C et le
- ressort D sont intercalés dans le circuit de la batterie lorsqu’on appuie sur un bouton de contact E.
- La pièce mobile B comporte un gros bouton moleté en matière isolante F, une pièce métallique centrale G portant la résistance chauffante, et un anneau extérieur métallique H.
- Une des extrémités de cette résistance est connectée à cet anneau, et l’autre extrémité à une petite bille métallique hémisphérique isolée placée au centre et en dessous du bouton moleté. Lorsqu’on place la partie mobile B sur la partie fixe A, l’anneau II vient en contact avec l’intérieur delà glissière G et la butée hémisphérique du bouton vient en contact avec le ressort D.
- Il suffit alors d’appuyer sur le bouton contact pendant quelques secondes pour porter la résistance à l’incandescence.
- Une fois ce résultat obtenu, en poussant le bouton B vers-le haut, on le dégage facilement de la glissière contre laquelle il est maintenu seulement par la pression du ressort central et l’on peut aisément allumer son cigare ou sa cigarette et même ceux des autres voyageurs. Cette opération s’effectue sans aucun danger, même en conduisant.
- On peut remplacer la pastille résistante ordinaire plate pour cigares et cigarettes par une autre en saillie pour l’allumage d’une pipe (fig. 3).
- L’allumeur peut également être adapté sur une cantine cendrier en bakélite, ou métal nickelé, très pratique et d’aspect élégant. Si l’on place cette cantine sur un côté de la
- Fig. 3.
- Mode d’emploi de l’allumeur électrique sans fil.
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- carrosserie, on place généralement symétriquement une autre cantine pour dame avec miroir, porte-mine et boîte à poudre, originale et de forme extérieure absolument semblable à celle de l’allumeur (fig. 4).
- MONTRE ÉLECTRIQUE POUR AUTOMOBILE
- La montre de tablier est un accessoire indispensable sur toute voiture moderne, et les modèles courants doivent être remontés généralement tous les deux jours ou tous les huit jours et cette opération est quelquefois ennuyeuse, lorsque le remontoir est peu accessible.
- Il existe maintenant des montres électriques placées sur le tablier de la voiture et connectées simplement à la batterie d’éclairage, l’intensité du courant nécessaire pour le fonctionnement de cet accessoire est absolument infime
- (fig- 5)-
- Le boîtier est tout à fait étanche grâce à l’absence de remontoir et l’on peut même espérer que le mouvement est encore moins sensible aux effets de changement de température que les montres à ressort.
- Fig. 5. — Montre électrique pour automobile. Vue par-derrière.
- FLASQUES POUR ROUES MÉTALLIQUES
- Les roues métalliques à rayons sont silencieuses, robustes et souples, mais elles présentent l’inconvénient d’être d’un entretien assez délicat par suite du nettoyage assez difficile de leurs nombreux rayons.
- On peut supprimer cet inconvénient, tout en conservant les qualités indiquées, et même en ajoutant à ces roues un aspect esthétique encore plus satisfaisant, en employant des flasques en aluminium très minces placés sur un seul côté ou sur les deux côtés des rayons (fig. 6).
- Ces flasques sont extrêmement légers et une fixation simple permet d’éviter tout bruit, ils n’augmentent évidemment en rien la solidité de la roue et ils n’en diminuent pas la souplesse, leur rôle est purement esthétique et pratique, comme nous venons de l’indiquer.
- Le nettoyage des roues ainsi recouvertes s’effectue évidemment en quelques instants comme s’il s’agissait d’une roue en tôle quelconque (genre Michelin par exemple) (fig. 6).
- UN AMORTISSEUR TRÈS SIMPLE ET DE PRIX MODIQUE
- Il existe à l’heure actuelle de très nombreux modèles d’amortisseurs ; il n’y a guère d’automobiliste qui n’en emploie un modèle sur sa voiture.
- Fig. 6. — Flasques en aluminium pour roues métalliques.
- La plupart de ces amortisseurs comportent deux pièces articulées fixées d’une part au ressort ou à l’essieu, d’autre part en un point fixe du châssis. L’amortissement des chocs est produit soit simplement par frottement, soit par compression d’un liquide oléagineux, soit au moyen de ressort compensateur, etc.
- Dans une autre catégorie d’amortisseurs beaucoup plus simples, on freine directement, les mouvements exagérés des lames de ressort elles-mêmes et ces accessoires sont donc fixés directement sur les ressorts.
- Ces appareils présentent d’indéniables qualités de simplicité et de solidité, et il semble qu’on en fasse relativement trop peu usage.
- Un petit dispositif de cette catégorie se compose seulement d’un étrier appuyant sur les ressorts au moyen d’un boulon à écrou et contre-écrou, et qui applique sur la « lame-maîtresse » du ressort une lame de caoutchouc, comme le montre la figure 7.
- En serrant plus ou moins la tête du boulon, on augmente la pression du caoutchouc sur la lame de ressort, et on freine plus ou moins les mouvements de celui-ci. Ce dispositif augmente encore, d’autre part, la solidité de l’ensemble des lames. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Appareil anti-aol R. A. F., Compagnie Applications mécaniques, 15, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- Allumeur sans fil, Kirby-Smith, 5, rue Auber et 73, rue Laugier, Paris.
- Montre électrique. Tecalémit 18, rue Brunei, Paris (17°).
- Flasques pour roues métalliques, Rudge-Whitworth, 143, boulevard Ney, Paris.
- Fig. 7. — Coupe d’un amortisseur Motor et sa fixation sur un ressort.
- Caoutchouc
- Caoutchouc
- MMSÆt.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Traité pratique de navigation aérienne, par MM.Du-
- val et L. Hebkakd ;2“ édit.), .1 vol, 196 p., 5 pl., 123 fig. Gau-thier-Villars et Cie, Paris, 1928. Prix : 3u fr.
- Suivre dans les airs une route tracée à l’avance est pour l’avion une obligation aussi nécessaire que pour le navire sur les mers; et c’est une tâche aussi difficile, sinon davantage. L’époque de la navigation aérienne à la vue est déjà résolue, et les mêmes méthodes techniques que la navigation maritime a su mettre au point s’imposent aujourd'hui aux pilotes aériens.
- Les auteurs du présent ouvrage, qui fut le premier à traiter cet important sujet, exposent comment les méthodes de navigation maritime s’adaptent à l’aviation. Le livre est divisé en 6 chapitres : règles générales de la navigation aérienne, compas, navigation estimée, navigation observée, instruments de bord et de navigation pratique de la navigation. Chacun d’eux, appuyé sur une documentation tenue au courant des progrès les plus récents, est rédigé avec une attrayante clarté qui en rend la lecture agréable et l’étude aisée.
- La sensitométrie photographique et ses applications, par G. Moreau, 1 vol., 3t)4 p., 60 fig. Edit. Gauthier-Villars et Cie, et Masson et Cie. Paris, 1928. Prix : 10 fr.
- La sensitométrie est l’étude photométrique des émulsions photographiques qui ont subi l’action de la lumière et du révélateur. Cette branche de l’optique a fait de grands progrès en ces dernières années et présente une grande importance, parce qu'elle permet d’orienter scientifiquement la fabrication et l'emploi des émulsions. M. Moreau expose, d’une façon élémentaire et très claire, les principales notions et les méthodes delà sensitométrie, leurs résultats et leurs applications. 11 donne en outre un intéressant résumé des travaux principaux sur les propriétés physiques des émulsions et sur la théorie électronique de l’image latente.
- Manuel de photographie, par L. Vial, 1 vol. 276 p., 78 fig. J.-B. Baillière et Fils. Paris, 1928. Prix : 16 fr.
- L’ouvrage débute par des notions d’optique élémentaire que suivent l’etude de l’objectif, des notions de perspective, des données sur la fabrication des émulsions et la sensitométrie. Révélateurs, réducteurs, fixeurs, sont ensuite étudiés, ainsi que les manipulations nécessaires pour obtenir de bons phototypes. Le volume se termine par l’étude succincte de la photographie à la lumière artificielle, de la photographie des couleurs et de la stéréoscopie.
- Traité de soudure autogène et d’oxy-coupage, par
- R. Granjon et P Rosemberg, 1 vol. 320 p., 250 fig. Office Central de l’acétylène, 104, boulevard de Clichy, Paris, 1928. Prix : 15 fr.
- Ce nouveau traité de soudure autogène auquel est adjoint le coupage au chalumeau (oxy-coupage), résume d’une façon excellente l’état actuel de cette technique, compte tenu des plus récentes recherches et des résultats nouvellement acquis. Les auteurs y ont adjoint maints renseignements, tableaux, formules et recettes. Les praticiens qui appliquent la soudure autogène, les techniciens qui s’y intéressent a des litres divers et le personnel de maîtrise qui veille à sa bonne application trouveront dans cet ouvrage les renseignements et conseils nécessaires à l’exécution de leur tâche.
- Manuel de laboratoire pour l’industrie des vernis et couleurs, par le Dr H Wolff, traduit de l’allemand par Ad. Jouve, 1 vol. 164 p., 17 fig. Ch. Béranger, Paris, 1926. Prix : 29 fr. 50.
- L’auteur décrit les méthodes les plus simples et les plus pratiques pour discerner les qualités des différents constituants des vernis et couleurs, et pour faire dans un laboratoire moyennement outillé, l’analyse chimique des vernis et les essais des peintures.
- Engrenages et vis sans fin (Encyclopédie Champly), 1 vol. 253 p., 182 fig. Ch. Béranger, édit. Paris, 1928. Prix : 25 fr.
- Ce volume expose le calcul et le tracé des engrenages et trains d’engrenages, décrit un certain nombre de changements de vitesse, puis les machines servant à tailler les engrenages, ainsique leur mode d’emploi.
- Vinification et alcoolisation des fruits tropicaux et produits coloniaux, par R. Pique, 1 vol. in-16, 296 p., 40 fig. Desforges, Girardot et Cie, Paris, 1928. Prix : 24 fr.
- L’auteur passe en revue tous les fruits, plantes et produits
- sucrés que l’on trouve sous les tropiques; il donne leur compos tion et les méthodes a employer pour en extraire le sucre et le faire fermenter, soit pour en obtenir une boisson, soit pour en faire de l’alcool.
- Les solutions modernes du problème des ordures ménagères, par Paul Bernard, 1 vol. in-8, 126 p., 33 fig. Bibliothèque de documentation municipale. Librairie générale des administrations et services publics. Paris. Prix : 18 francs.
- C’est un problème déplus en plus complexe et difficile, à mesure que les agglomérations s’étendent. L’auteur examine les solutions trouvées à la collecte, au transport, à la destruction et à l’utilisation des ordures ménagères et discute chaque détail de ces opé rations, en prenant des exemples dans diverses villes et différents pays. Son livre, très bien documenté, devra être consulté par toutes les municipalités qui ne savent trop souvent comment résoudre le problème.
- Au-dessus du Continent noir. Le raid aérien suisse-transafricain R. A. S. T., par Mittelholzer, René Gouzy et Arnold Heim. 1 vol. in-8, 192 p., 64 pl., 4 cartes et plans, 1 carte en couleurs. Editions de la Baconnière, Neuchâtel, 1927. Prix : broché, 14 fr. ; relié 20 francs.
- Journal de bord, richement illustré de magnifiques photographies du raid de l’hydravion Svvitzerland, de Zurich au Cap de Bonne-Espérance. On y trouve la description de l’avion et de ses préparatifs, le récit du voyage de Zurich à Pise, Naples, Athènes, Alexandrie, puis le survol de l’Afrique, par le Caire, Louqsor, Assouan, Khartoum, Malakal, les grands lacs Albert, Victoria, Tanganyika, Nyassa, la côte de Beira au Cap. Ce récit, très alerte, se Jit comme un roman et donne un aperçu vivant et souvent neuf de régions de l'Afrique encore peu connues.
- Flore complétive de la plaine française, par P. Fournier, 1 vol. in-16, 632 p., 565 fig. Paul Lechevalier, Paris, 1928. Prix : 70 fr.
- Le temps des clefs dichotomiques faciles est passé, cite l’auteur au début de son ouvrage. Si bien qu’à côté des flores élémentaires, commodes pour les débutants, il faut maintenant des ouvrages plus complexes et plus précis. Voici, pour la région parisienne, l'ouest, le centre, le nord et l’est de la France, un travail remarquable qui classe les genres complexes, les espèces collectives, les hybrides, les sous-espèces ef.les variétés. C’est dire qu’il rendra de grands services aux botanistes herborisateurs et qu’il sera indispensable aux biologistes s’occupant d’écologie, de phytoso-ciologie, de génétique.
- La genèse de l’intelligence. Le panpsychisme, par
- Emile Gens, 1 vol. in-8, 103 p., 2 pl. Imprimerie Lorraine, Nancy, 1927. Prix : 16 fr. 50.
- Examen de l’éternelle question de l’intelligence et du psychisme des animaux et des diverses conséquences philosophiques qu’on en tire. Rien de bien neuf dans cette discussion.
- Une psychologie objective est-elle possible?, par
- E. Augier, 1 vol. in-8, 291 p. Félix Alcan, Paris, 1928. Prix 30 francs.
- Oui, répond l’auteur qui est inspecteur général des P. T. T., en considérant le système nerveux comme un appareil très complexe de connections et de directions, la physiologie nerveuse dans le temps et dans l’espace, en analysant objectivement le sens interne qu’est la conscience, en commençant par l’examen des faits bruts, des actes, on peut aboutir à une psychologie objective dont il donne divers exemples relatifs aux mouvements et aux émotions, aux sensations, souvenirs et images, aux abstractions, à la mémoire et aux habitudes, au plaisir et à la douleur, etc. Mais pénètre-t-il le fait psychologique ?
- Dix Séances d’Ulusionisme, par le Pr Boscar.. 1 vol. 298 p., 79 fig. F. Lanore, édit. Paris. Prix : 14 fr.
- Les tours de « physique amusante » ou illusionisme constituent une aimable récréation de société; avec un peu d’exercice, l’amateur, à condition d’être guidé dans son apprentissage, peut parfaitement réussir ceux de ces tours qui n'exigent pas de mise en scène spéciale. L’ouv.rage de M. Boscar sera ce guide : il décrit un grand nombre de tours fort amusants : cartes, pièces de monnaies, boules et œufs, cordes, rubans, chapeaux, chimie amusante, etc.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Hydravion espagnol « Pirata ».
- Un hydravion de construction particulièrement originale vient de faire ses essais sur la base de Melilla.
- Cet appareil, le « Pirata » est construit exclusivement ainsi que son moteur avec des matières premières nationales espagnoles.
- La voilure, monoplane, est formée de longerons de frêne en caissons, réunis par des entretoises de pin, et de nervures triangulées en contre-plaqué. La partie centrale de l’aile est formée par un fuseau moteur profilé, portant un moteur de 450 ch.
- La coque, divisée en cinq compartiments étanches, est en tôle de fer galvanisé, produit très économique par rapport au duralumin. Elle est formée de couples triangulés réunis par des lisses tubulaires.
- Cette coque porte deux nageoires de chacune 300 litres, également en tôle galvanisée, qui assurent la stabilité transversale de l’appareil à flot.
- Une charpente de tubes d’acier galvanisés réunit la coque au plan.
- L’appareil est conçu pour emporter quatre mitrailleuses et 450 kg de bombes.
- Ses caractéristiques sont les suivantes :
- envergure ....................18 m.
- longueur de la coque .... 12,60 m.
- largeur......................... 1,80 m.
- tirant d’eau.................... 0,40 m.
- poids à vide ............... 1700 kg.
- charge utile totale..............1100 kg.
- vitessè maxima................ 220 km/h.
- — minima.................... 80 —
- Cet appareil a été calculé par le capitaine José Canete, ingénieur de l’Ecole Supérieure d’Aéronautique de Paris.
- L'aviation légère en Suisse.
- L’aviation légère, qui a déjà pris un développement important en Angleterre, sous forme de clubs d’entraînement, en utilisant des appareils de faible puissance, trouve en Suisse depuis quelque temps un beau succès. Des sociétés ayant pour but le développement de l’aviation légère existent déjà dans plusieurs villes et marquent une activité intéressante (cours de pilotage, voyages, etc...). Tout dernièrement, un raid en plusieurs étapes, accompli par le docteur Clavel et le pilote Charles Koepke, a mis en lumière les possibilités de l’aviation de tourisme. Le voyage Bâle-Naples et retour, soit 235.0 kilomètres, a duré du 6 avril au 19 et représente 19 heures de vol. La consommation d’essence fut d’environ 350 litres. Pour ce raid, les touristes utilisèrent l’appareil anglais bien connu Avron-Avian, moteur Cirrus, de 80 ch, appareil utilisé par Hinkler pour son voyage de cet hiver Angleterre-Australie.
- La traversée du Pacifique.
- Depuis plusieurs mois un équipage américain préparait la traversée aérienne du Pacifique. Cette traversée vient d’être effectuée en trois étapes, dans des conditions particulièrement difficiles.
- Parti le 31 mai de San-Francisco, l’appareil atterrissait à
- Honolulu le lendemain, après une traversée mouvementée et ayant brûlé toute son essence. Cette traversée, qui compte environ 4000 km, avait déjà été effectuée l’année dernière par plusieurs appareils américains.
- La deuxième étape, Honolulu-Suva (îles Fidji), longue de près de 5000 km, fut effectuée les 4 et 5 juin. Cette traversée est la plus importante accomplie par un avion.
- Le 8 juin, l’appareil quittait la plage de Nasalai à 15 heures et atterrissait à Brisbane le 9 à 10 heures. Cette troisième étape mesure environ 2900 km.
- L’appareil utilisé est un trimoteur Fokker analogue à celui de Bird (traversée de l’Atlantique). L’équipage était composé pour la traversée de : Kingsford Smith, premier pilote et chef de l’expédilon, II. W. Lyon, navigateur, Ulm, second pilote et J. W. Warner, opérateur de T. S. F.
- Pendant toute la durée des traversées, une liaison fut obtenue par T. S. F. avec les stations continentales, les bateaux et les îles du Pacifique, ce qui permit de suivre heure par heure la progression de l’avion, et ce qui aurait permis, en cas de panne, des secours rapides.
- Importance de la déformation des profils.
- L’examen d’une aile d’avion montre que le profil d’aile théorique y est dans la majorité des cas assez peu respecté : entre les nervures, la toile tendue se creuse, modifiant l’épaisseur de l’aile et son profil.
- Il était intéressant de rechercher l’influence de cette déformation sur les qualités aérodynamiques de l’aile par comparaison avec l’aile théorique essayée au tunnel.
- Cette question vient d’être étudiée aux Etats-Unis par F. Rizzo, en relevant les profils pratiques de 25 types d’appareils. Pour une aile USA 35 B., une diminution de 3/1000 de l’épaisseur maxima produit une diminution de portance de 0,7/1000 et aucun effet chiffrable sur la traînée ; ceci aux grands angles d’incidence.
- Aux angles normaux d’utilisation, la variation des caractéristiques est négligeable. La conclusion de cette étude est donc tout à fait rassurante.
- Traversée de VAtlantique.
- Après les traversées de l’Atlantique d’intérêt purement sportif de l’an dernier, traversées effectuées exclusivement sur des appareils terrestres, donc dans des conditions de sécurité douteuses, il était juste d’attendre un raid transocéanique en hydravion.
- Ce raid vient d’être réalisé, les 17 et 18 juin, par le Friend-sliip, un fokker analogue à ceux de Byrd et de Smith, mais pourvu de flotteurs, appareil équipé de trois moteurs Wright-Whirlwind de 200 ch.
- Le Friendship gagna la baie des Trépassés à Terre-Neuve, le 4 juin. Plusieurs essais de décollage à pleine charge échouèrent; enfin, le 17, après s’être délesté du radeau pneumatique et d’une certaine quantité d’essence, l’hydravion décolla en 4 km. Pourvu d’un émetteur de T. S. F., il fut suivi pendant la plus grande partie de la traversée ; enfin il ammérit, le 18 juin, à Burry-Port (Pays de Galles). La traversée avait ainsi été effectuée par temps nuageux et brumeux en 22 h. 25 de vol.
- L’équipage était composé de Miss Earhart (pilote de 500 heures de vol, la première femme ayant réussi la traversée), le pilote Stultz et le mécanicien Gordon.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE
- Le moteur d’avion Napier-Lion de la Coupe Schneider 1927.
- En 1927, un hydravion anglais gagnait la coupe Schneider en battant, àla surprise générale, tous les records de vitesse; il atteignait, en effet, la vitesse de 456 km-heure en circuit fermé. Ce résultat était le fruit d’un travail acharné et méthodique, poursuivi en silence pendant de longs mois par l’aviation militaire anglaise.
- Jusqu’ici, très peu de détails avaient été publiés sur le moteur qui a permis cette remarquable performance. On savait que c’était un moteur Napier-Lion à 12 cylindres en W, surcomprimé. En réalité, il s’agissait d’un moteur dérivé du moteur classique de cette marque, mais avec des modifications spécialement étudiées en vue de réaliser de grandes vitesses, et offrant en conséquence de remarquables particularités qui viennent d’être révélées par une conférence du capitaine Wilkinson, chef des études de la Société Napier, à la Royal Aeronautical Society.
- Les études ont commencé en 1625, d’après les directives suivantes : réduire au minimum la surface frontale du moteur pour réduire la résistance à l’avancement; donner au moteur une forme générale lui permettant de s’adapter à un fuselage profilé suivant les lignes de courant et de dimensions aussi réduites que possible ; augmenter dans la mesure du possible sa puissance et réduire son poids.
- On commença par établir un fuselage de forme idéale et ayant les dimensions juste nécessaires pour y loger le pilote, sans se préoccuper d’aucune autre considération. On étudia alors le moteur en vue d’avoir à modifier le moins possible ce fuselage idéal pour l’y loger.
- Les 12 cylindres sont répartis en 3 rangées de 4, formant chacune un bloc; les magnétos, carburateurs, tuyauteries et accessoires divers sont disposés de telle sorte que rien ne fasse saillie en dehors du contour apparent des blocs. Les dimensions extérieures du moteur sont ainsi de 86 cm en hauteur, 100 cm en largeur, 166 en longueur; elles réalisent un gain de 3,7 cm sur la hauteur; de 8,7 cm sur la largeur, par rapport au moteur Napier classiquejservant de point de départ.
- Le moteur a développé pendant la course 875 chevaux; son poids est 422 kg, ce qui donne le chiffre remarquable de 482 gr par cheval. Pour y parvenir, on a augmenté la vitesse de rotation du moteur, portée de 2 000 à 3300 tours par minute, et le rapport de compression a été porté au taux de 10, au lieu du taux usuel compris -entre 5 et 6 et du taux déjà exceptionnel de 8 utilisé pour le moteur Napier de la Coupe Schneider 1925.
- Pour éviter les allumages prématurés et les phénomènes de détonation qui, sans précautions spéciales, se produiraient avec ces compressions élevées, on a fait choix d’un combustible antidétonant comprenant 75 pour 100 d’essence, 25 pour 100 de benzol additionné de plomb tétraéthyle à raison de 2,8 cm3 par litre.
- Enfin, en raison de sa grande vitesse de rotation, le moteur est muni d’un réducteur de vitesse qui communique à l’arbre porte-hélice, monté coaxialement avec l’arbre moteur, une vitesse qui est 0,765 de celle de cet arbre moteur.
- Il ne s’agit ici que d’un moteur de course, c’est-à-dire d’un moteur exceptionnel; mais les dispositions très neuves qui le caractérisent s’imposeront sans doute, quelque jour, sur les moteurs commerciaux. Il est à noter que le rendement global de ce moteur atteint 39,5 pour 100. C’est le chiffre le plus élevé qui ait jamais été obtenu pour un moteur à com-
- bustion interne. Il dépasse même le rendement des meilleurs moteurs Diesel qui est de 38 pour 100. Il n’est donc nullement prouvé que, dans l’avenir, le moteur à cycle Diesel soit destiné à supplanter le cycle à explosion.
- Le principal avantage reconnu au Diesel est son économie de combustible ; or, voici que le moteur à explosion lui ravit cette supériorité, en y ajoutant celle d’employer un combustible plus commode, brûlant sans résidu, et aussi plus abondant. N'oublions pas, en effet, que le bas prix actuel des combustibles pour Diesel tient à ce qu’ils sont en ce moment des sous-produits à écoulement relativement faible.
- Si les moteurs Diesel se multipliaient, les huiles lourdes, produites en moins grande proportion que l’essence, se raréfieraient vite et cesseraient d’être un combustible à bon marché.
- CHAUFFAGE
- Le chauffage des maisons en Islande.
- L’Islande n’a pas de combustible, mais elle possède -de nombreuses sources d’eau chaude, témoignages de l’activité volcanique de son sol. On a donc songé à utiliser ces eaux chaudes pour le chauffage des maisons. On a envisagé la possibilité de chauffer ainsi toute la ville de Reykjavik, capitale de l’île. Mais déjà de nombreuses applications partielles ont été réalisées. La revue Power, citée par le Génie Civil, signale une école de commerce près de Musakik, chauffée au moyen d’eau chaude naturelle captée à flanc de coteau et amenée au bâtiment par gravité au moyen d’une conduite de quelques centaines de mètres. L’eau entre dans le bâtiment à 56u et après l’avoir chauffé est envoyée dans une piscine à la température moyenne de 50°.
- Un sanatorium de tuberculeux près de Hristness est chauffé par de l’eau à 75°, le débit capté est de 175 litres par minute. Pour le chauffage de l’ensemble de la ville de Reykjavik, on songe à utiliser des jaillissements situés sur des hauteurs à 38 km et débitant 16 ms par minute, à moins que l’on ne puisse trouver par forages des sources suffisantes à moindre distance.
- L’Islande dispose de 700 sources chaudes à des altitudes variées. C’est là une précieuse ressource dont, on le voit, elle commence à tirer rationnellement parti.
- FINANCES
- Le nouveau franc français.
- La France est maintenant dotée d’une nouvelle unité monétaire, ou plutôt d’une nouvelle définition du franc, qui reste l’unité monétaire. Yoici cette définition : <c Le franc, unité monétaire française, est constitué par 65,5 milligrammes d’or au titre de neuf cents millièmes de fin ».
- La première définition du franc, donnée par la loi du 28 thermidor an III (1795), le donnait comme représentant 5 gr d’argent au titre de 9 dixièmes de fin.
- La définition du franc par un poids d’or n’a été donnée que 8 ans plus tard, par la loi du 7 germinal an XI (28 mars 1803) ; qui, tout en maintenant la définition fondamentale du franc au moyen du poids d’argent ci-dessus indiqué, ordonnait de frapper des pièces d’or de 20 francs à la taille de 135 au kg; ce qui correspond pour le franc à un poids de 322, 5806 milligr d’or au titre de 9/10e de fin. On admettait alors pour les valeurs de l’or et de l’argent le rapport de 15,5 à 1.
- Notre nouvelle loi monétaire supprime le franc-argent et établit en droit le monométallisme, qui était le régime de fait, mais non de droit avant 1914; la pièce de 5 francs en argent avait alors légalement un pouvoir libératoire illimité.
- Le nouveau franc-or représente un poids d’or environ 5 fois plus faible que celui de l’ancien franc.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Une machine à découper d'un usage multiple.
- A la dernière foire de Leipzig, on a beaucoup remarqué une machine à échancrer, poinçonner, perforer et découper trouvant des emplois fort variés dans les industries les plus diverses : industries du cuir, du caoutchouc, des jouets en matière textile, usines de casquettes et de corsets, de toile cirée, de feutre, de linge et de vêtements, cordonneries, selleries, etc,
- Le corps de cette machine affecte la forme d’un fer en T ; il comporte une roue dentée et un cylindre. La machine perfore et découpe la soie la plus fine, elle y fait des échancrures, avec la même facilité et la même précision que dans le carton fort, le cuir, le caoutchouc, la peluche, etc. Les différentes molettes à découper et à échancrer sont facilement échangeables ; la machine, à fonctionnement manuel ou par moteur, travaille rapidement et assure dans tous les cas une importante économie de temps.
- Fabricant: M. K. Edel, Baerenschanzstr, 17, à Nuremberg.
- Le Thermostop.
- Cet appareil est destiné à protéger les organes des machines contre les échauffements anormaux.
- Dans l’application aux parties fixes, l’appareil comporte un bouchon fileté A, en un alliage fondant à 98° (à un point de fusion plus haut, si on le désire, en faisant varier la proportion des métaux constituant l’alliage). Au centre, ce bouchon a un noyau B, formé d’un fil de fer roulé sur lui-même constituant une boucle. Le bouchon est vissé dans un trou taraudé, préparé dans l’organe à protéger.
- L’anneau sert d’attache à une ligature qui maintient en circuit ouvert un interrupteur composé d’un manchon M, en matière isolante, coulissant entre deux frotteurs I et J et portant, sertie à son extrémité, une bague de laiton N.
- Il est vissé à un tube métallique O, qui affleure à l’extrémité opposée à la bague, et dont l’extrémité libre passe dans un guide P. Le ressort R tend à pousser le manchon, de façon que la bague vienne entre les frotteurs fixés respectivement aux bornes isolées K et N. Dans cette position, le circuit est fermé.
- On peut prendre naturellemennt, au point de vue du circuit, toutes les dispositions, suivant les différentes machines utilisées : des avertisseurs, des disjoncteurs ou d’autres
- appareils du même ordre.
- Dès qu’un échauf-fement se produit, le fusible fond, libère le noyau ; le ressort se détend et la bague court-cir-cuite les deux frotteurs, ce qui laisse passer le courant. Envoyé ensuite dans un disjoncteur, le courant arrête le moteur électrique ; il agit dans un avertisseur, si c’est une simple transmission méca-
- Fig. 1. — Machine à découper d’un usage multiple.
- nique. Ce dispositif s’applique également à une tête de bielle sous carter. Le fusible est toujours vissé dans le coussinet de la bielle. Une lame légère (ou un couteau), fixée le long de la bielle, peut pivoter sur un axe d’articulation ; elle est munie d’une queue qui l’empêche de se renverser tout en l’équilibrant contre la force centrifuge. Elle est sollicitée par un ressort à prendre sa position de déclanchement.
- Cette lamelle est enclanchée par une ligature, prenant son point d’attache sur la boucle du fusible. Par conséquent, dès que celui-ci fond, la lame se déclanche et accroche un fil de fer tendu parallèlement au vilebrequin. Elle casse ce fil de fer qui est fixé d’une part solidement au carter et de l’autre à une rondelle libre, sur laquelle passe la ligature qui maintient en circuit ouvert un interrupteur approprié.
- L’interrupteur est de même, que précédemment, constitué d’un manchon isolant coulissant entre deux frotteurs et portant une bague de laiton sertie.
- Pour avoir un interrupteur plus accessible, on peut disposer, entre le carter et la rondelle, un tube droit ou coudé, fixé d’une part au carter. Il sert de guide au fil de fer tendu. A sa partie supérieure, il est fileté et porte un écrou vissé comprimant un ressort, lequel appuie sous la rondelle, tout en laissant le moins de jeu possible entre la rondelle et le tube.
- La rondelle sert de point d’attache à la ligature qui maintient l’interrupteur armé. L’une des bornes est reliée au primaire de la magnéto, l’autre à celle d’un avertisseur, dont l’autre borne est la masse. La résistance électrique de l’aver-
- Fig. 2. — Coupe du Thermostop.
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- Fusible
- \fandu
- Fil de fer Couteau
- Fi! de fer tendu
- Couteau
- Attache
- Fusible
- Fig. 3. — Fonctionnement de l'appareil.
- tisseur est telle qu’elle fonctionne lorsqu’elle est mise en circuit entre le primaire et la masse; elle fonctionne grâce au courant fourni par le primaire et l’allumage cesse.
- Ceci est intéressant, surtout dans le cas où le moteur étant utilisé comme frein dans les descentes continue à tourner en étant entraîné par le véhicule; le conducteur est alors averti qu’il y a danger de rouler ainsi.
- Il s’établit donc un circuit qui passe par le primaire de l’allumage, l’avertisseur et la masse. L’allumage est coupé et l’avertisseur fonctionne avec le courant du primaire. Comme dans le cas général le moteur, à ce moment-là, fournissait un effort, anormal, conséquence de réchauffement, il en résulte que l’arrêt est brusque dès que l’allumage est coupé.
- Dans le cas de moteurs non à explosion : moteur à vapeur ou même moteur Diesel, on peut faire fonctionner un avertisseur, par un relai ou un mécanisme d’arrêt, en empruntant le courant à une source quelconque; quel que soit le nombre de bielles en ligne dans le carter, un seul interrupteur est nécessaire, chaque bielle étant munie de son couteau et de son fusible.
- Constructeur : Emile Alric, à Portes (Gard).
- INDUSTRIE
- Jaugeage automatique des réservoirs.
- Dans bon nombre d’industries et de commerces, non seulement il est nécessaire de connaître exactement le contenu
- Fig. 4. — Le Micro-jauge Corset.
- Récepteur,du Micro-Jauge placé à /intérieur ou à /‘exté rieur du garage
- Tube transmetteur
- Trou d’homme •
- Autre dispositif
- Cloche
- W///7W//7///////F7W///7'/7/////.
- Réservoir souterrain dans Fosse en béton
- des réservoirs, mais aussi à tout moment les stocks et mouvements journaliers des liquides dont on fait le négoce. Or pour des raisons diverses, ces réservoirs sont souvent peu accessibles, surélevés ou enterrés, avec ou sans pression au-dessus du liquide; celui-ci est en outre de nature très variable, et parfois de composition dangereuse. Il en résulte que le jaugeage des réservoirs par les méthodes primitives est souvent difficile, sinon impossible; en tout cas, on comprend qu’un même dispositif ne peut être appliqué sur réservoir placé à quelques mètres ou à des centaines de mètres.
- Parmi les nombreux appareils proposés pour le jaugeage de réservoirs placés à une distance d’environ 10 mètres, il convient de mentionner, en raison de sa simplicité et de sa robustesse, le « micro-jauge » Corset; outre qu’il s’adapte à tous les réservoirs, il peut fonctionner avecn’importe quel liquide : eau, essence, mazout, huile, vin," alcool, cidre, glycérine, etc.
- L’appareil comprend : 1° une
- cloche àair immergée au fond du réservoir à jauger ;
- 2°une transmission pneumatique de plusieurs mètres en tube de cuivre rouge recuit et malléable munie d’un raccord étanche pour le passage à travers la paroi d’un réservoir;
- 3° un récepteur constitué par deux supports en fonte fixés sur une planchette et entretoisés par un tube d’acier, soutenant un tube de verre serré avec presse-étoupe, et dans lequel se déplace 1 colonne de mercure indicatrice du niveau de la hauteur du liquide.
- Cette hauteur de mercure se marque
- sur une échelle graduée accolée au tube de verre. Le support inférieur du tube de verre forme bac à mercure. Le support supérieur est surmonté par la pompe de rechargement en air fixée par un raccord sur l’appareil.
- La pose de cet appareil est facile et son coût n’est pas élevé.
- Constructeur : Etablissements Corset, 324, rue Lecourbe, Paris (xv'i.
- ÉLECTRICITÉ
- Fig. 5. — Le réchaud Ixu.
- I) L’appareil sert de réchaud de cuisine; II) Pour faire les grillades; III) Pour chauffer les fers à friser et à repasser.
- Appareil électrique de chauffage à usages multiples.
- Le petit appareil de chauffage électrique répond à de nombreux usages et un inventeur a pensé que l’on pouvait combiner une forme générale susceptible de s’adapter aux diffé-
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- rentes utilisations de l’électricité, en tant qu’agent chauffant.
- Le corps de chauffe est composé d’un tube fileté très homogène en matière spécialement préparée pour résister aux changements brusques de température ; la forme de l’appareil est partiellement parabolique, de façon qu’il puisse servir de radiateur et de réchaud en même temps.
- Un manche permet le maniement facile, de sorte que l’on peut s’en servir comme de chauffe-plats, de grille-pain et même de sèche-cheveux ; un corps de chauffe en forme de tube permet de chauffer les fers à friser.
- Les parties basses des côtés sont découpées en biais, afin qu’on puisse poser l’appareil à terre et diriger les rayons suivant un angle de 45°, ce qui réalise le chauffe-pieds. On peut aussi suspendre le réchaud et diriger les rayons calorifiques dans la direction nécessaire, à volonté.
- Ainsi, sous un volume réduit, on a un appareil multiple qui répond à tous les usages sans qu’on ait besoin d’avoir
- tout un arsenal de réchauds de formes appropriées à un seul emploi.
- Réchaud Ixu, 203, rue des Pyrénées.
- ART MENAGER
- Presse-purée
- perfectionné.
- Il existe certainement beaucoup de modèles depresse-purée, mais ils sont plus ou moins efficaces.
- La plupart du temps les trous dont ils sont munis se colmatent.
- On est obligé de faire des efforts d’autant plus grands que l’organe agissant sur les matières à travailler est plus lisse, de sorte qu’au bout de quelques minutes, il glisse simplement et n’agit plus efficace -ment.
- En outre,
- il est difficile, sinon impossible de travailler des légumes tels que : pois, haricots, lentilles, si l’on veut en obtenir une purée.
- Un nouvel appareil, qui a eu beaucoup de succès au Salon ménager, est constitué par un récipient en forme de passoire, dans lequel on met les matières à traiter.
- Un support spécial permet de maintenir le récipient sur une casserole.
- L’outil presseur est presque de la dimension intérieure du récipient, mais, au lieu d’être lisse, il porte une sorte de gaufrage sur la surface latérale et sur le fond.
- De cette façon, grâce à la forme de l’outil, il n’y a plus de chances de glissement et l’on peut traiter des légumes de petites dimensions ; les pulpes sont déchirées et la partie farineuse se trouvant mise à nu passe par les trous du récipient sans
- qu’on ait à faire pression sur le piston.
- On le tourne simplement dé droite à gauche après qu’on a rempli le récipient jusqu’à mi-hauteur de la partie perforée.
- Constructeur : Sommet, 5, rue Dcbelleyme.
- Le « Cosy-Pot ».
- Voici un nouveau pot, de forme élégante, qui se fait en porcelaine de couleurs (vert, jaune, rouge, bleu),
- soit en métal argenté , et d’une contenance de 2, 4 et 6 tasses.
- Il présente toute une série de particularités qui indiquent' une recherche de perfections variées.
- Non seulement sa forme est stable, mais son couvercle, bien étudié, ferme parfaitement et protège les liquides, qu’on y met, des poussières et des mouches.
- En outre, ce couvercle est tenu dans le col de telle façon qu’on "peut incliner le pot pour verser sans se préoccuper de retenir le couvercle avec la main ou risquer de le faire tomber dans la tasse, le verre où l’on verse.
- En plus, le bec est d’une forme spécialement étudiée pour donner un jet correct, sans bavures; une disposition ingénieuse recueille la dernière goutte pendante après qu’on a fini de verser, et la renvoie par une rigole dans l’intérieur du pot, ce qui évite de tacher la nappe.
- Enfin, le couvercle possède une plaque inférieure percée de fentes ondulées qui forment passoire; le pot peut ainsi servir, non seulement pour les liquides chauds ou froids (café, citronnades, grogs, etc.), mais aussi pour le thé, les infusions.
- Le « Cosy-Pot » est ainsi un pot très étudié dont tous les détails sont bien près de la perfection et dont les usages sont multiples.
- 11 sera bienvenu à la campagne, pendant les vacances, où le matériel est trop souvent rare et insuffisant.
- MM. Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Fig. 8.
- Deux formes différentes de Cosy-Pot, en métal et en porcelaine.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- La construction des gratte-ciel américains.
- Il existe à New York et dans d’autres grandes agglomérations américaines des édifices de très grande hauteur: le Woodworth Building à New York avec ses 60 étages mesure 233 m au-dessus de la chaussée.
- Ces grands bâtiments sont d’une conception très simple, "au point de vue construction. Ils comportent tous une carcasse métallique formée de poteaux verticaux et de poutres horizontales constituées au moyen d’éléments soudés ou rivés. Cette membrure s’équilibre d’elle-même. Le point fondamental est de l’asseoir sur de bonnes fondations. Le sous-sol de New York, formé de roc compact et dur surmonté d’une épaisse couche de sable, s’y prête très bien. Très souvent le building est assis sur des caissons foncés à l’air comprimé; ces caissons, en général cylindriques, sont remplis de béton au fur et à mesure de leur enfoncement, puis leurs têtes sont réunies par des poutres en béton armé et les intervalles entre ces poutres sont couverts de dalles en béton.
- C’est ainsi que la mairie de New York repose sur 116 caissons foncés à 72 m au-dessous du niveau de la rue. L’édifice a 178 m de haut.
- Toute la charge du bâtiment est supportée par les piliers verticaux de la charpente; ceux-ci prennent appui sur les fondations par l’intermédiaire de larges semelles formées de 2 ou plusieurs couches de fer à I.
- En même temps qu’on monte les piliers, on assemble les poutres horizontales principales des étages inférieurs ; puis on établit les planchers en béton armé, qui concourent à assurer la rigidité de cette carcasse métallique. Les règlements prescrivent que la charpente métallique ne doit pas dépasser de plus de quatre étages l’exécution des planchers.
- Les travaux sont menés ’à l’aide de moyens de levage et de transport très puissants, et avec une organisation inspirée de là méthode Taylor. Aussi l’exécution de ces grands immeubles est-elle extrêmement rapide.
- Yoir sur ce sujet une étude faite sur place par M. Roos et publiée par la Revue Arts et Métiers (juin 1928). Dr J.-F. Saint-Simon.
- Dans quelle mesure peut-on blanchir les crins?
- Le blanchiment des crins noirs ou roux est absolument impossible, aussi dans l’industrie se contente-t-on, pour obtenir des crins de belle teinte blanche, de s’adresser uniquement aux soies de teinte jaunâtre que l’on commence par dégraisser en bain tiède de savon benzine dont nous avons parlé à plusieurs reprises, en maintenant la température en dessous de 30°. Après immersion de quelques heures, on rince et blanchit en eau oxygénée ammoniacale dans les mêmes conditions de température ; si on a bien dégraissé les soies on réalise ainsi un demi-blanc dont on se contente généralement; pour le cas où on voudrait un blanc parfait, on compléterait l’opération par séjour des crins pendant /deux ou trois jours dans un bain d’byposulfite de soude à 2 pour 100. Pour terminer, on rince à grande eau. Après séchage, bril-’lanter à l’huile d’amandes douces.
- P.-S. — La Revue de Chimie industrielle est éditée chez Gau-thier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins.
- M. Frionnel, a St-Dizier.
- Qu’entend-on par maillechort?
- Sous le nom de maillechort, on désigne des alliages de nickel, cuivre, zinc et étain ayant la propriété d’être inaltérables à l’air. Déjà blancs naturellement ils se prêtent d’une façon parfaite à l’argenture, pour donner des couverts, des timbales et objets d’orfèvrerie de bel aspect. Les premiers articles de cette nature furent fabriqués en France par la Maison Maillot et Chorie, de Lyon, d’où est venu le nom de Maillechort.
- L’alfénide qui pendant longtemps a eu une réputation méritée, principalement pour couverts, avait pour composition :
- Cuivre, 59 Nickel, 10 Zinc, 30.
- Pour renseignements complémentaires sur cette question,
- consulter : Travail des Métaux, par Michel, éditeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins. Les Alliages métalliques, par Gages. Métallurgie des alliages, parle même. Etude industrielle des alliages, par Guillet. Les alliages métalliques, par Hiorus. Leçons sur les alliages, par J. Cavallier.
- M. Williamier, a Pontarlier.
- Que sont les produits d’entretien pour carrosseries d’autos ?
- M. C. Prionnet de Saint-Dizier, abonné à La Nature, a bien voulu nous communiquer, pour en faire profiter nos lecteurs, les renseignements suivants relatifs à la composition des produits type clinoto employés pour l’entretien des carrosseries d’automobiles. Après en avoir effectué l’analyse, à plusieurs reprises, il n’y a trouvé que de l’huile de vaseline diluée par un peu de pétrole, colorée par un jaune au stéarate et parfumée.
- Il est donc très facile d’obtenir, à peu de frais, une préparation de genre aussi efficace que les produits commerciaux et beaucoup moins coûteuse.
- M. Hervaciiors, a Nantes. M. Boni-ils, a Monceaux-le-Comte. M. Forestier, a Lyon. M. Delorme, a l’Arbresle.
- Comment enlever le tartre dans les lessiveuses?
- Le tartre qui se dépose dans les lessiveuses est constitué par des savons de chaux, stéarates, oléates, palmitates, etc., résultant de l’action du savon sur les eaux calcaires.
- Pour enlever ces dépôts, il faut commencer par éliminer la chaux, en versant à l’intérieur du récipient de l’eau légèrement acidulée par de l’acide chlorhydrique, environ 2 à 3 pour 100. Si le vase est en cuivre on peut laisser en contact longtemps, sans inconvénient; mais s’il s’agit de tôle, on ne laisse que quelques minutes en contact ; après quoi, on rince à fond pour entraîner le chlorure de calcium formé.
- A ce moment, il reste encore dans la lessiveuse les acides gras libérés, on ajoute alors une quantité d’eau suffisante, que l’on additionne de 2 à 3 pour 100 de carbonate de soude (vulgairement cristaux), on porte à l’ébullition, les acides gras se combinent à la soude en donnant un savon de soude soluble, un simple rinçage à l’eau suffit pour les entraîner.
- M. F. Rosselet, a Lausanne et M. G. Tremblais, a Paris.
- Que sont les vers de farine?
- Le Tenebrion meunier (Tenebrio molitor) est un coléoptère brun foncé de 12 à 15 mm de longueur, à élytres rayés longitudinalement et dont le thorax est de même largeur que l’abdomen. Sa larve qui ressemble à celle du Taupin est filiforme, d’un jaune brillant, elle a des téguments lisses et solides et porte à l’extrémité de l’abdomen deux petites pointes dressées, sa taille atteint parfois 3 cm.
- Cette larve vit dans la farine ou le son; elle est connue habituellement sous le nom de ver de farine ; les dégâts qu’elle occasionne résultent moins de la consommation de farine que des excréments et dépouilles qu’elle abandonne, rendant ainsi parfois cette farine impropre à la consommation.
- Les vers de farine étant utilisés ’ souvent pour l’élevage des jeunes oiseaux, particulièrement des rossignols, le meilleur moyen de s’en procurer est de s'adresser aux boulangers ou aux meuniers qui prennent toujours la précaution de tamiser la farine pour la débarrasser de ces hôtes indésirables.
- M. G. Tremblais, a Paris.
- Rechargeons nous-mêmes nos extincteurs d’incendie.
- Les appareils extincteurs d’incendie dits à renversement, ainsi que ceux à percussion, projettent avec force, au moment du besoin, le liquide extincteur, grâce à un dégagement rapide d’acide carbonique qui, enfermé dans un espace clos, produit un excès de pression.
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- Cet acide carbonique est libéré par l’action de l’acide chlorhydrique, contenu dans une petite bouteille, que l’on renverse sur une solution de bicarbonate de soude, réaction classique courante :
- CO3 HNa + H Cl = NaCl + Hâ0 + GO2 jr Le liquide projeté se trouve ainsi chargé de chlorure de sodium, lequel, après évaporation de l’eau, forme une enveloppe protectrice aux éléments combustibles, action qui s’ajoute à celle de l’eau absorbant des calories pour se vaporiser, ce qui abaisse la température du foyer de combustion.
- Il est facile de regarnir les appareils de ce genre : en sachant que l’appareil extincteur ne doit être rempli d’eau qu’aux deux tiers, par chaque litre de liquide on mettra 100 grammes de bicarbonate de soude et, d’autre part, dans la petite bouteille devant être renversée ultérieurement, 125 grammes d’acide chlorhydrique du commerce qui porte vulgairement le nom d’acide muriatique.
- Si l’appareil était à percussion, cette bouteille serait close, soit par un bouchon, soit par un étirage à la lampe d’émailleur.
- N. B. Les éléments de recharge sus-indiqués se trouvent facilement chez tous les marchands de couleurs.
- M. L. V., a Paris.
- Quelles sont les principales soudures employées en orfèvrerie ?
- Pour la réparation des bijoux et autres objets en métaux précieux on emploie les alliages suivants :
- Pour l’or rouge :
- Cuivre.........1 Or................5
- Pour l’or jaune :
- Cuivre......... 8.33 Or............75 Argent . . . 16.67
- — ........17 — .... 50 — .... 33
- — ........ 1 — .... 6 — .... 2
- Pour l’or à 150 pour 1000 :
- Cuivre .... 1 Or................4 Argent. ... 1
- Pour l’argent :
- Soudure forte.
- Cuivre.........23 Argent. ... 67 Zinc...........10
- Soudure douce blanche très fusible.
- Cuivre. . 32 Argent. . . 48.5 Zinc. . . 16 Étain . . 3.5
- Dans les alliages d’orfèvrerie, le carat représente la partie d'or fin pesant un vingt-quatrième du poids total d’un alliage.
- L’alliage d’or à 20 carats contiendra donc :
- 20 10 5 , . . , ,
- — = — = - d or fin ; c est la composition de la première soudure indiquée ci-dessus :
- Cuivre...........1 Or..................5
- L’alliage dit au tiers contient :
- Argent...........33 Or.................66
- c’est en réalité l’or vert.
- M. Gesnot, a Aups (Var).
- Utilisons la gélatine pour faire d'agréables gelées.
- Dans un article très documenté, n° 2783 du 15 avril 1928, notre collaborateur Kuentz a signalé toute l’importance prise aux États-Unis par l’emploi de la gélatine dans la préparation de produits comestibles; mise à part l’addition de glace, surtout pendant la saison estivale, il y a fort longtemps que nos cuisinières françaises ont fait apprécier sur nos tables des préparations de ce genre comme entremets sucrés ; voici par exemple comment s’obtient la Crème glacée dite « Blanc-manger ».
- Pour 15 à 18 personnes on prend : 250 gr d’amandes, parmi lesquelles on a soin de mêler quelques amandes amères; après les avoir fait tremper quelques minutés dans l’eau bouillante, on enlève la peau, puis les pile dans un mortier, on y mêle peu à peu deux verres d’eau froide, on passe à travers un linge et presse fortement.
- Le lait d’amandes ainsi extrait est additionné de 200 gr de sucre, on ajoute un verre de lait et une cuillerée à bouche d’eau de Heur d’oranger.
- Gela fait, on introduit dans la préparation ci-dessus 30 gr de belle gélatine, préalablement gonflée pendant deux ou trois heures dans un demi-verre d’eau froide, puis liquéfiée à feu doux. Le mélange bien homogène est versé dans un moule, puis on laisse
- ........—.....= 95 =
- la gélatine faire prise en plaçant dans un endroit frais, encore mieux, comme on le fait en Amérique, dans de la glace, si on en dispose.
- Au moment de consommer, démouler après avoir mis une demi-minute, le moule dans l’eau chaude.
- La recette suivante de Gelée aux Fraises peut servir de guide pour l’obtention des gelées aux fruits qu’il est élégant de servir dans de petits récipients de verre ou de porcelaine.
- Pour douze à quinze pots, mettre dans une casserole de cuivre non étamée 15 gr de belle gélatine, 300 gr de sucre, 3 verres d’eau froide, faire gonfler la gélatine comme précédemment, liquéfier à feu doux et laisser refroidir presque à la température ordinaire, ajouter alors un blanc d’œuf battu en neige, mélanger puis chauffer au premier bouillon pour coaguler l’albumine dont l’emploi a pour but de clarifier la préparation, passer sur une flanelle de façon à obtenir un liquide bien clair.
- D’autre part, exprimer le jus de 250 gr de fraises bien mûres et de 125 gr de groseilles ou à défaut de ces dernières employer le jus d’un citron, il faut qu’il y ait en volume comme jus de fraises et groseilles la valeur d’un verre, passer également à la flanelle, mêler ce jus de fruits à la première préparation, verser dans de petits récipients de cristal de préférence, laisser prendre comme il a été dit ci-dessus.
- Si on veut faire prendre cette gelée dans un grand moule, au lieu de petits pots, il faut forcer un peu la dose de gélatine et en prendre 25 gr au lieu de 15, porter également la dose de sucre de 300 gr à 400 gr.
- Remarque. — Bien qu’il suffise pour que la prise ait lieu de placer la préparation dans un lieu frais pendant quelques heures, il est préférable, pour hâter l’opération, d’utiliser la glace, celle-ci a en outre l’avantage d’abaisser notablement la température de la gelée, la rendant ainsi plus agréable et moins sujette à altération, ce qui est à craindre à la température ordinaire, où la gélatine, après quelques heures, peut présenter un terrain de culture trop favorable aux microorganismes apportés par l’air, développement qui n’a pas lieu, quand cette température est voisine de zéro.
- P.-S. — Ainsi qu’il a été indiqué dans l’article rappelé ci-dessus, la gélatine est ajoutée aux confitures à la dose de 0,5 à 1 pour 100, afin de leur « donner du corps » lorsqu’elles sont trop fluides. 11 est bon également de mettre une trace d’acide citrique ou tartri-que, pour empêcher le sucre de cristalliser, lorsque l’on emploie des fruits qui ne sont pas naturellement acides.
- La gélatine blanche de consommation se trouve chez tous les épiciers sous le nom de cc blanc-manger ».
- M. Chabanneatj, a Bordeaux.
- Composition des vernis à capsules.
- Les vernis à capsules, qui sont très employés actuellement pour obtenir une fermeture hermétique des spécialités pharmaceutiques, sont simplement des dissolutions d’éthers cellulosiques dans des mélanges alcool-éther sulfurique ou acétone-acétate d’amyle.
- On peut utiliser pour une préparation de ce genre des débris de celluloïd transparent que l’on fait dissoudre à la dose de 50 à 60 gr dans :
- Acétone....................... 100 cent, cubes
- Acétate d’amyle..................100 —
- On obtient ainsi un sirop épais que l’on colore par addition de pigments minéraux ou de poudre d’aluminium. Il suffit pour capsuler le goulot de plonger la bouteille, munie de son bouchon, dans la préparation et de laisser quelques secondes à l’air avant de relever, le solvant s’évapore rapidement et laisse une pellicule protectrice en même temps que d’un agréable effet.
- M. J. de Madariaga, a Madrid.
- Détruisons les cafards.
- Les cafards qui portent aussi les noms de cancrelats, bêtes noires ou blattes (Periplaneia orientalis). sont caractérisés par un corps aplati et de couleur plus ou moins brunâtre, ils répandent une odeur nauséabonde rappelant celle de la souris, on les rencontre dans les recoins des cuisines et des fournils, ils s’attaquent à tous les aliments, surtout à la farine, au sucre, aux fruits et aux légumes. Les dégâts qu’ils occasionnent ne sont pas considérables, mais ils communiquent aux articles de consommation une odeur repoussante qui empêche de les utiliser.
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- Le moyen le plus pratique pour détruire les cafards est d’opérer ainsi :
- Faire dissoudre dans un quart de litre d’eau chaude jusqu’à saturation de l’acide borique du commerce. Retirer la casserole du feu et ajouter de là mie de pain. Diviser la pâte obtenue et la placer sur des assiettes ou des morceaux de carton que l’on dispose aux endroits convenables.
- Dès le lendemain, on aperçoit à terre quelques bestioles qui n’ont pu se rendre dans leur trou, elles sont sur le dos et éclatent avec un bruit sec lorsqu’on les écrase.
- MM. Munsch a Clermont-Ferrand et Stouees a Nivelles.
- En quoi consiste la préparation électrolytique du fer par le procédé Fischer?
- Dans le procédé Fischer, l’électrolyte est une solution conte-
- nant :
- Chlorure ferreux....................... 250 grammes
- Chlorure de calcium................... 300 —
- Eau ordinaire.......................... 450 —
- La température d’électrolyte doit, paraît-il, être voisine de 100° C, la densité de courant atteint 20 ampères par décimètre carré.
- Ce procédé fournit un métal d’une remarquable pureté ayant par exemple pour composition :
- Fer......................................... 99.986
- Soufre....................................... 0.008
- Phosphore.................................... 0.006
- Le procédé Fischer est appliqué par les « Langbein und Pfan-hauser Werlce » de Leipzig, qui préparent électrolytiquement des tôles de 5 millimètres d’épaisseur. Ces tôles sont ensuite amenées aux épaisseurs voulues par laminage.
- Serge-Paul, Esthonje.
- Questions diverses.
- M. Chardin, a Pantin, 1° La plupart des articles en acier Stainless ou acier inoxydable se trouvent, 1, rue Bourdaloue, Paris, 9°.
- 2° Nous ne vous conseillons pas d’entreprendre pour votre usage personnel la fabrication d’accumulateurs en utilisant de vieilles plaques de plomb : la préparation des cellules, leur remplissage de pâte, puis la formation définitive de l’accumulateur, sont des opérations industrielles nécessitant la connaissance de certains tours de main. A notre avis, le mieux est de faire acquisition d’accumulateurs prêts à l’usage.
- 3° Pour faire un trou bien net dans un bouchon, le procédé le plus pratique est de. se servir d’un tube de laiton au diamètre convenable dont à une extrémité les bords sont taillés en biseau de façon à les rendre coupants ; l’autre extrémité est solidement fixée dans un manche. Lorsqu’on veut percer un trou on applique le bord coupant sur le bouchon et on appuie en tournant, on découpe ainsi un petit cylindre de liège qui s’engage dans le tube; quand le tube a traversé le bouchon, on enlève le petit cylindre avec une curette. Vous trouverez des tubes de tous diamètres, préparés pour cet usage chez Neveu, 16, rue Monsieur-Le-Prince.
- M. G. Bonte, a Lille. Ie Nous avons donné dans le nc 2778, page 142 de la Boîte aux Lettres, toutes les indications nécessaires pour l’imitation des bois; il vous sera toujours loisible de combiner les matières colorantes suivant le résultat que vous avez en vue. Quant à espérer que cette imitation sera « à s’y méprendre », il n’y faut pas compter, chaque bois ayant par sa nature, en dehors de la coloration, un caractère spécial.
- Ces réserves faites, nous pensons que vous obtiendrez le meilleur résultat pour l’acajou en opérant ainsi :
- Faire bouillir pendant plusieurs heures des copeaux de cam-pêche dans deux fois leur volume d’eau, en remplaçant à mesure l’eau qui s’évapore. Décanter et ajouter une petite quantité de chlorure d’étain pour faire rougir la solution. Passer deux couches sur le bois à teinter en attendant toujours que la première soit bien sèche avant d’appliquer la suivante.
- 2° Le vernis au tampon se compose de :
- Alcool à 96» G. L................ 1000 cent, cubes
- Gomme laque blonde............... 85 grammes
- Laisser la dissolution se faire à froid en agitant fréquemment.
- Ce vernis est employé tel quel sans qu’il soit nécessaire de le filtrer.
- En ce qui concerne le fini, seul le vernis au tampon vous donnera un résultat parfait.
- M. Damon, a St-Étienne. —- Pour la teinture du bois en acajou, veuillez vous reporter à la recette indiquée ci-dessus ; quant à la teinture en noyer, le mieux est de procéder ainsi :
- Prendre :
- Terre de Cassel......................... 50 grammes
- Carbonate de potasse.................... 50 —
- Eau ordinaire......................... 1000 cent, cubes
- Faire bouillir un quart d’heure, laisser reposer, filtrer sur un linge fin.
- Pour l’emploi, étendre de plus ou moins d’eau suivant que l’on désire un noyer clair ou foncé.
- Bien entendu, s’il s’agit dè pièces de bois devant être soumises à des frottements répétés, il faudra chercher à faire pénétrer la teinture le plus profondément possible par immersion prolongée dans le liquide, de manière que le bois soit homogène sur une épaisseur suffisante pour que le contact de la main ou de la joue ne provoque pas un éclaircissement en libérant des couches moins teintées.
- M. Le Dr Morisot, a Périgueuv. — Le vernis d’argent que vous avez eu en main doit effectivement être constitué comme vous le pensez par de la poudre d’aluminium, celle-ci étant mise en suspension dans un vernis transparent à base d’acétate de cellulose. Généralement on utilise comme solvant de l’acétato-cellulose l’acétate d’amyle (odeur de bonbons anglais); il est fort probable que vous réussirez parfaitement à redonner de la fluidité à la préparation en y ajoutant quantité suffisante d’un mélange à parties égales d’acétate d’amyle et d’acétone.
- Durand-Reville, a Paris. — Pour obtenir l’adhérence d’étiquettes, même plongées dans l’eau bouillante, il vous suffira d’employer du blanc d’œuf étendu d’eau, à consistance convenable ; lors de l’immersion l’albumine sera coagulée et deviendra par conséquent insoluble.
- L’albumine du sang que l’on trouve facilement dans le commerce peut également convenir, mais donne un déchet important à la solubilisation (eau froide), ce qui ne se produit pas avec le blanc d’œuf.
- Pour la conservation, ajouter deux ou trois grammes d’acide salicylique par litre.
- M. Kuss, a Paris. — 1” Nous n’avons pas connaissance d’un dissolvant organique de l’épidermose, sans modification de la nature de celle-ci.
- 2° Pour répondre utilement à votre deuxième question, il serait nécessaire de connaître l’objectif de vos recherches.
- M. Montange, a Montréal. — Vous trouverez tous les renseignements nécessaires sur les procédés employés pour extraire la cellulose du bois dans l’ouvrage Le Dois, par Billon.
- Editeur, Albin Michel, 22, rue Huyghens.
- M. Fauvel, a Angers. — La formule suivante vous donnera une bonne encre pour plumes d’appareils enregistreurs :
- Colorant............................. 5 à 10 gr.
- Alcool à 95°................................ 20 —
- Alun ordinaire .............................. 2 —
- Glycérine....................• . . . 20 —
- Eau distillée.............................. 500 —
- La quantité de glycérine peut être portée à 20 pour 100, si on veut que l’encre ait plus de consistance et sèche moins vite ; le colorant sera choisi à volonté dans la multiplicité des couleurs dites d’aniline, dont dispose aujourd’hui le commerce.
- Rappels de réponses.
- M, V. B., A Lyon. — Nous avons répondu à votre question par un article très complet dans le n° 2783 du 15 avril 1928, p. 382, veuillez bien vous y reporter.
- Société des Lunetiers, a Paris. — Dans le n° 2768, p. 336, nous avons donné une formule d’encre au tampon pour marquer le verre, qui devra vous donner satisfaction.
- En ce qui concerne la rapidité de séchage, il vous sera facile de l’augmenter en plaçant, au fur et à mesure du marquage, les verres sur une platine chauffée légèrement par une lampe à alcool, voire même électriquement, ce qui permet un réglage très facile de la température.
- (,6.^5. — Paris, lmp. Laiiure. — i5-"-28.
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- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
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- Parait le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (7{. C Seine . i5.234) Tel. Littré 48-42 et 48-93.
- PRIX DE L’ÂBO^WESTENT Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n0'), 70 fr. ; — 6 mois G2 n°’t, 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n0*), 85 fr. ; — 6 mois (12 n°"), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif na 1
- Un an . Six MOIS
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n" 2
- Un an. Six mois
- 110 fr. 55 fr.
- va-lablo pour les pars ayant accepté une réduction de 50 pour il)0 sur les a/franchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie. Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
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- N" 2790,
- LA NATURE
- 1“ Août J 928,
- TERMITES ET TERMITIÈRES DE L'INDOCHINE
- C'est une erreur de s'imaginer que le grand public ne porte aucun intérêt aux rigoureuses et patientes observations scientifiques. Dans le domaine de ïEntomologie, il serait facile d'en donner plus d'une preuve, témoin le légitime succès que connurent les vulgarisations de Fabre, et plus récemment, le bel ouvrage de Maeterlinck sur La vie des Termites. L'instinct, particulièrement développé de ces insectes laborieux,
- (Amérique et Afrique équatoriale, Australie, Indochine, Sud de l’Europe), ils y vivent en sociétés hiérarchisées, dont certaines comptent plus d’un million d’habitants. Ces « ravageurs » sont, le plus souvent, causes de graves dégâts; en Indochine, on évalue ceux-ci à quelques dizaines de milliers de piastres par an.
- Suivant leur mode d’habitation, on peut classer —
- assez arbitrairement
- mérite au moins autant que les déprédations qu'ils pratiquent, de retenir notre attention.
- Le sujet est loin d’être épuisé, on s'en rend bien compte en lisant l'important travail que Jean Bathel-lier vient de consacrer aux Termites de T Indochine (1). Pendant plusieurs années, ce ieune entomologiste a, sous les auspices du Muséum d'Histoire Naturelle, résidé à Saigon, puis à Hanoï, dirigeant le lab orat oir e de l'Institut scientifique d Indochine, et parcourant le pays en tous sens. Penché avec
- sympathie sur ces passionnants insectes, mais procédant avec la méthode scientifique la plus rigoureuse, il a non seulement étudié leurs mœurs, observé leurs luttes et leurs travaux, mais aussi cherché â pénétrer leur intime constitution et à dégager les lois de leur évolution.
- LES TERMITES
- Par l’aspect physique, voisins des fourmis dont ils demeurent les irréconciliables ennemis, proches parents des blattes et des cafards, les Termites — dont l’origine remonte à l’ère secondaire — constituent, parmi les Insectes, l’ordre indépendant des Isoptères. Leur taille varie de 0cm. 5 à 1 cm en moyenne; leur coloration s’étend sur toute la gamme des gris.
- Répartis dans les régions les plus chaudes du globe
- 1. Jean Bathellier. Faune des Colonies françaises. Contribution à l’étude systématique et biologique des Termites de l’Indochine Paris, 1927, Société d’Editions géographiques maritimes et coloniales, 184, Bd St-Germain (6°).
- Fig. 1. — Termitière de Macrotermes gilvus, surnommé le « roi des termites cochinchinois ».
- L’Annamite donne l’échelle approximative de la photographie.
- du reste — les termites en deux grands groupes, les terrico-les, qui se logent dans la terre, et les lignicoles, hôtes malfaisants des arbres ou des bois de construction.
- Les habitations ter-ricoles, bosses minuscules au début, peuvent devenir, par la suite, de faille implosante, notamment celles du Macrotermes gilvus dont la hauteur atteint fréquemment 1 m à 1 m. 50. C’est sous l’herbe des prairies ou entre les arbres des forêts qu’on voit, un beau jour, surgir de nouvelles termitières, souvent très proches les unes des autres ; dans les régions où elles abondent, les plantes avoisinantes sont bientôt envahies par une armée d’insectes qui les détruisent en rongeant leurs racines. La nudité extérieure des termitières terricoles est la règle; la reprise de la végétation est un signe de décadence ou de stérilité. Exceptionnellement, les constructions de Y Odontermes hainanensis se trouvent si parfaitement dissimulées que rien ne manifeste leur présence au dehors; il faut être bien attentif en effet, pour relever, çà et là, de petites saillies verruqueuses, parfois percées de minuscules ouvertures.
- Les constructions des espèces lignicoles, notamment celles d'Eutermes matengensis, s’accrochent solidement d’ordinaire, sous forme de petits cônes, à la fourche des branches d’arbre, à moins qu’elles n’envahissent, de manière moins visible encore, le tronc lui-même ou les charpentes de nos habitations. Terrible éventualité pour l’homme dont la maison vermoulue, forée en tous sens
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- o o o o c^O
- Fig. 2. — Schéma de l’organisation de la termitière du Macrotermes gilvus.
- 4. Mur de la termitière; 2. Cellules contenant les meules à champignons; 3. Région des chambres à parois minces; 4. Amande centrale abritant le couple royal; 5. Grandes chambres assurant le drainage des eaux pénétrant dans la termitière.
- devient d’une telle fragilité, qu’un beau matin, elle s’écroule. Une colonie de [termites peut détruire (à elle seule) 100 grammes de bois par jour, 3 kg par mois !
- Tous ces insectes ne sont cependant pas aussi nuisibles ; témoin, Y Odontotermes Horni, espèce de transition à la fois terricole et lignicole, qui se contente de la couche superficielle de l’écorce des arbres, à l’abri de dômes irréguliers de terre qu’il bâtit au-dessus de lui.
- LA TERMITIÈRE
- C’est seulement en pénétrant à l’intérieur de leur nid que nous pouvons essayer de surprendre le merveilleux instinct de construction de ces termites. L’adaptation (spéciale à chaque habitation) est souple comme la vie qu’elle recouvre et variée à l’infini ; cependant, dans tous les cas, les éléments essentiels subsistent.
- Pour nous faire une idée du perfectionnement que peuvent atteindre les termitières, nous décrirons avec quelque détail, la demeure particulièrement bien installée du Macrotermes gilvus, qu’on appelle encore communément, le « roi des termites cochinchinois ». La coupe transversale, pratiquée d’un vigoureux coup de pioche, nous montre sous un mur de protection et de soutien, de 20 à 30 cm d’épaisseur et d’une résistance suffisante pour pouvoir supporter hommes et animaux, une inextricable succession de chambres irrégulières, dont l’architecture tourmentée se complique de piliers et de rampes imprévus. Immédiatement sous le mur, de larges enclos à parois minces communiquent entre eux par d’étroits passages; ce sont ces chambres qui abritent les meules ou jardins à
- Fig. 4. — Meules à champignons de Microtermes incertoides extraites de leurs alvéoles de terre.
- Grandeur naturelle.
- champignons, dont l’aspect extérieur rappelle assez bien celui de nos éponges de toilette (*). Les cloisons, faites de débris de tiges et de feuilles sèches mâchées et régurgitées, constituent un milieu particulièrement propre au développement de champignons spéciaux, réduits à l’état de petites boules blanches, dont le feutrage léger entretient une humidité et une douce température favorable à l’éclosion des œufs et au développement des jeunes termites. Ces meules ne sont pas, comme on l’a cru longtemps, des réserves de nourriture (du moins pour les termites) ; elles peuvent cependant, notamment pendant les chaleurs qui suivent les averses, donner des tiges et des chapeaux comestibles, qui sont vendus couramment sur les marchés annamites.
- Les chambres externes, destinées à contenir les meules, ne sont pas toujours pleines; le nombre de ces dernières ne dépasse guère une quinzaine par nid. Immédiatement au-dessous, on rencontre un lacis inextricable de loges semblables, plus petites, mais vides et dont les cloisons sont encore plus minces et plus friables. Elles sont, comme les précédentes, reliées entre elles par des minus-
- Fig. 3. — Meule à champignons incluse dans la cellule de terre argileuse d'une termitière de Microtermes incertoides.
- Réduit de moitié.
- cules passages où les termites vont et viennent avec une telle fréquence que la terre apparaît, en certains endroits, polie par le frottement. Ces labyrinthes aboutissent à la loge royale, sorte d’amande très dure, pouvant mesurer de 20 à 30 cm de long sur 10 à 18 cm de large, où vit le couple fondateur de la colonie et générateur de tous ses habitants.
- Plus bas, ce sont les réserves de nourriture, puis les catacombes, cellules vides, immenses, destinées à protéger la termitière contre les infiltrations et les inondations. Il y a là un système de drainage, adapté aux circonstances et à la nature spéciale du terrain, qui satisferait le plus exigeant des ingénieurs et qui fonctionne du reste merveilleusement, puisqu’il se montre capable, ainsi que l’a observé Pétri, d’absorber en deux heures plusj de
- ü£l. Les dimensions de ces meules à champignons sont très variables ; elles peuvent atteindre celles « d’une tête d’enfant de six ans » chez VOdontermes obscuriceps, ou être réduites à celles d’une noisette, comme chez le Microtermes incertoides.
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- 8 mètres cubes d’eau ! Ces cellules et les canaux qui les relient servent aux sorties clandestines des termites qui « vont aux provisions » et, le cas échéant, se transforment en oubliettes où se dessèchent, de compagnie, les cadavres de leurs ennemis — spécialement des fourmis — et les excréments de la colonie. Jardin en haut, mystère de la vie au centre, la termitière devient cloaque dans ses profondeurs.
- Chez les lignicoles, l’habitation est plus simple. Elle conserve le plus souvent l’aspect extérieur de l’arbre envahi et se trouve réduite, en dehors de la loge centrale, à de minces cloisons de « carton de bois », souples et résistantes, faites de débris de bois, de grains de sable ou de petits cailloux et de déjections.
- LA LOGE ROYALE
- C’est dans l’amande centrale que se décide et se perpétue la vie de la cité. La cavité est formée d’une voûte surbaissée et d’un sol en déclivité vers le centre ; une vingtaine de conduits de faible diamètre rayonnent dans
- !
- ....."....... ....... 99 =
- cellules voisines, provisoires entrepôts, et finalement vont les inclure dans les alvéoles des meules à champignons où l’éclosion se produira.
- Le roi, qui n’est guère, à proprement parler, qu’une sorte de « prince consort », est de proportions beaucoup plus modestes que celles de la reine, auprès de laquelle il se tient constamment. Il est, comme elle, dépourvu d’ailes et semble remplir périodiquement ses devoirs de mâle dans l’intervalle, il s’affaire auprès de son auguste épouse, la palpe de ses antennes, la lèche, lui dégorge de la nourriture et l’entoure de touchantes prévenances. Il ne l’abandonne guère qu’en cas de grands dangers, se sauvant à toutes pattes, sans souci de sa compagne, à moins qu’il ne juge plus prudent de s’en faire un rempart et de s’abriter derrière l’abdomen hypertrophié comme dans une forteresse. On admet qu’un même couple peut alimenter d’œufs la colonie pendant une douzaine d’années.
- D’autres ouvriers assurent également la nourriture[de la reine qui doit être abondante et spéciale. Inversement, la souveraine paraît être pour eux un produit de consom-
- Fig. 5. — Meules à champignons d’Odontermes obscuriceps (à gauche) et de Macrotermes gilvus (à droite)
- Grandeur naturelle.
- toutes les directions: et permettent l’accès de la cellule aux nombreux termites que leurs fonctions appellent en ces lieux, cellule qu’emplissent le couple royal et ses serviteurs.
- Chez la reine, tête, thorax et pattes apparaissent réduits au minimum. L’abdomen, hideux et magnifique de fécondité, atout envahi ; il pèse à lui seul autant que plusieurs milliers d’ouvriers. Comprimée entre les parois de sa loge devenue trop étroite, et ne pouvant s’y retourner qu’avec difficulté, la reine doit satisfaire inlassablement aux exigences de son auguste fonction. Sans cesse agitée de contractions, elle pond sans interruption et, véritable « mitrailleuse » à œufs, en expulse en moyenne plus de 30000 par jour! Ces œufs, blancs, hyalins, sont assez semblables à du sucre cristallisé... pas très pur. Ils se trouvent happés aussitôt par une armée de serviteurs, avec une méthode et une science de la hiérarchie des charges tout à fait remarquables. Autour de l’orifice de ponte de la reine, des ouvriers se tiennent attentifs et saisissent les œufs au fur et à mesure de leur apparition. Ils les lèchent avec avidité, puis les transportent dans les
- mation très délectable. En effet, on trouve, le plus souvent, les ouvriers occupés à la tenailler de leurs mandibules, faisant sourdre de leurs morsures un liquide qu’ils absorbent avec les plus grandes manifestations de joie. Il s’agit là d’un véritable besoin physiologique • privée de ces saignées méthodiques, la reine, congestionnée, toute engluée d’œufs, en moins d’une heure se trouverait en grand danger de mort. Seules des ponctioris répétées plus nombreuses peuvent alors la tirer de ce mauvais pas.
- LE PROBLÈME DES CASTES
- De même que dans la loge royale, et plus encore, dans le reste de la colonie la division du travail est chez les termites poussée à l’extrême. Issus de parents uniques, nos insectes se subdivisent en deux catégories: d’une part, des sexués (mâles et femelles) pourvus d’ailes et d’yeux à facettes, chargés de la dispersion et de la reproduction de l’espèce ; et d’autre part, des neutres, aveugles et sans ailes qui se subdivisent à leur tour, suivant leurs fonctions, en ouvriers et en soldats.
- Depuis longtemps, les naturalistes se demandaient
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- quelle pouvait être la cause de cette différenciation en castes si accusées. L’opinion la plus généralement admise jusqu’ici était l’influence prédominante du régime alimentaire donné aux jeunes larves. Mais M. Jean Bathellier, que ce problème a préoccupé tout particulièrement, paraît l’avoir résolu d’une manière nouvelle. Ses recherches ont porté sur les dizaines de milliers de termites, fixés et colorés en série par les méthodes habituelles, puis examinés à la loupe binoculaire, en s’aidant de l’éclairage intensif de l’arc électrique pour ultramicroscopie.
- La fixation globale de toute une colonie a toujours montré à cet auteur la supériorité marquée d’une même catégorie de larves en cours de mue, par rapport aux autres, d’où cette première conclusion que les termites sont pondus par paquets d’êtres de même caste.
- Le rythme de la ponte lui apparut, par la suite, correspondre à celui des saisons ; si bien que, en définitive, les termites ne font que suivre la loi biologique générale, qui, en Coehinchine, régit animaux et végétaux.
- C’est en septembre, à la fin de la période des pluies, que la ponte est la plus abondante et comporte la plus grosse quantité de sexués. A cette époque, en effet, les termitières ne renferment plus d’insectes ailés, les derniers ayant pris leur vol pour essaimer l’espèce au loin ; il faut donc pourvoir à leur remplacement; aussi de nombreuses petites larves ne tardent pas à apparaître avec des rudiments d’ailes. Le développement complet de ces insectes se fait en six étapes différenciées, stades larvaires et nymphaux, durant de 9 à 10 mois et aboutissant à l’état adulte, au cours desquelles le corps passe de la transparence complète à une opacité jaune crémeuse Pour passer d’un stade à l’autre, l’animal fait peau neuve et se débarrasse de l’ancienne comme d’un vêtement devenu trop petit ou hors de mode ! Les premiers sexués pondus sont adultes en mai au plus tôt, les autres atteignent leur complète formation en juillet au plus tard.
- Les neutres sont produits en toutes saisons, mais en particulière abondance aux mois d’avril et de mai, alors qu’on ne trouve pour ainsi dire plus de jeunes larves sexuées. Ces neutres deviendront ultérieurement des grands et petits ouvriers et des grands ou petits soldats
- (*) Les figures marquées de ce signe sont reproduites d’après l’ouvrage de Jean Bathellier dont nous avons donné précédemment la référence.
- dont l’activité sera particulièrement développée au moment de l’envol des futurs reproducteurs.
- L’ébauche des glandes génitales des premières larves était apparue semblable à tous les savants, au moment de l’éclosion de l’œuf. Mais comme l’a bien observé Jean Bathellier, elle n est semblable qu’en apparence... S’il se trouve, a très justement pensé cet auteur, qu’au sortir de l’œuf, le jeune insecte présente dans son corps les attributs fixes d’une catégorie déterminée, il faudra admettre, malgré les faits allégués par ailleurs, que la caste est déterminée dès l’œuf.
- M. Bathellier a examiné, à ce sujet, environ 200 individus à’Eutermes matengensis au premier stade. Le résultat de cette étude fut très concluant. « Nous ne pouvons pas douter, écrit l’auteur, du fait que les trois castes sont très nettement séparées, bien avant la première mue. »
- A la suite d’un examen également très poussé du Macrotermes gilvus, il écrit d’autre part : « Il faut considérer comme très probable que, dès l’éclosion, les jeunes neutres comprennent deux catégories distinguables par le moyen d’artifices de coloration : des insectes un peu plus gros, ayant des glandes génitales rudimentaires et devant donner, par la suite, l’ensemble des grands neutres, ouvriers et soldats, et des insectes un peu plus petits, à glandes génitales plus développées, qui deviennent des petits neutres, ouvriers et soldats. Après la première mue, cette différence dans le développement des gonades s’accentue, et après la seconde mue, chaque catégorie fait paraître à la fois des ouvriers et des soldats. Il est donc très probable que chacune des castes neutres était différenciée dès l’œuf; probable également, que les sexués sont aussi déterminés à Ce stade embryonnaire...
- Ce qui permet en définitive de formuler la conclusion suivante : La caste des termites est déterminée, dès la fécondation, par la nature des éléments sexuels qui s’y mêlent; et la nature de cette caste est elle-même conditionnée par les réactions du couple progéniteur aux circonstances biologiques du milieu ambiant.
- On nous excusera de nous être un peu étendus sur cette question dont l’importance est de premier ordre. Ajou-tons-yune statistique instructive: sur 126 insectes observés, 22 feraient des sexués, 44 des soldats, et 60 des ouvriers.
- Fig. 7. — Termitière A’Eutermes matengensis établie sur un arbre à bois dur. (Longueur : 1 m. 50 environ) (*).
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- LES TERMITES-SOLDATS
- Les soldats sont, en général, de deux sortes (trois même, chez certains Eutermes) qui se différencient par la grandeur de la taille et la robustesse des mâchoires.
- Grands et petits soldats assurent avec une vigilance curieuse et jamais en défaut la garde de la termitière; aussi la nature les a-t-elle pourvus de redoutables moyens de défense. Les soldats des espèces terricoles, qui sont habituellement munis de mandibules en forme de pince, terminées parfois en pointes effilées, peuvent aisément couper et cisailler pattes et antennes de leurs adversaires. Souvent même ces insectes sont capables d’entamer la peau calleuse de l’intérieur des mains de l’homme et d’y faire sourdre le sang. Les soldats des espèces lignicoles, dits « à résine », projettent sur l’ennemi le contenu d’une glande spéciale qui l’englue et le paralyse sur place. Mais si la partie antérieure du corps est, dans tous les cas, bien armée pour la lutte, il n’en est pas de même de la partie postérieure, molle et vulnérable. C’est pour cette raison, qu’en cas d’attaque, le termite-soldat s’enfonce toujours à mi-corps dans un conduit étroit de manière à présenter seulement à l’assaillant la partie antérieure fortement chitinisée.
- Quand une termitière se trouve endommagée, volontairement ou accidentellement, les soldats grands et
- Fig. 9 — Bûche d’arbre à caoutchouc (Hevea) transformée en termitière par Z’Eutermes matangénsis.
- Demi-grandeur naturelle.
- petits partent aussitôt en reconnaissance et se postent en un long cordon de garde, derrière lequel les bâtisseurs travaillent en toute sécurité.
- En cas d’attaque, la lutte devient prodigieuse. Profitant de la moindre brèche, les fourmis (spécialement les Pheidologeton, espèce très commune en Cochinchine) se ruent à l’assaut de la termitière qu’elles dévastent ; en un instant : larves, nymphes, ouvriers, meules à champignons sont empoignés et enlevés à la grande stupeur des soldats débordés par le nombre. Mais donnez-leur le temps de se ressaisir et vous les verrez se comporter vaillamment. Ce sont alors d’héroïques corps à corps : tandis que les pinces étreignent les fourmis, celles-ci mordent leurs adversaires au ventre pour leur faire lâcher prise et, semble-t-il, pour leur injecter un poison qui les paralyse. Derrière ces sacrifiés, les ouvriers travaillent, et, bientôt, les envahisseurs n’ont plus devant eux qu’un mur de terre fraîchement mastiquée, avec de place en place des créneaux où se tiennent des troupes fraîches. Alors, les fourmis redoublent de rage ; elles amènent dans leurs rangs des formes neutres, de grande taille, fortement chitinisées dont elles se servent comme d’un bélier. Mais ce retour de l’ennemi exalte le courage des termites-soldats : leurs antennes deviennent plus rigides, les muscles fléchisseurs de leur cou se tétanisent et les obligent à frapper le sol avec un crissement très particulier, véritable « cri d’alarme ».
- Tout ce déploiement de forces a pour but suprême la protection de la reine qui, dans sa loge, imperturbablement, continue sa ponte. En cas de grand danger, l’amande centrale est le dernier refuge, le donjon où se livrent les combats les plus désespérés.
- Les formes les plus petites, telles le Microtermes incer-toides, ne sont pas les moins ardentes à la lutte. Très curieux aussi est le soldat (nasutus) de, VEutermes matengensis pourvu d’une poche à glu (placée derrière le cerveau) et d’un canal évacuateur (assez semblable en cela à une trompe) qui lui permettent d’arroser ses ennemis à distance. Moins bien favorisé, YHamitermes arma-mensis ne peut libérer son liquide résineux que dans le
- Fig. 8.
- Branches d’arbre attaquées par le termite commun des maisons d’Indochine (Eutermes matan-gensis) dont la présence n'est révélée, a l’extérieur, que par la galerie de circulation (visible à gauche sur la figure). A l’intérieur, le bois est remplacé par des galeries et des cloisons dites en « carton de bois ».
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- Fig. 10 — Les cinq stades larvaires et nymphaux du Macrotermes gilvus sexué (*).
- corps à corps (par la base des pattes), si bien que le soldat meurt avec sa victime « enseveli dans son triomphe ».
- LES OUVRIERS
- Ces luttes épiques ne doivent pas nous faire oublier l’humble et patient labeur des ouvriers. Ceux-ci, comme les soldats, peuvent différer par la taille et se subdiviser en grands et petits ouvriers. Pacifiques artisans, ils se contentent de besognes modestes et utiles dans lesquelles ils se révèlent à la fois ingénieux maçons et cuisiniers consciencieux. Ils assument, en effet, la double charge de construire ou de réparer la termitière et d’approvisionner la colonie en feuilles sèches. Ils élaborent, en outre, la nourriture spéciale de la reine, qu’ils alimentent et entourent de soins attentifs, et sont chargés de l’entretien des jeunes larves.
- Rien n’est plus curieux que d’étudier les mille et une manières dont les termites construisent leurs nids. Les Macrotermes et les Odontermes utilisent exclusivement la terre argileuse qu’ils rendent plus fine et plus liée par mastication et imbibition de salive. Les Hamitermes y joignent leurs excréments en guise de mortier. Chez les Euterntes, l’usage de la terre comme substance de construction est réduit au minimum ; l’accumulation des déjections individuelles suffit à constituer le « carton de bois » que renforcent à l’occasion de minuscules cailloux.
- Très spéciale est aussi l’édification des « meules » ou « jardins à champignons » dont nous avons déjà parlé.
- On a cru longtemps qu’elles étaient constituées d’excréments ; il semble bien qu’il n’en soit rien et qu’elles résultent plutôt (comme nous l’avons déjà signalé) de la mastication de matières ligneuses. L’augmentation de la population jeune entraîne la fabrication de nouvelles meules.
- Celles-ci, très rapidement, se recouvrent d’un velours mycélien provenant de champignons basidiomycètes probablement apportés de l’eextérieur ave les débris igneux.
- Les alvéoles de ces meules, grâce à l’humidité et à la douce chaleur qu’ils assurent, tiennent à la fois du berceau et de la couveuse artificielle. On voit, du reste, à certains moments, les ouvriers faisant fonction de nourrices y transporter les œufs nouvellement pondus, comme les nurses véhiculent leurs bébés dans les jardins publics. Ils entourent également les larves et les nymphes de soins diligents, les léchant, les caressant de leurs antennes et — faute de biberon — leur dégorgeant de la nourriture. Si, par suite d’une intervention étrangère, les larves ont été déplacées, les ouvriers s’aidant de leurs mandibules, les saisissent par le cou « à la manière des chats » et les remettent à leur place primitive.
- Sexué ailé et grands neutres adultes de Macrotermes gilvus.
- 1. Sexué(*); 2. Grandsoldat; 3. Grand ouvrier. Grossis 7 fois environ.
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- OBSERVATOIRES D'AMATEURS
- Les recherches astronomiques sont accessibles à tous. La simple observation à l’œil nu permet de s’attacher à la solution de certains problèmes, et avec l’aide d’instruments d’optique même modestes, des études variées et fructueuses peuvent être entreprises. Encore faut-il se trouver dans des conditions matérielles favorables pour se livrer utilement à la contemplation du ciel. Bien souvent hélas, les circonstances sont opposées aux aspirations des amateurs d’astronomie , particulièrement des citadins qui, généralement, en sont réduits à observer d’une fenêtre, d’un balcon, d’où la vue reste fâcheusement limitée; les plus favorisés disposent d’une terrasse, mieux encore d’un jardin. Mais dans ces derniers cas, c’est alors l’exposition aux intempéries, au vent surtout, si nuisible par les vibrations néfastes qu’il inflige aux instruments; c’est aussi l’obligation de déplacer le matériel astronomique à chaque séance, autre inconvénient sérieux.
- Quoique le feu sacré permette de triompher de bien des obstacles — comme beaucoup d’observateurs l'ont prouvé — le rêve de tout amateur d’astronomie est d’avoir à sa disposition un observatoire où il pourra réaliser toutes les installations désirables et se livrer commodément à ses chères études.
- Beaucoup de ces observatoires privés existent, que leurs propriétaires ont fait établir suivant leurs goûts et leurs moyens
- Ce terme d’observatoire n’implique pas nécessairement une construction d’un type défini, surmontée de la coupole sphérique plus ou moins vaste, qui semble symboliser ces sortes d’établissements scientifiques. Entendons par observatoire un édifice quelconque dans ses détails,
- et capable, de rendre les services indispensables aux études astronomiques.
- On sait l’usage des coupoles. Munies d’une ouverture (ou fente) verticale — dépassant quelque peu le sommet de façon à bien découvrir le zénith — un mécanisme mû avec la main ou avec un moteur (pour les grandes) permet de les faire tourner sur un rail circulaire; ainsi
- l’instrument disposé en son centre peut-il être braqué vers la région du ciel à observer, par la fente amenée dans la direction voulue.
- Ces sortes d’installations, idéales au point de vue de la commodité — et aussi de l’esthétique — n’ont jamais été d’un bon marché excessif! Et de nombreux amateurs ont tourné la difficulté en se débrouillant d’une façon toujours originale. Car le propre de l’amateur, qui n’a pas toujours une fortune à sa disposition, c’est de savoir se débrouiller, qualité qu’il doit cultiver plus que jamais à l’heure actuelle!... Des solutions pratiques semblent donc toujours-intéressantes à signaler.
- Laissons ici de côté les véritables coupoles, de dimensions même réduites. Les installations qu’il est relativement aisé d’entreprendre s’inspirent en général de deux manières principales. Premièrement, et c’est le procédé le plus simple, le bâtiment, en tout ou partie (c’est-à-dire le toit seulement) se déplace latéralement en roulant sur des rails rectilignes, de façon à dégager l’instrument établi à poste fixe. Ce procédé est éminemment pratique, par la facilité de sa réalisation, mais il offre par contre divers inconvénients, comme de nécessiterjun assez vaste emplacement (s’il s’agit d’un abri se déplacement totalement) et de laisser plus ou moins complètement l’instrument et l’observateur exposés au vent.
- Fig. 1. — Vue extérieure d’une coupole octogonale en bois. En haut : la coupole fermée. En dessous : la coupole ouverte.
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- = *06 =: =
- COMMENT RÉALISER UN OBSERVATOIRE D'AMATEUR?
- Aussi semble-t-il préférable de chercher à réaliser la seconde manière, qui s’inspire du fonctionnement des coupoles, en permettant de braquer l’instrument par une ouverture que l’on amène dans la direction voulue. Ce genre de construction demande plus de complications,
- h
- Ouverture
- Galet à /gorge
- Rebord
- Fig. 2. — Établissement d’une coupole octogonale.
- 1. Plan de la charpente : g, emplacement des galets de roulement; 2 Plan de l’assemblage d’un angle de la hase; 3. Coupe de la base et dispositif de roulement.
- sans doute, et la partie la plus délicate en est le rail parfaitement circulaire sur lequel roulera la poutre mobile de l’édifice. Disons de suite, que d’une manière générale, toutes ces constructions se font en bois, plus ou moins complètement. Jadis c’était une matière peu coûteuse.... A tout le moins, le travail en est le plus aisé et peut être entrepris où que ce soit avec le minimum de dépense,
- car une coupole métallique (comme c’est la règle générale) ne peut guère être établie que par des spécialistes dont il faut solliciter le concours dans les grands centres. Au contraire, vous trouverez toujours, dans le plus modeste village, un menuisier capable de vous donner satisfaction.
- Diverses formes peuvent être envisagées. Etablir un dôme en bois est peu pratique. Mais on peut donner à la construction la forme d’une tourelle cylindrique surmontée d’une toiture peu inclinée; plus aisément on réalise une forme polygonale, octogonale au moins, dont la largeur, d’une paroi à celle qui lui fait face, sera de même dimension que le diamètre du rail circulaire, destiné à assurer son roulement. Dans tous les cas, la pseudo-coupole comporte une ouverture dans le sens vertical, et une autre lui faisant suite sur la partie supérieure. Il va de soi que les volets qui en assurent la fermeture doivent s’ouvrir du dedans vers le dehors ; le fonctionnement de ces volets peut être aussi, non à charnières, mais à glissières, ce qui, d’ailleurs, entraîne quelques détails supplémentaires de construction. Cherchons au contraire à simplifier.
- LA COUPOLE
- C’est dans cet esprit que je crois intéressant de décrire un peu complètement une sorte de coupole que j’ai eu l’occasion de faire établirprovisoirement. La forme octogonale a été adoptée, mais en donnant à l’ensemble l’allure d’une pyramide tronquée, que montrent les figures 1 et 2. Cette disposition présente plusieurs avantages; ne comportant que des plans inclinés, elle offre infiniment moins de prise aux vents, et son métrage, en tant que matériaux, est réduit au minimum. Une telle charpente, si elle réclame quelques soins, dans les coupes inclinées, demande par contre moins d’assemblages pour assurer la résistance que celle destinée à supporter des parois verticales sur lesquelles le vent exerce tout son effet.
- La couverture, faite de planches minces, est rendue hermétique par un revêtement extérieur de carton cuir (ou tout autre produit similaire) badigeonné en plus d’épaisses couches de céruse.
- Avec 2 m. 70 de diamètre intérieur à la base, une telle coupole est encore assez légère pour rouler sous le seul effort d’une main, opérant par traction ou poussée sur un point d’appui quelconque.
- Grâce à sa forme, l’ensemble possède une rigidité parfaite, quoique dans le cas présent il ait été hâtivement assemblé, sans mortaises ni équerres de fer, simplement à grand renfort de clous de charpente. Les photos et croquis schématiques ci-contre sont suffisamment explicites pour qu’il soit nécessaire de donner plus de détails sur cette construction.
- LES INSTRUMENTS
- Le principal avantage de la forme décrite ci-dessus est de permettre d’y réserver une très large ouverture pour l’observation, plus facile à obtenir sans complications accessoires que sur une surface courbe. Une
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- grande largeur de la fente a surtout son importance au point de vue photographique, lorsqu’il s’agit de longues poses pendant la durée desquelles le déplacement angulaire de l’instrument est assez considérable. C’est naturellement d’un instrument monté équatorialement qu’il s’agit dans ce cas, car c’est seulement à l’aide de cette monture qu’il est possible de se livrer à de bons travaux photographiques.
- La photographie joue maintenant un rôle capital, et elle permet, à l’aide de moyens même très modestes, d’obtenir des résultats du plus haut intérêt. Il serait impossible, dans le cadre limité de cet article, de traiter la question de façon quelque peu détaillée au point de vue technique et opératoire.
- Le lecteur pourra se reporter utilement à une série d’articles que M. Touchet a fait paraître ici même, ou à un ouvrage que j’ai particulièrement consacré à ces questions pratiques (J). Insistons cependant quelque peu sur le côté instrumental d’une bonne installation.
- Pour des observations visuelles courantes, ainsi que pour des photos instantanées prises à la lunette (Soleil, Lune, éclipses), le genre de monture est quelque peu secondaire, bien que le mouvement équatorial soit préférable, puisqu’il permet de suivre exactement la marche des astres. Dans tous les cas, l’instrument doit se trouver dans des conditions de stabilité parfaite, sur un socle ou massif isolé du plancher de l’observatoire ; on ne saurait trop se garantir des vibrations dont la gêne est si considérable dès que le grossissement instrumental est tant soit peu élevé. Sur ce socle est fixée la monture équatoriale qui doit être aussi parfaite que possible dans sa construction et son réglage (dernière raison pour laquelle il faut qu’elle reste à demeure une fois pour toutes) ; ces conditions sont indispensables pour l’obtention de bonnes photographies longuement posées, sans décalages fâcheux.
- Les petites lunettes, de 75 mm d’objectif, ou moins, peuvent rendre déjà de grands services pour bien conduire un appareil photographique fixé dessus. Avec un instrument plus puissant, à partir de 95 mm, et surtout de 108, il est possible d’obtenir de plus sérieux résultats en utilisant alors la lunette elle-même, grâce à la dimension et à la luminosité qu’elle donne à l’image de certains astres. Un objectif de 95 mm par exemple permet déjà d’obtenir d’excellents clichés détaillés du Soleil, de la Lune, des satellites de Jupiter et des bandes de cette planète, des phases de Vénus; ces dernières photos s’adressant aux planètes réclament naturellement une pose sensible de quelques secondes à quelques minutes suivant les cas, et l’amplification de l’image focale. Mais, à cet égard, il ne faudrait pas croire qu’un mouvement d’horlogerie soit indispensable; s’il est précieux de posséder un tel accessoire (dont le prix hélas, est devenu excessif), on peut, avec quelque habitude, le suppléer par un mouvement à vis tangente actionnée à la main. C’est un exercice auquel il faut se rompre, et qui alors finit par donner des résultats pratiquement parfaits — ce qui ne veut pas dire qu’on puisse malgré tout les obtenir comme en se jouant!
- 1. Manuel pratique d’Astronomie, par Lucien Rudaux, Larousse.
- Fig. 3. — Lunette montée équatorialement, équipée pour la photographie à longue pose.
- À. Plateau adapté par boulons sur la lunette et supportant les appareils photographiques, changeables à volonté; B. Ecran obturateur rotatif, manœuvré par la tige à molette b, à portée de la main; G. Seconde lunette guide, permettant de conduire la grande lorsque celle-ci est utilisée photographiquement avec une chambre noire adaptée à l’oculaire; D. Oculaire à prisme; M. Mouvement à vis tangente commandé par la manette à main ; L. Petite lampe électrique alimentée par une pile sèche, et suivant tous les mouvements de l’instrument en dessous duquel elle reste toujours suspendue; enfermée dans un cône opaque, elle n’éclaire que le cahier de notes, et est utilisée en baladeuse pour les diverses manipulations instrumentales.
- Voici à quels éléments essentiels peut être réduite une installation excellente à tous égards. Comme on le voit sur la figure 3, la monture équatoriale qu’elle repré-
- Fig. 4. — Photographies de la planète Jupiter,
- Obtenues avec une lunette de 95 mm d’objectif et des temps de pose respectifs de 20, 25 et 15 secondes. (Phot. Rudaux, agrandies trois fois.)
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- Fig. 5. — La Voie lactée avec la nébuleuse “ America ” au nord de a Cygne.
- Photo obtenue avec un objectif de portrait de 3,5 cm d'ouverture et une pose de deux heures, conduite à la main. (Photo L. Rudaux.)
- sente ne comporte sur les axes que les organes du mouvement horaire, commandé par une manette tournée à la main, et les vis de calage de la lunette avec rappels permettant de rectifier le pointage.
- Lorsque, en dehors des observations visuelles, la lunette est utilisée photographiquement (comme il est dit plus haut) avec une chambre adaptée à l’oculaire, on se sert alors comme viseur d’une seconde lunette qui y est adaptée parallèlement, et permet ainsi de suivre le mouvement diurne avec sûreté, s’il s’agit d’une pose appréciable.
- Cet instrument secondaire n’a pas besoin de posséder des qualités optiques irréprochables; on ne lui demande que de pouvoir supporter un fort oculaire à réticule grossissant au moins 100 fois, ce qui permet une
- grande précision de visée. La pratique permet de suivre (à l’aide de la manette) d’une façon assez rigoureuse pour obtenir avec la grande lunette des images focales agrandies réclamant des poses notables. Les photos de Jupiter (fig. 4) en sont un exemple, encore que leur qualité même ne se prête guère aux exigences de la reproduction typographique.
- Mais pour une bonne réussite un accessoire est indispensable. La position de l’observateur photographe a une importance capitale : pour la sûreté de ses mouvements il doit chercher à éviter la crispation qui exagère la fatigue.
- A cet effet, on retirera un avantage inappréciable de l’usage d’un oculaire à prisme permettant, en lui donnant l’orientation appropriée à la direction de l’instrument, de regarder commodément dans une 'position normale, ou même accoudée (comme lorsqu’on observe dans un microscope sur une table).
- Ainsi on évitera des postures dignes de figurer parmi les supplices chinois!... et que l’on aurait quelque peine à supporter lorsqu’il s’agit de poses prolongées pendant une heure ou deux.
- Dans ce dernier cas, il s’agit principalement de photographies à prendre avec un appareil ordinaire muni d’un objectif aussi lumineux que possible, et adapté sur la grande lunette qui sert alors de guide.
- Ces photographies à grand champ, embrassant des régions très étendues du ciel, révèlent aisément les merveilleuses richesses des profondeurs sidérales. La figure 5, qui en est un exemple, montre que point n’est besoin d’appareils extraordinaires : elle a été obtenue avec le simple objectif à portraits d’une lanterne de projection.
- On voit par là qu’une installation même modeste permet d’obtenir des résultats très satisfaisants.
- Lucien Rudaux.
- L’ÉVOLUTION DE LA TECHNIQUE DU BÂTIMENT
- Dans une construction à usage d’habitation ou de bureaux administratifs ou commerciaux on trouve ces trois éléments : les éléments portants (murs, planchers, piliers, charpente), lesquels, par conséquent, doivent être résistants, puisqu’ils sont appelés à supporter tous les efforts mécaniques, poids propre et surcharge, pression du vent; les éléments du remplissage (parois, cloisons, parquets, couverture), lesquels doivent être fabriqués et mis en œuvre de telle sorte qu’ils s’opposent parfaitement aux agents atmosphériques, chaleur,
- froid, humidité tellurique; enfin, les éléments accessoires qui complètent l’ensemble (revêtements décoratifs ou de protection, conduits de fumée, tuyaux de descente, etc.).
- Cette classification est certes simple, mais elle a ce grand mérite de montrer comment rationnellement et économiquement doivent être construits les immeubles énumérés plus haut.
- Qu’elle soit faite de matériaux naturels (pierres tendres, granit, etc.), ou de matériaux artificiels (briques d’argile, silico-calcaires, agglomérés de mâchefer,
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- ciment, etc.), la maçonnerie est l’élément portant le plus répandu, mais plutôt pour les parties de la bâtisse devant supporter des charges verticales, c’est-à-dire de compression (murs, piliers, etc.). Pour celles devant supporter des charges horizontales, voilà longtemps que l’on ne fait plus usage de voûtes ou de doubleaux, sauf dans la construction de grands édifices publics; on a donc substitué, à la maçonnerie, le bois sous forme soit de poutres ou de solives (planchers), soit de fermes (couverture), d’abord parce qu’il se travaille facilement, ensuite parce qu’il résiste merveilleusement à tous les genres d’efforts : compression, flexion, choc.
- Toutefois, cette utilisation est limitée par la portée des ouvrages; pour peu que celle-ci soit un peu forte, il est alors quasiment impossible de se procurer les sections et longueurs de bois nécessaires. De plus, depuis la guerre — et sans doute pour bien des années encore — le bois est extrêmement cher et pèse lourdement sur notre change. On commence donc à l’employer de moins en moins dans la construction des planchers, en attendant qu’il en soit de même pour les fermes de couverture, ce à quoi on ne perdra pas beaucoup, attendu que c’est
- ' 1 ............= ÏO 9 =
- le plus souvent à coup de pointes et de boulons que nos charpentiers actuels établissent celles-ci. On peut donc dire que, dans un avenir prochain, le bois ne sera guère employé que pour des constructions provisoires, bungalows et petits chalets de plage.
- Quant au fer ou à l’acier, la pratique a montré que, si le « pan de fer » permettait de construire rapidement, il était un peu trop léger, et insuffisamment protégé des intempéries, par des parois trop minces. Certes on peut atténuer les défauts en augmentant les sections des profilés, c’est-à-dire l’inertie; mais alors l’avantage économique de ce dispositif disparaît et fait qu’il ne saurait convenir que pour des immeubles d’une certaine importance.
- Reste le béton de ciment armé. On sait qu’au point de vue conception d’un ouvrage ce dernier, résultat de la combinaison du métal et du béton ordinaire, permet de réaliser tous les aspects intermédiaires entre la gracilité du métal et la puissance massive de la pierre. Mieux qu’un autre matériau, il se prête à l’adaptation des résistances aux formes, quelles qu’elles soient, en sorte qu’on peut presque dire que toutes sont réalisables.
- Fig'. 1. — Ossature métallique de l’immeuble de la Coopérative de la Banque de France, à Paris. (Entreprise Baudet-Donnn-Koussel.) Photo Chevojon.
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- Fig. 2. — Ossature en béton armé du siège central de la Banque Nationale de Crédit, boulevard Haussmann, à Paris.
- fEntreprise Sainrapt et Brice.) Photo Harand.
- Au point de vue architectural, cela a son importance, car on arrive à le rendre agréable à l’œil en le revêtant d’enduits spéciaux imitant la pierre, de carreaux céramiques ou de grès flammé, ou encore de blocs décoratifs en pierre reconstitués et moulés d’avance.
- Au point de vue exécution, la nature des matériaux qu’il nécessite et qui se trouvent sur place à peu près partout permet de commencer le travail sitôt la construction décidée. Et, dans les autres cas, le faible poids unitaire des matériaux à employer en permet aisément le transport et l’amenée sur le chantier.
- Au point de vue durée, le béton armé résiste très bien à l’action de l’eau et de l’air humide; le métal y est à l’abri de toute oxydation et à l’encontre des constructions métalliques n’a pas à craindre gaz et vapeurs.
- Les vibrations ne l’influencent pas ni dans l’adhérence du béton au métal ni dans la constitution de ce dernier, en raison même de la grande masse continue et monoli-
- thique qu’il présente et de la raideur qu’ont tous les ouvrages bien conçus. Incontestablement, il est, au point de vue incendie, supérieur à tous les autres genres de construction. Et à l’encontre encore des constructions métalliques, où les ruptures sont brusques et les déformations qui les précèdent pas suffisamment apparentes pour qu’on puisse s’en apercevoir à temps, les déformations dans le béton armé, très faibles tant que la limite d’élasticité n’est pas dépassée, prennent au delà de cette limite des proportions telles qu’il est impossible de ne pas les apercevoir à temps pour prendre les mesures de sécurité et de conservation nécessaires.
- Très employé déjà, le béton armé est appelé à l’être encore davantage, maintenant que l’on possède des superciments et des ciments fondus dont le durcissement rapide permet de réduire notablement la durée du coffrage, tout en obtenant une résistance bien supérieure à celle imposée par la circulaire ministérielle de 1906.
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- Ce n’est pas seulement —- pour le cas qui nous occupe — comme semelle de fondation, pieux, poteaux, colonnes, linteaux, qu’il est utilisé, mais également comme plancher sous forme soit d’une dalle pleine uniforme, soit d’une dalle nervurée, soit encore d’un hourdis caissonné entre poutrelles, forme qui est appelée à se généraliser parce que d’une exécution plus facile, et aussi parce qu’elle assourdit mieux le plancher.
- L’ossature étant réalisée, restent les murs et les cloisons.
- Dès lors que les premiers n’ont pas à opposer une grande résistance mécanique, il ne s’agit plus que d’un simple remplissage, d’où économie d’argent et de terrain.
- Toutefois, ce remplissage, comme il est dit plus haut, doit être parfaitement étanche à l’eau et aussi mauvais conducteur que possible de la chaleur.
- Les produits pouvant constituer ce remplissage sont, à l’heure actuelle, fort nombreux. La pratique ne les a pas tous révélés parfaits; beaucoup trop sont, en effet, assez poreux et malgré leurs vides se laissent assez facilement pénétrer par l’eau, surtout sur les faces exposées à la pluie.
- Le dispositif comportant deux parements différents (l’un à l’extérieur, à base de ciment ou de chaux, l’autre à l’intérieur, à base de plâtre), seulement reliés entre eux par des clefs en argile cuite ou par des entretoises ou crampons métalliques galvanisés, est de nature à éviter cet inconvénient.
- Bien entendu, les briques d’argile ou silico-calcaires conviennent toujours pour ce rôle, d’autant qu’il est parfaitement possible de les appareiller, même en laissant un vide intérieur.
- En ce qui concerne les cloisons, briques creuses d’argile, carreaux de plâtre ou de mâchefer peuvent être avantageusement utilisés.
- Sont nombreux également les produits employés comme éléments accessoires.
- Pour la couverture, le zinc, la tuile mécanique, l’ardoise sont en certains cas avantageusement remplacés par des panneaux ou des ardoises en béton de ciment et amiante.
- Il n’est pas douteux que, lorsque la charpente en béton armé sera d’un emploi courant, il en sera de même des grandes tuiles en béton armé que l’on ne voit encore que sur des constructions industrielles.
- Pour la protection extérieure des murs, en plus du classique enduit du mortier de chaux hydraulique ou de ciment, ou encore de mortier bâtard, existent bon nombre d’enduits plastiques en ciment-pierre, lesquels, indépendamment de leur grande résistance aux agents atmosphériques, sont complètement imperméables, ce qui permet entre autre de supprimer les recouvrements en zinc dans toutes les saillies, quel qu’en soit l’avancement.
- On peut aussi employer, si la question économique n’est pas en jeu, des placages de pierre en panneaux minces.
- Gomme revêtement intérieur de murs et de cloisons, laissant de côté toute question de décoration, les pro-
- duits le plus couramment employés sont le plâtre et les stucs.
- Quant aux sols, ils sont représentés par des parquets en bois, par des carrelages en ciment comprimé ou en grès cérame, par des parquets sans joints où entrent des ciments magnésiens, ce qui les rend très hygiéniques comme aussi moins durs et moins froids que les autres dallages en ciment ordinaire.
- Ce qui précède permet de conclure, avec M. Brice, ingénieur, spécialiste du béton armé!1), que l’immeuble destiné à l’habitation doit se concevoir ainsi :
- a) Une carcasse en béton armé comprenant des planchers également en béton armé dont les charges seront transmises par des poteaux ou colonnes aux fondations, cette ossature générale formant avec la superstructure un ensemble rationnel ;
- b) Un remplissage des façades en matériaux formant isolant thermique et protégés de l’eau par un parement ou revêtement étanche, et des cloisons en matériaux légers permettant, si besoin est, de modifier sans trop de frais la distribution intérieure.
- M. Bousquet.
- 1. Brice, ingénieur : « Les matériaux de construction et la technique du bâtiment ». Revue l’Action industrielle et commerciale, mars 1928.
- Fig. 3. — Immeubles en béton armé à usage d’habitation et d’ateliers pour artistes, rue Schœlcker, à Paris.
- M. Gaultier architecte.
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- E= INITIATION BIOLOGIQUE!1) ~
- LES CORRÉLATIONS ENTRE LES CELLULES (&««.)
- LES CORRÉLATIONS NERVEUSES
- Mes derniers articles ont eu pour objet l’étude des corrélations chimiques qu’assurent dans l’organisme, ou bien des substances nutritives, ou bien ces sortes d’agents de liaison, de « messagers », qu’on nomme les hormones. On a pu ainsi se rendre compte que notre milieu intérieur est constamment parcouru par des substances variées, que l’on connaît par leur nature, ou seulement par leurs effets, et grâce auxquelles une étroite solidarité est maintenue entre nos tissus et nos organes.
- Mais cette solidarité ne dépend pas exclusivement de facteurs chimiques. D’autres encore interviennent dans le même sens et, parmi eux, une place prépondérante appartient au système nerveux. Les nécessités d’un exposé tel que celui qu’on a sous les yeux impliquent des divisions qui, comme rançon de leur clarté, présentent un certain artifice. Mais — j’ai déjà insisté sur ce point — les divers agents des corrélations organiques, qu’il me faut envisager séparément, travaillent en réalité de conserve, et le domaine des interactions humorales ne saurait que fort arbitrairement être séparé du domaine des interactions nerveuses. Les agents de transmission certes sont distincts. Mais le plus souvent ils combine nt eurs effets dans un enchevêtrement complexe de phénomènes simultanés.
- 1. Voir La Nature, nos 2777, 2783 et précédents.
- Fig. 1. — Etapes du développement phylogénique du système nerveux et des corrélations nerveuses. (D'après Prenant et Bouin.)
- A. Cellules sensibles c. s. disséminées parmi les éléments de l’épiderme; B. Les cellules sensibles c. s. s’articulent dans la profondeur avec des cellules motrices c. n.; C. Les cellules motrices c. n. sont groupées dans un centre nerveux, d’où partent les fibres nerveuses destinées aux muscles m. ; D et E. Les cellules sensibles se groupent en placodes et deviennent des cellules sensorielles c. s., dont certaines émigrent dans la profondeur pour constituer des ganglions. Les éléments de ceux-ci, c. s. g., se mettent en rapport au niveau de l’épiderme, avec des cellules sensorielles accessoires c.s.a., ou avec des corpuscules sensibles c. o. s. En E, on voit s’intercaler, entre la cellule sensorielle c. s. g. et la cellule motrice c. n. m., une cellule d’association c. n. c.
- Si du reste l’on se proposait de tenir compte, dans un plan d’étude, des progrès acquis au cours de l’évolution des espèces, c’est aux corrélations nerveuses, semble-t-il, qu’il conviendrait d’accorder la priorité sur les corrélations humorales. Certes, les influences d’ordre chimique interviennent dans la série animale entière, comme sans doute aussi chez les végétaux eux-mêmes. Mais on voit leur perfectionnement assez tardivement acquis. Les hormones existent vraisemblablement chez les Invertébrés. En tout cas, on possède sur leur compte des renseignements fort imparfaits. 11 n’y a pas, dans cet embranchement, de glandes endocrines hormoniques qui correspondent à la thyroïde, aux surrénales, à l’hypophyse, etc... des Vertébrés. Leur absence ne nous autorise certes pas à conclure que des hormones, comparables à celles de ces organes, ne sont pas sécrétées par des tissus, ou des glandes, encore inconnus. Pourtant, dans le doute, nous sommes en droit de penser que, là où manquent des glandes à sécrétion interne hautement différenciées, le système nerveux, qui ne fait jamais défaut, joue un rôle prédominant dans les corrélations entre les différentes parties de l’organisme. Ce rôle ne fait que s’accuser et se compliquer au cours de l’évolution phylogénique. Aussi est-ce en parcourant d’une allure rapide les grandes étapes de cette dernière que nous saisirons le mieux les éléments du problème.
- Chez les Invertébrés les plus inférieurs, comme les Hydroméduses, le système nerveux se réduit à des cellules isolées et disséminées parmi celles du revêtement superficiel de l’organisme, c’est-à-dire de l’épiderme d’où elles dérivent ; ee sont les cellules sensibles en qui s’est ensemble exaltée et spécialisée l’irritabilité confuse que toute cellule vivante détient en apanage. Dans la profondeur, les expansions de ces éléments atteignent des fibrilles musculaires dont ils mettent en jeu la contraction. De la sorte, une excitation qui frappe la surface du corps en un point déterminé provoque immédiatement et localement une réaction motrice (fig. 1, A).
- S’élève-t-on quelque peu dans la série zoologique, on assiste à un perfectionnement de ce système nerveux rudimentaire, comme c’est le cas, par exemple, chez certains Vers. Là, une division du travail déjà s’institue. Des cellules nerveuses conservent bien l’état de cellules sensibles, sises à la périphérie, au sein de l’épiderme. Mais d’autres, qui restent en connexion avec les précédentes, émigrent vers la profondeur et vont procéder à l’innervation des muscles : ce sont les cellules nerveuses motrices ou neurones moteurs (fig. 1, B).
- A ce stade de l’évolution, une excitation locale ne peut encore entraîner qu’une réaction au même point. Mais il ne tarde plus à s’accomplir, chez des êtres d’organisation plus élevée comme les Vers supérieurs, un progrès d(une importance capitale. Une cellule nerveuse de signification nouvelle fait son apparition, que l’on
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- Fig. '2. — Schéma général de l’origine, de la distribution et des rapports du système sympathique et du système parasympathique ou pneumogastrique. (D’après Meyer und Gottlieb, Pkarmakologie, un peu modifié.)
- Les nerfs sympathiques sont figurés en traits pointillés ; les nerfs cérébro-spinaux (pneumogastrique) en traits pleins.
- appelle le neurone d’association. Les éléments de ce type se caractérisent par leurs relations avec les autres neurones. D’une part, par certains de leurs prolongements protoplasmiques (dendrites), ils s’articulent avec une ou plusieurs cellules sensibles. D’autre part, grâce à leur prolongement cylindraxile, ou axone, ils vont se mettre en rapport avec une ou plusieurs cellules motrices (fig. 1, E). En d’autres termes, le neurone d’association s’interpose entre les agents de'réception des excitations et les agents d’exécution de la réaction motrice.
- Le perfectionnement essentiel qui marque cette étape réside dans le fait qu’une excitation locale devient désormais apte à provoquer une réponse, non seulement au niveau du territoire qu’elle atteint, mais encore en des régions qui peuvent en être éloignées. L’organisme entier est ainsi capable de réagir, en pleine coordination de ses différentes parties, à une stimulation extérieure.
- C’est là — si toutefois il est permis de tenir un langage aussi téléologique — un( avantage primordial dans la lutte pour la vie, puisqu’il confère aux animaux des possibilités de mouvements plus étendus, plus souples et, avant tout, combinés et adaptés.
- La phylogenèse enregistre plus tard un progrès nouveau. D’abord isolés, les différents neurones se répartissent dans des centres localisés.
- C’est ainsi que les cellules sensibles se groupent en certaines zones pour former ce qu’on nomme des « placodes », ébauches d’organes des sens, où elles se vouent à la perception élective d’excitations définies. De l’état de « cellules sensibles», ces éléments sont passés à celui de « cellules sensorielles ». Quant aux neurones d’association et aux neurones moteurs, ils se rassemblent dans la profondeur pour former des ganglions que relient les uns aux autres des nerfs, nés de l’union des fibres issues des cellules (fig. 1, C, D).
- A ce stade de l’évolution, toute excitation entraîne une réaction immédiate de l’organisme, qu’elle reste localisée, ou qu’elle se montre plus ou moins étendue, voire généralisée, suivant son siège, sa durée, son intensité.
- Mais voici qu’au delà d’une telle étape, un changement essentiel va encore se manifester, comme on le constate déjà chez des Invertébrés tels que les Insectes. Certains neurones moteurs, au lieu de déclencher sans délai la réponse à une stimulation extérieure, acquièrent ou manifestent la propriété de l’emmagasiner en quelque sorte, de manière à n’extérioriser ses effets qu’ultérieurement, soit sous 1 influence d’une stimulation nouvelle, soit même spontanément. Ainsi, des cellules nerveuses deviennent capables de conserver, pour ainsi dire, l’empreinte d’une excitation déterminée. On se rend compte qu’il y a, dans ce perfectionnement, comme l’apparition d’une ébauche de la mémoire, tout au moins d’une mémoire •organique, élémentaire. On appelle neurone psychomoteur la cellule promue à cette fonction supérieure.
- L’organisme qui la détient n’est plus, dès lors, un automate, dont tous les mouvements sont subordonnés d’une manière étroite aux actions de l’ambiance, et leur succèdent instantanément. Une réaction donnée est-elle utile à l’organisme? Elle pourra se trouver mise enjeu et renouvelée spontanément. Un choix devient possible entre des réponses à des influences simultanées. Et si l’hérédité transmet et conserve le patrimoine des « souvenirs » enregistrés par les neurones psycho-moteurs, on comprend que l’être ainsi doté jouira d’une véritable indépendance par rapport aux forces naturelles. Il manifestera de Y instinct.
- Aussi bien, en m’étendant sur les ultimes progrès ainsi réalisés au sommet de l’échelle zoologique, sortirais-je du cadre de cette chronique et dépasserais-je le domaine
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- des notions utiles à la compréhension des liaisons nerveuses.
- Ce qu’il importe, en revanche, de bien savoir encore, au seuil de leur étude, c’est que, chez les Vertébrés, les agents de ces corrélations se rangent parmi deux systèmes distincts de neurones.
- L’un est le système cérébro-spinal, ainsi dénommé parce que ses centres font partie de l’axe nerveux constitué par le cerveau, ou plus exactement l’encéphale avec ses diverses parties (cerveau, cervelet, bulbe, etc...), et par la moelle épinière. Les nerfs qui aboutissent à ce système, ou nerfs sensitifs, tirent leur origine des cellules nerveuses sensorielles dépendant des organes des sens, et ces cellules elles-mêmes ont leur siège dans les ganglions cérébro-spinaux, répartis le
- Fig. 3. — Schéma de l’arc réflexe simple.
- (D’après Arthus, Précis de Physiologie.)
- a, épiderme; b, fibre sensible (branche périphérique de la cellule sensorielle ganglionnaire située en c); c, racine sensitive de la moelle épinière et ganglion cérébro-spinal; d, racine motrice; c, fibre motrice émanée de la cellule motrice sise dans la corne antérieure de la moelle; /) fibre musculaire.
- long de l’axe cérébro-spinal. Quant aux nerfs qui en partent, ou nerfs moteurs, ils sont destinés, soit à la musculature générale du tronc et des membres, soit, comme le nerf pneumogastrique, aux viscères thoraciques et abdominaux.
- L’autre est le système sympathique. Il est représenté par une série de ganglions (les ganglions sympathiques), qui s’étagent, eux aussi, de part et d’autre de la moelle. Les cellules nerveuses qui les composent engendrent des fibres qui, réunies en nerfs sympathiques ou jointes à celles des nerfs cérébro-spinaux, vont innerver les muscles lisses de la peau, des vaisseaux, des viscères, ou bien encore les cellules des organes glandulaires.
- Le système cérébro-spinal et le système sympathique nouent d’ailleurs, l’un avec l’autre, d’étroites connexions. Certains neurones du premier envoient leurs fibres dans
- les ganglions sympathiques où elles se mettent en relations avec les cellules nerveuses qui y prennent place
- (Üg-2)\
- Ce qui les fait classiquement distinguer l’un de l’autre, c’est que le système sympathique fonctionne d’une manière indépendante de la volonté. Son activité s’exerce d’une manière autonome. Elle a pour objet le contrôle de la vie végétative, c’est-à-dire le jeu des organes en général. Le système cérébro-spinal en revanche obéit à la volonté. Pourtant cette opposition n’a pas de valeur absolue. Parmi les nerfs crâniens, qu’on nomme ainsi parce qu’ils naissent de l’encéphale ou s’y rendent, il en est un, le pneumogastrique ou nerf vague, qui, comme les nerfs sympathiques, se rend à la musculature ou aux glandes viscérales (cœur, divers segments du tube digestif, etc...) et qui, comme eux, soustrait son action à la volonté. Cette action se montre d’ailleurs antagoniste de celle qu’exercent les nerfs sympathiques distribués aux mêmes organes, et c’est pourquoi l’on oppose au système sympathique le système dit « parasympathique », représenté justement par le nerf vague et ses branches (fig. 2).
- Ces notions préliminaires m’ont paru constituer la base indispensable qui permît d’aborder le fond même de cette étude.
- Il s’agit maintenant pour nous d’élucider le rôle, dans les corrélations organiques, de ce complexe de voies nerveuses dont j’ai tenté de décrire, en un rapide aperçu, la progressive évolution et l’état final chez les êtres les plus perfectionnés.
- Or, qu’on se reporte à l’esquisse de phylogenèse qui a été tracée au début de ces lignes : elle nous permettra de saisir aisément l’essence même des processus de corrélations nerveuses.
- Il suffira ensuite d’étendre le phénomène élémentaire ainsi noté à l’ensemble du réseau nerveux pour comprendre ses multiples formes.
- L’énoncé phylogénique dont il s’est agi nous a enseigné que, dès l’origine, grâce aux rapports noués entre un neurone sensitif et un neurone moteur, toute excitation est susceptible de déclencher une réaction.
- Précisément, chez les animaux supérieurs tout un ordre de corrélations nerveuses continuent de répondre, somme toute, à ce schéma : ce sont les réflexes. Ils représentent les manifestations les plus simples de l’activité nerveuse, dont ils sont les agents fondamentaux. L’ « arc réflexe » met essentiellement en jeu une cellule nerveuse sensorielle, ou sensible, qui recueille une stimulation déterminée, et une cellule motrice, avec laquelle elle s’articule, et qui va instantanément porter soit à un muscle un ordre de réaction motrice, soit à un organe un ordre de réaction fonctionnelle. Le point de départ d’un tel arc réflexe peut résider en la périphérie du corps, en relation avec les influences du milieu, ou bien au niveau des divers organes. Dans tous les cas, elle est recueillie par une fibre sensible appartenant à un neurone cérébro-spinal, car on dénie au système sympathique la propriété de détenir des éléments sensibles. Quant au corps de la cellule sensible elle-même, il se localise, ou bien à la surface du corps (organe olfactif),
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- ou bien, plus souvent, dans les ganglions cérébro-spinaux.
- Née en quelque point que ce soit, l’excitation, par l’intermédiaire de ces éléments, est ensuite transmise à une cellule motrice renfermée dans un centre nerveux : centre du système cérébro-spinal contenu dans l’encéphale ou la moelle épinière, ou bien ganglion sympathique. Immédiatement, le neurone moteur déclenche une « réponse » qui consiste soit en une contraction musculaire, soit en une forme de l’activité fonctionnelle d’un organe (fig. 3).
- Telle est la conception la plus simple qu’on puisse se faire de l’arc réflexe élémentaire. Mais les phénomènes apparaissent, en général, plus complexes et un nouveau regard jeté sur l’esquisse phylogénique qui a précédé nous aidera, une fois encore, à comprendre leur complication.
- Nous avons pu, en effet, constater qu’au cours de l’évolution, des cellules dites « d’association » s’interposent entre les cellules qui enregistrent et celles qui exécutent. De tels éléments peuvent s’intercaler non seulement entre des neurones sensitifs et moteurs voisins, mais encore entre des neurones sensitifs et moteurs ou des groupes de tels neurones éloignés les uns des autres. On conçoit ainsi qu’une stimulation, qui atteint un point localisé, soit à même de déclencher la réaction combinée de masses musculaires importantes ou le fonctionnement simultané de plusieurs organes. On comprend aussi que divers centres nerveux puissent entrer en activité d’une manière parfaitement synergique (fig. 4).
- L’acte réflexe, l’association interneuronale, tels sont, en définitive, les moyens de corrélations nerveuses que l’organisme met en œuvre.
- Il ne nous reste plus, désormais, qu’à donner à ces notions théoriques l’appui d’exemples concrets. Je ne saurais les multiplier, ni les développer d’une manière complète, sans déborder outre mesure le cadre de cette étude. Je me propose seulement de faire, parmi les manifestations innombrables des corrélations nerveuses, le choix de quelques-unes d’entre elles, de manière à donner une idée de l’importance et l’étendue de leur rôle.
- Pour arriver à ce but, je distinguerai successivement, parmi les corrélations nerveuses, celles qui se traduisent par des phénomènes de motricité, et celles qui aboutissent à des fonctionnements d’organes autres que les muscles.
- LES CORRÉLATIONS NERVEUSES A DÉTERMINATIONS MOTRICES
- Je me bornerai à citer quelques exemples importants de ce type de corrélations : la locomotion, la respiration, les phénomènes vaso-moteurs, la contraction cardiaque.
- La locomotion. — Chez les Mammifères, la locomotion résulte du jeu simultané et harmonieux des muscles qui mettent les membres en action. Or cette simultanéité et cette harmonie sont précisément sous la dépendance des corrélations nerveuses. C’est la volonté qui met en jeu les phénomènes locomoteurs, qui les dirige et les oriente. Mais c’est un enchaînement automatique de réflexes échappant au contrôle volontaire qui assure leur exécution. Ne sait- on pas que la marche est susceptible
- de se poursuivre normalement quand l’attention s’attache exclusivement à un autre objet?
- Un animal privé de son cerveau continue, si on le pousse, à effectuer d'une manière bien coordonnée les mouvements nécessaires à la locomotion.
- C’est que les centresnerveux, préposés à ce rôle, et étagés dans la moelle épinière, se relient les uns aux autres au moyen de neurones d’association. De ces centres partent, groupées en nerfs, les fibres nerveuses qui se rendent aux muscles et leur portent les ordres de mouvement. L’activité de ces mêmes centres est, d’autre part, mise en jeu grâce à des incitations qui leur parviennent de la périphérie en empruntant la voie des nerfs sensitifs. Ainsi, le contact d’un membre inférieur avec le sol, le degré de contraction d’un muscle constituent autant de sources de renseignements qui parviennent aux centres moteurs et contrôlent leur fonctionnement.
- Il intervient, au surplus, tant dans la locomotion qu’en d’autres phénomènes de motricité, une particularité que le physiologiste anglais Sherrington a découverte et qu’on
- Fig. 4. — Schéma du réflexe composé. (D’après Van Gehuckten.)
- 1. Neurone sensoriel; 2. Articulation entre le neurone sensoriel et le neurone d’association; 3. Neurones moteurs articulés avec le neurone d’association.
- appelle T « inhibition réciproque ». Si, pour fixer les idées, nous considérons les mouvements de la jambe par rapport à la cuisse, nous constatons que, lors de la flexion de la jambe, la contraction des muscles fléchisseurs situés à la face postérieure de la cuisse, et grâce à quoi cette flexion s’opère, s’accompagne automatiquement du relâchement des
- Fig. 5. — Schéma de Vinnervation des,muscle* de la cuisse, en vue de la compréhension de l’ « inhibition réciproque ».
- (.D’après Starling, Physiology.)
- L. 3, L. 4, L. 5 : 3e, 4e et 5° racines lombaires S. 1 et S. 2: lre et 2e racines sacrées; N. Sc., nerf sciatique, innervant les muscles de la face-postérieure de la cuisse M. p.\ N. O, nerf crural, innervant les muscles de la face antérieure de la cuisse M. «; F, fémur; T, tibia.
- N- Sc.
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- muscles extenseurs, qui occupent la face antérieure. Ce résultat est obtenu grâce à une remarquable corrélation nerveuse : l’entrée en activité du centre qui commande aux muscles fléchisseurs entraîne l’inhibition de celui qui commande aux extenseurs, et réciproquement (fig. 5).
- Au total, il nous apparaît que le concours de réflexes et d’associations entre les centres nerveux, soit en vue d’un fonctionnement simultané, soit en vue d’une inhibition réciproque, réalise l’harmonie nécessaire pour l’exercice normal de la locomotion. La complexité et la variété de tels facteurs atteint son plus haut degré dans les réflexes dits de « posture » que le savant allemand Magnus a puissamment contribué à faire connaître.
- La respiration. — Je ne vise ici que les phénomènes mécaniques de la respiration, ceux qui se traduisent par l’ampliation rythmique de la cage thoracique et par l’introduction de l’air dans les poumons et son rejet.
- Ces phénomènes, eux aussi, consistent essentiellement en des contractions musculaires coordonnées, et c’est encore les corrélations nerveuses qui assurent leur synergie.
- Il existe, en effet, dans le bulbe (comme j’ai déjà eu
- l’occasion de le mentionner), au niveau du plancher du quatrième ventricule, un centre nerveux dit « centre respiratoire ». Ce centre représente en quelque sorte le poste de commandement auquel s’inféo -dent les divers centres moteurs des muscles du cou, du thorax, de l’abdomen , appelés à jouer un rôle dans l’inspiration et l’expiration. Il contrôle leur activité de manière qu’elle aboutisse à un ensemble régulier. Le fonctionnement du centre respiratoire lui-même dépend du jeu de certains réflexes, dont le point de départ réside dans la sensibilité des voies respiratoires ou du poumon, voire, comme l’ont enseigné de très récents travaux, du cœur et de l’aorte. On n’ignore pas qu’une irritation du larynx, que l’introduction d’une particule étrangère dans les bronches, qu’une lésion du poumon, provoquent la toux, qui n’est qu’une succession de contractions brusques et saccadées des muscles respiratoires. Ce n’est là que l’accentuation anormale de réflexes habituels, dont les voies centripètes sont représentées par les filets sensitifs du nerf pneumogastrique et les voies centrifirges en particulier par le nerf phrénique (fig. 6). Toutefois ces réflexes n’exercent qu’une influence secondaire sur
- le J eu du centre respiratoire, qui est essentiellement automatique, et soumis à une rythmicité régulière. Les nerfs sensibles dont je viens de parler ne font que lui apporter des éléments de contrôle et de modification relative. Ce qui la règle, c’est l’état du sang qui irrigue le bulbe. Quand l’indice pH du sang (qui exprime la teneur relative en ions hydrogène) vient à croître, ce qui se produit surtout dans les cas où l’acide carbonique qu’il renferme augmente en quantité, le centre respiratoire est excité. Il s’ensuit une précipitation des mouvements musculaires commandés par les centres subordonnés eux-mêmes au centre respiratoire. Grâce à ce jeu de corrélations, l’acide carbonique en excès dans le sang s’élimine à la faveur de l’accélération respiratoire.
- Sans insister davantage sur les facteurs de stimulation du centre bulbaire, nous avons pu nous rendre compte du rôle que les corrélations nerveuses occupent dans le mécanisme de la motricité respiratoire, et fournir en même temps un exemple du jeu simultané et coordonné de corrélations nerveuses et humorales.
- Les phénomènes vaso-moteurs. — Nous allons les retrouver à l'œuvre dans un nouveau domaine.
- Les gros troncs vasculaires qui partent du cœur (comme l’aorte) ont un calibre volumineux, et les variations de ce calibre dépendent avant tout des variations de la masse sanguine qui les remplit momentanément. Il n’en va pas de même des vaisseaux de moindre diamètre, préposés à l’irrigation des organes, des membres, du revêtement cutané. Grâce à la constitution de leur paroi, composée en partie de fibres musculaires lisses disposées en anneaux ou en bandes longitudinales, ils sont aptes à se dilater ou à se resserrer, de façon que la quantité de sang qui passe, en l’unité de temps, à travers la région considérée, soit plus ou moins abondante. Ces alternatives sont liées aux nécessités du fonctionnement même des organes; car, suivant l’intensité de leur travail physiologique, le régime de leur vascularisation varie considérablement. Or, le jeu d’ampliation ou de rétraction du calibre des vaisseaux dépend de l’action des nerfs dits « vaso-moteurs ». Les uns provoquent la contraction des fibres musculaires annulaires qui engainent le vaisseau considéré : ce sont les nerfs « vaso-constricteurs ». Les autres entraînent, au contraire, la dilatation du vaisseau : ce sont les nerfs « vaso-dilatateurs » (fig. 7 et8).
- Les fibres constitutives de ces nerfs tirent leur origine, soit de groupes de neurones qui occupent certains centres de l’axe cérébro-spinal, soit de cellules ganglionnaires sympathiques. Il faut d’ailleurs reconnaître que la topographie etl’identité exacte des nerfs vaso-moteurs, et surtout de leurs centres d’origine, sont loin d’être élucidées parfaitement à l’heure actuelle. Entre les centres eux-mêmes et la paroi musculaire des vaisseaux à laquelle aboutissent les fibres vaso-motrices, il existe des relais souvent mal connus.
- Peu importe d’ailleurs, du point de vue qui est le .nôtre. Ce qui nous intéresse, c’est qu’entre les divers centres vaso-moteurs d’une part et, d’autre part, entre ces centres et le reste de l’organisme il existe un remarquable système de corrélations. Grâce à lui telle modification vasculaire, tel changement du régime circu-
- Fig. 6.—Le centre respiratoire et ses connexions.
- (D’après Artkus, Physiologie.)
- cb, centre bulbaire; cm, centres médullaires d'origine des nerfs moteurs des muscles respiratoires; pn. g., nerf pneumogastrique; phr,, nerf phrénique ; T, trachée; P, P', poumons ; D, diaphragme. (Voir aussi fig. 2.)
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- latoire en un point peut, au lieu de rester à l’état de phénomène localisé, entraîner dans les régions voisines, voire dans tout l’organisme, des variations de l’apport sanguin en relation avec le processus initial. Lorsque, par exemple, la peau, sur une large étendue, est le siège d’une intense dilatation vasculaire ou, autrement dit, se congestionne, les organes internes s’appauvrissent en sang sous l'effet d’une vaso-constriction réactionnelle. La réciproque est vraie et c’est ce qui permet de comprendre que l’exposition à un froid intense soit susceptible d’entraîner la congestion des viscères, avec ses conséquences parfois néfastes.
- Dans l’exemple que je viens d’invoquer, c’est une excitation perçue par la sensibilité générale qui est le point de départ des phénomènes vaso-moteurs. Ce qui se passe répond en somme à la connaissance que nous avons des réflexes; c’est un réflexe vaso-moteur. En d’autres cas, les centres vaso-moteurs sont stimulés, comme nous avons vu que peut l’être le centre respiratoire, par des influences internes. Des substances toxiques, comme celtes qu’engendrent les microbes, ont la propriété d’exciter les centres vaso-dilatateurs, et d’entraîner ainsi une élévation de la température du corps; c’est là une des causes de la fièvre. La congestion d’un organe, l’hyperémie locale que suscite un fort travail musculaire déclenchent aussi le jeu des centres vaso-dilatateurs en général, d’où la production d’une vaso-dilatation étendue à la périphérie de l’organisme entier. Ce ne sont là que quelques types de corrélations vaso-motrices, choisis parmi les plus simples. Il en est bien d’autres. Dans tous les cas, il ressort de leur étude qu’elles ont pour base, au même titre que les autres corrélations nerveuses, la mise en jeu des réflexes, et des associations entre les divers centres cérébro-spinaux et sympathiques.
- La résultante de l’action combinée des nerfs vaso-constricteurs et vaso-dilatateurs dépend elle-même d’un ieu de corrélations fort intéressant. Selon l’ancienne conception de Dastre, on admettait que les fibres musculaires, dont la contraction assure le rétrécissement et le relâchement, la dilatation des vaisseaux, sont innervées grâce à des neurones eux-mêmes sous la dépendance de deux systèmes de fibres, constrictrices et dilatatrices : suivant la prédominance d’action des premières qui excitent, ou des secondes qui inhibent les neurones en cause, il se produit une vaso-constriction ou une vaso-dilatation (fig. 7J.
- Aujourd’hui on tend à rattacher ces phénomènes à cette « inhibition réciproque » dont j’ai déjà fait état à propos de la locomotion. Et l’on estime que les fibres musculaires des vaisseaux reçoivent à la fois des filets nerveux émanés de centres constricteurs et de centres dilatateurs. Si l’on suppose que les nerfs, destinés eux-mêmes à ces centres, se divisent en deux branches dont l'un se rend au centre constricteur, l'autre au centre dilatateur correspondant, de telle sorte que, lorsqu’ils fonctionnent, les constricteurs excitent le centre de même nom et simultanément inhibent le centre opposé, cependant que l'inverse a lieu pour les dilatateurs, on saisit aisément les règles d’harmonie^ qui dominent ce jeu combiné (fig. 8).
- Les mou -vements du cœur.— II apparaît logique , après avoir traité des réactions vaso- motrices, de mentionner les contractions cardiaques,avec quoi elles s’associent par un jeu de corrélations étroites et constantes.
- Les battements du cœur, grâce auxquels se réalise la propulsion du sang dans les vaisseaux, sont dus à une propriété inhérente au muscle cardiaque lui-même, d’un véritable automatisme, qui continue à se manifester plus ou moins longtemps, chez les Vertébrés inférieurs, si on excise le cœur et qu’isolé on le transporte dansunliquide où il puisse continuer de vivre. Mais la vitesse de sa contraction, dans l’organisme, est soumise au contrôle du système nerveux. De centres situés dans le bulbe partent soit des nerfs accélérateurs, qui suivent la voie des filets sympathiques, soit des nerfs modérateurs qui empruntent celle du nerf pneumogastrique (fig. 2). Ces centres reconnaissent des agents d’excitation de même ordre que les centres vasomoteurs : réflexes, de cause périphérique, ou directs, de cause interne.
- Il existe de plus, entre eux et les centres vasomoteurs, une remarquable synergie fonctionnelle assurée par le mécanisme des associations interneuronales. A des réactions vasculaires s’associent des modifications du rythme cardiaque, qui
- fig. 7. — Innervation vaso-motrice.
- (D’après Dastre.)
- VL, vaisseau, calibre moyen (combinaison d’une action modérée des nerfs constricteurs v. c. et dilatateurs v. d.); V2, forte vaso-constriction, déterminée par l’excitation des nerfs constricteurs ; V-, vaso-dilatation, provoquée par la section des nerfs vaso-constricteurs; V4, vaso-dilatation intense, provoquée par l’excitation des nerfs vaso-dilatateurs.
- Fig. 8. — Innervation vaso-motrice.
- (D’après Bayliss.)
- F. m., fibre musculaire d’un vaisseau; G. C., cellule nerveuse d’un centre vaso-constricteur ; G.D, cellule nerveuse d’un centre vasodilatateur; C, fibre émanée de C.C. et aboutissant au vaisseau ; D, fibre émanée de G. D ; F. c., fibre nerveuse vaso-constrictrice divisée en deux branches dont l’une, en b, excite la cellule nerveuse C. G. et l’autre, en d, inhibe la cellule C. D.; F. d., fibre nerveuse vaso-dilatatrice divisée en deux branches dont l’une, en a, inhibe la cellule C. G. et l’autre, en c, excite la cellule C.D.
- ,C.C.
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- mettent, somme toute, le débit du sang en harmonie avec le calibre des vaisseaux où il s’écoule.
- Là encore, le système nerveux apparaît comme l’agent essentiel et le maître de ces coordinations.
- LES CORRÉLATIONS NERVEUSES A DÉTERMINATIONS GLANDULAIRES
- Pour compléter l’idée d’ensemble que je tente de donner des corrélations nerveuses, je mepropose de dire quelques mots de celles qui aboutissent à mettre en jeu où à régler des fonctionnements d’organes autres que des muscles, à provoquer, par exemple, l’activité d’une glande.
- Un seul fait suffira à fixer nos idées et à illustrer cette catégorie des corrélations : l’influence du système nerveux sur l’activité des glandes salivaires, plus particulièrement de la glande sous-maxillaire.
- On sait que cet organe contribue à déverser dans la cavité buccale, par un conduit excréteur, un liquide appelé « salive », composé d’eau où sont dissous quelques sels, des ferments, delà mucine.
- Or l’excrétion de la salive peut être conditionnée par le système nerveux, grâce à la mise en jeu d’un réflexe: l’excitation de la muqueuse buccale, de la langue, par une substance « sapide » entraîne en effet une augmentation de l’écoulement de salive sous-maxilliaire dans la bouche.
- C’est qu’il existe un système de voies centripètes et de voies centrifuges qui atteignent la région bulbo-protu-bérantielle ou en partent. C’est là que se situent les centres d’origine des nerfs qui commandent la sécrétion salivaire. C’est là qu’aboutissent les filets sensitifs, et c’est de là que partent les filets sécrétoires. Les premiers appartiennent principalement aux nerfs lingual et glosso-pharyngien. Les deuxièmes sont renfermés, les uns dans le nerf facial (corde du tympan), les autres en des filets sympathiques issus du ganglion cervical supérieur (fig. 2).
- Parmi les nerfs dits « sécrétoires » il importe d’ailleurs d’opérer des distinctions. Ceux qui empruntent le trajet de la corde du tympan suscitent l’écoulement d’une salive fluide, pauvre en matières dissoutes, tandis que ceux que contiennent les nerfs sympathiques provoquent une sécrétion épaisse et visqueuse, riche en mucine ainsi qu’en ferments et en sels.
- Encore la corde du tympan ne renferme-t-elle pas seulement des filets nerveux sécréteurs. Elle amène, en outre, à la glande sous-maxillaire, des filets « vaso-dilatateurs » dont l’excitation intensifie la vascularisation de l’organe. De même, en dehors de ses filets sécréteurs, le sympathique distribue à la glande des filets « vaso-constricteurs ». Cela ne signifie pas que l’activité glandulaire déterminée par la corde du tympan s’accompagne nécessairement de Taso-dilatation, et celle suscitée par le sympathique, de -vaso-constriction : en réalité les filets vaso-moteurs sont physiologiquement indépendants des autres, et l’augmentation de l’irrigation sanguine concorde normalement avec celle de l’activité glandulaire.
- En somme, le fonctionnement de la glande sous-maxillaire se))montre étroitement dépendant du système nerveux.
- C’est lui qui recueille les stimulations auxquelles l’écoulement de la salive dans la cavité buccale sera la réponse physiologique, et qui porte aux centres nerveux l’influx chargé de susciter les ordres de sécrétion.
- Suivant que ces messages empruntent la voie de tels ou tels nerfs, la salive déversée peut présenter des qualités diverses, en rapport elle-même avec la nature de l’excitation.
- Il importe, au reste, de savoir que les centres de la sécrétion salivaire, tout comme ceux que nous avons vus à l’œuvre jusqu’ici, se trouvent parfois soumis à des influences, non d’ordre réflexe, mais internes, indépendantes des excitations extérieures. Entre eux et certaines zones du cerveau, par exemple, existent des connexions telles que l’aspect seul d’un mets, voire la simple évocation d’une sensation guslative passée, a le pouvoir d’agir comme fait la sensation directe, et de déclencher une salivation qui reconnaît alors une origine psychique. Cette corrélation met en jeu un réseau assez complexe de voies nerveuses. La stimulation originelle peut dépendre de la vue d’un objet. Transmise par l’œil au cerveau, elle atteint ensuite, au moyen de divers relais, les centres salivaires.
- L’exemple qui précède suffit à établir suivant quels principes le système nerveux intervient pour assurer la liaison entre l’activité d’un organe et les agents susceptibles de la mettre en jeu, pour réaliser, en d’autres termes, 1 harmonie entre cette activité et celle de l’organisme en général. Eussions-nous considéré le fonctionnement du pancréas, des glandes endocrines, etc., nous aurions recueilli, d’un point de vue général, des documents similaires. Partout, c’est le jeu de certains réflexes, d’associations entre les centres nerveux, que l’on voit à la base de tels phénomènes.
- Comme j’avais eu déjà à le noter, les corrélations nerveuses ne représentent qu’un des procédés mis en œuvre pour assurer le jeu simultané, coordonné, harmonieux des divesrs etiviactés organiques. Nous avions déjà appris à connaître les corrélations régies par des facteurs chimiques. Que l’on n’aille pas voir en celles-ci et en celles-là des phénomènes indépendants, qui ne se manifestent qu’en des territoires différents ou à des moments distincts. Les séparer en vue d’une étude est une obligation didactique. Mais, avant de clore cette étude, il importe de répéter que les deux domaines s’interpénétrent, que les facteurs humoraux ne laissent pas d’agir par l’intermédiaire du système nerveux ou réciproquement, et que l’intervention combinée, simultanée des uns et des autres est, en somme, la règle.
- Ce n’est pas ici la place de m’étendre sur les nouveaux problèmes, d’ailleurs obscurs encore, que soulève une telle solidarité. J’avais le dessein de montrer par quels moyens les rouages de cette machine extraordinairement complexe qu’est l’organisme arrivent à fonctionner avec un rigoureux et indéfectible ensemble. Je ne pouvais que m’en tenir aux points de vue les plus généraux.
- Dr Max Aron,
- Professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
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- L’ELECTRO-AIMANT LE PLUS PUISSANT DU MONDE
- L’ÉLECTRO-AIMANT DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES
- M. Cotton vient d’annoncer à l’Académie que le grand Electro-aimant qu’il a fait construire pour elle, grâce à des fonds provenant de la souscription nationale de la Journée Pasteur, vient d’être terminé ; on vient de l’installer à la place qui lui était réservée à Bellevue à
- polaires de cet instrument, pièces de forme tronconique, pouvaient être travaillées au tour d’une façon parfaite de façon à satisfaire le géomètre le plus exigeant, et si le diamètre et la distance des facettes terminales limitant l’entrefer utile pouvaient être réduits indéfiniment,
- Fig. 1.
- Le grand électro-aimant de l’Académie des Sciences installé a l'Office National des Recherches et Inventions à Bellevue.
- Cet instrument, le plus puissant du monde, pèse 120 tonnes.
- l’Office National des Recherches Scientifiques et Industrielles et des Inventions, dirigé par M. J.-L. Breton.
- A QUOI SERVIRA L'ÉLECTRO-AIMANT ?
- Les physiciens se servent constamment dans leurs recherches de champs magnétiques, il leur faut des champs intenses, mesurés par un grand nombre de gauss, mais cela ne leur suffit pas, il faut encore que l’espace où ce champ est utilisé, Y entrefer de l’électro-aimant, soit aussi étendu que possible. Si les pièces
- n’importe quel instrument, même tout petit, donnerai des champs qui croîtraient sans limite. La question s souvent posée : « Quel champ donne votre électro aimant? » ne peut recevoir de réponse que si on précis en même temps les dimensions de l’entrefer. Pratique ment, les tout petits entrefers ne peuvent jamais servir Non seulement il faut de la place pour loger les appa reils qu'on doit utiliser dans le champ magnétique, mai dans beaucoup de recherches la grandeur même de phénomènes qu’on étudie dépend directement des dimer sions de ce champ. C’est en vue de telles recherches
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- Fig. 2. — Une des bobines du grand électro-aimant arrivant à l’Office National
- à Bellevue.
- par exemple de celles où l’on étudie l’action du champ magnétique sur les propriétés optiques des milieux transparents, que le grand électro-aimant a été construit; son but apparaît ainsi nettement distinct de celui que M. Kapitza s’est proposé à Cambridge.
- Voici quelques-unes des recherches de science pure auxquelles l’emploi de ce puissant instrument pourra apporter de précieuses contributions : étude des propriétés magnétiques de la matière aux hautes et basses températures, modifications de la conductibilité thermique ou électrique par les champs magnétiques; recherches sur la structure des cristaux; détermination de la forme des molécules d’après leur orientation dans le champ magnétique, analyse de l’ar- Fig. 3.
- chitecture de l’atome; influence du champ magnétique sur la lumière, sur la radioactivité, etc.
- Le domaine biologique qui n’a pas encore été abordé au point de vue magnétique pourra être lui aussi exploré.
- Cette rapide énumération montre le vaste champ ouvert aux investigations aidées de l’outil puissant qui vient d’être créé.
- L’HISTOIRE DE L'ÉLECTRO-AIMANT DE L'ACADÉMIE
- Il y a longtemps déjà que M. Cotton demandait la construction d’un gros électro-aimant ayant des noyaux de l’ordre d’un mètre de diamètre. En 1914, la campagne qu’il poursuivait depuis plusieurs années était sur le point d’aboutir. L’Université de Paris avai mis en réserve dans ce but 50 000 francs prélevés sur le Legs Commercy. Le Président de l’Académie des Sciences, qui était alors
- M. P. Appell, avait constitué une Commission de savants éminents qui avaient tenu en 191à une série de séances au cours desquelles on avait examiné « les conditions dans lesquelles pourrait être réalisé un électro-aimant d’une puissance exceptionnelle ». M. Pierre Weiss (aujourd’hui professeur à l’Université de Strasbourg et membre de l’Académie des Sciences), M. A. Piccard, de Zurich (maintenant professeur de l’Université de Bruxelles), avaient étudié avec soin un avant-projet qui avait été approuvé par la Commission. Enfin le Prince Roland Bonaparte s’intéressait vivement à l’œuvre entreprise et désirait y attacher son nom; il avait promis de fournir les moyens financiers nécessaires. Mais à ce moment même la guerre éclata.
- Aprèslafindeshostilités,M. A. Cottonreprit son ancien projet et fit appel aux fonds de la Journée Pasteur. Un crédit d’un million de francs fut accordé et il put dès lors consacrer tous ses efforts à la réalisation du gros électro-aimant.
- Mais il fallait modifier le projet primitif: il parut impossible de construire et surtout d’installer à la place prévue la lourde culasse en une pièce, du poids de 60 tonnes, prévue dans le projet de 1914. De plus, des travaux sur la production des champs magnétiques avaient paru depuis cette date et l’on pouvait se demander si la solution à laquelle on s’était arrêté était toujours la meilleure. Une nouvelle étude s’imposait ; elle a été faite par M. Cotton avec la collaboration constante de M. Mabboux, ingénieur attaché à la Section de Physique de l’Office National des Recherches et Inventions.
- Une fois le nouveau modèle choisi, une réduction au quart, sorte de « maquette », du gros instrument fut
- - Une des grosses pièces de Vélectro-aimant arrive à Bellevue.
- Montant vertical pesant 18 tonnes.
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- entièrement construite dans les ateliers de l'Office National des Recherches et Inventions, et l’on fit sur cet appareil les retouches successives et les essais systématiques nécessaires pour répondre aux diverses questions posées.
- Cette étude a apporté des renseignements intéressants, d’ordre général, sur la construction des électro-aimants, petits ou grands, et sur la théorie elle-même de ces instruments. On a constaté, par exemple, que les noyaux cylindriques ou tronconiques donnaient, contrairement à ce qu’on avait pensé, des résultats très voisins, que la culasse n’a décidément pas pour la production du champ l’importance que certains lui attribuaient et qu’elle ne sert souvent qu’à éviter les inconvénients d’un champ magnétique parasite au voisinage de l’instrument, etc. Du point de vue théorique, le résultat le plus important c’est que la notion de circuit magnétique, si précieuse pour le calcul des transformateurs, est à peu près inutile quand il s’agit d’un tel électro-aimant de laboratoire. Dans ce cas, c’est un autre calcul qui est alors indispensable : celui du champ direct que produisent les bobines magnétisantes au centre de l’instrument.
- Il fut ensuite relativement facile de faire le projet du gros électro-aimant lui-même. Il fut plus difficile de le faire exécuter, car les prix de toutes choses s’élevaient
- Fig. 5. — Montage de l'électro-aimant.
- Mise en place d’un montant vertical muni de son noyau tronconique.
- Fig. 4 — Commencement de montage de F électro-aimant au-dessus de la salle de spectroscopie, située à 10 m de profondeur.
- sans cesse et les machines-outils des ateliers de l’Office National des Recherches et Inventions étaient absolument insuffisantes pour usiner de telles pièces. Il fallut s’adresser pour les diverses pièces les plus importantes à différents constructeurs acceptant d’exécuter à des prix avantageux des commandes n’ayant aucun intérêt commercial. La Compagnie française Thomson-Houston fut chargée finalement de l’exécution de l’ensemble et le travail fut poursuivi avec rapidité dans ses ateliers de. Saint-Ouen-
- DESCRIPTION DE L'ÉLECTRO-AIMANT
- La forme choisie pour le gros électro-aimant est la suivante :
- Qu’on imagine une sorte de cage, de section presque carrée de près de 3 m. de côté, formée par 4 poutres horizontales en acier coulé de 40 cm de côté, réunies à leurs extrémités par des entretoises rigides. Sur les deux poutres inférieures glissent deux montants verticaux portant à la fois les noyaux et les bobines. D’autres poutres horizontales, plus larges, des longerons, également en acier doux, forment les unes le plancher, les autres le plafond de la cage. Pendant le glissement des
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- montants, leurs faces supérieure et inférieure, dressées, viennent frôler les faces correspondantes de ces larges longerons. Leur rôle est d’accroître la section de la culasse. Cette forme d’électro-aimant, peu pratique pour un petit électro-aimant parce que la cage gêne quand on veut manier des objets placés dans l’entrefer, le devient pour un gros ; en effet, l’opérateur peut alors pénétrer lui-même dans la cage, passer entre les bobines et entre les pôles. Les faces en regard des bobines, hautes de 1 m. 90, laissent entre elles en effet un couloir dont la largeur, toujours plus grande que 0 m. 41, peut atteindre 1 m. 25.
- Ces bobines sont enroulées sur une carcasse de bronze, leurs joues sont en aluminium. L’enroulement est formé par un tube de cuivre électrolytique de section carrée dans lequel on fait circuler de l’eau : c’est la disposition toujours employée dans les électro-aimants Weiss.
- L’enroulement comporte une longueur utile de 5 km 5 pesant 8,6 tonnes. La section du conducteur est un carré de 1 cm 55 de côté et le canal cylindrique central a 89 cm de diamètre.
- Les faces terminales des pièces polaires ont des diamètres variant entre 75 cm pour les grandes pièces plates et 3 mm pour les plus petites. Toutes celles dont le diamètre est inférieur à 250 mm sont en ferrocobalt, le métal dont P. Weiss a découvert les précieuses propriétés (l’aimantation qu’il prend dans un champ donné est supérieure de 10 pour 100 à celle du fer pur). La préparation de cet alliage, surtout en pièces de cette importance, exige des précautions particulières; c’est grâce à la collaboration de M. Charpy, de l’Académie des Sciences, que toutes les difficultés ont été levées.
- Le poids total de l’instrument est à peu près 120 t , la puissance électrique des deux groupes qui l’alimentent actuellement à Bellevue est 100 kilowatts. Les mesures précises de champ n’ont pas encore été faites dans de petits entrefers. Celles qui ont été faites dans des entrefers étendus ont donné exactement le résultat qu’on attendait et qu’on déduisait de l’étude faite sur le modèle réduit. Indiquons, par exemple, qu’on obtient 46400 gauss
- dans un volume cylindrique ayant 4 cm de diamètre et 2 cm de hauteur. Des champs de cette intensité avaient été réalisés déjà, mais dans des intervalles bien trop petits pour qu’on puisse les utiliser.
- Aux champs ainsi réalisés dès à présent il faut ajouter l’appoint très important que fourniront des bobines supplémentaires placées dans l’entrefer. Le choix de ces bobines (relativement peu coûteuses) dépend de la nature des expériences. Elles ne sont pas encore construites; on a simplement fait les études préliminaires relatives à
- leur fonctionnement. Mais dèsàprésent,M. J.-L. Breton a fait installer dans la Station de Recherches qui se trouve précisément non loin de l’électro-aimant sur les terrains de l’Office National des Recherches et Inventions de puissants groupes de transformation ne donnant pas ensemble moins de 2500 kv-A; ils serviront à alimenter ces bobines supplémentaires.
- Ajoutons que sur l’emplacement de l’électro-aimant lui-même, entre les piliers qui servent à le supporter, se trouve, dans une chambre spéciale, une table qui portera la fente et le châssis d’un grand spectrographe ; on a construit un puits de 9 m. de profondeur, soigneusement clos et bien étanche, dont la température constante permettra des recherches d’optique très délicates.
- En outre, pour travailler avec un électro-aimant, il faut des appareils : ceux qui serviront à Bellevue seront prêtés par le Laboratoire des Recherches Physiques de la Faculté des Sciences. Pour aménager les salles de travail où ils seront placés, pour acquérir certains instruments spéciaux, des crédits ont été accordés à l’Université de Paris sur les fonds de la taxe d’apprentissage par le Ministère de l’Instruction Publique.
- Il est intéressant de fournir ici quelques précisions numériques : l’appareil pèse au total 120 tonnes, le poids d’une très puissante locomotive, dont 105 tonnes de fer ou acier, 9 tonnes de cuivre, 6 tonnes de métaux divers.
- Les instruments de même nature actuellement en service ne pèsent guère que 1,5 tonne.
- La culasse en acier doux moulé pèse 50 tonnes, les
- Fig. G. — Montage de Vélectro-aimant. Achèvement du montage d’une bobine.
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- montants également en acier doux : 30 tonnes, les entretoises en même métal : 6 tonnes.
- Les deux noyaux tronconiques forgés pesant 7 tonnes mesurent 0,94 m. de diamètre moyen, 1,21 de diamètre pour la grande section, 0,75 pour la petite. Leur largeur est de 0 m. 65.
- L’électro-aimant se compose de plus de 900 pièces diverses, non compris près de 1400 éléments de visserie et 1800 pièces isolantes.
- On voit que l’ensemble de cette installation, par les dimensions de l’instrument principal, par la puissance
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- qu’il mettra en jeu, par les diverses facilités qu’apporte le choix de son emplacement, dépasse largement ce dont on disposait jusqu’à présent. Les travailleurs qui pourront bientôt en profiter n’oublieront pas que si cette réalisation a pu être faite, c’est grâce à la Journée Pasteur. Leur souvenir reconnaissant ira à tous ceux qui ont participé à l’organisation de cette journée, en même temps qu’à ces milliers de donateurs qui ont fait ce jour-là un geste généreux pour nos Laboratoires, en souvenir du grand savant qui pour tant de Français personnifie la Science même.
- L’EMPLOI DU CHARBON PULVÉRISÉ
- DANS LES CHAUDIÈRES DE NAVIRES
- Depuis quelques années on poursuit aux Etats-Unis, et ailleurs, des expériences ayant pour but d’établir si l’emploi de charbon pulvérisé dans les chaudières est possible et peut offrir quelque intérêt. Après bien des efforts, ces essais entrepris sur des chaudières d’installations terrestres ont donné des résultats probants, et il est démontré désormais que le charbon pulvérisé comparé au charbon en morceaux procure des avantages importants.
- Les principau x sont : l’économie de main-d’œuvre, la rapidité de la mise en pression et surtout la possibilité d’employer du charbon de qualité inférieure, donc beaucoup moins cher que le cardiff dont il est généralement fait usage.
- L’article de notre collaborateur A. Gradenwitz dans La Nature du 15 mai 1928 établit que ce système, appliqué en Allemagne à une locomotive de la Société A. E. G., a donné des résultats excellents.
- Mais il restait à démontrer que ce système conviendrait également aux chaudières marines, lesquelles, on le sait, ne fonctionnent pas dans les mêmes conditions que celles des industries à terre. Le problème résidait presque uniquement dans la découverte d’un brûleur approprié.
- Il a été résolu par la Peabody Engineering Corporation, de New York, spécialisée dans les recherches de brû-
- leurs pour gaz naturels ou d’huiles, dans les chaudières. Après les essais d’un brûleur de charbon pulvérisé qui
- avaient été concluants sur une chaudière à terre, elle fut invitée à les continuer au Navy Yard de Philadelphie sur une chaudière marine.
- Le succès fut complet et, sans plus tarder, une série d’essais à la mer fut ordonnée, avec l’installation de la Peabody Engineering Corporation, à bord du cargo Mercer, de 9500 tonnes, appartenant à la flotte d’Etat des Etats-Unis, appelée Shipping Board.
- Voici maintenant en quoi consiste l’installation qui permet l’emploi de ce nouveau combustible, telle qu’elle fonctionne à bord du Mercer.
- Le charbon de seconde qualité, comme il a déjà été dit, est emmagasiné dans une soute, d’où il est conduit mécaniquement à un broyeur qui le divise en petits morceaux, amenés ensuite eux-mêmes à une seconde soute, dite d'alimentation. Il en ressort pour arriver aux pulvérisateurs. Chacun de ceux-ci consiste en deux cylindres où 2500 kg de balles d’acier roulent au contact du charbon déjà concassé et le réduisent en poudre impalpable.
- Ainsi pulvérisé, ce charbon, sous l’action de ventilateurs, est amené aux organes de distribution jusqu’aux
- Fig. 1. — Aspect de la face de la chaudière Mercer avec 3 fourneaux et les tuyères d’arrivée du charbon pulvérisé. D’après Scientific American.
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- différents brûleurs. Il est alors mélangé à l’air en certaines quantités.
- Les pulvérisateurs sont au nombre de deux pour assurer le fonctionnement des trois chaudières du Mercer. Le mélange arrive ainsi dans un espace annulaire qui s’ouvre à la gueule du fourneau. Il y rencontre un courant d’air secondaire qui arrive à l’état tourbillonnant et l’entraîne dans sa ronde. Il en résulte un mélange plus intime de l’air et du charbon en poudre qui brûle très rapidement et complètement.
- Dans la valeur de ce mélange réside tout le secret du problème, dit le Scientific American, à qui nous empruntons cette information.
- Le Mercer équipé avec son outillage spécial prit la mer dans les premiers jours de 1928 et exécuta, en essais, le trajet New-York-Hollande et retour, presque constamment par gros temps. Le voyage d'aller fut exécuté en 14 jours 9 heures, à la vitesse moyenne de 9",83.
- La consommation de charbon fut d’une livre par cheval, ce qui apparaît très inférieur à celle du charbon à son état naturel. De plus, le bâtiment fut soumis à des
- roulis et tangages très violents qui constituèrent une sévère épreuve pour les appareils divers dont il était muni et dont le fonctionnement fut néanmoins excellent.
- A la suite de ces résultats très encourageants, il faut le reconnaître, le Shipping Board des Etats-Unis a décidé de transformer la machinerie de six autres de ses bâtiments, pour leur appliquer le système du Mercer. En Angleterre, en Allemagne et en Hollande, où ces essais ont produit une vive sensation, on se dispose à entrer dans cette voie nouvelle, dont l’importance peut être considérable.
- On s’attend d’ailleurs à voir améliorer encore de bien des façons l’ensemble du système, notamment en embarquant directement à bord des navires du charbon déjà concassé, ou peut-être même déjà pulvérisé, si on peut le prémunir contre le danger des combustions spontanées.
- Cette nouvelle utilisation du charbon peut entraîner des conséquences importantes et mérite toute l’attention des armateurs.
- Sauvaire Jourdan.
- LA DUNE LITTORALE ARTIFICIELLE
- DE LA CÔTE DE GASCOGNE
- COMMENT ON PROTÈGE UN LITTORAL CONTRE LES MOUVEMENTS DES SABLES
- Sur le littoral de l’Océan Atlantique, en allant de l’Ouest à l’Est, on trouve les dépôts actuels de la côte [lais de mer), puis les dunes de divers ordres avec les lèdes. En arrière, il y a souvent une zone de marais et d’étangs, puis le plateau des Sables des landes.
- La côte de Gascogne est à peu près rectiligne sur plus de 210 km à partir de Bayonne; elle est dirigée Nord un peu Est en général. La direction commence à changer et s’infléchit au N.-N.-E. à partir de l’Anse du Gurp vers Soulac-les-Bains et la Pointe de Grave. Ce chan-
- Fig. 1. — Bahine et banc de sable.
- gement important est en relation avec l’influence du mouvement des marées à l’entrée de l’estuaire de la Gironde.
- La côte a une longueur d’environ 236 km de la Pointe de Grave à l’Adour. Les travaux de défense de la Pointe de Grave occupent environ 6 km et dépendent du service maritime des Ponts et Chaussées; le reste, du Service des Forêts. On y voit la série des poteaux kilométriques des forestiers, commençant à 2 km au nord de Soulac; il y a 124 poteaux en Gironde et 106 dans les Landes.
- Dunes. — Ce sont probablement les plus considérables de l’Europe; leur largeur est variable, de quelques mètres à plusieurs kilomètres ; elles reposent sur le plateau des Sables des landes qui plonge légèrement de l’Est à l’Ouest.
- Le caractère des dunes est d’être une formation éolienne, formée de grains de quartz plus ou moins fins qui ne se collent pas les uns aux autres.
- L’ancienne idée d’Elie de Beaumont que l’ère des dunes faisait corps avec l’ère moderne doit être rectifiée ; on sait aujourd’hui qu’il y a des sables éoliens de plusieurs âges. On peut distinguer deux séries de dunes en Gascogne, d’âge différent et peut-être trois séries :
- 1° Dunes modernes.
- 2° Dunes primaires (E. Durègne) ou dunes anciennes, visibles^ dans les monts-, elles ont été toujours boisées
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- Echelle
- 500 1000
- 3000 m.i
- mms
- Extrait de la Carte topographique à lj80 000", feuille de Vieux-Boucau, S.-E , montrant la dune littorale rectiligne.
- (forêts antiques) et ont servi de pacage; le type est la montagne de la Teste.
- 3° Dunes intérieures, plus franchement continentales, qui ont été signalées par Borda d’Oro au xvme siècle ; elles sont éparses sur le plateau des Grandes Landes.
- Dunes modernes. — Ce sont les dunes, autrefois blanches, presque sans végétation ar-bustive, qui ont été ensemencées et fixées par les travaux des ingénieurs des Ponts et Chaussées (Brémontier et ses successeurs) de 1801 à 1864. Les dunes boisées en pins ont été remises alors au Service des Eaux et Forêts.
- Le grand mérite de Brémontier et de la Commission des dunes, après une période d’essais, commencée en 1807, a été d’obtenir les crédits nécessaires pour appliquer les plans préparés par Charlevoix de Villers (1778-1781) et les méthodes de plantation par le gourbet et le pin maritime usitées depuis de longues années en certains points des dunes, par exemple au nord de Bayonne dès 1310.
- Dans les dunes, il faut distinguer les mon-licules de sable et les parlies basses entre ces monticules; ce sont les lèdes en Gironde; on prononce dette ou leute dans le département des Landes (*). Ces fonds n’atteignent jamais l’ancien sol qui porte les dunes, c’est-à-dire que la partie basse d’une lède est toujours au-dessus du plan qui passe par le bord de la mer et les marais de l’Est.
- Les lèdes intérieures sont celles qui sont enclavées dans les dunes; elles forment de petites vallées sans débouché et sont visibles partout dans les grands massifs. On appelle lèdes extérieures les régions de plaines ondulées formées de sable éolien, comme celles du Gurp que l’on voit de loin. Il y a aussi, en général, celles qui bordent la mer, où le boisement en pins n’a pu réussir à cause du vent marin. Elles sont limitées par la dune littorale artificielle de Brémontier; en arrière de cette dune, on voit toujours le sable nu, c’est-à-dire sans pins (fig. 4).
- La lède est couverte d’herbes constituant un maigre pâturage avec des bruyères et des ajoncs. Ce nom est un ancien mot désignant les biens vacants, car on y a fait pâturer de tout temps.
- Mobilité des sables et boisement. — Diverses causes rendirent les dunes mobiles localement dans la région de Gascogne :
- 1° Probablement apport de nouveau sable marin ;
- 2° Dévastation des forêts du sol fixé.
- La mobilité des sables n’a jamais été générale sur toute la côte de l’Océan Atlantique; elle fut particulièrement s< nsible en certains points pendant la période historique, d'où la légende d’un avancement rapide des sables couvrant toutes les terres cultivées (1 2). Quelquefois, on voit
- 1. C’est l’équivalent des pannes de la Belgique et du Nord de la France.
- 2. Le littoral gascon, par Saint-Jours, 1921. Mounastre-Pica-niilh, Bordeaux, 1 vol. 418 p. 19 cartes et croquis, Mémoire isur
- le sable desséché de la plage, poussé par le vent, franchir la dune côtière et arriver en arrière comme au nord de Soulac (1927). Du reste, l’état boisé d’une dune
- les dunes de Gascogne, par Edouard Harlé et Jacques Harlé, 1920, Bull, de la Section de Géographie, Comité des travaux scientifiques, 1919.
- Fig. 3. — La dune littorale d Hourtin (k. 37). Photo Buffault.
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- Fig. 4. — Talus est de la dune littorale; le sable pénètre dans la lette littorale. Photo Buffault.
- n’empêche pas toujours son ensablement si l’apport de sable marin est considérable et si le vent souffle longtemps dans la même direction; on peut le voir au Sablon-ney, au sud d’Arcachon. Ce sable blanc mobile, dont les grains roulent les uns sur les autres, peut tuer les arbres en blessant les feuilles, etc.
- Dune littorale artificielle. — La mer, presque à chaque flot de marée, apporte un peu de sable en temps ordinaire et le dépose, formant de petites laisses successives. Ce dépôt journalier finit par former un petit bourrelet ou monticule allongé de sable qui peut mesurer de 1 à 3 et 4 m. d’épaisseur, à la partie supérieure de Yestran ou plage; c’est Yarras. Entre ces bourrelets allongés de sable, il y a des creux que la marée montante remplit d’eau et que l’on appelle les bahines (fig. 1), sorte de marigots (*).
- En général, à la suite d’une grande tempête de mâlines, la mer rase la côte, enlève barras ; cela rétablit l’équilibre moyen du littoral.
- C’est à ce moment que la mer apporte des épaves diverses.
- En résumé, les sables atterrissent surtout par le beau temps en été et sont rasés, nivelés et repris par les tempêtes. Si la mer n’apporte pas constamment du sable , par suite de circonstances spéciales, elle l’enlève à la dune littorale d’où recul de la côte pendant les tempêtes. En général, les effets de l’érosion paraissent localisés et se déplacer; les efforts ne persistent pas toujours au même point; il y a des alternatives d’affouillements et d’atterrissements. J’ajoute, comme correctif, que les dégâts des tempêtes sont surtout importants de la Pointe de Grave jusqu’au sud de Soulac, sur 10 km environ.
- Autrefois, il y avait sur le bord du golfe de Gascogne, des dunes littorales séparées, distinctes; on a établi une dune riveraine continue (fig. 3) artificielle, pour protéger les semis de pins en arrière. Elle a été développée surtout depuis 1862, mais l’idée première est de Brémontier, pour arrêter les sables de la plage qui envahissent quelquefois le littoral. Cette dune suit exactement le rivage;
- Fig. 5. — Sable blanc de la dune littorale envahissant les premiers pins de la zone littorale [La Teste, Gironde).
- elle est élevée tout au bord de la mer pour recevoir les sables de l’estran apportés par les flots et poussés par le vent; elle a été établie par des palissades ou clayonnages et atteint une hauteur de 10 à 13 m.; au-dessus, le sable est enlevé par le vent. Les sables, qui dépassent cette dune-falaise, se déposent lentement sur les lèdes voisines (fig. 4), larges de 200 à400 m., oùle sol blanc est couvert de gourbet et de petites plantes. Us sont empêchés ainsi d’envahir les parties boisées (fig. 5) situées à l’est(1). Cette dune littorale et la zone blanche en arrière représentent une surface de 3000 à 4000 hectares. La dune artificielle commence après la laisse des vives eaux et porte du gourbet clairsemé; cette plante est une graminée (Ammophila ar-enaria Linné) qu’on appelle durante dans l’île d’Oléron et le littoral du Poitou; c’est Y oyat 1. L’ensemble des dunes représente 75 000 ha de pins.
- 1. Les creux ou bahines de la plage sont analogues aux bâches du sud de Boulogne et peuvent être aussi dangereuses.
- Fig. 6. — Vue du talus est de la dune artificielle (Lacanau, Gironde).
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- du nord de la France et de la Belgique, manam-grass des Anglais et bent des Ecossais.
- Elle caractérise les sables mobiles et se plaît peu sur les sables fixés, car elle a besoin d’être arrosée par du sable pour prospérer.
- La dune littorale est quelquefois attaquée par les grandes tempêtes et emportée par places (sac de mer) ; ce sable est porté au Sud. On est obligé de remettre des clayonnages de branches de pins dans la brèche. Cette dune protectrice régulière commence surtout à Monta-
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- livet (Gironde) ; les forestiers l’ont établie partout où elle n’existait pas, de 1864 à 1878; aujourd’hui, la majeure partie de la côte de l’Atlantique en est pourvue.
- La dune riveraine entretenue, dite de Brémontier, gêne forcément l’étude des phénomènes actuels littoraux, mais elle retient les sables d’atterrissements, sur la plage, et sur sa pente vers la mer; elle reste rectiligne, ce qui montre la régularité du régime de la côte.
- Jules Welsch,
- Doyen de la Faculté des Sciences de Poitiers.
- LE RIPAGE MÉCANIQUE DES VOIES FERRÉES
- Lorsqu’il s’agit de déplacer latéralement une voie de la voie est nécessaire aussi pour la réparation du ballast.
- ferrée — en terme de métier on dit « riper la voie » — Afin de supprimer cette main-d’œuvre toujours consi-
- il est nécessaire d’avoir une équipe nombreuse qui opère sous la conduite d’un chef de chantier, chaque homme étant muni d’une grande pince formant levier.
- Le ripage des voies est évidemment peu fréquent dans l’exploitation normale des chemins de fer; il n’en est pas de même sur les chantiers, dans les carrières, où la pose des voies est sujette à des modifications constantes, en raison même des nécessités de l’exploitation.
- Sur les voies ferrées ordinaires, l’entretien des traverses et du ballast est par contre beaucoup plus important que pour des voies de chantier. Pour changer les traverses, il est nécessaire, non pas de riper la voie, mais delà soulever afin de dégager l’ancienne traverse et d’en placer une nouvelle. Cette
- Fig. 2. — La machine vient de riper la voie.
- opération demande un assez grand nombre d’hommes, surtout quand on est obligé d’opérer sur des terrains gelés où la traverse se trouve solidement maintenue. Le levage
- Fig. 1. — La machine soulève la voie avec ses traverses.
- dérable on a imaginé une machine très ingénieuse, montée sur un chariot et comportant un moteur, de sorte que le véhicule peut se déplacer de lui-même sur les voies. La petite plate-forme qu’il comporte transporte ainsi les hommes et les outils nécessaires au travail, car le nombre d’ouvriers est très réduit.
- Le moteur de la machine est un 4 cylindres, 40 chevaux, du type entièrement fermé ; il repose sur le châssis en acier profilé et il commande les roues motrices montées sur roulements à rouleaux. Des freins permettent de bloquer les roues lorsque la machine doit être mise en fonctionnement de ripage ou de levage..
- Le moteur agit alors sur une vis sans fin qui actionne une grande roue hélicoïdale, dont l’axe comporte un petit pignon denté. Celui-ci peut monter ou descendre à volonté, suivant le sens de rotation) obtenu, par un embrayage et un mécanisme de marche arrière, le long d’une crémaillère, taillée dans une béquille,
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- terminée à la partie inférieure par un patin articulé.
- Supposons qu’il s’agisse de soulever maintenant la voie. La béquille et son patin sont disposés verticalement. Des crampons fixés au châssis viennent agripper les deux rails sous le champignon; la machine est donc solidarisée avec la voie. En faisant tourner la vis sans fin on provoque le mouvement du pignon le long de la crémaillère qui reste fixe et tout l’ensemble monte ainsi verticalement, soulevant voie et traverses, de sorte qu’on peut à volonté réparer le ballast ou changer une ancienne traverse déboulonnée au préalable.
- S’agit-il de riper une voie? Dans ce cas, la crémaillère est disposée obliquement de façon à pencher du côté
- du ripeur; la béquille a alors pris une inclinaison beaucoup plus prononcée.
- Si la quantité de voie qui a été déplacée n’est pas suffisante, on desserre la vis de blocage et on recommence l’opération en donnant la position voulue à la béquille.
- Ce travail de ripage peut se faire tout le long d’une voie, la machine avançant chaque fois de 10 à 15 m. La vitesse de descente de la béquille est de 6 m. 85 par minute, ce qui permet le travail rapide. Il est évident que l’emploi de cette machine procure une économie considérable de temps et de main-d’œuvre. Le travail à la main avec la pince et le cric demande un très grand
- •où la voie doit être déplacée. Comme précédemment, le châssis est solidarisé avec le rail, ce qui se fait très simplement par la manœuvre d’un levier à la disposition du conducteur. Lorsque la béquille est descendue à l’inclinaison demandée par le travail, la semelle étant placée entre deux traverses, on fait marcher la vis sans fin et l’ensemble du ripeur et de la voie est soulevé avec une grande force.
- Tout d’abord, les rails et les traverses se soulèvent du côté le plus rapproché. Au fur et à mesure de la montée, la voie est soulevée sur une longueur de plus en plus grande, et il vient un moment où les efforts latéraux appliqués sur la béquille la font basculer, de sorte qu’elle entraîne toute la section de voie de part et d’autre
- nombre d’ouvriers, il est long et coûteux si les traverses sont fortement enterrées ou si le sol est gelé. La machine soulève la voie seule et ne risque pas de fausser les rails ou de plier les éclisses.
- On peut agencer aussi en bout un petit appareil de levage constitué par un portique et une volée de façon à permettre la manutention rapide des rails au cours de la pose d’une voie de chantier. Etant donné que l’appareil est automoteur, on a alors un engin très complet, qui répond à toutes les conditions de l’exploitation de la voie ancienne et de l’installation d’une voie nouvelle. C’est une machine très intéressante qui doit trouver son emploi dans toutes les grandes entreprises.
- E. H. Weiss.
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- E A PROPOS DE FLÈCHES DE PIERRE = DANS DES VERTÈBRES PRÉHISTORIQUES
- Dans son n° 2785, du 15 mai dernier, La Nature a publié, sur ce sujet, une note de M.le Dr Baudouin accompagnée d’une radiographie. M. H. Miquel, de Toulouse, nous rappelle à ce propos que la Revue anthropologique a signalé en 1922 la découverte faite par lui en 1894, dans un lambeau de gisement en plein air, magdalénien et azilien, situé entre la grotte de Montfort et le dépôt funéraire du pré du Luc, enclavé dans les coulées rocheuses qui descendent vers la rivière le Salat (Ariège), d’une vertèbre humaine dorsale transpercée par une lame de quartzite.
- Cette vertèbre est actuellement exposée au Musée d’histoire naturelle de Toulouse, à côté d’une vertèbre de Cervidé avec lame de silex implantée, trouvée également par M. Miquel, en 1893, dans les dépôts de la grotte de Montfort (fig. 1).
- L’étude qu’en firent MM. Bégouen, Dr Cuquillière et Miquel dans la Revue anthropologique fournit les renseignements suivants : « La vertèbre est une dorsale — probablement la Ve, VIe ou VIIe — par conséquent située juste derrière le cœur. Elle semble avoir appartenu à un adulte jeune encore, et son corps vertébral haut et mince semble indiquer un sujet élancé, jeune homme ou femme.
- La lame est un éclat triangulaire retouché d’un galet dont la surface polie par le roulement forme une des surfaces du polyèdre, tandis que du côté gauche trois éclats ont été enlevés soigneusement, la base de la pyramide servant de plan de frappe.
- Le projectile a violemment frappé la vertèbre d’avant
- Fig. 1. — Vertèbre dorsale humaine.
- 1. Position du projectile qui a traversé le corps, vu du côté gauche. 2. Yue du projectile par la face antérieure de la vertèbre.
- Fig. 2. — Vertèbre de Cervidé. Lombaire vue par sa face postérieure
- La flèche lancée d’un point surplombant a pénétré sur la partie supérieure latérale droite.
- en arrière, un peu à gauche (angle de 25 à 30°) et légè rement de haut en bas. Il a pénétré dans la matière os seuse sans provoquer ni fracture ni éclatement, sauf ui tout petit éclat à la sortie et, après avoir traversé com plètement le corps vertébral, est entré de 2 à 3 mm dan le canal médullaire. La dessiccation du tissu osseux ei pleine vigueur juvénile a comprimé et maintenu forte ment en place la pointe meurtrière. La victime a di mourir sur le coup par suite d’une hémorragie cardiaque car il résulte de l’examen de cette pièce que le trait, pé nétrant entre deux côtes dans le côté gauche et un pei en dehors du sein, a dû traverser le poumon, puis le cœur avant de se ficher comme un coin dans la colonne verte braie.
- Cette pièce nous montre quel pouvait être l’emplo d’une série de ces éclats plus ou moins retouchés, san forme précise, que l’on trouve fréquemment dans tous le gisements. Déjà une vertèbre de cervidé provenant de 1 grotte de Monfort présente une blessure mortelle produit par une simple lame de silex non pointue qui a complè tement sectionné la moelle épinière ; malheureusement l’état de conservation de cette pièce laisse à désirer et n permet pas des constatations trop précises. »
- LA LÉGENDE DES SERPENTS QUI TÈTENT
- Vieille comme le monde et répandue par toute la Terre, la légende des Serpents qui tètent redevient, de temps à autre, le sujet de vives discussions.
- De nombreux observateurs prétendent avoir vu des Serpents téter des Vaches, des Juments, des Brebis, des Chèvres,... et même des Femmes, comme l’a écrit très sérieu-
- sement Michelet, dans « L’Oiseau » !...
- Dans les pays chauds, pour capturer les Boas ou les Crotales, on les attire, dit-on, au moyen de grandes jattes remplies de lait....
- Dans nos régions, ce sont surtout la Couleuvre à collier et
- la Couleuvre verte et jaune que l’on accuse de téter le femelles d’animaux domestiques. Les uns disent les avoi surprises enroulées au pied de l’animal, les autres ont cr voir du lait à la bouche du Serpent ; d’autres encore, perçan l’abdomen du Reptile d’uu coup de fourche, ont cru voirs’e: échapper une certaine quantité de lait.
- Trois faits de ce genre ont été cités dans le numéro d Chasseur Français d’octobre 1927, et l’on nous a demandé c qu’il faut en penser. Nous l’avons déjà dit, les Serpents n peuvent pas téter. Les savants qui élèvent des Serpents pou les observer ne les ont jamais vu boire du lait; par contre
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- tous les Ophidiens aiment beaucoup l’eau, ils boivent longuement et ils se baignent souvent.
- Nous avons demandé à Madame le Docteur M. Phisalix de bien vouloir nous dire son opinion sur les Serpents buveurs de lait. La voici : « Il est matériellement impossible aux Ser-« pents de téter et de pratiquer toute succion. Quand les « Serpents boivent, leur bouche est fermée et l’aspiration « s’effectue par la petite encoche qui sert à laisser passer la « langue (lorsqu’ils la font vibrer). »
- Le public peut se rendre compte de la manière dont boivent les Serpents dans les jardins zoologiques qui possèdent une galerie de Reptiles vivants, au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, par exemple.
- Il peut fort bien arriver qu’un Serpent s’enroule autour de la jambe d’un Mammifère ; il se peut qu’une Vache ou une Chèvre soit mordue par une Vipère et en souffre, elle dépérit alors, ainsi que le petit qu’elle nourrit. D’autre part, les Couleuvres aiment à entrer dans les étables pour se chauffer, et les femelles ont l’habitude de déposer leurs oeufs dans les tas de fumier. Mais tout cela ne prouve nullement que les Serpents tètent.
- Quant au lait sorti du corps d’une Couleuvre, Madame Phisalix suppose qu’il s’agit du vitellus des œufs déchirés par
- l’instrument avec lequel le Reptile gravide a été frappé. « Les « œufs écrasés, par suite de mauvais traitements, forment « une masse semi-liquide qui remplit l’abdomen et s’écoule « quand on ouvre le Serpent. »
- En ce qui concerne le lait demeuré à la bouche du Serpent après avoir tété,... le Docteur Pierre, dans le Bulletin de la Société nationale d1 Acclimatation de France (1893), en avait donné l’explication suivante : le liquide blanchâtre pris pour du lait serait l’abondante salive chargée de peptone qui permet au Serpent d’avaler et de digérer ses proies sans les mâcher, car on sait que les dents des Serpents, à la pointe dirigée en arrière, ne servent qu’à retenir la proie ingérée.
- A propos des dents de Serpents, comment peut-on admettre qu’une Vache ou une Jument saisie par une Couleuvre « téteuse », etpar conséquent, mordue par les dents acérées de ce nourrisson inattendu, puisse se laisser faire sans protester bruyamment et sans se défendre?
- Mais tout ce que l’on dira n’empêchera pas la légende des Serpents qui tètent de continuer à courir par le monde : des croyances populaires, c’est l’une des plus solidement enracinées.
- A. Feuillée-Billot.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CURIEUX MOYEN DE DÉCORATION DU VERRE
- Une observation très ancienne de l’action d’arrachement du verre par la gélatine a conduit, il y a quelques dizaines d’années, à une application industrielle de décoration de vitres par le procédé dit du givrage.
- Il est bien facile de répéter cette expérience sans autre matériel que quelques morceaux de vitres ou de bouteilles et de la colle forte : il suffît d’étendre sur le verre une couche un peu épaisse (1 à 2 mm.) de colle fondue chaude; le verre propre ou sale, cela n’a guère d’importance, est placé ensuite — s’il s’agit d’un morceau de vitre — sur une surface horizontale jusqu’à ce que la colle soit figée.
- On fait sécher la colle dans un endroit tiède et ventilé de façon que le séchage soit terminé en 6 à 8 heures ; le soleil d’été réalise un séchage parfait et la gélatine peut y être exposée après
- 2 ou 3 heures de séchage à l’ombre, car une exposition directe amènerait le coulage de la couche.
- Quand le séchage est presque complet, des craquements assez violents se font entendre et la surface encollée se fendille ; des éclats de gélatine sont projetés assez loin en emportant des écailles de verre arrachées en épaisseur.
- Ces écailles sont variables déformé, de dimension et d’épaisseur suivant la nature du verre, la nature de la colle, la densité du bouillon, l’épaisseur de la couche et la rapidité du séchage.
- Voici quelques renseignements généraux :
- Verre dur : colle épaisse, petites écailles lenticulaires.
- Verre tendre : colle épaisse, moyennes écailles de la grandeur de l’ongle, quelques arborescences.
- Verre tendre : colle moyenne, écailles plus grandes et moins épaisses, nombreuses arborescences.
- Verre tendre : colle mince, larges écailles minces, belles arborescences.
- En employant du verre sablé (verre dépoli au sable de commerce) on réalise, en employant d’excellente colle de menuisier étendue en couche mince, des arborescences très jolies que l’on peut mettre en valeur en les coloriant au pinceau ; l’effet est particulièrement heureux avec des verres doublés (1 couche sablée colorée superposée à une couche incolore non sablée) que l’on attaque par la face colorée.
- C’est une véritable stupeur qui gagne les spectateurs regardant cette expérience pour la première fois ; ils ne peuvent croire à la réalité du phénomène et à la puissance de traction nécessaire à la gélatine pour arracher du verre dans son épaisseur sans le casser.
- Il y a des relations fort anciennes de cette expérience; les comptes rendus de l’Académie des Sciences du xvne siècle font mention d’une feuille de verre arrachée par une peinture à la colle et au blanc de Meudon, la colle étant évidemment l’agent actif.
- Si le procédé industriel fut à peu près abandonné après quelques années de production assez médiocre du reste, il est susceptible de permettre à des amateurs de réaliser à peu de frais des gravures sur verre fort jolies.
- On peut décorer non seulement des vitres planes, mais des bouteilles ou des vases de toutes formes soit intérieurement, soit extérieurement. La décoration intérieure est plus difficile, car elle nécessite une ventilation de l’intérieur du vase qu’il est difficile de réaliser sans soufflerie.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- I3Ï
- LA VOÛTE CÉLESTE EN SEPTEMBRE Ï928 (*)
- En ce mois, nombreuses sont encore les personnes qui prennent leurs vacances. Un bon conseil : qu’elles emportent des jumelles ou une petite longue-vue et ce « Bulletin astronomique ». Nous leur garantissons de bonnes soirées de plein air. Aux personnes qui villégiaturent en montagne, nous recommandons l’observation du Rayon Vert, de l’ombre des montagnes, des phénomènes crépusculaires, de l’ombre de la Terre, etc. Voir à ce sujet les curieuses observations publiées dans le Bulletin de la Société astronomique de France, notamment celles faites à l’Observatoire du Pic du Midi, par M. G. Rou-gier, et à l’Observatoire du Mont Blanc, par M. A.
- Danjon.
- Observations physiques. — Un certain nombre d’observateurs ont pris l’habitude excellente de relever chaque jour l’aspect de la surface solaire, de dessiner les taches, d’en mesurer l’étendue, etc.
- Cette façon doit être recommandée. C’est'en combinant le plus grand nombre d’observations que l’on risque de ne’pas laisser inaperçu un phénomène soudain, comme le Soleil en a déjà présenté.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire.
- I. Soleil. — Le
- centre du Soleil traverseral’équateur céleste le 23 septembre, à 7b. Cet instant marquera la fin de l’été astronomique et le début de l’automne. A partir de ce moment, la déclinaison du Soleil, de boréale, deviendra australe.
- Cette déclinaison était de + 8° 17' le lor septembre. Le 30, elle sera de — 2° 48'.
- Les jours diminueront rapidement deduréeetde 13h24m le 1er, cette durée sera réduite à llk 42” le 30.
- Voici, comme chaque mois, le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure exacte, en temps universel, du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
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- — En septembre, la lumière zodiacale devient visible le matin, à l’Est, avant l’aube.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée vers minuit, du 14 au 19 septembre, dans les Poissons. On lira avec intérêt, dans le numéro de juillet 1928 de l’Astronomie, une étude remarquable de M. Du-fay sur l’observation de la lueur anti-solaire. Cette étude donne la description parfaite de l’aspect présenté par cette lueur quelque peu mystérieuse et bien difficile à voir.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en septembre , seront les suivantes :
- D.Q. le 6, à 22“ 35“ N. L. le 14, à lh 21“ P. Q. le 22, à 2* 58m P. L. le 29, à 12" 43“
- Fig. 1. — Aspect de la Voûte céleste le 1er septembre, à 23h ou le 15 septembre, à 22tl.
- On a figuré sur cette carte les positions des planètes visibles : Mars,
- Jupiter et Uranus.
- Dates. Heures du passage. Dates. Heures du passage
- Sept. 1er llh 50“ 37* Sept. 17 llk 45” 16*
- — 3 llk 50“ 8* — 19 llk 44-27'
- — 5 llh 49“ 19' — 21 llh 43“ 45*
- — 7 llk 48“ 39* — 23 llk 43“ 3*
- — 9 llk 47“ 58* — 25 llk 42” 21*
- — 11 llk 47“ 16* — 27 llk 41“ 40*
- — 13 llk 46” 34* — 29 llk 41” 0*
- — 15 llk 45“ 52*
- 1. Toutes les heures mentionnées dans le présent Bulletin astronomique sont données en temps universel (T. U.), compté de 0h
- Age de la Lune, le 1er septembre, à 0k = 16J,4; le 15 septembre, à 0h = 0j,9. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, consulter le précédent « Bulletin astronomique ». *
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 4 septembre, à 17k. Parallaxe = 59'28". Distance = 368 750 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 20 septembre, à 2h.' Parallaxe —54'12". Distance = 404 570 1cm.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer le matin, du 9 au 12 septembre, après le Dernier Quartier.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 2 septembre, occultation de 33 Baleine (gr. 6,1). Emersion seule visible à
- à 24h à partir de minuit (0k). Pendant la période d’application de l’heure d'été, ajouter 1 heure à toutes les heures données ici.
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- == J 32 :.......•••.................:.... : =
- 20h49“. — Occultation de f Poissons (gr. 5,3), de 23h58œ à 1»1”, le 3.
- Le 19, occultation de 10 G. Scorpion (gr. 5,9). Emersion seule visible à 18b 19m.
- Le 28, occultation de 30 Poissons (gr. 4,7), de 21h 25m à 21h 50m.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à la fin du mois, peu après l’équinoxe, au moment de la Pleine Lune.
- Yoici quelques-unes de ces plus grandes marées (heure de la pleine mer à Brest) :
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- Sept. 28 3h 3“ 0,83 15b22” 0,90
- — 29 3h 40” 0,96 15h 58“ 1,02
- — 30 4h 16“ 1,06 lô^ô” 1,09
- Heure d’arrivée du mascaret dans les localités ci-après en septembre :
- Coefficient
- Dates. de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebee.
- Sept. 30 1,06 7“ 50” 8h 27” 8h 36”
- — 30 1,09 20h 9” 20h 46” 20b 55”
- Mars devient de mieux en mieux visible, son diamètre grandit de jour en jour.
- Cette planète sera en quadrature occidentale avec le Soleil, le 14 septembre, à 5h.
- Cette année, la calotte polaire boréale est encore tournée vers la Terre.
- Le tableau ci-après donne les caractéristiques principales de la présentation de la planète en septembre.
- Dates. (0h) Angle de position de l’axe de Mars. Latitude du centre. Diamètre. Phase. Angle de position Éclat de la phase, stellaire.
- Sept. 1° r 328° — 4°,2 8",3 1",2 263° + 0,4
- — 11 330« — 2o,0 8",8 1", 2 265° + 0,3
- — 21 332° — 0°,1 9”,4 1",3 268« -f.0,2
- L'Annuaire astronomique donne les heures de passage au méridien central du méridien 0° de Mars.
- Le 1er septembre, ce passage aura lieu à 10h30m,7. Le 29, il aura lieu à 4h12“,l.
- Comme Mars tourne en 24h 37” 22“,65, il sera facile de calculer tous les autres passages du mois.
- Jupiter, dont l’opposition doit arriver le mois prochain, sera à peu près visible toute la nuit. Il se déplacera extrêmement peu sur le ciel pendant ce mois-ci.
- ASTRE Dates : SEPTEMBRE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellations et étoiles voisines. VISIBILITÉ
- 6 5h 15“ 14h 48™59* 1811 22” llh 0“ + 6° 27' 31' 48"0 Lion
- Soleil .... 16 5 29 11 45 31 18 1 11 36 +• 2 38 31 52,8 Lion ^ »
- 26 5 44 11 42 1 17 40 12 12 — 1 15 31 58,8 Vierge
- 6 6 52 12 54 18 57 12 2 — 01 5,2 t\ Vierge Le soir à la fin du mois.
- Mercure . . . 16 7 37 13- 7 18 37 12 55 — 74 5,6 a Vierge Plus grande élongation
- 26 8 12 13 13 18 15 13 41 — 13 0 6,4 X Vierge le 29.
- 6 6 53 12 58 19 4 12 7 + 0 33 10,4 t] Vierge
- Vénus .... 16 7 22 13 4 18 45 12 51 — 4 35 10,8 0 Vierge Invisible.
- 26 7 52 13 10 18 28 13 37 — 9 35 11,0 a Vierge
- 6 22 0 5 53 13 47 5 3 + 22 5 8,6 1 Taureau )
- Mars. . . . .) 16 21 39 5 37 13 34 5 25 + 22 43 9,0 X, Taureau ÇSeconde partie de la nuit.
- 26 21 18 5 18 13 19 5 46 + 23 10 9,6 Ç Taureau
- Jupiter. . . . 16 19 37 •2 43 9 49 2 32 + 13 27 43,6 Taureau Toute la nuit.
- Saturne . . . 16 12 38 16 57 21 16 16 48 — 21 1 14,6 Scorpion Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . . 16 18 25 0 35 6 45 0 23 + 1 39 3,6 44 Poissons Toute la nuit. Oppon le 28.
- Neptune . . . 16 3 20 10 19 17 18 10 8 + 12 3 2,4 a Lion Invisible.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des données figurant dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1928, contient les renseignements pour observer les principales planètes pendant le mois de septembre.'
- Mercure sera visible le soir à la fin du mois. (Les conditions d’observation seront très favorables dans l’hémisphère austral.)
- La planète atteindra sa plus grande élongation le 29 septembre, à 23h, à 25°44' à l’Est du Soleil. On pourra rechercher Mercure à partir du 24 ou du 25 septembre.
- Vénus est encore inobservable ce mois-ci, plongée qu’elle est dans le rayonnement du Soleil.
- Une petite lunette suffit pour bien observer Jupiter, ainsi que les curieux phénomènes présentés par les quatre principaux satellites dans leur révolution autour de la planète.
- Le tableau ci-après donne la liste de ces phénomènes visibles en septembre.
- U Annuaire astronomique recommande d’observer Jupiter aux dates ci-après :
- Le 3 septembre à lh, curieuse disposition des satellites II, III, IV, à l’Est de Jupiter.
- Le 13, de 0h 1“ à lh 35”, on ne voit que les satellites III et IV autour de Jupiter.
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- Le 27, à 1», curieuse disposition des quatre satellites tout près de Jupiter.
- Le 28, de 22h 46m à 0» 6“ du 29, on ne voit que deux satellites autour de Jupiter, les satellites III et IY.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Septembre Heures. Satel- lite. Phéno- mène. DATES Septembre Heures. Satel- lite. Phéno- mène
- 2 0h III E.c. 19 23h 51“ II E.c.
- 2 2 0 III E.f. 20 0 2 III O.f.
- 3 23 54 II O.c. 20 0 52 I O.c.
- 4 2 11 II O.f. 20 1 47 I P. c.
- 4 2 23 II P. c. 20 2 18 • III P. c.
- 4 2 36 I O.c. 20 3 1 I O.f.
- 4 3 46 I P. c. 20 O O 24 III P. f.
- 4 4 31 II P. f. 20 3 54 I P.f.
- 4 4 45 I O. f. 20 3 55 II Em.
- 4 23 46 I E.c. 20 22 4 I E.c.
- 5 3 7 I Em. 21 1 9 I Em.
- 5 22 13 I P. c. 21 20 22 II P.c.
- 5 23 13 I O.f. 21 20 45 II O.f.
- 5 23 13 II Em. 21 21 29 I O.f.
- 6 0 20 I P. f. 21 22 21 I P. f
- 6 21 34 I Em. 21 22 29 II P. f.
- 9 4 2 III E.c. 27 2 8 III O. c.
- 11 2 31 II O.c. 27 2 26 II E. c.
- 11 4 29 I O.c. 27 2 45 I O.c.
- 11 4 49 II O.f. 27 3 33 I P.c.
- 11 4 49 II P.c. 27 4 2 III O.f.
- 12 1 41 I E.c. 27 4 55 I O. f.
- 12 4 54 I Em. 27 23 58 I E.c.
- 12 21 17 II E.c. 28 2 55 I Em.
- 12 22 47 III P. c. 28 21 5 II O.c.
- 12 22 58 I O.c. 28 21 14 I O.c.
- 12 23 55 III P. f. 28 21 59 I P.c.
- 13 0 1 I P. c. 28 22 42 II P. c.
- 13 1 7 I O.f. 28 23 22 II O.f.
- 13 1 35 II Em. 28 23 23 I O. f.
- 13 2 8 I P. f. 29 0 6 I P. f.
- 13 23 22 I Em. 29 0 49 II P. f.
- 18 5 9 II O.c. 29 21 22 I Em.
- 19 3 35 I E. c. 30 20 31 III Em.
- 19 22 7 III O.c.
- Saturne est très peu visible le soir, se couchant, le 16, à 211116'”. Il sera en quadrature orientale avec le Soleil, le 5 septembre, à 16h.
- Yoici les éléments de l’anneau, à la date du 13 septembre :
- Grand axe extérieur............................. 37", 15
- Petit axe extérieur............................. 16",61
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................+- 26° 34r
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, + 26° 41
- On recherchera Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations, que voici :
- Dates.
- Élongation.
- Heure.
- Sept.
- 9
- 17
- Occidentale. 22h,8
- Orientale. 17*,§
- Occidentale. 22h,3
- ......... ................ ........... = Î33 =
- Uranus est visible toute la nuit, son opposition arrivant le 28 septembre, à 19h. Pendant ce mois, Uranus sera très près de l’étoile 44 Poissons. Le minimum de distance aura lieu vers le 25 septembre. Cette étoile 44 Poissons permettra de trouver très facilement Uranus. Rappelons que, dans une bonne lunette, Uranus présente un petit disque bleuâtre de 4" environ de diamètre.
- Neptune est invisible ce mois-ci, plongé dans le rayonnement solaire.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 211, Uranus Le 4, à 13», Jupiter Le 7, à 5», Mars Le 12, à 7h, Neptune Le 20, à 20», Saturne Le 21, à 14», Mercure
- Le 29, à 9», Uranus
- en conjonc. avec la Lune,
- — — la Lune,
- — — la Lune,
- — — la Lune,
- — — la Lune,
- — — a Vierge
- — — la Lune,
- à 3° 54’N. à 0° 42'N. à 1° 51' S. à 4° 47' S. à 2° 22' N. (gr- 1.2), à 0° 14'N. à 3<>'54' N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (a Persée) : le 9, à lh 30m ; le 11, à 22h 18ra ; le 14, à 19h 7m ; le 29, à 3h 10m.
- Étoiles filantes. — Nombreux encore sont les radiants actifs en septembre. En voici la liste, d’après M. Denning :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Sept. 3 354o + 38o 14 Andromède
- — 3 au 14 346° + 3o P'Y Poissons.
- — 6 au 8 620 + 37° e Persée.
- - 8 au 10 78» +-230 Ç Taureau.
- — 13 68° 4- 5o P. XIV. 236.
- — 15 au 20 10o + 35o P Andromède.
- — 15 et 22 6° + 11° y Pégase.
- - 20 et 21 103° + 680 42 Girafe.
- — 21 et 22 74° + 440 a Cocher.
- — 21 et 25 30° +- 36° P Triangle.
- — 21 31« + 18° a Bélier.
- — 29 et 30 24° + 17° y Bélier.
- Etoile Polaire. — Voici les heures de passage de l’Étoile
- Polaire au méridien de Paris, en septembre.
- Heure. Temps sidéral
- Dates. Passage. (T. ü.) à 0h (T. U.)
- Sept. 7 Supérieur 2h 23“ 36* 23h 3“ 17"
- — 17 — lh 44“ 23- 23» 42“ 43»
- — 27 — lk 5“ 10“ 0» 22“ 8“
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le lor Septembre, à 23», ou le 15, à 22», est le suivant (voir fxg. 1) :
- Très près du Zénith, a du Cygne (Deneb).
- Au Sud : Le Carré de Pégase; le Verseau; le Capricorne.
- Fomalhaut est à une faible hauteur au-dessus de l’horizon sud. (Si l’on a l’occasion de faire un voyage en septembre, et notamment de se déplacer du Nord au Sud, on sera frappé de la différence de hauteur de cette étoile au-dessus de l’horizon, surtout si l’on se déplace de quelques degrés. La différence entre Paris et Pau est frappante.)
- A l’Est : Le Bélier; Andromède. Les Pléiades viennent de se lever. Persée.
- A l’Ouest : La Lyre et l’Aigle. Hercule. La Tète du Serpent.
- Au Nord : La Grande Ourse ; la Petite Ourse ; Céphée ; Cassiopée. Capella remonte au Nord-Est.
- Em. Touchet.
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- LA TRAGÉDIE DU PÔLE NORD
- L’expédition au Pôle Nord par dirigeable organisée par le général italien Nobile restera célèbre dans l’histoire des explorations polaires.
- La catastrophe qui l’a terminée, les meurtrières péripéties du sauvetage des victimes en ont fait une des pages les plus tragiques du martyrologe polaire, cependant si riche déjà.
- Nous nous proposons ici de résumer seulement les faits essentiels. Le général Nobile est l’ancien commandant du Norge, le dirigeable avec lequel Amundsen et ses compagnons réussirent, en 1926, le voyage Spitzberg-Alaska, en passant par le pôle. Le général Nobile, dès son retour en Europe, prépara une nouvelle expédition, purement italienne, pour laquelle il lit construire le dirigeable Italia, simi-rigide de 31 850 m3, long de 106 m, mû par 3 moteurs Maybach ; 1 un placé dans la cabine de l’équipage, les deux autres dans deux nacelles latérales.
- Parti de Milan le 15 avril, il arrivait, après un voyage assez mouvementé, le 5 mai, au Spitzberg, à la baie du Roi, base de toutes les expéditions polaires. Un navire, le Citta di Milano,, servait de base flottante à l'expédition. Le 15 mai, le dirigeable prenait son vol vers le Pôle Nord ; il emmenait à son bord 16 personnes : le général Nobile, le lieutenant de vaisseau Yiglieri, le mécanicien principal Gecioni, les officiers de marine Mariano et Zappi, l’ingénieur Troziani, le radiotélégraphiste Biani, les professeurs Pontremoli et Alessan-drini, le Dr Lago, les mécaniciens Pomella, Andriano, Caratti, Ciocca, et enfin le savant météorologiste suédois, Malmgreen ainsi que le professeur tchèque, Behounenk.
- Le navire aérien atteignit le Pôle Nord sans difficultés, le survola pendant 2 heures à 150 m d’altitude, puis reprit sa route mais en obliquant vers le sud-est, afin d’explorer les régions peu connues situées au nord-est du Spitzberg. Brusquement les messages de T. S. F., émis régulièrement par le navire, cessèrent pendant de longs jours. Une catastrophe était survenue dont les causes ne sont pas encore parfaitement éclaircies.
- Il semble que le dirigeable, dont les moteurs fonctionnaient parfaitement, ait été pris dans une tempête ; alourdi par des dépôts de glace, il s’est mis à descendre; les soupapes bloquées par la glace ne fonctionnaient plus et les glaçons projetés par l’hélice provoquaient des déchirures de l’enveloppe. Brusquement l’aéronef s’abattit sur la banquise. Dans la violence du choc, la nacelle contenant alors une partie de l’équipage se détacha tandis que l’enveloppe délestée s’élevait brusquement, séparant en 2 groupes les malheureux naufragés. Le mécanicien Pomella périt dans cet atterrissage.
- Le premier groupe resté sur la banquise comprenait Nobile, Malmgreen, Behounenc, Yiglieri, Gecioni, Mariano, Zappi et le radiotélégraphiste Biani. Le sort du second groupe, le groupe Alessandrini, est aujourd’hui encore un mystère.
- Les membres du groupe Nobile ont aperçu, quelques minutes après la catastrophe, une grande fumée noire s’élever dans la direction prise par l’enveloppe; il semble donc que celle-ci ait pris feu. Les hommes qu’elle emportait ont-ils pu prendre terre? Jusqu’ici nul ne le sait.
- Pendant près de 3 semaines, aucune nouvelle de l’expédition. Les pronostics les plus pessimistes se faisaient jour, et l’on commençait à organiser des expéditions de secours, mais sans savoir où les diriger, lorsque, le 7 juin, le poste radio du Citta di Milano captait un message provenant du groupe Nobile et donnant les premiers renseignements sur la catastrophe. Les naufragés se trouvaient sur la banquise, non loin de la terre du Nord-Est du Spitzberg. La chute en bloc de la nacelle laissait à leur disposition : des vivres, des équipements, de l’essence, et il avait été possible au radiotélégraphiste de remettre en marche le poste de T. S. F.
- Grâce à ces précisions, les expéditions de secours peuvent s’orienter, elles se multiplient et de nombreux pays concourent à ces généreux efforts : aviateurs et alpinistes italiens ;
- aviateurs et marins français, suédois, norvégiens; la Russie envoie deux puissants brise-glace, portant un hydravion.
- Mais le drame va désormais s’amplifier et devenir plus tragique encore, car ce sont les expéditions de secours, insouciantes du danger, qui vont, à leur tour, être en péril et susciter les plus vives angoisses.
- C’est tout d’abord une expédition par voie de terre avec chiens et traîneaux dirigée par l’officier Italien Soria, partie le 20 juin de la Baie du Roi, dont on sera sans nouvelles jusqu’en juillet, et qui sera sauvée par des avions suédois et norvégiens le 13 juillet.
- Le 18 juin, un de nos meilleurs navigateurs de l’air, le commandant français Guilbaud, à bord d'un hydravion français de 1000 ch , venu du Havre en toute hâte, quitte Tromsoë, se dirigeant vers le lieu du naufrage; il emmène à son bord le grand explorateur Amundsen, et le pilote norvégien Dietrichson, le lieutenant de vaisseau de Cuverville, le radiotélégraphiste Yiolette et le mécanicien Brazy. Depuis le 18 juin, plus de nouvelles de ces braves; les pires éventualités sont à craindre.
- Les avions suédois sont plus heureux; ils survolent le camp des naufragés, sont aperçus d’eux, mais ne les voient pas. Le 20 juin, le major italien Maddalena, à bord d’un hydravion réussit, le premier, à ravitailler le groupe Nobile en vivres et munitions. Enfin, le 23 juin, l’aviateur suédois Lundborgh réussit à atterrir sur la banquise ; il reprend son vol en emmenant à son bord le général Nobile qui avait la jambe brisée.
- On savait déjà par les radiogrammes que le groupe Nobile s’était divisé en deux ; une reconnaissance composée des officiers Mariano et Zappi, du météorologiste Malmgreen était partie, à pied, à la recherche de la terre, afin de pouvoir trouver par cette voie du secours pour le groupe principal.
- Le 25 juin, Lundborgh tente de renouveler son "exploit aérien, il arrive à proximité de la banquise du groupe, commandé par Yiglieri après le départ de Nobile. Hélas ! son appareil brise son train d’atterrissage et ne peut plus reprendre son vol : c’est un naufragé qui sera sauvé le 6 juillet par un de ses camarades aviateurs.
- Les jours se passent, les efforts tentés de toute part restent vains; la situation du groupe Yiglieri devient déplus en plus inquiétante et ses membres commencent à perdre espoir.
- Quant au groupe Malmgreen, il n’a pu encore être aperçu.
- Enfin, le 11 juillet, l’hydravion russe monté par l’aviateur Tchoukhnowski aperçoit et repère 2 hommes isolés ; ce sont Mariano et Zappi perdus sur un petit bloc de glace, en dérive, sans vivres et sans ressources, attendant la mort. Le brise-glace Krassine, auquel était rattaché l’hydravion de Tchoukhnowski, réussit le lendemain à sauver les deux malheureux; le professeur Malmgreen est mort, depuis un mois. La jambe brisée, il n’a pu suivre ses deux compagnons ; il a supplié ceux-ci de l’abandonner pour poursuivre leur mission et il est mort seul, sans doute de faim et de froid, à peu de distance de l’endroit où furent retrouvés Mariano et Zappi.
- L’hydravion, qui avait si heureusement permis ce sauvetage, naufrageait le même jour, avec 5 personnes à bord à quelques km du Cap Platen et il fallut envoyer à leur secours. Heureusement, le 15 juillet, l’équipage et l’avion purent être tirés par le Krassine de leur situation périlleuse.
- Enfin, le 13 juillet, le Krassine arrive à proximité du groupe Viglieri et en ramène tous les membres, ainsi que l’avion endommagé de Lundborgh.
- A l’heure actuelle, il reste à sauver ou au moins à retrouver les 5 hommes de l’expédition Guilbaud, et les 6 personnes du groupe Alessandrini. Les recherches continuent avec de puissants moyens, une véritable flotte internationale de 13 navires complétée par une escadre de 13 hydravions est sur les lieux et poursuit méthodiquement les investigations. Tout espoir n’est pas encore perdu.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Le record du monde de durée.
- Deux aviateurs italiens ont battu, les 31 mai, 1" et 2 juin dernieis, les records de durée et de distance en circuit fermé.
- Le précédent record de durée appartenait depuis mars 1928 à Haldeman et Stinson, sur monoplan Stinson, avec 53 h. 26 min. ; le record de distance en circuit fermé appartenait depuis avril 1928 aux allemands Risticz et Edzard sur avion Junkers, avec 4660 km.
- Les nouveaux records sont détenus par Ferrarin (pilote de Rome-Tokio 1920), et del Prete (compagnon de de Pinedo dans son circuit de l’Atlantique) ; ces records sont portés à 58 h. 37 et plus de 7000 km.
- Voici quelques détails sur l’appareil que pilotaient Ferrarin et del Prete, appareil d’une grande originalité, dû à l’ingénieur italien Marchetti, et construit par les usines Savoia.
- Cet avion est un monoplan de 20 m. 50 d’envergure et 10 m. 50 de long.
- L’aile, de profil variable suivant l’envergure, est en porte à faux. Elle est construite entièrement en bois, comporte trois longerons et un revêtement de contreplaqué.
- Cette aile est d’allongement 7, chiffre remarquable pour une aile en porte à faux.
- L’empennage est porté par deux poutres horizontales fixées à la voilure. Le longeron supérieur de chacune de ces poutres vient se noyer dans le plan; le longeron inférieur s’attache au train d’atterrissage, qu’il vient haubaner dans le sens longitudinal.
- L’empennage horizontal relie à l’arrière ces deux poutres, et porte, en son milieu, l’empennage vertical.
- La cabine est fixée en avant de l’aile; elle est fuselée et se raccorde à la partie inférieure du plan. Le moteur, un Fiat Ar. 22, est à 12 cylindres en V, à refroidissement par l’eau; il pèse 410 kg et développe 550 ch à 1900 tours-minute.
- Ce moteur est placé dans un fuseau fixé très haut au-dessus du plan, sur un bâti de mâts en N. La pointe de ce fuseau contient le réservoir d’huile, d’une capacité de 270 litres.
- L’essence est contenue dans 27 réservoirs placés à l’intérieur de l’aile sur les 3/4 de l’envergure; ces réservoirs ont un volume total de 7000 litres, ce qui donne à l’appareil un rayon d’action théorique de 11 000 km en 70 heures.
- D’après les essais au tunnel, la vitesse du 5 64 dépasserait 15, chiffre inconnu jusqu’ici s’il est applicable à l’appareil en vraie grandeur, le rendement de l’hélice serait d’autre part voisin de 0,8. L’ensemble de l’avion présente donc un rendement aérodynamique remarquable. Ce rendement est d’ailleurs acheté au prix de quelques inconvénients; la position très surélevée de l’axe de traction fait prévoir une stabilité longitudinale douteuse, malgré les artifices classiques, surtout pour un appareil appelé à voler sous des charges très variables (les plans fixes des empennages sont réglables en vol); la stabilité au point fixe est nulle, l’appareil se mettant naturellement sur le nez ; des béquilles d’appui mobiles sont ainsi nécessaires à l’avant. Le décollage, pour la même raison, ne peut être tenté que sur un très bon terrain sous peine de capotage (la vitesse de décollage est de l’ordre de 140 à 150 km-h.), Ferrarin et del Prete utilisèrent la piste en ciment de 1300 m de l’aérodrome de Montecelio. En cas d’accident, l’équipage est placé à l’avant de l’appareil, dans une cabine non protégée, et sous le moteur; enfin la visibilité semble être assez médiocre.
- Mais il faut penser que le 5-64 est uniquement un avion de record, entièrement équipé actuellement pour un record de distance en ligne droite; dans ces conditions, ces inconvénients passent au second plan.
- Cet appareil est une preuve nouvelle de la grande activité aéronautique italienne, menant de front les question d’hydraviation, de vitesse, et de distance, et partout en grand progrès.
- Record d’avion léger.
- Le record du monde de distance en circuit fermé pour avions légers monoplaces appartenait depuis le 8 décembre 1927 au capitaine tchécoslovaque Ceray, avec 1740 km (appareil Avia BH. 11, moteur Walter de 60 ch).
- Ce record vient d’être porté à 2500 km par le commandant tchécoslovaque Yicherek, sur le même appareil. Le poids de combustible emporté était de 320 kg d’essence et 30 kg d’huile, ce qui donnait à l’avion une charge par mètre carré de 80 kg et une charge par cheval de 12,8 kg. Le raid se termina par l’obstruction d’une tuyauterie d’essence, alors que 60 kg d’essence étaient encore à bord.
- Nouveaux records de vitesse.
- Plusieurs nouveaux records de vitesse avec charge utile viennent d’être homologués :
- Le record de vitesse sur 100 km, avec 1000 kg de charge marchande, est ainsi de 261,172 km-h.
- Le record de vitesse sur 500 km, avec la même charge, est de 255,333 km-h. ; du même coup se trouve battu le record de vitesse sur 500 km avec 500 kg de charge.
- Ces trois records ont été enlevés par le capitaine Broad, le 27 avril dernier.
- L’appareil utilisé était un de Havilland « Hound », muni d’un moteur Napier de 550 ch.
- Traversée Italienne de l’Atlantique Sud.
- Nous avons donné plus haut les caractéristiques de l’appareil Savoia S-64 à moteur Fiat avec lequel les Italiens Ferrarin et del Prete s’attribuèrent lt record du monde de durée. Avion et équipage étaient alors prêts pour un long raid.
- La piste de ciment de Montecelio fut allongée de 1300 à 1700 m. L’avion, qui devait enlever 3800 kg d’essence, ne fut chargé au départ (le 3 juillet) que de 3510 kg de combustible, en raison de conditions atmosphériques de décollage défavorables. Le poids total était ainsi de 6543 kg. A 19 h. 52, le décollage fut effectué; il demanda toute la longueur de la piste.
- Les conditions favorables permirent à l’équipage de suivre rigoureusement la route tracée : Rome, sud de Sicile, Alger, Gibraltar, Saint-Louis, côte américaine. L’atterrissage eut lieu, après 51 heures de vol, sur la plage de Genitabu. La distance à vol d’oiseau des points de départ et d’arrivée est supérieure à 7000 km.
- Le record de Chamberlin et Levine de 6294 km est donc battu.
- Cependant le S-64 semble n’avoir pas donné tout ce dont il est capable, à cause des conditions de départ défavorables, et de l’itinéraire en ligne brisée choisi.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Balistique extérieure théorique, par G. Sugot. 1 vol. 93 pages. Gauthier-Viilars, .éditeur. Paris, 1928. Prix: 25 francs.
- La balistique extérieure a pour objet la détermination de la trajectoire d'un projectile dans l’air, problème rendu extrêmement complexe par l'intervention de la résistance de l’air, qui, on le sait, dépend de la vitesse, de la forme du projectile et de la position de celui-ci sur sa trajectoire. M. Sugot, professeur à l’Ecole d’Application de l’artillerie navale, publie ici les leçons qu’il professe dans cet établissement : très claires et très concises, elles résument parfaitement l’état actuel de cette science, compte tenu des grands progrès accomplis dans les méthodes de calcul, au cours de la dernière guerre.
- Cyclones, par M. Rondeleux, 1 vol. 102 p., 33 fig., 4 cartes et tableaux hors texte. Gauthier-Yillars, édit. Paris, 1928. Prix : 20 fr.
- Les cyclones sont les météores le plus justement redoutés des navigateurs. Il importe donc que ceux-ci soient instruits des circonstances qui les annoncent, des phénomènes qui les accompagnent, des manœuvres à exécuter pour échapper à leurs terribles effets. C’est la tâche que s’est assignée le capitaine de frégate Rondeleux, et dont il s’est acquitté avec succès. Son ouvrage résume d’une façon claire et attrayante, parfois même émouvante, l’état actuel de nos connaissances sur les cyclones; il expose avec sobriété les grandes lignes des théories modernes qui les expliquent; il indique ensuite les règles de prévision, puis en partant de ce que l’on sait sur le mécanisme interne d’un cyclone, il justifie les règles de manœuvre recommandées aux navigateurs. L’ouvrage se termine par une étude graphique d’un certain nombre de cyclones, notamment celui qui a détruit la ville et le port de Tamatave, le 3 mars 1927. Ce manuel rendra de signalés services, non seulement aux navigateurs à qui il est particulièrement destiné, mais aussi à tous ceux qu’intéresse à un titre quelconque, la météorologie pratique et notamment aux administrateurs, exploitants et agriculteurs.
- Fabrication industrielle des porcelaines, par Marc Larchevjeque (tome I), 1 vol., 480 p., 194 fig., J.-B. Baillière et fils, édit. Paris, 1928. Prix: 80 fr.
- Ce premier volume est consacré aux matières premières qui entrent dans la fabrication de la porcelaine et à leur traitement. L’auteur, qui a consacré son existence à la pratique de l’industrie céramique, donne ici le fruit de sa longue expérience et de nombreuses recherches personnelles. Après avoir énuméré d’une façon générale les diverses matières premières et indiqué leurs formules chimiques, il décrit les appareils de traitement ; puis montre comment s’exploitent les carrières de Kaolin. Il0 décrit ensuite les méthodes d’essai qui permettent de s’assurer pratiquement de la qualité des matériaux. Puis il donne une série de monographies relatives à des matières premières de diverses origines avec énumération de leurs propriétés et caractéristiques. Il étudie ensuite la composition et la confection des pâtes et couvertes, puis les terres réfractaires pour la fabrication du matériel de cuisson et le plâtre pour la fabrication du matériel de façonnage.
- La vie, par le Dr Jean-Paul Bounhiol, 1 vol. in-16, 330 p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris, 1927. Prix : 12 fr.
- Riche de faits et d’idées, cet ouvrage est d’une [lecture facile. On y trouve une étude pénéti’ante du débit énergétique des animaux et de l’homme avec une conception nouvelle des hiérarchies fonctionnelles, de l’assimilation, de l’accroissement, du vieillissement des individus, des lignées et des espèces. L’influence des milieux physiques et des climats y est mise en relief. Les associations biologiques, spontanées (parasitismes) ou provoquées (greffes) y reçoivent- des explications nouvelles, d’où découle une conception particulière de la genèse des cancers et tumeurs. L’auteur n’a pas négligé les grandes questions relatives à la fécondation, à l’hérédité, à la variation: par des liens étroits, il rattache tous ces phénomènes à la loi générale du vieillissement. Le sens de l’évolution se dégage et se précise pour lui, vers la dégradation d’énergie.
- Les plantes, par Paul Becquerel, 1 vol..in-16, 188 p., 23 pL Bibliothèque des Merveilles. Hachette, Paris, 1928. Prix: 9 fr., relié, 12 fr.
- Voici un petit livre qui donnera sûrement le goût de la botanique à bon nombre de jeunes. Il la présente en raccourci d’une ma-
- nière vivante, aimable, et le lecteur, devant tant de merveilles et de faits précis, désirant aller plus loin, peut pénétrer les arcanes d’une science si riche. Les chapitres relatifs à la fleur, à sa fécondation, les pages où sont examinées les plantes utiles, comestibles, industrielles, médicinales, dangereuses, ornementales... ; celles sur le rôle des plantes, leurs associations, leurs transformations, leurs stades à travers les âges du lointain passé de la terre, leur avenir donnent l’impression de lire un roman d’un intérêt supérieur.
- L’empire socialiste des Inka, par Louis Baudin, 1 vol. in-8, ix-294 p., 4 cartes. Tome V des Travaux et Mémoires de l’Institut d’Ethnologie, 191, rue Saint-Jacques. Paris, 1928. Prix: cartonné toile, 50 fr.
- On a dit de l’empire des Inlca qu’il était socialiste. L’auteur, professeur à la Faculté de droit de Dijon, étudie sous quelles formes il se présente dans les textes des vieux chroniqueurs. On trouve dans l’Etat précolombien un mélange complexe de communautés agraires collectivistes, restes d’une civilisation antérieure, et un socialisme d’Etat créé par les Inkas et adapté par eux aux organisations antérieures. Il en résulte une situation poli-, tique, économique, différente de ce qu’on connaît partout ailleurs, qui est analysée dans ses détails : fondement économique et social de l’Etat, politique agraire, travail, commerce, justice, transports, expansion, etc. A cette « ménagerie d’hommes heureux » par l’effacement individuel, les Espagnols opposèrent, imposèrent leur individualisme brutal et avide, leur volonté, leur audace, et l’empire inka s’écroula...
- a) Instructions d’enquete linguistiques, par Marcel Cohen. Instructions pour les voyageurs, établies par l’Institut d’Ethnologie, 1 vol. in-12, 125 p. Prix: cartonné, 12 fr.
- b) Questionnaire linguistique. I, 1 vol. in-12. Prix: cartonné, 20 fr.
- c) Questionnaire linguistique. II, 1 vol. in-12. Prix: cartonné, 20 fr. Institut d’Ethnologie, 191, rue Saint-Jacques, Paris, 1928.
- Le jeune Institut d’Ethnologie, si prospère et si vivant, se devait de faciliter aux voyageurs la récolte des faits linguistiques qui sont à la base de tous les travaux sur le langage. L’œuvre est urgente, car la pénétration des blancs, les transports rapides mêlent de plus en plus tous les peuples et font disparaître les mœurs et les langues particulières aux primitifs, aux isolés. Il est un grand nombre de langues qui meurent actuellement et dont il ne restera aucune trace si on ne les recueille pas immédiatement. Même en Europe, même en France, il est des langages, des patois encore vivants, dont on n’a pas encore noté toutes les formes. Ce travail de collection ne peut être l’œuvre que des explorateurs, des voyageurs, en contact avec les indigènes. Le nombre des langues connues est tel qu’il reste beaucoup à faire, dans tous les pays du globe et ce travail n’est utile que s’il est soumis à certaines règles précises.
- L’Institut d’Ethnologie a chargé M. Marcel Cohen de rédiger les instructions nécessaires. Dans une petite brochure, il dit tout ce qu’il faut savoir pour opérer utilement : limitation de l’enquête, mode de notation des sons, enquête sommaire et questionnaire réduit, enquête approfondie allant jusqu’à la monographie d’un dialecte et à l’atlas linguistique. Il indique les livres à consulter, ceux qui peuvent servir d’exemples, les difficultés qu’on peut rencontrer et les erreurs qu’il faut éviter.
- Deux questionnaires ont été rédigés, qui sont offerts aux fonctionnaires coloniaux, aux explorateurs, aux missionnaires désireux de participer dans les meilleures conditions à la collecte des renseignements. Le premier correspond à une enquête rapide; il comprend les mots du vocabulaire courant et les phrases les plus usuelles ; le second est un complément plus étendu. Ils se présentent sous forme de gros carnets à feuillets détachables dont le double reste à l’enquêteur.
- Nul doute que ces questionnaires attireront à la linguistique un grand nombre d’amateurs, qu’ils permettront de recueillir des documents précieux, qu’ils donneront à 1 ecole française de linguistique, actuellement si active, de nouveaux éléments de travail.
- Nous ne saurions trop engager nos lecteurs connaissant des patois ou rivant dans des pays lointains, en contact avec des indigènes, à se mettre en rapport avec l’Institut d’Ethnologie pour collaborer à l’œuvre collective entreprise.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Petite caisse pour classer la monnaie.
- Il est assez difficile d’opérer le classement ?des pièces de monnaie rapidement ; par conséquent, tout appareil suscep-
- 0,05 petite
- Pièce de 2 rr
- Glissière
- tible de faire le travail automatiquement, en évitant toute cause d’erreur est intéressant pour ceux qui ont à manipuler une grande quantité de pièces de monnaie.
- Un inventeur a imaginé un appareil extrêmement simple, dont le principe est tout à fait original : les pièces sont placées une à une dans une fente analogue à celle d’une tirelire et elles roulent dans une rigole inclinée, en s’appliquant contre une paroi latérale également inclinée de façon que pendant tout son parcours la pièce reste appliquée contre la paroi. La vitesse de chute est relativement faible.
- Le long du plan incliné ainsi agencé, la paroi est percée de fenêtres rectangulaires, dont les hauteurs depuis l’arête supérieure jusqu’au fond de la rigole sont successivement croissantes. Chaque hauteur correspond au diamètre d’une
- 0.10 0,05
- ; grande • pefiti
- pièce à classer, de sorte que les pièces passent devant les ouvertures de la paroi, elles basculent lorsqu’elles se trouvent devant l'ouverture dont la hauteur correspond à leur diamètre.
- La pièce bascule autour de l’arête inférieure de l’ouverture
- et tombe alors dans une goulotte qui la dirige vers le réservoir correspondant à la valeur de la pièce.
- La caisse est munie de serrures, de tiroirs et la rigole, qui forme l’organe principal du mécanisme, a une inclinaison qu’on peut régler, de façon que la pente soit adaptée aux résistances à vaincre et à l’obtenlion de la vitesse qui est nécessaire à la marche des objets à classer.
- L’inventeur prévoit également dans chaque goulolte un disposiiif compteur qui permet d’indiquer le nombre de pièces qui passent.
- Dans le modèle qui nous a éié soumis, la rigole est prévue de manière à effectuer le classement des pièces de monnaie depuis 0,05 centimes jusqu’à 2 francs, monnaies française et belge.
- Le fonctionnement est absolument sûr et il ne se produit jamais aucune erreur. Toutes les pièces se trouvent rassemblées et classées dans les divers compartiments qui sont situés à la partie inférieure de l’appareil.
- Ernest Lalain, Le Grand-\Ve, Esqueheries (Aisne).
- La perceuse électrique.
- La chignole ou perceuse à main est aujourd’hui trop répandue pour qu’on ne doive la considérer comme un outil « classique », au même titre, que le marteau, la lime, la scie. La vulgarisation du courant électrique dans les villes et les campagnes donne un développement croissant à un outil dérivé de la perceuse usuelle : la perceuse électrique à main.
- Nous décrivons ci-dessous la perceuse électrique Contai, adaptation de la chignole Contai, qui constituait déjà un outil original par son bâti enfer forgé, ses pièces en acier traité, ses quatre vitesses obtenues d'une façon très simple, son cliquet permettant par un mouvement de va-et-vient de la manivelle, d’effectuer un perçage même dans les recoins peu accessibles.
- Adopter plusieurs vitesses dans une chignole à main, c’est augmenter le champ d’action de l’opérateur, lui permettre d’aborder des travaux beaucoup plus variés, diminuer sa fatigue et travailler, suivant la nature des métaux et le diamètre des trous à percer, beaucoup plus rationnellement et rapidement en faisant tourner les forets aux vitesses pour lesquelles ils ont été construits.
- La réalisation du changement de vitesse se fait très simplement dans cet outil au moyen d’un unique pignon balla-deur à picots et d’un plateau à quatre rangées de trous coniques correspondant aux quatre vitesses. Le fonctionnement de ces organes n’exige pour ainsi dire pas de grais-sage.
- C’est de cet outil intéressant que l’on est parti pour réaliser une nouvelle perceuse électrique, remarquablement simple, maniable parce que bien équilibrée, souple et capable d’assurer sans faiblesse un travail soutenu quelle qu’en soit la durée, construite pour utiliser les forets modernes en acier rapide, et tourner par conséquent plus vite pour un diamètre de perçage donné que les anciennes per-çeuses parce que utilisant les forets aux vitesses pour lesquelles ils sont établis, robuste quoique aussi légère qu’une perceuse à une seule vitesse.
- Fig. G. —La perceuse à main Contai et son disque à picots donnant 4 vitesses.
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- Avant d’aborder la description de l’outil il est indispensable de faire toucher du doigt la nécessité d’un changement de vitesse mécanique dans une perceuse électrique pour permettre aux forets de différentes dimensions de tourner à une vitesse circonférentielle sensiblement égale.
- On se rend aisément compte qu’un foret de 2 millimètres de diamètre ne peut pas tourner à la même vitesse angulaire qu’un foret de 12 millimètres, par exemple.
- L’enroulement, type série du moteur universel permet une certaine variation de vitesse, mais elle n’est obtenue que par une surcharge du moteur au détriment du rendement et de sa conservation. Elle n’est, en outre, pas fonction du travail demandé au foret dont le rendement n’est maximum qu’à la vitesse circonférentielle convenable.
- Le couple maximum du moteur correspond à une vitesse Y de celui-ci. C'est le changement de vitesse mécanique qui
- Fig. 4. — Le changement de vitesse de la perceuse électrique Contai.
- doit intervenir pour modifier la vitesse du foret, ou tout au moins l’amener au voisinage de la vitesse optima ; le moteur universel intervient ensuite mais dans une faible proportion pour obtenir exactement la vitesse voulue.
- Les fabricants de forets livrent toujours des barèmes de vitesses et si on les questionne au sujet des réclamations de leur clientèle, ils répondent invariablement que dans 90 pour 100 des cas la cause est à la non-observation des vitesses. On tourne trop lentement ou trop vite.
- Avec ses trois vitesses mécaniques la perceuse Contai se rapproche sensiblement des vitesses désirables.
- C’est évidemment la question de prix qui a, jusqu’ici, empêché le développement de perceuses à vitesses multiples. Le changement de vitesse dont nous avons indiqué plus haut le principe grâce à sa grande simplicité permet de réaliser un outil d’un prix et d’un poids abordables.
- Un arbre de dimensions confortables, monté sur deux bons
- roulements à billes, porte d’un côté le pignon conique entraîné par le moteur, de l’autre le pignon à picots qui peut prendre par simple coulissâge sur l’arbre, trois positions correspondant à trois rangées de trous percés concentriquement sur un plateau pratiquement inusable, en acier « ni-truré », au bout duquel est l’arbre porte-forets.
- Description de la perceuse. — La perceuse électrique « Contai » se compose de deux ensembles bien distincts : la partie électrique d’une part et la partie mécanique d’autre part. Assemblées par quatre vis, ces différentes parties forment un tout homogène.
- Le moteur porte en bout d’arbre un pignon conique. Ce pignon commande une roue conique montée sur un arbre intermédiaire, auquel il transmet son mouvement.
- Sur cet arbre, de section carrée, coulisse un pignon à picots qu’on fait engrener avec une rangée de trous d’un plateau circulaire en acier « nitruré » qui comporte trois rangées de trous concentriques. Le mouvement est ainsi transmis au plateau.
- L’arbre porte-forets, passant par le centre du plateau avec lequel il fait corps, est ainsi animé d’un mouvement rotatif.
- Il suffit d’engager le pignon à picots dans une autre rangée de trous pour obtenir une vitesse différente.
- Moteur. — Le moteur est du type série. Pour réduire au minimum le poids de l’ensemble, on a utilisé la carcasse du moteur pour former le corps de la machine.
- Il se termine par deux couvercles de forme appropriée. Celui inférieur porte la plaque de conscience orientable naturellement, celui supérieur sert de repos au pont ou étrier portant tout le mécanisme, l’arbre intermédiaire et l’arbre commun au porte-forets et au plateau.
- Les inducteurs feuilletés sont fixés dans des logements dont la forme ménage des passages copieux pour la circulation de l’air. L’induit monté sur roulement à billes, porte un ventilateur qui assure un refroidissement énergique.
- Les couvercles centrant l’induit sont convenablement ajourés pour permettre l’aspiration et le refoulement.
- Les charbons se retirent aisément de l’extérieur et sortent d’eux-mêmes, une fois un bouchon retiré.
- Toutes les connexions sont faites à l’intérieur pour éviter tout conlact métallique extérieur.
- L’arrivée de courant se fait dans une pièce qui immobilise le câble, l’empêche de glisser ou de se dénuder.
- La visite du collecteur se fait par deux grandes ouvertures qui en permettent aisément le nettoyage et qui sont obturées par deux couvercles n’entravant pas la circulation de l’air tout en s’opposant à l’introduction des poussières.
- Mécanisme de transmission et de changement de vitesse. — L’étrier monté sur le couvercle supérieur du moteur porte à jsa partie inférieure les logements pour les roulements à billes de l’arbre intermédiaire, et à son extrémité un logement pour le coussinet dans lequel tourne l’arbre porte-forets.
- Cet étrier très léger est nervuré aux points convenables pour empêcher toute déformation, même sous un choc. Il se fixe par quatre vis à six pans très accessibles, qui permettent aisément un réglage en hauteur, pour obtenir un engrène-ment parfait du couple d’engrenages coniques.
- L’arbre intermédiaire se monte très aisément.
- Le plateau à trous concentriques, vissé sur l’arbre porte-forets avec lequel il fait corps, est guidé dans un coussinet très long.
- Le jeu en hauteur de l’arbre du plateau est exactement déterminé d’une part par le dessus du plateau lui-même, d’autre part par écrou et contre-écrou, prenant appui sur une butée à billes. Il est de ce fait facilement réglable.
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- Le coussinet, par la manœuvre d’un renflement moletté qu’on visse ou dévisse aisément à la main dans le logement ménagé à cet effet, monte ou descend, rapprochant ou éloignant le plateau du pignon à picots. Le filet delà vis est à pas rapide. La poussée du foret se fait directement sur la butée à billes, sans intéresser aucunement le moteur.
- Il suffit de retirer les quatre vis qui fixent l’étrier pour avoir tout le mécanisme en mains.
- La manœuvre du changement de vitesse. — Elle se fait en cinq secondes. On fait remonter le plateau en dévissant l’écrou moletté du coussinet, tourner une manette qui fait glisser le pignon à'piçots en face des trous correspondant à la vitesse qu’on veut obtenir et revisser l’écrou pour faire engrener le plateau avec le pignon.
- Pour faire coulisser le pignon à picots, il suffit de placer la manette qui le commande sur un des trois repères portés sur un secteur marqué à cet effet : P. M. G. qui correspondent à Petite, Moyenne, Grande vitesse.
- Poignées orientables. —- Les poignées peuvent prendre trois positions différentes :
- 1° Perpendiculaires à l’axe du moteur.
- 2° Reportées à 40° en avant.
- 3° Reportées à 40° en arrière.
- Cette mobilité constitue un perfectionnement très important, car elle permet d’utiliser la perceuse normalement et sans fatigue, dans toutes les positions.
- La position perpendiculaire à l’axe du moteur, correspond à un équilibre absolu de la machine pour percer horizontalement.
- Les poignées poussées en avant font reporter le centre de gravité vers l’arrière. La machine a tendance à se [dresser et semble indiquer que le perçage doit se faire de bas en haut, ce qui est exact. Cette position des poignées rend également plus commode l’emploi de la plaque de conscience en [augmentant la distance entre le corps et les poignées.
- Les poignées étant amenées en arrière, la machine pique du nez et s’oriente vers le sol. Il s’agit, comme on le comprend, de percer de haut en bas. C’est celte position qu’on donne également aux poignées quand il s’agit d’atteindre des parties peu accessibles. Elle permet d’effacer et de plaeer les mains plus loin du porte-forets.
- Pour modifier l’orientation des poignées, il suffit d’appuyer avec le pouce sur un bouton placé en bout de l’axe des charnières. L’axe en s’enfonçant dégage deux ergots qui immobilisaient les parties mâles et femelles des charnières, ces ergots, sollicités par un ressort tombent automatiquement dans les trous correspondant à la nouvelle position qu’on fait prendre aux poignées. La manœuvre est instantanée.
- Comme un poids quelconque semble moins lourd si on le porte aisément, on comprend de suite l’intérêt pratique que présente le dispositif des poignées orientables.
- Interrupteur. — Un interrupteur va-et-vient, à rupture rapide, placé sur une poignée, est facilement manœuvrable avec le pouce et l’index sans qu’on ait à lâcher la poignée et quelle que soit la position occupée par celle-ci. Des niveaux permettent de percer correctement dans tous les sens.
- CHAUFFAGE
- Brûleur amovible.
- Dans les cuisines exiguës, le fourneau occupe très souvent une grande place et permet difficilement l’installation d’autres appareils de chauffage, tels que réchauds et fours à gaz. Si le fourneau de cuisine doit être alimenté l’hiver, particulièrement quand il assure un chauffage à eau chaude, il est
- Fig. 5. — La perceuse électrique à main Contai et ses voignêes orientables.
- intéressant d’employer le gaz pendant l’été, et par suite le fourneau de cuisine devient un objet encombrant et inutile.
- Afin de réduire la place nécessaire pour les appareils de chauffage, de supprimer l’entretien des deux appareils toute l’année, un inventeur a imaginé un système de brûleur amovible, sorte de rondelle perforée qui peut s’adapter au fourneau de cuisine, le gaz étant fourni par une rampe sur laquelle sont branchés les tubes de départ avec robinets destinés à alimenter les différentes couronnes de brûleurs.
- Lorsqu’on veut placer deux couronnes l’une à côté de l’autre, sur les deux trous du fourneau par exemple, les tubes sont simplement réunis par des tuyaux en caoutchouc, dont la longueur dépend de la distance à prévoir entre les deux couronnes, façon à assurer la combustion du gaz. La couronne est soutenue par une rondelle qui se place sur le fourneau de cuisine comme les rondelles ordinaires de fermeture.
- Bien entendu, on prévoit la dimension de cette pièce suivant le diamètre des ouvertures du fourneau où doit se placer la cour ronne des brûleurs.
- Constructeur : HeDri
- Naudin 15, rue Séné-bier, Arles.
- Des prises d’air sont prévues de Fig. 6. — Le brûleur amovible.
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- J42
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la glace sèche.
- Nous avons reçu de la Chambre syndicale française, les Fabricants d’acide carbonique, l’intéressante lettre qui suit :
- « J’ai été très intéressé par l’article sur la glace sèche que vous avez publié dans le numéro de La Nature du 1er Juillet 1928.
- La glace carbonique est actuellement produite en France par plus de 18 usines réparties dans chacun des grands centres.
- Notre Chambre Syndicale, d’accord avec les Chambres Syndicales Belge et Luxembourgeoise, a étudié depuis de nombreuses années la fabrication et les usages de la neige et celle-ci est pro duite industriellement dans ces pays.
- A la Foire Commerciale de Bruxelles d’Avril 1928 étaient exposés de gros blocs de neige sèche (carbo-glace) et figuraient des applications ménagères et industrielles de cette glace carbonique (carbo-glace). Les chiffres donnés dans votre article sont exacts. Toutefois, je suis particulièrement heureux de vous signaler que, grâce à nos procédés spéciaux, le prix de vente que vous déclarez être 10 fois celui de la glace naturelle, est loin d’atteindre en France la moitié de votre évaluation.
- Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués. »
- Pour le Vice-Président de la Chambre Syndicale Française des Fabricants d’Acide Carbonique.
- Signé :.H Lacombe.
- Nous pourrons ajouter à cette lettre la liste des maisons françaises qui peuvent actuellement fournir la glace sèche carbonique:
- La Carbonique française, Capital : 13 500 000 francs ; 120-122, rue Thiers à Billancourt.
- La Carbonique du Nord de la France, 4, rue Saint-Charles, à la Madeleine, Nord.
- Ces maisons livrent par toute quantité.
- En outre, pourront livrer de la glace sèche très prochainement :
- Les Carboniques liquides réunies, S. A. Capital: 10 000 000 de francs. Usines à Nancy, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Marseille, Lyon et Vichy.
- La Compagnie Fermière de Vichy, Capital : 19 200 000 francs, à Vichy.
- La Carbonique moderne à Paris.
- Rectification.
- La Télèmèirie monostatique (Voir les Livres nouveaux, numéro du 1er Juillet 1928, p. 40).
- Une erreur typographique nous a fait attribuer cet intéressant ouvrage à M. G. deGramont. L’auteur en est M. Armand de Gra-mont, président de l’Institut d’Optique.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Dymomètre enregistreur de traction (n° 2778, lor Juillet 1928).
- Cet appareil est construit parla Cambridge Instrument C°, dont les bureaux à Paris sont 198, rue Saint-Jacques.
- Erreur de connexion dans un poste.
- Les lampes de T. S. F. dites à faible consommation, employées en France, comportent presque toujours des filaments variés de très faible diamètre et qui doivent être traversés normalement par un courant d’une tension de 4 volts au maximum, et d’une intensité de quelque 0,06 à 0,01 ampère.
- Lorsqu’on applique à ces filaments un courant de tension trop forte, on peut « brûler » instantanément le filament et la lampe est évidemment hors de service, ou bien le filament continue à « éclairer » si la surtension n’a pas été trop forte ni trop longue. Mais, même dans ce dernier cas, le pouvoir d’émission électronique du filament a presque disparu le plus souvent, bien qu’en apparence le fonctionnement continue à être normal.
- Les lampes du poste continuent donc à éclairer, mais l’appareil de réception ne fonctionne plus, ce qui surprend fort l’amateur débutant.
- Si vous avez appliqué par erreur à vos lampes un courant de trop forte tension, il est probable ainsi que celles-ci sont hors de service. Vous serez donc obligé de les remplacer ou de les confier à un spécialiste qui se chargera de les « régénérer ».
- M. Chardin, a Pantin (Seine).
- Appareil d'alimentation sur courant d'un secteur.
- 1° Vous ne nous indiquez pas la nature du courant du secteur dont vous disposez, mais nous pensons qu’il s’agit de courant alternatif 110 volts. De même, il serait nécessaire, pour que nous puissions vous donner des précisions, que vous indiquiez le type de votre poste récepteur : système fondamental, nombre de lampes, particularités des étages, basse fréquence, etc. ;
- 2° L’alimentation d’un poste de T. S. F. d’un type classique au moyen du courant alternatif d’un secteur redressé par une soupape, est généralement assez facile à l’heure actuelle, mais ce problème est d’autant plus difficile, évidemment, que le poste est
- plus complexe et compte un nombre de lampes plus grand exigeant un courant d’alimentation de plus grande intensité également.
- Ainsi que nous l’avons plusieurs fois indiqué dans La Nature, vous pouvez, à l’heure actuelle, choisir entre deux dispositifs également pratiques pour l’alimentation en courant de 80 volts.
- a) On peut utiliser une petite batterie d’accumulateurs de faible capacité à électrolyte acide ou mieux à électrolyte alcalin (système fer-nickel), si le prix d’achat plus élevé ne constitue pas un inconvénient trop grand pour l’amateur. Cette batterie est rechargée soit continuellement, soit d'une manière semi-automatique, au moyen d’une soupape électrolytique au tantale, au silicium, ou sèche du type « Cuproxyde » ; et l’entretien devient ainsi presque nul. Tout risque de ronflement est évidemment écarté par cette disposition indirecte de montage.
- b) On peut aussi alimenter directement les lampes au moyen du courant alternatif redressé par une soupape ou une série de soupapes et filtrer ensuite dans un circuit comportant des condensateurs de forte capacité et des inductances à fer.
- Comme soupape on emploie surtout des valves électrolytiques au tantale ou au silicium, des valves électroniques biplaques, et des valves à gaz rares sous filaments genre Raytheon ou Hélion. Nous donnerons sans doute prochainement dans la revue, d’ailleurs, quelques détails sur les plus récents de ces appareils fort intéressants.
- 3° Voici quelques adresses de fabricants d’appareils d’alimentation :
- Établissements Ariane, 6, rue Fabre-d’Églantine, Paris ; Établissements Ferrix, 64, rue Saint-André-des-Arts, Paris ; Hewittie, rue du Pont, Suresnes.
- Accumulateurs Monoplaque, 77, boulevard Marceau, Colombes ; Maison Delafeu et Cie, 82, boulevard Richard-Lenoir, Paris.
- M. Samoruc, a Narbonne (Aude).
- Recharge des accumulateurs sur le courant continu.
- La recharge des accumulateurs sur courant continu d’un secteur est une opération fort simple, sinon économique lorsqu’il s’agit de lâ recharge d’une batterie de 4 volts. Il suffit d’abaisser la tension du courant à la valeur voulue à l’aide de résistances
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- placées en série dans le circuit. On peut simplement constituer ces résistances, le plus souvent au moyen d’ampoules à incandescence à filament de charbon. Vous pourrez trouver des détails sur cette opération dans La Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur). M. Laisné, a Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
- Pourquoi soude-t-on les joints de rails de tramways et non ceux de chemins de fer ?
- On sait qu’on laisse entre les rails de chemins de fer un joint dit de dilatation, aSn d’éviter les efforts anormaux que pourrait provoquer une élévation de température : la dilatation qui en résulte pourrait provoquer, si elle était contrariée, des torsions du rail, des arrachements d’éclisses, etc.
- Par contre, on voit tous les jours, souder, par aluminothermie ou autrement, des joints de tramways. C’est que la voie du tramway encastiée dans le sol ou les pavés y subit moins les variations de température que la voie de chemin de fer, qui au contraire, est isolée du sol. De plus, les rails serrés dans les pavés ou le sol éprouvent une résistance à la déformation latérale que causerait la dilatation et ne se déforment pas. Il arrive, du reste, qu’en hiver par les grands froids, on observe des ruptures de rails de tramways sous l’effet de la contraction du métal.
- À. B. a Levallois^Perret.
- Les agglomérés de construction.
- Les agglomérés destinés à une maison d’habitation doivent répondre à de nombreuses conditions, notamment à une certaine compression qui ne peut être réalisée que par des machines, donc peu à la portée d’un amateur. Mais pour des petites constructions, des murs de clôture, vous pouvez envisager vous-même cette fabrication. Voyez dans cet ordre d’idées les petits ouvrages édités par la Maison Larousse, 13, rue du Montparnasse, Paris: 1° Maçonneries et hourdis; 2° Béton et ciment.
- M. C. B. a Orléans.
- Comment se fabriquent les ardoises d’écolier.
- Ces objets sont en carton. Les feuilles de carton reçoivent d’abord une couche de colle à,la gélatine, puis sont recouvertes à froid d’un enduit formé d’huile siccative, de noir de fumée et de sable siliceux. Le sable est préalablement desséché par passage sur des tôles chauffées. A. D. a Paris.
- Comment sont préparés les écrans cinématographiques.
- Presque toujours les écrans : de^ ce genre fonctionnent par réflexion, l’appareil de projection Jetant .du côté des spectateurs et en arrière de ceux-ci, il faut donc avoir un écran opaque pour éviter les pertes d.e lumière. Dans ce cas on colle à l’envers du tissu (calicot blanc) une feuille de papier également blanche, laquelle sera ensuite recouverte d’une feuille de papier foncé. Sur le devant on donne une couche de badigeon fait à chaud avec un litre d’eau, 50 gr de gélatine et 300 gr de blanc de neige.
- On peut également se servir d’une peinture à la caséine que l’on prépare ainsi :
- Dans un lait de chaux très dilué contenant 10 gr de chaux vive finement pulvérisée, on délaie 30 gr de caséine ordinaire, on incorpore ensuite à la bouillie 20 gr de blanc de Meudon et 20 gr d’aluminium en poudre très fine.
- La couche obtenue avec cette mixture est d’un blanc métallique mat diffusant bien la lumière.
- Amis des Missions, a Paris.
- P. S. — Les papiers-vitraux collés à la gélatine s’enlèvent très facilement après enduisage à la soude caustique à 5° B (eau seconde des peintres) le contact doit être plus ou moins long suivant l’ancienneté du collage, mais quelle qu’elle soit, un ramollissement se produit bientôt qui permet l’enlèvement au couteau mousse.
- De tout un peu.
- Bibliothèque de l’Université d’Alger. — Vous trouverez tous renseignements sur le polissage des pierres fines dans l’ouvrage Les Pierres précieuses, travail des gemmes, par Escard. Éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte, Paris.
- ..—..... — ... , .....= J43 =
- R. B. a Moncalieri-Torino. — 1° Le sélénium employé dans les appareils photo-électriques fond à 217° G, se fixe habituellement à son support métallique par simple fusion dans des cellules ménagées à cet effet, la partie en contact forme en même temps avec le métal une combinaison sulfurée qui augmente l’adhérence.
- 2° Tous les constructeurs d'appareils scientifiques, par exemple, Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, sont susceptibles de réaliser une disposition de ce genre.
- Un abonné du Caire. — 1° Vous pouvez effectivement si vous disposez d’électricité stériliser votre eau par l’ozone ou par les rayons ultra-violets ; voici quelques adresses de constructeurs d’appareils : Stérilisation des eaux par l’ozone, 48, rue St-Lazare, Cie Générale de l’ozone, 80, rue St-Lazare, Société Lacarrière pour la stérilisation des eaux par les rayons ultra-violets, 48, rue de la Victoire, Paris.
- 2* D’après Clément et Rivière le produit dénommé cellophane est une cellulose provenant de la viscose ou xanthate de cellulose. On trouve la cellophane en feuilles de toutes dimensions, 58 bis, rue de la Chaussée d’Autin.
- 3° L’acide employé pour constituer l’électrolyte des accumulateurs doit être le plus pur possible, pour éviter les phénomènes secondaires résultant de la présence de métaux autres que le plomb ou de l’arsenic, c’est pourquoi habituellement on exige de l’acide dit « au soufre » provenant de l’acide sulfureux du soufre et non de l’acide sulfureux des pyrites, ce dernier étant toujours très impur.
- M. Risler, a Paris. — Pour répondre utilement à votre question, il nous faudrait connaître la réalisation que vous avez en vue, c’est donc sous toute réserve, que nous vous signalons la possibilité d’imperméabiliser en continu votre papier par pulvérisation d’une solution de gomme laque dans le borax.
- M. Quellier, Secteur 131. — Malgré nos recherches, nous n’avons pu trouver un fabricant du produit signalé dans le n° 2779, page 190. Le mieux est donc de faireUa préparation soi-même, ce qui ne présente aucune difficulté.
- M. A. Pierre-Les-Aisses. — 1° Nous ne connaissons pas, pour entretenir votre dallage, d'autres moyens que ceux déjà employés par vous. A notre avis, le mieux que vous ayez à faire est de placer à l’entrée de la pièce un essuie-pieds pour éviter l’apport de terre et de boue.
- 2° Pour le nettoyage des étains se servir du citrate d’ammoniaque, obtenu en versant, avec précaution, de l’alcali volatil sur de l’acide citrique, dans les proportions suivantes :
- Acide citrique.........................40 grammes
- Ammoniaque liquide.....................50 —
- Opérer dans un balloa en verre plongé dans l’eau froide, car le mélange dégage une assez forte chaleur.
- Frotter les étains avec la mixture en se servant d’un chiffon, rincer ensuite à l’eau.
- Rappels de réponses.
- Café du Jardin, a Rodez. — Nous avons publié un article très complet sur les ciments magnésiums et leuts applications dans le n° 2710, page 87. Veuillez bien vous y reporter.
- M. Le Dr Picqué, a Taja. — La question de l’ambre a été traitée par nous avec berucoup de détails dans le n°2765, page 94. Afin d’éviter des répétitions nous demandons de le consulter.
- D. C., A Maison-Carré. — Ne pouvant intercaler de gravures dans notre Boite aux Lettres, et celles-ci étant indispensables à la compréhension des explications, nous vous prions pour le recordage des raquettes de vous reporter à notre n° 2633, page 94, que vous pourrez ainsi effectuer facilement.
- M. Stocker, a Genève. — Vous trouverez dans la réponse faite à M. Lesur de St-Satur, n° 2784, page 431, tous les renseignements nécessaires pour la désodorisation du pétrole. „
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- 15 Août 1928
- : LES MARAIS SALANTS DE BRETAGNE
- L’absorption de sel, pour l’homme aussi bien que pour produits de leur élevage, soit sous la forme d’une pierre
- les animaux, étant un besoin physiologique auquel nul de sel que les animaux viennent lécher lorsqu’ils en
- Fig. 1. — Vue générale des marais salants du Bourg de Batz.
- En bas, à droite : les voies de la gare du Croisic. Au-dessus : la mer. Au centre : marais avec leurs muions de sel.
- A l’horizon, au centre : le Bourg de Batz avec son clocher.
- d’entre eux ne peut se soustraire, l’extraction de ce sel, des terres ou des eaux qui le contiennent, a dû être pratiquée dès la plus haute antiquité.
- Son emploi pour la conservation des viandes, poissons, fromages et beurres est également connu de longue date, et il en est déjà question dans le Roman de Renart, où l’on peut lire :
- « Ce fu un poi devant Noël « Que l’en metoit bacons en sel. »
- Personne n’ignore que le sel, s’il est infiniment recherché des humains, n’est pas moins goûté des animaux, et les éleveurs avertis ne manquent jamais d’en donner aux
- sentent le besoin, soit en arrosant leurs aliments d’eau salée.
- Il va sans dire, dans ces conditions, que l’extraction du sel, qu’il s’agisse de sel gemme ou de sel marin, constitue une industrie fort importante. Si tout le monde, d’ailleurs, a entendu parler des marais salants, bien peu de gens savent comment ces marais sont exploités, et c’est pourquoi nous demanderons à nos lecteurs de nous suivre dans la région guérandaise, au milieu de cette vaste plaine qui s’étend entre Guérande, Le Croisic, Batz, Le Pouliguen et la Baule, et qui est couverte de marais salants. r ,
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- Pour qu’elle dépose le sel qu’elle contient, il faut l’amener à un tel degré de saturation qu’elle marque environ 25° à l’aréomètre. A ce moment, elle renferme, au minimum, 300 gr. de sel par kilogramme. La chaleur solaire et le vent sont les agents qui produisent cette évaporation et, par suite, cette concentration.
- L’ORGANISATION DES MARAIS SALANTS
- Pour se bien rendre compte de ce qui se passe, il faut considérer que les marais guérandais sont à un niveau inférieur à celui des hautes marées de pleine lune et de nouvelle lune, mais supérieur au niveau des marées de premier et de dernier quartier. Si leur forme est très différente, par suite de l’extrême morcellement de la propriété, leur constitution est partout la même (fig. 2).
- Ils comprennent, en premier lieu, un réservoir de forme généralement très irrégulière et qui sert à l’ali-mentaüon du marais entre deux grandes marées consécutives. Il importe donc qu’il puisse contenir assez d’eau de mer pour que le saunier n’en manque pas et puisse attendre la grande marée suivante.
- Ce réservoir, appelé Vasière, communique avec YEtier, ou tout au moins avec la Bondre, qui n’est qu’une dérivation de l’étier. L’étier est une sorte de cours d’eau, ou plutôt de lit de cours d'eau, habituellement à sec, tout au moins dans sa partie supérieure, à l’époque des marées de faible amplitude, mais qui, contrairement aux autres cours d’eau, reçoit des eaux venant de la mer lorsque celle-ci s’élève suffisamment, c’est-à-dire deux fois par mois. On voit alors, au moment du flux, l’eau de la mer monter dans l’étier, et de là dans les bondres, et, en vertu du principe des vases communicants, y atteindre le maximum de hauteur au moment de la pleine mer.
- Dès que l’eau commence à monter, la vasière est mise en communication avec l’étier ou la bondre au moyen du
- Fig. 3. — Un marais bien entretenu.
- T 'ÉVAPORATION DE L’EAU DE MER Le paludier, sur la ladure, pousse devant lui la couche d’eau saturée
- ^ qui entraîne le sel cristallisé.
- L’eau de mer étant très salée, il semble qu’il n’y ait qu’à l’évaporer pour s’emparer du sel qu’elle contient, en quantité plus ou moins importante, variable, suivant les mers, entre 25 gr. pour 1000 pour les eaux de l’Atlantique et 29 gr. pour 1000, et même un peu plus, pour les eaux de la Méditerranée.
- Mais les eaux des mers ne renferment pas que du sel; on y trouve, de plus, du chlorure et du sulfate de magnésium, du chlorure de potassium, du sulfate et du carbonate de calcium. Il faut, dans la mesure du possible, éliminer ces sels pour ne conserver que le chlorure de sodium, qui, d’après Billon, entre à raison de 88 pour 100 dans la composition du sel gris ordinaire.
- Puisée dans l’Océan, l’eau de mer marque environ 2° 5 à l’aréomètre de Baumé, plus communément appelé pèse-sel.
- Usine
- Léniphin
- Disposition générale d’un marais salant, montrant le parcours suivi par l’eau de mer.
- Fis. 2
- E, étier; V, vasière; C, cobier; S, saline; f, tares; a, adernes; o, œillets; g, guifs; cq, cuy de prise; c», cuy-vasière cobier ; c5, cuy d’allégeage; t, tremet (sel); -> sens de circulation des eaux.
- ! Vasière............. 2470 ro2
- \ Cobier. .... 350 m2
- Superficie < Fares.............. 2480 ni2
- f Adernes.............. 600 ni2
- ( Œillets.............. 630 m2
- Superficie totale : 6530 m2.
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- Cuy, tronc d’arbre troué qu’on peut fermer à !— l’aide d’une vanne, ce que fait le saunier dès que la mer commence à baisser. i,*
- Dans la vasière, largement exposée au I ' soleil, se produit une première concentration. I1 De plus, la vase et les matières terreuses s’y déposent, et l’eau en sort déjà plus pure pour passer dans le Cobier, qui est, lui aussi, de forme souvent irrégulière, et situé en dehors de la saline. L’épaisseur d’eau y est plus faible que dans la vasière et atteint rarement 10 cm. La concentration de l’eau s’y continue, et, à sa sortie, elle marque généralement 5 à 6° au pèse-sel, ce qui, d’après Larbalétrier, correspond à peu près à 5 à 6 pour 100 de sel.
- Du Cobier, l’eau de mer passe dans les Fares, compartiments de forme habituellement rectangulaire, séparés par des Ponts, ou petits chemins très étroits, de 40 à 50 cm de large, en argile battue et disposés en chicane, de manière à faire parcourir le plus de chemin possible à l’eau de mer et à en favoriser l’évaporation. Elle y circule sous une très faible épaisseur, 3 à 4 cm au plus, cette épaisseur étant réglée à l’aide d’ardoises percées de trous de la grosseur du doigt et que l’on bouche avec de simples chevilles de bois. Ce réglage de l’eau dans les fares constitue en grande partie l’art du paludier, ou ouvrier chargé de la conduite du marais..
- Des fares, l’eau passe dans les Adernes. Ce sont, eux aussi, de grands compartiments rectangulaires, où le paludier emmagasine l’eau nécessaire à l’alimentation des OEillets ou Cristallisoirs. Elle marque au pèse-sel, à sa sortie des Adernes, de 18° à 20°, ce qui représente environ 19 à 21 pour 100 de sel.
- Il importe évidemment, pour que l’évaporation de l’eau de mer et, par suite, sa concentration, se fasse dans les meilleures conditions, que cobier, fares et adernes soient
- Fig. 5. — Le sel amené à la laverie par les paludiers est déversé dans une trémie de cuivre à l’aide d’une pelle également de cuivre et transporté h la partie supérieure par un élévateur à godets.
- Fig. k.
- Un marais mal entretenu.
- Les
- nombreuses herbes qui ont envahi les parcs et les ombragent retardent l’évaporation de l’eau.
- maintenus dans un constant état de proprelé, les herbes qui y poussent spontanément ayant pour effet de les ombrager, et, par suite, de retarder l’évaporation de l’eau. Nous avons vu, cependant, nombre de marais envahis par ces herbes, appelées vulgairement « choux de marais ou bouquets de marais » (fig. 4).
- A la sortie des fares, l’eau de mer passe dans le Délivre, rigole qui assure la répartition de l’eau des adernes dans les œillets au moyen de petites vannes constituées, là encore, par de simples ardoises.
- C’est donc après un très long parcours, et une marche très lente, que l’eau de mer, suffisamment concentrée, pénètre dans les œiffets où la cristallisation du sel va s’opérer. Ces œillets sont, eux aussi, des compartiments rectangulaires de 8 à 10 m. de côté, à fond légèrement surélevé au milieu. Ce fond, en argile batlue, préparé avant la saison, est assez dur. L’eau n’y atteint qu’une très faible épaisseur : quelques millimètres à peine au milieu, 2 cm environ sur les bords.
- L’eau, dans cet œillet, est maintenue à 27 ou 2£° Baumé environ, ce qui représente une densité de 1,21 à 1,22, et une teneur en sel 11 à 12 fois plus forte que la normale. Peu à peu, le sel se dépose sur le fond. Sa cristallisation est encore facilitée parle « rafraîchissement » de l’œillet, ou introduction, vers la fin de la journée, d’eau venant des adernes.
- LA RECOLTE DU SEL
- Il s’agit alors de récolter ce sel. Pour cela, le paludier est armé d’un lasse, ou rouable, composé d’une planche d’un mètre de largeur, fixée perpendiculairement en son milieu à un manche d’environ 6 m., ce qui lui permet, en circulant sur les ponts, d'atteindre toutes les parties de l’œillet. Il pousse la couche d’eau devant lui en ayant
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- Fig. 6. — Vue d’ensemble de la salle de réception du sel brut et de l’élévateur a godets.
- soin de ne pas toucher le fond, et le mouvement de l’eau entraîne le sel vers le bord opposé. C’est là une opération fort délicate, et qui demande une très grande habitude, et une non moins grande habileté, car il faut entraîner le moins possible de vase (fig. 3).
- L’eau, cependant, en contient encore un peu. Le paludier, abandonnant momentanément cet oeillet, procède de même dans un autre, laissant ainsi au peu de vase le temps de se déposer en partie pendant ce temps. Alors il revient à ce premier œillet, fait passer de l’eau sur le sel pour le laver, puis le tire sur la Ladure, plate-forme circulaire située au milieu du pont, où il le laisse égoutter pendant toute la nuit.
- Le lendemain matin, le sel est transporté dans des paniers ou geddes posés sur la tête et pouvant contenir jusqu’à 30 kg de sel, sur les Chaussées ou Bosses et mis en tas appelés Muions sur des emplacements réservés auxquels on donne le nom de Trémels. Ce portage est généralement fait par des enfants ou des femmes appelées « Forteresses ». A elles revient le profit d’un sel blanc, très fin, qui cristallise à la surface de l’eau des œillets, et qui, dans la région, est désigné sous le nom de « Sel guérandin ».
- C’est ainsi que, peu à peu, l’eau de mer se dépouille
- des sels qu’elle contient. Vers 10° à 11°, elle abandonne son carbonate de calcium et son oxyde de fer. De 11° à 25°, elle perd son sulfate de calcium, et, enfin, à 27° ou 28°, les sels de magnésium et le chlorure de sodium.
- La fabrication du sel, dans la région guérandaise, a lieu généralement du 15 juin au 15 septembre, mais elle est rarement continue, et la récolte, parfois, ne commence guère avant le mois de juillet. C’est que la pluie est le grand ennemi du paludier. Une précipitation de quelques millimètres, tombant sur les 2 cm d’eau des œillets, affaiblit tellement son degré de concentration que la cristallisation peut s’en trouver interrompue pendant 2 ou 3 jours. Une violente pluie d’orage, inondant tous les bassins, de la vasière aux œillets, peut arrêter complètement le travail, et, souvent, les marais ne repartent qu’une dizaine de jours après. Or, il est assez rare, dans l’Ouest, de voir 15 jours sans pluie.
- Cette récolte est donc fort irrégulière. Parfois, le paludier ramasse le sel tous les jours; parfois, il ne le prend que tous les deux, tous les trois jours même, suivant la coutume et l’état de l’atmosphère.
- La récolte, avons-nous dit, prend fin généralement vers le 15 septembre. Elle pourrait, en années sèches et chaudes, se prolonger plus longtemps si la concentration indéfinie des eaux-mères ne produisait, à la longue, « l’échaudement des marais ». Ces eaux-mères, en effet, à la fin de la saison, marquent jusqu’à 35° à l’aréomètre, à cause du chlorure de magnésium qu’elles contiennent, et qui s’y est amassé peu à peu.
- Dans une eau ainsi saturée, le sel cristallise presque immédiatement, mais il ne donne que de petits cristaux qui entraînent avec eux des sels déliquescents, ainsi qu’une considérable quantité d’eaux-mères, et le sel finit par n’être plus utilisable.
- Toutes les salines de l’Ouest ne sont pas constituées exactement sur le même modèle que celles de la presqu’île guérandaise, mais les principes ne varient guère. On estime que ces salines donnent environ, annuellement, 25 à 30 tonnes de sel par hectare, le nombre de ceux-ci étant, au total, d’environ 10 000.
- Dans la région guérandaise, on escompte, au maximum,
- une récolte journalière de 40 kg par œillet de 80 m2 en moyenne, soitl/2kg par mètre carré, et, pour la saison, qui, du 15juin au 15 septembre, compte en viron 40 jours de saumaison, 20 kg au maximum par mètre carré, étant bien entendu que ces chiffres ne se rapportent qu’à la surface des œillets ou cris-tallisoirs, et non à la surface totale des salines.
- Fig. 7. — Nochère en duralumin avec vis d’Archimède pour transporter le sel brut au broyeur.
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- Fig. 8. — Tas de sel gris déversés dans l’un des silos par les nochèi-es et emmagasinés en attendant le lavage ou la vente.
- Telle est, en quelques lignes, cetle industrie fort pittoresque et qui intéresse toujours les touristes, si nombreux dans cette région. Elle est pratiquée, notamment, par des paludiers habitant le Bourg de Batz et qui, dit-on, ne se marient qu’entre eux. Bien que, pour cette raison, les cas de consanguinité doivent être très fréquents, il n’y paraît guère chez ces paludiers qui, hommes et femmes, semblent fort robustes.
- Peut-être convient-il d’ajouter que la profession de paludier n’est pas entièrement libre. Nul ne peut exploiter un marais salant avant qu’un arrêté d’autorisation ait été pris par le Ministre des Finances, et cet exploitant doit se soumettre aux visites du douanier, qui peut, de jour comme de nuit, pénétrer dans les marais, entrepôts ou ateliers. Tout, d'ailleurs, se passe ha bituellement le mieux du monde, et les paludiers, en général, aiment fort leur mélier-
- PRÉPARATION DU SEL BLANC PAR LAVAGE DU SEL GRIS
- Après vous avoir conduit, dans les marais
- Fig. 9. — Le sel brut mélangé a une solution saturée est broyé dans un broyeur qu’on aperçoit à la partie supérieure. Le liquide s’écoule ensuite par une coulotte à chicanes.
- salants delà presqu’île guérandaise et vous avoir montré à la suite de quels travaux l’eau de mer dépose le sel qu’elle contient, nous vous conduirons maintenant, avec la bienveillante autorisation de la Société anonyme « Compagnie de l’Ouest agricole », dans l’usine pour lavage du sel marin que cette Société a fait élever entre le Pouli-guen et Guérande, près du hameau de Saille, et qui est pourvue de tous les perfectionnements.
- Connue sous le nom d’usine de Léniphin, elle apparaît, de loin, comme un monstrueux monolithe de ciment armé visible de toute la presqu’île. Sur l’une des faces s’ouvre à quelque hauteur au-dessus du sol, formant ainsi un quai de déchargement pour les voitures, une large baie qui donne accès à la salle de réception du sel.
- C’est là qu’en sacs de 50 kg est amené le sel gris provenant des marais. Quelles que soient les précautions prises par le paludier, ce sel gris ne contient que de 85 à 90 pour 100 de chlorure de sodium et renferme toujours une notable quantité d’argile provenant du fond des œillets. Cette argile sera entraînée par lavage.
- Mais il est bien évident que si ce lavage était effectué avec de l’eau douce, ou même avec de l’eau de mer, qui ne marque qu’environ 2° 5 à l’aréomètre, alors que le sel ne commence à cristalliser qu’à 25° ou 26°, le sel amené par le paludier se redissoudrait en grande partie. Ce lavage ne peut donc être effectué qu’avec des eaux saturées à 25° environ et qui ne peuvent plus dissoudre de sel.
- Ce sel gris, apporté-à .,l!usine par les paludiers et emmagasiné dans la salle de réception, est déversé par un ouvrier, à l’aide d’une pelle de cuivre, dans une trémie également de cuivre. On sait, en effet, avec quelle rapidité les eaux de mer et les sels qu’elles contiennent attaquent le fer et ses composés (fig. 5).
- Le sel, au fond de la trémie, tombe sur une vis sans fin qui vient le déverser dans un élévateur à godets. Celui-ci, à son tour, élève le sel à une hauteur de 9 m.
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- Fig. 10. — Lavage du sel : vis transporteuse {à la droite du directeur de la laverie), laveur (a sa gauche) et vis transporteuse-ëgoutteuse (aupremier plan).
- Le mélange, au bas de la coulotte, arrive au Laveur. Celui-ci n’est autre qu’une sorte de large et profonde gouttière, au fond demi-cylindrique, dans laquelle tourne un gros arbre en bois muni de palettes également en bois qui forment vis et brassent le mélange tout en le forçant à monter et le conduisent à la partie supérieure du Laveur d’où il tombe à la partie la plus Dasse d’une Vis transporteuse-égoutteuse. En raison du brassage énergique produit par les palettes du laveur, celui-ci est fermé à l’aide d’un couvercle de bois qui évite les projections. Les vis transporteuses, d’ailleurs, pour assurer une plus grande pureté du sel, peuvent être également fermées (fig. 10).
- Le fond de la vis transporteuse-égoutteuse est muni d’une tôle percée de petits trous par où s’écoule l’eau qui a servi au lavage, et qui s’est chargée d’argile et de diverses impuretés. Le sel déjà lavé qui arrive à la partie supérieure tombe dans un appareil semblable à ceux qu’il vient de quitter et où il est à nouveau mélangé
- et le déverse dans un conduit en duralumin, en forme de gouttière, avec fond semi-circulaire de 25 cm de diamètre (fig. 6).
- Dans cette gouttière, qui porte le nom de norhère, tourne une vis sans fin, ou vis d’Archimède, de même diamètre que la nochère, et, comme elle, en duralumin.
- Cette vis (fig. 7),auprincipebienconnu,fait. progresser le sel dans la nochère. En général, elle le conduit à un appareil appelé broyeur (fig. 9) après que ce sel a été mélangé avec de l’eau saturée à 25° Baumé envoyée par pompe centrifuge. Il en est ainsi lorsque le sel doit etre lavé dès son arrivée à l’usine. Lorsqu’il doit être emmagasiné, au contraire, il est transporté, toujours au moyen de nochères et de vis sans fin, dans de vastes silos au sol en planches et aux parois en ciment armé (fig. 8).
- Pour cela, la nochère qui part de l’élévateur est percée, à sa partie inférieure, d’ouvertures pouvant être fermées à l’aide d’une porte à glissière. Lorsque celle-ci est tirée, le sel amené par la vis sans fin tombe par cette ouverture, au fur et à mesure de son arrivée, dans^une nochère placée dessous et perpendiculairement à la première. Celle-ci, munie comme la précédente, d’une vis sans fin, conduit le sel au-dessus des silos où il est déversé par une ouverture pratiquée, comme la précédente, an fond de la nochère.
- Il existe, évidemment, tout un jeu de ces nochères pour transporter le sel dans toutes les parties de l’établissement, suivant les arrivées et les demandes de sel lavé. «
- A sa sortie du broyeur, lequel a pour but de désagréger les morceaux de sel qui ont pu s’agglomérer et de les mélanger intimement avec l'eau saturée, sel et eau descendent, très rapidement, dans une sorte de gouttière en bois fortement inclinée, appelée coulotte et munie, vers sa partie inférieure, de chicanes qui, par les mouvements d’eau qu’elles provoquent, produisent un commencement de lavage du sel.
- Fig. Il — Les vis transporteuses-égouiteuses montent le sel lavé à la partie supérieure de l’usine.
- Des récipients placés sous les vis recueillent l’eau saturée qui a servi au lavage.
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- avec de l’eau saturée et propre dans laquelle il est lavé et transporté une seconde fois. En cas de besoin, il peut être procédé à un troisième lavage dans un troisième appareil composé, comme les deux précédents, d’un laveur et d’une vis transporteuse-égoutteuse, mais ce troisième lavage est généralement inutile.
- Après le dernier lavage, — qu’il soit le second ou le troisième, — la vis transporteuse-égoutteuse monte le sel devenu d’un beau blanc et complètement débarrassé des matières étrangères qu’il contenait jusqu’à la partie supérieure de l’usine de lavage. Elle le déverse dans une autre vis transporteuse ou nochère — celle-ci horizontale — munie, comme celles qui transportent le sel gris venant des marais, d’ouvertures à glissière s’ouvrant au-dessus des silos, aux parois et au sol de bois, où le sel est déversé au fur et à mesure de son arrivée, il finit de s’y égoutter parfaitement, le sol étant percé de petits trous, et peut ensuite être livré à la consommation sous le nom de sel blanc (fig. 11).
- Les eaux saturées qui ont servi pour le lavage ou ont été recueillies après égouttage dans les silos sont transportées mécaniquement dans un appareil spécial qui, par une heureuse application de la force centrifuge, les débarrasse complètement des impuretés qu’elles contiennent, de sorte qu’elles peuvent servir indéfiniment, et qu’il n’est besoin que de remplacer les pertes inévitables.
- Quelques chiffres donneront une [idée de l’importance
- = ..... ' ..— I5J =
- d’un établissement de ce genre, où toutes les machines sont mises en mouvement par la force électrique. Lorsque l’usine marche à plein, en bonne saison, elle nécessite, pour la saison, une force de 10000 kilowatts-heure environ.
- La longueur totale des nochères et vis transporteuses et égoutteuses, pour Cette usine, est d’environ 135 m.; la contenance des silos divers, pour le sel gris et le sel blanc, est, en poids de sel, de 4000 tonnes, et la production journalière de sel lavé, ou sel blanc, peut atteindre 40 à 50 tonnes.
- Le sel emmagasiné à l’usine de Léniphin peut être livré au commerce avant lavage, sous forme de sel gris, ou après lavage. Il est généralement livré, les 2/3 sous forme de sel gris, et un tiers sous forme de sel blanc lavé, ces proportions pouvant varier suivant les demandes de la clientèle.
- Sel gris et sel blanc sont vendus surtout en Bretagne et en Normandie. Ce sel sert, en premier lieu, à l’alimentation humaine, directement, et est employé, en outre, pour la salaison des viandes, poissons et beurres. Il sert également à divers usages agricoles : alimentation des animaux et salaison des fourrages. Enfin, il est employé, dans l’industrie, pour le salage des peaux, des boyaux, et pour la fabrication des savons. Ses usages sont donc multiples et justifient l’importance de cette industrie relativement peu connue dans ses détails.
- Georges Lanorville.
- = LA CINEMATHEQUE DE LA VILLE DE PARIS =
- L’ENSEIGNEMENT DES ARTS INDUSTRIELS PAR LE FILM
- Installée rue de Fleurus, la Cinémathèque de la ville de Paris fut d’abord un office d’orientation professionnelle par le film. Mais, à côté de cette utile création, fonctionne, depuis quelque temps, dans le même immeuble, une très originale Ecole d’Art et de Publicité où l’on applique le cinématographe à l’enseignement des diverses branches du dessin industriel.
- LE CINÉMA ÉDUCATEUR ARTISTISQUE
- Le rôle éducatif de l’écran s’impose aujourd’hui sans conteste. Les images animées ne développent-elles pas l’esprit d’observation des enfants, dès l’âge le plus tendre? Puis, au fur et à mesure que les écoliers grandissent, les films viennent renforcer les leçons du maître : en particulier, dans les cours techniques, ils apportent la vérité avec la vie, ils expliquent les phénomènes beaucoup mieux que ne sauraient le faire les commentaires des plus savants professeurs. Dans les arts plastiques, entre autres, le cinématographe a infusé une sève nouvelle aux méthodes de dessin et il permet d’éduquer rapidement les futurs artisans. Brodeurs ou décorateurs de théâtre, modistes ou couturières, costumiers ou affichistes, par exemple, ne doivent-ils pas croquer rapide-
- ment un type, se remémorer les formes caractéristiques d’un chapeau ou les mouvements d’une robe ? Il faut donc placer à la base de leur éducation artistique une gymnastique cérébrale et des exercices de mémoire visuelle. Ces projections lumineuses apparaissant et disparaissant tour à tour, se répétant fréquemment, laissent dans l’œil de ces ouvriers ou ouvrières, qui dessinent avec leur aiguille, leur crayon ou leur pinceau, le souvenir de ce qu’ils ont « vu » préalablement sur l’écran. Aussi s’assimilent-ils très vite ces procédés graphiques plus mnémoniques que manuels. Après observation du film, ils peuvent crayonner des taches rapides, découper des silhouettes avec les ciseaux ou tracer de mémoire des motifs de tissus et se trouvent mieux préparés au travail mental de la rue, du théâtre ou de la nature. De même, les graveurs sur bois ou à l’eau-forte, les lithographes ou les affichistes ont besoin de posséder une technique rapide leur facilitant l’enregistrement et la traduction de la forme en mouvement. Or, le cinématographe éduque, pour ainsi dire, leurs yeux en les disposant à analyser rapidement l’essentiel, en stimulant leur imagination et en' les incitant à rechercher des moyens de traduction plus variés et plus vivants, car dessiner, en définitive, c’est créer, à l’aide d’une main docile, une
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- Fig. 1.
- Examen rapide d’un film à la Cinémathèque de Paris.
- représentation simplifiée des images perçues par notre rétine.
- ES COLLECTIONS DE LA CINÉMATHÈQUE
- Ceci posé, visitons maintenant la cinémathèque municipale qui, grâce aux subventions de la ville de Paris et de l’État, a pu réunir une importante collection de films qu’elle étudie et met au point pour les envoyer ensuite aux principaux centres d'orientations professionnels de France (Lille, Nancy, Strasbourg, Lyon, Saint-Étienne, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Clermont-Ferrand et Rennes). Sous l’active impulsion de son directeur, M. Adrien Bruneau, elle centralise toute une documentation sur le cinéma (livres, brochures, journaux, répertoire de films, etc.). Elle met à la disposition des professeurs les films dont ils peuvent avoir besoin pour la préparation de leurs leçons. Dans une vaste salle d'exposition se trouvent groupés les principaux types d’appareils de projections fixes ou animées. Là, un personnel très expert contrôle la valeur pédagogique des scénarios qu’on lui présente. Un simple dérouleur à main (fig. 1) permet d’examinerles films d’une façon très rapide. L’observateur, assis près d’une table, fait passer les pellicules devant lui en tournant une manivelle tandis qu’il les regarde à travers un cône métallique dont une lampe électrique éclaire le fond. Ce technicien note au passage es parties du film à supprimer, à modifier ou à compléter. Puis, sur ses indications, une de ses compagnes découpe les portions à enlever et rajuste les bouts de bandes. Le scénario ainsi composé est soumis à l’examen de la Commission permanente qui administre la cinémathèque. Ensuite, après son adoption définitive, le film arrive entre les mains d’une dernière personne, qui en mesure la. longueur au moyen de la métreuse automatique
- système Gaumont, avant son classement dans les archives de l’établissement (fig. 2).
- La cinémathèque parisienne possède déjà de précieuses séries de vues animées sur les sciences, l’industrie, la géographie ou l’histoire, sur la chasse ou la pêche, sur les professions artistiques ou sur l’éducation physique, et elle les prête gratuitement aux écoles primaires ou professionnelles ainsi qu’aux œuvres s’y rattachant. Elle organise, en outre, des séances de propagande en faveur du cinéma éducateur.
- Chaque jour, pour ainsi dire, elle projette, tant à Paris qu’en banlieue des films documentaires de grand intérêt.
- Enfin elle est le siège du service cinématographique de l’enseignement technique national; des gens compétents y discutent et y mettent au point tous les scénarios d’orientation professionnelle.
- Certaines Chambres syndicales intéressées collaborent même à ses travaux, éditent des films dont elles déposent des copies à la « fil-mathèque », qui se charge de les envoyer dans les centres provinciaux. Malheureusement, les éditeurs cinématographiques se désintéressent un peu du film d’enseignement, car il ne « paye » guère actuellement.
- Aussi les Pouvoirs Publics peuvent seuls se charger d’assurer les progrès de la méthode et répandre les pellicules de ce genre en assez grande quantité dans le pays.
- UNE ÉCOLE ORIGINALE
- Mais la partie de beaucoup la plus intéressante de cette institution pédagogique est Y École Art et Publicité dans laquelle d’enthousiastes professeurs s’efforcent de for-
- Fig 2.
- Métrage d’un'film d’enseignement technique.
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- Fig, 3.
- Cours de costumes antiques drapés sur modèle vivant h l'Ecole « Art et Publicité » (Professeur M. J. Ruppert.)
- mer l’œil avant d’éduquer la main des dessinateurs industriels et des ouvriers ou ouvrières d’art, grâce au cinématographe.
- Assistons d’abord aux cours de dessin à vue de MM. Duvillé, Josso et Debadier, aux leçons de composition décorative de M. Mignot ou à celles d’anatomie plastique de M. Ogé.
- Là, une trentaine d’élèves des deux sexes vont faire de la gymnastique mentale avant d’enregistrer, dans le laps de temps le plus court, les caractères essentiels des objets ou des modèles vivants qu’ils ont vus sur l’écran.
- Le film passe devant l’observateur dont la mémoire visuelle aide le crayon ou le pinceau à fixer sur le papier les traits fugitifs de tout à l’heure.
- Regardons cet athlète, dont M. Ogé explique l’anatomie à son auditoire.
- Sur son torse nu, ses muscles se contractent sur l’ordre du maître et le film en rend les mouvements les plus imperceptibles.
- Toutefois, le dessinateur doit, pour ainsi dire, après avoir observé ceux-ci sur l’écran, en peindre seulement les modalités essentielles.
- 11 faut que des pochades ainsi réalisées, le décorateur, l’illustrateur de livres ou l’affichiste tirent de jolis motifs, des attitudes vraies, des gestes corrects et pleins de vie.
- Dans une autre salle de l’école, un artiste doublé d’un archéologue, M. Jacques Ruppert, reconstitue des séries de costumes antiques drapés sur des modèles vivants (%3);
- Un jour il habille une svelte Parisienne en dame iuive ; pour la vêtir il la prend au maillot, lui passant successivement une tunique, un manteau et un voile artistement
- drapé. Le lendemain, il initie ses élèves aux occupations quotidiennes d’un Romain du temps d’Auguste ou aux complications raffinées de la toilette d’une reine d’Égypte vivant 3500 ans avant notre ère. Pendant les poses successives du modèle, que les jeunes artistes crayonnent rapidement, le professeur décrit les vêtements qu’il a reconstitués avec une érudition toujours sûre, explique les harmonieux assemblages des lignes et des couleurs en donnant des références, en projetant au besoin sur l’écran des bas-reliefs ou des vases, des sculptures ou des peintures murales, afin de replacer ces vénérables personnages dans leur véritable ambiance. Que ces reconstitutions vivantes se différencient des représentations conventionnelles et fantaisistes auxquelles nous avaient accoutumés jusqu’ici les décorateurs de théâtre !
- Mais M. Adrien Rruneau n’a pas voulu simplement rénover les ffiéthodes d’enseignement du dessin, il a voulu que, selon le vieil adage Primo vivere, deinde philosophari, ses disciples puissent monnayer leur savoir!
- Aussi les élèves du nouvel établissement complètent leurs cours théoriques dans divers ateliers où ils apprennent la technique particulière de la profession qu’ils veulent embrasser.
- Il ne suffit pas, en effet, de « croquer » un modèle, de crayonner très vite un motif ornemental d’après la nature, de saisir en un clin d’œil des gestes d’hommes ou des attitudes d’animaux, il faut savoir transformer ces croquis en dessins exécutables soit pour l’affiche, soit pour un catalogue de publicité, soit pour illustrer un livre, soit pour orner une reliure, soit pour décorer une étoffe, etc. En conséquence, M. Henri Munsch, ap-
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- sens disent à leurs disciples incapables de devenir des créateurs techniques : inutile de continuer, votre voie est ailleurs. Devenez simplement des retoucheurs de photographies, coloriez des cartes postales ou des gravures au pochoir, mais vous n’avez pas assez d’imagination ou de « patte » pour dessiner des modèles de modes, des costumes de théâtre, des illustrations, des motifs ornementaux ou autres images. Ne vaut-il pas mieux vivre honorablement d’un métier manuel que de végéter comme artistes !
- Enfin, cette école active de dessin, appliqué à toutes les formes de l’art plastique et de l’impression industrielle, encourage d’ailleurs toutes les bonnes volontés.
- Fig. 6. — Cours de décor céramique a l’Ecole « Art et Publicité ».
- (Professeur Mlle Fontaine.)
- Fig. 5.— Gravure à V eau-forte à l’Ecole ((Art et Publicité ».
- prend aux jeunes dessinateurs ou dessinatrices de la rue de Fleurus comment on réalise les illustrations de publicité ou comment on compose une affiche. MM. Denonain, J.-J. Dufour et Nicolas leur enseignent les principes de la lithographie, de la gravure sur bois et sur cuivre (fig. 4 et 5), tandis que Mlle Denonain, dans son cours sur la figurine de modes, leur inculque les directives nécessaires à des créateurs de maquettes destinées aux couturières ordinaires ou de théâtre. Mlle Fontaine explique la technique du décor céramique (fig. 6). Dans un four à moufles, sis au rez-de-chaussée, les élèves font cuire des vases, des assiettes et autres menus objets; ils peuvent ainsi juger de l’effet de leurs artistiques compositions sur des pièces de grès, de faïence ou de porcelaine. Enfin, une dizaine
- Ainsi elle a organisé, le soir, des cours professionnels et de perfectionnement qui s’adressent aux travailleurs*des deux sexes et aux anciennes élèves des diverses écoles professionnelles. Aussi, la remarquable création de |M. Adrien Bruneau jouit d’une légitime notoriété dans lesjmilieux artistiques intéressés et, débordant son cadre, se trouve déjà fort à l’étroit dans la vieille maison qu’elle occupe au quartier du Luxembourg. Jacques Boyer.
- de jeunes filles apprennent du même professeur
- ce que l’on peut tirer du batik pour la décoration des
- tissus, du papier et du cuir.
- Chose digne de remarque, l’Ecole « Art et Publicité » forme en trois ans, des artistes-praticiens et, dès la fin du premier trimestre, après avoir fait le tour des ateliers, ceux-ci choisissent le métier qui semble répondre le mieux à leurs aptitudes ou à leurs goûts. Mais, dès la première année, des maîtres pleins de sagesse et de bon
- LES MINES DE FER FRANÇAISES EN 1927
- Le minerai de fer est l’une des plus grandes richesses minérales de la France. La guerre, avec ses destructions et les difficultés économiques qui l’ont suivie, a porté à nos mines de fer des coups redoutables dont cependant elles se remettent peu à peu.
- L’extraction en 1927 s’est élevée à 45 426 000 tonnes contre 39 288 000 tonnes en 1926. Elle a ainsi atteint et dépassé celle de 1913. Sur cette production, les hauts fourneaux français ont consommé 24 822 052 tonnes. Il a été exporté 11 403100 tonnes à destination de la Belgique et du Luxembourg, 2 117 000 à
- destination de l’Allemagne, et 1 013 000 à destination des Pays-Bas; la plus grande part de ce tonnage étant du reste elle aussi acheminée finalement vers l’Allemagne.
- La France importe aussi du minerai de fer; en général il s’agit de minerais spéciaux destinés à la production de métal ou d’alliages de haute qualité : les quantités importées s’élèvent à 1 047 000 tonues, dont 103 000 proviennent de Tunisie, 84 000 d’Algérie, et 49 000 du Maroc.
- Les mines de fer françaises occupent en 1927 une moyenne de 37 500 ouvriers.
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- î UN APPAREIL ENREGISTREUR =
- DES COMMUNICATIONS TÉLÉPHONIQUES
- GÉNÉRALITÉS
- L’enregistrement des communications téléphoniques peut être fort utile pour noter exactement, d’une part, une communication pendant l’absence du correspondant intéressé, et, d’autre part, pour garder une preuve indéniable de la réalité de la conversation échangée.
- D’une manière générale, un appareil d’enregistrement téléphonique peut avoir pour but :
- 1° L’inscription de toute communication téléphonique intéressante, en particulier de celles comportant un engagement des correspondants, ordres de Bourse, transactions commerciales ou immobilières quelconques, commandes, inscriptions d’échéances, de paiements, etc...
- 2° L’inscription d’ordres à transmettre par un directeur à un personnel nombreux et éloigné ; par exemple, d’ordres provenant d’un siège social aux différentes succursales d’une société.
- 3° La dictée d’un courrier même à grande distance ;
- Fig. 2. — Principe de Venregistreur téléphonique « Télégraphone ».
- Les courants téléphoniques provenant du récepteur R sont transmis à un petit amplificateur basse fréquence M muni d’une lampe à deux grilles et branché à la place du deuxième écouteur du téléphone. Les courants amplifiés actionnent un enregistreur électromagnétique F entraîné par une rampe hélicoïdale H et muni d’une pointe traçante G qui trace des sillons sur le rouleau de cire I.
- On peut, d’ailleurs, remarquer qu’un tel système pourrait présenter dans certains cas de graves inconvénients s’il était employé dans un but malfaisant, et que son emploi peut soulever de délicats problèmes de droit.
- Cependant, les avantages l’emportent beaucoup sur les inconvénients, et l’autorisation récemment délivrée par l’administration des Postes, Télégraphes et Téléphones, d’adapter un appareil de ce genre à tout poste d’abonné du réseau'français montre bien son utilité.
- Enfin, un système analogue peut être employé pour des usages particuliers, dans des réseaux privés, des compagnies de chemins de fer, des navires, etc., et permettra de contrôler, d’une façon irréfutable, les ordres transmis par téléphone.
- Fig. 3. — Vue d'ensemble de Venregistreur de communications téléphoniques le « Télégraphone ».
- A, enregistreur électromagnétique et reproducteur; B, glissières d’entraînement du bloc enregistreur et reproducteur ; G, rouleau à enregistrer; D, mécanisme d’entraînement relié au moteur électrique ; E, levier de commande du mécanisme enregistreur et reproducteur; F, tableau de repère des enregistrements.
- celui-ci pouvant être dactylographié sans erreur au bout d’un temps quelconque, après la réception du message téléphoné.
- 4° L’enregistrement à distance des paroles prononcées dans une réunion privée ou publique,, par exemple, par des directeurs, administrateurs, chefs de service, hommes politiques, etc...
- 5° Là réception des messages radiotélégraphiques ou radiotéléphoniques.
- 6° La réception de toutes communications téléphoniques en l’absence de l’abonné.
- Mentionnons encore des services extrêmement importants, mais plus délicats, que peut rendre, dans l’ordre administratif ou judiciaire, un appareil de ce genre, par la possibilité de réaliser des enregistrements au su ou à l’insu des personnes soumises à un interrogatoire, à un emprisonnement, etc...
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- Fig. 4. — Détails de construction du «, Télégraphone ».
- a, microphone; 6, boîte de jonction; c, mécanisme enregistreur ; d, casque à deux écouteurs ; e, moteur électrique universel ; f, régulateur centrifugé ; g, résistance de réglage du moteur; E, levier de commande de l’enregistreur et du reproducteur.,
- PRINCIPES DE L’ENREGISTREUR
- Il ne faudrait pas croire que l’on puisse enregistrer les communications téléphoniques, d’une façon suffisamment nette, simplement en reliant un récepteur téléphonique au diaphragme d’un phonographe (fig. 1). Les vibrations acoustiques transmises au diaphragme ne seraient pas, en effet, assez intenses.
- Pour arriver à obtenir un résultat satisfaisant, on utilise le principe d’enregistrement électrique des disques de phonographe, déjà décrit dans La Nature.
- Les courants téléphoniques provenant de l’appareil de réseau sont transmis à un petit amplificateur basse fréquence M, comportant simplement un étage à transformateur muni d’une lampe à deux grilles à faible tension plaque. Après amplification, les courants basse fréquence actionnent un enregistreur électro-magnétique F, formé en principe parun électro-aimant avec armature vibrante, reliée à une pointe mobile supportant un saphir d’enregistrement G, qui vient tracer un sillon sur un rouleau en cire I (fig. 2) ; l’enregistreur est évidemment entraîné latéralement par le mécanisme moteur qui fait tourner le rouleau à enregistrer.
- Fig. 5.
- Schéma du « Télégraphone ».
- Secteur 9"
- Téléphone l_J Microphone
- DESCRIPTION DU TÉLÉGRAPHONE
- Bien que de principe relativement simple, comme nous venons de l’expliquer, cet appareil d’enregistrement appelé Télégraphone, employé à l’étranger depuis quelques années, n’a été que très récemment mis au point, et il est seulement utilisé et admis officiellement en France depuis quelques mois. L’installation complète comprend, d’ailleurs, plusieurs parties (fig. 3 et 4) :
- L’enregistreur-reproducteur, une boîte de jonction, un microphone, un casque téléphonique, et un bloc d’alimentation.
- L’enregistreur comporte, dans son socle, le petit amplificateur basse fréquence à lampe bigrille indiqué plus haut, avec accumulateur de chauffage du filament et petite pile de tension plaque de 20 volts. Un petit moteur électrique « universel » alimenté par le courant d’un secteur, fait avancer, au moyen d’une vis sans fin, le chariot portant le système enregistreur et fait en même temps tourner le cylindre à enregistrer ou à reproduire.
- Pour la reproduction, on emploie un simple diaphragme mécanique relié au casque à deux écouteurs; une aiguille repère est fixée au chariot enregistreur et reproducteur ; elle permet de repérer exactement et rapidement, à l’aide d’indications inscrites sur une feuille de carton correspondante, les communications ou parties de communications enregistrées sur le rouleau.
- La boîte de jonction permet de relier immédiatement l’appareil reproducteur, soit au microphone, pour la dictée à distance, soit au réseau téléphonique et dans ce cas, le système est simplement connecté à la place du deuxième écouteur téléphonique de l’appareil de réseau, et ne gêne en rien l’usage habituel du téléphone.
- Un dispositif à relais commandant à la fois la mise en circuit du moteur d’entraînement et de l’enregistreur téléphonique, ainsi que l’allumage de la lampe bigrille, permet d’enregistrer automatiquement toute communication téléphonique en l’absence de l’abonné, et l’on peut, d’autre part, faire entendre téléphoniquement à distance, la communication enregistrée, soit d’une manière acoustique, en reliant le reproducteur au microphone téléphonique, soit par un moyen électrique en utilisant un reproducteur électro-magnétique comme microphone téléphonique lui-même. Si l’appareil doit enre-gistrerdelonguesconversations, des discours,
- J________ des conférences, etc..., il sera remplacé par un
- modèle spécial pourvu de deux cylindres à enregistrer, montés de telle sorte que l'inscription commence sur le deuxième quelques
- Moteur
- r jjj Cylindre j
- à distance |
- coZsecondes avant de s’arrêter sur le premier;
- Téfêph.
- de même, elle pourra recommencer sur le premier quelques secondesavantlafin du deuxième cylindre. Dans l’intervalle, on aura pu remplacer le premier cylindre enregistreur par un cylindre neuf, et ainsi de suite.
- Notons, enfin, qu’une machine spéciale très simple permet de raboter très rapidement les cylindres enregistrés et de les rendre aptes à un grand nombre d’enregistrements successifs.
- P. Hémardinquer
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- LES FALSIFICATIONS DU THÉ
- Le Thé, dont nous avons parlé ici même il y a quelque temps (*), étant de plus en plus employé et coûtant assez cher, est assez fréquemment fraudé, au point parfois de ne plus mériter son nom que sur le paquet qui est censé le contenir. Les falsifications en sont d’autant plus faciles que sec il n’a, pour ainsi dire, aucune forme bien définie et que sa couleur, de même que sa vague odeur, peuvent être truquées sans difficulté.
- La fraude la plus commune consiste à revendre, séché, du thé quia déjà servi et qui, par suite, n’a généralement plus aucune valeur ; le petit personnel de certains cafés y trouve un bon bénéfice, et certains mendigots, du moins en Chine, paraît-il, ne se font aucun scrupule de le récolter même... dans les boîtes à ordures.
- Plus fréquemment, le thé d’une localité réputée par sa qualité est remplacé, en totalité ou en partie, par un autre thé, provenant d’une qualité médiocre, et je crois bien qu’il en est ainsi dans les trois quarts des cas, du moins dans les marques à bon marché relatif.
- Assez souvent aussi — et c’est là l’enfance de l’art de la fraude — les feuilles de thé sont simplement remplacées par des feuilles de plantes diverses, qui n’ont aucun rapport avec ces dernières, et qui, au total, donnent une infusion n’ayant qu’une vague analogie avec celle qui constitue le clou des five o clock tea. Cette fraude, d’ailleurs, n’est généralement que partielle, et ne consiste dans la majorité des cas, qu’à remplacer un tiers ou un quart du thé normal par des feuilles quelconques, qui augmentent le poids du paquet.
- Déceler ces fraudes n’est pas souvent bien facile, surtout lorsque l’on vend du thé d’une localité, pour un thé d’une autre localité, substitution que seuls peuvent dépister des experts extrêmement spécialisés.
- Plus aisée est la reconnaissance de feuilles étrangères dans un lot de feuilles de thé; car, mises dans de l’eau chaude, elles se déploient, s’étalent, et pour peu botaniste que l’on soit, on voit assez vite que l’on a affaire à des
- 1. La Nature, n° 2776 (1er août 1927), p. 105.
- Fig. 2. — Coupe en travers d'une feuille de thé, faite dans la région médiane, vue au microscope.
- a, sclérites ; b, cristaux d’oxalate de calcium ; c, épiderme supérieur; d, épiderme inférieur; e, nervure médiane avec, au milieu, le faisceau qui la parcourt; f tissu en palissade.
- feuilles n’ayant pas exactement, à l’œil nu ou à la loupe, la même forme que celle du thé. Quand il y a doute, on a recours au microscope, soit en faisant des coupes fines dans la région centrale, celle de la nervure médiane ; soit en examinant les épi--dermes enlevés et disposés à plat, soit en dissociant les éléments, ce qui n’est pas très recommandable, même pour ceux qui sont rompus aux observations microscopiques. On peut aussi avoir recours àl’analysechimique, mais cette recherche nécessite un matériel très spécial et n’est pas à la portée du commun des mortels.
- Lafeuilledu Théier(fig. 1) ne semble pas, au premier abord, avoir quelque chose de bien spécial. En réalité, elle présente quelques particularités qui peuvent servir à la faire reconnaître, sinon avec certitude, du moins avec une certaine présomption. De forme vaguement ovalaire, on remarque qu’elle est bordée de petites dentelures, sauf dans le tiers inférieur où le bord est rectiligne; de plus, la plupart de ces dents se terminent par un petit bouton, un peu épaissi qui se prolonge par une petite pointe en forme de griffe, laquelle d’ailleurs se détache souvent des feuilles sèches et, par suite, manque souvent dans celles que l’on extrait de la théière. La feuille elle-même est plate, avec une nervure médiane et des nervures latérales s’en détachant, sous un angle d’environ 45°; ces nervures latérales sont mises en relation, les unes avec les autres, par d’autres nervures beaucoup plus fines (on ne les voit guère que par transparence), surtout vers leur extrémité où elles sont comme réunies en arcs par une série d’arceaux courant parallèlement au bord denté de la feuille.
- La coupe transversale de la feuille (fig. 2), faite dans la région de la nervure médiane est, par elle-même, assez banale, avec ses deux épidermes, sa double assise palis-sadique, son faisceau médian, ses cristaux d’oxalate de calcium, disséminés çà et là. Cependant elle présente une particularité assez peu répandue : c’est la présence de cellules de forme plus ou moins rameuse — on les appelle des sclérites — dont la membrane est très épaisse. Ces sclérites se rencontrent aussi, d’ailleurs, dans d’autres feuilles que celle du théier, par exemple celles du Camélia, du Nénuphar, etc., mais néanmoins sont très peu répandues.
- Si l’on dilacère une feuille de thé ou les débris qui l’accompagnent et qu’on en examine les éléments au microscope (fig. 3), on y reconnaît assez facilement l’épiderme supérieur, dépourvu de stomates; l’épiderme
- Fig. 1. — Feuille de thé de Chine.
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- Fig. 3. — Quelques éléments d’une feuille de thé dissociés et vus au microscope.
- a, épiderme supérieur tu à plat: b, épiderme inférieur avec ses stomates et ses poils; c, poil isolé; d, épiderme inférieur présentant de nombreux stomates; e, f, sclérites; g, une griffe du bord de la feuille, avec (dans le bas) les vaisseaux ligneux qui y aboutissent; h, fragment de feuille, vu à plat, montrant trois cristaux d’oxalate de calcium et une portion de fines nervures.
- inférieur, garni de stomates très nombreux et accompagnés de trois cellules annexes; des poils flexueux, pointus, unicellulaires, adhérant tantôt à l’épiderme supérieur, tantôt — plus souvent — à l’épiderme inférieur ; des sclérites de forme très variée, mais toujours d’aspect bien particulier; les petites griffes des dents des feuilles qui se présentent sous formes de papilles brunes recouvertes par un épiderme ; des cristaux en oursin d’oxalate de calcium ; des nervures formées de vaisseaux striés transversalement ou parcourus par une sorte de fil en spirales ou en anneaux.
- Les feuilles étrangères que l’on mélange au thé ou que l’on vend même en totalité comme du thé intégral sont simplement séchées, plus ou moins fragmentées, roulées en petits pelotons, pour les rendre méconnaissables; on les teint parfois avec de l’indigo ou du bleu de Prusse, et on leur donne une astringence artificielle en les imprégnant d’une solution d’extrait de bois de campêche. Toutes ces fraudes, jadis assez communes, semblent de nos jours être plus rares, car actuellement la culture du théier est beaucoup plus répandue, et l’on peut se procurer du thé plus facilement et à tous les prix, quitte à vendre du thé banal, sous le nom d’un thé « extra-chic ».
- Les feuilles les plus employées comme succédanés du thé sont celles de 1 ’Akébia (fig. 4 a), originaire du Japon, dont les feuilles sont arrondies et légèrement échancrées au sommet ; de Y Aubépine (fig. 4 b), espèce européenne bien connue; du Caféier, du Camélia-, du Chêne-, de Y Eglantier ; des Epilobes (fig. kceld), communément employées, paraît-il, en Russie, où elles sont l’objet d’un très gprand commerce, sous le nom de thé de Kaporie ; de Y Erable Negundo (fig. 4 e), arbre cultivé çà et là, même en France ;
- du Fraisier (fig. 4 f); du Frêne (fig. 4 g); de la Glycine (fig. 4h) ; du Grémil (fig. 4 i), espèce sauvage répandue chez nous; de Y Hortensia ; de Y Olivier-, et divers arbres (Marronnier d'Inde, Hêtre, Orme, Phylaria (fig. 4_/j, Peuplier, Saule, Sorbier (fig. 4 /f), Sureau, etc.; du Prunellier (fig. 41)‘, de la Trigonelle (fig. 4 m) ; du Vaccinium Arctostaphyl-los, très employé en Russie, pour fabriquer un faux-thé [thé du Caucase) ; de Y Airelle Myrtille (fig- 4 n), dont la feuille, en effet, ressemble assez bien à celle du théier, mais n’en a aucune des propriétés ; de la Véronique officinale ; de YAspérule odorante et de bien d’autres, par exemple, celle dont la nature botanique ne m’est pas connue et qui sert à faire le Thé impérial chinois vendu sous le nom de Thé perlé ou de Thé poudre à canon, qui est recouvert d’une poussière bleuâtre artificielle tachant le papier sur lequel on le frotte.
- Il n’est pas souvent facile de se reconnaître dans tout ce fatras et le plus simple pour s’éviter des déboires dans le résultat de l’infusion chère aux dames, qui en profitent pour papoter et... manger d’innombrables gâteaux, est encore de ne s’adresser qu’à de bonnes marques, achetées à des maisons sérieuses. Et puis, on peut se contenter aussi de l’illusion... Henri Coupin.
- Fig. 4. — Quelques falsifications du thé par des feuilles étrangères.
- a, Àkébia; b, Aubépine; c, Epilobe poilue ; d, Epilobe à feuilles étroites; e, Erable Negundo; f, Fraisier; g. Frêne; h, Glycine; i, Grémil; /, Phylaria; h, Sorbier des oiseleurs; f Prunellier; m, Trigonelle bleue; n, Airelle myrtille.
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- LES PARASITES ATMOSPHÉRIQUES
- VIENNENT-ILS DES TROPIQUES ?
- L LA QUESTION DE L'ORIGINE
- Il était donné à ces bruits capricieux, qui, dès les débuts de la radiotélégraphie, il y a plus de 30 ans, vinrent manifester leur importune présence dans les appareils récepteurs d’ondes électromagnétiques, d’avoir une fortune singulière. La première dénomination qu’ils reçurent en France, celle de parasites, tout en révélant la mauvaise humeur avec laquelle ils étaient accueillis, reconnaissait déjà leur insistance à s’asseoir à la table nouvellement dressée de la technique naissante. Introduits dans la maison, ces bruyants convives eurent vite fait d’y semer le désordre et d’y faire tourner les têtes. On chercha bientôt à connaître leur origine et, pour y parvenir, on établit des théories où, souvent, l’imagination jouait un rôle prédominant. Les parasites y perdirent leur nom, ou presque. Ils en avaient tant et de si divers dans les diverses langues ! Pûen que dans les pays de langue anglaise on les retrouvait sous le nom de statics, car aux yeux de certains, ils étaient dus à des ruptures d’équilibre de l’électricité statique, sous celui de stray's, car aux yeux d’autres, ils étaient des ondes vagabondes, sous celui de X’s, enfin, qui avoue sans ambage l’ignorance de leur origine. Et, en Allemagne, le mot sarcastique de Irrgànger le dispute à celui brutalement accusateur de Stôrungen. Cette terminologie a déjà toute une histoire qui semble aboutir, en 1922, à un accord international pour désigner le phénomène sous le nom unique de atmosphériques.
- Ce nouveau baptême est une véritable amende honorable. Les anciens parasites se voient reconnaître le droit de cité dans notre atmosphère, et c’est au sein de celle-ci qu’il y aura lieu, suivant l’opinion la plus répandue, de rechercher le mystère de leur naissance.
- Un nom ne suffit pas pour établir l’accord. Et les atmosphériques n’ont pas trouvé de suite une cause et un lieu d’origine qui leur soient reconnus par tous ceux qui se sont intéressés à eux, soit pour étudier leurs propriétés, soit pour atténuer leurs effets. Il est intéressant, ne fût-ce qu’au point de vue de la logique des sciences et de
- la méthode, d’examiner lesconstruc-tions théoriques édifiées pour abriter certaines hypothèses sur l’origine des atmosphériques et les moyens expérimentaux mis en œuvre pour préciser nos connaissances sur le même sujet.
- Il est toute une école en Angle-
- Fig. 2. — Exemple de variation diurne inverse.
- Atmosphériques moins nombreux et moins forts la nuit que le jour.
- Minuit 6h Midi W.
- Minuit
- 20 Avril 1327. Paris
- terre et en Amérique qui affirme avec force que les atmo sph ériques ont une origine mondiale et que les brouillages qu’ils provoquent ont leur origine aux tropiques, ou au-delà, à des distances supérieures en général au quart du méridien terrestre. Les recherches expérimentales de plus en plus serrées que depuis près de 4 années, nous poursuivons en France, nous ont conduit à professer une opinion entièrement opposée et à attribuer l’origine de la grande majorité des atmosphériques à des causes météorologiques et immédiatement locales. Chaque jour l’observation et l’expérience nous confirment davantage dans ce point de vue, ainsi d’ailleurs que les observations et les expériences menées en divers continents par d’autres expérimentateurs.
- Je me propose ici simplement de guider nos lecteurs dans une brève excursion sur le terrain où s’affrontent des théories si opposées, et d’en profiter pour remettre à leur place quelques légendes.
- moyenne de l’activité des atmosphériques dans les mois d’hiver en France. En bas, variation diurne de l'activité des atmosphériques dans les mois d’été.
- IL LES ORAGES
- Il est d’opinion assez courante que les atmosphériques sont une manifestation orageuse au même titre que l’éclair ou que le tonnerre. La décharge orageuse se révélerait à notre vue par la lueur de l’éclair, à notre ouïe par le roulement du tonnerre, à notre appareil récepteur de T. S. F. par le parasite atmosphérique. Voici qui parait simple et même irréfutable : il y a actuellement des atmosphériques, donc il y a de l’orage quelque part; conclusion toute naturelle.
- Mais conclusion illégitime et erronée.
- J’étonnerai beaucoup de personnes en annonçant qu’on n’a jamais cherché à la démontrer sérieusement; et que beaucoup d’auteurs, pour tenter de la démontrer, ont tout d’abord pris soin de supposer que tout atmosphérique était l’émanation d’un orage. Il y a évidemment quelque parallélisme entre la fréquence des orages et la violence des atmosphériques. Il y a même coïncidence entre certains atmosphériques individuels et certains éclairs. Mais il est aussi quelques éclairs sans atmosphériques. Il es! surtout beaucoup d’atmosphériques violents sans orages,
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- et c’est là même le cas de la plupart. Ce fait n’est pas sans avoir été constaté. Il devait amener logiquement un doute sur l’origine orageuse d’un très grand nombre d’atmosphériques. Mais les détours de l’esprit humain sont tels que beaucoup d’auteurs en tirèrent au contraire un argument nouveau en faveur de cette origine orageuse que, on ne sait vraiment pourquoi, ils ne pouvaient se décider à considérer comme pouvant être mise en doute. Ajoutant donc une hypothèse à la première, ils imaginèrent que les parasites venaient d’orages lointains. Il fut une époque où la méthode suivante semblait être devenue classique : on observait certains jours, à certaines heures, des atmosphériques violents. On cherchait aussitôt sur les cartes météorologiques les orages les plus proches qui y étaient signalés à ce moment et l’on décidait que ces orages formaient le foyer perturbateur. On mesurait alors la distance séparant les orages de la station où les atmosphériques avaient sévi, et l’on était d’autant plus fier que cette distance était plus grande. Quand on ne trouvait pas d’orages, on accusait les faibles dimensions de la carte météorologique. L’appareil employé n’en devenait que plus remarquable ; il avait une « portée » plus grande que celles obtenues jusqu’alors; du moins le disait-on.
- Certains, même, tentèrent de donner des preuves de l’origine toujours orageuse. Ils partirent de l’axiome de la longue portée des ondes électromagnétiques qu’émettraient les orages, et le prenant comme base du raisonnement, crurent ainsi prouver l’hypothèse orageuse, oubliant, hélas! que quelques lignes plus haut, ils avaient justifié la longue portée en partant de l’hypothèse d’une origine orageuse. Oh ! Atmosphériques appelés en allemand « Irrgànger ! »
- III. LES ATMOSPHÉRIQUES NOCTURNES
- Renonçons donc un moment aux théories préconçues et aux hypothèses et cherchons simplement à mettre un peu d’ordre dans les faits observés.
- Dans le dédale complexe des observations, un fait apparaît presque partout et presque toujours : le plus grand nombre et la plus grande force des atmosphériques nocturnes s’opposant à la faiblesse et à la rareté des atmosphériques matinaux. On a constaté ce fait sur terre comme sur mer, dans les régions tempérées comme dans les régions tropicales, en été comme en hiver, sur les plus grandes (20000 m.), comme sur les plus petites (20 m.) longueurs d’ondes'. Que l’on considère l’intensité moyenne des atmosphériques ou la vitesse avec laquelle ils se succèdent et que l’on porte sur une courbe ces valeurs pour les vingt-quatre heures d’une journée, on rencontrera le plus souvent de hautes valeurs la nuit, une chute au matin, un minimum dans le courant de la matinée. Si on prend les courbes moyennes relatives à une année entière, cette forme générale apparaît toujours. Si on prend les courbes moyennes mensuelles, on aura toujours les hautes valeurs de nuit et la chute matinale avec des maxima supplémentaires, dans là journée, pendant certains mois (fig. 1). Si l’on prend une courbe pour une journée déterminée, on aura le plus souvent
- la même forme avec toutefois de multiples variantes, et certains jours de complets renversements (fig. 2).
- Cette remarquable propriété mondiale des atmosphériques méritait des interprétations et des hypothèses sur sa cause et sur l’origine des atmosphériques qui sévissent dans l’ombre et meurent aux premiers rayons solaires. Elles n’ont pas manqué. J’exposerai d’abord brièvement l’une des plus remarquables qui, par son ingéniosité et son ampleur conserve une beauté d’autant plus frappante qu’elle ne saurait plus aujourd’hui être acceptée comme correspondant à la réalité.
- Elle a été émise parle physicien anglais, AV. Ii. Eccles en 1912. Eccles, dans une série d’observations simultanément à Londres et à Newcastle, avait relevé un certain nombre de parasites communs en ces deux localités et en avait conclu à une très grande portée des atmosphériques en général. Comment concilier cette très grande portée avec les phénomènes d’apparition des atmosphériques au coucher et de disparition au lever du soleil? En supposant que les atmosphériques proviennent d’éclairs des régions équatoriales situées uniquement sur le méridien de la station? C’était trop peu vraisemblable. Il fallait donc supposer que les modifications au lever et au coucher du soleil avaient leur cause non dans la source même des atmosphériques, mais dans la propagation des ondes émises par la source supposée. Où se produirait cette perturbation dans la propagation? Eccles examina les divers cas possibles et finit par conserver, comme seul admissible, celui de l’influence, dans les hautes couches de l’atmosphère, d’anneaux ionisés, accompagnant les limites du jour et de la nuit, et formant une sorte d’immense rideau mobile endiguant les ondes électromagnétiques, et, en particulier, celles qui viendraient des orages tropicaux. L’édification de toute une théorie de la propagation des ondes autour de la terre, basée sur les modifications de l’iônisation, fut nécessaire à Eccles pour expliquer les variations importantes, mais brèves, qu’il avait constatées dans le nombre des atmosphériques vers le lever et vers le coucher du soleil.
- Si, comme le veut la théorie .d’Eccles, les atmosphériques nocturnes viennent des tropiques, et si leur prédominance est due à des influences de l’ionisation de l’atmosphère sur la propagation, on ne doit plu» constater ce caractère de la.variation diurne là où Eccles place la source des atmosphériques nocturnes, c’est-à-dire à l’Equateur et aux tropiques. Or ce caractère de la variation diurne se retrouve aussi affirmé partout où, sous les tropiques, on a pu poursuivre l’observation des atmosphériques, et en particulier aux îles de la Sonde et au Congo Belge.
- Depuis la théorie d’Eccles, aucune tentative sérieuse vraiment nouvelle n’a été faite pour chercher à concilier la prédominance mondiale des atmosphériques nocturnes et leur origine tropicale. Toutes les explications qui invoquent l’analogie des courbes de variation diurne des atmosphériques avec les courbes de la variation diurne de la propagation d’un signal ne sont que des répétitions plus ou moins déformées du raisonnement d’Eccles. Pas plus que celui-ci, elles ne résistent devant le fait expérimental irréfutable : les variations rapides des atmosphé-
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- riques au lever et au coucher du soleil se produisant aussi bien aux tropiques et à l’équateur que dans les régions tempérées.
- Elles se heurtent aussi à l’obstacle qui se dresse devant toute théorie d’une origine lointaine : les modifications profondes, que subit, d’un jour à l’autre et d’une localité à l’autre, la courbe de variation diurne des atmosphériques. (Nous reviendrons plus loin sur ce point.)
- IV, LES RECHERCHES RADIOGONIOMÉTRIQUES
- Nous rencontrons un effort tout autre, pour justifier une origine très lointaine de la plupart des atmosphériques, dans l’interprétation d’expériences radiogonio-métriques.
- Ce genre de recherches paraît a priori très séduisant, surtout quand nous songeons aux immenses services
- d’une part, de (le recevoir en un point pour des orientations différentes et successives données au goniomètre, et, d’autre part, de faire assurer par différents postes récepteurs la radiogoniométrie d’un même signal aisément identifiable. Prenons, par exemple, le cas des cadres orientables. On sait que l’intensité de réception est maxima quand le plan du cadre est dirigé vers le poste émetteur. Mais cette intensité ne varie que très lentement quand on fait tourner le cadre autour de cette direction, ce qui rendrait très difficile la détermination d’une direction par la recherche de l’orientation du cadre qui donnerait une (réception maxima. Par contre, quand le cadre est [situé à angle droit de la direction du poste émetteur, l’intensité de réception est théoriquement nulle et pratiquement très faible. De plus, elle varie très rapidement dès qu’on modifie l’orientation du cadre. Les mesures radiogoniométriques se font donc par la
- Fig. 3. — Exemples d'enregistrement de la fréquence des atmosphériques Chaque graphique correspond à 24 heures (de 8 heures à 8 heures). Les signaux horaires de la Tour Eiffel provoquent une pointe de la courbe à 22 h. 30. (Enregistrements effectués au Mont-Valérien).
- rendus déjà par la radiogoniométrie à la navigation. Aussi fut-il préconisé très fréquemment, et dans de nombreux pays s’est-on efforcé de le mettre en pratique (en France, en Angleterre, en Amérique, en Allemagne, etc...). La méthode à employer paraît très simple. De même que l’usage du radiogoniomètre —: et mieux de plusieurs radiogoniomètres conjugués —permet de déterminer, soit l’emplacement d’un poste émetteur, soit celui cl'un poste récepteur, de même le radiogoniomètre devrait nous révéler un centre producteur d’atmosphériques. Il y a malheureusement une difjêrence fondamentale entre la radiogoniométrie d'un poste émetteur et la radiogoniométrie des atmosphériques-, avant d’en exposer les conséquences, voyons de près en quoi ces deux radiogoniomé-tries diffèrent l’une de l’autre.
- La détermination de l’emplacement d’un poste émetteur est basée sur l’écoute d’un signal assez long, transmis par ce poste émetteur. La longueur du signal permettra,
- recherche de la position du cadre qui donne l’extinction ou tout au moins par la recherche de la position qui donne la réception la plus faible. Tout se passe comme dans l’expérience optique suivante : on fait tourner lentement un rectangle de carton autour d’un axe vertical passant par une médiane. On regarde ce rectangle normalement à l’axe de rotation à une distance de quelques mètres : il sera très difficile de noter l’instant où le rectangle est dans un plan perpendiculaire à la ligne de visée; il sera très aisé de noter d’une manière précise le moment où on le voit par la tranche.
- Il est évident qu’une telle mesure radiogoniométrique ne saurait être instantanée et qu’un signal de quelque durée et d’une intensité constante est nécessaire pour pouvoir l’assurer. Ce pourra être le cas d’un poste émetteur. Ce ne sera pas celui d'un atmosphérique, ni même d'une série d’atmosphériques. L’atmosphérique est par nature extrêmement bref et d’intensité très rapidement
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- Fig. 4. — 1, Deux sortes de nuages dans le ciel, a) Cumulus correspondant'à des atmosphériques relativement forts pour l’heure de la journée (9 h. du matin); b) Dans l’intervalle des cumulus, bancs de cirrus correspondant à. l’arrivée d’un front chaud et à la disparition prochaine des atmosphériques.
- 2. Le même jour, mais dans Vaprès-midi [15 h.).
- Les cumulus disparaissent sous l’arrivée du front chaud. Les atmosphériques diminuent. Parallèlement, le ciel se couvre peu à peu de nuages élevés.
- affaiblie. Même s’il provoquait des trains d’ondes d’intensité constante et de quelques centièmes de secondes, ce serait totalement insuffisant pour permettre l’emploi de cadres. Force est donc de modifier la méthode radio-goniométrique appliquée aux signaux des postes émetteurs, si l’on veut avoir quelque chance d’aboutir à un résultat. C’est ce qui a été fait, et de diverses manières; deux principales et entièrement différentes méritent d’être rapidement décrites.
- La première consiste à caractériser l’activité d’ensemble des atmosphériques par le nombre d’atmosphériques, ou de trains d’atmosphériques, qu’on peut dénom-
- brer en un temps déterminé (15, 30 ou 60 secondes). On fait alors ce décompte pour différentes positions successives du cadre d’abord assez espacées l’une de l’autre, puis, quand l'expérience sy prête, de plus en plus resserrées autour d’un maximum et surtout d’un minimum qui se dessine. Une telle méthode n’est légitime qu’à condition que la fréquence des atmosphériques (c’est-à-dire leur nombre pendant un temps déterminé) ne varie pas au cours de l’expérience, ou que cette variation soit d’un ordre de grandeur franchement inférieur à celle due à l’azimut. Or, l’expérience montre que ce ne sera pas toujours vrai et qu’à certains moments la fréquence des atmosphériques varie dans de très grandes proportions, même d’une minute à la suivante. Enfin, une telle méthode ne s’applique évidemment qu’aux atmosphériques dénombrables, c’est-à-dire se présentant sous forme de décharges distinctes les unes des autres.
- La seconde méthode, au contraire, s’applique surtout aux atmosphériques formant un ensemble ininterrompu, une sorte de roulement continu et incessant dans les écouteurs; elle consiste à rechercher les positions du cadre où l’intensité de ce roulement s’affaiblit et celles où elle est maxima. Cette méthode a subi un perfectionnement important en remplaçant la recherche d’un minimum ou celle d’un maximum par la comparaison presque instantanée de l’intensité des atmosphériques en 2 positions opposées du cadre et par la recherche de l’orientation pour laquelle ces deux intensités sont égales. L’oreille est très sensible à des comparaisons de ce genre lorsqu’on peut lui faire écouter successivement et sans intervalle appréciable les deux sons à comparer. En pratique, le renversement du cadre s’opère électriquement et non pas mécaniquement, en agissant sur un inverseur. L.-W. Austin a mis au point cette méthode et l’a utilisée sur une large échelle en Amérique. Elle lui a permis d’obtenir des lectures beaucoup plus précises que la méthode basée sur la recherche directe des maxima et des minima. De plus, elle emploie un dispositif de radiogoniomètre à lever du doute de 180°, ce qui donne non seulement la direction des atmosphériques, mais également le sens sur cette direction.
- Que deviennent ces diverses méthodes à l’épreuve de l’expérience? Ce point est capital, car rien ne prouve, a priori, que les atmosphériques présentent une dissymétrie azimutale ou que s’ils la présentent elle est bien marquée. Il est bien évident qu’on ne saurait déterminer d’azimut privilégié pour un phénomène isotrope, quelque ingénieuses que soient les méthodes et quelque précis que soient les instruments. L’expérience montre que le caractère directif des atmosphériques est extrêmement variable, non seulement d’un jour à l’autre, mais même d’une heure à l’autre. Tantôt on constate que la rotation
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- du cadre n’influe aucunement sur l’intensité des atmosphériques, et tantôt on note presque tout à coup qu’une direction privilégiée se situe à l’oreille sans, aucune difficulté, même pour des décharges isolées.
- D’ores et déjà, la radiogoniométrie des atmosphériques en un point déterminé se montre bien différente de celle d’un signal. La radiogoniométrie en réseau nous révèle encore d’autres difficultés et d’autres différences.
- L’écoute sur cadre d’un poste émetteur nous donnera simplement une direction (et de plus le sens sur cette direction pour des cadres appropriés). Pour situer l’emplacement du poste émetteur, il faut disposer des mesures radiogoniométriques faites au moins par deux postes différents au même moment ou à peu près, sur un signal de même intensité émanant d’un même poste. Ce qui sera ainsi possible dans le cas d’un signal, parce que ce signal pourra être suffisamment prolongé et parce que les postes radiogoniométriques ont des moyens de l’identifier, n’est plus réalisable dans le cas des atmosphériques. Pour plusieurs postes récepteurs, l’extrême brièveté des atmosphériques répétera, en les amplifiant, les difficultés signalées dans le cas d’un poste récepteur unique. Et surtout, l'on ne pourra pas affirmer que deux radiogoniomètres éloignés ont goniométré les mêmes atmosphériques (1). Voilà qui est beaucoup plus grave ; car il en découle que les mesures radiogoniométriques ne sont pas aptes à elles seules à nous fournir la clef du problème, et ceci d’autant plus que les radiogoniomètres sont plus éloignés les lins des autres. Il est indispensable d’assurer parallèlement l’observation de l’intensité et de la fréquence relative des atmosphériques en chaque poste ainsi que celle de leur évolution en chacun d’entre eux. Nous voici donc ramenés par la logique même des choses à la première méthode expérimentale, à l’observation directe et suivie du phénomène sous ses divers aspects. Qu’on ne me fasse pas dire qu’il y a deux méthodes expérimentales opposées, l’observation simple de l’évolution des caractères principaux et l’observation radiogonio-métrique. Deux méthodes expérimentales ne sauraient s’exclure si elles sont connectes et les phénomènes naturels seront toujours trop complexes pour que nous puissions nous permettre de mépriser un chemin, quel qu’il soit, susceptible de nous les présenter sous un aspect jusqu’alors inconnu. Mais je tiens à bien marquer comment la méthode radiogo-niométrique employée sans prudence et trop
- 1. Depuis la rédaction de cet article (juin 1927), j’ai eu l’occasion de rencontrer M. Appleton qui m’a signalé qu’il avait mis au point en Angleterre avec M. Watsu Watt un dispositif de radiogoniométrie permettant de mesurer en deux stations différentes la direction d’un même atmosphérique. C’est là un très beau résultat et qui nous fournira des renseignements expérimentaux d’une haute valeur. Il n’en reste pas moins vrai que les mesures radiogoniométriques, à elles seules, ne sont pas suffisantes pour nous permettre de résoudre le problème de l’origine des atmosphériques dans leur ensemble, car elles isoleront toujours les ^atmosphériques dirigés aux dépens des autres.
- étroitement assimilée à la radiogoniométrie des signaux, peut induire en erreur, et pourquoi il est des bornes aux domaines dont elle permet l’exploration.
- V. UN ESSAI DE THÉORIE MONDIALE DE L'ORIGINE DES ATMOSPHÉRIQUES
- Telle qu’elle est, avec ses multiples difficultés, la méthode radiogoniométrique nous a déjà valu cependant de nombreux résultats : en voici quelques-uns parmi les plus généralement observés :
- a) Dans l’ensemble, les almosphériques semblent venir des grandes masses continentales plutôt que des grandes étendues maritimes, des régions montagneuses plutôt que des régions plates. Mais, quand on est situé en plein continent, loin des océans ou des montagnes, toute influence géographique de ce genre disparaît et la direction des atmosphériques semble ne plus dépendre que d’influences passagères et locales.
- b) La direction des atmosphériques subit, dans l’en-' semble, une variation régulière au cours des 24 heures d’une journée et tout semble se passer comme si elle suivait le soleil : du sud-est le matin, les atmosphériques tournent peu à peu au sud, au sud-ouest et disparaissent vers l’ouest, alors que dans le secteur sud-est apparaît la nouvelle série de la journée suivante.
- c) Dans certains cas l’orientation est commandée par le passage de certains phénomènes météorologiques. Presque toujours ces phénomènes sont proches du lieu d’observation : ce sont en général des fronts froids, ,ou des grains (qui ne sont qu’un cas particulier des fronts froids) ou des orages (qui ne sont souvent qu’une des manifestations des grains).
- De l’existence d’une influence continentale et orographique sur l’anisotropie des atmosphériques (ou si l’on
- Fig. 5. — Ciel correspondant a une grande activité des parasites atmosphériques. A, base d’un premier cumulo-nimbus;
- B et C, enclumes de deux autres cumulo-nimbus.
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- veut sur leur direction apparente), de l’existence également d’une influence du soleil sur la variation diurne de cette anisotropie, on s’est largement servi en Angleterre pour édifier la théorie suivante.
- Une très grande quantité d’atmosphériques (qui comprend entre autres ceux qui sont si gênants dans les climats tropicaux) aurait sa source au-dessus des grandes masses continentales au moment où celles-ci sont échauffées par le soleil; leur maximum aurait lieu vers 15 heures du méridien de la source. Ces atmosphériques auraient une portée mondiale. Tout radiogoniomètre mettrait donc en évidence la direction de la région continentale dont l’heure locale est 15 heures. D’où rotation diurne régulière de la direction d’origine des atmosphériques provenant de la rotation de la terre, d’où fixité assez grande des directions moyennes due à la répartition des continents et des mers et d’où période quotidienne sans atmosphériques d’une certaine nature et correspondant au moment où le méridien de 15 heures locales parcourt le Pacifique et ne rencontre aucune masse continentale importante. En tout point du globe un radiogoniomètre nous permettrait donc d'entendre en quelque sorte la soleil éclairer successivement continents et océans. Voici les atmosphériques haussés à un rôle grandiose. Ces bruits parasites nous décriraient quotidiennement la succession des nuits et des jours sur les grands continents de notre globe.
- Si séduisante que soit une telle théorie, elle ne résiste pas à une analyse un peu précise des phénomènes, et en particulier à une étude des relations qui peuvent exister entre les situations météorologiques et les atmosphériques en un même lieu. C’est ce que nous allons examiner maintenant. Mais avant même de le faire, il est bien évident que si une telle théorie mondiale, à la fois géographique et solaire, rendait compte d’une manière correcte du mode de formation et du mode d’action à distance, soit de l’ensemble des atmosphériques, soit simplement d’une notable partie d'entre eux, nous trouverions dans l’évolution des atmosphériques en un point quelconque du globe une frappante régularité et cette régularité se rencontrerait non seulement dans leur direction, mais aussi dans leur intensité et dans la répartition des atmosphériques plus ou moins violents suivant les heures et les saisons, comme suivant les longitudes et les latitudes. Or, si, en moyenne, mais seulement en moyenne, la direction des atmosphériques suit des lois, générales et à peu près régulières, leur intensité et leur répartition' dans le temps et dans l’espace révèlent le plus grand des désordres et la plus déroutante fantaisie. Déjà donc, et avant d’avoir abordé la méthode météorologique, il nous faut renoncer à une trop belle, trop ordonnée et trop séduisante théorie qui ne s’accorde aucunement avec l’apparente anarchie des faits observés (*).
- 1. Dans le cas d’atmospliériques « mondiaux », on devrait constater, au moins dans les grandes lignes, que, en un instant déterminé, l’intensité des atmosphériques va en croissant quand on se rapproche de la source supposée. Or rien n’est moins exact; tout ëxamen de la répartition géographique de l’intensité des atmosphériques à une heure déterminée nous confirme l’absence totale de régularité dans cette répartition.
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- VL L'INFLUENCE DES PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES.
- COMMENT LES METTRE EN ÉVIDENCE. _
- Revenons de nouveau aux constatations expérimentales. Si nous rassemblons sur les atmosphériques une documentation régulière provenant d’un réseau de postes couvrant une grande étendue continentale, il nous sera aisé de comparer les résultats obtenus aux circonstances météorologiques.
- S’il ressort d’une telle comparaison une relation étroite entre les deux ordres de phénomènes, nous pourrons conclure à un rapide affaiblissement de l’action des atmosphériques avec la distance, c’est-à-dire une faible portée et une origine peu éloignée de la plupart d’entre eux. Nous pourrons, en serrant de plus près la comparaison, chercher à enfermer dans des limites de plus en plus précises la distance qui sépare les lieux où sévissent les atmosphériques des lieux où ils se produisent :
- Si les atmosphériques, au contraire, n’ont qu’excep-tionnellement une origine rapprochée, nous échouerons dans notre entreprise de comparaison. Beaucoup de périodes d’atmosphériques violents ne pourront être rattachées à aucun phénomène météorologique des régions où ils apparaissent. Beaucoup d’apparitions et de disparitions rapides de longues séries d’atmosphériques violents ne concorderont avec aucune modification parallèle de l’atmosphère, tout au moins dans un rayon de quelques centaines de kilomètres.
- A l’avantage d’une telle méthode, il faut remarquer qu’elle oblige à faire porter l’étude non seulement sur toutes les périodes d’atmosphériques violents, mais également sur les périodes remarquables par la faiblesse ou par l’absence des atmosphériques.
- C’est elle que nous avons adoptée dans les recherches que nous avons entreprises depuis plusieurs années sur les atmosphériques observés en France. Les résultats en ont été extrêmement nets : il y a toujours une liaison étroite entre le caractère général des atmosphériques et les phénomènes météorologiques peu éloignés. Il est vrai que, pour la mettre en évidence, il est indispensable d’examiner les phénomènes météorologiques suivant des procédés assez précis pour nous permettre d’en bien connaître la structure. L'analyse des situations météorologiques individuelles s’impose alors. L’effort de la météorologie dynamique moderne a porté en grande partie sur ce point et nous a donné, de la configuration des phénomènes de l’atmosphère, de leurs transformations, de leur vie enfin, des images expérimentales détaillées. Si, guidés par ces images, nous recherchons un parallélisme entre atmosphériques et phénomènes météorologiques, ce parallélisme apparaîtra d’une manière indubitable. Il se cacherait, au contraire, sous des apparences au visage changeant et trompeur si l’on prenait brutalement comme point de comparaison telle ou telle donnée météorologique isolée, relevée dans une seule station, pression, température, nébulosité, précipitations, ou même telle ou telle image superficielle des phénomènes en surface, image qui ne nous révèle que fort peu de chose sur leur nature physique véritable.
- Mais, comme les orages, ils se rattachent étroitement
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- à la situation météorologique décrite ci-dessus. Que cette situation disparaisse et, d’un jour à l’autre, sans transition, une après-midi calme et sans brouillages succédera aux roulements ininterrompus qui paralysaient, la veille encore, les appareils récepteurs. Cette substitution d’une situation calme à une situation d’atmosphériques violents se produit surtout lorsque l’anticyclone des Açores, gagnant vers l’est, vient recouvrir la France par le sud-ouest. C’est le cas représenté ci-dessous (fig. 6 et 7).
- Tout autres sont les propriétés des atmosphériques qui provoquent les brouillages migrateurs et tout autres également leurs relations avec les situations météorologiques. On. les voit apparaître en général dans les situations barométriques à gradient accentué où les isobares rapprochées dirigent nettement le mouvement des vents au sol et en altitude et où, sur les cartes d’isallo-bares, les noyaux de variation révélateurs des perturbations se dessinent franchement et parcourent le pays à
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- atmosphériques suscités par un front froid soit toujours sans action aucune à grande distance. Il semble bien qu’il puisse se produire des circonstances éminemment favorables où, à l’aide d’appareils sensibles, il est encore possible de faire ressortir l’action de parasites d’origine lointaine. Un savant anglais, M. Watson Watt, semble y être parvenu grâce à un réseau d’observations radiogoniométriques. Il donne même l’exemple d’un front froid bien marqué qu’il put suivre depuis le moment où il abordait les côtes ouest d’Irlande jusqu’au moment où il avait atteint l’Europe Orientale. Il est évident qu’un concours assez rare de circonstances est nécessaire pour rendre possible de tels résultats. Il faut que les atmosphériques émanant du front froid ne soient pas masqués par d’autres émanant de directions différentes. Une telle circonstance doit être relativement rare sur des superficies comparables à celles de l’Europe.
- Depuis quelque temps nous avons réalisé à l’Office "Na-
- Fig. 6 (à gauche). — Situation météorologique favorable à l’apparition, en France, d'atmosphériques stagnants intenses.
- En haut, dépression Atlantique: en bas, anticyclone des Açores; O, régime à gradient barométrique peu accentué (la flèche indique' le trajet d'un courant de perturbations orageuses naissant sur la face sud-est de l’anticyclone).
- Fig. 7 (à droite). — Situation météorologique amenant la disparition, en France, des atmosphériques stagnants. L’anticyclone des Açores {en bas) s’est étendu vers l’est. Le courant de perturbations orageuses ne peut plus traverser la France. Aux atmosphériques violents des jours précédents a succédé une période extrêmement calme. Les atmosphériques stagnants les plus violents qu’on observe en France naissent donc dans la région O et non à des milliers de kilomètres de là.
- une rapide allure. L’évolution et la propagation des atmosphériques migrateurs accompagnent les transformations et les translations des perturbations météorologiques ; les atmosphériques diminuent et s’éteignent en avant des fronts chauds; les fronts froids, par contre, se voient annoncés et accompagnés-par leur recrudescence. Dans les fronts froids bien caractérisés, et en particulier dans les lignes de grains, on peut détailler davantage encore l’évolution des phénomènes et presque toujours reconnaître juste derrière le grain, même orageux, une brusque mais provisoire disparition d’atmosphériques. Ce phénomène delà disparition provisoire, aussitôt après le passage du grain, et la très brusque recrudescence d’atmosphériques qui accompagne ce passage, est peut-être l’indice le plus net de la portée minime des atmosphériques migrateurs; il nous permet de localiser étroitement leur source. Il n’en résulte pas cependant que l’ensemble des
- tional Météorologique un appareil enregistreur, qui trace une courbe donnant, en fonction du temps, la fréquence des atmosphériques individuels, c’est-à-dire la vitesse avec laquelle ceux-ci se succèdent en chaque instant.
- Un tel enregistrement reproduit avec fidélité et finesse toute l’évolution des atmosphériques au cours d’une iournée déterminée. La figure 3 en donne des exemples.
- Prenons quelques exemples :
- On a souvent cherché si la nébulosité avait une influence sur les atmosphériques. On a établi des statistiques comparées des deux phénomènes. Elles n’ont fait ressortir aucune liaison. Et ceci n’est pas étonnant : certaines situations météorologiques, accompagnées d’une nébulosité élevée, sont également des situations à atmosphériques violents : tel est le cas de certaines après-midi dété, dans les situations dites orageuses; par contre, une grande augmentation de la nébulosité peut se pro-
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- duire parallèlement avec une diminution des atmosphériques et même avec leur disparition : ce sera le cas de l’arrivée d’un système nuageux dépressionnaire. Les statistiques qui confondront les nébulosités de nature très différentes seront donc impuissantes à nous donner quelque clarté sur les liaisons cherchées. Et, cependant, ainsi que je l’ai déjà exposé dans cette revue (l), il y a un parallélisme étroit entre l'évolution des nuages et l’évolution des atmosphériques. Aux nuages stratifiés en couches régulières et calmes présentant un ensemble ordonné, comme les bandes parallèles de cirrus précédant un système nuageux, correspond une absence d’atmosphériques gênants ( fig. 4). Par contre, les cumulo-nimbus bourgeonnants, tourmentés, désordonnés qui forment la partie postérieure d’un système nuageux sont presque toujours l’indice d’une recrudescence très sensible des atmosphériques (fig. 5). Si le simple examen de la nébulosité ne nous apprend rien sur l’origine météorologique des atmosphériques, c’est qu’elle ne représente que d’une manière tout à fait insuffisante le phénomène météorologique.
- L’exemple de l’influence des dépressions barométriques est également typique. On a cru parfois avoir quelque chance de trouver dans ces dépressions la source des atmosphériques. On a cru même, en certains cas, pouvoir prédire ainsi cyclones et typhons. Or, il est bien prouvé maintenant que, tout au contraire, un typhon détruit tous les atmosphériques. Au centre d’un typhon la réception radiotélégraphique est des plus aisées et c’est par la disparition anormale des atmosphériques que la radiotélégraphie avertira les navigateurs de l’approche de ces météores. Quant aux dépressions des régions tempérées, elles n’ont souvent de commun entre elles que le nom. Tantôt ce sont des dépressions mobiles correspondant à une perturbation de l’atmosphère (cyclone du front polaire) dont la forme et le mécanisme nous sont connus en détails depuis les travaux de l’Ecole de Bergen, tantôt ce sont de vastes zones à peu près fixes où la pression est inférieure à la moyenne et autour desquelles circulent des chapelets de perturbations individuelles. Vouloir ramener l’origine des atmosphériques aux dépressions barométriques sans définir exactement de quelle dépression l’on parle, c’est, en restant dans le vague, se condaihner à l’incertitude, et l’on trouvera suivant les cas des résultats opposés. Toute méthode, au contraire, qui isolera les perturbations météorologiques individuelles et bien définies et qui permettra de considérer chacune des phases de ces perturbations nous rapprochera de la solution du problème. Quelques exemples mettront facilement ces faits en évidence.
- VIL QUELQUES EXEMPLES D'INFLUENCES MÉTÉOROLOGIQUES
- Si l’on collectionne les journées d’atmosphériques violents qui sévissent en France au cours d’une année (et ceci est assez aisé en se basant sur les brouillages qu’ils provoquent dans le trafic des stations à travail régulier
- 1. Yoir La Nature, année 1926, 2e semestre, p. 301.
- et uniforme), on constate rapidement qu’on peut les classer en deux parts principales.
- Brouillages généraux et intenses sévissant dans des régions assez étendues et parfois sur presque toute la France pendant des après-midi et même des nuits entières, mais cessant le matin.
- Brouillages localisés à certaines régions, mais intermittents et parsemés de périodes calmes; ces brouillages peuvent apparaître à une heure quelconque de la journée et aussi bien le matin que le soir ou la nuit.
- Les premiers,généralisés dans l’espace, mais localisés à certaines heures de la journée, s’opposent aux seconds qui ne présentent aucune localisation privilégiée dans le temps, mais qui se localisent dans certaines régions, s’y groupent en véritables noyaux et se propagent à travers le pays à une vitesse plus ou moins grande. La netteté de ces caractères opposés m’a amené, après les avoir mis en évidence, à dénommer les premiers types de brouillages, brouillages stagnants, et les seconds, brouillages migrateurs.
- Il est évident que dans leurs causes et dans leurs sources on devra retrouver l’explication de telles différences et l’on pourrait penser, a -priori, que, si les brouillages migrateurs sont dus à des atmosphériques de faible portée, les brouillages stagnants proviennent de causes lointaines s’imposant simultanément à tous les postes récepteurs du pays.
- L’étude météorologique des situations où apparaissent, et également de celles où. disparaissent les atmosphériques stagnants, nous détrompera. Nous ne les rencontrerons en France qu’à certaines époques de l’année et particulièrement au printemps et en été. Et chaque fois alors nous retrouverons en France une situation isobarique particulière, se traduisant par de basses pressions, un gradient barométrique très peu accentué, les vents orientés en tous sens. Dans cette situation, des perturbations isobariques particulières s’avancent lentes et floues du sud-ouest au nord-est, glissant sur la face orientale de l’anticyclone des Açores (fig. 6).
- Ces situations météorologiques sont éminemment favorables aux orages. Au cours de journées lourdes et accablantes on voit apparaître, dans tout le pays, des orages ou des séries d’orages violents successifs et qui semblent n’obéir dans leur répartition à aucune ordonnance ni à aucun mouvement d ensemble. Mais, alors que les orages sont seulement des accidents fréquents de ces étouffantes après-midi, les atmosphériques violents y sévissent sans trêve dès le milieu de la journée. Très souvent, tout le trafic radiotélégraphique y est brouillé en permanence, que le ciel se dégage ou qu’il éclate en orages. Les atmosphériques violents sont donc alors un phénomène plus général que les orages. Ils n’en sauraient être la conséquence.
- Cette étude nous montre à quel point le nombre des atmosphériques peut varier d’un moment à l’autre, et il est souvent des courbes plus agitées. Le fait même que la fréquence des atmosphériques, c’est-à-dire la vitesse avec laquelle ils se succèdent, puisse varier si rapidement, nous laisse supposer que beaucoup d’entre eux ne sauraient avoir une origine éloignée. En effet, si nous avions af-
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- faire à des phénomènes d'une grande portée, les atmosphériques qui actionnent l’appareil récepteur de T. S. P1, viendraient souvent de vastes étendues; la loi du hasard agirait et le nombre moyen d’atmosphériques en une minute oscillerait assez peu autour d’une valeur moyenne. Mais il y a mieux que cette simple présomption pour nous permettre de prononcer un jugement ferme : la comparaison des variations de la fréquence des atmosphériques en un lieu avec les variations de l’atmosphère en ce même point nous révèle que les deux phénomènes sont étroitement solidaires et que chaque modification de la fréquence des atmosphériques est liée à une modification de l’atmosphère se produisant au même moment et au même lieu. Pour bien mettre en évidence ces variations de l’atmosphère il faut avoir recours aux diverses pro-
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- atmosphériques obéit à des phénomènes immédiatement locaux.
- Cette précision sur la portée minima delà plus grande part des atmosphériques n’est pas le seul bénéfice que nous retirons de l’enregistrement de la fréquence. Par l’examen des courbes d’atmosphériques et l’analyse parallèle de la situation météorologique nous apprenons à connaître l’aspect électromagnétique des phénomènes météorologiques ; et en particulier nous pouvons étudier la structure électromagnétique des fronts froids, des grains. Mais là nous quitterions le sujet de cet article. Il vaut mieux chercher à conclure.
- De portées mondiales, d’origines reportées à des dizaines de milliers de kilomètres, soit aux tropiques, soit même sur les continents de l’autre hémisphère, nous
- Fig. 8. — Parallélisme de la vitesse du vent (Y) et de la fréquence (A) des atmosphériques. Journées des 28 et 29 mai 1927
- au Mont-Valérien.
- On remarquera le parallélisme étonnant entre les variations des deux phénomènes. Ce parallélisme s’observe fréquemment.
- priétés de cette atmosphère et à leur évolution; il est certains cas où l’évolution de ces propriétés est fidèlement suivie par les variations de la vitesse du vent, il est alors très commode de comparer l’un à l’autre les deux diagrammes, celui de la fréquence des atmosphériques et celui de la vitesse du vent. On en trouvera l’exemple immédiatement révélateur dans la figure ci-dessus (fig. 8). Ce qu’il faut retenir dans cet exemple c’est la simultanéité de chacune des grandes variations des deux courbes. De ce que, dans ce cas, les variations ont lieu en général dans le même sens, il n’en faudrait pas conclure que les atmosphériques croissent en nombre quand le vent croît en vitesse. Cette conclusion hâtive serait d’ailleurs erronée. Mais l’examen de centaines de diagrammes nous permet d’affirmer que l’évolution de la fréquence des
- voilà donc ramenés à d’autre pôle de l’hypothèse, aux portées nulles et à l’origine étroitement locale.
- Les parasites atmosphériques n’y perdent pas en intérêt ; au lieu de nous apporter à chaque minute le bruit de la inspiration de toute l’atmosphère terrestre sur les continents et sur les mers lointaines, au lieu de nous annoncer la montée et la descente d’un implacable soleil par-dessus les cieux où se déchaînent quotidiennement les plus violents orages et les plus torrentielles tornades, ils nous révèlent certains détails de la constitution des phénomènes mêmes que nous vo}>-ons. On leur faisait jouer le rôle de télescopes, il leur plaît de jouer celui de microscopes. Mais, pour bien comprendre les images précises qu’ils nous donnent, notre regard ne doit pas devenir myope. Les structures détaillées de phénomènes
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- météorologiques sont toujours, ne l’oublions pas, les structures de phénomènes vastes à l’échelle de notre atmosphère même, et dont il faut toujours posséder des images synoptiques étendues, si l’on tient à les bien comprendre et à bien interpréter leurs effets locaux.
- L’analyse minutieuse de l’évolution des atmosphériques, nous permettant de mieux connaître ou de mieux reconnaître telle ou telle masse d’air, telle ou telle discontinuité, sera l’un des instruments les plus précieux
- pour l’analyse des situations météorologiques, pour la connaissance précise de la contexture de l’atmosphère au sol et en altitude en un instant déterminé. Or l’analyse des phénomènes actuels est le seul moyen scientifique qui permette d’aboutir à la prévision des phénomènes futurs.
- Robert Bureau,
- Chef de la Section des transmissions à l’Office National Météorologique.
- COMMENT S'EXPLIQUENT LES EFFETS DE MOIRE
- Certaines étoffes, tissées fil à fil, notamment la moire de soie, présentent un aspect chatoyant caractéristique,
- On observe souvent des effets analogues en examinant des grilles formées de deux séries de fils minces parallèles, les fils d’une série étant disposés obliquement par rapport à ceux de l’autre.
- Dans une récente note à l’Académie des Sciences, M. Bor-dier a présenté une explication de ce phénomène, d’où il résulte qu’il est dû uniquement aux caractéristiques physiologiques de l’œil.
- Voici la démonstration de M. Bordier :
- « Si l’on place, dit-il, un point lumineux à une distance finie D de l’œil ('O m. 50 par exemple), l’image de ce point se forme en arrière de la rétine et le faisceau réfracté, limité parla pupille, découpe sur la rétine un petit cercle appelé cercle de diffusion. Le diamètre de ce cercle a pour valeur :
- 1 + N.D
- C — V’ --------
- formule dans laquelle p est le diamètre de la pupille, N le degré d’amétropie de l’œil, D la distance du point au foyer antérieur de l’œil, e la distance du plan de la pupille au foyer postérieur, f et f les distances focales de l’œil. »
- Cette formule montre tout d’abord que les cercles de diffusion varient avec le diamètre de la pupille. M. Bordier, dans son ouvrage IJAcuité visuelle, a déjà prouvé expérimentalement que de ce diamètre dépend aussi l’acuité visuelle.
- « Prenons deux fils rigides et rectilignes et regardons-les en face d’une fenêtre en les inclinant l’un sur l’autre de façon qu’ils forment un angle aigu : à leur intersection les deux côtés des angles opposés ne sont pas distingués nettement jusqu’à leur sommet; l’espace angulaire paraît occupé par une ombre dont la hauteur est d’autant plus grande que l’angle est plus petit.
- Si l’on prend une grille formée de fils minces parallèles fixés sur un cadre et distants de quelques millimètres, puis qu’on lui superpose une autre grille identique en inclinant les deux cadres l’un par rapport à l’autre, on voit se former de part et d’autre du sommet de chaque angle aigu l’ombre dont je viens de parler : tous les sommets de ces angles produisent sur notre œil l’impression d’une zone sombre que l’on peut appeler bande de moire. Ces bandes sont parallè es entre elles si les fils de chaque cadre sont équidistants. En faisant tourner une des grilles devant l’autre, les bandes de moire se rapprochent ou s’éloignent les unes
- des autres suivant que l’on augmente la valeur des angles ou qu’on la diminue : l’effet de moire disparaît quand les fils des deux grilles font un angle se rapprochant de 90°. Remarquons qu’il serait possible de déterminer pour chaque œil l’angle à partir duquel la bande de moire disparaît et d’utiliser cette valeur angulaire pour la mesure de l’acuité visuelle.
- Pour comprendre ce qui se passe lorsque deux lignes droites ou courbes se rencontrent sous un petit angle, supposons que les côtés de cet angle sont décomposés en petits segments parallèles deux à deux : les images rétiniennes de ces deux petits traits sont accompagnées de cercles de diffusion.
- L’écartement de ces éléments parallèles va en diminuant à mesure qu’on les considère plus près du sommet de l’angle : avant d’arriver à ce sommet, les petits traits parallèles donnent des images rétiniennes dont les cercles de diffusion deviennent d’abord tangents, puis empiètent les uns sur les autres, et cela de plus en plus à mesure que l’on se rapproche davantage du sommet où les deux traits élémentaires finissent par n’en former qu’un seul. C’est donc à partir du moment où les cercles de diffusion de deux petits traits vont se toucher que la sensation de netteté des côtés de l'angle considéré va devenir trouble et que notre œil verra l’espace angulaire devenir obscur et flou. »
- C’est le même phénomène qui se produit avec une étoffe tissée fil à fil. La moire de soie s’obtient en soumettant du taffetas à une forte pression ; les effets de moire sont d’autant plus marqués que la trame du taffetas est plus grosse et plus ronde : l’étoffe est pliée en deux, les deux lisières se superposant exactement. Sous l’influence de la pression exercée par une presse hydraulique, il se produit sur les deux faces du taffetas un glissement et un écrasement irrégulier des trames qui, par endroits forment avec les trames voisines des lignes donnant naissance à des angles très aigus aux sommets desquels apparaissent les bandes sombres de moire; dont il vient d’être parlé : ce sont les oppositions d'ombres et de reflets qui donnent au taffetas ainsi apprêté l’aspect de la moire.
- L’existence des bandes de moire n’est donc que le résultat delà formation, sur la rétine, de cercles de diffusion qui produisent une sensation de flou au niveau du sommet des angles, tandis que, dans les parties voisines du réseau, la sensation visuelle est mette et claire.
- M. Bordier arrive ainsi à la conclusion suivante : si l’acuité d’un œil était assez grande pour ne pas être influencée par les cercles de diffusion, les effets de moire n’existeraient pas pour cet œil.
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- LA VIE DES HYÈNES
- MES ÉTUDES AU SOUDAN
- Venu dans les montagnes du Soudan pour étudier la vie de deux petits rongeurs, je me trouvais après une ascension fort pénible des monts Kamara sur un petit plateau, plutôt une table de rochers recouverte de crânes humains, la plupart blanchis par les intempéries, mais sur certains desquels adhéraient encore des lambeaux de chair.
- J’interrogeai donc mon compagnon, un grand chasseur indigène de la région, que j’avais rencontré en route et qui m’accompagnait jusqu’à mi-hauteur de la montagne, à une sente qu’il devait prendre pour se rendre dans une autre direction.
- « Que penses-tu de ça, mon vieux Mamadou ?
- — Mon lieutenant, là c’est la salle à manger du chef des hyènes.
- — La salle à manger du chef des hyènes ? Que me racontes-tu là ?
- — La vérité. Les hyènes vivent parfois en troupeau, et dans ce cas elles se donnent un chef, à moins que ce ne soit celui-ci qui s’impose. Dès lors, celui qui est l’élu ne quitte presque plus les quartiers ou tanières choisis par la bande.
- — Cela ne m’explique pas pourquoi toutes ces têtes de morts; regarde, presque tous ces débris macabres appartiennent à tes congénères !
- — Eh bien voilà. D’abord les hyènes apportent les têtes à leur chef parce que c’est le meilleur morceau de l’animal. Ensuite tu n’aperçois que des têtes d’hommes, c’est parce qu’elles se ravitaillent sans peine dans les cimetières des environs de Kayer.
- — Tu crois qu’elles vont aussi loin chercher leur nou-riture ?
- — Oui, et même plus encore, la hyène fait en une nuit
- Fig. 2. — La hyène mouchetée, Hyena crocuta.
- Le vieux Mamadou, grand chasseur de fauves.
- trois fois le chemin qu’un bon marcheur peut faire en une journée.
- — C’est un animal très puissant, Mamadou ; heureusement qu’il n’est pas dangereux.
- — Ne crois pas cela, mon lieutenant, moi j’ai connu plusieurs individus attaqués la nuit par ces fauves.
- — Enfin, comment peux-tu savoir que les hyènes nourrissent leur chef ?
- — Viens là, je vais te le montrer et cela sera facile, car je sais que tu suis aussi bien les traces qu’un chasseur indigène.
- — Je sais un peu, Mamadou, parce que, autrefois, au Congo et à la Côte d’ivoire, de grands chasseurs m’ont appris cette chose qui en elle-même est moins difficile qu’elle ne paraît tout d’abord.
- — Tiens! regarde.
- — Vois cette trace et cette autre, puis encore d’autres; tu vois, toutes viennent des cavernes de roches que tu aperçois là-bas.
- — Cela est exact.
- — Compte combien il y en a et puis je te ferai voir que j’ai dit la vérité. »
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- Je relevai ainsi sept traces qui appartenaient bien à des animaux différents.
- « Bon, me dit mon compagnon, maintenant cherchons les directions qu’elles ont prises. »
- Nous fouillâmes donc avec minutie tous les bords de l’entablement, mais, après une heure et demie de recherches, je dus me convaincre que six traces s’étaient dirigées vers la plaine. Un des fauves était resté sur la plate-forme et j’aperçus l’empreinte de son corps sur une petite élévation de terre assez fraîche, car il avait plu le jour avant.
- « Peut-être, Mamadou, est-ce un animal malade ?
- — Je t’assure que non ; partout où tu trouveras des hyènes, tu n’auras qu’à chercher, lu verras que je te dis la vérité.
- — Tu sais, mon lieutenant, moi je suis vieux et il y a plus de cinquante ans que je chasse toutes ces bêtes dans la montagne. »
- Quelques instants après, Mamadou me quittait ; quant à moi, je continuai mon ascension et bientôt je fus installé sur une énorme roche au sommet du mont Kamara, d’où je dominais la plaine du Parpara.
- Mamadou ne se trompait-il point?
- Peut-être n’était-ce qu’accidentellement que ces animaux avaient agi ainsi.
- Je me proposai donc de rester là aussi longtemps qu’il le faudrait pour avoir une certitude.
- La nuit venue, je m’allongeai donc sur un lit de feuilles entre deux blocs de roches, et m’endormis profondément.
- Malheureusement mon sommeil ne devait point tarder à être troublé.
- Plusieurs rugissements qui partaient à peu de distance m’avertirent que le roi des animaux était en chasse dans ces parages, je me levai donc et allumai un grand feu dans lequel je jetai deux énormes branches.
- Après cela, je me rendormis paisiblement en attendant l’aube qui allait me permettre de continuer mes recherches.
- Réveillé de bonne heure, après avoir pris un frugal repas, je descendis sur le petit plateau au milieu duquel j’avais eu l’impression de me trouver dans une nécropole abandonnée.
- La terre avait séché, mais elle était, là et aux environs, assez molle encore pour me permettre de relever toutes les traces.
- Je me mis donc au travail et, après plusieurs heures de recherches, j’étais convaincu que le phénomène du jour précédent s’était répété, mais, au cours de ces recherches, j’avais trouvé autre chose qui allait me faire supposer que, chez la grande hyène mouchetée, Hyena crocuta, il y avait autre chose que de l’instinct.
- Je ne me trompais pas et je pus m’en convaincre après avoir mesuré de mon mieux chaque trou.
- Six de ces animaux étaient partis comme le jour précédent, mais tous avaient changé de direction.
- Ainsi, deux, qui le jour avant s’étaient dirigés vers la plaine, avaient ce jour-là suivi une sente qui passait par un col et conduisait sur le versant opposé des monts Kamara.
- Quant au chef, je pus me convaincre qu’il n’avait point changé : les traces laissées par lui étaient un peu particulières, d’abord fort grandes et puis les griffes avaient une longueur démesurée, ce qui provenait sans doute de son inaction.
- Mes recherches continuèrent pendant quatre jours et ne purent que me convaincre.
- Le lendemain, j’examinai avec beaucoup de soin toutes les grandes anfractuosités de la montagne. Il y avait là une foule de minuscules tunnels dont certains offraient un passage suffisant pour qu’il me fût permis de m’avancer debout jusqu’à 10 ou 15 mètres.
- Mais, chaque fois, je me trouvais arrêté par un rétrécissement subit, derrière lequel je sentais l’odeur âcre dégagée par la tanière de la hyène.
- Enfin, mes recherches furent couronnées de succès, je réussis à m’introduire assez loin en m’éclairant de mon briquet et j’arrivai dans une petite grotte naturelle où un rugissement m’accueillit. Deux de ces animaux me barraient la route.
- Tenant mon briquet de la main gauche, j’épaulai de la main droite et fis feu.
- Un des fauves roula sur le sol, le ventre ouvert par ma charge de chevrotines, cependant que l’autre disparaissait.
- En m’avançant pour examiner ma prise, j’aperçus un énorme tas d’herbes sèches.
- Qu’était cela ?
- Tenant mon fusil au bout de mon bras, j’écartai celles-ci et aperçus deux petits corps noirâtres qui gigotaient au milieu de cette niche d’un nouveau genre. Je venais de capturer deux petites hyènes. Celles-ci pouvaient avoir sept ou huit jours. Leurs petites mâchoires étaient encore lisses, aucune protubérance ne laissait croire que la poussée des dents allait avoir lieu. Celles-ci ne commencèrent à se montrer que vers le 40e jour. C’est seulement vers le 110e jour que j’arrivai à leur faire absorber de jla viande.
- Pour terminer, je dirai un mot sur le moyen employé par la hyène mouchetée pour terrasser les grands jherbi-vores mâles, principalement le cheval et l’âne. Si un de ces animaux est attaché à un piquet, la hyène s’avance sans se dissimuler et après avoir couru autour de l’animal pour l’affoler, elle se jette d’un bond sur les parties génitales, opérant une traction jusqu’à ce que sa victime tombe sur le sol où elle l’achève. Si l’animal est en liberté, ce qui lui permettrait d’échapper parla fuite, elle s’avance, telle une panthère, utilisant buissons et rochers et, arrivée à bonne distance, sur le derrière de l’animal, elle s’élance d’un bond; il est rare qu’elle manque son coup.
- Sa victime morte, elle emplit son volumineux estomac à tel point qu’il lui arrive de ne pas pouvoir regagner son antre.
- La mâchoire de la hyène mouchetée est plus puissante que celle du lion, et ce qui la rend plus dangereuse encore, c’est que sa morsure est presque inguérissable. Ceci, pour les jeunes Nemrods qui s’avancent toujours avec témérité sur un animal blessé.
- Pierre Magard.
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- LES BAROMÈTRES HOLOSTÉRIQUES
- ET LEUR FABRICATION
- L'INVENTEUR DU BAROMÈTRE ANÉROÏDE
- Malgré leur précision moindre, les baromètres métalliques dits anéroïdes ou holostériques remplacent depuis longtemps, dans les usages courants, les baromètres à mercure volumineux et très fragiles. Inventé par Lucien Vidie en 1844, le baromètre anéroïde (4) se composait alors d’une petite boîte lenticulaire en cuivre, à parois très minces dont un ressort intérieur maintenait l’écartement. Ce ressort cédait sous la pression atmosphérique quand celle-ci augmentait et se détendait lorsqu’elle diminuait. D’autre part, la paroi supérieure commandait une transmission de mouvement qui provoquait les déplacements d’une aiguille sur un cadran divisé tandis que la plaque inférieure demeurait fixe. Au début, Vidie fit construire ses instruments par Rédier, un des premiers fabricants d’horlogerie de Paris, puis se passionnant pour son invention, il exécuta bientôt ce travail lui-même. Mais, ayant dévoré son patrimoine dans divers essais mécaniques, il dut recourir à l’obligeance d’un riche ami, qui le tira d’embarras. La fortune commença alors à lui sourire quand il entama une série de procès contre Eugène Bourdon qui, en 1849, avait pris un brevet pour un nouveau manomètre à tubes métalliques
- 1. La plupart des traités de physique et des dictionnaires encyclopédiques (y compris Larousse) écrivent Vidi. Mais c’est une erreur. Le nom de l’inventeur du baromètre anéroïde (né à Nantes le 19 pluviôse an XIII et mort à Paris le 6 avril 1866) doit s’orthographier Vidie. Consulter sa Biographie, par Auguste Laurant, Paris, 1867.
- Fig. 2. — Baromètre anéroïde avec graduation en millimètres et millibars (192ï).
- Fig. 1. — Baromètre anéroïde, système Bourdon (1858), à tubes. Collection du Conservatoire des Arts et Métiers.
- recourbés, vides d’air et dont la section était plus aplatie dans une partie que dans l’autre. Vidie considéra l’application de ce système aux baromètres et thermomètres comme une contrefaçon de ses anéroïdes. Après la perte d’un premier procès, les tribunaux parisiens reconnurent sa priorité en 1858 et firent défense à Bourdon de vendre ses baromètres à tubes jusqu’à l’expiration des brevets du savant nantais. Peu après, Vidie confia la fabrication de ses baromètres à la maison Bréguet, puis devenu, quelque peu misanthrope à la suite de tous ses déboires, le sagace inventeur qui, pour se guérir de son asthme et de ses rhumatismes, allait prendre des bains de mer en plein hiver, mourut, le 6 avril 1866, d’une fluxion de poitrine et fut inhumé au cimetière Montmartre à Paris. Au cours de ses démêlés avec la justice, il s’était composé une épitaphe que nous transcrirons d’après son biographe Auguste Laurant :
- Ci-git un fou qui cherchait
- La Justice... chez la Science Et
- La Science... chez la Justice.
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- Fig. 3. — Construction de la boite du baromètre.
- A gauche : Repoussage au tour des cannelures du couvercle et du fond. Au milieu : Soudage des deux plaques cannelées. A droite : On fait le vide dans la boîte barométrique au moyen d'une machine pneumatique.
- LE PRINCIPE DU BAROMÈTRE ANÉROÏDE
- Aujourd’hui les baromètres anéroïdes ou holostériques se fabriquent à Paris par dizaines de mille chaque année. M. Naudet et son successeur actuel, M. Dourde, ont apporté divers perfectionnements à l’invention primitive de Yidie, mais le principe sur lequel reposent leurs instruments barométriques reste le même. Ils se composent toujours d’une boîte circulaire très aplatie dont les fonds sont formés de deux plaques minces de métal blanc, dit « melchior » et gaufrées afin de les rendre plus flexibles. On fait le vide à l’intérieur de cette boîte pour que les changements de température n’exercent pas d’influence sur l’élasticité des gaz internes et ne puissent pas prendre une part variable dans l’équilibre de la
- Fig. 4. — Le montage des organes du baromètre : ressorts, leviers de transmission, dans leur caisse, portative.
- pression extérieure. En outre, on fixe le fond de la boîte à la caisse de cuivre renfermant tout le baromètre, tandis qu’un ressort d’acier, rattaché par une de ses extrémités à la même caisse, s’attache par l’autre bout au couvercle de la boîte. L’élasticité du métal blanc et celle du ressort d’acier interviennent donc chacune dans l’équilibrage. Sous l’action des variations barométriques, le ressort écarte l’une de l’autre les deux bases de la boîte alors que la pression atmosphérique tend, au contraire, à les rapprocher. Un équilibre s’établit entre ces deux forces antagonistes. La distance des deux bases de la boîte et par suite la tension du ressort varient avec la pression. Les déplacements de ce dernier sont transmis, par l’intermédiaire de leviers coudés et d’une chaîne de montre, jusqu’à la petite poulie fixée sur l’axe de l’aiguille du cadran. Quant à la graduation de l’instrument, elle s’effectue par comparaison avec un baromètre à mercure.
- LA CONSTRUCTION DES APPAREILS BAROMÉTRIQUES
- Ceci posé, assistons maintenant aux différentes phases de la fabrication d’un baromètre holostérique dans les ateliers de la maison Dourde. On commence par réaliser les cannelures du couvercle et du fond de la boîte, qui constitue, comme nous l’avons vu plus haut, l’organe principal de l’instrument. L’ouvrier place chaque lame de métal blanc très mince sur le nez d’un tour et en promenant son burin du centre jusqu’à la périphérie de la plaque métallique il l’aplatit suivant des sillons concentriques. Ensuite, après avoir accouplé ces deux plaques cannelées, on les soude ensemble, puis on fixe sur le pourtour de la boîte ainsi réalisée un petit tube, qui servira à la monter sur la machine pneumatique pour y faire le vide.'Gomme cette boîte est le « moteur », on apporte à sa confection toutes les précautions nécessaires, afin d’assurer son parfait fonctionnement.
- Après quoi, on fixe la boîte sur la platine de la caisse qui l’enfermera avec son ressort, ses leviers de transmission et autres organes accessoires. On donne au ressort la formé d’un col de cygne, on le relie avec le
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- centre de la boîte et sa force est calculée pour empêcher les deux parois de celle-ci de s’aplatir l’une contre l’autre par l’effet du vide. Une fois cette condition obtenue, l’instrument représente une balance ayant ses plateaux en équilibre. Si la pression atmosphérique vient à augmenter, la boîte fléchit et oblige le ressort à se fermer; si au contraire la pression diminue, le ressort force la boîte à s’ouvrir. Mais, les flexions verticales résultantes étant très faibles, on doit les amplifier par un ensemble de leviers convenablement agencés. L’artifice consiste à fixer sur la partie avant du ressort un bras amplificateur qui transmet son mouvement à un petit levier commandant un second levier 7 à 8 fois plus long et au bout duquel s’attache une petite chaînette venant s’enrouler sur une poulie dont l’axe pivote entre deux petites platines superposées. On prolonge, en outre, la partie de l’axe pivotant dans la platine supérieure afin de pouvoir y fixer une aiguille qui se déplace au-dessus d’un cadran gradué à l’avance. On établit, une fois pour toutes, les graduations sur des plaques circulaires en cuivre au moyen d’une machine à diviser. On les reporte ensuite sur les cadrans eux-mêmes à l’aide d’une poinçonneuse spéciale. La manivelle qui actionne la vis micrométrique de la diviseuse se déplace devant un cercle qui permet d’évaluer exactement les fractions de tour effectuées. Un chariot muni d’un burin sert à tracer les divisions après chacun des mouvements de la pièce circulaire à graduer.
- La division en millibars étant reconnue officiellement par presque tous les pays et. adoptée en France depuis le 1er janvier 1927, on applique maintenant cette nou-' velle échelle sur les cadrans des baromètres holosté-riques tout en laissant subsister celle des millimètres. Comme on le sait, le millibar n’a qu’un multiple, le bar valant 1000 millibars et un sous-mulliple, la dyne représentant la millième partie du millibar. Pour convertir une pression millimétrique en millibars, il suffit d’augmenter du tiers le nombre des millimètres et, pour effectuer la conversion inverse, on diminue d’un quart le nombre de millibars. Une pression de 750 mm, par
- Fig. 5. — Graduation des cadrans au moyen de la machine à diviser.
- Fig. 6.— Réglage des baromètres, par compression et décompression | [de l’air, au moyen d’un viston se déplaçant dans un cylindre.
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- /exemple, égale donc 1000 millibars et inversement 1000 millibars équivalent à 750 mm.
- Remarquons', en outre, que, pour assurer la concor-jdance de la marche des baromètres holostériques avec j le s divisions de la graduation, on a prévu un système de ^réglage permettant de faire varier les rapports des
- Fig. 7. — Baromètre holostérique enregistreur Naudet-Dourde (19Ï8).
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- Fig. 8. — Montage d’un hygromètre à cheveu de Monnier
- leviers entre eux au moyen d’une simple vis. De son côté, le réglage des baromètres anéroïdes ordinaires s’opère par comparaison avec une colonne de mercure qu’on fait varier de 3 en 3 cm. On met l’instrument à régler dans une cloche dont on comprime ou décomprime l’air au moyen d’un piston se déplaçant soit dans un cylindre, soit dans une cloche à eau.
- Le réglage des baromètres altimétriques, exigeant une plus grande précision, se fait sous la cloche d’une machine pneumatique. Comme ces instruments doivent déterminer les altitudes d’après les pressions, il faut réaliser une concordance exacte entre les divisions du cadran et celles de la colonne de mercure. On obtient ce résultat par tâtonnements et ces baromètres spéciaux passent souvent une vingtaine de fois sous la cloche avant leur livraison. La maison Naudet-Dourde emploie
- des leviers invars pour la construction de ses baromètres altimétriques. Ce système, analogue à celui indiqué par M. Guillaume pour les chronomètres, donne une précision supérieure à la compensation par la quantité d’air emprisonnée dans chacune des boîtes barométriques.
- Cette firme construit également des baromètres holos-tériques enregistreurs formés d’une pile de boîtes barométriques commandées par un simple ressort, qui a pour effet de les rendre plus sensibles. La pression a alors moins de mal à vaincre la résistance des ressorts multiples enfermés dans les coquilles. On applique aussi à ces instruments le système de compensation bi-métallique invar.
- Les baromètres anéroïdes, moins précis que les baromètres à mercure, se dérèglent assez facilement. On s’en sert surtout pour étudier les variations atmosphériques plutôt que pour mesurer les pressions en valeur absolue. Enfin, à côté de ces instruments, on construit également, dans les ateliers Dourde, Y hygromètre à cheveu de Monnier analogue, en principe, à celui de Saussure, mais avec la différence que l’aiguille indicatrice se meut au-dessus d’un cadran circulaire permettant d’obtenir un déplacement beaucoup plus accentué et des divisions plus écartées. Une boite ayant les côtés ajourés protège le mécanisme et assure l’aération nécessaire à son bon fonctionnement, tout en protégeant le cheveu contre les poussières. Le réglage s’obtient par le déplacement d’une pièce permettant de réduire ou d’augmenter la marche de l’aiguille afin de la faire concorder avec la graduation du cadran. Le constructeur livre, en outre, avec chaque instrument, une table contenant les indications nécessaires pour déterminer le degré hygrométrique de l’ambiance. L’emploi de cet appareil se généralise, d’ailleurs, de plus en plus, dans certaines industries, entre autres les filatures, la meunerie et les séchoirs de teintureries.
- J. de la Cerisaie.
- = LES SOURCES NATURELLES DE VAPEUR D’EAU EE
- DE CALIFORNIE
- ET LEUR UTILISATION POUR PRODUIRE LA FORCE MOTRICE
- Il existe quelques régions du globe où il se dégage du sous-sol des flots de vapeur d’eau à température élevée. Tel est le cas des geysers où le phénomène se manifeste par intermittence. Tel est aussi le cas de la célèbre région des « soffioni » de Toscane. C’est là que pour la première fois on a songé à tirer parti de cette vapeur pour produire de la force motrice et après études approfondies on y a construit dans ce but des usines qui donnent aujourd’hui loute satisfaction.
- 11 existe aujourd’hui une autre région où l’on a commencé l’exploitation de cette source naturelle d’énergie ; c’est aux États-Unis, en Californie, à l’endroit nommé les « Geysers >>, situé à 120 km environ au nord de San Francisco et à 50 km de la côte du Pacifique. Il y a là une vallée étroite et profonde où se manifestent en de nombreux points, par d’étroits orifices à travers les interstices du sol, des dégagements abondants de vapeur chaude. La vallée est du reste parsemée de sources chaudes à des températures élevées allant jusqu’à 98u C., et réputées pour leurs vertus médicinales.
- MM. E.-T. Allen et A.-L. Day, de la Carnegie Institution, ont étudié cette curieuse contrée et suivi attentivement les essais d’utilisation de la vapeur, pratiqués par un ingénieur
- de la région, M. J -D. Grant, expert en matière de prospection minière et de forages. Us rendent compte de leurs observations dans une brochure publiée par la Carnegie Institution et dans une intéressante étude résumée, parue dans la revue Nature de Londres.
- Les premiers travaux de M. Grant remontent à 1922 ; il commença à forer avec une foreuse à main un puits à travers la couche d’argile superficielle et la couche de sable sous-jacente; il s'appliquait à condenser autant que possible la vapeur qui se dégageait, en faisant couler dans l’orifice de l’eau froide provenant d’un réservoir placé sur le flanc de la vallée. Il produisait ainsi un véritable geyser artificiel, l’eau échauffée étant par intermittence projetée à grande hauteur hors du forage. Ce puits était tubé au fur et à mesure de son avancement au moyen d’un cuvelage en acier ; l’adhérence de ce tubage au roc environnant était obtenue en coulant autour de lui du zinc fondu qui, en se solidifiant, formait joint étanche.
- Ce puits fut descendu jusqu’à 60 in et obturé; un autre puits voisin fut descendu jusqu’à 90 m et également obturé; la pression de la vapeur ainsi emmagasinée atteignait 4,8 kg par centimètre carré. Cinq nouveaux puits ont été ensuite
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- forés à des profondeurs variant entre 120 m et 200 m et les pressions qui s’y développaient allaient de 7,6 kg à 22 kg par centimètre carré. Le débit en vapeur de chacun de ces puits, formant véritables chaudières naturelles, variait de 3750 à 26 000 kg à l’heure, en moyenne 15 000 kg à l’heure, correspondant à la possibilité de capter, à la pression de vapeur de 6 kg par centimètre cube, environ 1000 kilowatts par puits. Ces puits, distants les uns des autres de 15 m à 500 m, n’exerçaient l’un sur l’autre aucune influence apparente quant à la pression ou au débit de la vapeur. Une société s’occupe actuellement de réaliser les installations nécessaires pour utiliser cette vapeur à actionner des turbo-générateurs électriques. Déjà une habitation voisine est éclairée par ce moyen. MM. Allen et Day ont fait d’intéressantes études sur ces 7 puits. Ils ont analysé la vapeur qui s’en échappe. Elle contient de 0,75 à 2 pour 100 de gaz étrangers formés surtout d’acide carbonique, avec une faible proportion d’hydrogène, méthane, argon, hydrogène sulfuré ainsi que des traces d'acide borique et d’ammoniaque.
- Les températures de la vapeur prise au sommet des puits variaientde 154°à 190°C.,pourdespressions variant de 5,76 kg à 14,4 kg, ce qui prouve que la vapeur est surchauffée.
- Les hautes températures, les hautes pressions, l’énorme débit, et la surchauffe observés ne peuvent s’expliquer, sui-
- ..........=== *75 =
- vaut MM. Allen et Day, que par la présence, dans le sous-sol, d’une masse à haute température et d’étendue assez grande pour que la vapeur puisse en être extraite pendant un temps indéfini sans chute de pression. La température de cette masse est sans doute encore proche de sa température de cristallisation. On sait que l’eau est un constituant qui se rencontre sans exception dans tous les types de roches ignées et surtout dans les roches vitreuses qui ont un carac tère voisin de l’état liquide. Les gaz décelés dans la vapeur des puits aussi bien que dans celle qui s’échappe des évents naturels correspondent par leur nature à ceux que l’on rencontre dans des roches ignées.
- La zone où sont forés ces puits de vapeur est recouverte superficiellement de sédiments et de roches métamorphiques; mais, pendant le forage de l’un des puits, un noyau de gabbro a été remonté de la profondeur de 70 m, tandis que des affleurements d’andésite s’observent sur les pics les plus élevés des montagnes voisines. Les auteurs pensent que le roc d’où s’échappe la vapeur n’est pas d’âge récent, mais est fait de sédiments anciens, vraisemblablement crétaciques ou jurassiques. Ils supposent que la vapeur s’échappe par une faille, hypothèse que confirme l’existence constatée sur une étroite bande de plus de 50 km de long, non • seulement de sources chaudes, mais aussi de nombreuses mines de mercure.
- CHAMBRE D'ESSAIS
- POUR MACHINES A
- En voyant tourner les moteurs industriels à des vitesses considérables, beaucoup ne se rendent pas compte de l’énergie intérieure, due aux effets mêmes de la rotation et qui dépasse facilement la force explosive des obus ou
- GRANDE VITESSE
- des bombes les plus formidables que nous connaissions.
- Spécialement pour les générateurs électriques actionnés par des turbines à vapeur, cette puissance emmagasinée est énorme. Ainsi un turbo-alternateurde 26 000 ch
- Fig. 1. — Vue extérieure de la chambre d’essais des machines à grande vitesse.
- A gauche, on voit la chambre qui renferme les machines motrices, ainsi que les instruments d’observation et de mesure.
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- Fig. 2. — Rotor d’un turbo-allernaieur de 12 500 kilowatts monté dans la chambre pour être essayé à des vitesses supérieures à 3000 tours par minute.
- tournant à 3.000 tours, ayant un rotor de 20 tonnes, est susceptible de restituer une quantité d’énergie de 15 millions de kilogrammes-mètres. Celle-ci libérée brusquement, par exemple par l’éclatement delà partie tournante, projettera le tout à une hauteur de 750 m. Cette énergie sera capable de lancer à 165 m de hauteur une sphère de fonte de 3 m. 30 de diamètre, pesant 95 tonnes.
- Lors des essais des machines, on les soumet à des efforts plus importants que ceux qu’elles doivent supporter dans l’utilisation courante. On doit donc prévoir que, par suite d’une défectuosité quelconque ou d’une faiblesse locale d’un organe, il se produise une rupture. Etant donnée la puissance énorme mise en jeu dans les grandes machines, cela causerait une véritable catastrophe et coûterait la vie à tous les expérimentateurs présents.
- On a donc eu l’idée, d’installer des chambres à parois particulièrement résistantes. La machine s’y trouve enfermée ; elle est mise en rotation de l’extérieur et, en cas d’accident, le blindage est capable de supporter les explosions violentes, de façon que les opérateurs se trouvent protégés.
- Dans les usines de Manchester de la Metropolitan-Vickers Eleclrical O, on a établi dans ce but une construction de ce genre, qui présente des particularités intéressantes. Elle est destinée à essayer des rotors de génératrices électriques, pouvant avoir 4 m. 80 de diamètre et l’arbre une longueur de plus de 13 m.
- Les parois de la chambre d’essais ont 3 m. 20 d’épais-
- seur. Elles sont constituées par des cadres d’acier avec un revêtement intérieur en bois, puis des blindages de sacs de terre et de sable, avec des renforcements en ciment. On a mis à profit les leçons de la dernière guerre pour la construction de ces parois blindées. La porte qui roule sur des galets pèse à elle seule 17 tonnes.
- Le moteur, qui doit entraîner les machines soumises à l’essai, est situé dans une chambre voisine. Sa puissance est de 1800 ch. Il agit par engrenages et peut donner à l’arbre principal des vitesses allant de 250 à 7200 tours par minute. On a prévu des dispositions permettant d’arriver à des vitesses de plus de 21000 tours pour certaines machines d’expériences.
- Le rotor à essayer est introduit dans la chambre fermée. Au moyen d’un accouplement, l’arbre de la machine est réuni à l’arbre principal qui sort de la chambre des machines et qui est commandé par le moteur électrique.
- Des appareils de mesure de tous genres permettent aux expérimentateurs de contrôler la marche, de vérifier le graissage, de mesurer les déformations et de connaître les vitesses critiques. Des appareils cinématographiques à grande vitesse enregistrent fidèlement les caractéristiques du mouvement, les réactions de la machine sous l’effet de la force centrifuge.
- On peut ainsi diriger les essais à distance sans aucun danger et tirer de ce contrôle de précieux enseignements pour la construction mécanique. E.-H. Weiss.
- Fig, 3. — Rotor d’un alternateur de turbine hydraulique de 26 000 kilowatts à 250 tours prêt à être essayé dans la chambre.
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- LES MOIS DE JUILLET FROIDS
- Un mois de juillet est froid lorsque sa température moyenne devient égale à la normale de la deuxième décade de mai; ce fait est assez rare, mais on l’a constaté encore quelquefois : en 1795, moyenne, 15°,5; en 1816, 15°,6; en 1879, 15°,6; en 1888, 15°,7 ; en 1909, 15°,7 et enfin en 1919, moyenne 15°,2 seulement.
- Tous ces mois de juillet froids correspondent donc à une température vraie dans la campagne, aux environs de Paris, égale à un chiffre compris entre 15° et 15°,5, qui paraît être la limite inférieure de la température moyenne de juillet.
- (Cotte) Montmorency. Obs. Paris. Obse rv. du Parc St-Maur.
- 1795. 1816. 1879. 1888. 1909. 1919.
- Temp" mov. vraie 15°,5 ' des 24 h (M. 15°,56 150,59 15°,70 15°,74 15°,18
- Maximum absolu. 25,5 28,0 28,0 26,6 25,3 26,6
- Nébulosité. 73 74 72 72
- Humidité relative. 84 80 81,5 78,5
- Pluie. 967”,8 827"’.8 81776 96772 6777I
- Jours de pluie. 26 21 22 14 16
- — d’orage. 7 8 4 3
- En 1758, le mois de juillet a été aussi remarquablement froid et pluvieux; il aurait plu tous les jours, sauf le 29. D’après les observations d’Adanson faites à Paris, rue de la
- (*) Seulement en ce qui concerne les observations du Parc Saint-Maur.
- Victoire, à cette époque, comparées à celles faites également à Paris, par Lemaire, rue Denfert-Rochereau, en juilet 1879, le mois de juillet 1758 aurait été plus froid que celui de 1879, car Adanson eut pour moyenne (de trois observations diurnes) 17°,87, alors qu’en 1879, Lemaire obtint 18°,06 (moyenne des extrêmes) avec un thermomètre Six.
- En 1758, Adanson a trouvé un maximum absolu de 27°,5 et 7 jours d’orage.
- En juillet, la gelée blanche est extrêmement rare ; mais elle peut se produire. Aux environs de Paris, on connaît les dégâts causés par les gelées blanches en juillet et août 1740 (la grande année froide) ainsi qu’en juillet 1856. A Paris même, la dernière gelée blanche authentiquement constatée a été celle vue le matin du 11 juillet 1709.
- En 1809, le 4 juillet, lorsqu’on a observé à Paris, 6°,2, il devait faire seulement 3° à 4° dans la campagne.
- Le mois de juillet de l’année dernière, 1927, a été, on s’en souvient, très mauvais et très froid.
- Cependant, il a eu une température moyenne supérieure d’environ 2°,5 à celle des mois de juillet ci-dessus citée, puisqu’elle fut de 17°,94 (moyenne vraie des 24 heures) à l’observatoire du Parc Saint-Maur; mais alors il fut très pluvieux, car il donna 116m/m,8 d’eau, en 18 jours et il y eut 7 jours d’orages, pour la plupart violents; l’humidité à été de 80 °/0 et la nébulosité de 73 °/0.
- Les mois de juillet des années 1920 et 1829 l’ont cependant encore surpassé comme pluviosité : l’un avec 119™/™,5 au Parc Saint-Maur et l’autre avec 127tT‘/m76 à l’Observatoire de Paris, Em. Roger.
- Référ. — E. Renou. Comptes Rendus de 1‘Académie des Sciences, 11 août 1879.
- J. JA.UBERT. Climatologie de la région de Paris, 1898.
- LES MOIS DE JUILLET TRÈS CHAUDS
- Les mois de juillet les plus chauds connus, dans la région de Paris, depuis le début d’observations météorologiques certaines et faites dans des conditions satisfaisantes, se présentent au nombre de neuf et se classent dans l’ordre suivant selon leur degré d’importance, moyenne vraie des 24 heures ; quatre appartiennent à la série des observations faites à l’Observatoire de Paris (1852, 1859, 1868, 1870) et
- les cinq autres à celle des observations faite s aux Parc
- Saint-Maur.
- 1859 1921 1900 1852 1904 1911 1868 1874 1870
- Temp'6 moy. 22°,0 210,7 21°,6 Maximum absolu. 210,5 2 J o,l 21 °,0 20°,6 20°,5 200,4
- 34,5 38,4 37,7 Nébulosité. 34,6 36,9 35,7 34,0 37,6 33,1
- 38 36 34 21 39
- Humidité relative. 59 64 Pluie. 63,5 65 67
- mjn\ mjm in jm 31,1 4,4 33,3 7M 7" 30,3 m / ru / 7m m jm 71,4 7“ 40,6
- 35,5 30,6 19,9
- Jours de pluie.
- 5 3 10 8 6 6 10 8 8
- — d’orage. 3 7 5 5 7
- Quoique les valeurs n’offrent pas la même garantie d’exactitude que celles des 70 années (1851-1921), le mois de juillet a été probablement plus chaud que celui de 1904, en 1757, 1759, 1762 et 1794; quant à ceux de 1807 et 1808, ils ont bien été aussi chauds que ceux de 1904 et 1911.
- Les observations de l’Observatoire de Paris permettraient d’établir que la température n’a dû atteindre 87° au mois de juillet que pendant l’année 1757, 37°,5 (le 14) et qu’elle s’en était approchée beaucoup en 1803, 36°,8 (le 31).
- Comme le montrent les maxima qui ont été relevés dans la banlieue parisienne pour les années 1900 et 1904 surtout, le nombre maximum de 38°,4 a même été dépassé notablement en d’autres points : ainsi, à l’observatoire du Parc Montsouris notamment, où les observations sont régulièrement faites depuis 1873, le maximum n’avait été que de 37°,2 en juillet 1881 (le 19), alors qu’il avait déjà atteint 38°,4 en 1874 (le 9) et que la plus haute valeur, a été de 38°,6 en 1900 (le 20), en 1904, il fut de 37°,1 (le 17) comme .en 1921 (le 28) et de 37°,5 en 1911 (le 23). Au Parc Saint-Maur en 1881 (le 19) il y a eu 38°,4.
- Il est donc à peu près probable que le maximum de température que l’on pourrait noter à Paris ou aux environs, dans de bonnes conditions d’observation, est très voisin de 40°. C’est aussi dans le mois de juillet que l’on a trouvé les températures les plus élevées que l’on connaisse sur nos régions.
- En 1900, ce que ce mois a offert de plus remarquable,
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- c’est l’intensité des rayons solaires ; M. Renou, au Parc Saint-Maur, a observé à 1 h. du soir avec un thermomètre à mercure à boule verdie posé sur des gazons desséchés : 70°,0. 69°,0 et 75°,2 les 16, 19 et 27, et il ne croyait pas, disait-il alors, que de tels chiffres puissent être observés en dehors du Sahara.
- La grande intensité de la radiation solaire a eu pour effet de produire des températures tout à fait insolites dans la Seine et la Marne; cette dernière a atteint 28°,4 le 25 dans l’après-midi, chiffre sans exemple, et la Seine a dù offrir probablement semblable valeur ce même jour ; en juin 1858, M. Renou l’avait vue à 27°,1.
- Le 20, les maxima dans la région de Paris ont été de : 39°,5 à Versailles, 39«,2 à Achères, 38°,3 au B. C. M., 38°,0 à la Tour Saint-Jacques, 37°,0 à Trappes.
- La moyenne diurne de la journée du 16, 28°,3, est la plus haute connue jusqu’à présent.
- En 1904, mois remarquable par une température très élevée et soutenue et une faible nébulosité ; 19 jours consécutifs (du 7 au 251 de fortes chaleurs, où la température moyenne vraie des 24 heures a été supérieure à la normale; 13 fois les maxima ont été supérieurs à 30°
- Le 17, les maxima ont été de : 39°,9 à Fontenay-aux-Roses, 39°,4 à Achères; 38°,3 à l’Hôpital Saint-Louis, 37°,8 au B. C M., et à Passy, 37°,4 à Sèvres.
- En 1911, mois très chaud, très sec et très clair surtout, car sa nébulosité moyenne, 20,7 0/0 est de beaucoup la plus faible que l’on rencontre dans la série du Parc Saint-Maur.
- Les moyennes diurnes de la température ont été égales ou supérieures aux normales correspondantes du 5 au 31 et elles ont dépassé 25°, les 22, 23, 28 et 29 (4 jours) alors qu’en 1900, il y en eut 8 jours.
- En 1921 : mois exceptionnellement chaud et très sec (4m/m,4 de pluie) ; le plus chaud et le plus sec des mois correspondants de la série des observations du Parc Saint-Maur, Les maxima égaux ou supérieurs à 30° sont au nombre de 15, on n’en avait trouvé que 13 en juillet 1900 et juillet 1904. La moyenne des maxima diurnes a été au Parc Saint-Maur, de 29°,2, c’est la valeur la plus élevée de la série, car en 1874, 1900 et 1911 elle n’avait été que de 28°,1 et en 1904 de 28°,3.
- Em. RoGER.
- Référ. — E. Renou. Études sur le climat de Pans, 3e partie. Température. Ann. du B. C. M. 1887.
- Bulletins mensuels de VObservatoire du Parc Saint-Maur.
- Annuaire de la Société Météorologique de France 1900, cit. Renou: 1904, cit. Barbé.
- Annuaire de l’Observatoire de Montsouris.
- = LES HAUTES TEMPÉRATURES DE JUILLET J 928 =
- ET LES VARIATIONS DE L’ACTIVITÉ SOLAIRE
- La cause des températures élevées de juillet 1928 ne semble pouvoir être cherchée que dans la recrudescence d’activité solaire qui vient de se manifester au cours de la première quinzaine de ce mois. Les températures élevées de la 3° décade de juin ont également coïncidé avec une activité solaire intense.
- Le nombre des taches solaires a diminué légèrement du 5 au 11 juillet, mais a repris un mouvement ascendant à partir du 12 juillet, avec des groupes de taches et de facules d’une étendue considérable.
- Nombre de groupes (ou taches isolées), par jour :
- Juillet 5 : : 4 groupes. Juillet. 12 : 7 groupes
- — 6 : : 5 — — 13 : : 9 —
- — 7 : : 3 — — 44 : : 9 —
- — 8 : : 5 — 15 : 8 —
- — 9 : 4 — — 16 : 7
- — 10 : 4 — — 17 : : 7 —
- — 11 : 4 — — 18 : 7 —
- Les grands groupes parus respectivement les 6 et 11 juillet ont été visibles à l’œil nu du 8 au 15 juillet et à partir du 14 ; à cette date et jusqu’à ce jour, deux grands groupes de taches ont été visibles à l’œil nu en même temps.
- Cette corrélation entrejes variations solaires et nos températures peut être vérifiée facilement ; il suffit d’observer le Soleil.
- A noter que, par suite de la position de l’équateur solaire à celte époque de l’année, il se produit une diminution apparente de la latitude des grandes taches de l’hémisphère nord solaire, ce qui se traduit par une augmentation d’activité de ces taches. Ce point particulier de l’influence des phénomènes du Soleil ne semble pas avoir attiré l’attention des astronomes. A noter également que les époques du 1er au 20 août sont caractérisées, presque chaque année, par une grande fréquence des taches solaires; par contre, la 3e décade de juillet et celle d’août, par une diminution annuelle des taches, et des températures moins élevées.
- D’autre part, le maximum de la période solaire commencée en 1923, paraît devoir se placer en 1928; en effet, le nombre des taches solaires observées à Talence a été de :
- 184 du l°r janvier au 15 juillet 1928, et de 159 pour la même période de 1927.
- II n’est donc pas surprenant de noter, cette année, un temps sec et chaud correspondant à une recrudescence de taches solaires, contrairement à Tété de 1927 qui a coïncidé avec une diminution sensible des taches.
- Ces diverses concordances montrent tout l’intérêt que présenterait pour la Météorologie l’observation suivie des variations qui se produisent chaque jour sur la surface du Soleil. Henri Mémery.
- Observatoire.de Talence (Gironde).
- = UN PEU D’HYGIÈNE ALIMENTAIRE =
- LES FRUITS, LA BOISSON ET LE TUBE DIGESTIF
- On ne saurait profiter comme il convient des bienfaits incomparables que représentent les fruits au point de vue de l’hygiène alimentaire sans connaître avec précision les quelques inconvénients que ceux-ci comportent. Or, il est un fait assez
- singulier, c’est que jusqu’ici on s’entendait fort mal au sujet de ces inconvénients qui peuvent résulter de la consommation de fruits dans certaines conditions. Je n’en veux pour preuve que l’enquête ouverte par les lecteurs de « La Nature » en
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- 1925 (n"2674), enquête dans laquelle on demandait pour quelles raisons, dans un grand nombre de brasseries d’Alsace, on trouve des pancartes indiquant aux consommateurs qu’il y a danger à prendre de la bière en même temps que des cerises. Aucune personnalité compétente ne répondit à ce moment à la question ainsi posée. Il en fut de même dans d’autres journaux techniques comme la Klinische Wochenschrift, un des journaux médicaux les plus importants d’Allemagne, où une question analogue a été posée à la même époque, sans qu’il fût dit avec précision en quoi il pouvait y avoir danger de consommer des fruits en même temps que de l’eau ou quelque autre liquide froid. Je pourrai citer ainsi encore d’autres faits du même genre d’où il résulte que jusqu’ici les médecins en général n’admettaient pas volontiers l’existence de maladies plus ou moins graves survenues du fait des fruits, en dehors des vomissements ou des diarrhées que chacun connaît et qui sont des accidents fugaces et bénins.
- Pourtant il n’est pas douteux que dans la croyance populaire, telle qu’elle se manifeste en Alsace, il y a quelque chose de vrai, surtout pour les enfants. Mais pour comprendre ce qui va suivre, quelques explications sur le fonctionnement du tube digestif à l’état normal et dans certains états pathologiques sont indispensables. Le sujet est assez important pour qu’il vaille la peine de voir cette affaire avec quelques détails.
- La progression, le long de l’intestin, des aliments, des sucs digestifs et des gaz formés au cours de fermentations plus ou moins normales, résulte d’un état d’équilibre extrêmement instable entre deux appareils nerveux antagonistes dont le jeu est d’ailleurs, à l’heure qu’il est, bien loin d’être complètement élucidé. Il s’agit, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’exposer dans ce journal [La Nature n° 2644), de ces deux appareils dont l’un est excitateur et l’autre ralentisseur. Le premier, le système proprement parasympathique, a pour effet global d’activer le fonctionnement du tube digestif, d’améliorer l’assimilation des aliments et finalement l’évacuation des déchets. Inversement, l’appareil proprement sympathique arrête ou entrave le fonctionnement du tube digestif.
- Quand pareil fait se produit, il en résulte des états dont la gravité peut être extrême et qu’on appelle dilatation aiguë de l’estomac, paralysie ou invagination de l’intestin, volvulus. Ce sont là, d’ailleurs des affections très analogues par leurs symptômes à celles qu’on observe quand le tube digestif est rendu imperméable sur un point de son trajet par une cause mécanique comme une hernie étranglée, c’est-à-dire quand une anse intestinale se trouve accidentellement coincée dans un anneau fibreux.
- Des faits de paralysie intestinale s’observent dans des circonstances assez diverses, mais notamment après des opérations pratiquées sur l’abdomen et ayant nécessité une anesthésie prolongée par l’éther ou parle chloroforme, c’est-à-dire une intoxication profonde de l’organisme et plus spécialement du système parasympathique. Des infections graves comme la fièvre typhoïde provoquent parfois cette dilatation aiguë de l’estomac dont je parlais à l’instant.
- Mais d’autres causes interviennent encore pour favoriser ces affections et c’est précisément celles-là qui vont nous intéresser le plus, car elles sont étroitement en rapport avec les accidents attribuables aux fruits.
- Il existe d’abord des cas où, chez des individus prédisposés par leur constitution, un repas simplement trop copieux détermine une de ces dilatations suraiguës de l’estomac contre lesquelles nous sommes à peu près désarmés et qui entraînent une mort rapide. Tel est le cas singulièrement
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- instructif rapporté par Mattrie au cours d’une séance récente à la Société de chirurgie.
- Certains aliments sont relativement peu nourrissants, c’est-à-dire volumineux pour une valeur nutritive faible en même temps que capables de donner naissance à des fermentations anormales, c’est-à-dire à des gaz abondants dont le volume peut devenir considérable et augmenter celui des aliments eux-mêmes. Le tube digestif se trouve, de leur fait, soumis à un travail mécanique assez considérable pour déterminer une paralysie : la tunique musculaire de l’intestin se trouve, en effet, dans ce cas, rapidement épuisée par le travail excessif que lui impose le double inconvénient de cette alimentation, finalement elle refuse tout effort et se paralyse.
- De pareils faits ont été observés à maintes reprises au cours de ces dernières années d’abord dans les pays centraux, au cours de la guerre, alors qu’une partie de la population se trouvait condamnée à se nourrir de navets à la fois fermentescibles et volumineux.
- La famine en Russie a fait encore plus de victimes du même genre : le fait s’explique aisément, car on consommait alors du pain additionné de pelures de pommes de terre, de balle de blé, de mousse, d’oseille, etc. Chez des individus amaigris et affaiblis par une alimentation insuffisante, dont l’intestin, par suite, ne se trouvait plus normalement soutenu par les coussinets de graisse qui l’empêchent de prendre des positions anormales, un ballast du genre de celui que représente un pareil pain ne pouvait être toujours supporté sans dommage, c’est-,à-dire sans provoquer une paralysie, un volvulus ou une invagination de l’intestin par surcharge matérielle, excès de fermentation, intoxication, etc.
- Avec des aliments moins extraordinaires que ceux dont je viens de parler, les cas de paralysie de l’intestin sont très rares, mais s’observent tout de même. Broich en a rapporté un qui est survenu après l’ingestion de pruneaux crus. Haselhorst en a vu deux du fait de figues sèches qui, comme on le sait, sont très riches en cellulose et surtout en petites graines formant ballast. Zickgrof a d’ailleurs observé des cas d’intoxication après ingestion de figues attaquées par un champignon, Aspergillus niger. Il n’est pas impossible que, dans certains cas le ballast et l'intoxication ne s’associent, le premier facteur fatiguant mécaniquement et le second chimiquement la tunique musculaire de l’intestin.
- On est ainsi amené à se demander si les habitudes culinaires de certains peuples ne sont pas de nature à rendre les accidents de ce genre un peu plus fréquents que chez d’autres. En tout cas, il y a un fait sur lequel maint auteur, et notamment Bensaude, ont attiré l’attention, c’est que dans certaines régions qui avoisinent la Baltique on observe plus souvent qu’en France par exemple des dilatations anormales du gros intestin (mégacôlon).
- A la suite d’une opération qu’il avait faite, Pellier, de Nancy, a fait une remarque analogue. Dans l’Est on observe, selon lui, beaucoup plus rarement le volvulus intestinal de l’enfant que dans d’autres régions. Cette affection, qui rentre dans le groupe de celles que nous venons d’examiner bien qu’elle s’en distingue par certains traits d’ailleurs secondaires, a été vue, en effet, par les chirurgiens de cette région beaucoup moins souvent qu’elle ne l’est dans les Flandres, en Bretagne ou dans le Centre. Or, Pellier, très justement, attribue cette différence si marquée au fait que dans les environs de Nancy les enfants sont plus surveillés et « plus judicieusement alimentés ».
- Après avoir vu quelle est la sensibilité de l’appareil digestif aux aliments grossiers, passons maintenant aux fruits.
- Les fruits ne rentrent guère dans la catégorie des fali-
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- ments grossiers capables de surcharger l’appareil digestif. Cependant quand ils sont verts et difficiles à digérer ou en mauvais état de conservation et capables d’intoxiquer peu ou prou, il n’en est plus de même.
- Mais il y a un point sur lequel on n’a guère attiré jusqu’ici l’attention et qui, selon moi, est capital. C’est que les fruits sont riches en vitamines. Or, au printemps, quand ils arrivent sur le marché, l’organisme humain et tout spécialement celui des enfants se trouve appauvri en vitamines par le long hiver au cours duquel nos menus en sont dépourvus. Rien d’éton-nant, dès lors, à ce qu’à cet âge on ressente une véritable fringale pour ces fruits qui viennent combler une carence alimentaire dont les conséquences sont si pénibles. De là, un certain degré de gourmandise, inconsciente, peut-être même de gloutonnerie, fondée sur des besoins physiologiques et qui explique que les fruits, plus que d’autres aliments, sont susceptibles, à de certains moments, d’être consommés en quantité exagérée et. de donner ainsi à l’intestin un travail dont il n’est pas toujours capable de venir à bout.
- Un autre fait à signaler encore et sur lequel Gros vient d’attirer l’attention, c’est que certains fruits, plus particulièrement diverses espèces de cerises, de groseilles, etc., sont de nature à gonfler au contact de l’eau, de sorte qu’une quantité relativement normale de ces baies peut, si l’on boit abondamment après en avoir mangé, former finalement une masse qui dépasse décidément la capacité digestive de l’estomac.
- L’eau agit encore autrement : elle atténue l’action des sucs digestifs et rend, par conséquent, plug aisée, la production de fermentation anormale et par conséquent, des gaz en excès. Enfin, si la boisson est froide, elle peut ajouter une nouvelle cause de déséquilibre à toutes celles qu’on vient de voir. En effet tandis que la chaleur calme, le froid exagère le spasme intestinal, c’est-à-dire qu’il provoque des contractions localisées, susceptibles à des degrés variables de gêner la circulation des aliments et des déchets le long du tube digestif.
- Ainsi donc, certains fruits, consommés en trop grande quantité, par des êtres au tube digestif peu résistant ou affaibli par une maladie antérieure, donnent lieu parfois à des accidents graves, surtout si, en même temps, on boit un excès de bière ou d’eau fraîche. Les recommandations des hôteliers alsaciens sont donc justifiées et le scepticisme manifesté jusqu’ici de divers côlés à l’égard des accidents ne se défend pas.
- Ce qu’on vientdevoir a pourbut, simplement, de prémunir contre des accidents facilement évilables, mais non pas d’induire à consommer moins de fruits, ce qui serait regrettable. Les fruits sont en effet parmi les aliments les plus recommandables. Ils sont nécessaires pour les vieux comme pour les jeunes, pour les nourrissons comme pour les obèses, pour les cardiaques et même pour les diabétiques. Il ne semble pas qu’il existe de maladies où le médecinsoit amené à les interdire d’une façon absolue. Dans certains cas seulement on prend la précaution de recommander des jus de fruits plutôt que des fruits nature, précisément pour éviter toute surcharge inutile de l’intestin. Tel est le cas pour les nourrissons. Tel est encore le cas pour certains opérés du tube digestif.
- La vérité d’ailleurs, c’est qu’en France, nous ne consommons pas assez de fruits. En Angleterre on en mange beaucoup plus. En 1924, la valeur des fruits introduits en Angleterre s’élevait à 48 millions de livres sterling, dont plus de 45 millions ont été consommés sur place. Cela permet de calculer qu’il a été mangé, cette année-là, en Grande-Bretagne par tête d’habitant 100 pommes, 70 oranges et 30 bananes. Une enquête sommaire permet d’affirmer qu’en France nous sommes très loin de pareils chiffres et pourtant nous sommes non seulement producteurs, mais exportateurs de fruits pour l’Angleterre. Cest donc nous qui devrions en manger le plus. Nous aurions tout à y gagner.
- Dr P.-E. Morhaudt.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PROCÉDÉ NOUVEAU POUR EMPÊCHER LES PARASITES DE SE LOGER DANS LES MATELAS
- Ainsi que nous l’avons déjà dit ici môme, la fabrication des objets moulés en résines synthétiques de formol et de phénol laisse des ébarbages, des tournures, des sciures, des ponçages, inutilisés jusqu’à ce jour.
- On a bien essayé de les adjoindre, comme charge organique, au même titre que la poudrette de caoutchouc durci, à des mélanges pour ébonites moulées. Mais cela n’a pas réussi, probablement parce que la mouture n’était pas assez fine.
- Or, il paraîtrait que ces produits seraient utilisables et efficaces, contre les indésirables bestioles qui se logent dans les matelas. Un saupoudrage d’un demi-kg, ou moins môme, de ces poudres, empêcherait, par son dégagement lent de formol et peut-être aussi par le phénol libre qu’elle contient, toute vie des parasites.
- POUR VISSER UN ÉCROU USÉ
- Fréquemment, à force de visser les écrous, il arrive que si la matière qui les constitue est un peu tendre, les filets finissent par s'user. On dit alors que l’écrou est foiré, c’est-à-dire qu’il ne monte plus sur les filets On a beau tourner avec la clé, les filets de l’écrou sautent successivement dès que le serrage présente une certaine résistance.
- Un moyen provisoire consiste à poser le vieil écrou ou le vieux boulon que l’on veut réparer sur une surface plane, un tas en fonte par exemple et à appliquer quelques coups assez violents avec le plat du marteau.
- Pour une vis, les coups doivent être assez faibles, afin de renfler légèrement les filets qui de cette manière pénétreront un peu dans les logements préparés sur l’écrou.
- Pour l’écrou au contraire, on frappe un peu plus fort afin d’ova-
- liser légèrement le trou central de l’écrou ; de sorte qu’il est possible de monter l’écrou sur la tige filetée, à condition de ne pas faire de grands efforts.
- Si l’on agissait trop énergiquement, en effet, les filets de l’écrou se mangeraient de nouveau et finalement, il n’y aurait plus de réparation possible.
- Bien entendu, ces procédés sont surtout applicables quand il s’agit principalement de faire entrer un écrou sur une tige filetée dont l’extrémité est en mauvais état
- PEINTURE D'UNE PLAQUE DE TOLE
- Quand on peint une plaque de tôle, il se produit souvent des cloques, notamment sous l’action de la chaleur. On évite ce défaut en passant au préalable une couche de minium et de blanc de céruse mélangés, détrempés ‘au vernis.
- Le mélange est appliqué sur les plaques de tôle chauffées au préalable, qui seront ensuite déposées dans un endroit frais. Cette couche devient dure comme de l’émail et on peut peindre dessus sans aucun inconvénient.
- MIROIR RÉTROVISEUR POUR BICYCLETTE
- Il est prudent sur les routes encombrées de savoir ce qui se passe derrière soi si l’on se promène en bicyclette. On n’entend pas toujours les voitures silencieuses, surtout quand on est un peu dur d’oreille.
- Il est pratique d’agencer une petite glace ronde de poche en la maintenant dans un encadrement qui se termine en forme de boucle formant bracelet. On peut ainsi porter cet ensemble au poignet et se rendre compte à volonté de l’état de la circulation à l’arrière, en portant la main à hauteur des yeux.
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- POUR PÊCHER ASSEYEZ-VOUS SUR LA SELLE DE LA BICYCLETTE
- Beaucoup de pêcheurs se rendent à leur passe-temps favori à bicyclette et sont suffisamment chargés pour ne pas emporter avec eux un siège repliable. Ils ont alors à leur disposition sur leur machine Un siège parfait : c’est la selle de la bicyclette.
- On retire la selle et sa tige et on choisit une tige de bois, une branche suffisamment droite dont le diamètre est supérieur à celui de la tige support de selle. On l’appointe aux deux extrémités : l’une rentre dans la tige et l’autre se pique en terre.
- Pour avoir plus de stabilité, on peut aussi épauler deux tiges de bois contre les ressorts de selle arrière, et on réalise ainsi un trépied solide et suffisamment confortable.
- Celui qui hésite à couper des branches aussi grosses a naturellement la ressource d'emporter des bâtons préparés à l'avance et faciles à transporter le long du cadre de la machine. On peut d’ailleurs les rouler avec les cannes à pêche, ou les mettre dans la trousse si on a le soin d’en prendre une.
- COMMENT IL FAUT TARAUDER
- Les tarauds sont des outils en acier trempé qui ont la forme d’une vis, mais qui portent une série de rainures parallèles à leur axe et forment ainsi une série d’arêtes tranchantes, destinées a couper le métal et à créer, dans un trou, un filetage correspondant. À moins d’avoir à sa disposition un tour, à fileter de préférence, l’amateur est obligé d’acheter les tarauds dont il peut avoir besoin. Ils sont caractérisés par le pas du filet et de vis et par le diamètre du trou dans lequel ils peuvent travailler.
- En règle générale, un jeu comprend trois tarauds qui sont de formes tronconiques progressives : le conique sert au dégrossissage du filet, le demi-conique vient ensuite et le cylindrique finit le travail.
- Pour tarauder à la main, on se sert du tourne-à-gauche, sorte de cage avec des bras plus ou moins longs ; la cage maintient la tête carrée du taraud au moyen d’une vis de blocage ou même de la forme carrée du trou.
- Le taraudage demande beaucoup de soins, car le taraud est un outil fragile ; on le présente bien normalement et exactement dans l’axe du trou afin d’avoir un taraudage bien conditionné. Comme le diamètre du taraud est pris à fond de filet, le trou doit être percé à un diamètre plus faible que celui du taraud.
- Enfin, les tarauds sont conservés de préférence dans une boîte où ils sont réunis par jeux de trois, comme nous avons dit. On les entoure de papier gras ou tout au moins d’un petit linge afin d’éviter la rouille et la détérioration des arêtes coupantes, partie essentielle de l’outil.
- REMPLACEMENT DU VERRE DÉPOLI POUR LA MISE AU POINT
- Si vous cassez en déplacement le verre dépoli qui vous sert pour la mise au point de votre appareil photographique et que vous n’ayez pas de possibilité de vous en procurer un autre, voici le moyen d’y remédier.
- Passez une plaque vierge dans l’hyposulfite. Il ne restera que la gélatine. Préparez ensuite un bain de bleu avec une boule qu’emploient les blanchisseuses et laissez la plaque dans ce bain pendant dix minutes.
- Après séchage, vous aurez ainsi un verre bleuté qui jouera parfaitement le rôle du verre dépoli et qui aura en outre l’avantage de reproduire le sujet visé avec l’aspect de l’épreuve définitive, c’est-à-dire sans ses couleurs naturelles.
- QUAND VOUS RÉPAREREZ LES PNEUS SUR LA ROUTE
- La réparation des pneus sur une route est une tâche peu agréable, mais trop connue pour que nous rappelions la suite des opérations. Il y a cependant une petite précaution à prendre et comme son oubli peut avoir de grandes conséquences, il est bon de la signaler à nouveau.
- Il ne faut pas laisser la chambre à air sur le sol, mais toujours la placer sur un journal déplié ou toute autre chose, sinon elle ramasse facilement des grains de poussière qui finalement pénétreront dans l’enveloppe, malgré le soin que l’on prend pour essuyer la chambre avant de la remonter.
- Plus tard, alors, vous constaterez que la chambre est criblée de petits trous, comme si vous l’aviez couchée sur du verre pilé. Par conséquent, ne laissez jamais la chambre à air à terre directement ; essuyez-la avant de la remonter et frottez-la avec un peu de talc, qui doit être soigneusement réparti le long de la chambre, afin de ne pas former des amas, comme le fait se présente souvent si l’opérateur est peu soigneux.
- POUR REMPLIR UN BIDON DANS UN PUITS
- Quand on descend au bout d’une ficelle un bidon au fond d’un puits, le récipient surnage sur le liquide et le goulot reste au-dessus du niveau de l’eau, de sorte que l’on a de grandes difficultés pour remplir le bidon. Même en agitant la ficelle, on perd son temps et la seule ressource est de laisser tomber le bidon d’une certaine hauteur au risque de le casser contre les parois.
- Pour éviter ces inconvénients, ainsi que la perte de temps, il suffit d’attacher, à la boucle du bidon, une assez grosse pierre au moyen d’une petite ficelle. Ce poids entraîne le récipient dans l’eau, qui le remplit en quelques secondes, tout en donnant la facilité de prendre l’eau à la surface où l’on a plus de chances de l’avoir propre.
- PINCE POUR COLLER LES PIÈCES SUR LES CHAMBRES
- A AIR
- Lorsque l’on colle une pièce à une chambre à air, on est obligé de la maintenir jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment prise. Il est vrai que si l’on opère convenablement, la prise est assez rapide, mais il est facile de préparer une pince avec une lame d’acier et deux rondelles de bois que l’on découpe dans un couvercle de boîte à cigares.
- La lame d’acier mince est détrempée s’il y a lieu et elle est cambrée en forme de pince dont les branches s’appliqueront au céntre des rondelles de bois, chargées de répartir la pression sur la pièce qu’il s’agit de maintenir.
- L’EMPLOI D’UNE CUVETTE PERCÉE
- Le lavage des épreuves ou des plaques photographiques doit être abondant pour que l hyposulüte se trouve complètement éliminée. Il faut donc que l’eau de lavage soit fréquemment renouvelée et il est évident que l’eau courante est préférable. Mais si l’on place les épreuves ou les plaques dans une cuvette ordinaire et qu’on laisse couler un mince filet d’eau, comme on le fait toujours, seules les couches supérieures de l’eau sont bien renouvelées, le cliché dans le fond se lave mal. D’autre part, un jet trop fort risque de chasser les épreuves qui surnagent plus ou moins.
- Employez donc une vieille cuvette en émail, qui, après quelque temps de service, est agrémentée d’un trou dans le fond. C’est le départ rêvé pour l’eau de lavage et il est facile de régler le filet d’alimentation pour qu’il soit en rapport avec le débit du trou si heureusement placé.
- AMÉLIORATION AUX BURETTES
- Les graisseurs qu’on emploie sur les autos ou les cycles sont souvent fermés par un petit couvercle maintenu par un ressort.il faut donc, avant de graisser, soulever ce chapeau pour laisser apparent le trou où l’on doit injecter de l’huile. Cette opération n’est pas toujours facile quand le graisseur se trouve placé dans un endroit peu accessible à la main.
- On peut modifier le bec de la burette de manière à le faire servir à soulever le chapeau du graisseur. Il suffit tout simplement de couper le bec en biseau, de sorte que la pointe formée par le bec s’introduit facilement sous le chapeau pour le soulever légèrement. Le biseau facilite d’ailleurs l’introduction de la tige de la burette en achevant de soulever plus complètement le chapeau de la quantité nécessaire.
- Grâce à cet artifice, il est possible de graisser d’une seule main même dans les parties les plus inaccessibles, où vont souvent se nicher de préférence les graisseurs, sans se soucier des difficultés qui peuvent en résulter. Beaucoup de graisseurs n’ont pas leur ration normale pour cette unique raison.
- POUR SECTIONNER UNE TOLE ÉPAISSE
- Il est difficile, sinon impossible, de couper des feuilles de tôle de quelque épaisseur, en se servant uniquement d’une cisaille à main. Voici une manière de procéder qui rendra service à l’amateur démuni d’outillage mécanique.
- On trace sur la feuille de tôle les lignes correspondant à la coupe, puis on place la feuille sur deux fers de charpente ou sur deux blocs de fonte de section rectangulaire, de manière que la ligne de coupe se trouve à l’aplomb exact d’une arête. Cette dernière constitue une des lames de la cisaille, l’autre sera une forte lime ou une râpe.
- La lime est placée le long de l’arête, du côté en dessus, et, au moyen d’un lourd marteau, on frappe sur la lime qui joue alors le rôle d’une lame mobile de cisaille.
- Ce procédé est plus pratique que l’emploi du ciseau à froid qui rend difficile une coupe bien régulière.
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- VAUTOMOBILE PRATIQUE
- DE MAUVAISES HABITUDES
- Il semblerait que la mise en marche du moteur d’une automobile moderne, toujours pourvue d’un moteur électrique de lancement, soit devenue une tâche très facile et une manœuvre presque automatique pour laquelle aucun apprentissage n’est nécessaire.
- Mais si l’on désire maintenant prendre tous les soins voulus pour ne pas endommager prématurément un moteur et augmenter au maximum la durée d’un véhicule, il est absolument nécessaire que les débutants automobilistes connaissent et appliquent pour la mise en marche quelques règles simples, mais précises.
- Tout d’abord, si le moteur électrique de lancement est normalement destiné à la mise en marche du moteur, il faut cependant l’employer avec discernement pour la première mise en route lorsque le moteur est « froid » et surtout en hiver.
- On doit obtenir normalement la mise en marche du moteur en appuyant quelques secondes sur le bouton ou le levier de contact du démarreur, et cette pression ne doit passe renouveler plus de deux ou trois fois au maximum.
- très défectueuses, d’où une usure anormale et même des grippages d’organes.
- De plus si la circulation se fait sous pression, l’huile trop épaisse par suite de la basse température produit des surpressions qui peuvent amener l’éclatement des tuyaux de circulation.
- Il importe donc pour la mise en route de ne pas faire tourner le moteur à une trop grande vitesse, et, au contraire, d’attendre quelques instants de marche normale pour rendre l’huile plus fluide avant d’embrayer définitivement.
- Enfin, nombre d’automobilistes ont un troisième défaut, ils s’imaginent qu’il est nécessaire de « noyer » le carburateur en appuyant sur le pointeau du flotteur 'pour mettre le moteur en route.
- Cette manière d’opérer est tout à fait défectueuse, car tout d’abord on introduit ainsi de l’essence liquide et non du gaz dans la chambre d’explosion. Cette essence imprègne les électrodes des bougies, elle brûle, mais ne forme pas un mélange explosible, elle couvre de suie les bougies et l’intérieur des cylindres, et la partie non brûlée retombe dans le carter où elle se mélaDge à l’huile.
- Fig. 1. — Bouchon de sûreté pour réservoir à essence.
- I. Vue d’ensemble; II. Coupe montrant la position d’ouverture du réservoir; III. Coupe montrant la position de sûreté,
- réservoir fermé.
- Dans le cas contraire, en imposant ainsi à la batterie d’accumulateurs un travail intense pendant trop longtemps par suite de la grande intensité du courant nécessaire pour le fonctionnement du démarreur, on risque de décharger complètement cette batterie et même de la détériorer plus ou moins gravement.
- Si donc, après deux ou trois essais, on n’a pas obtenu la mise en marche du moteur, normalement plus ou moins régulière au début d’ailleurs, il faut employer la manivelle de mise en route, et se rendre compte auparavant quelle est la cause empêchant la mise en marche normale.
- Cette cause est, le plus souvent, un défaut de réglage du carburateur ou plutôt un défaut d’allumage ; bougies encrassées ou électrodes trop écartées, par exemple.
- Lorsqu’ils ont obtenu la mise en marche du moteur soit à la manivelle, soit au démarreur, les débutants ont, en outre, le défaut très fréquent de faire tourner ce dernier trop vite,* de T « emballer » comme on dit plus techniquement en appuyant exagérément sur la pédale d’accélérateur, ou en tournant beaucoup trop la manette d’ouverture des gaz.
- La masse d’huile contenue dans le carter étant froide, il en résulte que la circulation d’huile se fait dans des conditions
- Le départ n’est donc pas grandement facilité et le pouvoir lubrifiant de l’huile e3t diminué.
- Lorsqu’un moteur et un carburateur sont bien réglés, il doit suffire d’obturer l’arrivée d’air du carburateur (et d’ailleurs la plupart des voitures possèdent un dispositif spécialement étudié à cet effet) pour obtenir la mise en route rapide et normale du moteur.
- Dès que le moteur est lancé on lâche le dispositif de fermeture d’air du carburateur, et on le laisse tourner quelques minutes pour que l’huile s’échauffe et se [répartisse dans toute la circulation avant d’accélérer.
- UN BOUCHON DE SURETE POUR RÉSERVOIR A ESSENCE
- On peut constater avec plaisir que la plupart des garages français sont assez surveillés pour que l’on n’ait pas à craindre un vol possible des accessoires contenus dans la voiture ou de l’essence des réservoirs.
- Il y a cependant des cas où l’automobile demeure pendant longtemps sous une surveillance peu efficace, et il peut devenir intéressant d’adapter sur le réservoir un bouchon de sûreté empêchant l’ouverture du réservoir sans l’aide d’une clef que possède seul le propriétaire.
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- Le système de ce bouchon peut, d’ailleurs, être fort simple.
- Un appareil de ce genre est formé d’un bouchon ordinaire A se vissant sur le raccord de la tubulure du réservoir et coiffé d’un chapeau B (fig. 1).
- Ce chapeau B porte des tenons D auxquels correspondent des logements L dans le bouchon A.
- Quand les tenons D sont dans leurs logements, le chapeau B entraîne le bouchon A qu’on peut ainsi visser ou dévisser comme un chapeau ordinaire.
- Si, au contraire, on soulève le chapeau B au moyen des pênes P d’une serrure qui viennent se placer entre A et B les tenons ne peuvent plus entrer dans leurs logements et le chapeau tourne fou sur le bouchon sans l’entrainer (fig. l-II).
- Il est alors impossible d’ouvrir le réservoir sans l’aide de la serrure.
- En effectuant un tour à droite avec la clef et en appuyant légèrement, les pênes sont ramenés en arrière, le chapeau redescend et les tenons rentrent à nouveau dans leurs logements.
- On dévisse alors le bouchon, comme un bouchon ordinaire, mais en appuyant un peu sur le chapeau.
- UN
- NOUVEL ATTACHE-CAPOT
- Les fixe-capots sont des accessoires simples, mais qui doivent être bien étudiés pour éviter tout bruit, permettre une fermeture facile et assurer toute sécurité pendant la marche.
- Un nouveau fixe-capot simple et robuste qui vient d’être construit présente le grand avantage de se manoeuvrer dans un sens parallèle au capot et à l’aile, c’est-à-dire dans un sens où rien ne gêne le mouvement de la main (fig. 3).
- Cet accessoire se compose d’un bras de levier élastique P, oscillant sur un axe O solidaire du châssis.
- Ce bras de levier contient un poussoir à ressort qui vient s’appuyer sur la patte de fermeture N fixée au capot.
- Le support M comporte deux encoches dans lesquelles
- s’engagent deux ergots C, qui viennent maintenir en place la poignée A et le levier qu’elle enveloppe.
- Pour ouvrir, on pousse légèrement en avant la poignée pour dégager les ergots au-dessus du support, et on rabat en arrière ce qui libère la patte du capot.
- Pour fermer, on effectue la manœuvre inverse qui est aussi simple.
- Fig. 2.
- Contrôleur automatique de lampe arrière.
- Fig. 3. — Nouvel attache-capot.
- I. Eq perspective; II. Coupe. Position d’ouverture; III. Coupe, Position de fermeture.
- A, poignée; C, vis de réglage de la course de la poignée; C', ergot; P, levier oscillant; O, axe de pivot du levier; M, support; N, patte d’attache du capot.
- PHARE ELECTRIQUE A ÉTANCHÉITÉ ABSOLUE
- CONTROLEUR DE LAMPE ARRIERE
- Les phares électriques ont été graduellement perfectionnés et la plupart des modèles actuels sont fort pratiques ; quelques types présentent cependant l’inconvénient d’avoir des joints de glace avant insuffisants et d’une étanchéité imparfaite.
- Les automobilistes ne peuvent évidemment pas se rendre compte de l’éclairage normal de la lanterne électrique arrière, et pourtant cet allumage régulier est absolument nécessaire, par suite du danger que ferait courir l’extinction de la lanterne et aussi... pour éviter des contraventions qui ne manqueraient pas d’en résulter.
- Un petit accessoire très simple qui vient d’être réalisé dernièrement permet de se rendre compte automatiquement si la lanterne arrière fonctionne ou non.
- Ce petit accessoire comporte simplement une ampoule électrique L témoin qui s’allume automatiquement dès que la lampe arrière cesse de fonctionner (fig. 2).
- L’ampoule n’étant pas placée en série sur la canalisation de la lampe arrière, mais en dérivation sur le circuit, ne brûle qu’en cas d’accident, et la consommation de courant est donc insignifiante. Les ampoules utilisées sont du même voltage que celui de la batterie (6 ou 12 volts) et le placement du système sur le tablier de contrôle est très rapide et très simple.
- Un bouton pressoir P permet de vérifier, si on le désire, le bon fonctionnement du système et l’état de l’ampoule témoin.
- Fig. 4. — Phare à étanchéité absolue s’ouvrant par l’arrière. I. En perspective ; II. Coupe détaillée.
- Charnière d articulât?du capot
- . Zampe pilote amovible
- n
- Lampe centrale v amovible
- UâV-o/r paraâoi.\
- arpente
- ouvrant à charnière
- Tube de fixation
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- Fig. 5. — Différence entre l’éclairage a faisceau aplati donné par le phare en (a) et l'éclairage ordinaire avec projection d’un faisceau lumineux localisé (b).
- La poussière, la pluie ou la boue peuvent ainsi pénétrer à l’intérieur du phare et détériorer le réflecteur, organe très délicat.
- La plupart des phares qui s’ouvrent par l’avant nécessitent
- d’ailleurs, lors du changement des lampes, l’ouverture de la face avant, et l’exposition accidentelle, mais possible, du réflecteur à la poussière ou à la pluie.
- Un récent modèle de phare présente la particularité de s’ouvrir exclusivement par l’arrière comme le montre la figure 4, la glace de protection n’a jamais ainsi besoin d’être démontée et l’appareil conserve son étanchéité.
- Les lampes sont montées sur des supports amovibles verrouillés sur le réflecteur.
- Le remplacement des ampoules se fait très rapidement de cette façon comme le montre aussi la figure 5 en C.
- D’un autre côté, le miroir parabolique est peu profond, et une lampe spéciale à double filament incurvé permet d’obtenir un faisceau lumineux de forme elliptique qui éclaire toute la largeur delà route (tig. 5). L. Picard.
- Adressas relatives aux appareils décrits.
- Contrôleur de lampe arrière, R. Moisson, 34, rue du Cardinal-Lemoine, Paris (5e).
- Attache-capot Radia, Moreux et Cie, 24, rue Froment, Leval-lois-Perret.
- Phares étanches, Cibié, G2, rue Haxo, Paris (20e).
- CHRONIQUE -I
- La réforme du calendrier.
- Le calendrier grégorien, aujourd’hui presque universellement adopté par les pays civilisés (on sait que la Russie a renoncé au calendrier julien) n’est pas sans présenter cependant des défauts Les plus sensibles au public sont l’inégalité des mois, l’aberrance des dates qui empêche un même jour de la semaine de revenir chaque année aux mêmes dates, et enfin l’absence de fixité de la fête de Pâques pour toutes les nations de religion chrétienne. Au point de vue scientifique, l’aberrance des dates crée une gêne sérieuse, par exemple pour l’établissement des statistiques, des relevés météorologiques, aussi bien que pour les études historiques .
- La réforme est doncàl’ordre du jour. Les projets, dureste, ne manquent pas. Mais pour aboutir, il faut réunir le consentement des principales nations et celui des autorités religieuses. Le Pape n’est pas hostile au principe d’une réforme. La Société des Nations a entrepris l’étude de la question.
- Un nouveau fait caractéristique est la résolution adoptée le 23 Avril dernier par la « National Academy of Sciences » des Etats-Unis, recommandant la division de l’année en 13 mois égaux de 28 jours chacun, le 365e jour étant un jour sans date. Les années bissextiles auraient un deuxième jour sans date.
- Le passage au nouveau calendrier se ferait en groupant les 13 derniers jours de Juin et les 15 premiers jours de Juillet pour former le 13e mois.
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- L’essence d’Orient
- L’essence d’Orient est, on le sait, la matière première qui sert à la fabrication des perles artificielles. Elle a été longtemps fabriquée presque exclusivement avec des écailles d’ablettes. Le traitement, tenu aussi secret que possible, consistait essentiellement dans des lavages alternés à l’eau ammoniacale et à l’eau pure. Le produit final se vendait fort cher.
- M. Paisseau a cherché à substituer à l’empirisme qui jusqu’ici régnait dans cette fabrication une technique ration-
- nelle qui permît d’abaisser le prixde revient de cette substance et d’en multiplier les applications. Les recherches qu’il a fait entreprendre et qu’il a exposées dans une conférence au Congrès des Pêches maritimes à Alger ont montré que le principe actif de l’essent;e d’Orient est constitué par des cristalloïdes microscopiques très réfringents; il peut être dégagé du protoplasma cellulaire au moyen de détersifs spéciaux particulièrement actifs ou encore à l’aide d’une fermentation protéolytique.
- On obtient ainsi, en partant d’écailles de poissons quelconques et non plus seulement d’ablettes, le principe actif qu’il suffit, pour obtenir l’essence, de disperser dans un liquide approprié, acétone par exemple.
- L’essence d’Orient, que l’on vendait au gramme, peut, maintenant, être fabriquée par tonnes, ce qui étend le champ de ses applications.
- M. Paisseau signale de nombreux emplois possibles pour l’essence d’Orient : perles artificielles, nacre artificielle, vernis spéciaux trouvant leur emploi dans l’industrie delà chaussure, de l’ameublement, de la carrosserie automobile, etc.
- Les bisons du Canada
- Nos lecteurs connaissent les mesures prises au Canada pour protéger les bisons. Ces mesures ont donné d’excellents résultats et les bisons se multiplient rapidement. Le parc national de Wainwright qui leur avait été affecté étant devenu insuffisant, l’excédent du troupeau est dirigé dans le grand parc naturel du Nord de l’Alberta et dans les territoires du Nord-Ouest, affectés à la conservation de ces animaux. En 1925, il a été ainsi transporté 1634 bisons; 2000 en 1926; 1934 en 1927 ; celte année 1200 bisons d’un an et 2 ans sont envoyés dans le Nord, par voie ferrée jusqu’à Edmonton ; puis à Waterways, terminus du chemin de fer; ensuite par chalands sur les rivières Athabaska et Slave.
- On estime à 8000 le nombre des bisons qui vivent actuellement en liberté dans la zone très vaste qui leur a été réservée.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Résistance des fluides, par M. Bouasse, 1 vol. 488 p., 255 fig. Delagrave, édit. Paris, 1928.
- Ce volume est le 3e de la série que M. Bouasse consacre à la dynamique des fluides. L’objet principal ici traité est le problème de la résistance opposée par les fluides à l’avancement d'un corps solide; il s’agit donc de déterminer la pression exercée sur un tel corps par un courant fluide de vitesse de translation connue et uniforme et de rechercher les lois qui relient ces deux variables. M. Bouasse montre comment on les mesure pratiquement. Il rappelle les diverses lois élémentaires proposées pour exprimer la résistance de l’air en fonction de la vitesse et les confronte avec l’expérience; il examine ensuite un certain nombre d’applications pratiques : résistance des trains, parachute, ballon-sonde, tunnel aérodynamique. Puis il étudie la résistance d’un fluide à la rotation des coi’ps qu’il baigne, décrit les dispositifs expérimentaux qui permettent de la déterminer, analyse la question de la stabilité d’orientation, et décrit en détail les curieux et déconcertants phénomènes d'autorotation. 11 aborde ensuite et traite d’une façon complète le problème du vol de l’avion : équilibre des forces et des couples sur l’avion en marche, trajectoires, stabilité. 11 étudie rapidement la mécanique du plan mince, le cerf-volant, et arrive au vol des oiseaux : remarquable chapitre où l’auteur nous montre que les modalités de ce vol ont été analysées d’une façon parfaite, avec une étonnante précision de termes, dans les vieux traités de fauconnerie et nous initie au savoureux langage technique de ces vieux maîtres. L'ouvrage étudie ensuite l'hélice, les moulins à vent, la résistance des corps flottants et les manœuvres du navire à voile. Ici encore nous sommes ramenés aux vieux auteurs, les Bougner et les Bernouilli, qui ont étudié ces problèmes avec beaucoup de soin,et aux vieux mémoires de marins ou de corsaires où les manœuvres des bâtiments au combat sont décrites avec une minutieuse précision, pleine de charme et d’intérêt dès que l'on connaît le sens des termes techniques employés ; et M. Bouasse nous les explique avec un plaisir que son lecteur partagera.
- Annales de l’Institut de Physique du globe de l’Université de Paris, publiées par les soins de Ch. Mau-raik (t. VI). 1 vol. 156 p. Les Presses Universitaires de P rance. Paris, 1928.
- Ce volume contient les résultats des observations magnétiques et météorologiques faites au Val-Joyeux et au Parc Saint-Maur en 1926, les observations magnétiques faites à IN ante s en 1926, les résultats de mesures magnétiquee faites en Alsace-Lorraine, dans le Centre et l’Ouest de la France, pour l’établissement du nouveau réseau magnétique de la France, des mesures faites au Maroc par le Service Géographique de l’Armée. Ce volume contient également les mesures de M. Eblé sur les déviations périodiques de la verticale à Paris et une intéressante étude de M. Mac Laughton sur les gros ions.
- Problèmes et calculs de chimie générale, par
- R. Hocaiit. 1 vol., 182 p. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1928. Prix : 30 francs.
- Les problèmes et exercices de ce recueil ont été choisis pour illustrer les notions et les théories les plus importantes de la chimie générale : thermochimie, dissociation, lois d’action de masse, équilibres chimiques, notions d’affinité et d’énergie libre, dissociation électrolytique, piles réversibles, vitesses des réactions. Ce sera pour les étudiants un utile auxiliaire des cours théoriques.
- La mouture du blé, par P. Baraton. 1 vol. in-8, 310 p., 105 fig. Charles Lavauzelle, Paris, 1928.
- L’auteur, sous-intendant militaire, donne dans ce livre le cours qu’il a professé à l’Ecole supérieure de l’Intendance. C’est un très bon manuel de meunerie. Destiné aux officiers d’administration du service des vivres de l’armée, il renseigne d’abord sur l’achat des blés et leur réception, puis il décrit l’outillage des moulins (appareils de nettoyage, réduction, séparation, transport, etc.) ; il suit ensuite l’exécution de la mouture dans les divers moulins à meules, à cylindres, à « Soder ». Il traite enfin de la mouture des succédanés. Il se signale par l’abondance des renseignements pratiques, « vécus », par les données numériques précises qui sentent l’ouvrage de première main, actuel et non le « ressassage » de beaucoup de manuels.
- Conservation de la viande et du poisson, par
- C. Bidault. 1 vol. in-8, 528 p., 167 fig. Encvclopédie de chimie industrielle. Baillière et fils, Paris, 1927. Prix : broché, 80 fr. ; relié, 92 francs.
- L’auteur, qui dirige le laboratoire de l’Intendance militaire, a réuni dans cet ouvrage nombre de renseignements intéressants. Après avoir rappelé la composition de la viande, il traite des divers moyens de conservation par la chaleur, l’acidification, les antiseptiques, le sel marin, la dessiccation, le froi'd. Il traite ensuite de même les questions relatives au poisson. Son livre constitue un guide technique précis pour les conserveurs et les administrations responsables du ravitaillement des collectivités.
- Pierres précieuses et pierres d’ornementation, par
- E. Aubert de la Rue. 1 vol. 3t)0 p., 109 fig. P. Lechevalier, édit. Paris, 1928. Prix : 24 fr.
- On trouvera dans cet ouvrage, rédigé avec une claire sobriété et une grande compétence la nomenclature pratique de tous les minéraux susceptibles d’un emploi en joaillerie ou dans l’ornementation. Dans une première partie, le lecteur trouvera les renseignements nécessaires pour se familiariser avec les fondements de la minéralogie et les propriétés physiques, optiques et chimiques des gemmes. Un intéressant chapitre énumère les gisements des pierres précieuses. La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à la description des diverses pierres précieuses; on y trouve les notions pratiques pour les déterminer avec de nombreuses indications sur leurs gisements et leur répartition géographique. Le livre de M. de La Rue sera un guide pratique et précieux aussi bien pour le naturaliste visitant des régions nouvelles que pour l’amateur ou l’acheteur de gemmes.
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- Etudes sur les mouches parasites, par E. Séguy. Tome I. Gonopides, Œstrides et Calliphorines de l’Europe occidentale I vol. in-8, 251 p., 300 fig. Encyclopédie entomo-logique. Paul Lechevalier, Paris, 1928. Prix: broché, 65 francs; cartonné, 75 francs.
- Ce livre traite de la morphologie et de la distribution géographique de trois familles de Diptères assez disparates qui ont ce caractère commun que leurs larves sont parasites, chez les autres insectes et surtout les Hyménoptères pour les Gonopides, chez les animaux supérieurs pour les Œstrides, chez l’Homme pour beaucoup de Calliphorines. Après avoir étudié les espèces de l’Europe occidentale, l’auteur donne des tableaux dichotomiques permettant de les reconnaître. La répartition géographique est indiquée ainsi que les mœurs et les ^ôtes connus. On sait la compétence toute spéciale de M. Séguy en ces matières; son œuvre sera le guide des entomologistes, des parasitologues, des vétérinaires et des médecins en ces difficiles questions.
- Introduction à la psychologie collective, par Charles Blondel. 1 vol. in-16, 211 p. Collection Armand Colin, Paris, 1928. Prix : relié, 10 fr. 25 ; broché, 9 francs.
- La psychologie collective est une des branches fondamentales de la psychologie; .ni la psychologie de l’espèce ni celle de l’individu ne sauraient se poursuivre et s’achever sans son concours et son contrôle, elle est en droit de revendiquer comme champ d’étude nombre des problèmes traités communément en psychologie générale, et elle est ainsi destinée à occuper dans la recherche psychologique une place de premier plan. Le progrès de la psychologie en général et, plus particulièrement, de la psychologie collective, intéresse toutes les sciences de l’homme. C’est pourquoi, — outre les psychologues, les anthropologistes, les ethnographes, les linguistes, les historiens des civilisations, des religions et des littératures, — les juristes, les moralistes, les sociologues et les psychiatres trouveront intérêt à lire ce petit livre.
- Les civilisations anciennes de l’Asie Mineure,
- par Félix Sartiaux. 1 vol. in. 8, 80 p., 60 pl. héliogravées. Éditions Rieder, Paris, 1928. Prix : 16 fr. 50; relié, 20 fr.
- Reprenant l’histoire de l’Asie Mineure à ses sources les plus reculées, l’éclairant à la lumière des plus récentes recherches archéologiques, l’auteur met en valeur les traits particuliers de chacun des peuples qui s’y sont rencontrés : Préhellènes, Achéens. Phrygiens, Lydiens, Grecs, Perses, la portée singulière de leur effort, leur rôle dans la formation du grand foyer d’hellénisme élargi, universel, que fut à partir du sixième siècle « cette terre asiatique enchâssée dans un littoral européen ».
- D’abondantes trouvailles apportent sans cesse de nouveaux et splendides témoignages de cette unique fécondité; les magnifiques planches qui terminent le livre permettent d’en prendre connaissance, et de contempler les lieux mêmes où se sont produits les quelques faits capitaux, qui ont donné à l’humanité occidentale son orientation définitive.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Juin 1928
- CHIMIE ORGANIQUE
- Les acides sulfoaromatiques (MM. J .-B. Senderens et Aboulenc). — Comme suite à l’action de l’acide sulfurique sur les acides forméniques, lesauteurs ont étudié l’action du même acide sur les composés correspondants de la série aromatique : acide benzoïque, acide phtalique, acide toluique, etc.
- Ils indiquent ainsi que le meilleur procédé de préparation de l’acide méta-sulfobenzoïque consiste dans le maintien durant 3 heures, à 200°, d’un mélange d’acide C6PI5. CO OH avec quatre parties d’acide fumant à 20 pour 100 SO3 La sulfonation s’opère, dans ce cas, par cet anhydride SO3, sans qu’il y ait alors dégagement de gaz CO2 correspondant à la formation d’acide benzénesulfurique C6Hs.S03H. La résistance de l’acide orthophtalique C6H4 (COOH)2 à l’acide S04H2 à 66° Bé est telle qu’après 6 heures de contact à 210°, aucune réaction ne se produit. Pour obtenir l’acide sulfo-4-orlhophta-lique CGH3 (COOH)2.S03II, les auteurs chauffent simplement, pendant 4 heures, l’acide à 20 pour 100 SO3, soit avec l’acide orthophtalique, soit avec son anhydride. Dans le cas de l’acide toluique C6H4. CH5. CO OH, la sulfonation est encore rapide au contact de l’acide fumant sans donner lieu à un dégagement d’anhydride CO2; avec l’acide phénylacétique C6HS. CH2. COOH, la réaction s’opère à froid et, pour obtenir l’acide C6H4 (CH — CH. COOH). S03H, il suffit de mettre l’acide à 20 pour 100 SO3 en présence de l’acide cinnamique.
- ÉLECTROCHIMIE
- La préparation des borures alcalino-terreux
- (M. L. Andrieux). — Obtenus par réduction, au four électrique des borates correspondants, ces composés avaient été signalés en 1897 par Moissan et Williams; mais, depuis cette époque, on n’avait pu reproduire que le borure de calcium. M. Andrieux substitue à la réduction par l’aluminium et le charbon l’électrolyse, au voisinage de 1000°, de ces mêmes borates, additionnés des fluorures correspondants. Il opère dans un creuset de charbon de cornue servant de cathode, l’anode étant constituée par une baguette de charbon de 18 mm de diamètre située dans l'axe et à 15 mm du fond du creuset.
- Les trois borures répondent respectivement aux formules Ca B6, SrB6,BaBG. Le premier est noir, le second noir violacé, le troisième noir verdâtre et, dans l’ensemble, ils possèdent les mêmes propriétés que les composés étudiés par Moissan et Williams.
- En électrolysant les borates seuls, M. L. Andrieux a obtenu des mélanges de bore amorphe et des cristaux de borures, mais le poids de ces derniers est toujours plus faible que dans les expériences correspondantes où il est fait une addition de fluorures.
- HISTOCHIMIE
- Le cartilage d’ossification des os longs et sa teneur en calcium (M. A. Policard). — La suite des mutations que subissent les sels calcaires, au cours de l’évolution du cartilage, est encore mal connue et, pour apporter quelques éléments utiles à la solution du problème, l’auteur applique la méthode de la micro-incinération au cartilage d’accroissement de certains os longs, comme l’extrémité supérieure du tibia de nouveau-nés normaux.
- La série d’essais qu’il vient de poursuivre montre que les mutations calcaires, au niveau de la zone d’ossification de tels os, débutent par une décalcification progressive de la substance fondamentale au niveau des cellules du cartilage hypertrophique. Se déroulant dans une région privée de vaisseaux, cette déminéralisation progresse peu à peu dans la substance fondamentale environnante et, dès l’abord, les tra-
- vées intercorpusculaires laissent une même teneur en cendres. Mais, dès que les corpuscules cartilagineux sont ouverts et que le tissu conjonctif pénètre dans leur intérieur, ces mêmes travées sont le siège d'une hyperminéralisation, sensiblement contemporaine du dépôt des premières lamelles osseuses et la déminéralisation de la substance fondamentale coïncide avec les phénomènes d’hyperactivité des éléments cartilagineux.
- LITHOLOGIE
- Les bauxites du pays de Fenouillet (M. J df, Lap-parent). — Ces minerais d'aluminium se caractérisent non seulement par leur position stratigraphique, mais encore par leur composition minéralogique : ils sont, en effet, constitués en grande partie de diaspore (environ 50 pour 100).
- Au microscope, on distingue sans peine les très petits cristaux aplatis, avec une section en forme de fuseau plus ou moins épais. Ces cristaux — Al2O3H2 O — sont maclés, jet cette macle, du même genre que la macle classique de la manganite, est de celles que laissait prévoir le réseau pseudo-sénaire du diaspore. Répartis dans toute la masse de la roche, qu’il s’agisse des pisolithes ou de leur matrice, ces mêmes cristaux ont englobé, en se formant, les « poussières réfringentes du milieu », sauf lorsqu’ils ont pris naissance dans des druses ou des fentes ; ils se présentent, dans ce cas, purs et limpides. Le plus souvent moulés par des argiles phylliteuses, d’autres fois par un minéral assimilable à la nontronite, ils sont quelquefois associés à la gibbsite.
- En résumé, le diaspore apparaît comme un élément des bauxites. On le retrouve quelquefois associé à une autre forme d’oxyde A1203 hydraté, comme le bœhmite — et c’est le cas de certains gisements de l’Ariège et du Yar — mais il n’en est pas ainsi dans les bancs du pays de Fenouil let (Pyrénées-Orientales).
- HYDROLOGIE
- La circulation des eaux souterraines dans les allouions (M. F. Dienert). — Pour le captage de l’eau, en général, on installe un premier puits d’essai dans lequel on pompe pendant une quinzaine de jours, et l’on mesure les effets de cette opération sur la nappe souterraine à l’aide de puits instantanés enfoncés de 30 à 50 m autour du premier. On est arrivé, en effet, à admettre que le débit, au bout de deux semaines, représente celui que peut donner la nappe en question, par un captage définitif, si, à un tel moment, les niveaux de la nappe se maintiennent constants.
- Cette méthode n’élimine pas toutes les causes de mécomptes, car les alluvions ne sont pas formées de couches très homogènes et l’on connaît mal les détails de la circulation souterraine. Il est préférable, comme le montre M. Dienert, d’employer la méthode de prospection qu’il a mise au point et qui consiste à introduire, avec certaines précautions, des matières colorantes dans des puits instantanés placés à une distance déterminée, aux quatre points cardinaux du puits pompé et à suivre l’intensité d’apparition de ces produits à intervalles réguliers, dans le puits d’essai. On trace la courbe correspondante : à l’ordonnée moyenne de la courbe, comprise entre le moment d’apparition, et l'heure du maximum d’apparition du colorant, correspond une abîme donnant l’heure d’arrivée dudit colorant, apporté par les différents filets liquides partant du point expérimenté.
- Les détails d’une expérience faite dans la région de Beau-lieu (Yals-de-Loire) montrent tout l’intérêt et toute la précision de la méthode Dienert, qui permet en plus de délimiter le périmètre de protection. Paul Baud.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE T.-W. Richards.
- Les Etats-Unis viennent de perdre en la personne du Dr T.-W. Richards, professeur à l’Université d’Harvard, un de leurs grands chimistes. Richards, élève de Cooke, lui-même élève de Régnault, s’est attaché à la précision des mesures et s’est rendu célèbre par ses travaux sur la redétermination des poids atomiques de la plupart des corps élémentaires importants de la chimie. Il imagina des méthodes de pesée perfectionnées, il sut discerner dans les célèbres travaux de Stas des causes d’erreur et les éliminer. C’est à lui que l’on doit les déterminations les plus sûres des poids atomiques; ces données, on le sait, sont d’une importance fondamentale pour le développement de la chimie. C’est également à Richards que l’on doit les déterminations du poids atomique du plomb d'origine radioactive, détermination qui a joué un rôle très important dans le développement des théories modernes sur la constitution de la matière.
- Richards, titulaire du prix Nobel de chimie en 1914, n’était âgé que de 60 ans.
- PHYSIQUE
- Les ions de l’atmosphère.
- On sait qu’il existe dans l’atmosphère des particules électriques libres, débris d’atomes ou de molécules, elles y jouent un rôle considérable au point de vue de l’électricité atmosphérique et de la condensation de la vapeur d’eau. Ce sont les petits ions, depuis une trentaine d’années objet d’études importantes de savants tels que Hess, Elster et Geitel, Langevin.
- Leurs mouvements dans l’air sont comparables à la chute de petites sphères dans un liquide visqueux ; celles-ci tombent d’un mouvement uniforme. Pour des sphères de même poids, la vitesse de chute est d’autant plus faible que le rayon est plus grand. De même, des ions de charge égale, mais de dimensions différentes, se déplaçant sous l’action d’un même champ électrique, auront des vitesses d’autant plus faibles que leurs dimensions seront plus grandes.
- L’étude de la mobilité des ions dans un champ électrique peut donc fournir d’intéressantes précisions sur les dimensions de ces particules. Ce problème a fait récemment l’objet d’ingénieuses investigations de MM. A.-M. Tyndall, professeur à l’Université de Bristol, et Phillips. M. Tyndall les a résumées dans une conférence à la Royale Institution de Grande-Bretagne. Ces deux savants ont eu l’idée de modifier artificiellement la dimension des ions et d’observer l’effet de cette modification. Celle-ci s’effectue en ajoutant dans l’air de petites quantités de vapeurs organiques.
- « Considérons par exemple, dit M. Tyndall, la série des alcools normaux dont la formule chimique est CH5(CH2)nOH où l’exposant n est, soit zéro, soit un Jnombre entier. On sait que les molécules de ces substances ont la forme d’une tige dont la longueur augmente avec la teneur en carbone ; c’est-à-dire avec la valeur de n. On sait aussi qu’elles sont polarisées, propriété due vraisemblablement à la présence, de l’oxhydrile OH formé d’un noyau positif d’hydrogène et d’un atome négatif d’oxygène. ))
- On peut, en gros, se représenter une telle molécule comme ayant une tête active et une queue plus ou moins inerte; mise en présence d’un ion négatif, elle s’oriente la tête vers l’ion, tandis que la queue se déployé radialement. La dimension apparente de l’ion s’accroît donc dans une proportion qui dépend de la longueur de la molécule de l’alcool employé.
- LeSj expériences de MM. Tyndall et Phillips ont montré
- qu’efîectivement, pour une tension donnée de vapeur d’alcool, la mobilité d’un ion est réduite d’autant plus que la longueur de la chaîne de la molécule d’alcool est plus grande. Ainsi l’alcool amylique (CH3-(CH2)4-OH), employé à raison de 1 volume seulement dans 300 volumes d’air, réduit la mobilité d’un ion négatif ordinaire à 40 pour 100 de sa valeur normale. L’effet est du reste beaucoup moins accusé avec les ions positifs.
- Si l’on ajoute de la vapeur d’eau à la vapeur d’alcool, on peut s’attendre à ce qu’il y ait compétition entre l’eau et la vapeur pour prendre place autour de l’ion et qu’une partie des molécules d alcool soient remplacées par des molécules d’eau. Celles-ci étant plus petites, la mobilité de l’ion sera plus grande et c’est bien en effet ce qui se produit.
- Pour les molécules non polarisées, par exemple débarrassées de l’oxhydrile, et de structure symétrique, la tendance à se grouper autour d’un ion disparaît complètement. Tel est le cas de molécules d’un hydrocarbure comme le décane, qui, malgré ses 10 atomes de carbone et sa longueur double de celle de la molécule d’alcool amylique, n’a aucun effet sur la mobilité d’un ion dans l’air.
- Les études de MM. Tyndall et Phillips faites avec de nouveaux moyens pour mesurer la mobilité des ions ont permis de constater que dans une atmosphère contenant des quantités appréciables de vapeur, tous les ions négatifs semblent être de même nature. Par contre, dans les mêmes conditions, les ions positifs, et dans une atmosphère ne contenant que des traces de vapeur les ions négatifs, apparaissent beaucoup plus complexes.
- Les mesures se font dans une chambre d’ionisation ; à deux électrodes placées à l’intérieur de la chambre, on applique une différence de potentiel qui unit le champ électrique provoquant le mouvement des ions et on mesure le courant d’ionisation qui en résulte.
- Il est bon de rappeler ici 'qu’il existe aussi dans l’atmosphère de gros ions, résultant de l’agglomération de petits ions autour de particules de poussières, de fumée, de brouillard, ou d’autres noyaux. Mais ces gros ions ont des mouvements si lents que leur contribution à un courant d’ionisation est pratiquement négligeable.
- TRAVAUX PUBLICS
- L’électrification du réseau des chemins de fer du Midi.
- Le réseau du Midi qui a été le premier en France à s’électrifier systématiquement possède actuellement 850 km de lignes à traction électrique. Ce mode de traction va être étendu à une nouvelle fraction plus importante encore du réseau. Un nouveau programme de travaux, qui sera exécuté en partie à l’aide des prestations allemandes, prévoit en effet l’électrification de 1100 km de lignes, à exécuter en 5 ans. Le montant des dépenses serait de 500 millions environ, dont 190 à fournir par l’Allemagne.
- HISTOIRE NATURELLE L’élevage du rat musqué
- La prospérité des élevages de renard argenté au Canada a poussé dans ce même pays d’ingénieux éleveurs à élever des rats musqués dont la fourrure est, elle aussi, très appréciée. L’industrie durât musqué semble se développer rapidement au Canada et susciter des imitateurs en Europe. Une publication officielle canadienne annonce en effet l’envoi en Europe de 74 couples de rats musqués expédiés à Anvers, dont 60 pour la Finlande, et 14 répartis entre l’Allemagne et la France.
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- PETITES INVENTIONS
- Fig. 1. — L’essuie-main électrique.
- ÉLECTRICITÉ
- L’essuie-main électrique.
- Les essuie-mains des endroits publics — W.-C. d’hôtel,
- de gare, de café, de restatirant — ne sont hygiéniques et esthétiques que si on les charge pour chaque consommateur; ce qui représente, en somme, une grosse dépense. L’essuie-main électrique que nous allons décrire offre une solution toute différente du problème et qui satisfait l’hygiène la plus rigoureuse, sans frais excessifs. C’est, en réalité, un appareil de séchage utilisant un courant d’air chauffé par l’électricité, que l’on projette sur la main ou la figure humides.
- La construction de cet appareil peut se résumer comme suit : un ventilateur électrique, à axe vertical et à disque à ailettes, est monté dans un socle en fonte, renfermant également un interrupteur à deux pôles et à pédale; il est couvert d’un capot protecteur à 6 trous circulaires donnant accès à l’air; celui-ci est débarrassé de ses poussières par passage sur des filtres en toile métallique. Le socle est fermé par le bas par une tôle de mise à la terre.
- L’air filtré est refoulé ensuite à travers un radiateur de chauffage. Un câble alimente ce radiateur; il est disposé parallèlement aux prises de courant du moteur. La partie supérieure en tubes d’acier est solidement vissée au socle. L’air traverse les tubes verticaux de gauche pour gagner le radiateur placé dans le tube transversal du milieu. Le radiateur est isolé du tube d’acier par une feuille de mica. La partie chauffante est formée d’une bobine de fil de chrome-
- nickel, enroulée sur un noyau de stéatite et reliée au câble amenant le courant qui monte dans le tube de droite. Un trou latéral fermé par un couvercle en tôle permet de changer le radiateur.
- L air sort du radiateur par une tuyère nickelée, au milieu du tube transversal; on peut la tourner dans différentes positions; vers le bas pour se sécher les mains, ou vers le haut pour se sécher la figure.
- L orifice de la tuyère est protégé contre l’introduction de corps étrangers au moyen d’un tamis.
- Si l’on vient à fermer la tuyère avec la main, l’air n’en circule pas moins à travers des trous de sortie latéraux, de façon à ne pas s'échauffer outre mesure.
- Le fonctionnement est le suivant : on appuie du pied sur la pédale, ie moteur se met en marche et atteint rapidement sa vitesse normale. Le ventilateur aspire l’air à travers les trous du capot, le refoule dans le tube d’acier de gauche, et dans le radiateur, pour le faire sortir chaud par la tuyère. La température voulue est atteinte en quelques secondes, elle ne dépasse jamais, même après un usage prolongé, une limite tolérable. Dès que l’on cesse de presser sur la pédale, le dispositif se trouve automatiquement mis hors circuit. La consommation d’énergie du moteur et du radiateur, de 100 et 1100 watts respectivement, est de 1200 watts au total.
- Dr Ajlvred Ghadenwitz.
- Constructeurs de l’appareil : Siemens-fechuckert ÔVerke, à Berlin-Siemensstadt.
- T. S. F.
- Pour protéger l antenne contre les surtensions.
- Tout amateur de T. S. F. sait qu’il y a dans le commerce de nombreux dispositifs protecteurs d’antennes. Cependant beaucoup de propriétaires de poste récepteur ne se sont peut-être jamais rendu compte des circonstances qui rendent leur emploi nécessaire.
- Une enquête détaillée a prouvé que des cas de foudroie-
- jFig. 2. — Protecteur d’antenne contre les surtensions.
- ment d’antennes comptent parmi les plus rares exceptions, de'korte qu’il ne faut pratiquement pas en tenir compte. A l’occasion de cette enquête entreprise aux Etats-Unis, une rémunération considérable était accordée à l'auteur de tout
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- rapport signalant un cas d’antenne foudroyée. Cependant il ne fut rapporté qu’un seul cas de foudroiement ayant causé des dégâts et même ce rapport était insuffisamment documenté.
- Les raisons qui justifient l’application d’une protection de l’antenne sont les suivantes.
- Des influences atmosphériques (orage, grêle, pluie, neige) peuvent induire sur l’antenne des charges électriques atteignant souvent des tensions dangereuses. Pour certains récepteurs ces charges peuvent en outre endommager plusieurs accessoires du poste et causer des secousses désagréables lorsqu’on touche l’appareil.
- Enfin, nous désirons encore attirerl’attention de nos lecteurs sur le fait que si l’antenne se trouve dans le voisinage de lignes à haute tension, il peut se produire sur l’antenne des tensions inductives dangereuses en cas de courts-circuits sur ces lignes.
- Pour toutes ces raisons il est recommandable de munir l’antenne d’un dispositif de protection.
- On connaît un grand nombre de dispositifs servant tous au même but, tels que l’éclateur en diverses formes, les cartouches à vide,-les « parafoudres à charbons », etc.
- Bien que ces appareils fonctionnent d’une façon satisfaisante pour des surtensions considérables, ils présentent le désavantage de ne s’amorcer qu’à partir d’une tension variant de 500 à 1000 volts, tension déjà dangereuse en elle-même.
- Un système tout nouveau de protection d’antenne est lancé par la Société Philips-Radio.
- Celui-ci se compose principalement d’un limiteur de tension à gaz rare qui se comporte dans son état normal comme un isolateur parfait. Cependant dès que les tensions entre électrodes dépassent : une certaine valeur dite « d’amorçage », une décharge s’amorce à travers le gaz et,la charge électrique est dissipée dans la terre, pourvu que le limiteur de tension soit intercalé entre l’antenne et la terre.
- Ces cartouches se construisent pour plusieurs tensions d’amorçage : 110 volts et 180 volts, par exemple.
- Grâce à la construction particulière de ces cartouches, celles-ci peuvent dissiper des énergies considérables sans être endommagées.
- La figure montre le dispositif complet qui se compose d’un manchon en verre transparent surmonté d’une cloche en porcelaine. Pour plus de sécurité encore, le limiteur de tension est muni d’un éclateur à peigne réglable. L’ensemble est monté sur une équerre en fer galvanisé.
- Cet appareil constitue la protection d’antenne la plus
- efficace que puisse produire la technique actuelle, il rend superflu l’usage du commutateur antenne-terre dont on oublie d’ailleurs bien souvent de se servir.
- Constructeur : Philips-Radio, 4, Cité Paradis, Paris.
- Fig. 3. — Le Gazo-extincleur P. P. C.
- OBJETS UTILES Petit extincteur siphon.
- Un inventeur a imaginé de donner à un extincteur la forme commode d’un siphon.
- Le liquide employé, qui est en général du tétra-chlorure de carbone, est projeté par le tube du siphon quand on appuie sur la manette, comme s’il s’agissait d’un siphon d’eau de seltz quelconque. On obtient un jet pouvant aller jusqu’à 10 mètres. La charge est visible, elle est incongelable et la simplicité du fonctionnement permet au premier venu de s’en servir. Ce modèle placé dans une boîte est particulièrement applicable aux voitures automobiles, il a également le gros avantage d’être d’un fonctionnement tout à fait sûr.
- Constructeur : Gazo-Extincteur P. P. C. 34, rue Chaptal, Levallo s-Perret.
- Le porte-œufs.
- Cet appareil est construit en métal fondu, il comporte une série de logements où l’œuf à cuire est placé verticalement. Grâce à sa forme même, l’appareil touche le fond de la casserole de sorte qu’il suffit du minimum d’eau pour la cuisson des œufs.
- Une fois (la cuisson terminée, on sort l’appareil par l’anse et on le place sur une assiette pour servir sur la table, sans qu’on ait à manipuler les œufs brillants.
- Ce petit dispositif breveté se fait à trois ou six places.
- Constructeur : G. Morel, 8, Cité Popincourt, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la glace carbonique (Voir le numéro du l°r juillet 1928).
- Nous avons reçu à ce sujet une intéressante lettre de M. Gostes, ingénieur E. G. P., spécialiste du froid, qui expose un certain nombre d’objections à l’emploi de la glace carbonique.
- Elle met surtout en évidence les problèmes à résoudre pour donner dans notre pays de larges débouchés à la glace carbonique.
- Nous en extrayons les passages suivants :
- « Plusieurs obstacles s’opposent, du moins en France, à l’exploitation da la neige carbonique. Une première objection est d’ordre technique et tient à la nature même du produit livré. La neige carbonique présente, en effet, pour les applications courantes du froid, deux inconvénients sérieux.
- D’abord il est très difficile, étant donné la consommation restreinte de glace qui se fait en France eu égard à celle des Etats-Unis, d’arriver à fabriquer de l’anhydride carbonique et surtout d’en distribuer les très petites quantités demandées par la clientèle, dont la très grande majorité et la seule lucrative pour les usines prend la glace par unités de quelques kilogs. D’ailleurs, toujours compte tenu des habitudes françaises, les clients ne prennent la glace que lorsqu’ils y sont obligés, les variations de consommation d’un jour à l’autre atteignant facilement 50 ou 60 pour 100 de la production totale. Or, si la conservation de glace en chambre froide est assez facile, celle de l’anhydride carbonique est beaucoup plus complexe et nous ne croyons pas que le problème ait été résolu, ce qui amènerait un gaspillage de produits formidable et dépassant parfois la quantité vendue ; or, la matière première est d’une valeur non négligeable.
- En outre, on serait obligé dans ces conditions de prévoir une installation permettant la production correspondant aux jours de pointe que l’on ne peut malheureusement pas prévoir ; or, la mise en route d’une installation frigorifique exige une durée qui rendrait souvent impossible la fourniture en temps utile de la quantité supplémentaire demandée. 11 faudrait l'installation constamment en route à toute puissance, ce qui amènerait à un prix de revient prohibitif.
- Mais le plus grave défaut technique de la neige carbonique est d’un autre ordre. En effet, la plupart des produits conservés en France par le froid sont les œufs frais, les fromages, la viande. Ges produits s’accommodent très mal d'une baisse de température excessive et dépassant — 20° qui amène par congélation de l’eau contenue dans leur tissu une véritable mortification de la substance conservée et un changement de goût très sensible. Or la glace rend impossible un accident de ce genre qui, au contraire, deviendrait très grave en cas de l’emploi d’un excès d’un produit qui se volatilise pas mal de degrés au-dessous de zéro.
- Enfin, pour en terminer avec les inconvénients de la neige carbonique, il ne faut pas oublier que ce produit est très loin d’être inoffensif et que la toxicité du gaz carbonique n’est pas négligeable; elle est d’autant plus dangereuse que rien n’avertit du danger, à tel point que dans beaucoup d’ioslallations de froid on a renoncé au gaz carbonique à cause des accidents très graves qui se sont manifestés. Par conséquent, dans le cas d'un wagon
- QUESTIONS
- Comment on rend ininflammables les décors de théâtre.
- A la suite des recherches effectuées par Gh. Girard et Bordas, on a adopté généralement, pour protéger contre l’incendie les décors de théâtre, le procédé suivant :
- On donne d’abord une couche d’impression composée de :
- Silicate de soude du commerce ... 50 grammes
- Eau ordinaire.................. 1000 —
- frigorifique, par exemple, il serait nécessaire de procéder à une aération intensive qui enlèverait pas mal de froid et rendrait pratiquement illusoire le gain réalisé vis-à-vis de l’emploi de la glace.
- La discussion d’autres inconvénients encore, tels que l’asséche-ment excessif de l'air ambiant, serait intéressante pour les spécialistes, mais nous ne voulons pas abuser de la patience de vos lecteurs. D'ailleurs arriverait-on à supprimer tous ces inconvénients d’ordre technique, il en resterait un qui serait prohibitif : c’est le prix de revient, dans nos pays, du froid ainsi obtenu. Il faut, en effet, tenir compte de deux choses : d’abord que le prix de la glace en France est très inférieur, même compte tenu du change, à celui de l’Amérique. Ensuite que de l’aveu même des promoteurs de la neige carbonique, ce produit n’est intéressant que pour les refroidissements de longue durée qui en Fronce sont l’exception, étant donné les différences entre les distances à parcourir et l’absence dans notre pays de centralisation des industries alimentaires, telle qu’elle se présente aux Etats-Unis. Chez nous, en effet, à l’exception du poisson et quelque peu delà viande, toutes les fabrications alimentaires n’ont qu’un rayon d’action qui ne dépasse pas quelques dizaines de kilomètres.
- Et puis... il y a le fisc. L’anhydride carbonique qui revient à l’usine à des prix ne dppassunt pas quelques francs par kilog est grevé de taxes qui représentent au moins deux ou trois fois son prix de revient et comme le prix de la neige carbonique est représenté pour près des 9/10 par celui du gaz employé, il ressortirait à un taux au moins 2 1/2 fois celui des Etats-Unis. »
- Charnière de porte.
- Nous recevons du Dr Voulgre, villa Toki-Ona à Bayonne, la lettre snivanle :
- «‘Je viens de voir dans le n° 2788 de votre intéressant journal La Nature paru le 1er Juillet 1928 (page 45) une description d’une charnière de porte à fonctionnement automatique, dont vous dites et écrivez le plus grand bien.
- Loin de m’inscrire en faux contre ces appréciations, je me félicite des éloges que vous décernez à l’inventeur qui n’est... que moi-même... et non M. Simon.
- Je vous serais infiniment reconnaissant de vouloir bien rétablir la réalité des faits dans votre estimable journal, dans un de vos prochains numéros, en mentionnant que cette charmé/e fait l’objet de mon brevet d'invention déposé le 28 Janvier 1925, accordé le 7 mai 1925 et publié sous le n° 592 792.
- En dehors du croquis joint au Brevet et qui ne laisse place à aucune erreur, quant à la similitude de la charnière fabriquée par M. Simon, avec La mieane, la description qui l’accompagne en définit le but poursuivi et les moyens pour l’obtenir.
- Comme c’est au moins la troisième fois que des appareils brevetés par moi ont été plus ou moins décrits par de prétendus inventeurs, contre lesquels j’ai dû élever des protestations justifiées et entendues, vous me permettrez de faire la remarque suivante, à savoir que quelques-uns de ces réalisateurs d’appareils nouveaux ne lisent pas assez, à moins qu’ils ne lisent trop, les publications de brevets par l’Office national de la Propriété Industrielle. »
- ' RÉPONSES
- Après séchage, on applique une composition formée de :
- Blanc gélatineux................... 200 grammes
- Eau bouillante pour délayer............ 75 —
- Amiante en poudre...................... 50 —
- Acide borique.......................... 10 —
- Borax pulvérisé........................ 30 —
- Cette formule peut être utilisée pour les toiles déjà peintes, mais alors on fait l’application à l’envers.
- M. J AMINÉ A HaMONT, LUXEMBOURG.
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- Un peu de coquetterie : les frisures persista n tes.
- On peut préparer très facilement un liquide d’odeur agréable, qui permet d'obtenir des frisures persistantes sous la seule réserve de ne pas laver les cheveux, en prenant :
- Eau de roses..................... 500 grammes
- Gomme adragante..................... 20 —
- Pomme du Sénégal.................... 10 —
- Teinture de benjoin . . ...... 50 —
- Imprégner très légèrement les cheveux de la mixture de façon qu'ils ne soient pas collés entre eux et mettre en forme de la façon habituelle, avec les cheveux frais mnis non mouillés.
- M. Malatray a Villaz.
- Pouvons-nous facilement dépolir le verre de nos lampes électriques?
- On prend un volume connu d’acide Üuorhydrique de commerce, par exemple 100 cm3, que l’on place dans une cuvette en plomb, on les sature en y versant doucement de l'ammoniaque (alcali volatil) jusqu à ce que le produit soit neutre au papier de tournesol.
- Après quoi, on ajoute un volume d’acide lluorhydrique égal au volume primitif (101) ce.), puis on donne la consistance crémeuse en additionnant de sulfate de baryte en poudre.
- On plonge la partie verre de la lampe dans La mixture, on laisse sécher quelques minutes à l’air, puis on rince dans un courant d’eau, le verre ainsi dégagé est parfaitement-dépoli.
- N. B. Se rappeler que l’acide üuorhydrique est un acide très énergique; par suite éviter de respirer les vapeurs ou de recevoir des gouttelettes liquides sur la peau ou les vetements.
- M. Bouisson a Marseille.
- P. S. Vous trouverez le fil de fer doux qui vous est nécessaire pour la construction de vos appareils dans l’une des maisons suivantes : Bazar d’Electricité, 34, boulevard Henri-IV. Comptoir Général d’Electricité, 41, boulevard Beaumarchais,^Paris.
- Doit-on vernir les planchers?
- « Par destination » un plancher recevra le contact plus ou moins fréquent des chaussures et il faut s’attendre à ce que dans les passages l'enduit forcément superficiel sera enlevé, ce qui produira un éclaircissement de teinte d’un fâcheux effet. Dans ce cas, il n’est pas à conseiller d’effectuer un vernissage du parquet; mais lorsque les endroits passagers sont recouverts de tapis et qu’il s'agit seulement de conserver au reste de la pièce un aspect de bel entretien, on peut, avec succès, opérer ainsi :
- Prendre :
- Colle de Givet................... 5000 grammes
- Eau ordinaire...................... 500 —
- Bichromate de potasse................ 15 —
- Yésuvine............................. 20 —
- Faire gonüer la colle dans l’eau Jruiae pendant une nuit, puis liquéfier de préférence au bain-marie après avoir ajouté la vésu-vine, rendre bien homogène et appliquer à chaud au moyen d’un large pinceau sur le plancher.
- Lorsque le produit est bien sec, la lumière insolubilise la gélatine, de sorte que l’enduit ainsi réalisé présente une grande résistance et peur être lavé à l’éponge.
- On peut, si on le désire, encaustiquer au chiffon et faire reluire à la brosse, mais il faut s’abstenir d’employer la cire dure au bâton, ce qui aurait pour effet d’enlever mécaniquement la pellicule.
- . N. B. Si le plancher doit rester clair, on peut supprimer la vésuvine. Bibliothèque de Valence.
- Que penser des lampes « Lumière du jour » ?
- Les lampes dites « lumière du jour » ne sont en réalité que des lampes à production de lumière semblables aux autres, mais cette lumière est tamisée par un verre bleuté qui ne laisse passer que les rayons lumineux à partir du bleu, autrement dit le rouge et le jaune sont absorbés. La conséquence est une lumière plus douce avec un rendement diminué de près de moitié, il faut donc prendre une lampe étalonnée au double de bougies pour avoir le même éclairement que par la lampe à verre blanc.
- N.' B. Comme les rayons ultra-violets filtrent également et que ceux-ci sont les plus nuisibles à la vue, il en résulte que les lampes lumière du jour ne sont, pour l’œil, ni meilleures, ni pires que les lampes à verre non bleuté.
- M. Ph. Legrand a Paris.
- Une bonne colle-bloc.
- Depuis notre précédente réponse, relative aux colles-blocs spécialisées, la formule suivante donnant, paraît-il, d’excellents résultats, nous a été communiquée.
- Prendre :
- Dextrine........................ . 10 grammes
- Colle forte........................20 —
- Glucose............................55 —
- Eau ordinaire......................15 —
- Faire digérer à froid pendant 12 heures, puis liquéfier au bain-marie et ajouter :
- Blanc de zinc................... 5 grammes
- Couler encore Üuide dans le godet annulaire constituant le pot à colle, au centre duquel se trouve un petit réservoir contenant de l’eau où plonge à demeure le pinceau. Pour l’usage, il suffit de passer le pinceau humide sur la colle dont on prend ainsi juste la quantité nécessaire pour assurer le collage.
- M. Granjean a Cognac.
- Y a-t-il un remède aux taches d’urine sur les vêtements ?
- Ainsi que le dit fort justement Gouillon, dans son excellent traité de peinture et nettoyage, l’urine produit plutôt des décolorations que des taches, c'est-à-dire qu elle détruit certaines couleurs qu’elle transforme généralement en jaune.
- Quelquefois l’ammoniaque fait revenir ces couleurs, mais, le plus souvent, il n’y a d’autre ressource que de remettre toute la pièce à la teinture, suitout quand ces taches sont larges, dues à une action longue et répétée, comme cela arrive aux pantalons de personnes atteintes d’affections urinaires. Pour celles-là, si un foulage au carbonate de soude un peu chaud, suivi d’un piquage à l’eau vinaigrée, ne les fait pas disparaître, il n’y a qu’à reteindre les pantalons.
- Pour les bas de pardessus où se trouvent de petites taches provenant d’éclaboussures d’urine, on touche à l’ammoniaque ou laisse sécher, puis avec un pinceau chargé d’une solution concentrée de couleur d’aniline ayant même teinte que celle du tissu, on fait un raccord qui, après séchage, devient invisible si les taches sont petites et si on a opéré avec habileté; le même procédé peut être employé, pour masquer les taches de fiente d’oiseaux qui détruit certaines couleurs. M. L.-N. a Genay, Ain.
- P. S. La cellophane, composition transparente et incassable, doit répondre à vos desiderata; vous la trouverez en toutes dimensions : 58 bis, rue de la Chaussée-d’Anlin.
- Manière d’argenter le miroir par le procédé Lumière.
- Une dissolution de 10 gr. de nitrate d’argent dans 200 cm3 d’eau est exactement saturée par de l’ammoniaque, c’est-à-dire que l’on ajoute celle-ci goutte par goutte de façon quelle précipité d’abord formé se ledissolve. (Au moment donné, une goutte suffit pour produire cette redissolulion.)
- On prépare ensuite une solution de formol réel à 1 pour 100. Comme le formol commercial est à 40 pour 100, on prendra 2 cm5 5 de formol du commerce que l’on tendra à 100 cm! pour avoir la concentration voulue. Au moment d’argenter le miroir bien nettoyé, on mélange les deux solutions et on verse le tout sur la glace; la seule précaution à observer est que le liquide recouvre d’un seul coup la surface à argenter.
- Le dépôt argentique se fait dans l’espace de 5 à 6 minutes, on lave* ensuite à grande eau et débarrasse l’envers de la plaque du dépôt inutile qui se serait éventuellement formé.
- Les miroirs ainsi obtenus sont transparents et peuvent être utilisés dans les applications optiques où on doit simultanément tenir compte de la lumière transmise et de la lumière réfléchie.
- M. Brault a Strasbourg. Le Pyrex, Paris.
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- CURIOSITÉS DE LA NATURE
- La mante religieuse.
- J.-H. Fabre a rendu célèbre la mante religieuse, le « pregou Dio » provençal ; insecte carnassier, remarquable en particulier par la férocité de ses mœurs nuptiales qui se terminent toujours par la mort tragique du mâle dévoré par la femelle.
- Voici quelques épisodes des épousailles de la mante religieuse, saisis par la photographie.
- 1. Un couple de mantes. — La femelle est de. taille plus forte et 4. Arrivée et expulsion d’une intruse,
- est beaucoup plus vigoureuse que le mâle. 5. Une scène de séduction.
- 2. La femelle aguiche son futur époux. 6. La femelle a dévoré le mâle.
- 3. Coquetteries.
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- LA NATURE
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- N° 2792.
- LA NATURE
- 1er Septembre 1928*
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- L'ART DE DECORER LES NAVIRES?^
- Les premiers hommes qui ont construit l’engin flottant auquel ils ont osé confier leur existence ont aussitôt conçu le désir de l’embellir et de l’orner. Cette préoccupation nous vient donc des époques les plus lointaines de notre humanité et son étude, ainsi que celle des réalisations auxquelles elle a abouti, évoque un des aspects les plus attachants de l’histoire générale de l’art.
- Ces hardis précurseurs eurent, dès l’abord, à résoudre un certain nombre de problèmes d’ordre technique d’importance primordiale, tels que : solidité de la coque, équilibre, bonne tenue à la mer, recherche des meilleures formes pour obtenir la vitesse, etc.
- Ces questions éclaircies, il se trouva aussi que l’engin qu’ils avaient façonné, et qui répondait à ces nécessités, constitua une œuvre belle et artistique en vertu de cette loi, que « quiconque poursuit la perfection dans l’équilibre atteint, souvent, par surcroît, la perfection dans l’Art ».
- Nous tirons cette phrase d’un important travail de M. Philippar, Président du Conseil de la Compagnie des Messageries Maritimes, sur « la décoration des navires », présenté par lui à l’Académie de Marine, dans sa séance du 12 février 1926.
- M. Philippar développa ensuite ses recherches dans une belle conférence à l’Institut Océanographique de Paris, le 11 décembre de la même année.
- C’est dans ces deux documents que nous puiserons, à l’usage des lecteurs de La Nature, la majeure partie des éléments de cette courte étude sur l’histoire de la décoration et de l’aménagement des navires.
- Fig. 2. — Navire des Vikings (x° siècle). Trouvé, en 1880, près de Christiania.
- Fig. 1. — Navire phénicien.
- Bas-relief du Palais de Sennachérib, roi d’Assyrie (7e siècle avant J.-C.).-
- L'ANTIQUITÉ ET LE MOYEN AGE
- Les documents épigraphiques les plus anciens, en matière navale, qui nous sont parvenus, sont des bas-reliefs assyriens ou phéniciens remontant au vu0 siècle avant J.-C. Ils représentent des navires aux formes relativement élégantes dont les parois sont recouvertes de motifs ornementaux, et dont l’avant est décoré d’une tête de cheval.
- L’ancêtre de tous les navires est, d’après les archéologues compétents, la galère, dont Jal a dit que la galère sublile du xvme siècle est une tradition assez fidèle de la galère égyptienne du xve siècle avant J.-C.
- Chez les Phéniciens, les Grecs, les Carthaginois, puis chez les Romains, la décoration des navires était poussée jusqu’à un luxe inouï.
- On y trouvait des mosaïques de bois précieux et de nombreuses sculptures. Le vaisseau de Sésoslris, nous dit-on, était doré en dehors et argenté en dedans. A bord de la galère de Cléopâtre, les matières précieuses étaient répandues à profusion, les rames étaient en bois de cèdre délicatement sculpté et s’agençaient sur des chevilles d’argent.
- Sur celle de Ptolémée Philopator, nous raconte Plutarque, le pont représentait, en mosaïque, des sujets historiques, et tous les bois étaient incrustés de corail et d’agate.
- Les galères gallo-romaines portaient à la poupe, l’emblème de la divinité sous la protection de laquelle le bâtiment était placé. La proue (l’avant) était revêtu d’ornements légers en forme d’ailes figurant un panache
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- et se terminait en col de cygne, comme on le voit sur les peintures à fresque de Pompéi ('J.
- A l’autre extrémité de l’Europe, les peuples Scandinaves éprouvaient un pareil besoin d’avoir des navires légers, à bord desquels ils passaient une partie importante de leur existence de coureurs des mers.
- On a retrouvé en 1880, près de Christiania, une de ces grandes embarcations enfouie dans le sable, probablement parce qu’elle avait servi de cercueil, suivant la coutume, au chef Yiking qui l’avait montée. La proue en était terminée par une tête d’animal fabuleux et on ne peut rien voir de plus élégant et de plus fin que les formes de ce beau spécimen de construction navale Scandinave du ixe siècle, formes qui d’ailleurs se sont conservées dans les embarcations modernes appelées baleinières.
- La tradition fait connaître que les flancs de ces navires étaient peints de couleurs éclatantes, les voiles en soie pourpre, les agrès tressés de cuir teint en rouge. A la
- 1. La Roncière. Histoire de la Marine Française. Les origines.
- poupe des bâtiments du roi Kanut, on voyait des statues de métal argenté (2)-
- La tradition qui veut que les navires soient magnifiques se perpétue à travers les âges.
- Le bon Joinville nous décrit la galère du comte de Jaffa abordant le rivage africain lors de la Croisade de saint Louis en 1348. « Elle était toute peinte dedans la mer et « dehors, d’écussons à ses armes. Il y avait « bien trois cent rameurs dans sa galère et « pour chaque rameur il y avait une targe « (bouclier) aux armes du comte et à chaque a targe un pennon (flamme triangulaire en soie) « à ses armes en or appliqué ».
- Sur les galères de Richard Cœur-de-Lion « des panonceaux flottaient au-dessus des « écus accrochés aux proues et des peintures « vives dont on avait revêtu les éperons ».
- LA RENAISSANCE
- Au xve siècle un nouvel élément décoratif apparaît sous la forme de somptueuses tentures de soie, velours ou brocart, recouvrant la poupe depuis le timonier jusqu’au premier rang de rames. Les dessins de Callot nous en ont conservé quelques types remarquables. La sorte de chambre ainsi créée et où se tenait le capitaine s’appelait en France « le Carrosse », en Italie « Tabernacolo ».
- Mais les belles époques de la décoration navale furent les xvie et xviie siècles.
- Le grand mouvement artistique de la Renaissance italienne s’y épanouit comme partout ailleurs et un véritable système décoratif s’appliqua dès lors aux galères de la Méditerranée. Cependant les vaisseaux restaient encore sans ornements ou à peu près.
- Mais, dès 1600, on voit apparaître à l’arrière de ceux-ci des balcons et des galeries en saillie, puis, pour les diviser, des panneaux sculptés séparés par des figures allégoriques ; des feuillages garnissent les consoles qui supportaient ces balcons.
- Des cariatides viennent soutenir les courbes du château d’arrière, des tableaux avec figures sculptées en bas-relief ornementant le sommet de la poupe.
- L'ÉPOQUE DE LOUIS XIV
- Le premier des artistes chargés d’appliquer les nouveaux principes décoratifs fut Nicolas Lerray, attaché au service du roi en 1639. De cette époque date l’introduction officielle de la sculpture navale à l’Arsenal de Toulon.
- Voici à ce sujet un extrait d’une lettre de 1663 de l’intendant la Guette à Colbert.
- Il s’agit de l’envoi au ministre d’une peinture représentant la Galère Capitane. « Si j’étais assez éloquent
- 2. La Roncière. Histoire de la Marine Française. Les origines.
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- pour vous en faire une véritable description, vous avoueriez sans doute qu’elle est incomparablement plus enrichie et plus ornée que ne le représente la peinture, et même, le peintre n’ayant su faire voir le dedans de la poupe qui est doublé de lambris d’olivier et de bois d Inde, qui représente quantité de fleurs de lys d’or et qui se ferme avec un balustre doré, on peut dire qu’il a caché ce qui est de plus singulier dans la construction de la Galère. »
- En 1665, l’intendant Le Roux d’Infreville, successeur de la Guette, ayant admiré les cariatides de Puget à l’hôtel de ville de Toulon, eut l’idée d’appeler cet artiste, alors à Gênes.
- Cela n’alla pas1 sans difficultés. Puget n’avait pas bon caractère. Il posa des conditions et émit des prétentions jugées d’abord inadmissibles par Colbert. Puis on céda, et Puget s’installa à l’arsenal de Toulon, le 8 juillet 1668, avec le titre de directeur de la décoration des navires.
- Déjà de grands artistes, Lebrun, Girardon, les deux Van Loo, etc., avaient produit d admirables œuvres en cette matière. Le Royal-Louis, un des plus beaux navires de l’époque, avait été décoré par les soins de Lebrun et Girardon. Voici sa description, par le commissaire Hayet : « La couleur générale du
- vaisseau est or et blanc, toute parsemée de fleur de lys d’or. La grande chambre est décorée aux armes du Roi. Les chambres sont comparties en trois, savoir, celle du Conseil et une de chaque côté avec un « Courroir » entre deux où on a peint des Turcs qui relèvent des rideaux et qui semblent saluer ceux qui entrent, dans lesquelles les portes et fenêtres sont richement travaillées avec leurs volets semés de fleurs de lys, de soleil et de chiffres du Roi, et de filures accompagnées de très beaux feuillages.
- Les parquets des chambres sont marquetés d’olivier, d’ébène et d’ivoire. Les ciels d’azur, sont semés d’étoiles de fleurs de lys et de couronnes d’or ».
- L’extérieur répondait, comme il convient, à cette magnificence intérieure.
- La poulaine était décorée ]de renommées, sirènes et tritons. L’arrière "'[est une gloire en plusieurs étages de galeries, chevaux marins, tritons et sirènes servant de supports à iNep-tune et à Thétis qui offrent les richesses de la terre et de la mer à la figure du Roi
- Puget donna les dessins de l’ornementation et fit exécuter les figures d’une douzaine de navires construits à l’Arsenal deToulon. Mais, dès la fin de 1670, une réaction se produit, les commandants de vaisseaux et des chefs d’escadre ont reconnu les graves inconvénients de toute cette ornementation pesante, lorsqu’il fallait affronter la mer.
- De tous temps, celle-ci s’est en effet chargée, par les moyens violents dont elle dispose, de remettre au point la question de la décoration des navires. Il est facile de se figurer l’état où
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- quelques lames, bien déferlantes et bien appliquées au cours d’un bon coup de vent, devaient mettre les nep-tunes, tritons, sirènes et autres personnages augustes, voire même la figure du Roi, et aussi les peintures d’or et d’azur des chambres, y compris les infortunés Turcs dp Lebrun.
- Colbert qui savait écouler les avis des hommes compétents décide donc qu’ « il n’y a rien de si important que de retrancher ces grands ouvrages auxquels les sculpteurs s’attachent plus pour leur réputation que pour le bien du service ».
- Et au surplus, nous dit M. Philippar, Puget n’était pas populaire. D’Alméras, chef d’escadre avait écrit : « Il vaudrait mieux que le Roi lui donnât 1000 écus tous les ans pour ne jamais mettre les pieds dans l’Arsenal. »
- On en revint donc, peiit à petit, à une conception plus maritime de ce que devait et pouvait être la décoration d’un navire, et bientôt ce goût qui avait été poussé si loin ne se manifesta plus que par des figures allégoriques ou autres, souvent d’ailleurs fort belles, placées sur les guibres à l’extrême avant.
- Fig. 4. — La proue da vaisseau de 3® rang i’Àgréable, 1691.
- Musée de la Marine.
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- LE XVIII0 SIÈCLE
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- Sous Louis XV, les vaisseaux sont cependant encore peints en bleu entre les batteries et les gaillards, avec entourage d'un cordon doré, les mantelets de sabords sont rouges, les lignes'de batterie marron, le tout d’un aspect sobre et élégant (’).
- Peinture brillante et restes de dorures disparaissent sous Louis XVI et le vaisseau de guerre à voiles prend et garde jusqu’à sa fin un aspect sobre et guerrier.
- Il reste beau, cependant par son allure majestueuse, l'harmonie de ses formes', sa haute mâture où se déploie l’immense draperie des voiles blanches.
- Le navire de guerre moderne ne connaît, lui non plus, aucune ornementation. Mais une autre beauté lui est donnée, faite de la parfaite réalisation de l’idée qui a présidé à sa construction, de l’équilibre de ses formes, de l’élégance de ses lignes.
- « Quand il bouge, nous dit Mauclair dans son admirable livre La beauté des formes, le cuirassé apparaît comme l’expression la plus complète de ce que le génie de l’homme a pu faire, non seulement pour la puissance, mais encore pour l’esthétique.
- Et il ajoute « le paquebot, le vapeur de commerce, eux aussi, présentent ce prestige ».
- « Quand, vers la haute mer crépusculaire, j’ai vu, à Marseille, sortir les bateaux de Chine, leur long glissement lent contre la
- 1. Destkem et Clerc Rampa l. Catalogue du Mutée de la Marine.
- Fig 5. — Tableau de poupe de la galère Réale. (Sculptures de Tuget. Musée de la Marine. (Photo Painard.)
- Fig. 7. — Le Mariette-Pacha.
- Fin; b. — Le vaisseau à 3 ponts le Napoléon sous voiles (I8b8-1857).
- Salon de conversation de lre classe.
- Meubles et marqueteries d’inspiration égyptienne. (Photo Vizzavona.)
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- Fig. 8 (en haut). — Le d’Artagnan. Salon de musique de l,e classe (Le Faune dansant, par Jean Luc.)
- Fiq. 9 (en bas).
- Buste de proue du vaisseau le Napoléon (1848-1857).
- jetée blanche, me parut .être une des expressions les plus pathétiques de la beauté voulue par l’homme.
- La poésie et l’eurythmie sourdent de, tout le vaisseau, de sa forme, de sa mission; et cette nef inventée pour le voyage et Je commerce reste un de nos plus puissants motifs d’imagination, de mélancolie, d’héroïsa-tion et de songe. »
- L'ÉPOQUE MODERNE
- Mais, si le goût et l’art de la décoration appliquée à l’extérieur des navires ont disparu vraisemblablement pour toujours, ils ont repris et considérablement accru leur importance dans les aménagements des immenses et somptueux paquebots modernes, qui reçoivent les passagers.
- Les Compagnies maritimes de tous les pays apportent leurs soins, naturellement, à attirer et à retenir par le bien-être et le luxe cette clientèle si recherchée et mettent tout en œuvre à cet effet; mais, en cette matière, c’est encore la France qui a fait les premiers pas et ou peut aussi l’affirmer, qui marche, et de loin, en tête du progrès.
- Nos grandes Compagnies de navigation, Transatlan-
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- Fig. 10. — Le (Jhampollion
- Panneau et peinture placés au départ du grand escalier dans le hall. (La galère de Cléopâtre, par Jean Lefeuvreô
- tique, Messageries Maritimes, Chargeurs réunis et autres font appel aux artistes les plus réputés, peintres, décorateurs, dessinateurs, sculpteurs, ferronniers d’art, céramistes, etc., et leur confient le soin de composer tout l’ensemble destiné à embellir les locaux communs et les cabines de leurs paquebots. D’autres artistes en leur
- genre sont chargés de résoudre la question de l’extrême confortable, aujourd’hui de rigueur dans tous les aménagements, ordre d’idées sans doute plus terre à terre, mais à défaut duquel tout le luxe de la décoration n’aurait plus de raison d’être.
- On connaît, par de multiples descriptions et par l’éclat des fêtes offertes à de nombreux invités, les magnifiques installations des paquebots France, Paris, Ile-de-France de la Compagnie Générale Transatlantique, de la grande ligne de New York. Les paquebots des autres lignes ne sont pas moins luxueusement aménagés.
- La Compagnie des Messageries Maritimes suit avec persévérance et succès un programme esthétique de haute valeur, dans lequel la formule d’art se rajeunit constamment par l’utilisation des procédés nouveaux appliqués, avec des moyens différents, à un milieu qui se transforme de façon continue.
- Mais elle demande particulièrement à ses artistes, et on ne saurait trop l'en louer, de comprendre que la mer, dans son essence et avec sa viepropre,tient une place prépondérante dans l’esthétique dont ils doivent réaliser les inspirations.
- Les résultats de ces préoccupations se manifestent, de façon bien flatteuse, à l’autre extrémité du fil que les grands navires des Messageries Maritimes tendent depuis si longtemps entre la France et l’autre bout du monde.
- Nous voyons, en effet, les armateurs japonais s’inspirer nettement des leçons d’art qui leur sont apportées par ces paquebots, notamment le Paul Lecat mis en service en 1912 et le d’Ar-tagnan, tout récemment. On se montre très frappé, là-bas, de cette évolution de la décoration française, et cet exemple, venu de si loin, paraît devoir conduire les Japonais à transformer eux-mêmes leurs méthodes
- Notre marine joue donc, en ces matières, comme en tant d’autres, un rôle capital dans la diffusion de l’art, du goût, de la mentalité française.
- « Et ce n’est pas par hasard, nous dit encore M. Phi-lippar, puisque nous, armateurs français du xx* siècle, l’avons bien réellement voulu, et n’épargnons rien pour cela, que nos paquebots sont de véritables ambassadeurs de France. » Ct Sauvaire Jourdan.
- LA CONSTRUCTION DES MAISONS A PARIS
- LES NUMÉROS DE TAILLE DES PIERRES
- On sait que l’une des causes des agrandissements successifs de notre capitale, c’est l’existence, dans le voisinage, de carrières de pierres à bâtir.
- Si nous n’étions pas arrivés à l’âge du béton armé, qui permet de constituer de solides fondations dans les cavernes que nos pères ont creusées à l’entour de la ville
- et qui sont maintenant dans ses murs, si l’on peut dire, les entrepreneurs auraient à surmonter des difficultés considérables.
- Mais, si le béton armé est un merveilleux matériau pour les bases et pour l’ossature d’une maison, les pierres naturelles restent encore le matériau de choix pour les
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- murs de nos monuments et même de nos immeubles plus ordinaires.
- On trouve, dans un cercle qui va jusqu’à l’Yonne, la Côte-d’Or et la Meuse, des calcaires plus ou moins beaux et résistants pour nos édifices. Nous citerons, dans l’ordre de dureté croissante : la pierre de Carrières-sur-Seine, le vergelé de Saint-Leu, le banc royal de Laigne-ville, le banc royal de Méry, les bancs francs de Villiers-Adam et de Pâlotte, la pierre de Charentenay, la roche ordinaire de Saint-Maximin, la roche ordinaire d’Euville, le moucheté de Larrys, la roche jaune de Massangis, la roche des Abrets, la belle roche de Comblanchien et le magnifique liais Corgoloin.
- Avant d’être mises en œuvre, ces pierres sont soumises à une série d’essais qui permettent de constater leurs qualités constructives, essais à la compression à l’aide de presses hydrauliques puissantes, de flexion ou de cisaillement, d’adhérence au mortier, de résistance au gel et aux intempéries dans des glacières où l’on abaisse jusqu’à — 20°C..la température, etc.
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- Il ne suffit pas, d’ailleurs, d’avoir des pierres solides, il faut encore qu’on puisse les tailler avec assez de facilité afin que la construction soit pratiquement possible et ne coûte pas trop cher.
- Cette plus ou moins grande facilité avec laquelle les pierres se prêtent à l’outil de l’artisan est, depuis très longtemps, un des principaux éléments du prix du travail.
- On doit à Perronet, premier ingénieur du roi, la première classification des pierres d’après leur dureté sous l’outil. Le célèbre ingénieur des ponts et chaussées se servait pour cela d’un vilebrequin et il jugeait de la dureté d’après la vitesse d’enfoncement de la mèche.
- Les chiffres des essais de Perronet, corrigés par la pratique, ont servi pendant de longues années au classement des pierres à bâtir, mais, depuis que les progrès des méthodes d’exploitation et les facilités de transport ont permis d’aller chercher assez loin de Paris les pierres de choix indispensables, des discussions, des procès de plus en plus nombreux, résultaient de l’inexistence d’une méthode scientifique pour le classement des pierres d’après leur dureté de taille.
- On pouvait s’adresser, sans doute, à un tailleur de pierre expert et consciencieux, mais le rendement de son travail dépendait de tant de circonstances que les résultats des expertises étaient toujours discutables, d’autant plus qu’il était quasi impossible de comparer des résultats obtenus par des ouvriers différents à diverses époques et en divers lieux.
- Le distingué Président de la commission technique de la Société Centrale et de la Société des Architectes diplômés par le gouvernement n’a pas tardé, dès que l’affaire lui a été soumise, à élucider les divers facteurs qui interviennent dans la question :
- lu Résistance au choc sous l’action des divers outils (ciseau, poinçon, boucharde, laye, etc.*.);
- 2° Résistance à l'usure par frottement sous l’action de la scie, du « chemin de fer », etc...;
- —..... -.. - 199 =
- 3° Fragilité, c’est-à-dire risque plus ou moins grand de voir la pierre éclater sous les coups des outils; cette considération permettant de classer les pierres qui présentent les mêmes résistances au choc et à l’usure ;
- 4° Résistance à Y écrasement d’où découle l’aptitude d’une pierre à résister à des charges données.
- La plupart de ces qualités pouvaient être vérifiées par les machines en usage dans les laboratoires d’essais des matériaux de constructions, notamment au laboratoire de l'Ecole des Ponts et Chaussées ; mais aucun appareil pratique n’existait pour la mesure de la résistance au choc des outils.
- Avec la collaboration de ce laboratoire et de M. Maurice Collet, ingénieur-constructeur à Argenteuil, la Société des Architectes, avec son ingénieur-conseil, M. Nico-lardot, a mis au point une machine très simple qui va permettre d’essayer, dans les mêmes conditions, toutes les pierres à bâtir.
- La photographie (fig. 1) nous montre cette machine perforatrice à percussion rotative électro-mécanique.
- Un cube de pierre de 20 cm d’arête est placé dans le panier que l’on voit à la partie supérieure, une tare complète le poids de cet ensemble de manière à réaliser,
- Fig. 1. — La machine a essayer les pierres à bâtir.
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- = 200 —.......... .............. t,--------------------
- dans tous les cas, la même pression sur le fleuret vertical, et dirigé vers le haut, visible immédiatement au-dessous du panier métallique. Ce panier est guidé sans frottement par des roulettes qui s'appuient aux quatre montants du bâti; il n’est donc arrêté, dans sa libre descente verticale, que par l’outil perforateur; ce dernier attaquant la pierre par sa partie inférieure grâce au large trou percé au fond du panier.
- L’outil fixé à demeure sur le bâti de la machine est un marteau électrique frappant une mèche rotative dont l’étude a été laborieuse : il fallait, en effet, qu’un même outil puisse perforer des pierres présentant toute une gamme de duretés; cela était indispensable pour obtenir une série de chiffres comparables, propres à établir un classement, mais on s’éloignait ainsi des conditions du travail ordinaire des marteaux-perforateurs ou des perforatrices, dont les fleurets ont des dentures appropriées à la nature de la pierre à perforer, cela pour réaliser un rendement optimum qu’il était impossible de rechercher en. la circonstance
- On a choisi pour la mèche ou fleuret une largeur relativement. grande de manière à éviter les irrégularités d’enfoncement lors de la rencontre de parcelles dures dans une pierre non homogène ; cette mèche est percée en son centre, duquel partent des arêtes tranchantes régulièrement disposées, dont le profil a été étudié avec soin, afin que l’on puisse traiter toutes les pierres sans que l’accumulation des poussières puisse provoquer le bourrage du trou et le ralentissement ou l’arrêt de l’outil. A chaque coup de marteau, une légère rotation de la mèche fait que son attaque ne se reproduit pas au même point.
- On ne peut imaginer toutes les difficultés que l’on a
- rencontrées dans la détermination de la forme et de conditions de travail d’un outil qui paraît d’abord aussi simple. Il en est ainsi de tous les outils nouveaux, qu’ils servent au travail de la pierre, des métaux ou de n’importe quel matériau. Les outils anciens, que nous ont légués nos ancêtres, les plus simples outils comme le marteau et le ciseau, représentent l’aboutissement d’une série d’efforts et de perfectionnements longuement poursuivis.
- Mais il ne suffisait pas d’avoir un outil, il fallait encore mesurer exactement l’énergie dépensée et le Iravail produit.
- Les premières mesures ont été facilement obtenues; d’une part, à l’aide d'un compteur de tours; de l’autre, à l’aide d’instruments ordinaires mesurant les qualités du courant électrique actionnant la machine.
- La mesure du travail produit est un peu plus délicate, il faut procéder d’abord au tarage de la machine en perforant des échantillons que l’on est certain de se procurer en quantité suffisante et uniforme pour vérifier ensuite à chaque instant, si l’on veut, les mesures faites sur les pierres à classer; il faut choisir des pierres types pour chacun des numéros de taille et confronter les résultats de l’essai de percussion rotative avec les résultats des autres essais mécaniques f1).
- C’est un travail de longue haleine, mais, si l’on songe au total impressionnant des dépenses faites à Paris ou dans les carrières qui l’approvisionnent, pour la taille des pierres de ses édifices, on pensera qu’il était bien nécessaire de l’entreprendre afin d’éliminer un élément d’incertitude aussi important dans le paiement des travaux. Edmond Marcotte.
- 1. Cf. Les pierres naturelles et artificielles, par Edm. M., Gauthier-Yillat's, éditeurs.
- UNE ILLUSION D’OPTIQUE
- M. Marcel Dufour vient de publier dans les Comptes rendus de la Société de Biologie une observation qui intéressera tout autant les amateurs d’aslronomie que les oculistes.
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- « Dans les premiers jours de mon séjour à Alger, dit-il, alors que le soir, sur ma terrasse, j’admirais le ciel étoilé, je voulus observer les étoiles avec une jumelle à prismes de grossissement 8. Je fus frappé par une illusion d’optique assez curieuse, dont je veux vous entretenir aujourd’hui parce que je crois avoir trouvé un moyen assez pratique de faire à ce sujet quelques mesures pouvant intéresser l’optique physiologique.
- « Quand je voulais, dans ma lunette, fixer une étoile, cette étoile me paraissait mobile et animée de petits mouvements dans tous les sens, sans jamais s’écarter beaucoup d’une position centrale. Au contraire, les étoiles situées sur le bord du champ, celles que je ne fixais pas en vision directe, me semblaient immobiles.
- « L’interprétation du phénomène était aisée à trouver. Les petits mouvements involontaires, imprimés à la jumelle par la main qui la tenait, déplaçaient les images des étoiles vues à travers l’instrument et, l’acuité visuelle étant beaucoup
- plus grande dans la région maculaire que pour les parties périphériques de la rétine, ces déplacements se trouvaient trop petits pour être perçus par les parties périphériques de la rétine, sur les bords du champ visuel, mais étaient assez grands pour être appréciés par la région maculaire, à condition que le grossissement de l’instrument fût suffisant. Avec une jumelle de grossissement 3, je n’ai pas pu constater ce phénomène. Le mouvement apparent de l’étoile regardée en vision directe était supprimé dès que je donnais plus de fixité à ma main, en appuyant mon avant-bras contre un mur ou tout autre support bien fixe.
- « Il y aurait là, je crois, un moyen de déterminer la valeur de l’acuité visuelle aux différents points de la rétine, et il serait intéressant de comparer les résultats ainsi obtenus à ceux qu’a donnés la méthode directe. »
- *
- % #
- M. Dufour ajoute qu’il va réaliser un dispositif spécial pour ces mesures.
- Les oculistes seront certainement intéressés par cette ingénieuse observation susceptible de leur fournir un nouveau moyen d’apprécier les qualités de l’œil.
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- LES PHÉNOMÈNES PÉRIODIQUES DANS LA NATURE
- L’étude de l’état colloïdal de la matière a permis de constater un trait typique de cet état, la périodicité. La production de phénomènes périodiques en présence de colloïdes a été observée, semble-t-il, pour la première fois par G. Runge en 1855. Cet auteur, en mettant en contact des feuilles de papier-filtre, imbibées avec des solutions de sels métalliques variés, a constaté la formation de zones périodiques dans les précipités formés ; Runge a émis l’idée que le mécanisme de la production de ces formes périodiques doit être analogue à celui observé dans les êtres vivants. Cette idée a été reprise par Rainey en 1858. En 1879, Ord a constaté les formations de précipités périodiques d'oxalate de calcium en présence des colloïdes. En 1892 Lupton, puis, en 1896, Liesegang et en même temps Stéphane Leduc ont signalé la formation de précipités périodiques lorsque les réactifs sont incorporés à un hydrogel, la gélatine en occurrence (fig. 1). Leduc a vu, en outre, que la simple dessiccation d’un colloïde aboutit parfois à la formation de structures périodiques (fig. 2).
- Depuis cette époque, on s’est beaucoup occupé du problème de ces « anneaux périodiques » en grossissant le nombre de faits observés.
- En 1902, Eisenberg et Volk ont constaté la périodicité dans l’agglutination des bacilles typhiques ; la même année Danysz a démontré la toxicité périodique au cours de mélanges de toxine avec antitoxine diphtériques. En 1903, Friedemann et Neisser ont vu la périodicité de la coagulation de colloïdes organiques par dés agents coagulants divers ; et depuis cette époque un certain nombre de floculations et de coagulations périodiques a pu être constaté : par Rilliter en 1905 sur l’hydrosol de
- Fig. 2. — Structure striée obtenue par dessiccation (id’après St. Leduc).
- Fig. 1. — Anneaux de Liesegang-Leduc.
- sulfure d’arsenic (AssS3), et celui d’oxyde de fer [Fe2(OH)3], par Salignat et Ghamagne en 1906 sur les eaux de Vichy, par Vernes en 1917 dans la floculation par le sérum humaindes suspensions fines ou d’hydrosol d’hydrate de fer (fig. 4). Nous-avons signalé en 1926 l’action périodique des hydrosols d’oléate de soude sur l’ascension électrocapillaire des matières colloïdales colorées ; en 1927 nous avons observé des floculations périodiques au sein d’une eau de source minérale conservée dans un vase clos.
- Ces quelques exemples choisis dans les domaines divers de la science expérimentale démontrent que les phénomènes périodiques sont très répandus. Cette idée a été émise récemment par Hodges et Myers dans une monographie anglaise dans laquelle toutefois les auteurs semblent ignorer totalement les travaux français ; le côté biologique du problème leur échappe en grande partie (*).
- Les recherches bibliographiques auxquelles nous nous sommes livrés nous donnent l’impression nette de la généralité des réactions périodiques dans la nature.
- Nous essayerons de faire partager cette idée par nos lecteurs, en leur donnant des exemples tirés des sciences expérimentales, de la biologie, de la thérapeutique et de la médecine.
- EXEMPLES VARIÉS DE PHÉNOMÈNES PÉRIODIQUES
- Les physiciens ont observé des variations périodiques de propriétés des corps sous l’influence de facteurs divers.
- Young et van Sicklen ont remarqué que la dureté des
- 1. Hodges et Myers. Physico-chemical Periodicity. London, 1927.
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- Fig. 3. — Périodicité de la dissolution d’aluminium dans l'acide chlorhydrique normal a 35° (d’après Hodges et Myers).
- aciers varie périodiquement selon le nombre de trempes reçues récemment. Portevin et Le Ghatelier ont vérifié cette observation sur des alliages d’aluminium.
- Tingl et Rolker ont signalé que les points de fusion des mélanges d’ortho- et de para-nitroaniline varient périodiquement, selon la composition de ces mélanges. Un grand nombre d’auteurs ont observé la cristallisation périodique de diverses substances organiques et inorganiques ; Hodges et Myers ont obtenu la cristallisation en ondes de l’acide benzoïque dans le mélange d’acide sulfurique et d’alcool. Davies a remarqué que la pénétration de certaines matières colorantes dans des bandelettes de papier-filtre s’effectue d’une façon périodique en donnant lieu à la formation de zones périodiques du colorant; nous avons constaté en 1926 le même phénomène avec presque toutes les matières colorantes colloïdales amphotères, en déposant les gouttes sur des feuilles de papier-filtre, et tout récemment nous avons publié des documents sur cette ascension électrocapillaire périodique (‘J. West a observé la formation périodique de l’eau lorsqu’un mélange d’oxygène et d’hydrogène est amené à se combiner à l’orifice ouvert d’un tube.
- Toute une série de phénomènes électriques accuse une périodicité frappante. Richardson a constaté que Vémission des ions positifs par une spirale de platine, portée à l’incandescence dans une atmosphère d’oxygène, s’effectue d’une façon périodique. Les décharges électriques périodiques ont été vues par de nombreux auteurs au cours du fonctionnement de divers interrupteurs, comme celui de Wehnelt ou de Cooper-Hewitt (Gady, Baer, Laue et Meyer et autres).
- Une périodicité nette dans Yélectrolyse a été signalée il y a longtemps par Schônbein, Joule et d’autres ; Joule a tout particulièrement étudié l’électrolyse de l’acide sulfurique par le courant amené aux électrodes de fer.
- Une étude attentive des chaînes de concentration a permis également de constater l’existence de variations périodiques de la force êlectromotrice engendrée ; sans 1. Kopaczewski, Protoplasma, 1928, vol. 3.
- parler des expériences anciennes de Fechner et de Schônbein sur cette question, signalons les résultats récents de Kisliakowsky et de Heyerowsky, particulièrement démonstratifs. Le premier a étudié la chaîne suivante-: : Fe/K? Cr2 O7 ; N/I; H2SO/Fe; le second — Hg/Hg2 Cl2.— N/I; H Cl/Al ; les variations périodiques étaient notables, elles oscillaient entre 0,77 et 1,67 volt. Ces variations méritent une étude toute particulière, étant donné l’importance que la mesure de la FEM des chaînes de concentration a acquis récemment dans la science expérimentale.
- Pour terminer l’énumération de variations périodiques observées au cours: des divers phénomènes électriques il n’est pas sans intérêt de rappeler l’existence de cette périodicité dans les émissions des postes de télégraphie sans fil, connues sous le nom d’harmoniques.
- En chimie, les actions périodiques sont aussi nombreuses et importantes. Il nous vient immédiatement à l’esprit le système périodique des éléments chimiques de Mendeleiefif établi sur l’existence de propriétés périodiquement retrouvables selon le poids atomique d’élément. Bien avant, Herschel a observé un phénomène périodique au cours de la dissolution du phosphore dans l’acide azotique.
- Le fait, constaté par Ostwald, de la périodicité du dégagement d'hydrogène qui accompagne la dissolution de chrome dans les acides, a attiré l’attention de nombreux chimistes et a été par la suite étudié avec beaucoup de détails par Banerji et Dhar, par Desch, et enfin par Hodges et Myers sur de nombreux exemples. Il résulte de ces travaux plusieurs faits de la plus haute importance sur lesquels nous reviendrons en essayant de dégager le mécanisme éventuel des actions périodiques, en général. Signalons déjà que le degré de pureté du métal à dissoudre, la présence des colloïdes à l’état de dispersion bien déterminée, en quantité minime et fraîchement préparés, sont des facteurs de tout premier ordre pour réussir la reproduction de ce phénomène périodique (fig. 3).
- En 1854, Joubert a observé que la luminescence du phosphore dépend de la pression d’oxygène et que, selon la pression, cette luminosité revêt un caractère périodique; ce phénomène a été vérifié, confirmé et étudié avec détails par les expérimentateurs modernes : Rayleigh, Centnerszwer, Bloch, Emeleus et autres.
- Enfin, les réactions de précipitation peuvent, parfois,
- Fig. 4. — Périodicité de la floculation du sérum humain par traitement à l’acétate de fer (d’après Yernes).
- U g v.c
- 90 ioo no
- Floculation
- nulle
- Floculation
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- accuser un caractère périodique, ainsi que cela a été signalé par Holker dans la précipitation d’oxalate de potassium par Ga Cl2.
- LES RÉACTIONS COLLOÏDALES PÉRIODIQUES
- La périodicité d’une réaction de double décomposition (ehromate de potasse et carbonate de plomb) a été décrite par Goldbluin.
- Mais les phénomènes périodiques sont surtout faciles à provoquer dans les réactions colloïdales.
- Elissafoff a observé des variations périodiques de la charge de l’eau dans les tubes capillaires en quartz par l’addition de doses croissantes de nitrate de thallium Th (NO3)4. Voici cet exemple :
- Concentration. Charge
- 0 — 50
- 0.36 — 27
- 1.0 — 2
- 1.9 0
- 3.8 + 12
- Au cours de la stabilisation des divers colloïdes par les savons, Spring a fait une constatation intéressante : cette stabilisation est périodique, selon la dose ajoutée; le même fait a été retrouvé par Boutaric dans la protection des hydrosols par des quantités minimes de sels inorganiques, dont les doses fortes floculent. On peut, peut-être, rapprocher l’observation de Spring de celle de Johlin : l’abaissement périodique, en fonction du temps, de la tension superficielle des mélanges d’albumine à 1 0/00 avec Na OH à M/700.
- En étudiant les interréactions colloïdales, on a pu constater que le phénomène de labilisation et de stabilisation des colloïdes est un phénomène essentiellement périodique. Cette périodicité a été retrouvée sur des modèles inorganiques et organiques, naturels et de synthèse, dans les actions entre les colloïdes ou les divers
- Fig. 5. —r- Précipitation périodique de l’eau minérale de Vidago (d’après Kopaczewski).
- Fig. 6. — Variations périodiques des propriétés physiques de l’hydrosol d’oléate de soude (d’après Kopaczewski).
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- — "V
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- 10 Jours
- facteurs réglant lèur stabilité — radiations, ions libres, température, pression, agitation, etc.
- Voici quelques Exemples :
- A) Floculation de As* S"° par Fe*(OHY (Billiter).
- Doses de As2 S3 + Fé2 (OH3. Floculation :
- 20.3 + 0.61 ' * traces
- 16.6 + 6.08 totale
- 4.14 + 24.3 traces
- 2.07 + 27.4 0
- B) Floculation de congorubine par ferrocyanure de Sodium à MJ 100 (Kopaczewski).
- Doses de ferrocyanure pour 2 cmc de congoru-
- bine à 1 0/000 :
- 0.05 0
- 0.25 Virage au bleu violacé
- 0.50 — —
- 2.5 Rouge violacé
- 25.0 Virage au bleu
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- G) Floculation de rouge-trypan par le Th Clk (Kopac-zewski) :
- Doses de Th Cl4 pour 0,25 crac de rouge-trypan dialysé à 1 0/0 :
- 2.0 cmm 0
- 2.5 traces
- 5.0 totale
- 20.0 traces
- 30.0 0
- Des faits analogues ont été observés, ainsi que nous l’avons déjà signalé au début de cette étude sur des colloïdes organiques, les sérums en [particulier. Vernes a obtenu sur cette question des résultats nets qui ont été par la suite retrouvés par Holker. Étant donné l’existence de ces labilisations [périodiques, il faut en tenir compte dans les réactions biologiques basées sur ces modèles et notamment dans les réactions de floculation introduites dans le diagnostic de certains états pathologiques (syphilis, cancer,tuberculose, etc.). Nous avons
- constaté des floculations périodiques au sein d’une eau minérale particulièrement labile de Vidago (Portugal) (fîg. 5). Certains colloïdes accusent en vieillissant des variations périodiques de leurs propriétés physiques : tel l’hydrosol d’oléate de soude (fîg. 6) ; ces variations se reflètent dans leurs actions électrocapillaires (fîg. 7).
- La périodicité s’observe également avec des hydrogels colloïdaux.
- Leduc a observé l’apparition de zones périodiques au cours de la dessiccation de la gélatine (fîg. 2) ; Pijper a démontré que la réaction réelle du liquide synérétique varie périodiquement; les réactions de précipitation des sels ou de floculation des hydrosols revêtent une allure remarquablement périodique dans les hydrogels ; ainsi que nous l’avons signalé (fîg. 1), cette remarquable périodicité a servi de point de départ pour les études ultérieures.
- Enfin la catalyse par les hydrosols colloïdaux métalliques accuse elle aussi un caractère de périodicité. Déjà Bredig a décrit la catalyse « pulsatile » dans la décomposition de l’eau oxygénée parle permanganate dépotasse
- en présence du mercure comme catalyseur; Weinmeyer et Milke ont établi que ces variations catalytiques s’accompagnent de changements périodiques de la force électro-motrice dans la chaîne constituée : pendant l’activité catalytique du métal cette force est de 0,254 et pendant la période de repos 0,322 volt. L’étude de ces phénomènes catalytiques périodiques a été reprise par Antropoff, puis par Hodges et Myers sur la catalyse par les hydrosols de platine et d’argent (fîg. 8). D’autres exemples de la catalyse périodique sont connus : le cuivre en poudre accuse des variations de ses propriétés catalytiques selon la température à laquelle la réduction a été opérée ; d’après Groll l’hydrolyse d’urée est périodique en fonction de l’âge de l’uréase ; il en est de même pour la lipase d’après Sluiter, pour la fermentation lactique (Richet) et pour d’autres fermentations (Kohler) ; pour l’amylase d’après de Bruyne et pour le platine électrodispersé selon Roca-solano.
- Went a signalé que YAspergillus niger sécrète la dias-tase d’une façon périodique sans arriver, toutefois, à savoir à quoi cette périodicité soit due.
- Il suffit de rappeler l’importance des processus catalytiques dans la vie pour pouvoir affirmer que la périodicité doit également jouer un rôle de premier plan dans de nombreuses manifestations vitales.
- LES PHÉNOMÈNES PÉRIODIQUES DANS LES MANIFESTATIONS VITALES
- En effet, un bon nombre de phénomènes vitaux accusent cette périodicité. Les formes et la structure des êtres animés sont parfois remarquablement périodiques : il suffît de rappeler le revêtement des ailes des papillons, les couleurs des poissons ; le pelage des animaux (zèbres) ; les couleurs des plumes (faisans) ; la structure des vers, des serpents, de certains organes (muscles), de certains minéraux (agate), des tentacules de sépia, de troncs d’arbres, de cultures microbiennes, etc., pour voir toute l’analogie que ces cas présentent avec la formation des structures semblables par le simple jeu des facteurs physico-chimiques (Liesegang, Gebhart, Rhumbler, Küster, Gold-schmidt et autres). (Fig. 9, 10, 11.)
- Mais, en dehors des analogies des formes nous retrouverons l’analogie de fonction. Ainsi la croissance de certaines plantes s’effectue périodiquement selon la longueur d’onde lumineuse, ainsi que cela a été avancé par Plot-nikoff. Le « phototropisme » du plancton dépend de la concentration en ions hydrogène et revêt une allure périodique d’après Rose. Fage et Legendre ont démontré par des pêches nocturnes l’influence périodique de la lune sur la fécondation de nombreux vers de nos côtes, particulièrement des Néréidiens.
- Il nous est impossible d’insister sur la périodicité de la perméabilité de la membrane cellulaire qui a été envisagée par Herlant et semble vraiment exister.
- Nous avons constaté des variations périodiques de propriétés physico-chimiques des microbes.
- Fig. 7. — Variations périodiques de l’action de savons sur r ascension électro capillaire de matières colorantes (d’après Kopaczewski).
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- Ne faut-il pas non plus rapprocher l’acuité de nos fonctions intellectuelles des variations périodiques de la richesse en phosphore et en azote du cerceau, ce qui a été signalé par Ehrenberg?
- En tout cas la vox populi considère la vieillesse comme une seconde enfance....
- Enfin en médecine, deux faits périodiques sont à signaler : la structure périodique des calculs biliaires et rénaux (fig. 12) et l'action périodique de certains médicaments.
- Cette dernière action mérite une étude particulière : en effet la morphine, par exemple, à des doses plus que mortelles, semble provoquer une analgésie totale sans aucune suite funeste. On connaît l’action constipante du sulfate de soude à faibles doses; la phase excitante de la quinine, etc. En est-il de même pour d'autres substances médicamenteuses ? L’action des médicaments est-elle périodique, comme toute réaction de labilisation colloïdale?
- Ce point mérite d’attirer l’attention des chercheurs. Peut-être, grâce à l’existence d’une telle périodicité, pourrons-nous expliquer certaines actions des doses homéopathiques?
- Ayant ainsi énuméré un certain nombre d’exemples, tirés de toutes les sciences, il nous faut aborder l’étude du mécanisme des actions périodiques. Ce mécanisme est-il toujours identique ? quels sont les facteurs qui le
- déterminent ?
- Il nous est impossible de répondre à cette question, nous ne pouvons donner que des idées, des hypothèses, parfois vérifiables, parfois contradictoires.
- Essayons de dégager quelques conclusions, d’après les travaux de W. Ost-wald, Hatschek, Bradford, Wo. Ost-rald, Jablczynski, Fricke et autres auteurs.
- Ostwald a donné
- la première tentative d’explication des phénomènes périodiques : d’après lui la cause de cette périodicité réside uniquement dans la valeur oscillatoire de la vitesse de formation des germes cristallins.
- On sait, en effet, que cette vitesse est pour ainsi dire insignifiante au-dessous d’une certaine concentration et qu’elle croît très rapidement au voisinage de la zone de sursaturation; ce phénomène est facile à observer en ensemençant ^ des solutions sursaturées avec un cristal tout formé. Contre cette conception unilatérale de Ostwald plusieurs faits expérimentaux protestent : tout d’abord le rôle de la nature du gel colloïdal au sein duquel s’observent les formations périodiques. Hatschek a pu observer que le Kl et Pb(N03)2 donnent des anneaux périodiques dans la gélose, mais point dans le gel de silice.
- De plus, si dans la gélose ayant déjà donné des productions périodiques on introduit encore une fois le réactif floculant, les anneaux périodiques se forment parfois non sur les anneaux, ce que l’on devrait voir si des germes cristallins étaient uniquement responsables de leur formation, mais on aboutit à la production des zones nouvelles placées entre les zones déjà existantes.
- Après avoir constaté que dans les zones intermédiaires, entre les anneaux, on retrouve un des produits de la réaction-à l’état de dispersion micellaire, Hatschek suppose que le phénomène de grossissement micellaire, ayant également une allure analogue à celle de la formation des germes cristallins, doit intervenir dans la for-
- Fig. 11. — Culture sur pomme de terre de Baciltus prodigiosus.
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- Fig. S. — Décomposition périodique de Veau oxygénée par Vamalgame de magnésium
- (id’après Hodges et Myers).
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- mation des anneaux périodiques.
- Par la suite Brad-ford a invoqué le rôle des phénomènes d’adsorption : d’après lui, il se forme au premier contact de deux réactifs un composé d’adsorption ; alors la con-Fig. 12, — Périodicité dans un calcul centration de l’un
- biliaire (d'après Schade). ' des deux réactifs est
- trop faible pour déterminer la floculation qui ne peut se faire qu’à une certaine distance. Bechhpld a souligné le rôle de la dispersion de floculés dans le milieu.
- Il est très probable que dans la production des formations périodiques les facteurs invoqués par les auteurs cités interviennent à la fois, ou certains d’entre eux à titre prépondérant.
- Chose remarquable, quelques auteurs, Lotlca en particulier,1 sont arrivés, grâce à un raisonnement purement mathématique, à démontrer que dans certains cas les réactions catalytiques doivent avoir une allure périodique.
- Celte revue rapide des phénomènes périodiques physico-chimiques nous semble devoir attirer l’attention des expérimentateurs sur l’extrême complexité des études concernant l’état colloïdal de la matière, et sux- la nécessité de déterminer méticuleusement toutes les conditions d’expérimentation.
- N’est-il donc pas possible que tout phénomène puisse dans certaines conditions, avoir une allure périodique ?
- Dr W. Kopaczewski.
- > ... UNE SONDE MAGNÉTIQUE ='. 'El?:
- L’EMPLOI CHIRURGICAL DES AIMANTS PERMANENTS
- La médecine connaît, depuis bon nombre d’années, l’emploi, pour l’extraction des corps étrangers, d’électroaimants de formes appropriées. C’est surtout en ophtalmologie que ces dispositifs ont donné d’excellents résultats, en permettant, sans recourir au scalpel, de débarrasser l’œil d’éclats de fer ou d’acier.
- Tout en étant d’un emploi fort pratique, ces électroaimants sont affectés de graves inconvénients : n’étant pas toujours d’un réglage facile, ils ne nuisent que trop souvent par des effets par trop violents; d’autre part, ce sont des appareils coûteux, encombrants et difficiles à transporter, qui ne trouvent leur place que dans les
- Fig. 1. — Crayon-sonde magnétique pointu h l’un des bouts; aplati à l’autre.
- hôpitaux ou le cabinet du spécialiste. Toutes les fois qu’on tentait, dans un but analogue, l’emploi d’aimants permanents, on se heurtait fatalement à l’insuffisance des extractions, incapables d'exercer des effets comparables. Ce n’est que tout dernièrement qu’une société d’électricité américaine, la Western Electric Company, a réussi à faire, avec un alliage magnétique permanent, des sondes de dimensions comparables à celles d’un crayon, mais tout aussi puissantes que les grands électro-aimants, et qui, elles aussi, se sont révélées d’une grande utilité pour toutes sortes d’applications chirurgicales, surtout entre les mains de l’oculiste.
- C’est grâce à l’emploi d’un acier au cobalt exerçant des effets magnétiques deux fois et demie supérieurs à ceux de l’acier au tungstène qu’on a pu réaliser ce progrès. Lanouvelle sonde — pointue à l’un de ses bouts, pour les emplois oculistiques, aplatie à l’extrémité opposée, pour le traitement des coupures — est le produit de la collaboration, avec la section médicale, du Dr Hartsough, physicien de ladite Société.
- Fig. 2. — Le Dr Kelly, à l’Hôpital des usines d'tlawthorne, extrayant, au moyen du crayon magnétique, un éclat d'acier dans la main d'une ouvrièi e.
- Dr Alfred Gradenwitz.
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- LE BŒUF MUSQUÉ :. = 207
- Le bœuf musqué (Ovibos moschatus) existait autrefois en quantités innombrables sur les terres désolées qui bordent les régions arctiques. A présent, il n’est commun que dans la pointe placée au nord de l’Amérique, au nord et à l’est d’une ligne qui passerait du Fort Churchill, sur la baie d’IIudson, jusqu’à l’embouchure du Mackensie sur l’océan Arctique, ainsi que vient de le constater M. Edward, A. Preble, revenu tout récemment de ces contrées lointaines dont le Ministère de l’Agriculture américain l’avait chargé d’étudier la flore et la faune.
- Ce savant naturaliste vient de publier une étude du plus haut intérêt concernant plus particulièrement le bœuf musqué et dont il a bien voulu nous permettre d’extraire les détails qui suivent.
- Ce ruminant est un des animaux les plus curieux parmi les gros mammifères ; son extérieur est si bizarre et si frappant qu’après l’avoir vu une fois on ne l’oublie pas facilement.
- Figurez-vous une masse oblongue entièrement couverte de longs poils ondoyants, haute de 1 m. 40 et longue de 2 m, supportée par des pattes courtes, épaisses et terminées par des sabots étroits; de plus, une grosse et large tête munie d’un museau court, obtus, et vous aurez une image approximative de cet habitant des terres glaciales (fig. 1).
- Ses cornes sont larges et aplaties, très rapprochées sur la ligne médiane où elles recouvrent le front; elles divergent en se dirigeant au dehors et en bas pour se relever ensuite à leur pointe.
- Les soies dont le pelage est en partie formé sont très longues au cou, aux épaules, au dos et aux lombes. Aux jambes elles recouvrent un duvet épais, d’un gris cendré. Celui-ci se forme en hiver, persiste durant toute la saison, tombe en été par gros flocons, mais il est bientôt remplacé par un duvet nouveau. La robe d’un brun foncé est plus noire au-dessous du corps qu’au-dessus et sur les côtés ; au milieu du dos est une tache de poils courts gris sombre. Le bout du nez, les lèvres, le menton sont blanchâtres et la teinte des jambes est moins intense que celle du corps.
- Malgré la longueur de son poil qui traîne presque à terre, la démarche du bœuf musqué et ses manières générales trahissent immédiatement sa parenté avec la race bovine. Une bosse assez marquée sur les épaules rappelle le bison. Etant, grâce à son épaisse toison, à l’abri des poursuites des innombrables mouches infestant son habitat, cet animal n’a pas besoin de queue pour les chasser; cet appendice est, d’ailleurs, réduit à sa plus simple expression.
- D’apparence lourde et nonchalante quand il est calme, le bœuf musqué est leste et rapide quand il se croit en danger. Il grimpe sur les rochers comme
- Fig. 1. — Un bœuf musqué dans le Parc zoologique de New York. Photographie de la New York zoological Society.
- les chèvres et saute adroitement d’un rocher à un autre. S’il est blessé, il charge avec furie celui qui l’attaque et met à mal le chasseur imprudent ou maladroit qui n’a pas su esquiver son élan meurtrier.
- Au point de vue anatomique, ce ruminant présente quelques traits du mouton qui lui ont, du reste, valu son appellation scientifique à'Ovibos. Cette appellation semble inexacte à M. Preble, car, à son avis, ces caractéristiques sont insignifiantes, en comparaison de celles qui rappellent franchement le bœuf. D’après lui, le bœuf musqué se rapproche le plus du bison dont il diffère cependant, d’une façon assez marquée, comme on peut s’en rendre compte par notre description et par nos images.
- Ce mammifère affectionne la « toundra » (steppes
- Fig. 2. — Cinq jeunes bœufs musqués, âgés d'un an, provenant du Groenland, actuellement à New York.
- Photographie du New York Zoological Park.
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- = 208 ............. . ............ ......—........—
- désolées) des régions arctiques, parsemée de marais et de petits étangs innombrables. Il se nourrit, en été, des maigres herbes qui poussent dans ces marais ; en hiver, il mange les lichens.
- La vache met bas fin avril, commencement mai, un seul veau qui naît revêtu d’une laine chaude et abondante, comme il convient à un enfant de l’Arctique. La mère le cache avec soin sous un amas de lichens ou d’herbes où elle le surveille jusqu’à ce qu’il ait assez de force pour courir avec elle. Tant que le jeune ne peut se tirer d’affaire tout seul, ses compagnons adultes le protègent contre ses ennemis.
- En effet, à l’approche d’un danger, les vétérans du troupeau — les bœufs musqués vivent par groupes de 20 à 25 individus — forment, en en clin d’œil, un cercle autour des plus jeunes, queue à queue, de manière à faire front dans diverses directions. Cette manœuvre leur réussit toujours contre les attaques des loups; elle est, malheureusement, désastreuse pour eux, devant les armes à feu. Ainsi groupées, ces pauvres bêtes offrent une cible facile aux chasseurs, qui pendant de longues années se sont acharnés après elles.
- Les chasseurs ont ainsi contribué à la disparition de cette espèce : encouragés par une demande assez forte de peaux, après l’extinction du bison, des Indiens vinrent régulièrement passer une saison dans la partie la plus accessible du Canada septentrional. Il firent si bien qu’en l’espace de quelques années, ils dépeuplèrent complètement cette contrée. Dans la zone polaire occidentale et au nord de la baie d’Hudson, ce furent les Esquimaux qui se chargèrent d’exterminer les troupeaux de bœufs musqués. A ces destructions systématiques, il faut encore ajouter, celles, tout à fait légitimes du reste, provoquées par les besoins des explorateurs dont le bœuf musqué était souvent l’unique source de viande fraîche. Cette viande est d’ailleurs excellente, l’odeur de musc qui vaut son nom à cet animal existe à peine, lorsque celui-ci vient d’être abattu.
- Chose curieuse : quoique connu depuis plus d’un siècle, le bœuf musqué a été l’un des derniers parmi les mammifères terrestres à se trouver en captivité.
- Les premiers bœufs musqués furent capturés en 1899, dans l’île de Clavering (Groenland). Ils furent emmenés en Norvège et achetés, plus tard, par le parc de Woburn (Angleterre). En 1902, le « New York Zoological Park » eut la chance d’acquérir un individu auquel il en adjoignit quelques autres, les'années suivantes. En 1903, les jardins zoologiques des principales capitales d’Europe eurent, eux aussi, leur bœuf musqué.
- Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces animaux supportent bien leur nouveau régime. Ils s’y développent d’une façon tout à fait normale, mais ils ne se reproduisent généralement pas. Cependant, en septembre dernier naquirent deux petits veaux au « Zoo » de ;New York ; ils n’ont malheureusement vécu que quelques jours.
- Pour se procurer les quelques rares bœufs musqués qui se trouvent dans les différentes capitales, il a fallu sacrifier un nombre stupéfiant de bêtes. On doit s’en emparer quand ils sont encore jeunes et la capture de ces jeunes ne peut se faire qu’après la perte de leurs parents qui défendent leur progéniture jusqu’à la mort. M. Preble estime que pour chaque bœuf musqué installé dans un jardin zoologique on a dû sacrifier presque une centaine de ces bovins.
- Pour essayer d’enrayer la disparition complète de ces intéressants animaux, le gouvernement Canadien vient de créer plusieurs « réserves » dans lesquelles seuls les indigènes ont le droit de chasser. De plus, le trafic des peaux de bœufs musqués est strictement interdit.
- Espérons que grâce à ces dispositions le pauvre bœuf musqué pourra encore éviter le sort lamentable des bisons, des lions de mer et autres espèces animales réduites par suite d’une chasse impitoyable et inconsidérée !
- L. Kuentz.
- LES LIGNES TELEGRAPHIQUES ET TELEPHONIQUES
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- DES RESEAUX DE
- COMMENT ON PEUT AUJOURD’HUI
- L’usage du téléphone s’est peu à peu imposé dans l’exploitation des chemins de fer, tout comme dans les autres domaines de l’activité moderne.
- La vitesse toujours croissante des trains, de plus en plus lourds et de plus en plus nombreux, exige, en effet, que les différentes gares d’une même ligne soient rapidement prévenues de la situation des circulations pour leur permettre de prendre, en temps utile, toutes les mesures de sécurité qui s’imposent.
- De plus, la nécessité de satisfaire aux besoins du com-
- CHEMINS DE FER
- VÉRIFIER RAPIDEMENT LEUR ÉTAT
- merce, dans des délais aussi courts que possible, avec un minimum de personnel et de matériel roulant, conduit à de nombreux échanges de conversations auxquelles s’ajoutent les demandes de renseignements échangées entre les agents de direction et les agents d’exécution des différents services.
- Pour répondre à ces besoins, de nouveaux circuits téléphoniques ont été établis au<cours de ces dernières années, mais les dépenses élevées de premier établissement qui en résultent en ont fait limiter le nombre au minimum strictement indispensable.
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- LA SURVEILLANGE DES LIGNES TÉLÉPHONIQUES ET TÉLÉGRAPHIQUES DES CHEMINS DE FER
- Dans ces conditions, il devient absolument nécessaire, pour permettre une bonne exécution du service, de veiller d’une façon toute particulière sur le bon état des différents circuits et de réduire au minimum la durée des dérangements susceptibles de les affecter par suite de ruptures ou de mélanges de fils impossibles à éviter.
- LES MÊMES OBSERVATIONS VALENT POUR LES LIGNES TÉLÉGRAPHIQUES
- Bien que placée dans des conditions différentes, l’Administration des Postes et Télégraphes a dû faire face aux mêmes nécessités pour satisfaire ses abonnés et son organisation lui permet d’utiliser avantageusement des relais de coupures à distance. Ces appareils, dont il existe plusieurs modèles, sont installés dans des guérites où les différents circuits d’une même ligne sont automatiquement renvoyés dans les bureaux pour être passés sur les tableaux de mesures ou pour être soumis aux opérations d’isolement, de bouclage et de mise à la terre qui permettent à d’autres bureaux d’effectuer toutes vérifications utiles.
- Sur les réseaux de chemins de fer des installations de ce genre pourraient être réalisées, mais le nombre relativement restreint des lignes exploitées ne permettrait pas d’affecter à ce service un personnel supplémentaire, bien spécialisé, sans lequel le système perd tous ses avantages.
- La vérification des lignes télégraphiques et téléphoniques des réseaux de chemins de fer est en effet confiée, par circonscriptions dont la longueur varie de 10 à 80 km, à des agents chargés, en même temps, d’un autre seivice qui les oblige à s’absenter fréquemment de leur résidence. De plus, les sectionnements qui peuvent exister sur les fils aux limites de circonscriptions sont bien sou-
- Fig. 1. — Photographie du poste de commande, système Boydron, servant h la vérification des lignes téléphoniques entre les gares de Mantes-Gassicourt et Epône-Mézières du réseau de chemins de fer de l’Etat.
- vent établis en des points distants de plusieurs kilomètres des gares où l’on pourrait trouver un agent du service des lignes.
- Dans ces conditions, l’entente est beaucoup plus difficile entre les agents de circonscriptions voisines qu’entre les bureaux voisins de l’Administration des Postes et Télégraphes et, dans une même circonscription, les pertes de temps sont telles que des dérangements subsistent parfois pendant plus de 24 heures avant de pouvoir être localisés.
- UN APPAREIL
- POUR LA VÉRIFICATION RAPIDE DES LIGNES ÉLECTRIQUES
- Pour remédier aux inconvénients qui résultent de cet état de choses, M. Boydron, contrôleur principal du service de la télégraphie et des signaux électriques des chemins de fer de l’E tat, a imaginé un dispositif ingénieux et pra-
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- 2 JO
- Appareil
- téléphonique
- Poste de commande
- Poste récepteur
- Appareil
- téléphonique
- Circuit téléphonique Mantes-EpôneMZ*
- FU à vérifier
- Fig. 3. — Schéma du dispositif d’essai dii système Boydron établi entre les gares de Mantes-Gassicourt et Epône-Mézières.
- tique. Il a songé à établir en des points convenablement choisis, et particulièrement aux limites de circonscriptions, des appareils permettant d’effectuer automatiquement, à distance et à n’importe quel moment, les opérations de bouclage, d’isolement et de mise à la terre nécessaires à la vérification sûre et rapide des circuits d’une même ligne- De plus, et pour des raisons d’économie, il a cherché à assurer le fonctionnement du dispositif envisagé au moyen de fils télégraphiques ou téléphoniques déjà existants et en service.
- En janvier 1926 il a présenté à l’Administration des chemins de fer de l’Etat, qui voulut bien s’y intéresser,
- Fig. 4. — Schéma montrant comment se trouve réalisé l’isolement d’un circuit.
- La broche, en matière isolante h, vient dans cette position de la came J s’intercaler entre les deux paires de lames M et N, assurant normalement la continuité du circuit.
- FU 1
- FU 2
- Fil 2
- un premier appareil de démonstration réalisé sur ces données. Cet appareil qui a reçu, par la suite, quelques améliorations de construction, fonctionne, à titre d’essai, depuis le 23 juin 1927 entre les gares de Mantes-Gassicourt et d’Epône-Mézières, distantes de 9 km, sans avoir donné lieu à aucun incident.
- Les photographies qui illustrent cet article représentent le dispositif employé qui comprend :
- 1° Un poste de commande (fig. I) où l’on procède aux vérifications par les méthodes ordinaires de mesure.
- 2° Un poste récepteur (fig. 2) dans les organes duquel s’effectuent automatiquement sur 3 circuits différents les opérations d’isolement, de bouclage et de mise à la terre provoquées par le poste de commande qui utilise à cet effet le circuit téléphonique omnibus reliant ces 2 gares entre lesquelles le trafic, et par suite, l’échange de communications, est très important.
- Le fonctionnement du dispositif ainsi constitué, représenté schématiquement sur la figure 3, est le suivant.
- Au poste de commande, un commutateur A permet à l’opérateur d’utiliser le circuit de commande après s’être assuré, au moyen de l’écouteur B, qu’aucune conversation n’est en cours.
- Un deuxième commutateur C, placé successivement sur les plots 1 et 2, ferme le circuit sur les piles D et E, de polarités inverses, et provoque au poste récepteur l’excitation des relais polarisés à grande inertie F1 et F2 placés normalement en dérivation sur le circuit. Dans cette opération, la fermeture des contacts a et b des relais F1 et F2 détermine l’accrochage des relais G1 et G2 qui préparent en c, par le contact d dû relais Fj, une nouvelle dérivation du circuit de commande sur l’électro H d’un combineur qui reçoit les impulsions données par le manipulateur I du poste de commande, lorsque le commutateur C est amené sur le plot 3.
- Chaque attraction de l’armature de l’électro H du combineur fait tourner d’un certain angle, dans le sens de la flèche, un disque d’ébonite J dont la position est à chaque instant contrôlée, au poste de commande, sur un cadran K dont l’aiguille est entraînée par un électro L monté en série dans le circuit.
- Le disque J, dont un détail est donné par la figure 4, porte des broches e, f, g, h, i,j, qui réalisent toutes les combinaisons utiles.
- La broche e isole le poste téléphonique dès que le disque J abandonne sa position de repos.
- Les broches f, g et h sont constituées de manière à opérer successivement l’isolement, le bouclage et la mise à la terre des circuits à vérifier en venant se placer — sous l’effet des impulsions données par le poste de commande — entre les contacts fermés par des paires de lames telles que M et N, convenablement disposées en
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- avant du disque d’ébonite, et reliées aux fils admis dans le combineur de telle sorte que les mesures faites sur un circuit n’apportent aucune gêne dans les conversations échangées sur les autres.
- La broche i coupe le circuit des relais G1 et Ga en même temps que la broche j met l’un des fils du circuit de commande à la terre pour provoquer la chute du volet de l’annonciateur O du poste de commande qui reçoit ainsi l’assurance que le combineur a repris sa position de repos.
- La Société Le Matériel téléphonique s’est déjà intéressée à ce dispositif dont elle étudie actuellement la réalisation industrielle avec des appareils de sa fabrication courante.
- Les compagnies de chemins de fer auront donc d’ici peu le moyen de résoudre d’une façon pratique le problème si intéressant de la vérification périodique des lignes et de la localisation rapide des dérangements.
- R. Y.
- =' UN NOUVEAU TUNNEL SOUS LA SEINE EEEE TRAVERSÉE DE LA SEINE EN AVAL DU JARDIN DES PLANTES
- PAR LA NOUVELLE LIGNE DU MÉTROPOLITAIN DE PARIS
- Le tronçon de la ligne n° 7 du Métropolitain de Paris, actuellement en construction, doit relier la station du Pont-Marie à la Porte d’Italie et traverser la Seine en aval du Jardin des Plantes (fig. 1). Sur le lot, qui a son origine place Jussieu et son extrémité au carrefour des boulevards Morland et Henri IV, les ingénieurs percent le tunnel sous le fleuve par cheminement horizontal au bouclier à l’aide de l’air comprimé (fig. 2).
- Cette méthode consiste, en principe, à forer, sur une des rives, un puits à une profondeur suffisante au-dessous du lit fluvial, puis à creuser ensuite une galerie horizontale. Mais, malgré les perfectionnements apportés à cette méthode, son application ne va pas sans difficultés techniques, car la sécurité que procure le bouclier» reste toujours un peu précaire » en l’occurence, comme le constate un spécialiste M. Louis Biette, dans son récent ouvrage sur Les chemins de fer urbains parisiens (1928).
- Dans un sol imbibé d’eau, on peut craindre sans cesse l’écrasement du toit de protection, soitpar manque d’épaisseur ou de résistance du terrain, soit par un excès de pression de l’air comprimé, et ces ruptures occasionnent parfois d’assez graves accidents. 11 faut, en effet, maintenir dans la galerie d’avancement une pression pneumatique suffisante pour s’opposer aux poussées hydrostatiques. En réalité, vu la faiblesse des suintements d eau, on les épuise aisément.
- CONSTRUCTION DU TUBE MONTAGE DES ANNEAUX
- Ceci posé, engageons-nous dans le souterrain à deux voies, long de 48 m. 50 et en maçonnerie ordinaire, qui mène à la station « Place Jussieu », située sous la Halle aux vins et ayant 105 m. de longueur. Nous marcherons ensuite, pendant 50 m dans une autre galerie maçonnée que prolonge un tube en fonte de 678 m de long (fig. 3). Ledit tube traverse une parlie de la Halle aux vins, passe en dessous de l’égout collecteur des quais de la rive gauche ainsi que du chemin de fer d’Orléans, puis il
- rranchit la Seine et aboutit sur la rive droite dans l’axe de la rue Schomberg. Après quoi, il s’incurve sous les
- tejwornai
- B? ST GERMAIN
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- Fig. 1. — Plan partiel de la ligne »° 7 du Métropolitain à la traversée de la Seine.
- magasins de la Ville de Paris pour atteindre le boulevard Morland au débouché de la rue Agrippa-d’Aubigné. Enfin il se raccorde, par un souterrain à 2 voies maçonné, à la station « Pont Sully » qu’une autre galerie identique prolongera jusqu’à la station « Pont-Marie », terminus actuel de la ligne n° 7.
- Ce tube en fonte, d’un diamètre extérieur de 7 m. 77, constitue la partie la plus importante et la plus intéressante, au point de vue technique, du lot en construction. Il se compose d’une suite d’anneaux de 75 cm de longueur, formés chacun d’une clé et de 12 voussoirs boulonnés entre eux. Le poids d’un anneau atteint 10 tonnes et demie, ce qui porte à 9500 tonnes environ les 578 m de l’ouvrage total. Au milieu de chaque voussoir se trouve ménagé un trou fileté, qui permet d’injecter du mortier sous pression derrière le tube afin de boucher
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- SEINE
- Fig.2. — Coupé schématique montrant les emplacements du tunnel sous la Seine, du bouclier et du tube en fonte.
- les vides (fig. 4). On a rempli, en outre, l’intérieur des voussoirs de béton de gravillon et recouvert d’un enduit lissé la surface du tube ainsi égalisée.
- LES CHANTIERS
- Sous l’habile direction d’ingénieurs éminents, les concessionnaires installèrent donc leur premier chantier à l’angle de la rue Schomberg et du boulevard Henri IV. Là, ils foncèrent à l’air comprimé un caisson par l’intermédiaire duquel ils exécutèrent ensuite à l’air libre une chambre maçonnée destinée au montage du bouclier décrit plus bas et devant servir à la traversée de la Seine sous la protection de l’air comprimé (fig. 5).
- Sous la rive droite, l’exécution du tube se poursuit par les procédés de boisage. Quatre pompes à grande vitesse et trois pompes plus petites de secours assurent
- les épuisements dans le caisson dont la chambre de travail forme le puisard. Le montage des anneaux se fait au moyen d’un appareil spécialement étudié pour une traversée sous-fluviale (fig. 4).
- Cet engin comporte un chemin de roulement concentrique au tube et interrompu au quart inférieur, afin de permettre le passage des wagonnets amenant des matériaux ou évacuant des déblais. Au-dessous de ce chemin de roulement, se meut un vérin, actionné par un moteur de 5,5 ch, par l’intermédiaire d’un système de mouflage. Pour le montage d’un anneau, on amène ce vérin à sa position limite inférieure et, au moyen d’un palan, on le coiffe d’un voussoir, qu’on maintient à l’aide de barres d’acier enfilées d’un côté dans ses trous de boulons et d’autre part dans des orifices ménagés à cet effet dans la tête de son support. Le conducteur amène ensuite l’appareil en face de l’emplacement définitif, puis tourne une manivelle. Le cric se détend alors et on n’a plus qu’à boulonner le voussoir.
- LE BOUCLIER
- Entrons maintenant dans quelques détails au sujet du bouclier. Tout équipé avec ses organes annexes (vérins, tuyauteries, couteaux et autres engins de manœuvre), cet énorme cylindre à axe horizontal pèse 180 tonnes environ. Il a pour objet d’éviter tout affaissement de terrains entre la chambre de travail et le dernier cercle du tube en cours de montage. Son ossature se compose d’une enveloppe métallique circulaire ou virole de 7 m. 95 de diamètre intérieur,constituée par 3 tôles rivées ensemble donnant une épaisseur totale de 59 mm. Cette virole, qui mesure 4 m. 27 suivant la génératrice inférieure et 5 m. 16 suivant la génératrice supérieure, forme visière au-dessus du diamètre horizontal. Deux cloisons verticales perpendiculaires à Taxe du bouclier le divisent en 3 parties : une section centrale, le tronçon d’avant et la queue.
- La portion centrale comprend une enveloppe cylindrique intérieure concentrique à la virole extérieure et l’espace annulaire compris entre ces deux surfaces se trouve divisé, à l’aide de poutrelles entretoisées, en 27 compartiments logeant les 27 vérins hydrauliques nécessaires à la propulsion.
- Du côté de l’avant, des consoles prolongent ces poutrelles et transmettent au couteau l’effort des vérins.
- En outre, 3 cloisons verticales et 2 horizontales divisent la partie laissée libre à l’intérieur de l’enveloppe intérieure et par ces 8 ouvertures on peut attaquer simultanément le front détaillé sur toute sa surface.
- D’ailleurs pour que le travail se poursuive (sans |que les terrassiers d’un niveau gênent ceux de l’étage inférieur, on a prévu dans les 2 cloisons horizontales,
- 8 plates-formes mobiles, que les hommes
- Fig. 3. — Construction du tunnel par la méthode du cheminement horizontal du bouclier à L’aide de l’air comprimé.
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- déplacent au fur et à mesure de leur cheminement souterrain et qui leur servent de planchers.
- Grâce à un vérin hydraulique d’une force de 10 tonnes on actionne chacune de ces plates-formes tandis que des portes métalliques, situées du côté avant, permettent de fermer complètement les 8 ouvertures.
- Dans la partie d'avant, les hommes travaillent sur le front d’attaque.
- Aussi l’enveloppe circulaire est-elle renforcée, en dessous du diamètre horizontal, par un couteau en acier moulé de plusieurs tronçons démontables et, à la partie supérieure, formant visière, par de grandes consoles destinées à répartir l’effort des vérins sur tout son pourtour.
- On peut, en outre, coulisser entre les consoles du couteau, vers le haut de la visière, 9 plaques mobiles.
- En terrain consistant, on n’utilise pas ces pale-planches qui restent logées entre les consoles; mais, dès qu’on pénètre dans un sol friable, on les dispose, au fur
- Fig. 5. — La station productrice d’air comprimé sur le chantier de la rue Sckomberg.
- et à mesure de l’avancement, pour servir de boisage en couronne.
- Un vérin hydraulique semblable à ceux des plates-formes mobiles actionne chacune de ces paleplanches dont la course de 75 cm est réglée afin de permettre le déblaiement nécessaire à la pose d'un anneau du revêtement tubulaire.
- Quant à la queue du bouclier, l’enveloppe cylindrique de 59 mm d’épaisseur la forme uniquement et elle comprend toujours un anneau lorsque l’engin vient d’avancer.
- A cette énorme conduite, se raccorde un souterrain maçonné, exécuté par les méthodes ordinaires de boisage comme la station « Place Jussieu ».
- Toutefois, la construction de cette dernière comporta des sujétions exceptionnelles, car on a dû reprendre en sous-œuvre, à 3 m au-dessous du sol, les murs des caves de la Halle aux Vins contenant d’énormes quantités de barriques et de bouteilles.
- On se rend compte, par le rapide résumé ci-dessus,
- Fig. 4. — Mise en place d’un..anneau du tube.
- Mise en place des voussoirs au moyen du vérin. Au milieu de chaque voussoir est un trou fileté pour injecter du ciment sous pression dans les espaces vides entre les anneaux et la fouille.
- combien le percement du nouveau tunnel sous la Seine et la construction des galeries souterraines ont exigé d’études préliminaires, de mises au point techniques et d’installations méthodiques des chantiers ! Surtout si l’on songe que les ingénieurs l’exécutent sans gêner la circulation des quais ou des rues avoisinantes, sans
- Fig. 6. — Construction du souterrain maçonné raccordant le tube à la station Place Jussieu.
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- Fig. 7.
- Une partie des poussoirs destinés à former les anneaux du tube, emmagasinés sur le quai Sully en attendant leur mise en place.
- compromettre la solidité des immeubles sis à proximité, tout en respectant les conduites de gaz, les canalisations d’eau ou d’électricité et les égouts rencontrés sur le pas-
- sage de ce nouveau tronçon du réseau métropolitain de Paris.
- Jacques Boyer.
- LE MIRAGE SUR ROUTE EN AUTOMOBILE
- Un phénomène physique curieux peut être observé par les automobilistes roulant par journées ensoleillées sur les routes goudronnées dont jusqu’à présent les voyageurs des régions sahariennes paraissent être seuls à parler. Je veux parler d’une sorte de mirage, d’observation très aisée pour qui y prêterait quelque attention.
- Lorsqu’on roule en auto sur une route goudronnée dont la surface noire, donc absorbante, a facilité réchauffement du sol et des couches d’air avoisinantes, on peut, en se plaçant dans certaines conditions, constater l’existence, au niveau du sol, de stries comparables à celles qui s’observent au-dessus d’un radiateur d’auto dont l’eau est chaude, ou d’un calorifère.
- Ces stries, que tout le monde connaît, sont dues aux
- différences de réfringence des couches d’air, se déplaçant de bas en haut pour les couches échauffées au niveau du sol — et rendues ainsi moins denses — et de haut en bas pour les couches d’air frais plus denses venant à les remplacer, la réfringence étant sous la dépendance de la densité.
- Ce phénomène banal a été observé par tout le monde, même à la surface des routes seulement macadamisées.
- Mais le phénomène d’observation nouvelle que je n’ai iamais vu signalé nulle part est le suivant.
- Lorsqu’on arrive à proximité d’une ondulation de la route et dans des conditions telles que le rayon visuel soit situé à peu près dans le plan de l’un des versants de cette ondulation, ori croit voir sur la route une surface
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- liquide qui dans des conditions optima d’observation réfléchit nettement l'image des objets placés au delà.
- La première fois que l’on observe ce phénomène on croit se trouver près d’une route très, fraîchement goudronnée et dont la couche de goudron est encore liquide ; mais en s’approchant on s’aperçoit qu’il n’en est rien et que la surface de la route n’est nullement liquide ni aucunement réfléchissante, c’est un mirage !
- Force est donc de reconnaître que la réflexion observée n’a pu se produire que sur les couches d’air différemment échauffées. On est donc exactement en présence du phénomène du mirage sur route.
- Et si l’on « décompose » l’observation du phénomène en descendant d’auto pour s’approcher du point où se voit le mirage, on constate que l’apparence de couche réfléchissante s’évanouit progressivement à l’approche du point considéré en commençant par les points où la route présente des bosses et en persistant en dernier lieu dans les endroits où la route présente des dépressions, les « trous » si honnis des automobilistes.
- Ceci montre donc que l’un des facteurs du phénomène est l’épaisseur de la couche d’air échauffé au contact de la route, épaisseur qui paraît n’être que d’un à deux décimètres.
- L’éclairement direct du soleil au moment de l’observation n’est pas indispensable, car j’ai pu constater le fait par temps couvert à la suite d’une belle éclaircie; il suffit donc que la route soit bien chaude, ce qui se vérifie quand on sent sous le pied le goudron présenter une certaine plasticité qu’il ne possède pas par temps froid.
- Somme toute, je considère qu’il faut expliquer le phénomène comme suit et cela d’une façon toute schématique, car si l’on voulait être précis il faudrait parler de chacune des couches d’air aux températures t, t', t" etc., parallèles entre et la surface du sol.
- La couche d’air chaud voisine du sol peut schématiquement être considérée comme séparée de la couche atmosphérique plus froide qui la surmonte, par un plan fictif, surface de séparation de deux milieux de densité différente — qui permet la réflexion totale d’un rayon incident arrivant sous un angle supérieur à Y angle limite et
- ........... ........... = 215 =====
- qui, une fois réfléchi, est capté par l’œil de l’observateur, lequel voit ainsi réfléchie, par le miroir fictif que créent les conditions atmosphériques, l’image des objets placés au delà : poteaux télégraphiques, arbres ou piétons, automobiles en mouvement et d’observation plus instructive en raison des positions successivement occupées par eux.
- Il s’agit donc bien d’un phénomène basé sur la réflexion produite par les couches d’air inégalement échauffées et qui n’est autre que le mirage.
- Les automobilistes qui effectueront une promenade sur route d’une trentaine de kilomètres au moins sont sûrs d’être à même de constater ce phénomène s’ils le recherchent.
- Et pour être précis, je cite à titre d’exemple un point bien placé pour cette observation ; il est sur la route nationale, n° 5 de Paris à Lyon, par Joigny, sur la côte de Rosoy, à 115 km environ de Paris.
- Je décris ici le phénomène tel qu’il s’observe au niveau d’une ondulation de la route et tel que le schématise la figure ci-dessous, mais il est évident, et le lecteur l’a bien compris de lui-même, que le mirage peut s’observer également sur une route plane, donc dépourvue d’ondulations.
- En ce cas on peut le constater à environ 500 mètres devant soi; la condition à remplir est que le rayon visuel de l’observateur fasse avec le plan de la route — et dans les conditions habituelles — uri angle voisin de 14°.
- En se plaçant juste sur le faîte de cette côte, face à Sens, et en s’avançant pas à pas, on perçoit avec une grande netteté le phénomène à 100 ou 150 m en avant de soi; puis en s’avançant doucement on le voit s’effacer par places correspondant aux dépressions de la route pour enfin disparaître totalement, laissant place à la surface mate de la route quand on arrive à proximité.
- Bien entendu je l’ai constaté en de nombreux autres endroits, notamment sur la route entre Paris et Sens et entre Yichy et Sens à de nombreuses reprises.
- Jadis pour constater le phénomène du mirage il fallait aller au Sahara et à dos de chameau ; maintenant il suffit de s’en aller sur la route à quelques pas de chez soi et en auto. Georges Rodillon,
- Fig. 1. — L’automobiliste dont le rayon visuel fait un angle d’environ i4° avec la rouie goudronnée, échauffée par le soleil, voit au point d'incidence comme une nappe liquide réfléchissant l’image d’un mobile ou des objets situés sur l’autre versant de l’ondulation.
- Normale de ta roule
- Automobile de l’observateur
- Objet dont l’image rërïéch/e est perçue par l'automobiliste
- Couche d’air frais
- Rayon incident
- ’^hÈS^Ttl0n ^ œuches dkin
- Point d’incidence
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- L'AMAZONIE ET SES MERVEILLES
- “ UNE PAGE DE LA GENÈSE INACHEVÉE ” (E. DA CUNHA)
- LE GRAND SERPENT D’ÉAU
- Fig. 1. — Plantation d'heveas au Brésil.
- On appelle Amazonie tout l’immense bassin de l’Amazone et de ses affluents.
- C’est une région unique au monde. En vain, en chercherait-on une autre qui lui soit comparable. — Le fleuve géant, le « rio-mar » qui la traverse dans le sens ouest - est, presque parallèle à l’Equateur, est le plus grand du globe. Encore que le
- Mississipi, aidé du subterfuge du Missouri, puisse offrir une longueur égale et non supérieure, il n’est guère comparable à l’Amazone qui débite deux ou trois fois plus d’eau. Il est facile de le vérifier, car neuf des affluents de l’Amazone ont chacun un volume d’eau égal aux grands fleuves du monde, et tous les neuf ont 2000 km de plus. — Ce sont: le Tocantin, Araguaya, LeXingü (chingou), Tapajôz, Madeira, Purüs, Jurna, Ja-puraetle Rio Negro. Telle est la profondeur moyenne de l’Amazone et de ses bras, que les grands transatlantiques le remontent de l’Atlantique (Para) jusqu’à Iquitos (Pérou), sur 25 degrés géographiques, soit en ligne droite 2775 km, plus de 3200 par le fleuve !
- Quant à son bassin hydrographique, on peut lui assigner : 10 millions de km2 (nous citons de mémoire).
- Passant sur sa géologie, nous dirons cependant qu’à une époque reculée l’Amazone était occupé par une vaste mer. Deux grands massifs émergeaient seulement des eaux : au nord, celui des monts Tumuc-Humac, Guya-nes et terres adjacentes; au sud, le grand plateau central sud-américain. L’Atlantique et le Pacifique communiquaient donc librement. Plus tard, sous des poussées volcaniques, les Andes surgirent du sein des eaux, fermant la mer de ce côté, c’est-à-dire à l’ouest. II en résulta un golfe immense, qui, s’exhaussant et recevant les allu-vions charriées du nord, du sud et surtout de l’ouest, se remplit, se colmata, puis fut envahi par une puissante végétation. On peut vérifier, en étudiant l’hydrographie de la région, que ce remplissage, suivant sa dernière phase, se continue encore de nos jours. —Les immenses rivières de l’Amazone moyen cherchent encore un lit stable à travers l’énorme couche d’alluvions, exhaussant de leur limon les berges et les terres environnantes. La plupart sont ourlées d'un chapelet de lacs dont le processus de formation est très curieux (voir fig. 2).
- Gomme conséquence de sa formation géologique, l’Amazonie est une plaine presque parfaite, entrecoupée d’un labyrinthe inextricable de bras et de canaux, qu’on appelle « furos », faisant communiquer l’Amazone avec ses affluents et d’innombrables lacs.
- Une douzaine de ces rivières, dépassant pour la plupart 2000 km et 1 à 3 km de largeur, drainent des régions climatériquement différentes; il s’ensuit que, quand les grands affluents du Sud sont en crue, ceux du Nord sont à l’étiage et vice versa. Dans le premier cas, l’Amazone envoie de l’eau dans ses affluents du Nord. Dans le deuxième cas, c’est l’inverse qui se produit.
- La fonction de ces « furos » est de réaliser cette curieuse transfusion, unique en son genre.
- L’Amazonie, c’est bien l’immensité des eaux et des forêts vierges. — On pourrait y voyager des mois et des années en canot, sans voir autre chose que de [beaux et larges horizons aquatiques, parsemés d’îles gracieuses
- Fio-, 2. — Mécanisme de la formation des lacs au voisinage des rivières de F Amazonie.
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- qui émergent comme d’immenses bouquets verts, et bordés de la ligne ininterrompue et un peu monotone des futaies, montant à une hauteur à peu près uniforme de 40 m.
- Les centaines d’affluents de l’Amazone lui apportent la contribution de leurs eaux de couleurs très différentes, qui souvent ne se mêlent qu’après un long parcours. La plupart sont jaunes, l’Amazone est jaune sale, ses eaux sont argileuses. D’autres sont noirs ou bruns par réflexion, bien que l’eau soit limpide par transparence et vue sur une petite épaisseur. Cette coloration brunâtre est produite par l’acide humique dissous. En présence de l'argile, il ne se dissout pas. Tels sont le rio Negro, le Teffé, le Tapajoz à un degré moindre. Le Jamundâ, exploré par Coudreau, jusqu’au milieu de son cours seulement, est d’un beau bleu profond et limpide, comme la plupart des rivières de France; c’est une belle rivière.
- La faune fluviale et lacustre de l’Amazone est d’une richesse et d’une variété inouïes. Un ichthyologue averti trouverait dans n’importe quel lac plusieurs centaines d’espèces différentes.
- Fig. 4. — Le grand serpent d’eau.
- En étudiant celte faune, on comprend bien que l’Amazone est un grand centre de dispersion des espèces, pour tout le continent. Cependant, chose assez curieuse, il a plutôt des affinités avec l’Afrique qu’avec l’Amérique du Nord.
- Dans presque tous les cours d’eau et lacs abonde le « Pizarucü » (Arapaïma gigas) qui est le plus grand poisson d’eau douce connu. Sa chair est bonne sans être très délicate. Il atteint facilement 2 m. 50. Celui de la figure 3 pèse 80 kg. On le pêche au harpon, il faut y apporter un très grand entrainement ou une habileté tout indienne. Blessé, ce poisson remorque un canot pendant des heures. Il est inoffensif, d’ailleurs, ce qui n’est pas le cas de la « Pirachyba », (Brachyplatystoma). Celui-ci est un bagre d’eau douce géant, il atteint 2 m et plus. Les naturels le craignent beaucoup, car il s’attaque aux nageurs. Le « pintado », la « pirara » (Brachyplatystoma), le « su-rubim » (Hemiplaiystoma) sont aussi de très grands bagres. — Puis viennent de beaux poissons, à chair très délicate: Le « tambaqui » (.Hoplosoma), l’admirable
- Fig. 3.— Un gigantesque poisson d'eau douce péché dans L’Amazone, le Pizarucü.
- « tucunaré » et la « dourada », qui sont de beaux salmonidés, la Pirapetingo : tous ces poissons peuvent atteindre 1 m.
- De taille légèrement inférieure, viennent ensuite la « ma-trichân », la « curimatâ »,le « pacu », joli poisson argenté large comme une assiette. — 1/Amazone, comme la mer, a des lamantins, mammifères herbivores, dont la chair tient le milieu entre celle du bœuf et du porc. Elle a aussi deux espèces de dauphins, que l’on voit faire des bonds gracieux sur les eaux, des loutres, des poissons électriques, le gymnote, et des grandes tortues étonnantes dont nous reparlerons.
- Malgré tout, sur le vaste Amazone, sur les eaux calmes et placides des lacs et des rivières, vous pouvez aller partout dans le moindre petit canoë sans aucun danger, car les caïmans sont stupides et d’humeur assez débonnaire ; d’ailleurs ils ont du poisson en si grande abondance... Cependant, à la tombée de la nuit, dans l’obscurité, soyez plus prudent et gardez-vous de vous aventurer dans une frêle embarcation près de certains remous encombrés d’arbres et de racines submergés, ou de pêcher près de certains îlots flottants. C’est risquer d’être victime du grand serpent d’eau. C’est un monstre terrible, le plus grand des ophidiens connus: les riverains l’appellent
- Fig. 5. — La pêche des tortues à la flèche sur les rivières de l’Amazonie.
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- Fig. 6. — Un pillage au bord d’un cours d’eau d’Amazonie.
- « sucury », « sucurijü », mais en systématique c’est I’/sm-nectes murinus. — Brusquement il saisit et enroule dans ses anneaux monstrueux l’homme qui gouverne à la poupe d’un canot et l’emporte en un clin d’œil dans les profondeurs des eaux (fig. 4).
- C’est un fait absolument indubitable bien qu’heureusement assez rare, qui semble nous reporter à des périodes géologiques bien lointaines peuplées de monstres fabuleux. D’ailleurs, le « sucury » s’attaque à des animaux bien plus forts que l’homme, comme le tapir et les grands animaux domestiques.
- Il paraît que, « officiellement », on lui assigne 10 m de longueur, mais ceux qui ont vécu en Amazonie savent qu’il atteint des dimensions insoupçonnées des naturalistes.
- Les Indiens, les « caboclos », font courir sur son compte, comme sur celui d’autres êtres habitant ces immenses régions mystérieuses, bien des légendes; cependant il n’est guère difficile d’admettre que YEunecies murinus puisse atteindre 18 à 20 m. A Manaos, à la vitrine d’un grand quotidien, a été exposée une paire de côtes d’un grand «sucury » tué à Itaquatiara; ces côtes engendraient un cercle de 0 m 65 de diamètre ; ajoutons que ce fait est loin d’être isolé, nous en connaissons bien d’autres qui viennent le corroborer.
- C’est que, comme l’a si bien dit un grand écrivain brési-
- Fig, 7. — Capture d’une tortue fluviale.
- lien, Enchydes da Cunha : « l’Amazonie est une page de la Genèse encore inachevée ».
- Un des animaux Intéressants et des plus utiles est la grande tortue fluviale.
- Ces chéloniens à l’époque de la ponte couvrent littéralement certaines plages où ils pondent des quantités énormes d’œufs comestibles et très convoités des naturels. Aux autres époques, on les pêche à la flèche (fig. 5). La flèche est pourvue d’un dispositif indien aussi ingénieux qu’efficace qui en assure la capture.
- Comme on le sait, la flore de l’Amazonie est luxuriante et extraordinairement variée. Il faudrait, pour l’étudier en détail, écrire de gros ouvrages; elle est d’ailleurs assez peu connue. Il est facile de s’en rendre compte, car on ne connaît bien qu’une très étroite lisière au bord des rivières et ces « chemins qui marchent » sont les seules voies de communications existantes, elles sont d’ailleurs idéalement efficaces.
- D’une manière générale, on peut dire que les « nucles » dépopulation sont égrenés aux bords des cours d’eau, dans les régions oùl’Hevea braziliensis existe avec une certaine densité. Mais beaucoup de rivières n’ont pas cette essence et celles-ci sont pratiquement inhabitées. — \J Hevea, c’est la « seringueira », c’est-à-dire l’arbre qui donne la gomme élastique, le « para pur » (fig. 1). Il ne faut pas confondre Y Hevea, avec le caoutchoutier qui est un Cas-tilloa. Manaôs et Para (Belem) sont les capitales respectives des états de l’Amazone et de Para ; ce sont de jolies villes dotées de tout le confort moderne.
- On nous en voudrait certainement de ne pas compléter ces notes rapides par quelques lignes sur la salubrité de l’Amazonie. La question, il faut le dire, est assez controversée. Il y a les pessimistes et les optimistes, comme en tout. Les premiers ne veulent voir en Amazonie qu’un enfer de verdure émergeant d’eaux sournoises et malsaines, ayant pour ciel des nuages de moustiques. Les autres trouvent le pays aussi sain que n’importe quel autre.
- Concluons que les deux clans ont raison. L’Amazonie est immense. En dehors des caractéristiques climatériques, créées par sa position géographique, qui fait qu’on y souffrira toujours d’un peu d’anémie tropicale, légère anémie anodine, naturelle à ces climats et même nécessaire, la salubrité varie avec les régions ou mieux les rivières.
- Par exemple, de l’Atlantique au Pérou, toutes les terres riveraines baignées par l’Amazone proprement dit sont pratiquement exemptes de paludisme. — Il faut bien se garder cependant de remonter le cours de certains de ses affluents. — Un fait notoire à remarquer. Il n’y a que deux endémies de l’Amazonie : le paludisme et le béribéri ; toutes les autres maladies, quand elles existent, ont été importées. En synthèse, on peut donc affirmer qu’en se défendant du paludisme qui, suivant les régions, est très bénin ou terrible, on n’a rien à craindre en Amazonie. Terminons donc par une remarquelégèrement humoristique, qui vient corroborer ce que nous avons dit. Le coryza, le rhume de cerveau, était, comme la plupart des maladies, inconnu des indigènes. Ils ne sont donc pas. immunisés, comme nous le sommes, par une longue ascen-
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- dance. Ils attrapent le coryza des blancs, le craignent comme nous craignons le choléra et en meurent avec une facilité qui nous étonne.
- Comme nous l’avons dit, l’Amazonie, c’est l’empire infini des eaux douces, où se mirent dans toute leur splendeur les grandes forêts tropicales. Elles recouvrent des
- millions de km2 de terres d’une fertilité incomparable, où dorment les réserves, les richesses naturelles destinées à l’humanité de demain. Ceux qui comme nous y ont vécu, ceux qui aiment la nature ne l’oublient jamais.
- Léonard Martin, Ingénieur E. G. G.
- LA RADIOGRAPHIE STÉRÉOSCOPIQUE
- L’observation par les rayons X, notamment pour les usages médicaux, se fait au moyen d’écrans ou de plaques photographiques sur lesquels se projette l’ombre du sujet. La source de rayons ou ampoule est placée de manière que les rayons X émis traversent le corps et projettent, sur l’écran ou la plaque, l’ombre des organes ou des parties qui sont incomplètement traversés par les rayons émis.
- On obtient donc, à l’observation sur l’écran ou à l’examen de la plaque photographique une fois révélée, une image plate qui ne donne pas l’impression delà position des organes dans l’espace, c’est-à-dire celle du relief. Sur une photographie ordinaire, grâce à notre habitude de voir les sujets naturels avec notre expérience visuelle, nous apprécions malgré tout le relief, même avec une seule photographie. Il n’en est pas de même pour les vues obtenues par les rayons X, qui ne sont pas habituelles à nos yeux.
- Il est donc là plus nécessaire encore que dans la photographie ordinaire d’avoir des vues stéréoscopiques, c’est-à-dire deux images prises dans des conditions telles que l’une d’elles corresponde à la vision par l’œil droit seul, l’autre à la vision par l’œil gauche seul. Nos facultés visuelles et notre entraînement permettent alors de nous donner la sensation de relief, comme lorsque nous voyons simplement une scène ou un objet avec nos yeux.
- Au lieu d’une image exacte du sujet, avec les rayons X, on photographie seulement l’ombre des objets sur une plaque sensible. On ne peut donc opérer comme en photographie stéréoscopique avec deux objectifs montés sur la même chambre ; il faut prendre deux vues successives en déplaçant la source de lumière et en substituant à la première plaque impressionnée une deuxième plaque vierge.
- On a pour ces opérations tout le temps voulu s’il s’agit de sujets parfaitement immobiles, mais, pour obtenir des vues stéréo-radiographiques de l’intérieur du corps humain vivant, où certains organes sont animés de mouvements que la volonté de l’homme ne peut arrêter, il faut opérer très rapidement.
- L'APPAREIL DU DOCTEUR DIOCLÈS
- Les procédés utilisés depuis plusieurs années aux Etats-Unis et en Allemagne ne réalisent qu’une rapidité relative. Un appareil très ingénieux dû au Dr Dioclès combine des mouvements mécaniques qui sont commandés automatiquement par un commutateur électrique.
- Ils "permettent de tirer une première vue, de déplacer l’ampoule, de tirer une seconde vue après avoir substitué une deuxième plaque, tout cela en moins d’une seconde.
- Fig. 1. — L’appareil stéréoscopique à rayons X du Dr Dioclès.
- De plus, afin d’avoir deux vues sans déformation gênante pour l’observation simultanée, l’ampoule source des rayons est très éloignée du sujet. Celui-ci est traversé par des rayons sensiblement parallèles et l’ombre projetée sur l’écran est approximativement de la même dimension que celle du sujet lui-même.
- Enfin le déplacement de l’ampoule est beaucoup plus-grand qu’il devrait l’être en théorie (c’est-à-dire l’écart des yeux, soit 6 cm 1/2). L’ampoule se déplace latéralement de 40 cm, ce qui permet d’obtenir des sensations de relief très accentuées lorsqu’on observe ensuite les
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- épreuves obtenues au moyen de stéréoscopes spécialement imaginés pour les applications de la stéréo-radiologie en médecine et en chirurgie.
- L’appareil du D1' Dioclès, établi sur une technique nouvelle, rend actuellement les plus grands services en chirurgie et en stomatologie, en général pour l’examen de tous les organes cachés du corps humain.
- L’appareil comporte deux supports métalliques formés chacun de deux colonnes verticales rigides, montés sur un châssis à roues. Ils sont placés parallèlement en face l’un de l’autre et guidés par un rail. Leur écart peut atteindre de 1 m à 2 m. 50 entre le tube et le châssis porte-film. Le rail est gradué de 5 en 5 cm.
- Le premier support porte l’ampoule qui peut se déplacer latéralement d’une distance atteignant 40 cm,
- /Fig. 3. — Téléstéréo radiographie d’un pneumothorax thérapeutique. [Malade traité par le professeur Rist.)
- répartie de part et d’autre du centre de l’appareil. Grâce à un disposif spécial on règle la course par la manœuvre d’un petit volant et une règle graduée en centimètres mesure la valeur du déplacement.
- L’ampoule protégée par une cupule fermée oscille autour d’un axe vertical et s’oriente ainsi vers le châssis exposé. Un diaphragme formé d’un obturateur percé de fenêtres de dimensions diverses réduit le faisceau de rayons X aux dimensions voulues pour qu’il couvre exactement le châssis radiographique employé, d’après la distance entre les deux supports.
- Le support de l'écran est muni d’un double cadre qui reçoit les deux châssis nécessaires à la prise des clichés. Ces pièces indépendantes l’une de l’autre se déplacent latéralement devant un panneau protecteur en plomb, qui porte en son milieu une fenêtre transparente au centre de laquelle passe toujours le rayonnement normal de l’ampoule. Ainsi on peut amener dans le châssis et soumettre aux rayons soit l’écran radioscopique, soit l’un ou l’autre des châssis porte-film grâce à des tubes de guidage. Le socle à roues porte une plate-forme où monte le patient que l’on immobilise avec deux sangles.
- Les cadres ainsi que l’ampoule coulissent verticalement sur leur support et sont équilibrés par des contrepoids dissimulés à l’intérieur des colonnes verticales. Des repères permettent de régler sans tâtonnement la position par rapport au sol.
- Dans l’intervalle des deux radiographies, certaines parties de l’appareil doivent se déplacer. Ceci est obtenu au moyen d’un ressort avec des freins pneumatiques à fuite réglable, qui forment amortisseurs. En fin de course, le déclenchement des mouvements se fait électriquement, le courant étant envoyé dans un électro-aimant; puis, suivant les positions des parties mobiles, les contacts établissent ou coupent le circuit, de sorte qu’on a un fonctionnement entièrement automatique, sans fausse manœuvre. L’ampoule est toujours orientée dans la position convenable, grâce à une tige métallique extensible articulée d’un côté sur un joint cardan au-dessus des châssis, de l’autre sur une genouillère solidaire du support mobile de l’ampoule à rayons.
- Pour opérer, on commence par centrer le malade au moyen de l’écran radioscopique d’observation ; puis, lorsque cela est fait, l’écran est poussé vers la gauche et on place le châssis porte-film dans sa position d’utilisation.
- Nous avons dit précédemment que la méthode consiste à prendre deux radiographies différentes du même sujet, avec deux positions de l’ampoule symétriques par rapport au centre de l’appareil. Pour cela, il faut régler la course de l’ampoule et placer les organes mobiles dans la position de départ. La commande se fait au moyen d’un commutateur tournant muni d’un compteur relais, de sorte que le déplacement des organes mobiles de l’appa-
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- reil a lieu immédiatement après la fin de la première pose ; puis par la mise en jeu de contacts de fin de course, le deuxième cliché est pris immédiatement après l’arrêt des organes mobiles. On obtient ainsi les deux clichés en moins d’une seconde. Avec un plancher stable, la netteté des clichés est parfaite en raison de l’absence de vibrations.
- Les clichés révélés et fixés sont examinés dans un stéréoscope et de préférence avec un appareil qui permette de se placer dans les conditions les plus favorables, c’est-à-dire avec une distance entre les clichés et les yeux de l’observateur réglable dans d’assez grandes limites. On utilise par exemple un appareil formé de deux équipages mobiles sur une barre horizontale graduée, les lampes d’éclairage étant réglées par deux rhéostats indépendants.
- Les clichés sont mis dans le cadre des appareils qui peuvent coulisser et au moyen d’un double jeu de miroirs formant un angle dièdre d’ouverture variable et réglable, par vis mol-letée, on observe les images des deux clichés d’une manière parfaite. Si l’on prend un double jeu de miroirs, on peut observer des clichés interchangés par rapport à l’observateur, il en résulte une inversion des plans de profondeur, sans inversion des organes dans le sens latéral. Ainsi, si d’un côté on voit un thorax normal, vu de face, de l’autre on a la même mage vue de dos, mais avec le cœur à droite.
- ..— ..........—= 221 =
- C’est ce qu’on appelle la pseudoscopie qui permet d’observer le point intéressant, quand il est placé à la partie postérieure du sujet; on est aussi moins gêné par les organes qui semblaient se trouver devant. Comme les corps sont plus ou moins transparents en radiographie, plusieurs images peuvent se superposer et l’on peut, suivant la position des clichés, voir les organes dans un ordre ou dans l’ordre contraire.
- E.-H. Weiss.
- Téléstérëoradiograpkie de L’intestin après l’ingestion d’une matière opaque aux rayons X.
- POUR PUISER L’EAU DE L’ATMOSPHÈRE
- DANS LES PAYS CHAUDS
- LE PUITS AÉRIEN, SYSTÈME KNAPEN
- Nombreuses sont, à la surface de notre globe, les régions rendues désertiques ou semi-désertiques par l’absence d’eau, et que la présence du précieux liquide suffirait à transformer en terres fertiles. Sans descendre jusqu’au Sahara, tel est le cas d’une partie de la zone sud-algérienne ou tunisienne.
- Cependant l’atmosphère de ces contrées contient de la vapeur d’eau; des teneurs de 7 à 10 kg d’eau dans un cube d’air de 10 m de côté sont certainement très fréquentes, même dans les contrées réputées sèches. Dans les régions chaudes à climat humide, la teneur de l’air en vapeur d’eau est naturellement beaucoup plus élevée.
- C’est donc une idée très séduisante que celle de puiser dans l’atmosphère l’eau qu’elle contient à l’état de vapeur ; elle a tenté un ingénieur belge, M. Knapen, bien connu en France par sa méthode rationnelle d’assèchement des murs, employée avec succès dans un grand nombre d’édifices.
- Il a imaginé un dispositif qu’il a dénommé « puits
- aérien » et dont il a récemment exposé le fonctionnement au Congrès de l’Eau à Alger et à la Société des Ingénieurs civils à Paris.
- Pour faire comprendre l’idée qui a guidé M. Knapen, il faut d’abord rappeler le principe de son système d’assèchement; car l’inventeur s’est proposé, en somme, de faire fonctionner en sens inverse le dispositif qui lui a si bien réussi pour éliminer l’eau des maçonneries.
- Les maçonneries, en raison de la porosité de leurs matériaux, attirent et retiennent l’eau dans leurs intervalles moléculaires. Pour éliminer cette eau responsable d’innombrables dégâts, M. Knapen dispose dans la maçonnerie des tubes inclinés qu’il dénomme « siphons monobranches ». Ces tubes ouverts seulement vers l’extérieur sont faits d’une matière ayant une porosité convenablement choisie par rapport à celle de la maçonnerie environnante. Ces tubes ont la propriété d’attirer et d’accumuler vers leur paroi interne l’humidité des matériaux environnants. Le mécanisme semble être le sui-
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- Fis
- 1. — Principe du siphon monobranch#
- vant : le centre du mur est toujours à une température différente de celle des faces extérieures ; l’aîr extérieur est appelé dans le tube, il s’y charge d’humidité qui s’évapore à son contact le long des parois. Mais cette évaporation refroidit l’air qui devient plus dense ; il se forme dans le siphon deux couches , superposées ; la couche
- /rf/' /-J-' " inférieure contient l’air hu-
- mide ; la coucl^éupérièüi’e contient l’air plus sec venant de l’extérieur.’^ette circulation d’air, qui peut être très rapide, tend à assécher la paroi interne du siphon; et celle-ci au fur et ‘àànèsure qû’elle tend à perdre de l’eau aspire l’humidité des'matériaux qui l’entourent; cette aspiration se propage de proche en proche à travers la maçonnerie qui s’assèche progressivement.
- M. Knapen se propose, à l’aide du même siphon monobranche, de réaliser le phénomène inverse, c’est-à-dire d’obliger l’air atmosphérique à abandonner son humidité sur des masses de maçonnerie, au contact desquelles elle se condensera et formera des gouttes qui seront recueillies.
- Le « puits aérien » est une sorte de tour en maçonnerie, aux parois épaisses laissant à l’intérieur de la construction un vide central ; les parois intérieures sont garnies d’arêtes vives. Dans l’épaisseur des parois sont disposés des siphons monobranches, qui la traversent de part en part : les conduites situées dans les deux tiers supérieurs de la tour sont inclinés du dehors au dedans,
- Fig.
- Un pulls aérien, système Knapen.
- ils sont inclinés du dedans au dehors dans le tiers inférieur.
- Dans la journée, la température de la chambre intérieure bien isolée reste basse; l’air chaud de l’extérieur entre par les conduits supérieurs ; lèche les parois internes, se refroidit et atteint le point de rosée. L’humidité se condense; sur les arêtes vives, les gouttelettes disposées grossissent et tombent dans une citerne où l’eau s’amasse. L’air, débarrassé de son humidité et alourdi par refroidissement à l’intérieur de la chambre, s’échappe par les conduits inférieurs.
- La nuit, l’air extérieur s’est rafraîchi très sensiblement: la circulation d’air se continue; mais elle a pour effet de refroidir la chambre centrale, qui se trouve ainsi prête à fonctionner à nouveau le lendemain.
- Un tel dispositif est évidemment fort séduisant par sa simplicité de construction et son fonctionnement automatique. M. Knapen évalue de 30 à 50 m3 d’eau par jour la production d’un puits aérien ayant une centaine de mètres carrés de surface de condensation. Ce serait évidemment un résultat magnifique: et l’on comprend que l’inventeur entrevoie dès maintenant des perspectives grandioses ; des terres aujourd’hui semi-désertiques, seraient, après érection d’un certain nombre de pittoresques minarets de 10 m de haut, transformées peu à peu en riants pâturages ou en riches cultures.
- Mais M. Knapen n’est-il pas exagérément optimiste? Un calcul simple montre que son évolution est parfaitement raisonnable. Comment fonctionne le puits? L’eau qui se condense sur ses parois intérieures y abandonne sa chaleur de vaporisation qui est d’environ 580 calories par kg d’eau condensée. La température des maçonneries va donc s’élever progressivement jusqu’à atteindre une valeur supérieure au point de rosée de l’air aspiré. À ce moment le puits cesse de fonctionner. Supposons la surface condensante de 100 m2 entourée d’une épaisseur de maçonnerie de 5 m, ce qui représente un volume de maçonnerie de 500 m3 d’un poids total d’environ 1250000 kg. Les parois étant supposées imbibées d’eau, la chaleur spécifique de cette maçonnerie sera voisine de 0,5. Enfin l’on peut supposer qu’il lui soit permis de se réchauffer de 15° environ avant l’arrivée à la limite de fonctionnement. Dans ces conditions il lui est permis d’absorber 1 250000x15 X 0,5 calories avant d’atteindre la température limite; soit 9 300 000 calories, ce qui correspond à la condensation d’environ 16 m3 d’eau. Avec une maçonnerie plus développée, on pourrait obtenir mieux encore. Il est donc à souhaiter que l’idée de M. Knapen soit promptement expérimentée dans une zone favorable, et si les réalités répondent aux espérances, que les applications s’en multiplient rapidement.
- btff. 2. —; Section transversale d’un siphon monobranche.
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- REACTION DU SOL SUR LES HELICES SUSTENTATRICES
- L’expérience déjà acquise sur les hélicoptères indique une instabilité dangereuse de ces appareils au voisinage du sol.
- Le problème aérodynamique ainsi posé est celui-ci : l’axe de l’hélice sustentatrice étant incliné sur la verticale, la proximité du sol a-t-elle une action, et cette action correspond-elle ou non à un couple redresseur?
- L’analyse théorique de la question semble pour le moment difficile; c’est pourquoi l’Institut Central Aérodynamique de Moscou a essayé l’étude expérimentale du problème.
- Un moteur électrique, placé verticalement, entraîne une hélice (NEG-1) de 32 cm de diamètre à une vitesse de 1500 à 2300 t/min; l’axe moteur hélice peut s’incliner autour d’un axe horizontal, et le couple d’inclinaison est mesuré par un système dynamométrique.
- Au-dessous de l’hélice est placé un écran inclinable à volonté et ajustable en hauteur.
- Les expériences consistaient à mesurer le couple d’inclinaison de l’axe de l’hélice, les variables étant la distance de l’écran au plan de l’hélice, l’inclinaison de l’écran et la vitesse de rotation.
- Les faibles forces mises en jeu ne permirent pas la mesure du couple, mais celui-ci fut très nettement un couple redresseur.
- Ce couple augmente avec la vitesse de rotation de l’hélice avec l’inclinaison et la proximité de l’écran.
- L’instabilité de l’hélicoptère 4o|tvd'b!?c etse due à une autre cause. \
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- LE PLUS PUISSANT CARILLON DU
- Il y a de par le monde de nombreuses sonneries de cloches accordées. Beaucoup d’églises plus ou moins célèbres disposent de quatre ou cinq cloches parfois très puissantes. Elles sont alors qualifiées de bourdons. Le type des bourdons est celui de Notre-Dame de Paris. Actuellement, en France, les bourdons les plus puissants sont la Savoyarde de Montmartre et la Jeanne d’Arc de Rouen.
- Tous deux sortent de chez Paccard frères, d’Annecy -le-Vieux, les as de la fonderie française, qui fournissent aussi beaucoup au Canada.
- En Angleterre, le Grand Paul de Londres, sorti de la fonderie Taylor, jouit d’une grande réputation. Il la partage avec la cloche des heures de la tour du Parlement, à Westminster qui présente cette intéressante particularité d’être mise en action par l’horloge publique la plus précise que l’on connaisse, œuvre du célèbre horloger Frédéric Dent.
- Les bourdons sont souvent accompagnés d’un nombre plus ou moins grand de cloches plus petites constituant ce qu’on nomme un carillon. Un carillon peut comporter un nombre de notes considérable, deux, trois, quatre ou même cinq octaves. Et si le fondeur est un artiste, la musique produite sur cet instrument gigantesque par un carillon-neur de talent est d’un effet réellement incomparable. Ceux qui ont entendu par exemple Denyn jouer sur le carillon de Malines, un soir d’été, ont remporté de cette audition un souvenir qui ne s’éteindra jamais.
- Il faut bien reconnaître que le nombre des anciens fondeurs capables d’accorder très exactement deux ou trois octaves de cloches est fort restreint. Parmi eux brille comme un météore le lorrain Pierre Hemony qui travailla au xvne siècle à Zutphen et à Amsterdam, et a laissé de nombreuses œuvres qui comptent parmi les meilleures.
- Depuis quelque temps la fabrication des cloches est devenue, si l’on peut dire, scientifique. L’accord des notes ne figure plus seulement sur le papier et les retouches nécessaires peuvent s’exécuter avec une exactitude mathématique. C’est sans doute à cette précision qu’il faut attribuer, au moins en partie, la faveur que rencontrent aujourd’hui les carillons.
- Il a été question à diverses reprises du carillonnage dans les colonnes de La Nature. Il y a été indiqué en particulier que le carillon le plus riche en cloches était celui de Châlons-sur-Marne. L’église Notre-Dame de
- Fig. 2. — Le clavier pour le jeu à la main.
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- Fig. 3. — Aspect à l'atelier des 53 cloches destinées à l'église de Park Avenue.
- cette ville possède en effet 56 cloches du poids total de 22000 kg, dont la plus grosse accuse 2723 kg. L’étendue du registre est de si bémol à sol. Ces cloches, dont les 14 dernières sont fort petites et à peu près sans portée, ont été installées par la maison célèbre du Mans, Bollée, et inaugurées le 26 août 1863.
- Malgré le nombre de ses notes, le carillon de Châlons-sur-Marne est peu connu. Il va d’ailleurs incessamment perdre le premier rang qu’il occupe au point de vue du nombre et le céder au formidable orchestre de l’église baptiste de Park Avenue, à New York (r).
- On a récemment installé à cette église un accord de 53 cloches, cadeau de M. John Rockefeller, le milliardaire bien connu. Le poids total de ces cloches, dont la plus grosse accusait 9 tonnes, était de 54000 kg. Fondu par la célèbre fabrique anglaise Gillett et Johnson, de Croydon, qui construit en même temps des horloges ordinaires et électriques, il fut suivi presque aussitôt d’un appareil identique commandé pour le Parlement canadien à Ottawa.
- Depuis, quatre nouvelles basses ont été demandées à Croydon pour l'église baptiste, qui va donc être dotée d’un accord de 57 cloches, dont la plus lourde atteindra 20 tonnes anglaises, soit un peu plus de 20000 kg. Au total cette sonnerie sera plus que doublée en poids et devra représenter dans les environs de 100 000 kg de bronze! Quelque chose comme un million et demi de francs !
- 11 est vraisemblable que ce record de poids sera conservé longtemps par New York.
- Le jeu des cloches s’opère automatiquement comme dans un piano mécanique.
- Une de nos gravures représente la bande de papier qui l’assure (fîg. 1).
- On peut aussi jouer à volonté toutes sortes
- 1. Cet accord sera transféré incessamment à la nouvelle église de Riverside.
- d’airs au moyen d’un clavier représenté par la figure 2.
- Les 53 cloches déjà installées forment une masse imposante dont la figure 3 donne une idée, dans l’atelier des constructeurs.
- La figure 4 représente la cloche de 9 tonnes, celle qu’on appelle ténor bell, en compagnie de la plus petite de l’accord, treble bell, qui pèse seulement 13 livres (6 kg)..
- Depuis la guerre on semble avoir une tendance à multiplier les cloches de grande puissance.
- Tout récemment Philadelphie s’en offrait une de plus de 15 tonnes.
- En ce moment même la maison Taylor, de Loughbo-rough, prépare un carillon de Westminster pour l’Hôtel de la douane de Shanghaï. La cloche des heures pèsera plus de 6000 kg. Souhaitons qu’elle sonne pour la première fois la paix asiatique !
- Jusqu’aujourd’hui, la plus grosse cloche en service semble avoir été la Jeanne d’Arc, de Rouen, qui frise 20 tonnes, suivie de près par la Savoyarde. L’ultra-bourdon de New York donnera le do avec 20 321 kg.
- D’ores et déjà l’accord dont il fera partie est le plus puissant du monde.
- Léopold REVEnciiox.
- Fig. 4. — La plus grande et la plus petite cloche actuelles du carillon de l'église baptiste de Park Avenue.
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- :: UN CENTENAIRE „
- LA PÉROUSE, DILLON ET DUMONT D’URVILLE
- Le 2 mars 1829, le ministre de la Marine, M. Hyde de Neuville, présenta au roi Charles X un capitaine au long cours anglais nommé Peter Dillon, qui avait été assez heureux pour retrouver, sur les rochers de Yanikoro ou Mannicolo, île océanienne qui fait partie du groupe des Nouvelles-Hébrides, les débris, cherchés depuis près de quarante ans, de l’expédition commandée par La Pérouse.
- Le roi se montra très gracieux envers le marin anglais, l’entretint dans sa langue, qu’il avait apprise pendant ses longues années d’exil, et le congédia après lui avoir donné une demi-heure d’audience. Dillon trouva que Sa Majesté connaissait parfaitement tous les détails relatifs à l’expédition de La Pérouse sur laquelle elle lui adressa plusieurs questions très judicieuses. Sans doute Charles X s’était récemment fait renseigner à ce sujet par quelque homme compétent, car il était, en fait de géographie, d’une ignorance remarquable, qui étonna Dumont d’Urville quand il eut l’occasion de le conduire en Angleterre après la Révolution de Juillet.
- Il va y avoir un siècle de cela, il est donc tout naturel de parler du voyage de La Pérouse et de ceux qui en ont été la conséquence.
- Quand fut terminée la guerre qui eut pour résultat l’indépendance des Etats-Unis, Louis XYI, dont on connaît l’intérêt pour la géographie et la marine, voulut qu’un navigateur français marchât sur les traces de Bougainville et de Cook, à qui on devait de si grandes découvertes et de si intéressantes relations de voyage.
- En conséquence les deux frégates, la Boussole et l’Astrolabe, montées en tout par 225 hommes d’équipage, furent confiées à M. Jean-François Galaup de La Pérouse, capitaine de vaisseau, né à Albi en 1741, et qui s’était distingué, pendant. la guerre d’Amérique, par son courage et son humanité envers l’ennemi.
- Un état-major scientifique était joint au corps d’officiers. Parmi ceux qui en faisaient partie, nous nommerons Monge, frère de l’inventeur de la géométrie descriptive, qui n’alla que jusqu’à Ténériffe, les naturalistes Lamanon et Receveur (celui-ci remplissait en même temps les fonctions d’aumônier) qui devaient l’un et l’autre être massacrés par les naturels de l’île Maouna ou plutôt Tutuila, enfin l’astronome et académicien Lepaute d’Agelet, élève de prédilection de Lalande et membre d’une famille qui a donné plusieurs horlogers illustres à la France. C’était le désir d’être utile à sa famille qui l’avait décidé à faire ce voyage, car il avait déjà navigué avec Kerguelen, et il n’aimait point la mer.
- Il était bien pourvu d’instruments ; son maître lui avait confié, pour l’étude de la figure de la Terre, un pendule invariable qui avait appartenu à La Condamine et qui avait déjà été employé en Amérique, en Afrique et en Sibérie ; il disposait, en outre, d’instruments non moins précieux, des boussoles dont Cook avait fait usage, et que sir Joseph Banks, president de la Société Royale de Londres, n’hésitait pas à lui prêter.
- Les instructions remises à La Pérouse avaient été rédigées par le Directeur des Ports et Arsenaux, M. de Fleurieu, homme dont les mérites ne sont pas assez connus et, ces instructions, Louis XYI les avait revues et complétées de sa propre main. Jamais expédition n’avait davantage semblé devoir compter sur un succès éclatant.
- Il n’en fut rien. On partit de Brest le 1er août 1785, et, après bien des péripéties que nous ne rapporterons pas,
- le 2 juillet 1786, on découvrit, sur la côte de l’Amérique du Nord, un havre admirable qu’on appelaPor# des Français: il se trouve par 58° 37' N. et 139° 50' à l’ouest de Paris. Le séjour qu’on y fit fut marqué par un affreux malheur : le 13 juillet, 21 hommes formant l’équipage de deux canots, occupés à des sondages, périrent à l’entrée du port. Parmi eux se trouvaient plusieurs officiers dont deux frères, MM, de Laborde. Des côtes d’Amérique, on se rendit à celles d’Asie et, le 7 septembre 1787, on se trouvait au Kamtschatka, où l’on trouva des lettres de France et où débarqua un des membres de l’expédition, M. Barthélemy de Lesseps, oncle du créateur des canaux de Suez et de Panama, qui partit de Petropaulosk (*) pour Versailles ! C’est le seul des compagnons de La Pérouse qui ne devait point périr avec lui. Son voyage, commencé le 7 octobre 1787, dura jusqu’au 22 septembre 1788.
- A Maouna, qui fait partie de l’archipel des Navigateurs, un nouveau malheur attendait les marins français :1e 11 décembre, une rixe s’éleva entre les indigènes et les hommes de l’équipage qui remplissaient des futailles d’eau fraîche. Douze Français périrent, parmi lesquels le commandant en second, M. de Langle (2), et près de 50 furent blessés plus ou moins gravement.
- Louis XYI avait exprimé l’espoir que ce voyage ne coûterait la vie à aucun homme. Il s’était bien trompé !
- En janvier 1788, on était à Botany-Bay, d’où La Pérouse fit passer des dépêches en France. Il quitta ce port à la fin de février et, depuis, on ne reçut jamais plus de ses nouvelles.
- Le 9 février 1791, la Constituante décréta que le roi serait prié de donner des ordres à tous ses ambassadeurs et consuls pour qu’ils eussent à engager, au nom de l’humanité, des sciences et des arts, les souverains auprès desquels ils résidaient, à inviter tous les navigateurs, leurs sujets, à rechercher La Pérouse et ses compagnons et, d’autre part, à envoyer un ou plusieurs bâtiments français, chargés de cette même recherche, dans la partie australe de la Mer du Sud.
- Les frégates la Recherche et VEspérance furent, dans ce but, placées sous le commandement de MM. d’Entrecasteaux et de Kermadec. Ils devaient, l’un et l’autre, mourir pendant le voyage, ainsi que la plupart de leurs compagnons.
- Nous ne donnerons qu’un seul détail sur cette nouvelle expédition, qui ne fut guère plus heureuse que la précédente, et qui, pourtant, fut bien près d’atteindre le but qu’elle se proposait : le 19 mai 1793, on releva, sans la visiter, une île que l’on nomma Ile de la Recherche; or, ce n’était autre chose que Yanikoro, où peut-être vivaient encore quelques-uns des naufragés qu’on voulait retrouver. Plusieurs autres navigateurs passèrent en vue de cette île, mais ne l’explorèrent pas, eux non plus.
- Plus de 30 ans s’écoulèrent avant qu’on eût des nouvelles de cette malheureuse expédition, qui était à peu près tombée dans l’oubli.
- En 1813, à la suite d’événements curieux, mais que nous ne pouvons raconter ici, le capitaine Peter Dillon (1785-1847), qui paraît avoir navigué depuis sa première jeunesse, et surtout dans l’Océan Pacifique, découvrit une île que ses
- 1. Il y avait là deux tombes, celle de l’astronome français, Delisle de la Groyère, mort en 1741, et celle du capitaine Clerke, compagnon de Cook, mort en 1779. On restaura ces deux tombeaux.
- 2. Ses restes mortels ont été rapportés en France en 1888.
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- habitants nommaient Tucopia, et il y déposa/un lascar (matelot indien), nommé Joé, ainsi qu’un certain Martin Bushart, d’origine prussienne.
- Le 13 mai 1826, allant de la Nouvelle-Zélande au Bengale, Dillon toucha de nouveau à Tucopia, où il retrouva le lascar et le Prussien, qui eurent quelque peine à le reconnaître et à s’entendre avec lui, car ils ne parlaient plus guère, l’un et l’autre, que la langue de Tucopia. Dillon était cependant assez familier avec la langue des Polynésiens.
- Joé ayant vendu à l’armurier du bâtiment une poignée d’épée en argent, le capitaine se lit apporter cet objet et y trouva cinq chiffres gravés, mais tellement effacés qu’il ne put bien les reconnaître. Interrogé à ce sujet, Bushart répondit qu’à son arrivée à Tucopia il avait vu entre les mains des naturels des chevilles en fer, des chaînes de haubans, des haches, des couteaux, de la porcelaine, le manche d’une fourchette d’argent et beaucoup d’autres objets. Il crut d’abord que tout cela provenait d’un bâtiment qui aurait fait naufrage au voisinage de l’ile ; mais, quand il sut bien la langue du pays, il apprit que les Tucopiens se l’étaient procuré par voie d’achat dans une île assez éloignée appelée Mallicolo ou Yannikolo, où jadis quand les vieux Tucopiens étaient de jeunes enfants, deux grands navires s’étaient perdus. De nombreux débris de ce naufrage se trouvaient encore à Mallicolo, où Joé avait fait un voyage il y avait six ans et où il avait vu deux hommes blancs très âgés qui avaient fait partie des équipages naufragés. Dillon pensa tout de suite que c’était à Mallicolo que s’étaient perdus la Boussole et l’Astrolabe.
- Accompagné de Bushart et d’un Tucopien, Dillon s’efforça de se rendre à cette île; des circonstances fâcheuses l’empêchèrent d’y aborder, et il fit voile pour le Bengale.
- Là, après bien des démarches, il obtint que la Compagnie des Indes mit à sa disposition le vaisseau le Research, et en janvier 1827, il partit de Calcutta, accompagné d’un agent français, M. Chaigneau. Un autre de ses compagnons dont la conduite lui occasionna les plus grandes difficultés, était le chirurgien du bord, le Dr Tytler, qui, semble-t-il, aurait bien voulu s’attribuer le mérite de l’expédition et en tirer gloire et profit. Si l’on s’en rapporte à Dillon, le plan du docteur était de faire passer le capitaine pour fou, de le faire en conséquence enfermer dans sa cabine, et de prendre la direction de l’expédition en laissant la conduite du navire au second officier.
- Pendant la traversée, Dillon se vit forcé de mettre Tytler aux arrêts, et, quand on fut arrivé à Yan Diémen, ce dernier porta plainte contre le capitaine. Il en résulta un procès qui coula à Dillon d’énormes frais de justice, mais il y gagna d’être débarrassé de son chirurgien.
- Passons sur bien des choses, et arrivons, le 5 septembre 1827, à Tucopia. Là, on put s’entretenir avec un certain Rathea, qui avait séjourné cinq ans à Yanikoro. Voici ce qu’on put apprendre de lui :
- « Les naturels lui avaient dit que les deux vaisseaux s’étaient échoués pendant la nuit à une distance assez considérable de la terre. Celui qui avait touché près de Whanon s’était entièrement perdu et ceux des hommes de l’équipage qui étaient parvenus à gagner la terre y avaient été massacrés par les naturels (beaucoup avaient aussi été dévorés par les requins). Leurs crânes avaient été présentés en offrande à la divinité de l’île et conservés, pendant bien des années, dans un temple où plusieurs Tucopiens les avaient vus. L’homme qui me parlait ne les avait pas vus lui-même, mais il croyait que le temps les avait fait tomber en poussière.
- « Le bâtiment qui avait naufragé à Païou (*) avait d’abord
- 1, Whanon et Païou sont deux villages de Yanikoro.
- été retiré de dessus le récif et halé au large, mais il avait échoué de nouveau. L’équipage l’avait mis en pièces pour construire un bâtiment à deux mâts. Pendant que l’on construisait ce bâtiment, les naufragés avaient planté, à une certaine distance alentour, une forte palissade qui leur formait une espèce de camp retranché où ils se tenaient constamment. Quelques-uns des insulaires étaient bien portés pour eux, tandis que d’autres leur faisaient une guerre continuelle. Quand le nouveau bâtiment fut prêt, tous les naufragés, à l’exception de deux, s’y embarquèrent pour retourner dans leur pays, et depuis cet instant, on n’en entendit plus parler (1). «
- Ou. trouva aussi à Tucopia, et on ne manqua pas de les acheter, un certain nombre d’objets provenant ;du naufrage.
- Le 7, on était en vue de Yanikoro, qu’entoure une ceinture presque continue de récifs, et, le lendemain, on envoya, dans les canots, Bushart et Rathea s’aboucher avec les indigènes. La réception fut cordiale.
- On y séjourna vingt-cinq jours, pendant lesquels on visita l’île en détail, recueillant tous les objets provenant du naufrage qu’il fut possible de trouver. Quelques-uns de ces objets furent reconnus par Barthélemy de Lesseps, qui ne devait mourir qu’en 1834, à Libourne. On peut les voir au Musée de la Marine qui est au Louvre. On interrogeait, avec bien des difficultés, les habitants, surtout ceux qui avaient pu être témoins du désastre, et on obtenait des renseignements tels que ceux-ci:
- « C’étaient des esprits de vaisseau. Leur nez s’avançait de deux palmes au delà de leur visage. Le chef était toujours à regarder le soleil et les étoiles et leur faisait des signes. 11 y en avait un qui se tenait près de la palissade comme pour faire le guet. Il avait à la main une barre de fer qu’il faisait tourner autour de sa tête. Cet homme ne se tenait que sur une jambe. »
- Et Dillon ajoute :
- « Cette dernière réponse exige quelque interprétation. Premièrement les insulaires auront sans doute pris les chapeaux à corne des officiers pour une saillie naturelle de leur nez. En second lieu, le chef qui faisait des signes au soleil et aux étoiles, c’était l’officier chargé des observations astronomiques ; enfin l’homme qui se tenait sur une jambe près de la palissade était une sentinelle, et la barre de fer était son fusil. »
- On quitta Yanikoro le 8 octobre 1827. On y laissait un jeune homme, nommé Stewart, qui consentait à y faire un séjour de quelques années, de manière à en bien apprendre la langue et à recueillir les renseignements qui avaient nécessairement échappé à des voyageurs pressés par le temps. On ne voit pas, d’ailleurs, qu’il ait obtenu un résultat quelconque. Peut-être mourut-il jeune.
- Nous ne dirons rien du voyage de retour en Europe, qui fut long et pénible, si ce n’est que le 31 août 1828, on abordait à Sainte-Hélène, où Dillon alla saluer la tombe de Napoléon, gardée par deux invalides qui lui offrirent des branches du saule qui l’ombrageait. Le 25 octobre, on débarquait à Ply-mouth, et, après un séjour de quelques semaines en Angleterre (il y avait plus de vingt ans qu’il n’avait vu son pays natal). Dillon partit pour Paris où Charles X lui fit, comme nous l’avons vu, l’accueil le plus aimable. De plus il reçut la décoration de la Légion d’honneur, et, en outre, une pension viagère de 4 000 francs réversible par moitié sur sa famille, sans préjudice d’une somme suffisante pour l’indemniser de ses frais de voyage.
- 1. Selon l’amiral Jurien de la Gravière, ceux qui montaient ce nouveau bâtiment seraient arrivés à l’île Pounipet, une des Caro-lines, et y auraient été massacrés.
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- Les reliques rapportées par Dillon furent exposées au théâtre de la Porte Saint-Martin, et cette exposition eut le plus grand succès. Parmi les visiteurs qu’elle attira, on peut citer MM. Barthélemy et Ferdinand de Lesseps.
- Parmi les marins français qui vivaient à cette époque, se trouvait celui que l’on peut le plus justement mettre en parallèle avec Cook, Dumont d’Urville.
- Né en 1790, il était dans toute la force de l’âge. C'était un homme dont l’instruction était très étendue, car en plus du latin et du grec, il avait appris l’anglais et deux autres langues, alors à peu près connues chez nous l’une autant que l’autre, l’allemand et l’hébreu. Il avait, de plus, des connaissances très profondes en histoire naturelle, notamment en botanique.
- Malheureusement, ses belles qualités étaient compensées par bien des défauts. Aucun homme, peut-être, n’a été aussi mal doué que d’Urville sous le rapport du caractère; second de Duperrey, quand celui-ci commandait la Coquille, il se brouilla avec son chef pendant le voyage et n’eut plus avec lui que des rapports officiels. Plus tard, on le vit entretenir des polémiques féroces, notamment avec [l’amiral Roussin et avec Arago. Enfin, si l’on doit en croire son biographe Lesson, il aurait été difficile de trouver un misanthrope jRus accompli que cet illustre navigateur (*) rempli de mépris pour l’espèce humaine et qui considérait l’amitié comme une duperie.
- Quoi qu’il en soit, vers 1828, il commandait la Coquille, devenue Y Astrolabe et naviguait dans les mers océaniennes. A Hobart-Town, il entendit parler de Dillon et de ses pro-
- 1. Nous ne voudrions pas oublier de rappeler que c’est à lui que la France doit de posséder la Venus de Milo, — sait-on que cette merveille a été obtenue pour moins de 1000 francs?
- -....... — 227 =
- jets. Immédiatement, il partit pour Vanikoro où il arriva le 14 février. 11 était malade et ne put prendre une part personnelle aux recherches, et dut s’en rapporter à ses officiers. Voici quelques lignes de l’éloge que M. Elie de Beaumont a consacré, en 1859, à Beautemps-Beaupré :
- « La chaîne des récifs qui forme comme une immense ceinture autour de Vanikoro à la distance de 2 ou 3 milles se rapproche beaucoup de la côte méridionale près de Païou, et, devant un lieu nommé Ambi, elle n’en est guère éloignée que d’un mille et ce fut là que, lors d’une première visite, le sauvage qui précédait M. Jacquinot fit arrêter le canot dans une espèce de coupée à travers les brisants. Il fit signe aux Français de regarder au fond de l’eau, et, en effet, à la profondeur de 12 ou 15 pieds, ils distinguèrent bientôt, disséminés, çà et là empâtés de coraux, des ancres, des canons, des boulets et divers autres objets, surtout de nombreuses plaques de plomb... Il ne restait plus que des objets en fer, cuivre et plomb : tout le bois avait disparu... La disposition des ancres faisait présumer que quatre d’entre elles avaient coulé avec le navire, tandis que les deux autres avaient pu être mouillées. »
- Dumont d’Urville éleva un petit monument à la mémoire des naufragés. Ce monument, construit en corail, faute d’autres matériaux, ne subsista pas longtemps. Il a été restauré depuis, aux frais de la Nouvelle-Calédonie.
- Depuis, le lieu du naufrage a été visité par divers autres marins, notamment parle commandant Bénier en 1883. Tous les objets qu’il a été possible de recueillir se voient au Musée de la Marine, sauf des ancres et des canons qui ont été déposés au pied de la statue de La Pérouse qui a été inaugurée en 1853 à Albi. E. Doublet."
- LE PYRÈTHRE INSECTICIDE ET VERMICIDE
- Le Pyrèthre insecticide, qui n’était guère utilisé que pour la préparation des poudres à punaises, voit de jour en jour ses applications hygiéniques, agricoles et même thérapeutiques s’étendre, depuis que son principe actif, les pyréthrines, ont été isolées et leurs propriétés étudiées systématiquement.
- Les Pyréthrines, comme l’a énoncé Ruzicka, constituent le plus violent poison que nous connaissions pour les animaux inférieurs et elles les tuent par contact, à doses très faibles.
- Aussi, en solution dans les divers hydrocarbures volatils, ces pyréthrines sont utilisées en pulvérisations pour débarrasser de nos habitations les mouches, les moustiques et les autres insectes ailés, qui sont non seulement désagréables, mais aussi les agents de transmission d’un certain nombre de maladies.
- De même, en solution hydro-alcoolique, elles servent à désinsectiser nos animaux domestiques de leurs poux, puces, tiques, etc., par simple friction ; on a même recommandé avec succès leur emploi chez l’homme pour les mêmes usages.
- En émulsions aqueuses diluées, ces mêmes pyréthrines constituent un insecticide agricole des plus actifs contre les insectes et les parasites des végétaux, dont l’emploi se diffuse d’autant plus que, contrairement à la nicotine et aux arsenicaux, elles ne sont pas toxiques pour les animaux domestiques et pour l’homme, et qu elles peuvent être utilisées aussi bien pour les fruits que pour les légumes et les fleurs. Les pulvérisations de ces émulsions sont particulièrement actives contre les insectes suceurs, tels que les pucerons, si prolifiques et si tenaces, qu’on ne peut détruire avec les produits agissant par ingestion.
- De nombreuses observations ont montré que le simple contact avec des émulsions ou des solutions de pyréthrines détermine très rapidement des phénomènes toxiques, la paralysie et la mort des insectes touchés.
- Dans ces dernières années, le Dr J. Chevalier et ses collaborateurs ont cherché à élucider le mécanisme physiologique de cette violente action toxique des pyréthrines sur les animaux
- à sang froid et de leur innocuité chez les animaux à sang chaud, et il fut amené à expérimenter sur les divers ordres de la série animale. Les observations qu’il fit sur les sangsues et les lombrics terrestres le conduisirent à vérifier cette toxicité sur les vers voisins, et, en particulier, sur ceux qui parasitent l’intestin des mammifères. 11 reconnut que le contact avec des émulsions très diluées de pyréthrines déterminait chez ces animaux, d’abord des mouvements incoordonnés et des convulsions qui détachent la tête de l’animal de la paroi intestinale à laquelle il était fixé, puis de la paralysie et la mort au bout d’un temps variable suivant les espèces et les doses utilisées.
- Les essais pratiqués sur les animaux vivants parasités après ingestion de pyréthrines hémisynlhétiques (chrysémine) fournirent des résultats analogues, et on constata l’expulsion de vers intestinaux morts quelques heures après.
- Les mêmes résultats thérapeutiques furent observés chez l’homme, et dernièrement ieDrJ. Chevalier les communiquait à l’Académie de Médecine en attirant l’attention sur l’activité et l’innocuité parfaite de la médication, qui agit sur tous les vers parasites intestinaux : ascaris, oxyures, tænias divers, etc.
- Les études se poursuivent, et il est probable que les applications thérapeutiques de ces pyréthrines s’étendront à d’autres affections parasitaires de l’homme et des animaux.
- D’ores et déjà, en médecine humaine, cette médication inoffensive va se substituer aux anciens anthelmintiques, tels que la santonine, la filicine, le thymol, qui déterminaient souvent des accidents d’intoxication, mais c’est surtout la médecine vétérinaire qui est intéressée par ce produit, car chez nos animaux domestiques le parasitisme est beaucoup plus fréquent et est beaucoup plus à redouter que les maladies microbiennes, et il retentit toujours sur la nutrition générale et sur la croissance des jeunes animaux. Nos chiens, en particulier, pourront être facilement débarrassés de leurs parasites intestinaux et ne risqueront plus de nous contaminer nous-mêmes.
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- CHRONIQUE DfAVIATION
- Hydravion S.-P.-C.-A. Paulhan-Pillard.
- Nous avons déjà signalé la rareté des essais effectués en France avec hydravions de gros tonnage, rareté soulignée par les progrès rapides des hydravions lourds étrangers (allemands en particulier) ; aussi devons-nous applaudir aux premiers essais d’un appareil intéressant : l’hydravion Paulhan-Pillard, construit par la Société provençale de Constructions aeronautiques. Cet appareil, muni de trois moteurs Jupiter de 420 ch, est un hydravion à coque et flotteurs latéraux, à voilure monoplane surélevée.
- La coque, à un redan, est construite entièrement en métal. Elle porte, sur l’appareil militaire : un poste de mitrailleur avant, le poste de navigateur, le poste de pilotage, à double commande côte à côte, la cabine proprement dite, le poste de radiotélégraphie, et deux tourelles de mitrailleuses arrière pourvues de trappes pour le tir sous la coque et la photographie.
- L’aile est composée de longerons d’acier, de nervures en treillis de duralumin, et d’un recouvrement de toile. Cette aile est d’un profil épais, sa forme en plan est trapézoïdale. Les trois fuseaux moteurs fixent les moteurs en avant du bord d’attaque de l’aile ; les organes principaux des moteurs (pompes, magnétos, carburateurs), peuvent ainsi être visités en plein vol, de l’intérieur de l’aile. Coque, flotteurs et voilux-e
- sont réunis rigidement par des mâts d’acier profilés, montés à rotules ; tous les réservoirs sont placés dans le plan.
- Les caractéristiques principales de l’appareil sont les suivantes :
- Surface portanle . . . . 140 mA
- Envergure 28,10 m.
- Longueur 18,70 ni.
- Poids à vide . 5000 kg.
- Charge utile et essence . 3200 kg.
- Vitesse maxima. . . , 290 km-h.
- Vitesse d’amerissage . . 90 km-h.
- Plafond . 5000 m.
- Nouveau record de durée.
- Le 5 juillet, alors que Ferrarin et del Prete s’attribuaient le record de distance, celui de durée leur était enlevé par les Allemands Risticz et Zimmermann sur un appareil Jun-kers, monoplan monomoteur analogue à celui qui était exposé au Salon de l’Aéronautique (analogue également au Junkers de la traversée de l’Atlantique).
- Ce record, qui était de 58h 36“ a été ainsi élevé à 65h28m.
- Ce dernier temps semble devoir être difficilement dépassé avec les appareils et les moteurs actuels.
- Record du monde dfavion léger.
- Le record du monde de distance en ligne droite pour avions légers biplaces, vient d’être battu par une aviatrice française, Mlle Maryse Bastié, ayant comme passager le pilote Drouhin.
- Le record, qui appartenait à Finat, depuis son vol Paris-Berlin, a été porté à 1180 km effectués en 10 h. 30. Le vol eut lieu sur l’itinéraire : Paris, Wesel, Munster, Stettin, Treptow.
- L’appareil utilisé est le monoplan Caudron C. 109 muni du moteur Salmson en étoile de 40 ch. Il était chargé au départ de 170 litres d’essence et de 15 litres d’huile ; la consommation moyenne a donc été inférieure à 14,5 litres aux 100 km,
- La catastrophe de « l’Italia ».
- La catastrophe de l’Italia, qui vient d’occuper la presse mondiale pendant plusieurs mois, a posé une fois de plus le problème du plus léger que l’air, sous un jour assez angoissant. Le mystère qui entoure encore la cause technique de la catastrophe laisse d’ailleurs toutes suppositions possibles ; cependant, il est permis de se demander si le dirigeable, et en particulier si ce type de dirigeable devait être employé pour une expédition polaire, c’est-à-dire dans une région de régime météorologique inconnu, et dépourvue de réseau météorologique organisé.
- Pour le raid, un dirigeable muni d’un récepteur de T. S. F. voyage normalement d’après la carte météorologique du moment, évitant orages, grains et zones de vents contraires. Ce mode de navigation peut être négligé par un avion maniable, rapide et robuste. En l’absence de renseignements, le dirigeable doit pouvoir résister à tous les éléments météorologiques : vents horizontaux et verticaux, variations importantes de température, surcharge de neige, glaçons dans les hélices, etc.
- Théoriquement, un rigide de faible allongement peut résister à des vents de direction et de régularité quelconques à condition de ne pas craindre une augmentation du poids de construction. Un vent descendant violent, tels que ceux trouvés en montagne, peut être facilement combattu par un jet de lest approprié : n’oublions pas que les rigides allemands du type L 70 avaient une vitesse ascensionnelle maxima comprise entre 10 et 12 m. par seconde, vitesse inconnue des avions de transport actuels. Ces chiffres ne s’appliquent évidemment pas aux souples et semi-rigides.
- Les variations de températures les plus grandes et la surcharge de neige nécessitent un délestage ; la déformation de la carène due à la surcharge semble rendre intéressants, ici encore, les avantages du rigide. Le danger constitué par la chute de glaçons dans les hélices peut être évité par la simple disposition de celles-ci.
- Il n'y a donc pas d’impossibilité technique d’emploi du dirigeable à l’exploration : il suffit d’emporter une quantité de lest suffisante, et de permettre un délestage rapide ; la sécurité sera alors supérieure à celle de l’avion. Mais, il semble qu’il y ait un grand avantage à utiliser un rigide construit en vue du raid et capable de supporter sans déformations les efforts du vent et de la glace.
- L’accident de l’Italia semble être arrivé au contact du sol, il faudrait donc écarter l’hypothèse de la déchirure de l’enveloppe (surcharge ou rupture d’hélice). La chute serait donc due, soit à l’affaiblissement du régime moteur alors que le dirigeable se trouvait en régime de sustentation dynamique (zone de stabilité dépassée par une marche en cerf-volant), soit au passage dans une zone de vent descendant violent, les deux pannes occasionnées par manque de force ascensionnelle, donc quantité de lest insuffisante au départ.
- Souhaitons, que l’enquête entreprise mène à une conclusion positive : jusqu’à présent rien ne prouve que la catastrophe soit due au principe même du dirigeable.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 229
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE 1928 0
- 30™.. 20m fOm '' 0H
- Avec l’augmentation de la longueur des nuits, les phénomènes célestes visibles augmentent en nombre. Ce mois-ci, on pourra, en plus des planètes Mars, Jupiter, Saturne et Uranus, observer de nombreuses occultations d’étoiles par la Lune ; de nombreux phénomènes du système des satellites de Jupiter; des conjonctions de planètes avec la Lune ou avec d’autres planètes, notamment les conjonctions de Jupiter et de la Lune les 1er et 28 octobre; des étoiles filantes ; la lueur antisolaire, etc.
- Jupiter sera en opposition avec le Soleil le 29 octobre.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, de — 3°12' le l°r octobre sera de —14°7' le 31.
- Les jours diminuent fortement de durée pendant ce mois.
- De llh 38“ le 1er, la durée du jour sera réduite à 9h 54m
- le 31.
- Voici le tableau du temps moyen à midi vrai, de deux en deux jours, en octobre.
- 1. Toutes les heures mentionnées dans le présent Bulletin astronomique sont données en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24“ à partir de minuit (0k).
- Ce tableau donne l’heure du passage Soleil au méridien de Paris :
- Dates.
- du centre du
- Heures du passage.
- Oct. 1er llh 40m 21"
- — 3 Uk 39“ 43’
- — 5 11“39“ 6"
- — 7 Uk 38“ 31"
- — 9 Uk 37“ 58'
- — 11 Uk37“ 26'
- — 13 U” 36” 57’
- — 15 Uk 36“ 29'
- — 17 U" 36“ 4'
- — 19 llk 35“ 41'
- — 21 llh 35” 21'
- — 23 Uk 35“ 3'
- — 25 llk 34” 48'
- — 27 llk 34“ 35'
- — 29 llk 34” 26'
- — 31 Hh 34m 20'
- Fie. i.
- Marche de la -planète Uranus sur le Vannée 1928.
- ici pendant
- Observations physiques. — Comme nous le faisons chaque mois, nous recommandons à tous les observateurs disposant d’une petite lunette de suivre chaque jour le Soleil et d’en dessiner les détails de la surface : taches, facules, etc.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est bien visible le matin, à l’Est, avant l'arrivée de l’aube.
- La lueur anti-solaire s’élève dans le ciel, au fur et à mesure de la diminution de la déclinaison du Soleil. On pourra la rechercher, vers minuit, du 11 au 15 octobre, dans les Poissons. Le 15, elle sera près de l’étoile o Poissons.
- ASTRE Dates : OCTOBRE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellations et étoiles voisines. VISIBILITÉ
- 6 5" 58“ Uh 38“ 49" l7t 19” 12» 48“ 5° 8' 32' 3" 6 Vierge
- Soleil . . . .< > 16 6 13 11 38 16 16 59 13 25 — 8 54 32 9,6 Vierge > »
- 26 6 29 11 34 41 16 40 14 2 — 12 28 32 14,4 Balance
- 6 8 27 13 7 17 48 14 15 17 3 7,6 Vierge
- Mercure . . . < 16 7 53 12 32 17 11 14 22 — 17 20 9,2 Vierge Un peu visible au début
- 26 6 7 11 16 16 26 13 45 — 11 24 9,8 a Vierge ) du mois.
- 6 8 22 13 17 18 12 14 23 — 14 14 11,4 X Vierge
- Vénus . . . . 16 8 52 13 26 18 0 15 12 — 18 19 11,8 8 Balance Le soir, à la fin du mois.
- 26 9 21 13 27 17 53 16 2 — 21 37 12,2 P Scorpion
- 6 20 56 4 58 13 0 6 5 + 23 28 10,4 V Gémeaux
- Mars. . . . ' . 16 20 30 4 34 12 37 6 21 4- 23 42 11,2 Gémeaux Presque toute la nuit.
- 26 20 1 4 6 12 11 6 32 + 23 57 12,0 p- Gémeaux
- Jupiter. . . . 16 17 33 0 34 7 36 2 21 + 12 29 46,0 Baleine Toute la nuit. Opp°“ le 29.
- Saturne . . . 16 11 11 15 8 19 25 16 57 — 21 21 14,0 0 Ophiuchus Dès l’arrivée de la nuit.
- Uranus. . . . 16 16 20 22 28 4 36 0 19 + 1 11 3,6 44 Poissons Toute la nuit.
- Neptune . . . 16 1 27 8 24 15 22 10 12 + 11 44 2,4 a Lion Avant l’aurore.
- x. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
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- II. Lune. — Les phases de la Lune, en octobre , seront les suivantes :
- D. Q. le 6, à 5h 6m I . P. Q. le 21, à 21h 6”
- N. L. le 13, à 15h 56m I P. L. le 28, à 22h 43”
- Age de la Lune, le 1er octobre, à 0h=16j,9; le 14, à 0h=0j,3. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, consulter les précédents « Bulletins astronomiques ».
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 1er octobre, à 22h. Parallaxe = 60'12". Distance = 364260 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 17 octobre, à 20h. Parallaxe = 54' 3". Distance = 405 700 km.
- Périgée de la Lune, le 30 octobre à 2h. Parallaxe = 61'5". Distance = 358980 km.
- Lumière cendrée de la Lune. — Observer la lumière cendrée de la Lune, le matin, du 6 au 9 octobre et le soir du 17 au 21.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 1er octobre, occultation de 31 Bélier (gr. 5,7), de 18h 54” àl9h37”.
- Le 2, occultation de 26 B. Taureau (gr. 6,4), de 19k17” à 19h44m.
- Le 19, occultation de 66 B. Sagittaire (gr. 4,7). Immersion seule visible à 19k 26™.
- Le 24, occultation de 69 Yerseau (gr. 5,6), de 21i52” à 22k 59”. — Occultation de v Yerseau (gr. 4,4), de 23h 16“ à 0h 19” le 25.
- Le 27, occultation de f Poissons (gr. 5,3) de 18h39“ à 19h 30”. Le 30, occultation de 53 Taureau (gr. 5,3), de 22h 9” à 23k 7”.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois
- se produiront au début (peu après la Pleine Lune du 30 sep-
- tembre, vers l’époque de la Nouvelle Lune du 13 octobre,
- et surtout au moment de la Pleine Lune du 28 octobre.
- Yoici quelq ues-unes s eulement de ces plus grandes marées
- (celles dont le coefficient est voisin de 100 ou supérieur) et
- l’heure de la pleine mer à Brest) :
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heures. Coefficient Heures. Coefficient
- Oct. 1 4h 54” 1,10 17M4” 1,10
- — 2 5k33” 1,08 17k 52” 1,04
- — 28 3k 09” 1,00 15»28“ 1,06
- — 29 3» 47” 1,09 16h 07” 1,11
- — 30 4h 28™ 1,11 i6k 48™ 1,10
- — 31 5h 10” 1,07 17h 31” 1,02
- Avec des coefficients de marée aussi élevés, le mascaret se
- produira fréquemment en octobre. Yoici les heures aux-
- quelles on pourra l’observer :
- Coefficient
- Dates. de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebee.
- Oct. 1 1,10 8h 26“ 9h 03“ 9h 12“
- — 1 1,10 20h46” 21»23” 21h 32”
- 2 1,08 9h 06” 09h 43“ 9h 52”
- — 2 1,04 21h26” 22h03” 22h12“
- — 28 1,06 19h07” 19h44” 19h 53”
- — 29 1,09 7h 24” 8h 01“ 8h 10”
- — 29 1,11 19h42” 20h19” 20h 28”
- — 30 1,11 8h 01” 8h 38” 8h 47”
- — 30 1,10 20k20” 20h 57” 21» 06”
- — 31 1,07 8h 42“ 9h 19” 9h 28“
- III. Planètes. — Le tableau placé à la page précédente, établi à l’aide des données figurant dans VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1928, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois d’octobre 1928.
- Mercure sera tout juste un peu visible le soir au début du mois, sa plus grande élongation s’étant produite le 29 septembre.
- On pourra donc le rechercher du l01 au 5 octobre, aussitôt le coucher du Soleil.
- Vénus se dégage peu à peu du rayonnement solaire et pourra être observée dès le coucher du Soleil. Son vif éclat dans le ciel du couchant permettra de la trouver sans difficulté.
- Mars se lève à présent avant 21h et se trouve ainsi observable presque toute la nuit. Son diamètre augmente de jour en jour et permet, à présent, l’emploi des instruments de moyenne puissance.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Octobre. Heures. Satel- lite. Phéno- mène DATES Octobre. Heures. Satel- lite. Phéno- mène.
- 4 4h 3gm I O.c. 20 5b 5” I O. f.
- 4 5 1 II E.c. 20 5 18 I p. f.
- 5 1 53 I E. c 20 5 31 II P. c.
- 5 4 40 I Em. 21 0 12 I E.c.
- 5 23 8 I O.c. 21 2 34 I Em.
- 5 23 42 II O.c. 21 21 24 I O.c.
- 5 23 44 I P.c. 21 21 37 I P. c.
- 6 1 0 II P. c. 21 23 28 II E. c.
- 6 1 17 I O.f. 21 23 34 I O. f.
- 6 1 51 I P. f. 21 23 44 I P. f.
- 6 2 0 II O.f. 22 2 3 II Em.
- 6 3 7 II P. f. 22 4 10 III E. c.
- 6 20 22 I E. c. 22 18 40 I E. c.
- 6 23 6 I Em. 22 21 0 I Em.
- 7 19 46 I O.f. 23 18 3 I O.f.
- 7 20 8 III E.c. 23 18 10 I P. f.
- 7 20 17 I P. f. 23 18 18 II O.c.
- 7 21 36 11 Em. 23 18 39 II P. c.
- 7 22 3 III E. f. 23 20 35 II O.f.
- 7 22 44 III Im. 23 20 48 II P. f.
- 7 23 52 III Em. 25 18 12 III O.c.
- 13 1 2 I O.c. 25 18 53 III P. c.
- 13 1 27 I P.c. 25 20 4 III O.f.
- 13 2 20 II O. c. 25 20 4 III P. f.
- 13 3 11 I O. f. 27 4 50 I O.c.
- 13 3 16 II P. c. 27 4 54 I P. c.
- 13 3 35 I P. f 28 2 7 I E.c.
- 13 4 38 II O.f. 28 4 18 .1 Em.
- 13 5 24 II P. f. 28 23 19 I O.c.
- 13 22 17 I E.c. 28 23 20 I P.c.
- 14 0 50 I Em. 29 1 28 I O.f.
- 14 19 30 I O.c. 29 1 28 I P. f.
- 14 19 53 I P.c. 29 2 3 II E. c.
- 14 20 53 II E.c. 29 4 20 II E. f.
- 14 21 40 I O.f 29 20 35 I Im.
- 14 22 1 I P. f. 29 22 46 I E. f.
- 14 23 50 II Em. 30 17 46 I P. c.
- 15 0 9 III E.c. 30 17 .47 I O.c.
- 15 3 11 III Em. 30 19 53 I P. f.
- 15 19 16 I Em. 30 19 57 I O.f.
- 16 18 32 II P. f. 30 20 54 II P. c.
- 19 5 43 I E.c. 30 20 56 II O.c.
- 20 2 56 I O. c. 30 23 3 II P. f.
- 20 3 11 I P.c. 30 23 13 II O.f.
- 20 4 58 II O.c.
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- Voici comment se présente l’intéressante planète Mars en octobre :
- Dates. (0fc) Angle de position de l’axe de Mars. Latitude du centre. Diamètre. Phase. Angle de position de la phase. Éclat stellaire
- Oct. lor 334° + 1°,7 10",0 1",3 270° — 0,0
- — 11 336° + 30,1 10",7 1",3 271° — 0,1
- — 21 338« + 4°,1 11",5 1",2 272» — 0 3
- Le 1er octobre, le méridien 0° de Mars passera au méri-
- dien central à 5h 30m,l et le 31 octobre, il passsra au méridien central à 0h 8m,l'. Mars tournant sur son axe en 24h 37m 22s,65, il sera facile de calculer les autres passages, ainsi que la longitude de la région de Mars tournée vers la Terre à une heure donnée.
- Jupiter sera en opposition le 29 octobre à lh. Il est donc, en cette époque, visible toute la nuit. Il est placé à une très bonne hauteur dans le ciel pour les observations. La plus petite lunette suffît pour celles-ci, ainsique pour suivre les curieux phénomènes présentés par les satellites les plus brillants dans leur révolution autour de Jupiter. Voir à la page précédente la liste de ces phénomènes pour octobre.
- Saturne est très peu visible le soir, dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 15 octobre 1928 :
- Grand axe extérieur.............................. 35", 44
- Petit axe extérieur.............................. 15",95
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau.............................................-|- 26° 44'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26° 43'
- Uranus, dont l’opposition s’est produite le 28 septembre, est encore visible toute la nuit. On le trouvera à l’aide de la carte de la figure 1. Au début du mois, Uranus sera très près de l’étoile 44 Poissons..
- Neptune est visible avant l’arrivée du jour, très près de la brillante étoile a Lion (Régulus).
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à lh, Mercure en conjonc. avec Vénus, à 3° 22' S.
- Le 1er, à 18h, Jupiter — la Lune, àO°34'N.
- Le 5, à 9h, Mars — — à 2° 31'S.
- Le 9, à 15tl, Neptune — — à 4o 54' S.
- Le 16, à 4k, Vénus — — à 10 27' S.
- ..........................: ..........— 23J =
- Le 18, à 8\ Saturne en conjonc. avec la Lune, à 2° 38' N. Le 26, à 18h, Uranus — — à 4° 01' N.
- Le 28, à 22h, Jupiter — — à 0° 51' N.
- Les conjonctions de Jupiter avec la Lune du 1er et du 28 octobre seront particulièrement intéressantes à observer. Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol
- (ji Persée) : le 1er, à 23h 59m ; le 4, à 20h47 ; le 19, à 4h 51“ ;
- le 22, à lh 39“ ; le 24, à 22h 28“ ; le 27, à 19 |h
- Etoiles filantes . — Voici quelques-uns des radiants actifs
- en octobre, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine
- Oct. 1 au 9 240 + 17° y Bélier.
- — 7 31° + 18° a Bélier.
- — 8 43° + 56° •P Persée.
- — 15 et 29 1080 + 23» g Gémeaux.
- — 18 et 20 90o + 15° v Orion.
- — 18 et 27 108° + 12° [3 Petit Chien.
- — 20 et 27 328° + 62° a Céphée.
- — 21 et 25 1120 + 30° p Gémeaux.
- — (mois) 29° + 08° \ Baleine.
- — 31 43° + 220 e Bélier.
- Étoile Polaire. — Voici les heures de passage de l’Etoile
- Polaire au méridien de Paris, en octobre.
- Heure. Temps sidéral
- Dates. Passage. (T. ü.) à 0h (T. ü.)
- Oct. 7 Supérieur 0h 25“ 55' lh lra 34"
- — 13 — 0h 2“21‘ —
- — 13 — 23^57“ 25' —
- — 17 — 23h 42“ 43* lh 40“ 59"
- — 27 — 23h 3“ 24s 2“ 20“ 25s
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er Octobre, à 21h, ou le 15, à 20h est celui-ci :
- Au Zénith : a Cygne.
- Au Sud : Le Carré de Pégase; le Verseau; le Capricorne. A l’horizon, le Poisson austral (Fomalhaut).
- A l’Est : Le Bélier; Andromède; Les Pléiades.
- A l’Ouest : La Lyre; l’Aigle; Hercule.
- Au Nord : La Grande Ourse; la Petite Ourse; Céphée Cassiopée.
- Au Nord-Est : Le Cocher; Persée; Le Taureau.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- UN EMPLOI DES PATINS A ROULETTES
- Si l’on doit déplacer des meubles lourds, au lieu de sefatiguer à les pousser et le? traîner, on peut s’aider de patins à roulettes qu’on place sous les meubles, après les avoir, bien entendu, soulevés suffisamment. De cette manière, il sera facile de déplacer un bahut, un piano. Le meuble roule facilement, mais il faut le maintenir en équilibre afin de l’empêcher de basculer.
- POUR CONSERVER LES CHAUSSURES
- On adopte de plus en plus les teintes claires notamment pour les chaussures de dames. Elles sont, bien entendu, d’autant plus faciles à salir; de plus, le cuir est délicat et la moindre éraflure déprécie la chaussure ainsi qu’une tache très visible sur la teinte claire.
- Pour garantir les chaussures fragiles, il est donc bon de les garnir d’une housse faite au moyen d’un vieux bas. Généralement alors que le pied, pointe et talon, est hors d’usage, la jambe est
- à peu près intacte. Elle constitue une housse parfaite qu’on coud ou qu’on ferme d’une manière quelconque à une extrémité.
- L’autre bout est fermé avec un lacet à coulisse par exemple et l’on peut alors placer la chaussure à l’abri pour lui conserver sa splendeur première et la préserver des chocs, des éraflures et des taches.
- POUR QU'UN MANCHOT JOUE AUX CARTES
- Un dispositif ingénieux permettra à un mutilé d’un bras ou d’une main, de faire commodément sa partie de cartes. Pour qu’il puisse tenir son jeu, l’avoir bien sous ses yeux, le soustraire à la vue des voisins et pour qu’il puisse prendre commodément une carte afin de la jouer, il lui suffira de se servir d’une brosse retournée et posée devant lui, de manière que les soies se trouvent à la partie supérieure.
- Les cartes sont piquées entre les soies et se tiennent très bien, quel que soit leur nombre ; elles se présentent même plus clairement que si le joueur les tenait à la main.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- HISTOIRE NATURELLE A propos des Tortues terrestres.
- La Tortue mauritanique.
- Nombreux sont les amateurs de Tortues terrestres qui aiment à voir circuler dans les jardins quelques-uns de ces gentils petits animaux. La plus répandue sur nos marchés est la Tortue mauritanique (Testudo Ibera Pall.). Par erreur, on l’appelle parfois : Tortue grecque. Probablement originaire d’Asie Mineure, on la rencontre en Espagne, dans le nord de l’Afrique —eu Algérie, au Maroc ;— où elle a dû être importée, et où elle a prospéré.
- La carapace de la Tortue mauritanique est de forme ovalaire. Le plastron, concave chez le mâle, est plan chez la femelle. Les plaques marginales sont très inclinées, le sternum est mobile en arrière ; la queue, courte, n’est pas pourvue, à l’extrémité, d’un revêtement corné. On remarque un gros tubercule conique à la cuisse. Les mâchoires, tranchantes, ne sont pas dentelées. Le jeune sujet a le contour de la carapace presque circulaire et la plaque de la nuque est plus large que chez l’adulte.
- La couleur fondamentale de la Tortue mauritanique est olivâtre. Les plaques marginales ont quelquefois une teinte noirâtre. Les plaques du plastron portent chacune une large tache noire. La partie interne des membres antérieurs, le dessus des membres postérieurs, le cou, la queue sont gris brun. L’œil est brun. Les mâchoires et les ongles sont noirs.
- La Tortue mauritanique atteint 30 centimètres de longueur.
- Conservée en captivité dans les jardins, cette espèce s’acclimate fort bien. Elle peut se reproduire dans le midi de la France. Dans la région parisienne et dans le centre, nous ne croyons pas qu’elle puisse se multiplier. Nous ne connaissons qu’un seul exemple d’éclosion : une Tortue d’Algérie est née, en octobre 1927, chez M. B.-M., à Narbonne, dans un jardin exposé au Midi, très chaud, où ne poussent que des plantes tropicales. La ponte a lieu au mois de juin, dans un tas de paille ou de feuilles sèches, au bas d’un mur très exposé au soleil. Les œufs ont la grosseur de ceux de la Tourterelle, mais la coquille blanche n’a pas la dureté de celle des œufs d’Oiseau. Au sortir de l’œuf le jeune a la carapace assez molle. La petite Tortue de M. B.-M. a été envoyée à la Société nationale d’Acclimatation de France, qui l’a offerte au Vivarium du Muséum de Paris.
- A l’état libre et sous un climat favorable, la sortie des jeunes peut être malaisée ; les petites bêtes peuvent être tuées par les premières pluies d’automne Si elles parviennent à sortir du trou de ponte, à peine se mettent-elles à circuler librement sur le sol que mille ennemis les guettent. Les Chats, particulièrement, ne manquent pas de les détruire. Les Porcs les dévorent, sans souci de la carapace. De même, les Oiseaux de proie, les Corbeaux, les Hérons, etc., et jusqu’aux Gallinacés, mangent les jeunes Tortues.
- En admettant que la reproduction puisse réussir en captivité, il serait sage de protéger le trou de ponte, soigneusement repéré, en le cernant par une sorte de parc grillagé, formé par un entourage en bois de 12 cm de hauteur, solidement fixé, et couvert d’un treillage. L’enclos minuscule peut être carré et mesurer 40 cm de côté.
- Tout à la fin du développement présumé des embryons, on pourrait retirer les œufs du trou pour les placer dans un pot d’éclosion, comme il a été dit à propos de la Cistude d’Europe (Voir La Nature, n° 2619). Ce pot d’éclosion sera simplement un petit pot à boutures, en terre cuite, de 6 ou 7 cm de haut, dont lé fond sera'enlevé. On creuse dans la terre un
- trou de 15 cm, au fond duquel on met un morceau d’ardoise placé horizontalement. Le pot est posé sur l’ardoise, du côté de son grand diamètre. Par le fond ouvert, les œufs sont introduits un à un dans le pot, on coiffe le fond d’un petit morceau d’ardoise et l’on ramène la terre sur le tout. Dans le pot d’éclosion, mis en bonne place, il serait facile d’observer les petites Tortues.
- On pourrait encore favoriser l’éclosion en posant une cloche sur le trou de ponte.
- L’humidité nuit au développement des embryons. Mais si la saison est belle et chaude, peut-être aurait-on quelque chance de constater l’éclosion d’une ponte? On ne s’occupe habituellement pas de la reproduction de la Tortue mauritanique, qui abonde sur nos marchés. Mais il serait intéressant de tenter l’expérience, et l’on pourrait s’inspirer de la méthode employée par M. Raymond Rollinat, pour élever la Cistude d’Europe, méthode dont nous avons parlé dans ces colonnes, en tenant compte, naturellement, des habitudes terrestres de la Tortue mauritanique et de son régime à prédominance végétarienne.
- Pour l’élevage des petits, on pourrait faire usage du terrarium portatif, constitué par un aquarium de verre garni de sable et de mousse, ou du terrarium fixe, installé en plein air.
- Les jeunes Reptiles de nos climats naissent en automne. Mais on sait que les Cistudes, par exemple, attendent souvent le retour du printemps pour sortir du trou de ponte, où elles hivernent.
- Pendant l’hiver, la Tortue ne se développe pas, elle ne prend aucune nourriture. En captivité, on fait hiverner les Tortues terrestres dans une boîte grillagée, emplie de sable et installée dans une cave, ou bien dans un las de fumier de feuilles, épais et abrité.
- La Tortue mauritanique est très sensible au froid, surtout dans son jeune âge. Nous avons perdu une jeune Tortue, hivernant au creux d’un fumier de feuilles : elle a été tuée par la gelée de mai 1928.
- La jeune Tortue se développe très lentement. Les os de la carapace, d’abord souples, deviennent de plus en plus durs. Mais il s’écoulera plusieurs années avant que la petite Tortue née en captivité puisse être lâchée sans risque dans un jardin clos. Agée d’une vingtaine d’années, la Tortue est adulte et apte à se reproduire.
- Les Tortues terrestres se nourissent de salades, de légumes et de fruits ; elles ont un goût prononcé pour les fraises. Mais elles mangent aussi de petits Mollusques, des Vers, des Insectes, et il serait bon d’en tenir compte dans l’élevage des jeunes. Comme tous les Reptiles, les Tortues aiment à boire souvent.
- Le soleil est le grand ami des Reptiles : les Tortues s’exposent volontiers à ses rayons bienfaisants. Néanmoins, il est recommandé de leur ménager de l’ombre, au cas où elles préféreraient s’abriter d’une trop forte chaleur.
- En hiver, si l’on a soin de la tenir en chambre chauffée, la Tortue terrestre demeure active. Sa vitalité est pourtant ralentie, elle se nourrit à peine, voire pas du tout, elle boit un peu. Il est préférable de lui permettre d’hiverner dans un endroit bien abrité de la gelée, car la privation du sommeil hivernal abrège de beaucoup la durée de la vie des Reptiles. Dans les Jardins Zoologiques, les Tortues maintenues à température élevée et constante, n’hivernent pas.
- Les Tortues sont intelligentes, et beaucoup plus que l’on pourrait le croire en se basant sur la petitesse de leur cerveau. Elles ne tardent pas à connaître les personnes qui les
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- soignent et à leur exprimer par une naïve familiarité leur reconnaissance des bons soins reçus. Une jeuue Tortue mau-ritanique, longue de 5 cm 1/2, au bout de quinze jours d’acquisition, venait prendre dans nos doigts la salade hachée et chaque soir elle venait se blottir à nos pieds, sous notre table de travail.
- Plus bell es, plus rares que la Tortue maurilanique, la Tortue grecque et la Tortue bordée paraissent sur les marchés. La Tortue grecque habite le midi de la France, c’est une espèce très intéressante qui mérite une étude particulière et dont nous parlerons prochainement. A. Feuillke-Billot.
- SPÉLÉOLOGIE
- L’exploration du « Garagai » de Sainie-Victoire.
- Nous lisons dans le Petit Marseillais du 2 juillet 1928 :
- « Le Garagai, ou le gouffre célèbre qui s’ouvre non loin de la Croix de Provence, qui s’élève à 996 mètres sur le sommet de la montagne Saiute-Yictoire, a été exploré dans toute sa profondeur — soit 142 mètres — dans la matinée de jeudi dernier.
- Ce hardi exploit a été accompli sous la conduite de M. R. de Joly, ingénieur spéléologue, et avec MM. Denizot, chargé de cours à la l'acuité des Sciences de Marseille, le comte de Gasparin, MM. Serre, chargé de cours au Collège catholique d’Aix, et Dudley Ellis.
- Dix-sept hommes du 22e colonial avaient assuré la montée du matériel d’exploration et aussi la mise en place. C’est à l’aide de cordes et d’échelles de cordes que la descente a été effectuée, tandis que, de l’ouverture du gouffre, M. l’abbé Pascal, chargé de cours au Collège catholique d’Aix, surveillait les opérations etentretenaitles communications téléphoniques.
- C’est sans trop de difficultés que les cinq compagnons ont atteint le fond du gouffre qui, contrairement à la légende, ne donne pas naissauce à une source. Seules les eaux d’infiltration peuvent y être remarquées.
- La remontée à la surface, après que de très intéressantes photos eurent été prises par M. Ellis, se produisit sans incident.
- Le « Garagai » ainsi exploré s’appelle communément le « petit Garagai » à cause des petites dimensions de l’entrée. Mais, en vérité, c’est le grand Garagai. Or, c’est sous celte appellation qu’on désigne à tort le gouffre — beaucoup moins important — situé à 60 mètres plus au sud. C’est une sorte de triple puits cylindrique que M. R. de Joly visita supplémentairement, avec le même entrain déployé au cours de l’excursion de l’autre gouffre.
- Le vaillant petit groupe rentra ensuite en ville avec la légitime satisfaction d’avoir établi un vrai record par cette audacieuse descente du principal Garagai, le long de parois gigantesques et aussi parmi des éboulis de rochers formidables. «
- TOURISME Le train sans rail.
- Un amateur de grand tourisme, M. Faraut, a eu l’idée originale de préparer un voyage circulaire en France, pour présenter dans les villes et les bourgs qu’il traverse une série de produits et d’appareils en faisant la démonstration et en les présentant autrement que par des catalogues.
- Un tracteur Renault remorque un châssis sùr lequel sont aménagées toute une série de pièces d’habitation. La longueur déployée est ainsi de 14 m. La visite se fait par un couloir qui traverse successivement la cuisine, le cabinet de toilette, le salon, la salle à manger, la chambre à coucher et celle des domestiques.
- On conçoit qu’il est facile d’équiper cette roulotte avec les
- Fig. 1. — Le train au départ de Paris.
- appareils qu’il s’agit de faire connaître au public. C’est une véritable exposition ambulante, qui, partie de Paris le 20 avril dernier visite les villes et les plages actuellement. Le soir, M. Faraut donne une audition de T. S. F., de phonographe; il fait des projections de cinéma documentaires.
- Le voyage en France u’tst qu'un début et le promoteur
- Fig. 2, — Chambre d’extrémité du train sans rail.
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- envisage de visiter aussi toute l’Europe. Le confort est parfait dans toutes les pièces. Celles d’extrémité s’escamotent pendant la marche grâce à des lits basculants et à des combinaisons très ingénieuses, permettant d’utiliser la moindre place et le plus petit coin.
- ETHNOGRAPHIE Au pays des Aïnou.
- M. le Dr George Montandon vient d’enrichir la littérature anthropologique d’un ouvrage de très grande importance consacré presque exclusivement à cette mystérieuse race Aïnou qui a déjà fait verser (et ce n’est pas là une figure de rhétorique) des flots d’encre, depuis près d’un siècle qu’elle est connue des savants.
- Rappelons que le peuple de ce nom, réduit actuellement à 17 000 âmes environ, est dispersé dans la grande île japonaise de Yéso (ou Hokkaïdo) et dans quelques îles voisines (Iles Kouriles et Sakhaline ou Karafouto).
- Il est possible que ces quelques milliers soient les survivants d’une race qui connut une grande puissance numérique. Elle occupait tout l’archipel japonais lorsqu’il fut envahi par ses possesseurs actuels. Ceux-ci eurent à lutter pendant des siècles avant de briser la force de résistance des Aïnou, qui furent finalement repoussés dans les régions inhospitalières où ils sont fixés actuellement. La lutte dut être chaude puisque les légendes japonaises ont déifié le général qui infligea aux autochtones une défaite décisive.
- Quelle est l’origine de cette race ? est-elle apparentée à la race blanche ou à la race jaune ? ou occupe-t-elle une place spéciale et indépendante ? Ce fut ce problème qui attira M. George Montandon en Extrême-Orient où il consacra ses deux années de séjour à visiter plusieurs des villages Aïnou d’Hokkaïdo, et d’où il rapporta une riche moisson d’observations scientifiques. On peut dire hardiment qu’aucun savant européen n’avait consacré avant lui aux Aïnou une enquête aussi approfondie. Et nous pouvons ajouter que la collection de photographies qu’il a prises sur cette race est unique au monde tant par le nombre des clichés que par leur intérêt.
- La façon dont l’auteur tranche la question de l’origine des Aïnou nous paraît très plausible. « Dans ses formes ancestrales, écrit-il, la race blanche occupait toute l’Eurasie septentrionale. Les éléments du centre, mangés par le monde mongolique, ne se laissent plus deviner que par des traits isolés et atténués dans certains groupements... La race blanche, scindée en deux, a donné lieu à l’Ouest aux races européennes exubérantes, tandis que le foyer oriental s’isolait, s'étiolait, au point d’être aujourd’hui à la veille de sa disparition totale .. »
- Ces Aïnou, si remarquables par l’abondance de leur système pileux et autres traits anatomiques qui les différencient très nettement de leurs voisins, seraient donc des membres de la grande famille blanche qui, pour la plupart, au cours de leur long isolement, auraient subi des mélanges de sang avec des éléments mongoloïdes.
- Leur langue ne se rattache à aucun autre idiome connu. S’appuyant sur les travaux d’un missionnaire, le Rév, John Batchelor, l'auteur nous apprend que nombre de termes géographiques japonais découlent directement de cette langue. Ainsi, le nom du fameux volcan éteint, le Fujiyama, vient du mot Aïnou fuji, qui signifie « feu », yama signifiant « montagne » en japonais.
- Répétons que le beau livre du (Dr Montandon, qui n’est que le premier volume d’une série, jette un jour nouveau sur l’origine des populations de l’Asie septentrionale et apporte de précieux matériaux à la question de l’évolution de l’espèce humaine. Victor Forbin.
- PHYSIQUE
- Pour obtenir des feuilles métalliques très minces
- M. Rupp, dans Annalen der Physik, décrit un nouveau procédé pour obtenir des feuilles métalliques extrêmement minces. Une petite pièce de métal est pliée dans une capsule de tungstène, à l’intérieur d’un four électrique dans le vide. Après purification préliminaire in situ, une partie du métal est distillée et vient se condenser sur une plaque de sel gemme aussi parfaitement polie que possible. On arrête le chauffage lorsqu’une quantité suffisante du métal s’est ainsi déposée. On plonge ensuite le sel gemme dans une solution de sel où il se dissout, le métal reste en feuille qui flotte à la surface du liquide. On obtient ainsi des feuilles dont l’épaisseur peut descendre à 10-6 centimètres, et qui sont cependant parfaitement homogènes et sans trou. Ces lames peuvent être utilisées par exemple pour étudier la diffraction des électrons.
- ÉCONOMIE DOMESTIQUE La cuisson sous pression des aliments.
- Les marmites autoclaves, inventées par Papin, trouvent aujourd’hui parmi les ménagères un vif regain de faveur. Les avantages économiques de ces ustensiles, avantages exposés récemment dans cette Revue par M. Fougeret, suffisent à expliquer l’engouement actuel.
- Une question cependant se pose, qui a fait déjà l’objet d’assez nombreuses discussions parmi les hygiénistes. Les aliments ainsi préparés ont-ils la même valeur qu’avec le mode usuel de cuisson ? On a déjà reproché au procédé la destruction des vitamines. Mais les cuissons prolongées, même à des températures inférieures, les détruisent aussi.
- D’autre part, il semble fort probable que les phénomènes et les modifications qui accompagnent la cuisson d’une substance organique aussi complexe qu’un aliment ne seront pas les mêmes à 100 ou à 120° C.
- C’est ainsi qu’on a pu supposer que la cuisson d’une viande en pot-au-feu à haute température entraînerait des phénomènes d’hydrolyse provoquant une véritable peptonisation.
- M. J. Froidevaux, du Laboratoire municipal de Paris, a voulu tirer cette question au clair.
- Il s’est livré dans ce but à des expériences comparatives sur deux pot-au-feu formés d’éléments identiques et préparés l’un par la méthode usuelle d’ébullition, à l’air libre, l’autre en autoclave. Voici, d’après les Annales des Falsifications, les conclusions de ce chimiste.
- Ni l’un ni l’autre des bouillons ne présente d’hydrolyse caractérisée.
- Mais l’azote soluble du bouillon préparé à l’autoclave est plus riche en acides aminés que celui du bouillon ordinaire et il renferme une proportion d’azote ammoniacal plus élevée que la viande dont il provient.
- Ce phénomène de l'ammonisation, ou transformation de l’azote aminé en azote ammoniacal, n’est pas un avantage au point de vue alimentaire ; car, s’il n’a pas été démontré que cet élément est nuisible, on sait qu’il n’est d’aucune utilité pour l’organisme.
- Enfin le bouillon préparé à l’autoclave est plus faible en matières azotées, en graisses, en matières réductrices et en extrait que le bouillon ordinaire. Il est donc moins nutritif que ce dernier. Par contre, la viande est meilleure lorsqu’elle est cuite sous pression.
- Chaque procédé présente donc des avantages et des inconvénients. Ils. s’équivalent sensiblement. Toutefois la cuisson à l’autoclave consomme moins de combustible, donc est plus écdnomique.
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- PETITES INVENTIONS
- JJ ; ^
- Fig. 1 — Changement de vitesse dispositif à plateaux.
- MECANIQUE
- Changement de vitesse continu à friction, avec prise directe.
- Le type des changements de vitesse à friction existant jusqu’ici est le dispositif à plateaux (fîg. 1). 11 présente les
- inconvénients suivants :
- 1° Rendement défectueux, résultant de réchauffement des surfaces en contact et de leur usure.
- 2° Pas de prise directe. Considérons l’élément de surface d’entraînement des deux plateaux; le rapport des distances MH-MK des différents points M de cet élément (qui est un petit rectangle) aux axes de rotation respectifs des plateaux n’est pas le même pour tous; il y a donc patinage relatif de ces points, sauf pour ceux qui sont situés sur une ligne moyenne du rectangle ; conséquence : usure des surfaces et dégagement de chaleur parle travail des forces de frottement; de plus, le fait que tous les points de contact ne tendent pas à donner la même démultiplication diminue l’adhérence des plateaux.
- On voit géométriquement que la condition nécessaire et suffisante pour éviter le patinage relatif est que le plan de l’élément de contact des deux pièces de révolution qui s’entraînent passe constamment par le point de rencontre des axes de rotation de ces deux pièces.
- Cette condition géométrique essentielle, qui permet d’annuler le travail des forces de frottement, n’avait pas encore été appliquée ; le changement de vitesse décrit ci-après et inventé par M. Roger Genevas la réalise très simplement ; en outre, il présente une prise directe rigide par crabots, avantage sur lequel il est inutile d’insister. La figure 2 en représente le principe.
- Une pièce convexe de révolution R, d’axe SX, et un cône de révolution C, d’axe SY et de sommet S, sont amenés en contact au point M. R peut coulisser le long de SX, et C pivoter autour de la normale en S au plan de la figure. S reste fixe. On fait varier la démultiplication en amenant C et R en contact plus ou moins près de S, l’axe de R passant toujours par S. On débraye en supprimant le contact. Les pièces C et R sont constituées ou garnies en surface d’une matière telle que cuir, fibre, caoutchouc, ferodo, etc., à
- coefficient de frottement élevé. On voit, sur la figure 3, comment peut être faite la pièce R, dans le cas où l’on emploie du cuir.
- Les caractéristiques de ce système sont les suivantes :
- 1° La condition géométrique est réalisée ; de là, amélioration du rendement, diminution de l’usure, augmentation de l’adhérence ;
- 2° Les courbures de C et R étant de même sens en M, lorsqu’on maintient ces deux pièces appliquées l’une sur l’autre par une force, même peu considérable , l’aire de leur élément de contact (ellipse de centre M) est suffisante pour assurer un entraînement sans glissement ;
- 3° Possibilité de réaliser la prise directe rigide, puisque les axes de rotation de G et de R sont en ligne droite lorsque ces deux pièces tournent à la même vitesse.
- Donc, rendement de 100 pour 100 pendant la marche en prise, qui est la marche normale, et usure fortement réduite, puisque C et R ne travaillent pas à la friction pendant la marche en prise.
- La figure 3 représente la coupe, dans la position de prise directe, d’un montage pratique de ce changement de vitesse. L’arbre moteur A, guidé par les coussinets W et la fourchette F, est solidaire de la pièce convexe R. Le cône G, de sommet S, est guidé par un cadre N de même axe que lui, par l’intermédiaire du roulement à billes G. Le cadre N peut pivoter autour de la normale en S au plan de la figure ; sur ce cadre agissent des ressorts, non représentés, qui, en tendant à le faire pivoter, appliquent G sur R. Un cadran ou joint élastique, représenté schématiquement par le cercle hachuré O, transmet la rotation du cône à l’arbre B, guidé par les coussinets Y. On obtient la prise directe en montant sur l’arbre A un disque P qui vient en prise (par crabots ou friction) avec le bord du cône C.
- Le débrayage s’effectue comme suit : 1° Si l’on est en prise directe, maintenir N immobile, éloigner P ; 2° Si l’on est à une démultiplication quelconque, maintenir R en place, et faire pivoter le cadre N.
- Ce mécanisme s’applique à toutes les machines dans lesquelles intervient un changement de vitesse, à l’automobile en particulier. On pourra joindre à ce dispositif un système
- Fig. 2. — Changement de vitesse
- continu à friction, avec prise directe, système Genevas.
- Fig. 3. — Coupe du changement de vitesse Genevas. Fig. 4 — Schéma d’un montage pour l’application à V automobile.
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- Fr g. 5. — I) L’Auto-calor monté sur une voiture.
- II) Le faisceau tubulaire.
- L°s gaz d’échappement passent à l’intérieur du faisceau.
- L’air frais circulant à l’intérieur est chauffé.
- de marche arrière quelconque, toutes les commandes, y compris le débrayage, pouvant s’effectuer au moyen d’un seul levier. Enfin, lechangementdevitessepourraêtre automatique.
- Il est à noter que la forme de la pièce convexe et l’angle du cône sont arbitraires ; on déterminera leur valeur optima dans chaque cas particulier. Ainsi, la démultiplication maxima correspondant au démarrage, on pourra terminer la pièce convexe par une partie conique, du côté de cette pièce qui est le plus éloigné du point S, afin d’augmenter l’aire de l’élément de contact en cette position; on pourrait même étudier une démultiplication maxima faite par pignons dentés.
- La figure 4 schématise un montage très simple pour 1 application à l’automobile : on place le sommet du cône, donc le cardan, au point de rencontre des axes de l’arbre moteur et de 1 arbre de transmission ; l’angle U de ces deux axes vient en déduction de l’angle maximum sous lequel travaille le cardan.
- Variantes. — Au lieu de prendre un cône creux et une pièce convexe, on peut prendre une pièce creuse et un cône convexe, ou même un cône et une pièce convexes. Mais ces dispositifs sont moins avantageux; le dernier, en particulier, ne permet pas de réaliser la prise directe.
- Inventeur : M. R. Genevas, 30, rue des Marguettes, Paris.
- CHAUFFAGE
- Chauffage à air chaud pour automobiles.
- La question du chauffage d une voiture automobile : conduite intérieure, landaulet, etc., et aussi de véhicules particuliers comme les ambulances, les autobus, est au moins aussi délicate à résoudre que celle de locaux très importants. En effet, dans ces cas particuliers, le local qu’il s’agit de maintenir à une température donnée est très restreint et le cube d’air par personne est souvent réduit à l’extrême.
- Il est donc important d’avoir un chauffage hygiénique et une ventilation parfaite et efficace, qui ne fasse pas seulement appel aux courants d’air venant des joints des portes. Le meilleur système est celui de la ventilation par refoulement d air, grâce à une pression de l’intérieur vers l’extérieur.
- Un appareil intéressant, qui réalise ces conditions est 1 Auto-calor qui comporte trois organes principaux. Tout d abord, un faisceau tubulaire, qui communique avec l’échappement et réchauffe l’air d’un carter-enveloppe où se trouve logé le faisceau. La section totale des tubes du faisceau est plus grande que celle du tube d’échappement, de sorte qu’il n y a pas freinage à l’écoulement des gaz brûlés. En outre, l’absorption des calories par l’air frais qui circule autour des tubes détermine un appel et favorise l’évacuation, donc la bonne marche du moteur.
- Un dispositif breveté laisse entrer l’air frais puisé à l’extérieur et dirigé à travers le faisceau de tubes; il se réchauffe donc avant de pénétrer à l’intérieur de la voiture. Un dispositif de réglage, qui permet de modérer à volonlé la température, se commande par un système progressif et réversible qui rend possible le maintien de la température exacte désirée (fig. 5).
- Ainsi l’atmosphère n’est nilourde, ni insupportable puisque l’air est constamment renouvelé à l’intérieur de la voiture; l’air chaud arrivant à la bouche de chaleur est, en effet, de l’air continuellement puisé à l’extérieur et porté à la température voulue par le contact du faisceau tubulaire. Il n’y a donc aucune odeur, puisque les gaz d’échappement ne font que traverser les tubes du faisceau ; aucune poussière ne peut pénétrer à l’intérieur du véhicule, enfin, grâce au dispositif spécial et breveté de l’entrée de l’air.
- Constructeur : Compagnie des Taxis-Transports, 32, rue de la Jonquière, Paris.
- OBJETS UTILES
- Nouveau modèle de cueillefruits.
- Ce nouveau modèle de cueille fruits se compose de (fig. 6) :
- 1” Trois doigts en acier, d’une forme ovoïde pour prendre tous les fruits.
- Chacun de ces doigts est commandé à une distance donnée de son point d’attache par deux petites bielles. Ces dernières relient ces doigts à une coulisse. ^
- 2* D’un tube en acier, fileté intérieurement à sa base pour permettre sa fixation. A l’extrémité, sont prises trois chapes à 120° pour l’articulation des doigts. Les axes ° ’
- sont legerement coniques et chevau- >
- chants. Une mortaise, de distance et de longueur déterminées, règle l’ouverture et la fermeture des doigts. A l’intérieur du tube, est logé un ressort pour la fermeture de l’appareil.
- 3° D’une coulisse commandant simultanément les doigts.
- D’un poids de 125 gr et de 12 cm d’ouverture maximum, il peut cueillir tous les fruits, quelles que soient leur grosseur et leur forme, dans toutes les positions qu’ils occupent sur l’arbre.
- La pression des doigts ne peut taler aucun fruit mûr.
- La forme permet de pénétrer dans les arbres les plus touffus.
- Inventeur : M, Desbans, 17, rue Robert-Fleury, Paris.
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- PRESTIDIGITATION
- LA FEMME
- Voici une très jolie expérience produisant beaucoup d’effet et à laquelle on ne peut reprocher qu’une chose, c’est d’employer les épées qui ont déjà été mises à contribution dans de nombreux trucs.
- L’opérateur et son aide apportent sur la scène la plateforme P qui est surmontée de 4 colonnes C supportant un plateau D La plate-forme est munie de roulettes à boules lui permettant de rouler dans tous les sens. Quatre panneaux sont ensuite apportés, montrés de tous les côtés, puis placés sur le plateau où ils sont maintenus par des goupilles et forment une sorte de caisse. Tous ces panneaux sont laqués blanc avec dessins couleur et or à l’extérieur. A l’intérieur, ils sont recouverts d’une étoffe quelconque à larges raies verticales. Le panneau de devant n’est à proprement parler qu’un léger cadre supportant une grande porte. Lorsque cette porte est ouverte, on aperçoit parfaitement tout l’intérieur de la caisse. Enfin, pour terminer la construction, l’opérateur place sur la caisse un couvercle, ou plutôt un toit T de même décoration que les panneaux.
- A ce moment entre en scène une jeune personne que le . prestidigitateur présente à l’assistance comme un très curieux sujet capable de se rendre invisible et impalpable à volonté.
- Au moyen d’une chaise qui sert de marchepied, le sujet après avoir ouvert la porte pénètre dans la caisse où il se tient à genoux et qu’il remplit entièrement (fig. 1).
- Le prestidigitateur referme la porte, fait tourner l’appareil de droite à gauche et de gauche à droite sur ses roulettes pour bien prouver son isolement., ouvre la porte pour montrer que le sujet y est toujours, referme la porte. II annonce que la jeune femme va devenir invisible et impalpable à sa volonté.
- Pour cela, il prend une coupe de métal, sorte de brûle-parfums, l’allume et la promène autour de la caisse. Une fumée assez épaisse se dégage de la coupe et une odeur aromatique se répand jusque dans la salle. Il fait alors quelques passes magnétiques et annonce que la jeune femme n’existe plus.
- « Je vais vous le prouver », dit-il, et sans insister davantage, il prend des mains du servant une longue lance qu’il enfonce au milieu du toit de la caisse dans un trou ménagé à cet effet. La lance traverse la caisse et va ressortir par en dessous et se poser sur la plate-forme. 11 prend alors dix épées, les
- pique sur le parquet
- Fig. 2. - Vexplication. P°UI> m°ntrer quelles
- ne sont pas truquées
- et les enfonce dans la caisse par les ouvertures ménagées à cet effet. On aperçoit cinq de ces ouvertures sur notre dessin.
- « Vous voyez que « la jeune femme est « devenue invisible et a impalpable ; elle n’a « pu sortir de la caisse « et cette lance avec « ces épées l’auraient « transpercée si elle « était en-core en « chair et os comme « vous et moi. Sans
- FANTÔME
- Fig. 1. — Présentation de la femme-fantôme.
- « doute ne me croyez-vous pas P Eh. bien, « voici la meilleure « preuve.., »
- A ce moment, il ouvre la porte, et l’on voit la caisse absolument vide, traversée par la lance et les épées qui forment un véritable lacis de lames d’acier.
- Lorsque les spectateurs ont bien vu et constaté le vide de la caisse, le prestidigitateur retire la lance, les épées, et fait savoir qu’il va rendre au sujet sa forme palpable. En effet, après quelques passes autour de la caisse, il ouvre la porte, la jeune femme est là à genoux et semble ne pas avoir bougé.
- Le truc qui produit une grande sensation est simple. Les deux panneaux de côté, percés de trous pour le passage des épées sont munis de glaces étamées. En se reportant au schéma du plateau, on comprendra le jeu des glaces. Lorsque les panneaux sont apportés, les glaces sont appliquées en AB, recouvertes de l’étoffe rayée qui décore le reste de la caisse. Lorsque le sujet veut disparaître, il se place au fond de la caisse et tire à lui les 2 glaces qui montées sur charnières en A se rejoignent au point B'. Ces deux glaces, étant placées à moitié de l’angle droit, reflètent les côtés AB qui semblent être le fond AA. Grâce aux rayures verticales de la décoration intérieure, rien ne pent être vu de cette machination et le prestidigitateur, ouvrant et refermant la porte, ne peut être reflété par les glaces. La lance a pour but de cacher la jonction des 2 glaces et de sembler rendre impossible le séjour de la caisse à la jeune femme : quant aux épées, elles entrent dans la caisse et la traversent, celles du devant et du milieu directement, celles du fond en biais le long des glaces. Le reflet de ces épées dans les glaces ne permet pas d’en préciser la direction.
- Il est bien entendu que le brule-parfums, les passes magnétiques ou annoncées comme telles ne sont que de la mise en scène sans autre utilité que de frapper un peu l’imagination des spectateurs. . .
- Alber.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Marbres, pierres, grès, granits de France, par
- B. SanCholle-Henraux, i vol., 27-2 p. Imprimerie Heuri Mallez,
- Cambrai, 1928.
- L’aut.eür doane, sous forme de table iux, le résumé d’un travail o rt important et très utile : 1 énumération, par département, des principales carrières avec les caractéristiques essentielles des produits quelles fournissent. Elle s'étend à nos colonies. Ces tableaux révèlent-l'étonnante richesse de notre sol en matériaux de construction de choix. L’ouvrage est complété par un lexique où I on trouve par ordre alphabétique les noms des principaux miuéiaux de notre sol avec l’indication succincte de leursapro-pnétes.
- Un botaniste bourbonnais : Gilbert Tourret (1881-
- 1914), par A. Brun. 1 biocb., iv -f- 19 pp., 2 pl. Imprimerie
- Chenon, Moulins. Prix : 4 francs.
- Récit ému, par un camarade, de la vie et de l’œuvre de Tourret, instituteur public et botaniste, tué au début de la guerre, dont l’ardeur scientifique, la belle figure morale, les remarquables travaux sur les mousses font vivement regretter la perte, alors que son œuvre prenait loirue et donnait lesplus belles espérances,
- The respiratory function of the^lblood. Part II.
- Haemoglobin, par Joseph Barlroft. 1 vol. in. 8, 200 p., 63 fig.,
- I pl. University Press, Cambridge, 1928. Prix: relié, 12 sh. 6 d.
- II y a ti’ois ans, le professeur Barcroft, du King’s College de Cambridge, annonçait un livre en 3 volumes sur la fonction respiratoire du sang et publiait la première partie : Leçons des hautes altitudes Aujourd hui, il renonce au plan primitif en raison de l’abondance des faits nouveaux et décide de donner une série d’études sur chaque sujet qu'ïl aura étudié. Voici le deuxième, consacré à l’hémoglobine du sang et plus spécialement au pigment respiratoire. Les premiers chapitres situent les porphyrines, l’hémochromogène, le cytochrome, l'hémoglobine et tracent pour chacun les limites de nos connaissances actuelles Puis l’hémoglobine seule reste eu cause et l’on cherche son origine, sa nature, son poids moléculaire, ses affinités et ses réactions avec l’oxygène et l'oxyde de carbone. Ses qualités, comme transporteur d’ox\ gene éliminateur d’acide carbonique et comme régulateur dacitité du milieu intéiieur, sont definies avec clarté et avec vie et l’on quitte le livre, convaincu que l'hémoglobine est peut-être la deuxième substance la plus intéressante du monde (la chlorophylle étant la première), selon un mot de sir Michel Foster, rapporté par l'auteur.
- Practical Serology, par Luigi Vigano.Traduit par T. Mary
- Heffer 1 vol. iu-8, 221 p., 39 hg , 4 pl. en couleurs.
- W. Heffert and Sons Ld, Cambridge, 1928. Prix : relié,
- 12 sh. 6 d.
- Rien qu’en feuilletant ce précis, on est étonné du nombre de réactions que les sérologistes ont su tirer du sang pour aider au diagnostic des maladies. Réactions qui, pour la plupart, n’ont rien encore de la chimie, sont tout empiriques et d’autant plus délicates à opérer correctement et à réussir.
- Ce manuel technique du directeur adjoint de l’Institut sérothé-rapique de Milan a eu en Italie un grand succès et cette traduction est une nouvelle preuve de sa valeur. Il décrit avec précision toutes les méthodes, indique et figure les maniérés d’opérer, tant pour l’expérimentation sur l’animal que pour les prélèvements sur l’homme et les réactions d’agglutination, d’hémolyse, de bactériolyse, de fixation, de coagulation, jusqu’aux techniques récentes de diagnostic delà syphilis, de la réaction d'Abderhaiden et de la recherche de l’anaphylaxie. Chaque technique est clairement décrite, et il suffit de suivre ce guide pour opérer correctement. Un glossaire explique les termes spéciaux aux sérologistes. Les praticiens, les physiologistes useront de ce livre largement.
- Psychologie des animaux, par le D'. F. Buytenduk.
- Traduit du hollandais par le Dr R. Bredo. 1 vol. in. 8, 315 p.,
- 56 fig. Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1928. Prix : 25 fr.
- L’auteur a fait nombre de recherches personnelles sur cette difficile question; il les a étendues aux animaux les plus divers; il a su y apporter un esprit réfléchi et prudent; observant avec soin et précision, il s’est aperçu de la complexité des phénomènês et a abouti à rejeter les explications méeanistiqùçs simplistes pour aboutir à une conception philosophique; savoir qu’il n’y a pas de limite précise entre l’homme et les animaux et qu’on retrouve n tous une finalité immatérielle. Ce livre résume ses travaux et
- situe ses conceptions. Après avoir rappelé l’éternelle querelle de « l’âme » et du « mécanisme », pour expliquer les actes des animaux, il aborde la psychologie des êtres unicellulaires, montre l'insuffisance et l'erreur des tropismes, examine les fonctions de perception, d’instincts, d'habitudes, de pensée, au moyen d’exemples variés et choisis et aboutit à la conclusion d’une^vie psychique, que la physiologie seule ne suffit pas à expliquer.* ^
- Travaux i pratiques • de cuisine raisonnée, par
- MM. les D,s de Pomiane Pozerski, Hkmmerdinger, Henri Labbe et M. Martel. 1 vol. in-8, 134 p. Le François, Paris, 1928. Prix : 13 francs.p
- Cette publication de la bociété scientifique d'hygiène alimentaire, bien que conçue dans un esprit scientifique, n’en est pas moins un livre de cuisine essentiellement pratique. Elle a pour but de réunir les principes scientifiques servant de bases aux travaux pratiques de l'enseignement supérieur de 1 hygiène alimentaire appliquée, tel qu'il a été organisé par cette société.
- Dans les cuisines d enseignement, les élèves apprennent la cuisine en dix leçons. Celles-ci reposent sur les six principes fondamentaux d'une science nouvelle et encore embryonnaire, la Gastrotecknie, dont le Dr de Pomiane Pozerski a posé les premiers jalons.
- Le lecteur de ce livre pourra exécuter facilement, sans apprentissage, les 2u0 plats dont les recettes raisonnées et coordonnées constituent la partie principale de ce traité.
- Le docteur de Pomiane Pozerski rappelle dans une préface les notions directrices sans lesquelles l’enseignement de la cuisine devient par trop compliqué et par trop long.
- Le docteur Iiemiuerdiuger montre ensuite, en quelques pages, le rôle social de la science alimentaire. Puis, en dix chapitres, le docteur de Pomiane Pozerski définit, avec exemples et recettes à l’appui : la cuisine à l'eau, les fritures, les grillades et les rôtis, ietoulïee, les liaisons et sauces, la préparation des légumes, des pâtes et du riz, ainsi que des pâtisseries.
- Cette cuisine qui s'adresse aux sujets normaux, c’est-à-dire sains, est complétée par une cuisine diététique destinée aux mala les, convalescents et aux enfants. Le docteur et Mme Henri Labbé ont résumé en quatre chapitres ce qu’il faut savoir pour préparer le lait sous ses diverses formes, les bouillies, les infusions, les bouillons, les œufs, les potages, toutes les boissons nutritives et rafraîchissantes ainsi que les entremets.
- M. Martel a enfin traité, dans une quatrième partie, ce qu’il faut savoir pour connaître, choisir et acheter, sur les marchés, les matières alimentaires; les conseils qu’il donne à ce sujet sont indispensables pour la pratique d’une bonne économie ménagère.
- Mœurs et histoire des Peaux-Rouges, par René Thévknin et Paul Groze. 1 vol iu-8, 346 p., 50 photog., 383 dessins en noir et en couleurs. Payot, Paris, 1928. Prix : 30 fr.
- D Race? Peuple? Venus d’où? Ce livre commence comme un bon traité d’ethnographie, en discutant prudemment des origines II finit comme une épopée par Je récit des luttes courageuses, des appels éloquents, de la défaite, de la fin des grandes tribus. Entre temps, les auteurs ont passé en revue tout ce qu’on peut savoir des Indiens de l’Amérique du Nord : leur vie matérielle et psychique, leurs organisations sociales, leurs rapports avec les blancs, depuis les pionniers et les premiers colons qui arrivèrent en Amérique, jusqu'aux temps tout récents où les dernières tribus décimées furent parquées dans des réserves. Un grand nombre de photographies et de croquis de M. Croze, remarquablement choisis et exécutés, complètent le texte et font connaître les types d’habitation, l’outillage, les jeux, les costumes, les signes de langage, la musique, les procédés de chasse et de guerre, etc. C’est un beau monument qui fait honneur à l’école américaniste française.
- Esquisse d’une civilisation oubliée. (Le Yucatan à travers les âges), par Jean Genet. 1 vol. in-8, 274 p., 23 fig., édit. Genet, 199, rue de Grenelle, Paris, 1927. Prix : 40 fr.
- ttésumé de l'histoire, encore bien mal connue, de la presqu’île ue Yucatan, dans le Golfe du Mexique, où l’on retrouve les types d’une ancienne race, les Mayas-Quichés et les vestiges d’une civilisation qui fut très développée, puis tomba dans l’oubli. Ce livre expose le peuplement primitif du pays, sa conquête par les Mexicains de l’empire tollèque, puis par les Espagnols, le développement, puis la mort d’une organisation administrative, religieuse, sociale, dont il ne reste plus aujourd’hui que des monuments enfouis dans la végétation tropicale et qu’on commence seulement à rendre au jour.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS •
- Faune coloniale Les Pêches.
- M. Georges Bruel, administrateur en clief honoraire des colonies, nous écrit:
- « Je viens de lire l’article : Faune Coloniale. Les Pèches, passé dans le numéro de La Nature du 15 juillet 1928, et j’ai vu une photo (fig 4, p. 67) : Pêcheuses à Fort-Lamy, que l’Agence économique de l’A. E. F. vous a communiquée et qu’elle avait publiée déjà sous cette légende.
- Or, en mai, j’ai signalé à l’Agence que la photo représentait la pêche à Mobages (Haut Oubangui), que je connais bien pour y avoir résidé de 1895 à 1898. Le poste que l’on voit sur l’autre rive est Boussynville (Congo belge), les roches au premier plan sont les roches kakanda.
- A Fort-Lamy, on est en terrain d’alluvions et il n’y a pas trace de roches ; seuls des bancs de sables émergent en saison sèche.
- Ensuite, Lamy est à 100 km à vol d’oiseau du Tchad et par suite ne se trouve pas sur le lac comme dit la légende. »
- Le brise-glace Krassine.
- Nous recevons de MM. Dufour père et fils, représentants des chantiers Armstrong Withworth, la lettre suivante :
- « Nous pensons intéresser nombre de vos lecteurs en portant à leur connaissance que le vapeur brise-glaces Krassine dont il a été question à maintes reprises lors des recherches récentes de l’expédition Nobile sort des chantiers Armstrong Witworth.
- Le Gouvernement Russe l’avait commandé sous le nom de Svia-togor en même temps qu’un autre nommé Saint-Alexandre Newsky à nos chantiers en 1917.
- Le second, brise-glaces a naturellement été débaptisé comme le premier et à notre connaissance est en service actuellement en U. R. S. S. sous le nom de Lenin.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Pour enlever les taches d’huile de graissage sur les chaussures.
- Le moyen le plus pratiquent qui ne risque en aucun cas d’altérer le cuir, est d’utiliser la capillarité pour faire sortir l’huile des parties profondes où elle s’est logée.
- A cet effet, on délaie du plâtre fin à modeler dans de la benzine, puis on applique, le soir, la pâte ainsi obtenue sur l’endroit taché. On laisse le tout en place jusqu’au lendemain matin et on brosse le plâtre qui a absorbé l’huile ramenée à la surface par la benzine.
- Si la ou les taches n’avaient pas disparu par une première application, il suffirait de répéter l’opération qui est sans danger pour le support; un peu de patience seule est nécessaire pour obtenir le résultat attendu. M. Michel a Saint-Mandé, Seine.
- Un vieil auxiliaire du dessinateur : la colle à bouche.
- Au temps déjà ancien où les colles glues, genre seccotine, ne se trouvaient pas dans le commerce, le dessinateur qui avait à coller sa feuille de papier pour la tendre sur sa planche à dessin, employait la colle à bouche, se présentant en une plaquette rectangulaire d’environ 4x8 cm que l’on humectait avec les lèvres avant de la passer sur les bords de la feuille, opération longue et fastidieuse.
- Bien que la colle à bouche soit rarement employée aujourd’hui, il peut être intéressant de savoir comment la préparer.
- On prend :
- Colle de Flandre de belle qualité . . . 1000 grammes
- Sucre blanc......................... 250 —
- Blanc d’œuf......................... un
- Essence de citron ou d’anis......... 20 gouttes
- Eau non calcaire..................... 4500 grammes
- Faire macérer la, colle pendant 8 à 10 heures dans l’eau,
- chauffer ensuite doucement pour liquéfier, introduire dans le liquide presque froid le sucre et le blanc d’œuf battu dans un peu d’eau Porter à l’ébullition, écumer, passer la solution chaude à la chausse ou sur un molleton de laine pour avoir un liquide parfaitement limpide.
- Quand la masse est à moitié refroidie on y incorpore l’essence, puis on coule dans des cuvettes en fer-blanc amalgamé, où elle se prend en gelée transparente.
- Cette gelée est alors découpée en tablettes rectangulaires que l’on dispose sur des plaques également amalgamées ; on porte ces plaques dans un courant d’air, à l’ombre et à l’abri de toute chaleur (qui les liquéfierait) pour en effectuer le séchage ; la dessication à l’air libre est préférable à celle par l’étuve, cette dernière provoquant un gauchissement des tablettes.
- N. B —L’amalgamation des moules et plaques, qui a pour but d’éviter l’adhérence de la colle, s’effectue par enduisage au pinceau en se servant d’une dissolution de nitrate acide de mercure à 10 pour 100; il en résulte incorporation à l'étamage de mercure métallique sur lequel les colles n’ont pas de prise.
- Les récipients peuvent servir très longtemps sans qu’il soit nécessaire de renouveler l’amalgame.
- M. Magnery, a Liège.
- Faisons nous-mêmes du papier gommé.
- Le papier gommé qui est d’un usage si courant comme étiquettes ou « papillons » de couleur se prépare sans aucune difficulté en prenant :
- Dextrine blanche................... 1000 grammes
- Eau................................ 1300 —
- Acide salicylique..................... 2 __
- Glycérine...................... 8 __
- Délayer la dextrine par un peu d’eau froide de façon à empâter progressivement, jusqu’à mouillage complet; verser ensuite dans le reste de l’eau portée à l’ébullition, ajouter enfin l’acide salicylique, puis la glycérine et appliquer la mixture au moyen d’un pinceau large, dit queue de morue, sur la feuille de papier, en répartissant l’enduit bien uniformément. Laisser sécher doucement après avoir fixé la feuille sur une planche par des punaises afin de l’empêcher de se rouler. Une fois bien sèches, mettre les feuillets sous presse pour les aplanir.
- M. Magnery, a Liégk.
- Chauffage central au mazout.
- L’emploi du mazout ou des huiles lourdes de pétrole s’est répandu rapidement pour la chauffe des chaudières de navires. Aux États-Unis, ce liquide d’un emploi si commode et si souple, étant en outre abondant et bon marché, est très employé pour le chauffage domestique, en particulier pour le chauffage central et il existe nombre de dispositifs très pratiques pour réaliser des chaudières avec régulateurs automatiques de combustion ou thermostats. En France, les mazouts étant moins abondants et de livraison moins sûre, cet emploi est peu répandu encore. Cependant on commence à lui accorder une sérieuse attention. A la 2e Expositton fie chauffage industriel figuraient plusieurs constructeurs ou installateurs d’appareils de chauffage domestique au mazout : Minne, 5, rue Bionet, Paris ; L. Hirsel et Cie, 161, avenue Gambetta à Bagnolet; Linké (appareils Calefax), 10, rue J.-J. Rousseau, Paris; Entreprise générale de chauffage industriel, 157, avenue Malakoff, Paris ; Société des Brûleurs Cuenod, 9, rue Christophe-Colomb, Pari». A.-X. Paris.
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- Conservation des chambres à air en bon état.
- On admet généralement que le durcissement des articles manufacturés est dû à une continuation de la vulcanisation, c’est-à-dire que le caoutchouc resté libre lors de la fabrication se fixe peu à peu sous forme de combinaisons sulfurées.
- L’intervention de la chaleur, au contraire, dépolymérise partiellement ces combinaisons lorsqu’elles sont encore peu stables; c’est pourquoi, il est d’une bonne pratique de tremper une fois par mois, après les avoir gonflées, les chambres à air dans de l’eau chauffée à 50° C environ, en prolongeant le bain pendant au moins un quart d’heure.
- Ce procédé, employé, paruît-il, couramment en Amérique, retarde le durcissement et permet de conserver le caoutchouc longtemps souple et en bon état.
- M. L. Delpech a La Grand’Combe, Gard.
- Nettoyage des terres cuites et plâtres moulés.
- Les objets d’art en terre cuite ou en plâtre patiné finissent au bout d’un certain temps par se souiller au contact des mains qui les manipulent ou du plumeau qui vient les frotter pour enlever la poussière.
- Comme ces articles sont, en général, conservés mats, il suffit pour leur redonner la fraîcheur primitive, de passer à la surface, au moyen d’un pinceau, une bouillie claire, obtenue en ajoutant à du blanc gélatineux, que l’on trouve chez tous les mai*chands de couleurs, un peu d’eau tiède. Après séchage, on obtient une blancheur parfaite.
- Si l’objet était patiné en rouge (rougeterre cuite), on ajouterait à.la bouillie un peu de rouge d’Angleterre, dans le cas de gris terre-glaise, l’addition d’une pointe de noir permettra de l’obtenir.
- N. B. Pour éviter les traînées de colorants lors de l’application, avoir soin de faire <c infuser », comme disent les peintres, ce colorant dans un peu d’eau tiède quelques heures avant mélange.
- F.-G., Buttes Chaumunt.
- Fabriquons nous-mêmes le vernis à chaussures.
- Les vernis noirs pour chaussures du type « Polish », donnant du brillant sans brosser, sont à base de gomme laque : on peut prendre comme type de préparation la formule suivante :
- Solution A :
- Gomme laque en écailles............... 100 grammes
- Borax...................................... 50 —
- Eau ordinaire............................. 500 —
- Faire macérer la gomme laque pendant une journée, puis terminer la dissolution à l’ébullition, en maintenant le volume primitif par addition d’eau à mesure de l’évaporation. Passer sur un linge pour séparer les impuretés.
- En possession de cette solution mère faire le mélange de :
- Solution A.......................... 500 cent, cubes
- Alcool à brûler...................... 250 —
- Glycérine . ......................... 100 —
- Eau ordinaire........................ 200 —
- Noir diamine........................ 20 grammes
- Dissoudre préalablement le noir dans l’alcool, successivement ajouter la glycérine, la solution et puis l’eau. Bien mélanger et mettre en flacons.
- Ce vernis s’emploie avec un pinceau doux en blaireau pour ne pas produire des stries à la surface du cuir.
- M. de Moissag a Lavoux, Vienne.
- p.-S. — a) Pour obtenir un badigeon adhérent et qui ne poudre pas les vêtements, il vous suffira de vous procurer chez un marchand de couleurs le produit que l’on désigne sous le nom de blanc gélatineux que l’on étend d'eau tiède au moment de l’emploi jusqu’à consistance convenable. Badigeonner de préférence avec la préparation chaude.
- b) La formule d’imperméabilisation des chaussures par mélange de deux parties d’huile de ricin et une partie d’ozolcérite, que vous communiquez, est logique; elle doit certainement donner de bons résultats.
- Comment blanchir la gomme laque.
- La gomme laque est un mélange de cire et de résine contenues dans l’exsudation d’un arbre de l’Inde, le Ficus religiosa ; la gomme
- ainsi produite est brune et se rencontre dans le commerce, soit en bâtons, soit en écailles.
- Lorsque l’on a en vue la fabrication de vernis incolores, on procède à un blanchiment de la laque en opérant ainsi :
- Dans une chaudière, de préférence en cuivre, on introduit :
- Eau non calcaire................... 25 litres
- Carbonate de soude Solvay.......... 150 grammes
- On porte à l’ébullition puis on projette par petites portions dans le liquide :
- Gomme laque brune.................. 1000 grammes
- La cire fond et se rassemble à la surface tandis que la résine se dissout. On laisse refroidir et on enlève le gâteau de cire solidifiée.
- A la dissolution résineuse on ajoute la liqueur claire obtenue en délayant dans dix fois son volume d’eau, 1 kg 200 de chlorure de chaux (poudre de chlore) et en précipitant la chaux par une solution de carbonate de soude. Plus simplement on pourrait prendre de l’extrait d’eau de Javel, en quantité suffisante pour y trouver le même nombre de degrés chlorométriques ou litres de chlore. (Le chlorure de chaux commercial marque 105° à 110° chlorométriques et apporte par conséquent 105 à 110 litres de chlore au kilogramme.)
- Ayant ainsi chloré le liquide gommelaqué, on y verse peu à peu de l’acide chlorhydrique, jusqu’au moment où va commencer la formation d’un précipité.
- Le tout est exposé pendant plusieurs jours à l’action du soleil; quand on juge que la décoloration est suffisante, on passe sur toile assez serrée, on ajoute un peu de sulfite de soude pour neutraliser le chlore et finalement on précipite à froid la gomme laque par de l’acide chlorhydrique employé sans excès. Le magma ainsi obtenu se lave facilement à l’eau également froide. On s’assure que le lavage est terminé par le papier de tournesol bleu qui ne doit plus rougir au contact de l’eau. En dernier lieu on laisse sécher à l’air, on fond la gomme laque blanche et la coule en bâtons ou en rubans.
- M. Couturier a Lyon.
- Qu'est-ce que le chatterton ?
- Le chatterton employé couramment dans l’appareillage électrique pour l’isolement et la protection des ligatures se prépare
- ainsi :
- Prendre : Goudron de Norvège............. 100 grammes
- Colophane...................... 300 —
- Gutta-percha. ................. 100 —
- Faire fondre ensemble doucement, puis passer dans la mixture bien chaude une bande de coton que l’on enroule sur elle-même après refroidissement.
- Observer toutes précautions pendant la préparation, afin que le mélange ne s’enflamme pas, se servir d’une marmite beaucoup plus grande que ne le comporte le volume des matières à y placer, enlever tout de suite du feu cette marmite si la masse foisonne et se boursoufle, enfin tenir toujours prêt à portée de la main un couvercle pour pouvoir effectuer une fermeture instantanée, moyen le plus sûr pour amener l’extinction immédiate.
- M. Couturier a Lyon.
- Réparons nos seuils de portes.
- Il arrive parfois que, par suile d’un choc malencontreux, les seuils de porte se trouvent écornés, ce qui est du plus disgracieux effet. Avec un peu de soin on peut faire une excellente réparation de la pierre en faisant au préalable un mélange intime de :
- Ciment.......................... 300 grammes
- . Sable blanc fin.................. 100 —
- Suivant l’importance de la réparation à effectuer, on prend la quantité convenable du mélange que l’on délaie au moyen de silicate de potasse du commerce, de façon à constituer une pâte plutôt ferme que l’on applique sur les parties de pierre à réparer, mises à vif et humectées de silicate pur.
- Il ne reste plus qu’à lisser à la truelle et à laisser durcir, ce qui demande 6 à 8 heures; pendant, ce temps on prolégera la réparation au moyen de planchettes convenablement disposées.
- M. B. a Bergerac.
- 96.254. — Paris, lmp. Lahure. — 1-9-28.
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- N‘2793.—15 Septembre 1928
- Paraît le Ier et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI- CR. C Seins : Tel. Littré 4.8-92 et 48-90.
- PRIX DE L'ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"‘), 70 fr. ; — 6 mois (12 n0*), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n0’), 85 fr. ; — 6 mois (12 n00), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1
- ^[^extérieurjr^l valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour dOO sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n“ 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 509, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et G'8, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent, du 1er de chaque mois.
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- mois...............45 fr. j ( bix mois................... 55 fr.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI8. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
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- la derniere
- Il révélation moderne... |
- L’EUROPE V |
- Réunit ' s
- Simplicité § Perfection |
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- N° 2793.
- LA NATURE
- J 5 Septembre J 928.
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- DU JURA
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- LE SAPIN
- Le voyageur qui se rend en Suisse par Yallorbe traverse, après avoir passé Andelot’, une futaie magnifique qui s’étend sur les trois cantons jurassiens de Salins, Champagnole et Nozeroy et constitue la plus belle sapinière de France. C’est la forêt domaniale de La Joux. Sa superficie est de 2647 hectares. Elle est située en terrain corallien, sur le double gradin qui sépare le premier et le second plateau du Jura, entre 634 m et 905 m d’altitude.
- Disons en passant que le département du Jura est un des plus riches de France en bois. Alors que les forêts n’occupent pas un sixième de la superficie de notre pays, leur proportion atteint dans le Jura 171 200 hectares sur un total de 500462, soit 33 pour 100 (*).
- De ces 171200 hectares, environ 23 000 appartiennent à l’Etat, 92 000 aux communes ou aux établissements publics, 56 000 à des particuliers.
- D’une manière générale, les forêts de la partie basse — Bresse — et du vignoble, entre 200 et 400 m d’altitude, sont constituées surtout de chênes et de charmes. Dans cette région il faut signaler en particulier la forêt domaniale de Chaux au nord de Dole, une des plus grandes de France, et qui couvre à elle seule près de 13 000 hectares.
- Le premier plateau, dont l’altitude oscille de 400 à 600 m, a un sol moins profond que celui de la plaine. Il est peuplé de chênes et de hêtres qu’accompagnent le tilleul ou l’érable.
- (9 Pour s’initier à ces ioteressuntes questions de sylviculture, il faut lire l’ouvrage général deThiollier : Pour comprendre l’arbre et la forêt, et la très belle étude de M. Douaire sur le Jura agricole.
- De 600 à 900 m, s’étend le deuxième plateau sur lequel règne en maîlre incontesté le sapin qui ne tolère guère que le hêtre. C’est au deuxième plateau qu’appartient la
- forêt de Joux qui, flanquée de son Annexe, la forêt de la Presse, forme un bel ensemble de 4800 hectares.
- Au-dessus de 900 m, c’est le Haut-Jura, ou le troisième plateau, comme on l’appelle parfois. Le sapin y fait place à l’épicea qui domine seul les crêtes, toujours accompagné du hêtre.
- « Les forêts du Jura, écrit M. Lachaussée, comprennent, en dehors de très riches sapinières, d’immenses surfaces traitées en taillis sous futaie, et produisant un revenu dix fois moins élevé que celui des sapinières. Les revenus moyens par hectare et par an sont actuellement de 100 à 150 fr pour les taillis sous futaie et de 1000 à 1500 pour les sapinières. »
- On conçoit que les propriétaires cherchent à augmenter le rendement des taillis par la transformation des taillis sous futaie en « futaie régulière » ou « futaie claire », particulièrement en réservant dans les coupes un nombre important de « baliveaux », ou perches, qui grossiront tranquillement jusqu’à la coupe suivante, laquelle aura lieu dans 25 ou 30 ans. Il ne faut pas oublier qu’un chêne de 30 cm de diamètre accuse en moyenne 90 ans d’âge!
- « Les taillis les plus pauvres sont ceux du premier plateau qui ne donnent guère par hectare et par an que 3 m3 de bois de chauffage et un 1/2 ms de bois d’œuvre. C’est ce qui a incité à les transformer en maints endroits, et surtout dans les forêts domaniales en futaies mélangées de hêtres et de sapins. »
- Les forêts de résineux sont exploitées de deux façons
- Fig. 1. — Le sapin Président de la forêt domaniale de La Joux.
- Circonférence à 1 m. 40 au-dessus du sol, 4 m. 60. Age approximatif, 270 ans. Cube, 33 mr>.
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- différentes : en « forêts jurclinécs » ou en « futaie pleine ou régulière ».
- « Dans la forêt jarclinéc, une surface donnée comporte un mélange pied par pied, ou plutôt bouquet par bouquet, de bois de tous âges, depuis le fourré et le semis jusqu’à la vieille futaie.
- « La fulaij pleine comporte, sur une surface donnée, des fois de même âge, ou mieux d’égale grosseur, par exemple des semis sur tmte une parcelle, des gaulis sur une antre, ailleurs de vieilles futaies. »-
- Lorsque le crieur arrive au chiffre de l’estimation administrative et que personne n’a dit : « Prend », le lot est .retiréyde la vente.
- Les ventes de 1020 ont été particulièrement animées. Les recettes ont dépassé les plus beaux chiffres qu’on ait jamais vus. Il est vrai que la livre était à 180/200 fr.
- Pour nou-» faire une idée de ces recettes, citons les chiffres relatifs à l’Inspection d’Arbois, qu’a bien voulu nous communiquer M. I.achaussée.
- Les ventes de celte Inspection se font à Poligny qui,
- Fig. 2.— Futaie régulière de sapins dans la forêt domaniale de La Joua'.
- Age moyen, 120 ans. Cube à l’hectare, .‘>70 irr\ Altitude, 800 m.
- La manière dont se font les ventes de coupes de bois est assez curieuse.
- L’administration a fait ses lots et attribué à chacun une valeur qu’elle ne fait pas connaître aux intéressés. A l’annonce d’un lot, le crieur donne un chiffre deux ou trois fois supérieur à celui de l’estimation officielle. Personne ne dit mot, naturellement. La mise à prix est alors baissée, suivant un barème déterminé. Lorsque le crieur arrive au chiffre que peut payer le marchand de bois, celui-ci crie : « Prend ». Et le lot lui est adjugé.
- S’il y a deux preneurs, c’est le premier qui a dit : « Prend » qui est proclamé adjudicataire. En cas de doute on tire au sort.
- Fig. 3. — Futaie régulière de sapins dans la forêt communale de Lemuy-Age moyen, ICO ans. Cube à l’hectare, 780 m’. Altitude, 680 ni.
- déchu do son titre de chef-lieu d’arrondissement, garde l’honneur de présider aux enchères sylvicoles.
- Le 25 septembre 1926, les coupes des forêts domaniales ont rapporté 6 225 400 fr, et celles des forets communales 5 200 480 fr.
- • Les ventes de « chablis » et bois secs du 29 mai 192G ont donné pour les forêts domaniales 991 000 fr, et pour les forêts communales 1240400 fr.
- Ces ventes, s’étendant sur une superficie totale de 38000 hectares soumis au régime forestier, ont donc fourni un total dé 13 725 280 fr.
- Parmi les coupes, les unes se vendent « au volume », d’autres » « à la contenance ». Les premières, les plus
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- importantes, comprennent des « lots d’arbres — sapins, chênes, hêtres — dont l’administration estime le rendement en m3 de « bois d’œuvre ». Les coupes « par contenance » comprennent uniquement des taillis sous futaie ou des éclaircies dans les futaies. Les lots sont ici déterminés en hectares.
- Si nous faisons le départ des deux types de coupes dans les chiffres qui viennent d’être donnés pour Poligny-Arbois, nous relevons :
- Pour les forêts domaniales :
- Coupes par contenance : 206 hectares 70, prix moyen de l’hectare : 4504 fr.
- Coupes par volume : 22 690 m3, prix moyen du m5 : 233 fr 33.
- Pour les forêts communales :
- Coupes par contenance : 269 hectares 80. Prix moyen de l’hectare : 4884 fr.
- Coupes par volume : 16 741 ni3. Prix moyen du m3 : 235 fr. 51.
- Les chiffres indiqués ci-dessus, pour le rendement, ne comprennent pas les coupes délivrées en nature aux habitants des communes à titre d’affouage.
- Pour fournir une idée de la richesse forestière de certaines communes, nous donnerons quelques exemples particuliers relevés dans l’Inspection dont il vient d’être question.
- La commune de Lemuy possède une série de futaies (fig. 3) de 129 hectares et 323 habitants.
- Elle a vendu, en 1926, 1442 m3 de bois d’œuvre pour 306 700 fr.
- La commune de Mignovillard, à l’est, est peuplée de 476 habitants. Sa forêt de futaie (fig. 4) occupe 626 hectares. Elle a vendu 1681 m3 de bois d’œuvre pour 329 500 fr. Ses bois sont à l’altitude moyenne de 1040 m.
- Fig. 4. — Futaie jardinée d‘épicéas. Forêt communale de Mignovillard. Age : de 1 à 120 ans. Cube à l’hectare, 250 m3. Altitude, 980 m.
- . La plus curieuse peut-être de toutes les communes de la région est celle de Mont-marlon qui compte seulement 34 habitants et qui, de sa série de futaies de 54 hectares, a tiré 406 m3 de bois d’œuvre vendus 77 400 fr. Cela fait un revenu par tête d’habitant de 2276 fr!
- Aux ventes de septembre, dans la circonscription de Saint-Claude, il y a eu, en 1926, 175 coupes communales représentant 36 871 m5 de bois d’œuvre qui ont donné une recette de 8 693 700 fr, faisant ressortir le m3 à 229 fr.
- Nous relèverons seulement un exemple dans les documents officiels dont nous devons l’obligeante communication à M. Henri Bouvet, négociant et industriel en bois à Morez du Jura. C’est celui de la commune de Chaux-du-Dombief. Cette commune, qui ne compte pas 400 habitants, offrait aux acheteurs des coupes ordinaire et extraordinaire représentant une valeur très supérieure à un million de fr. Il s’agissait pour elle de couvrir les frais d’adduction de l’eau dans toutes les mai-
- Fig. 5. — Enrésinement artificiel d’un taillis sous futaie du premier plateau (débuts). Forêt domaniale des Moidons.
- Coupe de conversion dans un taillis sous futaie de 36 ans. Elle sera suivie de plantations de hêtres.
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- Fig. 6. — Vieux sapins de 300 ans, dans la forêt domaniale de La Joux.
- Photographies de M. Lachaussée, garde général des forêts, à Salins (Jura).
- sons du village sis à 870 m d’altitude. Voici à lilre de curiosité quelques ^chiffres relatifs à cette vente qu’on peut qualifier de sensationnelle. Elle a porté sur 1791 sapins ou épicéas représentant 5041 m3 de bois d’œuvre, payés plus de 1350 000 fr, ce qui met la moyenne du m3 à 208 fr. Il y avait :
- 2 arbres de 1 m de diamètre donnant une cir-
- conférence de : 3 m 14
- 1 0,95 2 98
- 13 0,90 2 82
- 24 .0,85 2 67
- 52 0,80 2 51
- 91 ’ 0,75 ’ 2 35
- 156 “ • 0,70 2 20
- 187* " ' 0,65 2 04
- 194. ’ . 0,60 1 88
- 251 0,55 1 72
- 184 ; 0,50 1 1 ' 57
- *' Iliy a 520 arbres, soit environ le tiers du total dont le diamètre dépasse la moyenne de 0,00 qui correspond à la'révolution de 120 ans.
- 1 Ce terme de révolution indique, on le sait, le laps de temps considéré comme nécessaire à un arbre pour
- atteindre le diamètre en question, considéré comme normal.
- Dans la vente de Saint-Claude, en date du 5 septembre 1920, j’ai relevé les chiffres suivants qui donnent une idée de la composition d’une forêt de sapins etd’épi-ceas. Il a été offert aux enchères :
- 3 arbres de 1 m 10 de diamètre 1534 arbres de 0 m 60
- 1 1 05 2121 0 55
- 7 1 00 2612 0 50
- 7 0 95 2749 0 45
- 42 0 90 2593 0 40
- 79 0 85 1845 0 35
- 205 0 80 1435 0 30
- 322 0 75 1029 0 25
- 643 0 70 1028 0 20
- 848 0 65
- Au-dessous de 0,20 de diamètre les tiges ne constituent plus que des « perches ». Dans la vente en question, il y avait environ 1900 perches. Un groupe de perches constitue dans la forêt ce qu’on appelle un « perclus ». Lorsqu’elles sont menues, elles prennent le nom de « gaules » et forment des « gaulis ». Suivant qu’ils sont nés de rejets de souche ou de brins de semence les arbres constituent des « taillis » ou des « futaies ».
- Si l’on relève les différents chiffres donnés ici, on formera un graphique permettant de se rendre compte de ce qu’est une vente de « résineux » dans une de nos grandes Inspections (fig. 9).
- Si l’on totalise les ventes de Poligny et de Saint-Claude, et qu’on y ajoute celles de l’Inspection de Pontar-lier, on arrive à un volume de bois d’œuvre — c’est-à-dire de bois employé à tout usage autre que le chauffage — de 154 000 m3 en chiffres ronds, pour un prix d’adjudication de 40 millions de fr à très peu près. Il y a lieu d’ajouter à ce chiffre les frais d’enregistrement et charges diverses qui l’augmentent de 10 pour 100 environ. Nous arrivons à 45 millions à peu près. Et, comme d’autre part le façonnage du bois après son abatage et son extraction de la forêt double sensiblement sa valeur, on peut estimer à 90 millions de francs le coût des 154 000 m3 pour le marchand de bois. Cela fait près de 600 fr le m3 de bois d’œuvre, prix auquel il faut ajouter les frais de transport très onéreux aujourd’hui, et les bénéfices du négociant en gros et des détaillants. Il ne faut donc pas s’étonner de la cherté actuelle du bois de construction ni même de celui du bois de chauffage!
- Parmi les forêts de sapins, la plus imposante est celle de La Joux. Les fûts de La Joux sont incontestablement les plus beaux de France, sans doute les plus magnifiques de l’Europe. La forêt de La Joux constitue une sorte de République! Elle possède en effet un Président! Il est représenté figure 1. C’est un personnage fort respectable. Un monsieur de 60 m de hauteur avec 4 m 60 de tour de taille, ce qui correspond à un diamètre de 1 m 60. Il est venu au monde il y a quelque 270 ans! Quand l’heure de la retraite aura sonné pour lui, c’est à-dire quand il donnera d’évidents signes de décrépitude, on le guillotinera comme un simple souverain. Seulement, au lieu de lui couper la tête on lui coupera le pied! Et il rendra encore
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- service de longues, longues années, à la Société sous les espèces appréciables de poutres et de planches. Il est situé et tient sa cour près de la maison forestière dite du Chevreuil, et dans le voisinage de cette petite et singulière gare de Lajoux, qui ne correspond à aucune agglomération humaine. Lajoux est essentiellement la gare des sapins !
- Il existe au nord-est de la forêt de Joux une autre forêt de sapins qui possède un Président. C’est celle de Levier. Le Président actuel de Levier est monté sur le trône en 1903. Il a succédé à un prédécesseur abattu par la hache à cette date, et sur lequel le Bulletin de la Société forestière de Franche-Comté et de Belfort nous a donné d’intéressants renseignements que je relève ici.
- Ce personnage était âgé de 210 ans et mesurait exactement 50 m. Sa tête était à peu près desséchée. Le houp-pier — le paquet de branches — était à 46 m de distance du sol.
- Les dimensions du tronc sont données dans le tableau suivant qui indique les circonférences de la souche au houppier, de 2 m en 2 m.
- A la souche. . . 7 m. 20 A 24 m . . . . 2 m. 54
- A 1 m 50. . . . 4 70 A 26 m . . . . 2 42
- A 2 m 4 20 A 28 m . . . . 2 32
- A 4 m 3 70 A 30 m . . . . 2 22
- A 6 m 3 45 A 32 m . . . . 2 13
- A 8 m 3 21 A 34 m . . . . 2 04
- A 10 m . . . . 3 18 A 36 m . . . . 1 95
- A 12 m 3 10 A 38 m . . . . 1 86
- A 14 m . . . . 3 04 A 40 m . . . ’. 1 60
- A 16 m . . . . 2 96 A 42 m . . . . 1 34
- A 18 m . . . . 2 81 A 44 m . . . , 1 12
- A 20 m . . . . 2 66 A 46 m . . . . 1 00
- A 22 m . . . . 2 63
- On ; avait estimé la valeur de ce géant
- a incité l’administration et pas mal de communes intéressées à entreprendre, sur le premier plateau, ce qu’on appelle 1’ a enrésinement » des forêts de « feuillus ».
- La figure 5 représente un type de celte transformation. Dans cette figure, nous avons affaire à un « taillis sous futaie » de la forêt domaniale des Moidons. Oh vient de pratiquer une « coupe de conversion » qui sera suivie de plantations de sapins et de hêtres. C’est le début de l’opération. -
- Dans d’autres endroits, cette opération est beaucoup plus avancée. On peut constater les premiers résultats de l’enrésinement dans la forêt domaniale de la Paye de Montrond. De vieux taillis cèdent progressivement la place à des fourrés et gaulis de sapins et de hêtres.
- Suivant les régions, le sapin reçoit des utilisations diverses. Sur le second plateau : Clairvaux, Champa-gnole, Salins, où les arbres atteignent et dépassent 35 m de hauteur, on débite surtout des pièces de charpente, souvent de très grandes dimensions.
- Sur le troisième plateau : Saint-Laurent, Morez, Pon-tarlier, les sapins sont plutôt tronçonnés et transformés en planches de diverses épaisseurs pour être livrées à la menuiserie.
- Certaines régions très élevées, comme la forêt du Piisoux, donnent des bois d’un grain très fin, susceptibles d’être tranchés. Ces bois sont demandés dans l’aviation, par les fabricants de lutherie, ou utilisés surplace, comme à Bois d’Amont, pour la fabrication des boîtes de pharmacie et des boîtes à fromage.
- Le sapin, qui appartient à cette splendide famille des Conifères, dont certaines espèces comme le Séquoia atteignent 150 m de hauteur, est le plus imposant des arbres de nos régions. C’est lui que Linné appelait Fri-goris cornes et causa, le compagnon et la cause du froid.
- à 745 fr. Ce prix correspondait à 26,5 m3 de bois de service, à 27 fr le m3 —heureux temps pour les acheteurs ! •— et à 6 stères de bois de chauffage. L’abatage et la façon sont revenus à 26 fr. Le transport de Levier à Salins à 106 fr 10.
- Débité en pièces de charpente et en sciages, le Président a fourni :
- " 1° Une bille de 8 m de longueur à la base, laquelle a donné deux plots de larges planches ;
- 2° Une bille de 14 m 50, au milieu. On en a tiré quatre pièces de charpente de 0,17 sur 0,40;
- 3° A la suite, une troisième bille de 19 m dont on a extrait une pièce de charpente de 0,14 sur 0,30, plus trois larges planches;
- 4° 4 m 50 de queue débités pour le chauffage.
- Ces chiffres permettent de se rendre compte de la manière dont Sont utilisés les grands sapins des forêts jurassiennes.
- Le rendement très élevé de ces forêts
- Fig. 7. — Une route dans les sapins près de Mignovillard. Photographie de M. G. Château.
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- Fig. 8. — En hiver. Sapins sous la neige.
- Fig. 9. — Graphique montrant la composition moyenne des coupes figurant dans une vente de sapins.
- « On ne peut se faire une idée de la beauté des forêts de sapins, a écrit justement Michalet, qu’en visitant celles du Jura. Partout ailleurs, notamment dans les Alpes, elles sont comme suspendues aux flancs de montagnes peu accessibles, hérissées de rochers et de précipices, le plus souvent d’une faible étendue et d'une vigueur très inégale. Celles du Jura s’étendent au contraire sur des plateaux doucement accidentés, dans un sol où l’humus s’est accumulé pendant des siècles. Tous ces arbres croissent serrés et vigoureux, balançant leurs têtes chenues à 30 ou 40 m de hauteur. »
- Le sapin c’est le grand maître de la montagne juras-
- sienne. Sa voix est autrement éloquente que celle des chênes, qu’il gémisse sous la tempête ou bruisse sous le souffle du zéphyr. Il force l’admiration aussi bien quand il demeure rigide sous l’ardeur du grand soleil que quand la neige éblouissante habille ses folioles d’un éclatant manteau. Mais, si vous voulez éprouver devant lui une émotion rare, je vous conseille d’aller contempler un coucher de soleil à travers les fûts de la forêt de la Presse qui descend en pente douce du côté de la ligne de Champagnole.
- Alors le sapin, est divin!
- Léopold Reverchon.
- LA CULTURE DES CRYPTOSTEGIA AUX ÉTATS-UNIS
- COMME SOURCE DE CAOUTCHOUC
- Fig. î. — Un rameau fleuri de Cryptostegia madagascariensis.
- Une étude de VIndian Rubber World expose que des essais de culture de cette plante ont été faits sur 3 ou 4 acres en Floride.
- Les espèces [plantées furent Cryptostegia grandiflora et C. madagascarensis, toutes deux originaires de Madagascar, où le caoutchouc de Cryptostegia fut autrefois exploité.
- D’après l’auteur, M. Charles S. Dolley, il semble que le sud des Etats-Unis n’a pas un climat assez favorable pour ces plantes qui prospèrent par contre en Amérique centrale, au Mexique, aux Bahamas, dans les Indes Occidentales, ainsi que dans l’Inde.
- Yoici une analyse d’un échantillon de caoutchouc de Cryp-
- tostegia donnée par l’impérial Institute.
- Humidité . . . . . _. . ... . . 24,7 pour 100
- Caoutchouc........................67,4 —
- Résine. ............................ 5,9 —
- Impuretés insolubles................ 2,0 —
- L. R.
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- UN PERFECTIONNEMENT DE L'OSCILLOGRAPHE
- A RAYONS CATHODIQUES
- Les tubes à rayons cathodiques ont pris en ces dernières années un immense développement. Les lampes thermioniques, connues aujourd’hui de tous, ne sont pas autre chose, en effet, que des (tubes cathodiques et tout le moude sait qu’cllcs se prêtent à une foule d’applications.
- Bien avant l’apparition de ces lampes merveilleuses, le tube cathodique était déjà employé, sous le nom de tube de Braun, comme appareil d’étude des courants électriques. Il a bénéficiéen ces derniers temps des progrès apportés à la construction des lampes thermioniques et l’on s’en sert couramment aujourd’hui comme oscillographe, c’est-à-dire comme appareil capable de faire connaître la forme exacte des courants électriques. Très sensible, peu encombrant, c’est un instrument très commode dans les laboratoires.
- Il a été surtout employé jusqu’ici sous la forme qui lui a été donnée par la Western Electric C ; cette société m a tire, dans ses laboratoires Bell aux Etats-Unis, un grand parti pour l’élude des courants téléphoniques.
- L’instrument est constitué par un tube de verre, où règne le vide. Il contient une cathode garnie d’oxydes et légèrement chauffée pour émettre des électrons. Une anode tubulaire, très voisine de la cathode, est portée à un potentiel positif de 300 volts par rapport à cette dernière. Il se forme ainsi un pinceau d’électrons, qui sont attirés par l’anode, la traversent et continuent ensuite leur chemin par vitesse acquise. Ils viennent frapper l’extrémité opposée du tube, laquelle est garnie d’un vernis formant écran qui devient fluorescent au point d’impact du pinceau électronique. Celui-ci forme ainsi une espèce de longue aiguille dont l’extrémité est rendue visible. Cette aiguille est extrêmement sensible à l’action d’un champ électrique. Le pinceau cathodique est dévié par ce champ. Si celui-ci est variable, les mouvements de l’impact lumineux fourniront une traduction des variations du champ.
- Sous cette forme, l’appareil ne saurait être pratique. Soumis à la seule action déviatrice d’un champ variable, le pinceau décrirait sur l’écran lumineux une ligne droite, et les variations du mouvement ne seraient pas décelables.
- Pour les rendre visibles, on soumet le pinceau à l’action déviatrice d’un deuxième champ variable, mais suivant une loi connue, et agissant dans une direction normale à celle du premier.
- , Dans ces conditions, le point lumineux décrit une courbe complexe (courbe de Lissajous). Celte courbe fournit à un observateur expérimenté des indications précieuses.
- C’est sous cette forme qu’est réalisé actuellement l’oscillographe cathodique commercial, dans le type établi et mis en vente par la Western Electric C° à un prix relativement modéré.
- Il existe, rappclons-le en passant, un oscillographe cathodique beaucoup plus complet, c’est le merveilleux appareil de A. Dufour, à enregistrement. Mais celui-ci. constitue un appareil compliqué et fort coûteux, et n’est malheureusement accessible qu’à des organisations dotées de gros budgets.
- Pour revenir à l’ampoule Western, le faisceau cathodique, à la sortie de la cathode .creuse, passe entre deux groupes de deux plaques parallèles, disposés perpendiculairement l’un à l’autre. A l’un de ces groupes est appliquée la tension des courants à étudier, à l’autre le champ deviateur connu.
- En pratique, l’interprétation des courbes de Lissajous,
- rourbes souvent fugitives, et à déformations rapides, est. délicate et demande une étude théorique préalable cl une certaine expérience. Aussi les emplois de l’oscillographe
- Batterie de chauffage
- - Rhéosiat de J chaufFago
- Filament
- Batterie de ^ tension plaque Condensateur
- ' C lampes à > r néon
- b" + 300 volts
- f.e.m.de synchronisation
- Fig. 1. — Schéma du principe du dispositif créant la tension auxiliaire variable en fonction linéaire du temps.
- cathodique se sont-ils jusqu’ici limités à un cet tain nombre d’études spéciales de laboratoire.
- Un perfectionnement très simple, imaginé par MM. Touly et Demontvignier, vient d’élargir singulièrement le champ des applications de cet intéressant appareil.
- Lorsqu’on étudie un courant électrique, on est habitué à en tracer la courbe de tension en fonction du 1emps. Dans le cas de courants alternatifs, celte courbe est en général plus ou moins apparentée à une sinusoïde et les écarts qu’elle présente avec une courbe de celle nature fournissent immédiatement des renseignements précis sur le ionclionne-ment des machines génératrices ou les organes de transmission.
- Le dispositif en question a pour objet de faire apparaître sur l’écran d'une façon stable et permanente la courbe de la tension on fonction du temps.
- A cet effet, le champ déviateur auxiliaire est choisi de telle sorte que sa tension soit proportionnelle au temps.
- ’t)
- Fig. 2. — Courbe de la tension auxiliaire.
- Elle est formée de crochets rectilignes successifs.
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- Rhéostats de réglage
- Filament cathodique chauFFè \
- Anode creuse
- Plaques dèvia-tnices auxiliaires
- __Batterie de
- tension d’anode
- 300 volts
- :S Lampes
- ;c néon
- Plaques dèmatrices j soumises à la tensioi j à étudier
- i Batterie de tension de j'/a diode
- F -300 volts
- Résistance de synchronisât ion
- Ampoule
- 0^6
- f.e.m. de synchronisation
- Écran
- Fluorescent
- O Terre
- Terre 6
- Ô Ô Ô . Sources à étudier
- Fig. 3. — Montage complet d’un oscillographe cathodiq,
- Ceci est réalisé de la façon suivante : les plaques soumises à l’action du champ auxiliaire sont connectées à un condensateur chargé par un courant constant; on sait que dans ce cas la tension aux bornes du condensateur est une fonction
- linéaire du temps. Le courant constant est obtenu en faisant passer le courant d’une batterie de piles à travers une soupape électronique à 2 électrodes dont la tension sur l’anode est suffisamment élevée pour capter tous les électrons émis par la cathode. La soupape est alors au régime de saturation et le courant qui la traverse est rigoureusement constant pendant la période de charge du condensateur (11 g. 1).
- D’autre part, on ne peut charger indéfiniment le condensateur.
- Il faut qu’il puisse se décharger dans un temps très court, de sorte que la période de décharge n’influence pas la loi de proportionnalité désirée entre le temps et la tension.
- A cet effet, une ou plusieurs lampes à néon sont disposées en dérivation sur le condensateur; elles jouissent de cette propriété que leur potentiel d’amorçage est plus élevé que leur potentiel de désarmorçage.
- Lorsque la tension aux bornes du condensateur atteint le potentiel d’amorçage de la lampe à néon, celle-ci s’allume et décharge brusquement la capacité; puis le potentiel de désamorçage étant atteint au bout d’un temps très court, la lampe s’éteint et la charge du condensateur recommence; puis la décharge intervient à nouveau brusquement et ainsi de suite.
- La courbe du champ auxiliaire en fonction du temps a ainsi la forme en crochets de la figure 2.
- La fréquence de ces périodes successives de charge peut du reste être réglée en agissant soit sur la capacité du condensateur, soit sur le chauffage du filament de la soupape.
- De plus, la fréquence de ces périodes de charge intermittente peut être rendue exactement la même que celle des oscillations à étudier.
- Il suffit à cet effet de faire agir la force électromotrice de la source alternative à étudier aux bornes d’une résistance mise en série dans le circuit de l’éclateur à néon, ce qui en fait varier les tensions d’amorçage et de désamorçage synchroniquement avec la source.
- Grâce à ces artifices, d’une réalisation très simple, puisqu’ils ne comportent que l’adjonction d’organes qui se trouvent couramment dans le commerce : lampe diode, lampe à néon, condensateur, batterie de piles, la courbe de tension du courant étudié, plus ou moins voisine d’une sinusoïde, apparaît sur l’écran avec une parfaite stabilité ; on peut la calquer ou la photographier.
- L’ensemble des organes est disposé dans une boîte relativement légère et transportable.
- On dispose ainsi d’un oscillographe, simple, bon marché, d’un réglage très aisé, d’une lecture facile, que l’on peut transporter en tout endroit, ce qui n est pas le cas avec les oscillographes usuels qui sont des appareils délicats, encombrants, difficiles à régler et ne peuvent servir qu’à poste fixe au laboratoire.
- On dispose donc maintenant, grâce au tube cathodique, d’un instrument de mesure nouveau et pratique qui peut rendre les plus grands services dans tous les domaines de l’électricité, aussi bien au laboratoire que dans les exploitations industrielles.
- Il donnera certainement de nouvelles possibilités d’étude des innombrables modalités des courants électriques.
- X.
- Fig. 4.
- Vue extérieure d’un oscillographe portatif.
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- LES NOUVELLES GRAVURES .... 249
- DE LA GROTTE DE GANTIES, A MONTESPAN (HTE-GARQNNE)
- Nous avons déjà exposé dans La Nature le résultat de nos recherches dans la grotte préhistorique de Ganties à Montespan (Haute- ~~~----------
- Garonne).
- Une exploration méthodique de cette caverne, devenue célèbre par la découverte initiale de MM. Gasteret et Godin (modelages d’argile, 1923), nous avait permis, de trouver, en septembre 1926, une nouvelle galerie préhistorique dont l’importance de premier ordre était soulignée par une communication du comte Bégouen à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
- Au cours de cette année, nous avons pu compléter notre documentation sur les découvertes déjà faites et relever toute une série de nouvelles gra-
- Fig. 2. — Cheval gravé sur table de pierre inclinée. (Remarquer le caractère très spécial des retouches successives.)
- Dessin de G. Dubuc.
- Fig. 1. — Suite de deux chevaux gravés sur paroi verticale.
- Dessin de G. Dubuc.
- torique. Ce n’est que 400 m plus loin, c’est-à-dire à 600 m de l’entrée amont que, après quelques passages difficiles, l’aspect du souterrain change complètement. Des parois rocheuses, en équilibre instable, un chaos d’immenses blocs superposés, sont recouverts complètement d’une mince couche de glaise humide, qui coule des fentes de la voûte ; plus de stalactites, et c’est heureux, car la glaise épouse exactement les formes de la roche et reproduit un moulage de la gravure elle-même, moins fouillé peut-être que celle-ci, mais très fidèle; quatre chevaux se succèdent ainsi sur 150 m de parcours.
- Le premier (fig. 2), de 40 cm dé long, la tête basse et les jambes légèrement pliées, ressemble plutôt à un mulet. Il est gravé sur une tablette horizontale et commande l’entrée de la salle précédemment décrite. A quelques pas, un autre cheval, dans une faille verticale très en retrait, est gravé superficiellement (fig. 3) ; deux autres enfin, plus loin, se suivent à 50 cm de distance (fig. 1) ; ils sont tous les deux d’une assez jolie facture. Le
- vures que nous reproduisons ici. Ces gravures, situées dans le coù|s'central de la rivière et tout le long des 1200 m de son lit souterrain, nous montrent qu’en dépit dés difficultés|de passage là grotte a été parcourue dans toute spn étendue ; l’hommé magdalénien possédait donc probablement, pour ces sortes d’exploratio'ri; des moyens d’éclairage plus stables qu’on pourrait*le penser a priori (abbé Breuil, La Nature, 1er avril 1927)1*
- En suivant la rivière d’amont en aval, c’est-à-dire de Ganties à Montespan, les gravures se multiplient à mesure que l’on s’approche des galeries préhistoriques déjà citées.
- C’est d’abord, à 200 m de l’entrée de Ganties, un cheval cabré d’environ 35 cm de hauteur, très abîmé par les concrétions calcaires qui abondent dans la première moitié du parcours; D’autres vestiges à peine visibles, disparaissent-'sous un rideau étincelant de calcite et, dans toute cette partie de la grotte, la beauté naturelle l’emporte malheureusement de beaucoup sur l’intérêt préhis-
- Fig. 3. — Cheval galopant. Dessin de G. Dubuc.
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- Fig. 4 (en haut). — Bisons. — Groupe de bisons destinés à assurer par envoûtement la. reproduction du troupeau (gravés sur paroi
- verticale).
- Dessins de G. Dubuc.
- Fig. 5 (en bas à.gauche). Empreinte d’un pied humain préhistorique. Photo F. Trombe.
- Fig. 6 (en bas à droite).
- Griffage d’ours de 2 m de haut sur une paroi de la grotte, Photo F. Trombe.
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- premier, par malheur, a le corps très abîmé, mais la tête est très fine et très expressive. Cinquante mètres encore, et un véritable troupeau de bisons nous apparaît dans une faille latérale à la rivière. Ces bisons d’ailleurs, en plus de la façon magistrale dont ils sont dessinés, présentent un intérêt particulier; deux femelles sont placées, l’une au-dessus de l’autre et deux mâles les suivent. La position des animaux, surtout ceux du groupe supérieur permet de penser avec certitude qu’il s’agit là d’une scène de fécondation. C’est une vérification cle plus des théories du comte Bégouen qui sont si bien illustrées par les modelages du truc d’Andoubert; c’est encore, comme on l’a dit bien souvent, la reproduction du troupeau par l’image de la fécondation elle-même, image à laquelle on attribuait probablement une vertu magique.
- A côté de ce groupe, une grosse tête de bison et, en face, un sixième animal, dessiné à traits très anguleux, terminent cette série de belles gravures.
- Tout cela a été vérifié et en partie découvert, d’ailleurs,
- par le comte Bégouen et ses fils; et, en août 1927, l’abbé Breuil est venu avec M. Field (conservateur adjoint au musée de Chicago) visiter la grotte dans son ensemble et nous donner des directives pour les recherches à venir.
- Nous reproduisons ici, d’autre part, la photographie d’un pied préhistorique dont il existe de très rares exemplaires dans les grottes du comte Bégouen et à Cabre-rets; ses dimensions sont de 19 cm 5 de long pour une largeur de talon de 7 cm ; la pellicule de calcaire qui le recouvre a probablement réduit un peu sa grandeur.
- D’autres tracés de pieds se trouvent dans des galeries supérieures, difficiles d’accès, et dont le plancher central s’est effondré.
- Dans ces galeries comme dans certaines ramifications basses de la grotte, l’exploration est en cours et nous réserve, espérons-le, des surprises.
- Félix Trombe et Gabriel Dubug. ingénieur-cWmiste, I. C. P.
- LES ATELIERS-ECOLES AMBULANTS
- Le développement de l’électricité dans les campagnes, l’emploi de plus en plus grand des machines pour aider à la culture exigent l’intervention d’un ouvrier apte aux réparations, à la remise en bon état des appareils ; par conséquent la formation d’artisans ruraux est d’un grand intérêt.
- Actuellement encore, beaucoup de villages ne possèdent pas d’hommes susceptibles d’intervenir utilement dans le cas d une panne quelconque à un moteur , d’une avarié à une machine. Si l’on veut que les méthodes modernes de culture se développent, il faut que l’agriculteur ne risque pas d’avoir son matériel immobilisé pendant de longs jours à la suite d’un accident quelconque à une pièce. Enfin, il est évident que le tourisme automobile se développant constamment est capable d’intervenir dans une certaine mesure pour procurer du travail à un artisan rural habile.
- Depuis quelque temps déjà, on s’est préoccupé, à la Direction générale de l’Enseignement technique, des moyens propres à remédier à l’absence d’artisans ruraux dans nombre d’agglomérations. Tout d’abord, on a songé
- à former ces artisans : il existe [une école à Gourdan-Polignac dans la Haute-Garonne ; puis des sections spéciales, dont les premières ont été créées à Garpentras, à l’Isle-sur-Sorgue, à Charle-ville, à Mâcon, à Laon, etc. On attribue également des bourses d’apprentissage, qui peuvent atteindre mille francs et qui sont destinées à aider des jeunes gens désireux d’apprendre leur métier chez un artisan rural, mais s’engageant à s’établir ensuite à la campagne.
- Enfin, à titre d’encouragement et de récompense, on donne des caisses d’outillage à des apprentis qui ont terminé heureusement leur apprentissage.
- Tout cela est parfait quand il s’agit de la formation d’artisans ruraux, mais il faut bien remarquer que, pour aller vite, on doit également chercher à donner à l’agriculteur toutes les connaissances indispensables pour lui permettre, en cas d’absence d’artisan qualifié, de réparer et d’entretenir les appareils, au besoin de mener à bien de menus travaux, de bricoler enfin pour remplacer une pièce de rechange. Il faut donc que l’agriculteur . reçoive
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- une formation professionnelle complémentaire, qu’il ait, somme toute, des sortes de leçons de vulgarisation des métiers mécaniques et électriques principaux. A ce sujet, des initiatives très heureuses ont été tentées depuis trois ans dans la région de Grenoble.
- Tout d’abord, il existe dans cette ville une école d’agriculture d’hiver. Ses élèves ont été reçus à l’École Vau-canson de Grenoble, si habilement dirigée par M Rou-mageoft et installée dans une vaste propriété aux portes de la-ville. Les élèves effectuent des travaux pratiques dans les ateliers; ils exécutent des ouvrages simples de menuiserie, de charronnage, de forge, de bourrellerie : ils font des installations électriques élémentaires, prennent des leçons de conduite et d’entretien des moteurs de machines agricoles.
- Des séances de travaux pratiques sont également réservées aux militaires de la garnison, toujours organisées à l’École Vaucanson. Ces séances ont lieu deux fois par semaine après la soupe du soir et le nombre des militaires qui les suivent s’est constamment élevé depuis leur création, c’est-à-dire depuis 1925.
- La question est donc ainsi résolue pour ceux qui vivent au voisinage des grandes villes ou pour les jeunes agriculteurs qui font leur service militaire; mais combien d’autres agriculteurs restent isolés dans leur village, qui ne peuvent bénéficier de toutes les organisations que nous venons de signaler. Cet éloignement des grands centres est encore plus fatal à l’enseignement professionnel lorsqu’on s’adresse à des populations de montagne, comme il en existe dans le Sud-Est.
- Il ne faut pas songer à monter un atelier-école dans chaque village, ou même dans un village central qui en desservirait plusieurs autres : l’éloignement, souvent considérable entre deux villages voisins, rebuterait vite les futurs élèves ; les présences aux cours seraient certainement peu nombreuses. C’est alors qu’on imagina d'organiser des ateliers ambulants.
- Au mois de novembre 1926, deux camions automobiles furent loués au Ministère de la Guerre par la Direction générale de l’Enseignement Technique. Ces camions emportaient 10 établis, 8 forges portatives, un appareil de soudure autogène, du matériel de bourrellerie et un groupe électrogène de 5 ch. Le personnel comprenait : 3 instructeurs, 1 menuisier charron et forgeron, 1 spécialiste des machines agricoles.
- Ces éducateurs reçurent pour mission, non pas de travailler eux-mêmes à titre d’exemple, mais de donner uniquement les indications voulues sur l’utilisation des outils à main, afin de mettre à même les agriculteurs de faire quelques réparations, d’entreprendre de petits travaux.
- La première étape se fit sur la route de la Bérarde, qui sert d’accès au massif de la Meije. Les camions firent leur première station à Venose, village de 500 habitants, situé à 800 m. d’altitude. Le maire, M. Giraud, avait compris immédiatement tout l’intérêt de cette expérience dont son village avait la primeur. Grâce à son appel intelligent, les habitants vinrent nombreux. La session d’instruction fut close le 24 décembre : 120 agriculteurs s’étaient présentés pour bénéficier des leçons^ pratiques faites ainsi sur place.
- En janvier, les camions opérèrent à Allemont; en février, à Revel ; en mars, à Preney d’Oisans. Les quatre centres ainsi desservis sont situés entre 700 et 900 m d’altitude. Ils ont groupé près de 400 agriculteurs autour des ateliers ambulants.
- L’année suivante, c’est-à-dire en 1927-28, il y a eu deux équipes au lieu d’une et le nombre des cultivateurs assidus aux leçons fut encore plus nombreux. Les villages visités par les instructeurs furent cette fois : Oz-en-Oisans, Saint-Andéol, Roissard, Primarette, Saint-Pierre de Chartreuse, Le Monestier du Percy, Clelles et Saint-Maurice-en-Trièves.
- Les agriculteurs ont donc pu, sans perte de temps, sans être obligés à de longs déplacements toujours si pénibles dans les régions montagneuses au cours de l’hiver, acquérir des connaissances très suffisantes pour être à même de faire ensuite les menus travaux et les réparations qu’exige l’entretien de leurs machines.
- La plupart de ces anciens élèves se sont procuré depuis un outillage personnel, de sorte que, pendant les journées de mauvais temps, ils occupent utilement leurs loisirs.
- Il n’est donc pas étonnant que le Conseil Général de l’Isère ait voté le principe de la création de quatre équipes au lieu d’une, afin de faire bénéficier le plus grand nombre de villages possible des bienfaits de cet enseignement pratique sur place.
- Cette éducation artisanale des ruraux permet d’entrevoir la possibilité d’installation d’ateliers familiaux, l’introduction plus grande d’outillages mécaniques dans les fermes de montagnes et aussi la diffusion du souci de confort. A Yenose, on a fabriqué dans les camions-ateliers la première table à toilette.
- Fig. 2. — Les ateliers ambulants à Revel.
- Leçons de menuiserie, de charronnage et de tonnellerie, par M. Maqueret.
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- Fig. 3. — Atelier de forge et de soudure autogène.
- Cet atelier ambulant a été installé en plein air dans la cour de l’école de Revel; en cas de mauvais temps, les démonstrations eurent lieu sous le préau.
- Les journées d’hiver peuvent, grâce à l’outillage acquis et aux connaissances diffusées, être occupées d’une manière utile. D’ailleurs, au cours des visites et des séances, les ateliers ambulants laissent, la plupart du temps, deux établis et une forge portative, qui constituent l’installation première d’un atelier communal, où les agriculteurs peuvent venir s’exercer suivant les principes qu’on leur a inculqués.
- Lorsqu’il existe des artisans dans le village, ils sont tout indiqués pour guider les apprentis volontaires. Le contrôle de l’instituteur peut utilement intervenir. On réalise alors, dans une agglomération très éloignée des. grands centres, un embryon de cours professionnels dont l’intérêt est évident. L’efficacité de cet enseignement pratique sera d’autant plus grande que l’instituteur aura été mieux guidé à l’avance. Il serait donc à désirer que l’on puisse mettre à la disposition des instituteurs, d’abord, des éléments de vulgarisation technique qui sont disséminés déjà dans quelques ouvrages. Il y aurait intérêt à faire présenter par des techniciens, exercés dans l’art difficile de la, vulgarisation, des sortes de leçons adaptées à la formation des éducateurs techniques nouveaux, qui pourraient être avec avantage les instituteurs dans les campagnes.
- , C’est une chose à laquelle il faut sérieusement songer, car les moyens mécaniques et électriques mis à la disposition des ruraux sont continuellement en voie de progrès. Pour lutter contre la concurrence, pour assurer aux agriculteurs les bénéfices d’une production augmentée avec des moyens modernes de travail, il est nécessaire que les progrès techniques soient mis à la portée des intéressés, que ces derniers aient par conséquent toutes les facilités d’entretien et de réparation] du matériel parfois
- assez compliqué que les constructeurs mettent à leur disposition. L’initiative prise par le département de l’Isère est donc très heureuse Elle a d’ailleurs été suivie par d’autres départements. Il faut souhaiter qu’elle soit un iour complétée par l’intervention de nombreux instituteurs, éduqués au point de vue pratique, ayant des connaissances mécaniques et électriques suffisantes pour les applications courantes, afin de contribuer à la prospérité nationale. La France étant avant tout un pays agricole, il ne faut pas méconnaître l’importance du développement technique parmi les ruraux. Le travail des champs est déjà très différent de ce qu’il était autrefois; dans 10 ans, il sera certainement encore plus profondément transformé. E.-II. Weiss.
- LES VINS DE L'ANCIENNE ÉGYPTE
- La légende égyptienne nous apprend qu’Osiris, époux de la Déesse Isis, enseigna aux habitants de Nysa la façon de cultiver la vigne et de faire du vin avec le raisin. Comme toutes les terres n’étaient pas également propres au développement de cette plante, il montra aux habitants des terres inondées par le Nil comment on pouvait préparer avec l’orge et l’eau un breuvage fermenté qui reçut le nom de vin d’orge (*).
- Mais il advint que les hommes ne donnèrent pas toute satisfaction aux dieux qui les avaient créés. Ra, le soleil vivant, un jour de colère et d’écœuremefit, jura d’exterminer l’humanité qui complotait contre lui et envoya sur terre la Déesse Sekhmet, lionne au corps d’adolescente, « dont le cœur est en liesse quand elle meurtrit les hommes ».
- 1. R. Macault et J. Amyot. Histoire de Diodore le Sicilien, traduite de grec en français. Paris, 1585, p. 5.
- Elle alla, tuant, dévorant toute la nuit, si bien qu’à l’aube Ra, se penchant sur le monde, eut pitié de ses créatures. Il inventa une mixture faite de jus de mandragore, de vin d’orge et de raisin et en remplit 7000 cruches qu’il répandit sur la terre durant le sommeil de la Déesse. Lorsque celle-ci se leva pour continuer son carnage, elle trouva les champs inondés et son visage s’y refléta comme dans un miroir. Ses babines trempèrent dans le breuvage, qu’elle trouva bon, et elle devint gaie. Quand elle fut complètement ivre, elle ne reconnut plus les hommes et par la suite les laissa vivre en paix (2).
- Cette légende, rapportée par Myriam Harry, se rapproche très curieusement, comme on voit, des récits du déluge et de l’ivresse du patriarche Noé. Nous y trouvons seulement ici plus intimement associés le
- 2. Myriam Harry. La vallée des rois et des reines. L'Illustration, 1924, n° 4233, p. 362.
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- vin de vigne et le vin d’orge dont Hérodote signalait l’existence déjà près de cinq siècles avant Jésus-Christ (1).
- La grande pyramide de Giseh atteste également la
- ccufjp que 5l|3oj>fe cmtopn confiScca et Sf oit fa lette te piomiflioij.
- Fig. i. — Le raisin de Chanaan, d’après la Grant Bibleen françois, hystoriée et corrigée, Pai-is, 1538.
- culture de la vigne dans le Delta , un peu à l’ouest d’Alexandrie, près de 4000 ans avant notre ère. Elle s’étendit ensuite des bouches du Nil à Memphis, de Memphis à Thèbes et de Thèbes en Nubie.
- Le vin de raisin était la boisson habituelle des Pharaons et des prêtres égyptiens; le peuple usait du vin d’orge. La religion juive, plus sévère, réglementait la consommation des prêtres et des juges : « Vous ne boirez ni vin de vigne, ni vin d’orge, dit Jéhova à Aaron, toi et tes fils, lorsque vous entrerez au Tabernacle d’Assi-gnation, afin que vous ne mouriez pas : et ce sera la loi pour tous vos descendants (2). » Vin de vigne et vin d’orge étaient cependant utilisés dans les aspersions rituelles (3).
- Joseph, livré par ses frères qui le jalousaient à des Ismaélites, fut, comme on le sait, vendu à l’eunuque Putiphar, dont la femme au tempérament excessif « voulut le contraindre A faire ce qu’il avait toujours
- 1. Hérodote. Euterpe, Liv. II. Les neuf livres des histoires de Hérodote, traduction de Pierre Sallat. Paris, 1556, fol. XLVIII.
- 2. Lévitique, lre partie, ch. X, vers. 9.
- 3. Doléris. L'usage rationnel du vin dans l’alimentation. Paris,
- 1925, p. 3. '
- Les effets du vin sur une femme de distinction (tombes de Béni-Hassan).
- refusé (1) ». Jeté en prison, il y fit la connaissance du grand échanson — momentanément en disgrâce. Celui-ci ayant rêvé de « vignes en fleurs » et de « grappes de raisins mûrs » qu’il pressait dans la coupe du Pharaon (2), Joseph interpréta son rêve d’une façon favorable, car le fruit de la vigne « sert à faire des sacrifices, à confirmer l’amitié entre les hommes, à leur faire oublier leurs iniquités et à changer leur tristesse en joie (s) ».
- Le grand échanson reconnaissant favorisa la bonne fortune de Joseph qui, devenu premier Ministre, pardonna à ses frères et protégea les Hébreux. Mais ils accoururent en si grand nombre en Égypte qu’ils devinrent rapidement indésirables et furent l’objet de persécutions telles que Moïse organisa leur fuite vers « la terre promise ». L’exode, organisé vers l’an 2513, sous le règne de Menephta, n’alla pas sans révoltes en cours de route : « Pourquoi nous avoir fait monter hors d’Égypte, disaient les mécontents,pour nous amener dans ce méchant lieu (Cadès), où l’on ne peut semer, où il n’y a ni figuier, ni vigne, ni grenadier, ni même d’eau pour boire » (4).
- Pour mieux les entraîner, Moïse envoya jusqu’en terre de Chanaan, terme escompté de leur voyage, un groupe d’espions qui en revint chargé d’une grappe de raisins si volumineuse qu’il fallait deux hommes pour la porter (fig. 1) et « l’on donna à ce lieu le nom de Nahal Escol ou pays de la grappe » (s).
- Dans la tombe de Beni-IIassan et d’Aknaton, rois de la XVIIIe dynastie, on a retrouvé des cruches de vin portant, encore tracée à l’encre, la date de leur récolte. Dessins et hiéroglyphes ont établi qu’à cette époque les dames du meilleur monde connaissaient mieux que par ouï-dire les inconvénients des excès de boissons et que les hommes ivres morts devaient être emportés par des esclaves hors de la salle,des festins (fig. 2 et 3).
- Les chants d’Amour, recueillis par Maspéro, sont eux-mêmes la preuve de l’usage habituel du vin dans l’ancienne Egypte. Une jeune femme y murmure très poétiquement à son bien-aimé : « Ton* amour pénètre dans mon sein comme le vin se répand dans l’eau, comme le parfum s’amalgame à la gomme. »
- Les vins d’Antylla, au dire d’Athénée, étaient les plus réputés; les Rois nationaux ou perses affectaient le produit de leur vente aux dépenses personnelles des Reines. La Thébaïde et particulièrement les environs de Coptos donnaient des vins si légers qu’on les recommandait aux malades les jours de fièvre (G).
- Comme l’attestent les inscriptions et dessins recueillis aux frontons des temples et à l’intérieur des hypogées, la vigne était alors plantée « en allées », en espalier, ou en tonnelle (7). Après la vendange, les chèvres, tenues en
- 1. Le Maistre de Sact. L’Histoire du vieux et du nouveau Testament. Paris, 1719, p 61.
- 2 • Genèse, ch. XL, vers. 9.
- 3. Flavius JosèpUe. Histoire ancienne des Juifs. Liv. II, ch. III.
- 4. Nombres, ch. XX, vers. 5.
- 5. Nombres, ch. XIII, vers. 25.
- 6. Athénée. Les quinze livres des Deipnosophistes. traduits par l’Abbé Michel. Paris, 1680, livre I, p. 50.
- 7. Ollivier-Beauregard. La vigne et le vin dans l’antiquité égyptienne. Bordeaux, 1898. Les figures 2, 3 et 4 sont extraites de cette plaquette.
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- laisse, étaient chargées de brouter les sarments trop développés (*) — il faut avouer que cette façon de tailler la vigne ne manquait pas d’originalité.
- C’est au troisième mois (Epiphi) du temps des moissons (Shemou), correspondant à juin-juillet, que le raisin atteignait un degré convenable de maturité.
- On le récoltait alors dans de profondes corbeilles en jonc, enduites de poix pour les rendre étanches, puis on le versait dans des fouloirs, simples cuvettes aux bords relevés, où des fillettes aux pieds nus l’écrasaient
- (%-4).
- Un pressoir assez primitif, composé d’un sac et de deux bâtons, permettait d’en extraire le vin par torsion (fîg. 5).
- Il semble, à en juger par la présence de nombreux fourneaux en action reproduits parmi les ustensiles de vinification, que les Egyptiens préparaient en dehors de Yarp, ou vin ordinaire, un vin de liqueur plus concentré, appelé Shethou, dans la composition duquel entraient aussi des raisins secs.
- Une fois terminé, le vin était mis dans des jarres pansues, lourdes et encombrantes, intérieurement enduites
- Fig. 4.
- Jeunes filles foulant le raisin.
- de poix, dont l’orifice était obturé au moyen d’un couvercle de terre cuite, soigneusement luté. Une partie aussi était mise dans des outres, aux parois souples et résistantes, qui permettaient le transport de ce vin recherché par les gourmets des rives du Tigre et de l’Euphrate.
- Autant qu’il est possible de le savoir après des milliers d’années, le vin d’orge ou haq des Egyptiens était une décoction d’orge broyée, abandonnée à la fermentation spontanée et aromatisée avec des semences de lupin. Son goût acide très prononcé s’améliorait en vieillissant. Les Grecs l’appelaient zythos et les Latins zythum ; les Français en ont fait zython et les Italiens il zytho.
- Une autre boisson du même genre se préparait avec des, grains d’orge entiers; on la désignait sous le nom dejcourmi ou curmi (2). C’est ce breuvage sans doute que les soldats de Xénophon trouvèrent en Perse dans
- 1. Wilkinson. Manners and customs o/ the ancient Egyptians. Tome II, p. 151.
- 2. P. Belon. Les observations de plusieurs singularitez et choses
- mémorables, trouvées en Grèce, Asie, Judée, Egypte, Arabie et
- autres pays estranges, rédigées en trois livres. Paris, 1553, p. 1553.
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- des récipients pleins jusqu’aux bords. « A leur surface nageait l’orge avec des chalumeaux sans noeuds, les uns plus petits, les autres plus grands, qu’il fallait, quand on avait soif, porter à sa bouche et sucer. »
- Cette boisson était forte, si l’on n’y mêlait de l’eau; mais on la trouvait très agréable, dès qu’on s’y était accoutumé (1).
- Dioscoride accuse le vin d’orge des pires méfaits. S’il provoque l’urine, écrit-il, « il nuit aux reins et aux nerfs et spécialement aux panicules du cerveau. Il engendre ventuosités et méchantes humeurs dans le corps et fait devenir les hommes ladres » (2).
- L’écume du zython, rapporte Pline, était employée par les femmes pour entretenir la fraîcheur de leur teint (3). Très sobre sans doute, il s’indigne et stigmatise comme il convient le génie malfaisant de l’homme qui utilise l’eau des fleuves pour faire des boissons enivrantes qui portent le trouble dans les sens et charment la vie par d’ensorcellantes illusions.
- En effet, vin de vigne et vin d’orge étaient également capables de mettre en bonne humeur, de faire chanter, danser et se livrer à mille excentricités. Aristote cependant fait quelque distinction : ceux qui sont ivres de vin de vigne tombant d’ordinaire sur le visage et ceux qui le sont de vin d’orge se laissant aller à la renverse (4). L’un et l’autre ont sans doute inspiré cette sage maxime de la vieille Egypte : « L’homme heureux est celui qui a la bouche pleine de vin de vigne [arp) et de vin d’orge [haq) ».
- Raoul Lecoq.
- 1. Xénophon. Anabase. Liv. IV, chap. 5.
- 2. Dioscoride. Les six livres de Padacion Dioscoride, translatez du latin en françoys, par Martin Matliée. Lyon, 1559, p. 167.
- 3. Pline. Histoire naturelle. Liv. XVIII, vers. 15.
- 4. Athénée. Loc. cit., p. 51.
- Presse à vin particulière (à droitej et autres stades de la préparation du vin (filtration et concentration).
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- LA RÉCENTE EXPOSITION FORESTIÈRE
- DE VERSAILLES
- Fig. 1.— Four Delhommeau, type Nilmelior de 5 stères.
- Les Ministères de l’Agriculture et de la Guerre avec la collaboration de l’Office national des Combustibles liquides, de l’Office des Recherches scientifiques et des Inventions et du Comité central de Culture mécanique organisèrent récemment une Exposition forestière, dans le bois domanial des Gonards, sis à proximité de Versailles. Sur ce terrain accidenté, se poursuivirent, durant les mois de juin-juillet 1928, une série d’épreuves de carbonisation du bois au moyen d’appareils mobiles, d’exploitation mécanique de taillis ou d arbres de futaie et des démonstrations de fabrication d’agglomérés de charbon de bois. On vit également circuler, autour des stands, divers véhicules ou locotracteurs à gazogène. De la sorte, tous les gens s’intéressant au gaz des forêts purent se rendre un compte exact des perfectionnements apportés à sa fabrication, de ses diverses transformations
- Fig. 2. — Four Magnien-Tranchant en marche.
- et de son utilisation rationnelle pour la production de la force motrice.
- LES FOURS DE CARBONISATION
- Les constructeurs de fours mobiles Delhommeau, Petitjean, Magnien-Tranchant, Trihan et la Société S. E. P. T., qui avaient répondu à l’appel du Comité d’organisation, semblent avoir surtout en vue de simplifier leurs modèles et de les rendre aisément transportables. D’autre part, les spécialistes ont renoncé, pour l’instant, aux dispositifs plus ou 'moins compliqués, permettant la récupération des sous-produits. Dans ce cas, il faut, en effet, chauffer assez fortement et la haute température des fumées exige 4000 à 5 000 litres d’eau pour le refroidissement de chaque stère de bois traité. En conséquence, l’opération n’en vaut la peine que si l’on enfourne au moins 50 à (60 stères d’essences résineuses par jour. Or, une installation de cette importance coûte cher et se déplace difficilement.
- A Versailles, la maison Delhommeau avait exhibé un de ses fours du type Nilmelior de 5 stères. C’est une sorte de grande marmite cylindro-conique, formée d’anneaux démontables, se posant les uns sur les autres (fig. 1). Pour les installer, après avoir nivelé le sol, on enterre légèrement le premier cercle qui porte, sur son pourtour, une série d’évents ou prises d’air obturables à volonté au moyen d’un bouchon, puis on pose le second anneau dans la rainure duquel on tasse du sable formant joint et ainsi de suite jusqu’au dernier, qu’on coiffe d’un couvercle, muni d’un tuyau d’amorçage central et d’orifices de sondage. Pour ‘le remplir, on commence naturellement par enlever le couvercle, puis on dispose les petits rondins autour de la base du tuyau d’amorçage et le long des parois. On entasse de préférence les grosses bûches danslazone moyenne. Celafait, avantde remettre le dôme supérieur, on recouvre les dernières bûches d’un , plafond mobile en tôle, qui concentre le calorique dans la meule tandis que les nombreux évents du pourtour dosent l’air d’une façon précise au commencement et à la fin de chaque opération. De la sorte, on évite la formation des poches de braise qui, dans d’autres appareils, brûlent les parois métalliques en certains endroits et les mettenf rapidement hors d’usage. En outre, comme les gaz chauds du foyer déterminent la succion de l’air frais par ces tubulures inférieures, la carbonisation du bois s’opère de façon parfaite et très lentement.
- Le four Magnien-Tranchant, dont deux hommes peuvent transporter aisément les différentes parties en tôle légère, se compose de 2 éléments tronconiques superposés et d’un couvercle (fig. 2). Il comporte, en outre, 8 tuyaux coudés indépendants (4 évents et 4 cheminées d’évacuation). Ses éléments reposent directement les uns sur les autres, sans boulons ni clavettes, ni ceinture de serrage. On obtient une étanchéité parfaite en remplissant les gouttières avec quelques poignées de sable.
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- Grâce à sa forme tronconique, les ouvriers dressant complètement le bois en dehors de l’appareil circulent librement autour de la meule en cours de montage. Ils travaillent donc plus vite et ne sont pas obligés d’attendre le refroidissement des fours pour commencer l’empilage d’autres rondins à carboniser. Pour opérer, les hommes commencent par établir à une dizaine de centimètres au-dessus du sol une grille formée par des morceaux de
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- moment, le four ne nécessite aucune surveillance jusqu’à la fin de la carbonisation qui dure environ 24 heures. Le refroidissement exige 6 à 7 heures. Quant au tirage renversé, il assure, entre autres avantages, une température plus uniforme dans l’appareil, une utilisation rationnelle de la chaleur des fumées pour réchauffer l’air, une cuisson plus régulière et surtout le réglage automatique de la combustion. Quand celle-ci est trop active, en effet, le
- charbonnette reposant sur des bois plus gros disposés dans le sens des rayons.
- Ils montent ensuite le bois et établissent la cheminée centrale comme dans une meule ordinaire. Une fois le dressage achevé, ils placent le premier élément en maintenant, à l’aide de 4 pierres ou briques, sa partie inférieure au niveau de la grille. Ils posent alors le deuxième élément sur le premier, glissent ensuite sous la grille, aux extrémités de 2 diamètres perpendiculaires, les 4 tuyaux coudés destinés à servir d’évents en alternant avec ceux-ci les 4 autres coudes surmontés chacun d’un tuyau pour
- l’évacuation des fumées. Finalement ils tassent de la terre au pied de la meule qu’ils allument à la façon ordinaire en faisant tomber de la braise dans la cheminée centrale. Ils ferment celle-ci à l’aide d’un rondin ou d’une motte de gazon quand le feu y arrive.
- Les fumées, ne pouvant plus alors s’échapper par le haut, sont refoulées vers le bas et sortent par les 4 cheminées après avoir traversé la grille. A partir de ce
- Fig. 3. — 1. Carbonisateur automatique Trihary (allumage du four). 2. Four Trihan {type à tunnel semi-fixe). 3. Four Petitjean en marche.
- débit des cheminées devient insuffisant. Alors des fumées trop denses sortant par les évents provoquent un ralentissement de l’activité du feu, puisque l’air frais arrive en moindre abondance dans le four.
- Le carbonisateur automatique Tri/ian est de forme cylindrique et verticale (fig. 3). Il comprend des panneaux démontables s!assemblant entre eux à l’aide de clavettes et possède un dispositif de régulation automatique constitué parune sole bombée sur laquelle repose le bois à carboniser. Une canalisation munie d’un obturateur amène l’air sous ladite sole qui, percée de trous, se répartit régulièrement dans la masse de combustible. Quant au dôme du carbonisateur, il se compose de deux tôles formant chicane et obligeant les gaz de la combustion à suivre un chemin sinueux avant de s’échapper par le chapeau central, réglable au moyen de divers orifices. Enfin ce couvercle et la sole se fractionnent en plusieurs éléments, ce qui favorise leur transport. De même, M. Trihan a réalisé un type de carbonisateur, le
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- LES INSTRUMENTS D'ABATAGE
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- « Simplex », dont chacun dès panneaux ou éléments constitutifs ne dépasse pas* la charge normale d’un homme; il ne comporte ni sole métallique, ni aspirateur. Un dispositif de réglage spécial assure l’introduction de l’air et sa répartition dans l’appareil. Un autre four Trihan semi-fixe figurait encorè à l’Exposition forestière de Versailles (fig. 3, n° 2). Il se compose d’un tunnel rectangulaire formé de larges panneaux en tôle réunis sans boulons, d’une caisse d’allumage à une extrémité et à l’autre bout d’une boîte à fumée sur laquelle se fixe la cheminée. Des couvercles mobiles, posés sur les cloisons verticales, assurent l’étanchéité du dessus de l’appareil dont on enterre un peu le fond. D’autre part, afin d’empêcher des déperditions de chaleur, les panneaux de côtés et les boîtes terminales sont à doubles parois isolées entre elles par de la terre sèche prise sur le terrain même. Grâce au système d’assemblage adopté, M. E. Trihan peut augmenter ou diminuer le nombre d’éléments mobiles et de couvercles ; il réalise ainsi des fours dont
- On voyait aussi fonctionner à l’Exposition forestière de Versailles des instruments très pratiques pour l’abatage; en particulier la scie-chaîne Frucharcl aisément portative puisqu’elle pèse seulement 12 à 15 kg. Grâce à sa commande par transmission flexible, on peut scier avec elle un arbre à 15 ou 20 m de distance du moteur. Ce dispositif facilite le passage entre les taillis, à travers les buissons, par-dessus un fossé ou un cours d’eau, sans transporter la machine motrice.
- D’autre part, la boîte d’accouplement pouvant être à 1, 2, 3 ou 4 départs permet ainsi l’abatage de 1, 2, 3 ou 4 arbres. Elle est actionnée soit par un moteur à essence ou à gazogène à charbon de bois, soit par une petite dynamo fixée sur un chariot, ou encore par une courroie sur le volant d’un tracteur. Quant à l’organe de sciage, il est formé d’une chaîne coupante, sans fin, supportée par une entretoise en acier et possédant un
- Fig, 4. — 1. Scie Courbot, pouvant servir à la fois d’abatteuse et de tronçonneuse. 2. Hache mécanique Taillie en fonctionnement
- dans le bois des Gonards, près de Versailles.
- la capacité, variant de 1 à 20 stères, se règle sur l’importance de la coupe. Une fois les différentes parties du four assemblées, on le charge de charbonnette ou de rondins qu’on y dispose horizontalement; on place les couvercles et on met le feu aux brindilles de la boîte d’allumage. La combustion se propage alors de proche en proche. Au bout de 15 à 40 heures, suivant le volume et la siccité du bois, la carbonisation s’achève. Vers la fin, on ferme les orifices de tirage, on laisse refroidir pendant toute une nuit et dès le lendemain on peut ensacher.
- Le rendement en poids d’un four Trihan oscille entre 70 et 85 kg de charbon au stère, suivant les essences de bois.
- Les fours Petitjean et ceux de la Société S. li. P. 7’. sont également des appareils à compartiménts démontables plus ou moins volumineux. Des évents disposés circulairement tout autour de leur base en facilitent le réglage.
- débrayage automatique pour le cas d’un effort exceptionnel en cours d’opération.
- La scie Courbot peut servir à la fois d’abalteuse et de tronçonneuse (fig. 4, n° 1). Sa plate-forme se monte sur un châssis rigide et elle reçoit un moteur d’une puissance de 3 ch. Le brancard de manœuvre se soulève sans effort, le déplacement de l'ensemble de l’appareil est facile en tous terrains et le conducteur a les commandes à portée de sa main droite. De même, la hache mécanique « Taillie » (fig. 4, n° 2) possède un disque circulaire sciant actionné par un moteur à essence de 3 1/2 ch et s’emploie également à volonté pour l’abatage des arbres ou pour le billonnage en forêt. Sa lame est un disque circulaire horizontal muni de 4 groupes de 3 dents spéciales. Un seul homme tient la machine, ayant ses leviers bien en mains, la guide sans peine et jette à bas un chêne ou un sapin de taille ordinaire en quelques secondes. En outre, la tête du porte-scie est orientée pour y adapter, dans un plan vertical, la lame à denture droite qui per-
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- met de tronçonner des perches abattues.
- Equipée, la hache mécanique pèse 125 kg avec son moteur. Comme elle se disloque en tous sens, elle peut travailler sur un terrain incliné , en assurant le parallélisme de la lame d’abatage avec le sol et en faisant une coupe nette aussi basse que possible et sans gaspillage de la matière ligneuse.
- D’autre part, comme la transformation du charbon de bois en agglomérés facilite l’alimentation des gazogènes, la Carbonite exposait ses petits boulets ovoïdes fabriqués selon les procédés Goutal-IIennebutte et composés de grains de carbone fortement soudés les uns aux autres tandis que M. Charles Roux montrait dans un stand voisin ses appareils lui permettant d’utiliser la tourbe comme matière agglomérante.
- LÉS VÉHICULES
- A GAZOGÈNE
- Enfin les organisateurs de l’Exposition de Versailles, désirant compléter le cycle de cette leçon de choses installée dans un cadre si gracieux, après
- Fig. 5. — 1. Camion à gazogène de la Carbonite. 2 Camion muni d'un gazogène à charbon de bois Schulz-Loriot. 3. Locotracteur Moyse, type 20 tonnes, muni d'un moteur Panhard-Levassor sans soupape 90 ch, alimenté par gazogène.
- Fig. 6. — Gazogène à bois Vallet alimentant la petite centrale électrique de l'Exposition forestière de Versailles.
- avoirindiqué les méthodes mises en œuvre pour abattre les arbres, carboniser le bois, voulurent montrer comment on sait utiliser maintenant le « carburant végétal » que nos forêts peuvent produire sans difficulté et en abondance. Différents constructeurs avaient équipé des camions avec gazogène a charbon de bois, entre autres la Société a La Car-bonite » (fig. 5, n° 1) et la Société internationale de génie civil. Cette dernière présentait un véhicule muni du gazogène Schulz-Loriot (fig.5,n°2). Le générateur, du type à tirage renversé, se place sur le côté du camion ; il comprend 2 parties indépendantes : le colîre à charbon de forme générale elliptique et le corps inférieur où se trouve le foyer proprement dit en tôle garnie de matière réfractaire avec une embase en fonte qui reçoit la grille mobile. Le gaz recueilli par les collecteurs passe dans l’épurateur, puis dans le mélangeur et finalement dans le moteur.., Celui-ci peut fonctionner indifféremment soit au gaz seul, soit à l’essence, soit de façon mixte.
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- Au bois des Gonards, on avait également monté des gazogènes à charbon de bois sur une automobile Renault et sur des locomotives qui, se déplaçant sur des rails installés devant les stands, animaient l’exposition de leur va-et-vient régulier. Les visiteurs s’arrêtaient, en particulier, devant un locotracteur Gaston Moyse, type 20 tonnes, muni d’un moteur Panhard-Levassor, sans Soupapes, de 90 ch, alimenté par un gazogène (Gg. 5, n° 3). Grâce à sa transmission électrique, à ses 3 freins dont un à air comprimé et à divers dispositifs ingénieusement combinés, celte locomotive remorque de fortes charges sans le moindre à-coup.
- Enfin une petite centrale électrique de fortune,' alimentée par des gazogènes Vallet, utilisant directement.du
- bois (fig. 6), éclairait pendant la nuit cette originale exposition ainsi que tous les endroits de la coupe forestière où se trouvaient installés les fours des charbonniers. En résumé, ces diverses épreuves et démonstrations prouvent que le « gaz des forêts » est un carburant véritablement national. Désormais on pourra tirer parti de bois de faibles dimensions, inutilisables pour lés scieries, la construction ou la menuiserie et de plus en plus délaissés par le chauffage domestique. En carbonisant sur place ces produits de minime valeur marchande, la France s’affranchira, dans une certaine limite, du lourd tribut qu’elle paye aujourd’hui aux pays producteurs de pétrole pour l’alimentation des moteurs à essence industriels ou de tourisme. Jacques Boyer.
- LE « TËLÉVOX ”, SERVITEUR AUTOMATE,
- EST MAINTENANT DOUÉ DE LA PAROLE
- M. Villers a déjà décrit dans La Nature la curieuse invention de M. Wensley, ingénieur de la « Westinghouse C° », le « Télévox », ce véritable serviteur automatique qui reçoit les ordres qu’on lui téléphone suivant un code sonore, les fait exécuter et en rend compte.
- Or, en supposant que, par erreur, une personne demande le numéro d’un téléphone muni du nouvel appareil ou qu’il %è produise quelque chose d’anormal dans une sous-station, également munie de cet appareil, celui-ci ne pouvait, ' jüsqu’ici, répondre qu’en une langue toute mécaniqüe formée de bourdonnements rythmés de différentes manières et intelligibles seulement pour jin initié
- : ' i: . i -r ’ ' ' " ’ ^
- :: ' Fig- 1- — Le film parlant du nouveau Télévox.
- connaissant le code fixé à l’avance. Pour, obvier à cet inconvénient, M. Wensley a doté son invention d’un nouveau dispositif grâce auquel il peut s’exprimer en langage clair.
- Le savant ingénieur américain a réalisé cet intéressant perfectionnement au moyen d’un film cinématographique.
- Long de 4 m. 50 à 6 m, ce film est coupé en deux de manière à former une boucle. On énonce deux phrases dans 1 appareil ; ces deux phrases sont photographiées sur les bords du film standard, le reste demeurant en blanc. Le son apparaît alors sous forme de lignes placées très près les unes des autres, de teintes, d’épaisseurs et cle fréquences diverses. Deux lampes individuelles à filament spécial droit correspondent avec un système de prismes, de façon à concentrer la lumière sur une partie très étroite du film.
- Un petit moteur actionne le film chaque fois que l’on a besoin de la voix.-Un sélecteur placé dans le télévox allume l’une des deux lampes d’où dépend la phrase voulue. L’image du filament est projetée sur la parole enregistrée, par une fente étroite qu’elle traverse pour se diriger sur une cellule photo-électrique.
- On sait que cette dernière laisse passer le courant avec une intensité proportionnelle à l’intensité de la lumière qu’elle reçoit. Au moment où les lignes imprimées sur le film passent devant la lumière, les changements correspondants des courants qui se produisent dans la cellule photo-électrique sont amplifiés, au moyen d’un amplificateur spécial à trois étages, suffisamment pour manœuvrer un petit haut-parleur. Celui-ci est placé devant le transmetteur téléphonique et il est entendu par la personne qui se trouve à l’autre bout de la ligne télépho-
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- nique, exactement comme si un être humain émettait les mots dans le transmetteur.
- En se mettant en communication avec une sous-station automatique munie d’unTélévox. équipé du nouveau dispositif, la personne placée à l’autre bout du fil entend une voix dire : « Télévoxparlant à Randolph 6400 ».
- Ceci se répète une deuxième fois et si le signal voulu n’est pas donné aû moyen de sifflets ou d’un autre dispositif musical, lé télévox accroche le récepteur, puisqu’il s’agit d’un faux numéro. Pendant ce temps, la personne à l’autre extrémité du fil a entendu le numéro de téléphone auquel on l’a reliée et, si c’est un faux numéro, elle accroche son récepteur pour demander le bon numéro au bureau central.
- Au cas où le « dispatcher » d’un poste central a demandé ce numéro pour effectuer un travail quelconque dans la sous-station, il écoute la voix et aussitôt qu’il a constaté l’exactitude du numéro de la sous-station, par le numéro du téléphone, il souffle dans le sifflet voulu, la voix cesse et l’appareil est alors prêt pour exécuter les ordres qu’il lui donnera au moyen des sifflets.
- Si, par hasard, un interrupteur s’ouvre automatiquement, le télévox est mis en action; il soulève le récepteur du téléphone et immédiatement se met à dire, par intervalles réguliers : « Ici est le Télévox demandant « Main 5000 ». Il continue ainsi jusqu’à ce que l’opératrice du bureau central l’ait relié au téléphone du dispatcher. Aussitôt que celui-ci entend la voix, il l’arrête en soufflant dans le sifflet voulu, puis il demande à l’appareil, avec d’autres sifflets, ce qui s’est produit. Les réponses à ces questions sont comprises dans le code que le dispatcher sait interpréter.
- Dès que le sifflet arrête la voix, le moteur se trouve également arrêté et les lampes s’éteignent, de sorte que le film ne sert que pendant un temps très court.
- Grâce à la voix automatique, le champ d’application du télévox est considérablement étendu.L’appareil n’est, du reste, pas limité à deux phrases ; on peut le faire répondre à toutes sortes de questions, en fixant ces réponses à l’avance.
- Par exemple, dans, un endroit où l’on ne veut pas faire usage de signaux de code pour indiquer la hauteur d’eau d’un réservoir, on peut associer le mécanisme à un niveau d’eau dont il fait la lecture et en indique le résultat ; on peut encore l’associer à un thermomètre pour savoir si une machine est froide ou chaude, ou si elle se surchauffe.
- Pour montrer d’une manière plus claire comment opère l’appareil, nous allons comparer les diverses manœuvres qui sont exécutées à la main, en cas d’accident, dans une sous-station électrique et ces mêmes manœuvres exécutées par le télévox.
- Supposons que dans la station servie par un mécanicien, un interrupteur s’ouvre accidentellement; aussitôt retentit une sonnette d’alarme. Le mécanicien court aü
- téléphone et appelle le « dispatcher ». Dans ce. cas, la liaison entre l’ouverture de l’interrupteur et l’appel téléphonique a été établie par l’intermédiaire des oreilles et du cerveau de l’opérateur de la sous-station prévenue par la sonnette d’alarme. Lorsque le dispatcher a répondu à l’appel téléphonique, l’opérateur dit ce qui est arrivé et il reçoit les ordres de son chef pour la fermeture de l’interrupteur.
- Il ferme cet interrupteur suivant l’ordre reçu et il dit comment il se comporte.
- Dans une station équipée avec le nouveau télévox, le commutateur auxiliaire placé dans l’interrupteur et qui actionne la sonnette dans le cas précédent est alors relié directement à un circuit d’alarme spécial placé dans le télévox. Ce circuit établit une série de relais actionnant un électro-aimant qui enlève l’éooütèur téléphonique de son crochet-support et met en marche le moteur manœuvrant le film. Celui-ci traverse la fente et en même temps allume la lampe placée en face de la bande de film voulue. '
- A ce moment, le haut-parleur dit : « Télévox demandant Atlantic 9000 ». Cet appel est répété par intervalles réguliers jusqu’à ce que le «. dispatcher » vienne à son téléphone. Le~« dispatcher » souffle immédiatement dans le sifflet voulu, la voix s’arrête, et au moyen d’autres sifflets il apprend que l’interrupteur s’est ouvert. Il manœuvre alors l’appareil de façon à lui faire compléter le circuit qui ferme l’interrupteur. Un autre signai dü code lui dit si l’interrupteur reste bien fermé. Lorsque ces différentes opérations sont terminées/ il souffle à nouveau dans un certain nombre de sifflets, le récepteur est raccroché et la conversation est terminée.
- ' L. Kuentz.
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- LE CHAUFFAGE CENTRAL AUX HUILES LOURDES
- : Parmi les différentes installations constituant dans leur ensemble le confort moderne, le chauffage central est l’une des plus appréciées et l’une des plus importantes. On sait bien dans le public quelle supériorité présente ce mode de chauffage au triple point de vue confort, propreté et économie : mais ce qu’on sait assez peu, en France du moins, c’est combien l’importance de ces trois facteurs s’accroît lorsqu’on abandonne les combustibles solides pour alimenter en combustibles liquides, en huiles lourdes, les chaudières de chauffage central.
- En Amérique où plus de 800 000 habitations étaient chauffées à l’huile lourde l’an dernier, on connaît depuis longtemps les avantages de ce S3rstème : chez nous, par contre, bien qu'un fort courant en sa faveur tende à se manifester actuellement, peu de gens s’y intéressent ou songent à l’utiliser.
- Peut-être, dans. ces conditions, n’est-il pas inutile d’exposer sur cette question de la combustion des huiles lourdes, de ses avantages dans le chauffage central et de ses applications principales, quelques idées qu’on nous excusera de condenser dans le cadre limité de cet article. v
- L COMBUSTION DES HUILES LOURDES
- On brûle les huiles lourdes au moyen d’appareils spéciaux permettant de conduire l’opération avec le maximum de souplesse et d’efficacité : ces appareils, dont il existe un grand nombre de systèmes , et de marques, sont les brûleurs à huile lourde. Us sont placés le plus souvent sur la plaque foyère avant de la chaudière qu’ils doivent chauffer et il est généralement aisé de monter sur une
- chaudière préexistante, fonctionnant primitivement au charbon, un brûleur à huile, cette mise en place ne nécessitant que des transformations insignifiantes.
- Le brûleur pulvérise l’huile et fournit en même temps tout ou partie de l’air nécessaire à sa combus-: tion. Son débit peut être contrôlé par le jeu d’une seule manette et dans t toute installation perfectionnée cette manette est manœuvrée automatiquement par un thermostat qui suit les variations de température, soit du fluide transporteur de chaleur (eau, vapeur), soit, ce qui , est préférable au point de vue confort, de, l’atmosphère des pièces à chauffer.
- On conçoit donc qu’on puisse ainsi régler à chaque instant la quantité de combustible à brûler, de façon à n’en dépenser que ce qui est strictement nécessaire au maintien d’une température donnée dans les locaux à chauffer, ceci quelles que soient les variations de la température extérieure ou les demandes variables de calories à la chaudière par suite de la mise en service d’un plus ou moins grand nombre de radiateurs sur la totalité de ceux composant l’ensemble de l’installation de chauffage.
- IL CARACTÉRISTIQUES ET AVANTAGES DU CHAUFFAGE AUX HUILES LOURDES
- . Comparé au chauffage au charbon ou au coke, le chauffage aux huiles lourdes dans les chaudières de chauffage central présente les caractéristiques et les avantages suivants :
- 1° Pouvoir calorifique. — La quantité de chaleur dégagée par 1 kg d’huile lourde vaut environ une fois et demie celle dégagée par 1 kg de bon charbon de terre (10500 à 11000 calories contre 7000 à 7500). On en conclut souvent que 1 kg d’huile lourde remplace 1 kg et demi de charbon, alors qu’en réalité ce rapport se tient aux environs de 1,5 à 2 et même 2,5 par suite de l’amélioration considérable du rendement dans le cas de l’huile lourde pour différents motifs énumérés ci-après.
- 2° Réglage de l’air de combustion. — La combustion de l’huile peut être réglée exactement, c’est-à-dire se faire sans excès ni insuffisance d’air. Pratiquement, cela signifie absence de fumée et de suie et amélioration du rendement, aucune des calories dégagées dans le foyer n’étant employée à réchauffer un excès d’air inexistant, alors que, dans les meilleures chaudières chauffant au charbon, il n’est pas rare d’avoir un .excès d’air de
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- 100 à 150 pour 100, inévitable par suite de la nature même du combustible solide.
- 3° Absence de cendres et de scories. — La
- combustion de l’huile s’effectue avec absence totale de cendres, ce qui signifie suppression des frais d’enlèvement et de transport des scories, et augmentation du rendement calorifique par suite de l’économie des calories qui, dans le cas du charbon, sont utilisées en pure: perte à porter les cendres au rouge dans le foyer avant leur évacuation dans le cendrier.
- 4° Réglage automatique. — Gomme il a été dit précédemment, le réglage automatique de la quantité d’huile brûlée à chaque instant est extrêmement aisé à réaliser et il constitue l’avantage capital, la caractéristique essentielle du chauffage à l’huile lourde.
- C’est le réglage automatique seul qui permet d’avoir une installation vraiment confortable où la température des pièces chauffées reste sensiblement la même quelle que soit celle de l’air extérieur, de même que reste constante, la température de l’eau distribuée pour les usages domestiques (lavabos, salle de bains, office, buanderie, douches, etc.), conditions qui ne peuvent être remplies avec l’emploi du coke ou du charbon ou de tout autre combustible solide malgré l’habileté et la bonne volonté du chauffeur.
- Le fait d’accorder exactement la dépense de combustible à l’effet à produire n’est pas seulement une condition essentielle du confort moderne, c’est aussi une remarquable source d’économie ainsi qu’en font foi les bilans établis sur toute une saison de chauffe aux huiles lourdes.
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- à la température voulue l’eau de la chaudière (ou à la pression voulue la vapeur de la chaudière suivant le système de chauffage adopté) rend son emploi particulièrement avantageux et commode dans tous les cas de chauffage discontinu.
- Avec le charbon, on hésite toujours à éteindre une chaudière, car le rallumage est long, le nettoyage préalable au rallumage encore plus long, et la montée de la température de l’eau dans la chaudière très lente. On met alors la chaudière en veilleuse la nuit, ce qui ne va pas sans une dépense considérable de combustible de choix, l’anthracite se prêtant seul à la combustion lente exigée par cette méthode.
- Avec l’huile, rien n’est plus simple que d’éteindre la chaudière le soir venu pour la rallumer le lendemain matin. Une heure ou une heure et demie après, la température de l’immeuble atteint le chiffre normal auquel elle devra se régler pendant toute la journée. -
- 7° Contrôle exact de la qualité du combustible. — Une tonne d’huile répondant à des caractérisa tiques données renferme toujours le même nombre de calories utilisables. Une tonne de charbon au contraire, même avec une teneur en cendres déterminée, contiendra toujours une certaine quantité d’eau, un pourcentage d’humidité, qu’il n’est guère pratique d’apprécier exactement et qui sera payée au prix du charbon. De plus, une certaine quantité de ce charbon va passer à l’état de poussier à la suite des 5 ou 6 manutentions obligatoires entre le wagon ou la péniche chargé à la mine et la chaudière.
- Ce poussier ne brûle pas ou presque pas dans la chaudière, il se retrouve presque intact dans le cendrier
- 5° Propreté. — La combustion du charbon dans les chaudières, les chargements incessants auxquels il faut procéder, le stockage, l’enlèvement des cendres, donnent lieu inévitablement à production de fumée, de poussières sales et désagréables qui, portées par les courants d’air de convection, se répandent de la chaufferie dans tout l’immeuble dont elles dépendent, l’envahissent, en deviennent maîtresses.
- Avec l’huile, rien de pareil. Pas de poussières, pas de cendres, pas de fumée : le stockage en réservoir, le ravitaillement par camions-citernes, l’alimentation des brûleurs, tout est fait rapidement, sans bruit, proprement, sans effort.
- 6° Marche discontinue. — Un brûleur à huile s’allume et s’éteint avec la même facilité qu’un brûleur à gaz. Cette caractéristique jointe à l’avantage qu’a l’huile sur le charbon de porter beaucoup plus rapidement
- Fig. 2. — Chaudière équipée avec un brûleur automatique à huile lourde.
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- et voilà un nouveau, coulage au passif du combustible solide.
- 8° Sécurité. — Utiliser l’huile lourde pour chauffer des chaudières, l’emmagasiner, la manipuler, n’est-ce pas courir au-devant de risques d’incendie ou d’explosion? Certains seraient tentés de le croire, étant donné qu’il s’agit d’une huile extraite du pétrole brut dont on tire aussi des produits très inflammables comme l’essence et le pétrole lampant.
- En réalité, il s’agit de dérivés complètement différents parce que très difficilement inflammables ; l’huile lourde livrée pour le chauffage central a été rendue inoffensive aux températures usuelles par‘l’élimination de toutes les fractions volatiles. L’huile ne peut s en flammer qu après avoir été portée préalablement à une température d'au moins 95°.
- Les risques très atténués qui subsistent aux températures élevées ont été soigneusement écartés par une étude attentive des appareils et de la technique de ce mode de chauffage. Les installations modernes (d’ailleurs réalisées conformément aux règlements administratifs en vigueur) procurent une sécurité complète; en fait, de nombreux chauffages à l’huile lourde dotés de tous les appareils de réglage et de sécurité nécessaires fonctionnent depuis des années un peu partout, principalement dans divers pays producteurs où le pétrole est le combustible le plus répandu, sans qu’à notre connaissance il se soit produit d’incident digne d’être rapporté.
- 9° Odeurs. — La combustion de l’huile ne dégage absolument aucune odeur, contrairement à ce que l’on croit quelquéfois. A ce point, que de nombreux boulangers de Paris et d’ailleurs utilisent quotidiennement pour chauffer leur fournil des brûleurs à huile dont la flamme est produite directement dans le four où l’on cuit ensuite le pain. -—..
- 10° Ravitaillement. — Quelles sont les perspectives du marché de l’huile lourde dans le monde? Peut-on raisonnablement compter sur un approvisionnement d’une durée illimitée, étant données les ressources connues ou supposées de l’ensemble des gisements pétrolifères mondiaux? Dans l’état actuel de la question, on peut hardiment tabler sur une production de pétrole de plus en plus accrue et satisfaisant largement aux besoins de la consommation mondiale : les opinions des experts les plus autorisés nous le confirment, qu’il s’agisse des rapports annuels des grands trusts ou des communications scientifiques des géologues les plus compétents.
- En somme, il y a lieu de considérer que la production de l’huile lourde (résidu de la distillation du pétrole brut dont on tire d’abord l’essence pour automobiles) est conditionnée par la consommation de l’essence et non parla consommation de l’huile lourde elle-même. Une disette d’huile lourde ne serait possible que s’il y avait d’abord disette d’essence.
- Si dans un certain délai, difficile à prévoir d’ailleurs, la production du pétrole synthétique vient s’ajouter à la production du pétrole naturel, on voit sur quelle abon-
- dance de produits dérivés (Gas Oil, Fuel Oil, etc...) il est raisonnable de compter et quels résultats on peut en attendre sur la tenue des prix et les facilités de ravitaillement.
- Ajoutons que la consommation en huile lourde du chauffage domestique représente à peu près 1 pour 100 de la consommation totale d’huile lourde dans le monde.
- Avant d’en terminer avec ce chapitre, nous voudrions répondre en deux mots à l’objection toujours présentée quand il s’agit d’importer de l’étranger un produit, comme l’huile combustible, introuvable dans notre propre sous-sol. Il est vrai : mais ne sommes-nous pas obligés de demander à nos voisins chaque année un apport important de plusieurs millions de tonnes de charbon pour compléter la production de nos houillères nationales ? Et nos chaudières de chauffage central ne sont-elles pas en particulier de très grosses mangeuses d’anthracites gallois, belges et allemands ?
- Puisque de toute façon nous devons nous adresser aux autres pour parfaire notre production de combustible, il nous paraît préférable de leur acheter un combustible à rendement supérieur, comme l’huile, plutôt qu’un combustible à rendement inférieur comme le charbon.
- 11° Quelques autres avantages. — L’emploi de l’huile lourde supprime les 5/6 du travail du chauffeur : avec les appareils automatiques modernes, la nécessité de ce poste n’apparaît même plus. L’huile supprime donc le chauffeur comme elle supprime les frais d’enlèvement des scories et en grande partie ceux de ramonage des cheminées et de nettoyage des chaudières.
- L’huile supprime aussi les frais d’entretien des grilles de chaudières, des ustensiles de chargement, pelles, ringards, etc....
- ...Pas de coulage possible avec l’huile hermétiquement stockée, comme cela se produit fréquemment avec le charbon.
- Enfin, par la régularité de chauffe obtenue, l’absence de courants d’air froid dans le foyer, dus aux ouvertures des portes de chargement, d’évacuation des cendres, etc., l’emploi de l’huile ménage beaucoup plus que- celui du charbon le matériel de chaufferie, en particulier la chaudière qu’on peut ainsi amortir sur un plus grand nombre d’années.
- III. APPLICATIONS PRATIQUES
- Confort, économie et propreté, telles sont en définitive les caractéristiques résumées du chauffage central aux huiles lourdes.
- Il serait donc, dans la plupart des cas, simple et avantageux de remplacer le charbon par l’huile. En particulier, un champ d’application presque indéfini semblerait s’ouvrir pour l’huile : nous voulons parler du chauffage domestique, où, plus que partout ailleurs, il est désirable d’obtenir la plus grande propreté avec le minimum d’efforts manuels.
- Malheureusement intervient là un facteur d’importance considérable qui limite très sérieusement ce champ d’application : c’est le prix d’installation d’un brûleur à
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- huile et de ses annexes. Ce prix est fort élevé et pas du tout proportionnel à la puissance de la chaudière à transformer : il s’agit d’une dépense de 12 à 15000 francs suivant les appareils et les modes particuliers d’installation.
- Or si l’on peut envisager qu’une dépense de cet ordre n’est nullement excessive sur un chauffage important dont le devis pourra s’élever à 60 ou 80 000 francs, il n’en est plus de même pour les petits chauffages individuels de villas, d’appartements, etc., qui, comprenant en général de 8 à 15 radiateurs, se chiffrent aux
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- ressources ou de ses désirs, de la décision à prendre.
- Il est bien certain que, de ce côté-ci de l’Atlantique, on sera amené sous peu à se libérer le plus possible de la main-d’œuvre domestique de plus en plus capricieuse et exigeante, comme l’ont fait depuis longtemps les Américains presséspar la nécessité. On sera donc obligé d’abandonner le chauffage au charbon avec ses manutentions incessantes (stockage, chargement, décrassage des scories, évacuation des cendres) soulevant des nuages de poussière, sources nouvelles de travail supplémentaire de nettoyage. Par quoi remplacer alors le charbon ?
- FiS• 3.
- Chaufferie de l’immeuble d’une grande compagnie d’assurances à Paris, équipée avec brûleurs à huile lourde.
- Photo Liabeuf.
- environs de 1000 francs par radiateur et même moins.
- On ne peut donc conseiller l’emploi du chauffage aux huiles lourdes que pour des installations d’une certaine importance, si l’on ne veut faire intervenir que le seul facteur économique, étant bien entendu que toute installation si petite soit-elle pourra être équipée au mazout et qu’elle fonctionnera économiquement par rapport au charbon, mais sans tenir compte de l’amortissement des frais, de transformation à la chaudière pour l’utilisation de l’huile dans le foyer de cette dernière.
- Chaque usager reste iuge, dans la limite de ses
- Huile lourde, gaz ou électricité : le choix devra être fait entre ces trois systèmes de chauffage.
- Or, à l’heure actuelle, il n’en existe qu’un seul économique, présentant à peu près les mêmes avantages que les deux autres et seul occasionnant des dépenses de combustible raisonnables, c’est le système de chauffage à l’huile lourde.
- Il y a sur le marché français des brûleurs complètement automatiques ou semi-automatiques qu’on peut conseiller en toute confiance et qui ont déjà fait leurs preuves.
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- Fig. 4.
- Chaufferie d’un grand magasin parisien fonctionnant à l’huile lourde. Photo Liabeuf.
- Ces brûleurs sont appelés à rendre les plus grands services dans les installations domestiques et nous allons donner quelques mots d’explication sur leur fonctionnement.
- Un brûleur complètement automatique se compose en général d’un ensemble mécanique monté sur une plateforme et protégé par un capot, le tout de dimensions extrêmement réduites et n’excédant pas Ora, 60 X 0 m. 40. (Voir, fig. 1 et 2, les photos d’un brûleur automatique seul
- et installé sur une chaudière) (*). Avec cet ensemble mécanique, placé en avant et en dehors de la chaudière, fait corps le brûleur proprement dit, qui, lui, pénètre par son extrémité dans le foyer de la chaudière, extrémité au bout de laquelle se produit la combustion de l’huile en une flamme blanche, molle et sans bruit, avec absence complète de fumée et de cendres.
- L’ensemble mécanique comprend un moteur électrique de faible puissance (1/4 à 1/2 cheval) sur l’arbre duquel se trouvent calés : une pompe qui tire l’huile du réservoir principal, une autre pompe qui reprenant cette huile lui donne la pression nécessaire de pulvérisation au brûleur, enfin un petit ventilateur fournissant à pression très réduite l’air total de combustion.
- Au nez du brûleur se trouve un dispositif d’allumage automatique par étincelle électrique.
- On voit qu’en définitive, il suffit de lancer un courant électrique^dans le circuit moteur-allumeur automatique pour que le brûleur fonctionne. Inversement, si l’on coupe ce circuit, le brûleur s’arrête instantanément.
- On aura donc le choix entre deux solutions : Ou bien régler soi-même le débit de chaleur de l’installation en allumant et en éteignant à volonté la chaudière par le jeu d’un simple commutateur électrique.
- Ou bien laisser à un thermostat d’appartement le soin de contrôler automatiquement les opérations d’allumage et d’extinction du brûleur.
- Qu’est-ce donc qu’un thermostat ? C’est un appareil extrêmement sensible à la température ambiante et qui, dans le cas qui nous occupe, sera en mesure de fermer ou d’ouvrir un circuit électrique suivant que ladite température ambiante se tiendra en deçà ou au delà d’une valeur choisie au gré de l’usager.
- Par exemple, si l’on désire .conserver dans la pièce où se trouve le thermostat une température constante de 18°, ce dernier commandera la marche du brûleur de façon à tenir les 18° avec une variation de l’ordre d’un demi-degré en plus ou en moins. Tant que la température de 18° ne sera pas atteinte, le thermostat tiendra fermé le circuit électrique du brûleur qui par conséquent restera allumé. Dès que les 18° seront obtenus, le thermostat coupera le circuit et éteindra ainsi le brûleur jusqu’au moment où, la température baissant de nouveau, il le rallumera. Et ainsi de suite.
- Au surplus, on est à chaque instant libre de modifier la valeur de la température de réglage par le simple déplacement d’un index le long d’une graduation thermométrique.
- 1. Ces photos nous ont été obligeamment pi’êtées par la Société S. I. A. M., 76, rue Gide, à Levallois.
- Fig. 5. — Chaufferie à l’huile lourde d’une salle d’audition moderne à Paris. Photo Liabeut.
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- Enfin, certains thermostats perfectionnés sont reliés à un chronomètre à 24 graduations qui, par un dispositif ingénieux, donne la latitude de régler automatiquement la température en fonction de l’heure.
- Ainsi en supposant qu’on désire dans la journée, de 8 heures à 20 heures, une température de 20° et dans la nuit, de 20 heures à 8 heures, une température de 15°, deux repères installés sur le chronomètre, l’un sur 8 heures, l’autre sur 20 heures, agiront automatiquement sur le réglage à chacune de ces heures pour.le modifier dans le sens désiré et cela sans qu’il soit nécessaire de toucher à quoi que ce soit dans l’installation.
- Un brûleur semi-automatique fonctionne à peu près dans les mêmes conditions qu’un brûleur automatique, avec l’allumage automatique en moins. Il y a lieu dans ce cas d’allumer à la main le brûleur, ce qui n’est pas plus compliqué que d’allumer un bec à gaz : après quoi, le débit de mazout se règle entre certaines limites variant de 1 à 4 ou 5, suivant les indications d’un thermostat qui suit les variations de température, soit du fluide transporteur de chaleur (eau, vapeur), soit de l’atmosphère des pièces à chauffer. (Seireporter aux explications précédentes sur le fonctionnement du thermostat d’appartement.)
- IV. CONCLUSIONS
- En définitive, les avantages du chauffage à l’huile lourde sont certains; ils sont d’ordre différent et, répé-tons-le, se retrouvent dans toutes les installations, quelle que soit leur importance, mise à part la question du prix d’installation.
- En d’autres termes, en plus du confort et de la propreté, on aura toujours avec le mazout des frais d’achat de combustible moindres qu’avec le charbon : mais si l’on veut amortir le coût d’acquisition et de mise en place du brûleur et de ses annexes sur l’économie de combustible réalisée, cela ne sera possible que pour des installations d’une certaine importance, de l’ordre de 100000 calories-heure environ.
- Voici, pour terminer, quelques chiffres approximatifs mettant tout lecteur à même d’établir le bilan de chauffage de son cas particulier.
- L’économie réalisée sur le charbon par l’huile lourde est de l’ordre de 15 à 20 pour 100 des frais d’achat du combustible.
- Une installation d’huile lourde nécessite, par rapport à l’installation de chauffage proprement dite, un supplément de dépense de 12 à 15 000 francs.
- On peut, dès lors, calculer immédiatement si l’amortissement de ce supplément de dépense est possible du fait de l’économie de combustible réalisée et en combien de temps.
- Si l’on compte une dépense de 100000 francs par an pour l’achat du charbon destiné au chauffage d’un établissement,,l’amortissement de l’installation pourrait être obtenu en un an.
- Il sera d’autant plus lent que la consommation de combustible sera plus faible.
- En tout état de cause, le chauffage à l’huile conserve au point de vue confort, propreté et commodité, tous les avantages que nous avons précédemment énumérés, quelle que soit l’importance de l’installation.
- On verra par les 4 dernières photographies reproduites^1) au cours de cet article quelques exemples d’installations parisiennes de chauffage central à l’huile lourde,parmi les plus caractéristiques etlesplus diverses: grand immeuble (fig. 3), grand magasin (fig. 4), salle de concert (fig. 5), hôtel particulier (fig. 6).
- Elles frappent toutes par leur aspect de propreté et leur peu d’encombrement.
- Chaudière à huile lourde -installée dans un hôtel particulier.
- Elles sont à l’avant-garde d’un mouvement qui doit, sans aucun doute, s’intensifier considérablement dans les années, sinon dans les mois à venir et qui se justifie d’avance par toutes les raisons que nous avons données.
- Jean Duzan, Ingénieur civil des Mines.
- 1. Ces photographies nous ont été obligeamment prêtées par la Société maritime des Pétroles, 7 bis, rue de Téhéran, à Paris.
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- LE GORILLE DE BÉRINGÉ ....^
- Les jeunes sont ordinairement très foncés et l’âge ne peut, pour cette raison, expliquer cette différence de coloration.
- La toison beaucoup plus longue et fournie du gorille de Béringé ferait, au premier abord, penser qu’il atteint de plus fortes dimensions que le type générique, mais celles que m’ont fournies des recherches sérieuses ne montrent pas de différences suffisantes pour conclure dans ce sens.
- L’animal abattu pour le Muséum, un mâle complètement adulte, quoique jeune, mesurait (mesures prises sur le corps étendu à terre) :
- Hauteur :1 m 87 (longueur totale du corps).
- Avant-bras : 0 m 47 de tour.
- Biceps : 0 m 49 (allongé).
- Largeur : 0 m 80 (entre les épaules de face).
- Tour de poitrine : 1 m 60.
- Poids (très approximatif) 280 kg. Le gorille de Béringé est localisé, au Kivu, dans certaines parties des forêts qui recouvrent les montagnes bordant la rive occidentale du lac, à une altitude variant autour de 200 m.
- Fig. i. — Gorille et « Battois » (pygmée de la forêt).
- Dans un précédent numéro de La Nature, M. Lauzin a fort intéressé ses lecteurs par un article très documenté sur les animaux de grande chasse.
- Je vais aujourd’hui en compléter la teneur en résumant mes observations personnelles sur le gorille de Béringé, dont j’avais mission de rapporter un spécimen pour nos collections nationales, lors de ma dernière mission en Afrique Centrale.
- Le résultat de mes observations s’écarte par des points nombreux de ce que l’on a écrit sur la biologie des gorilles. Aussi vais-je repartir prochainement pour ces régions afin de confirmer mon opinion actuelle sur leur vie et leurs mœurs.
- Comme on le sait, le gorille de Béringé se distingue de l’espèce sur laquelle le genre a été décrit [G. casta-neiceps) par sa couleur générale d’un beau noir et la partie dorsale argentée.
- Certains spécimens de grande taille montrent exceptionnellement une livrée roussâtre qui les distingue au premier abord des autres sujets d’une même troupe.
- Celte coloration peut à mon avis être homologuée à celle des buffles fauves qui, dans la vallée de la Semliki, se trouvent mélangés aux troupes de buffles noirs, sans que l’on ait pu encore déterminer la cause de cette pigmentation anormale.
- Fig. 2. — Crâne de gorille tué par le collaborateur de M. Babault. Cette photo montre la partie de l’arête atteinte par la balle. (Photo Penabert A. P. G.)
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- On en trouve, à même hauteur, sur les volcans du nord-est et particulièrement sur le Mikéno où ils sont très nombreux.
- On rencontre également les gorilles dans les monts situés au sud-ouest du lac Edward.
- Leur limite orientale réside dans les forêts de bambous du Mohavura, où il se pourrait qu’une forme locale, plus petite et plus claire, se soit formée par ségrégation.
- Les gorilles vivent par troupes pouvant dépasser 20 individus, ou par petits groupes de 3 à 4 têtes.
- Leurs randonnées autour d’un point central, où ils ont souvent édifié des sortes de nids, ou à mieux dire des plates-formes formées par l’enchevêtrement de branchages, peuvent atteindre des distances considérables, mais dans les endroits qu’ils fréquentent habituellement, leurs passages restent marqués et facilitent largement la pénétration à travers la forêt.
- Leur nourriture se compose de fruits, de feuilles et de
- l’écorce de certains arbres.
- La concurrence vitale en fait des ennemis redoutables pour les peuplades habitant en bordure de la forêt, où ils vont quelquefois commettre des déprédations.
- Leur rencontre avec les indigènes est souvent le prélude d’un drame rapide.
- Quelques j o u r s avant mon arrivée dans leur pays, ces anthropoïdes avaient écartelé 4 femmes, dont on avait retrouvé les membres éparpillés dans les broussailles autour du point de rencontre.
- Il semble généralement que c’est le mâle le plus fort de la troupe qui s’avance vers l’ennemi, s’offrant à un combat singulier, en provoquant l’adversaire par des cris rauques et perçants et par des coups qu’il se frappe sur la poitrine, de bas en haut, produisant un bruit qui fait résonneries échos de la forêt d’une manière toute particulière et que les indigènes connaissent comme le pire des dangers.
- Dans le cas d’un succès dans cette attaque, de nouveaux cris attirent le reste de la bande, qui lapide l’ennemi en infériorité.
- Aux dires des indigènes ayant eu à souffrir des gorilles, aucun instinct sadique ne préside à ces combats, qui ne constituent qu’un épisode de cette lutte pour la vie, dont le grand Darwin avait énoncé si justement la loi.
- Au cours de 1927-1928, trois expéditions eurent, pour leur Musée respectif, à se frotter aux gorilles. Dans les trois cas, ce furent ces singes qui, avant la moindre provocation, se portèrent à l’attaque des chasseurs. L’un des anthropoïdes ne fut que blessé au moment de l’attaque et sembla suffisamment effrayé de la détonation et de son
- Fig. 3. — La foret aux gorilles.
- effet pour se retirer sous bois. Mais, quelques instants après, il se jeta à nouveau sur son poursuivant qui s’était glissé à sa suite.
- Dans le cas où une troupe de gorilles est surprise, elle se replie aussitôt sous la protection de son chef, assisté
- Fig. 5. — Types de vieillards Baitois.
- Remarquer la bourre pileuse ressemblant à de la laine surla poitrine du vieillard de gauche. (Photo Mission Babault, Congo belge.)
- Fig. 4. — Type de Battois de la grande forêt.
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- parfois par (Tautres adultes qui, dans ce cas, peuvent contre-attaquer vigoureusement.
- Il semble cependant qu’ils soient plus audacieux isolés qu’en troupe et que l’émoi jeté dans celle-ci par la présence de l’homme les incite plutôt à lâcher pied qu’à combattre.
- Voici dans quelles circonstances se produisit la première rencontre de ma mission avec le roi de la forêt :
- Alors que les pisteurs coupaient un fourré inextricable de lianes devant mon collaborateur, qui cherchait à approcher ces grands singes, un cri formidable et rauque se fit entendre presque en face de lui.
- Le pisteur de tête fit des signes assez inquiétants et mon collaborateur comprit qu’il aurait bientôt à faire face au moment le plus critique de sa poursuite.
- Un second cri, strident cette fois, mais plus rapproché, retentit encore, suivi de battements semblables à des coups de tam-tam. C’était le gorille qui se frappait la poitrine. A ce bruit significatif, prélude de l’attaque, les Battois (habitants de ces régions forestières) se rabattirent immédiatement en arrière et laissèrent le chasseur seul.
- Soudainement, dans un fracas de branches brisées, la bêté fonça sur l’homme.
- Instinctivement, ce dernier se baissa, cherchant à l’apercevoir à travers le fourré, mais il n’avait pas achevé ce mouvement qu’une masse énorme se dressa en face de lui, sans proférer le moindre grognement.
- Sans même avoir le temps d’épauler, il dirigea le canon de sa carabine vers l’animal, envoyant son coup à bout portant.
- Le gorille s’effondra foudroyé.
- Voyant qu’il respirait encore, il lui déchargea son browning entre les deux épaules afin de ne pas abîmer le spécimen. L’animal se raidit une dernière fois, c’était fini !
- Mon collaborateur venait d’échapper à l’un des plus grands dangers que peut courir un chasseur dans la grande forêt.
- En effet, la balle, par une circonstance due au pur hasard, avait touché de justesse l’arête supérieure du
- cr^ne- Guy Babault,
- Associé du Muséum.
- LA LUTTE CONTRE LE BRUIT
- Parmi les inconvénients de la vie moderne, un de ceijix dont on se plaint le plus, et à juste titre, est le bruit, qpi envahit tout : les villes, les usines, les maisons. On commence seulement à s’en préoccuper et il convient de signaler à ce sujet l’initiative prise par l’Association allemande d’hygiène professionnelle, dont rendent compte les Informations sociales du Bureau international du travail. Cette association a nommé une Commission chargée de lutter contre le bruit dans l’industrie et lui a tracé le programme de début suivant :
- « Préparation d’une notice sur les bruits industriels ; pré-
- paration d’un matériel d’exposition pour la propagande ; établissement d’une méthode uniforme d’examen clinique des oreilles; ; création d’un service de consultations techniques sur les installations d’assourdissement des bruits et les nouvelles inventions destinées à remplacer les méthodes de travail bruyantes par des méthodes à bruit atténué ou supprimé. »
- A titre d’information, indiquons que toutes communications relatives aux problèmes abordés peuvent être adressées à la Société allemande d’hygiène industrielle à Francfort-sur-le-Mein (Viktoria-Allee, 9).
- LA CARTOGRAPHIE AÉRIENNE
- DES “ CANONS ” DU COLORADO
- Sous les ordres du lieutenant Ben H. Wyatt, deux escadrilles américaines de la base [navale de San-Diego (Californie) viennent de survoler méthodiquement les « canons » du Colorado afin d’établir, au moyen de photographies aériennes, la. carte des terrains, riches en schistes bitumineux, qui constituent des « Oil reserves, » pour la marine des Etats-Unis. La mission n’allait pas sans dangers, car les pentes abruptes de ces hauts plateaux de 2500 à 3000 m d’altitude y rendaient les atterrissages des plus scabreux. D’autre part, l’emploi des méthodes topographiques terrestres aurait été fojrt pénible, vu les rares sentiers qui sillonnent ces, inhospitalières régions. On confia donc à des « as » de l’aviation transatlantique le lever photographique de ces contreforts désertiques des Montagnes Rocheuses. Les deux
- équipages accomplirent heureusement leur périlleuse besogne en peu de jours. M. P. A. Mac-Donough, photographe en chef, et ses aides prirent des centaines de clichés à la verticale, recoupés par des vues obliques dont les spécimens ci-contre attestent la finesse, l’exactitude / et la beauté.
- t - Quelques chiffres et renseignements, puisés dans le s rapport du lieutenant Ben II. Wyatt vont d’ailleurs,
- . nous permettre d’apprécier les difficultés d’une telle tâche. Cette cartographie aérienne embrasse 26000 hec-i tares'des « Oil shale naval Reserves » et 48000 hectares de territoires adjacents dont le Service géologique des 'Etats-Unis avait demandé également l’exploration photographique. Au cours de la dernière semaine de leur mission au-dessus de cette zone aride située à 60 km en
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- moyenne de tous lieux civilisés, les aviateurs travaillèrent tantôt sous le dur soleil californien, tantôt par l’orage, tantôt par la pluie, tantôt par des tempêtes de sable ou de neige. Remarquons, en outre, que les voyages d’aller et retour des avions à leurs bases de San-Diego ou de Rifles représentaient 3000 km environ sans points d’atterrissage, sans pouvoir descendre en parachute vers ces gorges profondes de 500 à 1000 m et aux parois presque verticales.
- Les belles photographies aériennes prises par M. Mac-
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- tographiques, les terrains en gradins livrent leurs secrets aux géologues. Ces falaises, aux bords entaillés sans cesse par le ruissellement, montrent, en effet, l’alternance des couches de grès dur et de schistes bitumineux friables.
- Distinguons encore, sur une autre vue aérienne, une gorge aux pentes formées ici de bancs calcaires brillants, plus loin de roches mates et dures. Par places, au fond de cette vallée aride, les sables ont déterminé des éboulis coniques contraignant à mille détours la route,
- Fig. 1. — Premiers contreforts de la grande « table de pierre » du Colorado, qui s’incline depuis les Montagnes Rocheuses
- jusqu’aux côtes du Pacifique.
- Donough'et ses courageux collaborateurs offrent une valeur documentaire très grande. Certains de ces clichés représentent les superbes canons entre lesquels la White River, le Rio Grande ou la Gunnison River ont « scié » leurs lits au cours des âges. Sur d’autres, on aperçoit le plateau rocheux comme une mer de goudron aux vagues moutonnantes, barrées, çà et là, de sillons plus ou moins profonds. Par ailleurs, les roches ignées apparaissent, de loin en loin, aux flancs de la grande table de pierre qui s’incline depuis les Montagnes Rocheuses jusqu’aux côtes du Pacifique. Sur ces admirables documents pho-
- que surplombe l’immense canon stérile fissuré de nombreuses entailles.
- Telles sont les remarquables opérations cartographiques que les aviateurs de F « United States Navy » ont su mener à bien malgré des difficultés de toutes sortes. Enfin, au cours de l’automne dernier, M. R. H. Wyatt a survolé une partie de l’Alaska pour y accomplir une expédition similaire, mais sur une échelle plus grandiose et avec non moins de succès !
- J. de la. Cerisaie.
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- Fig. 2. — Les bords supérieurs des caiïons du Colorado ont une altitude de 2500 à 3000 m. De rares sentiers permettent seuls d’en gravir
- les pentes abruptes. — Photo de M. Mac-Donough.
- Fig. 3. — Une vue aérienne de la région des Cations. — Photo de M. Mac-Donough.
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- —.. LE PREMIER congrès international de linguistique ===
- UN PROJET D'ENQUÊTE SUR LES LANGUES
- DU MONDE
- A La Haye s’est réuni dernièrement le premier Congrès international de linguistique.
- On peut être surpris qu’à notre époque si fertile en congrès, pareille initiative n’ait pas été prise plus tôt. Bien des causes expliqueraient ce retard. D’une part, la linguistique a eu du mal à se dégager de l’emprise et de la tutelle des sciences annexes auxquelles elle touche ; de l’autre, les linguistes, par la force des choses., se sont tellement spécialisés depuis le siècle dernier — travaillant par groupes chacun dans leur compartiment et ignorant généralement les voisins — qu'il leur a été longtemps difficile de prendre contact ensemble et de se réunir pour former un bloc.
- Cette union, cet échange de vues indispensable entre spécialistes d’une même science, quelques groupements les ont déjà effectués sur le plan national, notamment en France la Société de linguistique. L’heure était venue de réaliser la coordination sur le terrain international. Aussi l’initiative due aux savants hollandais a-t-elle été couronnée de succès. Nombreux surtout ont été les Allemands, les Scandinaves, les Suisses, les Français et les Italiens qui représentaient les spécialités les plus variées et les diverses tendances scientifiques.
- On a pu dire que ce Congrès a été pour la linguistique un véritable acte d’émancipation. L’autonomie d’une science qui emprunte des éléments à la physiologie et à l’acoustique, à la psychologie et à la philologie, à la géographie et à l’histoire, mais dont l’objet est nettement délimité et qui a ses méthodes extrêmement précises, a été unanimement reconnue, l’extrême diversité des langues ne devant pas faire perdre de vue l’unité de la linguistique, de ses buts, de ses moyens d’investigation, de ses procédés de recherches.
- En dehors des problèmes spéciaux qui ont été traités, une question d’importance primordiale a dominé le Congrès : l’organisation d’une enquête, aussi étendue et approfondie que possible, sur l’état linguistique du monde, sur la répartition et la nature des innombrables langues et dialectes qui sont parlés.
- Sur l’importance et l’urgence de cette enquête, tous les congressistes étaient d’accord. En dépit des nombreuses monographies et études comparatives qui ont vu le jour depuis un siècle, nous sommes encore mal ou imparfaitement renseignés à l’égard de nombreux groupes linguistiques, mais surtout nous ne connaissons bien que les langues émergentes; parmi les masses dialectales, il n’a guère été pratiqué que des sondages, des recherches fragmentaires. Les tableaux d’ensemble, sauf exception, nous manquent et c’est, à l'heure actuelle, ce qui serait le plus utile pour faire faire à la science un nouveau pas décisif.
- Quant à l’urgence d’une telle recherche, elle est évidente, si l’on songe avec quelle rapidité changent et meurent les »» idiomes, à une époque où la civilisation — et les langues qui en sont le véhicule — pénètrent dans les milieux les plus reculés,, en transformant les parlers traditionnels avec les habitudes et les mœurs. Chaque jour voit disparaître des mots, des formes, des faits précieux.
- Mais comment organiser une telle enquête? Sur son caractère, sur les principes directeurs, la discussion a été vive.
- Certains linguistes, notamment ceux qui étudient des langues non indo-européennes, ont préconisé la description, l’étude approfondie des divers idiomes envisagés séparément
- et en eux-mêmes, pour eux-mêmes. Comme but : la publication de texles. Comme moyen, l’enquête par phonographe a eu de nombreux partisans.
- Des investigations de ce genre sont évidemment fort utiles. Mais elles sont très longues et, en attendant, nombre d’idiomes s’altèrent et s’effacent. D’autre part, elles ne nous donnent pas l’aspect comparatif dont nous avons besoin.
- En regard, M. Meillet a soutenu la nécessité d’organiser une enquête par questionnaire pour aboutir à la confection d’un gigantesque atlas linguistique mondial, dont YAtlas linguistique de la France, de Gilliéron et Edmont, aura été ainsi le prototype : « procédé sommaire, déclare M. Meillet, mais qui permet d’étudier sans lacune tout l’ensemble d’une région et qui aboutit à des exposés clairs par leur forme même et immédiatement susceptibles d’être comparés entre eux ».
- Le débat fut animé. M. Meillet, appuyé par la plupart des romanistes et des indo-européanistes, a lutté toute une matinée pour défendre son point de vue et est intervenu quatre fois pour répondre à ses contradicteurs. Finalement, il a triomphé et il est parvenu à faire adopter une résolution qui, tout en maintenant, comme il convenait, la publication de textes originaux, voire les inscriptions phonographiques, place en première ligne l’enquête destinée à réaliser un Atlas linguistique mondial.
- Sans doute les enquêteurs sont-ils sujets à commettre de menues erreurs dans l’audition et la notation, comme les sujets dans leurs réponses. Mais le procédé cartographique est le seul — l’expérience des romanistes l’a prouvé
- — qui permette une étude Comparative fructueuse d’un territoire linguistique donné. Et si le phonographe représente une véritable photographie de la parole avec ses nuances impalpables de timbre et de rythme, en revanche, sans compter certaines altérations de sons produites par le nasillement et les vibrations de l’appareil, il présente le grand défaut de fournir des documents qui se prêtent mal à l’étude, à l’analyse, plus difficilement encore à la comparaison f1). C’est au point que M; Oscar Bloch a pu dire au Congrès, sans trop de paradoxe, que les recueils de disques phono-graphiés n’ont, jusqu’à ce jour, servi à rien.
- Le triomphe de la thèse défendue par M. Meillet est un grand succès pour la science française comme pour les romanistes qui, dans ce domaine, auront été les pionniers de la linguistique. Si la conception du premier atlas linguistique est due à un germaniste, G. Wenker (dont l’œuvre posthume, après un seul fascicule, d’essai en 1881 à Strasbourg, vient seulement d’entrer en cours de publication), l’enquête qui en était le point de départ avait été faite à l’aide de correspondants, dans des conditions peu scientifiques. Le premier grand atlas linguistique digne de ce nom — nul ne l’a contesté
- — est bien celui de Gilliéron, et Edmont sur le modèle duquel des atlas similaires se poursuivent en Espagne, Italie, Bretagne, etc., sans parler d’atlas régionaux de la France romane (2).
- Voici le texte de la motion votée par le Congrès :
- « Le premier Congrès de linguistique réuni à La Haye
- 1. Pour plus de détails, voir mon livre Les Patois (Paris, Dela-grave, pp. 196-178).
- 2. Voir mon article de La Nature du 1er avril 1922 et mon manuel La Géographie linguistique (Flammarion).
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- le 10-15 avril 1928 soumet aux divers gouvernements et aux Commissions compétentes de la Société des Nations la requête suivante :
- « 1. L’état linguistique du monde est loin d’être connu suffisamment pour les besoins de la science; beaucoup de langues et de dialectes sont en voie d’extinction et risquent de disparaître sans avoir été recueillis.
- « 2. Le Congrès estime unanimement qu’il est du devoir de tous les gouvernements d’organiser une étude aussi complète que possible des langues et dialectes de tous les pays dont ils ont la garde.
- « 3. Un procédé simple et rapide consiste à envoyer dans un certain nombre de localités des régions à explorer des enquêteurs munis d’un questionnaire à faire traduire dans le parler de chacune de ces localités. Cette enquête peut aboutir à une représentation cartographique des faits. On aurait ainsi les éléments pour un premier atlas linguistique du monde.
- « 4. Pour donner une idée complète du fonctionnement et de la nature intime des langues il est nécessaire de recueillir, en outre, des textes originaux dans chacun dès parlers considérés et, dans la mesure du possible, d’obtenir des inscriptions phonographiques.
- « 5. Le Congrès a désigné une Commission qui est chargée de suivre l’exécution de ces propositions et qui se tiendra à la disposition des gouvernements et des enquêteurs pour les aider à donner à l’enquête l’unité nécessaire. »
- Espérons que ce vœu ne restera pas lettre morte, et qu’un certain nombre, tout au moins, de gouvernements, auront à cœur, stimulés par leurs propres savants, d’entrer dans la voie tracée par le Congrès. Une Commission permanente a, d’ailleurs, été nommée pour assurer la continuité des congrès de linguistique et veiller à la réalisation de leurs desiderata.
- Albert Dauzat,
- Directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études.
- PLAIDOYER POUR LE RAT
- Nous avons trouvé dans notre courrier le plaidoyer que nous reproduisons ici.
- Comme tous les discours d’avocat, il est partial, bien entendu, mais guère plus que tant d'autres plaidoiries entendues dans de récents procès. Il manque, pour prononcer un jugement impartial, la contre-partie, le réquisitoire du ministère public, mais celui-ci, La Nature Va déjà répété à plusieurs reprises.
- Maintenant que la guerre acharnée qu’on a menée contre nous recommence sous forme de conférences et de semaine du rat et que les attaques dont nous avons toujours été l’objet prennent une formé encore plus aiguë, nous avons pensé, nous rats d’égouts ou plutôt surmulots, que le moment était peut-être venu d’essayer de nous faire mieux connaître et, partant, d’obtenir de nos puissants ennemis un peu de pitié.
- L’inlassable bienveillance avec laquelle La Nature accueille les communications de ses correspondants et lecteurs nous a décidés à nous adresser à elle.
- Nous dirons quelques inots de notre prédécesseur, le rat noir, avant de défendre notre propre cause, celle du surmulot.
- Les lecteurs de La Nature, gens instruits, savent que, si la souris était connue dans l’antiquité, il n’en était pas de même du rat : Aristote, Pline, Elien ne soufflent mot ni de l’ancien rat noir que nous avons submergé, ni de nous, derniers venus à la curée, les surmulots, d’où l’on conclut que les anciens ne nous connaissaient pas.... C’est bien là la morgue romaine : hors de l’empire, les barbares, le néant ! Eh bien non ! laissez-moi protester.
- Comme nous n’avons pas d’écriture, la tradition s’est perdue, mais le rat noir existait, il était probablement en Asie. Il a envahi l’Europe au moyen âge vers le xve siècle et, alors, par une juste compensation, on le voit tenir une place importante dans la littérature : les fabliaux, les histoires mystiques de l’Allemagne montrent les rats, arrivant en Deus ex machina, terminant les querelles et punissant les méchants. Qui ne connaît la sombre légende de l’Évêque Hatto qui, pendant une famine, avait accumulé du grain dans une tour au milieu du Rhin: les malheureux paysans allaient mourir de faim quand, une nuit, des rats, franchissant le fleuve à la nage, dévorèrent
- Hatto dans son île et, exécuteurs de la volonté divine, permirent ainsi aux populations de se partager les réserves du méchant évêque.
- C’est le rat noir qui abandonne la demeure devenue dangereuse, c’est lui qui se retire du monde dans un fromage; ce rat des fables, tête légère, commensal de l’homme, s’est laissé, comme l’insouciante souris, prendre à tous les pièges, toutes les tapettes, tous les traquenards, il a avalé tous les poisons qu’on lui a offerts, il devait disparaître, il a disparu devant l’invasion formidable de l’actuel surmulot.
- Car nous, rats modernes, ne sommes pas des rats noirs mais bien des surmulots, nous sommes venus du nord : au xvn' siècle nous étions établis en Scandinavie. « En 1727, suivant Pallas, de formidables légions de rats bruns venant du désert traversèrent le Volga et envahirent Astrakan qu’ils faillirent dépeupler, d’où ils se répandirent sur le reste de l’Europe. »
- Plutôt citadins que rats des champs, nous nous sommes établis partout où notre existence a pu être protégée et, pendant deux siècles, nous avons régné en maîtres dans les villes, les villages, les ports, les navires.
- Dans ce bon temps, les flottes de commerce étaient en bois et une planche est un bien faible obstacle pour un rat débrouillard. Presque chaque demeure avait, à cette époque bénie, son écurie et son tas de fumier et, ma foi, les chevaux gâchent tellement leur nourriture, que nous trouvions notre vie dans les reliefs de leurs copieux repas. Les égouts étaient des cloaques sans courant où nous avions pâture et abri, les rues étaient mal pavées, ce qui nous permettait de faire des tournées en surface et, à la moindre alerte, de regagner nos dédales souterrains : il y avait les gibets, Montfaucon, la voirie, il y avait aussi et surtout les habitations humaines : Les poutres étaient de boré, les murs en mortier de terre, de chaux ou de plâtre. Quelle facilité pour percer des galeries dans ces matériaux peu résistants !
- Buffon disait que nous préférions la chaumière au palais. Mon Dieu ! c’est bien simple : l’une avait ses murs en terre, son toit de chaume et le grenier dessous, l’avoine et la pâtée des cochons dans la pièce contiguë, tandis que l’autre avait des murs en pierre de taille à joints minces, que,les caves étaient maçonnées avec soin et que l’ordre y régnait.
- Cet heureux temps est passé. Le développement du bien-
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- être humain, la construction moderne, la fin du règne du cheval nous ont profondément atteints.
- Les conditions de la vie sont pour nous devenues plus dures : les navires sont en fer, les constructions ont aussi leur membrure en fer ou en ciment, l’écurie a fait place au garage cimenté et l’avoine à l’essence. Le tout à l’égout fut une calamité : les paisibles cloaques vaseux où nous nous ébattions sont maintenant constamment balayés par de puissantes chasses d’eau, les égouts collecteurs sont des torrents qui charrient, à Paris, plus d’un million de mètres cubes d’eau par jour. Il n’y a plus de jardins, tout le sol des villes est revêtu, cimenté, asphalté, bitumé, imperméable : les orages, en quelques instants', déversent leur trombe d’eau dans les bouches d’égout, balayant et noyant chaque fois des milliers de rats.
- Et voici qu’aux conditions pénibles que nous fait le progrès et auxquelles, ma foi, nous nous serions tant bien que mal adaptés (on s’habitue à tout quand on est rat), s’ajoute la guerre ouverte, la destruction scientifique organisée par l’homme sous de multiples prétextes.
- Il parait que nous empoisonnons par notre présence les locaux habités et, parce que nous avons notre odeur sui generis, on trouve que « ça sent le rat ».
- Eh bien! demandez donc un peu à un Asiatique ce que sent l'Européen : la comparaison des deux odeurs ne sera peut-être pas à votre avantage.
- Nous pillons, paraît-il, les magasins. Voire ! Allez-vous tuer les poules qui se sont bourrées d’avoine parce que le coffre du cheval a été laissé (négligemment ouvert? Si vous laissez vos marchandises à la pluie, vous en prendrez-vous à saint Médard des dommages que vous subirez ? Non, n’est-ce pas ?
- Dans les grands silos en béton armé qu’ont édifiés de grosses sociétés et où sont emmagasinées d’énormes quantités de grains, les rats ne font pas de ravages. Rangez, renfermez, le rat ne mange que ce qui traîne et tout ce qui traîne est perdu.
- Ce n’est pas tout, vous nous avez accusés, alors que vous vous déchiriez les uns les autres, vous nous avez accusés de transmettre la peste.
- Eh bien! sauf le respect que je dois, en honnête rat que je suis, aux savants qui ont établi la filiation de la propagation de la peste, il y aurait là de quoi rire si nous n’étions pas directement intéressés à la question.
- Qui l’a apportée en Europe, la peste? N’est-ce pas l’armée et les travailleurs coloniaux, en deux mots, n’est-ce . pas l’homme? et c’est à nous, rats, innocentes victimes, qui n’avons pas quitté nos quartiers, qui avons été contaminés par vos puces pestiférées, que vous déclarez la guerre !
- Nous avons des puces, des microbes dangereux, en un mot, beaucoup d’entre nous sont malades : est-ce une raison pour nous détruire ?
- - Vos vaches, vos moutons, vos poules, lorsqu’ils ont des microbes, les tuez-vous? Non, vous cherchez à tuer le microbe parce que l’animal a une valeur et que vous croyez que le rat n’en a pas.
- Nous avons le nombre. A Paris, seulement, un recensement officiel évalua notre colonie à 20 millions de sujets, nous avons aussi dë solides qualités et, quoique cela ne paraisse pas à première vue, nous osons prétendre à quelque utilité.
- Ceux qui ont fréquenté les rats leur reconnaissent l’intelligence, la curiosité, la prévoyance, le courage, la sociabilité.
- Journellement les preuves d’intelligence se montrent aux observateurs que leurs occupations amènent à vivre près de nous : nous savons percer un noyau pour en retirer l’amande,
- nous savons parfaitement que l’obturation hydraulique d’une canalisation n’est pas un obstacle et qu’en plongeant dans un siphon de « tout à l’égout » nous retrouverons, derrière, un tuyau où nous serons à l’abri. Nous connaissons la plupart des pièges et nous laissons à l’innocente souris le soin de se faire prendre dans les traquenards qu’on nous tend.
- Cette intelligence que nous montrons dans la plupart de nos actions doit être le résultat de notre extrême curiosité.
- Il n’est pas un trou que nous ne connaissions, pas une modification à notre domaine que nous n’allions aussitôt reconnaître ; toujours furetant, toujours trottant, nous ne prenons de repos que juste le nécessaire, car notre prévoyance nous pousse à accumuler dans de petits coins connus de nous seuls tout ce que nous ne pouvons pas consommer sur place; certain rat, dans une ferme, emporta un boisseau de noix dans une nuit ; à chaque voyage il n’en pouvait traîner qu’une, représentez-vous ce que cela montre de patience et d’efforts ?
- * Le rat est courageux; bien armé de ses longues incisives, il mord profondément et ne lâche pas prise; les batailles entre rats se terminent toujours par la mort d’un des combattants qui est aussitôt dévoré par le vainqueur.
- Nous n’hésitons pas à nous jeter sur des ennemis de grande taille tels que chiens et chats. Lorsqu’il rencontre dans une galerie d’égout un ouvrier qui s’avance vers lui, le rat ne s’enfuit pas : il remonte vers l’ennemi, fait un brusque crochet et continue sa route. Si les rats sont en nombre dans quelque branchement en impasse où la curée est copieuse (abattoirs, caserne, marché), l’égoutier que son travail appelle en ce lieu a bien des fois rebroussé chemin plutôt que d’entamer un combat dont l’issue est incertaine.
- Malgré ce caractère batailleur le rat possède la sociabilité. Nous vivons généralement en colonies quoique la propriété du trou reste chose absolument intangible. Malheur à celui qu’une peur subite pousserait à chercher refuge dans le nid d’un voisin : il n’en sortirait pas vivant.
- Enfin l’art ne nous laisse pas insensibles et les commensaux des rats savent très bien qu’en sifflant, par exemple, on éveille notre curiosité musicale et que beaucoup’ d’entre nous ont payé de leur vie l’instinct, qui les poussait à venir près du sinistre siffleur, qui, nouvelle sirène des humides cloaques, ne nous attirait que pour nous assassiner.
- « Que nous importent vos qualités sociales — direz-vous, ô hommes exclusivement utilitaires — vous n’êtes utiles à rien ! »
- — Pardon ! Messieurs les fabricants de virus, vous qui préparez notre mort, oubliez-vous . donc que c’est sur nous que vous avez fait vos études, vos horribles vivisections. Vous êtes bien contents d’élever nos prolifiques familles pour les décimer ensuite sous le scalpel ou l’inoculation.
- Un lapin coûte 30 francs, un cobaye 6 francs, mais nous, nous partageons avec le pauvre chien le triste avantage d’être un sujet à expériences gratuit.
- C’est en les faisant combattre contre nous que vous dressez vos chiens ratiers. Enfin, si vous oubliez que vous vous êtes nourris bien des fois de notre chair, rappelez-vous qu’aujour-d’hui encore, notre peau se vend 1 franc et que telle élégante qui l’ignore est vêtue de nos douces fourrures.
- Il faut vivre et pour cela manger. Garez vos denrées utiles et périssables, humains insouciants, et nous ne détruirons que les immondices.
- Vous protégez les bousiers, les carabes, mais ce qu’ils assainissent n’est rien, comparé à ce que nous faisons disparaître de petits éléments organiques épars, minuscules, mais abondants et qu'aucun service de nettoiement et d’assainissement ne serait en état de collecter, ramasser et détruire.
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- Un rat mange 100 gr par jour et nous sommes à Paris au moins 20 millions, c’est-à-dire que chaque jour nous détruisons 2000 tonnes d’immondices. Si vous les portiez seulement aux décharges à 40 francs la tonne c’est par jour 40X2000 = 80 000 francs que nous économisons aux services municipaux, à votre bourse.
- Vous me prêtez maintenant une oreille plus attentive. Quoi ! les rats apportent eux aussi leur pierre à l’édifice du bien-être général, ils économisent 80000 francs par jour aux contribuables et leurs 20 millions de peaux représentent 20 millions de francs. Peut-être vous ai-je intéressé à notre sort, je n’en veux pas plus.
- Je sais qu’il existe parmi nous quelques mauvais sujets qui ne savent pas reconnaître ce qui doit être respecté. Le meilleur moyen de les empêcher de détruire est d’abord de ne rien laisser traîner.
- Fermez les portes, cimentez les clapiers, ayez de l’ordre, de la propreté.
- Si quelque rat rôdeur s’obstine à percer une galerie dans vos domaines, bouchez-la tout simplement avec de la paille de fer.
- Notre museau et nos petites pattes sensibles sont blessés par ce réseau à fines dentelures et nous n’insistons pas.
- Enfin, s’il vous fallait absolument vous débarrasser d’une tribu installée à demeure, n’essayez pas les pièges, le poison, la scille ou la baryte, vous ne prendrez que quelques jeunes écervelés : attirez les rôdeurs, à la nuit tombante, en sifflant doucement comme vous l’avez entendu certainement faire aux charretiers et cueillez-les dans une épuisette en toile noire.
- Vous voulez une autre méthode où le chasseur approche moins du gibier ?
- Employez le virus Pasteur ou un bon chat.
- Vous voyez que je vous livre tous nos secrets, mais j’espère que, quand ce ne serait que pour notre obscure besogne d'équarrissage, vous montrerez à quelques égarés qui s’attaquent à vos biens, l’indulgence que leur aura value l’œuvre d’assainissement des millions de petits rongeurs qui détruisent tous les jours des tonnes d’immondices et qui, dans la grande œuvre de régénération transforment inlassablement la matière périssable en matière vivante.
- Gaspard, rat.
- CHRONIQUE D'AVIATION
- Le concours de Vauville.
- Le concours de vol à voile de Vauville qui vient de se terminer, a donné les principaux résultats suivants :
- 1° Hauteur au-dessus du point de départ, 327 m. Planeur Wurtemberg, pilote Hirth ;
- 2° Distance en ligne droite : 29 km, même appareil, même pilote;
- 3° Totalisation des hauteurs (vol minimum 30 minutes), 1244 m, même appareil, même pilote;
- 4° Plus grand nombre de vols (minimum 30 minutes), 10 vols, même appareil, même pilote;
- 5° Appareil français le mieux classé : Vautour, pilote Alfred Auger.
- La conclusion du concours montre : la grande supériorité des appareils et des pilotes allemands ; la possibilité d’effectuer même par vents faibles de forts beaux vols à Vauville; le grand intérêt du vol à voile rau double point de vue technique aérodynamique et formation des pilotes et des constructeurs.
- Voici les caractéristiques du planeur Wurtemberg n° 4, gagnant du concours :
- Envergure . . . 16 m.
- Surface . . . 18 m.
- Poids à vide. . . . . . . 160 kg.
- Allongement. . . . . . . 14,2 kë•
- Charge au m2 . . . . . . 12,2 kg.
- Les caractéristiques des autres planeurs sont voisines [l’allongement du Darmstadt atteint 19,1].
- Les silhouettes des appareils et les modes de construction sont semblables.
- Le planeur allemand se compose donc d’une aile de grand allongement : 13 à 19,1, entièrement en porte à faux, posée directement sur un fuselage de maître-couple aussi réduit que possible.
- L’aile comporte : un longeron caisson, dont les semelles, formées de règles collées, sont d’épaisseur décroissante; un faux longeron au bord d’attaque. Longeron et faux longeron
- sont réunis par un recouvrement rigide de contre-plaqué. L’aile est formée d’une partie centrale rectangulaire fixée au dos du fuselage en 3 points, et de deux parties extrêmes, triangulaires à bouts elliptiques, fixées à la première en trois points (deux au longeron, un au faux longeron) par des ferrures d’acier. Les ailerons occupent presque toute l’envergure des tronçons extrêmes ; ils sont commandés par des câbles passant à l’intérieur de l’aile.
- Le fuselage est formé de panneaux de contre-plaqué cintrés et collés. Il mesure environ 6 m de longueur, 0 m 50 à 0 m 60 de largeur au maître-couple ; l’habitacle du pilote est placé immédiatement en avant de l’aile. L’atterrisseur comprend un patin de frêne monté élastiquement sous le fuselage, et une béquille arrière.
- Les gouvernes ne comportent pas de partie fixe; elles sont de grandes dimensions et en porte à faux. Toutes les commandes sont intérieures, le gauchissement est commandé par pédales (faible encombrement transversal); la-direction et la profondeur, par manche court, volant ou ciseaux.
- La finesse de l’ensemble est voisine de 20 pour l’appareil le plus fin, finesse tout à fait remarquable, expliquant les beaux résultats obtenus.
- Les constructeurs français se désintéressent complètement de l'étude des planeurs, qu’ils ont presque tous abandonnée. Les Allemands viennent de leur montrer qu’ils ont tort.
- L'accident du Couzinet.
- Le monoplan transatlantique René Couzinet dont nous avons déjà parlé dans la chronique d’aviation vient d'être détruit à Orly, au cours d’un essai.
- Cet appareil, que les essais montrèrent remarquable, était muni de trois moteurs de 180 ch (Hispano) accessibles facilement en vol. Il tenait sa ligne de vol et évoluait avec seulement deux moteurs quelconques en marche ralentis à 1500 tours.
- Dernièrement le moteur central fut remplacé par un moteur de 600 ch. La traversée devait être effectuée de la manière suivante : au décollage les trois moteurs ; en vol
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- Fig. 1. — L’avion Couzinet dans son hangai- avant la catastrophe.
- normal le seul moteur central, les moteurs latéraux en réserve pour le cas de panne du moteur central.
- Les premiers vols furent très satisfaisants; mais au cours d’un passage à faible altitude sur l’aérodrome d’Orly, les ailes se mirent à vibrer, l’appareil cabra brutalement et se mit en perte de vitesse. Drouhin et le mécanicien Janet furent tués, l’ingénieur Gianoti et le radiotélégraphiste, Manuel grièvement blessés.
- Il semble que les vibrations observées soient dues à un phénomène d’ordre aérodynamique, phénomènes encore très peu connus. Toute vibration est d’ailleurs à peu près inac-
- Fig. 2. — De gauche à droite : MM. Lanet, Drouhin, Couzinet, Sénèque et Malet, lors de la présentation de l’appareil.
- cessible au calcul en construction aéronautique; les essais au point fixe ne peuvent donner aucun renseignement [puisque les conditions de travail des pièces et d’appui des poutres ne sont pas les conditions de vol] ; l’essai en vol seul, à tous les régimes de vitesse et de charge, peut révéler les vibrations, et indiquer les renforcements (ou allégements) à effectuer.
- La responsabilité du constructeur semble donc dégagée; souhaitons que l'appareil, le plus intéressant certainement de la construction actuelle, puisse être repris "et mis au point.
- La tentative transatlantique de Courtney.
- L’aviateur anglais Courtney, qui attendait, depuis le début de juillet aux Açores, les conditions favorables pour gagner Terre-Neuve, a pris le départ le 2 août. Après 7 heures de vol sur l’Océan, à 2 h. 15 du matin, le moteur arrière prit feu, par suite, sans doute de la rupture d’une canalisation d’essence, dans le fuseau moteur.
- Après ammérissage et épuisement de l’extincteur, le feu s’éteignit de lui-même.
- Les signaux de détresse transmis sur l’antenne d’amméris-sage (mât télescopique), permirent le sauvetage de l’équipage par un navire : Minnewdska.
- L’appareil de Courtney était un hydravion Dornier-Wal, construit en Italie. Rappelons que cet hydravion est entièrement métallique ; la stabilité latérale de la coque est assurée par deux nageoires; les 2 moteurs sont placés en tandem dans un fuseau fixé au-dessus de l’aile.
- Cet accident affirme le grand avantage pour les appareils transatlantiques, d’être de construction métallique, de tenir la mer par gros temps, de posséder un poste émetteur fonctionnant, l’avion étant à flot.
- F. Gruson.
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- NOTES MÉTÉOROLOGIQUES
- LA TEMPERATURE DE JUILLET EN NORVEGE
- Tandis que l’été de 1928 a été remarquablement chaud en France, il a été, au contraire, extraordinairement froid dans l’Europe boréale, tout au moins dans sa partie ouest. Un de nos correspondants de Norvège nous écrit que dans ce pays la plus grande partie de la belle saison n’a été cette année qu’un hiver déguisé. C’est d’ailleurs pour ainsi dire la règle chaque fois que sous nos latitudes nous enregistrons en juillet des températures élevées, en Norvège le thermomètre demeure en dessous delà normale et au Spitzberg l’été devient relativement beau.
- D’après une note de l’Institut météorologique de Norvège que publie le Tidetis legn, un des grands quotidiens d’Oslo, la température moyenne de juillet 1928 dans cette ville a été la plus basse qui ait été enregistrée dans la capitale de ce Jiays, depuis la fondation du Service météorologique de cet Etat, soit depuis 62 ans. Cette année sa valeur, n’a pas
- 51 ii ’SJtvi-
- dépassé 14°7, soit 2°,3 de moins que la normale. La température la plus haute a été 27°, le 15 juillet; 6 j ours plus tard dans la nuit elle tombait à 7U.
- Pendant ce mois les précipitations ont été également inférieures à la normale : 53 mm, au lieu de 76.
- Par contre elles ont été très fréquentes, si bien qu’on n’a compté que quatre jours pendant lesquels il ne s’est pas produit de chutes de pluie, et seulement deux durant lesquels le ciel est resté complètement clair.
- Dans 1 archipel des Fœroër, malgré les influences maritimes prédominantes auxquelles il se trouve soumis, l’été 1928 se révèle également anormalement froid. Au début d’août on mande aussi au Tidens Tegn que la température dans Tces îles est extrêmement basse, et que sur les plus septentrionales la neige s’étend presque jusqu’au rivage.
- Charles Rabot.
- LES PLUS FORTES TEMPÉRATURES MAXIMA, DE 36° ET AU-DESSUS, OBSERVÉES A L'OMBRE, A PARIS OU AUX ENVIRONS, DEPUIS LE DÉBUT DU XIXe SIÈCLE
- années TEMPÉRÂT65 DATES LIEUX D’OBSERVATIONS
- 1802 36<>4 Le 8 août. Obs. de Paris.
- 1803 36,8 Le 31 juillet. d°
- 1808 36,2 Le 15 juillet. d°
- 1825 36,3 Le 19 juillet. d°
- 1826 36,2 Le Ie' août. d°
- 1842 36,6 Le 18 août. d°
- 1846 36.0 Le 5 juillet. d°
- 1857 36,2 Le 4 août. d°
- 1863 36,0 Le 9 août. d°
- 1873 37,2 Le 8 aoùi. Obs. de Montsouris.
- ( . 36,8 Le 2 juillet. Obs. de Montsouris.
- 1874 • i \ 37,6 Le 2 juillet. Obs. du Parc Saint-Maur
- ) 38,4 Le 9 juillet. Obs. de Montsouris.
- ( 36,4 Le 9 juillet. Obs. du Parc Saint-Maur.
- 1876 36,2 Le 13 août. Obs. de Montsouris.
- | ' 36,5 Le 15 juillet. Obs. de Montsouris.
- 1881 < ) 37,8 Le 15 juillet. Obs. du Parc Saint-Maur.
- ! 37,2 Le 19 juillet. Obs. de Montsouris.
- ( , 38,4 Le 19 juillet. Obs. du Parc Saint-Maur.
- 1895 36.2 Le 7 septembre. Obs. de Montsouris.
- ( 36,6 Le 16 juillet. Obs. de Montsouris.
- \ | 36,7 Le 16 juillet. Obs. du Parc Saint-Maur.
- 1900 < 38,6 Le 20 juillet. Obs. de Montsouris.
- 1 1 37,7 Le 20 juillet. Obs. du Parc Saint-Maur.
- ( 36,2 Le 27 juillet. Obs. de Montsouris.
- 1904 | , 37,1 Le 17 juillet. Obs. de Montsouris.
- 36,9 Le 17 juillet. Obs. du Parc Saint-Maur.
- '36,6 Le 22 juillet. Obs. de Montsouris.
- 37,5 Le 23 juillet. d°
- i 36,6 Le 29 juillet. d°
- 1911 \ 1 37,7 Le 9 août. d°
- | 36,5 Le 9 août. Obs. du Parc Saint-Maur.
- 36,6 Le 10 août. Obs. de Montsouris.
- 36,0 Le 11 août. d®
- 1921 j 37,1 Le 28 juillet. d°
- 38,4 Le 28 juillet. Obs. du Parc Saint-Maur.
- 1928 36,3 Le 15 juillet. Obs. de Montsouris.
- REMARQUES
- Cotte observa 37° 0 à Montmorency.
- Onaurait eu alors, d’après les calculs établis parM. Angot 37° 4 au Parc Saint-Maur. .
- On aurait eu alors, d’après les calculs établis par M. Angot : 37°3 au Parc Saint-Maur.
- Ou observa 38° 1 à Achères, le 16.
- On observa 39° 5 à Versailles et 39° 2 à Achères, le 26.
- On observa 39° 9 à Fontenay-aux-Roses et 39° 4 à Achères.
- Em. Roger.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ACCLIMATATION
- Le Renne dans les Alpes Françaises.
- Tous ceux qui séjournent à Mégève (Haute-Savoie), tant en été — alpinisme — qu’en hiver pour les sports, savent que l’on élève dans cette station le Renard argenté et qu’à la faveur d’une autre conception hardie de M. Morand-Arnaud, le très aclif maire de Mégève, l’on peut y voir des Rennes domestiques.
- C’est en décembre 1926, que le premier envoi, d’un couple et d’un hongre de ces animaux, a été réalisé.
- Ces représentants de la faune de l’extrême nord ont si bien accepté le climat de Mégève, que le 14 mai 1927, après une très courte période d’installation, le couple a eu un produit.
- En hiver, ces rennes et plus particulièrement les hongres, s’attellent à de légers traîneaux pour la plus grande joie des enfants, tandis que les skieurs les utilisent pour faire du « ski joring » (remorquage).
- Cet été, M. Morand-Arnaud a conçu le projet (non sans avoir informé les autorités ainsi que ses collègues locaux et aussi les Sociétés de chasseurs de la région) de conduire trois de ses rennes dans la montagne, par 1600 m d'altitude.
- Fig. 1 à 3.
- Trois photographies des termes acclimatés à Mégève (.Haute-Savoie) par M. Morand-Arnaud.
- A la voix de M. Morand-Arnaud, la femelle, restée très inquiète pendant plusieurs jours, a aisément accepté de se laisser enlever en camionnette.
- Au retour, remise en liberté dans la zone habitée par les autres rennes, l’instinct de « Néva » lui a vite fait retrouver, non sans cris sauvages, ses camarades.
- Nul doute qu’à l’avenir, elle prendra grand soin de ne plus se séparer du groupe.
- L’acclimatement des rennes dans les Alpes savoyardes pourrait avoir un jour, non plus seulement au titre des sports, mais bien en ce qui concerne les transports légers, un intérêt qui ne peut échapper à personne.
- C’est cette conclusion qui m’a amené à signaler la présence des rennes à Mégève.
- Roger Ducamp.
- L’opération a eu lieu le 4 juin 1928, et très vite les bêtes ainsi mises en liberté avec clochettes et sous licol au nom du propriétaire, ont gagné la région des neiges où abondent sur les sapins isolés ou mieux à terre les lichens, qui, comme on le sait, forment dans les pays d’origine des rennes leur nourriture ordinaire.
- C’est par 2400 m que dans le courant de juillet, M. le maire de Mégève accompagné d’un groupe de jeunes gens, est allé rendre visite à ses bêtes.
- De très loin, à l’appel du maître, les rennes sont venus réclamer des friandises.
- Plus près de nous, à la suite d’une jtourmente, la femelle « Néva » s’est perdue dans les brouillards de l’alpe. Elle s’est réfugiée dans une grange, où M. Morand-Arnaud, prévenu par les bergers, est venu la chercher non sans peine, pour la reconduire au groupe.
- ZOOLOGIE
- Plus redoutable que le requin...
- La Bécune (Sphyraena barracuda).
- Le requin a la réputation — tellement établie qu’elle est devenue proverbiale — d’être le plus féroce des êtres marins, celui qui est le plus redoutable pour l’homme. Or, cette réputation est usurpée.
- Le requin est un animal timide et craintif au regard de la bécune dont la taille ne dépasse pourtant guère 2 m 1/2, qui n’a peur de rien et que baigneurs et plongeurs de mers chaudes redoutent plus que tout.
- A l’occasion d’un accident arrivé du fait de ce poisson, à un marin qui se baignait dans la mer des Antilles, deux zoologistes américains, E.-W. Gudger et
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- G.-M. Breder (*), ont instruit à fond le procès de cette bête féroce dont l’existence même est ignorée de beaucoup.
- Le marin qui est à l’origine de ces intéressantes recherches, se baignait en compagnie de quelques amis dans la mer qui baigne l’isthme de Panama. Il se trouvait momentanément séparé de ses compagnons lorsqu’il entendit près de lui le bruit que fait un gros poisson en nageant vigoureusement. En même temps il se sentit saisi au genou sans éprouver cependant aucune douleur. Il se débattit vigoureusement puis réussit à gagner à la nage le rivage qui était éloigné d’une cinquantaine de mètres. Là on constata l’existence de plaies qui mettent bien en évidence la puissance des mâchoires de l’animal par qui le marin avait été attaqué
- La partie gauche des mâchoires avait sectionné la peau au-dessus du genou, tandis que leur partie droite tranchait profondément la chair du mollet qui, au moment du coup de dent, se trouvait rapproché de la cuisse par flexion légère de la jambe.
- Comme le notent Gudger et Breder, ces sections rectilignes et presque parallèles ne pouvaient être le fait d’un requin dont la denture décrit un demi-cercle. 11 ne pouvait pas non plus s’agir d’un crocodile donc les dents coniques ne sectionnent pas. Il restait donc la bécune (Barracuna sphyraena), seul animal connu pour être capable de produire des plaies de ce genre et qui se rapproche quelque peu du brochet, car il appartient au même sous-ordre.
- Cet animal a d’ailleurs été décrit par les premiers explorateurs des mers chaudes. Le sieur de Rochefort écrit en 1665, dans son « Histoire naturelle des Iles Antilles » que la bécune est un des poissons les plus formidables parmi ceux qui aiment la chair humaine, et qu’elle se précipite, comme un chien furieux, sur tout ce qu’elle voit remuer dans l’eau. Vers la même époque, Du Tertre remarque que la bécune peut mordre plus aisément que le requin dont la mâchoire, on le sait, s’ouvre au-dessous du museau.
- Le Père Labat, dans son « Nouveau voyage aux Iles d’Amérique », daté de 1742, étudie la question de plus près. Il constate que les indigènes s’attaquent aux requins ét les tuent, mais craignent les bécunes qui se précipitent sur leur proie avec une rapidité qui rend leur attaque irrésistible, puis repartent en emportant le morceau saisi, tranché comme par un coup de sabre et qui peut être aussi bien un membre que la tête. C’est ce que confirment pleinement Gudger et Breder par leurs observations toutes récentes qui montrent des hommes prêts à se jeter à l’eau sur un requin pour l’effrayer, tandis que la bécune est un objet de crainte réelle.
- Le Père Labat fait d’ailleurs toutes sortes d observations curieuses sur les goûts de la bécune. Il constate que cet animal — comme le requin, d’ailleurs — s’attaque d’abord, dans un naufrage, aux chiens et aux chevaux, puis ensuite aux nègres. Il ne s’attaque aux blancs qu’en dernier lieu et, parmi ceux-ci, il fait un choix, car il préfère manifestement les Anglais aux Français.
- En fait, la bécune ne possède pas de centres olfactifs aussi développés que le requin qui, à cet égard, est remarquable. En revanche, elle paraît mieux douée au point de vue vision. Cela lui permet d’être un poisson de proies vivantes davantage que le requin qui, guidé par son odorat, recherche davantage des proies mortes et en décomposition. Notons encore que la mâchoire de la bécune s’ouvre exactement à l’extrémité du museau. Elle est pourvue en haut de deux rangées de dents. Les extérieures sont petites, tranchantes et serrées. Les intérieures sont plus longues et plus espacées. Ce sont des espèces de crochets. La rangée inférieure vient
- 1. E.-W. Gudger et C.-M. Breder. The barracuda (Sphyraena) daDgerous to man. Journ. Amer. Med. Assoc., n° 24, 16 juin 1928, p. 1938.
- s’articuler entre les deux rangées supérieures quand l’animal ferme la bouche sur une proie. On s’explique ainsi que les plaies faites par la bécune soient d’ordinaire comparées à celles d’un coup de sabre. La légende qui représente la morsure de la bécune comme venimeuse est complètement passée sous silence par Gudger et Breder. Les armes et l’audace possédées par cet animal paraissent, d’ailleurs, lui suffire pour figurer au premier rang des animaux marins dangereux pour 1 homme. Dr P.-E. Morhardt.
- COMBUSTIBLES
- Le nettoyage à sec du charbon.
- Le nettoyage du charbon, au sortir de la mine, apparaît aujourd’hui comme une impérieuse nécessité. Le développement du travail aux explosifs au lieu du travail au pic imposé par le besoin d’obtenir un rendement supérieur d’une main-d’œuvre moins experte, a pour résultat de fournir du charbon brut beaucoup moins propre qu’avant guerre. La clientèle ne saurait s’accommoder d’un mélange de combustible et de pierres ou de poussières. Il faut donc, avant de la mettre en vente, débarrasser la houille de la plus grande partie de ces impuretés minérales. C’est l’objet de nettoyage, pratiqué aujourd’hui principalement par lavage; on sépare au moyen d’un courant d’eau le charbon des minéraux plus denses que lui. Cette méthode est d’un usage à peu près universel en Europe actuellement.
- Cependant les Américains commencent à lui opposer un autre procédé : le nettoyage à sec dans lequel la séparation s’obtient à l’aide d’un courant d’air.
- Les avantages d'un procédé de nettoyage à sec s’aperçoivent clairement : les procédés de lavage laissent toujours, en effet, une certaine quantité d’eau incorporée au charbon ; cette eau est un élément inutile; le client en paye le transport et la manutention; bien plus, elle se vaporise lors des combustions, en empruntant au charbon la chaleur nécessaire, elle réduit donc, et dans des proportions sensibles, le rendement industriel des combustions. Pour la même raison elle est nuisible dans les distillations comme celles que l’on pratique sur la houille pour fabriquer le coke métallurgique ou le gaz d’éclairage. Enfin, le lavage a l’inconvénient de laisser un résidu : les schlamms, mélange colloïdal de particules de charbons et de poussières en suspension dans de l’eau. Ce résidu est fort embarrassant et son utilisation difficile.
- On peut concevoir différents moyens pour nettoyer à sec le charbon : les divers appareils employés en meunerie pour le triage et le classement des grains, pour le blutage des moutures donnent une idée assez exacte des procédés que l’on pourrait mettre en œuvre. Mais à l’heure actuelle, le procédé de nettoyage à sec le plus employé, d’après une étude de M. Jessel dans le Bulletin des Ingénieurs civils, repose sur l’emploi de tables-tamis à secousses traversées par un courant d’air vertical, procédé déjà mis en œuvre pour le nettoyage et la concentration des minerais. C’est sur ce principe que repose le procédé Sutton Steele et Steele, dont il a été fait, depuis 1928, 25 installations aux Etats-Unis, et par lequel dans ce pays plus de 10 millions de tonnes de charbon sont actuellement traitées chaque année.
- Si le nettoyage humide a l’inconvénient de donner les schlamms, le nettoyage à sec dégage des poussières qu'il est nécessaire de capter et de rendre, si possible, utilisables. On y parvient aisément, par exemple, en recouvrant les tables au moyen de hottes reliées par des conduites à un aspirateur pneumatique de poussières. L’air chargé de poussières, ainsi aspiré, est filtré dans des sacs ën tissu où les poussières sont retenues. Elles sont alors utilisables, soit comme combustible pulvérisé, soit pour faire des agglomérés.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Juin et de Juillet 1928
- PHYSIQUE
- Un nouveau procédé d’enregistrement des oscillations du pendule (M. P. Lejay). — Dans un premier dispositif, l’auteur enregistrait les oscillations d’un pendule libre, en le faisant agir sur une émission radiotélégraphique, de façon à en modifier la longueur d’onde à chaque passage à la verticale ; mais il fallait procéder au réglage d’un récepteur accordé sur la longueur d’onde émise. Pour éviter cette complication, M. P. Lejay prend un émetteur du type hétérodyne, envoyant des ondes (X = 300 à 500 m.) dans une antenne qui, terminée par un fil fin, perpendiculaire au plan d’oscillation, pénètre à l’intérieur de la cloche du pendule. L’antenne réceptrice aboutit en face de la première et se termine par une plaque placée dans le plan du fil fin précité; enfin ce pendule est muni d’une pièce métallique, composée d’un fil et d’une plaque, et disposée de telle manière qu’à chaque passage à la verticale le fil vienne juste au-dessus de l’extrémité de l’antenne émeltrice, la plaque se trouvant au-dessus de l’extrémité de l’antenne réceptrice. Ainsi, durant un temps très court, le pendule établit un véritable pont, par capacité, entre l’émetteur et le récepteur, et les ondes passent alors avec beaucoup plus d’intensité. Tandis que le récepteur est composé de deux ou trois étages d’amplification, l’antenne est directement reliée à la grille de la première lampe; en l’absence de tout circuit oscillant, le récepteur est ainsi insensible aux variations de la longueur d’onde d’émission.
- En appliquant cet ingénieux dispositif aux pendules de gravité, type pendule relatif DefTorges, il est possible de faire des mesures au millionième de seconde, en quelques minutes. On peut envisager d’ailleurs le dix-millionième de seconde, ce qui permettrait d’évaluer la constante g en un lieu déterminé, au centième de millimètre près.
- CHIMIE GÉNÉRALE
- Autoxydation et action antioxygène. Propriétés catalytiques du phosphore (M. Ch. Moureu, Ch. Du-eraisse et M. Badociie). — Du phosphore blanc fondu sous une couche d’hypobromite en solution aqueuse, puis moulé sous l’eau, après lavage, dans un tube de verre très fin de façon à réduire autant que possible les risques d’oxydation, a été mis, dans cette nouvelle série d’expériences, en présence de furfurol, à la dose de 0,01 gr. par gramme d’aldéhyde. Dans ces conditions l’oxydation est considérablement ralentie, alors que, sans catalyseur, elle se réalise même sous des pressions entrêmement faibles du gaz O.
- L’analyse des gaz, en fin d’expériences, a donné : CO2 5 pour 100 — CO, 3,1 — 0,89, dans le cas du phosphore, alors qu’un tube témoin, où l’aldéhyde n’était protégée en rien, contenait un mélange d’anhydride carbonique (34 pour 100) et d’oxyde de carbone (66 pour 100).
- Pour les auteurs, les effets d’action anlioxygène — dans le cas du furfurol.— ou d’action pro-oxygène — dans le cas de l’aldéhyde benzoïque, du styrolène ou de l’essence de térébenthine, — effets observés avec le phosphore blanc, paraissent dus, en partie ou en totalité, à l’un des produits d oxydation de ce métalloïde qui se comportent comme des catalyseurs fort actifs.
- Avec le phosphore rouge, les actions produites sont moins intenses qu avec le phosphore blanc : dans le cas du furfurol, il y a un faible ralentissement de l’oxydation pendant
- les premiers jours, puis un arrêt complet ; avec la solution de sulfite S05Na2 l’oxydation est ralentie en milieu alcalin, accélérée en milieu légèrement acide.
- CHIMIE VÉGÉTALE
- Au sujet de Vaméliaroside (MM. M. Bridel, Cha-raux et G. Rabaté). — En appliquant aux rameaux et à l’écorce de YAmelanchier vulgaire Mœnch la méthode biochimique d’Em. Bourquelot, ces auteurs ont isolé un glu-coside hydrolysable par l’émulsine.
- L’écorce sèche et pulvérisée a été traitée, par percolation, avec l’alcool à 92°, puis la colature distillée à sec et le résidu repris par l’eau distillée. Après concentration du sirop ainsi préparé et addition de magnésie, le mélange a été de-nouveau épuisé à l’alcool, la solution distillée à sec et l’extrait repris par un peu d’eau bouillante où l’améliaroside a cristallisé. Après purification, ce glucoside donne des prismes allongés, de saveur amère et fusibles à —|— 195°. Légèrement réducteur, il est hydrolysé par l’acide à 3 pour 100 S04H2 et par l’émulsine. Le produit non glucidique est soluble dans l’éther et s’obtient cristallisé en traitant le résidu de la solution éthérée par l’eau. M. Bridel et ses collaborateurs le dénomment ameliarol; fusible à —j— 110°, il se sublime à celte température, dans le vide.
- L’indice de réduction enzymolytique de l’améliaroside est 232 et l’indice de réduction par hydrolyse acide 229.
- GÉOLOGIE
- La structure du bassin de Bessède (Aude)
- (M. Marcel Casteras).— Suivant d’abord une bande étroite, du village de Galinagues jusqu’au méridien d’Aunat, et s’étalant ensuite largement aux environs de Bessède, un important affleurement d’àge hercynien s’étend entre la vallée de l’Aude et celle du Rébenty. Pour la feuille géologique de Quillan au 1/80000% la couverture secondaire du massif de Bessède paraissant indépendante des calcaires des plateaux du Clat, et le Primaire, comme le Secondaire de Bessède, se superposant à une nappe B, l’affleurement serait le témoin le plus oriental d’une nappe, dite C, nappe supérieure de l’édifice nord-pyrénéen.
- Pour M. Casteras, la terminaison orientale du Massif de Bessède, qui s’enfonce vers l’Est, sous le plateau du Clat, est une terminaison périanliclinale, et sur le méridien de Galinagues, le Primaire, que limitent des contacts verticaux, se montre grâce à un repli anticlinal très prononcé. Dans ces conditions, tous les affleurements cristallins ou d’àge primaire, comme la bande de Belcaire et du moulin du Roc, ou le massif de Bessède, qui se recontrent du Saint-Barthélemy à la vallée de l’Aude, appartiennent au substratum d’une seule série secondaire. Leur position anticlinale est celle du Saint-Barthélemy, et peut-être aussi celle de la Salvezine et du massif de l’Agly.
- ÉLECTIONS
- Au cours du mois de juin, M. L. Blaringhem a été élu Membre de la Section de Botanique, M. Édouard Wilson, Associé étranger et MM. Wladimir Yernadsky et Frédéric Swartz, Membres correspondants, le premier dans la section de minéralogie, le deuxième dans la section de chimie.
- P,. B.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les pierres naturelles et artificielles, par E. Marcotte, 1 vol. 32i p., 82 fig. Gauthier-Viliars, édit. Paris, 1928. Prix : 40 fr.
- L’auteur étudie d’abord, suivant un ordre fourni par une classification pratique, les roches naturelles utilisées en construction. Il décrit ensuite les procédés utilisés au laboratoire pour déterminer les propriétés des pierres employées comme matériaux de construction, ainsi que les différents essais chimiques, physiques, mécaniques auxquels on peut les soumettre. Après quoi il passe en revue les principaux matériaux artificiels en usage aujourd'hui : le verre, avec un intéressant chapitre consacré à l’emploi des modèles réduits en verre pour l’étude à priori des efforts grâce à l’emploi du phénomène de double réfraction; les céramiques : terres cuites, briques, tuiles, grès, faïences et porcelaines; les agglomérés ; briques silico-calcaires, fibrociment, mélanges magnésiens, laitiers agglomérés, etc.
- Note sur le climat de l'Indo-Chine, par P. Carton.
- 1 brochure illustrée, 40 p., lü cartes hors texte.
- L’auteur est chef du bureau de climatologie et d’agronomie coloniale à l’Observatoire Central de l’Indo-Chine. II a utilisé les observations de plus en plus complètes effectuées dans les observatoires de notre colonie pour tracer un tableau général de sa climatologie. Travail précieux pour les colons agriculteurs et pour les géographes, complété par des cartes d’isobares, une carte pluviométrique et des relevés d’observations.
- Plaines et bassins du Rhône moyen, entre bas Dauphiné et Provence, par Daniel Faucher, maître de conférences à l’Université de Toulouse, in-8°, xii-672 p., 14 planches photographiques et 2 cartes hors texte. Paris, Armand Colin, 1928. Prix : 55 francs. (Bibliothèque de l’Institut de Géographie alpine de l’Université de Grenoble.)
- Région de transition, minutieusement analysée par un auteur qui a pénétré la vie de la contrée, et qui en étudie tour à tour les fonctions physiques, puis les formes anciennes et les formes actuelles de l’activité humaine. La vie rurale et l’adaptation, l’évolution des cultures sont particulièrement bien traitées. C’est une de nos meilleures monographies régionales. A signaler (p. 199, n. 3), une erreur commise d’après Longnon : aucun linguiste ne croit plus aujourd’hui à l’origine ibère d’alisos (alisier) et calmis (et non calma), haut plateau : ces mots sont gaulois.
- Mexique, Amérique centrale, par Max Sorre, prof, à l’Université de Lille. Grand in-8°, 234 p., 48 cartes et cartons dans le texte, 93 photo graphies hors texte et une carte en couleurs. Paris, Armand Colin, 1928. (Tome XIY de la Géographie Universelle). Prix : broché, 60 francs.
- Ce volume est un des plus intéressants de la collection; c’est aussi un de ceux dont l’illustration a été le mieux choisie, avec un ensemble remarquable de vues pittoresques et caractéristiques. L’auteur s’est efforcé de dégager les traits individuels, physiques et économiques, de ces pays riches en contrastes; il a montré comment ces terres riveraines de la « Méditerranée américaine » s’apparentent surtout à l’Amérique du Sud, mais aussi comment la vie économique les entraîne de plus en plus dans l’orbite des Etats-Unis. A signaler des cartes linguistiques des idiomes indiens (d’après celles de M. Rivet).
- Le monde vivant, par H. Coutière. Tome II. Les oiseaux, les reptiles, les amphibiens, les poissons, les chordés, les mollusques. 1 vol. in-4, 321 p., nombreuses fig., 52 pl. dont 48 en couleurs. Société des Atlas pittoresques, 107, boulevard Magenta, Paris.
- Nous avons dit, lors de la parution du tome I, l’envergure et le mérite de cette œuvre. M. Coutière, professeur à la Faculté de Pharmacie de Paris, membre de l’Académie de Médecine, nous donne une histoire naturelle illustrée, complète, érudite, et qui né ressemble à aucune autre. On n’aurait osé espérer pareil ouvrage à notre époque. Les documents rassemblés sont très sûrs, l’exposition est des plus claires; des figures, des planches en couleurs agrémentent le texte, et surtout le style de l’auteur, personnel, vivant, bourré de citations heureuses, farci de réflexions sages, font que ce livre de science, de bonne science, se lit comme un roman. M. Coutière a la vocation d’enseigner et il suscite les vocations d’apprendre et d’observer. Son livre sera, pour les jeunes, une agréable lecture et une entraînante initiation.
- Le deuxième volume ne le cède en rien.au premier comme présentation. Après l’homme et les mammifères, déjà vus, il fait défiler les vertébrés inférieurs : oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, aux multiples espèces, aux organisations si différentes,
- aux mœurs si variées. Puis quelques pages signalent les Chordés : Amphioxus, Tuaicicrs, Hémichordés, dans lesquels on a pensé trouver le passage des Invertébrés aux Vertébrés. Il se termine par l’étude d’un premier groupe d’invertébrés fort nombreux : les Mollusques.
- Chemin faisant, on y apprend maints détails sur la physiologie de tous ces animaux, leur valeur économique, leur chasse, leur pèche, leur élevage et l’on ferme ce livre en souhaitant de lire bientôt la suite, puisque l’œuvre complète comprendra tous les animaux et toutes les plantes, le monde vivant entier.
- Bibliography of Sponges, 1551-1913, par G.-C. Vosmaer.
- 1 vol in-8°, 234 p. Universily Press, Cambridge, 1928. Prix : relié, 15 sh.
- Références bibliographiques de 3800 livres et papiers publiés, entre 1551 et 1913, sur les Eponges vivantes et. fossiles, relevées par le professeur de zoologie de l’Université de Levde et éditées par sa veuve, Mme Vosruaer-Rôell et M. G.-P. Bidder. Cette bibliographie classée par dates et par auteurs économisera beaucoup de temps aux zoologistes s’occupant de ce groupe d’animaux.
- Ciliary Movement, par J. Giîat. 1 vol. in-8, 162 p., 105 fig. Cambridge comparative Physiology. Cambridge Universily Press, London, 1928. Prix : relié, 10 sh. 6 d.
- Les mouvements du corps sont produits chez beaucoup d'animaux par l’activité muscuLaire, mais chez d’autres, généralement petits, et aussi dans certains organes, ils sont causés par l’activité des cils. Le mouvement ciliaire, connu depuis près d’un siècle, commence seulement à être bien étudié et l’auteur a beaucoup contribué, en ces dernières années, à son analyse. C’est un problème difficile, histologique, mécanique, physiologique. Cette monographie groupe tout ce qu’on en sait actuellement : structure des cils, vitesse des mouvements, analyse mécanique de l’amplitude, de la forme et de la force des déplacements et, en l’absence d’une explication satisfaisante autre que des hypothèses très diverses, étude du métabolisme des cellules ciliées, de l’action des diversions et notamment de l’acidité et de l’acide carbonique, rythmes de battement, pour finir par une revue zoologique de toutes les structures ciliées et de leurs fonctions. Très bon livre qui pose de nombreux problèmes et incitera sûrement de nouvelles recherches.
- Grundriss der verglcichcnden Physiologie, par
- W. vox Buddenbrock. Dritter Teil : Ernahning, innere Sekre-tion, Exkretion, Blutlcreislauf. 1 vol. in-8, 305 p., 115 fig. Gebrüder Borntraeger, Berlin, 1928. Prix : 22,50 marks.
- Voici la fin du précis de physiologie comparée du professeur de l’Université de Kiel. Cette troisième partie est consacrée à la nutrition, aux sécrétions internes, à l’excrétion et à la circulation. L’auteur passe en revue ces fonctions dans les divers groupes d’animaux et, malgré la diversité et l’inégalité de nos connaissances relatives aux invertébrés, parvient à donner une vue d’ensemble, le plus souvent juste et au courant des travaux récents. Une abondante bibliographie, bien choisie, permet-de se reporter aux mémoires originaux, si bien que ce précis est un bon livre d’études pour les zoologistes à qui il apprend la façon dont se posent les problèmes de fonctionnement des organes et aux physiologistes auxquels il montre les variations des fonctions dans la série animale.
- Biomicroscopie de la chambre antérieure de l’iris et du corps ciliaire, par le Dr Jacques Marvas. 1 vol. in-8, 119 p., 28 fig., 30 pl. Publications de la Société française d’ophtalmologie. Masson et Cie, Paris, 1928. Prix : 120 fr.
- On assiste actuellement à une véritable rénovation de l’optlial-mologie. Art médical, mais plus qu’aucun autre basé sur les données complexes et précises de l’anatomie, de la physiologie et de la physique, il s’est adjoint depuis la guerre un nouveau moyen d’investigation : l’examen microscopique de l’œil vivant. L’auteur, directeur scientifique de la fondation ophthalmologique de Rothschild, de renommée universelle, s’est spécialement attaché à cette nouvelle technique et il en donne ici un véritable traité en ce qui concerne la cornée, la chambre antérieure et l’humeur aqueuse, l’iris et le corps ciliaire. Ayant examiné un très grand nombre d’yeux normaux et pathologiques, sachant appuyer ses observations par une connaissance approfondie de l’histologie classique, il ouvre un nouveau chapitre, très fécond à en juger par les éléments de diagnostic et de pronostic qu’il apporte à la pathologie de nombreux troubles oculaires. Mais cet ouvrage dépasse le cadre médical; il est l’amorce d’une étude de la physico-chimie de l’œil vivant et à ce titre il intéressera tous les biologistes.
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- PETITES INVENTIONS
- HYGIÈNE
- Glacière à lait pour nourrissons.
- Chaque élé, la gastro-entérite cause des ravages parmi les nouveau-nés, On sait aujourd’hui qu’elle est due surtout aux altérations que la chaleur provoque dans le lait non ou mal stérilisé. L’association « Sauvons les mères et les bébés » a établi, pour y remédier, un modèle de glacière fort pratique dont l’aspect est reproduit figure 1. C’est une glacière ordinaire, en tôle peinte en blanc, soigneusement calorifugée, qui permet de conserver froides huit rations de lait stérilisé pendant un jour, moyennant une consommation de 1 kg 5 de glace environ.
- Les consultations de nourrissons, les œuvres sociales de l’enfance, les personnes qui s’intéressent aux bébés peuvent en fournir les jeunes mères en s’adressant à « Sauvons les mères et les bébés », 4, rue de Sèvres, Paris.
- AUTOMOBILE Lève-auto Weaver.
- La technique de la construction automobile s’est développée, laissant loin en arrière celle de la partie réparation.
- Les techniciens, pour rattraper le temps perdu, ont créé de nouveaux appareils fournissant un rendement nettement supérieur à ceux surannés encore en usage chez nombre de réparateurs,
- Un des plus curieux et des plus intéressants à ce point de vue est certainement le lève-auto Weaver. Construit par une maison américaine, spécialisée dans l’outillage pour l’industrie automobile, ce nouvel appareil de levage est le plus perfectionné qui existe actuellement pour soulever une voiture, à la hauteur la plus commode, pour y effectuer le graissage, le lavage, et toute réparation sous le châssis.
- Sa conception permet à une voiture d’arriver dans son sens de marche et de repartir dans le même sens, une fois le travail terminé.
- Il est des plus simples : un cadre d’acier en U supporte, par l’intermédiaire de montants articulés, un châssis formant avec lui un parallélogramme. La déformation de celui-ci est
- Fig. 1. — Glacière à lait pour nourrissons.
- obtenue par la (compression d’huile dans un cylindre actionnant une bielle poussant une traverse d’assemblage des montants AY.
- Un petit groupe compresseur d’une force de 1 ch fournit la pression suffisante pour la montée (dépense de courant pourune seule opération de levage à 1 m. 12 du sol, 0 fr. 05). Un ingénieux système arrête le moteur automatiquement lorsque le lève-auto est à sa hauteur maximum. Il est matériellement impossible que l’appareil descende brusquement.
- Des blocs coulissant sur le châssis supérieur permettent de prendre n’importe quelle voiture, sans que les tuyaux d’échappement, batterie, silencieux, etc..., soient un obstacle.
- Le lève-auto ne nécessite aucuns frais d’installation, il peut être placé à volonté à l’intérieur et à l’extérieur du garage. Son déplacement aisé est un de ses grands avantages sur beaucoup d’élévateurs. Constiuit avec des matériaux de première qualité, cet appareil est fortement cntrcloisé, éliminant toute possibilité d’accident.
- Ses usages multiples ont fait que cct appareil a eu une grande vogue en Amérique et il commence à être connu par de nombreux garagistes en Europe.
- Ses qualités pratiques sont encore accrues par le graissage intégral qu’il permet.
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- Adapté au compresseur par l’intermé -diaire d’un robinet à 3 voies, l’huile de compression est envoyée sur un piston poussant de la graisse consistante amenée par tuyauterie souple jusqu’aux graisseurs de la voiture.
- De plus, on peut se rendre compte que la vidange d’huile du moteur du pont AR, la visite des boulons, du châssis et de la carrosserie sont une chose très aisée.
- Le lève-auto donne une très grande facilité pour effectuer les ré-Fig. 3. — Schéma du système de direction parations des roues qui et de freinage des embarcations. ge trouvent entière-
- ment dégagées et aisément démontables, ainsi que pour le réglage des freins sur les 4 roues.
- Pelfor, 56, rue Marius-Àufan, Levallois-Perret (Seine).
- MÉCANIQUE
- Système de direction et de freinage des embarcations.
- Un inventeur a imaginé un système de gouvernails latéraux dont la commande séparée ou simultanée est capable de commander à la marche de l’embarcation dans toutes les circonstances requises.
- L’incidence des deux gouvernails est commandée par un
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- Gouvcnail
- Fig. 4. — Douille étanche en porcelaine.
- Rondelle en caoutchouc
- Pastille en ] porcelaine
- ~Fil conducteur C
- ffrou borgne pra tiqué dans ta porcelaine pour éviter que le Fil C _ puisse mettre cous tension la douille de la lampe.
- . Douille de lampe
- pignon unique monté sur un arbre à déplacement longitudinal et permettant soit la commande du gouvernail de droite, soit celle du gouvernail de gauche, soit celle des deux en meme temps et en sens contraire, l’un par rapport à l’autre.
- Pour réaliser ces conditions, les gouvernails sont fixés à l’extrémité de tiges filetées par l’intermédiaire de renvois de sonnettes et de bielles. La monture formant écrou se déplace sur la vis quand celle-ci tourne sous l’action du pignon denté central. Ce dernier peut être en prise avec les deux grands pignons à la fois ou bien avec l’un ou l’autre à volonté, quand on fait coulisser l’axe qui le porte et la rotation est obtenue au moyen d’un volant.
- Suivant le gouvernail manœuvré, on fait virer le canot dans le sens correspondant ou bien on freine le mouvement quand on agit sur les deux gouvernails à la fois.
- Ce système est particulièrement applicable aux canots automobiles où le freinage peut ainsi se faire très simplement.
- Sermens, 51, rue du Mayeur, au Châtelet (Belgique).
- ÉLECTRICITÉ
- Douille étanche en porcelaine.
- Lorsque les lampes d’extérieur sont exposées à la pluie ou même simplement si elles sont installées dans des endroits humides, il est indispensable d’employer des douilles étanches, à condition que les différentes pièces de la douille soient disposées judicieusement pour qu’il n’y ait pas de mise sous tension des parties extérieures, ni qu’il puisse se produire de courts-circuits, en raison d’un excès d’humidité.
- Il faut tenir compte aussi des montages exécutés par des aides plus ou moins qualifiés et qui peuvent ne pas prendre toutes les précautions voulues.
- On vient d’imaginer une douille étanche en porcelaine, qui assure un montage facile tout en réduisant au minimum les formes extérieures. Les bornes de la douille sont séparées par une barrette en porcelaine dont la hauteur évite tout contact des fils ; quant aux bornes de connexion, elles sont à l’entrée d’une pastille en porcelaine.
- L’extrémité dénudée du) fil traverse la borne de serrage et aboutit à un trou borgne. Il n’y a donc plus à craindre de mise sous tension due au fait que l’extrémité d’un conducteur vient en contact avec la chemise de la douille.
- Pour le montage, il suffit de dénuder le 'fil sur une longueur de 5 m/m seulement, ce qui facilite l’établissement des connexions. Toutes les pièces sont d’ailleurs prévues de façon que le montage de la douille soit facile, une rondelle en caoutchouc assurant le joint du chapeau supérieur fileté.
- Ces douilles sont prévues soit avec suspension, soit avec raccord et peuvent par conséquent se monter dans des tubes acier ou dans des organes spéciaux appropriés.
- Etablissements Trouvay et Cauvi, 80, rue Taitbout, Paris.
- Cadre pliant en parapluie.
- Un inventeur vient d’imaginer un système de cadre pliant, qui peut se déplier facilement et qui, une fois replié, est peu encombrant pour le transport.
- L’ossature est en forme de parapluie et les baleines, en deux parties, sont reliées entre elles à pivot. Les branches extrêmes des baleines reçoivent le cadre et restent soumises à l’influence de tendeurs.
- On a ainsi dans l’appareil tous les éléments du parapluie; par exemple, le manche support à butée supérieure où coulisse la glissière qui porte les tendeurs, les baleines qui pivotent autour de la butée supérieure et les verrous qui
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- maintiennent le parapluie fermé. Un support indépendant et repliable permet d’orienter le cadre dans toutes les directions.
- Au point de vue détails de la construction, voici quelques indications. Le manche porte dans le haut une butée à encoches qui forme pivot pour des traverses, aux extrémités desquelles sont articulées des lattes isolantes.
- Celles-ci à leur tour sont articulées par leur partie médiane et reliées par des chapes à des tendeurs pourvus de ressorts à piston. Des lames élastiques qui s’escamotent dans le manche maintiennent le cadre en position d’ouverture et de fermeture.
- Lorsque l’appareil est déplié, le manche est placé horizontalement sur un support monté sur un trépied et il y est maintenu par sa lame qui vient buter contre la traverse horizontale et par des encoches -des branches latérales du support où viennent reposer les barres.
- Pour déplier le cadre on ouvre le parapluie, comme à l’habitude; les traverses sont arrêtées par la butée, le collier est bloqué et les ressorts tendent les fils du cadre.
- Cet appareil est extrêmement intéressant en raison du dé veloppement que prennent constamment les postes portatifs,
- Fig. 5. — Cadre pliant en parapluie.
- nolammeut ceux applicables à l’installation de la T. S. F. sur les voitures automobiles.
- Georges Tison, Herbilly-Mer (Loir-et-Cher).
- OBJETS UTILES Réveil incassable.
- Les réveils ou les pendulettes sont placés sur des tables de nuit ou des étagères et ils courent généralement le risque de tomber et de se détériorer. Il en résulte des réparations coûteuses, car les tarifs sont relativement élevés en raison des salaires que l’on doit payer aux ouvriers spécialistes.
- Un constructeur a eu l’idée de protéger le réveil ou la pendulette contre les chutes possibles en l’entourant d’une sorte de gaine de caoutchouc dont la forme a été étudiée de manière que, lors d’un choc, toutes les parties soient parfaitement garanties. C’est ainsi qu’un rebord à l’arrière protège les clés et le devant est muni d’une sorte de bourrelet qui défend le verre.
- Afin de donner à l’ensemble un aspect plus agréable, la gaine de caoutchouc qui maintient solidement le boîtier, grâce à l’élasticité de la matière, est en caoutchouc marbré qui donne parfaitement l’illusion du marbre, d’autant mieux que l’on a réussi à vernir le caoutchouc. Les teintes choisies
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- sont celles rappelant les diverses variétés de marbre : rose et blanc, noir et blanc, bleu et blanc.
- Bien entendu, on choisit également le mouvement suivant ce qu’on désire : pendulette ou réveil, et, dans les deux cas, on peut avoir aussi des indications lumineuses.
- J’ai fait moi-même l’expérience et j’ai jeté à travers la chambre le réveil en caoutchouc qui, sans sourciller, a continué à fonctionner comme si rien d’anormal ne s’était passé.
- A. Brière, horloger, 18, rue Micbel-de-Bourges, Paris, XXe.
- La cafetière Bovex sous pression.
- Les marmites, sous pression, dont l’usage pour la confection du pot-au-feu se répand si vite, font école. Yoici une cafetière autoclave sous pression.
- Elle présente les mêmes avantages généraux que la marmite à pot-au-feu.
- L’eau qu’elle contient est portée à une température de 120° environ, et l’extraction des principes odorants du café se fait plus complètement et plus rapidement que dans les cafetières usuelles où la température ne peut jamais, dépasser 100°, limite, du reste, qu’elle n’atteint pour ainsi dire jamais.
- La cafetière autoclave permet donc de réaliser des économies de combustible et des économies de café.
- C’est une marmite munie d’une tète s’appliquant par un joint étanche sur le corps de l’appareil. Un boulon de fixation avec écrou assure en service la fermeture absolue. La tête sert de chambre de vapeur. Elle porte le bec verseur qui se ferme par un bouchon, et le sifflet soupape de sécurité.
- A l’intérieur sont des plateaux-filtres sur lesquels on place le café moulu. On verse l’eau nécessaire. On ferme alors la cafetière en suivant les instructions du constructeur et on la place sur le feu. Quand le sifflet se fait entendre, la température limite est atteinte, on retire la cafetière du feu ; on laisse refroidir quelques minutes au-dessous de 100°; le café est alors prêt à verser et c’est du café excellent, à la condition, bien entendu, que la cafetière et tous ses organes soient entretenus dans un parfait état de propreté.
- La cafetière est faite en aluminium pur.
- Constructeur : Anciens Établissements Girel, 61, boulevard Victor, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Curiosité mathématique,
- Un de nos abonnés, M. Jacques Henri-Robert, nous signale le pelit problème suivant :
- « On pose dans un salon la « colle » suivante : nous supposons la terre parfaitement ronde : si nous voulons l’entourer d’un fil, il en faudra 40 000 000 mètres. Mais notre fournisseur nous a livré 40 000 001 mètres : à la fin de l’opération nous constatons que notre fil est trop grand : si nous réunissons les deux bouts, nous obtenons un cercle 1/iOOOOOOO' plus grand que la circonférence de la terre.
- Dire par appréciation, sans calcul, quel sera l’ordre de grandeur de la distance entre les deux circonférences, autrement dit la différence de rayon des deux cercles.
- Après la classique question sur la longueur du rayon de la terre, et votre refus de le dire, notez les étranges réponses que vous recevrez.
- La solution est : 0m,159, presque 16 cm.
- Circonférence de la terre = 2tcR
- — du cercle =2tcR -)— 1, qui peut s’écrire 2tiR' ou 2 7t(R + ;r) d’où 2 n R -|~ 1 = 2 7t (R -J- x)
- et en développant :
- 27cR-)-l=2TrR-J-2Tca:
- 2iR s'annule, il reste :
- 1
- 1—2 % x ou #:=—- —0m,159 »
- Alt
- G. Q. F. D.
- A propos des charnières de portes.
- M. Le Jay fils, de Cbarleville, nous écrit :
- « Nous avons lu avec un intérêt mêlé d’une certaine surprise les notes parues dans La Nature n° 2788, 1er juillet, et n° 2791, 15 août, concernant la prétendue invention d’une « charnière de porte à fonctionnement automatique ».
- Il y a de nombreux lustres que ce dispositif à rampe hélicoïdale existe.... Les fabriques ardennaises d’articles de quincaillerie l’avaient créé surtout pour les besoins de l’Orient où cette charnière est rendue nécessaire pour permettre aux portes de se soulever au-dessus des tapis de haute laine qui garnissent les planchers des appartements.
- QUESTIONS
- Erratum.
- Les Vosges (n° 2788, 1er juillet 1928). M. J. Weber, de Mutzig, nous signale deux rectifications à faire :
- 1° La vieille porte représentée par la figure 5, p. 4, est la porte de Mutzig et non de Boersch. Boersch possède aussi deux portes, mais elles ne sont de loin pas si hautes et si volumineuses que celle de Mutzig.
- 2é A la page 3, il est dit « Au nord de la chaîne, le Donon malgré sa faible altitude (739 m), etc. Or, l’altitude du Donon est de 1008 m d’après les uns et de 1010 m d’après d’autres.
- Mais au risque de déplaire aux deux inventeurs qui se disputent, même à coups de brevets, la priorité de cette charnière, nous les mettrons d’accord en leur citant quelques maisons dont les albums contiennent des charnières à hélice répondant à la description et aux usages relatés dans les deux susdites notes :
- Camion frères, à Yivier-au-Court, Ardennes, 1900.
- Gollnisch-Jardinier, à Vrigne-aux-Bois, Ardennes, 1907.
- Simonswerk, Rheda, Westphalie (Allemagne).
- Et nous-mêmes, Lejay fils, à Charleville, Ardennes, 1896.
- Ces dates de publication d’albums suffiront à clore le débat, pensons-nous ».
- A propos de la soie artificielle de Chardonnet.
- La Compagnie générale Brégeat nous écrit :
- cc A la page 30 de votre n° 2791 (15 août 1928), on lit ce qui suit :
- cc Bien que la soie au collodion ne soit plus fabriquée aujour-n d’hui, c’est bien l’invention du Comte de Chardonnet qui a pro-« voqué l’émulation des nouveaux chercheurs.... »
- Or, il est aisé de vérifier que :
- En Belgique : il y a trois fabriques de soie artificielle en pleine activité :
- Soie artificielle de Tubize; soie artificielle d’Obourg; soieries de Maransart.
- Dont la production de soie Chardonnet (soie au collodion) dépasse 10 000 kg par jour.
- En France : trois fabriques de la susdite soie de Chardonnet sont en cours d’installation à Amiens, Lille, Rennes.
- En Amérique : une fabrique produit plus de 5000 kg de soie Chardonnet par jour. »
- Comment boivent les serpents.
- En parlant de la légende des Serpents qui tettent (voir La Nature, n° 2790), nous avons cité une phrase de Mme le Dr M. Phi-salix. « Quand les serpents boivent, leur bouche est fermée et l’aspiration s’effectue par la petite encoche qui sert à laisser passer la langue (lorsqu’ils la font vibrer) ». Ceci est exact, ce n’est pas une légende. Néanmoins, nous aurions pu ajouter que les serpents ne boivent pas toujours de cette manière, mais aussi, comme le dit M. Trannoy, en ouvrant la bouche et en avalant l’eau gorgée par gorgée : « le serpent met sa mâchoire inférieure au niveau de l’eau, ou la tête entière dans l’eau, il ouvre la mâchoire qu’il referme pour retenir dans la bouche une gorgée d’eau qu’il avale ensuite, par un véritable mouvement de déglutition. En regardant latéralement un serpent boire dans un verre, on le voit très bien ouvrir et fermer la bouche successivement, et l’on peut compter les gorgées avalées. »
- Quant à l’observation du paysan qui affirmait avoir vu boire une couleuvre au moyen d’un bout de chaume en guise de « chalumeau », elle se réduit à ceci : le paysan a vu un morceau de jonc sec avalé en partie en même temps qu’une grenouille et qui dépassait la bouche du serpent. M. Rollinat nous dit que, dans les cages, cela arrive avec du foin, de la paille broyée ou de la mousse. Le serpent au « chalumeau », remarqué par le paysan, devait être un Tropidonote à collier de grande taille, une femelle probablement. A. F. B.
- RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Oscillographe portatif (p. 247). Constructeur : Société Hewittic, 11, rue du Pont, Suresnes.
- Que faire sur un linoléum altéré ?
- Lorsque dans un cabinet de toilette, on renverse de l’eau bouillante sur le linoléum, il arrive fréquemment que celui-ci blanchit et se crevasse.
- Pour le remettre en état, il faut tenir compte de ce que le lino-
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- léum est obtenu par résinification d’huile de lin, qui en forme ainsi l’élément essentiel; il faut donc traiter le linoléum comme une peinture si l’on veut que la réparation soit la plus parfaite possible et durable.
- On commence par reboucher toutes les fissures au couteau à
- enduire avec un mélange de :
- Céruse en pâte..................... 100 grammes
- Blanc d’Espagne en poudre............ 150
- Essence de térébenthine.............. 100 —
- Huile de lin......................... 150 —
- Siccatif en poudre..................... 10 —
- Laisser bien durcir, poncer légèrement au besoin avec du papier de verre fin pour enlever les aspérités, puis peindre avec une bonne peinture à l’huile et à l’essence du ton approprié, à laquelle on ajoutera environ 10 pour 100 de vernis à la gomme laque. Donner au moins deux couches, en attendant toujours que la première soit parfaitement sèche avant d’appliquer la seconde.
- Si l’on désire un brillant parfait, donner une dernière couche au vernis gomme-laque seul que l’on obtient par macération pendant quelques jours de 10 grammes de gomme laque brune dans 1 250 c3 d’ulcool à 90° G. L.
- N. B. — Ne pas filtrer ce vernis qui doit conserver les cires du produit naturel, cires qui coopèrent à l’obtention du brillant.
- M. DE U B., A MaRTENET.
- Peut-on rendre malléable le celluloïd?
- 1° Le celluloïd a la propriété de se ramollir aux environs de 80°-90°C et à ce moment on peut avec facilité lui faire prendre toutes formes que l’on désire.
- Comme il ne faut pas beaucoup dépasser celte température, puisque le celluloïd déflagre vers 195°C, le mieux est de placer la pièce dans de l’eau préalablement chauffée, il n’y a ainsi aucun danger.
- Après avoir conformé, on maintient dans l’état convenable jusqu’à complet refroidissement.
- 2° Il ne faut pas compter recoller des branches de lunettes en celluloïd, car les surfaces à joindre sont trop petites pour que, même avec la meilleure colle, il y ait une résistance suffisante pour une manipulation constante. A notre avis, dans un cas de ce genre, le mieux est de raccorder les branches par un petit tube d’or, d’argent ou d’aluminium.
- P.-S. Les applications du celluloïd que vous prévoyez sont aujourd’hui courantes. M. IIibernac, a Marseille.
- Quoique neutre, la glycérine n’est pas toujours inerte.
- Malgré son étymologie (Glulceros = doux) la glycérine ne présente pas toujours le caractère d’inertie et d’adoucissant que l’on est tenté de lui attribuer. On oublie trop souvent que la glycérine représente en puissance des propriétés éminemment explosives et qu’il suffit de mettre à sa disposition une quantité suffisante d’oxygène pour qu’une combustion complète, fournissant uniquement des produits gazeux, soit réalisable, sous l’action d’un déterminant, tel qu’une légère élévation de température.
- La réaction toujours éventuelle est en effet la suivante :
- C3II*03 +70= 3C02 + 4H-0
- Il faut donc éviter d’uné façon absolue de mettre de la glycérine à portée de réservoirs d'oxygène tels que le chlorate ou le permanganate de potasse, par exemple dans la préparation des masses combustibles éclairantes pour production d’éclairs eu photographie instantanée.
- A plus forte raison ne faut-il pas mettre de la glycérine dans un flacon où l’on va préparer de l’oxygène naissant donc plus actif, par décomposition aqueuse de l’oxylithe, cela sous prétexte de ralentir le dégagement, comme l’a conseillé certain Manuel de chimie; on ne saurait se mettre dans des conditions meilleures pour obtenir un explosif, puisque dans la pratique, quand on fabrique la nitroglycérine, on ne fait autre chose que mettre à la disposition des combustibles, carbone et hydrogène contenus dans l’élément glycérine, la quantité d’oxygène nécessaire pour une combustion complète, sans qu’il soit utile de faire intervenir l’air.
- En résumé, il faut nous méfier du caractère doucereux de la glycérine; rappelons-nous que Nobel y a attaché son nom et que si elle nous donne les glycérolés adopcissant des crèmes pour la peau, elle fournit aussi la dynamite.
- École Normale de Rodez (Aveyron).
- Pourquoi certaines eaux sont ocreuses.
- Les eaux naturelles qui après émission par la source se couvrent d’une pellicule brune et abandonnent un dépôt de consistance glaireuse sont des eaux dites crénacées dans lesquelles le fer est associé aux acides crénique et apocrénique découverts par Berzélius dans l’eau de Porla en Suède et dont on a ensuite constaté la présence dans de nombreuses eaux françaises parmi lesquelles nous citerons les eaux de Forges, de Bussang, de Provins, etc.
- D’après Mulder l’acide crénique aurait pour constitution C12H,20,î et l’acide apocrénique C24II12012, mais cette constitution n’a pas été confirmée par des analyses récentes.
- L’épuration des eaux de cetLe nature, lorsque l’on n’a pas en vue l’utilisation médicale, doit porter surtout sur la destruction des matières organiques constituant essentiellement les crénate et apocrénate de fer. Dans ce but les permanganates de potasse ou de chaux sont les produits qui donnen* les meilleurs résultats.
- On commence par faire une solution de permanganate à titre connu, par exemple 5 grammes par litre, puis on ajoute un volume connu de cette solution à un volume également connu d’eau à épurer de telle manière quç le tout prenne une coloration violette bien accentuée.
- On attend alors quelques heures. Si la coloration n’est pas persistante, on ajoute encore du permanganate, cela est répété, jusqu’à ce qu’on ait constaté que l’eau reste définitivement colorée.
- On note alors la quantité de permanganate qu'il faut utiliser pour l’épuration du volume d’eau que représente le réservoir dont on dispose. Chaque fois que l’on aura à épurer de l’eau, on lui ajoutera la quantité de permanganate que l’expérience a montrée nécessaire.
- On laisse déposer le sédiment ferrugineux et manganique, puis, par un robinet placé à quelque distance du fond, on fait évacuer l’eau sur un filtre à charbon de bois qui fait disparaître la coloration violette, autrement dit toute trace de permanganate en excès; on obtient ainsi une eau limpide, incolore et parfaite pour la consommation.
- J. C., a Mezerav (Sarthe).
- Quels ont été les principaux fumigènes employés pendant la guerre?
- En France on a d’abord utilisé les chlorures volatilisés des métaux courants : zinc, fer, cuivre, aluminium obtenus par réaction d’un métal en poudre ou à l’état naissant sur le tétrachlorure de carbone ou le tétrachlorure d’acétylène (Procédé Berger). Puis on s’est servi d’un mélange de chlorure de titane et de chlorure d’étain (Procédé Urbain-Verdier).
- Complémentairement, des études très poussées ont été faites par M, Guignard pour l’obtention de dérives polycblorés des hydrocarbures aromatiques (benzène, naphtaline) ainsi que par M. Bertrand sur différents hydrocarbures polycblorés, mais le maximum d’efficacité a été réalisé avec les fumigènes à basis métalliques.
- En Allemagne, pendant tout le cours des hostilités et en particulier à la bataille du Jutland, c’est un mélange de chlorbydrine sulfurique S03HC1 et d’anhydride sulfurique SO3 qui a permis de produire avec abondance les nuages artificiels à l’abri desquels la flotte allemande a pu s’enfuir. Le grave défaut de ces produits fumigènes était d’attaquer tous les métaux environnants et d’être toxiques pour.les combattants qui les employaient.
- M. Labiue, a Saint-Magne-de-Castillon.
- P.-S. Pour empêcher une souche d’arbre que vous aurez arasée de produire des rejets, il vous suffira de percer dans le bois quelques trous au moyen d’une tarière et de verser dans ceux-ci de l’acide sulfurique an tiers (1000 cm3 d’eau, 500 cm3 d’huile de vitriol du commerce). Avoir bien soin de verser doucement l’acide dans l’eau et de ne pas faire le contraire. Refroidir le vase oiï se fait le mélange eu le plaçant par exemple dans un baquet à demi plein d’eau.
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- = 288 ~..................................... ..........=
- Evitons que les parquets ne deviennent glissants.
- Si dans certains cas, salle de bal ou de réception, on désire que le parquet ait l’aspect d’un* miroir, dans d’autres, au contraire, pour jouer au tennis par exemple, on demande que le parquet ne soit pas glissant.
- Ce résultat peut être obtenu d’une façon très simple, soit en répandant à la volée sur le parquet quelques poignées de colophane (résine ordinaire) réduite en poudre fine, soit en mettant cette colophane sur une planchette pour que les joueurs y frottent les semelles de leurs chaussures avant de commencer la partie. Ainsi ils seront certains de ne pas déraper et leur jeu y gagnera de la sûreté. ' M. A. Bernard, a Paris.
- Comment remettre en bon état les surfaces stu-quées.
- Ainsi que nous l’avons rappelé dans un article précédent (réponse à M. Soukin d’Ermont), le stuc est obtenu en gâchant du plâtre avec de l’eau additionnée de colle forte.
- Lorsque, au bout de quelque temps, la surface du stuc s’est souillée par les contacts divers qu’elle a pu éprouver, il suffit pour lui rendre son aspect primitif, d’abord de la nettoyer en passant légèrement une éponge douce imprégnée d’eau savonneuse, on rince soigneusement, puis, la surface étant encore fraîche, on passe avec un pinceau queue de morue une couche de la solution suivante tiède, :
- Eau non calcaire.......... 500 centimètres cubes
- Sulfate d’alumine........... £0
- Gélatine blanche............ 10
- N. B. Si le stuc est teinté en jaune on peut remplacer la gélatine par la colle forte. Pour avoir une bonne dissolution, faire tremper celle-ci pendant une nuit dans l’eau froide, puis liquéfier au bain-marie. M. Del Valle.
- Enduits pour murs humides.
- Lorsqu’un mur est humide, cela provient ou de la porosité des matériaux qui le constituent et qui aspirent l’humidité du sol,'ou bien de ce que la face extérieure du mur est particulièrement exposée à la pluie. D’une manière générale, on doit surtout chercher à supprimer la cause d’ascension de l’eau ou sa réception. Cependant on peut obLenir des résultats très satisfaisants en enduisant le mur de la composition suivante :
- Cire jaune.................. 100 grammes
- Essence de térébenthine. . . 4000 centimètres cubes.
- Après dissolution sur des cendres chaudes (non sur un feu flambant de crainte d’inflammation) on tient le mélange tiède, puis on chauffe le mur sur une certaine surface avec une coquille garnie de charbons ardents; quand on juge que cette partie du mur est bien sèche, on y applique la mixture avec un pinceau plutôt dur de façon que la pénétration soit au moins de un centimètre et que la cire ne reste pas superficiellement.
- On recommence l’opération à côté et on la poursuit de manière que tout le mur ait ainsi un revêtement imperméable, on pourra ensuite faire toutes applications de peinture ou de papier sans qu’il se présente désormais d’inconvénients.
- MM. Guerre-Stains et Renaud.
- A maintes reprises, nous avons signalé que le polissage du marbre n’était qu’une question de patience, en commençant par un abrasif grossier tel que le grès et en finissant par la potée d’étain et la raclure de plomb; à part cela aucune difficulté pratique.
- Précisions sur la bakélite.
- Ainsi que nous l’avons exposé dans le numéro du 15 juillet 1927, la bakélite doit passer successivement par les états A, B et G ; c’est sous les états A et B qu’elle est manipulée pour l’incorporation aux masses ou l’application sous forme de vernis ou d'enduits, mais on n’obtient de la bakélite toutes les qualités de résistance, que si elle est amenée sous la forme finale de bakélite G, par passage en autoclave où on la porte à la température de 140ÜC; cette opération essentielle a reçu le nom de bakélisation.
- On peut évidemment s’arrêter à des dissolutions sous les formes intermédiaires à l’état de vernis, mais les enduits donnés par ceux-ci n’ont ni l’insolubilité, ni la dureté de la bakélite proprement dite.
- Dans le cas qui vous occupe, nous ne pensons pas qu’un vernis de ce genre vous donnerait satisfaction ; un vernis cellulosique, sous les formes courantes du commerce, conviendrait beaucoup mieux. A. B. C. Section technique.
- Comment établir une patinoire artificielle.
- Lorsque l’on a en vue l’installation d’une patinojre artificielle, il faut commencer par établir une « forme » très solide de manière qu’aucun mouvement du sol, susceptible d’amener des fissures, ne se produise.
- On devra par conséquent afïouiller plus ou moins profondément suivant la nature du terrain, puis couler un béton dont l’épaisseur sera basée sur les mêmes considérations.
- Le point capital sera ensuite de recouvrir ce béton d’un enduit imperméable ne permettant aucune infiltration dans l’épaisseur de la masse. On doit en effet se souvenir que le maximum de densité de l’eau est à 4°G, par conséquent en passant à l’état de glace l’eau augmente de volume et produit l’éclatement des matériaux dans lesquels elle est occluse.
- Pour répondre à ce desideratum, le mieux est de réaliser cet enduit au moyen de produits asphaltiques type pouzzolanes appliqués à chaud et lissés de même. Ces terres asphaltiques ayant en outre la propriété d’être mauvaises conductrices de la chaleur empêcheront la congélation de la masse sous-jacente, congélation pouvant en provoquer la rupture.
- Bien entendu tous ces travaux doivent se faire en belle saison et on attendra que la forme soit absolument sèche, lors de l’application de la couche d’asphalte si on veut obtenir l’adhérence de celle-ci.
- Adresses : Compagnie française des Asphaltes, 15, rue Can-tagrel, 15e. Société Anonyme des Bitumes et Asphaltes du Centre, 26, rue Cambon. Société Nouvelle des Asphaltes, 83, rue Petit. Asphaltes de Sicile, M. Vasile, 23, rue Saint-Lazare. Entrepreneur spécialisé pour travaux de ce genre, M. Lorin, 17 bis, rue Juge, 15°.
- Recharge normale des accumulateurs.
- Tout d’abord l’intensité de recharge doit être égale au dixième de la capacité de la batterie en ampères-heure. Par exemple une batterie de 40 ampères est soumise à un régime de charge de 4 ampères.
- A fin de charge, la densité de l’électrolyte ne doit pas dépasser 18° à 20° Baumé.
- La tension doit être de 2V,5 par élément, latension étant mesurée, les accumulateurs encore en circuit et non séparés.
- Les accumulateurs seront de préférence montés en série pour utiliser d’une part au maximum la différence de potentiel disponible sur le secteur (110 volts en continu) au lieu de la dissiper dans des résistances et d’autre part pour éviter des actions réciproques d’un élément sur un autre, qui peuvent se produire dans le cas d’accumulateurs insuffisamment formés.
- Durant la décharge, ne pas descendre au-dessous de lv,8 par élément, la densité de l’électrolyte peut être à ce moment de 12 à 13° Baumé.
- Si le niveau du liquide vient à baisser, en principe c’est de l’eau distillée qu’il faut ajouter et non de la solution acide, ni de l’eau ordinaire. M. Delorme, a l’Arbresle (Rhône).
- P-S. Pour remédiera l’altération de l’ébonite au contact de l’air, il suffit de passer à la surface de l’objet une couche de vernis à la gomme-laque, en ayant soin que ce vernis soit assez étendu d’alcool pour qu’il ne produise pas d’irrégularités.
- De tout un peu.
- M. R. a Toulouse. Si les piverts viennent s’attaquer à vos contrevents c’est que le bois est envahi par des insectes (Bupreste, Lymexylon, Lucanus, Saperde Orcheste, Bostriche, Scolyte, etc.), que ces oiseaux viennent déloger pour s’en nourrir. Il faut donc commencer par détruire ces insectes dont les galeries doivent pouvoir être décelées en y introduisant du tétrachlorure de carbone. Reboucher les ouvertures avec un mastic à la céruse, non à la craie comme l’est le mastic de vitrier. Enfin donner au moins deux couches d’une bonne peinture à l’huile également à fond céruse.
- Dans ces conditions, vous ne devez plus revoir ni insectes, ni piverts.
- 96.287. — Paris, lmp. Lahure. — 15-9-28.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, no, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VL (T{. C Seine : i5,23q) Tel. Littré 4.8-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur France et Colonies : 12 mois (24 n°*), 70 fr. ; — 6 mois (12 u°'|, 35 fr.
- Prix du numéro vendu en ['rance : 3 fr. 50
- Tar
- jiâi pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*1), 85 fr. ; — 6 mois (12 n°*), 43 fr.
- Sri! pour l'étranger : Tarif n• i
- Un an . Six mois
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n® 2 '
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- N* 2794.
- LA NATURE
- Ier Octobre J 928,
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- LE IIIe RALLYE DES CARBURANT^HNATIC^AUX
- FRANCO-BELGE
- LA FRANCE DISPOSE MAINTENANT DE PLUSIEURS CARBURANTS DE REMPLACEMENT
- Il y a 10 ans que la France a inscrit la question des carburants de remplacement à l’ordre du jour de ses préoccupations économiques. Le problème était d’ordre exclusivement technique. On pouvait donc compter, pour le résoudre, sur l’esprit inventif de notre race. Cet esprit
- notre production nationale. Ces ressources sont variées. Les solutions peuvent donc être, et sont en réalité, multiples. De cette idée s’inspire à l’heure actuelle notre politique des succédanés, dont l’orientation a été nettement définie, l’an dernier, par M. Louis Pineau, direc-
- Fig. 1. — Le départ, place de la Concorde. r
- Au premier plan, à gauche : un camion à gazogène qui a accompli tout le parcours avec une charge de 7 tonnes de pavés.
- n’a pas manqué de s’exercer dans des voies diverses et les résultats sont aujourd’hui tangibles. C’est ce dont, sans vain tapage, avec le seul éclat qui s’attache à la démonstration publique des faits, le IIIe Rallye des carburants nationaux vient de donner la preuve.
- Les données du problème sont connues de tout le monde. Le développement de la motorisation, étroitement lié à l’évolution de la vie moderne, implique une consommation croissante d’essence. De cette essence, nous produisons à l’heure actuelle envii’on les 3 pour 100 de notre consommation. Le reste doit être demandé à l’importation; c’est, en tout temps, une lourde charge pour la balance commerciale, c’est, en cas de conflit international, un point faible de notre défense auquel il faut, à toute éventualité, parer avec les ressources de
- teur de Y Office national des combustibles liquides dans son « Rapport sur la politique française des carburants » : Ne pas s’attacher à la recherche d’une solution unique, mais accorder un égal intérêt à toutes les solutions possibles. Ne pas s’hypnotiser sur le carburant national, encourager les carburants nationaux, même si chacun d’eux ne doit procurer qu’une solution fragmentaire. Un carburant d’usage restreint à une région donnée, ou qui semble ne devoir convenir qu’à une catégorie de véhicules, apporte pour sa part, à la solution générale du problème, une contribution qui n’est pas négligeable.
- Voilà le sens des directives dé l’Office que l’on voit toujours disposé à encourager les initiatives honnêtes, à seconder les efforts sérieux.
- C’est à placer ces initiatives et ces efforts sous les yeux
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- du public que s’applique de son côté Y Automobile Club dé France quand il organise des rallyes de carburants nationaux. *
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- UNE EXPOSITION AMBULANTE DES SUCCÉDANÉS NATIONAUX DE L'ESSENCE
- L’épreuve a pour but une démonstration pratique de l’utilisation des carburants autres que l’essence d’importation; elle a, par suite, un caractère essentiellement scientifique, technique et économique.
- Ce n’est pas une course, pas davantage un concours ; c’est une exposition mobile. Dans l’esprit de l’A. C., la formule rallye ne supprime pas les concours; bien au contraire, elle s’appuie sur eux et soumet, en quelque sorte, leurs conclusions à l’examen du public. Mais cette formule exclut l’idée de classement. Aussi bien l’A. C. s’en est-il expliqué en ces termes : « Dans un concours, il y a un examiné, le concurrent ; un examinateur, le pouvoir technique qui a organisé l’ëpreüve; un programme d’examen qui est le règlement dont la rédaction s’inspire non seulement du désir d’obtenir un résultat pratique déterminé, mais encore des idées que se fait l’examinateur de la manière dont ce résultat peut être obtenu. Or, il arrive que les besoins des usagers sont plus ou moins en désaccord avec les idées qui ont guidé l’examinateur; le résultat peut être désastreux, car le concours risque en pareil cas d’orienter les constructeurs dans une voie fâcheuse.
- « D’autre part, les solutions apportées au problème du carburant national sont, dès maintenant, differentes et conviennent à des usages également très différents. Elles ne sauraient être soumises aux comparaisons et aux classements d’un concours d’ensemble, à coefficients toujours plus ou moins arbitrairement choisis. Peu importe au propriétaire d’une voiture grand sport que la tonne kilométrique revienne, avec un gazogène à bois ou à charbon de bois, à un prix moins élevé qu’avec l’essence de tourisme, mais il n’en est plus de même si l’on peut trouver dans les carburants liquides présentés un combustible moins dispendieux que l’essence, surtout si l’emploi de ce combustible rend la conduite de la voiture plus agréable. »
- Mais qui dit épreuve, dit contrôle. Au public, juge, il faut une garantie, celle de la sincérité des résultats qui lui sont présentés.
- Aussi bien les participants aux rallyes doivent-ils se soumettre à toutes les vérifications prévues par le règlement de l’épreuve en vue de s’assurer qu’ils emploient bien le carburant indiqué dans leur engagement et même, éventuellement, de constater que le poids transporté et la vitesse démarché réalisée correspondent aux exigences des services pouvant être réclamés des véhicules engagés.
- « Le comité d’organisation se réserve le droit de faire en cours de route :
- 1° Des prélèvements des combustibles utilisés ;
- 2° Des essais de consommation à titre documentaire », disait expressément le règlement du IIIe rallye. Pour exercer son contrôle, le comité disposait de techniciens qualifiés de l’Automobile Club et d’officiers spécialistes
- accrédités, à cet effet, par le Ministère de la Guerre.
- Facilité par la bonne grâce avec laquelle les participants s’y prêtaient, ce contrôle fut, en fait, exercé de façon constante, du départ à l’arrivée, avec une discrétion et un tact qui n’excluaient pas le souci d’une scrupuleuse information.
- A TRAVERS LA FRANCE, LA BELGIQUE ET LE LUXEMBOURG. UN ITINÉRAIRE JUDICIEUX
- L’an dernier l’itinéraire s’était développé sur 2812 km à travers le Massif Central, le Sud-Est, le Midi, le Sud-Ouest et l’Ouest de la France. Un peu plus réduit cette année, le parcours ne comprenait que 1577 km dont une partie se déroula en Belgique et au Luxembourg.
- Aussi le Royal Automobile Club de Belgique s’était-il associé à l’organisation de ce IIIe rallye, qui prit, de ce fait, le caractère d’une manifestation internationale et procura une occasion nouvelle de resserrer les liens de cordiale amitié qui nous unissent à nos voisins Belges et Luxembourgeois.
- Le tracé de l’itinéraire avait été particulièrement heureux en ce sens qu’il imposait des routes de qualités très inégales allant, sur certains tronçons, des somptueuses chaussées bétonnées, qui donnent l’illusion d’au-tostrades, à de médiocres macadams qu’aucun goudronnage n’avait tenté jusqu’ici d’adapter à la circulation automobile, en passant par les longues routes pavées, toutes sillonnant des terrains d’une configuration très variée et procurant par suite tous les aspects que la route peut offrir aux automobilistes, sauf peut-être ceux de la haute montagne.
- Parti le 9 juillet de la place de la Concorde, le rallye était de retour le 30 à la porte de Vincennes, s’étant arrêté 6 jours pleins en divers endroits. Voici quelles villes jalonnèrent son itinéraire : Meaux, Soissons, Laon, N.-D.-de-Liesse, Reims, Mézières-Charleville, Mau-beuge, Mons, Bruxelles, Liège, Luxembourg, Longwy, Thionville, Metz, Sarreguemines, Saverne, Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Belfort, Luxeuil, Epinal, Nancy, Saint-Dizier, Châlons-sur-Marne, Coulommiers.
- En chacun de ces points les véhicules furent exposés pendant deux heures au moins sur une place publique. Partout ils soulevèrent un très vif mouvement de curiosité.
- A Laon, le passage du rallye coïncida avec la tenue du Ier Congrès International de la Tourbe qui entendit à cette occasion deux conférences particulièrement intéressantes, l’une du colonel Lucas-Girardville, président de la commission des carburants nationauxà l’A. C. F., sur « les carburants de remplacement » ; l’autre du colonel Sainte-Claire Deville, directeur des laboratoires centraux des mines domaniales de la Sarre, sur « la réactivité des combustibles solides ».
- A Strasbourg, le rallye recoupa le VHP Congrès de chimie industrielle qui avait organisé, en son honneur, une journée des combustibles. Des considérations concernant l’utilisation du carbone comme carburant économique de remplacement, sur lesquelles nous reviendrons plus loin, furent développées, à cette occasion, par l’ingénieur Charles Roux.
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- Judicieux, l’itinéraire ne le fut donc pas moins lorsque les organisateurs du rallye, en créant ces coïncidences dans le temps, procurèrent aux inventeurs et aux constructeurs d’utiles points de contact avec des réunions savantes qui formaient pour eux autant de publics éclairés.
- LES CARBURANTS ENGAGÉS
- Tous étaient admis, à l’exclusion de l’essence d’importation. Encore celle-ci n’était-elle pas totalement proscrite. D’une part, en effet, mélangée à tout autre carburant, elle était autorisée dans la proportion de 50 pour 100 ; d’autre part, le démarrage à l’essence était prévu en cas de nécessité et les véhicules obligés d’y recourir autorisés à disposer, à cet effet, d’un réservoir auxiliaire d’une capacité maximum de 5 litres pour les camions de plus de 3 tonnes de charge utile, de 3 litres pour les autres camions ou camionnettes, de 1 litre pour les véhicules de tourisme. Tous les véhicules de-
- pas inscrits cette année, indice que la pratique industrielle opère son action sélective, qu’un tassement se produit au profit des procédés le mieux appropriés aux données du problème, preuve donc que l’on serre de plus près les solutions définitives.
- Par ailleurs, les carburants qui concouraient pour la première fois ne se réclamaient pas à proprement parler de principes nouveaux. Là où elle apparaissait, la nouveauté était, à la recherche d’une formule scientifique, le fruit d’une étude systématique. Cette remarque s’applique
- Fig. 2 (en liautj. — Deux voitures de tourisme de luxe, une 23 ch Peugeot et une 40 ch Renault, pourvues de gazogènes alimentés au synthocarbone. —Fig. 3 (au milieu). — A Laon. A gauche : autobus a huile lourde. — Fig. 4 (en bas). — Au premier plan : omnibus à gazogène, dans lequel M. le colonel Ferrus, directeur du rallye, a fait tout le parcours.
- vaient en outre être à même de prouver, à titre de démonstration, qu’ils étaient, à tout moment, capables de substituer l’essence au combustible engagé si une impossibilité de ravitaillement en ce combustible se produisait.
- A notre connaissance — et nous avons suivi le rallye dans la plus grande partie de son parcours — il ne fut fait que très modérément usage de ces facilités, la grande majorité des véhicules n’ayant eu en aucune circonstance, même pour le démarrage, à recourir à l’essence.
- Les carburants engagés étaient : les produits de la distillation de la houille, gaz de ville et benzol ; des carburants liquides de remplacement, l’alcool méthylique de synthèse, l’huile lourde; le carbone sous différentes formes utilisables dans les gazogènes.
- Tous ont subil’épreuve avec succès. Ainsi s’est trouvée confirmée l’idée, émise dès l’abord, que le problème des carburants admet des solutions diverses. Mais dans chaque catégorie de solutions le nombre des procédés présentés est apparu en régression plutôt qu’en progression. Certains carburants engagés l’an dernier n’étaient
- très exactement au « synthocarbone », sur lequel nous allons revenir, et qui apparut comme une nouveauté fort intéressante, puisqu’il apportait une solution que l’on peut dire inespérée au problème de l’adaptation du gazogène à la voiture de tourisme. Cette nouveauté procède d’un effort patient et méthodique poursuivi au laboratoire par les méthodes et avec les moyens des chimistes. Ce sont de tels efforts qui donnent des résultats.
- Il faut renoncer à l’idée que le problème des carburants de remplacement est justiciable de l’éclair de génie ou de la baguette magique. Si l’on ne trouvait pas d’autre
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- enseignement à tirer du IIIe rallye des carburants, celui-ci suffirait déjà à justifier son utilité.
- LE GAZOGÈNE A CHARBON DE BOIS A RÉSOLU LE PROBLÈME DU CARBURANT ÉCONOMIQUE POUR LE « POIDS LOURD »
- Depuis le premier concours de gazogènes transportables, organisé il y a quelqjues années par V Office national des recherches et inventions et qui, en démontrant la possibilité pratique d’emploi du gaz à l’eau dans la traction, automobile, fut une véritable révélation, de multiples épreuves ont toutes confirmé que le gazogène convenait parfaitement aux « poids lourds » et que le charbon de bois constituait un carburant pouvant lutter avantageusement avec l’essence. Le fait est si bien démontré que d’ores et déjà, en certaines régions — c’est le cas par exemple pour le département de Loir-et-Cher — les services publics d’omnibus automobiles ont, tous,
- Fig. 5» — Camion équipé par la Société du Gaz de Paris et marchant au benzol.
- substitué le gazogène à l’essence. On pouvait donc s’attendre à voir les camions à gazogène figurer avec honneur au IIIe rallye des carburants nationaux franco-belge. En fait cette catégorie de véhicules alignait un nombre important de concurrents. On en comptait 8, près du tiers des véhicules engagés qui étaient exactement 25.
- Tous confirmèrent les résultats connus et apportèrent de nouvelles précisions au sujet de l’économie procurée parla consommation du charbon debois, carburant national. Et comme il n’était pas mauvais de corser l’épreuve, l’un de ces camions que l’on voit représenté ici (fig. 1) fit le trajet de bout en bout avec une charge de 7 tonnes de pavés, qu’il transporta allègrement, se montrant par surcroît attentif à porter, à l’occasion, une aide efficace à des camarades qui ne transportaient que leur propre poids — l’occasion se présenta notamment au cours du passage assez difficile des Ardennes belges :— et se tirant lüi-même d’embarras par ses propres moyens lorsqu’il advint que les hasards d’une mauvaise route le mirent
- dans un mauvais pas. C’est tout près du but qu’il rencontra ce mauvais pas. Au cours de la dernière étape, à la sortie de Montmirail, ayant voulu dépasser une voiture arrêtée au milieu de la route, le camion en question roula sur une tranchée latérale fraîchement recouverte et s’y enfonça des deux roues du même côté. Situation critique, que tout le monde jugea désespérée. Or, à l’étonnement général, le camion aux 7 tonnes de pavés franchissait la porte de Vincennes, point terminus du rallye, 30 minutes avant l’heure fixée pour l’arrivée. Sans aucun secours du dehors et en dépit de sa lourde charge, il s’était tiré d’affaire par ses propres moyens.
- Du « poids lourd », la traction à gazogène s’est étendue au « poids moyen ». Le petit autobus à 9 places (type omnibus d’hôtel) que l’on voit représenté ici (fig. 4) en est la preuve.
- AVEC LE SYNTHOCARBONE LA SOLUTION
- DU GAZOGÈNE EST ÉTENDUE A LA VOITURE DE GRAND TOURISME
- C’est un résultat et fort intéressant. Si, en effet, on était d’accord — et d’accord peut-on dire dès la première épreuve — pour reconnaître que le gazogène convenait à la traction des poids lourds, on admettait pareillement que son usage ne paraissait pas devoir être étendu à la voiture de tourisme. Sans doute les tentatives faites — notamment lors du Ie1' Congrès de Blois — avaient-elles montré qu’il n’y avait, à cette extension d’usage, aucune impossibilité technique. Mais, inélégant, encombrant et salissant, le gazogène semblait condamné à ne recevoir jamais qu’un accueil très réservé de l’automobiliste soucieux d’esthétique et de confort, autant que de vitesse et d’économie. L’épreuve qui vient d’être courue a démontré, avec éclat, que cette opinion devait être réformée.
- On a pu voir, en effet, dans le rallye, engagées par la Société minière franco-belge, deux voitures de tourisme de luxe, une 23 ch Peugeot et une 40 ch Renault équipées de gazogènes qui, ainsi que le montrent nos illustrations (fig. 2 et 8) ne déparaient, ni n’encombraient la carrosserie. Sur l’une comme sur l’autre, la caisse parallélépipédique du gazogène était disposée à la partie avant, sur le marchepied de droite, à la manière d’une malle. Assurant à l’œil la symétrie de la voiture, un épurateur de même forme lui faisait pendant sur le marchepied de gauche. Sombres sur la voiture Renault de couleur foncée, ces accessoires étaient aluminés sur le cabriolet Peugeot de teinte crème. Ainsi incorporés à la ligne de la voiture, ils n’en modifiaient pas l’aspect et n’introduisaient, par suite, aucune disgrâce dans sa silhouette. Restait le reproche d’être salissant. C’est surtout par la nature du carburant employé que ce reproche put être écarté. Il le fut complètement. Qui a suivi le rallye peut aujourd’hui certifier que la toilette claire la plus fraîche d’une élégante automobiliste n’a rien à redouter du voisinage d’un gazogène alimenté au synthocarbone.
- Qu’est-ce que le synthocarbone C’est un carburant dans lequel se trouvent incqrpbrés en quantités équilibrées des combustibles minéraux et végétaux, traités par carbonisation et agglomérés par de la tourbe.
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- Déjà, par l’opération de la granulation, la tourbe, réputée jusqu’ici combustible pauvre, avait été reconnue capable d’être élevée à la dignité de carburant riche ; et voici que dans ce carburant nouveau un rôle spécial lui est dévolu.
- Ainsi que nous le disions plus haut, ce carburant n’est pas une production spontanée, il est le résultat de l’effort patient d’un chercheur qui ayant observé et réfléchi s’est appliqué à corriger les défectuosités inhérentes aux produits naturels et qui, par des dosages très étudiés, a finalement établi la formule d’un combustible de gazogènes satisfaisant à toutes les exigences de la traction automobile, même, et surtout pourrait-on dire, aux exigences de la voiture de tourisme.
- Quelles considérations ont orienté les idées dans cette voie?M. Charles Roux a saisi, à Strasbourg, l’occasion du VIIC Congrès de chimie industrielle pour l’indiquer fort clairement.
- Lorsqu’on examine, a-t-il dit en substance, les diverses sortes de carbones susceptibles d’être employés comme carburants — charbon de bois, charbon de tourbe, semi-coke de lignite, semi-coke de houille — on constate que chacun pris séparément a ses qualités et ses défauts.
- Ainsi le charbon de bois, employé seul, est trop volumineux et, en agglomérés, son prix de revient est élevé. Le charbon de tourbe est moins coûteux, mais sa fabrication est limitée. Le semi-coke de lignite est friable et contient des impuretés, notamment du soufre. Le semi-coke de houille manque de réactivité et est le plus souvent trop cendreux.
- D’où l’idée qu’il a eue de faire appel à des carbones de diverses origines, pour produire un carburant amélioré techniquement et économiquement. Mélange de charbon de bois, de coke et de tourbe, le synthocarbone allie les qualités de ces divers carburants en éliminant au mieux leurs défauts. L’expérience du rallye a montré qu’un kilogramme de ce carburant équivalait à un litre d’essence et coûtait deux fois moins.
- Il y a donc là un résultat intéressant, plus peut-être pour la voiture de tourisme utilitaire, que pour celle de grand luxe sur laquelle la démonstration a été faite. Le propriétaire d’une telle voiture peut être moins regardant sur la dépense que celui pour qui l’automobile est un outil professionnel. Pour celui-ci : médecin, vétérinaire, voyageur de commerce, etc., économiser 50 pour 100 sur le carburant n’est pas une opération négligeable. Mais qui peut le plus peut le moins. La démonstration étant faite pour la voiture de grand luxe s’applique a fortiori à la voiture utilitaire.
- Voilà donc un point acquis et un progrès réalisé.
- LE GAZ DE VILLE CARBURANT NATIONAL
- L’idée d’employer les gaz combustibles à la propulsion des véhicules n’est pas nouvelle. Sans remonter à Lebon, l’inventeur du gaz de ville, qui dès 1799 avait pressenti cette utilisation et à Lenoir qui en 1860 l’avait réalisée, on peut rappeler que le tramway Saint-Denis-Porte de la
- Pi g- 0. — Deux autobus parisiens marchant au gaz de ville, équipés par la Société du Gaz de Paris.
- Devant : groupe d’officiers, mis parle Ministère de la Guerre à la disposition de l’Automobile Club pour le contrôle des épreuves.
- Chapelle était actionné au gaz vers 1896. Cependant, depuis le prodigieux essor du moteur à explosion, l’utilisation du gaz comme carburant s’est peu développée.
- « C’est, pourra dire M. André Pignot, ingénieur à la Société du Gaz de Paris, dans une remarquable conférence qu’il fit à la Société des Ingénieurs de Liège à l’occasion du passage du rallye dans cette ville, c’est que la question n’était pas au point : il fallait adapter d’une façon parfaite la voiture et le moteur à ce nouveau combustible et s’assurer que son emploi ne présentait aucun danger. »
- Que cette adaptation soit aujourd’hui réalisée, au moins Fig. 7. — Bouteilles à gaz à bord d’un véhicule.
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- Fig. S. — Locotracteur ayant servi au ravitaillement en gaz des véhicules qui ont utilisé ce carburant au cours du rallye.
- pour certains types de voitures, c’est ce que le rallye vient de démontrer. La Société du gaz de Paris avait, en effet, équipé au gaz deux autobus parisiens de la S. T. C. R. P. et un camion de l’A. C. F. (voiture avec remorque munie d’un compresseur et d’un surpres-seur dont la destination était de ravitailler les véhicules à gaz en cours de route. Ces deux autobus, du type 4 roues, et qui arboraient la pancarte « Gare Saint-Lazare — Gare de Lyon » (fig. 6) ont effectué le parcours dans des conditions fort satisfaisantes, encore que la diversité des sources d’approvisionnement en gaz (Paris, Béthune, Aniche, Reims, Liège, Ougrée-Marihaye, etc.), leur ait procuré une alimentation de composition assez variée et par suite de pouvoirs calorifiques assez différents. On a noté en cours de route les pouvoirs calorifiques suivants : 4300, 4400, 4500, 7700, 8300, 9500 cal.
- La consommation moyenne a été de 800 litres au kilomètre avec un gaz de composition normale, de 400 litres au kilomètre avec le méthane (ravitaillement d’Ougrée Marihaye).
- Sur chaque voiture de 8 tonnes, 6 bouteilles donnant ensemble 42 m5 de gaz étaient disposées sous le plancher comme l’indique la figure 7. Ces 42 m3 permettaient de parcourir 60 km en marchant au gaz ordinaire, 120 km au méthane.
- Quant à la sécurité, elle est subordonnée à l’observation de quelques prescriptions techniques que M. André Pignot a précisément fait connaître au cours de la conférence que nous rappelons plus haut.
- D’après lui, on peut comprimer sans danger à 150 ou 200 kg le rgaz de ville et l’emmagasiner dans des bouteilles aux conditions suivantes :
- 1° Le gazyde ville ne devra pas contenir plus de 5 à 6 pour 100 d’oxygène, cette teneur laissant d’ailleurs une forte marge de sécurité.
- 2° Le compresseur devra avoir un nombre d’étages au moins égal à 3 ; la vitesse linéaire des pistons devra
- être assez faible pour qu’avec un actif refroidissement par courant d’eau froide, la température à la fin de chaque étage ne dépasse pas 80°; entre chaque étage le gaz devra être ramené vers 20°. La lubrification sera faite à l’eau distillée.
- Voici donc un point — et fort important — élucidé encore à la faveur du rallye : le gaz de ville est un carburant possible, au moins pour certains véhicules. Quel intérêt son adoption pour les transports en commun présenterait-il ? Ce serait, à Paris, a pu dire le colonel Lucas Girardville, « le déficit supprimé » et pour beaucoup d'entreprises provinciales la possibilité de vivre en faisant moins appel aux subventions.
- Perspective bien capable de séduire les municipalités économes. Celle de Metz aura voulu,s’inscrire première parmi celles-ci. Dès après le passage du rallye dans cette ville, on annonçait, en effet, que sa municipalité avait décidé de substituer une navette d’autobus marchant au gaz, aux tramways circulant actuellement dans les rues du centre où ils causent de perpétuels encombrements.
- Mais dans un long parcours comme celui du rallye, il faut à un carburant nouveau un ravitaillement organisé.
- Celui du gaz l’avait été de façon remarquable par la Société du Gaz de Paris qui avait trouvé dans cette circonstance une nouvelle occasion de manifester l’intérêt qu’elle porte aux grandes questions d’économie nationale.
- Un locotracteur (fig. 8) avait été, à cet effet, équipé en usine roulante, comprenant, aménagés sur une plateforme de 20 tonnes : un compresseur à quatre étages, 30 bouteilles de réserve et un surpresseur qui était mis en action quand la pression était trop faible dans la réserve.
- LE BENZOL A PROUVÉ UNE FOIS DE PLUS SES QUALITÉS DE CARBURANT
- L’épreuve de la substitution d’un carburant à un autre fut faite au cours du rallye par les deux autobus de la
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- S. T. C. R. P. qui passèrent sans le moindre incident, pour un parcours limité, de l’alimentation au gaz à l’alimentation au benzol. Or le taux de compression des moteurs réglés pour la marche au gaz était nettement supérieur à celui admis pour l’essence. Alimentés à l’essence, ces moteurs auraient « cogné » ; au benzol, ils fonctionnèrent sans accroc, comme on devait s’y attendre. Ne sait-on pas, en effet, que c’est l’une des qualités techniques les plus précieuses du benzol que de se prêter à un accroissement notable du taux de compression volumétrique des moteurs. C’est ce que les techniciens expriment en disant que le benzol est antidétonant. Or, si le benzol peut supporter un taux de compression plus élevé, il fournit à consommation de calories égales un rendement supérieur à celui du même moteur alimenté à l’essence ; on l’a bien vu au cours du rallye dans lequel figuraient deux véhicules, un camion (fig. 5) et une voi-turette, alimentés au bénzol.
- Voici pour ces deux véhicules des résultats de consommation et de vitesse relevés en cours de route :
- En terrain plat (parcours Charleville-Mons) :
- Consommation, camion : 13,3 litres aux 100 km. voiturette : 5,2 — —
- Vitesse moyenne, camion : 41 km à l’heure.
- voiturette : 50 —
- En terrain accidenté (parcours Liége-Luxembourgi :
- Consommation, camion : 13,5 litres aux 100 km.
- voiturette : 5,1 — —
- Vitesse moyenne, camion : 30 km à l’heure, voiturette : 41 —
- Ce qui signifie que la consommation d’un véhicule, alimenté au benzol, n’est pas accrue, en terrain accidenté, pour peu que l’on consente à une réduction de la vitesse. Le benzol reste d’ailleurs par excellence le carburant « qui grimpe les côtes ». On l’a vérifié une fois de plus dans, les Ardennes belges et dans les Vosges où l’itinéraire du rallye comprenait des passages très accidentés.
- L'ALCOOL MÉTHYLIQUE DE SYNTHÈSE ET LES AUTRES CARBURANTS
- Parmi les autres carburants nouveaux engagés, il faut citer encore l’alcool méthylique de synthèse et l’huile lourde.
- L’alcool méthylique de synthèse carburé avec du benzol et de l’alcool éthylique a donné de très bons résultats. La formule de ce carburant à 60 pour 100 d’alcool méthylique synthétique des mines de Réthune a été donnée par M. Dumanois, directeur des services techniques de l’Office national des combustibles liquides, par application de ses théories sur l’onde explosive et l’auto-allu-mage.
- Employé seul, l’alcool méthylique de synthèse imposerait une consommation volumétrique double de celle de l’essence. Au contraire le mélange alcool méthylique-benzol-alcool éthylique admet la même consommation que l’essence. C’est ce que l’épreuve du rallye a entière-
- ment vérifié, apportant ainsi une confirmation éclatante aux théories du savant promoteur de ce carburant.
- L’huile lourde, consommée par un moteur Peugeot-Junkers d’un type spécial, sur un omnibus de la Compagnie lilloise des moteurs, a effectué également un parcours très démonstratif, prouvant que la marche au gasoil représente une économie très appréciable sur la marche à l’essence (fig. 3).
- D’autres carburants engagés : essence synthétique Kling, Nabol, briquettes de lignite, alcool-essence à 50 pour 100, ont, dans des limites plus ou moins étendues, apporté une contribution intéressante à la recherche de la solution du problème des carburants nationaux et subi avec honneur les épreuves du rallye.
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- ' Dans leur ensemble que démontrent ces épreuves ?Que nous sommes d’ores et déjà en possession de plusieurs carburants de remplacement qui sont non seulement utilisables à volonté, mais encore moins onéreux que l’essence, que le problème de l’adaptation du gazogène à la voiture de tourisme est résolu, et aussi que l’on travaille chez nous.
- Sur ce terrain des carburants, il est réconfortant de constater que les efforts des chercheurs d’élite trouvent auprès d’organismes officiels, comme l’Office national des combustibles liquides, les plus précieux encouragements et que d’importantes sociétés : Société du gaz de Paris, Mines d’Aniche, Mines de Béthune, Société minière franco-belge, grandes firmes d’automobiles, prêtent à ces efforts les puissants moyens d’action dont elles disposent.
- A cette cause nationale tout le monde est patriotiquement attaché.
- Il faut savoir gré à Y Automobile Club de France d’avoir, par une si heureuse initiative, procuré à tous l’occasion de le vérifier. Geohc.es Kimpflin.
- (2) . fl) . (3) (4)
- Fig. 9. — La rerue des voitures sur la place de la Concorde à l’arrivée du 3° rallye des carburants nationaux franco-belge.
- M. Pineau, directeur de l’Office national des Combustibles liquides (1), s’entretient avec M. Charles Roux (2), l’inventeur du syntho-carbone. A droite (3), le colonel Ferrus, directeur du rallye et (4) notre collaborateur, M. Georges Kimpflin.
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- LES MALADIES DES FRUITS
- Au même titre que les diverses autres parties de l’arbre, le fruit est susceptible de devenir la proie de parasites variés, insectes ou champignons, dont la connaissance présente, au point de vue économique, un incontestable intérêt.
- Dans cette étude, nous laisserons de côté les déprédations commises aux fruits par les insectes ravageurs de nos cultures, et nous nous occuperons exclusivement des dégâts dont se montrent responsables les organismes fongiques.
- La production fruitière française ayant été évaluée comme suit, pour l’année 1927 :
- Pommes et poires à cidre. . 3 563 000 tonnes
- Pommes et poires à couteau. 308 560 —
- Prunes....................... 77 226 —
- Prunes pour pruneaux... 8 401 —
- Cerises...................... 52 707 —
- Pêches. ................ 21762 —
- Abricots...................... 8 225 —
- Amandes....................... 5 365 —
- Cassis........................ 3 658 —
- Groseilles.................... 2 910 —
- Framboises............... 790 —
- on conçoit aisément l’intérêt économique d’une connaissance exacte de ces champignons, de leur biologie, des méthodes de lutte par lesquelles nous sommes en mesure de limiter ou de supprimer leurs méfaits.
- Les dégâts causés à l’arboriculture par ces parasites des arbres fruitiers se traduisent chaque année, en effet, par des pertes importantes. On estime, par exemple, que
- Fis'. 1. — Pêches envahies
- O
- par le Monilia.
- Fig. 2. — Dégâts du Coryneum sur abricots (Cl. Chabrolin.)
- pour l’ensemble des cultures fruitières de la Vallée du Rhône, les dommages causés par les maladies atteindraient la somme de 20 millions de francs, représentant 1/3 de la valeur de la récolte totale. Ce chiffre n’a d’autre prétention que celle de donner l’ordre de grandeur des pertes subies, que l’on ne peut d’ailleurs calculer que par estimation et non d’après des statistiques réelles.
- Les fruits représentent un milieu idéal pour l’évolution des organismes fongiques, parce que riches en divers éléments nutritifs dont ceux-ci ont besoin : sucres, matières grasses et protéiques, sels minéraux, acides organiques, tanin, cellulose, etc...
- On ne sera donc point surpris d’apprendre que les champignons fructicoles sont particulièrement nombreux; c’est ainsi qu’au cours d’une enquête récente, poursuivie par M. Marchai, en Belgique, durant 6 années consécutives, celui-ci a été conduit à identifier 67 espèces différentes.
- Il n’est point de raisons pour qu’à ce point de vue spécial, la flore cryptogamique française ne soit aussi riche que la flore cryptogamique belge.
- LES DEGATS PROVOQUÉS PAR LE « MONILIA »
- L’un des plus communs et des plus dangereux parmi ces champignons fructicoles est le Monilia, observé dès 1796 par Persoon sur des fruits tombés à terre, et dont l’importance économique est aujourd’hui capitale dans les divers pays producteurs de fruits. Il existe dans toutes les régions du monde où est pratiquée la culture fruitière : Europe, Amérique, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, où son extension et la gravité des dégâts qu’il détermine aux plantations sont toutefois limitées par les conditions climatériques ; ainsi il se montre très redoutable dans les régions fraîches des Etats-Unis, mais est rare ou presque inexistant en Californie, sauf en certaines localités humides.
- L’ubiquité du Monilia n’est cependant point la seule raison pour laquelle les arboriculteurs du monde entier s’accordent à voir en lui un néfaste ravageur de leurs cultures ; il convient de tenir compte aussi, à ce point de vue, de la possibilité qui est la sienne d’exercer son parasitisme non seulement à l’égard des fruits mais aussi envers les fleurs et les rameaux. La dessiccation des fleurs survenant au moment de la floraison de l’arbre, le flétrissement des rameaux qui les supportent ou même des pousses herbacées, la production de chancres sur les rameaux, une abondante sécrétion gommeuse sont, outre l’attaque des fruits, les manifestations essentielles du parasitisme du Monilia.
- Les abricotiers de la Vallée du Rhône souffrent, à de certaines années, très gravement du Monilia, dont les attaques sur fleurs et rameaux amènent parfois une réduction très sensible du rendement. En 1916, comme en 1917, les inflorescences et les jeunes pousses de ceri-
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- siers furent, en maintes localités de la région de Toulouse, grillées par le Monilia, lequel par ailleurs se révèle, en cette même région, un ennemi particulièrement redoutable du cognassier.
- Mais c’est en tant que champignon fructicole que le Monilia nous intéresse plus spécialement en cette étude.
- Le Monilia peut attaquer la plupart des fruits (nèfles, coings, prunes, abricots, pêches, cerises, pommes, poires, etc..,), sur lesquels il détermine l’apparition d’une « pourriture brune », bien connue sous les noms de « rot brun » ou de « brown rot ». La chair brunit autour du point d’attaque, l’altération se communique peu à peu à tout le fruit: selon les cas, celui-ci pourrit, ou bien se dessèche et se momifie en restant attaché à l’arbre. A la surface du fruit apparaissent bientôt de petits coussinets gris ou jaunâtres, souvent disposés en cercles concentriques autour du point de pénétration du champignon, et qui ne sont autres que les amas de spores ou organes de multiplication de celui-ci ; par ces spores, aisément transportées par le vent, la pluie ou les insectes, est assurée la dissémination du parasite.
- Le Monilia peut parfois se montrer responsable d’un type nettement différent d’altération de fruit, qui a été observé chez la pomme et qui se présente comme suit : le fruit revêt une teinte noir jais, la peau se ratatine et devient luisante ; aucun indice extérieur relatif à l’existence d’un organisme pathogène ne peut être décelé. Cette « pourriture noire » des pommes peut apparaître au verger, où elle s’accompagne d’une chute prématurée des fruits, mais a été observée le plus fréquemment dans les fruitiers.
- La pénétration du Monilia a l’intérieur du fruit peut survenir au niveau des stomates ou ouvertures naturelles que présente l’épiderme qui le recouvre, mais elle est grandement facilitée par l’existence de piqûres ou de déchirures, si bien que les fruits piqués ou tombés à terre sont plus particulièrement atteints. Les blessures causées aux fruits par les piqûres d’insectes sont aussi très souvent à l’origine des infections par le Monilia ; on a remarqué, dans certains cas, que les insectes étaient responsables de 93 pour 100 des contaminations observées. Le développement du Monilia est fréquemment lié aux dégâts causés par le Carpocapse ou ver des pommes et des poires ; de même, les morsures des guêpes et des frelons favorisent la pénétration du Monilia dans les fruits.
- Les diverses variétés de fruits présentent une inégale sensibilité aux attaques du Monilia, qui, par ailleurs, sont d’autant plus à craindre que la maturité du fruit est plus avancée. L’humidité de l’atmosphère, en favorisant la croissance du champignon, la production et la dissémination de ses spores, comme aussi en rendant le fruit plus aqueux et plus tendre, le rend plus susceptible à la pourriture brune.
- Le Monilia est un redoutable ennemi des fruits, tant au verger que dans les locaux de conservation ou dans les cagettes durant le transport à destination des centres de consommation.
- Si, en Amérique, la pourriture brune peut être considérée comme une maladie insignifiante des pommes —
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- Fig. 3. — Cerisier ravagé par le Coryneum. (Cl. Faes.) Photo prise à La Bourdonnette-sous-Lausanne, le 17 juin 1924.
- alors qu’elle est beaucoup plus redoutable, chez ce même fruit, en Europe, Angleterre surtout — le Monilia cause des dégâts très sensibles aux plantations d’arbres fruitiers à noyau des diverses régions du monde.
- En Amérique, le « brown rot » est plus préjudiciable au pêcher que toutes les autres maladies réunies de ce même arbre, excepté l’une d’entre elles, le « peach yellows » ou chlorose infectieuse. Les dégâts moyens annuels dont il se montre responsable sont évalués de 25 à 35 pour 100 du rendement, soit de 3 à 4 millions de dollars ; son extension est particulièrement rapide dans les régions humides du Sud des Etats-Unis où le Monilia peut détruire pratiquement la récolte tout entière en l’espace dé 10 ou 15 jours.
- La pourriture brune peut prendre aussi une dangereuse extension en cours de transport, si l’atmosphère est chaude et humide ; en 1919, on observa aux Etats-Unis, sur 1614 wagons de pêches provenant de 24 états différents et expédiés à destination des principaux marchés, 14 pour 100 du chargement détruits sous l’action du Monilia.
- Fig. 4.
- Dégâts du Coryneum sur feuilles d’abricotier.
- LES MÉFAITS DES CORYNEUM
- Certains champignons du
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- genre Coryneum, vivant le plus souvent en saprophytes sur les rameaux morts, peuvent parfois se comporter en parasites vrais des arbres et arbustes. Ainsi le Coryneum modonium, parasite du châtaignier, s’attaque aux perches des taillis dont il provoque en diverses régions (Limousin, Pyrénées, Bretagne, Corse, etc...) le dépérissement et la mort ; le C. Kunzei envahit les extrémités des pousses de chêne déjà affaiblies par les attaques répétées du Blanc; le C. angus-tatum peut amener la mort brusque des charmes tandis que le C. microstictum s’attaque à diverses essences telles le rosier, le pommier, ' l’aubépine.
- Quelques-uns de ces Coryneum parasites se révèlent dangereux, au point de vue qui nous occupe en cette étude, en s’attaquant aux fruits eux-mêmes; c’est ainsi que le C. microstictum, déjà cité, a causé, en 1923, des dégâts aux pommes conservées au fruitier en Angleterre. Mais le plus redoutable, sans conteste, est le Coryneum Beijerinckii, qui provoque de sérieux dommages aux plantations fruitières des divers pays. Les fruits ànoyau, exclusivement, sont l’objet de ses méfaits, dont on s’est plaint sur pêchers en Europe, en Australie, aux Etats-Unis, sur abricotiers en de nombreuses régions, sur cerisiers, en France, en Allemagne, en Pologne, sur essences diverses en Argentine, etc...
- Le C. Beijerinckii est dangereux aussi en ce qu’il s’attaque aux diverses parties de l’arbre : aux rameaux sur lesquels il provoque l’apparition de taches brunes allongées, souvent accompagnées d’un écoulement de gomme et amenant la mort des yeux, aux feuilles qui apparaissent toutes criblées de trous, aux fruits enfin, dont les lésions sont quelque peu variables selon la nature de l’essence envisagée.
- Sur pêches, sur abricots, le C. Beijerinckii détermine l’apparition de petites taches brunes, pustuleuses, superficielles, amenant une rapide maturation du fruit, auquel certaines personnes pensent même qu’elles communiquent une saveur et un parfum particuliers ; parfois cependant, l’attaque peut être profonde au point d’amener la rupture de l’épiderme du fruit et le crevassement de celui-ci. Sur cerises, les taches sont habituellement plus étendues, de forme ovale, la chair située au-dessous se dessèche jusqu’au noyau; le fruit est fréquemment déformé.
- Quoi qu’il en soit, le fruit a une vilaine apparence, il présente dans son aspect, dans sa grosseur, dans sa maturation un manque d’uniformité qui déprécie sa valeur marchande et lui assure une vente difficilement rémunératrice. Au surplus, toutes ces lésions, superficielles ou profondes, sont autant de portes d’entrée à des
- contaminations ultérieures, dont la plus grave qui puisse survenir est l’infection par le Monilia.
- Enfin, le Coryneum peut continuer ses dégâts sur les fruits en cours de transport, surtout si le trajet est de longue durée et si la température est favorable à son évolution (27-28°C.) ; il ne pénètre toutefois point les fruits sains et localise son attaque aux fruits blessés ou piqués. Aux États-Unis, où la longueur et la durée du trajet subi par les fruits amenés des centres de production aux centres de consommation sont beaucoup plus considérables que chez nous, le Coryneum cause parfois de sévères dégâts aux pêches en provenance de la Californie, de l’Utah et du Colorado, aux abricots de Californie.
- LA TAVELURE
- La tavelure, dont chacun connaît les méfaits redoutables sur les pommes et les poires, est une maladie grave des arbres fruitiers à pépins. Il s’agit là également d’une affection cryptogamique, déterminée par deux champignons très voisins, le Fusicladium dendritrium et le Fusicladium pirinum, s’attaquant le premier au pommier, le second au poirier, et dont les dégâts consistent en taches sur les feuilles, chancres sur les rameaux, taches et craquelures sur les fruits.
- Si l’attaque tardive des pommes et des poires par les champignons responsables de la tavelure se borne à l’apparition de petites taches noires, desséchées, ne prenant pas une grande extension et n’entravant pas la maturité du fruit, quoique dépréciant fortement leur valeur marchande, l’attaque précoce des jeunes fruits, en s’opposant à leur croissance, en les faisant se déformer ou tomber prématurément ou en déterminant la formation de profondes crevasses qui rendent ces fruits inutilisables, se montre beaucoup plus préjudiciable et compromet souvent gravement la récolte.
- La tavelure, au surplus, peut continuer son évolution au fruitier ou en cours de transport ; des taches nouvelles se forment par frottement des fruits entre eux, de petites taches peu importantes à la cueillette s’agrandissent. D’où la nécessité de ne faire voyager ou de n’apporter aux chambres de conservation que des fruits entièrement sains.
- COMMENT COMBATTRE LES CHAMPIGNONS
- Une caractéristique commune aux diverses altérations précitées est d’être causées par des organismes fongiques susceptibles, en raison de leur parasitisme très prononcé, d’une part de s’attaquer aux diverses parties de l’arbre, d’autre part de pénétrer les fruits alors que ceux-ci sont encore sur l’arbre, souvent même aux tout premiers débuts de la maturation.
- Ces manifestations d’un pouvoir pathogène aussi marqué imposent à l’arboriculteur soucieux de l’état sanitaire de ses plantations certaines pratiques culturales spéciales que nous pouvons résumer ainsi :
- 1° Le traitement hivernal des arbres fruitiers, de préférence à l’aide d’une bouillie bordelaise assez riche en
- Fig. 5.
- Dégâts du Coryneum sur feuilles et fruits de cerisier.
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- sulfate de cuivre (3-4 pour 100) et bien alcalinisée par la chaux, procure souvent d’heureux résultats, en entravant l’évolution des parasites animaux ou végétaux qu’abritent les anfractuosités de l’écorce, les organes morts demeurés à l’arbre (brindilles desséchées, fruits momifiés, etc.), les chancres des rameaux, les écoulements de gomme si fréquents sur les arbres dépérissants.
- Les effets insecticides d’un tel traitement seront davantage marqués encore si on ajoute à cette bouillie du pétrole ou tel autre principe doué de propriétés insecticides certaines comme l’huile d’anthracène, pour laquelle M. Paillot, directeur de la station Entomologique de Saint-Genis-Laval (Rhône) a préconisé l’excellente formule suivante :
- Sulfate de cuivre..................... 2 kg
- Chaux en poudre....................... 3 —
- Caséine..............................100 gr
- Huile d’anthracène................... 10 litres
- Eau............................... 00 —
- D’autres expérimentateurs ont indiqué aussi, comme susceptibles de procurer d’intéressants résultats en traitement hivernal des arbres fruitiers, les solutions concentrées de sulfate de fer, les bouillies sulfocalciques, etc.
- Il est préférable, quand la chose est possible, d’effectuer le traitement d’hiver à deux reprises, une première fois au début de l’hiver (courant novembre par exemple), une seconde fois à la sortie de l’hiver (mars ou avril) ; le premier traitement est d’ailleurs seul capable de restreindre ou de supprimer l’évolution hivernale du Coryneum, dangereuse parla mort des yeux et bourgeons qui en est la conséquence.
- 2° Sur les arbres dont la floraison est sujette aux attaques du Monilia, plus particulièrement sur l’abricotier, la pulvérisation d’une bouillie bordelaise à 2 pour 100 de sulfate de cuivre, effectuée au tout premier stade du débourrement de l’arbre, protège efficacement les fleurs et assure l’évolution normale de la floraison.
- 3° La protection des fruits sur l’arbre, en cours de croissance ou de maturation, peut être réalisée de deux manières différentes, selon qu’il s’agit de fruits à pépins ou de fruits à noyau :
- a) Sur arbres fruitiers à pépins, sujets à la tavelure.
- Trois traitements sont pour le moins nécessaires pour prémunir efficacement les fruits ; leurs dates d’application sont en relation avec l’état de la végétation :
- Premier traitement : avant la floraison, lorsque les boutons à fleurs sont bien dégagés du bourgeon.
- Second traitement : à la fin de la floraison, lorsque les pétales commencent à tomber.
- Troisième traitement : 15 jours après le second, lorsque les fruits sont tous bien formés.
- Au Canada, où la tavelure du pommier se révèle une maladie très destructive -— les dégâts causés par cette seule affection aux arboriculteurs de la Nouvelle-Ecosse ont atteint 750 000 dollars en 1925, 400000 dollars en 1926 — le Ministère Fédéral de l’Agriculture conseille d’effectuer les applications préventives tous les 10 à 14 jours, au cours des périodes de pluies prolongées.
- ——............' : 299 =
- Les produits utilisés pour les traitements dirigés contre la tavelure varient selon les régions et les conditions économiques et pratiques de l’industrie fruitière. En France, on a recours de préférence aux solutions cupriques,par exemplela bouillie bordelaise à 1-2 pourlOO de sulfate de cuivre. Aux Etats-Unis et au Canada, gros pays producteurs de fruits et où d’immenses vergers bénéficient des progrès les plus récents de la technique et de la mécanique, on utilise plus volontiers les poudres fongicides ou fongicides et insecticides, dont voici quelques formules : poussière de soufre, soufre-arséniate de plomb, soufre-plomb-crésol, soufre-plomb-talc, soufre-plomb-acide malique, sulfate de cuivre-arséniate de plomb-chaux, sulfate de cuivre-arséniate de chaux-chaux, carbonate de cuivre-plomb-chaux, etc... Les poudres à la fois fongicides et insecticides permettent une lutte simultanée contre la tavelure et le dangereux Carpocapse, ou ver des pommes et des poires.
- L’ensachage des fruits, qui doit être fait entre le 20 mai et le 15 juin dans la région parisienne, protège ceux-ci de la tavelure, mais ne saurait être appliqué toutefois qu’aux fruits de luxe.
- b) Sur les arbres fruitiers à noyau, contre la criblure des fruits due au Coryneum et la pourriture des fruits due au Monilia.
- La protection des fruits sur l’arbre, contre ces deux types d’altération, est assurée, dans des conditions satisfaisantes, par des traitements préventifs effectués en cours de végétation et s’échelonnant sur toute la période durant laquelle le fruit se montre sensible à ces altérations.
- Le « calendrier des traitements » contre ces deux maladies cryptogamiques comporte, de la part du praticien, des interventions aux dates suivantes, précisées par l’état de la végétation à ce moment :
- — Dès que la plupart des pétales sont tombés.
- — Lors du flétrissement des sépales.
- — Deux semaines environ après le précédent.
- — De 2 à 3 semaines avant la maturité du fruit.
- Les observations de Brooks et Fisher, dans les vergers de la Colombie britannique, leur ont montré que trois traitements peuvent même suffire dans la généralité des cas, les premier et dernier comme ci-dessus et le traitement intermédiaire résultant de la fusion du second et du troisième ; le dernier de ces trois traitements est le plus important et intervient pour moitié dans l’efficacité de la série des trois traitements.
- Ici encore, le choix se porte, en matière de substances fongicides, soit sur la bouillie bordelaise faible (1 pour 100 de sulfate de cuivre, parfois 0,75 pour 100 ou même 0,5 pour 100), tout au moins
- Fig. 6. — Dégâts de la tavelure sur feuilles, fruits et rameaux de poirier.
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- = 300
- pour le premier traitement, soit sur une bouillie sulfo-calcique faible (1 pour 100 pour une bouillie à 32°B.), qui convient plus particulièrement pour les traitements de fin de saison en raison de ce fait qu’elle ne laisse sur le fruit aucun dépôt visible, soit enfin sur les poudres, qui doivent contenir pour le moins 80 pour 100 de soufre et dont une formule type est la suivante : 80 pour 100 de soufre et 20 pour 100 de chaux. Les pulvérisations de suspensions diluées de soufres colloïdaux ont aussi donné de bons résultats.
- Le feuillage du pécher étant d’une particulière sensibilité à l’égard des substances anticryptoganiques usuelles, force est d’avoir recours, pour son traitement, à une bouillie sulfocalcique spéciale, dite « cuite par elle-même » (self boiled lime sulphur), dont la préparation demeure assez délicate, quoique ayant été simplifiée au cours de ces dernières années.
- En raison de la collaboration étroite qui bien souvent
- Fig. 7. — Taches de tavelure sur feuilles de poirier. . (Cl. Chabrolin.)
- s’établit entre les déprédations commises par les insectes aux fruits et les altérations de ceux-ci sous l’action des
- champignons pathogènes, il peut y avoir intérêt à faire de ces traitements contre Monilia et Coryneum des traitements mixtes, efficaces aussi contre les insectes aidant à l’évolution de ces maladies ; l’addition d’arséniate de plomb aux bouillies et poudres précitées (200 gr par hectolitre pour les premières, 5 pour 100 en 'poids pour les secondes) permettra l’obtention de ce résultat. Il conviendra toutefois de s’inspirer ici, comme aussi d’ailleurs à propos des traitements dirigés contre la tavelure, de la législation restrictive française en matière d’utilisation des produits arsenicaux dans la lutte contre les ennemis des cultures.
- Par l’application des méthodes chimiques de lutte que nous venons de préciser, et si l'inclémence du temps ne vient pas compromettre les résultats en s’opposant à la réalisation des traitements en temps voulu ou en favorisant l’évolution des organismes pathogènes responsables de ces maladies des fruits, une amélioration plus ou moins marquée de l’état sanitaire de la récolte fruitière sera observée ; ainsi, l’application de ces méthodes raisonnées de protection des fruits, poursuivie pendant 5 années consécutives dans les vergers de l’Oregon, a permis de réduire la proportion des fruits infectés de 23,5 pour 100 à 6,4 pour 100 chez le cerisier, de 28,2 pour 100 à 7,2 pour 100 chez le prunier.
- Quant à la limitation des dégâts causés par le développement, ultérieur à la cueillette, du Monilia et du Coryneum, soit dans les cagettes en cours de transport, soit dans les chambres de conservation, elle sera étudiée en même temps que l’examen des méthodes destinées à protéger les fruits de l’atteinte des moisissures saprophytes, cause très fréquente d’altération des fruits; disons toutefois, dès maintenant, que la conservation des fruits, postérieurement à leur récolte, est d’autant mieux assurée que ceux-ci auront été plus efficacement protégés sur l’arbre, et qu’une excellente pratique culturale, dans les régions humides ,ou au cours des saisons pluvieuses, consiste dans le poudrage des fruits, quelques jours avant la cueillette, à l’aide de l’une des poudres fongicides mentionnées ci-dessus.
- L. Guyot, Ingénieur-Agronome
- LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE PAR ACCUMULATION
- Les secteurs de distribution d’énergie électrique disposent généralement, aux heures de fermeture des usines utilisant le courant, ainsi qu’aux heures où le public diminue son éclairage, d’une certaine quantité d’énergie qu’ils peuvent céder à bas prix.
- Ainsi par exemple, la Compagnie parisienne de distribution d’électricité (C. P. D. E.) a mis en vigueur depuis le 1er janvier 1927 une tarification spéciale pour le courant employé à d’autres usages que l’éclairage. Cette tarification divise la consommation en trois
- postes : nuit, jour, pointe, dont la répartition horaire est indiquée par les disques ci-dessous (fig. 1).
- Les prix de nuit et de jour sont inférieurs au prix du tarif normal, le prix de pointe lui est supérieur (fig. 2). Cette tarification convient à la cuisine, au chauffage, aux fours de boulangers,., et d’une manière générale à tous les usages dont la consommation de pointe est faible.
- Les appareils d’utilisation doivent être groupés sur un circuit distinct de celui de l’éclairage. L’énergie
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- qu’ils consomment est mesurée par un compteur spécial à triple cadran (chaque cadran correspondant à un poste), commandé par une horloge ou par un relai électrique actionné à distance.
- Le courant le moins cher est livré la nuit, en général de 18 heures à 7 heures et parfois pendant 1 h. 1/2 à 2 heures dans le milieu de la journée. Il faut donc trouver un moyen d’emmagasiner l’énergie qui peut être achetée à bon marché, de manière à l’utiliser à un moment quelconque de la journée. Le problème est résolu par les appareils de chauffage par accumulation. Les appareils à accumulation ont une marche très souple, leur durée de charge pouvant être très variable; à titre d’indication, dans la région parisienne, la durée de charge est de 14 à 15 heures; avec ce régime on peut maintenir dans une installation bien calculée une température de 18° par
- une température extérieure de — 5°.
- Nous allons étudier avec quelques détails, les appareils à accumulation employés au chauffage de l’eau, et les poêles à accumulation pour le chauffage des appartements.
- Les appareils de chauffage par accumulation présentent les avantages suivants : a) Ils sont aussi agréables que les appareils à chauffage électrique direct; b) Ils fonctionnent automatiquement; c) Le prix de revient du chauffage est comparable à celui des autres modes de chauffage habituellement employés.
- Fig. 2. — Comparaison des 3 tarifs spéciaux du courant électrique à Paris.
- Les prix indiqués se rapportent à l’hectowatt-heure.
- I. CHAUFFAGE DE L’EAU PAR ACCUMULATION
- Un chauffe-eau électrique comprend essentiellement
- (fig- 3):
- a) Un réservoir en tôle d’acier galvanisée, éprouvé à une pression de 12 à 15 kg par centimètre carré.
- b) Un ou plusieurs éléments de chauffe à l’intérieur du réservoir.
- c) Un régulateur de température placé également à l’intérieur du réservoir.
- d) Un revêtement calorifuge de 8 à 12 cm d’épaisseur entourant le réservoir et s’opposant aux déperditions de chaleur. Ce revêtement est protégé par une enveloppe en tôle émaillée.
- e) Un interrupteur horaire pour établir le courant aux heures où il est le moins cher et le couper aux heures où il est le plus cher.
- Le remplissage de l’appareil se fait automatiquement, l’eau froide remplace l’eau chaude à mesure que celle-ci
- ETE ( lerAvril au 30 Sept.)
- 1 W!
- Fig. 1. — Répartition horaire des 3 tarifs spèciaux de la Compagnie parisienne de Distribution d’Electricité en été et en hiver.
- est utilisée. Il peut fonctionner à sortie libre ou sous pression.
- Chauffe-eau à sortie libre (fig. 4). — L’eau froide entre par le tuyau AB qui aboutit à la partie inférieure du réservoir et l’eau chaude sort par le tuyau C. Il suffit pour obtenir de l’eau chaude d’ouvrir le robinet A placé sur la canalisation d’eau froide.
- L’installation ne nécessite aucune précaution spéciale, le réservoir ne subit, en effet, aucune pression et l’échappement est toujours libre. Cet appareil convient pour une petite installation.
- Chauffe-eau sous pression (fig. 5). — Quand on veut installer une distribution d’eau chaude dans un appartement ou un immeuble, l’appareil précédent n’est pas suffisant, la commande par le robinet d’entrée n’est plus possible et il faut alors adopter une canalisation d’eau chaude sous pression; les appareils supportent la pression du réseau général de distribution.
- Chaque poste d’eau chaude comporte un robinet ordinaire. Pour empêcher l’eau chaude de pénétrer dans les canalisations d’alimentation, il est nécessaire de placer un clapet de retenue sur la conduite d’amenée de l’eau froide.
- D’autre part, quand l’eau s’échauffe, elle se dilate et il faut en lais-serjéchapper une partie pour éviter des sur-
- Fig. 3. — Coupe d’un chauffe-eau électrique.
- A, réservoir d’eau chaude ; B, manteau extérieur; G, enveloppe calorifuge; D, élément de chauffe; E, régulateur de température; G, départ d’eau chaude; H, arrivée d’eau froide.
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- pressions dangereuses dans l’appareil ; pour obtenir ce résultat on place une soupape de sûreté sur la conduite d’alimentation entre le chauffe-eau et le clapet de retenue. Pour éviter toute erreur de montage on peut réunir ces deux derniers organes dans le même [ appareil (clapet, soupape de l’élec-trocumul), qui se monte aussi facilement qu’un robinet.
- On s’oppose aux déperditions de chaleur en calorifugeant soigneusement les conduites de distribution d’eau chaude. Quand la pression de la ville est très variable, il peut être avantageux de faire usage d’un réservoir auxiliaire à remplissage automatique commandé par flotteur (fig. 6). Ce réservoir est installé à un niveau supérieur à celui du robinet le plus élevé de manière à assurer dans le chauffe-eau une pression suffisante.
- Capacité du chauffe-eau. — Cette capacité doit
- Fig. 4. — Chauffe-eau à sortie libre (appareil Electro-Cumul).
- A, robinet d’eau chaude; B, clef d’arrêt; C, sortie de l’eau chaude ; D, robinet d’eau froide.
- Fig. 5. — Installation d’un chauffe-eau sous pression.
- ChauPfb-
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- y////////////////;/////////*
- Soupape desûreté et clapet de retenue
- Vidange du chauffe-eau
- être égale à la quantité d’eau chaude à 90° qu’on veut utiliser dans une journée. On admet en moyenne :
- 20 à 30 litres pour un lavabo.
- 70 à 80 litres pour un bain.
- 5 litres environ par personne pour la cuisine.
- Il est préférable de prévoir le chauffe-eau plutôt trop grand que trop petit, car la dépense de courant dépend surtout de la quantité d’eau chaude réellement consommée; un chauffe-eau trop petit ne permettrait pas de chauffer toute l’eau nécessaire, ou obligerait à consommer du courant de jour à tarif élevé.
- Le tableau ci-dessous donne des indications intéressantes sur des chauffe-eau de différentes capacités et permet d’évaluer le prix de revient de l’eau qu’ils fournissent, quand on connaît le prix de l’énergie distribuée par le secteur (J).
- Capacité en litres. Énergie absorbée en watts. Débit possible d’eau chaude en 24 h. Consommation j ourna-lière en 8 h. en kwh DESTINATION POSSIBLE DE L’EAU CHAUDE
- 15 250 15 2 Cabinet de toilette, cuisine.
- 30 400 30 3,2 d°
- 50 600 50 4,8 d°
- 75 900 75 7,2 Bain (un par jour).
- 100 1200 100 9,6 Unbain, cabinetde toiletle. (Un bain, cabinetde toilette,
- 125 1500 125 12 cuisine.
- 150 1800 150 14,4 Deux bains. Distribution générale d’eau chaude.
- 200 2400 200 19,2
- 300 3600 300 28,8 d°
- 400 4500 400 36 d°
- 500 5400 500 43,2 d°
- 600 6000 600 48 d° Installations industrielles,
- 800 8000 800 64 ) sanitaires, hôtels, hôpi-
- 1000 10000 1000 80 ) taux, collèges et lycées, k casernes, etc.
- Un chauffe-eau doit êlre installé aussi près que possible des postes à desservir auxquels il est relié par des canalisations soigneusement calorifugées. Si les postes à desservir sont trop éloignés les uns des autres, il sera souvent préférable d’installer deux ou plusieurs petits appareils plutôt qu’un seul appareil de grande taille, de manière à éviter les longues canalisations et les pertes de chaleur dans ces canalisations.
- La puissance électrique du chauffe-eau dépendra du temps pendant lequel le courant devra passer pour porter l’eau à la température voulue. On compte généralement 10 kilowatts-heure pour porter 100 litres d’eau de 10° à 90°.
- Le tableau ci-après indique les durées de chauffe de quelques appareils suivant la puissance pour laquelle ils sont construits.
- 1. Tableau relatif* au chauffe-eau Électro-Cumul. (Établissements électro-mécaniques de Strasbourg).
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- DURÉE DE CHAUFFE POUR ÉLEVER LA TEMPÉRATURE DE L’EAU
- de 10° a 90° (donnée par le calcul)
- CAPACITÉ DE l’appareil PUISSANCE
- 200 watts. 400 watts. 600 watts. 1000 watts. 1500 watts. 2000 watts. 3000 watts.
- 15 litres 7" 31' 30 2” 20
- 30 » 141' 7h 4h 40
- 50 » 111’30 71’ 50 4" 50
- 100 » 23= 15" 40 9" 40 6" 30 4" 50 3" 15
- 200 » 19" 20 13" 9" 40 6" 30
- Régulateurs. — L’eau contenue dans le réservoir ne doit pas dépasser la température qu’on s’est fixée; d’autre part, il faut que l’eau soit chauffée pendant les heures où le courant est fourni au prix le plus bas. Il est donc nécessaire de placer sur le circuit électrique des appareils qui coupent et rétablissent le courant d’après la température de l’eau et d’après les heures.
- Ceux qui permettent de régler la température sont les thermostats. Pour les courants de faible puissance, on utilise un thermostat très simple : l’appareil en se dilatant rompt le contact d’un levier métallique avec une borne, ce qui coupe le courant. Quand la température de l’eau baisse, le thermostat se contracte et un ressort rétablit le contact du levier et de la borne, ce qui rétablit le courant.
- Cet appareil ne peut être employé que pour des courants de 6 ampères au maximum, et ne convient par suite qu’à des chauffe-eau de faible capacité.
- Jusqu’à 12 ampères environ, on peut employer le régulateur-interrupteur à mercure (fig. 7 et 8) ; dans cet appareil le thermostat en se dilatant fait basculer une ampoule de verre contenant deux plots placés à une certaine distance l’un de l’autre et pouvant être réunis par du mercure. Quand l’ampoule bascule, le mercure se déplace brusquement, les plots ne communiquent plus et le courant est interrompu. Quand l’eau s’est refroidie, un ressort ramème l’ampoule dans sa position primitive et le courant est rétabli.
- Pour les courants d’intensité plus considérable, le thermostat n’opère pas lui-même la rupture, il ne sert que de relais pour actionner un autre appareil plus puissant qui opère cette rupture (fig. 9).
- Les appareils que nous venons de décrire sommairement ne peuvent servir à rompre ou à établir le courant suivant les heures auxquelles celui-ci est cher ou bon marché; ils ne fonctionnent que suivant la température de l’eau, et il faut les mettre en action aux heures où le courant est le moins cher.
- Au contraire, les appareils qui coupent le courant suivant les heures ont un fonctionnement qui ne tient aucun compte de la température de l’eau dans le chauffe-eau; ils coupent et rétablissent le courant aux moments voulus pour que la dépense soit minima. Ces appareils comportent un mouvement d’horlogerie.
- Souvent les deux interrupteurs agissant, l’un d’après la température, l’autre d’après les heures, sont réunis et
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- Réservoir d’eau Froide
- a Flotteur
- Eau Froide
- \
- Eau chaude\
- Chauffe
- Fig. 6, — Installation d’un chauffe-eau sous pression avec réservoir à remplissage automatique.
- forment un interrupteur de température et de blocage (fig. 10). L’ensemble des deux appareils ne laisse passer le courant que pendant les heures où il est facturé à prix réduit et si la température de l’eau dans le chauffe-eau est inférieure à la température maximum désirée. Cette dernière température peut d’ailleurs être réglée en déplaçant un index du régulateur de température.
- Contrôle des chauffe-eau par la Société Apel- — La Société Apel fondée par les principaux secteurs français de distribution d’énergie électrique contrôle et vérifie les appareils ménagers présentés au public par les constructeurs. Cette société impose aux chauffe-eau un certain nombre de conditions pour les revêtir de son estampille. Voici les principales.
- Le corps de chauffe ne doit jamais être privé d’eau et demeurer à sec sous tension; par suite, quand une certaine quantité d’eau chaude sort du chauffe-eau elle doit être remplacée par la même quantité d’eau froide.
- Le corps de chauffe doit pouvoir se démonter sans qu’on soit obligé de vider l’appareil. Il ne doit absorber qu’une puissance instantanée assez faible pour que l’élévation de la température de l’eau jusqu’à 90° ne se produise pas en moins de six heures.
- Fig. 7. — Régulateur interrupteur à mercure.
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- Coupe-circuits Chauffe-eau
- Fig- S. Schéma d installation d’un régulateur à mercure sur un chauffe-eau à accumulation.
- Le corps de chauffe doit être protégé contre le dépôt des sels calcaires qui constitueraient un isolant et s’opposeraient au passage des calories ; le chauffe-eau doit donc comporter un tampon de visite pour le détartrage.
- Les appareils fonctionnant sous pression doivent comporter les dispositifs de sécurité constitués par les clapets de retenue, soupapes, réducteurs de pression, etc.
- Les appareils doivent subir des épreuves constatant reffîcacité du calorifugeage et le rendement de chauffage.
- On voit donc que les appareils sont soigneusement examinés et contrôlés avant d’être estampillés et que l'estampille Apel constitue une précieuse garantie pour l’acheteur.
- IL POÊLES A ACCUMULATION
- ^ Les poêles à accumulation ont pour but d’emmagasiner des calories fournies par le courant électrique au moment où il coûte le moins cher, pour les restituer
- à un moment quel-conquedelajournée. Fig. 9. — Interrupteur à relais, Pour emmagasi-
- systeme Gmelmetti, , . °
- ner ces calories, il
- faut une substance qui ait une chaleur spécifique assez élevée. Le corps qui possède la chaleur spécifique la plus forte est l’eau, mais celle-ci a l’inconvénient de se vaporiser dès que la température atteint 100° et de donner des pressions de plus en plus élevées à mesure que la température augmente..
- Elle ne saurait donc convenir et il a fallu chercher d’autres substances.
- Certains constructeurs ont adopté des cailloux de silice renfermés dans un récipient calorifugé et chauffés par des éléments de fils en spirales dans lesquels circule le courant électrique. Le calorifuge est revêtu de carreaux de faïence servant à la décoration de l’appareil. La masse de cailloux siliceux est traversée dans toute sa hauteur par une cheminée dans laquelle l’air circule de bas en haut, il rentre à la partie inférieure, se réchauffe au contact de la silice, sort par la partie supérieure et se répand dans la pièce à chauffer. La circulation est réglée par un registre à ailettes.
- La majorité des constructeurs a adopté comme accumulateur de chaleur une substance appelée la pierre olaire. Le qualificatif olaire rappelle la propriété de cette pierre de donner à la main la sensation d’une surface huilée. La pierre olaire est généralement blanche, mais elle est parfois colorée par des oxydes métalliques ; elle présente alors des veines de teinte verte plus ou moins foncée qui lui donnent l’aspect d’un marbre et l’ont fait désigner sous le nom de pierre serpentine. On la trouve en abondance en Suisse, particulièrement dans le Valais; des gisements moins importants se rencontrent en Bavière et dans les Pyrénées. La meilleure pierre olaire, celle qui a la chaleur spécifique la plus élevée, vient de Suisse (pierre olaire verte) ; elle a un poids spécifique de 2,4 à 2,8 et une chaleur spécifique de 0,3.
- Si l’on veut, avec cette pierre, construire un poêle à accumulation pouvant donner 10 000 calories à l’heure pendant 12 heures, il faudra donc en prendre un volume V donné par la relation :
- Y X 2,4 X 0,3 X (T — t) — 120 000,
- t étant la température initiale de la pierre et T la température à laquelle elle est portée par le chauffage. En prenant t = 20° et T = 320° on aura :
- 120 000 400 A
- Y — -------—:= 0m' 555.
- 2,4x0,3 x 300 2,4X0,3
- Comme un kilowatt-heure correspond
- 804 calories
- l’énergie à fournir sera :
- == 139 kilowatts-heure. 864
- Le prix de cette énergie à Paris serait 139 X 0,31 = 43 fr. 10 soit 3 fr. 58 les 10 000 calories.
- La disposition adoptée pour la construction du poêle est généralement la suivante : les blocs de pierre olaire sont étagés sur un socle portant les bornes d’arrivée du courant. Entre ces blocs on glisse des plaques chauffantes sur lesquelles s’enroulent les fils de résistance recouverts d’un enduit protecteur indestructible; ces plaques chauffantes sont reliées entre elles. L’ensemble est logé dans un enveloppe à double paroi qui s’oppose au rayonnement. Cette enveloppe, ouverte à la base, est munie à la partie supérieure d’un volet réglable. Quand on ouvre ce volet, il s’établit un courant d’air ascendant le long des pierres accumulatrices. Cet air se réchauffe au contact des pierres et transporte la chaleur dans la pièce.
- La charge de l’appareil se fait ordinairement à volet clos; si le calorifugeage a été soigneusement exécuté, les
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- parois demeurent froides ou très modérément chaudes. Il arrive assez fréquemment que le poêle est à peine calorifugé; il rayonne alors constamment un peu de chaleur, de manière à entretenir dans les locaux une douce température quand la bouche de chaleur est fermée.
- La figure 11 donne la courbe de charge et de décharge d’un poêle à accumulation (type Sauter).
- Le plus souvent l’alimentation n’est faite qu’en courant de nuit; cette alimentation peut être commandée à la main ou par un interrupteur horaire
- comme pour les chauffe-eau.
- L’enveloppe des poêles à accumulation peut avoir une forme et un aspect quelconques. On lui donne généralement la forme d’un parallélipipède. Les parois extérieures peuvent être constituées par les matériaux les plus
- divers (fig. 12) fibro-ciment, éternité, carreaux de faïence, grillage en cuivre. La décoration est plus ou moins soignée suivant l’usage auquel l’appareil est destiné.
- Comparaison du prix de reoient du chauffage par accumulation avec ceux d'autres modes de chauffage.
- Nous avons vu qu’avec le tarif du courant de nuit à
- Paris, le prix de revient de 10 000 calories était de
- 3 fr. 58 en admettant un rendement de 100 pour 100, ce qui est sensiblement exact pour les appareils de chauffage électrique.
- Si l’on emploie le chauffage au gaz, on peut admettre un rendement de 80 pour 100. Le prix d’un mètre cube
- Fig. 10. — Interrupteur de température et de blocage, système Ghielmetti.
- Fig. Il- — Courbefde charge et de décharge des températures d’un poêle h accumulation, type Sauter.
- Durée de déchargé
- 80 LA/ re'e de charge
- Température ambiante
- Temps en heures
- de gaz à Paris étant de 0 fr. 85 et un mètre cube de gaz fournissant en moyenne 4500 calories, le prix de
- revient de 10000 calories sera :
- 0,85x10 000 0,80 X 4500
- Si l’on emploie le chauffage au charbon, le rendement tombe à environ 50 pour 100.
- Avec de l’anthracite coûtant 550 francs la tonne et
- Fig. 12. — Quelques modèles de poêles à accumulation.
- a, revêtement en amiante; b, revêtement en éternité; c, revêtement en carreaux de faïence ; d, garniture.
- donnant 8000 calories par kilogramme, les 10 000 calo-
- ...... A 10 000x0,55
- ries utilisables coûteront: ---n— 1 tr. ài.
- 0,50 X 8000
- Avec du charbon ordinaire de bonne qualité coûtant 400 francs la tonne et donnant 7000 calories par kilogramme les 10 000 calories coûteront
- 10 0000X0,4 _
- 0,50x7000 ' ’
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- On a donc le tableau ci-dessous pour Paris :
- Prix de revient de
- 10 000 calories
- Poêle à accumulation.........
- Chauffage par le gaz .... Chauffage ( Anthracite ... . au charbon £ Charbon ordinaire.
- 3 fr. 58 2 fr. 36 1 fr. 37 1 fr. 14
- C’est le chauffage électrique par accumulation qui coûte le plus cher à Paris, mais dans certaines régions
- montagneuses où le prix du courant électrique est beaucoup plus faible que le tarif de nuit de Paris, ce mode de chauffage peut devenir plus avantageux que les autres.
- D’autre part, dans la question du chauffage, il n’y a pas à considérer que le prix de revient : la commodité, la simplicité, la propreté, l’hygiène ont aussi leur importance. A ces divers points de vue, le chauffage électrique par accumulation est nettement supérieur aux autres.
- Henri Fougeret.
- LA FAUNE COLONIALE
- L’ÉLEVAGE AUX COLONIES
- L’élevage est une des formes de l’exploitation du sol qui se contente d’une main-d’œuvre restreinte, il est capable en outre d’améliorer les terres. C’est la présence d’un nombreux bétail qui a préparé la fécondité d’un pays comme l’Argentine.
- Un troupeau constitue en outre une richesse que l’on peut réaliser à n’importe quel moment de l’année et non pas, comme une culture, à des époques bien déterminées.
- Trois colonies sont actuellement susceptibles d’offrir un certain intérêt au point de vue de l’élevage, tout près de nous l’Afrique occidentale française, puis Madagascar, et enfin la Nouvelle Calédonie.
- La question de l’élevage du mouton ayant fait l’objet d’une étude précédente, nous ne reviendrons pas sur celle-ci et nous nous bornerons dans les lignes qui vont
- suivre à examiner par colonie les animaux domestiques dont on fait le plus grand usage.
- Mais le climat d’une part, l’ignorance des indigènes de l’autre, ont permis, en Afrique Occidentale en particulier, la propagation de maladies épidémiques qui constituent un véritable fléau et dont il faut ici faire mention en ce qui concerne les deux principales tout au moins : les trypanosomiases et la peste bovine.
- Trypanosomiases. — Les trypanosomiases sont véhiculées par toutes les mouches piquantes, mais surtout par une mouche appelée mouche tsé-tsé ou glossine; extérieurement ces insectes ressemblent à première vue aux mouches ordinaires, mais un examen plus attentif permet de les identifier facilement. D’abord elles ont une petite trompe très fine, qui dirigée dans le prolongement du corps dépasse la tête d’une longueur égale au 1/5 environ de la longueur totale; ensuite leurs ailes au lieu d’être séparées à plat sur le dessus du corps se croisent comme les branches d’une paire de ciseaux.
- L’étude scientifique des glossines a permis en outre d’établir des différences plus caractéristiques encore, la mouche tsé-tsé ne se nourrit que de sang qu’elle absorbe par succion, aucun autre aliment ne lui est profitable et elle s’attaque de préférence aux animaux de grande taille, ensuite elle ne pond pas, comme les autres mouches, des œufs, mais elle donne naissance à des larves toutes formées qui deviennent adultes au bout d’un mois.
- Cette mouche, si elle n’existe pas dans certaines régions d’Afrique, pullule au contraire dans celles où l’humidité et le climat permettent son existence, c’est-à-dire dans les deux tiers environ de notre colonie; seules, une partie du Sénégal, la Mauritanie et la région comprise entre Say et Kouli Koro ainsi que la boucle du Niger en sont exemptes.
- Les animaux atteints donnent dès les premiers jours les symptômes caractéristiques du mal; ils s’amaigrissent, sont atteints de trem-
- Fig. 1. — Un troupeau de bovidés africains.
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- blements fébriles, perdent toute assurance dans la démarche et succombent en général à la suite de violentes crises intestinales.
- La peste bovine. — Cette maladie qui sévit par vagues épidémiques a en moins de 20 ans mis à mal la plus grande partie du cheptel bovin de l’Afrique Occidentale française; elle s’attaque surtout aux bœufs, aux zébus et aux buffles, mais peut atteindre les ovins, les porcs et les chèvres, et peut même également, dit-on, être transmise d’une région à l’autre par des animaux comme le chameau qui, voyageant sans cesse, sont parfois les porteurs de germes.
- La maladie du bétail débute par la fièvre qui est accompagnée de tremblements et de vertiges, puis une coloration se produit sur les muqueuses voisines de l’œil qui prennent une teinte rouge foncé de même que la bouche et les cavités nasales; ensuite le larmoiement et la salivation très abondante annoncent un nouveau stade dans la marche de la maladie.
- L’animal est complètement abattu, il manque totalement d’appétit, ne réagit plus que faiblement et meurt au bout de quelque temps dans la plupart des cas. On ne compte en effet que 25 pour 100 environ de rescapées sur la totalité des bêtes atteintes.
- La lutte menée contre ce fléau procède soit de mesures d’hygiène générale simplement préservatrices, comme l’éloignement et l’isolement des animaux malades ou la mise en quarantaine des régions contaminées, soit de procédés curatifs comme la vaccination.
- Pour cette dernière opération, on utilise le sérum des animaux qui ont parfaitement résisté à une première attaque du mal, et qui ont été traités avec du sang virulent; l’injection de ce vaccin est capable de prévenir la peste bovine et de guérir les animaux atteints. Son effet est de courte durée, quelques semaines tout au plus, mais cela suffit en général à maintenir les animaux réfractaires au mal pendant la durée de la vague épidémique et à leur permettre d’attendre le moment où celle-ci aura complètement disparu.
- A ces deux maladies ne se bornent pas, hélas, toutes les épidémies qui peuvent s’abattre sur les animaux africains, ils sont souvent victimes du charbon, de la péripneumonie et de la fièvre aphteuse, de la tuberculose, de bien d’autres affections encore, et les vétérinaires envoyés là-bas ont fort à faire pour combattre l’extension du mal et pour éduquer en même temps l’indigène afin que ce dernier puisse savoir les règles essentielles auxquelles il devra se soumettre pour éviter autant que possible l’anéantissement de la richesse que le troupeau représente pour lui.
- L’élevage en Afrique Occidentale française. — Tout d’abord, quelques mots sur l’autruche, dont l’élevage a évidemment perdu beaucoup de son importance depuis quelques années, car la mode ne demande plus aux éleveurs les superbes plumages qui autrefois étaient nécessaires à toutes sortes de parures. Mais un engouement nouveau toujours possible peut un jour redonner à l’autruche une place de premier rang dans l'industrie de l’élégance.
- C’est au Soudan que sont les autrucheries les plus
- Fig. 2. — Race N'Dama de petite taille.
- importantes de l’A. O. F., à la limite du désert pour que l’oiseau se retrouve dans son habitat naturel, et à la limite également des terres cultivées pour qu’il puisse trouver ses aliments préférés (pastèques, figuiers de barbarie et arachides).
- Pour les préserver des attaques toujours possibles des bêtes fauves, on parque généralement ces oiseaux dans un enclos où ' ils sont suffisamment au large pour prendre leurs ébats.
- Avant guerre, la Colonie du Cap exportait pour 40 millions de francs de plumes d’autruches, moins appréciées d’ailleurs que celles prises sur les espèces africaines. Lin tel chiffre montre avec assez d’éloquence toute la richesse que représenterait pour le Soudan français la reprise d’une mode qui donnerait à l’élevage déclinant de l’autruche un nouveau regain.
- Le chameau. — C’est plus justement le mol dromadaire que l’on devrait employer pour désigner l’animal si connu et si utile qui sert en Afrique occidentale française à toutes sortes de transports et dont l’effectif est évalué à environ 60 000 individus tant dans la région désertique que dans la région sahélienne.
- On en distingue deux races bien définies, le chameau porteur ou (djemel) et le chameau coureùr (méhari). Dans sa « Géographie physique du Sahara » Souvigny décri ce dernier de la façon suivante :
- « ... Le méhari a le crâne plus large, plus haut, plus spacieux que le djemel; les poils de celte région sont plus courts, plus lins, plus touffus; son œil est plus grand, plus beau, plus ouvert; son èxpression plus intelligente, ses formes mieux ordonnées, ses muscles plus accentués* sa robe plus claire, son ventre moins volumineux. La puissance, du méhari est immense, il faut charger à cheval pour le suivre au trot. Aucun animal n’est aussi propre à franchir les grandes distances dans le désert. »
- Quant au chameau porteur, il en fait: la description ci-après : ’ ,’ . . ,4 ,
- ,« Le chameau porteur n’a pas la vitesse du méhari, il n’en est pas moins précieux pour les transports de toute
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- Fig. 3. — Zébu nigérien.
- nature, pour les caravanes et en particulier pour les colonnes expéditionnaires opérant dans le Sud:; non seulement il porte les bagages, les vivres et l’eau indispensables à tous, mais encore il n’a besoin de rien emporter pour lui-même, il vit de ce qu’il trouve en route.... Après avoir porté pendant de longues années, il n’est pas chose inutile, sa chair est vendue, ses poils fins et laineux servent à la confection des cordes et des tapis. »
- Domestiqué depuis la plus haute antiquité, le chameau est l’un des rares animaux qui n’ait pas de représentant sauvage. Il vit dans des conditions auxquelles nulle autre espèce animale ne pourrait résister; il se nourrit de n’importe quelle plante; les plus dures, les plus ligneuses ne lui font pas peur, et sa sobriété est connue. Il n’a qu’un seul petit défaut : il est extrêmement capricieux, et si son repas est frugal, il entend cependant faire son choix et ne pas être contraint de manger ce qu’on lui impose.
- Très résistant aussi, il est capable de très gros efforts; en abuser d’ailleurs serait maladroit, car s’il n’hésite pas à marcher jusqu’à l’épuisement de ses forces, il met longtemps à se reposer de ses fatigues, et l’on retire beaucoup plus de profit d’un travail raisonnable et continu que d’un surmenage nécessairement suivi d’un très long repos.
- Son dressage, effectué de façon distincte suivant l’utilisation que l’on veut en faire, nécessite une fermeté bienveillante, la brutalité ne saurait être de mise, car elle donne des résultats peu satisfaisants d’abord, et ensuite elle expose le chamelier à la rancune de la bête qui cherchera à se venger et le fera toujours de façon cruelle.
- Les chevaux. — La taille des chevaux est extrêmement variable en Afrique occidentale française et correspond aux zones de trypanosomiases, j Les plus beaux produits se trouvent dans le Sahel, le Gourma et l’Adrar occidental, là où les ravages de la mouche tsé-tsé sont inconnus. Les animaux y sont de belle allure, de forme gracieuse et ont une taille variant
- entre 1 m. 45 et 1 m. 50, les Maures s’en servent comme monture et en font également le commerce.
- Par contre, dans la zone où l’influence de la tsé-tsé est intermittente, les formes des animaux sont moins séduisantes et la taille diminue.
- Dans la région enfin où la glossine abonde et interdit l’existence des autres espèces, on trouve en abondance un cheval de toute petite taille appelé cheval Cotocoli, du nom de la région du Haut Dahomey dont il est originaire.
- Les chevaux de cette race ne mesurent au garrot qu’un mètre environ, la tête est grosse, les yeux sont grands et expressifs, les oreilles petites et disgracieuses, leur crinière rude et peu abondante.
- Peu séduisants au point de vue physique, ils sont agiles et sobres et capables de porter de très grosses charges, ils sont surtout remarquables par leur résistance aux trypanosomiases et c’est à tort que jusqu’à présent on n’a pas essayé de les répandre dans les régions où à défaut d’autres espèces ils pourraient être d’un grand secours pour toutes les besognes de trait et de bât.
- Les ânes. — Ils existent en Afrique occidentale française sauf dans la région côtière, ils sont de petite taille et bien proportionnés. Les noirs utilisent l’âne comme monture et comme porteur, son entretien n’exige pas beaucoup de soins et c’est ce qui explique la faveur dans laquelle le tiennent les indigènes du Soudan; plus résistant que le cheval dans les zones d’infection, il ne peut cependant vivre dans la zone bordant la mer.
- Les mulets. — Importé d’Algérie le mulet a donné toute satisfaction au Sénégal et au Soudan, où il s’est montré supérieur au cheval, d’abord par sa force, ensuite par sa résistance plus grande aux épidémies. Il a la tête forte, l’encolure épaisse et bien musclée et ses qualités en font l’animal parfait pour le bât. Malheureusement l’indigène le méprise encore plus que l’âne et « jamais, comme le dit M. Pierre dans son ouvrage sur l’élevage en Afrique occidentale française, par la seule persuasion ou l’appât du gain, même, on ne trouverait dans certaines régions un indigène qui voudrait laisser saillir sa jument par un baudet, il se croirait déshonoré en même temps que sa bête ».
- L’avenir, évidemment, et la meilleure éducation de l’indigène vaincront les préjugés et le mulet prendra, il faut l’espérer, la place à laquelle lui donnent droit ses qualités de résistance.
- Les Bovidés. — Les Bovidés d’Afrique occidentale française se groupent en deux espèces distinctes : les zébus et les taurins.
- Les zébus portent une bosse et souvent au cou un repli membraneux qui pend et que l’on nomme fanon, ils se trouvent au-dessus du 14e parallèle, là où la trypanosomiase est inexistante, ce sont des animaux de grande taille (1 m. 30 à 1 m. 40 en moyenne) et pesant le poids approximatif de 350 kg à 500 kg, ils sont groupés en plusieurs variétés dont les trois principales sont :
- 1° La variété peuhl.
- 2° La variété maure.
- 3° La variété nigérienne.
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- 309 =
- La première est apte au portage et comme la dernière fournit du lait pour la consommation en quantité peu appréciable, contrairement à la variété maure meilleuré laitière; par contre, les zébus nigériens donnent une viande excellente.
- Les taurins,eux, ne portent pas de bosse et’offrent une assez grande ressemblance avec les animaux de nos régions; ils se subdivisent d’ailleurs comme les zébus en groupements divers; les espèces les plus grandes, résistant le moins à la glossine, habitent la région saine et les espèces petites s’étendent au contraire vers le Sud où les risques de contagion sont plus grands.
- La Race N'Dama habite le Fouta-Djallon et ne donne pas de résultats très appréciables à l’élevage malgré sa résistance assez grande.
- La Race Rambara, résultat du croisement des zébus avec les taurins du Fouta-Djallon est de grande taille, donne de l’excellente viande de boucherie et du lait en assez grande quantité.
- Les Djakorés du Saloum et du Kayor sont aussi de grande taille et donnent une viande d’excellente qualité, les vaches sont très bonnes laitières.
- La Race Peuhl, originaire du Gourma et du Haut Dahomey, est de taille petite et fortement charpentée, elle est médiocre laitière et ne donne pas d’excellents résultats en boucherie.
- Enfin, le long de la zone côtière, la petite race des lagunes occupe les terres sur une profondeur de 30 à 40 km. Très résistante à la marche, cette race est remarquable, en plus de sa petite taille, par la petitesse ou même l’absence de cornes. La viande en est médiocre et les femelles sont très mauvaises laitières.
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- Quels sont maintenant les moyens d’utiliser les animaux dont l’élevage est poursuivi en Afrique occidentale française? Certains, nous l’avons vu, ne peuvent servir que dans la colonie même, et c’est le cas du cheval, du chameau, du mulet, de l’âne, qui ne sont précieux que par les services qu’ils sont susceptibles de rendre sur place pour le transport par bât ou par trait. Les diriger dans ce but vers la métropole n’offrirait aucun intérêt réellement pratique.
- 11 n’en est pas de même des bovins; la France achète beaucoup de viandes principalement en Amérique du Sud et ce sont chaque année des sommes considérables qui passent à l’étranger pour permettre l’alimentation carnée de notre pays. Avec la viande, le cuir est également nécessaire et nous devons chercher, dans nos territoires, notre ravitaillement pour toutes les industries qui utilisent les peaux de bovidés.
- La part que l’Afrique occidentale française a prise jusqu’ici n’est pas considérable si l’on tient compte de l’immensité des territoires, mais à cela l’excuse des épizooties nombreuses qui sévissent est suffisante et les possibilités futures permettent quelques espoirs.
- Le bétail dont peut disposer l’Afrique occidentale française pour contribuer à l’alimentation de la métropole doit être surtout recherché dans la zone de la
- boucle du Niger, pour la raison bien simple que c’est là que se trouvent les animaux les plus aptes à la consommation et qu’ensuite cette région a le gros avantage d’avoir une voie ferrée permettant l’évacuation des bovins vers le Sénégal, où ils arriveraient dans un état à peu près 'satisfaisant par suite de la rapidité relative du voyage. La question se pose également de savoir si une installationHndustrielle destinée à congeler la viande ou à la mettre sous forme de conserve aurait des chances de [prospérer en Afrique française; il semble que dans les conditions actuelles les plus favorables une entreprise de ce genre ne traiterait au maximum que 30000 bœufs, ce qui n’est pas un chiffre considérable en regard des quantités qui seraient nécessaires.
- Toutefois, si le commerce avec la métropole n’est encore que dans le domaine des possibilités et n’a pas encore donné des résultats pratiques, il convient de signaler que la colonie anglaise de Gold-Coast, enclavée dans les territoires français, a importé cette dernière année près de 90 000 bœufs et plus de 600 chevaux provenant de nos colonies limitrophes.
- L’industrie du cuir semble plus favorisée que celle de l’alimentation, dans la question de l’élevage en Afrique occidentale française. Pendant les 9 premiers mois de l’année dernière il a été exporté 969 tonnes de peaux de bœufs qui ne peuvent peut-être pas rivaliser avec celles de nos animaux européens, mais qui offrent cependant une valeur réelle, dont la défense nationale, lors de la Grande Guerre, sut tirer profit.
- Une des raisons pour lesquelles ces peaux ne sont pas estimées à leur juste valeur, c’est que le zébu qui fournit la plupart d'entre elles est un animal peu connu et plutôt disqualifié par sa bosse; le tanneur n’ignore pas en effet que le cuir après sa préparation peut reprendre sa forme primitive et que plus il sera irrégulier de forme et d’épaisseur, plus il donnera .de déchets au moment de la vente.
- Cette croyance mérite d’être détruite, car il a été prouvé que les peaux des bovidés à bosse étaient susceptibles d’une excellente utilisation et que, d’ailleurs, la bosse de ces animaux, très accentuée sur les mâles, l’est
- Fig. 4. — Zébu peuhl.
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- Fig. .5. — Bœufs à bosse au lubour en Haute Voila.
- beaucoup moins chez la femelle et s’atrophie même complètement chez les animaux castrés.
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- Un mot enfin' sur le porc, banni dans les régions musulmanes, mais très répandu au contraire dans la région côticre peuplée de races fétichistes ; c’est un animal de petite taille, d’un poids moyen de 30 kg, et qui alimente abondamment les marchés du Dahomey d’où il est exporté vers la Nigéria.
- Sa viande est très inférieure à celle du porc européen.
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- L'élevage h Madagascar. — Notre grande possession de l’océan Indien a une superficie de 580 000 km-; son relief très accidenté, la perfection de son hydrographie et surtout l’immense étendue de pâturages naturels abondamment fournis en plantes fourragères, en font un pays particulièrement propice à l’élevage.
- La régularité parfaite dans la succession des saisons, la répartition des pluies à intervalles réguliers, permettent de réaliser avec le minimum de risques les' projets des grandes entreprises.
- En ajoutant à cela les dispositions excellentes de l’in-
- Fig. 6. — Métis de zébus.
- digène pour le métier de pasteur, qui exige de lui peu de travail et lui donne beaucoup de profit, on comprendra aisément que Madagascar est le véritable centre où la France pourra venir chercher la totalité des viandes dont elle aura besoin encore pendant de nombreuses années pour satisfaire aux besoins d’une population accrue et qui consomme beaucoup plus de viande qu’avant la guerre.
- C’est l’élevage des bovidés qui est le plus important à Madagascar, c’est en effet celui qui donne le plus de bénéfices et qui nécessite le moins de soins; depuis plus de 10 ans les recensements oscillent au voisinage de 7 millions. de têtes, mais comme l’indigène a intérêt à sous-iraire au fisc le plus grand nombre d’animaux, car il paye un impôt sur ses troupeaux, on peut sans risquer de se tromper estimer au minimum à 9 millions de bœufs le cheptel malgache.
- Pour se nourrir, les troupeaux ont 45 millions d’hectares de pâturages abondants en graminées de bonne qualité.
- En outre, les épidémies, hélas si fréquentes en Afrique, sont ici inconnues et seules les maladies à caractère non épizootique causent parfois quelques pertes.
- Les Bovidés. — Les grandes qualités du bétail de Madagascar résultent de son adaptation au milieu, il est remarquable par sa rusticité, sa résistance aux maladies et la façon dont il utilise les pâturages mis à sa disposition.
- Excellent animal pour la boucherie par suite de la légèreté de son squelette, sa facilité d’engraissement ( t la bonne qualité de sa viande, on lui fait cependant quelques reproches à cause de son poids relativement faible, sa taille trop petite et sa conformation.
- Le bétail malgache est presque exclusivement composé de zébus dont nous avons eu l’occasion de parler plus haut. Les caractéristiques de cet animal sont les suivantes.
- l.a taille est d'environ 1 m. 30 pour les femelles et 1 m. 50 pour les bœufs castrés; la tête, puissante, est ornée de cornes souvent très longues et disposées en lyre ; l’œil est vif et les oreilles très mobiles.
- ÎLa bosse placée sur le garrot est une réserve alimentaire dont se sert l’animal les jours de disette, il ingère les substances nutritives par autophagie et résiste de cette façon à l’insuffisance fourragère; cet te bosse est rigide ou penchée sur l’encolure; elle est conique et peut être recouverte, principalement chez les jeunes, d’une touffe de poils.
- Le robe est de couleur fauve, ou blanche, ou encore noire.
- Outre les zébus répondant aux caractéristiques ci-dessus, il existe une espèce de bœufs sans cornes utilisés pour le transport, une espèce aux cornes branlantes, enfin un assez grand nombre de bœufs sauvages qui ne possèdent pas de bosse sur le garrot.
- L’élevage du bœuf est d’autant plus intensif qu’on s’éloigne de la côte orientale où la population est développée, et où les cultures
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- ont pris la place des pâturages; il se pratique généralement à l’état de nature dans les champs éloignés des agglomérations et la surveillance qui s’exerce autour des troupeaux n’est destinée qu’à éloigner les voleurs. A un tel régime, les animaux redeviennent rapidement sauvages et de ce fait invendables. Cet élevage en liberté est pratiqué par l’indigène dans les immenses étendues inhabitées du nord et de l’ouest de la colonie.
- Le sud, le sud-ouest, l’Imerina possèdent également des entreprises d’élevage, mais les animaux sont rentrés la nuit dans des enclos fermés, afin dans certaines régions d’obtenir du fumier nécessaire à engraisser la terre, dans d’autres de mettre les bêtes à l’abri des voleurs,dans d’autres, enfin,pour pouvoir recueillirlelait.
- D’une façon générale, le parquage est à écarter, les animaux ne sont pas à l’abri de la pluie et du froid, ils y vivent dans des conditions d’hygiène repoussantes, et ne peuvent se reposer. De plus, la promiscuité des animaux atteints de tuberculose, de gale ou d’autres affections contamine les sujets sains.
- Pour produire les meilleurs animaux de boucherie, en Emyrne et dans le Betsiléo, on engraisse les bœufs d’une façon particulière, l’animal est enfermé dans une fosse d’où il ne sort que pour l’abatage, on lui donne à manger l’herbe spéciale aux rizières, du riz, du manioc et des feuilles de bananiers, de la sorte on obtient un animal gras à point et dont la viande permet de satisfaire les plus difficiles. L’éleveur trouve son profit non seulement dans la vente de sa bête, mais encore dans l’obtention d’un fumier précieux pour ses cultures.
- La transhumance se pratique à Madagascar depuis un temps très reculé vers les régions ouest et nord-ouest aux pâturages abondants et tendres.
- L’importance du bœuf à Madagascar est très grande ; outre l’indigène qui est un gros mangeur de viande, puisqu’il consomme plus de 300 000 têtes de bétail chaque année, l'industrie européenne a pris depuis le commencement de la guerre une extension considérable et plusieurs usines traitent la viande des bovins soit pour en faire des conserves, soit pour la frigorifier.
- On compte actuellement à Madagascar 6 usines qui travaillent pour l’exportation; elles sont installées dans la région de Diégo-Suarez, de Tamatave, de Majunga, d’Antsirabe ou de Tananarive. Pendant la guerre elles consommaient une moyenne de 150 000 bêtes par an, maintenant la production s’est ralentie et l’abatage n’excède guère 60 000 têtes.
- Ces chiffres sont loin d’atteindre les disponibilités actuelles de la colonie’; travaillant à plein rendement, les usines pourraient demander chaque année à l’éleveur :
- 250 000 bœufs de boucherie;
- Plusieurs milliers de bœufs de force ;
- Et quelques cenlaines de vaches laitières capables de donner une moyenne de 4 à 5 litres de lait.
- L’exportation d’animaux vivants a été tentée à plusieurs reprises, mais n’a pas donné les résultats espérés, par suite de la mauvaise installation à bord des cargos et du manque de soin; les bêtes arrivaient amaigries et un long séjour dans les pâturages était indispensable avant de songer à pouvoir en tirer parti.
- Fig. 7. — Bœuf à bosse de Madagascar.
- L’administration de la guerre a actuellement passé des contrats avec des établissements de la Grande Ile en vue de la fourniture de viandes pour le ravitaillement de l’armée et de la sorte la valeur des exportations de viandes conservées congelées ou salées qui n’était que de 894 784 fr. en 1910, était déjà passée à 65 472 451 fr. en 1919.
- Le Gouvernement général s’est attaché à améliorer la race indigène par le croisement avec des animaux importés de France. De nombreux taureaux ont été amenés et l’on est arrivé à obtenir des métis de fort belle venue et possédant des qualités laitières satisfaisantes, ce qui a incité les pouvoirs publics à persévérer dans cette voie, en prenant de préférence les animaux géniteurs dans les races limousines et salers.
- L’industrie du cuir a également porté tout son intérêt sur Madagascar, et l’abondance des bêtes abattues est une garantie de succès pour toutes les entreprises européennes qui peuvent s’installer dans cette colonie. Appliquer d’ailleurs les procédés modernes est la condition nécessaire pour que les exportations de peaux soient rémunératrices, car les moyens employés par les indi-
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- gènes pour leur préparation les abîment et leur enlèvent une grande partie de leur valeur marchande.
- L’élevage du porc. — Le porc est resté très longtemps cantonné dans la région des Hauts Plateaux et ne s’est répandu dans l’Ile qu’après la conquête ; le porc malgache se rapproche de l’espèce africaine, il est de couleur noire et monté sur des pattes assez hautes, sa viande est d’assez bonne qualité et son aptitude à l’engraissement assez satisfaisante.
- L’indigène n’en prend aucun soin et ces animaux vivent en liberté au milieu des villages, se nourrissant de toutes les ordures qu’ils peuvent trouver.
- L’introduction de races améliorées provenant d’Europe a donné de bons résultats, et les indigènes se sont montrés tout d’abord très favorables à l’élevage des métis à robe blanche dont ils arrivaient à retirer un excellent profit; mais vite lassés par les soins dont il fallait entourer les produits du croisement, ils s’en sont rapidement désintéressés et il a fallu toute la ténacité et la persévérance administratives pour redonner une nouvelle impulsion à l’élevage du porc qui semble actuellement en bonne voie.
- L’élevage du cheval. — Cet élevage est pratiqué aux environs des grands centres des Hauts Plateaux, il est de date relativement récente puisque l’introduction de ces animaux remonte vraisemblablement aux premières années du siècle dernier; mais jusqu’en 1900, l’effectif n’augmenta pas, et au début de la conquête on ne dénombrait qu’une centaine de poulinières.
- Mais l’encouragement donné aux indigènes a réussi depuis lors à accroître les possibilités d’élevage, de nombreuses races ont été introduites soit comme étalons, soit comme poulinières et les animaux importés d’Australie et de la région tarbaise ont donné par croisement de beaux métis.
- Le nombre total des chevaux actuellement existant dans la grande île oscille aux environs de 3500, nombre dans lequel entrent environ 1500 poulinières.
- Si la première intention des éleveurs fut d’obtenir une race de selle en vue de donner à l’armée les animaux dont elle pouvait avoir besoin, on essaie actuellement d’introduire des animaux de trait aptes aux travaux pénibles de l’agriculture et aux transports; cette dernière tentative sera peut-être couronnée de succès, mais on peut craindre que l’indigène, plus porté par goût vers les animaux de selle, ne boude à l’extension d’une race puissante dont il n’aperçoit pas encore tout le parti qu’il lui sera possible d’en retirer.
- Anes et mulets. — L’élevage de l’âne et du mulet n’a pas donné à Madagascar de grandes satisfactions, par suite du peu d’intérêt que ces animaux présentent pour les indigènes et de la difficulté qui résulte, pour la production des mulets, du nombre restreint de poulinières.
- L’autruche malgache. — Il existe, à Madagascar, quelques autruches descendantes de celles introduites .après la conquête et qui provenaient de la colonie du Gap et du Kenya. Ces animaux se sont parfaitement comportés dans le pays (région subdésertique du sud-ouest), mais le peu de débouchés qu’offre actuellement cet élevage a empêché son extension.
- L’Elevage en Nouvelle-Calédonie. — Perdue au milieu du Pacifique, la Nouvelle-Calédonie est notre colonie la mieux partagée au point de vue du climat et la seule qui soit susceptible de permettre l’installation d’émi-grants européens.
- Toutes les espèces animales peuvent vivre en Nouvelle-Calédonie et,, dès maintenant, on estime le troupeau de bovidés à plus de 130 000 têtes et celui des chevaux à 7000, ce qui est une belle proportion pour un territoire un peu plus grand que la Corse.
- Les bovidés. — Un seul groupe existe, celui des bœufs sans bosse, d’importation australienne ; les troupeaux vivent à l’état de nature sans être jamais soumis à un régime d’alimentation quelconque, car ils trouvent dans les prairies une herbe excellente.
- Cependant les deux saisons changent la valeur comestible des animaux et si, pendant la saison fraîche, par exemple, le bétail est toujours en bon état et peut donner à l’abatage 300 kilogs de viande, pendant la saison sèche, au contraire, où l’herbe se fait rare, le bétail maigrit et diminue par conséquent de valeur.
- L’indigène néo-calédonien est un grand mangeur de viande et, en moyenne, il consomme par an 133 kilogs de bœuf; malgré cela les possibilités d’exportations resteraient grandes si notre colonie était pourvue du matériel frigorifique nécessaire, et qui n’existe pas encore, sauf dans quelques entreprises de conserve qui font le trafic avec la France.
- Les chevaux. — Provenant aussi d’animaux importés d’Australie, les chevaux calédoniens ne forment pas une race au caractère nettement défini, cependant tous sont de bonne taille (1 m 50 à 1 m 60) et leur allure en général satisfaisante, ils sont nerveux et offrent une bonne résistance à la maladie.
- L’armée fait un grand usage de chevaux indigènes et il a été démontré que la moyenne des services des chevaux néo-calédoniens a été de 8 ans alors que celle des australiens n’en a jamais dépassé 5.
- L’âne et le mulet. — Importé depuis 1872, l’âne a été très apprécié au moment des premières exploitations minières, pour le ravitaillement du personnel aux meilleures conditions car, à ce moment-là, les routes étaient inexistantes.
- Le mulet est peu répandu, malgré tous les services qu’il serait appelé à rendre dans ces régions accidentées.
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- Pour conclure, Madagascar et la Nouvelle-Calédonie sont, l’une et l’autre, aptes dès maintenant à donner à la France les grandes quantités de viandes nécessaires; et si toutes les espérances que l’on a pu, depuis longtemps, fonder sur leur production ne se sont pas complètement réalisées, il faut en chercher la raison dans l’ignorance très regrettable de la plupart des Français qui se Soucient fort peu de ce que l’on fait dans nos possessions, d’abord parce qu’ils n’en connaissent pas les possibilités, ensuite parce que, à notre avis, on ne fait pas pour les entreprises coloniales toute la publicité qui serait nécessaire.
- R. L.
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- LE CARILLON ET L'HORLOGE DE LOUVAIN = 313
- Les journaux quotidiens sont depuis quelque temps remplis d’indications et de polémiques relatives à la nouvelle Bibliothèque de l’Université catholique de Louvain. Mais ils n’ont rien dit des installations chronométriques et campanaires de ce célèbre établissement. Ces installations en valent cependant la peine, et nous donnerons à leur sujet quelques détails.
- Elles comprennent un carillon de 48 cloches, pesant en tout 31751 kg, et une horloge électrique à quatre cadrans et à quarts, le tout fourni et installé par la fameuse maison anglaise Gillett et Johnston, de Croydon, qui a également livré les deux gigantesques appareils campanaires de l’église Baptiste de Park Avenue, à New York (99 tonnes pour 57 cloches) et du Parlement canadien à Ottawa (53 cloches et 53000 kg).
- Ces deux dernières fournitures constituent les deux plus importantes sonneries qui aient jamais été installées.
- Le carillon de Louvain comporte une série chromatique de [45 cloches depuis le D03 (2460 kg) jusqu’au
- Fig. 1. — La musique des quarts.
- SOL dièzeG (4 kg 5), et en plus le LA dièze2 (3499 kg) le SOL dièze 2 ^5057 kg) et le FA dièze a (7096 kg).
- C’est presque exactement la composition du célèbre carillon de Malines qui comporte 45 cloches dont le poids total est de 30 482 kg, et sur lequel opère le célèbre carillonneur Jef De-nyn.
- Le carillonnage s’effectue soit mécaniquement, soit à la main, à l’aide d’un clavier.
- Afin de rendre moins pénible pour le carillonneur la mise en action des six cloches les plus basses (FA dièze = 7096 kg, SOL dièze = 5057 kg, LA dièze = 3499kg, DO = 2460 kg, DO dièze = 2137 kg et RÉ = 1725 kg), MM. Gillett et Johnston ont adapté à l’installation un système de pistons auxiliaires représenté figure 5, et qui opère de la façon suivante. Dès que le carillonneur commence à appuyer sur la pédale d’une de ces six grosses cloches, un contact électrique fait entrer enjeu un moteur électro-pneumatique dont le piston est raccordé au battant et ajoute la puissance du moteur à l’effort déployé par l’artiste. Dans ces conditions, le coup de chaque battant de grosse cloche s’applique avec une vigueur que la force physique de l’homme serait incapable de lui imprimer toute seule.
- Les pistons auxiliaires travaillent aussi bien quand on carillonne à la main qu’avec le système de carillonnage mécanique.
- Une autre disposition ingénieuse, introduite nar MM. Gillett et Johnston, consiste à permettre de coupler ensemble les six grosses cloches avec celles de l’octave supérieure, à la volonté du carillonneur.
- L’accord des cloches de ce carillon a été fait d’après la méthode anglaise qui exige que les cinq tons qu’on peut analyser dans une cloche soient parfaitement harmonisés entre eux.
- Ces cinq tons sont le hum, bourdonnement à une octave en dessous de la note de la cloche,
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- Fig. 3. — La partie mouvement de l’horloge.
- cette noie elle-même, son octave supérieure (le nominal); la tierce et la quinte.
- L’accordage se fait avec une très grande facilité sur la machiné de la figure 2 qui représente le bourdon de Louvain en place. La cloche tourne lentement sur son cerveau. Un burin approprié opère de légères passes sur l’ouverture, déterminant ainsi un son continu dont on fait la comparaison avec des diapasons.
- La grande horloge est aussi curieuse que le carillon.
- Elle actionne quatre cadrans de 4 m. 60 de diamètre. Ces cadrans n’ont pas de chiffres. Ceux-ci sont remplacés par des étoiles (fig. 6). Il y a donc une cloche et une étoile-heure pour chacun des Etats de l’Union Nord-Américaine.
- Naturellement le remontage des divers tambours de l’horloge se fait électriquement. Les deux figures 3 et 4 , représentent la première le « côté mouvement », la seconde le « côté quarts ».
- Dans celui-ci, on voit une partie des « picots » destinés à actionner les cloches intervenant dans les sonneries de l’horloge.
- Fig. 4. — La partie sonnerie de l’horloge.
- '• Fig. 5. — Les pistons auxiliaires.
- Fig. 6. — Un des cadrans sans chiffres de l’horloge de Louvain.
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- Le dessin de la figure 1 indique les airs joués. Ils ont élé arrangés par Jef Denyn, et constituent des variations sur un air flamand populaire dont jla sonnerie qui précède l’heure est le refrain.
- Les heures elles-mêmes sont comptées sur le bourdon.
- Ce travail horologico-campanaire est certainement un des plus beaux qui aient été exécutés.
- Le carillon se trouve à 70 m au-dessus du sol de la place dans la tour dont la hauteur totale est de 87 m.
- La maison Gillett et Johnston à laquelle sont dues ces installations était toute qualifiée pour les entreprendre. En fait, elle a reçu la commande du carillon en décembre 1927. Cinq mois après, les cloches étaient fondues, et elles étaient installées pour l’inauguration du 4 juillet 1928.
- A la fonderie de celte firme est jointe une fabrique d’horloges électriques réputées. Les installations de Louvain ajoutent un très beau fleuron à la magnifique couronne des travaux de celte grande maison.
- Disons pour terminer que c'est le Dr Edward Adams, le créateur des usines de la Niagara Falls Power Cy, qui a été le boute-en-train de cette affaire. Ayant visité Louvain à l’occasion du 500e anniversaire de la fondation de l’Université catholique, il lui sembla que la nouvelle tour n’apparaîtrait comme complète aux yeux des Belges que si elle possédait un carillon. Et comme il n’existait encore aucun monument commémoratif rappelant le sacrifice de leur vie fait pendant la grande guerre par des centaines d’ingénieurs américains, le D' Adams pensa que le carillon prévu pouvait en constituer un très qualifié.
- C’est en s’inspirant de ces deux idées qu’il obtint des sociétés américaines d’ingénieurs le don de l’orchestre campanaire. La qualité de War memorial de ce monument est rappelée par l’inscription du bourdon qui porte d’ailleurs le titre de « Cloche de la Liberté de Louvain ».
- Gillett et Johnston viennent de publier sur cette ins-
- QUELQUES IDEES SUR LES
- La [récente loi sur les habitations ouvrières présentée aux Chambres par M. le Ministre du Travail met au premier plan de l’actualité la question du bon marché dans l’habitation.
- Plusieurs moyens se présentent à nous pour tenter d’améliorer le prix de revient d’une maison. Ce sont : 1° Le perfectionnement des matériaux qui est du ressort de l’ingénieur; 2° Le \ perfectionnement du travail de l’ouvrier qui regarde le psychologue ; 3" Le perfectionnement clans la disposition relative des cléments de la construction, ce qui est du ressort de l’architecte.
- Les deux premiers moyens sont en voie d’évolution rapide et ont fait l’objet de trop d’études distinguées pour qu’il soit utile d’en parler plus longuement. Reste le troisième.
- Les architectes n’ont guère jugé l’étude digne d’eux
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- tallalion une fort élégante plaquette écrite en anglais, en français et en flamand, qui constitue le plus agréable souvenir de lagrande cérémonie du 4 juillet, un souvenir qu’aucune considération politique ne viendra jamais ternir. Léopold Reveuciion.
- Fig. 7. — Jef Denyn, le grand, carillonneur de Matines, qui a reçu les cloches et joué pour l’inauguration.
- MAISONS A BON MARCHÉ
- et ont tourné jusqu’ici leur activité plutôt vers les arts décoratifs si florissants en France. Mais l’agrément d’un séjour n’est pas seulement dû à la beauté des formes et des couleurs. Un bon fauteuil, une chaleur tempérée, le silence, la douceur de la lumière, sont des facteurs esthétiques puissants et pour un artiste, ce n’est pas déroger que de contribuer à les distribuer aux hommes de toutes conditions. Aussi, nous allons chercher comment améliorer le rendement prix d’une maison capable de donner un confort acceptable.
- Forme. — Quelle devra être la forme générale de la maison pour que le gros œuvre (murs, charpente, couverture) soit réduit au minimum ?
- Le problème revient à celui-ci : trouver le solide géométrique dont la surface (gros œuvre) soit la moindre pour un volume (espace utile) maximum.
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- La forme sphérique nous vient immédiatement à l’esprit comme étant celle qui donne le plus de volume pour la plus petite surface. Cependant, nc\us avons une clôture toute trouvée qui est le sol lui-même, ce qui nous amène à préférer à la sphère complète la demi-sphère renversée comme forme idéalement économique pour une maison.
- Dès maintenant, les progrès de la construction nous permettraient d’établir des maisons de cette forme et parfaitement habitables, surtout en montant les demi-sphères sur une portion de cylindre de révolution.
- Cependant, le constructeur rencontrerait, pour l’édification d’une pareille maison, des difficultés sérieuses qui risquent fort de faire perdre le bénéfice apporté par l’économie de matériaux. Pourtant, l’expérience mérite d’être tentée.
- Sans pousser aussi loin la recherche, on peut essayer d’approcher le plus près possible de la perfection théorique. Une maison carrée réduite à un rez-de-chaussée et surmontée d’un toit en pyramide, se rapproche suffisamment de la demi-sphère pour profiter d’un gros bénéfice.
- Ceci admis, comment va-t-on diviser le volume utile intérieur de la maison? Il faudra éviter autant que possible l’espace perdu, par exemple, en étudiant les meubles en même temps que la maison, les armoires seront remplacées par des placards; les cheminées disparaîtront et seront remplacées par le chauffage central beaucoup plus économique. Les lits, si cela est possible, serontprévus à bascule pour se rabattre le long du mur et permettre
- de transformer à volonté les chambres en salons. Dans les modèles que nous présentons ici, nous avons réduit la cuisine à une simple hotte, séparée delà salle à manger par un rideau ou une grande porte à glissières. Puisque les domestiques n’existent plus qu’à l’état de souvenir, la cuisine est désormais une pièce aussi noble que les autres ; elle doit faire partie intégrante de la salle à manger où on doit néanmoins interdire aux odeurs de pénétrer.
- La disparition des domestiques nous permet aussi de supprimer les couloirs qui n’étaient utiles qu’au service. Les diverses pièces donneront désormais sur la salle commune.
- Dans les maisons où on est exposé à recevoir de nombreux visiteurs, il existera un vestibule (le hall des Anglais) établi spécialement pour cet usage.
- Fig. 1. — Exemple d'arrangement d’une maison carrée où la place a été économisée au maximum et où on a pu loger dans moins de 7 une salle commune, deux chambres à coucher-salon, une cuisine-hotte, des iv.-c. et une salle de douche.
- Maintenant, il nous faut faire intervenir la notion de quantité. Quelle doit être la grandeur des pièces, facteur du volume total de la maison ?
- Quantité. — Les pièces doivent, bien entendu, permettre une circulation commode autour des meubles. On sait que les portes doivent faire au moins 0 m. 70. Les passages autour des meubles, quand ils seront prévus pour une seule personne, doivent mesurer au moins 0 m. 60.
- Pour plusieurs passages de front on devra prévoir autant de fois 50 cm qu’il peut y avoir de passants en même temps.
- Ceci donne déjà des indications sur la grandeur des pièces.
- Avec l’encombrement des meubles, ce sont les seules qui nous paraissent devoir être prises en considération. Beaucoup de villes possèdent des règlements d’hygiène.
- Ces règlements exigent diverses conditions quant à la grandeur des pièces.
- Ces règlements partent tous de ce principe qu’une pièce doit contenir un volume d’air suffisant pour permettre à une personne de dormir dix heures sans être gênée.
- L’étude de la physiologie indique 20 m5 comme suffisants. Les règlements exigent ordinairement 30 m3 pour tenir compte du fait que l’air n’est pas toujours renouvelé complètement tous les jours.
- Ce raisonnement paraît inattaquable. Cependant, on'remarque qu’une chambre de la grandeur réglementaire est très rarement habitée par moins de deux personnes (un ménage) et souvent (au bord de la mer particulièrement) on en fait coucher plus de quatre. On aboutit ainsi au résultat suivant :
- On permet de faire coucher plusieurs personnes dans une pièce de grandeur donnée ; on ne permet pas d’en faire coucher une seule dans une chambre exactement moitié moins grande.
- Il est pourtant bien agréable d’avoir sa chambre.
- Il existe dans le commerce des appareils qui se logent dans les murs et dans les toits et qui permettent de renouveler l’air d’une pièce automatiquement et lentement, sans courant d’air gênant et même sans que les habitants s’en aperçoivent.
- Ces appareils employés couramment depuis un siècle au moins et qu’une expérience personnelle nous permet de recommander tout particulièrement, paraissent avoir été ignorés complètement par les conseils d’hygiène.
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- Il aurait suffi de rédiger les règlements de cette façon : « Il est interdit de construire une pièce capable de recevoir un certain nombre de dormeurs sans qu’un volume d’air de x litres ait été prévu par personne et par heure. »
- Avec de pareils règlements et les appareils dont nous
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- deur de la pièce est un facteur important de l’éclairement, et on doit réglementer non pas la surface d’une fenêtre, mais bien l’angle polyèdre sous lequel on voit une fenêtre à hauteur d’homme du fond de la pièce éclairée.
- L’orientation d’une pièce suivant son usage devrait
- Fis;. 2. — Exemple d’arrangement d’une maison carrée spécialement conçue pour le bord de la mer. Pas de salle de douche ; pas de table-bureau ; deux chambres d’enfant.
- avons parlé, il serait inutile d’introduire dans les études de maisons d’autres facteurs que ceux qui découlent de la commodité de la circulation et de l’encombrement des meubles, et on arriverait à augmenter très sensiblement le rendement.
- D’autres choses ont été oubliées ou mal réglées. On exige des surfaces de fenêtres données. Or, la profon-
- être réglementée. Les cuisines au Nord, les chambres à coucher à l’Est, les autres pièces à l’Ouest, et aucune ouverture au Sud. Mais il ne faut pas trop demander.
- Lucien Dodijj,
- Architecte E. D. B. A.,
- Ancien élève de l’Institut d’Urbanisme.
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- TRANSBORDEMENT A KHÔNE
- DES CHALOUPES DU LAOS
- Le 1er avril 1928, mon vieil ami Roger Ducamp a fait paraître dans La Nature, une série de photographies du Haut Mékong. Ces photographies sont bien intéressantes pour ceux qui connaissent, mais ceux qui ne connaissent pas s’y intéresseront peut-être davantage après quelques explications complémentaires.
- Roger Ducamp dit que la Compagnie des Messageries fluviales de Cochinchine a dû et doit encore faire passer ses chaloupes, par voie ferrée, par-dessus l’île de Khône, et cela non sans de très grandes difficultés.
- Le lecteur de La Nature sait que les Pharaons hissaient des monolithes.de quarante tonnes au sommet de leurs monuments. R sait que les Américains, il y a bien des années, quand ils n’habitaient, pas tous des sky-scrapers, avaient l’habitude de déplacer d’une seule pièce leurs maisons pour les amener aux emplacements désignés par l’urbanisme naissant. Dès lors, il comprend
- bogies dont les chevilles ouvrières étaient distantes d’une dizaine de mètres.
- La voie ferrée descendait, à chaque extrémité, jusqu’au niveau des basses eaux. Les transbordements se faisaient aux hautes eaux, alors que la voie se trouvait à plusieurs mètres au-dessous de la surface.
- On laissait descendre le transbordeur à la profondeur convenable. On amenait la chaloupe au-dessus. Au moyen de cabestans placés dans le prolongement de la voie on hissait à la fois la chaloupe et la plate-forme (lig. 2).
- A mesure que l’ensemble approchait de la surface, la chaloupe pivotait autour de l’avant de la plate-forme et finissait par y reposer dans toute sa longueur. C’est la manœuvre classique, que l’on doit exécuter chaque fois que l’on hisse une chaloupe sur une cale de carénage. Cette manœuvre devient de plus en plus délicate à mesure que le poids, et surtout la longueur de la cha-
- Fig. 1. — Dimensions relatives d’une chaloupe type Trentinian et d’une locomotive du chemin de fer de Khône.
- mal comment les Messageries Fluviales pouvaient rencontrer de très grandes difficultés à transporter, par voie ferrée, des chaloupes par-dessus une île dont la largeur ne dépasse pas 5 kilomètres.
- Ces difficultés existaient pourtant et peuvent se résumer en un mot : les chaloupes du Mékong sont grandes et le chemin de fer de Khône est petit.
- Le chemin de fer de Khône est à voie d’un mètre.
- La ligne ne présente pas de rampes très accentuées; les courbes, dont l’une n’avait que 100 m de rayon, pouvaient être et ont été, en effet, rectifiées. Mais les chaloupes du type Trentinian avaient près de 32 m de longueur sur 5 m. 50 de large. Le croquis n° 1 qui donne les dimensions relatives du Trentinian et d’une des locomotives de Khône, fait comprendre mieux qu’une longue description la difficulté du problème à résoudre.
- On a commencé par transborder au-dessus de Khône des chaloupes comme le Massic ou le La Grandière dont le poids, pour une longueur d’une vingtaine de mètres, ne dépassait pas 20 tonnes.
- A cela aucune difficulté. On se contenta d’établir une plate-forme, en poutres métalliques, supportée par deux
- loupe augmentent. Mais les précautions à prendre pour la réussir sans avaries sont connues depuis longtemps dans leurs moindres détails.
- Lorsque la chaloupe était convenablement calée sur la plate-forme du transbordeur, on poussait le tout, à bras, jusqu’à l’autre bout de la ligne. Le transbordeur s'enfonçait sous l’eau en suivant la pente de la voie; la chaloupe restait à la surface et l’opération était terminée.
- Dans le transbordement des premières chaloupes, du lype Massic, la charge sur la voie n’atteignait pas sept tonnes par essieu. L’opération réussit avec une telle facilité que la Compagnie des Messageries Fluviales n’hésita pas à adopter, pour ses services du Haut-Mékong, un type de chaloupes beaucoup plus important. he Garce rie, le Colombert, le Trentinian, ont une longueur de plus de 30 m et pèsent, à l’état lège, 40 tonnes.
- Leur transbordement eut encore lieu sans difficulté, malgré une charge de 11 tonnes par essieu.
- Le succès rend- audacieux. La vitesse du type Garceric, 11 nœuds, ne permettait pas de franchir aux plus hautes eaux les rapides des Kemmarat. On décida de porter cette vitesse à 12 nœuds, tout en conservant le confor-
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- table des installations réservées aux passagers et en augmentant le tonnage disponible pour les marchandises. On construisit donc le Pavie dont la longueur atteignait 35 m, la largeur 5 m. 50, et qui, remarquablement réussi, remplissait toutes les conditions du programme. Mais le Pavie, à l’état lège, pesait 55 tonnes.
- Le transbordement du Pavie réussit encore, avec une charge de 15 tonnes par essieu.
- Mais il semblait que l’on avait atteint la limite des efforts qu’il était possible de demander au matériel, si bien que, lorsque l’administration de l’Indochine, désireuse de battre les records du Pavie, eut fait construire en 1913 le Gallieni, les Messageries Fluviales refusèrent d’accepter la responsabilité du transbordement. Le Gallieni, lège, pesait 68 tonnes au lieu de 55.
- L’opération eut lieu en régie sous les ordres des agents techniques de l’Arsenal de Saigon. On avait soigneusement révisé la voie ferrée et renforcé en quelques points le chariot transbordeur.
- Le chariot résista, mais la voie s’affaissa quelque peu et le Gallieni faillit bien chavirer en pleine forêt.
- La figure 1, établie scrupuleusement à l’échelle, permet au lecteur de se rendre compte du fait que l’équilibre transversal d'une chaloupe telle que le Gallieni, sur une voie de 1 m, est bien proche de l’instabilité.
- Le Gallieni, posé sur son chariot, était tiré à bras d’hommes. Lorsque la voie s’affaissa, le bord de la plate-forme du transbordeur vint toucher le sol. Les coolies, abandonnant leur remorque, s’appliquèrent directement à la plate-forme et à la coque delà chaloupe, comme des fourmis transportant une brindille. Centimètre par centimètre on réussit à franchir le passage difficile et à remettre transbordeur et chaloupe en équilibre sur une partie plus solide de la voie. L’opération se termina dès lors sans difficulté.
- En 1924, les Messageries Fluviales firent construire, pour le Laos, une chaloupe, munie de moteurs à combustion interne, le Léon de Tinseau. Cette chaloupe, marchant 13 nœuds et portant 100 tonnes, réalisait, comme vitesse et capacité de chargement, un progrès considérable sur le Pavie et le Gallieni. Mais le poids à transborder devait dépasser 100 tonnes et l’on ne pouvait songer à se contenter de l’ancien matériel, évidemment insuffisant. Il fallait à tout prix augmenter le nombre des essieux porteurs.
- Il existe pour cela un procédé classique dont l’application aurait donné un transbordeur représenté schématiquement par le 2e croquis de la fig. 3, alors que le 1er croquis représente l’ancien appareil. Il aurait fallu renforcer considérablement la plate-forme pour lui permettre de supporter sans fléchir un poids de plus de cent tonnes, tout en n’étant soutenue elle-même qu’en deux points.
- Ce projet n’était pas acceptable à cause de l’élévation trop grande de la plate-forme au-dessus du sol.
- On préféra adopter une solution beaucoup plus simple et plus économique en conservant l’ancienne plate-forme, prolongée simplement de la quantité convenable et soutenue au milieu et aux deux extrémités par trois bogies supplémentaires (fig. 3, 3e croquis).
- Pour permettre à l’appareil de s’inscrire dans les
- Fig. 2. — Comment on hisse le vapeur hors de l’eau.
- courbes de la voie il aurait fallu prévoir un jeu latéral considérable pour les chevilles ouvrières des bogies. Nos 1, 3 et 5. On trouva plus simple et plus économique de supprimer ces chevilles ouvrières et de faire reposer la plate-forme sur ces bogies par des plans soigneusement dressés et garnis de suif.
- Pour le transbordement du Léon de Tinseau ce dispositif ultra-simple donna d’excellents résultats, si bien qu’il sera conservé sans modification pour le transbordement du Borys, actuellement en montage à Saigon, et qui pèse encore une dizaine de tonnes de plus que le Tinseau.
- Le transbordement du Tinseau a occasionné l’emploi d’un mode de traction mixte dont on ne pourrait peut-être pas trouver d’autre exemple. Le nombre des coolies dont on disposait était un peu trop faible. D’autre part, aucune des deux locomotives que possède le chemin de fer de Khône n’était capable de remorquer la chaloupe et son transbordeur. On attela la machine sur une
- Fig. 3 à 5. — Les transformations de la plate-forme de transbordement.
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- Fig. 6 à 11. — Le transbordement du Léon-de-Tinseau, à Khone.
- Ces six photographies ont été prises par M. Julien-Mercier, administrateur des Services Civils de l’Indochine, pendant le transbordement du Léon-de-Tinseau, le 28 septembre 1927.
- 1. On voit s’avancer cahin-caha, dans la brousse, un petit wagon d’un modèle antédiluvien, précédé d’un homme à pied, chargé sans doute de faire écarter les passants, ou peut-être de prévenir les gens du train des obstacles qui pourraient s’opposer à leur marche.
- 2. Derrière le wagon de tête on devine une machine qui le pousse, puis un long cortège d’indigènes, et, au dernier plan, un bateau qui remplit complètement la tranchée pratiquée dans la forêt pour le passage de la ligne.
- 3. Les premiers rangs du cortège ont dépassé l’opérateur. On se rend compte du fait qu’ils sont occupés, sans se donner beaucoup de mal, à tirer sur le câble.
- 4. L’opérateur, dans une ligne droite, est retourné jusqu’au wagon de tête. On devine que ce wagon, la locomotive, les coolies et le Léon-de-Tinseau sont reliés par une longue remorque.
- 5. Le train est passé; quelques personnages qui suivaient à pied le convoi, se retournent pour voir l’opérateur. Noter l’importance de l’arrière du Tinseau.
- 6. Le convoi s’éloigne. Un tournant permet de voir, en profil perdu, l’ensemble de la chaloupe.
- remorque d’une centaine de mètres de longueur, le long de laquelle étaient échelonnés les coolies, et le train démarra et arriva à destination sans accident.
- II faut signaler encore que, dans le chariot transbordeur de Khône, il n’y a jamais eu de ressorts métalliques. Dès l’origine, ils ont été remplacés par des blocs
- de caoutchouc brut, plus faciles à se procurer sur place. Gomme il s’écoule souvent plus d’un an entre deux transbordements de chaloupes lourdes, ces blocs sont changés à chaque opération, de même que toutes les traverses douteuses de la voie. *
- Cl Lancelin.
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- UN BICENTENAIRE : LE CAPITAINE COOK = 321
- James Cook est né dans la province de York le 27 octobre 1728. Il est probable qu’en Angleterre le bicentenaire de ce grand marin sera l’occasion de glorifier son souvenir, et il importe qu’en France aussi on rappelle ses grandes découvertes, avant lesquelles on n’avait qu’une idée très inexacte de la moitié de la surface de notre planète.
- Fils d’un valet de charrue et d’une fille de ferme qui avaient neuf enfants, le jeune James ne devait pas, selon toute apparence, s’élever bien haut dans la hiérarchie sociale. Toutefois, il eut la chance, rare à son époque, de recevoir l’instruction primaire, grâce à la bienveillance de M. Skottow, propriétaire de la ferme où son père travaillait. A 13 ans, il fut placé comme apprenti chez un mercier de la ville voisine, mais cette ville était un petit port de mer et Cook ne tarda pas à se sentir un vif attrait pour la navigation; bientôt il s’embarqua, comme simple matelot, sur un bâtiment qui servait au commerce du charbon. Non content de travailler consciencieusement de son état, il s’instruisit autant qu’il le put et, de bonne heure, devint contremaître.
- La guerre entre l’Angleterre et la France ayantéclatéen 1755, il tenta d’échapper d’abord au service militaire, mais reconnut bientôt que ce qu’il avait de mieux à faire, c’était d’obéir à la loi. Il fit donc la guerre au Canada, et il est à remarquer qu’il eut en face de lui un officier français qui devait être un de ses émules dans la carrière des découvertes maritimes, mais qui s’appelait alors le colonel Bougainville. Cook n’était plus d’ailleurs déjà un combattant subalterne, et il rendit de grands services comme hydrographe. Après la guerre, pendant laquelle il s’était marié, on l’employa comme ingénieur, et il leva des plans à Saint-Pierre et Miquelon, avant que ces îles fussent restituées à la France, au Labrador et à Terre-Neuve. Dans ce dernier pays, il observa, le 5 août 1766, une éclipse du Soleil, ce qui permit de déterminer la longitude du lieu de l’observation. Il était, dès lors, un habile astronome.
- Aussi songea-t-on à lui, tout naturellement, quand il s’agit d’observer le second passage de Vénus sur le disque du Soleil, phénomène qui devait se produire le 3 juin 1769. C’est pourquoi, le 15 février 1768, la Société Royale de Londres adressa-t-elle au roi George III un mémoire où elle demandait qu’un vaisseau fût envoyé explorer les îles de la Mer du Sud, vaisseau que monteraient les astronomes chargés de cette importante observation. La Société, dès le 3 avril, reçut une réponse favorable.
- Pour cette expédition le navire V Endeavour, de 370 tonneaux fut confié à Cook, alors lieutenant de vaisseau. L’équipage comptait 84 [hommes, auxquels s’étaient adjoints plusieurs savants, l’astronome Green, le botaniste suédois Solander, et enfin, sir Joseph Banks, qui devait présider la Société Royale de Londres pendant près de quarante ans. Le 26 août, Cook quitta l’Angleterre ; on toucha à Madère, à Rio de Janeiro, où l’on eut des difficultés avec les autorités portugaises, puis on doubla le Cap Horn et l’on entra dans l’Océan Pacifique, où on découvrit plusieurs îles. Le 11 juin, on arriva devant Taïti, où on devait observer le passage de Vénus
- Cook commença par établir des règles destinées à fixer la nature des rapports que son équipage devait avoir avec les insulaires, et, quand ces règles furent enfreintes, il n’hésita pas à châtier sévèrement les coupables. D’ailleurs, dans tous ses voyages — et il en fut de même pour tous ses émules anglais ou français — il s’efforça d’améliorer le sort des indigènes autant que cela dépendit de lui. Il leur distribua des graines de plantes utiles, ainsi que des animaux domestiques,
- jusqu’à des vaches et des taureaux. On ne peut nier les progrès que la moralité avait faits, chez les Européens, depuis le xvi° siècle, en ce qui concerne leurs rapports avec les « sauvages ». Qu’on se rappelle que le pieux Las Casas, l’apôtre de l’Amérique, avait pu écrire :
- ((Je les ai vus, dans l’ile Saint-Domingue et dans la Jamaïque, remplir les campagnes de fourches patibulaires auxquelles ils pendaient ces malheureux treize à treize, en l’honneur, disaient-ils, des douze apôtres et de Jésus-Christ! Je les ai vus donner des enfants à dévorer à leurs chiens de chasse. »
- C’est ce qui explique que deux Taïtiens, nommés Tupia et Tayeto (ce dernier était un enfant de 13 à 14 ans) tinrent à accompagner les Anglais quand ils quittèrent leur pays après y avoir séjourné trois mois, et ils leur furent grandement utiles en servant d’interprètes quand on aborda à d’autres îles, car il se parle une même langue, ou, du moins-, des dialectes très rapprochés, dans l’immense Polynésie. Ces deux infortunés ne devaient d’ailleurs pas revoir leur pays. Ils moururent à Batavia, victimes du climat malsain de ce pays, qu’Aotourou, le Taïtien qui accompagna Bougainville, appelait « la terre qui tue » (enoua-maté).
- On était arrivé à Taïti le 11 avril, et, dès que l’on eut pu s’installer à terre, on s’occupa d’établir un observatoire, le 3 juin, Cook et Green observèrent avec le plus grand succès le passage de Vénus. Le temps fut, ce jour-là, magnifique (*).
- C’est dans ce voyage qu’on reconnut que la Nouvelle-Zélande se compose en réalité de deux grandes îles, que les indigènes appelaient Ikanamawi et Tawai-Pounamou. Le détroit qui les sépare porte le nom de Cook. La superficie totale de cette contrée est à peu près la moitié de celle de la France.
- Le 30 mars 1770 on quitta ce pays, que l’on avait mis six mois à explorer. En remontant vers le Nord, on suivit la côte orientale de l’Australie, ou Nouvelle-Hollande, comme on disait alors, et, le 10 juin, VEndeavour se trouva dans le plus grand danger. Une voie d’eau fut reconnue, on était échoué, et, pour se remettre à flot, ce ne fut pas trop de toute l’habileté du commandant et du dévouement de l’équipage, d’ailleurs atteint du scorbut.
- On constata que la Nouvelle-Guinée est séparée de l’Australie, et le 9 octobre, on jetait l’ancre devant Batavia. Il y avait urgence à réparer le vaisseau, qui était dans un état si déplorable, qu’en plusieurs endroits, les planches du fond n’avaient pas plus d’épaisseur qu’une semelle de soulier ! D’autre part, la santé de l’équipage laissait beaucoup à désirer. On eut des morts à déplorer pendant qu’on était à Batavia, et même après qu’on en fut parti (27 décembre). Une des plus regrettables, parmi ces pertes, fut celle de l’astronome Green, dont la carrière aurait été sans doute très brillante, s’il n’était mort à 35 ans.
- On toucha au Cap, à Sainte-Hélène, et, le 11 juin 1771, l”Endeavour arrivait à Deal.
- Les fésultats du voyâge effectué par Cook firent une telle sensation qu’on lui laissa à peine le temps de prendre un peu de repos. Le 13 juillet 1772, il reprenait la mer, ayant sous son commandement direct la Résolution-, son second, M. Fur-neaux, commandait l’Aventure. L’ensemble des deux équipages comprenait 193 hommes. Un peintre, deux naturalistes et deux astronomes, nommés Wales et Bayley, faisaient partie
- 1. On ne fut pas moins favorisé, le 9 novembre suivant, pour l’observation du passage de Mercure qui se fit à la Nouvelle-Zélande. Aussi, dans ce dernier pays y a-t-il une baie de Mercure de même qu’une pointe de Vénus à Taïti.
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- de l’expédition (Q Quatre chronomètres construits par Arnold et Kendall, avaient été confiés aux navigateurs, qui devaient faire le tour du monde de l’ouest à l’est, en cherchant à atteindre les latitudes australes les plus élevées qu’ils pourraient.
- C’est sans doute par suite de cette indication, et aussi parce que dans la précédente expédition, on avait perdu plus de 30 hommes sur 85 (!) que l’on avait veillé avec un soin tout particulier à la qualité et à la quantité des approvisionnements. Aux fournitures ordinaires on avait ajouté une grande quantité de denrées antiseorbutiques, de la drèche, de la choucroute, des choux salés, du bouillon en tablettes, du sagou, de la moutarde, de la marmelade de carottes, du moût de bière et de la bière. Grâce à ces précautions intelligentes, l’équipage revint presque au complet. On n’avait perdu qu’un homme dont la santé était douteuse au moment du départ. Quatre autres avaient péri, à la Nouvelle-Zélande, dans une rixe avec les naturels du pays.
- Le 30 octobre, on était au Cap, où l’on fut informé que deux expéditions françaises commandées, l’une par Kerguelen, l’autre par Marion-Dufresne, étaient en train d’explorer les mers du Sud, Le 10 décembre, par 50° de latitude, on rencontra des glaces flottantes, qui avaient au moins l’avantage de fournir de l’eau fraîche. On navigua au milieu de ces écueils flottants jusqu’au 17 janvier 1773. On était alors par 67°15' de latitude australe, et on jugea prudent de changer de route.
- Le 17 février, on vit une aurore australe, qui semble avoir été la première qu’on ait jamais observée. Le 17 mars, dans l’intérêt de la santé de l’équipage, on se décida à faire voile pour la Nouvelle-Zélande, on se rendit à Taïti et aux îles voisines, où l’on trouva à se ravitailler abondamment. Un jeune habitant de l’île de Iluaheisie, nommé Ornai, voulut bien partir avec les Anglais, et c’est le second Taïtien qu’on ait vu en Europe. Aotourou fut le premier.
- Au mois de novembre, on était de retour à la Nouvelle-Zélande, d’où l’on repartit pour affronter les hautes latitudes. Le 30 janvier, on atteignit 71°, 10', et, bien qu’on fût en été, il y avait longtemps qu’on naviguait au milieu d’îles flottantes de glace. On ne put alors aller plus loin, et l’on marcha vers le nord. On fit d’ailleurs très bien, car la santé de Cook ne tarda pas à s’altérer, en raison des fatigues qu’il s’imposait. On ne l’aurait probablement pas sauvé, si Forster n’eût possédé un chien, qu’il se décida à sacrifier et dont la chair et le bouillon contribuèrent à rétablir le malade. On passa à l’île de Pâques, aux Marquises, où les habitants étaient remarquables par leur beauté physique aussi bien que par leur manque de respect pour le bien d’autrui, enfin, le 22 avril 1774, on touchait de nouveau à Taïti, où l’on se ravitailla et dont, avec le plus grand soin, on détermina la position géographique.
- On reprit la mer, naviguant toujours vers l’est, et rencontrant des îles innombrables. En particulier, on aborda à Mallicolo ou Yanikoro, qui devait être le tombeau de La Pérouse et de ses compagnons, et dont les habitants sont fort laids, voleurs et traîtres. Il ne devait rien manquer au malheur du marin français. On faisait d’ailleurs des découvertes, entre autres celles des Nouvelles-Hébrides et de la Nouvelle-Calédonie, dont le peuple parut supérieur en moralité à ceux des autres îles. Ce n’est peut-être pas l’opinion courante aujourd’hui.
- Le 29 décembre, on doublait le Cap Horn, on rentrait dans l’Atlantique, et l’on chercha encore à s’élever en latitude, ce qui eut pour résultat de faire penser que, s’il existe un continent austral, il ne peut s’étendre bien loin du pôle.
- 1. De ce voyage firent aussi partie Johann et Georges Forster. Voir à ce propos La Nature du 29 mai 1926,
- On revint par le Cap, et, le 30 juillet 1775, on débarquait à Portsmouth. Le 9 août, Cook était nommé capitaine de vaisseau, Jusque-là, il en avait rempli les fonctions sans en avoir le grade. On lui donna en outre une place lucrative et peu absorbante dans l’Administration du grand hôpital de Greenwich. D’autre part, le monde savant le récompensa aussi; l’illustre Société Royale de Londres l’admit au nombre de ses membres et lui décerna la médaille de Copley, la plus flatteuse distinction dont elle dispose.
- Cook ne la reçut d’ailleurs pas personnellement. Il était reparti depuis quelques mois pour son troisième voyage, quand la Société tint sa séance solennelle. Le but de cette dernière expédition était la découverte d’une route permettant de passer, à travers les régions boréales, de l’Atlantique dans le Pacifique, et vice versa. Dès 1745, le Parlement avait promis 20 000 livres à qui ferait cette découverte, qui n’a été faite que de nos jours, par Nordenskiold, mais qui n’a pas donné de résultats ayant un intérêt pratique.
- La Résolution, remise à neuf, fut encore confiée à Cook, quant à l’Aventure, il est à croire qu’on l’avait trouvée en trop mauvais état, car elle fut remplacée par La Découverte, commandée par M. Clerke, qui, de même que Cook, ne devait pas revoir l’Angleterre. Le comte de Sandwich, premier lord de l’Amirauté, protecteur constant de Cook, fit de son mieux pour que les navigateurs fussent pourvus en abondance de tout ce qui pouvait contribuer à les maintenir en bonne santé. On y joignit des outils de fer, du bétail, une grande quantité de graines de plantes maraîchères ; tout cela devait être distribué aux habitants des îles de la Mer du Sud et améliorer leur sort. Enfin, et ce n’est pas le moins important, des instruments scientifiques furent confiés à Cook et à son premier lieutenant Iving, qui avaient d’ailleurs un auxiliaire précieux, M. Bayley, que les fatigues d’un premier voyage n’avaient point effrayé. Pour ce qui concerne l’histoire naturelle, on pouvait compter sur M. Anderson, le premier chirurgien, qui, dans le précédent voyage, s’était fait remarquer par son aptitude à s’assimiler les idiomes des insulaires. Enfin, le pinceau du peintre Webber devait représenter les scènes les plus intéressantes de ce mémorable voyage.
- Cook devait se rendre dans le Pacifique en passant par le Cap de Bonne-Espérance, traverser la chaîne des nouvelles îles qu’il avait déjà vues vers le tropique du Capricorne, passer l’équateur, et suivre alors la'route qui lui paraîtrait la plus convenable pour rechercher le passage d’une mer à l’autre, en faisant toutes les découvertes dont il lui serait possible d’enrichir la géographie.
- Parti de Plymouth le 12 juillet 1776, il était au Cap, le 18 octobre, et il y acheta des bestiaux de toute espèce destinés à peupler les îles du Grand-Océan. Nous passons sur les détails du séjour que firent les voyageurs à la Nouvelle-Hollande, à la Nouvelle-Zélande, à Tonga-Tabou. Le 12 août 1777, on arriva à Taïti, où Omaï, qui s’était trouvé très heureux en Angleterre, et que l’on ramenait chargé de présents qui lui faisaient une véritable fortune, fut accueilli d’abord froidement parles siens. Mais cela changea, peut-être parce qu’on s’était aperçu que, maintenant, il était riche. Qu’aurait dit de cela Jean-Jacques Rousseau?
- Après un long séjour à Taïti et dans les îles voisines, on reprit la mer, et le 18 janvier 1778, on découvrit un archipel considérable, auquel Cook donna le nom de Sandwich. On n’y séjourna que peu de temps, et on alla explorer les côtes occidentales de l’Amérique du Nord. C’est à cette époque du voyage qu’on perdit un homme de grand mérite, le chirurgien Anderson. On passa le détroit de Behring, mais on renonça, pour cette année, à rechercher le passage entre les deux Océans.
- On sait le reste; on était de retour aux îles Sandwich, et
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- les rapports avec les indigènes étaient bons ; toutefois on s’aperçut, le 14 février, qu’ils avaient dérobé un canot de la Découverte. Ce vol était trop important pour qu’on pût cette fois fermer les yeux; Cook voulut s’emparer, comme otage, du roi Ivariopoo. Une rixe terrible s’ensuivit, et le grand navigateur fut massacré. Les Anglais n’obtinrent qu’à grand peine la restitution de ses restes, qui furent enfermés dans une bière et immergés, avec tous les honneurs d’usage.
- Son second, M. Clerke, prit le commandement, mais ne survécut pas longtemps à son chef, il mourut le 22 août 1779 sur les côtes du Kamtschatka, et fut enseveli à quelques pas de la tombe d’un compagnon de Behring, l’astronome français Delisle de la Croyère, décédé en 1741. Il serait curieux de savoir si ces tombeaux subsistent encore.
- . Le lieutenant Gore ramena l’expédition en Europe et le lieutenant lving en écrivit l’histoire.
- La guerre avait éclaté entre la France et l’Angleterre en mars 1778. Turgot écrivit alors la note suivante, qu’il fit remettre au ministère de la Marine, sans l’avoir signée.
- « Le capitaine Cook, un des plus habiles officiers de la marine royale d’Angleterre, après avoir fait deux fois le tour du globe, après avoir, dans le cours de ces deux voyages, donné le premier à l’Europe une connaissance exacte de l’hémisphère austral, perfectionné la navigation, enrichi la géographie et l’histoire naturelle d’une foule de découvertes utiles, a entrepris d’en faire un troisième, dont l’objet est de reconnaître et de décrire les côtes, les îles et les mers situées au Nord du Japon et de la Californie.
- « Il est parti de Plymouth, au mois de juillet 1776, sur le vaisseau la Résolution, le même qu’il avait commandé pendant son second voyage.
- « Ce vaisseau, du port de 4 à 500 tonneaux et d’un peu plus de 100 hommes d’équipage, n’est point un bâtiment propre aux opérations militaires. Il avait été construit
- -....... = LA CULTURE
- Les producteurs d’ananas de l’île de Hawaï ont utilisé cette année, nous apprend Scientific American, pour plus de 12 millions de francs de papier. Le papier a servi non pas à emballer les fruits, mais à recouvrir le sol des plantations en vue d’augmenter le rendement de la récolte. Celle-ci, en effet, se trouve ainsi accrue de plus de 30 pour 100.
- Cette pratique de la culture sous papier a été introduite à Hawaï, dès avant la guerre, par un planteur de sucre, M. Eckart. Celui-ci, pour empêcher le développement des mauvaises herbes dans les champs de canne, eut l’idée de recouvrir le sol d’un papier fort, imprégné d’asphalte, tendu au-dessus des jeunes semis ou des plants fraîchement coupés. Les jeunes tiges de cannes, en poussant, traversaient aisément le papier, mais le développement des mauvaises herbes était paralysé. On s’aperçut bien vite que le procédé avait d’autres avantages de la plus haute importance, et on l’appliqua à d’autres cultures que celle de la canne.
- Le Département de l’Agriculture des États-Unis a entrepris, à la ferme expérimentale d’Arlington (Virginie), depuis plus de quatre ans, des recherches systématiques sur ce procédé, et il est arrivé à la conclusion que l’on peut, par ce moyen, augmenter dans de très fortes proportions le rendement d’un grand nombre de cultures potagères.
- Ce résultat peut être attribué aux propriétés physiques du papier : le sol recouvert d’un papier sombre est soustrait aux fluctuations rapides de température : il absorbe mieux la chaleur solaire et la rayonne moins; sa température moyenne reste supérieure à ce qu’elle serait sans cette couverture; aussiles bactéries du sol trouvent-elles sous ce papier un milieu dont la température reste toujours comprise entre les limites qui conviennent le mieux à leur développement. C'est une condition très favorable à la fertilité. De même le papier protège le sol
- originairement pour le commerce du charbon de terre.
- « Le capitaine Cook est vraisemblablement en chemin pour revenir en Europe.
- « Son expédition n’ayant pour but que le progrès des connaissances humaines, intéressant par conséquent toutes les nations, il est digne de la magnanimité du Roi de ne pas permettre que le succès puisse en être compromis par les hasards de la guerre. Dans le cas de rupture entre les deux couronnes, on propose à S. M. d’ordonner à tous les officiers de sa marine ou armateurs particuliers, qui pourraient rencontrer le capitaine Cook, de s’abstenir de toute hostilité envers lui et son bâtiment, de lui laisser continuer librement sa navigation, et de le traiter à tous égards comme il est d’usage de traiter les officiers et les navires des nations neutres et amies, en lui faisant connaître cette marque de l’estime du Roi pour sa personne, et en le prévenant que le Roi attend de lui qu’il s’abstiendra de son côté de tous actes hostiles.
- « Il paraît convenable de donner connaissance de cet ordre aux ministres de S. M. Britannique. »
- L’appel de Turgot fut entendu, et nos marins reçurent l’ordre qu’il sollicitait qu’on leur donnât.
- Franklin, aux Etats-Unis, en Espagne, un officier nommé M. de Belluga, demandèrent à leurs gouvernements de donner des ordres analogues, ils ne furent pas écoutés.
- Les Anglais se montrèrent reconnaissants; pour célébrer les découvertes de leur grand marin, ils firent frapper une magnifique médaille, dont un exemplaire en or fut remis à Louis XV.I, qui le reçut avec une vive satisfaction.
- Un exemplaire semblable fut donné à la veuve de Cook ; celle-ci, qui lui survécut plus d’un demi-siècle, fit remettre cette médaille au gouvernement, la veille de sa mort, arrivée en 1835. Après avoir eu six enfants, elle mourait sans postérité. E. Doublet.
- SOUS PAPIER =
- contre l’évaporation qui l’assèche; de même aussi la température plus élevée du sol favorise les phénomènes d’osmose et facilite F absorption de l’eau par la plante. Bref la jeune plante, sous son toit de papier, trouve, en général, beaucoup mieux qu’à l’air libre, des conditions favorables à son développement rapide.
- Les résultats des cultures sous papier faites à Arlington, comparés à ceux de cultures témoins faits dans les conditions usuelles, sont véritablement surprenants.
- On a observé d’extraordinaires accroissements de rendement, pour les pommes de terre (73 pour 100), le coton (91 pour 100), le céleri (123 pour 100), le poivye (146 pour 100), l’aubergine (150 pour 100), le haricot vert (153 pour 100), la betterave (409 pour 100), la carotte (507 pour 100), le concombre (512 pour 100), etc. Les tomates, les épinards, les radis, les navets tirent également grand bénéfice de ce traitement. Seul, parmi les plantes expérimentées, le pois s’est mal trouvé du traitement sous papier, qui a fait diminuer de 46 pour 1001e rendement de la récolte.
- Le mode d’emploi du papier est extrêmement simple. L’agriculteur le reçoit en rouleaux; il suffit, après labourage et préparation du champ, de les dérouler sur le terrain. On fixe le papier avec des pierres, ou simplement en jetant de la terre sur ses bords. A Hawaï, où l’on déroule annuellement des milliers de kilomètres de bandes de papier, il existe même des machines à dérouler et à poser ces bandes. Elles sont tirées par des chevaux ou par des tracteurs.
- La plantation ou le semis s’effectuent soit à travers des ouvertures faites dans le papier, soit entre les bandes de papier. Dans le premier cas, le diamètre et l’espacement des orifices dépendent de la nature de la plante. A cet égard, chaque espèce a sa technique.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN NOVEMBRE t92S (*)
- Les observateurs du ciel auront, ce mois-ci, un programme particulièrement chargé : une éclipse partielle de Soleil et une éclipse de Lune ; les étoiles filantes Léonides et les Andromédides ; la plus grande élongation de Mercure; les phénomènes, très nombreux, du système des satellites de Jupiter; plusieurs minima d’Algol ; des occultations d’étoiles par la Lune ; des conjonctions, etc., etc.
- I. Soleil — La déclinaison du Soleil, en novembre, devient de plus en plus australe. En effet, de — 14° 27 le 1er, elle sera de —21°40' le 30. La durée du jour diminue de plus en plus, et de 9h 51m le 1er novembre, elle se trouve réduite à 8h33m le 30.
- Cette durée est celle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon de Paris. Le Soleil, comme on va le voir dans le tableau ci-après, passe au méridien près de 1/2 heure avant midi. Il en résulte que la matinée (temps écoulé du lever à midi) est plus longue que la soirée. Il fait jour à 7» du matin, et il fait nuit à 17».
- Yoici le temps moyen à midi vrai en
- Observations physiques. — Il est important de continuer chaque jour l’observation du Soleil: taches, facules. De cette façon, un phénomène soudain risque de ne pas passer inaperçu.
- Eclipse partielle de Soleil. — Une éclipse partielle, peu importante pour Paris, se produira le 12 novembre au matin.
- L’éclipse générale commencera à 7h 33ra ; sa plus grande phase aura lieu à 9h 48“ et la fin à 12» 3». Après 12h 3“, aucun point de la Terre ne verra la Lune devant le Soleil. La grandeur de cette éclipse atteindra 0,809, le diamètre du Soleil étant pris pour unité.
- A Paris, l’éclipse sera beaucoup plus modeste. Le commencement aura lieu à 7h 44m ; la plus grande phase à 8h 29“ et la fin à 9h 16“. En prenant toujours le diamètre du Soleil pour unité, la grandeur maxima de l’éclipse, à 8ll29"‘, sera de 0,161. C’est cette plus grande phase que représente notre
- Fig- 1. — Aspect de l’éclipse partielle de Soleil ^ figure 1 du 12 novembre 1928.
- Phase maximum à Paris,
- novembre Dates. Nov. l.er Heures du passage. llh 34m 18* Dates. Nov. 17 Heures du passage 11» 35” 4P
- 3 11» 34“ 16- — 19 11» 36“ 6’
- 5 11» 34“ 18' — 21 llh 36“ 35‘
- 7 11» 34“ 23* — 23 llk37“ 7*
- _ 9 11» 34“ 32* — 25 11» 37” 42*
- 11 11» 34* 44. — 27 11»37“ 20
- 13 Il*35“0 1 — 29 11» 39“[80‘
- 15 Us 35“ 19,
- Cette éclipse sera visible de l’Europe (sauf l’Espagne), de l’Asie occidentale et du Nord de l’Océan Indien.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale, par les nuits claires et sans Lune, ni lumières artificielles, est visible le matin, avant l’arrivée de l’aurore. On remarquera sa forme effilée, très différente de l’aspect qu’elle présente, le soir,, au printemps.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée à l’époque de la Nouvelle Lune. Du 14 au 16 novembre, on la trouvera peut-
- 1. Toutes les heures mentionnées dans le présent Bulletin astronomique sont données en temps universel (T. U.), compté de 0» à 24l à partir de minuit (0k).
- ASTRE Dates : NOVEMBRE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris Z1). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 6» 45“ Il»34™18’ 16» 23“ 14» 42“ — 15° 42' 32' 19" 2 Balance
- Soleil ... S 15 7 1 11 35 19 16 9 15 22 — 18 30 32 24,0 Balance > »
- ‘25 7 16 11 37 42 15 59 16 4 — 20 45 32 24,6 Scorpion
- 5 5 0 10 28 15 5 13 34 — 7 35 7,6 oc Vierge Le matin, au début du mois.
- Mercure. . . 15 5 18 10 28 15 39 14 12 — 11 7 5,8 /. Vierge 1 Plus grande élongation,
- 25 6 3 10 47 15 30 15 10 — 16 33 5,0 t Balance le 9.
- 5 9 48 13 50 17 51 16 54 — 23 57 12,6 Scorpion
- Vénus 15 10 10 14 4 17 58 17 48 — 25 9 13,2 0 Scorpion ( Le soir, dès le crépuscule.
- 25 10 24 14 18 18 13 18 42 — 25 6 14,0 a Sagittaire
- 5 19 26 3 33 11 41 6 39 + 24 16 13,0 p. Gémeaux
- Mars 15 18 45 2 55 11 6 6 41 + 24 42 14,0 Ç Gémeaux Presque toute la nuit.
- 25 17 52 2 7 10 21 6 36 + 25 17 15,0 Ç Gémeaux
- Jupiter. . . . 15 15 22 22 17 5 12 2 6 + 11 13 45,6 Poissons Toute la nuit.
- Saturne . . . 15 9 8 13 23 17 38 17 9 — 21 42 13,6 0 Ophiuchus Pratiquement inobservable
- Uranus. . . . 15 14 21 20 27 2 33 0 15 + 0 50 3,6 39 Poissons Première partie de la nuit.
- Neptune. . . 15 23 32 6 28 13 25 10 14 + 11 33 2,4 a Lion Seconde partie de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
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- être, au Sud des Pléiades, vers minuit. Nous disons peut-être, car l’observation de cette lueur est très difficile à faire. Voir à ce sujet l’article très documenté publié par M. J. Dufay dans TJ Astronomie de juillet 1928.
- II. Lune. — Voici les phases de la Lune qui se produiront en novembre 1928 :
- D. Q. le 4, à 14* 6” I P. Q. le 20, à 13" 36™
- N. L. le 12, à 9h 35m I P.L. Ie29,à 9* 6™
- Age de la Lune, le 1er novembre, à 0*=:18j,3; le 13, à 0h = 0-1,6. On sait que pour avoir l’âge de la Lune à une autre époque du mois, il faut ajouter aux valeurs ci-dessus 1 jour par jour écoulé depuis le lor ou le 13 novembre.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 14 novembre, à 8h. Parallaxe = 53' 58". Distance = 406 320 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 17novembre, àl4*. Parallaxe — 61'27". Distancera 356 840 km.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer à partir du 5 novembre pendant la phase décroissante et à partir du 15, pendant la phase croissante de la Lune.
- Occultations d’étoiles par la Lune. —r 'Le 19 novembre, occultation de 35 Capricorne (gr. 6,0). Emersion seule visible à 16*19™. (Il fera encore jour).
- Le 22, occultation de 30 Poissons (gr. 4,7), de 17*43™ à18h44ra.
- Le 25, occultation de 31 Bélier (gr. 5,7) , de 16h 9™ à 16h 59™.
- Le 26, occultation de 26 B. Taureau (gr. 6,4). Emersion seule visible à 16h27m.
- Le 29, occultation de 37 Gémeaux (gr, 5,7). Emersion seule visible à 18* 24ra.
- Eclipse totale de Lune. — Une éclipse totale de Lune, en partie visible à Paris, se produira le 27 novembre. A Paris, la Lune se couchera 8 minutes avant l’entrée dans l’ombre.
- L’entrée dans la pénombre aura lieu à 6h 25™. Puis la Lune se couchera, pour Paris, à 7h16m. Le [contact avec l’ombre se produira à 7h24ra et le commencement de l’éclipse totale à S* 33”. En prenant le diamètre de la Lune pour unité, la grandeur de l’éclipse sera de 1,155.
- En raison du voisinage de l’horizon, l’observation de cette éclipse, à Paris, sera à peu près impossible.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 27 novembre. Voici les heures, pour Brest, de quelques-unes de ces plus grandes marées :
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heure. Coefficient Heure. Coefficient
- Nov. 26 2h 37m 0,95 14*59ra 1,00
- — 27 3h 20™ 1,03 15h 43m 1,05
- — 28 4* . 6m 1,05 16*29™ 1,04
- — 29 4h 52m 1,02 18h17™ 0,97
- Le mascaret se produira à plusieurs reprises, heures de son arrivée dans les localités ci-après : Voici les
- Dates. Coefficient de la marée. Quillebeuf. Villequier. Caudebee.
- Nov. 27 1,05 19* 20™ 19h 57™ 20h 6™
- — 28 1,05 7h 4im 8h 18™ 8h 27™
- — . 29 1,04 S o <N 20h39™ 20» 48™
- III. Planètes. — Le tableau placé à la page précédente, établi à l’aide des données figurant dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1928, contient les renseignements pour observer les principales planètes pendant le mois de novembre.
- Mercure sera visible le matin du 5 au 17 novembre, sa plus grande élongation ayant lieu le 9, à 18h56mà l'Ouest du Soleil.
- ------- - r—-"-:::::::;-:;:: ............. 325 =
- Voici la phase et l’éclat stellaire de Mercure en novembre
- Disque illuminé. Grandeur stellaire
- qer 0,20 + 0,8
- 6 0,44 0,0
- 11 0,65 — 0,4
- 16 0,79 — 0,6
- 21 0,88 — 0,6
- 26 0,93 — 0,6
- Vénus est visible le soir, dans le crépuscule, à l’horizon sud-ouest. Elle s’écarte peu à peu du Soleil et son diamètre augmente assez rapidement.
- Mars offre de plus en plus d’intérêt. Son opposition arrivera le mois prochain. II est. maintenant visible toute la nuit
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Novembre. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATES Novembre. Heure. Satel- lite. Phéno- mène
- 1 17* 38™ II E. f. 15 19* 39™ II Im.
- 1 22 6 III P. c. 15 22 49 II E. f.
- 1 22 14 III O.c. 17 16 43 II P. f.
- 1 23 21 III P. f. 17 17 48 ’ II O.f.
- 2 0 5 III O.f. 19 18 12 III Im.
- 4 3 53 I Im. 19 19 44 III Em.
- 5 1 3 I P.c. 19 20 18 III E. c.
- 5 1 13 I O.c. 19 22 10 III E. f.
- 5 3 11 I P. f. 20 1 48 I Im.
- 5 3 23 I O.f. 20 22 57 I P.c.
- 5 4 19 II Im. 20 23 32 I O. c.
- 5 22 19 I Im. 21 1 6 I P. f.
- 6 0 41 I E. f. 21 1 41 I O.f.
- 6 19 29 I P.c. 21 20 14 I Im.
- 6 19 42 I O.c. 21 23 1 I E. f.
- 6 21 37 I P. f. 22 17 24 I P. c.
- 6 21 52 I O.f. 22 18 0 I O.c.
- 6 23 8 II P.c. 22 19 32 I P.f.
- 6 23 34 II O.c. 22 20 10 I O. f.
- 7 1 18 II P. f. 22 21 55 II Im.
- 7 1 51 II O.f. 23 1 25 II E. f.
- 7 19 10 I E. f. 23 17 30 I E. f.
- 8 17 26 II Im. 24 16 49 II P.c.
- 8 20 13 II E. f. 24 18 10 II O.c.
- 9 1 18 III P.c. 24 19 1 II P. f.
- 9 2 15 III O.c. 24 20 26 II O.f.
- 9 2 39 III P. f. 26 21 31 III Im.
- 9 4 6 III O.f. 26 23 0 III Em.
- 12 2 47 I P.c. 27 0 20 III E. c.
- 12 3 8 I O. c. 27 2 12 . III E. f.
- 13 0 3 I Im. 27 3 33 I Im.
- 13 2 37 I E. f. 28 0 43 I P.c.
- 13 21 13 I P.c. 28 1 27 I O.c.
- 13 21 37 I O.c. 28 2 51 I P. f.
- 13 23 21 I P. f. 28 22 0 I Im.
- 14 1 24 II P. c. 29 0 56 I E. f.
- 14 2 12 II O.c. 29 19 9 I P. c.
- 14 3 35 II P. f. 29 19 56 I O.c.
- 14 4 29 II O.f. 29 21 18 I P. f.
- 14 18 29 I Im. 29 22 5 I O.f.
- 14 21 5 I E. f. 30 0 12 II Im.
- 15 17 47 I P. f. 30 16 26 I Im.
- .15 18 15 I O.f. 30 19 25 I E. f.
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- 326
- Yoici comment se présente la planète en novembre :
- Dates.
- (0*)
- Nov. Ie — 12 — 22
- Angle de position de l’axe de Mars. Latitude du centre. Diamètre. Phase. Angle de position de la phase. Éclat stellaire
- r 339° + 4°, 7 T2",7 1",1 273° — 0,6
- 339° + 4°,6 13", 7 0", 9 273° — 0,8
- 3390 + 3°,8 14",7 0",6. 2710 — 1,0
- On trouvera dans l’Annuaire astronomique les heures de passage au méridien central du disque du méridien 0° de Mars. Le 2 novembre, ce passage aura lieu à lh 24m,l et le 30 à
- Le 23, à 3h, Uranus en conjonct. avec la Lune, à 4° 07' N.
- Le 25, à 4k, Jupiter — — à 1°14' N.
- Le 29, à 12\ Mars — — à 0° 52' S.
- Etoiles variables. — Minima de l'étoile variable Algol (ces minima sont facilement observables à l’œil nu) : le 11, à 3k 21” ; le 14, à 0h 10” ; le 16, à 20h 59” ; le 19, à 17" 48”.
- Étoiles filantes. — Le mois de novembre a vu des chutes célèbres d’étoiles filantes : les essaims des Léonides et des Andromédides ont donné, dans le passé, des averses considé-
- 18h45™,3. Mars tournant sur lui-même en 24h 37” 22s,65, il Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine
- sera assez facile de calculer les autres passages du mois. — — — —
- Jupiter s’est trouvé en opposition le 29 octobre dernier. Nov. 1er au 4 43» + 220 e Bélier.
- Il est donc encore visible toute la nuit. Cette planète est une — 1 au 8 58° 4- 20» A Taureau.
- des plus intéressantes à observer, d’autant plus que la plus — 13 au 14 53° + 32° 0 Persée.
- petite lunette ou longue-vue suffit pour cela. Comme les mois — 13 au 14 149° + 23° ? Lion.
- précédents, nous donnons, ci-Contre, la liste à peu près com- , — 13 au 14 279° 4- 56° 2348 Bradley.
- plète des phénomènes si curieux présentés par les satellites — 16 154° -j- 40° y. Grande Ourse
- dans leur révolution autour de la planète, parce que ces phé- — 20 et 27 62o 4- 22° en2 Taureau.
- nomènes peuvent être aisément suivis par tous les amateurs. — 25 au 28 154° 4- 40o y. Grande Ourse,
- Saturne est à peu près inobservable à présent et, en tous cas, — 27 25° + 430 y Andromède.
- il est si près de l’horizon que les images seront très défec- — 28 328° -j- 620 a Céphée.
- tueuses.
- Yoici les éléments de l’anneau, à la date du 16 novembre :
- Grand axe extérieur. . .......................... 34",36
- Petit axe extérieur.............................. 15",53
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. ...........................................-)- 26° 52
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26° 44' Uranus est encore bien visible dès l’arrivée de la nuit. Pendant ce mois, il se déplacera assez lentement, à environ 1° au Sud de l’étoile 39 des Poissons, comme on peut le voir sur la petite carte publiée au précédent « Bulletin astronomique ». Uranus peut être facilement suivi avec une simple jumelle. Une forte lunette le montre avec un petit disque bleuâtre de 4" de diamètre.
- Neptune sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 23 novembre, à 21h. Il se lève avant minuit et peut être observé dans la seconde moitié de la nuit, à peu près à mi-distance entre a et p du Lion (voir dans Y Annuaire astronomique la carte de son mouvement).
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 5h, Mars en conjonction avec la Lune, à 2° 15' S. Le 10, à 16h, Mercure — — à 0°31' S.
- Le 15, à 15h, Yénus — — à 0° 43' N.
- On observera ave caltenlion les météores, les 13 et 14 novembre et du 20 au 27 novembre.
- Étoile Polaire. — Heures de passage de l’Etoile Polaire au méridien de Paris, en novembre :
- Dates.
- Passage.
- Nov. 6 Supérieur — 16 —
- — 26 —
- Heure.
- (T. U.)
- 22h24m 3‘ 2ih 44“ 41’ 21h 5” 17‘
- Temps sidéral à 0h (T. U.)
- 2h 57“ 50* 3“ 39” 16s 4h 18” 42‘
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le 1er novembre, à 23h, ou le 15, à 22h est celui-ci :
- Au Zénith : Persée; Andromède; le Bélier; Cassiopée.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A l'Est : Le Cocher; le Lion; le Cancer; les Gémeaux; le Petit Chien; le Taureau; Orion.
- Au Sud : Les Poissons; la Baleine; l’Eridan ; le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase; le Cygne; la Lyre.
- Le Ciel, à l’Est, est particulièrement éclatant, avec de nombreuses étoiles de lre et de 2e grandeur.
- Aucune étoile brillante, par contre, n’illumine le Sud et le Sud-Ouest.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- LA VITRE FAUSSEMENT BRISÉE
- On sait que pour figurer le bris d’une vitre, il suffit d’y tracer avec du savon, des lignes brisées qui s’échappent du point prétendument brisé. Pour compléter l’illusion, on peut laisser dans la vitre l’objet même qui a paru produire l’accident; voici comment : on prend, par exemple, un rondin, de bois de 0 m 08 environ de diamètre et d’une épaisseur de 0 m 03 à 0 m 04; on le scie proprement en deux dans le sens de cette dernière dimension.
- Ceci fait tandis qu’on colle un des morceaux d’un côté de la vitre, on fixe le second de l’autre côté, bien en face, de manière qu’ils semblent se rejoindre à travers la vitre. Puis, on fait partir de ce centre les lignes tracées au savon. L’illusion est complète.
- L'ENTRETIEN DES APPAREILS A ACÉTYLÈNE
- Voici les excellents conseils que donne à ce sujet le Bulletin de la soudure autogène.
- L’appareil à acétylène est sans cesse soumis à l’action de
- l’eau et de l’air et, même lorsqu’il est abrité, est comparable à une machine qui serait exposée aux intempéries. C’est surtout à l’extérieur que la détérioration se produit : la peinture disparaît peu à peu et la rouille vient attaquer la tôle. Il faut donc intervenir en temps utile.
- Les parties les plus sujettes à cette détérioration sont le cercle inférieur et d’une façon générale les recouvrements de tôles, colliers, etc., bref partout où l’eau peut séjourner ou être emprisonnée. ,
- Pour la remise en état de l’appareil, il convient tout d’abord de le vider entièrement de gaz acétylène, en le « noyant » complètement d’eau, ce qui constitue le seul moyen d’enlever toute trace de gaz susceptible de former avec l’air un mélange explosif. Après vidange, on procède à un grattage général des surfaces suivi de l’application de deux couches de peinture.
- Les peintures à employer de préférence sont celles à base de goudron, qui résistent bien à l’action de l’eau et des intempéries. L’intérieur de l’épurateur doit être également nettoyé et repeint, car la matière épurante peut en avoir attaqué les parois.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- L’accident de TouL
- L’Accident d’aviation de Tonl qui le 3 septembre a coûté la vie à M. Bokanowski, ministre du commerce, à M. J.-A. Lefranc, au pilote Hannin, au mécanicien Yidal et au radiotélégraphiste La Yillius, pose une fois de plus le problème de la sécurité des appareils commerciaux, problème tout à fait à l’ordre du jour chez les techniciens de l’aéronautique, problème souvent délaissé par les utilisateurs
- Les statistiques officielles indiquent, pour l'aéronautique civile, un mort pour environ un million de kilomètres parcourus : ce chiffre est rassurant ; et pourtant un appareil utilisé couramment sur les lignes de la C. I. D. N. A., appareil vérifié soigneusement au Bourget, est complètement détruit à la suite d’un accident classique : faiblesse du moteur après le décollage, suivie de perte de vitesse. Les pilotes de guerre connaissent tous cet accident des départs hâtifs : le moteur, froid au départ, mal graissé, aux jeux exagérés, faiblit ; la perte de vitesse se produit dans le virage effectué pour reprendre le terrain : c’est alors l’inefficacité des gouvernes, et le piqué rapide (quand l’appareil le permet) pour reprendre de la vitesse longitudinale.
- Tous les appareils sont évidemment exposés à la perte de vitesse; mais celle-ci n’est pas dangereuse pour tous les appareils : certains avions modernes (des parasols en particulier) piquent d’eux-mêmes, à une baisse de régime du moteur, et cabrent à une augmentation de régime.
- Ces mêmes avions décrivent d’eux-mêmes des cercles pendant plusieurs minutes, toutes les commandes étant lâchées : ils se pilotent donc plus facilement qu’une automobile. Certain appareil militaire ne peut pas être mis en vrille, et la vrille tue encore beaucoup de monde. Il semble donc illogique d’appeler la cause d’un accident faute de pilotage, cela arrive très souvent, alors que tout n’a pas été fait pour rendre l’appareil sûr et facile à piloter.
- Il faut, pour cela, remplacer les vieux appareils, qu’utilisent encore certaines lignes commerciales, par des avions modernes, bien étudiés, soutenir les constructeurs travaillant la sécurité, répartir les crédits pour faciliter les recherches sérieuses. La politique aéronautique a souvent été à courte vue : c’est elle qui est responsable de l’accident de Toul, et plus généralement de l’état actuel de notre aéronautique.
- Ligne France-Argentine.
- La ligne aéro-maritime France-Argentine fonctionne depuis le printemps dernier. Cette ligne commerciale (surtout postale), de 12 795 km est l’aboutissant d’efforts remontant à 1919 : septembre 1919, Toulouse-Casablanca; juin 1925, Casablanca Dakar ; mars 1928, Natal-Buenos-Ayres ; traversée par hydravions et avisos rapides.
- Le fonctionnement de la ligne utilise 200 avions, 10 hydravions, 6 avisos (avec dépanneur, citernes, vedettes, etc.), et un personnel de plus de 1000 personnes.
- Le temps de parcours était, au début de l’exploitation de plus de 400 heures; il est actuellement de 287 heures (donc gain de temps très important sur le voyage ordinaire).
- Ce temps peut encore être très réduit par l’emploi d’hydravions sur toute la traversée maritime, et aussi par l’organisation possible des vols de nuit.
- Activité des Aéro-Clubs Anglais en 1927.
- Les Aéro-Clubs anglais marquent chaque année une activité croissante (nombre de membres, nombre d’appareils, nombre d’heures de vol).
- Dans les 11 Aéro-Clubs, plus de 6 500 heures de vol ont été effectuéee en 1927 sur une quinzaine d’appareils, soit en gros 1 000 000 de kilomètres.
- Pendant cette période, deux accidents seulement ont eu lieu, soit un mort et un blessé.
- Le plus grand nombre d’heures de vol appartient au Club de Londres (1 560 heures) ; la semaine la mieux employée correspond à 83b 30 de vol (ce club dispose de 2 et quelquefois de 3 appareils).
- Les avions utilisés par les Clubs sont des Moth, Avro, Austin, Blackburn.
- Monoplan Dewoitine de chasse « D.-27. »
- Le stand S. A. F. Dewoitine présentait, au Salon de l’Aéronautique, un appareil de chasse de performances remarquables. Cet appareil, le D.-21, est un monoplan de 17 m3 de surface portante, à voilure trapézoïdale très arrondie à profil constant au milieu (sur le tiers environ de l’envergure), décroissant aux extrémités. L’aile est construite entièrement en duralumin, sauf le recouvrement qui est en toile. La fixation de l’aile au fuselage est assurée par deux paires de mâts obliques allant s’attacher à la base du fuselage, et par une cabane arrière, en trapèze, formée de deux Y renversés.
- Le fuselage, très intéressant, est formé de 4 longerons de
- profilés de duralumin portant des couples en caissons de duralumin; ces couples portent des lisses, sur lesquelles prend appui la lôlede recouvrement.
- L’empennage vertical est en porte à faux, l’empennage horizontal, trapézoïdal, est maintenu par 2 contrefiches. Toutes les commandes sont sans compensation.
- Un moteur Hispano de 500 ch. équipe l’appareil. Il est monté sur un bâti-moteur composé de 2 longerons encastrés dans les deux couples avant du fuselage.
- Le train d’atterrissage est classique, à essieu brisé et amortisseurs à sandows.
- Yoici les caractéristiques de l’appareil :
- Envergure.........................9 m. 80.
- Longueur..........................6 m. 50.
- Poids vide........................ 925 kg.
- — total en charge............ 1300 »
- Yitesse maxima au sol.............310 kms/h.
- _ - à 5000 m............... 295 «
- — d’atterrissage............. 90 »
- Montée à 5000 m...................8'30''.
- Plafond........................... 9250 m.
- La maniabilité du Zb-27 doit être très bonne, la visibilité est excellente (cabane haute et bien dégagée ; grands dégagements sur les côtés et au-dessus de l’aile).
- Les solutions utilisées n’ont rien de révolutionnaire : c’est à leur emploi judicieux que l’appareil doit ses performances.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Jean-Abel Lefranc.
- Le tragique accident d’avion de Toul, du 3 septembre dernier, a cruellement frappé noire Revue en la privant brutalement d'un de ses plus brillants et fidèles collaborateurs, Jean-Abel Lefranc. Celte disparition prémalurée, que nous ressentons ici douloureusement, est une grande perte pour l’aéronautique française, car Jean-Abel Lefranc avait été l’un de ses meilleurs serviteurs et l’un des plus grands artisans de l’essor de notre aviation commerciale ; âgé de 36 ans à peine, il n’était qu’au début d’une carrière qui s’annonçait aussi brillante qu’utile au pays.
- Jean-Abel Lefranc, fils du célèbre humaniste Abel Lefranc, avait fait ses études de droit, et passé par l’École des
- Hautes Etudes politiques. Il vint à l’aviatiôn qui l’attirait invinciblement, en 1913, lorsque le service militaire l’appela. Au camp de Bron, à Lyon, il s’initia à fond à la mécanique de l’aéroplane, et apprit à connaître dans tous leurs détails le mécanisme du moteur et de l’avion.
- Pendant la guerre, il rendit des services signalés comme directeur-adjoint du parc d’aviation de Saint-Nicolas-du-Port. Après la guerre, il continua à se consacrer à la navigation aérienne ; à la foi ardente de l’apôtre, il joignait les connaissances approfondies et pratiques du technicien, l’énergie opiniâtre et l’esprit méthodique d’un grand organisateur. Il put déployer toutes ces qualités dans son poste de secrétaire général de la Compagnie Internationale de navigation aérienne. Son oeuvre dominante fut la création de la ligne aérienne Paris-Constantinople, par Prague et Bucarest, prolongée jusqu’en Turquie d’Asie, en Syrie et
- en Perse. Plein d’activité, il payait constamment de sa personne, il avait lui-même sillonné toutes les routes desservies par sa Compagnie et il en connaissait toutes les difficultés.
- La collaboration de Jean-Abel Lefranc à La Nature a commencé pendant la guerre, en 1916. Nos lecteurs n’ont pas oublié la remarquable série d’articles sur l’aviation allemande qui l’inaugura. La censure ne permettait pas alors de parler de nos propres avions; mais en décrivant avec une étonnante précision le matériel ennemi, l’auteur trouvait le moyen d’indiquer avec clarté la voie du progrès.
- Après la guerre, malgré ses absorbantes occupations, J.-A. Lefranc a continué à tenir ici la rubrique aéronautique, et nos lecteurs ont pu apprécier la sûreté de sa documentation, la clarté de ses exposés, la sûreté de son coup d’œil. Dans ses articles, il indiquait non seulement les progrès accomplis, mais avec le courage qui le caractérisait, il n’hésitait pas à signaler avec vivacité les erreurs, à combattre les mauvaises méthodes et la routine.
- Il savait que seule la vérité est féconde et utile, et il considérait comme un de ses devoirs de la répandre largement. Sa clairvoyance, hélas ! n’a été que trop souvent prophétique. On doit encore à Jean-Abel Lefranc un excellent ouvrage de vulgarisation, les Avions-, il travaillait à en mettre au point une seconde édition, lorsque la mort est venue le surprendre.
- Chez Jean-Abel Lefranc, les qualités de l’homme privé étaient à la hauteur de celles de l’homme public. Courtois, serviable, de relations sûres, il inspirait à tous ceux qui ont eu le privilège de l’approcher des sentiments de haute estime qui se transformaient bien vite en solide affection.
- A. Troller.
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Le refroidissement des grandes machines électriques au moyen de Vhydrogène.
- Quand on pénètre dans la salle des machines d’une usine électrique moderne, on est frappé du faible encombrement des machines génératrices de courant. Un alternateur de 50 000 kws est aujourd’hui une machine d’un volume très réduit et qui ne contient, en somme, qu’un poids très faible de matière eu égard à la puissance produite.
- Le rendement de ces machines modernes est excellent ; il peut atteindre 96 à 97 pour 100. Néanmoins les pertes, pour faibles qu’elles soient, ne sont pas négligeables. Elles se transforment en chaleur, et, étant donné les grandes puissances en jeu, il s’agit de quantités de chaleur importantes qu’il est nécessaire d’évacuer. Sinon, s’accumulant dans une masse de matériaux relativement petite, elles en provoqueraient l’élévation de température rapide; or, une machine électrique, en raison des isolants qu’elle contient ne peut s’accommoder de températures élevées.
- Le refroidissement des machines puissantes est donc nécessaire et il faut l’assurer par des moyens artificiels. C’est ce qui est réalisé aujourd’hui dans toutes les grosses machines, au moyen d’une circulation d’air. L’air circulant en général en circuit fermé refroidit les organes internes de l’alternateur, puis vient lui-même se refroidir dans un réfrigérant à liquide.
- On a proposé récemment de remplacer l’air par l’hydrogène qui offrirait de très sérieux avantages. M. Guittard les expose très clairement dans un article d'Electricité et Mécanique.
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- Les pertes d’un alternateur sont dues à différentes causes ; leur analyse montre que la perte la plus importante est celle qui est due à la résistance opposée par l’air au mouvement du rotor ; c’est ce qu’on appelle les pertes par ventilation.
- Or, dans l’hydrogène ces pertes seraient beaucoup moindres, car la résistance qu’un fluide oppose au mouvement d’un solide est proportionnelle à la densité du fluide, et l’hydrogène est le plus léger de tous les gaz ; il est 14 fois plus léger que l’air, et, par suite, les pertes par ventilation y sont insignifiantes.
- L’hydrogène a encore l’avantage d’avoir une conductibilité thermique 7 fois supérieure à celle de l’air. C’est dire qu’à volume égal l’hydrogène peut emporter exactement la même quantité de chaleur que l’air, mais, grâce à sa bonne conductibilité, elle se charge plus rapidement ou plus facilement des quantités de chaleur à évacuer. Les échanges de chaleur à travers l’hydrogène peuvent se faire sous des différences de température plus petites; l’hydrogène refroidit mieux. Le même avantage se retrouve dans les réfrigérants où l'on refroidit l’hydrogène à son tour. Ils seront de plus faibles dimensions qu’avec l’air ou à dimensions égales, plus efficaces.
- Enfin, l’hydrogène protège les isolants contre les oxydations. Mais l’hydrogène a la propriété redoutable de former avec l’air des mélanges explosifs. N’est-il pas au moins imprudent de faire tourner Une machine électrique dans un milieu qu’une rentrée d’air expose à faire sauter?
- Les ingénieurs, qui ont préconisé cette méthode hardie, répondent que les mélanges d’air et d’hydrogène, pour être explosibles, doivent contenir une très forte proportion d’air ; un mélange à 35 pour 100 d’air, 65 pour 100 d’hydrogène est ininflammable. Des mélanges contenant de 65 pour 100 à 20 pour 100 d’hydrogène ne provoquent, en brûlant en vase clos, que des pressions assez faibles auxquelles une machine close, comme l’est un alternateur, résisterait aisément sans dommages très graves.
- L’explosion d’une machine remplie d’hydrogène est possible, mais, si toutes les précautions sont prises, elle n’est pas plus à craindre, ni, a priori, plus probable que celle d’une chaudière de machine à vapeur, ou d’un gazomètre.
- En tout cas des dispositifs très ingénieux ont été étudiés pour éviter, dans les joints d’une telle machine, toute fuite d’hydrogène vers l’extérieur, aussi bien que toute rentrée d’air, et ils contribueraient à assurer la sécurité de l’installation, en même temps qu’une économie, car l’hydrogène est un gaz coûteux que l’on ne peut laisser perdre.
- OCÉANOGRAPHIE L’or de l’eau des mers.
- On sait que l’argent et l’or figurent parmi les corps dont l’existence est constamment reconnue dans l’eau des mers. La dose de l’argent est : 10 milligr par tonne d’eau de mer, la dose de l'or est : 50 milligr.
- Si l’on pàrt de cette donnée, le volume des eaux des mers étant de 1320 millions de km3, on peut en conclure que le poids total de l’eau de mer existant est : 138XlO16 tonnes (1380 000 000 000 000 000). A raison de 35 gr pour mille, cette eau contient 484 xlO14 tonnes de sels divers. Cette quantité est capable de former autour de la terre une couche de 47 m d’épaisseur, dont les 3/4 seraient constitués par du chlorure de sodium.
- Ceci étant posé, pour fixer les idées sur l’importance de la quantité des substances dissoutes dans l’eau de la mer, calculons avecM. Alphonse Berget (Revue Universelle) la quan-
- ..... =:"1 = 329 =
- tité d’or que la mer recèle. En effectuant le calcul, à raison de 50 milligr par tonne d’eau d’eau de mer, on trouve une réserve de 69 mille milliards de kg. Et si les 1500 millions d’habitants de la terre se partageaient cette réserve, chacun aurait pour sa part un bloc d’or de 46 000 kg, occupant un volume de 2 m3 et 1/3, ce qui représenterait au cours de 3 francs le gr : 138 millions de francs.... et à 15 francs le gr : 690 millions !
- Des financiers ont été tentés par cette fortune. Des sociétés s’étaient fondées en Angleterre, mais les frais d’extraction étaient trop élevés.
- L’argent de la mer ne s'élève au total qu’à 13 300 millions de tonnes, soit 4 433 000 francs par habitant delà terre.
- L. R.
- ZOOLOGIE
- Curieux effets de la sécheresse.
- La sécheresse désastreuse qui règne en ce moment sur tout le Plateau central oblige les hérissons, privés de leur nourriture habituelle — escargots, limaces, vers de terre, etc., — à se réfugier dans les habitations et leurs dépendances. Un de nos lecteurs nous signale qu’un de ces mammifères lui a dévoré 5 poussins en 3 nuits et a blessé à un tel point la mère-poule qu’elle en est morte le lendemain. Le gésier avaiQété perforé par les piquants de l’animal. Notre correspondant ajoute qu’il a trouvé 10 hérissons réfugiés dans sa cave, où ils avaient pénétré par les soupiraux.
- D’animal utile, le hérisson devient nuisible en temps de sécheresse : c’est la conclusion à tirer de ces observations qu’on ne peut révoquer en doute.
- Abbé J. Chataing.
- BOTANIQUE
- Pour les jardins d’essais de nos colonies.
- Dans une étude très intéressante de M. Em. Perrot, publiée par la Revue de Botanique appliquée (juillet 1928), on relève un certain nombre de réflexions sur les jardins d’essais coloniaux. Il déplore qu’on ne leur donne pas plus d’importance, car ils sont à la base des progrès de l’agriculture et de l’exploitation, de la prospérité de nos colonies en un mot. On a laissé disparaître « bribe par bribe » le beau jardin de Libreville créé par le jardinier Pierre et aménagé par M. Chalot. Le jardin de Camayenne en Guinée est en train de disparaître. Celui de Dalaba situé aussi en Guinée à une altitude un peu plus élevée est à peu près disparu. Il avait été créé par l’éminent botaniste et explorateur Aug. Chevalier. Il reste encore à son emplacement d’assez nombreuses essences qui pourraient être identifiées à nouveau et propagées. « Mais pour les déterminer, il faudrait qu’un botaniste éprouvé comme Aug. Chevalier reçût pareille mission ».
- En somme beaucoup de nos précieux jardins d’essais coloniaux disparaissent au point de devoir être de nouveau explorés comme les ruines des civilisations qui nous ont précédés de siècles ou de millénaires !
- Il existe en France une pépinière d’hommes capables de veiller spécialément sur ces jardins d’essais, c’est l’Instilut national d’Agronomie coloniale. Quand donc comprendra-t-on en France que la recherche scientifique utile pour l’avenir des colonies vaut autant et plus qne la simple exploitation au jour le jour?
- L. R.
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- PETITES INVENTIONS
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE Régulateur hygrométrique.
- Dans certaines industries, par exemple l’industrie textile, celle des conserves, la préparation de certaines matières :
- tabac, savon, pâtes pour la poterie, sucre, colles, papiers, etc., il est intéressant de contrôler le degré hygrométrique de l’air et de le maintenir constant, quelles que soient les variations extérieures. C’est dans ce but qu’a été imaginé un régulateur automatique basé sur un mécanisme très original.
- L’organe principal de l’instrument est un crin de cheval de 40 cm de longueur environ qui est assujetti à l’une de ses extrémités dans une base D, tandis que l’autre est fixée à un ressort C dont on peut régler la tension, afin de commander également la tension du crin. Au milieu de ce dernier est fixé un lien métallique G qui s’enroule autour d’une poulie assujettie sur un axe F. Cet axe comporte également une aiguille indicatrice.
- La longueur du crin varie avec l’humidité de l’air environnant, ce qui détermine des variations dans sa longueur et par suite des mouvement correspondants de l’aiguille. Des ressorts de tension Kl et K2 sont placés de part et d’autre de la poulie. De ces ressorts partent des connexions, au moyen de fils très fins, aux extrémités des couples thermo-électriques différentiels A et B, qui sont formés par des éléments cuivre-constant an.
- Ces couples thermo-électriques sont fixés à chacune des extrémités d’une fourche de l’aiguille et électriquement reliés à un relais à bobine mobile. Au-dessus des jonctions des couples thermo-électriques est une petite spirale chauffante L qui est maintenue à une température déterminée par un courant de 6/10 d’ampère fourni par un accumulateur de 12 volts.
- De cet appareil ainsi agencé les connexions sont conduites jusqu’à deux relais qui commandent l’alimentation en air sec et humide dans l’enceinte où l’appareil se trouve placé. Lorsque l’aiguille est disposée de manière que les deux couples thermo-électriques sont à égale distance de la spirale chauffante, le relais à bobine mobile est à la position zéro et les bobines ou relais M et N ne sont pas excitées.
- Si l’air devient trop sec, le crin se raccourcit, l’aiguille
- Fig. 3. — Vue extérieure de l’hygromètre.
- indicatrice se déplace et le couple B se rapproche de la spirale chauffante; par suite il se produit un courant qui vient actionner le relais à bobine mobile qui, à son tour, met en service le relais M commandant l’alimentation en air humide.
- Dans le cas où l’atmosphère de l’enceinte devient trop humide, au contraire, il se produit le mécanisme inverse et c’est le relais N qui finalement est excité pour commander l’arrivée de l’air sec.
- On ajuste l’appareil pour un degré déterminé d’humidité, et, pour cela, on se sert comme
- c O m p a r aison d’un Fig. ?>. - Montage de l’appareil.
- hygromètre standard ; ensuite, en
- tournant la vis E dans le sens voulu, on ajuste l’aiguille dans sa position médiane pour le degré d’humidité que l’on a choisi.
- Cet appareil, présenté à l’Exposition de Chauffage industriel qui a eu lieu récemment, est combiné de façon que le déplacement de l’aiguille soit de 1 mm environ pour une variation d’humidité de 1 pour 100. Il suffit d’un déplacement de 5/10 de millimètre pour provoquer la fermeture du relais. Ainsi un déplacement très faible de l’aiguille met en jeu les alimentations d’air sec et d’air humide. On a constaté dans les différents essais de l’appareil que l’on pouvait ainsi maintenir constant le degré d’humidité d’une enceinte, ce qui est très appréciable dans toutes les industries, notamment dans celles que nous avons signalées au début de cet article.
- Constructeur: Cambridge Instrument C°, 19S, rue Saint-Jacques. Paris.
- ÉLECTRICITÉ
- Transformateur dans le vide sur socle condensateur.
- L’e mploi des transformateurs sans fer est fréquent dans les montages modernes de postes récepteurs, Il est important que les enroulements aient des caractéristiques constantes et que les influences extérieures, notamment celle de l’humidité, ne soient pas susceptibles de les modifier pour changer le réglage. Si l’on arrive à cette invariabilité
- F K.
- Principe de l’appareil hygrométrique.
- Relais à bobine mobile
- Thermocouples
- Cheveu.
- Tube^ZZ
- perforé
- Commande de / •/arrivée d’air sec
- Commande de iarrivée
- d'air humide
- Relais
- Relais
- Fig. 1. — Schéma du transformateur dans le vide sur socle condensateur.
- Ampoule à vide
- Anneau
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- de bobinage et de capacité, on obtient un fonctionnement sélectif et une réception pure.
- Le dispositif imaginé par deux inventeurs consiste à placer le transformateur dans une ampoule où l’on a fait le vide. Les entrées et sorties des bobinages aboutissent à des prises ou à des bornes qui peuvent être disposées dans des douilles à fiche de contact.
- Pour grouper le condensateur que l’on doit employer avec le transformateur, les mêmes inventeurs ont imaginé un socle formant culot pour le tube à vide. Ce socle est un bâti circulaire qui forme armature fixe et qui est muni de broches de fixation du gabarit courant comme celles du socle des lampes. Autour du bâti se déplace une armature mobile avec 1 ou 2 secteurs métalliques qui équipe l’appareil comme condensateur ou comme compensateur. Une bague de serrage maintient l’armature mobile en position. La rotation de cette dernière peut être très progressive et elle assure un réglage très précis de capacité.
- Dans ces conditions, il est facile d’indiquer sur l’extérieur des repères correspondant aux différents réglages. En effet ceux-ci sont invariables, étant donnée la stabilité bien supérieure à celle que l’on aurait si les bobinages étaient placés dans l’air. Dans la réalisation de l’appareil aucune cause extérieure n’est susceptible d’influencer l’état électrique du système.
- Constructeur : Etablissements Reynoud et Le Bœuf, 103, rue Orfila, Paris.
- Bouton minuterie.
- Il est pratique de disposer d’un interrupteur à temps dans tous les cas où il est nécessaire que l’extinction des lampes
- Fig:. 1. — a) Le bouton-minuterie au repos. b) Le bouton-minuterie en marche.
- soit indépendante d’une personne et fonctionne automatiquement après une période déterminée d’allumage.
- Il existe des minuteries qui desservent des circuits complets, dont les mécanismes sont plus ou moins compliqués. IJn inventeur a imaginé le bouton-minuterie, sans mouvement d’horlogerie, absolument indéréglable. Le contact se fait par l’intermédiaire de pièces de forme en cuivre rouge, que l’on règle au moyen d’une vis pour assurer l’éclairage pendant une durée allant de 1 à 5 minutes.
- Le mécanisme est basé sur le fonctionnement d’un tube en U formant vases communicants et contenant du mercure. Dans l’une des branches, une pièce agit comme un piston-cloche ; elle remonte lorsqu’on appuie sur le bouton de
- _ Plaque porcelaine Bornes
- JH-Ü- Vis de réglage
- —-p Contact fixe L-'- ,, mobile
- - —Levier du piston
- h' J compresse
- i Piston compress T
- T~~Piston contact î~Ressort de i transport
- Schéma du bouton-minuterie.
- l’appareil, emprisonne une certaine quantité d’air et, en descendant, chasse le mercure dans l’autre branche et provoque la montée du contacteur flotteur qui ferme le circuit.
- L’air emprisonné s’échappe par un trou minuscule garni d’un mastic de composition particulière, de sorte qu’au bout du temps prévu pour le fonctionnement de l’appareil, les pièces formant contact sont séparées et le circuit est coupé.
- Le montage se fait sur l’un des fils qui alimentent les lampes, de la même façon qu’un interrupteur ordinaire ; il n’y a donc aucun danger de court-circuit, puisque la lampe constitue une résistance sur l’un des fils qui aboutissent à la minuterie.
- Le socle de l’appareil est en porcelaine. Il se monte tout simplement au moyen de deux vis. Les contacts permettent des intensités pouvant aller jusqu’à 4 ampères sur le courant alternatif ; par contre il est prudent de ne pas dépasser 1/2 ampère avec le courant continu. Les dimensions de l’appareil avec son socle sont de 8 cm de hauteur et de 6 de largeur.
- Constructeur : B. Béraud, 34, rue Bapst (Asnières).
- HYGIÈNE
- Masque protecteur des yeux.
- Les ouvriers qui ont à se protéger les yeux contre les éclats métalliques ou les grains de meules d’émeri répugnent souvent à se servir des lunettes mises à leur disposition. Ils se plaignent d’être incommodés par la chaleur qui se concentre à l’intérieur des - lunettes, malgré les ouvertures ménagées autour de la monture.
- De plus, la lunette gêne la vision, surtout quand elle n’est pas parfaitement propre.
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- Enfin, 1 ouvrier est souvent négligent; lorsque le travail dangereux est intermittent, il se hâte de retirer les lunettes quand elles sont devenues inutiles, mais omet de les remettre lorsqu’elles deviennent à nouveau nécessaires.
- Pour parer à ces difficultés, un constructeur vient de mettre au point un appareil qui, sans présenter l’efficacité complète des lunettes, peut, dans certains cas, être mieux accepté par l’ouvrier. Nous en empruntons la description au Bulletin mensuel de l’Association des Industriels de France contre les accidents du travail.
- Cet appareil consiste en une simple visière verticale de forme légèrement cylindrique en une substance translucide et assez épaisse pour arrêter les éclats métalliques ou autres. Elle se fixe à l’aide de deux pinces à la visière de la casquette ou au rebord du chapeau formant ainsi un écran assez éloigné du visage pour ne pas donner la sensation de chaleur indiquée plus haut et, de plus, elle permet de regarder directement l’objet sans l’interposition de l’écran, par un simple mouvement de relèvement de la coiffure.
- La visière n’est pas constituée par du celluloïd et n’explose pas au contact d’une flamme.
- Cet appareil a, de plus, l’avantage d’être meilleur marché que la plupart des lunettes de sûreté d’atelier.
- Dépositaire : M. G. Pellerin, 39, rue Saint-Sébastien, Paris.
- L’auto-doucheur.
- La douche est aujourd’hui le complément de tous les exercices physiques et de beaucoup de traitements médicaux.
- Fig. 1. — IJ auto-doucheur.
- Yoici un nouvel appareil qui permet de se doucher soi-même en dirigeant à son gré un jet puissant au moyen d’un système d’articulations commandé par deux leviers ou bras
- horizontaux, entre lesquels se place la personne utilisant 1 appareil, soit qu elle se tienne face à celui-ci, soit qu’elle se retourne en tenant toujours les bras de commande. De légers déplacements latéraux ou verticaux imprimés à ceux-ci, e^ amplifiés par le jeu des articulations, provoquent l’oscillation du jet en tous sens et permettent de s’asperger de la tête aux pieds.
- Cet appareil d’hydrothérapie, différent des colliers ou autres systèmes de douche en pluie, se recommande non seulement aux jeunes gens, sportsmen, etc., mais encore aux personnes anémiées et aux rhumatisants par la facilité avec laquelle on peut diriger et maintenir le jet sur toutes les parties du corps.
- L'auto-doucheur se monte sur une canalisation d’eau existante, dans la salle de bains par exemple. Il peut aussi être connecté avec un bac d’alimentation de 15 litres spécialement établi et pourvu d’un réchauffeur. Un rideau protecteur fixé sur l'appareil sert, si l’on veut, d’isoloir.
- Constructeur : M. A. Vincent, Ile-de-Versailles, Nantes.
- OBJETS UTILES Epluche-légumes.
- U existe des outils spéciaux à guidage qui permettent d’éplucher facilement les légumes, mais ils ont souvent l’inconvénient de ne pas agir efficacement, car on néglige de les affûter, et bien fréquemment le métal dont ils sont façonnés est d’une qualité problématique.
- Un inventeur a imaginé de monter, sur un couteau quelconque d’épluchage ou autre, un dispositif accessoire qui
- Fig. 1. — L’éplucke-légumes.
- permet de le transformer rapidement et instantanément en épluche-légumes. Un simple fil d’acier recourbé à ses deux extrémités en boucle se place sur la lame, côté du fil, qui est pincée par les boucles. Grâce à ce dispositif, sans précautions spéciales, on peut éplucher rapidement toutes sortes de légumes en enlevant le minimum d’épluchures.
- Constructeur ; Carre-Giot, 3, rue du Marché, à Avise (Marne).
- PRESTIDIGITATION
- UN ADROIT TIREUR
- Le prestidigitateur se présente comme champion de tir au pistolet et afin de prouver son adresse, il annonce qu’il va faire immédiatement une expérience sensationnelle. Pour cela, on lui apporte du fond de la scène un grand cadre doré dont le fond en velours violet ou vert foncé (fig. 1) est traversé par de légères baguettes croisées. Ces baguettes divisent le grand cadre en 32 petits espaces un peu plus grands qu’une carte à jouer. Il fait examiner ce cadre de très près par plusieurs spectateurs, le tourne et le retourne pour que toute la salle puisse le voir devant et derrière.
- C’est une simple planche en bois blanc, explique-t-il, recouverte de velours des deux côtés. Il montre aussi une boîte de pistolets de tir et fait choisir une des deux armes contenues dans la boite. Prenant de la poudre et des balles, il fait marquer une balle par un spectateur, puis, minutieu-
- sement, charge le pistolet choisi avec la balle marquée.
- Revenant à la cible, il explique que chaque case porte, haut et bas, un petit taquet et que ces deux taquets dont le supérieur est à pivot, ont été placés à une distance telle qu’ils peuvent recevoir et fixer une carte à jouer. Il prend ensuite un jeu de cartes, le fait examiner, puis battre consciencieusement.
- Lorsque le jeu est battu, prenant les trente-deux cartes une à une, il les loge entre les taquets et la cible se trouve ainsi remplie dans ses trente-deux cases.
- « Mon aide, dit-il, va tenir ce cadre au-dessus de sa tête et, du fond de la salle, je vais tirer et atteindre la carte que l’on me désignera. Comme je ne veux pas qu’on puisse supposer qu'il y a entente entre un spectateur et moi pour me désigner une carte plus facile à viser qu’une autre, un as
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- noir par exemple, je vais prendre un second jeu et le présenter à Monsieur en le priant de vouloir bien le battre.... C’est fait?... Merci.... Je remonte sur la scène et j'étale ces trente-deux cartes sur une table, dans l’ordre où elles se trouvent après avoir été battues. Maintenant, une personne de bonne volonté voudrait-elle avoir la complaisance de venir prendre une carte ? Vous, Monsieur?... Bien, je vous remercie. Vous allez donc prendre une carte à votre choix et c’est sur la carte semblable à celle que vous allez prendre que je viserai.... Mais, attendez, je vais faire encore mieux... voulez-vous, comme je le disais, prendre une carte, et sans rien dire, sans la montrer à personne, la mettre dans votre poche et retourner à votre place. »
- En effet, un spectateur vient, prend une carte, la met dans sa poche, puis retourne à sa place. Le prestidigitateur s’empare du pistolet, se rend au fond de la salle pendant que son aide élève le tableau et le tient au-dessus de sa tête. Il amorce le pistolet, vise longuement et dit : « Vous avez pris le 8 de cœur; je tire, feu!.. » et au coup, on voit le 8 de cœur parfaitement touché par la balle. Le spectateur montre la carte qu’il a prise et l’on constate la concordance.
- Le prestidigitateur retourne sur la scène, retire du tableau le 8 de cœur percé par la balle, ainsi que la balle elle-même. Cette dernière s’est logée dans le bois de la cible, et
- il est obligé de se servir de la pointe d’un couteau pour la faire sortir; il la donne à examiner à la personne qui l’a marquée afin qu’elle puisse constater que c’est bien la même balle.
- Ce tour surprenant est simple, mais exige de la part de l’opérateur une manipulation assez délicate, qui exige de l’adresse pour produire l’illusion nécessaire.
- Disons d’abord que la Fig. 2. La fraction de panneau planche cible est truquée. faisant sa révolution. Une des divisions est mo-
- bile ; elle est montée sur pivot en son centre vertical (fig. 2). Notre ligure fait voir une des faces de la division que nous appellerons face B; elle est dans son mouvement de rotation et nous fait voir qu’elle porte d’avance la carte percée par la balle et une balle entrée dans le bois. La face A que nous ne voyons pas est semblable aux trente et une autres. Lepivotest muni d’un ressort à boudin dont une extrémité est engagée dans la division et maintient cette division fortement pressée. Avant d’apporter en scène la planche cible, on a fait pression sur le ressort pour que ce soit la face A qui soit du côté du public, et la face B truquée en arrière. Une tige T visible sur la figure 1 maintient la division en tension. Cette tige T se trouve à portée de la main de l’aide lorsqu’il tient la cible sur sa tête, et au coup de feu il n’a qu’à appuyer légèrement sur cetle tige pour faire cesser la tension et permettre à la division de faire brusquement demi-tour grâce au tirage du ressort. Le mouvement est tellement rapide qu’il ne peut être saisi par l’œil des spectateurs. J’ai dit que l’on montrait l’avant et l’arrière de la planche cible : on verrait à l’arrière la division préparée si un panneau de tôle mince, recouvert d’étoffe semblable au l’evêtement du reste de la cible n’était pas appliqué sur cette division. Au moment où l’aide prend la cible pour l’élever définitivement sur sa tête, il touche simplement un petit taquet, et le panneau, monté par en bas sur charnières, se
- Fig. î. — Ensemble du panneau-cible.
- rabat de son propre poids, permettant ainsi au panneau d’opérer sa demi-révolution. Voilà pour la partie truquée de l’opération, La partie manipulation est plus délicate. Les jnstolets ne sont pas préparés, ni les balles non plus ; lorsque le spectateur a choisi et marqué une balle, c’est un jeu pour l’opérateur de l’échanger sous les yeux même du public, contre une autre et de conserver cette balle marquée pour l’échanger de nouveau à la fin1 de l’expérience contre celle qui se trouve dans la cible. Pour éviter tout accident la balle marquée est généralement échangée contre une balle de cire creuse, passée à la mine de plomb, et qui s’écrase au coup de baguette donné pour charger le pistolet.
- Le jeu de cartes qui devra garnir la cible est quelconque ; il est battu par un spectateur, mais l’opérateur en mettant les cartes dans les petits taquets a soin, lorsqu’il voit la carte cible (dans notre exemple le huit de cœur) de la filer, c’est-à-dire d’en prendre une suivante, jusqu’à ce que son tour soit arrivé d’être mise en bonne place.
- Il faut maintenant que le spectateur qui ira prendre une des cartes étalées prenne le huit de cœur; rien de plus facile : l’opérateur va au milieu des spectateurs, fait battre le jeu qui n’a subi aucune préparation, et en retournant sur la scène échange ce jeu contre un semblable contenant trente-deux huit de cœur. C’est là une manipulation facile pour un opérateur adroit.
- Dans cette présentation, une partie est due à l’habileté de l’opérateur, tandis que l’autre, celle qui consiste à atteindre-la carte,et qui devrait être le résultat de son adresse est due à un truquage. Alber.
- Fig. 3. — Le tir sur la cible.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Le Ciel et l’Univers, par l’abbé Moreux. 1 vol. 21-29 de
- 640 p. avec 595 fig. et 2ï pl. en couleurs h. t. Doin et Gie.
- Paris 1928.
- Comme la plupart des sciences, l’astronomie progresse à grands pas, au moins sur certains points. Aussi un nouvel ouvrage est-il toujours le bienvenu quand il expose avec beaucoup de clarté les plus récentes découvertes, les faits toujours nouveaux qui nous permettent une connaissance de plus en plus approfondie des mondes célestes, encore si mystérieux pour la plupart. Tout particulièrement, les progrès de la physique moderne qui a maintenant une place prépondérante dans l’étude des astres, concurremment avec la photographie, apportent des données que la seule vision oculaire est le plus souvent incapable de fournir.
- Avec la simplicité d'exposition qui caractérise ses œuvres, l’abbé Moreux a donc présenté une vue d’ensemble du magnifique spectacle de l’Univers. De nombreuses gravures et de très belles photographies d’une reproduction parfaite illustrent au mieux cet ouvrage très luxueusement édité.
- Des alchimistes aux briseurs d’atome, par A. Rasen
- fosse et G. Gueben. 1 vol., 186 p. Georges Thone, édit. Liège,1928.
- Devant les progrès extraordinaires de la chimie moderne, il est intéressant et utile de mesurer le chemin parcouru depuis l’origine. Tel est l’objet de ce livre, instructif et de lecture aisée. Il nous présente, en un raccourci saisissant, l’histoire de la chimie depuis les alchimistes, dont la science mystérieuse déjà pratiquée chez les Egyptiens, puis transmise aux modernes par les Grecs, les Gabbalistes et les Arabes, a fourni le point de départ des grandes découvertes des deux derniers siècles, jusqu’aux chimistes contemporains dont les conceptions sur l’unité de la matière semblent rejoindre celle des adeptes de grande œuvre. Il nous fait comprendre comment la théorie atomique s’est d’abord imposée aux chimistes, non sans lutte, ni sans hésitations; puis comment les découvertes de la radioactivité, de l’isotopie, de la périodicité des éléments ont provoqué les théories récentes qui font de toute matière un composé de deux éléments identiques : l’électron et le protonet remettent à Tordre du jour les problèmes de transmutation.
- La grosse industrie allemande et le charbon, par
- Maurice Baumont. 1 vol. in-8, 754 p. avec 2 cartes. Doin, édit,
- Paris, 1928. Prix: 45 fr.
- Le charbon a joué et joue encore un rôle si important dans la vie économique comme dans la politique intérieure ou extérieure de l’Allemagne, qu’il est indispensable, pour comprendre ce pays, de savoir comment est organisée et comment évolue l’industrie houillère.
- Le magistral travail de M. Baumont nous apporte sur cette question une documentation complète et précise. L’auteur l’a recueillie de première main, au cours d’un séjour de 9 ans en Allemagne, après 1918. Il montre les origines de l’industrie charbonnière, les phases successives de son développement, fournit des données claires et précises sur ses principaux aspects : historique, législation, réglementation, centres de production, grandes sociétés et chefs d’industrie, intégration et concentration des entreprises, associations de producteurs et cartels de vente, problèmes de commerce et de transport, prix de revient et bénéfices, problèmes ouvriers, salaires, syndicats, grèves, rôles des capitaux étrangers, et des banques, etc. Bref, l’immense édifice que l’Allemagne a construit sur le charbon est scruté et décrit en toutes ses parties, aussi le livre de M. Baumont représente-t-il une véritable mine de renseignements précieux. C’est aussi un livre habilement composé, dont la lecture, malgré l’aridité apparente du sujet, reste constamment attrayante.
- La grosse industrie allemande et le lignite, par
- Maurice Baumont. 1 vol., 158 p., 4 cartes. O. Doin, édit. Paris
- 1928. Prix : 18 fr.
- L’Allemagne fort riche en houille, ne l’est pas moins en lignite. Ce dernier combustible, longtemps considéré comme inférieur et d’importance secondaire, a pris depuis la fin de la guerre un très grand développement. Dans ce livre qui n’est qu’un appendice à son magistral ouvi-age « la Grosse industrie allemande et le charbon », M. Baumont décrit les gisements allemands de lignite, et montre comment le lignite est utilisé : en briquettes, il sert pour le chauffage domestique : il en est brûlé de grandes quantités pour chauffer les chaudières de centrales électriques ou d’usines chimiques, montées en général à proximité des gisements.
- Les combustibles dans l’industrie moderne, par
- Gh. Berthelot. 1 vol., 656 p., 183 fig. J.-B. Baillière et fils.
- Paris, 1928. Prix : 90 fr.
- Ce volume est surtut consacré à la houille et aux combustibles qui en dérivent. Après quelques notions sur la classification des houilles, sur la situation de l’industrie houillère et sur le commerce des charbons, l’auteur prend le charbon à la sortie de la mine et étudie en détail les opérations qu’on lui fait subir : classement, dépoussiérage, lavage. Il attire l’attention sur l’intérêt de la technique du flottage, encore peu pratiqué en France. Il étudie ensuite les produits de distillation : carbonisation -à basse température des houilles grasses et lignites, et utilisation des goudrons qui en résultent: lechnique moderne des fours à coke. L’auteur passe ensuite à la description des fabrications d’agglomérés. Deux chapitres sont consacrés à deux applications du chauffage par les huiles lourdes ; fours métallurgiques et chaudières marines ; la chauffe au charbon pulvérisé fait l’objet d’un chapitre spécial. L’ouvrage se termine par quelques chapitres ou plutôt par des notes sur des sujets divers : étude succincte des gazogènes ; note sur la combustion superficielle, description d’un procédé d’épuration liquide du gaz de houille.
- Nos plantes médicinales de France. Nouvelle série de 8 planches en couleurs. Office National des Matières Premières, 12, avenue du Maine, à Paris. Prix : 2 fr. 50 la série de 8 fiches, port en sus.
- On sait que le Gomité interministériel des plantes médicinales et à essences, a déjà publié 6 séries de planches en couleurs, avec texte au verso, destinées à renseigner les instituteurs, les récolteurs, les cultivateurs, tous ceux que la botanique de ces plantes intéresse sur leurs caractères, leur récolte, leur préparation, leur séchage, leurs usages. Voici la 7e série de 8 planches consacrées à la Bardane, au Bigaradier, à la Lavande vraie, à la Guimauve, au Datura, à la Mélisse, au Marronnier, à la Mousse de Chêne.
- Plantes médicinales, culture et cueillette des plantes sauvages, par A. Rolet et D. Bouret, 2e édition.
- I vol. in-16, 498 p., 168 fig. Encyclopédie Agricole. J.-B. Baillière et fils, Paris, 1928. Prix : 24 francs.
- Guide du cultivateur et du récolteur de plantes médicinales. Ce manuel indique l’époque la plus convenable pour la récolte de chaque plante, les conseils pour la dessiccation et la conservation jusqu’au moment de la vente, les méthodes de culture pratique et le choix des sols.
- La partie spéciale étudie successivement chaque plante, ses caractères botaniques, ses propriétés, ses emplois, les particula- t rités de sa production. Au moment où, en France, on fait un gros effort pour diminuer nos importations de plantes médicinales par le développement de la cueillette et de la culture, ce livre sera le guide précieux de tous, y compris les droguistes et les pharmaciens.
- Faune de France. 18 Diptères (Nématocères). Ghironomidae. III. Chironomariae, par M. Goetghebuer. 1 vol. in-8°, 174 p., 275 fig. Paol Lechevalier, Paris, 1928. Prix : 32 francs.
- Les Chironomides sont des insectes que les pêcheurs confondent souvent sous le nom de mouches à truites. Leur détermination exacte est des plus difficiles. La Faune de France, publiée par l’Office central de Faunistique, leur a déjà consacré 2 volumes. Voici le 3e qui traite des Chironomides proprement dits, comprenant les Geratopogoninés, les Ghironominés et les Tany-podinés. On y retrouve toutes les qualités de méthode, d’exactitude, de précision, qui font le succès de la Faune de France, œuvre unique au monde, constituant l’inventaire de toutes les formes zoologiques de notre pays et des régions voisines, dont la publication se poursuit très régulièrement.
- L’école de la santé, par le Dr Henri Bouquet. 1 vol. in-16, 240 p. Hachette, Paris. Prix : 12 francs.
- II est intéressant pour tous d’être au courant des questions de médecine et d’hygiène et cette documentation est un plaisir quand l’auteur est un érudit, bon écrivain, médecin averti. Ce livre, de lecture agréable et facile, expose les grandes questions d’actualité : les maladies dont on parle (la hantise de l’hypertension ; l’artério-sclérose; la dégringolade; quand l’estomac se digère lui-même ; l’enfant noué ; le froid qui tue ; le péril dentaire ; le mal des montagnes; la photosensibilisation ; la fièvre jaune, etc.); les nouvelles méthodes de diagnostic ; les thérapeutiques d’aujourd’hui (les rayons ultra-violets, B. C. G. ou vaccination contre la tuberculose; les maladies bienfaisantes; 80° au-dessous de 0 ; grandeur et décadence de la saignée ; les greffes ; l’essentiel des questions d’hygiène (l’aliment vivant; la controverse du tabac ; l’exercice physique et le sport ; les animaux à la rescousse; le poison chez soi.; périls de printemps ; les méfaits de la puce).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la soudure des rails.
- (Voir Boîte aux Lettres, n° du 1er août.) *
- Nous recevons d’un de nos lecteurs, M. Peigné à Boulogne-sur-Seine :
- « On lit dans La Nature du 1er août (A. B. Levallois) que si l’on soude par aluminothermie les voies de tramway et non les voies de chemin de fer, c’est que celles-là sont encastrées, d’où moindre sensibilité à la dilatation et à la déformation.
- Il y a là. une erreur facile à déceler, car la région parisienne a de nombreux réseaux de tramways montés en ballast, voies sur
- traverses, absolument comme des voies fcri'ées et l’on soude cependant tous les rails bout à bout.
- La raison est plus simple : la dilatation a lieu non pas sous l'action des agents atmosphériques, mais sous celle du passage des trains. Les trains font rouler 40 à 50 wagons sur leurs voies, en quelques secondes et à des vitesses au moins doubles de celles des tramways.
- Tandis que les trains de ceux-ci sont composés de 3 voitures au maximum, et cela à vitesse de 60 km-h. maximum.
- On peut encore vérifier que, même par les plus grandes chaleurs, les rails de chemins de fer ne se joignent même pas, s’il n’y a pas circulation de trains. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- A quoi est due la gommose des arbres fruitiers.
- La gommose ou exsudation gommeuse qui se produit plus particulièrement sur les arbres fruitiers à noyaux (cerisier, pêcher, abricotier, prunier) est un véritable état pathologique des tissus dû à la présence de parasites, bactéries ou insectes du type cochenille (Lecanium) et Puceron (Àphis) qui se nourrissent de la sève en amenant une sécrétion exagérée de celle-ci, c’est pourquoi on constate souvent à la suite de la gommose un affaiblissement de l’arbre qui amène parfois sa mort.
- Le remède consiste d’abord à priver les parasites d’une grande partie de leur nourriture en détournant la sève par une incision faite dans l’écorce à l’opposé de la plaie ainsi que l’a conseillé M. Hardy.
- D’autre part au point d’écoulement de la gomme, on enlève les parties malades jusqu’au bois au moyen du couteau, puis on recouvre la blessure de mastic à greffer qui joue le rôle d’antiseptique, en même temps que celui de protecteur. Si le traitement est bien fait, la guérison se produit généralement d’une-façon rapide.
- Une très bonne formule de mastic à greffer pouvant être
- employé dans ce cas est la suivante :
- Poix noire........................ 2500 grammes.
- Poix blanche...................... 2500 —
- Blanc d’Espagne pulvérisé......... 1200 —
- Alcool dénaturé.................. 900 cent, cubes
- Essence de térébenthine............. 600 —
- Cire ‘j aune..................... 100. grammes
- Couper la poix noire en petits morceaux, faire fondre à feu doux, sans flamme en remuant constamment avec un bâtonnet, quand le tout est fondu ajouter la poix blanche et la cire. Retirer du feu, laisser peu à peu refroidir et y verser simultanément l’alcool et l’essence tenus de chaque main pendant qu’une seconde personne remue sans cesse.
- Le mélange étant bien homogène, on y ajoute le blanc d’Espagne que l’on répartit dans la masse.
- Mettre en pots hermétiquement bouchés que l’on conserve dans un lieu frais, cave ou cellier, pour éviter l’évaporation de l’alcool.
- N. B. La Poix blanche ou Poix de Bourgogne est une résine semi-fluide obtenue par incisions faites au tronc de VAbies exeelsa (conifères). La Poix noire se prépare en brûlant tous les résidus y compris les filtres de paille provenant de l’exploitation des térébenthines; la résine incomplètement brûlée s’écoule par des rigoles dans une cuve pleine d’eau où elle se rassemble ; comme elle est semi-liquide, le plus souvent on la concentre pour lui donner la consistance nécessaire. M. Vignier, a Antibes.
- P. S. 1° Le procédé de décalcarisation des eaux par la Zéolitbe vous donnera très probablement satisfaction par sa simplicité et son faible prix de revient. Adresse, Noël Adam et l.-B. Gail, successeur de Howatson, 6, rue Alexandre Cabanel, 15e.
- 2° Le pétrole est couramment employé, en horticulture et arbo-
- riculture pour la destruction des parasites principalement des pucerons et cochenilles, la formule habituellement appliquée est la suivante :
- Eau ordinaire........................, . 100 litres
- Savon noir............................... 3 kg
- Pétrole................................... 3 litres
- Employer, autant que possible, l’eau de pluie (citerne) afin qu'une partie du savon ne soit pas précipitée par la chaux de l’eau si elle vient d’un puits. Dissoudre d’autre part le savon dans l’eau très chaude, ajouter ensuite le pétrole, remuer une dizaine de minutes, puis compléter au volume indiqué de 100 litres.
- Pour les plantes très fragiles, on peut les arroser à l’eau pure quelques heures après le traitement quand on juge que la destruction des parasites a été réalisée.
- Les bouillies arsenicales en agriculture.
- Les bouillies arsenicales, principaiement celles à base d’arsé-niate de plomb, ont donné d’excellents résultats pour la destruction des parasites agricoles. On les obtient non en partant de l’arséniate de plomb commercial q.u’il serait difficile de mettre en suspension, mais en donnant naissance à ce sel par réaction, au sein même du liquide. Voici, d’après M.Trabut, comment il faut opérer :
- 1° Dans 10 litres d’eau tiède, on fait dissoudre 475 gr d’arsé-niate de soude du commerce;
- 2° D’autre part on met également en di.-solution 1050 gr d’acétate neutre de plomb cristallisé, dans la même quantité d’eau de 10 litres.
- Verser alors la solution d’acétate dans celle d’arséniate jusqu’à ce qu’une goutte du liquide bien homogène, placée sur une bande de papier imprégné d’iodure de potassium donne une tache jaune indiquant la présence d’un léger excès de plomb. (L’iodure de plomb est jaune.)
- Finalement étendre à 100 litres et employer la bouillie telle quelle.
- Nous rappelons que cette mixture, très efficace contre les insectes, est dangereuse pour l’homme et les animaux; par sa composition arsenio-plombique, elle rentre dans la catégorie A des substances vénéneuses prévues à l’article premier de la loi du 12 juillet 1916; il conviendra donc pour l’achat, la détention et l’emploi des substances qui la constituent de se conformer aux dispositions essentielles de la loi que nous mentionnons ci-dessous :
- Nulne peut en faire commerce ou en employer dans une industrie, sans le déclarer préalablement au maire de sa commune ou à la Préfecture de la Seine pour Paris et la banlieue. Cette déclaration est inscrite sur un registre spécial et récépissé en est donné. Elle doit être renouvelée en cas de déplacement ou de cession de l’établissement.
- Quiconque détient une ou plusieurs desdites substances, en vue
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- de la Tente ou de l’emploi pour un usage industriel ou agricole, doit les placer dans des armoires fermées à clef ou dans des locaux où n’ont pas librement accès les personnes étrangères à l’établissement.
- Les armoires ou locaux peuvent contenir d’autres substances, à l’exclusion de celles destinées à l’alimentation de l’homme ou des animaux.
- Lorsque le détenteur exerce le commerce des produits destinés à l’alimentation de l’homme ou des animaux, aucune communication intérieure directe ne doit exister entre l’établissement et ses dépendances où s’exerce ledit commerce et les locaux où sont détenues les substances vénéneuses. Cette obligation ne s’applique pas aux pharmaciens ni aux personnes faisant le commerce des solutions titrées de nicotine détenues et délivrées en bidons scellés.
- Il est interdit de détenir en vue de la vente, de vendre, de livrer, d’expédier ou de faire circuler des substances autrement que renfermées dans des enveloppes ou récipients portant inscrit le nom desdites substances en caractères noirs très apparents sur une étiquette rouge orangé fixée de telle sorte qu’elle ne puisse être involontairement détachée.
- L’inscription doit être accompagnée de la mention « Poison » sur une bande de même couleur faisant le tour de l’enveloppe ou du récipient.
- Les fûts, vases ou autres récipients ainsi que les enveloppes ayant servi à contenir ces substances ne doivent en aucun cas être employés à recevoir des produits destinés à l’alimentation de l’homme ou des animaux.
- Sont interdites la mise en vente et la vente sous forme de tablettes, pastilles, pilules, comprimés et d’une manière générale, sous toute forme usitée pour l’administration des médicaments, desdites substances ou des préparations qui en contiennent lorsque ces substances ou préparations sont destinées à d’autres usages que celui de la médecine.
- Aucune vente desdites substances ne peut être consentie qu’au profit d’une personne âgée de 18 ans au moins et connue du vendeur ou justifiant de son identité.
- Ces substances ne peuvent être délivrées que contre un reçu daté et sigué de l’acheteur ou son représentant et mentionnant sa profession et son adresse.
- Ce reçu peut être remplacé par une commande écrite datée et signée de l’acheteur ou de son représentant et indiquant sa profession et son adresse.
- Si la profession de l’acheteur n’implique pas l’emploi des substances demandées, le reçu ou la commande doit mentionner l’usage auquel ces substances sont destinées.
- Le reçu ou commande doit être conservé pendant 3 ans par le vendeur, pour être représenté à toutes réquisitions de l’autorité compétente.
- Lorsqu’elles sont destinées à la destruction des parasites nuisibles à l’agriculture, ces substances ne peuvent être délivrées en nature. Elles doivent être mélangées à des matières odorantes et colorantes suivant les formules établies par arrêtés du Ministre de l’Agriculture et elles ne peuvent être vendues ou livrées que dans des récipients métalliques.
- Par exception, lesdites substances peuvent être délivrées en nature, en vue d’expériences scientifiques, sur autorisation spéciale du Ministre de l’Agriculture.
- La vente et l’emploi des composés arsenicaux solubles sont interdits pour la destruction des parasites nuisibles à l’agriculture ainsi que pour la destruction des mouches.
- La vente et l’emploi de produits contenant de l’arsenic, du plomb ou du mercure, sont interdits pour le chaulage des grains pour l’embaumement des cadavres, ainsi que pour la destruction des mauvaises herbes dans les allées des jardins, dans les cours et les terrains de sport.
- Les substances du tableau A ne peuvent être délivrées en nature lorsqu’elles sont destinées à la destruction des sauterelles, des rongeurs, des taupes et des bêles fauves. Elles doivent être mélangées à dix fois au moins leur poids de substances inertes et insolubles, puis additionnées d’une matière colorante intense noire, verte ou bleue. La vente de ces mélanges est interdite à quiconque n’est pas pourvu du diplôme de pharmacien.
- MM. Lafffort, a Bordeaux, Duchène, a Périgueux.
- Comment se conservent les olives.
- Les olives qui constituent un condiment très agréable se conservent dans le sel, mais il faut auparavant leur faire subir une préy>aration spéciale.
- Si l’on veut conserver les olives vertes et fermes, on les cueille en septembre, puis on les fait macérer pendant quelques heures dans une lessive de soude caustique à 6° Baumé, on les lave ensuite pendant 2 ou 3 jours avec de l’eau souvent renouvelée jusqu’à ce que l’eau n’enlève plus rien. On place alors les olives dans des tonneaux avec de la saumure en comptant par kilogramme de fruits 800 gr d’eau et 70 gr de sel.
- Si les fruits ont été récoltés dans les conditions favorables indiquées ci-dessus, leur aspect est des plus agréables et aucun rever-dissage n’est nécessaire, toutefois, lorsque l’on juge devoir y procéder, il faut recourir aux solutions de chlorophylle (procédés Guillemare et Lecourt) que l’on trouve aujourd’hui d’une façon courante dans le commerce et qu’il suffit d’ajouter dans les tonneaux où sont disposées les olives; la chlorophylle se fixe alors énergiquement sur leurs tissus en formant une combinaison stable et résistante, la couleur est d’autant plus foncée que le contact est plus prolongé.
- N. B. Bien qu’en France le reverdissage des légumes au moyen du sulfate de cuivre, d’abord interdit par les circulaires ministérielles des 20 mai 1881 et 28 juin 1892, soit actuellement toléré sous limitation de quan tité (circulaire ministérielle du 18 avril 1889), ce procédé n’est pas à conseiller pour les olives qui ont subi le traitement à la soude caustique.
- Quand on veut des olives « noires », on les cueille en octobre, les entaille., lave à l’eau pure et conserve dans la saumure comme précédemment.
- Adresse pour chlorophylle : Maison Sandoz, 3 et 5, rue de Metz. Paris, Xe. M. Payen, a Salon.
- P. S. La coloration des cafés verts est interdite et serait considérée comme une fraude.
- Qu’est-ce que la cyanuration ?
- La cyanuration qui est aussi connue sous le nom de procédé Mac-Arlhur et Forrest a pour but de traiter les minerais d’or à faible teneur qui autrefois devaient être négligés ; elle est basée sur l’emploi d’une solution de cyanure de potassium ou de sodium pour obtenir la dissolution de l’or contenu dans le minerai, ensuite on précipite cet or soit par le zinc, soit par éleclrolyse.
- Les réactions suivantes ont lieu :
- 2 Au -f 2 Gy K H20 + 0 = 2 [AuCy] + 2 KOH
- Le cyanure d’or se combine à un excès de cyanure de potassium en donnant un cyanure double ayant pour composition AuCy, KCy ou AuKCy2 lequel en présence du zinc donne :
- 2[AuKCy8] + Zn = ZnCy2, 2KCy + 2Au.
- Pratiquement il faut employer le double des quantités théoriques de cyanure de potassium et de zinc.
- Les minerais pauvres sont placés dans des bacs en bois, puis lavés méthodiquement au moyen de solutions cyanurées de richesses croissantes, c’est-à-dire que l’on débute par une solution faible à 0,5 pour 100 destinée à amorcer les réactions et qu’on laisse pour cela un temps suffisant en contact.
- Ensuite on remplace le liquide par une solution de cyanure à 2 ou 3 pour 100 et on répète l’opération à plusieurs reprises pendant 3 à 4 jours. Finalement on déplace les liquides chargés en cyanure double d’or et de potassium, par une solution très faible en cyanure de l’ordre du millième.
- Les liquides ainsi extraits sont envoyés dans des bacs en bois divisés en compartiments par des cloisons en bois formant chicanes, chaque compartiment contient des copeaux de zinc placés sur une claie à quelque distance du fond, l’or se précipite sous forme de poudre que l’on détache facilement du zinc par agitation et qui grâce à sa grande densité gagne le fond avec rapidité.
- Les boues recueillies contiennent outre l’or, objet principal de l’extraction, un peu d’argent, de zinc, de cuivre et de plomb; on procède au raffinage sans difficulté par les méthodes habituelles. ÏNST1TUTO TECHNICO LASPEZZIA.
- 96326. — Paris, lmp. Lahure. — 1-10-28.
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- LA NATURE
- N° 2795. — 15 Octobre 1928
- Paraît le Ier et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 3 francs 50
- pour la vente en France.
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- LA NATURE
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- , „ „ 1 larif n° 2
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- LA NATURE 15 Octobfe 1928
- E LA MAISON EN ACIER E ET LES PRESTATIONS EN NATURE
- Une loi récente a tendu à remédier à la crise du logement, qui sévit non seulement dans la capitale, mais dans la majorité des villes françaises, en ouvrant un crédit considérable en faveur de la réalisation d’un grand nombre d’habitations. Il s’agit, en effet, d’une subvention annuelle de 150 millions à allouer au titre du budget, et d’une contribution de 350 à 700 millions de la part de la Caissefdes Dépôts et Consignations, le complément étant fourni par les départements, communes, collectivités et particuliers, pour atteindre 1400 millions par an, ou 7 milliards en cinq années.
- Cet effort, d’ailleurs, a été décidé avec l’appoint, dans une large mesure, des prestations en nature dues par l’Allemagne. Le projet de loi, voté par le Parlement, comportait, en effet, expressément, que « pour l’utilisation de ces prestations », on « combinerait des types d’habitations permettant d’employer des éléments identiques ». La maison cL’acier a été conçue par l’Allemagne réaliste pour répondre à ces conditions. Ce n’est d’ailleurs pas d’aujourd’hui qu’on a envisagé le problème de l’exécution de
- Fig. 2 — Assemblage de J’ossature d'acier.
- Les poutres métalliques du toit sont houlonuées sur le châssis.
- Fig. 1. — L’ossature générale d'une maison en acier.
- maisons déjà fait
- en séries. Les Etats-Unis et le Reich avaient l’expérience de travaux de ce genre avec le plus grand succès, mais l’édifice modèle imaginé par la Stahl-Haus-Bau, de Dusseldorff, sous l’inspiration du célèbre architecte Hans Spiegel, ancien conseiller de gouvernement, présente ce double intérêt de correspondre aux desiderata formulés par l’État français, et d’être à ce point pratique que la municipalité de Dresde s’est empressée d’acquérir le spécimen exécuté à l’occasion de l’Exposition de 1928.
- LES ÉLÉMENTS DE LA MAISON D'ACIER
- La construction créée par M. Hans Spiegel comprend : 1° Les fondations, d’ordre variable suivant les terrains, et indépendantes de la maison proprement dite ; 2° Une carcasse métallique ; 3° Des revêtements en ciment ou plâtre ; 4° Des matériaux de complément.
- Laissons de côté les fondations, puisqu’elles ont un caractère essentiellement individuel, et, en ce qui concerne particulièrement la France, doivent être entreprises exclusivement par la main-d’œuvre nationale.
- La partie métallique de l’habitation, son ossa-
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- ture,est constituée par un système de châssis normalisés, lesquels sont obtenus par soudage de profilés légers étirés.
- L’industrie sidérurgique germanique a déjà mis en œuvre un outillage spécial, à grand rendement, pour la fabrication de ce matériel, et dans des proportions telles qu’il lui sera possible d’assurer la livraison de l’intégralité des demandes qui lui seraient adressées.
- Ces châssis sont de trois types : châssis pour l’ossa-
- ture générale, pour les portes, et pour les fenêtres. Ils peuvent être reliés entre eux par la simple intercalation de boulons.
- Les châssis sont préparés en série à l’usine, et il n’est pas plus difficile de les conjuguer — suivant la formule choisie par l’architecte, — que de réunir les pièces du mécano mis à la disposition de l’enfance.
- D’autres profilés sont destinés à la confection des planchers et à la charpente des toitures, tandis que l’armature, en béton armé, des planchers comporte l’usage du fer déployé, et que des tôles ondulées sont réservées à la construction du toit. Chéneaux et canalisations sont également en acier.
- L’édification de la maison d’acier implique, simultanément, l’emploi de carreaux agglomérant de la pierre ponce, du silex et du ciment, et partiellement un rideau de fer, jalousie, destiné à empêcher les infiltrations. A l’intérieur, on substitue le plâtre au ciment.
- Le ciment est utilisé à l’état liquide pour déterminer une parfaite liaison des cadres et des carreaux.
- Enfin, des plaques de cellulose sont appliquées aux revêtements des murs et des plafonds ; cependant que des papiers goudronnés permettent d’obtenir des surfaces rigoureusement planes et d’absorber les vibrations extérieures ou intérieures.
- L'EXÉCUTION DE LA MAISON
- Voyons, maintenant, comment s’édifiera le bâtiment avec les matériaux ainsi préparés. Les ouvriers prennent possession des cadres amenés par des camions, et les disposent sur les fondations, en les rattachant — ouvertures comprises — par des boulons, opération qu’on pourrait qualifier d’une simplicité enfantine (fig. 1 et 2).
- Le plancher et le toit reçoivent leurs poutres, également boulonnées. Sur ces poutres, on place du fer déployé (fig. 3), qui lui-même sera recouvert de béton. L’intervalle entre les treillages est tel que le béton ne s’échappe pas par les interstices.
- Simultanément, on procède à la confection des parois. A cet effet, on utilise les carreaux de ciment et silex, armés de fers en jalousie, dont nous avons parlé.
- Ceux’ci s’inscrivent exactement entre les cornières des cadres, et s’emboîtent les uns dans les autres. On les lie entre eux et avec le métal par le moyen d’un peu de ciment frais. Il ne reste plus qu’à passer une couche de ciment ou de plâtre pour avoir réalisé la façade exté-
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- rieure (fig. 4). Une opération identique est exécutée à l’intérieur, avec cette seule différence qu’on substitue le plâtre au ciment dans la composition des plaques. Des revêtements de cellulose concourent à l’isolement des murs et plafonds (fig. 5).
- Sur les planchers, on étend une épaisse couche de béton, qu’on badigeonne de bitume. Ce dernier forme isolant, et protège contre l’humidité, mais il contribue aussi au collage du papier goudronné qui constituera la base du parquet (fig. 6).
- Les cloisons entre les pièces sont obtenues par la juxtaposition de plaques de plâtre séparées par un matelas d’air, amortisseur des sons (fig. 7).
- Enfin, sur les fermes du toit, en acier, ~ on étend des tôles d’acier ondulées, qui se déversent dans une gouttière, ‘ assujettie aux cadres, et courant au-dessous de la toiture.
- Il importe de considérer que l’on peut aisément remplacer cette superstructure métallique par des tuiles ou des ardoises, de même que rien ne s’oppose à l’adjonction de balcons, ou même des embellissements désirables. Le métal se prête à toutes les fantaisies de l’architecture et de l’esthétique. On peut agrandir une fenêtre en employant un plus grand nombre de cadres, et, de même, multiplier les logements en prolongeant l’ossature. Toutefois, il ne paraît pas judicieux de surélever exagérément la hauteur de l’édifice, afin d’éviter l’obligation de renforcer la résistance des cadres, ce qui augmenterait fatalement le prix de revient.
- La maison Spiegel représente, en définitive, un type des plus rationnels pour la diffusion des logements, pour petites et moyennes bourses, si recherchés à notre époque.
- QUALITÉS ET AVANTAGES DE CETTE FORMULE
- 11 n’est pas inutile de remarquer que la « maison d’acier » de Dresde présente un coefficient de sécurité indéniable, malgré sa légèreté. Les règlements de police du Reich, touchant l’habitation, sont singulièrement plus draconiens que les nôtres, et ils ont admis comme tout à fait acceptable le type soumis à leur contrôle.
- En second lieu, la maison est aussi heureusement protégée contre les intempéries et les écarts de température que la plupart de nos constructions. Son toit de métal boulonné ne saurait lais-
- ser filtrer la pluie. Ses murs de ciment sont imperméables, même aux joints. On a pu estimer qu’avec une épaisseur de 16 cm ils offraient la même protection contre la chaleur qu’un mur de briques de 38 cm, revêtu sur chaque face.
- De même, la pénétration du son n’est pas plus grande que dans une construction en briques de bonne qualité.
- — Les planchers en béton sont recouverts d'une couche de bitume surmontée d’un papier goudronné.
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- Fig. 7. — Les cloisons intérieures sont obtenues par juxtaposition de plaques déplâtré séparées par un matelas d’air.
- Fi%. 8.
- L'intérieur d’une maison en acier.
- On pourrait, toutefois, redouter pour la maison en acier deux inconvénients : d’aucuns seraient tentés de croire que les parties métalliques essentielles de l’édifice, les portants spécialement, pourraient êlre attaquées par l’humidité et l’oxydation qui en résulte. L enrobage de ciment s’oppose à l’action de la rouille, et les murs extérieurs sont constitués de telle façon qu’ils empêchent les eaux de suintement de pi
- pénétrer les matériaux.
- D’autre côté, la métallisation généralisée ne saurait être un danger au regard de la foudre. Les prescriptions de la police allemande ont prévu les dispositifs à employer pour parer à cet aléa, et la « maison d’acier » a été mise en communication avec la terre d’après tous les principes scientifiques.
- Mais il est des avantages qu’on ne saurait méconnaître et qui caractérisent l’invention allemande. On a pu observer la simplicité d’exécution du bâtiment, composé de pièces préparées à l’avance et qu’il suffit de conjuguer. Cette simplicité entraîne trois conséquences primordiales :
- 1° La possibilité d’employer de simples manœuvres — pourvu qu’ils soient contrôlés par un technicien — pour les travaux, d’où facilité de recrutement de la main-d’œuvre et réduction de la dépense — ; 2° La suppression d’un matériel devenu superfétatoire. Pas d’échafaudages, pas de derricks, pas de treuils d’aucune sorte. Une échelle pour hisser les cadres, les plaques et permettre au personnel — trois hommes, dont le contremaître, pour une maison à quatre logements — de remplir sa tâche.
- C’est du moins ce qui a été réalisé à Dresde sans aucun accroc ; 3° La préparation
- en série des matériaux, la simplification d’une besogne qui pourrait être synchronisée ont pour résultat de limiter considérablement la durée d’exécution. Il n’est pas possible d’évaluer à l’avance le temps à impartir aux fondations— la matière à pétrir est trop inconstante, et il faudrait savoir si l’on fera des caves, et si l’on en ouvrira
- — Vue extérieure d’un pâté de maisons ouvrières en acier.
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- partout — mais, du jour de la pose du premier cadre à la fin de l’édifice, pourvu qu’on ait adopté un modèle courant et qu’il n’y ait pas eu de grève des bras croisés, il ne devrait pas s’écouler deux mois pour un logis à quatre appartements ouvriers, du type figuré dans notre figure 9. On ne saurait escompter d’aussi rapides et décisifs résultats avec nos méthodes latines. Or le temps gagné c’est de l’argent, surtout à une heure où la crise du logement apparaît comme une crise sociale.
- LES PHÉNOMÈNES
- La lumière est une forme de Vénergie. — La lumière est une forme de l’énergie. Elle peut produire des effets mécaniques grâce à la pression qu’elle exerce sur tous les corps qu’elle frappe ; elle peut produire des actions chimiques ; elle peut donner lieu à des manifestations électriques ; enfin et surtout, elle se transforme en chaleur dans tous les corps qui l’absorbent. Inversement, l’énergie mécanique, l’énergie électrique, l’énergie chimique, l’énergie calorifique, peuvent engendrer la lumière.
- Quand la lumière émise par un corps provient tout entière de la chaleur qu’il possède ou qu’il reçoit, on dit que le rayonnement est purement thermique, ou encore que c’est un rayonnement par incandescence. Si la température du corps est maintenue constante, il peut rayonner indéfiniment de la même façon sans subir aucune modification.
- Quand une partie du rayonnement du corps a son origine dans une énergie autre que l’énergie thermique, on dit que c’est un rayonnement par luminescence. Le rayonnement peut être d’origine chimique, électrique, lumineuse, etc ; le nom général de luminescence englobe tous les cas.
- INCANDESCENCE ET LUMINESCENCE
- Nous venons d’être amené à considérer deux groupes principaux dans les phénomènes d’émission lumineuse, l’incan descence et la luminescence, d’après les formes d’énergie qui donnent naissance à la lumière. Mais il est intéressant de rechercher quels caractères généraux, quelles lois expérimentales permettent de différencier ces deux groupes de phénomènes.
- Pour y parvenir il ne sera peut-être pas inutile de rappeler brièvement quelques définitions essentielles.
- Pouvoir émissif et pouvoir absorbant. — On appelle pouvoir émissif e d’une-source lumineuse, pour une certaine longueur d’onde et dans une certaine direction, l’énergie transportée par les radiations de cette longueur d’onde dans le faisceau issu de la source dans la direction considérée.
- On appelle pouvoir absorbant a d’un corps, pour un faisceau de radiations d’une certaine longueur d’onde tombant sur le corps dans une direction déterminée, la fraction de l’énergie transportée par les radiations incidentes qui est absorbée par le corps et s’y transforme en chaleur. Le pouvoir absorbant est évidemment toujours inférieur ou au plus égal à l’unité. Lorsqu’il est égal à l’unité, c’est que le corps ne réfléchit, ne transmet ou ne diffuse aucune partie des radiations qu’il reçoit.
- Corps noir. — Si le pouvoir absorbant est égal à l’unité pour toutes les radiations, c’est-à-dire si le corps absorbe
- Si l’on veut bien envisager que la « maison d’acier » décrite peut absorber 60 à 80 pour.100 des prestations, la France se réservant les fondations et la main-d’œuvre, on concevra, sans aucune peine, que le système inauguré à Dresde, avec tant de réussite, peut offrir à notre pays une solution acceptable, dans la limite de ses moyens èt pouvant remédier aux difficultés qui pèsent sur son déve-1 op p e m e o n o m i q u e.
- Auguste Pàwlowski.
- D§2_L$MINESCENCE ==:
- la totalité de l’énergie transportée par les radiations incidentes, quelle que soit leur longueur d’onde, on dit qu’il est noir. Par exemple, le noir de fumée est un corps noir, au moins pour un rayonnement ne comprenant pas de trop grandes longueurs d’onde. L’expression de corps noir, imposée par l’usage, n’est pas très heureuse, car le mot noir doit être pris ici dans un sens différent de son sens vulgaire ; dire qu’un corps est noir signifie qu’il ne réfléchit, ne diffuse et ne transmet pas. les radiations qu’il reçoit, mais n’exprime pas du tout qu’il n’est pas lumineux : certains corps chauffés au blanc peuvent ne rien réfléchir, ne rien diffuser et ne rien transmettre d’un faisceau de lumière qu’on fait tomber sur eux; d’après la définition que nous • avons donnée, ces corps sont noirs, cependant nous verrons qu’ils émettent plus que tous les autres.
- Une enceinte close percée d’une ouverture étroite réalise très bien un corps noir. Toute radiation pénétrant dans l’enceinte par l’ouverture est finalement absorbée après un certain nombre de réflexions, et cela quelle que son la température du four, même s’il est porté au rouge. Mais un rayonnement provenant des parois s’échappe par l’ouverture du four, et l’énergie qu’il transporte constitue ce qu’on appelle le pouvoir émissif E du corps noir.
- Loi de Kirchof. — Il est facile maintenant de préciser la distinction essentielle.qui existe entre l’incandescence et la luminescence.
- Considérons une source lumineuse de pouvoir émissif e pour des radiations d’une certaine longueur d’onde, et de pouvoir absorbant a pour les mêmes radiations (c’est-à-dire que la source frappée par un faisceau de radiations de cette longueur d’onde en absorberait la fraction a). Soit E le pouvoir émissif du corps noir porté à la même température que la source, pour les mêmes radiations.
- 1° Si le rayonnement delà source considérée est purement thermique, le pouvoir émissif e de la source est toujours inférieur au pouvoir émissif E du corps noir pour la même longueur d’onde et la même température. Il résulte d’une loi établie par Kirchof que ce pouvoir émissif est égal à une fraction du pouvoir émissif E du corps noir égale au pouvoir absorbant a que possède la source pour les mêmes radiations, ce qu’on traduit par la formule simple :
- e = a E.
- Le pouvoir émissif de la source est proportionnel à son pouvoir absorbant; il se rapproche d’autant plus du pouvoir émissif du corps noir que ce pouvoir absorbant est plus voisin de l’unité.
- 2° Il y a luminescence lorsque la loi précédente ne s’applique pas. Le pouvoir émissif e, pour une certaine longueur d’onde et une certaine température, est supérieur au pro-
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- duit a E du pouvoir absorbant a du corps considéré par le pouvoir émissif E du corps noir pour la même longueur d’onde et la même température.
- Il arrive même souvent que le pouvoir émissif e soit supérieur à E : dans un certain intervalle de longueurs d onde, le rayonnement est alors plus grand que celui du corps noir à la même température. Ainsi on peut avoir, à la température ordinaire, une émission notable dans la partie visible du spectre, alors que le corps noir ne donne aucun rayonnement visible dans ces conditions.
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES DE LUMINESCENCE
- On connaît de nombreux cas de luminescence. Les plus importants sont :
- La photoluminescence (comprenant la fluorescence et la phosphorescence), dans laquelle le corps émet de la lumière sous l’influence d’un rayonnement excitateur convenable : rayons lumineux, rayons ultra-violets, rayons X.
- La luminescence corpusculaire, produite par l’action d’un flux corpusculaire (rayons cathodiques, rayons (3, rayons positifs, rayons a). Par exemple, une émission de lumièï’e colorée, souvent magnifique, se produit quand les rayons cathodiques frappent le diamant, le rubis, l’alumine fondue, la craie, la chaux ordinaire, etc.
- La thermoluminescence produite par une élévation de température qui serait tout à fait insuffisante pour être la cause du rayonnement si celui-ci était purement thermique. Le diamant, la fluorine, les sulfures alcalins, etc , légèrement chauffés, émettent des lueurs.
- La triboluminescence, qui se produit quand on brise ou quand on broie certains corps tels que le sucre, la craie, ou encore quand on clive certains cristaux tels que le mica.
- La cristalloluminescence, qui accompagne certaines cristallisations, la solidification de l’argent par exemple. En réalité, la cristalloluminescence se produit dans les cristaux, une fois qu’ils sont formés ; il faut la rapprocher de la triboluminescence dont elle semble n’être qu’un cas particulier.
- L’électroluminescence, qui accompagne le passage de la décharge électrique dans les gaz et dont les applications sont très importantes.
- La chimiluminescence, qui se produit dans les réactions chimiques. C’est un phénomène très général : l’oxydation du phosphore, la putréfaction du bois en sont des exemples. Certaines flammes, comme celle du sulfure de carbone dont la température ne dépasse pas 150° C et dont le rayonnement contient cependant beaucoup de radiations ultra-violettes qui la rendent capable d’impressionner la plaque photographique, constituent également des cas de chimiluminescence. Au même groupe doit être rattachée la luminescence produite par un certain nombre d’insectes (luciole italique, lampyre noc-tiluque ou ver luisant, pyrophores) et de bactéries, cette lumière vivante ayant été l’objet de belles recherches de la part du professeur Raphaël Dubois.
- Tous ces phénomènes sont loin d'être parfaitement élucidés. Dans bien des cas, les lois de l’émission lumineuse sont totalement inconnues. Nous nous bornerons ici à quelques indications sur la photoluminescence et l’électroluminescence, qui ont été l’objet de recherches plus approfondies et qui fournissent des applications intéressantes.
- GÉNÉRALITÉS SUR LA PHOTOLUMINESCENCE
- Phosphorescence et fluorescence. — Prenons un écran recouvert de sulfure de zinc et, après l’avoir exposé quelque temps à l’action des rayons solaires ou d’une source lumineuse intense, portons-le dans l’obscurité. Il brille '
- d’une vive lumière verdâtre et cette luminescence peut se prolonger pendant un temps très long. On dit que le sulfure de zinc est phosphorescent.
- Dans une cuve pleine d’eau et traversée par le faisceau d’une lampe à arc, ajoutons quelques gouttes d’une solution de sulfate de quinine. L’eau de la cuve qui était primitivement incolore et à peine visible émet maintenant une forte lueur d’un violet clair. Cette lueur s’éteint dès qu’on arrête par un écran opaque le faisceau lumineux qui traverse la cuve. On dit que la solution de sulfate de quinine est fluorescente.
- Dans les deux cas, qu'il s’agisse de sulfure de zinc ou de sulfate de quinine, 'la luminescence provient en définitive d’une excitation préalable par un rayonnement extérieur. Ces deux cas rentrent dans le phénomène général de la photoluminescence.
- II y a phosphorescence lorsque la luminescence persiste un temps appréciable après l’excitation, et fluorescence dans le cas contraire.
- Transition entre la fluorescence et la phosphorescence. — Mais il n’y a pas de ligne de démarcation nette entre la fluorescence et la phosphorescence. La durée de l’émission varie avec les conditions de l’expérience. Elle augmente ordinairement quand la mobilité des molécules diminue, et il est possible, en faisant croître la viscosité du milieu, de passer de la fluorescence à la phosphorescence. En fait, les liquides et les gaz ne présentent jamais de luminescence persistant un temps appréciable après qu’a cessé l’excitation; seuls les solides peuvent être phosphorescents.
- La photoluminescence est-elle attribuable à une action chimique? — La photoluminescence a été souvent attribuée à une transformation chimique provoquée par les rayons excitateurs. Certains faits semblaient venir à l’appui de cette conception. Ainsi l’anthracène se polymérise sous l’influence des rayons ultra-violets de longueurs d'onde comprises en 0,25|j. et 0,4 p, qui excitent sa fluorescence, et il était assez naturel de penser que les deux phénomènes sont liés l’un à l’autre et que l’émission de lumière est une conséquence de la polymérisation. Toutefois on a constaté que la luminescence et l’action chimique produite par la lumière ne varient pas toujours dans le même sens, même quand elles se rencontrent dans la même substance : c’est ainsi que la vitesse de polymérisation de l’anthracène croît avec la concentration de la solution, tandis que l’intensité de la fluorescence diminue; de même, une solution fluorescente d’éosine dans l’alcool ne se décompose à la lumière qu’eh présence de l’oxygène (ou de quelques autres corps), sans que ce gaz ait une influence sur la fluorescence ; celle-ci reste à peu près invariable quand on refroidit, la solution dans l’air liquide, tandis que la réaction chimique est considérablement ralentie. Ces quelques exemples suffisent à montrer que la photoluminescence ne résulte pas en général d’une réaction chimique.
- On s’accorde le plus souvent aujourd’hui à considérer la photoluminescence comme produite par le retour à l’état normal de molécules ayant subi une certaine activation sous l’influence du rayonnement excitateur. Mais les phénomènes sont très complexes et on ne connaît pas encore de théorie permettant d’en interpréter toutes les particularités.
- LA FLUORESCENCE
- Les corps fluorescents. — Les corps fluorescents sont très nombreux. A titre d’exemples, nous citerons : parmi les solides, le verre d’urane, le spath fluor, le platino-cyanure de baryum; parmi les liquides, les pétroles, les solutions d’esculine, de sulfate acide de quinine, d’éosine,
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- de fluorescéine; parmi les gaz, les vapeurs d’iode, de sodium, de mercure, de naphtaline.
- L’opinion a été émise que tous les gaz peuvent devenir fluorescents à une température et sous une pression suffisamment basses. La fluorescence se rencontre moins fréquemment chez les solides et chez les liquides. Elle apparaît surtout dans les composés organiques dont les molécules sont complexes et elle est liée à la présence dans ces molécules de, groupements atomiques dits fluorophores. Elle est plus ’ rare| chez les composés minéraux, et semble dépendre également de leur constitution : c’est ainsi que les sels d’ur'anyle sont fluorescents à l’état dissous aussi bien qu’à Jflétat solide, tandis que les composés uraueux ne le sonLpas.
- Spectre de fluorescence. — C’est dans les gaz sous faible, pression que la fluorescence présente sa plus grande simplicité. Le spectre de fluorescence est dans ce cas formé de raies brillantes et le phénomène prend le nom de résonance. Au contraire, la fluorescence des solutions, aussi bien que celle des corps solides, donne un spectre de bandes*. Cette différence n’est d’ailleurs pas essentielle. Elle doit être attribuée aux actions que les molécules voisines exercent lès unes sur les autres en raison de leurs champs électriques ou magnétiques et qui produisent un élargissement des raies spectrales. Cet élargissement a été observé par Wood dans les raies de fluorescence de la vapeur d’iode mélangée à de l’hélium. Dans les liquides, ces actions intermoléculaires deviennent plus intenses et les raies s’élargissent au point de se rejoindre pour former des bandes.
- L'EAU COMME
- On sait depuis longtemps que la combustion d’un mélange de deux parties d’hydrogène et d’une partie d’oxygène, tel que le fournit l’éleclrolyse de l’eau, donne lieu à des explosions d’une extrême puissance. Ce mélange a trouvé, dans la technique, des applications nombreuses, soit .à pression ordinaire, soit à pression élevée.
- Mais, dans ce dernier cas, il exige l’intervention inévitable d’un compresseur, c’est-à-dire une majoration considérable des frais d’exploitation.
- M. Paul Hausmeister, à Gœppihgen (Wurtemberg), vient de mettre au point un électrolyseur fournissant les deux gaz, séparément ou sous la forme d’un mélange parfaitement pur et en proportions absolument correctes, sous une pression extrêmement élevée. Leur production a lieu, non seulement sans dépenser le complément d’énergie, mais avec une dépense moindre qu’à la pression contraire, à des pressions pouvant aller théoriquement jusqu’à 1865 atmosphères.
- 1 Lorsque l’eau est décomposée par le courant électrique, dans un vase parfaitement plein et hermétiquement clos, les gaz dégagés ne pouvant s’échapper restent emmagasinés sous des pressions croissantes. Ces gaz, à la pression atmosphérique, occuperaient un espace 1865 fois plus grand que l’eau électrolytiquement décomposée ; ils exercent, par suite, à l’intérieur du vase clos qui s’oppose à toute expansion, une pression de 1865 at-
- --........................= — 343 =
- La loi de Voptimum. — Pour une excitation donnée, la quantité de lumière émise par fluorescence croît d’abord avec la concentration, passe par un maximum, et décroît ensuite ; une solution très concentrée n’est presque plus fluorescente (J. Perrin). Les concentrations optima sont :
- 0,005 g. par litre pour le bleu fluorescent;
- 0,15 pour le sulfate de quinine;
- et 3 pour le phénanthrène dans le benzène. Fluorescence des solutions étendues. — La fluorescence reste parfois perceptible dans des solutions extrêmement diluées. Elle est encore pratiquement observable dans des solutions qui ne contiennent que 1 cent-milliardième de milligramme (10-14 g.) de fluorescéine dans un centimètre cube. Il est probable que la fluorescence qu’on a parfois observée dans des liquides soi-disant purs est due en réalité à des traces d’impuretés.
- Une interprétation de la fluorescence. — D’après J. Perrin, il semble très probable que la fluorescence d’une solution ne signale pas la présence des molécules intactes du corps dissous, mais seulement la destruction de ces molécules; les molécules intactes interviennent seulement pour produire la couleur de la solution. Il convient de mentionner l’analogie qui existe à cet égard entre la fluorescence et la radioactivité : dans un sel de radium, les molécules intactes ne manifestent que les propriétés physiqnes ordinaires ; la radioactivité apparaît seulement dans les atomes qui explosent et se désintègrent en donnant un atome d’émanation et une particule a.
- (A suivre.) A. Boutartc,.
- COMBUSTIBLE
- mosphères. En théorie, cette pression devrait s’établir instantanément; dans la pratique, étant donnée l’impossibilité d’un remplissage intégral, elle augmente progressivement.
- D’après les vues courantes, la quantité d’énergie requise pour l’électrolyse de l’eau, à une pression élevée, serait incomparablement plus grande qu’à la pression atmosphérique ordinaire. Or, M. Hausmeister était, dès le début, d’une opinion diamétralement opposée. Puisque les gaz combustibles, à pression élevée, renferment plus d’énergie qu’à basse pression, il se disait que cet excédent, à une pression donnée, devrait compenser la consommation supplémentaire d’énergie électrique. Les expériences qu’il fit pour confirmer cette hypothèse démontrèrent non seulement la justesse de ses vues, mais montrèrent, qu’à pression élevée, il faut, pour décomposer l’eau, une dépense de courant un peu moindre qu’à la pression atmosphérique ordinaire. Des expériences parallèles, faites dans un autre ordre d’idées par le Pr Coehn,.à l’Université de Gœttingue, conduisirent à des résultats analogues et plusieurs physiciens, dont Einstein et Paschen, après quelque hésitation, durent admettre la justesse de la nouvelle théorie prouvant la possibilité de produire de très hautes pressions sans apport supplémentaire d’énergie extérieure. Un autre expérimentateur allemand, le Dr Nœggerath, indépendamment d’abord, mais depuis quelques années en colla-
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- Fig. 1. — M. P. Hausmeister et son générateur électrolytique de gaz oxhydrique sous pression.
- boration avec M. Hausmeister, est parvenu à des résultats identiques.
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- La construction d’un électrolyseur se prêtant à la réalisation de ce procédé présentait évidemment des difficultés multiples, mais que l’inventeur a fini par vaincre.
- Puisque les gaz, accumulés séparément, ne renferment aucune trace d’air atmosphérique, tout danger d’explosion se trouve exclu.
- On a dernièrement, à Allach, près Munich, fait la première démonstration d’un appareil construit par M. Hausmeister, qui produit de grandes quantités du mélange d’hydrogène et d’oxygène, sous pression élevée et qui, sans le moindre danger, opère l’allumage des gaz employés pour la coupe des métaux. On regardait cette expérience comme extrêmement dangereuse; mais M. Hausmeister, sûr de son succès, garantissait l’absence de tout danger véritable.
- Selon ses prévisions, tout s’est passé sans le moindre
- incident, et en donnant une preuve éclatante de la justesse des nouvelles théories.
- Ce nouveau procédé se prête à des applications multiples.
- En ce qui concerne, en premier lieu, les emplois chimiques, signalons surtout les industries verrière et céramique, qui s’en serviront pour fondre diverses substances.
- Le fait que les gaz peuvent êlre fabriqués sur le lieu même d’emploi élimine évidemment la nécessité de les transporter dans des lourds cylindres d’acier.
- L’industrie des moteurs est, sans doute, appelée elle aussi à retirer de sérieux avantages du procédé Hausmeister.
- L’eau, de toutes les matières, la moins coûteuse et la plus répandue, pourra dans certaines conditions se substituer aux combustibles jusqu’ici en usage : charbon, pétrole, essence, benzol, etc. Le mélange hydrogène-oxygène peut, en effet, être et a déjà été utilisé dans des moteurs et il offre l’avantage que les gaz d’échappement uniquement composés de vapeur d’eau peuvent être condensés.
- L’énergie électrique à débit irrégulier, comme celle que peuvent fournir les moteurs à vent, les vagues, dans certains cas les chutes d’eau, trouverait un emploi sans doute avantageux dans la production de ce mélange combustible. A. Gradenwitz.
- Fig. 2. — Un poste mobile pour la production électrolytique de gaz oxhydrique sous pression.
- Ce poste est destiné au découpage des me'taux.
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- LES FORCES MOTRICES NATURELLES
- L’EAU ET LE VENT
- DÉFINITIONS
- Evidemment, à considérer les choses sous leur véritable jour, toutes les forces dites motrices sont des forces naturelles. On précise dans les traités de mécanique ce qu’on entend par la force motrice de l’homme et des animaux et par les forces motrices purement mécaniques qui ne sont pas fournies par des moteurs animés. Mais toutes les forces qui agissent dans la nature sont en réalité des forces motrices et même nous serions bien incapabies de nous imaginer des forces qui n’auraient point d’effet moteur et, à plus forte raison, de constater leur existence, car nous ne constatons l’existence d’une force que par le mouvement qu’elle produit et nous la mesurons grâce à ce mouvement.
- HISTORIQUE
- La force motrice de l’homme fut longtemps la seule dont il sut lui-même se servir. Bien des millénaires se sont certainement écoulés avant que l’homme, qui n’avait jusqu’alors pu que combattre la force de la bête, sût enfin la domestiquer et se l’asservir. Ce fut ce que les historiens de l’avenir appelleront sans doute l’ère du cheval, le plus employé pour sa force et sa vitesse de tous les animaux domestiques. Ils distingueront donc trois grandes époques humaines. L’âge de l’homme isolé, l’âge du cheval et l’âge des moteurs inanimés qui commence à peine depuis un siècle et demi.
- Ce n’est pas que les moteurs inanimés ne soient en service depuis beaucoup plus longtemps. L’antiquité romaine,grecque,phénicienne, égyptienne, connut la force motrice du vent
- Fig. 1. — Les ailes de moulin en Valachie sont composées de toiles triangulaires qui se carguent comme des voiles.
- Fig. 2. — Une série de moulins entoilés en Crète, près de Nikiliano.
- appliquée à la conduite des navires. Cette force motrice du vent, de toutes les forces fournies par les moteurs inanimés, est certainement le plus anciennement utilisée.
- La force des chutes d’eau employée plus tard à terre concurremment à celle du vent, est certainement utilisée depuis fort longtemps, mais nous avouons ne pas connaître de document historique qui nous permette de fixer même approximativement la date de ses premiers emplois.
- LES MOULINS A VENT ET A EAU
- On sait que ces moteurs à vent ou à eau furent pendant des siècles appliqués uniquement aux moulins à grains, puis vint' l’utilisation des chutes d’eau pour la mise en action des pompes alimentant d’eau les agglomérations. Rappelons celle qui fut construite par Copernic à Dorn, celle de Reims et la
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- fameuse machine de Marly qui alimente encore Versailles. Ensuite vinrent les roues hydrauliques des marteaux de forge dits martinets, servant à cingler les loupes de fer venues de l’affinage de la fonte.
- Mais ce n’est réellement que depuis un siècle et demi que les machines motrices, avec l’apparition du moteur à vapeur, pompe à feu, ont commencé à avoir sur les conditions mêmes de la vie un certain effet. Ce n’est que depuis un siècle que lé premier chemin de fer véritable est construit, grâce à Seguin qui construisit la première chaudière tubulaire et à Stephenson qui assura son tirage en lâchant l’échappement dans la cheminée. L’application des machines ou moteurs inanimés aux moyens de transport fut 1’ « événement » des temps nouveaux, la civilisation étant tributaire avant tout de la facilité, delà rapidité et de la fréquence des moyens de communication.
- LA MACHINE A VAPEUR
- La machine à vapeur eut d’ailleurs cette rare fortune de se révéler bientôt aussi propre aux emplois de machine fixe qu’aux services des transports par terre ou par eau, d’où, malgré ses graves défauts, son incomparable succès. Ce succès n’a pas été sans quelque engouement. La machine à vapeur coûte cher, le terme de propriétaire d’usine à vapeur devint pour les industriels sinon un véritable titre de gloire, du moins une réclame estimée que l’emploi de- l’énergie électrique n’a pas encore supplantée.
- Cependant les anciens moteurs utilisant les forces naturelles n’ont pas été complètement abandonnés, les forces hydrauliques ont eu au contraire un succès toujours croissant et grâce aux facilités que les transports d’énergie électrique ont fournies à l’industrie, l’équipement des chutes d’eau a pris un tel essor, que l’industrie hydroélectrique prend en maint endroit sa revanche sur la vapeur et les autres moteurs thermiques.
- LES UTILISATIONS DU VENT
- Fie. 3.
- du moulin Delacroix-Marsy.
- poussée très loin et a permis l’installation de systèmes véliques qui ont atteint et atteignent encore aujourd’hui des surfaces de 4 à 5000 m2 de toile et des puissances équivalant à celles des machines thermiques de 3 à 4000 ch, la puissance qui entraîne à une vitesse de 15 nœuds une coque de 5000 t valant 5000 ch pour le moins. Et pour les vitesses usuelles de 6 à 8 nœuds des machines de 1000 à 2000 ch seraient encore nécessaires.
- Le vent, en effet, fut fort employé en mer, parce qu’en mer il souffle presque toujours et avec une grande régularité-pendant plusieurs heures et souvent plusieurs jours. A terre, on l’employa, est-il besoin de le dire, dans les régions le plus régulièrement et le plus puissamment ventilées, le Nord de la France, la Belgique et la Hollande particulièrement. Sur le territoire des Provinces-Unies, il s’agissait moins de moudre du grain que de pomper les eaux de drainage des polders; des moulins à vent atteignant 28 m de diamètre, fournissant couramment 40 ch sur l’arbre des ailes et élevant, par vis d’Archimède ou par roues élévatoires, 1 m3 d’eau à la seconde à 1 m de hauteur y furent largement employés.
- On tend aujourd’hui à délaisser ces vieux serviteurs qui pompèrent pour ainsi dire toute la Hollande et firent de lugubres marécages d’excellentes prairies. On les remplace par des moteurs électriques recevant leur courant d’une Centrale. Les raisons de cette transformation sont faciles à saisir. Le vieux moulin demande uné surveillance constante, il faut prévoir les variations de la brise et surtout les coups de vent. Lorsque la bourrasque menace, lé moulin doit être arrêté et sa voilure carguée à la main. Lorsque le vent seulement fraîchit, il faut encore arrêter, carguei* une partie de la toile, prendre des ris comme on dit en mer. Donc surveillance constante et main-d’œuvre spécialisée, impossibilité de marcher de nuit, ce sont là des conditions d’emploi suffisamment gênantes pour amener la disparition de ce vieux matériel, si séduisant qu’il puisse encore apparaître par ailleurs.
- Le mécanisme
- Il est remarquable que les installations mues seulement par le vent, au contraire, ont été presque entièrement négligées des constructeurs modernes. Evidemment ce n’est pas par caprice ni par oubli, les utilisations rationnelles du Vent ont .été l’objet des essais d’un assez bon nombre de chercheurs. On ne peut pas dire qu’ils n’aient obtenu aucun-résultat, mais il faut bien convenir que ceux qui ont été obtenus, du moins sur la terre ferme, sontbien au-dessous de ce qui a été réalisé avec les moteurs hydrauliques ou thermiques. Et, chose qui paraîtra paradoxale à première' vue, c’est au contraire sur mer, sur des coques instables exposées à chavirer sous les efforts des rafales et de la mer, que l’utilisation du vent a été
- LE MOTEUR A VENT RATIONNEL
- La question se pose évidemment pour le chercheur de savoir s’il ne serait pas possible de rendre automatiques les moulins de grande taille avec une construction assez simple pour être peu coûteuse, assez rustique pour résister aux intempéries, assez pratique pour assurer une puissance constante aux moteurs, quelle que soit la violence du vent.
- Il va de soi qu’on n’arrivera pas ainsi à employer partout le moteur à vent comme on peut employer partout le moteur thermique, mais de même que les chutes d’eau bien situées constituent dans leur région des moteurs
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- plus avantageux que les moteurs thermiques, de même les moteurs à vent sur des plateaux, des rivages, dans des régions bien ventilées, seront d’un emploi plus avantageux que tout autre moteur.
- Et enfin, de même que l’on assure aujourd’hui le transport de force des chutes d’eau à grande distance par les réseaux électriques à haute tension, on ne voit pas ce qui empêcherait d’en faire autant de l’énergie produite par les moteurs à vent. On trouverait même dans une disposition de cet ordre ce premier avantage qu’un réseau de transport de force alimenté au moins en partie par des moulins serait moins sujet aux « pannes de vent » que
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- fique, un problème humain; il est facile de le poser rationnellement et nous devons le résoudre.
- Ce problème a rarement été envisagé par les techniciens sous la forme qui convient, on a fréquemment cherché à construire de petites machines rustiques capables de rendre quelques services spéciaux, généralement de pomper de l’eau en demandant aux usagers le minimum d’ennuis, d’attention, ou d’entretien. C’est ce qu’ont fait les constructeurs des moulins type Corcoran, Halladay, des turbines Escaffre et Costes. On s’est peu occupé de construire à bas prix, de chercher la grande installation puissante, sûre et ayant cette marche régulière indispen-
- Fig. 4. — Au pays des moulins à vent.
- C’est en Hollande que les moulins à vent restent le plus employés. Cette photographie en montre six rassemblés sur un étroit espace,
- (Phot. International Graphie Press.)
- des installations isolées. On doit même considérer que les ressources en chutes d’eau d’un pays sont forcément limitées. Lorsque la France aura équipé ses quelque 8 millions de chevaux hydrauliques utilisables, elle aura atteint la limite en dépit de tous les perfectionnements de la technique, alors que rien ne fait prévoir une limite dans l’utilisation des forces aérodynamiques. Le vent qui balaye un territoire donné représente des puissances mécaniques qui dépassent tout ce que l’on peut imaginer et seule l’insuffisance de nos moyens techniques nous empêche d’en tirer parti comme il conviendrait.
- 11 n’y a donc là qu’un problème, un problème scienti-
- sable à la conduite des machines industrielles et notamment des dynamos. Il nous faut toutefois citer le nom de M. Constantin (Voir La Nature, 21 juin 1924) qui a abordé ce problème d’une façon extrêmement intéressante. Signalons qu’il est également à l’étude en Allemagne et en Russie. M. Constantin, ainsi que la plupart des chercheurs étrangers, fait appel à des ailes dont le profil est dicté par les connaissances aérodynamiques que nous devons à la pratique de l’aviation. Un autre inventeur français s’est engagé dans une voie différente en s’inspirant de la navigation à voile.
- Nous allons décrire la solution qu’il propose :
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- Fig. 5. — Un moulin type hollandais en service en Angleterre, depuis 1860, dans le comté de Surrey.
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- DESCRIPTION DU MOULIN DELACROIX-MARS Y
- Considérons une roue entoilée de grand diamètre telle qu’elle est représentée sur la figure 3. Les voiles semblables à des focs sont enverguées sur les rayons de la roue et maintenues par rapport à elle suivant un certain angle qui constitue leur angle d’attaque. Il importe de conserver cet angle d’attaque tant que le vent ne varie pas et au contraire de le faire varier en raison des différentes puissances et, par conséquent, des différentes vitesses du vent. Pour cela chaque gui A ou tendeur de chaque voile est amarré à une écoute : corde ou chaîne qui passe sur une poulie de renvoi B et est rejetée sur l’axe creux du moteur. En face de l’extrémité de cet axe, un nouveau jeu de poulies renvoie les écoutes à l’intérieur de l’arbre creux.
- »' Là, les écoutes sont rassemblées sur un émerillon à billes qui permet de transmettre à un nouveau câble unique les efforts de traction, mais qui ne transmet pas le mouvement de rotation, lequel est annulé par le roulement à billes. Ce seul tendeur sort donc par l’autre extrémité de l’axe creux et passe sur une poulie extérieure C qui le renvoie dans le sens vertical de haut en bas, position où il est raidi par un poids P.
- On voit sans peine qu’un tel dispositif a pour effet:
- 1° De réaliser la puissance constante lorsque le vent fraîchit et dépasse une certaine limite, attendu que lorsque l’effort du vent sur la voilure dépasse la limite fixée, le
- poids monte et laisse ouvrir la voilure, par conséquent à la demande du vent.
- 2° D’assurer aussi à l’ensemble un effort de renversement limité.
- 3° De faire disparaître les effets de l’inertie au départ, si fâcheux avec les roues éoliennes de type ordinaire. Si en effet on considère une éolienne arrêtée par le calme, et démarrant sous l’effort d’un brusque coup de vent, d’une bourrasque violente, on se rend compte que cet appareil devra vaincre d’un coup, subitement, toutes les résistances passives, toutes les inerties des pièces mécaniques à mettre en mouvement et tous les frottements au départ, d’où une résistance considérable qui amène facilement la torsion des arbres sur les éoliennes de grande taille à moins d’une construction extrêmement renforcée et par conséquent très onéreuse.
- Les qualités d’un tel modèle permettent la construction d’appareils de grande taille dans des conditions de sécurité et de bon marché qui n’ont pas été égalées jusqu’ici. De plus, si le moteur évidemment ne donne rien par vent trop faible ou nul, dès que le vent atteint la vitesse pour laquelle le poids est réglé, la puissance reçue et transmise aux machines devient constante, ce qui a une grande importance pour la conduite des dynamos et en général de la plupart des appareils de l’industrie.
- Fig. 6. — Un moulin hollandais récemment construit en Angleterre, dans le voisinage de Londres pour assurer l’irrigation du terrain environnant. Ce moulin est entièrement en métal.
- (Pliot. International Graph. Press.)
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- On peut concevoir deux modes différents d’utilisation de ces moteurs.
- Soit, comme c’est le cas habituel, que l’on envisage l’emploi du moulin attelé directement aux machines à mouvoir et, dans ce cas, il sera bon de savoir très exactement sur quelles puissances de vent l’on peut compter et avec quelle régularité cette puissance se fait sentir. Il faudra généralement pouvoir disposer d’un moteur de secours qui, dans l’état actuel des distributions d’énergie, pourra presque toujours être un moteur électrique, c’est-à-dire un moteur de faible prix d’achat et d’entretien insignifiant.
- Soit encore, et c’est certainement là une solution qui dans l’avenir aura d’importantes applications, que l'on emploie un certain nombre de moulins destinés à « moudre du courant » qu’ils enverront sur un réseau de distribution, lequel pourra par ailleurs recevoir aussi du courant provenant de centrales thermiques ou hydrauliques.
- Certes il y a loin de nos petites éoliennes actuelles (la plus grande dont nous ayons eu connaissance a 15 m de diamètre) à des moteurs faisant 30 ou 40 m de diamètre et donnant, sur un emplacement aussi favorable que la falaise de la Ilève, par exemple, 100 à 200 ch. Se représente-t-on l’ancienne Grande Roue de Paris entoilée et devenue motrice ? Mais il y avait loin aussi de la marmite de Papin à la machine de Watt et nous avons déjà mieux, toutes proportions gardées, que la marmite de Papin.
- Une dizaine de grands moulins que l’on peut dès à présent très bien concevoir et calculer, installés au cap de la Hève, pourraient déjà actionner une bonne partie des tramways du Havre.
- Et encore une fois, que l’on y songe bien, il n’y a rien là que de facilement réalisable et les puissances du vent qu’il s’agit de capter représentent les seules forces naturelles dont l’utilisation soit pratiquement et réellement indéfinie, au contraire de ce qui se passe pour les moteurs thermiques dont le fonctionnement est limité par les possibilités des gisements de pétrole ou de houille, par les prix des combustibles et de leur transport, pour les chutes d’eau dont le débit est limité, les marées dont la puissance ne peut être utilement captée qu’en de rares points des côtes et au prix de travaux immenses. Enfin, nombre de régions parcourues notamment par les alisés ou les moussons sont caractérisées par l’impossibilité du ravitaillement en combustible et l’absence des chutes d’eau, le moteur à vent convenablement employé restera leur seule ressource lorsqu’un mouvement industriel y prendra naissance.
- Dès aujourd’hui et sans sortir de la vieille Europe ou de l’Afrique du Nord, les utilisations possibles et avantageuses, ne fût-ce que pour des installations modestes d’élévation d’eau ou d’éclairage électrique, sont innombrables et mériteraient l’attention la plus sérieuse des intéressés. R.. Villers.
- LA FLORE SAHARIENNE1’
- Le Sahara, de par son climat, est hostile à toute vie végétale, animale ou humaine. Il n’en est pas totalement privé, mais, les différentes manifestations de la vie sont forcées de s’y plier à des conditions particulières peu favorables à leur développement; elles sont limitées quant à leur nombre et leur densité. La flore saharienne est donc pauvre; elle ne comprend qu’une petite quantité d’espèces. On ne compte probablement pas 1000 espèces phanérogames dans toute l’étendue du désert; seule, la flore polaire est plus pauvre encore. La végétation est très peu dense, et n'existe jamais que par touffes isolées; d’immenses espaces en sont entièrement dénués.
- 1. Nous ne disons rien des piantes cultivées au Saliara ; en effet aucune n’est spéciale à ce pays ; toutes n’y vivent qu’artifi-ciellement, grâce à l’irrigation.
- Mais, cette flore compense sa pauvreté par son originalité, et la variété comme la perfection de ses adaptations
- à un climat si spécial. Elle se compose en effet, à part quelques espèces immigrées, de formes spéciales au désert, qui manquent en Afrique du Nord comme au Soudan. Ses adaptations désertiques sont beaucoup plus caractéristiques que celles de la faune : les animaux peuvent souvent lutter contre les conditions défavorables du désert par le déplacement, les plantes doivent rester où leurs graines ont éclos, et s’adapter ou mourir.
- Enfin, à un point de vue Tahlas. plus général, la lutte pour
- l’existence entre les végétaux ne revêt pas le même aspect au Sahara que dans des pays plus cléments. Dans ces derniers, elle prend surtout la forme d’une rivalité entre les plantes, en raison même de leur den-
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- site; beaucoup de graines germent, mais, la plupart des jeunes plantes sont étouffées par leurs voisines. Au désert, cette lutte est dirigée uniquementcon-tre des forces physiques.
- ADAPTATIONS '
- BOTANIQUES
- Les éléments contre lesquels doit luttgf la végétation du désert sont : -la rareté des. pluies, la haute température .de Tété, les froids de l’hiver, l’insolation intense, la sécheresse de l’air, la fréquence et la force des vents desséchants, l’absence de terre végétale. De ces conditions, la principale est le manque de pluies, créateur de la sécheresse, que les autres éléments ne font qu’exagérer.
- Divers procédés de lutte sont employés par la flore saharienne. Et Ton peut, dès l’abord, distinguer deux catégories principales :
- 1° les plantes dont l’existence dépend directement des pluies, dont la structure ne présente pas de modifications particulières, et dont les adaptations sont d’ordre physiologique ;
- 2° les plantes dont l’existence dépend des eaux souterraines, et dont les adaptations sont anatomiques.
- La première de ces catégories comprend des plantes qui, sans rien modifier à leur structure et sans différer en rien des espèces analogues qui croissent en dehors du désert, ont, en la raccourcissant, adapté la durée de leur vie à celle, très courte, de la période d’humidité du sol consécutive à une pluie. Dès la moindre averse, elles germent rapidement, leurs fleurs s’épanouissent aussitôt, et leurs graines arrivent à maturité avant que le sol ne
- Fig. 2. — Épines : a) de iahla; b) de tebourarin. Grandeur naturelle.
- Fig. 3. — Un agar de taille moyenne.
- se soit, à nouveau, desséché. Ces plantes, sauf les graminées, rampent sur le sol, car elles n’ont pas le temps, pendant leur brève existence, de lignifier leurs tissus. Cette végétation éphémère constitue Yac/ieb-, il en pousse partout. Le type en est le n’si (Arthraterum plumosum), graminée de petite taille, recherchée par les animaux, qui forme souvent, en Adrar des Iforass, de véritables prairies. On peut rapprocher de ce procédé le cas de certaines plantes, qui, vivaces ailleurs, deviennent annuelles au Sahara. Massart (*) en donne comme exemple la Mvleomia Aegyptiaea, qui, vivace dans la zone méditerranéenne, est annuelle dans les dunes du Souf.
- Dans cette première catégorie on peut ranger aussi quelques plantes à feuilles charnues, grasses, qui emmagasinent une certaine quantité d’eau dans leurs tissus au moment d’une averse, ce qui leur permet de prolonger leur vie davantage que l’acheb, mais elles meurent dès que cette réserve est épuisée. Citons en comme exemple, d’après Chudeau (2), YAizoon canariense.
- La deuxième catégorie comprend des plantes qui utilisent l’eau souterraine, le procédé, commun à toutes, employé à cet effet, est le développement considérable de l’appareil souterrain; en même temps, elles réduisent de diverses façons l’évaporation. Ces plantes ont des racines qui s’enfoncent profondément dans le sous-sol pour y puiser les moindres traces d’humidité. Solidement fixées au sol, elles n’ont ainsi rien à redouter de la violence du vent. De simples herbes poussent leurs racines à plus de deux mètres de profondeur. « Un petit specimen de Cal-ligonum comosum (harta), à peine haut comme la main, avait à 1 m. 50 de profondeur, des racines encore grosses comme le doigt », dit Chudeau. De plus, les vaisseaux, qui parcourent ces racines, sont fort larges ; ils permettent d’absorber sans délai l’eau tombée.
- Quelques plantes, comme la coloquinte, n’ont d’autre adaptation que ce très grand développement de leurs parties souterraines. Mais, la plupart y joignent des transformations de leurs parties aériennes, dans le but de réduire au minimum l’évaporation, la transpiration, de les protéger contre les actions extérieures. Leur épiderme est recouvert d’une cuticule épaisse qui le rend peu perméable et permet juste les échanges nécessaires. Cette cuticule, masquant la coloration verte de la chlorophylle, donne aux plantes du désert une coloration vert grisâtre bien caractéristique. Elle est, parfois, remplacée par un épais manteau de poils qui joue le même rôle. Ces revêtements protègent, en outre, la plante contre l’action des grains de sable chassés par le vent.
- Chez beaucoup de plantes ce procédé est complété par une réduction de la surface épidermique. Il n’y a alors pas de feuilles, ou si elles existent elles sont petites, étroites, souvent charnues, de façon à avoir un gros volume sous une faible surface. En même temps, apparaissent souvent beaucoup d’épines. Presque aucun végétal n’a, au Sahara, de feuilles normales. Les arbres sont remarquables par la petitesse et le petit nombre de
- 1. Massart. Un voyage botanique au Sahara.
- 2. Chudeau (Chudeau et Gautier. Missions au Sahara). Sahara Soudanais.
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- leurs feuilles; leur feuillage est si peu épais, si transparent, qu’ils ne donnent qu’une ombre bien faible, même lorsqu’ils sont grands et bien développés. Les uns comme le tahla, le tamat (Accacia tortilis et arabica (fig. 1 et 2), l’ahetes (Accacia albida), le tehoq (iraq, Salva-dora persica), le tabour’arin, sont épineux, ont des feuilles étroites, épaisses; d’autres, non épineux, comme l’agar (Maerua rigida, fig. 3), ont des feuilles charnues sans pédoncules, collées pour ainsi dire sur les rameaux, d’autres comme les tamarix : éthel, Tamarix ariiculata, fig. 4; fersig, Tamarix gallica (fig. 5), ont un feuillage formé de fils articulés, de petits bâtonnets cylindriques très minces. Les graminées ont des feuilles en gouttière, ou complètement enroulées. On compte les plantes qui font exception et qui ont des feuilles normales; il n’y a guère que la coloquinte et le kronka ou torha en touareg (Calotropis procera, fig. 8). Le kronka est une curieuse asclépiadée, qui atteint 2 m de hauteur. Sa tige très droite, ses quelques feuilles, larges et étalées horizontalement, lui donnent un aspect très particulier, celui d’une plante en zinc. Lorsqu’on en brise une feuille ou une tige, il laisse écouler par la blessure un suc laiteux, blanc, que les indigènes considèrent comme vénéneux, et auquel ils attribuent la propriété de rendre aveugle, si l’on en dépose dans les yeux. Son fruit ovoïde, de près de 20 cm de diamètre, est une grosse vessie élastique très résistante, rembourrée d’une masse fibreuse très solide, au centre de laquelle se trouvent les graines.
- Mais, il est curieux de constater que cette réduction de l’appareil foliaire s’observe également chez les plantes qui vivent dans les endroits les plus humides du Sahara, et même chez des espèces semi-aquatiques, celles qui poussent dans les seguias d’irrigation des oasis ou des ar’rems. Cette transformation ne devrait donc pas être considérée comme due, tout au moins dans ce cas, au manque d’eau, mais à la sécheresse de l’air, et, peut-être, aussi à l’intensité de la lumière. II est possible en effet (ne serait-ce pas la raison de la teinte gris vert des végétaux sahariens) que sous une telle luminosité les actions chlorophylliennes seraient trop intenses si les organes où elles se produisent avaient des dimensions normales, et si la chlorophylle n’était, en quelque sorte, dissimulée dans l’épaisseur des téguments.
- Un procédé de défense contre la sécheresse, bien différent des précédents et fréquent chez les plantes du désert, est la présence de sel dans les sucs, dont la tension de vapeur se trouve ainsi considérablement abaissée. Le had (Cornulaca monacantha), le guetaf [Atriplex halimus) en sont les principaux exemples. Les plantes salées ne sont, d’ailleurs, pas spéciales au Sahara, on en rencontre dans tous les déserts du monde, en Asie centrale par exemple. Elles iouent, du reste, un rôle considérable dans l’alimentation du chameau, dont la santé se ressent d’en être privé.
- Enfin, quelques plantes emploient, dans leur lutte contre la sécheresse, un procédé analogue qui consiste à se recouvrir de sécrétions salées dont le rôle est de fixer un peu de la faible humidité atmosphérique. Le zeita . [Limoniastrum guyonianum), qui affectionne les terrains riches en sel, sur le bord des chotts ou des
- voit souvent, le matin, des pieds de zeita couverts de rosée, alors que d’autres plantes voisines sont absolument sèches.
- Mais ces moyens qui permettent à la végétation du désert de puiser les traces les plus faibles d’humidité souterraine et d’économiser au maximum l’eau ainsi absorbée seraient encore insuffisants si ces plantes ne possédaient pas la faculté de résister à de longues périodes de sécheresse. Il peut s’écouler un temps fort long, quelquefois plusieurs années, avant qu’une pluie vienne apporter un peu d’eau au sous-sol desséché. Les arbres, tahla, tamarix ou autres, peuvent à la rigueur, grâce à la longueur de leurs racines, trouver une couche encore légèrement aquifère, et supporter, sans trop de mal, ce moment critique; les plantes de petite taille ne peuvent le faire. Dépendant étroitement de l’eau souterraine, si celle-ci fait défaut, elles se dessèchent; elles prennent l’aspect de touffes ligneuses et se réduisent à l’état de squelette, mais ne meurent pas. Elles peuvent ainsi
- Fig. 5. — Végétation assez dense dans un oued; à gauche un taillis de fersig.
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- Fig. 6. — Aspect de la végétation dans un oued des parties les plus élevées du Hoggar, à plus de 2000 m d’altitude.
- attendre fort longtemps l’averse bienfaisante, elles se raniment aussitôt, et se couvrent rapidement de jeunes rameaux qui font les délices des troupeaux. Elles resteront vertes jusqu’à l’épuisement de l'humidité, pour se dessécher de nouveau à ce moment. Il y a ainsi un cycle de la végétation analogue, somme toute, à notre cycle saisonnier et à l’hibernation des plantes de nos climats. L’activité végétale est discontinue; elle est interrompue par de longues périodes de sécheresse pendant lesquelles est suspendue la vie de la plante, qui revêt son aspect caractéristique de squelette ligneux.
- Un fait essentiel de la botanique du Sahara est l’absence des plantes grasses les plus typiques, cactus, agave, si répandues dans d’autres déserts, en Amérique par exemple, qu’elles y forment un élément capital du paysage. Il y a, nous l’avons vu, des espèces à feuilles charnues par adaptation, mais pas de véritables plantes grasses, représentées seulement par deux ou trois euphorbiacées peu caractéristiques. Les agaves, les figuiers de Barbarie sont introduits depuis longtemps dans le bassin de la Méditerranée; ils s’y sont fort bien acclimatés, mais ils n’ont pas pénétré au Sahara. Chudeau fournit de l’absence de ces espèces l’explication suivante : « Les plantes grasses ne se contentent pas d’emmagasiner l’eau comme le fait une outre; elles la conservent combinée chimiquement à divers produits organiques, tout au moins comme eau d’hydratation. Cette combinaison exige une assez grande dépense d’énergie qui suppose des périodes végétatives de quelque durée. Il est probable que, au Sahara, les conditions de vie sont trop dures, et que le travail capable de donner naissance à de grands orga-
- nismes, comme les cereus mexicains, est impossible ».
- Il convient de faire quelques remarques sur le mode de dissémination des graines. Dans les pays plus fertiles, les oiseaux et les herbivores jouent un grand rôle à ce point de vue.
- Les premiers répandent au loin les noyaux des baies dontilssenourrissent,les seconds transportent accrochées à leurs poils une quantité de graines et les répartissent sur une vaste surface. Il y a peu d’oiseaux et peu d’herbivores au Sahara, aussi ces deux modes de dissémination y sont à peu près inconnus. A peu près seuls, l’iraq (Salvador a persica) et le teboraq [Balanites aegyptiaca) portent des baies comme fruits, encore ne trouve-t-on ces deux arbres (communs dans la zone sahélienne) qu’au Hoggar. Quant aux graines accrochantes, elles font presque totalement défaut. Au contraire, dès que l’on sort du Sahara, on en trouve en abondance. Sitôt que l’on pénètre dans la zone sahélienne, on rencontre l’abominable kram-kram (*), dont la graine épineuse s’accroche partout, cause des piqûres très douloureuses, rend impossible la marche pieds nus et très pénible la traversée à pied de prairies où il s’en trouve. Il n’y a rien d’analogue au Sahara.
- Le seul agent de dissémination des graines y est le vent. Dans la plupart des cas, celles-ci présentent des organes donnant prise au vent : arêtes ou aigrettes plu-
- 1. Le kram-kram est une graminée, Cenckrus eckinatus. Les Touareg l’appellent ouezzeg. Les Européens le nomment kram-kram par suite d’une confusion. Ce mot signifie syphilis; et les indigènes croient que les piqûres faites par sa graine provoquent cette maladie.
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- meuses, gousses aplaties. D’autre fois la plante tout entière se dessèche quand elle est arrivée à maturité ; un coup de vent brise sa tige et l’envoie rouler au loin. On voit souvent, loin d’un pâturage, cheminer de pareilles touffes tournant sur elles-mêmes et poussées au gré des rafales. En général, leurs fruits restent fermés tant que la plante est sèche, mais s’ouvrent à la première pluie; les graines tombent alors et germent aussitôt. C’est le cas, bien connu, de la rose de Jéricho [Asteriscus pygmaeus) et de la main de Fatma (Anastatica hierochun-lica), qui, desséchées, lorsqu’on les met dans l’eau, s’ouvrent et semblent se ranimer, mais, en réalité, non pas pour revivre, mais pour libérer la semence.
- Il faut, pourtant, au rôle capital du vent ajouter un autre facteur de dissémination : l’action de l’eau courante pour les graines des plantes qui poussent dans des oueds. Mais cette cause, en raison même de la rareté et du peu d’étendue habituel des crues, est tout à fait secondaire.
- ZONES BOTANIQUES
- Les limites géographiques de la flore propre au Sahara sont très exactement celles du climat de ce désert. Voyons donc quelles sont ces dernières. Le Sahara est essentiellement le pays où il ne pleut que rarement et peu. Il finit où commence la zone de pluies régulières qui arrosent les régions voisines, Afrique du Nord et Soudan. Les pluies méditerranéennes ne franchissent pas l’Atlas Saharien; la limite Nord du désert se trouve ainsi nettement marquée ; c’est le versant Sud, le pied de cette chaîne ; c’est-à-dire en gros, la ligne jalonnée parGabès,
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- Gafsa, el Ivantara, Béni Ounif, Bechar, Abadla, le Sud de l’Anti-Atlas, et le cap Noun. La limite Sud du Sahara est moins nette, car il n’existe pas de barrière semblable à l’Atlas pour arrêter les pluies. Le passage entre la zone désertique et la zone sahélienne soudanaise se fait progressivement, sans que l’on puisse dire avec précision où se termine le désert et où débute la brousse sahélienne. Pourtant, la limite Nord des pluies tropicales régulières soudanaises part, à l’Ouest, sur la côte, du 19e degré de latitude N. environ; elle englobe l’Adrar de Mauritanie, s’élevant ainsi jusqu’au 21e degré, elle s’infléchit doucement vers le Sud, passe largement au Nord de Tombouctou (Araouan, reste un peu au Nord de cette ligne) ; puis elle contourne entièrement l’Adrar des Iforass, montant là jusqu’au 20e degré (Bouressa, Tin Zaouaten). Entre l’Adrar des Iforass et l’Aïr, elle suit sensiblement le 18e degré. Enfin, l’Aïr reste en entier au Sud de cette ligne, qui, passant un peu au Nord de Termilt, s’abaisse vers le Tchad jusqu’aux environs du 15e degré.
- Le Sahara forme ainsi une zone botanique nettement définie, comprise entre des régions bien différentes. Au Nord, il confine avec la zone méditerranéenne caractérisée par des arbres et des arbustes à feuillage toujours vert (olivier, chêne vert), de nombreux conifères (pin d’Alep, cèdre, genévrier) ou par la steppe à alfa. Au Sud, le Sahara est séparé de la zone soudanaise, où croissent le ronier, le baobab, le fromager, le karité, par une zone intermédiaire que nous appellerons sahélienne. Celle-ci, bordure méridionale du désert, peut être considérée comme une région de transition entre le Sahara et le
- Fig. 7. — Dans les régions montagneuses ou dans les plateaux rocheux, la végétation se concentre dans les oueds.
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- Fig. 8. — Touffes de morhba et pied de laurier-rose dans un oued de la montagne.
- Soudan au point de vue botanique, comme elle l’est aux points de vue du climat, de la population et de la faune. Le Sahel est avant tout le domaine de la brousse à mimosées. Parmi les plantes qui lui sont le plus spéciales, notons le doum, le gommier (Accacia verek), l’aderas (Balsamodendron africanum), le tadane (Boscia senegalensis). On y trouve aussi le tahla, l’asabaï et quelques autres formes sahariennes ; par contre, les plantes salées y font défaut.
- Entre ces deux zones, méditerranéenne au Nord, sahélienne au Sud, la flore saharienne constitue un tout bien individualisé. Elle est également homogène; par exemple, d’après Chudeau, 155 plantes du Sahara Touareg se sont décomposées à l’examen en 36 espèces cosmopolites, 89 espèces sahariennes, dont 70 répandues de l’Atlantique à l’Egypte et à l’Arabie. Il semble pourtant, malgré l’homogénéité du fond de cette flore, que l’on
- Fig. 9. — Roseaux entourant l’abondant point d'eau de Tiguelguemine.
- puisse y distinguer deux grandes régions. Des arbres, appartenant ou se rattachant à la flore méditerranéenne, communs dans la partie septentrionale du désert, disparaissent dans sa partie Sud. Le betoum (Pistacia atlan-tica), répandu sur les plateaux algériens, se rencontre en groupements importants dans la région des Daya au Sud de Laghouat ; quelques genets (Rétama retem), qui se rattachent à des formes méditerranéennes, sont abondants dans la partie Nord du désert, dans les grands ergs, dans l’Iguidi ; ils sont inconnus plus au Sud. Au contraire, certains arbres communs dans la zone sahélienne, tels que le teborak (Balanites ægiptiaca) l’iraq (Salvadora persica), l’asabaï (Leptadenia spartum) sont fréquents également dans la partie méridionale du désert, au Hoggar, par exemple, tandis qu’ils ne remontent pas vers le Nord au delà du Tassili des Ajjers et du Tidikelt. De plus, certains arbres qu’on trouve dans tout le désert sont beaucoup plus répandus dans certaines régions que dans d’autres. C’est ainsi que les tamarix, qui viennent du Nord, traversent tout le désert, mais cessent d’être fréquents au Sud du Hoggar. Quoiqu’on le connaisse partout, le tahla n’est très commun que dans la partie méridionale du Sahara.
- Cela explique pourquoi Massart, après une élude limitée à la zone septentrionale du désert, avait conclu que, « au point de vue de la composition de sa flore, le Sahara est une dépendance de la Méditerranée ». Une étude se bornant à sa partie méridionale pourrait aussi bien conclure qu’il est une dépendance botanique du Soudan; tandis qu’en négligeant les quelques plantes immigrées, on serait amené à affirmer son indépendance de ces deux pays. C’est, qu’en réalité, il faut distinguer dans la zone botanique saharienne deux grandes subdivisions, l’une algérienne, l’autre soudanaise, caractérisées chacune par leurs affinités avec ces pays et respectivement par la présence ou l’absence d’espèces qui s’y rattachent.
- Il est bien cerlain qu’une étude plus approfondie, qui reste encore à faire, démontrérait l’existence de subdivisions botaniques plus restreintes. On peut en indiquer quelques indices. Les choux-fleurs de Bou Amama (Ana-basis aretioides), curieuses plantes qui forment de grosses boules compactes, étroitement et solidement fixées au sol, et qui ressemblent à d’énormes éponges ou à quelques madrépores, ne se trouvent que dans la partie Nord-Ouest du désert, dans les hammadas du Sud Ora-nais. Ils y sont très communs et constituent, souvent sur de vastes espaces, la seule végétation des hammadas. Partout ailleurs, ils sont inconnus. Le betoum reste confiné dans la région des Dayas. Au Hoggar, l’assabaï, le teborak, le kronka, l’iraq, le tahla, les tamarix, si abondants dans les vallées des contreforts du massif montagneux, deviennent rares ou disparaissent dans les régions centrales plus élevées (Atakor). L’aléo (Olea Laperrini), arbre semblable en tout, excepté son fruit, à l’olivier, ne se trouve exclusivement qu’au Hoggar, ainsi que certaines autres espèces, telles que le Myrtus Ni-vellii., le Senecio hoggariensis, l’afalehle (Hyoscyamus Falezlez), qui est un poison violent pour l’homme, et le bourzeug, plante voisine de la précédente, qui est éga-
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- lement vénéneuse, mais moins violemment, et dont les femmes touarègues qui veulent engraisser absorbent quelques grains à cet effet. Un petit jujubier, le Zizyphus Saharae, n’est connu qu’au Hoggar et dans l’Àdrar des Iforass. Certaines plantes, le câprier, le tataït (Devcrra fallax) ne s’y rencontrent qu’à une altitude supérieure à 1000 mètres; et, dans l’ensemble, la végétation des parties les plus élevées du Hoggar possède un aspect bien particulier (fïg. G).
- Le Hoggar constitue donc, indiscutablement un district botanique séparé. Des recherches en mettraient
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- plusieurs heures, des pâturages où une seule espèce a pu croître. Par contre, ces conditions peuvent varier brusquement avec le terrain et il n’est pas rare de trouver, côte à côte ou très rapprochés, des pâturages de natures très différentes. Dans les cas les plus favorables, un pâturage ne comprend qu’un très petit nombre d’espèces, dont une seule est toujours en grosse majorité. Ce fait est également la règle pour les arbres dont les groupements en un même lieu ne comportent le plus souvent qu’une essence. Tel oued sera planté en tahla* tel autre en éthel, tel autre en iraq. Pourtant au Hoggar,
- Fig. 10. — Un superbe groupe eÊ’Ahetes au Hoggar. (Le méharisie permet d’en apprécier les dimensions J
- d’autres en évidence. Les régions de dunes, les ergs, d’une part, et les régions pierreuses, les hammadas, d’autre part, en constitueraient probablement.
- STATIONS ET RÉPARTITION DES VÉGÉTAUX SAHARIENS
- Au Sahara, de faibles variations dans la nature, l’humidité, la teneur en sel du sol, favorisent ou interdisent la croissance des végétaux. Chaque espèce exige des conditions assez étroitement déterminées ; elle reste, par suite, toujours cantonnée dans les endroits ou celles-ci sont réalisées. Aussi, traverse-t-on souvent, pendant
- on voit, souvent, mêlés dans un même oued, tahla, éthel, agar, iraq, teboraq, asabaï.
- Les stations des végétaux sahariens dépendent donc étroitement de la nature du sol. On peut, en conséquence, en distinguer quatre types principaux : hammadas, dunes, terrains salés et régions montagneuses ou pénéplaines cristallines.
- Dans les hammadas, qui sont généralement calcaires dans le Sahara algérien, dominent de petits arbrisseaux à feuilles et à tiges velues. La végétation y est très clairsemée et très rabougrie ; son revêtement pileux lui donne la teinte grise des terrains où elle pousse.
- „ Dans les dunes, ergs, on trouve habituellement beau-
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- coup de pâturages; la plante la plus répandue est le drinn (Aristicla pungens) à feuilles raides, longues, semblables à celles du jonc, et très analogue à l’oyat qui pousse sur les dunes de nos côtes. On y trouve aussi des arbrisseaux sans feuilles, analogues à nos genêts, le retem, l'alenda [Lp/iccl'-a alata), le harta [Calligonum comosum).
- Dans les terrains salés, chotts ou sebkhas, la végétation fait complètement défaut, si le sel est trop abondant. Mais, souvent, au bord d’une sebkha se forment des buttes de sable qui se couvrent de végétation. On y trouve à la base, contre le sel, des salsolacées à feuilles charnues (Suaeda ha-locnemum, Suaeda ver-miculald), plus haut le ceita, dont nous avons déjà parlé, tout couvert de sécrétions salines, et au sommet de la butte, si elle est assez haute, des fer-sigs. Le guetaf (Atri-plex halimus) etl’har-mel (Peganum har-mala) dominent sur les sols argileux moins salés.
- Dans les régions montagneuses ou les pénéplaines, qui sont des formations cristallines, la végétation est concentrée dans les oueds; les hauteurs sont absolument dénudées (fig. 7), mais les vallées, qui recueillent et conservent assez longtemps toute l’eau de ruissellement provenant d’un vaste espace, constituent des lignes de maximum d’humidité; celle-ci est suffisante pour entretenir une végétation assez riche et assez variée, composée surtout xle guetaf et de morkba (fig. 8) pour le pâturage, de tahla, de lamarix, d’àgar, d’ahetes, de teboraq, d’afisfes, etc., pour les arbres. En certains points, d’humidité plus grande et presque permanente, il y a des fourrés assez épais de tamarix (fig. 5 et 7), des bouquets de laurier-rose (fig. 8) ou des tapis assez vastes de diss (Eragroslis cynosuroidcs), graminée à feuilles raides et dures. Quelques points d’eau sont entourés d’une abondante végétation de graminées ou même de roseaux (fig. 9). Le type de ces régions nous est fourni par le Hoggar et les Ajjers, qui forment, au point de vue botanique, une région favorisée par rapport
- au restant du désert, moins pourtant qu’on ne se l’imaginait autrefois. C’est, en tout cas, la seule où l’on rencontre fréquemment de grands et beaux arbres, souvent en nombre et formant parfois des peuplements importants, sur de très grandes longueurs, suffisamment denses pour que, de loin, on ait l’impression d’une ligne de verdure continue. On voit même en certains endroits de magnifiques groupes d’arbres, tels les ahetes que nous reproduisons à la figure 10 et dont le méhariste, passant sous les branches, permet d’apprécier la taille.
- Il faut séparer du type précédent les tanezroufts, quoiqu'ils soient aussi, en général, des pénéplaines cristallines. Mais ils s’en distinguent par l’extrême rareté despluies qui y tombent et l’absence d’oueds ou, tout au moins, les oueds qui s’y perdent sont trop loin des hauteurs réceptrices de pluie pour qu’une crue puisse y parvenir, à de très rares exceptions près. Aussi, les tanezroufts sont-ils complètement stériles; on n’y trouve rien, si ce n’est, de très loin en très loin, quelques herbes rabougries dans le lit peu marqué d’un oued, qui a coulé quelques mois ou quelques années auparavant ou bien, plus rarement encore, quelques tah-las étiques. Cette désolation, cette absence de végétation et de points d’eau s’étend sur des centaines de kilomètres; quand on veut la traverser, il faut emporter avec soi du fourrage pour les chameaux et du bois pour la cuitine, ce qui n’est habituellement pas nécessaire au Sahara. Pourtant, on y trouve parfois, sur des étendues restreintes, une végétation inattendue, qu’une pluie a, pour une fois, fait surgir du milieu de la stérilité. C’est ainsi que, contre toute attente, nous avons trouvé dans le tanezrouft plusieurs pâturages dans l’oued lller et dans le lit'de cet oued, au pied de la hauteur d’In Ettebel, nous avons vu, sur une vaste surface, un véritable tapis de coloquintes, dont les fruits étaient si serrés (nous en avons compté plus de vingt dans un mètre carré) que les méhara ne pouvaient marcher sans en écraser à chaque pas, et les faire éclater avec un bruit sec.
- “EgchS ’
- Cane •en
- uctoir ~
- = Limites climatériques et botaniques /V. et tS. du Sahara
- zone ' méditerranéenne
- *• Limites entre la -t- Limite approx-i.m
- zone sahélienne et entre le Sahara algérien
- la zone soudanaise
- Fig. 11. — Cioquis du Nord-Ouest de l’Afrique, montrant les grandes zones botaniques du Sahara et des régions avoisinantes.
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- Pour conclure, résumons les traits essentiels de la répartition de la végétation saharienne : dans le Sahara algérien, où dominent les ergs et les hamadàs, il est rare que la végétation fasse longtemps défaut; les ergs constituent, en général, des centres d’excellents pâturages ; dans les plaines, la végétation est plus clairsemée, mais, il y en a à peu près partout; il n’y a pas de tanezroufts. Dans le Sahara méridional, où dominent les formations cristallines, massifs montagneux ou pénéplaines, la végétation est strictement limitée aux oueds, où elle constitue des pâturages bien délimités, souvent abondants et variés; il y a de nombreux espaces stériles constituant
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- des tanezroufts d étendue variable, parfois immense. Il y a là un contraste très net entre l’aspect de ces deux régions. Et cela n’a pas été sans influencer les habitudes des indigènes. Par exemple : dans la moitié septentrionale du Sahara, les Arabes nomades poussent leurs chameaux de convoi devant eux, en les laissant brouter tout en marchant; les Touareg, au contraire, attachent leurs animaux de bât à la file derrière leur monture, et les font marcher beaucoup plus vite. Dans le premier cas, il y a intérêt à laisser manger les animaux en cours de route, puisqu’ils y trouvent de quoi se nourrir; dans le second cas, il y a intérêt à se rendre le plus vite possible d’un pâturage à un autre.
- IA F. Demoulin
- = L’ÉVEIL DE L’INDOCHINE ^
- I - LES PROGRÈS DE L'AUTOMOBILISME
- La nomination de M. Pierre Pasquier au poste de Gouverneur général de l’Indochine est un événement dont les coloniaux et, avec eux, la nation entière, peuvent se
- réjouir : les destinées de notre empire asiatique sont enfin confiées à un homme qui en connaît les besoins et les ressources, dont toute la carrière (trente années
- Fig. 1. — Hanoï.
- Sur Je quai Clemenceau : la station des autobus devant VHorloge. (Pliot. Service photographique de l’Indochine.)
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- Fig • 2. — Hanoï. Sur le quai Clemenceau : l'autobus et le pousse-pousse. (Phot, Service photographique de l'Indochine.)
- d’administration) s’est déroulée entre le Fleuve Rouge et le Mékong, et qui doit son élévation à ses propres mérites.
- L’occasion nous paraît propice pour passer en revue les grands travaux publics déjà exécutés en Indochine et parler de ceux qui sont ou seront bientôt en voie d’exécution. Et ce sera montrer, du même coup, l’œuvre considérable accomplie en quelques années par nos ingénieurs français, fort peu réclamiers de leur nature, et dont l’activité reste ignorée du grand public.
- Nous puiserons notre documentation dans les archives de l’Agence économique de l’Indochine, et mettrons principalement à profit l’œuvre magistrale que l’Imprimerie d’Extrême-Orient (à Hanoï) vient de publier sous le titre Les Travaux Publics de VIndochine, et dont l’auteur est M. A.-A. Pouyanne, Inspecteur général des Travaux Publics de la colonie.
- Nous vivons à une époque où la prospérité d’un pays et l’état de son réseau routier peuvent se mesurer au nombre de ses véhicules automobiles. Les chiffres que nous avons sous les yeux témoignent que l’Indochine ne fait pas exception à la règle, et qu’elle a vu se multiplier le nombre de ses voitures à mesure que ce réseau s’améliorait ou se complétait.
- En 1915, la valeur des automobiles importées ne s’élevait encore qu’à un million de francs ; trois ans plus tard, elle n’atteignait que deux millions. Avec l’ouverture de nouvelles voies, elle passe brusquement à 6 700 000 fr. en 1919, puis à 33 millions en 1920. Elle subit alors un recul grâce à l’application d’une taxe de 50 pour 100 ad valorem sur les voitures de fabrication étrangère et tombe en 1921 à 13)mil-lions. Elle se relève rapidement au profit des marques françaises : 15 millions et demi en 1922; 20 millions en 1923; 35 millions en 1924 (*).
- Des cinq pays qui composent l’Union Indochinoise (à savoir la Cochinchine, le Tonkin, l’Annam, le Cambodge et le Laos), c’est le premier qui possède jusqu’ici les meilleures routes. Ne soyons donc pas surpris qu’il voie rouler sur son territoire plus de la moitié de l’effectif automobile de l’Union : des 10 299 voitures, camions et motocyclettes enregistrées pour l’année 1926, 5678 appartenaient à des propriétaires cochinchinois. Le Tonkin suivait de loin avec 2866 véhicules ; puis venaient successivement l’Annam (966), le Cambodge (683) et' le Laos (106).
- Le chiffre total (10 299) se subdivise comme suit : 7479 voitures de tourisme ; 1532 camions ; 1288 motocyclettes. En grande majorité, ces camions servent à effectuer des transports en commun. Les indigènes tendent de plus en plus à utiliser la locomotion automobile pour leurs déplacements, avec cette conséquence que l’on voit se multiplier, d’une façon prodigieuse, les entreprises de transports en commun par autobus. Depuis quelques années, des lignes d’autobus (dont certaines sont subventionnées par la colonie pour assurer le transport de la matière postale) fonctionnent quotidiennement en desservant les centres de population éloignés des chemins de fer ; il en est même qui suivent des itinéraires parallèles à la voie ferrée.
- Quelques chiffres donneront une idée des rapides progrès de cette industrie. Par exemple, en 1921, la Cochinchine comptait 245 entreprises de transports en commun par automobiles avec 649 voitures ; en 1925, ces chiffres étaient passés respectivement à 513 et 1075.
- 1. En 1927, l'Indochine a importé 2092 voitures de tourisme d’une valeur de 55 167 000 fr. et -452 voitures de commerce valant 14171 000 fr. Pour les 6 premiers mois de 1928, l’importation a été de 1127 voitures de tourisme (dont 864 pour la Cpchin-chine) et de 235 automobiles de commerce (dont 203 pour la Cochinchine).
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- Fig. 4. — Un camion automobile a la gare du S. G. A. C. à Finnon.
- Pour toute l’Union, le nombre des entreprises, qui était de 295 avec 732 véhicules en 1921, est passé en 1925 à 850 entreprises avec 1699 voitures.
- En Indochine, comme partout ailleurs, les rapides progrès de l’automobilisme ont fait fléchir les recettes des chemins de fer. Mais, depuis 1926, ceux-ci ont conjuré la crise en abaissant de 30 pour 100 les prix de la 4eclasse sur les lignes du Tonkin et de l’Annam. On a noté, depuis lors, une recrudescence de la circulation par voie ferrée, et sans que la circulation rivale ait diminué d’une façon appréciable.
- Autre conséquence du développement de l’automobilisme : les divers pays de l’Union se voient contraints d’améliorer leur réseau de routes provinciales ou locales et de remplacer les vieux ponts de bois par de solides ouvrages en ciment armé, qui permettent la circulation des poids lourds.
- Quelques détails sur la réglementation de la circulation automobile en Indochine intéresseront constructeurs et touristes. Aucun véhicule ne peut être mis en service sans l’autorisation du service local des Travaux Publics, qui constate s’il satisfait aux diverses prescriptions de sécurité imposées. Il doit, notamment, être pourvu de deux systèmes de freinage distincts. Un nouveau certificat doit être obtenu chaque fois que la voiture change de propriétaire ou qu’elle subit des modifications influant sur son type ou sur sa vitesse.
- Cette rapidité des progrès de l’automobilisme en Indochine soulève des problèmes inattendus, et l’on se demande, notamment, s’il ne faudra pas avant peu élargir certaines sections de route.
- Au Tonkin et en Annam, les grandes routes sont de véritables rues le long desquelles circulent presque sans interruption de longues files d’indigènes des deux sexes transportant, à l’aide de fléaux posés sur l'épaule ou de hottes, des fardeaux souvent très pesants. Au voisinage des villes, ces modes primitifs sont remplacés par des brouettes, ou encore par des charrettes attelées de buffles, de bœufs ou de chevaux. Les pousse-pousses contribuent, pour leur bonne part, à l’encombrement, sans parler des éléphants que Ton rencontre fréquemment sur les routes cambodgiennes.
- Le Service des Travaux Publics procède périodiquement à des recensements de la circulation sur les routes les plus importantes, et c’est ainsi qu’il a pu constater que la circulation s’était accrue considérablement entre 1923 et 1925. Le livre de M. Pouyanne nous offre à ce sujet des chiffres parmi lesquels nous choisirons ceux qui nous paraissent les plus significatifs.
- A la sortie de Pnom-Penh, la capitale du Cambodge (route coloniale n° 1), on a enregistré le passage moyen quotidien de 1706 voitures (dont 410 automobiles), 3200 pousse-pousses et 6600 piétons.
- A la sortie de Hanoï (même route coloniale n°l), on a compté une moyenne quotidienne de 1048 voitures (dont 340 automobiles), 967 pousse-pousses et 3600 piétons. A la sortie de Saïgon (même route), 1294 voitures par jour, dont 704 automobiles.
- Enfin, sur le Pont Doumer, à Hanoï, que Ton a élargi en flanquant la voie ferrée de deux voies charretières, on a recensé en 1925 le passage quotidien de 4756 piétons, 1184 pousse-pousses, 141 charrettes, 344 bicyclettes et 249 automobiles, dont 166 voitures de tourisme, 79 autobus et 4 camions.
- Si rapide qu’il ait été, si intense qu’il soit et qu’il promette de rester, le développement de la circulation n’a pas pris nos ingénieurs au dépourvu. Noter que le réseau routier de l’Indochine a vu se tripler sa longueur en moins de quinze ans, c’est donner quelque idée de l’effort prodigieux accompli par le corps des Travaux Publics de la colonie.
- Nous nous proposons de-consacrer quelques études à cet effort et aux résultats qui l’ont couronné pour le grand bien de l’Indochine et de la France.
- [A suivre.) Victor Forbin.
- Fig. 5. — A travers la brousse sur la route de Dalat, Lang-Biang.
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- 360 LES PLUS PROFONDS « ABÎMES ” DU MONDE
- Il y a près de trois ans (n° 2704, 30 janvier 1926), nous décrivions ici même l’exploration, par les Italiens, du plus profond gouffre naturel alors connu, « la Grotta délia Marna » ou abîme « Bertarelli », visité jusqu’à 450 m sous terre.
- Ce « record » a été, depuis, dépassé trois fois.
- D'abord à l’abîme de Montenero, au sud des mines de mercure d’Idria (Carniole).
- Le 12 septembre 1926 les membres de « l’Associaz. XXX Ottobre » de Trieste dirigés par M. Ces. Prez y ont atteint 480 m de profondeur. Un bassin d’eau clos de toutes parts et creux de 20 m, ce qui donne 500 m. en tout, arrêta la progression.
- Ce petit lac recueille toutes les abondantes percolations drainées par les dix puits successifs superposés dans des dia-clases. L’altitude va de 640 m à 140 m, à travers le crétacique et le jurassique supérieur.
- On ne connaît point la résurgence de ces eaux souterraines.
- De juin 1925 au 17-18 septembre 1927, le groupe spéléologique des Jucai à Vérone est descendu à 637 m (sous là direction du capitaine G. Cabianca), dans la Spluga délia Prêta. Ce gouffre s'ouvre en haut des Monte Lessini (1545 à 1867 m), par 1475 m d’altitude, à 27 km au N. de Vérone. Il se compose aussi de dix puits successifs dans les diaclases du crétacique inférieur et du jurassique (jusqu’au lias).
- Deux de ccs puits mesurent 159 m et 120 m de profondeur.
- Les cascades souterraines y ont creusé d’énormes « marmites de géants »; elles aboutissent à un petit lac de 15 m de diamètre, dont l’issue est en crevasses impénétrables à 637 m sous terre. On ne connaît pas sa résurgence; la plus proche vallée drainante est celle de l’Adige, à 125 m d’alt. (soit 1350 m au dessous de l'orifice du gouffre).
- La température interne de ces deux abîmes est basse (4° à 5°2), parce que les infiltrations y arrivent froides, de la surface du sol élevé.
- Pour atteindre leurs considérables profondeurs, on a dû, par places, élargir des couloirs n’ayant que 0 m 25 à 0 m 40 de largeur et déblayer des éboulis.
- Ils possèdent peu de concrétions, parce qu’ils sont encore actifs, quant à l’absorption des eaux.
- Un quatrième abîme, de 420 m de creux, a été exploré de 1925 au 5 février 1928, par M. Ces. Prez et l’Assoc. XXX Ottobre : c’est le gouffre de Clana (ou Federigo Prez), à 12 km au N. de Fiume : altitude 560-140 m; treize puits en spirale dans le crétacique ; absorption
- de la rivière Recina ; résurgence inconnue (Fiumara de Fiume en sources sous-marines à Abbazia).
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- Ces quatre abîmes énormes et terriblement périlleux, confirment toutes les nouvelles données fournies par leurs congénères depuis 40 ans : creusement de haut en bas, aux dépens de fissures préexistantes, par la corrosion (chimique) et l’érosion (mécanique) des eaux engouffrées ; les absorptions y continuent de nos jours (comme dans le Jura et en Angleterre) malgré la latitude plus méridionale, mais sur une échelle plus petite qu’autre-fois; il n’y a point d’effondrements, ni de nappes d'eau ni de niveau hydrostatique ; les eaux occupent, plus ou moins haut selon leur abondance, des réservoirs verticaux et non pas de grandes poches ou lacs horizontaux; le calcaire fissuré est une roche froide où les percolations, venant de haut, mettent la géothermique en échec; les désobstruerons et élargissements permettront de continuer les recherches dans tous les gouffres où l’on a été jusqu’ici arrêté par des bouchons de débris et des rétrécissements; ces grandes profondeurs prouvent que les perforations d’abîmes ne sont pas qu’un phénomène superficiel, etc., etc.
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- * 4:
- Et surtout l’altitude de la Prêta et des autres goulfres de montagnes (Chou-runs du Dévoluy 1500 à 1800 m; lesias et barrancs des Pyrénées ; puits à neige du Caucase occidental 2300 m, etc.), imposent désormais aux géologues l’obligation de rechercher et d’étudier leurs anciennes relations avec les faits tectoniques, l’érosion générale, la dessiccation des vallées inachevées ou suspendues, dont les cours d’eau se sont engloutis aux abîmés.
- Gomment ont pu subsister ces indiscutables témoins des anciens bassins de réception pluviale et des torrents absorbés par les gouffres d’altitude, dont certains sont même perchés sur des cimes?
- Ainsi les cinq plus profonds abîmes connus atteignent donc 420, 450, 518, 520 et 637 m.
- Ensuite viennent : Trebiciano 329 m, près Trieste, Chourun-Martin (Dévoluy) 310 m (et peut-être 500), Sar-kolic (Monténégro) 310, lvacna-Jama (Islrie) 305 m.
- E.-A. Martel.
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- Fig. 1. — Coupe verticale de l'abîme Délia Prêta à Vérone {Italie).
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- VALLUMAGE DES MOTEURS A EXPLOSION = 36 ‘
- Toutes les fonctions accessoires des moteurs d’automobiles modernes à grande vitesse soulèvent une montagne de difficultés et exigent toute une série d’études qui nécessiteraient bien souvent, pour être menées à bien, l’emploi exclusif de spécialistes.
- L’allumage est une des fonctions les plus délicates à assurer dans un moteur moderne; aussi, a-t-il fait l’objet, depuis que l’automobile existe, de nombreuses études, a-t-il-été soumis à de multiples transformations. On peut dire qu’à l’heure actuelle, le problème ne peut pas être considéré comme complètement résolu : des solutions très différentes, en effet sont adoptées chez les uns ou les autres constructeurs, ce qui montre bien que la question n’est pas arrivée à son terme ultime de développement, et par conséquent de stabilité.
- Avant d’aborder l’étude de l’allumage dans son état actuel, un examen rétrospectif ne nous paraît pas inutile : nous constaterons en effet par la suite, que la plupart des systèmes adoptés aujourd’hui, et considérés par certains comme nouveaux, sont au contraire déjà anciens.
- HISTORIQUE
- Les premiers moteurs à explosions qui aient tourné étaient pourvus d’un allumage électrique. Mais il s’agissait là en général de moteurs fixes (moteur à gaz, et en particulier moteur Lenoir). Pour l’automobile, on connut très longtemps le système d’allumage par brûleur incandescent.
- L’allumage par brûleur. — L’organe d’allumage était constitué par un petit cylindre creux, fermé à l’une de ses extrémités et fixé par sa partie ouverte, dans la culasse du moteur. Ces cylindres se faisaient généralement en platine. Un brûleur, disposé au-dessous de l’allumeur, portait un point de celui-ci à l’incandescence. Lorsque à
- Fig 2. — Schéma des premiers allumages électriques.
- Bobine à tr embleur
- Came
- \dkllumage
- Toucheau
- ou accumulateur
- Masse
- la fin du temps de la compression, le piston refoulait dans la culasse les gaz frais et combustibles qu’il avait aspirés au temps précédent, ces gaz pénétraient progressivement à l’intérieur du tube de platine, et lorsque la première portion d’entre eux arrivait au contact de la partie incandescente, elle s’allumait et la flamme se transmettait dans le sein même des gaz de la culasse.
- La position du point incandescent par rapport à l’embase de l’allumeur réglait le moment exact de l’allumage : on pouvait en modifiant la position de ce point incandescent par déplacement du brûleur, faire varier l’avance. Cette variation était d’ailleurs d’ordinaire laissée à la seule initiative du constructeur qui la réglait une fois pour toutes.
- Cependant, certains systèmes d’allumage par brûleur ont comporté des dispositifs d’avance, variable d’ailleurs, fort compliqués et peu usités.
- En fait, donc, le moteur allumé par brûleur était à avance fixe ; d’autre part, lorsque la charge admise était faible (marche à admission réduite) les gaz arrivaient plus tard au contact de la partie incandescente du tube d’où un allumage retardé alors qu’il eût fallu au contraire, à ce moment précis, une avance plus grande.
- On conçoit aisément qu’avec l’allumage par brûleur, le moteur ne disposait d’aucune souplesse, c’est-à-dire qu’il était obligé de tourner à régime à peu près constant, et, lorsqu’on voulait changer d’allure, il fallait avoir recours au dispositif de changement de vitesse. D’ailleurs, tous ces moteurs étaient pourvus de régulateur, dispositif qui a été continué bien longtemps après l’abandon de l’allumage par brûleur.
- Les brûleurs présentaient bien d’autres inconvénients d’ordre pratique : avant que les tubes soient suffisamment chauds pour permettre la mise en route du moteur, il s’écoulait un temps assez long. Les becs des brûleurs s’encrassaient souvent, amenaient l’extinction de l’appareil et par suite l’arrêt du moteur. Il était difficile de soustraire la flamme à l’action du vent. Enfin, la présence de flamme à l’intérieur du capot constituait un sérieux danger d’incendie.
- L’allumage électrique par bobine. — Concurremment avec l’allumage par brûleur et à peu près à la même époque, on employa des moteurs allumés électriquement. Les dispositifs d’allumage électrique étaient alors constitués de la façon suivante : une source de courant à basse tension (pile ou accumulateur) était en relation avec le primaire d’une bobine d’induction; un interrupteur mécanique était disposé sur le circuit. Cet interrupteur tournait en même temps que le moteur. Les bobines étaient en général pourvues d’un trembleur.
- incandesnentp ^Humeur
- Brûleur
- Fig. 1. — Le premier mode d’al-
- lumage des moteurs a explosion l’allumage par brûleur.
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- a ccumulateur
- Pile ou
- Masse
- Bougies
- Fig, 3. — Schéma d’allunlttge par bobines (une bobine var cylindre).
- L’interrupteur mécanique n’avait donc d’autre rôle que de permettre au courant à basse tension de passer dans le primaire : c’était le trembleur qui assurait les ruptures de courant nécessaires à la production de courant secondaire à haute tension pour l’allumage.
- L’interrupteur simple pour les moteurs à un seul cylindre se transformait en distributeur pour les moteurs à plusieurs cylindres qui comportaient alors autant de bobines qu’il y avait de cylindres. Les circuits secondaires des bobines étaient respectivement en relation avec les bougies intéressées : tel était le système dit allumage à haute tension (fig. 3).
- Ce système présentait de nombreux inconvénients. Tout d’abord, il comportait l’emploi d’organes lourds et volumineux : les bobines en effet étaient grosses, et, comme nous l’avons dit, aussi nombreuses que les cylindres.
- D’autre part, les trembleurs magnétiques présentaient une assez grande inertie, et provoquaient l’allumage en un moment assez incertain. Du reste, leur fonctionnement laissait fort à désirer, et la panne par trembleur qui colle était alors classique.
- Enfin, la source de courant elle-même s’épuisait vite, et tout conducteur prudent devait emporter une batterie de piles ou d’accumulateurs de rechange.
- Malgré ces inconvénients, ce système dura plusieurs années. Mais il bénéficia bientôt d’une amélioration importante : le trembleur magnétique des bobines fut supprimé et remplacé par un trembleur mécanique (de Dion), et quel que fût le nombre des cylindres, on n’employa plus qu’une bobine transformatrice. Il fallut pour cela disposer sur le moteur un distributeur de courant secondaire qui envoyait dans les différents cylindres en temps utile, le courant à haute tension provenant du transformateur (fig. 4.).
- Malgré ces perfectionnements, l’allumage électrique à haute tension présentait peu de sécurité. Aussi travailla-t-on pour lui substituer quelque chose de mieux, de plus simple et de plus sûr.
- La magnéto basse tension. — On crut l’avoir trouvé avec l’allumage par basse tension à rupture. Avec ce système, la source de courant était une machine
- magnéto-électrique, dite par abréviation magnéto, qui produisait, à chaque demi-tour de sondnduit en double T, un courant dont la tension était de l’ordre d’une cinquantaine de volts. Ce courant était envoyé aux appareils d’allumage montés sur les cylindres, appareils qui portaient le nom de rupteurs.
- Le rupteur comportait une borne isolée, vissée dans le cylindre, sur laquelle arrivait le fil de la magnéto. Une palette mobile qui traversait la paroi du cylindre, reposait en temps normal sur le plot isolé, fermant ainsi à la. masse le courant de la magnéto. Au moment où l’allumage devait se produire, une came agissait sur la palette, la séparait brusquement du plot isolé : une étincelle d’extra-courant de rupture se produisait alors entre ce plot et l’extrémité de la palette, provoquant l’allumage du mélange.
- Les dispositifs d’allumage à basse tension présentaient un nombre d’organes bien inférieur aux systèmes d’allumage par haute tension, et ces organes étaient beaucoup plus rustiques. D’abord, une source de courant inépuisable, puisque la magnéto donnait dès que le moteur tournait, un fil, où circulait du courant à basse tension, (facile à isoler, par conséquent), ce fil étant en relation avec 4 ou 6 rupteurs des cylindres (tous les rupteurs étaient en effet, montés en parallèle). Les seuls organes fragiles et délicats étaient les rupteurs proprement dits. Le moment précis où devait se produire la rupture dépendait essentiellement du bon réglage des cames, et surtout des leviers et tringles qui leur permettaient d’agir finalement sur la palette. Or, tout cela se déréglait très vite et il était bien rare que dans un moteur à plusieurs cylindres, l’allumage se fît correctement partout (fig. 5).
- L’allumage à basse tension avait aussi l’avantage de fournir une étincelle chaude et volumineuse qui provoquait sûrement l’inflammation de la charge. D’autre part, le plot ne s’encrassait pas facilement.
- Malheureusement, l’axe de la palette qui devait traverser la paroi du cylindre sans laisser échapper la moindre quantité des gaz comprimés contenus dans la culasse, grippait souvent dans son logement.
- L’allumage à basse tension, auquel certains constructeurs comme Brasier restèrent fidèles pendant longtemps, ne fut jamais employé par tout le monde. Il ne dura d’ailleurs qu’un temps et disparut bientôt.
- Il présentait cependant de tels avantages qu’on chercha à réaliser des dispositifs du même genre, mais avec moins de pièces mécaniques. La maison Bosch, en particulier, établit des allumeurs magnétiques qui se vissaient dans un trou pratiqué dans les culasses des cylindres et qui contenaient un petit électro-aimant. Celui-ci agissait sur la palette mobile du rupteur lorsque le courant traversait ses enroulements. Le moment de l’allumage était donc réglé par le distributeur monté sur la magnéto elle-même. Ce dispositif ne connut qu’une vogue très éphémère.
- LA MAGNÉTO A HAUTE TENSION A ETINCELLE DIRECTE
- Lorsque Bosch créa ce qu’il appela la magnéto à étincelle directe, ce fut une véritable révolution dans l’allu-
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- mage des moteurs. Cette magnéto comportait, sur un même bâti, absolument tous les organes nécessaires à l’allumage, enroulement primaire, transformateur, rupteur de courant primaire, condensateur, distributeur de courant secondaire. De la magnéto partaient autant de fils que le moteur comportait de cylindres et c’était tout.
- La magnéto à étincelle directe, accueillie avec quelque défiance à son début, parce qu’on estimait qu’elle ne pouvait être que fragile, montra qu’au contraire elle résolvait parfaitement la question, et elle conquit très rapidement tout le marché automobile. Comme beaucoup de magnétos modernes sont encore construites comme cette première 'magnéto, il convient, pensons-nous, d’en donner une description, au moins succincte.
- Cette machine comporte, comme inducteur, une série d’aimants en fer à cheval vissés à leur extrémité inférieure sur des masses polaires alésées cylindriquement; entre les masses polaires est disposé un induit de la forme dite Siemens ou double T, induit dont le noyau est constitué par des tôles de fer doux isolées les unes des autres avec du papier, afin d’éviter la formation de courants parasites de Foucault.
- Sur l’induit est soudée l’extrémité d’un gros fil qui est enroulé ensuite sur le noyau : il constitue le fil primaire; l’autre extrémité du fil primaire est en relation avec un dispositif de rupture monté à l’extrémité même de l’induit. Ce dispositif comporte un levier qui peut osciller autour d’un axe et qui porte à son extrémité une vis en platine. Celle-ci appuie en temps normal sur une deuxième vis en platine isolée de la masse et qui est en relation avec l’extrémité de l’enroulement primaire. Le levier du rupteur porte à son extrémité un toucheau en fibre, qui, à chaque tour, est soulevé deux fois par deux cames fixes portées par le bâti même de la machine. De la sorte, le courant qui prend naissance dans le primaire s’établit et se rompt deux fois par tour de la magnéto. Un condensateur monté sur l’induit tournant est disposé en parallèle sur les deux vis platinées pour absorber la plus grande partie de l’extra-courant de rupture et éviter les étincelles entre les contacts.
- A l’extrémité libre du fil primaire, est soudé un fil fin qui va constituer l’enroulement secondaire. Ce fil fin comporte plusieurs milliers de spires disposées pardessus l’enroulement primaire. Bien entendu, le fil est soigneusement isolé, et chacune des couches de l’enroulement secondaire est séparée de la couche voisine par un isolant (papier ou toile huilée). L’autre extrémité de l’enroulement secondaire se rend sur une bague collectrice montée à une extrémité de l’induit tournant.
- Un balai en charbon vissé sur le bâti de la machine frotte sur cette bague et amène le courant secondaire sur un porte-balai tournant qui se déplace à l’intérieur du distributeur. Le porte-balai tournant est entraîné par le mouvement de l’induit à vitesse moitié (ou 1/3 pour les moteurs à 6 cylindres). Le couvercle du distributeur comporte autant de plots que le moteur a de cylindres. Ce sont ces plots qui sont reliés aux bougies.
- La machine, on le voit, est très compliquée, puisqu’elle comporte un grand nombre d’organes, mais ce qui fait surtout sa difficulté de fabrication et sa délica-
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- tesse, c’est la complexité de l’organe tournant. Celui-ci comporte en effet, ainsi que nous l’avons vu : un noyau de fer doux feuilleté, desfiasques en laiton ou en bronze, reposant sur des roulements à billes, un condensateur, un dispositif de rupture, et enfin, les enroulements primaire et secondaire. C’est un assemblage de matières hétérogènes : acier, bronze, laiton, mica, étain, cuivre rouge, vernis, papier, toile, etc. Or, cet induit doit tourner à la même vitesse qu’un moteur à quatre cylindres ou une fois et demie plus vite que le moteur à six cylindres.
- On conçoit quelle peut être sa fragilité, et on est en droit de se demander pourquoi on n’a pas cherché à diminuer le nombre des parties de cet organe tournant, et à rendre fixes la plupart d’entre elles. On aurait pu, par exemple, semble-t-il, avoir un seul enroulement primaire monté sur l’induit; la bobine transformatrice étant séparée, le condensateur lui-même pourrait être immobile. Le dispositif de rupture au lieu de tourner tout entier avec l’induit, pourrait être fixé, et le levier oscillerait sous l’action d’une came tournante.
- Divers constructeurs d’appareils d’allumage ont essayé à maintes reprises de réaliser des magnétos comportant ces perfectionnements apparents. Tous se sont heurtés aux mêmes difficultés d’ordre pratique. L’expérience a montré que pour qu’une magnéto fonctionne convenablement, il ne devait y avoir dans le circuit primaire aucune solution de continuité ni aucun contact glissant. C’est pour cela qu’on est obligé de monter tout l’ensemble sur l’induit qui doit faire bloc.
- Nous verrons, quand nous étudierons les machines modernes, comment on a tourné la difficulté en supprimant de ce qui tourne, tous les organes délicats.
- CE QU'ON REPROCHE AUX MAGNÉTOS
- 11 y a une dizaine d’années, la magnéto était considérée
- Fig. 4. — Schéma d’allumage par bobine unique et distributeur du courant secondaire.
- Bobine
- unique
- Bougies
- Distributeur de second™
- Interrupteur
- primaire
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- comme une machine pratiquement parfaite, ayant atteint sa forme définitive, et suffisant amplement à assurer les services qu’on lui demandait.
- Or, brusquement, quand après la guerre, la construction automobile reprit son activité, on constata une défaillance générale des magnétos. Certains en conclurent hâtivement que la qualité de ces machines avait diminué sans s’apercevoir qu’au contraire, c’était le caractère de fonctionnement des moteurs qui avait profondément varié.
- Tl y a 15 ans, les moteurs fonctionnaient à un régime maximum de 2000 tours à la minute, et avec des rapports volumétriques de compression qui dépassaient rarement 4,5, et jamais 5. Or, à l’heure actuelle, les moteurs des voitures de tourisme atteignent couramment 4000 tours, et les taux de compression sont généralement compris entre 5 et 6.
- Pour les moteurs de course, nous en sommes aujourd’hui à 10000 tours ou à peu près, et avec les compresseurs, la pression effective à la fin de la course de compression atteint une valeur insoupçonnée autrefois.
- Sans parler même des moteurs de course, on voit qu’il
- Fig. 5. — Allumage par magnélo basse tension.
- faut, pour assurer l’allumage d’un moteur (moderne, une machine à la fois beaucoup plus puissante et beaucoup plus robuste que pour les moteurs d'autrefois.
- Plus puissante, parce que la tension nécessaire au courant pour franchir l’intervalle des pointes des bougies est d’autant plus élevée que la pression du milieu dans lequel jaillit l’étincelle est elle-même plus forte. Plus robuste, parce qu’elle doit fonctionner convenablement à des vitesses de rotation deux ou trois fois plus grandes que celles qu’on leur demandait autrefois.
- Les magnétos, fort décriées en raison de ce que nous venons de dire, sévirent sur le point d’être complètement abandonnées en faveur de l’allumage par batterie. Heureusement, les constructeurs de magnétos et en particulier les constructeurs français créèrent, voici quelques années, des types complètement nouveaux, ne présentant plus aucun des défauts des machines anciennes, et susceptibles de donner, avec une puissance beaucoup plus grande, une sécurité largement suffisante pour parer aux besoins actuels.
- Nous examinerons plus tard quels sont ces nouveaux systèmes de magnétos et quelles directives ont présidé à
- leur étude. Passons, pour le moment, à l’examen des systèmes d’allumage par batterie, et voyons pourquoi on trouve aujourd’hui parfait ce qu’on répudiait autrefois comme trop compliqué et peu sûr.
- ALLUMAGE PAR BATTERIE
- L’allumage par batterie moderne comporte en principe les mêmes éléments que le système d’allumage utilisé autrefois, mais ils ont subi une mise au point très poussée et leur fonctionnement est pratiquement à l’abri de toute panne. La source d’énergie électrique, c’est la batterie d’accumulateurs alimentée par la dynamo. Le courant de la batterie est envoyé dans un circuit primaire, et passe dans un dispositif de rupture. Le circuit secondaire enroulé autour du circuit primaire dans un organe fixe appelé bobine est disposé quelque part, généralement sur le tablier de la voiture, à un endroit où il est à l’abri de toute injure extérieure. Le courant secondaire va de la bobine à un distributeur spécial, généralement monté sur l’axe même du système de rupture et est, de là, distribué aux bougies.
- Un dispositif d’allumage par batterie va donc comporter un organe tournant, constitué par le dispositif de rupture et de distribution, avec, éventuellement, le système d’avance automatique, et un organe fixe : la bobine, complétée éventuellement par un dispositif de sécurité pour le cas où on oublierait de couper le contact lorsqu’on arrête le moteur.
- Bien entefidu, le système d’allumage par batterie permet de marcher même lorsque la dynamo ne débite pas, à condition que cet arrêt de la dynamo ne soit que momentané. La capacité de la batterie d’accumulateurs n’est en effet pas illimitée, et on risque de la vider si on marche trop longtemps sans que la dynamo débite.
- Nous verrons d’ailleurs que c’est là un des principaux inconvénients de l’allumage par batterie.
- La possibilité d’obtenir dès étincelles aux bougies, même pour des régimes de rotation du moteur extrêmement bas, est évidente pour le système d’allumage par batterie: dès que la vis platinée du système de rupture s’écarte, quelle que soit la vitesse de cet écart, une étincelle se produit au secondaire.
- Au point de vue puissance d’allumage au bas régime, les systèmes par batterie présentent donc absolument toute sécurité.
- En ce qui concerne la résistance mécanique de ces organes à très grande vitesse, on se trouve exactement dans les mêmes conditions qu’avec les magnétos à induit fixe dont nous avons parlé à la fin du paragraphe précédent ; la plupart des magnétos à induit fixe utilisent, en effet, exactement les mêmes pièces que les systèmes d’allumage par batterie pour produire la rupture et pour distribuer le courant secondaire.
- Et cependant, le système d’allumage par batterie est surtout insuffisant aux grandes allures. Mais cette insuffisance est cette fois d’ordre électrique et non pas d’ordre mécanique. Pour l’expliquer, il faut regarder.d’un peu près ce qui se passe dans le circuit primaire, lorsque le moteur est en fonctionnement.
- L’étincelle ne peut se produire dans le secondaire que
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- si le courant primaire, ayant acquis son intensité normale dans l’enroulement inducteur, se trouve coupé; quand le moteur tourne assez lentement, le courant primaire a tout le temps qu’il lui faut pour s’établir au régime permanent dans l’enroulement inducteur; mais il n’en est pas de même quand le moteur tourne très vite.
- L’enroulement inducteur, formé par un certain nombre de spires de fil de cuivre isolé enroulées autour du noyau de fer doux, offre à l’établissement du courant une résistance électrique assez considérable, résistance due d’abord à sa résistance ohmique, mais surtout à sa résistance selfique. On sait que dans tout circuit présentant une self-induction élevée, le courant ne s’établit qu’avec une lenteur relative. Il en résulte que lorsque le moteur tourne trop vite, le courant primaire n’a pas le temps d’atteindre une intensité suffisante dans l’enroulement inducteur pour que sa rupture donne au secondaire un courant de tension assez élevée. A partir d’un certain régime, l’allumage par batterie donne des ratés.
- Il est possible, bien entendu, de supprimer cet inconvénient en diminuant l’impédance du circuit primaire, ou, ce qui revient au même, en augmentant la tension de la source électrique.
- On est limité, au point de vue tension de la source électrique, par la tension de la batterie d’éclairage de la voiture ; on pourrait, il est vrai, prendre des batteries avec un plus grand nombre d’éléments, mais cela entraîne à d’assez grandes complications.
- Si on limite l’impédance du circuit primaire, on aura chaque fois que le moteur tournera lentement, une grande consommation de courant pour l’allumage. Il faudra tenir compte de cette consommation de courant pour établir la dynamo d’éclairage: pour les étapes de’ nuit,en particulier, celle-ci devra pouvoir étaler non seulement le débit des phares, mais encore celui du système d’allumage.
- Un autre inconvénient se présente avec le système d’allumage par batterie. Si on oublie de couper le courant primaire lorsqu’on arrête le moteur et si les contacts se trouvent dans la position de collage, à ce moment, le courant passe d’une façon continue dans l’enroulement primaire de la bobine. Celui-ci s’échauffe, et la bobine peut être mise hors de service.
- D’autre part, comme la voiture peut rester ainsi abandonnée pendant plusieurs heures, la batterie d’accumulateurs va se trouver vidée.
- Pour parer au premier danger (mise hors de service de la bobine) on dispose généralement sur celle-ci une résistance en fil de fer qui, lorsqu’elle s’échauffe, offre au passage du courant, une grande résistance. C’est le système employé en particulier pour l’allumage Delco.
- La bobine est donc à l’abri des échauffements, excessifs, mais la batterie n’est nullement à l’abri du danger de se vider. D’autres systèmes, comme le Connecticut, comportent un véritable disjoncteur thermique placé dans la boîte du bouton dé contact qui vient couper le courant, lorsque celui-ci reste établi, le moteur arrêté.
- Bien entendu, les constructeurs d’allumage parbatterie, ont, eux aussi, cherché à atténuer ou à supprimer les inconvénients que présente le système qu’ils emploient et que nous avons signalé : manque de puissance de
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- Interrupteur
- f, Dis. '
- : Bobine ; de. \transfarmat.
- Batterie
- yjête du Distri but1! /distri but!/
- Gênératr.)
- Masse
- Fig. 6. — Schéma de Vallumage Continsouza.
- l’étincelle aux grands régimes. Nousdevons signalerparmi les nouveautés, la réalisation de Paris-Rhône et de Continsouza.
- Pour comprendre le système imaginé par Paris-Rhône, il convient de regarder de très près ce qui se passe dans un allumage par batterie. Le circuit se compose, on le sait, d’une source d’énergie qui est la batterie d’accumulateurs de la voiture, d’un certain nombre de câbles conducteurs dont la self est pratiquement négligeable, du circuit primaire de la bobine à self élevée, et enfin du rupteur mis en action par le moteur. Ce rupteur comporte deux grains dont l’un est fixe et l’autre mobile sous l’action d’une came. Quand le bossage de la came vient soulever le levier de rupture, les grains s’écartent, le contact cesse et le courant électrique s’arrête. Le courant se rétablit au contraire quand la came ayant abandonné le levier, les deux grains platinés reviennent en contact. Ce courant va passer dans le circuit et par conséquent dans le primaire de la bobine pendant tout le temps qui sépare les levées successives du levier de rupture.
- Ce temps est naturellement d’autant plus court que la came, et par conséquent le moteur, tourne plus vite.
- Si nous examinons la loi de variation de l’intensité du courant en fonction du temps (courant circulant dans le primaire de la bobine) nous constatons que la courbe représentative est analogue à celle de la figure 10.
- Les temps sont portés en abscisses, et l’intensité du courant primaire en ordonnées.
- On voit que le courant prend naissance dès que le contact est fermé, que son intensité augmente assez vite d’abord, plus lentement ensuite, et qu’il atteint, au bout du temps représenté sur la courbe par O C, sa valeur maximum CD
- Fig. 7. —Allumage Continsouza. Le dispositif de x’upture à deux linguets.
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- Fig. 8. — Le distributeur Paris-Rhône, le rupteur et le mécanisme d’avance automatique.
- dite intensité de régime.
- Le courant secondaire qui, comme on sait, produit l’étincelle aux pointes des bougies, prend naissance, au moment où le courant primaire est rompu dans la bobine. L’énergie de ce courant secondaire est d’autant plus grande que l’intensité du courant primaire est elle-même plus forte au moment de la rupture.
- Si, par conséquent, on coupe le courant primaire au bout du temps représenté sur la figure par O C, on aura un courant secondaire très intense. Ce courant sera presque aussi intense si l’on coupe au bout d’un temps deux fois plus court OE : cela tient à ce que, près de son asymptote, la courbe ne monte que lentement.
- Au contraire, le courant sera très faible si la rupture a lieu au bout du temps O A.
- Les trois cas que nous venons successivement d’envisager se produisent effectivement pendant le fonctionnement du moteur; quand le moteur tourne très lentement, le courant primaire a eu le temps de prendre son intensité maximum, et le courant secondaire est lui-même maximum.
- Quand le moteur tourne à une vitesse moyenne, le temps laissé au courant primaire pour s’établir est de l’ordre de OE, et le courant secondaire a encore une valeur très suffisante, pratiquement presque égale à son maximum.
- Mais, au contraire, quand le moteur tourne très vite, il ne reste plus qu’un temps O A au courant pour s’établir dans le primaire. L’intensité A B est très petite (le quart du maximum dans le cas considéré), d'où courant secondaire faible, et généralement insuffisant pour donner une étincelle aux bougies dans un mélange très comprimé.
- L’idéal serait évidemment de laisser au courant primaire un temps suffisant pour atteindre une valeur convenable dans la bobine. On pourrait, par exemple, choisir une durée telle que O E, qui correspond à une bonne valeur, et F le courant primaire. Il est inutile, en effet, de doubler cette durée, car le gain d’énergie est
- relativement faible, et n’est Fig. 10. — Courbe des variations obtenu que par une dé-d’intensiie du courant primaire en pcnSG élcVGG d.G COUrsint fonction du temps. dang bobine,
- La Société Paris-Rhône a précisément réalisé, dans son nouveau système d’allumage un dispositif permettant d’obtenir le résultat cherché, et cela d’une façon particulièrement simple (fig. 9).
- La came qui provoque
- l’écartement des vis platinées a un profil variable lorsqu’on se déplace le long de l’une de ses génératrices.
- Ses bossages, et par conséquent ses creux, ont une largeur variable.
- Un dispositif commandé par un régulateur centrifuge oblige la came à coulisser sur son arbre quand la vitesse du moteur varie. Quand la vitesse augmente, la came descend le long de son arbre. Comme le levier de rupture reste fixe, on voit que les bossages qui se présentent sous lui vont sans cesse en diminuant quand la vitesse du moteur va en augmentant. Les creux varient donc dans le même sens que la vitesse du moteur. Par conséquent, le tempslaissé au courant pour s’établir dans le primaire reste sensiblement constant, quelle que soit la vitesse de rotation du moteur.
- On évite ainsi la consommation excessive de courant au ralenti, et aux basses vitesses, et l’insuffisance d’énergie des étincelles aux grandes vitesses.
- Ce dispositif a été complété pour donner, sans aucune sorte de complication, une avance à l’allumage variable. Il a suffi pour cela de donner au bord d’attaque des bossages de la came une forme courbe, ce qui fait varier le moment d’ouverture des vis platinées lorsque la came se déplace le long de son axe.
- Le système de régulateur centrifuge qui donne l’avance à l’allumage est un dispositif classique employé depuis fort longtemps sur les indicateurs de vitesses. Le tout est contenu dans une cuve étanche en dessous du dispositif de rupture qui est
- surmonté lui-même par le distributeur de courant secondaire.
- La distribution du courant secondaire se fait par disrupture, ce qui évite tout contact glissant dans le distributeur.
- Enfin, tout le carter enfermant ce mécanisme peut tourner concentriquement avec l’arbre sous la commande du levier qui est connectée par des tringles à la manette d’avance. Le dispositif comporte par conséquent une avance automatique avec correcteur à main.
- Paris-Rhône, on le sait, a fait faire déjà de gros pro-
- Fig. 9. — Coupe et plan du distributeur Paris-Rhône.
- A, cuve carter; B, arbre d’entraînement; C, axe du levier d’avance ; D, masselotte; E, levier d’avance ; F, came d’allumage; G, rupteur; H, support mobile du rupteur; /, grain de contact fixe ; K, condensateur; L, borne d’arrivée du courant primaire ; M, levier de rupture ; N, distributeur tournant O; colonnette de fixation du couvercle du distributeur; P, arrivée du courant baute-tension ; Q, départ des fils de bougies; /?, lame conductrice de courant secondaire; T, graisseur.
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- grès à l’équipement électrique de nos voitures : rappelons que c’est cette firme qui a créé le dynamoteur monté en prise directe avec le vilebrequin qui se répand de plus en plus sur les châssis nouveaux. La dernière création d’équipement d’allumage par batterie est l’une des belles réalisations que comportait le Salon de 1927.
- Continsouza, qui vient de sortir un système d’allumage par batterie, a tourné la difficulté en employant un double rupteur.
- Le dispositif imaginé par Continsouza est représenté par les figures 6 et 7.
- On voit que ce nouveau dispositif de rupture Continsouza comporte une came et deux linguets. Nous appellerons le linguet 2, linguet de rupture, et le linguet 3 linguet de fermeture : on va voir que ces appellations sont justifiées par le rôle de ces deux organes.
- Considérons les linguets dans la position où les représente la figure. Le linguet de rupture va s’ouvrir, et,par construction, le linguet de fermeture 3 est déjà ouvert et prêt à se refermer; à ce moment, le courant primaire ne passe plus que par le linguet de rupture 2. Celui-ci, en s’ouvrant, va provoquer la formation du courant haute tension dans le secondaire. La came 1, continuant à tourner dans le sens indiqué par la flèche, le linguet de fermeture 3 va se fermer et rétablir le courant primaire. On conçoit que l’angle obtenu par la came entre le moment de l’ouverture du linguet de rupture 2 et le moment de fermeture du linguet de fermeture 3, peut être aussi faible qu’on le veut. Et, par conséquent, l’angle pendant lequel le courant passe dans le primaire, soit par le linguet de fermeture, soit par le linguet de rupture, peut être aussi grand qu’on le désire.
- La rotation de la came continuant, le linguet de rupture se referme à son tour, en se mettant en parallèle avec le linguet de fermeture; celui-ci s’ouvre de nouveau pour permettre au linguet 2 d’assurer sa rupture comme indiqué plus haut. Les principaux avantages sont les suivants :
- 1° L’angle de fermeture du circuit primaire pouvant, d’après ce qui précède, être maintenu plus grand, le temps minimum d’établissement de courant nécessaire dans le circuit primaire de la bobine, pour avoir une étincelle puissante, est obtenu à une grande vitesse de
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- rotation du distributeur. Donc, à nombre égal de cylindres, ce dispositif permet d’allumer un moteur tournant à un régime plus élevé;
- 2° A vitesse égale, ce dispositif permet aussi, d’après ce qui précède, d’allumer un moteur d’un plus grand nombre de cylindres ;
- 3° L’allumage de tous les cylindres du moteur étant obtenu avec un seul linguet, l’angle dont a tourné la came du distributeur entre deux étincelles consécutives peut être aussi précis que possible, cette précision ne dépendant, comme dans un distributeur ordinaire, que d’un seul organe, la came constituée par une pièce mécanique qui peut être usinée facilement et d’une façon rigoureuse. On obtient ainsi un allumage parfaitement équilibré, évitant les diminutions de couple et les vibrations du moteur, comme cela se produit quand on allume par exemple un moteur à huit cylindres par deux groupes de quatre cylindres ayant chacun leur source d’allumage.
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- Le dispositif d’allumage par batterie a, dans son jeu, un gros atout : c’est qu’il nous vient d’Amérique, et on sait, qu’à l'heure actuelle, nos constructeurs d’automobiles prennent modèle, en bien des points, sur lés constructeurs américains. Ce n’est pas ici le lieu de discuter le plus ou moins bien fondé de cette façon de faire : nous nous contentons de la constater sans plus.
- Beaucoup de constructeurs français emploient donc l’allumage par batterie, mais on ne peut pas dire qu’ils l’emploient absolument sans arrière-pensée. Un certain nombre d’entre eux, en effet, ont prévu la possibilité d’installer sur leurs châssis, soit une magnéto, soit un système d’allumage par batterie. Il semble qu’ils attendent le verdict de la clientèle pour prendre une décision définitive. Lorsque nous allons, dans un prochain article, examiner les nouveaux systèmes de magnétos dont l’usage tend maintenant à se généraliser, nous exposerons les arguments que présentent respectivement les partisans de la magnéto et de l’allumage par batterie, en laissant à nos lecteurs le soin de conclure eux-mêmes.
- Henri Petit.
- NOUVELLES UTILISATIONS DU CAOUTCHOUC
- Nous avons signalé l’année dernière comment il était possible d’augmenter la durée des pantoufles et sandales et de les rendre imperméables.
- Il est possible également d’obtenir une imperméabilisation souple sur des tissus souples.
- Il se fait à Troyes, pays de la bonneterie, au moyen d’un nouveau procédé breveté, des tissus de bonneterie imperméabilisés sur une ou deux faces avec un enduit à base de caoutchouc qui ne lui enlève rien de son élasticité. Cet enduit peut être teinté en nuances cuir et gaufré de telle sorte qu’il imite la peau.
- Jusqu’à présent on avait fait surtout l’imperméabilisation sur des tissus tramés et chaînes rigides n’ayànt aucune élasticité et au moyen de pâte appliquée sous des rouleaux, tan-
- dis que ce procédé utilise un enduit liquide qui revient à une dizaine de francs le mètre carré.
- Cet enduit peut être posé sur la soie, coton ou laine et dans ce dernier cas il présente l’avantage de ne pas produire l’impression de froid qu’on a avec les manteaux caoutchoutés.
- Les inventeurs estiment qu’il est possible de fabriquer ainsi des manteaux et pèlerines imperméables, bandes molletières, bandes à varices, caleçons et bonnets de bains, gants, chapeaux, chaussures, ceintures et corsets, etc.
- Avec le même procédé il est possible d’utiliser les velours ou bouclettes fabriqués sur métiers circulaires, car la bouclette est tenue par cet apprêt et les tissus restent dans leur position, sans s’étendre.
- P. M.
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- UN ^INSTRUMENT DE PHYSIQUE EN PLEIN CHAMP
- LE TONNEAU-PULVÉRISATEUR D’ACIDE SULFURIQUE
- Fig 1. — Le tonneau pulvérisateur d’acide sulfurique. L’appareil est représenté à l’arrêt, son tuyau d’aspiration monté et sa rampe de distribution relevée. Le conducteur tient, à droite, l’embrayage de la pompe ; à gauche, le levier de commande du clapet de sortie.
- Le progrès des machines agricoles conduit à promener en plein champ de véritables instruments de physique.
- Tel est le cas du pulvérisateur destiné à répandre la solution sulfurique pour la destruction des mauvaises herbes dans les céréales.
- Comme la manipulation de l’acide est dangereuse, l’instrument doit se remplir d’eau et d’acide en proportion voulue, assurer le mélange, et ensuite le répandre à la dose déterminée par la vitesse du cheval et la surface parcourue. Le récipient est un tonneau portant un manomètre, une soupape de sûreté, une bonde d’arrivée et un clapet de départ.
- L’organe actif est une pompe à air, ce qui évite tout contact avec l’acide.
- Elle a pour but d’abord de faire le vide dans le tonneau, lequel se remplit au moyen d’un tuyau de caoutchouc de quelques mètres dont la crépine plonge dans l’eau ou dans l’acide et dont l’arrivée a lieu par la bonde.
- La pompe est manoeuvrée à la main par manivelle et on aspire d’abord de l’eau jusqu’à un niveau repéré.
- Puis on aspire l’acide jusqu’à un autre niveau marqué.
- Ensuite on part.
- Ce n’est plus la manivelle qui actionne la pompe, mais bien l’une des roues porteuses ou mieux, leur essieu muni d’une transmission par came, vilebrequin ou chaîne.
- Et la pompe fonctionne comme pompe foulante grâce à la manœuvre d’un clapet intervertissant les orifices.
- Elle envoie donc de l’air comprimé dans le tonneau non à la partie supérieure, mais — par l’intermédiaire d’un tube — dans la partie inférieure où le tube étale une série de trous perforés.
- Ce dispositif a pour but de mélanger l’acide, qui tomberait ay. fond, avec l’eau qui resterait en surface.
- Les chaos de la voiture complètent du reste le brassage.
- Cependant le liquide sort et s’écarte à l’arrière dans une tubulure transversale dite « rampe » portant des « jets » régulièrement espacés.
- Ces derniers résistent au passage du liquide sous pression en obligeant ce dernier à se laminer dans leur conduit spiralé et à sortir en fines gouttelettes qui ondoieront les feuilles d’une fine rosée.
- Ces gouttelettes glissent sur les feuilles lisses de la céréale. Elles se concentrent au contraire sur les feuilles rugueuses de la plupart des plantes parasites comme les sanves ou ravenelles (Sinapis) que l’acide brûle au bout de quelques jours. Tout au moins la végétation se trouve entravée au point que la mauvaise herbe ne pourra venir à graine avant la moisson.
- Naturellement toutes les parties de ces tonneaux pulvérisateurs doivent être inattaquables à l’acide sulfurique.
- C’est pourquoi on les fait en bois ou en tôle plombée.
- Les organes de distribution sont en « régule », alliage de plomb ; et certaines pièces en verre ou en porcelaine.
- La pompe peut être en bronze, mais doit être parfaitement lavée à l’eau alcaline et graissée en fin d’opérations.
- Voilà l’instrument de laboratoire qu’on met entre les mains du premier charretier venu avec des instructions forcément sommaires, puisque parfois il ignore même le français.
- Il est vrai que des entrepreneurs se sont spécialisés dans ce travail. Ce sont souvent des batteurs à la tâche qui préviennent ainsi l’abondance de fausses herbes ralentissant le battage ou dépiquage des céréales.
- Il faut des conceptions ingénieuses pour livrer des machines robustes et précises à prix abordable. Les constructeurs de machines agricoles éprouvent des difficultés plus grandes que ceux de machines industrielles.
- ' PlERKE LàRUE.
- Ingénieur-agronome.
- Fig 2. — Coupe du pulvérisateur quadruplex.
- A, soupape de sûreté; B, arrivée du liquide ; G, départ du liquide ; D, robinet à 2 voies; E, manomètre.
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- A PROPOS DES PETITS MOUVEMENTS*.
- DE L’ÉCORCE TERRESTRE
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- La surface de la Terre, depuis les temps géologiques, n’a pas conservé une forme invariable, et une quantité considérable de facteurs entrent en jeu pour expliquer les modifications produites. Dans une théorie comme celle de Croll, les éléments astronomiques jouent un rôle prépondérant : variations dans l’excentricité, modifications de l’axe de rotation, avec les doubles conséquences des déplacements relatifs des masses internes et des changements dans la réception des radiations solaires. Or, déjà, la chaleur apportée par l’astre central règle l’évaporation, par suite les précipitations, et les preuves sont multiples de l’influence de la pluie sur la configuration du sol.
- Et, inversement, la nature du sol à un moment donné, la répartition des terres et des eaux, peut avoir une importance considérable afin d’aider, ou d’entraver, l’évolution générale du système. Sans avoir à nous étendre à cet égard, nous voudrions citer un seul fait pour montrer l’importance que peuvent acquérir de simples incidents de surface. Les lacs sont de puissants régulateurs du climat, et l’on est loin d’avoir tiré tout le parti scientifique possible de l’étude des variations annuelles de leurs températures : on sait déjà comment ils adoucissent l’automne et l’hiver, en restituant à leur vallée la plus "grande partie de la chaleur qu’ils ont accumulée en été sous l’action des rayons du soleil. Forel a calculé que, pendant l’été de 1889, le lac de Genève — un bien petit lac — avait accumulé ainsi une quantité de chaleur équivalente à celle que produiraient 31 millions de tonnes de houille! — chargement d’un train de 18 000 kilomètres, presque de l’un à l’autre pôle le long d’un méridien...
- A côté de l’évaporation avec sa conséquence de condensation, il faut envisager le facteur important du vent : action mécanique modifiant les rivages, créant des dunes, agent d’érosion essentiel par le sable transporté ; puis les phénomènes d’alluvions, les courants marins avec leur action si complexe de transport et de brassage; la création des accumulations de neiges, les déplacements singuliers des glaces polaires ; les volcans avec leurs répercussions multiples sur la composition de l’atmosphère, les modifications dans la répartition des masses internes et les petits mouvements du sol.
- Il y a là en jeu une quantité considérable de facteurs, et chacun d’eux fut l’occasion d’un grand nombre de travaux ; car, si le sol se modifie, il doit en résulter des changements dans la circulation de l’atmosphère qui l’enveloppe, par suite des variations dans le climat et, réciproquement, chacun s’est efforcé de trouver des traces et des preuves de cette évolution climatique.
- Si brillamment qu’elles aient pu être dévelopées, toutes ces idées ne sont pas entièrement neuves : elles trouvent leur origine dans les conceptions primitives de Croll qui, à côté des éléments astronomiques proprement dits, n’avait pas manqué d’appeler l’attention sur les facteurs géographiques possibles. Accueillie dès le début avec une grande faveur, la théorie générale de Croll fut soutenue par Adhé-mar ; puis L. de Marchi fit un exposé critique de toutes les théories émises, montrant qu’aucune d’elles ne résistait à un examen approfondi et n’apportait de solution acceptable pour un problème aussi difficile. Il n’en saurait être autrement, en vérité, car ces questions à répercussions multiples ne peuvent trouver une explication complète dans l’intervention d’un seul facteur.
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- Sans doute, le volcanisme est impuissant à expliquer l’histoire du globe par une théorie purement physique, mais son action s’est fait sentir d'une façon certaine par de petites modifications dans la composition de l’atmosphère, dont le rôle continu est intervenu dans la réception des radiations; puis, aussi, le volcan appelle notre attention sur la masse interne, ses déplacements possibles, et par suite les transformations ou ruptures d’équilibre — élément soit mécanique, soit géographique par ses conséquences, selon la façon de l’envisager, mais dont il est impossible de ne pas tenir compte. Et ces modifications .des conditions générales de l’équilibre peuvent être accélérées ou ralenties par les transformations que les courants aériens ou marins apportent à la surface.
- Comme conséquence sur la circulation atmosphérique, on peut mentionner que divers témoignages semblent établir d’une façon concordante que l’on assiste, depuis quelque temps, à un réchauffement des régions arctiques. Les conditions actuelles ont révélé une modification profonde dans ces régions depuis les observations faites en 1868 par le capitaine Martin Ingebrigtsen, et nombre de caractères physiques se trouvent complètement modifiés : en de nombreux points les glaciers, qui autrefois s’avançaient très loin dans la mer, ont complètement disparu; là où jadis se rencontraient de grandes masses de glaces, on ne trouve plus que des moraines avec accumulation de terre et de pierres, ce qui a provoqué d’importantes transformations de la flore, et surtout de la faune.
- On est alors tenté de généraliser un tel processus pour y trouver l’explication des phénomènes du passé, en envisageant la question comme une double conséquence d’équilibres de masses en rotation, internes et externes. Et de ce point de vue, pour traiter au moins une partie du problème, W. Koppen fournit une théorie récente pour laquelle les changements de climat des temps géologiques pourraient être attribués à une cause unique, aussi simple que celle des variations de latitude qui résultent des déplacements de l’axe de rotation de la Terre : cette cause mécanique aurait son origine dans des différences d’inertie entre les masses continentales, résultant de leurs différences de volume et de densité.
- Sans doute, il ne faut pas trop attendre d’une explication unique, mais il est facile d’adjoindre plusieurs causes géographiques simultanées, et si l’on suppose que des modifications dans le régime et la structure des régions polaires viennent réagir sur le circuit et lé débit de courants aussi importants que le Gulf-Stream, si l’on y ajoute l’influence de quelques mouvements orogéniques du Nord de l’Europe, on peut, avec Carret, expliquer toute une série de variations climatiques ; tout récemment, Négris attribua aussi l’invasion des glaciers, puis leur recul, à des mouvements épirogéniques et trouva diverses confirmations de sa théorie dans l’explication des périodes glaciaires. Précédemment, Grégoire avait fait une hypothèse intéressante — mais insuffisante aussi — pour expliquer les périodes glaciaires : il partait aussi des seuls mouvements orogéniques, en insistant sur une de leurs conséquences, à savoir une perturbation dans la distribution de la chaleur dans l’écorce terrestre.
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- Ainsi donc, les mouvements de l’écorce terrestre méritent, à eux seuls, de retenir toute notre attention.
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- Certes, l’écorce terrestre est soumise à des secousses violentes, comme celles qui résultent des éruptions volcaniques et des tremblements de terre : mais, si l’incident nous frappe par son ampleur, par ses conséquences tragiques, ce n’est là qu’un spasme exceptionnel et irrégulier; et, dans les mouvements actuellement perceptibles, on peut mettre en évidence l’action de la Lune ou celle des tremblements de terre.
- Mais la croûte éprouve aussi des mouvements très lents, tellement inappréciables qu’ils ne peuvent souvent être constatés que par l’intermédiaire de plusieurs générations successives d’observateurs. Les conséquences en sont d’autant plus difficiles à saisir que les constatations n’ont un caractère de vraisemblance que sur le bord de la mer, parce que l’on possède à côté un repère unique pour sa régularité : le niveau de la mer. Aussi, à cet égard, les études ne manquent pas et il nous serait impossible d’en citer une fraction importante ; pour se rendre compte des questions en jeu, on peut lire la petite étude "consacrée ' aux variations des niveaux continentaux dans le Nord de l’Europe (J).
- Cependant, parmi les travaux qui se sont efforcés de chercher des liens entre les conclusions spéciales et des considérations générales, on peut mentionner les efforts de Lenthéric (1877), pour étudier les actions diverses qui interviennent dans les variations des côtes; les recherches très discutées de Desjardins (1879) sur le littoral de la Gaule à l’époque romaine, et dont Vidal de Lablache n’admet pas les conclusions sans les plus expresses réserves; Jules Girard (1881), d’après la tradition, les documents historiques et la topographie, s’est appliqué également à la reconstitution partielle des côtes telles qu’elles existaient à l’époque romaine, ce qui lui permet d’établir avec quelque certitude les relais et empiétements de la mer sur un grand nombre de points.
- Mais l’époque romaine est si proche de nous !
- Il serait, par contre, bien difficile de rattacher une observation faite dans l’intérieur des terres à un plan de nivellement qui fût en rapport avec la dépression ou l’élévation de la surface de la Terre : en 1886, dans ses rceherches sur l’instabilité des continents et du niveau des mers, J. Girard fait du moins ressortir les alternatives d’élévation et d’abaissement, en vue de trouver une explication pour la formation des rochers et la superposition sédimentaire.
- Ici, assurément, on va surtout se trouver en présence d’une sérit de témoignages locaux : si la mer a gagné, en envahissant les terres, on notera des traces d’enfoncement; dans le cas contraire, on rencontrera des coquillages marins dans la terre ou sur les roches. Mais la base chronologique manque, et il avait paru jusqu’alors fort malaisé de relier toutes ces indications par une théorie générale.
- Barrois avait bien observé, pendant l’époque quaternaire, toute une série de mouvements du sol en Bretagne, deux périodes continentales de soulèvement alternant avec deux périodes de submersion ou d’affaissement. Puis les observations se multiplient et c’est par des causes analogues, purement géographiques et se ramenant à des oscillations de la terre' et de la mer, que les géologues Scandinaves (Gun-nar Anderson, de Geer) expliquent les changements de climat quaternaire dans la région baltique et finnoscandienne : élargissements et rétrécissement alternatifs de la région baltique, pénétration facile des eaux chaudes atlantiques et des eaux froides arctiques. Au reste, plus généralement, une école importante (Warron Upham, James Geikie, Haug, etc...) s’est développée, d’après laquelle les paroxysmes glaciaires, à toutes les époques, s’expliqueraient simplement par des soulèvements des masses continentales, compliqués d’oscillations de haut en bas et de bas en haut : d’où la possibilité
- 1. Bull, de la Soc. belge d’Astr. 1925, p. 60.
- d’expliquer une grande ère glaciaire par des mouvements du sol qui auraient considérablement exagéré le relief.
- On s’est aussi demandé pourquoi les glaciations symétriques se sont montrées aux périodes récentes de l’histoire de la T erre et non dans les temps les plus anciens. Au tertiaire, on pense volontiers que la température était généralement plus haute (1), et la végétation subtropicale s’est étendue jusqu’aux plus hautes latitudes; à la fin du tertiaire, le refroidissement devint plus rapide, les zones climatiques se formèrent plus nettement et la faible élévation du sol des régions polaires a favorisé les glaciations. Si l’on admet alors la coïncidence des glaciations avec la fin des phases deformation des montagnes, on a un appui précieux pour la théorie des soulèvements; l’équilibre de l’écorce terrestre, troublé par le plissement, a été compensé par des oscillations des socles solides ; et les glaciations, dont la cause se trouve dans la croûte même de la Terre, sont indépendantes de tous les autres phénomènes de la surface (2).
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- Devant l’impossibilité de déterminer avec précision les mouvements de l’écorce par des expériences modernes, on voit que les auteurs ont une tendance à rechercher destémoi-'gnages dans le passé géologique le plus lointain. Ici, cependant, il ne faut pas exagérer et accumuler des hypothèses gratuites. Sans doute, au début, on partit d’un globe visqueux qui se refroidissait progressivement en se rétractant; mais bientôt il fallut reconnaître que cette théorie simple de la contraction n’expliquait pas d’une façon aisée les phénomènes de dislocation et de formation des montagnes, et de nombreuses hypothèses furent successivement proposées pour remédier à cette insuffisance (3).
- Les mouvements de l’écorce terrestre peuvent être produits par l’écoulement plastique des roches solides sous l’action de diverses forces telles que la force centrifuge, la pesanteur, la pression latérale entre compartiments hétérogènes : les grands charriages se font alors par gravité au bord des parties surélevées et constituent une détente extrêmement lente des terrains suivant le même processus d’écoulement (*). Si l’on veut préciser davantage, il faut, puisque la Terre n’est plus une sphère parfaite, imaginer vers quelle forme elle tend afin d’en tirer toutes les conséquences possibles ; et, ici, c’est le lieu de rappeler que, dès 1875, Lowthian Bell proposait d’attribuer au sphéroïde terrestre une symétrie analogue à celle du tétraèdre régulier. On sait le parti considérable que les géologues ont tiré de cette théorie tétraédrique dont Lallemand a fort bien montré les conséquences en maints articles (5) : les fractures, les simples frémissements doivent se produire près des arêtes, que l’on peut identifier avec les grandes zones de tremblements de terre ; et, par là, la sismologie enregistre les diverses étapes des spasmes de la
- 1. Cf. notamment: C. E. P. Brooks. Climate tlirougli the Ages, in-8°, 440 p., Londres, 1926.
- 2. Scuaffer (F.X.). Les grandes formes de l’écorce terrestre et leurs mouvements. Scientia, l01' mai 1927, pp. 138-147.
- 3. Nous ne suivrons pas Ch. Gorceix. Origine des grands reliefs terrestres, Paris 1924, lorsqu’il envisage la Terre, masse plastique, circulant à travers une nébuleuse et rencontrant une série de zones de matières en vole de condensation, car ceci nous paraît trop éloigné des données expérimentales pour donner lieu à une discussion utile.
- 4. Andrews (E. C.). Hypothesis of Mountain Building, Bull. Soc. Geol. Amer, t. 37, n° 3, Sept. 1926, pp. 439-454.
- 5. Voulant soumettre cette théorie à l’analyse mathématique, Lecornu a formulé des critiques auxquelles Lallemand a répondu; v. C. R de l’Ac des Sc., 24 Nov. et. 29 Déc. 1924 et 1925, p. 23.
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- Terre dans son refroidissement et sa contraction. Cette théorie du tétraèdre fut ainsi suggestive et très féconde : elle remplit donc parfaitement son rôle.
- Mais tous ces mouvements de l’écorce sont envisagés ici en eux-mêmes, et sans la moindre tentative pour en déceler l’origine mécanique : il serait pourtant essentiel, si l’on veut poursuivre, d’avoir une idée de la profondeur à laquelle ils font encore sentir leur action. L’hypothèse newtonienne sur le renflement équatorial de la terre par suite de la fluidité primitive reste-t-elle elle-même indispensable ? Bischof (1868) ne le pense pas et, par l’application constante d’une petite cause, il déduit les lois générales de la circulation de l’effet même de l’aplatissement: quelle que soit la valeur, douteuse, de sa théorie, il faut dire qu’en étudiant la profondeur des mers il en conclut que le fond est sensiblement sphérique, conséquence qui paraîtra fort aventurée en comparaison des notions expérimentales modernes dont il nous reste à dire quelques mots.
- En effet, l’étude des déviations de la verticale et celle des anomalies de la pesanteur ont fait imaginer qu’il existe, vers cent kilomètres au-dessous de la surface géographique de la Terre, une couche concentrique à l’ellipsoïde dont tous les éléments supportent la même pression du fait des roches superposées : il y aurait donc la même masse de matière dans tout cylindre droit ayant sa base sur cette couche pour venir déboucher à l’air libre, en sorte qu il y aurait compression et accumulation de masse au fond des océans tandis que les montagnes auraient en quelque sorte aspiré leur masse des masses sous-jacentes. Cette théorie de l’isostasie, dont on trouve l’origine dans les travaux de Pratt (1859), fut brillamment développée par Hayford et Bowie : ce dernier fixe à 96 kilomètres la profondeur de la couche de compensation et toutes les discussions de ces problèmes sont du plus haut intérêt)1).
- Ainsi,'complétant les vues de Pratt et de Hayford sur les compensations locales ou régionales, on pourrait admettre que les observations de gravité faites â la surface de la terre sont explicables par des arrangements de masses pesantes j à diverses profondeurs ; et des modifications accidentelles dans la répartition de ces masses seraient en relations étroites avec le régime des tremblements de terre. On peut alors mettre en avant une quantité de raisons géodésiques de l’isostasie terrestre (2) mais, contrairement à l'opinion admise constamment il n’y a pas de question de l’isostasie, soluble par la géodésie seule : si complètes que l’on suppose les données géodésiques, il est théoriquement impossible d’en tirer une réponse à la question de savoir si l’équilibre de la croûte est rigoureusement, à peu près, ou pas du tout isostatique (3).
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- On eut donc successivement recours à toutes les hypothèses possibles : mouvements progressifs de l’écorce, modification des échanges d’une à l’autre région par la variation des courants, changements dans la répartition des masses, externes et internes, avec une influence sur la rotation et la direction de l’axe terrestre, etc... et Lallemand, dans une étude très
- 1. Parmi les travaux récents, voir notamment :
- Meissner (O.). Zur Isostasiefrage, Pet. Mitt,, 1926, pp. 262-
- 263.
- Bowie (W.). The relation of isostasy to Seismology, Am. I Sc., t. 71, 1926, pp. 415-418.
- Jeffreys (II.). Nature de l’isostasie, Gerl. Beitr. Geoph., t. 15, pp, 167-188; analysée dans Bull. Obs. Lyon, mai 1927, p.“98.
- 2. Cf. G. Perrier. Annuaire du Bur. des Longit., 1926, 131 p.
- 3. Marcel Brillouin. C. R. Ac. des Sc., t. 180 (19251, p. 1609.
- soigneuse, n’a pas craint d’employer l’expression imagée de respiration de la Terre pour représenter les marées de l’écorce terrestre sous la double influence du Soleil et de la Lune. Ces mouvements intéressent puissamment le géologue comme aussi l’astronome : il serait particulièrement nécessaire d’étudier plus complètement les marées à longue période, car elles peuvent être en relation avec la période de 18 ans des nœuds lunaires (1 ).
- Et tous ces problèmes des mouvements de l’écorce, témoignant de l’activité du globe, traceront son histoire à proprement parler, du jour où nous pourrons fixer la durée des transformations. Les phénomènes de sédimentation, souvent invoqués à ce propos, sont impuissants à nous fixer sur l’unité de temps géologique, mais conservent toute leur importance aux points de vue qui nous occupent: la stratification, en effet, témoigne des variations de sédimentation, variations imputables soit aux modifications climatériques, soit aux mouvements de l’écorce; et les aires marines, déjà si essentielles pour l’histoire delà Terre par leur composition, interviennent dans le. refroidissement du globe, qui se produit surtout par leur intermédiaire, si l’on considère les continents commefor-mant un manteau protecteur contre le refroidissement des masses sous-jacentes.
- Le géologue anglais Joly interprète en outre les phénomènes radioactifs pour conclure aux millions d’années qu’exigent les divers mouvements de l’écorce. La radioactivité produit une fusion croissante de l’écorce; l’influence du Soleil et de la Lune entraîne une lente dérive de l’écorce sur le noyau interne ; l’action refroidissante des océans s’étend peu à peu à toutes les parties de la zone infra-corticale comme cause de compensation périodique, et les phases orogéniques sont les points culminants du cycle (2) Et l’on peut dire que cet auteur, lui aussi, en plein accord avec la théorie isostatique, admet toute une série de bouleversements, élévations et abaissements des continents, évoquant nettement, pour l’histoire du globe, un rythme périodique que l’image de Lallemand représente si bien.
- En résumé, partis d’une rigidité absolue de l’écorce terrestre, les géologues sont obligés de composer peu à peu. Ils envisagent bientôt les aires d’ancienne consolidation, affectée de réseaux de fractures très complexes, en n’introduisant comme causes que des déplacements verticaux; puis des refoulements latéraux amèneront le plissement des dépôts ; enfin, avec Marcel Bertrand, Lugeon, Termier, etc..., on voit croître encore l’importance des mouvements tangentiels pour la formation des nappes de charriage et la genèse des chaînes de montagnes.
- Et ainsi, pour ainsi dire, une fois de plus, on revient aux conceptions simples de l’origine des études géologiques : des périodes uniformes ou de tranquillité relative, puis des ères de bouleversements avec des variations subites ou rapides; enfin, le retour des mêmes cycles. Bref, avec d’autres mots, avec certaines précisions utiles, tout ce qu’il faut pour légitimer partiellement des cataclysmes comme ceux qu’envisageait Cuvier: les mots ont changé, certes; les hypothèses diverses, plus au courant des nouvelles acquisitions scientifiques, se sont montrées fécondes en suscitant bien des travaux, mais, hélas! nous ne connaissons pas encore davantage les origines et le détail du mécanisme des mouvements de l’écorce...
- Jean Mascart.
- 1 Lambert ("NV. B.). Les marees de 1 ecorce terrestre, Bull. Géodés. n° 5, p. 41-47.
- 2. Joly (J.) — The surface liistory of the Earth, Oxford, 1925,192 p.
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- LES OISEAUX DE PARIS
- Croirait-on que la liste des oiseaux rencontrés dans une ville aussi bâtie, aussi étendue que Paris puisse tenir 20 pages d’une revue! Et cependant telle est la longueur de l’étude publiée par M. Marcel Legendre dans le dernier numéro de la Revue française d’Ornithologie. Le nombre des espèces est considérable, alors que l’observateur superficiel ne reconnaît guère que les Moineaux, les Merles et les Pigeons.
- Depuis le travail de Nérée Quépat en 1874, aucun ornithologue n’avait songé à s’occuper de la capitale. Quépat habitait alors le quartier de la Glacière, désert, couvert de terrains incultes, de champs maraîchers, de petits étangs. Aujourd’hui, tout cela a disparu; les maisons se pressent, non seulement dans toute la ville, mais encore dans la banlieue où les grandes propriétés sont morcelées, où les bois, les parcs, les jardins cèdent la place aux bâtisses. Et cependant, les oiseaux les plus divers continuent de s’y voir, pour un observateur aussi attentif que M. Marcel Legendre, sinon pour le citadin ignorant de l’ornithologie.
- On sera étonné de la variété et du nombre des espèces dont nous reproduisons ici les intéressantes constatations.
- Rapaces. — Un faucon commun a vécu plusieurs mois sur les tours de Notre-Dame, chassant les pigeons d’alentour. Un faucon hobereau a été pris dans le jardin des Tuileries en 1921. Un faucon cresserelle a été vu au-dessus du Louvre et du Pont-Neuf, se dirigeant vers le Palais de Justice qu’il habitait probablement. Un épervier commun chassait les moineaux dans la gare des marchandises de la Chapelle en janvier 1915; un autre était boulevard de l’Hôpital dans l’hiver de 1917 ; un autre au cimetière du Montparnasse en avril 1928. Un couple de hiboux communs a niché dans un jardin du faubourg Saint-Germain. Le hibou scop a été repéré au Jardin des Plantes et près de la porte de Saint-Ouen. La chouette effraie a été vue au Père-Lachaise, au Jardin des Plantes, au cimetière de Montmartre.
- Grimpeurs. — Un pic épeichette a été tué en 1919 dans un jardin de la rue du Montparnasse ; il nichait aux bois de Bou- a logne et de Yincennes.
- Un torcol a été vu en 1913 au jardin du Luxembourg.
- Percheurs. — Des martins-pêcheurs ont été observés sur les berges de la Seine ; un a vécu à l’aquarium du Trocadéro. f Le grimpereau ordinaire fréquente les parcs et notamment le parc Monceau. Le tichodrome échellette, vu au Jardin des Plantes, a aussi été capturé à Meudon. Les corbeaux freux ont été observés nichant par groupes dans le jardin du Luxembourg, le parc de l’Élysée, quai d’Orsay, place de la Chapelle, dans les jardins du Louvre. La corneille mantelée a été aperçue aux Tuileries, au Jardin des Plantes, près du viaduc d’Auteuil. La corneille noire nichait en 1913 sur le quai de Billy, à Auteuii, près du Jardin des Plantes. Le corbeau choucas est fréquent dans toutes les tours d’églises et au théâtre de l’Opéra. La pie commune vit par couples au cimetière Montmartre. Le geai commun fréquente les bois de Boulogne et de Yincennes ; trois de ces oiseaux furent vus rue de Rivoli allant vers l’Hôtel de Yille. L’étourneau commun niche à Paris pendant l’hiver ; on en voit des quantités aux Tuileries, dans les petits jardins des Batignolles; un couple a niché 6 ans de suite avenue des Gobelins. La pie-grièche rousse était représentée par une paire au Père-Lachaise ; elle vit aux bois de Boulogne et de Yincennes. Le bouvreuil ordinaire a été vu au Luxembourg et au cimetière du Montparnasse. Le bec-croisé ordinaire a été plusieurs fois pris au Jardin des Plantes, au Père-Lachaise, à la Muette. Un gros-bec a été vu dans le jardin de l’hôtel de Chimay; il n’est pas rare et niche aux bois de Boulogne et de Vincennes. Les serins cini nichent un peu partout. Le verdier commun
- était assez fréquent aux cimetières du Père-Lachaise et du Montparnasse; il est devenu beaucoup plus rare. Le moineau domestique pullule et l’on en a vu de blancs. Le moineau friquet est en très petit nombre. Le pinson ordinaire est assez commun. Le pinson d’Ardennes se voit au moment des passages. Le chardonneret, la, linotte commune, le tarin commun, le bruant proyer, le bruant jaune, le bruant des marais, l’alouette commune, l’alouette huppée ont été observés. Le pipit des prés a été vu par M. Legendre sur les fortifications; le pipit des arbres également. La bergeronnette printanière n'est pas très rare, la bergeronnette grise a été vue une fois ; la bergeronnette boarule se rencontre au bord de la Seine. Le merle noir est très abondant partout et sa variété albinos, le merle blanc, a été signalée plusieurs fois. La grive draine, la grive litorne, la grive musicienne, le tarier ordinaire, ont été vus par Quépat. Le traquet mot-teux, le tarier musicole ont été rencontrés depuis. L’hypo-laïs polyglotte, la rousserolle turdoïde, la rousserolle effar-vatte, le rouge-queue titys ont été vus à diverses reprises. Le rouge-queue de muraille niche un peu partout. Le rouge-gorge niche communément en hiver dans les cimetières et les jardins. L’accenteur mouchet revient chaque année. La fauvette à tête noire, celle des jardins, la fauvette grisette ont été vues par Quépat; le pouillot véloce et le pouillot fitis, le roitelet huppé signalés aussi. Le troglodyte est commun et sédentaire. La mésange bleue et la mésange charbonnière sont assez fréquentes dans les parcs et les grands jardins. La mésange nonette a été vue jadis aux Tuileries. Le gobe-mouches gris est assez commun et le gobe-mouches noir vient d’être rencontré près du pont Solférino. L’hirondelle de fenêtre et celle de cheminée abondent, ainsi que le martinet noir. Le cotyle de rivage suit la Seine chaque printemps.
- Pigeons. — Le ramier et le biset nichent partout; on a vu des nids de ramiers place de la République et un couple de bisets près de la salle des ventes, rue Drouot. Le pigeon colombin est plus rare. La tourterelle vulgaire a été signalée au Imxembourg et au Père-Lachaise.
- Gallinacés. — La perdrix grise, la caille ont niché ou nichent encore à Paris.
- Echassiers. — La bécassine ordinaire, la bécassine sourde ont été vues par Quépat.' La bécasse ordinaire a été rencontrée au cimetière du Montparnasse au mois d’avril dernier. Le râle d’eau, la poule d’eau, le chevalier cul-blanc ont été signalés, notamment par Quépat.
- Palmipèdes. — Un goéland argenté a été vu au Pont-Neuf en décembre dernier. La mouette rieuse se voit tous les ans, la mouette tridactyle assez souvent. La sterne naine, la sterne pierre-garin, la sterne cangek ont été signalées sur la Seine. Le canard sauvage vient souvent l’hiver et on en a tué 45 aux Buttes-Chaumont en décembre dernier. Le canard pilet, le canard morillon ont été vus parmi des bandes de canards sauvages.
- Une sarcelle a fréquenté la Seine en décembre 1920; le grèbe-castagneux vit l’hiver sur les lacs du bois de Boulogne.
- A l’époque des migrations, de nombreux passages survolent Paris : des canards et des oies sauvages, des grues, des courlis cendrés, etc. La nuit, beaucoup se prennent dans les antennes de T. S. F. autour de la Tour Eiffel. Et depuis quelque temps, ditM. Marcel Legendre, les illuminations intenses de la Tour font pour beaucoup d’oiseaux l’effet d’un phare, causant de véritables hécatombes, « En une nuit, dit-il, il a été pris une centaine de tourterelles, de nombreux pigeons, cailles, grives de plusieurs espèces, macreuses, etc. Les petits oiseaux fournissent un gros contingent. » Et voilà Paris, la Tour Eiffel, la publicité, attirant la faune ailée ! René Merle.
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- :.. LA RADIOPHONIE PRATIQUE.......... _= 3:
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- LES TENDANCES DANS LA CONSTRUCTION DES POSTES RÉCEPTEURS
- Il est bien tard pour donner encore quelques explications sur les appareils de T. S. F. exposés à la Foire de Paris en mai 1928, et, d’ailleurs, peu de constructeurs ont présenté leurs nouveautés cette année dans cette exposition.
- On sait, d’autre part, que le Syndicat professionnel des Industries radioélectriques a invité ses adhérents à s’abstenir désormais de participer à la Foire, et à réserver tous leurs efforts pour le Salon de la T. S. F. qui a lieu tous les ans en automne en même temps que le Salon de l’Automobile.
- Malgré le petit nombre relatif des postes exposés, il était pourtant assez facile de discerner les tendances générales de la construction et les essais divers des fabricants pour créer de nouveaux modèles ou améliorer les anciens, tant comme qualité que comme prix de revient.
- L’éducation graduelle du public sans-liliste qui devient chaque jour plus difficile et sait apprécier plus aisément les qualités radiotechniques et artistiques d’un poste, et aussi sa présentation mécanique et esthétique, et, d’autre part, la concurrence toujours plus vive, ont forcé la majorité des constructeurs à ne réaliser que des postes bien étudiés et bien montés, mais évidemment plus ou moins sensibles et luxueux, et à abaisser le prix de vente au minimum en diminuant le prix de revient par un travail en série, et en réduisant également les bénéfices dans la plus grande proportion possible.
- Au point de vue technique, on peut classer les appareils en deux catégories assez nettes, d’une part les appareils à quatre lampes à un étage à résonance à amplification directe destinés à être utilisés sur antenne; d’autre part, les postes à changement de fréquence, recevant sur cadre et sur antenne, mais plus spécialement sur cadre.
- Peu de constructeurs semblent étudier pour le moment l’amplification haute fréquence directe, bien qu’on puisse noter quelques exceptions honorables.
- Ainsi que nous l’avons déjà noté dans nos chroniques, le caractère du poste à changement de fréquence s’est souvent transformé. Le nombre des étages moyenne fréquence a été quelquefois diminué, ce qui rend plus normale la réception sur antenne, et une construction simplifiée en série permet d’abaisser assez le prix de vente pour que tout « amateur moyen » puisse aisément l’adopter sans nuire à l’équilibre de son budget personnel.
- Le changement de fréquence se fait presque toujours par un montage à lampe à deux grilles, bien que quelques constructeurs soient demeurés fidèles aux dispositifs à lampes triodes ordinaires genre tropadyne, ou même à hétérodyne séparée.
- On doit noter également des montages à lampes à trois grilles et à lampe bigrille-biplaque, sur lesquels nous aurons sans doute l’occasion de donner quelques détails. On a tenté aussi d’employer des lampes bigrille sur les étages moyenne fréquence en utilisant un montage compensé genre isodyne pour diminuer le « bruit de fond » et augmenter la stabilité de fonctionnement : il est encore trop tôt pour se prononcer sur l'efficacité réelle de ces montages qui semblent intéressants dès l’abord.
- Quels que soient les principes techniques des appareils
- exposés, leur réglage est toujours réduit à l’extrême et leur présentation, le plus souvent, fort élégante ou même luxueuse.
- Quelques modèles de postes à réglage unique, bien étudiés, ont pu être mis tout à fait a au point » ; les dispositifs de réglage automatique à organes indépendants mais conjugués automatiquement, que nous avons souvent préconisés d’ailleurs, semblent être cependant surtout en faveur par suite de leur facilité beaucoup plus grande de réalisation par le constructeur.
- Enfin, le problème de l’alimentation des postes par le courant d’un secteur continue à être étudié sans trêve, et les solutions pratiques proposées paraissent de plus en plus satisfaisantes Les nouvelles lampes à chauffage indirect, les redresseurs électrolytiques pour charge continue au tantale ou au silicium, les nouveaux redresseurs « secs » oxyde-cuivre, etc , méritent une étude détaillée..
- Le nombre des nouveautés intéressantes sera, d’ailleurs bien plus grand encore, il faut l’espérer, au Salon de la T. S. F. de 1928. On peut souhaiter y voir avant tout des appareils à amplification haute fréquence directe bien étudiés dont la réalisation sera facilitée sans doute par l’emploi des nouvelles lampes à faible capacité interne et « grillede protection »,et aussi de nombreux postes pour la réception des ondes très courtes destinés au public des <c usagers ».
- Il existe, en effet, déjà un assez grand nombre d’émissions régulières de radiodiffusion sur ondes courtes et ce nombre augmente chaque jour. Grâce à l’emploi de ces ondes, la réception des émissions les plus lointaines des Etats-Unis, d’Australie, de Java, etc., devient aisée et des plus satisfaisantes comme « qualité » d’audition. On doit donc souhaiter que le grand public s’intéresse de plus en plus à ce genre de réception, et puisse facilement se procurer chez les constructeurs des appareils simples et de réglage facile, de modèles divers, d’ailleurs, permettant d’obtenir très vite de bons résultats.
- Plusieurs constructeurs ont déjà entrepris la fabrication d’appareils de ce genre, mais il serait désirable que leur nombre augmentât encore.
- Enfin, peut-être verrons-nous prochainement des appareils récepteurs d’images si, en attendant la télévision, on établit en France des stations de diffusion des images... ? Mais, il faut attendre en T. S. F., comme en toute science, de pouvoir étudier des appareils et des phénomènes réels, avant de pouvoir prévoir des résultats quelconques....
- UN MODÈLE PRATIQUE DE PICK-UP ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE
- Nous avons déjà indiqué dans La Nature les principes et la pratique de la reproduction électrique des disques de
- Fig. 1. — Modèle simplifié de pick-up électromagnétique.
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- Fig. 2. — Montage du Pick-up sur un poste de T. S. F. muni de 2 étages basse fréquence à transformateurs.
- phonographes au moyen ou « pick-up s » et d
- T. S. F.
- de traducteurs électromagnétiques 'amplificateurs basse fréquence de
- Nous avons noté, d’autre part, dans une récente chronique les qualités que devait posséder, en général, un bon « pick-up » électromagnétique.
- Get appareil doit évidemment ne pas introduire de déformation de l’audition, c’est-à-dire que son armature doit suivre fidèlement les vibrations de l’aiguille reproductrice tout en étant assez amortie pour ne pas être soumise à des oscillations parasites qui seraient la cause de graves troubles correspondants dans les circuits à basse fréquence, et
- finalement dans le haut-
- Fig. 4. — Lampe de faible consommation à capacité interne très réduite.
- Caractéristiques : tension de chauffage : 4 volts; courant de chauffage : 0,0G ampère ; tension anodique 50 — 150 volts ; courant de saturation : 20 milli-ampères. Coefficient d’amplification : 35 ; inclinaison l/a m A/V;
- résistance intérieure : 29 000 ohms; capacité grille plaque 0,3 ij.jj. F.
- parleur.
- D’autre part, les courants .basse fréquence produits par le pick-up doivent être assez intenses pour ne pas exiger une amplification basse fréquence trop, forte pour une audition normale dans un appartement.
- On diminue ainsi la
- complexité du montage amplificateur nécessaire et les risques de déformation provenant spécialement de cette amplification.
- Enfin, il est agréable pour un amateur d’utiliser un pick-up de prix relativement modique' s’adaptant facilement à un bras de phonographe quelconque sans aucune modification et, d’autre part, pouvant être employé directement avec n’importe quel poste de T. S. F. à amplification basse fréquence.
- Le modèle de traducteur électromagnétique récemment introduit en France et que représente la figure 1 s’adapte im
- médiatement à la place d’un diaphragme mécanique quelconque sur n’importe quel phonographe.
- La résistance assez élevée de ses enroulements permet de le connecter directement à la grille d’une lampe et au pôle négatif de la batterie d’un amplificateur de T. S. F. comportant, comme c'est le cas le plus général, deux étages basse fréquence à transformateurs (fig. 2).
- Si l’on veut obtenir une audition très intense, on connectera une des bornes du pick-up à la grille de la lampe détectrice du poste de T. S. F. au moyen d’un bouchon coupe-grille au point marqué en A sur la figure 2. L’autre borne sera connectée au pôle négatif de la batterie de chauffage ou de la batterie P de polarisation.
- Lorsqu’on désire seulement une audition, moins intense, mais nette et pure dans une pièce d’assez petites dimensions, on relie l’une des bornes du pick-up à la grille de la première lampe basse fréquence en B (fig. 2) au moyen également d’un bouchon coupe-grille, et la deuxième borne au pôle négatif de la batterie de chauffage ou de la batterie P' de polarisation.
- Si le poste de T. S. F. possède un dispositif permettant d’utiliser à volonté un ou deux étages basse fréquence, on pourra évidemment s’en servir. Mais, si le poste comporte une lampe de puissance sur le dernier étage, ce qui est maintenant le cas le plus général, il y a intérêt à ce que cet étage
- V p
- Fig. 3. — Influence des capacités internes des lampes dans les amplificateurs haute fréquence à résonance.
- soit toujours en service. Dans ce cas on emploiera le montage indiqué plus haut en'plaçant de préférence un bouchon coupe-grille sur les douilles de la première lampe basse fréquence II.
- LAMPE POUR ÉTAGES HAUTE FRÉQUENCE A FAIBLE CAPACITÉ INTERNE
- On sait que, dans les amplificateurs haute fréquence à résonance, les étages successifs comportent dans leur circuit de grille et de plaque des circuits oscillants tels que Lj, Ct, L2, C2 accordés sur des longueurs d’onde à peu près égales (fig. 3).
- La capacité interne grille-plaque de la lampe produit des couplages entre ces circuits et il en résulte des effets de rétroaction qui rendent souvent le fonctionnement de l’appareil irrégulier et le réglage délicat, surtout si le nombre de ces étages haute fréquence augmente.
- De plus, la capacité interne de la lampe diminue son pouvoir amplificateur; dans certains montages pour la réception des ondes courtes, les courants à très haute fréquence peuvent passer directement de la grille à la plaque sans être, amplifiés en réalité.
- Une lampe à très faible capacité interne semble donc pouvoir, dans certains cas, être fort utile et le modèle de
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- lampe de ce genre que l’on peut maintenant se procurer en France paraît intéressant (fig. 4).
- Cette lampe à fort coefficient d’amplification s’emploie comme une lampe ordinaire à faible consommation pour des étages basse fréquence (fig. 4 et 5), mais la plaque est reliée non pas à une broche placée sur le culot, mais à une borne qui se trouve au sommet de l’ampoule et que l’on aperçoit sur la photographie de la figure 4.
- Cette disposition évite les capacités entre broches si l’on prend la précaution de ne pas relier le fil conducteur à la broche normale de la plaque, mais à une fiche spéciale séparée montée sur le poste et connectée au circuit de plaque normal de l’amplificateur.
- En réalité, le dispositif ressemble, notons-le, à celui des « lampes à cornes » présentées il y a plusieurs années, vers 1922 et par les inventeurs des amplificateurs à résistances en vue d’utiliser ces amplificateurs pour la réception des ondes courtes.
- Cette ressemblance ne réside uniquement évidemment, que dans le principe théorique, la construction [des lampes ayant été fort perfectionnée depuis cette époque qui I parait déjà lointaine.
- Indiquons enfin, dès à présent, que le constructeur de ces
- lampes à faible capacité interne a établi également un autre modèle de lampe, dite à grille-écran, destinée également aux étages haute fréquence à résonance.
- Ce modèle encore plus spécial et que nous avons déjà cité plus haut mérite une étude séparée.
- UN
- CADRE AVEC TABLE D'ORIENTATION
- 2 OmA
- s = f,2 tnp
- -5 -4 -3 -Z
- Fig. 5. — Courbes caractéristiques _
- de la lampe de la figure 4. ?n salt fi?6’ Pour rec®“
- voir une émission déterminée avec un cadre, il faut diriger le plan des spires de ce cadre vers le poste émetteur.
- L’orientation optima du cadre pour l’audition d’une émission déterminée varie évidemment avec le lieu où le poste de réception est placé, mais il est commode d’établir des repères d’orientation lorsque le cadre demeure placé à côté d’un poste fixe.
- On peut même, pour supprimer tous tâtonnements fâcheux pour les débutants, et augmenter l’intérêt de ces recherches, installer une véritable « table d’orientation » comme l’a fait, il y a déjà longtemps un de nos fidèles abonnés et sans-filiste averti, M. Albert Olin, de Nancy.
- Cet amateur a eu l’ingénieuse et très simple idée d’installer une table de 60 x 80 cm à côté de son poste récepteur, et de coller une carte (Tarride'ou autre), bien orientée évidemment sur la planchette supérieure de la table (fig. 6).
- La carte et la planchette sont percées à l’endroit de la carte correspondant à la localité où se trouve le poste. Dans 1 ouverture passe une tige filetée supportant ce cadre et vissée à un bouton molleté C servant à faire manœuvrer ce cadre.
- Une pièce métallique hémisphérique R reposant sur une cuvette également métallique diminue le frottement au minimum et une flèche d’orientation O est fixée également à ce bouton molleté.
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- Fig. 6.
- Cadre de réception avec table d’orientation.
- Le dispositif de support du cadre (qui varie évidemment suivant les modèles de cadres) comprend ainsi une armature en laiton recouverte d’un tube de caoutchouc, coudé et fixé à une planchette mince AB (fig. 7) supportant le cadre.
- De cette façon, on peut placer facilement le cadre sur la planchette-support et remplacer facilement un cadre par un autre, si l’on possède un cadre séparé pour les ondes courtes et un autre pour les ondes moyennes, ou bien si l’on veut effectuer des essais avec différents modèles d’enroulements.
- Un dispositif de ce genre peut être évidemment adapté facilement à n’importe quel cadre en changeant simplement les dimensions de la table et les dispositions du support.
- P. Hémardinquer.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS
- Reproducteur électromagnétique (pick-up). Société S. E. R., 12, rue Lincoln, Paris (8°).
- Lampe à faible capacité interne, Société Philips-Radio, 4, Cité Paradis, Paris.
- Fig. 7.
- Détails du support de cadre de la figure 6.
- Support décadré décagone
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- Support de cadre en plan
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉTÉOROLOGIE
- Le cyclone des Antilles.
- Le 12 septembre dernier, un cyclone a ravagé la Guadeloupe. La tornade a duré de 10 heures du matin à 11 heures du soir et a balayé toute l’île, causant d’immenses dégâts matériels et faisant un grand nombre de victimes. Celui-ci est évalué à plus de 1500 morts. Le nombre des blessés est très élevé et doit atteindre 10 000 à la Guadeloupe et dans les régions environnantes. Le cataclysme a été accompagné d’un raz de marée et de secousses sismiques. La ville de Pointe-à-Pitre est entièrement détruite.
- L’île aux paysages enchanteurs, aux riches plantations n’offre plus que l’aspect d’un champ de bataille, le soir d’un combat.
- Mais déjà on s’est mis au travail pour relever les ruines; et de même que la Martinique après la catastrophe du Mont Pelé et la destruction de Saint-Pierre s’est relevée rapidement, de même la Guadeloupe, avec l’aide de la métropole, saura faire disparaître promptement les traces du cataclysme.
- Le cyclone qui a éprouvé notre possession des Antilles a également fait sentir ses effets dans l’île de Porto-Rico, puis a balayé la Floride et la région de Miami déjà éprouvée par une autre tornade en 1926 et qui se relevait à peine de ce désastre.
- TRAVAUX PUBLICS
- La percée des Vosges Saint-Dié-Saales.
- Dix ans après le retour de l’Alsace à la France, on vient d’achever enfin la première des nouvelles voies ferrées qui doivent traverser les Vosges, la ligne Saint-Dié-Saales. Cette ligne relie au Bas-Rhin la région industrielle d’Epinal-Nancy.
- Elle mesure 25 km de long; elle est à double voie. Les rampes n’y dépassent pas 15 mm par mètre et le rayon des courbes est toujours supérieur à 300 m. Partant de Saint-Dié, elle suit la vallée de la Meurthe, puis remonte celle de la Fave, traverse Provenchères, passe au voisinage de Lubine, franchit un tunnel hélicoïdal de 1600 m de long, traverse le col de Saales pour aboutir enfin à cette dernière ville.
- Le plus important ouvrage d’art de la nouvelle ligne est un viaduc de 85 m de long, 15 m de haut au-dessus du ravin de Colroy.
- MARINE
- Les nouveaux paquebots allemands « Europa » et « Bremen ».
- On sait avec quelle rapidité l’Allemagne a reconstitué en ces dernières années sa flotte commerciale. Elle fait d’énergiques efforts pour regagner une situation comparable à celle dont elle jouissait avant guerre, alors qu’elle possédait la 2° flotte de commerce du monde. Le récent lancement des deux grands paquebots Europa, par les chantiers Blohm et Voss de Hambourg, Bremen, par les chantiers Weser de Brême, met clairement en évidence cette renaissance de la marine de commerce allemande et l’esprit qui guide ses animateurs.
- Les deux nouveaux bâtiments destinés au service avec l’Amérique sont les plus grands et les plus rapides qui aient
- été lancés depuis la guerre, et l’on verra, avec eux, réapparaître sans aucun doute les luttes pour les records qui ont marqué l’évolution des transatlantiques d’avant-guerre.
- Les deux navires allemands auront une longueur de 270 m, une largeur de 31 m au maître-couple, un tonnage de 46 000 tonnes et pourront filer 26 nœuds. L’île de France, le plus récent de nos transatlantiques, jauge 43 548 tonnes, mesure 230 m de long et file 22 à 23 nœuds.
- L'Europa et le Bremen , pourront transporter chacun 2100 passagers, de lre, 2e, 3° classe et 1100 hommes d’équipage. Ils franchiront l’Atlantique en 4 jours. Leur machinerie comportera 4 turbines à engrenages.
- Il faut noter la rapidité avec laquelle a été poussée la construction de ces deux navires; elle met en relief l’organisation et la puissance des chantiers allemands, et sans doute aussi l’efficacité du soutien qu’ils reçoivent de leur gouvernement.
- Commandés fin décembre 1926, les deux bâtiments ont été mis en chantier l’un en juin, l’autre en juillet 1927. Le lancement a eu lieu en août 1928 ; la mise en service est escomptée pour avril 1929.
- Rappelons que le tonnage total de la flotte allemande, qui était tombé à 480 000 tonnes environ en 1921, a atteint cette année le chiffre de 3 800000 tonnes, soit près de 73 pour 10U du chiffre d’avant-guerre qui était de 5135 000 tonnes en 1914.
- CONSTRUCTION
- Cuvette-réservoir en béton armé.
- L’application du béton armé à l’édification de réservoirs n’est pas nouvelle; elle date du début, car elle permet d’établir des capacités importantes avec le minimum de matériaux et une dépense moins élevée que si l’on s’adresse uniquement à la maçonnerie.
- Une conception très originale de réservoir a été récemment imaginée par M. Juan Cordobes, ingénieur des Ponts et Chaussées, de l’École de Madrid.
- Le problème posé était lje suivant :
- Un propriétaire terrien établi dans la plaine de San-Eulalia, au milieu de la province de Teruel, fit installer tout un système d’irrigation alimenté par un puits, dans lequel puisait une pompe fournissant 2000 litres par minute. Le but était de tirer un meilleur parti de terres soumises à un climat particulièrement sec.
- Pour régulariser l’alimentation du système en eau, il apparut évident qu’un réservoir s’imposait et qu’il fallait même une capacité de 700 m3. Bien entendu, le propriétaire voulait dépenser le moins possible, alors que cependant le sol, constitué par une glaise inconsistante, semblait exiger un radier général.
- Comment tourner cette difficulté?
- L’ingénieur Cordobes imagina de construire une vaste cuvette en béton armé, obtenue par la juxtaposition de secteurs identiques. Ces secteurs sont légèrement bombés et le joint entre deux secteurs voisins est soutenu par une nervure verticale en forme de fer de lance qui prend appui sur une semelle.
- Les 15 secteurs rayonnants forment ainsi une cuvette en forme de cône très ouvert et l’ensemble des semelles de support des nervures figure une étoile à 15 branches. Celles-ci sont soudées au centre par une plaque circulaire qui constitue, en réalité, le fond de la cuvette et donne une surface
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- Fig. 1.
- L’intérieur de la cuvette en ciment armé.
- d’appui suffisante mais indispensable en raison de la nature peu favorable du terrain.
- Comme les 15 secteurs sont tous identiques, il a suffi d’un seul coffrage pour les exécuter tous les uns après les autres, ce qui procura une économie considérable.
- Une fois les secteurs en place et jointoyés, l’intérieur du réservoir a été passé à un enduit lisse formé d'une couche de 1 cm d’épaisseur dans la partie haute et de 2 cm dans la partie basse.
- Finalement, malgré sa capacité imposante, cette cuvette, posée pour ainsi dire sur le sol, fut édifiée en 50 jours avec une main-d’œuvre fatalement réduite; le prix de revient n’a pas dépassé 7500 pesetas. C’est une conception très ingénieuse de l’ingénieur espagnol; elle peut ainsi servir de type partout où le sol est défavorable et où le prix d’édification doit être réduit.
- Fig. 2.
- Vue de l’extérieur de la cuvette en ciment armé.
- ZOOLOGIE
- L’Eunecte Murin. Le grand Serpent d’Amazonie.
- On nous demande quelques éclaircissements sur le grand Serpent d’eau dont a parlé M. Léonard Martin (voir n° 2792
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- de La Nature) en son très intéressant article sur les merveilles de l’Amazonie.
- Il s’agit d’unEunecte ou Boa aquatique ; l’un de ses caractères distinctifs réside dans les narines qui sont placées à l’extrémité du museau et qui peuvent se fermer parfaitement. Une seule espèce du genre est connue, c’est l’Eunecte murin (Eunectes murinus), que l’on nomme Rativore, Man-geur-de-Rats, Anaconda, Aboma, Cucuriubu, Cucurui, etc.... C’est le plus grand des Serpents d’Amérique, et peut-être de tous les Serpents du monde. On dit qu’il peut mesurer 10, 12 m de longueur, et même plus ! Des naturalistes, tels que le prince de Neuwied, ont tué plusieurs Eunectes de 5 m de long. Et un Anaconda a été examiné qui mesurait plus de 6 m de long et 60 cm de circonférence au milieu du corps, ce qui est déjà bien énorme. Sans nier aucunement que l’Eunecte puisse atteindre des dimensions supérieures encore à celles que nous venons de citer, nous souhaitons de voir la peau ou le squelette d’un très grand Serpent de cette espèce. Ce serait, à tous points de vue, un document de haute valeur.
- Toujours est-il que l’Eunecte murin présente les caractères suivants : tête fort petite par rapport à la longueur du corps, conique, tronquée et arrondie en avant, aplatie à la face inférieure, peu distincte du tronc qui est relativement mince, mais plus gros au milieu du corps et un peu comprimé ; la queue, peu préhensible, est modérément effilée. L’Eunecte a la partie supérieure du corps d’un vert presque noir chez l’adulte, d’un brun olivâtre chez le jeune sujet; de larges taches ovales, noires, disposées en deux séries alternantes, ornent le dos et la queue. De chaque côté du corps courent des anneaux noirs. Le côté de la tête est gris vert, une bande gris roux va de l’œil à l’occiput, elle est soulignée par une bande brune qui s’éteint en arrière ; le bord de la mâchoire est jaunâtre.
- L’Eunecte habite le Brésil et les Guyanes. Le prince de Neuwied l’a observé au Brésil et l’a dépeint comme ayant des mœurs exclusivement aquatiques, nageant et plongeant habilement. Il s’étend parfois près du rivage pour guetter les animaux qui viennent boire : il s’attaque, le plus souvent, aux Cabiais, aux Agoulisj aux Pacas et même aux Tapirs. Un Anaconda de 7 m de long avait dans l’estomac : “un grand Paresseux, un Fourmilier et un Légouane, tous trois dans le même état que s’ils venaient d’être tués d’un coup de fusil”. L’Eunecte pille les basses-cours des habitations situées près des eaux, il saisit les volailles et les quadrupèdes. Il mange aussi, paraît-il, des poissons. Bien que le prince de Neuwied prétende que le Serpent d’eau n’est pas dangereux pour l’homme, on a des preuves du contraire ; les individus de grande taille s’attaquent aux enfants, à l’homme et aussi aux grands Mammifères.
- « C’est en été, depuis novembre jusqu’en février, que s’accouple l’Eunecte murin, époque à laquelle on le rencontre plus souvent qu’à toute autre et où, assure-t-on, il fait entendre un rugissement sourd. » Cuvier a constaté que l’Eunecte est ovo-vivipare. Dans une ménagerie, un Anaconda, cité par Brehm, pondit 36 œufs, le 26 mai; placés à une température de 26°, les œufs sont éclos le 18 juin suivant: mais, normalement, les œufs éclosent dans le corps de l’animal.
- L’Eunecte dépose ses petilsprès de la rive; les jeunes vont tout de suite à l’eau; mais ils demeurent un certain temps en société et aiment à s’établir sur les arbres dont les branches pendent au-dessus des eaux.
- On assure que l’Eunecte n’hiberne pas au Brésil; cependant, Humboldt a dit que l’Eunecte s’enfouit dans la vase, lorsque les eaux sont taries : « Souvent, dit-il, les Indiens trouvent d’énormes Serpents dans un état de mort appa-
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- rente ; on peut les réveiller en les arrosant J d’eau largement. » Sans doute, cela veut dire que l’Anaconda hiberne ou n’hiberne pas, selon le climat sous lequel il vit. On peut supposer que le Serpent ne s’engourdit pas lorsqu’il habite dans les grands fleuves qui baignent les contrées tropicales ; toutefois son activité doit se ralentir en hiver.
- A terre, l’Anaconda passe pour se mouvoir lentement. Les indigènes savent le chasser et le tuer, à l’arc ou au fusil, en visant la tête de l’animal. Sa peau, très épaisse, sert à faire des chaussures, des sacs de voyage, etc.... « Les Botocudos mangent la chair de ce Reptile et font usage de la graisse, si abondante à certains moments de l’année » (provision de graisse qui s’amasse dans le corps des Reptiles et qui est résorbée pendant la mauvaise saison, en aliment de vie ralentie).
- Lorsque l’Eunecte est tout jeune, il est la proie des ennemis des Reptiles, et l’on devrait s’efforcer de multiplier les-dits ennemis, en particulier les Echassiers.
- Tel est le résumé de ce que l’on sait du grand Boa des eaux. Nous émettons le vœu que des explorateurs veuillent bien rapporter de l’Amazonie des documents et des précisions techniques sur le monstrueux habitant d’une région si curieuse et encore si peu connue.
- A. F.-B.
- A propos d'une grande Chauve-Souris.
- Un lecteur, que nous remercions, nous a envoyé la photographie d’un petit Mammifère capturé à lvilo-Moto (province
- du Ilaut-Uele, Congo belge) et nous demande de déterminer l’espèce de cet animal, ainsi décrit: 80 cm. d’envergure, pelage gris, soyeux, museau allongé, cinq griffes noires, recourbées, aux membres postérieurs; grands yeux ronds, jaune brunâtre, d’aspect très remarquable. L’animal, pris au déclin du jour, n’a pas pu supporter la captivité, il est mort dans la nuit.
- Il s’agit d’une grande Chauve-Souris ou Mégachiroptère, Mais il est difficile, au vu d’une photographie, de déterminer exactement l’espèce. M. Bourdelle, professeur de Mamma-logie au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, croit que l’animal est une Cynonyctérie, et, probablement, une Cpionyc-teris Straminea Peters. En somme, un animal voisin des Roussettes.
- Communément, on appelle Roussettes (Pteropus) les grandes Chauves-Souris. On peut en voir quelques beaux exemplaires dans la galerie de Zoologie du Muséum. Elles sont propres aux contrées les plus chaudes de l’ancien continent : Asie méridionale, Afrique orientale,, où elles vivent en bandes, à l’ombre des forêts. Pendant le jour, elles se suspendent aux branches, la tête en bas, enveloppées de leurs ailes; elles s’éveillent au crépuscule et se mettent en quête de leur nourriture, principalement composée de fruits sucrés,
- qu’elles choisissent bien mûrs. On prétend qu’elles sont friandes du suc de Palmier. Les indigènes protègent les vergers contre les déprédations des Roussettes au moyen de grands filets. Au reste, les Roussettes mangent parfois des Oiseaux et de petits quadrupèdes.
- Le genre Roussette se distingue par la forme des molaires dont la couronne est plate, et par la conformation du doigt indicateur qui a toujours trois phalanges et se termine par un ongle, comme le pouce. La tête est longue, le museau pointu, la langue rude, les narines sans appendice membraneux, les oreilles petites et sans oreillons, la queue très courte ou même nulle ; enfin la membrane inter-fémorale est absente ou se réduit à une étroite bande.
- Parce que la tête rappelle celle du Chien ou du Renard, les Roussettes ont été surnommées « Chiens-volants » ou « Renards-volants ».
- La vue et l’odorat sont très développés chez ces Chiroptères frugivores. Leur vol est rapide et vif; ils grimpent aux arbres avec dextérité, et courent sur le sol. Certaines espèces émigrent en troupes nombreuses. Les Roussettes s’abritent, pendant la mauvaise saison, au creux des arbres ou des .rochers, mais ne s’engourdissent pas.
- Farouches, craintives, les Roussettes sont cependant capables de s’apprivoiser. Les personnes qui ont pu les conserver en captivité ont vanté la douceur de leur caractère. Les Roussettes passent pour s’attacher à leur maître, et, comme les Chiens, lèchent la main qui les caresse.
- En captivité, on les nourrit de riz cuit et sucré, de pain, de fruits doux, de canne à sucre. Elles se tiennent tranquilles pendant le jour, mais elles s’agitent quand vient la nuit et ont besoin d’espace pour voler.
- Les fameuses Chauves-Souris apprivoisées, conservées dans la ménagerie de l’Impératrice Joséphine, à la Malmaison, étaient des Roussettes.
- Par leur étrange structure, les grandes Chauves-Souris ont, de tout temps, attiré l’attention de l’Homme. On a voulu voir des monstres én ces animaux doux et inoffensifs. La légende les a accusés de crimes fantastiques. En réalité, la physionomie des Roussettes n’a rien de repoussant et plaide en leur faveur.
- Dans les hiéroglyphes égyptiens, nous voyons la grande Chauve-Souris symboliser la femme qui nourrit son enfant, et cela à cause de l’amoür maternel du Chiroptère pour son petit.
- Homère, dans l’Odyssée, a cité le Nyctéris. Et Moïse a défendu aux Israélites de manger la chair de la Roussette, alors commune en Babylonie.
- Bien que classée comme aliment impur par le prophète hébreux, la Roussette serait un gibier délectable que l’on a comparé pour la saveur au Lièvre ou à la Perdrix....
- Les Roussettes sont les plus grandes Chauves-Souris connues. Il en est d’énormes, telle que la Roussette d’Edwards, de Madagascar. La Roussette Edule, du sud de l’Asie, atteint plus de 1 m. 50 d’envergure. La Roussette d’Egypte ne dépasse pas 1 m d’envergure, son pelage est gris brun, sa queue est très courte. Brehm a raconté qu’un naturaliste apporta à Schonbrunn deux Roussettes d’Egypte vivantes ; tout à fait familières, elles suivaient leur maître, prenaient des dattes dans sa main, et se laissaient caresser, même par des personnes étrangères.
- Nous serions heureux de pouvoir compléter les généralités précédentes par les observations de lecteurs voyageant — ou ayant voyagé — aux pays des Roussettes : les Mégachiroptères sont extrêmement intéressants, leur biologie est mal connue, et il serait à souhaiter que des amis de la Nature voulussent bien contribuer à l’étude de ces animaux, tant à l’état libre qu’en captivité. A. Feuillêe-Billot.
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- PETITES INVENTIONS
- CONSTRUCTION
- Pilon à planche pour agglomérés.
- Les presses à agglomérés à pilonnage actuellement en usage sont la plupart manœuvrées à la main.
- Dans les machines de ce genre, une masse tombe sur la matière disposée dans le moule et la comprime. La chute de la masse se fait par un déclic à main et des compensateurs bandés lors de la chute, facilitent le retour manuel de la masse à son niveau potentiel primitif.
- Ces machines ont l’inconvénient de ne pas utiliser toute la force vive normale du pilon.
- Il existe également des presses à agglomérés fonctionnant mécaniquement. Ces presses se composent d’un coffre en fonte ou en acier, fermé à sa partie supérieure par un couvercle à charnières ou à glissières.
- La partie inférieure est formée par un piston coulissant dans des glissières et commandé par un vilebrequin, came ou genouillère. Ces presses dites à compression lente ont l’inconvénient de ne comprimer le produit qu’à la partie en contact direct avec le piston.
- L’excès de remplissage, de mouillage et le manque d’homogénéité du produit à comprimer sont des causes fréquentes de pannes et arrêts de ces machines. D’ailleurs, les prix élevés et la fragilité de ces machines en rendent l’utilisation très coûteuse.
- Une nouvelle presse mécanique est comparable au système à main, mais elle utilise toute l’énergie potentielle de la masse ainsi que le pilonnage saccadé et de force réglable à volonté.
- Cette presse est particulièrement désignée pour la fabrication des moellons en béton, pleins ou creux, lisses ou ornementés, ainsi que des briques et des pierres artificielles en tous genres.
- La caractéristique principale réside dans le fait que la matière à agglomérer, disposée dans un moule maintenu sur une table pendant le pilonnage, se trouve comprimée par suite de coups donnés par une masse tombante, à relevage et accrochage automatiques. Le transport et le démoulage des produits comprimés sont également très caractéristiques.
- La matière à agglomérer est donc maintenue sur une table pendant le pilonnage.
- La machine se compose d’une charpente rigide munie de glissières verticales le long desquelles se déplace une masse tombante à relevage automatique. La table est fixée à la charpente, elle sert de fond à un coffre renforcé, dont les parties avant et les deux côtés latéraux peuvent s’ouvrir. C’est à l’intérieur de ce coffre qu’on dispose le moule spécial qui reçoit la matière à comprimer et qui sert ensuite à transporter les moellons au chantier de séchage.
- La table est percée d’ouvertures qui laissent passer deux cylindres à démoulage automatique de haut en bas, pour la fabrication des plaques creuses.
- Le système de relevage automatique de la masse tombante est celui qu’on emploie depuis longtemps dans le pilon à planche. Il a fait ses preuves tant au point de vue de la robustesse que de la simplicité et de la sécurité du fonctionnement. Tout ce système mécanique est placé à la partie supérieure de sorte qu’il est à l’abri des matériaux qu’on emploie à la fabrication des agglomérés et qui sont en général des matières corrosives susceptibles d’user les pièces mécaniques les plus robustes.
- L’entretien de la machine est donc à peu près nul, car une seule pièce est sujette à l’usure, c’est la planche de relevage
- automatique en bois de hêtre qui peut être fournie par n’importe quel menuisier.
- Le dispositif du moule permet le transport sans planchette des plaques creuses, en raison de la puissance de compression obtenue. En se servant d’un deuxième moule de transport on peut augmenter la production dans de fortes proportions. En effet, alors qu’un ouvrier porte le produit au séchage, un deuxième peut fabriquer un autre bloc.
- Si l’on veut faire des moellons pleins, il suffit de remplacer sur la table la tôle évidée par une tôle pleine. Le plateau
- Fig. 1. — La machine à agglomérer.
- évidé fixé à la partie inférieure de la masse tombante est aussi remplacé par un plateau plein. Pour faire des moellons ornementés et des briques, on utilise un moule spécial à charnières. Les produits sont alors comprimés directement sur la planchette de transport.
- La machine à agglomérés à planche demande', le minimum de frais de marche et donne un rendement extrêmement intéressant ; la compression régulière et puissante obtenue fournit des agglomérés particulièrement résistants.
- Constructeur : Ransome, 4, rue Tronchet, Paris.
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- ÉLECTRICITÉ
- Amélioration des haut-parleurs.
- Un petit perfectionne ment simple, faisant l’objet d’un brevet, améliore le fonctionnement du haut-parleur dans.de grandes
- Fig. 2. — Haut-parleur perfectionné.
- proportions. Le procédé consiste à adjoindre une feuille vibrante en carton, à laquelle on donne la forme d’un cylindre ouvert suivant une génératrice.
- Cette feuille épouse la forme du haut-parleur sur lequel elle est appliquée et elle est rendue solidaire delà membrane vibrante ou du support de cette membrane.
- La génératrice suivant laquelle cette feuille est ouverte est placée à la partie inférieure et les lèvres de la feuille ne sont pas jointives.
- Cette adjonction transforme la tonalité des appareils ; elle rend la voix plus chaude et plus naturelle et les vibrations sonores de fréquences basses ne sont plus escamotées comme cela se présente quelquefois ; il en est de même pour certains instruments d’orchestre qui sont reproduits insuffisamment par le haut-parleur ordinaire.
- Les vibrations des instruments à cordes ne sont plus étouffées grâce à la sonorité de la feuille vibrante qui, en outre, contribue à une augmentation appréciable de puissance sans déformation.
- Inventeurs : Nicolas et Le Discord, 159, rue Diderot, Yincennes.
- Coupe-circuit magnétique.
- Ce petit appareil remplace, à lui seul, l’interrupteur et le coupe-circuit, c’est en réalité un petit disjoncteur à maxima, établi pour courants peu intenses et qui se déclenche par sur-aimantation.
- Les appareils sont prévus avec soufflage magnétique et réenclenchement empêché.
- Ils se font uni-, bi- ou tripolaires. Dans ces deux derniers types le déclenchement d’une phase entraîne automatiquement la rupture des autres phases.
- Le courant qui entre dans l’appareil passe par deux contacts et traverse une bobine, puis sort pour alimenter l’installation d’éclairage, de chauffage, d’alimentation d’appareils domestiques; en cas de surcharge ou de court-circuit, un noyau de fer pompé par l’électro-aimant bute contre un cliquet d’enclenchement qui provoque la séparation des contacts supérieurs de l’appareil et, par conséquent, coupe le courant.
- Pour fermer le circuit lorsque la cause du déclenchement a été supprimée, il suffit d’agir sur le levier qui dépasse du couvercle de l’appareil et de le manœuvrer de bas en haut. On remet les contacts supérieurs l’un contre l’autre par
- 1 action d un poussoir, le contact est verrouillé par le cliquet; lorsqu on lâche le levier d’enclenchement, le poussoir qui a agi pour écarter le contact près du socle s’efface, de sorte que le contact est rapproché de l’autre enclenché par le cliquet.
- Dans ces conditions, on voit que l’on ne peut empêcher 1 appareil de couper à nouveau le circuit si la surcharge ou le court-circuit n’est pas supprimé, enfin la manœuvre de déclenchement peut se faire à la main en appuyant sur le bouton de manœuvre dont la lame soulève le cliquet ; par suite, de cette manière, l'appareil fonctionne exactement comme un interrupteur.
- Un appareil modèle lumière, pour courant alternatif, est à déclenchement instantané.
- C est donc un appareil limiteur d’intensité d’entrée pour petites installations domestiques, il peut s’employer partout où le courant est distribué, mais il exclut l’emploi d appareils qui produisent à la mise en circuit une pointe supérieure à l’intensité de déclenchement de l’appareil.
- L’appareil se fait réglable ou non réglable.
- Dans un autre modèle on a prévu un déclenchement retardé mécaniquement de manière à permettre l’utilisation, sur le courant lumière, des appareils ménagers ou autres, qui provoquent une pointe à la mise en circuit, permettant ainsi l’utilisation effective et continue de la puissance souscrite.
- En cas de court-circuit, l’appareil fonctionne instantanément, il ne permet qu’une surintensité momentanée à la mise en circuit et à tout autre moment, la temporisation étant forcément inversement proportionnelle à la valeur de la surintensité.
- Pour les moteurs, on emploie un disjoncteur limiteur qui peut être alors placé à l’entrée des différents circuits, quand on n’utilise d’une façon continue qu’une partie de l’installation totale.
- Également pour ce modèle on prévoit le déclenchement mécanique retardé appliqué à des moteurs, il est bien supérieur aux fusibles tout en permettant des surintensités momentanées au démarrage, il empêche le grillage du moteur, par temple dans le cas de rupture d’une phase sur la distribution polyphasée.
- Il fonctionne instantanément en cas de court-circuit; des dispositifs spéciaux peuvent fonctionner également surfil lumière ou sonnerie par l’intermédiaire d’un transformateur, de sorte qu on peut couper à volonté à la main ou à distance au moyen d un circuit secondaire le courant principal.
- Ce télérupteur se combine également avec les disjoncteurs, de sorte qu un appareil tri polaire comprend deux phases en disjoncteur et une phase en télérupteur ; une adjonction d’un contact spécial s’établissant automatiquement au déclenchement des appareils permet d’actionner à distance une lampe témo:n, une sonnerie, etc.
- Constructeur :
- Établissements Coucima,
- 36, avenue de la République,
- Paris (XIe).
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- LIVRES NOUVEAUX
- La pratique du chauffage central, par H. Charlent et L. Bourcier. 1 vol., 228 p., 225 fig. Garnier frères, Paris 1928. Prix : 12 fr.
- Livre utile, écrit par des spécialistes à l’usage des praticiens, mais qui rendra des services non moins appréciables aux simples usagers, en les renseignant très exactement sur les divers agencements possibles du chauffage central dans leur maison ou appartement, en les guidant pour le choix du matériel, en les instruisant sur le réglage et la conduite des installations, en leur montrant enfin comment les travaux doivent être exécutés.
- Les isolateurs en porcelaine, par le Dr G. Bemschke, traduit de l’allemand par J. Godin. 1 vol., 154 p., 165 fig. Ch. BéraDger, édit. Paris 1928. Prix, relié: 40 fr.
- L’isolateur joue un rôle d’une importance capitale dans le bon fonctionnement d’une distribution d’électricité par fils aériens. Et ce sont les progrès réalisés dans cet organe qui ont permis d’assurer avec sécurité des distributions à haute tension sur des territoires étendus. L’auteur rappelle d’abord les points essentiels de la fabrication et de la cuisson des objets en porcelaine ainsi que les propriétés électriques de la porcelaine. Il résume ensuite les problèmes électriques que pose l’étude d’isolateurs répondant à des conditions déterminées et il décrit les divers types en service ou proposés. Il termine en montrant comment se pratiquent les divers essais imposés aux isolateurs avant leur mise en service.
- Guide pratique de l’expert chimiste en denrées alimentaires, par Georges Pellerin. 3° édition, 1 vol. in-8, 420 p., 21 fig. Maloine, Paris, 1928. Prix : 50 fr.
- Cette troisième édition d’un ouvrage bien connu marque un stade décisif dans l’analyse des denrées alimentaires. Débarrassée des textes légaux et officiels et des données de chimie analytique qui de leur côté ont fait l’objet d’ouvrages spéciaux, elle fournit aux chimistes, spécialistes ou non, toutes indications nécessaires pour mener à bien une expertise et prendre les responsabilités qui leur incombent. A cet effet, l’auteur donne pour chaque substance les techniques analytiques les plus éprouvées et le mieux établies par la pratique courante ; la composition de chacune d’elles d’après les documents officiels de la répression des fraudes, les éléments d’interprétation des résultats des analyses et les conclusions que l'on doit en tirer, en citant des exemples numériques chaque fois qu’un doute plane sur l’interprétation d’un texte.
- Grâce à un style concis et châtié, chaque sujet a été condensé et réduit au strict minimum, ce qui rend l’ouvrage d’une lecturè facile, d’un emploi commode au laboratoire.
- Le pH en biologie, par Marcel Vérain et Jean Ciiaumette. 1 vol. in-8, 160 p., 29 fig. Collection Médecine et Chirurgie pratiques. Masson et Cie, Paris 1928. Prix : 16 francs.
- La mesure de la concentration en ions hydrogène prend un tel développement dans les sciences et les industries biologiques que les manuels de technique se multiplient. En voici un excellent parce que écrit de main d’ouvrier ; les méthodes électrométriques y sont particulièrement bien décrites. Leur application à l’étude du sang dans les états normaux et pathologiques est aussi bien exposée. Parmi tous les autres problèmes biologiques liés aux mesures de pli, les auteurs ont choisi trois cas qu’ils ont traités rapidement : panification des farines, cultures microbiennes, réactions des sols.
- Théorie ionique de l’excitation des tissus vivants,
- par P. Lasareff. 1 vol. in-8, 240 p., 61 fig. Collection de monographies étrangères. Albert Blanchard, Paris, 1928. Prix: 40 fr.
- Toute une école russe, avec Setchenow et Pawlow, s’est occupée de l’activité cérébrale ; une autre a étudié les lois de l’excitation. L’auteur, directeur de l’Institut de physique et de bio-physique de Moscou, a déjà publié plusieurs mémoires sur ce dernier sujet et il expose ici les lois générales auxquelles il est parvenu. Pour lui, l’excitation des tissus vivants est due à un changement d’état de la solution protéique sous l’action d'agents excitants qui sont particulièrement les ions. Il applique cette théorie ionique à l’excitation des nerfs et des muscles dont il résume et coordonne les faits déjà connus, puis il passe aux sensationslumineuses en vision périphérique, dans la vision colorée, aux sensations auditives, olfactives, cutanées et partout' il retrouve les mêmes lois fondamentales. Ce travail de physique mathématique appliquée à l’un des pliis difficiles et importants problèmes de la physiologie ouvre de nouveaux horizons sur la fonction fondamentale de la matière vivante, l’excitabilité.
- Acidose et atcalose. Physiologie. Pathologie. Thé-
- rapeutique, par Marcel Labbé et F. Nepveux. 1 vol. in-8, 296 p.', 27 fig. Masson et Cie, Paris, 1928. Prix : 30 fr.
- La Nature a récemment exposé l’intérêt de l’équilibre acide-base des humeurs et son importance pour la conservation de la santé. Ce livre est tout entier consacré à cette question. Il expose d’abord les méthodes de mesure du pH applicables au sang et aux urines, puis le mécanisme physiologique de la régulation de l’organisme. Ensuite viennent les données de pathologie qui expliquent tant de faits restés jusqu’ici obscurs et sans lien : l’acidose du diabète, du jeûne, du choc; l’alcalose de l’hyperpnée, de la tétanie, de l’épilepsie. 11 en découle naturellement une thérapeutique, très simple et souvent efficace. Cet exposé bien ordonné de toutes les nouvelles données qu’apporte le pH à la médecine est un bel exemple de la nouvelle orientation donnée à celle ci par la chimie physique.
- 17.000 kilomètres de film... au Canada, par, Victor Forbin, préface de M Raymond Poincaré. 1vol., 320 p. Éditions Baudinière, Paris, 1928.
- Le film que déroule notre collaborateur V. Forbin est celui d’un voyage qu’il entreprit l’an dernier à travers le Canada, à l'invitation delà Liaison française, oeuvre patriotique fondée par les Canadiens français pour défendre leur race, leur foi et leur langue. Ce récit pittoresque, attrayant, nourri d’une riche et vivante documentation, nous transporte avec l’auteur, de l’Atlantique au Pacifique, à travers les immensités canadiennes; il nous donne en passant un aperçu des mœurs des habitants, des richesses du pays qui sont prodigieuses; et surtout il nous fait vivre avec les Canadiens français, aux mœurs patriarcales; ceux-ci aujourd’hui essaiment de Québec et de la Nouvelle-Écosse vers les terrains libres de l’Ouest; ils y éprouvent de sourdes, persécutions qui visent à les dénationaliser, mais forts de leur abondante natalité, groupés fidèlement derrière leur clergé, ils maintiennent entre eux une vigoureuse cohésion et résistent victorieusement.
- Le Pharaon Tout-ank-Amon Sa vie, son temps, par T. R. Tabouis. 1 vol., 312 p., 34 fig. Payot, édit., Paris, 1928. Prix : 25 fr.
- Le pharaon Tout-ank-Amon, dont le tombeau et la momie récemment découverts ont fait coulertant d’encre, régnait sur l’Egypte, au xive siècle avant notre ère. Souverain éphémère, emporte tout jeune, après quelques années de règne, par la phtisie, il n’a pas laissé grandes traces dans l’histoire. Mais la civilisation égyptienne de son temps nous est parfaitement connue, grâce aux découvertes faites depuis un siècle par les égyptologues : déchiffrement des papyrus, des stèles et briques gravées, étude des monuments et de leurs inscriptions, ainsi que des innombrables objets trouvés dans les tombes d’Egypte. Nous savons que cette civilisation était, à bien des égards, très avancée et extrêmement raffinée. C’est cette civilisation que M. Tabouis fait revivre avec autant de science que d’agrément en nous contant une sorte de vie romancée du pharaon Tout-ank-Amon, figure attirante et mystérieuse d’un jeune et fragile souverain qui s’efforce à maintenir la cohésion et l’éclatante suprématie de son pays, en le faisant revenir à ses dieux traditionnels, abandonnés par son prédécesseur Amenophis IV, le mystique réformateur monothéiste.
- La pêche, dans la préhistoire, dans l’antiquité et chez les peuples primitifs, par A. Gruvel, 1 vol. in-8, 233 p., 134 fig., 26 pl. Société d’Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales, Paris 1928. Prix: 40 fr.
- De l’examen des modes de pêches préhistoriques, égyptiens, grecs, romains, gaulois, et de ceux des peuples primitifs actuels : Esquimaux, Fuégiens, Néo-Calédoniens, Océaniens, il ressort que l’ensemble des procédés de capture des poissons n’a guère évolué, depuis les temps très lointains de la Préhistoire. Les procédés de pêche, et aussi de conservation sont également demeurés primitifs chez la plupart des indigènes de nos Colonies, et l’auteur plaide pour leur perfectionnement qui améliorerait les conditions de nourriture.
- Au pays de Tagore, la civilisation rurale du Bengale occi-dental et ses facteurs géographiques, par Arthur Geddes, préface de A. Demangeon, in-8°, 236 p., 2 gravures, 1 carte et 5 planches. Paris, Armand Colin, 1928. Prix : 25 francs.
- Très curieux travail, œuvre vécue d’un jeune Écossais qui s’est mis à l’école du grand écrivain Rabindranath Tagore pour pénétrer l’âme hindoue, et qui étudie l’œuvre accomplie par le centre intellectuel de Santi-Nikatan pour rénover la vie rurale de l’Inde par le développement de la coopération et d’après les enseignements de la science européenne.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Curiosité mathématique (n° da 15 septembre).
- M. E.-P.-J. Rumeau nous écrit à ce sujet :
- « En lisant dans, le dernier numéro de La Nature la curiosité mathématique
- J_
- 2~-
- je me suis souvenu du problème posé, mais sous une foi-me qui trompe plus facilement le « bon sens ».
- On imagine deux commandes de ficelle.
- L’une pour entourer une assiette, l’autre pour ceindre la terre à l’équateur.
- L’on imagine que le marchand a livré deux ficelles, chacune trop longue de un mètre, et l’on demande dans quels rapports seront les deux distances : assiette et ficelle d’assiette, terre et ficelle de terre.
- La réponse immédiate habituelle est, bien entendu, que la première distance sera sensible, et la seconde inappréciable. »
- M. J. Adam nous écrit également à ce sujet :
- « La Nature signale dans sa Boîte aux Lettres du 15 septembre le petit problème du fil qui entoure la terre. Il me semble qu’il
- 1
- faut insister sur le fait que le résultat obtenu -. — = 0,159... est
- 2 TT
- indépendant du rayon de la sphère. La différence de rayon en question serait la même qu’avec la terre, si l’on faisait l’expérience avec une boule de croquet ou avec le soleil.
- Un peu dans le même ordre d’idées, on peut s’amuser à poser la colle suivante :
- Supposez un bibelot représentant exactement dans toutes ses proportions la Tour Eiffel et en fer comme elle, mais mesurant 30 cm de hauteur. Quel serait le poids de cette réduction P
- Les réponses sont toujous très supérieures à la réalité. Le poids de la Tour Eiffel en réduction n’est que de 7 grammes.
- En effet, la Tour mesure 300 m., sa réduction à 30 cm est au millième en longueur. Mais en volume (donc en poids) le rapport 1
- de réduction est — • Comme la Tour Eiffel vraie pèse 7.000 tonnes
- ou 7 X 109 g, sa réduction pèserait bien sept grammes. Ceci montre bien la légèreté des constructions métalliques. »
- Le vent porte-t-il le son ?
- Le Dr Stephan Tara nous adresse de Penestin (Morbihan) une nouvelle lettre sur ce sujet :
- « Vous aviez bien voulu prendre en considération une remarque que j’avais faite au sujet de l’influence du vent sur la propagation du son. Je vous apporte une nouvelle contribution, qui loin d’éclairer la question me semble encore la compliquer.
- Je vous avais dit que, marchant contre le vent, à une vitesse moyenne de 40 lcms-heure, le son d’un avertisseur d’auto se propageait beaucoup mieux que marchant dans le sens du vent.
- L’été particulièrement sec que nous subissons me permet de compléter ce que je vous avais signalé : par vents humides la propagation du son se fait mieux contre le vent; par vents secs, la propagation se fait mieux dans le sens du vent.
- J’habite en bordure de mer ; la route principale, que j’emprunte journellement, est orientée Est-Ouest; pendant l’été le régime moyen des vents a été ce que les pêcheurs du lieu appellent les vents « alizés » : de minuit, environ, jusqu’à midi vents d’Est ; de midi à la nuit vents d’Ouest.
- Le matin, me dirigeant contre le vent, le son de l’avertisseur n’est perçu que très difficilement et très tardivement par le véhicule qui me précède ; marchant dans le sens du vent, le son de ma trompe est entendu à très grande distance.
- Le soir, comme je vous l’avais signalé, phénomène inverse : le son est mieux perçu quand l’auto marche contre le vent que quand elle marche dans le sens du vent.
- J’ajoute que, pour plus de certitude, j’ai fait constater le vrai de mes remarques par des amis en villégiature, amis à l'esprit critique, et en particulier par un professeur de physique d’un Lycée de province et par un Chef de clinique à la Faculté de Médecine de Paris.
- Je livre donc le résultat de ces remarques à la sagacité de vos lecteurs, en ajoutant qu’à mon avis l’état hygrométrique de l’air doit jouer un rôle important dans la propagation du son. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Peut-on déterminer exactement le temps de pose en photographie ?
- Dans la pratique, le temps de pose dépend de six facteurs essentiels qui sont les suivants :
- 1’ Le sujet, qui par les éléments qui le composent est susceptible de renvoyer plus ou moins de lumière (monument, paysage, sous-bois, etc.);
- 2° L’époque à laquelle on opère (saison) et l’heure de la journée (matin, midi, soir) ;
- 3° L’état du ciel, celui-ci pouvant être couvert, clair, brumeux, etc. ;
- 4° Le type de plaque employé (plaques lentes, rapides, ultra-rapides), sa marque avec lès caractéristiques de sensibilité;
- 5° L’objectif et l’ouverture sous laquelle il fonctionne par rapport à sa distance focale;
- 6° L’intervention d’écrans colorés volontairement ou par suite des circonstances (intérieur d’église)
- On conçoit qu’un seul et même appareil, quels que soient les efforts du constructeur, ne peut en même temps tenir compte de tous ces éléments; le mieux est donc d’employer des tables, par exemple celles très ingénieusement établies par M. Moreau et publiées dans les nM 20 et 23 de 1927, du Journal « La Photo-Revue » qui pour chaque facteur considéré donnent un coefficient de pose. En faisant la somme de ces coefficients élémentaires on obtient
- un total qui fournit dans une colonne finale la pose à appliquer. On aura par exemple :
- 1° Statue blanche dans une chapelle (25 —J— 3) = 28 (25 étant un coefficient appliqué d’office à tout intérieur).
- 2° et 3° Epoque 10 septembre — 1D —Ciel clair = 6
- 4° Pellicules ortho V sensibilité 500 HD = 3
- 5° Objectif anastig ~W diaphragmé F/6.3 = 16
- 6° Eclairage diminué par des vitraux S = 30m2 — distance I0m lumière rosée à 45° (12 -f- 8 -J- 2) = 22
- Coefficient total 75
- Le temps de pose correspondant est de 50 secondes d’après la table.
- Quelques minutes suffisent à rassembler ces éléments, lorsque l'on est familiarisé avec l’emploi des tables et l’opérateur, certain de ne plus opérer au hasard, n’a plus à apporter que sa note artistique personnelle, pour réaliser les meilleurs clichés.
- N. B. La Photo-Revue est éditée à la Librairie J. de Francia, 118, rue d’Assas, Paris, VIe.
- M. Decae, a Saint-Denis.
- P.-S. Les radiations ultra-violettes s’obtiennent facilement au moyen des lampes en quartz à vapeurs de mercure, par exemplç les lampes Cooper-Hewitt de la Société Hewittic, à Suresnes.
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- , iVe laissons pas nos meubles être la proie des vrillettes.
- L‘Anobium pertinax ou vrillette est un coléoptère xylopliage très commun dans les maisons où il s’attaque de préférence aux meubles, aux planchers et aux lambris.
- C’est un insecte de 4 millimètres de longueur, d’un brun foncé, avec duvet de couleur fauve, ses élytres sont striés, il est remarquable par son aptitude à feindre la mort quand on le touche, ce qui lui a valu son nom scientifique ; d’autre part les trous ronds qu’il creuse dans le bois à la façon d’une vrille le font communément désigner sous le qualificatif de vrillette.
- Le meilleur moyen de détruire ces parasites est d’introduire dans les trous au moyen d’une fine seringue une goutte de tétrachlorure de carbone. Ensuite on rebouche les trous avec un mélange de cire d’abeilles et d’oxyde de plomb (minium pour les bois foncés, litharge pour les bois clairs, traces de noir de fumée suivant besoins pour adapter à la teinte générale). Finalement on encaustique avec une encaustique à l’essence de térébenthine. M. B.vckmann, a Paris.
- Un inconvénient des colles de poissons.
- Les colles de poissons que l’on rencontre dans le commerce sous des noms variés : seccotine matou-colle, etc , si elles ont l’avantage d’être très adhésives, c’est-à-dire de fixer rapidement les parties à joindre, ont par contre le gros inconvénient d’être très hygrométriques ; elles absorbent avec facilité l’humidité de l’air et l’on voit alors s’incliner doucement des fragments que l’on considérait comme fortement collés.
- De même, si on cherche à recoller certains gainages en maroquinerie d’appareils photographiques on voit que par temps pluvieux la réparation devient précaire.
- On peut fort heureusement obvier aux inconvénients ci-dessus en utilisant les propriétés insolubilisantes du formol. Après avoir enduit de colle la partie à joindre, on passe à la surface un pinceau imbibé de la solution commerciale de formol à 40 pour 100 de formaldéhyde; on serre énergiquement et laisse bien sécher, l’humidité de l’air est alors sans action sur le collage si l’opération a été bien conduite. M. Bochet, a Paris.
- De tout un peu.
- M. Collier, a Bordeaux. Pour fixer sur toile des feuilles minces d’étain ou d’aluminium, il vous suffira d’appliquer d’abord sur la toile du vernis à la gomme laque, puis de poser à l’emplacement choisi les feuilles métalliques. Un coup de fer à repasser légèrement chauffé amènera la fixation sans avoir à craindre un décollement par l’eau.
- Remarque. On pourrait peut-être opérer d’une façon inverse en mettant préalablement la gomme laque sur la feuille métallique, le travail serait plus propre, mais aussi probablement l’adhérence moindre.
- M. Le Roy, a Saint-Germain-en-Laye. Tous pourrez très facilement retoucher vos fourrures de taupes et faire disparaître l’épi blanc en opérant ainsi :
- Dégraisser d’abord la place avec un tampon de coton imbibé de benzine à détacher, préparer ensuite les deux solutions :
- A. Paraphenylène diamine........... 50 grammes
- Alcool dénaturé................. 250 centimètres cubes
- Eau non calcaire................ 250 —
- Faire dissoudre le paraphénylène diamine dans l’alcool, y verser ensuite l’eau progressivement en agitant :
- B. Bichromate de potasse........... 12 grammes
- Eau ordinaire................... 250 centimètres cubes
- Mélanger parties égales de A et de B seulement au moment de 1 emploi. Appliquer à froid au moyen d’un pinceau, la couleur se développe à l’air en 1/4 d’heure environ, on rince soigneusement à l’éponge, laisse bien sécher et lustre avec une petite brosse que l’on a passée dans la paume de la main contenant une goutte d huile d’olive.
- N. B. Si l’intensité n’était pas assez grande au premier essai, on pourrait faire successivement deux ou trois applications. Bien entendu, ne lustrer que tout fini.
- r Hp> A Paris : 1° Le cosmétique transparent dont vous nous avez soumis un échantillon n’est autre chose que le savon jaune brun,
- ayant même aspect et connu dans le commerce sous le nom de savon à la glycérine, il vous sera donc très facile de vous le procurer;
- 2° Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner le produit en question.
- Mme d’Aillières, a Mamers. Le vert de gris n’est autre chose que du carbonate de cuivre hydraté; comme tous les carbonates, il est attaqué sans difficulté par les acides minéraux ; on peut en même temps joindre une action abrasive légère pour donner un beau poli. La formule suivante vous donnera certainement satisfaction :
- Acide oxalique................ 25 grammes
- Acide sulfurique ordinaire. . . 25 —
- Tërre pourrie ............... 75 —
- Eau ordinaire ....... 1000 centimètres cubes.
- Verser d’abord l’acide sulfurique dans l’eau (ne pas faire le contraire, car il pourrait y avoir projections dangereuses), ajouter ensuite l’acide oxalique, puis la terre pourrie, bien mélanger.
- J. P. A., a Marseille. Les taches rousses que vous avez observées sur vos papiers d'aquarelles sont produites par des moisissures. S’il s’était agi de gravures, vous auriez pu facilement les faire disparailre par immersion dans une solution montée à l’eau oxygénée ammoniacale, mais, dans le cas présent, il faudra vous contenter d’un traitement à sec en appliquant aux endroits atteints une pincée de sulfate de cuivre pulvérisé finement et desséché par calcination légère de façon que cette poudre soit blanche et non bleutée. Après un contact de deux ou trois jours, brosser avec un pinceau très propre et gommer avec une gomme douce.
- N. B. Au cas où les marges seules seraient atteintes d’une façon sérieuse, ce qui est souvent le cas, le mieux serait de transporter l’aquarelle sur un nouveau support.
- M. R. Gariel, a Paris : 1° Vous pourrez constituer un bon mastic bouche-pores en prenant :
- Résine colophane................... - 250 grammes
- Cire d’abeilles . ............... 500 —
- Amener doucement à fusion, mélanger, teinter légèrement par addition d’ocre jaune en rouge suivant la teinte du bois.
- Pour l’emploi, ramollir dans le creux de la main en malaxant, appliquer au couteau dans les fissures du bois, lisser.
- Eventuellement ajouter un peu de blanc d’Espagne si on désire opacifier ;
- 2° Pour teinter le sapin blanc au ton pitchpin employer une décoction d’orcanette ou de bois jaune (bois du Brésil jaune ou Vieux fustic).
- L. J. 48. Ce que nous avons exposé dans le n° 2786, p. 526, Boite aux Lettres, concernant les appareils appelés le plus souvent ozo-niseurs bien qu’ils soient des producteurs d’aldéhydes et .non d’ozone, s’applique bien au cas que vous considérez, c’est-à-dire que le liquide est de l’alcool ordinaire ou de l’alcool mélhylique.
- Il existe bien des appareils réellement producteurs d ozone, mais ceux-ci utilisent l’effluve électrique pour polymériser 1 oxygène, il n’est pas ici nécessaire de faire intervenir un liquide et une mèche comme dans les appareils que nous avons décrits.
- M. CiiRistiaens, A Buekos-Aires. Pour percer la porcelaine il faut' se servir d’un acier trempé très dur en présence d’un liquide facilitant l’attaque. On prendra, par exemple, un foret en acier « coupe-rapide » dont on affûte l’extrémité à la meule en biseau, puis que l’on trempe en chauffant au rouge et en enfonçant aussitôt dans un morceau de plomb ou un bain de mercure (le plomb donne plus de dureté).
- Le liquide donnant le meilleui’ résultat pour la pénétration est une solution saturée de camphre dans l’essence de térébenthine ou la benzine.
- M. Denigès dont on connaît l’excellence des procédés qu il publie a conseillé de prendre :
- Camphre....................... 10 grammes
- Huile 'd’olive ou d’amandes. 30 —
- Benzine.......................100 centimètres cubes.
- On humecte'de ce liquide la surface à attaquer, et l’acier s’il es de bonne qualité et bien trempé y mord avec facilité. Il suffit en dernier lieu de laver avec un peu de benzine pour nettoyer parfaitement l’objet travaillé.
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- ACTUALITÉS ILLUSTRÉES
- 1. L'homme mécanique. Un curieux automate récemment exposé à Londres, commandé par télémécanique, se promène, s’arrête et s’assoit. (Pli. Kevstone View.)
- 2-3. IJautogire La Cierva. Véhicule aérien, à voilure tournante, qui a accompli récemment le voyage Londres-Paris. (Ph. Roi.) 4-5. Aux grandes manœuvres aériennes de la Beauce. (Sept. 1928.) Une escadrille de chasse, poste émetteur de T. S. IL sur auto. (Ph. Roi.) 6. Le dirigeable “ Comte Zeppelin ”, destiné à la ligne Espagne-Amérique-du-Sud, fait des essais au-dessus du lac de Constance.
- (Ph. Kevstone View.)
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- 96.373. — Paris, lmp. Lahure. - i5-io-28.
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- N” 2796.
- LA NATURE
- 1er Novembre 1928,
- NOTRE ÉDITEUR : P.-V. MASSON
- Très peu après l’apparition de notre dernier numéro, le 18 octobre, M. Pierre-V. Masson, éditeur de La Nature, est mort. Il a été emporté brusquement après quelques jours seulement de maladie, alors que sa santé robuste n’avait jamais suscité aucune inquiétude et que sa haute intelligence, son activité incessante donnaient à tous l’impression d’un chef, plein d’ardeur et aussi de charme, d’aménité, auprès duquel nous étions si heureux de collaborer que nous n’avions jamais imaginé le malheur d’une séparation brutale.
- Masson était de la race des grands éditeurs et des grands bourgeois de Paris.
- Après son grand-père, son père avait donné à la librairie qui porte leur nom, une importance et une célébrité mondiales. Les grandes publications scientifiques et médicales du xixe siècle sont pour la plupart sorties de leur maison et leur action pour la propagande de la pensée française à l’étranger est de tout premier ordre.
- Georges Masson, son père, mourut en 1900, commandeur de la Légion d’Hon-neur, président de la Chambre de Commerce de Paris, laissant à son fils une lourde et glorieuse succession.
- Pierre Masson y était préparé par ses études (il avait été un brillant élève de l’Ecole Centrale), et par la connaissance qu’il avait déjà acquise des questions si complexes et si délicates que soulève l’édition des oeuvres scientifiques : choix des sujets, choix des auteurs, d’abord, puis questions techniques de présentation : papier, caractères, illustrations, modes d’impression, de tirage, de brochage ; enfin questions commerciales d’organisation, de vente, de propagande. On peut dire que
- par la haute tenue de ses publications aussi bien que par le soin apporté à leur présentation, la librairie Masson a apporté à la science française un concours, une aide qui ont puissamment agi sur le mouvement des idées aussi bien que sur leur diffusion dans tous les milieux.
- De cette librairie, Pierre Masson était l’âme. Présent à son bureau du matin au soir, suivant de près l’activité de tous les services, en contact journalier avec les plus grands savants et médecins de notre époque, aimable et bienveillant pour les jeunes, il savait choisir, orienter, diriger aussi bien les intelligences que les rouages multiples d’une grande maison d’éditions.
- Pendant la guerre, privé de presque tous ses collaborateurs, il assuma à lui seul la lourde charge de toute la librairie et notamment la direction entière de La Nature, rendue plus difficile encore par les exigences de la censure.
- Son activité ne se bornait pas à ces devoirs professionnels, il participait activement aux travaux du Cercle de la Librairie. Aucune œuvre utile ne faisait en vain appel à son concours : il fut le trésorier de multiples Sociétés, celle des Amis du Muséum, par exemple; enfin il avait consacré une large part au Comité national de lutte contre la tuberculose, dont il était vice-président.
- Il meurt officier de la Légion d’Honneur.
- De son mariage avec une des filles du peintre Gérôme, il avait eu deux enfants. A ceux-ci, à ses associés, nous tenons à exprimer, au nom de La Nature, notre douleur et nos condoléances émues.
- La Rédaction.
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- =E LES FOSSES SEPTIQUES EEE=
- ET LEUR RÉGLEMENTATION ACTUELLE
- Ventilation générale
- Fosse second1".
- Fosse secondaire
- Fosse—
- primaire_
- Fig. 1. — Fosse septique système Hygea avec nitrificateur cellulaire, A, fosse.
- Pour se débarrasser des excréta Immains et de certaines eaux usées domestiques, on ne dispose pour l’instant que de deux moyens : emmagasiner ces déchet s dans une fosse ordinaire étanche, et vidanger celte fosse chaque fois qu'il en est besoin, ou soumettre ces matières et ces eaux au traitement biologique dans une fosse septique, puis épurer l'effluent de cette fosse au moyen d’un nitrificateur.
- La pratique montre que ces deux moyens ne sont parfaits qu’en théorie. Mais le plus critiquable, sans contredit, est celui de la fosse ordinaire parce qu’on ne peut la plupart du temps en certifier l’étanchéité, et qu’en outre la vidange n’est pas exempte de danger pour la santé publique. Quant au second, unü enquête faite en 1923 par M. Kling, directeur du Laboratoire de la Ville de Paris, à l'instigation du Conseil d’hygiène de la Seine, a révélé que les installations septiques qui fonctionnaient bien, c’est-à-dire qui donnaient un effluent normal, étaient bien peu nombreuses, 1 pour 100.
- Fig. 2. — Fosse septique système Septic-Tank, avec filtre biologique oxydant et désodorisant.
- Regard de JÜ!
- Evacuation
- A quoi devait-on attribuer un aussi déplorable résultat? L’ordonnance de police du 1er juin 1910 — pourquoi n’en conviendrait-on pas? — en consacrant une erreur à la fois technique et administrative ne pouvait que favoriser les conceptions mercantiles ou les incompétences en la matière de bon nombre de constructeurs de fosses septiques. L’erreur technique était de conférer comme une sorte de monopole à des types d’appareils, simplement parce que durant deux ou trois mois, le type essayé avait paîfaitement fonctionné; en réalité, on consacrait un moyen au lieu d’imposer un résultat. L’erreur administrative était que personne ne s’occupait plus d’une installation, après sa mise en service; aucun entretien n’était imposé, ou du moins on ne disposait pratiquement d’aucune sanction pour obliger les propriétaires à conserver leurs installations sanitaires en bon état de marche.
- La province faisait siens ces errements : la plupart des arrêtés pris par les Préfets et quelques maires sont, en effet, basés sur l’ordonnance en question. Les résultats y sont donc également déplorables, d’autant plus encore que, soit par ignorance de leurs services, soit par indifférence motivée par la politique, on a le plus souvent laissé placer des fosses septiques dont, en vue de baisser les prix de vente, et bien que cela fût au détriment de la sécurité du fonctionnement, le coefficient spécifique, c’est-à-dire la contenance par personne desservie était diminué,
- Une nouvelle réglementation, plus scientifique, plus administrative, s’imposait donc, car prohiber la fosse seplique eût été une grande faute hygiénique et économique, attendu que dans bien des villes, il est malaisé aux entreprises d’assurer d’une façon complète et rapide la vidange des fosses ordinaires, et que c’eût été également supprimer la chasse d’eau dans les habitations, les hôpitaux, les usines, les écoles, etc., où on a eu tant de mal à la faire pénétrer.
- Celte réglementation a été établie en 1925 à la suite d’une étude faite par le Conseil supérieur d’Hygiène publique de France; celle haute autorité en matière d’hygiène pose d’abord ce principe qu’on doit admettre provisoirement que l’épuration de l’effluent d’une fosse seplique est satisfaisante :
- 1° Lorsque l’effluent ne contient pas plus de 3 cenligr. de matières en suspension par litre;
- 2° Lorsque, après, filtration sur papier, la quantité d’oxygène que l’effluent emprunte au permanganate de potasse en trois minutes reste sensiblement constante avant et après sept jours d’incubation à 30°, en flacon bouché à l’émeri;
- 3° Lorsque avant et après sept jours d’incubation à 30°, l’effluent ne dégage aucune odeur putride et ammoniacale;
- 4° Enfin, lorsque l’effluent ne renferme aucune substance chimique susceptible d’intoxiquer les poissons et de nuire aux animaux qui s’abreuvent dans le cours d’eau où il est déversé.
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- En vue d’oblenir ce test d’incubation, le Conseil supérieur d’Hygiène publique estime que la fosse septique doit avoir une contenance minima de 250 ou de 500 litres par personne desservie, selon que celte fosse ne doit recevoir que les eaux des water-closets ou d’autres en plus.
- Ces données sont trouvées, par certains, bien trop fortes; par d’autres, trop faibles. La vérité est que si la fosse septique d’après l'ordonnance de 1910 n’a pas donné de bons résultats, c’est que ses caractéristiques de 100 et même 200 litres étaient insuffisantes. Lorsque, par suite de l’insuffisance du volume de la fosse, les matières fécales formaient un amas d’une certaine épaisseur, il n’y avait plus d’action biologique dans la masse ; les gaz de la fermentation, en grande partie ammoniacaux, ralentissaient ainsi l’action septique dans les zones qu’ils traversaient, d’autant plus que cette fermentation se faisait à l’abri de l’air.
- 11 semble donc que sans fixation absolue, attendu qu une fosse septique devrait chaque fois être étudiée comme un cas particulier et aussi parce qu’on prend de plus en plus l’habitude d’envoyer à la fosse certaines eaux de toilettes, on doive tendre vers ce chiffre de 4 à 500 litres.
- Ainsi, la fosse septique deviendra le véritable organe de l’épuration, celui qui doit détruire intégralement les composés albuminoïdes, agents de la nutrition, de la pullulation microbienne, pathogène ou non. On comprend fort bien que si l’effluent de la fosse septique est encore fermentiscible, le lit bactérien se colmatera rapidement et la nitrification cessera; au contraire, un effluent déjà infermentescible sera oxydé facilement.
- On a reconnu également qu’il y avait lieu de ventiler la fosse et de modifier les lits bactériens. Longtemps on a cru que l'air ne devait pas avoir accès dans la fosse septique parce qu’il gênait, disait-on, l’action des microbes anaérobies. Le fonctionnement de la fosse septique n’est pas seulement anaérobie, mais aussi aérobie ; dans ces conditions, il n’y a aucune raison pour que la fosse soit close hermétiquement. La fermentation qui s’y produit peut se comparer à celle qui se produit à l'intérieur du corps humain, au point que l’on peut dire que la fosse septique est le prolongement de notre intestin.
- Nous ne pouvons nous étendre sur ce point, mais l'examen microscopique du contenu intestinal confirme cette double action des microbes anaérobies et aérobies
- Aussi, comme l’indique la réglementation de 1925, les gaz malodorants que produit dans la fosse le travail microbien doivent être évacués aussi haut que possible sur les toitures; on aura le soin de donner à ces tuyaux d’évent un diamètre en rapport avec l’importance de la fosse.
- Quant aux lits bactériens d’oxydation ou nitrificateurs, leur composition et leur agencement doivent s’inspirer des vœux formulés par le Conseil supérieur d’Hygiène publique, savoir :
- 1° Pénétration des matériaux filtrants dans toute leur masse par l’air pris au voisinage du sol;
- 357
- Ventilation . p, .• „ ,
- f riateau en ciment arme
- \ I perforé
- \ Robinet régulaf.
- \ Ventilation de débit
- \ Par Ventilation I
- de ville
- w.c. s
- Lit bactérien de contact
- 3âz' -Fosse
- Désaqrégateur Incubateur
- Fig. 3. — Fosse septique système Girard, à lit bactérien de contact.
- 2° Supports d’oxydation non susceptibles d’écrasement ou de tassement, ni de destruction rapide par la rouille ;
- 3° Accès facile pour la visite intérieure de l’appareil et pour le remplacement éventuel des matériaux poreux servant de supports d’oxydation ;
- 4° Répartition uniforme des effluents à épurer sur la totalité des matériaux poreux en pluie fine et par intermittences;
- 5° Bac permettant le prélèvement d’échantillons de l’effluent épuré à la sortie de l’appareil ;
- 6° Evacuation à l’extérieur des gaz produits par le travail microbien.
- Il va sans dire que l’évacuation de l’effluent dans un puisard absorbant est formellement interdit, ceci en vue de proléger la nappe souterraine.
- Administrativement, la nouvelle réglementation porte que les certificats officiels de vérification précédemment accordés sont supprimés. Chaque propriétaire estlibre de
- Fig. 4.
- Fosse septique système Devrez avec nitrificdleur.
- Ventilation
- Chute
- Fosse
- riitriTicatèür
- <eptique
- sortie ému en.
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- choisir son type de fosse, mais il doit, avant toute pose, faire une déclaration à la mairie de]sa ville (Préfecture de police à Paris) avec plans cotés, nombre maximum d’usagers, description de l’installation, engagement du constructeur vis-à-vis du propriétaire de veiller à l’entretien de la fosse et de son lit bactérien, etc. Les laboratoires officiels sont chargés du contrôle permanent. Le maire a le pouvoir de mettre le propriétaire en demeure de remédier aux défectuosités constatées. Bien entendu aucune installation septique ne peut être faite si elle ne comporte pas un nitrificateur ou un dispositif fournissant des résultats d’épuration équivalents.
- Par ailleurs le Conseil supérieur d’Hygiène publique estime que les eaux de bains peuvent être évacuées dans les fils d’eau, ruisseaux ou dans le sol par des canaux appropriés; ceci permet donc de faire moins grande la fosse septique puisqu’elle desservira seulement les water-closets. Mais comme les eaux usées peuvent en certaines circonstances être contaminantes ou malodorantes, on ne peut que conseiller — pour autant que les lieux s’y prêtent — de les faire s’écouler dans des rigoles filtrantes pour faire de la filtration en longueur et à faible profondeur du sol.
- M. Bousquet.
- i LA QUESTION DU PÉTROLE E DANS LES COLONIES FRANÇAISES
- La question du pétrole domine incontestablement aujourd’hui l’économie mondiale. L’hégémonie, dans l’industrie du naphte, appartint longtemps à la Russie, concurremment avec les Etats-Unis de l’Amérique du Nord qui se sont assuré, depuis la guerre, une place prépondérante dans ce dernier domaine de l’activité humaine. Les pays de l’Europe occidentale et centrale, qui exercent encore une puissante emprise sur le mouvement industriel général, ont leur sous-sol dépourvu de gîtes hydrocarburés importants : tel est le cas de l’Angleterre, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne.
- Tout naturellement les deux premières de ces nations, qui possèdent un vaste domaine colonial, ont songé à la mise en valeur des accumulations de combustibles liquides pouvant exister sur leurs territoires d’outremer. La Grande-Bretagne a trouvé du pétrole exploitable dans les Indes, à la Trinité, à Bornéo, en Egypte, au Canada : au total, les pays englobés dans le cercle de l’influence politique directe ou indirecte de Londres ont produit, en 1927, 1850000 barils (') de naphte, alors que les Etats-Unis en fournissaient, pendant le même laps de temps, 890000 000 de barils et la Russie 79000 000 de barils. Pour obvier à l’inconvénient du faible rendement en huile des territoires britanniques, de grands organismes privés anglais se sont liés, avec l’appui et le concours financier effectif du gouvernement du Royaume-Uni, à des groupes internationaux qui leur assurent le monopole de fait du pétrole en Perse et aux Indes néerlandaises, dont le sous-sol, en 1927, a fourni réciproquement 30000 000 et 20000000 de barils.
- La situation de la France est malheureusement tout autre, au point de vue de l’industrie du naphte, dans ses territoires extramétropolitains : une seule de nos colonies, l’Algérie, aune production régulière, extrêmement faible d’ailleurs Un certain nombre d’autres contrées, d’influence française, comportent des manifestations hydrocarburées superficielles, soit sur leur territoire même, soit au voisinage immédiat de leurs frontières : ce sont le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Côte d’ivoire, 1. 1 baril == 1581, 985.
- le Cameroun, le Gabon, le Moyen Congo, Madagascar, la Somalie, la Syrie, le Tonkin, la Nouvelle-Calédonie, la Martinique, peut-être la Guadeloupe et la Guyane.
- AFRIQUE DU NORD FRANÇAISE (MAROC, ALGÉRIE, TUNISIE)
- Les divers suintements de pétrole de l’Afrique du Nord sont localisés dans les zones montagneuses s’étendant au Nord des Hauts Plateaux, depuis le Prérif marocain jusqu’au Cap Bon tunisien. Ils ont fait l’objet d’une étude d’ensemble dans un opuscule que j’ai publié en 1926 (*). Ces manifestations hydrocarburées superficielles forment cinq groupements principaux (fig. 1) :
- 1" Dans le Rharb marocain ;
- 2° Dans le Tell intérieur de l'Oranie orientale, à Tliouanet;
- 3° Au bord méridional du Dahra, notamment à Ain Zcft ;
- 4° Au Sud-Est des Hautes Plaines constantinoises, dans la Chebkha des Sellaoua;
- 5° Dans les régions centrale et nord-orientale de la Tunisie septentrionale,
- Sur deux points seulement le naphte a été, en Berbé-rie, exploité avec quelque activité, aujourd’hui à Tliouanet, autrefois à Ain Zeft. Dans le Rharb, deux sondages ont révélé l’existence d’accumulations d’hydrocarbures, qui n’ont pas encore donné, faute de travaux démonstratifs, des rendements industriels. La Tunisie septentrionale n’a guère vu effectuer sur son territoire que des prospections géologiques. La Chebkha des Sellaoua, bien qu’elle présente un certain nombre de suintements, n’a à peu près pas retenu l’attention des techniciens. Enfin, quelques manifestations superficielles, sans grand intérêt, ont été repérées sur les plateaux Sétifiens ou dans le Tilteri.
- Maroc. — Le Rharb est la seule région du Maroc où des sondages aient permis d’entrevoir la possibilité
- 1. L. Joleaud. Le Pétrole dans l’Afrique du Nord. La Reçue Pétrolifère, Paris, 1926, in-8, 192 p., 6 pi.
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- de rencontre de pétrole exploitable. Les suintements de naphte, dé]à mentionnés par Léon l’Africain, apparaissent dans les terrains triasiques, basiques (Djebel Zerhoun, Tselfat), éocènes (Sidi Bou Mdil, Sidi Amar el Hadi), miocènes (Ouezzan, Souk el Arba du Rharb, Tizroutin) (l) .
- C’est au Tselfat, près de Petitjean, que furent tout d’abord implantés des sondages productifs, poussés de 50 à 200 m de profondeur. Le pétrole obtenu, de composition variable, était surtout riche en huile lampante et très paraftineux. Un peu plus tard, d’autres forages trouvèrent du naphte à El Fokra, au Nord-Est de Souk el Arba du Rharb, vers 150 et vers 300 m de profondeur.
- Algérie. — Les puits creusés dans le champ de Tliouanet, jusque vers 150 m, sont généralement demeurés dans des grès miocènes; ceux poussés le plus profondément ont atteint une brèche tectonique, puis des argiles bariolées, probablement triasiques, auxquelles correspond une couche aquifère salée, avant
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- nent sur le plateau s’étendant d’une de ces villes à l’autre ont, en effet, fourni abondamment, dans plusieurs sondages, de l’eau salée et des gaz combustibles. De telles venues de gaz semblent susceptibles d’une utilisation locale ; en outre, de nouveaux forages devraient être entrepris ici et là, afin de démontrer s’il existe un gîte de pétrole subordonné à la zone d’émission des gaz de l’Hillil et de Bel Acel.
- Dans cette dernière localité, les sondages, implantés dans le Pliocène ancien, ont rencontré, entre 430 et 500 m, de l’eau salée et des gaz au milieu du Miocène supérieur (gypse et lignite).
- Non loin de là, à Port-aux-Poules, sur les bords du petit lac Mouilah, bien connu par ses dégagements gazeux, une sonde, poussée à 278 m, toujours dans le Miocène supérieur, a obtenu un important débit d’eau thermale salée. Enfin, à l’Hillil, les gaz inflammables ont été trouvés, encore dans le même terrain, entre 885 et 1000 m.
- Plus à l’Est, à Sidi Brahim, un sondage a également
- Echelle
- ESPAGNE
- PANÉE
- * 50 100 150 200Hm.
- OCÉAN
- ATLANTIQUE
- '.erache
- TUNISIE
- Xo/ontb Béchar
- Fig. 1. — Les régions ‘pétrolifères de l’Afrique du Nord.
- d’arriver enfin dans des marno-calcaires crétacés. Toutes les lentilles de sables ou de grès, qui s’intercalent ici dans les marnes du Miocène moyen, renferment, en plus ou moins grande quantité, du pétrole. Un actif dégagement de gaz accompagne généralement la venue des hydrocarbures liquides, riches en essence et en huile lampante légère. Les sondes productives sont localisées sur un anticlinal subméridien qui n’a encore é,té mis en valeur qu’en deux points, Medgilla et Messila.
- Au E|ahra, la prospection s’est seulement concentrée sur une région de 75 km de long, entre l’Hillil et Rabelais ; dans ces deux localités et à Ain Zeft, les forages ont trouvé du pétrole en quantité variable, tandis qu’à UHillil, à Bel Acel et à Mazouna,de simples dégagements gazeux ont été repérés.
- Les points les plus intéressants de cette partie de notre colonie nord-africaine correspondent aux abords de Bel Acel et de l’Hillil, entre Mostaganem et Reli-zane ; les deux anticlinaux très réguliers qui se dessi-
- 1. B. Yovanovitch. La géologie du pétrole .epi Maroc;. Bull. ^qc, Géol. France, 4, XXII, 1922, p. 234. .. . . . | '
- révélé l’existence de grandes quantités de gaz et d’eau salée dans le même terrain.
- Encore plus vers l’Orient, à Ain Zeft, existe un suintement de bitume, déjà mentionné par Strabon, et non loin duquel un puits fournit, à 416 m, dans le Miocène supérieur, un débit notable de pétrole, consistant surtout en huile lourde de graissage, très paraffineuse. Les strates tertiaires étant fortement disloquées à Ain Zeft, le gîte de naphte a dû être localement en partie détruit, d’abord par migration des hydrocarbures légers vers les affleurements, ensuite par bituminisation superficielle; seuls sont demeurés protégés en profondeur les produits les plus denses. De nouvelles recherches pourraient être entreprises ici, en dehors de la zone très plissée où ont été concentrés jusqu’à présent les travaux ; de prospection. i
- A l’Est d’Ain Zçfjt„ dans le vallon de T’oued Tharria, i puis au Sud de Renault, vers Mazouna, dans le thalweg de l’oued Ouarizan, des sondages ont encore donné beaucoup de gaz combustibles, dans le Miocène supérieur ; dè l'eau salée a été aussi rencontrée au cours d’un
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- forage implanté près de la seconde de ccslocalilés. Enfin, vers Rabelais, un grand puits a révélé l’existence d’hydrocarbures légers, rappelant ceux de Tliouanet, dans des assises du Miocène moyen (*).
- La Chebka des Sellaoua présente des suintements de pétrole : 1° vers R.enier auprès d’un petit gîte de plomb au milieu de sédiments du Miocène supérieur; 2° le long de la zone médiane de la chaîne, sur plus de 50 km de longueur, an voisinage de calcaires bitumineux du Crétacé moyen; 3’ auprès d’Ain Fukroun, où ont été reconnus des calcaires bitumineux de l’Eocène moyen. Une prospection méthodique pourrait être utilement entreprise dans l’ensemble de celte ligne de reliefs, qui n'a encore nulle part fait l’objet de levés géologiques détaillés.
- Tunisie. — Le pétrole de la Tunisie septentrionale, connu dès la plus haute antiquité, puisqu’il est déjà mentionné par Vitruve, a fait surtout l’objet de prospections à Ain Rlielal et à Slouguia, au voisinage de suintements notables. Sur le premier de ces points, dans la région de Rizerie, les roches intéressant le pétrole sont des marnes gypseuses, rouges, venant au contact du Miocène moyen et du Trias.
- Au djebel Maiana, aux environs de Tunis, les hydrocarbures affleurent dans les calcaires du Crétacé inférieur. A Slouguia, aux abords de Medjez el Bab, le naphte exsude avec de l’eau salée, d’un grès du Miocène moyen, plissé en anticlinal ; pétrole et eau salée ont été reconnus par puits, à des profondeurs variant de 50 à 200 m; mais aucun résultat industriel n’a été obtenu. Plus au Sud-Ouest encore, toujours sur le même alignement tectonique, se présentent les manifestations superficielles du djebel Bou Debbouz, près de Teboursouk; là, l’Ain Guetrania sourde en un point du contact tectonique de calcaires du Crétacé supérieur, mylonitisés vers leur base, et de marnes tantôt du Crétacé moyen, tantôt de l’Eocène inférieur, tantôt du Trias.
- Un remarquable gisement de pissasphalle s’observe encore plus au Sud-Ouest, au djebel Ivebbouch, dans la région du Kef ; il se montre en relation avec un gîte minier fort complexe de sulfure de zinc, plomb, cuivre, fer et baryum, au contact anormal du Trias et du Crétacé supérieur fortement broyé (2 *).
- Enfin un sondage profond, récemment entrepris dans le Miocène de la péninsule du cap Bon, n’a pas donné de résultats industriels intéressants.
- Résumé. — La détermination des modalités de la genèse du pétrole de l’Afrique du Nord n’est guère définissable à l’heure actuelle, en raison de l'insuffisance des travaux de recherches effectués dans cette contrée. Une théorie, souvent admise aujourd'hui, lie l’origine du naphte à celle des combustibles solides. La houille n’est exploitée que dans le Sud oranais, à Kenadsa, au milieu du Carbonifère moyen, dans une région tectoniquement toute différente de celles où se présentent les hydrocarbures. Cependant du charbon de même nature et de même âge existe dans la région d’Oudjda, le Sahel
- 1. M. D.V.LLO.M. La géologie du pétrole el la recherche des gisements pétrolifères en Algérie. Alger, 11)22, in-8, 329 p.
- 2. M. Solignac. Les recherches de pétrole en Tunisie. La
- Revue Pétrolifère. Paris, 1925, in-h, 60 p.
- d’Oran et le Djurjurn. Le lignite n’a fait l’objet de travaux notables qu’à Marceau, au Sud-Est de Cherchell, et à Smendou, au Nord de Conslantine, dans le Miocène supérieur; à Rouached, à l’Ouest de Conslantine, dans l'Oligocène; au, Cap Bon, en Tunisie, dans le Miocène moyen. Sur ce dernier point, comme dans le Miocène supérieur de la région d’Orléansville, lignite et bitume sont étroitement unis.
- En somme, la question du pétrole ne peut être considérée comme définitivement réglée en Afrique du Nord. Au Maroc, les abords du Fokra et le Tselfat n’ont pas été suffisamment prospectés par forages et Tizroutin ne l’a pas été du tout. En Algérie, il n’y a eu pratiquement aucun sondage profond bien place à Tliouanet et le sous-sol du plateau de Mostaganem devrait être reconnu par de nouveaux puits, tandis que la Chebka des Sellaoua mériterait de faire l’objet au moins d’une étude géologique détaillée. En Tunisie, les environs d’Ain Rhelal et de Slouguia sont tout désignés pour l’emplacement de prochains travaux d’exploration à grande profondeur.
- AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE (COTE D'IVOIRE)
- Des gisements de bitume, reconnus aux environs d’Assinie, la capitale de la Côte d’ivoire, ont fait récemment l’objet d’une étude de E. Aubert de la Rue (4).
- Un puits de recherehe de pétrole avait été foré en 1907-1909 par une compagnie franco-anglaise, sur la rive nord de la lagune Tendo, à Eboïnda; ce sondage, poussé jusqu’à 665 m, n’ayant pas été couronné de succès, la prospection du naphte a été abandonnée dans la Colonie. Mais il faut remarquer qu'ici, Comme le long de la côte du Congo, de l’Angola et surtout vers le Centre-Ouest de Madagascar, ainsi que nous le verrons par la suite, les affleurements superficiels révèlent seulement la présence de produits lourds, fortement oxydés et polymé-risés, et nullement d’hydrocarbures légers, liquides ou gazeux, seuls décelables par sondages.
- L’imprégnation bitumineuse se manifeste dans un ensemble de terrains alternativement gréseux, sableux et marneux d’âge crétacé supérieur ou éocène : certains grès se présentent en fait comme des sables cimentés par du bitume.Reconnus sur 10 km, de Mooua à l’Ouest à Adima à l’Est, les sables et marnes biturainisés ont une allure lenticulaire, qui se traduit par de fortes variations de puissance ; ils passent de quelques décimètres à plusieurs mètres d’épaisseur, toujours à une très faible altitude au-dessus du niveau d’eau delà lagune.
- Les analyses faites par Ch. Boulanger révèlent des teneurs en hydrocarbures vrais (solubles dans l’éther de pétrole), allant de 6,71 (grès de Mooua) à 16,76 pour 100 (marnes de Adima), et en asphaltes (solubles dans la benzine), de 5 pour 100 (grès de Mooua) à 10,88pour 100 (marnes de Adima). La gangue, qui formait les 87,64 pour 100 des échantillons prélevés dans les grès
- 1. Contribution à l'élude minéralogique de la Côte d’ivoire. Bull. Corn. Et. II<st. S.c. Afr. Occ. Franç , 1927, p. 211. —Sur un mollusque fossile de la Côte d’ivoire. Compt. rend. Soc. Géol. France, 18 juin 1928, p. 206.
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- de Mooua, était seulement de 66,38 pour 100 dans ceux provenant des marnes d’Adima.
- Il est bien difficile, étant donné l’état rudimentaire de nos connaissances sur la question, de préjuger de la valeur des gisements hydrocarburés de la Côte d’ivoire : nous n’avons, en effet, aucune notion exacte de l’extension géographique des formations bitumineuses de la Colonie, pas plus que des conditions de gisement du pétrole, qui pourrait se trouver dans la zone littorale de son sous-sol.
- CAMEROUN
- De faibles suintements de pétrole sont connus en divers points de la partie du Cameroun placée sous mandat français, notamment à 5 km à l’Est-Sud-Est de Douala, au lieu dit Logobaba, et à 15 km au Nord-Ouest de la même ville, près de M’Bomono Bongo.
- Deux sondages, dont l’un poussé jusqu’à 800 m et l’autre jusqu’à 200 m, furent effectués, avant la guerre, vers Logobaba, par les Allemands, dans des conditions assez défectueuses ; il ne fut relevé, au cours de ces travaux, que de simples indices hydrocarburés vers 577 m.
- Les analyses de naphte du Cameroun ont donné par distillation fractionné :
- 0,24 p. 100 de 65 à 150°; 0,40 de 159 à 170°; 34 de 170 à 270° - 10,20 de 270 à 300°; 11,43 de 300 à 330°. La densité moyenne de l’huile brute était de 0,867,
- Le sous-sol du Cameroun est principalement formé de roches cristallophyl-liennes et éruptives, gneiss, granités, tra-chytes. Au-dessus de ces terrains se développe vers la côte une couverture crétacée et tertiaire. C’est sans doute déjà assez bas dans cet ensemble sédi-mentaire qu’il conviendrait de poursuivre des recherches par,forages, recherches que justifie la constance des manifestations hydrocarburées superficielles de notre pays de mandat (*).
- AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE
- Gabon. — Dans notre Colonie du Gabon, au Sud de Libreville, le bitume d’Apope, situé au milieu de calcaires crétacés, a donné à l’analyse : 36 pour 100 de pétrolène, 63 pour 100 d’asphaltène, 1 pour 100 de matières minérales.
- Un second gisement, à N’Kogo, près de Samkita, sur la rive gauche de l’Ogoué, a fourni du pétrole sortant de schistes ; les produits que recueillent les Indigènes sont utilisés à enduire les pirogues.
- D’autres suintements s’observent sur la rive gauche du Rembo N’Kourni, notamment au Sud d’Agouma, à Fernan-Vaz, où existerait une source intermittente. Une autre venue hydrocarburée se retrouve au bord du lac
- 1. W. Bernouilli. m Ch. Finaton. Le Pétrole au Cameroun, Rev. Pétrolifère, XXVIT, 1920, p 0.
- Tsanla, à 6 km de Noogo, sur la rive gauche de l’Ogoué, en amont de Lambaréné (').
- Aucune étude géologique n’a encore été faite au Gabon et nulle prospection méthodique des gisements d’hydrocarbures n’y a été effectuée.
- Il est impossible dans ces conditions de se prononcer sur la valeur documentaire des indications fort imprécises mentionnées ci-dessus.
- Une reconnaissance préliminaire, scientifique et technique, de la région où ont été reconnues des manifestations bitumineuses devra précéder toute discussion sur les possibilités de rencontre du pétrole au Gabon.
- Moyen Congo. — Du bitume se rencontre dans les couches supérieures de la formation des grès calcaires de Pointe Noire : aux environs de ce port, les strates du Crétacé supérieur plongent légèrement vers le Sud-Est; le long des ioints des bancs s’écoule un enduit noir épais (2).
- MADAGASCAR
- La présence du bitume dans l’Ouest de Madagascar était déjà signalée par les plus anciens explorateurs, mais c’est seulement en 1909 que furent entrepris les premiers sondages dans la région de Morafenobe. Au voisinage de cette localité les sables bituminisés forment, en effet, dans le Trias, des amas considérables (fig. 2). En outre, des schistes bitumineux, qui se trouvent surtout dans le Jurassique, existent dans cette zone de la grande île.
- Un peu au Nord du point où le Ma-nambolo, l’une desjj rivières de la partie médiane du pays sakalave, s’engage pour gagner le canal de Mozambique dans une cluse transverse du plateau jurassique du Bemaraha, se trouvent les affleurements de sables bituminisés d’Andranoboko qui s’étendent sur 5 à 7 km, avec une allure lenticulaire particulièrement nette. Le liquide qui s’échappe des trous faits dans les sables bituminisés, après épuisement de l’eau, a l’odeur et un peu l’aspect du pétrole. Ce dernier subsiste donc dans une lentille fertile inférieure à celles qui affleurent sous la forme de sables bituminisés; mais sans doute est-il réduit ici à de petites quantités de liquide dans les formations du sous-sol.
- La région de Maroboaly, située à une quarantaine de kilomètres au Nord d’Andranoboko, a fait l’objet à partir de 1913 d’une campagne de forages qui ont porté sur six points différents et ont été poussés de 88 à 858 m.
- Du bitume a encore été rencontré à plus de 400 m. de profondeur dans plusieurs de ces Sondages; par conséquent, la dégradation par polymérisation ou oxydation
- 1. M. Barrat. Géologie du Congo Français. Ann. Mines, 9, "VIT, 1895, p. 379.
- 2. Y. Babet. Sur les grès néocrétacés de Pointe-Noire. Compte rendu Soc. Géol. France, 18 juin 1928, p. 201.
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- de l’ancien gîte de pétrole s’est propagée fort loin de la surface, où s’effectuait le départ des hydrocarbures légers. Le gîte de naphte de Maroboaly a, d’ailleurs, dû avoir une grande importance avant que commence sa bituminisation.
- La région de Folakara, située plus au Nord, a également été forée en de nombreux points de 1909 à 1917 ; les profondeurs atteintes par les sept puits qui y ont été creusés varient de 45 à 480 m.
- Ici comme à Andranoboka, l’allure lenticulaire de l’ancien gîte de pétrole bituminisé est évidente, mais les dimensions de la zone imprégnée sont relativement faibles. Des suintements s’observent en différents points au voisinage de Folakara, mais ils ne constituent pas un élément probant de l’existence en profondeur, localement, d’une masse de naphte industriellement exploitable.
- Encore plus au Nord, les bassins du Manambao et du Ranobe correspondent à l’élargissement de la dépression triasique, encadrée entre le Bemaraha calcaire et le Bongo Lava cristallin. L’horizon inférieur du Trias s’y observe, non loin du bord du massif cristallin, sous forme de grès psammitiques et de marnes schisteuses. En divers points, plus à l’Ouest, l’érosion ramène au jour ces marnes, dont les affleurements jalonnent un anticlinal.
- Au-dessus d’elles, le Trias moyen et supérieur se montre formé de grès, localement cimentés par du bitume, suivant la disposition lenticulaire habituelle. C’est dans cette région que se trouve le groupe de gisements bitumineux de beaucoup le plus important de l’Ouest malgache. Les nombreux suintements qui s’observent ici ont leur ascension déterminée par les hydrocarbures liquides et surtout gazeux qui subsistent dans le sous-sol. Des traces d’huile minérale s’observent aussi dans la zone à la surface des eaux des rivières. Elles témoignent de la nature originelle des bitumes de la contrée qui correspondent sans aucun doute au résidu de gîtes d’hydrocarbures ayant existé autrefois en profondeur. Les argiles imperméables et la nappe aquifère, qui ont jadis arrêté l’ascension du pétrole, tout en la protégeant contre les phénomènes d’oxydation, étaient sans doute incluses dans la série supratriasique qui a été ici enlevée par l’érosion.
- La si remarquable accumulation de bitume, qui s’observe dans la région dite de Bemo Langa, se lie à des conditions tectoniques particulières. Une aire anliclinale largement développée correspond en effet au rebroussement du bord du Bongo Lava cristallin, au Nord de Beravina, comme elle est marquée aussi par l’avancée du cap Saint-André dans le canal de Mozambique.
- L’anticlinal du Ranobe subit à Bemo Langa un ennoyage transversal de son axe, grâce auquel a été conservée, aux environs de cette localité, une grosse masse de grès triasiques, favorables à l’accumulation du pétrole et à sa conservation. Au Nord de Bemo Langa, au voisinage du sentier « sakapanja »(t), c’est-à-dire du
- 1. .Ce mot, employé dans une région malgache où des termes bantous sont encore en usage, rappelle le nom d’un gîte de grès asphaltique du Congo belge littoral, Shipanga (?).
- sentier du bitume, des grès très inférieurs de la série triasique se montrent riches en hydrocarbures solides.
- Ici donc, comme plus au Sud, la bituminisation, au moins partielle, des gîtes de pétrole s’est effectuée jusqu’à une grande profondeur. D’ailleurs, les manifestations hydrocarburées superficielles ne se traduisent guère que par des suintements bitumineux. Les quantités extrêmement faibles de pétrole qui arrivent jusqu’aux affleurements, et dont la présence a été relevée au cours des travaux des puits, peuvent être envisagées comme un ultime résidu de l’ancien gîte de naphte ou comme le résultat de phénomènes de cracking secondaires.
- A la suite des observations que nous avons faites, MM. Léon Bertrand, Hardel et moi-même, au cours de notre mission de 1923 (1), nous avons démontré que les sables triasiques de la région sakalave avaient été bitu-minisés secondairement par des hydrocarbures lourds. Du ciment qui les agglomère, la séparation peut être effectuée par distillation de ce dernier et plus simplement par l’emploi de solvants appropriés ou encore par une méthode mixte faisant entrer en jeu ces deux procédés d’isolement. La teneur de l’imprégnation bitumineuse des sables varie de 10 à 12 pour 100.
- Cette imprégnation des sables s’est effectuée fort irrégulièrement; elle a été surtout intense dans la région de Morafenobe. Son allure lenticulaire et sa récurrence à différentes hauteurs dans le puissant ensemble détritique du Trias moyen et supérieur permettent d’affirmer que les bitumes de Bemo Langa proviennent d’un des plus importants gisements de pétrole qui aient existé sur le globe. Une campagne de petits forages pourra seule apporter les précisions indispensables sur l’importance quantitative des gisements de Morafenobe.
- L’ancien gisement considérable de Bemo Langa témoigne, par sa présence, de la réalisation, dans l’Ouest de Madagascar, de conditions favorables à la mise en place de grandes quantités de pétrole. Il y a tout lieu de penser que les facteurs qui ont permis la dégradation de ce gîte n’ont pas étendu bien loin latéralement leur action. La persistance'jusqu’à aujourd’hui d’intéressants gîtes de pétrole à Madagascar reste donc possible. La solution du problème consiste dans la recherche de conditions tectoniques satisfaisantes.
- Il y a lieu d’étudier l’allure tectonique du Jurassique et du Crétacé de la zone située à l’Ouest des régions triasiques où ont été relevés des suintements bitumineux. C’est à cette recherche que s’est consacré dans ces dernières années M. Barrabé qui a indiqué des points favorables à des sondages en différentes localités des plateaux de terrains secondaires situés entre la zone triasique de Morafenobe et le canal de Mozambique (2).
- 1. L. Joleaud. Bitumes et Pétroles de Madagascar. Revue Pétrolifère, XIII, 1924. — L. Bertrand. Géologie des gisements bitumineux de Madagascar. Chimie et Industrie, XI, 1924. — J.-A, Hardel. Les grès bitumineux de Madagascar, Id. — L. Bertrand et L. Joleaud. Esquisse géologique du pays sakalave : les gisements de charbon et de sables bitumineux. Cinquant. Soc. Géol. Belgique, II, 1924. — L. Dumas. Indices bitumineux et manifestations hydrocarburées de Madagascar. Bull. Mines Madagascar, 1924.
- 2. L. Barrabé. Rapport de mission géologique. Bull. Min. Madagascar, 1925.
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- Aucun sondage n’a encore été effectué dans ces régions; leur réalisation constitue le programme d’avenir de la prospection du naphte à Madagascar.
- SOMALIE FRANÇAISE
- A l’intérieur de la Somalie française existent un certain nombre de lacs sans écoulement vers la mer; ils ont comme principal tributaire l’Aouache. Ce fleuve, de même que l’Omo, jalonne, sur une bonne partie de son cours, une des grandes cassures de l’écorce terrestre. Un compartiment déprimé ou Afar est compris à l’intérieur |de falaises qui limitent, au Nord-Ouest, le plateau abyssin, au Sud-Est le plateau somali.
- Ce fossé est semé de volcans éteints, dont les scories, coulées et projections rhyolitiques, trachytiques ou basaltiques, recouvrent la plus grande partie du pays.
- Le substratum de ces roches éruptives est constitué par des grès, puis par des calcaires du Jurassique supérieur et du Crétacé.
- Ces formations sédimentaires constituent elles-mêmes les falaises qui encadrent la dépression de Djibouti
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- et de l’Aouache, dépression dans laquelle a été indiqué, sans aucune précision géologique, du pétrole, dans le bassin de l’Aouache, sur la rive gauche du fleuve.
- Nous ne savons pas où se trouvent les imprégnations signalées sur le territoire abyssin, imprégnations qui se lieraient à des volcans de boue; encore moins sommes-nous fixés sur les points du sous-sol de la Somalie française, qui pourraient offrir des conditions analogues, et en raison de leurs caractères, faire l’objet d’une prospection de naphte.
- L’Anglo-Saxon Petroleum et l’Anglo-Egyptian vont, paraît-il, entreprendre de conserve des sondages dans le Somaliland britannique, où « certains terrains, de l’avis de géologues qualifiés, constitueraient des champs d’exploitations intéressants ».
- La plus grande partie du territoire de la Somalie française reste d’ailleurs non cartographiée, très peu habitée et insoumise.
- [A suivre.) L. Joleadd,
- Professeur à la Sorbonne.
- L'ACTION ABSORBANTE DES FORÊTS
- SUR LES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES
- Les forêts exercent sur les ondes électromagnétiques une action absorbante encore mystérieuse.
- M. Barfield a entrepris en Angleterre de nouvelles recherches sur cette intéressante question, et il a trouvé que l’absorption était beaucoup plus importante dans les régions boisées que dans les autres. (R. H. Journal of Institution of electrical Engineers, février, 1928, t. LXVI). Il a constaté, de plus, que cette absorption était de 30 pour 100 plus considérable en été qu’en hiver.
- Dans les régions du Sud-Ouest de la France, on sait que les immenses forêts de pignadars qui recouvrent une grande partie des départements des Landes et de la Gironde, y jouent le rôle d'écrans à l’égard des émissions provenant de Mont-de-Marsan, de Bordeaux et de divers autres postes.
- La persistance du feuillage dans ces forêts, produit des perturbations presque aussi importantes en hiver qu’en été.
- Dans les immenses forêts tropicales (en Afrique en particulier) les effets sont beaucoup plus importants encore, et les communications radioélectriques y sont pratiquement impraticables.
- Les recherches que j’ai entreprises sur la radioactivité des plantes sembleraient devoir fournir une explication satisfaisante des faits précédents. J’ai en effet démontré dès l’année 1923, à la suite de diverses études qui firent l’objet de plusieurs communications à l’Académie des Sciences de Paris, à l’Académie Royale d’Espagne et dans diverses revues scientifiques, que les plantes et en particulier le feuillage des arbres, étaient le siège de manifestations radioélectriques, provoquant une abondante émission d’ions dans l’atmosphère environnante.
- Cette radioactivité paraît puiser sa source dans des phé-
- nomènes biologiques cellulaires, mais ne paraît pas devoir être due à l’action infime des sels de potassium ou autres sels minéraux renfermés dans les plantes.
- Cette radioactivité varie du reste beaucoup suivant la nature des essences ; elle est sensiblement plus élevée aux époques de floraison, et elle est augmentée par l’action solaire.
- Il résulte de ces faits que les forêts, principalement en été et pendant la journée, sont entourées d’une atmosphère ionisée et conductrice s’opposant au passage des ondes électromagnétiques.
- En hiver, par suite de l’absence du feuillage, les actions sont amoindries. Mais dans les immenses forêts tropicales où la végétation est exubérante, les effets d’ionisation, qui doivent vraisemblablement être beaucoup plus importants que dans les régions tempérées et septentrionales, opposent un obstacle presque insurmontable au passage des ondes hertziennes, principalement pendant le jour.
- Les ondes, en circulant au-dessus des forêts, subissent une réflexion plus ou moins complète qui les fait entièrement dévier de leur direction primitive. Il semble qu’on ne pourrait pratiquement éviter les inconvénients dus à la présence des forêts, qu’en disposant dans ces régions, les antennes émettrices ou réceptrices à une hauteur suffisante afin d’échapper à l’action absorbante ou réfléchissante des couches conductrices.
- On pourrait dans certains cas tirer profit des inégalités du terrain, en disposant les antennes au sommet de montagnes ou de collines, partiellement déboisées.
- Albert Nodon.
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- LES APPAREILS CINÉMATOGRAPHIQUES
- I - LES CINÉGRAPHES
- La cinématographie a accompli, depuis quelques années, de très grands progrès, tant au point de vue technique qu’au point de vue scénique ; mais, alors que l’on appelle si souvent — à juste titre d’ailleurs — l’attention du public sur les efforts accomplis par les metteurs en scène, les opérateurs et les artistes, on ne parle que très rarement des instruments auxquels l’art ciné-graphique doit l’existence.
- L'HISTOIRE ET LE PRINCIPE DES CINÉGRAPHES
- Le cinématographe, qui fut inventé en 1896, par les frères Lumière,
- cria/le des distances levier de mise mt\ peint
- échelle' des diaphragmes
- fa/nhoue dénié
- n’est pas le premier des instruments imaginés en vue de reconstituer les mouvements au moyen d’une analyse suivie d’une synthèse.
- Dès 1893, Edison construisit le kiné-tographe; cet appareil enregistrait 46 images par seconde sur une pellicule animée d’un mouvement continu; une copie positive de ce film, déroulée par le kinétoscope, permettait de projeter sur un écran la succession des phases du mouvement photographié, avec une vitesse telle, que grâce à la persistance des impressions rétiniennes, l’œil pouvait aisément en faire la synthèse. Malheureusement, le mouvement continu du film imposait des poses extrêmement courtes et, lors de l’impression, il était nécessaire de ne laisser voir chaque image que durant l/7000e de seconde pour que la netteté fût suffisante. Dans ces conditions, il n’était possible d’opérer que sur des sujets très fortement éclairés et l’intensité de la projection laissait beaucoup à désirer.
- Le progrès décisif qui a permis à la cinégraphie d’entrer dans la pratique, c’est celui que MM. Auguste et Louis Lumière ont réalisé en immobilisant la pellicule pendant la durée de chaque exposition. Dans le cinématographe Lumière, le film était entraîné par saccades au moyen de griffes qui, sous l’action d’un cercle àbosselte, pénétraient dans des trous perforés près du bord de la
- œilleton à 3 tram
- compléter
- \
- loupe de ,ni'iv anpeint
- cadre
- presseur
- manchon d’embmgaye ÿrijjts
- Fig. 1 à 3. — i. Le cinégraphc /'Interview vu vers l'avant. 2. L’Interview vu vers Varrière. 3. Mécanisme d’entraînement de /'Interview.
- bande sensible, la tiraient de haut en bas de la hauteur d’une image, se dégageaient du film et revenaient, libres, au point de départ. Ce mouvement, qui se répétait 16 fois par seconde, était obtenu en tournant, à raison de 2 tours par seconde, une manivelle qui était placée à l’arrière de l’instrument et, par l’intermédiaire d’un train d’engrenages, commandait une came triangulaire agissant sur un cadre relié aux griffes. Les mêmes roues dentées actionnaient un obturateur rotatif placé en arrière de l’objectif, présentant un secteur évidé qui laissait passer la lumière pendant les périodes d’im-
- ______________________________ mobilisation du
- film. La bande positive tirée de la pellicule négative était ensuite passée par le même instrument devant un projecteur approprié.
- Depuis, les appareils ont évolué, se sont spécialisés et maintenant on projette au moyen de cinéscopes, couramment désignés par l’expression « poste de projection cinématographique », et
- qui, de plus en plus, diffèrent des appareils de prise de vue ou ciné graphes. Quelques constructeurs établissent maintenant encore des appareils mixtes permettant à la fois de cinégra-phier, de tirer le positif et de le projeter; mais en dépit de l’ingéniosité déployée, ces instruments sont incapables de donner des résultats comparables à ceux que l’on obtient avec des appareils spécialisés ; leur seul avantage est de réduire très sensiblement le petit capital à mettre en œuvre.
- Le cinématographe Lumière était surmonté de deux boîtes : le magasin débiteur, contenant
- crnetnaitde du poinçon, derepêraye
- levier
- S»
- le film vierge, et le magasin récepteur, dans lequel s’enroulait le film impressionné. Cette disposition encombrante a cependant été conservée fort longtemps.
- De nos jours, les constructeurs s’efforcent de réduire le volume et emmagasinent le film soit à l’arrière du mécanisme, soit de chaque côté, la partie mécanique étant alors établie de façon à occuper un espace aussi
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- volet
- étroit que possible. Cette dernière disposition, qui a été adoptée en 1908 par les établissements Debrie, caractérise maintenant le cinégraphe normal.
- On sait que le film doit se déplacer par saccades devant la fenêtre d’impression, les brusques tractions auxquelles il est soumis risqueraient de le déchirer s’il opposait une notable résistance à l’action des griffes d’entraînement. Afin de réduire au minimum l’inertie de la bande pelliculaire, on place sur le trajet du film, entre le magasin débiteur et les griffes d’entraînement, un tambour denté qui, en tournant à vitesse uniforme, l’anime d’un mouvement continu et l’on ménage une boucle entre la section de film engrenée avec le tambour et celle engagée dans le canal d’accès à la fenêtre d’exposilion. Après être sortie du canal, la pellicule décrit une seconde boucle et s’engage ensuite sur un tambour denté qui l’achemine vers le magasin récepteur où elle s’enroule sur une bobine. De la sorte, c’est seulement dans le court trajet compris entre les deux boucles que le film, entraîné parles griffes dans le canal, se déplace par saccades; les inconvénients propres aux mouvements de ce genre sont ainsi réduits au minimum.
- J. Debrie a pensé que les boucles, qui jusqu’alors restaient cantonnées entre les deux plans déterminés par les joues de la bobine débitrice, pouvaient sans le moindre inconvénient décrire des volutes et permettre ainsi de placer les magasins à film de part et d’autre du mécanisme. Cette disposition a tout d’abord'été vivement critiquée, mais les détracteurs ont été obligés de se rendre à l’évidence et aujourd’hui le Parvo, qui a d’ailleurs suivi au plus près les progrès de la cinégra-phie, est universellement considéré comme l’un des meilleurs appareils.
- Les établissements André Debrie construisent, suivant les mêmes principes, VInterview, cinégraphe plus simple qui répond à tous les besoins des explorateurs, des reporters, des savants et des amateurs; c’est
- Fig. 5. — Cinégraphe Parvo équipé avec un objectif F/i,5 de 90 mm de foyer.
- première boucle
- fenêtre ’dlmppt
- êar
- seconde boude
- Fig. 4. — Comment le film est placé dans l'appareil /'Interview.
- cet appareil que nous allons examiner tout d’abord. DESCRIPTION D'UN CINÉGRAPHE D'EXTÉRIEUR
- commande du verre dépcli^ serrage de l'cbjfcb mise aupcini barrettedn
- entrée dut caches ;
- réglagL __
- l'obturateur
- tige des-
- diaphragma
- commande du fondu automai
- commande du fondu "à lamain
- Le mécanisme de Y Interview est enfermé dans un coffret en bois contreplaqué. La partie avant (fig. 1) supporte l’objectif, dont les lentilles sont protégées par un parasoleil; un viseur clair est placé sur le côté. Les parois latérales peuvent être écartées et découvrir le mécanisme lorsque la partie avant est soulevée. Sur la face arrière (fig. 2), on trouve un œilleton présentant trois trous, grâce auquel on peut dévier la ligne de visée lorsque l’on opère à courte distance et obtenir ainsi un cadrage parfait dans tous les cas. Cette même face présente un compteur indiquant le nombre de mètres et d’images impressionnés, une loupe de mise au point permettant d’observer l’image, redressée et grossie neuf fois, directement sur la pellicule, un anneau commandant un poinçon de repérage et un niveau à bulle d’air. Sur les 120 m. de film que contient le magasin, on enregistre toujours plusieurs scènes, et ceci dans des conditions d’actinisme qui peuvent varier beaucoup de l’une à l’autre; grâce au poinçon de repérage, on peut marquer d’un trou la fin de chaque scène : il est facile par la suite de couper la pellicule exactement à l’endroit voulu et de développer les différents fragments de façon à en tirer le meilleur parti.
- L’avant de Y Interview contient l’obturateur, disque métallique qui présente un secteur évidé dont l’angle peut à volonté, par une manœuvre très simple, être fixé à 160, 116, 58 ou 29°. L’obturateur faisant 16 tours par seconde, ces
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- angles correspondent respectivement au l/36e, au 1/50, au l/'100e et au 1/200® de seconde. Le mouvement de la manivelle est transmis à l’obturateur par l’intermédiaire d’engrenages et d’un arbre terminé par un manchon d’embrayage que l’on voit nettement sur la figure 3, vers l’angle inférieur gauche du panneau avant.
- La partie avant étant soulevée, VInterview laisse voir en outre les principaux organes d’entraînement et de guidage du film : les griffes, le volet qui, lorsqu’il est fermé, est maintenu par un verrou, et le presseur qui applique la pellicule contre la fenêtre d’impression. On remarque, sur la face interne du volet, des presseurs qui maintiennent le film en regard des griffes, et sur la platine, un trou derrière lequel se montre le poinçon de repérage.
- Pour mettre l’appareil en ordre de marche, on extrait
- Fig. 6. — Cinègraphe Parvo vu vers l'arrière.
- du magasin cylindrique en aluminium, dans lequel le film vierge est enroulé émulsion vers le centre, environ 50 cm de pellicule; puis, la porte latérale sise du côté de la manivelle étant ouverte, on met le magasin en place et on engage la bande sous le tambour denté supérieur contre lequel il est maintenu par deux galets que l’on écarte à l’aide d’un levier pendant que l’on introduit la pellicule. On dispose ensuite le film en boucle hélicoïdale, de façon que la face émulsionnée se présente vers l’avant de l’appareil, puis, après l’avoir inséré dans le canal, entre les barrettes de' centrage, on referme le volet. Il suffit ensuite de lui faire décrire une seconde boucle analogue à la première, de l’engager sur le tambour denté inférieur, puis dans le couloir (fig. 4), et d’en fixer l’extrémité dans la fente présentée par le moyeu du magasin récepteur. On place enfin le moyeu sur le manchon à friction de l’extrémité de l’arbre de la manivelle et l’on
- tourne à la main, dans le sens inverse de celui des aiguilles d’une montre, afin de tendre le film. L’appareil étant refermé, on engage la section trapézoïdale qui termine le levier de manivelle dans la mortaise taillée sur le bout de l’arbre de commande et l’on pousse jusqu’à ce qu’un déclic se produise; la manivelle est alors verrouillée sur l’arbre.
- Le chargement, dont nous n’avons parlé que pour bien fixer dans l’esprit les positions relatives des divers organes d’un cinègraphe moderne, paraîtra peut-être quelque peu compliqué; en réalité, il demande beaucoup moins de temps qu’il n’en faut pour le décrire.
- h'Interview est ordinairement pourvu d’un objectif de 50 mm de foyer, ouvert à F/3,5, mais il peut aussi recevoir des objectifs de tous foyers. La mise au point se fait soit à l’aide de l’échelle des distances gravée sur la monture de l’objectif, soit directement sur la pellicule, au moyen de la loupe; en ce dernier cas, il faut ouvrir l’obturateur, et la partie de film qui est devant la fenêtre se trouve voilée, mais il est facile de l’éliminer après le développement.
- L'Interview se fait en plusieurs variétés qui ne diffèrent du modèle décrit que par l’addition de divers perfectionnements empruntés au Parvo.
- DESCRIPTION D’UN CINÈGRAPHE POUR STUDIO
- Ce dernier cinègraphe (fig. 5 et 6) est pourvu de dispositifs qui en font un appareil relàtivement complexe, mais parfaitement adapté aux besoins des studios d’aujourd’hui. Il se présente sous la forme d’un coffret d’aluminium duquel émergent des boutons et leviers dont le nombre, de prime abord, intimide quelque peu le profane, mais qui sont placés de telie sorte que l’on parvient très vite à saisir le rôle de chacun d’eux.
- Le mécanisme du Parvo est une merveille d’ingéniosité et de précision. Sans entrer dans des détails de construction, ce qui nous entraînerait trop loin, nous dirons que la manivelle fait tourner un arbre sur lequel est calée une grande roue dentée qui, par l’intermédiaire d’engrenages, commande tous les organes mécaniques et dont les mouvements sont contrôlés par un régulateur de vitesse et enregistrés par un compteur faisant connaître à la fois la longueur de pellicule impressionnée et celle du film restant disponible. Le mécanisme peut également être mis en action par un petit moteur électrique amovible embrayé sur un arbre spécial visible à l’arrière de l’appareil (fig. 6) ; l’indicateur de vitesse que comporte le Parvo permet d’obtenir du moteur un fonctionnement de l’appareil identique à celui procuré par la manivelle.
- Le mouvement est transmis, par l’intermédiaire d’engrenages (fig. 7), à un pignon-plateau-manivelle qui commande, d’une part, un arbre vertical faisant tourner les, tambours dentés débiteur et récepteur et l’obturateur, d’autre part le chariot actionnant les griffes d’entraînement et les contre-griffes de stabilisation. Ces dernières, qui sont d’application toute récente, assurent l’immobilité absolue du film pendant l’exposition et le repérage précis qui est indispensable lorsque l’on com-
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- pose une scène par surimpressions, ce qui aujourd’hui est un cas de plus en plus fréquent.
- On sait que le celluloïd s’électrise très facilement sous l’influence des frottements et que les effluves ainsi produites impressionnent le gélatino-bromure d’argent. Ces fâcheux phénomènes sont particulièrement à redouter lorsque l’on procède à des surimpressions, car alors le film subit des mouvements de va-et-vient. Dans le Parvo, la pellicule ne court aucun risque de cette nature; le presseur de la fenêtre d’impression recule automatiquement après chaque exposition et ne revient s’appliquer sur le film qu’au moment où l’obturateur est sur le point de démasquer la fenêtre.
- Le Parvo comporte trois dispositifs de mise au point qui, tous, peuvent être manœuvrés de l’arrière : on peut utiliser la réglette à graduations multiples devant laquelle se déplace le levier de mise au point, ou se baser sur l’aspect de l’image vue à l’aide de la loupe, soit sur le film, soit sur une glace dépolie. A cet effet le canal, au lieu d’être fixe comme dans l'Interview, peut osciller autour d’un axe A (fîg. 8) et présente sur le côté un verre dépoli B que l’on peut aisément substituer à la pellicule, dans le champ de l’objectif, en faisant décrire au levier de commande C un arc de cercle de droite à gauche après avoir, toutefois, libéré le film des griffes en poussant le bouton de blocage (fig. 6) et en tournant doucement la manivelle jusqu’à refus, ce qui est obtenu en 1/8 de tour au plus. L’obturateur s’ouvre automatiquement lorsque le verre dépoli prend place dans le champ de l’objectif et se referme de même dès que l’on ramène le levier C vers la position initiale. De la sorte, on ne risque jamais de provoquer le moindre voile lorsque l’on manoeuvre le verre dépoli.
- Les caches artistiques ou autres, que l’on place, soit devant l’objectif, soit entre l’obturateur et la fenêtre d’impression, restent toujours dans le champ de la loupe de mise au point : il est ainsi très facile de contrôler leur position.
- Enfin, le Parvo est muni de deux dispositifs permettant de restreindre graduellement le secteur ajouré compris entre les deux plateaux qui constituent l’obturateur, de façon à produire l’effet connu sous le nom de « fondu »; l’un de ces dispositifs est automatique et agit en 9 tours de manivelle, l’autre ferme l’obturateur dans des conditions qui ne dépendent que de l’opérateur. Dans le premier cas, le mécanisme d’entraînement se trouve bloqué dès que l’obturateur est fermé.
- On peut, en tournant la manivelle en sens inverse jusqu’à ce qu’un second blocage se produise, ramener le film au point où commence le fondu. L’appareil est alors prêt à cinégraphier une nouvelle scène, l’obturateur s’ouvrant peu à peu, soit automatiquement en 9 tours de manivelle, soit manuellement, en un nombre de tours quelconque, on obtient ainsi des scènes « enchaînées ».
- Le moyeu de chacun des magasins est placé sur un manchon à clavette pourvu d’un embrayage à friction constitué par un rochet à 4 branches et des billes, et monté de telle façon qu’il n’y ait jamais qu’une friction en action à un instant donné. Lorsque le film chemine vers le magasin récepteur, le moyeu de ce dernier est
- Fig. 7. — Mécanisme intérieur du- Parvo vu de coté.
- entraîné; lorsque, au contraire, le film rétrograde, c’est la friction de la bobine débitrice qui travaille-.
- Le Parvo admet tous les objectifs utilisables en ciné-graphie, quelle que soit leur longueur focale, quelle que soit leur ouverture relative; il est l’un des rares appareils sur lesquels il soit possible de monter l’Ernostar F/1,5 de 90 mm.
- Les barillets des objectifs du Parvo sont vissés sur des montures spéciales ; les graduations se rapportant aux divers objectifs sont gravées sur une même plaquette de mise au point. La monture Parvo comporte une couronne présentant 3 échancrures et une rampe hélicoïdale dont le pas est approprié au foyer de l’objectif ; le parasoleil, au moyen duquel on peut commander le diaphragme à iris, est pourvu d’un bouton.
- 11 suffit, pour placer un objectif, de s’assurer que les divers organes mobiles se trouvant sur l’avant de l’appareil occupent les positions au delà de la mise au point sur l’infini et à la plus grande ouverture, d’abaisser le
- Fig. 8. — Position occupée par le film dans le Parvo.
- A gauche : pendant la mise au point sur le verre dépoli ; A droite : pendant la prise de vue.
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- levier de serrage de l’objectif, d’engager la monture dans l’ouverture de l’appareil, chacune des échancrures étant en regard d’une patte, de pousser à fond et de relever le levier de serrage : une petite boule pénètre alors dans la rampe de mise au point et commande l’objectif. L’opération demande à peine une seconde.
- Les montures sont construites avec une telle précision qu’un jeu d’objectifs peut servir sur plusieurs Parvo sans qu’il y ait nécessité de procéder sur ceux-ci au moindre réglage.
- A la vitesse normale, soit 2 tours de manivelle par seconde, on obtient, dans le même intervalle de temps, 16 images de 18 mm sur 24, ce qui, avec la petite marge séparant les images, représente par minute 18 m. 24 de film et 960 tours de pignon-plateau-manivelle et d’obturateur.
- La cinégraphie ultra-rapide, grâce à laquelle on est parvenu à faire la synthèse des mouvements au ralenti, connaît des chiffres beaucoup plus élevés. Ici, en effet, on peut atteindre 240 images à la seconde, ce qui correspond, par minute, à 274 m de film à 14400 coups de griffes et à autant de tours d’obturateur!
- On conçoit aisément que de telles vitesses ne puissent être obtenues qu’à l’aide d’appareils spécialement construits à cet effet.
- UN CINÉGRAPHE ULTRA-RAPIDE
- Parmi ceux-ci, le « G. V. » (fig. 10), construit par les établissements André Debrie, d’après les brevets Labrély, est particulièrement remarquable, tant par sa simplicité de manœuvre que par la robustesse de son mécanisme. L’extraordinaire vitesse qu’il faut ici réaliser a obligé à réduire à l’extrême le parcours du film. La bande est enfermée dans une boîte-magasin (fig. 11) contenant une bobine débitrice et une bobine réceptrice; partant de la première de ces bobines, elle traverse un couloir, s’engage au-dessus de l’unique tambour denté d’entraînement contre lequel l’applique un presseur, décrit une boucle, passe dans le canal où deux griffes doubles g (fig. 9) l’attaquant simultanément en 4 points assurent le mouvement par saccades, et où deux contre-griffes doubles g' l’immobilisent pendant les expositions, vient sous le tambour denté, franchit un second couloir et atteint la bobine réceptrice.
- Fig. 9. — Commande des griffes et des contre-griffes du cinégraphc
- G. V.
- Fig. 10. — Le cinégraphe G. V.
- Fig. 11. — Mécanisme du cinégraphe G. Y.
- levier de mise au
- levier du diaphragme
- magasin
- bobine debitrice
- commande du. prisme |
- loupe de mise aupoint
- manettes de èomnmndc de la f
- pUile-jcrme
- magasin
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- yaiets pressaies
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- ite/de'
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- Ces dispositions mécaniques ne permettant pas de placer la loupe de mise au point dans l’axe de l’objectif, cette loupe a été placée sur le côté et pourvue d’un prisme à réflexion totale permettant d’observer l’image qu’un second prisme, amené en temps opportun derrière l’objectif, projette sur le verre dépoli.
- Le « G. V. » permet d’opérer à toutes les allures comprises entre 16 et 240 images par seconde ; le compteur de vitesse, qui est placé à l’arrière, comporte une échelle spéciale indiquant, outre le nombre des images obtenues par seconde, le rapport entre ce nombre et 16 : l’opérateur, connaît ainsi, à tout instant, le coefficient de vitesse. A l’allure de 240 images par seconde, qui permet à la projection de montrer le mouvement ralenti 15 fois, les durées maxima d’exposition sont de 1/600, 1/1000 et 1/2000 de seconde, selon que le secteur évidé de l’obturateur s’étend sur 135,86 ou 43°.
- ..... .: '- ~ - 399 =
- Le levier de mise au point se déplace devant 'des secteurs sur lesquels sont gravées les échelles de distances correspondant aux différents objectifs. Le « G. V. », qui admet tous les objectifs dont le foyer est compris entre 28 et 300 mm, est pourvu d’un système permettant le changement rapide de l’optique.
- Il serait superflu d’insister davantage sur le degré de perfection aujourd’hui atteint dans la construction des cinégraphes ; les appareils que nous avons décrits sont d’ailleurs considérés dans tous les studios, même dans ceux d’Allemagne et des Etats-Unis, comme inégalés, et si le pays qui vit naître le cinéma s’est laissé distancer dans le domaine de la production du film, il est resté, grâce à la haute valeur de ses mécaniciens spécialistes, le premier dans l’art de construire le matériel de prise de vue.
- André Bourgain.
- LES PHÉNOMÈNES DE LUMINESCENCE (&*..)
- LA PHOSPHORESCENCE
- Phosphorogènes et diluants. — La phosphorescence ne s’observe que sur un petit nombre de composés minéraux parmi lesquels les plus actifs sont les sulfures de calcium, de baryum, de strontium, de zinc, de cadmium, etc.
- On a remarqué qu’une substance phosphorescente devient de moins en moins active à mesure que son degré de pureté augmente ; un corps absolument pur n’est pas phosphorescent.
- On donne à l’impureté qui détermine la phosphorescence le nom de phosphorogène et à la masse principale celui de diluant. Dans le sulfure de zinc ordinaire, qui donne une belle phosphorescence verte, existent toujours des traces de sels de cuivre qui constituent le phosphorogène, le sulfure de zinc jouant le rôle de diluant ; la phosphorescence devient orangée si le phosphorogène est constitué par un sel de manganèse. Un grand nombre d’autres métaux tels que le plomb, le magnésium, le bismuth, l’argent, etc., peuvent jouer le rôle de phosphorogène.
- On admet que ces métaux s’unissent au sulfure et forment des composés complexes qui jouent le rôle de « centres actifs ». La formation de ces complexes aurait lieu pendant la calcination qui est toujours nécessaire pour la préparation des corps phosphorescents, et serait facilitée par la présence de petites quantités de sels fusibles tels que chlorure de sodium, sulfate de sodium, etc., que l’on désigne sous le nom de fondant.
- Ces résultats peuvent être généralisés. Citons comme exemple de corps pouvant donner des phosphorescences sous l’influence de traces de substances étrangères : le sulfure de magnésium, les sulfures alcalino-terreux ou de cadmium, le tungstate de calcium, le fluorure de calcium, l’oxyde d’aluminium, certains échantillons de minéraux tels que le rubis, le saphir, le diamant, la fluorine, etc., qui contiennent des traces de métaux étrangers (cuivre, magnésium, chrome, métaux des terres rares).
- Le spectre de la lumière émise dépend à la fois du phosphorogène et du diluant. En toute rigueur on ne devrait pas parler de substances, mais seulement de systèmes phosphorescents.
- La désignation des corps phosphorescents. —
- On désigne habituellement un composé phosphorescent par son diluant bien que le phosphorogène semble jouer le rôle le plus actif dans le phénomène. Cet usage s’est conservé pour deux raisons principales : 1° parce que cette désignation prête moins à la discussion et à la confusion, car le diluant représente en général 99 pour 100 du produit tandis que le phosphorogène est souvent indéterminable ; 2° parce que les diverses propriétés autres que la luminescence dépendent surtout du diluant,
- Loi de l’optimum. — La quantité totale de lumière émise pour une excitation donnée par un corps phosphorescent dépend étroitement de la concentration du phosphorogène. Elle croît d’abord avec cette concentration, passe par un maximum et diminue ensuite jusqu’à devenir nulle. Dans les sulfures alcalino-terreux, la teneur optimum en matière active est de l’ordre de quelques dix-millièmes.
- La phosphorescence et l’état solide. — La phosphorescence ne s’observe jamais que sur les corps solides. D’une façon générale, les molécules d’un corps photoluminescent conservent leur état d’excitation d’autant plus longtemps que l’agitation thermique est plus faible et il suffit parfois d’accroître la viscosité d’une solution fluorescente en y ajoutant de la gélatine pour que s’opère le passage de la fluorescence à une phosphorescence de courte durée.
- A l’état de solution solide dans l’acide borique cristallisé, la quinine, l’éosine, l’hydroquinone, corps habituellement fluorescents, donnent une phosphorescence persistante.
- La phosphorescence aux basses températures. — La durée de la phosphorescence augmente généralement lorsqu’on abaisse la température. Un refroidissement énergique suffit parfois à transformer des corps fluorescents en corps phosphorescents. Ainsi les solutions alcooliques de diverses matières organiques, benzine, crésol, fluorescentes à la température ordinaire, donnent au-dessous de leur point de congélation une luminescence dont la durée d’abord très courte (un centième de seconde environ) croît rapidement quand on continue à refroidir.
- Quand on refroidit un corps qui est phosphorescent à la température ordinaire, son éclat diminue flë plus en plus, en même temps qu’augmente la durée de l’éxiinction. Pour une
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- température suffisamment basse, l’éclat n’est plus perceptible et la phosphorescence semble disparaître. Mais le corps luit de nouveau quand on le chauffe.
- Une interprétation de la thermoluminescence. — La température au-dessous de laquelle la phosphorescence n’est plus perceptible peut être notablement supérieure à la température ordinaire. Le corps devient phosphorescent pour une élévation suffisante de la température. Ainsi s’explique la thermoluminescence observée sur certains cristaux qui brillent pendant quelques instants d’un vif éclat quand on les chauffe. L’élévation de température a eu simplement pour effet d’accélérer la libération de l’énergie lumineuse qui s’est accumulée dans le minéral soumis à un faible éclairement.
- Action de réchauffement sur les corps phosphorescents. — D’une façon générale une élévation de température active la phosphorescence. On augmente l’éclat d’un écran au sulfure de zinc, excité par insolation en l’échauffant simplement avec la main; échauffé par une flamme, il jette une vive lumière qui s’éteint définitivement très vite.
- Les rayons rouges ou infra-rouges augmentent aussi souvent l’éclat de la phosphorescence. Gustave Le Bon a montré qu’un écran de sulfure de calcium, maintenu plusieurs années dans l’obscurité, et n’émettant plus aucun rayonnement décelable par la plaque photographique, devient assez lumineux pour pouvoir être photographié en quelques minutes dans la chambre noire lorsqu’on fait arriver sur lui des rayons infra-rouges.
- Mais s’il est possible de modifier l’intensité de la luminescence et sa durée pour une excitation donnée, la quantité totale de lumière émise demeure invariable, Une élévation de température, l’action des rayons rouges et des rayons infra-rouges, qui augmentent l’éclat de la phosphorescence, en diminuent la durée. Un abaissement de température augmente au contraire la durée de la phospnorescence mais en diminue l’éclat.
- Différence entre la phosphorescence et la fluorescence. — « On ne sait rien, écrivait récemment M. Ber-thoud, dans un livre très documenté qu’il vient de publier sur la photochimie, des causes de la durée parfois très grande de l’état d’excitation, ni même du changement produit par la lumière dans les centres actifs. Quoiqu’il y ait entre la phosphorescence et la fluorescence des rapports évidents, il n’est pas probable que ces deux phénomènes soient absolument de même nature et ne diffèrent que par la durée de l’extinction. »
- LA LOI DE STOKES
- Qu’il s’agisse de phosphorescence ou de fluorescence, l’émission de lumière est toujours consécutive à une absorption. Seules les radiations absorbées sont susceptibles de provoquer la luminescence. C’est ce qu’on peut constater en faisant passer un faisceau lumineux successivement à travers deux vases contenant la même solution de fluorescéine : le premier seul est fluorescent.
- A chaque corps phosphorescent ou fluorescent correspond un spectre d'excitation caractéristique. L’ensemble des radiations émises constitue le spectre de fluorescence ou de phosphorescence. En général, pour les solides et les liquides, ce spectre est composé d’une ou plusieurs bandes (deux ou trois au maximum), très diffuses, formant les tronçons plus ou moins étendus d’un spectre continu ; cependant les solutions solides des terres rares donnent de véritables spectres de raies.
- Stokes avait cru pouvoir affirmer que , les radiations excitatrices se transforment toujours en radiations de longueurs
- d’onde plus grandes. En réalité, cette loi n’est pas absolument rigoureuse; de nombreuses exceptions ont été signalées. Mais on peut la considérer comme fournissant une indication très approchée sur le sens dans lequel s’opère la transformation de l’énergie lumineuse. Ainsi une substance phosphorescente est généralement sensible à l’action des rayons de faibles longueurs d’onde ; en particulier, sa phosphorescence peut être provoquée par les rayons ultra-violets, ce qui est utilisé fréquemment pour révéler l’existence de ces rayons.
- Phosphorescence provoquée par les substances radioactives. — Il est à peine besoin de rappeler que les corps radioactifs émettent un rayonnement complexe dans lequel on distingue les rayons a formés d’atomes d’hélium et électrisés positivement, les rayons p formés d’électrons, et les rayons y constitués par un rayonnement électro-magnétique analogue aux rayons X mais de longueur d’onde encore plus courte. Ces divers rayons sont susceptibles de rendre lumineux les corps phosphorescents ou fluorescents qu’ils rencontrent : le platinocyanure de baryum et le sulfure de zinc, brillent par exemple d’une lumière verdâtre.
- Si on examine à la loupe la luminosité produite par les rayons x sur du sulfure de zinc, on constate que cette luminosité se résout en points lumineux qui apparaissent successivement comme des éclairs sur le fond de l’écran; chaque particule a produit une sorte de scintillation et l’aspect de l’écran rappelle celui d’un ciel sillonné d’étoiles filantes.
- Une trace insignifiante de radium entretient le phénomène plusieurs années. On peut l’observer au moyen d’une aiguille dont la pointe a seulement touché une petite fiole ayant contenu du radium; on dispose cette pointe dans un tube, à quelque distance d’un écran recouvert de sulfure de zinc, qu’on examine au moyen d’une loupe. Ce petit appareil, imaginé par Crookes, est connu sous le nom de spinthariscope.
- Il fournit un procédé très simple pour compter le nombre de particules a émises en une seconde par un fragment de radium. En recueillant ces particules, pendant un temps suf-samment long, dans un récipient vide, et mesurant le volume d’hélium ainsi produit, on peut évaluer le nombre d’atomes (ou de molécules, puisque la molécule d’hélium est monoato-nique) contenus dans un volume déterminé d’hélium. C’est là, comme on le voit, un procédé très direct pour déterminer le nombre des molécules contenues dans un cm3 de gaz sous la pression normale, procédé qui a fourni un résultat en excellent accord avec les valeurs obtenues par les diverses méthodes de numération des molécules..
- APPLICATIONS DES PHÉNOMÈNES DE PHOSPHORESCENCE
- Peintures lumineuses radioactives. — L’une des principales applications de la luminescence est celle qui utilise l’action des corps radioactifs sur certains corps phosphorescents, notamment sur le sulfure de zinc. En mélangeant intimement un sel radioactif (de radium ou de mésothorium), à du sulfure de zinc, on obtient une poudre qui luit tant que subsiste la substance radioactive. La luminosité produite est permanente, et on a proposé de l’employer comme étalon de lumière de faible intensité. Elle n’est cependant pas constante, d’abord parce que le corps radioactif se désintègre progressivement, et de plus parce que le sulfure de zinc subit une sorte de fatigue qui produit à la longue un abaissement de la luminosité. Cette altération du sulfure de zinc ne permet pas d’employer de fortes teneurs de sel radioactif ; la dose de celui-ci est de l’ordre d’un dixième de milligramme par gramme de sulfure de zinc.
- Le sulfure de zinc radifère, délayé dans un mélange d’essence de térébenthine et de résine, fournit un vernis
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- lumineux avec lequel on peut recouvrir les aiguilles et le cadran des montres, les boutons d’interrupteurs électriques, les mires de fusils et de mitrailleuses, les appareils indicateurs à bord des avions, etc., et de manière générale, toutes les surfaces qu’on désire rendre visibles dans l’obscurité.
- Autres applications de la photoluminescence. — La fluorescence trouve un emploi dans les écrans utilisés pour déceler les rayons X dans la radioscopie. On a proposé de la mettre à profit pour récupérer le rayonnement ultraviolet invisible des tubes à gaz raréfié, par exemple des lampes à vapeur de mercure. On choisit le corps phosphorescent ou fluorescent de manière que la teinte de la lumière qu’il émet soit sensiblement complémentaire de celle produite par les radiations visibles du tube et rapproche de la lumière blanche la teinte résultante.
- La longue durée d’émission de la phosphorescence permet de suppléer à la trop courte durée de l’impression rétinienne pour certaines applications, notamment dans la télévision, la vision des images cinématographiques, etc.
- La phosphorescence et les inventeurs- — On a songé à bien d’autres applications de la phosphorescence. Ce domaine a particulièrement tenté les inventeurs. On a proposé, indique M. Guntz (1 ), l’emploi du sulfure de calcium pour recouvrir : à l’intérieur, les marches et cages d’escaliers, commutateurs électriques, ampoules d’éclairage, boutons et cordons de sonnette, robinets de gaz, horloges, abat-jour, dessus de table de nuit, porte-allumettes, veilleuses, poignées de porte, trous de serrure ; à l’extérieur, les poteaux indicateurs, bordures de pelouses, signaux sémaphoriques, barrières de passage à niveau, plafonds de wagons circulant dans les tunnels, plaques de rues, numéros de maisons, lanternes de sécurité pour poudrières, postes d’incendie, bouées de sauvetage, d’amarrage, môles de ports, compas, avions, terrains d’atterrissage, tableaux, affiches lumineuses, articles de pêche et de chasse, jouets « sans phosphore », reproduction de gravures, luminographie.
- En réalité, aucune de ces applications ne s’est développée
- (*) Bulletin de la Société Chimique de France, 27 février 1926.
- —.....................................’..== 401 =
- pratiquement. C’est qu’en effet l’intensité de la lumière émise diminue très vite après que l’insolation est terminée comme le montrent les valeurs suivantes qui donnent à divers instants l’éclat en millionièmes de bougies par cm2 d’un échantillon d’un écran au sulfure de zinc (le phosphorogène étant constitué par du cuivre).
- Temps éclat
- 10 secondes 225
- 30 — 57
- 1 minute 36
- 10 minutes 3,5
- 30 — 0,85
- 1 heure 0,35
- 2 heures 0,14
- 3 heures 0,04
- La luminosité persiste bien toute la nuit, mais elle n’est perceptible que si l’on se trouve dans une obscurité complète, bien rarement réalisée.
- Avenir des applications de la phosphorescence.
- — Peut-on espérer voir se réaliser les espoirs que tant d’inventeurs ont mis dans l’utilisation de la phosphorescence ? Cela paraît assez improbable. Si l’on calcule la quantité totale de lumière émise par un sulfure phosphorescent, on trouve un nombre très faible en valeur absolue, mais très considérable si on le rapporte au poids de phosphorogène, corps actif, qui correspond à une énergie comparable à celle que fournit une réaction chimique très intense. Or, en vertu de la loi de l’optimum, la proportion de phosphorogène ne peut dépasser une certaine teneur, en sorte que la quantité répartie sur une surface d’un m2 reste inférieure à un décigramme.
- « On ne peut donc s’attendre, écrit M. Guntz, à voir s’accroître beaucoup l’énergie emmagasinée, et, quoiqu’il soit toujours imprudent de préjuger de l’avenir et de dire que le problème de l’éclairage nocturne par accumulateurs phosphorescents soit sans espoir, nous avons tout lieu de croire que sa solution n’est pas encore en vue. »
- (A suivre.) A. Boutaric.
- UNE LOCOMOTIVE A VAPEUR A HAUTE PRESSION
- Parmi les moyens envisagés pour améliorer le rende- l’augmentation de la température de la vapeur. Elle
- ment des machines à vapeur, l’un des plus efficaces est s’obtient par la surchauffe et par l’élévation de la pres-
- Fig. i. — Vue en long de la nouvelle locomotive à haute pression (CO hg). Construite par la Société Suisse pour la construction de locomotives.
- ___4t-__2,00----4<—1,55----
- ... 2,50________,4*____2,05.
- 1,15 —*j<-------
- Long, totale 13.1W
- itick
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- Cheminée
- Paroi
- Paroi Surchauffeui
- Vapeur
- Pompe d alimentation
- Rèchaufjid alimenta tionj
- Fig. 2. — Schéma du fonctionnement de la locomotive.
- sion dans la chaudière. On a d’abord été très prudent à l’égard des augmentations de pression. Mais en ces dernières années les progrès ont été rapides; ce sont les grandes centrales électriques, pressées par la nécessité d’économiser le charbon, qui ont montré la voie. On ne recule plus aujourd’hui devant les chaudières timbrées à 50 kg, et les pressions de 100 kg actuellement réalisées dans des installations expérimentales s’introduiront inévitablement dans la pratique.
- Si l’avantage des hautes pressions est certain pour des installations aussi parfaites que celles des centrales électriques, où les turbines sont munies de condenseurs excellents, il serait théoriquement beaucoup plus considérable encore sur des machines obligatoirement privées de condensation, comme c’est le cas sur les locomotives à vapeur. Les machines des locomotives les plus parfaites sont, on le sait, d’un rendement médiocre et leur consommation de charbon par cheval-vapeur est fort élevée,
- malgré le recours à ces perfectionnements qui se nomment compoundage et surchauffe. Elle dépasse encore 1,5 kg par cheval, tandis que dans les installations fixes les plus modernes la consommation tombe au-dessous de la moitié de ce chiffre.
- Les chemins de fer sont de grands consommateurs de charbon, et leur budget, en aucun pays, n’est très à l’aise. La réduction de la dépense de charbon des locomotives est donc pour eux un important problème. Aussi s’oriente-t-on aujourd’hui vers l’emploi de pressions de vapeur plus élevées. Celles-ci, après être restées longtemps stationnaires autour de 5 à 7 kg, ont été poussées à 10, puis à 15 et même 18 kg.
- La Société Suisse pour la Construction des Locomotives à Winterthur vient de franchir dans cette voie une étape audacieuse en construisant une locomotive à très haute pression.
- Celle-ci a été poussée d’emblée, en effet, au chiffre de 60 kg, qui ne compte encore que très peu de réalisations, même en chaudières fixes.
- C’est en 1926 que la Société Suisse entreprit cette étude en construisant d’abord séparément la chaudière et la machine à vapeur. Les essais furent si satisfaisants que l’on décida de passer aussitôt à l’équipement d’une locomotive. Celle-ci fut mise en service en novembre 1927, et expérimentée sur les chemins de fer fédéraux suisses. Les essais effectués comparativement avec une locomotive usuelle de puissance équivalente, mais fonctionnant avec de la vapeur à 12 kg, ont fait ressortir d’une façon éclatante les avantages de la nouvelle formule.
- La locomotive à haute pression a un foyer et une chaudière de moindres dimensions; elle consomme beaucoup moins d’eau et de combustible ; sur un même parcours l’économie est de 35 à 40 pour 100 pour le combustible, de 47 à 55 pour 100 pour l’eau.
- Il est intéressant d’examiner de près la nouvelle locomotive. Elle présente un aspect extérieur assez curieux, en raison de l’absence apparente de cheminée, de la grande hauteur de la chaudière, et du bec accentué dont le châssis est muni à l’avant; ce bec recouvre une plate-forme sur laquelle est monté le système des cylindres moteurs.
- La machine comporte un grand nombre de dispositions qui constituent de véritables nouveautés à bord d’une locomotive à vapeur.
- Nous assistons ici, sur un véhicule de petites dimensions, à l’adaptation de dispositifs qui ont fait leurs preuves dans les usines à vapeur fixes, de moyenne ou de grande puissance, mais qui jusqu’ici étaient restés à peu près exclusivement cantonnés dans ce domaine.
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- Chaudière et foyer. — La chaudière tubulaire se compose d’un tambour de vapeur servant de collecteur de vapeur et de deux tambours inférieurs plus petits. La liaison entre ces tambours est assurée par 3 parois soudées et par un certain nombre d’éléments tubulaires mandrinés dans les tambours. La chambre de combustion se trouve ainsi limitée de tous côtés par des tubes remplis d’eau (fîg. 4).
- Notons ici l’emploi de la soudure autogène dans la construction d’une chaudière à très haute pression. Les progrès de ce mode de travail sont tels, aujourd’hui, qu’il n’y a là aucune témérité, pourvu que les règles de l’art soient respectées.
- Celte chaudière est haute sur jambes et de courte longueur, ce qui explique l’aspect particulier de la locomotive qui la reçoit.
- La vapeur sortant de la chaudière est, avant son entrée dans les cylindres, surchauffée par passage dans des
- Fig. 5. — La partie avant de la locomotive à haute pression, capot enlevé.
- On aperçoit le groupe des cylindres à vapeur et l’arbre de transmission intermédiaire.
- tubes placés dans la partie avant de la chambre de combustion. Au sortir des cylindres, une partie de la vapeur d’échappement passe dans la tuyère d’échappement à la manière habituelle.
- En raison de la grande hauteur de la locomotive, on n’a pu donner de saillie à la cheminée, ce qui contribue à l’aspect original de la machine.
- L’autre portion est envoyée dans un réchauffeur où elle se condense en abandonnant sa chaleur à l’eau d’alimentation qui subit ainsi un premier réchauffage. Celui-ci se complète par le passage de l’eau d’alimentation dans un 2e réchauffeur ou économiseur qui absorbe une partie de la chaleur des gaz de combustion avant leur sortie du foyer. L’eau pénètre ainsi dans la chaudière à une température voisine de celle de vaporisation. Le surchauffeur et l’économi-
- Fig. k. — Vue en bout de la chaudière montrant la chambre dans laquelle seront montés le surchauffeur et Véconomiseur.
- seur sont montés sous le tambour supérieur à l’intérieur de l’espèce de chambre formée par les éléments tubulaires de la chaudière (fîg. 4). La pompe qui refoule l’eau d’alimentation dans la chaudière est une pompe à pistons compound.
- Pour compléter la récupération de la chaleur contenue dans les gaz brûlés, l’air de combustion est lui-même réchauffé par passage dans un réchauffeur tubulaire monté à l’extrémité avant de la chambre du foyer.
- Fig. 6. — Aspect de la nouvelle locomotive.
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- La machine à vapeur. — La machine à vapeur composée de 3 cylindres égaux, à simple expansion, est, comme nous l’avons dit, fixée sur une plate-forme à l’avant du châssis du véhicule. Les bielles-manivelles des cylindres n’attaquent pas directement les essieux moteurs comme dans les locomotives usuelles, mais un arbre vilebrequin, placé parallèlement aux essieux et sur la plate-forme. Cet arbre, par un double jeu d’engrenages à pignons élastiques, communique à son tour son mouvement à un deuxième arbre intermédiaire, qui lui est parallèle et disposé au-dessous du châssis, et qui lui-même est accouplé par bielles aux trois essieux moteurs.
- Les cylindres à vapeur sont du système uniflux; ils sont à double effet; l’admission de la vapeur se fait par soupapes commandées; l’échappement se fait par des lumières au milieu du cylindre, découvertes au moment voulu par le piston lui-même.
- La . locomotive. — La locomotive d’essais Win-
- terlhur est à 3 essieux couplés, et 2 bissels. Elle a 1 m2 33 de surface de grille, 97 m2 de surface de chauffe, 20 m2 de surface de surchauffe. L’alésage des cylindres est de 215 mm, leur course de 350 mm. Le rapport de multiplication établi entre l’arbre de la machine à vapeur et l’arbre intermédiaire qui commande les essieux est de 2,5. Le diamètre des roues motrices est de 1 m. 52.
- La machine pèse à vide avec son tender 62,8 tonnes; en ordre de marche, avec ses approvisionnements d’eau et de combustible elle pèse 75 tonnes. Sa vitesse maxima est de 80 km-heure.
- Les résultats remarquables enregistrés aux essais avec cette première machine démontrent que la voie suivie par la Société Suisse est actuellement la véritable voie du progrès en matière de locomotive. C’est un exemple qui sera certainement suivi et il n’est pas douteux que; dans un avenir prochain les locomotives à haute pression circuleront, en grand nombre, sur les réseaux soucieux d’économies. R. Villers.
- LA PÊCHE DE LA BALEINE PAR LES BASQUES
- La « Corniche basque » de Bayonne à Bilbao est intéressante non seulement par la beauté comme par la variété de ses horizons, mais encore par les souvenirs historiques qu’elle évoque dans lé domaine maritime. Biarritz, Saint-Jean de Luz, Saint-Sébastien, toutes les plages aujourd’hui célèbres dans le monde de l’élégance, ainsi que toutes les pittoresques baies de la côte cantabrique ont été le berceau de la pêche à la baleine, de cette industrie qui a entraîné des conséquences économiques si fécondes aux siècles passés.
- Comment cette pêche très spéciale est-elle née au fond du golfe de Gascogne? C’est ce que nous devons d’abord expliquer. D’après Nansen — et c’est l’hypothèse la plus vraisemblable — les Basques l’auraient apprise des Normands. Les ancêtres des Norvégiens ont été, semble-t-il, en Europe les premiers marins qui
- aient su harponner la baleine ('). Dès le ixe siècle, au témoignage d’Othère, ils capturaient les grands cétacés sur les côtes de leur pays, et, vers la même époque, ils paraissent avoir introduit celte pratique dans les régions riveraines de la Manche.
- D’ançiens textes mentionnént la prise de baleines sur le littoral de la Normandie, après que les Vikings se furent établis dans cette province; d’autre part, l’historien arabe Omar Al Udri (xie siècle) rapporte que les Normands installés en Irlande harponnaient des céta-
- 1. Nansen (Fridtjof). Nord i taakeheimen, p. 138.
- Fig. 1.
- Sceau de la cille de Biarritz
- cés autour de cette île (1 ). Pendant le haut Moyen Age les Basques entretenant des relations maritimes avec la verte Erin; au cours de ces navigations il est donc possible qu’ils aient appris des Normands à s’emparer des mammifères marins.
- A quelle époque cette pêche a-t-elle commencé dans la mer de Biscaye? Très certainement à une date très reculée. Les documents les plus anciens qui en font mention remontent à 1199 (2) et à 1237 (3). Ils prouvent que dès la fin du xne siècle les habitants de Biarritz et qu’au début du ,xme ceux de Zarauz, petit port situé à l’ouest de Saint-Sébastien, capturaient la baleine. Remarquons que ces textes ne mentionnent pas cette prise comme un fait nouveau et accidentel; d’où il est permis de conclure que, depuis longtemps auparavant, elle était pratiquée. Les Basques continuèrent à exercer cetle industrie, tandis qu’au contraire, progressivement, les marins des bords de la Manche l’abandcmnèrent. Les habitants de la Biscaye sont restés, par: suite, pendant plusieurs siècles, le seul peuple d'Europe qui ait conservé l’art de harponner les grands mammifères marins et su extraire l’huile de leurs dépouilles.
- Sur les bords du golfe de Gascogne, la pêche à la baleine a été exercée principalement dans le pays basque,
- 1. Ibid., p. 137.
- 2. Livre d’Or de Bayonne. Edition Bidache, p. 281.
- 3. Duro (Francesco). Disquisiciones nauticas. Madrid, vol. YI,
- 1881, p. 286.
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- c’est-à-dire en France, dans le Labourd (J), et, en Espagne, dans les provinces de Guipuzcoa et de Biscaye. Elle donnait lieu à des armements dans tous les ports de la région considérée : à Biarritz, Bidart, Guéthary, Saint-Jean de Luz, Ciboure, Socoa, Fontarabie, Passages, Saint-Sébastien, Zarauz, Guetaria, Ondarroa, Lequeytio, Bermeo, etc. Dans deux secteurs côtiers, en dehors du pays basque, les indigènes l’exerçaient également : au nord de l’Adour, les gens de Cap Breton et de Vieux-Boucau, et, à l’ouest de la Biscaye, ceux de Castro-Urdiales, de Laredo, de Santander, de San Vicente de la Barquera, de Bivadesella, de Luanco, de Luarca(1 2 *). Par contre, les marins de la Galice ne se souciaient point des cétacés qui venaient s’ébattre sur leurs côtes. Quelle importance cette industrie tenait dans l’économie du pays, la preuve en est donnée par la présence d’un mammifère marin dans les armoiries d’un grand nombre de ses villes (fig. 1) (’’).
- Il y a une soixantaine d’années, on trouvait encore, aux environs des ports cités plus haut, d’abondants ossements provenant des mammifères marins capturés anciennement. Ils ont permis de reconnaître que le baleinidé poursuivi jadis par les Basques était la baleine de Biscaye (Balæna bis ayensis) (4), la baleine du Gulfstream, suivant la définition de Van Beneden qui oppose cette espèce au Balæna mysticetus, la baleine du Grônland qui, elle, ne sort pas du domaine des eaux polaires et des banquises.
- En outre, jadis comme aujourd’hui, des balænoptères fréquentaient la merde Biscaye; mais, faute d’engins
- permettant leur capture, les Basques les laissaient en paix. La pêche de ces cétacés n’a commencé que dans la seconde moitié du xixe siècle, lorsque le Norvégien Svend Foyn eut inventé un outillage approprié. Ajoutons qu’aux siècles passés, les marins de Biscaye attaquaient également le cachalot. .
- Les baleines arrivaient dans le golfe après l’équinoxe d’automne et y demeuraient tout l’hiver, tandis que les cachalots apparaissaient en été.
- La pêche avait lieu dans le voisinage de la côte. Du haut de tours construites sur des hauteurs commandant une vaste étendue de mer, des vigies épiaient l’horizon.
- 1. Le Labourd compre.nd la majeure partie de l’arrondissement de Bayonne.
- 2. Duro (Fernandez). Loc. cit., vol. YI, p. 292.
- d. Biarritz, Fontarabie, Bermeo, Lequeytio, Ondarroa, Castro-Urdiales, Laredo. (P. Yturbide. La pêche des baleines au pays basque du xu° au xviii0 siècle. Société bayonnaise d’Etudcs régionales, Bayonne, Bull, supplémentaire, année 1918, n° 3, p. 21).
- 4. La sarde des anciens navigateurs français, le « nordkaper » des Hollandais, D’après Yturbide [Loc. cit., p. 28. n.), sarde dériverait de l’expression basque sardaco balcae, baleines en troupe.
- Fig. 2. — Palissade de côtes de baleines.
- A Biarritz, le poste de veille se trouvait à l’Atalaye le massif rocheux entre le Port-Vieux et le port actuel. Sur les montagnes de la côte d’Espagne on voit encore des vestiges de ces observatoires. Dès que les guetteurs apercevaient au large une « fumée », ils sonnaient une cloche; aussitôt les équipages de se précipiter dans leurs canots et de prendre la mer. Comme le représentent les sceaux de Biarritz et de Fontarabie, l’embarcation employée était une pirogue effilée à l’avant et à l’arrière, prototype de la baleinière moderne, ramée par trois hommes et gouvernée par un quatrième au moyen d’un aviron de queue. A l’avant se tenait le harponneur prêt à lancer son arme. Ainsi, dès le xive siècle, les Basques ont employé les engins et la tactique qui sont restés en usage jusqu’à l’invention du canon lance-harpon. Quelle audace ces marins possédaient pour oser attaquer ces cétacés avec de frêles canots sur une mer aussi rude que le golfe de Gascogne en hiver ! d’autant qu’après avoir été frappée, la baleine de Biscaye se retourne parfois contre ses agresseurs! Signalons que cette espèce est loin d’atteindre
- la taille énorme de certains balænoptères; la longueur du B. biscayensis ne dépasse pas 15 à 16 m. Au xvie siècle, les cétacés étant devenus rares sur la côte du Labourd, les Basques français s’en allaient les capturer jusque sur la côte dé la Galice ('). Une aussi longue navigation exigeait naturellement des bateaux plus gros que la pêche près de la côte. Aussi, à cette époque, les Biarrots possédaient-ils, outre des baleinières, des embarcations de plus Lfort échantillon. Ambroise Paré qui, en 1566, accompagna à Bayonne Charles IX et Catherine de Médicis, donne à ce sujet des renseignements fort intéressants. « Ils ont, écrit-il, plusieurs vaisseaux et nacelles, dont en d’aucuns il y a des hommes, seulement, constituez pour pescher ceux qui pourroient tomber en la mer, les autres dediez pour combattre et en chacun, il y a dix hommes forts et puissants pour bien ramer, et plusieurs autres dedans avec des dards barbelez qui sont marquez de leur marque pour les recognoistre, attachez à des cordes, et de toutes leurs forces la iettent sur la Baleine (2). «
- Des cétacés qu’ils harponnaient, les Basques français et espagnols savaient tirer un [parti très avantageux. Le lard, ils le faisaient fondre pour en extraire l’huile, tandis qu’ils salaient la chair. La viande de baleine a été un aliment très recherché pendant tout le Moyen Age, principalement durant le carême. Les langues, considérées comme mets de choix, étaient réservées au clergé et aux gros personnages laïcs. Un contrat intervenu en 1633
- 1. Duro (Fernandez). Loc. cit., vol. VI, p. 290.
- 2. Les Œuvres d'Ambroise Paré, 1585, vingt-cinquième livre, p. MLXXXI.
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- Fig. 3. — Ce qu'on pensait des baleines au xvie siècle. Baleines attaquant un vaisseau, d'après Gesner, 1556.
- entre les jurats de Biarritz et un nommé Harismandy, de Ciboure, stipule que les langues des « vallaines, vallenatz ou cadratz » qui seraient capturés devraient être remises à l’église de Biarritz « ainsy que de tous temps il est accoustumé ». Enfin, les ossements, les Basques les employaient comme matériaux de construction pour leurs demeures ou comme « clostures aux jardins (*) ». Tout récemment encore on voyait à Biarritz une maison, dont les chevrons étaient en os de baleine (2). En outre, ils utilisaient les vertèbres « comme marches et selles pour se séoir » (’) ou encore comme billots. En 1895, nous avons
- 1. Ambroise Paré. Loc. cit. — Dans tous les pays où l’on a pêclié la baleine ou bien qui ont été des centres d’armement pour cette pêche, les ossements de cétacés ont été employés comme matériaux de construction ou comme clôtures. Ainsi les murs du cimetière de Hasvik dans la Norvège septentrionale sont faits de vertèbres de B. biscoyensis. Encore aujourd’hui à Rômô, île de la côte ouest du Jutland, un jardin est entouré d’une palissade formée de côtes de baleines, rajiportées en 1774 par des marins de ce port. La photographie reproduite ci-contre que nous devons à l’obligeance du Berlingshe Tidende. le grand quotidien de Copenhague, représente cette construction primitive (fig. 2).
- 2. Yturbide (P.). Loc. cit., p. 29.
- 3. Ambroise Paré.
- Fig. 4. — Baleine dévorant un vaisseau, d’après Gesner.
- observé une des dernières survivances de cet usage aux environs de notre grande station balnéaire du sud-ouest.
- Cette pêche ne paraît pas avoir été très abondante, tout au moins à partir du xvie siècle, époque à laquelle remontent les plus anciens renseignements statistiques. D’après les registres paroissiaux de Guetaria, le nombre annuel des prises faites par les marins de ce port du Guipuzcoa à celte époque, a varié de 4 à 10 (4). En admettant un pareil résultat pour tous les centres baleiniers de la côte nord de l’Espagne, on est fort loin d’atteindre un total aussi élevé que celui enregistré plus tard au Spitsberg pour le B. mysticetus. Rappelons, à titre de comparaison, qu’autour de cet archipel polaire, certaines saisons on a pris plus de 2000 exemplaires de ce dernier cétacé. Même avant le xvie siècle, la pêche sur la côte française était déjà en complète décadence. Ainsi, de 1486 à 1498, les Biarrots ne harponnèrent aucune baleine, si bien que la dîme qu’ils devaient au chapitre de la cathédrale de Ba}ronne lorsqu’ils s’emparaient d’un de ces mammifères marins, fut réduite de moitié. Seulement de temps à autre on prenait encore « quelque baleine à Bayonne et à Saint-Jean de Luz ’» ; mais d’année en année le « poisson » devenait plus rare. A Biarritz, si de 1611 à 1614, neuf baleines sont ramenées au port, on n’en capture plus ensuite qu’une seule en 1621, une autre en 1626, enfin uniquement des cachalots en 1630 (2). Quoi qu’il en soit, cette ville continua à armer pour cette pêche afin de pouvoir profiter des occasions qui viendraient à se présenter, mais elles devenaient de moins en moins fréquentes. Les dernières années du xvnc siècle marquent la fin de cette industrie dans la mer de Biscaye; la dernière prise eut lieu, croyons-nous, en 1698, et fut faite par des marins de Passages.
- La capture de la baleine sur la côte basque n’a donc donné que de médiocres résultats pendant les deux derniers siècles durant lesquels elle a été pratiquée. Aussi bien l’abandon du golfe de Gascogne par ce cétacé ne saurait être attribué à une guerre destructrice.
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- La disparition de la baleine en Biscaye, bien loin d’avoir amené la décadence de cette industrie, lui a, au contraire, donné un essor remarquable. De côtière, cette pêche est alors devenue hauturière et d’industrie locale s’est transformée en industrie en quelque sorte mondiale. De cette évolution si féconde les Basques ont été les artisans. Dès que les baleines s’éloignèrent du golfe de Gascogne, ils partirent à leur rechei'che à travers les mers et au cours de cette quête accomplirent de remarquables navigations. Selon une tradition conservée à Cap-Breton, entraînés par l’ardeur de la poursuite, des marins de ce port* auraient traversé l’Atlantique et seraient arrivés à l’embouchure du Saint-Laurent en 1350, découvrant ainsi l’Amérique près d’un siècle et demi avant Colomb. D’après l’éminent cétologue norvégien Guldberg, à la fin du xve siècle, les Basques capturaient des cétacés à Terre-
- 1. Duro (Ferxandez). Loc. cit., vol. VI, p. 290.
- 2. Archives de Biarritz et pièces qui nous ont été communiquées par feu l’abbé Silhouette.
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- Neuve; vers la même époque ils se livraient à cette industrie dans les eaux de l’Islande et de là étendirent leur champ d’opération à la côte septentrionale de la Norvège. Autour de la grande île nordique et dans les fjords du nord de la presqu’île Scandinave ils capturaient la baleine de Biscaye, comme l’a démontré l’étude des ossements trouvés sur les rivages de ces régions. La pêche de ce cétacé dans l’Atlantique nord et sur la côte septentrionale de la Norvège, encore très fréquentée au début du xvne siècle, a persisté jusqu’à la fin de ce même siècle. En 1611 et 1612 la capture des cétacés dans la « Grande Baie de Terre-Neuve », c’est-à-dire dans le Golfe du Saint-Laurent ne donnant plus que de médiocres profits, la « plupart » des navires guipuzcoans qui s’y livraient firent campagne autour du cap Nord (') ; en 1698 on signala encore un baleinier de Saint-Sébastien dans ces parages (2).
- Il est possible qu’en poursuivant la baleine autour de l’Islande et sur la côte nord de la Norvège, des Basques aient été entraînés par les vents jusqu’au Spitsberg et soient arrivés dans cet archipel avant Barents ou tout au moins qu’ils y aient capturé des baleines du Grônland (Balæna myslicctus) avant les Anglais. Dans un mémoire présenté au roi d’Espagne, en 1613, les représentants de la ville de Saint-Sébastien exposent que le Spitsberg a été découvert par « Solis Portuguese », puis par des ce Flamands vassaux de la couronne d’Espagne », lisez Barents(3). Qui est ce Solis? Il n’entre pas dans le cadre de cet article de le rechercher; il importe seulement de constater que dans les premières années du xvne siècle, les Basques espagnols attribuaient la découverte du Spitsberg à un marin ibérique. Et ce n’est pas la seule indication que l’on possède à ce sujet.
- En tout cas, au début du xvne siècle, on voit les Basques élargir leur champ d’opérations vers le nord et venir capturer le Balæna mysticetus au Spitsberg, mais ils y trouvèrent de nombreux concurrents, et cela par leur propre faute.
- Au xvie siècle, en présence des gains que les marins de Biscaye retiraient de la pêche des cétacés, les Français, les Anglais et les Hollandais voulurent participer à cette source, de profits, et, comme ils ignoraient l’art de harponner ces « monstres de la mer », ils s’adressèrent aux Basques. Imprévoyants, ceux-ci n’hésitèrent pas à instruire les étrangers moyennant rétribution et préparèrent par suite eux-mêmes leur éviction de l’industrie qu’ils avaient fondée. Ainsi, les deux premiers navires anglais qui, en 1611, vinrent capturer le B. mysticetus au Spitsberg avaient à leur bord six harponneurs de Saint-Jean-de-Luz chargés d’enseigner aux équipages brilanniquesles méthodes de pêche, et, pendant quinze ans, la compagnie baleinière de Londres entretint à Saint-Jean-de-Luz un agent chargé de recruter le personnel dont elle avait besoin. De leur côté les Hollandais, pour pouvoir se livrer à cette industrie, engageaient en Biscaye des harponneurs, -des « maîtres d’embarcation », des ouvriers pour préparer l’huile, si bien qu’en 1614, le roi d’Espagne fit défendre
- 1. Collection Yargas Ponce. Arclnvo liydrografico. Madx-id.
- 2. Heliand (Amund). Topografish-Statistih Beshrivelse over Fin-marhens Amt. Kristiania, I, p. 68.
- 3. Collection Yargas Ponce.
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- Fig. 5 — Remorquage d’une baleine.
- aux Guipuzcoans, sous peine de mort et de confiscation de leurs biens, d’embarquer sur les navires néerlandais. Même les Norvégiens qui, les premiers, avaient su harponner la baleine, et qui depuis, en avaient oublié la pratique, s’adressaient aux marins de Biscaye pour pouvoir se livrer à cette industrie.
- Non seulement les Basques ont été les maîtres incontestés dans le maniement du harpon, mais encore ils ont introduit dans la préparation des baleines des perfectionnements remarquables. Au début de la pêche sur les bords du golfe de Biscaye, ils avaient l’habitude de remorquer leur prise à terre et de la dépecer sur une plage. A Biarritz, cette opération avait lieu au Port-Vieux. En 1270, Edouard Il'r, roi d’Angleterre, ayant imposé aux Biarrots et aux gens d’Anglet une taxe pour chaque cétacé ramené au rivage, les indigènes prirent l’habitude de découper au large les baleines qu’ils capturaient, aûn d’éviter le paiement de l’impôt. De leur côté, selon toute vraisemblance, les Espagnols employèrent le même moyen pour faire fraude au fisc. En tout cas, lorsqu’au début du xviic siècle les Anglais et les Hollandais voulurent empêcher les Basques de pêcher pour leur propre compte le B. mysticetus dans les fjords du Spitsberg, ceux-ci narguèrent leurs ennemis, qui ne savaient travailler le « poisson » qu’à terre, en le dépeçant, eux, en pleine mer, ainsi que depuis longtemps ils en avaient
- Fig. 6, — Scène de dépeçage.
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- l’habitude. Ils rapportaient alors le lard dans leurs ports d’attache où il était distillé.
- Vers 1636, un ingénieux Saint-Jean-de-Luzien, François Sopite, imagina d’installer à bord même des baleiniers une chaudière et un fourneau afin de faire fondre le lard aussitôt après le dépècement. Comme combustible on employait le « marc de la première cuite », c’est-à-dire les déchets. Celte innovation remarquable assura dès lors aux Basques une liberté complète de manœuvres et leur permit de déjouer l’hostilité des Anglais et des Hollandais. Le principe était fécond; repris et perfectionné grâce au machinisme moderne, il a amené la création des énormes huileries flottantes que l’on voit aujourd’hui suivre les baleiniers norvégiens dans l’Antarctique.
- Sopite a été un des principaux artisans du développement de l’industrie baleinière et Saint-Jean-de-Luz s’honorerait en gardant jalousement la mémoire d’un de ses plus illustres marins.
- Ainsi, pendant plusieurs siècles, les Basques ont possédé le monopole de la pêche à la baleine, comme l’ont aujourd’hui les Norvégiens de Tônsberg et de Sandefjord,
- et, c’est à leur école que tous les peuples maritimes d’Europe ont appris sa pratique. Ils ont été, bref, les fondateurs de cette industrie, une des plus lucratives que les gens de mer aient exercée. Pour comprendre l'importance de cet événement, on doit rappeler qu’au début des temps modernes, l’huile était une denrée plutôt rare; aussi bien les mammifères marins, si riches cm matières grasses, présentaient alors une valeur économique aussi grande que les gisements de pétrole aujourd’hui. En fournissant les moyens d’exploiter cette ressource, les Basques ont été les artisans d’une amélioration remarquable dans les conditions de l’existence aux xvie et xvne siècles, en même temps que les auteurs de l’enrichissement considérable que la capture de la baleine a déterminé alors dans les ports de l’Europe occidentale. C’est grâce à ces marins français et espagnols que les contemporains de Louis NIII, de Louis XIV et de Louis NV ont pu s’éclairer moins parcimonieusement que leurs pères, pour ne citer que le plus frappant des avantages que l’industrie des Basques a procurés à cette époque.
- Charles Rabot.
- = LES TREMBLEMENTS DE TERRE EN ALGÉRIE
- ET EN PARTICULIER A DJIDJELLI
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- Les mouvements sismiques ont de tout temps éprouvé le littoral du bassin méditerranéen de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc en occasionnant souvent de grandes catastrophes.
- Alger fut détruit presque de fond en comble en l’anné 1716, Oran fut détruit en 1790 dans l’espace de 22 secousses qui ne durèrent que trois minutes et ensevelirent plus de 3000 personnes.
- Tout récemment, un nouveau désastre sismique a
- éprouvé la ville de Djidjelli. Celte ville a subi plusieurs catastrophes depuis l’occupation française.
- En l’année 1856, tout le littoral de la province de Constantine, de Bougie à Bône, fut agité par plusieurs commotions souterraines, ainsi que le signale M. Chesneau, Ingénieur des Mines, dans sa note sur les tremblements de terre en Algérie.
- Le 21 août 1856 à Djidjelli, dès la première secousse, la population avait abandonné la ville, il ne périt que trois'personnes qui n’avaient pas voulu fuir, mais la ville fut presque entièrement ruinée. Les secousses étaient orientées soit du Nord-Ouest au Sud-Est, soit dans le sens perpendiculaire. Ce même tremblement de terre se fît sentir de Constantine jusqu’à Alger où l’on nota quelques secousses dans la soirée du 21 et dans la matinée du 22. Elles recommencèrent dans la nuit du 24 au 25 août à Collo et à Djidjelli, elles renversèrent les maisons qui avaient résisté aux premières secousses.
- Le tremblement de terre du 2 janvier 1867 qui fut si violent dans la province d’Alger ne se fit que peu sentir à Djidjelli; les secousses étaient orientées du Nord au Sud.
- Pendant le tremblement de terre du 24 juin 1864, les trois secousses ressenties à Djidjelli étaient orientées en direction du Nord-Ouest au Sud-Est. Le premier iuillet 1886 de très faibles secousses furent
- Fig. 1. — L’usine électrique de Djidjelli après le séisme.
- De sa haute cheminée, il ne reste plus qu’un tronçon de 2 m. (Phot. Caravano, Bougie.)
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- Fig 2. — Le tremblement de Djidjelli.
- Ce qui reste de l’immense salle du Café-Restaurant du Glacier. (Phot. Garavano, Bougie.)
- ressenties à Djidjelli et à Bougie sans causer d’autres II est impossible de rendre compte d’une pareille
- dommages qu’une légère panique chez les habitants. scène qui ne dura qu’à peine un quart d’heure et qui
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- Voici la relation d’un témoin oculaire du dernier séisme relatée dans la Presse Libre du 19 août dernier. La journée du 16 avait été normale, un peu plus chaude que d’habitude. Le ciel, au couchant du soleil, prit un aspect cuivré. La nuit fut pénible : pas une bouffée d’air. Vers deux heures du matin le temps fraîchit, la température devint plus agréable, ce qui permit à la population de se reposer un peu.
- Tout à coup le vent s’éleva, à partir de 3 heures du matin. Des éclairs sillonnèrent les nues. Vers 4 h. 1/2, alors que les premières lueurs du jour blanchissaient l’horizon du côté de la mer, une forte secousse sismique se produisit, tandis que se déchaînait un orage d’une violence extrême avec éclairs et tonnerre. Des grêlons gros comme le poing s’abattaient drus et serrés sur les toitures avec un bruit formidable.
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- Fig. 4. — L’intérieur d’une maison de Djidjelli après le tremblement de terre. Logement du Directeur de l’Ecole de garçons. (Phot. Caravano, Bougie.)
- détruisit l’admirable petite ville de Djidjelli, en ne causant heureusement que peu de morts et de blessés.
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- La nature du sol et les conditions géologiques ont une grande influence sur la propagation et l’intensité des tremblements de terre.
- Dans les zones sujettes aux tremblements de terre, comme l’est tout le littoral algérien par exemple, les directions des secousses horizontales les plus fortes sont presque toujours parallèles ou perpendiculaires à la direction de la fracture ou du plissement géologique le plus considérable de la région, et l’aire de la zone ébranlée est généralement allongée suivant cette dernière direction.
- La présence de fractures ou de plissements secondaires, diversement orientés et mis en jeu par le mouvement initial du sol, viennent souvent compliquer ce phénomène en superposant d’autres systèmes de secousses moins fortes.
- Cette constatation est très importante à Djidjelli, pour éviter de nouvelles catastrophes, car ces directions une fois connues, il est facile de donner aux murs des maisons et des édifices qu’on rebâtira une orientation telle qu’ils se trouvent dans les meilleures conditions pour résister aux secousses sismiques.
- La règle pratique à suivre (formulée pour la première fois par le géologue italien Serpier) est que Vune desdiagonales de l'édifice coïncide avec la direction de propagation des mouvements sismiques dans le lieu considéré. Dans ce cas en effet, les deux composantes d’une secousse horizontale, suivant les murs de l’édifice supposé rectangulaire, seront proportionnelles à la longueur des murs sur lesquels elles agissent.
- Une vérification de ce qui précède a pu être faite pen-
- dant le tremblement de terre de Djidjelli de 1856 qui anéantit la ville : on remarqua que les secousses étaient orientées tantôt du Nord-Ouest au Sud-Est et tantôt du Nord-Est au Sud-Ouest, c’est-à-dire parallèlement et perpendiculairement à la chaîne de montagnes qui longe la côte à cet endroit.
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- Dans un pays comme l’Algérie, où les tremblements sont assez fréquents, quoique n’occasionnant que peu de sinistres à des époques assez éloignées, il est utile de connaître les mesures de précaution à prendre lors des premières secousses.
- A la première alerte, il est prudent de se garer soit sous l’embrasure d’une porte ou même d’une fenêtre, vu la résistance plus grande du dessus des montants, ainsi que le fait a été constaté en Italie après les tremblements de terre où les portes et les fenêtres sont demeurées presque intactes. On peut aussi se blottir sous les lits, voire sous une table. Mais une précaution essentielle est de laisser, dès la première secousse, les portes et les fenêtres ouvertes, car des accidents mortels ont été constatés à cause de l’impossibilité, pour les habitants d’une maison, de fuir, les portes et les fenêtres ayant été calées par la première secousse.
- En Algérie, on songea dès le début de la conquête au danger des tremblements de terre. Dans presque toutes les villes, dans les villages, la hauteur des maisons ne dépassait pas la hauteur d’un étage, depuis le tremblement de terre qui détruisit Alger en 1716.
- Le Dey Aly, faisant preuve d’intelligence et de prévoyance, ne permit la reconstruction des maisons que si elles ne dépassaient pas la hauteur d’un étage. Elles devaient s’appuyer les unes sur les autres; en outre, les planchers du premier étage devaient reposer sur des poutrelles de cèdre dépassant de plusieurs pieds les murailles donnant sur la rue ; ces poutrelles devaient être soutenues par des rondins et former encorbellement, de manière à contre-balancer les effets des mouvements sismiques. On peut encore se rendre compte de ce procédé qui est visible dans toutes les anciennes rues de la ville arabe, surtout à la Casba et dans le quartier de l’ancienne préfecture.
- Malheureusement, ces arrêtés sont aujourd’hui lettre morte, et l’on voit au lieu de maisons à un étage, des maisons ayant de 7 à 8 étages dans toute l’étendue de la ville d’Alger.
- Si par malheur il arrivait à Alger ce qui vient de se produire à Djidjelli, il adviendrait d’Alger ce qui est arrivé à Messine, peut-être une catastrophe plus grande. Il faut espérer que cela n’arrivera jamais, mais en jetant un regard en arrière sur les conclusions du savant sismologue japonais Matsuyama, que souvent les grands séismes se reproduisent par cycle de tant d’années pour un pays, on n’est pas sans craintes.
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- Le cycle des grands séismes de Tokio est de 70 ans environ, plus ou moins 3 ans.
- Le cycle des séismes d’Algérie paraît être pour Alger et Blida de 100 ans plus ou moins 6 ans : ce qui ferait, prévoir de 1925 à 1931 pour le prochain séisme.
- Et pour ce qui concerne Djidjelli, le cycle se rapproche de celui de la ville de Tokio, plus ou moins 2 ans.
- D’après les constatations du savant japonais Matsuya-ma, une donnée paraît certaine, et a été confirmée au Japon, c’est la suivante : là où la terre a tremblé, elle tremblera de nouveau. L’histoire des tremblements de terre au Japon en est une preuve indéniable.
- Henri Murat.
- Observatoire Stella Matutina de Notre-Dame d'Afrique.
- LE NOUVEAU DIRIGEABLE RIGIDE « COMTE-ZEPPELIN ”
- Le dirigeable Comte Zeppelin vient d’effectuer avec succès la traversée de l’Atlantique. Nous allons donner la description de cet aéronef et quelques détails sur son voyage.
- LE « COMTE ZEPPELIN ”
- Le dernier bâtiment aérien sorti des ateliers de Friedrichshafen était le LZ-126 destiné aux Etats-Unis et baptisé Los Angeles. Le nouveau navire est de dimensions supérieures à celles du Los Angeles. Il mesure 235 m dans sa plus grande longueur. 30 m. 50 au maître-couple.
- Sa plus grande hauteur est de 34 m. 45, et il contient 105 000 m3 de gaz.
- Il est mû par 5 moteurs Maybach placés chacun dans une nacelle isolée, suspendue à l’extérieur de l’enveloppe. Les moteurs ont 12 cylindres chacun, et développent normalement 550 ch à l’altitude de 400 m, en tournant à 1600 tours par minute ; ils démarrent à l’aide d’un dispositif d’admission d’air comprimé, alimenté par un compresseur spécial.
- Leur poids à vide, y compris tous les accessoires, est de 1150 kg.
- Les nacelles sont disposées de telle sorte que les cercles balayés par les hélices ne se recouvrent pas en projection normale à l’axe du ballon, ceci afin d’assurer à la propulsion le maximum de rendement, en évitant les perturbations aérodynamiques sur les hélices d’arrière.
- L’hélice est montée à l’arrière de la nacelle.
- Le combustible utilisé dans les moteurs pendant une partie au moins de la croisière est un combustible gazeux, emmagasiné dans un certain nombre des ballonnets qui constituent l’intérieur du ballon.
- L’emploi d’un .ombustible gazeux qui est probablement de l’hydrogène constitue l’innovation essentielle du nouveau dirigeable, Les ballonnets de gaz à brûler sont réunis aux moteurs par des tuyautages combinés de telle sorte que chaque moteur puisse être alimenté indépendamment des autres. La provision de ce gaz est de 40 000 m3. Les moteurs peuvent en outre être alimentés à l’essence. Le navire est muni à cet effet de 7 groupes de 3 réservoirs chacun, contenant 420 litres d’essencejpar réservoir.
- L’architecture de la coque est établie suivant les mêmes principes que dans les autres zeppelins, avec toutefois quelques différences dues à la présence des ballonnets de gaz à brûler. La charpente se compose de couples transversaux formés de treillis en duralumin,
- Fig. 1. — La carcasse du Comte-Zeppelin en construction. (Phot. Roi.)
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- presque toute la longueur ; il sert à supporter les ballonnets à gaz de sustentation, placés à la partie supérieure du compartiment et les sépare du ballonnet à gaz d’alimentation placé à la partie inférieure. Des puits à échelles réunissent le couloir inférieur à ce plancher médian.
- H De celui-ci, on peut gagner la partie supérieure du ballon par d’autres puits à échelles, pour accéder aux soupapes, ou à une plateforme observatoire. Un autre puits sert pour évacuer le gaz.
- Les 17 compartiments que comporte l’aéronef contiennent chacun un ballonnet à gaz de sustentation ; 12 d’entre eux contiennent en outre un ballonnet de gaz à brûler disposé comme nous venons de l’indiquer. Dans ces sections, les ballonnets à gaz porteur qui s’appuient sur le plancher médian, le débordent par les côtés, prenant quand ils sont gonflés la forme d’une sorte de cœur renversé ; le ballonnet de gaz à brûler est placé au-dessous. Dans les compartiments qui contiennent ainsi deux ballonnets, les dimensions du ballonnet à gaz porteur ont été choisies telles que celui-ci, dans les conditions normales de navigation, ne soit jamais complètement gonflé.
- Dans ces conditions, les soupapes automatiques pourl’échappement de gaz en cas de surpression ne paraissent pas indispensables. On les a maintenues toutefois à titre de sécurité.
- Quelques-uns des ballonnets ont en outre des soupapes spéciales de vidange manœuvrables du poste de navigation.
- Les passagers, les postes de navigation, de pilotage et de T. S. F., sont installés dans, une vaste nacelle montée rigidement sur la
- Fig. 3. — Le montage de la nacelle des passagers.
- Fig. 2. — Le montage d’une des nacelles à moteur. Phot. Roi.
- réunis par des poutres longitudinales également à treillis. Les couples sont entretoisés intérieurement au moyen de haubans. Ils sont espacés de 15 m les uns des autres; de plus, tous les 5 mètres sont placés des couples auxiliaires non entretoisés. L’intervalle entre deux couples principaux constitue un compartiment, qui reçoit des ballonnets de gaz de sustentation et de gaz à brûler.
- A la partie inférieure de la coque est disposée une poutre composée longitudinale de forte section courant sur presque toute la longueur du bâtiment. L’intérieur de celte poutre sert de couloir de circulation, de soute à bagages et à combustible, et de lieu de repos pour l’équipage.
- En outre, aux 2/5 de la hauteur de la coque est disposé un plancher courant également sur
- Phot. Roi.
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- Fig. 4. — Une sortie du dirigeable Comte-Zeppelin à Friedrichshafen. (Phot. Keystone View.)
- Fig. 5. — La charpente de lapartie effilée de l’arrière du dirigeable.
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- charpente avant. On trouve là une cuisine électrique, une salle à manger pour 20 à 26 personnes et 10 cabines à 2 lits, 2 cabinets de toilelte, 2 w.-c., 1 chambre de repos.
- La vitesse démarché de l’engin est de 115 km à l’heure en moyenne. Il peut, suivant sa charge, tenir l’air de 130 à 150 heures et parcourir sans ravitaillement de 12 200 à 18 000 km, en transportant 8 tonnes de charge utile. Il peut transporter 20 passagers, outre son équipage dont l’effectif est de 26 personnes.
- LE VOYAGE DU DIRIGEABLE
- Le Comte Zeppelin, après un voyage d’essai sur le circuit Friedrichshafen-Londres- Berlin - Friedrichshafen, avec escale à Londres, a entrepris le 11 octobre le grand voyage transatlantique qui devait servir d’expérience préalable à l’installation de services réguliers entre l’Europe et l’Amérique du Nord et celle du Sud.
- Le but du voyage était New-York. La route choisie était celle des Açores ; plus longue que celle de Terre-Neuve et avec un trajet sur mer supérieur d’au moins 1000 km, elle fut choisie parce que plus favorable au point de vue météorologique, en ce moment de l’année.
- Le Zeppelin quitte Friedrichshafen le 11 octobre à 7 h. 55; il gagne la vallée du Rhône, passe au-dessus de Lyon, de Barcelone et de Gilbraltar, qu’il survole le 12 à 5 heures; il arrive ensuite au-dessus de Madère à 13 h. 35, met le cap sur les Açores, qu’il atteint à 22 heures.
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- A ce moment, une tempête qui sévit sur l’Atlantique Nord oblige le bâtiment à renoncer à la route directe vers New-York. Il doit obliquer vers le Sud, et prendre celle un peu plus longue qui passe par les Iles Bermudes et le Cap Hatteras. La distance est de 4700 km environ. Notons que la terre américaine la plus voisine des Açores est Terre-Neuve, distante de 2465 km seulement, mais le froid, le brouillard, le régime des vents et les tempêtes interdisent en cette saison tout trajet aérien s’en rapprochant.
- Le 13, alors que le bâtiment était à mi-chemin entre les Açores et les Bermudes, une grave avarie survint, provoquée par une rafale; la partie gauche du stabilisateur se déchira, mettant à nu les ballonnets intérieurs. La situation fut un moment critique, le bâtiment partit en dérive et le commandant du dirigeable, le DrEckener, dut demander par T.S.F. un navire d’escorte. Grâce à l’audacieuse intrépidité de l’équipage, la brèche put être sommairement réparée et le navire reprit sa marche, favorisée du reste par la direction du vent; le 15 vers 13 heures (heure française), il arrivait enfin à la hauteur
- présentées le sauvetage des passagers et de l’équipage, en cas d’accident plus grave, allant jusqu’à l’amerissage.
- L’objet essentiel du voyage était la préparation d’un service transocéanique régulier. Il y faut tout d’abord la sécurité, ensuite la rapidité du voyage, enfin le confort.
- En ce qui concerne la rapidité, on fait observer que la traversée en 105 heures ne représente qu’un bénéfice de quelques heures par rapport à celles des paquebots rapides, comme Y Ile-de-France ou le Mauretania.
- Quant au confort, il a laissé manifestement à désirer; les passagers ont souffert violemment du mal de l’air; les cabines sont étroites et tantôt trop chaudes, tantôt trop froides; la nourriture et la boisson ont dû être rationnées vers la fin du voyage; la cuisine fut médiocre, etc. Bref, on ne trouve à bord du Zeppelin aucun luxe et aucun agrément, ni même le confort élémentaire qu’offre le plus modeste transatlantique. Les traversées menacent donc d’être pénibles et fatigantes et le gain de quelques heures n’est pas une compensation suffisante pour attirer même la clientèle des hommes d’affaires pressés.
- Les partisans des rigides tirent de la traversée d’autres
- Puits menant aux plateformes d'observation
- ! - , Couloir / '
- Nacelle à / Cargaison
- moteur / Nacelle à
- Lits de l’équipage moteur
- Pompe à essence
- na leurs
- S chauffage I nique I mbres Nacelle des voyageurs
- agages et des pilotes
- Fig. 6. — Coupe longitudinale du dirigeable Comte-Zeppelin.
- du Cap Hatteras. Tout danger était alors conjuré. Après un détour par Washington et Baltimore, le Zeppelin prenait terre le 15 à 13 h. 50 (heure américaine) à Lakehurst.
- La durée du voyage avait été de 105 heures.
- LES ENSEIGNEMENTS DU VOYAGE
- La croisière du Comte Zeppelin, avec ses péripéties angoissantes, fait le plus grand honneur au navire aérien, au capitaine qui en dirigea la navigation, par moments difficile, et à l’équipage. Elle a naturellement provoqué maints commentaires contradictoires, et il ne semble pas qu’elle apporte une conclusion péremptoire à la controverse qui divise partisans et adversaires du dirigeable.
- Les adversaires déclarent que cette nouvelle traversée de l’Atlantique n’est comme les précédentes qu’un exploit sans lendemain.
- Le péril qu’un simple incident de navigation a fait courir au dirigeable montre combien ce type d’aéronef est fragile et à la merci des éléments, ce qu’ont déjà clairement prouvé les destinées tragiques de la plupart des Zeppelins pendant la guerre.
- On a fait remarquer également les difficultés qu’aurait
- arguments. Il est injuste, disent-ils, de comparer un voyage aérien effectué dans de mauvaises conditions atmosphériques à celui d’un paquebot rapide favorisé par le temps; il est injuste également de comparer la durée du voyage de Cherbourg à New-York au temps mis pour se rendre de Berlin à New-York. Du fait même que le bâtiment aérien, contrarié par la tempête, n’a pris malgré une avarie grave que 105 heures pour un trajet qui fut de plus de 10000 kilomètres, on peut en conclure que par temps normal, la durée du voyage se réduirait vraisemblablement à 75 ou 80 heures, ce qui représente un bénéfice sensible par rapport aux paquebots les plus rapides.
- Quant à l’accident survenu, malgré sa gravité, il n’a pas empêché le Zeppelin de tenir une moyenne de route supérieure à 100 km à l’heure et de se tirer, par ses seuls moyens, d’une situation difficile. Les paquebots, eux aussi, éprouvent parfois des retards sérieux du fait de tempête ou d’avarie, et il leur arriye d’être en danger.
- Reste la question du confort sur laquelle tout le monde est d’accord. Les installations actuelles pour les passagers sont insuffisantes. Il reste à déterminer par quelle augmentation de cubage du ballon et à quel prix elles peuvent être améliorées. R. V.
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- LE MAROC FORESTIER
- De nos jours, atteindre le Maroc est chose facile : on peut gagner Casablanca de Marseille ou de Bordeaux par d’excellents paquebots battant pavillon français.
- Ceux qui craignent plus particulièrement la mer peuvent réduire au minimum la traversée en allant d’Espagne à Tanger. Il appartient enfin aux voyageurs pressés d’employer la voie des airs.
- Nous ne parlerons pas davantage des grandes villes
- Fig. 2, — Les effets du pâturage : yeuses et cèdre dans une clairière.
- prestigieuses de l’Empire Chérifien que de l’œuvre remarquable accomplie en des temps difficiles et héroïques, par le grand soldat de France qu’est Lyautey.
- Une fois au Maroc, les déplacements sont faciles : voies ferrées ou services réguliers d’autobus, puis grands circuits par de superbes autocars qu’apprécient les étrangers. Par ailleurs, auberges, hôtels et palaces de tous ordres attendent le voyageur tandis que l’on peut rouler sur des milliers de kilomètres, du Nord au Sud, de l’Est
- Fig, 1, — L’œuvre des nomades : la grande misère du monde végétal.
- à l’Ouest, grâce à la volonté de Lyautey, sur des routes telles que l’on n’en trouve nulle part en France, surtout dans le Midi.
- Sans nous aventurer en zone vraiment dissidente, sans rechercher à plaisir le danger, à la manière de certains, allons en compagnie d’officiers des Eaux et Forêts, coude à coude avec ceux des Renseignements, par les voies permises, mais gardées jusque sur les hauts plateaux et les cimes neigeuses du moyen Atlas.
- Puis, pour corser le contraste des visions perçues, lançons-nous là-bas vers le Sud jusqu’à Mogador par Marakech pour atteindre le Sous aux portes du Nouk.
- Au premier printemps, ici sinon là, toute la terre se pare d’un manteau de fleurs aux plus vives couleurs, ce qui fait oublier, en une certaine mesure, le sentiment pénible que l’on éprouve à voir des plaines désolées qui, à perte de vue, succèdent aux plaines.
- C’est ainsi qu’après la steppe des Asphodèles vient celle des palmiers nains; toujours sans un arbre; mais voici que bientôt, en marchant vers l’Est, non sans avoir
- Fig. 3. — A gauclie : Le thuya, tel que le laisse l’ancien mode de résinage; Au centre : arganier. Au premier plan : rejet de thuya.
- A droite : clairière en foret.
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- Fig. k. — Grands cèdres en lisière.
- à diverses reprises traversé — à des points d’eau — dé grands marchés hebdomadaires grouillant de tout un peuple d’hommes et de bétail, apparaît là-bas la silhouette neigeuse de l’Atlas.
- On atteint les postes d’Azzon et d’Aïn Louk au pied des monts et très vite par de bonnes pistes automo-bilables, l’on pénètre dans des boisements que l’on peut mettre en opposition avec ceux des trop rares, mais riches palmeraies et oasis au sein desquels reposent les grandes villes du Maroc. Pour l’œil exercé il est facile de reconnaître, dès l’entrée dans cette frange de la zone forestière marocaine, de quelle manière l’ancienne grande sylve a été peu à peu grignotée et escamotée par les abus millénaires de l’homme : hache, feu, surcharge de bétail. Mieux que quiconque, les officiers des Eaux et Forêts au service de l’Empire marocain, savent qu’en vérité, le règne jadis merveilleux du boisement, complément indispensable de toutes choses ici, est sérieusement menacé, quant à sa manière d’être et quant à son emprise aussi.
- Mais, grâce à Allah, malgré les déprédations lointaines de ses serviteurs, leMaghzen possède encore sur d’immenses surfaces des peuplements intéressants d’essences forestières : ceux du chêne-liège'cantonnés dans la Marmora (137 000 hectares) et ceux de contexture peu sylvestre, du fameux Arganier qui couvrent sporadiquement, vers le Sud surtout, plus de 450 000 hectares. Mentionnons encore les massifs de Thuyas dont la reconstitution sera relativement facile, celte , essence ayant la faculté de repousser de souche après exploitation.
- Ceci dit, regagnons en arrière d’Azzon, sur la route de Timhadit, la région des cratères, puis dans la direction d’Aïn Lenh, les hauts plateaux de l’Atlas. C’est là que sont peut-
- être les plus beaux cèdres du monde. Jusqu’ici la hache n’a frappé les grands arbres qu’avec une certaine modération et cela parce que l’autochtone maître des repaires des monts, et jaloux de ses pâturages, n’en permettait pas l’entrée. Notons en outre que personne au Maroc n’était outillé, jusqu’à nos jours, ni pour exploiter de manière intensive, ni pour transporter au loin de grandes masses de bois dont Lemploi était d’ailleurs restreint.
- Ceci explique cela. Par ailleurs plus que beaux, ailiers, les grands cèdres vivent ici dans une ambiance climatique encore très favorable pour eux.
- Sans doute l’homme en détruisant le manteau sylvestre (en commençant par le bas) a-t-il fait remonter en altitude l’aire du cèdre selon toute vraisemblance; mais cette aire est encore d’importance grâce au régime des pluies qui reste régulier en montagne (150000 hectares reconnus). A peu près partout ici le cèdre se régénère et ainsi le salut de la race reste sauf, tandis que grâce à la tutelle forestière il se montre assez peu sensible au feu.
- Cependant, si l’on veut assurer dans le temps et dans l’espace non seulement sa conservation, mais encore la reprise des terres d’où on l’a chassé, il conviendra d’agir.
- Aux pouvoirs publics dès lors, de convaincre l’Homme du Maroc que respecter non seulement les grandes forêts de l’Empire, mais l’arbre en général, est pour lui le plus grand des devoirs, car c’est par l’arbre (sylviculture) et par la culture de la terre (agriculture) qu’il pourra refaire au Sud des Colonnes d’Hercule une des plus riches contrées d’Afrique sinon du monde.
- Roger Ducamp,
- . Ancien Directeur du Service Forestier de l’Indo-Gliine.
- Fig. 5. — Les grands cèdres en plein massif de Kessarit [Maroc).
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES 417
- Édouard Lucas, d’Amiens, fut un des plus célèbres arithméticiens du xixe siècle. Une mort prématurée, causée par un accident banal, l’a empêché de terminer son fameux ouvrage, Théorie des nombres, dont seul a paru le premier volume.
- Collaborateur de La Nature pendant près de dix années (1883-1891), il y fait connaître les jouets scientifiques dont il était l’ingénieux auteur : La Tour d’Hanoï, la Pipopipette, les questions, etc....
- Dans l’article nécrologique que lui consacrait La Nature (10 octobre 1891), M. Daubés faisait bien ressortir le caractère fort original du savant professeur qui ne reculait pas devant des calembours, des calembredaines pour dérider ses graves collègues.
- Concitoyen d’Édouard Lucas, nous avons cherché auprès de ses parents, de ses anciens élèves, quelques renseignements intimes pour compléter la notice de M. Daubés.
- Un colonel d’artillerie, son élève, nous écrit :
- Lucas avait tellement l’amour du calembour que dans une démonstration, il s’arrangeait de façon à amener ce jeu d’esprit que Victor Hugo définissait : « la fiente de l’esprit qui vole ».
- Il se trompait volontairement, barrait ou ne barrait pas la lettre K et s’écriait triomphalement : « le résultat n’est pas exact, recherchons.... Ah voilà, j'aurais dû barrer deux K et je n’en ai barré qu’un ; c’est un K non rayé qui est cause de l’erreur, une autre fois c’était un K barré en trop qui avait faussé les résultats.
- Cette lettre K qui prête aux calembours faciles l’obsédait et sa fille nous racontait que, chargée par son père de marquer des mouchoirs de poche, elle lui demandait quelle lettre il fallait broder : Un K, répondit-il en dessinant cette lettre sur un bout de papier. Et devant l’étonnement de sa fille : mais oui un K, tu as bien lu Kl 1
- Petits côtés de grands esprits qui se délassent de leurs voyages dans les abstractions et dans le royaume des nombres par des amusements d’enfants.
- Les quelques récréations qui suivent et qui intéresseront, je pense, nos lecteurs, ne sont pas toutes empruntées à Ed. Lucas, mais bien dans sa manière.
- comporte des
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- fractions à trois étages impression-
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- nants. Je préféré vous donner la solution en vers trouvée en 1848 par un élève du Lycée Charlemagne, à Paris, qui fit la jolie réponse suivante :
- Dans cette occasion, Silène eut tout l’honneur. En quinze heures Bacchus acheva la besogne, Il n’en fallut que dix au digne précepteur:
- J’en conclus qu’il était de moitié plus ivrogne.
- LE CHASSEUR, LES BERGERS ET LES FROMAGES
- Un chasseur affamé rencontre dans les champs deux bergers qui commençaient leur repas ; l’un avait cinq fromages et l’autre en avait trois. — Permettez-moi de partager votre repas, dit-il aux bergers, et je vous donnerai bonne récompense. Les trois compères se partagent également les fromages et le chasseur s’éloigne en laissant huit pièces d’or. Que revient-il à chacun des bergers ?
- Le premier berger dit au second : — J’avais cinq fromages, tu n’en avais que trois; il me faut donc cinq pièces, il t’en revient trois.
- 2° Mais le second berger répond : — Cela n’est pas juste : partageons également les pièces d’or; il en revient quatre à chacun et je te rembourserai le prix d’un fromage. Ne pouvant s’accorder, ils vont trouver le juge qui donne tort à tous deux et leur tient ce langage.
- 3° — Vous avez partagé les fromages en trois parts égales et vous en avez mangé chacun huit parts, puisqu’il y en avait en tout 24. Le premier berger ayant 5 fromages ou 15 parts en a donné 7 au chasseur; le second ayant 3 fromages ou 9 parts, n’a donné qu’une part au chasseur. Il revient donc au premier sept pièces d’or et au second une seule pièce.
- Solution très correcte et conforme aux règles qui gouvernent les Sociétés dans lesquelles les bénéfices sont partagés entre les membres au prorata de leurs apports.
- LA BALLADE DE L'ESCARGOT RÉTROGRADE
- BACCHUS ET SILÈNE
- Bacchus ayant vu Silène Près de sa cuve endormi,
- Se mit à boire sans gêne Aux dépens de son ami.
- Ce jeu dura pendant le triple du cinquième Du temps qu’à boire seul Silène eût employé;
- Il s'éveille bientôt et son chagrin extrême Dans le reste du vin est aussitôt noyé.
- S’il eût bu près de Bacchus même,
- Ils auraient, suivant le problème,
- Achevé six heures plus tôt;
- Alors Bacchus eût eu pour son écot,
- Deux tiers de ce qu’à l’autre il laisse.
- Ce qui maintenant m’intéresse Est de savoir exactement Le temps qu’à chaque drôle il faut séparément Pour vider la cuve entière,
- Sans le secours de son digne confrère.
- Je vous ferai grâce de la démonstration arithmétique assez aisée mais un peu compliquée ; la démonstration algébrique
- Un escargot se lève un dimanche à 6 h. du matin et monte le long d’un arbre ; pendant le jour, c’est-à-dire jusqu’à 6 h. du soir, il monte de 5 mètres, mais pendant la nuit, il descend de 2 mètres ; à quelle époque sera-t-il monté de 9 mètres ?
- On fait habituellement le raisonnement suivant : l’escargot parcourt en 24 h 5 mètres moins 2, ou 3 mètres; donc au bout de 3 fois 24 h, c’est-à-dire le mercredi à 6 h du matin il se sera élevé de 9 mètres; mais la réponse est inexacte...
- Après 2 jours de 24 h, l’escargot est à une hauteur de 6 mètres; donc le mardi à 6 h. du matin, il s’élève et peut parcourir 5 mètres, il est donc à 11 mètres au-dessus du sol le mardi à 6 h du soir; il était donc pour la première fois à une hauteur de 9 mètres, le mardi à 1 h 12 minutes de l’après-midi.
- PROBLÈME.,, TIRÉ PAR LES CHEVEUX
- Prouver mathématiquement qu’il y a dans le monde plusieurs personnes ayant le même nombre de cheveux — sans qu’on sache d’ailleurs quel est ce nombre.
- D’après les dernières statistiques, on estime que la population mondiale est supérieure à un milliard d’individus. Un
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- milliard, c’est quelque chose bien que ce soit le plus petit nombre de 10 chiffres. Savez-vous qu’il s’est écoulé depuis la naissance de Jésus-Christ un peu plus d’un milliard de minutes ! !
- D’un autre côté, je crois que nous serons tous d’accord pour admettre que la tête la plus fournie, Absalon ou Clodion le Chevelu, ne possède pas un milliard de cheveux. En effet, plaçons ces cheveux longs ou courts à côté les uns des autres, à raison de 10 par millimètre, 1 mètre en contiendra 10.000j, 10 mètres, 100.000 ; 100 mètres, un million. Un milliard de cheveux occupera donc une largeur de 100 kilomètres. Youlez-vous les peser et admettre que
- 10 pèsent 1 milligramme ; la toison de 1 milliard pèsera 100 kg.
- Dans ce cas, la démonstration est faite de suite : pour faciliter les calculs, supposons qu’il n'y ait au monde que 15 individus et que, dans ces conditions, la tête la mieux fournie porte 10 cheveux. Attribuez 1 cheveu au 1er homme, 2 au 2e, etc., 10 au 10°; pour les 5 autres, ils auront nécessairement un nombre de cheveux compris entre 1 et 10; donc un nombre de cheveux que possédera un des premiers hommes. Donc deux hommes au moins auront le même nombre de cheveux. C. Q. F. D.
- Virgile Brandicourt.
- = GUÉRISON RAPIDE DU RHUME DE CERVEAU =
- PAR LES COURANTS OSCILLATOIRES A HAUTE FRÉQUENCE
- Dans le langage courant, on désigne sous le nom, d’ailleurs très impropre de rhume de cerveau, l’inflammation de la muqueuse des fosses nasales. C’est un état morbide bénin mais assez fréquent, comme chacun sait hélas, par expérience ! Or, les traitements que les médecins préconisaient jusqu’ici pour guérir ce dés agréable malaise, telsqu’onctionsde corps gras à la racine du nez, badigeonnage ou instillation des fosses nasales avec des solutions de nitrate d’argent, de cocaïne ou de colloïdes, fumigations d’eucalyptus et irrigations nasales avec des antiseptiques ne constituaient que d’insuffisants palliatifs. Aussi, plus d’un enrhumé, au cours de ses quintes de toux et de ses éternuements, maudissait, dans son for intérieur, les disciples d’Esculape qui, selon une boutade célèbre, se contentaient de soulager ce mal en l’appelant coryza.
- Les choses vont heureusement changer pour l’Humanité... mouchante! Un éminent laryngologiste de Lyon, le Dr Bordier, recommande les courants oscillatoires à haute fréquence, capables de déterminer dans les fosses nasales une chaleur locale indolore faisant cesser très rapidement la sécrétion des glandes de la pituitaire et décongestionnant, par suite, cette muqueuse. A la vérité, un médecin d’Athènes, le Dr Tsinoukas, songea le premier à employer la diathermie pour guérir le coryza, mais au professeur Bordier revient le mérite d’avoir mis au point la méthode. Le savant lyonnais a substitué aux encombrantes bougies de Hégar, utilisées par le savant grec, des électrodes plus
- pratiques. La maison Lépine a, en effet, construit, sur les indications du Dr Bordier, une double valve qui, formant électrode bipolaire, se compose de deux petites plaques métalliques fixées aux branches flexibles d’un V en matière isolante. Une articulation àlabase, permet l’adaptation de ce dispositif sur tous les nez. Une borne annexée à chaque valve reçoit les fils légers et souples, qui amènent le courant d’un poste Walter, branché sur n’importe quelle canalisation électrique et dont le réglage s’opère au moyen d’un rhéostat. Enfin, une la-cette élastique entoure la tête du sujet et immobilise l’électrode nasale bipolaire pendant les séances de d’Arson-valisation.
- Pour appliquer le traitement, le malade s’assied confortablement sur une chaise ou un fauteuil à côté de l'appareil diathermi-que, puis une fois l’électrode adaptée sur son nez, on rattache les fils aux bornes électriques. Le médecindoit augmenter progressivement l’intensitée du courant jusqu’à ce que l’enrhumé accuse une sensation de chaleur endo-nasale très nette et la diminuer si elle devient trop pénible à supporter.
- D’après les chiffres donnés par le Dr H. Bordier dans son récent ouvrage Diathermie et Diathermothérapie (1928), une séance d’une vingtaine de minutes avec un courant oscillatoire même faible (200 à 300 milliampères), suffit à guérir le plus violent coryza.
- Une fois que les bienfaisantes effluves ont ainsi passé à travers sa muqueuse nasale, le pauvre enchifrené respire
- Fig. I. — Dispositif employé par le DT Bordier pour guérir le rhume de cerveau au moyen des courants oscillatoires à haute fréquence.
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- librement, son nez ne coule plus, ses éternuement cessent, il ne larmoie plus et les douleurs de ses sinus frontaux disparaissent petit à petit a^ec les dernières traces de son « catarrhe », rapidement arrêté dans son évolution coutumière. La guérison s’obtient d’autant plus vite que le rhume de cerveau est plus intense et qu’on applique ce nouveau.
- traitement d’une manière précoce. Dorénavant, les enrhumés béniront le professeur d’Arsonval, le génial créateur des courants oscillatoires à haute fréquence et son digne élève, le Dr Bordier, dont la méthode diathermique va permettre de supprimer, en un clin d’œil, leurs si pénibles souffrances !
- Jacques Boyer.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR REMPLIR DE GRAISSE LE CARTER DU DIFFERENTIEL D'UNE AUTOMOBILE
- Voici un dispositif de fortune pour remplir de graisse le différentiel lorsqu’on ne veut rien démonter et lorsqu’on n'a pas à sa disposition de pompe ou d’appareil approprié.
- On prépare un cornet en papier assez épais, genre papier à dessin et ce cornet est rempli de graisse. On ferme à la partie supérieure et on ajuste la pointe du cornet dans le trou de remplissage du différentiel. En appuyant légèrement et progressivement sur le cornet, on force la graisse à pénétrer dans l’intérieur.
- C’est d’ailleurs le moyen qu’emploient les confiseurs et chocolatiers pour décorer les gâteaux, les biscuits ou les pièces diverses d’arabesques ou de motifs en pâte sucrée ou en chocolat. Ici, le contenu du cornet est moins appétissant, mais il sera certainement très apprécié par le différentiel que vous alimenterez de cette façon.
- SUPPORT D'OUTIL ORIGINAL
- Dans un atelier d’amateur, dans un petit garage particulier, il est pratique d’avoir facilement à sa disposition l’outillage nécessaire à proximité du travail, sur un support facile à déplacer, par exemple si l’on doit vérifier ou réparer les différentes parties d’un châssis.
- On peut se servir d’un tabouret de piano hors d’usage qui est démuni de sa partie rembourée et se termine ainsi à la partie supérieure par une sorte de plateau. Ce plateau comporte une série d’encoches dans lesquelles sont disposés les outils les plus usuels
- On peut d’ailleurs poser sur la partie supérieure du plateau une’pièce que l’on démonte, des vis, des écrous, etc.
- Lorsqu’on a besoin d’un outil, il suffit de tourner le plateau pour amener à la disposition de l’ouvrier l’outil voulu, sans qu’on ait à se déplacer pour aller le chercher sur l’établi.
- POUR FIXER DE PETITS RIVETS
- Lorsqu’on veut fixer une pièce mince sur un support de bois par exemple, on utilise généralement de petits rivets qui ne traversent pas entièrement le support, mais qui se logent dans des trous borgnes. 11 est rare que ce mode de fixation soit durable. Le rivet ne tarde pas à prendre du jeu dans son logement.
- On peut obtenir une fixation extrêmement robuste et sans variation, en pratiquant un trait de scie à l’extrémité de la tige du rivet. Dans le fond du trou borgne, on laisse tomber une petite bille d’acier.
- Ainsi lorsqu’on frappe sur le rivet pour l’enfoncer, la bille d’acier s’insère entre les deux branches d’extrémité qui sont obligées de s’écarter, de pénétrer dans le bois où elles forment crampon et empêchent définitivement le rivet de s’échapper.
- POUR ENFONCER FACILEMENT UN PIQUET tOU UN TUBE DE FER DANS LE SOL
- Il est assez difficile d’enfoncer dans le sol un piquet, surtout si celui-ci est constitué par un tube d’acier ou une barre de fer. Si l’on frappe sur la partie supérieure, en dehors, de la position peu commode que l’on est obligé d'adopter, on risque de fausser le piquet qui n’est plus vertical.
- On peut adopter un coin en bois muni d’une rigole sur une face, de façon que le tube vienne s’appliquer à peu près exactement dans la rigole. Le tube et le coin sont solidarisés au moyen de liens qui passent dans des encoches pratiquées sur la partie inclinée du coin. On peut alors frapper au maillet sur une face supérieure du coin, il entraîne dans son déplacement le tube ou la barre qui reçoit ainsi l’action du coup de maillet.
- On progresse ainsi successivement et au fur et à mesure que le piquet s’enfonce, on remonte le coin de manière qu’il soit toujours à bonne hauteur pour l’ouvrier, qui avec son maillet frappe sur la pièce.
- On arrive ainsi à enfoncer très rapidement des piquets alors que le même travail, exécuté sans ce petit artifice, aurait été très pénible.
- COMMENT IL FAUT SOUDER LE FLOTTEUR DU CARBURATEUR
- On sait que lorsque le carburateur est noyé, il y a beaucoup de chances pour qu’un trou, parfois minuscule, ait laissé l’essence pénétrer à l’intérieur du flotteur qui se trouve ainsi alourdi. Il en résulte que l’arrivée d’essence ne se fait plus, car le pointeau n’obstrue plus l’orifice d'arrivée.
- La première chose à faire est d’examiner le flotteur pour constater s’il est plus lourd que d’habitude. En l’agitant, on se rend compte immédiatement s’il y a un bruit de liquide à l’intérieur et, dans ce cas, il faut rechercher le trou qui a causé l’incident. Pour le trouver, on essuie très soigneusement le flotteur afin que la surface extérieure soit sèche; ensuite on applique sur cette surface une feuille de papier buvard et on constate immédiatement qu’elle s’imbibe d’essence à l’endroit du trou.
- Tout cela est très bien, mais il faut maintenant faire partir l’essence qui se trouve à l’intérieur, afin d alléger le flotteur, puis le réparer.
- On indique dans beaucoup d’ouvrages un moyen héroïque qui consiste à percer un deuxième trou, pour permettre à l’air de se dégager et à l’essence de couler. Dans ces conditions, on a alors deux trous à reboucher au lieu d’un ; cherchons donc autre chose.
- Si nous exposons le flotteur rempli d’essence à une source de chaleur sans flamme, l’essence ne tardera pas à disparaître. Le meilleur moyen d’avoir une chaleur sans danger d’explosion ou d’incendie, est de prendre une cuvette d’eau très chaude à 70° environ, qu on a soin d’éloigner de tout foyer et de placer même dans un endroit très dégagé, au milieu d’une cour par exemple.
- Le flotteur, plongé dans cette eau chaude, ne tardera pas à se vider; d’ailleurs on recommence l’opération autant de fois qu'il est nécessaire, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus rien, ce qui indique que le liquide volatil s’est évaporé.
- Insistons sur ce point que l’eau ne doit guère dépasser 70° et que l’opération ne doit pas se faire dans une pièce fermée, en raison de l’accumulation des vapeurs d’essence, qui serait susceptible de produire une explosion.
- Du fait même de cette opération, on connaît l’emplacement du trou, aussi imperceptible soit-il; c’est le point où les vapeurs d’essence se sont dégagées. On entoure l’emplacement d’un trait de crayon et il suffit maintenant de placer un grain de soudure, le moins possible, de façon à ne pas faire varier le niveau de l’essence dans le carburateur.
- Si l’on fait cette soudure sans précaution, la chaleur du fer à souder se communique au flotteur et l’air contenu à l’intérieur se dilate. Pour s’échapper, il n’a comme issue que le trou qu’on est en train d’obturer, par conséquent la soudure qu’on place et qui est encore liquide risque d’être traversée par des bulles d’air avant d’être prise. Il est parfois impossible de faire l’opération d’une manière convenable.
- Pour remédier à cette difficulté, nous allons utiliser la cuvette précédente, mais cette fois nous y mettrons de l’eau froide et le flotteur sera plongé de manière que seul l’emplacement où l’on doit mettre le grain de soudure émerge du liquide. On peut alors, en toute sécurité, faire couler la soudure du bâton, au moyen d’un fer chaud, car la chaleur du fer ne se communique pas aux parois du flotteur qui sont refroidies par le bain d’eau froide.
- Grâce à ce bain refroidi, on peut même, en agissant avec prudence, faire la réparation alors qu’il reste quelques gouttes d’essence dans le flotteur, ce dernier n’étant pas soumis à une élévation de température, il n’y a pas production de vapeur d’essence et risque d’explosion. Mais il est évidemment beaucoup plus simple de vider complètement le flotteur avec l’eau chaude, comme nous l’avons indiqué, et l’opération demande uniquement un peu de patience.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1928 (*)
- II est bien difficile de signaler parmi les phénomènes qui s’offriront ce mois-ci aux observateurs, ceux qui présen teront le plus grand intérêt. Ils sont vraiment trop nom breux. En voici une énumération rapide : Une belle occul tation de 7) du Lion le 2 décembre, la chute des Géminides étoiles filantes rapides, courtes, que l’on peut observer du 8 au 14 décembre, et dont le radiant est voisin de a Gémeaux le rapprochement de la planète Mars et de la Lune, le 26 décembre; de nombreux minima de la variable Algol ; de nombreuses occultations d’étoiles par la Lune ; d’innombrables phénomènes produits par les satellites de Jupiter; enfin l’opposition de la planète Mars, le 21 décembre, correspondant à la meilleure période pour les observations.
- I. Soleil. — Le
- Soleil, en décembre, atteint sa plus grande déclinaison australe, — 23°27' le 22, à 2h. Ce moment marque le début de l’hiver.
- La durée du jour, de 8k31” le 1er dé cembre, atteint son minimum, 8h llm, du 22 au 24. Elle augmente un peu vers la fin du mois,
- 8k 16” le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l'heure, en temps universel, du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Pix. 1-
- Carte représentant l'aspect du Ciel le i' ou le 15 décembre, h 22b.
- Dates. Déc. |er Heures du passage. llh 39“ 44’ Dates. Déc. 17 Heures du passage 11» 46” 50*
- — 3 llk 40“ 30* — 19 llk 47“ 49*
- — 5 llk 41” 19* — 21 llh 48” 49'
- — 7 h* M» b£ B h* O — 23 llk 49m 49.
- — 9 llk 43” 3* — 25 llk 50“ 48'
- — 11 llk 43“ 58* — 27 llk 51” 48*
- — 13 llk 44” 54* — 29 llk 52“ 46*
- — 15 llk 45“ 52* — 31 llh 53” 445
- Soleil est une des plus faciles et tout à fait à la portée des amateurs. Une modeste lunette est suffisante, mais naturellement si l’on possède un bon instrument, la qualité des observations s’en ressentira. La manière la plus commode de faire ces observations consiste à projeter l’image solaire sur un écran blanc. En traçant un cercle représentant le contour du Soleil, et en s’arrangeant pour que l’image projetée ait le même diamètre que ce cercle, il sera très facile
- de mettre toutes les taches en place, en suivant leur contour avec une pointe de crayon. La Société astronomique de France, 28, rue Serpente, à Paris, centralise toutes les observations faites, et publie les plus importantes dans son Bulletin mensuel.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale, en décembre, est pratiquement inobservable, en France, par suite de la faible hauteur, au-dessus de l’horizon, de la zone du zodia-queoùelle se trouve.
- La lueur anti-solaire, par contre, atteint son maximum d’élévation au-des sus de l’horizon. La rechercher au point du ciel diamétralement opposé au Soleil, par les nuits très pures et sans clair de Lune. Vers le 15 décembre, à minuit, elle sera un peu au-dessus de l’étoile 5 Taureau.
- Les phases de la Lune, en décembre, seront
- ' décembre 1028, à 23h,
- II. Lune. les suivantes
- D. Q. le 4, à F 2k 32“ N. L. le 12, à 5h 6“
- P. Q. le 20, à 3k 43” P. L. le 26, à!9h 55”
- Observations physiques. — L’observation quotidienne du
- 1. Toutes les heures figurant dans ce Bulletin sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24h à partir de minuit
- m-
- Age de la Lune, le 1er décembre, à 0k=18J,6; le 13 décembre, à 0h = 01,8.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le 13 = — 26° 25'; le 27 =-f-26° 24'. On remarquera la très grande hauteur 41e la Pleine Lune, au-dessus de l’horizon, le 27, à minuit,
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 11 décembre, à 9k. Parallaxe = 53'57". Distance = 406 450 km
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- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 26 décembre, à 3h. Parallaxe = 61' 19". Distance = 357 620 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 2 décembre, occultation de l’étoile vj Lion (gr. 3,6). Émersion seule visible à 22h44m, derrière le bord obscur de la Lune. Très belle occultation. La Lune se lèvera à 21h40m, le Dernier Quartier se produira deux jours après.
- Le 24, occultation de 51 Taureau (gr. 5,6), de 21k6m à 22h3m. — Occultation de 56 Taureau (gr. 5,2), de 22h lm à 22h 33m.
- Marées, mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la Pleine Lune du 26. Elles seront toutefois d’amplitude assez faible, le coefficient maximum atteignant seulement 0,96. En conséquence, le phénomène du mascaret ne se produira pas en décembre.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après renferme les principaux renseignements, d’après les données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1928, pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de décembre 1928.
- 42 J
- La calotte polaire boréale est tournée vers la Terre.
- Yoici comment se présentera Mars aux observateurs terrestres en décembre prochain :
- Angle de Latitude Angle de Éclat
- Dates. position de du position
- m l’axe de Mars. centre. Diamètre. Phase. de la phase. stellaire.
- ,Déc. 2 338° + 2°,5 15",5 0",3 2680 — 1,2
- — 12 336° + 0o,7 16",0 0",1 260° — 1.4
- — .22 3340 — 1°,3 15", 9 • 0",0 169o -1,4
- Le 2 décembre, le méridien 0° de Mars passera par le centre du disque à 19h 58m,l. Le 30, il y passera à 12hllm,4. Mars tournant sur son axe en 24h 37“ 22‘,65, il sera facile de calculer les passages intermédiaires et par conséquent de déterminer à tout instant la partie de disque tournée vers la Terre. Yoir d’ailleurs, pour renseignements plus complets, Y Annuaire astronomique Flammarion.
- Jupiter est encore bien visible, quoique se couchant de bonne heure à présent.
- Nous insisterons encore ce mois-ci sur l’intérêt de l’obser-
- ASTRE Dates : DÉCEMBRE Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (1). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine.
- 5 7h 29m llh 41m19* 15h 53ra 16b 47“ — 22°23' 32'3l"2 Scorpion
- Soleil .... 15 7 39 11 45 52 15 53 17 31 — 23 17 32 33,6 Scorpion
- 25 7 45 11 50 48 15 57 18 15 — 23 24 32 34,8 Sagittaire
- 5 6 53 11 11 15 28 16 13 — 21 13 4,8 v Scorpion
- Mercure . . . 15 7 38 11 38 15 38 17 20 — 24 14 4,6 8 Ophiuchus
- 25 8 15 12 9 16 3 18 29 — 25 9 4,6 X Sagittaire
- 5 10 30 14 32 18 34 19 34 — 23 51 14,6 Sagittaire
- Vénus . . . . < 15 10 26 14 43 19 0 20 25 — 21 27 15,6 Capricorne
- 25 10 17 14 52 19 27 21 14 — 18 6 16,6 t Capricorne
- 5 17 3 1 21 9 39 6 25 + 25 54 15,6 g Gémeaux
- Mars 15 16 4 0 26 8 48 6 9 + 26 25 16,0 y] Gémeaux
- ( 25 15 0 23 24 7 48 5 52 + 26 44 15,8 Gémeaux
- Jupiter. . . . 15 13 18 20 10 3 1 1 56 + 10 28 42,6 v) Poissons
- Saturne . . . 15 7 26 11 40 15 53 17 24 — 22 1 13,6 i Ophiuchus
- Uranus. . . . 15 12 22 18 28 0 33 0 14 + 0 43 3,4 39 Poissons
- Neptune . . . 15 21 34 4 31 11 27 10 14 + 11 32 2,4 a Lion
- VISIBILITH
- Invisible.
- ;Le soir, dès le coucher ) du Soleil,
- v
- iToute la nuit. Opposition i le 21.
- Première partie de la nuit. Invisible.
- Dès l’arrivée de la nuit. Seconde partie de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera invisible ce mois-ci, se couchant un peu avant ou aussitôt après le Soleil, du début à la fin du mois. Il sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 18 décembre, à 13h.
- Vénus se couche de plus en plus tard, et s’écarte du Soleil. On peut à présent, par les belles soirées, l’observer dès le coucher du Soleil. A la fin de décembre, son éclat stellaire sera de la grandeur — 3,7.
- Mars est la planète particulièrement en évidence pour les observations. Elle sera en opposition avec le Soleil le 21 décembre, à 14h.
- Sa déclinaison boréale est très forte, de sorte que sa hauteur au-dessus de l’horizon sera très grande. Cette élévation au-dessus de l’horizon, donnant de très bonnes images, compensera dans une certaine mesure la diminution du diamètre à la distance périgée. En effet, ce diamètre, au moment de l’opposition, sera seulement de 16",0, alors qu’en 1924, il était de 25",1.
- vation, avec de petits instruments, des curieux phénomènes présentés par les satellites dans leur révolution autour de la planète. Le tableau ci-joint renferme d’ailleurs la plupart de ces phénomènes. L’intérêt est naturellement accru lorsqu’on se sert d’une lunette puissante pour observer.
- Le 26 décembre, après 21h, remarquer la curieuse disposition des satellites I, Il et IV de Jupiter, à l’Ouest de la planète.
- Saturne est inobservable. Il sera en conjonction avec le Soleil, le 13 décembre, à 19\ Yoici néanmoins, pour ne pas interrompre la série, les éléments de l’anneau à la date du 18 décembre :
- Grand axe extérieur........................ 36",06
- Petit axe extérieur............................. 15",38
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. . ......................................... +26<>51'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26° 45'
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- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Décembre. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATES Décembre. Heure. Satel- lite. Phéno- mène
- 1 16* 33m I O.f. 15 23h 54“ II P. c.
- 1 19 8 II P. c. 16 2 4 II O.c.
- 1 20 48 II O.c. 16 2 9 II P. f.
- 1 21 22 II P. f. 16 17 45 I E. f.
- 1 23 4 II O. f. 17 18 4 II Im.
- 3 17 19 II E. f. 17 22 32 II E. f.
- 4 0 55 III Im. 19 17 39 II O.f.
- 4 2 37 III Em. 21 0 34 I P. c.
- 5 2 29 I P.c. 21 1 41 I O.c.
- 5 23 47 I Im: 21 21 43 III P. c.
- 6 2 52 I E. f. 21 21 52 I Im.
- 6 20 56 I P. c. 2 L 23 34 III P. f.
- 6 21 51 I O.c. 22 1 12 I E. f.
- 6 23 5 I P. f. 22 19 2 I P. c.
- 7 0 0 I O.f. 22 20 10 I O.c.
- 7 2 31 II Im. 22 21 10 I P. f.
- 7 16 18 III P. f. 22 22 19 I O.f.
- 7 18 14 I Im. 23 16 20 I Im.
- 7 18 21 III O.c. 23 19 41 I E. f.
- 7 20 10 III O.f. 24 16 48 I O.f.
- 7 21 2 l I E. f. 24 20 29 II Im.
- 8 16 20 I O.c. 24 22 47 II Em.
- 8 17 32 1 P. f. 24 22 53 II E. c.
- 8 18 29 I O.f. 25 1 9 II E. f.
- 8 21 30 II P.c. 25 16 28 III E. c.
- 8 23 26 II O.c. 25 18 18 III E. f
- 8 23 44 II P. f. 26 17 51 II P. f.
- 9 1 42 II O.f. 26 18 2 II O.c.
- 10 19 55 II E. f. 26 20 17 II O.f.
- 13 1 35 I Im. 28 23 43 I Im.
- 13 22 44 I P. c. 29 1 25 III P.c.
- 13 23 46 I O.c. 29 20 52 I P.c.
- 14 18 7 III P.c. 29 22 6 I O.c.
- 14 19 54 III P. f. 29 23 1 I P. f.
- 14 20 2 I Im. 30 0 14 I O.f.
- 14 22 24 III O.c. 30 18 11 I Im.
- 14 23 16 1 E. f. 30 21 37 I E. f.
- 15 17 12 I P. c/ 31 16 35 I O.c.
- 15 18 15 1 O.c. 31 17 29 I P. f.
- 15 19 20 I P. f 31 18 43 I O.f.
- 15 20 24 I O.c. 31 22 58 II Im.
- Uranus sera en quadrature orientale avec le Soleil le 25 décembre, à 13h. Pour le trouver* on s’aidera de la petite carte publiée au « Bulletin astronomique » pour octobre 1928 (n° 2792). Uranus peut être facilement suivi à l’aide d’une simple jumelle. Une bonne lunette montre cette planète comme un petit disque bleuâtre, de 4" environ de diamètre.
- Neptune, la solaire, devient plus lointaine de mieux en planète couuue du système mieux visible, se levant vers
- 21h1/2. Pour le rechercher, s’aider d’une très bonne carte et de
- ses positions, que voici ;
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Déc. 5 10*14” + 11°31' 2"4
- — 15 10* 14“ + 11° 32' 2,4
- — 25 10h14” -f-11° 34' 2,4
- ' 31 10“14- + 11° 36' 2,4
- Neptune sera stationnaire le 3 décembre, à 17h. Il se déplacera fort peu sur le ciel pendant tout le mois.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 5h, Neptune en conjonc. avec la Lune, Le 12, à 8h, Saturne — —
- Le 15, à 21\ Vénus — —
- Le 20, à 11b, Uranus — —
- Le 22, à llk, Jupiter — —
- Le 26, à 8\ Mars — —
- Le 30, à 13h, Neptune — —
- à 5° 4' S. à 3° 5' N. à 2° 39' N. à 4o 5' N. à 10 27' N. à 0° 56' N. à 4° 56' S.
- Le rapprochement de Mars et de la Lune, dans la nuit du 25 au 26 décembre, sera particulièrement intéressant à suivre.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (faciles à observer à l’œil nu) : le 1er à 5h 4m; le 4, à lh 53“ ; le 6, à 22“ 42m ; le 9, à 19*31”; le 24, à 3h36m; le 27, à 0* 25“ ; le 29, à 21h 15™.
- Etoile Polaire. — L’Etoile Polaire passera au méridien de Paris, en décembre, aux époques ci-après :
- Heure. Temps sidéral
- Dates. Passage. (T. ü.) à 0“ (T. U.)
- Déc. 6 Supérieur 20h 25“ 51* 4b 58” 7'
- — 16 — 19*46“ 43* 5* 37“ 33s
- — 26 — 19* 6“ 55‘ 6" 16” 58*
- — 31 — 18* 43“ 12s 6* 36“ 41“
- Il sera facile de calculer les heures de s autres passages
- du mois.
- Etoiles filantes. — L’Annuaire du Bureau des Longitudes
- indique, d’après M. W.-F. Denning, les radiants suivants
- comme actifs en décembre.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine
- Déc. 1er 43° + 56° y; Persée.
- — 1er au 10 II70 + 320 a-p Gémeaux.
- — 6 80° + 23° !; Taureau.
- — 6 au 13 149° + 41° P. IX. 254.
- — 8 au 14 107» + 33° a Gémeaux.
- — 10 au 12 130° -j-46° i Grande Ourse.
- V. Constellations. — La carte que représente la figure 1 donne l’aspect de la voûte céleste le l“r décembre vers 23h, ou le 15 décembre, vers 22*. On y a fait figurer les planètes Mars, Jupiter et Uranus.
- Au Zénith : Le Cocher ; Pernée (CapelJa, a du Cocher, passe très près du Zénith).
- Au Nord : La Petite Ourse; le Dragon; la Grande Ourse; Céphée.
- Au Nord-Ouest : Véga rase l’horizon et va disparaître.
- A l’Est : Le Cancer ; les Gémeaux ; le Petit Chien ; le Taureau; Orion.
- Au Sud : Les Poissons; le Bélier; la Baleine (Mira Ceti); l’Eridan ; le Verseau.
- A l’Ouest : Pégase; Andromède.
- Le Cygne se couche, au Nord-Ouest, tandis que le Lion apparaît à l’Est.
- Em. Touciiet.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- La traversée de la Manche de l’Autogire.
- L’Autogire de M. de la Cierva vient, le 18 septembre dernier, d’accomplir la traversée de la Manche. Ayant décollé à 10 h. 6 de Croydon, et convoyé par un Goliath, il atterrissait successivement à Lympne, Saint-Inglevert, Abbeville, puis au Bourget à 16 h. 20. Le 20 septembre, au cours de vols de démonstration, l’autogire accrocha un hauban du train, au cours du décollage, et fut partiellement détruit à l’atterrissage qui suivit.
- L’appareil est muni d’un moteur Armstrong-Siddley « Lynx » de 180 ch, actionnant une hélice tractive. La voilure tournante, à quatre pales, a une vitesse de rotation de 120 tours-minute en vol normal à 150 km-h., sa surface est voisine de 8 m2. Les plans fixes ont une surface de 4 m2 10. Le poids total de l’appareil en charge est de 1250 kg ; sa vitesse maxima est de 180 km-h.
- Le grand avantage de l’autogire sur l’avion ordinaire, est l’impossibilité de le mettre en perte de vitesse, et la faible vitesse horizontale à l’atterrissage : l’appareil, moteur coupé, descend en effet en parachute, suivant une trajectoire très inclinée; il roule donc très peu. Les vols de démonstration du Bourget furent à cet égard tout à fait concluants.
- Il est difficile de prévoir ce que sera l’avenir de l’autogire, l’appareil présenté au Bourget révèle, en tout cas, des qualités jusqu’ici inconnues.
- Appareil Farman F. 180.
- L’avion Farman F. 180 est un appareil commercial de gros tonnage, destiné au transport des passagers sur les lignes à étapes longues et vol nocturne. Les problèmes posés étaient donc : grande sécurité du système motopropulseur, atterrissage possible sur un terrain douteux et la nuit.
- Les solutions adoptées sont les suivantes : appareil bi-moteur en tamdem possédant un grand excès de puissance (vol posssible un moteur étant arrêté) ; voilure faiblement chargée par mètre carré, donc de grandes dimensions.
- La voilure adoptée est biplane, à plans très écartés (interaction minima). Le plan supérieur rectangulaire porte les ailerons (non compensés); le plan inférieur, d’envergure moindre, est à extrémités arrondies (Dimensions du plan supérieur : 26 m. X 4 m.). Le type de construction est celui de Goliath : longerons et nervures de bois, recouvrement toile; ce type de construction, souvent critiqué, est léger ; la voilure du F. 180 pèse 6 kg 500 au mètre carré; il semble pourtant qu’une construction mixte, longeron duralumin, nervures bois serait plus légère. (La voilure du Lioré 12 BN 2 toute en duralumin pèse 5 kg 82 au mètre carré, celle du Goliath, toute en bois 6 kg 10 au mètre carré, alors qu’une nervure de bois est plus légère qu’une nervure métallique.)
- Le fplan supérieur est encastré dans le fuseau moteur central, et relié au fuselage par une cabane trapézoïdale; le plan inférieur est encastré dans le fuselage à sa base.
- Le fuselage, du type coque, est formé de longerons longitudinaux portant le contreplaqué du revêtement, et fixé sur des couples transversaux (construction entièrement bois). A l’extrémité avant du fuselage est placé le poste de pilotage, à deux places côte à côte. Cette disposition donne une excellente visibilité ; elle semble devoir entraîner certaine difficulté, quant au pilotage longitudinal (le pilote ne voit pas son appareil).
- Derrière le poste de pilotage est tracé le poste du
- navigateur ; puis la cabine des passagers, de dimensions 8 m x 2 m. 35x1 m. 80, contenant soit 25 fauteuils pour les vols de jour, soit 12 couchettes pour les vols de nuit enfin le cabinet de toilette et la soute à bagages.
- Le train d’atterrissage, à deux roues (1250X300) est à essieu cintré et jambe élastique (Sandows, air comprimé).
- Deux moteurs Farman de 500 ch équipent l’appareil ; ils actionnent des hélices à quatre pales, et sont montés sur deux longerons métalliques en U.
- Les caractéristiques principales sont les suivantes :
- Surface totale . . 172,2 m2
- Poids à vide . . 4.500 kg
- Charge payante , , . . 2.500
- Poids total en charge. . . , . . 8 000 —
- Vitesse maxima . . 190 km-h
- — commerciale . . . . . . 170 —
- Rayon d’action . . . 500 km
- (à pleine charge).
- Le F. 180 est le premier appareil conçu en France pour le vol de nuit et la sécurité. Les constructeurs se sont appliqués à éviter la panne et à permettre un atterrissage difficile ; mais il n’ont pas, semble-t-il, prévu de cas, toujours possible, de la destruction de l’appareil à l’atterrissage. Dans ce cas : si l’appareil s’aplatit, le fuseau moteur écrase
- o a o
- la cabine ; s’il capote, la cabine est très exposée, puisque sur l’avant, comme dans beaucoup d’accidents, la cabine sera pulvérisée, la soute à bagages restant intacte.
- Dans l’avion idéal, la cabine des passagers doit être écrasée en tout dernier lieu, et quelle que soit la chute. L’avion de transport de ce type n’est pas encore réalisé en tout cas en France.
- Le concours d’avions légers d’Orly.
- Du 9 au 21 septembre s’est déroulé à Orly le concours d’avions légers organisé par l’Association Française Aérienne. Ce concours, qui avait pour dessein de montrer les possibilités actuelles de l’appareil de faible puissance, de l’appareil de tourisme, réunissait des concurrents allemands, anglais et français. Le plus grand nombre de points a été obtenu par l’avionnette allemande Klemm, à moteur Salmson de 40 ch
- Le concours comprenait :
- 1° Une épreuve de décollage (maximum permis 250 m.), une épreuve de montée 1500 m. (maximum de temps 30 minutes) ;
- 2° L’examen des appareils pour l’attribution des points de qualité : aménagement des postes de passagers, parachutes, sécurité contre l’incendie, nature du recouvrement, facilité de démontage et de remontage, facilité de démarrage, doubles commandes, sécurité contre le capotage, confort et visibilité du poste de pilotage;
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- = 424 .........."... ............... =:.....'.====
- 3° Une épreuve de rendement, sur le parcours Orly-Buc (8 fois) avec application de la formule : PY/C, P étant la charge utile, Y la vitesse, G la consommation totale;
- 4° Le parcours du circuit : Orly, Nancy, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, .Le Havre, Le Bourget, en 8 étapes.
- Les appareils se classèrent dans l’ordre suivant :
- l*r Klemm, moteur Salmson 40 ch; 2° Avro-Avian, moteur Cirrus, 85 ch; 3e De Havilland-Moth, moteur Gipsy 85 ch; 4e Avro-Avian, moteur Cirrus 85 ch; 5° Caudron C-109, moteur Salmson 40 ch; 6e Guerchais-Henriot, moteur Anzani 50 ch; 7e Albert, moteur Salmson 40 ch; 8e Caudron, moteur Salmson 60 ch ; 9e Caudron, moteur Salmson 60 ch.
- Les performances réalisées par le monoplan Klemm-Salmson, au cours du concours, furent les suivantes :
- Démontage et remontage . . 17 min. 33 sec.
- Démarrage du moteur ... 3 min. 22 sec.
- Décollage en...............112,50 m.
- Montée à 1500 m............ 13 min. 30 sec.
- Charge...................... 245,800 kg
- Vitesse......................112,640 km-h.
- Consommation................. 25,700 kg.
- Ces chiffres font ressortir, en particulier, le beau rende-
- ment de la machine, dû surtout à sa grande finesse, et à sa légèreté de construction. Rappelons que Favionnette Klemm est un monoplan à aile surbaissée en porte à faux, de profil épais, décroissant suivant l’envergure. Chaque demi-plan vient s’encastrer, de chaque côté du fuselage, et le joint est recouvert par une bande de contreplaqué. Le fuselage, recouvert de contreplaqué, comporte deux postes de pilotage en tandem; la visibilité est très bonne (poste avant au droit du bord d’attaque de l’aile, fuselage étroit). La construction est entièrement en bois, et indéréglable.
- Le type actuel est d’ailleurs l’aboutissant d’une longue étude : il dérive du Daimler L. 15 à moteur de 12,5 ch construit en 1919.
- Record de hauteur avec charge.
- Deux records de hauteur, avec charge utile de 500 et de 1000 kg, ont été battus le 14 septembre dernier, par le pilote allemand Schinziger, sur l’aérodrome de Dessau.
- Les altitudes atteintes furent respectivement 8830 m et 7805 m, contre 8578 m (États-Unis, mai 1924) et 6805 m (Allemagne, août 1927).
- L’appareil utilisé, au cours de ces tentatives, est le monoplan Junkers W. 34, avion métallique à aile surbaissée, dérivé du Bremen de la traversée de l’Atlantique par le remplacement du moteur par un Jupiter, construit en Allemagne sous licence.
- Voyage en étoile au-dessus de l’Europe.
- L’équipage français Lassale-Duroyon vient d’accomplir en Europe un voyage en étoile remarquable de régularité et de vitesse moyenne.
- Les étapes de ce voyage furent les suivantes :
- Paris-Oslo (1700 km) ; aller 155 km/h , retour 206 km/h.
- Paris-Madrid (1107 km) ; aller 198 km/h.; retour 184 km/h,
- Paris-Varsovie (1300 km) ; arrêt à Francfort ; retour 195 km/h.
- Paris-Rome (1100 km), aller 200 km/h., retour 203 km/h.
- Paris-Lisbonne (1400 km), aller 150 km/h., retour 175 km/h.
- En 6 jours consécutifs et 73 heures de vol, près de 13500 km ont été ainsi parcourus sans incident.
- L’appareil utilisé était un Potez-25, muni d’un moteur Lorraine de 450 ch.
- L’équipage Lassale-Duroyon s’est d’ailleurs classé premier sur le même appareil dans 'le dernier rallye de Vin-cennes en effectuant le raid Agadir-Paris à une vitesse moyenne de 199 km/h.
- Record de durée sur avion léger.
- L’avion léger Caudron C109 à moteur Salmson de 40 ch vient, piloté par Finat, de battre le record mondial de durée pour appareils de cette catégorie.
- Le vol a duré 24 h. 36 m. 33 s.
- Pour ce vol, le Caudron C109 était légèrement modifié : le poste installé en conduite intérieure, l’hélice remplacée par une hélice Chauvière nouvelle, en duralumin forgé (hélice montée sur un moyeu spécial évitant le Jjeu dû aux dilatations).
- Le décollage fut effectué avec 425 litres d’essence ; la consommation moyenne horaire fut de 11,8 litres d’essence et 18,5 gr. d’huile, ce qui est très remarquable.
- La ronde deJTavion fut interrompue, alors qu’il possédait encore 60 litres d’essence, par les émanations d’échappement dans le poste de pilotage qui fatiguèrent le pilote.
- Les essais d’hydravion postal sur V « Ile-de-France ».
- Comme nous l’avions annoncé dans une « Chronique d’Aviation », une catapulte de lancement a été installée à bord du transatlantique Ile-de-France.
- Un hydravion, placé à bord, décolle par ce moyen à environ 800 km du continent, emportant le courrier du bord. Le premier départ a été effectué le 13 août à 11 heures du matin; à 17 h. 15 l’appareil était à New-York : le courrier gagnait ainsi 24 heures sur le temps normal.
- Le moteur de lancement est constitué par un cylindre à air comprimé, mettant en mouvement, par l’intermédiaire d’un câble, un chariot sur lequel est fixé l’hydravion. En fin de course, l’hydravion se détache automatiquement et le chariot est freiné également à l’air comprimé sur 2 mètres.
- La catapulte de lancement a été construite par les Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët ; pour sa mise au point particulièrement délicate, en raison des grandes vitesses et accélérations nécessaires, l’ultracinéma a dû être utilisé.
- Cette adaptation de l’hydravion au paquebot, solution actuelle de la ligne postale transatlantique, connaîtra sans doute un beau succès.
- Ligne aérienne Marseille-Alger.
- La ligne postale Marseille-Alger, étudiée depuis plusieurs années, a été inaugurée le 19 août dernier. Il est prévu actuellement un voyage aller et retour par semaine, ce service devant être rapidement triplé.
- La difficulté d’exploitation de cette ligne réside dans la violence des vents qui nécessite l’emploi d’hydravions rapides.
- Les appareils actuels sont des Latécoère, hydravions monoplans à nageoires, à deux moteurs Farman de 500 ch (en tandem au-dessus de l’aile). La Compagnie dispose de cinq de ces appareils. Elle utilisera également des Cams bimoteurs Jupiter (analogues au type transatlantique).
- La durée normale du voyage est de 5 heures (contre 24 heures en paquebot). Le fret postal, de Marseille à Alger étant très important, cette ligne semble appelée à un bel avenir commercial.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Fig. 1- — Moyennes décennales de la culture du blé depuis un siècle.
- AGRONOMIE
- Culture du blé en France.
- On va faire en 1930 le recensement agricole mondial. Œuvre immense, c’est le monde terrestre qui fera l’inventaire de ses ressources en subsistances. Travail apparemment colossal qui va s’effectuer sous les auspices de l’Institut International d’Agriculture, cette Société des Nations avant la lettre, qui siège à Rome depuis 20 ans pour étudier tous les problèmes qui intéressent l’industrie vitale du monde.
- La France va procéder en 1929 à son propre recensement agricole : la statistique agricole de 1892 étant trop ancienne pour servir de base aux études économiques actuelles qui exigent ^impérieusement, des données mises à jour et plus exactes, si possible.
- Voici donc venu le moment de regarder le chemin parcouru. Il est facile de le faire en jetant un coup d’œil sur les statistiques du Ministère de l’Agriculture depuis plus d’un siècle.
- Si l’on porte sur un graphique les valeurs de la surface cultivée en blé et de la production en France, année par année, on obtient des courbes très instructives. Ces deux petits traits noirs qui serpentent sur une feuille de papier quadrillé nous en disent long. Ils résument de l’histoire, de la météorologie, de la chimie, de l’astronomie et combien d’autres choses dépendantes ou indépendantes de la volonté des hommes? Tout récemment, M. l’abbé Moreux n’a-t-il pas trouvé sur le graphique du blé la marque incontestable
- des variations de l’activité solaire : les taches solaires font varier l’action de la source d’énergie qui règle la vie des végétaux. Ceci ne surprend personne. L’examen attentif du graphique des productions de blé de chaque année depuis plus d’un siècle permet des observations des plus précises sur les relations entre l’agriculture et la politique, les événements historiques, le climat, les modifications des méthodes de culture. Pour nous, agriculteurs et consommateurs de pain, qui ne cherchons que les grandes lignes des variations présentées par la production du blé en France depuis un siècle, au lieu de considérer le graphique des productions de chaque année, nous examinerons celui des moyennes décennales de la production, moyennes calculées chaque année et publiées par le Ministère de l’Agriculture.
- Ces moyennes font disparaître les pointes trop accentuées, les hauts et les bas trop nombreux qui rendent plus difficile la lecture d'un graphique.
- On peut s’en rendre compte en comparant le tableau I des moyennes décennales avec le tableau II des valeurs annuelles pour la petite période troublée de la guerre, qui exige une discussion année par année pour être interprétée avec profit.
- Entre 1815 et 1925, on trouve les extrêmes suivants que nous donnons pour fixer les idées.
- Surface ensemencée minimum absolu : 4 200 000 hectares en 1918, et, si l’on fait abstraction de la dernière période d’invasion du territoire, 4 470 000 hectares en 1816. Maximum absolu : 7 millions d’hectares en 1868 et en 1869.
- Production : minimum, 29 millions de quintaux en 1815; maximum, plus de 103 millions en 1907.
- La courbe des moyennes décennales nous laisse voir que vers 1820 les rendements par hectare devaient être bien faibles. Vers 1850 jusqu’à 1865 une grosse amélioration est enregistrée : la courbe des productions monte beaucoup plus vite que celle des surfaces ensemencées. De 1865 vers 1885, une période où surfaces cultivées et rendements sont à peu près stationnaires. Nous assistons ensuite à un gros accroissement de la production sans qu’il y ait un accroissement de la grandeur de notre champ de blé ; au contraire, au moment où la production s’accroît d’une façon presque vertigineuse, de 1895 à 1906, sa surface diminue d’année en année. C’est l’effet de l’emploi de plus en plus large des engrais chimiques. On soigne de mieux en mieux l’alimentation de la plante. Vint l’invasion de 1914. Elle est suffisamment stigmatisée par la chute brusque de la production du pain pour que nous ne nous y arrêtions pas. Jusque vers 1923, les mauvaises années pèsent lourdement sur les courbes des moyennes décennales. Depuis, la culture du blé reprend peu à peu sa place normale. Pour nous en convaincre, il faut abandonner la courbe des moyennes pour prendre celle des valeurs annuelles. La figure 2 nous les donne pour la période 1910-1926. La pointe inférieure de ce gra-phique est en 1917 : 36 millions de quintaux (production de
- Fig. 2. — Courbes annuelles depuis 1910.
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- 1817 !). Elle coïncide avec la taxation du blé à 50 francs les 100 kg, prix pratiquement prohibitif au moment même où la cherté de la main-d’œuvre . et du materiel, la rareté et la mauvaise qualité des ouvriers agricoles formaient déjà une belle gerbe de fléaux. N’insistons pas sur ces errements, ce serait remuer un fer dans une plaie, ne pas les oublier c est l'essentiel pour qu’une expérience ne soit pas faite en vain. Après les trois années de taxation à des prix réduits : 1917 (50 fr.), 1918 (75 fr.), 1919 (73 fr.), la culture repart et la production passe à des valeurs à peu près normales d’avant-guerre : 88 millions de quintaux, en 1921, près de 90 en 1925. Les résultats des récoltes 192G, 1927, 1928 sont beaucoup moins brillants, l’agriculteur lutte encore contre des difficultés de diverses natures : en 1927, la récolte fut gravement réduite et endommagée par les pluies. Par bonheur la récolte 1928 qui est encore faible en quantité est d’une qualité exceptionnelle, les blés ayant joui d’une période de beau temps sec pour mûrir et ils ont été rentrés sans pluie. Une personne qui n’a pas fait d’agriculture pratique ne sait pas le prix qu’il faut attacher à cette dernière condition. Le blé de 1928 se conservera bien. Nous aurons un bon rendement en pain, il faudra importer moins que les chiffres bruts de la statistique le laissent supposer. C’est heureux, car nous ne pouvons pas acheter eu Russie méridionale, comme avant la guerre, du blé à un prix dérisoire, chargé sur bateau par une main-d’œuvre payée sur un taux en rapport. Peu de personnes s’en doutaient, d’autant plus que l’on a l’habitude d’incriminer les droits de douane lorsqu’on parle de la cherté du pain.
- Pour résumer ce coup d'œil sur la production du blé en France, on peut dire, que si personne ne fausse le libre jeu des phénomènes techniques ou économiques nous verrons le redressement complet de la situation à l’une des très prochaines récoltes. Laurent Rigotard,
- Ingénieur-agronome.
- ÉLECTRICITÉ
- Une ligne de transport dfélectricité à 220 000 volts en Allemagne.
- Les Etats-Unis sont restés longtemps détenteurs du record des distributions d’énergie au point de vue des tensions. Il existe depuis une dizaine d’années un transport d’énergie à 220 000 volts en Californie; en France on n’a pas dépassé jusqu’ici 150 000 volts, tension adoptée par les Chemins de fer du Midi pour le transport du courant depuis les usines pyrénéennes jusqu’à Bordeaux.
- En Allemagne, l’exemple américain a été suivi de plus près. Il existe en service depuis un an, dans la région rhéno-westphalienne, un transport d’énergie sous 220 000 volts, le premier en Europe qui ait atteint cette tension. C’est une ligne de 200 km, partant de Bad-Neuenahr sur la rive gauche du Rhin; elle suit les pentes de l’Eifel, franchit le Rhin au nord de Coblence, dessert Hochst et Wiesbaden, pour se terminer provisoirement aux environs de Mannheim. La ligne doit être prolongée dans l’avenir et la tension sera portée alors à 380 000 volts.
- Lampes électriques à air comprimé pour les mines.
- Il est fait grand usage aujourd’hui, dans les mines, de la ampe électrique. Dans les mines de houille où le dégagement du grisou est toujours à craindre, il a fallu, avant d’adopter ce mode d’éclairage si pratique, créer des types de lampes offrant toute sécurité. La lampe individuelle à accumulateur s’est peu à peu adaptée à celte situation et tend aujourd’hui à remplacer la lampe à huile ou à essence.
- Une solution nouvelle tend actuellement à se faire jour. On sait le développement pris dans les mines par l’oulillage à l’air comprimé. Il n’est pour ainsi dire plus de chantier d’abatage dans une houillère qui ne soit desservi par une conduite d’air comprimé.
- Or, rien n’est plus simple que d’actionner à l’air comprimé une petite turbine commandant une dynamo bas voltage et fournissant ainsi le courant électrique nécessaire pour alimenter. une lampe. Il y a quelques années un ingénieur inventeur, M. Lorin, avait ainsi réalisé une lampe de poche dont la turbine était actionnée simplement par le souffle des poumons. Celte minuscule turbine fournissait 1/10 de watt. On conçoit aisément comment on peut réaliser de même des groupes électrogènes à air comprimé qui ont l’avantage de supprimer les canalisations électriques toujours dangereuses.
- Une Société anglaise, la Magnéto C° Ltd, a établi, pour les mines, un modèle de lampe individuelle à air comprimé qui offre d’excellentes garanties de securité.
- Cette lampe comporte un lurbo-alternateur à air comprimé, avec régulateur centrifuge, et contacteur automatique par membrane déformable par l’air comprimé; lorsque la lampe doit fonctionner en milieu grisouleux, on en remplit le globe avec une atmosphère d’acide carbonique provenant d’un sparklet d’acide carbonique liquide contenu dans la lampe.
- Cette lampe a l’inconvénient de peser 6 kg 5, alors que les lampes électriques portatives pèsent 2 à 3 kg.
- Un ingénieur français, M. L. Neu, vient de présenter à là Section parisienne de la Société de l’Industrie minérale un nouveau modèle de lampe à air comprimé, beaucoup plus léger; il ne pèse que 1500 gr. Il a été établi par M. Neu avec la collaboration des Etablissements Rosengart.
- La lampe consiste en un boîtier renfermant tout le mécanisme. 11 comporte comme élément essentiel un turboalternateur de 6 watts environ sous 8 volts, capable d’alimenter une lampe de 5 à 10 bougies. La partie supérieure du boîtier, raccordée par un tuyau souple à une conduite d’air générale, reçoit l’air comprimé dont la pression peut varier entre 2 et 7 kg.
- De cette première chambre, l’air gagne à travers un détenpeur une 2e chambre ou la pression se maintient sensiblement constante. Uù dispositif simple permet de régler à volonté la pression à la sortie du détendeur.
- De la 2° chambre, l’air est conduit par 4 ajutages coniques sur la roue de la turbine, roue accouplée à une magnéto. Une des extrémités de l’enroulement induit de cette magnéto est à la masse; l’autre extrémité est reliée au plot central d’une douille recevant l’ampoule électrique à bas voltage.
- L’air, après avoir traversé la roue de la turbine, passe autour de la magnéto et circule ensuite tout autour de l’ampoule avant d’être évacué à l’atmosphère.
- La sécurité d’une telle lampe semble très grande; en effet, elle parait supprimer complètement toute possibilité d’étincelles dangereuses, d’abord par l’emploi de courant à très bas voltage et par l’absence de tout contact mobile sur le circuit reliant la magnéto à la lampe; enfin et surtout parce que tant que la magnéto tourne, l’ampoule est baignée par un courant rapide d’air frais. Notons également que, en cas de manque brusque d’air, une disposition simple du détendeur met automatiquement la magnéto en court-circuit.
- La puissance d’éclairage de la lampe peut être réglée au moyen du détendeur.
- Comme l’a indiqué M. G. Chesneau, président de la réunion, les lampes de ce système pourront rendre de très sérieux services. De par leur fonctionnement même, elles présentent l’avantage d’écarter l’action que peut avoir sur un mélange grisouteux le fil incandescent d’une lampe électrique dans le cas où l’ampoule vient à se briser.
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- BIOLOGIE
- La ponte des poules et la lumière artificielle.
- M. Bette, dans Y Electricité pour tous, étudie les effets de la lumière artificielle sur la ponte des poules :
- « L’emploi de la lumière artificielle, dit-il, a sur la ponte des poules un effet très favorable qui n’est pas dû à la lumière elle-même, mais seulement à la possibilité de faire absorber aux poules une nourriture plus abondante.
- En effet, quelle que soit la saison, les poules se lèvent et se couchent avec le jour; or, pendant la période [d’hiver, les journées étant très courtes, les précieuses volailles consacrent la plus grand partie île leur temps au sommeil. On ne peut guère normalement leur faire absorber qu’un seul repas. Les diverses fonctions voient de ce fait leur activité fortement réduite et une sensible diminution de la ponte se manifeste nécessairement.
- L’emploi de la lumière artificielle le matin et le soir permet de porter le nombre des repas à deux et même à trois par jour.
- Il est curieux de constater que les poules ne touchent pas à la nourriture lorsqu’elles sont dans l’obscurité. Cette remarque permettra d’utiliser un appareil automatique pour l’allumage des lampes le matin, la nourriture du premier repas sera jetée dans le poulailler le soir, après l’extinction des lampes. L’aviculteur pourra profiter ainsi des avantages de la lumière artificielle dans ses installations sans être obligé d’écourter son sommeil plus que de raison. Il devra tenir compte de ce que la lumière doit être bien répandue dans tout le poulailler, sous peine de voir les sujets les plus paresseux se réfugier dans les coins obscurs pour y sommeiller plus à Taise.
- Il va de soi que l’emploi de la lumière artificielle ne dispense pas de l’emploi simultané des nourritures appropriées que l’expérience des intéressés a déterminées depuis de longues années déjà. »
- TRANSPORTS Tramways silencieux.
- Une compagnie de tramways de San Francisco a eu la louable intention de réduire le bruit de ses véhicules, afin de rendre moins pénible l’exislence des riverains et moins désagréable le séjour dans la voiture. Yoici les moyens employés dans ce but. Le bruit de ferraille provoqué surtout par les engrenages a été amorti en taillant à la périphérie des roues dentées des rainures remplies ensuite de plomb fondu.... Pour réduire les vibrations du châssis, de lourds patins de caoutchouc ont été insérés entre celui-ci et la carrosserie. En outre, la voilure est garnie d’une planche faite d’une matière amortissant les sons.
- Enfin les rails sont posés au milieu d’un lit d’asphalte qui absorbe une partie des vibrations transmises au sol par les roues.
- MINES
- La houille au Maroc.
- On vient de découvrir au Maroc à 42 km du sud-ouest d’Oudjda, dans le Djebel Djerada, au voisinage du camp des Aouïnet, un bassin houiller anthracifère
- Le camp des Aouïnet est devenu en ces dernières anuées une maison forestière. L’an dernier, un garde remarqua des traces charbonneuses dans la berge de l’oued Sidi-Brahim qui passe à 3 m de la maison. Puis, en mars 1927, un prospecteur pratiqua des recherches qui aboutirent à la démonstration de l’existence de la houille.
- Au mois de juin dernier, M. Savornin a étudié l’allure de celte formation carbonifère et fait récemment connaître à l’Académie des Sciences le résultat de ses investigations sur la constitution géologique de la région.
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- Yoici ce qu’il signale en ce qui concerne spécialement la houille.
- Dans la vallée du Sidi-Brahim, on observe les affleurements de quatre couches charbonneuses. Elles occupent un synclinal large de 800 m, épais d’environ 200, légèrement dissymétrique (pendage régulier de 30° pour le flanc nord, variable et en moyenne de 45° pour le flanc sud).
- « La couche inférieure paraît seule intéressante. Elle était à découvert, au début de juin, au flanc nord du pli, dans une amorce de descenderie démontrant une puissance de 2 m, coupée en biseau par l’alluvion quaternaire. C’est une houille anthraciteuse, pauvre en produits volatils et donnant 15 pour 100 de cendres près de l’affleurement : circonstances normales et très encourageantes.
- « La couche est remplacée au flanc sud du pli par deux minces ravettes, la plus basse reposant sur une voûte gréseuse, qui limite le synclinal de ce côté et occasionne une petite cascade.
- « Les autres couches semblent n’avoir qu’un intérêt théorique, leurs épaisseurs ne dépassant pas quelques décimètres. La plus haute correspond à l’axe même du pli, à .fleur de sol à la traversée du ravin ».
- Si ce bassin se révèle exploitable, sa proximité de la voie ferrée Oudjda-Bou-Arfa actuellement en construction lui donnera un grand intérêt.
- ALIMENTATION
- La pulpe de betterave dans la fabrication du « café-chicorée ».
- La betterave peut, comme la chicorée, être employée à faire le surrogat de café, connu sous le nom de café-chicorée, dit le Journal des Fabricants de sucre (11 août 1928). On utilise surtout des débris de betteraves et de radicules et autres déchets qui proviennent du nettoyage de la betterave au moyen du couteau à la sucrerie. Ces déchets sont vendus par la sucrerie aux fabricants de ce produit dit « chicorée » que les consommateurs français, habitués à frauder leur estomac, persistent à ingurgiter. Mais ce que l’on apprend dans la note du journal des fabricants de sucre, c’est que « le fabricant de chicorée fait passer dans son café-chicorée toute la grande quantité de terre qui est adhérente à ces débris, ce qui le dispense d’ajouter de la terre directement ; l’emploi de la terre dans le càfé-chicorée est une chose avérée; les fabricants ne pourraient même pas se dispenser de le faire, puisqu’ils sont forcés de vendre moins cher mille livres de café-chicorée qu’ils n’achètent cent livres de cossettes (racines prêtes à être brûlées). Il faut donc qu’ils brûlent de la terre pour l’ajouter à leurs cossettes.
- NAVIGATION
- Nouveaux navires chauffés au charbon pulvérisé.
- Nous avons signalé l’expérience tentée à bord du cargo américain Mercer dont les chaudières sont chauffées au charbon pulvérisé. Les résultats obtenus ont, sans doute, été satisfaisants. On annonce, en effet, que l’exemple américain va être suivi à bord de bâtiments de commerce anglais. C’est tout d’abord le Blue Stuart un cargo de 10 500 tonnes appartenant à la Blue Star Line qui transforme ses chaufferies pour utiliser le charbon pulvérisé. Ce navire vient d’achever avec succès un voyage de 13 000 milles ; après avoir équipé une de ses chaudières pour l’emploi du charbon pulvérisé; cette expérience a convaincu les dirigeants des avantages de ce combustible et l’on procède à l’installation dn charbon pulvérisé sur toutes les chaudières du bâtiment. Il est en outre question d’équiper de même un paquebot de la même compagnie de navigation : YAndalucia de 23 000 t. qui fait le service de l’Amérique du Sud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Quantum prînciples and line spectra, by J. H. Van
- Vleck. I vol. 316 p. Bulletin of the National Research Couneil.
- n° 54, Washington, 1926. Prix : 3 dollars.
- Les spectres de raies des éléments ont leur origine à l’intérieur même de l’atome, et les relations que l’expérience révèle entre les raies du spectre |d’un même élément doivent nous révéler la structure intime de l’atome. D’autre part, ces relations introduisent nécessairement la théorie des quanta, dans cette partie de l’optique actuellement en pleine révolution ; le travail de mise au point de M. Van Vleck met clairement en relief l’état de la question en 1926 et offre un excellent point de départ pour en suivre les développements les plus récents.
- Applications de la géométrie à la stabilité des
- constructions, pur D. Wolicowitsch. Tomel. 1vol. 186 p.,
- 87 fig. G. Doin, éditeur, Paris, 1928. Prix : 30 francs.
- Cet ouvrage offre l’originalité et le mérite de traiter par la géométrie pure les problèmes relatifs à la détermination des efforts et des déformations subis par des systèmes élastiques ; problèmes qui jusqu’ici étaient du ressort de l’analyse. L’élégant exposé de M. Wolkowitsch montre que la géométrie offre à la solution de ces problèmes des méthodes plus simples, plus maniables et nom moins fécondes.
- Physik, par von Th. Wulf S. J. 1 vol. 512 p., 143 fig. Editeur
- Herder et C°, Freiburg in Brisgau, 1926.
- L’auteur a voulu rédiger un exposé d’ensemble, mais élémentaire de la physique moderne; il l'a fait suivant un plan logique, avec beaucoup de clarté et de compétence et son livre peut servir non seulement pour l’enseignement auquel il est manifestement destiné, mais il constitue aussi un excellent ouvrage de culture générale.
- Il est divisé en 4 parties ; la première intitulée le monde matériel est consacrée à l’exposé des lois fondamentales de la mécanique classique, de notions sur l’élasticité, le choc, sur la production d’ondes dans un milieu matériel et se termine par un chapitre général consacré à l’acoustique. La seconde partie aborde les problèmes de la constitution de la matière et ses propriétés générales; elle contient l’étude des différents états de la matière : gazeux, liquide, solide, les propriétés de la chaleur, les principes fondamentaux de la thermodynamique et aboutit logiquement à la conception de l’atome. La troisième partie est intitulée la construction de l’atome ; après l’exposé des lois essentielles du magnétisme, de l’électrostatique, et de l’électro-dynamique, elle étudie l’électrolyse, les propriétés des ions et électrons, la radioactivité, les ondes électriques et expose les conceptions modernes sur la constitution de l’atome. Enfin la quatrième partie intitulée physique de l’éther traite des propriétés de la lumière et aboutit à un exposé succinct de la théorie de la relativité d’Einstein.
- Elektrostatische Versuche, par von Tu. Wulf. 1 vol.
- 85 p., 35 fig. F. Dümmler, éditeur, Berlin S. W., 68, 29,
- Schiitzenstr. Prix : 2,85 mark.
- L’auteur a imaginé un nouvel appareil de mesure électrique qu’il appelle l’électroscope universel. Cet appareil, qui tient le milieu entre l’électromètre à fil et l’électroscope classique à feuille de métal, est extrêmement sensible et permet en même temps des mesures précises de très petites quantités d’électricité.
- En outre, ses indications peuvent aisément être projetées sur un écran ou une échelle graduée, et ainsi rendues visibles pour un nombreux auditoire. C’est donc à la fois un appareil de recherche et un appareil d’enseignement. L’auteur montre comment on peut l’utiliser dans l’enseignement de l’électricité. Il décrit, en effet, dans leur ordre logique, toute une série d’expériences qui mettent en évidence les principes fondamentaux de l’électricité statique, puis les phénomènes d’ionisation et les propriétés des ions, et également les propriétés des substances radioactives.
- Grundwasser kunde, von Pr Dr Kœhne 1vol., 291 p,, 100 fig.
- E. Schweizerbard’sche Verlagsbuchhandlung (Erwin Wagele).
- G. m. G. h. Stuttgard 1928. Prix broché : 16,5 marks.
- Ce traité d’hydrologie souterraine pratique est fort bien conçu et présenté : l’auteur y étudie d’abord la circulation des eaux souterraines, puis des eaux de surface, et pour chacune d’entre elles il analyse les diverses causes qui peuvent agir sur l’écoulement pour l’accélérer ou le ralentir : influence du climat, de la nature du sol, de la végétation. Il étudie théoriquement, d’après les
- observations, les variations du débit des cours d’eau de sources et des nappes souterraines. Il examine ensuite l’influence des formations géologiques sur le cheminement des eaux souterraines. Après quoi, il rappelle les formules de l’hydraulique, les plus utiles pour la pratique de l’hydrologie ; il étudie l’influence des prises d’eaux artificielles : canaux, travaux hydrauliques, travaux de mines, drainages, sur le niveau des eaux souterraines. Un chapitre est consacié aux appareils d’observation et de mesure; puis l’auteur montre comment on organise des observations sur le mouvement des eaux souterraines ; il examine enfin les applications agricoles de l’hydrologie souterraine, ainsi que son intervention pour assurer les distributious d’eau. On trouvera dans ce livre nombre d’aperçus originaux et une foule de renseignements utiles, Notons que les références bibliographiques de l’ouvrage sont presque exclusivement allemandes.
- Jahrbuch der angewandten Naturwissenschaf-
- ten (33° année), sous la direction du Dr A. Schlatterer, 1 vol. de x-402 p., 213 fig. Herder und C° éditeur. Freiburg-im-Breisgau, 1924. Prix relié : 12 marks.
- Cet ouvrage qui réunit un certain nombre d’articles de différents auteurs a pour objet de passer en revue et de faire comprendre au grand public les progrès techniques essentiels accomplis dans le courant de l’année. Le présent volume se rapporte a l’année 1926-1927. Il est, bien entendu, écrit du point de vue allemand et c’est surtout le développement de l’industrie et des inventions allemandes qui y est mis en relief. Cette remarque ne diminue en rien, bien au contraire, l’intérêt d’un tel livre pour le lecteur français. Les articles, clairement rédigés et fort agréablement illustrés offrent une excellente et sérieuse documentation sous une forme accessible à tous, Voici quelques-unes des questions traitées : la télégraphie des images (procédés de Korn et de Karolus), le téléphone automatique, la photographie aérienne, l’indanthrène, les progrès du Deutsches Muséum de Munich; les nouvelles industries du charbon, les progrès de la navigation aérienne et de l’aviation, progrès de la technique de construction des navires, les appareils de cinématographie; le sondeur sonore sous-marin de Behm, progrès de la T. S. F. ; de la construction automobile des centrales électriques, revue des grandes questions médicales, etc., etc.
- Traité de Chimie colloïdale, par R.-II. Bogue. Tome I : Chimie colloïdale théorique, traduit par Jean Barbaudy, sur l’édition américaine. 1 vol. in-8 de vm-438 p., 68 fig. et 1 planche hors texte. Hermann et CLe, éditeurs, Paris, 1928. Prix : 80 fr.
- Sur la chimie colloïdale, la littérature scientifique française manquait d’un livre traitant la question dans son ensemble et d’une façon didactique. Le traité de R.-H. Bogue vient heureusement combler cette lacune.
- De nombreux savants et spécialistes collaborèrent à sa rédaction : Jacques Loeb, Michaelis, Freundlicb, le grand biologiste Van Slyke, 1-e photochimiste Sheppard, le savonnier Mc. Bain, le spécialiste du cuir Wilson, etc. Chacun des chapitres du traité a été ainsi rédigé par un savant faisant autorité.
- Le côté pratique n’a pas été négligé dans cet ouvrage; industriels, ingénieurs, agriculteurs et médecins y trouveront d’abondants et précieux renseignements sur les applications touchant leur profession.
- Voici un aperçu des matières traitées dans le tome I : Wilson, Loeb, Northrop et Van Slyke décrivent, dans la première partie, les phénomènes colloïdaux à la lueur de la théorie des équilibres hétérogènes. Ils s’occupent surtout des protéines, des suspensions et des propriétés colloïdales des liquides de l’organisme. La deuxième partie comprend la cinétique des systèmes dispersés, la tension superficielle des mousses et des émulsions. Dans la partie consacrée à l’adsorption se trouve réuni tout ce qui concerne la catalyse, la sensitisation et les réactions mutuelles des colloïdes. Enfin dans la dernière partie on étudie la structure des systèmes colloïdaux, des savons, leurs propriétés plastiques et l’emploi des rayons X à l’analyse de cet état de la matière.
- « Debout au quart! » La France et la Nier, par l’amiral Loizeau. 1 vol. in-4, 211 p., 25 fig. hors texte, 11 fig. Berger-Levrault, Nancy-Paris-Strasbourg, 1928. Prix : 20 francs.
- Ouvrage de vulgarisation écrit avec enthousiasme et destiné à éveiller chez les jeunes gens l’amour de la mer, à faire comprendre l’importance d’une politique navale et coloniale. Il montre quelques questions navales actuelles, multiples et confuses, les explique clairement et prouve que c’est vers les Océans qu’il faut tourner nos regards pour résoudre le problème de la prospérité et de la sécurité du pays.
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- PETITES INVENTIONS
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- OPTIQUE
- Un pantoscope facile à construire.
- D’une conception et d’un fonctionnement très simple, l’appareil à projections de vues et corps opaques que nous allons vous décrire amusera beaucoup enfants, jeunes gens, grandes personnes et, de plus, sera d’une réelle utilité pour la reproduction de dessins, fleurs, objets, etc.
- Le pantoscope (du grec pantos, tout, et de skopein, examiner) projette chromos, photographies, pastels, aquarelles et toutes sortes de gravures, statuettes, bijoux, médailles, monnaies, petits vases, insectes, dentelles....
- Confectionnez une caisse en bois de 24 cm de côté sur 10 de profondeur. Elle reposera verticalement, c’est-à-dire sur son plus petit côté, étant fixée à une planche, de 2 cm d’épaisseur destinée à assurer son équilibre. Une ouverture de 5 cm et demi environ est pratiquée au centre du côté de la boîte destiné à faire face aux spectateurs, l’autre côté étant composé de deux surfaces mobiles glissant verticalement entre deux bandes de carton ou, mieux, de métal ou de bois, fixées en haut et en bas de la boîte.
- « Le plus court croquis m’en dit plus long qu’un long rapport », a dit Napoléon.
- Mieux que tout commentaire, les figures accompagnant cet
- Fig. 2. — L’anicre de i‘appareil.
- Les deux volets glissant.
- article sauront vous renseigner. Toutefois, il ne sera pas inutile de fournir quelques dimensions. Les deux surfaces glissantes — simples épaisseurs de bois, voire de fort carton — auront 13 cm et demi de largeur sur 21 cm de hauteur; les deux bandes entre lesquelles elles glisseront mesureront 23 cm de longueur sur 4 cm de hauteur. Une ouverture de 6 cm de diamètre sera pratiquée au milieu du côté supérieur de la caisse. Une sorte de petite toiture, obtenue avec une feuille de tôle, zinc ou fer-blanc repliée et clouée, sera la « cheminée ». Nulle fumée cependant, puisque c’est l’électricité qui nous servira pour obtenir l’éclairage violent indispensable. Mais il y a là un dégagement de chaleur qui rendrait l’appareil brûlant si cette ouverture n’existait pas. Toutefois, si cet appareil est en bois, il s’échauffera très lentement. Il faut de longues heures pour le transformer en source de chaleur et... nous exagérons! Donc, rien à craindre de ce côté, surtout si vous avez pratiqué à la partie inférieure et à droite et à gauche trois ouvertures rondes créant un courant d’air continuel. Deux ampoules rondes, lumière centrée, autant que possible, en couronne, 110/150 volts, le fil passant par l’une des
- petites ouvertures : celle du milieu de l’un des côtés verticaux de la boite..., une prise de courant, et voilà l’éclairage, parfait, pour cet appareil. Les douilles sont fixées de chaque côté de l’ouverture ronde de 5cm et demi. Dans cette ouverture, on enfoncera par force un tube de métal ou de carton de 5 cm de longueur. Il dépassera de 3 cm le côté tourné vers les spectateurs. Un autre tube, de 3 cm de longueur, à l’extrémité duquel sera encastrée une lentille, et voilà l’objectif, des plus simples. Ce petit tube et son verre grossissant recouvriront la partie de l’autre tube qui dépasse de la boîte....
- Ces dimensions ne sont pas d’une scrupuleuse exactitude. C’est sans importance. Elles varient de 1 à 3 mm, aussi bien en ce qui concerne le diamètre de l’objectif que sa longueur. En avançant
- ou en reculant le tube auquel est fixée la lentille, on obtiendra la précision voulue. Ce tube est mobile, en effet; il circule sur l’autre.
- Notre pantoscope est prêt à fonctionner.
- Placé sur un guéridon élevé, porte-potiche, piédestal, et les ampoules étant allumées, on éclairera l’écran en tirant
- Fiç. 3. — Comment sont fixées les ampoules électriques.
- Fig. 1.
- - Un pantoscope facile à construire.
- La caisse en bois du pantoscope, son ouverture pour l’objectif, ses appels d’air, son support pour la base.
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- à droite et à gauche les deux « volets ». .L’écran est une étoffe blanche, bien tendue, voire un papier blanc. L’image est parfaitement visible par transparence. Si, par réflexion,
- les lettres, chiffres, inscriptions, caractères typographiques quelconques, titres et légendes apparaissent à l’envers, par transparence on les voit à l’endroit; et si l’on rapproche un peu plus l’appareil de l’écran, l’image est plus nette, quoique moins grande.
- Les. cartes postales, gravures, tableaux à projeter sont appliqués verticalement entre les deux surfaces indépendantes et amovibles, plu§ ou moins écartées, selon que la feuille, la carte, le tableau sont plus ou moins larges.
- On peut insérer le haut et le bas des vues dans une rainure pratiquée à la partie supérieure et à la partie inférieure de l’appareil. (Voir fi g. 5.)
- Si le sujet offre peu de hauteur, il ne recouvrira pas tout l’écartement se trouvant entre les deux panneaux glissants.
- Mais ceci ne nuit en rien à la réflexion, toujours précise, si l’appareil est bien construit. D’ailleurs, les vues peu
- Fig. 4. — L’objectif.
- Fig. 6. — Les vues.
- Cartes postales, portraits, etc., peuvent être insérés dansl’étroile bande d’étoffe, fixées sur les bandes de bristol ou carton mince.
- hautes peuvent être fixées d’avance sur des feuilles de bristol de la hauteur voulue. Elles seront collées ou « punaisées ». Les quatre angles de ces chromos ou cartes postales pourront encore être insérés dans des bandes de papier ou d’étoffes collées sur les surfaces de bristol que l’on appliquera derrière l’objectif.
- Présenter les sujets le haut en bas.
- Avec une lentille de 5 cm et demi à 6 cm de diamètre et deux ampoules électriques, on peut obtenir une image de 1 m. de diamètre, ou moins.
- Pour offrir un spectacle quasi ininterrompu de vues de différents pays, personnages étrangers, costumes nationaux, préparer des « bandes » en collant dessus ces vues ou en les insérant dans d’étroites bandes d’étoffe collées en diagonale, comme le montre la figure 6. On fait glisser ces bandes dans les deux rainures. Ceci est parfait pour les sujets en série : scènes historiques, histoires sans paroles, planches instruc-
- tives sur la botanique.... A ce propos la présentation d’un herbier est facile avec notre pantoscope simplifié.
- On peut ajouter des fleurs, naturelles aussi, mais non conservées, non séchées, c’est-à-dire de belles fleurs fraîches, dans tout leur éclat.
- Opérer alors sous une étoffe noire, à la manière des photographes.
- Les insectes : mouches, papillons, carabes, scarabées, hannetons, seront enfermés dans de petites boîtes en carton, sauf un côté qui sera en verre.
- Ne pas omettre de percer l’un des côtés de la cage afin que la bestiole puisse respirer.
- Spectacle alors curieux, si nous vous disons que l’on peut obtenir un agrandissement considérable de l’insecte.
- En effet, on peut montrer dans toute sa forme et son détail un beau carabe vert et or agrandi une dizaine] de fois.
- Ce résultat n’est certes pas étonnant avec les appareils fort coûteux vendus dans le commerce.
- Il est appréciable avec le nôtre, construit sans difficulté et presque pour rien, surtout si vous avez déjà lentille et ampoules électriques.
- L’intérieur de cette lanterne magique nouveau genre sera peint en noir. Extérieurement, teinte sombre, vert ou bleu,
- Fig. 5.
- Rainures pour le glissement des volets et des vues.
- Le pantoscope simplifié.
- avec filets or ou rouge, initiales et petits motifs quelconques que nous laissons à votre bon goût.
- Luc Mégret.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Les charnières de porte à surfaces hélicoïdales
- (voir n° 2788, ls' juillet 1928, 2791 du 15 août, 2793 du 15 sept.).
- Ce type de charnière, comme il résulte de la lettre de M. Le Jay, est connu depuis 1896 au moins. Voici une lettre de M. Le Pontois qui prouve que l’invention en est probablement bien plus ancienne encore :
- « Vais-je mettre d’accord le Dr Voulgre et M. Simon ? En 1915 j’étais Econome de l’Asile public d’aliénés de Lenclée près Vannes, Morbihan.
- Les charnières des lourdes portes du bâtiment central étaient à surfaces de contact hélicoïdales, ce qui en facilitait singulièrement la manoeuvre.
- L’asile en cause date de 1880 environ et sans que mon attention ait été particulièrement attirée, il me semble bien que les charnières dataient de la construction de l’immeuble! »
- Curiosité mathématique.
- La curiosité mathématique expliquée par M. Jacques Henri Robert dans notre n° du 15 septembre peut s’énoncer de diverses façons. En voici un exemple que nous devons à notre ancien collaborateur, M. Virgile Brandicourt.
- « Supposons, comme on disait autrefois, que Claude fasse à pied le tour de la terre suivant un grand cercle idéal : au bout du long voyage, combien la tête de Claude aura-t-elle parcouru de mètres, de kilomètres de plus que ses pieds, étant donné que Claude mesure 1 m 80 de hauteur.
- Ici je m’arrête pour une question : A votre idée, de quel ordre de grandeur devra être cette différence d’espace parcouru entre les pieds et la tète, celle-ci décrivant une circonférence de 1 m 80 de rayon plus grand que les pieds P
- N’oublions pas que la longueur du grand cercle est de 40 000 000 de mètres, ainsi qu’on l’enseigne à l’école primaire, à la classe de système métrique.
- A qui la parole ? Est-ce 10 m, 100 m, 1 km, plusieurs kilomètres ?
- J’inscris... Réponse : en tout et pour tout 11 m. 30 et je le prouve par une démonstration très simple.
- Soit R le rayon de la terre, H la taille de Claude. Suivant le théorème de géométrie bien connu, les pieds de Claude faisant le tour de la terre parcourent une circonférence de 2tcR; la tète une circonférence de 27t(R-j-H) ou 2-rr R -f- 2 t:H. La différence entre les deux chemins parcourus est :
- 2 r. R -f- 2 7i H — 2tlR — 2ttH (2x3,1416x1,80-.= 11 m 30)
- Donc celte différence ne dépend pas du tout du diamètre du corps dont Claude fait le tour, mais simplement de sa taille! ! !
- Et cette tête parcourra toujours 11 m 30 de plus que les pieds, que Claude tourne autour de la terre, du soleil, d’une roue de brouette ou d’un pois chiche !
- L’éternelle légende des serpents qui tettent.
- Chaque année, pendant les vacances, une floraison d’informations extraordinaires apparaît dans les colonnes des . grands quotidiens. Ces articles de... remplissage, ayant trait à l’Histoire naturelle (?), annoncent que le Grand Serpent des mers a été vu dans le Pacifique, ou que de monstrueux Dragons ont été découverts dans des grottes chinoises.... L’été dernier, on est allé chercher moins loin l’anecdote qui a fait le tour de toute la presse : il s’agissait d’une Espagnole, mère d’un bébé qui pleurait et dépérissait ; cette femme, en déplaçant dans la graDge une botte de fourrage, découvrit une énorme Couleuvre qui s’enroula autour de son corps et chercha à lui saisir un sein. Le mari tua le Reptile; — jusqu’ici rien de trop anormal; c’est le récit plus ou moins fantaisiste de l’attaque d’une grande Couleuvre qui se défend; mais écoutons la conclusion : « On pense que le Serpent,
- s’introduisant, la nuit, dans la chambre du ménage, se couchait dans le lit, et, pendant que la femme dormait, tétait tout son lait!... »
- Que dire en face de la magnifique Couleuvre que l’on a cherché à faire avaler à des milliers de lecteurs? On reste confondu et, disons-le, attristé, de constater à notre époque la persistance de grossiers préjugés. Nous avons à dire et à répéter que les Couleuvres n’ont jamais tiré de lait aux femmes, ni aux femelles des animaux, — et elles ne les téteront jamais. Cela se dit partout, mais c’est une formidable stupidité. Elle n’est pas seule, hélas! à courir le monde. Nous nous demandons pourquoi la presse se fait l’écho de telles sornettes, alors qu’elle prétend éclairer le public; en pyésence d’une nouvelle trop étrange, ne pourrait-elle pas se souvenir que des hommes de Science ont consacré leur vie à l’étude de la nature? Nous avons de savants professeurs dans nos Muséums, pourquoi ne pas les consulter?... Pourquoi, sinon parce que l’on trouve plus d’attrait à l’erreur parée de fantaisie qu’à la simple vérité (A. F.-B.).
- Technicum, La Ghaux-de-Foxds.
- Le départ des martinets et des hirondelles.
- Plusieurs lecteurs nous ont écrit que les Martinets et les Hirondelles sont partis plus tôt que d’habitude, et nous ont demandé si l’on connaît le motif de ce départ précoce.
- Tout d’abord, en ce qui concerne les Martinets, nous no croyons pas que leur départ ait été anormal. Le Martinet noir (Cypselus apus 111.) est un migrateur qui ne demeure guère plus de 3 ynois dans nos régions. Par exemple, dans le Centre de la France, il arrive du 20 avril au 1er mai, et il part du 31 juillet au 7 août. Or, nous avons vu « nos » Martinets jusqu’au 5 août; ensuite, et notamment à la fin d’août, nous avons revu des Martinets, mais il s’agissait de ceux des pays septentrionaux qui descendaient vers le Sud et s’arrêtaient au passage.
- Quant aux Hirondelles, il ne peut être question que du Cheli-don de fenêtre, puisque l’Hirondelle de cheminée était encore présente le 12 septembre; nous la voyions nourrir les petits de la dernière nichée; l’Hirondelle de fenêtre (Chelidon urbica B.) — celle qui a la tête, la nuque et le dos noir à reflets violets, les ailes et la queue noir mat, le croupion- et les parties inférieures blanc pur — arrive généralement 3 ou 4 semaines après l’Hirondelle de cheminée, c’est-à-dire du 15 avril au 7 mai; elle part avant l’autre espèce, soit du 10 au 20 septembre.
- L’Hirondelle rustique ou de cheminée nous arrive du 26 mars au 15 avril et nous quitte du 10 au 25 octobre. Ce charmant oiseau se reconnaît à sa queue très longue et très fourchue; le front, la gorge en sont d’un brun marron, les parties supérieures et le collier sont d’un noir à reflets, les parties inférieures sont blanchâtres; cette espèce chante ou plutôt gazouille délicieusement (llirundo rusiica L.).
- Il va sans dire que les dates de départ et d’arrivée des Oiseaux migrateurs peuvent varier plus ou moins sensiblement sous l’in-lluence des facteurs atmosphériques.
- Les longs mois de chaleur élevée et continue dont nous avons bénéficié en 1928 ont été extrêmement favorables à la nidification, et l’on a pu remarquer que les Martinets et les Hirondelles ont été plus nombreux que les années précédentes. Les couvées de l’Hirondelle de fenêtre ayant réussi de bonne heure, ce serait peut-être une des raisons de son départ effectué quelques jours plus tôt què de coutume. Nous avons observé, à Blois, une bande de Chélidons de fenêtre, composée d’une centaine d’individus, qui, du soir au matin, croisaient au-dessus d’un champ de Pois fourrager, pour le débarrasser d’une foule d’insectes ailés qui l’attaquaient, or, la bande des Chélidons se livrait activement à sa chasse du 15 au 20 août. Renseignements pris, on nous écrit que la bande a. été vue dans les premiers jours de septembre(*).
- 1. Nous avons vu, dans la seconde quinzaine de septembre, deux couples d’Hirondelles de fenêtre nourrir leurs petits au nid, dans la Grande-Rue d’Argénteuil, près de Paris.
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- L’année dernière, le saison ayant été fort laide et pluvieuse, les Hirondelles semblaient attendre des jours meilleurs pour fonder une famille; elles ont niché très tard, et leur départ en a été retardé d’autant.
- La grande chaleur ne nous paraît pas être la cause de départ avancé, car nous ne nous sommes nullement aperçus qu’il y ait eu disette d’insectes, les Oiseaux insectivores ont trouvé abon-
- dante nourriture. Et comme ils ne nous quittent que pour aller dans des climats encore plus chauds, nous ne comprenons pas ce qu’ils auraient à y gagner.
- En somme, si les Hirondelles sont parties en avance — est-ce bien certain ? — nous inclinons à croire que la cause réside dans le succès des nichées, élevées rapidement et de bonne heure. (A. F.-B.).
- M. G., a Orléans.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Pour observer les astres
- Une jumelle, à prisme ou non, est de peu d’utilité à cause de sa trop faible puissance. Elle permet sans doute de voir plus d’étoiles, de mieux distinguer certains groupements de celles-ci, d’apercevoir les satellites de Jupiter ou quelques-uns des principaux détails de la Lune; mais pour étudier le ciel d’une façon suffisamment intéressante et éducative, une petite lunette astronomique est nécessaire. Un tel instrument de 75 mm d’objectif par exemple, avec grossissement moyen de 100 à 125 fois, vous donnerait certainement toute satisfaction. A tous égards vous serez au mieux renseigné en consultant le Manuel pratique d’astronomie, par L. Rudaux (Larousse, Paris), qui, en même temps qu’une excellente description des astres, donne les meilleurs conseils pour leur observation pratique à l’aide des plus simples instruments.
- Dr Arrou, Paris.
- Poste récepteur monté avec lampes à deux grilles.
- 1° Pour augmenter la sensibilité de votre récepteur, il convient d’ajouter un étage d’amplification haute-fréquence en avant de la lampe détectrice.
- Une lampe basse-fréquence augmente, en effet, l’intensité des courants basse-fréquence que lui transmet la lampe détectrice, mais ne peut évidemment permettre l’audition d’une émission trop faible, les courants haute-fréquence correspondants ne parvenant pas à la déteclrice avec une intensité suffisante, après leur réception par un cadre ou une antenne accordée.
- Vous pouvez donc monter votre poste à trois lampes en réalisant un étage haute-fréquence, la détection, et un étage basse-fréquence.
- 2° A notre avis, dans un tel montage, il est plutôt intéressant d’utiliser une lampe à deux grilles pour l'amplification haute-fréquence, et d’employer des lampes triodes ordinaires pour la détection et l’amplification basse-fréquence.
- Cependant, puisque vous désirez absolument employer des lampes à deux grilles sur les trois étages de votre poste pour avoir une tension plaque très faible, il est possible également d’utiliser ces tétraodes en détectrice et en amplificatrice basse-fréquence en prenant des précautions spéciales de montage.
- 3° Le montage le meilleur à employer pour l’amplification haute-fréquence avec lampe bigrille semble être le dispositif Isodyne de M. Barthélémy, décrit, d’ailleurs, dans la revue.
- Vous pouvez avoir des renseignements sur ce montage dans le livre Les lampes à deux grilles et leurs applications par P. Hémar-dinquer (Gbiron éditeur), et vous pourriez vous procurer les pièces nécessaires pour sa réalisation à la Maison Péricaud, 85, boulevard Voltaire, Paris.
- 4° Des lampes à deux grilles spéciales pour l’amplification basse-fréquence sont construites par la Maison Grammont, 10, rue d’Uzès, Paris (Lampes Fotos).
- Ges lampes doivent être utilisées avec des transformateurs basse-fréquence de rapport élevé (1/10 environ) et nous aurons, d’ailleurs, sans doute prochainement l’occasion d’indiquer leurs caractéristiques.
- Deux étages basse-fréquence montés de cette façon doivent permettre une audition suffisante en haut-parleur.
- Nous vous prions, enfin, de nous excuser pour le retard apporté à vous répondre dans la « Boite aux Lettres », retard, d’ailleurs
- malheureusement général, dû aux vacances et à un petit accident survenu au rédacteur.
- M. J. Borudon, a Caen.
- Perfectionnements apportés à des étages d’amplification basse-fréquence.
- 1° Le condensateur variable placé en dérivation aux bornes d’un haut-parleur a généralement pour but de changer .la tonalité de ce dernier et d’obtenir des sons plus graves, le condensateur livrant plus facilement passage aux courants téléphoniques de fréquences élevées. Il est bon de pouvoir faire varier la capacité des condensateurs, ainsi montés en shunt, entre 2/1000e et 8/10006 de microfarad environ.
- Le diélectrique employé pour la réalisation de tels condensateurs est, le plus souvent, du mica en feuilles très minces, et nous ne vous conseillons pas d’utiliser en remplacement du papier paraffiné.
- Vous pourriez, d’ailleurs, vous procurer du papier de ce genre, si vous ne voulez pas le préparer vous-même, chez un marchand d’accessoires de T. S. F. de Paris.
- 2° L’adjonction d’une pile de polarisation de 4 volts dans un appareil de réception n’a pas pour but d’augmenter la sensibilité ou même la puissance de ce dernier, elle n’agit que sur l’amplification basse-fréquence, et même, en général seulement, sur le dernier étage.
- Pour obtenir, en effet, une excellente amplification et une pureté satisfaisante, on a souvent l’habitude actuellement d’employer sur ce dernier étage une lampe triode spéciale dite de puissance.
- Mais, pour que cette lampe puisse fonctionner d’une façon correcte, il est nécessaire de polariser négativement sa grille à l’aide de cette petite pile de lampe de poche d’une tension voisine de 4 volts, en général, lorsque la tension plaque est voisine de 80 volts et avec les modèles courants de ces lampes.
- Vous pourrez trouver des renseignements sur ces phénomènes dans La Pratique Radioélectrique ou Cent Problèmes Pratiques de T. S. F. (Masson, éditeur).
- M. G. B., a Toulouse.
- Condensateurs commandés à distance.
- 1° On monte sur des condensateurs variables des dispositits de commande à distance pour le réglage des appareils de réception destinés spécialement à la réception des émissions sur ondes courtes, afin d’éviter les effets de capacité dus à l'approche de la main de l’opérateur.
- On peut également obtenir des effets de protection suffisants en utilisant des condensateurs à large plaque de stator réunie à la terre (dans le cas d’un condensateur d’accord) et en utilisant une plaque de métal également réunie à la terre comme panneau frontal du poste.
- 2* Vous pourriez sans doute trouver des tiges et tubes en laiton pour commande de condensateurs à distance chez les constructeurs suivants ;
- Maison Chabot, 43, rue Ricber, Paris.
- Au Pigeon Voyageur, 211, boulevard Saint-Germain, Paris. D’autre part, vous pourriez vous procurer des condensateurs variables spéciaux pour la réception des ondes courtes aux adresses suivantes :
- Maison Lemouzy, 121, boulevard Saint-Michel, Paris.
- Maison Bonnefont, 9, rue Gassendi, Paris (14°).
- M. E. Moreau, a Issoudun (Indre).
- 96 474-
- Paris, lmp. Lahure. — 15-10-28,
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- LA NATURE
- h"2797. — 15 Novembre 1928
- Paraît le i" et le iS de chaque mois.
- Prix du Numéro : 3 francs 5(
- pour la vente en France.
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- Paraît 8e 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
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- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"), 70 fr. ; — 6 mois (12 n"), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n"), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0*), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1 \
- ......... ' »’ 1 ( Six mois
- Tarif extérieur n 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estkonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-A'euve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pars.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Gio, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1er de chaque mois.
- Pour tout changement cl adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MAL. les Rédacteurs en chef de La Nnture, 120. boulevard Saint-Germain, Paris-VIa.
- Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VI*
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
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- N° 2797.
- LA NATURE
- 15 Novembre Î928
- L'ÉVEIL DE L'INDOCHINE
- Il - COMMENT LA ROUTE A VAINCU LA JUNGLE
- On peut dire que les cinq pays qui composent l’Union indo-chinoise ne possédaient point de routes carrossables, lorsque la France en prit charge à partir de 1865. Il y avait bien cette fameuse « route mandarine » qui partait du Ton-kin pour atteindre l’estuaire du Mékong en suivant le rivage de la mer.
- Or, voici ce qu’en dit M.
- A.-A. Pouyan-ne, inspecteur général des Travaux publics de 1 ’ Indochin e, dans le bel ouvrage que nous avons précédemment cité :
- « ... Jusqu’à une époque ré-cente (vers 1912), elle n’avait de route que le nom ; sur quelques sections seule ment, elle était praticable aux pousse-pousse et aux voitures légères ; dans la majeure partie de son parcours, elle n’existait qu’à l’état de piste où, seuls, les piétons et les cavaliers pouvaient circuler.
- « Elle fran-
- chissait les cols des éperons montagneux de la porte d’Annam, de Cumong et du Varella par des pentes très
- raides suivant les lignes de p)Ius grande pente.
- Le mode de locomotionnor-mal était le palanquin et la chaise à porteurs ; les bagages étaient portés à dos de coolies et le déplacement d’un simple voyageur, avec ses bagages, prenait l’allure d’une caravane.
- Le transport des correspondances postales , aléatoire, difficile et long, était assuré par un service de coolies appelés coolies trams. » Cette description de l’unique route d’intérêt général que possédait l’Indochine nous permet d’imaginer ce qu’était alors son réseau routier.
- Seule, la Co-chinchine s’était pourvue de bonnes routes locales. Et ce fut à cette date (1912) que, sur l’inifiative de M. Albert Sar-
- Fig. 1. — Le réseau routier de L’Indochine.
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- raut, alors Gouverneur général, fut décidée la constitution d’un vaste réseau routier qui relierait entre eux les cinq pays de l’Union, assurerait un échange régulier de marchandises, livrerait aux entreprises agricoles l’accès de territoires d’une fertilité exceptionnelle, jusqu’alors défendus par une jungle impénétrable.
- Commencée en 1912, l’exécution du programme de M. Sarraut approche déjà de son achèvement : en 1925, le réseau comprenait 30 083 km, dont 13178 km empierrés, 9365 km non empierrés mais automobilables pendant un minimum de six moife par an, et 7540 km de routes en construction. Actuellement, le total du réseau doit dépasser 40 000 km.
- Ce réseau se divise en routes coloniales, en routes locales et en pistes de pénétration. Seule, la Cochinchine possède des routes provinciales et des routes communales.
- D’après le programme de 1912, les routes coloniales devraient être au nombre de dix-neuf; mais on prévoit qu’il , faudra en construire quatre autres pour la mise en valeur de l’ar-rière pays du Sud indochinois.
- M. Pouyanne nous précise la définition de ces voies :
- « Correspondant en importance aux routes nationales de France, elles présentent un caractère d’intérêt général pour la Colonie, résultant soit de nécessités économiques, soit de nécessités stratégiques, soit encore de nécessités politiques ou administratives. Elles sont exécutées, en principe, sur les fonds du Budget général et constituent les grandes artères du réseau routier sur lesquelles s’embranchent les autres routes d’intérêt plus spécialement local. »
- La longueur totale de ces routes coloniales était de 4500 km en 1918; en 1926, elle s’élevait à 9500 km, dont 5700 km empierrés, 1800 km terrassés et 2000 km en voie d’achèvement. Nous consacrerons une brève description à la plus importante de ces voies : c’est l'ancienne route mandarine, devenue la route coloniale n° 1.
- Nous avons dit ce qu’elle était encore en 1912, et nous pouvons proclamer, avec tant de voyageurs, que nos ingénieurs en ont fait la plus belle route du continent asiatique. Longue de 2566 km (dont l’empierrement est achevé à l’heure actuelle) elle s’étend de la frontière de Chine à celle du Siam en reliant entre elles les quatre capitales indochinoises : Hanoï, Hué, Saïgon, Pnom-Penh.
- « Le profil type adopté, nous apprend M. Pouyanne,
- comporte une largeur de plate-forme minima de 6 m en déblai et remblai ; le rayon des courbes n’est pas inférieur à 15 m; les rampes ne dépassent pas 0 m 06 par mètre, et elles n’atteignent cette limite qu’exceptionnellement; les ponts qui, pour la plupart, sont en béton armé, peuvent supporter une surcharge roulante comportant un essieu de 9 tonnes, précédé et suivi d’essieux de 5 tonnes. »
- Parmi les travaux les plus importants exécutés sur cette route, il faut mentionner l’élargissement du Pont Doumer, longtemps réservé exclusivement au passage de la voie ferrée sur le fleuve Rouge, devant Hanoï. Avant cet élargissement par 2 voies charretières placées de part et d’autre du tablier, c’est-à-dire jusqu’en 1924, véhicules et piétons ne pouvaient traverser le fleuve qu’en embarquant sur un bac; toujours long et malaisé (les 1682 m de longueur du pont donnent quelque idée de la largeur du fleuve), le passage devenait dangereux, voire impossible à l’époque des grandes crues.
- C’est grâce à cette route coloniale n° 1 qu’il est désormais possible de traverser toute l’Indochine dans des conditions de rapidité, de sécurité et de confort que l’on rencontrerait difficilement en d’autres régions asiatiques. Son importance économique est incontestable; son importance stratégique ne l’est pas moins. Dans le secteur d’Hanoï, soit avant d’atteindre à Langson la frontière chinoise, elle forme carrefour avec 4 autres routes coloniales qui s’allongent en éventail vers autant de points espacés sur cette même frontière.
- Parmi les routes coloniales classées, il nous faut mentionner la route n° 5 qui, reliant Hanoï à son port de Haïphong, est l’une des plus courtes, mais aussi l’une des plus fréquentées. La route n° 14, qui reliera Saïgon à Hué en traversant des régions exceptionnellement fertiles, dont la plupart sont actuellement inaccessibles en raison de l’épaisse jungle qui les défend, est déjà construite et terrassée sur près de la moitié de sa longueur.
- La route n° 4, qui ne compte encore que quelques tronçons achevés à l’est et au nord, sera, selon l’expression de M. l’Ingénieur Pouyanne, une « route de ceinture-frontière ».
- Partant de Monçay (sur le rivage du Golfe du Ton-kin), le tracé décrit une immense courbe en suivant la frontière de Chine, traverse le Laos et aboutit à Vientiane, sur la rive gauche du Mékong.
- Fig. 2. — Une route en Cochinchine.
- La Corniche au Cap Saint-Jacques (province de Baria).
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- LES PISTES DE PÉNÉTRATION
- Nous ne nous étendrons pas sur le chapitre des routes locales, provinciales ou communales, assez rares dans les régions montagneuses et peu peuplées du Haut-Tonkin et du Haut-Laos, plus nombreuses dans ces régions fertiles que sont plaines et deltas. Leur longueur totale était de 30 000 km environ en 1925, avec un fort pourcentage de kilomètres empierrés.
- Le réseau local cochinchinois était le mieux développé : 4910 km, dont 3990 empierrés, un contraste avec le
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- de 3 m, avec des pentes et des rampes pouvant atteindre 10 pour 100, des ponts provisoires en charpente ou même en bambous, et qui ne sont empierrées que par endroits dans les parties mauvaises :
- « Ces pistes sont destinées à ouvrir l’accès des régions non encore desservies par des routes et à permettre les communications en automobile, durant la saison sèche, entre les différents centres de population d’une même province. Elles sont indispensables pour assurer, en quelque sorte, la prospection des régions qui ne sont encore accessibles qu’aux piétons et aux cavaliers.
- Fig. 3. — En Armani : sur la route mandarine. Le Yarella à Nhatrang (proTince Khan Hoa).
- réseau laotien qui ne comprenait que 2020 km, dont 200 empierrés et 820 terrassés.
- Il est bon de remarquer que ces routes d’intérêt local ont été construites, pour la plupart, avant l’avènement de l’automobile. Le nouveau mode de locomotion imposera leur réfection et, surtout, le remplacement de leurs ponts de bois par des ouvrages plus solides.
- A ce réseau de routes (coloniales et locales) est venu s’ajouter un réseau de pistes de pénétration qui n’en est encore qu’à ses débuts : sa construction n’a commencé qu’à partir de 1922. M. Pouyanne nous donne une définition de ces voies, construites à peu de frais, sur une largeur
- « Elles constituent, en général, la première ébaudîie de futures voies coloniales ou locales. Lorsque le programme de 1912 sera épuisé et que, les foutes du Sud Indochinois étant achevées, il deviendra nécessaire d’ouvrir à la colonisation de nouveaux territoires, les pistes de pénétration formeront un réseau routier qu’il n’y aurâ plus qu’à améliorer en rectifiant les tracés partout où cela sera nécessaire, notamment dans les pentes et rampes pour les ramener au maximum de 6 pour 100, et à doter d’ouvrages définitifs pour obtenir, dans un délai restreint, les voies de mise en valeur qui seront reconnues indispensables. » ,
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- Fig. k. — En Cpchinchinc : sur la route mandarine, entre Saigon et Phan Thiet. Petit métier : le peintre des poteaux indicateurs.
- On voit l’intérêt considérable que présentent ces pistes de pénétration : dès leur établissement, elles facilitent les relations entre les bourgs et villages des provinces isolées, et elles sont appelées à jouer un rôle de premier plan dans la mise en valeur de l’Indochine.
- C’est à ce réseau de pistes que l’on peut rattacher le système routier grâce auquel la région moï s’ouvrira enfin à la colonisation. Ce nom est donné à un vaste territoire qui s’étend entre le Mékong et la Chaîne Annamitique sur une superficie de 15 millions d’hectares environ. Evaluée à un million d’âmes, sa population se compose de ' tribus englobées sous le nom de Mois (sauvages en langue annamite), bien qu’elles soient formées de races (résidus de populations autochtones) qui n’ont généralement entre elles aucun lien ethnique ou linguistique.
- Cette immense région, du fait de l’extrême rareté des pistes carrossables, est encore partiellement insoumise, voire inexplorée; mais on sait qu’elle comprend d’importantes étendues de terres rouges, provenant de la décomposition de roches basaltiques, et qui se prêtent admirablement aux grandes cultures troJ picales (caoutchouc, café, thé, quihquina, etc.).
- Leur superficie est évaluée à 2 millions d’hectares au minimum.
- La construction du réseau aùtomobilable qui facilitera la mise en valeur de ces<terres et le transport dé leurs produits à Sâïgôn et à Qui-Nhon (les ports les plus rapprochés) ’• constituera un gros effort : on estinïe qùe sa * longueur totale ne • -sera 5000 km. Ce réseau, dont l’importance économique et politique sera considérable, est
- déjà amorcé par le tracé partiel des routes coloniales nos 13 et 14, qui seront ses principales artères.
- PROCÉDÉS DE CONSTRUCTION
- Il nous reste à dire quelques mots sur la façon dont sont construites les routes indochinoises. Le livre de M. Pouyanne que nous mettons à contribution dans ces articles nous fournit ce détail d’un réel intérêt que « les études de routes sont faites, sous la direction des ingénieurs, par des agents techniques indigènes qui sont formés à l’Ecole des Travaux publics créée à Hanoï en 1902 ».
- L’exécution des travaux de terrassement et d’ouvrages d’art est confiée à des entrepreneurs, à la suite d’adjudications publiques ouvertes aux tâcherons indigènes comme aux Européens, l’importance des lots variant entre 10 et 20 km environ. La largeur de la plate-forme est généralement de 5 à 6 m, dimension que des raisons d’économie réduisent à 4 m ou 4 m 50 dans les régions montagneuses. Les ponts, presque toujours à une seule voie, comportent une chaussée de 2 m 50 à 3 m de largeur, comprise entre deux trottoirs de 50 à 75 cm. Le type de pont le plus couramment employé est en béton armé.
- Les travaux d’empierrement neufs sont toujours effectués en régie. Là, les ingénieurs se sont heurtés à de grosses difficultés, brusquement et gravement accrues par le rapide développement de la circulation automobile. Dans beaucoup de régions indochinôises, et plus spécialement sur les plaiûes et deltas où la densité de la population est très grande et où les routes sont le plus fré-
- Fig. 5. — Application du nouveau procédé d’asphaltage | sur la route de Hadong (Tonkin).
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- quentées, les matériaux durs (granits, quartzites, etc.) font défaut, et les carrières en sont si éloignées que l’emploi de ces roches est d’un coût très élevé. En outre, les hautes températures qui régnent fréquemment en Indochine ramollissent les revêtements contenant beaucoup d’asphalte.
- Ces différents problèmes font l’objet d’expériences poursuivies depuis plusieurs années. La solution généralement adoptée est la suivante. Les chaussées sont constituées par un empierrement en matériaux tendres (calcaires dans le delta tonkinois, latérite en Cochinchine) ou en matériaux durs, quand leur emploi est possible, à
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- raison de 400 à 500 mètres cubes de pierres au kilomètre sur une largeur de 3 à 4 m; puis, on applique un revêtement superficiel d’asphalte, dans des conditions sensiblement analogues à celles qui sont observées en Europe pour l’établissement des routes goudronnées.
- Ce système a donné, notamment au Tonkin, des résultats encourageants pour la prolongation de durée des routes très fréquentées, et l’on peut prévoir que son application s’étendra rapidement à d’autres parties du réseau routier indochinois (’).
- [A suivre.) Victor Forbin.
- 1. Photos de l’Agence Économique de l’Indochine.
- LES PHÉNOMÈNES DE LUMINESCENCE (**.
- L'ÉLECTROLUMINESCENCE.
- L’énergie électrique peut se transformer directement en énergie lumineuse et produire ainsi des phénomènes de luminescence qu’on désigne sous le nom d’électroluminescence. Les phénomènes d’électroluminescence revêtent des formes différentes suivant la nature de la décharge électrique qui les engendre : passage de l’électricité à travers les gaz raréfiés, étincelle ou arc.
- Décharge à travers les gaz raréfiés. — On peut rendre une vapeur ou un gaz lumineux en les faisant traverser par des décharges électriques. On les enferme, sous pression réduite (quelques millimètres de mercure), dans des tubes en verre ou en quartz pourvus d’électrodes en métal qu’on relie aux bornes d’une bobine d’induction. Il s’agit bien d’un phénomène de luminescence : si le rayonnement était purement thermique, la quantité relativement considérable de lumière émise ne pourrait s’expliquer que par une température très élevée, de l’ordre de 50.000° dans la partie capillaire du tube, ce qui paraît invraisemblable. En étudiant la largeur des raies spectrales, MM. Buisson et Fabry ont établi que cette température ne diffère pas notablement de la température ambiante : la largeur des raies diminue beaucoup quand on transporte le tube d’un bain d’eau à la température ordinaire dans l’air liquide, ce qui serait incompréhensible si la température du gaz lumineux était très élevée.
- Les tubes à gaz raréfié sont surtout utilisés en spectro-scopie. Seuls les tubes à néon, mis au pointpar G. Claude, qui donnent une belle lumière orangée, ont reçu des applications pratiques. Ils servent dans les enseignes lumineuses, soit sous forme d’ampoules rectilignes, soit sous forme de tubes très courbés reproduisant des lettres et des figures diverses. On en .construit même qui, fonctionnant sous 110-220 volts (continus ou alternatifs), donnent une faible lumière rouge et peuvent servir, par exemple, à l’éclairage général d’un laboratoire de photographie où on manipule des plaques insensibles aux radiations rouges et orangées.
- Etincelle. — Si l’on applique entre deux tiges métalliques, dont les extrémités sont situées à une petite distance l’une de l’autre, une tension électrique croissante, une étincelle finit par jaillir, qui rend lumineux le gaz interposé. C’est là un phénomène plus complexe que le précédent : la lumière émise provient à la fois du gaz placé entre les électrodes et des métaux qui les constituent. Cependant, c'est le gaz qui joue, tout au moins au début, le rôle essentiel, car la tension nécessaire à la production de l’étin-
- celle dépend uniquement de la masse de gaz rapportée à l’unité de surface des électrodes.
- L’arc électrique. — L’arc est, comme l’étincelle, une décharge électrique, mais la cathode, très chaude, émet des électrons en quantité notable ; aussi la tension nécessaire pour maintenir l’arc est-elle relativement faible tandis que la densité du courant peut être très grande. Il y a toujours une notable différence entre les spectres d’étincelle et les spectres d’arc : les premiers contiennent, en général, un certain nombre de raies intenses qui, dans le cas de l’arc, n’apparaissent que dans le voisinage immédiat des électrodes. Le spectre émis par l’arc dépend beaucoup, lui aussi, du régime. On peut en conclure, comme dans le cas des tubes de Geissler et de l’étincelle, que le rayonnement de l’arc ne dépend pas uniquement de la température et que la luminescence intervient.
- L’arc entre électrodes de charbon donne une lumière très intense, souvent utilisée pour l’éclairage. L’arc dit à flamme, surtout mis au point par M. Blondel, jaillit entre deux crayons formés d’un mélange homogène de charbon et de diverses substances minérales dont la plus importante est le fluorure de calcium. Il consiste en une longue flamme qui s’étend d’un charbon à l’autre, et qui donne à peu près 85 pour 100 de la lumière totale, le reste provenant des charbons eux-mêmes. L’arc entre électrodes de fer fournit un très grand nombre de radiations comprises dans la partie visible du spectre et dans l’ultraviolet. L’arc au mercure se produit entre une cathode de mercure et une anode quelconque (mercure, charbon, fer) dans un espace clos, vide d’air et ne contenant que de la vapeur de mercure ; une faible tension (quelques dizaines de volts pour les lampes courtes)suffit à entretenir la décharge.
- MÉCANISME DES PHÉNOMÈNES DE LUMINESCENCE.
- 11 est à peine besoin de rappeler que les théories modernes de la matière considèrent l’atome comme formé d’un noyau électrisé positivement autour duquel gravitent des éléctrons négatifs. D’après une théorie déjà classique, imaginée par Bohr, ces électrons peuvent décrire indéfiniment certaines orbites, dites orbites stationnaires, sans donner lieu à aucune émission d’énergie. Mais il faut fournir à l’électron une certaine énergie soit sous la forme d’un rayonnement, soit sous celle d’un choc par un électron ou un . atome extérieurs, etc., pour l’amener d’une orbitè stationnaire sur une autre plus éloignée du noyau. Inversement, en retombant d’une orbite sur une autre plus voisine du centre, il libère de l’énergie sous forme d’un rayonnement. Ainsi,
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- d’après cette théorie, l’émission d’un rayonnement suppose qu’un électron atomique, écarté du noyau par une cause quelconque, revienne sur une orbite stationnaire plus voisine du centre. Il a fallu que l’électron soit tout d’abord amené d’une orbite stationnaire vers une autre plus éloignée du centre. C’est précisément le rôle de la cause génératrice de la luminescence. Elle fournit l’énergie nécessaire à ce passage de l’électron à un niveau potentiel plus élevé. Des déplacements électroniques de ce genre peuvent être provoqués par les causes les plus diverses, pourvu que celles-ci apportent avec elles une énergie suffisante. M. Guntz a proposé d’appeler de telles actions : causes primaires d'excitation.
- Le retour de l’électron peut être plus ou moins spontané; une action étrangère peut intervenir pour le provoquer ou simplement le faciliter et être ainsi une cause de luminescence ;
- mais c’est une cause secondaire ou de déclenchement, qui ne doit pas être confondue avec la première, seule nécessaire.
- En pratique, il n’est pas toujours commode de distinguer les causes primaires des causes secondaires. Ainsi dans la thermoluminescence la chaleur est une cause secondaire, mais elle peut être primaire dans la luminescence à haute température de certains oxydes. On peut, de même, se demander si, dans la triboluminescence, les chocs sont toujours une cause primaire.
- En résumé, d’après la théorie que nous venons d’esquisser, c’e.st le retour de l’électron expulsé de son orbite par une cause excitatrice qui produit la lumière. Suivant la facilité avec laquelle l’électron expulsé peut retourner sur son orbite primitive, on peut avoir tous les degrés entre la fluorescence instantanée et la phosphorescence persistante.
- A. Boutaric.
- LE VOL A VOILE EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE
- LE DERNIER MEETING DE VAUVILLE
- HISTORIQUE
- C’est au Puy-de-Combegrasse, en Auvergne, que l’Association française aérienne inaugura en 1922 les premières expériences françaises de vol à voile. Elle avait pris la décision d’organiser ce concours à la suite des expériences sensationnelles faites par les Allemands à la Rhoen dès 1920-1921.
- L’Association française aérienne provoqua ainsi 50 engagements d’appareils absolument nouveaux. Sur ces 50, 34 furent présents à Gombegrasse et si beaucoup d’entre eux étaient un peu fantaisistes, par contre certains atteignirent presque la perfection dès leurs premiers essais. Nous citerons pour mémoire parmi ceux qui volaient parfaitement :
- Eric Nessler, Lucien Coupet, Francis Chardon, Far-man, Potez, Peyret, l’appareil américain piloté par Allen, Dewoitine, Paulhan, Bonnet.
- Certains, comme les trois premiers, furent piloté^ par leurs constructeurs, d’autres comme ceux de Farman, Dewoitine ou Potez, furent pilotés par nos meilleurs pilotes tels que : Bossoutrot, Paulhan, Barbot, Thoret, Douchy, etc.
- Pour cette première année, beaucoup à cause du choix du terrain, un peu à cause de notre inexpérience complète, toute la technique étant à créer, les vols se bornèrent à de très belles glissades avec quelques paliers, sauf le vol en orbe, merveilleux à tous points de vue, de Bossoutrot sur Farman volant 5m 18s.
- Nous apprenions à ce même moment qu’à la Rhoen, Martens et Hentzen avaient volé 1 heure, puis 2 heures, puis 3 heures. Tout le monde cria au miracle.
- Les Allemands n’avaient cependant rien découvert, ils avaient travaillé avec méthode.
- Heureusement Maneyrol sur l’appareil de Louis Peyret battait en Angleterre tous les records mondiaux en volant 3 h. 22, gagnant ainsi le prix de mille livres du Daily Mail.
- L’Association française aérienne se mit de nouveau à l’œuvre et découvrit d’abord un terrain propice : Vauville.
- Dans un pays enchanteur et peu connu, le Cotentin, la falaise au-dessus de Vauville, en pente douce, de 125 m. de hauteur, fabrique par vent d’ouest ces fameux courants ascendants, encore à ce jour indispensables au vol à voile.
- Vauville étant trouvé, l’Association française aérienne suscita, soutenue par M,. Laurent Eynac, le deuxième congrès expérimental de vol à voile. On y adjoignit un concours de planeurs à moteurs auxiliaires qui par la suite devaient nous amener à l’aviation légère.
- Pous consacrer le terrain de Vauville, Maneyrol vole, le 29 janvier 1923, 8 heures 5 minutes sans moteur. Nous le retrouvons le 5 août suivant avec Barbot, Descamps, Thoret, et de nombreux autres pour défendre les couleurs françaises, car nous voyons dès cette année-là apparaître un concurrent sérieux : la Belgique avec le lieutenant Simonet.
- Ce dernier, avec son très beau planeur construit par l’ingénieur Poncelet, s’adjuge tous les premiers prix en accomplissant de merveilleuses performances. Ce meeting est malheureusement attristé par la chute mortelle du bon pilote Hemmer.dinger.
- Pendant ce meeting de 1923, l’aviation légère fait son apparition avec les appareils de Dewoitine, pilotés par Barbot et Descamps, et l’appareil de Peyret piloté par Maneyrol. Ils sont équipés avec des moteurs de 12 à 15 ch et volent dans la perfection.
- C’est sur cette aviation légère que se dirigent tous les efforts de l’Association française aérienne en 1924, et c’est seulement en 1925 qu’a lieu toujours à Vauville le 3e meeting de vol à voile. Les Belges cette année-là font un effort splendide et nous voyons Simonet, Massaux, Demblon, etc..., sur de beaux appareils, démolir tous les records. La durée est portée à plus de 10 heures. La mort de Simonet attriste cette belle réunion.
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- Le grand concurrent français est cette année-là Auger sur son appareil Vautour construit par Peyret sur les données de l’ingénieur Abrial. Tl nous étonne par ses évolutions et ses atterrissages. Il bat officieusement le record d’altitude pour appareil sans moteur en montant à 750 m. au-dessus de son point de départ et en revenant atterrir au terrain.
- LE MEETING
- DE 1928
- Trois années se passent: en France on semble se désintéresser du vol à voile,. c’est l’époque des grands raids. Toute notre attention est tournée vers l’aviation à puissance de plus enplus élevée. Cependant l’Association française aérienne travaille en silence. Elle suit avec attention ce qui se passe à la Rhoen et à Rossit-ten sur la mer Baltique. Elle sait que là-bas nos voisins travaillent avec acharnement la question et arrivent à des résultats splendides. Auger avec le Vautour part à la Rhoen, il se rend compte qu’il ne peut rien faire devant des concurrents aussi supérieurs, il nous l’explique à son retour, etune seule idée est alors la nôtre : voir chez nous à Vauville en 1928 ces splendides appareils.
- Grâce à l’appui de la Direction de l’Aéronautique, le 4° meeting international de vol à voile est organisé à Vauville du 12 au 26 juillet. Il est doté de 100000 francs de prix. Les épreuves sont particulièrement étudiées et se résument ainsi :
- a) Hauteur.
- b) Plus grande distance en ligne droite,
- c) Totalisation des hauteurs.
- d) Plus grand nombre de vols.
- Ces quatre épreuves sont internationales. En outre un
- prix national, réservé aux concurrents français, est institué.
- L’épreuve de durée a été supprimée comme ne pouvant donner aucun enseignement nouveau, les dix heures ayantété dépassées dans chaque pays, et la résistance humaine paraissant être la seule limite possible.
- Par contre, le plus grand nombre de vols d’au moins 30 minutes exigera de nombreux décollages et atterrissages.
- Les Allemands répondirent à notre invitation en engageant neuf appareils sélectionnés.
- Cinq furent présents et accomplirent de merveilleuses performances.
- Nous parlerons longuement des appareils, mais nous devons citer d’abord ici les pilotes :
- Max Kegel, Karl Magersuppe, qui piloteront les deux planeurs Kassel et Kegel ; Protzen et Rachem qui piloteront le Stadt-Stutt-gart et le fameux pilote Iiirth qui pilotera le planeur Wurttemberg.
- Deux de ces appareils sont arrivés par chemin de fer et les deux autres par la route. Un cinquième * arrivera aussi par la route quelques jours après.
- Les Relges s’étant abstenus pour ce concours, nous
- Fig. 1. — Quelques détails de construction des planeurs allemands (d'après le journal Les Ailes, n° 372, du 3 août 1928).
- I, II, III. Aspects schématiques du fuselage à la mode de la Rliœn vu en perspective et du fuselage du Stadt Stuttgart et du Darmstadt, vus de face. (Ces fuselages en contreplaqué de bouleau épousent entièrement le corps du pilote dont seul le sommet de la tête dépasse. Sur ce fuselage l’aile est fixée soit directement, soit par l’intermédiaire d’une cabane profilée.)
- IV. Détails de la structure d'une aile : en haut à droite, coupe en long, montrant le longeron unique, le bord d’attaque en contre-plaqué; noter les 3 points d’attache. En bas à gauche : vue en plan ; à droite : coupe transversale d’un longeaon à section composée.
- V. Fixation de-l'aile du Kassel : à gauche, le mode de fixation; à droite, les ferrures d’attache.
- VI. Le patin du Stuttgart.- l’atterrissage se fait sur ce seul patin central composé d’une large semelle en frêne reliée élastiquement au fuselage par interposition d’un demi-anneau de caoutchouc.
- VII. Liaison du gauchissement : à gauche sur le Stuttgart, à droite sur le Kassel.
- VIII. Montage standard des pédales de direction.
- IX. Montage de l'empennage du Kassel.
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- Fig. 2. — Un départ du Wurtemberg, piloté par Hirlh.
- On distingue la silhouette des équipiers qui viennent de lancer l’appareil. Le sandow détendu se décroche. (Phot, André, Le Bourget,)
- n’eûraes à opposer à l’équipe allemande que le Vautour deM. Auger ou son nouvel appareil qui malheureusement n’arriva que le dernier jour ou encore le planeur Savoya
- Fig. 3. — Le Kassel dans sa remorque.
- Au centre, le! fuselage; à gauche et à droite, les bouts d’ailes; au-dessus, la partie centrale des ailes. Chaque partie vient s’encastrer dans un logement profilé garni de feutre épais, rien ne peut bouger pendant le transport. (Phot. André, Le Bourget.)
- qui manquait de mise au point. Nous devons reconnaître ici que l’équipe allemande dirigée par M. Oscar Ursinius et ensuite parle professeur Georg fit preuve d’un esprit sportif remarquable et à toute occasion facilita aux organisateurs leur tâche si difficile parfois.
- En suivant l’ordre chronologique des faits, nous voyons très rapidement, malgré l’absence de vent les premiers jours, les planeurs Kassel, Wurtemberg, Vautour, Stadt, Stuttgart, se qualifier par des vols de 10 à 15 secondes.
- Puis, partant de la falaise, ils font de bons vols planés de 4 à 10 minutes presque sans vent. Le concours est commencé le 12 juillet et nous nous trouvons au 18 juillet sans avoir pu enregistrer un seul vol intéressant. Par contre, l’équipe allemande s’est complétée par l’arrivée du planeur Darmstadt de 18 m d’envergure qui est un appareil splendide, mais n’ayant pas encore volé. Cet appareil sera piloté par l’as du vol à voile Nehring.
- C’est le 19 et 20 juillet que vraiment les appareils purent donner toute leur mesure, car nous les voyons tenir l’air les 30 minutes réglementaires, monter à des altitudes de 250 à 350 m, réussir des atterrissages vent arrière de toute beauté, revenir à leur point de départ et tout cela par des vents de 4 à 6 m lorsqu’il nous fallait jusqu’ici 10 à 12 m pour obtenir des performances analogues.
- Ces résultats sont obtenus grâce à la finesse des appareils; n’oublions pas en effet que les planeurs allemands ont un allongement allant jusqu’à 20, portent 11 à 14 kg au m2 et tiennent avec ces vents de 4 à 6 m, alors que le Vautour qui n’est chargé que de 8 à 9 kg a besoin d’un minimum de vent de 8 à 9 m.
- Cette même journée du 20 juillet compta 14 vols de 30 minutes (minimum imposé) et le superbe vol en ligne droite de Nehring parcourant 25 km pour aller se poser à Baubigny au nord de Carteret, lorsque Thoret n’avait pu parcourir que 8 km 500 lors du meeting précédent.
- Ce record de distance que nous croyions imbattable fut cependant battu par Hirth. Laissons ici la parole au journal Les Ailes :
- « En 1 h. 01 de vol, après une série de manœuvres « réellement merveilleuses au cours desquelles il mon-« tait à 327 m au-dessus de son point de départ, Hirth « touchait terre à Carteret, à 30 km environ du camp « Maneyrol. Il faut connaître la région, les zones plates « séparant Carteret du camp, pour apprécier cette perce formance comme il convient ».
- Il est à remarquer en effet en étudiant la carte qu’en beaucoup d’endroits et sur de longues distances, il n’y a plus aucun accident de terrain permettant la formation de vents ascendants.
- Nous devons ici voir rapidement les résultats.
- Le prix de hauteur fut gagné par Hirth avec 327 m.
- La distance par Hirth avec 29 km.
- La totalisation des hauteurs par Hirth avec 1244 m.
- Le plus grand nombre de vols de 30 minutes minimum fut aussi gagné par Hirth qui se trouve ainsi être
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- Fig. 4. — Le Stadt-Stultgart piloté par Bâchent et Pro/zen en plein vol. (Pliot. André, Le Bourget.)
- le grand vainqueur du concours, suivi de près par Nehring.
- M. Auger s’attribua le prix national.
- LES APPAREILS
- Que dire des appareils sinon qu’ils atteignent à peu près la perfection au point de vue conception et construction.
- Au point de vue conception, la finesse atteint un coeffi-
- cient inégalé à ce jour. Les mâts, les fiches, le train d’atterrissage, tout a disparu. C’est une aile qui vole avec, au-dessous, le minimum possible du fuselage.
- Au point de vue construction, on ne peut qu’admirer le fini du travail : le choix judicieux des matériaux, la légèreté alliée à la solidité font de ces appareils, vernis et astiqués, de véritables bijoux. On reste stupéfait quand l’on apprend que ces appareils ne sortent pas de chez le grand constructeur, mais sont dessinés, établis, cons-
- Fig. 5. — Le Max-Kegel au départ.
- On remarquera l’importance de? gouvernes. Le patin central d’atterrissage se distingue nettement. (Phot. André, Le Bourget.)
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- Fig. 6. — Un virage du Wurtemberg à quelques mètres du sol. (Phot. André, Le Bourgét.)
- truits par de jeunes gens des Universités de Kassel, Wurtemberg, Stuttgart, Darmstadt, âgés de 18 à 25 ans, simplement conseillés par leurs professeurs.
- Les quelques croquis ci-dessus (fig. 1), qui illustrent le bel article écrit par Maurice Victor dans Les Ailes du 3 août 1928, montrent quelques détails schématiques de montage et de construction.
- Le résultat de ce travail donne des appareils robustes, faciles à démonter en 4 à 5 minutes, sans aucun instrument, faciles à transporter sur des remorques conçues spécialement et toutes sur le même type, faciles à remonter en 20 à 25 minutes. Ces détails sont de première importance pour le retour de l’appareil au terrain après un atterrissage à grande distance.
- Nous devons ajouter qu’en dehors de ces appareils, dits de performances, amenés à Vauville, la « Rhoen-Rossitten-Gesellschaft » réserve une part importante de ses prix aux planeurs d’école et d’entraînement.
- Ceux-ci sont beaucoup moins fins et plus robustes. Ils sont facilement réparables après une casse. C’est avec eux que les jeunes gens apprennent• seuls à piloter. Ces planeurs école sont établis en série au prix de 800 marks et dès maintenant des appareils semblables sont construits en France à Toulouse, pour 4600 francs, par M. Lagasse.
- Voilà bien l’aviation bon marché. L’Institut de la Rhoen délivre 3 brevets de vol à voile d’un degré différent et il est à remarquer que parmi les pilotes présents à Vauville plusieurs n’avaient jamais piloté d’avion à moteur et cependant ce sont de merveilleux pilotes qui se sont formés eux-mêmes. [Voir! tableau ci-contre.)
- CONCLUSION
- L’on nous a souvent 4ernandé : mais à quoi servent toutes ce s expériences ? Là simple réponse est celle-ci. Entraîner la jeunesse à concevoir, construire et piloter
- Caractéristiques des planeurs allemands présentés à Vauville.
- Type. Pilote. Enver- gure. m. Surface m2. Poids à vide. kg- Allonge -nient. Poids au m-(1 ) kg-
- Kassel. . . . Kegel . . 17,5 19,5 107 15,8 8,6
- Wurtemberg. Hirth .... 16 18 160 14,2 12,2
- Stuttgart. . . Protzen . . . 14,90 17 115 13 10 ’ 3
- Vieux Kegel. Magersuppe 16 16 150 16 13'l
- Darmstadt. . Nehring. . . 18 17 148 19,1 12,2
- 1. Le pilote est compté à 60 kg.
- un appareil ; n’oublions pas que cette année, à la Rhoen, 105 concurrents s’engagent dont la plupart sont des débutants. Quelle propagande ! 90 appareils furent présents, Nehring a parcouru 72 km et Ditmar est monté à 780 m.
- Voyez-vous nos Universités de Grenoble, d’Aix, Besançon, Bordeaux, Lille, etc., pourvues d’un cours d’aérodynamique pratique; leurs élèves sous la direction de leur professeur construisant et essayant leur planeur, et envoyant les plus qualifiés d’entre eux à Vauville au mois d’août prochain ! C’est certainement un rêve, mais que nous souhaitons de voir se réaliser.
- Après les très beaux essais du lieutenant Thoret, nul ne nie non plus que le vol à voile peut grandement perfec-lionner nos pilotes militaires.
- Enfin, pour les études aérodynamiques, on se sert couramment de la Rhoen pour des essais de maquettes et d’appareils nouveaux eu vraie grandeur.
- Pourquoi ne pas faire de même à Vauville ? On semble en effet ignorer que Vauville est à 7 ou 8 heures de Paris, qu’il existe là un terrain enclos gardé, attenant au terrain de départ, avec un superbe hangar en ciment
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- armé pouvant contenir des appareils de 20 m d’envergure. A ce hangar sont annexés des ateliers; un hôtel confortable est à 500 m, toutes les facilités sont données par l’Association française aérienne aux constructeurs, inventeurs, pilotes, pour profiter de ces circonstances exceptionnelles.
- Il est à souhaiter que la dure leçon que nous venons
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- de recevoir à Yauville nous soit profitable et que de tous côtés un efiort important soit fait pour que, l’année prochaine, la France reprenne la première place qui n’aurait pas dû lui échapper.
- AiNDnÉ Caklier,
- Président de Y Association française aérienne.
- LE RADIOCINÉMA
- La Westinghouse Electric and Mfg G0 donnait récemment à son laboratoire de East-Pittsburgh, devant les notabilités du monde scientifique et industriel américain, une démonstration des divers progrès réalisés en ces derniers mois dans le domaine de la télévision.
- Un des développements les plus remarquables donnés à cette branche nouvelle de la technique est la radio-
- diffusion du cinématographe. Le jour est désormais très proche où, moyennant un appareillage relativement simple, les amateurs pourront assister chez eux, sans se déranger, à une projection de cinéma, de même qu’ils écoutent les radioconcerts.
- Le principe de la radiodiffusion des films ne diffère pas, du reste, de celui de la transmission électrique des
- Fig. 1. — Le D1' Frank Conrad, Ingénieur en chef de la Westinghouse C°, avec le projecteur de ciné-télévision. Le disque produisant le pinceau lumineux se trouve directement devant lui.
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- images, telle qu’elle est réalisée dans les divers procédés aujourd’hui en usage, ceux de Belin ou de Korn par exemple.
- L’image cinématographique est explorée, pendant la fraction de seconde où elle reste immobile, au moyen d’un pinceau de lumière; celui-ci vient ensuite tomber sur une cellule photoélectrique au cæsium; il y provoque des variations de conductibilité dépendant de l’opacité
- ou de la transparence de la région du film traversée par le rayon lumineux.
- Ces variations de courant électrique provoquées par la lumière servent à*moduler des ondes hertziennes qui les transportent à travers l’espace.
- Au poste de réception, les modulations des ondes hertziennes sont traduites à nouveau en variations d’intensité lumineuse. Le faible courant électrique reçu au poste récepteur contrôle le courant d’intensité relativement grande qui traverse une lampe à arc au mercure.
- • Celui-ci produit donc des rayons lumineux plus ou moins intenses correspondant à ceux qui, au poste transmetteur, sortent du film à radiodiffuser. Il ne reste plus qu’à répartir cette lumière sur un écran, suivant une distribution identique à celle des rayons transmetteurs, pour reconstituer une image satisfaisante. Cette distribution se réalise au moyen d’appareils synchrones avec ceux qui régissent, au poste transmetteur, le mouvement du pinceau lumineux de balayage. Cette synchronisation est réglée radioélectriquement. Telles sont les grandes lignes du radiocinéma que la société américaine se propose de réaliser industriellement et qu’elle espère mettre en service à assez brève échéance.
- A vrai dire, on ne peut considérer dès maintenant, comme parfaitement résolu, le problème du radiocinéma, pas plus que celui de la radiovision; mais il apparaît aujourd’hui qu’une première étape a été franchie : la radiodiffusion des images entre dans le domaine des réalisations pratiques et trouve un public assez large d’amateurs pour s’y intéresser.
- Signalons pour les Etats-Unis qu’un laboratoire privé, dirigé par M. Jenkins, un des pionniers de la cinématographie, a organisé un poste de radiodiffusion qui chaque jour projette, à heures fixes, dans l’éther, des dessins au trait et parfois des images en demi-teintes.
- Le mouvement qui a pris naissance aux Etats-Unis se développe également en Europe et en France. Le dernier Salon de T. S. F. à Paris a révélé que deux Sociétés françaises allaient présenter au public des appareils récepteurs d’images radiodiffusées. Ces deux Sociétés, les Etablissements Belin et la S. F. R., ont des postes émetteurs qui radiodiffuseront chaque jour, sous forme d’images, les actualités les plus marquantes. Rappelons aussi qu’il est assez aisé pour un amateur habile de construire lui-même un appareil récepteur. Dans un article récemment paru ici même (n° 2785), M. Raymond Maillet, prévoyant le mouvement qui allait se déclencher, a indiqué avec précision les moyens de réaliser un tel poste. Les progrès qui naîtront de l’émulation entre constructeurs et amateurs permettront, sans doute, de franchir rapidement l’étape qui nous sépare encore du radiocinéma.
- Fig. 3. — Le cœur du transmetteur de la ciné-tèlévision.
- On voit le disque tournant et le point lumineux qui est projeté sur le film. Au-dessus du disque est placé le tube synchroniseur grâce auquel le disque tourné garde une vitesse déterminée à l'avance.
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- UN MOTEUR A CHARBON PULVÉRISÉ
- Si le moteur Diesel, pour les puissances considérables, malgré ses avantages économiques, n’a pas encore pris la même extension que la machine à vapeur, c’est qu’on a, jusqu’ici, dû se contenter de l’alimenter avec des huiles lourdes, dont la production est limitée. Diesel, l’inventeur de ce moteur, avait déjà reconnu cependant les avantages que présenterait un combustible solide, tel que le charbon pulvérisé, et c’est même dans cette voie qu’il fit ses premiers essais en 1892.
- M. R. Pawlikowski, ingénieur à Goerlitz, vient d’imaginer un procédé permettant l’emploi de ce genre de combustible. Ayant commencé ses recherches dès 1911, il avait, en 1916, réalisé, pour la première fois, de bons allumages de charbon pulvérisé, avec un moteur Diesel vertical à un cylindre et à quatre temps de l’usine Augsbourg-Nuremberg (diamètre du cylindre 420 mm, course du piston 630 mm, 160 tours par minute, 80 ch de puissance nominale), converti, au préalable, en moteur à combustible solide.
- Ce moteur fonctionnait, sans le moindre dépôt de cendres ou de scories et sans usure excessive, soit au charbon pulvérisé, soit à l’huile lourde, soit, enfin, simultanément avec ces deux combustibles. On atteint aujourd’hui avec cet engin la compression de 30 atmosphères, avec une consommation d’environ 2000 calories par ch-h effectif.
- Pendant 12 ans de service, il a fonctionné avec les combustibles pulvérisés les plus divers, charbons et lignites de provenances différentes, tourbe, farine de bois, charbon de bois, poussière de cosses de riz, céréales pulvérisées, voire même avec le coke.
- Point n:est-besoin d’employer le charbon plus finement pulvérisé que pour les foyers de machines à vapeur; il faut, à la vérité, qu’il soit d’autant plus fin qu’il est plus humide, plus pauvre en gaz et plus riche en cendres.
- Ce moteur peut démarrer à l’huile lourde; mais on a réussi également à le faire démarrer parfaitement avec les combustibles solides, en donnant, avec le charbon pulvérisé, un rendement de 120 ch effectifs. On vient encore, après tant d’années de service, de constater 110 ch au frein, ce qui correspond à une pression moyenne efficace de 7,7 atmosphères.
- Lors d’essais avec les poudres les plus diverses et avec un grand nombre de tuyères différentes (plus de 500), on a réalisé une pression moyenne de 11,3 atmosphères, avec 3,6 atmosphères à la fin du temps de détente.
- Le moteur à charbon pulvérisé, on le voit, convertit en travail la chaleur bon marché du charbon, avec le même rendement que le moteur Diesel proprement dit utilisant la chaleur plus chère de l’huile lourde. Grâce à des dispositifs appropriés, on fait en sorte que les particules de cendres flottent, séparées, dans l’air du cylindre moteur, sans pouvoir se rassembler en masses compactes sur les soupapes, le piston ou la paroi du cylindre; elles sont rejetées au dehors avec l’échappement. Pour un rendement utile de 87 ch, la machine
- consomme 36 kg de lignite pulvérisé par heure, d’un coût (en Allemagne) de 3 francs, renfermant environ 10 pour 100 de cendres ; l’échappement est (exempt de matières combustibles.
- L’inventeur vient de transformer, dans son usine, trois autres moteurs Diesel ordinaires en moteurs à charbon pulvérisé, à savoir : un moteur 40 ch horizontal
- Fig. 1. — Un moteur de 80 ch à charbon pulvérisé.
- de l’usine Deutz, un moteur 25 ch à tête incandescente de l’usine de Iviel, et un moteur 150 ch à trois cylindres (alésage 320 mm, course 520 mm, 215 tours par minute) fonctionnant à volonté avec combustible liquide ou solide ou enfin avec un mélange des deux.
- En transformant ces moteurs, le problème essentiel était de diviser, par le régulateur, la quantité de charbon pulvérisé nécessaire à chaque temps et de l’injecter dans l’air comprimé à environ 30 atmosphères, du cylindre moteur.
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- Réchanÿ-eur du mélange air charbon partes gaz
- ri 'anht^rtnom ^ _
- Soupape d'injection du charbon
- Turbine àgaz dechappemt entrain*famà charbon Réservoir à charbon pulvérisé
- pulvérisé
- Séparaleor
- centrifuge
- Injection daim comprimé ~~yL_
- Charbon puf
- Réservoir à charbon
- Pompé dm- U jection d'huileT pfdémarrage
- chaude
- Ventilateur
- Pompes de balayagi pour chasser les cendres I
- Fig2. — Coupe du moteur à charbon pulvérisé montrant les principaux organes.
- Dans ce but on a placé, en avant du cylindre moteur, un sas qui est évacué à chaque course d'aspiration, puis chargé, à faible pression, de l’émulsion d’air et de charbon pulvérisé, l’admission de ce sas est alors fermée; le sas est mis en pression, puis, déchargé dans le cylindre moteur.
- La pression élevée chassant le charbon pulvérisé du sas peut être produite, soit par de l’air injecté, soit par un allumage partiel dans le sas même.
- Le moteur à charbon pulvérisé, à l’inverse du moteur Diesel, comprime l’air et le combustible simultanément, tout en les séparant jusqu’au moment de l’allumage.
- Il améliore considérablement le procédé Diesel proprement dit, d’après lequel le combustible est chauffé et allumé en une fraction de temps, tandis que le nouveau moteur réserve à ces deux opérations un temps de cycle tout entier
- L’aménagement du nouveau moteur comporte, en outre, une installation de broyage commandée par le moteur lui-même, des dispositifs de chauffage préalable du charbon pulvérisé, avant injection, au moyen des gaz d’échappement et de l’eau de refroidissement des cylindres, et enfin des pompes de balayage pour expulser, à chaque temps d’échappement, les cendres hors du cylindre.
- Le coût du combustible par cheval-heure est environ le quart de ce qui est nécessaire dans le cas du moteur Diesel aux huiles lourdes.
- C’est la machine la plus économique qui existe actuellement.
- D1' Alfred Gradenwitz.
- DESCALIER MÉCANIQUE DU HAVRE
- L’agrandissement si rapide qu’a pris, depuis la guerre la ville du Havre, surtout dans son quartier des usines,
- Fig. 1.
- Vue schématique de l’escalier Ilocquart installé au Havre.
- avait porté la municipalité à créer un faubourg ouvrier sur les hauteurs de Frileuse. Mais les communications entre la ville et ce plateau n’étaient assurées que par le boulevard de Granville et par la rue de Montmorency, cette dernière aboutissant à un escalier de 967 marches dont l’escalade était pénible en toutes saisons, mais surtout en été. Elle l’était plus particulièrement pour les ouvriers qui avaient à grimper ces marches en transportant leur bicyclette.
- Pour faciliter l’accès du plateau, les autorités s’adressèrent à la société qui exploite le funiculaire de la côte d’Ingouville, près de Sainte-Adresse. Mais, après études et pointages, la direction constata que ce mode de transport en commun ne pouvait pas dépasser le débit de 1000 personnes à l’heure, moyenne qui serait insuffisante dans le cas envisagé.
- En effet, il s’agissait de transporter non seulement les
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- habitants que l’on voulait voir se fixer sur le plateau, mais encore les nombreux promeneurs qu’il attire, les jours fériés, avec sa belle forêt de Harlatte et ses terrains de jeux et de courses.
- La direction eut l’idée de demander une solution du problème à M. l’Ingénieur Hocquart, inventeur des escaliers mécaniques qui fonctionnent depuis une quinzaine d’années dans diverses stations du Métropolitain, à la Gare d’Orsay et dans plusieurs grands magasins parisiens.
- LE PROGRAMME
- Le programme imposé était fort nettement précisé.
- L’appareil devrait pouvoir transporter dans j les deux sens 5000 personnes à l’heure, soit un total de 10000passagers à l’heure.
- Bicyclettes et voitures d’enfants pourraient se servir de l’escalier en toute sécurité.
- Enfin, ce dernier devrait fournir une vitesse normale de 0 m. 40 à la seconde et une grande vitesse de 0 m. 60 pendant l’heure des sorties et entrées d’usines.
- M. Hocquart et ses collaborateurs, MM. Hen-nequinet Hugoniot, se mirent à l’œuvre.
- Nous rappellerons que, jusqu’alors, les escaliers Hocquart ne fonctionnaient que dans un seul sens (la montée), et que l’on demandait au nouvel appareil de fonctionner d’une façon continue, c’est-à-dire dans les deux sens. -.s- ,
- La difficulté fut résolue après des essais conduits aux Ateliers Grosselin, à Sedan, où le nouvel escalier fut construit.
- Il occupe, au Havre, le terre-plein qui se trouve au milieu de l’escalier double de Montmorency.
- La construction en ciment armé qui le protège forme deux couloirs superposés, l’un étant réservé à la volée montante, l’autre à la volée descendante.
- Enterrée de 8 m en certains endroits, cette construction a été exécutée par la maison Thireau-Morel, du Havre.
- D’accord avec le programme imposé, l’escalier, d’une largeur utile de 1 m. 06, peut transporter une dizaine de mille personnes à l’heure, tant à la montée qu’à la descente.
- Les prix perçus sont de 0 fr. 20 pour la montée et de 0 fr. 10 pour la descente. Les voitures A’enfant, les bicyclettes et les chiens paient 0 fr. 10 dans l’un ou l’autre sens.
- LA RÉALISATION
- La longueur de l’escalier est de 160 m d’axe en axe, l’élévation verticale qu’il fait gravir étant de 51 m. Ces deux chiffres nous permettent de dire que c’est le plus grand escalier roulant construit jusqu’ici dans le monde entier.
- Gomme tous les escaliers Hocquart, il se compose de deux chaînes sans fin passant en haut sur deux poulies à empreintes, calées sur l’arbre moteur, et, en bas, sur
- deux autres poulies portées par un chariot tendeur, à tension automatique. Les poulies sont disposées pour que les deux brins de chaque chaîne soient séparés par uu intervalle de 3 m environ afin de pouvoir les utiliser l’un et l’autre : le brin supérieur pour la montée des voyageurs, le brin inférieur pour leur descente.
- Entre ces deux chaînes sont placées les marches, dont l’axe avant traverse les chaînes, l’axe arrière étant complètement indépendant. Chacun de ces axes porte deux galets de roulement roulant sur des rails de profil et de pente appropriés.
- Les marches sont donc de véritables chariots de
- 1 m. 06 de large et de 0 m. 96 de long qui peuvent tourner autour de leur axe avant et prendre toutes les inclinaisons désirables par rapport aux chaînes, ce qui permet de les maintenir horizontales vers les paliers, et d’en former un véritable plancher mobile pour faciliter l’entrée et la sortie des voitures d’enfant et des bicyclettes.
- Le plancher des marches est garni d’un caillebotis en bois dur, formant une série de rainures dans lesquelles passent, aux paliers d’arrivée, les dents d’un organe qu’on ne peut appeler autrement qu’un peigne, et dont la fonction est d’empêcher l’introduction d’un objet entre le plancher d’arrivée et la marche.-Les marches disparais-
- Fig. 2. — Partie haute du bâtiment couvrant l’escalier mécanique.
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- sent alors sous le « peigne », tournent autour de l'arbre moteur ou tendeur, puis reprennent leur mouvement dans l'autre sens.
- Tel est le principe qui présidait jusqu’ici à la construction des escaliers Hocquârt qui, nous l’avons dit, ne fonctionnaient que dans un seul sens. Les marches, parvenues à l’arbre moteur autour duquel elles tournaient, se trouvaient sens dessus dessous à la descente, c’est-à-dire dans une position inutilisable.
- Il fallut donc, pour le nouvel escalier qui devait fonctionner dans les deux sens, trouver le moyen de replacer automatiquement ces marches dans la bonne position pour la descente.
- La question a été résolue grâce à un appareil spécial qui, prenant les marches telles qu’elles sont entre les chaînes à leur arrivée près de l’axe supérieur, leur fait
- Fig- 3-
- Vue intérieure de l’escalier Hocquârt.
- exécuter une rotation de 180° qui les met dans la position utilisable pour la descente ; un appareil semblable est placé à la partie inférieure de l’escalier pour mettre les marches à la position de montée. En somme, pour un tour complet de l’escalier, les marches font elles même un tour complet de leur axe avant.
- L’escalier est muni de deux rampes qui se déplacent à la même vitesse que les marches. Il est actionné par un treuil puissant, muni de deux moteurs triphasés : l’un de 45 ch pour la marche normale; l’autre de 140 ch pour les heures d’affluence.
- Ces moteurs sont mis en marche, arrêtés ou changés à l’aide de boutons placés dans les cabines haut et bas de distribution de billets, et que manœuvre le personnel.
- Des appareils de sécurité entrent en jeu automatiquement en cas de manque de courant, ou encore si la vitesse s’accélère du fait d’une surcharge dans l’escalier descendant qui peut alors jouer le rôle de moteur.
- D’autres dispositifs stoppent immédiatement l’escalier s’il se produit un accident à la partie mécanique ou à la partie électrique.
- Ajoutons que le poids de la partie mécanique est de 240 tonnes, dont 110 pour la partie mobile.
- Le nouvel escalier Hocquârt a été livré au public havrais le jour de la Pentecôte, à midi.
- Le nombre des entrées payantes fut de 10000 pour la montée et de 8000 pour la descente.
- Mais voici d’autres chiffres que nous empruntons à un journal du Havre, et qui montrent bien que cet escalier répond à un besoin réel.
- La Société Ilavraise des Logements économiques, qui construit 50 maisons ouvrières par an sur le plateau de Frileuse, n’avait reçu que 52 demandes en 1924 et 58 en 1925. Personne ne songeait à aller se loger au haut de la falaise.
- L’année suivante, lorsque l’on rendit public le projet d’un escalier Hocquârt, les demandes s’élevèrent brusquement à 128.
- Puis, en 1927, alors que les travaux étaient en train, leur nombre monta à 280.
- L’escalier facilitait donc le peuplement, la migration.
- Il apparaît certain que cette belle invention française est appelée à rendre de grands services pour le développement des villes situées en terrains accidentés, notamment pour relier, dans des conditions de confort et de rapidité idéales, deux quartiers séparés par une notable différence de niveaux.
- En évitant toute attente au public, en accueillant aussi facilement la bicyclette de l’ouvrier ou du touriste que la voiture d’en-
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- fant ou le chariot de provisions de la ménagère revenant du marché, ce nouveau système de transport continu apporte une solution du plus haut intérêt à cet art si moderne qu’est l’urbanisme.
- Il convient de noter que la largeur des marches n’a pas de limite dans l’escalier Hocquart : selon le débit escompté, elle pourrait être de plusieurs mètres, et nous savons qu elle est de 1 m. 80 dans certaines stations du Métropolitain.
- % *
- Parmi les capitales « accidentées » que nous connaissons, nous en citerons deux entre autres qui pourraient prendre exemple sur le Havre :
- Québec, dont la haute et la basse ville sont séparées par des rampes très rudes,
- et le fastueux Rio-de-Janeiro, dont les faubourgs grimpent à l’assaut de si pittoresques collines.
- Paris, lui-même, n’aurait-il pas avantage, par exemple, à substituer à son vieux funiculaire de Montmartre, un élévateur à plus grand rendtment, qui répondrait mieux aux conditions actuelles de peuplement de la célèbre Butte ?
- Mais, dans ce cas particulier, il n’est peut-être pas désirable de favoriser l’accroissement de la densité des habitations sur une colline qui conserve encore, au sein de l’immense agglomération parisienne, quelques coins rustiques et verdoyants, chaque jour menacés par la marée des hauls immeubles modernes.
- Et toutes les villes à funiculaire : Lyon, Marseille, Rouen, etc. Et toutes celles qui n’en ont pas! Claude Albaret.
- FjV. 4. — Le retournement des marches.
- O
- LA NITRURATION DES ACIERS
- On sait que si l’on chauffe de l’acier peu carburé au contact de matières carbonées ou dans une atmosphère contenant par exemple de l’oxyde de carbone, du méthane, du cyanogène, le métal absorbe le carbone superficiellement, puis, peu à peu, celui-ci diffuse dans la masse. On dit que l’acier se cémente. Une telle opération a un grand intérêt pratique, car elle permet de conserver à la partie interne du métal toute la malléabilité et l’absence de fragilité de l’acier doux et en même temps d’avoir une surface aussi dure que celle d’une masse d’acier à haute teneur en carbone. On a donc ainsi réunies, sur une même pièce, les propriétés recherchées de deux espèces d’acier bien différentes.
- Toutefois cette opération présente quelques inconvénients bien connus. En particulier elle se fait à haute
- température, vers 1000°, et pour que la couche cémentée possède toute sa dureté, il faut tremper la pièce ; il en résulte des déformations qui nécessitent une rectification coûteuse.
- Les difficultés grandissantes de la technique ont poussé les chercheurs à faire appel à d’autres métalloïdes ou même à des métaux comme l’aluminium pour cette opération dé la cémentation qui à l’origine ne se faisait qu’avec le carbone. C’est ainsi que l’on nitrure superficiellement l’acier, opération que nous allons exposer ici.
- Frémy, qui fut professeur au Muséum, a montré vers 1£60 que si l’on faisait passer un courant de gaz ammoniac sur des fils de fer chauffés au rouge sombre, ceux-ci deviennent cassants et se trouvent couverts d’une couche extrêmement dure de nitrure de fer.
- A
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- Fig. 1. — Micrographie d’un acier doux cémenté au carbone. Les empreintes de billes montrent la dureté des diverses régions inversement proportionnelle au rayon de l'empreinte.
- (Carbone décroissant de droite à gauche )
- Récemment au, Laboratoire de recherches des usines Krupp, le Professeur Fry a fait une étude systématique des combinaisons du fer et de l’azote. Ce travail théorique a conduit les établissements Krupp à prendre plusieurs brevets sur la cémentation des aciers par l’ammoniac. Fry a fait passer de l’ammoniac sur du fer électro lytique ou de l’acier doux chauffé vers 500°, température relativement basse. D’après cet auteur, on aurait les réactions réversibles suivantes :
- 4 Fe-f-3 N H5 ^ 2 Fe* N + 3 H2 8 Fe + 2 NID J 2 Fes N H- 3 II2
- Fig. 3. — Micrographie d’un acier doux niiruré.
- Couche superficielle de nitrure Fe2N, puis aiguilles de nitrure dans la masse du métal.
- (Azote croissant de droite à gauche.)
- La métallographie nous montre, en effet, des couches de nitrure d’aspect différent (fig. 3).
- Le composé Fe2N ou une solution solide voisine forme la couche superficielle, on trouve ensuite le constituant Fe4N qui pénètre peu à peu à travers l’échantillon. La couche de nitrure a une épaisseur variable avec la température de l’opération (on peut commencer à 300°) et la durée du passage de l’ammoniac. Ainsi pour des temps de passage de 20 h à 140 h l’épaisseur nitrurée passe de 0,2 m/m à 1 m/m.
- Comme nous le voyons sur la micrographie (fig. 4), la formation de la couche dure superficielle est accompagnée de la pénétrationprofonde d’aiguilles denitrure quirendent le métal extrêmement fragile. La méthode déduite des expériences de Fry avait donc besoin d’une mise au point.
- D’après M. L. Guillet, la nitruration ne convient que pour les aciers spéciaux au chrome, au molybdène, à l’aluminium et au vanadium, métaux qui ralentissent suffisamment la diffusion du nitrure à l’intérieur du métal. Dans ce cas la fragilité de l’acier n’est pas augmentée. Pratiquement cette nouvelle cémentation se fait de la
- façon suivante. Les pièces à traiter sont chauffées dans des fours électriques à résistance, réglés à 500°, le courant d’ammoniac passe pendant 90 heures de façon à obtenir une couche de nitrure d’environ 0,8 ro/m. Dans ces conditions, on obtient une dureté superficielle extrêmement grande : la lime n’attaque pas les pièces nitrurées. Il faut bien remarquer, de plus, que ce résultat a été obtenu sans l’intervention d’aucune trempe. On ne constate, après traitement, que des déformations extrêmement faibles. Enfin la dureté de la couche se conserve jusque vers 500°, ce qui est très important pour la construction de certaines pièces de moteurs.
- Quelques faits montrent l’intérêt de cette découverte :
- Fig. 2. — Micrographie d’un barreau cémenté.
- A gauche : ferrite blanche et perlite noire (C — 0,1 °/0) ; à droite : la cémentite secondaire (G “ 1,3 °/0) apparaît en éléments fins et en barres.
- des engrenages de distribution de moteurs d’automobile fabriqués en acier nickel-chrome cémenté se trouvaient hors d’usage après 4000 à 5000 km. En remplaçant ces pièces par des engrenages en acier nitruré, on n’a constaté aucune trace d’usure après 30000 km. Des arbres à cames en acier nickel-chrome cémenté qui dans certains moteurs d’aviation se trouvaient mis hors de service après quelques heures à pleine puissance ont été ensuite fabriqués en acier nitruré et après un long service ces pièces n’avaient
- subi aucune usure. Georges Chaudron.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Lille.
- Fig. 4. — Cristaux de nitrures de fer.
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- E LA QUESTION DU PÉTROLE E DANS LES COLONIES FRANÇAISES
- SYRIE
- La Syrie n’a encore été le sujet d’aucune étude géologique et la classification de ses terrains, principalement du Jurassique et du Crétacé du Liban, a reçu de la part des rares auteurs qui se sont occupés d’elle, Fraas, Diner, Blanckenhorn, Zumoffen, des interprétations bien différentes les unes des autres. La tectonique est aussi mal définie que la stratigraphie; à la grande faille arabo-palestinienne du Jourdain, font suite, vers le Nord, la cassure de la plaine de la Bekka et une série de failles secondaires, celles de l’Ouest, parallèles à la Bekka et développées dans le Liban, celles de l’Est, divergeant en éventail de l’Her-mon et se ramifiant dans l’Anti-Liban, où elles finissent par s’incurver vers l’Est.
- Les hydrocarbures manifestent leur ' pré se nce sous des aspects divers en Syrie, comme l’a fait voir M. H. Lafond (').
- Un gîte d’asphalte pur ou bitume de Judée est connu depuis longtemps dans les calcaires marneux blancs à silex du Crétacé supérieur du Liban à Ilas-baya; il se présente en strates de puissance variable, atteignant au maximum 50 cm. N’ayant fait l’objet d’aucune exploration méthodique, il a été plus ou moins mal exploité, jusqu’à ces dernières années, où l’extraction a été abandonnée par l’amodiataire de la concession, propriété de l’Etat du Grand Liban.
- A 15 km au Nord d’Hasbaya, un asphalte plus pâteux que le bitume de Judée a été autrefois retiré du gisement de Soughmour.
- Des parties asphaltiques se rencontrent dans les calcaires marneux blancs à silex du Crétacé supérieur en de nombreux points de la Syrie : Yakharen, dans la vallée du Yarmouk, près de la frontière de Palestine, où 82 m de calcaires phosphatés bituminisés sont séparés d’une couverture de 37 m de calcaires bituminisés par 42 m de marnes; Doummar, près de Damas; Lattaquié. Sur ce dernier point, trois concessions ont été prospectées, mais nulle part il n’a été entrepris d’exploitation.
- Dans le djebel Sindjar, que coupe en deux la frontière
- I. ressources minérales des territoires soumis au mandat français en Syrie et au Liban. Ann. Off. nat. Comb. liq., I, 1926, p. 298.
- de la Syrie et de l’Irak, à mi-distance entre l’Euphrate et le Tigre, affleurent des schistes bitumineux qui n’ont pas éLé étudiés.
- Un suintement donnant par heure 1 litre d’huile de pétrole a été reconnu dans le Nord-Ouest de la Syrie, entre Alexandrette et Arsous, à la surface d’affleurement d’un banc de grès subordonné à des argiles. De petits sondages effectués à son voisinage, avant la guerre, n’ont pas donné de résultats.
- Bien plus à l’Est, dans le désert de Palmyre, à 40 km à l’Ouest ,de Deir ez Zor, localité située sur les bords de l’Euphrate, se dresse le djebel Bichri, où de l’asphalte
- remplit toute une série de lacs, dans une zone de 10 km de long sur 3 de large; tantôt le bitume se trouve là à l’état mou et presque pur (95,5 pour 100), tantôt il cimente du sable (roche donnant 26 pour 100 de bitume pour 71 pour 100 de silice). Non seulement l’asphalte pourrait être exploité ici, mais, en outre, des recherches de pétrole devraient être entreprises au djebel Bichri.
- Rien encore n’a été fait ici au point de vue industriel, bien qu’une concession de bitume et des permis de recherches de pétrole aient été accordés depuis longtemps.
- Enfin, la région la plus intéressante de la Syrie, au point de vue des hydrocarbures, est, à mon avis, la région qui se termine par le « Bec de Canard », avancée de notre pays de mandat entre l’Anatolie et l’Irak, au delà de 1 Euphrate, en direction et au voisinage immédiat du Tigre que notre territoire atteint à Djeziret Ibn Omar. Cette région de notre Protectorat, dite politiquement inaccessible, est en effet relativement proche des gisements mésopotamiens de naphte de Zakho et d’Harbol, situés un peu à l’Est du Tigre, au Nord de Mossoul.
- Il y a, a priori,^toutes chances pour que la zone des pétroles du voisinage de celte ville se prolonge vers l’Ouest en pays sous mandat français (fig. 1).
- D’ailleurs un autre gisement, El Hadr, situé au Sud-Ouest de Mossoul, n’est également pas très éloigné de la frontière syrienne, vers la latitude de la saline de Bevara. Il suffit de rappeler que toutes ces localités où suinte en abondance le naphte, font partie de la même région pétrolifère que Hamman Ali, Baba Gurgur, Iverkouk, Tarill et Kasr i Chirin, points situés au Sud ou Sud-Est de Mossoul, dans le bassin du Tigre.
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- o Palmyre
- Fig. 1. — Les gisements pétrolifères de Syrie.
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- De même, dans le bassin de l’Euphrate, les hydrocarbures affleurent non seulement près de Hit, mais encore plus au Nord, non loin du même fleuve, de part et d’autre du confluent du Khabour et de l’Euphrate, dans la région de Rakka, en Syrie même, au milieu de l’État d’Alep.
- Je rappellerai que le premier puits de Baba Gurgur, en Irak, donnait le 22 novembre dernier une production de 14000 tonnes et qu’il a pu depuis être fermé. Foré sur un anticlinal de 300 km de longueur, le pétrole faillissait de ce puits en provenance de la profondeur de 1500 pieds avec une pression initiale de 70 atmosphères le 17 octobre 1927.
- En juin 1928 un puits de Tarill, à 30 km de Baba Gurgur, a atteint, sous une pression également formidable, un pétrole tout particulièrement riche en essence.
- La constance d’allure des plissements anticlinaux est l’un des traits les plus frappants révélés par les prospections géologiques récentes de pétrole en Perse et en Mésopotamie. C’est précisément sur la zone des anticlinaux particulièrement riches en naphte et traversant sur 700 à 800 km, avec une direction d’abord Est-Ouest, puis Sud-Est Nord-Ouest, toute la Perse méridionale, qu’a été découvert le pétrole de l’Irak; dans ce dernier pays, cette même aire tectonique est encore longue de 400 à 500 km, sinon davantage, et atteint ainsi, toujours avec une orientation Sud-Est-Nord-Ouest, la région de Mossoul.
- J’estime que cette zone technique doit pénétrer dans notre pays de mandat de l Etat d’Alep ; venant de la région pétrolifère d’El Hadr, elle gagne très vraisemblablement la zone de naphte du confluent du Khabour, peut-être même s’infléchit-elle ainsi vers l’Ouest pour arriver aux abords sud d’Alexandrette. Tout un vaste champ d’exploration de terrains pétrolifères, en contrée vierge au point de vue géologique comme au point de vue minier, est donc ouvert à nos investigations dans le Nord de l’État d’Alep.
- INDOCHINE FRANÇAISE
- Tonkin. — Du pétrole a été indiqué, à diverses reprises, comme affleurant sur le territoire de l’Indochine française. Seules les manifestations du bassin des lignites tertiaires de.Yen-Bay, au Tonkin, méritent de retenir l’attention.
- L’étude qui en a été faite j1) montre que, dans cette région, les imprégnations hydrocarburées se rencontrent le long d’une zone de calcaires graphiteux gris-noirâtres de 50 m de large, intercalée au milieu de schistes primaires, au voisinage du contact de la série tertiaire de Yen-Bay. Les fissures particulièrement nombreuses dans ces calcaires et en général remplies de carbonate de chaux cristallisé, comportent cependant des vides géo-diques tapissés d’un enduit d’huile épaisse, jaune verdâtre, rappelant par sa consistance les huiles de graissage.
- Il est évident que de telles conditions de gisement ne laissent place à aucun espoir d’extraction industrielle et
- 1. P. Viennot. Gisements pétrolifères de Yen Bay. Bull. Soc. Geo/. France, 4, XXIV, 1924, p. 592.
- que toute chance de trouver de l’huile au Tonkin doit être abandonnée dans l’état actuel de nos connaissances géologiques locales.
- NOU VELLE-C ALÉDONIE
- Vers 1900, fut découverte une pellicule d’huile sur de l’eau dans le fond d’une excavation de quelques mètres à Koumac, au pied du massif des serpentines du piton de Pandop; l’eau était retenue par des schistes serpen-tineux recouverts de péridotites. L’approfondissement du puits fit voir le développement de fissures donnant de petits suintements de naphte. A 7 m, le sondage se remplit d’eau en quelques minutes; par la suite, une pellicule irisée, à odeur de pétrole, se maintint à la surface de l’eau, donnant un liquide de densité 0,93, qui, traité à 400°, fournit 80 pour 100 d’huile lourde (‘j.
- Cinq sondages ont été effectués à Ivoumao, dans ces 15 dernières années ; trois d’entre eux ont donné des traces d’huile à 190, 198 et 461 m. D’autres forages ont encore été effectués beaucoup plus au Sud, vers Nouméa.
- Mais sur toute cette prospection, restée aux mains de Soicétés étrangères, nous ne possédons aucune documentation. Il semble donc qu’une étude méthodique de l île, faite par un groupement français au point de vue du naphte, s’impose.
- MARTINIQUE
- La question du pétrole à la Martinique a fait récemment le sujet d’une étude spéciale de M. L. Barrabé (2).
- Des enduits asphaltiques, connus des pêcheurs locaux sous le nom de « caca baleine » se rencontrent en de nombreux points le long du littoral sud et est de l’île. Ce bitume résulte de la solidification de pellicules huileuses flottant à la surface de la mer à un état semi-visqueux et venant se coller sur les roches de la côte. L’huile qui donne naissance à ces dépôts bitumineux provient de suintements sous-marins situés entre la Martinique et Sainte-Lucie, car des formations analogues s’observent sur le rivage de cette dernière île.
- Des suintements d’huile sont indiqués comme ayant été rencontrés vers 40 et vers 55 m de profondeur, par le forage entrepris à Sigy, près du Vauquelin, dans le Sud-Est de la Martinique; mais ces indices sont demeurés trop mal définis scientifiquement et techniquement pour qu’il soit possible d’en faire état ici.
- Si la question du pétrole à la Martinique reste ainsi en suspens, du moins peut-on dire qu’elle se présente sous un jour peu favorable au point de vue industriel.
- GUADELOUPE
- Aucune manifestation hydrocarburée superficielle n’a à ma connaissance été reconnue à la Guadeloupe. Mais, selon la remarque de M.-L. Barrabé, cette île se trouve sur l’arc des Antilles qui passe par la Trinité, la Bar-bade et Haïti. La Trinité est un des pays grands producteurs de pétrole du globe; les horizons pétrolifères
- 1. Glasser. Richesses minérales de la Nouvelle-Calédonie. Ann. Min., 1904
- 2. Le Pétrole à la Martinique. Ann. Off. Nat. Comb. Liquid 111, 1928, p. 7.
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- s’y étagentdans l’Éocène supérieur, l’Oligocène inférieur et supérieur, le Pliocène. A la Barbade, l’Eocène supérieur et l’Oligocène inférieur sont bien imprégnés d’huile, mais n’ont point donné de produits à rendement industriel. Enfin dans le sud d’Haïti, l’Éocène d’Azua a fourni du pétrole exploitable. La Grande Terre de la Guadeloupe, essentiellement constituée par des terrains tertiaires dont l’âge n’a d’ailleurs pas été jusqu’à présent précisé, mériterait donc une étude géologique, prélude d’une prospection pétrolifère, si les déductions tirées de l’examen méthodique du sous-sol se montraient favorables à une telle entreprise.
- GUYANE FRANÇAISE
- Le peu que nous savons de la géologie de la Guyane française ne suggère pas, a prioi'i, la possibilité de la rencontre de pétrole dans notre Colonie sud américaine. Cependant des indices d’huile auraient été reconnus dans la région des savanes comprises entre Iracoubo et Sinnanary, où, sous 2 ou 3 m d’argiles schisteuses, se rencontreraient des sables calcaires bituminisés.
- Des indices de pétrole auraient également été relevés dans le haut bassin du Maroni, à travers la région comprise entre l’Awa, l’Araoua et le Marsuini. Mais toutes ces données, et d’autres encore publiées par la presse, ne reposent sur aucune documentation scientifique ou industrielle. Le problème du pétrole demeure entier pour la Guyane et il y a d’ailleurs peu de chances qu’il doive être résolu affirmativement, en raison de la constitution géologique de la contrée.
- CONCLUSIONS
- Nos Colonies, Pays de Protectorat et de Mandat,
- devant, avec d’assez grandes probabilités, recéler du pétrole dans leur sous-sol, sont : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Cameroun, Madagascar, l’Etat d’Alep et la Nouvelle-Calédonie. Des sondages ont déjà été effectués dans toutes ces contrées, sauf dans l’Etat d’Alep, qui est pourtant le territoire où les chances de succès sont les plus grandes.
- Au Maroc, en Algérie, en Tunisie, les forages auraient dû être bien plus nombreux, souvent aussi plus profonds, pour que nous puissions nous considérer comme documentés définitivement sur la question du naphte dans ces régions.
- Au Cameroun, à Madagascar, en Nouvelle-Calédonie, quelques puits ont été creusés par des firmes étrangères. Nous ne connaissons pas, dans bien des cas, et très insuffisamment, dans d’autres, la coupe des terrains traversés par les foreuses; nous ignorons d’ailleurs souvent aussi la nature et l’importance des suintements d’huile que ces sondages ont rencontrés.
- Il serait très désirable qu’un programme méthodique de recherches pétrolifères dans les possessions françaises fût sérieusement tracé. Les résultats techniques acquis jusqu’ici ne sont pas négligeables, eu égard aux grandes difficultés de réalisation que de telles investigations rencontrent. Mais des études géologiques et des travaux cartographiques doivent être organisés dans les contrées encore insuffisamment explorées au point de vue scientifique. D’autre part, une campagne de sondages nous fixerait vraisemblablement sur la valeur pétrolifère d’un certain nombre de nos Colonies. Cet ensemble de travaux serait sans doute fructueux en nouvelles découvertes minières. L. Joleaud
- Professeur à la Sorbonne.
- = UNE FONDERIE MODERNE =
- ET SES INSTALLATIONS MÉCANIQUES
- On a toujours intérêt, dans un atelier important, à multiplier les engins de manutention, particulièrement lorsqu’on doit manipuler des pièces d’un poids déjà élevé et aussi lorsque la marche du travail est continue et régulière.
- L’un des exemples les plus frappants des avantages qu’on peut retirer d’installations de ce genre, est celui de la fonderie américaine des automobiles Studebacker, qui est probablement la plus importante du monde.
- Elle mesure, pour la partie couverte, environ 228 m sur 240; elle est remarquable non seulement par ses dimensions considérables, mais par l’organisation du travail.
- C’est ainsi que le sable est manutentionné mécaniquement d’une façon très complète, grâce à un appareillage mécanique à mouvement continu. La production est de 1500 tonnes par jour de produits fondus, moulés, finis, prêts pour l’usinage.
- ORGANISATION GÉNÉRALE DE L'USINE
- Les matières premières sont naturellement déchargées mécaniquement. Le coke est emmagasiné dans des silos surélevés, permettant par la suite d’alimenter les cubilots par gravité. Des élévateurs servent à la manutention et on intercale des appareils automatiques de pesée sur le trajet. Ce sont des bascules de 1000 kg.
- Le magasin de fonte brute est prévu pour 280 wagons de 50 tonnes de capacité et les fontes sont amenées à chaque extrémité de l’étage au moyen d’élévateurs ou de grues. Le contrôle s’effectue par des bascules de 2500 kg. Des cars électriques assurent les transports pour amener les voitures de fonte à l’aplomb de l’élévateur choisi.
- C’est au troisième étage que se fait la préparation du chargement des cubilots. Il est équipé avec 18 voies où peuvent circuler 160 wagonnets de chargement, une voie générale dessert le front des cubilots et communique
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- avec des embranchements à angle droit qui permettent de transférer les wagonnets des élévateurs à l’étage de chargement et de là aux cubilots. La plate-forme projette les matières dans les cubilots et elle est prévue de telle manière que si les élévateurs sont hors de service, on puisse utiliser des grues pour manutentionner la fonte et le coke, depuis les approvisionnements jusqu'aux cubilots.
- Les portes des cubilots sont manœuvrées pneumatiquement, de même que la décharge des wagonnets lorsque
- 450 wagons, ce qui permet largement à la fonderie de travailler sans être ravitaillée en sable pendant une période de six mois.
- Le sable est déchargé au moyen d’une grue électrique de 5 tonnes équipée avec une benne preneuse. Mentionnons qu’il y a également dans la fonderie deux grues de 10 tonnes avec un électro-aimant pour manutentionner les approvisionnements, les saumons de fonte et les riblons.
- Le sable frais est transféré au hall de moulage, direc-
- Fig. 1. — Appareil de manutention du sable à noyau.
- Le sable, soitant des tamiseurs à secousses, est amené dans un mélangeur où il est trituré avec de l’iiuile.
- la porte est ouverte. Cet équipement a permis de réduire le nombre d’hommes nécessaires de 32 à 9.
- 11 ne s’agit là jusqu’à présent que de systèmes connus et\ appliqués couramment dans les industries métallurgiques, mais la partie la plus remarquable de la fonderie est celle qui assure la circulation des sables de moulage.
- CIRCULATION DES SABLES
- Les silos à sable, au nombre de huit, sont placés entre les amas de fonte emmagasinés. Leur capacité est de
- tement à partir des silos, dans des trémies de chargemènt qui alimentent les moules. Le sable pour les noyaux est amené de l’approvisionnement à des trémies à secousses, qui distribuent la quantité voulue. Il est mélangé et élevé par des godets iusqu’au second étage où les matières sont déchargées pour retomber dans un mélangeur. L’huile nécessaire à la préparation des noyaux est envoyée dans les mélangeurs par gravité, à partir d’un petit réservoir qui est alimenté par une pompe aspirante dans un réservoir général placé à l’extrémité du bâtiment.
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- Fig. 2. — Les silos à sable de la fonderie.
- Ces silos de grande capacité sont chargés à l’aide d’un élévateur et de transporteurs à courroie. Le sable qu’ils contiennent alimente la fonderie pendant une période d’environ 6 mois.
- Ces mélanges sont placés sur une plateforme, de façon que les wagonnets puissent recueillir le sable préparé pour l’amener aux halls de fabrication où il se décharge par des goulottes de métal qui desservent les noy auteurs.
- Le sable destiné à la garniture des moues est manutentionné de la même manière et il passe également dans des mélangeurs.
- Une fois cette opération faite, il est amené par un convoyeur dans un appareil de régénération; finalement il est déchargé dans deux silos d’acier situés à l’étage principal de la construction.
- On utilise deux sortes de sables de moulage, l’une pour la fonderie des cylindres, l'autre pour les diverses pièces qui sont fabriquées dans l’usine, comme par exemple les corps de pompe à huile. Il y a donc deux compartiments différents d’approvisionnement.
- Le hall des noyaux communique de chaque côté avec les chambres de moulage qui sont desservies par près de 2 kilomètres de voie monorail où circulent des grues de 5 tonnes qui desservent les ateliers de moulage en véhiculant les poches de fonte liquide.
- Ce monorail sert aussi à transporter les approvisionnements de noyaux qui après le traitement spécial qu’ils doivent subir sont amenés aux ateliers de moulage.
- LE MOULAGE
- Dans chacun de ceux-ci, on moule des pièces bien déterminées. Les deux parties de chaque moule sont préparées sur des tables rotatives.
- Des palans à air comprimé les déposent sur un transporteur qui se déplace d’un mouvement continu et pendant ce déplacement, c’est un véritable travail à la chaîne que l’on effectue.
- Les noyaux sont mis en place, les châssis du moule sont assemblés; finalement le métal fondu, qui arrive au moyen de la grue électrique monorail, est coulé dans le moule.
- Le même transporteur conduit alors les moules au démoulage.
- Celui-ci s’effectue au-dessus d’une grille, de sorte que le sable tombe dans une trémie.
- Les châssis sont placés sur un autre transporteur, de manière à être ramenés au moulage.
- Le sable chaud que l’on a recueilli est repris par un transporteur en acier, puis déversé sur un transporteur à courroie afin de passer sous un trieur magnétique ; cette machine enlève avec ses aimants les parti-
- cules de métal qui pourraient se trouver dans le moule.
- Ainsi nettoyé, le sable tombe sur un tamis rotatif et enfin, il est repris par un élévateur qui le décharge sur une courroie circulant au-dessus de deux silos à fond mobile.
- Le moule pendant ce temps se refroidit au cours de
- Fig. 3. — Atelier de moulage.
- Préparation des moules, Ceux-ci sont ensuite transportés au moyen de palans à air comprimé suspendus à un monorail.
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- Fig. 4. — Coulée du métal.
- La poche de fonte liquide est suspendue à une grue sur monorail et se déplace devant les moules assemblés.
- son déplacement. Il passe dans une sorte de tunnel en sous-sol où il est véhiculé par une courroie et arrosé. Il circule ensuite dans un régénérateur où il est aéré et enfin un transporteur le fait cheminer jusqu’au-dessus des trémies de chargement des moules, où il se présente pour une opération suivante.
- Quant aux pièces de fonte obtenues, elles passent aux ateliers d’ébarbage et de nettoyage qui disposent de tous les moyens les plus perfectionnés pour préparer les pièces : meules, polissoirs, machines à sabler.
- Le système de ventilation et de chauffage est particulièrement étudié.
- Les baies sont ouvertes ou fermées au moyen de moteurs électriques et les boutons de commande sont localisés en un certain nombre de points de l’étage, ce qui permet d’ouvrir ou de fermer entièrement les baies.
- Tout un système de commandes électriques est prévu pour permettre l’ouverture dans les conditions désirées.
- Soixante-six moteurs sont ainsi employés pour l’aération des baies.
- Des précautions particulières ont été prises pour le pavage en briques des divers étages, les briques étant fabriquées spécialement pour ne pas être attaquées par le métal fondu.
- Nous n’avons donné qu’un aperçu des installations de manutentions qui se trouvent réparties dans tous les points de la plus importante fonderie américaine, mais
- ou peut se rendre compte facilement de la continuité du travail, que des moyens aussi perfectionnés sont susceptibles d’assurer.
- Avec des engins ainsi disposés, la production des pièces de fonte devient du travail en série, aussi bien que les opérations de montage d’automobiles, par exemple, dans de grands ateliers.
- Grâce à cet appareillage bien conçu, qui paraît tout d’abord compliqué, mais dont l’entretien est simple et facile, on compte que les nouvelles installations procurent une économie considérable, qui peut s’estimer à 220 dollars pour mille pièces, sans tenir compte d’ailleurs de l’économie qu’on réalise pour l’entretien des châssis et des modèles. Enfin les pièces obtenues sont de qualité plus uniforme qu’avec les anciens procédés. Il est évident qu’il ne faut pas vouloir appliquer les mêmes méthodes quand la production est continuellement variée par la nature différente des pièces ou bien si le tonnage n’est pas suffisant pour amortir les frais d’établissement énormes qu’exige l’agencement d’un atelier de fonderie aussi perfectionné. Cependant, il est possible de tirer un enseignement d’organisations aussi étudiées. En étudiant ensuite avec ce même esprit une installation de fonderie même assez ordinaire, on envisage d’une toute autre façon les dispositions à prendre pour assurer un gain de temps et d’argent, sans exagérer l’effort demandé à l’ouvrier.
- E.-H. Weiss.
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- L’INDUSTRIE DE LA TANNERIE
- L’industrie de la tannerie consiste à transformer la peau animale en cuir, c’est-à-dire en une substance imputrescible, offrant une certaine résistance aux agents mécaniques et à l’humidité. Cet état particulier résulte de la combinaison qui a lieu au cours du tannage entre les protéines de la peau et les substances tannantes, végétales ou minérales. Depuis l’antiquité la plus reculée, cette industrie ne cesse d’évoluer, mais elle n’est entrée dans un domaine vraiment scientifique que lors du développement de nos connaissances en physicochimie, en biologie, en microscopie et surtout en chimie colloïdale. 1
- La pratique industrielle moderne dispose d’un certain nombre de modes opératoires ou de procédés, qui, partant d’une même matière première, la peau animale, conduisent à des produits finis, différents quant à leurs propriétés et à leurs usages. On peut classer cette technique en deux parties selon que l’on met en œuvre des produits naturels tirés des végétaux qui sont les « tanins vrais » (tannage végétal) ou que l’on utilise des substances minérales ou organiques particulières : les «pseudo-tanins ». Les tannages minéraux utilisent le sulfate d’alumine, l’alun de chrome, les sels chro-miques (sulfate ou chlorure), les sels de fer, d’étain, d’antimoine. Enfin les tannages organiques se font à la quinone, à l’aldélyde formique, aux huiles de poissons, aux tanins synthétiques.
- LA PEAU
- Sans entrer dans des considérations histologiques approfondies, rappelons que la peau animale se divise en deux couches très distinctes : 1° l’épiderme, 2° le derme.
- La première, recouverte d’abord par une couche cornée de cellules mortes, est constituée dans sa profondeur par un tissu épithélial de forme pavimenteuse ou couche de Malpighi ; les poils sont des productions épidermiques.
- La seconde renferme du tissu conjonctif et élastique à fibres longues. Il enrobe les glandes, les vaisseaux et les nerfs.
- D’une façon générale, les tissus dont la peau est formée sont des matières organiques azotées appartenant à la classe des substances albuminoïdes que l’on désigne spécialement sous le nom de « protéines ». On y trouve également, mais en faible proportion, des sels minéraux et des graisses.
- Ces protéines forment une classe des plus importantes, mais aussi des plus complexes de la chimie organique ; elles sont remarquables par leurs propriétés communes tant physiques que chimiques et parles difficultés que l’on éprouve à les isoler les unes des autres qualitativement. Ce sont des substances de composition quaternaire, formées de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, d’azote, qui peuvent aussi renfermer du phosphore ou du soufre. Elles sont « amphotères », c’est-à-dire qu’elles se combinent à la fois avec les acides ou les bases pour former des sels ionisables en solution aqueuse Elles gonflent dans l’eau et « s’hydrolysent» avec une plus ou moins grande rapidité sous l’action des acides, des bases ou des enzymes, à température convenable. Leur hydrolyse (qui se produit durant tout le travail de la tannerie) donne naissance à des produits de désintégration de complexité décroissante, c’est-à-dire que l’on passe successivement, en fonction de la durée de l’opération, par les stades de plus en plus simples de protéoses, de peptones, de polypeptides, d’acides aminés, d’amines et d’ammoniaque.
- Les protéines constitutives de la peau sont rangées dans la classe des « scléroprotéines », elles comprennent la gélatine, le collagène et l’élastine que l’on trouve dans le
- derme ; la kératine et la kératose qui contiennent du soufre et que 1 on trouve dans l’épiderme et lés productions épidermiques.
- Pour faire du cuir il faut en premier lieu séparer l’épiderme du derme. A cet effet, la peau subit une série d’opérations que l’on désigne techniquement sous le nom de « travail de rivière » et qui aboutissent à l’élimination de l’épiderme. Puis le derme est ensuite soumis à l’action de matières tannantes diverses, c’est le « tannage » proprement dit. ;
- LA TREMPE
- Les peaux, quelles que soient leurs espèces, arrivent à l’usine sous différents états. Elles peuvent être fraîches si elles viennent directement de l’abattoir immédiatement après que l’on a dépouillé l’animal, ou salées fraîches si elles ont subi un magasinage, ce qui est le cas pour toutes les peaux de l’intérieur. Si elles viennent de l’étranger (peaux exotiques des colonies, de l’Amériquedu Sud, des Indes, de Chine, etc.) elles sont, suivant les cas, séchées, salées et séchées, arseni-quées, etc... En tout cas, comme il s’écoule un temps parfois considérable entre le . moment où l’animal a été tué et celui de la mise en travail, il est nécessaire de pratiquer une première opération que l’on désigne sous le nom de « reverdissage » ou de « trempe ».
- Elle consiste à laisser les peaux immergées dans de grands bassins remplis d’eau pure ou, suivant les cas, additionnée d’agents chimiques, durant un temps plus ou moins variable. Pendant cette trempe, les peaux se débarrassent des impuretés dont elles sont imprégnées : souillures d’étable, sang, et abandonnent le plus complètement possible le sel marin qui assurait leur conservation. En même temps elles prennent un état d’hydratation assez voisin de celui de la dépouille fraîche. Cette opération traverse donc une série de phases où l’on note une absorption mécanique de l’eau et une absorption chimique qui est une hydratation des constituants chimiques des fibres ou le début d’une légère hydrolyse avec mise en liberté des produits de désintégration. Les peaux amènent avec elles des colonies microbiennes qui se développent rapidement, surtout en été, qui s’attaquent aux protéines, au collagène et peuvent amener une destruction rapide et quelquefois complète des peaux.
- Pour diminuer la durée du reverdissage, surtout dans le cas des peaux qui ont été séchées, on additionne l’eau de petites quantités de substances favorisant l’opération, telles que la soudé caustique, le sulfure de sodium, fiarsenite de soude, le sulfo-cyanure de sodium, le citrate de soude, ou des produits acides comme par exemple des solutions d’acide sulfureux qui jouit d’un pouvoir bactéricide marqué.
- L'ÉPILAGE
- * Les peaux ainsi « revenues » sont traitées en vue de l’épi-lage qui a pour but la séparation des deux parties principales de la peau que nous avons mentionnées déjà. On arrive à ce résultat par des voies différentes qui peuvent être chimiques ou biologiques.
- Dans le processus chimique, la peau est soumise à l’action d’alcalins tels que la chaux, le sulfure de sodiumNa2S, le sulfure d’arsenic As*S3, le sulfhydrate de chaux Ca(SH)2, dont l’action se manifeste d’abord par un gonflement accentué des fibres résultant d'une absorption notable d’eau favorisée par la forte concentration en ions hydroxyle des solutions et en second lieu par une désintégration plus ou moins rapide
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- des matières albuminoïdes de la zone de séparation de l'épiderme et du derme. On assure ainsi une séparation facile des deux parties et quelquefois, dans le cas d’un travail rapide, on provoque une dissolution complète de l’épiderme; car c’est la portion inférieure de la couche épidermique (couche de Malpighi ou stratum mucosum) qui se trouve dissoute, laissant les poils détachés dans leurs follicules.
- La différence de constitution chimique ou plutôt la diversité des aspects moléculaires des scléroprotéines formant les tissus peut expliquer l’action des réactifs.
- En effet, on a vu que les poils et l’épiderme sont composés en majeure partie de kéraûne, tandis que le derme ou corium constituant la véritable substance de la peau renferme surtout du collagène. Ces kératines, en particulier celles qui sont de formation assez récente, sont facilement hydrolysables et sont très sensibles à l’action des sulfures alcalins en solution alcaline, tandis que le derme l’est beaucoup moins. La destruction des poils est donc provoquée par l’action des ions sulfurés ou hydrosulfurés et des ions hydroxyles. De plus, la raison pour laquelle la kératine est plus facilementhydro-lysée que le collagène doit se trouver dans la différence de structure de ces deux protéines, le collagène ne renfermant pas de soufre tandis que cetélémentexisteenquantitévariable, mais notable, dans la kératine.
- Les procédés biologiques tirent leur origine d’un système très ancien de fermentation spontanée qui est encore maintenu en partie dans l’industrie lainière de Mazamet et connu sous le nom de procédé à « l’échauffé ». La peau, abandonnée à elle-même à une température convenable, entre en un certain état de putréfaction qui amène une chute rapide du poil.
- Cette vieille méthode a donné naissance à des recherches récentes portant sur des éléments biologiques particuliers appelés les « enzymes ». On sait que ces enzymes ou dias-tases sont sécrétées par des cellules vivantes (microorganisme, moisissures, organes animaux ou végétaux). Leur propriété caractéristique est de produire, sous un poids très minime, une très grande quantité de travail chimique, sans que leur propre matière disparaisse en. se combinant d’une façon définitive avec les produits de transformation.
- Elles sont capables de donner naissance à des phénomènes d’oxydation, de réduction, de coagulation, d’hydrolyse et de synthèse. Certaines hydrolysent les protéines de la peau. Elles peuvent être d’origine animale comme la « pepsine » et la « trypsine pancréatique » ou produites par des moisissures comme la protéase de YAspergillus orizæ.
- La « pepsine » est la substance active du suc gastrique, elle possède le pouvoir de dissoudre d’abord les protéines, puis de les peptoniser (pouvoir digestif) par un processus d’hydratation progressive, du reste incomplet, qui aboutit à la formation de globuline soluble, puis de métaprotéines, d’albu-minoses primaires et secondaires, et enfin de peptones.
- La « trypsine pancréatique », dont la forme commerciale est connue sous le nom de « pancréatine », est une enzyme protéolytique du suc pancréatique qui renferme du reste trois diastases, à savoir : les « amylases » qui transforment les matières amylacées en sucre, les « lipases » qui hydrolysent les graisses, les « protéases qui hydrolysent les protéines. La trypsine n’est pas une protéase unique du suc pancréatique, mais se trouve en mélange de diastases de même sorte dont aucune n’a pu être isolée jusqu’à présent à l’état pur. L’action de la trypsine est beaucoup plus accentuée que celle de la pepsine, car on aboutit à la formation de polypeptides simples et d’acides aminés. Son pouvoir optimum est obtenu en milieu très légèrement alcalin (alcalin au rouge de crésol et acide à la phénolphtaléine). Son application industrielle est la suivante dans le cas de l’épilage : la peau préalable-
- ment immergée dans une solution de soude caustique neutralisée par le bicarbonate de soude est ensuite mise dans une solution de « pancréatine » à une température voisine de 38 à 40 degrés centigrades. Le poil est libéré du faitd e la dissolution du réseau de Malpighi.
- Enfin de nombreuses expériences ont montré que beaucoup de moisissures et même de levures produisent une enzyme protéolytique capable de libérer le poil. Un groupe particulièrement actif est celui qui contient Y Aspergillus parasiticus,
- Y Aspergillus ochracum, Y Aspergillus effusus et notamment
- Y Aspergillus oryzx. Ce dernier est une moisissure répandue dans la nature et très utilisée au Japon pour préparer le saké. Elle produit un ferment amylolytique,une lipase et une protéase. C’est cette dernière qui est l’agent actif dans l’épilage .
- LE DÉCHAULAGE
- Avant de subir l’action des agents tannants, les peaux ainsi épilées doivent être débarrassées des produits alcalins dont elles sont imprégnées. Cette opération est connue sous le nom de « déchaulage ». Elle consiste à faire agir sur les peaux des solutions acides donnant avec la chaux des sels solubles. En même temps des produits sulfurés (quand l’épilage en comporte) sont détruits, avec mise en liberté d’hydrogène sulfuré et formation du sel de soude correspondant. En général, on emploie des acides organiques faibles comme l’acide acétique, l’acide formique, l’acide lactique ou des sels minéraux, dont les plus fréquemment employés sont le bisulfite de soude et le chlorure d’ammonium.
- En même temps qu’il se produit une purge de chaux, la réaction de la peau se modifie; le pH, d’abord alcalin, diminue et la peau devient acide à la phénolphtaléine. Par diminution de la pression osmotique du milieu, les espaces interfibril-laires perdent une quantité considérable d’eau, la peau prend un aspect très souple et mou, on dit que la peau est tombée.
- Pour certains usages particuliers, mais fort courants, tels que la préparation des peaux de veaux destinées à la fabrication du box calf, des peaux de chèvre, de mouton, tannées au chrome, destinées à la ganterie, etc..., en même temps que le déchaulage on fait subir une action concomitante appelée « confit ». Elle consiste à agiter les peaux sortant des bains alcalins, dans des solutions tièdes de pancréatine et de sels tampons qui servent à maintenir une concentration d’ions hydrogène constante, à pH8 environ, jusqu’à ce qu’elles soient suffisamment tombées. Par élimination de l’élastine et une digestion partielle du collagène, on arrive à obtenir ainsi des peaux très souples, recherchées pour des usages particuliers.
- LE TANNAGE
- Voici les opérations chimiques et biologiques du « travail de rivière » achevées. Les peaux sont prêtes à subir le « tannage ».Pour simplifier notre exposé nous n’envisagerons que les deux cas les plus importants de l’industrie moderne : le tannage végétal aux tanins et le tannage minéral au chrome.
- Le tannage végétal utilise la propriété particulière des « tanins » de se combiner à la peau pour former des produits imputrescibles Ce sont des substances organiques complexes, contenues en proportions très variables dans des parties différentes d’un certain nombre de végétaux (feuilles, bois, écorce, galles). Leurs propriétés et leurs constitutions dissemblables les font grouper en deux catégories qui comprennent : les « tanins pyrogalliques » (chêne, châtaignier, myrobolam, etc...), dont la désintégration moléculaire aboutit à la forma-
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- (ion depyrogallol et les « tanins catéchiques » (quebracho, mimosa, etc...), dont la décomposition pyrogénée donne de la catéchine.
- Les moins complexes sont les tanins pyrogalliques des galles. Ce sont généralement des glucosides ou produits de condensation du glucose avec l’acide gallique comme pour la galle d’Alep, avec l’acide digallique, ce qui est le cas de la galle de Chine, avec l’acide ellagique dans le cas delà valon-née et de la plupart des autres tanins pyrogalliques. Ils sont solubles à chaud dans l’eau.
- Leurs solutions se troublent à froid et laissent déposer leur acide ellagique dont la solubilité était « peptisée » par la présence du tanin vrai.
- Quant aux solutions de tanins catéchiques, elles contiennent des produits de polymérisation et d’oxydation généralement assez colorés qui ont reçu le nom de phlobaphènes et sont aussi peptisés par le tanin.
- Du reste tous ces produits, qu’ils soient pyrogalliques ou catéchiques, ont des propriétés communes, outre celles de tanner la peau : ils donnent des laques fortement colorées avec les sels de fer, ils précipitent de leurs solutions la gélatine et les alcaloïdes.
- L’industrie moderne de la tannerie emploie maintenant des extraits tannants qui sont les produits de la lixiviation des bois contenant du tanin par l’eau chaude, à l’air libre ou sous pression. On obtient ainsi des solutions épaisses contenant de 24 à 30 °/0 de tanin pur. Ces produits contiennent également un taux assez élevé de substances que l’on appelle les non-tanins, composées en majeure partie de matières pectiques, de matières colorantes, de sels minéraux, ne précipitant pas la gélatine, mais dont l’action sur la peau est mal connue. Ces extraits renferment aussi une certaine quantité d’acides organiques dont le rôle est très important : les principaux sont les acides lactique et butyrique et quelquefois acétique ; ils proviennent de la fermentation du glucose qui est dédoublé par l’action de produits diastasiques hydrolysants provenant de moisissures aérobies qui vivent aux dépens du tanin et des sucres, comme YAspergillus niger et le Pénicillium glaucum.
- Signalons également l’introduction récente dans le tannage rapide de deux nouvelles matières premières dont l’emploi se répand de plus en plus : les « tanins synthétiques » et les « extraits de cellulose sulfitique ».
- Ces « tanins synthétiques » sont des succédanés artificiels des matières tannantes végétales et l’on désigne ainsi des produits organiques plus ou moins bien définis, susceptibles d’être préparés synthétiquement et possédant la propriété de se combiner aux matières protéiques comme la gélatine et la peau en donnant des combinaisons imputrescibles. Ces produits de synthèse résultent de la condensation par le formol de deux molécules de dérivés sulfonés des phénols ou des crésols; employés seuls ils tannent la peau, mais ils ont le très gros désavantage de ne pas donner de poids, donc de rendement. Aussi les emploie-t-on surtout comme agents acides à pouvoir de gonflement et solubilisant et pour leur propriété d’élever sensiblement le pouvoir difïusif des tanins. — Les extraits de cellulose sulfitique sont des sous-produits de la fabrication de la pâte à papier, par cuisson du bois en présence de bisulfite de chaux. Pendant cette opération il se forme des acides sulfonés de la lignine et des sucres solubles par hydrolyse des polysaccharides, des pentoses et des hexoses.
- On a cherché à utiliser ces produits résiduaires pour la fabrication de l’alcool éthylique par fermentation des sucres, pour la préparation de liants agglomérant le poussier de charbon, etc... En tannerie on peut se servir de cette cellulose sulfitique, après l’âvoir privée de sa chaux, comme dissol-
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- vant des extraits de quebracho et comme matière tannante accessoire ; commercialement la présence de cellulose dans les extraits tannants est considérée comme adultération.
- Il y a trois principaux procédés de tannage végétal : le tannage lent ou aux écorces, le tannage mixte aux extraits tannants et aux écorces et le tannage rapide n’utilisant que les extraits. Le tannage lent est un très vieux procédé où la peau est mise en contact avec de l’écorce broyée de chêne ou « tan ». La diffusion du tanin du chêne à l’intérieur de la peau s’opère très lentement et assure, il est vrai, une très bonne fixation, mais la durée de l’opération est de l’ordre de 18 à 24 mois.
- Dans le tannage mixte, les peaux subissent d’abord l’action des extraits, ce qui assure un prétannage rapide dont la durée est variable, mais ne se compte qu’en jours; le tannage s’achève dans des fosses où les peaux séjournent au contact de l’écorce de chêne pendant une durée également variable mais se chiffrant en mois.
- Le tannage rapide répond aux besoins actuels de-l’industrie et permet de tanner en quelques jours des quantités considérables de peaux (des usines produisent plus de 500 cuirs par jour) sans perte de temps et avec des méthodes rationnelles.
- LE TANNAGE RAPIDE
- Un atelier de tannage rapide comporte deux parties : la basserie et le tannage au tonneau. La « basserie » se compose de grands bassins dont la contenance peut aller jusqu’à 9 et 10 mètres cubes et où les peaux sont mises en suspension dans des extraits tannants dilués. Des moyens mécaniques appropriés permettent de faire passer rapidement et commodément les peaux d’un bassin dans l’autre. La durée du tannage est alors fonction de deux facteurs : la concentration en tanin des solutions et le temps de séjour dans chaque bassin; on commence le travail par une faible concentration qui va en augmentant en passant d’une cuve dans l’autre.
- La technique proprement dite dépend des propriétés qualitatives des tanins employés. C’est ainsi que les tanins catéchiques riches en produits colorants ont un très grand pouvoir difïusif et sont tout indiqués pour commencer le tannage que l’on poursuit par l’action des tanins pyrogalliques plus astringents qui resserrent les fibres de la peau et qui, s’ils étaient employés seuls, arrêteraient l’opération.
- Par exemple on rencontre dans les cuves de basserie plus d’extraits de quebracho ou de mimosa (catéchiques) que de châtaignier (pyrogallique),
- Au sortir de la basserie les peaux sont mises dans de grands cylindres tournants en bois où elles subissent une forte agitation, en présence d’extraits concentrés où les tanins pyrogalliques dominent. Le tannage s’achève ainsi en quelques heures. Il arrive que, pour augmenter les rendements, les cuirs obtenus sont « retannés », c’est-à-dire privés d’eau et dans cet état on leur incorpore des quantités plus ou moins massives d’extraits très concentrés.
- THEORIE DU TANNAGE
- Le processus du tannage relève de la chimie colloïdale. Il y a d’abord combinaison du tanin avec la substance dermique par précipitation de deux colloïdes à charge contraire ; il résulte de cette combinaison un déséquilibre de la solution colloïdale des tanins ; par suite de la disparition de l’agencement moléculaire ou micellaire, les produits peptisés à sa faveur : acide ellagique ou les phlobaphènes, se précipitent sur la fibre et d’autant plus que le tanin proprement dit disparait.
- Le tannage végétal a le très gros inconvénient de donner
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- entre la matière protéique et le tanin une combinaison réversible, c’est-à-dire qu’une peau traitée par cette méthode, puis plongée sous l’eau, perd son tanin ; on dit qu’elle se détanne et d’autant plus facilement que le tannage a été plus rapide. Ce grave défaut n’existe pas pour les cuirs obtenus à l’aide des tannages minéraux, dont les ions métalliques se combinent très solidement aux matières albuminoïdes pour former des produits très stables dans l’eau froide ou chaude.
- En principe, le tannage au chrome consiste à faire agir sur la peau les. sels chromiques, l’agent de fixation véritable étant l’oxyde chromique Cr203. Mais alors que dans le tannage végétal la peau peut fixer un très haut pourcentage de tanin, dans le tannage au chrome elle ne fixe que de 4 à 5 pour 100 d’oxyde chromique.
- Dans ce mode opératoire on met également à profit la propriété particulière des sels de chrome d’être facilement hydrolysables, c’est-à-dire qu’une solution aqueuse de sulfate ou de chlorure chromique, sous l’influence de la dilution, de la chaleur ou des alcalis peut libérer de l’acide titrable et un hydro-sel ou sel basique de chrome dont le rôle est prépondérant dans le tannage. C’est ainsi qu’une forme d’hydrolyse peut être la suivante en partant du chlorure :
- CrCl3 + H.OH -^Cr(OH) CP+HCl.
- Ces hydro-sels peuvent être plus ou moins basiques, c’est-à-dire qu’à côté de la molécule du sel acide (S04)3Cr2 ou Cr4Cl6, ils peuvent comporter une juxtaposition plus ou moins grande de molécule hydrate Cr* (OH)6, le maximum de basicité étant représenté par cette forme et le minimum étant la combinaison où tous les groupes basiques OH auront été remplacés par des radicaux acides. Le sel tannant pourra donc avoir une formule très complexe où l’hydrate chromique, en réalité insoluble, sfra peptisé par la présence des radicaux acides.
- Les chromeries utilisent deux sortes de matières premières comme agent tannant. Ce peut être l’alun de chrome ou les bichromates de soude ou de potasse.
- On sait que l’alun de chrome est un sulfate double de chrome et de potasse. On prépare des solutions tannantes en incorporant à un volume donné de liqueur chromique une quantité strictement calculée de carbonate de soude pour
- provoquer la formation d’un hydro-sel basique dont la basicité a été reconnue la meilleure pour effectuer le tannage.
- Mais étant donné actuellement le prix de revient élevé de semblables liqueurs, l’emploi de l’alun de chrome tend à être abandonné de plus en plus. Aussi prépare-t-on les sels chromiques utilisables en tannerie en partant des bichromates de soude ou de potasse, On traite le bichromate par l’acide sulfurique ou l’acide chlorhydrique en présence d’un réducteur. Les réducteurs les plus couramment employés sont la glycérine, le glucose, la dextrine, l’amidon ou bien encore les sulfites et bisulfites de soude ou le gaz sulfureux. On obtient ainsi des liqueurs contenant le sel chromique correspondant à l’acide employé, des sels minéraux alcalins et les produits d’oxydation de la réduction. Après dilution, de façon à obtenir des solutions contenant un taux fixé d’oxyde de chrome pour un volume donné, on ajoute une quantité de carbonate de soude calculée d’après l’analyse des liqueurs de façon à leur donner une basicité déterminée.
- Le tannage au chrome est très rapide et ne nécessite pas plus de quelques heures de traitement ; la fin de l’opération est indiquée par la résistance à l’eau bouillante du cuir obtenu.
- Le processus du tannage au chrome relève des mêmes phénomènes que ceux mentionnés pour le tannage végétal. Il y a toujours fixation entre le derme et le radical acide de la micelle colloïdale du sel chromique, résultant de la neutralisation des charges de colloïdes de signes contraires. La disparition de l’acidité cause un déplacement d’équilibre de l’hydrate de chrome peptisé jusqu’au moment où, devenant insoluble, il se précipite sur la fibre par adsorption.
- Une forme particulière de tannage au chrome est le tannage dit « deux bains » : les peaux sont traitées dans des bains de bichromate et d’acide, puis plongées dans des bains réducteurs. La réduction du bichromate et le tannage s’obtiennent ainsi en même temps dans le second bain. On emploie comme réducteur l’hydrosulfife de soude qui a la propriété, au contact des acides, de libérer une partie du soufre contenu dans sa molécule sous forme colloïdale avec une grande dispersion. Cette floculation ayant lieu entre les fibres, le soufre s’intercale entre elles et donne des propriétés particulières au cuir obtenu. J. B.
- _..A PROPOS DE L'EAU COMBUSTIBLE
- A-T-ON RÉELLEMENT DÉCOUVERT UNE NOUVELLE SOURCE ÉCONOMIQUE D’ÉNERGIE INDUSTRIELLE
- La nouvelle nous parvenait récemment d’Amérique, par l’intermédiaire des journaux de la grande presse, que l’on était arrivé au moyen de certaines vibrations à dissocier l’eau et à en libérer l’hydrogène lequel, utilisé comme combustible, constituerait une source d’énergie capable de faire réaliser une économie de 50 pour 100 sur nos méthodes actuelles.
- Nouvelle sensationnelle, s’il en fut, qui devait — si elle se confirmait — révolutionner toute l’industrie, le coût de l’énergie motrice étant un des facteurs importants du prix de revient de la matière ouvrée.
- C’était enfin l’abandon, au moins partiel, du charbon et peut-être aussi celui du pétrole.
- On voit d’ici les répercussions considérables de tout ordre
- qui en eussent découlé, le charbon et le pétrole étant — si l’on peut dire — les deux pôles économiques autour desquels gravite la politique étrangère de la plupart des peuples.
- Aussi convient-il, en raison de l’importance du sujet, de déterminer ce qu’il peut y avoir de fondé dans une telle information.
- Pour tout lecteur attentif de La Nature, un rapprochement significatif se sera déjà fait entre cette information et l’article de M. Gradenwitz — paru dans le précédent numéro de cette revue — et qui mentionnait l’invention par M, Hausmeister d’un appareil à électrolyse spécial fournissant l’hydrogène sous pression par décomposition électrolytique de l’eau.
- De ce rapprochement il semble bien découler en effet qu’il
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- s’agit d’une altération d’un texte dans ses traductions successives de l’allemand à l’anglais et de cette dernière langue au français; tradaitore, traditorel
- Mais, compte tenu de ces réserves, deux points tout de même méritent discussion dans l’information précitée.
- Son auteur semble en effet considérer comme établi :
- 1°; Que c'est par de mystérieuses vibrations qu’est obtenue la dissociation de l’eau conduisant à la libération de l’hydrogène qui formera le combustible désiré.
- 2° Que le travail engendré par suite de la combustion de cet hydrogène sera supérieur en quantité à celui qui aura été nécessaire pour produire la dissociation de l’eau et qu’en somme on verrait, par ce système, apparaître de l’énergie nouvelle.
- Discutons chacun de ces points. Et tout d’abord de quelles vibrations peut-il s’agir? Des vibrations mécaniques d’un solide? Des vibrations acoustiques de l’air? Des vibrations lumineuses de l’éther? Du bombardement vibratoire par particules éléctriques tel que le réaliseraient les rayons cathodiques ou les radiations
- émises par le radium?
- S’agit-il enfin de vibrations nouvelles et bien im-probablement inconnues de nous ? Rien dans les infor-mations journalistiques contestées ne l’indique.
- Ceci ne nous sera d’ailleurs ici que d’un intérêt secondaire.
- Pour réaliser la décomposition de l’eau, opération quin’est, sommetoute, que l'inverse de sa formation, il importe de bien comprendre comment s’opère cette dernière.
- Si, dans une enceinte à parois résistantes, et close, on introduit, à la température ambiante, du gaz hydrogène pour les 2/3 du volume total, et du gaz oxygène pour le reste — soit donc 2 volumes d’hydrogène pour 1 volume d’oxygène — puis que l’on élève progressivement la
- température de l’ensemble, il se produira, aux environs de 180°, une explosion avec dégagement de chaleur, et le contenu gazeux aura changé de nature : en effet, si on laisse tomber la température au-dessous de 100°, on constatera l’apparition de gouttes liquides provenant de la condensation de la vapeur d’eau qui a pris naissance. On aura ainsi réalisé la synth'esê de l’eau, que les chimistes représentent par les symboles ci-après :
- Ha -f- O = H2 O ou encore : H2 O -> H2O.
- Et alors, puisqu’il s’agit ici d’étudier la décomposition possible de l’eau, nous nous demanderons de suite si cette réaction est réversible, c’est-à-dire si nous ne pourrions pas obtenir la réaction qui suit, inverse de la précédente :
- H*0->H*+ O.
- Les physiciens nous répondront que cette première réaction est en effet réversible dans certaines conditions, car si, dans l’expérience précédente, au lieu de refroidir — une fois la combinaison effectuée — nous continuons à chauffer, nous observons alors au-dessus de 1000° la décomposition de l’eau
- Fig. 1.
- Exemples destinés à montrer l’impossibilité de créer de Vénergie.
- Fig. 1. — Une balle tombant librement du point B sur un plan rigide P rebondira suivant sa ligne de chute BO et cela à une hauteur qui ne pourra jamais être supérieure à BO et qui, d’ailleurs, ne l’égalera jamais en raison des pertes de travail par frottement.
- Fig. 2. — Un pendule, amené de sa position d’équilibre Pj au point P2 et abandonné à lui-même, décrit la courbe P2 P, P3 mais ne dépassera jamais le niveau du plan P2P3. — Le travail, produit pendant la chute du pendule du niveau H au niveau H', sera dépensé sans plus pour remonter la masse du pendule de H' en H, la force vive engendrée pendant la chute sera totalement dépensée pendant la remontée qui ne sera
- jamais totale.
- précédemment formée; alors que la formation de l’eau dégageait de la chaleur, ce qu’a montré l’explosion, sa décomposition au-dessus de 1000° absorbe de la chaleur.
- On dira, dans le jargon technique des physiciens, que dans le premier cas la réaction est exothermique alors qu’elle est endothermique dans le second cas.
- Il est donc déjà acquis que si les vibrations mystérieuses dont parle notre information sont capables d’élever la température de l’eau au-dessus de 1000°, elles pourront en libérer l’hydrogène, mais alors une difficulté surgit : il faudra dans ce cas séparer l’hydrogène de son conjoint divorcé, l’oxygène ; et cela avant que la température ne retombe aux environs de 1000°, car alors un remariage s’ensuivrait et tout serait à refaire.
- Et, pour éluder la difficulté qui surgit ainsi (1 ), on peut se demander s’il ne serait pas possible d’opérer à basse température.
- La combinaison hydrogène + oxygène peut en effet s’effectuer sans apport excessif de calorique ; simplement par Y action
- de présence de la mousse de platine, substance devant à sa porosité très grande son pouvoir spécial. Mais ici encore la combinaison a lieu avec dégagement de chaleur.
- Il faudrait donc, pour que le phénomène destiné à dissocier l’eau fût possible, qu’inversement on puisse brusquement soustraire à l’eau une grande partie des calories dégagées.
- Or aucun système vibratoire actuellement connu ne s’est montré capable de produire une telle action.
- Nous ne voyons donc pas jusqu’à présent la possibilité de réaliser la dissociation de l’eau par le mécanisme indiqué.
- Mais soyons larges, et admettons, pour un instant, que ce phénomène soit mécaniquement possible; pour produire cette dissociation de l’eau, il faudrait bien fournir au système vibratoire une quantité déterminée d’énergie sous une forme quelconque : si l’on utilisait des vibrations mécaniques, il faudrait un système moteur, une machine qui nécessiterait donc du combustible pour l’actionner; si l’on utilisait des vibrations lumineuses, il faudrait, là encore, du combustible pour déterminer indirectement l’élévation de température destinée à engendrer la thermicité élevée de la source lumineuse; si I on employait des radiations analogues aux rayons X il faudrait là encore du combustible pour actionner l’appareillage électrique alimentant le tube focus générateur des rayons X.
- Or, si nous comparons, au point de vue rendement économique, les quantités d’énergie mises en œuvre sous forme de combustible pour engendrer les vibrations, et celles obtenues par l’emploi comme combustible industriel de l’hydrogène libéré par la méthode nouvelle, nous serons forcés
- (1) Il ne s’agit pas ici, évidemment, de la banale décomposition de l’eau par électrolyse, cas dans lequel la séparation des gaz est toute simple.
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- d’admettre que la seconde ne pourra jamais être supérieure à la première, sans quoi l’on aurait alors réalisé le mouvement perpétuel, que l’on sait impossible.
- En effet, de même que l’on ne pourra jamais voir une bille rebondir plus haut que le. point d’où elle est librement tombée, de même il sera impossible d’engendrer, par la décomposition de l’eau, une quantité d’énergie plus grande que celle mise en œuvre pour sa dissociation.
- Et alors, devant cette impossibilité, on ne conçoit pas l’intérêt économique d’un procédé qui, même s’il était prati-
- quement réalisable non seulement n’entraînerait aucun gain de combustible, mais encore serait très vraisemblablement plus onéreux que les procédés industriels actuels.
- Il semble donc bien, pour les diverses raisons exposées, que l’information qui motive cet article ne répond pas à une réalité et qu’elle paraît surtout avoir été lancée pour utiliser comme une boutade le titre quila précédait : l’Eau combustible.
- Georges Rodlllon, Docteur en Pharmacie.
- CHRONIQUE
- Nouveau type de conducteurs isolés.
- La construction des rhéostats de divers types utilisés en électricité, notamment pour des éléments chauffants, exige que les conducteurs soient isolés des supports, et que les spires successives soient également isolées l’une par rapport à l’autre.
- Pour pouvoir dissiper le plus de chaleur possible dans le volume le plus restreint, il y a intérêt, d’autre part à réduire au minimum l’encombrement de l’isolant. Cest ainsi qu’il y a de longuesannées déjà, on a été amené à réaliser des rhéostats en fils d’aluminium nu, l’aluminium se recouvrant de lui-même par oxydation d’une couche d’alumine formant un excellent isolant.
- Cette idée a été reprise et appliquée au magnésium par M. C -B. Backer et réalisée par la société américaine Westinghouse. Mfg C°.
- Le rhéostat chauffant est constitué par des rubans de magnésium métallique enroulés ; le tout est enfermé dans un tube de cuivre ; dans ce tube on introduit alors de la vapeur d’eau à 30 kg de pression ; à ce contact le magnésium s’oxyde et l’on obtient finalement un fil chauffant, enrobé dans une couche isolante dure et dense qui ressemble à du marbre; sur les extrémités du tube on scelle enfin les prises de courant électrique. Le tube lui-même peut prendre une forme quelconque. On peut le souder, le braser, ou l’assembler de toute façon que l’on désire. L’élément chauffant ainsi constitué est à peu près indestructible.
- Les progrès de la chauffe au çharbon pulvérisé en France.
- Nous avons eu souvent, dans ces colonnes, l’occasion de signaler les avantages du charbon pulvérisé pour la chauffe des chaudières à vapeur. Ce mode d’emploi du combustible, dont la pratique des fours à ciment avait depuis longtemps démontré l’intérêt, a pris, après la guerre, en*France comme
- dans tous les autres pays industriels, un grand développement qui s’accentue de jour en jour.
- Dans une communication au récent Congrès de chauffage industriel, M. Ph. Scherechewski a mis clairement en évidence la situation actuelle en France à cet égard.
- La chauffe au charbon pulvérisé s’applique surtout aux unités puissantes des grandes usines productrices d’électricité. On peut dire que toutes les centrales modernes l’adoptent. Le mouvement a commencé dans les centrales installées par les houillères pour satisfaire à leurs besoins de courant électrique et de force motrice, cette solution présentant l’avantage de permettre l’emploi sur place de combustibles inférieurs incapables de supporter des frais de transport. Mais les avantages de la pulvérisation ne sont pas limités à ces qualités inférieures.
- A la fiu de l’année 1927, il existait en service, 214 chaudières chauffées au charbon pulvérisé, représentant une surface de chauffe totale de 105 607 m2. Les plus puissantes sont les chaudières des deux grandes centrales parisiennes de Gennevilliers et de Yitry appartenant toutes deux à l’Union d’Electricité.
- Les installations au charbon pulvérisé correspondent à la production d’une puissance de 550 000 kw ; soit près de 11 pour 100 de la puissance totale des installations de force motrice par la vapeur en France.
- En 1922, on ne brûlait en France que 31 847 tonnes de charbon pulvérisé. La consommation de 1927 peut être chiffrée à 1050 000 tonnes. Deux consommateurs ont dépassé 100 000 tonnes : l’Union d Électricité à Paris (220115 t.) et l’Énergie Électrique du Nord.
- La plus grande partie du charbon consommé sous forme pulvérisée est du charbon très cendreux et de médiocre valeur marchande, fines de dépoussiérage constituant pour les houillères un résidu autrefois de peu de valeur, aujourd’hui employé dans les centrales des mines; fines brutes, poussier, menus, schlamnis, anthracite des Alpes à grande teneur en cendres, etc.
- GESTES DE FEUILLES
- J’ai donné, ici même, en février dernier (1), une étude sur certains « Gestes de fleurs », qui m’avaient semblé presque inexplicables, étude que l’on peut résumer ainsi :
- Si Ton place au-dessus d’un bouton de Liseron des haies (Calystegia sepium) un cornet de papier noir, le pédicelle du bouton s’incurve et la fleur sort du cornet avant d’éclore. Cette incurvation, la théorie actuellement 1. La Nature, n° 2778. 1er février 1928.
- en vogue du phototropisme l’explique ou bien par une action directe de la lumière sur les substances photochimiques contenues dans le pédicelle, amenant une réduction de ces substances sur la face la plus éclairée (J. Loeb ) ; ou bien par une action directe de la lumière sur les tissus en voie de croissance, provoquant un ralentissement dans leur accroissement. J’ai montré, grâce à certains artifices d’expérience auxquelsje renvoie lelecteur,
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- 1° Que l’influence directe de la lumière sur le pédicelle ne pouvait être mise en cause, attendu que la courbure se produisait lorsque la fleur seule était mise à l’obscurité, le pédicelle conservant son éclairage normal. (J’ai même montré que si la position de la fleur devait être modifiée par rapport au soleil, le pédicelle s’incurvait en allongeant sa face la plus éclairée, en dépit de toute loi phototropique).
- 2° Qu’il existait entre la fleur et le pédicelle des relations d’excitations, entraînant une coordination des gestes de l’inflorescence tout entière, du côté du meilleur éclairement.
- Je vais montrer aujourd’hui, en m’adressant à certaines feuilles et notamment à celle du Fraisier commun (Fragaria vesca) que l’on peut faire chez celles-ci les mêmes remarques soit :
- 1° Transmission à distance d’une excitation reçue par la feuille amenant une perturbation dans la croissance du pétiole.
- 2° Coordination entre les divers gestes de la feuille et
- du pétiole dans le but de ramener la feuille à sa position normale.
- La transmission à distance de l’excitation lumineuse est très nette chez le Fraisier. Pour la mettre en évidence, je confectionne quelques petites boîtes hermétiques, en bois, que je peins au noir mat et dont les dimensions sont calculées pour que les trois folioles de la feuille y tiennent à l’aise. Ces petites boîtes, qui sont munies d’un support permettant de les ficher en terre, sont placées à côté du pied de fraisier, une feuille y est introduite, et elles sont orientées de telle sorte que l’ombre de la boîte ne vienne jamais effleurer le pétiole de cette feuille. Celui-ci reste donc dans sa position normale par rapport au soleil. Seul, le limbe de la feuille se trouve atteint par l’ombre (fig. 1).
- Comment la Plante va-t-elle réagir?
- Quelques heures plus tard (de 5 à 12 heures suivant la ' saison et l’heure de la journée), nous verrons que les folioles latérales ont roulé leurs pétioles en hélice de façon à ramener leur face supérieure du côté du soleil (fig. 2). Nous pourrons également remarquer que le gros pétiole commun, la tige, commence à s’incurver à 4 ou 5 cm au-dessous de l’attache des folioles, dans la région de la croissance active.
- Enfin, au bout de 2 ou 3 jours, la feuille se sera complètement retirée de la boîte en coudant son gros pétiole jusqu’à faire avec la ligne normale du côté du pied un angle de 80° à 90° (fig. 3).
- J’ai recommencé cette expérience une douzaine de fois,
- Fig. 1. — Dispositif expérimental pour les feuilles de fraisier.
- cela va sans dire, à diverses expositions.
- La plante a toujours réagi de la même façon.
- Quelle était donc la cause de cette courbure ?
- 1° J’ai voulu voir s’il ne s’agissait pas là, tout simplement, d’un phénomène de flexion provoqué dans la tige par le contact du bord de la boîte. J’ai vu qu’il n’en était rien. Il m’a suffi de supprimer le couvercle supérieur de Fig. 2. — Courbure de la lige
- la boite et de la placer et enroulement des pétioles.
- de la même façon auprès d’une feuille qui se trouvait ainsi placée à ciel ouvert, dans les mêmes conditions qu’auparavant. Aucune ombre n atteignant son limbe, la feuille continua pendant 8 jours sa croissance normale sans courber aucunement son pétiole.
- 2° J’ai voulu voir si la courbure du pétiole n’était pas provoquée par le frottement de la feuille contre la face supérieure de la boîte, amenant une perturbation dans l’allongement. Pour cela, je remplaçai le couvercle de bois par une lame de verre clair. Aucune courbure au bout de 8 jours (J).
- 3° Si je remplaçais le verre clair par du verre dépoli, une légère courbure (140°) se manifestait dans le pétiole au bout d’une huitaine de jours, mais n’était pas suffisante pour extraire la feuille de la boîte. (A noter que je plaçais sur la feuille tantôt le côté lisse, tantôt le côté-rugueux de la lame, sans observer de différence de réaction.)
- 4° Si je plaçais sur la plaque de verre clair ou de verre dépoli un écran opaque, le pétiole commençait à se courber quelques heures plus tard et la feuille s’évadait comme
- de la boîte en bois.
- 5° Si je recouvrais les 3 folioles avec de petits sacs en feuille mince d’aluminium s’appliquant étroitement sur les 2 faces du limbe, le pétiole se courbait au bout de 1 ou 2 jours et toujours de la même façon, c’est-à-dire de telle sorte que la feuille soit ramenée vers le centre du pied. Pour éviter que, dans ce cas, la charge de la cache n’entraîne la feuille à terre, j’appuyais celle-ci contre une plaque
- 1. Une feuille que j’avais oubliée resta même 2 mois sous le verre sans s’évader.
- Fig. 3.
- La feuille est sortie de la boîte.
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- de verre fichée en terre obliquement (fig. 4).
- Lorsque le pétiole s’était courbé, la feuille, en s’éloignant de la plaque, tombait en avant (A').
- 6° J’ai voulu voir si le sens de la lumière avait une importance sur la courbure. Pour cela j’ai introduit la feuille dans une petite boîte de carton noir suspendue à deux fils (fig. 5).
- Je me suis arrangé de telle sorte que la feuille soit logée dans le fond de la boîte et qu’elle doive, pour en sortir, allonger et non pas contracter son pétiole. La plante a réagi comme précédemment : en coudant violemment son pétiole dans la région de croissance. (En pointillé sur la figure.)
- Toutes ces expériences montrent, je crois, suffisamment, que la courbure du -pétiole comme celle du pédi-celle est bien due à l excitation produite par Vobscurité sur le limbe de la feuille et que cette excitation a bien été transmise au pétiole à 4 ou 5 cm plus bas.
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- Voyons maintenant le second point : « Existe-t-il chez la feuille une corrélation manifeste entre les gestes du limbe et ceux du pétiole ?
- Eh bien, il n’y a pas de doute possible : la feuille et son pétiole, comme la fleur et son pédicelle, forment un tout cohérent au point de vue héliotropique.
- Je n’ai eu, pour m’en rendre compte, qu’à recommencer sur les feuilles les expériences que j’avais faites sur les fleurs du Liseron; mais le fraisier se prête mal à des expériences de ce genre attendu qu’il rampe sur le sol. Je me suis adressé pour cela à des feuilles très sensibles
- à lalumière,notamment
- Fig. 6. — L’expérience du cornet a CellcS de la Grande sur la feuille de la grande capucine. Capucine [Tropeolum
- majus).
- J’ai attaché sous le limbe de celle-ci les mêmes cornets de papier noir qui m’avaient servi pour le Liseron (fig. 6).
- Jamais je n’ai pu obtenir de la sorte une courbure du pétiole.
- Si, au contraire, f introduisais le limbe dans le cornet noir, le pétiole se courbait aussitôt (quelquefois en
- Fig. k.
- Folioles couvertes d’aluminium.
- 2 ou 3 heures) et la feuille s’évadait du cornet (1).
- Pas plus chez la feuille que chez la fleur, je n’ai pu faire accomplir au pétiole, pas plus qu’au pédicelle, un geste contraire à la logique de la plante. Si la feuille, si la fleur sont au soleil, elles y restent quelles que soient les impressions reçues par leur support. Chez l'une comme chez l'autre, l'excitation reçue par la pointe neutralise Y excitation reçue par la base.
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- Deux grandes questions resteraient à résoudre pour que le problème de ces courbures phototropiques apparût un peu plus clair. C’est à savoir : 1° Par quelle voie se transmet l’excitation du limbe au pétiole; 2° Par quel mécanisme interne s’opère cette courbure.
- La voie de transmission? Elle semble toute tracée si l’on sait que les faisceaux libéro-ligneux du pétiole viennent s’épanouir dans les nervures du limbe. La feuille et le pétiole possèdent donc un lieu d’échange, un lien circulatoire : le liber.
- Est-ce par cette voie que se transmet le trouble protoplasmique? Et quelle est la nature de ce trouble?
- Simple réflexe hydraulique comme l’affirment la plupart des physiologistes ou bien, véritable influx nerveux, transmis le long du Phlœm comme l’affirme le savant hindou Sir Jagadis ChunderBose?
- La question semble encore loin d’être tranchée.
- Et la deuxième question : « Par quel mécanisme interne s’opère cette courbure? » ne semble pas en meilleur voie. Que se passe-t-il à l’intérieur des cellules du pétiole situées dans la région de courbure qui est la région de croissance active ? Comment un trouble protoplasmique, quel qu’il soit, peut-il agir — à disiance — sur l’accroissement d’un tissu? Il semblerait assez logique d’admettre que celte inégalité dans la croissance provienne d’une inégalité dans la nutrition des deux faces. Quelques auteurs, et notamment Hugo de Yries, ont cependant prétendu que cette courbure n’était due qu’à une augmentation de turgescence sur la face éclairée.
- La question semble donc se ramener finalement à celle-ci : « Comment un trouble protoplasmique peut-il déterminer, à distance, soit une activation, soit un retardement dans la nutrition ou la turgescence d’un tissu ?
- La réponse à cette question déborderait et le cadre de cette étude et celui de ma compétence.
- J.-G. Millet.
- Membre de la Société des naturalistes de la Yallée du Loing.
- 1. Cette courbure s’accomplissait aussi bien chez la feuille nue que chez la feuille précédemment munie d’une collerette et qui ne s’était pas courbée.
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- LA CARRIÈRE SCIENTIFIQUE DE MONTESQUIEU
- Les œuvres complètes de Montesquieu comprennent divers mémoires et discours académiques auxquels on ne s'attend guère. Ce sont des écrits sur l’Echo, sur la Pesanteur, sur la transparence des Corps, sur l’usage des glandes rénales. Au beau milieu de l’Esprit des Lois, notre écrivain intercale une sorte d’étude qu’on pourrait intituler : action de la température sur les organes du goût de la langue du mouton. On trouve ailleurs des observations d’anatomie et d’histoire naturelle.
- Et parmi les nombreux titres que ses mérites et la célébrité lui valurent, nous relevons ceux de membre de l’Académie des Sciences de Bordeaux, de l’Académie Royale des Sciences de Prusse, de la Société Royale de Londres. Allons-nous découvrir un savant en l’auteur des Considérations et des Lettres Persanes?
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- Montesquieu se révéla par une satire. Or, que pourrait bafouer la satire, si elle ne commençait par la science et les savants? Les « Lettres Persanes » n’y manquent pas.
- Yoici d’abord le Géomètre, brave homme dont le petit travers est de voir partout des occasions de problèmes et « d’obliger un homme, malgré lui, d’être persuadé (*) »....
- Yoici le physicien, aux yeux de qui tout paraît clair, aussi bien « dans l’économie du vaste univers que dans la machine la plus simple de nos artisans (’j »....
- Le chimiste, « qui habite tantôt J’hôpital, et tantôt es petites maisons (1) »....
- L’alchimiste — à l’époque, chimie et alchimie ne se confondaient déjà plus— à l’enthousiasme si gascon....
- Yoici enfin le médecin, aux remèdes si nouveaux, si livresques, et tous si soporifiques (2)....
- Comment voulez-vous qu’il vienne à l’esprit, qu’un pareil contempteur des savants ait pu s’occuper de science?
- Ne prenons pas trop au sérieux toutes ces petites malices. Ailleurs, il exaltera le dévouement et la persévérance des hommes de science. Combien de fois parle-t-il de cette haine sourde que les ignorants nourrissent à l’égard des savants ! « Ceux qui font profession d’une orgueilleuse ignorance, écrit-il, voudraient que tout le genre humain fût enseveli dans l’oubli où ils seront eux-mêmes (3) ». Il nous parle souvent de ces temps « où la tyrannie de l’ignorance était telle qu’on n’était point impunément plus éclairé que les autres (4),
- Cependant, à l’exemple de Molière, Montesquieu ne sera jamais tendre pour la médecine, « cette Parque cruelle qui tranche tant de jours (5) ». Est-il aussi sévère parce que sa forte constitution le dispensait de ses secours? ou plutôt, n’est-ce point qu’en bon cartésien, il conservait pour cette science une place d’honneur et se lamentait des erreurs qu’elle traînait avec elle ?
- Mais quelle vénération respectueuse il a pour la science ! Il vante quelque part la suprématie qu’elle nous donne sur les phénomènes naturels; il en fait une puissance civilisatrice incomparable et un élément presque indispensable de culture individuelle (fi). Sans doute, il faut bien payer son tribut au progrès : ce sont les maladies que les navigateurs ramenèrent du Nouveau Monde; ce sont les possibilités des
- 1. Lettres Persanes. Lettre CXXXIV;
- 2. Lettres Persanes. Lettre CXLV.
- 3. Lettres Persanes. Lettre CXLV.
- 4. Discours de Réception à l’Académie de Bordeaux.
- 5. Discours de Réception à l’Académie de Bordeaux.
- 6. Discours sur les Motifs qui doivent nous encourager aux sciences (1725).
- « ravages » de la chimie. « Je tremble toujours, fait-il écrire à son Persan, qu’on ne parvienne à la fin à découvrir quelque secret qui fournisse une voie plus abrégée pour faire périr les hommes, détruire les peuples et les nations entières (1). »
- Et maintenant, n’est-ce pas, rien d’étonnant à ce qu’un esprit curieux et cultivé, comme Montesquieu, se sente attiré vers les études scientifiques.
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- A
- Le 3 avril 1716, Montesquieu est reçu à l’Académie des Sciences de Bordeaux. Cette jeune Compagnie, que le Duc de la Force venait de fonder, notre écrivain l’avait déjà transformée par l'influence qu’il avait sur son ami le fondateur. Ce n’était d’abord, nous raconte d’Alembert (2), qu’une assemblée d’honnêtes hommes qu’un goût commun pour les ouvrages de l’esprit rassemblait. Montesquieu fit comprendre que créer à Bordeaux une société littéraire serait d’une médiocre utilité. Il n’en serait point de même pour une Académie des Sciences. Au rebours des belles-lettres qui demandent des talents et des génies, la recherche scientifique — idée chère à Guyau— s’accommode d’intelligences moyennes. Ainsi, créer à Bordeaux une Académie des Sciences, ne serait-ce point attirer l’attention sur cette province à laquelle notre philosophe était si fier d’appartenir et qu’il appelait « la patrie des Paulin et des Ausone (3) ! »
- La création d’une Académie des Sciences en province était un événement assez rare et une idée assez hardie à l’époque. Le grand siècle avait rassemblé à Paris toute la science de la France et d’une partie de l’Europe. Nous avons sur ce sujet une intéressante lettre de Voltaire (4). La présence à Paris de Picard, Rœmer, Çassini, Huygens... avait fait de cette ville la capitale scientifique du Monde. Quel prodigieux développement de la science à cette époque!... Mais aussi, quelle piètre figure ne risquait-elle pas de faire, auprès de l’Académie des Sciences de Paris, déjà si florissante, cette petite Académie provinciale (5)!
- Montesquieu avait peut-être une autre idée; à voir comme il insiste sur l’œuvre civilisatrice de la science, on peut penser qu’il considérait une Académie des Sciences comme une arme contre l’ignorance. Les séances de l’Académie de Bordeaux semblent, en effet, avoir été publiques : à la distribution des prix d’un Concours où aucun mémoire n’avait été présenté, le président s’excuse du peu de compétence qu’il a pour indiquer au public les grandes lignes du sujet (6).
- A la fondation de l’Académie, Montesquieu est donc élu membre. Doit-il son titre à l’amitié qui le liait au duc de la Force? Ou plutôt, n’est-ce point pour s’honorer elle-même que la jeune Compagnie veut accueillir dans son sein un Conseiller au Parlement, en passe de devenir Président à mortier? On ne sait. Ce qui nous importe plus, c’est d’apprendre que Montesquieu prend son titre au sérieux, assiste aux réunions, prononce des discours, tente même des recherches scientifiques. Son éducation ne l’avait pas préparé à ce genre de travaux. Dès sa jeunesse, il avait cultivé la jurisprudence et la philosophie; mais il avait le cœur enthousiaste, et croyait, qu’à force de feindre un attachement pour les sciences, il viendrait à les aimer réellement.
- 1. Lettres Persanes. Lettre CYI.
- 2. Eloge de Montesquieu, par d’Alembert.
- 3. Discours de Réception à l’Académie de Bordeaux.
- 4. Lettre de Voltaire à Milord Harvey (1740).
- 5. L’Académie des Sciences de Bordeaux eut une assez belle carrière. Lavoisier fut en relations avec plusieurs de ses membres.
- 6. Discours sur la Transparence des Corps (25 août 1720).
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- Ses écrits scientifiques comprennent des Discours sur la cause de l’écho, sur la cause de la pesanteur des corps, sur la cause de la transparence des corps, sur l’usage des glandes rénales, un projet d’Histoire physique de la Terre, enfin des Observations sur VHistoire Naturelle. Les premiers sont des productions de circonstance qui nous arrêteront peu. Leur éloquence toute simple nous les fait paraître assez bien documentés. On a loué, en particulier, le Discours sur l'usage des glandes rénales. Montesquieu y discute diverses opinions, qui, aujourd’hui, nous paraissent, pour le moins, bizarres; la discussion est admirablement bien menée. Les Observations sur l'Histoire Naturelle sont plus intéressantes. Nous voyons Montesquieu observant des insectes au microscope, disséquant des grenouilles, faisant des expériences sur la respiration en maintenant sous l’eau des canards et des grenouilles, étudiant le système circulatoire des animaux et mesurant la température de leur sang. Il rêve de rechercher dans les plantes les principes nutritifs, capables de remplacer le froment dans les années de disette. Enfin, il s’étend longuement sur la croissance du gui et des mousses sur l’écorce des arbres. Ses conclusions extravagantes, qui font, du gui et de la mousse poussant sur les écorces, une production pathologique du végétal, mettent en évidence les erreurs de méthode de notre philosophe.
- La meilleure raison qu’il croit avoir pour défendre sa théorie, c’est qu’il est convaincu que c’est la seule compatible avec la philosophie de Descartes. « Les Modernes, qui mettent des graines partout, écrit-il, ne peuvent être des Cartésiens rigides. » Comment peuvent-ils, en effet, expliquer la naissance des plantes à partir des graines « par un effet simple et facile d’un mouvement général de la Matière »? Au contraire, sa théorie, qui laisse aux graines un rôle tout secondaire, réduit la naissance et la croissance des plantes à la coagulation de sucs, compliquée de fermentations. C’est ainsi qu’il croit sauver la doctrine cartésienne.
- Il faut bien le dire : si les écrits scientifiques de Montesquieu n’ont pas de valeur, c’est parce qu’il a voulu demeurer un Cartésien rigide. Malgré ses affirmations répétées de la nécessité d’une observation directe de la Nature — « ce n’est point dans les méditations d’un cabinet qu’il faut chercher des preuves, mais dans le sein de la Nature même » (*) — il est très apparent que, pour lui, toute observation, toute hypothèse, tout résultat doivent cadrer dans un système qu'on s’impose.
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- Rappelons qu’aux yeux de ses contemporains, le mérite de Descartes est d’avoir fondé la science dans l’absolu. Cette science est donc universelle et éternelle, et puisqu’elle a été découverte une fois pour toutes par Descartes, il n’y a plus à y toucher. Montesquieu semble dire avec La Bruyère : « Tout est dit, et l’on vient trop tard ». Les découvertes fondamentales ont été faites au siècle dernier et le grand Philosophe n’a laissé à ses successeurs « que des forêts à découvrir et des sauvages à reconnaître » (3). Le squelette de la science étant solide, il ne reste plus aux savants qu’à traiter chaque problème particulier suivant une méthode générale et immuable. Si donc, tous les problèmes ne sont pas résolus, du moins, la solution de tous est apparente : c’est celle que donne « ce grand système de Descartes » qui est « un ouvrage à la perfection duquel tous ceux qui raisonnent doivent s’intéresser avec une sorte de jalousie » (3). Tel
- 1. Observations sur l’Histoire Naturelle.
- 2. Discours de rentrée à l’Académie de Bordeaux (15 novembre 1717).
- 3. Observations sur l’Histoire Naturelle.
- était, chez Montesquieu, le développement de l’esprit de système.
- Mais l’esprit de système n’est pas l’esprit de synthèse. Le premier prend comme point de départ la théorie et y subordonne toutes ses manifestations ; le second, au contraire, par une juste appréciation du rôle et de la valeur des idées aboutit à la théorie. C’est le véritable esprit scientifique. Et ce dernier ne va point sans l’esprit critique.
- D’esprit critique, Montesquieu en est dépourvu, ou plutôt, son esprit critique, c’est encore l’esprit de système ; au lieu de chercher à savoir ce que vaut une observation et de déterminer quelle doit être sa place dans l’ensemble de toutes les autres, il prend comme point de comparaison le système lui-même, adoptant une idée quand il la croit conforme au système, la rejetant quand il ne la croit pas telle. C’est là l’écueil où se sont heurtées ses recherches scientifiques ; c’est encore, là l’origine des insuffisances de ses grands ouvrages : l’Esprit des Lois et les Considérations (l).
- Il ne faut rien exagérer. S’il est vrai que Montesquieu fit, toute sa vie, profession de Cartésianisme, il ne faut pas croire que sa pensée soit toujours aussi claire et dépourvue de toute contradiction. Et, à ce propos, quelle fut son attitude envers Huygens et Newton ?
- Montesquieu semble avoir rendu justice à Huygens, qui on le sait, fut, comme savant, bien supérieur à Descartes. C’est sa théorie ondulatoire de la lumière qu’il adopte dans son discours sur la transparence des corps, lorsqu’il admet que « la matière éthérée pénètre tous les corps ». Ailleurs, il parle des « grandes objections » de Huygens à la théorie de la pesanteur de Descartes, qu’il qualifie de peu probable.
- Son atitude à l’égard de Newton est plus délicate à définir. Il connaît ses travaux d’optique ; parfois même il les interprète mal. Mais que faut-il entendre quand il nous présente Newton comme le successeur de Descartes? Veut-il dire que son système a renversé la philosophie cartésienne? Mais alors, pouvons-nous admettre, dans le même écrit, une contradiction si criante : d’une part, vanter la vérité du système cartésien, d’autre part, affirmer l’excellence de celui de Newton? Veut-il dire que le savant anglais a surpassé le philosophe français par la faveur dont il est l’objet et par la gloire? Sûrement non, car, à l’époque, Newton avait peu de disciples en France : il avait été attaqué par Huygens et Leibniz ; plus tard, l’admiration de Voltaire et de Mauper-tuis pour l’Anglais devaient leur valoir un brevet d’antipatriotisme. La vérité, c’est que Montesquieu a admiré Newton sans l’avoir approfondi : sans doute, n’a-1-il jamais compris la partie mathématique des Principes, ni la condamnation de la théorie des tourbillons de Descartes.
- Vouloir s’adonner aux sciences quand on n’y est pas préparé est une entreprise bien hardie, car il y a une différence entre s’intéresser aux sciences et les cultiver, Montesquieu s’en aperçut bientôt. « Ces sciences auquelles nous nous appliquons, dit-il, sont plus propres à nous tourmenter qu’à iustruire (2). » Ce n’est pas un tableau bien réjouissant qu’il nous peint de la recherche scientifique : « ... un travail souvent inutile, des systèmes presque aussitôt établis que renversés, le désespoir de trouver ses espérances trompées, une lassitude continuelle à courir après une vérité qui fuit ». D’ailleurs, ajoute-il, « les découvertes sont devenues bien rares ». Et l’on peut sous-entendre : à quoi bon se tourmenter pour n’arriver sans doute à aucun résultat? Car l’on sent bien, derrière la personnalité de Montesquieu, un fond
- 1. Voir sur ce dernier ouvrage l’admirable analyse d’Auguste Comte : Leçons de Philosophie positive.
- 2. Discours de rentrée à l’Académie de Bordeaux, 15 novembre 1717.
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- d’orgueil qui aspirait à la gloire. C’est pourquoi il n’insista pas ; il abandonna les recherches qu’il avait annoncées publiquement; il s’était convaincu, par son propre exemple, qu’ « il ne suffit pas d’avoir du goût pour la philosophie pour devenir philosophe ».
- D’ailleurs, des objets plus importants l’éloignaient de Bordeaux : en 1721, il avait publié les Lettres Persanes ; en 1728, l'Académie française l’accueillait dans son sein; puis, par des voyages, il préparait l’Esprit des Lois. Et lorsque, en 1746 l’amitié de Maupertuis lui valut un siège à l’Académie des Sciences de Prusse, il s’excusa, auprès du secrétaire Formey, de ne pouvoir lui offrir que quelques morceaux de belles-lettres, ou quelques petites observations faites dans ses voyages.
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- Ainsi se termine sans éclat la carrière scientifique de Montesquieu. Dans ce dix-huitième siècle si porté vers la science, pareille mésaventure arriva à Voltaire. Pourtant, nous sommes redevables à Montesquieu de deux idées neuves et fécondes : « Les sciences gagnent beaucoup, dit-il, à être traitées d’une manière ingénieuse et délicate ; c’est parce qu’on en ôte la sécheresse qu’on prévient la lassitude, qu’on les met à la portée de tous les esprits (1 ). » Il n’est pas nécessaire de développer aux lecteurs de cette Revue la nécessité de la vulgarisation et la méthode correcte pour y arriver. Tous savent que La Nature s’est donné cette tâche et qu’elle y réussit admirablement.
- J. Jafi-hay, Agrégé de l’Université.
- 1. Discours sur les motifs qui doivent nous encourager aux Sciences.
- ....... LES VARIATIONS SOLAIRES = ,
- FONT PRÉVOIR DES HIVERS FROIDS EN 1929 ET EN 1930
- A la suite des échecs relatifs à la prévision des hivers de 1926, 1927 et 1928 qu’on nous a annoncés, chaque fois, comme devant être très rigoureux, il ne semble pas prudent de soulever à nouveau la question de la température probable des hivers à venir ; aussi, n’avons-nous pas l’intention de faire, à notre tour, une prévision, mais de signaler simplement des rapprochements intéressants.
- Après l’hiver rigoureux de 1879-80, on a fait remarquer qu’Angot avait formulé une prévision qui s’est réalisée. Angot, en effet, avait supposé qu’à la suite de plusieurs-, hivers doux comme ceux de 1875 à 1878, on pouvait s’at-N tendre à un ou plusieurs hivers rigoureux, pour ramener la température moyenne des hivers à sa valeur normale. Une situation analogue se présente actuellement, à la suite de la série d’hivers doux de 1925 à 1928.
- Toutefois, il faut reconnaître que la prévision d’Angot était assez vague, puisqu’il ne fixait pas la date des hivers rigoureux à venir, et si nous n’avions d’autres bases, nous ne serions guère plus avancés aujourd’hui, car ce système des compensations, ne permettant aucune précision, n’est pas susceptible d'applications pratiques.
- Lorsqu’on abordera l’étude du problème qe la prévision du temps à longue échéance, il est probable qu’on s’efforcera tout d’abord et avant de prévoir l’état atmosphérique à une date donnée, de déterminer le caractère général d’une année ou d’une saison. \ \
- Or, de même que dans certains cas il est possible, actuellement, de prévoir sur l’ouest de l’Europe la température générale de 12 à 13 jours à l’avance lors de l’apparition des grandes taches solaires (leur disparition, 12 à 13 jours après étant toujours suivie d’un abaissement de la température et de la formation d’une tempête sur l’océan Atlantique nord), de même, dans d’autres cas, on peut essayer, avec quelques chances de succès, de prévoir l’état général d’une saison. "
- §ans avoir la prétention d’émettre une prévision, nous pouvons indiquer les raisons qui laissent supposer que les prochains hivers de 1929 et de 1930 seront froids.
- Pour cela, nous estimons inutile de remonter à plusieurs siècles en arrière ou de faire intervenir l’influence de la Lune; les variations solaires vont nous suffire.
- Nous savons que, par suite de la durée de la période des taches solaires, qui est de 11 ans en moyenne, il existe dans un siècle un nombre exact de périodes solaires, à un an près; si l’action des phénomènes solaires est prépondérante en météorologie, on doit retrouver, d’un siècle à l’autre, des variations atmosphériques à peu près semblables correspondant à la même phase d’une période solaire. C’est, en effet, ce qui a lieu, comme le montre le petit tableau ci-dessous concernant deux séries de 40 années à un siècle d’intervalle.
- 1788-1828 :
- 1788-89 : hiver rigoureux ;
- 1793 : été très chaud ;
- *#-*1795 : hiver rigoureux ;
- 1800 : été très chaud ;
- 1804 à 1807 : années chaudes ;
- 1811 : janvier froid ; été très chaud ;
- 1812-13 et 1813-14 : hivers rigoureux ;
- 1822 : été très chaud ;
- 1826 : été chaud ;
- 1827 : été frais et pluvieux ;
- 1828 : année chaude ;
- 1829 : hiver froid ;
- 1830 : hiver rigoureux.
- 1888-1928
- 1888 et 1889 : hivers froids ;
- 1890-91 : hiver rigoureux;
- 1893 : été très chaud ;
- 1895 : hiver rigoureux ;
- 1900 : été très chaud ;
- 1904 à 1907 : années chaudes ;
- 19 L1 : janvier froid ; été très chaud ;
- 1913-14 : hiver rigoureux;
- 1921 : été très chaud ;
- 1926 : été chaud ;
- 1927 : été frais et pluvieux ;
- 1928 : année très chaude ;
- 1929 : (?)
- 1930 : (!)
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- Peut-on supposer que le hasaid seul a produit, d’un siècle à l’autre, des correspondances aussi curieuses ? N’oublions pas que les mots « hasard » et « coïncidence » ne servent le plus souvent qu’à masquer notre ignorance et n’ont d’autre utilité que de fournir une raison commode pour nous dispenser de chercher plus loin la véritable cause de certains phénomènes.
- Si, à ces concordances météorologiques, on superpose les variations des taches solaires, on constate que, de 1888 à 1928, le Soleil a présenté, lors de chaque période, des variations sensiblement de même intensité que celles des périodes de 1788 à 1828 ; l’analogie s’est complétée par un maximum solaire faible en 1927-28 semblable à celui de 1827-28 et une variation de même sens pendant l’été de 1927, qui correspond à celui de 1827 avec une même diminution d’activité solaire à cette saison.
- On se trouverait donc ici en présence d’une variation séculaire comprenant 9 périodes undécennales. Par suite des rares observations solaires antérieures au xvme siècle, il sera difficile de vérifier ce fait et il faudra probablement attendre les observations des siècles à venir.
- Pouvons-nous pousser plus loin cette analogie et supposer que, le maximum de la période solaire actuelle ayant été atteint en 1928, la diminution des taches solaires qui va se manifester vraisemblablement à la fin de 1928 (après la recrudescence importante de l’été de celte année) sera suivie de basses températures au cours de l’hiver 1928-29 ?
- La supposition n’est pas téméraire et parait logique quand on connaît l’étroite relation qui unit les phénomènes solaires et les températures de l’ouest de l’Europe.
- Quoi qu’il en soit, les variations des taches solaires et celles des températures de l’hiver de 1929 nous fourniront une nouvelle base pour un essai sur l’hiver suivant, car au siècle dernier l’hiver de 1830 a été plus rigoureux que celui de 1829.
- Pour résumer, nous rappelons que l’exposé ci-dessus n’a d’autre but que de présenter des rapprochements curieux qui n offriront un réel intérêt, au point de vue météorologique, que si les hivers de 1929 et de 1930 sont aussi froids, sur nos contrées, que ceux de 1829 et de 1830.
- H. Memery.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- VASES POUR PRODUITS.PHARMACEUTIQUES
- Le Journal de Pharmacie et de Chimie rend compte d’essais faits par M. D.-H. Wester sur la résistance de récipients de diverses natures aux préparations pharmaceutiques qu’ils doivent contenir. Les expériences ont porté sur des ustensiles en nickel pur, en émail, en aluminium pur, en acier inoxydable, dont on a étudié l’attaque par des produits pharmaceutiques courants : aloès, pulpe de tamarin, solutions d’acides organiques. Le nickel résiste bien mieux aux sucs acides qu’aux solutions pures d’acides organiques ; en général l’attaque est marquée avec tous les produits essayés. L’aluminium s’est montré très sensible à l’action des substances renfermant des acides et son emploi ne peut être envisage. L’émail n’est pas aussi résistant qu’on pourrait le croire; dans les récipients de petite taille, à parois fortement incurvées, il présente de nombreuses fissures et l’attaque, par les sucs acides en particulier, est fort importante. L’acier inoxydable, contenant 18 0/0 de chrome et 8 0/0 de nickel, a fourni des résultats très intéressants ; l’action des divers produits pharmaceutiques utilisés a été très faible ou nulle. A la suite de ces essais et d’autres effectués précédemment, M. Wester conclut que l’acier inoxydable et la porcelaine fournissent le matériel le plus pratique et le plus résistant pour les opérations pharmaceutiques.
- POINTS D'INFLAMMABILITÉ DE DIFFÉRENTS SOLVANTS ORGANIQUES
- M. Florentin, sous-directeur du Laboratoire municipal de Paris, ayant été fréquemment consulté sur le degré d’inflammabilité des solvants les plus souvent employés, vient de donner aux Annales des Falsifications et des Fraudes le tableau suivant dans lequel les points d’inflammabilité ont été déterminés à l’appareil réglementaire Luchaire :
- Pression Températures atmosphérique trouvées
- Alcool méthylique ordinaire........... 750 mm de H — 7°C.
- Alcool éthylique absolu............ 750 — — 12°G.
- Alcool éthylique à 95°G. . ........... 748 — + 11°G.
- Alcool propylique normal ...... 752 — -(- 21°G.
- Alcool butylique normal............ 740 — + 40°C.
- Alcool butylique de fermentation. . . 740 — -j~~ 32°G.
- Alcool amylique......................— — -j- 46“C.
- Formiate de méthyle................ 765 — — 12°G.
- Acétate de méthyle.................. . 750 — — 11°G.
- Acétate d’éthyle................... 765 — — 3°G.
- Acétate d'amyle commercial......... 750 — -f- 32°G.
- Acétate d’isobutyle................ 749 — -j- 22°G.
- Essence de térébenthine landaise . . 751 — -j- 38°C.
- Benzine.............................751 — — 8°G.
- Acétone (Dimethyl-cétone).......... 751 — — 20°G.
- White Spirit (150eC. à 200e)....... 758 — -f 39°C.
- LES CONDITIONS TECHNIQUES DU LAVAGE DE LA
- VAISSELLE
- Quel que soit le procédé utilisé pour le lavage de la vaisselle, que ce soit l’antique plonge dans la bassine classique ou les machines modernes les plus perfectionnées, il est, pour un bon et rapide lavage, des conditions techniques qu’il est utile de réaliser et qui sont le plus souvent complètement méconnues.
- Quelle est la meilleure température de l’eau de lavage? Est-il utile de lui ajouter un produit de nettoyage? Quel est le plus efficace de ces produits? Quelle quantité faut-il en mettre pour obtenir le meilleur effet?
- Telles sont les questions que M. J.-L. Breton s’est posées, en l’absence de renseignements précis et auxquelles il vient de donner une réponse dans la revue de l’a Office national des Recher-' ches et Inventions », après avoir expérimenté très ingénieusement sur toutes les données du problème.
- Nous ne reproduirons ici que les conclusions pratiques qu’on en peut tirer.
- Laver de la vaisselle consiste à enlever d’objets en porcelaine ou en faïence des substances alimentaires variées qui y sont adhérentes. On peut, au point de vue de leurs propriétés physicochimiques, diviser ces matières en trois catégories : sucres, graisses, albumines plus ou moins mélangées dans une gamme extrêmement variée de plats et de mets. Les sucres et les graisses s’enlèvent d’autant mieux que l’eau est plus chaude, mais si l’on dépasse une certaine température, les albumines coagulent et deviennent très adhérentes, si bien qu'il faut choisir un optimum convenable. De même, parmi tous les produits de nettoyage ; savons, cristaux de carbonate de soude, eau de Javel, lessive, etc., auxquels on peut avoir recours, chacun provoque des réactions chimiques variées.
- Après de multiples essais, M. J.-L. Breton aboutit aux conseils suivants :
- « Pour faciliter le lavage de la vaisselle, la meilleure température de l’eau de lavage est d’environ 55°; il ne faut pas descendre en tout cas au-dessous de 45° et éviter surtout de monter au-dessus de 65°.
- « Le meilleur produit de lavage à employer est le savon de Marseille; mais il n’est nullement nécessaire d’en utiliser de fortes doses; 0,50 pour 100, 5 gr par litre, est la meilleure dose; on peut même, sans perdre beaucoup d’efficacité, diminuer cette dose de moitié et on gagne bien peu en l’augmentant jusqu’à 1 pour 100;. dépasser cette dernière proportion devient nettement nuisible, car sans rien gagner pour l’enlèvement des graisses le bain de lavage devient moins efficace pour le détachement des matières albuminoïdes.
- « Il est toutefois bien entendu que, si ce bain de lavage permet d’obtenir facilement une vaisselle ayant une apparence de propreté, il ne donne aucune garantie au point de vue de l’hygiène, garantie que peut seul procurer un rinçage à l’eau bouillante, suivi d’un séchage sans essuyage. »
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- PRESTIDIGITATION
- La Fée et le Magicien.
- L’opérateur commence par présenter au public une petite plate-forme A munie d’un léger rebord, puis quatre panneaux P, en bois minee, peint et décoré. Il explique que ces cinq pièces sont destinées à construire une sorte de guérite, en forme de pyramide et qu’elles sont réunies entre elles par 8 boulons à écrous B, permettant de constater la solidité du montage. Avec un marteau, il tape sur la plate-forme et sur les panneaux pour en montrer la solidité et prouver qu’il n’existe pas de solution de continuité. De plus, il prie quelques spectateurs de monter sur la scène et d’examiner soigneusement toutes les pièces, de constater qu’il n’y a pas de trappe dans le plancher ; en un mot, de se rendre compte de la sincérité de l’expérience.
- Puis l’opérateur fait descendre du cintre ou amener de la coulisse, suivant le cas, une sorte de tente ou baldaquin d’étoffe monté sur un léger châssis de métal. Cette tente, qui tout à l’heure servira à cacher aux spectateurs le « modus operandi ». est bien fermée au-dessus, derrière et sur les deux côtés, mais le devant est ouvert. Il se fermera, lorsque besoin sera, au moyen d’un rideau glissant facilement sur une tringle.
- Deux personnages, un homme costumé en magicien indien, une femme habillée en fée font alors leur entrée. L’opérateur les présente en vantant leur mystérieux pouvoir, dont ils vont dans un instant donner la preuve. Avec l’aide des spectateurs, venus sur la scène, l’opérateur procède au montage de la pyramide. Il boulonne sur la plate-forme, puis entre eux, trois des panneaux, celui d’arrière et les deux de côté. Ce montage se fait rapidement, mais solidement, au moyen de 5 boulons seulement (B). A ce moment, l’opérateur montre au public et fait examiner par les spectateurs venus sur la scène une paire de menottes M, dont les bracelets sont reliés par une forte chaîne de fer et fermés par des cadenas. La solidité du tout ayant été constatée, les mains du magicien sont enserrées dans les menottes, le magicien est conduit dans la pyramide, dont le 4e côté est mis en place et boulonné. Grâce à une petite ouverture vitrée dans ce panneau, le public aperçoit jusqu’au dernier moment la figure du magicien. La tente est alors amenée pour entourer la pyramide, la fée se place à côté de cette pyramide sous la tente et le rideau est
- Fig. 1.
- refermé. L’opérateur compte assez rapidement jusqu’à 10 et ouvre la tente : le magicien est debout à côté de la pyramide, délivré de ses menottes. La fée a disparu. On déboulonne rapidement le panneau de devant la pyramide et l’on constate que non seulement la fée a pris la place du magicien, mais encore qu’elle a les mains prises dans les menottes.
- Cette jolie expérience tire son effet de la rapidité avec laquelle se fait l’échange des deux personnages, alors que le public a constaté qu’aucun truquage n’est possible.
- Voici comment s’opère la substitution. Aussitôt le magicien enfermé dans la pyramide, il enlève ses menottes pendant que l’on visse les trois écrous : ses mains ayant à peu près leurs mouvements libres; il retire avec la main droite la clavette C qui fait ressort et ne peut tomber d’elle-même pendant l’examen fait par les spectateurs témoins, examen toujours rapide et se portant généralement sur le point où il n’y a rien à voir, c’est-à-dire les cadenas. La clavette étant retirée, la menotte s’ouvre en deux parties emmenant chacune une moitié de la charnière. Il en fait autant pour la deuxième menotte et glisse menottes et chaîne dans une poche ménagée dans son vêtement, puis s’occupe à glisser sur chacun des côtés de la pyramide un taquet intérieur qui permet d’ouvrir une sorte de trappe dont les bords sont dissimulés par la moulure. Aussitôt que la fée est placée à gauche, à côté de la pyramide et que le rideau est tiré, il pousse la trappe de droite qui s’ouvre en dehors et sort. La fée pousse la trappe de gauche qui s’ouvre en dedans, se place dans la pyramide et les deux trappes sont refermées. Pendant qu’on enlève les écrous, la fée s’emploie à remettre les taquets de fermeture des deux trappes, puis elle prend dans une poche une paire de menottes semblables à celles dont lemagicien vient de se débarrasser, mais qui sont fermées et assez larges pour que la main puisse passer.
- Comme à la vue de la fée dans la pyramide, les mains enchaînées, et du magicien délivré, l’expérience est terminée, personne ne pense à examiner les menottes et le rideau se baisse sur un succès.
- Alber.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Essais sur la ligne postale des Indes.
- Une belle démonstration des possibilités d’un service postal sur la ligne des Indes vient d’être faite par la compagnie hollandaise de transport K.-L.-M. Quatre avions, destinés à l’exploitation d’un réseau commercial en Malaisie, ont servi à cet essai. Le premier piloté par Koppen, parti le 13 septembre d’Amsterdam, arriva à Batavia le 25, par l’itinéraire : Vienne, Budapest, Sofia, Constantinople, Alep, Bagdad, Bou-chir, Bender-Abbas, Karachi, Allahabad, Calcutta, Rangson, Bangkok, Sengora, Médan, Palombang.
- Le deuxième appareil, parti le 20 septembre, arriva le 2 octobre ; le troisième effectua le voyage du 27 septembre au 9 octobre et le quatrième, du 4 au 16’octobre.
- Le courrier, transporté par le premier appareil, comptait 2250 lettres recommandées et 18 600 lettres ordinaires. Ce fret suffisait à couvrir les frais du voyage.
- Les avions employés sont des monoplans JFokker, à trois moteurs Armstrong-Siddlèy de 225 ch. L’équipage se composait de deux pilotes et d’un mécanicien. La vitesse de route de ces avions est de .170 km-h., la vitesse maximum, de 195 km-h. Ces appareils, appelés à atterrir sur des terrains médiocres, ont été équipés de grandes roues, montées
- Avion Hanriot H. kS.
- sur billes. Un dispositif de freinage, analogue à celui des automobiles, a permis de réduire de plus de 100 pour 100 la longueur de roulement à l’atterrissage.
- Ces quatre appareils doivent relier, à partir du l011 novembre, Batavia à Samarang et Sourabaya : ce service sera prolongé, à partir du lor janvier, vers Singapour, Pénang et Médan.
- Ligne postale Chicago-San-Francisco.
- La ligne postale Chicago-San-Francisco, tronçon occidental de la ligne transcontinentale américaine, peut être, par son organisation, considérée comme ligne postale type.
- Cette ligne, qui est exploitée par la « Boeing Air Transport », est parcourue tous les jours une fois dans chaque sens (la distance de Chicago-San-Francisco est de 3118 km) ; elle est équipée pour les vols de nuit, dans la section correspondant aux trajets nocturnes. Cette section comporte un terrain de secours et un phare électrique de 90 à 120 km de portée (5 000 000 de bougies) tous, les 40 km. En outre, la ligne est jalonnée tous les 5 km, par des phares à éclats à allumage automatique (acétylène 5000 bougies), d’une portée de 9 à 14 km; tous les obstacles (bois) sont signalés. Enfin, tout le long de la ligne, un réseau de T. S. F. est organisé.
- Les appareils utilisés sont des biplans Boeing à moteur
- Pratt et Whithey de 425 ch (525 ch sur les tronçons de ligne difficile), moteur en étoile à refroidissement par l’air.
- Le tonnage postal transporté mensuellement est supérieur à 10 tonnes; d’aout à octobre 1927, près de 500 passagers ont été transportés. Ces chiffres sont très encourageants et montrent que la ligne postale, commercialement intéressante est loin d’être une utopie.
- Avion Hanriot H-46.
- Hanriot présentait au dernier Salon de l’Aéronautique un appareil biplace de 120 ch, appareil estafette ou appareil d’école, transformable en sanitaire : H-k6 Stjx (fig 1).
- L’aile, trapézoïdale arrondie, est construite entièrement en bois : longerons, caissons, nervures, recouvrement de contreplaqué. Le profil est épais, et variable le long de l’envergure. Les bouts d’ailes sont réglables, et permettent une compensation rigoureuse du couple moteur.
- Cette aile est fixée au fuselage par l’intermédiaire d’une cabane en W en tubes de duralumin, cabane très large réduisant le porte à faux et assurant une très bonne visibilité.
- Le fuselage est formé de longerons, montants et traverses en tubes de duralumin de section carrée (ces tubes permettent des liaisons simples par ferrures enveloppantes), croisil-lonnés par haubans ronds à l’arrière. Le recouvrement du fuselage est formé de toile mince de duralumin, raidie par des nervures longitudinales.
- Le poste de pilotage est placé sous l’aile. On y accède par une porte latérale (permettant une évacuation rapide de l’appareil). Immédiatement en arrière, le fuselage comporte une chambre, bien dégagée, éclairée par quatre hublots ronds, et à plafond amovible, dans laquelle est installée soit le deuxième poste de pilotage, soit un brancard (suspension élastique, cloisons garnies de liège). Le brancard peut être mis en place facilement par une longue porte latérale en caisson.
- De nombreux détails de ce fuselage sont intéressants : instruments de bord fixés sous l’aile, visibles des deux postes, système de verrouillage des portes, recouvrement facilement démontable permettant une intervention facile en tous les points du fuselage.
- Les empennages sont classiques, à structure de duralumin recouverte de toile.
- Le groupe motopropulseur (moteur quelconque, rotatif ou fixe, à air ou à eau, de 80 à 200 ch) est interchangeable rapidement. Une boîte spéciale permet le raccordement de toutes les tuyauteries et commandes.
- Le train, formé de tubes torpédo de duralumin, èst sans essieu et à large voie. Il est formé d’un Y articulé à la base du fuselage et d’une jambe de compression portant un amortisseur oléopneumatique (pression maintenue par la pointe du démarreur de bord), articulée au longeron supérieur du fuselage. Ce train dégage complètement l’entrée du poste avant.
- Enfin, toutes les articulations de l’avion sont munies de graisseurs Técalémit.
- Les caractéristiques du H-k6 sont les suivantes :
- Surface..................... . 23 mq.
- Envergure....................... 7 m. 50.
- Puissance......................120 ch.
- Poids total charge............ 950 kg.
- Charge utile.................. 200 kg.
- Vitesse au sol.................150 tens/h.
- Montée à 2000 m................ 17 min.
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- Avion Blériot 127.
- L’aviation militaire présentait au dernier Salon de l’Aéronautique le multiplace de combat Blériot 127, appareil tenu longtemps secret, de construction et de performances remarquables (fig. 2).
- Cet avion est à voilure monoplane en porte à faux, voilure de profil épais, variable suivant l’envergure, trapézoïdale en plan. La construction, entièrement en bois, comporte deux longerons caissons reliés par des nervures caissons formant entretoises, et des lisses supportant les fausses nervures; le recouvrement est en toile, le bord d'attaque est contreplaqué. Le bord de fuite, à partir du longeron arrière, forme une pièce séparée, fixée par boulons.
- Cette aile est fixée à mi-hauteur du fuselage. Le fuselage est constitué par deux poutres horizontales, construites en bois, formées de longerons, traverses, et lisses de raidissement du contreplaqué de recouvrement. Les deux poutres sont reliées par des montants en tube dé duralumin, et le tout croisillonné par des cordes à pianos. Ce fuselage comporte : une tourelle de mitrailleur, à l’avant, une chambre contenant les appareils de navigation, l’installation de la T. S. F., les appareils d’observation (photo), les commandes des lance-bombes; le poste de pilotage, à doubles commandes côte à côte (commandes débrayables), enfin, à hauteur du centre de gravité, les réservoirs larguables et les lance-bombes.
- Les deux moteurs sont fixés à l’avant de deux fuseanx latéraux, encastrés sous l’aile (moteurs de 500 ch), et portant les réservoirs d’huile et les radiateurs. L’extrémité arrière de ces fuseaux, abaissée par rapport à l’aile, contient une tourelle de mitrailleuses, à laquelle on peut accéder du fuselage, par l’intérieur de l’aile. L’atterrissage est composé de deux trains latéraux à deux roues fixés sous les fuseaux moteurs.
- Toutes les gouvernes sont compensées, et commandées par câbles souples.
- Les caractéristiques de l’appareil sont les suivantes :
- Envergure...................... 23 m. 20.
- Longueur....................... 14 m. 50.
- Surface........................ 88 mq.
- Poids vide................... 3250 kg.
- Poids en charge...............4466 kg.
- Vitesse à 2000 m.............. 220 km/h.
- Vitesse à 6000 m.............. 207 km/h.
- Montée à 4000 m................ 12 min. 21 sec.
- Plafond...................... 8000 m.
- De plus, le champ battu par les trois tourelles du B-121 ne présente pas d’angle mort; un chasseur attaquant l’appareil a donc toujours à craindre le feu d’au moins une des tourelles. Les qualités de vitesse et de montée, le plafond élevé, et l’armement puissant, montrent le B-l‘21 comme l’avion d’observation et de bombardement de jour par excellence, puisqu’il se suffit entièrement à lui-même dans ces missions. (Son efficacité devient douteuse, s’il est conçu pour la défense d’appareils de bombardement).
- Records d’altitude en avions légers.
- Les records d’altitude pour appareils légers, monoplaces et biplaces, viennent d’être battus au début d’octobre.
- Celui pour avions monoplaces appartient maintenant à l’aviatrice anglaise Lady Heath et atteint 7800 m. Le vol dura un peu plus d’une heure, et l’aviatrice ne fut arrêtée que par le froid. Par ce vol, Lady Heath devient également recordwoman d’altitude.
- Le record pour appareils biplaces appartient aux pilotes allemands Petersen et Langsdorf, et s’élève à 6400 m; le précédent record était de 5680 m. L’avion utilisé dans ce vol était un Baumer « Sausewind », à moteur Wright de 60 ch.
- Flotteurs et skis combinés.
- Un dispositif, très intéressant pour les appareils appelés, à voler dans les pays du Nord, vient d’être réalisé par la Fair-child Manufacturing Company (Etats-Unis) : c’est une combinaison d’un flotteur et d’un ski, permettant à l’avion d’ammérir ou de se poser sur la neige.
- Le flotteur est de forme classique, à un redan et fond amorti; il est construit en bois recouvert de tôle de duralumin, et est divisé intérieurement en 3 compartiments étanches.
- Le ski, qui occupe toute la partie du flotteur située en avant du redan, est mis en forme au profil du fond. Il est articulé au flotteur à l’avant, et pose à l’arrière, sur deux amortisseurs à disques de caoutchouc, placés à l’intérieur du flotteur. . ,
- Des tôles de duralumin fixées latéralement écartent la
- Fig. 2. — Avion Blériot 127.
- neige qui pourrait venir bourrer entre le patin et le flotteur.
- Ce type de flotteur a été employé pour équiper l’appareil Fairchild F. C.-2, avion commercial à 5 places, muni du moteur Wright-Wirlwind de 200 ch.
- Essais au tunnel en vraie grandeur.
- Des essais au tunnel en vraie grandeur viennent d’être effectués au Langley Memorial Laboratory, dans le but de déterminer l’importance relative de la traînée des différents éléments d’un fuselage.
- Ces essais étaient rendus possibles parles grandes dimensions du tunnel du National Advisory Committee for Àero-nautics, tunnel destiné aux essais d’hélices (diamètre minimum 6 m).
- Le fuselage soumis aux essais fut celui d’un biplan Sperry Messenger, muni d’un train classique et d’un moteur à trois cylindres à refroidissement par l’air; la vitesse du courant d’air varia, pendant les expériences, de 80 à 160 km-h. La traînée du train d’atterrissage fut trouvée à peu près égale à celle du fuselage proprement dit muni de son moteur, le moteur ayant une traînée sensiblement égale à celle du fuselage seul.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE
- Les résines de gutta-percha et de balata. Leurs emplois modernes dans les papiers « tue-mouches » et les rubans isolants.
- «
- Les industries des isolants, des câbles et du caoutchouc manufacturé exigent des gutta-percha et des balata dérési-nifiées. Certains manufacturiers ont pensé à faire par traitement des produits naturels à l’essence légère de pétrole, dans des appareils « ad hoc ».
- La gutta et la balata, obtenues, sont vendues 3 ou 4 fr au kilo de plus que les produits bruts. On obtient comme sous-produits des produits résineux présentant des aspects très différents, suivant les détails du traitement et surtout la quantité d’essence de pétrole qui y subsiste.
- Tantôt le produit, presque exempt d’essence de pétrole, se présente sous la forme d’un miel épais, poisseux et inoxydable, restant poisseux même après des mois d’exposition à l’air, tantôt c’est une huile épaisse, riche en essence de pétrole.
- Lorsque ce dernier se concrète par évaporation, il devient analogue au premier.
- Ces résines doivent donc être achetées sur type constant, conforme à échantillon. Leur prix actuel varie de 8 à 10 fr le kilo.
- Là où l’huile de résine vaut 4 fr., l’huile de palme 5 fr, l’acide oléique, stéarique et tous les agglomérants des gommes valent sensiblement les mêmes prix.
- Mais, nous le répétons, comme agent de « poissage » conservant longtemps ladite qualité, par suite de son inoxyda-bilité presque totale, même à la longue, nous ne connaissons pas de corps comparables à ceux-là. Aussi, depuis longtemps, les petites industries des papiers « tue-mouches » et des rubans caoutchoutés ont-elles employé ces produits.
- Dans la première de ces industries, on adjoint (quelquefois au corps poissant un élément toxique pour les mouches, souvent le goudron de Norvège, qui, comme lui, est soluble dans l’alcool mélangé à diverses autres substances.
- Un papier trempé dans de telles mixtures reste poisseux, se.déroule aisément et ne se résinifie pas par stockage.
- Dans l’industrie des rubans caoutchoutés, chattertons et succédanés, le goudron de Norvège vient encore se mélanger aux susdites résines ou à de l’huile de résine ou à d’autres produits, chaque maison ayant ses secrets, variables avec les exigences techniques des monteurs électriciens.
- L’imprégnation des toiles se fait avec des « spreaders » ou machines à étendre, analogues à ceux des industries des toiles cirées et connexes, qui raclent le mélange des charges et des divers produits en une couche égale sur la toile!
- Celle-ci est roulée à nouveau et découpée en bandes étroites.
- Les deux industries sus-esquissées occupent un nombreux personnel, et certaines marques françaises ont une réputation quasi mondiale.
- Les applications de glucinium.
- On commence à fabriquer industriellement le glucinium.
- • Ce métal, connu depuis longtemps et remarquable par sa légèreté (densité 1,84) entre aujourd’hui seulement dans le domaine industriel. On avait espéré réaliser des alliages d’aluminium et de glucinium dans lesquels le glucinium aurait renforcé la dureté de l’aluminium.
- Ces espoirs n’ont pas été confirmés. Mais on a constaté qu une légère addition de glucinium confère de remarquables propriétés à certains métaux lourds. Allié au fer dans la proportion de 2 pour 100, il en augmente la dureté dans le rapport de 100 à 300; un alliage à 4 pour 100 prend remarquablement la trempe.
- Les alliages de cuivre et de nickel à 2 ou 3 pour 100 de glucinium sont comparables aux bronzes de qualité supérieure récents et par une trempe appropriée on obtient des résistances atteignant 150 kg par mm2, avec un allongement de 2 pour 100 et une dureté de 400. Ces alliages trouveront leur emploi dans les cas où les pièces doivent résister à la corrosion et à de violents efforts mécaniques.
- Le glucinium est très transparent aux rayons X. On l’utilise pour la fabrication de rondelles de 10 à'30 mm de diamètre et de 1 à 2 mm d’épaisseur employées comme fenêtres de sortie dans les tubes à rayons X.
- D’après M. K. Ulig, cité par la Revue de VAluminium, en Allemagne la Société Siemens et Halske produit actuellement par jour 100 à 120 grammes de béryllium pur à 98 ou 99 pour 100 au moyen de 2 fours électriques ; le métal est livré au prix de 6 marks le gramme, soit 37 fr 50 le gramme. On voit que le glucinium se classe pour l’instant dans la catégorie des métaux précieux.
- Aux Etats-Unis, la Béryllium Corporation produit également une petite quantité de ce métal.
- AGRONOMIE Le Jelutong.
- Il existe à Bornéo des arbres de grande taille du genre Dyera (Apocynées) qui fournissent un latex riche en résine. Depuis un certain nombre d’années ce <c Jelutong » ou « Bornéo » était étudié dans le but de lui trouver une utilisation. La présence d’un peu de caoutchouc a été quelquefois reconnue dans ce latex ! et a même servi de motif à des affaires industrielles. Mais, dans cette voie d’utilisation, étant donné que la résine est déjà un sous-produit de certains caoutchoucs, on devait vite considérer le bornéo comme une source de caoutchouc de mauvaise qualité dont la valeur avait été très exagérée.
- Mais le latex de Dyera vient enfin de trouver une utilisation commercialè.
- Aujourd’hui ce jelutong est devenu aux Indes néerlandaises l’objet d’un commerce important avec les États-Unis où on l’emploie à la fabrication du chewing gum, nous apprend M. W. Russel dans la Revue de Botanique appliquée (juillet 1928). En 1925, plus de 6000 tonnes ont été embarquées à Singapore.
- La récolte se fait à Bornéo, Sarawak, et en Malaisie. Le latex a une densité de 1,012 à 1,015 à 28° C. Frais, il présente une réaction pH = 7 qui diminue à 5 avec le temps. On le coagule par l’alcool. Le coagulum est formé d’un dépôt blanc. On obtient un meilleur rendement en ajoutant au latex 0,01 gr. d’acide acétique pour 100 cm3 de latex, ce qui correspond à un de 5. En augmentant la dose d’acide acétique on diminue le rendement. On ne doit pas coaguler avec du silico-fluorure de sodium, cela rendrait le produit toxique. Le coagulum est soumis à un lavage par ébullition dans l’eau pour éviter le développement ultérieur de moisissures, puis il est aggloméré à la presse.
- L. R.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- LA DENGUE
- L’été dernier, au mois d’août, la Grèce fut brusquement affligée d’un fléau qui n’épargna presque personne. En très peu de temps, 400 000 habitants furent atteints ; les campagnes devinrent désertes, Athènes, les autres villes prirent l’aspect morne et vide des cités abandonnées. Le chef du gouvernement, Yenizelos, lui-même dut s’aliter. Rarement, on avait vu pareille pandémie.
- Heureusement, la vie ne tarda pas à reprendre, l’activité à reparaître. Aujourd’hui, l’épidémie est passée.
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- C’était une épidémie de dengue, maladie depuis longtemps connue dans toutes les régions tropicales, et notamment aux Indes, en Amérique centrale, dans l’est du bassin méditerranéen. Les troupes françaises en ont déjà souffert, à Salonique pendant la guerre, en Syrie plus récemment.
- On sait qu’elle est généralement caractérisée par un premier accès de fièvre, survenant brusquement après 5 à 18 jours d’incubation, suivi de quelques jours de rémission, puis d’un second accès moins violent au cours duquel apparaît sur le corps une éruption rappelant celle de la rougeole. Les malades souffrent de douleurs articulaires plus ou moins aiguës, semblables à celles du rhumatisme, qui persistent souvent assez longtemps, ainsi qu’une sensation de fatigue, pendant la convalescence.
- La dengue est une maladie bénigne, qui ne risque de devenir grave que chez les tout jeunes enfants et les vieillards.
- On a déjà beaucoup étudié cette maladie, sans être encore arrivé à des résultats très nets.
- On sait que le sang des malades est virulent jusqu’au 14° jour. Inoculé à l’homme, il provoque un accès de dengue après 3 à 14 jours d’incubation. Le passage d’un homme à l’autre n’atténue pas la maladie. Les animaux de laboratoire habituels ne paraissent pas sensibles et ne peuvent donc servir à l'étude. Le virus se retrouve après passage du sang à travers les filtres les plus fins; il s’agirait donc d’un microbe invisible particulièrement petit. Tandis qu’on a cherché plusieurs fois en vain un spirochète dans le sang des malades, d’autres fois on en a signalé un extrêmement fin, notamment au cours d’une épidémie à Beyrouth, en 1921. L’agent causal n’est donc pas encore suffisamment connu.
- L’épidémie se transmet cei'tainement par des piqûres d’insectes, de moustiques en particulier, inoculant le virus d’un malade à un homme sain. En Dalmatie, en Herzégovine, les gens du peuple appellent papataci un pçtit Phlébotome de 2 mm 5 environ, dont la piqûre est douloureuse; il transmet, sinon la dengue, du moins une maladie très voisine. Les divers moustiques : Culex, Stegomyia, ont été incriminés ; des expériences faites sur Stegomyia fasciata paraissent concluantes.
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- L’épidémie d’Athènes, par sa brusquerie et son extension, n’a pas permis de poursuivre de nouvelles études sur la parasitologie de la dengue. Mais elle a conduit les rares médecins restés indemnes à des constatations cliniques et à des conclusions thérapeutiques. C’est ainsi que M. le Dr Sacco-rafos, professeur de clinique médicale à la Faculté d’Athènes,
- vient de faire connaître, dans la Presse Médicale, ses propres observations.
- Tout d’abord, il considère que l’on est trop optimiste en ce qui concerne la dengue. « Certes, dit-il, si l’on compare l’extension de la dengue et ses conséquences à la marche riomphante de la grippe de triste mémoire, la gravité exceptionnelle de cette dernière sera évidente. Mais c’est à tort que 1 on met en parallèle les deux maladies, et cela d’autant plus que jamais, sauf en de très rares exceptions, la dengue ne touche l’appareil respiratoire. N’essayons donc pas d’examiner, sous le même angle, en ce qui concerne le danger, la grippe et la dengue, et ne sous-estimons pas les ravages de cette dernière. En effet, lorsqu’on pense aux proportions du mal, à la longueur de la convalescence, à l’effroyable asthénie, on sera d accord pour reconnaître l’importance des répercussions aux points de vue économique et social. Le fait seul qu’une multitude extraordinaire d’hommes se trouve immobilisée suffit pour jeter un désordre dans la vie collective, sinon pour paralyser d’une façon inquiétante, grâce au chômage et à l’angoisse générale. »
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- La fièvre est un symptôme quasi constant et dominant. La température oscille entre 38°5 et 39°5 avec rémittence matinale légère. Dans deux cas elle atteignit 42°. Le septième jour, elle redescend jusqu’à la normale, laissant le malade dans un état de défaillance pouvant aller jusqu’à la syncope. Pendant 20 à 30 jours encore, une petite fièvre vespérale se maintient souvent.
- Le pouls ne suit pas la fièvre et reste normal ou même lent.
- Les douleurs sont presque constantes : céphalée frontale, lumbago insupportable, myalgies fémorales, d’origine plutôt centrale que musculaire.
- L’éruption apparaît le troisième jour; elle se termine par une desquamation.
- Les troubles digestifs sont assez fréquents : soif ardente, inappétence, langue blanche, parfois nausées et vomissements, constipation habituelle.
- Les urines contiennent presque toujours de l’albumine qui ne disparaît qu’après 15 à 20 jours.
- L’appareil respiratoire reste indemne, en général.
- La convalescence est très longue, le malade étant pâle, amaigri, épuisé.
- On combat cet anéantissement d’une manière efficace par de fortes doses de strychnine (3 milligrammes par jour pendant une dizaine de jours).
- Dans l’ignorance où nous sommes de la cause de la maladie, aucun traitement spécifique n’a encore pu être envisagé. On se contente, d’après le Dr Saccorafos, de combattre la fièvre, les troubles digestifs, puis les hémorragies quand elles se présentent.
- Enfin, la maladie semble créer un état d’immunité, puisque rarement une rechute s’observe et qu’elle est alors bénigne-
- Tel est le tableau vécu de la pandémie d’Athènes. Souhaitons, en terminant, que de nouvelles recherches de laboratoire parviennent à mettre à l’abri de pareilles calamités !
- R. M.
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- ; LIVRES NOUVEAUX
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- La mécanique ondulatoire, pm- L. de Broglie. 1 brochure, 55 p. (Mémorial des Sciences physiques). Gauthier-Yillars, éditeurs, Paris, 1-928. Prix : 15 francs.
- Nous assistons à une véritable révolution des sciences physiques, ébranlées dans leurs fondements classiques par les découvertes modernes en électricité et optique. Parmi celles-ci, celles qui ont été groupées sous le nom de phénomènes de quanta ont créé une situation particulièrement difficile ; car les phénomènes de quanta sont incompatibles avec les théories classiques de l’électromagnétisme, et d’autre part comment, sans ces dernières, expliquer des phénomènes comme les interférences, la diffraction ? Il y a quelques années, M. L. de Broglie, dans une thèse remarquable, a jeté les bases d’une nouvelle théorie destinée à permettre de concilier des points de vue en apparence contradictoires. Le point de départ est le suivant : le point matériel ne peut être assimilé, comme dans la mécanique classique, à une entité isolée occupant un domaine infime de l’espace, mais bien comme une singularité au sein d’un phénomène périodique étendu occupant toute une partie de l’espace. De là est née, grâce aux travaux de de Broglie, de Schrodinger, de Dirac, de Brillouin, une mécanique nouvelle, la mécanique ondulatoire, qui non seulement a réussi à grouper d’une façon harmonieuse et en général satisfaisante pour l’esprit la grande masse des phénomènes connus en mécanique et en optique, mais encore, et c’est là un point remarquable, a permis de prévoir des faits nouveaux que l’expérience a ensuite révélés. La mécanique ondulatoire prend donc une importance considérable à l’heure actuelle et ses principes doivent être connus de quiconque s'intéresse aux progrès de la science. On les trouvera exposés avec une élégante concision dans la brochure ci-dessus. Notons toutefois que la lecture en exige de solides connaissances mathématiques.
- Einführung in die allgemeine Mechanik, par von
- Dr Max Planck. 1 vol. 226 p., 43 fig. S. Hirzel, éditeur, Leipzig, 1928. Prix broché : 6 marks.
- Ce volume fait partie de la collection d’ouvrages d’initiation à la physique théorique, rédigés par le célèbre physicien allemand. C’est un traité de mécanique générale, qui respecte l’exposé classique usuel de cette branche de la science. Après le rappel des principes fondamentaux de Newton, il développe les points essentiels de la mécanique du point matériel, puis la statique du corps solide, celle des systèmes du point matériel soumis à des liaisons; enfin la dynamique du solide et celle des systèmes du point matériel. L'exposé a la sobriété et la lucidité qui caractérisent les publications du Dr Planck.
- Exposé élémentaire du calcul vectoriel et de quelques applications, par H. Malet. 1 vol. 72 pages. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1927. Prix : 10 francs.
- Le calcul vectoriel est de plus en plus employé dans l’exposé des principales questions de physique mathématique, électromagnétisme, hydrodynamique, acoustique, etc. C’est un outil extrêmement commode, qui simplifie les démonstrations. L’ouvrage de M. Malet permettra à tout lecteur pourvu d’un peu de culture mathématique d'acquérir rapidement la pratique de cette notation symbolique et d’en saisir tout l’intérêt.
- Cables téléphoniques pour longues distances, par
- A. Engelhardt, . traduit de l’allemand par Mlles Voiturin et Beresowski-Chestor. 1 vol. 219 p., 94 fig. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1928. Prix relié : 42 francs.
- Cet ouvrage explique ce que sont les câbles Krarup et Pupin qui permettent de transmettre à grande distance les conversations téléphoniques ; il expose d’une façon relativement élémentaire les progrès techniques réalisés dans ce domaine en ces dernières années, notamment l’emploi des amplificateurs associés à de telles lignes. >
- Contribution à Vétude du peuplement des hautes montagnes, par P. Allorge, R. Benoist, A. Chevalier, L. Ghopard, L. Germain, II. Heim de Balsac, R. Heim, II. Humbert, R; Jeannel, L. Joleaud, L. Lavauden, R. Maire, E. de Martonne, C. Motas, P. de Peyerimhoff, E. Pittard, J. Sainte-Claire Deville, R. F. IScharf, B. P. Uvarov, A. Yan-del. 2e mémoire de la Société de Biogéographie. 1 vol. in-8, 259 p., 3 fig. Lechevalier, Paris, 1928. Prix : 40 fr.
- La jeune et très active Société de Biogéographie, outre les intéressantes communications qu’elle publie sur les divers sujets qui lui sont présentés, met à l’étude des questions d’ordre général, auxquelles collaborent les spécialistes de disciplines très
- variées qui la composent. L’an dernier, elle a ainsi étudié le peuplement de la Corse; cette fois, elle examine les problèmes du peuplement des hautes montagnes. M . de Martonne, géographe, décrit les conditions physiques du milieu; M. Pittard, anthropologiste, la race humaine alsine qui l’habite; MM. Lavauden et Jolleaud, les mammifères; MM. Lavauden et Heim de Balsac, les oiseaux, MM. Scharf et Germain, les mollusques ; M. Vandel, les planaires; M. Benoist, les hyménoptères; MM. Sainte-Claire Deville et Peyerimhoff, les coléoptères; M. Jeannel, les Trechus; MM. Uvarov et Chopard, les orthoptères; M. Motas, les hydra-cariens ; MM. Maire, Humbert, Chevalier, la flore; M. Heim, les champignons; M. Allorge, les mousses. De cet ensemble se dégage nettement l’idée d’un peuplement spécial, adapté aux conditions particulières du milieu et traçant les limites des dernières glaciations.
- Pflanzensoziologie. Grundzüge der Vegetations-
- kunde, par J. Braun-Blanquet (Montpellier), 1 vol. in-8,
- 330 p., 168 fig. Collection « Biologische Studienbüclier ». Julius
- Springer «..Berlin, 1928. Prix : 18 m. ; relié toile, 19,40 marks.
- Un livre allemand écrit par un Français, ce n’est pas coutume! Mais l’école de Montpellier a pris avec Flahault une telle place en géographie botanique qu’on s'explique le choix fait par la collection allemande des « livres d’études biologiques ». La phytosocio-logie est la science de la distribution géographique des plantes, de leurs groupements, de leurs associations, de leurs peuplements. Elle s'est considérablement accrue en ces derniers temps et s’est même créé tout un langage. Ce livre est un exposé remarquable de ses récentes acquisitions et de son état actuel. Après avoir défini les facteurs d’association : commensalisme, organisation et structure, abondance, sociabilité, vitalité, périodicité, il divise l’étude en synécologie, syngénétique, synchorologie. La synécologie comporte les conditions de milieu : climat, chaleur, lumière, humidité, vent, physique et chimie du sol (colloïdes, pH, sels, etc.). La syngénétique analyse les groupements, les répartitions et successions des espèces. La synchorologie examine leur répartition géographique en zones, régions, provinces, etc. Bien illustré, pourvu d'une bibliographie abondante, très complète et bien à jour, ce livre de M. Braun-Blanquet est le travail fondamental auquel il faudra constamment se reporter.
- Christophe Colomb vu par un marin, par J.-B. Charcot.
- 1 vol. in-4, 320 p., nombreuses figures et cartes. Flammarion.
- Paris, 1928. Prix : 30 fr.
- Voici un beau et bon livre. Beau par ses illustrations d'abord, parfaitement choisies et reproduites, en partie, d’après des documents anciens. Beau aussi comme une « vie romancée » bien choisie, bien comprise, sentie par le dedans, celle d’un grand et audacieux navigateur vue par un marin qui connaît et sait goiîter le charme, les dangers, les aventures de la mer. Bon livre aussi parce qu’à l’inverse des livres de cabinet, écrits uniquement à l’aide de textes, de commentaires, de recoupements de documents, trop souvent sans vie et sentant l’encre, il anime les textes, il évoque la vie à la mer et dégage des expéditions de Colomb la leçon d’énergie, d’enthousiasme, de courage et de génie que renferme la « merveilleuse découverte ». On revoit la marine de l’époque, les bateaux, l’équipage, l’homme, les voyages, dans leur vivante vérité, et l’on ferme le livre, émerveillé, passionné, étonné de ce qu’une compréhension technique, une sympathie d’homme de mer a su ajouter de vrai, d'humain, à une histoire touffue, belle comme une légende.
- La causalité physique chez l’enfant, par Jean Piaget,
- avec le concours de 17 collaborateurs. 1 vol. in-8, 347 p. Félix
- Alcan, Paris, 1927. Prix : 40 francs.
- Les études sur la psychologie de l’enfant se multiplient et l’Institut Jean-Jacques Rousseau de Genève y contribue activement L’auteur, qui y professe, a déjà étudié la représentation du monde chez l’enfant qui révèle un réalisme magique, un animisme comparables à ceux des primitifs. Cette fois, il enquête et analyse les conceptions de l’enfant sur la mécanique et la physique. Des questionnaires, des conversations, des expériences ont permis de recueillir un très grand nombre de réponses qui ont été méthodiquement classées et interprétées. On voit ainsi les explications enfantines du mouvement de l’air, des nuages, des arbres, de l’eau d’où naît la notion de force, les prévisions à propos de la flottaison des bateaux, du niveau de l’eau, des ombres, l’explication du mécanisme des bicyclettes, des moteurs, des trains, des automobiles, des avions, etc. Toutes ces études conduisent à dégager le développement intellectuel de l’enfant, l’évolution de sa logique, de ses notions de réalité, de causalité, de lois physiques.
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- PETITES INVENTIONS
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- CONSTRUCTION Charpentes de combles en lamelles de bois.
- Les personnes qui, àPéronne (Somme), ces mois derniers, assistaient au montage des charpentes de l’Hôtel de Ville et de l’Église étaient surprises non seulement par l’aspect « métal déployé » de ces charpentes, mais aussi par l’absence complète de ces grosses pièces de bois formant d’habitude l’armature des combles.
- En effet, dans ce type nouveau de charpente dit à lamelles, pas d’arbalétriers ni entrait, ni poinçon, pannes, contre-fiches, etc. : qu’on se figure les deux parties d’un toit simplement disposées l’une contre l’autre, comme cela se voit pour certains modèles de baraquements.
- Cette charpente consiste essentiellement en planches de sapin (ou toute autre essence de bois) ; ces éléments usinés en série à l’atelier d’après un gabarit au moyen d’instruments ordinaires (scie à ruban, scie circulaire et perceuse mécanique) sont chantournés comme l’indique la figure 1, d’un seul côté, c’est à-dire selon le rayon adopté pour la toiture, et découpés en biais à leurs deux extrémités. On remarque aussi que chaque planche comporte une mortaise au milieu et un trou à chaque extrémité.
- La longueur de ces planches ou lamelles peut facilement
- être standardisée, la largeur et l’épaisseur doivent varier naturellement avec l’effort demandé ; généralement la longueur est de 2 m. 25, la largeur de 0 m. 15 à 0 m. 30 et l’épaisseur de 0 m. 027 à 0 m. 050.
- Ainsi, pour construire un comble, on assemble les lamelles posées sur champ, de manière à former une sorte de réseau réticulé (fig. 2) ; les lamelles sont reliées par trois dans les points de jonction au moyen de longs boulons ordinaires avec plaques d’assise à crampons.
- Toutefois, ce réseau ne doit pas être plat, mais présenter une surface bombée, ce qui fait qu’on obtient avec un sérieux gain d’espace une bonne force portante de la voûte; d’autre part, le cisaillement de celle-ci est déchargé au soubassement.
- Les charpentes à lamelles s’établissent jusqu’à 30 m. de portée avec profil plein cintre ou ogival ; les flèches et les rayons de la voûte variant dans de larges limites permettent, par conséquent, toutes les formes notamment des toitures, en croupe ou en coupole, la construction s’adaptant aux propriétés statiques du bois, tout en employant beaucoup moins de bois que dans les charpentes à boutisses en bois ordinaires ou dérivées des constructions métalliques.
- La mise en place n’exige pas de travaux préliminaires spéciaux, autrement dit le marquage et l’assemblage sur le chantier et le dessin des bois d’assemblage sont supprimés. On procède au montage sans cintre au moyen d’un échafaudage d’échelles ou d’une plate-forme roulante installée au-dessous de la future voûte. En réalité, ce travail n’est pas un ouvrage d’ouvrier charpentier, mais un simple montage technique que le premier ouvrier venu peut apprendre et accomplir, facilement et rapidement, d’où économie importante de main-d'œuvre. Il estj naturellement indispensable
- Fig. 2.-
- Aspect réticulé de la charpente à lamelles.
- Fig. 1. — Vue d’une lamelle.
- pour le montage de soutenir les lamelles jusqu’à ce qu’elles soient reliées au faîtage ; la figure 3 montre la première partie de ce travail.
- Un autre avantage de ce type de charpente, c'est qu’il peut se démonter et être remonté sans perte de matière. Pour les maisons d’habitation, les espaces libres d’appui gagnés dans la toiture peuvent être isolés facilement contre la chaleur en remplissant les réseaux par des isolants. Quant aux toits en ogive, ils se prêtent parfaitement à l’installation d’appareils de levage sous le failage (transporteurs de grains, de matériaux, etc.). Enfin, dans les bâtiments servant à des réunions populaires (cinéma, salle de fêtes, restaurants, • etc.), on peut peindre le réseau des lamelles ou lui donner la forme de voûte en caisson par l’adaptation de surfaces de remplissage, On obtient ainsi un effet esthétique particulièrement avantageux.
- En tout cas, cette charpente peut être recouverte aussi bien par de la tuile, de l’ardoise, que par du zinc.
- Des essais de charge jusqu’à 400 kg, au mèlre carré, appliqués au milieu d’un bâtiment de 30 m. X 24 m. 40 ont prouvé la solidité théorique de ce dispositif; un fait probant est venu confirmer la confiance des constructeurs en la résistance de la charpente de lamelles.
- Tout le monde se rappelle le cyclone qui a ravagé en septembre 1926 l’État de la Floride (États-Unis) ; dans le centre des dévastations se trouvaient plusieurs immeubles comportant de semblables charpentes.
- Un dancing de 304 m2, à Miami, n’a pas bougé sous un ouragan d’une vitesse de 56 mètres-seconde et a servi d’abri à tout un quartier dont les toitures en charpente ordinaire avaient été balayées par le vent. Les murs d’un grand garage (près de 600 m2) ont cédé également sous la poussée de ce vent, la charpente est tombée sur le sol et a formé une voûte protec-
- Fig. 3. — Charpente en cours de montage.
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- trice sur les automobiles remisées ; quelques minimes parties seulement ont été endommagées par des pans de murs écroulés après coup sur cette charpente.
- Pas de surprime au point de vue incendie et, par ailleurs, tous les éléments peuvent être imprégnés contre le feu. L’expérience a montré que cette charpente est plus facilement accessible pour les extinctions d’incendie et qu’elle résiste statiquement contre les atteintes partielles mieux par exemple que les autres charpentes ordinaires à portée libre.
- Outre son emploi pour les maisons d’habitation, ce type de charpente convient spécialement pour tous bâtiments industriels et agricoles, hangars à aéroplanes, garages, halls d’exposition, halls de chemins de fer, cinémas, salle de fêtes, etc. ; sa manutention aisée et son poids réduit en rendent le transport facile même dans les régions inaccessibles.
- M. Bousquet.
- Constructeur : Société française des charpentes en lamelles, 60, route de Colmar, Strasbourg-Neudorf.
- ARTS MÉNAGERS Machine à laver la vaisselle.
- Le lavage de la vaisselle est certainement la besogne domestique la plus fastidieuse et la moins délicate; en même
- Manche actionnant la crémaillère
- Couvercle perforé sur lequel l'eau chaude est versée
- Levier de vidange
- Panier à vaisselle
- les tourbillons d’eau schaude
- .Soupape de vidange
- y Crémaillère actionnant l'hélice par va et vient
- Pvot de l'hélice avec presse ^ étoupe
- Pivot de l'hélice
- Fig. 1. — Schéma de la machinera, laver la vaisselle..
- temps c’est la plus difficile à réaliser mécaniquement à cause de la diversité et de la fragilité des objets à nettoyer.
- Il est difficile de concevoir un mécanisme capable de permettre, dans de meilleures conditions qu’à la main, un lavage efficace et hygiénique. Il ne suffit pas seulement de laver des assiettes, mais il faut également traiter les récipients les plus divers : tasses, bols, soucoupes, verres, et les usten-! siles : cuillères, fourchettes, etc.
- Une nouvelle machine ingénieusement conçue et simple est constituée par un récipient cylindrique formé par un couvercle perforé sur lequel on verse l’eau chjaude nécessaire au lavage de la vaisselle.
- Les pièces sont disposées dans le panier à vaisselle qui ? se trouve à l’intérieur du récipient; par-dessous les dépla-‘ cements d’hélices produisent un tourbillon d’eau chaude réalisant le lavage.
- Le mouvement des hélices est obtenu par un secteur à crémaillère qui agit sur un pignon denté claveté sur le pignon des hélices.
- Ce secteur crémaillère est actionné par un levier vertical qui est fixé sur le côté de l’appareil.
- Pour vidanger l’appareil, il suffit de manoeuvrer un levier qui ouvre la soupape de vidange placée à la partie intérieure.
- Il est évident qu’on peut recommencer l’opération du lavage avec de l’eau propre et procéder ainsi à un rinçage d’autant plus efficace que tous les détritus et les saletés enlevés retombent au fond de la laveuse et sont évacués, bien entendu, par la soupape.
- En raison de la manipulation, réduite au minimum, on supprime les risques de casse.
- La charge en eau chaude ne demande que quelques litres et l’on peut recommencer les opérations successivement; le temps d’arrêt nécessité est celui du temps indispensable à la vidange du liquide qui se trouve dans le récipient.
- Des paniers intérieurs spéciaux sont prévus et compartimentés, quand il s’agit du nettoyage de la vaisselle. Les paniers sont plus simples si l’on traite les cuillères, couverts et fourchettes.
- Il faut avoir soin de ne jamais recouvrir une assiette par une autre et les objets creux doivent avoir leur ouverture tournée vers le bas.
- [f^On manœuvre le levier une vingtaine de fois dans les deux sens et le nettoyage est assuré.
- Une fois la vidange faite, on verse deux litres d’eau bouillante sur le couvercle et l’on évacue l’eau, puis on enlève le couvercle.
- L’eau bouillante a commencé le séchage qui se finira de lui-même par l’air.
- Ainsi la vaisselle est lavée, rincée, stérilisée et séchée, et de plus la machine a été nettoyée par l’eau bouillante.
- Constructeur : M. Mayer, 118, rue de la Tombe-Issoire, Paris.
- MÉDECINE
- Seringues en verre Pyrex.
- Tout le monde connaît aujourd’hui les propriétés spéciales du verre Pyrex, verre neutre, extrêmement peu soluble, à coefficient de dilatation si faible qu’il supporte de brusques écarts de température sans éclater.
- On en fait toutes sortes d’appareils de laboratoire et aussi des vases culinaires pouvant impunément aller au feu, puis être refroidis par immersion dans l’eau courante ou posés sur un support froid.
- Yoici une nouvelle application de ce verre à un objet de grande utilité, la seringue à injection hypodermique.
- Grâce à sa composition particulière, le Pyrex ne se dilate pas. Aussi les seringues en Pyrex peuvent être plongées sans crainte dans l’eau bouillante, sans même retirer le piston ; .être stérilisées à l’étuve Poupinel ; être flambées à la flamme ou à l’alcool.
- Le Pyrex étant presque insoluble dans l’eau à l’ébullition, les seringues fabriquées avec ce verre offrent une sécurité plus grande pour injecter certaines solutions qui s’altèrent au contact des verres ordinaires.
- Le Pyrex présentant une résistance mécanique très supérieure à celles des autres verres, les seringues en Pyrex avec piston creux peuvent être employées sans crainte de rupture du bouton; ainsi, à l’usage, on évite tout danger de blessure.
- En vente partout et notamment à la Société « Le Pyrex », 8, rue Fabre-d’Eglantine, Paris, 12e.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances & Août et cle Septembre 1928
- ASTRONOMIE
- La lumière cendrée de la Lune (M. A. Danjon). — Pour des mesures photométriques, il semble que la méthode la plus correcte comprendrait l’étude de la brillance d’une plage uniforme prise sur le sol lunaire, d’abord dans la lumière cendrée à divers âges, puis dans la pleine Lune. Mais, diffusée par l’atmosphère et ses particules, l’optique du photomètre et même quelquefois par la plaque photographique, la lumière du croissant solaire vient apporter de multiples causes d’erreurs dans l’application du procédé qui tend à fournir le rapport des éclairements donnés à la surface de la Lune par la Terre, sous divers angles de phase, et par le Soleil.
- M. Danjon préfère la méthode d’Arago qui consiste dans la comparaison, à l’aide d'un photomètre à dôuble[image, des brillances moyennes de la Lune éclairée par le Soleil et de la lumière cendrée. Elle a montré à cet astronome qu’il n’y a pas de différence systématique entre la lumière cendrée du matin et celle du soir et que, la Terre étant beaucoup plus blanche que toutes les autres planètes, son albedo visuel est égal à 0,29 et son albedo photographique à 0,56.
- ÉLECTROCHIMIE
- L’oxydation électrolytique des substances organiques. (M. C. Marie et G. Lejeune). — Dans une telle opération, l’oxydation se poursuit le plus souvent jusqu’à réaction totale et, pour arriver à la limiter, les auteurs ont tenté de préciser la notion de dépolarisation anodique par l’étude des courbes d’électrolyse, comme s’ils se proposaient de mesurer les tensions de dissociation, mais en ajoutant aux solutions alcalines ou acides des quantités variables de substances oxydables, telles que les alcools. De cette façon, on abaisse de 1,7 volt environ le potentiel nécessaire pour obtenir l’électrolyse dans des liqueurs pures, basiques ou alcalines.
- Les expériences ont fixé l’influence du métal pris comme anode — Ni, Au, Pt.... — Elles ont mis en lumière différents mécanismes de réaction qui se produisent à la surface de l’électrode et montré jusqu’à quel point on peut limiter l’oxydation de l’alcool pour la préparation de l’aldéhyde correspondante. Il importe non seulement de procéder avec une faible tension anodique, mais encore de maintenir le régime initial, en augmentant la concentration en alcool et en interrompant périodiquement le courant pour permettre la réaction entre l’alcool et l’oxyde instable de platine.
- CHIMIE MINÉRALE
- L’azoture de calcium. (MM. Paul Dutoit et Arm. Schnorf.) — Ces chimistes admettent que la fixation de l’azote sur le métal Ca est tout d’abord facilitée par un grand état de division de ce dernier élément qu’ils ont obtenu par décomposition, sous le vide de la pompe à mercure, du cal-ciumhexamine, en évitant toute trace d’amidure. La réaction d’azoturation est autocatalytique et, sur ce point, une différence notable sépare les deux métaux Ca et Li. Déjà appréciable quand la température augmente, la vitesse d’azoturation augmente, pour atteindre un maximum vers 450°, s’annuler à 600° et devenir progressivement plus élevée à partir du point de fusion du calcium. En opérant à haute
- température, le composé formé répond à la formule Ca3N2, sans qu’il y ait nouvelle fixation d’azote malgré un contact de plusieurs heures, alors qu’à basse température le déficit en élément Az peut atteindre 2-3 pour 100. Quand on l’obtient au-dessus de 1200°, l’azoture, jaune citron et cristallisé, se recueille dans les parties froides de l’appareil ; mais, au cas où le chauffage prolongé ne se fait pas à température aussi élevée, la teinte est noire (350°), noir-bleuâtre (350°-600°), brun-rouge (600°-850°), verdâtre (850°-1100°) ou jaune (dès 1150°). Seul le nitrure jaune et cristallisé possède une tension de dissociation réversible.
- CHIMIE VEGETALE
- Le potassium et le sodium dans les algues marines. (Mme Rosenblatt et M. G. Bertrand.) — Toutes les espèces étudiées, sauf Padina pavonia L, ont été recueillies par le Laboratoire de Roscoff, et, après élimination des sels retenus à la surface, subdivisées en lots de 25 gr. Après dessiccation à -j-100°, jusqu’à poids constant, la carbonisation a été réalisée à la plus basse température possible, et les liquides, fournis par lessivage des cendres, amenés à 50 cm3. Sur 20 cm3, correspondant ainsi à 20 gr. d’algues sèches, le potassium a été dosé à l’état de perchlorate et, sur 20 autres cm3, le sodium a été séparé à l’état d’acétate triple de Streng.
- Des analyses ainsi effectuées, il résulte que les algues marines, qu’elles soient réellement du genre Fucus ou simplement voisines, renferment à la fois les éléments Na et K, sans qu’il y ait une forte prédominance du premier sur le second. Pour un tiers environ des plantes étudiées, le rap-K
- port pondéral — s’est montré légèrement inférieur à l’unité ;
- pour les autres, il a été trouvé aussi élevé que chez certaines plantes terrestres, comme la mauve à feuilles rondes, le grand plantain, le chardon des champs, la scorzonère et le
- GÉOLOGIE
- Quelques observations dans le Hold, cercle de Nèma, Soudan français. (M. Raymond Furon.) — Cuvette d’origine tectonique allongée Est-Ouest, l’Aouker est limité au Nord par une ligne de falaises (Dahar-Tichit) et à l’Est par la falaise Dahar Oualata et Dahar Nèma qui, alignée sensiblement Nord-Sud, de Oualata à Nèma, se continue vers l’Est, en direction du lac Faguibine. Constitué de schistes, de quartzites et de jaspes recouverts sans discordance par des grès siliceux, Dahar Nèma atteint une hauteur d’une centaine de mètres.
- Pour M. Raymond Furon, les falaises qui constituent ces « Dahar » et limitent, au Nord et à l’Est, le Hold (partie orientale de l’Aouker), sont d’origine tectonique et dues à l’effondrement d’une grande voûte anticlinale. En considérant de près les nombreuses alluvions, les dunes mortes, les chapelets de mares et le drainage difficile des eaux vers le Nord-Ouest et l’Ouest, on y peut trouver la marque, au temps quaternaire ancien, d’un réseau hydrographique beaui coup plus important. Sans doute un bras du Niger se détachait-il du fleuve qui coulait alors vers le Nord, entre Nara et Sokolo, pour gagner le Hold, par la dépression située au Sud du puits de Koassa. Paul Baud.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Le « Rayon vert » sur le littoral français.
- Notre collaborateur Y. Forbin nous écrit :
- « Je connais beaucoup de voyageurs qui, ayant navigué sur toutes. les mers du monde, y ont vu maintes fois le soleil se coucher sans jamais avoir eu le privilège d’apercevoir de leurs yeux ce fameux « rayon vert », ce qui les porte à nier le phénomène ou à le tourner en dérision. J’avoue que j’ai partagé longtemps leur incrédulité malgré les descriptions parues à diverses reprises dans La Nature et dans L’Illustration. Je faisais, je le confesse, mon petit saint Thomas ! Et, maintenant, me voilà passé au nombre des croyants pour avoir stationné une fraction de minute non point sur le rivage d’un océan lointain, mais tout bonnement sur le littoral de notre Charente-Inférieure!
- Depuis les derniers jours de juillet, je villégiaturais en famille à Nauzun, petite station balnéaire située hors de l’estuaire de la Gironde, à bonne distance de la tumultueuse cohue de Royan. Mon éditeur et ami, M. Gilbert Baudinière, et sa femme, nous y rejoignirent vers la mi-août. Du Chemin de la Corniche, nous assistâmes plusieurs fois à des couchers de soleil fort beaux, mais qui n’avaient rien de particulier.
- Le 24 août, au retour d’une excursion, je remonte dans la voiture de M. Baudinière qu’il veut ramener au garage avant le souper. Nous longeons cette même corniche. Il est 7 h. 25. Au bas d’un ciel d’une pureté idéale, le soleil s’approche de l’horizon rectiligne que la haute mer édifie devant le promontoire du Pont-du-Diable. Je soupçonne que nous allons assister à un spectacle de toute beauté, et, sautant de l’automobile, je cours prévenir Mme Baudinière, ma femme etl’une de mes filles, restées à notre villa.
- A 7 h. 35, l’éclat du soleil était encore si vif, bien qu’il touchât presque l’horizon, que nous ne pouvions suivre sa chute qu’en nous tournant vers les glaces de la voiture qui nous renvoyaient son image.
- Enfin, (il entra en contact avec l’horizon, et nous pûmes l’observer directement, et je plaisantai :
- Attention au rayon vert!...
- Soudain, alors que le disque avait déjà disparu aux neuf dixièmes de sa surface, le segment encore visible tourna, et sans transition, du rouge feu à un vert d’une pureté et d’une splendeur indescriptibles. Tous les cinq, nous poussâmes un cri où s’exhalaient notre stupeur et notre admiration. Les bords de l’émeraude étaient très nettement marqués : ce n’était pas un rayon, mais bien une section de segment. La vision dura deux secondes, en se rétrécissant, mais en conservant sa limpidité de couleur et d’éclat, et disparut sous les flots avec l’enfoncement déninitif de l’astre sous la ligne d’horizon. Ce ne fut pas une extinction (où l’éclat vert eût pâli), mais un « escamotage » graduel, quoique rapide.
- Le lendemain, sur la plage où nous les rencontrions chaque jour, nous discutâmes sur le phénomène avec de savants ingénieurs, MM. Le Grain, Marcel Ulrich et Paul Martin, qui villégiaturent régulièrement dans cette région depuis plus de vingt ans : aucun n’avait eu comme nous le privilège de voir le rayon vert, et j’en conclus que l’éblouissant et fugitif spectacle doit se produire très rarement, d’autant plus que l’un d’eux, M. Marcel Ulrich, sportsman quasi forcené, pousse chaque après-midi sa pirogue canadienne à perte de vue de la plage, et qu’il a dû assister à un nombre respectable de couchers de soleil. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Réalisation d’un poste à quatre lampes.
- 1° Vous nous avez adressé les schémas de deux postes à quatre lampes, comportant l’un un étage haute-fréquence à transformateur apériodique, une lampe détective et deux étages basse-fréquence, l’autre 2 lampes haute-fréquence à transformateurs apériodiques, une lampe détective et un étage basse-fréquence à transformateur à circuit magnétique fermé.
- Le seul point à vérifier dans ces schémas consiste à bien prendre soin de relier l’extrémité du secondaire du transformateur agissant sur la lampe détectrice au pôle -j~4 volts, alors, que les extrémités des secondaires des autres transformateurs haute-fréquence sont reliés à — 4 volts.
- 2° Cependant nous devons vous indiquer que ces schémas ne sont nullement « modernes et ne vous permettraient pas d’établir des appareils possédant des qualités de sélectivité et de rendement suffisantes.
- Nous vous conseillons donc de préférence, puisque vous désirez construire tout d’abord un poste simple recevant sur antenne, de réaliser un poste à quati'e lampes à un étage haute-fréquence à résonance, avec lampe déteclrice et deux étages basse-fréquence, du type classique bien connu dit « C. 119 ».
- Vous pouvez trouver la description détaillée d’un grand nombre d’appareils de ce genre dans le livre Les Montages Modernes en Radiophonie (Ghiron, éditeur) et dans la revue La T. S. F. pour Tous du même éditeur.
- 3° Si vous disposez du courant d’un secteur, vous pourrez alimenter votre poste au moyen de petites batteries d’accumulateurs maintenues constamment en charge par des redresseurs à faible débit. Vous pouvez, d’ailleurs, vous contenter d’employer une batterie d’accumulateurs pour le chauffage des filaments et une batterie de piles sèches pour la tension de plaque.
- Si vous ne disposez d’aucun courant, vous pouvez employer une batterie de piles sèches ou de piles Féry pour la tension plaque, et uné batterie d’accumulateurs maintenue constamment en charge par des piles Féry pour le chauffage des filaments.
- En indiquant ou constructeur les caractéristiques de l’installation que vous aurez réalisée, celui-ci vous conseillera utilement sur le modèle de piles à adopter. Voici son adresse : Piles Féry. (Etablissements Gaiffe), 23, rue Casimir-Perier, Paris (7°).
- M. Pons, Ecole des Roches, a Verneuil.
- Choix d’un poste récepteur.
- 1° Puisque vous désirez recevoir sur cadre les principales émissions européennes, l’adoption d’un appareil assez sensible à changement de fréquence semble s’imposer dans les conditions actuelles de la radiotechnique française.
- Il existe maintenant des pestes de ce genre à reglage simplifié, à réglage dit « automatique » ou même « unique » donnant des résultats au moins aussi bons que les postes ordinaires à réglages classiques.
- Puisque vous désirez acheter un appareil très facile à régler, il semble donc que vous ayez intérêt à utiliser un de ces postes spéciaux. Nous pouvons vous indiquer, par exemple :
- L’Elgédyne Gaumont, 1 bis, rue Gaulaincourt, Paris.
- Le Synchrodyne Radio L. L. 5, rue du Cirque, Paris.
- Le Radio-Modulateur Ducretet, grand modèle, 89, boulevard Haussmann, Paris (8e).
- Le poste Bigrille automatique Péricaud, 85, boulevard Voltaire, Paris.
- Tous ces appareils sont destinés presque exclusivement à la réception sur cadre, et, en raison de leur sensibilité, il n’est ni utile, ni même recommandable d’essayer la réception sur antenne.
- Cependant, sauf avec les récepteurs à réglage unique, on peut utiliser, avec un système d’accord simple convenable, une antenne intérieure de courte longueur.
- Une canalisation de chauffage central ou d’eau chaude peut parfaitement convenir pour l’établissement d’une prise de terre.
- 2° La pureté de l’audition fournie par un poste récepteur est fonction d’un grand nombre de facteurs, mais surtout de la qua-
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- lité de ses étages d’amplification basse-fréquence ; il est possible de réaliser des appareils a réglage automatique ou même à réglage unique permettant d’obtenir des conditions d’une pureté très satisfaisante, et cette pureté ne dépend nullement, en principe, du dispositif de réglage adopté sur le poste.
- 3° Lorsqu’on utilise un poste récepteur de T; S. F. pour l’amplification pbonograpbique, les étages d’amplification basse-fréquence sont seuls employés, comme on le sait, et il suffit pour que les résultats soient bons que ces étages basse-fréquence soient soigneusement réalisés et munis de lampes convenables.
- Il suffit en général de relier les bornes du pick-up électromagnétique à la grille de la détective ou de la première lampe basse-fréquence, et au pôle négatif de la batterie de chauffage.
- 4° Pour recevoir les émissions sur ondes courtes au-dessous de 100 mètres de longueur d’onde, on peut utiliser simplement les étages moyenne fréquence de l’un de ces postes et effectuer le changement de fréquence au moyen d’un dispositif séparé à lampe bigrille construit spécialement pour les ondes très courtes.
- 5° Puisque vous désirez employer votre appareil pour l’amplification phonographique, il est bon de choisir un haut-parleur assez puissant et capable de reproduire fidèlement les sons de fréquence assez basse. Nous vous conseillons donc de choisir un haut-parleur à diffuseur de grand diamètre genre Lumière grand modèle (Gaumont), Western (Matériel Téléphonique), Célestin, etc.
- 6° Comme nous l’avons déjà indiqué dans « La Boîte aux Lettres » le moyen d’alimentation le plus pratique et le plus simple à l’heure actuelle consiste à utiliser des batteries d’accumulateurs robustes, mais de capacités assez faibles maintenues constamment en charge à l'aide de rechargeurs à faible débit à électrode au silicium ou au tantale par exemple.
- 7° Un casque téléphonique n’est nécessaire, dans une installation de ce genre, que pour l’audition des émissions sur ondes très courtes. 11 existe un grand nombre de marques excellentes de récepteurs téléphoniques pour T. S. F. : Brown, Brùnet, Cuisson, Pival, etc.
- 8° Nous avons déjà décrit dans la revue plusieurs modèles de pick-ups électromagnétiques : Brown, A. R. G., Péricaud, Electron, etc...
- M. Anagon, a Saint-Geoire en'Valdaine (Isère).
- Dispositif d'alimentation au secteur alternatif.
- Ainsi que nous l’avons indiqué plusieurs fois dans la revue, une solution pratique pour résoudre le problème de l’alimentation d’un poste récepteur consiste à utiliser des batteries d’accumulateurs maintenues constamment en charge par des appareils à faible débit,
- Yous pouvez donc conserver pour l’alimentation des filaments votre accumulateur de 4 volts de 15 ampères-heure de capacité, et le recharger continuellement au moyen d’une soupape électro-lytique à électrode au silicium ou au tantale ou connectée au secteur au moyen d’un transformateur.
- Pour l’alimentation des plaques, il vous suffirait d’acheter une batterie de 80 volts, d’environ 1 ampère-heure de capacité, rechargée continuellement également au moyen de soupapes électrolytiques à électrode au tantale ou au silicium, connectées aussi au secteur, de préférence, au moyen d’un transformateur.
- Il existe, d’ailleurs, dans le commerce des blocs d’alimentation, formés d’une batterie d’accumulateurs de 80 volts et des soupapes électrolytiques nécessaires à sa recharge, qui semblent assez pratiques.
- La consommation de courant exigée par ces deux rechargeurs est très faible. Il est bien évident, d’ailleurs, que la capacité des batteries d’accumulateurs à employer ne dépend dans le cas présent que du type du poste récepteur et des lampes utilisées, et, en aucune façon, de la puissance du compteur électrique.
- M. Simon, a La Madeleine-lez-Lille, (Nord).
- Description d'un appareil de musique radioélectrique.
- Nous avons l’intention de faire paraître prochainement dans La Nature une description assez détaillée des différents appareils de musique radioélectriques.
- Une description assez sommaire de l’appareil Théremin a paru dans la revue La T. S. F. pour Tous. (Chiron, éditeur, 40,
- ....... -11 = 479 ==
- rue de Seine, Paris.) Yous pourriez vous procurer ce numéro qui contient cette description en le demandant à l’éditeur, mais vous ne pourrez y trouver l’étalonnage exact des bobinages et des capacités que le constructeur n’a évidemment pas fait connaître.
- M. J. COMBETTE, A GRENOBLE.
- Ne laissons pas perdre les résidus de fabrications, utilisons nos marcs de raisins.
- Tous les marcs provenant de raisins frais ou secs contiennent une quantité plus ou moins grande de bitartrate de potasse dont on peut faire l’extraction sur ces résidus de la distillation en procédant ainsi :
- Dans la chaudière de l’appareil de distillation, on ajoute sur les marcs une quantité d’eau égale à leur volume, ou un peu moindre si on juge que ces marcs ne sont pas très riches en tartre, on distille pour récupérer l’alcool et on soutire le liquide que l’on met à refroidir dans un endroit aussi frais que possible, à l’abri des secousses et des trépidations, dans des récipients ouverts, baquets ou tonneaux, dans lesquels on aura disposé des ficelles ou des brindilles qui faciliteront la cristallisatioii en constituant des amorces.
- Au bout de quelques jours, les récipients ayant été abandonnés à eux-mêmes dans un repos le plus complet possible, on constate que les parois ainsi que les fils sont recouverts de cristaux que Ton détache et recueille, c’est le tartre brut qui porte aussi le nom de gravelle ou argol et que l’on purifie ou « blanchit » en terme de métier, en opérant de la façon suivante :
- Dans une bassine émaillée, on place les cristaux concassés avec de l’eau non calcaire, eau de pluie ou eau distillée pour éviter une perte d’acide tartrique à l’état de tartrate de chaux insoluble, à raison de 4 litres d’eau par 100 gr. de tartre brut, on porte à l’ébullition et ajoute du noir animal lavé à l’acide, dans la proportion du dixième du tarlre mis en œuvre. On maintient l’ébullition une demi-heure en remplaçant l’eau qui s’évapore, on retire la bassine du feu et la place dans un bain de sable, pour que le refroidissement du liquide se fasse très lentement et que le noir animal ainsi que les impuretés aient le temps de se déposer avant que la température ne soit descendue au-dessous de 60° C. Le liquide clair est alors décanté dans des terrines en grès que l’on recouvre d’un léger couvercle pour éviter la chute de poussières; ces terrines sont, comme pour l’obtention du tartre brut, placées dans un lieu frais et tranquille.
- Le tartre purifié cristallise rapidement aussitôt que la température s’abaisse, au bout de 24 heures on décante les eaux mères qui rentreront dans une opération suivante, on lave les cristaux avec un peu d’eau froide et on les laisse sécher à l’air.
- N. B. — Généralement ce traitement d’épuration est effectué par des spécialistes (fabricants de crème de tartre dont l’ancien nom était Gravilliers) qui achètent le produit brut provenant des marcs, ou les dépôts contenus dans les tonneaux ayant contenu du vin, d’après leur richesse en crème de tartre déterminée expérimentalement par un essai de cristallisation en petit.
- M. Galatis, a Stamboul.
- Peut-on enlever les taches grasses sur les souliers?
- Les propriétés absorbantes des poudres, en général, permettent de faire disparaître facilement les taches grasses sur cuir, bois, carton, etc., il suffit pour cela d’un peu de patience de façon à laisser le temps, facteur important, agir dans l’opération.
- Le talc, la magnésie calcinée ou -carbonatée peuvent parfaitement convenir si on les a sous la main, mais il est un produit économique et que Ton trouve partout, c’est le plâtre cuit et en poudre tel que l’emploient les maçons ou les mouleurs.
- On place le soir un petit tas de plâtre récemment préparé sur la tache à traiter et le lendemain matin on l’enlève pour le remplacer par du plâtre neuf, la matière grasse par capillarité gagne la surface de son support, puis, par le même phénomène, passe dans le plâtre qui l’entraîne avec lui.
- En répétant l’opération un certain nombre de fois, toute tache graisseuse disparaît, parfois avec une rapidité surprenante.
- Dans le cas où des chaussures auraient été enduites d’huile pour les rendre imperméables, il conviendrait de les plonger complètement dans la poudre de plâtre que Ton changerait également un certain nombre de fois. M. Loubens, a Bois-Colombes.
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- Faisons nous-mêmes le Rahut-el-holkoum.
- Le Rahut-el-holkoum, ou gomme turque que l'on trouve invariablement au titre oriental dans toutes les expositions, est une préparation agréable que toute ménagère peut entreprendre et réussir avec un peu d’attention et d’habileté.
- Prendre :
- Sucre........................ 1000 grammes
- Eau............................ 300 —
- Faire un sirop épais, ajouter une cuillerée à café de jus de citron qui a pour effet de transformer une partie du sucre en glucose, ce qui l’empêehera de cristalliser; porter à nouveau à l’ébullition, puis y incorporer sous forme de filet une bouillie obtenue avec
- Amidon......................... 125 grammes
- préalablement délayé dans un peu d’eau froide de façon que l’amidon soit bien mouillé et le produit homogène.
- Au contact du sirop chaud, la bouillie d’amidon forme empois, on remet alors le tout sur le feu et on fait cuire en tournant toujours; quand la composition est devenue bien épaisse, on la verse dans un plat saupoudré d’amidon de façon à donner à la pâte 4 à 5 cm d’épaisseur.
- Couper ensuite en carrés que l’on roule dans la poudre d’amidon pour éviter le collage.
- On peut ajouter à la pâte des amandes, des pistaches, des noisettes que l’on introduit après mondage en même temps que l’amidon. Un peu de carmin peut également être joint à cette pâte pour lui communiquer une coloration rose, plus agréable à l’œil.
- Parfumer avant refroidissement complet de la masse soit à l’essence de roses comme cela a lieu habituellement, soit avec toute autre essence, au choix. .
- Un lecteur J. G. D., a Bruxelles.
- Manière de préparer le vin de raisins secs.
- A une époque déjà lointaine où le développement du phylloxéra avait compromis la production de nos vignobles, on avait suppléé à la disette vinicole indigène en utilisant les raisins orientaux importés secs, pour la fabrication industrielle de vins, qui à ce moment ont joué utilement leur rôle d’ersatz; voici quels sont les éléments de cette préparation :
- Mettre les raisins secs (Thyra, Corinthe, Vourlà) en macération dans 3 à 5 fois leur poids d’eau tiède suivant la quantité de sucre contenue dans le raisin, cela en brassant de manière que la température ne dépasse pas 30°C.
- Au bout de quelques heures (6 à 12 suivant la saison, la fermentation commence, on brasse le moût fréquemment, de manière à faire plonger le chapeau dans le liquide, ce qui assure sa coloration ; cette fermentation doit se poursuivre rapidement si la température du moût est bien aux environs de 25°C, si elle durait plus de 3 à 4 jours, le vin prendrait un mauvais goût.
- On reconnaît que la fermentation est terminée quand les bulles d’acide carbonique cessent de se dégager et que l’aréomètre Baume plongé dans le moût marque 0° ou 1° au plus.
- Les cuves ne doivent pas être remplies complètement à cause de l’effervescence produite par la fermentation qui ferait déborder le liquide et amènerait une perte importante.
- Une fois la fermentation terminée, on soutire, filtre au besoin à la toile et colle, ont obtient ainsi un vin ne contenant que 7 pour 100 environ d’alcool, il est remonté à 10 pour 100 par addition d’alcool et présente alors une composition voisine de la
- suivante :
- Extrait sec à 100°C.....................30 gr.
- Extrait dans le vide....................40 —
- Sucres réducteurs..................... . 4 —
- Bitartrate de potasse................... 4 —-
- Acidité en SO*H*........................ 7 —
- Gendres. . ............................. 4 —
- Alcool pour 100 en volumes..............10° —
- Ces vins étaient, autrefois, souvent vendus sous le nom de vins de montagne. M. Galatis, a Stamboul.
- P.-S. — Vous trouverez Tables de correction et tous appareils œnologiques chez Salleron-Dujardin, 24, rue Pavée-au-Marais, Paris.
- Les pâtes pour cuirs à rasoirs sont de préparation facile.
- Bien que leur prix d’achat soit relativement minime et que leur durée soit très longue, il peut être intéressant de fabriquer soi-même ces petits bâtons parallélépipédiques, que l’on frotte sur les cuirs à rasoirs afin de leur donner du mordant sur les lames.
- En réalité il s’agit toujours d’un abrasif doux, grâce à son extrême finesse, incorporé à une masse agglutinante, graisse et cire en proportions convenables.
- Les abrasifs les plus employés sont la sanguine (argile ferrugineuse) et l’ardoise, dans le premier cas la pâte est rougeâtre, dans le second elle est grise ; ces matières sont porphyrisées pour les diviser d’une façon parfaite de manière qu’elles passent au tamis n° 120 ; les proportions normales pouvant servir de base à une
- préparation sont les suivantes :
- Axonge.................................. 250 gr.
- Cire jaune...............................125 —
- Sanguine ou ardoise porphyrisées. . . . 250 —
- Faire fondre l’axonge et la cire à feu doux, puis ajouter l’abrasif, laisser alors refroidir en remuant constamment jusqu’à consistance pâteuse de façon que la matière en suspension ne puisse se déposer.
- Après la prise complète, découper en bâtonnets prismatiques de 1 cm 5 de côté environ.
- Il est évident que nombre d’abrasifs pourraient également être utilisés, mais on doit se rappeler que l’action sur la lame de rasoir doit être très douce pour redonner le tranchant que l'usage a émoussé, pour cela le meilleur angle d’attaque doit être voisin de 5°, c’est pourquoi les cuirs souples dont une extrémité est fixée à un crochet, l’autre étant tenue en main, donnent plus facilement le résultat cherché, par la forme incurvée qu’ils prennent. Somme toute, le cuir chargé de la composition abrasive agit comme une meule très douce.
- N. B. — Les lames de rasoirs mécaniques peuvent être passées au cuir pour leur redonner le fil, mais, d’une manière générale, il faut éviter le repassage à la meule, parce que ces lames ont été cémentées, c’est-à-dire aciérées en surface après l’affilage ; lorsqu’on les repasse trop énergiquement, on enlève cette couche d’acier superficiel, ce qui met à nu un fer plus ou moins doux ne possédant que de médiocres qualités tranchantes.
- M. Avignon, a Vitry-sur-Seine.
- De tout un peu.
- D. F. A Saint-Simon. 1° Le lessivage par le procédé dit « allemand » comporte l’emploi non du pétrole, mais de l’essence de térébenthine; pour l’application correcte, il convient d’opérer ainsi:
- On délaie un kilogramme de savon dans deux seaux d’eau tiède (le seau est de 12 à 13 litres), on ajoute une cuillerée à bouche, d’essence de térébenthine et trois d’alcali volatil (ammoniaque liquide). Le mélange ayant été rendu bien homogène, on y fait tremper le linge pendant quelques heures, le cuvier étant fermé hermétiquement par un bon couvercle.
- Après cette macération, on se retrouve dans les mêmes, conditions qu’après le débouillissage habituel, c’est-à-dire qu’il suffit de laver le linge comme à l’ordinaire et de rincer à l’eau tiède, puis à l’eau froide.
- On peut se servir au moins deux fois de la même lessive eD ayant soin pour un nouvel usage de la tiédir à nouveau, puis de a renforcer par une cuillerée d’ammoniaque et une demie de térébenthine ;
- 2° A égalité de matière un arbre creux présente une plus grande résistance, autrement dit un arbre plein fatigue plus qu’un arbre creux ; on arrive à cette conclusion en posant que les aires sont égales et en comparant la fatigue maxima dans chacun des cas d’après le théorème des moments de résistance, l’espace dont nous disposons ne nous permet pas de traiter plus longuement cette question, vous pourrez l’étudier à loisir dans tous les traités de résistance des matériaux;
- 3° Dans la construction des gratte-ciel américains auxquels vous faites allusion, il n’est nullement besoin d’étayer puisque les étages sont successivement en retrait, le seul point important est que le sous-sol ou tuf, base de la construction, soit susceptible de résister à la compression produite par d’aussi énormes masses.
- 4° La première disposition d’antenne est préférable.
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- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VV (% C. Seine : 18.234) Tel. Littré 48-92 et 48-93.
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- __________________La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine._
- G. MASSIOT
- Successeur de RAD1GUET et MASSIOT
- 13 et 13, Boulevard des Filles-du ^Calvaire, Æ*ÆRIS — Usine à Courbevoie
- PHYSIQUE ' ^----PROJECTIONS
- DES
- Appareils de llciitoiisfratfioiâ pour Cours et Manipulations
- 1er fascicule : Mécanique. — 2e fascicule : Pesanteur, Statique des Liquides et des Gaz. 5e fascicule : Électricité. — 4° fascicule : Acoustique, Optique, Projections.
- Chaque fascicule t fr» en rappelant celte annonce.____________
- Le PHOTOMÈTRE NORMAL
- A PRISMES Breveté S.G.D.G. De E- DEGEN, $|I, Ingénieur Cirii (E. P.G.) TEMPS DE POSE POUR LA PHOTOGRAPHIE EN NOIR ET EN COULEURS Optique pour Longues-vues, Géodésie, etc
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- N" 2798,
- 1“ Décembre 1928
- LA NATURE
- —..... LES NOUVEAUX LABORATOIRES ....................................:..;
- DE LA CHAIRE D'ÉVOLUTION DES ÊTRES ORGANISÉS
- Créée par la ville de Paris pour Alfred Giard en L'HISTOIRE DU NOUVEAU LABORATOIRE ’
- 1892, la Chaire d'évolution des êtres organisés est occupée,
- depuis la mort du célèbre biologiste, par un de ses plus L’histoire des vicissitudes de cette fondation, aujour-
- éminents élèves, M. Maurice Caullery. Grâce à son tempé- d’hui florissante, vaut d’ailleurs la peine d'être/contée.
- Fig. i. — Les nouveaux laboratoires et le jardin de la Chaire d’évolution des êtres organisés, boulevard Raspail, à Paris, A gauche : on voit une partie de l’immeuble de l’ « Alliance Française ».
- rament combatif, à son érudition rare, à l’éclat de son enseignement, à l’originalité et à l’audace de ses conceptions, son fondateur sut grouper autour d’elle une pléiade de jeunes disciples, qui allèrent continuer à leur tour, dans les Universités françaises ou étrangères, l’œuvre du grand zoologiste, doublé d’un véritable philosophe.
- Elle eut de modestes débuts, En 1895, on attribua à Giard le laboratoire, aménagé précédemment pour la chaire de physiologie générale de la Faculté des Sciences de Paris, au coin des rues d’Ulm et de l’Estrapade et que son transfert, dans la nouvelle Sorbonne, rendait alors disponible. Mais ces vieux bâtiments, qui servaient jadis d’atelier à Soufflot, 1 architecte du Panthéon, tom-
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- Fig. 2. — Un, des laboratoires d’enseignement consacré aux insectes et aux batraciens.
- baient en ruines et depuis cette époque on songeait à les reconstruire soit sur le même emplacement, soit ailleurs.
- Toutefois ces projets ne prirent corps qu’en 1911, quand l’Universilé de Paris, à la suite de la séparation des Eglises et de l’Etat, fut mise en possession du petit Séminaire. Une loi affecta alors une partie des jardins de ce dernier établissement (coupé en deux par le boulevard Raspail) à la chaire d’évolution des êtres organisés.
- La construction du nouveau laboratoire fut gagée par le produit de la cession d’une parcelle de terrains
- sur laquelle « l’Alliance française » édifia son immeuble actuel.
- Mais les fondations sortaient à peine de terre que la guerre vint arrêter l’œuvre naissante. Les fers destinés à la maçonnerie en ciment armé des futurs laboratoires, chargés sur des plates-formes à Longwy (juillet 1914), ne parvinrent jamais à Paris. Aussi on ne put reprendre la construction qu’en 1920. Cependant, trois ans plus tard, M. Caullery pouvait heureusement prendre possession des nouveaux locaux. Il était temps, en effet, d’abandonner l’ancien laboratoire de la rue d’Ulm, car on avait dû l’étayer pour éviter son effondrement total. Le déménagement fut si précipité qu’on ne songea même pas à inaugurer officiellement les bâtiments du boulevard Raspail !
- M. Caullery venant d’être élu membre de l’Académie des Sciences, nous avons cru devoir l’interviewer et visiter les nouveaux laboratoires, dont il a su faire un actif foyer de recherches.
- Comme nous le disait le savant zoologiste, c’est Giard qui détermina sa vocation. « Ses leçons que j’entendis pendant ma première année d’Ecole normale (') me firent entrevoir de nouveaux et séduisants horizons, qu’une éducation scientifique jusque-là trop exclusivement limitée aux sciences mathématiques et physiques m’avait masqués. Je n’ai pas été, à beaucoup près, le seul à être entraîné par tout ce que son enseignement avait de vivant, par tout ce qu’il laissait voir de problèmes à résoudre, par l’espoir et le désir qu’il communiquait aux jeunes de trouver la solution de quelques énigmes biologiques ; la persuasion s’achevait enfin par une rapide intimité où l’on ne sentait plus la distance de l’élève au maître. Giard gardait cependant toujours son prestige par la prodigieuse ampleur de ses connaissances. On restaitcomme écrasé par l’immensité de son savoir et c’était bien la sensation laplus persistante qu’on éprouvât à le fréquenter. » Aussi, quand on pénètre dans le nouvel établissement du boulevard Raspail, on sent que le disciple a conservé pieusement la mémoire , de son génial initiateur.
- Dès l’entrée, un buste et une plaque rappellent aux visiteurs le souvenir de Giard. *
- 1. Maurice Caullery fut reçu à l’École Normale supérieure en 1887, passa ensuite ses licences ès sciences mathémathiques, physiques et naturelles, puis son agrégation ès sciences naturelles (1891), et deux ans plus lard son doctorat ès sciences naturelles. Il professa successivement la zoologie à Lyon, à Marseille et à Paris et publia un grand nombre de mémoires originaux, principalement sur les invertébrés. Mais, esprit généralisateur comme son maître, ses deux ouvrages sur les Problèmes de la sexualité, sur ie Parasitisme et la symbiose, connurent, en particulier, un légitime succès auprès du public instruit, tandis que ses travaux biologiques, d’un caractère plus spécial, le firent élire membre de l’Académie des Sciences de Paris, lemai 1928, et lui valurent nombre de distinctions honorifiques très flatteuses. .
- Fig. 3. — Quelques zoologistes se livrant à des recherches sous la direction de
- M. le professeur Caullery.
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- L'ORGANISATION DU LABORATOIRE LES RECHERCHES EN COURS
- Si on monte ensuite aux divers étages, on voit des laboratoires d’études ou de recherches. Aucun emplacement n’est perdu. Sur la terrasse se trouvent installés un rucher expérimental et des arbustes en caisse, tandis qu’en sous-sol divers savants se livrent à des élevages de reptiles, de batraciens, d’insectes ou autres bestioles. Lors de notre visite, nous avons rencontré un jeune savant qui exécutait, dans une cave, une série d’expériences destinées à éclaircir certains points de la biologie des Lombrics ou vers de terre.
- Dans les jardins séparant les nouveaux laboratoires de l’immeuble de l’Alliance française on a planté certains arbustes nécessaires à la nourriture des insectes ou autres bêtes en cours d’expérimentation. A côté, voi-
- Fig. 5. — Une salle du sous-sol où se poursidt actuellement Vétude biologique des Lombrics.
- sinent des cuves en ciment armé servant d’a-quariums pour les salamandres, les tritons, les dytiques, pour divers animaux aquatiques ou amphibiens, tandis qu’une serre permet la culture de certaines plantes servant directement aux expériences.
- Grâce à ce remarquable outillage technique, maints problèmes de haute portée biologique ont pu être abordés. D’abord M. Caullery, dans ses leçons d’ouverture et de clôture de son cours de la Sorbonne, traite, chaque année, une question générale se rattachant à l’évolution. Il a examiné, par exemple, les problèmes de la sexualité d’où il a tiré ultérieurement tout un livre, la distribution géographique des organismes, le transformisme et l’expérience, les lois de Mendel, etc. En écrivant son ouvrage sur Le parasitisme et la symbiose (1922) il-a voulu combler « une lacune dans l’ensemble des traités de biologie dont disposent les lecteurs français ». Il n’a cherché ni à dresser un inven-
- Fig. 4. — La terrasse des nouveaux laboratoires avec le rucher expérimental et divers arbustes en caisse.
- taire complet des parasites, ni à discuter les affinités zoologiques de diverses formes. Le sagace auteur envisage seulement le parasitisme comme manifestation globale en le rattachant à des phénomènes connexes. Il considère le parasitisme comme un rapport de dépendance directe et étroite entre deux (organismes : l’hôte et le parasite dont le second vit aux dépens du premier. « Ce n’est qu’un cas spécial des rapports de tout organisme avec le milieu ambiant.... Or, ajoute M. Caullery, il existe des associations entre organismes, moins étroites. — mais qui, très souvent, sont spécifiques —, et que l’on a désigné sous le nom de commensalisme et de 7?m-tualisme. Il en est d’autres, au contraire, plus étroites, encore plus constantes et moins unilatérales, auxquelles on a donné le nom de symbiose. Commensalisme, parasitisme, symbiose sont des catégories de notre esprit qui ne sont séparées dans la nature par aucune discontinuité
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- et qui offrent des aspects divers des mêmes lois générales », que le savant professeur de la Sorbonne s’efforce de dégager en examinant successivement ces différentes associations « dans le cadre de l’idée d’évolution ». Il n’y voit, d’ailleurs, sous des aspects variés, « que des manifestations de la concurrence vitale » dépourvues de toute finalité.
- Quant aux disciples français ou étrangers qui menèrent à bien des recherches biologiques entreprises dans ces laboratoires au cours de ces dernières années, distinguons entre autres : M. D. lveilin, aujourd’hui lecteur à l’Université de Cambridge et membre de la Société
- royale de Londres; M. E Guyénot, professeur à l’Université de Genève; L. de la Vaulx, mort prématurément en mars 1928, et M. A. Vandel, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse. En définitive, sous l’active impulsion de M. Caullery, on accomplit d’excellente besogne dans le nouvel établissement du boulevard Ras-pail. Malgré l’insuffisance des crédits annuels, qui rend impossible aujourd’hui l’entretien de la bibliothèque, vu le haut prix des reliures, des livres et des périodiques étrangers, d’infatigables chercheurs y contribuent utilement au progrès de la zoologie.
- Jacques Boyer.
- LE BALISAGE LUMINEUX
- L’avion doit aller directement à son but. Les câbles directeurs de Loth, les signaux spéciaux de T. S. F. doivent être doublés d’un [réseau complet de signaux
- portée de 44 km, il faut plus de sept milliards de bougies décimales.
- Le problème se complique des variations de la ré frac-
- ai m i m
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- 21
- II
- 24 miifmiaififii
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- Fi». 1.
- Caractères chiffrés pour aéroplanes
- Fig. 2. — Emission de signaux lumineux formant des lettres indicatrices pour les aérophares.
- lumineux balisant les routes principales et permettant au navigateur de corriger à temps ses erreurs de route.
- Difficultés. — Cette signalisation est malheureusement extrêmement coûteuse.
- Cela tient tout d’abord à l’énorme accroissement de la puissance lumineuse nécessaire lorsque la transparence atmosphérique diminue.
- Dans les meilleures circonstances météorologiques, les intensités lumineuses qui assurent des portées de :
- km 10 20 30 40 46,3
- sont, en bougies décimales :
- 350 4900 37 800 230 000 579 000 M
- Lorsque le temps est brumeux, il est indispensable de poi’ter ces intensités aux chiffres suivants :
- 1750 116 000 4350000 128 700000 7 695 000000 ôrf t „ C’est-à-dire que pour assurer, par temps brumeux, une
- lion atmosphérique, variations incessantes, très mal connues, telles qu’on ne peut calculer exactement la direction à donner au faisceau lumineux pour lui permettre d’aller toucher, le plus loin possible, le navigateur qui s’approche. Il reste un grand angle d’incertitude dans lequel on doit répartir le flux lumineux, de sorte que l'intensité dans une direction déterminée — et particulièrement dans la direction la plus intéressante, direction inconnue — est beaucoup plus faible que celle qu’il faudrait obtenir.
- Si la signalisation lumineuse nocturne ne présentait pas pour la [navigation aérienne commerciale^ùn intérêt aussi grand, on serait presque tenté, en présence des difficultés que nous signalons, d’abandonner toute tentative de signalisation à grande distance et de se borner à éclairer seulement les abords des aérodromes
- On peut, cependant, tirer le meilleur parti des circonstances fâcheuses où l’on se trouve.
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- Dans la présente étude, nous nous proposons d’examiner les réalisations, tant à l’étranger qu’en France, pour en tirer des réflexions pratiques d'une utilité immédiate.
- Sources lumineuses (*). — Bien qu’on puisse envisager dans certains cas l’emploi de manchons incandescents chauffés par des brûleurs à la vapeur de pétrole, au gaz d’huile, au gaz Blau dit gaz liquide, ou même les pastilles éblouissantes de la lumière oxhydrique ou oxyacétylénique, ces sources lumineuses ne sont ni aussi pratiques, ni aussi brillantes que les manchons rendus incandescents par l'acétylène dissous, et surtout que les lampes électriques à filament de tungstène ou à arc.
- D’ailleurs, si chaque source lumineuse exige un aménagement spécial, cette adaptation n’offre vraiment aucune difficulté sérieuse et tout le problème réside, comme nous le verrons, dans la réalisation du dispositif optique lui-même. Les sources lumineuses qui se prêtent le mieux à toutes les optiques ou aux différents réflecteurs sont d’ailleurs les lampes électriques à incandescence ou les lampes à arc en vase clos; leur éclat est cependant dépassé — et de beaucoup — par les lampes à arc ordinaires qui peuvent atteindre 35 000 bougies par centimètre carré et par certaines lampes spéciales dont la « brillance. « tend vers le chiffre respectable de 100000 bougies par centimètre carré.
- Quel que soit l’éclat ou brillance, il convient de le multiplier à l’aide d’un dispositif optique qui donnera les millions et même le milliard de bougies nécessaires.
- Dispositifs optiques — Tout système optique convenablement conçu, lentilles dioptriques et catadioptriques de Fresnel, ou miroirs catoptriques des projecteurs, agit comme une source secondaire ayant pour éclat, sauf quelques pertes dues à la réflexion .et à la réfraction, l'éclat même de la source lumineuse placée au foyer.
- On aura donc un moyen très efficace d’augmenter la puissance lumineuse en étendant là surface apparente de l’optique dans la direction utile.
- Par exemple, avec un arc perfectionné dont le cratère aurait un éclat supérieur à 50000 bd par cm-, on pourrait avoir comme éclat moyen apparent de l’optique 50000 bd par cm2 et il suffirait d’une surface apparente utile de 2 ra2 soit 20000 cm2 pour réaliser une intensité d'un milliard de bougies dans une direction donnée.
- Il est bien évident qu’il sera plus facile de construire un miroir paraboloïde qu’une optique en verre taillé; que l’appareil sera moins lourd et qu’ainsi on l’orientera plus facilement. A priori la supériorité des réflecteurs sur les lentilles de Fresnel est évidente.
- Cependant le mince miroir doré d’un projecteur métallique est relativement fragile et d’un entretien délicat. Si la surface se déforme ou se ternit, son rendement baisse rapidement, tandis que les anneaux lenticulaires de verre ne peuvent que se briser et non se déformer, ils gardent toujours leur poli, pourvu qu’on prenne quelques précautions élémentaires dans leur nettoyage.
- Caractères optiques. — Les lentilles de verre ont encore un autre avantage, celui de pouvoir être groupées facilement en panneaux réguliers ou non autour de la
- 1. Cf. Ed. Marcotte. La Lumière intensive, les phares et les projecteurs. Collection Payot.
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- Fig 3. — Aérophare Pinïsch.
- Cet appareil de signalisation est très commode, mais d’un rendement médiocre.
- source lumineuse, et il suffit de faire tourner le plateau qui supporte cette architecture pour faire tourner les faisceaux émergents. L’observateur lointain reçoit ainsi une série d’éclats suivant un rythme déterminé, ce qui permet de caractériser la position géographique du signal d’après des convention préalablement adoptées.
- On pourrait ainsi obtenir tous les caractères d’éclats représentés sur le tableau de la figure 1; mais, plus le caractère se complique, plus il faut multiplier les panneaux d’optique, ce qui oblige à réduire la surface de chacun
- Fig. 4. — Aérophare avec optique fixe.
- L’espacement des lignes ponctuées donne une idée de la concentration des rayons ou du flux lumineux dans les différentes directions.
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- Fig. 5. — Source lumineuse de l’aêrophare de la fig. 4. C’est une lampe à incandescence à filament de tungstène à la fois assez développé et assez rassemblé.
- d’eux et par conséquent la puissance et la portée des faisceaux. Il en résulte que lés phares les plus puissants devront avoir les caractères les plus simples : éclats régulièrement espacés ou groupés par deux, exceptionnellement groupés par trois.
- Les autres caractères seront réservés à des feux secondaires.
- Mais puisqu’il s’agit alors de feux intermédiaires dont la portée est réduite, il paraît inutile d’user d’une optique tournante et l’on se contentera d’un appareil fixe éclairant tout le ciel, dont le caractère lumineux résultera des interruptions du courant d'alimentation, réglées au moyen d’un manipulateur ou d’un èclipseur automatique.
- APPAREILS ALLEMANDS 0)
- C’est le système qui paraît être le'plus en faveur en Allemagne.
- On peut alors à l’aide d’un manipulateur réaliser non seulement les caractères chiffrés de la figure 1, mais également les caractères Morse de la figure 2.
- L’un des premiers dispositifs est d’une grande simplicité. La figure 3 suffit à sa description. Les séries de lampes électriques disposées suivant les génératrices du grand cône réflecteur envoient leur lumière directement dans toutes les directions alentour, puis, par réflexion, dans des directions privilégiées, formant une sorte de cône dont la pointe est en bas et dont les génératrices sont perpendiculaires aux génératrices du réflecteur.
- Il est à peine besoin de faire remarquer que ce dispositif ne donne de résultats pratiques qu’au prix d’un gaspillage considérable de flux lumineux.
- L'optique fixe de la figure 4 est disposée d’une manière plus satisfaisante.
- Eclairée par une lampe à incandescence à filament de tungstène à la fois assez développé pour avoir une intensité suffisante et assez concentré pour représenter un foyer (fig. 5), cette optique comprend au centre un tambour dioptrique qui envoie dans une zone, peu
- 1. Voir Y. D. I. Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieurc, Berlin, n° 19, 7 Mai 1927.
- Fig. 7. — Feu à becs conjugués alimenté à Vacétylène dissous.
- écartée de l’horizontale, un flux lumineux assez important renforcé d’ailleurs par les anneaux catadioptriques inférieurs. La coupole dioptrique de l’appareil répartit au contraire le flux entre le zénith et l’horizon; les directions voisines de l’horizon étant d’ailleurs l’objet d’une projection plus intense.
- Cette répartition est rationnelle, car il n’est pas nécessaire d’éclairer la haute atmosphère où ne circulent pas les avions, mais au contraire d’envoyer, le plus loin possible, les rayons dans la zone relativement mince où s’opère la navigation. Remarquons toutefois que la pauvreté de l’éclairage vers le zénith n’est pas sans reproche.
- En cas de brumes épaisses au sol, les rayons quasi horizontaux qui ont à traverser cette couche peu transparente sont rapidement absorbés et le phare risque d’être invisible aussi bien au zénith que dans les directions obliques, tandis qu’en dérivant une partie de la lumière vers le zénith, on peut traverser la couche de brouillard suivant sa plus faible épaisseur et avoir ainsi quelques chances de laisser émerger au-dessus du phare un faisceau vertical susceptible de constituer un repère précieux.
- La figure 6 représente un appareil à peu près semblable au précédent disposé pour être alimenté par l’acétylène dissous contenu dans des bouteilles.
- Le brûleur à acétylène de la figure 7 se compose d’une série de becs conjugués. Cet appareil montre le grand souci d’assurer, avant tout, un fonctionnement sûr. FtS-, c- °Ptl<lue Pintsch
- r, i alimenté à l’acétylène dissous.
- Cependant, si les manchons incandescents chauffés par
- des brûleurs sont parfois fragiles, leur éclat est bien supérieur à celui de la flamme nue.
- On voit aussi sur la figure 6 que le toit vitré de l’appareil à l’acétylène diffère de la coupole sphérique de l’appareil électrique de la figure 4. Au point de vue lumineux, la coupole est bien supérieure aux glaces pleines du toit conique qui occasionnent de grandes pertes par réflexion.
- L’appareil optique de la figure 8 laisse délibérément dans l’ombre, autour du zénith, un large cône; le tambour dioptrique qu’on aperçoit à la partie inférieure éclaire tout l’horizon et le réflecteur qui le surmonte réfléchit au-dessus de l’horizon une partie du flux lumineux qui n’a pas été recueilli par l’optique dioptrique; entre les deux appareils, il reste un vide éclairé directement par la lampe.
- Cette combinaison d'un appareil optique et d'un rèflec-
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- teur est d’ailleurs fort ancienne. C’est exactement la première idée qui se présenta à Fresnel : pour utiliser le flux qui dépassait les bases de ses optiques, il employa des miroirs qu’il remplaça bientôt par des anneaux rata-dioptriques d’un rendement plus satisfaisant.
- Les appareils fixes que nous venons de passer en revue et dont la lumière ne peut être variée qu’à l’aide de manipulateurs envoient un faisceau dont la figure 8 donne l’apparence.
- Ce faisceau éclairant une zone céleste assez étendue ne peut être véritablement très puissant.
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- * *
- Afin d’obtenir des portées plus satisfaisantes, les Allemands ont adopté également des appareils tournants.
- Un phare maritime fixe émet une nappe lumineuse sensiblement horizontale. Si l’on couche l’optique d’horizon de façon que son axe soit horizontal, la nappe émergente deviendra verticale et il suffit de faire tourner l’optique
- Fig. 9. — Premiers aérophares tournant en Allemagne. A gauche : à l’acétylène; A droite : à l’électricité.
- ainsi disposée (ou du moins sa moitié) pour balayer successivement tout l’espace. Ainsi, en coupant par un plan diamétral des optiques d’horizon qu’ils plaçaient sur un socle tournant, les Allemands ont obtenu des feux à éclats à l’acétylène ou électriques (fig. 9).
- Ce dispositif qui, à un instant donné, répartit également la lumière autour du phare dans un plan vertical, assure largement la signalisation dans les directions voisines du zénith; il est insuffisant pour les directions horizontales : sa portée reste médiocre.
- Aussi emploie-t-on généralement pour les feux tournants le dispositif classique dans les phares maritimes qui consiste à disposer régulièrement les panneaux autour de la source lumineuse. Les rayons des faisceaux qui balayent l’horizon se répandent ainsi à une grande distance autour du phare, mais on n’aurait aucun éclairage au-dessus de l’horizon, si l’on ne remplaçait pas la partie supérieure des panneaux par une coupole ogivale, dont chaque panneau prolonge entre l’horizon et le zénith le
- Fig. 8. — Tambour dioptriqve surmonté d’un réflecteur paraboloïde et l’éclairage produit par un phare de,ce type.
- Fig. 10. — Phares tournants à éclats réguliers. A gauche : électrique; A droite : à acétylène.
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- faisceau sensiblement horizontal de chacun des demi-panneaux inférieurs (fig 10). Ces feux à éclats obtenus au moyen de panneaux tournants sont illuminés par des lampes électriques ou par des brûleurs à acétylène.
- On utilise encore en Allemagne des appareils optiques qui envoient leur faisceau sur un miroir qui le réfléchit dans les directions convenables. Ce miroir est mobile autour d’un axe vertical (fig. 11). Mentionnons encore les pro-Fig. 11. - Aérophare à miroir tournant. je(.teurs (fig 12) que
- l’on emploie pour la recherche des avions et qui peuvent à la rigueur servir à la signalisation, mais plus spécialement à la télégraphie optique. Il existe, en outre, de petits projecteurs transportables.
- L’éclairage du terrain même de l’atterrissage nocturne
- Fig. 17. —• Projecteurs électriques.
- est assuré au moyen de projecteurs ou de lampes lumineuses.
- Il est indispensable d’indiquer aux aviateurs la direction du vent.
- La direction de l’atterrissage peut être indiquée très exactement à l’aide des cercles de Hônig, cercles lumineux verticaux portés sur un chariot et que l’on déplace de sorte que la droite qui ioint les centres soit la direction convenable, eu égard à la direction du vent : l’aviateur n’a plus qu’à manœuvrer de manière à voir le petit cercle exactement au centre du grand. On peut employer des carrés ou des losanges au lieu de cercles et il est bon d’employer des lampes colorées sur l’un des cercles.
- Il est peut-être aussi pratique de disposer sur le terrain des lampes réparties suivant la rose des vents et placées dans le sol au-dessous de plaques de verre assez résistantes au centre une lampe colorée disposée de même sert de repère. Au moyen d’un commutateur placé au pied d’une girouette, il est facile de ne maintenir éclairées, en dehors de la lampe centrale, que trois lampes formant une flèche indiquant clairement la direction du vent (fig. 13 et 14). Mentionnons, en outre, l’existence de signaux sonores de brume (fig. 15).
- APPAREILS SUÉDOIS
- La maison A. G. A. de Stockholm, qui a été longtemps dirigée par le Prof. Dalén, a construit une série d’appareils lumineux éclairés à l’acétylène dissous et qui peuvent automatiquement, grâce à des éclipseurs à membranes élastiques, émettre des éclats convenablement groupés de manière à caractériser la position géographique du feu. Les combinaisons d’éclats et d’éclipses donnent très facilement les chiffres 12, 13, 14, 15, 21, 22, 23, 24, 25, 31.... 41.... 112, 113, 114, 115, 221.... susceptibles de servir à une signalisation très complète.
- Cette maison emploie des brûleurs à becs multiples.
- L’appareil d’optique fixe est généralement formé d’un tambour dioptrique qui éclaire l’horizon et d’une coupole qui laisse passer les rayons provenant directement de la source lumineuse.
- Ces appareils constituent d’assez bons feux secondaires.
- APPAREILS AMÉRICAINS
- Les Américains disposent des lampes à incandescence puissantes (1) à filament concentré que fabrique la « General Electric Cy » (lampe Edison), mais ils les emploient plus volontiers dans les phares maritimes ou dans les cinémas que dans les aérophares.
- Aux États-Unis d’Amérique, les. appareils optiques qui ont toute la faveur sont des projerteurs analogues aux projecteurs de guerre et de marine, appareils qui sont illuminés au moyen d’arcs puissants dont le type le plus achevé en Amérique,, dû à Sperry, donne un éclat voisin de 50000 bd par cm2. On peut ainsi constituer des feux extrêmement puissants.
- Malheureusement l’arc Sperry à charbon tournant exige
- 1. Les lampes hollandaises Philipps constituent également une source puissante susceptible d’être appliquée au balisage lumineux aérien.
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- une ventilation énergique ; il en résulte que le mécanisme ordinaire pour l’avancement des charbons se complique des mécanismes nécessaires à la rotation et à la ventilation et que cette lampe très puissante exige des soins attentifs.
- Il en est de même des arcs électriques qui emploient pour le centrage de l’arc des déflecteurs magnétiques. Nous ne croyons pas que ces derniers dispositifs aient été appliqués ou même essayés pour la navigation aérienne. Ces arcs sont cependant très précieux, car leur brillance atteindrait l’ordre de 100 000 bougies décimales par centimètre carré.
- Actuellement, l'effort des Américains s’exerce plutôt sur le perfectionnement des arcs électriques en vase clos. La lampe ressemble à une grosse lampe électrique à incandescence, mais le filament est remplacé par un arc
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- Fig. 1], — Dispositif indiquant la direction d'atterrissage.
- efficacité, eu égard aux puissances considérables mises en
- dont l’éclat est bien supérieur à celui du filament, sans atteindre toutefois celui des arcs dont nous venons de parler. L’appareil est cependant beaucoup plus pratique, car les charbons durent longtemps — toujours plus d’une nuit — et la présence permanente d’un gardien devient inutile, ce qui constitue une grosse économie d’exploitation. Cependant, il ne semble pas que ces lampes spéciales soient tout à fait au point actuellement.
- Le premier phare pour avions, érigé à College-Point (Long Island) est en service; c’est un projecteur de 36 cm qui peut être dirigé entre 45 et 60°. On aménage actuellement la ligne Chicago-San Francisco. Les aérodromes de Chicago, Omaha, North Plate et Cheyenne seront signalés par des feux de 660 millions de bougies placés sur des tours et dont la visibilité moyenne serait de 80 km. Le champ d’aviation de Chicago sera, en outre, éclairé par des foyers espacés de 70 m ; un dispositif indiquera aux aviateurs la direction du vent ; des projecteurs seront placés sur les hangars.
- Les lignes de navigation seront jalonnées par des feux visibles de 48 km ; des phares à éclipses envoyant leur lumière vers le haut compléteront cet éclairage pour les avions circulant à faible hauteur.
- On voit que le ministère des Postes, aux États-Unis, n’hésite pas à exécuter un vaste programme de balisage lumineux nocturne, mais il ne semble pas que les solutions préconisées soient celles qui assurent la plus grande
- œuvre.
- APPAREILS FRANÇAIS
- Bien que la signalisation lumineuse à grande distance ne fasse pas ici l’objet d’un programme aussi considérable que le programme américain, le Service de la Navigation aérienne s’est vivement préoccupé de la question. Il a fait construire notamment deux grands phares très remarquables, que nous allons examiner sommairement, car ils ont déjà été décrits (r).
- Phare Barbier-Bénard. — C’est un phare à optiques de verre taillé (fig. 19).
- Nous savons que la puissance lumineuse dépend, d’une part de Y éclat de la source, d’autre part de la surface apparente de l’optique.
- Pour des raisons pratiques, on s’est arrêté : d’une part, à des lampes
- à arc électrique à réglage _ sigIlal sotwre de brumc
- automatique, alimentées par du courant continu de 120 ampères sous 65 volts; d’autre part, à des optiques de Fresnel de 50 cm de distance focale. Afin d’obtenir la puissance lumineuse considérable qu’on recherchait, on a dû jumeler quatre optiques doubles dans la même lanterne.
- Chaque optique concentre le flux lumineux total de la source en deux minces pinceaux de directions opposées et tous ces faisceaux lumineux sont réglés parallèlement.,
- L’appareil est placé sur un plateau animé d’un mouvement de rotation
- 1. VAéronautique. Les Phares à grande portée. Capitaine.
- Volmerange.
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- Fig. 16. — Le phare du mont Valêrien construit par les Anciens Etablissements
- Sautter-Harlé.
- Ce phare, le plus puissant du monde, utilise 2 réflecteurs métalliques de 2 in de diamètre éclairés par la plus forte source lumineuse connue : 2 arcs électriques absorbant chacun 300 ampères sous 90 volts. La puissance lumineuse horizontale de chaque faisceau est supérieure à 800 millions de bougies.
- La portée dépasse fréquemment 300 km.
- dont la vitesse est réglable entre 8 et 20 secondes, de façon à illuminer successivement tout l’horizon à la façon des feux-éclairs delà côte. L’espacement des éclats, ainsi variable de 4 à 10 secondes, permet de caractériser le phare.
- Il est facile de calculer approximativement la puissance d’un tel phare.
- Nous savons que l’intensité d’un faisceau est proportionnelle à la surface apparente de l’optique, ce qui revient à dire que, toutes choses égales d’ailleurs, les intensités des appareils sont proportionnelles aux carrés des distances focales. Un feu de 30 cm de distance focale alimenté avec du courant alternatif à 120 ampères peut donner 30 millions de bougies j l’intensité maxima s’élèverait à 60 à 70 millions de bougies, si l’on prenait du courant continu pour alimenter l’arc, soit en pratique, 50 millions de bougies pour tenir compte de l’impossibilité de maintenir continuellement le régime maximum. Un feu sem-
- 2,500 _ .
- blable de 50 cm de distance focale sera --q— =2,77 fois
- plus puissant; la mise en parallèle de quatre faisceaux égaux étant parfaitement réalisée, porterait la puissance à 11 fois celle d’une optique de 20 cm et l’on pourrait compter sur 550 millions de bougies, soit un demi-milliard de bougies.
- Des mesures photométriques donneront d’ailleurs un chiffre plus exact, mais ce qui sera réellement intéressant, ce sera d’établir des courbes de visibilité, c’est-à-dire la constatation du nombre de jours sur cent où le phare est visible à une certaine distance et à une certaine altitude.
- Nous ne le saurons que lorsque la navigation aérienne nocturne sera assez développée, mais nous pouvons
- conjecturer d’ores et déjà, d’après ce que nous savons des phares maritimes, que cette puissance lumineuse considérable ne s’exercera que dans un cône assez petit autour de l’axe du faisceau résultant, axe que la réfraction atmosphérique courbera plus ou moins, de sorte que, même par temps assez clair, le faisceau pourra rester invisible aux grandes distances, inconvénient considérablement aggravé dans les nuits brumeuses,
- Phare Sautter-Harlé. — Le phare Sautter-Harlé n’échappera pas non plus à ce dilemme : la concentration du flux lumineux est indispensable pour assurer une portée suffisante par temps brumeux ; en dépit du mouvement tournant du faisceau, cette concentration réduira à une zone étroite la partie éclairée du ciel, zone dont les limites varieront beaucoup suivant les variations incessantes de la réfraction atmosphérique ; si, au contraire, comme dans les appareils allemands, on emploie des faisceaux divergents, leur efficacité risque de devenir nulle par temps brumeux.
- - . /Quoi qu’il en soit, il faut convenir qu’on ne /peut rien affirmer au sujet des probabilités de la vision d’un phare, sans recourir à des expériences directes et il faut féliciter le Service de la Navigation aérienne d’avoir commandé, du premier coup, des appareils extrêmement puissants qui permettront de procéder à des essais tout à fait instructifs. D’autant plus, que le phare Sautter-Harlé est tout à fait différent du phare Barbier-Bénard, tout en réalisant approximativement la même puissance.
- A r inverse, en effet, de tous les phares français exis-
- Fig. 17. — L’optique de l’un des phares Sautter-Harlé du mont Valêrien.
- Le réflecteur a 2 m de diamètre et possède un réflecteur auxiliaire de 0 m. 90 de diamètre qui.prolonge ,1e faisceau vers le haut avec l’intensité voulue pour que l’aviateur ne puisse jamais perdre la vue du feu quand il s’en approche en volant à hauteur constante. On peut faire varier à volonté l’apparence donnée par cet aérophare en modifiant les angles que forment entre eux les deux faisceaux ou en changeant la vitesse de'rotation de l’appareil. (Phol.Rol.)
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- tants, le phare Sautter-Harlé ne contient aucun élément réfringent, il est d’ailleurs plus simple que le phare Barbier-Bénard.
- C’est un ensemble de deux miroirs de projecteurs de défense contre aéronefs de 2 m de diamètre et de 1 m. 15 de distance focale, que l’on a calés sur un socle tournant autour d’un axe vertical ; angle de calage des projecteurs et vitesse de rotation sont réglables de sorte qu’on peut obtenir des groupes de deux éclats suivant un rythme propre à caractériser le gisement du feu. Un miroir auxiliaire absorbant 25 pour 100 environ du flux lumineux est destiné à augmenter la dispersion du faisceau aux faibles distances.
- La partie la plus intéressante de l’appareil, c’est la source lumineuse, arc à courant continu à réglage automatique dont le voltage est toujours à peu près de 70 volts comme précédemment, mais dont l’intensité normale est 220 ampères et l’intensité maxima 300 ampères. Cette augmentation de l’intensité permet deux progrès : renforcement de la densité du courant qui accroît l’éclat du cratère, et surtout élargissement de la section des charbons qui ouvre davantage le faisceau lumineux. Si l’on calcule la puissance
- Fig. 18. — Le tableau de commande électrique de l’aérophare Sautter-Harlé du Mont Valérien. (Phot. Roi.)
- Fig. 19. — Le phare du mont Afrique construit par les Anciens Etablissements Barbier-Bénard et Turenne.
- lumineuse de cet appareil, on trouve un chiffre plus élevé que celui du phare Barbier-Bénard, mais il faut compter que les miroirs auront un rendement plus faible que les optiques de verre, surtout après un certain temps de service (car ils sont plus sensibles aux effets de l’arc et plus difficiles à entretenir en bon état) et, tout bien pesé, on peut s’attendre à une puissance du même ordre que celle du phare Barbier-Bénard.
- UTILISATION DES PROJECTEURS DE DÉFENSE CONTRE AÉRONEFS
- La puissance lumineuse des grands phares dont nous venons de parler ne s’obtient d’ailleurs qu’avec une grande dépense d’énergie ; les huit arcs du phare Barbier-Bénard consomment 85 ch, les quatre arcs du phare Sautter-Harlé 57 ch, cela théoriquement. Il faut penser que pour empêcher les déréglages importants, les dispositifs automatiques sont insuffisants; il faut disposer, dans un rhéostat, d’un volant d’énergie qui empêche le papillotement continuel des arcs, rhéostat qui entraîne une majoration de puissance de 50 pour 100 dans le phare Barbier-Bénard où il y a huit arcs et de 100 pour 100 dans le phare Sautter-Harlé où il n’y en a que deux, soit une consommation totale d’énergie, de 130 dans le premier et 105 dans le second.
- Ce ne sont donc pas des appareils qui rachètent leurs frais d’établissement par des économies de fonctionnement. C’est une grosse dépense à prévoir dans l’outillage des lignes de navigation.
- Il est bien évident que, par les nuits claires, on pourra diminuer la dépense d’énergie, par exemple en substituant aux arcs, toutes les fois que les circonstances atmosphériques seront satisfaisantes, des lampes à incandescence, beaucoup moins intenses mais beaucoup plus économiques.
- Mais nous possédons d’ores et déjà des appareils qui pourraient rendre de grands ser-
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- vices avant l’exécution d’un programme complet pour l’établissement duquel il paraît raisonnable d’attendre les résultats des essais prolongés des grands phares.
- Il s’agit des projecteurs de défense contre aéronefs du système A. Bochet, que le regretté directeur de ce service avait fait construire en assez grande série vers la fin des hostilités et qui sont actuellement inutilisés dans les magasins de l’armée.
- Ces appareils qui sont pourvus de miroirs dorés de 1 m. 50 de diamètre de la maison Sautter-IIarlé peuvent être illuminés au moyen d’arcs puissants qui donnent des faisceaux intenses.
- L’originalité du dispositif, c’est de pouvoir suivre très facilement un aéronef même si celui-ci passe à grande vitesse aux environs du zénith, service que les projecteurs d’artillerie du modèle classique à lyre ne pouvaient assurer.
- Au lieu d’une lyre mobile autour de son pivot vertical, on prend un berceau cylindrique qui, mobile sur les galets qui le supportent, peut ainsi tourner autour d’un axe horizontal. Ce berceau, comme la lyre qu’il remplace, porte les tourillons du projecteur qui peut ainsi tourner autour d’un axe quelconque perpendiculaire au premier, de sorte que le faisceau lumineux peut facilement suivre très exactement un avion qui se trouve à une portée convenable.
- L’appareil peut être commandé à distance à l’aide d’un levier et de câbles télédynamiques de sorte que Y axe optique du projecteur est toujours dans la direction du levier. Ce levier lui-même peut être guidé dans la direction de l’aéronef par un repère donné par un telèsito-mètre, c’est-à-dire par un appareil de repérage au son.
- Dès qu’on connaît l’existence de ces appareils, le raisonnement suivant semble s’imposer.
- La signalisation lumineuse nocturne sera facilement assurée à l’aide d’appareils relativement économiques toutes les fois que la transparence atmosphérique sera satisfaisante. Il est donc inutile, dans ces circonstances, de gaspiller une énergie surabondante et coûteuse.
- Par temps de brume au contraire, il est indispensable d’avoir un faisceau lumineux intense et concentré pour assurer une signalisation efficace.
- Seulement un faisceau concentré risque de ne pas toucher l’œil du pilote, même si ce faisceau tourne, cela en raison des variations de la réfraction atmosphérique.
- Le génie humain a entrepris, avec juste raison, de remédier aux écarts de la Nature. Les forces latentes que créa la Providence lui doivent permettre de rétablir l’équilibre détruit par les bouleversements de la planète. C’est ainsi qu’il a envisagé de transformer la Camargue et la Grau qui nous apparaissent comme un anachronisme et une contradiction, à notre époque, de progrès et d’asservissement de la matière à l’homme.
- Il faudrait donc, pour augmenter la probabilité de la vision, faire osciller en. même temps le faisceau. On pourrait prendre, par exemple, le dispositif oscillant et tournant que nous avons proposé et dans lequel le mouvement pendulaire de faible amplitude du projecteur est entretenu à l’aide d’un solénoïde dont le courant est établi et supprimé par un appareil commandé par le système pendulaire lui-même. Mais, en attendant que cet appareil soit au point et puisse être essayé, les projecteurs A. Bochet rendraient bien des services aux avions perdus dans la brume.
- Dès que l’avion est entendu au poste télésitométrique (et l’on pourrait munir les avions de sirènes puissantes), il est immédiatement repéré, ce qui permet au conducteur du projecteur de manœuvrer son levier de sorte que le faisceau soit dirigé exactement sur l’avion. Dans ces circonstances, le signal ne peut passer inaperçu; l’avion une fois pris dans le faisceau n est plus abandonné à lui-même, il est guidé d’une manière absolument sûre jusqu’aux abords de l’aérodrome, où les autres dispositifs d’atterissage : indicateurs de la direction du vent, projecteurs d’éclairage du terrain même, interviennent à leur tour pour rendre la manœuvre presque aussi facile qu’en plein jour.
- * :Y-
- Ainsi le balisage lumineux aérien indispensable à la navigation commerciale et dontl’établissement exige des études longues et difficiles et des appareils coûteux, pourrait d’ores et déjà, en temps de brume, être assuré, dans la limite où s’entendent les avions, à l’aide des nombreux projecteurs de défense contre aéronefs actuellement inutilisés dans les magasins de l’armée.
- Cela ne veut pas dire que les autres dispositifs de signalisation doivent être négligés et qu’il ne faut pas admirer les puissants phares récemment construits. Il faut, au contraire, profiter des enseignements qu’ils donneront pour améliorer leur efficacité et surtout pour abaisser leur prix de revient.
- Edmond Marcotte.
- Ingénieur-Conseil,
- Ancien capitaine du Service des réparations,de l'Aviation et du Service technique de l’Aéronautique.
- PROVENCE INFÉCONDE
- LA CAMARGUE ET LA CRAU DU POINT fDE VUE GÉOLOGIQUE
- La Camargue et la Grau, quoique jumelles,, présentent v un faciès sensiblement différent. La Camargue est une ancienne île du Rhône, formée par les alluvions du puissant torrent, au cours des siècles. Les Romains l’avaient déjà reconnue sous le nom d’Insula Camaria, bien qu’il
- TRANSFORMATION DE LA
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- semble que son étendue fût alors de moitié plus réduite qu’aujourd’hui. Son sol est entièrement constitué par des dépôts, graviers et terres limoneuses, qu’entrecoupent encore des canaux naturels qui drainent les eaux vers la mer.
- Ce delta, qui rappelle celui du Nil, offre, toutefois, cette particularité qu’il est nourri d’étangs, dont celui de Valcarès — ou Vaccarès — occupe la première place, soit environ 22 000 hectares. Des dunes littorales mouvantes séparent les lagunes de la Méditerranée, mais l’expansion des eaux, particulièrement en automne et
- soleil, l’amertume de la végétation, d’ailleurs chétive, la cristallisation superficielle des « sansouïres » où s’agglomèrent les eaux salines issues du sous-sol.
- On a vivement reproché aux pouvoirs publics d’avoir, en quelque sorte, isolé la Camargue du Rhône et de la mer, d’avoir interdit au Rhône ses débordements, qui avaient pour effet d’évacuer vers le large les éléments de corruption, en même temps qu’ils privaient la Camargue du bénéfice d’un alluvionnement saisonnier. Nous n’avons pas à apprécier ces critiques, puisque leur résultat demeure, et qu’on se préoccupe d’y porter remède.
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- Les Embouchures du Rhosne
- Comme elles estoient En L'Année 1599 Selon J ean Bompar
- -de Marseille
- Fig. 1. — Les embouchures du Rhône en l’année 1599, d’après Jean Bompar.
- hiver, déterminait la formation de courants qui trouaient le cordon littoral, et déversaient le trop-plein intérieur par des « afoux », plus ou moins temporaires. Une digue de 45 km a tendu, toutefois, à limiter les incursions maritimes et ces brèches à la formation côtière.
- Dans cet ensemble marin et fluvial, le Valcarès apparaît comme un réservoir d’accumulation et de compensation, et un exutoire.
- Ainsi la Camargue est un conglomérat de terres vagues, de marais et de bas-fonds salés, car l’influence maritime se manifeste éternellement : ici se mariaient les eaux du Rhône et celles de la Méditerranée. Cette salinité s’affirme dans les efflorescences qui s’irradient au
- La Crau, qui prolonge la Camargue vers l’Est, sur la rive gauche du grand Rhône, a, évidemment, la même origine que sa voisine. C’est, effectivement, une vaste plaine constituée, à la surface, de galets que l’argile a agglutinés, et que surmontent 20 à 50 cm de terre arable, farcie de pierres roulées. Les graviers et le sable forment la base du poudingue superficiel, à un mètre de profondeur. Il n’est pas douteux que ce dépôt ait été dû à l’action des eaux torrentielles des Alpes et de la mer. Cependant, on n’a pu départir les effets particuliers du Rhône et de la Durance dans cette formation, la Crau se subdivisant, d’ailleurs, en trois zones : Crau de Saint-Remy ou petite Crau, Crau du Languedoc et plaine de
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- Fig. 2. — Les bouches du Rhône levées en 1692.
- Crau, ceile-ci ayant attiré l’attention des Anciens, qui y reconnaissaient la réalisation de la légende de Deucalion et Pyrrha, et lui avaient réservé l’appellation de Champ de la Pierre « Campus Lapideus », du fait des cailloux qui l’ensevelissent de manière presque continue. Les Grecs n’ont-ils pas été jusqu’à supposer que les dieux avaient lancé ces galets du haut du ciel, pour permettre à Hercule d’écraser les Liguriens !
- Il convient d’observer que le colmatage, dû aux eaux de la Durance, a assaini une partie de la Crau, cependant que la Camargue a conservé son antique physionomie.
- L'ASPECT PHYSIQUE DE LA CRAU ET DE LA CAMARGUE
- La Camargue, longtemps regardée comme mystérieuse, source de légendes innombrables, parfois inspirées par le mirage qui y sévit fréquemment, est naturellement désertique, sauf dans les parties conquises par l’effort humain. Non seulement, en effet, le sel, imprégnant les couches profondes du sol, y entrave la végétation, mais le mistral, s’y déchaînant avec une violence diabolique, — ne fût-il point dénommé l’un des trois fléaux de la Provence? — y déracine les arbres qui osent croître dans ces solitudes.
- La flore est donc singulièrement pauvre. Elle se résume en des roseaux qui peuplent les marais, en joncs souples qui ondulent au vent, en saladelles rosées ou violacées, qui jaillissent de la sansouïre, en soudes aux saveurs amères, qu’accompagnent quelques grarnens hésitants.
- La faune n’est guère plus brillante; mais elle est abondante. La perdrix et l’outarde y fraternisent avec la mouette alanguie, avec le flamant d’Egypte qui a retrouvé ici son delta mélancolique du Nil.
- La gent ailée, dont seule la voix anime le désert, rencontre de grands troupeaux de taureaux noirs ou de chevaux blancs, qui semblent les rois incontestés de ce domaine, ou des légions d’ovins sur lesquels veille l’œil attentif d’un pâtre, ces ovins qui, l’été, iront transhumer dans les pacages de l’Alpe.
- La Camargue, de par sa situation géographique, au Midi de la France, et, par ailleurs, ouverte à tous les autans, se signale par la rudesse de son climat : l’hiver y est pénible, l’été tropical. Tantôt des souffles du nord dessèchent la plaine grise, tantôt des pluies diluviennes la transforment en cloaque. Aucune harmonie, aucun équilibre dans ces régions qui semblent vouées à une éternelle infécondité. Des miasmes délétères, des fièvres
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- endémiques, d’autre part, ont longtemps détourné l’homme de ces lieux désolés.
- La Crau participe, dans une assez large mesure, à la nudité de la Camargue, mais elle est, plus que celle-ci, pavée de cailloux, que le soleil irradie.
- LES EFFORTS D'ASSAINISSEMENT ANCIENS EN CAMARGUE ET CRAU
- Il y a déjà longtemps que l’on s’est préoccupé de modifier l’état de choses créé par la nature. Adam de Cra-ponne, qui fut un grand bienfaiteur, avait rêvé de discipliner la Crau. Ses projets ne furent que partiellement réalisés. Cependant 14000 hectares ont été améliorés par l’irrigation. Alors qu’autrefois les eaux fluviales s’évanouissaient aussitôt dans les graviers, sans profit pour le sol — la couche filtrante excède souvent une quinzaine de mètres de puissance — les travaux du génie rural ont permis de drainer une eau fertilisante à travers la Crau. Le canal dit de Craponne, qui remonte au xvie siècle, s’abreuve à la Durance, s’insinue entre les Alpilles et le massif de Yernègues, et s’épand en une série de rigoles jusqu’à Arles, à Istres et à Salon qu’il a enrichies.
- Plus au Nord, sur le flanc septentrional des Alpilles,
- Fig. 3. — Crau et Camargue
- le canal de ce nom s’alimente aux abords d’Orgon» féconde les champs de Saint-Remy, avant de confluer à Tarascon et Arles.
- Une initiative semblable a été refusée à la Camargue. Cependant, l’homme y a canalisé certaines branches du Rhône, en vue de dériver vers la petite mer du Yalcarès les eaux, saturées de sel, au point qu’on y a observé 21 pour 1000 de molécules salines. Des pompes puisent, en même temps, de l’eau du R.hône pour amplifier le nettoyage. Cette politique réalisatrice a eu pour résultat la conquête de 15000 hectares sur 75 000 environ. Des « mas » ont jailli comme par enchantement ; des trembles, des ormeaux, des saules, des peupliers blancs se sont élancés à l’envi vers le ciel provençal. Ici, le riz a fait une timide apparition ; là, des champs de céréales ont ameubli l’humus. Mais c’est la vigne surtout qui a triomphé.
- Les agriculteurs camarguais donnent aux ceps trois arrosages annuels de 1500 à 2000 m3 par hectare. En outre, durant l’automne et l’hiver, on pratique souvent la submersion du sol. En 1885, la Camargue ne comptait que 3580 h de vignes. Dix ans plus tard, 8370 h avaient été plantés ; aujourd’hui leur superficie couvre 10000 h.
- Des prairies, des jardins maraîchers entourent certains
- en 1927 d’après la carte Taride.
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- mas. La vie a remplacé, grâce à la sueur des colons, la mort d’autan. La construction de la voie ferrée d’Arles aux Saintes-Maries et aux Salins-de-Giraud n’a pas peu contribué à cette révolution.
- Mais celle-ci fut surtout l’œuvre des roubines qui captent les flots du Rhône et des drailles qui rejettent au Valcarès les eaux souillées de sel.
- LES PROJETS MODERNES D'ASSAINISSEMENT
- Nous avons vu qu’il reste à assainir quelque 50 000 h en Camargue, et 35 000 dans la Crau. Le Génie Rural a étudié pour la Crau un projet aux termes duquel la Crau-sur-Durance, la partie la plus élevée du Champ de Pierre, serait irriguée à l’aide de pompages soit dans le Rhône, soit dans le canal des Baux, les eaux devant être élevées à 40-55 m de hauteur.
- Au contraire, la Rasse-Crau recevrait l’apport à la fois du canal de Craponne et du canal de Marseille au Rhône, auquel on emprunterait 10 à 20 m3. Des pompages rendraient au canal de Craponne les perceptions qui lui seraient imposées. On a calculé qu’il faudrait un débit de 14000 litres et une force de 8400 kw pour irriguer ainsi 13 120 h seulement.
- D’autre côté, M. l’Ingénieur en chef Denizet a proposé d’épuiser les eaux du Valcarès jusqu’au niveau — 0,50 en les rejetant à la mer par pompages.
- Ce dispositif permettrait de drainer vers le Valcarès de nouvelles eaux. Le Rhône serait appelé à fournir 28 m3 d’eau, dont le relèvement de 2 m. 50 à 4 m n’exigerait que 1400 kw, pour la transformation de 20000 h nouveaux. Enfin, on profiterait de l’occasion pour arroser les plaines au nord de Tarascon en demandant aü Rhône, vers Aramon, Fondé nécessaire, et en aménageant un canal qui desservirait 3000 h.
- M. Denizet avait été, en vue de ces études, chargé de mission en Égypte. Il a examiné les 1700 000 h du Nil assainis et mis en valeur.
- Ses observations l’ont conduit à affirmer la similitude du Delta du Nil avec celui du Rhône : même formation, dans les deux cas la terre étant constituée par les allu-vions légères riches en azote, potasse, chaux et phosphore, donc particulièrement favorables à la végétation; même climat, si ce n’est en Camargue l’action du mistral qui refroidit l’air, l’hiver, et les pluies diluviennes d’automne ; mêmes conditions d’utilisation. Sans doute, il ne faut guère espérer introniser en Provence la culture égyptienne du coton, mais celle du blé et de la vigne la remplacera. ~
- Toutefois, JVI. Denizet a estimé que le projet primitif devait être complété.
- Les terres'basses ne seraient pas assainies par l’abaissement du plan du Valcarès. On laisserait donc de côté une surface à son gré trop étendue. Pour fertiliser toute la Camargue, on devra drainer et pomper toutes les eaux profondes du delta, ainsi qu’on l’a fait pour le Nil et le Pô. En Egypte, on a aménagé sur les deux flancs de pièces de terrains mesurant 150 m sur 50 des rigoles de 1 m de profondeur et 0 m. 50 de pente kilométrique. Ces exutoires alimentent des drains principaux, eux-mêmes
- tributaires de canaux qui vont à la mer. Si les terrains sont bas, on procède à des pompages.
- Le drainage épuiserait le sel et les eaux d’assainissement répandues.
- Malheureusement, ce projet était subordonné à l’exécution soit de l’équipement du Ras-Rhône, soit de l’usine de Mirabeau sur la Durante, et il n’apparaît pas que ces opérations doivent être réalisées bientôt, si elles le sont même jamais. Renverra-t-on aux calendes la transformation de la Crau et de la Camargue ?
- LA HOUILLE GRISE AU SECOURS DE LA PROVENCE
- C’est alors qu’intervient la houille grise. Déjà, il y a trente ans, Ardouin-Dumazet avait témoigné son étonnement de ne pas voir employer le moulin à vent pour le pompage en Camargue. M. Constantin a songé à une identique solution, mais en la perfectionnant. Le problème posé est celui-ci : il faut, de façon continue, jeter de l’eau sur les plaines desséchées, et diluer les salards de la Camargue. La solution par la vapeur est inacceptable, parce que trop onéreuse ; la solution par la houille blanche est singulièrement retardée dans sa réalisation. Pourquoi ne pas recourir à la houille grise, à l’aéromoteur ? La Hollande n’a-t-elle pas mis en œuvre le vent pour assécher son Zuydersée ? Or, M. Constantin a pu fixer qu’au mont Ventoux, qui domine la Crau, le vent souffle 220 jours par an à plus de 10 m par seconde. Il serait possible, par conséquent, d’y installer des batteries de turbines aériennes de son invention, susceptibles de développer 1100 ch, avec un diamètre de 50 m, exigeant un support de plus de 25 m.
- Ici une question se pose. Pourquoi ne pas pomper de l’eau sur place, mais réaliser de l’énergie qu’il faudra véhiculer à distance? Parce que la dispersion de la production est l’ennemie du progrès. 11 importe d’avoir un réseau électrique homogène, donc centralisé au point de vue de la fourniture et de la force. Une installation de groupes aéromoteurs pourra — ce qui serait interdit à des opérations éparses — se connecter avec le réseau de houille blanche qui alimente déjà ces régions. Elle pourra, surtout, s’assurer des réserves. Pour éviter la consommation de combustibles, on a songé à mettre en service des chaudières électriques, qui mueront l’énergie en chaleur, laquélle sera ensuite retransformée en électricité, l’automatisme des appareils étant prévu.
- La nécessité d’une accumulation d’énergie et de l’installation d’un réseau de répartition s’impose, en outre, si l’on veut considérer l’instabilité du vent et son action dynamique. Le vent présente des sautes rapides et imprévisibles.
- D’autre part, la science montre que la puissance d’une turbine varie à la fois avec le cube de la vitesse du vent et le carré de son diamètre. Ainsi :
- Diamètre ms Çh
- Une turbine de 50 m, avec un vent de 5, assurera 70
- — — — 10, — 560
- — __ — 15, — 1900
- — — — 20, — 4500
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- Il importe donc de disposer d’appareils puissants et des moyens de remédier à l’inconstance du souffle d’Éole.
- En d’autres termes, l’équipement d’aéromoteurs multiples et de faible force unitaire n’est pas à recommander ; et il sera hautement préférable de constituer de véritables stations, pourvues de plusieurs groupes. La meme politique est, aujourd’hui, pratiquée dans le domaine de l’électricité hydraulique et thermique.
- Les Néerlandais ont réalisé de magnifiques progrès en asservissant le vent.
- La France peut obtenir en Provence des résultats non moins précieux avec une formule plus perfectionnée. Notons que le courant a déjà pénétré en Camargue, grâce à l’initiative de l’Energie du Littoral méditerranéen, mais l’électricité alpestre est d’un coût trop élevé pour l’assainissement projeté.
- Toutefois, le concours de l'Energie du Littoral pourrait être envisagé pour parer aux défaillances de l’aérodynamique.
- LES RÉSULTATS A ESCOMPTER DE L'ÉVOLUTION
- L’irrigation a rendu déjà d’incomparables services
- =— -.................................. — 497 =
- dans le Sud-Est, où le soleil fertilise tout ce qui est humidifié.
- Dans le rayon de Carpentras, la culture de la fraise rapporte autour de 35 000 fr. par an, la culture maraîchère 20 à 25 000 fr. par h.
- Ces prix sont notablement dépassés dans le secteur de Châteaurenard, et, dans la zone d’Hyères-Fréjus, on évalue à 35 000 et 40 000 fr la récolte normale après l’irrigation.
- Si l’on remarque que 50 000 h pourraient être conquis, le gain annuel pourrait ainsi atteindre 200 millions par an.
- On comprend l’enthousiasme qui anime M. l’ingénieur Constantin et M. Philippe Brès, secrétaire du Crédit agricole de Miramas, le plus ardent partisan de l’aménagement de la Camargue et de la Crau. Il siérait, par ailleurs, qu’ils rencontrent auprès des pouvoirs publics et des communes l’aide morale et matérielle indispensable à une telle entreprise.
- Elle est une de celles qui feraient le plus grand honneur au génie national.
- Auguste Pawlowski.
- LES APPAREILS CINÉMATOGRAPHIQUES
- IL LES CINÉSCOPES
- Le cinégraphe, qui permet d’analyser les mouvements est réversible-, autrement dit, il est également propre à en faire la synthèse. Les frères Lumière utilisèrent cette propriété et c’est au moyen du cinématographe lui-même qu’ils projetèrent leurs premiers films. L’appareil était fixé sur une table, en avant d’une lampe à arc incluse en une lanterne pourvue d’un condensateur, une copie positive du film négatif obtenu en premier lieu était engagée dans le méeanisme-d’entraînement; il suffisait, la porte arrière étant ouverte, de tourner la manivelle à la cadence normale de deux tours par seconde, pour obtenir une projection animée.
- LE MÉCANISME DES CINÉSCOPES
- Depuis, les cinégraphes ont été profondément modifiés et pourvus d’organes auxiliaires qui, s’ils présentent le plus grand intérêt pour la prise de vue, sont absolument inutiles pour la projection. De leur côté, les appareils spécialement établis pour projeter se sont, peu à peu, écartés du type initial et ont été dotés de dispositifs propres à faciliter le travail de l’opérateur et à améliorer la qualité de la projection.
- Le mécanisme d’entraînement notamment, est devenu très différent de celui employé dans les cinégraphes : es gri ffes, très acceptables dans ces derniers appa-
- reils où elles n’agissent qu’un très petit nombre de fois sur les mêmes trous, ont ici cédé la place à des organes répartissant l’effort de traction sur un plus grand nombre de points et risquant, par conséquent, beaucoup moins de détériorer la perforation ou de provoquer des déchirures.
- Le système le plus employé est celui dit « à croix de Malte », ainsi nommé en raison de la forme caractéristique de l’organe essentiel. Celui-ci (fig. 1), solidaire d’un tambour d’entraînement pourvu de deux couronnes de 16 dents capables d’engrener la perforation de la pellicule, comporte quatre rainures radiales symétriques. Un doigt, fixé à un plateau animé d’un mouvement de rotation uniforme, pénètre à chaque tour dans une rainure, fait brusquement tourner la croix de Malte d’un quart de tour et s’échappe de la rainure ; à chaque impulsion, le tambour entraîne le film de quatre dents, c’est-à-dire de la hauteur d’une image. Ce mécanisme a permis de prolonger notablement la vie utile de la bande pellicu -laire.
- L’emploi, sur les cinéscopes, d’un obturateur semblable à celui utilisé sur les cinégraphes et fonctionnant dans les mêmes conditions, produit de désagréables scintillements dus aux alternances de vive lumière et d’obscurité. On a supprimé cet inconvénient en interceptant la lumière,
- Fig. 1. — Transmission pat-croix de Malte.
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- lanterne
- rhéostat da moteur’
- manette de eadrnge
- obturateur
- rouleau il:
- carter débiteur
- lanterne
- le mer de 'centrage
- rhéostat (fy moteur
- ressort
- pressent
- ~y~ Tambour déscamç-tambour débiteürirtft
- Fig. 2. — a) Le Petit Professionnel, construit par les Etablissements Mollier; b) Mécanisme d’entraînement du Petit Professionnel; c) Le Petit Professionnel,
- vue d’ensemble.
- à une ou deux reprises, pendant la projection de chaque image. Ce résultat est atteint soit en substituant au secteur évidé.unique un groupe formé par un ou deux secteurs pleins compris entre des évidements, soit en faisant tourner un obturateur ouvert à 180° à une vitesse double de celle du mécanisme d’entraînement. Le premier procédé est de beaucoup le plus employé.
- Il existe actuellement de nombreux modèles de ciné-scopes, ce qui est justifié par la diversité des conditions de projection : on conçoit aisément que les projecteurs appelés à fonctionner dans de grandes salles soient plus puissants et plus robustes que ceux qui suffisent aux petites exploitations et, qu’en outre des appareils établis pour ces dernières, il en existe de plus simples, spécialement étudiés pour satisfaire aux desiderata du conférencier.
- la porte, les rouleaux, les patins compresseurs et le ressort presseur, qui maintiennent le film respectivement contre le tambour débiteur supérieur, contre la fenêtre et contre le tambour d’escamotage commandé par la croix de Malte. Il suffit de ménager sur la pellicule, au-des-
- UN TYPE CLASSIQUE DE CINÉSCOPE
- Nous décrirons tout d’abord le a Petit Professionnel » (fig. 2) construit par les Etablissements Mollier, modèle de dimensions restreintes qui, néanmoins, est doté delà plupart des perfectionnements que l’on rencontre dans les gros appareils.
- Ce projecteur, qui est monté sur une table, comporte un bâti d’une seule pièce sur lequel sont placés les divers organes mécaniques. Les carters destinés à recevoir la bobine débitrice et la bobine réceptrice sont fixés au bâti par l’intermédiaire de bras en fonte.
- La lanterne est reliée au bâti par des charnières permettant de l’effacer lorsque l’on place le film; établie en aluminium fondu, elle est assez grande pour admettre une très puissante lampe à incandescence et est pourvue de chicanes d’aération et d’ailettes assurant un refroidissement rapide.
- Les rayons émis par la lampe sont concentrés vers l’objectif par un miroir concave associé à un condensateur spécial à trois lentilles dont le tube est, sur presque toute sa longueur, enveloppé par une cuve à eau. Les rayons calorifiques, qui sont les moins réfran-gibles, frappent pour la plupart les parois du tube, et ainsi la lumière est assez refroidie au moment où elle atteint la dernière lentille, pour qu’une lame d’eau de quelques millimètres suffise à éviter toute détérioration du film, même dans le cas de la projection fixe. Le rendement lumineux de ce dispositif est excellent : il suffit d’une lampe à incandescence de 160 watts fonctionnant sous 32 volts, pour obtenir à 20 mètres de distance une très bonne projection de 3 m. 50 de côté.
- La partie arrière du bâti (fig. 2, b), contre laquelle vient s’appliquer la cuve à eau fixée à la lanterne, présente une porte qui recouvre le canal dans lequel passe le film, et un portillon. On aperçoit, sur la face interne de
- Fig. 3.
- Le Jacky, ciné-cabine des Établissements Debrie.
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- Fig. 4. — a, mécanisme du Jacky; b, Partie avant du Jacky, l’appareil étant ouvert.
- sous de la partie engrenée avec le tambour débiteur supérieur, une boucle large de deux doigts pour que le tambour d’escamotage puisse aisément le déplacer dans le canal, par saccades. Une boucle analogue doit être faite entre la partie de film engagée sous la porte et celle que les rouleaux du portillon appliquent contre le tambour débiteur inférieur.
- Les mouvements des deux tambours débiteurs sont solidarisés par une chaîne.
- Enfin, une courroie relie le mécanisme à l’arbre de la bobine réceptrice.
- Le « Petit Professionnel » est pourvu d’une manette de cadrage permettant d’éliminer, par déplacement vertical de la fenêtre, le fragment d’image qui pourrait, sur l’écran, apparaître au-dessus ou au-dessous de l’image principale. On dispose, pour centrer ensuite le foyer lumineux, s’il y a lieu, d’un levier placé contre la lanterne.
- Les secteurs pleins de l’obturateur sont constitués par des pales à ressort qui se rabattent l’une vers l’autre et dégagent automatiquement l’objectif lorsque la force centrifuge cesse de les maintenir dans un même plan. La manivelle de commande pouvant d’ailleurs faire défiler soit huit images, soit une seule image par tour, selon qu’elle attaque l’arbre A ou l’arbre B (ûg. 2, a), l’appareil se prête aussi bien à la projection fixe qu’à la projection animée. Dans ce dernier cas, on a généralement recours au moteur électrique d’une puissance de 50 watts dont
- Fig. 5. — Projecteur renforcé Pathé, type A. B. R.
- l’appareil est muni ; un rhéostat permet de régler la vitesse avec la plus grande facilité.
- Les bobines débitrice et réceptrice sont enfermées en des carters dont les couloirs d’accès sont pourvus de rou-leaux étouffoirs qui, le cas échéant, empêcheraient le feu de pénétrer à l’intérieur. Le moyeu de la bobine réceptrice est monté à friction sur son arbre ; de la sorte, la bobine tourne assez vite pour enrouler normalement le film dès qu’il commence à défiler; mais, aussitôt que la bobine grossit de l’épaisseur de la pellicule enroulée, elle n’obéit plus que dans la mesure permise par les apports du tambour débiteur.
- Prototype du cinéma éducateur, le « Petit Professionnel » est parfaitement approprié aux besoins des écoles, des patronages et même des petites exploitations; les sociétés d’éducation et d’enseignement qui en font l’acquisition peuvent d’ailleurs bénéficier de subventions des Ministères de l’Instruction publique et de l’Agriculture.
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- \pvûleLnntomethque obturateur
- CINÉSCOPE PORTATIF
- Les cinéscopes du type classique ne se prêtent pas, avec toute la facilité désirable, à de fréquents déplacements. Déférant au désir des personnes qui ont besoin d’un appareil compact et très facile à transporter, les Établissements André Debrie ont construit un « ciné-cabine », le Jacky (fig. 3) dont tous les organes sont enfermés dans une enveloppe métallique. Cet appareil a l’aspect d’une valise; il mesure 52 cm de long sur 33 de haut et 24 de large et ne pèse, grâce à un judicieux emploi de l’aluminium, qu’un peu moins de 20 kg.
- Le magasin débiteur, logé à l’intérieur de l’enveloppe pour le transport, est placé, lors de la mise en service, sur un bras-support articulé que l’on dresse préalablement en lui faisant décrire un angle d’environ 90°. Le film passe directement du magasin débiteur à l’intérieur de l’appareil; de la sorte, il se trouve parfaitement isolé, tout danger d’incendie est écarté et on peut projeter dans une salle quelconque sans qu’aucune précaution spéciale soit nécessaire.
- Le mécanisme du Jacky (fig. 4) présente des dispositions originales d’un incontestable intérêt. L’entraînement comporte les tambours débiteurs supérieur et inférieur habituels, mais le déplacement du film, bien qu’il se fasse toujours par saccades, est obtenu au moyen d’une double came ou excentrique animée d’un mouvement continu, qui
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- agit sur le tambour d’escamotage Cet organe, dont les déplacements angulaires sont ainsi beaucoup moins brusques que s’ils étaient commandés par une croix de Malte, résiste infiniment mieux à l’usure et permet de tirer un bon parti des films usagés, le mauvais état de la perforation ne nuisant en rien à la fixité de la projection.
- Le magasin récepteur est logé dans l’enveloppe, à côté de la lampe. Grâce à une boucle hélicoïdale, on parvient aisément à faire passer le film du tambour d’escamotage à un tambour débiteur inférieur,bien que ces deux organes d’entraînement ne se trouvent pas sur une même verticale, et à lui faire atteindre la bobine réceptrice, dont le moyeu, lors du fonctionnement, sera entraîné par une douce friction assurant un enroulement régulier.
- La position de la fenêtre de projection est invariable ; le cadrage est obtenu en provoquant, au moyen d’une manette placée, ainsi que les autres organes de commande d’ailleurs, à l’arrière de l’appareil, un décal âge angulaire
- boulon
- dc/r'qlaf,
- porte
- bouton
- de/et/Iaç/e
- portillon
- manette
- mise an point objectif
- du tambour d’escamotage par rapport à la double came.
- L’o bturateur, qui est protégé par un carter, est ouvert à 180° ettourne deux fois plus vite que le tambour d’entraînement; il est placé entre la source de lumière et le film, ce qui a l’avantage de réduire notablement réchauffement de ce dernier, les rayons étant, lors des occultations, interceptés avant de l’avoir atteint.
- Le refroidissement de la lampe et du film est assuré par
- un ventilateur calé sur l’arbre du moteur électrique. Ce ventilateur aspire de l’air frais et le refoule vers la lampe, le condensateur et le film ; l’air chaud s’échappe par une ouverture ménagée à la partie supérieure de l’enveloppe.
- Le moteur, dont la puissance est de 50 watts, attaque directement l’arbre de l’obturateur; un rhéostat permet d'en régler aisément la vitesse. La liaison entre l’arbre de l’obturateur et le mécanisme d'entraînement du film
- commande
- dtt-cadrcuje
- Pig. 6. — a) Projecteur Aubert; b) Mécanisme du projecteur Aubert; c) Projecteur Aubert, ru du côté de la croix de Malte, carters enlevés.
- comporte un embrayage; on peut, en débrayant, faire de la projection fixe sans que cela entraîne l’obligation de réduire l’intensité de la lumière, le ventilateur assurant, sans aucune interruption, le refroidissement nécessaire.
- La lampe, qui fonctionne sous 110 volts et absorbe 4 ampères, est placée entre un miroir concave et un condensateur; la position de la lampe et des dispositifs de concentration de la lumière est réglable.
- Après la projection, on déplace latéralement le bras-support du magasin débiteur et on amène ce dernier exactement au-dessus du magasin récepteur. Dégagé des tambours dentés, le film est tendu entre le galet qui se trouve devant le couloir du magasin récepteur et les deux galets spéciaux en regard desquels a été amené l’accès au magasin débiteur, et son extrémité libre est fixée au moyeu du débiteur. Le réenroulement se fait directement en mettant le moteur en marche arrière et en embrayant le mécanisme.
- Le Jacky peut, en cas de défaillance] du moteur, être actionné au moyen d’une manivelle ; le ventilateur assure le refroidissement dans les mêmes conditions que si le fonctionnement du mécanisme était assuré électriquement.
- Cei appareil remplit également les condition^ prescrites par les Commissions ministérielles du Cinéma et des subventions officielles en facilitant l’acquisition peuvent être accordées à certaines sociétés.
- En dépit de leurs qualités, les modèles que nous venons d’examiner ne sauraient convenir aux exploitations d’une certaine importance : celles-ci exigent des appareils plus puissants, capables d’assurer un service absolument irréprochable dans des conditions plus difficiles et agencés de façon,telle, enfin, que les pièces sujettes à rupture ou à avarie puissent être changées très rapidement.
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- CINÉSCOPES PUISSANTS
- Parmi les appareils de cette catégorie, nous citerons d’abord le projecteur Pathé (fig. 5), qui est actuellement l’un des plus répandus.
- Ce cinéscope appartient au type classique : nous n’en décrirons donc pas le mécanisme.
- Il est pourvu d’un dispositif de sécurité consistant en un volet automatique, qui intercepte les rayons émis par la lampe tant que le film est immobile et prévient ainsi tout échauffe-ment anormal de ce dernier. Partiellement équilibré par un levier à contrepoids, ce volet peut osciller autour d’un axe perpendiculaire à la porte ; dès que le mécanisme d’entraînement tourne à une certaine vitesse, une came montée librement sur l’arbre du volant se trouve entraînée par friction de masse-lottes qui obéissent à la force centrifuge et abaisse un doigt qui, en appuyant tsur le levier, soulève le volet. Lorsque la vitesse de rotation descend au-dessous d’une certaine valeur, la pression exercée par les masselottes devient insuffisante pour équilibrer la poussée transmise à la came par le volet et celui-ci retombe.
- Le volet automatique est aujourd’hui appliqué à un grand nombre d’appareils; on le retrouve, mais notablement perfectionné, sur le nouveau projecteur Aubert (fig. 6) où la commande agit d’une façon instantanée, tant à l’ouverture qu’à la fermeture.
- Cet appareil, qui concrétise la plupart des progrès accomplis durant ces dernières années en la matière, est, par la robustesse de ses organes, une véritable « machine ». L’expérience a démontré qu’il y a intérêt à agencer les projecteurs de telle sorte que l’opérateur puisse aisément procéder avec la plus grande célérité au remplacement d’un organe défaillant. Alors que dans la plupart des appareils on emploie des goupilles dont le déplacement impose l’usage du marteau et fait, par conséquent, courir certains risques au mécanisme, le blocage est ici obtenu simplement en serrant l’écrou, ce qui oblige un coin embrassant la vis filetée sur le bout de l’arbre à s’enfoncer dans une cuvette conique excentrée fraisée sur le flanc de la pièce. Les coins tombent d’eux-mêmes lorsque l’on dévisse complètement les écrous correspondants.
- Le mécanisme, qui est entièrement enfermé dans un carter, est mû normalement par un moteur électrique de 75 watts, agissant à l’aide d’une courroie sur une poulie à gorge pourvue d’un dispositif analogue à celui de la roue libre de bicyclette, de sorte
- 7. — Lampe à arc à miroir des établissements Continsouza.
- que l’on peut éventuellement faire défiler le film au moyen de la manivelle, sans avoir à débrayer le moteur au préalable. L’arbre sur lequel est montée cette poulie transmet le mouvement par une vis tangente réduisant la vitesse au douzième.
- L’obturateur, dont l’arbre est maintenu par deux paliers à billes, tourne entre ,les deux éléments de l’objectif; grâce à la faible longueur de l’arbre, la rotation de l’obturateur ne produit pas de vibrations pouvant nuire à la fixité de la projection.
- La croix de Malte, qui est de grande dimension, est attaquée tangentiellement par le doigt d’entraînemenl ; les mouvements saccadés du tambour d’escamotage se font avec douceur, ce qui réduit le bruit au minimum, et surtout diminue notablement l’usure des perforations des films. Comme d’usage, la croix de Malte fonctionne dans un bain d’huile spécial. La chaîne de Galle, employée dans la plupart des appareils pour relier le tambour débiteur supérieur au reste du mécanisme, est remplacée ici par des pignons d’angle placés sous carters.
- La lubrification du mécanisme est assurée automatiquement par une petite pompe à engrenages qui recueille l’huile tombée dans le bas du carter et la refoule vers deux réservoirs placés en haut, de chaque côté; l’huile coule constamment sur les paliers et les pièces en mouvement prennent ce qui leur est nécessaire.
- Le canal par lequel passe le film pour défiler devant la fenêtre est pratiqué, ainsi que cette dernière, dans un bloc de bronze moulé et rectifié ; c’est sur ce bloc, qu’est fixé l’objectif.
- La porte est pourvue d’un cadre presseur qui freine le film et le maintient parfaitement plan dans le canal, et de deux guides indépendants, placés vers le bas, qui l’empêchent d’échapper à la denture du tambour d’escamotage. Deux boutons molletés permettent, par variation de la tension des ressorts, de régler la pression exercée sur le film.
- L’objectif, dont le foyer est de 80 mm, est vissé sur le
- Fig. 8. — Nouvelle lampe Philipps de 15 volts, 50 ampères, pour cinéma.
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- bloc de bronze dans lequel est pratiquée la fenêtre; un élément amplificateur, placé en avant de l’objectif, adapte le foyer à la distance de l’écran. Le cadrage est obtenu en agissant sur une manette reliée par un jeu de leviers et d’engrenages au bloc porte-objectif et à la planchette porte-amplificateur; le déplacement vertical de la fenêtre et du système optique est simultané.
- Les cabines des grandes exploitations contiennent généralement deux cinéscopes, ce qui permet de projeter, sans solution de continuité, des films que leur longueur oblige à diviser en plusieurs bobines. Dans les installations nouvelles, on obtient le même résultat avec les postes doubles, qui comportent deux projecteurs pourvus de leurs magasins, de leurs moteurs et de leurs rhéostats de démarrage respectifs, mais d’une seule lanterne. Celle-ci est montée soit sur des glissières, soit, comme dans le nouveau poste double Aubert, sur des consoles pivotantes, ce qui a, de plus, l’avantage de réduire l’encombrement au minimum ; dans l’un comme dans l’autre cas, le déplacement se fait sans aucun effort et avec une rapidité telle que le spectateur ne s’aperçoit pas de la substitution.;
- L’arc électrique est, aujourd’hui encore, la source de lumière la plus employée pour la projection dans les grandes salles; toutefois, l’ancienne lampe à charbons obliques, dont la lumière était concentrée par un condensateur, cède la place à la lampe à charbons horizontaux (fig. 7), dont le flux lumineux est concentré sur la fenêtre de projection par un miroir concave. La nouvelle lampe est beaucoup plus avantageuse que l’ancienne : la plus grande étendue du système convergent, dont l’angle utile peut atteindre aisément 135°, et la substitution de très faibles pertes par réflexion aux importantes pertes par absorption qui sont inévitables avec le condensateur, ont amélioré le rendement de 80 pour 100. La
- lampe à miroir permet d’obtenir, avec 20 ampères, une projection plus brillante que celle donnée par une ancienne lampe consommant 00 ampères.
- La lampe à arc est cependant une source de lumière très imparfaite : elle émet des cendres et des vapeurs qui salissent le projecteur, manque de fixité, exige une surveillance assidue et des réglages délicats et ne fonctionne normalement qu’avec du courant continu, ce qui, lorsque l’on ne dispose que de courant alternatif, comme c’est aujourd’hui le cas le plus fréquent, oblige à passer par l’intermédiaire d’un groupe convertisseur. Les recherches entreprises en vue de réaliser une source de lumière plus pratique ont abouti, il y a quelques mois, à la création d’une lampe à incandescence de 50 ampères fonctionnant sous 15 volts. Cette nouvelle lampe (fig. 8), qui est construite par les Usines Philipps, est d’une forme telle que les vapeurs émises-par le filament ne puissent obscurcir la partie de l’ampoule entourant le corps lumineux ; ce dernier, qui est de très faibles dimensions, est placé très près d’un miroir concave inclus dans la lampe. Désormais, les grandes exploitatious peuvent obtenir une projection intense avec une source de lumière extrêmement facile à manipuler, offrant plus de sécurité que la lampe à arc, consommant moins et s’alimentant sur le courant alternatif au moyen d’un simple transformateur statique.
- Après s’être nettement différencié de l’appareil de prise de vue, le cinéscope évolue maintenant vers la diversité des types, ce que justifie parfaitement la multiplicité des applications de la projection animée. Quel que soit l’intérêt que nous inspirent les machines à projeter destinées aux grandes salles de spectacle, n’oublions pas que des appareils plus modestes sont appelés à jouer un rôle plus important encore : instruire.
- André Bourcain.
- LES INSECTES PREDATEURS DU CHILI
- Fabre a des émules et il en aura, longtemps encore. Parmi ceux-ci, l’un des meilleurs observateurs de notre époque est certainement le Frère Claude-Joseph (H. Janvier), des Ecoles chrétiennes, qui au Chili consacre ses loisirs à l’observation des insectes dans leur milieu.
- Le mémoire qu’il vient de publier dans les Annales des Sciences naturelles en est la preuve et il mérite d’être lu par tous les amateurs d’entomologie, qui y trouveront, contés d’une manière simple et charmante, nombre de faits remarquables et nouveaux.
- Ne pouvant tout citer ici, nous essaierons seulement de donner un aperçu de quelques-unes des plus curieuses observations du Frère Claude-Joseph.
- LES PRÉDATEURS DU CHILI Chaque année, en octobre et novembre, quand les fleurs éclosent, les Mellifères terminent leurs métamorphoses et font leur apparition. Tôt après, les Prédateurs se montrent. Comme les Mellifères, ils s’alimentent sur
- les fleurs, mais le régime de leurs larves est.tout différent : ils ne leur récoltent ni pollen, ni nectar, mais chassent des proies vivantes qu’ils tuent ou paralysent avec leur aiguillon. S’ils tuent, ils approvisionnent leurs larves jour après jour; s’ils paralysent, ils entassent autour de l’œuf toute la provision nécessaire au développement.
- Les uns creusent dans le sol des galeries ramifiées aboutissant à des cellules ; d’autres accumulent leur gibier dans les tiges creuses des végétaux ou dans les galeries des xylophages; d’autres encore maçonnent leurs cellules au mortier. Les larves se tissent un cocon dans lequel elles muent et d’où elles sortent à la fin du printemps ou au début de l’été austral.
- Ces prédateurs sont de très nombreuses espèces, différentes de celles de nos pays, mais qui se groupent dans les mêmes genres: Crabro, Pison, Tachysphex, Bembex, Mierobembex, Monedula, Gorytes, Philantus, Cerceris, Sceliphron, Sphex.
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- LES CRABRO
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- Le Frère Claude-Joseph a suivi la nidification de sept espèces dont les unes creusent des galeries dans le sol et les autres dans le bois.
- Parmi les premières, voici le Crabro Gayi qui dès le mois de janvier se met à creuser dans la terre meuble une galerie presque horizontale de 40 à 50 cm de long qu’il coude ensuite’pour descendre verticalement. Ce travail de fouissage lui demande deux semaines et il rejette au dehors les matériaux de la perforation au moyen de reculs périodiques. Arrivé à la profondeur voulue, il pousse à droite et à gauche de sa galerie descendante des ramifications horizontales ovoïdes qui seront les nids des larves. La supérieure est la première. Puis l’insecte part en chasse ; il vole au-dessus des plantes, y capture des Diptères qu’il saisit par le cou ou le thorax, il s’agrippe alors à la plante, recourbe son abdomen et plante son aiguillon sous le thorax entre les pattes de sa victime ; 4 ou 5 secondes après, il s’envole, tenant le diptère entre ses mandibules, se pose à l’entrée de sa galerie et entraîne sa proie dans une des cellules préparées. L’œuf est pondu entre les pattes d’une des premières victimes paralysées. Il repart rapidement en chasse et peut rapporter 5 captures au nid en une heure. Quand la première cellule est approvisionnée, l’insecte la ferme par une cloison de sable ou de terre qu’il presse avec sa tête, puis il creuse la deuxième. Il alterne ainsi jusqu’à la fin l’office de mineur et celui de chasseur.
- Deux ou trois jours 'après le dépôt de l’œuf, la larve éclôt y elle introduit aussitôt sa tête à travers l’enveloppe chiti-neuse du Diptère, dévore ses viscères, laisse seulement des débris de peau, de pattes et d’ailes. Vers le 5e jour, sa provision est épuisée, elle se repose et digère 4 ou 5 jours, puis file un cocon et s’y enferme. La métamorphose commence en novembre et la sortie de l’insecte parfait a lieu fin décembre.
- Le Crabro brevinocLus nidifie dans le bois et chasse les Pucerons. Il utilise les galeries des xylophages dans les pieux et les troncs secs, il les nettoie et les approfondit à 15 cm environ pendant une huitaine de jours, puis il commence à capturer des Pucerons, notamment sur les oliviers. Chaque puceron est saisi, piqué entre les pattes d’un coup d’aiguillon et transporté au nid. En un jour, il s’entasse ainsi 20 à 25 Pucerons, la nourriture d’une larve. Le premier œuf est pondu entre les pattes d’un des premiers paralysés, le deuxième un centimètre au-dessus et ainsi de suite. L’éclosion a lieu 3 ou 4 jours après et
- Fig. 2. — Nid de Crabro brevinodus. A, les premières proies au fond d’une tige de bambou; B, les cocons superposés au milieu des débris de pucerons.
- Fig. 1. — Nid de Crabro Gayi.
- A, disposition des cellules; B, l’insecte introduisant un Diptère dans l'une d’elles.
- les larves dévorent les proies placées au-dessus d’elles. Chacune d’elles n’est plus séparée de la suivante que par l’amas de débris que celle-ci a déjà fait. Une semaine de repos, puis un cocon et l’éclosion au printemps suivant.
- LES PISONS
- Des trois espèces connues au Chili, le Frère Claude-Joseph a observé la nidification de deux, dont une très rare.
- Nous ne décrirons ici que la plus commune, Pison chilense, qui fait son nid dans le sol tandis que l’autre l’établit dans les bambous. Toutes deux pourchassent les petites araignées.
- Les Pison chilense arrivent en nombre dans les ruisseaux de la basse Cordillère en décembre. Elles atterrissent au bord de l’eau ou s’y jettentmême, comme assoiffées. Elles creusent des galeries cylindriques d’un centimètre de diamètre qui sont plus loin courbées verticalement et élargies.
- L’insecte va constamment chercher de l’eau pour humecter la terre et faire mortier. Au bout d’un mois, son travail de mineur terminé, il commence la chasse,
- 5 ou 8 araignées paralysées forment la première réserve ; un œuf est pondu sur l’abdomen d’une des premières capturées. Puis il bâtit une cloison argileuse spiralée et recommence les cap-
- Fig. 3. — Nid de Pison chilense.
- A, la première Araignée paralysée porte l’œuf collé sur l’abdomen ; B, la larve épuisant ses proies; G, le cocon; D, la larve à l’intérieur du cocon.
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- tures pour un second œuf. Il continue ainsi jusqu’à faire 4 ou 5 cellules. Les larves dévorent les araignées, digèrent quelques jours et tissent leur cocon où elles restent enfermées jusqu'au printemps suivant.
- LES TACHYSPHEX
- Le Frère Claude-Joseph a observé les deux espèces connues au Chili. La plus curieuse est Tachysphex piso-noïdes qui montre un début d’organisation sociale. Les femelles creusent des galeries descendantes dans les tas de gravier sur lesquels pousse l’Euphorbia depressa. Elles en retirent les grains un à un et les déposent près de l’ouverture.
- Puis les insectes commencent à chasser des Punaises, le chasseur réussit à trouver 5 à 8 proies dans sa journée : il les pique, les paralyse, les apporte au nid.
- Pendant que les uns sont ainsi en chasse, les autres soignent le nid : quand la ration d’une future larve est prête et que l’œuf a été pondu, ils vont chercher les graviers mis en réserve près du nid pour faire la cloison ; ils commencent par descendre de petites paillettes de quelques millimètres qu’ils appuient sur les parois pour faire un grossier plancher, puis ils apportent des matériaux plus gros, des fragments de feuilles. La galerie primitive est ainsi divisée en une série de cellules ovoïdes séparées par d’épaisses cloisons. Quand le nid renferme 6 à 10 cellules pourvues chacune d’un œuf et de nourriture, la partie supérieure de la galerie est comblée (fig. 4).
- Fig. G. — Coupe à travers le terrier de Bembex Brullei.
- A. insecte arrivant au nid avec une proie; B, insecte sortant du nid; G, intérieur d’une cellule pendant l’approvisionnement; D. intérieur du cocon.; E, position des diverses cellules.
- LES BEMBEX
- On ne saurait tout citer du mémoire dû Frère Claude-Joseph, mais les Bembex Brullei méritent une assez longue mention. Ils fréquentent les terrains sablonneux au bord des ruisseaux d’arrosage de la vallée de Santiago. Les mâles, puis les femelles apparaissent en décembre. Le matin, entre 0 et 10 heures, quand il fait beau, la colonie se réveille et se sèche au soleil. Puis les mfiles partent à la recherche des femelles encore enfermées dans le sable; ils grattent le sol, creusent de courtes galeries, et se précipitent sur celles qui apparaissent, formant des boules grouillantes, mouvantes, d’une centaine d’individus. A la fin de décembre, les femelles commencent à creuser leur terrier, ce qui les occupe une semaine. La première cellule reçoit un œuf fixé par un de ses pôles sur un gros grain de sable et debout vers le fond. L’entrée de la galerie, jusqu’alors laissée béante, est parfaitement recouverte de sable chaque fois qu’un insecte sort. Lorsque la larve va éclore de l’œuf, la chasse commence; le Bembex apporte d’abord de petites proies, puis d’autres plus nombreuses et plus grosses. Volant au-dessus des plantes à nectar, notamment des ombelles de fenouil, il tombe sur un Diptère occupé à sucer le liquide sucré, le prend entre ses pattes; s’envole avec lui, le retourne dans l’air, atterrit à l’entrée du nid, tenant sa proie déjà paralysée. De ses pattes postérieures, il s’appuie au sol, de ses moyennes il serre le Diptère contre lui, de ses antérieures il débouche l’orifice du nid. On l’y voit entrer avec sa charge et ressortir peu après, seul (fig. 6).
- Les Bembex chassent aussi pour leur compte et hument alors leur victime, debout sur unejbranche (fig. 7), après quoi, d’un brusque mouvement des pattes, ils rejettent au loin l’enveloppe'vidée.
- La première cellule garnie, le Bembex en creuse une autre un peu au-dessus, tout en surveillant le développement de la première larve; 4 à-6 cellules sont ainsi creusées successivement. Chaque femelle rentre le soir dans sa galerie et y passe la nuit, elle meurt brusquement après que son œuvre est parfaite. Les mâles se réunissent en groupes pour passer la nuit; ils périssent victimes des Scorpions qui lès atteignent dans leurs galeries et les dévorent. ' ’ :
- ; LES SCELIPHRON
- f Le Sceliphron vindex est un élégant Hymenoptère qui
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- Fig. 7. — Le Bembex Brullei épuisant un Diptère avec sa trompe.
- bâtit son rnid en mortier. Il] le dissimule dans les talus, les murs, les fentes de rochers, sous les pierres et procède d’abord au choix et à la reconnaissance des lieux. Puis il vole rapidement vers la mare ou le ruisseau proche, se pose sur la vase, tâte sa consistance et fait une boulette grosse comme sa tête qu’il va porter au nid ; il la pose, la modèle en disque au fond de la première cellule; puis il retourne vers l’eau, recommence, revient, et peu à peu, bâtit la cellule, par anneaux successifs solidement entremêlés: chaque anneau demande deux pelotes de boue, chacune d’elles une minute pour sa récolte et 3 pour sa mise en place.
- L insecte s arrête quand la cellule atteint sa propre longueur; il se repose, puis commence la chasse aux araignées. La première prise, paralysée, est déposée au fond de la cellule et l'œuf est collé sur son abdomen ; 10 à 15 autres la rejoignent, après quoi le maçon clôt la cellule d’un disque épais de mortier. Puis il bâtit à côté une nouvelle cellule et il continuera jusqu’à ce que le nid ait ses 10 à 20 cellules, garnies chacune d’un œuf et d’araignées inertes. Le nid terminé ressemble à une colonnade ; le Sceliphron, avant de mourir, le dissimule et le fortifie en comblant les sillons avec du mortier et crépissant le tout d une mosaïque de plaques de boue (fig. 10);
- LES SPHEX
- Les Sphex, auxquels Fabre a consacré des pages connues de tous, ont au Chili les mêmes mœurs que partout ailleurs : ils nidifient dans le sol et chassent pour nourrir leurs larves des Orthoptères plus grands qu’eux qu’ils paralysent.
- Fig. 9. — Un Sceliphron examinant l'intérieur d’une cellule.
- Fig. 8. — Le Sceliphron préparant une pelote de mortier.
- Le Frère Claude-Joseph a observé trois espèces differentes. Nous ne reproduirons ici que ce qu’il a dit de l’une d’elles, Sphex cyaniventris, longue de 3 cm, et seulement ce qui concerne la guerre aux Mantes religieuses, beaucoup plus grandes et terriblement armées de pinces.
- Cette fois, nous citerons textuellement le Frère Claude-Joseph, pour montrer, en terminant, la manière vivante dont il sait conter les faits extraordinaires dont il sut être le témoin très précis :
- « Dans la soirée du 5 janvier 1924, j’observais plusieurs Sphex cyaniventris fouiller entre les tiges de Prêles géantes et le feuillage des Phragmites commuais qui poussent au bord du canal, à 50 mètres de la colonie. A force d’attention,-je parvins à distinguer quelques Mantis crenaticollis cachées dans les plantes, assujetties aux tiges et aux feuilles par leurs pattes postérieures et intermédiaires, tenant entr’ouvertes et élevées leurs pattes ravisseuses et inclinant lentement la tête de côté et d’autre.
- « A l’approche des Sphex, elles balancent le corps, se
- Fig. 10. — Un nid de Sceliphron vindex.
- A, avant le crépissage des cellules ; B, après le revêtement.
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- == 506
- Fig. 11. — Sphex cyaniventris paralysant une Manie religieuse.
- mettent sur la défensive, écartent leurs pattes ravisseuses et s’apprêtent à jouer du harpon. Le Sphex est rapide. Il attaque la Mante par le dos, bondit sur elle, la 'saisit entre ses mandibules par le cou, lui serre le thorax entre ses pattes, la transporte au vol et pendante sur un arbuste voisin, Y Acacia cavenia, où il s’accroche et tient la proie à la renverse (lig. 11). Il se courbe sur elle et lui applique un coup d’aiguillon prolongé sous la gorge. La tête de la Mante en reste déviée. Immédiatement un second coup plus intense que le premier est porté au thorax, exactement entre les deux pattes ravisseuses. Le bout de l’abdomen du chasseur tâtonne un instant pour pénétrer entre ces dernières. Le coup donné, la proie demeure inerte et tombante.
- « La Sphex la transporte au vol dans la direction de son nid et la dépose sur le sol, à quelque distance de la galerie. Il se rend à pied en reconnaissance jusqu’à l’ouverture et revient chercher la bête; il la traîne péniblement (fig. 12) à travers les herbes sèches, où elle s’accroche par les pattes, puis la laisse à quelques centimètres delà galerie. Il gratte sur l’entrée, met à décou-
- vert la dalle de fermeture entourée de quelques graviers, saisit ces derniers entre les mandibules et les retire par côté. Il soulève alors la dalle, l’entraîne avec effort un peu en arrière, ensuite descend au fond de la galerie et en relire de petites pierres. Il remonte après avoir visité la cellule, puis introduit sa proie en la traînant à reculons et en la faisant descendre à sa suite. »
- En sortant, il bouche l’ouverturé en remettant la dalle en place et la recouvrant de sable, avant de repartir en expédition.
- On ne manquera pas de songer, en lisant le Frère Claude-Joseph, à la théorie de Fabre sur les merveilles de l’instinct et aux ardentes discussions auxquelles a donné lieu le mécanisme de la paralysie des proies. L’étude des Annales des Sciences naturelles que nous venons de résumer apporte de nouveaux et nombreux exemples de ce fait, mais sans éclaircir le point litigieux de savoir si l’insecte pique directement, sans hésitation, sans erreur préalable, les ganglions nerveux de sa victime, agissant avec une précision étonnante à travers l’enveloppe chitineuse du corps, comme s’il savait l’anatomie de cette région.
- René Merle.
- Fig. 12. — Sphex cyaniventris traînant sa proie paralysée vers son nid.
- LA NOUVELLE STATION DE T. S. F. FRANÇAISE
- DE SAINTE-ASSISE A ONDES COURTES DIRIGÉES
- GÉNÉRALITÉS
- Nous avons déjà indiqué sommairement dans cetle revue les principes et les avantages généraux des systèmes de radiocommunication par ondes courtes dirigées, et décrit dans le numéro 2769 du 15 septembre 1927 les premières stations françaises à ondes courtes dirigées de Sainte-Assise-Villecresnes.
- La Nature a rendu compte, d’autre part, des essais de radiotéléphonie, également sur ondes courtes dirigées, effectués entre Paris et Alger^1).
- Nous allons aujourd’hui décrire les caractéristiques de
- 1. Voir numéro 2783 du 15 Avril 1928.'
- la station française définitive à ondes dirigées de Sainte-Assise, station qui est entrée actuellement en exploitation régulière, et qui diffère assez profondément, comme nous allons le voir, de la station d’essais primitive.
- LES DIFFÉRENTES PARTIES DU POSTE ÉMETTEUR ET SES CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES
- Le système actuel d’émission sur ondes courtes dirigées à grande puissance comprend essentiellement cinq parties principales :
- 1° Un ensemble d’antennes émeltrices d’ondes.
- 2° Un ensemble d’organes d’alimentation et de services auxiliaires.
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- Antennes
- c c. w ooo *
- Pupitre de contrôle
- Réception de contrôle
- Table de — manipul. _
- dcontinu
- Tabfeàu
- Régulateur 2
- Régulateur 1 Dètect. éutody.
- liaison
- Amplifie.
- Tableau de distribution
- Triphasé B. T.
- \ ^Q Triphasé B.T.
- Vers panneau Vers panneau 20 Y fiOO et 160 Y
- panneau
- mor tsar
- 2 batteries 20v 2 batteries 4-00Y
- 6 batteries 6f
- Fig. 1. — Groupement général des appareils du poste émetteur sur ondes courtes
- de Sainte-Assise.
- En haut ; les antennes et l’oscillateur double; Au milieu : les régulateurs de fréquence et les appareils de contrôle de l’émission; En bas : les divers organes
- d’alimentation.
- 3° Un oscillateur auto-g’énérateur à lampes triodes refroidies par circulation d’eau.
- 4° Un régulateur de fréquence,
- 5° Un ensemble d’appareils pour le contrôle de l’émission.
- Nous étudierons successivement chacune de ces parties, qui constituent, d’ailleurs, actuellement en principe les organes essentiels classiques d’un poste émetteur moderne, comme nous l’avons déjà indiqué en décrivant dans le numéro 2766 de La Nature la station émet-trice sur ondes courtes de Bodmin équipée avec le « Beam-System » Marconi.
- Les caractéristiques intéressantes du système français résident surtout dans le principe du système d’émetteur d'ondes dirigées utilisé, et dans l’emploi de deux circuits oscillants pouvant travailler indépendamment chacun sur une onde différente.
- Chacun de ces circuits oscillants est équipé avec une seule lampe puissante travaillant en auto-génération, et sa longueur d’onde est stabilisée d’une façon rigoureuse par un régulateur automatique.
- Cette stabilisation précise de la fréquence est, d’ailleurs, absolument nécessaire dans un poste à ondes très courtes; toute variation de la longueur d’onde rendant la réception très difficile en radiotélégraphie et empêchant toute compréhension d’une émission radiotélépho-nique.
- Les éléments de l’oscillateur double sont donc distincts, comme nous venons de l’indiquer, et comportent chacun une lampe à circulation d’eau avec tous ses organes d’alimentation (fig. 1).
- Ces éléments peuvent être réglés pour osciller sur des longueurs d’onde différentes, ou séparément sur la même longueur d’onde, ou encore ajouter leur puissance dans l’antenne
- en montage parallèle ou en montage symétrique, évidemment sur la même longueur d’onde,leslongueurs d’onde différentes étant choisies, d’ailleurs, s’il y a lieu, dans la gamme de 12 à 50 mètres.
- On remarquera, de plus, que le système émetteur d’ondes dirigées n’est pas rigoureusement adapté à une seule longueur d’ondes et qu’un léger décalage de ce fac-
- teur n’altère pas gravement le rendement du dispositif.
- Grâce au montage adopté, il est très aisé de modifier la longueur d’onde, à l’encontre de ce qu’on constate dans d’autres installations similaires, ce qui permet une recherche facile de l’onde qui s’adapte le mieux à la liaison que l’on désire réaliser.
- On sait^déjà, en effet, que pour les transmissions sur ondes courtes, la longueur d’onde optima varie suivant les distances, la saison ou les conditions atmosphériques dont les effets paraissent, d’ailleurs, souvent encore irréguliers et enfin suivant l’heure de cette transmission. La périodicité des phénomènes de propagation ou du moins la durée de la période de leurs variations, n’est encore nullement déterminée, semble-t-il, et seule l’expérience quotidienne peut indiquer comment l’on doit faire varier cette longueur d’onde pour obtenir une communication bilatérale régulière.
- En général, on choisit une longueur d’onde de jour et une longueur d’onde de nuit et il est rare qu’il soit utile
- Fig. 2, — L’écho radioélectrique.
- Les ondes courtes dirigées émises par l’antenne spéciale peuvent à nouveau frapper celle-ci après avoir parcouru, autour de la Terre, un trajet du reste assez peu connu à l'heure actuelle.
- Réflecteur
- Emetteur
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- 3,5 X
- active
- Antenne f] ou réflecteur
- Antenne Jfou réflecteur
- Fig. 3. — Disposition schématique du système actuel d’antennes Chéreix-Mesny,
- installé à Sainte-Assise.
- de modifier ces constantes pendant assez longtemps. Grâce aux deux ensembles de l’émetteur comportant chacun un circuit oscillant indépendant, on peut passer rapidement d’une longueur d’onde à l’autre sans retouches aux réglages préalables.
- Dans certains cas particuliers, d’autre part, le circuit oscillant non utilisé de l’émetteur peut être mis en service sur d’autres correspondants, soit en service normal, soit comme appoint d’une liaison déjà existante.
- Notons, enfin, que toutes les manœuvres d’arrêt et de mise en route ont été simplifiées à l’extrême et se font toutes par commandes à distance électriques ou mécaniques; de même, des systèmes de sécurité convenablement étudiés et disposés permettent une protection efficace de tous les organes du poste.
- Dans ces conditions, la station préalablement réglée et mise au point peut être exploitée par un personnel non spécialisé, dont le rôle se borne nor-malement à une simple surveillance.
- Les appareils sont disposés dans deux bâtiments industriels, dont l’un est réservé aux dispositifs d’alimentation, et l’autre aux dispositifs d’émission proprement dits.
- La puissance du poste définitif a été augmentée dans d’assez grandes proportions, la puissance totale utilisée par l’émetteur étant de 26 kilowatts et la puissance antenne étant de 15 kilowatts.
- Nous indiquerons plus loin les résultats des transmissions effectuées par la station. Notons seulement que la vitesse de transmission, même à grande distance, peut atteindre 100 à 150 mots à la minute et que l’efficacité de 1 émission des ondes est si grande que l'on est quelquefois obligé de changer le sens de cette émission pour éviter la produc-
- tion du phénomène si curieux de « l'écho », les ondes hertziennes émises venant à nouveau frapper l’antenne après avoir fait/ le tour de la Terre! (fig. 2)
- LE SYSTÈME D’ANTENNES SPÉCIALES UTILISÉ
- On sait que dans un poste de T. S. F. à ondes courtes dirigées, il est nécessaire d’employer un dispositif d’antennes spéciales émettant les ondes, non pas dans toutes les directions, comme dans un poste de radio-diffusion, mais seulement dans la direction privilégiée bien déterminée du poste correspondant fixe.
- Le système d’antennes du poste de Sainte-Assise est du type en « dents de scie » C.-M. (Chéreix-Mesny), dont les principes ont déjà été sommairement indiqués, d’une part dans le n° 2769, à propos du premier poste d’essais sur ondes courtes, d’autre part dans le n° 2783, à propos des essais de liaison radiotéléphonique sur ondes courtes dirigées Paris-Alger.
- Sans revenir encore une fois sur ces données théoriques dont l’étude plus approfondie ne pourrait, d’ailleurs, trouver place dans cette revue, nous nous contenterons donc de décrire pratiquement les modifications successives et la construction actuelle du système.
- Le premier 'modèle était constitué par un simple fil coudé isolé, d’une longueur totale égale à six longueurs d’onde et affectant l’aspect de dents de scie dont les crêtes seraient parallèles au sol. La largeur de chaque partie rectiligne était égale à une demi-longueur d’onde
- Fig. k. — Iranienne Chéreix-Mesny du poste de Sainte-Assise.
- On aperçoit sur la photographie une demi-antenne seulement et l’on distingue les deux rideaux verticaux dont l’un forme le projecteur d’ondes, l’autre le réflecteur. On voit à terre la ligne d’alimentation (peinte en blanc). Au pied des poteaux : les cabines de blocage des ondes stationnaires. A droite et à gauche : les bâtiments renfermant les appareils d’alimentation et dispositifs de réception.
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- Fig, 5. — La salle d’alimentation de la station de Sainte-Assise.
- A gauche : les groupes de charge des batteries d’accumulateurs; à droite : les groupes de motopompes à air et à eau.
- et le plan de l’ensemble était incliné de 45° par rapport au sol. Le système était simplement connecté en son milieu en un point du circuit oscillant de la lampe émet-
- trice. En 1927, cette antenne fut modifiée par adjonction d ’un contrepoids inférieur, également en dents de scie. Enfin, le modèle actuel, dont la surface atteint 6000 m5, de 250 mètres de longueur totale, et qui est soutenu par trois pylônes métalliques de 60 mètres de haut, est un peu plus complexe encore (fig. 3 et 4).
- Ce modèle comprend deux « haies » identiques supportées par trois pylônes d’égale hauteur, comme nous venons de l’indiquer, chaque haie étant constituée par une suite de carrés ou d’X.
- Une haie normale comporte deux rangées de cinq carrés, bordées de part et d’autre par une rangée de demi-X. Cette disposition a. été reconnue avantageuse pour éviter des effets parasites dus à des inductions dans la terre, les pylônes, les câbles de retenue, etc.
- Pour chaque haie, les lignes d’amenée des courants à deux fils mn ou m' n ont des longueurs égales et exactement réglées par la longueur d’onde en service; ces lignes aboutissent à des boîtes d’extrémité des feeders ou alimen-tateurs B et C visibles sur la photographie, situées au voisinage du sol dans l’axe de la haie.
- Fip. 6. —- Schéma du dispositif de redressement à valves pour l’alimentation en
- haute tension.
- Départs H. T
- Triphasée
- J au pupitre £
- rare
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- Fig. 7. — Ensemble du dispositif de redressement bi-dodécaphasé de 30 kilowatts, tension continue sous 10000 volts.
- Ces feeders étant constitués par deux conducteurs concentriques, le conducteur extérieur étant à la terre, il est necessaire que les tensions entre conducteurs ne s élèvent pas au-dessus d’une certaine valeur, pour que les pertes soient faibles; il est donc indispensable d’éviter la production d'ondes stationnaires qui se produiraient par suite de la réflexion des ondes à l’extrémité de l’antenne.
- Pour éviter cet inconvénient, on interpose entre le feeder et l’antenne, les boîtes B et C indiquées plus haut, et qui contiennent un système d’inductances et de capacités convenablement réglé rendant toute réflexion impossible. Ces boîtes d’alimentation permettent également d’obtenir sur les deux points d’attaque de l’antenne des tensions égales et de signe contraire nécessaires pour exciter convenablement les éléments d’antenne.
- Un tel système permet d’émettre des ondes dirigées perpendiculairement au plan des haies, mais dans un sens ou dans l’autre; pour avoir un effet uni-directionnel marqué, on utilise un deuxième ensemble identique distant d’un quart de longueur d’onde, qui constitue un réflecteur.
- Comme nous l’avons déjà fait remarquer plus haut, il est possible de permuter les deux ensembles et d’émettre à volonté suivant les directions opposées de l’arc d’un grand cercle.
- MATÉRIEL D'ALIMENTATION DE LA STATION
- brants,mais assez complexes comme nous allons le voir; ils sont, d’ailleurs, contenus, nous l’avons noté, dans un bâtiment distinct de la station (fig. 4). Ce bâtiment renferme d’une part, la salle des machines avec les tableaux de distribution, les convertisseurs et les groupes motopompes; d’autre part, la salle des accumulateurs, où se trouvent réunies toutes les batteries d’alimentation de l’oscillateur et de ses régulateurs.
- Pour réfrigérer les émetteurs, il est nécessaire de réaliser une circulation d’eau, d’huile et d’air comprimé; un premier groupe de machines comprend donc des moto-pompes à eau, à huile et à air (fig. 5).
- L’eau utilisée pour la réfrigération des anodes des lampes (circulation de 15 à 20 litres d’eau à la minute), et l’huile destinée à la réfrigération des deux self-inductances à fer couplées avec le circuit oscillant (25 à 30 litres par minute) proviennent respectivement de deux bassins installés aux points les plus élevés de la station.
- Ces bassins sont remplis automatiquement par les groupes de moto-pompes et leur capacité est déterminée pour assurer la réfrigération de l’émetteur sans recharge pendant une heure environ.
- Enfin, l’air comprimé à 300 ou 400 grammes, fourni directement par la machine soufflante, est utilisé pour réfrigérer les différents joints verre-métal des cuvettes à circulation d’eau.
- Au point de vue électrique, deux batteries de 20 volts, 1000 ampères-heure (dont une seule en service) assurent le chauffage des filaments des lampes oscil-latrices, 6 batteries de 6 volts (dont trois en service) sont destinées au chauffage des filaments des lampes de régulation et de la réception de contrôle; 2 batteries de 600 volts 20 ampères-heure fournissent, enfin, d’une part la tension-plaque des lampes de l’amplificateur à courant continu; d’autre part, à l’aide de prises spéciales la tension-plaque de 160 volts nécessaire à l’alimentation des plaques des lampes du régulateur et du récepteur de contrôle.
- Fig. 8. — Schéma de montage de l'oscillateur double.
- Lampe II
- Vers pupitre de commande et table de manipulation
- L’énergie totale nécessaire pour l’alimentation de l’émetteur ne dépasse pas 26 kilowatts; nous l’avons déjà noté, et, si l’on considère tous les services annexes de la station, l’énergie totale prise au réseau de distribution est voisine de 75 kilowatts.
- Les appareils d’alimentation sont donc de puissance assez restreinte et peu encom-
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- Fig. 9. — L’émetteur de 15 kilowatts à circuit oscillant double.
- L’alimentation en haute tension à 10000 volts des plaques des lampes os-cillatrices à circulation d’eau est assurée par un système de redressement à 24 valves d’une puissance nominale unitaire de 1 kilowatt (fig. 6).
- Cet appareil est protégé des surintensités par un disjoncteur d placé sur le circuit de débit et par des fusibles à haute tension disposés sur chaque phase des secondaires des transformateurs de tension-plaque, et le circuit de débit de redressement est muni d’un filtre à plusieurs étages. Plusieurs appareils de mesure tels que Vf permettent, enfin, de contrôler la marche du redressement.
- MATÉRIEL D'ÉMISSION ET DE CONTROLE
- Nous avons déjà indiqué plus haut le principe fort intéressant de l’oscillateur double d’émission comportant deux éléments distincts et symétriques, composés chacun d’une lampe à circulation d’eau et de ses organes d’alimentation (fig. 8 et 9).
- Chacun des éléments oscillateurs comprend, d’ailleurs :
- 1 lampe à circulation d’eau ;
- 1 self-inductance triple, l’inductance active étant évidemment celle du circuit-grille;
- 1 condensateur d’oscillation à air ;
- des self-inductances de blocage pour les courants haute fréquence;
- 1 condensateur d’anode pour le blocage du courant continu (alimentation dite en dérivation) ;
- des organes de manipulation et un ensemble régulateur de fréquence branchés en un point de la self-inductance triple;
- enfin, des appareils de contrôle, ampèremètre et volt-
- mètre, permettant de faire les réglages et contrôler le régime d’oscillation.
- Pour la description du système régulateur de fréquence qui assure la stabilité de l’émission à moins de 1/100000, nous renvoyons le lecteur à notre article déjà cité, qui contenait également la description du système d’émission à auto-générateur employé ici.
- Nous noterons cependant que les émetteurs, et spécialement les émetteurs destinés à la téléphonie sans fil, peuvent être également équipés avec des systèmes à « maître-oscillateur » contrôlé par un quartz piézoélectrique, systèmes décrits également à propos du Beam-<System Marconi.
- Un pupitre de commande permet d’assurer l’arrêt et la mise en route de l’émission.
- Les circulations d’eau et d’huile étant établies et automatiquement entretenues, les valves de redressement étant chauffées, l’opérateur peut, du pupitre, mettre en route la soufflerie et appliquer sur l’une des lampes ou sur les deux la tension de chauffage pour la tension-plaque (interrupteurs).
- Des dispositifs de sécurité sont évidemment prévus, de telle sorte que si une surintensité se produit sur le circuit de débit du redressement ou que l’une des circulations d’eau ou d’huile s’arrête, une sonnette d’avertissement entre en fonctionnement.
- La table de manipulation, maintenant, est prévue pour recevoir deux lignes de manipulation et porte normalement deux groupes de chacun deux relais Baudot (avec possibilité
- Fig. 10. — Schéma de la table de manipulation.
- Régulateur
- Modulateur
- Condensât
- Modulât1:
- Ondulâtf Tableau de liaison
- B.C.R.I
- + 20v - B.C.R.II
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- 5t 2
- Amplificateur
- Fig. 11. — Schéma de l'apparc.l récepteur de contrôle.
- d’uliliscr un manipulateur direct comme le montre la figure 10.
- La manipulation est ainsi effectuée directement du bureau central Radio-France à Paris.
- Les relais agissent sur un organe du régulateur qui met en jeu de très faibles puissances; on peut ainsi théoriquement réaliser une vitesse de transmission de 250 à 300 mots de cinq lettres à la minute.
- Un deuxième procédé ultra-rapide de manipulation est à l’étude. Ce procédé utilisant un dispositif photo-électrique contrôlant le circuit de plaque de l’émetteur permettrait d’atteindre aisément la vitesse énorme de 1800 mots à la minute!
- On utiliserait à la réception un oscillographe ordinaire sans qu’il soit besoin d’établir un synchronisme rigoureux entre les appareils d’émission et de réception.
- Enfin, un récepteur de contrôle (fig. 11), simple lampe détectrice à réaction munie de deux étages basse fréquence, assure le contrôle auditif de l’émission.
- LA RÉCEPTION
- Nous ne décrirons pas à nouveau dans cet article les differents systèmes de réception des ondes courtes dirigées, dont nous avons indiqué les principes dans nos différents articles.
- Indiquons seulement que l’efficacité du récepteur est encore accrue par l’utilisation d’une antenne d’un type analogue à celui qui est employé pour l’émission et qu’un nouveau récepteur à double changement de fréquence destiné à la réception fixe d’un seul correspondant est actuellement en essais.
- QUELQUES RÉSULTATS
- Le poste radiotélégraphique actuel sert surtout à assurer une liaison régulière avec Buenos Aires et Rio-de-Janeiro, mais des essais assez nombreux de radiotéléphonie ont été exécutés avec le même système dont l’émetteur seul aurait été évidemment modifié (fig. 12).
- Ces essais ont permis une liaison régulière de plusieurs heures avec Hanoï, Saigon, le Japon, le Siam et Java; d’autres essais effectués dans une autre direction avec
- l’Afrique du Nord et le Congo n’ont pas moins bien réussi.
- Les émissions des postes radiotéléphoniques français, et même des postes étrangers, de longueurs d’onde comprises entre 300 et 2000 m environ, sont généralement mal reçues à très grande distance en dehors d’Europe, et surtout en Asie et en Afrique.
- Ces mauvais résultats sont dus, d’une part, à la faiblesse de l’énergie qui parvient au poste récepteur, et d’autre part à l’intensité souvent insupportable des « parasites atmosphériques » locaux.
- On sait déjà, et nous aurons sans doute l’occasion d’expliquer avec plus de détails, que les émissions sur ondes courtes se propagent avec une facilité surprenante (et d’ailleurs irrégulière) à très grandes distances, et que les « parasites atmosphériques » locaux possèdent généralement une longueur d’onde propre relativementgrande. On peut donc en déduire que les ondes courtes dirigées sont spécialement destinées aux radio-communications à très grandes distances.
- La régularité de la réception et l'absence relative des parasites semblent démontrer, dès maintenant, que ce système constituera bientôt un moyen sûr et réellement pralique de communications radiotéléphonique et radio-télégraphique avec les colonies; il semble donc particulièrement précieux pour la France qui possède un des plus grands empires coloniaux du monde.
- P. HÉMABDIXQUEU.
- Fig. 12. — Premier étage du poste de téléphonie sans fil. Eléments de 150 watts à deux longueurs d’onde avec maître-oscillateur en cristal de quartz.
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- UN JEU NATIONAL JAPONAIS
- LE JEU DE “ GO "
- Au temps où les Japonais se meublaient à la japonaise, la pièce la plus importante, en poids, du mobilier, était, de beaucoup, le jeu de Go. Ce jeu n’était pas ignoré des Européens. Les commerçants installés à Yokohama ou Kobé savaient avec quelle passion leurs commis japonais profitaient du moindre manque de surveillance pour sortir de sa cachette un carton quadrillé et le couvrir, suivant des règles mystérieuses, de cailloux blancs et noirs. Us admiraient la mémoire infaillible avec laquelle les joueurs interrompus remettaient sans hésiter à sa place, au moment où ils pouvaient reprendre leur partie, les cinquante ou soixante pions que chacun d’eux avait dû ramasser précipitamment dans les manches de son kimono au moment de l’arrivée d’un inspecteur. Quelques-uns désiraient s’initier à ce jeu si intéressant et posaient la question inévitable : À quel but voulez-vous parvenir? Qu’essayez-vous de faire ? Quel est le gagnant?
- Malheureusement, si beaucoup de Japonais savent jouer au Go, bien peu sont capables d’expliquer à un Européen, en peu de mots, en quoi consiste le jeu, dont le principe est pourtant fort simple. Il n’y a peut-être pas d’exemple permettant aux amateurs de logique de mettre mieux en évidence la différence qui existe entre les méthodes de raisonnement des Jaunes et des Blancs.
- PRINCIPE
- Voici le principe du Go :
- Le damier représente un champ de bataille dont les deux joueurs se disputent la possession. Chacun d’eux y pose à son tour un pion. Lorsque tout le terrain est occupé, on mesure les surfaces couvertes respectivement par les noirs et par les blancs. Celui des deux joueurs qui occupe la plus grande surface a gagné. S’il y a 361 cases et que les blancs en occupent, par exemple, 200, les noirs en occuperont 161 et les blancs gagneront 39 points.
- Si le jeu se limitait à cette règle, toutes les parties seraient nulles, chaque joueur occupant à la fin de la partie la moitié des cases du damier. On a remédié à cet inconvénient capital par une règle très simple : Les pions entourés par de$ pions ennemis, sont faits prisonniers, enlevés du damier, et l’espace qu’ils occupaient appartient à leurs adversaires. A la fin de la partie le champ de bataille est partagé en un certain nombre de régions, les unes blanches, les autres noires. Toute la tactique du jeu consiste à dessiner, en plaçant successivement ses pions, les fron-
- Fig. 2. - Les zones occupées tièreis- de faǰn à éclore une
- par les noirs et les blancs à surface plus grande que l’ad-
- la fin d'une partie. Les blancs versaire, et dans laquelle il ne gagnent. puisse pas pénétrer sans être
- immédiatement fait prisonnier.
- L'application de ces règles très simples permet une variété infinie dans les tactiques employées et les résultats obtenus. Chaque joueur peut conduire lé jeu suivant son caractère et son tempérament, faire de la défensive ou de l’offensive, de la stratégie ou de la tactique, suivant qu’il 'préfère s’installer loin de l’adversaire
- dans des positions solides, ou bien, au contraire, rechercher le combat rapproché et, par des escarmouches continuelles, essayer de faire de nombreux prisonniers. Aucune méthode n’est, a priori, préférable aux autres, et la pratique du jeu
- Fig. 1. — Le jeu de « Go », d’après Julcichi Inouye : Home Life in Toldo.
- montre à quel point il mérite le nom de jeu de la Guerre que lui ont donné les Japonais.
- Les règles du Go sont très simples. Le jeu ressemble, à ce point de vue, au jeu de Dames. Il est très facile de les posséder assez pour s’intéresser au jeu. On peut presque dire, sans trop de paradoxe, qu’il est d’autant plus passionnant que l’on y est moins fort. Les Japonais, en effet, profitant de l’excellence de mémoire qu’ils doivent à l’étude des caractères, finissent par le jouer presque machinalement, sachant par cœur la meilleure position à occuper pour répondre à chaque pion joué par l’adversaire. Il faut des études prolongées et, il faut le dire, assez rebutantes pour nos cerveaux européens avant de prétendre lutter avec eux. Il est beaucoup plus intéressant de jouer en raisonnant chaque coup, quitte à voir quelquefois, comme à la guerre, les manœuvres que l’on juge les plus ingénieuses et dont on attend les meilleurs résultats aboutir à des échecs lamentables.
- LES DEUX JEUX DE GO
- Avant de commencer l’étude des premiers éléments du Go, il importe de prévenir une confusion.
- Le Go est un jeu de gens instruits.
- « Il est affectionné, dit M. Jukichi Suouye dans son livre intitulé Home Life in Tokyo, par de vieux gentlemen en retraite, des fonctionnaires, des professeurs, des membres des professions libérales. » Lorsque ces hommes respectables ne sont pas à la maison, il arrive que leurs femmes ou leurs filles prennent le meuble du Go pour s’en amuser. Ces personnes aimables mais futiles n’ont pas la prétention de jouer au Go, mais elles utilisent les jetons pour jouer, sur le quadrillage du meuble, une sorte de marelle qui consiste à disposer cinq jetons en ligne droite.
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- On trouve dans les Récréations mathématiques de Rouse Bail, sous le nom de Go Baug, ou Dames Japonaises, une description, inexacte d’ailleurs, de ce jeu de marelle. Nous ne nous en occuperons pas pour le moment, consacrant tous nos efforts à mettre en lumière les principes du véritable jeu de Go, dans l’espoir que les lecteurs qui voudront bien nous suivre, pourront, sans grande peine, arriver à jouer des parties assez intéressantes pour ne pas regretter leurs peines. Ils n’auront
- pas besoin pour cela d’arriver au degré de passion exprimé par le vieux proverbe japonais qui dit :
- « Si un jeune homme commence à étudier le jeu de Go, sa mère restera seule à son lit de mort. »
- Nous sommes heureusement, en général, moins joueurs que les Japonais, et cette éventualité déplorable ne semble pas, chez nous, fort à craindre.
- [A suivre.) Commandant Lanc.ei.in.
- VARIÉTÉS
- LES DERNIERS DÉBRIS DE L’EXPÉDITION DE LA PÉROUSE
- L’article de notre collaborateur M. Doublet (n° du 1er septembre 1928) nous a valu de M. Le Pontois, de Vannes, l’intéressante communication qui suit :
- « L’article de votre numéro du lor septembre : La Pérouse, Iiïllon et Dumont d’Urville signale en note que d’après l’amiral Jurien de la Gravière, le navire ou mieux l’embarcation construite avec les débris du premier naufrage se serait perdue sur les Carolines, assez loin par conséquent de Vani-koro.
- Or, il y a quelques années, avant la guerre, la grande presse, ainsi que le Journal de la Marine Le Yacht signalèrent que des débris du second naufrage avaient été retrouvés dans le groupe des îles « Santa Cruz » dont fait partie Yanikoro ; les malheureux n’avaient pas été loin !
- Mes relations entomologiques m’ayant amené à correspondre avec les îles Salomon, j’ai demandé des renseignements et voici ce qu’en 1924 me fut répondu par le R. P. Poncelet, alors missionnaire à Bougainville :
- « Quant au point d’histoire au sujet duquel vous me « demandez des renseignements, voici ce que, pour le mo-« ment, je puis vous donner comme authentique : Il y a à « peu près 10 ans (donc vers 1914) M. Yoodford, résident « anglais de Tulagi, chef-lieu des Salomons méridionales, « nous disait à Faisi (Shortland, groupe Salomons), qu’il « venait de racheter aux indigènes de Santa Cruz, groupe
- « d’îles dépendant politiquement des British Salomons, les « restes (cuivre, fer, bois) de l’embarcation que La Pérouse « avait reconstruite avec les débris de Y Astrolabe et de la « Boussole. Les restes de l’embarcation, il les avait rachetés « avec des articles de commerce : calicot, tabac, et les avait « envoyés au British Muséum à Londres.
- « Quant à M. Woodford, il a quitté son poste de résident « à Tulagi. Il est maintenant à Londres. J’espère pouvoir « me procurer son adresse et vous la communiquer dans une « prochaine lettre. »
- En 1925, le R. P. Poncelet s’excusa près de moi de n’avoir pu me donner l’adresse promise et je n’ai pas eu par la suite les renseignements complémentaires que je désirais.
- Cette découverte, bien que signalée, est rapidement tombée dans l’oubli; un ouvrage sur La Pérouse de 1926 n’y fait aucune allusion.
- Au Musée de la Marine au Louvre, je comptais voir quelques-uns de ces nouveaux débris réunis à ceux du premier naufrage, il n’en est rien. Il suffirait, il me semble, d’une démarche officielle près du British Muséum poùr que soit réuni à Paris l’ensemble des restes de cette malheureuse expédition.
- Si mes souvenirs sont exacts, Le Yacht signalait entre autres que la quille de l’embarcation avait été retrouvée avec près d’elle de nombreux débris ». A. Le Pontois.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ÉCRAN DE CINÉMA
- Je pratique depuis quelque temps le cinéma en amateur, et c’est aux amateurs de cette distraction si attrayante que je m’adresse, à ceux qui n’ont pas fait l’acquisition d’un écran « métallisé », pensant qu’une nappe quelconque suffit bien. Les écrans métallisés sont bien supérieurs aux écrans blancs, les détails des images ressortent mieux surtout dans les parties sombres. Malheureusement ils sont relativement cher.
- J’avais noté dans un des derniers numéros de « la Nature » une formule d’enduit, à base de chaux, de caséine, d'aluminium, etc.
- Je l’ai expérimentée. Évidemment, on obtient une surface convenable, mais à la longue l’éclat métallique se ternit, l’aluminium manque d’adhérence, certaines parties deviennent sombres et le rendement diminue rapidement.
- A ceux qui veulent se confectionner eux-mêmes un écran excellent, je conseille la manière d’opérer suivante, qui m’a donné toute satisfaction :
- Construire un châssis aux dimensions voulues (par exemple 75x100 cm.) en bois blanc, bien rigide (comme les châssis qui maintiennent les toiles des peintres). Une traverse centrale est nécessaire pour assurer une rigidité convenable. Il est bon de
- peindre ce châssis avec une peinture à l’huile quelconque, afin que l’humidité ne le fasse pas « travailler ». Tendre avec soin une toile blanche (calicot par exemple), que l’on cloue sur les côtés à l’aide de semences, en intercalant entre le châssis et la toile un carton blanc mat. On peut cacher les pointes en clouant sur la bordure une baguette « demi-ronde » à l’aide de « finettes » d’ébéniste. L’écran est prêt à recevoir l’enduit.
- Formule de l’enduit pour fm-.
- Collodion à 5 pour 100............... 250 gr.
- Carbonate de chaux précipité......... 15 gr.
- Poudre d’aluminium fine.............. 25 gr.
- Alcool à brûler q. s. . ............. 500 cc.
- On broie au mortier le carbonate de chaux et la poudre d'aluminium, on ajoute le collodion en agitant bien, on met en flacon à col large, et dilue de la quantité nécessaire d’alcool. Enduire la toile avec une queue de morue large, avec la moitié de la préparation. Veiller à ce que la « peinture » soit étendue avec régularité, bien imbiber la toile et finir en passant la brosse régulièrement dans le même sens, laisser bien sécher, passer une deuxième couche avec la deuxième moitié de la préparation. Bien agiter avant d’enduire. Il est très important de préparer l’enduit et de le passer sur la toile à l'abri de toute flamme. Après parfait séchage la toile est vigoureusement tendue.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE
- Y a-t-il des changements sur la Lune ? Existe-t-il sur notre satellite des régions qui ne soient pas toujours identiques à elles-mêmes, mais qui présentent des modifications d'aspect dont l’origine ne puisse s’expliquer par les variations de l’éclairage solaire?
- Sans l’affirmer, le fait semble probable, et les observateurs ont signalé, sur la Lune, quelques régions où l’on croit voir des changements d’aspect, parfois assez considérables. L’observation lunaire est essentiellement du domaine des amateurs, elle est facile à faire, mais elle exige un bon instrument, et, de la part de l’observateur, une longue patience.
- Nous voudrions aujourd’hui insister observations du cirque lunaire Posidonius, et plus spécialement du « craterlet D » situé dans son arène (fig. 1).
- Les variations d’aspect que présente ce craterlet D peuvent difficilement s’expliquer par la seule variation de hauteur et d’azimut du Soleil.
- Nous n’en chercherons pas la cause ici et nous n’aurons pas recours en particulier à l’hypothèse d’une fumée ou d’une vapeur sortant des entrailles de la Lune, et masquant plus ou moins la région, comme certains observateurs ont osé le faire.
- Ce craterlet D, qui est figuré schématiquement sur notre figure, a été observé par un grand nombre d’astronomes, entre autres, pour ne citer que les plus récents,
- M. Delmotte, à Masnières (Nord); M. Maurice Darney, à Paris; M. F. Lamèch, à Corfou (Grèce) et M. G. Bidault de l’Isle, à son observatoire de La Guette, à l’Isle-sur-Serein (Yonne). M. Bidault de l’Isle utilise un excellent télescope Zeiss, de 0“,30 d’ouverture, ce qui 'est un instrument très important. Ses observations s’étendent du 6 août 1927 au 27 août 1928. :
- Nous n’avons pas la place pour les donner ici en détail, mais en les parcourant nous voyons que d’un jour à l’autre le craterlet D paraît « assez net », « net », « presque invisible », « très net », « peu ûet », etc.
- Tantôt, ce petit cratère paraît enveloppé d’une auréole grise, tantôt il n’y a pas d’auréole, tantôt l’auréole est brillante, etc.
- En résumé, l’aspect de cette région semble indiquer qu’il sé passe là quelque chose, autre qu’un jeu de lumière.
- Les observateurs sont donc invités à diriger leurs efforts
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24h à partir de minuit (0k).
- EN JANVIER Ï929 (*)
- et leurs instruments vers cette région de la Lune, à en prendre, sans idée préconçue, des dessins et à noter tous les caractères particuliers remarqués. Il y a là un problème lunaire à résoudre.
- I. Soleil. — Le Soleil, en janvier, remonte sensiblement vers l’hémisphère nord, puisque sa déclinaison, de —23° 28 le lor, n’est plus que de —17° 26' le 31.
- La durée du jour, de 8h17,n le 1er, atteint 9h 20“ à la fin du mois.
- Voici le temps moyen à midi vrai pour le mois de janvier, c’est-à-dire l’heure, en temps universel, du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Dates. Heures du passage.
- • r IJh 54m 43.
- llh 55“ 9* 111* 56“ 4* 11“ 56“ 57* Uk 57“ 48* Uk58“37‘ 1111 59“ 23* 12k 0“ 7* 12k 0“ 49* 12k lm 27* 12h 2“ 2* 12k 2“ 35* 12k 3“ 4* 12k 3“ 30* 12k 3“ 52* 12h 4“ 12s
- Observations physiques. — De très belles taches ont été visibles sur le Soleil ces derniers mois et la Société astronomique de France a reçu de ses correspondants de fort beaux dessins. Nous renouvelons ici l’appel que nous lançons chaque mois aux observateurs.
- L’observation du Soleil est particulièrement facile et agréable, une petite lunette suffit pour l’entreprendre. La méthode par projection est tout indiquée pour la mise en place générale de l’image. Pour l’exécution de dessins détaillés, rien ne vaut l’observation faite à l’oculaire, avec un verre noir protecteur bien entendu.
- Lumière zodiacale. — L’observation de la lumière zodiacale, dans nos régions, devient possible dès ce mois-ci, le soir, au Sud-Ouest, après le coucher du Soleil. Cette observation sera possible, si le temps le permet bien entendu, au voisinage de la Nouvelle Lune. Dans les mois qui vont suivre (février à avril) l’étude de la lumière zodiacale va devenir particulièrement intéressante.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, en janvier, seront les suivantes :
- D.Q. le 2, à 18k 44“ I P. Q. le 18, à 15k 15“
- N. L. le 11, à 0h 28“ 1 P. L. le 25, à 7k 9“
- sur l’intérêt des
- Fig. 1. — Le cirque lunaire Posidonius et le « craterlet variable D ».
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- Age de la Lune, le 1er janvier, à 0ll=19J,8; le 12 janvier, à Oh = H,0. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 12. Et, pour une heure donnée, ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en janvier : le 10 = — 26° 24' ; le 23 = -J- 26° 26'. On sera frappé de la très grande hauteur dans le ciel de notre satellite vers l’époque de la Pleine Lune du 25.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 7 janvier, à 16\ Parallaxe = 54' 1". Distance =405 950 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 23 janvier, à 12h. Parallaxe = 60’37". Distance = 361 750 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 15 janvier, occultation de 336 B. Verseau (gr. 6,3), de 15ll38m à 16h 54ra,
- Le 16, occultation de 54 B. Baleine (gr. 6,3), de 20k 59m à 21h 58m.
- Le 23, occultation de 40 Gémeaux (gr. 6,3), de 17h28m à 18h6m.
- Marées, mascaret. — Lès plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Nouvelle Lune du 11 et surtout vers la Pleine Lune du 25.
- Yoici quelques cofficients de ces plus importantes marées :
- Dates. Matin Soir.
- Janvier 24 0,80 0,85
- — 25 0,89 0,92
- — 26 0,95 0,97
- — 27 0,97 0,96
- — 28 0,94 0,91
- — 29 0,87 0,83
- Le mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci, en raison de la faible amplitude des marées.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après renferme les renseignements les plus utiles pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de janvier 1929. Ces données sont empruntées à l'Annuaire astronomique Flammarion, dont
- l’apparition est toujours impatiemment attendue par tous les observateurs du ciel.
- Mercure sera visible, le soir, à la lin du mois. Sa plus grande élongation se produira le 22 janvier, à 16u, à 18° 35' à l’Est du Soleil. On pourra le rechercher à l’horizon sud-ouest, à partir du 18 janvier. Une bonne petite lunette montre Mercure sous l’aspect d’un croissant, véritable réduction de la Lune.
- Vénus est bien visible, le soir, dès le coucher du Soleil. Elle brille d’un vif éclat au-dessus de l’horizon Ouest-Sud-Ouest. Son diamètre et son éclat augmentent. La plus petite lunette, ou même une forte jumelle, permettent de reconnaître les phases de Yénus. La visibilité de détails à la surface de son disque est extrêmement difficile et les plus grands instruments des observatoires ne permettent généralement pas de reconnaître des taches permanentes et sûres. Phase de Yénus, le 15 janvier : 0,623.
- Mars est situé dans les meilleures conditions possibles pour être observé, son opposition ayant eu lieu le 21 décembre dernier. La déclinaison de cette planète étant très forte, Mars s’élève, en ce moment, très haut dans le ciel.
- Les lunettes de moyenne puissance permettent l’observation de Mars et des détails de sa surface. Mais les plus grands instruments sont nécessaires pour se livrer à une étude approfondie des variations qui se produisent sur cette surface. Phase de Mars, le 15 janvier : 0,972.
- Jupiter est encore bien visible, dès le coucher du Soleil, puisqu’il brille, le 16, jusqu’à lh du matin environ. Faut-il rappeler que Jupiter, vu avec une petite lunette grossissant une quarantaine de fois, apparaît avec le diamètre que présente la Lune vue à l’œil nu. Jupiter sera en quadrature orientale avec le Soleil le 22 janvier 1929.
- Les curieux phénomènes offerts par les satellites dans leur révolution autour de la planète sont visibles avec les plus petits instruments. Yoir ci-contre la liste de ces phénomènes pour le mois de janvier 1929.
- Saturne est à peu près inobservable ce mois-ci. On pourra
- ASTRE Dates : JANVIER Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine.
- 6 7h 45“ llh 56m30’ 16k 8m 19b 8“ — 22°31’ 32’ 34"8 Sagittaire
- Soleil . . . .< 16 7 40 12 0 28 16 21 19 52 — 20 59 32 33,6 Sagittaire
- 26 7 31 12 3 17 16 36 20 34 — 18 46 32 32,4 Capricorne
- 6 8 39 12 46 16 54 19 54 — 23 0 5,0 Sagittaire
- Mercure. . . 16 8 40 13 12 17 45 21 0 — 18 29 5,8 8 Capricorne
- 26 8 11 13 12 18 14 21 42 — 13 1 7,6 Y Capricorne
- 6 9 58 14 59 . 20 0 22 8 — 13 6 18,0 Verseau
- Vénus. . . ‘ 16 9 38 15 2 20 26 22 51 — 8 22 19,6 X Verseau
- , 26 9 15 15 2 20 49 23 30 — 3 22 21,4 Verseau
- 6 13 55 22 19 6 43 5 33 + 26 46 14,8 Ç Taureau
- Mars. . . . ./ 16 13 7 21 30 5 54 5 24 + 26 38 13,6 Ç Taureau
- 26 12 26 20 48 5 10 5 20 + 26 28 12,4 Ç Taureau
- Jupiter. . . . 16 11 13 18 6 0 59 1 58 + 10 49 38,4 ll Baleine
- Saturne . . . 16 5 37 9 49 14 2 17 40 — 22 12 13,8 g Sagittaire
- Uranus. . . . 16 10 17 16 24 22 31 0 16 + 0 56 3,4 39 Poissons
- Neptune. . . 16 19 26 2 23 9 20 10 13 + 11 43 2,4 a Lion
- VISIBILITÉ'
- I
- /Le soir. Plus grande élon-( gation le 22.
- S Le soir, dès le coucher du Soleil.
- î
- | Presque toute la nuit.
- Première partie de la nuit.
- Avant l’aurore.
- Dès l’arrivée de la nuit. Toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
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- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Janvier. Heure. Satel- lite. Phéno mène DATES J anvier. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 17h 18m III Em. 16 17" 3m I O.f.
- 1 20 30 III E.c. 16 23 12 II P.c.
- 1 22 21 III E. f. 18 17 19 II Im.
- 2 18 5 II P.c. 18 19 39 II Em.
- 2 20 22 II P. f. 18 20 O O II E.c.
- 2 20 40 II O.c. 18 22 19 II E. f.
- 2 22 54 II O. f. 19 18 34 III O.c.
- 4 17 4 II E. f. 19 20 22 III O.f.
- 5 22 45 I P.c. 20 18 34 III O.c.
- 6 0 1 I O.c. 20 20 22 III O.f.
- 6 0 54 I P. f. 21 21 2 I P. c.
- 6 20 4 I Im. 21 22 22 I O.c.
- 6 23 32 I E. f. 21 23 11 I P. f.
- 7 17 13 I P. c. 22 18 21 I Im.
- 7 18 30 I O.c. 22 21 53 I E. f.
- 7 19 22 I P. f. 23 16 51 I O.c.
- 7 20 39 I O.f. 23 17 40 I P. f.
- 8 18 1 I E. f 23 18 59 I O. f.
- 8 19 9 III Im. 25 19 56 II Im.
- 8 21 11 III Em. 25 22 17 II Em.
- 9 0 33 III E.c. 25 22 41 II E. c.
- 9 20 37 II P. c. 26 17 1 III P.c.
- 9 22 55 II P.f. 26 19 6 III P. f.
- 9 23 17 II O.c. 26 22 36 III O.c.
- 11 17 4 II Em. 27 17 27 II P. f.
- 11 17 26 II E.c. 27 17 51 II O. c.
- 11 19 42 II E. f. 27 20 5 II O.f.
- 13 21 58 I Im. 28 22 58 I P. c.
- 14 19 7 I P.c. 29 20 18 I Im.
- 14 20 26 I O. c. 30 17 27 I P.c.
- 14 21 16 I P. f. 30 18 46 I O.c.
- 14 22 34 I O.f. 30 19 37 I P. f.
- 15 19 57 I E. f. 30 20 55 I O.f.
- 15 23 3 III Im. 31 18 17 I E. f.
- le rechercher avant l’aurore, mais vu sa faible élévation au-dessus de l’horizon, les images de cette planète seront très probablement défectueuses.
- Grand axe extérieur de l’anneau, le 15 janvier . . 34",47
- Petit axe extérieur de l’anneau, le 15 janvier. . . 15",50
- XJranus est encore visible le soir, dès l’arrivée de la nuit.
- On pourra le rechercher en s’aidant d’une des positions de la planète, que voici : bonne carte, et
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Janvier 6 0h 15m + 0«>50' 3"4
- — 16 0h16m +- 0° 56' 3,4
- — 26 0" 17ra + 1° 4' 3,4
- Uranus peut être suivi avec une simple jumelle et même certains observateurs, doués d’une excellente vue, arrivent à le voir à l’œil nu. Une bonne lunette, munie d'un fort grossissement, fait voir cette planète sous l’aspect d’un disque bleuâtre de 4" de diamètre environ.
- Neptune sera en opposition le 19 février prochain. On peut donc, dès à présent, l’observer toute la nuit.
- = 5ï 7
- Voici quelques positions où l’on pourra le chercher :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Janvier 6 10"13“ + 11° 38' 2"4
- — 16 10"13m + 11° 43' 2,4
- — 26 10h12™ + 11° 48' 2,4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 8, à 21h, Saturne en conjonc. avec la Lune, Le 12, à 6", Mercure — —
- Le 14, à 20h, Vénus — —
- Le 16, à 18h, Uranus — —
- Le 18, à 20k, Jupiter — —
- Le 22, à 8\ Mars — —
- Le 26, à 23h, Neptune — —
- à 3° 21' N. à 2° 59' N. à 4o 21' N. à 3» 51' N. à 1°18' N. à 1° 26' N. à 4° 46' S.
- Etoiles variables. — Voici les minima de l’étoile Algol ((ï Persée).
- Ces minima sont faciles à suivre à l’œil nu. Le 1er janvier, à ÎS"^; le 16, à 2b 12“; le 18, à 23tl“; le 21, à 19h 50m.
- Etoiles filantes. — Quelques essaims d’étoiles filantes sont actifs en janvier, notamment celui des Boot.ides (radiant [J Bouvier) les 2 et 3 janvier.
- Cet essaim donne des météores rapides, à longues trajectoires.
- Voici, d’après le tableau dressé par M. W.-F. Denning, dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes, la liste des radiants actifs en janvier :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine
- Janvier 2 119° + 16° Z Ecrevisse.
- — 2-3 232° + 49° P Bouvier.
- — 4-11 180° + 35° N Chevelure.
- — 18 232o + 36o X, Couronne.
- — 28 236° + 250 a Couronne.
- — 1-31 1050 + 44° 63 Cocher.
- V. Constellations. — Le ciel de janvier est un des plus riches par l’éclat et le nombre des étoiles et par les constellations visibles.
- Cette année, cet éclat est rehaussé par la présence des planètes Mars, Jupiter et Vénus,
- Le lecteur est prié de se reporter à la carte publiée le mois dernier (voir N° 2796, du lor novembre, p. 420). Elle donne l’aspect du ciel le 1er janvier à 21h, ou le 15 janvier à 20h.
- Le zénith est entouré par les constellations de Persée et du Cocher.
- Capella marque le zénith, le 1er janvier vers 22h, et le 15 vers 21\
- Au Nord : La Petite Ourse et Céphée. Le Dragon rase l’horizon.
- A l’Est : Le Lion se lève. Le Cancer et les Gémeaux sont déjà élevés.
- La Grande Ourse remonte au Nord-Est.
- Le Sud est resplendissant. Orion s’avance lentement vers le méridien, précédé du Taureau. Le Grand Chien le suit au Sud-Est.
- A l’Ouest : Andromède, Pégase et le Bélier descendent vers l’horizon. La Baleine brille au Sud-Ouest. Le Cygne glisse contre l’horizon Nord-Ouest.
- Em. Totjchet.
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- PHONOGRAPHIE, RADIOPHONIE ET RADIOVISION
- LE BUT DE CETTE NOUVELLE CHRONIQUE
- Le titre ci-dessus surprendra peut-être quelque peu nos lecteurs, le dernier mot de n radiovision » leur paraîtra sans doute un peu inattendu, ou tout au moins prématuré, mais nous allons les rassurer bientôt sur ce point particulier, et leur expliquer auparavant quel a été notre but en créant cette rubrique d’actualité, qui augmentera encore, du moins nous l’espérons, l’intérêt de La Nature pour la plupart de nos lecteurs, désireux de suivre chaque jour les progrès si divers de la science appliquée.
- Notons, tout d’abord, que celte chronique ne doit remplacer en aucune façon notre chronique de Radiophonie Pratique et nous désirons qu’elle en soit complètement distincte.
- Comme par le passé, dans cette rubrique de Radiophonie Pratique paraîtront des articles techniques mai* pratiques destinés à faire connaître aux amateurs de T. S. F. les nouveautés les plus intéressantes, à leur indiquer les progrès de la radiotechnique en général, à leur montrer enfin de quelle manière ils peuvent le mieux installer, entretenir, réparer leur poste, ou même construire eux-mêmes des appareils simples.
- Mais on sait que les progrès de la radio-technique permettent maintenant de construire des appareils de réglage très simple, plus ou moins automatique, et dans lesquels aussi le montage amplificateur basse fréquence a -été étudié de telle sorte que l’audition des radioconcerts, même provenant de postes éloignés (mais choisis évidemment parmi les plus puissants) est devenue assez nette et assez pure pour satisfaire les oreilles des mélomanes avertis.
- Ces appareils, généralement de prix assez élevé, constituent, pourrait-on dire, des phonographes radiophoniques ; il suffit, en effet, de manœuvrer un bouton, de tourner un cadran, sans avoir besoin de connaissances techniques spéciales, pour entendre à volonté le radioconcert choisi dans d’excellentes conditions; de plus, aucune installation dans un appartement n’est nécessaire pour assurer leur fonctionnement.
- De tels postes sont destinés à une clientèle particulière, mais à une clientèle, en réalité, très vaste, et qui s’accroît chaque jour; ils vont donc contribuer dans des proportions immenses à la diffusion de la radiophonie, diffusion relativement lente jusqu’à présent en France, il faut l’avouer.
- Mais, parallèlement à ces progrès de la radiotechnique, qui ont permis l’avènement de ce « phonographe radiophonique », il nous faut noter aussi les immenses progrès du phonographe proprement dit, progrès rendus possibles, d’ailleurs, grâce à la radiotechnique, puisque l’enregistrement électrique moderne des disques de phonographe est effectué grâce à des procédés d’amplification basse fréquence employés en T. S. F.
- L’industrie phonographique prend donc actuellement, grâce à ces progrès, un magnifique essor dans le monde entier, mais il est remarquable de constater qu’elle ne constitue pas une concurrence pour l’industrie radioélectrique, bien au contraire.
- La radiodiffusion permet, en effet, comme nous l’avons noté dans un article récent, de faire connaître au public des amateurs de T. S. F. les nouveaux disques enregistrés, et il est né, d’autre part, récemment, à côté du phonographe à diaphragme mécanique ordinaire, déjà si perfectionné, un nouveau type d’appareil le phonographe à reproduction électrique, qui est, en quelque sorte, une combinaison d’un phonographe avec un amplificateur de T. S. F. à basse fréquence.
- Ce nouveau phonographe peut être employé séparément ou combiné avec un poste récepteur de T. S. F. pour constituer un ensemble musical complet, dont la puissance peut être souvent égalée à celle d’un orchestre entier. Un tel ensemble représente à l’heure actuelle un merveilleux instrument de diffusion artistique et musical, dont le rôle éducateur peut devenir très grand.
- Enfin, si la télévision, c’est-à-dire la vision à distance par T. S. F., n’est encore, malgré les multiples recherches, qu’une espérance de laboratoire, il existe dès à présent des services réguliers absolument pratiques de diffusion des images et des documents par T. S. F.
- Commencée depuis longtemps aux États-Unis et inaugurée depuis peu en Europe (en Autriche, en Angleterre, et enfin en France) la radiodiffusion des images est désormais un fait accompli.
- On a pu voir à l’Exposition française de T. S. F. de 1928 les premiers appareils récepteurs pour amateurs, très simples et de prix relativement modiques, qui vont permettre bientôt à tout possesseur d’un poste récepteur quelconque de recevoir facilement chaque jour les photographies, cartes météorologiques, cours, etc, transmis par les stations françaises et même sans doute étrangères.
- On peut prévoir enfin que dans un avenir rapproché, la télécinématographie, k. défaut de la télévision, sera désormais aussi entrée dans la pratique courante, et que tout amateur de T. S. F. pourra obtenir une projection par T. S. F. d’un film d’actualité transmis par une station de diffusion.
- Il nous a donc semblé qu’il était indispensable qu’une grande revue de vulgarisation comme Xa Nature puisse faire connaître régulièrement à ses lecteurs les progrès de ces trois nouvelles catégories presque merveilleuses d’appareils de diffusion : les phonographes radiophoniques, les phonographes modernes électriques ou non, et enfin les postes récepteurs de radiovision, et c’est là le but de cette nouvelle chronique qui contiendra donc toutes les informations et conseils pratiques relatifs à ces sujets divers.
- Nous répondrons évidemment dans une section spéciale de la Boite aux Lettres aux questions posées par nos lecteurs, et nous accueillerons, d’ailleurs, très volontiers toutes les suggestions qu’ils voudront bien nous adresser sur la composition de cette rubrique.
- UN PHONOGRAPHE PERFECTIONNÉ A DOUBLE REFLEXION DES SONS
- On sait que le pavillon acoustique de forme classique des anciens phonographes a été presque toujours supprimé dans les appareils modernes (fig. 1).
- iig. 1. — Un modèle ancien de phonographe.
- Avec pavillon métallique, diaphragme à aiguille à membrane de mica ou de verre.
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- Ces pavillons présentaient l’inconvénient de modifier le timbre des sons reproduits, parce qu’ils possédaient une fréquence propre de vibrations s’ajoutant à la vibration de la colonne d’air contenue dans le pavillon. L’emploi de pavillons en bois de forme courante n’atténuerait que fort peu ces inconvénients.
- Un nouveau phonographe très moderne, qui vient d’être construit, présente la particularité d’avoir des diffuseurs de sons extérieurs à l’appareil, mais cependant n’offrant aucun des inconvénients du pavillon.
- Le diaphragme reproducteur à aiguille est relié par l’intermédiaire d’un bras creux articulé à deux tubes disposés de part et d’autre et de calibres rigoureusement semblables (fig. 2).
- Ces deux tubes transmettent les sons émis par le diaphragme à deux cloches renversées au-dessus de sortes « d’auges » récupératrices en bois et de section elliptique.
- Ces auges se trouvent logées dans la tablette supérieure d’une caisse de résonance qui travaille comme celles de la plupart des instruments de musique en bois (violons, pianos, etc,); cette caisse de résonance sert à amplifier les sons émis par les « auges » de réflexion conjuguées avec les tubes ou cloches du diaphragme, et le travail d’ébénisterie a été particulièrement soigné dans ce but.
- Ce nouveau système diffuseur a donc, comme on le voit, deux particularités : 1“ les sons sont transmis et réfléchis par deux diffuseurs extérieurs conjugués
- avec des cloches acoustiques reliées au diaphragme; 2° grâce à la dualité des deux sources d’émission des sons synchronisées aussi
- parfaitement que possible, on obtient un effet « stéréophonique « qui permet
- Fig. 2. — A gauche : Un phonographe plus moderne, dit Orbiphone.
- 11 comporte un tube central avec diaphragme relié à 2 cloches renversées (à droite et à gauche de la photographie). Ces cloches sont conjuguées avec 2 auges réflec-trices qui font partie d’une table de résonance en bois.
- A droite : Le meme appareil muni d’un moteur électrique et présenté dans un meuble en ébénisterie, avec porte-disques, classeurs, etc.
- une audition assez intense avec une douceur et un « modelé » très satisfaisants.
- Le phonographe est, d’ailleurs, équipé avec un moteur électrique du type « universel » permettant son fonctionnement sur tous secteurs, et il est présenté soit sous forme simple, soit sous forme de meuble moderne comportant des casiers pour les disques, des livres, etc... (fig. 2).
- Fig. 3. — Ce haut-parleur h diffuseur double comporte un amplificateur basse fréquence dans son ébénisterie, permettant de le relier directement à un pik-up de phonographe. Il fonctionne à l’aide du courant alternatif d'un secteur. a) Bloc moteur.
- b) Le diffuseur de sons vu par derrière
- avec ses boutons de réglage.
- c) Le moteur électromagnétique du haut-
- parleur.
- HAUT-PARLEUR AVEC DISPOSITIF D’AMPLIFICATION POUR REPRODUCTION PHONOGRAPHIQUE
- On sait qu’un ensemble de reproduction électrique des disques de phonographe se compose d’un pick-up électromagnétique, d’un amplificateur basse fréquence puissant, et d’un haut-parleur adapté à cet usage.
- Il peut venir à l’idée de rassembler dans un même appareil le haut-parleur et l’amplificateur et l’on obtient ainsi un ensemble pratique et peu encombrant qu’il suffit de connecter à un pick-up pour constituer un excellent ensemble reproducteur.
- Un modèle réalisé depuis peu et présenté au Salon de la T. S. F, offre ces avantages et semble, de plus, présenter des particularités intéressantes (fig. 3).
- Le haut-parleur est formé d’un moteur électromagnétique du type compensé actionnant un diffuseur à deux cônes concentriques (fig. 3 b et 3 c).
- Cette disposition aurait l’avantage de permettre une reproduction fidèle des sons sur une gamme de fréquences beaucoup plus étendue, les fréquences propres des deux cônes étant évidemment assez différentes et leur système de tension étant, d’ailleurs, très souple.
- D’autre part, l’amplificateur basse fréquence à
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- Fig. 4.— Meuble comportant à gauche un poste récepteur automatique, à droite un phonographe électrique avec pick-up pouvant être combiné aux étages d’amplification basse fréquence du poste. En bas, cases pour les disques, appareils d'alimentation, haut-parleur, etc.
- transformateur contenu dans l’ébénisterie du haut-parleur comporte des lampes dont les lilaments sont chauffés directement par le secteur, et la tension plaque de 300 volts est fournie par des valves de redressement contenues également dans l’ébénisterie.
- Pour mettre l’appareil en action, il n’est donc besoin d’aucune batterie d’alimentation, et il suffit de le relier à une prise de courant alternatif quelconque.
- Le cône diffuseur du haut-parleur est double, comme nous l’avons noté plus haut, et il a une élasticité continuellement progressive du centre vers la périphérie ; il est relié d’une façon très souple au meuble qui le contient.
- La tonalité propre du système serait reportée en dehors de l’échelle musicale, d’après le constructeur, les organes de liaison n’ayant de leur côté pratiquement aucune vibration propre, et chaque son musical serait reproduit avec l’intégralité de ses harmoniques.
- D’autre part un organe intéressant de l’ensemble haut-parleur est le tonaliseur qui est monté entre la sortie de l’amplificateur basse fréquence et le haut-parleur lui-même (fig. 3 a).
- Ce petit appareil se compose, comme le montre la fig. 3 c,
- d’une bobine de choc à impédance réglable et d’un condensateur à grande capacité.
- Au moyen d’un montage bien connu, on empêche ainsi le courant continu du circuit de plaque de la dernière lampe de traverser les enroulements du haut-parleur.
- De plus, on peut faire varier, au moyen d’un bouton de réglage à trois positions, la valeur de l'impédance en circuit, ce qui permet d’accorder au mieux le haut-parleur suivant la résistance interne des différentes lampes basse fréquence employées, et de modifier la tonalilé pour une lampe déterminée ; cette tonalité est, en effet, d’autant plus grave que le bobinage en circuit est plus grand.
- UN ENSEMBLE RADIOPHONIQUE ET PHONOGRAPHIQUE COMPLET
- Nous avons noté plus haut que l’on construisait actuellement des appareils à la fois radiophoniques et phonographiques constituant d’admirables instruments d’art et d’information.
- Un appareil de ce genre comporte donc un poste récepteur, généralement à réglage automatique, et un phonographe électrique avec pick-up électromagnétique qui peut être relié aux étages basse fréquence du récepteur pour former un appareil puissant de reproduction électrique.
- Les appareils d’alimentation et le haut-parleur sont généralement placés dâns le même meuble que le poste récepteur et le phonographe, ainsi que tous les accessoires nécessaires au fonctionnement des deux appareils.
- La photographie de la figure 4 représente, par exemple, un ensemble luxueux absolument complet qui a été présenté au Salon de la T. S. F.
- Ce poste-meuble contient (à gauche) un appareil récepteur de T. S. F. du type à changement de fréquence à réglage unique, et à droite un phonographe à moteur électrique et pick-up électromagnétique porté par un bras mobile spécial.
- Dans la partie basse du meuble sont renfermés un redresseur à valve biplaque pour l’alimentation en tension plaque, et une batterie d’accumulateurs de chauffage chargée continuellement par un redresseur sec dit « Sulfotron ».
- Un cadre orientable est également monté dans la partie médiane, et des casiers renferment les disques du phonographe.
- *
- * *
- Nous consacrerons une grande partie de notre prochaine chronique à l’explication sommaire du principe des premiers appareils de radiovision et à la description pratique d’un modèle français pour amateurs.
- P. Hémardiisquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Phonographe à double réflexion. Orbiphone-Duplex. Corbin constructeur, 10, boulevard des Batignolles, Paris (XVII0).
- Haut-parleur phonographique. Weymann, 20 rue Troyon, Paris. Appareil radiophonique et phonographique. Etabl. Radio L. L., 5, rue du Cirque, Paris.
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- : CHRONIQUE D'AVIATION
- Record de distance en avion léger.
- Le record du monde de distance pour avions légers biplaces vient d’être battu par un pilote suisse, le capitaine Hans Wirth, sur la distance Sluttgart-Vilna, soit 1270 km en 13 h. 30 m. de vol.
- Le dernier record appartenait à l’aviatrice française Maryse Bastié qui, avec Drouhin comme passager, avait parcouru 1058 km sur le monoplan Caudron C-109 à moteur Salmson de 40 ch.
- L’appareil du capitaine Wirth est un monoplan Klemm-Daimler à moteur de 20 ch, de même type que celui qui gagna le dernier concours français d’avions de tourisme. La vitesse moyenne réalisée est de 94 km-h. (La vitesse maxima du Klemm-Daimler est de 115 km-h., son rayon d’action théorique de 1500 km.)
- Phare pour l’Aéronautique.
- Un phare nouveau, destiné à l’aéronautique, vient d’être créé par la « B. B. T. Corporation » de Philadelphie. Il est conçu pour le jalonnement des lignes aériennes; il permet aux appareils de suivre une direction déterminée, et indique au pilote dans quel sens il doit modifier son cap pour ramener l’avion dans la bonne direction.
- Ce phare (phare à éclats « Wobbler ») est formé d’un feu oscillant suf un angle de 540° (six quadrants), la direction à matérialiser étant celle des changements de sens du mouvement ; la durée de l’oscillation complète est de 15 secondes. Le faisceau lumineux balaie donc quatre fois la moitié de l'horizon, et deux fois l’autre moitié, toutes les 15 secondes, L’observateur placé dans la première moitié verra donc 4 éclats brefs en 15 secondes, celui placé dans la seconde moitié verra 2 éclats brefs, enfin celui placé à la limite des deux zones (sur la direction matérialisée) verra en 15 secondes : 2 éclats brefs et 1 long (changement de sens de rotationj.
- Le pilote saura donc s’il s’écarte de la direction, et dans quel sens.
- La navigation sera facile et suffisamment précise pour un appareil aérien commercial; elle reste naturellement tributaire de la situation atmosphérique, quel que soit le mode de signalisation lumineuse.
- Avion Dyle et Bacalan D. B. 20
- Les usines Dyle et Bacalan viennent de sortir un appareil de bataille, de construction entièrement métallique, le D. B. 20.
- Cet appareil est un monoplan à aile épaisse en! cantile-ver, muni de deux moteurs latéraux de 420 ch.
- Le D. B. 20 est formé d’une partie centrale, portant le train d’atterrissage et les moteurs, et sur laquelle viennent se fixer l’avant et l’arrière du fuselage, et les deux demi-plans.
- Cette partie centrale, parallélépipédique dans ce qui correspond au fuselage, s’amincit latéralement (suivant un profil d’aile très épais) jusqu’aux fuseaux moteurs, formant ainsi une surface de raccordement parfaite de l’aile au fuselage.
- L’aile est de forme trapézoïdale, de profil très épais, décroissant suivant l’envergure (épaisseur 0 m. 70 à l’encastrement). Elle comprend plusieurs longerons à semelles en
- caisson de duralumin et barres de triangulation de section circulaire (deux profils en oméga rivés l’un sur l’autre); les longerons sont inclinés, chaque semelle appartenant aux deux longerons voisins. Sur le solide triangulé ainsi formé sont fixés par rivets des U de duralumin, qui assurent la rigidité du système perpendiculairement aux longerons, et déterminent le profil de l’aile; c’est sur ces dernières barres qu’est fixée par rivets la tôle de recouvrement (tôle de duralumin raidie de distance en distance par des nervures). Ce type de construction est particulièrement homogène, il assure le maximum de résistance à la torsion, avantage très appréciable pour une aile en porte-à-faux.
- Le'fuselage comporte, de l’avant à l’arrière, une tourelle de mitrailleuses, le poste de pilotage à deux places côte à côte (au droit du bord d’attaque de l’aile), une cabine intérieure, une tourelle de mitrailleuses pouvant tirer sous l’appareil.
- Toute la partie avant du fuselage reçoit un blindage en tôle d'acier (4, 5 mm. d’épaisseur; au-dessous, 3 mm. latéralement) protégeant l’équipage contre les tirs anti* aériens. La structure résistante du fuselage est constituée par quatre longerons caissons, et des montants et traverses en U de duralumin. La rigidité est assurée par des goussets rivés, ce qui supprime toute corde à piano à l’intérieur du fuselage,
- Le recouvrement, fixé par rivets, est également en tôle de duralumin raidie par des nervures.
- Les empennages sont de profil classique et de construction métallique, les plans fixes sont réglables en vol, les plans mobiles compensés.
- Toutes les commandes sont effectuées par tubes et doublées
- L’atterrissage de l’appareil est formé de deux trains indépendants, à deux roues jumelées, placés sous les moteurs (voie 3,90 m.). L’amortissement est obtenu par un frein oléo-pneumatique.
- Deux moteurs Jupiter de 420 ch équipent l’avion; ils sont placés à l’avant de deux fuseaux moteurs latéraux Un couloir, dans 1 épaisseur de l’aile, permet d’accéder en vol à la partie arrière de ces moteurs Les réservoirs sont placés dans les fuseaux moteurs; ils sont larguables en vol. Un réservoir de 35 litres, protégé par le blindage, permet dans tous les cas le retour de l’appareil dans ses lignes.
- Les caractéristiques du D. B. 20 sont les suivantes :
- envergure..................... 21 m.
- longueur...................... 13,50 m.
- surface portante.................. 73 m-
- poids vide...................... 2300 kg
- — blindage ....... 800 —
- — utile.................... 1600 —
- vitesse max.............. . 220 km-h.
- vitesse ascensionnelle .... 150 m-min.
- plafond. ....................... 4400 m.
- Fig. 1. — Avion Dyle et Bacalan D. B. 20.
- A777777777777777777T777777777777777777777777777777777777777",
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- LIVRES NOUVEAUX
- Machines frigorifiques, par G. Vassogne. 1 vol. 249 p., 62 fig. Ch. Beranger, éditeur. Paris, 1928. Prix : 60 francs.
- L’auteur étudie le fonctionnement théorique des machines frigorifiques usuelles et montre comment se calculent les éléments essentiels de ces machines. Il indique également comment celles-ci doivent être conduites. Il étudie ensuite un projet de fabrique de glace et un projet de frigorifique pour abattoirs. L’ouvrage est complété par un certain nombre de tableaux numériques utiles au praticien. La question des machines frigorifiques domestiques n’est pas abordée.
- Pratique des installations électriques, par M. Roul-leaxj. I vol., 178 p., 53 planches. L. Eyrolles, éditeur, Paris, 1928. Prix : 20 fr.
- Ouvrage pratique à l’usage des installateurs électriciens et des usagers, montrant comment on établit un projet et un devis d’installation, donnant d’utiles renseignements sur le matériel à mettre en œuvre, ainsi qu’un grand nombre de schémas divers de montage et les principales formules d’électricité nécessaires pour établir les projets d'éclairage, ou de force motrice à domicile.
- Sur quelques phénomènes de la vie des Plantes, par
- Albert Jarrin. 1 Vol. in-8, 97 p. Imprimeries réunies, Chambéry, 1928.
- Suite d’ingénieuses réflexions inspirées à un amateur de botanique par l’observation des plantes et la lecture des travaux modernes sur l’électricité et son rôle dans les phénomènes vitaux, l’ascension de la sève, la sensibilité nerveuse chez les végétaux.
- Les ravageurs des arbres fruitiers. Tome I, par H. Latiëre, B. Trouvelot et F. Willaume. 1 vol. in-8, 97 p., 206 fig., 7 pl. Maurice Mendel. Paris, 1928. Prix : 18 fr.
- Ce tome I présente sous forme de textes réduits à L’essentiel, de tableaux et de figures nombreuses, une méthode simple et facile d’identification des dégâts constatés sur les végétaux lorsque ces dégâts se rapportent à une maladie grave susceptible d’avoir une sérieuse influence sur l’économie de la culture, qu’ils soient dus à des insectes ou à des champignons.
- The Seas. Our Knowledge of Life in the Sea and hOW it is gained, par F. B. Russell et C. M. Yonge. 1 vol. in-16, 379 p., 65 fig., 127 pl. en noir et en couleurs. Frederick Warne and Co, London, 1928. Prix cartonné : 12 sh. 6 d.
- La mer, même considérée seulement au point de vue des êtres vivants qui l’habitent, est un vaste champ d’études dont notre connaissance a beaucoup progressé en ces dernières années. Maints ouvrages lui ont été consacrés, notamment en Angleterre, mais peu envisagent les multiples problèmes que l’on peut aborder. Ce livre, œuvre du laboratoire maritime de Plymouth, est un bon exposé d'ensemble, s’adressant aux étudiants comme aux amateurs, et remarquablement illustré par de très nombreuses planches dont beaucoup en couleurs et originales. Les auteurs décrivent d’abord le rivage, puis lès fonds et la masse d’eau; ils présentent les algues et les animaux les plus intéressants et caractéristiques de chaque zone, leurs modes de vie planctonique ou fouisseur. Un chapitre est consacré aux coraux (Yonge dirige actuellement l’expédition britannique à la Grande Barrière d’Australie), un autre traite des couleurs et de la phosphorescence, un autre encore des modes de nourriture. Après une trop courte esquisse des conditions de l’eau de mer vient une étude plus pleine des variations saisonnières et quelques indications sur les méthodes de recherches. Les cent dernières pages sont réservées aux industries de la mer : pêches, cultures des mollusques, produits divers utilisés par l’homme. On lira avec intérêt cette suite de mises au point, écrites très simplement.
- Einleitung in die physiologische Zoologie, par Hans Przibram, 1 vol. in-8, 182 p. Franz Deuticke, Leipzig und Wien, 1928. Prix : 10 marks.
- L’auteur, professeur à l’Université de Vienne, est bien connu par ses travaux de zoologie expérimentale. Gomme il le dit dans sa préface, depuis dix ans, la zoologie abandonne les études J morphologiques pour les recherches sur les fonctions physiques ! et chimiques. Nous dirons qu’elle s’oriente vers la biologie géné- \ raie et la physiologie comparée. Ce livre est destiné à servir il d’introduction à l’étude de ces questions, à donner aux étudiants jl une première idée générale des principaux problèmes actuelle-Jj ment posés. Il aborde successivement toutes les fonctions et®1
- groupe sur chacune d’elles un certain nombre de données relatives aux animaux les plus variés. Le nombre des documents rassemblés est considérable pour la petite étendue du volume. Peut-être eût-il été heureux d’introduire dans ce précis quelques notions de chimie physique d’importance capitale : propriétés des colloïdes, rôle du pH dans la respiration et les fermentations, phénomènes d’oxydation-réduction, action des facteurs du milieu que l'auteur a systématiquement écartés, pour se limiter aux fonctions qu’envisage la physiologie classique.
- Études sur la chimie physiologique de la peau, par
- MM. Dejust, Verne, Combes, Parat, Urbain, Dujaric de la rivière, de Saint-Rat. 1 vol. in-8, 384 p., 2 planches en couleurs. Amédée Legrand, Paris, 1928. Prix : 55 francs.
- Aucun ouvrage d’ensemble moderne n’avait encore été publié sur ce sujet, et cependant la connaissance des quelques points déjà déterminés présente un intérêt général pour le biologiste et un intérêt pratique pour le dermatologiste. Chacun de ces points a été traité par un auteur y consacrant ses travaux personnels. Le problème des pigments (nature, propriétés chimiques, mode -de formation, théories proposées pour expliquer la mélanogenèse) est exposé non seulement chez l’homme mais aussi dans la série animale et même dans la série végétale. La comparaison de ces divers processus suggère diverses hypothèses. On a reconnu récemment que la peau, loin d’être une surface inerte de revêtement, renferme en grande quantité des ferments divers (amylase, lipase, etc...). Cette notion doit ouvrir à la dermatologie des voies nouvelles; toutes les publications sur ce sujet sont analysées et confrontées dans ce volume. L’activité des cellules cutanées (pigmen-togenèse, ferments) dépend de la réaction du milieu, du pH intra-cellulaire; aussi sont rapportées dans ce livre les différentes méthodes de mesure de la concentration des ions hydrogène dans les cellules en général et dans celles de la peau en particulier.
- Ces données de chimie-physique nous permettent-elles d’expliquer le rôle de la peau dans l’infection et dans l’immunité, rôle bien établi par les travaux de Besredka; le mécanisme des cuti-réactions en est-il éclairci ? Nos connaissances actuelles sur ces questions sont exposées en détail. Le dernier chapitre expose les diverses méthodes analytiques et particulièrement microanalytiques applicables à la recherche et au dosage des constituants immédiats et élémentaires de ce tissu, et rapporte les résultats qui ont pu déjà être acquis.
- L’expérimentation biologique. (Une défense du droit humain dans l’enfant), par Jacques Lourbet. 1 broch. in-16, 64 p. Chez l’auteur, à Saint-Girons. Prix : 2 fr. 50.
- L’unité psychique et les troubles mentaux, par
- Maurice Mignard. 1 vol. in-8, xiv -j- 318 pages. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, Paris, 1928. Prix ; 35 francs.
- Le Dr Mignard, médecin chef des Asiles de la Seine, mort récemment, poursuivait depuis nombre d’années une longue série d’observations et d’études sur les états psychiatriques, analysés d’un point de vue psychologique. Avec le Dp Toulouse, il avait dégagé peu à peu la notion d’autoconduction, devenue l’autoduc-tion, puis la maîtrise de l’esprit, qu’il opposait à l’emprise du corps dont la dominance expliquerait les déficiences et les maladies mentales. Cette notion classique, traditionnelle, dualiste, s’oppose aux théories associationnistes qui expliquent les mêmes états par des dissociations de la personnalité.
- Ce livre posthume est l’exposé définitif des idées du Dr Mignard sur cette question fondamentale. Successivement, il y passe en revue tous les troubles psychiatriques : les obsessions, la crise épileptique, les impulsions, les troubles psycho-moteurs, les hallucinations, la manie, la mélancolie, la confusion, les délires, la schizoïdie et la schizophrénie, les pseudo-démences et les démences, l’arriération, le déséquilibre et les états de perversion instinctive. Partout, sous la diversité des troubles corporels, organiques et des automatismes neurologiques, il retrouve la même unité mentale, psychique, mais seulement agissante, ou passive, et il explique par ces désharmonies tous les phénomènes psychopathiques.
- Gela le conduit à refouler l’inconscient dans le domaine physiologique, à ne plus admettre dans le domaine psychologique que la conscience, plus ou moins distincte, pour aboutir à une conception philosophique générale dont il dégage les conséquences pratiques : la culture de l’orthopsychie par l’hygiène mentale, la psychothérapie, l’éducaiion et la culture morale.
- C’est un livre clairement écrit, fortement pensé, qui rompt avec _bien des habitudes, psychiatriques actuelles.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- Le plus grand télescope du monde.
- On va entreprendre aux Etats-Unis la construction d’un gigantesque télescope à miroir, qui dépassera de beaucoup tout ce qui a été fait jusqu’ici dans ce genre d’appareils.
- Le nouveau télescope aura, en effet, un miroir de 200 pouces de diamètre (plus de 50 mètres) ; le record est jusque maintenant détenu par l’Observatoire du Mont-Wilson, qui possède un télescope à miroir de 100 pouces de diamètre.
- Le nouveau télescope est destiné à l’Observatoire astrophysique de l’Institut technologique de Californie, qui l’utilisera en collaboration avec l’Observatoire du Mont-Wilson. Les programmes de recherches à effectuer avec l’instrument seront arrêtés de concert par les deux institutions.
- Les frais de construction seront assumés par l’International Education Board, de New-York, qui administre certaines des libéralités de M. Rockefeller.
- La construction de l’appareil posera des problèmes difficiles ; pour les résoudre, il a été constitué, sous la direction du Dr G. E. Haie, directeur honoraire de l’Observatoire du Mont-Wilson, un comité exécutif réunissant des astronomes, des physiciens et un certain nombre d’ingénieurs et de constructeurs éminents.
- On envisage de constituer le miroir par un disque de quartz fondu. Jusqu’ici, on n’a jamais réalisé, en quartz fondu, de pièces aussi importantes. Mais le Dr Elihu Thomson, qui travaille cette question au laboratoire de la General Electric C°, espère y parvenir.
- Il envisage de couler un bloc de quartz, qui naturellement sera rempli de fines bulles de gaz, puis, à la surface du disque, d’obtenir par fusion une couche entièrement exempte de bulles dans laquelle sera rodée la surface proprement dite du miroir. L’avantage du quartz est son très faible coefficient de dilatation, grâce auquel les variations de température subies au courant des observations n’imposeront au miroir que de très faibles déformations. A défaut de quartz, dans le cas où la méthode du D' Thomson ne réussirait pas, on envisage l’emploi du verie Pyrex qui est, à cet égard, supérieur au verre ordinaire, mais inférieur au quartz. L’emplacement définitif du nouveau télescope n’est pas encore arrêté. Il ne sera choisi qu’après de minutieuses investigations.
- LE PRIX NOBEL DE MÉDECINE Charles Nicolle.
- Le comité du Prix Nobel de Médecine, désigné par l’Institut Carolin de médecine et chirurgie, vient d’attribuer pour 1928 cette haute récompense à notre compatriote, M. le Dr Charles Nicolle, directeur de l’Institut Pasteur de Tunis.
- Après un long stage à l’Institut Pasteur de Paris, le DrNicolle est allé diriger celui de Tunis où il réside depuis plus de 20 ans. Il y a étudié la plupart des maladies transmissibles de l’Afrique du Nord : mélitococcie, trachome, etc,, au diagnostic et au traitement desquelles il a apporté d’utiles contributions.
- Son plus grand titre de gloire est certainement la prévention et la guérison du typhus exanthématique, une des plus graves maladies infectieuses et une des plus répandues à la surface du globe, dont les épidémies ravageaient les armées en campagne et les populations pauvres et mal soignées. Nicolle et ses collaborateurs, Comte et Conseil, ont prouvé, dès 1909, que la maladie est transmise par les poux, puis, avec Conor et Conseil, Nicolle a montré que le virus, qu’on croyait jusqu’alors transmissible à l’homme seul, peut être aussi inoculé au chimpanzé, puis de celui-ci aux singes inférieurs; le même virus peut être aussi inoculé au cochon d’Inde auquel
- il ne donne toutefois qu’une légère fièvre. C’était la porte ouverte à l’expérimentation. Peu après, Nicolle découvrait que le sérum d’un convalescent de typhus, injecté à des hommes sains vivant dans un milieu contagieux, leur donne une immunité temporaire immédiate leur permettant de vivre sans danger dans ce milieu et par conséquent de limiter et d’éteindre une épidémie commençante.
- La découverte du rôle des poux dans la transmission du typhus (Pediculus capitis, et surtout Pediculus vestimenti) a été largement utilisée pendant la guerre et les installations d’épouillage ont certainement contribué à empêcher les épidé-
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- M. Charles Nicolle.
- mies meurtrières de typhus qui, jusqu’alors, décimaient les armées en campagne.
- Le rôle protecteur du sérum de convalescent a été étendu par Nicolle et Conseil à la prévention de la rougeole chez les enfants vivant dans un milieu contaminé et est devenu la base d’une nouvelle méthode d’immunisation.
- Outre ces travaux d’une utilité de premier ordre, Nicolle a réalisé à Tunis un centre de recherches scientifiques des plus actifs et groupé autour de lui nombre de collaborateurs éminents.
- Il a écrit, outre de nombreux mémoires, deux traités : Eléments de. microbiologie générale (1901), et Traité de technique microbiologique (1902). En 1919, avec Cesari et Jouan, il a publié une étude d’ensemble résumant ses recherches sur les toxines et les antitoxines.
- Telleest, trop brièvement résumée, l’œuvre que le prix Nobel de médecine vient de justement reconnaître et récompenser.
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- = PETITES INVENTIONS
- OBJETS UTILES
- Filtre à café pneumatique combiné avec le. moulin.
- Dans ce filtre, le passage de l’eau à travers le café moulu est facilité par la pression de l’air agissant sur la surface du liquide, ledit air étant envoyé et maintenu dans ,1a capacité étanche dans laquelle se dispose l’eau chaude par une pompe ou tout autre moyeu. Quand cet air n’est pas envoyé dans ladite capacité, la dépression s’opposant au passage de l’eau
- par la partie inférieure du filtre maintient le liquide chaud à l’intérieur du filtre, permettant ainsi son utilisation pour les infusions.
- Le café moulu est disposé entre deux grilles amovibles, l’une reposant sur une collerette du fond défoncé du filtre et munie d’une tige de guidage pour la grille supérieure qui reçoit élastiqucjment la pression du couvercle quand il est appliqué d’une façon étanche sur le filtre. La disposition des deux grilles assure la formation d’une galette de café pressé permettant son enlèvement après usage sans salir le filtre et par suite l’utilisation immédiate de ce dernier pour une autre opération,
- La grille supérieure peut être remplacée par un moulin
- maintenu en position par des guides intérieurs ou par des pattes extérieures s'accrochant sur les boutons isolants de préhension du filtre, le levier de commande du moulin étant amovible et en plusieurs parties pour l’emmanchement.
- Un moyen d’insufflation de l’air dans le filtre peut être judicieusement constitué par une pièce élastique creuse maintenue d’une façon étanche sur le couvercle et percée d’un trou, celte pièce envoyant, quand on appuie dessus en bouchant le trou, l’air qu’elle contient dans une tubulure obturée par une vis à saignées longitudinales maintenant une gaine élastique s’appliquant extérieurement contre des trous latéraux de la tubulure.
- En vue de l’étanchéité du couvercle sur le filtre, ledit couvercle porte un anneau élastique de serrage, lequel est obtenu progressivement par des pattes du couvercle montant sur des rampes ménagées sur le bord supérieur du filtre.
- La poire élastique, dont la partie supérieure est ici coiffée d’un capuchon, a toute sa partie inférieure enfoncée dans une collerette qui est, elle-même, aux trois quarts placée à l’intérieur du couvercle. Un goujon fileté introduit dans le col de la poire assure l’étànchéité par ses bords qui viennent presser le caoutchouc sur les parois intérieures de la collerette lorsqu’on actionne la vis de rappel.
- Le récipient peut recevoir un moulin à café (fig. 1). Le moulina café à ailettes est solidaire d’un ruban passant à l’intérieur du cône du moulin, et dont les extrémités sont reliées chacune à une rondelle et placées sur le tube faisant office d’arbre d’entraînement. Dans cet arbre sont pratiquées deux lumières rectangulaires destinées à recevoir le bec de la manivelle. Cette manivelle est pliante par l’axe et munie d’un bouton d’entraînement. Les ailettes peuvent être remplacées par des pattes flexibles venant s’accrocher extérieurement sur les boutons isolants de préhension du filtre. Les griffes, en parcourant les rampes du récipient, abaissent le couvercle qui écrase, en outre du joint en caoutchouc, le ressort et comprime le café tout en assurant l’étanchéité.
- En appuyant sur la poire en caoutchouc simplement avec le doigt, ou plus commodément avec son capuchon retourné, dont la tête de semence est introduite dans l’orifice de la poire, la pression de l’air fait rapidement passer l’eau chaude qui y a été préalablement introduite à travers le café moulu quelle que soit sa compression par le pressoir.
- Le couvercle et le pressoir enlevés, le marc, asséché par la poussée d’air, est retiré moulé et durci comme un pâté au môyen' de la petite tige qui amène la grille sur laquelle il repose.
- On constate alors que le filtre est resté très propre malgré l’opération.
- Loison, 105, rue de Prony. Paris.
- Poire é/astiqi
- — AV
- Coupe du moulin
- Coupe du filtre
- Extenseur pour poser le filtre sur une tasse
- Fig. 1. — Filtre à café pneumatique combiné avec le moulin.
- I) Coupe de l’appareil combiné; II) Coupe du moulin; III) Extenseur pour poser le filtre sur une tasse; IV) Manivelle pliante.
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- Sécheur apprêteur pour rideaux.
- Cet appareil breveté permet de sécher les rideaux de tulle et les linges légers au lieu de les repasser.
- Il prépare des rideaux d’une régularité absolue et économise le combustible.
- C’est un cadre repliable garni de feutre qui porte les dispositifs de réglage suivant les rideaux que l’on veut travailler. Yoici comment on opère :
- Les rideaux ayant été lavés et passés à l’amidon cuit, on les égoutte en les pressant dans un linge, puis on les place sur le cadre disposé comme grandeur pour les recevoir afin de les faire sécher.
- Pour épingler, on place le cadre à plat, soit sur une table, soit simplement sur deux dos de chaises. On épingle d’abord un petit côté du rideau; les épingles extérieures, celles qui tiennent la pointe des dents du rideau, par exemple, sont placées sur la partie du feutre voisine des clous, c’est-à-dire sur la paitie du feutre soutenue par la bande en bois ; l’épingle est enfoncée dans l’épaisseur du feutre et ne doit pas revenir sur le rideau.
- On épingle les détails du contour (dents, festons, etc.) sur toute la partie feutre.
- Quand un des petits côtés est ainsi placé on épingle le second petit côté du rideau.
- Si la mesure du cadre est bien prise pour la longueur du rideau, quand le rideau est ainsi épinglé par les deux bouts, il ne doit pas être tendu, mais doit former une courbe bien prononcée, car le rideau mouillé a augmenté de longueur et on risquerait de le voir se déchirer, s’il était trop tendu.
- On épingle ensuite lés deux grands côtés ; pour cela on place 3 ou 4 épingles réparties dans toute la longueur pour soutenir le rideau sur un même côté et on fait de même de l’autre côté en ayant soin de placer les parties du dessin qui se correspondent bien en face les unes des autres.
- Le rideau ainsi soutenu de place en place, on termine l’épinglage.
- On laisse sécher, le temps de séchage varie beaucoup suivant la température.
- Ainsi, l’été, à l’air et au soleil, le rideau peut sécher en 5 minutes.
- Dans une pièce fermée et froide, il faudra quelquefois plusieurs heures. Plus l’air circule autour du rideau, plus il sèche vite.
- Le rideau une fois sec est enlevé et il ne reste plus qu’à le plier ou le rouler pour le ranger.
- Deux rideaux d’une même fenêtre sur le même cadre ont toujours exactement la même largeur et la même longueur, ils ne doivent avoir aucun pli, et tous les dessins, les dents, festons, etc., doivent ressortir et se tenir absolument raides. Le rideau, n’étant abîmé par aucun acide, ni par le fer à repasser, conserve indéfiniment son aspect de neuf.
- Le cadre plié peut faire 0 m. 90 X 1 m. 50; ouvert, 0 m. 90 X 3 m.
- Pour les pièces plus larges, on prend en plus deux bandes de 1 m. 50 qui donneront un cadre de 3 x 1 m. 50 ou deux de 2 m. qui donneront un cadre de 3 m. x 2 m.
- Constructeur : M. J. Spettel, 17, Ailla du Bel-Air, Paris (XIIe).
- a
- Distributeur d'épingles.
- Quand on prend des épingles dans une sébile, on risque fréquemment de se piquer les doigts, si l’on a affaire à des épingles d’aciéi-très pointues.
- Fig. 2.
- Sécheur apprêteur pour rideaux.
- Pour remédier à Ce petit désagrément, un inventeur a imaginé de construire un petit distributeur d’épingles composé d’un tube fermé par un cône perforé.
- Le tube coulisse dans une monture tubulaire portée par le pied de l’appareil.
- Appuyons sur le tube supérieur; il coulisse et s’enfonce dans sa monture et une épingle se présente par l’orifice supérieur.
- Quand on libère le tube, il remonte de lui-même sous l’action d’un ressort à boudin.
- Le trou perforé supérieur ne peut laisser passer qu’une seule épingle et quand on appuie pour enfoncer le cône et le tube qui le porte, l’aiguille en -gagée dans un canal
- inférieur au fond d’un Distributeur d'épingles.
- petit entonnoir ne descend pas, grâce à une tige butée placée au centre du ressort à boudin supérieur qu’on voit sur le croquis (fig. 3).
- L’appareil peut contenir 75 épingles qu’il faut placer la pointe en bas, afin qu’elles puissent s’engager chacune à leur tour dans le canal de l’entonnoir du bas, qui a pour mission de maintenir l’épingle en position de sortie par l’orifice supérieur.
- Mathieu, 74, rue de Turenne, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Une belle expérience électrique.
- Il faut disposer d’une bobine Ruhmkorff donnant quelques centimètres detincelle. Le rupteur de la bobine doit être rapide et
- réglé de telle sorte qu’on obtienne une étincelle chenille, très chaude.
- Sur un bâti de bois quelconque, on tend verticalement sur des pièces d’ébonite deux fils de cuivre de 4 à 6/10, légèrement divergents de bas en haut.
- Ces fils seront, par exemple, distance de 25 millimètres à leur partie inférieure et de 30 mm à leur partie supé-îieure, pour une hauteur d’un mètre (voir figure). Ces fils étant reliés respectivement aux pôles secondaires de la bobine en fonctionnement, il se produit ceci :
- L’étincelle éclate à la partie la plus rapprochée des fils, c’est-à-dire en bas. Mais elle échauffe l’air immédiatement au-dessus d’elle, ce qui lui crée un chemin meilleur conducteur qu’elle emprunte aussitôt. Le même phénomène conti -nuant à se reproduire, l’étincelle monte plus ou moins rapidement, de l’extrémité inférieure à l’extrémité supérieure des fils, où elle disparaît. Mais elle est aussitôt remplacée par une nouvelle étincelle, jaillie à la partie inférieure du système, qui monte à son tour, et ainsi de suite.
- Dans une demi-obscurité, cette expérience produit un effet sai-
- sissant. A plus forte raison si l’on emploie, au lieu d’une bobine, un transformateur à haute tension, alimenté par l'alternatif, et des fils é artés de 100 millimètres sur une hauteur de plusieurs mètres. P. Tannog.
- Les Tremblements de terre en Algérie.
- M. Gonnessiat, Directeur de l’Observatoire d’Àlger-Bouzaréah, nous écrit :
- <( L article donné dans La Nature du 1er novembre sur les tremblements de terre en Algérie appelle une importante rectification.
- Le désastre de Djidjelli, le 17 août dernier, n’est pas dû à une secousse sismique, mais à une tornade, venue des côtes d’Espagne, qui a sévi sur le littoral algérien de Bougie à Djidjelli. Le séisme capable d’une telle dévastation aurait eu sa répercussion dans les environs, et se serait inscrit dans les stations sismographiques jusqu’à des milliers de kilomètres.
- Or on n’a signalé aucune secousse dans la région, et le sismographe de l’Observatoire, à 200 km de distance, est resté parfaitement calme. »
- Le Rayon Vert.
- M. Partiot nous écrit à ce sujet :
- « Depuis 3 ans, j’ai passé avec ma famille le mois de juillet à Sion (Vendée), dans la villa Rayon Vert.
- Comme beaucoup d’autres, j’étais au début sceptique sur l’existence du fameux rayon ; j’ai cependant pu l’observer 3 ou 4 fois chaque année. '
- Voici comment je l’ai vu la première fois.
- Assistant au coucher du soleil, je projetais son image sur le mur au moyen d’un trou percé dans un carton, et j’observais l’image du disque ébréché diminuant jusqu’à disparaître. Au moment précis où je cessai de rien voir sur le panneau, je me retournai et j’aperçus le dernier bord lumineux et vert; c’est d’ailleurs très fugitif, 1 à 2 secondes au plus. Je l’ai revu, comme jevous l’ai dit, 3 ou 4 fois par an, mais il faut que le temps soit très pur, et le début de juillet est probablement l’époque la plus favorable. »
- A la bobine
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Un nouveau phonographe à disques de 40 minutes d’audition.
- Le nouveau phonographe décrit dans le n° 2757 de La Nature, et qui fonctionne avec des disques dont l’audition dure 40 m, est construit par la Société « Edison », dont le représentant en b rance est la Maison Gras, 12, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- M. de la Borde, a Casablanca (Maroc).
- Choix de disques pour la reproduction phonographique.
- Les disques à saphir ne sont plus guère employés, et, d’ailleurs, conviendraient très mal pour la reproduction phonographique à l’aide d’un pick-up électromagnétique; on emploie donc exclusivement dans ce but des disques à aiguille, et spécialement des disques enregistrés électriquement.
- D’autre part, comme il a été déjà indiqué dans les chroniques de la Revue, tous les disques ne permettent pas d’obtenir une reproduction satisfaisante dans l’état actuel de l’enregistrement et de la construction d’ensembles reproducteurs de modèles courants pour amateurs.
- En général, les soli d’instruments à cordes ou à vent, de même
- que les soli de chant ou les monologues; et quelques morceaux d’orchestre bien choisis sont particulièrement recommandables ; par contre, les chœurs et les morceaux d’orchestre à un grand nombre d’exécutants sont souvent d’une reproduction assez défectueuse.
- Le choix des disques à employer est cependant assez varié, comme on le voit, et, d’ailleurs, la technique de la construction des appareils reproducteurs est encore à ses débuts et s’améliore chaque jour. M. Bloch, a Paris.
- Où se procurer de Tébonite au détail?
- Vous pouvez vous adresser à la maison Cop, 52, rue des Archive-à Paris, spécialisée dans la vente de l’ébonite, et qui accepte de la couper en toutes dimensions.
- A. G. 34.
- Alimentation d’un appareil de reproduction phonographique.
- On peut alimenter facilement un appareil de reproduction phonographique, de même que tous postes de T. S. F., à l’aide du : courant alternatif redressé d’un secteur.
- Le problème est rendu plus facile par le fait qu’on utilise unis
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- quement des étages d’amplification basse fréquence, et il est seulement un peu plus délicat lorsqu’il est nécessaire avec plusieurs lampes de puissance d’obtenir une intensité élevée du courant de plaque.
- Pour les appareils courants d’amateurs, le moyen le plus simple consiste généralement à utiliser une petite batterie de chauffage à faible capacité mais très robuste, chargée continuellement par une soupape au tantale ou du type nouveau Rectox Cuproxyde.
- Le courant de plaque est fourni par un ensemble de redressement comprenant une valve bi-plaque électronique avec son transformateur d’alimentation et un circuit filtre bien étudié.
- M. James, a Levallois-Perret (Seine).
- Livre donnant la description d’un poste de T. S. F.
- Vous pourrez trouver dans la T. S. F. des amateurs de Duroquier (Masson, éditeur) la description pratique de la construction des différents organes de quelques récepteurs simples.
- Si vous désirez un livre théorique, mais sans mathématiques, indiquant la description et le fonctionnement de tous les organes d’un poste de réception moderne, vous pouvez consulter « Le Poste de l’Amateur » (Ghiron,. éditeur, 40, rue de Seine, Paris).
- Enfin, pour avoir des indications particulières sur les mesures, les phénomènes de propagation, les organes accessoires d’un poste, vous pouvez consulter : « La Pratique Radio-Electrique » (Masson, éditeur). M. Thillard, a Déviât (Charente).
- Déréglage d’un poste récepteur.
- Nous ne comprenons pas bien comment le réglage de votre appareil a pu être modifié brusquement, si vous n’avez pas changé les bobinages d’accord et si les lampes ainsi que les batteries d’alimentation sont également restées sans changement.
- Il faudrait donc, d’abord, vérifier l’état des lampes et la tension de vos batteries à l’aide d’un voltmètre.
- Si vous ne constatez alors rien d’anormal, le déréglage ne peut provenir que d’une modification du montage intérieur du poste ou du collecteur d’ondes.
- Il semble improbable, d’ailleurs, bien qu’on ne puisse rien affirmer a priori et sans avoir examiné « de visu » l’appareil, qu’une détérioration interne ait pu se produire, parce que le fonctionnement demeure satisfaisant et que le montage est, d’ailleurs, fort simple malgré sa complexité relative apparente. On peut cependant songer à un décalage des lames mobiles ou simplement du cadran du condensateur d’accord.
- L’hypothèse d’une modification accidentelle de l’état de l’antenne ou de la prise de terre est également plausible.
- Le déréglage n’altère d’ailleurs pas les qualités de l’audition ni la sensibilité de l’appareil, il ne semble n’avoir d’autres inconvénients que de modifier les repères antérieurs de votre appareil.
- M. Caget, a Charme (Charente).
- Réglage d’un poste de T. S. F. à cadre.
- Le réglage d’un poste moderne de réception, et surtout d’un appareil à cadre, ne nécessite absolument aucune connaissance spéciale et peut facilement être effectué par la main peu expérimentée d’une femme. Il existe maintenant d’assez nombreux modèles de postes à réglage automatique ou semi-automatique dont le fonctionnement paraît très satisfaisant. Vous pourrez trouver dans le petit ouvrage La T. S. F. des Usagers (Masson, éditeur) tous les détails permettant de choisir rationnellement un poste de ce genre, d’après les résultats que vous voulez obtenir et les conditions locales de l’installation.
- Mme Michel, a Paris.
- Questions diverses sur les circuits-filtreurs et les lampes à plusieurs électrodes.
- 1° Le schéma de montage que vous nous adressez est celui d’un circuit-filtreur avec liaison électrostatique qui a été décrit dans la revue La T. S. F. pour Tous.
- Le condensateur C' ne sert nullement à « l’absorption des parasites », ce qui ne signifierait d’ailleurs absolument rien; il transmet simplement à l’appareil de T. S. F. les oscillations radiophoniques transmises par l’antenne et qui ont passé à travers le circuit-filtreur.
- La borne T du circuit-filtreur doit être connéctée à la borne « terre » du poste récepteur, et le couplage entre le circuit-filtreur et le circuit d’accord du poste récepteur s’effectue donc simplement à l’aide du condensateur C' au lieu de s’effectuer par induction électromagnétique.
- 2° Pour la réception des ondes moyennes, on branche l’antenne à la borne Aj et la terre à la borne T, on connecte les bornes A2 et T.
- Pour la réception des ondes courtes, on branche l’antenne en Aa, la terre en T et l’on déconnecte les bornes A2 et T.
- Enfin, nous avons indiqué plus haut que la borne T du filtre devait être connectée à la borne terre du poste récepteur.
- 3° Vous semblez ne pas avoir une notion exacte de ce qu’on appelle « coefficient d’amplification » d’une lampe de T. S. F., vous pouvez consulter à ce sujet le livre de M. Gutton, La lampe h trois électrodes (librairie Armand Colin).
- 4° La lampe trigrille semble surtout employée actuellement pour réaliser des montages détecteurs ou à changement de fréquence.
- Dans ce dernier système, la troisième grille sert généralement à obtenir un effet réactif supplémentaire qui augmente l’efficacité du changement de fréquence.
- On peut utiliser des lampes trigrilles en détecteurs à réaction simplement avec le montage classique du condensateur shunté sur le circuit de la grille principale en portant les deux autres grilles à un potentiel positif relativement élevé, bien qu’inférieur à la tension de plaque.
- D’autres montages très divers plus complexes ont pu être réalisés; ils sont plus ou moins délicats, et leur mise au point paraît encore difficile.
- L’amplification obtenue paraît, en général, un peu supérieure à ce qu’on obtient avec une lampe triode, et surtout la tension plaque nécessaire peut être fortement diminuée.
- 5° Le montage d’une lampe trigrille en amplificateur basse fréquence que vous nous indiquez ne paraît pas avoir d’intérêt actuellement, étant donné l’emploi possible des lampes à grille-écran pour l’amplification basse fréquence.
- Le seul avantage de la lampe trigrille, dans ce cas, serait l’emploi d’une tension plaque moins élevée.
- Grauguin, a Hauteroche (Cote-d’or).
- Pour désinfecter un poulailler.
- Le crésyl Jeyes répond parfaitement à vos besoins : les quantités à demander vous seront indiquées par les fabricants, 35, rue des Francs-Bourgeois à Paris.
- M. Christian, a Bordeaux.
- Force ascensionnelle de l’hydrogène.
- Le poids de 1 m3 d’air à 0° sous pression de 7ti0 mm de mercure est de 1 le. 291 ; dans les mêmes conditions celui de lm3 d’hydrogène, compte tenu des impuretés, est pratiquement de 0, 12 kg. Il en résulte que dans ces conditions de température et de pression, la force ascensionnelle de 1 m3 d’hydrogène est de
- 1 kg. 17. Pour porter 70 kg (y compris l’enveloppe), il faut donc environ 60 m3 d’hydrogène ; le rayon du ballon sera alors de
- 2 m. 42.
- Voici les adresses de fournisseurs de tissus pour ballons : Hutchinson, 2, rue Balzac, Paris ; Barbet-Massin, 3, rue Saint-Fiacre, Paris; Là Soie, 155, rue Saint-Denis, Paris.
- II. S., A Lille.
- En quoi consistent tes machines frigorifiques à absorption.
- Les machines frigorifiques dites à absorption ou à affinité sont basées sur l’aptitude remarquable que possède au plus haut degré l’eau, d’absorber à basse température soit aux environs de zéro degré, près de 900 fois son volume de gaz ammoniac AzH3.
- Cette dissolution ammoniacale est placée dans un récipient fei\mé dont on peut élever la température ; sous l’action de la chaleur, le gaz ammoniac se volatilise et par une tuyauterie va se liquéfier par sa propre pression, l’espace étant clos, dans un serpentin entouré d’eau froide. Les calories restituées par cette liquéfaction sont absorbées par cette eau.
- L’ammoniac liquide se rend ensuite dans un détendeur placé à l’endroit que l’on veut refroidir, où, revenant à l’état gazeux, il
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- emprunte de la chaleur au milieu environnant qui est ainsi réfrigéré, puis le gaz entre dans un absorbeur où il rencontre l'eau, il s’y dissout; la solution est renvoyée par une pompe dans le récipient du début et le cycle recommence.
- On voit que les éléments en réaction eau et gaz ammoniac, que l’on utilise, sont très économiques. En théorie, le rendement de ces appareils devrait être supérieur à celui des machines frigorifiques à compression qui nécessitent l’intervention de moteurs et de pompes pour liquéfier le gaz, alors que dans les machines à absorption, on utilise directement sous la chaudière les calories fournies par le charbon.
- Cependant, il faut tenir compte de ce que cette chaleur sert non seulement à vaporiser le gaz ammoniac, mais encore à chauffer jusqu’à température convenable l’eau de cette chaudière; en outre, les joints des tuyauteries ont beaucoup à souffrir des chauffes et refroidissements successifs, enfin l’encombrement de ces appareils est relativement grand par rapport à leur rendement. Les machines à absorption qui au début avaient une certaine vogue se voient maintenant, pour ces raisons, abandonnées au profit des machines à compression, dans les installations importantes ; mais elles trouvent de nouvelles applications dans certaines machines domestiques. M Oautiiieiî, a LYon.
- La crème à raser auxiliaire du rasoir.
- Depuis quelque temps, l’usage des savons sous forme décrûmes s’est de plus en plus répandu pour le rasage, leur préparation est d’autant plus facile qu’elle consiste à saturer de l’acide stéarique, produit courant, sous la forme bougies, par une quantité de soude ou de potasse caustique telle qu’une fois le savon formé, il reste de l’acide stéarique en excès, et non de l’alcali; la masse est ensuite diluée et additionnée de glycérine pour lui donner la consistance de crème.
- Voici d’après Durville les proportions à adopter pour avoir un
- bon résultat :
- Acide stéarique..................................100 gr.
- , Eau distillée.................................. 800 —
- Glycérine........................................ 60 —
- Lessive de soude caustique à 15°B............ 30 —
- Faire fondre au bain-marie l’acide stéarique, puis ajouter la lessive de soude, laisser quelques minutes en contact, verser ensuite la glycérine et l’eau.
- Abandonner au repos jusqu’à solidification et chauffer à nouveau pour obtenir une nouvelle fluidité, puis faire refroidir, en battant constamment, ajouter pendant cette opération le parfum
- choisi, par exemple :
- Héliotropine cristallisée porphyrisée..........4 gr.
- Musc artificiel .............................2 —
- Glycériue (pour homogénéiser) . ..............5 —
- Mettre en pots, recouvrir dune feuille d’étain ou d’aluminium, fermer hermétiquement et conserver en lieu frais.
- JV. B. — Le second chauffage est indispensable à une bonne réussite, le battage pendant le refroidissement doit être de préférence effectué mécaniquement (Malaxeur Savy).
- MM. Métayer, a Angers ; Hanal, a Bois-Colombes.
- P.-S. — Les taches d’encre s’enlèvent à l’eau de Javel (bien rincer ensuite), celles de peinture à l’essence de térébenthine.
- Sachons pourquoi les cerises se ratatinent dans Veau-de-vie.
- Lors de la préparation ménagère des cerises à l’eau-de-vie, on a coutume de mettre les cerises directement dans l’alcool et de ne sucrer qu’après une macération prolongée.
- En opérant ainsi, on constate presque toujours, et d’autant que l’alcool est plus concentré, un ratatinement des cerises qui se rident, se flétrissent et prennent un aspect peu engageant.
- La cause de ce phénomène est facile à trouver : au contact de l’alcool fort, l’albumine contenue dans le fruit se coagule, la chair devient dure et comme d’autre part l’eau qu’elle contenait s’est combinée à l’alcool, il en résulte une déshydratation de la pulpe correspondant à un véritable séchage et une diminution sensible à l’œil du volume avec plissement de la peau du fruit.
- Pour remédier à cet inconvénient, il faut que l’intérieur du fruit soit le mieux possible en concordance avec le milieu extérieur de
- manière à réduire et même à supprimer les échanges osmotiques au travers de la pellicule, ce qui peut se ramener aux précautions essentielles suivantes : piquage du fruit, sucrage de la pulpe, mise en bain également sucré et à faible degré alcoolique.
- Voici comment on doit opérer pour se rapprocher de la pratique industrielle qui donne des fruits de belle présentation.
- On choisit de préférence, pour mettre à l’eau-de-vie, des cerises aigres dites de Montmorency qui sont belles et grosses et conviennent pour cet usage, on les prend bien colorées, mais cependant avant qu’elles aient atteint toute leur maturité, car alors elles s’écraseraient On coupe la moitié de la queue et pique le fruit en tous sens avec une épingle.
- D’autre part on fait un sirop avec 500 gr. de sucre et deux verres d’eau; dans ce sirop tiède, on plonge un kilogramme de cerises préparées et les y laisse jusqu’au lendemain en ayant soin, par exemple avec une assiette, de maintenir les fruits immergés.
- Les fruits sont alors enlevés et rangés dans le bocal qui doit les recevoir; le sirop restant dans le récipient est remis sur le feu et concentré jusqu’à ce qu’il marque 37° Baumé; après r efroidissement complet on l’additionne d’un litre d’eau-de-vie à 45° GL, puis le tout bien mélangé et clarifié par le repos sert à remplir complètement le bocal après avoir placé dans celui-ci un nouet de linge propre contenant la valeur d’un dé à coudre de cannelle, quatre clous de girofle et une pincée de coriandre. Agiter de temps à autre pour assurer l’homogénéité des milieux internes et externe dont nous avons signalé l’importance ; au bout d’un mois le produit peut être consommé.
- M. Bourlier, a Boissy Saint-Léger.
- P.-S. — Pour remettre en état les cadres dorés, commencer par les épousseter soigneusement avec un pinceau un peu dur dont les soies pénètrent dans les anfractuosités.
- Ensuite battre ensemble trois blancs d’œufs, puis y ajouter une cuillerée à soupe d’eau de Javel.
- Tremper une brosse douce dans ce mélange et en frotter légèrement le cadre à traiter, laisser sécher sans rincer, ni essuyer.
- L’albumine du blanc d’œuf joue ici le rôle de vernis protecteur, en même temps que l’hypochlorite détruit la matière organique des poussières fixées et par conséquent les fait disparaître.
- Choses et autres.
- M. Pécard Tauvin, a Amboise. — La colle à laquelle vous faites allusion et que vous indiquez devenir insoluble dans l’eau après séchage ne doit pas être une colle de poissons, car, ainsi que nous l’avons signalé précédemment, ces colles ont l’inconvénient d’être très hygrométriques. Nous pensons plutôt, qu’il s’agit d’une colle au silicate, constituée simplement par la solution commerciale de silicate de soude ou de potasse neutre à 36° Baumé, ou par cette même solution additionnée de 1 pour 100 de chlorure de zinc étendu de dix fois son volume d’eau, et battue longuement jusqu’à consistance visqueuse.
- M. Saint-Meleuc, a Gorre. — Les encres des anciens manuscrits étaient à base de charbon et non de tannales de fer comme le sont les encres récentes, il ne faut donc pas compter par réactions chimiques faire disparaître les anciennes écritures, pas plus qu’on ne peut le faire avec les caractères tracés à l’encre de Chine, le charbon étant complètement insoluble dans tous les réactifs.
- Le seul moyen de rendre les parchemins utilisables est le grattage que pratiquaient couramment les anciens copistes, ce que l’on peut constater par l’examen des manuscrits qui nous sont parvenus et que l’on désigne sous le nom de palimpsestes (palin, de nouveau, psestos : raclé).
- M. Patin, a Gournay-en-Bray. — 1° Le coupe-verre à molette d’acier, si cclui-ci est de bonne qualité, peut être substitué au diamant; mais il n’en a pas la délicatesse et la durée; vous trouverez ce petit appareil chez tous les quincailliers.
- 2Ü La Maison Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, vous fournira tous instruments gyroscopiques.
- 3° Les pierres dites à l’huile employées pour enlever le morfil après repassage sont de même nature et composition que les pierres lithographiques appelées aussi pierres des Vosges; ce sont également des articles courants.
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- N" 2799.
- LA NATURE
- J 5 Décembre 1928
- LA CITÉ MODERNE
- I - LES THÉORIES
- La récente « Loi Loucheur » a mis à l’ordre du jour le problème de la construction et, partant, celui de la Cité.
- A la vérité, cette loi n’aggrave pas par elle-même l’urgence de la solution, et le public ne doit pas s’illusionner sur la portée du programme prévu. Un simple calcul suffit à montrer la modestie de celui-ci : nous avons en France 12000000 de logements ; la durée d’un immeuble ne dépasse pas en moyenne 200 ans ; il faut donc, pour remplacer les bâtiments détruits par vétusté, 60000 logements nouveaux chaque année. Or, la Loi Loucheur, ne prévoyant, à plein rendement, que 55000 logements en
- générale des conditions, des manifestations d’existence et de développement des villes ».
- Dès l’âge de la pierre taillée, les hommes se s.ont réunis et ont élevé des enceintes pour protéger leurs groupements. C’est l’embryon de la Cité. A l’âge du cuivre apparurent les premiers échanges commerciaux et les routes.
- Les villes les plus anciennes dont on a pu retrouver les traces sont celles de l’Orient. Celle sdeq Jdittites (Syrie, Palestine) présentent une forme enceintes
- concentriques, la préoccupation .'"do^n’âifofeXétant la défense. Celles de l’Égypte (l^&hun, ’^-6èbes)\Memphis,
- Fig. 1. — Vers la cité moderne : Système centrique.
- I, la Tille actuelle : congestion au centre et désordre dans la banlieue; II, démolition du centre; III, reconstruction du centre; IV, les plus-values provenant de la reconstruction du centre servent à l’aménagement de la périphérie. Rassemblement des usines en cité industrielle.
- moyenne par an, n’est pas près de remédier entièrement à la crise de l’habitation, et encore moins de permettre d’envisager la reconstruction de nos villes. Elle empêchera seulement, et ce n’est pas là un mince mérite, la crise actuelle de s’aggraver.
- Cette réserve faite, la tentative n’en est pas moins intéressante au premier chef, et, avec un peu d’optimisme et de confiance en l’avenir, il est permis de la considérer comme l’amorce d'une série de lois et de réformes de vaste envergure, conduisant à la création, à l’organisation d’une « Cité Moderne », fondée sur les besoins de notre époque et sur ses possibilités.
- Il est heureux que la presse ait mis la question en relief, et il est souhaitable que le public puisse connaître les éléments généraux de la question.
- LA CITÉ D'HIER
- L’urbanisme est un mot relativement nouveau pour désignerune science déjà ancienne; il se définit : «l’étude
- avec 100000 habitants) ont à leur base une idée religieuse et sont bâties sur un plan en échiquier, avec rues larges permettant le développement des cérémonies rituelles. Babylone, également en échiquier, eut près d’un million d’habitants, et, s’il ne reste plus de ses constructions en briques crues que d’informes collines d’argile, nous savons qu’elle possédait, outre ses célèbres jardins suspendus, un système très perfectionné de canaux, de quais, de ponts et d’égouts, et la construction y était soumise à des règlements d’édilité dont la rigueur ferait frémir les architectes modernes : l’édification d’un bâtiment hors des alignements prévus « exposait son auteur à la pendaison au faîte de la construction ».
- Fustel de Coulanges a réuni, dans sa « Cité Antique » les études de la fondation des villes grecques et romaines. A la base, un principe religieux ; les fondateurs constituent une association des adorateurs d’un même dieu, dont la ville est le sanctuaire. Le dieu, par l’intermédiaire des augures ou des présages, indique l’emplacement; un
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- sillon, tracé selon les rites, marque l’enceinte future ; deux voies principales, Nord-Sud, Est-Ouest, constituent l’ossature des circulations; en général, une colline englobée dans l’enceinte reçoit les dieux et leurs temples. Les Grecs et les Romains donnèrent à la place publique l’importance qu’elle a gardée dans nos villes méridionales :
- « agora » chez les Grecs, « forum» chez les Romains. Athènes, avec 300000 habitants, avait un bon système de distribution d’eau, mais pas d’égouts. Les Romains, sur la vie desquels Ostie, Herculanum et Pompéi nous donnent des renseignements très exacts, répandirent par leurs conquêtes le tracé de leurs villes en forme de camp, soumises à des prescriptions précises de salubrité, de voierie, d’alignement, munies d’aqueducs et d’égouts largement conçus : au Ier siècle avant J.-G., chaque Romain recevait en moyenne 1000 litres d’eau par jour! Ces conquérants surent cependant assouplir leur système urbain selon les circonstances : Vitruve recommande les rues larges, les maisons hautes pour les pays froids, les rues étroites, les maisons basses pour les pays chauds.
- Passant aux villes créées au Moyen-Age, nous y retrouvons peu de traces de cet urbanisme gréco-romain. Elles rappellent plutôt en général, par leur plan concentrique, défensif, les villes antiques de Syrie. Dans chacune d’elles on peut retrouver une dominante qui influe sur sa forme particulière : défense d’un point central, attraction vers un lieu important, croisement de routes provoquant parfois un plan en damier, etc. En même temps, la fonction urbaine apparaît : la ville-forteresse, la ville-sanctuaire, la ville universitaire, la ville d’industrie, la ville de commerce, accusent leur caractère propre. Et, dans chacune, les quartiers se spécialisent, chaque corps de métier a sa rue.
- La Renaissance, réveil de l’influence antique sur les arts, modifia peu la cité médiévale. Pour ne parler que de la France, c’est Louis XIV qui, avec son génie organisateur et la pléiade d’hommes de valeur dont il sut s’entourer, fit le premier œuvre original. Les beaux tracés de Versailles et de ses avenues donnent à eux seuls une idée de ce siècle de grandeur et de majesté, auquel il ne manqua, au point de vue urbain, comme au point de vue individuel, que le souci de la propreté et de l’hygiène. De cette époque datent cependant les règlements de construction dont quelques-uns des décrets actuels ne sont qu’une adaptation.
- Négligeant dans ce résumé les époques secon-
- daires, passons au xixe siècle, d’importance capitale au point de vue urbain. Il vit loin de chez nous le développement formidable des cités champignons de l’Amérique du Nord, remarquables plutôt par leur rapidité de création que par leur aménagement. En France, sous Napoléon III avec le préfet Haussmann, puis sous la IIIe République, et parallèlement dans les autres pays européens, le problème seposade la « grande ville », et des solutions furent projetées et réalisées, avec un retard plus oumoins considérable, comme le percement du boulevard Haussmann à Paris. Les urbanistes de cette époque ont fait une œuvre vraiment intéressante, et dont le début de notre siècle a subi les bienfaisants effets.
- De la plus haute antiquité à nos jours, la Cité a donc
- évolué lentement, les conditions de la vie étant en somme peu différentes depuis les temps les plus reculés jusqu’au siècle dernier. Au cours de ces âges, les administrateurs de la Cité ont tantôt découvert, tantôt perdu, tantôt retrouvé le sentiment de la pensée directrice nécessaire, de l’autorité organisatrice, de l’urbanisme.
- LE PROBLÈME D'AUJOURD’HUI
- A partir du xixe siècle, le rythme de l’évolution devient de plus en plus précipité. Le développement industriel formidable, amorcé depuis 1850, les découvertes des cinquante dernières années, l’automobile en particulier, rendent actuellement insuffisantes les conceptions d’un urbanisme pourtant récent.
- Nos grandes villes se congestionnent de toutes parts : dans les rues où la circulation paraît devoir mathématiquement s’arrêter bientôt, si on ne se décide pas à agir ; dans les habitations insuffisantes pour la population, et dont les occupants doivent dans les quartiers centraux livrer un combat inégal contre l’envahissement des bureaux, des banques, des lieux de plaisir ; dans les banlieues où, entre les usines sans cesse grandissantes, des lotissements sans voies de communications, sans eau, sans égouts, sans éclairage, s’entassent plus serrés tous les jours. Et, pour diriger les affaires urbaines, l’administration, à la conscience et au travail de laquelle on ne peut que rendre hommage, s’appuie sur des règlements dont la conception date de Napoléon III, quand ce n’est pas de Philippe Auguste, et qui ne peuvent donc tenir compte ni des besoins de notre époque ni de ses possibilités.
- N’en déplaise à une certaine forme de snobisme qui se figure trouver ailleurs ce que nous n’avons pas chez nous, la « Cité Moderne », l’ensemble digne de cet adjectif, n’existe pas plus à l’étranger qu’en France. New York, que certains considèrent comme moderne, parce qu’elle contient un élément moderne, le « gratte-ciel », ne l’est pas plus que Paris : dans le quartier des affaires, 65 pour 100 des locaux sont obscurs : rien n’est plus contraire à la conception de la cité de demain, toute baignée d’air et de lumière. En Allemagne, en Hollande, des efforts sont tentés, mais sans beaucoup plus d’ensemble que chez nous, et le problème, malgré moins d’acuité dans la crise du logement, se pose là aussi avec intensité. Seuls, dispersés aux quatre coins du globe, commeétouf-fés au sein des vieilles cités, se montrent des fragments épars, embryons des villes futures.
- Mais cette cité moderne, la force des choses, à défaut de tout autre élément, et contre toutes les routines, contre toutes les forces d’inertie, suffira pour la créer. Le fiacre de 1880 ressemblait plus au char de l’Égyptien, traîné lui aussi par un cheval, qu’à l’auto actuelle, avec son moteur de 10 ch. Le déséquilibre, qui résulte d’une évolution si soudaine, entre la vie actuelle et son cadre, déséquilibre qui s’accentue tous les jours, ne peut subsister longtemps.
- La soumission aux exigences de l’exécution pratique, aux contingences matérielles, qui fait de l’architecture un art pondéré, en la mettant à l’abri des outrances de la peinture et de la sculpture, l’amènera aussi, inèxo-
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- Fig. 2. — Vers la, cité moderne : Système excentrique.
- I, la ville actuelle dont le centre se déplace d’un mouvement continu; [II, création d’un nouveau centre à l’extérieur; III, la nouvelle cité s’agglomère autour du centre nouveau; IV, la « transfusion » est opérée.
- rablement, à s’inspirer de la vie ambiante : à créer la cité de demain.
- Puisque nous savons qu'elle sera, de gré ou de force, il faut hâter le plus possible l’avènement de cette cité, et ne rien faire qui puisse la gêner. Il faut que le faisceau se forme des intelligences et des talents qui se sont consacrés à ce problème vital, afin de prévoir quels en seront les principes et les éléments. Et, une fois ces bases posées, que la création d’un organisme directeur à vues étendues, à pouvoirs, sinon dictatoriaux, du moins effectifs, permette à la ville nouvelle de surgir peu à peu de l’ancienne.
- Ici cependant, à la base de cette étude technique, doit régner une qualité (un défaut, diront certains) : c’est la modestie. Il faut de la conviction en architecture, autant et plus que dans les autres arts ; mais il faut qu’elle sache éviter un triple écueil.
- Il ne faut d’abord pas médire de ce qui s’est fait jusqu’à nous. Le xixe siècle, que l’on traite de « siècle creux» au point de vue de l’architecture, a tout de même été «l’âge du fer profilé », nouveau matériau qui a indiqué la route à l’architecture moderne, en montrant que les éléments classiques de la pierre ne sont pas indispensables. Quant aux Académies, têtes de Turc des ultra-modernes, elles risquent d’avoir raison contre leurs négateurs acharnés, en élevant dans leur sein les vrais modernes, ceux dont l’œuvre construite demeurera, parce qu’ils ne rejettent
- pas, avec l’imitation des styles antérieurs, (qui ne fait d’ailleurs plus de disciples dans l’enseignement académique lui-même), les lois architecturales qui correspondent depuis toujours à des aspirations de l’esprit : harmonie, unité, stabilité. Tony Garnier, le premier des projeteurs de la ville moderne, fit de sa « Cité Industrielle » son envoi de pensionnaire à la villa Médicis.
- D’autre part, il ne faut pas prétendre à la découverte d’un principe universel.
- Malgré le paquebot,-la locomotive, l’avion, les circonstances locales ne sont pas près de perdre leur influence dans les diverses parties du globe : ne parle-t-on pas de la construction au Japon d’un « gratte-terre » profond de 80 étages?
- Enfin, il ne faut pas tomber dans le défaut du xixe siècle à son apogée : se croire au sommet de l’échelle des possibilités humaines. Le fer apparut un moment le matériau idéal, absolu; il n’a pas mis trente ans pour être détrôné par le béton armé. Gardons-nous de croire que celui-ci est cette fois la matière définitive ; ne projetons pas tout en vue du béton, par le béton, pour le béton. De même, ne faisons pas tout pour l’auto : elle n’existera peut-être dans cinquante ans pas plus que les fiacres à chevaux actuellement. Les découvertes de l’avenir peuvent réserver des surprises rapides. Ne nous mettons pas dans le cas de faire sourire nos successeurs immédiats, et ne nous faisons pas accuser par eux d’avoir, par un
- Fig. 3. — Vers la cité moderne : Système périphérique.
- I la Tille actuelle; II, création de satellites de décongestionnement : organisation de la périphérie; 111,'le centre se décongestionne en déversant ses habitants dans la banlieue réorganisée; IV,‘reconstruction du centre.
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- emballement artificiel, barré la route au progrès, en voulant l’ouvrir.
- LES SYSTÈMES GÉNÉRAUX
- Quelle est la meilleure méthode pour passer de la ville actuelle à la ville de demain ? On peut, sans vouloir entrer dans le détail des projets, répartir ceux-ci en trois systèmes, que nous pourrons appeler : centrique, excentrique et périphérique.
- I. Système centrique. — C’est celui des solutions les plus théoriques et les plus radicales.
- « La Cité actuelle pèche surtout par son centre. C’est là que règne la congestion au plus haut degré, où le besoin est le plus urgent de la modernisation. C’est donc au centre qu’il faut agir. C’est une opération chirurgicale urgente et qu’il faut faire « à chaud. »
- « Rasons donc le centre de la cité, sinon d’ensemble, du moins quartier par quartier, en respectant autant que possible les souvenirs historiques et les monuments. Elevons à la place des anciens quartiers des « gratte-ciel », ou « tours » à étages multiples, largement séparées les unes des autres, pour donner l’air et la lumière,
- « Récupérons les plus-values résultant de la construction en hauteur, et employons ces plus-values pour aménager la banlieue.
- « Ainsi Surgira la nouvelle cité : au centre, le quartier des affaires ; à proximité le quartier de résidence et de plaisir ; autour, les quartiers d’habitation. »
- Tel est le schéma du système. C’est une vue théorique simple et belle, donnant aux nouveaux urbanistes la liberté absolue de reconstruction sur un terrain redevenu vierge.
- Mais, démolir pour remembrer et reconstruire, c’est une vraie révolution. L’opération serait concevable sous un régime communiste qui suppose l’expropriation préalable en bloc, mais cela paraît beaucoup moins praticable sous un de nos régimes capitalistes.
- Il faut aussi compter avec la période transitoire qui pourrait s’étendre sur plusieurs dizaines d’années et qui serait toute de perturbation et de désordre. Ou bien, on élèverait les « tours » sans toucher « provisoirement » aux constructions voisines actuelles ; et alors, pendant ce provisoire qui peut durer très longtemps comme tous les provisoires, notre cité ressemblerait au quartier des affaires de New York qui, nous l’avons vu, n’est pas un modèle (on ne voit pas, par exemple, 30 000 employés sortant d’un gratte-ciel, rue Saint-Denis). Ou bien onrase-rait des quartiers entiers, et alors ce serait l’aggravation de la crise de l’habitation. Et n’est-ce pas une opération désastreuse, à notre époque d’économies forcées, que la destruction de bâtiments encore solides, neufs en partie?
- Quant à la récupération des plus-values, elle ne donnerait peut-être pas tout ce qu’on en attend. Les terrains des tours en fourniraient de formidables, mais il faudrait, avant de les employer plus loin, rembourser les propriétaires dont les terrains seraient devenus jardins et rues, et reconstituer les services publics.
- Ce système, excellent aupoint de vue théorique, paraît donc devoir se heurter à des difficultés considérables d’exécution.
- II. Système excentrique. — Le principe en est le suivant :
- « Le centre actuel est intangible tant que rien n’est fait ailleurs; avant de songer à démolir, il faut construire.
- « Ce centre actuel, d’autre part, n’est pas immobile ; il se déplace au contraire continuellement. Dans Paris, par exemple, comme dans beaucoup de grandes villes, ce f. mouvement a pour direction l’Ouest : les générations actuellement vivantes ont assisté à la poussée très nette vers la plaine Monceau, l’Etoile, les Champs-Elysées, les Ternes, Neuilly, poussée à la fois du centre des affaires et de l’habitation.
- « Il faut profiter de ce mouvement, le devancer, et créer dans son prolongement un centre nouveau, qui sera celui de la ville future ; celle-ci se formera peu à peu autour du noyau artificiel ainsi formé. Le centre ancien, désaffecté, ne sera plus que la ville du passé et constituera, une fois déblayé, le musée du souvenir et le quartier des études et des arts. »
- Ce système, comme le précédent, met les constructeurs nouveaux devant un problème d’ensemble, leur laissant toute liberté de conception. Malgré les difficultés d’expropriation, considérables même en banlieue, il présente un intérêt certainement plus pratique que le système centrique puisque son exécution ne comporte pas la démolition préalable d’une partie vitale de la cité.
- Mais le déplacement spontané de la cité, toujours dans le même sens, est loin d’être prouvé. Pour reprendre l’exemple de l’extension de Paris, sa tendance semble tenir surtout au régime des vents dominants. Mais le centre lui-même se déplace-t-il en réalité? Il est permis d’en douter : la plaine Monceau, Passy restent des quartiers lointains, et les magnifiques boutiques des Champs-Elysées n’empêchent pas le cœur de la capitale de battre encore entre Notre-Dame, le Panthéon, la Chambre des Députés, l’Opéra et la Bourse. Sans parler des raisons latentes de sentiments et d’habitudes, qui ne sont aucunement négligeables, il faut considérer que le cœur de la cité ne s’est pas fixé au hasard, et que si les raisons diverses qui ont présidé à sa fixation ne sont plus toutes visibles, elles doivent exister cependant. Des villes américaines se sont créées en quelques années, presque avec indifférence en un point quelconque du désert : c’est qu’elles n’avaient pas tout près d’elles un pôle comme le foyer d’une de nos villes anciennes, vieux de 2000 ans et riche des souvenirs de tout un peuple.
- III. Système périphérique. — Nous en arrivons à un système de conceptions plus modestes d’apparence, mais peut-être plus grosses de possibilités.
- « II, ne faut, disent ses partisans, ni détruire a priori, ni vouloir déplacer le centre actuel. C’est par l’extérieur que l’opération doit commencer. La cité souffre de congestion ; c’est en la décongestionnant qu’on rendra possible sa transformation.
- « Pour ne pas tomber sur des difficultés matérielles, presque aussi graves dans la banlieue immédiate que dans le centre, c’est encore plus au dehors qu’il faut chercher le premier remède, dans des « cités-satellites ». Centres indépendants, celles-ci seraient animées d’une vie propre, construites sur un plan moderne, et reliées
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- au centre actuel par des moyens de transport appropriés, super-métro, autostrades, aéro-ports, rendant inappréciable la question de distance. Le problème serait donc avant tout un problème des transports.
- « Décongestionnée par ces satellites, la banlieue immédiate pourrait subir un travail de remembrement, de regroupement des industries dans une zone spécialisée, des habitations en cités-jardins aspirant la population du centre.
- Et, dans ce centre enfin, dégagé lui aussi, consacré
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- montrer souple aux circonstances, ne se laisse pas déborder.
- En résumé, trois interprétations de la marche à suivre : système centrique, s’attaquant directement au cœur du problème; système excentrique, juxtaposant la ville nouvelle à l’ancienne, opérant la « transfusion» de la cité ; système périphérique, dégageant peu à peu le problème de ses difficultés, pour en simplifier progressivement les facteurs ; solutions toutes intéressantes, ayant chacune ses avantages et ses inconvénients, que cette étude n’a
- Fig. 4. — Ce que pourrait être le centre des affaires de la cité moderne.
- Les tours commerciales, élerées en hauteur, seraient séparées par de larges espaces, laissant le libre passage de l’air et de la lumière, et
- utilisés, partie pour les circulations, partie pour des plantations de jardins.
- dorénavant aux affaires et services publics, le problème de la transformation se poserait avec toute la simplification possible. »
- C’est cette méthode qui paraît la plus viable. Tenant compte des contingences impérieuses de l’économie, agissant avec prudence et ne détruisant rien avant d’avoir édifié, elle ne présente qu’un point délicat: c’est l’exagération possible de ces qualités, exagération qui donnerait autant de graves défauts. Il ne faut pas que, de peur d’aller trop vite, on aille trop lentement, que, pour trop s’occuper du détail et des cas d’espèce, on perde de vue le but.
- Un tel système doit avant tout reposer sur un plan d’ensemble net, précis, et une volonté qui, pour se
- pas la prétention d’avoir tous dégagés : méthodes dont la confrontation peut faire apparaître le plan idéal auquel tous les urbanistes se rallieront.
- LES ÉLÉMENTS DE LA CITÉ MODERNE
- La cilé moderne, pour la constitution de laquelle les méthodes s’affrontent comme nous venons de le voir, par quoi sera-t-elle constituée, quels en seront les éléments? Nous pourrons diviser notre courte étude en quatre paragraphes : directives, constructions, circulations, services divers.
- I. Les directives. — En ce qui concerne les plus générales, celles quijouissent de l’adhésion de tous, elles peuvent se résumer en trois mots : air, lumière, confort.
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- L’air et la lumière ont peu à peu disparu de la cité primitive. C’est la conséquence, d’abord de la hausse du terrain et de la fréquence croissante des échanges commerciaux qui nécessitent le rassemblement des divers sièges d’affaires. Ces facteurs, joints à l'obligation de ne pas construire plus haut qu’une cote donnée, mesure prudente et justifiée jusqu’au siècle dernier par le souci de la solidité de la construction, ont peu à peu resserré les bâtiments sur eux-mêmes, et détruit la plupart des espaces libres.
- Les industries diverses, d’autre part, se sont établies, faute de règlement, au petit bonheur, à proximité, parfois au centre des quartiers habités, souillant l’atmosphère et arrêtant les rayons du soleil par leurs fumées et leurs émanations.
- Enfin, le développement de la circulation automobile
- n’en est pas moins devenu une nécessité de plus en plus impérative. Il faut l’entendre, non seulement au sens étroit du bien-être chez soi, problème intéressant au premier chef, et dont la résolution est certainement compatible avec les exigences de l’économie ; mais encore au sens plus général de mise en valeur, de « taylorisation » de la vie. Cette question du confort englobe donc celle des services publics, en particulier des transports, cause actuelle d’une énorme perte sèche dans la vie des habitants. Il y a là une amélioration du cadre de l’existence qui dépasse la fonction de l’architecte, et intéresse aussi bien l’ingénieur, l’hygiéniste et l’administrateur.
- II. Les constructions. — On peut partager celles qui ne dépendent pas des services publics en trois catégories : locaux industriels, locaux commerciaux, habitations.
- Fig. 5. — Plans de tours commerciales.
- I, II, plans massif et cruciforme rassemblant au centre les services généraux, avec aération et éclairage artificiels; III, plan à redans, assurant l’aération et l’éclairage naturels de l’ensemble; IV, plan annulaire, avec jardin central.
- dans nos rues que les grands vents ne balaient pas, a, par ses dégagements de vapeurs d’essence, rendu cette atmosphère encore plus toxique, au point de faire mourir par empoisonnement les arbres de nos boulevards. Nos villes sont devenues des « cités sans joie », parce que sans air et sans lumière.
- Ce sont d’abord ces deux éléments de bonheur et de santé que nos urbanistes veulent rendre à la ville moderne. Ils peuvent y arriver par la suppression des cours intérieures, sombres puits d’air confiné, et par l’édification en hauteur des bâtiments occupant, pour le même cube, moins d’espace superficiel, conception qui rentre dans les possibilités actuelles de la construction. Les surfaces ainsi libérées seraient consacrées, partie à l’élargissement des circulations, partie à des plantations de verdure, signe tangible du soleil et de l’air pur.
- Le confort, pour être un besoin récent de l’homme,
- Locaux industriels. — Les usines, en vertu de leur destination bien définie, particulière à chacune, et de la nécessité où sont les diverses industries de se maintenir au niveau de la vie ambiante, les usines tendent les premières, et depuis longtemps déjà, vers la formule moderne. Nous les avons sous les yeux en pleine évolution, tandis que le restant de la cité est encore en proie à la routine.
- Les urbanistes s’accordent, en général, pour éliminer les usines de la cité moderne, pour en faire une ville à part, reliée au centre et aux habitations par de puissants moyens de transport. Là l’usine, arrivée à un haut degré de perfectionnement technique, fera encore de grands progrès en ce qui concerne le confort et l’hygiène de l’ouvrier, et le remplacement du facteur humain par le facteur mécanique. Il faut espérer que cette évolution se traduira en bien pour l’homme libéré par la machine, et
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- non asservi par elle, comme le montraient les conceptions enfantines du film allemand « Metropolis ».
- Quant aux ateliers de modes et d’industries de luxe, qui pourront rester près du centre commercial de la cité, des locaux standards, munis de force motrice et de tous les perfectionnements de l’éclairage et de l’aération, remplaceront ceux, obscurs et sans hygiène, que nos grandes villes cachent honteusement par milliers dans leurs sous-sols et autour de leurs courettes.
- Locaux commerciaux, — Les locaux commerciaux, en comprenant dans cette appellation générale les bureaux d’affaires et les sièges de professions libérales, seront, d’un accord presque unanime, installés au centre de la cité, dans des « gratte-ciel », ou « tours, aux multiples étages pourvus de batteries puissantes d’ascenseurs rapides et de tous les services nécessaires. C’est la solution qui permet la concentration, sur un espace restreint, de toute une population laborieuse, sans nuire à l’ampleur nécessaire des circulations et à la distribution de l’air et de la lumière. Avec les données actuelles de
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- devine les inconvénients, à moins d’une étatisation totale, de la coalition des propriétaires du centre vital de la cité.
- Il faut donc se garder d’un excès dans la vision du grand, et ne pas faire le colossal pour lui-même. L’étude devra être poussée à fond de la « capacité optima » de la tour commerciale et du balancement judicieux des espaces découverts et bâtis.
- La forme du bâtiment permet des interprétations diverses. A côté de la masse rectiligne, dans l’esprit des anciens gratte-ciel d’Amérique, ou soumise à un léger gabarit comme ceux d’aujourd’hui, certains architectes préconisent des formes particulières, comme les « gradins » de M. Sauvage, permettant, avec une hauteur moindre, et un moindre espacement, la même distribution de l’air et de la lumière.
- Le plan lui-même peut varier. Il peut se présenter soit sous la forme compacte en usage aux Etats-Unis, rassemblant au centre, avec aération et éclairage artificiels, les services secondaires; soit sous la forme à redans, d’esprit
- Fig. 6. — Circulations séparées des piétons et des véhicules.
- A gauche : séparation en hauteur par passerelles à rpiétons; à droite : séparation en largeur; les rues sans voitures, les chaussées
- sans piétons. (Système Sauvage et Yentre.)
- la construction, on peut envisager sur le sol parisien, par exemple, la construction d’immeubles pouvant contenir chacun de 10000 à 30000 employés.
- Cependant cette solution n’est pas sans présenter quelques inconvénients qui exigent autant de précautions.
- D’abord, au point de vue moral, il faut que le confort, que les avantages généraux du système fassent oublier aux hôtes des « tours » l’impression de caserne, de fourmilière, impression débilitante et défavorable au développement individuel.
- Ensuite, les accidents, écroulements, incendies, seraient d’une gravité amplifiée ; d’où un luxe de précautions qui rendent le système plus onéreux, malgré l’apparente simplification, que celui des constructions moyennes. •
- D’autre part, la rentrée et la sortie, à heures fixes, de la population des tours exige une ampleur extraordinaire des circulations intérieures et extérieures.
- Enfin, il faut songer que ces tours auront des propriétaires, vraisemblablement des sociétés anonymes. On
- plus moderne, permettant l’aération et l’éclairage naturels de l’ensemble des locaux ; soit encore sous la forme annulaire, jardin central autour duquel s’élèvent sur les quatre faces les bâtiments, avec saignées pour l’aération de l’ensemble.
- Il semble que ce serait l’expérience qui fournirait le meilleur critérium pour la comparaison de ces dispositifs, et que, par suite, la liberté de conception, dans un cadre donné, devrait être laissée aux architectes.
- Quant à l’objection de l’esthétique, mise en avant par quelques-uns, elle ne doit pas se poser en principe : le véritable architecte est celui qui fait jaillir la beauté du programme, quel qu’il soit; et, lorsque la base du programme est la grandeur et la masse, il peut être certain d’arriver à cette beauté, par une étude faite sous la double préoccupation de la franchise et de l’harmonie.
- Les habitations. — Ici l’adhésion à un principe unique est loin d’être réalisée. Deux systèmes se heurtent : la maison individuelle et la maison collective.
- La maison individuelle, c’est celle dont tout homme
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- jusqu’à notre époque a joui, ou dont tout au moins il a fait le reve souvent irréalisé. Ce principe a donc un immense intérêt moral. Il pourrait être le remède à la plupart des maladies sociales, à presque tous les ferments de révolution. La maison individuelle moderne ne se conçoit pas sans son jardin : c’est la conception de la cité-jardin-, cité-jardin rayonnant autour d’un centre secondaire comportant ses services généraux, et dont le développement est limité par celui des cités voisines ; ou cité-jardin linéaire, tentacule lancée par le centre principal, et dont les intérêts sont ramenés à ce centre par la seule puissance des moyens de communications, ces moyens permettant l’extension rectiligne presque indéfinie.
- Mais cet idéal de la maison individuelle, car c’en est un, se heurte au facteur, primordial à notre époque, de 1 économie. Il faut, pour le réaliser, de tout en abondance : du terrain, des organisations de viabilité, d égouts, d’alimentation en eau, en gaz, en électricité, en chauffage. La standardisation peut compenser en partie cet inconvénient du prix, mais nous verrons dans un prochain article que l’on ne peut tout attendre de cette panacée à la mode, en ce qui concerne le bâtiment.
- La maison col-lectiveprésente, au contraire, tous les avantages de l’économie, économie de terrain, concentration des organes et services, possibilité de perfectionner ceux-ci après l’amortissement commun à la charge de tous.
- Pas plus que pour les tours commerciales, nous ne ferons aux architectes l’injure d’une objection esthétique a priori. Mais, plus encore que pour les tours commerciales, la prudence s’impose ici. D’abord il ne faut pas non plus voir trop grand : les inconvénients que nous signalions pour les locaux commerciaux sont plus graves encore dans des habitations où il s’agit non pas de travailler quelques heures dans la journée, mais de passer la vie entière avec une famille. On ne peut loger une trop grande population de femmes et d’enfants dans le même immeuble sans provoquer] des inconvénients sérieux, transformés en désastres au moindre accident, à la moindre menace de catastrophe. De plus, il n’est pas prouvé que le déplacement en hauteur soit plus agréable et plus économique que le déplacement horizontal.
- Pour ces diverses raisons, les « tours d’habitation » ne paraissent pas souhaitables. En restant dans une échelle raisonnable, l’habitation collective présente des avantages certains. Elle doit d’ailleurs évoluer, et ne
- rappellera en rien la « boîte à loyers » actuelle. Au lieu des petites cases obscures de celle-ci, elle présentera de claires alvéoles dont chacun sera une véritable petite maison, le rassemblement des services dans les façades sur rue donnant aux pièces habitables l’exposition calme et aérée des jardins publics et privés.
- Un genre nouveau de maisons collectives commence d’ailleurs à apparaître et ira sans doute en se développant; c’est « l’hôtel-habitation » dont les locataires reçoivent d’une organisation centrale les repas tout préparés, pris à domicile ou au restaurant de l’immeuble, les soins d’une domesticité commune assurant le service général, le confort distribué automatiquement à la demande. On objecte avec raison contre cette institution qu’elle tend à détruire la vraie vie de famille. Mais elle correspond cependant, à cause de la crise des domestiques, à la demande d’une clientèle riche, d’une part, et de ménages où les époux travaillant tous deux hors du foyer ne trouvent plus dans leur vie trépidante le temps d’organiser et d’entretenir un intérieur.
- La maison individuelle, la maison collective ont donc chacune des avantages et des inconvénients . La liberté, l’éclectisme doivent ici encore inspirer les organismes directeurs de la construction. Ils devront favoriser la maison individuelle partout où elle ne peut gêner l’extension de la cité, et où elle est encore possible économiquement; c’est en partie l’objet de la loi Loucheur. Ailleurs, c’est l’habitation collective qui prévaudra, soumise à des règlements nouveaux qui lui permettront, en s’élevant davantage en hauteur, de réserver les espaces libres, l’air, la lumière et la verdure nécessaires à la vie normale.
- III. Les circulations. — La cité moderne est basée sur la prédominance des espaces libres sur les espaces bâtis; elle couvrira de grandes étendues. Les transports nouveaux auront donc à la fois à résoudre le problème de l’éloignement des quartiers périphériques, et de la circulation aisée et rapide dàns le centre de la cité. La solution se traduira schématiquement parle tracé inverse de celui des voies actuelles : celles-ci partent d’un centre congestionné, où elles sont tout à fait insuffisantes, et leur ampleur totale augmente à mesure que l’on s’éloigne de ce centre. Le nouveau réseau, au contraire, sera établi avec le souci de donner à tous les éléments venant de la périphérie l’espace qui leur est nécessaire lorsqu’ils se trouvent réunis au centre de la cité. D’autre part, certaines directions importantes exigeront des « voies triomphales » assurant l’entrée et la sortie de la ville, et
- Fig. 1. —Cité-jardin. -
- À gauche : cité rayonnante, comportant ses services généraux. Extension concentrique. A droite : cité linéaire, faisant partie du centre grâce à ses transports. Extension rectiligne indéfinie.
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- prolongées jusqu’au cœur de la cité. Sur ce réseau ainsi projeté vont s’exercer les efforts de l’ingénieur, et on peut dire que le perfectionnement des transports ne dépend que des crédits alloués. Si nous les supposons suffisants, nous pouvons prévoir, en gros, ce que pourront être ces nouveaux transports, ces nouvelles circulations.
- Il semble d’abord que, dans la ville, les rues à piétons devront être séparées des rues à véhicules. Le trottoir actuel n’est pas une solution, puisque, à chaque carrefour, à chaque traversée de rue, la chaussée devient le terrain commun, propice aux écrasements et aux embouteillages. La séparation des deux courants peut se faire de deux façons, en hauteur et en largeur.
- En hauteur, la voie des piétons serait surélevée sur poteaux, le dessous des passerelles ainsi formées servant de trottoir pour les piétons ayant affaire avec les véhicules.
- Les édifices auraient par suite deux rez-de-chaussée, celui des voitures et au-dessus celui des piétons, le plus
- en dessous ou en dessus, et dont les automobilistes usagers payeront les frais d’amortissement et d’entretien.
- L’auto ne se conçoit pas sans son garage : dépôts à étages multiples, d’entrée et de sortie rapides, garages de stationnement régnant sous les points principaux du quartier des affaires, garage annexé à l’habitation, même la plus ordinaire, au même titre que la cuisine actuellement.
- Le métropolitain, sous les rues rectifiées, dans un sous-sol où l’ordre aura été remis, pourra être largement conçu. Il sera autant que possible en tranchée, éclairé et aéré naturellement, et comportera des voies omnibus et voies express. Le transport des voyageurs s’accompagnera de celui des marchandises, des courriers postaux, etc. Par sa généralisation et son extension, son service finira par absorber celui des trains de banlieue.
- Le chemin de fer, par ailleurs, doit mener actuellement une lutte serrée contre l’automobile, et il est à prévoir qu’il devra dans un laps de temps assez court lui céder le pas pour les transports régionaux, ne gardant sa
- Fig. 8. — Tours commerciales.
- A gauche : silhouette rectiligne. Au milieu : silhouette à gabarit. A droite : silhouette à gradins (système Sauvage).
- important, qui recevrait les devantures de magasins et les entrées principales.
- En largeur, MM. Sauvage et Ventre préconisent « les rues sans autos, les chaussées sans piétons ». Ces dernières, réservées aux véhicules, se développeraient à l’intérieur des blocs d’immeubles. Des passerelles, emprunt à la première solution, assureraient la traversée des croisements et carrefours.
- Dans la voie réservée aux véhicules, de grande largeur, la séparation sera faite, dans chaque sens, des véhicules lents et lourds, circulant au bord de la chaussée, et des véhicules rapides et légers, auxquels les bandes du milieu seront réservées. Pour cette dernière catégorie, le règlement actuel de vitesse maxima pourra être remplacé, malgré l’apparent paradoxe, par celui de vitesse minima.
- Dans les directions importantes, au sortir de la ville, et amorcée dans sa largeur depuis le centre, la voie automobile se ti’ansformera en « autostrade », route spéciale pour les grandes vitesses de l’automobile, rendue indépendante des routes ordinaires par des passages
- suprématie que pour les transports à grande distance. Dans la cité moderne, les chemins de fer, à traction électrique, se réduiront donc aux grandes lignes. Pour les gares, deux théories sont en présence : d’une part, celle de la gare centrale et générale, projet d’une unité séduisante, mais nécessitant des travaux souterrains considérables,- et rassemblant dangereusement sur un seul point des organes vitaux ; d’autre part celle des gares séparées et réparties dans la zone périphérique, reliées au centre par les autres moyens de transports. Ces gares seraient munies de tous les services annexes : hôtels, postes, etc.
- Mais, même dans le domaine des grandes lignes, la part du chemin de fer sera peut-être ravie par l’avion. On ne peut dire encore où s’arrêtera la place prise par celui-ci dans les transports de la ville moderne. Outre son utilisation extérieure qui ne peut aller qu’en croissant, il suffirait de lui donner le pouvoir de s’élever verticalement et d'atterrir sans vitesse, pour que son application urbaine devienne immense. Alors il ne suffira plus du grand aéroport général, que l’on établira au
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- cœur de la ville ; mais il faudra envisager, pour chaque immeuble ou habitation, l’adaptation d’un garage d’avion, au même titre que celui de l’automobile, et la plate-forme d’atterrissage et de départ. L’essor actuel de l’aviation autorise toutes les imaginations à ce sujet.
- D’ailleurs, dans le domaine de la machine, comme nous l’avons constaté au début de cet article, il ne faut pas vouloir faire trop de prévisions. Les inventeurs nous réservent, peut-être avant même que s’élève la cité moderne, de nouveaux modes de locomotion nécessitant de nouvelles solutions.
- Enfin, quand la configuration géographique de la cité le permettra, un vaste « port de mer » donnera aux marchandises lourdes et encombrantes un moyen économique d’arrivée et d’écoulement. C’est le cas pour Paris, dont le port, tout imparfait qu’il est, atteint un tonnage égal à celui de Marseille en 1913.
- IV. Services divers. — Nous avons vu que les « tours » commerciales seront munies de tous les services et perfectionnements nécessaires au fonctionnement de ces immenses « machines à travail ». L’habitation elle-même devra comprendre ces mêmes services, réduits a son échelle, et il est permis pour cela de prévoir, à côté le celles qui existent déjà, des compagnies distributrices de chaud, de froid, de force, des organisations de propreté et d’hygiène, d’enlèvement automatique des ordures ménagères, etc. Les canalisations, les câbles, trouveront le long des rues à véhicules, à l’air libre, un emplacement commode pour leur surveillance et leur entretien.
- En outre, la ville sera munie de postes, constamment alertés, de lutte contre l’incendie, l’inondation, les gaz de guerre. Et peut-être, si les espoirs actuels concernant la disparition de ce dernier fléau ne sont pas fondés, sera-t-on amené à la construction d’une autre cité, souterraine, et dont les récents travaux de la Banque de France à Paris, peuvent donner une idée. La T. S. F., invention
- à ses débuts, nécessitera sans doute des installations spéciales, particulières et publiques, et, complétée par la télévision, permettra une simplification et une amélioration considérables du service des téléphones.
- La santé des habitants sera un des soucis principaux des projeteurs de la ville moderne. Les jardins publics, les terrains de sport, les terrains de jeux pour les enfants, tous situés au pied même des locaux de travail et d’habitation, donneront aux bien-portants la possibilité d’entretenir leur force etleur santé, gratuitement etsansperte de temps. Pour les malades, des hôpitaux, préventoria, sanatoria, maisons de fous, seront élevés en villes satellites spéciales, d’exposition favorable, et reliées directement etrapidement au reste de la cité.
- Enfin, espérons que la ville de demain jouira d’une administration pratique, aux bureaux taylorisés, et qui sera une collaboratrice plutôt qu’une gêne pour les habitants.
- CONCLUSION
- Simplicité des formes résultant de l’économie, air, lumière, verdure, confort, telles semblent être les conclusions générales auxquelles se rallie l’unanimité des théoriciens de la cité moderne. Il est à souhaiter quelessatis-factions matérielles, qui en résulteront pour les habitants, s’accompagnent d’un renouveau intellectuel et moral, et qu’en particulier le labeur quotidien perde son sens actuel d’insupportable châtiment. A la maxime antique d’Aristote. « Les villes sont faites pour donner aux hommes la santé et le bonheur », nous voudrions pouvoir ajouter:... « et la Cité Moderne, pour leur redonner l’amour de leur travail » (').
- (.A suivre.) Roger Laeoat.
- Secrétaire du Conseil de la Société des Architectes diplômés par le Gouvernement.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- 1. Dessins de l’auteur.
- L’AVIATION LÉGÈRE EN FRANCE ET A L’ÉTRANGER
- LE CONCOURS D’ORLY
- Comme toujours, c’est de France qu’est parti le grand mouvement en faveur de l’avionnette, qui peu à peu s’est transformée en avion léger.
- C’est, en effet, l’Association Française Aérienne qui institua le premier concours d’appareils voiliers à moteur auxiliaire en août 1923, au cours du premier meeting de vol à voile de Vauville.
- Le but de ces expériences était, dans l’esprit des organisateurs, de provoquer l’adaptation de moteurs de très faible puissance à des appareils de vol à voile. Ces moteurs ne devaient être destinés qu’à servir accessoirement à un pilote pour franchir la zone dépourvue de courants aériens favorables.
- Cette formule se montra, à l’usage, peu intéressante. Cependant, nous devons dire que l’appareil du lieutenant
- belge Simonet, qui remporta tous les premiers prix en planeur, était venu de Bruxelles jusqu’à Saint-Valéry-en-Caux avec son petit moteur de 12 ch et que c’est à la suite d’un accident audit moteur qu’il fut obligatoirement transformé en planeur. De même, lors de ce premier concours en 1923, les appareils Peyret, de Ma-neyrol, Dewoitine de Barbot, etc..., qui tous avaient des moteurs de 12 à 15 ch, volaient à la perfection aussi bien avec que sans moteur.
- C’est à la suite de ce succès que l’Association Française Aérienne osa organiser en 1924, un peu prématurément peut-être, le tour de France des Avionnettes, doté de 100 000 francs de prix.
- Rappelons que la cylindrée maximum des avions monoplace devait être de 2 litres, celle des biplaces
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- de 3 litres. On poussait ainsi à la construction de petits moteurs, qui furent effectivement réalisés.
- Les conditions des éliminatoires étaient assez dures, puisqu’il fallait que ces petits appareils couvrent 50 km et montent à 2000 m en 2 heures maximum en ne consommant pas plus de 8 kg de carburant en monoplace ou de 12 kg en biplace. Nous voyons déjà apparaître ici le souci de la consommation, que nous verrons toujours dominer lors des concours ultérieurs.
- Ces épreuves devaient être complétées par un tour de France.
- N’oublions pas qu’à cette époque déjà, l’Angleterre était arrivée à des résultats remarquables Fig. 1. puisque, au concours de Lympne, des appareils, équipés avec des moteurs d’une puissance toujours inférieure à 20 ch, avaient accompli les performances suivantes :
- Une vitesse de 122 km à l’heure.
- Un parcours de 1600 km en quatre iours de vol.
- Lemerre dans la cabine
- A Vauville, en 1925, nous réservons une place importante aux avionnettes et, en dehors de la participation française, les Belges envoient une équipe imposante et, pour la première fois, nous voyons apparaître l’avion limousine, conduite intérieure 2 places côte à côte, construit par Demonty et Poncelet.
- Ce petit appareil vola dans la perfection et depuis ce jour a totalisé des centaines d’heures de] vol. Dernièrement, nous avons pu le voir sur le terrain du Bourget où le bon pilote Wouters était venu en promeneur avec Mme Wouters. Il repartait le jour même pour Bruxelles et le lendemain de Bruxelles pour Zurich.
- L’avion à petite puisse l’avion Guerchais. Pli. Roi. sance s’affirme de plus
- en plus et nous arrivons au concours d’avions économiques d’Orly, organisé par l’Association Française Aérienne en août 1926. Quel succès !
- belges, anglais, tchéco-slovaques, français. Tout est réuni : la qualité et la quantité. Comme toujours, les
- Fig. 2. — Avion Caudron.
- Moteur Salmson 60 ch, 'piloté par Delmotte, monoplan, G 110. (Pli. Roi.)
- Une distance de 140 km avec 4 lit. 1/2 d’essence.
- Une montée à plus de 4000 m. et nous n’étions qu’en 1924.
- Après que la première étape du Tour de France, c’est-à-dire Paris-Clermont-Ferrand, eut été gagnée par Car-mier sur appareil Carmier, Drouhin termina seul un circuit très dur sur son avionnette Farman à moteur de 12 ch.
- Cependant, tout le monde fut d’accord sur la faiblesse trop grande du moteur et la doctrine s’établit de la puissance de 20 à 30 ch pour monoplace et 50 à 70 ch pour biplace, étant entendu que ces moteurs ne seraient pas employés à pleine puissance, mais au régime économique.
- Fig. 3. — Avion n° 10 Guerckais-Henriot.
- Piloté par Lemerre, moteur Anzani 50 ch, limousine, conduite intérieure, biplace, double commande. (Ph. Roi.)
- organisateurs se sont attachés à démontrer le côté pratique et économique du petit avion.
- Pour cela, ils instituent des épreuves techniques : une épreuve d’altitude, 2000 m, une épreuve d’atterrissage et de décollage, de démontage et de remontage. Enfin, une épreuve de vitesse. 150000 francs de prix sont réunis. Les avions Avia, tchécoslovaques, avec moteurs Walter, remportent les premières places.
- C’est la formule du monoplan à aile surbaissée qui triomphe, suivie de près par les Anglais et les Français.
- L’année dernière et cette année, nous voyons l’avion-nette à l’honneur.
- Sans hésiter, les plus grands pilotes se confient à elle pour réaliser de grands raids et Thoret, le premier, fait
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- Paris-Varsovie et retour et quelque temps après les Alpes. Ce sont surtout les Anglais qui, par la création de leurs clubs d’aviation légère, donnent à ce nouveau sport un essor formidable.
- Us n’hésitent pas à entreprendre et réussir les raids Angleterre-Australie-Londres Le-Cap et retour. Des aviatrices telles que Lady Heath et Lady Bailey se lancent à travers l’Afrique et réussissent à couvrir des milliers de milles avec leur Moth De Haviland, ou leur Avro-Avian, chacun avec un moteur de 80 ch maximum.
- Quelle leçon pour ceux qui, il y a à peine trois ans, niaient l’aviation légère.
- Il faut arriver au concours d’Orly de cette année pour voir concrétisés d’une façon saisissante l’effort étranger et l’effort français. Ce concours et le Tour de France doivent être comparés au concours et au Tour de France de 1924 pour voir le chemin parcouru en si peu de temps.
- LE CONCOURS D'ORLY 1928
- En quoi consistait exactement ce concours ?
- Susciter la présentation d’appareils pratiques, autant que possible biplaces, confortables, susceptibles d’em-pôrter des sacs postaux de 15 kg et de dimensions réglementaires des P.T.T., pouvant parcourir 400 km sans escale, et monter à 1500 m en 30 minutes avec la charge complète.
- La puissance n’était pas limitée, mais l’appareil devait peser à vide au maximum 400 kg.
- Des points étaient donnés pour les épreuves de décollage, de montée; l’aménagement des passagers, les parachutes, la protection contre l’incendie, le recouvrement des ailes en bois ou métal, le montage et démontage, le démarrage automatique, la double commande, la protection contre le capotage, la visibilité, le confort, la protection contre le bruit, tout cela donnait lieu aussi à l’attribution de points de qualité. C’est dire que tout avait été prévu pour arriver à un appareil presque parfait pour l’usager. Or, nous verrons que presque tous les appareils présentés eurent un nombre respectable de points.
- Le tout était enfin contrôlé par une épreuve de rendement du plus haut intérêt. Cette épreuve consistait en un parcours de l’ordre de 400 km en circuit fermé et le
- p x V
- rendement était calculé d’après la formule—qT~’
- P étant la charge utile en kilogrammes;
- V la vitesse en kilomètres à l’heure sur le parcours de 400 km ; . ,
- C la consommation totale en kilogrammes de combustible (essence et huile).
- Cette formule, qui fut d’abord critiquée, se révéla excellente dans la pratique. Elle mit en évidence les meilleurs appareils.
- Telles étaient les bases du concours d’Orly. Ce concours, une fois terminé, les appareils qui restaient en ligne devaient couvrir chaque jour une étape du Tour de France de l’ordre de 250 à 400 km.
- Les engagements. — Malgré les conditi ons assez
- sévères du règlement, nous voyons 25 appareils engagés, parmi lesquels :
- 15 français représentés par 6 Caudron, 4 Albert,
- 1 Guerchais, 1 Mauboussin, 1 Leduc, 1 Nessler, 1 Peyret. Tous, malheureusement, ne seront pas présents au départ.
- 3 allemands : 2 lvlemm, 1 Baumer Aéro.
- 6 anglais, dont 1 C.L.A., 3 Avro Avian, 2 De Haviland Moth.
- Nous déplorons cette année l’absence de nos bons amis belges.
- Sur ces 25 appareils engagés, 14 se présentèrent le dimanche ; malheureusement, 4 furent éliminés pour diverses raisons, et nous trouvons en ligne 10 appareils pour l’épreuve de rendement. Nous allons en donner les caractéristiques, car ce sont eux qui nous intéresseront par la suite.
- Caudron, N° 1. — Moteur Salmson 40 ch.
- Caudron, N° 3. — Moteur Salmson 60 ch.
- Caudron, Nô 4. — Moteur Salmson 60 ch.
- Caudron N° 6. — Moteur Anzani 60 ch.
- Iilemm, N° 9. — Moteur Salmson 40 ch.
- Guerchais, N° 10. —• Moteur Anzani 50 ch.
- Albert, N° 14. — Moteur Salmson 40 ch.
- Avro Avian, N° 18. — Moteur Cirrus 85 ch.
- De Haviland, N° 20. —- Moteur Gipsy 85 ch.
- Avro Avian, N° 25. — Moteur Cirrus 85 ch.
- Tous ces appareils ont satisfait aux diverses épreuves de montée, décollage, etc... Ils vont donc partir pour l’épreuve de rendement.
- N’oublions pas que cettésipreuve consistait à couvrir huit fois le circuit Orly-Buc-Orly, soit 312 km à la plus grande vitesse possible en consommant le moins possible.
- Il est intéressant de voir que, pour ces 312 km, le Caudron et le Guerchais, munis de moteurs de 60 ch, ont dépensé 41 à 48 kg de carburants. L’Albert, le Caudron et le Klemm, munis du Salmson de 40 ch, de 21 à 32 kg. Les appareils anglais, munis de Cirrus et de Cipsy, de 70 à 80 ch, de 33 à 39 kg.
- Ces consommations sont intéressantes, car pour 100 km nous arrivons à des consommations en biplace de 10- à 12 kg de carburant, huile et essence réunis. C’est donc réellement que ces appareils sont pratiques.
- Les vitesses ne sont pas cependant réduites comme on pourrait le croire, puisque ces consommations correspondent à des vitesses allant de 112km-heure pour le moins rapide, le Klemm, à 147 km-heure pour Lady Heath, qui pilotait l’appareil le plus rapide du lot, ces vitesses s’entendant sur circuit fermé pendant 312 km.
- Il est bon maintenant de voir si les appareils éliminés entre le jour de la présentation et le départ pour le Tour de France l’ont été pour des causes importantes.
- Le De Haviland de Neville Stack a été éliminé, après avoir réalisé toutes les performances, à la suite d’une fuite au réservoir d’essence qu’il put réparer utilement à temps. Le règlement empêchant son remplacement, cela donne un appareil de moins sans cause grave. De même le petit biplan C.L.A.4 du Félixstowe Aero-Club, qui
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- était venu très facilement d’Angleterre à Orly, resta en panne par suite d’ennuis de magnéto.
- Le petit Klemm Daimler de 20 ch, piloté par Achele, mérite une mention spéciale.
- Achele avait parcouru, venant de Stuttgart, la Belgique, la Hollande, l’Angleterre du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, avec ce même petit moteur de 20 ch ; le samedi, veille du concours, il traversait la Manche, se rendant à Orly. A court d’essence, ne sachant pas où était Orly, le jour tombant, il décide de se poser dans un petit champ près de Greil, dort dans son fuselage, et le dimanche matin, frais et dispos, rallie Orly. Voilà bien de l’avia-
- d’arriver dans les premiers, retire ses appareils. Seul le Caudron de Finat restera en course, piloté par Rouyer.
- Heureusement, la France est encore représentée par la limousine, conduite intérieure, de Guerchais, pilotée par Lemerre, qui fera tout le Tour de France avec son chapeau de paille et ses gants beurre frais, pour prouver que l’aviation est un sport comme un autre, et aussi par le jeune Pierre Fisbach sur Albert, qui a été la révélation du concours, l’espoir, comme on dit en langue spor-
- Fig. k. — En haut : LïAvro-Avian pendant ses essais de montage et démontage et traversée de tunnel au gabarit des chemins de fer.
- Cette performance a été accomplie en 2 min. 12 s. par Lady Heath. (Ph. Roi.
- Fig. G. — En bas : Avion biplan C L A du Félixstowe Aero-Club.
- Piloté parle lieutenant Comper, moteur Bristol-Cheruh 30 ch. Essais de remorquage sur route. (Ph. Rol.j
- lion de tourisme. Plus de 6000 km avec un avion de 20 ch sans aucun ennui. Malheureusement, son moteur, fatigué, ne voulut pas emmener à 1500 m, dans le temps voulu, la charge complète, d’où élimination.
- Pendant l’épreuve de rendement, un seul appareil, le Caudron de Vanlaere, est obligé de se poser, par suite d’une panne, à Villacoublay.
- Nous voici donc, le jour du départ pour le Tour de France, en présence de neuf appareils français, anglais et allemand. Ce dernier, Lusser, a déjà une avance notable sur ses concurrents puisqu’il totalise 1271 points, tandis que son suivant immédiat, le capitaine Broad, sur De Ilaviland, moteur Gipsy,, en totalise seulement 1161. C’est alors que Caudron, devant le peu de chance qu’il a
- tive. Celui-ci, qui n’a que 18 ans, est élève de l’Ecole Morane et n’a presque pas piloté au-dessus de la |cam-pagne jusqu’à ce jour, Il a parfaitement réalisé tout le programme et va partir. Malheureusement, au cours de la première étape, craignant la panne d’essence, il se pose au camp de Mailly ; en repartant, il sent une faiblesse du moteur et, pour éviter un groupe de soldats, fait une manœuvre hardie et se pose sur un bois, sans dommage pour lui, mais l’appareil est hors de course.
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- En plus des avions engagés, Lady Heath se fait suivre par son « Cheval de Bagage », un Moth piloté par Tapper, qui fera le Tour de France avec les toilettes de la charmante aviatrice et les pièces de rechange autorisées.
- Voyons un peu les étapes demandées à nos petits appareils avec leur kilométrage. Ce sont jour pour jour et sans repos :
- Orly-Nancy, 284 km.
- Nancy-Lyon, 345 km.
- Lyon-Marseille, 257 km.
- Marseille-Toulouse, 313 km.
- Toulouse-Bordeaux, 218 km.
- Bordeaux-Nantes, 292 km.
- Nantes-Le Havre, 280 km.
- Le Havre-Paris, 200 km.
- Au total, 2200 km environ.
- Tous les appareils accomplirent ce trajet sans ennuis importants. Nous avons parlé de l’accident arrivé à l’avion Albert de Fisbach.Le Klemm deLusser aura deux pannes, dues à l’essence, à Carcassonne, ce qui lui fait manquer les 60 points de l’étape de Toulouse. Les autres étapes furent sans histoire, sauf Nantes-Le Havre où nous voyons Lady Heath obligée de se poser sur la plage de Trouville, au milieu des tentes, des enfants, des tennis et cela sans aucun dommage pour personne. Elle rattrapera en temps utile pour terminer, perdant seulement 60 points de ce fait. Dans la dernière étape Le Havre-Le Bourget, le capitaine Broad subit un retard important par suite du mauvais fonctionnement de la pompe à huile.
- Au Bourget, tous les concurrents vont donc se poser sans avoir eu à enregistrer le moindre accident. C’est, nous le pensons bien sincèrement, un succès sans précédent pour Vaviation légère.
- Voici donc le classement définitif, d’après le journal Les Ailes :
- 1. — (N° 9). — Klemm, moteur Salmson 40 ch. Pilote : Lusser, 1691 points,
- 2. — (N° 18). — Avro-Avian, moteur Cirrus 85 ch. Pilote : Percival, 1606 points.
- 3. — (N° 20). — De Haviland-Moth, moteur Gipsy 85 ch. Pilote : H.-S. Broad, 1581 points.
- 4. — (N° 25). — Avro-Avian, moteur Cirrus 85 ch. Pilote : Lady Heath, 1520 points.
- 5. — (N° 1). — Caudron C. 109, moteur Salmson 40 ch. Pilotes : Finat et Rouyer, 1294 points.
- 6. — (N° 10). Guerchais-IIenriot, moteur Anzani 50 ch. Pilote : Lemerre, 1055 points.
- 7. — (N° 14). — Albert, moteur Salmson 40 ch. Pilote : Fisbach, 833 points.
- 8. — (N° 4). — Caudron, moteur Salmson 60 ch. Pilote : Delmotte, 720 points.
- 9. — (Nù 3). — Caudron, 161, moteur Salmson 60 ch. Pilote : Massot, 574 points.
- ENSEIGNEMENTS ET CONCLUSION
- Il faut être beau joueur et savoir regarder la vérité en face; le concours de vol à voile a été gagné par les Allemands ; le concours d’aviation à petite puissance a été gagné par les Allemands et les Anglais.
- Si nous avions fait un grand concours international d’avions commerciaux, il aurait fort probablement été gagné par les Allemands ou les Américains. C’est un fait, et le nier serait folie. Est-ce à dire qu’en France nous ne sommes pas capables d’égaler ou de dépasser nos voisins ? Tout au contraire. Mais ces résultats sont la conclusion d’un manque de programme et de suite dans les idées. Nous savons créer merveilleusement, mais si nous n’y sommes pas obligés, nous ne voulons pas, par un travail méthodique, perfectionner patiemment ce que nous avons créé.
- Si l’avion Klemm de Lusser se recommandait d’une formule relativement nouvelle, l’aile monoplane surbaissée, nous ne voyons pas en quoi le Moth ou l’Avian représentent une nouveauté : c’est le bon petit biplan classique. Mais il a été étudié, transformé, affiné.
- Ses constructeurs ont, par tous les moyens et au prix de gros sacrifices, su créer une clientèle et la satisfaire. Le moteur, un 4 cylindres en ligne est robuste et d’un entretien facile. Heureusement, parmi les appareils français, la limousine Guerchais a été vraiment l’appareil type de tourisme confortable et elle a fait sensation. Il nous reste donc à suivre l’effort déjà commencé et rapidement nous rattraperons notre retard.
- Nous devons voir maintenant quelles sont et quelles seront les utilisations possibles de ces petits appareils. Au point de vue tourisme et sportif, la question ne se pose pas, car elle est résolue en Angleterre où les nombreux clubs d’avions légers ont répandu là-bas le goût de l’aviation. Nos Aéros-Clubs de province sont la réplique exacte de ces clubs ; mais, malheureusement jusqu’ici, faute de matériel approprié, ils n’ont pu réaliser le travail important exécuté en Angleterre, grâce au Moth. Nous sommes certains que, dès l’année qui vient, nous rattraperons ce retard.
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- Fig. 8. — Le vainqueur du concours.
- Monoplan Rlcmm (Stuttgart), moteur Salmson 40 ch,'piloté par Robert Lusser. (Ph. Roi.)
- La question de la formation économique de pilotes est aussi étroitement liée à la question de ce matériel léger.
- Au point de vue postal, la France va être prochainement dotée d’un réseau intérieur, dont le premier service sera la liaison Bordeaux Clermont-Ferrand-Lyon-Genève. Sans aucun doute, ce service postal sera rémunérateur pour la compagnie exploitante si celle-ci adapte la puissance de l’avion au poids du fret transporté ; là encore, l’avion léger s’impose.
- Pour les grands industriels et commerçants qui ont à se déplacer rapidement d’un centre à l’autre pour la surveillance de leurs affaires, avant dix ans, l’avion léger aura remplacé le chemin de fer et l’automobile. Certainement, cet appareil économique trouvera, au point de vue commercial, quantité d’utilisations que nous ne soupçonnons même pas.
- Au point de vue militaire, pour l’entraînement des pilotes et des réservistes, le petit avion permettra un travail intensif à peu de frais, car il sera certainement moins coûteux de les faire voler sur un avion de 80 ch que sur un avion de 300 ou 500 ch, comme c’est l’usage courant à l’heure actuelle. Ceci n’empêchera pas d’imposer par mois un nombre minimum d’heures de vol sur
- l’avion d’arme, mais nous ne verrons plus ce cas déplorable du colonel forcé d’interdire à ses pilotes de voler par manque d’essence.
- Ces appareils pourront servir aussi d’avions d’information et, en temps de guerre, d’avions estafettes. Il ne faudra plus compter, en effet, sur la liaison automobile. Seul le petit avion, se posant et décollant dans un mouchoir de poche, permettra aux étals-majors d’êlre en liaison entre eux et avec l’avant. Seul il permettra d’emporter, sans crainte d’embouteillage, l’officier de liaison là où il doit se rendre rapidement. *
- Enfin, une des utilisations les plus importantes de l’avion léger sera aux colonies où il permettra de franchir en quelques heures des distances qui aujourd’hui exigent des journées.
- Nous devons donc, à côté de l’aviation de gros tonnage, capitale pour l’avenir aéronautique de'notre pays, pousser à l’étude et à la construction d’avions légers qui permettront la diffusion de l’aviation dans la masse des usagers et feront de l’aviation un mode de locomotion à la portée de tous.
- André Car lier ,'
- Président de Y Association Française Aérienne.
- "= : LE FILM SONORE —------
- SES MERVEILLEUX PROGRÈS EN FRANCE
- LE PROBLÈME DU FILM SONORE S’EST POSÉ DEPUIS LONGTEMPS
- Donner la parole à ces éternels muets que sont les acteurs de cinéma, compléter l’illusion fournie par les vues animées en adjoignant aux projections lumineuses
- la reproduction intégrale des bruits divers de la réalité est un problème qui a attiré l’attention des techniciens français depuis près de trente ans.
- Mais on peut dire que presque toute l’histoire du film sonore en France se résume dans le récit des travaux opiniâtres de M. Léon Gaumont et de ses collaborateurs,
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- et il est bon de rappeler aujourd’hui que c’est ce constructeur français qui a su réaliser, le premier dans le monde, un appareil pratique à films sonores donnant des reproductions lumineuses et sonores absolument synchrones et très satisfaisantes (fig. 1).
- On remarquera dès maintenant que nous employons le terme « film sonore » et non « film parlant », c’est qu’en effet rendre la parole aux acteurs de cinéma ne constituerait actuellement, semble-t-il, au point de vue artistique, qu’une des applications les moins intéressantes de l’enregistrement et de la reproduction simultanée des images et des sons.
- Enregistrer et reproduire de cette façon la musique, les chants, les bruits divers de la vie, de la rue, de la mer et des champs, est un problème qui paraît résolu maintenant ; cette réalisation accroîtra certainement l’intérêt esthétique de l’art cinématographique.
- Gomme nous l’expliquerons en détails, dans un article ultérieur, il semble au contraire, au moins actuellement, que la parole doive être surtout réservée aux films documentaires et didactiques.
- Remarquons, d’ailleurs, que, dans les grandes salles de projection cinématographique, on avait souvent l’habitude d’accompagner les phases du film par des « bruits.» correspondants, exécutés avec des moyens de théâtre. Ceux de nos lecteurs qui ont assisté aux représentations du fameux film « Ben-Hur », au moins à Paris, se rappelleront, par exemple, les coups sonores de maillet du «hor-tator » dans la « scène des galères », exécutés très facilement dans les coulisses par un machiniste habile.
- Le film sonore permettra de reproduire avec une perfection évidemment encore plus saisissante tous les bruits qui concourent à créer « l’ambiance » de l’action, et supprimera la nécessité d’utiliser à cet effet un machiniste spécialisé et un matériel d’accessoires coûteux et encombrants.
- Un appareil à film sonore remplacera encore les orchestres, comportant de nombreux exécutants, et même les chanteurs solistes, que seuls peuvent engager les grandes salles des capitales, tandis que les salles plus modestes se bornent à quelques musiciens, souvent d’un recrutement difficile.
- C'EST LA RADIOTECHNJQUE QUI A PERMIS
- DE RÉALISER PRATIQUEMENT LE FILM SONORE ACTUEL
- Dans des articles assez récents parus dans La Nature, nous avons déjà noté que les progrès de la téléphonie a grande distance, des transmissions microphoniques, des phonographes, etc., avaient été rendus possibles grâce à la réalisationradiotechnique des procédés d’amplification des courants à basse fréquence.
- La petite lampe à vide de T. S. F., qui mérite plus que jamais son surnom de « lampe merveilleuse», a également permis, comme nous allons le montrer, la réalisation des films sonores actuels, démontrant encore une fois la presque universalité de ses applications, et, si les principes de la radiotechnique avaient été connus plus tôt, il est probable que les progrès des films sonores auraient été aussi beaucoup plus rapides.
- CINÉMATOGRAPHE ET PHONOGRAPHE
- Dès l’apparition du cinématographe qui succédait à celle du phonographe, c’est-à-dire vers 1900, le rapprochement de ces deux inventions devait tout naturellement faire naître l’idée de les combiner entre elles pour tenter de reproduire aussi entièrement que possible des scènes réelles de la vie par la photographie animée et parlante.
- Mais cette idée, en apparence simple, ne pouvait être alors mise en pratique qu’en surmontant des difficultés nombreuses et, d’ailleurs très diverses, qui peuvent être classées de la façon suivante :
- 1° Imperfection, à l’époque, des appareils de projection animée et des machines parlantes.
- 2° Difficultés de l’enregistrement simultané des sons et et des Vues cinématographiques, l’appareil phonographique devant être placé évidemment hors du champ de l’objectif.
- 3° Nécessité d’établir à la reproduction un synchronisme absolu du cinématographe et du phonographe.
- 4° Reproduction des sons avec une intensité suffisante pour que l’audition soit satisfaisante dans une salle de spectacle.
- Malgré ces difficultés, M. Léon Gaumont commençait ses essais dès 1900, date à laquelle un phonographe
- Fig. 1. ,— M. Lêort Gaumont.
- Le premier réalisateur du film sonore qui vient de mettre au point un nouveau procédé en collaborationÿivec MM. Petersen et Poulsen.
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- et un cinématographe reliés mécaniquement étaient déjà présentés par lui à l’Exposition Universelle.
- Le 7 novembre 1902, un « portrait parlant » réalisé par lui fut admiré à une séance de la Société française de Photographie, et permit de démontrer pratiquement qu’un synchronisme de marche excellent entre le cinématographe et le phonographe pouvait être obtenu.
- Ges premiers résultats encourageants incitèrent M. Gaumont à continuer ses travaux qui furent poursuivis presque sans interruption avec l’aide de ses dévoués collaborateurs et amenèrent des perfectionnements continus et importants du procédé primitif.
- Au Congrès international de la Photographie en 1910, une présentation nouvelle marquait de très sensibles progrès et la consécration officielle du procédé était en quelque sorte prononcée devant l’Académie des Sciences au cours de la séance du 27 décembre,1910, par l’image « photographique et parlante », projetée avec une sûreté si réussie, de M. le professeur d’Arsonval.
- Ce dernier assistait d’ailleurs, à la séance, et pouvait de son fauteuil « se voir et s’entendre » sur l’écran.
- Pendant que les recherches techniques se poursuivaient, une exploitation pratique du procédé était depuis longtemps commencée. Dès 1902, M. Gaumont avait pu donner non seulement à Paris, mais dans la plupart des villes de France et dans le monde entier, toute une série de a phono-scènes » qui plurent fort au public et, dès la fin de 1909, les « films-parlants » firent régulièrement partie du programme du Gaumont-Palace, tandis que des <.<. Chronophon.es » étaient régulièrement construits et employés avec succès dans de nombreuses salles.
- Fig. 3. — Un des premiers modèles de cinématographes sonores pour amateurs, type Chronophone Gaumont.
- Le cinéma est actionné à la main et un indicateur de synchronisme permet à l'opérateur de maintenir la vitesse de déroulement convenable du film.
- Appareil de prise de vues
- Orateur
- Microphone
- .-Transmission
- synchronisante
- -^Récepteur
- téléphonique
- inscripteur
- - Disque enregistré
- Batterie
- Phonograph
- Fig. 2. — Disposition schématique de premier système d’enregistrement simultané des images et de la parole, employé en 1910.
- Mais l’inventeur était plus sévère pour son œuvre que le public, et il comprit que ces réalisations ne constituaient qu’une étape vers le but définitif ; il continua donc ses travaux avec le magnifique esprit de suite et de ténacité qui caractérise son œuvre. Bientôt, d’ailleurs, comme nous l’avons indiqué plus haut, l’apparition des procédés radiotechniques devait lui permettre de s’engager dans une voie nouvelle.
- Mais, avant de décrire cette deuxième phase de son œuvre, nous allons indiquer sommairement comment les premiers résultats avaient pu être obtenus.
- LES PREMIERS APPAREILS DE PROJECTION LUMINEUSE ET SONORE
- On sait qu’avec les premiers phonographes, l’inscription des sons sur le rouleau ou plutôt sur le disque (employé depuis longtemps), se faisait simplement au moyen d’un diaphragme vibrant muni d’une pointe enregistreuse. .
- Comme on ne pouvait songer, nous l’avons noté déjà, à cinématographier toujours l’artiste parlant ou chantant devant le pavillon du phonographe, M. Gaumont avait imaginé la méthode du double enregistrement.
- On enregistrait d’abord le disque en plaçant le chanteur ou l’orateur aussi près du pavillon qu’il était nécessaire; ensuite, le disque obtenu était placé dans un appareil reproducteur et l’on cinématographiait le chanteur ou l’orateur, qui devait mettre ses gestes en concordance avec le chant ou les paroles qu’il entendait et qui avaient été enregistrées précédemment.
- Cette méthode ingénieuse était évidemmment fort délicate à appliquer, et les « phono-scènes », dans ces conditions, ne comportaient guère que du chant, le rythme aidant alors l’acteur qui jouait devant le cinématographe.
- Malgré ces difficultés, l’exécution de certains de ces premiers films sonores fut si réussie que beaucoup de spectateurs les considéraient alors comme le produit d’un enregistrement simultané de l’image et du chant.
- Mais, dès 1910, M. Léon Gaumont eut le premier l’idée toute nouvelle pour l’époque, de tenter l’enregistrement
- 4-* +
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- Fig. 4. — Un chronophone Gaumont pour salle de spectacle établi en 1910.
- Le cinématographe et le phonographe sont actionnés par des moteurs synchrones. On voit au centre le souffleur qui sert à alimenter le système d’amplification à air comprimé. En haut, à droite, le tableau de commande pour la mise j en marche et le maintien du synchronisme.
- des disques par un procédé électromagnétique et non par un procédé mécanique.
- Ce résultat était obtenu par l’emploi d’un microphone sensible en relation avec un récepteur téléphonique ins-cripteur qui gravait le disque du phonographe.
- La gravure était assez faible, parce qu’on ne connaissait pas encore les procédés d’amplification basse fréquence qui ne devaient être employés qu’à partir de 1918, mais les résultats furent cependant très améliorés et l’on put ainsi obtenir des phonos-scènes réussies d’orateurs,
- Fig. 5. — Disposition schématique de l’enregistreur de sons dans le procédé G. P. P.
- Poste d ’enregislrement
- source lumineuse
- *• enregistreur renfermant le fîlm sensible
- par exemple, celle dans laquelle le professeur d’Arsonval était « iilmé » et qui fut présentée à l’Académie des Sciences, comme nous l’avons indiqué.
- Il ne devenait plus nécessaire alors de placer les acteurs très près du phonographe, puisque le microphone enregistreur pouvait être éloigné de ce dernier, et il devenait ainsi possible, théoriquement, d’enregistrer des pièces de théâtre en cinématographiant les acteurs en même temps qu’on enregistrait leurs paroles (fig. 2).
- Mais, si l’enregistrement des sons accompagnant les vues animées était difficile à cette époque, leur reproduction ne l'était pas moins.
- L’inscription phonograhique était faible, comme nous l’avons indiqué et, de plus, souvent défectueuse, altérée par les vibrations propres des pièces en mouvement ayant servi à l’enregistrement.
- On se contentait pourtant, au début, d’utiliser de simples phonographes reproducteurs à pavillons métalliques et à diaphragme à membrane de mica.
- Plus tard, M. Gaumont eut l’idée d’employer pour la reproduction un système d’amplification utilisant l’air comprimé.
- Le stylet du reproducteur n’agissait plus directement sur la membrane vibrante du diaphragme, mais commandait une sorte de soupape obturant un orifice par où arrivait de l’air comprimé.
- L’air s’échappait ainsi par saccades correspondant chacune à une vibration et la quantité d’air dépendait de l’intensité de la vibration; en passant par un pavillon cette masse d’air qui s’échappait par pulsations produisait des sons, et il suffisait théoriquement d’augmenter la pression de l’air pour augmenter l’intensité des sons émis.
- LES PREMIERS DISPOSITIFS DE SYNCHRONISME LES CHRONOPHONES
- Ces détails montrent bien toute l’ingéniosité déployée par les chercheurs pour surmonter les difficultés rencontrées à ce moment, les dispositifs employés pour obtenir un synchronisme rigoureux n’étaient pas moins intéressants, et l’étude de cette partie du dispositif des premiers appareils de films sonores Gaumont, dits c/ironophones, présente, outre un intérêt rétrospectif certain, un intérêt d’actualité non moins certain, car il est possible que des appareils d’amateurs du même genre, perfectionnés évidemment grâce aux récents progrès de la phonographie et du cinématographe, soient mis à la disposition du grand public, des écoles, des administrations, etc., dans un délai plus ou moins rapproché.
- Dans un premier modèle de chronophone très simplifié pour amateur ou petit exploitant, l’entraînement du cinématographe se faisait à la main, et le phonographe était actionné par un ressort (fig. 3).
- Le régulateur de synchronisme se composait alors d’une aiguille indicatrice montée sur une roue satellite
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- d’un train différentiel actionné, d’un côté par une petite dynamo minuscule, mue elle-même, soit par un courant de 110 volts continu ou alternatif, soit par une pile ou batterie d’accumulateurs, de l’autre côté par une transmission flexible faisant corps avec un des mobiles du cinématographe.
- Lorsque la vitesse de la dynamo et celle du cinématographe étaient identiques, la roue satellite roulait sur place et l’aiguille restait fixe'; dans le cas contraire, cette aiguille se déplaçait, à droite ou à gauche, suivant la prépondérance de vitesse, soit de la dynamo, soit du cinématographe.
- Il suffisait donc au cinématographiste, pour maintenir le synchronisme, de tourner la manivelle de son appareil de façon à maintenir ou à faire revenir l’aiguille devant le repère fixe ; le phonographe demeurait, d’ailleurs, généralement placé près du cinématographe.
- Dans les modèles normaux de chronophones pour protection dans une salle de spectacle, établis vers 1910, le phonographe et le cinématographe étaient commandés chacun par des dynamos synchrones établies pour le courant continu 110 volts (fig. 4).
- Les induits de ces moteurs étaient subdivisés en un même nombre de sections, et les sections de l’un des induits étaient reliées chacune à une section de l’autre induit et dans le même ordre. 11 en résulte que le premier des induits ne pouvait tourner d’une certaine quantité sans que l’autre ne fût animé d’un même déplacement angulaire.
- L’appareil de prise de vues et le phonographe enregistreur étaient reliés synchroniquement l’un à l’autre, de manière analogue, et les relations de vitesse entre les moteurs et les appareils cinématographique et phonographique étaient choisies telles que le déroulement de la bande avait, par rapport au disque, la même vitesse que pendant l’enregistrement du son, ce que réalisait rigoureusement le synchronisme:
- Le départ du cinématographe se faisait, d’ailleurs*, électriquement par un contact placé sur le disque du phonographe, la bande cinématographique ayant été préalablement disposée de façon qu’une image servant de point de départ soit devant la fenêtre du cinématographe.
- Un rhéostat spécial, placé dans le circuit des moteurs, permettait d’agir simultanément sur leur vitesse à tous deux, ce qui était indispensable pour retrouver rigoureusement celle qui correspondait à la vitesse d’enregistrement, et, par conséquent, pour éviter une déformation des sons.
- Enfin, si, par suite d’un accident quelconque, il se produisait une discordance entre les sons et les images, il était possible de ramener immédiatement la concordance en mettant en marche un petit moteur spécial actionnant un train différentiel placé sur l’arbre reliant le cinématographe au moteur qui le commandait.
- Suivant le sens de rotation de ce moteur auxiliaire, on pouvait ainsi retarder ou avancer le mouvement du cinématographe sur celui du phonographe, la marche de ce dernier demeurant évidemment constante pour éviter toute déformation de la tonalité des sons.
- On pourrait remarquer, à ce propos, que, théorique-
- Appa reil cinématographiqi de prise de vues .
- \ Orateur
- Microphone
- Système enregistri-
- I u m i n eux accou plé rigidement Q l'appareil cinématographique
- Fig- 6. — Disposition des appareils enregistreurs ; dans le procédé G. P. P.
- ... I1
- ment, les mouvements des appareils de projection sonore et lumineuse devraient être décalés pour tenir compte des différences des vitesses de propagation entre la lumière et le son; mais, en pratique, ce décalage passe inaperçu pour le spectateur, de même qu’il passe inaperçu dans la vie réelle.
- Les « chronophones » furent d’ailleurs, par la suite, munis de phonographes à deux plateaux commandés automatiquement pour assurer une marche continue et permettre théoriquement, par exemple, la reproduction de pièces de théâtre complètes.
- •UNE NOUVELLE PHASE DES TRAVAUX DE M. GAUMONT
- L’avènement des procédés radiotechniques d’amplification basse fréquence devait permettre un enregistrement électrique meilleur et plus facile des disques et une reproduction des sons d’une fidélité et d’une intensité encore inconnues.
- Nos lecteurs connaissent d’ailleurs déjà par nos articles récents les merveilleux progrès du phonographe et de la reproduction électrique des disques au moyen d’amplificateurs à lampe et des excellents haut-parleurs modernes.
- Malgré les facilités toutes nouvelles des recherches, dans ces conditions complètement transformées qui faisaient disparaître une partie des difficultés signalées au début de cet article, M. Gaumont prit le parti, à cette époque, d’abandonner, en partie, ses études déjà si longues sur l’emploi synchronisé du phonographe et du cinématographe, pour utiliser un pro-
- Fig. 7. — Fragment d’un film sonore G. P. P.
- Remarquer que l’intensité lumineuse est constante, mais l’image est de longueur variable.
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- Poste de reproduction
- magasin supérieur
- cellule ou
- magasin inferieur
- Disposition schématique du système de reprodution G. P. P
- cédé tout nouveau faisant appel à la lumière et l’électricité pour l’enregistrement et la reproduction, et qui lui semblait posséder des avantages immenses sur le procédé primitivement utilisé.
- Deux ingénieurs danois, MM. Petersen etPoulsen, qui étudiaient déjà depuis quelque temps la question du film sonore, mais en employant uniquement le film, lui offrirent à ce moment leur collaboration, et ainsi fut fondée la.a Société Française des films parlants » qui vient de réussir actuellement à mettre au point le procédé G. P. P. (Gaumont, Petersen, Poulsen), procédé utilisé pour la projection pratique et régulière, dans de grandes salles de Paris et de l’étranger.
- Comme nous allons le voir, le disque n’est plus utilisé dans ce nouveau procédé qui emploie uniquement les films.
- Nous savons cependant qu’il est possible maintenant d’obtenir, à l’aide des nouveaux procédés électro-magné-
- Fig. 9. — Dispositif complet pour projection de film sonore suivant le procédé G. P. P.
- Cinématographe accouplé rigidement à l'appareil sonore.
- Ecran
- flA Amplificateur
- haut-parleur
- Appareil reproducteur
- tiques, des enregistrements et des reproductions phonographiques d’une fidélité à peu près parfaite et des auditions dont on peut modifier à volonté l’intensité, grâce à des amplificateurs basse fréquence accouplés avec des haut-parleurs de T. S. F. puissants
- Mais il ne faut pas croire, malgré les apparences, que l’enregistrement d’un disque lype et ensuite sa reproduction soit une opération facile ; elle nécessite, au contraire, l’emploi d’un matériel très coûteux, exigeant une longue mise au point et qui doit être manœuvrée par des spécialistes avertis. Seules donc, à l’heure actuelle, les grandes maisons d’édition phonographique peuvent réaliser des disques satisfaisants.
- De plus, le disque, sous sa forme actuelle, est fragile et ne peut servir, en réalité, qu’une quinzaine de fois dans les conditions du problème, c’est-à-dire lorsqu’on veut obtenir une très grande intensité d’audition, qui exige également une amplification basse fréquence intense.
- Il était donc naturel que M. Gaumont songeât à remplacer le disque par le film, ce qui lui permettait de réaliser toutes les phases de la fabrication dans sa maison cinématographique.
- Cependant, pour des usages particuliers, pour des petites salles, pour la projection d’amateurs, le disque conserve des avantages indéniables, et nous croyons savoir que M. Gaumont étudie en ce moment, avec ses collaborateurs, un nouveau système .cinématographique à mouvement continu, qui serait accouplé synchroniquement à un phonographe pour la projection des films sonores.
- Nous aurons sans doute l’occasion, d’ailleurs, de comparer avec plus de détails les systèmes à disques et à films lorsque nous décrirons les procédés étrangers de cinématographie sonore.
- LA PHOTOGRAPHIE DES SONS
- Dans le procédé à films G.P.P., l’appareil cinématographique destiné à l’enregistrement des- images n’est pas modifié, mais on emploie un deuxième film enroulé sur le même arbre sur lequel s'enregistrant les ondes sonores avec un synchronisme naturellement parfait.
- Pour obtenir ce résultat, on fait agir les sons sur un microphone sensible relié à un amplificateur de T.S.F. Les courants basse fréquence provenant de cet amplificateur actionnent, non pas un enregistreur électromagnétique à disques, comme dans le procédé précédent, mais un galvanomètre très sensible portant un miroir minuscule (fig. 5).
- Lé miroir du galvanomètre est alors animé de vibrations correspondant aux oscillations reçues par la membrane du microphone. Si l’on fait agir sur lui les rayons d’une source lumineuse, on peut diriger la lumière réfléchie à travers une fente de quelques centièmes de millimètre de largeur, sur un film sensible qui se déroule constamment et, sur ce film, s’inscrivent alors, après développement, des séries de lignes plus ou moins rapprochées et d’amplitude plus ou moins grande (fig. 6 et 7).
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- On a ainsi réussi à cinématographier les sons sur le film et la longueur des zigzags observés sur le film correspond à l’intensité des sons (fig. 7). On peut ainsi enregistrer les fréquences les plus basses, jusqu’à 8000 périodes par seconde au minimum, tant le système du galvanomètre présente peu d’inertie.
- LE PROCÉDÉ G.P.P.
- Le film sonore ainsi obtenu, et qui présente les mêmes caractéristiques comme dimensions et perforations que le film cinématographique normal, permet inversement une très facile transformation de la lumière en sons à l’aide du procédé suivant. '
- On tire d’abord un positif de la bande enregistrée, et l’on remarquera, à ce propos, que l’emploi d’un film sonore séparé du film cinématographique ordinaire permet de conduire au mieux toutes les opérations photographiques.
- Sur cette bande positive, on fait agir la lumière en sens inverse (fig. 8). La lumière, après avoir traversé la bande, traverse un diaphragme qui répartit convenablement le faisceau lumineux et va impressionner une cellule de sélénium reliée à un amplificateur basse fréquence actionnant un haut-parleur.
- La résistance de la cellule varie suivant, son éclairement, les vibrations enregistrées sur la bande se traduisent donc finalement par des sons émis par le haut-parleur et correspondant exactement aux sons enregistrés précédemment sur cette même bande; la transformation son-lumière est donc suivie de la transformation inverse lumière-son.
- On a souvent reproché son inertie à la cellule au sélénium, mais on a reconnu qu’elle suffisait dans le cas actuel parce que l’emploi de courants très faibles permettait d’atténuer cette inertie en très grande partie.
- L’ensemble reproducteur (fig. 9 et 10) comporte donc deux appareils distincts. L’un est du modèle ordinaire cinématographique et il est placé comme à l’habitude face à l’écran.
- Ce premier appareil est relié, d’une façon rigide, par un système à la cardan, avec l’appareil pour la transmission des sons.
- L’amplificateur basse fréquence est relié par fils plus ou moins longs à de puissants haut-parleurs, mais la position de ces haut-parleurs varie évidemment suivant la disposition de la salle.
- Dans la salle du Caméo, à Paris, par exemple, les haut-parleurs du type électrodynamique à bobine mobile placée dans l’entrefer d’un puissant électro-aimant, sont disposés de chaque côté de l’écran lumineux (fig 11).
- Bien que nous n’ayons pu évidemment donner dans cet article des détails techniques très approfondis sur tous les procédés étudiés en France, nos lecteurs ont, sans doute, pu se rendre compte de l’importance des travaux entrepris pour aboutir aux résultats actuels pleins de promesses.
- Quel est l’avenir du film-parlant en France ? Quels sont les travaux des techniciens étrangers sur ce pro-
- Fig. 10. — Vue d’ensemble de l'appareil cinématographique chro-nophonc accouplé arec l’appareil filmophone G. P. P.
- blême ? Telles sont les intéressantes questions qui nous restent encore à étudier dans un prochain article.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 11. — Disposition des haut-parleurs de reproduction sonore, adoptée actuellement dans une salle parisienne.
- Ecran
- umineux
- Haut- - parleurs
- Emplacem! habituel delorchestre
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- 550 = LA PROTECTION CONTRE LES RAYONS X
- UN NOUVEAU PERFECTIONNEMENT :
- LE PROTECTEUR INTÉGRAL DU DR BELOT
- On connaît les terribles accidents causés aux médecins radiologues par la manipulation fréquente, continue des ampoules à rayons X. On peut dire que tous ceux qui, au début de la découverte de Rœntgen, se sont consacrés à son application, ont été victimes des rayons pénétrants et sont morts après d’affreuses souffrances et souvent des amputations répétées.
- Tout un arsenal a été ensuite créé pour protéger les médecins : gants et tabliers chargés de plomb, lunettes en verre au plomb, écrans protecteurs, etc.
- De ce fait, les accidents sont devenus moins nombreux^ mais ils n’ont pas cessé complètement et le martyrologlfe des radiologistes s’allonge toujours. ^ K
- D’une part, le nombre des patients qui ont recours aux rayons X augmente chaque jour. Ce ne sont plus seulement les lésions osseuses qu’on examine avant l’intervention chirurgicale ou pendant le traitement orthopédique, ce sont maintenant toutes les cavités du corps qu’on peut voir au moyen de divers artifices : repas bis-
- Fig. 1. — Le protecteur intégral du DT Belot, vu de la cabine du médecin.
- muthé, injections de lipiodol, etc., et l’on explore ainsi l’estomac, l’intestin, la vessie, etc. La radioscopie pulmonaire est devenue l’auxiliaire indispensable du diagnostic de la tuberculose. Si bien que les médecins spécialistes des rayons X doivent passer toutes leurs journées auprès de leurs appareils. D’autre part, ces rayons sont devenus un moyen de traitement, notamment pour le cancer. Mais la rœntgenthérapie exige dans beaucoup de cas des appareils très puissants émettant des radiations très pénétrantes et fonctionnant pendant longtemps.
- Le radiologiste ne peut vivre toutes ses journées engoncé dans les lourds vêtements de protection chargés de plomb. Force a donc été de chercher des moyens de protection plus sûrs et plus supportables, d’isoler des rayons dangereux non seulement le médecin, mais aussi ses aides, ses infirmières, tout le personnel qui vit constamment près des ampoules meurtrières.
- L’exposition organisée à la Faculté de médecine, à propos du dernier Congrès de chirurgie, a révélé un nouveau dispositif qui est vraiment un très grand progrès et semble résoudre complètement la difficile question de la protection parfaite des radiologistes.
- La maison Massiot y présentait le protecteur intégral conçu par le D1 Belot, chef du service d’électro-radiologie de l’Hôpital Saint-Louis, un des spécialistes les plus connus de Paris.
- Les conditions à réaliser dans un service de radiologie moderne et de fonctionnement intensif sont les suivantes :
- Il faut concevoir une installation de radiodiagnostic en position verticale, de telle sorte que les appareils générateurs de courant et porte-tube soient complètement abrités et inaccessibles pour les malades, le médecin et ses aides ; que le malade soit isolé dans un couloir d’examen convenablement éclairé, et qu’il prenne place sur un plateau mobile, tournant, permettant de l’examiner sous divers angles ; que le médecin et ses aides, se tenant devant un écran fixé dans la paroi d’une salle voisine, convenablement aérée, mais obscure, pour conserver une bonne accommodation, soient complètement à l’abri de tout rayonnement direct ou secondaire ; qu’enfîn le médecin puisse de son poste effectuer tous les réglages, déplacer aisément l’ampoule, modifier la position du malade, etc.
- Tels étaient les desiderata exprimés par le D' Belot comme répondant d’une façon complète aux besoins d’un service intense d’hôpital et qu’il s’agissait de réaliser. Un tel projet fait honneur à son auteur parce qu’il répbnd à un réel besoin, et qu’il peut épargner bien des existences en les protégeant de l’inévitable radiodermite; sa réalisation fait également honneur au constructeur qui a su vaincre toutes les difficultés d’ordre, général et de détails qu’elle présentait.
- L'appareil (fig. 1) se présente sous la forme d’un bâti
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- Sa Ile d'attente
- Cabines
- Vestibule
- \SaJle étanche \ des | générateurs \ mrtesàcommut< Ampoule „
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- et assistants Sécretaire
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- Salle obscure ___L d 'examen ^____________
- Laborat1?
- Chicanes
- Chicanes
- Porte de secours
- Aération
- métallique dont les deux côtés, face et arrière, sont prévus pour être encastrés dans les murs du local affecté au radiodiagnostic.
- Du côté du médecin, un panneau mobile en hauteur et armé de plomb porte vers son centre un encastrement destiné à recevoir l’écran. Au-dessus de cet écran, un magasin reçoit une cassette porte-film prête à passer derrière l’écran radioscopique au premier besoin. Au-dessous de l’écran, un second magasin sert à recueillir la cassette quand la pose est terminée.
- Un léger mouvement de bascule de l’écran tiré du haut ou du bas permet la mise en place ou l’escamotage de la cassette. Ce dispositif sert aussi à interposer une grille de radioscopie, pour les examens qui exigent son emploi.
- A gauche se trouve la manette du combi-nateur qui commande tous les déplacements.
- Un coup de manette en profondeur provoque la montée du tube et de l’écran qui entraîne avec lui tout le panneau central porte-écran et le porte-tube situé derrière les cloisons. L’inclinaison de la manette en avant fait descendre l’ensemble, l’orientation de la manette vers la droite ou la gauche déplace le malade vers l’une ou l’autre direction. La rotation du malade sur lui-même est donnée par la rotation de 1 a manette dans le sens correspondant.
- Les volants concentriques de commande des volets du diaphragme se trouvent immédiatement au-dessus de la manette du combinateur précité, de sorte que le médecin a toute facilité pour les trouver dans l’obscurité.
- Un volant manœuvré à la main situé à Fig 2. — droite de l’écran sert à régler l’obliquité du rayon incident. Les mouvements combinés du tube et de l’écran sont tels que l’image d’une lésion reste toujours au centre de l’écran, quelle que soit l’incidence de l’examen. Un dernier commutateur, placé à droite, actionne le mécanisme de translation du tube et permet de le placer à 90 cm de l’écran pour la scopie ou à 1 m. 25 pour la téléradiographie.
- Tous les mouvements de déplacements sont contrôlés par des voyants qui donnent par lecture directe les angles incidents correspondant à chaque position.
- Le malade se trouve dans un couloir éclairé auquel on accède par deux marches ou une rampe inclinée suivant les lieux. Au milieu de ce couloir, il se place sur une plate-forme tournante munie d’un dossier transparent aux rayons X. Dans l’épaisseur du socle qui forme le sol du couloir.se trouve complètement dissimulé, mais facilement accessible, le mécanisme de déplacement du plateau.
- Derrière la cloison qui sépare le malade du local où sont installés les générateurs, se meut le porte-ampoule. Des considérations d’ordre technique ont conduit à l’étude de tout un dispositif rigide aussi léger que possible pour supporter le chariot diaphragme porte-tube.
- Au point de vue de son utilisation, l’installation se
- Plan d’un service intensif de radiodiagnostic pour hôpital, muni du protecteur intégral.
- présente sous un aspect extrêmement simple ; les mouvements de commande agissent comme les réflexes ressentis par le médecin d’après les déplacements qu’il veut provoquer. !
- Le problème est donc parfaitement résolu. Mais il a demandé de longs mois d’étude,-un travail considérable de recherches et d’essais, qui auraient pu rebuter les constructeurs les plus avertis, et sans la ferme volonté de M. Massiot et son acharnement à aboutir coûte que coûte, il est certain que le « Protecteur Intégral du Dr Belot » n’aurait jamais vu le jour.
- La figure 2 montre le plan d’un service intensif de radiodiagnostic installé dans un hôpital. Il est nettement séparé en deux parties, l’une claire où se tiennent les malades, l’autre obscure où sont le médecin èt ses assistants. Les malades, en entrant, se groupent dans la salle d’attente, puis vont se déshabiller dans des cabines individuelles et passent un à un sur le plateau tournant', entre l’ampoule à rayons X et le protecteur intégral. Puis ils retournent à la cabine d’où ils viennent et se retrouvent dans la salle d’entrée. Toute cette partie du service, en pleine lumière, est isolée des générateurs et de l’ampoule par des murs blindés opaques aux rayons. R. M.
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- ÉLECTRONS ET PHOTONS
- I. — Les physiciens sont arrivés à montrer depuis plus d’un quart de siècle que les atomes dont sont composées les molécules des divers corps ne sont pas les éléments matériels les plus simples que nous puissions atteindre. La structure interne des atomes d’hydrogène, d’oxygène, de fer, et de tous les autres corps simples de la chimie, est beaucoup plus compliquée qu’on ne pouvait le supposer autrefois, et il nous est devenu possible de préciser jusqu’à un certain point la nature et les propriétés des matériaux qui en font partie. Chacun de ces atomes est un édifice dont l’architecture peut être sommairement décrite. L’atome comprend d’abord un noyau, de dimensions très petites par rapport à celles de l’atome lui-même, mais de masse peu inférieure à celle de l’atome tout entier. Ce noyau porte une charge électrique plus ou moins élevée, mais toujours multiple d’une certaine charge élémentaire e, identique pour tous les atomes. Autour de ce noyau gravitent un certain nombre à'électrons, c’est-à-dire de très petites particules chargées d’électricité négative, portant tous la même charge -e, et exerçant les uns sur les autres des forces répulsives, en même temps qu’ils sont attirés par la charge positive du noyau. Ce système peut être comparé jusqu’à un certain point avec notre système solaire : le noyau serait l’analogue du soleil et les électrons figureraient les planètes qui gravitent autour de lui.
- Nous connaissons encore assez mal les propriétés des noyaux atomiques, bien que nos progrès à ce sujet soient, depuis quelques années, fort appréciables. Au contraire, nous sommes beaucoup mieux renseignés sur les électrons planétaires qui constituent son cortège! Nous connaissons avec précision leur charge électrique, leur masse, leurs vitesses, qui peuvent varier notablement suivant les circonstances, mais qui sont toujours de l’ordre du 100me de celle de la lumière. Les électrons ont en effet pu être atteints par nos expériences depuis longtemps et par bien des procédés : ce sont eux qui, arrachés par le champ électrique aux atomes des tubes à vide, constituent les rayons cathodiques; ce sont eux qui, projetés spontanément par les corps radioactifs, en constituent le rayonnement (3 ; cè sont eux encore qui, gravitant à l’intérieur des atomes et sautant, de temps à autre, d’une orbite sur une autre, émettent les raies des spectres lumineux; ce sont eux enfin qui, émis dans le vide de nos lampes à incandescence par le filament chauffé, peuvent y transporter des courants électriques notables et donner lieu aux phénomènes bien connus des lampes de T. S. F. Tous ces phénomènes ont permis l’étude détaillée des propriétés des électrons et ont fourni des valeurs précises et concordantes de leurs constantes caractéristiques.
- On aurait pu penser, il y a moins de deux ans, que notre connaissance des propriétés de ces particules matérielles élémentaires avait atteint sa perfection, et que rien de véritablement nouveau ne saurait jamais s’y ajouter. Nous pouvons mesurer aujourd’hui la profondeur de cette illusion. Non seulement de récentes expériences sont venues compléter de la manière la plus inat-
- tendue nos connaissances sur les électrons, mais elles ont bouleversé nos notions anciennes à tel point que la physique théorique a quelque peine à se remettre de la secousse. C’est à deux physiciens américains, Davisson et Germer, que nous devons ce bouleversement. Ils étudiaient, depuis plusieurs années, la diffusion des électrons par la matière, c’est-à-dire la manière dont un faisceau d’électrons, dirigé par exemple sur un corps solide, est disséminé par lui dans toutes les directions. Ayant été amenés, par une circonstance fortuite, à prendre comme diffuseur un cristal de nickel, ils constatèrent que les électrons, au lieu d’être diffusés suivant une loi de répartition régulière, étaient renvoyés au contraire dans des directions privilégiées, étroitement apparentées d’ailleurs avec la symétrie propre du cristal. Or nous connaissons déjà un rayonnement qui, dans les mêmes circonstances, se comporte de façon analogue : c’est un rayonnement qui n’a rien de matériel et n’est autre que les rayons X. Chacun sait que les rayons X sont des radiations du même type que les rayons lumineux, que ce sont des ondes qui ne diffèrent des ondes lumineuses que par une longueur d’onde mille ou dix mille fois plus faible. L’expérience de Davisson et Germer établissait donc brusquement une parenté étroite entre deux types de rayonnement que nul n’avait plus songé à rapprocher depuis la fin du siècle dernier, les rayons X et les rayons électroniques, les uns représentant pour nous un phénomène ondulatoire typique, les autres un flux de particules matérielles non moins typique.
- La logique nous oblige à poursuivre les conséquences de ce rapprochement et à admettre que les électrons peuvent — au moins dans certaines circonstances, — se comporter comme s’ils avaient une longueur d’onde. Cette conclusion, bien surprenante, est aujourd’hui inévitable, car il se trouve que nous sommes en mesure de contrôler ses conséquences numériques. Si, en effet, les rayons corpusculaires ont une longueur d’onde comme les rayons X, l’expérience de Davisson et Germer nous permet de la calculer par les procédés mêmes qui ont servi pour ces derniers. Chose remarquable, la longueur d’onde ainsi déduite de l’expérience coïncide presque exactement avec celle que prévoyait une intéressante théorie due à M. Louis de Broglie, qui a eu le très grand mérite de prévoir la nature ondulatoire de l’électron deux ans avant qu’elle ne fût expérimentalement constatée.
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- II. — Nos idées physiques ont subi, d’autre part, un bouleversement analogue dans un tout autre domaine. Depuis 1900, grâce à une vue géniale du physicien allemand Planck, les physiciens admettent que la lumière, émise par les atomes d’une source incandescente ou absorbée par les atomes d’un corps coloré, n’est pas émise ou absorbée d’une manière continue. L'énergie émise ou absorbée est toujours un multiple entier d’une même énergie élémentaire, qui ne dépend que de la fré-
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- quence de la radiation et lui est exactement proportionnelle. On donne à cet élément d’énergie radiante le nom de quantum d’énergie : l’idée de l’existence des quanta a été suggérée à Planck par le besoin de comprendre certaines lois du rayonnement thermique; mais, étendue et appliquée ensuite à d’autres questions de physique moléculaire, elle s’est montrée extraordinairement féconde. Elle a envahi peu à peu les domaines les plus variés sous le nom de théorie des quanta.
- Ainsi les quanta d’énergie sont de véritables paquets d’ondes, qui forment des touts indivisibles, et qui, émis ou absorbés par la matière, y donnent naissance aux phénomènes lumineux que nous observons. Einstein a même été plus loin; il a été amené, pour d’importantes raisons, à supposer que ces quanta sont de véritables projectiles lumineux, lancés par les atomes dans des directions bien déterminées, possédant en plus de leur énergie une certaine quantité de mouvement, et capables de provoquer, par leurs chocs contre les atomes des obstacles, des effets de tous points similaires à ceux des projectiles usuels. Ces projectiles lumineux ont reçu le nom de photons.
- Les physiciens, qui avaient déjà été obligés d’accepter la notion des quanta à cause de l’admirable clarté qu’elle projetait dans une foule de questions demeurées obscures jusque-là, ont eu quelque peine à aller jusqu’au bout, et à se rallier à l’idée des photo ns-projectiles. C’était là, en effet, un retour non déguisé à la fameuse théorie optique de l’émission, selon laquelle la lumière est formée de particules distinctes lancées par la source. Fresnel semblait avoir triomphé définitivement, il y a un siècle, de cette vieille théorie, en montrant que les phénomènes classiques de l’optique physique, tels que les interférences, la diffraction, etc., s’interprètent beaucoup mieux dans l’hypothèse des ondes continues que dans celle de l’émission. Après une longue éclipse, la théorie corpusculaire de la lumière renaissait de ses cendres, plus vivante que jamais.
- Certaines expériences récentes, surgies au milieu du conflit, ne font qu’augmenter son acuité en apportant des arguments décisifs à la théorie corpusculaire. En 1923, le physicien américain A.-H. Complon a découvert que la diffusion des rayons X par les atomes légers (par exemple ceux d’un fragment de paraffine ou de graphite)
- est accompagnée d’un accroissement de leur longueur d’onde. Ce phénomène, que les physiciens désignent depuis sous le nom d’effet Compton, ne peut se comprendre qu’en admettant la possibilité de chocs tout à fait analogues aux chocs mécaniques ordinaires, entre les électrons du diffuseur et les photons des rayons X incidents : l’individualité des photons et leur capacité . de transporter une quantité de mouvement, comme le fait une particule matérielle, sont, en quelque sorte, rendues tangibles par l'effet Compton.
- Ainsi, par deux voies différentes, les physiciens sont conduits, depuis quelques années, à un bouleversement complet de leurs idées fondamentales sur la matière et le rayonnement. L’élément matériel primordial, l’électron, peut posséder des propriétés ondulatoires (expériences de Davisson et Germer) ; le photon ou élément d’énergie radiante peut, dans certains cas, transporter une quantité de mouvement et se comporter comme une particule matérielle (effet Compton); il nous impose, dans ces cas, un retour à l’ancienne théorie de l’émission. Comment comprendre cette dualité d’aspect du photon et de l’électron? Comment atténuer la contradiction entre la théorie classique des ondes continues et la théorie moderne des quanta?
- Une réponse partielle à ces difficiles questions nous est fournie par un principe que Heisenberg a récemment déduit de la théorie des quanta et qu’il est logique d’appeler le principe d’indétermination. D’après lui, les deux aspects matériel et ondulatoire du photon et de l’électron ne seraient pas contradictoires, mais complémentaires. Chacun d’eux se manifesterait suivant le mode d’observation employé au cours des expériences ; c’est notre intervention qui, dans chaque cas, provoquerait l’apparition de l’un des aspects au détriment de l’autre. Ce principe, qui est susceptible d’une expression mathématique tout à fait précise, semble d’une très grande portée. Il ne tend à rien moins qu’à renouveler notre conception de la causalité en physique, et il nous permettra sans doute de ramener — pour un temps —, dans nos théories, une unité après laquelle elles aspirent toujours, mais qu’elles atteignent bien rarement.
- Eugène Bloch.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
- = L’ÉVEIL DE L’INDOCHINE =
- III - L’ÉTAT DE SON RÉSEAU FERRÉ
- L’historique des chemins de fer indochinois s’ouvre par un chapitre d’hésitations et de tâtonnements : nos hommes d’Etat refusèrent confiance à la colonie et ne voulurent pas voir grand. Du projet, mis à l’étude avant 1880, prévoyant une ligne qui, partant de Saïgon pour traverser le delta cochinchinois, aboutissait à Pnom-Penh, la capitale du Cambodge, ils ne retinrent que les 70 km de la section Saïgon-Mytho.
- Concédée en 1881 à un entrepreneur auquel se substitua bientôt une compagnie privée, la construction de cette ligne fut achevée en 1885 : cet ancêtre du réseau indochinois fut mis en service-le 20 juillet de la même année. Le kilomètre revenait à 165 090 francs, chiffre qui peut paraître très élevé pour un pays de plaine ; mais il faut remarquer que cette région deltaïque est coupée de larges cours d’eau qui entraînèrent la construction
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- d’ouvrages métalliques importants : tel, le pont de Tanan, d’une longueur de 250 m.
- Cette petite ligne est restée la plus fréquentée : traversant une région où la densité de la population est considérable, elle relie les trois grandes villes que sont Saigon, Cholon et Mytho. Depuis 1911, elle est exploitée directement par la Colonie.
- Ce ne fut que cinq ans plus tard que le rail fit son apparition dans une autre partie de l’Indochine : au Tonkin. La paciiication des régions montagneuses situées au Nord et au Nord-Est, sur la frontière du Kouang-si, se poursuivait ; nous y entretenions de fortes garnisons, notamment à Lang-Son et à Cao-Bang, dont le ravitaillement (sans parler de l’évacuation des blessés et des malades) présentait de grosses difficultés.
- La construction d’une voie Decauville de 0 m. 60, reliant Lang-Son à Phu-Lang-Thuong, localité reliée elle même à Hanoï par voie fluviale, fut commencée en 1890. Adjugés à un entrepreneur, les travaux se poursuivaient lentement, faute d’études préalables sérieuses, lorsque, en 1896, le projet initial fut transformé en un programme plus vaste : grâce au premier emprunt indo-chinois lancé en France, d’une valeur de 80 millions de francs et qui fut couvert 28 fois, la voie de 0 m. 60 qui reliait Lang-son à Phu-Lang-Thuong put être remplacée par une voie normale (1 m) prolongée jusqu’à Dong-Dang dans le Nord et jusqu’à Giam-Lam au Sud.
- Cette dernière localité est un faubourg de Hanoï dont il est séparé par le large lit du Fleuve Rouge. On commença en ce point, vers la fin de 1898, la construction d’un pont qui reçut plus tard le nom de Pont Doumer et qui fut inauguré en mars 1902. Long de 1682 m entre culées, cet ouvrage, qui avait coûté 6 millions de francs, permit l’ouverture à l’exploitation de la nouvelle ligne dès le 8 avril 1902. Elle fut prolongée plus tard (1921) de Dong-Dang à Na-Cham, petit port fluvial, ce qui lui donna le développement de 179 km qu’elle a conservé. Son prix de revient a été de 246 000 francs le kilomètre.
- LE PROGRAMME DE 1898
- A l’exception des deux lignes dont nous venons de parler, tout le réseau indochinois actuellement ouvert à l’exploitation fait partie d’un vaste programme de voies ferrées, conçu par M. Paul Doumer, alors Gouverneur général, et qui fut approuvé par le Parlement, le 25 décembre 1898.
- Ce programme comportait la création de deux grandes artères : 1° Une ligne de pénétration au Yunnan, destinée à drainer vers le Golfe du Tonkin le trafic de cette province chinoise, et dont la construction devenait possible grâce à la convention franco-chinoise du 10 avril 1898; 2° Une ligne côtière qui servirait de lien entre les divers pays de l’Union par la construction de la grande voie transindochinoise Hanoï-Hué-Saïgon-Pnom-Penh.
- L’exécution de ce programme commença presque aussitôt. Précisons que, d’accord avec la loi passée par le Parlement français, la Colonie rétrocédait à une compagnie privée (la Cie Française des Chemins de Fer de l’Indochine et du Yunnan) la concession qu’elle venait d’obtenir du Gouvernement chinois, et sur les bases suivantes : la colonie devait construire et équiper elle-même la section tonkinoise (du port de Haïphong à Lao-Kay, sur la frontière) et remettre cette section, dans un délai déterminé, à la compagnie concessionnaire. Celle-ci devait construire à ses frais la section chinoise (de Lao-Kay à Yunnanfou, la capitale de Yunnan), moyennant une subvention et autres privilèges.
- La section tonkinoise, d’une longueur de 384 km, fut complètement achevée en avril 1906, au prix moyen de 203 500 francs le kilomètre. Pendant ce temps, la compagnie concessionnaire poursuivait la construction de la section chinoise en se heurtant à des difficultés formidables.
- « Le recrutement des coolies, nous rappelle M Pou-yanne dans l’ouvrage déjà cité, le transport des maté-
- Fig. 1. — Carte des chemins de fer de VIndo-Chine.
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- riaux et approvisionnements, l’insalubrité et l’insécurité des régions traversées, les difficultés de la construction elle-même dans un terrain où les ouvrages d’art devaient être nombreux et importants, furent autant d’obstacles qu’il fallut surmonter à grand’peine... »
- Nous donnerons quelque idée de l’effort accompli en notant que cette ligne Lao-Ivay-Yunnanfou, d’une longueur de 465 km, comporte 155 tunnels d’une longueur totale de 17 864 m, et 3422 viaducs, ponts et aqueducs. Dans ces conditions on ne sera pas surpris d’apprendre que la dépense moyenne par kilomètre construit et équipé fut de 353 000 francs.
- La science et la ténacité de nos ingénieurs français triomphèrent de tant d’obstacles : le premier jour d’avril 1910, la première locomotive atteignait Yunnan-
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- l’autre partie dessert une région de plaine fertile et peuplée. Le coût moyen du kilomètre a été de 181 500 fr. La ligne est en exploitation depuis 1908.
- 3° Commencée en 1901, la ligne de Saïgon à Nha-Trang, longue de 409 km, n’est exploitée sur sa totalité que depuis 1913. Au départ de Saïgon, elle traverse des plaines fertiles et peuplées, puis s’engage dans des régions forestières dont l’exploitation, riche de promesses, n’est encore qu’ébauchée. Le coût du kilomètre s’est élevé à 148 000 fr. Cette ligne comporte deux embranchements : l’un, d’une longueur de 12 km, dessert le port de pêche de Phantiêt ; l’autre, actuellement construit sur 41km, atteindra bientôt Dalat et ouvrira à la colonisation le plateau duLang-Bian. Le tableau suivant permettra de voir plus clairement comment se répartissent lesvoies ferrées
- Fig. 2. — La route mandarine et la voie ferrés entre Saïgon et Phan-Thiet (Cochinchine). Cliché Service photocinématographique de l’Indo-Chine.
- fou — date mémorable dans notre histoire coloniale. Le programme de 1898 se trouvait ainsi réalisé en partie.
- La construction de la seconde ligne qu’il prévoyait se poursuivait pendant ce temps. Elle est loin d’être achevée à l’heure actuelle. Nous passerons rapidement en revue ceux des secteurs du futur Transindochinois que l’on a pu ouvrir à l’exploitation.
- 1° La ligne de Hanoï à Yinh, qui traverse le riche delta tonkinois avant de longer la côte, est mise en service sur sa totalité de 326 km depuis mars 1905. Son profil est très peu accidenté, d’où son faible prix de revient : 132 000 francs par kilomètre.
- 2° La ligne de Tourane, principal port de l’Annam, à Dong-IIoi, son terminus actuel, passe par Hué, la capitale de ce pays, et se développe sur une longueur de 175 km. Une partie de son tracé, à partir de Tourane, est très tourmentée et comporte de nombreux ouvrages d’art;
- indochinoises d’intérêt général ouvertes à l’exploitation
- RESEAUX
- Nord.
- ^Hanoï-Na-cham. . . .
- '^Hanoï-Vinh.........
- Annam-Central|Tourane-Dongha .
- CSaïgon-Mytho ....
- Sud..........< Saïgon -Nhatrang, ave
- ( embranchements. . Cie françaisefHaïphong.-Laokay. . . des Ch. de Fer)
- de l’Indochine) En territoire chinois et du Yunnan.fLaokay-Yunnanfou . .
- Total ....
- LONGUEURS
- CAR LIGNE PAR RÉSEAU
- km km
- 179 505
- 326
- 175 175
- 70
- > 536 466 )
- 394 394
- 465 1610 465
- 2075
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- CHEMINS DE FER EN CONSTRUCTION ET A L'ÉTUDE
- En Indochine, comme partout ailleurs chez les nations belligérantes, la guerre interrompit l’exécution des travaux publics. Ils ne furent repris activement qu’à partir
- fournir son matériel roulant et tracteur qui se composera de : 20 locomotives, 49 voitures, 60 wagons à 2 essieux, 120 wagons à boggies. Ainsi, Hanoï et Hué, déjà reliés par la route coloniale nü 1 (ou route mandarine), le sont actuellement par le rail.
- L’achèvement de l’embranchement dont nous parlions plus haut et qui, partant de Plian-Rang (station de la ligne Saïgon-Nhatrang), doit aboutir à Dalat, se heurte à de grosses difficultés. A partir de Krongpha, son terminus actuel, la ligne escalade les contreforts abrupts de la chaîne annamitique par une voie en crémaillère longue de 8 km 200
- Fig. 3. — En haut : le chemin de fer du Y annan (km lh2). En bas à gauche : le chemin de fer du Yunnaw (la voie ferrée au km klO-j- 300). En bas à droite : le chemin de fer du Yunnan, un pont sur arbalétrier.
- Clichés service photocinématographique de l’Indo-Chine.
- de 1922. Les efforts de la Colonie se concentrèrent sur la partie centrale du Transindochinois, dans le but de relier le tronçon Hanoï-Vinh autronçonTourane-Dong-Hoï Cette ligne Vinh-Dong-IIoï, d’une longueur de 299 km, est terminée à l’heure actuelle (’), et l’on commence à lui
- 1. Elle a été inaugurée en juin 1H-27.
- pour atteindreie Col de Bellevue, élevé de 900 m. au-dessus du niveau de la plaine. Plus loin, après un parcours de 5 km, elle aborde le second contrefort haut de 500 m., dont elle, atteint la crête par une nouvelle section à crémaillère longue de 5 km. aboutissant au lieu-dit l’Arbre-Broyé.
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- Fig. 4. — La gare et les ateliers de Gio-Lom (Tonkin).
- Fig. 5. — Arrivée d’un train en gare de Hanoï,
- les wagons de
- 4me classe. (Cliché service photographique de l’Indo-Chine.)
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- Fig. 6. — Le pont de chemin de fer de Ben That (Tanan).
- Jusqu’à ce point, les travaux sont terminés et les sections ont été ouvertes au trafic dans le cours de 1927. Il reste donc à construire la section Arbre-Broyé-Dalat, longue de 25 km, dont le tracé, qui sera à simple adhérence, longera une route carrossable achevée depuis quelques années.
- Nous passerons rapidement en revue les lignes à construire dont les études sont actuellement terminées. Il s’agit de voies ferrées indispensables au développement économique de l’Indochine et qui compléteront le programme de 1898.
- 1° Ligne de Tanap à Thakhek. — Longue de 186 km, elle reliera le Transindochinois au grand bief navigable du Mékong en ouvrant enfin une porte de sortie aux produits agricoles et forestiers du Laos. Le tracé franchit la chaîne annamitique par un tunnel situé à la cote 368. Les travaux coûteront 20 millions de piastres.
- 2U Ligne de Tourane à Nhatrang. — Longue de 550 km, elle reliera les deux grandes sections déjà en exploitation du Transindochinois et, parmi d’autres avantages, permettra aux régions surpeuplées du Tonkin d’envoyer à la Cochinchine la main-d’œuvre que réclame son agriculture. Les principaux obstacles que rencontrent les ingénieurs sont : la traversée du massif du Varella (qui s’effectuera par environ 2500 m de tunnels) et celle du delta du Song-Darang (que la voie franchira par trois ponts d’une longueur totale de 1200 m). Les dépenses de construction sont évaluées à 38 millions de piastres.
- 3° Ligne de Saigon à la frontière du Siam. — D’une longueur de 632 km, elle desservira le Nord de la Cochinchine et tout le centre du Cambodge, en passant par Pnom-Penh, la capitale de ce dernier pays. Elle évitera l’accaparement du trafic de la province de Battambang par la voie ferrée que le Siam construit entre Bangkok et la frontière cambodgienne. Enfin, elle permettra la jonction du réseau indochinois avec le réseau siamois et provoquera des échanges commerciaux entre Saïgon et Bangkok.
- Le principal obstacle qui se présente est le franchissement du Mékong et de son champ d’inondation, la largeur de celui-ci étant de 40 km environ. Cette ligne coûtera approximativement 45 millions de piastres, qui s’augmenteront de 2 millions si le pont sur le Mékong est établi pour donner passage également à une route.
- 4° Ligne de Mytho à Baclien. — Les études de cette ligne ne sont pas complètes, et sa construction ne semble plus présenter un caractère d’urgence. La fertile région du delta cochinchinois qu’elle desservirait est déjà sillonnée de nombreux canaux dont la batellerie lui ferait une rude concurrence pour le transport des marchandises lourdes. De plus, le développement formidable qu’ont pris en Cochinchine, depuis quelques années, les transports automobiles en commun ne permet pas d’espérer qu’elle puisse compter sur la clientèle des voyageurs indigènes.
- Longue de 285 km, (cette ligne coûterait 20 millions de piastres et nécessiterait la construction de ponts importants pour la traversée du Mékong, du Co-chin et du Bassac.
- OBSERVATIONS SUR L'EXPLOITATION
- Dès leur mise en exploitation, les chemins de fer indochinois avaient joui de la faveur du public indigène.
- Leur trafic voyageurs augmenta rapidement pour arriver à 461 600 000 voyageurs kilométriques en 1920. Mais la concurrence des transports automobiles en commun se faisait bientôt sentir, et le chiffre tomba en 1924 à 329900-000, soit une diminution de 30 pour 100 environ.
- Des abaissements de tarifs pour la 4e classe (exclusivement employée par les indigènes) ont été mis en vigueur
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- en 1926 sur les réseaux Nord et Annam Central. Le nombre des voyageurs a fortement augmenté presque aussitôt, et les recettes, au lieu de diminuer, ont marqué une progression sensible.
- Par contre, le trafic marchandises n’a pas cessé de s’accroître depuis 1915, principalement sur les lignes exploitées directement sur la Colonie. Le nombre des tonnes kilométriques transportées par elle est passé de
- 32 500 000 en 1920 à 61100 000 en 1924, soit une augmentation de 88 pour 100. Sur la ligne concédée du Yunnan, durant la même période, l’augmentation.n’a été que de 16 pour 100 (de 53 400 000 tonnes kilométriques à 62 200000). Ne sont pas compris dans ces chiffres les transports en service : 14 600 000 tonnes-kilométriques en 1920 et 32 400000 tonnes-kilométriques en 1924.
- (.A suivre.) Victor Forbin.
- Fig. 8. — Le pont du kilomètre 11 sur la ligne Tourane-Uue.
- LE POSTE DE T, S. F. DE L’INSTITUT AGRONOMIQUE
- Un poste d’émission vient d’être installé à l’Institut national agronomique pour étudier les meilleures conditions d’émission de communications téléphoniques agricoles sur ondes courtes. La longueur utilisée a varié de 20 à 85 m., et a été en général 42 m. L’antenne prismatique verticale de 20 m. est installée sur une terrasse. La puissance du poste, de 40 watts au début, a été réduite à 2 watts 1/2 en utilisant
- des lampes de réception Philips A 409 chauffées sous 3, 6 volts et travaillant avec une tension-plaque de 120 volts. Malgré cette très faible puissance d’émission on a pu obtenir en un mois 47 liaisons bilatérales avec 19 stations de France, Angleterre, Belgique, Italie, Suède et Algérie, jusqu’à des distances atteignant 1500 km.
- L. Ri GOTARD.
- LA PLANETE JUPITER EN 1928
- On sait que cette colossale planète nous donne l’image d’un monde instable, quant aux apparences que les observations télescopiques révèlent à sa surface. Les phénomènes dont elle est le siège se traduisent à nos yeux par des variations en disposition, en largeur et en valeur des bandes sombres ou des zones claires parallèles à
- l’équateur du globe; ces modifications se compliquent également de nombreuses irrégularités se rattachant à la présence de taches foncées où brillantes, variables à leur tour.
- Depuis quelques années, et particulièrement à l’époque actuelle, Jupiter offre un exceptionnel intérêt, par suite
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- de transformations si marquées qu’elles peuvent être constatées à l’aide d’un modeste instrument astronomique. Ces perturbations, nous les avions déjà signalées l’an passé (V. n° 2773, 27 nov. 1927); elles s’exagèrent
- bande tropicale australe (T. a.) semble venir s’y raccorder par de nombreux accidents, de façon à ramener progressivement l’aspeot d’une large zone qui généralement occupait cette région du globe jusqu’en 1926 ; au con-
- Fig. 1. — En haut : Aspect télescopique de Jupiter le 75 octobre 1928 à 22 heures. En bas : figures demi-schématiques de l’aspect général de Jupiter depuis 1925.
- maintenant en importance, comme on peut le voir par les figures ci-dessus. Indépendamment d’une structure très compliquée, en raison de nombreuses taches sombres et claires, il faut souligner l’apparition et le développement croissant d’une bande qui, en se formant au-dessus de la
- traire, la bande tropicale boréale (T. b.) semble diminuer d’importance. On se rendra compte de ces modifications par les figures demi-schématiques qui font ressortir les étapes de ces transformations. Lucien Rudaux.
- Observatoire de Donville.
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- CHRISTOPHE COLOMB VU PAR UN MARIN =5éI
- (J.-B. CHARCOT)1’
- Un beau livre qui est une bonne action :
- On y constatera que l’infortuné capitaine Scott (la victime du Pôle Sud) avait eu raison d’appeler le capitaine de frégate et docteur J.-B. Charcot « the Polar Gentleman », « absolument impartial, précis, véridique », a ajouté E.-S. Balch. Car le Commandant du Français et du Pourquoi pas P, dans cet ouvrage, fait parler son grand cœur autant que sa science profonde.
- Il a existé, de tous temps et de par le monde, une « école de dénigrement », malignement vouée à l’attaque des plus pures gloires, et cela en tous sujets.» Christophe Colomb fut ainsi particulièrement discuté par des profanateurs.
- Lui-même demandait à être jugé par « des chevaliers de conquête et non par des gens de robe ». C’est fait et défini-„ tivement.
- La compétence exceptionnelle et intégrale de Charcot lui a permis de « juger en marin » et en explorateur, à l’adresse des « gens de bonne foi ». Bien entendu, il met au point tout ce qui concerne « l’amiral des Océans », sa vie, ses efforts, sa lutte contre l’envie et l’inertie, le récit de ses voyages, l’importance de ses découvertes et l’ingratitude dont il fut payé. Mais il démontre surtout comment Colomb a été véritablement un grand marin ; et, par les preuves accumulées, il confond les détracteurs et les réduit au silence. Il faut attirer l’attention sur ces preuves, d’ordre technique, si bien mises en lumière et complétant la belle « Histoire merveilleuse de Christophe Colomb », par J.-P. Alaux.
- Et, d’abord, on a eu tort de dire que la Santa-Maria, la Pinta, la A'ina étaient de mauvais bateaux : en les choisissant, Colomb « montra des qualités de marin et d’organisateur » et il sut parfaitement en « modifier le gréement pour le rendre plus apte à la navigation ». Sur ce point, l’américa-niste H. Vignaud, « le chef d'école des détracteurs colombiens », a écrit que les trois caravelles « avaient une voilure latine carrée .» [Le vrai Christophe -Colomb et sa légende, p. 115, Paris, Picard, 1921). « Nous avouons ne pas comprendre, rétorque Charcot, car les voiles latines ne sont pas carrées, mais triangulaires. C’est là un non-sens, comme une ligne droite courbe, une sphère plate et un cercle carré, et ce non-sens a été répété, sans citer II. Vignaud, par Marius André (La véridique aventure de Christophe Colomb, p. 109, Paris, Plon-Nourrit, 1927). La Pinta seule resta gréée avec une voile latine, entièrement latine ».
- On relève d’autres exemples de la faiblesse des critiques. Mettant sa coutumière bienveillance au service d’une douce ironie, Charcot ajoute : « Ceci n’enlève rien à l’érudition de H. Vignaud. Tout de même, pour juger un marin, il vaut mieux être un peu au courant des choses de la mer ».
- Les résultats « marins » de Colomb furent d’autant plus extraordinaires qu’à son époque on avait fort peu d’instruments : la boussole, le sablier, 200 brasses de sonde seulement, l’astrobale quadrant. On ignorait le loch (apparu en 1677) pour mesurer la vitesse, — le baromètre, — le chronomètre, — le sextant, etc. Ainsi, Colomb ne pouvait obtenir par observation que la latitude, et encore d’une façon approximative. Et point de cartes en réalité. La fameuse carte retrouvée, le 24 avril 1924, par M. de la Roncière à la Bibliothèque Nationale (2) (de 1488-1492) et le globe de
- 1. Préface du Commandant Paul Chack ; petit in-4°, 320 p., nomb. grav. Paris, Flammarion, 1928, 50 fr.
- 2. Ch. de La Roncière : La Carte de Christophe Colomb, Paris, Champion, 1926, 500 fr. — Et L'Illustration du 12 avril 1924.
- Martin Behaim n’indiquent (au lieu et place du nouveau continent) que la petite et légendaire « Antilia » et l’île « Cipangu » (Japon).
- Si mal outillé qu’il fût, « l’amiral » n’en remarqua pas moins, le 13 septembre 1492, que la direction de l’aiguillé de la boussole, par rapport à l’étoile polaire, se modifiait ; « de jour en jour, la dérivation de l’aiguille vers la gauche s’accentuait ».
- Colomb avait tout simplement découvert la déclinaison magnétique... et tournait une page dans l’art de la navigation.
- Du 16 septembre au 8 octobre, il ose, le premier, traverser « la Mer des Sargasses », confirmer son existence ('quelque peu légendaire) et détruire la « terreur » qu’elle inspirait (le Krak, la Main Noire, etc...).
- Ensuite, il découvre et utilise les vents alisés, préludant ainsi aux magnifiques travaux de Maury et de Brault pour les cartes des vents. — Il observe une sorte de mascaret, dénonce les méfaits des tarets, etc., etc.
- Voilà, au plus bref, ce que trouva cè « navigateur médiocre..., ce marin inexpérimenté », qui « n’a jamais dit un mot de vrai sur ce qui le touche personnellement, qui sema ses écrits d’assertions inexactes adroitement formulées » (H. Vignaud) ; cet « amateur accusé de supercherie, qui berna les contemporains et la postérité en inventant San Salvador (Guahahami) de toutes pièces » (Marius André).
- Charcot, explorateur polaire consommé, patrouilleur guerrier contre les sous-marins allemands, a le droit d’être sévère pour ces « opinions étranges, ne trouvant leur excuse que dans une grande ignorance ».
- Il réfute aussi les allégations qui ont prétendu faire de Martin Alonso Pinzôn l’artisan du succès colombien : il « fut, en vérité, déserteur vaniteux et indiscipliné, esprit routinier et trahit son chef ». (Désertion de la Pinta, le 21 novembre 1492.)
- Après les rechèrches justificatives de M. H. Harrisse, sir Cléments Markham, Irving, Ulloa, Hevesy, Sumien, l’opinion des vrais érudits n’était plus ébranlable ; mais, contre les critiques malintentionnées et mal informées, les preuves de métier fournies « par un marin » devenaient nécessaires pour le public, trop légèrement superficiel, près duquel « le dernier qui parle a trop souvent raison ».
- Au surplus, avec la puissante autorité d’une impeccable impartialité, notre vaillant et savant auteur avoue bien que Colomb « ne fut pas un saint, ni un infaillible; on a été trop loin quand, par deux fois, on a voulu le faire béatifier (1856 à 1892). Il était probablement moins parfait que ses admirateurs le veulent et meilleur que ses détracteurs ne le disent ». Il a cru le monde d’un quart plus petit que la réalité, avec six parties à sec et une septième (au lieu des trois quarts) sous la mer ; il pensa toujours avoir trouvé les îles frontales de l’Asie Orientale (Cipangu, Cathay, pays des épices) ; d’autres hommes, plus au nord, ont touché le nouveau continent avant lui (Nordmen, du xe siècle, au Grônland, Labrador, etc.). Mais, « dans toute l’acception du mot, il fut un marin initiateur et il ouvrit une voie nouvelle ; il est et restera le « découvreur de l’Amérique ».
- Et la dernière ligne de Charcot justifie, résume et explique tout l’ouvrage : « Les chiens ont aboyé et aboieront encore, mais les caravelles ont passé !!! »
- E.-A. Martel,
- Président de la Société de Géographie.
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- UN JEU NATIONAL JAPONAIS
- LE JEU DE “ GO ” (*.«••)
- Fig. 5.
- Maintenant que nous connaissons le principe du Jeu de Go (!), il semblerait logique d’en énoncer les règles, puis ensuite d’en étudier l’application à quelques cas particuliers. C’est la méthode synthétique, généralement adoptée pour l’exposé des doctrines classiques. Malheureusement les règles du jeu de Go, telles quelles sont exposées parles auteurs japonais, ont un aspect assez rébarbatif. Nous craindrions de rebuter le lecteur français en lui demandant d’emmagasiner dans son cerveau un texte compliqué dont il ne pourrait, que longtemps après,"comprendre le sens et l’utilité. Nous allons donc prendre la méthode inverse, la méthode analytique ; nous partirons du principe du jeu et nous inventerons ensemble les règles nécessaires pour l’application de ce principe aux différents cas qui peuvent se présenter. Quand nous aurons ainsi reconnu la nécessité de ces réglés, nous n aurons plus aucune difficulté à en comprendre et à en retenir le texte classique, texte que nous serons alors capables d’établir nous-mêmes au besoin.
- Encerclement et capture d'un pion. — I. Définition. La figure 1 représente un pion noir entouré par quatre pions blancs et fait prisonnier. Les pions blancs capteurs sont placés sur les lignes passant par le pion noir.
- IL Les quatre pions blancs de la figure 2, n entourent pas le pion noir. N’étant pas placés sur les lignes qui passent par le pion noir,ils ne contribuent en rien à sa capture possible.
- III. Deux pions A, B, qui ne sont pas placés sur la même ligne ne sont pas contigus. Ils forment deux groupes distincts. L’un d’eux, A, peut être fait prisonnier sans que l’autre le soit (fig. 3).
- IV. Deux pions contigus ne peuvent être faits prisonniers que simultanément. Il en est de meme pour un nombre quelconque de pions contigus deux à deux (fig. 4).
- C’est ainsi que, sur la fi-gure 5, nous voyons un groupe de douze pions noirs faits prisonniers par 23 pions blancs. On remarque sur la figure que les pions capteurs ne forment pas une chaîne continue. Il n’est nullement nécessaire que les pions capteurs soient contigus l’un à l’autre.
- Il faut seulement qu’il 1. La Nature, n° 2798, 1erdécembre 1928.
- £o-
- Fis. 7.
- n’yait pas de vide entre les capteurs et les prisonniers.
- On remarque également qu’il ne suffit pas d’entourer une chaîne de pions par l’extérieur, pour la capturer, comme l’imaginent certains débutants. Ainsi la figure 6 représente une chaîne rectangulaire de pions noirs qui sont fait prisonniers par les pions blancs.
- Influence des bords du damier. — Lorsqu’un pion est placé sur la ligne marginale du damier, on pourrait supposer qu’il n’est pas possible de le faire prisonnier puisque l’on ne peut pas l’entourer.
- Il n’en est rien.
- On convient que le bord du damier constitue une muraille infranchissable, de sorte qu’un pion est fait prisonnier par deux ennemis, quand il se trouve dans un coin, et par
- trois quand il se trouve sur le bord, comme on le voit dans la figure 7.
- Ces quelques règles très simples sont suffisantes pour permettre à deux joueurs attentifs de conduire une partie de go, sauf un cas particulier où elles conduiraient à une impasse. Ce cas particulier nécessite une convention particulière dont nous remettons l’exposé ou moment où nos lecteurs auront acquis une certaine pratique des procédés les plus employés pour l’attaque et la défense des pions.
- Les pions menacés. — Le Go est un jeu éminemment chevaleresque. On n’y procède pas par surprise. Au moment où un joueur arrive à une situation telle qu’il lui suffit de placer un pion de plus pour capturer un groupe d’ennemis, il l’annonce en disant : je menace tel ou’ tel groupe.
- Ainsi, par exemple, (fig. 8), si les blancs posent un pion en B, ils diront: je menace les
- deux noirs. Il leur suffit en effet, de poser le pion suivant la droite de A pour capturer les deux noirs.
- Comment on défend un groupe menacé. — Le pion noir A est menacé (fig. 9). Si les noirs jouent en B, ils échappent momentanément à la menace, car il faut trois pions blancs pour compléter l’encerclement du groupe A, B.
- L’avantage est plus grand encore si, comme dans la fig. 10, les noirs peuvent, en jouant en B, relier le pion menacé à un groupe de pions amis.
- Coefficient de sécurité d'un groupe. — Un groupe isolé est dJautant plus en sécurité qu’il faut un plus grand nombre de pions ennemis pour l’encercler. On peut dire que ce nombre de pions représente le coefficient de sécurité du groupe. Ce coefficient est 1 pour un groupe menacé.
- Dans les figures 9 et 10, après que les noirs ont joué en B, le coefficient devient 3 pour les deux pions noirs de la fig. 9, et 7 pour les quatre pions noirs de la fig. 10.
- Nous n’avons pas vu ce chiffrage du coefficient de sécurité employé explicitement, dans les auteurs japonais ou chinois qu’il nous a été donné de consulter. Nous pensons qu’il peut être utile aux débutants européens pour leur permettre de choisir, dans certains cas entre deux façons de jouer.
- Formations imprenables. — Les yeux. — Avant
- Fig. 8.
- Fig. 9.
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- de continuer nos explications, il importe de préciser le moment où a lieu la capture des prisonniers.
- Règle. — Le joueur qui a la main pose un pion où il veut. II peut ensuite enlever du damier tous les pions ennemis qui se trouvent encerclés. Quand ce nettoyage est terminé, il passe la main à son adversaire.
- Il faut remarquer que, très souvent, pour faire des prisonniers, on est amené à poser un pion entre quatre adversaires, dans une position où il serait capturé, immédiatement si l’adversaire avait la main.
- Prenons, par exemple, le cas de la figure 11 et supposons que ce soit aux noirs de jouer. Ils posent un pion en A, entre quatre blancs et enlèvent comme prisonniers les huit pions
- Fig. 10.
- blancs.
- L’aspect du damier après le coup est représenté par la figure 12.
- Une case vide, telle que A, au milieu d’un groupe de pions de la même couleur s’appelle un œil.
- On voit qu’un groupe de pions entouré par Vextérieur et ne possédant quun œil, est inévitablement capturé.
- Supposons maintenant qu’un groupe de pions possède deux yeux au lieu d’un seul, et nous allons voir que le cas est tout à fait différent, et que ce groupe possédant deux yeux est imprenable.
- La figure 13 représente un groupe de pions blancs possédant deux yeux en A et B. Supposons que les noirs, qui entourent ce groupe par l’extérieur, tentent de le capturer. Us poseront un pion en A, en disant : Je menace tout le groupe. Mais les blancs prendront alors la main : ils joueront n’importe où, pourvu que ce ne soit pas au point B, et enlèveront comme prisonnier le pion noir placé en A. Tout
- sera donc à recommencer.
- Si les blancs avaient la maladresse de jouer en B, ils n’auraient plus qu’un œil et seraient capturés au coup suivant. D’où la règle :
- Lorsque l’on a la
- chance d’avoir des yeux, il faut avoir grand soin de ne pas les boucher soi-même.
- Remarque. — Il suffit d’avoir deux yeux pour être imprenable, mais il y a tout avantage à en posséder un plus grand nombre. Par conséquent :
- Il ne faut jamais poser un pion à Vintérieur d'une surface dont on est maître, sauf pour faire prisonnier un ennemi tombé du ciel et qui, négligé, pourrait devenir dangereux.
- Nous nous sommes appesantis volontairement sur la définition indispensable de l’encerclement, de la capture et des yeux. Il serait aussi déraisonnable d’insister davantage sur ce sujet que de placer, au début d’un traité d’art militaire un manuel détaillé de tir au revolver ou d’escrime à la baïonnette Ilàtons-nous de revenir aux principes de stratégie qui permettent de conduire rationnellement une partie.
- Nous avons vu qne le but du jeu de Go est la conquête du terrain. La capture des prisonniers n’est qu’un moyen permettant de réaliser cette conquête. Or, au Go comme à la guerre, il est infiniment plus facile d’occuper un terrain libre qu’un terrain où l’ennemi est déjà installé. Le commençant aura donc souvent avantage à jouer loin de l’ennemi, plutôt qu’à chercher le combat rapproché dont on ne peut jamais prévoir exactement les résultats. On peut très bien imaginer,
- Fig. 11.
- Fig. 12.
- ~..... = 563 =
- entre deux joueurs prudents, une partie dans laquelle n’aurait lieu aucune capture de prisonniers. Chacun des joueurs s’installerait dans un coin du damier; puis, après avoir construit une forteresse imprenable, il cheminerait vers l’adversaire en serrant de plus en plus ses pions à mesure qu’il approcherait du front, de façon à arriver à former une ligne continue au contact de l’ennemi.
- A ce moment, la frontière étant bien délimitée et ne présentanlpas de points faibles, la partie est pratiquement terminée. Sur la fig. 14, les noirs occupent 150 cases et les blanc 211, de sorte que les blancs gagnent 61 points.
- Pour changer quelque chose à ce résultat il faudrait que les noirs trouvent moyen, en jouant au milieu de la région qu ils ont abandonnée jusqu’à présent sans conteste aux blancs, de s’y installer et d’y construire un retranchement contenant deux yeux. La chose est à peu près impossible si l’on suppose les deux joueurs d’égale force : mais on peut toujours essayer et jouer tant qu’il reste des cases vides sur le damier. Ces essais ne changent en rien le résultat de la partie tant qu’ils n’aboutissent pas à une modification du dessin de la frontière par la création d’un îlot noir imprenable au milieu de la région blanche.
- Il faut remarquer que, ni les blancs, ni les noirs ne possèdent encore d’yeux bien déterminés. Ils se sont contentés de parsemer leurs pions dans les régions qu’ils prétendent occuper, à des distances telles qu’ils croient pouvoir facilement les relier les uns aux autres, en cas d’attaque rapprochée de l’ennemi, de façon à entourer et à capturer les troupes qui tenteraient, par-dessus la frontière, une sorte d’invasion par aéroplanes.
- (A Suivre.) Comm1 Lakcelis.
- Fig. 24. — La fig. 24 représente l’aspect que présenterait une partie de ce genre après que deux adversaires, résolumentpacifistes, auraient mis en lignes, chacun leur quarantième soldai. Nous avons supposé simplement que les blancs étaient un peu plus audacieux que les noirs et avaient consenti à laisser un intervalle un peu plus grand entre leurs unités.
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- U AUTOMOBILE PRATIQUE
- LA SÉCURITÉ EN AUTOMOBILE ET L'ÉTAT DES ROUTES EN FRANCE.
- Bien que la masse des véhicules automobiles s’accroisse chaque jour, et que le nombre des conducteurs professionnels
- Porte-bagages pliant placé sur le marchepied de l’automobile.
- Tl se monte et se démonte rapidement, et peut être transporté, replié, dans le coffre de la voiture.
- n’augmente nullement dans les mêmes proportions, le nombre des accidents est heureusement infime par rapport à la quantité imposante de kilomètres que parcourent les innombrables passagers de ces milliers d’automobiles.
- Chacun doit cependant faire tous ses efforts pour réduire encore le nombre de ces accidents, dans la limite des possibilités humaines.
- Si l’on met de côté les accidents dus au mauvais état mécanique des véhicules ou à l’imprudence des conducteurs, qui constituent des cas d’espèces formant d’ailleurs la majorité on peut constater que tous les autres accidents sont dus au mauvais état, au mauvais tracé, à des défauts de signalisation des routes.
- L’état défectueux des chaussées détermine une usure rapide de tous les organes de la voiture, et, malgré le pejfec-tionnement des pneumatiques et des dispositifs de suspension, il peut causer aussi la rupture de pièces mécaniques importantes, et, d'un autre côté, il est une cause de fatigue pour le conducteur qui peut perdre ainsi une partie de la vigueur de ses « réflexes », surtout la nuit ou lorsque la vitesse devient assez grande.
- Qu’il survienne alors le moindre incident de route, auquel tout conducteur un peu habile peut remédier en temps normal, et ce sera l’accident inévitable parce que la rapidité et la décision de la manœuvre à exécuter n’auront pas été suffisantes.
- La largeur de beaucoup de voies très fréquentées n’est plus en rapport avec les besoins actuels de la circulation; dans certaines régions touristiques il existe de nombreuses routes où la rencontre de deux véhicules est dangereuse, ou même impossible.
- Il est évident qu’il serait urgent d’augmenter la largeur des routes à très grand trafic et de ménager des emplacements nombreux pour les croisements sur les routes étroites.
- D’autres routes sont beaucoup trop bombées, pourvues de virages trop aigus, et aux bords relevés, bordées de fossés inutiles, de poteaux ou d’arbres trop rapprochés.
- Il importe d’essayer de modifier ces défauts dans la mesure
- du possible, et de ne pas répéter ces erreurs lorqu’il s’agit de tracer une nouvelle route, ou de refaire une ancienne en mauvais état.
- Enfin, que d’obstacles aux passages dangereux, croisements, virages, passages à niveau, caniveaux etc., sont complètement invisibles par suite de la présence d’un mur ou d’une haie malencontreuse !
- C’est vraiment miracle, répétons-le, que le nombre des accidents n’augmente pas encore plus dans de telles conditions, à mesure qu’augmente le nombre des véhicules en circulation.
- Une circulaire du ministre des Travaux Publics a prescrit récemment le taillage des haies à une hauteur d’un mètre aux alentours des passages à niveau, croisements etc., mais cette mesuré est manifestement insuffisante.
- Il est évident qu’on ne peut demander rapidement le changement de tracés de nos routes, ni la suppression des obstacles ou passages qui rendent la circulation dangereuse, mais ce qu’on peut demander rapidement, c’est la signalisation complète de tous les obstacles, signalisation effectuée d’une manière rationnelle et uniforme.
- Dès signaux très apparents, placés à une distance suffisante, visibles de jour comme de nuit, doivent constituer pour un conducteur habile et prudent un élément de sécurité très appréciable; il faut pourtant avouer que, si des progrès ont été faits, la signalisation des roules est encore à l’état embryonnaire.
- On sait, d’ailleurs, que les éléments de signalisation ont été plutôt établis par des organisations privées, et non par les services de l’État ou des départements; il en résulte que toutes les bonnes volontés ne se sont pas ralliées à un programme unique, et que la diversité des éléments employés est souvent gênante pour les conducteurs.
- Il faut donc souhaiter que toutes les sociétés privées se rallient à un programme commun de signalisation et qu’elles puissent collaborer avec les services officiels des Ponts et Chaussées, pour le plus grand bien des usagers de la route.
- UN PORTE-BAGAGES PLIANT TRÈS PRATIQUE
- Il existe à l’arrière des automobiles modernes un porte-malle pliant, ou une plate-forme sur laquelle on fixe la malle en métal ou en bois contre-plaqué qui contient les
- Fig. 2.
- Cric très simple en forme de parallélogramme articulé avec levier de commande à manivelle.
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- valises pour le voyage, ainsi complètement protégées contre la poussière et l’humidité.
- Mais il peut arriver qu’on ait à transporter, pour un trajet plus ou moins long, des bagages assez encombrants, bien que plus ou moins lourds, et qui ne peuvent trouver place dans cette malle.
- Il arrive souvent aussi qu’on ne puisse placer ces bagages à l’intérieur de la voiture parce qu’ils sont gênants à cause de leur nature ou de leur odeur (bidons d’essence, produits alimentaires, etc.).
- Le seul moyen consiste alors à placer ces bagages gênants sur le marchepied de la voiture, et le problème de leur fixation n’est pas très facile.
- Un petit accessoire métallique qui se fixe instantanément sur le marchepied au moyen de trois pattes serrées par des vis à écrou permet de résoudre ce problème (fig. 1).
- Cet appareil se développe et s’ajuste à volonté suivant la dimension des bagages, il se monte et se démonte très rapidement sans outil spécial et parait appelé à rendre des services, surtout à la campagne, d’autant plus que son prix est assez modique.
- CRIC NOUVEAU DE PRINCIPE SIMPLE
- La plupart des crics d’automobiles sont formés simplement d’une vis robuste portant un petit plateau sur lequel doit reposer le châssis, et actionnée par un écrou commandé généralement par un levier à l’aide de pignons d’angle.
- On peut constituer peut-être plus simplement encore un cric solide et rapide sous forme d’un parallélogramme articulé très robuste, avec une vis à écrou placée en diagonale et permettant de le refermer ou de le développer à volonté (fig. 2).^
- Ce cric, d’une force de 1500 kg, est commandé directement par un levier a manivelle fixé à la vis de serrage au moyen d’une articulation à la cardan, ce qui permet à l’opérateur de le manœuvrer dans toutes les positions.
- ACCESSOIRE POUR LES RÉPARATIONS SOUS LE CHASSIS
- La visite ou la réparation des organes placés sous le châssis : pompe à huile, commandes de freins ou d’accélérateurs, ressorts, pot d’échappement, pont arrière, etc., sont redoutées, et à juste titre, des mécaniciens amateurs soigneux qui aiment à maintenir toujours leur automobile en parfait état.
- Fig. 4.
- I. Thermomètre double à distance pour Veau et l’huile de circulation.
- 11. Principe du thermomètre double à distance.
- Glisseur à roulette permettant d'effectuer facilement les réparations en dessous d’une automobile.
- Position du mécanicien sur le glisseur.
- L’exercice sportif (?) qui consiste à ramper péniblement sous une voiture en se glissant sur un sol généralement recouvert de poussière, de boue, et d’huile, n’offre, en effet, rien d’agréable.
- Ces réparations si pénibles peuvent être cependant facilitées à l’aide d’un glisseur, sorte de petit berceau en bois monté sur des roulettes à roulements à billes et garni de feutre (fig. 3).
- Le mécanicien se couche sur le dos, son dos reposant sur l’appareil et, à l’aide de ses pieds, il se dirige dans toutes les positions en dessous de son véhicule sans toucher le sol.
- THERMOMÈTRE DOUBLE POUR LECTURE A DISTANCE.
- Nous avons déjà indiqué à nos lecteurs la nécessité pour un conducteur prudent de se rendre compte à tout instant de la température de l’eau d’un radiateur, ou de l’huile du carter d’une automobile.
- Les thermomètres permettant d’effectuer ce contrôle à distance avec cadran ou niveau placé sur le tablier de la voiture sont évidemment les plus pratiques, et nous avons également décrit des appareils de ce genre.
- Un constructeur français vient d’établir un appareil de ce type qui a l’avantage d’être double, c’est-à-dire de posséder un cadran unique permettant à la fois le contrôle de la température de l’eau, et de celle de l’huile (fig. 4).
- Les deux thermomètres contenus dans ce boîtier unique sont formés chacun d’une fenêtre antérieure A en communication par la partie inférieure B avec un réservoir C (fig. 4, II).
- La fenêtre A est fermée par un verre D. Le réservoir C contient de la glycérine colorée, et, d’autre part, une petite capsule E est reliée par une canalisation F à la partie supérieure du réservoir C. La capsule et la canalisation contiennent, d’ailleurs, un gaz inerte approprié,
- Si l’on plonge la capsule E dans un liquide quelconque, la chaleur de ce liquide échauffe le gaz contenu dans la capsule, ce qui amène la dilatation du gaz et, par suite, un déplacement du niveau du liquide devant la fenêtre A.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Porte-bagage : J. Houdry et fils, 1, avenue de Yillars, Paris. Cric simple . Auto-Technique : 73, avenue de Saxe, Lyon. Glisseur pour réparations : Diani 21, rue du Louvre, Paris. Thermomètre double à distance : Établissement Guichard, 204, boulevard Péreire, Paris (XVIIe).
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MATHÉMATIQUES L’Institut Henri-Pjincaré.
- Construit grâce à deux dotations, l’une de 100 000 dollars de l’International Education Board, l’autre de 25 000 dollars du baron Edmond de Rothschild faites à l’Université de Paris,
- Y Institut Henri Poincaré s’élève rue Pierre-Curie, à côté de plusieurs annexes de la Faculté des Sciences édifiés au cours des dernières années : l’Institut du radium, l’Institut de chimie et le Laboratoire de chimie physique. Ses bâtiments, dont on termine l’aménagement intérieur, abriteront des bibliothèques, des salles de conférences, des modèles d’astronomie, de géométrie, deux amphithéâtres, voire un atelier de dessin technique.
- L’objet de cette utile création, due principalement à la générosité américaine, est de donner une impulsion nouvelle aux études de mathématiques pures et de physique mathématique.
- Des spécialistes qualifiés, français ou étrangers, viendront y exposer le fruit de leurs recherches personnelles ou les travaux de leurs émules. Dans le discours qu’il a prononcé lors de la cérémonie d’inauguration, le 17 novembre 1928, M. Émile Picard, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, a montré en effet, que la mathématique a perdu aujourd’hui son caractère étrange et mystérieux de jadis. Les physiciens comme les ingénieurs, les chimistes aussi bien que les biologistes s’en servent constamment dans leurs recherches. Elle est devenue « une pièce essentielle dans l’édification de la philosophie naturelle. Sans doute, depuis trois siècles, le contact a été intime entre les spéculations mathématiques et les théories physiques, et le livre des Principes de Newton en reste, au xvii“ siècle, un mémorable exemple. Mais pendant longtemps, il y eut surtout juxtaposition, les mathématiques étant l’instrument avec lequel on tentait de classer les phénomènes étudiés par le physicien, et de résoudre les problèmes qu’il posait. Aujourd’hui, pour certaines écoles au moins, la pénétration est autrement profonde. Le rêve de Descartes, affirmant que l’étendue est l’essence des choses matérielles, ne serait plus chimérique, et la physique se ramènerait à une géométrie d’ailleurs singulièrement généralisée ».
- De leur côté, au cours du xixe siècle, les Cauchy, les Weierstrass, les Galois, les Abel, les Jacobi, les Dirichlet, les Hermite, les Gauss, les Lobatchevsky, les Darboux et autres savants de génie s’efforcèrent d’analyser les lois, les opérations et les symboles de mathématiques. Malheureusement parfois, comme l’écrivait avec humour l’anglais A. de Morgan, « les mathématiciens ne prennent pas plus soin de la logique, que les logiciens des mathématiques ; cependant, les deux yeux de toute science exacte sont les mathématiques et la logique; la secte mathématique dédaigne l’œil logique, la secte logique ne regarde pas avec l’œil mathématique, chacune croyant voir mieux avec un œil qu’avec deux. »
- Les chercheurs d’aujourd’hui, et en particulier les professeurs qui enseigneront à l’Institut Henri-Poincaré, s’efforceront de se servir des « deux yeux » ; leur passé en est un sûr garant. Dès maintenant, M. Émile Borel y commence un cours sur le Calcul des probabilités dont on a reconnu l’importance scientifique; car, ainsi que le constatait Henri Poincaré lui-même dans la Valeur de la Science, « aucune loi particulière ne sera jamais qu’approchée et probable. Les savants n’ont jamais méconnu cette vérité ; seulement ils croient, à tort ou à raison, que toute loi pourra être rem-
- placée par une autre plus approchée et plus probable, que cette loi nouvelle ne sera elle-même que provisoire, mais que le même mouvement pourra continuer indéfiniment, de sorte que la science en progressant possédera des lois de plus en plus probables, que l’approximation finira par différer aussi peu que l’on veut de l’exactitude et la probabilité de la certitude ».
- En tout cas, le nouvel Institut Poincaré contribuera certainement aux progrès de la physique mathématique tout en conservant à la France le rang éminent, qu’elle occupa jusqu’ici dans l’histoire de la science d’Euclide.
- PHYSIQUE DU GLOBE
- Les échos des ondes électriques courtes.
- Le savant norvégien Cari Stôrmer, bien connu par ses travaux sur les aurores boréales, rend compte dans la revue anglaise Nature de remarquables observations sur les échos des ondes radioélectriques courtes. On sait depuis longtemps qu’un signal radioélectrique émis sur ondes courtes est souvent entendu à nouveau à proximité du lieu d’émission, après avoir accompli le tour de la Terre. Un tel parcours exige environ 1/76 de seconde.
- En février dernier, un ingénieur de Oslo,M. J. Hais, signalait à M. Stôrmer le fait suivant : écoutant au cours de l’été 1927 les signaux sur ondes courtes émis par la station hollandaise de Eindhoven, il en perçut nettement les échos ; outre l’écho usuel dont nous venons de parler, il en perçut un autre, plus faible, 3 secondes environ après l’émission du signal qui lui donnait naissance ; l’intensité de cet écho était évaluée par M. Hais au 1/10 ou au 1/20 de celle du signal principal.
- M. Stôrmer, pour expliquer le curieux écho révélé par cette remarquable observation, songea immédiatement à l’attribuer à une réflexion sur les courants et les couches d’électrons, dont ses recherches théoriques sur l’aurore boréale l’avaient conduit à admettre l’existence. En 1907, il avait montré que les courants d’électrons provenant de l’extérieur et dirigés vers la Terre devaient être déviés par le champ magnétique terrestre, de façon à laisser libre de particules électriques un immense espace ayant la forme d’un tore décrit par la rotation d’une ovale tangente à l’axe magnétique de la Terre.
- Si les signaux hertziens pouvaient traverser la couche électronique de Heaviside, ils atteindraient, selon M. Stôrmer, cet espace vide et se réfléchiraient sur les parois électroniques qui le limitent extérieurement. Le long intervalle qui s’écoule entre le signal principal et son écho, concordent bien avec les immenses dimensions de ces espaces toroïdaux.
- Afin de préciser les circonstances qui accompagnent ces échos remarquables, M. Stôrmer demanda au Dr van der Pol, directeur de la station radioélectrique Philips à Eindhoven, d’émettre régulièrement des séries de signaux de grande intensité sur ondes non amorties de 3,4 m. Le 11 octobre dernier, M. Stôrmer et M. Hais, d’Oslo, perçurent très distinctement l’écho, de 3 à 15 secondes, plus souvent 8 secondes après l’émission du signal. Parfois deux échos étaient entendus à un intervalle d’environ 4 secondes. M. van der Pol, à Eindhoven, observait exactement les mêmes phénomènes.
- M. Stôrmer estime qu’il s’agit là d’un phénomène soumis à des causes du même ordre que celles qui régissent les aurores boréales et les perturbations magnétiques.
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- AÉRONAUTIQUE
- Le combustible gazeux du « Graf Zeppelin »
- Dans notre article du 1er novembre 1928, consacré au nouveau zeppelin qui vient d’effectuer avec succès la double traversée de l’Atlantique, nous avons commis une erreur en écrivant que le gaz combustible était de T hydrogène.
- Cette erreur a été relevée avec raison par un de nos lecteurs, M. Yiel, ingénieur à Bucarest, qui nous écrit à ce sujet :
- « Le combustible gazeux utilisé sur le nouveau dirigeable est un gaz dont le poids spécifique est presque le même que celui de l’air. C’est justement cette égalité de poids qui doit permettre à l’aéronef de garder son équilibre statique, le gaz combustible étant remplacé au fur et à mesure de sa consommation par l’air, tandis que l’essence consommée correspond à un délestage qui doit être compensé d’une façon ou d’une autre (généralement en lâchant de l’hydrogène). »
- Les publications allemandes ont gardé le silence sur la composition de ce gaz qui, de ce fait, reste enveloppé d’un certain mystère.
- Notre correspondant pense que le gaz employé est analogue à ce que l’on appelle en Allemagne, le Blau gas ; il serait obtenu par « craking » d’une huile lourde de pétrole. Le « Blau gas », qui est fabriqué par un procédé du même genre, a été très longtemps utilisé pour l’éclairage des wagons de chemins de fer ; son poids spécifique par rapport à l’air est de 0,815 ; sa chaleur de combustion de 14 800 calories par m5.
- Un mètre cube de « Blau gas » correspond donc à environ 1,5 litre d’essence, et, comme son poids spécifique est inférieur, mais de peu à celui de l’air, on peut s’arranger en consommant simultanément de l’essence, pour que le poids du dirigeable reste sensiblement constant pendant une partie au moins du voyage.
- INDUSTRIE CHIMIQUE L'industrie du brome en Alsace.
- L’industrie du brome en Alsace est toute récente, mais elle a déjà une grande importance. Le brome y est un sous> produit de l’industrie potassique. La capacité actuelle de production de l’Alsace est de 180 tonnes de brome par an; le seul producteur français jusqu’ici était la Société d’Alès, Froges et Camargue, avec une production annuelle de 120 tonnes. Grâce à l’intervention alsacienne, la production française, jusqu’à ces dernières années, déficitaire, dispose maintenant d’un excédent exportable d’une centaine de tonnes.
- Nous extrayons les renseignements qui suivent d’une étude de M. Horst, publiée par le Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse.
- Le gisement de potasse d’Alsace est, on le sait, composé presque exclusivement de sylvinite (mélange de chlorure de sodium et de potassium). La teneur moyenne du sel extrait varie entre 16 et 20 pour 100 de potasse (K2O). Parmi les impuretés que contient ce sel, on trouve des bromures ; la teneur en bromures du sel extrait ne dépasse pas 0,1 pour 100.
- Le sel brut est soumis, à sa sortie de la mine, à un raffinage qui a pour but de séparer le chlorure de potassium du chlorure de sodium. Cette opération s’effectue par dissolution du chlorure de potassium dans les eaux mères provenant d’une cristallisation antérieure et chauffées à 106°. A cette température, ces eaux mères, qui contiennent une proportion définie de chlorure de sodium et de potassium, ne peuvent plus dissoudre de chlorure de sodium, mais sont capables, par contre, de dissoudre de nouvelles quantités de chlorure de potassium. Le chlorure de sodium contenu dans
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- le sel brut se trouve donc ainsi séparé et sort comme résidu de l’appareil de dissolution, tandis que le chlorure de potassium se dissout presque complètement. La saumure à peu près saturée est décantée, puis refroidie ; elle laisse alors déposer du chlorure de potassium raffiné à la teneur moyenne de-85 pour 100 de potasse (K20). Les eaux mères sont reprises pour une nouvelle opération.
- Le brome contenu dans le sel brut sous forme de bromure se dissout dans les eaux mères. Celles-ci s’enrichissent donc progressivement en bromure jusqu’à une certaine limite, qui est atteinte lorsque la teneur est de 3,3 gr. de brome par litre. C’est à ce moment de la fabrication qu’il convient d’extraire le brome. Les eaux sont débromées de 3 gr à 0,5 gr., puis retournent dans le cycle des opérations de traitement de la sylvinite.
- L’extraction du brome des eaux mères s’effectue dans une tour Kubierschky. Les eaux mères, réchauffées à 75°, sont mises en contact intime avec une quantité déterminée de chlore dans une tour en lave de Yolvic. Le brome, entraîné par un courant de vapeur, passe après la condensation et la séparation de l’eau dans un raffineur où il est débarrassé par réchauffage des restes de chlore. La tour Kubierschky marche d’une façon continue et donne dans une opération un brome raffiné contenant un maximum de 2 pour 100 de chlore. La tour reçoit environ 80 m3 d’eaux mères par jour, ce qui correspond à une extraction journalière moyenne de 200 kg de brome par jour.
- Les mines domaniales d’Alsace ont mis en marche leur première tour à brome à la mine Amélie en juillet 1926. Depuis lors, une deuxième tour a été montée à la mine Amélie et une autre aux mines de Kali Sainte-Thérèse. La production totale du brome en Alsace atteint désormais 180 tonnes par an.
- Rappelons que le brome auquel la guerre a fourni de si larges débouchés sous la forme de gaz asphyxiants, a aussi en temps de paix d’importantes applications : dérivés bromés pharmaceutiques, bromure d’argent pour la photographie. Il intervient, en outre, dans l’industrie des corps organiques et notamment dans la fabrication des dérivés de l’indigo : fluorescéine et anthraquinone.
- BIOLOGIE
- Cellules vivantes vieilles de 250 ans.
- L’Année Biologique rend compte d’une curieuse étude de MM. D. T. Mac Dougal et J. G. Brown parue récemment dans Science. Ces auteurs, admettant que les cellules vivantes du bois ne peuvent ni s’accroître, ni se diviser, ont recherché au microscope de telles cellules dans de vieux arbres, notamment des Séquoia. Us ont constaté que presque toutes les cellules périssent au moment où l’aubier ou bois de sève se transforme en duramen ou bois de cœur. Cependant quelques-unes persistent et ils en ont rencontré de vivantes dans des couches de bois ayant 50, 100 ans et même plus. Chez Parkin-sonia microphylla, ils ont trouvé des cellules vivantes en des points du bois vieux de 250 ans. Ils citent à l’appui de leurs dires que M. F.-H. Lang a observé que les cellules épidermiques et celles des stomates des Carnegia de l’Arizona vivent plus d’un siècle et qu’au centre d’un tronc de Parkin-sonia de près de 300 ans il a trouvé également des cellules vivantes et intactes.
- Bien que le fait paraisse extraordinaire au premier abord, on peut en rapprocher un autre bien connu : chez l’homme, les cellules nerveuses du système nerveux central cessent de se diviser très tôt et persistent pour le plus grand nombre jusqu'à la mort; si bien qu’un homme centenaire a lui aussi des cellules vivant depuis plus de cent ans.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances ci’Octobre 1928
- PHYSIQUE
- L’extraction du krypton et du xénon (M. Georges Claude). — En munissant un appareil traitant 800 m. c. d’air par heure d’un vaporiseur auxiliaire comprenant une série de quinze plateaux, alimentés d’oxygène liquide, l’auteur, aidé de MM. Le Rouge et Gomonet, extrait au bas de ce dispositif un mince filet liquide qui s’évapore dans un serpentin, à l’allure de 400 1. de gaz à l’heure, et contient 1 XlO~5de xénon et de krypton, sensiblement la moitié de ces éléments apportée par l’air traité. Ce courant d’oxygène, chargé de gaz rares, passe dans un gazomètre régulateur et vient brûler dans l’atmosphère d’hydrogène d’une chambre métallique munie d’une fenêtre en pyrex. La mixture résiduaire traverse ensuite un tube de pyrex contenant de la silice absorbante et placé dans un vase de Dewar, refroidi par de l’oxygène liquide ; sa teneur en Xe -{- Kr a été élevée, dans la chambre de combustion à 2 pour 100. Par réchauffage de la silice, on dégage les gaz qui se recueillent dans l’ordre de leurs volatilités d’après les densités. Toutes opérations faites, chaque journée de travail donne, pour l’appareil de 800 m. c. d’air àl’heure, 10 ou 11 1. de krypton et 0,8 à 1 1. de néon.
- Comme source de ces éléments rares, M. Claude se propose de prendre les gaz dissous dans l’eau de mer et qui seront recueillis dans les installations Claude-Boucherot, en montage à Cuba, ces gaz ayant une teneur de 4 à 6 fois supérieure à celle de l’air atmosphérique.
- CHIMIE VÉGÉTALE
- Le glucoside à salicylate du Gaultheria pro-
- cumbens. (MM. Bridel et Mlle Grillon.) — Il s’agit là du monotropitoside, formé d’une molécule de salicylate de méthyle, d’une molécule de glucose et d’une molécule de xylose, avec élimination de deux molécules d’eau, les deux sucres étant combinés sous forme de primevérose que l’on obtient par hydrolyse fermentaire.
- L’extrait de la plante fraîche a été préparé aux Etats-Unis, sur les indications des auteurs, puis épuisé à plusieurs reprises, par l’alcool. Fondant à 179° 5, ce monotropitoside dégage du salicylate quand on le traite, pulvérulent, par l’acide sulfurique concentré ; riche à 3,85 pour 100 d’eau, il donne par hydrolyse, sous l’action de l’acide étendu, 73,97 pour 100 de sucre réducteur.
- Très répandu dans le règne végétal, le glucoside a été trouvé dans les trois grands groupes des Dicotylédones : Apétales [Beiula lenta L.). Gamopétales (Monotropa Hypo-pitys L. et Gaultheria procumbens L.) et Dialypétales (Spi-rées).
- PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
- Pour prolonger Je pouvoir germinatif des graines (M. A. Guillaumin). — Les expériences de G.-J. Romanes et de P. Becquerel ont déjà montré que l’azote n’a aucune influence sur la faculté germinative des graines, puisque le taux reste sensiblement le même pour des échantillons témoins et des échantillons décortiqués, De plus, M. Guillaumin, poursuivant des essais depuis une douzaine d’années, avait indiqué que le vide fournissait le moyen de prolonger la faculté germinative. Il lui paraissait donc intéressant de maintenir des graines dans une atmos-
- phère privée d’oxygène et ses expériences ont porté sur des semences de Soja (Glycine Soja Sieb. et Zucc., Soja hispida Mœnch),le tube contenant les semences étant relié avec un simple flacon renfermant du sodium métallique et l’ensemble de l’appareil scellé à la lampe.
- Comme témoins, il a employé des graines conservées dans . un sachet de papier, au fond d’un placard sec et obscur, et d’autres maintenues dans le vide. Tous les échantillons, semés en juillet dernier, avaient été récoltés en octobre 1922.
- Le taux germinatif a été respectivement de 100 pour 100 (graines dans le vide), 92 (graines dans atmosphère privée d’oxygène), 0 (graines conservées à l’air).
- L’absorption, par le sodium, de l’oxygène fournit ainsi un moyen pratique; aussi efficace que le vide, sans demander un outillage aussi compliqué et par suite fort coûteux.
- PALÉONTOLOGIE
- Les faunes marines du Carbonifère des Asturies (M. G. Delépine). —A partir de la base, M. Barrois avait déjà distingué cinq assises, savoir : le marbre griotte, le calcaire des canons et les strates de Lena, Sama et Tineo, qui sont actuellement en exploitation, sans assurer d’ailleurs que ces dernières zones se rapportaient au Dinantien.
- Pour M. Delépine, le marbre griotte est de l’époque viséenne, la période d’émersion qui a marqué les temps dinantiens ayant commencé en certains points dès le Dévonien. La partie supérieure de l’assise de Lena, à Lieres correspond à l’assise de Châtelet en Belgique, c’est-à-dire au Westphalien moyen, alors que le calcaire des canons et les stériles — schistes et calcaires — de Lena se rattachent au Westphalien inférieur ou au Namurien. On peut rappeler que, suivant MM. Barrois et de Verneuil, la mer à Fusulines s’est étendue vers le nord-ouest de l’Espagne et que son principal dépôt dans les Asturies est constitué parla masse des calcaires des canons.
- LITHOLOGIE
- La genèse de la jadéite de Birmanie (M. A. Lacroix).— Profitant d’un voyage en Extrême-Orient, le Secrétaire perpétuel de l’Académie a rendu de nombreuses visites aux lapidaires de plusieurs villes chinoises : Kalgan, Pékin, Tien-Sin, Shanghaï, Hong-Kong, Canton et Yunnanfou. Ainsi, il a pu constater qu’il y a identité minéralogique entre les jadéites travaillées dans toutes ces villes, et que ces minéraux viennent des gisements de la Haute-Birmanie qui, en blocs roulés dans les conglomérats d’origine miocène de Hwika et de Mamon, ou dans les alluvions fournis par leur désagrégation, se rencontrent vers la frontière occidentale du Yunnan dans les Ivachin Hills.
- Par comparaison avec les gisements de corindon de l’Afrique Australe, M. Lacroix estime que le magma granitique a subi une désilication incomplète, sans libération d’alumine, ce qui a permis la rétention des alcalis dans la jadéite et l’albite, mais, et sans doute sous une forte pression, celte désilication a été accompagnée par l’endomorphisme du magma. Dans ces conditions, la roche a fourni la jadéite, et non pas un mélange d’albite et de néphéline.
- Paul Baud.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Le record du monde de vitesse-
- Le record du monde de vitesse pure appartient au pilote italien de Bernardi avec 512,75 kms-h.
- Très convoité par les Anglais, il vient d'être légèrement dépassé par d’Àrcy Craig qui vola, le 3 novembre dernier, à une vitesse horaire de 514,28 kms-h. — Le record du monde est d’ailleurs contesté par l’Italie, puisque la nouvelle performance ne dépasse pas la précédente de 8 kms-h., comme le veut le règlement actuel.
- L’appareil utilisé par d’Arcy Graig est l’hydravion à flotteurs Supermarine S. 5., à moteur Napier, appareil analogue à ceux de la dernière coupe Schneider. Le gain de vitesse réalisé depuis n’est dû qu’à des modifications de détail de l’avion.
- Flotteur de secours pour avions.
- La marine américaine vient d’effectuer les essais d’un système permettant de maintenir à flot un appareil terrestre forcé d’amérir.
- Un ballon est fixé à la partie supérieure du fuselage, derrière l’habitacle du pilote.
- Au moment de l’amérissage, ce ballon est gonflé rapidement au moyen de gaz carbonique liquide, et sert de flotteur, maintenant à la surface avion et équipage.
- Ce dispositif serait particulièrement intéressant pour les appareils de chasse destinés à la marine. Ces appareils, devant être légers, sont difficilement réalisables en avions marins; utilisés sur des navires porte-avions, ils ont de très fortes chances de tomber à l’eau (de nombreux accidents au cours d’essais par temps calme l’indiquent) ; un tel flotteur bien réalisé apporterait, sans augmentation de poids, une possibilité de sauvetage non négligeable.
- Corrosion des métaux.
- La corrosion des métaux aux joints est particulièrement grave en construction aéronautique ; les modes de construction métallique actuels ne permettent qu’une protection très réduite des joints ; tout contrôle est difficile, dans les ailes en particulier; l’attaque du métal se fait, l’expérience le montre, aux endroits les plus inaccessibles ; comme les épaisseurs de métal ne sont guère surabondantes, le danger de rupture, danger souvent réel, est ignoré.
- Les causes de cette corrosion sont d’ordre chimique (action de l’eau de mer sur le duralumin) ou électrolytique (joint entre deux métaux différents, amenant par électrolyse la désagrégation de l’anode). Il a été découvert récemment que la corrosion pouvait également se pi’oduire par électrolyse entre deux points d’un même métal, baignant dans une solution inégalement aérée ; dans ce cas, la partie la moins aérée, donc celle la plus profonde du joint, forme anode et se trouve désagrégée. La fissure du joint (ou toute fissure du métal) va donc en s’approfondissant, sans modification sensible de l’aspect de la pièce.
- Le seul remède sûr à cette action ne peut être actuellement recherché que dans les enduits de protection empêchant l’intervention d’un électrolyte quelconque.
- Appareil Bimoteur Potez 35.
- Les visiteurs du salon de l’aéronautique de 1928 ont remarqué au stand Henry Potez un avion présentant l’aspect d’un appareil commercial, le Potez 35, avion destiné cepen-
- dant à être employé comme multiplace de combat, de bombardement ou de grande reconnaissance.
- Cet appareil est monoplan, à moteurs latéraux. L’aile, rectangulaire, jusqu’à la demi-envergure, est légèrement trapézoïdale aux extrémités ; elle est construite en bois (deux longerons caissons, un faux longeron, nervures en treillis, recouvrement toile) et repose sur le fuselage ; elle est soutenue, environ à la demi-envergure, par deux paires de mâts obliques (mâts de duralumin profilés) parallèles, et allant se fixer à la base du fuselage.
- Le fuselage, construit également en bois (longerons, montants et traverses de spruce, recouvrement de contreplaqué), comprend, de l’avant à l’arrière : le poste de pilotage en avant de l’aile (biplace côte à côte, doubles .commande) réalisé en conduite intérieure ; un poste de mitrailleur, au droit du bord d’attaque de l’aile ; la cabine proprement dite contenant un lance-bombe (10 bombes de 50 kgs), les appareils de navigation, d’observation, de photographie, de T.S.F. ; une tourelle de mitrailleur arrière ; un poste de mitrailleur situé dans le fuselage, coupant le champ mort des postes supérieurs.
- Toutes les commandes de l’avion sont compensées, le plan fixe horizontal et la dérive sont réglables en vol (ce qui rend la fatigue du pilote indépendante des conditions de centrage et de régime des moteurs).
- Les deux moteurs latéraux sont installés, en avant de l’aile,
- dans des fuseaux encastrés sous le plan. Les bâtis moteurs, en caissons de duralumin, sont fixés en trois points ; ils sont ainsi facilement amovibles. Des moteurs de 450 ch Renault équipent normalement l’appareil. Les réservoirs d’essence, larguables en vol, sont fixés à l’intérieur de l’aile. Les réservoirs d’huile forment une partie du bord d’attaque derrière les moteurs ; ils suffisent ainsi au refroidissement du lubrifiant.
- Le train d’atterrissage, très large (voie de 5 m), comporte, pour chaque demi-train, un Y en tube d’acier articulé à la base du fuselage, un montant télescopique (comportant un amortisseur à rondelles de caoutchouc fixé au mât de voilure avant sous le fuseau moteur).
- Les caractéristiques de l’avion sont les suivantes :
- Envergure................ 19 m 20.
- Longueur................. 12 m 80.
- Surface portante......... 63 mq.
- Poids vide..............2130 kg.
- Poids total en charge .... 3800 kg.
- Plafond pratique ...... 7000 m.
- Vitesse au sol.............. 250 km-h.
- Ces derniers chiffres donnent les possibilités pratiques de l’avion ; la similitude de ses formes et de celles d’appareils commerciaux modernes montre une fois de plus l’identité des problèmes posés par l’aviation de guerre et par l’aviation civile.
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- LIVRES NOUVEAUX i
- Gruppentheorie-und Çuantenmec/iam/c.parHERRMANN
- Weyl. 1 vol. grand in-8° de 288 p .relié. S. Hirzel, éditeur, Leipzig,
- 1928. — Prix : 20 RM. broché, 22 RM. relié.
- Dans son célèbre ouvrage « Espace, temps, matière », M. Herr-mann Weyl a déjà apporté à la théorie de la Relativité une contribution hautement originale en expliquant par la géométrie de l’univers non seulement la gravitation mais l’électromagnétisme. Dans le présent livre, c’est encore par des considérations arithmétiques et géométriques que l’auteur éclaire d’un jour nouveau la question si obscure de la Mécanique quantique (Mécanique des matrices d’Heisenberg, Mécanique des opérateurs de Dirac, Mécanique ondulatoire de de Broglie-Schrôdinger). On sait que la Mécanique quantique n’attache pas aux grandeurs physiques une seule valeur définie, mais une matrice représentative, qui permet de calculer à la lois les valeurs multiples dont la grandeur est susceptible et la probabilité avec laquelle ces valeurs se présentent dans un cas type donné M. Weyl montre que les matrices attachées à un système doivent former un groupe arithmétique, et cette remarque suffit pour qu’on puisse leur transposer beaucoup des résultats classiques de la théorie des groupes. Il démontre ainsi la nécessité d’un groupement canonique des variables, la condition des quanta d’Heisenberg, la notion très générale de l’électron tournant, le passage naturel de la théorie de Bohr à celle de Schrôdinger. De tels exemples suffisent à prouver que la Mécanique quantique ne peut s’envisager indépendamment des théories mathématiques, en apparence si abstraites, des groupes de permutation. De même que la révolution créée par la Mécanique newtonienne n’a pu se stabiliser que grâce âu langage du Calcul différentiel, de même la révolution tout aussi importante qui s’accomplit de nos jours ne trouvera son expression définitive que dans un langage mathématique nouveau. M. Weyl a montré que ce langage doit être emprunté à la théorie mathématique des groupes.
- Coup d’œil sur la production de l’énergie électrique en France, par E. Raxjber et M. Laborde, 1 broch., 104 pages, 1 carte et 6 tableaux hors texte. Edité par la Revue industrielle, 3, rue de Messine, Paris, 1928.
- Comment évolueront, dans un avenir prochain, la production et la consommation de l’électricité en France? Telle est la question que se sont posée les auteurs de cette brochure. Question d’importance primordiale, à laquelle il paraît au premier abord impossible de donner une réponse précise. Les prophéties dans le domaine industriel sont toujours imprudentes, mais de l’état actuel des choses on peut dégager certains éléments dont l’examen critique permet des déductions, sinon sûres, du moins probables. MM. Rauber et Laborde, qui possèdent une grande compétence en matière de distribution électrique, ont adopté une méthode très logique; ils observent que la France se partage, au point de vue électrique, en un certain nombre de régions assez nettement délimitées et offrant des caractéristiques suffisamment distinctives qu’ils mettent en relief. Dans chacune de ces| régions, à la lumière des statistiques et compte tenu des incertitudes de ces dernières, ils s’efforcent de déterminer l’allure du développement de là consommation et de la production ; de chiffrer les disponibilités et les besoins en énergie, enfin d’établir sur des bases prudentes des prévisions pour les dix prochaines années.
- Les résultats ainsi obtenus sont confrontés avec les programmes actuellement établis.
- La conclusion de cet examen est qu’il plane, sur l’industrie électrique, une menace de surproduction, exigeant un aménagement rationnel des programmes, actuellement un peu dispersés et incohérents. Cette conclusion, quelque peu pessimiste, sera sans doute discutée. Mais le mérite de la présente brochure est précisément d’avoir groupé sous une forme synthétique des éléments permettant de conduire cette discussion sur des bases logiques et sûres.
- Les routes aériennes de l’Atlantique, aperçu météorologique, par A. Baldit. 1 vol. 122 p., 21 fig. Gauthier Yillars, éditeur, Paris, 1928.
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- La traversée de l’Atlantique par les avions ou par les dirigeables pose au premier plan un problème météorologique. Le choix d’une route n’est pas déterminé seulement par la considération de la plus courte distance, mais également par les conditions météorologiques probables du parcours. A cet égard, les divers trajets qui peuvent être envisagés entre l’Amérique et l’Europe offrent chacun des caractéristiques assez particulières. Dans le présent
- volume, M. Baldit s’attache à dégager, à la lumière des connaissances actuelles, cette physionomie des diverses routes possibles. II en analyse tout d’abord les principaux caractères météorologiques au niveau de la mer et dans les différentes saisons de l'année : température, humidité, brouillard, vent, nébulosité et nuages, pluies, tempêtes, cyclones, orages, pression barométrique; il déduit ensuite, d’après les lois générales de la météorologie, comment ces éléments se comportent aux diverses altitudes. On peut ainsi déterminer quelles sont les situations favorables pour un trajet donné; l’auteur examine sous ce jour quelques cas concrets et notamment il examine les conditions atmosphériques qui ont prévalu pendant quelques-unes des dernières traversées aériennes.
- Il termine en montrant sur quelles bases doit s’organiser un service rationnel de prévision du temps à l’usage des navigateurs aériens transatlantiques. Ce livre, solidement composé et clairement écrit, sera lu avec le plus vif intérêt par quiconque suit les progrès de la navigation aérienne. Il rendra de signalés services aux pilotes et aux organisateurs de traversées.
- L’ologenèse humaine (ologénisme), par le Dr George
- Montandon. 1 vol. in-8, 478 p., 21 fig., 14 graphiques, 23 cartes,
- 14 planches. Félix Alcan, Paris, 1928. Prix : 125 fr.
- Voici un ouvrage d’anthropologie qui rassemble un nombre considérable de faits, plus peut-être qu’aucun autre à ce jour. On y trouve quantité de données numériques obtenues par mensurations des divers indices des 20 races humaines vivantes, accompagnées de bonnes photographies des types caractéristiques, pour la plupart prises par l’auteur lui-même au cours de ses nombreux voyages. Une bibliographie remarquablement étendue et complète termine l’ouvrage,
- Mais ce qui fait son originalité et lui donne son titre, c’est la théorie dont l’auteur est parti pour classer et coordonner toutes les données éparses. Adoptant pour l’homme la théorie récemment émise par Rosa, il admei que la vie a pris globalement naissance sur toute la terre sous forme d’une unique espèce contenant en germe toutes les possibilités futures, puisque cette espèce a disparu en donnant par une sorte de mutation deux espèces filles différentes : l’une d’elles est l’origine d’un rameau précoce dont le développement sera rapide, l’autre est l’origine d’un rameau tardif qui atteindra un lype plus élevé, mais en beaucoup plus de temps, à cause de la moindre fréquence de ses mutations: chaque espèce rétrécit progressivement son aire géographique et ne se disperse pas à partir de centres ou de foyers originels. Pour l’homme, Jes mêmes lois joueraient et conduiraient des Hominidés (Pithécanthrope,Australopithèque, Homo) aux Hominiens (Heidelberg donnant Néanderthal et Brokenhill, Pildown donnant Y Homo sapiens primitif) et de YHomo sapiens primitif aux grandes races actuelles (pygmoïde, négroïde, tasmanoïde, vedd-australoïde, euro-poïde, esquimoïde, amérindoïde, mongoloïde). Ces grandes races ne sont pas généalogiquement toutes au même niveau. Selon le principe posé par Rosa pour le monde vivant, toute espèce ou sous-espèce, si elle n’est pas « terminale », s’éteint pour donner naissance à deux espèces, jumelles, mais de puissance différente, l’une rameau précoce, l’autre rameau tardif à plus grand dynamisme. Ainsi la grande race pygmoïde, rameau précoce et terminal, s’oppose à la souche ancêtre de tous les autres hommes : parmi ceux-ci, un rameau précoce méridional (dont le descendant tasmanoïde est précoce par rapport à son jumeau négroïde tardif) s’oppose au rameau tardif septentrional ; le rameau précoce descendant du septentrional est l’amérindoïde, qui s’oppose à la souche tardive mère de tous les mongoloïdes (rameau précoce) et de tous les europoïdes (rameau tardif), etc. Ces dichotomies mutatrices sont le principal, mais non l’exclusif facteur de la formation des races. Sans parler du milieu, qui peut aiguiser ou atténuer certains caractères, du métissage qui peut produire des caractères dtfférents de ceux des deux groupes parents, il faut tenir compte de la domestication spéciale à laquelle est soumis l’homme dans le milieu artificiel qu’il s’est créé, milieu aux résultats plus prompts que ceux du milieu naturel, plus lents que ceux de la domestication appliquée aux animaux; c’est ce que l’auteur appelle la self-domestication. Selon ces divers processus se sont finalement modelées les races actuelles, au nombre de 20.
- Tel est ce tableau d’ensemble, remarquable par la multitude des détails qu’il contient autant que par l’effort de syntèse dont il fait preuve. On peut dire que c’est, pour l’anthropologie, un document qu’il faudra toujours consulter, mais dont les théories feront certainement couler beaucoup d’encre.
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- PETITES INVENTIONS
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE Le Rotoscope Ashdown.
- Le Rotoscope Ashdown est un stroboscope à usage industriel. Il offre un certain nombre de particularités qui lui
- confèrent de grands avantages pratiques.
- On sait que l’observation strobosco-pique des pièces en mouvement a pris en ces derniers temps un grand développement dans tous les ateliers de mécanique. D’ingénieux appareils comme ceux de M. Guillet, de M. Séguin ont été imaginés, qui rendent de grands services; ils permettent de rendre visibles) sur la machine en mouvement, des vibrations ou des déformations de pièces]que l’œil nu ne peut percevoir.
- Rappelons le principe général du stroboscope : soit une pièce en rotation rapide autour d’un axe ; l’œil est incapable de distinguer les positions successives de cette pièce et il ne perçoit qu’une position moyenne. Supposons d’abord la pièce animée d’un mouvement de rotation uniforme. Imaginons un obturateur fixe dans l’espace, mais s’ouvrant et se fermant en un temps très court à une cadence régulière, à travers lequel on puisse apercevoir la pièce. Si l’obturateur joue synchroniquement avec l’objet à observer, c’est-à-dire une fois à chaque tour de l’objet, celui-ci apparaîtra absolument immobile à l’observateur qui, à travers l’obturateur, apercevra toujours au même endroit de l’espace, et dans la même position, la pièce à examiner, à la seule condition que les images se succèdent sur la rétine de l’observateur, à moins de 1/10 de seconde d’intervalle afin d’obtenir la persistance des impressions lumineuses. Il en sera de même encore si l’obturateur ne joue qu’une fois pendant que l’objet observé effectue 2 révolutions, ou plus généralement un nombre entier de révolutions. Si le jeu de l’obturateur, au lieu de se produire exactement après un nombre exactement entier de révolutions, se produit au bout d'un nombre entier de révolutions augmenté d’une fraction, 1/10 par exemple, l’objet apparaît en mouvement, mais avec une vitesse apparente 10 fois moindre que sa vitesse réelle.
- Le stroboscope permet donc, lorsqu’on observe une pièce en mouvement rapide, de la rendre en apparence immobile ou de la voir animée d’un mouvement très lent. Dans ces conditions toute irrégularité du mouvement ou même certaines déformations sont rendues nettement perceptibles à l’œil.
- On conçoit quels services
- Fig. 2. -Fonctionnement de Vob- Peut rendre l’emploi _ des tuf odeur hétéroptique. méthodes stroboscopiques
- pour l’étude, la vérification etle contrôle des mécanismes en service.
- Il existe aujourd’hui à cet effet un grand nombre d’appareils stroboscopiques. Les uns sont des appareils mé-
- caniques réalisant avec plus ou moins de perfection le principe même que nous venons d’exposer. D’autres sont des appareils optiques, dans lesquels on produit à intervalles réguliers, et en une même région de l’espace, l’éclairement de l’objet ou de la partie de l’objet à examiner.
- Le Rotoscope Ashdown que nous allons décrire appartient à la première catégorie d’appareils.
- C’est un appareil mécanique d’un maniement très simple, n’exigeant l’intervention d’aucune source lumineuse spéciale.
- Il se tient à la main et est facilement transportable.
- Fig. 3. — Vue d'ensemble du Rotoscope Ashdown.
- Sa particularité essentielle réside dans l’emploi d’un obturateur spécial dont la durée d’ouverture a pu être rendue extrêmement courte.
- Les constructeurs ont prévu l’emploi de deux types d’obturateurs dont l’un, l’obturateur hétéroptique, réduit à moins de 1/10.000 de seconde la durée de visibilité de l’objet, à chaque fonctionnement de l’obturateur. On se rend compte qu’un tel organe assure aux observations stroboscopiques une netteté et une précision exceptionnelles.
- L’obturateur hétéroptique est formé de deux légers cylindres concentriques en aluminium de 10 cm. de long, dont
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- Fig. 4. —'L’obturateur a lames.
- les parois sont percées chacune de deux fentes longitudinales, diamétralement opposées et larges de 5 mm. environ.
- Ces cylindres sont mis en rotation par un système d’engrenages qui impriment au cylindre extérieur une vitesse beaucoup plus élevée qu’au cylindre intérieur.
- L’obturateur n’est ouvert que lorsque les 4 fentes sont dans le prolongement l’une de l’autre, c’est-à-dire 2 fois par tour et pendant un temps très court (fîg. 1).
- L’autre type d’obturateur, le « Standard », qui peut être monté sur le Rotoscope, est un obturateur à lames dont la fig. 2 indique clairement le principe.
- Qu’il appartienne à l’un ou à l’autre de ces 2 types l’obturateur est commandé mécaniquement par un puissant mouvement d’horlogerie. Le ressort actionne l’arbre principal du système de mise en mouvement de l’obturateur et imprime à cet arbre des vitesses variables que l’opérateur commande de l’extérieur de l’instrument en agissant sur un régulateur centrifuge extrêmement sensible.
- De l’arbre principal, le mouvement est transmis à l’obturateur par 5 séries d’engrenages qui permettent de réaliser à volonté, entre la vitesse de l’objet observé et celle de l’arbre principal, les rapports 10, 20, 40, 80, 160. Les vitesses de rotation de l’arbre principal, comprises entre 50 et 125 tours
- par minute, sont lues sur un cercle manœuvré en même temps que le régulateur.
- L’appareil permet la vérification rapide de ces vitesses en examinant à l’aide d’une montre à l’arrêt le nombre de tours effectué par un bouton extérieur calé sur l’arbre principal.
- On se rend compte aisément que le Rotoscope ainsi équipé n’est pas seulement un appareil d’observation, mais qu’il donne également le moyen commode et sans danger pour dé-tertniner avec précision la vitesse de rotation
- Fig. 6. — Schéma de l’appareil bloqueur des voitures d’enfants.
- d’une pièce en mouvement. Le poids de l’instrument ne dépasse par 3 kg.
- Il se prête à de nombreuses applications : étude des engrenages, recherche des défauts d’équilibrage dynamique, examen des torsions de l’arbre de transmission en service, examen des chaînes, des métiers de textiles, etc., etc.
- L’appareil est en vente chez M. Deacon, 94, rue Saint-Lazare. Paris.
- MÉCANIOUE
- Appareil bloqueur de voitures d’enfant.
- Quand on laisse libre une voiture d’enfant sur une voie en déclivité, il faut caler une roue au moins, de façon que le véhicule soit immobilisé; il faut toujours craindre un accident possible.
- Un inventeur a imaginé un petit appareil bloqueur qui fait partie de la voiture elle-même. Il est manœuvré simplement dans les deux sens par la personne qui guide la voiture et il bloque les roues, de préférence celles dont la position est fixe par rapport au coffre.
- L’appareil tel qu’il est construit comporte deux barres de blocage sur lesquelles se règlent des fourreaux qui s’interpo- Fig. 7. — Les roues bloquées à l’aide sent entre les rayons de l’appareil.
- ou les rais des roues à bloquer.
- Au moyen d’un système de bielles et d’articulations, puis d’un câble flexible, la commande se fait par un bouton unique qui coulisse dans sa monture et qui est monté à baïonnette afin d’être facilement immobilisé dans la position de blocage, qui corres-
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- pond à la traction par le câble flexible. Les pièces verrous sont guidées de manière à se présenter bien perpendiculairement aux roues.
- Quand on dégage le bouton de l’encoche de la baïonnette, un ressort de rappel déverrouille automatiquement les roues et libère la voiture.
- Le socle qui supporte les axes des bielles est monté à la place voulue sous le coffre de la voiture.
- Grâce à cet ingénieux appareil, plus d’accidents dus à une voiture d’enfant qui s’emballe toute seule en dévalant la pente du trottoir et parfois en projetant brusquement son précieux chargement.
- Lalue, 45, rue Désiré-Richebois, à Fontenay-sous-Bois (Seine).
- OBJETS UTILES Talon à billes.
- Ce talon de chaussure est constitué par une plaque de caoutchouc spéciale, dans laquelle sont préparés des alvéoles où viennent s’encastrer à force des billes de caoutchouc, qui font une saillie de 6 millimètres (fig. 8).
- Les billes sont seules en contact avec le sol, de sorte que le talon ne s’use pas et que sa ligne reste impeccable. Ce talon épouse d’ailleurs exactement la forme de celui de la chaussure auquel il est solidement fixé.
- En raison de l’élasticité des billes, il donne à la marche une grande souplesse.
- Son emploi est économique.
- En effet, au bout de plusieurs mois, lorsque les billes ont été retournées complètement, on peut les changer en quelques secondes.
- Pour enlever une bille, on exerce une pression avec le pouce vers l’extérieur du talon et de bas en haut ; l’alvéole s’ouvre élastiquement et la bille se dégage.
- Pour poser une bille neuve, on maintient la bille entre le pouce et l’index en exerçant une pression de haut en bas et en tournant, comme si l’on voulait poser une vis.
- Ce modèle de talon se trouve d’ailleurs dans un grand nombre de dépôts de Paris.
- En vente aux Etablissements Talin, 87, boulevard Magenta, Paris, Xe.
- Presse-purée à levier.
- Cet appareil évite tout effort fatigant pour la fabrication des purées de légumes. Il est constitué par un récipient, naturellement percé de trous, qui est soutenu par deux Ion gérons avec des dents, afin que l’appareil s’applique solidement sur une casserole ou un récipient quelconque.
- Le piston presseur se trouve à l’extrémité d’un levier et un système d’articulation qui se déplace permet d’agir avec ce piston sur le contenu du récipient percé et d’exercer une pression énergique, grâce à l’aide du levier qu’un enfant peut manœuvrer.
- Pour opérer on remplit le récipient de légumes ou de fruits qu’on désire écraser, de façon qu’ils ne débordent pas.
- On prend ensuite par la poignée le levier de manœuvre, en le maintenant verticalement de manière que le pilon soit en bas et on introduit les deux extrémités débordantes de l’axe de ce levier dans la rainure de chacun des montants ajourés en forme de crémaillère fixés après] la; (monture du presse-purée; on les accroche dans chacune des encoches supérieures.
- Pendant ce temps, on immobilise de l’autre main la monture du presse-purée sur la casserole, en la maintenant par
- Fig. 8. — Le talon à billes.
- A gauche: on enlève la bille. A droite : on vose la bille.
- la poignée tout en guidant, avec le pouce, l’introduction du pilon dans le récipient.
- Ou fait ensuite décrire à la poignée du levier un arc de cercle de façon à l’amener dans la position horizontale, ce qui a pour effet de réaliser un écrasement partiel de la matière contenue dans le récipient.
- On relève ensuite la poignée du levier en lui faisant par -courir le chemin inverse tout en maintenant la pression sur le pilon de haut en bas.
- Cela a pour effet de faire glisser les extrémités débordantes de l’axe en dehors de la première encoche de chaque montant à crémaillère, pour l’engager ensuite dans l’encoche située au-dessous de la précédente, lorsque le levier est parvenu dans la position verticale.
- On abaisse ensuite la poignée du levier comme précédemment, ce qui provoque un nouvel écrasement partiel de la matière contenue dans le récipient, et ainsi de suite jusqu’à l’écrasement complet qui s’effectue de la sorte en quatre passes successives.
- Grâce à la disposition des leviers, qui travaillent dans une position d’angle, très ouvert, on obtient, à l’aide d’un effort minime, une pression considérable et l’agencement de la crémaillère permet de retrouver quatre fois de suite le bénéfice de cette disposition.
- Pour obtenir un bon fonctionnement de l’appareil, il est indispensable d’effectuer les mouvements très largement et très franchement et de maintenir toujours la pression de haut en bas sur le levier pendant qu’on remonte la poignée.
- Presse-purée « Sans-Peine », 54, avenue de Fontainebleau, Avon (Seine-et-Marne).
- * Fig. 9. — Le « Sans-Peine » et son fonctionnement.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Rectification. — Un moteur h charbon pulvérisé (Voir n° 2797-15 nov. 1928).
- Nous tenons à signaler que le dessin que nous ayons publié dans eet article et qui représente la coupe du moteur a été exécuté d’après un schéma original publié par l’excellente revue anglaise « Engineering » de Londres (n° du 2S septembre).
- A propos de l’acier nitrurè.
- Nous recevons la lettre suivante de M. Paul Girod, le créateur des Aciéi'ies d’Ugine :
- cc Je lis dans votre numéro du 15 novembre une étude de M. Georges Chaudron sur la nitruration des aciers. Cette étude se termine par le paragraphe suivant :
- « Quelques faits montrent l’intérêt de cette découverte; des engrenages de distribution de moteurs d’automobiles fabriqués en acier-nickel-chrome cémenté se trouvaient hors d’usage après 4000 à 5000 km. En remplaçant ces pièces par des engrenages en acier nitruré, on n’a constaté aucune trace d’usure après 30 000 km. Des arbres à cames en acier-nickel-chrome cémenté, qui dans certains moteurs d’aviation se trouvaient mis hors de service,
- après quelques heures à pleine puissance, ont été ensuite fabriqués en acier nitruré, et après un long service ces pièces n’avaient subi aucune usure. »
- S’il est certain que les aciers nitrurés présentent pour certaines applications des avantages incontestables, il est toutefois exagéré de les faire ressortir en prenant pour point de comparaison les faits signalés plus haut.
- Les bons aciers-nickel-chrome de cémentation, actuellement produits par toutes les aciéries françaises spécialisés et bien traités par le constructeur, résistent pratiquement indéfiniment dans les engrenages de distribution d’automobiles et tout aussi bien dans les arbres à cames des moteurs d’aviation.
- Le tout est de choisir convenablement les nuances des aciers employés, la gamme de ceux disponibles est très large, surtout si l’on prend en considération les prix des aciers qui conviennent à la nitruration.
- J’espère, Monsieur le Directeur que vous voudrez bien insérer cette petite rectification. Je n’ai d’autre but que de faire remarquer que les constructions, automobiles et aéronautiques peuvent trouver, en dehors des aciers nitrurés, des matériaux de construction donnant toute satisfaction. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Choses et autres.
- M. P. Delort, a Alger. — Pour relaquer les cuvettes en carton employées en photographie, il suffit d’appliquer le vernis noir que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs, sous le nom de vernis Japon, c’est le procédé le plus simple; si cependant vous voulez entreprendre la préparation d’un enduit de ce genre, vous trouverez dans la Photo-Revue, n°15, du 1er août 1924, p. III, de la Correspondance, la collection la plus complète des formules utilisables (Éditeur J. de Francia, 118 bis, rue d’Assas).
- M. Chambonnière, a Montélimar. — 1° Ainsi que nous l’avons signalé dans notre article sur le miel artificiel du n° 2778, Ie' février 1928, pour satisfaire à la loi, ce produit ne doit pas contenir plus de 20 pour 100 de sucre non interverti, plus de 25 pour 100 d’eau, ni plus de 0,5 pour 100 de matières minérales, les proportions relatives de produits employés sont donc 20 kg d’eau et 80 kg de sucre environ.
- 2° Des traces d’acidité sont suffisantes pour produire l’interversion, l’acide ne jouant qu'un rôle de présence; on s’assurera donc simplement qu’après addition de l’acide, le liquide rougit le papier bleu de tournesol; l’acidité maxima tolérée par la loi est de 0 gr 35 d’acide sulfurique par 100 gr du produit.
- 3° Nous ne voyons aucune utilité à substituer un autre acide à l’acide sulfurique qui est certainement le plus économique. Dans les conditions de travail indiqué, l’acide sulfurique est sans action sur le cuivre des chaudières.
- 4° Après l’opération, l’acidité du produit est insignifiante; il n’y a pas lieu d’effectuer une neutralisation.
- 5° Les modèles de saccharimètre courant sont le Laurent et le Soleil ; vous pourrez vous en procurer chez Neveu-Fontaine, 16, rue Monsieur-Le-Prince.
- 6° Encre à tampon pour machine à écrire.
- Violet de Paris............................ 5 gr.
- Savon mou.................................. b —
- Glycérine..................................20 —
- Alcool à 95° GL........................... 15 —
- Eau distillée..............................55 —
- Laisser digérer pendant quelques jours dans un flacon bien bou-‘ ché, passer au travers d’une toile fine pour séparer les impuretés, conserver en bouteilles.
- M. Chapet, a Dreux. — 1° Comme vernis pour envers de glace vous pouvez employer la préparation suivante :
- Gomme laque en écailles..................100 gr.
- Gomme élémi.....................• . . . 25 —
- Alcool dénaturé à 95°................... 500 cm3
- Faire digérer à froid en agitant, puis ajouter :
- Rouge d’Angleterre....................... 25 gr.
- Agiter au moment de l’emploi, appliquer au pinceau queue de morue.
- 2° La soude dite à l’alcool pure se dissout entièrement dans l’alcool, si elle n’est pas carbonatée.
- 3° Type d’huile soluble pour machines-outils :
- Huile de ricin sulfonée.....................10 kg.
- Huile de résine.............................20 —
- Huile minérale..............................60 —
- Lessive de soude à 36°B . ................10 —
- 4° Les petites glaces placées dans les écrins sont simplement fixées par quelques gouttes de colle forte.
- 5° Nous ne vous conseillons pas d’entreprendre le dévernissage et revernissage d’un violon; ce sont des opérations délicates qui pourraient compromettre la valeur de l’instrument et qu’il vaut mieux laisser effectuer aux luthiers.
- Mme Piot, A Longchamps. — Le moyen le plus pratique de détartrer votre refroidisseur à circulation d’eau est évidemment d’y introduire de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique commercial (acide muriatique) à la concentration de 1 /10e environ; la fin de l’opération sera indiquée par la cessation du bouillonnement perceptible, suivant la disposition de l’appareil, à la vue ou à l’oreille ; surveiller attentivement, car après le tartre ce serait le fer qui serait attaqué, bien rincer ensuite à l’eau pure.
- M. Yert, a Velaux. — 1° La fabrication du cuir moulu pour engrais ne présente aucune complication, les déchets de cuirs sont placés dans une chaudière et couverts d’une solution d’acide sulfurique à 4°-5°B, puis chauffés par un courant de vapeur pendant quelques heures. On laisse égoutter le liquide, puis on sèche dans un appareil rotatif; le produit peut alors être moulu sans difficulté.
- 2° La formule suivante d’adhésif pour courroies vous donnera très probablement satisfaction :
- Colophane pulvérisée....................... 200 gr.
- Graisse de suint............................100 —
- Suif de mouton..............................100 —
- Paraffine brune.............................100 —
- Huile minérale............................. 200 —
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- Faire fondre à feu doux les graisses et la paraffine, ajouter la poudre de colophane et rendre bien homogène. Suivant la saison assurer la consistance voulue en mettant plus ou moins d;huile.
- M. Bidault, a Tourane. —Vous trouverez tous renseignements sur l’extraction de l’huile de cannelle dans l’ouvrage très complet d’Otto, L’Industrie des Parfums, Editeur Dunod, 92, rue Bonaparte; comme petit ouvrage, La Parfumerie, par Aug. Perret, Librairie Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Cyakdièbe, a Paris, et Y. P., a Bourges. — Pour se protéger des piqûres de puces et de moustiques, le procédé le plus recommandable est celui du Dr Blanchod, qui consiste à passer sur les endroits où la peau est le plus tendre un tampon d’ouate imbibé de la mixture suivante :
- Aloës du Gap pulvérisé................... 20 gr.
- Alcool à 60°GL........................... 1000 cm3
- Laisser macérer cinq jours en remuant fréquemment, filtrer, conserver en flacons bien bouchés.
- M. J. Perrot, a Durtol. — 1° Les pétroles, quelles que soient leur origine et leur densité, sont miscibles en toutes proportions sans qu’il y ait par conséquent de séparation à craindre.
- 2° La température d’inflammation de ces mélanges est conditionnée par le point d’ébullition du corps le plus volatil qui y est contenu.
- M. Crouzet, a Tunis. — Votre lettre ne contenait plus à l’arrivée que des traces infimes du produit qui vous intéresse, il ne nous a donc pas été possible d’effectuer d’essais sérieux pour en déterminer la composition.
- M. Laurenzi, a Cannes.'— Si nous avons bien compris votre question, vous désirez obtenir des masses de moulage en gélatine non susceptibles de dessiccation et de retrait, voici pour obtenir ce résultat comment on doit opérer, d’après M. de Keghel :
- On met à gonfler de la colle d’os de première qualité ou de la gélatine commerciale dans de l’eau froide, on décante l’eau, puis on liquéfie au bain-marie la gélatine dans son eau de gonflement, on concentre ensuite par évaporation jusqu’à ce qu’il se forme des bulles blanches dans la masse, on y introduit alors d’abord une certaine quantité de sucre, puis après dissolution de la glycérine en proportions plus ou moins grandes suivant la souplesse et l’élasticité que l'on veut donner au produit final.
- Gomme base de préparation, on peut prendre :
- Gélatine ................................... 250 gr.
- Sucre blanc................................. 250 —
- Glycérine à 28°............................. 500 —
- Le mélange étant rendu bien homogène, on le coule dans des moules en fer-blanc et laisse faire prise, cette masse peut se garder presque indéfiniment en conservant son élasticité Jet sans se putréfier.
- Au moment de l’emploi on la liquéfie à nouveau au bain-marie et après y avoir incorporé, si on le juge utile, une masse minérale pour la colorer et la durcir, ocre par exemple, on coule définitivement en moule après avoir écumé la mousse qui aurait pu se former.
- M. Bernède, a Bordeaux. — Ainsi que nous l’avons signalé dans le n° 2789, p. 94, de la Boite aux Lettres, la plupart des produits employés pour Y entretien des carrosseries d’autos ne sont autre chose que des mélanges d’huile de vaseline et de pétrole, c’est ainsi que nous avons trouvé dans un .produit désigné sous le nom de « Nactol » les proportions suivantes :
- Pétrole lampant........................85 pour 100
- Huile de vaseline......................15 —
- On voit que la préparation d’une composition analogue ne présente aucune difficulté.
- M. Le Dr Albert, a Amplepuis. — Les principales matières colorantes rouges employées dans l’impression sont : le vermillon ou cinabre, le soufre doré d’antimoine, le minium, la mine orange, l’ocre rouge, le rouge de chrome, le rouge d’Angleterre et la série des laques rouges obtenues par précipitation de matières colorantes naturelles ou de colorants artificiels.
- Pour enlever sur le papier l’un de ces produits, là première condition à réaliser est de connaître sa composition, pour lui appliquer le traitement approprié, or à distance il nous est impossible de nous faire une opinion. Si les solvants et décolorants
- —................. ............ ..............== 575 =
- habituels dont vous nous avez donné l’énumération ont été insuffisants dans leur action, nous ne voyons plus parmi les non cités que le permanganate de potasse en solution à 5 pour 100 qui puisse être essayé avec succès. Après avoir laissé en contact quelques minutes, traiter parle bisulfite de soude pour faire disparaître l’oxyde de manganèse brun déposé sur le papier, puis rincer abondamment.
- 3° Les gazolines ou éthers de pétrole distillent entre 45° et 70° l’essence minérale ou benzol entre 70° et 120°, le pétrole lampanx type Luciline entre 150° et 180°. Quant à l’essence pour automobile type touriste, elle est constituée par un mélange d’hydrocarbures passant à la distillation entre 60° et 150°.
- Les densités respectives des produits ci-dessus sont voisines des valeurs suivantes : gazolines, 0,650 ; essence minérale, 0,700-0,740; pétrole lampant, 0,780-0,810 ; essence tourisme, 0,730.
- M. Boulliard, a Pékin. — La fluatation, c’est-à-dire la protection des matériaux exposés aux intempéries, par les fluosilicates, principalement ceux de zinc et de magnésie, comporte une solution générale, car elle s’applique non seulement aux pierres calcaires mais également au plâtre, aux briques, etc., en utilisant bien entendu le fluosilicate qui convient le mieux au cas considéré. La maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand qui s’est spécialisée dans les fabrications de ce genre vous fournira sur demande tous renseignements pour chaque cas particulier.
- M. Desaghï, a Moût. — La fumée de tabac contient une grande quantité de goudrons à l’état vésiculaire, ce que l’on peut mettre facilement en évidence en soufflant cette fumée par un tube effilé dont la pointe est placée à 2 ou 3 mm d’une feuille de papier blanc. Ce sont ces goudrons qui, condensés dans la bouche, sur les dents ou les dentiers les noircissent ; pour les dents on ne peut guère faire intervenir les solvants habituels des goudrons, mais pour les dentiers on se servira avec succès de la benzine ou mieux du tétrachlorure de carbone qui a l’avantage o d’être ininflammable et que l’on trouve aujourd’hui couramment dans le commerce.
- M. Falguière, a Bordeaux. — D’après les indications que vous nous donnez, nous pensons que les égouttis d’eau venant de votre vitrage sont dus, non à des fuites ou pénétrations d’eau extérieure, mais à la condensation de la vapeur d’eau contenue dans le hall et qui au contact de la paroi froide revient à l’état liquide.
- Il vous sera facile par quelques observations de vous rendre compte s’il y a concordance avec les chutes de pluies ou avec le froid extérieur, par exemple pendant la nuit. A notre avis il vous serait très difficile d’obtenir un collage parfait de toutes les feuilles de cellophane sur une aussi grande surface ; il sera beaucoup plus pratique s’il y a réellement des fuites de faire une révision soignée du masticage des vitres dans les feuillures (feuilles minces de plomb en U et bain de céruse).
- M. Moreau, a Paris. — Le travail des peaux pour les amener soit à l’état de cuirs, soit à celui de fourrures est caractérisé par le nombre considérable d’opérations successives qui doivent être effectuées pour arriver à un bon résultat. Si, en principe, chacune de ces opérations est simple, le tour de main professionnel est nécessaire pour réussir et rarement un amateur aura la persévérance nécessaire pour réussir.
- Ges réserves faites, voici comment devrait être traitée votre peau de cerf qui saupoudrée d’alun est complètement racornie ;
- 1° Pratiquer un reverdissage, c’est-à-dire une trempe prolongée d’une quinzaine de jours en eau courante ou dans un bain froid légèrement alcalinisé par une trace de soude caustique ; si le ramollissement tardait trop à se produire, malaxer fréquemment (dans l’industrie on se sert d’une caisse en mouvement appelée turbulent). Echarner la peau en enlevant au moyen d’un couteau mousse toutes traces de chair encore adhérente (écraminage).
- 2° Mettre la peau ainsi nettoyée à plat, poil en dessous, puis enduire le côté chair d'un corps gras, graisse de porc, huile d’olive, huile de coton, fouler ensuiter la peau pour faire pénétrer le corps gras dans le derme, éviter un foulage trop long qui feutre les poils ou trop d’échauffement qui les fait tomber, répéter l’enduisage jusqu’à pénétration parfaite de la peau.
- 3° Assouplir la peau par étirage sur un chevalet demi-cylin-
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- driqué (palissonnage) du côté chair, d’autre part frapper le côté poil avec une baguette souple.
- 4° Dégraisser la peau en la roulant dans un tonneau avec une poudre absorbante, plâtre, craie, sciure de bois, faire tomber la poudre en secouant, brossant et peignant. Lustrer enfin en passant sur le poil une petite brosse imprégnée d’un mélange à parties égales de glycérine et d’huile de ricin.
- M. Tholosei, a Aisy-Yonne. — La colle au sang doit pouvoir vous donner satisfaction. Voir n° 2777, p. 95.
- M. G'ouaze, a Setsses. Pour mettre à Y abri des rongeurs vos revêtements calorifuges, il vous suffira d’utiliser les propriétés toxiques du carbonate de baryte en délayant celui-ci dans une quantité suffisante de silicate de soude de manière à obtenir une sorte de lait.
- Appliquer d’abord la mixture sur le carton ondulé formant le premier revêtement, puià tremper dans le même liquide les sangles avant de les enrouler. Non seulement les rongeurs seront par suite de la dureté dans l’impossibilité presque absolue d’attaquer le revêtement, mais s’ils en absorbent quelques parcelles leur mort surviendra bientôt.
- Comment s'obtiennent les parquets sans joints.
- Les parquets sans joints sont constitués par des enduits magnésiens du type « ciment Sorel » obtenus en mélangeant de la magnésie calcinée à du chlorure de magnésium et en y incorporant de la sciure de bois; par réaction il se forme de l’oxychlorure de magnésium solide qui retient la sciure dans sa masse, en donnant un produit léger, insonore, résistant et sans fissures qui convient très bien dans les constructions nouvelles à armature métallique.
- Les proportions auxquelles on s’arrête habituellement sont d’une partie de magnésie calcinée pour trois parties et demie de sciure de bois dur, en volumes.
- Ce mélange est peu à peu arrosé d’une solution de chlorure de magnésium à 22° Baumé jusqu’à ce qu’une poignée serrée dans la main reste assemblée sans cependant laisser suinter de liquide.
- La matière humectée est étendue aussi régulièrement que possible sur l’aire à recouvrir au moyen d’une raclette en bois léger, puis la surface est finalement travaillée avec une truelle en fer et la masse est abandonnée au durcissement, ce qui demande 2 à 3 jours.
- Quand on désire une masse colorée, on ajoute de l’ocre ou de la terre de Sienne à la magnésie avant de commencer l’opération.
- N. B. — La qualité de la magnésie dépend surtout de sa calcination qui doit être effectuée dans des limites déterminées entre 750° et 950°, la matière première employée (carbonate de magnésie) doit être très pure. Le chlorure de magnésium provient des mines de Stassfurth ou des gisements alsaciens, il est livré à l’état solide en fûts sous la forme MgCl2,6H?0.
- On peut trouver les produits magnésiens en question dans les maisons suivantes : Blanc, 88, boulevard Magenta. — Etablissements Tencé, 34, rue de la Justice, à Aubervilliers. — Iven, 22, rue des Acacias, à Villemomble, Seine. — Société française des Produits magnésiens, 20, rue Baudin, 1XG. — Produits magnésiens de Yilleneuve-d’Avignon, 136, rue de Vaugirard.
- Dr Giraud, a Egreville.
- La peau de serpent est à la mode.
- Sachons comment on la tanne.
- L’un des spécialistes réputés pour les préparations de peaux de serpent opère, paraît-il, ainsi :
- La peau est trempée pendant une dizaine de jours dans un bain contenant un peu de sulfate de zinc pour lui permettre de se ramollir (reverdissage), au moyen d’un couteau mousse elle est raclée et écharnée, puis on la lave à l’eau courante si possible.
- Gela fait, elle est plongée pendant une journée ou deux dans un
- bain composé de :
- Eau ordinaire .......... 10 litres
- Borax en poudre. ........ 10 grammes
- Acide borique..............10 —
- Acide tartrique............25 —
- Hydrate d’alumine..........50 —
- Après égouttage, la peau est introduite dans un second bain ayant la composition suivante :
- Phosphate de zinc..............25 grammes
- Benzoate d’aluminium...........25 —
- Glycérine......................50 —
- Alcool.........................20 cent3
- Eau ordinaire..................10 litres.
- On laisse la peau se bien imprégner pendant deux ou trois jours, en la malaxant à plusieurs reprises; il ne reste plus qu’à la faire égoutter et sécher à l’ombre.
- Bien entendu, comme pour toutes les peaux préparées, on donnera la souplesse en corroyant la peau du côté chair, par palissonnage, c’est-à-dire frottement alternatif de gauche à droite et inversement, sur un morceau de bois arrondi et bien lisse.
- De Breuil, a Ajaccio.
- Une curieuse propriété du zinc amalgamé.
- Quand on trace sur une lame de zinc bien propre des traits ou dessins avec une plume d’oie ou un pinceau imbibé d’une solution d’un sel de mercure, bichlorure par exemple, on constate qu’aux endroits touchés, le métal devient brillant par suite de la mise en liberté du mercure.
- Si on étend alors sur la plaque une solution étendue d’acide chlorhydrique, le zinc n’est attaqué que dans les parties où il est seul, celles où le zinc a été amalgamé résistent à l’action de l’acide, de sorte qu’au bout de peu de temps, les traits tracés par la plume se trouvent en relief et sont susceptibles d’être encrés comme des caractères typographiques, mais pour cela il faut après lavage chauffer légèrement la plaque vers .380° pour en chasser le mercure, car l’encre d’imprimerie ne prendrait que difficilement sur les parties amalgamées.
- N.B.— L’amalgame étant tout superficiel il suffit de chauffer seulement le côté traité de la plaque et non celle-ci en entier par-dessous; opérer avec ménagements, car le zinc fond à 450° G.
- Au lieu d’écrire directement sur la lame de zinc, on peut tracer les caractères sur une feuille de papier fort avec de l’eau gommée contenant en suspension de l’iodure de mercure qui par sa coloration rouge se prête fort bien à la visibilité de l’écriture. Cette feuille est mise en contact par sa face écrite avec la lame de zinc et laissée ainsi deux heures environ, après quoi on l’enlève et constate que les traits sont nettement reijroduits en blanc d’amalgame, ensuite on procède à l’attaque parï^y. acidulée ménagée faible; le dessin sera d’autant plus net que la /d?b*ti«jn e^t.plus grande.
- Ce procédé très intéressant permet^ d’obtenir à "peu de frais des planches en relief pour le tirage de la musique, des circulaires, etc.
- M. F. Martin, a Marseille.
- Faut-il associer intimement le ciment et le bois dans les constructions?
- D’une manière générale, il j est préférable de ne pas mettre en liaison les ouvrages en bois et ceux en ciment, ce dernier en effet ne subit que des modifications insignifiantes sous l’action de la chaleur ou du froid, de la sécheresse ou de l’humidité, tandis qu’il n’en est pas de même du bois qui manifeste des variations par de la flexion, de la torsion et se trouve pour ainsi dire toujours en mouvement; sa liaison intime avec le ciment entraînerait des fissures de celui-ci et le ciment perdrait ses qualités essentielles.
- L’emploi de ciment armé n’apporterait pas une solution meilleure, car le ciment armé demeurera immuable et son association avec le bois mobile cessera bientôt.
- En résumé, pour les ouvrages extérieurs, ponceaux par exemple, il faudra assurer l’indépendance des éléments constitutifs, à moins qu’on ne les exécute entièrement en ciment armé, ou entièrement en bois; en tout cas on protégera d’une manière efficace le bois par un bon goudronnage avant la mauvaise saison, opération que l’on pourra répéter chaque année.
- M. Naguerre, a Licq-Atherey.
- 96 “38. — Paris, lmp. Lahure. — 15-12-28.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-SIXIÈME ANNÉE — 1928
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abîmes les plus profonds, 360.
- Académie des Sciences, 42, 186, 281, 47 Accumulateurs : recharge, 142, 288. Acétylène : entretien des appareils, 326. Acides sulfoaromatiques, 186.
- Aciers : nitruration, 449, 574.
- Agglomérés de construction, 143.
- Aïnou, 234.
- Algérie : tremblements de terre, 408.
- Algues : potassium et sodium, 477. Aliments et lumière, 35.
- Allumage des moteurs à explosion, 361. Allumeur électrique sans fil, 86.
- Amazonie, 216.
- Améliaroside, 281.
- Amortisseur simple, 87.
- Antenne : protection contre les surtensions» 188.
- Antioxygène et autoxydation, 281.
- Ardoises d’écolier, 143.
- Argenture de miroir, 191.
- Astres : observation, 432.
- Astronomie : bulletin, 37, 131, 229, 324, 420, 515.
- Ateliers-écoles ambulants, 251.
- Aurores boréales : imitation en petit, 74* Auto-doucheur, 332.
- Automobile : anti-vol, 85.
- — en France en 1927, 76.
- — pratique, 85, 182, 564.
- Aviation : chronique, 89, 135, 228, 276, 327, 423, 470, 521,569.
- — légère, 538.
- Aviation : routes aériennes du Bourget à New York, 33.
- Azoture de calcium, 477.
- B
- Bakélite, 288.
- Baleine des Basques, 404.
- Balisage lumineux, 484.
- Baromètres holostériques, 171.
- Bâtiment : évolution de la technique, 108. Bauxites du pays de Fenouillet, 186. Bécune, 279,
- Benzile : constante diélectrique, 42. Bessède : structure du bassin, 281. Betterave : pulpe et café-chicorée, 427. Bidon : remplissage dans un puits, 181. Bisons du Canada, 184.
- Blanchiment des crins, 94.
- Blé : culture en France, 425.
- Bœuf musqué, 207.
- Bois et ciment, 576.
- Boite aux lettres, 46, 94, 142, 190, 239, 286, 335, 382, 431, 478, 526, 576.
- Borures alcalino-terreux, 186.
- Bouillies arsenicales, 335.
- — cuivriques : addition de fiel, 47. Boulon-minuterie, 331.
- Bretagne : marais salants, 145. Brise-glaces Krassine, 239.
- Brome : industrie en Alsace, 567.
- Bruit : lutte, 270.
- Brûleur amovible, 141.
- Burettes : amélioration, 181.
- c
- Câble électrique souterrain â 132 000 volts, 138.
- Cadre pliant en parapluie, 284.
- Cafards : destruction, 95.
- Café-chicorée à la pulpe de betterave, 427. Cafetière Bovcx sous pression, 285.
- Caisse classant la monnaie, 139.
- Calendrier : réforme, 184.
- Californie : sources naturelles de vapeur d'eau, 174.
- Camargue : réserve zoologique et botanique, 49.
- Caoutchouc : nouvelles utilisations, 367. Capot : attache, 183.
- Carbonifère des Asturies : faune marine, 568.
- Carbonisation : exposition de Versailles, 256.
- Carburants : rallye, 289.
- Carburateur : soudure du flotteur, 419. Carbure de calcium : qualité, 46.
- Carillon et horloge de Louvain, 313.
- — le plus puissant du monde, 223. Caroube, source de sucre, 36.
- Carrosserie : produits d’entretien, 94. Carter : pour remplir de graisse, ïlü. Cartographie aérienne des caïions du Colorado, 270.
- Caséine, 20.
- Cellules vivantes vieilles de 250 ans, 567. Celluloïd malléable, 287.
- Centrale électrique de Berlin, 137.
- Cerises à l’eau-de-vie, 528.
- Chambres à air : conservation, 240.
- *
- Supplément au n° 2799 de La Nature du 15 décembre 1928.
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- = 578
- Chambre d’essais pour machines à grande vitesse, 175.
- Changement de vitesse continu à friction, 235.
- Charbon : nettoyage à sec, 280.
- — pulvérisé : emploi dans les navires,
- 123, 427.
- — pulvérisé : nhoteur, 445.
- — pulvérisé : progrès en France, 462. Charnière de porte, 45, 190, 286, 431. Charpentes de combles en lamelles, 475. Chatterton, 240.
- Chauffage à air chaud pour autos, 236.
- — central aux huiles lourdes, 262.
- — central au mazout, 239.
- — des maisons en Islande, 90.
- — électrique : appareil à usages mul-
- tiples, 92.
- — électrique par accumulation, 300. Chaussures : conservation, 231.
- — : enlèvement des taches, 239.
- — : vernis, 240.
- Chauve-souris grande, 378.
- Chili : insectes prédateurs, 502.
- Ciment et bois, 576.
- Cinémathèque de Paris, 151.
- Cinégraphes, 394.
- Cinéscopes, 497.
- Circulation des autos et tramways, 85.
- Cité moderne, 529.
- Colle à bouche, 239.
- Colle-bloc, 191.
- Colles de poissons : inconvénients, 383. Colle imputrescible, 39.
- Colomb vu par un marin, 561.
- Colonies : élevage, 306.
- — : faune, 46.
- — : pêches, 63.
- — : pétrole, 388.
- Colorado : cartographie aérienne, 270. Colorants pour bonbons et liqueurs, 48. Conducteurs isolés, 462.
- Construction des maisons à Paris, 198. Cook, 321.
- Corrélations nerveuses, 112.
- Cosy-Pot, 93.
- Coupe-circuit magnétique, 380.
- Goux*ants oscillatoires : guérison du rhume de cerveau, 418.
- Crème à raser, 528.
- Crins : blanchiment, 94.
- Cryptostegia : culture aux Etats-Unis, 241. Gueille-fruits, 236.
- Cuisson sous pression des aliments, 234. Culture sous papier, 323.
- Curiosités de la nature, 192.
- Cuvette percée : emploi, 181. Cuvette-réservoir en béton, 376.
- Cyclone des Antilles, 376.
- D
- Décors iniullammables, 190.
- Décoration des navires, 193.
- Dengue, 473.
- Dépolissage des ampoules, 191.
- Dirigeable Comte Zeppelin, 411, 567. Douille étanche en porcelaine, 284.
- Dune littorale artificielle, 124. Dynamomètre enregistreur de traction, 14.
- E
- Eau combustible, 343, 460.
- Eaux ocreuses, 287.
- — souterraines : circulation dans les
- alluvions, 186.
- Eclairage lumière solaire, 84.
- Ecrans cinématographiques, 143, 514. Écrou usé : vissage, 180.
- Égypte ancienne : vins, 253.
- Électricité : expérience, 526.
- — : ligne à 220 000 volts, 426.
- — : propagande, 77.
- Électrification des chemins de fer du Midi, r 187.
- Electro-aimant de l’Académie des Sciences, 119.
- Électrons et photons 552.
- Élevage aux colonies, 306.
- Embarcations : direction et freinage, 284. Encre d’aniline : formule, 48.
- Enduits pour murs humides, 288.
- Entretien des carrosseries, 94.
- Epingles : distributeur, 525. Epluche-légumes, 332.
- Escalier mécanique du Havre, 446.
- Essence d’Orient, 184.
- Essuie-main électrique, 188.
- Eucalyptus : pastilles, 48.
- Eunecte murin, 377.
- Evier-vidoir Garchey, 44.
- Evolution : laboratoires, 481.
- Exposition forestière de Versailles. 256. Extincteurs d’incendie : rechargement, 94. Extincteur-siphon, 189.
- F
- Faune coloniale, 46.
- Fer électrolytique Fischer, 96.
- — : mines françaises en 1927, 154. Feuilles : gestes, 462.
- — métalliques très minces, 234.
- Fibre vulcanisée : fabrication, 17.
- Film sonore, 543.
- Filtre à café et moulin, 521.
- Flasques pour roues métalliques, 87. Flèches de pierre dans des vertèbres préhistoriques, 129.
- Flore saharienne, 349.
- Fonderie moderne, 453.
- Forces motrices naturelles, 345.
- Forets : absorption des ondes électromagnétiques, 393.
- Fosses septiques, 386.
- Franc français, 90.
- Frigorifiques : machines à absorption, 527. brisures persistantes, 191.
- Fruits, boisson et tube digestif, 178.
- Fruits : maladies, 296.
- Fumigènes, 287.
- G
- Garagaï de Sainte-Victoire, 233.
- •Gaz carbonique solide : nouvel emploi, 27, 142, 190.
- Gélatine pour gelées, 95.
- Glace sèche, 27, 142, 190:
- Glacière à lait pour nourrissons, 283. Glucinium : applications, 472.
- Glucoside à salicylate, 568.
- Glycérine, 287.
- Go : jeu japonais, 513, 562.
- Gomme laque : blanchiment, 240. Gommose des arbres fruitiers, 335.
- Gorille de Béringé, 268.
- Graines : pour prolonger le pouvoir germinatif, 568.
- Gratte-ciels : construction, 94.
- Grotte de Ganties : nouvelles gravures, 249.
- H
- Haut-parleurs : amélioration, 380. Hélices : réaction du sol, 223. Hirondelles : départ, 431.
- Hivers froids et variations solaires, 467. Hoggar : mission scientifique, 81. Houille au Maroc, 427.
- Hudson : pont suspendu, 104.
- Huiles lourdes : chauffage central, 262. Hydroélectricité : développement, 137. Hydrogène : force ascensionnelle, 527. Hyènes : vie, 169.
- Ilyposulfite : taches, 47.
- I
- Illusion d’optique, 200.
- Indochine : éveil, 357, 433, 553. Inflammabilité des solvants, 468. Insectes prédateurs du Chili, 502. Institut Henri Poincaré, 566.
- Iode libre chez les Laminaires, 42. Ions de l’atmosphère, 187.
- J
- Jadéite de Birmanie, 568.
- Jardins d’essais coloniaux, 329.
- Jaugeage automatique des réservoirs, 92. Jelutong, 472.
- Jeu de « Go », 513, 562.
- Juillet 1928 : hautes températures, 178.
- — froids et chauds, 177.
- — : température en Norvège, 278. Jupiter en 1927, 559.
- Jura : sapin, 241.
- K
- Kapok : flottabilité, 47.
- Korn-Lorenz : procédé de téléphotographie, 12.
- Krypton : extraction, 568.
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-
-
-
- L
- Laboratoires d’évolution, 481.
- Laminaires : iode libre, 42.
- Lampe arrière : contrôleur, 183.
- Lampes électriques à air comprimé pour mines, 426.
- Lampes lumière du jour, 191.
- Lampe pour scaphandrier, 75.
- Langues du monde : projet d’enquête, 273. La Pérouse : derniers débris, 514.
- La Pérouse, Dillon et Dumont d’Urville, 225.
- Lavage de la vaisselle : conditions, 468. Lefranc (Jean-Abel) : nécrologie, 328.
- Le Havre : escalier mécanique, 446. Lève-autos, 43
- — Weaver, 283.
- Linoléum : réparation, 286.
- Livres nouveaux, 4U, 88, 136, 185, 238, 282, 334, 381, 428, 474, 522, 570.
- Locomotives à vapeur à haute pression, 401. Louvain : carillon et horloge, 313.
- Lumière et aliments, 35.
- — et ponte, 427.
- Luminescence, 341, 399, 437.
- Lune : lumière cendrée, 477.
- M
- Machine àdécouper, 91.
- Machines à grande vitesse : chambre d’essais, 175.
- Maillechort, 94.
- Maison en acier, 337.
- Maisons à bon marché, 315.
- Manchot jouant aux cartes, 231.
- Marais salants de Bretagne, 145.
- Marcs de raisin : utilisation, 479.
- Marmites autoclaves, 23.
- Maroc forestier, 415.
- — : houille, 427.
- Martinets : départ, 431.
- Masque protecteur des yeux, 331.
- Masson : nécrologie, 385.
- Mathématiques : curiosités, 286, 382, 431. Mathématique : récréations, 417. Métropolitain : nouveau tunnel sous la
- Seine, 211.
- Mirage sur route en auto, 214.
- Miroir rétroviseur pour bicyclette, 180. Moire : explication des effets, 168. Montesquieu : carrière scientifique, 465. Montre électrique pour auto, 87.
- Moteur d’auto : pour le faire partir, 39.
- — d’avion Napier Lion, 90.
- — à charbon pulvérisé, 445, 574.
- — à combustion interne à bord des
- navires, 58.
- Mouches à truites, 34.
- Moules : culture, 31.
- N
- Navires chauffés au charbon pulvérisé, 427.
- — décoration, 193.
- Néci-ologie : Jean-Abel Lefranc, 328.
- Nécrologie : P.-Y. Masson, 385.
- — : Richards, 187.
- Nicolle, prix Nobel de médecine, 523. Nitruration des aciers, 449.
- — d’aciers spéciaux, 42.
- Nova Pictoris, 7.
- O
- Observatoires d'amateurs, 105.
- Gîufs : porteur, 189.
- Oiseaux de Paris, 372.
- Ondes électriques courtes : écho, 566. Or des mers, 329.
- Orientation du pigeon voyageur, 17. Oscillographe : perfectionnement, 247. Ossification du cartilage, 186.
- Outil : support original, 419. Oxydation électrolytique, 477.
- P
- Pautoscope facile à construire, 429.
- Papier gommé, 239.
- Paquebots allemands nouveaux, 376. Parasites : pour en débarrasser les matelas, 180.
- Parasites atmosphériques, 159.
- Parquets non glissants, 288.
- — sans joints, 526
- Pâtes pour cuirs à rasoirs, 480.
- Patins à roulettes : emploi, 231.
- Patinoire artificielle, 288.
- Pêches coloniales, 63.
- Peinture d’une plaque de tôle, 180.
- Pendule : enregistrement des oscillations, 281.
- Perceuse électrique, 139.
- Périodicité dans la nature, 201.
- Pétrole aux colonies, 388, 451.
- — dans le monde en 1927, 83.
- Phare électrique étanche, 183. Phonographes, 526.
- Phonographie, radiophonie et radiovision, 518.
- Photographies d’actualité, 144, 384. Photographie : temps de pose, 382. Photons et électrons, 552.
- Phryganes, 34.
- Pigeon voyageur : orientation, 17.
- Pilon à planche pour agglomérés, 379. Pince pour coller les chambres à air, 181. Piquet : pour l’enfoncer, 419.
- Planchers : vernissage, 191.
- Pneus : réparation sur la route, 181.
- Pôle nord : tragédie, 134.
- Pont suspendu de l’Hudson, 104.
- Ponte des poules et lumière artificielle, 427-Port de Strasbourg : extension, 8.
- Poudre de riz : formule, 46.
- Poulailler : désinfection, 527.
- Presse-purée, 93, 573.
- Prestidigitation, 237, 332, 469.
- Provence inféconde : transformation, 492. Puits aérien Knapen, 221.
- Pyrèthre insecticide et vermicide, 227.
- 57 9
- R
- Raccommodage des bas et tricots, 45. Radioactivité : origine oosmique, 16. Radiocinéma, 443.
- Radiographie stéréoscopique, 219. Radiophonie pratique, 373.. Rahat-el-holkoum : préparation, 480.
- Rails : soudure, 143.
- Rallye des carburants, 289.
- Rat musqué : élevage, 187.
- — : plaidoyer, 274.
- Rayon vert sur le littoral, 478, 526.
- Rayons X : protection, 550-Recettes et procédés utiles, 39, 84, 130, 180, 231. 326. 419. 468, 514. -Refroidissement par l’hydrogène, 328 Régulateur hygrométrique, 330.
- Renne dans les Alpes françaises, 279. Réservoir d’essence : bouchon de sûreté, 182. Résines de gutta : emplois, 472.
- Réveil incassable, 285.
- Rhume de cerveau : guérison par l’électricité 418.
- Richards : nécrologie, 187.
- Ripage mécanique des voies ferrées, 127. Rivets : fixation, 419.
- Rotoscope Ashdown, 571.
- Routes d’Indochine, 433.
- S
- Sahara : flore, 349.
- Sainte-tssise ; station à ondes courtes dirigées, 506.
- Sapin du Jura, 241.
- Savants de France : collaborateurs, 56. Sécheresse : curieux effets, 329. Sécheur-apprêteur pour rideaux, 525.
- Selle de bicyclette pour pêcher, 181. Seringues en verre Pyrex, 476.
- Serpents : comment boivent-ils ? 286.
- — qui tettent : légende, 12->, 431 -
- — : tannage des peaux, 576.
- Seuils de portes -.réparation, 240-Soie artificielle de Chardonnet, 286.
- Soleil et hivers froids, 467.
- Solvants : points d’inflammabilité, 468-Sonde magnétique, 206.
- Soudan français : géologie du Hold, 477. Soudures d’orfèvrerie, 95.
- Soudure des rails, 335.
- Souliers : enlèvement des taches. 479. Strasbourg : extension du port, 8.
- Stuc : composition, 47.
- — : réparation, 288.
- T
- Taches de chaussures, 239.
- — d’hyposulfite, 47.
- — d’urine sur vêtements, 191. Talon à billes, 573.
- Tannage de peaux de serpents, 576. Tannerie, 457.
- Taraudage, 181.
- Tartre : enlèvement, 94.
- :|! *
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- s— 580
- Télégraphe et téléphone des chemins de fer, 208.
- T. S. F., 142, 432, 478, 527.
- — : poste d’émission agricole, 559.
- — : station de Sainte-Assise, 500. Téléphone : contrôleur de communications,
- 70.
- — : enregistreur de communications, 155.
- Téléphotographie en Allemagne, 12. Télescope le plus grand du monde, 523. Télévox, 260.
- Températures maxima à Paris, 278. Termites et termitières d’Indochine, 97. Terres cuites et plâtres : nettoyage, 240. Thé : falsifications, 157.
- Thermoscopes à indications colorées, 40. Thermostop, 91.
- Tôle épaisse : section, 181.
- Tonneau pulvérisateur d’acide sulfurique, 368.
- Tortue mauritanique, 232.
- Train sans rail, 233.
- Tramways silencieux, 427.
- Transbordement à Khône, 318. Transformateur dans le vide, 330. Transplantations d’arbres, 138.
- Tremblements de terre en Algérie, 408, 526.
- Troglodytes du Sud Tunisien, 78.
- Trou d’une plaque : agrandissement, 84. Tubes à vide : hauts voltages, 54.
- Tunisie : troglodytes, 77.
- Tunnel sous la Seine, 211.
- V
- Vaisselle : conditions de lavage, 468.
- •— : machine à laver, 476.
- Vapeur d’eau : sources naturelles en Californie, 174.
- Vases pour produits pharmaceutiques, 408. Yauville : vol à voile, 438.
- Végétation en vase clos, 73.
- Vent : porte-t-il le son? 382.
- Vernis à capsules, 95.
- Vernis à chaussures, 240.
- Verre : décoration par craquelage, 130. Verre dépoli de mise au point : remplacement, 181.
- Vers de farine, 94,
- Vie chère, 41.
- Vin de raisins secs, 480.
- Vins de l’ancienne Egypte, 253.
- Vitre faussement brisée, 326. Voitures d’enfant : blocage, 572.
- Vol à voile, 438.
- Vosges, 1.
- — : percée Saint-Dié-Saales, 376. Vrillettes, 383.
- X
- Xénon et cryplon : extraction, 568.
- Z
- Zinc amalgamé : curieuse propriété, 576.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Albaret (Claude). — L’escalier mécanique du Havre, 446.
- Alber. — La femme fantôme, 237. — Un adroit tireur, 332. — La fée et le magicien, 469.
- Aron (Dr Max). — Initiation biologique, 112.
- B. (J.). — L’industrie de la tannerie, 457.
- Babault (Guy). — Le gorille de Béringé, 268.
- Baud (Paul). — Résumé des communications à l’Académie des Sciences, 42, 186, 281, 477, 568.
- Blocii (Eugène). — Électrons et photons, 552.
- Bourgain (André). — Les appareils cinématographiques, 394, 497.
- Bousquet (M.). — Evolution de la technique du bâtiment, 108.
- — Les fosses septiques, 386.
- Boutaric (A.). — Les phénomènes de luminescence, 341, 399,
- 437.
- Boyer (Jacques). — Les collaborateurs des savants de France, 56. — La cinémathèque de la Ville de Paris, 151. — Un nouveau tunnel sous la Seine, 241. — L’exposition forestière de Versailles, 256. — Guérison du rhume de cerveau par'les courants oscillatoires à haute fréquence, 418. — Nouveaux laboratoires de la chaire d’évolution, 481.
- Brandicourt (Virgile). — Récréations mathématiques, 417. Bureau (Robert). — Les parasites atmosphériques viennent-ils des tropiques ? 159.
- Cerisaie (J. de la). — Les baromètres holostériques, 171. — La cartographie aérienne des canons du Colorado, 270.
- Carlier (André). — Le vol à voile en France et en Allemagne,
- 438. — L’aviation légère, 538.
- Chaudron (Georges). — La nitruration des aciers, 449.
- Coupin (Henri). — Falsifications du thé, 157.
- Dauzat (Albert). — Les régions géographiques de la France : les Vosges, 1. — Projet d’enquête sur les langues du monde, 273.
- Demoulin (L1 F.). — La flore saharienne, 349.
- Dodin (Lucien). — Quelques idées sur les maisons à bon marché, 315.
- Doublet (E.). — La Pérouse, Dillon et Dumont d’Urville, 225. — Le capitaine Cook, 321.
- Dubuc (Gabriel). — Voir F. Trombe.
- Ducamp (Roger). — Le renne dans les Alpes françaises, 279. — Le Maroc forestier, 415.
- Duzan (Jean). — Chauffage central aux huiles lourdes, 262. Estienne (Y.). — Voir R. Lecoq.
- Feuillée-Billot (A.). — Réserve zoologique et botanique en Camargue, 49. — La légende des serpents qui tettent, 129, 431.
- — La tortue mauritanique, 232.
- Forbin (Victor). — Au pays des Aïnou, 234. — L’éveil de l’Indochine, 357, 433, 553.
- Fouassier (Marc). — La caséine, 20.
- Fougeret (Henri). — Les marmites pour la cuisson des aliments sous pression, 23. — Chauffage électrique par accumulation, 300.
- Foveau de Courmelles (Dr). — La lumière combinée aux aliments, 35.
- G. (A.). — Imitation en petit des aurores boréales, 74.
- G. (F.). — Réaction du sol sur les hélices sustentatrices, 223.
- Gaspard. — Plaidoyer pour le rat, 274.
- Gibault (G.). — L’orientation du pigeon voyageur, 17. Gradenwitz (Alfred). — La téléphotographie en Allemagne, 12.
- — Végétation en vase clos, 73. — Sonde magnétique, 206. — L’eau combustible, 343. — Moteur à charbon pulvérisé, 445.
- Gruson (M.). — Propagande pour l’électricité, 77.
- Guyot (L.). — Les maladies des fruits, 296.
- Hémardinquer (P.). — Appareil enregistreur de communications téléphoniques, 155. — Radiophonie pratique, 373. — La nouvelle station de Sainte-Assise, 506. — Phonographie, radiophonie et radiovision, 518. — Le film sonore, 543.
- Jaffray (J.). — La carrière scientifique de Montesquieu, 465. Joleaud (L.). — La question du pétrole dans les colonies françaises, 388, 451.
- K. (L.). — Lampe pour scaphandrier, 75.
- Kimpflin (Georges). — On ne paiera plus les communications téléphoniques de son voisin, 70.— Le rallye des carburants, 289. Kopaczewsiu (Dr W.). — Les phénomènes périodiques dans la nature, 201.
- Kuentz (L.). — La glace sèche, 27. — Le bœuf musqué, 207. — Le télévox, serviteur automate, 260.
- L. (R.). — La faune coloniale : pêches, 63 ; élevage, 306. Lancelin (C‘). — Transbordement à Rhône, 318. — Le jeu de
- « Go », 513, 562.
- Lanorville (Georges). — Les marais salants de Bretagne, 145. Lardat (Roger). — La cité moderne, 529.
- Larue (Pierre). — Le tonneau-pulvérisateur d’acide sulfurique 368.
- Lecoq (Raoul). — Les vins de l’ancienne Égypte, 253.
- Lecoq (R.) et Estienne (Y.). — Termites et termitières d’Indochine, 97.
- Le Pontois (A.). — Les derniers débris de l’expédition de La Pérouse, 514.
- M. (P.). —Nouvelles utilisations du caoutchouc, 367.
- M. (R.).— La dengue, 473. — Protection contre les rayons N, 550. Magard (Pierre). — La vis des hyènes, 169.
- Marcotte (Edmond). — La construction des maisons à Paris, 198. — Le balisage lumineux, 484.
- Martel (E.-A.). — Les abîmes les plus profonds du monde, 360.
- — Christophe Colomb vu par un marin, 561.
- Martin (Léonard). — L’Amazonie et ses merveilles, 216.
- Mascart (Jean). — A propos des petits mouvements de l’écorce
- terrestre, 369.
- Mémery (Henri). — Les hautes températures de juillet 1928 et les variations de l’activité solaire, 178. — Les variations solaires font prévoir des hivers froids, 467.
- Merle (René). — Les oiseaux de Paris, 372. — Les insectes prédateurs du Chili, 502.
- Millet (J.-G.). — Gestes de feuilles, 460.
- Moriiardt (Dr P.-E.). — Fruits, boisson et tube digestif, 178. — La bécune, 279.
- Murat (Henri). — Les routes de l’air du Bourget à New York, 33. — Les tremblements de terre en Algérie, 408.
- Nodon (Albert). — La radioactivité est-elle d’origine cosmique? 16. — L’action absorbante des forêts sur les ondes électromagnétiques, 393.
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- = 582 ..............“........ =
- Pawlowski (Auguste). — Les maisons en acier, 337. — Transformation de la Provence inféconde, 494.
- Petit (Henri). — L’allumage des moteurs à explosion, 361.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 87, 182, 564.
- Ponteil (Félix). — L’extension du port de Strasbourg, 8.
- R. (L.). — La culture des Cryptostegia aux Etats-Unis, 246.
- Rabot (Charles). — Température de juillet en Norvège, 278. — La pêche de la baleine par les Barques, 404.
- Rédaction. — Nécrologie : P.-Y. Masson, 385.
- Reverchon (Léopold). — Le plus puissant carillon du monde, 223. — Le sapin du Jura, 241. — Le carillon et l’horloge de Louvain, 313.
- Rodillon (Georges). — Mirage sur route en auto, 214. — A propos de l’eau combustible, 460.
- Roger (Em.). — Les mois de juillet froids, 177. — Les mois de juillet très chauds, 177. — Températures maxima à Paris, 278.
- Rudaux (Lucien). — Une catastrophe stellaire? La Nova Pictoris, 7. — Observatoires d’amateurs, 105. — Jupiter en 1927, 559.
- Rtvez. — Les mouches à t ruites, 34.
- Sauvaire-Jourdan (C). — Essor des moteurs ù combustion interne à bord des navires, 58. — Emploi du charbon pulvérisé dans les chaudières de navires, 123. — L’art de décorer les navires, 193.
- T. (A.). — Hauts voltages dans les tubes à vide, 54. — Le pétrole dans le monde en 1927, 83. —Pont suspendu de l’Hudson, 104.
- Thomas (Jean). — Troglodytes du Sud Tunisien, 78.
- Touciiet (Em.) — Bulletin astronomique, 37, 131, 229, 324, 420, 515.
- Troller (A.). — Jean-Abel Lefranc, 328.
- Trombe (Félix) et Dubuc (Gabriel). — Nouvelles gravures de la grotte de Gantics, 249.
- Y. (R.). — Les lignes télégraphiques et téléphoniques des chemins de fer, 206. — Le nouveau dirigeable « Comte Zeppelin », 411.
- Yillers (R.). — Les forces motrices naturelles, 345. — Locomotive à vapeur à haute pression, 401.
- Weiss (E.-H.). — Dynamomètre enregistreur de traction, 14. — Ripage mécanique des voies ferrées, 127. — Chambre d’essais pour machines à grande vitesse, 175. — La radiographie stéréoscopique, 219. — Ateliers-écoles ambulants, 251. — La fonderie moderne, 453.
- Welsc.h (Jules). — La culture des moules dans les bouchots, 31. — La dune littorale artificielle, 124.
- X. — Perfectionnement de l’oscillographe, 247.
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- TABLE DES MATIERES
- 1. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Une catastrophe stellaire ? La Nova Picloris (L. Rudaux) . . 7
- Nouveau franc français...................................... 90
- Observatoires d’amateurs (L. Rudaux)........................105
- Réforme du calendrier.......................................184
- Le plus puissant carillon du monde (L. Reverciion) .... 223
- Curiosité mathématique.............................. 286, 382
- Carillon et horloge de Louvain (L. Reverchon)...........313
- Récréations mathématiques (V. Brandicourt)..................417
- Lumière cendrée de la lune..................................477
- Le plus grand télescope du monde........................... 523
- Jupiter en 1927 (L. Rudaux).............................. 559
- Institut Henri Poincaré.....................................566
- Bulletin astronomique (E. Touciiet). 37, 131, 229, 334, 420, 515
- II. — SCIENCES PHYSIQUES
- III. — SCIENCES NATURELLES I. Géologie. — Physique du globe.
- Imitation en petit des aurores boréales (A. G.)............ 74
- Pétrole dans le monde en 1927 (À. T.) . ................... 83
- Mines de fer françaises en 1927............................ 154
- Bauxites du pays de Fenouillet...............................186
- Circulation des eaux souterraines dans les alluvions .... 186
- Ions de l’atmosphère.........................................18/
- Structure du bassin de Bessède...............................281
- L’or des mers............................................... 329
- Petits mouvements de l’écorce terrestre (J. Mascart) . . . . 369
- Les tremblements de terre en Algérie (IL Murat)............408
- Houille au Maroc............................................ 427
- Le Hold (Soudan français)....................................477
- Faune marine carbonifère des Asturies....................... 568
- Genèse de la jadéite de Birmanie ............................568
- I. Physique.
- 2. Météorologie.
- La radioactivité est-elle d’origine cosmique? (A. Nodon) . . 16
- Constante diélectrique du benzile........................... 42
- L’électro-aimant de l’Académie des Sciences..................119
- Explication des effets de moire............................. 168
- Les baromètres holostériques (J. de la Cerisaie)..........171
- Illusion d’optique...........................................200
- Phénomènes périodiques dans la nature (Dr W. Kopaczewski). 201
- Sonde magnétique (A. Gradenwitz)............«.............206
- Mirage sur route en auto (G. Rodillon) ......................214
- Perfectionnement de l’oscillographe (X.).....................247
- Nouveau procédé d’enregistrement des oscillations du pendule .......................................................281
- Les phénomènes de luminescence (A. Boutaric) . 341, 399, 437
- Electrons et photons (E. Bloch)..............................552
- 2. Chimie.
- La. caséine (M. Fouassier).................................... 20
- Nitruration de certains aciers spéciaux........................ 42
- Essence d’Orient.............................................. 184
- Acides sulfoaromatiques........................................186
- Préparation des borures alcalino-terrcux.................. . . 186
- Nécrologie : T.AV. Richards....................................187
- Autoxydation et antioxygène....................................281
- Améliaroside...................................................281
- Cyanuration....................................................336
- Nitruration des aciers (G. Chaudron)...........................449
- Applications du glucinium.....................................472
- Oxydation électrolytique des substances organiques.............477
- Azoture de calcium.............................................477
- Industrie du brome en Alsace...................................567
- Krypton et xénon : extraction..................................568
- Glucoside à salycylate du (iauUhcria...........................568
- Les mois de juillet froids et chauds (Em. Roger)...........177
- Les hautes températures de juillet 1928 (H. Mémery). . . . 178
- Pour puiser de l’eau dans l’atmosphère.....................221
- Température de juillet en Norvège (C. Rabot)...............278
- Températures maxima à Paris (E. Roger).....................278
- Curieux effets de la sécheresse............................329
- Le cyclone des Antilles. . ................................37g
- Variations solaires et hivers froids (H. Mémery)...........467
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- L’orientation du pigeon voyageur (G. Gibault).............
- Culture des moules (J. Welsch) ...........................
- Les mouches à truites (Ryvez).............................
- Réserve zoologique et botanique en Camargue (A. Feuillée-
- Billot)................................................
- La faune coloniale : pèches (R. L.).......................
- Termites et termitières d’Indochine (R. Lecoq et Y. Estienne).
- Initiation biologique (M. Aron)...........................
- La légende des serpents qui tettent (A. Feuillée-Billot) 129,
- La vie des hyènes (P. Magard).................
- Bisons du Canada..........................................
- Ossification des os longs.................................
- Elevage du rat musqué...................................
- Le bœuf musqué (L. Kuentz)................................
- La tortue mauritanique (E. Feuillée-Billot)...............
- Gorille de Beringé (G. Babault)...........................
- Le renne dans les Alpes françaises (R. Ducamp)............
- La bécune (Dr P.-E. Morhardt).............................
- La faune coloniale : élevage (R. L.).................... . .
- Les oiseaux de Paris (R. Merle)...........................
- Une grande chauve-souris..................................
- 17
- 31
- 34
- 49
- 63
- 97
- 112
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- L’eunecte murin...................................................377
- Pêche de la baleine par les Basques (C. Rabot).................404
- Ponte des poules et lumière artificielle.......................427
- Nouveaux laboratoires d'évolution (J. Boyer)......................481
- Les insectes prédateurs du Chili (R. Merle)....................502
- Cellules vivantes vieilles de 250 ans.............................567
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Nouvelle source de sucre : la caroube..................... 36
- Dégagement d’iode libre chez les laminaires............... 42
- Végétation en vase clos (A. Gradenwitz)................... 73
- Transplantations d’arbres................................. 73g
- Falsifications du thé (H. Coupin).......................... 157
- Le sapin du Jura (L. Reverchon)...........................241
- Culture des Cryptostegia (L. R.)............................246
- Vins de l’ancienne Egypte (R. Lecoq)......................253
- Exposition forestière de Versailles (J. Boyer)............256
- Maladies des fruits (L. Guyot)..............................296
- Culture sous papier.........................................323
- Jardins d’essais coloniaux..................................329
- Olives : conservation.......................................336
- Flore saharienne (Lfc F. Demoulin)..........................349
- Culture du blé en France....................................425
- Pulpe de betterave dans la fabrication du café-chicorée. . . 427
- Gestes de feuilles (J.-G. Millet) ..........................462
- Résines de gutta-percha et de balata : emplois............472
- Jelutong....................................................472
- Potassium et sodium dans les algues.........................477
- Pour prolonger le pouvoir germinatif des graines............568
- IV. — GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE
- Les Vosges (A. Dauzat)................................... . 1
- Troglodytes du Sud Tunisien (J. Thomas) ................. 78
- Mission scientifique du Hoggar. . ....................... 81
- La dune littorale artificielle (J. Welsch)...............124
- Flèches de pierre dans des vertèbres préhistoriques......129
- Tragédie du pôle nord..................................... 134
- Les marais salants de Bretagne (G. Lanorville)...........145
- L’Amazonie et ses merveilles (L. Martin).................216
- Exploration du « Garugaï » de Sainte-Victoire............233
- Au pays des Aïnou (V. Forjbin)............................234
- Nouvelles gravures de la grotte de Ganties (F. Trombe et
- G. Dubuc)...............................................249
- Projet d’enquête sur les langues du monde (A. Dauzat). . . 273
- La question du pétrole dans les colonies françaises (L. Jo-
- leaud)...................................... 388, 451, 553
- Le Maroc forestier (II. Ducamp)............................415
- L’éveil de l’Indochine (V. Forbin)............. 357, 433, 553
- Les abîmes les plus profonds du monde (E.-A. Martel) . . . 360
- Christophe Colomb vu par un marin (E.-A. Martel) .... 561
- V. - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Les marmites pour la cuisson des aliments sous pression
- (II. Fougeret).............................................. 23
- La lumière combinée aux aliments (Dr Foveau de Cour-
- melles).................................................. 35
- Fruits, boisson et tube digestif (D' P.-E. Moriiardt) .... 178
- Pyrèthre insecticide et vermicide...........................227
- Cuisson sous pression des aliments..........................234
- Lutte contre le bruit.......................................270
- Plaidoyer pour le rat (Gaspard) ............................274
- Les fosses septiques (M. Bousquet)..........................386
- Guérison du rhume de cerveau par les courants oscillatoires
- (J. Boyer).................................................. 418
- La dengue (R. M.)............................................473
- Charles Nicolle, prix Nobel de médecine.....................523
- Protection contre les rayons N (R. M.).....................550
- VL — SCIENCES APPLIQUÉES
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Dynamomètre enregistreur de traction (E.-H. Weiss) .... 14
- La glace sèche (L. Kuentz)................................ 27
- Chauffage des maisons en Islande...................... 90
- ^Evolution de la technique du bâtiment (M. Bousquet) . . . 108
- Sources naturelles de vapeur d’eau de Californie..........174
- f Construction des maisons à Paris (E. Marcotte).............198
- Feuilles métalliques très minces.............................234
- Ateliers-écoles ambulants (E.-II. Weiss).....................251
- Chauffage central aux huiles lourdes (J. Duzan)...........262
- Nettoyage à sec du charbon................................280
- Chauffage par accumulation (II. Fougeret).................300
- «''Maisons à bon marché (L. Dodin)...........................315
- ^Maison en acier (A. Pawlowski)..............................337
- L’eau combustible (A. Gradenwitz)............................343
- Nouvelles utilisations du caoutchouc (P. M.)..............367
- Tonneau-pulvérisateur d’acide sulfurique (P. Larue) .... 368
- Moteur à charbon pulvérisé (À. Gradenwitz)................445
- L’escalier mécanique du Havre (C. Albaret)................446
- La fonderie moderne (E.-II. Weiss)...........................453
- L’industrie de la tannerie (J.-B.)...........................457
- A propos de l’eau combustible (G. Rodillon)...............460
- Progrès de la chauffe au charbon pulvérisé en France . . . 462
- 2. Photographie.
- La téléphotographie en Allemagne (À. Gradenwitz) .... 12
- Cinémathèque à Paris (J. Boyer)..........................151
- Radiographie stéréoscopique (E.-H. Weiss)................219
- Les appareils cinématographiques (A. Bourgain) . . . 394, 497
- Le radiocinéma...........................................443
- Le film sonore (P. Hémardinquer).........................543
- 3. Électricité.
- Hauts voltages dans les tubes à vide (A. T.) ........ 54
- Contrôle des communications téléphoniques (G. Kimptlin). . 80
- Propagande pour l’électricité (Gruson)..................... 77
- Supercentrale électrique de Berlin-Klingenberg..............137
- Câble électrique souterrain 5 132 000 volts................ 138
- Développement des installations hydroélectriques............137
- Appareil enregistreur de communications téléphoniques
- (P. Hémardinquer).........................................155
- Les parasites atmosphériques viennent-ils des tropiques?
- (R. Bureau)...............................................159
- Le télévox, serviteur automate (L. Kuentz) .................260
- Refroidissement par l’hydrogène des grandes machines électriques ...............................................328
- L’action absorbante des forêts sur les ondes électromagnétiques (A. Nodon)......................................393
- Ligne électrique à 220 000 volts........................... 426
- Nouveau type de conducteurs isolés.............'.........463
- Station de T. S. F. de Sainte-Assise (P. Hémardinquer) . . 506
- Poste d’émission de l’Institut Agronomique..................559
- Echos des ondes électriques courtes........................ 566
- Radiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Tendances dans la construction des postes récepteurs. 373 Pick-up électromagnétique.............................373
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-
-
-
- 75
- Lampe pour étages H. F..............................
- Cadre à table d'orientation.........................
- Phonographie, radiophonie, et radiovision (P. Hémaedin-quer)......................................................
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- L’extension du port de Strasbourg (J. Ponteil).............
- Pont suspendu de l’Hudson (A. T.)..........................
- Chambre d’essais pour machines à grande vitesse (E.-H.
- Weiss).................................................
- Nouveau tunnel sous la Seine (J. Boyer) ...................
- Forces motrices naturelles (R. Yillers)....................
- Cuvette-réservoir en béton.................................
- Lampes électriques à air comprimé pour mines...............
- Transformation de la Provence inféconde (À. Pawlowski) . La cité moderne (R. Lardat)................................
- 5. Transports.
- Automobiles en France en 1927 .............................
- Ripage mécanique des voies ferrées (E.-H. Weiss)...........
- Electrification des chemins de fer du Midi.................
- Les lignes télégraphiques et téléphoniques des chemins de
- fer (R. Y.)............................................
- Train sans rail............................................
- Le rallye des carburants (G. Kimpflin).....................
- L’allumage des moteurs à explosion (H. Petit)..............
- La percée des Vosges Saint-Dié-Saales......................
- Locomotive à vapeur à haute pression (R. Yillers)..........
- Tramways silencieux........................................
- L’automobile pratique (L. Picard) :
- Circulation des autos et tramways...................
- Paiement à l’avance des impôts de circulation ....
- Système anti-vol....................................
- Allumeur électrique sans fil........................
- Montre électrique...................................
- Flasques pour roues métalliques.....................
- Amortisseur simple..................................
- Mauvaises habitudes.................................
- Bouchon de sûreté pour réservoir....................
- Contrôleur de lampe arrière.........................
- Phare électrique étanche............................
- Attache-capot.......................................
- Sécurité en automobile..............................
- Porte-bagages.......................................
- Cric simple.........................................
- Accessoire pour réparation sous châssis.............
- Thermomètre à distance..............................
- 6. Aviation et aéronautique.
- Les routes de l’air du Bourget à.New York (H. Murat). . .
- Moteur d’avion Napier-Lion...............................
- Réaction du sol sur les hélices sustentatrices (F. G.) . . . . Cartographie aérienne des canons du Colorado (J. de la
- Cerisaie)........................................
- Jean-Abel Lefranc (A. Troli.er)..........................
- Le nouveau dirigeable Comte Zeppelin (R. V.).............
- Le vol à voile en France et en Allemagne (A. Carlier) . . .
- Balisage lumineux (E. Marcotte)..........................
- L’aviation légère (A. Carlier)...........................
- Combustible gazeux du Graf Zeppelin .....................
- Chronique d’aviation. 89, 135, 228, 276, 327, 423, 408,521,
- 7. Marine.
- L’essor du moteur à combustion interne à bord des navires Cl Sauvaire-Jourdan).............................’....
- —~ J ......................... -IJ1 - - 585 s=
- Lampe pour scaphandrier (L. K.).................................
- Emploi du charbon pulvérisé dans les chaudières des navires
- (Cl Sauvaire-Jourdan)..................................q23
- L’art de décorer les navires (Cl Sauvaire-Jourdan).....193
- Transbordement à Khône (C‘ Lancelin).................... 318
- Nouveaux paquebots allemands.............................376
- Navires chauffés au charbon pulvérisé....................427
- VIL - HISTOIRE DES SCIENCES
- La Pérouse, Dillon et Dumont d’Urville (E. Doublet). . . . 225
- Le capitaine Cook (E. Doublet)..................................321
- Carrière scientifique de Montesquieu (J. Jaffray)...............465
- Derniers débris de l’expédition de La Pérouse (A. Le Pontois). 514
- VIII. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Résumé des communications (P. Baud). . . . 42, 186, 281, 568
- IX. - VARIA
- Nécrologie : P.-Y. Masson (La Rédaction)..................385
- Collaborateurs des savants de France (J. Boyer)............. 56
- La vie chère................................................. 41
- Le jeu de « Go » (Cl Lancelin)......................513, 562
- Prestidigitation (Alber) :
- La femme fantôme....................................23 7
- Un adroit tireur....................................33 2
- La fée et le magicien................................. 469
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES I. Petites inventions.
- Lève-autos....................................... 43, 283
- Evier-vidoir Garchey................................... 44
- Raccommodage de bas et tricots......................... 45
- Charnière de porte........................................ 45
- Machine à découper à usages multiples..................... 91
- Thermostop................•............................ 91
- Jaugeage automatique des réservoirs....................... 92
- Appareil électrique de chauffage.......................... 92
- Presse-purée.............................................. 93
- Cosy-Pot.................................................. 93
- Caisse classe-monnaies.................................J39
- Perceuse électrique.......................................139
- Brûleur amovible..........................................141
- Essuie-main électrique....................................188
- Antenne : protection contre les surtensions. .............188
- Extincteur-siphon.........................................189
- Porte-œufs .............................................. 189
- Changement de vitesse continue à friction.................235
- Chauffage à air chaud pour auto...........................236
- Cueille-fruits............................................236
- Glacière à lait pour nourrissons..........................283
- Embarcations : direction et freinage......................284
- Douille étanche en porcelaine.............................284
- Cadre pliant en parapluie.................................284
- Réveil incassable.........................................286
- 374
- 375
- 518
- 8
- 104
- 175
- 211
- 345
- 376
- 426
- 492
- 529
- 76
- 127
- 187
- 208
- 233
- 289
- 361
- 376
- 401
- 427
- 85
- 85
- 85
- 86
- 87
- 87
- 87
- 182
- 182
- 183
- 183
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- 564
- 562
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- Cafetière Bovex sous pression.............................285
- Régulateur hygrométrique................................ 330
- Transformateur dans le vide........................... 330
- Bouton-minuterie......................•................331
- Masque protecteur des yeux................................331
- Auto-doucheur.........., . ............................332
- Epluche-légumes.......................................... 332
- Pilon à planches pour agglomérés..........................379
- Hauts-parleurs : amélioration.............................380
- Coupe-circuit magnétique..............»................380
- Pantoscope facile à construire............................429
- Charpentes de combles en lamelles........................ 475
- Machine à laver la vaisselle..............................476
- Seringues en verre Pyrex..................................476
- Filtre à café pneumatique.................................524
- Sécheur-apprêteur pour rideaux............................525
- Distributeur d’épingles...................................525
- Rotoscope Ashdown.........................................571
- Appareil bloqueur de voitures d’enfant....................572
- Talon à billes. ..........................................573
- Presse-purée à levier.....................................573
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Pour faire partir un moteur d’automobile................ 39
- Colle imputrescible....................................... 39
- Trou d’une plaque : agrandissement......................... 84
- Eclairage lumière solaire.................................. 84
- Décoration du verre........................................130
- Parasites dans les matelas : pour les empêcher..........180
- Vissage d’un écrou usé.....................................180
- Peinture d’une plaque de tôle..............................180
- Miroir rétro-viseur pour bicyclette........................180
- Selle de bicyclette pour pêcher...........................181.
- Taraudage...............................................• 181
- Verre dépoli pour mise au point........................ 181
- Pneus : réparations sur la route.......................... 181
- Bidon : remplissage dans un puits......................... 181
- Pince pour recoller les chambres à air.....................181
- Cuvette percée............................................ 181
- Burettes : amélioration....................................181
- Tôle épaisse : section....................... ... 181
- Patins à roulettes : emploi ...............................231
- Chaussures : conservation..................................231
- Manchot : pour jouer aux cartes............................231
- Vitre faussement brisée................................... 326
- Appareils à acétylène : entretien..........................326
- Carter : remplissage de graisse......................... 419.
- Support d’outil............................................419
- Rivets : fixation.........................................4l'.l
- Piquet : enfoncement dans le sol...........................419
- Soudure du flotteur du carburateur.........................419
- Vases pour produits pharmaceutiques........................468
- Inflammabilité des solvants................................468
- Lavage de la vaisselle : conditions........................468
- Ecran de cinéma............................................514
- 3. Boîte aux Lettres.
- Faune coloniale..................................... . 46, 239
- Carbure de calcium : qualité............................ 46
- Thermoscopes à indications colorées........................ 46
- Poudre de riz : formule.................................... 46
- Hyposulfite : taches...................................... 47
- Stuc : composition......................................... 47
- Kapok : flottabilité....................................... 47
- Fibre vulcanisée : fabrication............................. 47
- Bouillies cupriques au fiel................................ 47
- Pastilles à l’eucalyptus.................................. 48
- Colorants pour bonbons et liqueurs........................ 48
- Encre d’aniline : formule................................
- Gratte-ciels américains : construction...................
- Crins : blanchiment......................................
- Maillechort..............................................
- Carrosserie : produits d’entretien.....................
- Vers de farine...........................................
- Extincteurs d’incendie : rechargement....................
- Soudures d’orfèvrerie....................................
- Gélatine pour gelées.....................................
- Vernis à capsules........................................
- Cafards : destruction....................................
- Fer électrolytique Fischer...............................
- Glace sèche.........................................i^2,
- T. S. F.............................. 142, 432, 478,
- Rails : soudure..........................................
- Agglomérés de construction...............................
- Ardoises d’écolier.......................................
- Ecrans cinématographiques ...............................
- Charnière de porte............................ 190, 286,
- Ininflammabilité des décors..............................
- Frisures persistantes....................................
- Dépolissage des ampoules électriques.....................
- Planchers : vernissage...................................
- Lampes lumière du jour...................................
- Colle-bloc...............................................
- Taches d’urine sur vêtements.............................
- Argenture de miroir......................................
- Brise-glace Krassine.....................................
- Taches de chaussures ....................................
- Colle à bouche.............................................
- Papier gommé........................................- • •
- Chauffage central au mazout..............................
- Chambre à air : conservation.............................
- Terres cuites et plâtres : nettoyage.....................
- Axerais à chaussures.....................................
- Gomme-laque : blanchiment................................
- Chatterton. ...........................................
- Seuils de portes : réparation............................
- Curiosité mathématique........................ 286, 382,
- Soie artificielle de Chardonnet..........................
- Serpents : comment ils boivent ..........................
- Linoléum : réparation......................... ..........
- Celluloïd malléable......................................
- Glycérine neutre. ... .............................
- Eaux ocreuses. . . ......................................
- Fumigènes................................................
- Parquets non glissants...................................
- Stuc : réparation................................ • •
- Enduits pour murs humides................................
- Bakélite.................................................
- Patinoire artificielle...................................
- Accumulateurs : recharge normale.........................
- Soudure des rails........................................
- Gommose des arbres fruitiers.............................
- Bouillies arsenicales............• ................
- Olives : conservation....................................
- Cyanuration..............................................
- Vent : porte-t-il le son ?...............................
- Temps de pose exact......................................
- Vrillettes...............................................
- Colles de poissons : inconvénients.......................
- Serpents qui tettent.....................................
- Martinets : départ.................................. • •
- Astres : observation............................... • • •
- Rayon vert sur le littoral.......................... 478,
- Marcs de raisins : utilisation. . . .;...................
- Taches grasses sur les souliers .........................
- Rahat-el-holkoum.........................................
- Vin de raisins secs......................................
- Pâtes pour cuirs à rasoirs...............................
- Electricité : belle expérience...........................
- Tremblements de terre en Algérie.........................
- Phonographes.............................................
- Poulailler : désinfection................................
- Hydrogène : force ascensionnelle.........................
- 48
- 94
- 94
- 94
- 94
- 94
- 94
- 95 95 95
- 95
- 96 190 527 143 143 143 143 431
- 190
- 191 191 191 191 191 191 191 239 239 239 239
- 239
- 240 240 240 240 240 240 431 286 286 286 287 287 287
- 287
- 288 288 288 288 288 288 335 335
- 335
- 336 336 382
- 382
- 383 383 431
- 431
- 432 526 479
- 479
- 480 480 480 526 526
- 526
- 527 527
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-
- Frigorifiques : machines à absorption
- Crème à raser.................... .
- Cerises à l’eau-de-vie..............
- Acier nitruré.......................
- Moteur à charbon pulvérisé.........
- Parquets sans joints..............
- Tannage de peau de serpent.........
- Zinc amalgamé......................
- Ciment et bois.....................
- FUS
- 4. Livres nouveaux. 40, 88, 136, 185, 238, 281, 334, 381,
- 428, 474, 522 .. ....................... 570
- XL — DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Photographies d’actualité.......................... 144, 384
- Curiosités de la nature..................................192
- TABLES
- 529
- 528
- 528
- 574
- 574
- 576
- 576
- 576
- 576
- ! DES
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris. — 1928,
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