La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- E1T IMl JUMM
- CINQUANTE-SEPTIÈME ANNÉE 1929 — PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- N° 2800.
- 1er Janvier 1929
- LA NATURE
- LA TOURBE
- Un gros effort vient d’être fait en vue de valoriser la tourbe.
- Combustible pauvre, la tourbe est un carburant riche qui, à ce titre, peut contribuer à résoudre
- le problème des carburants nationaux.
- Il a fallu le succès du beau roman de M. A. de Cha-teaubriant, La Brière, pour apprendre à bien des gens l’existence des tourbières françaises. Ce livre a révélé le pittoresque un peu mélancolique de ces paysages « quasiment retirés en leur physionomie » prés immenses et brumeux, coupés de canaux aux berges noires et de longues levées verdoyantes, tout parsemés de flaques d’eau claire avec de profonds tapis de mousses humides, et d’impénétrables fouillis de joncs, de roseaux et d’osiers que dominent çà et là de vieux saules noueux mangés de lichens ou des bouquets de peupliers et de trembles (fig. 1).
- Par endroits des alignements ou des amoncellements de mottes noirâtres qui sèchent; et puis quelques chaumières toutes semblables,
- « bancales et bossues sous leur pelage de loup, qui s’accotent et se chevauchent des deux bords du même chemin. « Ainsi la sympathie du grand public a été, à juste titre, appelée sur des populations de mœurs originales qui persistent dans un pénible effort et dans des traditions surannées pour tirer de leur terre ingrate un maigre parti....
- Une matière première peu exploitée. — Mais l’intérêt essentiellement littéraire qui s’attachait ainsi aux choses de la tourbe ne pouvait rien contre le discrédit dans lequel elle était tombée en tant que matière utilisable, en raison de son infériorité notoire comme combustible par rapport aux houilles, même les plus médiocres. A part une légère reprise pendant la guerre,
- l’exploitation des tourbières allait diminuant progressivement depuis 30 ans. De 45 000 tonnes seulement en 1913, elle était tombée à 32 000 en 1922. Or, depuis deux ans il en va tout différemment.
- La tourbe est en passe de devenirune matière première largement et avantageusement utilisée. Ce résultat qui
- va mettre en valeur une véritable richesse na-, tionale est dû à quelques savants et techniciens dont les initiatives et les efforts ont été révélés, coordonnés, et encouragés dans les deux Congrès de la Tourbe, le 1er exclusivement français en 1927, le 2e déjà international en 1928, et dans le récent Congrès de chauf-fage industriel en 1928.
- Il est bon que le public s’intéresse à cette question de l’exploitation des tourbières, elle est capitale pour la France.
- QU'EST-CE QUE LA TOURBE?
- La tourbe est le résidu de la décomposition lente de certaines mousses du genre Sphagnum ou du genre Hypnum associées à diverses plantes marécageuses ou aquatiques, notamment les Cypériacées (Souchet brun).
- Ces herbes subissent un travail de carbonification identique à celui qui aboutit à la formation du lignite avec les bois; il est donc permis de considérer la tourbe comme de la houille au premier stade de formation. T a caractéristique majeure de la tourbe comme charbon
- Fig. 1. — Paysage de région tourbeuse.
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- fossile est sa grande teneur en eau, qui égale 90 p. 100 du poids total.
- La formation de la tourbe est caractéristique de l’époque quaternaire; elle se poursuit donc encore actuellement chaque fois que le permet le concours de certaines conditions physiques; il faut un climat froid ou humide, un sous-sol sableux, crayeux ou de granit fissuré, donc toujours perméable. L’accès de l’air doit être assuré en surface autour des végétaux de la tourbe, dont la décomposition s’opère par les parties profondes séparées de l’atmosphère par une eau limpide.
- Les gisements de tourbe sont d’épaisseurs variables, depuis quelques décimètres jusqu’à plusieurs mètres de profondeur. A mesure qu’on s’éloigne de la surface, la tourbe devient en général plus foncée, plus compacte, et de décomposition plus avancée. Alors que dans la tourbe de surface dite souvent tourbe mousseuse, on trouve encore des filaments végétaux reconnaissables, dans la tourbe noire, celle du fond, les éléments constituants sont entièrement décomposés, et la carbonification est plus manifeste. A l’état intermédiaire, la tourbe est dite feuilletée.
- Classement des tourbières. — On classe généralement les tourbières suivant leur localisation et leur formation, en tourbières de
- des vallées sont exploitées dans l’eau, et, une fois la tourbe extraite, se transforment en lacs; au contraire, le drainage facile des tourbières de pentes et de plateaux favorise leur exploitation à sec.
- On peut aussi, à un autre point de vue, classer les tourbières en vivantes et en mortes, suivant que l’accroissement du gisement se continue ou a définitivement cessé, les conditions actuelles étant ou non favorables à la vie et à la décomposition des végétaux qui forment la tourbe.
- Fig. 2. — A, Extraction au louchet en pays basque ;
- B, Louchet
- employé dans la région de N,-D.-de-Liessc ;
- G, Extraction mécanique pratiquée pendant là guerre aux tourbières d’Huisson.
- LA TOURBE DANS LE MONDE
- Il est bien difficile actuellement d’évaluer les quantités de tourbe exploitables dans le monde; la situation, la superficie, la profondeur des gisements échappent dans bien des cas aux recherches et aux estimations même approximatives. Un spécialiste de la tourbe, M. Ch. Roux, croit cependant pouvoir donner quelques chiffres; pour l’Europe entre 50 et 100 millions d’hectares de tourbières, dont 38 millions pour la Russie seule; pour l’Amérique du Nord 10 millions d’hectares actuellement prospectés, et pour l’ensemble des tourbières mondiales un mi nimum de 200 millions d’hectares.
- montagnes et de hauts plateaux, tourbières de vallées, tourbières de forêts et de bois flottés, tourbières marines et sous-marines. Ces dernières sont d’anciennes tourbières terrestres gagnées par la mer et dans lesquelles l’eau salée a entraîné quelques modifications de surface. Elles sont rares : on en rencontre en France dans le Calvados. Les tourbières de forêts réclament pour se former des conditions exceptionnelles; quant aux tourbières de montagnes et de vallées, qui sont les plus importantes, leur situation géographique a nécessairement une influence sur la pratique de leur exploitation.
- Difficiles, sinon impossibles à assécher, les tourbières
- Encore ne s’agit-il là que de superficies, il reste à déterminer la profondeur des gisements.
- La France est relativement riche en tourbe. — Contrairement à ce qui se passe pour la houille, dont nos gisements sont répartis dans quelques zones bien déterminées, les tourbières françaises sont disséminées d’une façon sporadique sur toute la surface du territoire. Les plus importantes et les plus exploitées sont dans les vallées de la Somme, de la Marne, de l’Oise et de leurs affluents, où elles couvrent des étendues de plusieurs centaines d’hectares, et sur des profondeurs de parfois 7 à 8 mètres. On peut citer ensuite les gisements de la Loire-Inférieure (la Brière) et de la Charente-Inférieure,
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- ceux de l’Isère, de la Savoie, du Jura, des Basses-Pyrénées, etc....
- L’évaluation précise de ces gisements en superficie est d’ailleurs difficile parce que beaucoup de tourbières sont simplement classées comme terrains de culture.
- Actuellement on en compte environ 400000 hectares bien prospectés ; mais il convient peut-être de réduire ce chiffre des 3/4, si l’on veut ne tenir compte que des tourbières qui permettent actuellement une exploitation rationnelle, c’est-à-dire celles qui ont une profondeur moyenne d’au moins un mètre, et une superficie d’un
- Un vieux procédé d’extraction : le louchet. — Jusqu’à notre époque, l’extraction se pratiquait, et elle se pratique encore dans beaucoup de tourbières, suivant le vieux procédé, exclusivement à la main, avec le louchet.
- Le louchet ordinaire (fig. 2 A) est une sorte de bêche à lame très longue, dont on se sert d’ailleurs couramment pour les travaux de drainage. Mais dans certaines régions, à N.-D.-de-Liesse notamment, comme le montre la figure 2 B, les tourbiers en ont adopté un d’une forme spéciale où la pelle est remplacée par une sorte d’armature métallique à deux faces perpendiculaires et à bords tranchants. En l’enfonçant verticalement et d’une façon régulière dans la tourbe, l’ouvrier détermine des mottes rectangulaires d’environ 80 cm de long et 15 cm de côté qu’il enlève une à une pour les déposer derrière lui en lignes régulières.
- Le maniement du louchet, simple
- Fig. 3. — B, La machine à extraire la tourbe sur le marais'de La Souche; A, des couteaux débitent le bloc extrait en mottes qu’un tapis roulant dépose sur le sol.
- seul tenant assez considérable — quelques centaines d’hectares — pour justifier une installation industrielle.
- Ajoutons que les installations de ce genre sont encore rares : l’une
- des plus importantes et des plus intéressantes est celle qui fonctionne à N.-D.-de-Liesse près de Laon pour l’exploitation des tourbières de la Souche.
- L'EXPLOITATION DES TOURBIÈRES L'EXTRACTION
- L’exploitation normale de la tourbe comporte en principe trois moments essentiels : l’extraction, le séchage avec le conditionnement, l’utilisation. Si l’on veut procéder rationnellement, il faut, comme l’a montré M. Ch. Roux, en raison delà diversité de régime des tourbières et de la variété des tourbes, faire de chacune de ces opérations, pour chaque cas particulier, une étude technique et économique approfondie.
- en apparence, demande pourtant, si l’on veut obtenir un rendement satisfaisant, de la vigueur et des tours de main. C’est pourquoi, désirant remettre en honneur la profession de tourbier qui tend à disparaître comme celle de charbonnier, les congrès de la tourbe ont mis à leur programme des concours de « premier tourbier de France », qui ont permis à quelques vieux tourbiers de faire valoir des qualités exceptionnelles. Mais si habile que soit le manieur de louchet, le rendement est faible.
- Là comme ailleurs, on ne pourra obtenir de résultats satisfaisants qu’à la condition de pratiquer l’extraction mécanique.
- L’extraction mécanique. — L’extraction mécanique, dit M. Ch. Roux, nécessite toujours un outillage
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- approprié; dans les tourbières où l’on peut procéder au préalable, soit par drainage, soit par pompage électrique, à un assèchement suffisant pour travailler à pied sec, on peut utiliser tous les outillages de terrassements habituels, excavateurs, pelles mécaniques, etc..., avec quelques modifications en raison de la plasticité de la tourbe et de sa haute teneur en eau.
- Dans les tourbières qu’il est impossible d’assécher, on peut choisir entre l’excavateur, la drague, ou les élé-
- verticalement, en mottes régulières; un tapis roulant (fig. 3 A) entraîne ces mottes qu’on dispose en tas pour les faire sécher. Cette machine débite, avec une main-d’œuvre extrêmement réduite, 15 000 mottes de tourbe, soit environ 100 tonnes par jour.
- L’extraction hydraulique. — Il y a enfin un autre mode d’exploitation dont le principe est largement appliqué par les techniciens russes. Il consiste à extraire hydrauliquement la tourbe en la désagrégeant et la diluant
- valeurs à baquets dits bagueurs et le louchet mécanique.
- Divers appareils de ces genres ont déjà, fonctionné avec succès pendant la guerre, notamment dans les tourbières d’Huisson (fig. 2 C), mais le plus intéressant et le plus moderne est le louchet * mécanique qui fonctionne actuellement dans les marais de la Souche, à Notre-Dame-de-Liesse.
- C’est un véritable atelier d’extraction mécanique, mobile sur des rails, le long de la berge en exploitation; la voie ferrée peut aisément être reculée parallèlement à elle-même lorsque besoin est. L’attaque se fait à l’aide d’une caisse parallélépipédique (fig. 3) creuse dont les arêtes forment couteaux dans leur partie inférieure. Sous l’action d’un moteur, celte caisse s’enfonce graduellement jusqu’au fond de la masse tourbeuse. Dès qu’à la résistance éprouvée le mécanicien se rend compte que le fond est atteint, il fait remonter la cage; celle-ci soulève avec elle un pain de tourbe et le présente à des lames qui le découpent, horizontalement d’abord, puis
- Fig. 4. — Suivant les pays le séchage est pratiqué de différentes manières.
- dans l’eau, à l’aide de lames fraiseuses, pour l’aspirer ensuite par des pompes spéciales à grand débit qui la dirigent dans des canalisations ver^l’usine de traitement. Ce procédé applicable à toutes les tourbières facilite d’abord le transport de la tourbe à l’usine; mais il a aussi l’avantage de fournir une solution élégante à la grosse question du séchage de la tourbe. A ce point de vue il peut paraître paradoxal; mais la science n’est-elle pas un perpétuel paradoxe?
- UN PROBLÈME DIFFICILE; LE SÉCHAGE
- A la base de toute (utilisation avantageuse de la tourbe se place le séchage.
- Avec sa teneur de 90 pour 100 d’eau au moment de l’extraction, la tourbe est en effet comparable à une éponge gonflée d’eau; mais c’est une éponge qui ne veut pas rendre cette eau. C’est qu’en raison de la structure colloïdale de la tourbe, l’eau absorbée s’incorpore aux éléments organiques de telle manière que s’établit un
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- lien colloïdal entre elle et la substance solide ; aussi les agents physiques ordinaires de dessiccation, compression ou même chauffage, ne donnent-ils que des résultats insuffisants.
- Le simple séchage à Tair (Gg. 4 et 5), le plus anciennement et le plus couramment pratiqué, peut réduire la teneur d’eau à une proportion variant entre 70 et 50 pour 100. Dans certains cas, lorsque la tourbe est granulée, cette proportion peut descendre à 30 pour 100 en périodes estivales, chaudes et sèches. Mais il faut toujours prévoir les étés pluvieux.
- Même en tenant compte de cette observation de M. Ch. Roux, que la tourbe se sèche plus économiquement et durcit davantage lorsqu’elle est exposée à l’air froid et sec que lorsqu’elle est exposée à l’air chaud, il reste que le séchage à l’air libre requiert des conditions d’espace, de temps et de main-d’œuvre qui
- C’est la plus employée actuellement en Russie. Le procédé type consiste essentiellement à incorporer à la tourbe, au moment de l’extraction, une eau additionnelle qui modifie la constitution colloïdale de la matière; on obtient ainsi un magma liquide qui subit plus facilement que la tourbe originelle les réactions propres à le déshydrater. Ce magma, d’abord trituré et décanté pour séparer la tourbe des impuretés et en briser les fibres * est ensuite étendu sur des aires filtrantes pour évacuer l’eau d’addition et commencer la dessiccation proprement dite, on peut descendre ainsi, en période de temps sec, à des teneurs en eau de 60 pour 100. Puis on découpe et on moule les couches de tourbe en briquettes que l’on dépose à l’abri, et après quelques semaines ces briquettes ne contiennent plus que 30 à 35 pour 100 d’humidité; c’est le minimum auquel on puisse arriver normalement. L’opération est donc satisfaisante en principe, cependant
- ne sont pas partout aisément et économiquement réalisables.
- Procédera-t on par chauffage artificiel, en prélevant, aux dépens de la tourbe elle-même, le combustible nécessaire à ce chauffage? Mais alors l’évaporation de l’eau incluse réclamerait plus de calories que la tourbe séchée n’en procurerait ultérieurement par sa combustion. L’opération, au point de vue économique, ne pourrait être que déficitaire.
- Tant en France qu’à l’élranger, les spécialistes se sont attaqués au problème; il semble, à l’heure actuelle, en bonne voie de solution. Les diverses tentatives faites, avec des succès d’ailleurs divers, peuvent être rapportées à deux ou trois méthodes fondamentales.
- Un procédé paradoxal : délayer pour mieux sécher. — R y a d’abord celle, dont nous avons parlé, de l’extraction avec délayage et malaxage de la matière.
- elle laisse subsister des difficultés de manipulation. Il faut déposer les briquettes sur les aires d’étendage, les tourner, les retourner, les entasser, etc..., tout cela nécessite beaucoup d’espace, beaucoup de temps, beaucoup de main d’œuvre, sans compter les risques de fermentation de la matière, ce qui explique que les procédés de ce genre aient pu procurer des déboires.
- La méthode russe : la coagulation. — Les Russes cependant, qui sont de grands producteurs et utilisateurs de la tourbe, ont cherché à appliquer cette méthode en grand, en perfectionnant la technique, de façon à économiser la main-d’œuvre et à obtenir un rendement considérable en peu de temps. Dans certaines installations, une fois obtenue à l’extraction la masse liquide qu’ils appellent l’hydrotourbe, à 95 pour 100 d’humidité, ils la coagulent par l’intermédiaire d’un coagulant peu coûteux et très actif, en l’espèce une solution
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- Fig. 6. — Le séchage par granulation.
- colloïdale d’hydroxyde de fer; on procède ensuite par filtration, compression à la presse hydraulique et séchage dans des sécheurs tubulaires à vapeur. On arrive ainsi, paraît-il, à abaisser le taux d’humidité de 18 pour 100. Malgré ces résultats, on peut se demander si l’opération, pratiquée sur ces bases, serait partout rémunératrice.
- Le séchage par traitements chimiques ou physiques. — On a traité aussi, ainsi que l’a exposé M. F. Lemonnier au Congrès du Chauffage industriel, la déshydratation de la tourbe par d’autres procédés, d’ordre chimique ou physique, basés sur les propriétés de la matière colloïdale. Le traitement par l’addition d’acides ou de chaux n’a pas donné des résultats satisfaisants; le traitement d’Eckenberg par le chauffage à 150°, le séchage électrique de Kerrive en ont donné de meilleurs, mais ils se sont révélés coûteux. Peut-être le procédé allemand de Madruck est-il appelé à rendre plus de services; il est basé sur cette observation que le col-
- loïde de tourbe peut être influencé en mélangeant à la tourbe brute de la tourbe sèche pulvérisée; on pratique ensuite un séchage artificiel et l’on obtient par compression des briquettes qui rappellent certains lignites.
- La méthode française de Ch. Roux; le séchage par granulation. — Reste un procédé qui paraît appelé à un grand avenir, c’est la granulation, procédé imaginé et appliqué par M. Ch. Roux à l’usine deNotre-Dame-de-Liesse et qui respecte la composition de la tourbe. Les mottes de tourbe, contenant encore 80 pour 100 d’humidité après un simple ressuyage à l’air libre, sont désagrégées, mélangées à de la tourbe sèche, puis réagglutinées en une pâte qui est elle-même granulée dans un appareil spécial; ces petites granulations contiennent encore environ 75 pour 100 d’humidité, mais elles ne sont plus susceptibles de s’agglutiner et il est facile de les dessécher davantage à l’air libre (fig. 6), si besoin est, par un séchage artificiel. On peut abaisser ainsi sans frais excessifs la teneur en eau jusqu’à 25 pour 100.
- C’est, semble-t-il, sous cette forme de granulés que la tourbe pourra rendre à l’industrie de très grands services et réaliser les beaux espoirs formulés par les récents congrès.
- LE TRANSPORT
- Le transport au lieu de séchage ou de conditionnement présente, à son tour, quelques difficultés, car la tourbe, de par sa contexture et sa teneur en eau, est friable, lourde et supporte mal les secousses et les manutentions, même si elle a subi sur place un séchage préalable.
- Quand il ne s’agit que de l’utiliser sur place ou dans les environs, et en quantités relativement restreintes, le transport par chariots à bœufs (fig. 7 A), comme dans le pays basque, reste le plus pratique et le plus économique; mais dans les tourbières où les quantités extraites sont considérables, il faut se servir, comme à Notre-Dame-de-Liesse, de petits trains Decauville (fig. 7 R) et les frais se trouvent par là augmentés; ils atteindraient un
- Fig. 7.— À, du lieu d'extraction à la gare, située h 12 km, le transport s'effectue en pays basque par chars à bœufs) B, à N.-D.-de-Lièsse,
- le transport du marais à l’usine est assuré par un Decauville.
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- taux prohibitif s’il fallait transporter la tourbe telle quelle en des lieux de traitement ou d’utilisation très éloignés. C’est pour cela que l’exploitation rationnelle ne peut se faire qu’à la condition d’installer, à proximité de la tourbière, des usines spéciales pour transformer et traiter la matière tourbeuse.
- Lors du congrès international de la tourbe qui s’est tenu dans les premiers jours de juillet à Laon, le petit train en question fut mis à contribution pour transporter les congressistes (fig. 8) de Notre-Dame-de-Liesse au marais de la Souche, dont ils visitèrent les installations.
- LES EMPLOIS DE LA TOURBE
- La tourbe combustible médiocre. — Si la tourbe doit faire naître des espérances, il faut dire tout de suite que ce n’est pas à titre de combustible qu’elle paraît devoir les réaliser.
- La tourbe n’est qu’un médiocre combustible : simplement séchée à l’air, elle n’a qu’un pouvoir calorifique variant de 2500 à 3700 calories; si elle est séchée au maximum, ce pouvoir peut aller de 4900 à 5500 calories ; c’est bien peu comparativement aux 9500 calories que peuvent fournir les anthracites; cependant il faut dire que les meilleurs lignites ne fournissent que 5000 à 5500 calories et que le bois bien sec n’en fournit pas plus de 2500 à 3000.
- Il résulte de là que la tourbe séchée artificiellement vaut comme combustible les lignites bruns ou noirs couramment employés pour le chauffage ; comme certains lignites, elle a aussi l’avantage de pouvoir être agglomérée sans le secours de liants étrangers et d’être ainsi façonnée en briquettes plus denses et plus maniables. On accorde aussi qu’elle est excellente pour l’allumage des feux de charbon.
- Pour ces raisons elle est assez employée comme combustible dans les pays où les tourbières sont abondantes : en Russie, en Suède, au Canada, on l’utilise dans les chaudières des machines à vapeur.
- Mais l’utilisation généralisée de cette matière comme combustible dans les pays suffisamment riches en houille noire et en houille blanche ne paraît pas devoir être pratique et avantageuse ailleurs que dans le voisinage immédiat des lieux d’exploitation. C’est qu’il faut tenir compte des frais élevés de séchage et des frais du transport, auquel elle se prête médiocrement, même, en briquettes, à cause de sa nature friable et de l’encombrement qu’elle représente pour un rendement médiocre.
- Il faut donc se placer à d’autres points de vue pour envisager l’avenir de l’industrie tourbière : ce sont ceux de l’utilisation de la tourbe.
- 1° comme carburant dans les gazogènes;
- 2° pour les sous-produits par la distillation ;
- 3° pour l’agriculture.
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- La tourbe comme carburant dans les gazogènes fixes. — Au VIe Congrès
- Fig. 8. — Lors du Congrès de la Tourbe à Laon, ce Decamille transporta les congressistes de N.-D. de Liesse au marais de la Souche.
- de Chimie industrielle, M. Damour, parlant de la gazéification des combustibles inférieurs, a montré que l’essentiel pour la réaliser dans de bonnes conditions était la régularité du charbon, régularité chimique, c’est-à-dire de teneur en matières volatiles, et régularité physique, c’est-à-dire calibrage convenable.
- La granulation par le procédé de Ch. Roux confère à la tourbe ces qualités de régularité qu’il est assez difficile d’obtenir avec les autres charbons. C’est ce qui ressort, en particulier, d’une sérieuse étude faite par M. Alain Lemonnier sur le fonctionnement, avec la tourbe, d’un gazogène fixe normalement alimenté par le bois et accouplé à un moteur à gaz pauvre qui actionnait une génératrice à courant continu.
- Les essais ont porté sur deux échantillons de tourbe, l’un de tourbe tout venant séchée lentement à l’air, l’autre de tourbe granulée par le procédé Roux. En tablant sur le coefficient de transmission par courroie et un rendement de 80 pour 100 pour la génératrice, M. A. Lemonnier a évalué la consommation à 1 kg 400 de tourbe granulée et à 2 kg 200 de tourbe tout-venant par ch-h. produit par le moteur à gaz.
- Fig. 9, — Une automotrice actionnée par gazogène à semi-coke de tourbe.
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- Cës résultats, outre qu’ils font valoir la supériorité de la tourbe granulée, permettent cette conclusion, si intéressante au point de vue de l’économie rurale, que même avec une tourbe simplement concassée, donc d’un prix de revient très bas (100 fr. environ la tonne), on peut obtenir de la force motrice à proximité des tourbières avec une dépense de combustible de 0 fr. 25 par ch-h.
- Emploi dans les gazogènes mobiles. — Mais il ne s’agit \k que de gazogènes fixes. La question devient d’un intérêt plus grand encore si l’on considère les gazogènes mobiles.
- M. Pineau, l’éminent directeur de l’Office national des Combustibles liquides, insistait déjà l’an dernier sur la possibilité d’employer le bois ou le charbon de bois pour la production d’un gaz pauvre susceptible d’alimenter les moteurs des camions : « L’épuration du gaz, disait-il, a été résolue d’une façon satisfaisante et il n’y a pas à craindre d’attaque ou d’encrassement des moteurs. La perte de puissance due à l’infériorité calorifique du gaz de gazogène a été en partie compensée par l’augmentation de la compression. »
- Ce qui est vrai pour le charbon de bois l’est aujourd’hui pour le charbon de tourbe, grâce à la granulation. M. Ch. Roux a, en effet, réussi à carboniser sa tourbe granulée dans des conditions économiquement très satisfaisantes. Il résume ainsi son procédé et ses résultats :
- « A la sortie du sécheur, les granulés sont pris par
- un élévateur et placés en attente dans les trémies qui alimentent chacune une batterie de deux fours. Lorsque ces fours à basse température sont à leur régime normal, on obtient, en 12 heures, 1500 kg de charbon pour deux fours, rendement qui pourra être amélioré. »
- D’essais comparatifs qui ont été répétés à Laon, il résulte qü’en gazogène, ce charbon de tourbe granulée soutient avantageusement la comparaison avec le charbon de bois; alors qu’en effet, avec ce dernier, on constate habituellement une perte de puissance de 25 à 30 pour 100, on a, avec le charbon de tourbe granulée, des résul-
- tats équivalant à ceux obtenus avec l’essence.
- Des expériences d’ordre pratique ont confirmé ces résultats. Déjà, en 1927, un camion muni d’un gazogène mobile alimenté à la tourbe a parcouru 3000 km et une voiturette de tourisme alimentée de même manière en a parcouru 15 000; un tracteur agricole entraînait à la vitesse de 4500 m. à l’heure une charrue de 560 kg qui traçait en terre consistante des sillons de 22 cm de profondeur.
- L’été dernier, lors du Congrès international de la Tourbe à Laon, une automotrice du chemin de fer départemental de l’Aisne, équipée d’un gazogène (fig. 9), alimentée avec des granulés de semi-coke de tourbe, a admirablement fonctionné, faisant même du 50 à l’heure, vitesse qu’elle n’atteint jamais en service courant.
- Le 3e Rallye des carburants nationaux franco-belge a prouvé qu’on pouvait mieux faire encore. Partant de cette observation que chacune des diverses sortes de carbones employés comme carburant a ses qualités et ses défauts, M. Ch. Roux a eu l’idée de constituer son carburant pour gazogènes non plus avec la tourbe seule, mais en se servant de la tourbe pour agglomérer d’autres carburants, minéraux ou végétaux, dosés de façon que les défauts de l’un soient neutralisés par les qualités de l’autre. Il a ainsi composé ce qu’il appelle le « Syntho-carbone » ou « granol » dans lequel non seulement la tourbe sert d’agglomérant et ajoute ses propriétés particulières à celles des autres éléments agglomérés, mais encore elle augmente la « réactivité », de manière à porter en quelque sorte à leur maximum de rendement les propriétés de ses associés, qui sont un charbon minéral et un charbon végétal. Le mélange est granulé et on voit ici (fig. 10) un trommel de sortie des granols.
- En équipant deux. luxueuses voitures de tourisme (40 ch et 18 ch) avec des gazogènes alimentés au gjpo^l, on a réussi, lors du Rallye de juillet 1928, à dém£g$rer, ainsi .que nous l’avons exposé ici même (La Nature, 1er octobre 1928), que ce système s’adaptait parfaitement à l’automobile sans la déparer, l’encombrer, ni la salir.
- Les données techniques officielles, concordant d’ailleurs avec la pratique courante, montrent qu’il faut en gazogène 1 kg à 1 kg 800 de carbone pour remplacer un litre d’essence. Avec la braisetté et des gazogènes sans injection de vapeur d’eau, c’est-à-dire exclusivement au gaz pauvre, il faut tabler sur 1 kg 500. Avec le même combustible et injection d’eau, c’est-à-dire marche partielle au gaz à l’eau, il suffit de 1 kg 250. Enfin avec les agglomérés et en particulier avec le granol qui se rapproche du carbone pur, on descend à 1 kg et le prix de ce kilogramme pourra s’établir à 1 ranc au détail.
- Il y a donc là une précieuse indication pour la solution du gros problème actuel du carburant national.
- Reste la question de l’approvisionnement. Si les gazogènes transportables se développent, il faut que les automobilistes trouvent à ravitailler partout leurs véhicules, poids lourds, ou voitures de tourisme. Question purement commerciale qui sera bientôt résolue entre Paris et
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- Marseille par l’installation, à distance convenable les uns. des autres, de dépôts de granol pourvus de distributeurs automatiques analogues à celui que l’on voit ici (fig. 11).
- La distillation de la tourbe et les sous-produits. — A côté de la carbonisation de la tourbe, il y a la distillation. Il est certain que cette opération peut donner, entre autres produits extraits, des carburants de choix comparables à l’essence de pétrole ou au benzol tiré des goudrons de houille; on peut aussi récupérer des phénols et des crésols utilisables par l’industrie chimique et par celle des explosifs, des huiles lubrifiantes pour les machines, des bases pyridiques pour la pharmacie, un brai résineux, et un coke apprécié de l’industrie électrique. Ces fabrications ont été montées à l’usine de N.-D.-de-Liesse (fig. 12)..D’après M. G. Franciosi, les injections de goudrons primaires de tourbe mélangés avec l’huile de créosote minérale donneraient, dans des conditions économiques, des résultats pour préserver de la pourriture les bois employés en traverses de chemins de fer, en poteaux télégraphiques, etc.
- Enfin le problème important de la récupération de l’azote dans les gazogènes peut trouver avec l’emploi de la tourbe une solution satisfaisante. A la centrale électrique à tourbe d’Orantano, en Italie, on a réussi à récupérer 70 pour 100 de l’azote total contenu dans le combustible, tandis qu’avec la houille on n’a pu dépasser 40 pour 100.
- Il est vrai que le rendement industriel de quelques-unes de ces opérations de la tourbe n'est pas nettement établi parce que leurs conditions techniques ne sont pas encore rationnellement déterminées; mais l’intérêt et l’opportunité de toutes les études qui s’y rapportent ne peuvent plus être discutés.
- La tourbe en agriculture. Litières et engrais. — Au point de vue agricole, il y a deux questions d’ordre différent : l’utilisation de la tourbe par les cultivateurs, la mise en valeur agricole des terrains tourbeux.
- La tourbe elle-même trouve des emplois avantageux dans les exploitations rurales. La tourbe fibreuse fournit pour les étables une excellente litière : un spécialiste, M. Blanchard, a donné à ce sujet des précisions : la tourbe sèche retenant 7 à 8 fois son poids de liquide a l’avantage de mieux absorber que la paille l’azote ammoniacal qui rend si vite irrespirable l’atmosphère des écuries.
- D’autre part, un apport de tourbe dans les terrains lourds les allège et les aère; dans les terrains légers il favorise la conservation de l’humidité; il peut aussi enrichir le sol en humus, et à ce titre favoriser dans les jardins la culture des fleurs et des arbustes exotiques. Employée concurremment avec les engrais artificiels solubles, elle leur sert en quelque sorte de support et empêche que les principes fertilisants n’en soient emportés par la pluie : c’est une propriété qui devient plus appréciable à mesure que le développement de la traction automobile a pour effet de raréfier
- de plus en plus le fumier d’écurie. Enfin les cendres de tourbe retirées des foyers, plus riches en calcaire que celles de bois, donnent de bons résultats clans les prairies argileuses. Notons enfin dans cet ordre d’idées que l’usage s’est répandu, sur l’initiative des Américains, de xvater-closets à chasse de tourbe pulvérisée, les bactéries pathogènes sont adsorbées, et le mélange inodore du poussier et des déjections peut être répandu sans inconvénient.
- DES TERRAINS TOURBEUX RENDUS A L'AGRICULTURE
- Quand il s’agit de la mise en valeur directe des terrains tourbeux pour l’agriculture, la question est plus délicate.
- Ces terrains sont en fait d’un très médiocre rendement agricole : si la tourbe est riche en matières organiques, elle est pauvre en matières minérales, notamment en phosphates : surtout elle a le grand inconvénient qu’en période humide elle arrête l’eau sans la céder aux plantes, et qu’en période de sécheresse sa couche superficielle s’effrite et les racines n’y trouvent ni subsistance, ni appui.
- Il est possible cependant d’y exploiter avec profit une végétation spéciale. Les tourbières conviennent parfaitement à la culture de plusieurs plantes médicinales, la menthe par exemple ; et elle est lieu de prédilection pour un arbuste, le nerprun bourdaine, dont le bois fournit le meilleur charbon pour la fabrication des poudres noires. Ne pourrait-on pas mentionner aussi qu’elles constituent des réserves précieuses pour la chasse au gibier d’eau et pour la pêche des carpes, des brochets, des tanches ? De ces indications, la pisciculture surtout aurait tort de ne pas tenir compte.
- Ce ne sont pourtant là que ressources accessoires. On a donc pensé à rendre à la culture intensive les centaines de mille hectares à peu près improductifs à ce point de vue que représentent nos tourbières françaises.
- Fig. 11. — Bientôt, le long des roules, les automobilistes troueeront'des distributeurs de carburant pour gazogènes.
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- Fig. 12. — A N.-D.-de-Liesse, une usine de distillation et de carbonisation de la tourbe a été inaugurée l’an dernier.
- Pour une mise en valeur de ce genre, il va de soi qu’il faut des travaux considérables de drainage, d’amendement et d’aménagement. La question a été très étudiée dans les congrès, où l’on a suivi avec intérêt les communications de M. de Ville-Chabrolle sur les expériences d’Andryes (Yonne), de M. Beccat sur l’assèchement par pompage électrique, de M. Branger sur le drainage mécanique, de M. Yignerot sur l’état actuel de la question.
- Enfin de compte, tout en insistant sur la difficulté de mener à bien des opérations de ce genre, le congrès a estimé qu’il y avait lieu d’encourager l’exploitation agricole des tourbières surtout en liaison avec l’exploitation industrielle ; après avoir utilisé leur richesse minérale, on mettrait ainsi en valeur agricole d’immenses étendues de terrain et l’on tirerait de l’opération double profit.
- Un projet grandiose à propos des tourbières de Saint-Gond. — Dans cet ordre d’idées il faut faire une mention spéciale de l’original et grandiose projet de M. Ch. Roux relatif aux marais tourbeux de Saint-Gond.
- Ces marais, dont le nom est devenu célèbre à la suite du rôle qu’ils ont joué dans la victoire de la Marne, couvrent environ 3000 hectares dans la haute vallée du Petit-Morin, entre la Ferté Champenoise et Montmirail, Leur état actuel est pour beaucoup dans les inondations qui sévissent périodiquement dans la vallée de la Marne et dont les effets désastreux se font sentir jusqu’à Paris. M. A.-Ch. Roux propose donc de les vider complètement
- pour creuser à leur place un grand bassin régulateur qui assurerait pour les régions intéressées la sécurité et l’approvisionnement en eau. L’opération serait certainement très coûteuse, de l’ordre sans doute de plusieurs milliards. Mais en considérant que sur 3000 hectares à déblayer, 1500 sont constitués par des tourbières, M. Ch. Roux calcule que la valeur de la tourbe traitée couvrirait une grande partie des frais.
- L’idée mérite certainement d’être approfondie.
- QUELLE RICHESSE REPRÉSENTENT NOS RÉSERVES DE TOURBE?
- On voit par cet exposé sommaire de quelle importance serait pour notre économie nationale, et même pour le monde entier, l’exploitation rationnelle des tourbières. M. Ch. Roux a donné à ce propos des chiffres impressionnants.
- En estimant à seulement 10 francs-or la tonne de tourbe, la réserve mondiale sur la base minimum de 200 millions d’hectares représenterait 400 milliards de francs-or, et celle de la France, pour seulement 100 000 hectares, au moins 2 milliards de francs-or.
- Il faudrait multiplier ce chiffre par 5, si l’on envisageait la valeur des produits extraits, et en tablant sur une exploitation répartie en 50 années ce serait annuellement pour la France un revenu de 200 millions de francs-or, soit un milliard de francs-papier,
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- sans compter le rendement des terrains récupérés par l’agriculture.
- Ces chiffres disent assez l’importance et l’opportunité des études et des recherches relatives à la tourbe. Ils doivent convaincre le public de la nécessité d’encourager et de soutenir le méritoire effort de nos techniciens et de nos savants qui ont déjà trouvé un précieux appui
- auprès des pouvoirs publics, en particulier auprès du Ministère de l’Agriculture et auprès de l’Office national des combustibles liquides (*).
- Geokges Kimpi lin.
- 1. La majeure partie do l'illustration de cet article est empruntée à un film cinématographique édité par les services d’enseignement des Etablissements Gaumont.
- LA PROTECTION DU FER CONTRE LA ROUILLE
- LA PARKERISATION
- L’un des problèmes les plus importants que l’industrie pose à la science est la protection du fer contre les corrosions.
- Le fer et ses dérivés les aciers sont les matériaux les plus employés par la civilisation moderne; mais ils sont extrêmement sensibles aux attaques des agents corrosifs en apparence les plus bénins, l’air humide par exemple. La plus humble ménagère sait quels soins sont nécessaires pour maintenir en bon état la surface nue d’un objet en fer ou en acier.
- Bien des procédés ont été imaginés déjà pour assurer la protection du fer, certains sont pratiqués depuis fort longtemps, d’autres sont d’origine récente, et en ces dernières années on a vu s'allonger la liste des moyens offerts pour lutter contre la rouille.
- Ils peuvent se classer en deux grandes catégories : la première comprend les revêtements et recouvrements qui ont pour objet de soustraire la surface du métal au contact des agents oxydants ; on peut y ranger les peintures, les vernis à froid et à chaud, les huilages, les émaux, les recouvrements métalliques obtenus chimiquement ou par voie galvanoplastique tels que zincage, étamage, nickelage, etc. La seconde catégorie comprend des moyens tout différents : ceux par lesquels on s’est efforcé de réaliser des alliages ferreux dont la constitution même assure la résistance aux agents corrosifs; on dispose aujourd’hui de toute une gamme de ces métaux ferreux dont chacun convient dans un domaine déterminé, fer pur, fer Armco, aciers inoxydables, mais qui tous ont, entre autres, l’inconvénient d’être plus coûteux que l’acier usuel.
- Nous ne nous attarderons pas à discuter la valeur et les conditions d’emploi des divers recouvrements ; notons seulement que la plupart d’entre eux sont onéreux soit par le prix des matières qui les composent, soit par les manipulations qu’ils imposent : les peintures et vernis en outre ne résistent pas aux chocs ou aux frottements, et de ce fait doivent être éliminés dans les pièces qui travaillent dynamiquement ; ils ne peuvent donc être appliqués sur un objet qu’après achèvement du montage des différentes] pièces. Il est souvent très difficile, à ce moment, d’assurer à la couche protectrice une rigoureuse continuité. Quant aux recouvrements métalliques, ils imposent aux pièces des surépaisseurs irrégulières inadmissibles dans les ajustages un peu précis.
- Une méthode nouvelle de protection, la parkérisation,
- a fait récemment son apparition en France, après avoir fait ses preuves aux Etats-Unis. Elle a pris, dès son introduction, un grand développement et ses progrès sont rapides. Sans prétendre à résoudre tous les multiples et divers problèmes posés par la corrosion du fer, elle apparaît comme une méthode très générale qui convient à une foule d’applications, et qui précisément comble
- Fig. 1. — Une cuve de parkérisation.
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- Fig. 2. — Une opération de parkérisation.
- Le tonneau pei-foré, rempli des objets à traiter, est plongé dans la cuYe de parkérisation.
- un grand nombre de lacunes laissées par les autres procédés de protection.
- Nous avons déjà signalé (n° 2777 du 15 janvier 1928) les caractéristiques essentielles du procédé. Mais en raison de son importance, nous croyons devoir revenir sur la question, en donnant plus de détails sur les modes d’application de cette méthode.
- LE PRINCIPE DE LA PARKÉRISATION SES AVANTAGES
- Rappelons d’abord le principe : la parkérisation est une opération chimique qui transforme la surface du fer,
- de l’acier ou de la fonte en un phosphate de fer insoluble et stable.
- L’objet à protéger, préalablement décapé par les méthodes usuelles, est immergé dans un bain bouillant constitué par une solution dans l’eau bouillante d’un mélange de phosphates, dits parkosels. Il se produit une attaque à la surface de l’objet avec dégagement d’hydrogène et production de phosphates complexes. L’attaque se ralentit peu à peu pour s’arrêter quand la surface du fer ou de l’acier est complètement transformée en phosphates; l’opération principale est alors terminée. L’objet est retiré du bain, sa surface a un aspect gris noir dû à un dépôt de phosphates extrêmement adhérent.
- Cette surface artificielle offre une excellente résistance à la plupart des agents de corrosion usuels ; l’air humide, l’eau ordinaire, la vapeur d’eau sont rigoureusement sans action; l’eau aérée n’a qu’un effet à peine sensible; des agents plus énergiques qui détériorent gravement la plupart des peintures et des recouvrements métalliques n’exercent sur les surfaces parkérisées qu’une action négligeable.
- Bref, la parkérisation apparaît comme un mode de protection beaucoup plus général, vis-à-vis des agents corrosifs usuels, que les divers modes de protection énumérés plus haut. Il leur est nettement supérieur dans la plupart des cas, et lorsqu’il est inférieur à l’un d’eux, ce n’est que dans une proportion négligeable.
- Notons toutefois que la parkérisation ne convient pas à elle seule comme protection contre les acides usuels; ceux-ci attaquent rapidement le recouvrement de phosphates.
- La couche protectrice créée par la parkérisation est remarquablement continue et homogène; du reste, même lorsqu’il se produit une solution de continuité dans le recouvrement, celle-ci n’est pas, comme dans tous les autres modes de protection, le point d’amorce d’une attaque qui s’étend rapidement dans tous les sens; sur la surface parkérisée l’attaque reste localisée à l’endroit de la blessure et la couche de phosphate en arrête la propagation.
- Enfin, le dépôt protecteur ne crée sur l’objet qu’une surépaisseur négligeable de l’ordre de 5 millièmes de millimètre: ceci est d’une grande importance pratique ; cette minceur de la couche permet en effet de traiter des pièces de précision entièrement achevées ; le traitement s’effectuant à basse température n’impose aucune déformation à la pièce, et la légère surépaisseur créée est inférieure aux jeux et tolérances admis dans la mécanique de précision. Des filetages très précis s’ajustent aussi parfaitement avant qu’après traitement.
- Dernier point, d’une très grande importance lui aussi, le prix de revient du procédé est modique et beaucoup plus avantageux que la plupart de tous les autres procédés.
- Les progrès rapides de la parkérisation n’ont donc rien de surprenant; il ne faut pas croire toutefois que la méthode se soit imposée d’emblée dès sa découverte ; celle-ci remonte déjà à l’avant-guerre et son inventeur a dû déployer bien des efforts avant de la faire admettre. 11 a dû surtout perfectionner les procédés pratiques de
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- traitement et réaliser des bains de composition rigoureusement déterminées. Il a fallu trouver la formule optima de composition des produits servant à faire ces bains et créer des mélanges spéciaux de sels pour la réaliser avec certitude. Alors seulement la méthode est devenue accessible à tous les exécutants sans connaissances spéciales.
- Les procédés Parker ont commencé à se répandre aux Etats-Unis vers 1916, mais il a fallu encore près de 10 ans de recherches méthodiques pour en amener l’emploi au degré de simplicité que nous verrons plus loin.
- Bien que la parkérisation n’ait été introduite en France que depuis peu, elle y a trouvé rapidement un vaste champ d’applications, et il n’est personne qui n’ait aperçu, souvent sans s’en douter, un objet parkérisé; c’est la corne d’un klaxon, l’enveloppe d’un phare d’automobile, le support d’un téléphone, le pavillon d’un phonographe de luxe, les leviers d’une machine à écrire. Voici un magasinier qui contemple avec'plaisir sur ses rayons des approvisionnements d’écrous et de boulons d’un bel aspect noirâtre, qu’il n’a plus à graisser périodiquement pour en assurer la conservation, ce sont des objets parkérisés.
- La parkérisation s’applique à des calégories très diverses d’objets, depuis les articles de luxe qui reçoivent une finition spéciale, jusqu’aux articles très bon marché comme les tire-fond de chemins de fer.
- On parkérisé aujourd’hui des pièces de charpente, les parois de meubles métalliques, des cadres de bicyclettes, des ressorts, des canons de fusils, etc.
- Les surfaces parkérisées jouissent d’une propriété remarquable, elles offrent unej base d’accrochage de premier ordre pour les recouvrements ordinaires : peintures, laques, vernis, émaux. Ainsi, l’émaillage sur surface parkérisée se réduit en général à l’application de la couche de finition brillante, d’où une notable économie; de plus, la couche d’émail est plus résistante et si, par accident, elle vient à s’écailler, la parkérisation reste intacte au-dessous et l’objet reste protégé.
- La parkérisation convient parfaitement comme préparation à l’application des vernis cellulosiques modernes, genre Duco, c’est même aujourd’hui une des applications importantes du procédé, car il confère à la couche de vernis une adhérence qu’elle ne possède pas quand elle est appliquée directement sur le métal.
- On peut ainsi préparer des pièces d’un magnifique aspect et d’une solidité à toute épreuve.
- Signalons une autre application un peu imprévue et toute spéciale; on commence à parkériser l’intérieur des moules à caoutchouc; le traitement dans ce cas n’a plus pour objet la lutte contre les corrosions, mais il empêche l’adhérence du caoutchouc aux parois du moule et par suite accélère et améliore le démoulage.
- COMMENT S’EFFECTUE LA PARKÉRISATION
- Le traitement des pièces est simple; l’appareillage nécessaire est peu encombrant et aucune connaissance spéciale n’est nécessaire pour le mettre en œuvre.
- Les pièces à traiter sont préalablement nettoyées et
- décapées avec soin par les procédés usuels, les mêmes que ceux qu’on emploie dans le nickelage par exemple; la surface du métal doit évidemment être débarrassée de toute matière étrangère et mise complètement à nu. On recourt à cet effet à des bains alcalins de dégraissage, à des bains acidulés de décapage, par exemple; un sablage préalable constitue une excellente préparation.
- Les pièces ainsi traitées sont alors immergées dans une cuve contenant le bain de parkérisation, porté à la température d’ébullition, ou légèrement au-dessus. Ce bain est préparé par dissolution d’un sel spécialement préparé, dit « Parkosel », c’est un sel blanc sans odeur et inoffensif. La solution sert indéfiniment. Une ou deux fois par jour on rétablit le niveau de l’eau pour compenser l’évaporation, et, par addition de parkosels, on ramène la concentration du bain au degré voulu; un titrage chimique très simple, qui peut être fait par un ouvrier quelconque, indique la quantité de sels à rajouter.
- Fig. 3. — La parkérisation est achevée.
- Le tonneau est retiré du bain, et les pièces traitées sont déversées sur une table à tamis où elles s’égouttent.
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- Fig. 4. — Un atelier de parkérisation.
- Au fond : la chaudière fournissant la vapeur de chauffage; de droite à gauche : les tonneaux de sablage, les cuves de parkérisation,
- la table d’égouttage et les cuves de finition.
- Dès que le métal est en contact avec le bain, la réaction commence. Elle se manifeste par un abondant dégagement de bulles d’hydrogène; celui-ci va en se ralentissant progressivement. Il s’arrête au bout d’une heure à une heure un quart.
- L’opération est alors terminée. Les pièces sont sorties de la cuve et égouttées; elles sont parkérisées. Il n’y a* plus qu’à leur faire subir une opération de finition qui dépend de l’usage auquel elles sont destinées.
- LE MATÉRIEL
- La parkérisation s’effectue dans des cuves d’assez grandes dimensions, en tôle d’acier soudée à l’autogène. Le bain y est chauffé au moyen d’un serpentin à vapeur dont les éléments, placés latéralement contre les parois de la cuve, sont facilement amovibles pour le nettoyage.
- Les pièces de petites dimensions sont placées en vrac dans un tonneau tournant à très faible vitesse et immergé au centre de la cuve. Les pièces les plus importantes sont placées dans des paniers appropriés, que l’on place de même, au centre de la cuve.
- Le tonneau qui accompagne une cuve standard de
- 0 m. 90 de haut et de 0 m. 72 de côté peut traiter à chaque opération un minimum de 500 kg de petites pièces, soit 2000 à 2500 kg par journée de 8 heures. On peut même faire davantage avec un double jeu de tonneaux ou de paniers dont l’un est mis en chargement pendant que l’autre est dans le bain, ce qui évite toute interruption dans l’utilisation de la cuve.
- Une installation complète comprend donc, en général, placés en ligne pour simplifier les manutentions : des tonneaux de sablage, une cuve à soude pour dégraissage, une cuve de rinçage, une cuve de décapage, une ou plusieurs cuves Parker, et enfin les appareils de finition.
- LES FINITIONS
- Au sortir de la cuve de parkérisation, la surface des pièces offre un aspect gris mat assez peu plaisant à l’œil.
- On complète le traitement par une sorte de laquage ; celui-ci, très simple, s’effectue avec divers produits suivant la qualité du produit que l’on désire.
- La Société Parker a étudié, dans ce but, toute une gamme de produits qu’elle dénomme « parcolacs ».
- Les uns s’emploient au trempé ; les pièces sont ensuite
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- essorées pour expulser et récupérer le parcolac en excès. D’autres s’emploient au pistolet. On obtient ainsi à volonté des surfaces dont l’aspect va du gris uni au noir mat ou brillant. L’un de ces parcolacs, après étuvage de la pièce pendant une heure à 110° ou 120°, donne une finition comparable au bronze d’armes; c’est du reste ce procédé qui est actuellement employé par la plus impor-
- tante fabrique d’armes des Etats-Unis, l'usine de Spring-field.
- On se rend compte aisément, par cette brève description, que la série complète des opérations entraînées par la parkérisation s’effectue au total en un temps très court; et, au point de vue industriel, ce n’est pas le moindre avantage du procédé. R. Vilj.ers.
- LA MORT EN BALLON AUX HAUTES ALTITUDES
- Un des meilleurs pilotes espagnols, le commandant Benito Molas (fig. 1 et 2), celui que jl’Aéro-Club jd’Espagne avait, en août, choisi pour représenter ses couleurs en Amérique à la Coupe Gordon Bennett, est mort le 16 septembre dernier, tout seul dans la nacelle de son ballon Ilispana. Il a voulu battre le record mondial d’altitude en ballon. Ce record est de 10800 m depuis 1911 et appartient aux Allemands Berson et Suehring. Le record français, en ballon, est de 10 107[m avec 2 passagers par le lieutenant Bienaimé en 1912.
- En avion, Sadi Lecointe avait atteint le 30 octobre 1923 11 145 m, record battu par 11 710 m, le 25 juillet 1927, par l’Américain Champion.
- Quant à la mort du commandant Molas, je dois à l’amabilité du colonel Herrera, chef du Service technique de l’Aviation Militaire d’Espagne, les renseignements suivants :
- Sur son livre de bord, le commandant Molas avait écrit : « A 4000 m, j’ai une légère avarie à l’appareil d’inhalation d’oxygène, mais je répare et continue mon
- ascension. A 5000 m, tout va bien à présent». C’est tout.
- Mais sur le barogramme (fîg. 3) on peut voir qu’à 8000 m le pilote avait ouvert la soupape pour descendre. Se trouva-t-il mal ou l’appareil d’oxygène était-il de nouveau défectueux ? Quoi qu’il en soit, à 5000 m, il recommence à jeter du lest comme on peut le voir par les irrégularités du barographe. Arrivé à la hauteur maxima de 11 000 m le ballon continue, équilibré pendant longtemps. Le trait de la descente, sans secousse, prouve bien qu’il n’y avait plus de mouvements à bord
- de la nacelle, le commandant était endormi ou probablement déjà mort. Le ballon a atterri, quelques heures après le départ, dans la Sierra, tout doucement, avec le cadavre du commandant Molas dans la nacelle. Aucune blessure sur son corps, mais la figure, la poitrine cyanosées. Il n’avait plus le masque d’inhalation d’oxygène sur sa figure, mais un tube en caoutchouc serré entre ses dents, probablement le tube d’amenée d’oxygène. La bouteille d’oxygène était vide. L’aütopsie démontra que la mort avait été causée par l’asphyxie.
- Exactement le même drame d’aérostation a eu lieu le 4 novembre 1927 en Amérique. Le capitaine Hawthorn Gray (fig. 4), un pilote des plus connus, avait voulu, lui aussi, battre le record mondiald’altitude en ballon Voici la copie des notes du livre de bord de cette malheureuse ascension : « Départ à 2 h. 33; à 3 h. 5, à 7000 m, je commence à respirer de l’oxygène, température 0 degré. A 3 h. 27, à 10000 m, température — 29°.... parler à propos de mourir (tellingaboutdying). A 12 000m, — 32°.... Vide dans la bouche (vacuum in mouth). A 13000 m, — 28°, beau soleil — tout va bien. A 13 300 je jette le dernier sac de lest ». Et puis plus rien.
- Vingt-quatre heures après le départ, on trouva le ballon accroché dans les arbres d’une forêt,
- l’infortuné pilote était Fi^ 2— Le mên!e T/>f Pour unf A ascension a grande attitude, muni de
- mort dans la nacelle. l’appareil à oxygène.
- Son corps, comme celui du commandant Molas, ne portait aucune blessure et les instruments étaient intacts. D’après le diagramme, leballon opéra une descente très lente, majestueuse, avec le cadavre du capitaine Gray dans sa nacelle.
- Ces deux catastrophes nous rappellent la mort de Croce-Spinelli et Sivel en 1875 dans le ballon le Zénith (fig. 5), piloté par Tissandier, le fondateur de La Nature,
- Fig. 1. — Le commandant Molas.
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- Fig. 3. — Le bdrogramme de Vascensiorf-fatale du 16 septembre 1928.
- père de notre collègue Paul Tissandier, Vice-Président de l’Aéro-Club de France . Le /Zénith avait atteint 8 600 m et 2 heures après le départ il atterrit près de Paris. Tissandier seul vivait encore, les deux jeunes savants étaient morts dans! la nacelle. La provision d’oxygène était restée presque intacte. s .1 '
- Ces quatre victimes de la science. nous, montrent les dangers qui menaient la vie humaine dans ces hautes régions. La meilleure façon d’honorer leur mémoire est
- Fig. 4. -—Le captain llawthorne C. Gray près de son ballon.
- de rechercher les causes de leur mort dans l’intérêt même du progrès.
- On sait que la diminution de la pression aux hautes altitudes a comme conséquence une diminution de la tension d’oxygène dans l’air et par conséquent dans le sang. Cet appauvrissement du sang en oxygène est la cause de troubles connus sous le nom de « mal d’altitude », « mal de montagne », « mal de ballon », « mal d’avion ». Ce mal n’est donc qu’une sorte d’asphyxie lente.
- A Chamonix (1000 m), à Zermatt (1600 m), à Saint-Moritz (1800 m) on ne souffre guère de cette diminution d’oxygène dans l’air, on respire plus fréquemment, plus profondément, et par cette bonne ventilation des poumons, le sang retrouve la quantité d’oxygène nécessaire. En plus, comme les globules rouges du sang augmentent de nombre dans la montagne, ils remédient à la pauvreté de L’oxygène dans l’air. Mais lorsqu’on monte vers 5 ou 6000 m, le mal d’altitude se manifeste. L’alpiniste qui fait des efforts et dépense ainsi sa réserve d’oxygène est généralement déjà pris vers 3000 m. Le touriste en chemin de fer peut monter sans inconvénient vers 4000 aux Cordillères des Andes, le pilote en ballon et l’aviateur montent jusqu’à 6000 m sans souffrir du mal parce qu’ils font moins d’efforts.
- Paul Bert, le célèbre physiologiste, avait étudié cette question sur lui-même en s’enfermant dans une cloche pneumatique dans laquelle on pouvait raréfier l’air par une pompe à vide.
- Lorsque le baromètre qui mesure la pression descendait de 760 mm à 450, correspondant à uné altitude de 6000 m., Paul Bert sentait les premiers symptômes du mal. Vers 7000 m., le mal empirait, il ouvrait alors un robinet d’oxygène pur, le mal disparaissait, et il pouvait sans inconvénient se soumettre à une dépression de 250 mm de mercure, correspondant à 8000 m. d’altitude. Il était donc prouvé que l’on pouvait prévenir le mal aux hautes altitudes en respirant de l’oxygène pur.
- C’est confiant dans ces théories que Crocé-Spinelli et Sivel partirent gaiement à bord du 'Zénith avec Tissandier. Ils avaient emporté une provision d’oxygène dans des ballonnets en caoutchouc comme on en employait
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- pour les malades. Pourquoi sont-ils morts et pourquoi n’ont-ils pas respiré l’oxygène qui devait les sauver?
- Cette question m’avait vivement intéressé et afin d’étudier sur moi-même l'influence de l’air raréfié sur l’organisme humain, j’ai passé treize jours au sommet du Mont Blanc dans la cabane .Vallot (4600 m ) comme médecin de l’expédition Jansen pour la construction d’un observatoire au sommet. Pendant les 4 ou 5 premiers jours, nous avons tous plus ou moins souffert du mal d’altitude, surtout lorsque nous voulions faire des efforts. Ce qui m’a frappé le plus était la prostration considérable des forces, un grand abattement de l’esprit. La volonté est paralysée et on n’a qu’un désir, ne pas bouger, rester là où l’on est, dormir, même sur la neige à 20n au-dessous de zéro. On ne sent ni le froid, ni le danger. S’endormir dans ces circonstances, serait se réveiller dans l’autre monde. Paul Bert n’a sûrement pas pensé à cela lorsqu’il disait à Crocé et Sivel. « Quand vous vous sentirez malades, respirez l’oxygène pur qui vous sauvera. » Le mal est traître, il prend l’homme sans l’avertir, l’endort et le tue dans le sommeil.
- Lisez le livre de bord de Tissandier : « A 6500 m. nous respirons de l'oxygène, à 7000 m.
- Sivel et Crocé ferment les yeux, ils sont pâles.
- A 7400 m. sommeil. A 7500 m., Sivel jette du lest ». II n’est plus question de l’oxygène. Pourquoi ? Ils n’avaient plus ni la volonté, ni la force de prendre les tuyaux d amenée d’oxygène suspendus au-dessus d eux, ils se sont endormis et c’est dans le sommeil qu’ils sont morts.
- Il fallait donc trouver un moyen pour que ces inhalations d’oxygène puissent se faire indépendamment de la volonté de l’homme, automatiquement, et c’est à cette question que je me suis attaché à la suite de mes études au Mont Blanc.
- J’ai collaboré à la construction d’un détendeur qu’on fixe sur les bouteilles d’oxygène comprimé et qui permet de régler l’écoulement d’une quantité déterminée par minute, généralement 3 à 5 litres selon l’altitude. L’oxygène s’écoule dans un masque comme ceux qu’on emploie pour la narcose aü chloroforme ou à l’éther et qui peut facilement être fixé sur la bouche et sur le nez. On a ainsi la garantie qu’une bouteille de 1000 litres d’oxygène comprimé, par exemple, durera à raison de 5 litres par minute pendant 3 heures. J’ai fait présenter cet appareil d’inhalation d’oxygène en 1902 par M. d’Arsonval à l’Académie des Sciences et par M. Richet à l’Académie de Médecine. Le DrGarsaux, du Sei vice technique de l’Aéronautique, l’a perfectionné et c’est munis de cet appareil que de nombreux aviateurs volaient vers la fin de la guerre jusqu’à 6 et 7000 m. d’altitude et que Sadi-Lecointe est monté à 11145 m., en pleine possession de leurs forces physiques et morales. Le capitaine Gray et le commandant Molas avaient tous les deux des appareils semblables. En mars 1927, l’Américain était monte a 8600 m. et en mai 1927 à 12944 m., performance
- J7 =====
- qui n’a pu être homologuée parce que, trouvant la descente trop brusque, il s’est jeté par-dessus bord en parachute.
- Ün ne peut expliquer la mort de Gray que par le fait que son ascension aux hautes altitudes a duré plus longtemps qu’il ne supposait — sa montre s’était arrêtée — et la phrase « vacuum in mouth » (vide dans la bouche) veut probablement dire qu’il n’y avait plus d’oxygène dans la bouteille et c’est ainsi qu’il a du trépasser. Quant au commandant Molas, il est presque certain que ^défec-
- tuosité de l’appareil d’oxygène fut la cause de la mort.
- Comme conclusion je dirai qu’il ne suffit pas d’être courageux, il faut prendre toutes les précautions néèes-i saires, et l’une des principales pour le vol aux hautes altitudes est le bon fonctionnement de l’appareil d’oxygène et une [provision suffisante de ce gaz. Chose ) indispensable il faut commencer à respirer l’oxygène avant d’être malade, c’est le cas de dire que « prévenir 'Vaut mieux que guérir ». Dr Quolielminetti. \
- Secrétaire général de la Commission scientifique , ... - — de 1-Aéro-Club de France—.
- Fig. 5. — Le Zénith dans les hautes régions de Vatmosphère, d’après La Nature
- dû 1er mai 1815,
- A gauche : Sivel coupant les cordelettes qui retiennent à la nacelle les sacs de lest remplis de sable; adroite \ Ci-océ-Spinelli, après avoir fait les observations spectroscopiques, va respirer de l’oxygène ; au fond : Gaston Tissandier fondateur de La Nature, observant le baromètre.
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- <8 LA TÉLÉPHONIE PAR COURANTS PORTEURS =
- LA PREMIÈRE INSTALLATION EUROPÉENNE
- fbste interurbain de Paris
- Bureau central interurbain de Londres
- Versailles
- 0------D—P---------ç~-----------Q
- Sôùmur Saintes Bordeaux SÏSèbastien ;
- S-------------v---------------f Saragosse Bureau cenlral
- Stations de refais amplificateurs de Madrid
- VoieI
- Voie 2
- Voie 3
- hSSXm BS Km UOO Km
- 315 Km
- , fils en câble J ( Scircuits i fl fs en cable) ( une seule paire da fis de 3 mm 1 ( 3 paires de fi/s de 3mm.)
- Fig. t. — Schéma de la ligne téléphonique Londres-Madrid avec tronçon par courants porteurs.
- Les communications téléphoniques transatlantiques entre Londres et New-York ont été inaugurées voici déjà plusieurs mois. Les lecteurs de La Nature se souviennent qu’au-dessus de l’Océan la liaison se fait par téléphone sans fil ; dans le sens Londres-New-York, le poste émetteur est celui de Rugby, à 136 km de la
- Fig. 2. — Bande de filtres et panneaux d’appel à Saragosse.
- capitale anglaise et le poste récepteur est celui de Houlton; dans le sens inverse, la station émettrice est à Rocky-Point, à 112 km de New-York et la station réceptrice à Cupar, en Ecosse.
- Cette remarquable installation a permis d’établir une liaison téléphonique permanente entre plusieurs grandes villes d’Europe et les principales cités des Etats-Unis. Il a suffi pour cela de prévoir des câbles et des lignes aériennes reliant les bureaux centraux inter-urbains de ces villes à ceux de Londres et de New-York. Le câble Paris-Boulogne, par exemple, a permis d’assurer la liaison Paris-Amérique, laquelle a été inaugurée officiellement au printemps de 1928.
- Prolongé par des lignes aériennes ou d’autres tronçons de câble, un câble comme le Paris-Boulogne peut évidemment être mis en œuvre pour les communications transatlantiques de plusieurs capitales européennes. Ainsi la liaison Madrid-New-York a été mise en service voici quelques semaines.
- Du central inter-urbain de Madrid jusqu’à celui de Londres, cette liaison comprend (fig. 1) : de la capitale espagnole à Saragosse, soit 315 km, trois circuits aériens à deux fils de cuivre chacun; de Saragosse à Versailles, soit 1100 km, une seule voie aérienne composée d’une paire de fils de cuivre ; du bureau de Versailles au central inter-urbain de Paris, soit 22 km, trois circuits à quatre fils en câble; enfin, de Paris à Londres, 435 km, la prolongation d’un seul de ces circuits à quatre fils en câble; c’est le câble Paris-Boulogne-Londres, avec stations d’amplification à Poix, Boulogne et Canterbury.
- II y a donc actuellement deux circuits Paris-Madrid et un circuit Londres-Madrid, les trois comprenant en commun le tronçon à une seule paire de fils Versailles-Saragosse.
- Dans cette brève description, une chose paraît étonnante : comment le circuit unique à deux fils Versailles-Saragosse est-il suffisant pour assurer l’écoulement du trafic qui emprunte trois lignes en deçà et au delà de lui-même?
- C’est précisément sur ce tronçon, long de 1100 km, qu’est appliqué le principe justifiant le titre de notre article. L’International Standard Electric Corporation a installé pour la première fois en Europe, entre Versailles et Saragosse, son système de téléphonie par courants porteurs.
- La caractéristique principale de ce système est de donner trois circuits téléphoniques en plus des voies ordinaires qu’offrent les lignes aériennes en fil nu. Et ces voies peuvent être mises à contribution en même temps. Ainsi, sur les deux fils de 3 mm de diamètre qui relient Versailles à Saragosse peuvent passer simultanément quatre communications téléphoniques : l’une chemine selon le processus classique et les trois autres sont véhiculées par les courants porteurs.
- Il apparaît donc dès maintenant que ce système offre
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- un intérêt considérable du point de vue économique, puisqu’il permet à une paire de fils d’assurer le même trafic que quatre paires.
- Supposons qu’une première paire de fils en cuivre de 3 mm ait été installée sur les 1100 km qui séparent Saragosse de Versailles et que, pour monter une autre paire de fils sur la ligne de poteaux existants, il en coûte, par exemple, 2000 fr. au kilomètre, soit au total 2 200 000 fr. Le système des courants porteurs, qui vaut à lui seul trois lignes semblables, procure donc une économie de 6 600000 fr. dans les dépenses de premier établissement. De plus, une économie se manifeste très sensible dans les frais d’entretien annuels.
- Ces chiffres suffisent à définir l’ordre de grandeur du bénéfice qui peut être retiré de l’application des courants porteurs dans une exploitation téléphonique à longue distance.
- D’autres conditions particulières peuvent imposer cette application en dehors même de toute question d’économie. Si, par exemple, la capacité maxima d’une ligne de poteaux a été atteinte sur un certain parcours téléphonique, il est possible d’ajourner la construction d’une nouvelle ligne de poteaux ou l’installation d’un câble par la mise en œuvre d’un ou de plusieurs systèmes porteurs. Dans un autre cas, celui d’une station estivale notamment, le trafic téléphonique peut présenter de grandes variations saisonnières ; un système porteur est alors avantageusement utilisé sur un itinéraire pendant quelques mois et transféré ensuite sur un autre parcours pour le reste de l’année.
- LE PRINCIPE DE LA TÉLÉPHONIE PAR COURANTS PORTEURS
- Du point de vue technique, on peut dire qu’un système porteur repose sur la modulation et la démodulation de courants à haute fréquence, engendrés artificiellement. La modulation est opérée par les courants téléphoniques eux-mêmes. Mais ceux-ci ont déjà subi une modulation, puisqu’en réalité, dans un circuit transmetteur ordinaire, on transforme le courant d’alimentation qui est continu, c’est-à-dire de fréquence zéro, en courant alternatif dont les fréquences couvrent la bande Ldes fréquences vocales.
- Dans le circuit téléphonique le plus simple, en effet, le courant d’alimentation passe à travers un microphone à granules de charbon et finalement à la station opposée à travers un récepteur électromagnétique. Les variations de résistance des granules de charbon, engendrées par les variations de pression des ondes sonores interposées entre la personne qui parle et le diaphragme, produisent des variations correspondantes de l’amplitude du courant. Et la valeur continue du courant transmis constitue la ligne de référence de part et d’autre de laquelle ces variations se produisent.
- Ces variations du courant causent alors, à l'extrémité opposée, des variations correspondantes de l’attraction exercée par l’aimant du récepteur et sont transformées par le diaphragme de celui-ci, en vibrations sonores intelligibles, reproduisant la parole originale.
- Dans un circuit téléphonique ordinaire, le microphone joue donc le rôle d’un modulateur du courant permanent, la ligne transmet le courant modulé et le récepteur opère la démodulation de ce courant.
- De plus, on démontre mathématiquement qu’il n’est
- Fig. 3. — Station de répéteurs de Bordeaux; vue avant.
- pas nécessaire de transmettre le courant qui sert de base à la modulation et qui peut, dans un sens, être considéré comme le courant porteur. Il suffit que les modulations soient transmises et que, par un artifice quelconque, ce courant porteur soit réintroduit dans le circuit du récepteur ou démodulateur. Le calcul montre mêmé qü’il y a grand avantage à ne pas transmettre le courant porteur et à utiliser un courant local ou bien un aimant permanent pour le récepteur.
- Compliquons maintenant un peu le circuit très simple
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- que nous venons de considérer. La batterie d’accumulateurs qui nous donnait tout à l’heure un courant d’alimentation, continu, remplaçons-la par un générateur à haute fréquence, pàr exemple une lampe à trois électrodes fonctionnant comme oscillateur. Il est bien évident que les variations de résistance des particules de charbon de la capsulé microphonique du transmetteur produiront encore des variations correspondantes dans l’amplitude de ce courant porteur à haute fréquence. Et, en appliquant à nouveau le calcul au phénomène, on arrive à un’résultat qui peut être schématisé dans l’exemple suivant.
- - Supposons que la fréquence de notre courant porteur, fourni par l’oscillatrice, soit de 20 000 périodes et la fréquence de modulation vocale de 1000 périodes, on
- obtient par modulation dans la ligne les trois fréquences suivantes :
- 20.000 périodes.
- 20.000 — 1.000 = 19.000 périodes.
- 20.000 -+- 1.000 =: 21.000 périodes.
- On appelle les fréquences qui se trouvent au-dessus et au-dessous de la fréquence porteuse les composantes supérieure et inférieure de modulation.
- Dans le cas d’une transmission de la parole, la fréquence de modulation n’est évidemment pas une fréquence simple, mais comprend des fréquences couvrant une bande minima de 2500 périodes environ, soit de 200 à 2700 périodes.
- Cette bande n’englobe pas encore toute l’étendue de la voix humaine, mais elle a été reconnue comme très suffisante pour assurer l’intelligibilité parfaite des communications.
- Observons maintenant l’autre extrémité de la ligne où doit s’opérer la démodulation.
- Remarquons tout de suite que, pourvu que le courant porteur lui-même soit fourni au démodulateur, la parole peut être transmise au récepteur par l’une ou l’autre des bandes de modulation. Dans le système qui fonctionne entre Versailles et Saragosse, une seule des bandes de modulation est transmise. Le courant porteur et la bande que l’on ne veut pas transmettre sont éliminés au moyen de filtres appropriés dont nous reparlerons plus loin.
- La démodulation s’effectue dans des circuits à lampes en tous points semblables à ceux que l’on utilise pour la modulation.
- Si on considère la modulation comme un déplacement de fréquence dans lequel on porte la fréquence vocale ordinaire à une position relativement plus élevée dans l’échelle des fréquences (cette position dépendant de la fréquence du courant porteur utilisé), on peut dire que du côté du démodulateur, les actions électriques sont semblables, avec cette exception que la démodulation doit être regardée, elle, comme un abaissement1 de fréquence de valeur égale à l’élévation obtenue par la modulation.
- Mais, dira-t-on, ces courants à haute fréquence modulés cheminent sur la même ligne qu’emprunte en même temps un circuit téléphonique normal; comment la sélection peut-elle être assurée?
- On emploie, précisément, des circuits sélectifs aux deux extrémités transmettrice et réceptrice des systèmes porteurs, pour séparer les différentes voies entre elles et éviter toute interférence avec le circuit téléphonique normal. Ils sont constitués par des bobines de self et des condensateurs connectés de telle façon que, seules, soient transmises certaines bandes de fréquence. Ils reposent, en somme, sur le principe du circuit résonnant ou accordé, comprenant une inductance et une capacité en série. Les caractéristiques de ce circuit sont calculées en sorte que pour une fréquence déterminée, dite fréquence de résonance, l’impédance soit minima et que,
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- par conséquent, le courant qui le parcourt soit maximum.
- Si le filtre laisse passer exclusivement la bande supérieure de fréquence, il est dit filtre passe-haut; dans le cas contraire, il est appelé filtre passe-bas.
- Dans les systèmes téléphoniques porteurs, le fait que la modulation produit des fréquences qui occupent une échelle importante (en opposition aux circuits télégraphiques dont le spectre est très réduit) rend nécessaire l’emploi de filtres qui transmettent efficacement une bande plus large que dans le cas du circuit résonnant. Comme nous l’avons indiqué, l’une des deux bandes de fréquence suffit d’ailleurs parfaitement pour la transmission et l’on peut supprimer l’autre radicalement. On utilise alors des filtres de bande, établis pour transmettre efficacement une seule bande de modulation de 2500 périodes. Ces filtres peuvent être considérés comme étant équivalents, du point de vue de leurs caractéristiques, à deux filtres, l’un passe-haut et l’autre passe-bas, montés en tandem de telle façon qu'une: partie de la bande de transmission de chacun soit commune aux deux. Ils ont donc la propriété de supprimer les;courants de toutes les fréquences situées aussi bien au-dessus qu’en dessous de la bande choisie.
- De cette façon, les bandes de fréquences provenant de la modulation de différents courants porteurs, transmis sur un seul circuit et chargés chacun, en quelque sorte, d’une communication, peuvent être séparées à l’extrémité réceptrice de l’installation pour être ensuite démodulées et reproduire finalement les sons de la parole.
- TABLEAU DES FRÉQUENCES UTILISÉES
- PORTEUR
- BANDE DE MODULATION
- Groupe inférieur.
- 7.700 périodes 10.700 »
- 14.000 »
- 5.000 — 7.500 périodes 8.000 — 10.500 »
- 11.300 — 13.800 «
- Groupe supérieur.
- 16.100 périodes 16.300 — 18.800 périodes
- 19.750 » 19.950 — 22.450 «
- 23.400 « 23.600 — 26.100 »
- On voit sur ce tableau que le système transmet une bande de fréquences téléphoniques de 2500 périodes.
- L'ORGANISATION DE LA LIGNE VERSAILLES-SARAGOSSE
- Voyons maintenant le schéma général du système appliqué sur le tronçon Versailles-Saragosse et les installations accessoires qu’exige l’application des principes que nous venons d’exposer.
- Précisons tout de suite que l’appareillage du système est beaucoup plus simple qu’on ne saurait l’imaginer. Un poste terminal est monté et câblé sur des bâtis de relais, munis à leur partie supérieure de réglettes d’attache servant aux connexions avec les autres bâtis et les circuits du bureau dans lequel il est installé.
- Les courants porteurs, qui ne sont pas transmis mais sont, comme nous l’avons vu, indispensables à la démodulation, sont fournis par des oscillateurs locaux. Il est naturellement obligatoire que ces oscillateurs soient assez précis pour réintroduire à l’arrivée une onde porteuse d’une fréquence constante et infiniment voisine de celle qui a été éliminée au départ.
- D’une manière générale, l’équipement porteur terminal peut être divisé en deux parties : l’appareillage de transmission d’une part et l’appareillage de réception d’autre part. Le premier comporte les oscillateurs, les modulateurs, les filtres à bande de transmission, l’amplificateur de transmission et le filtre directif de transmission. Le second comprend le filtre directif de réception, l’amplificateur de réception, les filtres à bande de réception, les démodulateurs et les filtres passe-bas. Du côté haute fréquence, les circuits de transmission et de réception sont connectés en parallèle, tandis que du côté basse fréquence, ils sont reliés aux circuits à fréquences vocales au moyen d’un transformateur à trois enroulements.
- Dans le rcas où l’équivalent à haute fréquence de la ligne excède une certaine valeur, il est nécessaire de mettre en œuvre des répéteurs intermédiaires. Sur le
- Fig. 5. — Station de répéteurs de Saumur.
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- tronçon Versailles-Saragosse, quatre stations de relais amplificateurs sont prévues à Saumur, Saintes, Bordeaux et Saint-Sébastien (fig. 3, 4, 5).
- DIAMÈTRE DES CONDUCTEURS EN MILLIMÈTRES PORTÉE APPROXIMATIVE
- SANS RÉPÉTEURS AVEC RÉPÉTEURS DU TYPE NORMAL
- UN RÉPÉTEUR DEUX RÉPÉTEURS TROIS RÉPÉTEURS
- 2 204 km 410 km 576 km 752 km
- B 400 » 544 » 768 » 832 »
- 4 448 » 656 « 928 » 1.200 »
- Le tableau ci-dessus donne d’ailleurs une idée de l’heu-
- Fig. 6. — Équipement porteur terminal de Versailles.
- reuse influence des stations de répéteurs sur la portée maxima du système.
- D’après ce qui précède, le fonctionnement de l’ensemble est donc assuré comme suit :
- 1° Pour la transmission. — Les circuits télépho-
- niques reliés aux voies porteuses viennent se terminer au central interurbain. Les courants téléphoniques vont du central au modulateur de l’équipement porteur terminal à travers un transformateur à trois enroulements; un oscillateur à lampes, associé à chaque modulateur, fournit le courant porteur. Ce modulateur est du type équilibré, ce qui a pour effet d’éliminer l’onde porteuse.
- Les courants sortant du modulateur comprennent donc principalement les deux bandes de modulation, plus une partie des courants téléphoniques initiaux. Ces deux bandes arrivent à un filtre à bande qui laisse passer l’une d’elles et élimine l’autre. Et une seule bande atteint l’amplificateur de transmission qui est commun aux trois voies. Cet amplificateur comporte deux étages et est du type push-pull.
- En sortant de l’amplificateur, les courants traversent le filtre directif de transmission et arrivent à la ligne à travers le filtre passe-haut.
- On évite l’interférence entre les circuits de transmission et de réception en réservant un certain groupe de fréquences pour la transmission dans une direction et un groupe différent pour la transmission dans la direction opposée; ce sont alors les filtres directifs qui assurent la sélection des deux groupes de fréquences.
- 2° Pour la réception. — A l’autre extrémité de la ligne, les courants passent à travers le filtre de ligne, le filtre directif de réception, l’amplificateur de réception et parviennent aux filtres à bande de réception qui les acheminent dans les trois voies différentes et les amènent ainsi à leur démodulation propre.
- Pratiquement, le démodulateur est identique au modulateur. Les courants de la bande de modulation se combinent au courant porteur engendré par l’oscillateur local pour reproduire les courants téléphoniques.
- Ce courant porteur est éliminé finalement comme à la transmission.
- Les courants à fréquences vocales passent alors à travers un filtre passe-bas, arrivent au transformateur à trois enroulements, de là au central interurbain et, enfin, à l’abonné. Claude-Georges Bossière.
- LES MAGNETOS MODERNES
- Nous avons exposé, dans.un précédent article, les défauts que l’on reproche aux magnétos type ancien, et nous avons montré en même temps quelques-unes des difficultés que l’on rencontre dans la fabrication de ccs machines.
- Les imperfections des magnétos à induit tournant les
- ont mises, dans bien des cas, dans un état d’infériorité vis-à-vis des systèmes d’allumage par batterie. En particulier, on reproche aux magnétos à induit tournant leur faible puissance aux bas régimes, qui rend difficile le démarrage à froid des moteurs à forte compression.
- Devant la menace des systèmes d’allumage par bat-
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- terie, les constructeurs de magnétos ont entrepris, voici quelques années, des études nouvelles et sont arrivés à mettre sur pied des machines dans lesquelles les défauts anciens ont complètement disparu. En même temps, des qualités nouvelles se sont révélées dans ces magnétos qui en font maintenant des machines de premier ordre.
- Avant d’entrer dans le détail de l’étude de chacun des types de magnétos nouvelles, disons quels sont les buis poursuivis par ceux qui les ont imaginées et construites.
- Les premiers de ces buts sont évidemment d’éviter les défauts que présentaient les machines à induit tournant.
- L’un des plus considérables, c’est le manque de puissance qui se fait sentir surtout aux faibles vitesses de rotation.
- Or, de quoi dépend la puissance d’une magnéto? De plusieurs facteurs. D’abord de la puissance de son aimant, et par conséquent du poids de celui-ci et aussi de la matière qui le constitue; puis, de la puissance du transformateur, et par conséquent de ses dimensions. On le voit, la question puissance est intimement liée à la question encombrement. Un des premiers problèmes qui se présente, lorsqu’on veut dessiner une magnéto, c’est donc d’utiliser le mieux possible la place dont on dispose, place restreinte par les habitudes prises, les constructeurs de moteurs ayant tous adopté pour les hauteurs d’axes de commande des machines d’allumage une grandeur déterminée correspondante à la hauteur d’axe des magnétos courantes. Cette hauteur est de 45 mm pour les magnétos à base plate, ou correspond à un rayon du socle de 50 mm, pour les magnétos à base ronde.
- Les magnétos devant pouvoir résister à des régimes de rotation très élevés, il est indispensable que les parties tournantes présentent une grande robustesse. Or, on l’a vu, dans une magnéto à induit tournant, le rotor est composé d’un ensemble de matériaux tout à fait hétérogènes : fer, papier, bronze, laiton, fils de cuivre gros et fin, toile isolante, feuilles d’étain et feuilles de mica du condensateur, tous matériaux, on le conçoit, très difficiles à assembler d’une façon absolument robuste les uns avec les autres.
- En raison des efforts d’inertie considérables auxquels sont soumis les rotors des magnétos à grande vitesse, on est obligé de ne donner à ceux-ci que des dimensions relativement faibles : grande difficulté par conséquent pour arriver à une puissance suffisante avec ce genre de machine.
- Enfin, on reproche avec assez de raison au type classique de magnéto d’être relativement peu accessible. Tout conducteur d’une voiture peut avoir, en cours de route ou au moins au garage, à régler l’écartement des vis platinées de sa magnéto, et aussi à caler convenablement celle-ci par rapport à la distribution. Si pour le réglage des vis platinées il lui est loisible d’enlever la machine de son socle et de la disposer sur une table ou un établi dans la position la plus commode, il est obligé par contre, lorsqu’il veut effectuer le calage de la magnéto sur un moteur, de regarder les vis platinées et de déterminer le moment exact où elles se séparent. Or, quand la magnéto est disposée comme c’est le cas général, dans un endroit obscur et peu visible, à la partie
- 23
- Fig. i. — Magnéto S.E. V, a aimant tournant. Schéma du circuit magnétique de la magnéto (le circuit magnétique est indiqué en traits pleins pour la position de l’aimant représentée sur la figure; en pointillé pour la position symétrique).
- inférieure des cylindres du moteur, cet examèn présente de'sérieuses difficultés; on en est réduit la plupart du temps à ne pouvoir apercevoir le dispositif de rupture de la machine qu’au moyen d’un miroir.
- Il est donc souhaitable, dans l’étude d’une magnéto, de disposer les organes du mécanisme de rupture d’une façon plus heureuse que dans le système classique.
- Enfin, on s'efforcera de rendre plus facilement réglables les contacts du rupteur.
- Le rupteur lui-même, lorsqu’il tourne tout entier avec l’induit comme dans la machine classique, est soumis aux effets de la force centrifuge. Malgré qu’on lui donne une forme à peu près équilibrée relativement aux forces d’inertie qui agissent sur lui,'il souffre néanmoins de ce mouvement de rotation continu auquel s’ajoutent des mouvements brusques d’oscillation qui ,se reproduisent plusieurs milliers de fois par minute. Il sera donc souhaitable également de disposer le support du levier de rupture sur une partie fixe, ce qui donnera plus de facilité pour l’étude de ce levier.
- LES DISPOSITIFS GÉNÉRAUX DES MAGNÉTOS MODERNES
- Dans les magnétos modernes que nous étudierons, nous verrons que le rotor est toujours constitué par une pièce uniquement métallique, de forme simple et aussi compacte que possible.
- Certaine firme a depuis longtemps adopté pour ses machines un aimant tournant et continue d’ailleurs ce genre de construction : c’est la mai- Fig.2.— Magnéto S.E.Y. à aimant tournant. SOn Scintilla. Circuit magnétique de la magnéto
- Nous ne faisons à 4 étincel,es Par tour-
- pas entrer la magnéto Scintilla parmi les machines modernes, car elle existe depuis de longues années déjà.
- La maison S. E.
- Y. a adopté elle aussi l’aimant tour-
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- nant pour son type nouveau de magnéto. Mais cet aimant prend dans la machine S. E. Y. la forme particulièrement simple d’un cylindre de révolution tournant autour de son axe. Tl est simplement muni de masses polaires excentrées qui permettent de faire varier la réluctance du circuit magnétique.
- La maison Duc-ellier et la Société R. B. ont adopté pour leurs machines les types des magnétos à volet sous une forme d’ailleurs assez différente pour la R. B., du volet classique. Aimant et bobine sont fixes, le volet pouvant donner quatre variations de réluctance, par tour de l’arbre, permet de faire tourner la magnéto deux fois moins vite qu’avec le dispositif classique. Le système à aimant tournant de S. E. V. donne aussi cette possibilité.
- Dans ces trois machines donc, la bobine qui est l’organe particulièrement fragile et délicat de la magnéto est fixe, on peut par suite lui donner des dimensions importantes et par conséquent une puissance suffisante pour que la magnéto assure l’allumage aux.plus bas régimes.
- Le dispositif , de rupture dans les deux dernières magnétos auquel nous venons de faire allusion, se trouve 'placé à la partie supérieure de la machine, parfaitement accessible par conséquent; un dispositif particulièrement simple et élégant permet d’effectuer le réglage des vis platinées en Remployant:comme outil qu’un simple tournevis , ce réglage pouvant même être fait à la rigueuivpendant que la machine tourne. / . ,
- Enfin, sur l'a machine de R. B.< à laquelle ses constructeurs ont donné le-nom de Voltex, on peut adapter, sans modification, un système d’allumage par batterie qui permet, pour les démarrages, une puissance pratiquement illimi-
- »
- tée (').
- Passons maintenant à la description rapide de chacun de ces trois systèmes.
- Fig, 3. — Magnéto S. E. Y.
- Le rotor d’une magnéto à 2 étincelles par tour. Il se compose de l’aimant cylindrique et de ses masses polaires.
- LA MAGNÉTO A AIMANT TOURNANT S. E. V.
- Ainsi que nous l’avons dit tout à l’heure, on a adopté dans la magnéto S. E. V., pour l’aimant, la forme d’un barreau cylindrique. Le circuit magnétique se trouve donc nettement ouvert, et l’aimant, s’il était fait en acier au tungstène ordinaire, risquerait de ne pas conserver longtemps une aimantation suffisante pour que la magnéto fonctionne convenablement. Aussi, a-t-on adopté, pour l’aimant de ces machines, l’acier au cobalt, qui a une forme coercitive trois ou quatre fois plus forte que celle de l’acier au tungstène. Le seul inconvénient que présente l’emploi de cet acier spécial, c’est que son prix est relativement élevé.
- La magnéto S. E. Y. peut être construite suivant deux types : la machine à deux étincelles par tour, et la machine à quatre étincelles par tour.
- Le principe d’établissement des magnétos à deux ou quatre étincelles est d’ailleurs le même : seule la forme
- 1. La S. E. Y. vient de présenter, elle aussi, un système double qu’elle appelle Alco.
- de l’inducteur diffère, et aussi la disposition de détail de l’armature fixe.
- Nous allons d’abord décrire la magnéto à deux étincelles par tour.
- L’aimant, avons-nous dit, a la forme d’un barreau cylindrique présentant un pôle nord à une extrémité, un pôle sud à l’autre ; aux deux extrémités de ce barreau, sont fixées à la presse, les masses polaires en acier doux feuilleté, qui sont excentrées par rapport à l’axe. La projection horizontale de l’induit présente donc à peu près la forme d’un Z.
- Sur les masses polaires sont fixés, par des vis, deux plateaux en bronze terminés eux-mêmèS par des bouts d’arbres, lesquels reposent dans les roulements à billes. A l’une des extrémités de l’arbre est placée une came à deux bossages : c’est tout pour la partie tournante de la magnéto.
- L’aimant, avec ses pièces polaires, tourné à l’intérieur d’une sorte de cage en aluminium dans laquelle sont encastrés quatre assemblages verticaux de paquets d’acier doux feuilleté.
- La disposition de ces armatures est représentée par la figure 1.
- Les deux armatures de gauche sont réunies entre elles, de même que les deux armatures de droite et les points centraux de réunion sont connectés par un noyau d’acier feuilleté ; c’est sur ce noyau qu’on place les. enroulements primaire et secondaire. Le noyau est amovible, se trouve fixé par des vis sur le bâti fixe, et constitue, à proprement parler, une bobine d’induction. Sur sa face supérieure est placé le condensateur, en relation avec les vis platinées du rupteur.
- Le dispositif de rupture est placé sur le flasque avant de la machine. Il est constitué par un rupteur en duralumin et oscille autour d’un axe fixe, placé à l’une de ses extrémités et qui porte à l’autre extrémité un toucheau en fibre qui appuie sur la came fixée sur l’arbre de l’aimant ; un ressort oblige le rupteur à appuyer sur la came.
- Sur le rupteur est disposée une vis platinée qui, à l’état de repos du rupteur, vient appuyer sur une deuxième vis platinée, fixe ; la came en tournant vient soulever l’extrémité du rupteur, ët provoque l’écartement des vis platinées. ;
- Voyons maintenant comment l’appareil fonctionne.
- Quand l’aimant occupe la position de la figure 1, le circuit magnétique se ferme en partant du pôle nord par le chemin A. B. G. D., le flux va donc à l’armature de droite. A chaque demi-tour de l’aimant, on voit que le sens du flux magnétique se trouve renversé, le pôle nord se trouvant alors vers la droite, et le pôle sud à gauche. Pendant le mouvement de rotation de l’aimant, il y a donc changement de sens du flux magnétique dans l’armature de l’induit, et par conséquent naissance de courant.
- La rupture des vis platinées se produit suivant l’usage
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- au moment où le courant induit est maximum. La rupture du courant primaire provoque dans le secondaire la naissance du courant induit à haute tension, et qui se rend par un porte-charbon ayant la même forme que celui d’une magnéto ordinaire dans le distributeur.
- Dans la magnéto à quatre étincelles par tour, l’aimant, qui a toujours la forme d’un barreau cylindrique, est
- ......... ....... - 25 =
- substitue à un pôle sud par suite de la rotation de l’aimant devant une masse polaire induite, le flux magnétique change de sens dans le noyau de l’induit, et qu’on peut ensuite obtenir une étincelle dans le secondaire.
- La came portée par l’aimant comporte un bossage au lieu de deux, et rompt par suite quatre fois le circuit primaire à chaque tour de l’aimant. La carcasse fixe des
- «2
- coiffé, à chacune de ses extrémités, par un empilage de feuilles de fer doux, ayant la forme d’un fer à cheval. Les quatre ex-trémités de ces deux fers à cheval sont disposées sur un même cercle é-quatorial perpendiculaire au milieu de l’aimant et forme donc un courant magnétique alternatif.
- Le circuit magnétique induit,qui
- est porté par le bâti, comporte seulement deux tronçons de fer doux, un à droite, un à gauche, tronçons réunis par le noyau de l’armature, constitué comme dans la magnéto à deux étincelles par tour.
- Il est facile de voir que chaque fois qu’un pôle nord se
- l ig 4. — Magnéto 4> DucclJicr.
- A, vue d’ensemble de la magnéto; B, l’aimant cylindrique avec ses 2 masses polaires ; C, la bobine fixe de la magnéto attachée au flasque avant.
- magnétos à aimant tournant mérite une mention particulière au point de vue de sa fabrication.
- Elle comporte, en effet, un bâti en aluminium dans le moule duquel sont noyées avant la coulée, les masses de fer doux feuilleté. Le tout sort donc du moule après refroidissement de l’aluminium d’un seul bloc, sans aucun
- assemblage mécanique. L’alésage du logement de l’aimant est fait d’une seule passe, qui mord à la fois sur l’aluminium et sur l’acier.
- La bobine qui porte les enroulements est disposée, comme nous l’avons fait remarquer, à cheval sur les deux
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- Fig. 5. — Magnéto (I> Ducellier.
- Coupes longitudinale et transversale, vue en plan (sur cette dernière le distributeur est enlevé).
- côtés de la carcasse. Deux simples vis la fixent sur celle carcasse, et elle se trouve par conséquent très facilement amovible ; elle est recouverte par un carter en aluminium qui vient s’assembler au moyen d’un joint étanche avec le bâti proprement dit. La machine tout entière se trouve donc former un bloc parfaitement compact et impénétrable à l’eau et à la poussière, ce qui rend cette magnéto particulièrement apte à fonctionner régulièrement dans toutes les circonstances possibles.
- Les avantages de la magnéto à aimant tournant. — Les avantages de la magnéto à aimant tournant sont importants et nombreux. Au point de vue pratique, pour celui qui l’emploie, faisons remarquer que cette magnéto est beaucoup plus puissante qu’une magnéto de même dimension à induit tournant.
- En raison du flux magnétique plus important qui traverse son circuit magnétique, elle fournit, même aux très bas régimes, une étincelle, alors qu’à la même
- allure, la magnéto ordinaire n’allume pas.
- Elle résiste particulièrement bien aux grandes vitesses.
- Mécaniquement, en effet, la seule pièce qui tourne est d'une résistance pratiquement illimitée. Le rupteur placé dans les meilleures conditions possibles, puisqu’il est fixe et que le ressort de rappel peut être très énergique,
- obéit aux sollicitations de la came, dans la limite des vitesses pratiquement utilisées.
- C’est ainsi que la même magnéto donne des étincelles sans ratés à 35 tours par minute, et fournit également un allumage impeccable jusqu’à 12 000 tours.
- Grâce à la construction particulière de la bobine de ces magnétos, l’intensité du courant qui passe dans l’enroulement primaire est sensiblement plus faible dans les magnétos à aimant fixe. Les vis platinées ont donc beaucoup moins à souffrir dans les magnétos à aimant tournant, et leur durée est beaucoup plus longue. Le condensateur peut d’ailleurs recevoir, sans aucune difficulté, des dimensions plus petites et sa fixité donne toute sécurité au point de vue de sa conservation.
- LÀ MAGNÉTO DUCELLIER
- Pour la magnéto Ducellier, dite 'magnéto Phi, on a adopté pour l’aimant la forme cylindrique; c’est celle qui permet de loger, dans l’encombrement minimum, le poids maximum d’acier. A dimensions extérieures égales, l’aimant de la magnéto Phi est donc plus puissant qu’un aimant en fer à cheval du type ordinaire.
- L’aimant cylindrique porte à l’intérieur deux masses polaires disposées d’une façon très analogue à celle des dynamos d’éclairage. L’induit vient se placer au centre de l’aimant, son noyau étant perpendiculaire à l’axe de celui-ci. Ces dimensions sont telles qu’il reste, entre l’aimant et l’induit, un espace relativement considérable; c’est dans cet espace que se vient loger le volet tournant.
- Le volet a une forme générale cylindrique, concentrique à l’aimant à l’intérieur duquel il tourne. Il est constitué par un empilage de feuilles de fer doux, isolées au papier et réunies solidement les unes avec les autres. Il comporte deux fentes longitudinales dont le passage devant les masses polaires fait varier brusquement la réluctance du circuit magnétique.
- Le volet, muni d’un flasque robuste à l’une de ses extrémités, est porté par un axe fixé au centre de ce flasque. Cet arbre est supporté par deux roulements à billes entre lesquels est disposé un pignon hélicoïdal qui commande un arbre à peu près vertical, sur lequel est monté le dispositif de rupture et le disrupteur.
- Le dispositif de rupture comporte une came calée sur l’arbre vertical et tournant par conséquent avec lui. Devant cette came est disposé, sur un socle fixe, le levier de rupture, qui frotte sur la came au moyen d’un toucheau en matière spéciale.
- Un dispositif spécial de graissage a été prévu pour la came, de telle sorte que l’usure de la came et du toucheau est pratiquement nulle pendant toute la vie de la magnéto.
- Au-dessus de la came et sur l’arbre qui la porte, est monté le dispositif de distribution qui fonctionne par disrupteur. Une lamelle en cuivre sertie dans une pièce en bakélite tourne, tout en restant en contact avec le circuit secondaire. En face de cette lamelle tournante se trouvent disposés sur le couvercle fixe du disrupteur autant de plots fixes que le moteur à allumer comporte de cylindres.
- La lamelle de cuivre passe à quelques dixièmes de
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- millimètre des plots du distributeur, et le courant secondaire franchit l’espace entre la lamelle tournante et les premiers sous forme d’une étincelle
- La came qui porte le rupteur est fixe pour les magnétos à avance fixe ou à avance automatique. Elle peut, au contraire, osciller concentriquement à l’axe de la came pour les magnétos à avance commandée à la main.
- Le dispositif d’avance à l’allumage est placé sur l’arbre de commande de la magnéto et ne comporte aucune particularité bien spéciale : son fonctionnement est basé sur les phénomènes d’inertie centrifuge.
- Grâce, à la forme cylindrique de son aimant et à la disposition du volet, la magnéto Ducellier-Phi peut donner-un nombre pratiquement quelconque d’étincelles à chaque tour. C’est ainsi que les Etablissements Ducel-lier construisent des machines permettant l’allumage de moteurs depuis 4 jusqu’à 18 cylindres. La multiplicité des cylindres dans les moteurs d’aviation a eu pour conséquence des perfectionnements importants dans la construction d’une magnéto, comme on le voit.
- La puissance de la magnéto Phi est considérable à tous les régimes et en particulier aux basses vitesses.
- LE VOLTEX DES ÉTABLISSEMENTS R* B*
- Le Voltex est une magnéto à aimant et à induit fixes; la seule pièce en mouvement est un rotor constitué par deux masses de fer doux feuilleté, noyé pendant la coulée dans un bloc cylindrique d’aluminium. Ce rotor ^comporte également un axe en acier qui repose sur le bâti de la machine par deux gros roulements annulaires à billes du même type que ceux qu’on emploie dans la construction automobile générale.
- Entre les deux enroulements est calé un pignon à denture hélicoïdale qui entraîne un arbre disposé à peu près verticalement. C’est cet arbre qui, comme nous le verrons tout à l’heure, porte la came de rupture et le distributeur.
- Les aimants du Voltex sont disposés horizontalement; la figure 7 représente la disposition de l’ensemble de la machine. Le bâti est en aluminium, mais avant la coulée, on y a incorporé un certain nombre de masses en fer feuilleté. Les deux masses polaires N sont placées en face l’une de l’autre, et au droit des pôles nord et sud des aimants, deux masses B sont disposées à 90° des masses polaires, et se prolongent dans la direction de la voûte des aimants.
- Le rotor tourne à l’intérieur de la cage alésée, ménagée dans le bâti fixe. Il est facile de voir, en examinant la coupe de la figure 7, que les masses de fer feuilleté, placées dans le rotor, établissent et rompent, quatre fois par tour de l’arbre, le circuit magnétique entre les masses polaires et les masses N placées dans un plan perpendiculaire.
- A l’extrémité de celles-ci, se trouve monté le transformateur ou bobine : le noyau en fer de la bobine est fixé par deux vis sur les masses N et ferme par conséquent le circuit magnétique.
- Nous reviendrons tout à l’heure sur la constitution et la forme de cette bobine.
- L’arbre du rotor entraîne, nous l’avons dit, par des
- Fig, 7. — Coupe du Yoltex par l'arbre du rotor.
- pignons hélicoïdaux, un arbre presque vertical, mais légèrement incliné, à la partie supérieure duquel est calée une came. Cette came aura deux ou quatre bossages suivant qu’on désirera tirer du Voltex deux ou quatre étincelles par tour. Sür le bâti, qui termine verticalement l’appareil, est monté un flasque sur lequel est disposé le levier de rupture. Celui-ci s’appuie sur la came par un toucheau en fibre, sous l’action du ressort. Chaque fois qu’un bossage de la came vient soulever le toucheau, les vis platinées s’écartent, et le courant primaire est rompu.
- Sur le_même axe que les cames est monté le distributeur tournant : une lame métallique en contact électrique avec le secondaire de la bobine passe à quelques dixièmes de millimètre des plots du couvercle du distributeur, et envoie ainsi, par disrupture, du courant dans les fils des bougies.
- Le fonctionnement du Voltex est identique dans son principe, comme on le voit, à celui d’une magnéto à volet ; le circuit magnétique, fermé et ouvert
- Fig. 8. — Le dispositif de rupture du Yoltex.
- À, platine mobile ; B, linguet; G, vis de réglage à excentrique ; R, vis de blocage ; E, condensateur; R, borne du primaire.
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- Masse
- Batterie
- Masse
- Fie. 9.
- Allumage par batterie réalisé au moyen du Voltex.
- quatre fois par tour par les masses en fer du rotor, comprend les aimants etleurmasse polaire G (fig. 6), les masses en fer du rotor, les masses en ferB,noyées dans le bâti et le noyau de la bobine.
- La rotation du rotor engendre, par suite des variations du flux magnétique, un courant dans l’enroulement primaire de la bobine, courant que le dispositif de rupture vient rompre au moment voulu ; la rupture du courant primaire provoque, dans le secondaire de la bobine, la formation du courant de tension élevée qui est envoyé aux bougies par le distributeur.
- Le Voltex présente encore d’autres particularités extrêmement ingénieuses, en particulier en ce qui concerne les dispositifs de rupture et le réglage de l’écartement des vis platinées.
- On sait quelle importance il y a à maintenir à sa valeur correcte l’écartement des vis platinées. Encore faut-il, pour cela, que leur réglage puisse se faire sans trop de difficultés.
- Ce réglage a été rendu extrêmement facile dans le Voltex : on en jugera bientôt : le flasque A (fig 8), qui porte le levier de rupture B, est assemblé sur le bâti de la tête du distributeur par deux vis G et D qui le traversent dans des boutonnières ovales. Une troisième vis de réglage R est montée à excentrique sur le flasque mobile A. Pour régler l’écartement des vis platinées, il suffit donc de débloquer les vis G et D, et d’agir avec un tournevis sur lavis R. En la faisant tourner, on monte ou on rapproche le levier tout entier de la came, et on règle par suite très exactement l’écartement des vis platinées au moment de la levée. Ce réglage fait, il n’y a plus qu’à bloquer les vis G et D, et on est certain, ce faisant, qu’on ne le modifiera pas.
- Le condensateur est disposé en E dans la tête même du distributeur; il est complètement enfermé dans une enveloppe métallique.
- On remarquera sur la figure 7, des fenêtres F, G, fermées par un petit grillage, fenêtres qui font communiquer l’intérieur de la boîte qui renferme le rupteur avec l’air atmosphérique.
- Il peut s’établir par suite, et il s’établit effectivement une circulation d’air à l’intérieur de cette boîte.
- L’effet de cette circulation d’air est extrêmement important.
- On a remarqué, en effet, que sur certains moteurs, les vis platinées s’usaient très vite, alors que la même magnéto, placée sur un autre moteur, fonctionnait sans trouble pendant un temps beaucoup plus long. Des recherches nombreuses et très patientes — elles ont en effet été de longue durée — ont montré aux Etablissements R. B. que l’usure des vis platinées était due à la présence à l’intérieur du mécanisme de rupture, de vapeurs d’huile ou d’essence qui avaient une action cor-
- rosive très rapide sur le métal des vis. En ventilant même très légèrement les cages du mécanisme de rupture, on fit disparaître complètement cette usure normale. D’où le dispositif de fenêtre adopté sur le Voltex.
- Nous avons indiqué plus haut que le Voltex permet d’utiliser pour le démarrage le courant de la batterie : il suffit en effet de brancher, sur la borne de masse du rupteur du Voltex, un fil qui aboutit d’une part à la borne isolée de la batterie. Sur le trajet de ce fil, on intercale une bobine de self qui évite une très forte consommation du courant de la batterie, et qui a également pour rôle d’emmagasiner une énergie électrique suffisante.
- La figure 9 montre schématiquement comment on réalise avec le voltex l’allumage par batterie.
- Voici le fonctionnement du système avec la batterie.
- Quand le rupteur écarte les vis platinées, le courant de la batterie est lancé dans l’induit de la machine. Il se transforme dans cette bobine, et donne lieu au secondaire à un courant haute tension. Quand le rupteur ramène au contact les vis platinées, le courant de la batterie se trouve court-circuité, mais ne peut jamais atteindre un débit important à cause de la bobine de self qui a été branchée.
- On sait que si l’on représente par une courbe, la puissance de l’étincelle fournie par une magnéto en fonction de la vitesse de rotation, on a tout simplement une courbe représentée en À, figure 10 ; la courbe ne peut être tracée qu’à partir du moment où la magnéto donne des étincelles; la puissance est faible à ce moment, et augmente rapidement d’abord, puis plus faiblement ensuite, quand la vitesse s’accroît. Mais la courbe A monte continuellement, montrant ainsi que la puissance de l’étincelle de la magnéto va sans cesse en augmentant.
- L’étincelle fournie par une batterie a, au contraire, son maximum de puissance pour une vitesse de rotation de l’appareil d’allumage voisine de zéro. Lorsque la vitesse s’accroît, le temps laissé au courant pour s’établir dans le primaire de la bobine va en diminuant, et par conséquent, l’énergie emmagasinée dans la bobine suit les mêmes variations. La puissance de l’étincelle diminue donc quand la vitesse augmente. Avec le Voltex, si on utilise en même temps la batterie et le dispositif magnétique, les deux puissances représentées par les courbes A et B s’ajoutent, et on a comme résultante une courbe G montrant que la puissance de l’étincelle est à peu près constante quelle que soit la vitesse de rotation du moteur.
- *
- * *
- On voit que les magnétos que nous venons de décrire présentent, par rapport aux magnétos du type dit classique, des différences de construction considérables, desquelles dé-
- Fig. 10. — Courbes de puissances d’étincelles.
- ma isoo 2000 2500 me
- Tours • minute
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- coulent d’ailleurs des avantages non moins importants.
- On se rappelle peut-être qu’au moment où est apparue la lampe à incandescence, les systèmes d’éclairage au gaz, jusqu’alors peu perfectionnés, se sont subitement développés et améliorés pour résister à la concurrence de l’éclairage électrique.
- ............—...........—1 = 29 =
- Sous la menace de l’allumage par batterie, la construction des magnétos a décrit un stade très analogue. Les éternelles lois de la concurrence économique se sont manifestées une fois de plus dans le domaine purement technique.
- Henri Petit.
- LE GRAISSAGE AUTOMATIQUE
- DES CHÂSSIS D’AUTOMOBILES
- L’un des progrès les plus marquants du dernier Salon de l’Automobile est la généralisation du graissage central sur les véhicules automobiles.
- Il nous semble superflu de mentionner l’économie de
- l’introduise à une pression suffisante pour l’étirer dans des espaces restreints, et qu’elle se loge autour des axes, suit naturellement le chemin de moindre résistance et sort avant d’avoir pénétré du côté de l’axe où celui-ci reçoit
- Fig. 1. — Coupe d’une voiture montrant l’organisation du graissage central Alcjl.
- temps, la suppression d’une corvée hebdomadaire, la certitude de n’oublier aucun graisseur. Ce sont là des avantages superficiels bien qu’appréciables. Il en est un autre plus réel, c’est d’avoir une lubrification efficace.
- Que faut-il en effet pour que deux pièces en frottement ne s’usent pas : qu’elles soient séparées au point de friction par une pellicule grasse, cela pendant toute la durée du travail et quelle que soit la pression exercée par centimètre carré de surface de contact.
- Le graissage à la graisse, à ces deux points de vue, est un non-sens ; car la graisse, en admettant encore qu’on
- un effort. — En admettant qu’elle y pénètre, deux ou trois oscillations suffisent à « nettoyer » la surface frottante. — La graisse ne coulant pas ne revient plus à l’endroit où il en faudrait. Donc graissage nul.
- Le graissage central réalise donc un progrès énorme en remplaçant la graisse par l’huile. Celle-ci, en effet, coule et s’étend par capillarité, elle s’immisce entre les surfaces les plus serrées, car la force de la poussée capillaire est inversement proportionnelle à l’espace disponible. Avec de l’huile nous aurons une lubrification efficace. Le rôle de l’appareil de graissage central est
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- Fig. 2. — Le dispositif de graissage Alcyl.
- Du réservoir, l’huile est amenée au point à graisser par un tube de coton tressé, contenant une mèche de laine, le tout est enfermé à l’intérieur d’une gaine métallique flexible.
- à.'amener l’huile, de la maintenir et là renouveler à mesure qu’elle s’use. — Il faut aussi que l’appareil se charge du dosage, car il est clair que les différents organes d’une voiture ne réclament pas la même quantité de lubrifiant.
- Pour amener l’huile il faut un réseau de canalisations conçues de façon à ne pas se rompre par suite des trépidations continuelles de la voiture. Le problème du dosage est plus complexe, mais la grosse difficulté est le maintien de l’huile autour de l’axe, Dans un moteur le carter résout la question. La pompe débite et inonde les organes de lubrifiant, l’excédent retombe dans le carter et la même huile circule jusqu’à usure. — Mais on ne peut enfermer un châssis dans un carter! Il est trop compliqué d’avoir un petit carter à chaque articulation avec une canalisation de retour; il n’y a donc qu’une solution, c’est d’amener l’huile d’une façon continue avec une lenteur telle qu’elle assure le renouvellement de l’huile usée, sans créer un excédent qui coulerait sur le sol et aussi sans risquer un ralentissement de débit qui aurait les
- Fig. 4.
- Coupe montrant le trajet de l’huile dans un ressort graissé au moyen du système Alcyl.
- mêmes inconvénients qu’un graissage renouvelé périodiquement.
- Une solution existe, présentée déjà au Salon de 1927 et adoptée dès son apparition par divers grands constructeurs, c’est le « graissage automatique Alcyl » dont l’invention est due à M. Iiohler.
- Un petit réservoir, fixé sous le capot, est rempli d’huile (1/4 de litre environ pour 1000 km de trajet) qu’il décante avant de la laisser partir dans les canalisations.
- Celles-ci, constituées par un tube de coton tressé et verni, rigoureusement étanche à l’huile, contiennent une mèche à fibres longues, de section beaucoup plus petite que la canalisation,
- Le tout est cuirassé d’une gaine métallique flexible très robuste et se termine aux deux extrémités par un oeillet ou cosse qui sert à fixer la canalisation tout en la raccordant à une autre canalisation et à l’organe à lubrifier (voir % 2).
- Ces canalisations, parfaitement étanches, sont d’une très grande résistance aux torsions, vibrations et chocs qu’elles doivent subir en service.
- D'autre part, leur souplesse et la commodité de leur mode de branchement rendent le montage trèa facile sur une voiture carrossée.
- Les graisseurs appelés vis de réglage sont des vis Y percées d'un canal débouchant latéralement : une mèche de laine M est bourrée dans ce canal et laisse passer l’huile avec un débit constant, déterminé à la fabrication par le calibrage du canal et le bourrage de la mèche. Un numéro gravé indique le débit (fig. 3).
- Suivant leur longueur, ces vis peuvent recevoir une, deux ou trois canalisations et servent ainsi à les relayer ou les bifurquer.
- Le réseau ainsi constitué est parfaitement étanche. L’huile n’en peut sortir et l’air n’y peut entrer, il en résulte qu’il n’y a pas de colmatage des mèches puisque, sans air, il ne saurait se produire d’oxydation de l’huile. Il ne peut non plus se produire de bouchage, puisque l’huile arrive constamment par l’intérieur des axes, et chemine, à mesure qu’elle s’use, vers l’extérieur, éliminant ainsi l’huile devenue cambouis et ne laissant jamais de vide où l’eau et la poussière pourraient pénétrer.
- Ajoutons qu’à l’arrêt aucune goutte ne tombe et que de ce fait la consommation est réduite au minimum.
- Enfin, et ce n’est pas le moindre avantage, le réseau Alcyl lubrifie leslames de ressort sans qu’on les enferme dans des gaines. Il peut également être réduit et n’alimenter qu’un seul point, le moins accessible comme la butée d’embrayage, et devenir ainsi un accessoire à très bon marché.
- Cette brève description permet de se rendre compte des avantages que possède le nouveau mode de graissage et des simplifications importantes qu’il a apportées dans l’entretien rationnel d’une voiture automobile. Il est probable, au surplus, que le même procédé pourrait trouver d’intéressantes applications dans d’autres domaines.
- R. R.
- ' M
- Fig. 3. Coupe d’un graisseur, C, canal ; M, mèche de laine.
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- LES BOAS DU GENRE EUNECTES
- C La Nature du 15 octobre dernier (n° 2795) a publié une note concernant le grand boa brésilien Eunectes murinus, comme complément du très intéressant travail de M. Léonard Martin sur « l’Amazonie et ses mer-
- L'Eunectes notaeus que l’on appelle vulgairement en Argentine « curuju » atteint à peine 3 m de longueur, tandis que l’espèce brésilienne a de 8 à 10 m et( même plus. Le « curuju » vit dans les provinces de Ghaco,
- Fig i. — Un exemplaire de curuju (Eunectes notaeus), long de 3 m, capturé à Parana (Argentine),
- Collection du Museo de Parana.
- veilles » (n° 2792). Son auteur dit que le grand boa Eunectes murinus est la seule et unique espèce connue du genre Eunectes. Certes, récemment encore, tous les boas sud-américains du genre Eunectes étaient attribués à une seule espèce, E. murinus, créée par Linné Vers 1766; mais, aujourd’hui les herpétologistes admettent aussi l’existence d’une autre espèce, E. notaeus, créée en 1862 par Cope. Cette espèce peut être considérée comme habitant la région N.-E. de l’Argentine, le Paraguay, la Bolivie et une partie du Brésil.
- Fig. 2. — Quinze petits serpents, prêts à naître, trouvés à l’autopsie dans le serpent de la figure 1.
- Collection du Museo de Parana.
- Misiones, Gorrientes et la partie nord d’Entre Rios; mais les crues périodiques du fleuve Parana emportent des individus à des latitudes plus australes. A l’égal de son congénère du nord, Y Eunectes notaeus est ovovivipare. Un exemplaire, long de 3 m (fig. 1) capturé à Parana (Argentine) et apporté au Musée, lorsqu’on l’ouvrit pour l’embaumer, révéla dans son intérieur quinze petits complètement développés et prêts à être mis à jour (fig. 2). Antonio Serrano.
- Directeur du Museo de Parana (Argentina).
- UN GIGANTESQUE TRANSPORT D’ACIER EN FUSION
- Il ne s’agit pas d’une opération occasionnelle, mais d’un transport régulier d’acier en fusion qui s’effectue tous les jours et plusieurs fois par jour entre une aciérie et un laminoir distants de 16 km.
- A Hamilton (Ohio), la Hamilton Coke and lron C° a récemment réédifié une aciérie toute moderne. A peu de distance de cette usine se trouvent les laminoirs de l’American Rolling Mill C°; situés à Middletown. Les deux Sociétés ont conclu un arrangement par lequel la première fournit à la seconde l’acier qui lui est nécessaire. Pour des raisons d’économie, il fut convenu que l’acier serait livré en fusion. Ce n’était pas évidemment un problème simple que de transporter sous cet état des masses importantes de métal.
- Ce transport s’effectue par voie ferrée dans une sorte de gigantesque creuset métallique, garni intérieurement de briques réfractaires. Ce récipient, d’une capacité de 150 tonnes de métal, est porté sur un châssis à 4 bogies,
- Fig. 1. — Wagon de 340 tonnes servant à transporter de Vacier en fusion.
- D’après Scientific American.
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- = 32 ==................::. ::::: .. —
- long de 17 m et qui pèse 340 tonnes lorsqu’il est chargé.
- Le creuset est mobile sur pivots et lorsque le wagon arrive au laminoir, un puissant.moteur électrique, monté également sur le châssis, fait basculer le récipient; le métal s’écoule alors.
- Pour permettre la circulation de ce véhicule original,
- il a fallu renforcer, entre les deux usines, la voix ferrée ainsi que tous ses ouvrages d’art.
- Le service de transport du métal est effectué au moyen de 3 véhicules semblables, à raison de 4 voyages en moyenne par 24 heures.
- Le métal peut, en cas de besoin, rester en fusion dans son récipient pendant 48 heures.
- = LES ONDES ÉLECTRIQUES =
- CONSERVENT LA FRAICHEUR DU LAIT
- Parmi les applications de plus en plus nombreuses que les ondes électriques trouvent, même en dehors de la T. S. F., signalons la récenle découverte du Dr Seidel, de l’Université de Vienne. Les ondes, en agissant d’une façon prolongée sur le lait, lui conservent sa fraîcheur et l’empêchent de tourner.
- On sait que la cuisson du lait, tout en tuant les bactéries qu’il renferme, le prive de composants précieux, les vitamines.
- D’autre part, la pasteurisation, c’est-à-dire le chauffage du lait en vase clos, à une température d'environ 60° C., ne lui assure la fraîcheur que pendant un temps limité.
- Que les ondes électriques soient capables d’empêcher le lait de tourner, voilà qui, à première vue, semble peu plausible
- Le phénomène électrique le plus puissant, l’orage, n’a-t-il précisément pas l’effet opposé, celui d’accélérer la coagulation du liquide ?
- Les essais du Dr Seidel sont toutefois si concluants qu’on ne saurait guère douter de l’efficacité de sa méthode, dont les Ministères de l’Agriculture et de l’Hygiène, en Autriche comme en Prusse, étudient l’adoption.] Aussi, pour expliquer l’apparent paradoxe, faut-il invoquer les longueurs d’ondes choisies par l’inventeur, ainsi que-leur-amplitude.
- Ce qui facilite l’introduction du nouveau procédé, c’est le fait qu’il ne faut point installer un stérilisateur spé-
- cial, mais que les appareils existants, pourvu qu’on y insère le générateur d’ondes, suffisent parfaitement. D’autre part, l’inventeur a mis au point un appareil spécial, composé de deux cylindres verticaux et d’un système de tuyaux.
- Le lait, chauffé dans l’un de ces cylindres à une température très modérée, environ 40°, est transféré dans l’autre cylindre renfermant le générateur d’ondes et qui opère le traitement efficace.
- Les 99 centièmes du lait ainsi traité (ou même davantage), les expériences du Dr Seidel en font foi, sont protégés contre la coagulation.
- Laissé à lui-même, sans refroidissement, le lait ayant subi l’action des ondes, garde sa fraîcheur au moins pendant 4 jours ; conservé dans un endroit refroidi, il ne se coagule pas avant 2 à 3 semaines, et même dans les installations spéciales des grandes laiteries, un mois entier.
- Ce nouveau procédé se prête également aux applications thérapeutiques.
- On sait que certaines maladies ont été guéries, ces temps derniers, par des injections de lait, qui, d’abord, donnent lieu à un malaise général et à une fièvre violente.
- ;Or, lorsque dans ce même but, on se sert du lait traité parle procédé Seidel, on empêche ces effets secondaires de se produire sans nuire à l’effet thérapeutique.
- Dr Alfred Gradenwitz.
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- LA VIE DES FOURMIS MAGNANS
- MES ÉTUDES AU CONGO
- Ceux qui ne connaissent que les quelques variétés de fourmis qui pullulent dans toutes les régions de l’Europe ne peuvent que difficilement se faire à l’idée de ce qu’est la grande « Fourmi Magnan » d’Afrique et principalement d’Afrique Equatoriale.
- C’est en effet surtout dans la région de l’Equateur que j’ai rencontré en plus grande quantité ce terrible insecte qui ne craint pas de s’attaquer à tout ce qui bouge, à tout ce qui semble être un danger pour sa demeure.
- Le « Magnan » qui est de la taille d’une petite guêpe est d’une férocité sans égale. Il s’attaque à tout ce qui s’agite, petit ou gros gibier, et l’homme n’est pas toujours à l’abri de ses atteintes, il est même arrivé parfois qu’il soit sa victime.
- Dès qu’un animal de grande taille est devenu la proie des « Magnans », c’est par centaines de milliers que ces hyménoptères se précipitent sur leur victime, et en peu de temps il ne reste plus qu’un squelette blanchi et nettoyé comme par un préparateur de Muséum, de ce qui fut force et vigueur.
- J’ai assisté au repas de ces insectes sur le cadavre d’un buffle dans la région de la montagne noire. Cet animal dont le poids atteignait près de 400 kg fut dévoré en une dizaine d’heures. 11 n’y avait pas moins de sept routes noires d’insectes par lesquelles arrivaient sans cesse de nouveaux convives.
- Et maintenant voici un fait qui faillit faire de moi leur victime.
- C’était sur la limite nord-est delà forêt duMayomb; après une longue et pénible randonnée je prenais un peu de repos au pied d’un arbre gigantesque. A mes côtés, mon chien Poum, un bâtard vendéen au poil rude, s’était allongé. Tranquille je m’endormis quelques minutes.
- Ce fut hélas en hurlant de douleur que je m’éveillais peu de temps après. J’étais couvert de grosses fourmis noires et un grand nombre avaient pénétré jusqu’au corps et me mordaient avec acharnement. Je n’ai jamais connu quelque chose d’aussi douloureux.
- Je me secouais avec violence et essayais à l’aide de mes doigts de me débarrasser des insectes. Malheureusement, pour quelques-unes dont je me débarrassais, des centaines arrivaient de toutes parts, les mandibules ouvertes, prêtes à mordre dès qu’elles sentaient la chair à nu.
- Je ne sais pas si je m’en serais tiré, ni comment, si mon chien non moins attaqué que son maître ne m’avait indiqué le seul moyen de me débarrasser de ces insectes.
- Poum, comme moi, était noir de fourmis et la-pauvre bête mordait à belles dents dans le tas de ses adversaires. Hélas, au lieu de diminuer, le nombre des assaillants allait sans cesse grandissant. Poum arrêta donc subitement son procédé de défense, et, se tournant vers un « Marigot » qui coulait à quelques pas, il s’en fut se plonger dans l’onde limpidë de laquelle bientôt il ne sortait plus que lè museau.
- Cela me fit penser à la fable du renard se tuant les puces.
- Mais il me fallut moins d’une seconde pour comprendre toute l’efficacité du remède, et, en quelques enjambées, je fus rejoindre mon fidèle compagnon dans la nappe liquide.
- Le remède fut radical, au fur et à mesure que j’immergeai mon corps, les dangereux Magnans abandonnaient leur prise et se laissaient emporter par le courant. En quelques minutes nous fûmes débarrassés des terribles bestioles.
- Néanmoins, j’attendis encore un certain temps pour aller prendre mon fusil et mon sac qui étaient restés au pied de l’arbre, et lorsque j’entrepris ce court voyage, ce fut par quelques grands bonds que je m’éloignai de ce lieu où rôdaient encore quelques-uns de ces insectes.
- Ayant rejoint un village, je dus m’aliter, et pendant une semaine je fus secoué par de forts accès de fièvre résultant des morsures des Magnans.
- Mais, si ces insectes sont terribles pour leurs ennemis, quelle belle organisation est la leur.
- Je répète que c’est principalement sous l’équateur, tant en Afrique qu’en Amérique, que l’on rencontre les plus grandes bandes de ces insectes qui se déplacent en créant des routes
- qui atteignent parfois plus d’un mètre de largeur et qui souvent s’étendent sur une longueur de plusieurs kilomètres.
- C’est à l’époque des grands orages et des grandes tornades que les fourmis magnans changent de domicile.
- Leur colonne s’allonge alors sur le sol, sur lequel en quelques heures elle patine une large sente.
- Mais le plus curieux, ce sont alors les formations prises par ces insectes pour leur marche à travers la forêt.
- Cette immense colonne, d’une même famille, semble, si vous la regardez avec peu d’attention, marcher en désordre comme le ferait un troupeau de moutons. Mais, à la suite d’un examen plus attentif, vous vous apercevez qu’il n’en est rien.
- D’abord, une première remarque s’imposera à vos regards, vous constaterez que cette colonne est une réunion de trois colonnes de fourmis, qui n’ont entre elles, il est vrai, qu’une séparation toute morale. Au centre est la colonne principale, elle comprend environ les deux tiers des individus de cette gigantesque famille. Et ceux-ci sont tous de même taille et de grande taille. A droite et à gauche marchent des fourmis de toutes grandeurs, dont beaucoup transportent des chrysalides ou des œufs.
- Ces colonnes sont donc composées des ouvrières, des mères de familles et sans doute des vieillards et des adolescents.
- Au centre, par contre, il ne doit y avoir que des guerriers.
- Pour les dénommer ainsi, ce n’est pas seulement sur leur formation plus régulière et sur leur taille que je me base. Mais c’est surtout parce que les prisonniers qui représentent une culture vivante marchent au centre de cette colonne. Des prisonniers, oui. Et de grande taille !
- Ceux-ci sont d’énormes coléoptères de la famille des sca-rabidés, tenant du scolÿte et du carabe, insectes puissants entre tous, dont la taille atteint parfois 5 et 6 centimètres.
- A droite et à gauche de ceux-ci, se tiennent une dizaine de fourmis géantes, dont une des pattes se rive sur l’une de celles du géant. Cela me donna l’impression d'un énorme éléphant conduit par une bande de caniches.
- Ces prisonniers,' d’autre part, n’ont pas été faits par simple gloriole. Ils sont nourris et exploités.
- C’est pour sucer un liquide marron, que sécrètent la partie postérieure et les parties latérales de l abdomen de ces gros insectes, que les fourmis s’en emparent. Et souvent, si elles sont peu nombreuses, elles doivent livrer un long et dangereux combat avant de rendre docile leur prisonnier.
- Ce qui n’est pas moins intéressant chez ces curieuxinsectes, c’est l’organisation,de leur demeure et celle de leur cimetière qui se trouve situé dans la partie la plus éloignée des alvéoles.
- Le logement, est divise en trois parties principales : les magasins aux vivres, la nursery où sont logés les œufs dans des alvéoles et les chrysalides. La troisième partie est représentée par les logements des guerriers qui sont enfermés par 20 ou 30 dans un même compartiment (1).
- Le magasin aux vivres est des mieux tenus. Dans une partie, la plus élevée en général, se trouventles aliments divers susceptibles d’être détruits par la fermentation. A la partie la plus basse sont enfouies les graines qui serviront d'aliments à toute la fourmilière pendant 5 à 7 mois. Et, dans une autre petite partie de ces'logements, on trouve amoncelés des tout petits brins de paille de 2 à 3 mm. de longueur.
- Je n’ai pu déterminer si ceux-ci représentaient un aliment ou servaient à la construction de certaines parties de l’édifice souterrain dont les dimensions atteignent parfois 5 ou 6 m3 d’alvéoles et plus.
- Le côté cimetière n’est pas moins curieux. Là, suivant les couloirs d’accès, vont et viennent quelques grandes fourmis marchant d’un pas majestueux. Il semblerait que les insectes qui sont là et qui sans doute sont préposés à la garde des menus cadavres déposés à droite et à gauche des galeries, dans des alvéoles de dimensions réduites, ont conscience du rôle
- 1. Pour contrôler cet état de choses, il faut opérer par une matinée très fraîche.
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- qu’ils jouent. Je ne peux mieux comparer leur sérieux qu’avec celui des employés de cimetière, dans les petites cités où la tradition impose un profond respect de ces lieux de repos.
- Mais que deviennent ces petits cadavres qui reposent là par centaines. Servent-ils eux aussi d’aliment pendant les périodes de disette ? Pourtant, j’ai remarqué que certains re-
- posaient dans leur petite niche depuis fort longtemps, car leur petit corps n’était plus qu’un léger amas de poussière s’effritant au premier contact.
- Est-ce à dire que les fourmis ont le respect de leurs morts. Je le souhaite et le donne en méditation à nos vivants.
- L1 Pierre Magard.
- UN JEU NATIONAL JAPONAIS
- LE JEU DE “ GO ” (*.*..)
- Nous nous excusons, auprès des lecteurs japonais de La Nature, d’avoir employé une méthode aussi résolument opposée aux règles pour faire connaître à nos compatriotes européens les principes du jeu de Go.
- La faute en est à la Révolution chinoise.
- Nous avions commencé à prendre, au Japon, des leçons de Go, et nous étions arrivés à la force d’un étudiant de six mois lorsque nous avons rencontré M. Ly.
- Chacun sait, au Japon, que l’on peut tl§- 1• étudierle Go pendant vingt ans, et être
- capable ensuite, si l’on est intelligent, de faire encore beaucoup de progrès.
- Le jeu de Go a été inventé par les Chinois, au xive siècle, paraît-il. Tandis que ce jeu se répandait énormément au Japon, dans les classes moyennes, et se mécanisait en quelque sorte, il restait, en Chine, l’apanage de quelques érudits, amoureux des choses anciennes.
- M. Ly était un jeune Chinois, en smoking, attaché par la République Chinoise à sa légation de Londres. Nous voyant entre les mains un jeu de Go, il nous proposa une partie et, avec le sourire, captura, sans aucune exception, tous les pions placés par nous sur le damier. Ensuite il causa et, en une heure de conversation, nous fît beaucoup mieux comprendre l’intérêt du jeu et sa stratégie que n’avait réussi à le faire notre professeur japonais. C’est le fruit de cette conversation que nous présentons aujourd’hui aux lecteurs de La Nature. M. Ly était certainement révolutionnaire. Ses explications du Go le sont peut-être un peu. Quoi qu’il en soit, elles nous semblent beaucoup plus accessibles aux cerveaux européens que les règles traditionnelles du jeu.
- Pour M. Ly, la tactique du jeu de Go se résume en quatre principes :
- Il faut entourer (l’adversaire).
- Il faut sortir (des enceintes qu’il établit autour de vous).
- Il faut couper (les lignes adverses).
- Il faut réunir (ses propres pions en lignes).
- C’est excessivement simple, mais l’application n’est pas toujours facile, et l’on peut, tout en comprenant fort bien les principes, se faire battre à plate couture par le moindre employé de banque japonais qui, sans se préoccuper de comprendre, placera chacun de ses pions comme son professeur le lui aura enseigné.
- Il est vrai que nous étudions le Go en amateurs et non pas en professionnels, que nous nous préoccupons d’y trouver des satisfactions d’esprit plutôt que d’y gagner des matchs, et que, pour cela, la méthode chinoise est infiniment préférable à la méthode japonaise.
- Quoi qu’il en soit, nous vous prions de remarquer que les quatre principes de M. Ly ne font pas la moindre allusion au tracé de la frontière, tracé auquel nous avons attaché une si
- grande importance dans la partie que nous avons donnée en exemple. Nous avons supposé que nos deux joueurs évitaient, au début, les prises de corps, et n’approchaient de l’adversaire qu’après avoir solidement occupé une partie du terrain. Dans la pratique, entre deux joueurs exercés, il n’en est jamais ainsi. Un joueur ne laisse jamais son adversaire placer un pion dans une région du damier sans placer lui-même un pion dans le voisinage, de façon à ne se trouver nulle part en état de réelle infériorité. Il est très difficile d’obtenir des commençants qu’ils montrent assez de sagesse pour ne pas essayer de suivre cette méthode. Il en résulte que leurs pions sont bientôt entremêlés dans toutes les parties du champ de bataille et que la frontière s’établit au petit bonheur, au hasard du résultat des différentes escarmouches qui se livrent pour la capture ou la défense de certains pions.
- Il arrive même que la frontière ne s’établit pas du tout, nos deux commençants perdant la tête au milieu du désordre qu’ils ont provoqué, et ne sachant plus comment faire pour reconnaître quelles sont les régions qui appartiennent à chacun d’eux, et quelles sont celles qu’ils doivent abandonner à l’adversaire, ne pouvant pas les défendre. Dans ces mélées confuses se produisent souvent deux circonstances particulières, nécessitant deux conventions nouvelles, qui seront les dernières ; ce sont ce que l’on peut appeler les régions neutres et les coups symétriques.
- 1° Régions neutres. — Supposons que, dans un coin du damier, des pions soient disposés comme sur la figure 1. Il reste deux cases vides dans le groupe de quinze cases entouré par les blancs. Mais aucun des joueurs n’a intérêt à occuper ces cases.
- Si les blancs en occupent une, les noirs occuperont l’autre au coup suivant et captureront quatre blancs, pouvant ensuite facilement faire deux reux et rester maîtres de quinze cases.
- Si les noirs, au contraire, occupent une des cases vides, les blancs occuperont l’autre, faisant prisonniers onze noirs et restant maîtres du terrain. Une telle position s’appelle, en japonais, Seki. Les quinze cases restent neutres, et ne sont comptées en fin [de partie ni à l’un ni à l’autre des deux joueurs qui n’ont plus à se partager que 345 cases au lieu de 361.
- 2” Coup symétrique (en japonais Ko). — Supposons trois pions blancs et trois pions noirs entourant, comme sur la figure 2, 'deux cases libres A et B.
- 1° Les noirs jouent en A.
- 2° Les blancs jouent en B capturant le pion A.
- Si les noirs pouvaient de nouveau jouer en A, on se retrouverait dans la position (1) et la répétition des deux coups (1) et (2) pourrait se prolonger indéfiniment sans que la partie fasse aucun progrès. On remédie à cet inconvénient en convenant que, après les deux coups (1) et (2), les noirs
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- Fig. 3. — Le jeu de Go.
- n’ont pas le droit de jouer de nouveau immédiatement en A. Ils doivent jouer d’abord ailleurs, laissant ainsi aux blancs la faculté de jouer eux-mêmes en A et de détruire ainsi le Ko, si toutefois ils n ont pas quelque chose de plus pressé à faire dans une autre partie du champ de bataille. Nous verrons plus tard l’importance de cette dernière remarque.
- Les lecteurs qui nous ont suivi jusqu’à présent savent tout ce qu’il faut pour jouer au Go. Il est temps de leur mettre entre les mains l’instrument qui sert habituellement à jouer.
- Le Go se joue sur un lourd bloc de bois porté par quatre pieds très bas (fig. 3). Il importe que le Go soit lourd parce qu'il est placé par terre et que, s’il est heurté par un des joueurs ou un des assistants, les pions ne doivent pas se déplacer.
- Cette raison plus ou moins plausible et le goût du luxe aidant, on était arrivé à faire au Japon 'des Go en bois précieux ayant jusqu’à 0 m. 15 d’épaisseur.
- Le bois employé est toujours de nuance jaune, naturellement ou par teinture.
- Sur la face supérieure est tracé en noir un quadrillage formé par deux faisceaux de 19 lignes parallèles se coupant à angle droit. Ce quadrillage n’est pas carré, mais rectangulaire. En mesurant un jeu de dimensions normales, fabriqué au Japon, nous trouvons comme dimensions du rectangle total 392 et 427 mm, ce qui donne pour les côtés de chaque rectangle élémentaire 21 mm 8 et 23 mm 7. La différence avec un carré n’est pas bien grande, mais les Japonais y tiennent essentiellement, poussés par l’horreur de la symétrie que l’on retrouve dans toutes leurs manifestations décoratives. Cette préoccupation se retrouve dans le choix et la dimension des jetons.
- Les jetons, appelés Ishi en japonais, sont, en principe, des galets noirs et des fragments de coquillages blancs. Dans les modèles de luxe les jetons ne sont pas identiques les uns aux autres.
- Le fabricant fait tout son possible pour leur donner l’air naturel. Leur diamètre est compris entre 22 et 24 mm de telle sorte qu’il ne soit pas possible de les placer sur le damier en lignes absolument régulières sans qu’ils chevauchent, très légèrement, les uns sur les autres. Cela donne au jeu une apparence de demi-désordre qui satisfait le sens artistique des joueurs japonais. Dans les modèles un peu moins coûteux, les jetons sont de dimensions identiques les uns aux autres. Leur forme est lenticulaire, avec un diamètre d’environ 22 mm 5 et une épaisseur au milieu de 6 à 8 mm. Les blancs sont tournés dans l’épaisseur de certains gros coquillages blancs; les noirs sont faits d’une pierre noire très homogène et de grain très
- fin. Nous avons décrit le modèle classique du jeu de Go, mais il existe, dans chaque bazar japonais, un rayon consacré uniquement à ce jeu, dans lequel on trouve des modèles de toutes dimensions et de tous prix, jusqu’au petit modèle en carton dont les jetons, en carton comprimé, sont contenus dans des sachets en cotonnade grossière. Nous avons ou-
- blié de dire qu’il y a environ 180 jetons de chaque couleur et que, dans les modèles de prix élevés, ils sont contenus dans deux boites rondes, en laque, dont la décoration est très soignée.
- Il existe un modèle destiné à être placé non pas par terre, mais sur une table. Les dimensions du quadrillage sont les mêmes que dans le modèle classique, mais le bloc de bois est remplacé par une simple planche de 20 à 25 mm d’épaisseur, coupée en deux dans le sens de la longueur, de façon à pouvoir se fermer comme un livre dans l’intervalle des parties.
- Au Japon, les pions ne doivent sortir de leur boîte que un à un, pour être placés immédiatement sur le damier. Il existe pour cela un geste rituel : le jeton doit être pris entre l’index et le médius allongés, l’index étant placé en dessous, de sorte que le jeton repose sur l’ongle de l’index et y est maintenu par la pulpe du médius (fig, 4). De cette façon il est à peu près impossible au joueur de sortir à la fois, sans être vu, deux pièces de la boîte. Gela n’aurait aucune importance pour M. Ly, ni pour nous.
- Mais les Japonais ont adopté, pour évaluer en chiffres le résultat des parties, un procédé mécanique qui suppose que les deux joueurs ont sorti exactement le même nombre de pions de leurs boîtes respectives. Si l’un d’eux en sortait plusieurs à la fois, le résultat se trouverait faussé, et les Japonais, naturellement défiants, tiennent à éviter de telles erreurs, qu’elles soient volontaires ou non.
- Comrn4 Lancelin.
- Fig. 4. — Comment 6n tient un pion.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN FÉVRIER (929 (*)
- Vénus, l’éclatante étoile du Berger, brillera, pendant tout ce mois, comme un magnifique diamant, paré de mille feux, dans le ciel du couchant. Nos soirées s’en trouveront illuminées et vont, pendant quelques semaines, offrir un aspect à la fois poétique et magnifique, que connaissent bien tous les admirateurs des beaux spectacles de la nature. Cet astre étincelant, qui brille au ciel, nous renvoyant ainsi une partie des rayons que lui déverse le Soleil, est une sœur de la Terre dans le système solaire.
- Tournant autour de l’astre central, en 225 jours environ, sur une orbite intérieure à celle de la Terre, Vénus ne peut, de ce fait, jamais passer en opposition, comme les planètes supérieures. Elle s’écarte du Soleil d’une quantité plus ou moins grande, l’écart maximum étant atteint lorsque Vénus occupe la partie de son orbite que notre rayon visuel frôle tangentiellement. C’est ce qui va se produire le 7 février prochain. Après s’être écartée jusqu’à 46° 47' à l’Est du Soleil, la distance commencera à décroître. Le moment de la plus grande élongation correspondra, bien entendu, aux époques de meilleure visibilité.
- Vénus offre alors dans les instruments un aspect quelque peu semblable à celui de la Lune à l’époque du Premier Quartier.
- L’observation télescopique de la brillante planète, possible avec de petits instruments, qui révèlent très aisément le disque et la phase, est extrêmement difficile quant aux détails de la surface. C’est un sujet sur lequel nous reviendrons d’ailleurs quelque jour. Mais il y a à la surface de Vénus des taches indubitables que la photographie a enregistrées et que certains observateurs ont vues, malgré leur extrême pâleur.
- L’étoile du Berger est si brillante qu’elle porte ombre. A la nuit complète — et naturellement si l’on est à la campagne, loin des lumières artificielles — il sera bien facile par exemple de recevoir l’ombre de la main sur une feuille de papier blanc. La petite composition qui accompagne cet article (fig. 1), et que nous devons à notre collaborateur M. Lucien Rudaux, représente la planète Vénus trônant dans le ciel, avant la fin du crépuscule, à l’époque de sa prochaine élongation, le 7 février. Par suite du mouvement diurne, la brillante planète suit une route céleste oblique par rapport à l’horizon et disparaîtra, à son coucher, à l’endroit indiqué par la flèche.
- I. Soleil. — En février, le Soleil remonte rapidement vers l’hémisphère nord. Le mois prochain sera celui de
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0“ à à partir de minuit (0“).
- l’équinoxe de printemps. La déclinaison du Soleil, de — 17° 9' le 1er février, sera de — 8° 2' le 28. La durée du jour augmentera de 9b 231" le 1er à 10h 53“ le 28.
- Le tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Dates. Heures du passage. Dates. Heures du passa
- Fév. 1er 12“ 4m 20' Fév. 15 12“ 4“ 56‘
- — 3 12“ 4“ 35‘ •— 17 12“ 4m 49*
- — 5 12“ 4m 46* — 19 12“ 4m 39‘
- — 7 12“ 4“ 55' — 21 12“ 4" 26’
- — 9 12“ 5” 0‘ — 23 12“ 4“ 11*
- — 11 12“ 5” 2‘ — 25 12“ 3m 53‘
- •— 13 12“ 5m 1‘ — 27 12“ 3“ 338
- Observations physi -ques. — L’observation du Soleil est particulièrement facile et à la portée des amateurs. Ne pas manquer de dessiner régulièrement les taches, facules et tous détails que présente la surface solaire.
- Lumière zodiacale.— Le mois de février est très favorable à l’observation de la lumière zodiacale. On la recherchera le soir, au Sud-Ouest, après le coucher du Soleil, et lorsque la nuit est presque complète. Il faut l’absence de la Lune et de toute lumière artificielle. Noter les diverses particularités présentées par cette lueur : forme (repérée par rapport aux étoiles), couleur, etc.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, en février, seront les suivantes :
- D. Q. le lei, à 14“ 10“ I P. Q. le 17, à 0“22”
- N. L. le 9, à 17“ 55m I P. L. le 25, à 18“ 59ra
- Age de la Lune, le 1er févirer, à 0“ = 21J,0; le 10 février, à 0h = 01,3. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 10. Et, pour une heure déterminée, ajouter 01,0417 par heure écoulée depuis minuit précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune le 6 février — —26° 30'; le 19 février = -f- 26° 36'. On remarquera la grande hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon deux jours après le Premier Quartier.
- Apogée de la Lune le 4 février, à 8h. Parallaxe = 54' 8". Distance =405 070 km.
- Périgée de la Lune, le 20 février, à 6h. Parallaxe = 59' 42". Distance =367 300 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 17, occultation de x du Taureau (gr. 4,3), de 23h53m à 0“ 41“ du 18.
- v. *
- Fig. 1.— La planète Vénus, l’ « Étoile du Berger », à l’époque de sa prochaine élongation— le 7 février 1929 — trônera dans le ciel, au-dessus du crépuscule.
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- ASTRE Dates : FÉVRIER Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 748”. 12h 4ra46" 16h 53m 21h 15’1 — 15° 59' 32' 30" 0 Capricorne
- Soleil .... 15 7 1 12 4 56 17 9 21 54 — 12 45 32 26,4 Capricorne »
- 25 6 43 12 3 53 17 26 22 33 — 9 10 32 21,6 Verseau
- 5 7 6 12 14 17 23 21 27' — 11 31 10,0 v Verseau
- Mercure . . . 15 6 4 10 57 15 50 20 47 — 14 41 9,8 0 Capricorne Inobservable.
- 25 5 39 10 23 15 6 20 53 — 16 39 8,2 0 Capricorne
- 5 8 49 15 0 21 10 0 8 + 1 42. 23,6 39 Poissons Admirable le soir.
- Vénus . . . . 15 8 22 14 55 21 28 0 43 + 6 38 26,2 Poissons | Plus grande élongation
- 25 7 52 14 47 21 42 1 12 + 10 47 29,6 r\ Poissons le 7.
- 5 11 50 20 11 4 32 5 22 + 26 21 11,2 p Taureau
- Mars 15 11 18 19 39 3 59 5 29 + 26 16 10,2 p Taureau Presque toute la nuit.
- 25 10 50 19 11 3 31 5 40 -f 26 12 9,2 Ç Taureau
- Jupiter. . . . 15 9 22 16 21 23 20 2 10 + 12 6 35,0 Bélier Première partie de la nuit.
- Saturne . . . 15 3 52 8 4 12 15 17 52 — 22 16 14,2 u. Sagittaire Avant l’arrivée du jour.
- Uranus. . . . 15 8 21 14 30 20 39 0 20 + 1 24 3,4 44 Poissons Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune . . . 15 17 23 0 22 7 21 10 10 + 12 0 V a Lion Toute la nuit. Opp°" le 19.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront du 10 au 15 février, après la Nouvelle Lune et surtout du 23 au 28 février, époque de la Pleine Lune. Voici quelques-unes de ces plus grandes marées avec leurs coefficients :
- Dates. Malin. Soir.
- Février 23 0,88 0,93
- — 24 0,97 1,00
- — 25 1,01 1,01
- — 26 1,00 0,97
- — 27 0,93 0,89
- — 28 0,83 0,77
- III. Planâtes.— Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1929, contient les renseignements pour observer les principales planètes pendant le mois de février 1929.
- Mercure est inobservable ce mois-ci, se trouvant en conjonction inférieure avec le Soleil, le 7 février, à 4L
- Vénus se couche environ quatre heures après le Soleil. Elle est dans des conditions de visibilité extrêmement favorables, sa plus grande élongation du soir se produisant le 7 février, à llh, à 46° 47' à l’Est du Soleil.
- L’observation de cette planète, même avec de grands instruments, est extrêmement difficile et l’on a la plus grande peine à distinguer des détails à sa surface. Phase de Vénus, le 15 février —0,623.
- Mars est encore visible presque toute la nuit. Son diamètre diminue très sensiblement. Il faut se hâter de l’observer ce mois-ci, avec les instruments de moyenne puissance. Mars a, en ce moment, une très forte déclinaison boréale et s’élève très haut dans le ciel.
- Phase de Mars, le 15 février —0,921.
- Jupiter, dont la visibilité a été si remarquable en ces derniers mois, se couche de plus en plus tôt et il convient de l’observer dès l’arrivée du crépuscule. *
- Pour cela, la plus petite lunette est suffisante.
- Un grossissement de 40 diamètres montre Jupiter avec un diamètre apparent égal à celui de la. Lune vue à l’œil nu.
- Voici la liste des phénomènes que présenteront les principaux satellites, dans leur révolution autour de Jupiter. Ces phénomènes sont du plus haut intérêt à suivre et l’es petites lunettes conviennent parfaitement.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Février. Heure. Satel- lite. Phéno- mène DATES Février Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 22h 36“ II Im. 13 2 P 22“ I P. c.
- 2 21 8 III P. ç. 13 22 33 III E. f.
- 2 23 14 III P. f. 13 22 38 I O.c.
- 3 17 48 II P.c. 14 18 43 I Im.
- 3 20 7 II P. f. 14 22 8 I E. f.
- 3 20 28 II O.c. 15 18 2 I P. f.
- 3 22 42 II O. f. 15 19 16 I O.f.
- 5 22 15 I Im. 19 19 45 II Em.
- 6 18 31 III E. f. 19 19 54 II E. c.
- 6 . 19 24 I P. c. 19 22 10 II E. f.
- 6 20 42 I O.c. 20 19 40 III Im.
- 6 21 34 I P. f. 20 21 52 III Em.
- 6 22 51 I O.f. 21 20 42 I Im.
- 7 20 13 I O.f. 22 17 51 I P.c.
- 8 17 20 I O.f. 22 19 3 I O.c.
- 10 20 29 II P. c. 22 20 1 I P. f.
- 10 22 49 II P. f. 22 21 12 I O.f.
- 12 19 32 II E. f. 23 18 33 I E. f.
- 13 17 36 III Em. 26 20 9 II Im.
- 13 20 24 III E. c. 28 19 51 II O.f.
- Saturne se lève le 15, vers 4h du matin. On ne pourra donc l’observer que pendant peu de temps, avant l’arrivée du jour.
- En 1929, l’anneau de Saturne nous présentera sa face boréale.
- Uranus est encore visible dès l’arrivée de la nuit. Pour le
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- trouver, utiliser une bonne carie et les positions de la planète, que voici :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Février 5 0h 18“ _|_ 10 13' 3"4
- — 15 0h 20” + 1° 24' 3"4
- — 25 0h 22” -f- 1° 36' 3"2
- Uranus est visible à l’œil nu, pour les bonnes vues. Avec une jumelle, il est extrêmement facile de le suivre sur le ciel. Dans une bonne lunette, cette planète paraît comme un petit disque bleuâtre de 3" à 4" de diamètre.
- Neptune se trouvera en opposition avec le Soleil le 19 février, à 3h. Il sera ainsi visible toute la nuit.
- A'oici quelques positions où F on pourra le rechercher :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Février 5 10h11” + 11° 54' 2"4
- — 15 10h10” + 12° 0' 2"4
- — 25 10h 9” + 12° 6' 2"4
- Neptune brille dans les profondeurs du ciel comme une étoile de 8e grandeur environ.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 8, à 1\ Yénus Le 9, à 3h, Mercure Le 13, à 1\ Uranus Le 13, à ÎO*, Vénus Le 15, à 8\ Jupiter Le 15, à 16h, Vénus Le 18, à 20h, Mars Le 23, à 8\ Neptune
- la Lune, à 3° 43' N.
- Uranus, à 1° 58' N.
- la Lune, à 8° 56' N.
- — à 3° 34' N.
- —- à 5° .51' N.
- — à 0° 52' N.
- — à O» 15' S.
- — à 0° 33' N.
- — à 4° 42' S.
- Étoiles variables. — L’étoile variable Algol (p Persée) est extrêmement intéressante à suivre dans ses fluctuations d’éclat. Cette observation peut se faire aisément à l’œil nu. Voici les minima d’éclat d’Algol pendant le mois de février : le 8, à 0h 46m; le 10, à 21h 35m; le 13, à 18h 25”.
- Étoiles filantes. — Un seul essaim d’étoiles filantes est actif en février. En voici les caractéristiques d’après le tableau donné par M. W.-F. Denning dans VAnnuaire du Bureau des Longitudes.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine
- Février 16 74° -j- 48° a Cocher.
- V. Constellations. — Le ciel, en février, ne le cède en rien, dans les premières heures de la nuit tout au moins, à l’éclat de celui de janvier,
- Les constellations qui sont au-dessus de l’horizon renferment les plus brillantes étoiles et un grand nombre de curiosités sidérales, à la portée des instruments de faible ou de moyenne puissance.
- Au Zénith : Le Cocher, Persée, puis, à peu de distance, les Gémeaux et le Taureau. Capella est presque exactement au Zénith.
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire), le Dragon.
- A l’Est : La Vierge se lève ; le Lion et le Cancer.
- Au Nord-Est : La Grande Ourse remonte.
- Au Sud : Le Grand Chien, Orion, le Petit Chien, la Licorne et le Navire.
- A l’Ouest : Andromède va disparaître ; le Bélier et les Poissons descendent. La Baleine se couche.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PAPIER INDICATEUR FOUR LE CONTROLE DES LAITS
- On soit que le lait, en s’altérant, devient plus acide et finit par coaguler. Pour vérifier l’état de fraîcheur des laits, on a donc proposé de mesurer leur degré d’acidité. M. Dornic a réalisé dans ce but une méthode et des appareils qui donnent rapidement la teneur en acide lactique et l’expriment par une lecture sur une burette graduée en divisions qu’on a appelées degrés Dornic.
- Jusqu’à 20 degrés Dornic, le lait est normal et de bonne qualité; au delà, il est altéré, malpropre, à rejeter.
- On a pensé à remplacer la titrimétrie par l’iométrie pour le contrôle des laits, comme pour bien d’autres cas, et M. Tapernoux vient de signaler dans la Revue d’Rygiène une nouvelle technique très simple qui mérite d’être connue.
- Voici comment il la présente :
- « La méthode colorimétrique pour la détermination dupH donne des résultats pratiquement suffisants lorsque les solutions étudiées sont limpides. Malheureusement il n’en est pas de même pour le lait, milieu opaque en raison de sa constitution. Dans le cas du lait, la détermination colorimétrique du pH donne des résultats très irréguliers. De nombreux auteurs ont essayé d’obtenir, à partir de ce liquide, des solutions limpides permettant l’utilisation des indicateurs. Ces méthodes semblent critiquables parce qu’elles ont pour effet de détruire l’équilibre des composants du lait et par suite d’altérer sa réaction, D’autres auteurs ont opéré directement sur le lait, malgré les inconvénients que présente la méthode directe. Les résultats obtenus semblent encourageants. Morres, en 1911, emploie la solution alcoolique d’alizarine ; Baker et Van Slyke, en 1919, utilisent le pourpre de bromocrésol ; Kolthoff, en 1920, donne la préférence au rouge de phénol; Cooledge, ainsi que moi-même, avons utilisé avec Satisfaction le bleu de bromothymol. Enfin, je signale que l’acide rosolique a été également employé, surtout pour rechercher les laits additionnés de conservateurs alcalins.
- «Il m’a paru intéressant d’utiliser lerouge de méthyle ou acide diméthyl-amino-azobenzène -O- carbonique pour la recherche des laits acides. L’intervalle de virage de cet indicateur est compris entre pH 4,4 et pH = 6,2. J’ai pu même préparer un papier indicateur en humectant du papier-filtre préalablement lavé et neutralisé avec une solution hydroalcoolique de rouge de méthyle à 1 p. 1.000. Le papier ainsi préparé présente une couleur jaune franc et doit être conservé à l’abri des vapeurs acides ou alcalines. Lorsqu’il est trempé dans le lait frais de vache, puis retiré, sa couleur reste jaune, si l’acidité du lait ne dépasse pas 20 à 21e Dornic.
- Trempé dans un lait plus acide, le papier, prend une teinte d’abord orangée, qui tranche nettement avec la teinte jaune de la partie non humectée. Lorsque l’acidité du lait est forte, la teinte de la partie humectée passe au rouge orangé.
- « La préparation d’un papier m’est apparue comme pratiquement très intéressante pour simplifier les manipulations. Le contrôle de l’acidité exige, en effet, soit un dosage, soit un mélange d’une quantité déterminée de lait avec une quantité déterminée de solution colorante. L’emploi des papiers indicateurs, d’une façon générale, permettrait aux agents chargés de vérifier la qualité marchande des laits et, au consommateur lui-même, de se rendre compte de l’état de conservation de cet aliment de première nécessité. »
- CONSERVATION DES AQUARELLES
- On sait que la lumière du jour altère les teintes tendres des aquarelles et les rend incolores au bout de quelques années. Pour éviter cet inconvénient, il suffit de badigeonner la vitre du tableau avec une* solution de sulfate de quinine.
- Apparemment rien ne sera changé, attendu que la solution en question est incolore et ne teinte pas la vitre. Cependant elle prive les rayons lumineux qui la traversent de leur propriété décolorante.
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- POUR GARNIR DE BITUME L’INTERVALLE ENTRE LES PAVÉS
- Il est quelquefois très iutéressant de garnir, avec du bitume, les intervalles qui existent entre les pavés d’une cour. Cela évite, bien entendu, que les herbes ne puissent pousser et le lavage de la cour peut se faire très proprement sans risque d’enlever la terre entre les pavés, si ceux-ci ne sont pas placés très exactement les uns à côté des autres.
- On se sert pour cela de bitume comme celui qui garnit les trottoirs des grandes villes, mais il est difficile de régler la mise en place du bitume pour qu’elle fournisse simplement les petites rigoles entre les pavés.
- On fabrique un appareil très simple en tôle, ayant la forme d’un entonnoir très allongé fermé par un couvercle et tenu par une poignée placée sur le couvercle. Sur le côté et dans le haut de cet entonnoir, est percée une ouverture de manière qu’on puisse introduire des petits morceaux de bitume pour garnir complètement l’entonnoir.
- On se sert alors d’une lampe à souder et on dirige la flamme
- — E CHRONIQUE
- Record de vitesse avec charge.
- Le 20 novembre dernier, le record de vitesse sur 100 km, avec charge utile de 1000 kg, a été battu par l’aviateur français Paillard.
- La vitesse moyenne réalisée s’élève à 223 km-h.
- L’appareil utilisé est le Bernard-Hubert, monoplan en porte à faux, construit en bois, présenté au dernier Salon de l’aéronautique en avion commercial. Il pesait au décollage 4650 kg.
- La charge alaire était ainsi de 114 kg/mq, chiffre remarquable.
- Ligne postale Toulouse-Santiago.
- La ligne postale Buenos-Aires-Santiago vient d’être ouverte par le pilote Mermoz.
- Parti de Toulouse, le 9 novembre, le courrier postal est arrivé le 19 à Santiago. La liaison France-Chili est ainsi obtenue en dix jours par la ligne française de l’Atlantique Sud.
- Amphibie commercial Lœning.
- Le constructeur américain Lœning vient de créer un appareil amphibie commercial, destiné au transport de six passagers; cet amphibie dérive de l’appareil Lœning O. L. 8, qu’utilise la marine et le service de répression des fraudes américains.
- La voilure de l’appareil est biplane à ailes égales. Elle présente un léger dièdre et un décalage positif. Les plans inférieurs seuls portent les ailerons. La structure des plans comporte deux longerons caissons de spruce et des nervures d’alliage léger embouti (Alclad). Le recouvrement est en toile. Cabane et mâts de cellule sont en tubes d’acier profilés (les mâts de cellule en N, soudés à l’autogène).
- La coque est à un redan, à fond très amorti, elle comporte une charpente en bois assemblée par goussets d’alliage léger boulonnés. Le recouvrement, en tôle, est fixé à cette charpente par boulons; une toile imprégnée de glu marine, interposée, assure l’étanchéité. Des cloisons divisent la coque en compartiments étanches. .
- Fixé à la partie supérieure de la coque et prolongeant celle-ci vers l’arrière, le fuselage proprement dit comporte, de l’avant à l’arrière : le moteur, un « Wasp » de 425 ch; le poste de pilotage placé au droit du bord d’attaque du plan inférieur; la cabine pour six (passagers, éclairée par six fenêtres et fermée par un plafond mobile.
- ................------------ = 39 =
- vers l’extrémité de l’entonnoir. Le bitume fond, il coule à l’extrémité sous forme d’un jet que l’on dirige dans les rigoles à garnir.
- On opère ainsi très rapidement pour la réfection d’une assez grande surface.
- POUR PERCER UN TROU DANS UNE LAME DE SCIE
- Une scie à métaux cassée n’est pas toujours une scie à mettre à la ferraille, surtout si la cassure s’est produite à la hauteur du trou de fixation à la monture. Rien n’est plus facile que de refaire un trou dans la lame, mais il est nécessaire d’opérer de la façon suivante, si l’on veut mener à bien cette réparation.
- On fait une ligature en ficelle au-dessous du point où l’on veut percer le trou, après l’avoir au préalable plongé dans l’eau, sans que cependant l’eau ruisselle sur la lame. On chauffe ensuite rapidement la partie qui dépasse à l’aide d’une lampe à souder, par exemple, et on laisse refroidir.
- L’acier est ainsi détrempé et se laissera percer par un bon foret. Chauffer à nouveau l’extrémité et l’immerger aussitôt dans l’huile pour tremper.
- D'aviation ..................;..
- Les empennages sont de construction métallique à revêtement rigide.
- Le moteur actionne une hélice métallique à trois pales; il cômporte un pot d’échappement placé sur le plan supérieur (à cloisons concentriques perforées).
- Un train relevable d’une voie de 2 m. 16 porte l’appareil; il est formé de deux barres articulées à la coque, et d’une
- Amvhibie commercial Lœning.
- barre mobile liée au dispositif de relèvement (électrique ou à volant). En position relevée, les roues viennent s’encastrer dans des cavités de la coque, ainsi que les barres du train.
- Pour permettre des atterrissages en campagne très courts, le fond de la coque a été renforcé. L’atterrissage peut ainsi être effectué, le train étant relevé; le freinage est alors très énergique.
- Le départ peut ensuite être pris en abaissant le train dans des trous creusés dans le terrain, de chaque côté de l’appareil.
- Les caractéristiques de l’amphibie sont les suivantes :
- Envergure . . . . 13 m. 70
- Longueur . . . . 10 m. 60
- Surface. . . . . 46 m2 36
- Poids à vide . . . . 1676 kg
- Charge utile . . . . 996 kg
- Charge payante .... . . . 543 kg
- Vitesse maxima .... . . . . 193 km/h.
- Vitesse minima .... . . . . 80 km/h.
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- ; LIVRES NOUVEAUX
- Tables nautiques, par C. Commet, 1 Toi. in-S, 30 p., 7 fig. et un graphique d’azimut-. Gauthier-Villars, Paris, 1928. Prix cartonné toile : 15 francs.
- Les calculs nautiques que l’on effectue couramment à la mer sont : 1° les calculs approchés, au degré près, tels que l’azimut des astres, le problème de l’identification, la route et la distance orlhodromiques ; 2° les calculs plus précis, à la minute de degré près, relatifs à la droite de hauteur. Les deux tables de cet ouvrage permettent de résoudre le triangle sphérique avec sûreté et rapidité par décomposition en deux triangles rectangles. La table I permet d’effeetuer tous les calculs approchés ; la table II permet le calcul logarithmique précis de la droite de hauteur, le point déterminatif pouvant être obtenu par l’une quelconque des méthodes en usage. Ces deux tables, avec celles que contiennent les Ephémérides nautiques, permettent d’effectuer tous les calculs utiles à lu mer. Une petite table en une page a été ajoutée pour le calcul rapide des circumméridiennes.
- Les procédés modernes de 'fabrication de l'acide sulfurique (chambres de plomb), par L. Piersom. 1 vol. 911 p., 317 fig., J.-B. Baillière et fils, éditeurs. Paris, 1928. Prix broché : 150 francs.
- L’acide sulfurique constitue une des substances essentielles de l’industrie chimique. Sa fabrication a été l’objet de progrès continus qui ont permis de le produire à bon marché. Parmi les très nombreux procédés proposés, deux seulement sont aujourd’hui utilisés en grand : le procédé des chambres de plomb, et le procédé de contact avec un acide très concentré. Le première de ces deux méthodes forme seule l’objet du présent ouvrage. Après un rapide historique, l’auteur étudie les diverses matières sulfureuses qui peuvent intervenir dans la fabrication de l’acide : soufre, pyrites, etc., ainsi que les modes de préparation et de purification de l’anhydride sulfureux qui sert de point de départ. Il résume les théories proposées pour les réactions chimiques dans les chambres de plomb. Il décrit en détail les installations à chambres de plomb et les diverses variantes proposées ou réalisées pour les éléments d’une telle installation; il en discute les avantagés. Il étudie ensuite la purification de l’acide, les procédés d’analyse et l’utilisation des sous-produits et leur fabrication. Il termine par l’examen de quelques documents statistiques.
- Lingots et lingotières,p&r A.-AV. Brearleyet IL Brearley, traduit de l'anglais par C.-F. Coulera. 1 vol. 224 p., 109 lig. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1928. Prix net ; 50 francs.
- La coulée de l’acier en lingots offre de sérieuses difficultés et les produits obtenus offrent souvent des défauts graves. Pour y remédier avec certitude, il faut évidemment déterminer exactement les causes qui les provoquent et c’est là une analyse extrêmement difficile, puisqu'elle exige, en apparence tout au moins, l’examen interne d’un grand nombre de lingots ohtenus dans des circonstances bien déterminées. Les auteurs ont employé une méthode expérimentale différente; ils examinent tout d’abord le processus de solidification de lingots de cire coulés en lingo-tière métallique. Et des phénomènes ainsi observés, ils déduisent, par analogies raisonnées, ceux qui doivent se produire dans une masse d’acier en cours de refroidissement. Par le même procédé, ils étudient les formes de lingotières les plus favorables. Cette étude originale, faite par deux spécialistes de l’acier coulé, offre un vif intérêt pour les praticiens.
- Eléments de biologie marine, par L. Joubin, 1 vol. in-8, 358 p., 76 fig. Collection « Science et Civilisation ». Gauthier-Villars et Cie. Paris, 1928. Prix : 25 francs.
- Les recherches sur la mer et les êtres de toutes sortes qui la peuplent ont conduit à un très grand nombre de découvertes du plus haut intérêt. Mais la complexité et la dispersion de tous ces documents dans d’innombrables recueils en rend l’examen inabordable pour tous ceux qui ne sont pas spécialistes. L’auteur, résumant nombre de travaux, montre l’influence des conditions physiques de la mer sur les animaux qui la peuplent; il étudie les variations des faunes et flores selon que l’eau est plus ou moins salée, éclairée, réchauffée, profonde. L’influence de ces divers facteurs sur la distribution géographique des êtres marins, un aperçu de la faune abyssale et du plancton, la construction du sol sous-marin parles êtres vivants, forment autant de chapitres intéressants. L’étude des métamorphoses compliquées des animaux, de leurs migrations, de leur alimentation, de leur reproduction, de leur activité lumineuse, complètent ce tableau qui se lit d’un bout à l’autre avec agrément.
- Au Nord du Groenland par le Dr Lange Koch, traduit du danois par Margaethe Troclc. 1 vol. 294 p., 12° fig., 2 cartes hors texte. Editions Pierre Roger, Paris 1928.
- Le Dr Lange Koch, le grand explorateur danois, a entrepris en 1921 l’exploration scientifique de la cote Nord du Groenland, en particulier de la terre de Peary; accompagné seulement de trois Esquimaux, il fit dans ces régions désertes et désolées un long et périlleux séjour. C’est le récit de celte audacieuse expédition dont Mlle Troclc nous offre une élégante traduction, récit plus passionnant qu’un roman d’aventures, car c’est celui d’une lutte héroïque et sans répit contre une nature hostile, qui exige de ceux qui l’affrontent des efforts physiques et moraux poussés jusqu’à l’extrême limite des forces humaines; de cette narration très simple et sans apprêts se dégage une puissante figure de chef, celle du Dr Koch; ses éminentes qualités d’organisateur et sa vigueur morale ont seules permis le retour à bon port de l’expédition. On trouvera dans ce beau livre, non seulement le récit des exploits de chasses et de sport et celui d’angoissantes aventures, mais encore des descriptions captivantes et précises, des données précieuses sur l’organisation d’une expédition polaire, sur la faune du Groenland, ainsi que de profondes réflexions sur la psychologie du commandement.
- Le paléolithique de la Chine, par M. Boule, H. Breuil, E. Licent et P. Teilhard. 1 vol. in-4, 138 p., 53 fig., 30 pi.,
- . Mémoire n° 4 des Archives de l’Institut de Paléontologie . humaine. Masson et Cie, Paris, 1928. Prix : 160 fr.
- Le Père Licent, directeur du musée Ilangho-Paiho à Tientsin, explore depuis 1914 les régions les moins connues du bassin du Fleuve Jaune; le Père Teilhard de Chardin, en 1923 et 1924, a fouillé en Chine centrale la région de l’Ordos qui confine au nord au désert de Gobi, il y a trouvé un nombre d’objets considérable, capitaux tant ,pour la connaissance de la faune paléon-tologique que pour celle de la préhistoire chinoise et il a fait ses fouilles avec un souci remarquable de précision stratigraphique. Leurs découvertes ont été étudiées à l’Institut de paléontologie humaine, celles de paléontologie avec l’aide deM. Boule, directeur de cet institut, celles d’archeologie préhistorique par M. l’abbé Breuil. J
- Cette collaboration a abouti à l’ouvrage actuel. Dans une première partie, MM. lés abbés Teilhard et Licent, après avoir rappelé ce qu’on sait actuellement du pléistocène de Chine, étudient trois régions qu’ils connaissent bien, et, discutent le problème du lœss. Dans la deuxième, MM. Marcelin, Boule et Teilhard de Chardin décrivent les fossiles rencontrés, dont certains remarquables tels que le rhinocéros, l’hémioiie, l’éléphant, divers rongeurs, etc; Dans la troisième, M. l’abbé Breuil examine les échantillons de l’industrie lithique recueillis.
- Dans une introduction, M. Boule attire l’attention sur l’importance de ces découvertes et montre l’intérêt des conclusions qu’on en peut tirer : existence du paléolithique en Asie centrale; caractères du lœss qui ne présente pas l’extraordinaire épaisseur signalée par Richtofen, mais se rapproche des mêmes sols de la Russie de l’Europe centrale, et qui n'est pas exclusivement d’origine éolienne; fixation exacte de l’âge du grand lœss chinois par des horizons paléontologiques renfermant de nombreux témoins de la faune mammalogique qui se montre formée d’espèces éteintes, d’espèces actuellement émigrées et d’autres vivant encore dans le pays; existence de stations humaines, avec foyers, à industrie de la'pierre analogue à celles des autres pays.
- Le paléolithique chinois révélé par cette étude ne forme pas un type isolé, exceptionnel ; il doit donc éclairer la préhistoire des autres pays et c’est là ce qui fait son intérêt exceptionnel.
- Ajoutons que, comme toutes les publications do l’Institut de Paléontologie humaine, celle-ci est admirablement présentée et illustrée de magnifiques planches en phototypie.
- La Vénerie, de Jacques du Fouilloux, précédée d’une notice biographique sur l’auteur par M. Pressac, et d’une bibliographie des éditions de la Vénerie. 1 vol. gd in-8° jésus de LV-267 p., 58 fig. Emile Nourry, éditeur, Paris, 1928. Prix : 75 francs.
- La Vénerie de du Fouilloux, célèbre veneur du xvie siècle, est un ouvrage justement renommé aussi bien par l’originalité et la saveur de son style que par sa science des choses de la chasse. La librairie Nourry nous en offre une luxueuse réédition ornée de naïves et curieuses figures reproduites de l’édition de 1585. S’il y a aujourd’hui beaucoup de chasseurs, les veneurs sont devenus fort rares. Mais point n’est besoin de pratiquer ce noble sport pour prendre un vif plaisir à la lecture de ce livre écrit dans une langue excellente, avec beaucoup de naturel et de pittoresque.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHRONOMÉTRIE
- L’électrification du Gros-Horloge de Rouen.
- Il existe à Rouen une vieille et célèbre horloge qui fait l’admiration des visiteurs de cette belle ville. C’est le Gros-llorloge construit en 1389.
- Depuis cette date reculée, l’horloge était remontée à la main.
- Cette opération s’effectue aujourd’hui mécaniquement à heure fixe.
- Chaque jour à 21 heures, une pendule électrique établit un contact qui met en route un moteur électrique. Celui-ci fait alors fonctionner le mécanisme du remontoir.
- « Détail et dépenses du repas servi au souper, le jour du contrat de mariage de ma filhe 12 avril 1779. »
- PREMIERE TAULE DE 30 COUVERTS
- Premier service de 20 plais.
- 4 grosses pièces, scavoir : livres sols
- Un quartier de mouton au chevreuil('). . 4 10
- Une queue de saumon pezant 11 livres. . 21 )>
- Une forte longe de veau . 3 10
- Un dindon 16 entrées, scavoir : . 4 10
- Deux poulets à la broche O . O ))
- Quatre pigeons de volière ...... 4 ))
- Fig. 1. — A gauche : Le Gros-Horloge de Rouen. — Au milieu : L’ancien remontoir à main, manié par le conservateur,
- M. Vaumousse
- A droite : La pendule électrique actionnant le nouveau remontoir (Photos Keystone-Yiew).
- GASTRONOMIE
- L’appétit de nos ancêtres.
- Le menu pantagruélique qui suit est extrait d’un livre de comptes tenu régulièrement par une maîtresse de maison du xvme siècle.
- Ce curieux document prouve une fois de plus que, contrairement à ce qu’on lit dans beaucoup de manuels à l’usage des écoles, nos ancêtres ne vivaient pas seulement « d’herbe et de pain noir », sous l’ancien régime.
- Cette pièce d’archives privées que nous transcrivons textuellement, nous renseigne aussi sur le prix des denrées alimentaires de luxe (*).
- Deux albrans 4 »
- Cinq paires d’ailerons 3 10
- Une entrée de noix de veau à l’oseille. . 3 »
- Une de filet de bœuf . 3 10
- Une de ris de veau . . . 3 )ï
- Quatre filets de lièvre . 4 »
- Un aspic de tendons d’agneau 3 »
- Un pâté chaud de bécassines 3 10
- Une timbale de pigeons 3 »
- Un carré de veau glacé 2 6
- Des queues de mouton frites 2 10
- Des oreilles de veau frites 2 10
- Des cervelles de mouton 2 10
- Des langues de mouton 2 10
- 1. Ces prix s’entendent préparation comprise.
- 1. Mouton mariné à l’huile et au vin blanc.
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- Détail des desserts.
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- Second service de 28 plats.
- 4 grosses pièces, scavoir : livres sols
- Un gâteau de Savoye . 12 ))
- Un pasté de lièvre . 9 »
- Un jambon pesant 16 livres . 18 )>
- Un dindon en daube en terrine décorée. . 12
- 4 plats de rot, scavoir :
- Deux poulets ))
- Trois pigeons de volière 3 ))
- Un plat de veau . 2 10
- Une paire de perdreaux rouges. . . . . 5 ))
- 16 plats d’entremets, scavoir :
- Des asperges en bâton . 1 16
- Des haricots verts . 1 10
- Des épinards............................. 1 10
- Des petits pois............................ 1 16
- Une brioche................................ 1 4
- Un gâteau au riz........................... 3 »
- Une tourte à la confiture................ 1 16.
- Un plat de blanc-manger.................... 3 »
- Sept petits pots de gelée douce............ 2 10
- Sept petits pots à la cresme............... 2 10
- Un plat d’écrevisses........................2 »
- Un vol au vent garni d’une compote. . . 1 16
- Un gros pain au chocolat................... 1 10
- Un plat de pommes à la cresme, .... 1 16
- Deux saladiers de citrons.................. 1 10
- Deux saladiers d’olives................... 1 16
- Plus quatre salades d’herbes faites dans la maison.
- Six fromages glacés....................
- Quatre assiettes de biscuits à la cuillère Quatre assiettes de méringues . . . Quatre assiettes de confitures glacées Quatre assiettes d’amandes grillées . Quatre assiettes de pralines .... Quatre assiettes de pastillage. . . . Quatre assiettes de conserves. . . . Quatre compotiers de fruits à l’eau-de-vie Deux assiettes de pâte de pommes Deux compotiers cerises et coings Deux compotiers abricots et prunes Deux pots de gelée de groseille Douze oranges à 3 sols. . . .
- Cinq citrons à 2 sols.........
- Cinquante gaufres à 1 sol . .
- Loyer des cristaux............
- Quatre livres de dragées fines Six livres dragées ordinaires.
- Deux saladiers de cresme fouettée fournie ainsi que quatre assiettes de fruits.
- livres
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- Détail des vins.
- Quatre bouteilles de Champagne à 3 liv.
- 10 sol............................... . 14 »
- Plus quatre bouteilles de Mulsaut à 30 s. . 6 »
- Plus dix bouteilles de Bourgogne à 45 s. . 22 10
- Plus quatre bouteilles de Malaga à 50 s. . 8 »
- Le tout montant............50 10
- Plus quatre bouteilles d’huile d’anis prises à Issoire, à 40 s. . ................ . 8
- 58 10
- En récapitulant tous les mets servis à ce repas, on obtient le total de 48 plats et 32 variétés de dessert!...
- Pour copie conforme : J. Chataing.
- AUTOMOBILISME
- Sur te passage des automobiles.
- Cette curieuse photographié, d’un caractère réellement énigmatique pour qui la regarderait sans explications préalables, a été prise un soir delà semaine dernière dans un des grands parcs de Londres, près d’un carrefour que coupe une route exclusivement réservée aux automobiles.
- Placé sur une passerelle, le photographe soumit sa plaque sensible à une exposition de vingt minutes et obtint l’étonnant résultat que l’on voit ici.
- Les véhicules passaient trop rapidement pour laisser leur image sur la plaque, surtout à une heure aussi tardive; mais les rayons continus de leurs phares furent fidèlement retenus en reproduisant un écheveau qui apparaît particulièrement épais sur la partie la plus éloignée de la chaussée, avant que celle-ci n’ait atteint le carrefour, où le flot de voitures s’éparpilla par les routes transversales.
- On distingue très nettement quelques lampadaires en bordures des voies. Les points lumineux aperçus sous bois, surtout à gauche, doivent marquer des troncs d’arbres illuminés soit par des lampadaires invisibles, soit par la lumière des fanaux.
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- PETITES INVENTIONS
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE Mesure des températures superficielles.
- Pour mesurer les températures de surfaces chauffées, il faut généralement appliquer des méthodes complexes qui ne relèvent la plupart du temps que des laboratoires de recherches ou d’essais et qui sont peu admissibles dans l’industrie.
- La difficulté que l’on rencontre, en effet, pour des mesures de ce genre provient du fait qu’à la surface des corps solides, les conditions physiques changent brusquement et que, par conséquent, le gradient de température varie rapidement au point qu’on veut contrôler. En réalité, la surface en question est une limite de séparation d’un milieu solide, générale-
- Dans ce dernier cas, il y a également une certaine quantité de chaleur perdue à la soudure chaude, par conduction, le long des fils du couple et cette perle est assez importante.
- Les instruments employés jusqu’ici pour déterminer la température des surfaces sont cependant basés sur les deux méthodes précédentes, en les agençant de manière que les erreurs soient réduites au minimum. Ainsi on ménage des surfaces de contact aussi grandes que possible et on utilise des revêtements calorifuges. Malgré tout, la précision qu’on obtient n’est suffisante que si les mesures s’exécutent rapidement, alors qu’il faut généralement plusieurs minutes pour que l’équilbre thermique soit atteint.
- De nouveaux modèles de pyromètres pour mesurer les
- A, pyromètre de
- surface à boucle, pour mesurer la
- température
- l’intérieur
- des
- moules.
- B, pyromètre à plusieurs rubans pour mesure de températures basses.
- C, pyromètre à 5 rubans bimétalliques pour mesure de la température des organes
- peu accessibles.
- D, modèle avec appareil de mesure séparé.
- ment bon conducteur de la chaleur, et d’un milieu gazeux; l’air qui, lui, est mauvais conducteur.
- Appliquons un thermomètre à mercure ordinaire contre une surface métallique chaude. Le réservoir du thermomètre interpose naturellement, entre le mercure et le métal, une certaine épaisseur de verre et, en réalité, on mesure tout simplement la température de l’air à une petite distance de la surface. De plus, le réservoir de verre n’est en contact avec celle-ci que sur une faible partie de sa surface.
- La chaleur qui est fournie par le métal est donc perdue dans une très grande proportion par conduction. C’est une source d’erreur qui d’ailleurs n'est pas spéciale à l’emploi du thermomètre à mercure, mais est également le fait d’un couple thermo-électrique ordinaire.
- températures superficielles ont été imaginés afin de permettre la précision et la rapidité des mesures, grâce à l’emploi d’un couple thermo-électrique spécial, celui-ci est constitué par un ruban de métal mince relativement large, qui, appliqué sur une surface chauffée, prend presque instantanément sa température.
- Dans le type le plus courant, le couple est formé de deux métaux convenablement soudés bout à bout et travaillés de façon à constituer un ruban continu et souple, dont les deux faces sont polies. On tend ce ruban par un ressort dans un cadre, qui forme en même temps une poignée commode pour manœuvrer l’appareil.
- La soudure est au milieu du ruban métallique et lorsqu’on applique celui-ci sur la surface dont on veut mesurer la
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- température, le ruban épouse la forme, de sorte que sur plusieurs centimètres de longueur, il est en contact intime avec la surface et de part et d’autre de la soudure.
- La chaleur qui s’échappe dans le ruban par conduction est tout entière fournie par la portion de ruban en contact avec la surface chaude, tandis qu’aucune quantité de chaleur n’est perdue en provenance de la soudure chaude proprement dite. Le ruban étant mince par rapport à sa largeur, la surface rayonnante autour de la soudure est pratiquement égale à la surface de contact, de sorte que la vitesse de rayonnement de la chaleur est sensiblement la même pour la soudure chaude et pour la surface étudiée.
- En pratique, le couple thermo-électrique forme ainsi partie intégrante de la surface chaude. Dans ces conditions, au point de vue rapidité de la mesure, on se rapproche beaucoup du fonctionnement du couple thermo-électrique ordinaire plongé dans un métal fondu.
- L’équilibre thermique est atteint au bout de trois à cinq secondes, grâce au principe du ruban, à condition bien entendu que la surface à contrôler soit propre. Le ruban étant en métal et ne nécessitant aucun isolement calorifuge, il n’y a pas à craindre la formation d’un point chaud par accumulation de chaleur à la surface du métal chauffé, ce qui est naturellement gênant pour une,détermination précise de température.
- Ce système reçoit en pratique des formes pratiques diverses suivant l’usage auquel il est destiné. S’il s’agit, par exemple, de prendre la température de moules ou de lingo-tières, de pièces présentant des faces concaves ou internes, le ruban constituant le couple thermo-électrique forme une boucle de 5 cm de diamètre environ, montée à l’extrémité d’un manche en aluminium.
- Cette boucle est portée par un ruban d’acier flexible, ce qui lui permet de prendre la forme de la surface sur laquelle on l’applique. Un cordon souple relie le couple thermoélectrique à un galvanomètre gradué pour donner immédiatement par lecture la température en degrés.
- La soudure est disposée normalement au centre de la boucle, mais, pour le contrôle des ««surfaces internes, on a parfois avantage à placer la soudure sur le côlé de la boucle, qui prend alors une forme excentrée.
- Quand il s’agit de métaux non ferreux, dont on veut déterminer la température en plusieurs points de leur surface, le couple thermo-électrique à ruban est remplacé pat-deux pointes métalliques qui constituent les éléments thermo-électriques ; la soudure est complétée par la surface de métal contre laquelle on appuie la pointe.
- Normalement, l’une des pointes sort plus que l’autre de la pièce cylindrique grâce à l’action d’un ressort. De cette façon, on obtient un bon contact des deux pointes, même si les surfaces sont irrégulières ou rugueuses. La distance entre les pointes est de 4 mm environ; on évite ainsi les causes d’erreurs dues à la variation de conductibilité des métaux étudiés.
- Lorsqu’il s’agit de mesurer des températures basses, on emploie des rubans multiples sur la même monture. Celle-ci peut d’ailleurs supporter l’appareil de mesure, de sorte que le tout forme un ensemble pratique. Il est évident que l’appareil de mesure peut rester séparé, notamment si l’on doit contrôler des surfaces sur une machine où l’on peut accéder plus ou moins facilement. Dans ce cas, les couples sont montés sur une armature qui est articulée à rotule à l’extrémité d’un manche.
- Ce sont des appareils de ce genre que l’on utilise dans des fabriques de caoutchouc, de papier, dans l’industrie textile où l’on doit vérifier la température des organes des
- appareils, par exemple des rouleaux sécheurs ou lamineurs.
- Une forme commode pour les industries mécaniques est celle du pistolet ; l’appareil de mesure constitue l’une des parties de la crosse et le canon du pistolet se termine par des pointes ou par un support de ruban à soudure thermoélectrique.
- Tous ces appareils donnent la possibilité de connaître d’une façon précise les températures réelles des métaux au cours de leur traitement thermique et pendant les différentes périodes de la fabrication. Cette auscultation thermique des pièces dans tous les genres de fabrication donne la possibilité d’éviter le gaspillage et de ne pas avoir d’insuccès, chose fréquente lorsque les évaluations de température sont inexactes. Les erreurs ont évidemment comme conséquence un rendement défectueux et une qualité inférieure de la production.
- Ces appareils sont en vente chez Dannatt, 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- AUTOMOBILE
- Chasse-corps pour auto.
- Le nombre d’accidents d’automobile auxquels sont sujets les piétons, surtout dans les agglomérations, devient de plus en
- Fig. 2. — Le chasse-corps Blocus dans la position baissée.
- plus considérable. La personne qui tombe devant un véhicule en mouvement risque naturellement de passer sous les roues, même si le conducteur peut freiner immédiatement/à moins bien entendu que le véhicule ne marche tout à fait au ralenti.
- Nombre d’inventeurs ont cherché des dispositifs qui permettent d’éviter des accidents graves et qui donnent le temps au conducteur d’arrêter le véhicule sans grand dommage pour la personne renversée.
- Beaucoup de systèmes sont compliqués, de sorte que leur adoption ne s’est pas généralisée. Au dernier concours Lépine était exposé un dispositif particulièrement simple, peu encombrant, facile à poser et à entretenir et certainement très efficace. Il est constitué par un volet mobile ayant environ la largeur de la roue et formé d’une paroi rigide ou souple, avec la partie inférieure de préférence incurvée.
- Il est articulé à charnières sur l’aile et descend jusqu’à la hauteur du sol nécessaire pour éviter les accidents et qui varie, bien entendu, avec la nature du véhicule. Cette pièce qu’on peut d’ailleurs garnir de systèmes amortisseurs, en caoutchouc par exemple, s’interpose entre la roue et la personne à terre. Cette dernière ne peut dès lors passer sous les roues. Elle est évidemment traînée par le chasse-corps, mais il en résulte moins de dommage et le conducteur peut freiner efficacement le véhicule.
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- L’appareil pivote autour d’un axe et peut se relever en dégageant complètement le devant de la roue si besoin est. Un dispositif de verrouillage le maintient dans sa position inactive.
- Lorsque le chasse-corps bute contre la personne tombée sur la chaussée, ilest sujet à un déplacement qu’on peut utiliser pour actionner automatiquement le serrage de freins de secours. On prévoit aussi des dispositifs de commande qui permettent au conducteur de relever ou de baisser à volonté les volets mobiles à distance.
- Il serait intéressant que ce système très ingénieux et remarquable de simplicité soit soumis à des essais officiels alla de prouver son efficacité. Son adoption sur les véhicules automobiles éviterait certainement nombre d’accidents. Sa présence sur un châssis ne dépare pas la ligne de la voilure et la dépense d’achat et de montage serait certainement très minime. 1
- Inventeur : Georges, 186, rue de Lourch.es, Denain (Nord).
- ALIMENTATION Epierreur de legumes secs.
- Voici un appareil simple et qui simplifie le travail de la ménagère, en triant automatiquement les pierres qui se
- trouventdans les légumes secs, par exemple dans les lentilles.
- L'appareil se compose d’un récipient et d’une gouttière. Celle-ci est indépendante. Elle se fixe par emboîtage sur la paroi de l’épierreur, à l’intérieur, bien entendu. Elle se place en face d’un trou qui est percé à une hauteur calculée convenablement.
- Plâçons cet ensemble sous un robinet muni d'un brise jet et laissons couler un filetd’eau moyen. Si nous n’avons pas Fig. 3. Epierreur de legumes d'eau courante nous pourrons secs' ' utiliser une pompe. A un mo-
- ment donné,, l’eau s’échappe par le trou du récipient qui est percé sur le côté. On verse alors les légumes secs par quantité d’un verre ordinaire.
- Des lentilles par exemple, ou tout autre légume qu’on veut trier, sont légères ; elles sont entraînées par le courant d’eau et après avoir été retournées, lavées, elles montent par la gouttière et s’échappent par l’orifice du récipient. Les pierres au contraire, les corps trop lourds pour être chassés par le courant d’eau se déposent au fond de l’appareil.
- Ainsi on reçoit dans une passoire placée à côté de l’épier-rieur les lëntilles et les autres légumes épierrés et lavés. La vitesse de production est environ de deux litres de lentilles et autres légumes par minute.
- Cet appareil simple s’impose dans une cuisine.
- Constructeur : Hunnebique, 28 bis, rue Guersant, Paris, NI0.
- OBJETS UTILES Brosse parallélogramme.
- Voici un nouveau modèle de brosse qui a la forme d’un parallélogramme et qui permet d’atteindre, en brossant, les angles d’une pièce où généralement les brosses rectangulaires ne peuvent avoir une action efficace.
- Cette brosse se monte avec des soies habituelles, ou en brosse métallique. Dans ce cas, elle constitue une excellente brosse à parquet qui remplace la paille de fer. Elle éclaircit
- Fig. 4. — Brosse parallélogramme.
- simplement le bois et ne le raye pas, de sorte que sur un parquet ciré elle fait ressortir la cire, elle nettoie et enlève les taches d’encre ou de peinture, très facilement.
- Un système de monture supprime les sangles. Cette monture en acier se pose avec des vis à bois, elle adhère parfaitement au pied du brosseur qui ne se sépare plus de la brosse. Elle n’use pas la chaussure ou la pantoufle et permet un glissement parfait sur le parquet. Cette monture est simple. Il suffit de poser le pied sur la brosse, de façon que le talon s’y trouve entièrement logé et la monture s’applique d’elle-même sous le pied. On supprime ainsi non seulement les sangles, mais souvent la ficelle placée sur la sangle que le cireur tient en main pour empêcher la brosse de quitter le pied et qui est bien souvent la cause de foulures ou d’entorses.
- En vente à « L’Effort Commercial », 55, rue Montmartre, Paris.
- Petit chariot transporteur.
- Voici un petit chariot minuscule qui donne à des femmes et même à des enfants la possibilité de véhiculer très facilement et sans fatigue des valises, des colis, etc., alors qu’un homme très vigoureux aurait bien du mal à les transporter à la main. Il est constitué par une monture articulée qui s’ouvre ou seferme instantanément, comme les branches d’un compas. Cette monture possède à l’avant un essieu avec deux roues et à l’autre extrémité une roue unique. Un. système de sangle permet d’arrimer les colis. On peut ainsi transporter des colis importants, éviter les excédents de bagages au cours d’un voyage en chemin de fer. C’est un véhicule commode pour une ménagère qui rapporte ses provisions d’un marché un peu éloigné. Enfin, c’est aussi un jouet que l’on peut transformer à volonté, en voiture de poupée par exemple.
- Constructeur : Le Petit Boy, 77, boulevard Exelmans, Paris, NVI°:
- Fig. 5. — Diverses transformations du chariot transporteur.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Le problème des cheveux (Voir numéro du 10 novembre).
- M. J. Henri-Robert, ingénieur civil, nous écrit :
- Le problème des cheveux, deM. Virgile Brandicourt, paru dans La Nature du 1er novembre, me remet en mémoire une curiosité du même genre :
- « Une ville a 2 000 000 d'habitants dont aucun n’est intégralement chauve. Si l’on admet que le maximum de cheveux qu’on puisse trouver sur la tête d’un homme est de 100 000, dire quel sera le minimum possible de personnes pouvant avoir le même nombre de cheveux P »
- Réponse : 20.
- Agissons comme en géométrie : utilisons une « astuce ».
- Divisons les 2 000 000 d’habitants en groupes de 100 000 personnes : 1, 2, 3,... 20 groupes. Cherchons pour le groupe 1 le minimum possible de gens pouvant avoir le même nombre de cheveux ? Réponse : 1. En effet il y a de 1 à 100 000 cas de cheveux possibles à appliquer à 1 à 100 000 habitants. Si l’on disait que 2 ou plusieurs habitants peuvent avoir le même nombre de cheveux, on arriverait au 100 000° habitant sans avoir envisagé tous les cas possibles de nombres de cheveux. Le minimum possible pour le premier groupe est donc 1.
- Dans le groupe 2 c’est la même chose, mais on remarque que chaque personne de ce groupe peut avoir le même nombre de cheveux qu’une personne du groupe 1 ; de même pour les autres groupes. Puisqu’il y a 20 groupes, il peut y avoir, comme mini-
- mum possible de gens ayant le même nombre de cheveux, 20 personnes. »
- A propos du rayon vert.
- M. Paul Lechevalier, éditeur, nous écrit :
- « Si, jusqu’à ce jour, M. Forbin n’avait pas encore observé le fameux rayon vert sur l’Atlantique, il n’en est pas de même sur la Manche, où je villégiature chaque été depuis près de 50 ans. Ce phénomène est commun à Saint-Aubin-sur-Mer (Calvados); particulièrement cette année, par le beau temps exceptionnel que nous avons eu, je l’ai observé plus de dix fois en août et septembre. La plage est orientée au nord-ouest, c’est en plein ouest, à notre gauche, que nous voyons le soleil disparaître dans les flots. »
- D’autre part, M. Charles Laval, membre de la Chambre de Commerce de Castres, nous envoie la lettre ci-dessous :
- « Je viens de lire la communication de M. V. Forbin sur le rayon vert dans le numéro de La Nature du 15 novembre.
- Je vous confirme que, me trouvant à Biarritz, sur la plage, après dîner, avec ma femme et ma belle-mère, nous avons aperçu le même phénomène, par une soirée splendide et sans nuage de juin 1928.
- Ce phénomène s’est produit exactement comme l!a décrit votre collaborateur.
- Nous n’avons pas aperçu de « rayon » à proprement parler, mais une tache verte qui dura 2 secondes environ, immédiatement après que le disque du soleil eut disparu. ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Distributeur d’épingles (Voir n° du 1er décembre 1928, p. 525). Cet appareil est désormais en vente chez M. François, 108, rue de Turenne, Paris.
- Graissage Alcyl, 16, rue du Président-Wilson, Levallois-Perret.
- Construction complète d’un poste récepteur.
- 1° Il est facile aujourd’hui de se procurer dans le commerce toutes les pièces détachées nécessaires à la construction d’un poste récepteur, et la réalisation pratique du modèle à changeur de fréquence que vous voulez établir ne semble pas présenter de grandes difficultés, si vous possédez, comme vous l’indiquez, un schéma de montage très détaillé.
- On peut cependant signaler qu’un appareil de ce genre nécessite généralement une mise au point finale, si l’on veut obtenir des résultats vraiment satisfaisants.
- Cette mise au point n’est pas très complexe, mais elle est un peu délicate et doit être exécutée soigneusement. Elle consiste essentiellement, dans le cas présent, à régler au mieux les capacités d’accord des circuits du Tesla de liaison, l’écartement des bobines de ce dernier, et les capacités des secondaires des transformateurs moyenne fréquence accordés.
- L’importance du choix des lampes à utiliser pour les divers étages d’amplification est également très grand. Vous pouvez utiliser avec succès comme lampe changeuse de fréquence une lampe bigrille Fotos à tension plaque de 40 ou 80 volts ; pour les étages basse fréquence une lampe A 409 Philips pour le premier étage et B 406 pour le deuxième sont très recommandables avec tension négative de polarisation de grille variant avec la tension de plaque adoptée.
- Nous vous conseillons, d’autre part, si vous désirez obtenir une audition assez intense, d’employer une tension-plaque d’environ 120 volts pour le dernier étage basse fréquence, avec une polarisation négative de grille voisine de 10 volts et qui doit être réglée au mieux suivant le type de lampe adopté.
- 2° La réparation d’un bac d’accumulateurs en celluloïd, de même que la réparation d’un bac en ébonite, est une opération facile lorsque la partie détériorée n’est pas de dimensions trop grandes.
- Vous pouvez trouver des détails sur cette opération avec indication des produits à employer dans La Pratique radioélectrique (Masson éditeur). Vous pouvez trouver également dans ce livre l’indication des divers procédés permettant la remise en état des batteries h plaques sulfatées lorsque cette sulfatation n’est exactement que superficielle et que les plaques ne sont pas cassées.
- M. L. Weil, a Versailles (Seine-et-Oise).
- Emploi des soupapes au silicium.
- Les soupapes électrolytiques à électrode positive au silicium que nous avons plusieurs fois signalées dens La Nature présentent surtout l’avantage d’exiger des soins d’entretien moins fréquents que les soupapes à électrode d’aluminium, et d’avoir un rendement bien meilleur et bien plus constant.
- L’électrolyte alcalin des soupapes Norlen classiques est alors remplacé par de l’eau distillée acidulée d’acide sulfurique à 22° ou 24° Baumé, qu’il est bon d’additionner d’environ 10 pour 100 de sulfate ferreux ou de sulfate de nickel.
- Le courant ne peut passer que du plomb vers le silicium et la tension critique est d’une trentaine de volts. La densité de courant assez élevée semble être de 1 ampère par centimètre carré environ.
- Nous ne savons si les fabricants de soupapes de ce genre vendent séparément des électrodes; il est probable cependant que vous pourrez en obtenir aux Etablissements Delafon (marque Ajax), 104, avenue Jean-Jaurès, à Ivry, et 82, boulevard Richard-Lenoir, à Paris. M. Griniveiser, a Nancy (Meurtiie-et-Moselle).
- Établissement d’un poste récepteur de télévision.
- 1° Il n’existe pas encore en France d’ouvrages spéciaux de radiovision et de télévision; vous pouvez en tout cas consulter dès maintenant notre chronique régulière de radiovision, la Revue française de télévision éditée par la librairie Ghiron, 40, rue de Seine, à Paris, et la revue anglaise du même nom.
- 2° Les postes anglais de Daventry, le poste autrichien de Vienne et plusieurs stations américaines ont déjà commencé des émissions régulières de radiovision.
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- On se contente, d’ailleurs, en Europe, pour le moment, de radiodiffuser des photographies ou des documents, et l’on n’a pas encore tenté des expériences de télévision proprement dite, comme cela a été fait en Amérique.
- En France, les stations de l’Administration des P. T. T. et la station de Radio-Toulouse ont déjà commencé des services à peu près réguliers de radiodiffusion d’images, et il est probable que toutes les autres stations françaises vont commencer des transmissions analogues.
- Les longueurs d’onde employées pour ces diffusions sont les mêmes que celles utilisées pour la radiotéléphonie, et elles s’effectuent en courant modulé à environ 1000 périodes seconde.
- 3° Nous décrirons prochainement, dans notre chronique de radiovision, les appareils pratiques permettant la réception des images radiodiffusées par les grands postes. Ces appareils se placent simplement à la suite d’un poste récepteur quelconque et ne nécessitent pas d’installations particulières ; ils seront d’ailleurs vendus sans doute prochainement par plusieurs sociétés à des prix relativement modiques. Nous croyons savoir qu’en France le prix de vente serait voisin de 2000 francs.
- M. Girod, a Beaune (Cote-d’Or).
- Emploi des lampes à écran-grille et haut-parleur à bobine mobile.
- 1° Les lampes à grille-écran constituent des nouveautés radio-techniques fort intéressantes que nous décrirons dans la revue. Mois, lorsqu’il s’agit d’une nouveauté quelconque dans cette industrie si délicate, un certain délai est nécessaire pour obtenir une parfaite mise au point et définir les conditions d’utilisation.
- Nous indiquerons donc dans notre article les avantages et les caractéristiques de ces lampes et noterons comment et quand on doit les employer.
- Il est évident que leur résistance interne étant très grande, on ne peut se contenter de les utiliser simplement en remplacement de lampes ordinaires, les amateure séduits par la nouveauté du système qui ont voulu tenter le remplacement sans aucune précaution se sont vite aperçus généralement que les résultats étaient très défectueux.
- 2° Les haut-parleurs dits à bobine mobile (moving-coil), bien que basés sur un principe bien connu, constituent cependant par les détails de leur construction particulière une nouveauté radio-technique dont l’intérêt est évident; mais ils commencent à peine à faire une apparition pratique en France, et, de même que pour les lampes à grille-écran, il nous a semblé opportun d’attendre quelque temps avant de publier une étude détaillée destinée au grand public des amateurs et des usagers.
- M. E. de T., a Paris.
- Montage d'une lampe en dètectrice.
- Pour monter une lampe en délectrice, on peut utiliser deux montages, bien connus d’ailleurs. On peut d’abord monter simplement dans le circuit de grille de la lampe un condensateur de l’ordre de 1/10000e de microfarad, shunté par une résistance de quelques mégohms ; et, dans ces cas, l’entrée des courants à détecter se fait entre la grille et l’extrémité positive du filament. Mais on peut aussi placer un condensateur de même valeur que précédemment dans le circuit de grille et relier directement la grille au pôle positif de la batterie de chauffage par l’intermédiaire de la résistance; dans ce cas, l’entrée du courant à détecter j>eut se faire entre la grille et l’extrémité négative du filament. Cette remarque vous indique donc pourquoi votre poste peut fonctionner d’une façon satisfaisante en employant ce montage, alors que nous avons recommandé plusieurs fois de relier une extrémité du transformateur agissant sur la lampe détectrice à l’extrémité positive du filament, en même temps que les extrémités des secondaires des autres transformateurs haute fréquence sont reliées à 8 volts.
- M. Joly, a Paris.
- Choix d'un pick-up électro-magnétique.
- 1° Comme nous l’avons indiqué dans La Nature, il existe également des lecteurs électrostatiques pour la reproduction électrique des disques de phonographe, mais ces appareils doivent évidemment être utilisés avec des amplificateurs à lampes spéciaux,
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- puisqu'ils ne produisent pas de courant basse fréquence et modulent seulement les oscillations d’une hétérodyne.
- Bien que le principe de ces appareils soit.théoriquement intéressant, puisque leur armature vibrante peut être beaucoup plus légère que celle d'un reproducteur électromagnétique, il ne semble pas jusqu’à présent qu’on ait réussi à [obtenir des dispositifs satisfaisants de ce genre ; il est cependant possible qn’ils constituent le système de l’avenir.
- 2° Comme nous l’avons noté aussi dans des chroniques de la revue, on peut distinguer deux catégories générales de piclc-ups électromagnétiques. Les uns à armature vibrante peu amortie produisent des courants basse fréquence relativement intenses ; les autres, à armature légère, mais beaucoup plus amortie, produisent des courants également beaucoup plus faibles.
- Il y a intérêt théoriquement à utiliser des reproducteurs produisant des courants assez intenses, car ces reproducteurs peuvent être employés avec des amplificateurs basse fréquence moins puissants pour obtenir une audition d’intensité donnée.
- Mais, si l’armature du pick-up est trop peu amortie, il peut se produire des vibrations mécaniques importantes qui entraînent finalement une déformation des sons, et, en particulier, le « grattement si désagréable des aiguilles de phonographe est amplifié de façon iusupportable. Comme l’on doit considérer avant tout la qualité de l’audition, nous vous conseillons donc d’adopter un pick-up à armature assez amortie pour que ces vibrations parasites soient étouffées, même si son emploi rend nécessaire l’adoption simultanée d’un amplificateur plus puissant. 11 ne faut pourtant rien exagérer, et un pick-up à armature trop amortie présenterait, par contre, le très grave défaut de n’avoir pas la souplesse nécessaire pour suivre les silions du disque; l’audition serait également mauvaise, le disque pourrait même être détérioré, l’aiguille sautant d’un sillon dans un autre, au lieu de suivre le tracé normal.
- M. Coudray, a Paris.
- Appareils d’alimentation d'un poste récepteur.
- 1° Les valves sans filament et à gaz rares, employées pour le redressement du courant alternatif, sont utilisées généralement pour F alimentation plaque des postes récepteurs, et permettent d'obtenir une intensité de courant suffisante pour l’alimentation d’un appareil très puissant. Vous pouvez vous adresser pour vous procurer des valves de ce genre à la Radiotechnique, 12, rue de La Boétie, à Paris.
- 2° II. est évidemment nécessaire, pour immobiliser le liquide d’un accumulateur, d’employer un produit poreux absolument pur, afin d’éviter la formation de sels d’autres métaux, c’est pourquoi nous ne croyons pas que le sable que vous nous indiquez puisse vous donner de bons résultats, bieh que nous n’ayons pas fait d’expériences sur ce sujet.
- M. Carpentier, a Paris,
- Amplificateurs pour reproductions phonographiques.
- II est parfaitement possible d’utiliser sur un amplificateur pour reproduction phonographique des lampes à filament alimenté sous très faible voltage et fonctionnant directement avec le courant du secteur avec alimentation plaque par valve de redressement a grande intensité.
- Vous pourriez vous procurer des lampes de ce genre à la Radiotechnique, 12, rue La Boétie, à Paiis.
- 2° Il est relativement facile de monter un amplificateur basse fréquence complet pour amplificateur à reproduction phonographiques dans l’ébénisterie même qui contient le haut-parleur. On obtient ainsi un ensemble pratique qui peut être muni de lampes à alimentation directe sur courant alternatif citées plus haut. Il suffit donc de relier un tel appareil à une prise de courant d’un secteur et de brancher l’entrée de l’amplificateur aux bornes d’un pick-up électro-magnétique monté sur un phonographe quelconque pour obtenir une audition phonographique très intense.
- Des appareils de ce genre se trouvent déjà dans le commerce ; vous pouvez, par exemple, vous adresser aux établissements Gaumont, 56, rue Saint-Roch, à Paris, ou aux établissements Weymann, 20, rue Troyon à Paris.
- M. Michaut, a Lyon.
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- ACTUALITÉS ILLUSTRÉES
- 1 et 2. La nouvelle auto-fusée, à propulsion par jet gazeux, construite par l'ingénieur allemand Yolkhart et expérimentée à Berlin.
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- 3. Ce projecteur de 500000 bougies,
- manœuvrable par un seul homme, et destiné à Vaviation, vient
- d’être expérimenté à Croydon.
- Il mesure plus de 2 m. de diamètre. (Ph. Keysione View )
- 4. Une puissante rampe lumineuse pouf Véclairage
- des terrains d’aviation, inventée par M. Halyorson et mise en service à Croydon.
- Elle comprend 1k lampes de 3 millions de bougies au total. l'Ph. Keysione View.)
- mtBm
- 5. Le plus grand bloc de marbre du monde.
- Extrait des carrières de Carrare.
- Ce bloc, long de 27 m, pèse kOO tonnes et servira à l’érection d'un obélisque au Stade Mussolini.
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- N° 280J. — 15Janvier J 929
- Prix du Numéro : 3 francs 50
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- LA NATURE
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- N° 280J
- LA NATURE
- 15 Janvier J 929
- L'ÉVEIL DE L'INDOCHINE :
- IV - LES VOIES NAVIGABLES ET LEUR AMÉLIORATION
- L’Indochine est l’une des régions asiatiques les mieux arrosées, mais la plupart de ses cours d’eau ne seraient pas accessibles à la navigation sans la constante intervention de l’ingénieur.
- Le Tonkin est particulièrement favorisé avec ses deux
- nombre de chaloupes entrées et sorties dans une année est en moyenne de 3000, transportant plus de 250000 passagers.
- La longueur des voies utilisables par la navigation à vapeur varie selon la saison, elle est de 700 km pendant
- Fig. 1. —Au Cambodge.
- Le Mékong à Pnom-Penh. (Ph. Service pkotocinématographique de l’Indo-Chine).
- bassins du Fleuve Rouge et du Thai-binh qui, après avoir tendu les réseaux de leurs affluents sur toute l’étendue du territoire, mélangent les ramifications de leurs deltas avant de se jeter dans le Golfe du Tonkin, « Ce sont les mailles de ces deux deltas réunis, observe M. A.-A. Pouyanne dans l’ouvrage déjà cité, qui constituent le réseau des voies navigables du Tonkin ».
- Le delta tonkinois donne lieu à un important trafic de voyageurs et de marchandises. C’est par bateau que les provinces agricoles expédient leurs produits à Haïphong. Depuis 1907, des services subventionnés de correspondances fluviales par chaloupes à vapeur fonctionnent sur les principaux bras. A ne parler que du port de Hanoï, le
- les hautes eaux (de juillet à octobre)' et se réduit à 450 km dans la saison des basses eaux, diminution dont les caprices du Fleuve Rouge sont responsables.
- Ce grand fleuve, qui prend sa source en Chine, présente des écarts considérables, tant dans son débit que dans la vitesse de son courant. Ses crues périodiques élèvent le niveau de ses eaux à plus de 11 m au-dessus del’étiage à Hanoï. En outre, il transporte des quantités de limon dont le volume annuel est estimé à 80 millions de mètres cubes, et ces apports forment de vastes bancs qui se déplacent lentement vers l’aval à raison de 300 m par an environ.
- Le Service des Travaux publics s’est préoccupé depuis
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- longtemps de fixer au fleuve un lit mineur pour assurer à la batellerie fluviale un chenal constamment navigable. Après la mise à essai de plusieurs solutions, les ingénieurs ont adopté celle qui consiste à fixer certains bancs au moyen de points stables constitués par des amas de moellons bruts. Appliqué depuis plusieurs années, ce système a donné d’excellents résultats dont a profité particulièrement Hanoï, port où le mouvement de batellerie est d’environ 250 000 tonnes par an.
- Le nombre de ces enrochements exécutés sur différents points du fleuve est actuellement de plus de 250. En outre, on a établi des enrochements continus le long de la berge
- concave, dans plusieurs courbes de la rive. Ces travaux ont eu, en leur ensemble, les plus heureux résultats : non seulement ils ont fixé le lit mineur du Fleuve Rouge et amélioré sa navigabilité; mais ils ont diminué la fréquence des rupturès de digues. Et, là, nous touchons à nne question d’une importance capitale.
- LA DEFENSE CONTRE L’IN ON DATION
- ; On peut dire que les crues périodiques du Fleuve Rouge exercent une influence énorme sur la vie du Tonkin et que la défense contre les désastreuses inondations qu’elles engendrent constitue tout un chapitre dans l’histoire de ce pays.
- Aussi loin que l’on remonte dans ses annales, on voit que ses habitants s’efforcèrent de se préserver du fléau par la construction de digues. Importants par leur longueur (certaines provinces étaient ainsi complètement encerclées), ces travaux n’avaient pas la hauteur voulue pour détourner les fortes crues, qui s’épandaient librement sur la plaine.
- Dans le but d’obtenir une seconde récolte annuelle, les Annamites surélevèrent progressivement les digues, mais sans leur donner une épaisseur suffisante pour qu’elles résistassent à la formidable poussée du fleuve, dont le débit atteint parfois 30000 m" par seconde. Les ruptures étaient fréquentes et leurs effets désastreux.
- Sous la domination annamite, il était de règle, après une grave inondation provoquée par une rupture de digue, de proposer la suppression de ces travaux de défense afin de laisser les eaux du Fleuve Rouge s’épandre librement, liberté qu’ont celles du Mékong et du Nil. Chaque fois, le souverain ordonna une enquête, dont le résultat fut que les digues existantes devaient être maintenues et renforcées.
- Sous notre régime, la même question s’est posée de nouveau après chaque inondation désastreuse, et, chaque fois, après enquêtes et délibérations auxquelles furent conviés les Annamites les plus éclairés, la même solution fut adoptée : celle du renforcement et de l’exhaussement des digues. Depuis 1905, un second moyen de défense a été conjointement appliqué : l’établissement de déversoirs en certains points des digues du delta.
- Le Service des Travaux publics du Tonkin, sous l’habile direction de son ingénieur en chef, M. Normandin, s’arrêta donc à l’exécution du programme suivant : fixer tout d’abord le niveau-limite des crues que les digues, en leur ensemble, pourraient supporter sans se rompre; renforcer les parties faibles de ces digues de façon à n’avoir plus de ruptures à redouter pour les crues de niveau égal ou inférieur à ce niveau-limite; enfin, dans le cas de grandes crues de niveau supérieur, jeter le trop-plein des eaux dans les bassins naturels où les digues empêchent leur introduction.
- « Ces réservoirs régulateurs, précise M. Pouyanne, ne devaient être remplis d’eau que dans les seuls cas où l’intensité des crues exposait les digues à être submergées ou emportées. Cette inondation partielle devait être conduite de manière à éviter les cataclysmes, tout en apportant aux terres un limon fertile, compensateur de la gêne apportée à la vie habituelle des indigènes. »
- Malheureusement, ces derniers s’opposent par tous les moyens à l’inondation systématique de leurs rizières, et,
- Fig. 2. — Voies navigables de Cochinckine.
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- bien que le procédé soit au point, qu’il ait donné des ré sultats décisifs, notamment pendant les crues de 1919, l’Administration paraît s’être ralliée définitivement au renforcement systématique des digues.
- Arrêté en 1917, le nouveau programme donnait à toutes les digues du bassin du Fleuve Rouge les principales caractéristiques suivantes :
- 1° Largeur minimum de la plate-forme :
- G m. (5 m pour les digues de faible hauteur dans le bas delta) ; 2° cote de la plate-forme :
- 0 m. 50 au-dessus de la crue de 1918, ce qui correspond à une crue de cote 11 m. 50 environ à Hanoï ; 3° talus côté fleuve : 2 de base pour 1 de hauteur; talus côté opposé au fleuve :
- 3 de base pour 1 de hauteur.
- Poursuivie sans arrêt, l’exécution de ces travaux a été terminée en 1924. L’année précédente, les digues ainsi renforcées avaient subi1 victorieusement une redoutable épreuve avec une très grande crue qui atteignit à Hanoï la cote 11 m. 36 sans occasionner aucune rupture.
- Depuis 1924, un programme complémentaire a été mis en train ; il consiste principalement en ces deux dispositifs : l’établissement d’un masque imperméable en argile sur le côté fleuve de la digue, et, du côté terre, la construction de banquettes épaulant et consolidant le travail.
- Il est permis de dire que le Tonkin est désormais bien défendu conlre le fléau des grandes inondations.
- LES VOIES D'EAU DE LA COCHINCHINE
- La navigation fluviale est particulièrement compliquée dans ce pays, constitué, sur une bonne partie de son étendue, par le vaste delta du Mékong, auquel s’ajoute celui du Donnai, formés l’un et l’autre par des alluvions récentes dont le niveau est très voisin de celui des hautes mers. C’est dire que les neuf bras du Mékong (l’un des plus grands fleuves du monde avec son cours de 4500 km) qui, avec leurs innombrables affluents (appelés radis ou arroyos), recouvrent le delta cochin-chinois d’un véritable réseau aux mailles serrées, subissent l’influence des marées, surtout pendant la saison sèche, quand le débit du Mékong a considérablement diminué. A cette époque, la marée se propage jusqu’au delà de Pnom-Penh, bien que cette ville soit située à 320 km de la mer.
- Le mouvement des eaux dans le delta est dû presque entièrement à la marée, chaque flot amenant une énorme masse d’eau qui retourne à la mer au jusant. Ainsi, la circulation sur les voies d’eau est réglée par ce mouvement de va-et-vient qui se produit deux fois par jour dans chaque sens. Les jonques et les sampans servant au transport des personnes et des marchandises se déplacent avec la marée et utilisent les courants qu’elle provoque en se propageant.
- Fig. 3. — Au Laos.
- Les bords du Mékong à Luang-Prabang.
- (Ph. Service photocinématographique de l’Indo-Cbine.)
- Ce réseau de voies naturelles est complété par des canaux devenus très nombreux depuis une trentaine d’années et qui raccordent lés divers bras du Mékong et du Donnaï, ou recoupent les affluents de ces fleuves. Ils servent à la fois à la navigation fluviale et au développement de la culture des terres nouvelles. Ceux de ces canaux appartenant à la catégorie des grandes voies d’intérêt général sont creusés de manière à présenter partout, aux basses mers moyennes, une profondeur d’eau de 2 m. 50 et une largeur libre de 40 m au plan d’eau; dans les mêmes conditions, les canaux secondaires ont une profondeur d’eau de 1 m. 50 et une largeur de 18 à 20 m.
- Fig. k. — Au Cambodge.
- Bateaux à quai à Pnom-Penh.
- (Pli. Service photocinématographique de l’Indo-Chine. )
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- Les rivières et canaux de la Cochinchine forment un réseau de voies navigables d’une longueur de plus de 2000 km, que double le développement des voies secondaires (1800 km rien que pour les canaux de cette catégorie). La longueur des quais des divers ports fluviaux est de 14 km environ, et le nombre des appontements publics est d’une centaine.
- Un intense mouvement de batellerie se poursuit en toutes saisons sur ce réseau de voies navigables en s’occupant principalement du transport du paddy (riz brut) entre les lieux de production et les décortiqueries, groupées en majeure partie à Cholon, la ville chinoise jumelle de Saïgon. Quelques chiffres de tonnage annuel relevés
- en 1913 sur les principales de ces voies montreront l’importance du mouvement :
- Song-My-tho (bras du Mékong). . . 13 500 000 tonnes
- Canal Duperré (entre le Mékong et
- le Vaïco)....................... 5 000 000 —
- Rach Cat (entre le Vaïco et la rivière
- de Saïgon)...................... 3 000 000 —
- Rach Mangthit (entre le Bassac et le
- Cochien)........................ 2 200 000 —
- Arroyo Chinois (entre Saïgon et Cholon)......................... 1 700000 —
- Canal de Rachgia (entre le Mékong et
- le golfe de Siam)............... 1 300 000 —
- Le point de concentration de ce vaste réseau est le grand port fluvial Saïgon-Cholon qui s’étend à travers ces deux villes (agglomération de 300000 âmes) sur une longueur à vol d’oiseau de 12 km. Il a été considérablement amélioré, surtout depuis 1919, par la construction de nouveaux canaux d’une largeur de 80 m au plan d’eau des hautes mers. Dragué à 3 m au-dessous du
- niveau des plus basses mers, leur plafond permet une navigation facile à toute heure de la marée.
- AU CAMBODGE ET DANS LE LAOS
- Le Mékong est la principale voie commerciale du Cambodge. En toutes saisons, des navires de mer, calant 5 m, peuvent remonter son cours jusqu’à Pnom-Penh en empruntant l’embouchure du Cua-Tîeu, qui est, dans le delta cochinchinois, le bras le plus septentrional du grand fleuve, et le seul qui soit actuellement praticable. Nous rappellerons que le Mékong, collecteur de tous les cours d’eau qui arrosent le Cambodge et le Laos, est relié par le Tonlé-Sap aux grands lacs cambodgiens, immenses réservoirs, qui s’emplissent et se vident alternativement suivant la hauteur de ses eaux et qui servent ainsi de régulateurs aux crues périodiques.
- Le trafic sur les voies fluviales du Cambodge ne s’élève qu’à 500000 tonnes par an; il augmenterait considérablement si le Mékong était navigable sur une plus grande partie de son cours. Mais il s’agit là d’un problème discuté depuis longtemps par les ingénieurs des Travaux publics de l’Indochine sans qu’ils lui aient trouvé une solution pratique, tant les obstacles à vaincre sont redoutables.
- De Pnom-Penh à Kratié, la navigation n’est déjà plus possible, aux basses eaux, que pour des navires d’un tirant de 1m. .50. L’obstacle est constitué là par de hauts fonds sablonneux qui s’étendent sur une longueur de 5 km, aux abords de Chlong. Entre Kratié et Khône-Sud, ce sont les rapides qui imposent, pendant la même période, le transbordement en pirogues sur un parcours de 43 km environ.
- A Khône se dresse l’infranchissable barrière des chutes du même nom, imposant aux voyageurs comme aux marchandises un transbordement par voie ferrée. Puis, en amont de ces cataractes, le fleuve présente trois biefs séparés par des rapides, et les transbordements par pirogues se multiplient.
- Tous ces obstacles contribuent à allonger terriblement le voyage : par exemple, pour aller de Saïgon à Luang-Prabang, la principale ville du Laos, il faut de 32 à 44 jours, selon la saison.
- Un programme élaboré en 1925 pour améliorer la navigabilité du Mékong est en voie d’exécution. Les principaux travaux qu’il comporte sont les suivants :
- 1° Création d’un chenal de 30 m de largeur et d’un tirant d’eau de 1 m. 50 au minimum entre Pnom-Penh et Khône. On supprimera ainsi le transbordement imposé actuellement entre ces deux points aux basses eaux.
- 2° Amélioration et réfection de la voie ferrée qui franchit les chutes de Khône ; amélioration et équipement des petits ports Khône-Sud et Dondet qui sont les terminus de cette ligne.
- 3° Création d’un chenal navigable dans
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- Fig. 6. — Vue. générale de Luang-Prabang prise de la terrasse de la pagode Vat-Tiem-Pket sur la rive droite du Mékong.
- (Ph. Service photocinémato graphique de lTndo-Chine.)
- le Haut-Mékong entre Khône et Yientiane, qui supprimer rait plusieurs des transbordements, et mise en service sur ce même bief de navires à moteur semi-Diesel, longs de 32 à 35 m, capables de franchir en toutes saisons les rapides de Kemmarat.
- Ces travaux abrégeront sensiblement la durée des transports. Mais il faut s’incliner devant ce fait qui paraît être accepté maintenant par la majorité des ingénieurs : le Mékong, que la période des crues transforme en un
- lorrent formidable et dont le niveau subit alors des hausses excessives (de 7 à 8 m dans les biefs les mieux favorisés, et jusqu’à dix-huit mètres dans les rapides de Kemmarat), ne deviendra jamais une grande voie commerciale, et l’isolement actuel du Laos ne cessera qu’avec la construction des routes et des voies ferrées dont nous avons parlé dans un précédent article.
- \A suivre.) Victor Forbin.
- L’ŒIL VIVANT VU AU MICROSCOPE
- M. le Dr Jacques Mawas, directeur du laboratoire d’ophtalmologie à l’Ecole des Hautes Etudes, directeur scientifique de la fondation ophtalmologique A. de Rothschild, a été chargé par la Société française d’ophtalmologie d’exposer les nouvelles acquisitions de la science oculistique obtenues au moyen de l’examen microscopique de l’œil vivant. Il vient de rendre compte de ces récents travaux, auxquels il a personnellement apporté
- une contribution de premier ordre, dans un ouvrage remarquable, pour lé titre duquel il a créé le nom de biomicroscopie (*).
- La biomicroscopie de l’œil est une technique toute jeune, puisque c’est en 1911 que pour la première fois Gullstrand présenta une lampe à fente destinée à éclairer l’intérieur de l’œil vivant. Peu après, Henker eut l’idée 1. Masson et Gie, éditeurs, Paris, 1928.
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- Fig. 1. — Appareil de Koeppe pour l'examen microscopique de l’œil vivant.
- A gauche : l’appareil d’éclairage; A droite : le microscope;
- En avant : l’appareil maintenant la tête pendant l’observation,
- d’examiner au microscope binoculaire l’œil ainsi éclairé. Puis ce fut la guerre, et ces premiers essais n’eurent guère de lendemain, jusqu’en 1920, quand les ophtalmologistes de divers pays se mirent à explorer le nouveau domaine offert à leur activité.
- Antérieurement, on avait bien essayé de regarder l’œil vivant au microscope, mais sans réaliser l’éclairage intensif, limité, latéral, que seule la lampe à fente a permis.
- Depuis huit ans, la technique s’est perfectionnée; on a
- Fig. 3. — Marche du faisceau lumineux de l'appareil dans l’œil. De gauche à droite : on voit la cornée sous forme d’un parallélépipède lumineux, la chambre antérieure obscure, le cristallin à zones concentriques, l’espace rétrorcristallin obscur, le corps vitré.
- vu naître de nombreux appareils ; l’étude optique des milieux oculaires a été poussée fort loin, tant du côté mathématique que physiologique; tous les cas pathologiques ont été examinés par ce nouveau moyen qui semble souvent permettre un diagnostic plus précoce ou plus sûr; une abondante littérature a vu le jour. Aujourd’hui, la biomicroscopie est devenue, comme le dit le Dr Mawas, « aussi importante à connaître que l’ophtal-moscopie et l’ophtalmométrie » ; elle ouvre déjà la porte à la connaissance de la physico-chimie des diverses parties de l’œil. C’est une révolution, rapide, inattendue,
- Fig. 2.
- Verre de contact posé sur l'œil pour l’examen de l’angle de la ckamb/e antérieure de l’œil.
- On voit l’œil représenté en coupe optique dans le bas de la figure ; la cornée est recouverte par le verre de contact. En haut : miroir ré fléchissant sur l’œil le faisceau lumineux de l’appareil d’éclairage et objectif du microscope.
- aussi riche de conséquences pour la physiologie que pour la pathologie.
- Nous voudrions ici en donner une idée sommaire, en suivant le livre du Dr Mawas.
- LE MICROSCOPE OCULAIRE
- Divers modèles de microscopes ont été inventés pour l’examen de l’œil vivant.
- Nous ne signalerons que le plus complet, le dispositif de Koeppe (fig. 1), Une table montée sur pivot et réglable en hauteur porte tous les appareils. Ceux-ci forment trois groupes distincts.
- Un support de forme spéciale encadre la tête du sujet qui s’y appuie par le front et par le menton. On lui fait fixer un point déterminé, vers le microscope pour l’examen axial, de côté vers le nez ou vers les tempes pour l’examen de l’angle interne. Pour certaines observations, on place sur la cornée, après l’avoir insensibilisée à la cocaïne ou à l’holocaïne, un verre de contact (fig. 2), assez épais, ayant la forme d’une calotte de sphère, dont les courbures ont été étudiées par Gullstrand et par Koeppe.
- L’appareil d’éclairage est fixé à la table par un bras articulé. Il comprend une source lumineuse intense
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- (lampe à filament métallique ou lampe à arc), un système optique qui concentre la lumière en un faisceau large quand on regarde la chambre antérieure, étroit quand on veut observer l’humeur aqueuse; une lentille munie
- Fig. 5. — Trois aspects de l’humeur aqueuse.
- En haut : dans un œil normal; au milieu : dans un œil enflammé (irido-cyclite) ; en bas : dans un cas d’iritis aigu.
- d’un miroir argenté monté sur un support accessoire réglable pour l’examen par réflexion.
- Le microscope, binoculaire, est le plus souvent à un seul objectif et à deux oculaires, sur lesquels on peut monter un spectroscope ou un polarimètre.
- L’appareil complet, construit par la maison Zeiss, d’Iéna, est une merveille d’optique et de mécanique. Il permet tous les examens : microscopie, ultr amicroscopie, spectroscopie , po-larimétrie, en faisant varier l’orientation et la grandeur du faisceau lumineux et la mise au point sur tous les milieux de l’œil jusqu’au corps vitré.
- L'ŒIL VU AU MICROSCOPE
- Si l’on dirige convenablement le faisceau lumineux de la lampe à fente sur l’œil d’une personne vivante dont la tête appuie sur le support, on voit cet œil s’illuminer selon un faisceau que représente la figure 3.
- A la surface, la cornée apparaît sous la forme d’un pa-rallélipipède lumineux, dont la surface antérieure correspond à l’épithélium antérieur cornéen et la face postérieure à l’endothélium de Descemet. Derrière, vient
- Fig. 6. — Iris normal d’un œil bleu clair.
- Fig. 4. — Les diverses surfaces mises au point dans l'œil par le microscope.
- 1, sur la face antérieure de la cornée;
- 2, sur la face postérieure; 3, dans l’humeur aqueuse ; 4, sur la face anté-x’ieure du cristallin; 5, sur la face antérieure du noyau externe; 6, sur la face antérieure du noyau interne ; 7, sur la face postérieure du noyau interne; 8, sur la face postérieure du noyau externe; 9, sur la face postérieure du cristallin;
- id, dans le corps vitré. v
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- LA CHAMBRE ANTÉRIEURE DE L'ŒIL
- Fig. 7. — Iris normal d’un œil vert.
- une zone obscure qui est la chambre antérieure de l’œil remplie d’humeur aqueuse. Puis le cristallin apparaît, d’une structure plus compliquée, avec ses différentes zones concentriques correspondant successivement à la capsule et à l’épithélium antérieur, puis au noyau adulte, enfin au noyau embryonnaire et à la cristalloïde postérieure. Plus loin est une nouvelle zone sombre, l’espace rétro-cristallinien, rempli comme la chambre antérieure par l’humeur aqueuse. Enfin, derrière le cristallin, le faisceau lumineux éclaire légèrement le corps vitré qui apparaît comme une masse gélatineuse à structure fibril-laire, ondulant à la moindre oscillation du globe.
- Le microscope peut être mis au point sur tous ces plans successifs (fig. 4) et montrer des images nettes de dix points différents du faisceau.
- Fig. 8. — Iris normal d'un œil brun.
- Vue au microscope à fente avec un éclairage oblique, la chambre antérieure d’un œil humain normal apparaît noire, vide. Le faisceau lumineux traverse donc l’humeur aqueuse sans s’y réfléchir sur aucune particule. Tout au plus, avec un très fort éclairage et un diaphragme très petit, le Dr Mawas a-t-il pu observer une très faible luminosité indiquant la présence, en suspension à l’état normal, de particules extrêmement fines.
- Par contre, dans les états pathologiques, le tableau change complètement (fig. 5). Dans toutes les inflammations de la chambre antérieure, l’humeur aqueuse devient plus lumineuse ; la biomicroscopie y montre des troubles nuageux, qui souvent se déplacent de haut en bas derrière la cornée et en sens inverse devant l’iris, formant des courants de convexion continus. A un degré plus avancé ou plus aigu d’inflammation, on voit non seulement des nuages louches, mais des grains brillants et même des filaments fibrineux. Dans les cas de traumatisme récent, des globules rouges apparaissent dans l’humeur aqueuse ; ce sont, dans les inflammations torpides, des globules blancs, souvent appliqués à la face postérieure de la cornée. Après un choc sur l’œil, on voit parfois le corps vitré rouge faisant hernie dans l’humeur aqueuse. Le microscope associé à la lampe à fente montre aussi parfaitement les kystes et les corps étrangers, notamment les cils difficiles à voir en lumière ordinaire.
- L’IRIS
- L’iris apparaît normalement sous des aspects très divers selon la couleur des yeux.
- On sait que l’iris est composé de trois couches : une antérieure transparente, invisible sur le vivant; une moyenne très transparente dans les yeux bleus, pigmentée dans les yeux noirs et bruns, recouvrant une couche, très richement innervée, contenant de nombreuses fibrilles et des vaisseaux où le microscope décèle, dans certains yeux tout au moins, la circulation des globules rouges ; enfin, vers l’intérieur, une troisième couche pigmentaire et musculaire.
- Lorsque les deux premières couches sont transparentes, la lumière arrive jusqu’à la troisième, s’y réfléchit totalement et ressort, donnant par interférences à l’iris une couleur bleue. Le microscope y montre bien (fig. 6) la couleur blanche légèrement bleutée de la couche antérieure festonnée en arcades, celle tout à fait blanche de la deuxième couche et, plus profondément, la troisième couche brunâtre uniforme. Le muscle sphincter est nettement visible.
- Un œil vert (fig. 7) a l’iris plus pigmenté; le sphincter n’y est plus visible, mais les fibres blanches sont encore très développées.
- Un œil brun (fig. 8) a la deuxième couche de l’iris chargée de pigment ; cela empêche de voir les fibrilles sous-jacentes et donne à l’iris un aspect plus compact d’amadou ou de caoutchouc comprimé.
- Un œil noir est très chargé de pigment et son iris apparaît en biomicroscopie brun foncé; tel est l’iris des nègres.
- A l’état pathologique, le microscope permet de voir aisément toute une série de malformations congénitales,
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- les tumeurs, les inflammations (iritis) aiguës et chroniques et de les distinguer dès leur début.
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- L’ouvrage du Ur Mawas comprend encore tout un chapitre sur la biomicroscopie du corps ciliaire et de la zonule sur lequel nous né nous arrêterons pas ici.
- Nous signalerons seulement que le même mode d’examen a permis de suivre et de comprendre également la formation de la cataracte : « le cristallin transparent, homogène, dit le Dr Mawas, est le cristallin normal; la
- floculation, c’est la cataracte, c’est-à-dire le cristallin opaque et hétérogène. » Cette observation rappelle la formule d’Auguste Lumière relative à la vie et aux colloïdes : « l’état colloïdal, c’est la vie; la floculation, c’est la maladie et la mort » ; elle la rappelle et la confirme en ce qui concerne l’organe de la vision.
- Nous avons cru intéressant de signaler cette nouvelle application de la microscopie sur le vivant qui, en si peu d’années, a apporté tant de renseignements à la physiologie et à la pathologie oculaires qu’elle est devenue un moyen d’examen et de diagnostic de premier ordre, indispensable. René Merle.
- LE SALON AERONAUTIQUE DE BERLIN
- L’EFFORT ALLEMAND
- VERS LA GROSSE CONSTRUCTION MÉTALLIQUE
- L’I. L. A. est la première^ manifestation aéronautique mode, et reconnaître sincèrement ces différents résultats, internationale que l’Allemagne a pu se permettre depuis L’effort continu, suivant un programme nettement
- Fig. 1. — L’hydravion Rohrbach-Romar entièrement métallique.
- L’appareil, mû par 3 moteurs de 600 ch, a 37 m d’envergure et pèse 11 t 5. (Photo International Graphie Press )
- son entrée dans la Société des Nations. C’est dire avec quel soin elle a préparé son Exposition, tant au point de vue présentation, qu’au point de vue publicité à l’étranger. Nous devons reconnaître de bonne foi que tous les Français qui se sont rendus à Berlin ont été reçus avec une bonne grâce parfaite et qu’on leur a tout montré, tout expliqué, jusque dans les plus petits détails. C’est le moment aussi de faire le point, selon l’expression à la
- déterminé et fidèlement suivi, a amené les avionneurs allemands à des réalisations splendides.
- La construction entièrement métallique a été étudiée et réalisée avec un souci continuel de simplification et de standardisation au point que je me suis laissé dire que certaines usines allemandes sont installées pour que tout ce qui est planeur soit embouti, assemblé, soudé et presque terminé entièrement par du personnel non spé-
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- cialisé. Nous pouvons juger ce que serait la production journalière d’usines ainsi installées en cas de besoin urgent.
- Dans cet article forcément condensé, nous nous bornerons à étudier dans leurs détails les gros appareils exposés par les grandes firmes Rohrbach, Dornier, Junkers, Messerschmidt en donnant seulement un aperçu de l’ensemble des autres appareils.
- ROHRBACH
- Si nous commençons par Rohrbach nous voyons le Romar qui est dérivé du R.obbe, qui lui avait servi de
- maquette d’étude, ce qui explique la simplicité de conception et de réalisation de cet hydravion de dimensions imposantes. Il a, en effet, 37 m d’envergure environ avec lm. 50 d’épaisseur d’aile au centre. Les ailes sont recouvertes en tôle plane, ce qui le différencie du Junkers.
- La partie motrice se compose de trois moteurs B. M. W. de 600 ch à hélices 4 pales propulsives placées très haut sur un pylône au-dessus des ailes. Nous voyons là une infériorité sur d’autres types, car ces moteurs ne sont pas accessibles en vol. Par contre les hélices sont parfaitement à l’abri en cas de gros temps.
- Cet appareil a été prévu transformable rapidement en avion militaire. C’est la maison Rohrbach de Copenhague qui construit tout le matériel spécial tel que : tourelles de mitrailleuses et de canon, lance-bombes électriques, etc.
- Voici d’après Les Ailes les caractéristiques générales de cet avion.
- Caractéristiques générales :
- Envergure totale : 36 m. 91;
- Longueur totale : 22 m. 55;
- Hauteur totale : 8 m. 47;
- Profondeur maximum de l’aile :8 m;
- Profondeur minimum de l’aile : 2 m. 50;
- Surface portante totale : 128 m carrés;
- Puissance : 3 moteurs B. M. W. VI de 460-600 ch; Poids à vide : 6900 kg ;
- Charge utile : 4600 kg;
- Poids total, en charge : 11500 kg;
- Charge au mètre carré : 89 kg 850;
- Charge au cheval : 6 kg 390;
- Puissance par mètre carré : 14 ch.
- Performances théoriques :
- Vitesse maximum : 223 km-h ;
- Vitesse minimum : 106 km-h ;
- Rayon d’action : 4000 km.
- JUNKERS
- Avec Junkers nous entrons dans un salon spécial. En effet celui-ci ne fait pas partie de la Chambre syndicale aéronautique allemande, il a tenu à le montrer en s’isolant par une haute cloison. Junkers a subi, au cours des années dernières, des avatars sérieux. A la fin de 1925, sa société de transport dut disparaître par suite de la constitution de la « Deutsche Lufthansa ». Quelque temps après, la firme de construction fut mise en faillite et ce n’est qu’en décembre 1926 que le Reich, en lui faisant la remise complète de ses dettes, lui permit de rouvrir ses usines.
- Quel chemin parcouru depuis cette époque! Nous avons vu à Paris le Bremen de glorieuse mémoire, nous le retrouvons à Berlin, mais à côté de lui est le G-31. Que dire de cet avion
- Fig. 3. — Le transport de la coque de l’hydravion Rohrbach-Romar au Salon de l’I. L. A.
- (Photo International Graphie Press.)
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- Chambre à bagages arrière
- Fig. 4. — Le Junlcers G-31.
- Avion commercial entièrement métallique, pour 12 passagers, envergure : 30 m. 30; vitesse : 170 à 200 km-h.
- A, coupe longitudinale; B, vue de
- Chambre à bagages avant
- Echelle
- (D’après le Document Aéronautique n<> 21.)
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- sinon que c’est certainement la perfection au point de vue confort pour les passagers, vu les possibilités actuelles.
- Nous empruntons la plupart des renseignements ci-dessous au « Document aéronautique, n° 21 » qui a donné de cet appareil une description complète qui ne tient pas moins de 15 pages avec de nombreuses photographies et croquis.
- Le volume en mètres cubes des cabines et cales est intéressant à connaître ainsi que l’aménagement intérieur.
- La cabine des passagers et le cabinet de toilette occupent 21 ms, les cales à bagages 8 m3, la chambre des machines 1 m3 45, le tout formant un total libre de 30 m3 45.
- La cabine des passagers, de
- 1 m. 90 de haut, 6 m. 50 de long et
- 2 m de large a l’aspect exact d’un Pullmann. Elle est divisée ainsi : à l’avant 2 lits et 2 fauteuils, ensuite 4 fauteuils, puis à l’arrière un fauteuil et un divan. Chauffage, éclairage, ventilation électrique, cabinet de toilette et W.-C.
- Au-dessous de la cabine trois cales à bagages et fret.
- Le poste de pilotage à double commande est particulièrement bien équipé; derrière lui une cabine spéciale pour navigateur et T. S. F.
- Les moteurs au nombre de trois, à hélice tractive, ont été plusieurs fois changés. Il fut équipé au début avec 3 moteurs L-5 de 930 ch au total, puis le moteur central fut remplacé par un B. M. W-VI et à l’heure actuelle l’avion est muni de 3 moteurs « Jupiter » à air. Son envergure est de 30 m. 30, sa longueur de 16 m. 50.
- Comme toujours Junkers est fidèle à l’aile surbaissée et à la construction entièrement métallique, avec recouvrement des ailes et du fuselage eh métal léger ondulé.
- Les mêmes observations pour la fabrication rapide en grande série s’appliquent ici. Pour l’avenir immédiat, l’appareil en construction est un 4 moteurs de 45 m d’envergure à aile habitable au centre, muni de 4 moteurs Junkers 600 ch, soit au total 2400 ch.
- MESSERSCHMIDT
- Un constructeur moins connu en France, car il fait peu parler de lui, est Messerschmidt qui expose son type M. 20.
- Messerschmidt est une vieille connaissance de ceux qui s’occupent d’aviation sans moteur, et il eut des succès retentissants à La Rhôn. On peut dire que
- ce sont les planeurs qui l’ont amené à ses avions extrêmement fins et d’une construction relativement économique. Ce constructeur s’était spécialisé d’abord dans le petit avion de tourisme et dans l’avion commercial de 100 ch. C’est celui-ci qui sur les lignes intérieures allemandes assure une partie du trafic. Il emmène avec cette force réduite 4 passagers, c’est un record. L’avion M-20 qui est exposé est un appareil entièrement métallique avec recouvrement en tôle de duralumin. C’est un monoplan à aile épaisse se rapprochant beaucoup de la formule
- Fig. 5. — Le Junkers G-31 au Salon de Berlin.
- (Photo communiquée par le journal Les Ailes.)
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- Fig. 6. — Le Junkers G-31 en fol.
- (Photo communiquée par le Journal Les Ailes.)
- Fokker. Avec 500 ch il emmène facilement 10 passagers à 175 km-h.
- La cabine est luxueusement aménagée avec, devant chaque fauteuil, une tablette pour écrire ou prendre le hé.
- Voici quelques caractéristiques de cet appareil :
- Envergure totale..............25 m. 50
- Longueur totale...............14 m. 90
- Surface portante..............65 m2
- Puissance du moteur B. M. W.. 500 ch
- Vitesse maxima................175 km-h
- Avec cet appareil se complète la gamme des puissances présentées au Salon allemand.
- Fig. 7. — Le Bremen, afion Junkers qui a fait la traversée Allemagne-Amérique. (Photo International Graphie Press.)
- DORNIER
- Nous arrivons enfin chez Dornierqui nous présente le Superwal et le Del-phin IIÎ et nous parlera seulement du Géant Dornier.
- Le Supertval, sans être encore le dernier mot du célèbre constructeur, a cependant à son actif quelques performances, puisqu’il détient à l’heure actuelle 12 records mondiaux qui, à notre sens, ont une signification des plus importantes, car ce sont des records que l’on pourrait appeler commerciaux. Qu’on en juge.
- Six heures avec charge utile de 4000 kg. Record de durée avec cette charge. Records de vitesse surt500et 1000 km par 179 km-h.
- Records de vitesse sur 500 et 1000 km avec charge de 1000 et 2000 kg, etc.
- Ce bateau volant est muni de 4 moteurs Jupiter, Gnome-et-Rhône type IV, 480 ch, placés en tandem, soit 2 hélices tractives et 2 propulsives à 4 pales, les moteurs sont accessibles en vol.
- Comme ses voisins, il est entièrement métallique et est muni de tout le confort moderne.
- Il emmène 2 pilotes, 1 mécanicien, 1 radiotélégraphiste, et 20 passagers.
- N’oublions pas que 140 avions Wal et 11 Superwal sont en service à l’heure actuelle.
- Le Delphin III, qui est en service en Allemagne, et à la Compagnie Aéro Lloyd, est surtout destiné aux colonies.
- Il pèse à vide 4000 kg et est muni d’un moteur B. M. W. VI de 450/600 ch.
- La cabine-coque a un poste de pilotage biplace côte à côte, double commande avec ensuite 10 fauteuils confortables. De très larges fenêtres permettent d’admirer le paysage, car l’aile surélevée laisse complètement libre le champ visuel.
- Nous ne pouvons quitter Dornier sans donner’quelques précisions sur le Géant dont on a tant parlé et dont on a même nié l’existence. Or, s’il n’est pas terminé, il existe
- En parlant de cet appareil, nous sommes obligés de nous rappeler les prophéties de M. Louis Breguet lors d’une conférence restée célèbre qu’il fit en 1921, si je me rappelle bien. Cette prophétie, au point de vue tonnage et force, va être réalisée, malheureusement ce ne sera pas en France. Souhaitons que l’on donne à nos constructeurs les moyens d’action pour réaliser leurs conceptions et rattraper rapidement notre retard. M. Breguet nous parlait de l’avion de 50 tonnes, 5000 ch et l’on souriait.
- Et voici que Dornier construit l’hydravion de 51 tonnes 6000 ch. Quelle est son opinion
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- Fig. 8. — Le Messerschmidt monomoteur 500 ch, 10 passagers. (Photo communiquée par Les Ailes.)
- sur ce monstre? La voici telle que la relate l’un de nos bons amis dans Les Ailes.
- « Notre Géant sur lequel vous me demandez « des précisions est construit exactement sur « les mêmes directives que le Superwal, me « répondit Dornier. Je suis d’ailleurs persuadé « que, de même quele Super wal n’est pas plus « difficile à piloter que le Wal, le Géant sera,
- « lui aussi, d’une conduite plus aisée. Le con-« trôle des 12 moteurs, dites-vous? Une seule « commande les actionnera et quatre mécani-« ciens en assureront la surveillance.... J’ai « confiance... j’ai pleine confiance » (1).
- Douze moteurs, oui, n’oublions pas que douze moteurs Jupiter VI l’équiperont, formant un total de 6000 ch. Ils seront répartis en tandem sur l’aile, l’un avec hélice tractive, l’autre avec hélice propulsive. L’aile atteindra 466 m2. La coque aura 39 m de long et le poids total de l’appareil en pleine charge sera de 51400 kg. Imaginez un instant 51 tonnes volant, décollant et amérissant : c’est évidemment colossal, mais ce sera une réalité dans un très proche avenir.
- A TRAVERS LES STANDS
- Avant de ^terminer, nous allons passer rapidement en revue les autres stands quoiqu’il soit matériellement impossible de parler de tout ce qui est présenté en moteurs, accessoires, petits avions, planeurs, etc. Gomme vous pouvez le penser, l’aviation légère est splendide-1. Les Ailes, n°, 383, 18 décembre 1928.
- ment représentée. Une course analogue à notre Tour de France pour avions légers précéda l’ouverture de l’Exposition, 62 appareils engagés, 30 présentés, 10 terminant le parcours de 1600 km, voilà le bilan de ce concours. Sur les 10 terminant l’épreuve, 5 Klemm confirment ainsi la valeur du concours d’Orly.
- Nous connaissons ce petit appareil, donc inutile d’en parler, nous l’avons vu du reste au dernier Salon de Paris et à Orly. Il est accompagné de toute une série d’avions légers typeMoth. Espenlaub présente son monoplan 35 ch Anzani dérivé de son planeur; le Sauserrind est un recordman des avions légers ; Raab-Katzenstein présente toute une série de petits avions commerciaux destinés surtout à la publicité.
- L’I. L. A. ne s’est pas crue déshonorée en présentant
- Fig. ,9. — Le Dornier-Superwal, hydravion de 2000 ch pouvant emporter 24 personnes à bord. (Photo communiquée par le journal Les Ailes.)
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- une importante section de planeurs et nous retrouvons là les appareils de la Rhôn-Rossitten Gesselsaft qui avait envoyé à Vauville le meilleur de sa production (*). Nous n’y reviendrons donc pas.
- Parmi les moteurs, en dehors de toutes les grandes marques françaises, Lorraine, Renault, Salmson, His-pano, Gnôme-et-Rhône qui sont heureusement représentées et qui ont fait une grosse impression par leur fini, Siemens, Daimler, Argus, Junkers ont présenté des moteurs de 20 à 800 ch.
- Deux mots de la participation étrangère donneront une vue d’ensemble de l’exposition.
- Les Anglais ont envoyé avec^A.-V. Roe, Blackburn et de Haviland des avions légers qui font bonne figure; Handley Page expose son aile à fente et de nombreux moteurs les accompagnent.
- Chez les Italiens, nous revoyons l’avion du record de vitesse que nous avons tant admiré à Paris.
- Les Tchécoslovaques Avia et Walter sont bien repré-
- 1. La Nature, n° 2797, 15 novembre 1928.
- sentés et c’est la première fois que nous voyons la production de l’U. R. S. S. où un avion sanitaire voisine avec deux avions école et deux petits appareils.
- Heureusement pour nous, notre Chambre Syndicale a fait à la dernière heure un effort splendide, et la France est dignement représentée par le Poiez 32, que nous avons vu et admiré à juste titre à Paris ; Nieuport expose sa limousine à moteur licence Wright ; enfin le Blèriot III, à conduite intérieure, aile surbaissée, ne le cède en rien aux productions similaires de nos voisins.
- Que devons-nous conclure de cette visite à l’I. L. A. ?
- Nous devons reconnaître honnêtement, la politique de l’autruche n’ayant jamais rien valu, la supériorité allemande pour la construction en série commerciale de l’avion et l’hydravion gros porteur métallique. Cette avance considérable n’est pas impossible à rattraper si l’on donne à nos constructeurs un programme bien net, des directives claires et les moyens techniques et financiers de les réaliser, c’est ce que bien sincèrement nous souhaitons. André Carlier.
- L’ORIGINE DU RAYONNEMENT COSMIQUE "
- Sa découverte.— Des recherches entreprises par divers physiciens ont récemment révélé l’existence d’un rayonnement inconnu analogue au rayonnement y. Les rayons y constituaient jusqu’à ce jour l’extrémité, du côté des plus courtes longueurs d’onde, de l’enchaînement des radiations électromagnétiques dont la chaleur et la lumière sont des cas particuliers. Tandis que les radiations hertziennes se trouvent à l’autre extrémité de cette gamme, avec leurs milliers de mètres de longueur d’onde, on peut passer, à peu près sans transition, par l’intermédiaire du rayonnement infra-rouge, de la lumière visible, du rayonnement ultra-violet et des rayons X, aux rayons y dont la longueur d’onde extrêmement petite varie de 4 dix-millièmes de micron (un micron — un millième de millimètre) à 5 millionièmes de micron. Le nouveau rayonnement, toutefois, s’est montré beaucoup plus pénétrant que les rayons y. Il est plus intense à de grandes hauteurs au-dessus du niveau de la mer et les expériences faites ont montré qu’il devait avoir une origine extraterrestre. Bien que notre atmosphère absorbe sensiblement ce rayonnement, une partie de celui-ci parvient jusqu’à la surface de la Terre. Le pouvoir pénétrant extraordinaire de ce rayonnement d’origine cosmique lui a fait assigner une longueur d’onde prodigieusement courte : quatre cent-millionièmes d’un micron, soit environ la centième partie de la longueur d’onde des rayons y les plus pénétrants. Ces carac-. téristiques indiquent que les nouveaux rayons doivent avoir leur origine dans une transmutation d’atomes suceptibles de libérer une quantité exceptionnelle d’énergie. On a même évalué cette quantité comme correspondant très approximativement à la formation de l’atome d’hélium à partir de celui d’hydrogène, plus simple.
- L’origine du rayonnement cosmique dans le milieu interstellaire. — Une question très importante se pose alors, de savoir où se produit cette transformation constitutive d’atomes. Deux réponses se présentent naturellement : on se trouve tenté de rechercher sa présence soit dans les
- 1. D'après R. A. Millikan et C. H. Cameron, Proceedings of the National Academy of Sciences of U. S. A., Août 1928.
- étoiles, où les pressions, les densités et les températures peuvent être extrêmement élevées, soit dans l’espace interstellaire où ces trois caractéristiques sont extraordinairement basses. En effet, dans un cas comme dans l’autre, il existe de la matière sous des conditions extrêmes et non expérimentées encore dans nos laboratoires, et, à la lumière de l’histoire des trente dernières années de la physique, nous ne devons pas être surpris, si, par le fait des nouvelles observations, nous constatons l’existence de matière se comportant d’une manière inconnue jusqu’ici et même tout à fait inattendue.
- Il semble cependant possible, dès maintenant et sur la base d’arguments solides, d’exclure la première solution.
- Tout d’abord, si la simple présence de matière en grande quantité et à température élevée devait favoriser la constitution des atomes, transformation qui est supposée donner naissance aux rayons cosmiques, il faudrait évidemment s’attendre à ce que le Soleil, en raison de sa proximité, nous envoyât énormément plus de rayonnement cosmique que les étoiles. Or tous les observateui's ont constaté que nous n’en recevons pas plus le jour que la nuit. Il faut donc supposer que les conditions physiques sur le Soleil, et probablement aussi sur les étoiles, ne sont pas favorables à la transformation qui donne naissance aux rayons cosmiques.
- Comme, d’autre part, ces rayons nous parviennent en tous temps, de jour et de nuit, et également de toutes les directions, il est à peu près impossible de ne pas admettre que la transformation qui les produit est favorisée par les conditions existant dans l’espace interstellaire. Si ces conditions favorables disparaissent au voisinage de la surface d’une étoile, il n’y a pas de raison pour qu’elles réapparaissent à l’intérieur de celle-ci, par suite de l’uniformité du sens des variations des conditions physiques de l’extérieur vers l’intérieur.
- On a, d’ailleurs, mesuré le pouvoir de pénétration de ces rayons : ils sont complètement absorbés par 70 mètres d’eau.
- S’ils prenaient naissance à l’intérieur des étoiles, ils seraient absorbés et transformés en chaleur, sauf ceux prenant naissance dans une mince couche extérieure dont l’absorption correspondrait à une centaine de mètres d’eau
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- environ Mais il est absurde de supposer que Ja transformation atomique correspondante puisse se présenter activement à la surface d’une étoile, et jusqu’à une faible profondeur, pour disparaître brusquement ensuite.
- On est donc toujours ramené à l’idée de la formation des rayons cosmiques dans l’espace interstellaire ou intergalactique.
- La signification du rayonnement cosmique au point de vue de l’évolution de l’univers. — Il en résulte une conséquence importante, c’est que le débit calori-tique des étoiles doit avoir une source complètement différente de la transformation constitutive d’aiomes qui donne naissance aux rayons cosmiques. D’ailleurs cette source d’énergie serait insuffisante pour expliquer le rayonnement des étoiles et Eddington et Jeans ont montré que ce dernier devait prendre naissance lors de la destruction des atomes et de la transformation de leur masse en énergie Les rayons cosmiques ne peuvent pas provenir de celte dernière transformation, car ils ne sont pas assez pénétrants. On peut se demander pourquoi nous n’observons pas la présence des rayons beaucoup plus pénétrants qui correspondent à la destruction de l’atome. Mais ce phénomène doit se produire dans l’intérieur des étoiles, là où les pressions sont colossales et les densités énormes. Le rayonnement résultant ne peut parvenir à l’extérieur de l’étoile : il est absorbé avant son émersion par un impénétrable écran de matière qui le transforme en chaleur.
- La découverte des rayons cosmiques et l’attribution de leur formation à une transformation constitutive d’atomes dans les milieux interstellaires permet de jeter un jour très suggestif sur un cycle de transformation de la matière, pour chaque phase duquel on possède des données expérimentales et non plus seulement des hypothèses.
- Tout d’abord, l’étude au spectroscope des masses nébulaires de l’espace interstellaire y révèle l’existence en grande abondance d’électrons positifs ou négatifs.
- Ces électrons se condensent en atomes sous l’influence des
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- conditions physiques existant dans ces régions de l’espace (basses températures et haute dispersion) et cette opération nous est révélée par l’émission correspondante de rayons cosmiques.
- Puis, les atomes s’agglomèrent en étoiles sous l’influence de leurs forces de gravitation, et nous suivons la naissance et la transformation de ces astres dans nos télescopes.
- Enfin dans l’intérieur des étoiles, sous l’influence des énormes pressions, températures et densités y existant, des électrons positifs, dans les noyaux d’atomes lourds par exemple, peuvent arriver à coïncider avec les électrons négatifs et transformer leur masse en énergie qui, dissipée en chaleur, maintient la température de l’étoile et pourvoit à son rayonnement de chaleur et de lumière. La base expérimentale de cette dernière phase se trouve dans les dernières estimations qui ont été faites de la durée d’évolution des étoiles par Eddington et Jeans.
- Le destin de l’Univers : mort ou autor?génération. — La chaîne de transformations ainsi décrite ne constitue pas un cycle fermé. Mais les quatre phases qui la composent sont les seules qui, actuellement, tombent sous le coup de nos observations. Comment compléter les lacunes ? Car à ce moment se pose impérieusement la question de savoir pourquoi le phénomène de transformation constitutive d’atomes, dont la présence nous est révélée par l’émission des rayons cosmiques, peut fonctionner encore après les éternités de temps durant lesquelles il a vraisemblablement poursuivi son cours. Pourquoi les matériaux de construction de l’atome n’ont-ils pas été tous utilisés depuis longtemps ? On est porté à supposer que ces matériaux sé régénèrent continuellement à travers les cieux par l’intermédiaire d’un certain mécanisme, encore inconnu, de transformation de la chaleur radiante en électrons. C’est la découverte de ce mécanisme qui nous permettra d’entrevoir une autre alternative que celle de l’inexorable évolution de notre Univers vers un état final de dégradation et de mort inévitable.
- II. Grouiller.
- L'ÉVOLUTION DES MICROSCOPES
- LES VERRES GROSSISSANTS ET LES LOUPES
- Les microscopes ont pour but d’amplifier les images afin de rendre visibles les objets que leur petitesse soustrait à nos yeux. Les plus simples de ces instruments sont les loupes dont l’invention remonte à une époque assez reculée, puisqu’on en a découvert une en cristal de roche dans les ruines de Ninive. Au temps où Aristophane ridiculisait les sophistes dans sa comédie des Nuées (423 avant J.-C.), les Grecs connaissaient également l’usage des verres grossissants. Puis vers la fin de la République Romaine, le philosophe Sénèque entreprit quelques expériences sur les ampoules de verre et proposa de se servir d’une boule pleine d’eau pour faciliter aux myopes la lecture des écritures trop fines. Toutefois ce fut le mathématicien arabe Alhazen (mort au Caire en 1038) qui construisit, le premier, de vraies lentilles. Deux cents ans plus tard, le moine anglais Roger Bacon reprit les expériences de son prédécesseur oriental, mais ne paraît pas avoir fait beaucoup progresser l’optique instrumentale en étudiant les effets des miroirs ou de la
- réfraction à travers les segments de boules de verre. On ignora, en effet, jusqu’à Descârtes les loupes proprement dites, tandis que l’usage des lentilles à une seule face convexe vendues par les opticiens d’alors sous le nom de « lunètes à puces », se vulgarisa beaucoup dans les cabinets d’histoire naturelle du xvne siècle. Les vraies loupes formées de deux verres aux faces convexes apparurent ensuite et on les trouve décrites, pour la première fois, dans Ars magna lacis et umbrae publié par le. Père Kircher en 1646. On les réalisait de différentes manières. « Certains emploient de grandes sphères de verre remplies d’eau, écrit le savant jésuite dans cet ouvrage. D’autres, au contraire, par une invention nouvelle et très ingénieuse, renferment dans un tube de très petites sphères de verre dont le diamètre n’excède pas celui des plus petites perles. Si vous placez le pied d’une puce près de la surface de la sphère, entre l’œil et la lampe, vous verrez, chose admirable, la cuisse comme celle d’un cheval!... »
- Dans le même volume, Kircher donne le dessin d’une lanterne éclairée par une chandelle et munie d’un miroir
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- Fig. 1 — Le Père Jésuite Athanase Kircker.
- C’est lui qui le premier décrivit la loupe dans son Ars Magna Lucis et Umbræ (1644).
- afin de « faire voir l’écriture ordinaire à une distance très éloignée en la rendant visible », puis il eut l’idée d’adjoindre un verre dioptrique au miroir pour accroître la puissance grossissante de l’instrument. Vers la même époque, divers techniciens imaginèrent, sous les noms de lanterne « thaumaturgique, mégalographique ou magique », le microseope solaire que le médecin berlinois Lieberkuhn perfectionna en 1738 et qui permit de peindre, sur une surface blanche, l’image agrandie des animalcules. Depuis la fin du xvne siècle jusqu’à nos jours, on s’en servit pour montrer à un nombreux auditoire les détails de l’organisation de minuscules bestioles, la structure des tissus végétaux, les infusoires ou même les microbes. Gomme l’écrivait Zahn dans son Oculus artifi-cialis (1685), il fournit un « spectacle admirable » et grâce à cet ingénieux dispositif « si l’on met entre deux verres un peu d’eau limpide qui renferme plusieurs vermisseaux vivants, on voit se dessiner sur le mur, non sans émotion, ni vif plaisir, des serpents étonnants qui rampent ».
- Cependant les micrographes d’alors préférèrent à ces colossales projections, les images virtuelles beaucoup plus nettes obtenues avec des loupes. Ils s’attachèrent donc, pour augmenter le grossissement, à réduire le diamètre des lentilles. Certains savants opticiens, entre autres Isaac Vossius de Leyde, Manfredi Settala de Milan, Robert Hooke et surtout Huyghens, en faisant fondre une goutte de verre dans la flamme d’une chan-
- delle, à l’extrémité d’une baguette de fer, parvinrent à réaliser des lentilles d’une extrême petitesse. Ce dernier les interposait entre l’œil et deux morceaux de talc qui maintenaient l’objet à examiner. Le célèbre physicien hollandais, après avoir indiqué le procédé de construction de son appareil, rapporte l’expérience suivante :
- Laissez tremper du poivre, pendant 2 ou 3 jours, dans un verre d’eau et prenez une gouttelette du liquide ainsi enfermé. Regardez-la à travers l’instrument grossissant ci-dessus décrit, elle « paroist comme un estang, dans lequel on voit nager une infinité de petits poissons ». La découverte d’un monde nouveau et insoupçonné provoquait l’enthousiasme des premiers micrographes!
- LE MICROSCOPE SIMPLE DE LEUWENHOEK
- Peu après, Anton van Leeuwenhoek (1632-1723) perfectionna encore plus le microscope simple et les travaux qu’il exécuta avec ses lentilles d’une remarquable facture lui valurent une célébrité mondiale. Il compléta, en particulier, la découverte d’Harvey, en découvrant la circulation dans les vaisseaux capillaires, les globules rouges du sang, les spermatozoïdes, etc. Sa renommée était si grande que le czar Pierre le Grand, de passage à Delft, voulut faire sa connaissance et converser quelques heures avec lui. Les microscopes de Leuwenhoek ne comportaient pourtant pas d’organes compliqués. M. Nachet, de Paris, en possède un curieux exemplaire dont nous avons pu admirer la simplicité. Il se compose d’un verre doublement convexe enchâssé entre deux plaques d’ar-
- Fig. 2. — Frontispice des Opéra Omnia du célèbre micrographe hollandais Anton Van Leuwenhoek [1119).
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- gent rivées ensemble et percées d’un petit trou. On fixe l’objet à une pointe d’argent que des pivots permettent de faire tourner. De la sorte, celui-ci peut monter ou descendre, s’approcher ou s’éloigner de la lentille; en un mot, s’orienter à volonté selon la vue et les convenances de l’observateur (fig. 3).
- A la suite du sagace hollandais, les constructeurs cherchèrent à perfectionner la monture des loupes et, au xvme siècle, les nombreux amateurs d’histoire naturelle se servirent surtout, comme microscope simple, de celui décrit par Joblot en 1718 sous le nom de microscope à liqueurs (fig 5) ; deux gros tubes, reliés l’un à l’autre par un anneau vissé sur eux, en formaient le corps. Au cylindre supérieur s’adaptait la lentille tandis qu’au-dessous d’elle le porte-objet reposait sur un anneau mobile dont le déplacement permettait la mise au foyer. En outre, le tube inférieur portait des diaphragmes et il fallait le dévisser pour mettre la goutte de liquide à observer sur le porte-objet. De son côté, l’anglais Wilson inventa un microscope de poche dans lequel on pouvait changer la lentille selon les exigences du grossissement et son compatriote Henry Baker, en fixant cet instrument et en lui « donnant du jour par le moyen d’un miroir »,
- Fig. 4. — Planche extraite des Descriptions et usages de plusieurs nouveaux microscopes, publiées par Joblot en 1718.
- Remarquer surtout l’infusoire n° 12 que le naïf micrographe a cru voir « couvert d’un beau masque bien formé de figure humaine ».
- Fig. 3. — Microscope simple de Leuwenknek (1632-1723).
- Il se compose d’un verre doublement convexe enchâssé entre deux plaques d’argent rivées ensemble et percées d’un pettt trou. L’objet se fixe à une pointe d’argent que des pivots permettent de faire tourner.
- (Collection Nachet, Paris.)
- réalisa la première loupe montée. Depuis lors, on perfectionna seulement les détails de la monture, mais on ne pouvait utiliser de la sorte que les régions centrales des lentilles, car on ne savait pas encore corriger les aberrations de sphéricité et de réfrangibilité. Aussi les microscopes simples construits au cours du xixe siècle par Stanhope, Coddinglon, Brewster ou Raspail, s’ils sont plus commodes à manier que les loupes ordinaires, ne reculèrent pas beaucoup les limites du grossissement au delà de 300 à 400 diamètres.
- LES MICROSCOPES COMPOSÉS
- Heureusement, les microscopes composés permirent de scruter plus avant les mystères de 1 infiniment petit. Théoriquement, un de ces appareils comporte deux systèmes optiques convergents : l’un, dit objectif, donne une image réelle et renversée de l’objet à examiner, l’autre, appelé oculaire, fournit une image virtuelle et droite de la première image. L’observateur, en appliquant son œil contre l’oculaire, aperçoit alors l’objet très agrandi. A l’heure actuelle, ainsi que l’écrivait déjà le jésuite italien Buonanni dans sa Micrographia curiosa (1691), « il n’est pas facile de dire quel a été le premier inventeur » du microscope. On peut même s’étonner que les verres convexes, employés couramment depuis le xine siècle pour les lunettes à nez, n’aient pas orienté les opticiens dans cette voie. D’après l’opinion la plus probable, l’invention du microscope composé remonterait aux environs de le 89. Elle serait due à deux lunettiers de Middel-bourg, Hans et son fils Zacharias Jansen. Puis au début duxviie siècle, Galilée, ayant probablement entendu parler de leur invention, eut l’idée d’employer son télescope à grossir les petits objets en les disposant tout près de l’oculaire et en observant à travers la lentille objective, comme une de ses lettres, datée de 1610, nous l’apprend. En tout cas, deux ans plus tard, il offrit au roi Sigis-mond de Pologne un microscope composé qu’il avait construit et un passage d’un ouvrage de Boccalini publié à Venise en 1612 prouve que les savants d’Italie connaissaient alors cet instrument. Toutefois Louis Olivier, qui a fait des recherches pour élucider ce point d’histoire scientifique, n’a trouvé aucune indication relative au
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- microscope composé antérieurement à 1646, année de la publication de l’Ars magna lacis et umbræ, déjà cité plus haut. Dans ce grand ouvrage, Kircher parle du « microscope » à deux lentilles qui « amplifie les objets d’une manière incroyable..., qui grossit la mouche en éléphant et la puce en chameau ! »
- A la même époque, un physicien napolitain, Francesco Fontana, revendique dans ses Novae cœlestium terres-triumque rerum observaliones (1646.) la priorité de l’invention du microscope composé dont il prétend avoir fait usage depuis 1618, tandis que le français Balthasar de Monconys décrivait (dans une lettre datée aussi de 1646 et publiée par son fils dans le Journal des voyages de son père en 1665) plusieurs types d’appareils amplifiants et un microscope à 3 lentilles. Il avait rencontré ces instruments dans les cabinets de Boyle ou de Torricelli, de Vos-sius, de Gassendi, de Roberval et autres savants ou amateurs de curiosités qu’il fréquenta au cours de ses multiples pérégrinations.
- Cependant, vules défautsdeces premiers microscopes composés, naturalistes et physiciens leur préférèrent les loupes pendant longtemps, bien qu'un microscope, décrit par le P. Borel dans son De vero telescopi inventore (1655) et constitué par deux verres convexes reliés par un tube, ait joui d’une certaine vogue. L’anglais Robert Hooke le modifia très heureusement en rendant le tube susceptible de tirage et en perfectionnant le système optique. Il se rendit parfaitement compte de la marche des rayons lumineux dans son appareil. Dès 1665, le sagace « curateur » des expériences de la Société royale de Londres » adapta à son microscope l’oculaire négatif convergent dont Huy-ghens et Hévélius venaient de doter leur télescope ; grâce à ce remarquable instrument de travail il put figurer avec exactitude dans sa Micrographia (1665) les premières observations micrographiques exactes avant que son célèbre émule Leuwenhoek n’ait publié les siennes.
- Après lui, et bien longtemps avant l’invention du stéréoscope, on songea aussi à se servir des deux yeux pour observer au microscope. Dès 1677, le P. Chérubin d’Orléans imagina un appareil grossissant binoculaire dans lequel, selon ses propres expressions, « les deux axes de la vision concouraient en un seul point ».
- De leur côté, les techniciens contemporains commencèrent à connaître dans leurs grandes lignes la théorie du microscope composé qu’Hartsoeker et Zahn entre autres exposèrent clairement dans leurs livres. Mais tous les modèles réalisés jusqu’alors ne permettaient que d’observer par réflexion. Un très habile lunettier de Rome, Giuseppe Campani, fit faire au microscope composé un progrès considérable en imaginant les systèmes
- par transparence que Filippo Buonanni et Joblot perfectionnèrent à leur tour. En particulier, ce dernier micrographe à l’imagination si féconde, comme en témoignent ses figures d’infusoires ou autres animalcules (fig. 4), ajouta à ses microscopes composés le « verre de champ », c’est-à-dire la lentille supplémentaire déjà adoptée par Hooke et ainsi nommée parce qu’elle agrandit le champ des instruments.
- Marshal, Culpefer, Scarlet et Baker munirent leurs appareils, au-dessous de la préparation, d’un miroir destiné à renvoyer au travers de l’objet un faisceau de lumière réfléchie. « Un seigneur distingué, M. le Duc de Chaulnes, qui, non content de protéger les savants daigna contribuer aussi par ses lumières à la perfection des sciences » selon les termes du Dictionnaire universel de mat hématique et de physique de Savérien (17531, fit adapter aux microscopes de Passemant le micromètre imaginé peu auparavant par 1 opticien londonien Benjamin Martin, mais encore inconnu en France. Un autre spécialiste, Alexis Magny, s’acquit également une grande réputation sous Louis XV, si bien que ce roi voulant offrir un cadeau à son beau-frère Stanislas Leczinski lui commanda un microscope composé, actuellement au Musée de Nancy.
- D’ailleurs, jusqu’à la fin du xvme siècle, tous les microscopes composés étaient ornés très artistement. Leurs montures finement ciselées, dorées ou argentées l’emportaient souvent sur la valeur de leur système optique. Témoins, les exemplaires conservés, par exemple, dans la collection de M. Nachet de Paris, dans celles de l’Ecole Polytechnique, du Conservatoire des Arts et Métiers ou de ja Société Royale de Londres. En particulier, le microscope offert à Buffon par ses élèves du Jardin du Roi porte un joli cartouche gravé avec l’inscription : A notre maître. Mais, en revanche, son constructeur Humbert se montra plus sobre que ses confrères dans l’établissement du support.
- Les savants d’alors préféraient les grands tirages, les objectifs à court foyer et s’inquiétaient surtout de la puissance des verres. Ils s’efforçaient d’arriver à un très fort grossissement, ce qu’ils obtenaient aux dépens de la netteté des images. Celles-ci apparaissaient déformées, irisées par suite de la diffraction de là lumière jointe aux aberrations de sphéricité produites par les lentilles.
- Heureusement Euler indiqua dans sa Dioptrique (1771) une méthode pour corriger ces défauts. Afin d achroma-tiser les objectifs, il proposa de les réaliser au moyen de deux verres tels que l’aberration de l’un corrigeât celle de l’autre. Toutefois il a fallu près d’un demi-siècle pour que cet important perfectionnement entrât dans la pratique courante. Frauenhôfer construisit les premiers
- Fig. 5. — Microscope simple de Joblot (16^5-1123).
- (Collection Nachet )
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- objectifs achromatiques en 1816, puis successivement les physiciens Charles et du Haldat du Lys, les opticiens Dellebarre, Selligues et Chevalier perfectionnèrent la technique, tandis qu’en 1842 Arago présentait à l’Aca-
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- également l’idée d’ajuster des chambres claires au porte-oculaire de façon que les naturalistes puissent aisément dessiner le contourdes images microscopiques agrandies. Enfin les Français J.-B. Soleil (1798-1878), C. Nachet
- Fig. 6. — Quelques microscopes du xviiic siècle.
- a, microscope composé ayant appartenu au Duc de Ckaulnes.
- (Conservatoire des Arts et métiers, Paris.)
- b. microscope du célèbre constructeur d’instruments de précision Alexis Magny (1754).
- (Collection Nachet.)
- c, microscope composé offert à Buffon par ses élèves du Jardin du Roi[ 1758).
- Il porte un joli cartouche gravé avec l’inscription K A notre maître ».
- (Collection Nachet.)
- d, m'croscope du . physicien Charles (1746-1828) avec ses ' accessoires. •
- : .. ï
- (Cdnservatoirè des Arts et Métiers, Paris.)
- démie des Sciences de Paris de très petites lentilles achromatiques sortant de chez Nachet. Peu après Amici, directeur de l’Observatoire de Florence, construisit son microscope à immersion (1854) et son microscope spécial pour l’étude des phénomènes de polarisation; il eut
- (1801-1881) et Jules Dubosq (1817-1886), les Allemands Cari Zeiss (1816-1888) et le Pr Ernest Abbé (1840-1905), soit en calculant les combinaisons optiques capables de répondre à tous les desiderata dès1 spécialistes; soit en construisant des montubes pourvues de mécanismes de'
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- Fig. 7. — La construction d’un microscope moderne. (Ateliers Nachet, Paris.)
- a, tournage des corps de microscope (Il faut calibrer chaque pièce afin d’assurer un ajustage parfait et sans jeu )
- haute précision (platine à rotation, chariots à grand déplacement munis de division avec verniers au l/10e, mouvements rapides par crémaillère et pignon à denture hélicoïdale, dispositifs d’éclairage variés, etc.), facilitèrent aux micrographes professionnels les recherches les plus délicates. Aussi, actuellement la fabrication de tels microscopes nécessite un usinage de grande précision.
- COMMENT ON CONSTRUIT UN MICROSCOPE
- Leurs parties mécaniques doivent s’exécuter avec autant de soins que leurs systèmes optiques. Des ouvriers fort expérimentés tournent les corps des microscopes. Puis, au sortir des machines, on calibre chaque pièce afin de permettre un ajustage parfait et sans jeu. On se rend compte, en effet, que tout défaut dans le montage d’un mouvement se trouve amplifié parle grossissement même des jeux de lentilles utilisées. Les organes de « mise au point » et en particulier le « mouvement micrométrique » exigent une impeccable perfection.
- Ainsi dans les ateliers Nachet que nous avons visités, on considère seulement comme bonne une visœierométrique sensible au millième 4e millimètre. Une
- Fig. 8. — Microscope binoculaire de Smith Bech et Beek (1862). (Cons. des Arts et Mf'tiers, Paris.)
- b, Montage du mouvement micrométrique. c, Vérification du mouvement micrométrique.
- (Au cours de l’ajustage, on équipe chaque microscope avec un objectif monoculaire donnant un grossissement de 1000, afin que le monteur puisse apprécier et rectifier les plus petites imperfections.)
- telle vérification ne s’opère pas par les procédés mécaniques ordinaires. Il faut recourir aux méthodes optiques. Pour cela, au cours de l’ajustage, on équipe le microscope avec un objectif et un oculaire donnant un grossissement de 1000 environ afin que le monteur puisse, en appréciant les plus petites imperfections, les rectifier jusqu’à ce qu’elles deviennent imperceptibles. En ce qui concerne la partie optique, si les oculaires se réalisent assez facilement, les objectifs, surtout ceux à forts grossissements, sont d’une construction très délicate. Chaque objectif se compose d’une association de plusieurs lentilles, la plupart achromatiques, en flint et en crown. Les surfaces de ces verres se travaillent dans des bassins au moyen d’émeris successifs de plus en plus fins, puis de produits à polir. Non seulement ces surfaces doivent être parfaitement unies, mais il faut, en oulre, que leurs courbures soient < xactement conformes aux calibres-types. Or, comme le diamètre de certaines len-lilles d’objectifs à fort grossissement ne mesure parfois pas plus d’un millimètre, on voit quelles précautions méticuleuses nécessite le contrôle des surfaces optiques.
- Une fois les lentilles contrôlées et re connues parfaites, on les insère dans des barillets. Ce montage s’opère au moyen de
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- petits tours à axe vertical. L’expert ajusteur sertit donc chaque lentille en s’assurant que son centrage optique reste absolument rigoureux, condition indispensable de bon fonctionnement.
- Quant aux modèles de microscopes en usage aujourd’hui dans les laboratoires scientifiques ou industriels, leur nombre varie à l’infini et leur simple énumération dépasserait les limites de cet article. On construit des types simplifiés pour les écoles ou les démonstrations dans les cours d’histoire naturelle élémentaires et dont les grossissements ne dépassent guère 300 diamètres; des binoculaires pour les recherches botaniques, ento-mologiques ou zoologiques dont le grossissement varie entre 80 et 450 diamètres, et des « Standard » présentant des organes mécaniques plus ou moins nombreux. Enfin
- Fig. 10. — Schéma de la marche des rayons dans un microscope Nachet ordinaire.
- AB, Image virtuelle à 25 cm de l’œil.
- Fis;. 9. — Microscope Nachet de haute précision, modèle 1928.
- Dispositif d’éclairage complet avec miroirs plan et concave, articulé en tous sens, diaphragme-iris, condensateur d’Abbe achromatique, grande platine à rotation, etc.
- divers constructeurs allemands, anglais, américains et français vendent des microscopes de haute précision munis de tous les accessoires et perfectionnement possibles (revolver pour changer les objectifs, oculaires planachromatiques, etc.). Ces derniers, véritables instruments scientifiques « de luxe », permettent les travaux microscopiques les plus délicats avec le grossissement maximum réalisable actuellement, c’est-à-dire 3000 diamètres environ. Jacques Bover.
- U AVENIR DE LA RACE NOIRE DANS NOS COLONIES
- Nos possessions de l’Afrique tropicale sont appelées à iouer un rôle de plus en plus grand dans notre vie politique et économique. A cause de cela et à cause de la sympathie qu’inspirent leurs habitants aux Français qui ont vécu dans ces pays, rien de ce qui concerne les noirs ne doit nous rester étranger.
- Au début de l'occupation, les qualités physiques et morales des races noires peuplant notre domaine africain, ont été appréciées dans un but militaire immédiat, celui du recrutement de tirailleurs et de travailleurs pour satisfaire aux nécessités de la pacification et aux premières exigences d’une colonisation pourvue de moyens primitifs.
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- Fig. 1. — Femmes noires du Dahomey oriental.
- Par ailleurs les us et coutumes des noirs, la hiérarchie de leurs groupements, la constitution de la famille ont été étudiées, au point de vue civil, avec un objectif admi-
- Fig. 2. — Femmes bnzos du Soudan français. (Cliché Agence économique de l’A. O. F.)
- nistratif et juridique, afin d'y conformer notre politique indigène et de ne point heurter leurs traditions C’étaient là travaux de première urgence. Des essais ethnographiques ultérieurs ont classé ces populations en soi-disant races qui semblent avoir été multipliées à l’excès en se basant moins sur des caractères somatiques que sur les coutumes et la manière d’être à l’intérieur et à l’extérieur de la tribu ; ce ne sont pas là des caractères différentiels suffisants.
- L’heure est venue, dans l'intérêt commun des noirs et des colonisateurs, de pénétrer davantage dans la connaissance des sociétés indigènes de l'Afrique occidentale et équatoriale et de rechercher, aux fins de les combattre et de les atténuer, les causes pour lesquelles ces peuplades sont si clairsemées sur leurs immenses territoires, pourquoi elles ne se sont pas multipliées comme les races blanche et jaune dans leur habitat européen et asiatique. On pensait que, grâce à la paix française, à la suppression des guerres entre tribus, à l’abolition de la traite des nègres, à la disparition de l’anthropophagie, à la cessation des sacrifices humains rituels, la population augmenterait vite. La traite européenne du Sénégal au Gabon, qui enlevait chaque année à leurs foyers environ 120000 individus des deux sexes, la traite arabe qui exportait annuellement de l’Afrique orientale et centrale 70 000 sujets ont cessé, la première depuis trois quarts de siècle, la seconde depuis que les puissances européennes occupent les territoires où elle s’exerçait.
- Le sacrifice de l’un des jumeaux, celui des enfants nés chétifs ou difformes, n’est plus guère pratiqué. Les crimes rituels commis dans les régions où la mort la plus naturelle est considérée comme l’œuvre d’un génie malfaisant et exige le sacrifice du prétendu auteur qui a « mangé l ame » du mort sont devenus exceptionnels. M algré la disparition de ces coutumes barbares qui avaient pour effet de réduire la natalité et d’augmenter la mortalité, l’accroissement du capital humain ne saute pas aux yeux.
- Le problème démographique noir-africain comporte des inconnues qui ne peuvent être révélées par la simple numération, mais exigent des recherches dans le domaine psychique et social des races intéressées.
- Après trente ou quarante années d’occupation, on en est encore à se demander si l'accroissement modeste des populations noires indiqué par les recensements périodiques est réel ou simplement apparent, dû à de plus grandes facilités de numération qu’autrefois. Si, en Afrique occidentale, l’augmentation de l’effectif humain est peu considérable, en Afrique équatoriale aucun doute n’est malheureusement permis sur la diminution de la population indigène par suite de la maladie du sommeil et d’autres affections meurtrières.
- Le facteur morbidité ioue dans l’accroissement lent ou la diminution du capital humain de race noire un rôle qu'il n’est pas question de nier ou d’atténuer, mais il n’est pas le seul. En même temps qu’une forte mortalité, intervient une faible natalité pour engendrer, si j’ose dire, la situation démographique actuelle. En dehors de toute immigration, l’accroissement d’une population
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- est la résultante de l’excédent des naissances sur les décès; il faut naître en plus grand nombre qu’on ne meurt. Dans les pays d’Asie, tels que les Indes et la Chine, les pertes humaines dues aux épidémies, aux famines et aux guerres sont vite réparées parce que la natalité y est très élevée. L’accroissement numérique des Hindous et des Chinois est tel qu’il les oblige à émigrer dans les pays voisins. Pourquoi ne constate-t-on pas le même phénomène d’accroissement chez les races noires de nos colonies, qui vivent dans la sécurité la plus parfaite et souffrent rarement de la disette ?
- Jusqu’ici on avait admis, sans discussion et sans en apporter la preuve, que la femme noire est très prolifique. Des enquêtes faites en Afrique occidentale et équatoriale par des Européens aimant la précision ne permettent plus de considérer cette prolificité comme un fait démontré et constant; on a trouvé des taux de fécondité (nombre d’enfants par femme) de 2,5 à 3,2; il doit y en avoir sans doute de plus élevés, car le nombre de ces sondages est encore très limité, il est nécessaire de les continuer chez toutes les peuplades et dans toutes les régions. Cette faible natalité a-t-elle une cause organique ou sociale, est-elle due à la constitution des géniteurs ou à certains préjugés ou coutumes? C’est ce qu’il importe de déterminer afin d’apporter le remède approprié, physique ou social.
- La pauvreté de l’habitation de la famille noire, case de pisé à couverture de chaume ou de terre, ruche ou terrier, est bien connue; l’alimentation, au point de vue carné surtout, laisse à désirer, le plus souvent par la faute des noirs qui ne font pas l’effort productif nécessaire. Les médecins et les officiers qui font du recrutement savent combien est grand le chiffre des inaptes, dépassant la moitié du contingent présenté. Tout cela est vrai, mais il n’est pas nécessaire d’être Hercule pour se reproduire.
- Les eugénistes d’Europe le savent bien, qui réclament du législateur le droit d’enlever les moyens de procréer aux individus atteints de tares physiques et mentales transmissibles par hérédité.
- La polygamie est souvent accusée d’être une cause de dénatalité en pays noir. A propos de l’Afrique australe, Livingstone écrivait en 1856 : « Bien que la polygamie ait pour but d’accroître la population, elle tend au contraire à la diminuer. Les vieillards opulents, dont le bétail est nombreux, épousent toutes les belles filles..., les jeunes gens sans fortune sont obligés de se passer d’épouses ou de se contenter des laiderons ». L’illustre explorateur, qui était cependant médecin en même temps que missionnaire, a oublié qu’un laideron peut être une mère gigogne. En Afrique occidentale et équatoriale, la bigamie se rencontre chez environ 27 pour 100 des hommes, la trigamie chez 8 pour 100; le reste, 65 pour 100, représentent les monogames. Ces chiffres suffisent à montrer que la polygamie en Afrique Noire ne saurait jouer un rôle essentiel dans la dénatalité. Si même, en théorie, la polygamie pouvait être acceptée comme un facteur de dépopulation, la liberté des mœurs en bien des cas lui apporterait un sérieux correctif. Au surplus
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- Fig. 3. — Groupe de femmes bobos revenant des champs.
- d’autres peuples, asiatiques, plus polygames que noirs, se multiplient, pourrait-on dire, à l’excès.
- Fig. 4. — Femme noire allaitant son enfant.
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- Tig. 5. — Une manière originale de donner un lavement : femme à Ouagadougou. (Cliché du Dr J. Legendre.)
- L’infériorité des naissances féminines, dans la propor-ion de 2 à 3 pour 100 par rapport à celle des garçons, oue un rôle certain dans la dépopulation là où elle se •encontre En Afrique, la polyandrie n’en est pas résultée iomme dans certaines régions d’Asie où le nombre des ndividus de sexe masculin est également plus élevé que ielui des filles D’ailleurs polygynie etpolyandrie n’ont pas e rôle principal dans la dénatalité. Alors que le fémi-îisme ne fait qu’apparaître en Europe, la gynocratie xiste depuis longtemps dans les sociétés noires. En Afrique occidentale et équatoriale, les lemmes chefs de dllage ou de tribu ne sont pas rares; des lemmes ont xercé le pouvoir suprême à Madagascar. Mais ce fémi-lisme africain n’a pas pour effet, comme le féminisme uropéen, de restreindre la natalité; la femme noire ccepte avec joie l obligaiion naturelle d’être mère ; la térilité est mal vue des noirs.
- Quelle est donc la raison de la dépopulation dans ces >ays:' Le taux de fécondité, c’est-à-dire le nombre d’en-ants issus d’une même mère, est peu élevé; là où on l’a echerché on a découvert qu’il variait, selon les conditions économiques du territoire, de 2,5 à 3,2. Ce serait uffisant si la mortalité n’était pas si élevée, mais la moralité infantile de 0 à 5 ans se tient aux environs de 15 pour 100 et la mortalité générale peut atteindre des
- ’iç. 6. — Manière de porter l’enfant sur le dos, en route, pendant les travaux des charnus, pendant le pilàge du mil.
- chiffres voisins ou supérieurs. Au bilan, le nombre des descendants est souvent inférieur ou à peine supérieur à celui des ascendants. Une population s’accroît par les deux extrémités de la vie, augmentation du chiffre des naissances et prolongation de la durée de la vie, c’est dans les deux sens qu’il faut agir.
- Si la femme noire n’a pas une plus nombreuse progéniture, cela ne tient ni au mariage précoce qu’on a parfois accusé, ce qui est paradoxal, ni à une vieillesse précoce, mais à la coutume de prolonger l’allaitement maternel au delà de la durée exigée par la nature, jusqu’à ce que l’enfant ait atteint ou dépassé deux ans, limitant ainsi le nombre des naissances.
- Voilà, sans doute, la raison majeure pour laquelle l’immensité des territoires africains de race noire soumis à la tutelle française ne compte* que 19 millions d’habitants, la raison pour laquelle la densité de la population qui varie de 1 à 35 habitants n’est que de 5 habitants au kilomètre carré en moyenne. La race noire porte dans sa manière de vivre des conditions d’infériorité numérique dont la nécessité ne semble pas justifiée aujourd’hui. Le sol de l’Afrique noire peut nourrir une population dix fois plus nombreuse, s’il y est sollicité par des méthodes moins primitives que celles en usage. Le nombre des bouches à nourrir peut augmenter sans qu’on puisse craindre la disette ; l’utilité de mieux exploiter les richesses naturelles du sol, du sous-sol et des eaux, dans l’intérêt des indigènes et le nôtre, exige même plus de bras qu’il n’y en a.
- On a reproché, ces dernières années, à la colonisation européenne d’avoir disloqué l’organisme de la tribu, d’avoir soustrait les noirs employés dans les exploitations agricoles et industrielles européennes, dans les services publics et privés, aux lois et coutumes de leur clan, sans les avoir remplacées par d’autres. Il ne pouvait en être autrement; mais l’effectif de ces individus ainsi transférés hors de leur village est très restreint par rapport à celui de la population. Dans leur nouveau milieu, ces transplantés ne sont tenus d’observer que les lois civiles; la loi morale du groupe social auquel ils appartenaient exerce de moins en moins sa contrainte sur eux. En outre, depuis l’occupation, pour la quasi-totalité des indigènes qui n’ont pas quitté leur village natal, l’autorité ferme et proche du chef indigène a été remplacée par l’action distante et moins rigide de l’autorité européenne.
- L’exode volontaire hors du territoire de la tribu d’un nombre de plus en plus élevé d’indigènes est une conséquence de la rapidité des communications. En une journée de camion ou de chemin de fer, le noir va aujourd’hui aussi loin qu’il allait autrefois en un mois à pied. S il a plus de facilités d’éloignement il a aussi de plus grandes facilités de retour. Sans nier l’effet dissolvant du déracinement pour ces individus, comment pourrait-on 1 éviter sans nuire à la colonisation, sans entraver la vie indigène avec ses exigences nouvelles ? Les migrations humaines, comme les migrations animales, sont réglées par 1 impérieux besoin de manger. Il sera difficile de maintenir l’indigène au village, sous la loi de la tribu, quand ilfc est sollicité par l’attraction des villes et les
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- salaires des industries. Comme notre pay-an de France, le rural noir va vers les villes pour y chercher plus de bien-être et de plaisir.
- Le noir était depuis un temps immémorial adapté à la vie collective dans le cadre rigide de la tribu. L’Europe a rompu ce cadre au profit de l’individualisme ; il ne faut pas oublier qu’elle a supprimé aussi les pratiques barbares de caractère religieux; elle doit lutter aujourd’hui contre les coutumes nuisibles à la race qui persistent encore. Les lumières de la science européenne avec lesquelles nous essayons de pénétrer l'âme noire n’en banniront qu’insensiblement ou peut-être jamais la conception de forces surnaturelles occultes dont elle est imprégnée. L’indigène n’acceptera pas toujours l’explication que nous lui donnons des phénomènes, il continuera à croire aux génies malfaisants et aux fétiches, et à expliquer les phénomènes les plus naturels par la sorcellerie comme faisaient ses ancêtres avant l’arrivée des Européens. La tutelle du colonisateur comporte le
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- progrès psychique chez son pupille en même temps qut le progrès physique ; aucune baguette magique ne permet de les obtenir sans peine. Si on considère les sociétés noires actuelles des Etats-Unis ou des vieilles colonies en cohabitation depuis longtemps avec les blancs^ il faui bien reconnaître qu'elles s’accroissent régulièrement et que leur sort n’a rien à envier à celui des tribus nègres qui peuplent la brousse africaine. Quant à celles-ci, depuis la conquête européenne, les individus qui les composent n’y ont plus à redouter ni l’esclavage, ni h cannibalisme, ni bien d’autres pratiques meurtrières, ils jouissent de la sécurité la plus parfaite pour leurs per sonnes et leurs biens, c’est tout de même quelque chose Malgré cela, ces groupes humains ne s’accroissent qu’j un rythme ralenti dont les causes morbides sont biei connues ; il reste à découvrir les causes morales et sociale: pour les combattre et amener la race noire à un dévelop pement social et économique qu elle n’a pas connu ai temps de son indépendance. D1' J. Legendre.
- LA COURSE VERS LES HAUTES PRESSIONS
- La matière est formée d’atomes et de molécules. Mais les uns et les autres sont loin d’être en contact, ce qui d ailleurs n’aurait pas grand sens puisque les atomes ne peuvent être assimilés à ces balles rigides et indéformables qu’envisageaient si volontiers les anciens atomistes et qu’on les' con-idère aujourd’hui comme de véritables petits systèmes solaires. On peut même dire que dans la matière, le volume des espaces vides est bien supérieur à celui qu’occupent les parties massives, d’où la possibilité de rapprocher atomes et molécules en faisant agir des pressions suffisantes. Cependant il semble bien qu’il faille admettre, entre ces atomes et ces molécules, l’existence de forces répulsives allant rapidement en croissant quand la distance diminue, si bien que pour les vaincre il faut mettre en jeu des forces de plus en plus considérables.
- Si l’on en juge par les quelques résultats déjà obtenus dans cette voie à peine ouverte, il est légitime d’espérer que l’étude systématique des variations qu’éprouvent les propriétés de la matière sous des pressions de plus en plus élevées fournira une ample moisson de faits nouveaux et que la mise en œuvre de ces pressions ouvrira à la science et à la technique des possibilités insoupçonnées.
- C’est à dresser le bilan des résultats déjà acquis qu< je voudrais consacrer cette brève étude.
- LA LIQUÉFACTION DES GAZ
- Le rapprochement des molécules que produisent sut les gaz des pressions suffisantes les fait passer à l’état liquide pourvu que la température ait été abaissét au-dessous de celte limite qui constitue la températur<
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- Fig. 2. — Vue d'ensemble des hypercompresseurs de l’installation d'ammoniac Claude Bell. (Wilmington, Delaware, Amérique)
- Vue générale de la salle des compresseurs. Quatre hypercompresseurs, trois compresseurs à gaz et le tableau principal de commande
- électrique des moteurs et des courants alternatifs,
- critique. Les pressions mises en jeu pour l’obtention des gaz liquéfiés sont certes élevées, mais leur réalisation ne soulève pas de difficultés particulières. On les obtient avec des compresseurs robustes dont le principe ne diffère pas de celui sur lequel reposent les pompes de compression ordinaires.
- RÉACTIONS SOUS PRESSION
- Les chimistes ont été amenés peu à peu à utiliser l’influence de pressions élevées pour favoriser les réactions. Ils pratiquent depuis longtemps l’hydrogénation sous pression qui, même avec des moyens rudimentaires, a fourni à Marcellin Berlhelot les résultats les plus intéressants. Cette méthode consiste à chauffer le corps dans un tube scellé en présence d’une quantité oonvenable d’acide iodhydrique à des températures voisines de 275°. Là dissociation de l’acide iodhydrique en iode et en hydrogène sous l’influence de la chaleur engendre une pression supérieure à 100 atmosphères et l'hydrogène se fixe sur le corps à hydrogéner. Dans ces conditions, Berthelot montra qu’un composé organique quelconque donne le carburedhydrogène saturé renfermant le même nombre d’atomes de carbone. Avec des corps très complexes comme le bois et les matières charbonneuses, jil obtint des carbures très voisins de ceux qui entrent dans la constitution du pétrole.
- Beaucoup de méthodes actuellement utilisées pour réaliser les synthèses des pétroles reposent, comme celle de Berthelot, sur l’hydrogénation de la houille pratiquée à des températures élevées et sous des pressions de l’ordre de 100 à 200 atmosphères.
- Mais ce sont là des pressions presque relativement basses par rapport à celles que M. G. Claude a mises en œuvre dans sa synthèse de l’ammoniac à partir de l’azote et de 1 hydrogène.
- LES HYPERPRESSIONS
- M. II. Le Chalelier a énoncé, sous le nom de principe du déplacement de l’équilibre par variation de pnssion, une loi extiêmement générale qui permet de prévoirie sens dans lequel varie la composition d’un système chimique en équilibre, sous l’influence d’un accroissement de pression : il en résulte que la pression favorise les réactions qui s’accomplissent avec diminution de volume.
- Or,la combinaison de l'hydrogène et de l’azote se fait, comme chacun sait, avec diminution de volume, puisqu’un atome gramme d’azote et trois atomes grammes d’hydrogène, dont le mélange représente quatre volumes, fournissent une molécule gramme de gaz ammoniac qui ne représente plus que deux volumes.
- Le chimiste allemand Haber, qui a réalisé la synthèse industrielle de l’ammoniaque, a bien remarqué que la proportion d’ammoniaque formée croît avec la pression, et le procédé qu’il a mis au point consiste à traiter le mélange d’azote et d’hydrogène sous 200 atmosphères. La compression à 200 atmosphères d’énormes masses de gaz prises sous des températures élevées n’a pas été sans présenter de très grandes difficultés de réalisation.
- Cependant M. G. Claude pensa qu’il y aurait intérêt à aller beaucoup plus loin encore, et on sait qu’il a réussi au delà de toute espérance dans la voie qu’il s’était tracée.
- « Me demandant d’abord, écrit-il, ce qu’il pouvait y
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- avoir de fondé dans les craintes que l’on concevait à l’endroit de ces très hautes pressions, j’ai dû, à ma surprise, me répondre qu’en vérité je ne le voyais pas très bien !
- « Caria difficulté, ce n’est certainement pas le danger : question de température à part, on peut toujours mettre assez de métal — à moins qu’on n’atteigne aux parages de 10 000 atmosphères, et nous n’en sommes pas là — pour que les appareils résistent avec sécurité.
- « La vraie difficulté, c’est l’étanchéité des joints ; mais qu’on opère à 100 atmosphères ou à 1000, c’est toujours l’étanchéité absolue qu’il faut réaliser et le joint à 1000 atmosphères est plutôt plus facile à réaliser que le joint à 100 atmosphères, pour cette raison toute simple qu’à égalité de gaz traités il est bien plus petit.
- « Ainsi, cherchant à concevoir pourquoi les hyperpressions seraient d’un emploi si difficile, j'en suis venu, pour des raisons de simple bon sens, à me persuader qu’elles doivent être en réalité d’un emploi plus facile.
- « L’organe essentiel du compresseur à haute pression au point de vue de l’étanchéité, le cuir embouti, de par son principe même, fonctiomne d’autant mieux que la pression est plus élevée, à la condition, bien entendu, que ses qualités de résistance et d’imperméabilité soient suffisantes. Or, j’ai constaté que, dans les dimensions étudiées jusqu’ici, il en est bien ainsi pour le moins jusqu’à 1500 atmosphères. »
- Un hypercompresseur est en principe constitué par un simple piston plongeur pénétrant à travers un cuir embouti dans un cylindre épais.
- Les premiers essais de M.G. Claude furent exécutés avec deux hypercompresseurs : le premier recevait le mélange d’azote et d’hydrogène à la pression de 100 atmosphères, le portait à 300 et le délivrait au second qui portait la pression à 1000 atmosphères. Depuis, M. G. Claude a mis au point des hypercompresseurs réunissant les deux étages de compression dans un même bâti. Ces appareils fournissent sans difficulté un débit de 700 rcfi de gaz à l’heure, capable d’alimenter une installation de B tonnes d’ammoniac par jour (fig. 1 et 2).
- Alors qu’aux pressions employées en Allemagne, la proportion d’azote et d’hydrogène combinés ne peut dépasser 13 pour 100, celle proportion peut atteindre 40 pour 100 avec les hyperpressions de M. G. Claude. Pratiquement l’emploi des hyperpressions dans le procédé Claude permet de réaliser, toutes choses égales, une légère économie de consommation d’énergie, une grosse économie de frais de première installation et de main-d’œuvre.
- LES PRESSIONS DES ARMES A FEU
- Les hyperpressions de 1000 kg sont dépassées dans les armes à feu. Dans un gros canon de marine, l’explosion de la charge provoque des pressions de 2500 à 3000 kg. Mais ce sont là des pressions instantanées, parfaitement inutilisables dans l’industrie. Cependant, il existe des presses permettant d’atteindre 3500 atmosphères et de maintenir cette pression pendant un certain temps. Lorsqu’on dépasse 3000 atmosphères,
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- le terme qui convient pour les désigner est celui d’ultra-pressions.
- LA CHIMIE DES HAUTES PRESSIONS PAR WALTER SPRING
- L’un des premiers savants qui comprit l'intérêt que peut présenter en chimie l’emploi des hautes pressions a été le chimiste belge Walter Spring (1848-1911), à qui l’on doit une série d’admirables recherches sur ce sujet. Quand nous pulvérisons un corps, disait-il, laisons-nous autre chose que séparer des molécules qui étaient unies? Il est évident que dans une pulvérisation mécanique, ce sont des monceaux de molécules que nous détachons d’autres morceaux. Inversement, si nous plaçons de nouveau des amas de molécules dans leurs sphères d’action, elles se lieront, et, de cette manière, un amas de poudre pourra devenir un bloc solide.
- Comprimées dans un cylindre creux à l’aide d’un piston auquel un levier chargé de poids pouvait donner une pression allant de 6000 à 10000 et 20000 atmosphères, les poudres des corps les plus divers, métaux,
- Fig. 3. — Appareil de M. Bridgman pour la pi oduciion et l'étude des ultra-pressions.
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- Fig. 4. — Cylindre d’acier Bessemer rompu sous l'influence d une pression interne.
- les métalloïdes, oxydes, sulfures, etc., se convertirent en blocs homogènes tout aussi résistants que s’ils avaient été obtenus par fusion.
- Spring montra également que, sous l’action de hautes pressions, des alliages se forment à partir des métaux constituants, que des réactions chimiques s’effectuent que des composés chimiques se décomposent, que des sels solides mélangés diffusent l’un dans l’autre et donnent lieu à des équilibres chimiques comme ils le font quand ils sont en solution.
- Dans le compresseur de Spring, des fragments de houille grasse ou maigre soumis à une pression de 6000 atmosphères se soudèrent avec une extrême facilité pour donner un bloc solide brillant. Ainsi la houille, si cassante dans les conditions ordinaires, devient plastique sous une pression suffisante et l’on comprend comment les plis des terrains anciens ont pu se faire. De la tourbe présentant encore beaucoup de vestiges de végétaux s’est transformée, sous une pression de 6000 atmosphères, en un bloc noir, brillant, dur, ayant tout l’aspect physique de la houille.
- Certains contradicteurs ayant objecté que l’agglutination des poudres pouvait tenir à la fusion des grains due à l’élévation de température provoquée par la compression, Spring comprima une substance appelée pho-rone, dont le point de fusion est de 28u, en plaçant au-dessus de la substance une petite balle de plomb Si la matière avait fondu, la petite balle eût dû tomber au fond du cylindre; on la retrouva à sa place au-dessus du
- Fig. 5. — L’appareil Basset : une pompe À comprime à 1000 kg, dans un réservoir B formant accumulateur, un liquide destiné à alimenter le pot de presse, primaire C ; les pressions ou décompressions sont obtenues par les valves à vomteau D, E, qui se manœuvrent sans effort.
- Ln manomètre M indique la pression dans le pot de presse G. Le piston G de la presse G porte une base H sur laquelle vient s’appuyer un piston secondaire J en acier extrêmement dur et qui s’ajuste dans l’âme K de la presse principale F.
- Les ultra-pressions obtenues dans la chambre K sont utilisées dans des chambres d’expériences L d’une construction analogue au pot de presse F, mais aménagées pour contenir les creusets à réaction, ou les dispositifs particuliers nécessaires aux expériences.
- bloc solide de phorone. Il montra de même que, comprimée à plus de 10 000 atmosphères, la poudre à canon ne s’enflammait pas.
- Dès 1883, Spring avait observé que les corps chimiquement définis, soumis à de fortes pressions, après qu’ils avaient atteint une certaine diminution permanente de volume due à la disparition des vides et des craquelures, continuaient bien à se condenser par un accroissement de pression, mais représentait ensuite à leur volume primitif, sitôt que la pression venait à cesser; ils se comportaient donc comme les gaz et les liquides. Toutefois, et ce fait parut alors paradoxal, Spring constata que pour quatre substances : le plomb, le zinc, le sulfate d’ammonium et 1 alun, le volume avait augmenté par la compression, dans une mesure faible il est vrai, mais plus grande cependant que les erreurs possibles d’observation.
- Or, 18 ans plus tard, en 1901, Kahlbaum, à Bâle, confirma, en les généralisant, les observations de Spring. Des métaux soumis à de fortes pressions révélèrent une diminution de volume jusqu’à des pressions de 10 000 atmosphères, pu:s ils se dilatèrent pour des pressions plus élevées. Ayant remarqué dans les expériences de Kahlbaum comme dans les siennes que les substances portaient la trace d’une altération profonde de leur forme, Spring se demanda si la cause de l’accroissement de volume accusé par une diminution de la densité ne devait pas être recherchée dans le fait même de la déformation. Il fut amené à penser que les corps, pendant leur déformation, se comportaient à la manière des liquides, en sorte qu'il devrait y avoir accroissement de volume dans tous les cas, et ce sont les plus fréquents, où les corps occupent un volume plus grand à l’état liquide qu’à l’état solide; au contraire, pour le petit nombre des corps qui occupent un volume plus grand à l’état solide qu’à l’état liquide, le résultat de la compression devait se traduire par une diminution de volume. L’expérience vérifia complètement cette hypothèse. Les métaux qui appartiennent à la première catégorie accusèrent, sous l’action d’une très forte pression, un accroissement de volume. Le bismuth, qui fait partie de la seconde, donna des fils de densité plus grande, c’est-à-dire de volume moindre que le métal primitif. Les expériences étaient réalisées dans un compresseur muni d’une ouverture permettant aux métaux de fluer. Les métaux qui se déformèrent et fluèrent accusèrent un changement de densité de même signe que celui que provoque leur fusion.
- Le grand physico-chimiste hollandais Van t’Hoff, en soulignant dans ses Leçons de chimie physique l’importance des travaux de Spring sur les hautes pressions, les interprétait en considérant que Spring avait probablement dépassé dans ses expériences la limite du domaine où l’état liquide et l’état solide peuvent coexister et avait atteint une région où ces deux états se confondent dans une sorte d’état pâteux.
- Mais Spring ne s’en tint pas là. Il montra que des composés chimiques formés à partir d’un solide et d’un liquide avec diminution de volume, comme par exemple les sulfates acides de lithium, de sodium, etc., qui B’ob-
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- tiennent par la combinaison de l’acide sulfurique et du sulfate neutre, se décomposent dans le compresseur avec accroissement de volume, en laissant fluer par l’orifice de ce compresseur de l’acide sulfurique mélangé de sel solide.
- Cette décomposition de corps solides par voie de laminage ou d’écoulement peut nous éclairer sur certains phénomènes de métamorphisme fréquemment observés en géologie, et qu’on interprétait habituellement par l’hypot!ièse souvent peu probable d’une élévation locale de la température.
- LES RECHERCHES DE M. BRIDGMAN
- Le savant américain M. Bridgman a poursuivi, depuis un certain nombre d’années, un bel ensemble de recherches sur les elfets produits par les pressions très élevées atteignant 40 000 atmosphères.
- Appareil. — Pour étudier ces fortes pressions, M. Bridgman prend un gros bloc d acier muni d’une cavité. Un liquide étant versé dans cette cavité, on ferme celle-ci par un piston bien étanche qu’on pousse par un dispositif approprié (fig. 3).
- Deux cau-.es limitent les pressions réalisables : ce sont les fuites du piston et la résistance du récipient d’acier. La seconde de ces conditions impose une restriction qui, à première vue, semble curieuse. La plupart des personnes s’attendent à voir un appareil énorme pour supporter ces hautes pressions. Or, plus la pression qu’on désire réaliser dans un liquide est élevée, plus doivent être faibles les dimensions de l’appareil pour la simple raison qu’on ne peut travailler à la forge une trop grande masse d’acier. M. Bridgman a commencé ses recherches avec un appareil plus grand que celui avec lequel il les a terminées : le premier comportait une cavité de 15 cm de diamètre; le dernier, une cavité de 6 mm de diamètre.
- Rupture de cylindres soumis â une pression interne. — M. Bridgman a étudié la façon dont se rompt un cylindre métallique creux sous l’influence d’une pression interne.
- Pour les matériaux ordinaires employés dans l’industrie, la rupture commence à l’extérieur et s’étend vers le centre (fig. 4).
- Lorsque la matière des cylindres est très ductile, M. Bridgman a trouvé préférable de les remplir avec du plomb plutôt qu’avec un liquide vrai parce qu’il est plus facile d’empêcher le plomb de fuir après que le cylindre a commencé à s’élargir. Le plomb transmet les hautes pressions presque hydro9tatiquement. La pression est produite par un piston d’acier dur qui presse contre le plomb au moyen du bélier d’une presse hydraulique. A cause du très grand élargissement du cylindre, il est nécessaire de donner plusieurs coups de piston avant que la rupture se produise.
- Les expériences faites montrent que la rupture commence toujours à l’extérieur.
- Fig. 6. — L'appareil Basset : ensemble complet avec chambre d’earpériences pour fonctionnement permanent jusqu’à des pressions de 15 000 kg.
- On aperçoit derrière les cylindres les appareils pour le chauffage des fours électriques prenant place dans les chambres d’expériences. L’ensemble mesure 1 m. 50 et pèse environ 300 kg. La pression dans la presse principale peut atteindre 25 000 kg par cm2. Les appareils que l’on aperçoit à gauche sont des chambres à expériences aménagées spécialement pour la production de métaux
- sous ultra-pressions.
- Le caractère frappant de toutes ces expériences est l’énorme tension que la surface intérieure peut supporter avant de se rompre. Certains cylindres d’acier Bessemer ont subi des allongements de la circonférence intérieure atteignant jusqu’à 175 pour 100.
- Rupture de cylindres soumis à une pression externe. — Un autre genre d’essais réalisés par M. Bridgman a fourni des résultats tout à fait différents.
- La matière est prise sous la forme d’un cylindre creux, fermé à ses extrémités et soumis à une pression hydrostatique sur toute la surface externe, sur les extrémités aussi bien que sur la surface latérale. La force tend, comme on le sait, à affaisser le cylindre si les parois sont suffisamment épaisses. De tels essais sont familiers aux ingénieurs. Le tube ploie sur lui-même en formant 2,
- 3, 4 plis ou plus, suivant les dimensions du tube et ses légers écarts par rapport à la symétrie géométrique parfaite. Cet affaissement est dû à quelque légère imperfection géométrique. Si le tube est assez gros pour que les irrégularités géométriques aient peu d effet, il ne fléchit pas, mais se comporte différemment suivant la matière dont il est constitué.
- Si la matière du cylindre est un métal ductile comme l’acier doux ou le cuivre, l’effet de la
- Fig. 7. — L’appareil Basset : photographie du corps d’une des premières pièces construites et qui a éclaté sous une pression de lk000 kg par end.
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- pression est de fermer le trou uniformément, le cylindre conservant sa figure géométrique.
- La rupture ne se produit jamais, mais le trou se ferme complètement si la pression est poussée assez loin.
- La façon dont se comporte, dans les fmêmes conditions, une matière cassante comme le jverre 'est tout à fait différente. Des cylindres de verre faits de gros tubes capillaires scellés aux deux extrémités et des sphères creuses à parois épaisses ont été soumis à une pression hydrostatique atteignant 24 000 atmosphères sans qu’on ait observé aucun changement appréciable. Il n’y a ni broiement, ni variations mesurables des dimensions. Toutefois, il doit se produire une certaine modification de la structure interne du verre : en effet, quelques cylindres de verre se sont rompus spontanément plusieurs semaines ou plusieurs mois après la suppression de la pression. D’autres ont été conservés pendant deux années sans se rompre. On devrait s attendre à ce que, dans les conditions de l’expérience, le verre fût broyé.
- C’est ce qui se produit si le cylindre n’a pas été soigneusement recuit ou s’il est géométriquement imparfait. La matière peut alors être réduite en poudre impalpable.
- Action du mercure et des gaz sur l’acier aux hautes pressions. — En remplissant des tubes d’acier avec du mercure, M. Bridgman a constaté ce fait curieux qu’aucun d’entre eux, si résistant soit-il, ne peut supporter une pression supérieure à 7000 atmosphères, quand elle est exercée par le mercure; le mercure passe à travers les pores de l’acier. Celte action est quelquefois analogue à une amalgamation. Le phénomène est favorisé par l'action de la pression qui distend les pores et force le mercure à y pénétrer. L’atome de mercure est très petit et il lui est aisé de pénétrer entre les atomes de fer. Au contraire, on peut comprimer les liquides comme l’éther, dont les molécules sont relativement grosses, dans n’importe quel récipient.
- L’action de l’hydrogène gazeux est encore plus nette que celle du mercure. A la température ordinaire, l’hydrogène sous une pression de 9000 atmosphères pénètre dans les parois d’un cylindre d’acier de n’importe quelle épaisseur. L’action est instantanée et la fuite de l’hydrogène est explosive. Le trou à travers lequel l’hydrogène fuit est si petit qu’on ne peut le découvrir. Il n’est pas invraisemblable que d’autres gaz fortement comprimés, tels que l’air, aient une action semblable, bien que beaucoup plus atténuée.
- Résistance électrique des métaux sous pression — On sait que la résistance électrique varie avec la pression. La résistance d’un métal mou comme le potassium décroît d’un septième de sa valeur sous une pression de 12 000 atmosphères. Si le métal est dur, la diminution de résistance est de l’ordre de quelques unités pour 100 seulement.
- Les modifications de résistance électrique produites dans un fil métallique par la pression ont été utilisées par Mi Bridgman pour évaluer les pressions élevées.
- LES RECHERCHES DE M. BASSET
- Tout récemment, en vue de reproduire des espèces minéralogiques qui ont dû prendre naissance dans la nature sous l’influence de pressions très élevées, M. Basset a mis au point un dispositif permettant de maintenir dans une enceinte des pressions de l’ordre de 20 000 atmosphères, et, ce qui est particulièrement intéressant, sous des températures pouvant atteindre la plus haute valeur réalisable, celle de l’arc électrique.
- Il ne saurait être question d’entrer ici dans une description détaillée de son dispositif.
- Mentionnons seulement qu’il comprend un ensemble de deux presses hydrauliques fonctionnant en série.
- Une première pompe comprime à 1000 atmosphères un liquide dans un réservoir.
- Ce liquide déjà comprimé alimente le cylindre de la presse à ultra-pression.
- Le piston de cette presse se termine par une tige qui comprime un liquide dans une chambre de même diamètre que lui, creusée dans une masse d’acier, et où se produisent les ultra-pressions.
- Cette masse est formée d’un assemblage de pièces en aciers spéciaux ayant subi des traitements mécaniques et thermiques appropriés.
- Ces pressions peuvent agir dans une « chambre d’expérience » spécialement aménagée pour recevoir les creusets à réaction ou les fours électriques nécessaires aux expériences (fig. 5, 6 et 7).
- Parmi les problèmes dont se préoccupe M. Basset, il convient de mentionner la reproduction artificielle du diamant.
- On sait que le grand chimiste français Moissan avait obtenu, par refroidissement brusque d’une masse de fonte liquide saturée de carbone, de tout petits cristaux qu’il affirma être du diamant. De très fortes pressions intervenaient dans ces conditions, pressions d’ailleurs impossibles à évaluer. Mais les cristaux ainsi produits étaient toujours très petits et leur analyse était bien difficile.
- Aussi a-t-on souvent mis en doute que Moissan ait obtenu réellement du diamant.
- Les appareils mis au point par M. Basset, dans lesquels il pourra réaliser tout à la fois de très fortes pressions et de très hautes températures, lui permettront de reprendre le problème sur de nouvelles bases.
- Mais M. Basset compte entreprendre bien d’autres recherches. Les propriétés physiques et les propriétés chimiques des corps subissent des modifications profondes sous l’action des ultra-pressions, et il est permis d’espérer que l’étude systématique de ce domaine nouveau réserve les plus intéressantes découvertes. Aussi, M Basset projette-t-il d’installer, s’il en a la possibilité, un laboratoire français des ultra-pressions dans lequel les savants et les techniciens pourront étudier, dans les divers domaines qui les intéressent, l’action des ultra-pressions.
- A. Boutaiuc.
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- LA COUVERTURE DE PAPIER
- EN CULTURE MARAÎCHÈRE
- « C’est une négligence criminelle que de ne pas employer le papier pour gagner de l’argent en horticulture ». En ces termes impérieux s’exprime M. L. Richardson aux Etats-Unis.
- Les succès obtenus par les bandes de papier couvrant le sol entre les rangs d’ananas aux îles Hawaï a incité les Américains à multiplier depuis cinq ans les expériences en cultures maraîchères; et les résultats sont généralement favorables.
- Il est donc intéressant de connaître la méthode d’empa-pyrage, son action a priori sur le sol, les résultats obtenus sur les plantes, enfin les différents papiers envisagés.
- Méthode d’empapyrage. — C’est sur la canne à sucre que Charles Eckart commença ses expériences à Hawaï. Il couvrait tout le sol et la repousse se chargeait de percer le papier.
- La Hawaiian Pineapple Company (Société des ananas d’Hawaï) a fait breveter et emploie un autre procédé qui consiste à développer les bandes de papier à raison d’un intervalle sur deux.
- Ces bandes ont une largeur de 45 ou 90 cm suivant les cas.
- Leur longueur est de 90 m, correspondant à celle des rayages en cultures d’ananas.
- Le labour est préparé en andains de la largeur du papier. Sur ces andains passe une sorte de traîneau précédé d’un rouleau niveleur et portant le rouleau de papier. La bande se déroule en passant sous un troisième cylindre appliqué contre terre.
- Pour empêcher l’action du vent, elle est « bordée » immédiatement par un « ourlet » de terre ramassée par deux disques latéraux, sorte d’assiettes en acier tournant obliquement comme dans les herses à disques.
- Un homme suit avec une raclette pour obvier aux manques, car le moindre coup de vent engendrerait une grande perturbation dans l’ordre de la plantation.
- La fixation du papier est complétée par le repiquage des plants dans la bordure même.
- La majorité des 20 000 hectares d’ananas est ainsi traitée aujourd’hui. Il ne s’agit donc plus d’une expérience de principe.
- Influence sur le sol. — Devant ce succès, les agronomes ont étudié les modifications « physiologiques » apportées au sol arable suivant qu’il reste nu ou qu’il est couvert de papier.
- En Californie, M. A. Smith a trouvé que la température était plus basse sous papier pendant le jour, mais plus élevée pendant la nuit.
- En Hawaï, MM. G. Stewart, E. Thomas et G. Horner ont observé une température moyenne notablement plus élevée par temps clair et mois chaud.
- La différence est insensible en cas de pluie. Dans l’ensemble, l’augmentation de température à Hawaï est de 2°5, jusqu’à la profondeur de 7 cm (degrés centigrades.)
- C’est surtout sur l'humidité du sol que le papier exerce son action.
- D’abord, même dans un sol complètement couvert, la pluie n’est pas perdue puisqu’elle ruisselle sur le papier pour pénétrer dans les plants.
- Cette pénétration par les trous du papier offre même l’avantage d’arroser le plant, ce que ne fait pas une petite pluie répandue sur toute la surface du sol et évaporée avant qu’elle ait pu atteindre les racines.
- Cela est un facteur très important récemment signalé par M. L.-H. Flint.
- Les autres expérimentateurs s’étaient contentés d’observer une teneur en eau plus élevée de 4 à 6 pour 100 par suite de la diminution de l’évaporation, comme avec d’autres couvertures végétales du reste.
- Température et humidité accrues correspondent à une nitrification plus active de l’azote ammoniacal ou organique du sol ou des engrais toujours abondants en culture maraîchère.
- En outre, l’azote nitrique risque moins d’être lessivé lors des grandes pluies.
- Influence sur la plante. — Nous avons déjà dit que le jeune plant, qui n’a pas encore envoyé des racines rejoindre celles de son voisin reçoit plus d’eau utile.
- En outre, l’eau capillaire forme « buée » à la surface du sol sous le papier. Les racines superficielles peuvent donc s’y nourrir.
- Avec une couverture végétale ordinaire (litière), l'humidité est bien tenue en profondeur, mais la surface reste sèche. Ou bien, il ne se forme pas de racines, ou bien les radicelles que la plante a produites en période pluvieuse meurent, d’où retard de végétation.
- En fait, avecle papier, on a toujours obtenu des augmentations de récolte sur toutes les cultures, même sur cotonnier.
- Les tomates et les pommes de terre ont donné un tiers en plus, les haricots verts encore davantage.
- Ces expériences ont été confirmées en Allemagne, à Dresde.
- En France les quelques résultats obtenus n’ont pas paru économiques.
- Types de papiers. — On ne semble pas encore très fixé sur le papier le plus convenable. En Hawaï, on er. fabrique avec les « bagasses » ou déchets de canne à sucre qui étaient brûlés jusqu’ici.
- On a eu recours au papier goudronné. Mais il est lourd et cher. On suppose aussi le goudron nuisible.
- On se contente donc de parler de papier imperméable, et chaque usine fait actuellement des essais.
- Pour différentes raisons on avait proposé le papier perforé. Partout où il a été essayé, il n’a guère montré d’influence par rapport au sol nu.
- Une couleur foncée (noire) semble préférable pour absorber l’insolation. En fait, on emploie du papier clair en Hawaï.,
- Economie du procédé. — Ce n’est pas seulement l’augmentation de poids de la récolte qui paye l’empa-pyrage.
- C’est d’abord l’économie totale des frais de binage,
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- ou du moins suivanl le premier binage, quand on met le papier après la levée des plants dans les petits jardins.
- gelée du sol. Toutefois, il ne peut être question du papier qu’en culture maraîchère donnant 20 000 francs et plus de produits à l’hectare.
- Pour l’ananas, la dépense totale de culture dépasse 30 000 francs, dont un cinquième environ pour le papier et la même proportion pour les engrais chimiques.
- Avec une augmentation de rendement de 20 pour 100, on est sûr d’avoir un bénéfice, puisque le papier économise la main-d’œuvre.
- Tel est le but à viser dans le.- expériences à reprendre dans les pays où le papier est bon marché, c’est-à-dire, semble-t-il, surtout dans les pays possédant des forêts d’essences tendres et des
- Fig. I — Le déroulage du papier à Hawaï.
- C’est ensuite une économie de réarrosage des jeunes plants après reprise.
- C’est également une précocité plus grande. On a observé dix jours u avance sur le maïs sucré dont les Américains sont friands, 1 à
- Fig. 2. — Aspect des champs préparés.
- résidus industriels cellulosiques impurs, car la cellulose pure a des utilisations plus précieuses.
- PlERRE LarUK,
- Docteur de l’Uni versitc, Ingénieur agronome.
- Fig. 3. — Le repiquage des p'ants d'ananas sur les bords du papier déjà, fixé.
- 10 jours pour les pommes de terre nouvelles, les laitues et concombres.
- Cette précocité due à la chaleur humide, comme en serre a permis également de cultiver plus au nord des plantes craignant le froid comme le coton et la patate douce.
- L’économie est augmentée quand on couvre le sol entre des plantes passant plus de 18 mois en terre comme les ananas, car on s'abstient de tous travaux pendant cette période sans craindre l’envahissement des mauvaises herbes ni la
- Fig. 4. — L’aspect des cultures.
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- LA CINÉMATOGRAPHIE D'AMATEUR
- LE TRAITEMENT RATIONNEL DU FILM
- Depuis la création du film de format réduit, la cinématographie est à la portée de l’amateur. Pour un prix raisonnable, on peut projeter chez soi, sans sortir de son fauteuil ni de ses pantoufles, ces films qu’on a choisis soi-même dans une cinémathèque où tous les goûts trouvent leur satisfaction. La diffusion des « caméras », dont le prix d'achat n’est pas supérieur à celui d’un bon appareil photographique courant, permet au cinéaste improvisé de faire figurer dans son programme des films qu’il aura lui-même pris et montés.
- Ceux qui ont pratiqué la photographie ordinaire, stéréoscopique, ou la photo en couleurs (j’entends les amateurs qui traitent leurs clichés et leurs épreuves eux-mêmes) ceux-là nouveaux dans cet art si attrayant du coûtera, pour réussir, qu’un peu de
- Fig. 2. — Film normalement diaphragmé pris par temps couvert, bonne lumière diffuse. Diaphragme f : 3,5.
- A, développement de 15 minutes dans le révélateur normal à 18° C. ; B, développement rationnel en . deux . bains. Apparition des contours dans le bain 2 0/0 — 14 minutes, fin du développement dans bain normal 14 minutes.
- A B
- 20 0> 3 Ç S c; ® 10 <0 1 0
- .A
- £
- 1
- 0 C 1 0 2 0 3 o m Donc 0 5 entre 0 6 lion 0 7 R °/ 0 8 b 0 9 0 10
- Fig. 1.
- en vente ou dans un coin de placard et vont déclarant que « ça ne marche pas bien », que « c’est coûteux », etc .. Les autres, plus patients, veulent traiter leurs films Ils se heurtent parfois à des insuccès plus nombreux encore, alors qu’ils espéraient précisément les réduire en opérant eux-mêmes sur des bandes dont ils connaissent les conditions de prise de vues.
- TRAITEMENT DU FILM
- Nous allons étudier le traitement du film, les causes principales d’insuccès, leur prévention, enfin leurs remèdes. Mais là comme ailleurs — Vitesse d’apparition des contours de l’image en fonction mieux vaut prévenir que gué-de la concentration du bain. rjr
- Le traitement du film inversible en positif comprend quatre phases : le développement qui donne un négatif, Vinversion, le blanchiment et le noircissement qui transfor-
- trouveront des charmes cinéma. Il ne leur en goût et de soin. Le dixième, que dis-je •’ le centième de patience et d’attention que dépense un sans-filiste pour mener ses montages à bien, suffiront pour avoir de bons résultats en cinématographie. Le plaisir que donne un film réussi qu’on a tourné, développé, monté et projeté soi même vaut le plaisir de l'amateur qui « entend les Américains ». (J’en parle par expérience et je ne jette pas la pierre aux sans-filistes, j’ai péché comme eux... et pèche encore...)
- Il y a plusieurs façons de pratiquer la photo animée ( tout comme la T. S. F.) : les uns «tournent» tant bien que mal, donnent leurs bandes à développer, puis les prennent comme elles sont Deux ou trois insuccès en découragent quelques-uns qui mettent leur ramera
- ment le négatif en positif ou contre-type.
- Le développement effectué dans un révélateur convenablement choisi pour donner des images à grains fins, provoque le noircissement des parties de l’émulsion frappées par la lumière, par réduction en argent métallique noir du sel haloïde dont est formée la couche sensible.
- L'inversion supprime le négatif par dissolution de l’argent noir au moyen de permanganate de potasse en milieu acide qui compose le bain dit d’inversion. Les parties qui n’ont pas noirci au développement sont respectées, les autres sont devenues transparentes
- Au sortir du bain de permanganate l’émulsion est colorée en brun par les sels de manganèse,le bain
- Fig y —- Film dont le diaphragme a été insuffisamment ouvert : pris par temps couvert, bonne lumière diffuse. Diaphragme F : 5
- A, développement de 15 minutes dans le révélateur normal,le film est opaque;
- B, développement rationnel en deux bains Apparition des contours dans le bain à 2 0/0 — 25 minutes, fin de développement dans le bain normal —
- 25 minutes. Le film est utilisable.
- A B
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- de blanchiment (ou de décoloration) les élimine, donne aux parties claires une transparence convenable et restitue aux autres portions la teinte blanc jaunâtre caractéristique de l’émulsion de bromure d’argent- (Il importe de pousser le blanchiment jusqu’à disparition complète de la teinte brune au dos du film.)
- Il ne reste plus qu’à faire noircir le contre-type ainsi obtenu : le bain de noircissement s’en charge, il agit comme un révélateur en réduisant à l’état d’argent métallique le sel haloïde de l’émulsion qui devra recevoir pendant ce traitement une lumière aussi vive que possible.
- De cet exposé succinct, il ressort que l’obtention du positif est une opération chimique qui s’effectue automatiquement. L aspect de l'image définitive dépend uniquement de l’état du négatif, sans qu’il soit possible à l’opérateur d’intervenir pour en modifier la venue. Les opérations d’inversion, de blanchiment, de noircissement, ne présentent aucune difficulté. Elles ne doivent être la cause d’aucun insuccès. Il suffit d’appliquer les prescriptions des notices.
- Le secret de la réussite réside tout entier dans la correction du développement.
- Que dit la notice à ce sujet? « .... maintenir le révélateur à la température de 11 à 31° C. Le développement dure exactement quinze minutes à la température indiquée si le diaphragme a été bien choisi au moment delà prise de vue... ». C’est en apparence très simple, d’autant plus qu’un appareil ingénieux indique le diaphragme à choisir.
- Malgré tout, il arrive que des films sont inutilisables. Analysons les phénomènes pouvant compromettre le succès. D’abord, par suite d’une erreur d’interprétation des conditions de prise de vues, le diaphragme ne convient pas tout à fait : trop grand, il donne des images transparentes dont les détails sont mangés par la lumière, trop petit, les vues sont opaques, les détails sont mangés par l’ombre. Ensuite, même avec un diaphragme correct et un traitement correct vous pouvez obtenir un film défectueux. C’est moins paradoxal qu’il paraît a priori : supposez que vous développiez ce film avec un révélateur neuf, eh bien, la plupart du temps vous obtiendrez un positif trop clair. Il sera bon si le bain vous a déjà servi deux ou trois fois. Il sera trop noir et sans contrastes si le révélateur est un peu usagé.
- « ... Il est loisible (c’est la notice qui parle) de suivre le développement en regardant de temps à autre la venue de l’image... »
- Certainement, avec un peu d’habitude, on acquiert le « coup d’œil » qui permet de juger le moment propice pour sortir le film du révélateur. Avec un sujet à contrastes lumineux assez forts, il est relativement facile d’apprécier la fin du développement; mais lorsque la vue a été prise par lumière douce, au bout d’un certain temps on ne voit plus que du noir bien avant que le traitement soit terminé. C est un peu au petit bonheur qu’on retire le châssis du liquide, et bien souvent, la bande est défectueuse.
- Le renforcement ou l’affaiblissement ne sont que des pis-aller qu’il faut réserver aux cas où réellement un traitement préventif n’a pas suffi pour compenser des erreurs ou des écarts trop importants.
- Nous allons voir commenton peut éviter ces insuccès.
- TRAITEMENT RATIONNEL.
- Lorsqu’on plonge une plaque ou un film impressionnés dans un révélateur, il s’écoule toujours un temps plus ou moins long entre le moment d’immersion et le moment où les premiers contours de l’image deviennent visibles. Si on considère des conditions de prises de vues bien déterminées : sujet, éclairage, appareil, temps d’exposition, émulsion, la
- durée d’apparition des premiers contours au développement dans un révélateur connu, maintenu à température fixe, sera d’autant plus longue que le diaphragme est plus petit.
- Autrement dit : Toutes choses égales d’ailleurs la durée d’apparition de l’image au développement est fonction du diaphragme. On voit de suite le parti qu’on peut tirer de la durée d’apparition de l’image pour fixer la durée totale d’un développement qui corrigera (au moins entre certaines limites) les erreurs de diaphragme, les irrégularités de force du révélateur et les écarts de température.
- J’ai songé à appliquer aux films la méthode de développement automatique qui réussit dans le traitement des plaques autochromes.
- Le film employé est le film de 9 mm de largeur, à perforations centrales dit inversible en positif direct. Le révélateur est le révélateur fourni par le fabricant, préparé à la dose prévue pour un litre, que nous appellerons révélateur normal ou, plus simplement, R.
- Si on prépare des dilutions telles qu’on ait : R. 20 °/0, R. 10 °/0, R. 5 °/0, R. 4 °/0, R. 2 °/0, R. 1 °/0 et qu’on développe, dans des tubes à essais par exemple, des fragments d’un même film, qu’on note les temps d’apparition des premiers contours de l’image (ciels exceptés) on obtient les résultats suivants (Température uniforme 18°).
- Concentration Apparition des
- R. °/0 contours en :
- 100 °/0................ 50 secondes
- 20 1 min. 30 sec.
- 10 3 min. 30 sec.
- 5 5 min. 30 sec.
- 4 6 min. 30 sec.
- 2 13 minutes
- 1 25 minutes
- Si on porte les concentrations en abscisses et les temps
- en ordonnées on a la courbe représentée figure 1.
- Le film qui a permis d’établir la courbe était un film normalement diaphragmé dont le développement dans le bain pur (R. 100 °/0) a duré 15 min. En retranchant les 50 sec. d’apparition des contours il reste environ 14 min. pour terminer le développement. Cherchons sur la courbe le point d’apparition des contours en 14 min., soit A. En abaissant A la perpendiculaire à l’axe horizontal, nous trouvons une concentration C voisine de 2 °/0.
- I.a durée d’apparition de l’image dans un bain à 3 °/0 sera, égale au temps qu’il faudra pour terminer le développement dans le bain normal C’est ce que l’expérience confirme.
- Voici comment il faut opérer :
- Préparer le révélateur comme il est indiqué dans la notice (ne pas omettre de le filtrer). Prélever 20 cc. de ce révélateur qu’on diluera avec 980 cc. d’eau (distillée de préférence) et le verser dans la cuvette de développement. Plonger le châssis équipé de son film, noter l’heure. Suivre la venue des contours (ciels exceptés) ; lorsque l’image apparaît dans son ensemble, jeter le bain et remplir rapidement la cuve avec le bain de développement normal, y plonger le châssis sans laver et l’y laisser exactement le même temps que dans le bain à 2 °,0, Il faut naturellement que la bande ait été impressionnée dans toute sa longueur par des sujets éclairés de la même façon. S’il n’est pas nécessaire que les bains soient maintenus entre 17 et 21° il est indispensable que les solutions à 2 °/0 et à 100 °/0 soient à la même température. Rejeter la solution à 2 °/0 après usage et la repréparer à chaque opération à partir du bain normal qui sert à finir le développement. Il importe que le dosage du bain à 2 °/0 soit exact. Il est bon de se servir d’une pipette de 20 cc. et d’une fiole jaugée d’un litre
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- Si le diaphragme a été trop ouvert, si le bain est neuf ou si la température dépasse 20°, ce procédé corrigera automatiquement le développement en raccourcissant la durée d’action du liquide. Au contraire pour un diaphragme trop petit, un bain usagé ou pour une température inférieure à 17° cette durée sera prolongée et la correction jouera encore.
- En toute circonstance le film sera le meilleur qu’il peut être.
- Si, en fin de compte, certaines portions de la bande sont trop ou trop peu poussées on recourra au renfoncement ou à l’affaiblissement, après les avoir coupées.
- AFFAIBLISSEMENT ET RENFORCEMENT (»).
- L’affaiblissement s’effectue en utilisant le bain d’inversion dilué de 5 à 6 fois son volume d’eau et faisant suivre du bain de blanchiment.
- Le renforcement peut être effectué de plusieurs manières. Voici celles qui m’ont donné les meilleurs résultats :
- Pour le renforcement en noir : immerger le film dans le bain suivant jusqu’à complet blanchissement des parties noires.
- ( Bichlorure de mercure......... 50 grammes
- [ Eau................Q. S. pour 1000 cc
- laver longuement à l’eau courante, puis plonger dans le bain suivant jusqu’à noircissement :
- ( Ammoniaque liquide............ 50 cc
- ( Eau................Q. S. pour 1000 cc
- Laver et sécher avec les précautions d’usage.
- Pour le renforcement en sanguine, préparer les solutions suivantes qu’on filtrera.
- 1. Ces traitements daivent être précédés d’une immersion d’au moins cinq minutes du film dans l’eau, afin que l’action des bains se produise avec uniformité dans toute l’émulsion.
- ” 83 =====
- P $ Ferricyanure de potassium. . . 20 grammes
- ( Eau................Q. S. pour 100 cc
- t Nitrate d’urane............... 20 grammes
- ^ Eau................Q. S. pour 100 cc
- Au moment de l’emploi mélanger
- ( Solution C..................... 5 cc
- 5 — D......................... 10 cc
- ( Eau.......... . . . Q. S. pour 150 cc
- Agiter le film dans le bain jusqu’à virage complet. Laver à fond à l’eau courante. Le renforcement est notable et le contre-type a pris une belle coloration sanguine.
- Pour le renforcement en bleu : préparer la solution suivante (qu’on filtrera)
- ( Alun de fer ammoniacal ... 20 grammes
- ) Eau................Q. S. pour 100 grammes
- Au moment de l’emploi mélanger :
- ( Solution C..................... 1,5 cc
- ( Eau......................Q. S. 100 cc
- Opérer comme pour le virage en sanguine. Le renforcement obtenu est important, le contre-type a pris une belle coloration bleue.
- En opérant systématiquement de la sorte, tout amateur soigneux peut tirer de ses a productions » le maximum en réduisant ses insuccès à très peu de chose. 11 ne sera plus tenté de considérer la cinématographie comme une distraction onéreuse.
- Il pourra empiler dans des boîtes en fer-blanc des bobines de dix et de vingt mètres qui seront son œuvre intégrale, un souvenir toujours prêt à revivre sur l’écran pour lui et pour les siens, présents... ou à venir. Gilbert F. Poughon,
- Ingénieur chimiste E. G. I. L.
- UN JEU NATIONAL JAPONAIS
- COMMENT ON COMPTE AU JEU DE GO (,)
- Nous avons vu, dès le début de ces entretiens que le but poursuivi au Go était l’occupation du plus grand nombre possible de cases, et que la partie se chiffrait à la différence entre le nombre des cases appartenant au vainqueur, et le nombre des cases appartenant au vaincu.
- Cela est vrai. Mais il serait assez difficile, ou, du moins fort ennuyeux, de compter, à chaque partie, les 361 cases du damier. Les Japonais ont donc trouvé un procédé pour faciliter énormément cette opération. Ce procédé résulte d’une remarque fort simple.
- S’il y avait sur le damier autant de pions blancs que de pions noirs, il suffirait de compter les cases vides appartenant à chacun. La différence des nombres de cases vides donnerait le résultat de la partie.
- Comment peut-on faire, pour qu’il y ait stur le damier autant de pions blancs que de pions noirs ?
- Comme chacun a joué à son tour, et un seul pion à la fois, il suffit de faire figurer sur,le damier tous les pions qui ont été sortis de leur boîte par chacun des deux adversaires, Pour cela, il n’y a qu’à replacer sur le damier tous les prisonniers qui ont été faits et qui ont dû être soigneusement conservés dans les couvercles des boites.
- Où doivent être placés ces prisonniers ?
- Les prisonniers noirs doivent être placés sur des cases appartenant aux noirs, et les prisonniers blancs sur des cases appartenant aux blancs.
- 1. La Nature, n°‘ 2798 et suivants.
- Chacun des joueurs prend à la main les prisonniers qu’il a fait et les emploie à boucher les yeux de son adversaire, à remplir tous les espaces libres restant au milieu de son territoire, en commençant par les plus petits. Quand cette opération est terminée, il serait facile de compter les cases libres. Mais il vaut mieux les disposer de façon à pouvoir vérifier d’un coup d’œil le résultat. Les Japonais procèdent avec une dextérité remarquable à cet aménagement dont voici le principe.
- Chacun, après avoir replacé ses prisonniers, procède à la toilette du camp adverse.
- A condition de respecter le dessin de la frontière on peut déplacer les pions d’une façon quelconque.
- Le but à atteindre est de donner aux vides une forme régulière facile à évaluer d’un coup d’œil; on forme ainsi des rectangles de 10, 15, 20, 25, 30, 35 cases. On affectionne aussi les rectangles de 3 X 7 cases au milieu desquels on place un pion bien en évidence et qui compte alors pour 20. En somme toute les combinaisons sont admises, pourvu que le résultat soit obtenu rapidement et permette un calcul facile.
- Les figures 1 et 2 montrent comment on peut disposer les pions d’une région blanche contenant 8i cases libres. Cette disposition n’a rien d’impératif et l’on pourrait, pour la même région, en adopter beaucoup d’autres, à là seule condition de ne pas déplacer la frontière.
- Cette méthode japonaise pour chiffrer le résultat d’une partie de Go met en évidence le principe suivant :
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- Fig. 1.
- La frontière à la fin d’une partie.
- Pour gagner au Go, il faut avoir, à l’intérieur de ses formations, autant de cases libres que l’on pourra; il faut réaliser des formations aussi poreuses que possible. Cela est d’ailleurs évident : nous nous proposons, avec un nombre d’hommes limité, d'occuper autant de terrain que nous le pourrions; il faut donc écarter nos hommes le plus possible
- Le seul danger à craindre est que quelques-uns d’entre eux ne soient enlevés par une attaque brusquée de l’adversaire avant qu’ils aient pu se relier à leurs voisins.
- Cette considération donne aux débutants une indication précieuse pour le début des parties : Bans les régions où il n’y a pas encore d’ennemis, il ne faut jamais placer un pion à moins de 3 ou 4 cases d’un ami.
- Nettoyage du terrain. No man’s land. — Une partie de Go, comme une bataille, est terminée lorsque aucun des adversaires n’en veut plus. Les joueurs exercés s’aperçoivent vite qu’il ne leur est plus possible de modifier le dessin de la frontière. A ce moment, ils s’arrêtent.
- Les débutants ont intérêt, ne serait-ce que pour mieux se familiariser avec la tactique du jeu, à continuer une fois jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à ce que tous ceux de leurs pions qui se trouvant perdus au milieu des régions ennemies, soient fait effectivement prisonniers. Ces opérations ne changent en rien le résultat de la partie du moment qu’élles ne modifient pas le tracé de la frontière.
- Mais, avant de s’occuper à attaquer ou à défendre les pions isolés, il faut avoir soin d’inspecter soigneusement toute la ligne frontière pour voir que les ennemis sont partout au contact, et qu’il n’existe nulle part de No man’s land. Chaque fois que l’on trouve, et que l’on occupe ainsi une case libre entre les deux lignes on gagne un peint. Il faut donc avoir grand soin, vers la fin de la partie, de jouer toujours en dehors de ses positions vers l’ennemi.
- Il ne faut pourtant pas aller trop loin et franchir la frontière pour jouer sur le territoire ennemi. Le pion ainsi aventuré au milieu des ennemis, une fois que la frontière est solidement organisée, est irrémédiablement perdu.
- Nous supposons donc qu’il n’y a plus de No man’s land et *que chacun des joueurs a perdu tout espoir de sauver ceux de ses pions qui peuvent être encore isolés chez l’ennemi. A ce moment, ces pions sont purement et simplement ramassés comme prisonniers.
- Nous répétons que cette pratique ne change en rien le résultat Supposons, en effet, un pion noir isolé au milieu des blancs. En le faisant prisonnier immédiaiement, les blancs augmentent de un le nombre de leurs cases vides et diminuent de un le nombre des rases vides noires. Si au contraire les noirs exigent que ce pion soit encerclé avant d’être
- enlevé, les blancs devront poser quatre pions autour de lui diminuant de quatre le nombre de leurs cases vides. Mais, pendant ce temps, les noirs devront aussi jouer quatre fois, et ne pourront le faire que sur leur propre terrain, diminuant ainsi également de quatre le nombre de leurs cases vides. La différence des nombres de cases vides reste donc toujours la même.
- Il y a avantage à abréger ces fins de partie qui, n’influant pas sur le résultat, n’offrent aucun intérêt. Pour cela, il faut que les débutants arrivent à comprendre la vérité de ce principe :
- La partie est terminée dès que la frontière est dessinée. Tout pion joué, qui ne modifie pas le dessin de la frontière, est un coup inutile, un temps perdu.
- Si les deux joueurs, ou même un seul d’entre eux, sont bien pénétrés de ce principe, le sort de la partie est fixé en quelques points près quand ils ont joué chacun une cinquantaine de pions.
- Handicaps. — On remarque, sur le quadrillage du jeu de Go, neuf points beaucoup plus apparents que les autres. Ces neuf points déterminent les sommets, le centre et les milieux des côtés d’un rectangle de treize cases de côté. Lorsqu’un joueur se sent assez fort pour accorder un avantage à son adversaire, il l’autorise à placer d’avance un ou plusieurs pions sur les points ainsi marqués.
- Cette pratique n’offre d’intérêt que pour les concours entre joueurs déjà exercés. Elle a en effet l’inconvénient d’imposer d’avance à la partie une forme déterminée. 11 est beaucoup plus utile aux commençants de conserver la liberté de commencer la partie comme ils l’entendent. Sils n’arrivent pas à gagner un adversaire plus fort qu’eux, ils ont du moins la satisfaction de perdre de moins en moins à chaque partie, jusqu’à ce qu’ils arrivent à un chiffre à peu près constant ; cela a lieu très rapidement, aussitôt que le commençant s’est familiarisé avec un très petit nombre de coups simples.
- Quelques Japonais, enthousiastes du Go, prétendent voir dans ce chiffre, qui mesure la force relative de deux joueurs, une mesure assez exacte de leur plus ou moins grande intelligence. Cette opinion est évidemment exagérée. Elle supposerait en tout cas que les deux joueurs sont également exercés.
- Quoi qu’il en soit, il est assez curieux de voir qu’entre deux joueurs qui ont l’habitude de jouer ensemble le chiffre de gain ou de perte varie généralement très peu, bien que la forme des parties varie beaucoup. Les principes eux-mêmes n’y influent guère et l’on peut faire soit de l’offensive, soit de la défensive à outrance sans changer beaucoup le chiffre du résultat.
- Fig. 2.
- Les pions blancs rangés pour le comptage.
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- VOCABULAIRE DU GO
- Yoici, pour les amateurs d’exotisme, quelques-uns des termes employés par les Japonais à propos du jeu de Go. Nous tirons ces termes d’un petit volume imprimé en anglais à Tokyo en 1910, par M. W.-A. de Haviland sous le titre de The ABC of GO, the national war-game of Japan.
- Les pions s’appellent en japonais ISHI.
- Les prisonniers sont appelés HAMA.
- Les neuf points remarquables sur lesquels on place les
- --------------- ... '.v: 85 =
- pions accordés comme handicap portent le nom de SEIMOKU. La position symétrique dont nous avons parlé s’appelle KO Les positions neutres dans lesquelles aucun des joueurs ne peut jouer sans se faire prendre se nomme SEKI.
- Quand un joueur menace un ou plusieurs pions que son adversaire peut défendre, il l’avertit en disant : ATARI.
- Nous avons appelé : Œil, un point vacant au milieu d’une formation de pions de la même couleur ; en japonais on dit ME (prononcez mé).
- Comm1 Lancelii\.
- CONSTRUISEZ VOUS-MÊME
- UN JOLI ET ORIGINAL PHÉNAKISTICOPE
- Le pkénakisticope électrique. — Il s’agit d’un phénakisti-cope géant. L’illusion du mouvement est obtenue à l’aidé de deux disques tournants, en carton épais et résistant. L’un représente, disposées tout autour, autrement dit en couronne, et à partir du milieu, les diverses phases d’une action. Il y a ainsi une dizaine de sujets. L’autre disque, plus grand — supérieur au moins d’un quart aux disques « illustrés » — porte, régulièrement espacées, une dizaine d’ouvertures longitudinales pratiquées à partir du bord et dont la longueur est à peu près égale au tiers de ce disque, noir des deux côtés.
- En ce qui concerne leur dimension, on se basera, pour l’établir, sur la largeur des côtés du paravent que l’on emploiera pour présenter cette attraction originale.
- Un paravent, à quatre côtés, est en effet nécessaire. Il portera, comme l’indique la figure 1, deux ouvertures rondes destinées à recevoir les extrémités d’une tige cylindrique, en bois.
- Cette dernière doit tourner aisément dans ces ouvertures, les deux côtés qui les portent étant bien en face l'un de l’autre. A ce moment, le paravent, complètement fermé,
- Fig. 2. — Le pkénakisticope électrique.
- A gauche : le disque représentant les diverses phases d’une action est à l’extérieur; le disque aux fentes longitudinales à l’intérieur. Ils tournent ensemble grâce à la tige les reliant. Un plancher masque cette tige; à droite : le moteur qui fait tourner la tige et avec elle les 2 disques,
- forme une sorte de construction parallélépipédique de cabine dans laquelle il est impossible de voir. Une extrémité de la
- Fig. 1. — Le pkénakisticope électrique.
- En haut: les’deux disques tournants reliés par une tige; en bas les mêmes dans le paravent : 2 ouvertures de celui-ci permettent dé voir l’un des 10 tableaux.
- tige qui traverse la cabine de part en part, porte, extérieurement, c’est-à-dire derrière le fond de celle-ci, l’un des disques représentant une succession de mouvements, de gestes, d’attitudes, d’expressions, dont l’ensemble tournoyant se divise et constitue autant d’images séparées qu’il y en a
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- Fig. 3.
- Le grand pkénakisticope est terminé.
- même, dans le panneau de devant de ce dernier, une ouverture est pratiquée et correspond à celles, longitudinales, du disque noir.
- . Elle est de même longueur et de même largeur.
- A l’extrémité de la tige cylindrique qui dépasse le devant de la cabine se trouve une manivelle, — si l’on ne dispose pas d’un moteur électrique, car, c’est électriquement que nous envisageons le fonctionnement de ce phénakisticope. Dans ce cas le moteur est dans le paravent plié et fermé.
- C’est lui qui fait mouvoir la tige. Cette dernière, ainsi que le moteur, sont invisibles lorsque l’on regarde par l’ouverture du devant de la cabine-phénakisticope, car un plancher est établi au-dessus.
- La construction n’est pas dépourvue de toiture. Simple surface de carton ou de bois léger, plat, horizontal ou conique, voire sorte de dôme.
- Au milieu, ampoule électrique.
- Tout l'intérieur est noir. Noir aussi, mais tout autour de la petite fenêtre de devant, est le paravent. Le reste de cette surface sera de teinte quelconque.
- sur le disque, mais qui s’animent, lorsque l’appareil subit une rotation.
- A l’endroit de l’une des images tournées du côté de ce paravent-cabine, une ouverture rectangulaire ou carrée est pratiquée dans ce panneau du paravent.
- Elle se trouve en haut et au milieu.
- Elle correspond exactement au sujet dessiné et peint.
- Elle l’encadre parfaitement et n’empiète en aucune façon sur un autre sujet.
- A l’intérieur de la construction et contre la face de devant de cette dernière, le grand disque aux fenêtres longitudinales est enfoncé, dans la tige centrale. Les deux disques ne doivent pas tourner séparément. Ils tiennent fortement à la tige et tournent avec celle-ci.
- De chaque côté des deux disques, un écrou, bien vissé, leur permet de demeurer fixes et verticaux. De même qu’à l’endroit exact de l’une des phases de mouvement du petit disque, une ouverture est découpée dans le paravent, de
- Fig. 5. — Le phénakisticope lorgnette.
- entraînement par 2 roues dentées ; a droite : pantin articulé à reproduire pour obtenir diverses positions et phases de
- mouvements.
- A gauche
- Fig. 4. — Le phénakisticope lorgnette. A gauche : coupe de l’appareil.
- Lorsque la tige tourne, entraînant les disques dans son mouvement, et lorsque l’on regarde par l’ouverture de la construction, on voit, en face, vivement éclairée, se découpant, lumineuse, dans du noir, une image animée.
- L’ampoule sera munie d’un réflecteur projetant la lumière sur le sujet.
- Ce réflecteur sera une calotte semi-sphérique, argentée ou nickelée intérieurement, noire extérieurement.
- L’ensemble est d’aspect quelque peu intrigant, le mécanisme de ce phénakisticope très simple étant dissimulé et le spectateur ne voyant qu’une image, toujours au même endroit et très nette, au lieu de plusieurs images tournant, se poursuivant, s’animant en cercle.
- Si l’on ne dispose d’aucun moteur, on pourra fixer le disque noir à l’extérieur du paravent.
- Il sera muni d’une poignée et on lui imprimera un mouvement rotatoire, exactement comme s’il s’agissait d’une roue de loterie.
- Mais l’intérêt réside surtout, ici, en la suppression de tout détail, ou plutôt en la dissimulation de tout ce qui n’est pas animation, mouvement de personnage, de silhouette, d’image
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- et en l’isolement de cet attrait du phénakisti-cope, zootrope, praxinoscope...
- A ceux qui ne pourraient construire ce Phé-nakisticope géant, nous expliquons la manière de confectionner :
- Le phénaskisticope-lorgnette. — Il offre l’aspect de ces vues et lorgnettes de nos foires.
- De même que dans notre phénakisticope électrique, les disques, l’éclairage (ampoule électrique ou lampe à pétrole) sont enfermés. On regarde par une lunette et, de même, on voit une seule image, parfaitement éclairée et animée.
- Cet appareil n’est pas mû par l’électricité.
- Il fonctionne en tournant une manivelle ou, seulement, en faisant tourner entre les doigts l’extrémité de la tige cylindrique.
- A cet endroit, cette dernière sera munie d’un bouton.
- Enfin un engrenage, comme l’indique la figure 5, permettra de faire tourner régulièrement les divers motifs du disque dont on ne voit toujours qu’une seule des dix images.
- Cette fois, nous croyons bon de donner des dimensions plus précises...
- Disque des mouvements : 16 cm et demi; disque noir, substituant constamment l’obscurité à la clarté : 25 cm.
- Caissette en bois ou carton : 22 cm et demi de largeur sur 28 cm de hauteur ; 17 cm de profondeur.
- Pas de tige centrale.
- Les disques sont accouplés, le plus petit par devant, montrant sa face multicolore au fond de la boîte. Ils sont, tous deux, unis par un petit morceaù de bois cylindrique placé dans un trou rond pratiqué au centre de la paroi de devant de la caissette.
- En face de l’image la plus élevée du disque se trouve, fixé au fond noir de la boîte, un miroir des dimensions de cette image.
- Les disques subissant un mouvement de rotation, les dix images se reflètent successivement dans la glace. Mais on n’en voit qu’une, car le miroir est de trop modestes dimensions pour réfléchir les autres,
- A la base de la boîte est fixée, dans un cornet-réflecteur, une ampoule ronde.
- Ce phénakisticope se présente donc sous une forme pratique, élégante, intrigante, nouvelle.
- On peindra la boîte d’une manière originale : bleu sombre avec étoiles jaunes, teinte uniforme et vive, semée de ronds d’un ton plus clair; carreaux jaunes et bleus, ou simplement teinte sombre, avec filets, initiales, médaillons au centre.
- Une poignée fera cet appareil portatif, aisément transportable...
- Sujet à reproduire.
- Si vos talents ne vous permettent pas de représenter les personnages et animaux, vous pourrez peut-être repro duire les deux « phases d’action » accompagnant cet ar" ticle.
- A l’aide du pantoscope dont nous vous avons détaillé la construction, vous aurez, en grandes dimensions, ces successions de mouvement. Sjir un écran en papier blanc, il vous suffira de suivre, au crayon, les contours de l’image projetée.
- Enfin, nous donnons l’image d’un personnage articulé. Reproduisez séparément, sur calque, les diverses parties articulées : tête, membres, mains, pieds, et celles qui constituent le tronc.
- Collez-les sur un bristol et, lorsqu’elles seront bien sèches, découpez-les pour les assembler de la manière représentée par la figure.
- Un petit morceau de ficelle sera les « jointures » permettant des mouvements souples dans tous les sens.
- Vous aurez donc toutes les attitudes à peu près possibles et ce sera un précieux modèle pour l’établissement des tableaux du phénakisticope.
- Sur le disque blanc, divisé en parts égalés, telle une galette, vous appliquerez ce petit homme et vous suivrez son contour à l’aîde du crayon. Ainsi, partout, vous aurez facilement le même personnage.
- D’ailleurs, outre, le personnage, il y a des figures géométriques, des enchevêtrements de lignes qui sont, dans le phénakisticope, d’un effet curieux.
- A vous d’essayer....
- On peut, sans être habile dessinateur, représenter un serpent ou un papillon. C’est d’un dessin relativement facile et nul n’est besoin d’être servi par une imagination extraordinaire.
- Luc Mégret.
- Fig. 7. — Le sonneur de cloche. Sujet à reproduire.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Sur la théorie des quanta de lumière, par Al. Proca. 1 vol., 96 p. (Collection des suggestions scientifiques). Albert Blanchard, éditeur, Paris, 1928. Prix : 9 francs.
- La physique moderne est actuellement dominée par un grand problème, celui de concilier la théorie ondulatoire de la lumière et de l’électricité avec la théorie des quanta ; chacune d’elles explique et groupe les phénomènes réels, incompatibles avec l’autre théorie. De grands efforts sont tentés de toutes parts pour lever cette incompatibilité qui blesse la logique. M. Proca aborde à son tour cette redoutable question; il admet hardiment la discontinuité de l’espace et du temps; il modifie en conséquence la théorie de Maxwell, et retrouve, comme conséquence de ses hypothèses, et dans un cas particulier, la relation d’Einstein-Planck. Il explique les interférences, écueil habituel de la théorie des quanta, par des propriétés de structure des quanta, retour évident à la théorie de l’émission de Newton.
- Astrophysique, par Jean Bosler. 1 vol. 743 p , 205 fig. et 47 pl. hors texte. Hermann et Cie, éditeurs, Paris, 1928. Prix : 140 francs.
- Née à la fin du xixe siècle, l’Astrophysique, application de nos connaissances physiques à l’étude des astres, a ouvert, sur bien des problèmes d’intérêt capital, inaccessibles aux anciennes méthodes, des horizons pleins de promesses et a conquis, dans la plupart das grands observatoires du monde, une place considérable qu’accroît sans cesse le développement de la physique théorique ou expérimentale. Elle a déjà bouleversé les anciennes conceptions de l’univers dont elle a immensément reculé les bornes. L’ouvrage de M. Jean Bosler est le premier travail d’ensemble qui paraisse en France sur rette question. 11 expose d’une façon très claire les méthodes de l’astrophysique, les problèmes qu’elle aborde et les solutions qu’elle leur a données jusqu’ici. Oette lucide mise au point est d’un bout à l’autre d’une lecture passionnante.
- Le livre est divisé en quatre parties. La première traite des instruments et des méthodes générales de l’Astrophysique ; la deuxieme est con-acrée à 1 étude du soleil; la trou-dème à celle des Planètes et de leurs satellites, ainsi que des comètes et des météores; enfin la quatiième partie concerne les Etoiles et les Nébuleuses : elle résume le- recherches entreprises récemment dans ce domaine si vaste que seuls les puissants instruments modernes ont permis d’aborder.
- Étude sur la pluie en Chine (1872-1925). 2 vol. et 1 atlas, par le R. P. E. Gherzy. S. J. Imprimerie delà Mission Catholique à l’orphelinat de T’Ou-Sè-Wè, Chang Haï, 1928.
- Les stations pluviométriques sont rares sur l’immense territoire chinois; et les troubles qui agitent le pays depuis 1911 n’ont pas permis le progrès des observations météorologiques.
- Néanmoins le R. P Le Froc, du célébré observatoire de la Mission Catholique de Zi-Ka Weï, avait entrepris de synthétiser les résultats enregistrés. Obligé de rentrer en France pour raisons de santé, il a confié la poursuite de sa tâche au R. P. Gherzy, Malgré son caractère nécessairement approximatif, l’étude que celui-ci vient de publier est d’un vif intérêt au point de vue de l’étude climatologique de la Chine; elle donne un aspect général de la répartition de la pluie et des journées pluvieuses, et constitue une excellente base de départ pour l’oi ganisation d’investigations plus serrées, lorsque les circonstances le permettront. Le premier volume expose les conclusions générales tirées de l’étude des chiffres des observatoires. Il contient en outre les cartes pluviométriques mensuelles de la province du Chihli. Le 2' volume reproduit les observations des diverses stations pluviométriques en exercice. L’atlas contient les cartes pluviométriques de la Chine établies par l’auteur; elles sont dressées par mois, par saisons, et par années.
- Chimie des colloïdes (Applications industrielles) Conférences faites au Conservatoire des Arts et Métiers par Paul Bary, 1 vol. in-8, 132 p., 28 fig. Dunod, Paris, 1928. Prix : 16 fr. 10.
- Exposé concis de ce que sont les matières colloïdales. Il reproduit une série de conférences qui avaient pour but principal de montrer la diversité des applications de ces matières et des propriétés particulières qu’elles doivent à leur état Quelques notions simples permettent d’établir par exemple des analogies frappantes entre certaines propriétés de composés d’origine et de nature chimique très différentes, tels que les verres, les métaux et les savons De nombreuses industries traitent des matières colloïdales : matières plastiques, caoutchoucs, résines naturelles et artificielles ; cellulose et ses dérivés qui fournissent les soies artificielles;
- protéines (comprenant la gélatine, les colles, la caséine et les cuirs); peintures et vernis; huiles minérales; fibres textiles et leur teinture, huiles et graisses; silice et silicates, etc.
- Toutes sont liées par un ensemble de propriétés communes aux matières qu’elles transforment.
- La première partie constitue une étude théorique concise mais très complète de la question des colloïdes : matières colloïdales, leur gonflement ; fusion et dispersion des gelées, colloïdite, propriétés chimiques des colloïdes; solutions colloïdales, ultrafiltration; suspensions colloïdales obtenues par l’emploi d’un solvant par le mode chimique, par les méthodes électriques; théorie de l’électrophorèse, émulsions, etc.... La deuxième partie est consacrée aux multiples applications industrielles des colloïdes. On sait que l’auteur est un spécialiste averti de toutes ces questions.
- Die Tierwelt der Nord- und Ostsee, par G. Grimpe et E. Wagler. Fasc. XII, 236 p., 205 fig. Akademische Terlags-gesellschaft, Leipzig, 1928.
- Nous avons déjà dit plusieurs fois l’intérêt de celte publication. Le nouveau fascicule qui vient de paraître contient 3 études, l’une de M. Schnakenbeck sur la biologie des pêcheries, une de MM. Mor-tensen et Lieberkind sur les échinodermes, une de MM. Duncker et Mohr sur les Blenniformes, poissons téléostéens. La première rappelle les recherches entreprises depuis 60 ans à peine, représente et décrit les navires-laboratoiies qui y ont contribué, les principaux engins utilisés, les résultats obtenus : population du fond de la mer, âge et répartition, ponte des principaux poissons et notamment de ceux ayant une valeur économique La deuxième et la troisième traitent deux groupes d animaux différents dans l’esprit biologique de toute la publication : toutes les espèces sont classées et décrites, puis leur physiologie est considérée dans toutes ses fonctions : nourriture, développement, répartition géographique, etc.
- Métabolisme cellulaire et métabolisme des tumeurs, par Otto Warburg. Traduit par E. Aubel et L. Genevois. 2 vol. in-16, 233 -j- 217 p , 45 fig Nouvelle collection scientifique. Félix Alcan, Paris, 1928. Prix : 30 fr.
- Le professeur Warburg poursuit depuis nombre d’années, au Kaiser Wilhelm Institut fiir Biologie de Dahlem qu’il dirige, d’importants travaux sur l’oxydation dans les tissus vivants, mesurée au moyen de méthodes manométriques très sensibles. Ces deux volumes réunissent, pour les lecteurs français, les techniques de laboratoire et les principaux résultats obtenus sur l’œuf d’oursin, les globules rouges, les cultures de tissus, les cellules cancéreuses, épars jusqu'ici dans différents mémoires et un volume en allemand. Le point de vue est intéressant et apporte, notamment au problème du cancer, de nouveaux aperçus, mais les méthodes employées semblent encore imparfaites et donneront certainement lieu à discussion.
- The comparative physiology of muscular tissue,
- par A. D. Ritchie 1 vol in-8, 111 p. Collection Cambridge comparative Physiology. University Press, Cambridge, 1928. Prix ; relié toile, 7 sh. 6 d.
- Bonne monographie de nos connaissances actuelles sur le tissu musculaire et sa physiologie. L’auteur débute par les caractères généraux des muscles : divers types, composition chimique, puis il étudie leur travail, la contraction et les échanges chimiques qui l’accompagnent; enfin, il examine la mécanique musculaire, les théories qu’on en a faites et particulièrement la contraction tonique. Enfin, il rassemble les faits connus sur les effets du milieu. On a ainsi une mise au point courte et bonne de cette question difficile.
- Révision de ta doctrine des localisations cérébrales, par R. Brugia. 1 vol. in-8, 197 p. Masson et Cie, Paris, 1929. Prix : 24 fr.
- Livre vigoureusement pensé et écrit. En opposition à la doctrine des localisations cérébrales, l’auteur, professeur à l’Université de Bologne, oppose les groupements segmentaires, neuro-myoniques et trouve dans ceux-ci, non seulement l’explication des réflexes, mais celle des sensations, des mouvements coordonnés, voire du langage, de l’inhibition, des troubles psychosensoriels. C’est certes une très vive et utile réaction contre l’idée des spécialisations anatomiques des fonctions psychiques et nerveuses, mais quand M. Brugia a nié tous les centres, supprimé tout ce qu’on considérait jusqu’ici comme attributs du cerveau, imaginé la pensée comme un dynamisme électromagnétique ou électrocolloïdal de cellules ganglionnaires, on se demande quelle fonction attribuer à ce volumineux organe dépouillé de toute prééminence.
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- ACADEMIE DES SCIENCES , 8?
- Séances cle Novembre 1928
- GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
- Le delta fossile du Niger Saharien (M. Raymond Furon). — Pour René Chudeau, à l’époque du glaciaire européen, le Niger ne dépassait pas Tombouctou à l’Est, mais tournait vers le Nord en direction du Djouf. Pour l’auteur qui a parcouru la plus grande partie du Sahel Soudanais, le Niger quaternaire avait étendu son delta sur le Macina et le Hodh, très au nord de son cours actuel.
- Les anciens bras du delta fossile sont encore marqués en effet, par des chapelets de mares et une végétation plus vigoureuse que celle du reste de la région. C’est ainsi que le bras de Sokolo, comprenait, après le village de Diébal, le bras de Débo et le bras de Bacikonou ; deux autres branches principales correspondaient au bras de Sonni Ali et au bras d’Ourkem; enfin, entre Nara et Néma on trouvait les bras d’Ourkem, de Foderé et de Nara.
- Ainsi, au Quaternaire ancien et moyen, rendu impossible vers l’Est (seuils de Tosaye et de El Hadjeirat) l’écoulement des eaux du Niger se faisait vers le Nord, du côté du Djouf, à l’époque un immense lac dont les eaux pouvaient se déverser dans l’Atlantique par la trouée du Khat (Mauritanie). Tout le Macina ne formait qu’un vaste delta, un bras du fleuve aboutissant dans le Djouf oriental, par le lac Faguibine, un autre atteignant le Gouf occidental par la trouée d’Enji.
- CHIMIE VÉGÉTALE
- Sur un principe immédiat extrait du Sphacele parviftora Linné (M. V. Hasenfkatz). — Dans la région de Pacho (Colombie), à une altitude comprise entre 1800 et 2000 m, les indigènes utilisent les feuilles de cette plante à la confection de cigares qui, avec le temps, se recouvrent d’une matière solide blanchâtre et d’aspect neigeux dont l’auteur s’est proposé de fixer la composition.
- Par extraction à la vapeur d’eau et purification dans l’alcool, il a pu séparer par refroidissement de longues aiguilles incolores, avec un rendement de 3 pour 1000. Leur analyse donnant : C81,01 — 1111,79, fixe ainsi un pourcentage, qui correspond à la formule C15H260. Or cette formule appartient au groupe des camphres dérivés de sesquiterpènes C15Ha4. Parmi ces composés, Grassmann a signalé en 1831, le lédol, retiré d’une plante de la famille des Ericacées, le Ledurn palustre Linné, qu’on rencontre dans les environs de Saint-Pétersbourg et dans les régions marécageuses de la Finlande.
- Le produit, isolé par M. V. Ilasenfratz, possède le même point de fusion, la même faculté de se sublimer, les mêmes caractères de solubilité et la même formule que le camphre du Ledum, et il est intéressant de signaler que deux plantes : une Labiacée, le Sphacele parviftora et une Ericacée, le Ledum palustre, si différentes par leurs caractères botaniques, leurs régions d’habitat et leurs conditions de végétation renferment un même principe immédiat, le lédol ClâII20O, alcool dérivé d’un sesquiterpène, le ledène C15II24.
- RADIOACTIVITÉ
- Recherches sur la radioactivité des vins (MM. A. Nodon et G. Cuvier). — Les recherches antérieures de l’un des auteurs l'avaient amené à conclure à la radioactivité des cellules végétales; il était dès lors naturel de faire porter une série d’essais, à l’électromètre Nodon, sur des substances alimentaires. Ces essais montrèrent d’abord que les vins
- présentent une radioactivité variable suivant la nature des crus et les années de récolte, radioactivité qui fut comprise, en prenant l’uranium comme corps de comparaison, entre 1/10 et 1/100. C’est là l’ordre de grandeur indiqué pour certaines eaux thermales de la région pyrénéenne.
- Dans les graphiques tracés par MM. A. Nodon et Cuvier, on aperçoit des concordances remarquables entre l’extrait sec, le sucre réducteur et la valeur de la radioactivité. Les vins blancs étudiés présentent des différences annuelles beaucoup plus élevées que les vins rouges qui, du point de vue thérapeutique, offrent plus de constance ; ces mêmes vins blancs, de radioactivité relativement forte, peuvent déterminer des réactions plus rapides et accentuer les fonctions organiques. Il apparaît ainsi qu’il y aurait intérêt à faire figurer la valeur de la radioactivité parmi les divers caractères classiques des différents crus.
- De nouvelles expériences sont en cours qui permettront aux auteurs de cette note de déterminer la valeur relative de la radioactivité positive et de la radioactivité négative des vins, pour établir une relation entre leursdiverses propriétés, du point de vue de leur emploi en thérapeutique, tandis que se poursuivront des mesures de même nature sur les froments, les farines et diverses substances extractives du blé.
- CHRONOMÉTRIE
- Correction de l’effet du champ magnétique sur la marche des montres. (M. P. Ditisheim). — Les masses d’acier qui composent habituellement le mécanisme des montres sont susceptibles d’aimantation, et l’action magnétique que les divers organes peuvent exercer les uns sur les autres est une cause de perturbation des plus graves.
- En 1900, M. Cornu avait proposé d’enfermer le mouvement des chronomètres dans une enveloppe de fer doux, à la façon du galvanomètre cuirassé de Lord Kelvin et, sur ce principe, M. Leroy avait imaginé un dispositif ingénieux. Pour M. Ditisheim l’emploi de l’élinvar constitue un important progrès non seulement pour la compensation de 1$ montre à toutes les températures, mais encore pour la préservation des marches contre les effets de l’aimantation permanente.
- Pour adapter le système de l’élinvar aux montres de précision non magnétiques, toute composante d’acier doit être éliminée et le dispositif de l’affixe compensateur, créé par M. Ditisheim, permet les retouches rendues nécessaires, tant par le défaut d’homogénéité du métal que par les différences de traitement thermique ou mécanique subi par les lames.
- Accouplés ainsi à des spiraux d’élinvar, les deux types de balanciers compensateurs comprenant : l’un, un affixe vissé sur un anneau continu, l’autre un disque d’acier sectionné, dans le corps duquel se trouve soudé l’affixe destiné à la retouche, et toute une série de mesures, effectuées à Paris, dans un solénoïde donnant un champ de 22 gauss, ou à Besançon, ont montré l’efficacité de ces dispositifs.
- ÉLECTIONS
- Au cours du mois de novembre, l’Académie a élu deux Membres correspondants; M. Blas Cabrera y Felipe remplace dans la section de Physique, M. S. Arrhenius, et M. Aug. Lumière succède à M. Félix Lagrange, dans la section de Médecine et de Chirurgie.
- Paul Baud.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Appareil commercial Farman F-190.
- * La maison Farman présentait au dernier salon de l’aéronautique un appareil commercial de faible puissance, le F-190, appareil présentant l’allure générale des avions commerciaux américains de 200 ch.
- Le F-190 est un monoplan à mâts obliques, muni d’un moteur Gnômeet-Rhône « Titan IV » de 230 ch. (moteur à refroidissement par l’air, à cinq cylindres en étoiles). , La voilure de l’appareil est formée de deux demi-plans
- nmnnnmiinimnmTrn,
- — Le Farman F-190.
- rectangulaires, à extrémités trapézoïdales, fixés à la partie supérieure du fuselage. La structure de l’aile est composée de deux longerons caissons de bois, nervures bois, recouvrement toile (nervures caissons formant barres décompression). Les mâts obliques de haubannage sont parallèles et viennent se fixer à la base du fuselage ; ils sont constitués par des tubes de duralumin entourés d’un carénage.
- Le fuselage est formé de couples réunis par des lisses, le tout recouvert de contreplaqué. Il est construit également en bois. Le poste de pilotage (ailerons commandés par volant) aménagé en conduite intérieure, est placé au droit du bord d’attaque. Immédiatement en arrière se trouve la cabine. Elle est éclairée par huit hublots et comporte deux portes; deux ou quatre sièges sont fixés, suivant l’utilisation, dans cette cabine.
- Les empennages sont de construction classique : bois et toile; toutes les gouvernes sont sans compensation.
- Le train d’atterrissage est de principe classique il comporte deux barres articulées à la base du fuselage, et une barre télescopique s’appuyant sur le mât avant. Une barre de compression reporte l’effort à l’encastrement de l’aile (la voie du train est de 3 mètres).
- Les caractéristiques du F-190 sont les suivantes :
- Envergure..................*. 14 m 10.
- Longueur................... 10m.
- Surface.................... 40 m2.
- Poids vide................. 935 kg.
- Charge payante............. 400 kg.
- Poids total en charge...... 1688 kg.
- Vitesse maxima............. 200 km-h.
- — commerciale......... 165 —
- — minima.............. 80 -—
- Il y a lieu de remarquer la grande légèreté de l’ensemble obtenue malgré la sévérité des règles de construction imposées en France (le poids est de l’ordre de grandeur de celui des appareils américains équivalents). Il est inutile d’insister sur le grand intérêt que pourrait présenter, sur les lignes commerciales françaises, l’utilisation d’avions de cette puissance : à leur utilisation est dû le succès de nombreuses lignes étrangères (américaines et allemandes).
- L'Avion de tourisme Guerchais Henriot.
- Le dernier concours des avions de tourisme a révélé un appareil intéressant : la limousine biplace Guerchais-Henriot de 50 chevaux.
- La voilure de cet appareil est monoplane, de forme trapézoïdale arrondie, et montée en porte à faux. Elle est fixée sur le dos du fuselage en six joints, ce qui permet un démontage facile en quelques minutes. Le profil est épais, décroissant du fuselage au bout d’aile; les ailerons, encastrés dans l’aile, ont un grand allongement (3 m. 50x0 m. 27). La structure de l’aile se compose de longerons multiples en caissons, nervures et nervures caissons formant entretoises, recouvrement en contreplaqué (travaillant à la résistance).
- La construction du fuselage est également en bois. Elle comprend des couples (simples et en caissons) et six longerons de spruce, le tout recouvert de contreplaqué. La cabine, à deux places est installée en conduite intérieure directement sous le plan. Derrière cette cabine se trouve la soute à bagages. Les empennages, de profils classiques (sans compensation) sont en caisson, de construction semblable à celle de l’aile.
- Un moteur Anzani 45 X 50 ch équipe l’avion. Il est fixé par six points au couple avant du fuselage.
- Le train d’atterrissage, sans essieu est formé de deux V articulés au fuselage, et d’un faux essieu (construction acier) ; les amortisseurs sont à sandows: des petits carénages d’aluminium recouvrent toutes les ferrures.
- Voici les caractéristiques de l’appareil :
- Envergure........................ 12 m.
- Longueur......................... 6 m. 90.
- Surface.......................... 18 m2.
- Poids vide’ . . •................ 400 kg.
- — utile........................ 230 kg.
- Vitesse maxima................... 150 km-h.
- — d’atterrissage ...... 60 km-h.
- Plafond — ............ 4000 m.
- Un défaut de mise au point a empêché l’avion de montrer toutes ses qualités au concours des avions légers. Il semble cependant que sa formule corresponde bien à celle del’appareil de tourisme idéal (construction bois, indéréglable, et parle recouvrement résistant aux agents atmosphériques ; poste en conduite intérieure à visibilité maxima ; charge utile suffisante)
- 77777777ZTT7T7777777T77777777777T777T7777T777T7T,
- Fig, 2. — L’avion de tourisme Guerchais-Henriot.
- vitesse d’atterrissage réduite). Enfin le dessin heureux de la voilure et du fuselage donne à l’ensemble des qualités aérodynamiques indiscutables.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- CHIMIE
- Résines synthétiques d’acétone.
- Les deux grands spécialistes en couleurs et vernis II.-A. Gardner et C.-A. Knauss, ont récemment publié les résultats de leurs patientes recherches sur les résines synthétiques. Le Chemical Trade du 22 juin 1928 a résumé leurs travaux et nous en extrayons les renseignements qui suivent.
- Certains fabricants de vernis cellulosiques se plaignaient que leurs vernis, tout en résistant bien aux alcalis dilués, se comportaient mal avec les solvants et diluants habituellement employés.
- Par contre, les résines obtenues, en partant de l’acétone, se comportaient bien mieux. Comme l’acétone est un parfait solvant pour tous les produits résineux, de quelque origine qu’ils puissent être, l’emploi des résines qui en dérivent s’imposait de lui-même.
- Si l’on fait refluer une molécule d’acétone, c’est-à-dire 58 gr avec une molécule d’aldol (88 gr) (‘) en présence de quelques grammes de potasse caustique à 10 pour 100, pendant 4 à 6 heures ou tout au moins jusqu’à ce qu’il se forme une couche visqueuse qui se sépare nettement de la couche aqueuse, on obtient une résine que l’on traite à l’acide acétique dilué jusqu’à neutralisation. On chauffe alors le produit à 150° pour éliminer l’eau, et cela, sous un vide moyen. Si l’on opère avec de la paraldéhyde, la condensation avec l’acétone n’a pas lieu, ce à quoi il fallait s’attendre puisque la paraldéhyde ne donne pas les réactions de l’aldéhyde ordinaire. Si l’on emploie de l’acétaldéhyde ou bien du fur-fural, on a des résines solubles dans l’acétone, le toluène et à odeur aldéhydique très nette.
- Tous ces produits, chauffés avec leur poids de colophane, se dissolvent à merveille dans l’acétone. Ces solutions appliquées concurremment avec des solutions de gomme ester et de dammar donnent de bons enduits, mais plus sombres que le dammar et que la gomme ester (résinate de glycérine).
- Afin d’éviter la production de produits gommeux dus à des réactions secondaires indésirables, on ajoute la colophane directement aux éléments de la réaction. Mais alors, on emploie comme agent de catalyse, l’acide chlorhydrique excessivement dilué au lieu de potasse caustique.
- A une partie d’acétone, on ajoute deux parties de colophane.
- On reflue jusqu’à ce que la résine soit complètement dissoute. On ajoute alors une molécule d’aldéhyde ordinaire (44 gr), à une molécule d’acétone (58 gr).
- On ajoute alors de l’acide chlorhydrique (N 4) (quelques centimètres cubes), et on reflue. -
- 1. Rappelons à nos lecteurs que l’aldol est une transposition moléculaire de l’aldéhyde ordinaire par l’action de l’acide chlorhydrique comme il suit :
- CH3 CHO + HCl = CH ^ qh
- CIP
- Il se produit d’abord la monochlorhydrique éthylidénique. Celle-ci réagit sur une deuxième molécule d’aldéhyde pour donner l’aldol comme il suit :
- Ce phénomène est même connu sous le nom d’aldolisation.
- COH
- CH3 CHO -f CH
- I
- CH3
- Cl
- OH
- HCl -!- CH2
- I
- CHO H
- Cil5
- Aldol
- La masse résineuse produite est neutralisée avec du carbonate de sodium, et chauffée sous vide pour enlever l’eau.
- Le produit final est dur, sombre et cassant. Le produit obtenu avec le furfural est plus sombre que celui obtenu avec 1 acétaldéhyde ou l’aldol. Ces résines sont solubles dans l'acétone, le toluène, l’acétate de butyle, etc., etc. Ces résines nouvelles ont été essayées dans des vernis cellulosiques ainsi qu’il suit :
- On a pris une solution d’une cellulose dite « demi-seconde )> dans 1 acétate de butyle (907 gr). On y a ajouté 60 gr d’une solution à 50 pour 100 de résines aldéhydiques dans le toluène, puis 5 gr de triphénylphosphate et ensuite 40 gr d’acétone.
- On a enduit des panneaux d’une telle solution par comparaison avec des vernis de gomme ester et de gomme dammar. Les uns et les autres ont donné des résultats satisfaisants, avec cette différence que les vernis acétoniques étaient plus sombres que les deux autres.
- On a essayé de faire des résines d’aldol et d’acétone de couleur plus claire, et qui, mélangées à des solutions d’éthers cellulosiques, donneraient des produits satisfaisants de premier jet.
- Si, à 8 molécules d’acétone (464 gr), on ajoute 3 molécules d’aldol, soit 254 gr, et 40 gr de nitrocellulose sèche, cette dernière étant dissoute, on fait refluer en même temps que l’on fait passer du gaz chlorhydrique sec. Ceci durant une heure et demie, au bout de laquelle on ajoute 15 gr de résine; on chauffe encore à reflux durant deux autres heures. On obtient ainsi une résine jaune rougeâtre qui durcit quand on évapore l’excès d acétone. Une solution de ladite résine exposée 24 jours au soleil ardent de l’été abandonne un film de couleur claire et à odeur aldéhydique. Ces films durent longtemps sans s’altérer en quoi que ce soit. Mais, ils ont toujours une tendance à foncer avec le temps.
- Albert Hutin.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Nouveau procédé pour lustrer les / tôles galvanisées.
- Voici un emploi inattendu du soufre, c’est le lustrage des tôles galvanisées. Le soufre communique à ces dernières un lustre argenté du plus heureux effet. Les plaques de tôle, après passage au bain habituel acide de « pickling », sont lavées et séchées grossièrement. Ceci fait, on les place le plus près possible du bain de zinc fondu, additionné d’une dizaine de centimètres de plomb fondu, qui tombe au fond partiellement. Le bain de zinc fondu arrive à, 20 cm du bord de la cuve. Pour retarder l’oxydation du zinc fondu, on ajoute 10cm d’un flux spécial; on trempe alors les feuilles de tôle « picklées » dans le bain sous flux surnageant. On sort les feuilles et on les passe au laminoir pour enlever l’excès de zinc. On immerge alors les feuilles dans un bain d’eau froide, et c’est à ce moment qu’on les expose à des vapeurs de soufre. On place pour cela un pot de fer contenant du soufre à la surface du bain de zinc fondu à proximité des feuilles galvanisées et on envoie un petit courant d’air comprimé sur le soufre en fusion. On lave à nouveau les feuilles qui ont subi l’action du soufre. Les tôles galvanisées ainsi traitées possèdent le brillant d’un métal nickelé. Il est probable que le sulfure de zinc ainsi formé à chaud communique à li surface du métal galvanisé ce lustre. En somme, ce résultat est assez inattendu. En tout cas, il faut prendre le plus grand soin pour que les tôles lustrées soient bien isolées les unes des autres afin d’empêcher leur frottement qui amène une décoloration.
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- Quand on fait des tôles galvanisées ondulées,'l’action de la presse qui les ondule diminue beaucoup le lustre.
- HISTOIRE NATURELLE
- Les Collections zoologiques du duc d’Orléans au Muséum.
- Les magnifiques collections zoologiques réunies par le duc d’Orléans, au cours d’un demi-siècle de chasses et d’explorations sont maintenant installées au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Ce prince, exilé en vertu delà loi du 23 juin 1888, qui interdisait notre territoire à tous les chefs des familles ayant régné en France et à leurs héritiers directs, fut en effet, un fervent disciple de saint Hubert depuis l’âge de dix-huit ans jusqu’à sa mort survenue à Païenne le 28 mars 1926. Ilne fut pas, d’ailleurs, un Nemrod ordinaire, désireux de rapporter simplement des trophées cynégétiques. Comme l’écrit son compagnon et historiographe, le Dr Récamier « il chassait en naturaliste pour étudier les mœurs des animaux sauvages, les plantes, les arbres, toute la vie des champs et des bêtes ».
- Aussi, dès les premières années de son exil, il commença à rassembler les mammifères les plus remarquables, les oiseaux aux plumes chatoyantes, les reptiles les plus redoutés avec l’intention de les léguer ultérieurement à sa patrie. Après un premier voyage dans l’Inde en 1887, il visita donc successivement les diverses parties de l’Europe, l’Amérique, l’Afrique, les régions polaires, recueillant, petit à petit, de splendides collections, qu’abrita d’abord une annexe du « Manoir d’Anjou », propriété de la famille d’Orléans dans la banlieue de Bruxelles, et qu’on peut admirer aujourd’hui à Paris.
- Leur transfert de Belgique jusqu’aux bâtiments parisiens en bordure de la rue de Buffon, exigea plusieurs mois et leur installation fait le plus grand honueur à ses savants auteurs : M. Burlace, associé de la firme Rowland Word’s de Londres et son collaborateur émérite, M. Eugène Bergonnier, le naturaliste des expéditions Citroën-centre Afrique (deuxième mission Haardt-Audouin-Dubreuil).
- Les collections zoologiques du duc Philippe d’Orléans occupent actuellement quatre grandes salles au Muséum. Dans le Musée général, on voit, isolées et en vitrine, des bêtes sauvages provenant des cinq parties du monde. La seconde pièce est un diorama consacré aux régions arctiques, puis viennent deux halls où se trouvent d’admirables spécimens des faunes de l’Afrique centrale, de l’Est-Africain et des Grands Lacs, savamment présentés dans leur ambiance naturelle. Du reste, le temps est loin où les musées se composaient uniquement d’animaux empaillés dans des attitudes rigides et guindées, véritables caricatures des êtres qu’ils avaient la prétention de représenter. Jadis on se contentait de bourrer de foin ou d’étoupes les peaux des bêtes préalablement frottées au savon arsenical. Aussi le savant Agassiz pouvait écrire avec juste raison : « Empailler une peau, cela revient à la détruire » ! Mais aujourd’hui le taxidermiste s’efforce de conserver au tigre ou à l’aigle, à la biche ou au serpent les apparences de la vie, le modèle de la nature et à l’ensemble d’un groupe de singes ou de vautours par exemple, tout le réalisme possible.
- MM. Burlace et Eugène Bergonnier continuent dignement la tradition de leurs devanciers et se sont montrés de consciencieux artistes dans leurs reconstitutions actuelles. Ils ont su donner aux antilopes ou aux lions, aux buffles ou aux rhinocéros, aux girafes ou aux gazelles, aux hippopotames ou aux ours tués par le prince soit dans les forêts tropicales, soit dans les déserts de l’Afrique ou sur les terres glacées du Pôle, des attitudes vraies et des cadres dignes d’eux.
- Gomme on le sait, les outils employés par les naturalistes préparateurs sont des plus simples. Il leur faut des scalpels
- bien affilés, des pinces de dissection pour saisir facilement les petits fragments, des marteaux, des limes, des ciseaux ordinaires et à lames recourbées pour atteindre des parties intérieures, des alênes ou carrelets, sortes de grandes aiguilles servant à coudre ; des poinçons d’acier pour percer les pattes et les os; des brosses en crin pour appliquer les substances antiseptiques et. des pinceaux en blaireau afin d’arranger les plumes ou les poils; enfin des fils de fer de diverses grosseurs destinés à maintenir les animaux sur leurs supports.
- Pour monter les grands quadrupèdes, on les dissèque soigneusement en arrachant les muscles, la chair et en nettoyant les os de toutes les parties molles qui s’y trouvaient encore adhérentes. Après quoi, on procède au dégraissage qui s’opère en raclant le tissu adipeux, avec un couteau à lame mince et très tranchante, puis en frottant la peau avec du plâtre. Cela fait, on laisse macérer l’animal dans un bain antiseptique qui empêche la chute des poils etle développement ultérieur des insectes ennemis des collections.
- On s’occupe ensuite du montage des sujets, de leur groupement et delà réalisation du décor.
- Férus de ces principes, MM. Burlace et Bergonnier reconstituèrent donc avec art les scènes de chasse, les mœurs des animaux des tropiques ou du pôle d’après des photographies ou des dessins pris sur le vif. On verra, à la fin de ce numéro de La Nature, quelques photographies de ces présentations. Que de vie, par exemple, dans cette brousse rocailleuse du sud de l’Ouganda! Des lions, qui se tiennent la nuit dans le bois de Mimosées couronnant la colline et que des rabatteurs indigènes ont traqués au petit jour, semblent prêts à s’élancer sur le chasseur. Dans le diorama voisin, des loups de Laponie se dressent sur les bords d’un glacier, tandis que des Grands Ducs blancs et différents oiseaux des régions polaires se reposent tranquillement sur des rochers dénudés. A proximité, se prélassent des ours tués par l’arrière-petit-fils de Louis-Philippe sur la Terre de François-Joseph au cours de sa première expédition. à bord de la Belgica en 1905 et que les savants techniciens ont fait revivre avec tant de véracité dans la galerie du Muséum inaugurée récemment. On voit, du reste, dans le « Musée général » la reconstitution de la cabine que le prince occupait sur ce navire ainsi que le petit canot lui servant à évoluer sur la banquise glacée et près duquel se trouve empaillé un Narval qu’il tua lui-même.
- Ne quittons pas cette salle sans nous arrêter devant l’éléphant de la jungle, monté par le duc d’Orléans au cours d’une chasse et sur lequel sauta, en lui brisant son fusil entre les mains, un tigre.
- Dans les panoramas du Soudan anglo-égyptien et de l’Est-Africain, les savants « empailleurs » se sont également distingués. U hippopotame sortant au crépuscule d’un marigot du Bahr-el-Chazal et ouvrant sa gueule pour montrer sa robuste mâchoire, le dispute en véracité avec les antilopes et les gazelles qui !bi*outent ou boivent aux bords de ces fleuves africains. Le papyrus et les graminées épineuses appelées « Kram-Kram » qui décorent ces paysages marécageux furent également rapportés par le prince.
- Avec quel naturel aussi les distingués spécialistes ont-ils disposé ces superbes girafes qui étendent leur long cou afin de pouvoir manger les pousses des hautes Mimosées de l’Est africain!
- Grâce à ce legs princier et à la science consommée de MM. Burlace et Bergonnier qui surent le mettre en valeur, les visiteurs de cette originale leçon de choses zoologiques, auront une idée fort exacte des paysages polaires ou tropicaux et des principaux animaux qui peuplent ces régions encore peu accessibles.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIOUE Brouette à chenille.
- Lorsqu’on ^ veut se servir d’une brouette sur terrain mou, détrempé ou marécageux, la brouette doit pouvoir rouler sur
- Fig. 1. — La brouette à chenille passe là où s’enlise la brouette ordinaire.
- un sol plus résistant et généralement on utilise des chemins de planches.
- Un nouveau système de brouette évite la nécessité d’agencer des voies en planches et permet à la brouette de se déplacer en tous les points d’un sol peu résistant : Au lieu d’une roue comme dans la brouette normale on monte une chenille qui constitue une sorte de voie sans fin, dont l’effet est celui d’une roue de grand diamètre, de sorte que la brouette peut circuler dans les mauvais terrains, avec facilité.
- Le roulement est monté sur un axe central et se prête à toutes les inégalités du terrain. Il permet même de monter et de descendre des marches sans secousse. Sur les pelouses, sur les parties de terrain cultivées, la brouette passe sans laisser de trace.
- La chenille est posée plus en arrière sous la charge que la roue des brouettes ordinaires, de sorte que l’ouvrier a moins de poids sur les bras et que la brouette est plus stable puisque la largeur de la jante est de 9 centimètres.
- La chenille est composée de maillons en acier, qui sont agrafés les uns aux autres, de telle manière que, .lorsque la brouette se déplace, les maillons constituent une surface très légèrement courbe, presque plane qui porte le poids de la charge. Ces maillons se nettoient d’eux-mêmes en roulant et le gravier qui peut pénétrer à l’intérieur de la chenille est rejeté automatiquement.
- Une brouette de ce genre trouve son emploi dans les sablières, les tourbières, les travaux de terrassements, mais elle est aussi applicable dans les exploitations minières et sur les terrains de golf et de tennis. On ne supprime pas malheureusement la nécessité du conducteur qui, dans certains cas, éprouve de la difficulté à se déplacer sur un sol mou et il n'est pas décemment possible de le munir de chaussures à chenille.
- En vente chez H.-C. Slingsby, 22 et 22 bis, rue de Chabrol, Paris (X”).
- ÉLECTRICITÉ
- Lampe électrique de chevet.
- Lorsqu’on dispose de courant alternatif, on sait qu’il est possible d’utiliser un transformateur pour abaisser la tension et alimenter une lampe sous un voltage très faible, 4 volts par exemple. On obtient alors une veilleuse dont la consommation de courant est presque nulle. Elle est au maximum de 2 watts-heure, ce qui représente 3 centimes pour une durée de 10 heures de nuit.
- La lampe, dite de chevet, a un double but : celui de permettre la lecture au lit, et celui de remplir l’office de veilleuse.
- Un constructeur ingénieux a eu l’idée de combiner la lampe à pied avec un socle, qui soutient le transformateur nécessaire pour faire fonctionner la lampe en veilleuse. Le transformateur abaisseur de tension est donc dans le socle et donne, par conséquent, beaucoup de stabilité à la lampe.
- La simple manœuvre d’un commutateur permet de mettre en fonction l’un ou l’autre des circuits du transformateur, qui a deux tensions différentes. Dans l’éclairage normal, la lampe donne 5 bougies et consomme seulement 6 watts-heure. Un interrupteur poussoir qui se trouve sur le fil d’amenée du courant permet de couper le circuit.
- Il n’y a, somme toute, qu’une ampoule unique qui travaille à volonté sous la tension normale du réseau ou sous une tension réduite.
- Le transformateur n’a besoin d’aucun entretien, il est logé dans la forme même du socle et l’aération est assurée par le socle lui-même et par la colonnette support qui forme cheminée.
- Cette lampe est très intéressante et pratique, car elle permet d’avoir à bon compte une veilleuse de consommation pour ainsi dire nulle.
- Pierre Charpentier, ingénieur à Dax (Landes).
- ART MÉNAGER Le \ap.
- Le Yap est un appareil pour cuire les aliments à la vapeur, mais sans pression. Tous les gourmets connaissent les avantages de ce mode de cuisson sur la cuisson à l’eau chaude. Fig. 2. — Le Vap.
- Il a en effet le mérite de conserver aux aliments leurs sucs naturels et leurs sels minéraux , tous éléments précieux pour l’organisme.
- Les mets ainsi préparés sont de digestion facile, en outre ils possèdent une saveur et un fumet beaucoup plus délicats.
- Yoici un appareil qui permet de mettre en œuvre très aisément cette excellente méthode culinaire recommandée à la fois par les gastronomes
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- et les médecins. C’est une large marmite, comprenant trois pièces : un large [récipient; un plateau intérieur perforé et amovible et un couvercle en cloche. Le couvercle s’engage
- dans une gorge circulaire ménagée à la partie supérieure du récipient.
- On met l’eau dans le'récipient ; on dispose ensuite, au-dessus du niveau de l’eau, le plateau perforé garni des aliments à cuire.
- Un dispositif très simple permet, s’il y a lieu, de recueillir le jus.
- Enfin on pose le couvercle dans sa gorge, dans celle-ci on verse un peu d’eau, de façon à réaliser un joint hydraulique qui empêche l’entrée de l’air.
- Il ne reste plus qu’à placer le tout sur un feu vif que l’on règle jusqu’à ce que la vapeur ne s’échappe plus que par petits jets espacés suivant son rythme régulier.
- A l’intérieur du Yap, la pression reste faible, la température est légèrement supérieure à 100° et la vapeur n’est jamais à l’état de buée, puisqu’il ne s’y mêle pas d’air.
- Ce mode de cuisson s’applique à un très grand nombre d’aliments : légumes frais, poissons, crustacés, salaisons) compotes, etc.
- Constructeur. Japy frères, 21, rue Albouy. Paris (X°j.
- OBJETS UTILES Moutardier automatique.
- Ce moutardier d’un modèle nouveau supprime le couvercle et la cuillère, qui sont nécessaires pour prendre la moutarde avec les appareils habituels.
- Il est constitué par un récipient de verre qui se termine à la partie supérieure par un ajutage. Dans ce récipient se déplace un piston qui est actionné par pression du pouce sur l’extrémité de la tige émergeant à l’intérieur du socle du moutardier (fig. 3).
- Bien entendu, le socle et le récipient se démontent et s’assemblent rigidement pour permettre de garnir le moutardier et de garder le contenu.
- Lorsqu’on veut prendre un peu de moutarde, il suffit de retourner l’appareil et de presser sur la tige du piston jusqu’à ce que la quantité qui sort par l’ajutage du récipient soit suffisante.
- L’appareil est propre, économique et d’un fonctionnement très simple.
- Constructeur : E. Milletre, 109, cours de Vincennes, Paris (XXe).
- JOUETS
- Passe-Boule jouet.
- L’ingéniosité des fabricants s’emploie à réaliser des jouets automatiques avec le minimum de pièces mécaniques et une grande simplification d’organes. Nous n’étonnerons personne
- en disant que les jouets français sont tout à fait originaux, grâce à la virtuosité des inventeurs.
- L’un des jouets nouveaux les plus intéressants de cette année est sans contredit le passe-boule Chiquito, dont l’organe moteur est constitué par des fils de caoutchouc, lesquels ont l’avantage de pouvoir se remplacer facilement, ce qui n’est pas le fait du ressort mécanique lorsqu’il casse.
- L’appareil comporte donc un moteur à caoutchouc que l’on remonte au moyen d’une manivelle.
- Il agit par la rotation d’un petit axe sur un système mécanique constitué par de petits engrenages, muni d’un régulateur à ailettes que l’on peut régler en écartant plus ou moins les ailettes de l’axe.
- Ce système commande une came en fil rigide d'acier, laquelle agit sur le lanceur de boules et abaisse le bras qui porte la cuillère de lancement.
- Ce bras arrive au contact d’une rampe et la force à s’abaisser, de sorte que la boule qui est logée dans la boucle à l’autre extrémité de la rampe est soulevée et glisse pour se placer dans la cuillère de l’automate.
- Pendant ce temps la came qui commande tout le mouvement a continué sa course.
- Les pièces qui sont constituées par des fils d'acier coudés sont venues à leur position extrême en tendant un ressort de rappel.
- Lorsque la boule est bien en place dans la cuillère, la came échappe et tout le mécanisme revient brusquement à sa position de départ, grâce au ressort de rappel. Il en résulte que le lanceur de boule remet son bras dans la position haute d’une façon brusque et, dès que le bras est arrêté, la boule continue son mouvement et se trouve projetée, absolument comme dans le jeu de la pelote basque.
- Elle tombe sur une planchette inclinée qui porte des trous référencés avec des chiffres.
- La boule passe dans l’un ou l’autre de ces trous, suivant le cas, ou leur échappe.
- Enfin elle redescend et tombe dans une rigole qui l’amènera à son tour sur la rampe de lancement.
- On dispose de plusieurs billes de couleurs différentes et chacun des joueurs peut choisir sa couleur. On totalise ainsi le nombre de points de chaque boule, car le lanceur de boules fonctionne sans qu’on ait à s’en occuper et cela pendant 10 minutes.
- C’est donc un jouet complètement automatique, d’une simplicité remarquable de construction, mais en même temps d’une ingéniosité extrême, qui a dû certainement exiger de l’inventeur beaucoup de recherches et d’essais.
- En vente chez Gendrot, 19, rue Louis-David. Bagnolet.
- Fig;. 4.
- Le Passe-boule Chiquito.
- Cuiller
- Mécanisme à déclic
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- La pierre ollaire.
- Nous recevons d’un lecteur anonyme la lettre suivante :
- « Dans son numéro du 1er octobre dernier, La Nature publiait un article sur le chauffage électrique.
- On y parlait de l’emploi de la pierre « olaire » (sic), et l’on y attribuait ce nom à l’impression douce que fait cette pierre, comme si l’on touchait une surface huilée.
- Mais si l’auteur avait été minéralogiste, il aurait su que l’on écrivait ollaire, et, s’il avait été latiniste en même temps, que ce mot vient du latin olla (pot, marmite) parce que les anciens en faisaient des pots, cette pierre se travaillant facilement ».
- Le Rayon vert.
- Voici une nouvelle observation qui montre que le rayon vert peut s’observer non seulement en mer, mais sur terre ferme. Elle est due à M. Paul Bazin de Dijon qui nous écrit :
- « Aux deux observations signalées dans La Nature du 15 novembre et du 1er décembre, je puis en ajouter une troisième faite au lever du soleil le 15 octobre dernier, à Gevrey-Chamber-tin dans des conditions spéciales et qui pourrait bien être unique dans son genre.
- L’horizon sé trouvait caché par une couche de nuages très lointains. Au-dessus, ou plus près, une autre couche de nuages ; le tout très bas, la limite supérieure de cette deuxième couche pouvant être à 1° environ au-dessus de l’horizon. Entre les deux couches, un espace sans nuages mais légèrement brumeux laissant voir une mince bande de disque solaire de 3' à 4' de hauteur et d'un beau rouge de lanterne vénitienne. Quand le sommet du disque apparut au-dessus de la 2e couche de nuages, ce fut sous l’aspect d’un point d’un vert merveilleux dont l’éclat augmenta progressivement et fit place, en une seconde environ, à la lumière éblouissante du soleil dans un ciel pur.
- Observation faite à l’aide d’une bonne jumelle.
- Précision sur la Bakélite.
- La Société « La Bakélite » à la suite d’une réponse à un lecteur
- publiée dans la « Boîte aux Lettres », numéro du 15 sept. 1928, p. 288, nous adresse l’intéressante lettre qui suit, dans laquelle elle rectifie et précise certains points de notre réponse, en même temps qu’elle donne de nouveaux détails sur les vernis Bakélite :
- <c Nous nous permettons de vous faire remarquer l’emploi de deux termes inexacts :
- 1° Vous dites Autoclave au lieu de Bakéliseur ;
- 2° Vous dites Bakélisation, pour Polymérisation.
- La température de polymérisation que vous indiquez comme étant 140° peut varier suivant les vernis.
- Contrairement à ce que vous croyez, les vernis Bakélite ont des caractéristiques bien déterminées et des qualités très supérieures à celles que vous voulez bien leur donner.
- Les vernis Bakélite courants convenablement polymérisés résistent à l’eau froide et chaude à 100°, aux huiles chaudes, à l’essence, au benzol, au pétrole, etc.
- La polymérisation est parfaite lorsque les vernis résistent à l’action de l’acétone chaud.
- Certains vernis spéciaux résistent, dans des conditions déterminées, à l’action des agents chimiques, notamment de l’eau oxygénée, de l’iode, de l’hypochlorite de chaux, de la saumure très concentrée, du carbonate de sodium, des vapeurs de nitrate d’ammoniaque, du chlorure de sodium et de potassium, de l’acide tanique, chromique, nitrique, sulfurique, chlorhydrique, oxalique, etc.
- Enfin, des vernis Bakélite ont été mis au point pour résister à l’action de la viscose. Ces vernis donnent toute satisfaction dans l’application sur aluminium pour la protection du matériel de fabrication de la soie artificielle.
- A leur résistance aux agents chimiques, vient s’ajouter leur grande résistance mécanique largement justifiée par la manière dont sont manipulées les bobines perforées.
- Enfin, d’autres vernis Bakélite sont renommés pour leur souplesse. Appliquée sur des feuilles de laiton, ils laissent à ce métal sa souplesse, sans que la moindre craquelure se produise à l’endroit de la torsion. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Pulvérisateurs agricoles à acide sulfurique
- (n° 2795).
- Adresses de constructeurs : MM.
- Jardy-Gravelat, à Mainvillier, Chartres (Eure-et-Loir).
- Vermorel, à Villefranche (Rhône).
- Favea, 15, Boulevard Verdun, à Béziers.
- Perperras, à Belleville-Rhône (Hérault).
- Mahot, à Hamp (Somme).
- A. Rebeyrol, à Castilon (Gironde).
- Société d’Albret, à Nérac (Lot-et-Garonne).
- Tontut, rue Gambetta, à Tonneins (Lot-et-Garonne).
- L. Nicolas, à Agen (Lot-et-Garonne).
- Caruelle, à Saint-Denis-de-l’Hôtel (Loiret).
- Fernand Mesnil, à Puiseaux (Loiret).
- Marcel Boisselet, ingénieur-agronome, à Libourne (Gironde).
- MM. R. E., à G. et D., Martinique.
- Les petits tours de main du détacheur.
- La pratique du détachage demande une certaine habileté, car si l’bn ne prend pas quelques précautions, après avoir enlevé la tache, la partie frottée débarrassée de toutes souillures est naturellement plus claire que les parties environnantes qui sont restées chargées des produits étrangers encore contenus dans l’épaisseur de l’étôffe, c’est ce que dans la profession de teinturier-dégraisseur, on nomme des cernes.
- Pour éviter cet inconvénient il faut débuter assez loin de la partie tachée en frottant circulairement au moyen du tampon imbibé du liquide ou de la pâte destiné à solubiliser les graisses,
- progressivement on se rapproche du centre par un mouvement spiralé. — On transporte alors la partie ainsi imbibée sur un linge propre et sec, puis on saupoudre la tache avec du plâtre fin dit plâtre à modeler destiné à absorber le solvant chargé de matière grasse ; on laisse en contact un temps suffisant pour que la capillarité ait produit l’ascension du liquide, après quoi on secoue et brosse le plâtre sec; au besoin on répète l’opération dans le même ordre.
- Lorsque les cernes sont déjà produits, on peut les faire disparaître par le tour de main suivant :
- Mettre sur le tissu de la mie de pain émiettée, l’arroser légèrement de benzine à détacher ou mieux de tétrachlorure de carbone qui a l’avantage d’être incombustible, puis avec la paume de la main promener cette mie de pain sur l’étoffe; on élargit ainsi le cerne qui pour la raison précitée s’efface par éclaircissement du fond.
- Cercle des officiels de Limoges.
- P.-S. La formule ci-dessous vous donnera une pâte à brillanter analogue à la plupart des produits du commerce.
- Savon de Marseille en copeaux. . 100 grammes
- Eau non calcaire................ 500 —
- Laisser en contact du jour au lendemain, puis liquéfier au bain-marie et rendre homogène ; attendre le refroidissement et incorporer en remuant :
- Ammoniaque liquide.............. 50 cent, cubes
- Tripoli en poudre ....... 250 grammes
- N. B. — Le tripoli peut être remplacé par la terre d’infusoires (Kieselguhr), par le kaolin ou toute autre poudre constituant un abrasif léger.
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- Le baroscope à solution cristallisable ou Sturm-glass!
- Le baroscope est un bien vieil appareil consistant en un tube de verre hermétiquement fermé et qui renferme une solution plus ou moins complexe. Voici une formule qui donne un mélange très sensible : Alcool à 80° : 80 gr. Salpêtre : 6 gr. Sel ammoniac ; 6 gr. Camphre : 6 gr. Eau distillée : 200 gr. Le D‘ Grellois a retrouvé dans les archives de l’académie de Metz la description d’un appareil de ce genre utilisé par Le Graux, avocat au Parlement de 1776 à 1781. Il a été remis à la mode vers 1864, par l’ami-
- ral Anglais Fitz-Roy et construit par MM. Negretti et Zambra de Londres, sous le nom de Sturmglass. D’après Fitz-Roy, l’aspect des cristallisations qui nagent dans la solution offrirait des apparences différentes suivant la direction du vent. Le Dr Grellois qui a fait en 1865 une étude très consciencieuse du Sturmglass a montré que l’appareil ne jouit d’aucune propriété météorosco-pique et que seules les variations de température influencent les cristallisations de l’instrument. Celui-ci ne peut donc servir que de jouet ou de curiosité.
- M. Sturmmant, Châlons-sur-Marne.
- ACTUALITÉS ILLUSTRÉES
- LES COLLECTIONS DU DUC D'ORLÉANS AU MUSÉUM
- (Voir page 92.)
- 96854. - Paris, lmp. Lahure, — i5-i-ag
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- Jf* a-w
- LA NATURE
- N° 2802. — /" Féorier 1929
- Paraît le ilT et le 15 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 3 francs
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VIe (T\. C. Seine : tS.234) Tel. Littré 48-92 et 4S-9>.
- PRIX DE L’ABOWPIEtWiefCr Tarif intérieur, France et Colonies 12 mois (24 n“), 70 fr. ; — 6 mois (12 n00), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*'), 85 fr. ; — 6 mois (12 n0*), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n* 1 $ AN‘
- »... ( Six mois
- Tarif extérieur n_l valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C‘% sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1" de chaque mois.
- Pour tout changement d’adr >sse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction à MM. les Rédacteurs en chef de L,u Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VK Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et C1', 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VP
- La reproduction des illustrations de « La Nature * est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- 90 fr. 45 fr.
- Tarif n° 2
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- N8 2802.
- LA NATURE
- Ier Février 1929
- = LE CHEMIN DE FER DE LA BAIE D’HUDSON ' =
- T,es grandes phases de l’histoire économique du Canada ont pour têtes de chapitres les mots : fourrures, bois, grains, minerais, forces hydrauliques.
- Les fourrures ont été l’appât premier qui a entraîné déplus en plus profondément dans les terres inconnues les compagnons des Cartier, des Lassale, des Champlain, etc.
- Les bois. — En même temps que les plus aventureux parmi les colons français parcouraient la forêt, le fusil à la main, d’autres, plus calmes, attaquaient la forêt à la hache pour la défricher; ils établirent les bases d’un énorme commerce de bois dont Québec fut longtemps le centre et que la nature du sol facilitait singulièrement
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- Fig. 1. — Carte kypsométrique du Canada.
- puisqu’il suffit de confier aux multiples cours d’eau les géants abattus de la forêt primitive pour les faire arriver sans encombre aux rives du Saint-Laurent, prêts à l’embarquement pour la vieille Europe.
- Les grains. — La forêt défrichée, ce sol canadien que jamais la culture humaine n’avait retourné se montra extraordinairement fertile, surtout dans les immenses territoires du Manitoba, du Saskatchewan (fig. 41, de l’Alberta que la construction des grands chemins de fer transcontinentaux, National Railway, Canadian Pacific Railway, ouvrirent à la culture et au commerce; le Canada devint ainsi le grenier du monde; il a fourni, cette année 1928, la masse formidable de 500 millions de boisseaux de blé.
- Les minerais. — Après les chasseurs, les agricul-
- Pionniers, coureurs des bois, dans leurs canots d’écorce suivaient les rivières à la recherche des animaux à fourrures. Ils furent amenés à descendre le Mississipi jusqu’au golfe du Mexique, à remonter au Nord jusqu’à la baie d’Hudson, à marcher à l’Ouest jusqu’aux Montagnes Rocheuses, explorant, découvrant la plus grande partie de l’Amérique du Nord, entrant ainsi en conflit avec les sauvages habitants de ces bois. Ce fut l’époque héroïque des luttes sanglantes qui durèrent plus de deux siècles.
- 1. Je remercie de tout cœur l’honorable M. Lemieux, président de lu Chambre des Députés du Canada, à Ottawa, membre de l’Institut de France, et M. Regamey, du Canadian National Railway, des renseignements qu’ils ont bien voulu me fournir pour la rédaction de cet article.
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- teurs, vinrent les prospecteurs qui décelèrent dans tout le Canada des minerais de toutes sortes : charbon dans la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick et dans tout le Nord-Ouest; amiante, platine dans la province de Québec; fer, nickel dans l’Ontario; or, cuivre dans le Manitoba et le Saskatchewan; pétrole dans l’Alberta; zinc un peu partout, etc. Le Canada est considéré actuellement comme un des pays du monde les plus riches en produits minéraux; il vient au premier rang pour la production de l’amiante, du nickel et du cobalt, au troisième rang pour la production de l’or; on estime qu’il contient 16 pour 100 du total houiller du monde.
- Forces hydrauliques. — Avec le développement
- nier extraordinairement riche, le Canada s’avère appelé à un avenir dont on ne peut imaginer la grandeur. Tous ces éléments de richesse successivement mis au jour persistent et s’ajoutent les uns aux autres; tandis que les coureurs des bois continuent à fournir des fourrures aux dames d’Amérique et d’Europe, que la maison R-évillon de Paris prolonge au xxe siècle les compagnies de fourrures du xvne et du xvme siècle, le Canada devient peu à peu une formidable usine du type le plus moderne.
- Pour drainer toutes ces richesses actuelles ou futures, existe une grande voie allant de l’Atlantique au Pacifique, celle du magnifique Saint-Laurent continuée par
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- Fig. 2. — Les diverses régions du Canada.
- de l’industrie électrique, un|nouvel emploi a été trouvé pour ces myriades de rivières rapides qui arrosent ; le Canada ; non contentes d’offrir une voie de,transit aux billes de bois, elles fournissent maintenant des forces électriques dont l’équipement est à peine ébauché, mais qui néanmoins ont déjà fait du Canada la plus grande fabrique de pâtes à papier du monde et qui lui promettent pour demain un développement industriel inouï.
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- En somme, réserve formidable de bois, territoire de pêche et de chasse, terre à grains dans tout l’Ouest, prairies pour d’immenses troupeaux, vergers pour les fruits dans toute la Colombie et l’Ontario, sous-sol mi-
- les grands lacs, doublée et prolongée par les grands réseaux ferroviaires.
- Le développement du Canada est tellement intense et rapide qu’il faut maintenant trouver d’autres routes pour mettre en relation le Centre et l’Ouest canadien avec les ports d’Europe. On reprend cette voie de la baie d’Hudson utilisée si largement au xvme siècle par les trafiquants de fourrures et de poissons. Le Canada, après avoir solidement étreint l’Atlantique et le Pacifique, marche maintenant à la conquête de l’Océan arctique. L’automne prochain, octobre 1929, le chemin de fer de la Baie d’Hudson atteindra l’antique fort des premiers pionniers, le Fort Churchill, et ouvrira une nouvelle route au commerce mondial.
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- APERÇU HISTORIQUE
- Le projet du chemin de fer de la baie d’Hudson n’est pas tout à fait nouveau, puisque aux élections de 1896 Sir Charles Tupper se fit lechaleureux défenseur de l’idée de joindre les réseaux ferroviaires canadiens aux rives de la baie d’Hudson. Depuis cette époque, des explorations, des expéditions, des commissions nombreuses étudièrent la question sur toutes ses faces. Des levés de plan furent commencés en 1908.
- Le premier contrat de construction fut accordé en 1911 à J.-D. Mc Arthur.
- Ralentis par la guerre, les travaux furent poussés avec une nouvelle activité quand, par un arrêté du 20 janvier 1923, la direction et l’exploitation du chemin de fer
- de la baie d’Hudson furent confiées à la Compagnie du chemin de fer national du Canada.
- Au 31 mars 1926, la dépense totale en capital du chemin de fer de la baie d’Hudson était de 20 732 679 dollars (soit plus de 500 millions de francs) ; au cours de l’année financière 1926-1927, les travaux de construction et d’amélioration ont entraîné des dépenses s’élevant à 2 825 454 dollars.
- LE POINT DE DÉPART DE LA LIGNE
- Le point de départ du chemin de fer de la baie d’Hudson se trouve dans un territoire particulièrement riche en blé et en bestiaux : le Manitoba, à la station de « Le Pas » du Canadian National Railway. Déjà importante par son trafic de bestiaux, de fourrures, de poissons, de bois de
- Fig. 4. — Les terres à blé, près de Saskatchewan.
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- Fig. 5. — Un troupeau de moutons dans un a ranch » du Saskatchewan.
- construction, la ville de Le Pas possède déjà de nombreuses banques, des écoles, des églises, un évêché, des hôtels oùles nombreux arrivants sont obligésde s’entasser.
- Trappeurs, pêcheurs, mineurs, prospecteurs vont et viennent à pied, à raquette, en traîneaux à chiens, en automobiles à glace, en avions.
- Le prix des terrains s’élève par bonds.
- La raison du développement prodigieux de la ville de Le Pas est le voisinage d’une -des régions minières les plus riches du Nord Amérique et une des moins exploitées encore.
- C’est là le territoire de Flin Flon où les Américains comptent dépenser 66 millions de dollars, soit plus d’un milliard de francs pour l’organisation des mines (cuivre,
- zinc, argent, or) et pour l’aménagement des forces hydrauliques.
- LA LIGNE
- A partir de Le Pas la ligne court dans la direction Nord-Est jusqu’au 356e mille et là incline directement au Nord vers Port Churchill.
- La contrée est plate, sillonnée de lacs et de rivières, n’offrant que peu de difficultés pour l’établissement des rails, sauf à certains endroits où le sol spongieux réclame une couche de ballast particulièrement épaisse. Partant de 340 mètres d’altitude (Le Pas) la ligne s’élève à 390 mètres pour redescendre à 3 mètres à Churchill.
- La pente de la ligne va donc dans le sens du principal trafic.
- La rivière Nelson, qui coule parallèlement à la ligne sur une distance de 170 kilom., présente de nombreuses facilités pour l’établissement d’usines hydro-électriques dont l’une pourrait fournir 400 000 chevaux-vapeur. Il y a donc là des possibilités intéressantes pour l’électrification future de la ligne. On estime qu’il y a plus de puissance hydro-électrique disponible dans la rivière Nelson et dans la rivière Churchill que dans les chutes du Niagara et les rapides de la Saguenay réunies.
- LE POINT D’ARRIVÉE
- Le point d’arrivée sur la Baie d’Hudson a fait l’objet'd’enquêtes très sérieuses et d’études approfondies. Il s’agissait de savoir :
- 1° si les glaces permettraient l’utilisation de la mer d’Hudson pendant un temps assez considérable pour que le nouveau port pût faire l’objet d’un trafic intéressant;
- 2° quePétait-le-point de la baie qui per-
- Fig. 6. — Un rassemblement de bœufs à Winnipeg [Manitoba).
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- mettait l’établissement du port le plus accessible et le plus sûr.
- La question des g'iaces dans Wr rapport avec la navigabilité de la baie d’Hudson et des détroits d’Hudson était le problème primordial.
- Rien n’a été négligé pour en faire une étude aussi complète que possible; en dehors des rapports de navigateurs experts, on fit appel à des patrouilles aériennes reliées par T S. F. à la capitale fédérale canadienne: Ottawa. Trois bases pour les aéroplanes furent établies sur le détroit d’Hudson et, dès juin 1927, des aviateurs qualifiés survolèrent constamment le Nord de la Baie à l’affût de l’arrivée des glaces. Les résultats pour 1927 ont été des plus encourageants puisque les aviateurs ne décelèrent aucune trace de glace jusqu’en novembre.
- A la fin de novembre, un aviateur signala qu’au « canal du Renard » une large croûte de glace descendait lentement vers le Sud; elle n’arriva aux Détroits d’IIudson qu’au 1er décembre. Ce ne fut que le 10 décembre que les aviateurs constatèrent que les glaces bloquaient l’entrée des Détroits. De nouvelles explorations aériennes sont continuées cette année; mais d’une façon générale on estime que la baie et les détroits d’IIudson seront ouverts à la navigation un temps sensiblement égal àjcelui des grands lacs par lesquels passe actuellement la grosse partie des grains.
- Pendant que les aviateurs étudiaient la question de la liberté des mers, des experts, dirigés par un spécialiste
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- Fig. 7. — Une mine à Property Northern (Ontario).
- en la question des ports, M. Frederik Palmer de Londres, examinèrent quel point de la côte se prêtait le mieux à l’organisation d’un port terminus de la voie ferrée. Onhési-tait entre Fort Churchill et Fort Nelson situé plus au sud, où existaient déjà des docks, des baraquements, un embryon de port.
- Les experts se décidèrent finalement pour Fort Chur-
- Fig. 8. — Les chemins de fer du Canada.
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- chill où l’on peut sans grandes difficultés établir un port en eau profonde, protégé des tempêtes par des falaises rocheuses. .On prévoit un point de chargement pour six navires de commerce à la fois, ce qui permettrait, dès le début, d’embarquer le bétail et de charger 25 millions de boisseaux de blé pendant la période de trois mois où la mer sera libre de glaces. Churchill présentait sur Nelson un avantage pécuniaire considérable : le devis pour les travaux du port de Churchill s’élevant à 8 millions 450 000 dollars, contre 26 millions de dollars prévus pour le port de Nelson. Il est vrai que la ligne ferroviaire sera un peu plus longue pour aller jusqu’à Churchill.
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- Les travaux de la ligne du chemin de fer de la baie d’Hudson sont poussés activement pendant la belle saison qui va du 15 avril au 15 novembre. Les ouvriers de la voie travaillent tous à la lâche, ce qui leur permet de s’assurer chaque jour un salaire de 3 dollars 1/2 à 7 dollars 1/2 (soit de 90 fr. à 180 fr. environ).
- La ligne entière de Le Pas à Churchill mesurera 510 milles (environ 800 km).
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- Au milieu du xvme siècle, Churchill était le siège du Fort « Prince de Galles », une des plus solides forteresses du Nouveau Monde, organisée pour la défense des pionniers et des pêcheurs contre les tribus sauvages; puis pionniers et pêchpurs partirent vers d’autres rives et sur les ruines de la forteresse purent venir s’ébattre les ours polaires Multa ceriderunt quœjam renascuntur : sur ces mêmes ruines s'élèveront bientôt de gigantesques élévateurs à grains, modernes forteresses du commerce. Cette mer Méditerranée du Nord, comme on a appelé la Baie d’Hudson, qui a été désertée et solitaire pendant plus de cpnt ans, renaîtra à la vie maritime; comme au temps où les navigateurs anglais et français fendaient de la proue de leurs navires ses eaux d’un bleu profond pour recueillir les produits de la chasse et de la pêche, elle verra affluer, de tous les points du globe, des bateaux avides de charger les trésors du Canada : bois du Nord, grains, bestiaux de l Ouest, minerais de l’Alberta, du Saskatchewan et du Manitoba, sans compter les minerais de la baie elle-même, fer des Belcher I&lands, cuivre et or de Chesterfield lnlet.
- C’est, qu’en effet, Churchill, qui ne sera pas sensiblement plus loin de Liverpool que Montréal, sera singulièrement plus près de ce magasin à viande et de cette corbeille à pain que représentent le Manitoba, le Saskatchewan, l’Alberta. Pour les bestiaux surtout, le gain dans la longueur du parcours par chemin de fer sera inappréciable.
- Par les chemins de fer de la baie d’Hudson les producteurs de grains de l’ouest canadien gagnent de deux à trois semaines pour faire arriver leurs récoltes sur les marchés européens. La route présente de Winnipeg par Port-Arthur et les grands lacs nécessite un trajet d’environ
- trois semaines et deux ou trois transbordements des grains à travers les élévateurs avant qu’ils soient déposés dans les navires à Montréal. Le grain qui passera par la baie d’Hudson viendra directement des centres de production à la mer et ne supportera qu’un seul transbordement.
- Actuellement, au Canada, la Méditerranée du Nord attire l’attention de tous. L’Ontario regarde vers James Bay, car sa capitale n’est distante que de 195 milles de l’embouchure de la rivière Moose. Québec et Montréal pensent à lancer de Tachereau sur le Continental Railway une antenne vers l’embouchure de la rivière Rupert; mais ce sont des projets encore lointains, tandis que l’organisation du port de Churchill est déjà une réalité pour demain. C’est l’Océan arctique adopté comme une des grandes voies des communications humaines.
- Un aperçu, si bref soit-il, des principaux facteurs économiques qui ont amené, par étapes successives, le développement du Dominion of Canada serait tout à fait incomplet et injuste si on ne donnait, tout au moins, une idée du facteur moral qui a accompagné et aidé les fadeurs économiques. *
- Si l’appât des fourrures a pu, au xvne et au xvme siècle, inciter l’énergie première des pionniers, à côté d’eux et avec eux souvent, partageant les mêmes dangers et subissant les mêmes supplices, marchaient des hommes animés d’un plus haut idéal que le désir du lucre. Les postes stratégiques des trappeurs et des pionniers devenaient d’ordinaire, également, des postes religieux pour les prêtres, Jésuites et Récollets surtout, qui venaient apporter aux Indiens les lumières de l’Evangile. Les noms des pères Marquette, Jogues, Brebeuf, Lallemand, Denone, sont à la base du développement économique du Canada comme ils sont à la base du développement religieux.
- De nos jours encore, les prêtres français et franco-canadiens, qui continuent dans les solitudes glacées du Nord l’œuvre de christianisation des peuplades d’indiens et d’Esquimaux, aident puissamment l’œuvre des ingénieurs. En calmant les esprits des Indiens qui ne voient pas sans appréhension l’avance du rail dans leurs terrains de chasse, ils évitent bien des meurtres, bien des luttes sanglantes, en même temps qu’ils fournissent nombre de renseignements pratiques de la plus haute utilité.
- Les compagnies de chemins de fer, le Gouvernement fédéral Canadien reconnaissent, louent hautement l’œuvre de ces missionnaires et leur accordent avec libéralité des subsides pour leurs hôpitaux, leurs dispensaires, leurs écoles pour indigènes.
- Monseigneur Charlebois, évêque de Le Pas, Monseigneur Turquetil, évêque de la région de Churchill et de Nelson, sont les types de ces hommes d’énergie et de foi, qui continuent au Canada l’œuvre accomplie au xvne et au xvme siècle par leurs prédécesseurs, la propagation de la civilisation et des idées françaises.
- D1 P. Desfosses.
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- = REVISION DU PROCÈS FAIT PAR NEWTON = 103
- A LA THÉORIE DES TOURBILLONS DE DESCARTES
- L’opinion courante régnant encore dans les milieux compétents (J) est que la théorie des tourbillons de Descartes a été condamnée irrévocablement par Newton et qu’il n’est plus possible de parler de tourbillons en cosmogonie. Avant de m’engager en 1905 à la suite de Descartes dans la voie d’une cosmogonie tourbillonnaire qui aujourd’hui forme une doctrine cohérente(2) capable d’expliquer quantité de faits du système planétaire et d’en prévoir d’autres d’ailleurs vérifiés par 1 observation, mon premier soin a été de chercher ce que valait cette condamnation des tourbillons cartésiens par Newton : elle n’est valable que pour l’origine des comètes, mais est irrecevable en ce qui concerne l’origine des planètes.
- Faye, dans son Origine du monde, p. 110, affirme que « le système des tourbillons est faux : vous allez en lire la condamnation magistralement formulée par Newton à la fin du livre des Principes. Et cependant il y a quelque chose dans cette théorie que les sucesseurs de Newton, Euler, Clairaut, d Alembert, Lagrange et Laplace auraient développé s’ils n avaient été détournés de l’étude des mouvements tourbil-
- lonnaires par cette condamnation ».
- Devais-je, sans une critique sérieuse, admettre l’objection de Newton et me contenter de dire avec Faye : Magister dixit au moment où mes premières recherches en 1903 aboutissaient à une Cosmogonie tourbillonnaire ? Je ne l’ai pas pensé et voici, point par point, la critique que j’ai formulée aux raisonnements de Newton)5).
- Pour les comètes, il a parfaitement raison : « elles sont transportées par des mouvements très excentriques dans toutes les parties du ciel, ce qui ne peut s’exécuter que si Ion renonce aux tourbillons. » En effet nous avons trouvé pour les cometes une origine très différente de celle des planètes et satellites, Aoici, d’après la Cosmogonie dualiste, 1 origine des comètes : le protosoleil S, le long de sa trajectoire SA à travers la nébuleuse NN, fait converger les trajectoires des masses nébuleuses dans son sillage en des points coniques CC/ qui forment les noyaux des comètes : la direction SA qui fait à 1 origine un angle dé 62° avec l’écliptique EE est celle des axes des orbites cométaires. Mais la vitesse propre de la nébuleuse infléchit la direction SA de manière à la rapprocher de l’éclipt'que (fig. 1).
- Ainsi finalement il y aura dans toutes les directions des axes d orbites cométaires : les comètes, on le voit, ne contiennent que les éléments de la nébuleuse primitive.
- Passons au cas des planètes : Newton trouve une contradiction dans le fait que les tourbillons, ainsi que les planètes auxquelles ils ont donné naissance,
- Origine tourbillonnaire des Planètes.
- 1. Ainsi, dans La Nature (15 novembre 1928), M. Jaffray dit que « Montesquieu, d’abord cartésien, n’a jamais compris la partie mathématique des Principes de Newton, ni la condamnation de la théorie des tourbillons de Descartes ».
- 2. Développée dans mes deux ouvrages : Essai de Cosmogonie tourbillonnaire (Gauthier Villars 1911) et Origine dualiste des Mondes (Payot 1924).
- 3. Le texte des objections de Newton contre les tourbillons de Descartes est traduit, p. 118, de l'Origine des Mondes de Faye.
- doivent avoir « leurs temps périodiques en raison doublée a2 de leurs distances au Soleil puisque les planètes décrivent des aires proportionnelles au temps » (seconde loi de Képler) tandis que pour avoir « leurs temps périodiques en raison sesquiplée (a- ou troisième loi de Képler) il faudrait que les temps périodiques des parties de leurs tourbillons fussent en raison sesquiplée de leurs distances au Soleil. »
- Ici le raisonnement de Newton est faussé par une hypothèse tacite inadmissible : le fait qu’un tube-tourbillon et une planète suivent la même loi des aires quand ils changent de rayon est déjà en faveur de l’origine tourbillonnaire des planètes. Mais pourquoi Newton suppose-t-il implicitement que toutesl. s planètes sont nées d'un même tourbillon? Là seulement est l’origine de la prétendue contradiction : en effet une molécule située par exemple a la distance de Saturne effectuant sa révolution en 29,4, ans, si elle suivait la loi des aires, arriverait à la distance de Jupiter à avoir sa révolution réduite à 8,5 ans et non à 11,8 comme cette planète. Mais d’abord la loi des aires ne s’applique à un tourbillon que s’il n’y a pas de frottements : comment supposer, à moins de rejeter entièrement les prémisses cartésiennes d’une nébuleuse primitive pleine de matière en mouvement, qu’il n’y avait pas entre l’orbite de Saturne et celle de Jupiter la matière nébuleuse capable par son frottement de réduire le temps périodique théorique du tourbillon de 8,5 ans à 11,8 ans? Mais où serait encore la contradiction avec la théorie de Descartes si les planètes sont nées chacune dans un tourbillon distinct bien que tous les tourbillons ou nappes planétaires tournent autour du Soleil central (ainsi que la Cosmogonie dualiste l’a démontré)? Alors le milieu plein de matière (selon Descartes) ou nébuleuse est traversé par des tourbillons indépendants et concentriques qui ne se mélangeront jamais, ce qui est bien conforme à la théorie des tourbillons d’Helmoltz.
- Voyons maintenant comment, dans chacun de ces tourbillons ou nappes planétaires indépendantes, les molécules pourront prendre le « temps périodique » de révolution T = a^ conforme à la troisième loi de Képler, même si elles avaient tendance, en divergeant du centre d’émission solaire, à suivre une loi peu différente de la loi des aires. Soit MM' la section d’une nappe tourbillonnaire tournant autour du Soleil S telle qu’elle en divergerait dans le vide, c’est-à-dire en suivant la loi des aires. Restituons la matière nébuleuse m : celle-ci attirée par le Soleil, va exercer une pression centripète sur la surface tourbillonnaire MM' qui est, d’après ses propriétés, douée de rigidité et d’élasticité. La composante normale dç la pression nébuleuse va rapprocher la nappe du Soleil et sa composante tangentielle M'T va en même temps augmenter sa vitesse : MM" figurera donc la section réelle de la nappe
- Origine des Comètes.
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- tourbillonnaire et non MM' section théorique dans le vide. Ainsi la vitesse angulaire sera augmentée jusqu’à correspondre à un temps périodique T ~ a* qui donne 1’éqüilibre entre la force centrifuge et l’attraction solaire (fig. 2).
- C’est le même mécanisme qui, dans une turbine centripète, fait tourner ses aubes par la pression de l’eau sur leur surface externe. Ainsi Newton n’a pas compris l’importance de l’hypothèse cartésienne du milieu plein de matière en mouvement, puisqu’il retient la loi des aires comme applicable aux tourbillons planétaires ; et, s’il l’avait compris, il aurait dû, lui, le père de la gravitation, l’appliquer à la matière nébuleuse comme nous l’avons fait plus haut.
- En réduisant ainsi à néant les objections de Newton contre les tourbillons de Descartes, j’ai pu leur rendre droit de cité dans la Mécanique céleste d’où ils avaient été bannis depuis plus de deux siècles.
- La force de la théorie de Descartes est dans l’observation exacte d’un fait de la nature; « regardez, dit-il, dans les rivières un grand tourbillon : autour de lui on voit souvent un fétu de paille qui tourne sur lui-même tout en suivant le tourbillon. Ceci ressemble étrangement aux planètes qui tournent sur elles-mêmes et en même temps autour du Soleil ».
- Ainsi ce n’est pas seulement à un tourbillon que Descartes attribuait la révolution autour du Soleil (et nous avons trouvé que le "tourbillon était la nappe planétaire émise par le protosoleil). Mais il admettait aussi que la rotation des planètes sur leur axe était due à un tourbillon secondaire. En complet accord avec ces idées de Descartes, non seulement nous avons
- pu, par la loi des distances des satellites, obtenir la valeur des rayons de ces tourbillons secondaires, mais déterminer la cause de leur production : elle réside dans l’antagonisme de la vitesse de la nébuleuse avec la vitesse tangentielle de chaque nappe planétaire, antagonisme qui enroule celle-ci latéralement en un tourbillon dont l’axe sera celui de la planète une fois condensée.
- On peut s’étonner que Descartes, en philosophe et logicien, n’ait pas analysé l’idée de tourbillon : il aurait vu de suite qu’elle comportait un dualisme originel. En effet, pour créer un tourbillon, il faut un fluide et dans ce fluide une résistance solide ou liquide. Par là, la Cosmogonie dualiste aurait vu le jour près de trois siècles plus tôt.
- Les tourbillons ne sont pas la seule intuition géniale de Descartes : « On peut poser, dit-il, la question de savoir pourquoi les planètes n’ont pas de queues comme les comètes ». Or l’Astronomie moderne a découvert ces queues des planètes : ce sont des petites planètes alignées à l’origine dans la direction d’axe des planètes qui les ont engendrées. Et notre Cosmogonie dualiste a expliqué très simplement que ces petites planètes sont le résidu du tourbillon générateur de chaque planète qui les a abandonnées dans son sillage à travers la nébuleuse comme une fusée laisse sur sa trajectoire des particules enflammées. C’est ainsi que j’ai pu prévoir, neuf ans avant sa découverte en 1920, l’existence de la petite planète Hidalgo de la famille de Saturne qui, à l’aphélie, est à la distance 9,5 de la planète génératrice.
- > Emile Belot.
- LES ORGUES D’ÉGLISES ET DE THEATRE
- Depuis plus d’un siècle, les orgues d'églises et de théâtres ont subi d’importants perfectionnements et l’agencement de leurs mécanismes est aujourd’hui très complexe. Ainsi les superbes orgues de-Saint-Sulpice ou du Trocadéro de Paris, par exemple, se composent cha-
- cun de plusieurs milliers de tuyaux imitant, de façon approximative, la plupart des instruments musicaux inventés jusqu’ici et parfois même les voix humaines. Leurs constructeurs ont donné à leurs buffets, autrement dit aux menuiseries sculptées qui encadrent les étages de
- leurs immenses « flûtes », un aspect fort décoratif s’harmonisant avec l’architecture et les caractères respectifs des monuments où ils se dressent.
- Mais derrière ces façades s’entassent de véritables arsenaux acoustico-mécaniques dont nous allons essayer de faire comprendre le fonctionnement et de décrire la fabrication.
- En principe, tout orgue comprend d’abord une soufflerie dans laquelle l’air s’accumule, puis des conduits distributeurs l’amènent dans des tuyaux où il entre en vibration.
- Enfin, grâce à un ensemble de mécanismes appropriés, l’organiste peut, en appuyant sur les touches de son clavier, envoyer le « vent » dans tels ou tels des dits tuyaux.
- Fig. 1. — Coupe schématique d'une transmission mécanique d'orgue montrant le système de commande à partir des touches jusqu’aux soupapes.
- A, table du sommier; B, registre; C. chape; D, faux sommier; E faces du sommier;
- F, flipots; G, barres de gravures; H, charpente; J, laye du sommier; K, tampon; L, soupape; M, vergette; N, rouleaux d’abrégés.
- REGISTRE OUVERT
- REGISTRE FERME
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- LES ORGUES A COMMANDE MÉCANIQUE
- Aussi on classe les orgues en trois catégories d’après le genre de commande des touches de leurs claviers. Le système mécanique (fîg. 1) est le plus ancien et s’emploie encore beaucoup. Après lui on imagina des dispositifs pneumatiques qu’on tend à remplacer par la commande électropneumatique dans les nouvelles orgues construites actuellement. De toutes façons, ces trois modes de transmission remplissent le
- même office; ils servent d’agents de liaison entre l’artiste et son instrument. Par leur intermédiaire, les mouvements qu’impriment aux touches les doigts de l’organiste ouvrent ou ferment les soupapes correspondant aux tuyaux sonores. Pour cela le « vent », — comprimé dans les soufflets comme nous l’avons indiqué plus haut, — vient s’engouffrer dans une caisse appelée sommier et sur laquelle' repose la série des jeux de tuyaux. En outre, des registres, placés de chaque côté du clavier, commandent chacun un jeu de l’orgue. Il suffit donc au musicien de tirer ou de repousser un de ces registres pour que l’ensemble des tuyaux correspondants vibre ou reste muet.
- Chaque orgue a un, deux, trois, quatre ou cinq claviers analogues à ceux des pianos, sans compter le clavier des pédales composé de touches de bois que l’organiste fait mouvoir avec les pieds. Chacun des claviers à mains possède autant de touches qu’il existé de tuyaux par jeu. Actuellement les belles orgues d’églises, comportant 5 octaves, ont d’ordinaire des claviers de 61 touches d’ut à ut.
- Examinons successivement à présent les trois genres de dispositifs permettant de commander l’arrivée de l’air aux tuyaux. Le mouvement de chaque touche à la soupape correspondante ne peut pas se transmettre par une liaison directe, car la largeur des sommiers dépasse celle des claviers et, en outre, les notes ne se trouvent pas distribuées sur les premiers comme sur les seconds. D’autre part, afin de donner aux tuyaux une disposition
- Fig. 2. — A droite, console d’un orgue électrique en cours de montage.
- Cet Orgue a 3 daviers, plus le clavier de pédales. Fig. 3. — A gauche, console d’un orgue à 4 claviers en cours de montage au Conservatoire national de musique de Paris.
- symétrique, on les place successivement d’après leur numéro d’ordre à droite et à gauche de la ligne médiane de l’orgue, les plus courts au centre et les plus longs sur les côtés. En outre, comme on doit installer la charpente selon les exigences architecturales, il faut parfois
- l'ig, 4. — Schéma indiquant les divers modes de commande des claviers d’orgues.
- M, soupape; R, ressort antagoniste; S, réservoir d’air;
- V, tige; A', soufflet de Barker; P, canal amenant l’air au soufflet; H, conduit tubulaire; N, clapet fermant l’arrivée de l’air Tr touche du clavier.
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- contourner divers obstacles pour relier les touches clu clavier aux crochets des soupapes. Le facteur d’orgues doit donc résoudre des problèmes souvent délicats.
- Dans le système mécanique, la transmission s'effectue à l’aide d'équerres et de rouleaux d'abrégés (fig. 1). Le mécanisme des équerres, fort simple d’ailleurs, est celui dont on se sert dans les appartements sous le nom de « renvoi de sonnette » ; il permet de convertir un mouvement de traction vertical en mouvement horizontal et réciproquement. De leur côté, les rouleaux transportent la ligne de traction parallèlement à elle-même, à une certaine distance et ils se nomment abrégés, car ils raccourcissent le chemin entre la largeur du clavier et la longueur du sommier. Chacun d’eux se compose d’un cylindre portant des palettes implantées sur une même arête, reliées entre elles par une tringle et au clavier par des ver-gettes ou lames de sapin terminées par des crochets en laiton. En appuyant donc sur une touche du cla-vier, l’organiste actionne une de ces vergettes qui, dans son mouvement de descente et par Tintermé-diaire de son é-querre, détermine le pivotement du rouleau de l’abrégé sur son axe, tandis que l’équerre jumelle, fixée à l’autre extrémité du rouleau, commande à son tour la soupape du tuyau par l’intermédiaire de sa vergette. Les dispositions locales exigent parfois plusieurs renvois dans chaque transmission.
- LES ORGUES A COMMANDE PNEUMATIQUE
- Un grand orgue moderne comprend, comme nous
- l’avons déjà dit, 61 tuyaux donnant les notes de 5 octaves et par conséquent autant de touches du clavier, mais on multiplie souvent ce nombre si l’on désire réaliser des nuances musicales différentes. De toutes manières, une soupape qu’un ressort et le « vent » accumulé dans le sommier maintiennent automatiquement fermée, commande chacun des nombreux tuyaux d’un orgue. Aussi
- pour vaincre la résistance de toutes ces soupapes, l’artiste en plaquant un accord, doit exercer un effort considérable et pour le soulager, Barker inventa un levier pneumatique que Cavaillé-Coll appliqua, pour la première fois, dans le grand orgue de Saint-Denis.
- Ce mécani sme comporte autant de petits soufflets que le clavier a de touches et s’applique maintenant aussi bien aux transmissions tubulaires pneumatiques qu’aux liaisons électriques.
- Dans le premier système, unepoire pneumatique actionne la soupape qui commande le jeu du petit soufflet. L’organiste, en appuyant sur la touche du clavier, pousse la poire absolument comme un concierge (cela soit dit sans offense) ouvre de sa loge le verrou de la porte cochère d’une maison, grâce à l’air chassé par la poire qu’il presse dans Sa main. Le schéma ci-contre (fig. 4) explique, dû reste, le fonctionnement de la machine Barkér avec les 3 modes de transmission et le petit soufflet K de Barker se loge dans une caisse S alimentée constamment en air comprimé par la soufflerie ; et un canal P, qu’obture une soupape N, le fait communiquer avec l’air extérieur.
- Ce canal est, d’autre part, relié à la boîte S par un
- Fig. 5. — Le grand orgue de l’église Sainl-Sulpiee à Paris.
- Il comporte 6000 tuyaux répartis en 5 étages. Eu 1926, les commandes pneumatiques ont été remplacées par des systèmes électriques.
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- canal capillaire H.
- Supposons la soupape N fermée, l’équilibre s’établira entre la boîte S et le soufflet-moteur; autrement dit le « vent » s’infiltrera à travers les'conduitsPetH, passera ensuite dans le soufflet, qui n’ayant plus alors de pression à vaincre s’ouvrira sans peine par le simple effet dures-sort antagoniste R.
- D’autre part, la tige T reliant le dessus du soufflet à la soupape M du
- tuyau sonore, celle-ci obturera complètement ce dernier. Au contraire, si on ouvre la soupape N, l’air enclos dans le soufflet K s’échappera
- Fig. G. — Les grandes orgues du Trocadéro à'Paris, restaurées en 1927.
- l’équilibre se trouve rétabli. De la sorte, l’organiste n’a qu’un minime effort|à faire pour ouvrir la soupape N, le soufflet accomplissant seul la principale besogne.
- LES ORGUES A COMMANDE ÉLECTROPNEUMATIQUE
- Dans la transmission électropneumatique imaginée par l’abbé Ply, mise au point Fpar les américains Schmoele et Mois de Philadelphie, puis importée en France par Merklin et perfectionnée par les facteurs
- parisiens Cavaillé-Col et
- immédiatement par le canal P et le soufflet se fermera en entraînant, grâce à sa solidarité avec la tige V, la soupape M du tuyau dont l’air fera entendre une note. En définitive, la soupape N en se refermant détermine automatiquement la fermeture de la soupape M et provoque instantanément la cessation du son émis.
- Après quoi le soufflet relevé par la tige V se remplit à nouveau d’air comprimé au moyen du petit conduit tubulaire, et
- Fig.
- Fig. 7. — a, ajustage de tuyaux sur leur sommier.
- S. — b, fabrication des soupapes correspondant aux trous ménagés sous les pieds des tuyaux.
- Fig. 9. — c, ajustage des soupapes de tuyaux.
- Abbey entre autres, l’électricité se trouve associée à l’air comprimé comme agent dynamique.
- Un électro-aimant attire ou repousse la soupape du petit soufflet selon' que le courant est interrompu ou la traverse. La touche du clavier joue ici le rôle du bouton commutateur dans les canalisations électriques. Pour la musique d’église, la manœuvre électro-pneumatique offre plusieurs avantages sur les autres modes de commande des tuyaux. En par-
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- ticulier, le même artiste, jouant au clavier de l’orgue du chœur, peut faire parler à sa guise les grandes orgues de la tribune soit alternativement, soit simultanément et vice versa.
- De même, s’il y a trois ou quatre orgues dans une salle, un seul artiste occupant un des claviers actionne à volonté l’un quelconque des autres ou tous les instruments à la fois, si bon lui semble. Aussi on transforme souvent les anciennes orgues d’églises et on remplace leurs com- -mandes mécaniques ou pneumatiques par des systèmes électriques. On a modifié de la sorte, en Fig 10, — Coupe et vue perspective 1926, l'es transmissions dü d'un tuyau d’orgue eu métal. grand orgue de Saint-Sul-
- pice construit par Aristide Cavaillé-Coll, 64 ans auparavant. Celte transformation n’a pas été une petite affaire; elle a exigé 5 mois de travail, car ce remarquable chef-d’œuvre de la facture française comporte 6000 tuyaux répartis sur 5 étages et 5 claviers manuels. L’ensemble du mécanisme, renfermé dans le monumental buffet de l’architecte Chalgrin, se trouve disposé selon un plan méthodique. Ouvriers et artistes peuvent circuler autour de tous les organes sonores, des moteurs et de l’appareillage électrique pour procéder aux nettoyages et réparations nécessaires, lë cas échéant.
- Eh 1927, on a restauré également le grand orgue du Trocadéro, grâce à la générosité de plusieurs Mécènes américains et français (fig. 6). Si bien qu’actuellement, pour employer les termes enthousiastes d’un de nos confrères, on ne peut comparer ce « temple de la musique » qu’à une véritable cité dont les fameux tuyaux de 32 pieds, gigantesques flûtes de métal, seraient les remparts étincelants.
- LES SOMMIERS
- Mais continuons notre étude générale en décrivant les sommiers, qui supportent les tuyaux sonores et ont pour fonction de leur distribuer l’air provenant de la soufflerie (fig. 7). Chacun de ’ces organes vitaux de l’orgue se compose d’un châssis divisé transversalement par une série de tringles de même épaisseur désignées sous le nbm de « barres ». L’intervalle compris entre deux barres consécutives s’appelle « gravure ». D’autre part, chaque sommier abrite encore les soupapes correspondant aux trous ménagés sous les pieds des tuyaux, des ressorts les appliquent contre ces orifices et des guides en laiton les empêchent de dévier pendant leurs courses alternatives d’ouverture ou de fermeture. Enfin entreJLas-
- trous des tuyaux-et ceux des soupapes, coulisse une règle plate dite registre, ajourée de façon identique et que nous avons déjà signalée. En manœuvrant cette règle, l’artiste met à volonté tous les trous en regard les uns des autres et laisse par conséquent passer le « vent » ou l’intercepte. L’ensemble des tuyaux de même timbre et de même sonorité que l’organiste rend muet ou fait vibrer soit en repoussant, soit en tirant un registre, constitue un jeu. Chaque orgue possédant un nombre plus ou moins considérable de jeux, a autant de registres et de « gravures » que de touches à son clavier. D’autre part, chacun de ces couloirs relie entre eux tous les tuyaux donnant la même note dans chaque jeu et les fait ainsi parler tous ensemble quand l’organiste abaisse la, touche correspondante du clavier. ,,
- LES TUYAUX D'ORGUE
- Parmi les tuyaux d’orgue on distingue deux groupes principaux : les tuyaux -à- bouche et les tuyaux à anches. On les construit en bois ou en métal (alliage de plomb et d’étain). Leurs formes varient à l’infini et modifient leur timbre. Toutefois l’expérience a permis de déterminer leurs tailles, leurs diamètres, les épaisseurs de ..leurs parois, leurs poids, etc. Ainsi, comme la forme conique, par exemple, donne une brillante sonorité, on l’a adoptée pour les jeux de la famille des trompettes.
- Les techniciens continuent à se servir des anciennes mesures françaises pour évaluer leur hauteur. Les grandes orgues possèdent toute une gamme de tuyaux allant de 32 pieds (extrême limite.du grave) jusqu’à quelques centimètres seulement (extrême limite des sons aigus^ perceptibles). •, j
- Dans les jeux à bouches qui se subdivisent eux-mêmes en jeux de fond et jeux de mutation, le « vent » arrive par le pied du tuyau, passe par une fente étroite dite « lumière » et se brisant : ,
- sur le biseau de la lèvre, Fig 1L_Coupeetçueperspecii(/e ébranle la colonne dair. d'un tuyau, d'orgue en bois.
- Il y a en outre trois groupes de jeux : ouverts, bouchés ou harmoniques.
- Comme leurs qualificatifs l’indiquent, les pre- ' miers étant ouverts au sommet, leur masse gazeuse vibre dans toute sa . longueur. Les seconds, étant obturés à leur extrémité par un tampon s’ils sont en bois ou par une -'calotte s’ils sont en métal,
- • produisent une sonorité plus grave d’un octave que ne comporte leurs hauteurs respectives.
- Ainsi un tuyau bouché de 4 pieds produit le même ton qu’un de 8 pieds ouvert. Quant aux jeux har-moniquesJU suffit de prati-
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- Lèvres-
- Languette
- Arrivée de /air
- Tampon-de bois
- Glissière
- Lèvre__ I “ supérieure
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- quer deux petits trous vers le milieu du tuyau (à l’endroit d’un nœud de vibration) pour les réaliser; ouverts, ils donnent l’octave aigu d’un tuyau non harmonique.
- Le type des jeux de fond est le registre de montre ainsi nommé parce qu’une partie de ses tuyaux se trouve placée en façade. Le registre à partir duquel on évalue la grandeur des autres soit en augmentant, soit’en diminuant s’appelle le registre principal. Dans les orgues ordinaires les tuyaux de 32 pieds imitent le plus souvent la bombarde, le bourdon, le basson, le trombone et autres instruments. Parmi les registres de 16 pieds, on ren-
- Fig. 13. —Aplatissage au maillet des différentes parties d’un tuyau métallique.
- Fig. 12. — Fabrication des feuilles d’alliage de plomb-étain servant à la confection des tuyaux sonores.
- contre, en particulier, la cornemuse, la contrebasse et le violoncelle. Parmi les timbres des registres de 8 pieds,, on distingue ceux de la basse de viole, de la clarinette, du hautbois, de la trompette et de la voix humaine tandis que les registres de 2 pieds font entendre les sons du flageolet, de «
- la flûte villageoise et de la cymbale. Quant aux jeux à anches, leur réunion forme la combinaison dite grand jeu ou grand chœur. L’anche est un petit conduit semi-cylindrique en cuivre ou en laiton fermé à son extrémité sur lequel s’applique une languette de métal.
- Le vent qui arrive par le pied des tuyaux [de ce genre fait vibrer la lame métallique qui bat centre l’anche et le son produit par cette vibration se trouve amplifié par le cylindre métallique. Pour régler le ton de Yanche battante on se sert d’un fil de fer recourbé en crochet dit « raselte » qui traverse le « noyau » ou bouchon d’obturation fermant le tuyau à sa partie supérieure. On peut alors, en enfonçant plus ou moins cette rasette, modifier la longueur de la partie libre de la languette de façon à obtenir une note plus ou moins élevée. Les tuyaux à anche libre, se distinguent des précédents par la disposition de leur languette. Celle-ci s pénètre librement dans l’ouverture de la gouttière au lieu de s’appliquer contre les bords dudit orifice. Les jeux d’anches sont les plus éclatants de l’orgue et leur four-
- 'nissênt "leurs- plus ''brillants" effets. ~'On~y retrouve les; principaux instruments de l’orchestre : clairons, trompettes, haubois, ophicléide, cor anglais, euphone, voix humaine, etc.
- LA CONSTRUCTION DES ORGANES SONORES
- Abandonnons un instant la description d’un orgue moderne pour visiter un atelier d’où sortent ces instruments sonores.
- Les tuyaux à bouche en métal se fabriquent avec des: alliages de plomb et d'étain exactement combinés^d’après le rôle musical qu’ils doivent remplir. Par exemple, dans les corps des jeux d’anche, on emploie 4/5 d’étain et 1/5 de plomb tandis que pour les tuyaux de montre, destinés à garnir la façade d’un grand orgue les proportions sont de 9/10 d’étain fin et de 1/10 de plomb afin d’unir la robustesse et la sonorité à un bel éclat argentin.
- Le fabricant associe donc les métaux en quantités, voulues, puis les jette dans une chaudière en fer pour les fondre. Ensuite il les transforme en planches de l’épaisseur désirée. Cette opération se fait delà façon suivante. Sur une longue table parfaitement dressée et construite avec d’épais madriers, un ouvrier commence par tendre une toile de coutil fixée tout autour par un
- Fig. 14. — Soudure d’un tuyau métallique.
- châssis. Sur cette table, l’homme pose une auge ouverte à sa partie inférieure et dont les trois côtés s’appuient exactement sur ladite table, la quatrième étant mobile. Celui-ci laisse entre son point d’appui et sa partie inférieure un certain intervalle.
- , Ceci posé, lorsque l’on veut couler une feuille d’alliage, on attend que la masse fondue, sur le point de se solidifier, commence à devenir pâteuse. A ce moment, on la verse dans l’auge, puis on entraîne celle-ci rapidement d’un bout à l’autre de la table. Le métal se dépose alors sous forme d’une feuille d’égale épaisseur, qui se fige immédiatement et qu’on prend soin de détacher de la
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- Fig. 15. — Essai des tuyaux d’orgue à Vatelier.
- toile avant son complet refroidissement. Ces feuilles sont ensuite rabotées et découpées ultérieurement suivant des gabarits qui représentent des pieds ou des corps de tuyaux. Après quoi, on roule convenablement les pièces métalliques ainsi réalisées et on les soude à l’aide d’un fer de forme conique tenu avec une poignée en bois. Naturellement les différentes parties des tuyaux (pieds, corps, lèvres, fond, calotte, etc.) sont préalablement aplaties au maillet, taillées ou échancrées aux endroits voulus avant leur soudure (fig. 13 et 14). On construit également des tuyaux d’orgue dont les corps coniques vont en s’élargissant de bas en haut ou de haut en bas ; d’autres dans lesquels le corps d’abord cylindrique se rétrécit ensuite en forme de fuseau et d’autres dans lesquels les corps cylindriques se terminent par un pavillon évasé. Comme nous l’avons noté, ces types ont pour but de modifier le timbre sonore.
- Pour construire les tuyaux en bois, qui sont à section rectangulaire (au lieu d’être coniques ou cylindro-conique comme ceux en métal), on prend quatre planches de sapin de longueur et de largeur convenables. On entaille, d’autre part, à la scie et au ciseau, un bloc de bois qu’on ouvre par devant et sur les côtés. On assemble ensuite sur ce bloc, destiné à devenir le pied, trois planches qui
- formeront le corps du tuyau. On réalise ainsi une gouttière rectangulaire présentant à l’une de ses extrémités une cavité prismatique dans le fond et deux parois sont constituées par la matière du bloc et les deux autres surfaces par la prolongation de celles du corps. Cela fait, l’ouvrier pratique, à une des extrémités de la quatrième planche, une entaille qui deviendra la lèvre supérieure du tuyau. Finalement on adapte, sur la partie ouverte du bloc, une lame rectangulaire de bois épais qui fera l’office de lèvre inférieure, on perce le fond et on y ajuste la partie cylindrique du fond.
- Les différents tuyaux de métal ou de bois sont évidemment essayés, accordés et vérifiés dans toutes leurs parties avant leur installation sur place où on les groupe par séries chromatiques constituant un jeu (fig. 15). Quant au montage de cette forêt de tuyaux, avec leurs sommiers, transmissions et autres annexes, il n’existe guère de règles générales. C’est une question de convenance, de disposition des lieux. Cependant au cours des dernières années, les techniciens se sont efforcés de faciliter la tâche des musiciens.
- L'ORGUE MODERNE
- Aujourd’hui l’exécutant commande sans peine aux milliers de voix d’un grand orgue. Grâce à des pédales, à des registres, à des commutateurs électriques et autres
- Fig. 10. — Soufflet à lanternes.
- Cet organe remplace dans les orgues modernes les soufflets de forge d’autrefois.
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- dispositifs il peut combiner les jeux à son gré et tirer de son instrument de mélodieux accords. Dans les orgues à deux claviers manuels le premier est le grand orgue et au-dessus se trouve le récif, dans ceux à trois claviers, le positif s’intercale entre les deux précédents. Pour les orgues à 4 et 5 claviers on ajoute, au-dessus des 3 ou 4 autres, le clavier dit écho ou solo.
- Enfin un pédalier ou clavier à pédales complète la console devant laquelle s’assoit, l’organiste et à proximité de laquelle se trouvent groupés tous ces organes de transmission.
- Le plus important d’entre eux, le clavier de grand orgue, commande les jeux de fonds ou de combinaison et les jeux d’anches les plus puissanls. Il centralise la force de l’orgue. Le clavier de récit groupe plus spécialement les jeux de solo et le positif les jeux d’accompagnement.
- Enfin le système de transmission électrique permet de séparer les différentes parties d’un grand orgue tout en simplifiant, somme toute, leurs délicats mécanismes. Au lieu des soufflets de forge d’autrefois, on'emploie maintenant des soufflets à lanternes (fig. 16) dont la table a un mouvement plus régulier et on leur annexe des réservoirs munis de soupapes destinés à régulariser l’arrivée de l’air dans les sommiers. On a remplacé également les pompes par des ventilateurs électriques que l’organiste met en marche en appuyant sur un simple bouton et on accouple directement au moteur de la soufflerie une petite dynamo qui fournit le courant nécessaire. Grâce à toutes ces améliorations techniques, appliquées maintenant par les facteurs d’orgues de France et de l’étranger, on a
- construit des merveilles mécanico-musicales. Faut-il, au hasard de la plume, citer quelques-uns de ces chefs-d’œuvre modifiés ou construits récemment et qui offrent d’intéressantes caractéristiques. A l’orgue de Saint-Sulpice, par exemple, un seul registre de combinaison gouverne 26 jeux. Dans l’église Saint-Dizier de Lyon, 75 m environ séparent du grand orgue la console devant laquelle se tient l’organiste, qui associe ou désaccouple à son gré, 44 jeux. Les grandes orgues de l’Albert Hall de Londres possèdent 32 boutons de combinaison. Enfin on a installé, en mars 1928, dans la salle de l’Auditorium de Philadelphie (Etats-Unis), de gigantesques orgues qui comportent 11000 tuyaux dont le plus grand dépasse 10 m. Leur sommier atteint 2 m de hauteur et sa longueur mesure plus de 20 m ; au plafond de cette « salle » pneumatique éclairée à l’électricité, outre d’innombrables tiges de commande, se voient les rangées de soupapes fermant l’embouchure des tuyaux. Il faut un moteur de 40 ch pour actionner le ventilateur de la colossale soufflerie tandis que, grâce à des combinaisons de touche, l’organiste envoie un vent formidable dans plus de 300 tuyaux à la fois, en appuyant simplement sur un bouton électrique. Il doit néanmoins actionner les touches des claviers et les clés des registres avec ses pieds, ses genoux ou ses mains.
- Les artistes américains donneront-ils de plus harmonieuses auditions avec ce colossal instrument que les Guilmant, les Alfred Bruneau, les Widor, les Bonnet ou autresartistes du Vieux-Monde avec leurs orgues aux proportions plus modestes, mais aux voix non moins pures et non moins bien timbrées? ' Jacques Boyer.
- —..—— LES BATEAUX-PIÈGES =-~"' • ;
- ET LA LUTTE CONTRE LES SOUS-MARINS ALLEMANDS
- PENDANT LA GUERRE
- On n’ignore plus la situation critique que provoqua, de 1915 à 1918, l’activité des sous-marins allemands dans leurs attaques Contre la marine de commerce des alliés.
- La nécessité d’y parer produisit la mise en œuvre de nombreux procédés nouveaux, dans la recherche desquels une admirable ingéniosité fut déployée.
- Tout, en effet, était à trouver dans cet ordre d’idées puisque la puissance destructive des sous-marins avait été sous-estimée dangereusement et que rien ou presque rien n’avait été préparé pour la combattre.
- Une mesure, qui a contribué pour une bonne part à réduire cet ennemi sournois et à écarter le danger le plus grand qui ait menacé les alliés, a consisté dans la mise en service, par la marine Anglaise, des bateaux-pièges dénommés officiellement Q-ships.
- L’importance du rôle rempli par ces navires est restée jusqu’à présent à peu près inconnue, aussi bien d’ailleurs que les procédés employés pour leur permettre de le jouer.
- Cette lacune vient d’être comblée par un officier de réserve de la marine britannique, le capitaine de corvette E. Keble Chatterton (J) qui a commandé des patrouilleurs dans les parages où opéraient des bateaux-pièges et a pu juger « de visu » de leur efficacité et des circonstances tragiques au milieu desquelles ils ont travaillé.
- « Durant la guerre mondiale, dit-il dans sa préface, il se passa des choses plus étranges qu’il ne s’en était produit aux époques romantiques de la flibuste et des boucaniers.
- Parmi les aventures merveilleuses de cette époque, il en est peu où il ait été déployé plus de froid courage, plus de ruse, d’habileté, de sens marin que sur les bateaux-pièges, appâts vivants présentés aux sous-marins. » t
- En fait, les Q-ships étaient de petits navires de commerce, àvapeur ou à voiles, auxquels on gardait soigneu-
- 1. Les bateaux-pièges (Q ships), par E. Keble Chatterton. Payot éditeur, 106, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- sement leur allure, un peu débraillée, de caboteurs à tout faire. On les armait de deux ou trois petites pièces d’artillerie à tir très rapide soigneusement dissimulées derrière quelque objet d’apparence innocente : cabine de passerelle, roof de la cuisine, embarcation retournée, faux radeau, ,etc. On y embarquait, en plus de l’équipage ordinaire, quelques marins de la flotte pour le service des armes, gens déterminés et choisis parmi de nombreux volontaires, et le tout était expédié sur les points où la présence de sous-marins allemands était signalée.
- Le commandement restait, bien entendu, confié à. des officiers de la marine de guerre.
- Les Q-ships erraient dans les parages malsains en gardant soigneusement leur apparence d’inoffensifs caboteurs jusqu’au moment où l’ennemi apparaissait, le plus souvent, sous la forme’d'une mince tige d’acier, le péri scope, traçant son sillon sur la mer.
- La tactique du bateau-piège était alors la suivante : il devait, tout en donnant les signes du plus grand affole-
- ment, manœuvrer sans trop le montrer pour se rapprocher le plus possible du sous-marin. L’équipage civil, en désarroi courait sur le pont, amenait les voiles, mettait à la mer les embarcations, s’y précipitait en désordre, bref faisait tout ce qui devait donner à l’ennemi l’idée que le bâtiment était complètement évacué. Le détachement de l’équipage entraîné à cette manœuvre portait le nom de panic-parly ( groupe de panique).
- Le sous-marin, alors et dans les premiers temps tout au moins, se décidait à venir en surface et. à se rapprocher pour authentiquer sa victoire en relevant le nom du navire et si possible en capturant" le capitaine et les papiers du bord. , .
- Gëci fait il comptait couler sa victime à'coups' de canon, ou en plaçant des bombes dans ses cales, de façon à économiser la torpille qu’il eût été regrettable de consacrer à une aussi mince proie. ï 1 ’
- D’autres>fois le* bombardement commençait-à assez grande distance^le sous-marin se rapprochant seulement à mesure que les dégâts devenaient plus importants. Pen-
- dant ce temps, qui devait lui paraître long, l’équipage de guerre du Q-ship et son commandant couchés près des pièces, encaissant les obus sans broncher, surveillaient par les fentes des tôles du bordage l’approche de l'ennemi. Puis lorsqu’on le jugeait suffisamment près pour être sûr que le but serait atteint dès les premiers coups, le pavillon de guerre se déferlait en tête de mât, les canonniers bondissaient à leurs pièces, les abris machinés se rabattaient, et en quelques secondes une pluie de projectiles tombait sur le sous-marin stupéfait, crevant sa coque, détruisant son artillerie et son armement, et finalement l’envoyait au fond.
- C’était là, en quelque sorte, le combat théorique, et en fait il se réalisa assez souvent dans les débuts des Q-ships ; mais l’existence de ces adversaires redoutables fut bientôt connue des Allemands qui se tinrent sur leurs gardes. - Ils se mirent à canonner de très loin et abondamment les bâtiments qu’ils voulaient détruire, puis ils se rapprochaient en plongée, examinaient soigneusement au périscope l’objet de leurs craintes et ne se décidaient à se mettre en surface que lorsqu’ils croyaient être sûrs de ne se trouver plus qu’en face d’une épave abandonnée. En plusieurs occasions, ne pouvant acquérir celte certitude, ils achevèrent leur victime par une torpille.
- On peut juger du sang-froid et de l’indomptable courage qui devaient animer les hommes restés à bord et soumis à d’aussi terribles épreuves. En fait un très grand nombre d’entre eux ont payé de leur vie cet attachement à la cause sacrée. Mais leur dévouement n’a pas été inutile, loin de là !
- Je ne puis résister au désir de mettre sous les yeux de nos lecteurs un court aperçu de quelques-uns des exploits les plus marquants et des circonstances les plus tragiques qui ont marqué la carrière des Q-Ships.
- Le Penshurst était un modeste vapeur de 1200 tonnes qui devint le Q-7 en novembre 1915 (fig. 1).
- Son rôle de bateau-piège commença seulement en novembre 1916. Il s’exerça en Manche et sur les côtes d’Irlande. Après un'premier combat indécis dès novembre 1916, où le sous-marin se hâte de disparaître, le Penshurst coule le 30 novembre et le 14 janvier 1917, les sous-marins U-B-14 et U-B-37. En février il endommage gravement le U-B-84 et un autre de ses congénères, qu’il oblige à rentrer en Allemagne.
- En juillet 1917, il est attaqué à la torpille par un sous-marin avec lequel il engage un combat violent. L’ennemi, fort avarié, s’enfuit. En août, nouveau combat indécis. En décembre, le Penshurst, devenu la [bête [noire des sous-marins allemands, est torpillé gravement et coule lentement. Mais avant de disparaître, après une année et demie marquée par 9 engagements, et à moitié immergé, il trouve encore le moyen de cribler d’obus l’ennemi qui se hâte de disparaître.
- Le Lady Olive (Q-18), petit vapeur de 1200 tonnes armé de 3 canons, commence à travailler en janvier 1917. Le 19 février, en Manche, il est attaqué au canon
- Fig. 1. — Le bateau-piège Penshurst en exercice.
- Le détachement de panique quitte le navire.
- (D’après l’ouvrage : Les Bateaux-pièges, par E. Kebble Chatterton).
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- par un sous-marin, et ouvre aussitôt le feu. Il place 9 obus dans la coque de son adversaire à moins de 100 m. Mais il est lui-même percé et l’eau l’envahit.
- Il faut l’évacuer réellement. L’équipage s’entasse sur les canots et radeaux, et le convoi fait route, bien lentement, vers la côte de France. Mais les courants et la grosse mer l’en écartent, et le froid très vif aidant, les marins, après 36 heures d’efforts, sont anéantis.
- Vers 18 heures, le 20, ils sont enfin vus par le contre-torpilleur français Dunois, qui accourt aussitôt.
- Mais, à ce moment, il aperçoit le sous-marin allemand qui suivait les embarcations des naufragés dans l’espoir de torpiller le ou les navires qui viendraient les secourir. On ne peut s’empêcher, ici, de penser au requin qui escorte les navires au large dans l’espoir de manger leurs passagers.
- A sa vue, le Dunois, remettant à plus tard le sauvetage, s’élance pour combattre l’ennemi. Devant les risques sérieux et inattendus qui se présentent, celui-ci préfère renoncer à l’opération espérée et disparaît définitivement.
- Les marins du Q-18, à bout de forces, peuvent alors être recueillis et conduits à Cherbourg.
- Disons un mot aussi, du vapeur Stonecrop, de 1600 t., qui, au large de l’Irlande, coula le 18 septembre 1917, le sous-marin U-88, au nom tristement célèbre, le même dont les torpilles, envoyèrent au fond, le 7 mai 1915, le grand paquebot Lusitania, avec 1200 non-combattants : hommes, femmes, enfants!
- Son commandant, le capitaine de corvette Schwieger, périt avec son U-88 sous les coups du Stonecrop. Trop juste punition d’un affreux forfait!
- Un autre Q-ship resté célèbre est le petit vapeur Farnborough. Commandé par un officier particulièrement énergique, le capitaine de corvette Gordon Campbell, il coule le 22 mars 1916 le sous-marin U-68, le 15 avril il en met un autre si mal en point que celui-ci rentre précipitamment en Allemagne.
- En février 1917, circulant dans une région infestée de sous-marins, il aperçoit un périscope, puis aussitôt le sillage d’une torpille. Gordon Campbell manœuvre pour recevoir la torpille ! C’est son plan de combat afin de mieux donner à son ennemi la certitude qu’il n’a plus rien à craindre. Tous les hommes de l’équipage du Farnborough ont été mis au courant de ce plan et en ont accepté le risque !
- Une vaste brèche est faite dans le flanc du navire qui commence à se remplir. Mais il est soutenu par un chargement de bois embarqué à cet effet. Le panic party quitte le bord. Alors le U-83, sûr de son fait, apparaît à 200 m. et est aussitôt criblé d’obus dont le premier décapite son commandant. Percé comme une écumoire le sous-marin s’enfonce, tous les panneaux ouverts. On sauve un officier et un marin. Mais le Farnborough est bien malade. Des secours lui arrivent de plusieurs côtés et des remorqueurs s’attellent au glorieux navire plus qu’à
- moitié coulé. Enfin après 4 jours d’effort on le ramène à Beerhaven.
- Le même commandant Gordon Campbell, passé capitaine de frégate et son même vaillant équipage continuèrent leurs dangereux exploits sur le vapeur Pargust, qui, aussitôt coula le U-C-29, puis le Pargust étant hors de service, à bord du Dunraven avec lequel ils soutinrent, contre un sous-marin, le 8 août 1917, un combat long et acharné. Les obus allemands firent exploser des charges sous-marines enfermées à l’arrière du Dunraven et provoquèrent un énorme incendie. Sur le pont porté au rouge, les marins anglais, sous une avalanche de projectiles, eurent la force et le courage de rester à leur poste de combat avec la pensée que la soute à poudres placée au-dessous d’eux allait sauter.
- Le sous-marin abandonna la partie en voyant arriver du secours à son adversaire. Le Dunraven était ouvert par une torpille et percé à jour. On essaya de le remorquer à Plymouth, mais au large d’Ouessant il chavira et disparut.
- Fig. 3. — Le bateau-piège rAntwerp.
- Les lianes du faux radeau sont , tombés et les canons sont prêts
- a tirer.
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- On pourrait prolonger ces récits d’un héroïsme fantastique dont les vapeurs n’eurent pas seuls le monopole.
- De simples chalutiers furent aussi déguisés en bateaux-pièges et firent merveille comme le Fort Georges, modeste barque de pêche qui coula, à la bombe, le 21 janvier 1918 le sous-marin U-B-83.
- Au total le nombre des bateaux-pièges mis en service s’éleva à 180. Sur 203 sous-marins allemands qui furent coulés, 11 virent leur sort réglé par des Q-Ships. Mais de plus, dans 80 cas, les bateaux-pièges ont causé à leur adversaire des avaries telles qu’ils ont dû abandonner leur croisière et rentrer au port. Les Q-Ships ont donc
- rendu très largement les services qu’on attendait d’eux. Non seulement ils ont détruit ou mis hors de service un nombre important de sous-marins, mais le fait de leur présence a rendu très prudents les commandants de sbus-marins dans leurs attaques. Bien souvent ils ont renoncé à s’en prendre à un véritable navire de commerce parce que quelque chose leur a fait croire qu’il allait se transformer en Q-Ship.
- Le bateau-piège a donc été une arme d’une utilité incontestable et dont les hauts-faits méritent de n’être point oubliés.
- G1 Sauvaiue Jourdan.
- ! L’ÉLECTRICITÉ A PARIS —
- L’EXTENSION DE LA CENTRALE D’ISSY-LES-MOULINEAUX
- On observe dans toutes les agglomérations ^urbaines l’accroissement continu dejla consommation d’énergie
- bution du courant. Mais les besoins croissaient rapidement ; d’autre part on pouvait constater que le prix de
- Fig. i. — La Centrale d'Issy-les-Moulineaux et ses agrandissements. (Vue générale.) Photo Chevojon.
- électrique. L’électricité offre, en effet, pour l’éclairage, la force motrice et pour une foule d’applications de tels avantages de commodité et d’économie que l’on ne conçoit plus la vie moderne sans cette précieuse auxiliaire. Les premières installations publiques d’électricité ont fait à Paris une timide apparition vers 1880. Bientôt de petites usines locales s’installaient en divers points de la capitale; on s’aperçut bien vite qu’il y avait intérêt à concentrer la production dans des usines puissantes; et l’on vit 'la capitale partagée en secteurs relativement importants pourvus chacun d’une société de production et de distri-
- revient du courant diminuait lorsqu’on augmentait la puissance individuelle des machines génératrices. Aussi cette première concentration, qui donna naissance aux secteurs parisiens, apparut-elle bien vite insuffisante. Ces organisations disparurent en tant que producteurs de courant, en 1913, pour faire place à une société unique, la Compagnie parisienne de distribution d’électricité ou C. P. D. E. qui éqûipa deux puissantes usines modernes l’une à Saint-Ouen, l’autre à Issy-les-Moulineaux. La C. P. D. E. assure la fourniture du courant aux particuliers et aux édifices publics à l’intérieur des murs de la
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- capitale. A côté d’elle il existe deux autres puissants organismes pour assurer l’alimentation électrique de la région parisienne : ce sont l’Union d’Electricité et les Sociétés d’Élec-tricité de Paris et de la Seine. L'Union d’Élec-tricité dessert la banlieue avec ses deux grandes centrales de Gennevilliers (350 000 kw) etVitry (100 000 kw). Les Sociétés d’Electricité de Paris et de la Seine alimentent le Métropolitain et les services de transport en commun avec leurs usines de Saint-Denis (175 000 kw) et Ivry (200000 kw).
- Ces trois groupements se prêtent du reste un mutuel secours et procèdent entre eux, suivant les besoins, à des échanges de courant.
- Toutes les usines que nous venons de citer sont, bien entendu, des usines thermiques.
- Si l’on suit l’histoire de l’une quelconque d’entre elles, on constate qu’elles sont toutes en perpétuelle transformation.
- D’une part, l’accroissement continu des besoins, qui est rarement inférieur à 10 pour 100 par an, exige de fréquentes extensions. D’autre part la technique de la production du courant fait de rapides progrès; et comme dans cette industrie le problème dominant est celui de l’économie dans la consommation du combustible, toute amélioration notable dans cette voie est aussitôt adoptée. Les machines génératrices deviennent de plus en plus puissantes; les chaudières correspondantes atteignent des dimensions colossales et les pressions de vapeur employées deviennent de plus en plus hautes; la récupération des chaleurs perdues à tous les points du cycle d’évolution de la vapeur dans les machines est poussée à l’extrême.
- La supercentrale de Gennevilliers, dont la construction a commencé en 1919, a servi d’exemple à cet égard; les leçons que l’on a pu tirer de l’exploitation de cette magnifique et audacieuse usine ont été mises à profit par les autres usines de la région parisienne; aussi bien par les usines neuves comme celles d’Ivry et de Vitry, que par les usines anciennes, c’est-à dire celles de Saint-Ouen et d’Issy-les-Moulineaux. Celles-ci ont dû, en ces dernières années, procéder à d’importantes extensions et renouveler en partie leur équipement.
- La centrale de Saint-Ouen a aujourd’hui une puissance installée de 400000 kw. La centrale d’Issy-les-Moulineaux, qui alimente la rive gauche de Paris, procède en ce moment à d’importants travaux qui porteront sa puissance installée de 130000 à 175000 kw.
- Après leur achèvement, l’usine d’Issy représentera en France, pour un temps, le « dernier cri » de la technique électrique. Elle détiendra notamment le record en matière de pression des chaudières, celles-ci étant timbrées à 44 kg, chiffre qui, il y a quelques années seulement, eut ieté l’effroi non seulement parmi le public non averti, mais chez les praticiens.
- Nombre d’autres solutions neuves sont également adoptées dans l’équipement nouveau de cette centrale; elle doit servir, en effet, de véritable station d’expériences
- Fig. 3. — Édification du bâtiment de la chaufferie. Photo Chevojon.
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- Fig. 4. — L’installation de charbon pulvérisé à Issy-les-Moulineaux. Un des sécheurs à charbon.
- en vue du choix des solutions à adopter dans les usines futures. On peut prévoir dès maintenant que les usines actuelles seront dans un avenir proche, insuffisantes et leur capacité d’extension étant épuisée, il faudra en construire de nouvelles.
- Un très grand intérêt s’attache donc aux travaux actuellement en cours à Issy-les-Moulineaux, et justifie amplement le rapide coup d’œil que nous allons leur donner.
- L'USINE D'ISSY-LES-MOULINEAUX L’usine, on le sait, s’élève en bordure du champ de
- manœuvres d’Issy-les-Moulineaux, le terrain pris par l’extension était occupé autrefois par le hangar à dirigeables Clément-Bayard, qui a été démoli et remplacé par les bâtiments en béton armé où s’abrite la nouvelle installation.
- Le programme. — Avant l’extension, l’usine d’Issy était plutôt faible en chaudières, eu égard à la puissance installée en turbines : l’effort d’extension devait donc porter surtout sur les chaufferies.
- La galerie d’eau ne pouvait être prolongée et le débit de la section existante ne pouvait être augmenté que faiblement; il était impossible d’installer une grande puissance en turbines à condensation.
- C’est en s’inspirant de ces considérations que le programme établi en 1926 s’est arrêté aux dispositions suivantes : installation de 6 chaudières à charbon pulvérisé, produisant 72 à 100 tonnes de vapeur à l’heure sous une pression élevée, 44 kg, et avec une forte surchauffe, 450°; ces chaudières doivent desservir une turbine nouvelle de 35000 kw avec détente poussée iusqu’au vide et, d’autre part, 2 turbines nouvelles de 11 000 kw formant unités d’amont et alimentant, à plus basse pression, 2 groupes préexistants de 40000 kw.
- Le ravitaillement en combustible. —Un premier problème s’est posé, celui du ravitaillement en combustible. A cette fin, l’estacade de la Seine a été doublée ainsi que la galerie amenant par convoyeurs le charbon à
- Fig. 5. — La fabrication d’un collecteur de chaudière à haute pression rappelle celle des canons.
- A gauche : démoulage du lingot d’acier; A droite : forgeage du lingot d’acier qui deviendra le collecteur.
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- l’usine; quant aux arrivages par voie ferrée, de nouveaux procédés de déchargement automatique des wagons sont à l’étude.
- L’usage du charbon pulvérisé dans les foyers n’a pas été dicté par la considération seule du rendement un peu supérieur des chaudières ainsi agencées. L’énorme quantité de charbon, jusqu’à 900 tonnes par jour actuellement, nécessaire pour alimenter une grande centrale comme celle d’Issy rend impossible le choix de la qualité du charbon : on est obligé de prendre ce qui se trouve sur le marché. Or, l’usage du charbon pulvérisé permet d’échapper aux difficultés de réglage et de combustion qui résultent des irrégularités dans la qualité du charbon et dans la taille des morceaux.
- La nouvelle chaufferie pourra utiliser les fines brutes, le grain lavé étant réservé aux actuelles chaufferies à grilles dont on obtiendra ainsi le rendement optimum.
- L'atelier de pulvérisation du charbon. — L’atelier de pulvérisation peut débiter 56 tonnes de charbon à l’heure : il comporte deux tranches identiques, autonomes et juxtaposées, dans chacune desquelles s’agencent les opérations suivantes : le charbon brut, amené par convoyeurs, est déversé dans des transporteurs horizontaux alimentant le sécheur formé de 2 tubes concentriques : le combustible, circulant dans le tube extérieur est séché grâce à une double action des gaz de séchage : ceux-ci passent d’abord dans le tube intérieur et agissent par convection; puis,passant en sens inverse du combustible dans le tube extérieur, lui cèdent leur chaleur par mélange direct; à la sortie du sécheur, une vis transporteuse répartit le charbon entre les trémies d’alimentation de 2 broyeurs à boulets; puis une chambre de répartition permet aux particules trop grosses de se déposer pour retour au broyeur, tandis que le charbon à finesse convenable est refoulé dans un cyclone et tombe ensuite dans une trémie de réserve à charbon pulvérisé; des réservoirs d’expédition à bascule assurent le contrôle rigoureux des quantités de charbon consommées: le transport aux foyers se fait par voie pneumatique.
- Les chaudières à haute pression. — Les nouvelles chaudières, timbrées à 44 kg, donnent 72 tonnes de vapeur en régime économique et peuvent dépasser 100 tonnes en pointe. Leurs surchauffeurs sont prévus pour 450° de surchauffe.
- Les chambres de combustion ont 400 m5 et peuvent
- brûler 13 tonnes de charbon à l’heure ; le charbon y est amené dans des brûleurs verticaux; les murs sont garnis d’écrans de tubes où la vaporisation est particulièrement active.
- Chaque chaudière comporte 3 collecteurs mesurant 8 m de long, 1 m 20 de diamètre intérieur et près de 8 cm d’épaisseur. Ils présentent la particularité d’être faits d’une seule pièce d’acier forgé. On peut juger de
- l’importance du travail nécessaire pour façonner ces blocs d’acier en suivant leur fabrication que nos forges françaises ont mené de façon tout à fait analogue à celle des tubes à canons.
- L’exécution part de lingots d’acier mi-doux, pesant quelque 100 tonnes. La lre opération, le bloomage, forge les lingots à 1200° sous une presse de 6000 tonnes; le lingot est ensuite foré avec un trépan qui enlève une carotte de 60 cm environ de diamètre. rOn obtient ainsi
- Fig. G. — Vue par en dessous d’une chambre de combustion d’une chaudière.
- Le volume de cette chambre est de 400 m3, les parois sont garnies par les tubes de vaporisation qui forment écran d’eau et protègent les maçonneries
- contre les températures excessives. -
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- un cylindre creux, long de 3 m et ne pesant plus que 60 tonnes; il est soumis, pour obtention des dimensions désirées, à deux forgeages, l’un transversal, le bigornage, agissant sur le diamètre intérieur et l’autre longitudinal, l’étirage, agissant sur la longueur, ces 2 opérations s’effectuant aux dépens de l’épaisseur; un usinage au tour amène les diamètres intérieur et extérieur aux cotes définitives; l’opération du rétreint, par action d’une matrice en bout donne aux extrémités une forme
- Fig. 1. — Vue interne d'une chambre de combustion.
- hémisphérique, en réservant un orifice ]ouant le rôle de trou d’homme.
- L’usage de fortes pressions et de températures élevées a encore posé d’importants problèmes de résistance des matériaux. Les métaux se comportent en effet très différemment à chaud et à froid. Tandis qu’à froid les effets, allongement et rupture, dûs à l’application d’une charge donnée sont immédiats, on observe à chaud le phénomène dit de viscosité : le métal subit, même sous des charges faibles, un allongement qui croît de façon continue avec le temps et peut aboutir à la rupture, si la charge est suffisante, de l’ordre 14 kg par mms pour des aciers mi-doux; une pièce de métal qui semblait résister peut donc causer de dangereuses suprises, au bout d’un temps qui peut varier entre quelques minutes et quelques années.
- On conçoit la gravité de la chose : des essais de traction ont dû être effectués sous charge permanente à la température de 450°, essais de haute précision puisque la courte durée des opérations ne permettait d’observer que des effets minimes pour en déduire les effets importants résultant d’efforts prolongés.
- Les turbines. — Les chaudières de la nouvelle installation ne possèdent pas d’économiseurs, ce qui conduit à réchauffer l’eau d’alimentation à sa sortie des condenseurs : de la vapeur est soutirée aux divers étages des turbines afin de réaliserle réchauffage à une température de 170°.
- Nous avons vu plus haut les dispositions adoptées pour les nouvelles machines.
- Signalons encore que le groupe 30 000/35000 kw est actionné par une turbine à réaction à 3 corps, tournant à 1500 tours par minute et recevant la vapeur sous une pression de 35 kg. Les groupes de 10 000/11000 kw sont munis de turbines à action à un corps, tournant à 3000 tours par minute, recevant la vapeur à 35 kg et la détendant jusqu’à 14 kg.
- Les travaux d’installation sont aujourd’hui en voie d’achèvement. Nous ne manquerons pas de donner aux lecteurs de La Nature, lors de la mise en service, un aperçu des résultats obtenus.
- LES MALADIES DES FRUITS
- Nous avons, dans la première partie de cette étude (') consacrée à Lexamen des maladies des fruits, décrit celles d’entre elles qui surviennent au verger et qui, par conséquent, évoluent au cours de la maturation du fruit;
- 1. La Nature, 1er octobre 1928.
- mais nombreux sont aussi les parasites qui s’attaquent au fruit alors que celui-ci est mûr et déjà récolté et qui par suite exercent leurs ravages, soit dans les chambres de conservation où le fruit est mis à l’abri dès la cueillette, soit au cours des transports, plus ou moins longs
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- en durée et en parcours, par lesquels la production fruitière est conduite à destination des centres consommateurs.
- En raison de la nature spéciale des tissus végétaux dont sont constitués les fruits mûrs, les altérations parasitaires dont il va être question maintenant ne sont point tant des lésions localisées, comme c’était le cas précédemment, que des décompositions plus ou moins rapides, plus ou moins généralisées, réunies sous le nom générique de « pourritures ».
- LA POURRITURE DES FRUITS
- La pourriture des fruits, déterminée au reste par des agents fort divers, est un phénomène très fréquent qui cause des pertes énormes, tant au point de vue commercial qu’au point de vue économique.
- En dehors de la pourriture physiologique ou « blettissement », lequel résulte d’une destruction de la cohésion des cellules sous l’action de ferments oxydants qui dégradent les tanins — le blettissement, dont le but final est de libérer les pépins ou noyaux, est caractéristique des fruits sauvages, mais s’est beaucoup atténué ou a même
- disparu chez les fruits améliorés par les mélhodes de sélection —, de nombreux types de pourriture sont déterminés par l’intervention de certains champignons, mi-saprophytes, mi-parasites.
- Nous sommes loin de bien connaître les transformations chimiques qui interviennent dans le fruit atteint de pourriture; du point de vue physiologique toutefois, la pourriture consiste en une décomposition des substances ternaires du fruit, amidon et sucre, transformées en substances plus simples sous l’action de ferments spéciaux sécrétés par les champignons associés aux phéno-
- Fig. 2.
- Prune et pêche envahies par la moisissure bleue.
- mènes d’altération.
- C’est en vue de se nourrir des substances contenues dans la pulpe du fruit que le champignon sécrète ces'fer-ments, ainsi d’ailleurs que des produits toxiques qui tuent les cellules de l’hôte. Celles-ci perdent leur demi-perméabilité, le suc cellulaire et les substances de réserve peuvent traverser la membrane protoplasmique — ce qui ne survient pas chez la cellule saine — et s’en vont nourrir le champignon parasite. De l’eau vient remplir les espaces intercellulaires, eau qui finit par s’écouler à l’extérieur de nombreux fruits pourris ; cette eau s’oppose à la pénétration de l’air jusqu’aux tissus, supprime leur respiration, et la vie anaérobie qui en résulte détermine la formation de substances toxiques : acide oxalique, acide lactique, ammoniaque entre autres. La mort des cellules ramollit d’abord le fruit pourri, puis la perle d’eau le dessèche; quant à la couleur brune des tissus
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- tués, elle est due à l’oxydation des substances tanni-ques.
- Nobécourt, en particulier, a étudié l’action des Pénicillium glaucum et Mu-cor stolonifer sur les fruits.
- Il a remarqué que le suc exprimé et filtré des fruits pourris par ces parasites tue également les tissus des divers végétaux. Les expériences ont montré que ce sont les substances toxiques présentes dans le suc qui agissent, et non des raicro-orgànismes. Le phénomène est semblable à celui observé dans de nombreuses fermentations où les liquides issus de la levure agissent par eux-mêmes sans la présence de levures vivantes. Au contraire, les sucs extraits de fruits sains ne désorganisent pas les tissus végétaux que l’on y plonge.
- Les substances toxiques sécrétées parles champignons parasites des fruits sont de la nature des diastases ou enzymes. On peut détruire leur toxicité par le chauffage, l’atténuerjpar le refroidissement; on peut aussi les précipiter par l’alcool et les redissoudre dans l’eau, cette dissolution présentant les mêmes propriétés que les sucs qui servent à sa préparation. D’autre part, les toxines fongiques n’agissent qu’en milieux acides; si on rend la solution alcaline, les tissus immergés ne sont plus tués.
- La rapidité d’action des diastases est bien connue. On comprend ainsi que, sitôt un fruit atteint de pourriture, même si on extirpe la partie déjà visiblement pourrie, la maladie continue, les enzymes ayant déjà désorganisé les parties de la pulpe plus éloignées II est donc fort difficile de défendre un fruit atteint de pourriture; le traitement doit être nécessairement préventif.
- Parmi les précautions essentielles qu’il convient d’observer en vue de préserver les fruits de la pourriture, l’élimination des fruits blessés ou lésés des locaux de conservation est sans conteste l une des plus impor- p.g 3 _ Pourritures de tantes. En règle generale, capsules de coton, déterminées: l’infection du fruit se fait par en haut par Àspergillus niger une blessure, grande OU pe- enbaspar Rhizopusnigricans. tite, souvent presque invisible. Le contact des fruits sains avec des fruits pourris est moins dangereux qu’on ne le croit, si l’enveloppe du fruit est intacte; on observe souvent, en effet, des fruits demeurés entièrement sains bien qu’en contact avec un fruit en train de pourrir.
- Mais toute blessure est une porte d’entrée aux champignons, aux moisissures responsables de la pourriture.
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- On peut, très grossièrement, il est vrai, caractériser ces diverses' moisissures par leur aspect extérieur, en particulier par leur coloris; nous allons donc., maintenant, examiner successivement les moisissures bleue-verte, noire, grise, rose, etc....
- MOISISSURE BLEUE
- La Moisissure bleue, ou « Blue-mold », est l’une des moisissures les plus communes qui soient, l’agent déterminant — un champignon du genre Pénicillium — se montrant extrêmement répandu à la surface des substances les plus variées. L’ubiquité de cette moisissure est connue depuis longtemps déjà ; Davaine a décrit dès 1866 ce champignon, dont les espèces les plus communes sont Pénicillium glaucum, P. italicum, P. luteum, P. expan-sum, etc. Le Pénicillium glaucum s’observe, en particulier, sur de nombreuses matières organiques (cuir, pain, colles, jus sucrés, confitures, etc...), exposées à l’humidité; il intervient également dans la maturation de certains fromages (roquefort). D’une manière générale, on rencontre ces moisissures sur les substances, mortes ou pourrissantes, de toute sorte, à la surface desquelles elles constituent un nombre immense de spores, aisément transportées à de grandes distances par le vent, l’eau courante, les insectes et tous autres moyens; des recherches récentes ont de même montré que les champignons du genre Pénicillium font partie des espèces dominantes de la flore cryptogamique des sols.
- La Moisissure bleue est une cause fréquente du ramollissement rapide des fruits, dont les tissus en voie de décomposition sécrètent des substances odorantes ou amères, particulièrement perceptibles chez la pomme et la poire. Les conditions nécessaires pour que se réalise l’infection des fruits par cette moisissure, dès l’instant que les spores de cette dernière sont présentes, sont les suivantes :
- Une petite quantité d’eau liquide à la surface du fruit (nécessaire à la germination des spores) ;
- Une lésion de Lépiderme du fruit, indispensable à la pénétration du parasite ;
- Une certaine température, tout au moins au mo-
- ment où s’effectue la pénétration du champignon, la progression ultérieure de ce dernier à l’intérieur du fruit pouvant se poursuivre à une température assez peu élevée.
- Ces conditions sont réalisées assez rarement au verger : il n’apparaît que rarement de l’eau sur le fruit, la température n’est généralement pas suffisante, les blessures sont absentes sauf en cas d’attaque du fruit par des insectes; aussi les fruits deviennent-ils rarement la proie du Pénicillium au verger. Les dommages sont, en revanche, beaucoup plus fréquents et plus graves en cours de transport, pour les mêmes raisons.
- Les fruits susceptibles d’être envahis par la Moisissure bleue sont les pommes, les poires, les cerises, les abricots, les pêches, les coings, les oranges, les raisins.
- En 1919, il a été observé aux Etats-Unis que sur 2973 wagons, chargés de fruits, examinés par le « Bureau of Markets », 23,7 pour 100 de ceux-ci étaient infectés par le Pénicillium expansum ; la proportion fut, en 1920, de 60,6 pour 100 sur 3462 wagons soumis à l’inspection. De même, l’examen des pommes récoltées dans les vergers des Etats-Unis, a montré qu’à leur arrivée sur les marchés, 5 à 12 pour 100 d’entre elles étaient endommagées par diverses cryptogames, dont la plus commune était précisément le Pénicillium expansum . On estime que cette dangereuse moisissure peut être rendue responsable de 80 à 95 pour 100 des cas de pourriture de fruits qui surviennent dans les fruitiers commerciaux ainsi qu’en transit, et de plus de 10 pour 100 des cas qui se produisent, soit sur les marchés locaux, soit dans les fruitiers particuliers.
- Les pommes parmi les fruits à pépins, les cerises parmi les fruits à noyau, sont les hôtes les plus fréquents de la Moisissure bleue ; aux Etats-Unis, celle-ci se montre aussi abondante sur pêches en Californie et dans les Etats du Nord-Ouest, extrêmement rare par contre dans les autres régions du pays.
- MOISISSURE VERTE
- Le Cladosporium herbarum, moisissure d’un vert sombre, très commune sur tous les débris végétaux, peut parfois devenir parasite, en s’attaquant aux céréales (maladie du « noir des céréales ») au cours des étés humides, à certains fruits : pommes, Citrus, etc....
- En France, Griffon et Maublanc ont observé, en 1911, sur des poires (Passe-Crassane) atteintes de la « maladie de la bourre verte », une espèce voisine de la précédente, au niveau de taches sous lesquelles la partie atteinte se détachait facilement des tissus demeurés sains, en une sorte de bourre de couleur vert-olive foncé.
- Le Cladosporium carpophilum est responsable, en Europe, aux Etats-Unis, en Australie, d’une maladie qui paraît spéciale aux fruits à noyau, et qui s’attaque surtout aux pêches, qu’elle recouvre de taches arrondies d’un vert foncé, très nombreuses au cours des saisons humides ; les feuilles et les rameaux de l’arbre sont également tachés, et parfois tués, par le même champignon. C’est, aux Etats-Unis, une maladie d’une grande importance économique, venant en second rang derrière le
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- « Brown-rot » ; les dégâts, parfois, atteignent 10 pour 100 de la récolte. En 1919, sur 1644 wagons de pêches examinés, 166, provenant de 12 Etats de l’Est et du Sud, montraient jusque 15 pour 100 de « scab » (= croûte). La maladie causée par le Cladosporium carpophilum, à l’inverse des pourritures déterminées par le Cladosporium herbarum ou autres moisissures, est strictement une maladie du verger, ne s’étendant pas en transit et au fruitier, et contre laquelle il est possible de lutter par les mêmes méthodes chimiques que celles auxquelles on a recours contre le Monilia.
- MOISISSURE NOIRE
- Le R/ùzopus nigricans, responsable de cette dangereuse altération, est un fréquent agent du ramollissement des fruits, tant en cours de conservation que durant leur transport à destination des centres de consommation. C’est, au surplus, un champignon très largement répandu dans la nature et que l’on a rencontré à ce jour dans les conditions les plus variées.
- C’est en 1890 que ce champignon fut observé, pour la première fois, en parasite, sur patate douce atteinte de pourriture molle. On sait que l’Ipomée batate de l'Inde ou Patate (îpomœa Batatas) est cultivée sur de grandes surfaces au niveau des régions chaudes ou équatoriales du globe, en vue de la production de ses racines tubéreuses à chair sucrée et tendre, qui remplacent volontiers la pomme de terre sous les tropiques; le Rhizopus nigricans cause parfois de gros dégâts sur les patates douces conservées dans les magasins.
- En 1914, ce même parasite fut signalé par Stevens comme un dangereux ennemi des fraises transportées des Etats producteurs du Sud des Etats-Unis vers les Etats gros consommateurs du Nord; Berkeley a fait, au Canada, semblable observation. Les fraises envahies par la Moisissure noire entrent en voie de rapide décomposition, les tissus se désagrègent et le ius s’écoule; c’est le « leak » (coule) des Américains.
- Les chiffres suivants accuseront la gravité des dégâts dont se montre responsable le Rhizopus nigricans. Au cours d’une période de 7 années prenant fin au 31 décembre 1925, 5370 wagons (soit 5,5 pour 100 du total) chargés de fraises furent, aux Etats-Unis, soumis à un examen sanitaire au moment de leur arrivée sur le marché; un tiers seulement des chargements inspectés ne montrait aucune altération; le pourcentage total de pourriture observé fut de 5,8 pour 100, dont 58 pour 100 revenaient au Rhizopus nigricans et 42 pour 100 à divers autres parasites (Botrylis sp., Phytophtora cactorum, etc.).
- Melchers a de même constaté, en 1921, que les deux facteurs essentiels de la décomposition des fraises en cours de transport sont, d’une part le Botrytis, d’autre partie Rhizopus, le premier s’attaquant aux fruits dans le champ avant la cueillette, le second aux fruits récoltés, quelquefois aussi cependant dans le champ par des conditions de très grande humidité.
- En dehors de la patate douce et des fraises, les autres hôtes possibles du Rhizopus nigricans sont les suivants :
- a) certains fruits : pommes, poires, coings, prunes, cerises, pêches, etc.
- Fig. 6. — Pommiers entièrement défeuillés sous l’action du Spliaeropsis malorum.
- Aux États-Unis, en 1919, sur 1644 wagons chargés de pêches en provenancè de 17 États différents et examinés par les soins du « Fédéral Inspection », 212 montraient une pourriture à Rhizopus, s’étendant jusqu’à plus de 8 pour 100 du chargement. Les dégâts apparaissaient graves surtout dans les wagons arrivant de l’Ouest et du Nord-Ouest, plutôt que dans ceux en provenance de l’Est et du Sud; les pertes suivantes furent relevées dans les wagons provenant de certains Etats : 50 du Colorado, 8 pour 100; 63 de l’Utah, 3 pour 100; 8 de Californie, 20 pour 100;.29 de Washington, 10pour 100 ; 28 de Géorgie, 12 pour 100.
- En 1922, diverses espèces de Rhizopus furent cause de la pourriture de 65 pour 100 des pêches en cours de transit; en 1923, le Rhizopus nigricans a déterminé 1500 ê de dégâts sur les pêches, au fruitier et en wagons, de la vallée Goulburn (Victoria).
- Dans l’Illinois, de 1922 à 1924, la Moisissure noire fut
- plus fréquente sur les pêches que la Pourriture brune due au Monilia, bien que cette dernière maladie soit volontiers regardée en Amérique comme étant plus préjudiciable au pêcher que toutes les autres maladies réunies de ce même arbre, à l’exception toutefois de l’une d’entre elles, le
- « peach yellows » ou chlorose infectieuse; de plus, le Rhizopus se montra plus dangereux que le Monilia, parce que susceptible de s’attaquer non seulement aux fruits lésés, mais aussi aux fruits- intacts qui sont respectés par ce dernier. En 1924, le Rhizopus a causé à nouveau de sérieux dégâts dans les vergers de l’Illinois, où il ri’a pu être efficacement combattu par l’em-
- Fig. 7. — Début d’attaque d’une pomme par la pourriture noire.
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- ploi des bouillies sul-fo-calciques, actives contre le Monilia.
- b) les tubercules de pommes de terre, qui manifestent une liquéfaction ou « leak » caractéristique.
- c) les tomates. Une pourriture de ces fruits sous l’action du Rhizopus a été observée en Allemagne en 1898, en Angleterre en 1912, aux Etats-Unis occasionnellement.
- d) les figues, dont une pourriture molle a été signalée en Louisiane, en 1911.
- e) certaines germinations, dont celles de maïs.
- Les organes végétaux envahis par le Rhizopus se recouvrent d’un revêtement blanc au milieu duquel apparaissent bientôt de très nombreuses ponctuations noires qui ont valu à la maladie le nom sous lequel elle est désignée; les fruits altérés dégagent habituellement une odeur fortement acide, perceptible surtout lorsque leur décomposition est quelque peu avancée.
- On peut dire que, pratiquement, tous les fruits sont susceptibles d’être envahis par le Rhizopus, qui n’a toutefois encore été observé, ni sur les fruits des Citrus (orangers, citronniers, etc...), ni sur ceux des airelles ou canneberges ( Vaccinium macrocarpon).
- MOISISSURE GRISE
- Le Rotrytis cinerea est une moisissure d’un gris cendré très répandue dans la nature, sur les végétaux morts; mais, dans nombre de cas, elle est capable de devenir parasite et peut produire des maladies très redoutables.
- On l’a signalé sur un nombre considérable de plantes; c’est à son action notamment que sont dus le brunissement et la dessiccation de beaucoup de plantes horticoles : pélargonium, cinéraire, cyclamen, primevère, fleurs de chrysanthème, etc.... Dans les serres, il peut prendre un grand développement sous l’action de la
- Fig. 9. — Lot de pêches gravement atteintes par le Monilia.
- chaleur humide qui y règne ; c’est ainsi qu’il produit parfois de grands dégâts dans les cultures forcées de lilas, en envahissant les extrémités des pousses et les jeunes inflorescences.
- On attribue aussi au Botrytis cinerea une maladie assez répandue sur certaines variétés de rosiers et caractérisée par la dessiccation et la chute des boutons à fleurs avant leur épanouissement. Ce champignon est encore nuisible aux cultures sous une forme connue sous le nom de « toile » et très redoutée des horticulteurs. Le terreau des jardins, des couches, des serres se couvre de fins filaments blancs qui courent sur le sol et y pénètrent; ils entourent le collet et les racines des jeunes plantes et les font rapidement périr.
- Sur les vignes, le Botrytis cinerea, dont l’action est favorable s’il se développe sur des raisins très mûrs — c’est la « pourriture noble » : le champignon ne pénètre que superficiellement les grains et agit en concentrant le suc et en diminuant l’acidité, — peut se comporter parfois en ennemi très dangereux ; dans certaines régions de l’Ouest et du Centre, la « pourriture grise des raisins », qui se développe avec intensité,dans les étés pluvieux et sur les raisins à peau mince et à grains serrés, est l’une des plus dangereuses affections crypto-gamiques dont les vignes ont à souffrir.
- La même moisissure a été signalée également sur le figuier, le groseillier, le chanvre, le maïs, le chou moellier, la pomme de terre, etc.... En Alaska, c’est le plus dangereux champignon parasite des plantes de la région; aucune espèce de phanérogame n’est immune; les dégâts sont graves surtout sur les fraisiers.
- Le Botrytis s’attaque fréquemment aux arbres fruitiers.
- En Hollande, il envahit et tue les pousses des pêchers, surtout en serre; en Allemagne, en 1923, il a causé de sérieux dommages sur Prunus triloba, dont il a fait se dessécher les jeunes pousses et les extrémités des branches âgées; en Angleterre, en 1924, il s’est révélé redoutable en amenant la production de chancres sur rameaux de pommiers et la dessiccation des fleurs et jeunes branches de Prunus pumila. En Orégon (Etats-Unis), le Botrytis dessèche, depuis 1920, les fleurs et les rameaux à fruits du poirier.
- Le Botrytis cinerea provoque une rapide décomposition de certains fruits qui brunissent et se recouvrent en surface d’un duvet grisâtre caractéristique ; les pommes sont sensibles à son action en Angleterre, Australie, Nouvelle-Zélande, aux États-Unis, les fraises en Norvège, Alaska, les pêches en Amérique du Nord; les pêches en provenance fie Californie sont parfois en-
- Fig. 8. —Pomme saine et pomme momifiée par la pourriture noire.
- Fig. 10. — Fêche envahie par le Monilia.
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- vahies, en cours de route, par la Moisissure grise, même aux températures assez basses.
- MOISISSURE ROSE
- Le Cephalothecium (= Trichothecium) roseum, responsable de la Moisissure rose ou « Pink-mold », est une cryptogame saprophyte très commune dans les diverses régions, susceptible de s’attaquer parfois, dans les fruitiers, aux pommes et aux poires déjà atteintes de Tavelure ; il en résulte une pourriture brune du fruit, dont la chair acquiert une saveur amère très prononcée et qui de ce fait perd toute valeur commerciale. Des dommages de cette sorte ont été observés, en particulier, en Italie (province de Turin) en 1921, en France (région parisienne) en 1925, en Angleterre, aux Etats-Unis, etc....
- POURRITURE NOIRE
- C’est le « Black-rot » des vergers américains.
- Cette maladie est, en effet, tout particulièrement répandue en Amérique du Nord, où son importance économique la place au second rang des maladies graves du pommier, immédiatement après la Tavelure ; elle a été observée également en Afrique du Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande, de même aussi en Europe (Italie, France, Angleterre, Allemagne, Russie) où elle se révèle, il est vrai, d’intérêt secondaire.
- La Pourriture noire est susceptible de s’attaquer aux pommes, aux poires, aux coings, ainsi qu’à de nombreux autres fruits; le champignon qui la détermine, et qui a nom Physalospora cydoniae, envahit les fruits qui se rident, se momifient et prennent une teinte noire caractéristique, perfore les feuilles et provoque l'apparition de chancres sur le tronc, les branches et les rameaux; cette dernière forme de la maladie se montre très commune dans l’Etat de New-York et dans les régions avoisinantes.
- Le Physalospora cydoniae n’est pas rare en France, où il attaque fréquemment les coings dans les départements méridionaux; on a observé aussi en notre pays, mais sous une forme qui n’apparaît pas douée de parasitisme, un autre stade d’évolution de ce même champignon, dénommé Sphaeropsis malorum, lequel manifeste par contre un pouvoir pathogène assez accentué en Amérique du Nord, où il se montre plus particulièrement responsable des symptômes décrits sur feuilles (criblure) et sur branches (chancre).
- Très voisin du parasite précédent est le Sphaeropsis pseudo-diplodia, qui détermine dans nos régions une craquelure de l’écorce des troncs et rameaux des pom-
- Fig. 12. — Dégâts du Sphaeropsis pseudo-diplodia sur un rameau de poirier.
- (Cliché Chabrolin.)
- miers et poiriers, que nous avons remarquée particulièrement fréquente dans certaines localités ardéchoises (Saint-Peray).
- POURRITURE
- AMERE fjg-. H. — Début de décomposition Cette affection, bien d'une Pêcke sous Vaction du Monilia-connue aussi sous les
- noms de « Bitlerfaiile » ou « Bitter-rot », est due au parasitisme du Gloeosporium fructigenum, champignon très fréquent et assez redoutable aux Etats-Unis, assez commun mais moins dangereux en Europe, où on ne l’observe guère que sur les fruits'conservés au fruitier, presque exclusivement sur les fruits à pépins : pommes, poires, coings, rarement sur pêches, cerises, abricots. Il se comporte comme un parasite de blessure, incapable de perforer la cuticule saine des fruits.
- ALTÉRATIONS DIVERSES
- Le Monilia, ce dangereux parasite des arbres fruitiers, dont nous avons indiqué les méfaits dans une précédente étude, ne limite pas l’exercice de son pouvoir pathogène au verger; il n’est pas rare non plus dans les chargements de fruits et dans les fruitiers, où il est apporté en même temps que ceux des fruits qui étaient déjà contaminés au moment de la cueillette. Si la température et l’état hygroscopique de l’atmosphère se montrent favorables à son évolution, il peut, dans ces conditions, détruire complètement la récolte en l’espace de 24 à 48 heures. Aux Etats-Unis, en 1919, 14 pour 100 du chargement en fruits de 1614 wagons de pêches provenant de 24 Etats différents succombèrent aux néfastes effets du « Brown-rot ».
- De même que le Monilia, le Coryneum, qui s’attaque aux fruits envoie de maturation sur l’arbre, peut continuer son évolution en cours de transport si la tempéra-
- ture lui est propice, sans toutefois s’étendre sur les fruits non lésés.
- Les champignons responsables de la Tavelure sont susceptibles, eux aussi, de se développer au fruitier. Des taches nouvelles se forment par frottement entre elles des pommes et des poires; de petites taches peu importantes à la cueillette s’agrandissent. D’où la nécessité de veiller à n’apporter que des fruits sains aux chambres de conservation.
- Certaines espèces d'Alter-nûria provoquent l’apparition de taches oculiformes, d’un brun pourpre foncé,
- Fig 13. — Tronc de poirier craquelé sous l’action du Sphaeropsis pseudo-diplodia.
- (Cliché Chabrolin.)
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- susceptibles de se généraliser au fruit tout entier. Décrit dès 1905 par Longÿear, sur pommes et poires dans le Michigan, le Colorado et la Californie, ce champignon a été retrouvé, quelques années, plus tard, sur pommes, sous une forme1 quelque peu différente toutefois, en France, par Griffon et Maublanc. Il se montre de même responsable, aux Etats-Unis, d’une pourriture brune des cerises douces et acides, laquelle s’est révélée particulièrement abondante, en 1923, dans les Etats de Washington, Idaho, et Michigan; le champignon peut être inoculé à des fruits blessés et à des fruits non blessés ; les cerises acides et douces montrent les mêmes altérations : rapide décomposition du fruit qui se recouvre en surface d’un revêtement fongique vert-olive. Enfin, Bartholomew a signalé récemment (1926) une pourriture des citrons, due à un Alternaria et causant de très sérieux dégâts en Californie.
- Le Fusicoccum malorum est une espèce récemment découverte en Belgique et en Angleterre (en ce dernier pays, elle se révèle fort nuisible au prunier), où elle détermine une maladie chancreuse des arbres fruitiers; les dommages sont surtout sérieux en pépinières et sur les jeunes arbres.
- Les poires et les pommes ne montrent généralement aucune trace d’altération jusqu’aux environs de la maturité; mais, pendant leur conservation, elles succombent
- souvent aux suites d’une pourriture brune qui est l’œuvre du Fusicoccum malorum. Les prunes et les pêches peuvent, en revanche, être atteintes pendant leur croissance; elles se couvrent de taches décolorées, se rident et meurent.
- Les fruits récoltés sur des poiriers dont les rameaux portent les chancres du Fusarium Wilkommii s’altèrent parfois au cours de leur conservation sous l’action de ce champignon.
- Le Phytophtora cactorum, qui a été rendu responsable de pourritures de rhubarbes, de tulipes et qui peut être inoculé avec succès à des plantules de choux, de haricots, etc..., peut s’attaquer aussi aux pommes, aux fraises; on a de même observé une rapide décomposition de certains fruits sous l’action du Phytophtora omni-vora, parasite aussi polyphage que l’espèce précédente et qui a été rencontré dans les stations les plus diverses et sur les hôtes les plus variés (sur bourgeons de cocotier aux Indes et aux Philippines, sur bourgeons de palmier, noix de coco et d' Areca catechu, gousses de cacaoyer et Hevea des régions tropicales, sur ricin, tabac, rhubarbe et tomate aux Etats-Unis, sur Bryophyllum aux Bermudes, sur Hibiscus et Abaca aux Philippines, sur néflier du Japon en Corse, sur Citrus atteints de gom-mose, etc...). L. Guyot.
- Ingénieur-agronome.
- LE POISSON-CHAT
- QUI PORTE SES ŒUFS DANS SA BOUCHE
- La famille des Siluridés est une des plus vastes de la classe des poissons; ses représentants se rencontrent dans presque la totalité des eaux douces, tropicales et tempérées. Quelques-unes de ces formes fréquentent même la mer, cependant sans s’éloigner beaucoup des côtes, en particulier le genre Arius dont les membres désignés, d’une façon générale, sous le nom de poissons-chats ou catfîshes, sont très répandus dans l’Amérique du Nord.
- Plusieurs espèces de ces poissons-chats sont fort intéressantes, mais nous devons une mention toute spéciale au Felichthys felis que les Yankees appellent Gaff-Topsail, ce qui correspond à la petite voile généralement triangulaire hissée au mât d’artimon au-dessus de la brigantine, que nos marins dénomment « flèches en cul ». M. E. W. Gudger, le savant ichthyologiste américain, a publié naguère une étude très documentée de ce poisson qu’il a bien voulu nous communiquer et que nous allons nous permettre de résumer ici.
- Le Felichthys est un poisson qui ne dépasse guère 40 à 45 cm de longueur. Son corps est médiocrement allongé; la tête est large, aplatie, la bouche entourée de quatre
- barbillons, qui sont les organes du tact, mais qui donnent au poisson un aspect particulier, d’où son nom de chat. L’œil, dont la pupille est verticale et entourée d’un iris rouge, est placé très bas sur le côté de la tête, juste au-dessus de l’insertion du barbillon maxillaire. Ce dernier est plat, très long, il se prolonge presque jusqu’à la base antérieure de la nageoire pelvienne. La nageoire pectorale et la nageoire dorsale sont chacune armée d’une épine acérée; elles se terminent en outre par un long filament, particularités qui distinguent le Felichthys de tous les autres poissons-chats. La coloration est d’un beau bleu argenté, plus foncé sur le dos que sur la tête; le ventre est beaucoup plus clair. Les nageoires sont sombres et teintées de rouge.
- Le Gaff-1 opsail est une forme sub-tropicale; il habite les côtes de l’Atlantique du Sud et du Golfe du Mexique où il abonde dans les eaux saumâtrespour lesquelles il semble avoir une préférence marquée. On le trouve en grande abondance sur les côtes de la Floride où il voyage par bancs assez importants parfois, de sorte qu’il n’est pas rare d’en prendre plusieurs centaines d’un seul coup de filet.
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- Comme ce poisson vit plutôt dans les fonds vaseux, il est difficile de connaître exactement son régime alimentaire, mais, d’après M. Gudger qui a pu élever quelques jeunes spécimens dans son aquarium, il semble se nourrir de petits crustacés et de vers. Nageant à quelques centimètres au-dessus du fond, il laisse pendre ses longs barbillons qui lui servent d’organes taciiles. Dès que ceux-ci lui font connaître la présence d'une proie, il descend, ouvre sa bouche caverneuse pour l’y faire disparaître.
- Tout en étant un poisson de fond, lorsque le Félichthys se sent poursuivi par un filet, il a la singulière habitude de remonter à la surface en laissant dépasser la nageoire dorsale au-dessus de l’eau. C’est précisément cette habitude qui lui vaut son surnom de Gaff-Topsa.il.
- Lorsqu’il est pris dans un filet, il se roule aussitôt sur lui-même et ce faisant il emmêle ses épines dans les mailles. Elles s’enchevêtrent parfois tellement que les pêcheurs sont obligés de briser ses épines ou de couper le filet pour l’en détacher.
- Il ennuie les pêcheurs encore d’une autre façon. Au moment de sa capture il dégage un mucus qui fait pourrir le filet très rapidement. Ce mucus est d’ailleurs si gluant qu’on ne peut s’en débarrasser qu’à force de lavages plusieurs fois répétés.
- Non content d’emmêler ses épines dans le filet et de dégager un mucus fort gênant, le Félichthys proteste encore à sa manière, lorsqu’on le saisit avec la main, en faisant entendre un bruit semblable à un grognement et qui est produit par la vessie natatoire.
- Au point de vue alimentaire, la chair de ce poisson est de bonne qualité, elle rappelle et, nous en parlons d’expérience, celle de la tanche. Il est meilleur quand il est gros que lorsqu’il est petit.
- Il est susceptible, comme tous les poissons de fond, de contracter un goût de vase et il est préférable de le faire dégorger quelque temps en eau claire avant de le consommer.
- Le squelette du hunier vaut également la peine d’être signalé. Nous ne prétendons pas donner l’ostéologie complète de ce squelette, nous attirerons cependant l’attention sur sa surface dorsale qui est cuirassée. Grâce
- Fig . 3. — Œufs de Félichthys, contenant des embryons.
- Fig. 2. — Face ventrale du squelette du Félichthys, montrant la disposition cruciforme.
- à cette cuirasse le poisson a la vie excessivement dure; il faut le frapper vigoureusement sur la tête avant de pouvoir le tuer. Il existe, cependant, un moyen de tuer rapidement la bête : on lui enfonce la lame d’un couteau dans la fente de la ligne médiane antérieure de l’armure osseuse, ce qui permet d’atteindre aisément le cerveau. Cet espace découvert dans la voûte du cerveau, qui porte le nom de fontanelle, est fermé chez les poissons supérieurs et sa présence chez le poisson-chat est une preuve de la place inférieure qu’il occupe dans la classe des poissons.
- Si nous examinons la face ventrale du Félichthys, nous trouvons des structures plus intéressantes encore. D’abord, dans la région postérieure de la tête, de grosses bulles rondes disposées par paires contenant de petits cailloux calcaires, à surface très luisante, les « otolithes » ou « pierres auditives » constituant l’organe de l’ouïe du poisson.
- En dessous et sur le côté de ces bulles, nous voyons une curieuse formation osseuse semblable à un crucifix surmonté de deux petits os semi-circulaires formant comme un halo au-dessus des bras (fig. 2).
- Mais la caractéristique la plus bizarre et la plus originale du hunier c’est l’incubation buccale.
- Le plus souvent, chez la gent aquatique, le développement des petits est laissé au hasard et les parents s’en désintéressent complètement.
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- Fig. 4. — Tête du mâle pendant l’incubation buccale.
- Il n’en est pas de même chez les espèces indiennes et américaines des Siluridés, et, chose tout à fait extraordinaire, c’est plutôt le mâle qui témoigne de la sollicitude pour ses rejetons.
- Fidèle aux traditions de sa famille, le Felichthys mâle se charge du soin des œufs. Ces œufs sont très volumineux : ils ont de 18 à 20 mm de diamètre, mais ils sont peu nombreux, car ils ont grande chance d’arriver à l'éclosion. En effet, dans la bouche de leur père nourricier, ils se trouvent dans des conditions extrêmement favorables de développement : ils sont à l’abri des nombreux ennemis qui né manqueraient pas de les attaquer s’ils étaient abandonnés au sein des eaux, ils se trouvent là dans
- un courant d’eau perpétuellement renouvelée et puisent facilement l’oxygène nécessaire à leur existence.
- • Dès que la femelle a terminé la ponte, le mâle enlève les œufs pour les placer dans sa bouche, contre ses joues qui se gonflent d’une manière étrange. Quoiqu’ils ne soient maintenus par aucune membrane, ni par une matière gommeuse ou glaireuse quelconque, ces œufs tiennent néanmoins très bien dans leur « refuge ». L’animal ne les lâche jamais, tant qu’il est dans l’eau.
- Dans cette singulière couveuse, les œufs subissent en quelques jours toutes leurs métamorphoses. Les alevins — ils peuvent être au nombre de vingt à trente — grossissent rapidement et paraissent bien gênés dans leur étroite prison. Ils y restent néanmoins, pressés les uns contre les autres, comme les grains d’une grenade mûre. La bouche du père est alors tellement distendue par la présence de sa progéniture que les mâchoires ne peuvent absolument plus se rapprocher et l’animal présente alors un aspect des plus bizarres. Quelques jeunes arrivés à l’état parfait continuent à vivre et à se développer au milieu des feuillets branchiaux. Les autres ont tous la tête dirigée vers l’ouverture buccale du père et ne quittent cette cavité protectrice que lorsqu’ils sont assez forts et assez agiles pour échapper facilement à leurs nombreux ennemis.
- Quant au mâle, il jeûne durant toute la période du développement des petits, vivant probablement aux dépens des réserves graisseuses accumulées à l’avance en diverses régions de son corps et nous offrant ainsi un touchant exemple d’instinct paternel assez rare dans le monde aquatique, instinct dans lequel il ne faut pas voir une simple banalité de faits, mais un acte nécessaire à la conservation de l’espèce. L. Kuentz.
- : LES ASPECTS DE VÉNUS
- Bien que d’une observation très facile, en raison de ses dimensions apparentes, Vénus ne présente à sa surface aucun détail s’imposant franchement au regard; elle semble rebelle à l’investigation, et les résultats qui ont été obtenus à son égard sont tout à fait contradictoires au premier abord.
- Divers astronomes ont distingué des taches ou confia gurations, avec une certitude qui leur a paru suffisante pour en tirer des conclusions précises sur la « géographie v de ce monde et sur son mouvement de rotation, mouvement qui s’effectuerait^ selon Cassini, Schrœter, De Vico et leurs successeurs modernes, dans un temps voisin de celui du jour terrestre; cependant Bianchini, en 1727, détermina une durée de rotation plus longue, de 25 jours environ. D’autres, Schiaparelli le premier (1877-78), ont estimé au contraire que la rotation de Vénus s’accomplit dans le .même temps que sa révolution autour du Soleil; vers lequel son globe présenterait ainsi toujours la même face. Enfin les partisans de l'un ou l’autre cas reproduisent volontiers des aspects de la surface,quelquefois,assez, différenciés pour ne pouvoir supporter la comparaison. Ces divergences.surprenantes ont pu faire croire que chacun voit et interprète à sa
- façon des aspects dont la difficile visibilité et l’imprécision sont si. notoires qu’on les a parfois qualifiés d’illusions; mais comme, malgré tout, d’incontestables concordances se rencontrent aussi sur des dessins parfaitement indépendants, il devient difficile de nier certaines réalités. Nous devons donc rechercher la cause du désaccord général; et les observations de Vénus que j’ai pu effectuer de 1892 à 1927 paraissant devoir fournir quelques explications à cet égard, j’en résumerai brièvement ici les principales conclusions.
- On sait que cette planète se présente dans des conditions très variées par suite de sa situation par rapport à la Terre et au Soleil qui l’illumine ; les diverses positions qu’elle occupe ainsi dans l’espace déterminent à nos yeux des variations du diamètre apparent et des phases d'éclairement de son globe, tout à fait semblables à celles de la Lune.
- Le plus souvent, la surface illuminée apparaît à première vue uniforme, abstraction faite de la dégradation d’intensité lumineuse vers le terminateur de la phase ; cependant une attention soutenue permet en général de deviner la présence de vagues maculatures, à peine accusées, dont les contours ne peuvent être définis. Mais parfois ces
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- impressions semblent plus satisfaisantes pour l'œil, et on distingue alors de grands estompages grisâtres, ainsi que des régions plus claires que le ton général de la planète (fig. 1). Plus rarement se reconnaissent de pâles taches assez bien délimitées (fig. 2). Dans d’autres circonstances enfin, des apparences plus complexes se laissent apercevoir comme de vastes régions inégalement assombries, réunies par des traînées et formant un ensemble capable de donner l’impression de configurations géographiques (fig. 3). Notons que pour la représentation de ces aspects, on ne peut éviter d’en exagérer fortement les contrastes sur les dessins, surtout en vue de leur reproduction typographique.
- L’examen de la série de mes observations mettant en évidence ces divers aspects généraux de Vénus, dont quelques types sont représentés ici, conduit à admettre en première conclusion que, d'une époque à Vautre, les détails visibles n’offrent plus les mêmes caractères, ou se montrent sous des apparences différentes. Il semble que l’on puisse trouver là une explication du désaccord régnant à propos des aspects figurés et de leur non-similitude, attribuée trop exclusivement peut-être à des divergences d’appréciation et d’interprétation individuelles : ces causes ne peuvent guère être invoquées lorsqu’il s’agit d’observations effectuées par un même œil, et à l’aide d’un même instrument.
- D’autre part, de la comparaison des aspects variés que j’ai pu reconnaître, il ressort que certains d’entre eux offrent une grande analogie, voire une identité presque complète, avec nombre de ceux qui ont été donnés par les divers observateurs et à des époques très différentes. Une deuxième conclusion semble s’imposer, c’est que ces aspects peuvent se renouveler au moins dans leur allure principale, sans doute par suite de circonstances dont les lois ou la périodicité nouséchappent encore. Citons comme exemple les taches arrondies visibles sur la figure 2, b-, elles se retrouvent toutes pareilles sur un autre de mes dessins, du 25 mars 1903, et rappellent presque exactement celles qu’aperçut De Vico en 1839; de même les configurations de juillet-août 1897 (fig. 3), ressemblent étrangement à celles de la carte publiée parNiesten, en 1891, etc. Quant à ces apparences, considérées en général, elles sont tantôt fugitives, tantôt persistantes pendant une durée plus ou moins prolongée. Plus logiquement qu’à des configurations permanentes, appartenanten propre à une surface solide, il faut les attribuer aux conséquences de phénomènes capables de se manifester au sein de l’importante atmosphère que l’on sait exister autour de Vénus. La mise en cause de cette atmosphère n’est pas neuve d’ailleurs, et l’on a admis que nous apercevons seulement les couches extérieures d’une enveloppe aérienne assez épaisse et assez troublée pour dérober la vue du sol de la planète; en un mot, nous ne verrions que d’inégaux jeux de lumière sur
- ni =
- une surface nuageuse plus ou moins homogène. Les particularités observables incitent à rechercher une explication moins simpliste et à faire intervenir des causes multiples.
- Une couche atmosphérique est susceptible de présenter des modifications dans son état, se traduisant à nos yeux par des lacunes ou changements de constitution, dans certains cas en corrélation avec la nature du sol sous-jacent, ce qui pourrait peut-être expliquer la réapparition de mêmes apparences. Nous savons par expérience que sur la Terre une liaison manifeste existe entre les éléments géographiques et les conditions météorologiques. Sans vouloir entrer dans des précisions, que rien n’autorise encore sûrement, on peut cependant remarquer que les contours de certaines maculatures visibles sur Vénus offrent quelque analogie avec l’allure de ces courbes qui, sur des cartes térrestres, matérialisent la distribution des pressions et de la nébulosité. De toute façon nous devons admettre que les apparences remarquées se rapportent à dés troubles variés prenant naissance dans un milieu aérien, sans doute à des niveaux différents; par le degré d’obliquité des rayons solaires illuminant ce milieu, s’expliquent également certaines particularités, comme le manque de régularité géométrique de la limite de la phase, que déforme parfois
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- = *28
- certaines saillies ou retraits correspondant à des inégalités de teintes. Enfin ceriaines transparences peuvent laisser entrevoir partiellement le sol. Il resterait maintenant à pouvoir faire la part de chacun de ces effets, qui se confondent par superposition.
- Si l’on entrevoit la possibilité de concevoir ainsi la raison des variations de l’aspect général, on peut essayer également d’interpréter de même les divergences relatives à la rotation.
- Là encore, certaines de mes observations révèlent des déplacements causés par un mouvement relativement rapide; d’autres, par l’apparente immobilité des détails, se rapportent à la rotation lente de Schiaparelli. Il n’est pas impossible que ces faits puissent être rattachés aux complexes phénomènes envisagés; par exemple la succession d'effets sensiblement analogues se reproduisant pendant un temps quelconque, sous l’influence de certaines conditions provoquées par l’incidence des radiations solaires. Ainsi, on pourrait supposer un état déterminé se maintenant par renouvellement, au fur et à mesure que la rotation amène successivement chaque point à venir occuper la même situation relative, ou le même angle, par rapport au Soleil ; que de cette conséquence prenne naissance une particularité visible dans l’enveloppe atmosphérique, il en résultera une formation occupant une position en apparence immuable sur le globe, tant que durera l’état météorologique favorable à cette réalisation. Etant donné la difficile visibilité et l’imprécision des détails observables, il suffirait qu’une telle formation ainsi
- renouvelée conserve seulement son allure générale pour qu’on l’assimile à une tache unique etinvariable. Ces phénomènes,compliquésdes mouvements généraux de la masse aérienne (certainement considérables sur ce monde plus échauffé que le nôtre, puisque le Soleil en est plus voisin), doivent avoir leur influence sur la détermination de la durée réelle de la rotation. A cet égard, sur certains de mes dessins (décembre 1893 et juillet-août 1897) des déplacements évidents se constatent, dont l’ampleur se rapporterait à un mouvement s’effectuant dans un temps voisin de 44 heures, chiffre cité ici, bien entendu, à titre tout documentaire.
- En somme, et en raison de quelques autres particularités que le caractère sommaire de ces lignes ne permet pas de développer, la balance semble plutôt pencher en faveur de la rotation relativement rapide, rendue seulement sensible à notre appréciation par quelques effets transitoires.
- Ainsi, à bien des égards, l’étude de Vénus, décourageante dès l’abord, est des plus importantes à poursuivre systématiquement; et rappelons qu’elle est accessible aux modestes instruments astronomiques, car les pâles détails qui se distinguent sur cette planètç semblent parfois plus accusés lorsque l’image télescopique est peu amplifiée, ce qui condense en quelque sorte ces apparences diffuses. Il importe donc de souligner l’intérêt que présente notre belle voisine céleste, à l’époque où elle apparaît dans les meilleures conditions de visibilité.
- Lucien RudAUX. (Observatoire de Donville.)
- Fig. 2. — Aspect général des taches de Vénus, a, 15 septembre 1892, 5» 15; b, 28 juillet 1893, 20»; c, 4 mai 1927, 20h 15.
- Fig. 3. — Aspect général des taches étendues et complexes, donnant l’impression de configurations géographiques sur Vénus. Les fig. b et ' c montrent un déplacement sensible des taches,
- a, 7 décembre 1893, 16h; b, 17 juillet 1897, 3h et b’ à 7h 20 ; c, 3 août 1807, 7h 30 et c’ à 111' 40.
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- HORAIRE ACTUEL DES ÉMISSIONS
- DE LA TOUR EIFFEL
- La qualité des émissions de la Tour Eiffel a été récemment améliorée, comme no3 lecteurs ont sans doute pu le constater, et cette station, par la diversité et Futilité de ses transmissions, demeure toujours la première station natio-
- nale, de même qu’elle a été chronologiquement le premier poste émetteur français.
- Il est donc intéressant de donner à nouveau ci-dessous son horaire actuel pour répondre à lajdemandede nombreux abonnés.
- Heures T. M. G. NATURE DES ÉMISSIONS LONGUEUR d’onde SYSTÈME d’émission ANTENNE UTILISÉE OBSERVATIONS
- 0130 Trafic avec Beyrouth. 73 m. 50 Lampes P. A.
- 0220 à 0230 Météo France, Suisse, Hollande. 2650 m. G. A.
- 0330 à 0350 Météo Le Verrier. 73 m. 50 P. A4V.
- 0415 à 0420 Appels Marine. 2650 "m. G. A.
- 0450 à 0500 Météo. Premier avis de la matinée. 2650 m. Ï M. A. Sauf dimanches.
- 0542 à 0550 Météo Phiserar. 2650'm. ' M. A.
- 0620 à 0650 Météo Europe, Amérique, Atlantique. 7200 m. G. A.
- 0630 à 0650 Téléphonie. — Prévisions météorologiques. 2650 m. M. A.
- 0700 à 0705 Appels Marine. 2650;m. —. M. A.
- 0742 à 0750 Météo Phiserar. 2650 mu M. A.
- 0756 à 0808 Signaux horaires. 32 m. 50 — OCDJ Issy-les-Mouli-
- 0820 à 0835 Météo France, Belgique, Suisse, Hollande. Téléphonie. — Prévisions météorologiques. 7200 m. G. A. neaux.
- 0835 à 0845 2650 m. .— f M. A.
- 0845 à 0905 Météo Atlantique, Navires Syrie. 7200 m. — G. A.
- 0905 à 0907 Appels Prague. 7200 m. — G. A.
- 0926 à 0938 Signaux horaires. 2650 m. Amort. G. A.
- 0945 à 1000 Météo Europe, Sismo Strasbourg. 7 200 m. ou modulée Lampes G. A.
- 1042 à 1050 Météo Phiserar. 2650 m. 32 m. 50 2100 m. — M. A. P. A.— OCDJ Issy-les-Moulineaux. Par YA Issy-les-Mou-
- 1120 à 1145 1150 à- 1200 Téléphonie. — Annonce de l’heure, prévisions météorologiques. Cours du coton et du café. Cours du poisson aux Halles Centrales. Météo. Prévisions techniques. 2650 m. 2650 m. — G. A. M. A. lineaux. Sauf lundis.
- 1150 à 1205 1er et 15 de chaque mois. Ondes étalonnées. 5000 m. Arc G. A.
- 1200 à 1600 Téléphonie.— Relais. Ecole supérieure des P. T. T. 7000 m. 2650 m. Lampes M. A.
- 1420 à 1435 Météo France. 7200 m. G. A.
- 1515 à 1530 1600 à 1625 1600 à 1620 Météo Europe Atlantique. Téléphonie — Cours de Bourse, changes, rentes, valeurs, cours des métaux. Météo Europe, Atlantique, Syrie. 32 m. 50 2650 m. 6000 m. Lampes ou.arc G. A. Cours des métaux, samedis seulement Par YG, Saint-Pierre-
- 1700 à 1705 Appels Marine. 2650 m. Lampes M. A. des-Corps.
- 1715 à 1732 Météo Amérique, Atlantique. 2650 m. G. A Sauf sam.etdimanches.
- 1745 à 1910 Téléphonie. — Journal parlé. 2650 m. — G. A.
- 1910 à 1920 1930 à 2100 Téléphonie. — Prévisions météorologiques régionales. Téléphonie. — Radio-concert.. Université. 2650 m. 2650 m. — G. A. G. A.
- 1920 à 1935 Météo France. 6000 m. — Transmis par Saint-
- 1956 à 2008 Signaux horaires. 32 m. 50 . , Pierre-des-Gorps. OCDJ lssy-les-Mouli-
- 2100 à 2120 Météo Europe, Atlantique, Syrie, Amérique du Sud. 7200 m. G. A. neaux.
- 2226 à 2238 Signaux horaires. 2650 m . Modulée G., A. - • ' T - .•
- 2250 à 2320 Météo Maury. ' _ ^ 73 m. 50 ou amort. Lampes P. A..““ 1 . * - • ' ; -
- 2310 à 2320 Téléphonie. — Renseignements météorologiques 32 m. 50 G. A. G. A. Par OCDJ Iésy-les-Môu-; lineaux.
- 2340 à 2350 généraux et prévisions. Météo. Prévisions techniques. 2650 m. 2650 m.b —— - ; •
- 2320 à fin trafic. Trafic avèc Beyrouth. 73 m. 50 l P. A.i i.
- NOTA. — Les intervalles disponibles sont : - ' ’
- 1° Sur 7200 m a la disposition du B. G. R. de l’Administration des P. T. T. pour transmissions prévues avec divers postes européens HB, IIAR, AXK, HFB, FF, SPT, etc. ; '
- 2° Sur 2650 m éventuellement et suivant pour toutes retransmissions radiophoniques;
- 3° Ondes étalonnées le leret lé 15 de chaque mois, de : Heures : 11,50 à 11,51, série de lettres A, sur 5000 mètres. — 11,51 à 11,54, trait continu sür 5000 mètres; —7 12,00 à 12,01,: série de lettres B sur 7Ô00 mètres. —12,01 à 12,04, trait continu jsur 7000"mètres.
- La longueur d’onde des émissions radiophoniques a, d’ailleurs, été abaissée à 1485 mètres depuis le'début de janvier 1029. Ce choix a suscité de telles réclamations qu’on ne-sait encore s’il restera définitif, et, en tout cas, l’horaire sera modifié pour éviter, de gêner la réception des autres émissions sur longueurs d’onde voisines. ' : ~~.r
- possibilités à la dispositioiùdu service de Radiodiffusion de l’Administration des P. T. ï.
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- UN JEU NATIONAL JAPONAIS
- RÈGLES DU JEU DE GO (1)
- Pour un véritable sportif, un jeu n’existe réellement que lorsqu’il est codifié et que les règles ont été approuvées par les associations compétentes. Quelques-uns de nos lecteurs seront peut être satisfaits d’apprendre que le Go n’a rien à envier à cet égard aux jeux les plus classiques. Il existe au Japon une véritable confrérie de professionnels du Go, qui gagnent leur vie en donnant des leçons payées, et entretiennent leur renommée par des compétitions publiques dont les résultats ont pour eux une grande importance, des victoires répétées leur permettant d’augmenter à la fois le nombre de leurs élèves et le prix de leurs leçons. C’est à ces professionnels que le Go doit d’avoir conservé ce caractère à demi secret qui décourage les Européens d’en approfondir les mystères. Ils ont réussi à faire admettre que le Go est un jeu très difficile, dont la pratique nécessite de longues études sous la direction d’excellents professeurs. Ils ont grand soin, dans leurs leçons, de ne jamais exposer, ainsi que l’avait fait pour nous M. Ly, les principes généraux du jeu, mais de se borner à l’enseignement de coups particuliers. Ce mode d’enseignement a l’avantage de pouvoir indéfiniment se prolonger. Il est de doctrine courante que l’on peut étudier le Go pendant vingt ans et avoir encore beaucoup à apprendre. Cela est vrai, car le grand nombre des cases permet une variété quasi infinie de combinaisons. Les élèves, qui ont en général une mémoire excellente développée par l’étude des caractères chinois, réussissent à retenir par cœur des séries
- 1. La Nature, n°* 2798 et suivants.
- comprenant une douzaine de coups successifs joués par chacun des joueurs, et aboutissant à assurera l’un d’eux un certain avantage dans le coin du damier où l’on opère. Quand ils connaissent un grand nombre de ces séries, il arrive assez souvent que, dans le courant d’une partie, ils reconnaissent le commencement de l’une d’entre elles, ce qui leur permet de jouer les quelques coups suivants de mémoire, sans réfléchir. L’idéal serait pour eux de pouvoir ainsi jouer chaque pion, de mémoire, et sans savoir pourquoi. On comprend que cela nécessite de longues études; et l’on comprend aussi pourquoi nous avons dit, dans un entretien précédent, que le jeu était d’autant plus intéressant que, ne sachant pas bien le jouer, on était obligé de réfléchir davantage.
- Quoi qu’il en soit, nous allons donner les règles classiques du jeu de Go, d’après M. de Havilland qui, dans son ouvrage JBC of Go, en a donné le texte en anglais sous la dictée de son professeur M. Yoshida.
- Règles du Jeu.
- 1) Le Jeu est placé de telle façon que ses petits côtés soient immédiatement devant chaque joueur.
- 2) Les jetons sont placés sur les points d’intersection des lignes. Ils ne sont jamais déplacés d’un point à l’autre, sauf à la fin de la partie, pour faciliter le décompte.
- 3) Pour savoir qui jouera le premier, un des joueurs prend en main une poignée de jetons et demande à son adversaire d’appeler : Pair ou Impair. Celui qui a deviné juste prend
- les noirs et joue le premier, à moinsj qu’il n’abandonne à l’autre cet avantage.
- 4) Les Noirs jouent les premiers, à moins que leur adversaire ne leur rende des pions. Dans ce cas les Blancs jouent d’abord et la règle N° 3 n’est pas appliquée.
- Les deux joueurs jouent alternativement.
- 5) Les pions rendus sont mis en place avant le début de la partie. Chacun des gros points marqués sur le jeu peut être ainsi occupé ; mais on n’occupe le point central que lorsque le nombre des pions rendus est cinq, sept, neuf, ou davantage.
- 6) Après quatre (ou parfois trois) défaites consécutives, le handicap du perdant est augmenté d’un point, c’est-à-dire qu’on lui rend un pion de plus.
- Si le joueur avantagé remporte trois victoires successives, son handicap est diminué d’un point.
- Si les Noirs sont battus successivement trois fois à jeu égal, les Blancs leur rendent deux pions pour la partie suivante, et jouent les premiers.
- 7) La capture d’un certain nombre de pièces ennemies s’effectue en formant autour d’elles un cordon de telle sorte qu’il ne reste plus qu’une seule case inoccupée à remplir avant de les enlever. Un joueur, pour enlever les prisonniers (HAMA), peut entrer dans un œil, à la seule condition que son cordon soit Complet, et qu’il n’existe à l’intérieur aucune autre case libre.
- 8) Cependant que, d’après la marche du jeu, l’enlèvement immédiat des HAMA peut être nécessaire en certains endroits, leur enlèvement
- Fig. 1. — Système de notation du jeu de Go, d'apres M. de Havilland.
- .8 8 7 6' D 3 + 3 2 Noirs 0 8 8 7 £ c >5 4 3 8 I
- 2 2
- 3 3
- 4 4
- 5 5
- 6 6
- 7 7
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- 9 9
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- 9 3
- 8 8
- 7 .7
- 6 6
- 5 5
- 4 - 4
- 3 3
- 2 2
- 1 1
- 2 £ L l £ 7 8 £ 0 £ 8 7 e 5 > v £ 2
- A Blancs B
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- total n’est pas obligatoire avant la fin de la partie. On y procède alors avant de ranger les pions pour dénombrer les cases vides.
- 9) Dans la position appelée KO un joueur ne peut réitérer le coup qu’il vient de jouer avant d’avoir posé une pièce quelque part ailleurs.
- 10) En arrangeant le Jeu pour compter les points, les adversaires doivent commencer par remplir les espaces demeurés libres entre les deux armées en y plaçant alternativement un pion de chaque espèce. Cette règle ne s’applique pas aux régions neutres appelées SEKI.
- 11) Avant de compter les points, il faut enlever tous les H A M A et les placer dans les régions de leur couleur, en déduction des espaces libres.
- 12) Pour compter les points, les Blancs mettent en ordre le territoire des Noirs, et réciproquement.
- Les codes ne sont généralement pas d’une lecture facile, et nos lecteurs peuvent voir que le code du Go ne fait pas exception à la règle. Nous nous excusons de leur avoir imposé celte lecture pénible, mais il était indispensable de mettre ce document précis à la disposition de ceux qui seraient tentés, à l’exemple des Japonais, de considérer le Go comme un sport.*
- Avant de revenir à l’étude intellectuelle du jeu, sous la direction de M. Ly, nous allons extraire de l’ouvrage de M. de Iiavilland quelques détails pittoresques qui nous feront peut-être oublier l’aridité des règles.
- Bien des étrangers ont été souvent surpris de la patience des joueurs de Go et l’observateur occasionnel est bien incapable de comprendre, soit le but du jeu, soit le plaisir que l’on y peut trouver. Nos amis japonais, pour tout renseignement, nous informent que le jeu, est d’une nature très compliquée et qu'il est très difficile de le faire comprendre par une simple description ou même une démonstration. Ils ajoutent que le jeu est hautement intellectuel et permet de déployer, au mieux, l’habileté stratégique que chacun peut posséder.
- Au commencement du jeu la politesse innée des Japonais se manifeste à un degré remarquable.
- Aussitôt que les joueurs ont pris place vis-à-vis l’un de l’autre, commence entre eux une discussion pour savoir qui prendra les blancs. Chacun désire, ou semble désirer, prendre les noirs, avouant ainsi, par courtoisie, son infériorité sur l’adversaire. Si, grâce à ces véhémentes protestations d’infériorité, aucun des joueurs ne veut se laisser convaincre de prendre les blancs, on applique la règle 3, en tirant à pair ou impair.
- Les assistants sont invités à ne pas faire de commentaires sur le jeu.
- On considère comme impoli d’occuper au premier coup le point central du damier.
- Enfin un joueur ne doit pas tirer avantage d’une étourderie de son adversaire, mais esssayer de gagner par la supériorité de sa stratégie. Non seulement il doit prévenir par le mot ATARI quand il menace une ou plusieurs pièces que l’adversaire peut défendre, mais encore il lui arrive souvent de faire remarquer à son adversaire un coup faible, joué par étourderie, et de l’autoriser à le recommencer. Il faut pour que la gloire du vainqueur soit complète, qu’il ne laisse à l’adversaire battu aucun moyen d’échapper à son malheureux sort.
- Système de notation du Go.
- Pour permettre d’expliquer certaines positions ou certains coups sans avoir le jeu sous les yeux et sans multiplier indéfiniment le nombre des figures, il est indispensable de donner
- 2. — Système de notation plus rationnel.
- un numéro à chacune des cases du jeu. Nous donnons sur la figure 1 le mode de numération adopté par M. de Iiavilland.
- Ce système ne semblera pas, aux lecteurs européens, très logique; mais, tel qu’il est, il offre l’avantage d’avoir été déjà employé, et de permettre la lecture d’ouvrages existants.
- Le jeu est divisé en quatre sections représentées par les lettres A B C D.
- Dans chaque section les lignes et les colonnes sont numérotées de 1 à 10 (ou zéro).
- Pour désigner une case on indique :
- 1° la section ;
- 2° la colonne ;
- 3° la ligne.
- Ainsi, pour désigner les cases marquées d’une tache noire (sur lesquelles on place les pièces de handicap), on dira :
- A. 4 - 4
- B. 6 - 4
- C. 4 - 4
- D. 6 - 4
- La division du jeu en quatre sections est logique. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est de donner des numéros différents à la même colonne dans les deux sections D et A, ou C et B, quelle traverse.
- Nous ne savons pas si M. de Havilland a inventé ce mode de numération, ou s’il l’a emprunté à des auteurs japonais ou chinois. Nous pensons, jusqu’à preuve du contraire, qu’il n’aurait pas l’approbation de M. Ly.
- Quoi qu’il en soit, s’il se trouve parmi nos lecteurs quelques personnes désirant pratiquer le Jeu de Go et se faire connaître l’une à l’autre les coups intéressants qu’elles ne manqueront pas de rencontrer, nous leur conseillons d’adopter la notation plus symétrique indiquée dans la figure n° 2.
- Comm1 Lancelin.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN MARS 1929 (*)
- En cette époque de l’année, le ciel étoilé est toujours richement constellé, mais les brillantes étoiles qui, pendant tout l’hiver, occupaient la région du méridien, descendent à présent vers le couchant, et le ciel d’hiver va disparaître. La carte céleste que nous donnons ici confirme cet aspect. L’ouest est marqué par les éclatantes constellations d’Orion, du Taureau, du Cocher, des Gémeaux, du Petit et du Grand Chien. Il y a là un splendide rassemblement d’étoiles de première grandeur, que complète en ce moment la planète Mars, avec sa coloration rougeâtre.
- A l’opposé, la nuit est moins illuminée, seuls Arcturus, du Bouvieret l’Epi, de laYierge, attirent l’attention. Mais à l’horizon nord-est, comme deux phares lointains, a du Cygne et Véga de la Lyre an-noncentl’arrivée des constellations d’été. Ainsi, sans arrêt, refletdenotre mouvement autour du Soleil, l’aspect changeant des constellations nous rappelle la lente et majestueuse évolution des astres, des êtres et des choses.
- Ajoutons, pour répondre à une question qui nous a été posée, que pour utiliser ces cartes rondes, il faut les placer horizontalement, presque au-dessus de sa tête, en faisant coïncider la partie du tour de la carte avec le point de l’horizon que l’on a devant soi.
- Ainsi si l’on regarde au Sud, on s’arrangera pour que le mot « Sud » soit au^basjde la carte. L’aspect du ciel est alors celui que reproduit la carte dans la position où on la tient.
- I. Soleil. — Et voici le printemps ! Le Soleil en ce mois de mars, remonte rapidement vers l’hémisphère nord. Sa déclinaison , de — 7° 40' le 1er atteint J-)-4° 4' le 31. De négative, elle devient positive le 21. C’est le moment de l’équinoxe du printc mps. qui se produira, exactement, le 21 mars, à 8h. La durée du jour croît avec la déclinaison du Soleil. Elle passera de 10*57“le 1er à 12h 45“ le 31.
- Le tableau ci-dessous donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du Soleil au méridien de
- Paris : Dates. Heures du passage. Dates. Heures du passage.
- Mars 1er 12h 3“ 10* Mars 17 11* 59“ 12*
- — 3 12* 2” 46* — 19 11* 58“ 37»
- — 5 12* 2“ 20* — 21 11* 58“ 1»
- —. 7 12* 1“ 52* — 23 11* 57” 24*
- _ 9 12* 1“ 22* — 25 11* 56“ 48*
- — 11 12* 0“ 51* — 27 11* 56“ 11*
- — 13 12* 0“ 19* — 29 11* 55” 34»
- — 15 llh 59“ 46s — 31 11* 54” 58»
- L’ombre d’un fil à plomb, aux dates et heures ci-dessus, indique exactement la direction du méridien.
- Lumière zodiacale. — Voici la période favorable, par excellence, pour l’observation de la lumière zodiacale, en nos régions du moins. Cette observation est particulièrement intéressante et facile à faire. A la nuit complète, loin des lumières artificielles et en l’absence du clair de Lune, la lumière zodiacale apparaît comme un cône lumineux diffus, étendu dans le zodiaque. Le cône s’étend à une grande distance du Soleil en s’affaiblissant'progressivement. On tracera ses contours rapportés aux étoiles visibles et on évaluera
- l’intensité des diverses parties de la lueur. A cette époque, on remarquera que le contour austral est plus net que le contour boréal. La couleur est jaunâtre, surtout quand on la compare à celle de la Voie lactée.
- L’époque la plus favorable pour observer la lumière zodiacale s’étendra du 3 au 13 mars, période de la Nouvelle Lune.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mars, seront les suivantes :
- D. Q. le 3, à 11* 9“
- N. L. le 11, à 8b 37“
- Q. le 18, à 7*41“
- P. L. le 25, à 7*46“
- Age de la Lune, le 1er mars, à 0* = 19J,3; le 12 mars, à 0h = OJ,6. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 12.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mars : le 5 = — 26° 43’; le 19=-J- 26° 50’. Onremarqueralatrès grande hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon le 19, lors de son passage au méridien, à 19h 25m, peu après le Premier Quartier.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 4 mars, à 5*. Parallaxe = 54' 14". Distance =404 320 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la terre), le 17 mars, à 14*. Parallaxe =59’15". Distance =370 090 km.
- Observer la lumière cendrée de la Lune les 14, 15 et 16 mars.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le le‘ mars, occultation de 8 Balance (gr. 5,4), de 0*19“ à 1*30”; occultation de a Balance (gr. 2,7), de 0h 28“ à lh 39“.
- Cette occultation de a Balance sera particulièrement intéressante à observer. La Lune sera levée depuis la veille, à 23h 10m, elle sera encore assez basse sur l’horizon. La
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0* à 24h à partir de minuit (0*).
- Fig. 1. — Aspect du. ciel étoilé le 1er mars, à 2S]' ou le 15 jjiars, à 22''.
- Sur cette carte on a figuré la position de la planète Mars le 1er mars et le lor avril. La ligne en traits interrompus indique le déplacement de cette planète entre ces dates.
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- phase sera celle qui précède, de deux jours, le Dernier Quartier. La disparition aura lieu derrière le limbe éclairé et la réapparition derrière la partie obscure.
- Cette occultation pourra être suivie avec les plus petits instruments.
- Le 16, occultation de * Taureau (gr. 4,1), de 22h33” à 23h2l"\ — Occultation de 67 Taureau (gr. 5,4), de 22h 41“ à 23h13”.
- Le 17, occultation de 118 Taureau (gr. 5,4), de 23h 37'" à 0b 30“ le 18.
- Le 22, occultation de 42 Lion (gr. 6,1), de 19'114“ à 19h 49”.
- Le 26, occultation de m Vierge (gr. 5,2), de 2lh 57 à 23h 5”.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront du 11 au 15, à l’époque de la Nouvelle Lune et du 24 au 28, au moment de la Pleine Lune
- Voici les coefficients de quelques-unes de ces plus fortes marées :
- Dalcs. Matin. Soir. Dates. Malin. Soir.
- Mars 11 0,88 0,93 Mars 24 • 0,89 0,94
- — 12 0,97 1,00 — 25 0,97 0,99
- — 13 1,01 1,01 — 26 1,00 1,00
- — 14 1,00 0,98 — 27 0,98 0,95
- — 15 0,95 0,90 - 28 0,92 0,87
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1929, contient les principaux renseignements pour observer les planètes les plus importantes du système solaire pendant le mois de mars 1929 et pour les rechercher surJLe ciel.
- lumière. Dans les lunettes et télescopes, Vénus apparaît sous la forme d’un croissant analogue au croissant lunaire, un peu avant le premier quartier.
- Venus atteindra son plus grand éclat le 18 mars. Voici
- d’ailleurs la phase en mars. et l’éclat stellaire de cette belle planète
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire
- Mars 2 0,38 -4,2
- — 7 0,34 CO 1
- — 12 0,30 -4,3
- — 17 0,26 — 4,3
- — 22 0,21 — 4,2
- — 27 0,17 -4,2
- Rappelons ici l’extrême difficulté de l’observation des taches bien pâles, que l’on voit parfois sur Vénus.
- Mars s’éloigne et son diamètre devienL trop petit pour les instruments moyens. D’intéressantes observations ont été faites récemment à l’Observatoire de Meudon, par M. E.-M. Antoniadi. On en trouvera l’exposé dans le dernier numéro de L’Astronomie.
- Mars sera en quadrature orientale avec le Soleil, le 28 mars, à 5h.
- Jupiter disparaît à l’Ouest. On pourra encore l’observer, dès la fin du crépuscule. Les plus petits instruments suffisent, aussi bien pour reconnaître les bandes de la surface que poursuivre les curieux phénomènes produits par la révolution des satellites autour de la planète. Voici ci-contre (p. 134) les quelques phénomènes que l’on pourra observer ce mois-ci.
- Saturne reparaît le matin, et l’on pourra l’observer avant
- ASTRE Dates : MARS Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 6h 27“ 12h 2”20* 17h ggm 23h 3“ — 6° 6' 32' 18"0 Verseau
- Soleil . . . .< 15 6 7 11 59 46 17 54 23 40 — 2 13 32 12,0 Verseau > »
- 25 5 46 11 56 48 18 9 0 16 + 1 44 32 7,2 Poissons
- 5 5 34 10 19 15 4 21 17 — 16 14 7,0 t Capricorne Le matin, au début du mois.
- Mercure . . . 15 5 29 10 28 15 27 22 5 — 13 35 6,2 Capricorne * Plus grande élongation
- 25 5 23 10 45 16 8 23 2 — 8 44 5,6 9 Verseau le 4.
- 5 7 26 14 38 21 49 1 37 + 14 29 33,2 r\ Poissons
- Vénus . . . .< 15 6 51 14 20 21 49 1 59 + 17 53 38,4 Y Bélier , ^Admirable, dès le coucher
- 25 6 10 13 52 21 35 2 12 + 20 12 45,0 a Bélier du Soleil.
- 5 10 31 18' 50 3 10 5 51 + 26 7 8,6 (3 Taureau j
- Mars 15 10 9 18 27 2 46 6 7 + 25 58 7,8 P Gémeaux Dès l’arrivée de la nuit.
- 25 9 50 18 6 2 23 6 25 + 25 41 7,2 p. Gémeaux
- Jupiter. . . . 15 7 42 14 50 21 58 2 30 + 13 49 32,6 [j. Baleine Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . . . 15 2 9- 6 21 10 33 18 0 — 22 16 14,8 p. Sagittaire Avant l’aurore.
- Uranus. . ; . 15 6 34 12 45 18 57 0 25 + 20 3,2 10 Poissons Inobservable.
- Neptune. . . 15 15 25 22 25 5 25 10 7 + 12 16 2,4 a Lion Presque toute la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Mercure sera visible le matin, au début du mois, en d’assez mauvaises conditions d’ailleurs sous nos latitudes. Il atteindra sa plus grande élongation du matin le 4 mars, à 23h, à 27°14' à l’Ouest du Soleil. On pourra le rechercher 4 ou 5 jours, avant ou après le 4 mars.
- Vénus brille d’un magnifique éclat, le soir, dès le crépuscule. Inutile de donner des explications pour la trouver. Elle s’impose à tous les regards par son éblouissante et pure
- l’aurore. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 21 mars, à 8h. Voici les éléments de l’anneau à la date du
- 14 mars.
- Grand axe extérieur............................. 37'', 11
- Petit axe extérieur................ 16",44
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................-j- 26° 18/
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26° 44'
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- ï 34
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Mars. Heure. Satel- lite. Phéno- mène DATES Mars. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 19h 51” I P. c. 10 20» 40“ III p. f.
- 1 20 58 I O.c. 14 20 52 II P.c.
- 2 20 28 I E. f. 16 19 24 II E. f.
- 3 18 47 III O.c. 17 18 23 I P.c.
- 3 20 36 III O.f. 17 ' 19 19 I O.c.
- 7 18 5 II P. c. 17 20 33 I P. f.
- 7 20 13 II O.c. 18 18 47 I E. f.
- 7 20 25 II P. f. 21 18 42 111 E. f.
- 9 19 11 I Im. 24 20 24 I P. c.
- 10 18 30 III P.c. 25 20 42 I E. f.
- 10 18 32 I P. f. 28 19 46 III Em.
- 10 19 32 I O.f.
- Titan, le principal satellite de Saturne, est surtout visible lors de ses élongations maxima. Yoici la liste des élongations en mars :
- Dates. Élongation. Heure.
- Mars 4 Orientale. 22»,2
- — 13 Occidentale. 3»,9
- — 20 Orientale. 21»,7
- — 29 Occidentale. 3»,2
- Uranus sera en conjonction avec le Soleil [le 28 mars, à
- 13k. Il est donc inobservable.
- Neptune s’est trouvé en opposition avec le Soleil le mois
- dernier. Il est encore parfaitement bien situé pour les obser-
- valions. Il s’approche de Régulus, qui va constituer, dans
- les mois qui vont suivre, un repère facile pour le trouver.
- Voici d’ailleurs quelques coordonnées pour rechercher Nep-
- tune pendant le mois de Mars.
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamèlre.
- Mars 5 10h 8“ +12° 10' 2",4
- — 15 10» 7“ +12° 16' 2'',4
- — 25 10» 6” -f-12» 21' 2", 4
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à 22», Saturne en conjonc. avec la Lune, à 4° 7' N.
- Le 9, à lh, Mercure Le 12, à llh, Uranus Le 14, à 8», Yénus Le 14, à 22k, Jupiter Le 18, à 17\ Mars Le 19, à 21», Vénus Le 22, à 15», Neptune
- la Lune, à 3° 44' N. la Lune, à 3° 23' N. la Lune, à 7° 41' N. la Lune, à0°18' N. la Lune, à 0° 50' S. 15 Bélier, à 0» 01' N. la Lune, à 4° 48' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) : le 2, à 23»20“ ; le 5, à 20h 10m ; le 25, à 21h 54“.
- Etoiles filantes. —M. Denning, dans VAnnuaire du Bureau des Longitudes, indique les radiants ci-après comme actifs
- en Mars :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine
- Mars 7 233° + 18° ^ Scorpion
- — 7 244° + 15° y Hercule.
- Etoile Polaire. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris. Ces passages permettent le tracé très exact de la méridienne.
- Dates. Passage. Heure.
- Mars 2 Inférieur 2»48m12s
- — 12 — 2h 8™ 45*
- — 22 — lh 29“ 21*
- V. Constellations. — [L’aspect de la voûte céleste le 1er mars à 23h ou le 15 mars à 22h est le suivant :
- Au Zénith : X et g Grande Ourse. A peu de distance du Zénith : La Grande Ourse (Ç, £, v, 23 h, 57); le Lion (y, 54, 90, M. 65).
- Au Nord-Est : Le Dragon (v, o, cp, e, g).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, 5 u) ; Cépbée et Cassiopée, au voisinage de l’horizon.
- A l’Est : Arcturus et le Bouvier ; la Couronne boréale ; le Serpent, Hercule, § de la Balance.
- Au Sud-Est : L’Epi de la Vierge.
- Au Sud : Le Corbeau; la Coupe; l’Hydre (s, 54, M. 68).
- A l’Ouest et au Sud-Ouest : Sirius ; Orion; le Taureau; les Gémeaux (a, [ï, o, Ç, 38 e) ; le Navire, Procyon.
- Le beau ciel d’hiver disparait à l’Ouest, tandis qu’à l’Est se lèvent les constellations d’été. Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LE SOIN DES MAINS FÉMININES
- Un excellent principe, c’est de toujours se laver après un travail un peu salissant, et non d’attendre en disant « lorsque j’aurai fini le ménage, je nie laverai ». La graisse fixe en quelque sorte les souillures qu’il est ensuite malaisé d’enlever. A défaut de savon, on peut utiliser une poignée de farine de maïs ou mieux encore une espèce de pâte qu’on peut fabriquer soi-même avec de grosses pommes de terre farineuses cuites à l’eau et écrasées dans la glycérine.
- Les taches persistantes disparaissent si on les frotte avec une tranche de citron, ce qui vaut mieux que le savon minéral ou. la pierre ponce lesquels rendent la peau rugueuse et qu’à cause de cela il ne faut employer qu’en dernier ressort.
- Oh mouillera légèrement l’extrémité des doigts avec un peu d’huile d’amandes douces afin d’empêcher* la pousse des petites peaux entourant lr’ongle ; on repoussera ces peaux avec un linge sans jamais lès couper.
- Lisser les ongles, utiliser rarement les ciseaux; en tout cas. il convient de les tailler courts de façon à pouvoir les tenir facilement propres.
- Ne jamais se servir poür curer les ongles de la pointe des ciseaux ni d’un objet quelconque métallique, mais plutôt enrouler un peu de coton au bout d’un petit bâtonnet, le mouiller d’eau oxygénée (autant que possible à 20 volumes) et le passer sous l’ongle qui sera ensuite parfaitement propre.
- L'ENTRETIEN DES CHALUMEAUX OXYACÉTYLÉNIQUES
- Dans la plupart des ateliers de soudure autogène, dit le Bulletin de la soudure autogène, les chalumeaux ne sont guère entretenus — car on ne peut qualifier d’entretien les modifications, alésages de buses et d’injecteurs, etc., que leur font trop souvent subir les soudeurs — opérations qui entraînent rapidement la mise hors d’usage de ces instruments de travail.
- Il est cependant utile de nettoyer de temps en temps les chalumeaux, ce qui peut fort bien être fait sans démontage. Il suffit généralement, pour obtenir un bon décrassage des organes intérieurs, de procéder à un soufflage à l’oxygène, en reliant le tuyau de caoutchouc de ce gaz à la buse de sortie et ensuite à l’olive d’admission de l’acétylène.
- Si cette opération ne suffit pas à restituer au chalumeau son fonctionnement normal, un remède plus énergique consiste à y faire passer de l’essence de pétrole en trempant l’olive d’acétylène dans ce liquide, qui est aspiré par l’oxygène circulant comme en fonctionnement normal. Ce traitement, qui doit s’opérer loin de toute flamme ou lumière, donne généralement de bons résultats.
- Si, malgré ces nettoyages, le chalumeau persistait à mal fonctionner, il serait bon, avant de conclure à une détérioration à laquelle le constructeur serait seul compétent à remédier, de vérifier que les gaz arrivent bien au chalumeau et en quantités suffisantes.
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- PHONOGRAPHIE, RADIOPHONIE, RADIOVISION = ,35
- LES APPLICATIONS DES AMPLIFICATEURS BASSE FRÉQUENCE
- Ainsi que nous l’avons déjà noté dans notre réce nte chro nique, les procédés radiotechniques n’ont pas seulement permis la réalisation des appareils récepteurs et émetteurs de téléphonie sans fil, ils ont également permis la mise en pratique des applications les plus diverses de la Science moderne.
- C’est ainsi que l’astronomie, la météorologie, la médecine et même la géologie ont été bien souvent aidées dans leurs progrès par la radiotechnique. Mais une des parties de la physique sur laquelle son influence a été la plus grande est certainement l’acoustique.
- En particulier, les dispositifs d’enregistrement, de reproduction, d’amplification, de transmission, et même de synthèse, de la parole et de la musique ont été transformés par des procédés radioélectriques.
- L’enregistrement électrique, de même que la reproduction électrique également, des disques de phonographe, des films sonores, des fils magnétiques des appareils Stille-Poulsen, ne sont possibles qu’avec l’aide d’appareils radioélectriques.
- La téléphonie à grande distance, le théâtrophone à haut-parleur, sans compter la téléphonie sans fil, c’est-à-dire les principaux systèmes de transmission de la parole et de la musique à moyenne et grande distance sont redevables de leurs progrès ou de leur existence à la radiotechnique, de même que les systèmes radiophoniques de transmission de la parole ou de la musique à petite distance mais à grande intensité pour audition en public.
- Enfin, la synthèse de la musique n’a été rendue possible qu’à l’aide d’appareils radioélectriques.
- Mais, il importe de noter que ces appareils récepteurs, amplificateurs, reproducteurs, ou émetteurs de sons musicaux comportent toujours des étages d’amplification basse fréquence et un ou plusieurs haut-parleurs.
- L’étude et les perfectionnements des amplificateurs basse fréquence et des haut-parleurs ont donc une importance capitale non seulement pour les progrès de la radiophonie mais aussi d un grand nombre d’appareils musicaux modernes.
- LES PHONOGRAPHES MÉCANIQUES ET LES PHONOGRAPHES ÉLECTRIQUES ACTUELS.
- Le phonographe mécanique actuel est un instrument merveilleusement perfectionné et ces perfectionnements du modèle primitif, si imparfait, portent sur les nouveaux systèmes d’enregistrement des disques par un procédé radioélectrique, sur la nouvelle construction des diaphragmes reproducteurs, et enfin sur la forme mieux étudiée des pavillons amplificateurs de sons.
- On sait qu’à côté de ce type de phonographe mécanique très perfectionné, est né récemment un nouveau type de phonographe électrique, ou plutôt radio-électrique, dans lequel la reproduction des sons n’a plus lieu par un procédé mécanique mais par la transformation des vibrations acoustiques en courants basse fréquence, qui sont amplifiés par un amplificateur spécial de T. S F., et enfin actionnent un haut-parleur.
- Il est évident qu’avec ce genre d’appareil tout à fait différent du phonographe mécanique, on peut augmenter presque à volonté l’intensité de l’audition en augmentant l’amplification basse fréquence, et c’est ainsi que de tels appareils peuvent
- remplacer des orchestres dans des salles de bal, des théâtres, des salles de projection cinématographique... etc.
- Cependant, les usagers qui désirent simplement obtenir une audition d’intensité moyenne dans un appartement, n’ont pas besoin d’appareils reproducteurs aussi puissants, et l’on peut se demander, dans ces conditions, quel est l’intérêt trouvé par ces usagers à employer un phonographe électrique plutôt qu’un phonographe mécanique.
- Nous ne voudrions pas nier les qualités du phonographe mécanique actuel, 'qui sont absolument remarquables et qui permettent d’obtenir des résultats capables d’enchanter les plus mélomanes : mais il nous paraît seulement que le phonographe électrique possède sur le phonographe mécanique, question d’intensité mise à part, plusieurs avantages très nets.
- Il est d’abord possible de faire varier à volonté la tonalité de l’audition suivant le morceau reproduit, et en agissant, soit sur le haut-parleur, soit sur l’amplificateur basse fréquence.
- De plus, le bruit du grattement de l’aiguille sur le disque, si désagréable, peut être complètement supprimé; enfin, l’audition se faisant à l’aide d’un haut-parleur, on peut déplacer celui-ci à volonté dans un appartement sans avoir à déplacer le phonographe lui-même.
- Il est bien évident, d’autre part, que si le pick-up choisi est bon, et les organes d’amplification employés bien étudiés, la reproduction est également parfaite, les pièces mécaniques en mouvement étant réduites au minimum, et, si l’on n’a pas besoin en général d’une intensité très grande, il peut être agréable cependant, à certains moments, par exemple pour la musique de danse, d’augmenter à volonté l’intensité de la reproduction, ce qui n’est possible qu’avec le phonographe électrique.
- UN DIAPHRAGME DE PHONOGRAPHE PERFECTIONNÉ
- Les diaphragmes des premiers appareils phonographiques avaient une membrane vibrante en mica ou en verre ; la pointe reproductrice, généralement en saphir, était souvent fixée directement sur cette membrane ou articulée assez grossièrement sans grands soins de montage.
- Ce système avait l’immense désavantage d’être peu sensible, de ne pas reproduire les ondes musicales à basse fréquence, et de présenter tant dans la plaque vibrante que dans le levier portant l’aiguille ouïe saphir des périodes propres de vibrations qui déformaient com-
- plètement l’audition.
- On a reconnu la nécessité, dans les appareils modernes, de modifier complètement le diaphragme pour obtenir une audition à la fois plus intense et plus pure. Les disques à enregistrement électrique sont, en effet, le plus souvent presque parfaits, mais leur emploi ne servirait de rien s’ils devaient
- Fig. 1 — Diaphragme métallique dit Mira-pkonic à gauche et diaphragme classique à membrane de mica à droite.
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- êtres reproduits avec des diaphragmes défectueux. Les diaphragmes modernes bien construits sont donc très légers, munis d’une membrane vibrante métallique, de forme spéciale déterminée pour obtenir des propriétés acoustiques excellentes. Enfin, ils sont presque toujours à aiguille, et le bras porte-aiguille est soigneusement monté, soit avec un joint élastique, soit avec un pivot à roulement à billes, avec intermédiaire ou non d’un joint élastique entre le corps du diaphragme et le pivot.
- Nous indiquerons, par exemple, aujourd’hui le modèle récent représenté par la figure 1. Le diamètre total de ce diaphragme est de 78 mm et son poids n’est que de 175 gr. La membrane métallique vibrante est conique dans sa partie centrale et plissée dans sa partie circulaire, de façon à présenter plusieurs zones ayant des fréquences de vibrations propres déterminées pour que la reproduction de toutes les fréquences' acoustiques soit aussi fidèle que possible.
- Le levier d’aiguille agit sur la partie centrale du diaphragme et son pivot est relié élastiquement au boîtier; les aiguilles
- Fig. 2. — b. Phonographe électrique monté dans un meuble contenant tous les accessoires nécessaires à son fonctionnement. a. Le meuble est fermé et en b la porte inférieure ouverte montre le détail de l’amplificateur et des casiers pour disques et appareils d’alimentation.
- sont simplement serrées à l’aide d’une vis à bouton moleté.
- Enfin, sur le couvercle également métallique du diaphragme, et dans la partie opposée à l’ouverture reliant le diaphragme au pavillon amplificateur, sont disposées des ailettes qui ont pour but de permettre le déplacement d’air correspondant aux vibrations de la membrane, mais dans les meilleures conditions acoustiques.
- UN PHONOGRAPHE ÉLECTRIQUE AVEC AMPLIFICATEUR DE PUISSANCE
- Nos lecteurs connaissent sans doute fort bien maintenant les principes et les avantages de la reproduction électrique des disques de phonographe; et il est bien évident d’ailleurs, qu’il existe différentes catégories de phonographes à reproduction électrique permettant d’obtenir une intensité d’audition plus ou moins grande, suivant qu’il s’agit d’audition dans un appartement ou dans une salle de spectacle.
- Le plus simple des phonographes électriques demeure, d’autre part, l’assemblage d’un phonographe quelconque muni d’un pick-up électro-magnétique avec les étages basse fréquence bien montés d’un poste-récepteur de T. S. F. quelconque.
- Il est manifeste, pourtant, que l’on obtiendra les meilleurs résultats avec un appareil phonographique électrique dont tous les organes auront été étudiés en concordance.
- Le phonographe électrique que représentent les photographies de la figures 2 possède, par exemple, des avantages très nets, à la fois par la qualité et l’intensité de l’audition qu’il permet d’obtenir et par la facilité de son emploi.
- Dans la partie supérieure du meuble, sont montés le mouvement phonographique électrique avec son levier de mise en marche et de réglage, et le bras porte-pick-up, muni d’un pick-up électro-magnétique particulièrement bien étudié.
- On voit en dessous, à droite, l’amplificateur de puissance qui permet d’amplifier les courants basse fréquence produits par le pick-up ou, si on le désire, les courants provenant d’un poste de T. S. F. quelconque. Dans un casier à gauche de l’amplificateur sont placées les batteries d'alimentation de cet amplificateur ou une boîte d’alimentation sur courant alternatif du secteur. Enfin, on voit dans la partie inférieure du meuble des casiers pour les disques du phonographe et les accessoires électriques.
- L’amplificateur basse fréquence utilisé dans ce phonographe électrique et qui peut, d’ailleurs, être monté dans une ébé-nisterie séparée, comme le montrent les photographies de la figure 3, comprend deux étages d’amplification à résistance et un étage à transformateur avec deux lampes montées en push-pull, ce qui assure à la fois une fidélité remarquable de l’audition et une amplification puissante. Des résistances montées en potentiomètre avec un commutateur de réglage permettent de régler à volonté l’intensité de cette audition, et l’on remarquera donc que l’appareil peut servir, soit pour une audition douce et nuancée dans un appartement, soit pour une audition plus intense, pour la musique de danse, par exemple.
- LES PRINCIPES DE LA RADIODIFFUSION DES IMAGES
- Nous avons déjà indiqué plus haut que les principes généraux de la transmission et de la reproduction des images par T. S. F. étaient tout à fait simples, que seule la mise au point parfaite des appareils' pratiques par les constructeurs avait exigé un laps de temps assez grand puisque leur application commence seulement en France six ou sept ans après l’avènement de la radiophonie.
- M. Maillet a, d’ailleurs, fait paraître dans le n° 2785 de La Nature une étude sur les procédés de transmission des images par T. S. F. Il nous paraît cependant utile de préciser encore une fois sur quels principes sont basés les dispositifs d’émission et de reproduction des images que nous décrirons ou étudierons dans chaque chronique, en attendant, espérons-le du moins, de pouvoir décrire les procédés pratiques de transmission des images animées, c’est-à-dire de télécinématographie et de télévision.
- Dans les procédés actuels de transmission d’images, dessins, photographies... etc. le poste émetteur, comme le poste récepteur, comportent un cylindre 1 et 3 sur lequel est enroulé, d’une part l’image à transmettre, d’autre part une feuille de papier spécial sur laquelle vient s’inscrire l’image reproduite (fig. 4 et 5).
- Mais il existe deux procédés de transmission différents et
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- Fig. 3. — L’amplificateur basse fréquence pour reproduction électrique du type monté dans le meuble précédent.
- L’appareil vu de face et par derrière. On aperçoit en bas au centre la. résistance de réglage et à droite et à gauche le transformateur , basse fréquence piish-pull.
- à l’heure actuelle un ^eul procédé de réception général.
- Dans le premier procédé de transmission, l’image est tracée avec une encre isolante ou, au contraire, conductrice, sur une feuille métallique enroulée sur le cylindre 1 de l’appareil émetteur; ce cylindre tourne sous l’action d’un moteur et la feuille est parcourue par un style métallique 2 qui se déplace transversalement et lentement parallèlement à l’axe du cylindre, et parcourt ainsi presque point par point toute la surface de l’image (fig. 7).
- Si le cylindre et le style sont intercalés dans un circuit électrique, on conçoit que les courants électriques qui passent dans le circuit ont une intensité qui dépend du degré de luminosité du point sur lequel passe le style.
- L’ensemble de l’appareil est, d’ailleurs, relié au circuit modulateur d’un poste émetteur de T. S. F. qui transmet des émissions sur une onde de longueur quelconque, mais généralement la même que celle employée par ce poste en
- Fig. b — Poste d’émission d’images par T. S. F. (procédé genre Fulton).
- 1, cylindre recouvert du cliché métallique préparé; 2, pointe exploratrice; 3, Buzzer et ses organes d’alimentation;
- 4, poste émetteur.
- radiophonie, et sous forme d’ondes modulées à environ 1000 périodes par seconde.
- A la réception on placera à la suite du poste récepteur ordinaire de T. S. F. 1, un détecteur 2 qui redressera les courants de modulation et les transmettra à un circuit comportant un cylindre métallique 3 analogue à celui de l’émetteur, tournant à la même vitesse que celui-ci, et sur lequel est enroulée une feuille de papier imbibée d’une solution de ferro-prussiate ou d’iodure de potassium (fig. 8).
- De même que pour l’émetteur, une pointe métallique 4 se déplace en spirale sur ce cylindre et les courants modulés qui agissent ainsi sur la feuille de papier se traduisent par des traits ou des points très rapprochés, d’une intensité plus ou moins grande et d’une couleur brune ou bleue produite par la décomposition de l’iodure ou du ferro-prussiate.
- Pour pouvoir reproduire les demi-teintes, c’est-à-dire pour
- Fig. 5. — Poste de réception d’images radiodiffusées.
- 1, poste récepteur de T. S. F. quelconque; 2, appareil redresseur et amplificateur ; 3, cylindre tournant garni d’une feuille de papier chimique ;
- 4, pointe exploratrice en métal.
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-
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- pouvoir reproduire les photographies, l’image à transmettre est photographiée sur une feuille métallique en interposant entre la feuille et l’image une grille fine, qui est préparée en photographiant sur une plaque une série de lignes parallèles et très rapprochées.
- On obtient ainsi une image formée de lignes parallèles très rapprochées plus ou moins larges suivant la quantité de lumière qui est tombée sur la plaque.
- Pour la transmission, on fait ainsi passer le style transversalement aux lignes tracées sur la feuille.
- Le courant interrompu à mille périodes, au moyen d’un buzzer 3, et transmis par l’ensemble de la pointe et du cylindre, module le courant haute fréquence de l’émetteur, et les signaux modulés transmis ont tous la même fréquence et la même intensité ; ils ont simplement une durée différente suivant que le style passe sur une ligne plus ou moins large de l image à transmettre.
- A la réception, les lignes en spirale sont évidemment tellement rapprochées que la photographie paraît formée de surfaces homogènes.
- Dans un deuxième procédé, comme nous l'avons indiqué, le système récepteur demeure le même, mais le système émetteur est différent.
- On explore la photographie par une cellule photo-électriqu e qui module le courant ou les ondes porteuses (fig. 6).
- Le document à transmettre est enroulé sans aucune préparation sur un cylindre qui tourne en avançant peu à peu devant un objectif de microscope, et la partie de la photographie défilant devant cet objectif est éclairée fortement.
- L’image de la tache lumineuse est ainsi projetée par l’objectif sur la cathode d’une cellule photo-électrique placée dans un circuit électrique.
- Cette image ainsi produite a un éclairement qui est fonction de la tonalité du point exploré par l’objectif.
- La cathode de la cellule ainsi éclairée émet des électrons et permet le passage du courant dans le circuit, avec une intensité qui est proportionnelle à l'éclairement de la cellule.
- Une roue dentée coupe, d’ailleurs, périodiquement le faisceau lumineux projelé sur le document à une fréquence de 1000 périodes environ, ce qui produit dans le circuit-cellule, en dehors de toute modulation, un courant alternatif de même fréquence.
- Ce courant support, sur lequel est venue se greffer la modulation due à la tonalité du point exploré, peut alors être amplifié facilement et être envoyé dans le poste d’émission sans fil pour être radio-diffusé.
- Il est nécessaire évidemment, dans tous les cas, que le
- synchronisme des cylindres d’émission et de réception soit convenablement assuré, et même souvent que la vitesse de réception puisse être modifiée suivant le poste émetteur d’images avec lequel on veut entrer en communication.
- On pourrait penser à la possibilité d’utiliser des moteurs synchrones à l’émission et à la réception; mais, d’une part, ce procédé ne serait applicable que si les moteurs d’émission et de réception étaient alimentés par un même secteur; d’autre part, l’expérience montre que les appareils récepteurs doivent être munis d’un moteur mécanique parce que les moteurs électriques produisent, lorsqu’ils sont employés sans précautions spéciales, des signaux para-' sites qui se traduisent sur l’image par des points ou des traits fâcheux.
- La vitesse du cylindre de l’appareil récepteur est légèrement supérieure à celle de l’appareil émetteur, et une correction ou remise au synchronisme est effectuée par un signal
- spécial de synchronisme émis par le poste émetteur à chaque tour du cylindre, au moment du passage devant le style d’exploration de la barrette qui sert à fixer le papier sur le cylindre.
- Ce signal agit sur un relais et ee relais libère le cylindre qui avait été arrêté pendant une fraction de seconde par un dispositif spécial variant suivant les modèles.
- Le temps nécessaire pour la transmission des images varie généralement entre trois et cinq minutes.
- Pour la réception, il suffit, comme nous l’avons déjà indiqué , de placer à la suite du poste récepteur de T. S. F. ordinaire un appareil de une à trois lampes comportant ou non des lampes amplificatrices et une lampe redresseuse actionnant le relais de synchronisation, et transmettant les courants agissant sur le cylindre par l’intermédiaire du style inscripteur.
- Le courant nécessaire pour actionner le relais est d’environ deux milliampères et la réception des images est possible toutes les fois que l’audition en haut-parleur de l’émission est assez intense pour être perçue normalement dans un appartement.
- Le réglage du poste récepteur demeure exactement le même que celui d'un poste récepteur radiophonique, et, d’ailleurs, le haut-parleur demeure généralement connecté en parallèle.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits : Diaphragme perfectionné. Établissements Diedrichs, 13, rue Bleue, Paris.
- Phonographe à reproduction électrique. Établissements Radio L. L , 5, rue du Cirque, Paris.
- Fig. G.
- Emetteur pour radiodiffusion d’images, système Belin, à cellule photoélectrique.
- On aperçoit le cylindre tournant portant la photographie à transmettre.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- AVIATION
- U Angleterre expérimente ses premiers aérodromes flottants.
- On sait le rôle imporlant attribué aujourd’hui à l’aviation dans la guerre navale. Toutes les grandes marines ont fait de grands sacrifices pour équiper les navires porte-avions, spécialement organisés en vue du transport de nombreux
- ment libre pour le décollage et l’atterrissage des avions.
- Au dessous à gauche, on voit les avions rangés sur le pont, prêts à prendre le départ. Des garde-fous en treillis métallique protègent les appareils contre le risque d'une glissade suivie d’une chute en mer.
- A droite, un avion est de retour au bateau-mère.
- Les ailes se replient pour lui permettre de se loger aisément dans les garages intérieurs.
- aéroplanes, permettant à ceux-ci de prendre leur vol sur le bâtiment et de revenir au bercail, leur mission achevée. A*.;
- L’Amirauté Anglaise vient d’expérimenter ainsi un de ses plus grands navires porte-avions, le « Furious » ; ce navire est un ancien croiseur transformé ; sa vitesse est de 33 nœuds ; l’aménagement en a coûté, dit-on, 6 millions de livres.
- La photographie ci-dessus montre une vue générale du navire, remarquable par le parfait dégagement du pont, entière-
- GÉOGRAPHIE
- Première exploration en avion dans VAntarctique.
- Notre confrère anglais Nature rend compte du premier vol d’avion effectué au-dessus de l’Antarctique, le 19 décembre dernier, par Sir Hubert Wilkins. Durant un raid de neuf heures au-dessus de la Terre de Graham, à la vitesse de
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- 120 milles à l’heure, sir Wilkins pénétra vers le sud beaucoup plus loin qu’aucun bateau n’avait pu le faire jusqu’ici.
- Cette terre, qui s’avance au nord vers la Terre de Feu, a été découverte en 1832 ; en 1893, le capitaine Larsen a atteint sur sa côte est le 68° degré de latitude sud; elle n’est bien connue que jusqu’au 66° degré à Test, au 69" degré à l’ouest. Dans un seul vol, sir Wilkins et le lieutenant Eielson, partant de l’île Déception, ont survolé et photographié la côte est jusqu’au 70° degré. Après avoir franchi les hauts pics de la presqu’île de Trinité et de la côte du roi Oscar, ils ont trouvé, au niveau du cercle polaire antarctique, un bras de mer couvert de glace joignant la mer de Weddell et celle de Bellingshausen, dont la partie orientale s’étendrait entre l’île Wetter de Larsen et une autre grande île située à 50 milles plus loin dans le sud. Ce détroit avait été vu par Larsen et par Nordenskjold en 1902, qui n’avaient pu approcher de sa partie orientale ; vers l’ouest, il s’ouvre dans la baie d’Auvert découverte par Charcot au nord de la terre Loubet. Ce nouveau détroit a été nommé Crâne Chanuel.
- Plus au sud, la terre de Graham s’abaisse, puis se relève; elle est bordée, vers le 70e degré, par un second détroit large de 40 à 50 milles, qui a été appelé Stefansson Strait et qui réunit aussi les mers de Weddell et de Bellingshausen.
- Plus loin, apparaît une surface couverte de glace qui semble être le grand plateau antarctique; il a recule nom, en cet endroit, de Terre de Hearst.
- Malheureusement, le manque d’essence obligea alors à revenir vers le nord.
- Ainsi, en un seul jour, l’avion a permis de résoudre une
- série de problèmes posés péniblement par Charcot et la Belgica à l’ouest, les Suédois à Test : les relations entre la Cordillère des Andes et la Terre de Graham; les Andes ne se continuent pas dans l’Antarctique. En outre, il a révélé deux passages coupant-la Terre de Graham de part en part, à la manière du détroit de Magellan.
- Ce raid donne donc grand espoir en l’avenir et ouvre une voie nouvelle aux futures explorations.
- BOTANIQUE
- Curiosités végétales en Allemagne.
- L’Allemagne, dont le climat est plutôt septentrional, possède cependant quelques coins où le climat est d’une douceur exceptionnelle. Dans la petite île de Mainau, dans le lac de Constance, les bananiers fleurissent : dans les années favorables, il leur arrive même de porter des fruits minuscules.
- Cette île appartient actuellement à la reine de Suède, qui Ta héritée de son frère, le grand-duc de Bade.
- Près de Cassel se trouve une véritable forêt vierge, la Forêt Reinhards, où aucun arbre n’est coupé. Les chênes antiques, foudroyés ou morts de vieillesse, y gisent sur le sol, et parfois leurs troncs sont pétrifiés.
- Dans le district de Glatz, en Silésie, des séquoias ont été importés de Californie il y a trente ans. Leur diamètre atteint déjà celui du chêne de Cadinen, qui passe pour le plus gros de l’Allemagne, et dont cinq hommes, en allongeant les bras, ont de la peine à faire le tour.
- La petite ville de Hildesheim possède un rosier vieux de 1000 ans autour du choeur de la cathédrale.
- LES PLUS BASSES TEMPÉRATURES MINIMA !
- DE MOINS J 7° ET AU-DESSOUS,
- OBSERVÉES A PARIS OU AUX ENVIRONS, DEPUIS LE DÉBUT DU XVIII" SIÈCLE
- ANNÉES tempérât"5 DATES LIEUX D OBSERVATIONS REMARQUES
- 1695 17° 9* 6 février. Obs. de Paris. j * Evaluée à 21°,2 d’après la nature des plantes gelées. (Cit. J. Jaubert.)
- 1709 23,1 13 et 14 janvier. d”
- 1716 19,7 22 janvier. d"
- 1776 17,2 29 janvier. 1 On observa 19° 1 à l’hôtel de Cluny. Cotte observa 18° 8 i à Montmorency.
- 1783 19,1 30 décembre. d° Cotte observa 18° 7 à Montmorency.
- 1788 21,8 31 décembre. d°
- 1795 23,5 23 janvier. d° Cotte observa 20° 0 à Montmorency.
- 1798 17,6 26 décembre. d*
- 1829 17,0 24 janvier. d°
- 1830 17,2 17 janvier. d°
- 4838 19,0 20 janvier. d“
- 1859 1871 21,7 20 décembre. 9 décembre. (Plaine au S. de Choisy-( le-Roi. Obs. de Paris. | (Observation faite au thermom. fronde par M. Renou.) ( On observa 24° 4 à Aubervilliers, et 23° 7 à l’Observatoire
- 21,5 ( de Montsouris (M. Renou).
- I 17,8 9 décembre. Obs. du Parc Saint-Maur.
- \ 25,6 10 décembre. d® i On observa 23° 9 à l’Observatoire de Montsouris et 21° 8 ( à l’Observatoire de Paris.
- ) 19,8 16 décembre. 1 d#
- 1879 J 21,7 ,17 décembre. d°,
- J 18,0 21 décembre. d»
- / 17,5 22 décembre. d"
- f 18,5 24 décembre., d°
- 1 17,7 27 décembre. d°
- 1893 17,0 16 janviér. d“ Em. Roger.
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- PETITES INVENTIONS
- HYGIÈNE
- Prophylaxie de la myopie chez les écoliers.
- Les enfants ne traversent pas toujours impunément pour leurs yeux la période scolaire ; ils en sortent souvent atteints de troubles visuels, notamment de myopie, infirmité qui n’est pas seulement une gêne, mais est parfois l’origine de graves lésions oculaires.
- Les statistiques des oculistes sont à cet égard très démonstratives ; nous n’en rappellerons ici que quelques-unes.
- Dans un jardin d’enfants très fréquenté le Dr Koppe n’a pas rencontré un seul myope.
- Sur plus de 20 000 enfants de moins de 5 ans et demi, le Dr Ginestous n’a observé qu’un cas de myopie.
- Dans son livre : « Gare à vos yeux (1857) » Francisque Sarcey rapporte, que d’après le Dr M. Perrin, la proportion des myopes à l’Ecole Polytechnique serait d’environ 50 pour 100.
- Dans son Traité d‘Ophtalmologie, le Dr Lagrange mentionne qu’en Allemagne, d’après le D1' Cohn, le pourcentage des myopes, qui serait de 6 dans les classes élémentaires, dépasse 50 dans les Universités.
- La myopie résulte de la mauvaise habitude qu’ont beaucoup d’écoliers de Regarder de trop près en lisant ou écrivant.
- En effet, la convergence exagérée des axes visuels dans la vision rapprochée provoque, par un mécanisme aujourd’hui bien connu, l’allongement du globe de l’œil, c’est-à-dire la malformation myopique.
- Les oculistes ont établi comme règle que, pendant la lecture ou l’écriture, la distance séparant les yeux du texte imprimé ou écrit ne doit jamais être inférieure à 33 centimètres.
- Les maîtres et les parents devront donc veiller avec soin à ce que les enfants, afin de maintenir leurs yeux suffisamment éloignés du livre ou du cahier, aient constamment la tête et le corps droits pendant leur travail.
- La correction de l’altitude est facilitée par un matériel scolaire (table, chaise ou banc) approprié à la taille de l’élève.
- La myopie commençante passe le plus souvent inaperçue.
- Il serait donc utile, afin de la dépister de bonne heure, et pouvoir ainsi prévenir son aggravation, de contrôler fréquemment la vision des écoliers, même de ceux paraissant jouir d’une vue normale.
- Ce contrôle peut se faire aisément au moyen.de tableaux de lettres graduées, appelés tableaux optométriques.
- L’Association Ya -lentin Haüy, 9, rue Duroc, à Paris, dont le but est l'améliora-tion du sort des aveugles et la prophylaxie'de la cécité,
- a édité un tableau optométrique très pratique (prix franco 1 fr. 25), auquel sont annexés des conseils d’hygiène visuelle et des figures montrant l’attitude que l’élève doit avoir à sa table de travail.
- La diffusion de ce tableau dans les écoles et les familles serait certainement une excellente mesure prophylactique, propre à limiter l’extension de la myopie, ce fléau de la jeunesse studieuse.
- AVIATION
- Projectile lumineux pour faciliter l’atterrissage des avions
- L’obscurité est l’ennemie de l’aviation.
- L’avion obligé d’atterrir de nuit sur un terrain non éclairé est toujours en danger.
- Sans doute les terrains d’aviation bien équipés possèdent-ils plg_ — pe piquet d’atterrissage
- des moyens d’éclai- avant fonctionnements
- rage puissants.
- Encore faut-il que
- l’avion puisse les atteindre. Actuellement ces terrains sont peu nombreux.
- Un incident peut obliger l’avion à venir au sol en cours de route, sans qu’il ait le moyen ou le temps de rallier un aérodrome.
- Un inventeur, M. Michaud, acétyléniste de son métier, a concu pour remède à cette situation un procédé original.
- Il a réalisé un piquet lumineux ; une tige creuse empennée, munie à son extrémité avant d’une lourde pointe, et dont l’intérieur constitue une torche à acétylène ; l’aviateur dans l’embarras laisse tomber cette torche sur le terrain à reconnaître : elle vient se ficher en terre et, au même moment, grâce à un mécanisme intérieur, la flamme s’allume et fuse à la partie supérieure du piquet : en même temps celle-ci qui est mobile coulisse et remonte, ce qui fait déboucher la flamme à 1 m 8Ô au-dessus du sol.
- Elle brûle 4 à 5 minutes en donnant un éclairage puissant qui ne peut manquer d’être d’un grand secours pour l’aviateur.
- Il faut, bien entendu, que celui-ci soit certain que Son projectile ne pourra se ficher qu’en un lieu désert ; sinon l’opération pourrait être fort dangereuse pour les malheureux terriens du voisinage (fig. 1 et 2).
- Inventeur : M. Michaud, routé de Yars, Angoulême. "
- Fig. 2. — Deux piquets d’atterrissage fichés en terre.
- Celui de droite n’a pas fonctionné. Celui de gauche a fonctionné et sa partie supérieure a été, de ce fait, remontée d’une certaine hauteur.
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- OBJETS UTILES
- Nouvelle montre Ermeto.
- L’histoire de la montre est-elle envoie de transformation? Depuis les premiers « oignons » destinés à connaître l’heure
- Fig. 3. — La montre « Ermeto » ouverte et fermée.
- au moyen d’un instrument portatif qu’on peut avoir toujours sur soi, les efforts des horlogers avaient porté en deux sens : d’une part, la réalisation d’une précision toujours croissante dans les chronomètres, d’autre part, une diminution de l’encombrement et surtout de l’épaisseur aboutissant aux montres bijoux et à celles extra-plates.
- Les derniers efforts avaient porté vers la montre-bracelet dont on connaît la vogue actuelle, mais, de l’avis de beaucoup, elle n’est pas assez protégée; elle peut être mouillée quand on se lave les mains, elle peut subir des chocs qui la dérèglent, elle est trop exposée aux poussières qui peuvent y pénétrer.
- L’horlogerie suisse vient de réaliser un nouveau type de montre beaucoup mieux abrité contre les chocs, les poussières et même les variations de température, la montre Ermeto.
- C’est une montre extra-plate, inscrite dans un carré, dont l’originalité est de s’emboîter complètement, hermétiquement, dans une gaine métallique en deux parties qui s’écartent pour voir l’heure et se rapprochent pour former étui protecteur.
- Bien entendu, cet étui peut être en métal uni, guilloché, laqué, recouvert de cuir, etc., en un mot aussi luxueux et artistique qu’on le désire.
- Il est assez solide pour que la montre ne soit plus un objet de préoccupation constante ; elle peut être mise n’importe où, sans précautions, dans le sac des dames, comme dans la poche des hommes, pêle-mêle avec les clés, la mon-
- naie, etc:; elle peut même être fixée à l’anneau de clés par un anneau et une chaîne.
- Et, détail ingénieux, chaque fois qu’on fait glisser l’étui pour voir l’heure, puis qu’on le referme, automatiquement on agit sur le bouton du remontoir, si bien qu’il n’y a plus à se préocuper de remonter sa montre à heure fixe.
- La montre Ermeto est un beau bijou et un objet vraiment pratique.
- En vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Le coupe-œufs M. O. F.
- D’un maniement facile, le coupe-œufs M. O. F. (fig. 4) permet de sectionner un œuf par la simple manœuvre d’un levier.
- Comme les vues ci-dessous permettent de s’en rendre compte, cet appareil se compose d’une base annulaire munie en son centre d’une paroi tronconique, destinée à assurer sa stabilité sur un œuf, et d’une série de petits couteaux, qui pénètrent dans la coquille pour la cisailler obliquement par rapport au grand axe dudit œuf.
- Ces couteaux sont constitués par de petites pièces métalliques pivotantes présentant une dent aiguë et une queue.
- On peut les actionner toutes à la fois, grâce à une bague crénelée que commandent elle-même des leviers et des ressorts de rappel.
- Des oreilles facilitent la manœuvre. Si au moyen du pouce et de l’index de chaque main, une personne fait tourner la bague du coupe-œufs, les créneaux de celle-ci entraînent toutes les queues et par suite le pivotement des couteaux.
- Deux leviers articulés sur des supports solidaires de la base assurent, en effet, le mouvement de l’ensemble de ces mécanismes tandis que deux ressorts antagonistes ramènent la bague à sa position normale de repos.
- Pour se servir de l’appareil, il suffit donc d’en coiffer un œuf et d’appuyer sur les oreilles du système. Les pointes des couteaux s’enfoncent alors dans la coquille et découpent celle-ci très proprement.
- En soulevant ensuite l’appareil, la calotte se trouve enlevée avec le chapeau, la cassure est nette et on n’a plus qu’à savourer l’œuf... si toutefois il est frais!
- Jacques Boxer.
- Constructeur : Société M. 0. F. à Granges-lès-Valence par Valence (Drôme).
- Fig. 4. — A gauche : Le coupe-œufs et la façon de s’en servir ' Au milieu : Comment on place l’appareil sur l’œuf à ouvrir. A droite : Le coupe-œufs composé d’un anneau portant une série de petits couteaux.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des habitations à bon marché?
- Comment doivent être orientées les pièces ?
- Plusieurs personnes m’ont écrit au sujet de mon article «Quelques idées sur les maisons à bon marché » pour me prier de m’expliquer au sujet de l’orientation indiquée pour les différentes pièces d’une maison. Voici : Les cuisines au nord pour éviter complètement les rayons solaires directs qui amèneraient avec eux de la chaleur dans un endroit où il y en a toujours trop, rendant le séjour difficile l’été et compromettant la bonne conservation des aliments.
- Les chambres à coucher à l’est de façon à leur permettre de recevoir les premiers rayons du soleil le matin au seul moment de la journée où il y a quelqu’un pour en jouir. Quel que soit le climat ou la saison, le soleil n’est jamais pénible à ce moment-là de la journée.
- Les autres pièces à l'ouest pour la même raison que ci-dessus, c’est-à-dire pour pouvoir recueillir les derniers rayons du couchant.
- Aucune pièce au sud. Je proscris cette exposition catégoriquement; elle rend en effet le séjour impossible pour qui veut lire, écrire, dessiner, peindre, faire des travaux de couture, etc., sous peine de s’abîmer la vue. Ceci en toutes saisons quand le ciel est découvert. L’été, la position devient intenable.
- Je profite de cette mise au point pour signaler dans un tout autre ordre d'idée une observation sur la construction des maisons à bon marché. Un mur fait office non seulement de soutien pour la maison et d’écran isolant du chaud et du froid, mais aussi de volant d’humidité pour la pluie et la condensation.
- L’eau qui se dépose le long des murs est absorbée immédia-
- tement par ceux-ci, se répand progressivement dans toute leur masse et, le beau temps revenu, est rendue à l’atmosphère par toute la surface exposée à l’air.
- On comprend que le mur paraîtra d’autant moins humide que sa masse sera plus grande par rapport à la surface exposée à la pluie à la quantité et à la durée de cette pluie. Si l’on diminue la masse il arrivera un moment où le mur sera à saturation avant la fin des ondées; l’eau pénétrera alors dans la maison.
- Si l’on n’a à craindre que la condensation, un mur de l’épaisseur d’une cloison parait présenter une masse suffisante pour tenir correctement son rôle de volant. Il n’en est pas de même pour la pluie. Contre celle-ci il y a lieu de prévoir une épaisseur beaucoup plus grande on met ordinairement 0 m. 50 mais c’est souvent insuffisant.
- Il y a là une question d’orientation aux vents dominants et de conditions locales dégageant les murs ou les abritant (toits dépassant largement les murs par exemple).
- Aussi, quand à l’aide des nouveaux matériaux que nous offre aujourd’hui l’industrie on voudra bâtir des murs minces, il faudra de toute nécessité exiger d’eux qu’ils tiennent compte du phénomène que nous signalons.
- La solution dans bien des cas est loin d’être simple à découvrir. Des expériences bien conduites donneraient certainement des renseignements utiles. Rien n’a été fait à ma connaissance dans cette direction.
- Cette face du problème de la construction à d’ailleurs été négligée complètement. Aussi les maisons humides ne se comptent pas, soit que l’eau de pluie pénètre à travers ces murs, soit que l’eau de condensation ruisselle sur ceux-ci.
- L. Dodin.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Enlevons facilement les taches d’encre à stylos.
- La plupart des encres employées dans les stylos sont à base de bleu de méthylène, on devra ainsi traiter les taches malencontreuses qui auraient pu survenir :
- Pour un tissu blanc, il suffit d’imbiber la tache de quelques gouttes d’un mélange formé de :
- Eau de Javel................................20 cc.
- Eau ordinaire...............................75 —
- Acide chlorhydrique pur..................... 5 —
- La tache une fois disparue, rincer à fond pour enlever toute trace d’acide.
- Dans le cas d’une étoffe teinte, remplacer l’acide chlorhydrique par de l’acide acétique (vinaigre), la tache disparaît moins rapidement, mais le résultat est le même.
- Enfin, pour des couleurs très fragiles, n’employer aucun acide qui agirait sur le fond et se contenter d’une macération dans l’alcool à brûler de façon à atténuer le plus possible la teinte bleue.
- N. B. — Avant d’entreprendre le traitement définitif, s’assurer sur un coin du tissu de la sensibilité de la teinture à l’égard des réactifs.
- T. P., a Porto-Novo.
- P.-3.— Le phénomène de la barre qui se produit à l’embouchure de certains fleuves est dû à la résistance qu’ils opposent à l’arrivée du Ilot (marée montante).
- Comment s’y prendre pour nettoyer le crin des oreillers.
- Le crin des oreillers enfermé dans une toile ne s’aère que difficilement; par un phénomène d’adsorption il fixe énergiquement les produits de la transpiration et si particulièrement il a servi à des malades, son nettoyage s’impose; voici comment il faut procéder.
- Après avoir sorti le crin de son enveloppe on le débourre et le met à tremper une nuit dans de l’eau froide additionnée par seau d’eau de deux cuillerées à soupe de formol du commerce à 40 pour 100 d’aldéhyde formique; en même temps que ce bain stérilise le crin il produit une désodorisation complète et les poussières ou débris, après s’être détachés, tombent au fond du baquet. *
- Cela fait, on retire le crin, le laisse égoutter, puis le plonge dans une eau savonneuse tiède dans laquelle on le malaxe doucement en le dégorgeant.
- Le crin est ensuite introduit dans un bain léger également tiède de carbonate de soude 1 à 2 pour 100 au maximum (ne pas forcer la dose) qui enlève les dernières matières grasses.
- Finalement on rince à grande eau et pratique un « piquage », c’est-à-dire une immersion en eau vinaigrée (mêmes doses que pour le formol); l’acide acétique a pour propriété de redonner de la rigidité à la fibre.
- Laisser égoutter, carder à la main, encore humide, faire sécher à l’air.
- N. B. — D’une manière générale, pendant tous ces traitements éviter de fouler ou « poignasser » comme disent les professionnels, ce qui aurait pour effet de feutrer le crin et de lui enlever son élasticité. •.
- ' M. Yiala, a Bois-Colombes. •
- Que se passe-t-il pendant la torréfaction du café?
- Pendant la torréfaction des grains de café vert, des modifications importantes sont produites dans leur composition : une partie de là caféine distille, une autre est décomposée, il se dégage de la méthylamine, un principe nouveau d’aspect huileux prend naissance, c’est la caféone d’odeur aromatique qui communique à l’infusion le parfum recherché des gourmets.
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- ===== J 44 : ..... ..... ..... ................ =
- En outre, la dextrine et le glucose se caramélisent, donnent un produit brun qui colore cette infusion, la cellulose de la graine rendue friable par le grillage devient poreuse et permet une extraction facile des produits solubles dont la quantité pouvant atteindre 36 à 40 pour 100 est d’autant’ plus grande que la torréfaction est plus poussée.
- De la façon dont on procède à la torréfaction dépend la qualité de l’infusion, le grillage doit se faire bien régulièrement et l’opération doit être arrêtée quand les grains sont devenus d’un marron peu foncé seule l’expérience permet en réalité ; de se rendre compte du moment précis où le tambour sera éloigné du feu Aussitôt grillé, le café est refroidi rapidement, puis soustrait du contact de l’air afin d’empêcber l’oxydation et l’évaporation des principes aromatiques volatils, ce qui lui ferait perdre son arôme.
- M. Bobiloff, au Cap-Martin.
- P.-S. — Constructeurs d’appareils à torréfier le café : Alliot, ‘J, rue Jules Vallès, 11e; Houades, 185, rue de Tolbiac, 13e; Lau-' zanne, 91, rue de la Verrerie; Bilon, 37, rue Bernard-Palissy ; Lefèvre et Legrain, 15, rue Bichat ; Repiquet, 18. rue de La Folie-Regnault. Petits moteurs pour torréfacteurs : Genteur, 122, avenue Philippe-Auguste.
- Guerre aux cafards.
- Rien n’est plus désagréable que de voir envahir par ces nauséabondes bestioles (Periplcmeta orientalis ou blatte, cancrelat, bête noire) les endroits où se trouvent nos produits alimentaires (cuisines, fournils, etc.), dont la température est élevée, ce qui facilite leur multiplication. Fort heureusement nous trouvons dans l’acide borique et les borates un auxiliaire précieux pour leur destruction sans qu’il y ait le moindre danger pour les animaux domestiques. — La façon la plus simple de procéder est la suivante :
- Faire dissoudre dans un quart de litre d’eau chaude de l’acide borique du commerce jusqu’à saturation.
- Retirer la casserole du feu et ajouter de la mie de pain de manière à obtenir une pâte épaisse.
- Placer des morceaux de celle-ci sur des assiettes ou du carton dans les endroits où se trouvent les cafards.
- Dès le lendemain, on aperçoit à terre quelques blattes qui n’ont pu réintégrer leur trou pour y mourir, elles sont sur le dos et éclatent avec un bruit sec lorsqu’on les écrase.
- M. Bobiloff, au Cap-Martin.
- Sachons préparer nous-mêmes nos peintures.
- Lorsque nous désirons peindre, soit les boiseries, soit tous autres objets, nous nous contentons le plus souvent d’acheter chez le marchand de couleurs une préparation qu’il fabrique sous nos yeux, parfois sans aucune pesée, « à vue de nez », et nous sommes tout étonnés que le résultat de notre travail ne corresponde pas à celui des professionnels.
- Il y a à cela une raison très simple, c’est que les peintres n’emploient pas la même composition de peinture pour donner les trois couches successives qui doivent normalement être appliquées sur bois neuf.
- Suivant qu’il s’agit de peinture à l’extérieur ou à l’intérieur, les proportions des composants seront, abstraction faite du pigment :
- Pour la peinture extérieure : '
- lra Couche ou couche d’impression, moitié huile de lin, moitié essence de térébenthine.
- 2e Couche, trois quarts d’huile, un quart d’essence.
- 3e Couche, huile de lin pure.
- Pour les peintures à l’intérieur :
- l,e Couche, trois quarts d’essence et un quart d’huile.
- 2e Couche, deux tiers d’essence et un tiers d’huile.
- 3e Couche, moitié essence et moitié huile.
- bn remarquera que les peintures destinées aux extérieurs sont plus poussées en huile, cela a pour but de leur donner plus de solidité.
- Supposons qu’il s’agisse de remettre en bon état une barrière de bois ayant déjà été peinte; la couche d’impression devient inutile, on peindra directement avec une composition du type 2' couche constitue à titre d’exemple par :
- Ocre jaune ou rouge........................ 700 gr.
- Huile de lin..................................210 —
- Essence de térébenthine....................... 70 —
- Siccatif ..................................... 30 —
- Il est essentiel de bien laisser sécher chaque couche avant d’appliquer la suivante ; la première couche d’impression doit toujours après séchage être poncée au papier de verre, les trous qui auraient échappé lors du premier mastiquage seront rebouchés soigneusement, alors on pourra donner la seconde couche que l’on rendra bien unie au moyen de la brosse plate dite « queue à lisser ». Enfin la dernière couche étant donnée et bien sèche on pourra vernir pour assurer une protection parfaite contre les agents nocifs, intempéries au dehors, fumées a l’inté* rieur.
- M. Daniel, a Nice.
- Comment peindre sur le ciment.
- La peinture à l’huile ne peut êtTe appliquée directement sur le ciment, parce que l’alcalinité de celui-ci donne lieu à la formation du savon plus ou moins soluble, de sorte qu’il n’y a pas adhérence ; il convient donc de préparer la surface à peindre par l’un des moyens suivants.
- 1° Badigeonnage au moyen d’eau acidulée à 5 pour 100 par de l’acide sulfurique qui sature l’alcalinité du ciment en donnant du sulfate de chaux neutre sans action sur l’huile.
- 2° Opérer de la même façon en se servant d’une solution de sulfate de zinc saturée à la température ordinaire (1500 gr. sulfate de zinc cristallisé; eau, 1000°°); la chaux libre du ciment met en liberté de l’oxyde de zinc en même temps qu’il se forme comme dans le cas précédent du sulfate de chaux.
- Dans le cas d’emploi du liquide acide ne se servir que de brosses montées à la ficelle et sans garniture métallique; pour la solution de sulEate de zinc on peut employer sans inconvénient des brosses à monture de zinc qui sont aujourd’hui courantes.
- M. Lendresse, a Tamatave.
- Qu'est-ce que l’émeri ?
- L’émeri, qui a des emplois considérables comme abrasif, pour l’usure et le polissage, soit sous forme de poudre, soit appliqué sur du papier ou de la toile par de la colle forte, n’est autre chose au point de vue minéralogique que le corindon, c’est-à-dire de l’alumine cristallisée ferrugineuse contenant suivant son origine de 70 à 85 pour 100 d’alumine, 10 à 30 pour 100 d’oxyde de fer, et un peu de silice.
- Les principaux gisements exploités sont ceux de Naxos (archipel grec), des Iles Jersey et Guernesey, de Chesier (Massachusets), de Saxe, de Bohême, etc.
- Grâce à sa dureté qui est supérieure à celle du quartz, l’émeri sert au polissage des métaux, des glaces, cristaux, verres d’optique, pierres précieuses.
- La seule préparation à faire subir à la matière première venant de la mine est un broyage suivi d’un classement des éléments de la poudre obtenue; d’après leur grosseur, ce classement s’effectue au tamis pour les grosses sortes, par lixiviation et sédimentation pour les sortes fines, la désignation commerciale étant faite pour ces dernières d’après le temps laissé à la poudre d’émeri pour se déposer : émeri une minute, deux minutes, etc.,, autrement dit la poudre sera d’autant plus fine qu’il aura fallu plus de temps pour en obtenir la sédimentation.
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- Vendeurs d’émeri en roche ou préparé : Grauer et Weil, 76, boulevard Richard-Lenoir ; Comptoir général des Emeris, 8, rue Boucry (18°) ; Société L’Abrasienne, 60, rue Saint-Lazare.
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- N° 2803.
- LA NATURE
- 15 Févvrier 1929.
- JULES VERNE, AÉRONAUTE (,)
- Nous sommes ici pour honorer la mémoire d’un grand Français, d’un précurseur génial, qui, grâce à sa puissance de romancier et de savant tout ensemble, a eu ce glorieux privilège d’éveiller dans le monde entier—je dis bien dans le monde entier — la curiosité et l’émotion de tous les jeunes gens, d’exciter leurs enthousiasmes
- cien a dit que la première vertu intellectuelle du mathématicien, c’est l’imagination.
- Chez Jules Verne, cette vertu fut dominatrice. Il a eu cette idée géniale, féconde, c’est qu’on peut, en s’appuyant sur quelques données scientifiques précises, construire des fictions audacieuses, très proches de la
- Fig. 1.
- Sur le pont de ^Albatros.
- Fig. 2.-
- L’Albatros secourant un naufragé.
- Fig. 3.
- L’Albatros luttant de vitesse avec une locomotive.
- passionnés et de provoquer, beaucoup plus que nous ne pouvons le supposer maintes nobles vocations.
- Non seulement Jules Verne a été un romancier populaire, traduit dans toutes les langues, un dramaturge habile, joué sur toutes les scènes, mais surtout—et c’est là son incomparable originalité — il a su mettre sa verve et son imagination au service de la science.
- L’imagination et la science! Il y a peut-être des esprits arriérés qui voient quelque antagonisme entre ces deux sublimes et redoutables divinités. Quelle erreur! Sans l’imagination, c’est-à-dire sans l’invention créatrice, la science est une personne assez maussade, assez vulgaire, destinée à se traîner dans l’ornière des vérités, ou plutôt des erreurs acquises. Je ne sais quel illustre mathémati-
- 1. Allocution prononcée à la Sorbonne, le 16 janvier 1929, en une séance organisée par la Société de Géographie.
- rigoureuse vérité scientifique. Mais il a vu aussi qu’il ne suffit pas d’être audacieux et savant, qu’il faut aussi être amusant. Tous les genres sont bons, sauf le genre ennuyeux, a dit Voltaire. Jules Verne n’a jamais été ennuyeux. Il a toujours été amusant, spirituel, gai. Ainsi, donnant libre carrière à la folle du logis, il a créé le roman scientifique.
- 11 manie, avec une verve endiablée et une érudition rare, les termes et les données scientifiques. Il fait apparaître les instruments techniques : paratonnerres, télescopes, microscopes, piles électriques, accumulateurs, thermomètres, baromètres, il parle de gravitation, d’atomes, de calories. Grâce à lui tout l’arsenal hétéroclite . de la science devient une vraie récréation qui divertit autant qu’elle instruit les jeunes gens.
- Que de fois il a devancé l’avenir! Il allait beaucoup au delà des horizons étroits, au delà desquels les hommes
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- timorés ne veulent rien voir. Or il s’est trouvé que ses prévisions étaient exactes, que ses chimères de 1866 et de 1876 devenaient les réalités de 1920 et les banalités de 1929. Quel prodige de pénétration!
- Pour me servir d’une expression mathématique, il a extrapolé, c’est-à-dire prolongé la courbe des phénomènes au delà de ce que l’expérience donne.
- Tout à l’heure, mon ami Jean Charcot vous parlera, avec sa compétence éloquente, des voyages extraordinaires que Jules Verne, le plus audacieux des voyageurs, a contés dans des récits humoristiques et pittoresques. Aujourd’hui, je ne veux vous dire que quelques brèves paroles au sujet de la vue prophétique, merveilleuse, qu’il a eue sur une des plus grandes choses modernes, sur l’aviation, la plus grande conquête peut-être de l’homme sur la matière, puisqu’elle lui a fait vaincre l’attraction, cette souveraine de toutes choses.
- En effet, ne vous y trompez pas, l’aviation n’est encore qu’à son enfance. Nous ne sommes qu’au premier tiers du vingtième siècle. Eh bien! ce vingtième siècle ne
- • s’achèvera pas sans que l’aviation ait transformé et envahi le monde. Peut-être même fera-t-elle plus encore que n’ont fait les chemins de fer. Nous ne pouvons pas imaginer ce que seraient les hommes civilisés, s’ils n’avaient pas à leur disposition] les chemins de fer. Un historien célèbre, le grand Victor Duruy, me disait un jour : « Sij’avais à faire une histoire du monde, je la
- • diviserais en deux parts : le monde avant les chemins de fer, le monde après les chemins de fer ». Je serais tenté de dire que l’histoire de l’humanité se divisera en deux parties : le monde avant les avions, le monde après les avions. Il a fallu un siècle pour que les chemins de fer eussent leurs pleins effets : il faudra peut-être plus de temps, c’est-à-dire trois quarts de siècle encore, pour voir tous les bienfaits de l’aviation.
- La distance presque supprimée, puisqu’on a pu faire plus de 500 km à l’heure, les déserts, les montagnes, les neiges franchis d’un vol rapide, et les hommes, devenus proches maintenant les uns des autres, se tendant fraternellement la main. Voilà le monde nouveau que nos yeux, enténébrés par les bassesses de l’heure présente, ont quelque peine à se figurer. Qu’importe ! c’est le monde de l'avenir, et ce monde, c’est Jules Verne qui l’a prédit.
- Dans son premier roman : Cinq semaines en ballon, il conte la surprenante et quelque peu fantastique épopée du D1- Fergusson' qui traverse l’Afrique, de Zanzibar au Sénégal. Tous les jeunes gens d’hier ont lu, tous les ieunes gens d’aujourd’hui lisent, tous les jeunes gens de demain liront avec passion ce roman amusant et savant.
- Si j’osais vous parler de moi, je vous dirais que ce mirifique voyage m’a insufflé pour la navigation aérienne une ardeur qui ne s’est pas, avec l’âge, éteinte encore. C’était l’époque où Nadar construisait ce fameux Goliath, ce ballon géant, qui suscita tant d’admiration malgré un douloureux échec. C’était l’époque où G. Tissandier, presque un enfant encore, comprenait que la direction des ballons n’est pas un mythe. Le ballon de Fergusson ne mérite cependant guère d’être regardé comme le type de l’aérostation future ; car, malgré d’ingénieuses dispositions, par exemple celle d'un ballonnet intérieur, l’aérostat de
- Fergusson n’est guère viable. N’est-il pas bien imprudent de compter, pour se diriger, sur la constance 'des vents alises, un peu réguliers sur les Océans, mais nullement sur les continents. Les zéphyrs sont des personnages dont les fantaisies déconcertent toutes les prévisions humaines ; ils s’arrêtent, ils repartent, ils vont à droite, à gauche. Tantôt ils sont nuis, tantôt ils sont violents, tantôt ils sont contraires. Quoique Jules Verne ait osé affirmer que la direction des ballons est une utopie, grâce aux admirables efforts des frères Tissandier, des frères Renard, de Zeppelin, il y a des aérostats dirigeables.
- Mais, si Jules Verne a été téméraire, imprudemment téméraire, à prétendre que la direction des aérostats n’est pas possible, il a eu du moins l’immense mérite de comprendre que l’avenir n’est pas dau dirigeable, mais au plus lourd que l’air
- Pluslourdque l’air! Quel mot je prononce,^Messieurs ! Plus lourd que l’air ! Les jeunes gens qui m’écoutent ici auront peine à croire qu’il fut un temps, un temps que j’ai connu, où c’était un brevet de folie que de croire à la possibilité de lancer dans l’air des machines qui n’étaient pas soutenues par un ballon. Etrange aveuglement, puisque aussi bien les hommes n’avaient qu’à regarder autour d’eux pour voir des machines plus lourdes que l’air se diriger librement et parcourir sans effort de vastes espaces. Quoi! il y a des mammifères, des oiseaux, des poissons, des insectes, qui peuvent voler! Et il serait impossible à l’industrie humaine de faire comme ces machines animées! Ont-elles donc des forces magiques ou surnaturelles, ces petites machines vivantes? Non et non! ce serait absurde. L’ami de Jules Verne, Nadar, avait, dans un ouvrage retentissant, prouvé que pour voler il faut être plus lourd que l’air. Alors, en même temps que Nadar, Jules Verne, dans son fameux roman Robur le Conquérant, se fait l’apôtre de la machine volante.
- Voulant baptiser cette machine volante, il l’appela Albatros. Comme vous savez, l’albatros est un magnifique oiseau de mer, le plus grand peut-être, et qui pèse probablement plus qu’aucun des oiseaux capables de vol. Il a une envergure énorme et il peut franchir un millier de kilomètres sans se poser sur les eaux. C’est l’oiseau des grands Océans, qui ne craint ni les vents, ni la tempête, ni la distance. Or, le colossal Albatros de Jules Verne pouvait voguer et se diriger dans les airs pendant des jours entiers, affrontant les orages et traversant en toute sécurité l’Atlantique et le Pacifique immense.
- Le système mécanique de VAlbatros est très simple ; il a des hélices sustentatrices et des hélices propulsives. Les hélices sustentatrices lui permettent de s’élever [du sol et de monter à la-hauteur qui convient au pilote. Quand les hélices sustentatrices s’arrêtent ou se ralentissent, Y Albatros descend. D’autre part, plus elles tournent vite, plus la machine s’élève. C’est donc un hélicoptère, mais comme cet hélicoptère ne donne que le mouvement de haut en bas, il faut les hélices propulsives qui permettent d’aller dans la direction horizontale voulue. L'Albatros monte par les hélices sustentatrices : il avance par les hélices propulsives : il se dirige par son gouvernail.
- Et c’est ainsi que Y Albatros a pu accomplir des mer-
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- veilles. Il emmenait dans ses flancs, non seulement le capitaine Robur et ses hardis matelots, mais encore il avait enlevé, malgré eux, deux autres personnages entêtés dans leur idée et persuadés qu’il n’y avait que le ballon capable de se soutenir dans l’air. Robur avait voulu les convaincre, et je crois bien que, malgré les exploits de VAlbatros, les enragés défenseurs des aérostats ne furent pas encore persuadés. Robur leur avait fait faire le tour du monde, mais il n’avait pu vaincre leur obstination.
- Amusant symbole de la routine persévérante et tenace qui ne veut pas se rendre aux démonstrations les plus péremptoires.
- La machine de Robur était admirable.
- Mais, si nous nous plaçons au point de vue de la réalité pratique, elle avait à sa base une formidable lacune : les hélices, tant propulsives que sustentatrices, étaient actionnées par des piles électriques. Soit ! mais, hélas! Robur a emporté, dans sa tombe mystérieuse, le secret de ces piles et de ces accumulateurs presque divins, Fig. k.
- accumulateurs inusables pouvant agir de plein fouet pendant six mois ; et capables de dégager 200 ampères par kilo (*). Avec une force semblable, on peut faire tout ce qu’on veut. Hélas! hélas! nous n’avons plus à notre disposition ces accumulateurs extraordinaires.
- Qu’importe ! Que l’énergie soit l’électricité, le charbon ou le pétrole, le principe de la machine volante était établi.
- Tout de même on ne voulut pas comprendre ; les partisans du plus lourd que l’air restèrent un tout petit groupe, infiniment petit, de personnages ridicules. Quand, en 1890, avec mon ami Victor Tatin, suivant les conseils de mon illustre maître Marey, je construisis un premier aéroplane, je n’ai connu que des sourires sarcastiques. Des caricatures parurent, me montrant avec une machine volante à la main.
- L’élève de Jules Verne et de Marey était cependant dans la bonne voie. Cette figure vous montre l’aéroplane non monté (aéroplane à vapeur), que j’ai construit en 1890, qui fit deux fois au Havre et deux fois à Carqueiranne des vols soit de 400, soit de 875 m.
- Voyez, Messieurs, la destinée des choses ! Lorsqu’on émet, comme Jules Verne, une idée profonde, une idée créatrice, personne ne peut prévoir quels en sont les infinis prolongements! On a parlé de la calomnie qui d’abord va rasant le sol, timide, balbutiante, puis qui prend des forces en s’avançant, qui grandit, qui gronde. Puis elle se répand dans le monde et emporte tout dans son torrent. Heureusement ce n’est pas seulement la calomnie qui a ces commencements obscurs et ces essors prodigieux. C’est le progrès, qui timidement émet une faible voix à peine entendue. Puis peu à peu, de proche
- 1. Le mot d’ampère pour mesure électrique ne pouvait être prononcé en 1874 !
- Deux élèves de Jules Verne, en avion, à Villacoublay,
- Louis Breguet et Ch. Richet. 1921.
- en proche, ce bruit se répand dans le monde. Il grandit, il s’étend, de manière à classer sa domination triomphale dans la civilisation humaine. D’innombrables ouvriers concourent au progrès final, mais il faut rendre hommage aux grands hommes, qui, comme Jules Verne, auront imposé au monde une idée nouvelle et lui ont permis d’étendre ses ailes loin, très loin.
- Je m’honore d’être un élève de Jules Verne, et je vais vous montrer un autre de ses élèves, indirects puisqu’il m’a fait l’honneur de se dire mon élève, car c’est moi qui lui ai inspiré l’amour de l'aviation. Heureuse inspi-
- Fig. 5.
- Albatros de Y. Tatin et Ch. Richet. Le Havre. 1892.
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- ration. Car Louis Breguet est devenu le plus habile constructeur du monde entier : et nous voici tous deux dans un même avion, en 1921. Ce n’est pas VAlbatros du capitaine Robur. Mais, si le capitaine Robur vivait encore, il pourrait s’enorgueillir de voir dans le monde entier plus de dix mille machines volantes sillonner le monde et franchir les Océans. Ces jours-ci, une femme héroïque, Lady Bailey, a fait toute seule dans sa machine aérienne la traversée de l’Afrique, du Gap à Alger, réalisant l’exploit du Dr Fergusson avec son ballon chalumeau et les courses triomphales de Y Albatros.
- Messieurs, il est bien rare qu’un homme ait l’audace
- de penser plus loin et plus haut que les autres hommes, de guider toute [une génération. Jules Verne est de ceux-là. Voilà pourquoi il faut honorer cette grande mémoire. Il a donné aux adolescents l’amour des choses scientifiques ; il leur a inspiré des audaces aventureuses ; et il leur a prouvé que la science, la science divine, doit être adorée, qu’elle est la maîtresse des choses et qu’elle doit être la directrice des avenirs.
- Honneur à Jules Verne, le précurseur et l’animateur.
- Charles Richet,
- Membre de l’Institut.
- QU'EST-CE QU’UN LÉGOUANE?
- Deux lecteurs de La Nature m’ont posé la question suivante : « Dans votre note sur l’Eunecte (n° 2795, page 377), vous dites qu’un grand Serpent d'Amazonie avait avalé un Paresseux, un Fourmilier, et un Légouane. Or, qu’est-ce qu’un Légouane? Aucune nomenclature française d’animaux ne comprend ce nom. «
- Le mot Légouane employé par le naturaliste allemand à qui est due la citation dont il s’agit, doit être traduit par : Iguane.
- Rappelons que l’Iguane est un Reptile Saurien. Duméril et Bibron ont désigné sous le nom d’Iguaniens (ou Eunotes), les Sauriens dont le corps est couvert de lames cornées, non disposées en anneaux verticillés ou circulairement entuilés; la tête et le ventre ne sont pas revêtus de grandes plaques. Au reste, les Iguaniens présentent les principaux caractères des Lacertiens; ils se distinguent de ceux-ci surtout par la forme de leur langue qui est épaisse, inextensible et échan-crée à son extrémité. La famille des Iguaniens renferme des types extrêmement curieux, d’aspect surprenant : la forme bizarre des écailles, le fanon qui pend au-dessous du cou des uns, les appendices latéraux des autres, appendices qui simulent des espèces d’ailes, et encore chez d’autres, la crête qui se dresse presque tout le long de l’épine dorsale, toutes ces particularités leur donnent un air fantastique propre à la ménagerie légendaire des imagiers du Moyen Age. On peut aussi voir en eux des formes attardées de la faune antédiluvienne.
- Pour ce qui est des Iguanes, ils constituent un genre américain, dont on distingue, je crois, cinq espèces, toutes facilement reconnaissables au fanon qui pend sous leur cou, aux épines qui garnissent tout le long dé leur dos, à leur queue longue et grêle, et â leurs écailles imbriquées. Le caractère distinctif des vrais Iguaniens est constitué par l’existencé de dents au palais (deux rangées de petites dents).
- Après les Crocodiles et les Moliiors, les Iguanes sont les plus grands Sauriens que l’on connaisse; quelques-uns ont près de 2 m. de longueur; les Iguanes étaient très communs autrefois dans l’Amérique du Sud et aux Antilles; mais ils sont devenus de plus en plus rares par suite de la guerre qui leur est faite à cause de la délicatesse de leur chair et de leurs œufs.
- Les Iguanes vivent dans les forêts peu distantes des eaux, où l’humidité et la chaleur favorisent le développement des Insectes dont ils se nourrissent; mais ils mangent aussi des substances végétales et surtout des fruits qu’ils attaquent au moyen de leurs dents aux bords finement dentelés en scie.
- Leurs membres terminés par des doigts longs et armés d’ongles aigus, leur permettent de grimper avec beaucoup d’agilité sur les arbres, où ils font leur demeure habituelle, tant parce qu’ils y trouvent une nourriture abondante, que parce qu’ils y sont à l’abri contre un grand nombre d’ennemis.
- C’est au printemps que les Iguanes se reproduisent. Il paraît que le mâle se choisit une compagne avec laquelle il vit un certain temps et qu’il défend, au besoin, avec ardeur.
- A l’époque de la ponte, la femelle gagne le rivage et dépose dans le sable ses œufs, gros comme ceux des Pigeons, à coque molle; ces œufs étant excessivement prisés des indigènes, sont l’objet d’une active recherche, ce qui est une cause de la rareté de l’espèce.
- En Amérique et dans les îles voisines, les Iguanes sont parfois élevés pour la consommation; ils passent pour aisément apprivoisables.
- A l’état sauvage, quand il est attaqué, l’Iguane se défend courageusement, à coups de queue, de griffes et de dents.
- Les Iguanes, parés d’assez belles couleurs vertes, bleues, fauves ou jaunes, savent se cacher dans le feuillage, avec lequel leur parure se confond.
- L'Iguane tuberculé, en particulier, a la faculté de changer de couleur et de s’harmoniser aux choses environnantes. L’Iguane tuberculé est l’un des plus beaux représentants du genre ; il doit son nom aux tubercules qu’il porte sur les côtés du cou. Il est d’un bleu vert en dessus et d’un jaune verdâtre en dessous; la livrée est plus ou moins tachetée de brun ou de jaune. '
- Les flancs sont généralement rayés et la queue annelée.
- L’Iguane tuberculé habite l’Amérique du Sud et les Antilles.
- L’Iguane rhinolophe se rencontre en Amérique centrale et au Mexique.
- L’Iguane à cou nu vit au Brésil, à la Guadeloupe, à la Martinique, etc.
- Sans parler de l’Homme, les Iguanes ont de très nombreux ennemis parmi lesquels, nous l’avons vu, les grands Serpents sont les plus redoutables.
- On a donné aux Iguaniens le nom de Crassilingues, à cause de leur langue charnue, — que certaine classification récente a pris pour caractère distinctif du sous-ordre des Sauriens, auquel appartient l’étrange animal dont nous venons de parler.
- A. Feuillée-Billot.
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- L'ÉVEIL DE L'INDOCHINE ......
- V - LA NAVIGATION MARITIME ET LES PORTS
- Avec leur développement de 2000 km, les côtes de l’Indochine, dont plusieurs caps jalonnent la grande route de navigalion qui va de Singapour à Hong-lvong, ont dû être dotées d’un important système d’éclairage qui comporte, outre de nombreux sémaphores, 14 phares de premier ordre à éclats, d’une portée de 20 à 30 milles,
- Nha-trang, Phan-rang et Phan-tiêt en Annam ; Ha-tien en Cochinchine; Kep et Ream au Cambodge.
- Le premier rang appartient incontestablement à Saigon. Situé sur la rivière de même nom qui est un affluent du Donnai (ou Dong-Nai), à 80 km dans l’intérieur des terres, ce port est relié à la mer par un beau chenal d’une
- Fig. 1.— Le port de Saigon.
- Un grand courrier devant l’appontement des Messageries Maritimes.
- et une soixantaine de phares de second ordre à feux fixes blancs, rouges ou verts.
- Il va de soi que la plupart de ces derniers phares sont groupés aux abords des ports maritimes que nous énumérerons comme suit, d’après l’ouvrage de M. Pouyanne qui nous sert de guide dans ces études.
- Deux grands ports maritimes en rivière : Saigon et Haïphong; deux ports en eau profonde : Hongay et Bangoi; un port en rivière avec avant-port en eau profonde : Tourane; huit ports secondaires côtiers fréquentés par la navigation au cabotage : Bên-thuy, Qui-nhon,
- profondeur d’au moins 10 m. sous les plus basses mers et d’une largeur utile de 250 à 300 m. Alors que les embouchures du Mékong sont barrées par les dépôts énormes d’alluvions que charrie ce fleuve, la rivière de Saigon n’en reçoit qu’une quantité infime. Aussi, le chenal naturel qu’elle constitue est-il accessible aux navires longs de 180 m En 1924, le croiseur anglais Hawkins, d’une longueur de 184 m., remonta la rivière sans difficulté. Les beaux paquebots des Messageries Maritimes (dont le tonnage de déplacement varie entre 16000 et 20000 tonnes) fréquentent régulièrement ce port.
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- Bien qu’ils puissent remonter la rivière à toute.heure de marée, les navires profitent souvent du flot pour atteindre le port. Afin de les soustraire complètement à l’action du flux et d’attirer à Saïgon des paquebots de plus de 180 m., on a exécuté ces temps derniers quelques aménagements sur plusieurs points de la rivière; le principal a été le dragage du « banc de Corail », constitué par de l’argile et de la pierre tendre, dite pierre de Bien-hon.
- Le port de Saïgon, devenu établissement public autonome depuis le 2 janvier 1914, et qui jouit de la personnalité civile, offre aux navires 180 hectares de surface d’eau et 6 km d’accostages. Un quai en maçonnerie bâti en eau profonde, long de plus de 1000 m., desservi par une voie ferrée, est complété par 2500 m. de murs de quai de faible profondeur, 45 grands navires peuvent mouiller ensemble dans le port maritime et y effectuer leurs opérations en toute sécurité.
- Fig. 2. — Vue du port de Saïgon.
- Le* Conseil d’administration du port poursuit sans arrêt les travaux d’amélioration et le perfectionnement de son outillage, qui comporte notamment de grands hangars publics de 90 à 140 m. de long; des grues dont l’une est de 15 tonnes ; des chalands pour la désinfection des navires, pour le relèvement des ancres de bouée; de nombreux hangars, ateliers et engins de carénage appartenant à des compagnies. Le port de guerre, situé en amont du port de commerce, possède un outillage important qui peut être mis à la disposition des navires de commerce ; deux formes de radoub dont les dimensions sont respectivement de 158 m. 50 sur 21 m. 87 et de 70 m. 70 sur 10 m. 20; un dock flottant de 350 tonnes; diverses cales de construction, etc.
- Quelques chiffres montreront que Saïgon se classe désormais parmi les plus importants des grands ports français. En 1885, il recevait 473 bâtiments de haute mer. Le nombre passait successivement à 493 en 1895; à 560 en 1905; à 683 en 1915; à 769 en 1920; à 830 en 1924.
- Le tonnage de ces navires (entrées et sorties réunies) a augmenté dans les proportions suivantes : il est passé de 1 177 400 tonnes en 1885 à 1 242 800 en 1895; à 1926 000 en 1905; 4 2 287 100 en 1915; à 2 785 380 en 1920; à 3 352 676 en 1924.
- Tous ces chiffres ne concernent que les navires de haute mer. Pour montrer l’importance réelle du port de Saïgon, il faudrait, si les statistiques nous le permettaient, tenir compte de son trafic fluvial (jonques, chalands, petits vapeurs) et de son trafic de cabotage (jonques de mer), dont l’ensemble porte sur des millions de tonnes. Il conviendrait de signaler encore que le port fluvial annexe (Gholon) enregistre chaque année à lui seul un mouvement de plus de 3 millions de tonnes. Et l’on peut dire sans exagération que le tonnage total des deux ports iumeaux est de 8 à 9 millions de /tonnes par an.
- Nous voulons soumettre ici quelques chiffres à l’adresse de tous ceux qui dénigrent de parti pris notre œuvre coloniale En dotant la Cochinchine de cet admirable réseau de canaux que nous avons étudié dans un précédent article, l’Administration française a développé puissamment la culture du riz, tout en donnant aux producteurs de nombreuses voies d’accès vers les quais de Saïgon.
- En 1860, les quantités de riz exportées par Saïgon ne montaient qu’à 58 000 tonnes. Les étapes suivantes ont été de 294 500 tonnes en 1880; de 730 000 en 1900; de 1020 000 en 1920; de plus de 1 400 000 tonnes en 1925.
- LE PORT DE HAIPHONG
- Moins favorisé que Saïgon avec son beau chenal naturel, Haïphong, qui ne fut d’abord qu’une base de ravitaillement pour nos troupes au début de la conquête du Tonkin, ne paraissait pas destiné à jouer un important rôle maritime. Il a fallu l’opiniâtreté de nos grands administrateurs coloniaux et la science de nos ingénieurs pour en faire un grand port qui sert désormais de débouché non seulement au Tonkin, mais encore à la vaste province chinoise du Yunnan.
- Nous ne pouvons que résumer ici, d’après l’ouvrage de M. Pouyanne, le récit des tribulations qui entourèrent la naissance de Haïphong, situé à 25 km de la mer, sur la rive Sud du Cua-câm, qui est l’une des embouchures du Thaï-binh, et que les navires de mer ne pouvaient remonter qu’en bravant une barre, celle-ci n’offrant aux basses mers qu’une hauteur libre de 2 à 3 mètres.
- On décida bientôt d’abandonner cette embouchure au profit de la voisine, appelée Gua-ham-triêu, dont la barre présentait une hauteur d’eau plus forte à marée basse. Ce projet entraîna l’exécution d’une coupure à travers l’île de Dinh-vu qui sépare ces deux bouches. Commencé en 1899, l’aménagement de la nouvelle voie d’accès fut terminé en 1902.
- L’avantage ainsi obtenu n’était pas considérable, la barre du Cua-nam-triêu s’opposant au passage des navires calant plus de 4 m. Plusieurs solutions qui permettraient
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- Fig. 3.— Port de Saigon. Déchargement des cargos.
- à des unités de plus fort tonnage de pénétrer en tout temps jusqu’à Haïphong furent mises à l’étude. L’une d’elles prévoyait l’utilisation de la magnifique baie d’Along qui devenait, pour ainsi dire, l’avant-port en eau profonde de Haïphong; des coupures exécutées à travers les îles qui la séparent du Cua-nam-triêu l’auraient alors reliée au port.
- Une solution plus radicale fut proposée : l’abandon de Haïphong comme port maritime et la construction d’un nouveau port dans la baie d’Along. Mais, pendant que l’on discutait, Haïphong se développait, en tant que ville, avec une rapidité prodigieuse, et cette solution fut écartée. L’autre eut le même sort : les coupures envisagées auraient coûté des sommes énormes. Et l’on se décida finalement à améliorer la barre du Cua-nam-triêu par des opérations de dragage, que l’on reprend depuis lors chaque année, pendant toute la durée de la bonne saison.
- Les fonds (à basse mer) ont été portés progressivement de 4 m. à 7 m., ce qui laisse des profondeurs d’au moins 6 m. entre deux campagnes de dragage successives. En même temps, on a tenté d’améliorer le chenal du Cua-cam en combinant les dragages avec la construction d’épis en enrochements. Un chiffre peut donner une idée de l’importance de ces travaux : en 1924, ils ont nécessité l’extraction de 1350 000 m5 de déblais. Désormais, les plus gros paquebots des Messageries Maritimes peuvent remonter sans encombre à Haïphong, quel que soit l’état de la marée.
- L’outillage du port se développe rapidement; il comprend déjà, notamment, 550 m. d’appontement, 7 grues (dont une de 20 tonnes), 20 000 m2 de docks et hangars, etc. Son mouvement est sujet à d’étranges fluctuations, quant au nombre des navires au long cours qui le fréquentent; mais il montre une progression constante, quant au tonnage des marchandises transportées.
- Les entrées et sorties des navires de haute mer avaient été de 700 en 1914 et de 873 en 1915. Descendues à 622 en 1916, elles remontaient à 965 en 1919, reculaient à 788 en 1920, atteignaient leur record en 1922 avec 1046 unités, redescendaient à nouveau en 1924 avec b25 bâtiments. En totalisant navires de haute mer et navires au cabotage, on trouve que les entrées et sorties du port de Haïphong ont été, en 1924, de 16447 bateaux représentant un tonnage global de 3 501 4o6 tonnes.
- Quant au tonnage total des marchandises (entrées et sorties), voici comment se chiffre sa progression : 407 000 tonnes en 1916;
- 473 600 en 1918; 643 200 en 1920; 862 750 en 1922 et 1 173090 en 1924.
- LES AUTRES PORTS INDOCHINOIS
- La création du port de Bên-thuy qui est déjà pour le cabotage, le plus important des ports
- côtiers de l’Annam, a nécessité d’importants travaux. Situé à 19 km de la mer sur le Song-Ca (ou rivière de Cua-hoi), il ne pouvait recevoir que des bateaux à faible tirant en raison de deux obstacles : la barre du Cua-hoi et le « seuil » de Yen-luu.
- Cette barre est formée de bancs de sable que la houle déplace constamment et dont on ne pourrait triompher par le dragage. On poursuit actuellement les études d’un projet qui consisterait à creuser, au sud de la barre, un canal d’une dizaine de kilomètres communiquant avec le fleuve par une écluse, avec la mer par un avant-port avec môles allant jusqu’aux fonds de 6 mètres.
- En resserrant le fleuve au moyen d’épis transversaux (travaux terminés en 1924), on a pu améliorer le seuil de Yen-luu, dont les fonds n’étaient que d’un mètre aux basses mers et qui ont été portés à 2 m. 80. Il sera facile d’obtenir des fonds de 3 m. 50 quand le besoin s’en fera sentir.
- Relié à Vinh, station du Transindochinois, par un embranchement de 5 km, Ben-thuy est destiné à devenir le débouché du Laos septentrional avec l’achèvement des lignes de pénétration.
- Fig. 4. — Haïphong.
- Le quai de Canton
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- L’avenir du port de Tourane est lié, lui aussi, au développement du réseau ferré indochinois. Il faudra d’importants et coûteux travaux pour l’aménager définitivement, car il se compose d’une partie maritime placée au fond d’une vaste baie ouverte à la houle, et d’une partie fluviale dans une large rivière dont l’estuaire s’ensable constamment. Il faudrait protéger la baie par une jetée de 3 km. On a dû se contenter provisoirement de draguer à travers la barre un chenal qui assure des fonds de 4 m. 30.
- Qui-nhon, autre port annamite, doit son existence aux travaux commencés en 1914, grâce auxquels les navires peuvent pénétrer, par un chenal large de 75 m., profond de 6 m. 50, dans une grande lagune intérieure où ils trouvent un sûr abri contre la houle. Eu 1918, on y a construit un appontement en béton armé Ce port servira de débouché à une région de « terres rouges », que des entreprises agricoles commencent à mettre en valeur.
- Autre port, de création récente : Bangoi, situé au fond de la vaste baie de Cam-Ranh (sud de l’Annam), qui est parfaitement abritée en toutes saisons. Comme le précédent, il servira de débouché maritime à une région de plateaux très fertiles dont la colonisation est amorcée. Il possède un appontement en béton armé de 81 m. de longueur, relié à la voie ferrée et accostable à marée basse par des bataux calant 7 mètres.
- Signalons encore les travaux exécutés dans le Kouang-Tchéou-Wan, enclave de 800 km2 située, non loin de la frontière tonkinoise, sur la côte dé la province chinoise de Kouang-Toung, et qui est une dépendance de l’Indochine.
- Ce territoire est traversé par la Matsé, dont l’estuaire, large, profond, que protège un chapelet d’îles, offre un
- excellent mouillage aux navires de mer. Des fonds de 7 à 8 m. se prolongent de son embouchure jusqu’à une vingtaine de kilomètres en amont. D’importantes agglomérations (dont Fort-Bayard, capitale administrative du territoire) se sont édifiées sur la rive droite du fleuve. Des canaux, qui pénètrent au cœur de ces villes, ont été construits pour faciliter le débarquement des marchandises apportées par les cargos et pour abriter la batellerie indigène.
- Tout ce que nous venons de dire sur les ports maritimes indochinois montre avec quelle activité, quel esprit de suite, quelle confiance en l’avenir, notre Administration coloniale a poursuivi cette partie de sa tâche. Il nous reste à exposer une création due à l’initiative privée.
- La Société française des Charbonnages du Tonkin a construit le port de Hon-gay, qui, possédant une centaine de mètres de quais en béton armé accessibles aux navires de 7 m. de tirant d’eau, répondait jusqu’alors à ses besoins. Mais le développement très rapide de ses affaires (près de 900 000 tonnes métriques de charbon exportées en 1924) l’a portée à construire un nouveau port en bordure de la rade dite de « Campha » qui est, pour ainsi dire, situé au centre même de,sa production.
- Un quai de 300 m. de longueur permettra l’accostage simultané de deux cargos de 10 000 tonnes, d’un tirant d’eau de 9 à 10 m. Tout l’outillage du port sera mû électriquement, grâce à la construction d’une centrale dont la puissance sera de 4000 kilowatts. L’ensemble des travaux est probablement achevé à l’heure actuelle (*).
- (À suivre.) Victor Forbin.
- 1. Photos de l’Agence Economique de l’Indochine.
- ï A PROPOS DE LA CRISE DU LOGEMENT i
- LA CONSTRUCTION RATIONNELLE A L’ÉTRANGER
- Si l’industrie textile était restée au point où elle se trouvait il y a deux; siècles, malgré le développement des autres industries et l’accélération de leur rythme de production, il s’ensuivrait une crise de l’habillement. La crise du logement est en partie l’effet produit par la stagnation du progrès dans les méthodes de construction.
- La routine est un vice humain et elle n’est vaincue que lorsque les circonstances forcent le producteur à s’adapter aux besoins nouveaux. L’industrie du bâtiment n’avait pas à craindre la concurrence des constructeurs d’un autre pays ou même d’une autre région. Son champ d'action était essentiellement restreint parce qu’une maison n’est pas une marchandise transportable comme une automobile ou une chaussure. De là vient le manque d’impulsions étrangères. Des préjugés répandus encore de nos jours dans le public en ce qui concerne les avantages d’une construction « massive » (contraire aux résultats scientifiques des essais faits sur la résistance des
- certains matériaux nouveaux, leur hygroscopie et leur isothermie) contribuaient à maintenir l’industrie du bâtiment dans un stade primitif.
- C’est en Amérique qu’elle fit le premier pas en avant. La routine et les préjugés n’y devenaient une entrave au libre développement que sur le plan sentimental, la forme devant rappeler l’art régional d’un pays européen ou le siyle d’une de nos grandes époques ou une salade russe de ces styles. L’immigration ininterrompue créait la demande sur un marché d’une étendue énorme, que ne morcelait aucune barrière douanière. La porte, la fenêtre, l’appareillage entier de la maison pouvaient être fabriqués en grande série. La construction proprement dite fut rationalisée de telle façon qu’on monte facilement l’Ossature métallique de deux étages d’un gratte-ciel en une semaine pendant que d’autres corps de métiers finissent les étages inférieurs. La maison démontable y est fabriquée et employée couramment.
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- Fig. 1. — En haut à gauche : Schéma de la construction des maisons de Varchitecte JF. Gropius à Dessau-Torten ; à droite : fabrication des briques à Dessau-Torten; en bas à gauche : la cité de Dessau-Torten en construction ; à droite : vue générale de la cité de Dessau-Torten.
- Architecte W. Gropius.
- EN ALLEMAGNE
- En Allemagne, l’effort vers une rationalisation de la construction commença après la guerre. La crise du logement d’une part, la dépréciation de la valeur du mark d’autre part exigeaient impérieusement une solu-
- tion du problème. L’emploi de fenêtres et de portes standardisées passa déjà en 1920 dans les habitudes des constructeurs de différentes régions germaniques. Mais c’est dans les dernières années surtout qu’un progrès étonnant fut réalisé par plusieurs administrations et groupements prévoyants dont je ne citerai aujourd’hui
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- que la ville de Francfort avec son architecte en chef May et le Bauhaus-Dessau, sous la direction de l’architecte Walter Gropius. Ces efforts nous intéressent spécialement parce qu’ils ont' comme objet la construction de cités et de maisons pour travailleurs manuels et intellectuels.
- Voici les caractéristiques de là cité de Dessau-Tôrten. Le matériau employé pour la construction des murs est la brique creuse de mâchefer. 8 machines fabriquent 2000 briques par jour sur le chantier (fig. 1). Les planchers sont formés par des poutres en ciment armé fabriquées également d’avance. Les plans types des maisons sont établis de telle façon que toutes les dimensions sont des multiples de la dimension de là brique employée. Les fenêtres et les portes standardisées'tiennent également compte de cette mesure de base. Les ^murs [mitoyens
- seuls sont portants (fig. 1 en haut et en bas à gauche). Des poutres reliant deux de ces murs portent les murs extérieurs. Une grue sert au montage des parties constructives d’un pâté de maisons. Chacun d’eux est composé de 8 maisons individuelles et demande 23 jours de travail pour le gros œuvre et la couverture. La méthode employée à Dessau se prête avant tout à la construction d’une série de maisons situées sur un même
- Fig. 5 ti 6. — Construction de ta maison de W. Gropius à Stuttgart.
- En haut:montage des murs > En bas : montage du toit.
- u.
- Fig. 4. — Maisonnette contenant un garage et une pièce, construite à Bâle par MM. Paul Artaria et Hans Schmidt.
- chantier. Elle représente un abaissement du prix de revient aussi bien par l’emploi de matériaux d’un prix peu élevé, que par la réduction de leur quantité et de la main-d’œuvre.
- L’architecte Gropius a aussi réalisé une maison d’essai qui fut édifiée à l’exposition du Werkbund à Stuttgart en 1927 (fig. 2). Celle-ci au contraire possède toutes les caractéristiques de la maison fabriquée de toutes pièces d’avance à l’usine et montée individuellement à n’importe quel endroit, sans machines. Une ossature métallique légère est habillée de plaques de liège goudronné recouvertes de fibrociment à l’extérieur et de bois contreplaqué à l’intérieur. .Les mêmes plaques munies d’une chape isolante forment le toit en terrasse (fig. G). Etant donné la standardisation des éléments constructifs employés, il est possible de construire avec ce système des maisons de plans différents et]de dimensions variables. C’est donc un véritable système pour fabriquer des maisons par pièces détachées. Cette manière de concevoir la maison est probablement [celle qu’on adoptera de plus en plus. Mais, pour être économique, une maison de ce genre doit être fabriquée en très grande série. Cela demande l’investissement de très grands capitaux et une clientèle nombreuse et certaine.
- Les murs des maisons construites par l'architecte May sont formés par des plaques en béton de pierre ponce de 3 m|,de large [et de 1 m. 10 de haut, de 20 cm d’épaisseur, fabriquées d’avance à l’usine (fig. 13), mises en placeparune grue (fig. 10 et 11). Dans les derniers groupes construits on a même utilisé des plaques munies de l’enduit extérieur (fig. 12). Les planchers [sont formés par la juxtaposition des poutres en béton de pierre ponce
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- Fig. 7. — Vue d’ensemble d’une cité ouvrière de Francfort construite par M. May.
- Photo Collischonn.
- armé. Le montage d’une maison se fait en un jour et demi ! Il va sans dire que les portes et fenêtres, les garde-corps et autres détails sont également conçus par modèles standardisés, et produits en grande série.
- Même l’installation des cuisines et le mobilier des logements sont exécutés de cette façon. Mais j’aurai une autre fois l’occasion de parler de l’aménagement et du plan de
- ces maisons et d’autres logements pour ouvriers, réalisés à l’étranger.
- EN SUISSE
- En Suisse, l’effort vers une rationalisation de l’architecture est limité jusqu’à présent aux essais tentés isolément par quelques architectes jeunes et conscients de leur
- Fig.
- 8. — La maison Wenkenhalde à Bâle.
- Fig. 9. — Détails de construction de la figure 8.
- Architectes MM. Artaria et Schmidt.
- Béton de pierre ponce
- Poutrelle
- Plaques en béton de pierre ponce de 6 °/m.
- Plaques en béton de pierre", ponce de 2x8 c/m.
- Châssis de fenêtre en béton
- Enduit
- Plaques en béton de pierre ponce
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- Fig. 10 à 12. — En haut à gauche : montage des maisons d’une cité de Francfort en plaques de béton de pierre ponce [M. May architecte); à droite : maison construite à Stuttgart par le bureau municipal d’architecture de Francfort en plaques de béton; en bas : maison
- de Francfort en plaques de béton munies d’avance de l’enduit (M. May architecte).
- Photo Collischonn, Francfort.
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- Fig. 13. — Vue d’ensemble de la fabrique de plaques en béton à Francfort.
- devoir. Je montre la vue et les plans d’une petite construction élevée à Bâle par les architectes Schmidt et Artaria (fig. 4 et 14). Elle contient un garage et une pièce habitable. Là encore des plaques types sont fabriquées d’avance et reliées par du ciment coulé sur place dans les rainures réservées à cet effet dans le cadre portant qui entoure les plaques. Dans la chambre habitable un panneau, composé de sciure de bois et d’une substance agglutinante, fixé sur ce cadre, isole l’intérieur contre la déperdition de chaleur. Le plancher est formé par l’emploi de poutres de ciment armé en forme de T. Le montage de la construction se fit, sans le concours de machines élévatrices, entièrement à la main. Les murs de fondation et les linteaux à la hauteur des planchers, seuls, furent coffrés et bétonnés sur place.
- La maison Wenkenhalde (fig. 8) construite par les mêmes architectes présente également un grand intérêt. On comprend mieux que par des explications la façon dont elle est construite en lisant les indications du dessin (fig. 9).
- *
- * *
- Voici les tendances de tous ces efforts : on cherche à reporter une grande partie du travail du chantier à l’usine pour éviter l’arrêt du travail par le mauvais temps et pour faciliter le rendement et la surveillance; on cherche à simplifier le travail sur le chantier en évitant des coffrages, des charpentes et en spécialisant la tâche de l’ouvrier; on cherche à augmenter la vitesse de montage en employant des éléments de grande surface, en rendant possible l’aide des machines sur les chantiers importants ou l’application de matériaux légers dans des constructions isolées.
- La « Loi Loucheur » permet, exigerait même un effort
- Fig. lk. — Détails de construction de la maisonnette de la fig. 4.
- Façade Ouest
- o 5m
- Linteau bétonne
- Poutre en ciment • armé
- Rez-de-cha ussée
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- semblable en France. Les économies réalisées par la construction rationnelle pourraient servir àmunir chaque logement d’installations sanitaires et d’un aménagement intérieur simplifiant la vie des habitants et le travail de la ménagère. Nous savons combien M. le Ministre du Travail et M. Oberkirch, le Sous-Secrétaire d’Etat, sont désireux d’améliorer les conditions de vie de ceux qui voudraient obtenir un foyer avec l’aide de la nouvelle loi. Mais que pourront-ils contre la routine des entrepreneurs et de tant d’architectes habitués par des écoles arriérées à concevoir un projet avant tout comme le problème d’habiller d’ornements une façade ? Que pourront-ils contre les préjugés, contre celui surtout de croire que
- les maisons doivent avoir un aspect individuel, préjugé qui nous a valu le chaos de la banlieue parisienne? C’est ainsi que les Allemands se croyaient individualistes entre 1870 et 1910 en construisant selon le goût de chacun des maisons de style gothique, Renaissance ou Floréale. Des cités comme celle construite par May (fig. 3 et 7) prouvent qu’ils ne le sont pas restés. La rue de Rivoli, cet alignement grandiose de maisons types, prouve que les Français ne l’ont pas toujours été. Elle prouve aussi que la répétition du même élément n’est pas forcément laide ou ennuyeuse.
- Rogeh. Ginsburger,
- Architecte.
- LA RÉPARTITION DES LANGUES EN EUROPE
- 1. La carte linguistique de l’Europe. — Lorsque les savants s’efforcèrent pour la première fois d’étudier la répartition des idiomes divers parlés en Europe et d’en dresser la carte, ils ne se doutaient pas que les traités de
- paix consécutifs à la plus terrible guerre déchaînée sur le globe s’efforceraient de rajuster les frontières des Etats sur celles des idiomes. La linguistique, — comme le déclare, non sans une pointe d’ironie, un de ses maîtres,
- Fig. 1. — Répartition des langues dans l'Europe de lQVi. (Extrait de : A. Meillet, Les langues dans l'Europe nouvelle, éd. 1918.)
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- Germains
- Tchèques
- Polonais
- Italiens
- Ruthênes
- Slovènes
- Senbo-
- -Croates
- Roumains
- Nuremberg
- Slovaques
- Magyars
- CœrnowüL
- -Üebneczei
- Ve'rwse
- 'avril,
- r/t * • u
- rmrence
- BULGARIE
- \SOFIA Rn
- Fig. 2.
- Carte linguistique de l’ancienne Autriche-Hongrie.
- M. Meillet, — ne s’attendait pas à tant d’honneur.
- Depuis longtemps, les savants allemands soutenaient que la langue s’identifie à la nationalité, tandis qne les écrivains français les plus éminents, Renan en tête, ripostaient que le facteur le plus important qui préside à la formation d’une nation, c’est l’unité de civilisation et d’histoire et, plus encore, la volonté de vivre en commun. Il est piquant de constater que la victoire des alliés a abouti au triomphe de la thèse allemande dont la France s’est faite le champion, spécialement au service des Slaves et des Latins.
- Pareille délimitation politique ne pouvait s’effectuer rigoureusement : le principe posé, il a fallu transiger avec lui, car la géographie a des exigences autrement impérieuses que la linguistique. En fait, il n’y a guère que les nouvelles nations baltes, en pays de plaines, pour les frontières desquelles on ait pu suivre à peu près exactement la limite des langues. Ailleurs, l’enchevêtrement linguistique est tel, — comme en Macédoine, en Albanie, en Transylvanie — que force fut bien d’incorporer des minorités dans la masse dominante. Dans d’autres cas, l’unité géographique et économique d’un pays s’impose avec une telle évidence qu’on ne peut la briser sous prétexte que deux populations de langue différente y cohabitent : ainsi pour la Bohême, tchèque au centre et au sud-est, allemande sur le reste du pourtour. Bien entendu, nombre d’Etats ou de groupes ethniques se sont jugés
- lésés par une délimitation, qui s’inspirait tantôt d’un principe, tantôt d’un autre.
- Quelle que soit l’opinion qu’on professe sur le bien-fondé ou l’opportunité de ces protestations, une constatation s’impose: c’est l’importance des questions linguistiques dans l’Europe actuelle. La science du langage n’a pas la prétention de donner des conseils à la politique : mais elle doit lui fournir des faits exacts et précis, des constatations objectives dont les hommes d’Etat pourront s’inspirer utilement.
- Tel est le but de l’ouvrage remarquable de M. Meillet, Les langues dans VEurope nouvelle, dont une première édition avait paru à la fin de la guerre, voilà juste dix ans. Celle-ci, remise au point pour l’exposé des faits, s’est augmentée d’un volumineux appendice, dû à M. Tes-nière, sur la statistique des langues de l’Europe. La doctrine n’a pas varié, car il y a longtemps que la science en a posé les principes.
- La nouvelle carte de la répartition des langues européennes sera particulièrement appréciée par les innovations importantes qu’elle apporte. Celle que nous reproduisons (qui accompagnait l’édition de 1918), nous offre la répartition brute, en ne tenant compte que de la langue usuelle parlée dans les différentes régions. Mais il est bien rare qu’un seul idiome soit parlé sur un territoire : en général, deux ou plus coexistent, se superposent ; une partie de la population est bilingue ou tri-
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- Fig. 3. — Carte linguistique des Balkans avec les anciennes frontières (d'après des documents roumains).
- lingue. En combinant l’emploi des couleurs et des hachures, la nouvelle carte nous donne une idée de ce phénomène.
- Très ingénieusement, l’auteur a divisé l’Europe en trois zones, d’ouest en est. A l’Occident (jusqu’à la Scandinavie, à l’Allemagne, à l’Autriche et à l’Italie incluses) figurent les nations les plus évoluées, qui ont chacune une langue officielle et littéraire dont l’usage s’est répandu depuis plus ou moins longtemps sur le territoire politique respectif. Dans ces divers Etats, outre les dialectes apparentés à la langue nationale, subsistent quelques idiomes hétérogènes, langues de survivance socialement déchues, comme le basque en Espagne et en France, le breton en France, le gallois en Angleterre, le gaélique en Ecosse, le finnois et le lapon en Suède, le sorabe (slave) en Allemagne, le frison en Hollande. Seules la Belgique et la Suisse, situées à la jonction de deux ou trois langues de civilisation, ont plusieurs langues nationales, placées sur pied d’égalité, théoriquement au moins.
- Au centre, de la Finlande aux Balkans, en passant par les Etats baltes, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Yougoslavie et la Roumanie, nous sommes
- en présence d’Etats de formation plus ou moins récente : en face des langues de la majorité existent des langues de minorités, dont les droits sont moindres, mais également reconnus. Enfin, dans la Russie soviétique, où la bigarrure linguistique est grande, surtout au sud et à l’est, les langues de minorités ont des droits égaux à ceux du russe.
- On n’oubliera pas qu’à côté des groupes qui occupent des territoires nettement délimités il y a des contrées où coexistent, dans les mêmes villes et villages (p. ex. dans les Balkans), des familles parlant des langues différentes. En outre, on rencontre des minorités linguistiques diffuses, sans domaine géographique précis, langues parlées par une minorité ou une majorité dans certaines agglomérations d’une région : ainsi le judéo-espagnol dans une partie des Balkans (Salonique, etc.), le judéo-allemand en Europe centrale (surtout en Pologne et aux alentours), le tsigane dans les Balkans, les régions carpathiques, etc.
- 2. Problèmes posés par la répartition des langues. — Ce simple aperçu fait entrevoir la complexité de la répartition des langues, et la difficulté des problèmes qu’elle pose.
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- Et d’abord, quels sont les rapports entre la langue, la race, la nation, la civilisation?
- Langue et race ne coïncident presque'jamais, car les idiomes qui ont pris une vaste extension ont été adoptés par des peuples d’origines différentes. Il n’y a pas de race latine en Europe; les Anglais ne sont pas moins métissés que les Espagnols, les Français ou les Italiens. Les Allemands eux-mêmes sont fortement imprégnés de sang gaulois à l’ouest, slave à l’est. Les peuples balkaniques sont des plus hybrides, les Slaves de l’Est métissés de Finnois, Lapons, Tartares.
- Langue et nation s’identifient 'parfois, mais pas toujours. L’Etat moderne cherche à faire triompher la langue de sa majorité, de sa capitale sur tout son territoire, et si l’Etat ancien ne faisait pas systématiquement cet effort, par la force des choses on aboutissait à la longue au même résultat, par le simple jeu des forces économiques et sociales. Mais il existe des nations très unies à plusieurs langues : la Suisse en est le type ; je crois qu’une Autriche-Hongrie, sagement gouvernée et fédéralisée, aurait pu en présenter plus tard un autre modèle.
- « Mais il demeure, conclut M. Meillet, que la langue est le premier, le plus clair et le plus efficace des caractères par lesquels se distingue une nation. Là où s’effacent les différences de langues, les différences nationales tendent à s’effacer aussi, et là où manque le sentiment national, les différences de langues tendent à disparaître. En France, où les provinces méridionales et la Bretagne n’ont aucun sentiment national propre, le français est partout la langue des villes, la langue de l’école, la seule langue de culture. »
- La carte ci-jointe p. 162 (répartition des principaux groupes de dialectes en France), que j’ai élaborée d’après les plus récents travaux de dialectologie, fait entrevoir l’action dissolvante du français sur ses frères inférieurs: la langue de Paris a déjà presque tout effacé autour d’elle sur un vaste rayon, tandis qu’elle a désagrégé le reste de la masse, décomposant et brouillant les mêmes types dialectaux, effaçant, sauf de rares exceptions, les limites entre les groupes. Notre seconde carte de France (1), relative aux limites phonétiques, achève de montrer la dislocation linguistique actuelle du domaine provençal (p. 163).
- Historiquement, « l’unité de langue vient de l’unité de culture, et le maintien d’une langue s’explique par le maintien de l’unité de culture ».
- L’histoire de l’empire romain illustre à merveille cette formule. La langue de civilisation survit souvent à la dislocation d’un Etat: en dehors du latin, on peut citer l’exemple de l’arabe, qui a continué à progresser en Afrique aux dépens du berbère, non seulement après la dislocation de l’empire arabe, mais
- 1. Elle est extraite, comme la précédente, de mon petit manuel sur les Patois (Delagrave, 1927).
- encore, à l’heure actuelle, sous la domination française.
- Les chapitres sur le renouvellement des langues, l’extension des langues communes, leur différenciation suivant les régions ou les milieux sociaux, groupent avec clarté un ensemble de faits qui sont désormais hors de conteste. Il n’était pas inutile de rappeler, non plus, qu’entre dialectes résultant du morcellement d’une masse homogène, il n’y a pas de limites précises, sauf dans des conditions très spéciales. La survivance des langues savantes et liturgiques, sanscrit, latin, slavon, etc., donne lieu également à des observations et à des comparaisons pénétrantes, ainsi que la formation des langues littéraires, qui nous entraîneraient hors de notre sujet.
- Nous y revenons avec les chapitres si substantiels qui caractérisent, zone par zone, l’aspect linguistique des différentes nations européennes. C’est l’illustration, par le texte, de la carte analysée plus haut.
- « A l’ouest, des aristocraties et des bourgeoisies bien organisées depuis longtemps se sont donné des langues communes fondées sur les parlers des villes du pays. »
- Fig. 4.
- Limites du français, de l'allemand et du flamand.
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- Langue française . Langue flamande . Langue allemande .
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- >Genève
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- Les anciens idiomes locaux sont refoulés, rejetés au rang de langues secondes plus ou moins déchues ; les essais de rénovation littéraire sont sévèrement, mais justement taxés d’ « amusettes de lettrés, simples survivances ou produits d’une politique locale ». « Les citoyens de l’Europe occidentale ont trop de sens pratique pour sacrifier à un vain nationalisme local la valeur de leur culture et leurs intérêts matériels. » Le problème de la réadaptation de l’Alsace — ballottée depuis trois sièeles entre deux langues de civilisation — le seul qui se pose en France, est délimité avec précision. L’essai curieux de résurrection de l’irlandais est signalé, avec tous les inconvénients qu’il comporte.
- La situation particulière de la Suisse est bien analysée (') : peut-être n’eût-il pas été inutile de replacer la question sur ses bases historiques, en montrant comment l’ancienne Suisse du xvie au xvme siècle, exclusivement allemande et commandant à des pays romans sujets (Tessin, Yaud, Gruyère...), avait fait place, à la suite de l’incorporation d’éléments nouveaux (Genève, Valais, Ligues Grises, etc.), à une communauté trilingue fondée sur une tolérance réciproque et le respect le plus scrupuleux des minorités linguistiques (-). La situation en Belgique est un peu différente : en fait, je crois l’avoir
- 1. P. 184. Le Valais et Fribourg sont indiqués comme seuls cantons vraiment bilingues. Il faut y joindre Berne, le Jura bernois presque entier (fraction importante du canton parlant français) ; la connaissance des deux langues est exigée pour toutes les fonctions cantonales. Enfin les Grisons sont trilingues : la fraction romanche forme 33 pour 100 de la population, l’italienne (4 vallées du sud) 15 pour 100.
- 2. Cf. A. Dauzat. La Suisse Moderne, pp. 253 sqq.
- Fig. 5.
- Répartition et désagrégation des patois en France.
- F; L A M A N D
- B A S Q U'fc
- montré jadis (J) (c’est très frappant pour un étranger),le français est la langue de civilisation commune à tout le pays, dont flamand et wallon sont les deux dialectes : mais les revendications des flamingants, en face de la déchéance sociale plus rapide du wallon, ont compliqué la situation.
- Une seule nation est oubliée, sans doute à dessein, dans cette zone: c’est l’Italie, qui, seule des nations occidentales, s’est incorporé en 1919 des minorités linguistiques nettement irrédentistes : slaves en Istrie, où les données géographiques du problème rendaient à peu près impossible une délimitation conforme au principe des nationalités ; allemandes daus le Haut-Adige (Tyrol méridional) où le tracé d’une frontière ethnique était au contraire aisé : mais ici des considérations discutables, d’ordre stratégique, ont triomphé.
- La complexité de l’état linguistique de l’Europe orientale est due à des causes historiques dont l’analyse est des plus intéressantes : mais ce sont là phénomènes trop touffus pour être résumés en quelques lignes. Le fait saillant qui domine l’époque contemporaine, c’est le morcellement progressif de cette région, par l’écroulement successif de deux empires, le turc et l’autrichien, et le refoulement d’un troisième, le russe.
- La Russie des Soviets a rompu, sur le terrain linguistique comme ailleurs, avec (le système centralisateur des tsars qui tendaient à faire du russe la langue commune de l’Empire. Amputée des éléments les plus allogènes (Finlande, provinces’ baltes, Pologne, Bessarabie), la nouvelle Russie pouvait fortifier, en revanche, son unité linguistique ; au contraire, elle travaille, par l’application de principes politiques, à la dissocier au maximum : l’auteur n’a pas de peine à montrer combien cette tendance peut être grave pour l’avenir des langues slaves.
- Quant aux nouveaux Etats qui se sont multipliés, de la mer Egée à la Baltique, surtout à la suite de la guerre de 1914, leur création a provoqué l’émergence de nouvelles langues qui ont été promues au rang de langues nationales et qui sont en voie de devenir, lorsqu’elles ne l’étaient pas auparavant, des langues littéraires. Tous ces pays souffrent plus ou moins d’une situation linguistique trouble : la plupart possèdent d’importantes minorités ethniques qui, en dépit des droits que leur ont conférés les traités, se croient, plus d’une fois à juste titre, opprimées à leur tour; chez les petites nations récemment émancipées, l’élimination, d’une grande langue de civilisation qui régnait hier, au profit d’un idiome encore fruste et mal adapté à des fins nouvelles, ne va pas sans de graves difficultés (ainsi dans les pays baltes, en Albanie, etc.).
- 3. Le problème de la langue internationale et ses divers aspects. — Au point de vue des relations européennes et mondiales, et plus encore des rapports intellectuels internationaux et de la science, ce morcellement linguistique pose un problème dont M. Meillet met en relief toute la gravité.
- Au moyen âge, le latin était la langue commune de tous les lettrés et savants, de tous les clercs. Au
- 1. La langue française en Belgique (L’Action Nationale, 10 nov. 1912).
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- xvme siècle, le français est devenu un moment la langue internationale de l’Europe cultivée. Puis des rivaux ont apparu, l’anglais, l’allemand ensuite. A la veille de la guerre, on pouvait encore, en connaissant ces trois langues et l’italien, voire l’espagnol si proche de ce dernier, suivre le mouvement international des idées ; un spécialiste, se tenir au courant des travaux qui l’intéressent. Aujourd’hui, après la recrudescence de chauvinisme provoquée par la guerre, surtout chez les jeunes nations enivrées d’une liberté toute récente, chacun publie ses écrits, ses travaux dans sa langue, en y joignant tout au plus un court résumé en français ou en allemand. C’est le babélisme scientifique qui s’annonce. Demain un philosophe, un physicien, un astronome devra connaître quinze ou vingt langues : tâche impossible. Tout l’avenir de la science est en jeu, de la science européenne surtout, qui risque, en particulier dans l’Europe centrale, de s’isoler et de s’inférioriser.
- Remédiera-t-on à un tel état de choses à l’aide d’une langue artificielle ? C’est fort douteux. M. Meillet, tout en notant les écueils auxquels se heurtent les tentatives de ce genre, ne nourrit-il pas lui-même quelques illusions à ce sujet? Je ne saurais souscrire, en tout cas, à sa conclusion, quand il déclare : « Une langue artificielle donnerait, au moins pour la vie matérielle, aux relations internationales l’instrument pratique et simple qui leur manque ». Je reste, pour ma part, beaucoup plus sceptique.
- Il faudrait d’abord que les propagateurs des langues artificielles se missent d’accord. Pour remédier au babélisme, ce n’est pas un, mais dix, vingt systèmes qu’on nous propose, et qui, après avoir enthousiasmé un plus ou moins grand nombre d’adeptes, tombent rapidement dans l’oubli. LiHistoire de la langue universelle de Leau et Couturat, véritable nécropole, en relevait 53, tous plus ingénieux les uns que les autres, créés entre 1880 et 1907, tous déjà morts sauf quelques-uns, dont bien peu ont survécu depuis vingt ans. Se rappelle-t-on encore le succès, qui paraissait foudroyant, du volapük, lequel comptait, en 1889, 289 groupes ou sociétés et près d’un million d’adhérents ? Il ne reste plus aujourd’hui un seul volapükiste. Plus tenace, l’espéranto est cependant loin d’avoir réalisé les espoirs de ses partisans. Battu en brèche par l’ido, qui lui était certainement supérieur, il vit son rival choisi par la Délégation pour l’adoption d’une langue internationale : puis ce dernier s’effondra après la guerre, au lendemain de son triomphe, à tel point qu’il peut être considéré comme mort. Maintenant voici le tour de l’occidental, du novial, qu’on nous présente comme le dernier mot de la perfection et qui compte aussi d’illustres parrains, notamment l’éminent linguiste Jespersen.
- La vie matérielle, le commerce, le tourisme se passent fort bien de langue artificielle. Les négociants et leurs représentants apprennent la langue des pays où ils veulent placer leurs produits, ou une langue qui est comprise dans les milieux auxquels ils s’adressent. Les hôteliers engagent des employés polyglottes. Commerce et hôtellerie, qui assaillent de leurs doléances les pouvoirs publics et la presse, n’ont jamais fait entendre de récri-
- _ Frontière des langues germaniques
- Limite méridionale du \normanno-picard(c devant a la b'n) de vàk ( racAe/kantèfchanter),
- * etc,, avant la désagrégation des patois.
- + Limite septentrionale du k de même origine en langue d'oc ( kanta. etc. )
- » Limite septentrionale del'aprovençal et franco provençal fa latin libre tonique)-, ama, kanta . pato (pelle), etc. . ,
- § Aire dbne zone intermédiaire pour laquelle la question precedente reste obscure.
- .. Limite septentrionale du d provençal(tlatin intervocalique) ;amzdo(aimée)peôonfrondjete. h} Aire dune zone intermédiaire où 2e éa été réintroduit partiellement sous l'influence duqrovençal Limite septentrionale delà conservation de sdcvant kfc>/t,p(escouta,testo,espino,i?££.I (lespatois où s s •estgutturalisé dans cettepositionsontinàus avec ceuxqm ontgardés tel quel) ... Limite nord-est du h gascon issu de f latin initial.
- Fig. 6.
- Quelques limites phonétiques.
- minations à ce sujet, et les voyageurs se font comprendre partout, tandis qu’en France, sous le Grand Roi, Racine, à Valence, réclamant un vase de nuit, se voyait apporter un réchaud.
- Seule la science est incommodée, et gravement. Mais ce ne sont pas les langues artificielles, outils primitifs et imparfaits pour l’échange des pensées, qui lui fourniront l’instrument souple et complexe dont elle a besoin. M. Meillet ne me contredira pas.
- Comment sortir de cette impasse ? Par l’internationalisation de certaines langues qui, par la force des choses, s’imposeront comme langues secondes aux petites nations.
- C’est la continuation d’une évolution qui se poursuit depuis plusieurs siècles. On oublie trop que, dans l’ensemble, l’état linguistique de l’Europe et du monde va en se simplifiant à l’époque moderne, comme à l’époque romaine l’état linguistique du bassin méditerranéen. D’une multiplicité infinie d’idiomes et de dialectes ont surgi un nombre restreint de langues littéraires et nationales qui effacent peu à peu tout le reste autour d’elles [l). Parmi celles-ci quelques-unes émergent à leur tour comme langues internationales, du fait de la sélec-
- 1. L’unification est encore plus sensible en Afrique et en Amérique, où quatre langues européennes (là, français, anglais, italien, portugais, — ici, anglais, français, espagnol, portugais) se superposent à la complexité antérieure d’innombrables idiomes indigènes.
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- tion naturelle qui se poursuit sur un nouveau terrain pour répondre à de nouveaux besoins sociaux.
- L’émancipation des nationalités, œuvre du xixe siècle que parachevèrent les traités de 1919, marqua une régression indéniable sur le terrain linguistique. Régression passagère et qu’une réaction suivra. L’histoire, vue de haut, nous enseigne que l’avenir de l’humanité est la concentration progressive des groupements, non leur morcellement. Contrariée par moments par des événements violents, l’évolution dans son ensemble va vers la fédération des peuples comme vers l’unification des langues. Une fois tombée la fièvre du nationalisme, les petits Etats comprendront qu’ils doivent se rallier à une langue seconde, sous peine de se voir isolés du monde intellectuel, de voir leurs travaux ignorés et inutiles, leurs savants méconnus (*).
- L’internationalisation des langues se poursuit d’ailleurs très rapidement sur le plan géographique comme sur le plan social. C’est évidemment l’anglais qui a conquis le plus de positions, au point qu’on peut prévoir qu’il deviendra sans doute un jour la seule langue internationale. L’Amérique du Nord, une moitié de l’Afrique, l’Océanie, l’Asie méridionale et orientale (2) lui sont déjà acquises. Mais il reste encore pour demain un vaste domaine au français, qui a perdu sans doute en Europe depuis le xvme siècle, mais qui garde encore la primauté sur la Méditerranée, et qui se partage presque l’Afrique avec l’anglais, tandis qu’il lui dispute encore le rôle de langue seconde dans l’Amérique du Sud. Et l’allemand conserve de fortes positions dans l’Europe centrale et septentrionale, bien qu’il ait perdu sur la Baltique et dans l’ancienne Autriche-Hongrie. Du russe, expulsé de Pologne et des pays baltes, il n’est plus question hors de
- 1. A ce sujet, on ne peut que regretter, avec M. Meillet, de voir l’Etat libre d’Irlande faire effort, en ressuscitant artificiellement un gaélique moribond, pour abandonner l’anglais et s’isoler ainsi du reste du monde, y compris des Irlandais d’Amérique. Aucun exemple de régression provoquée par le nationalisme n’est plus caractéristique que celui-là.
- 2. L’élite japonaise a adopté l’anglais pour langue seconde, et il est à prévoir que l’élite chinoise la suivra peu à peu; toutefois notre Indo-Chine constitue un foyer important d’influence française.
- son domaine propre. Espagnol et portugais ont arrêté depuis longtemps leur expansion. Celle de l’italien reste limitée à l’Adriatique et à quelques coins d’Afrique.
- Sur le plan social, les grandes langues sont aussi en voie de spécialisation. L’anglais a la primauté pour le commerce. Mais le français, tout au moins en Europe, occupe encore une situation privilégiée; en bien des pays, il demeure la langue de l’élite cultivée, qu’il fut dans toute l’Europe au xvme siècle; il reste encore,— mais avec l’anglais — la langue diplomatique; enfin, sur le terrain scientifique, il tient dans presque toutes les spécialités, de compte à demi avec l’allemand, l’un des deux premiers rôles.
- C’est sans doute dans cette direction, en utilisant la spécialisation de certaines langues, qu’on peut espérer voir résoudre le problème du babélisme scientifique. Tous les ouvrages importants de telle ou telle branche — philosophie, médecine, mathématiques, physique, linguistique, etc. — pourraient être traduits dans une langue unique, qui serait désignée par un Congrès international de spécialistes. Chaque spécialiste n’aurait donc qu’à apprendre une langue étrangère. On ferait même, dans ce domaine, une place à l’italien, qui est la langue internationale, toute désignée, de la musique (1).
- Nous voilà loin de la carte linguistique d’Europe. Et pourtant c’est son analyse, ce sont ses enseignements qui permettent de poser les données précises de ces graves problèmes et d’en entrevoir les solutions.
- Albert Dauzat.
- Directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes Etudes.
- 1. J’ai suggéré naguère cette solution (par la spécialisation des langues) dans la Defense de la tangue française (A. Colin, 1913, dernier chapitre). C’est Couturat qui a montré le premier (Pour la langue internationale, pp. 8-9) l’intérêt de faire une traduction des ouvrages scientifiques importants dans une langue unique, qui, pour lui,, devait être l’ido : mais quel avantage n’y a-t-il pas à choisir la langue qui compte déjà les travaux les plus importants dans la matière P — L’adoption du français et de l’anglais comme langues internationales, par une entente anglo-franco-américaine, a été soutenue avec beaucoup de bon sens par Paul Chappellier, L'espéranio tt le système bilingue (Paris, Grasset, 1911).
- UNE NOUVELLE FORME DU TÉLÉGRAPHONE
- LES APPAREILS STILLE
- LE TÉLÉGRAPHONE POULSEN
- A l’Exposition Universelle de 1900, l’ingénieur danois Poulsen présentait un appareil fort curieux destiné à l’enregistrement et à la reproduction des sons, et spécialement de la parole.
- Cet appareil, qu’il nommait Télégraphone, était basé sur un tout autre principe que le phonographe mécanique d’Edison. L'inscription était réalisée par un procédé
- électromagnétique sur un fil ou un ruban d’acier, et n’était pas visible.
- Un microphone, placé dans le circuit d’une batterie, agissait simplement sur un électro-aimant entre les pôles duquel on faisait passer un fil ou un ruban d’acier (fig. 1 et 2): on obtenait ainsi des variations d’aimantation sur le ruban ou le fil correspondant aux vibrations acoustiques de la plaque du microphone ; et, si l’on choisissait convenablement la nature de l’acier employé, le magné-
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- tisme rémanent du ruban ou du fil demeurait assez intense pendant un temps appréciable.
- En effectuant l’opération inverse, c’est-à-dire en faisant dérouler le ruban ou le fil préalablement aimanté, entre les pôles d’un électro-aimant relié à un écouteur téléphonique, il se produisait des courants variables qui actionnaient l’écouteur téléphonique et permettaient d’entendre les sons précédemment enregistrés (fig. 3).
- Enfin, en envoyant un courant continu dans l’électro-aimant et en faisant de nouveau dérouler la bande ou le fil enregistrés, on effaçait, peut-on dire, l’enregistrement précédent. La bande ou le fil pouvaient alors servir à nouveau, et, d’ailleurs, d’après l’inventeur, une bande ou un fil enregistré pouvait servir indéfiniment sans diminution appréciable de son aimantation.
- LES CARACTÉRISTIQUES DU PROCÉDÉ PRIMITIF
- Le dispositif paraissait fort intéressant, surtout pour l’époque, et M. Poulsen eut l’idée, dès ce moment, de l’utiliser comme dictaphone et pour l’enregistrement des communications téléphoniques; il présentait cependant des inconvénients assez notables.
- Tout d’abord la netteté des sons enregistrés était assez
- Electro -aiman t
- Fig 2. — Modèle d’appareil Poulsen avec électro-aimant à mouvement parallèle au cylindre tournant qui porte enroulé le fil d’acier
- h enregistrer.
- défectueuse, et la durée de conservation de l’enregistrement n’était pas constante. On avait bien pu obtenir souvent des enregistrements qui demeuraient intacts plusieurs mois ou même plusieurs années, mais, par contre, l’aimantation disparaissait souvent très rapidement dans d’autres cas.
- Déplus, on ne pouvait obtenir des reproductions musicales intenses et l’on devait toujours se contenter d’auditions à l’écouteur.
- Ces inconvénients constituent sans doute la cause essentielle qui a empêché l’usage pratique de ces appareils, puisque, en fait, ils n’ont guère été utilisés jusqu’à ce moment pour des services réguliers, malgré leur intérêt apparent.
- LE PROCÉDÉ DU Dr STILLE
- Un technicien berlinois, le Dr Stille, agissant, d’ailleurs, d’après lui, en accord avec M. Poulsen, eut l’idée d’étudier la composition du fil d’acier servant à l’enregistrement dans le but d’obtenir un alliage permettant un enregistrement très net et très durable.
- Ces travaux durèrent fort longtemps et l’obtention d’un alliage presque parfait exigea un travail (plus ou moins régulier évidemment) de sept à huit ans.
- Electro-aimant inscripteun
- Microphone
- F'ig. 1. — Principe de l’appareil enregistreur Poulsen sur ruban d’acier.
- En fait, vingt-huit ans après la présentation de l’appareil Poulsen, le Dr Stille avait réussi à construire des appareils basés sur le même principe, mais doués d’avantages bien supérieurs, dus, d’ailleurs, essentiellement à la composition de l’alliage d’acier du fil aimanté.
- De plus, grâce à des procédés radiotechniques (et nous noterons encore une fois .à ce propos que l’on peut presque toujours constater l’influence de la radiotechnique sur les découvertes et applications delà science), il devenait possible d’amplifier les enregistrements obtenus et d’obtenir des auditions intenses en haut-parleur, il devenait également possible d’envisager de nouvelles applications du procédé, tout à fait imprévisibles en 1900.
- LES APPAREILS DU Dr STILLE
- Comme nous venons de l’indiquer, le D1' Stille emploie pour l’enregistrement et la reproduction un fil d’acier de composition spéciale, de 3/10 mm de diamètre; 8.000 m de ce fil permettent d’obtenir un enregistrement de paroles ou de musique pendant une heure et demie.
- Le fil est enroulé sur des tambours dérouleur et enrouleur actionnés par un moteur électrique, un compte-tours permettant d’obtenir la vitesse optima à l’enregistrement comme à la reproduction (fig. 4).
- L’enregistrement se fait comme dans le procédé Poulsen, un microphone avec sa batterie étant simplement relié directement aux bornes d’un électro-aimant entre les pieds polaires duquel se déroule le fil d’acier (fig. 1). La construction du microphone et celle de l’électro-ai-
- Fig. 3. — L’appareil reproducteur.
- Oq fait passer la bande magnétique impressionnée entre les pièces polaires d’un électro-aimant relié à un écouteur téléphonique.
- Ruban d acier
- Récepteur | téléphonique
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- LES APPLICATIONS DES APPAREILS STILLE
- Le procédé Stille, comme le procédé priminf Poulsen, d’ailleurs, semble, d’abord, être particulièrement pratique pour enregistrer et reproduire les communications téléphoniques et pour servir de dictaphone.
- Le fil d'acier est enroulé simplement sur deux petits tambours métalliques horizontaux de faible encombrement, et cependant salongeur est suffisante pour des enregistrements d’assez longue durée (fig. 4). La facilité avec laquelle on peut effacer l’enregistrement semble conférer au dispositif un grand avantage sur les systèmes phonographiques à disques ou à rouleaux.
- En utilisant un de ces appareils comme émetteur, et un autre comme récepteur aux deux extrémités d’une ligne téléphonique, et en rendant à peu près égales les vitesses des moteurs, il devient possible de diminuer la durée des communications téléphoniques, car, une fois l’enregistrement effectué à grande vitesse, il est toujours facile de faire un nouveau déroulement du fil à vitesse moindre pour restituer aux paroles leur tonalité normale.
- Il semble actuellement, par contre, que la concurrence de cet appareil ne soit guère dangereuse pour les phonographes électriques. Les résultats artistiques ne sont pas, nous l’avons noté, d’une qualité encore assez parfaite, et dans l’industrie phonographique il ne s’agit pas seulement d’effectuer un seul bon enregistrement, il faut constituer un prototype qui
- • big. 4, <— L’appareil enregistreur et reproducteur du Dr Stille.
- On aperçoit sur la partie supérieure du meuble les deux rouleaux enrouleur et dérouleur du fil d’acier qui passe sur un rouet compte-tours après avoir traversé l’électro-aimant enregistreur et reproducteur. En bas, les batteries du microphone et le moteur d’entraînement avec son rhéostat de réglage.
- mant ont simplement été améliorés de façon à augmenter la sensibilité.
- Mais, pour la reproduction, on peut amplifier les courants basse-fréquence produits par l’électro-aimant au moyen d’un amplificateur de puissance à lampes à tension plaque élevée, et d’un haut-parleur convenablement choisi, généralement à 'diffuseur et à bobine mobile. On peut ainsi^obtenir finalement une audition presque aussi intense qu’on le désire.
- 11 ne semble pourtant pas jusqu’à présent que les résultats soient encore équivalents au point de vue artistique à ceux obtenus par le procédé d’enregistrement et de reproduction élec-triques^des disques, qui bénéficie, d’ailleurs, des résultats d’une longue mise au point industrielle.
- Fig. 5. — Appareil Stille destiné à l’enregistrement des communications
- téléphoniques.
- A droite et à gauche, les rouleaux enrouleur et dérouleur du fil ; au centre, l’électro-aimant enregistreur et reproducteur ; en avant, les manettes de mise en marche en avant ou en arrière, arrêt, répétition, effacement, etc. En bas, le rhéostat réglant la vitesse dp déroulement.
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- permettra de reproduire cet enregistrement en quantité illimitée.
- On peut plutôt prévoir l’usage de ce dispositif pour des cas spéciaux : enregistrements sonores d’essais dans un but artistique ou didactique, enregistrement des émissions radiophoniques, etc. ; le grand avantage du procédé consistant toujours dans sa simplicité et son bon marché relatif, et dans « l’effacement » instantané d’un enregistrement.
- Son adaptation à un ensemble de cinématographie sonore semble également possible et intéressant. Il paraît
- 1 . . ...= 167 =
- très facile a priori de prévoir le déroulement synchrone du film lumineux et du fil sonore montés sur des arbres accouplés de façon à observer la vitesse de déroulement mutuelle convenable.
- Enfin on sait que l’emploi des cellules photoélectriques et des lampes luminescentes permet de transformer les oscillations sonores en ondes lumineuses et inversement; on peut donc prévoir également que ce système pourra être appliqué dans l’avenir aux appareils de transmission des images par T. S. F. et même de télévision.
- P. Hémardinquer.
- LA PURIFICATION ABSOLUE
- DE L’EAU D’ALIMENTATION
- Une question qui préoccupe sans cesse les hygiénistes, et qui jusqu’ici à vrai dire n’avait jamais été résolue, c’est la purification des eaux d’alimentation, en vue d’éliminer la totalité des microbes qu’elles contiennent. Aucun doute n’existe pour nous : ce sont des germes vivants en suspension dans les eaux courantes qui apportent dans les villes des maladies infectieuses redoutables, dont on annonce parfois le développement épidémique.
- Parmi tous les procédés qui ont été proposés, le plus simple en apparence, la filtration, part d’un principe sur lesquels les inventeurs ont exercé fréquemment leur imagination. Mais, toujours, le même écueil s’est dressé devant leurs espérances; la grandeur moyenne d’un microbe est de un millième de millimètre, et les pores des meilleurs filtres connus atteignent un centième de millimètre, espace dix fois plus grand; si bien que les êtres microscopiques qu’on se propose d’arrêter peuvent circuler plus à l’aise dans ces vastes canaux, que nous ne nous déplaçons nous-mêmes dans nos locaux d’habitations. Et toujours, c’est le même résultat : rapidement, le filtre, quel qu’il soit, est envahi, ses couloirs bouchés ; les microbes qui vivent et se reproduisent dans sa masse se déversent dans le filtrat dont le débit est de plus en plus réduit, et qui peut ainsi çonienir plus de germes vivants que n’en apporte l’eau à purifier.
- Le principe de filtration n’avait pas dit, cependant, son dernier mot. Supposons qu’il puisse exister une paroi filtrante dont les pores, au lieu de constituer, pour les microbes, les spacieux tunnels de tous les filtres en usage, soient formés de passages infiniment petits, de diamètre, par exemple, de un millionième de millimètre, donc mille fois plus petits que le microbe. Celui-ci devient, vis-à-vis des multiples portes d’entrée ouvertes devant lui, une créature énorme, qui jamais n’aura d’accès dans ces voies minuscules.
- Un tel filtre qui serait ainsi constitué, perméable aux molécules d’eau, ne pourrait jamais être pénétré par aucun microbe; ce serait un stérilisateur parfait de l’eau.
- Précisément un tel appareil, « FUltrafiltre », existe, fort simple, très original. Mais il fallait le trouver, et le réaliser pratiquement. L’invention due à M. Fouard,
- remonte déjà à plusieurs années, puisqu’elle a été signalée pour la première foi s par une communication présentée à l’Académie des Sciences en 1911 par M. Roux, directeur de l’Institut Pasteur, et relatée dans notre journal
- Fig. 1. — L’ultra-filtre.
- A gauche : le support, éprouvette métallique, percée de trous collecteurs. L’eau brute arrive à l’intérieur de ce cylindre. Au milieu : le support est revêtu d’un enroulement en tresse de fil. Sur ce manchon sera déposée la couche de collodion ultra-filtrante. A droite : un ultra-filtre prêt à être mis en service.
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- ùü Bande de tresse et treillis Membrane ultra Filtrante Joint de caoutchouc Sortie du J liquide ultra-filtré stérile |
- Fig. 2. — Coupe d’un ultra-filtre
- La Nature, le 9 septembre 1911. Mais, depuis lors, un grand nombre de perfectionnements en ont fait un appareil réellement pratique.
- Dans l’ultra-filtre imaginé par M. Fouard, la matière filtrante n’est plus formée ni de charbon, ni de porcelaine; c’est une pellicule de collodion, solution de coton-poudre dans un mélange d’alcool et d’éther, formée en couche mince, au contact de l’eau; une expérience célèbre de MM. Roux et Salimbeni avait montré que jamais aucun microbe ne peut traverser une telle membrane, à cause de l’extrême finesse de ses pores.
- Seulement la difficulté pratique, d’importance capitale, réside dans sa fragilité excessive; à la suite de nombreuses recherches, M. Fouard a pu y remédier complètement en constituant l’appareil répandu actuellement sous le nom d’ultra-filtre « Septina », dans lequel cette membrane est rigidifiée selon le même principe que celui qui a inspiré la cloison en ciment armé.
- Brièvement décrit, l’organe ultra-filtrant consiste en une armature solide, éprouvette cylindrique en verre ou métal, percée de trous collecteurs, sur laquelle est disposé un revêtement perméable en tresse de fil auquel est adossé un manchon en treillis solide de fil.
- On dépose sur ce système une couche de 'collodion qui imprègne le treillis et adhère sans pénétration à la couche de tresse. On plonge le tout dans l’eau ; on obtient
- ainsi une pellicule de collodion armée et adossée en tous points de sa surface, indéformable, comme le prouve l’expérience bien acquise, à des pressions de 80 à 100 m d’eau.
- Il suffit d’ajuster ce mandrin ultra-filtrant dans une chambre de pression, comme le sont les filtres ordinaires en porcelaine, puis de monter l’appareil identiquement sur une canalisation d’eau brute à haute ou basse pression, pour recueillir un filtrat ayant traversé le collodion, la tresse et les trous collecteurs.
- L’eau reçue par cet appareil présente une limpidité cristalline d’une perfection extraordinaire.
- Le débit est de 18 à 22 litres d’eau stérile par 24 heures.
- De plus, l’eau n’acquiert aucun goût pendant une longue période de fonctionnement, s’étendant sur plusieurs années, et le Septina fonctionne ainsi régulièrement, sans aucun entretien.
- L’ultra-filtration, venant après la filtration usuelle, marque donc un progrès définitif dans l’hygiène, en fournissant une eau stérilisée, sans aucun goût, cela sans interruption, et contenant tous ses gaz et sels dissous, c’est-à-dire gardant toute sa digestibilité naturelle.
- R. Villers.
- Fig. 3. — Installation d'un ultra-filtre sur une canalisation d’eau.
- LE TUNNEL SOUS-MARIN FRANCE-ANGLETERRE
- Après avoir suscité bien des controverses, le tunnel sous-marin entre la France et l’Angleterre, longtemps oublié, a été récemment évoqué de nouveau devant l’opinion publique d’Angleterre.
- LES PROJETS DE TRAVERSÉE DU PAS DE CALAIS
- L’idée de joindre le continent à la Grande-Bretagne devait prendre corps le jour où la France et l’Angleterre cessèrent de se considérer comme d’irréconciliables rivales. De fait, c’est au lendemain de la paix d’Amiens (1802), que l’ingénieur des mines Mathieu imagina de trouer une route carrossable sous la Manche. Pour en faciliter l’aération, l’auteur suggéra d’édifier une île artificielle sur le banc de Varnes, qui se dresse à mi-chemin des côtes, et s’élève jusqu’à 15 m au-dessous du niveau de la mer. La voie y aurait émergé, et des cheminées auraient, en outre, été ménagées sur son parcours souterrain.
- Bonaparte et Fox s’enthousiasmèrent de cette conception. Le ministre anglais proclama que « l’union des deux peuples régirait le monde », tandis que le Premier Consul déclara que « le tunnel était une des grandes choses que la France pouvait réaliser avec sa voisine ».
- Néanmoins, le projet, mal étudié, n’eut pas de suite. Il devait être repris successivement par Payerme, qui proposa de construire sur le fond ' marin une artère voûtée portée sur un socle de béton; par Franchot et Tessier, qui substituèrent à la maçonnerie précédente un tube de fonte, enfin par Favre, qui préconisa l’exécution d’un tunnel, blindé de bois ou de tôle, lequel devait être foré à l’aide de puits creusés au milieu des flots.
- D’autres solutions furent même envisagées. Aucune n’était acceptable. Il appartenait à Thomé de Gamond de leur donner une forme scientifique.
- Ingénieur hydrographe et des mines, issu du Water-Staat belge, de Gamond procéda à des explorations
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- méthodiques du Détroit en 1833, de 1838 à 1839, de 1851 à 1855. Ces investigations savantes l’amenèrent à multiplier les formules de réalisation. On lui doit : 1° le plan d’un tunnel métallique immergé (1834) ; 2° la
- conception d’une voûte bétonnée sur le fond sous-marin (1835), peut-être inspirée par la proposition Payerme; 3° celle d’un bac flottant reliant les falaises terrestres (1837); 4° l’idée d’un isthme constitué par l’immersion de piles dans le canal (1840) ; 5° enfin le premier rapport touchant l’aménagement d’un souterrain partant du Gris-Nez pour aboutir à Eastware (entre Douvres et Folkestone). Ce projet comportait une gare centrale au banc de Varnes, comme celui de Mathieu. Accueilli avec faveur par la reine d’Angleterre en 1856, et par Napoléon III, le plan fut approuvé en principe par trois grands ingénieurs anglais : Brunei, Locke et Stephenson. De Gamond devait le perfectionner jusqu’en 1867. Exposé à Paris, à l’occasion, de l’exposition universelle, le projet suscita l’institution d’un comité franco-anglais en 1869.
- Les années qui suivirent furent occupées par des négociations diplomatiques entre la France et le Royaume-Uni, entre le marquis de Lavalette et lord Clarendon, puis entre M. de Rémusat et lord Granville, cependant que les ingénieurs géologues Hackshaw, Brunlees, Topley, Prestwich, procédaient à des explorations à Saint-Margaret, à Sangatte et sur les côtes.
- Le Board of Trade ayant pris fait et cause pour le tunnel, lord Lyons apporta au gouvernement de Paris l’adhésion britannique. Confirmation de ces vues ayant été donnée par le cabinet Gladstone, venu au pouvoir en 1874, une Commission internationale fut chargée d’élaborer les termes du contrat à signer entre les deux pays (1875).
- Entre temps, s’était formée en France (1er février 1875) la Société du Tunnel, qui groupa les sommités de l’économie nationale, Michel Chevalier, Raoul Duval, Léon Say, Lavalley (du Suez), Paul Leroy-Beaulieu. La compagnie, au capital de2 millions, fut investie, le 2 août 1875, d’une concession de 99 ans, sans subvention, ni garantie de l’Etat. Elle entreprit, bientôt, une longue suite de tra-
- Fig. 2. — Le détroit a l'époque cénomanienne.
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- g L e Londres^—
- Douvres Eastware-Point Folkestone
- Calais
- Sr-<6 Wissant • ! Cap Gris-Nez
- Boulogne
- Fig. 1. — Les projets de de Gamond (183k-l8&6)
- Le projet 2 de 1836 comporte un pont de 35 1cm; le projet 3 de 1837 comporte un bac flottant de 33 km; le projet de 1840 comporte un pont de 35 km.
- vaux préparatoires, tant en mer que sur le littoral continental. Ces opérations magistrales, conduites par d’illustres géologues comme Lapparent et Potier, par De-lesse et Breton, consistèrent essentiellement dans des sondages, au nombre de [plus de 7000 (1875-1876), et l’ouverture, à Sangatte d’un puits de 90 m et d’une galerie d’études de 1840 m d’étendue et 2 m. 14 de largeur (1876-1883). L’usine de Sangatte fut pourvue à cet effet de 2 machines à vapeur de 300 ch, de compresseurs, de pompes, etc.
- Parallèlement à la société française, trois sociétés s’intéressaient, outre Manche, à l’œuvre décidée : la Channel Tunnel C°, qui se borna à de timides recherches à Margaret-Cliff, le South Eastern Railway, qui prospecta à Abbatts Cliff, enfin le Submarine Railway, au capital de 25000 livres, qui fusionna les précédentes tentatives en 1882, et fora 2 km de galeries à Shakespeare Cliff.
- Il semblait que l’heure de l’exécution allait sonner lorsque l’opposition britannique y vint mettre obstacle. Malgré l’appui de Gladstone, le projet fut vivement combattu par le Times, qui redoutait l’invasion de l’Angleterre par cette voie, par le parti conservateur, par l’Amirauté et par l’armement qui se croyait menacé. Cette levée de boucliers triompha de la bonne volonté du Parlement de Londres. Son action devait se poursuivre jusqu’à notre époque.
- Le rejet du tunnel devait déterminer l’élaboration de nouveaux projets : pont sur la Manche, conçu en 1892 par la Channel Bridge and Railway, devant relier Sangatte à South-Foreland (33 km 500) et reposant sur des piles de 50 m de hauteur; pont immergé supportant un chariot roulant, dont le tablier pourrait recevoir les trains ; ferry boats. Les deux premières formules présentaient de graves sujétions : dangers pour la navigation
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- Amsterdam/.'
- S MER DU NORD
- NI A N CH E
- BpuxôHes
- Valenciennes * *0^
- Fig. 3. — Le détroit à l’époque lutécienne.
- du fait des temps bouchés très fréquents, impossibilité de visiter les soubassements, énormité des dépenses d’entretien, etc. Nous ne les enregistrons donc que pour mémoire.
- SITUATION GÉOLOGIQUE DU DÉTROIT
- Les nombreux travaux précités ont fourni les meilleures précisions quant aux possibilités matérielles de réalisation du tunnel. Rappelons le passé de la région du Pas de Calais.
- A l’époque cénomanienne la mer couvrait le Sud-Est de l’Angleterre et le Nord de la France au delà du Mans, Avec l’ère lutécienne, on voit apparaître un promontoire, dont le
- Fig. 4. — Coupe des terrains traversés par le Bl^C Nez et la puits de Sangatte. falaise de Dou-
- vres demeurent la trace. Le redressement du sol immergé se poursuit à l’époque miocène, et le continent actuel se soude à l’Angleterre. .
- Mais l’Océan ronge l’isthme ainsi formé, et le détroit sera constitué à l’époque moderne par cette action érosive des flots. Ainsi une jonction de surface a existé entre la France et l’Angleterre. Il ne s’agit que d’en utiliser le
- pédoncule.Le parallélisme des falaises du Boulonnais et du Kent démontre qu’il y a eu identité dans la formation. On rencontre, en effet, successivement les niveaux suivants : sénonien, turonien, cénomanien, waldien, jurassique. Il n’y a donc pas de danger de découvrir une solution de continuité sous le détroit. Il suffisait de se rendre compte si l’une de ces couches était suffisamment étanche pour abriter le souterrain. Précisément, les prospections anciennes, après avoir révélé l’absence de toute cassure, ont reconnu que la craie cénomanienne, ou craie de Rouen, était moyennement dure, presque imperméable et homogène. Le dépôt est épais de 60 m, corollaire-ment très suffisant pour recevoir la voie. L’emploi d’un appareil, dû au colonel Beaumont, a permis d’y avancer de 400 m par mois. Aussi Archibald Geikie, directeur de la Carte géologique d’Angleterre, n’a-t-il pas hésité à déclarer « que le tunnel pourrait cheminer sans mécompte ». Par contre, il y aurait péril à attaquer l’albien inférieur ou le turonien supérieur, volontiers aquifères.
- Il y avait aussi lieu d’envisager un tracé du tunnel empruntant la formation cénomanienne exclusivement, de son affleurement continental à sa réapparition insulaire. Cette sujétion obligeait, toutefois, à accepter de.s déclivités sérieuses. L’éleclrification du rail permet de résoudre toutes les difficultés éventuelles.
- LA PHYSIONOMIE DU TUNNEL
- Le tunnel, d’après les plans définitifs, partirait du Sud du Cran d’Escalles, d’où il se raccorderait à Beuvrequent avec la ligne de Paris à Calais, par une bretelle passant par Marquise et Wissant, lieu où serait édifiée la gare frontière. Pour donner satisfaction aux demandes de l’Angleterre, le souterrain, côté France, serait précédé d’un viaduc. La partie terrestre de la voie, longue de 14 km, ne comporterait pas de rampes de plus de 6 mm par mètre. Une voie complémentaire permettrait de diriger, à Beuvrequent, les trains à destination du Nord sans leur imposer un rebroussement.
- Sous la mer, la ligne épousant le cénomanien formerait un long dos d’âne ; cette modalité a été d’abord admise afin que les eaux d’infiltration puissent s’écouler vers la côte, d’où elles seraient évacuées par pompage ; mais, finalement, on a préféré installer une galerie d’exhaure spéciale, qui, à l’origine, facilitera la sortie des déblais.
- Le tunnel comporterait deux galeries circulaires de 5 m. 50 à 6 m de diamètre, éloignées de 15 m, mais reliées par des rameaux parallèles. Cette formule doit, en effet, éviter la construction d’une galerie de 9 à 10 m de largeur, et 6 à 7 de hauteur, dont la voûte supporterait des pressions peut-être excessives.
- Au point maximum, le tunnel se trouvera à 95 m du niveau de la Manche, à 130 m selon d’aucuns.
- Du côté anglais, la voie ferrée, à l’orée du souterrain, au pied de Shakespeare Cliff, décrirait une vaste boucle, avant d’atteindre la gare de Douvres.
- L’établissement du tunnel exigera certaines précautions. On commencera par forer la galerie d’écoulement, pour fixer, de façon absolue, la position de la couche
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- cénomanienne. De cette galerie on opérera des sondages toutes les semaines, en vue de préciser les limites de la formation. Le tunnel ne sera entrepris qu’après cette reconnaissance, et en toute sécurité. Les rameaux de liaison concourront à une exploration complémentaire. Ils auront, de plus, l’avantage de créer des chantiers par lesquels on attaquera le souterrain lui-même, et ils accéléreront l’évacuation des déblais.
- Naturellement, ces travers-bancs primitifs seront sillonnés de voies électriques. On a, en effet, tablé sur la sortie de 4000 tonnes par jour. La perforation sera évidemment électrique, comme l’exhaure.
- Le fonçage des puits nécessitera, de son côté, soit la congélation, soit la cimentation.
- DÉPENSES PROBABLES DU TUNNEL
- Il est assez difficile de fixer le devis exact d’une entreprise de ce genre, soumise à des inconnues. Aussi les évaluations ont-elles été très discordantes. Bergeron, vers 1885, pensait qu’on devrait dépenser 125 millions seulement, Hackshaw a porté le chiffre à 250 millions, tandis que Douglas Fox ne réclamait que 162 millions. En 1900, les Américains déclaraient pouvoir traiter l’affaire à 150 millions, mais M. Sartiaux jugeait qu’il faudrait tabler sur 180 millions, même 200 pour la section française, ou 8 millions par kilomètre, le tunnel devant avoir 48 km et le complément extérieur 6 km. Au total, il y a 20 ans, on estimait qu’il faudrait débour-
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- Fig. 5, — Plan définitif de la ligne sous le détroit.
- ser 400 millions. Présentement, on devrait sacrifier 3 milliards.
- CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES DE L'OPÉRATION
- L’ouverture du tunnel resserrerait, sans aucun doute, les liens qui associent la France et l’Angleterre sur le terrain politique. Mais les avantages économiques de cette œuvre seraient plus sensibles encore.
- Les voyageurs n’auraient plus à redouter le mal de mer, qui limite les relations franco-anglaises plus qu’on ne croit, et les ennuis des transbordements. On admet
- Fig. 6. — Profil du tunnel, côté français.
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- que le parcours sous-marin serait effectué en 40 minutes. Le trajet Paris-Londres serait réduit de 2 heures. On pourrait venir à Paris ou aller à Londres et rentrer chez soi dans la même journée', sans recourir à l’avion, comm e on le fait pour Bruxelles.
- Or, le trafic franco-anglais de passagers a toujours été médiocre au regard de la population des deux pays-Avant la guerre, on n’enregistrait que 1 700 000 voyageurs entre la Grande-Bretagne et le continent, 1 100 000 par les ports français, soit un rapport entre la population et la circulation de 1 pour 100.
- Entre la France et la Belgique, le rapport dépasse 6 pour 100.
- La guerre a intensifié les relations individuelles précitées, mais l’écart reste le même. Le tunnel doit automatiquement produire les mêmes incidences que la réalisation des souterrains du centre européen. Aussi ne paraît-on pas avoir exagéré en envisageant que le trafic triplerait. La voie nouvelle doit, en effet, drainer les
- transitaires non seulement de Calais-Boulogne, mais de Dieppe, d’Ostende, du Havre, de Flessingue, tout au moins partiellement.
- Quant aux marchandises, le tunnel n’accaparera guère que la grande vitesse et la poste, laissant fatalement à l’armement les produits pondéreux. Il faut, toutefois, prévoir que l’amélioration des rapports directs entraînera le développement des échanges sur une large échelle. Nous pouvons aisément multiplier certaines de nos exportations. L’estimation d’un trafic atteignant 5 millions de tonnes n’a donc rien de chimérique, sans que, de ce chef, les armateurs soient lésés.
- Ces perspectives assurent la rentabilité de l’entreprise. Le tunnel serait payant. On peut s’étonner que l’Angleterre, pratique, n’ait pas, depuis longtemps, donné son adhésion sans restriction à une réalisation dont elle ne peut attendre que des profits, politiques, économiques et financiers.
- Auguste Pawlowski.
- DES CAILLOUX QUI FLEURISSENT
- Le règne végétal abonde en singularités. Certaines plantes affectent des formes bizarres ou possèdent d’extraordinaires propriétés. On voit, par exemple, pendre aux branches des Kigelia africains des fruits ressemblant extérieurement à d’énormes saucissons. Les troncs des Baobabs de Madagascar simulent de gigantesques bouteilles, tandis que les Cereus se dressent comme des cierges garnis d’épines au milieu des régions désertiques du Mexique où se récolte également le Peyotl, ce cactus qui produit des rêves visuels merveilleux ! Si nous abaissons nos regards sur le sol de nos forêts ou de nos bois, que d’étranges cryptogames n’y apercevrons-nous pas également, depuis les onctueux lichens et les mousses aux minuscules tiges si arti'stement dentelées jusqu’aux
- clavaires échevelées, aux phalles puants, aux bolets satans et autres champignons empoisonneurs.
- Mais, certes, les plus curieux habitants du royaume de Flore sont ces plantes-cailloux, que les botanistes rangent dans le genre Mesembryanthemum et dont un horticulteur belge, Fr. de Laet, après avoir popularisé en Europe les jolies Cactées mexicaines, importe depuis quelque temps les plus remarquables spécimens. La nombreuse famille des Mesembryanthêmées compte environ 300 espèces plus ou moins ornementales. Quelques-unes de ces plantes herbacées et charnues ont des formes singulières : ils ressemblent à des cailloux ou à des galets. Aussi dans le midi de la France et le nord de l’Afrique, leur étrange faciès et leur sobre floraison permettent
- Fig. 1. — A gauche Aspect de Mesembryanthemum divers. L’un d’eux, M. Westtsteimi, est en fleurs. A droite : Jeunes M. rhopalophylla ressemblant à des gourdins et à des massues.
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- Fig. 2. — En haut, à gauche : M. magnipunctum. en fleurs ; à droite : M. pallidium; au centre : M. tigrinum. En bas, à gauche : M. simulans; à droite : M. testiculatum.
- d’égayer un peu les endroits rocailleux des jardins surchauffés par une insolation directe. Sous les climats moins chauds de la région parisienne ou sous le ciel brumeux de l’Angleterre, de la Belgique et de la Hollande, on les cultive en pots qu’on abrite l’hiver dans une serre froide, sèche et bien éclairée. A la belle saison, il faut les mettre dehors dans la terre de bruyère et en plein soleil, de mai à septembre. On les rentre à l’automne pour les rempoter au printemps, époque où la végétation commence à se manifester. Certains horticulteurs les sèment sur couche chaude, mais, vu^la facilité avec laquelle les rameaux des Ficoïdes s’enracinent, on préfère bouturer en été ces cailloux végétaux qui s’épanouissent peu après, tandis que les pieds issus de graines fleurissent seulement au cours de l’année suivante.
- Examinons donc quelques particularités distinctives des célèbres Mesembryanthémées qu’on rencontre dans les collections de M. de Laet.
- Le plus anciennement introduit en Europe est le Mesembryanthemum testiculatum, espèce naine pourvue de 6 à 8 feuilles d’un blanc glauque, épaisses, lisses, à face plane et à revers convexe. Sa fleur, qui apparaît au
- centre du pied, mesure 2 à 3 centimètres de diamètre et est d’un beau jaune.
- Le Mesembryanthemum Bolusii, originaire du Cap comme presque tous les représentants de l'anguleuse tribu, ne possède que deux fortes feuilles de 6 à 7 centimètres de longueur sur 3 à 4 d’épaisseur environ. D’abord vertes, ces feuilles charnues et opposées deviennent rougeâtres de manière à se confondre avec les pierres avoisinant leur habitat naturel. D’après M. Jahandiez, ce mimétisme protège très efficacement ces plantes contre les singes qui affectionnent beaucoup leur chair pulpeuse. Mais, plus rusés que les quadrumanes africains, les escargots de France ne se laissent pas prendre au déguisement de ces faux « cailloux » dont ils se repaissent volontiers.
- De leur côté, les jeunes Mesembryanthemum rhopalo-phylla ressemblent à des gourdins et font très bien, entourés de quelques pierres au bord d’une allée, tandis que la fleur jaune dorée du Mesembryanthemum simulans, qui s’épanouit au centre de ses deux ou trois feuilles, décore, d’originale façon, le milieu d’un massif. Le Mesembryanthemum tigrinum possède une fleur de couleur à peu près identique, mais la disposition de ses feuilles marbrées, à bords ciliés et à extrémité carénée, rappelle
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- plutôt l’aspect des Agaves que celui des galets. En revanche, les Mesembryanthemum Westtsteimi personnifient très exactement la nombreuse famille des plantes-cailloux, et quand on les dispose côle à côte sur le sol, on se croirait non dans un jardin, mais sur une plage.
- Signalons encore quelques spécimens pour terminer. Voici le Benjamin de la famille : le Mesembryanthemum minutum affectant la forme d’une cupule de la grosseur d’un haricot et dont les fleurs jaunes pâles, d'abord tubuleuses, puis étalées, apparaissent de septembre à octobre ;
- celles du Mesembryanthemum spectabile s’ouvrent de mai à août et sont d’un rouge brillant. Quant aux variétés marmorata, conophytum Pearsonii, magnipunclum ou pallidium, elles voisinent avec les précédentes, mais s’en distinguent par quelques détails, soit comme forme, soit comme nuances florales, soit comme aspect d’ensemble. Toutefois, elles ne déparent pas la collection de ces étranges « rocailles » végétales, qui ne réclament guère, comme soins culturaux, que quelques arrosages à l’époque de la canicule. Jacques Boyer.
- EE LES CORPS SOLIDES =
- ÉMETTANT DES VAPEURS A LA TEMPÉRATURE ORDINAIRE
- DONNENT EN PRÉSENCE DE L’EAU
- UNE SUSPENSION COLLOÏDALE ET NON PAS UNE VRAIE DISSOLUTION
- Dans un travail très important, et qui a passé à peu près inaperçu au moment de sa publication ('), M. le professeur H, Bordier de la Faculté de Médecine de Lyon a émis l’opinion que, dans la préparation des métaux à l’état colloïdal, tels que l’argent, l’or, le platine, par la méthode Bredig, ce n’est pas par arrachement, comme on le croyait, que les particules microscopiques du métal considéré se répandent dans l’eau au sein de laquelle l’arc électrique jaillit entre deux baguettes de ce métal, mais bien que l’existence de ces particules résulte de la vaporisation du métal, grâce à la haute élévation de température de l’arc : la vapeur ainsi formée se condense aussitôt, et reste en suspension dans l’eau, en donnant naissance à une infinité de particules ultra-microscopiques ; celles-ci persistent dans la masse liquide, sans se déposer, pendant des années.
- M. Bordier s’est demandé si, en présence de l’eau, les corps qui émettent des vapeurs à la température ordinaire, comme l’iode, le mercure, le camphre, etc..., ne donnaient pas lieu au même état colloïdal, plutôt qu’à une vraie dissolution, les vapeurs émises se condensant au sein de la masse d’eau placée en contact, tout comme pour les métaux colloïdaux. .
- Ces corps, d’après les auteurs classiques, fourniraient de vraies solutions : on leur a même fixé un coefficient de solubilité. Pourtant, en consultant les différents traités de chimie, on trouve des nombres discordants : ainsi pour l’iode, le coefficient de solubilité à 15° est 1 sur 7000 pour certains auteurs; il est de 1 sur 3750 pour d’autres. Il en est de même pour le camphre, le thymol, le menthol, la naphtaline, le mercure, etc.
- Les expériences de M. Bordier lui ont prouvé qu’il ne s’agissait pas, dans ces cas-là, d’une solution véritable, mais bien d’une pseudo-solution, l’eau renfermant les corps non pas à l’état d’ions, mais à l’état de particules matérielles visibles à l’ultra-microscope et auxquelles il a proposé de donner le nom d’ionoïdes. Pour observer cet état colloïdal, M. Bordier conseille de prendre de l’eau distillée exempte de grains colloïdaux : les eaux distillées du commerce contiennent beaucoup de particules animées de mouvements browniens; la présence de ces particules peut être due, d’après l’auteur,
- 1. Lyon Médical, 1911, p. 174.
- à l’entraînement des vapeurs d’étain des alambics en cuivre étamé qui sont souvent surchauffés dans les parties situées au-dessus du niveau de l’eau.
- En examinant de l’eau iodée, ou de l’eau camphrée à l’ultra-microscope, M. Bordier a constaté que des grains colloïdaux animés de mouvements browniens se présentent dans le champ du microscope en plus ou moins grand nombre.
- Mais un moyen bien plus saisissant, imaginé par l’auteur, consiste à placer sur une lame de verre appliquée sur le condensateur de l’ultra-microscope, par l’intermédiaire d’une goutte d’huile de cèdre, une goutte d’eau pure, c’est-à-dire dans laquelle on n’observe aucun grain mobile ; cela fait, on dispose sur le bord de la lamelle quelques fragments très petits du corps étudié : au bout d’un temps qui varie avec la tension de vapeur du corps, on constate l’envahissement du champ par des particules animées de mouvements browniens et qui deviennent de plus en plus nombreuses. C’est avec l’iode que le phénomène parait le plus marqué, à cause de la plus grande tension de vapeur : dès qu’on a déposé un ou deux petits fragments d’iode sur le bord delà préparation, on voit un très grand nombre de grains microscopiques apparaître dans le champ. Ce phénomène pourrait être ciné-matographié, pour être ensuite projeté à un auditoire qui deviendrait ainsi témoin de ce qui se passe pendant cette dernière expérience.
- C’est donc bien à l’état colloïdal que se trouvent les corps dont il vient d’être question : quand on les met en présence de l’eau, ils ne se dissolvent pas comme du sucre, par exemple, mais, émettant des vapeurs à la température ordinaire, celles-ci se déposent au sein de la masse liquide, en donnant des grains ultra-microscopiques qui se maintiennent en suspension. On ne peut donc pas parler ici ni de solution saturée, ni de coefficient de solubilité : la teneur d’une de ces pseudo-solutions ne dépend que du nombre de particules solides en suspension et de leur grosseur.
- Si l’on soumet de l’eau iodée dans un tube en U, à l’effet du passage d’un courant continu au moyen de fils de platine, au bout d’un certain temps on voit la branche du tube du côté négatif devenir incolore, tandis que l’autre branche devient de plus en plus foncée : aucun dépôt d’iode ne s’observe sur le fil de platine relié au pôle positif. L’iode, à
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- l’état colloïdal dans l’eau, se comporte donc exactement comme les métaux colloïdaux. Cette expérience fait comprendre, en outre, qu’il ne peut s’agir de solutions saturées, car, si l’on plaçait une telle solution, ou supposée telle, dans un tube en U, où passerait un courant, le liquide de la branche positive arriverait à contenir le double de la proportion que renfermait la solution prétendue saturée.
- L’état dans lequel se trouvent les corps étudiés en présence de l’eau permet de comprendre certains phénomènes étudiés pur M. Bordier : par exemple, le passage de la vapeur de mercure à travers une couche d’eau. Si l'on place du mercure au fond d’une éprouvette et de l’eau par-dessus, le papier sensible de Merget au nitrate d’argent, ammoniacal accuse la présence de vapeurs de mercure dans l’air situé au-dessus de l’eau. Merget admettait que la vapeur de mercure se diffusait dans les espaces intermoléculaires de l’eau, et venait ensuite se dégager dans l’air; au temps où vivait cet illustre physicien, on ne connaissait pas encore l’ultra-microscope, ni les ionoïdes. La connaissance de l’état physique où se
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- trouvent les vapeurs condensées du mercure ou de l’iode, ou du camphre, etc., dans l’eau, fournit une explication plus simple : les grains colloïdaux qui arrivent à la surface libre de l’eau mercurielle se vaporisent dans l’air placé au-dessus; c’est pour cela que l’eau iodée, abandonnée à l’air libre, se décolore peu à peu, que l’eau camphrée perd son odeur, etc.
- Enfin, la préparation de toutes ces suspensions colloïdales peut se faire rapidement par une méthode imaginée par M. Bordier, non pas en agitant le corps avec de l’eau, puisqu’il ne s’agit pas d’une dissolution, mais bien en faisant vaporiser le corps — en le chauffant — et en faisant condenser sa vapeur dans de l’eau refroidie. M. Bordier a pu obtenir ainsi une eau iodée presque aussi foncée en couleur que la teinture d’iode officinale. On pourrait opérer de la même façon avec tous les corps dont il vient d’être parlé et obtenir des suspensions colloïdales très chargées, ce qui pourrait donner naissance à une nouvelle forme thérapeutique pour l’emploi, par exemple, du camphre, du thymol et probablement aussi du mercure.
- LES DILIGENCES AUTOMOBILES
- On emploie de plus en plus les omnibus automobiles pour des services sur routes en dehors des villes. L’automobile permet, en effet, de suivre des itinéraires sinueux et accidentés sans qu’on ait l’obligation d’établir des voies ferrées coûteuses, dont le trafic insuffisant ne couvrirait pas les frais de premier établissement.
- Le poids lourd, aménagé d’une façon spéciale, est un auxiliaire précieux pour le tourisme, il facilite des excursions rapides et économiques, tout en assurant la visite des points curieux ou pittoresques, ce que la voie ferrée ne permet pas toujours. L’un de ses avantages est qu’il peut s’arrêter, où et quand l’on veut. Le poids lourd peut-il constituer une concurrence aux chemins de fer? Dans certains cas, il en est ainsi, mais en réalité l’automobile et le rail se complètent mutuellement et leur association bien comprise s’impose aujourd’hui.
- Des services réguliers sont déjà organisés par certaines compagnies. C’est ainsi que l’on a établi des relations directes par autocar, trois fois par semaine, entre Rennes et Caen et inversement. Ceux qui ont emprunté la voie ferrée pour effectuer ce même trajet ont pu se rendre compte de la durée du voyage, dans des wagons souvent inconfortables. L’autocar met à peu près quatre heures pour effectuer le parcours, en permettant d’admirer une région particulièrement pittoresque.
- En Angleterre et aux Etats-Unis, on a organisé également des parcours, mais sur de plus grandes distances encore. Ainsi un service assure la liaison de nuit par la route entre Londres et Liverpool. La distance est de 340 km environ. La voie ferrée demande un peu moins de 5 heures, de sorte que l’homme d’affaires, qui voyage la nuit pour gagner du temps, n’a pas sa nuit de sommeil complète. On a donc mis en service un autocar avec couchettes confortables et le véhicule marche à allure réduite : il part à 23 heures et arrive le lendemain à
- 8 heures pour l’heure du déjeuner, avant l’ouverture des bureaux.
- Dans le véhicule se trouvent deux rangées de couchettes superposées et le chauffeur est placé en dehors de la caisse proprement dite, c’est-à-dire à côté du capot. L’entrée du véhicule est à l’arrière. Il y a trois compartiments principaux à quatre couchettes chacun. Un petit office avec une cuisine minuscule et un lavabo est le domaine d’un employé qui peut fournir aux voyageurs quelques aliments. Au milieu se trouve un passage central et, pendant la nuit, des rideaux isolent les couchettes. Celles-ci sont analogues à celles des paquebots; la literie est complète avec draps. Chaque voyageur a sa lampe individuelle.
- Aux Etats-Unis, on a fait mieux encore. Les règlements américains, beaucoup plus larges qu’en Europe, ont permis de donner aux véhicules une très grande longueur. Elle atteint 11 m. 50 avec une hauteur de 3 m. 40 et une largeur de 3 m. 65. Le poids est de 7 tonnes et le véhicule a coûté 30 000 dollars. Il est à deux étages et peut transporter 26 passagers en 13 compartiments, où l’on peut dormir et prendre ses repas.
- L’emplacement des sièges est décalé d’un étage à l’autre de façon que l’espace correspondant au siège supérieur s’intercale dans l’intervalle des sièges de l’étage inférieur. Ceci a permis de réduire la hauteur totale du véhicule, car, en fait, la hauteur de la caisse n’est pas le double de la hauteur disponible à chaque étage. A mi-hauteur, entre les deux étages, se trouve une sorte de passerelle qui forme couloir médian et qui dessert à la fois l’étage inférieur (dans ce cas, il faut descendre la passerelle) et l’étage supérieur (dans ce deuxième cas, il faut monter quelques marches).
- Le moteur est un six cylindres dont la puissance est 110 chevaux. Il est agencé de manière qu’en très peu de temps on puisse le démonter du châssis, avec sa trans-
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- Fig. 1. — L’autocar à couchettes de 26 glaces.
- Ce véhicule fait le service entre San Francisco et San Diego.
- mission et tous les organes qui se trouvent autour du moteur; on le remplace en quelques minutes par un nouveau moteur, simplement en serrant quatre boulons et en remettant en état les connexions électriques, les tuyauteries de gaz et d’huile. On réduit ainsi à rien le délai nécessaire exigé par une panne du moteur impossible à réparer sur place.
- Le chauffeur se trouve surélevé et placé au-dessus du moteur entre les deux étages. Cette position lui permet de voir la route très facilement et de conduire rapidement l’énorme véhicule. L’agencement intérieur est combiné de la façon suivante : les sièges sont disposés face à face etsontplacés de chaque côté de la passerelle, de manière à former des compartiments contenant chacun deux personnes. Pour la nuit, on transforme les sièges en couchettes superposées dont la longueur est de 1 m. 90.
- Dans les compartiments inférieurs, les voyageurs disposent, en position de jour, d’un espace de 90 cm de longueur et de 45 de large, sur une hauteur de 1 m. 90. Ceci est obtenu grâce au décalage des banquettes d’un étage à l’autre.
- La ventilation est assurée au moyen de baies et de hublots et l’on peut envoyer dans chaque compartiment individuel de l’air froid ou de l’air chaud, à volonté.
- A l’avant du véhicule est une cuisine avec tout le. matériel nécessaire pour préparer des boissons chaudes et des aliments froids. Le service peut se faire sur des tables dans les compartiments.
- Le cabinet de toilette est disposé à l’arrière du véhicule; il est équipé aussi parfaitement que dans les wagons des grands rapides. Cet autocar assure un service régulier entrç Los Angeles, San Francisco et San-Diego ; les résultats ont été si satisfaisants que l'on envisage immédiatement la construction de trois autres autocars du même type. E.-H. Weiss.
- Fig. 2. — L’installation des couchettes superposées.
- La couchette inférieure, dans chaque compartiment, prend jour par des hublots.
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- LES NOUVELLES MONNAIES FRANÇAISES = 177
- D’OR ET D’ARGENT
- Fig- î- — Projets des nouvelles pièces de 100 francs en or. 1) Bazor (modèle adopté) 2) Delamare ; 3) Dropsy; 4) Guilbert; 5) Lafleur;6) Lavrillier; 7) Morlon; 8) Turin
- 9) Yernon; 10) Yencesse.
- Par décret du 15 juin 1928, le gouvernement français ouvrit un concours entre les graveurs en médailles afin de découvrir une effigie artistique pour les nouvelles pièces d’or et d’argent, qu’il se proposait de faire frapper. Des 120 esquisses présentées en septembre par divers artistes, le jury en avait d’abord retenu 74, puis 10 pour l’or et 9 pour l’argent.
- Ces projets furent exposés à l’Hôtel des Monnaies et les jurés retinrent 3 modèles de pièces d’or et 3 d’argent, parmi lesquels M. Chéron, Ministre des Finances, a choisi définitivement pour les pièces d’or le coin gravé par M. Bazor et pour les pièces d’argent le projet présenté par M. Turin.
- La réalisation d'une effigie monétaire n’est pas, d’ailleurs, si simple qu’elle parait à première vue. Une fois les maquettes examinées, on les rend aux artistes pour qu’ils en retouchent les détails et, lorsque les lauréats jugent leur œuvre au point, ils en font prendre une empreinte galvanoplastique. Des spécialistes en opèrent ensuite une réduction sur acier à la dimension de la pièce, moule qui sert à obtenir une matrice sur acier. Les concurrents envoyent alors cette dernière à la Monnaie, qui en frappe les exemplaires soumis à l’appréciation du Jury.
- Instrument d’échange, une monnaie ne doit pas être simplement un objet d’art, mais répondre à plusieurs nécessités d’ordre technique. Elle doit d’abord porter une effigie caractéristique et facilement reconnaissable. En second lieu, il faut que les dessins de l’avers et du revers se
- trouvent parfaitement équilibrés pour en permettre la frappe aisée et ne laissent pas'apparaitre des « fantômes », autrement dit que le tracé plus ou moins vague d’une face ne se révèle pas sur l’autre. Enfin, le relief de la pièce doit pouvoir résister à l’usure et ne pas être d’une imitation facile.
- D’une façon générale, les pièces d’argent me semblent d’une meilleure facture que les pièces d’or. A l’avers, les têtes de République ont, soit les cheveux longs comme les types monétaires d’avant-guerre, soit les cheveux coupés à la mode actuelle. Les pièces de 10 francs de Bazor, de Dropsy et de Turin portent, la première, une Marianne au visage un peu rude avec son bonnet phrygien, la seconde, une Française avec son opulente chevelure et une aimable expression, tandis que sur le revers de la troisième la main soutenant la flamme de la victoire et de superbes lauriers est d’une vigoureuse facture. Le classicisme des pièces de 10 francs, dues à Morlon et à Rasumny, ne manque pas de charme si celles de Bénard, de Delannoy et de Mlle Guzman sacrifient plus au goût moderne.
- Bientôt sans doute la Monnaie pourra commencer à frapper des « écus » en utilisant le métal provenant des pièces d’argent retirées de la circulation et qu’elle a fondues dans l’attente des ordres du gouvernement. Quant aux « pistoles », elles ne ressusciteront que plus tard, lorsque la Banque de France jugera le moment propice.
- Fig. 2. — Projets des nouvelles pièces de 10 francs en argent. 1) Bazor; 2) Bénard; 3) Delannoy; 4) Mlle Guzman; 5) Lafleur; 6) Morlon; 7} Popineau; 8) Rasumny;
- 9) Turin (modèle adopté).
- Jacques Boyek.
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- J 7S
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- ALEXANDRE DE HUMBOLDT
- L’homme dont nous venons d’écrire le nom est mort à Berlin, le 6 mai 1859 ; il était âgé d’environ quatre-vingt-dix ans.
- Un intervalle de près de trois quarts de siècle n’a pu ternir sa gloire, mais l’année 1929 amène le centenaire du second de ses grands voyages, de celui où, déjà avancé en âge, il explora une grande partie de la Russie européenne et asiatique ; on jugera sans doute que c’est une occasion tout indiquée de parler de cet homme 'remarquable qui fut, au xixe siècle, celui de tous les savants qui manifesta les facultés les plus variées et qui, s’il n’a pas fait des découvertes comparables à celles d’un Ampère, d’un Pasteur ou d’un Berthe-lot, a mérité mieux que personne, sauf peut-être notre compatriote Littré, qu’on le qualifie d’ « Encyclopédie vivante », épithète qu’on ne donnera plus à personne.
- Nous ne pouvons, faute de place, raconter en détail sa longue carrière, et nous nous bornerons à dire que, né à Berlinlel4 septembre 1769,il avait pour père un gentilhomme poméranien, qui avait servi dans les armées de Frédéric et pour mère une personne appartenant à la famille française de Colomb, que la Révocation de l’Édit de Nantes avait contraint à s’expatrier.
- Il était né maladif et paraissait peu intelligent dans son enEance ; aussi, croyait-on qu’il mourrait jeune et aurait de la peine à se faire une position honorable ; jamais pronostics ne furent mieux démentis par les faits.
- Il passa, avec son frère aîné Guillaume, ses premières années au château de Tegel, où on voit maintenant son tombeau, et où il eut pour précepteur Campe, l’auteur du Jeune Robinson et de la Découverte de l’Amérique, ouvrages populaires en Allemagne, et qui ne sont pas inconnus en France.
- Plus avancé en âge, il étudia aux Universités de Francfort sur l’Oder, puis de Gœttingue où il étudia l’anatomie sous Blu-menbach et où il se lia avec Georges Forster, ancien compagnon de Cook, qui devait, plus tard, prononcer la réunion de Mayence à la République française.
- Désireux de se consacrer à l'administration des mines, il alla se former à la célèbre école de Freiberg, en Saxe, où il eut Werner pour maître et Léopold de Buch pour condisciple. A cette époque de sa vie, il n’abandonna d’ailleurs pas ses études d’anatomie et, chose qui surprendra sans doute plus d’un littérateur, Goethe, alors âgé d’environ quarante-cinq ans, ne dédaignait pas de disséquer, lui aussi, en compagnie de llumboldt.
- Ce dernier, cependant, rêvait de faire des découvertes au delà des mers, et on peut croire que cet état d’esprit résultait des conversations qu’il avait eues avec Campe d’abord, avec Forster, plus tard.
- Sa mère étant morte, il vendit ou hypothéqua ses biens patrimoniaux afin de se procurer les ressources nécessaires, et il chercha une occasion de visiter les Indes orientales ; il tâcha d’abord de se faire attacher à l’expédition française en Égypte, ce qui lui aurait épargné la moitié du chemin ; ce fut en vain. Alors il résolut de se rendre en Amérique et de rejoindre, sur la côte occidentale de ce continent, le capitaine français Baudin, qui faisait un voyage de circumnavigation qui ne donna pas tous les résultats qu’on en avait attendus.
- Un naturaliste désigné pour accompagner Baudin, Aimé Bonpland, né à La Rochelle en 1773, mort au Paraguay en 1858, renonça à ses projets et voulut accompagner Humboldt, avec qui il se lia étroitement. Les deux amis, ayant obtenu du gouvernement espagnol les autorisations nécessaires,
- purent enfin quitter le port de La Corogne, sur le navire le Pizarro, et abordèrent à Cumana, dans le Vénézuela, le 16 juillet 1799. Pendant cette traversée on avait escaladé le Pic de Ténériffe, étudié les phénomènes magnétiques, l’état hygrométrique de l’air, la salure et la température de la mer, ainsi que les gaz contenus dans la vessie des poissons volants.
- Pendant près de cinq ans, Humboldt et Bonpland parcoururent les possessions américaines de l’Espagne, nous ne les suivrons pas dans ce long voyage qui les mena à La Havane, Santa-Fé de Bogota, Quito, Lima et Mexico. Qu’il nous suffise de dire qu’ils déterminèrent les positions géographiques de 225 points différents, situés entre le 12e degré de latitude méridionale et le 41e degré nord, qu’ils étudièrent la jonction de 1 Orénoque et de l’Amazone, firent l’ascension du Chim-borazo, du Pitchincba, du Popocatepetl.
- En août 1804, les voyageurs débarquèrent à Bordeaux, et, après un repos de quelques jours, ils se (rendirent à Paris, Bonpland fut nommé intendant de la Malmaison, et garda cette place jusqu’à la mort de Joséphine ; à ce moment, il retourna explorer l’Amérique du Sud, où il vécut d’une pension que lui faisait le gouvernement français. Quand il mourut, le 4 mai 1858, il rêvait de revenir en France, de revoir le Muséum et d’y déposer les incomparables collections qu'il avait amassées ; enfin, de pousser jusqu’à Berlin pour ne pas mourir sans avoir encore une fois embrassé Humboldt.
- Quant à ce dernier, sauf quelques absences passagères, il demeura à Paris jusqu’en 1827 ; nulle part ailleurs, il n’aurait trouvé autant de ressources scientifiques ; nulle part, non plus, il n’avait autant d’amis. Et quels amis ! Laplace, Cuvier, Biot, Yauquelin, Gay-Lussac, Arago ! Avec ces deux derniers, ses relations étaient si intimes, qu’ils ne tardèrent pas à se tutoyer, bien que Humboldt fût beaucoup plus âgé que Gay-Lussac et surtout qu’Arago ; il n’avait rien de la morgue qu’on a trop souvent l’occasion de reprocher à la noblesse allemande.
- Il n’avait pas renoncé aux voyages. Arago et lui formèrent le projet d’explorer ensemble le continent asiatique, et, d’après une lettre datée de l’Observatoire de Paris que Humboldt adressa en 1812 au baron de Rennenkampf, qui vivait à Pétersbourg, voici quel était l’itinéraire qu’ils se proposaient de suivre. On se serait rendu au Cap de Bonne-Espérance, et, de là, à la péninsule indienne, qu’on aurait visitée après Ceylan, Java et les Philippines, mais le but principal aurait été l’exploration des montagnes de l’Asie centrale, entre le 35e et le 38” degré de latitude nord ; puis, on serait passé en Sibérie et on aurait poussé jusqu’au Kamtschatka, étudiant à la fois la géologie, la physique du globe et rectifiant les cartes. Bien entendu, l’ethnograghie et la linguistique n’auraient pas été laissées de côté ; enfin, on aurait rassemblé des collections, aussi riches que possible ! Ce voyage, à cause des circonstances politiques, ne put se faire que beaucoup plus tard, et le programme primitif ne put être suivi.
- Tout en songeant à un nouveau voyage, Humboldt s’occupait de faire connaître les résultats de l’ancien. Toute une nombreuse série de volumes y fureqt consacrés. Nous n’en donnerons pas les titres, mais nous dirons seulement que, pour les publier, leur auteur dépensa une grande partie de sa fortune, si bien que, plus tard, pour qu’il pût vivre convenablement, le gouvernement prussien dut lui faire une pension.
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- De nouveaux sujets d’étude l’occupaieut, d'ailleurs. A l’Observatoire, il révisait, avec Arago, les déclinaisons des étoiles fixes ; dans les laboratoires de l’Kcole polytechnique et du Muséum, il travaillait avec Gay-Lussac et Cuvier. La guerre entre la France et la Prusse ne l’empêchait pas d’être dans les meilleurs termes avec les savants français et, en 1810, il devint associé étranger de l’Académie des sciences ; on lui avait même donné un cabinet de travail, où il passait une grande partie de son temps, dans les dépendances du Palais-Mazarin. Quatre heures de sommeil la nuit, une courte sieste dans la journée lui suffisaient, et cela explique l’abondance de sa production.
- Il n’en aimait pas moins le monde pour cela, et fréquentait volontiers les salons, notamment celui de Mme Récamier. Il s’y montrait un causeur éblouissant.
- En 1827. comme nous l’avons dit, désireux de se rapprocher des siens, il retourna à Berlin. Il revenait d’ailleurs volontiers à Paris où on le revit encore en 1845. Dans ce cas, Arago se faisait une fête de lui offrir l’hospitalité!
- A Berlin, renouvelant un essai qu’il avait déjà tenté à Paris, il fit des leçons publiques sur la physique du globe, et elles eurent un immense succès. Ces leçons furent l’origine du Cosmos.
- Mais, bientôt, Humboldt put réaliser son projet de voyage en Asie ; ce voyage ne dura que huit mois et Arago, alors chef de famille, directeur de l’Observatoire et sur le point de devenir secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, ne put y prendre part. — L’empereur Nicolas Ior subventionnait généreusement l’expédition , qui devait surtout rechercher 1 accroissement de la science sans s’inquiéter des avantages qui pourraient en résulter pour l’industrie et le commerce.
- Humboldt et ses compagnons purentdisposerd’autantde chevaux qu’illeur en fallut, et des officiers les escortaient pour leur aplanir toutes les difficultés.
- Humboldt se mit en route le 12 avril 1829; ses compagnons (!) étaient Ehrenberg, botaniste et zoologiste et Gustave Rose, à qui incombait le soin de rédiger le journal de l’expédition et de faire les analyses chimiques. Le chef de l’expédition avait pour champ d’études le magnétisme terrestre, la détermination des positions géographiques et la description physique et géognostique des pays traversés. Polyglotte remarquable qui, en plus des langues classiques, possédait parfaitement le français, l’anglais et l’espagnol, et, de plus, avait une certaine connaissance de l’hébreu, il s’était, pendant qu’il résidait à Paris, adonné à l’étude du persan, qu’il jugeait devoir être utile à un voyageur en Asie.
- Les voyageurs visitèrent Ivœnigsberg, Pétersbourg, Moscou, Nijni-Novgorod, où ils s’embarquèrent sur la Yolga, qui les conduisit à Ivazan. De là, ils se rendirent à Iekate-rinenbourg, au delà des monts Oural, se trouvèrent en Sibérie et passèrent par une multitude de localités, dont nous ne rapporterons pas les noms, jusqu’au delà des fron-
- 1. Pendant cette expédition, Humboldt avait emmené un domestique, nommé Seyffert, qui fut plus tard l’intendant de sa maison et à qui il fit un legs important.
- tières de Chine. Vers le milieu d octobre, on était à Astrakan, sur les bords de la Caspienne. On étudia les eaux de cette mer ainsi que les poissons qui y habitent et on en recueillit une collection, qui fut envoyée à notre Muséum d’histoire naturelle. Le 13 novembre, Humboldt était revenu à Pétersbourg ; le 28 décembre, il était à Berlin. Plusieurs ouvrages, écrits en français ou en allemand, firent connaître au public les résultats de ce voyage. Le principal a pour titre l’Asie centrale.
- Nous ne pouvons énumérer tous les ouvrages dus à la plume de Humboldt, mentionnons toutefois ses Tableaux de la Nature et aussi son Examen critique de l'histoire de la géographie du nouveau continent, qui est surtout un monument élevé à la gloire de Colomb.
- Mais venons en au plus populaire de ses livres, à soa Cosmos.
- Il se compose de quatre gros volumes ia-8'\ qui parurent de 1845 à 1858, et que Faye et Galusky traduisirent en français. Mais cet ouvrage n’est pas complet, il ne traite que de la nature inorganique ; le temps a manqué à l’auteur pour
- remplir tout son programme, qui était le suivant, d’après Littré :
- « M. de llumboldtconsidère d’abord le ciel et les corps innombrables qui le peuplent; puis. descendant sur notre globe qui flotte, lui aussi, parmi tant d’îles flottantes, il en décrit la forme, la densité, les propriétés essentielles, la réaction de l’intérieur sur l’extérieur, réaction qui se manifeste par les tremblements de terre et les volcans (c’est là l’objet des quatre premiers volumes) ; enfin, dans les volumes suivants, il étudiera les formations géologiques, la répartition de l’espace entre les terres et les mers, l’enveloppe gazeuse qui nous entoure, la vie végétale et animale, et finalement la race humaine. (*)» H umboldt mourut moins d’un an après que Littré eut écrit les lignes qu’on vient de lire, sans avoir pu achever son grand ouvrage. Ses funérailles furent un véritable deuil public. Il fut inhumé à Tegel.
- Le Cosmos a vieilli, mais il n’a pas cessé d’être intéressant ; toutefois, Humboldt n’a peut-être pas atteint parfaitement un des buts qu’il se proposait, se faire la réputation d’un grand écrivain, ce qui était une des raisons pour lesquelles il avait préféré l’allemand .au français pour composer son œuvre ultime ; le malheur est qu’il a trop oublié le précepte de Boileau :
- Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.
- Sachant tout, il a voulu tout introduire dans son livre, si bien que le lecteur se trouve en présence d’un texte prodigieusement touffu qu’interrompent fréquemment des renvois à des notes parfois fort longues et rejetées à la fin du volume. On lit avec profit le Cosmos, on ne le lit pas comme, par exemple, Y Histoire naturelle de Buffon,
- Des quatre volumes du Cosmos, le plus intéressant, selon
- 1. Revue germanique, 31 mai 1858.
- <3t
- Alexandre de Humboldt.
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- nous, est le second, où l’auteur expose tout au long ses idées sur l’histoire du développement progressif de l’idée de l’Univers. Il y passe en revue les phases principales de l’histoire de la contemplation physique du monde, en prenant pour point de départ les temps où le bassin de la Méditerranée était l’Univers entier pour les peuples qui vivent sur ses rivages, jusqu’à l’époque des grandes découvertes dans l'Océan, en passant des anciens Egyptiens aux Grecs, d’Alexandre aux Ptolémées, des Romains aux Arabes, des navigateurs normands à Christophe Colomb. Un long chapitre est consacré à l’époque des grandes découvertes dans le ciel, depuis l’invention des télescopes et des lunettes.
- Quelques lignes, empruntées à Littré, feront voir combien Humboldt était vénéré dans toute l’Europe savante.
- « L’Allemagne et la France ont aujourd’hui deux hommes qui, ayant passé la durée ordinaire de la vie, demeurent jeunes dans l’extrême vieillesse. Chez eux, l’automne ne s’est point changée en hiver, et continue à être belle et féconde. Qui les lit est touché de cette force qui ne tombe pas et de cet âge qui tombe. Ils n’ont rien perdu, car leur pensée a le pouvoir de se revivifier au courant qui abreuve la génération présente ; et ils ont gagné, car ne se sentent-ils pas soutenus par la vénération de ceux à côté de qui ils viennent, glorieux survivants d’un autre âge, prendre encore une part dans le travail commun ? Ces sentiments, j’ai eu la bonne fortune de les exprimer de vive voix à M. Biot; je suis heureux de les exprimer ici à M. de Humboldt, que je n’ai jamais vu. »
- E. Doublet.
- RECHERCHES SUR L'ABSORPTION DES ONDES
- ÉLECTROM AGNÉTIQUES
- Tous les sans-filistes savent que, pendant les périodes orageuses, ou précédant de grands troubles atmosphériques, les communications radio-électriques deviennent capricieuses, et subissent le plus souvent un affaiblissement général, suivi d’interruptions plus ou moins prolongées, évanouissements et fadings ; et parfois même des interruptions persistantes. J’ai eu l’occasion d’observer des interruptions prolongées pendant l’été de 1928, dans la région des Pyrénées occidentales, où je disposais d’un poste récepteur relié à une double antenne de 125 mètres de longueur, dirigée du Sud au Nord.
- Les observations du 23 et du 24 août furent particulièrement intéressantes. L’activité solaire était en effet grande à cette époque.
- On pouvait compter huit foyers principaux, dont trois particulièrement importants subissaient des transformations continuelles au voisinage du méridien central.
- La température était élevée et la pression atmosphérique basse; le magnétographe et l’électromètre enregistrèrent des oscillations électromagnétiques régulières. La charge électrique était élevée, indiquant un état d’ionisation atmosphérique important.
- Le 22 août, les réceptions de Toulouse, Barcelone et Paris étaient normales, tandis que, pendant les deux soirées du 23 et du 24 août, il fut impossible d’obtenir aucune réception de Toulouse et de Barcelone; et celles de Paris furent extrêmement faibles. Divers autres sans-filistes munis de postes puissants, sur antennes et sur cadres, placés à l’Est et à l’Ouest de mon poste, à des distances de trois à quatre kilomètres, ne purent également rien recevoir pendant ces deux soirées.
- Le 25 août, les communications étaient rétablies et les conditions atmosphériques s’étaient grandement améliorées ainsi que le confirmèrent les indications fournies par les instruments.
- Les faits précédents semblent indiquer d’étroites relations entre l’absorption des ondes électromagnétiques, l’état d’ionisation atmosphérique, l’activité solaire et l’émission de radiations de très courtes longueurs d’onde ou ultraradiations. Il paraît du reste difficile d’établir quant à présent, la nature précise des effets d’absorption observés. Il semble bien que l’état d’ionisation particulièrement élevé de l’atmosphère joue dans ces circonstances un rôle sérieux. Toutefois, il convient de rappeler que les effets d’ionisation sont très différents
- dans un air très dilué tel qu’il existe dans les hautes couches atmosphériques à 100 ou 150 kilomètres d’altitude, ou dans l’air dense des couches profondes.
- La proportion d’ions libérables dans l’atmosphère supérieure est beaucoup plus considérable que dans l’atmosphère inférieure ; et les actions produites dans les deux cas, sur la propagation des ondes électromagnétiques, ne sont nullement comparables.
- L’état d’ionisation relativement faible des couches profondes ne pourrait probablement avoir d’influence possible que sur des ondes dont l’incidence serait très rasante et dont la propagation se ferait dans des couches d’air successives présentant des degrés d’ionisation très différents. Il pourrait alors se produire des effets interférentiels suffisants pour provoquer une interruption plus ou moins complète des émissions.
- Des variations continuelles dans l’état d’ionisation des diverses couches d’air interposées entre deux postes éloignés pourraient permettre d’expliquer les effets d’évanouissement brusques ou progressifs. Si réellement ces effets sont provoqués par un état d’ionisation des couches atmosphériques inférieures, il faut admettre que cet état est dû à une cause durable ; car on sait que les ions libérés au sein de l’atmosphère disparaissent au bout de quelques secondes si la source ionisante cesse d’agir. Des observations faites à maintes reprises, en particulier le 24 et le 25 août 1928, montrent que l’ionisation des couches inférieures de l’atmos-ph ère peut être attribuable à une émission particulièrement intense d’ultra-radiations, provoquant des effets Compton secondaires, causes d’une ionisation de la surface du sol et des objets environnants. L’observation a démontré, d’autre part, que les effets d’ionisation superficiels sont différents d’un point à un autre, et qu’ils sont sujets à de brusques et importantes variations. On voit que ces phénomènes pourraient expliquer d’une façon plausible la plupart des faits observés.
- Cette importante question ne pourra, du reste, être définitivement éclaircie qu’à la suite de nombreuses observations accompagnées de mesures méthodiques.
- Il est donc utile que chacun apporte sa petite part d’observations afin de pouvoir résoudre définitivement cette question capitale pour la radiophonie.
- Albert No don.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE »«
- L'AMPLIFICATION HAUTE-FRÉQUENCE ET SON ÉVOLUTION
- Pour que la détection puisse s’effectuer d’une façon satisfaisante, il est nécessaire que les courants haute-fréquence qui viennent agir sur la lampe détectrice aient une intensité minima suffisante.
- On a donc vite reconnu la nécessité d’employer des étages d’amplification haute-fréquence avant la lampe détectrice pour la réception des signaux faibles provenant de postes d’émission lointains ou peu puissants.
- On sait qu’au début de l’avènement de la radio-diffusion, on employait presque uniquement des étages haute-fréquence 4 liaison résistance-capacité parce que ce montage était facile à établir, et qu’à l’époque il n’existait que peu de postes d’émission, d’ailleurs tous sur longueurs d’onde moyennes; le peu de sélectivité du système et son rendement très défectueux pour la réception des ondes courtes n’avaient donc qu’une faible importance.
- Dès l’apparition des ondes courtes et la multiplication des postes d’émission, on a commencé à employer les montages haute-fréquence à résonance, beaucoup plus sélectifs et plus sensibles pour la réception des ondes courtes.
- On sait que l’inconvénient principal de ce genre de montage réside dans la difficulté que l’on éprouve à employer plusieurs étages de ce système à la suite les uns des autres. Cet inconvénient provient, d’ailleurs, du fait que les capacités internes des lampes produisent des liaisons électrostatiques entre les circuits accordés (fig. 1).
- Si les circuits d’entrée et de résonance, ou si deux circuits de résonance consécutifs, sont accordés à peu près sur la même longueur d’onde, il se produit alors des effets de réaction qui rendent l’audition impossible, ou augmententles difficultés du réglage.
- Comme on cherchait à obtenir, du moins en France, des appareils de plus en plus sensibles et sélectifs, destinés plus spécialement à la réception sur cadre, et que les dispositifs employés pour éviter les inconvénients cités plus haut, tel le neutrodyne, ne semblaient pas donner des résultats bien concluants, on en est arrivé à ne plus construire des postes comportant plus d’un étage haute-fréquence à résonance, et l’on peut dire que les postes sensibles actuellement réalisés en France sont presque tous basés sur le principe du changement de fréquence.
- Ce principe est bien connu de nos lecteurs, et nous ne croyons pas utile d’en donner ici une explication. Il nous suffira de rappeler que ce procédé remplace, en quelque sorte, le problème de l’amplification des ondes moyennes et courtes par le problème de l’amplification d’ondes beaucoup plus longues. Cetle dernière amplification peut être facilement réalisée avec plusieurs étages d’amplification haute-fréquence à liaison semi-apériodique ou à résonance atténuée, le principe même du système assurant une sélectivité suffisante moyennant certaines précautions de montage.
- Les postes à changement de fréquence sont faciles à établir depuis que la technique de leur construction a été précisée, et leur succès vraiment prodigieux est évidemment un critérium des qualités que le public des sans-filistes leur reconnaît; il est cependant nécessaire que leur construction soit très soignée et leurs organes parfaitement déterminés pour que l’audition ait lieu, non seulement avec une grande puissance, mais encore sans déformation.
- Cependant, un fait nouveau est intervenu depuis quelques mois, c est l apparition des lampes à écran-grille ; ces lampes
- d une construction nouvelle présentent l’avantage, d’une part, d’avoir une capacité interne presque nulle, d'autre part de posséder un coefficient d’amplification considérable avec une résistance interne très élevée.
- Nous publierons prochainement une étude détaillée de la construction et des caractéristiques de ces lampes, qui sont des plus intéressantes, et nous voulons seulement noter dès maintenant que ces nouveaux modèles permettront sans doute d obtenir une plus grande amplification haute-fréquence avec un nombre de lampes restreint, et qu’il sera possible de monter, grâce à elles, au moins deux étages à résonance à la suite 1 un de l’autre, sans avoir à craindre les liaisons parasites dues à la capacité interne.
- Il est cependant indispensable de remarquer que le prix de ces lampes est élevé, du moins jusqu’à présent, et qu’elles doivent être (utilisées avec une tension plaque de l’ordre de’ 150 volts ; de plus, il est absolument nécessaire que leur montage sur un poste soit effectué avec des précautions spéciales.
- Si 1 on se contentait de remplacer des lampes ordinaires d’étages haute-fréquence à résonance par ces lampes à grille-écran, on n’obtiendrait, l’expérience le montre d’ailleurs, que des résultats très défectueux.
- Enfin, silalampe à grille-écran peut paraître la lampe d’avenir qui permettra la réalisation facile de postes à amplification haute-fréquence comportant peu de lampes, on peut également noter que ces lampes pourront être employées avec’autant de succès sur les étages moyenne-fréquence des appareils à changement de fréquence, qui constituent évidemment des étages haute-fréquence d’un type particulier, et peut-être même seront-elles encore plus recommandables pour ce dernier usage.
- UNE NOUVELLE SÉRIE DE LAMPES DE RÉCEPTION
- Les premières lampes de T. S. F. employées sur les postes de réception étaient des lampes triodes du modèle classique avec des filaments au tungstène qui devaient être chauffés à haute température, et qui exigeaient un courant d’une intensité d’environ 0 7 ampère par lampe.
- La réalisation des lampes à filaments thoriés fut déjà un grand progrès, puisque la température de chauffage était abaissée et que l’intensité du courant nécessaire était généralement ramenée autour de 6/100 d’ampère seulement.
- En même temps que s’effectuait cette transformation dans la fabrication des filaments, la spécialisation des différents types s’effectuait; on avait vite reconnu, en effet, qu’on ne pouvait obtenir un modèle donnant Un rendement optimum à la fois comme détectrice, oscillatrice, amplificatrice, haute-
- Fig. i. — Dans un amplificateur haute-fréquence à résonance, les circuits oscillants G et D de deux lampes a et b, accordés sur la même longueur d’onde sont couplés électro-slatiquement par les capacités de la lampe a.
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- ip Cm.A)
- Chauffage 4V 0.06A Tension plaque 1 IZ0V Z 80v
- C Volts)
- ip Cm. A )
- Chauffage 4V 0,06A Tension plaque 1 1Z0 v Z 80 v
- -16 -12 -8 -4
- Fig. 2. — Caractéristiques d'une lampe Fig. 3. — Caractéristiques de la lampe
- Fotos C. 9 Fotos G. 25 pour amplificationmoyenne-
- à filaments à oxydes. fréquence.
- ip(m.A)
- Chauffage. 4V0,I5A Tension plaque 1 120 Z 80' 3 40
- Fig. 4. — Caractéristiques du triode Fotos D. 9 pour amplification basse-fréquence.
- fréquence, moyenne-fréquence, et enfin amplificatrice basse-fréquence. D’autre part, à côté des lampes à trois électrodes, on commença à établir des lampes mixte-grille, bigrille, tri-grille, à électrodes multiples, et enfin à écran.
- Un troisième stade de l’évolution des lampes en France consiste dans le remplacement progressif des filaments en tungstène thorié par des filaments dits à oxydes (surtout à oxyde de baryum). Le pouvoir d’émission électronique de ces filaments est extrêmement élevé, et leur température de chauffage tellement réduite que l’on n’aperçoit plus aucune lueur lorsque la lampe est allumée.
- L’intensité du courant de chauffage demeure à peu près la même qu’avec les filaments thoriés, mais la durée des lampes, et la constance de leurs caractéristiques sont beaucoup plus grandes; il faut seulement prendre soin de ne jamais dépasser la tension de chauffage indiquée par le constructeur.
- Une grande société de fabrication de lampes deTSF a réalisé récemment une nouvelle série de lampes munies de filaments de ce modèle, et dont les caractéristiques sont particulièrement bien choisies pour les divers rôles que doivent jouer ces triodes ou tétraodes.
- Un premier modèle dit « type C-9 » à résistancfe interne moyenne et coefficient d’amplification relativement peu élevé est destiné à l’amplification haute-fréqurnce et moyenne-fréquence en général, à la détection et à l’amplification basse-fréquence pour un premier étage (fig. 2). Ses caractéristiques sont, d’ailleurs, les suivantes :
- „ t Tension........
- Chauiïage. . ) D.bu............
- Tension plaque.................
- Courant plaque pour 80 v plaque
- Courant de saturation..........
- Coefficient d’amplification.. . .
- Résistance interne.............
- Pente..........................
- Un deuxième moJèle dit « C-25 » à résistance interne et coefficient d’amplification élevés doit être employé surtout sur les étages haute-fréquence à impédance ou à résistance et sur les étages moyenne-fréquence (fig. 3).
- Il est, d'ailleurs, évident, comme ses caractéristiques le montrent, que les organes de liaisons haute-fréquence et moyenne-fréquence doivent avoir des constantes correspondantes.
- Fig. 5. — Détecteur à galène de précision avec chercheur à brins multiples.
- i---------------6---------------------B
- Coupe A B
- 4 volts 0,06 ampèie 80-120 volts
- 4 milliampères 20 milliampères 9
- 7.500 ohms
- 1,2 milliampère par v.
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-
- tS3
- „ ( Tension.. . .
- Chauffage . . ! „ébit..........
- Tension plaque.................
- Courant plaque pour 80 v plaque
- Courant de saturation..........
- Coefficient d’amplification. . . .
- Résistance interne.............
- Pente..........................
- Enfin, un troisième modèle, dit « D-9 », est destiné à être employé sur le dernier étage d’amplification basse-fréquence ou dans les amplificateurs de puissance pour l’amplification phonograpbique, microphonique, etc.
- Le coefficient d’amplification est relativement peu élevé et la résistance interne très faible (%• 4)-
- Le courant de saturation, ainsi que la pente de la caractéristique, sont au contraire très élevés et permettent d’obtenir des auditions puissantes et nettes, à condition, bien entendu, de donner à la grille une polarisation négative convenable, et l’on obtiendra, d’ailleurs, les meilleurs résultats en choisissant une tension plaque de l’ordre de 120 volts.
- ... „ ( Tension. . . .
- Chauffage. . jDibu _
- Tension plaque.................
- Courant plaque pour 80 v plaque Courant de saturation ....
- Coefficient d’amplification. . .
- Résistance interne.............
- Pente..........................
- Polarisation négative de grille. .
- Nous signalerons, d’autre part, que ce même fabricant a réalisé un type de lampe bigrille pour changement de fréquence très efficace et présentant la particularité de pouvoir être alimenlé par un courant de plaque d’une tension de 80 volts, comme les autres étages du poste.
- Celte lampe permet, d’autre part, la réception des ondes très courtes par changement de fréquence jusque vers 15 mètres de longueur d’onde.
- QUELQUES MODÈLES DE DÉTECTEURS A G ALÈNE
- Le détecteur à galène est un accessoire qui paraît déjà ancien à l’heure actuelle; il a pourtant souvent encore son utilité, d’abord pour la réception des radio-concerts locaux, beaucoup plus intéressants à mesure qu’augmente le nombre des postes d’émissions de province.
- Il est également employé dans certains montages, réflexes par exemple, et il permet toujours d’obtenir une excellente pureté.
- Son principal inconvénient réside dans la difficulté de la recherche d’un point sensible sur le cristal de galène; et surtout il est malaisé de maintenir le chercheur sur le point trouvé avec la pression optima nécessaire.
- On peut rappeler à ce propos qu’on diminue beaucoup la difficulté du réglage et qu’on augmente la régularité et la constance de celui-ci en employant un « chercheur » à brins multiples, et il est f toile de constituer ce chercheur
- simplement avec un câble électrique pour canalisation d'éclairage.
- Un de nos fidèles lecteurs, M. Contât, a établi ainsi un détecteur très perfectionné basé sur ce principe et très facile à construire.
- Comme le montre la figure 5, le cristal de galène est serré dans une pince orientable que l’on peut manœuvrer dans tous les sens à l’aide d’un premier bouton moleté C.
- Le chercheur à brins multiples, en forme de spirale, est tenu au bout d’un bras pivotant E par un levier également à rotule D (fig. 6).
- Fig. 6. — Détail des pièces du détecteur à galène.
- Enfin la pression du chercheur sur le crislal peut être réglée au moyen d’engrenages démultiplicateurs ; on réalise ainsi un modèle de détecteur aussi perfectionné que possible, puisque les contacts sont multiples et fixes, la pression du chercheur réglable avec précision, et le cristal orientable dans tous les sens.
- P. llÉMARDINQUER.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Nouvelles lampes de réception, Lampes Fotos. Etablissements Grammont, 10, rue d’Uzès, Paris.
- 4 volts 0,06 ampère 80-120 volts
- 1 milliampère 20 milliampères 25
- 20.800 ohms 1.2 milliampère par v.
- Galène
- Système permettant de chercher un contact sur plusieurs faces de la galène
- Deux dispositifs pou, le serrage delà galène
- 4 volis 0,12 ampère 40-120 volts 9 milliamp. 30 milliamp.
- 4.500 ohms 2 milliamp. par v.
- 4 à 12 volts
- Engrenages démultiplicateurs réglant la pression du chercheur sur la galène
- Balai-chercheur
- Rotule
- Trous fraisés recevant la rotule
- Soudure à l'étain
- Fil lumière 7ho à brins multiples
- Vis de serrage de la rotule
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- LIVRES NOUVEAUX
- Le Spectre infra-rouge, par Jean Lecomte. 1 vol. 148 p. 189 fig. Les Presses Universitaires de France. Paris, iy28. Prix : 80 francs.
- Ce volume appartient à l’excellente collection des Conférences-Rapports dont l’objet est de présenter des mises au point des questions de physique à l’ordre du jour. On constate avec plaisir la reprise régulière de cette utile collection dont voici le 14e volume. La lumière infra-rouge, on le sait, ne se distingue de la lumière visible que par sa longueur d’onde et l’identité de nature entre l’une et l’autre est démontrée depuis longtemps. Mais ce n’est que récemment que l’on a pu démontrer de même qu’il y a identité entre les radiations infra-rouges et les ondes hertziennes, celles-ci étant un prolongement de celles-là vers les fréquences plus basses. M. Lecomte groupe toutes les questions qui se rapportent à l’étude de la lumière infra-rouge. Tout d’abord il décrit les instruments qui permettent de la déceler, de l’analyser et d’en mesurer la longueur d’onde et l’intensité. Il étudie en détail les spectres d’absorption des rayons infra-rouges, l’absorption par les gaz et les vapeurs, l’émission des infra-rouges par les corps chauds, solides ou gaz, il montre ^nfin comment a été réalisée la jonction de l’infra-rouge et des ondes hertziennes, et termine en résumant ce que les infra-rouges nous apprennent dans le domaine de l’astrophysique.
- Le Caoutchouc, par J. C. de Màcedo Soares. 1 vol. de l’encyclopédie du Caoutchouc, et des Matières Plastiques. 162 p. A. D. Cillard, éditeur, 49, rue des Vinaigriers. Paris. Prix : 2*2 francs.
- L’auteur retrace tout d’abord l’évolution de la production du caoutchouc, conférant en quelques années une suprématie formidable au caoutchouc de plantation, dont les exploitations principales sont concentrées dans l’Extrême Orient, surtout en Malaisie, aux Indes Néerlandaises et à Ceylan. Il met en parallèle avec l’acroissement rapide de la production, celui de la consommation qui, elle aussi, s’accroît formidablement, mais sans synchronisme. U étudie ensuite le mécanisme du plan Stevenson et les mesures prises par les Etats-Unis pour résister à ce rationnement du caoutchouc. Il compare la politique du plan Stevenson à celle suivie par le Brésil pour valoriser le café, produit essentiel de son sol. Il montre enfin que le Brésil pourrait redevenir un puissant producteur de caoutchouc, et il attire l’attention de ses compatriotes sur le danger que présente pour eux, en face de l’impérialisme économique des Etats-Unis, toute négligence dans la mise en valeur de leurs ressources naturelles.
- Volcans et tremblements de terre, par Paul Lemoine, 1 vol. in-16, 186 p., 33 fig., 23 pl. Bibliothèque des merveilles. Hachette, Paris, 1928. Prix : broché, 9 fr. relié, 12 fr.
- Phénomènes redoutables et impressionnants, ils ont de tout temps excité la curiosité et suscité depuis un demi-siècle nombre de recherches scientifiques. Le professeur de géologie du Muséum en donne ici un exposé élémentaire clair, précis, attrayant comme un roman. Il présente d’abord les divers types de volcans, puis décrit l’éruption, il rappelle les grandes catastrophes volcaniques, connues dans l’histoire, rappelle les volcans sous-marins, les volcans fossiles, les cratères lunaires pour finir par l’exposé des théories explicatives. Les tremblements de terre sont traités de même façon : méthodes d’observations, description des séismes fameux, résultats théoriques des observations sur place et dans les stations munies d’appareils. Ces cataclysmes sont des « merveilles » qui ouvrent de vastes horizons sur la structure et la destinée du globe. Le livre de M. Lemoine, fort agréable à lire, traite donc d’un sujet passionnant.
- OEuvres de Pasteur, réunies par le Dr Pasteur Valleky-Radot, tome V. Etudes sur la bière avec une Théorie nouvelle de la Fermentation. 1 vol. in-4, VII-361 p., 85 fig., 12 planches hors texte gravées en taille-douce, Masson et Gie, Paris, 1928. Prix : 120 fr.
- Les Œuvres de Pasteur seront complètes en sept volumes. Les quatre premiers tomes ont déjà paru. Le tome Y vient de paraître. U contient les travaux de Pasteur sur la bière et sa théorie de la fermentation. Il est divisé en trois parties : dans la première est reproduit intégralement l’ouvrage de Pasteur de 1876 intitulé : « Etudes sur la bière, ses maladies, causes qui les provoquent, procédé pour la rendre inaltérable, avec une théorie nouvelle de la fermentation ». Un grand nombre d’annotations ont été ajoutées au texte original par le Dr Pasteur Vallery-Radot; elles permettent au lecteur de se référer aux autres communications de Pasteur sur les fermentations et les générations dites spontanées. Pasteur démontre que les altérations de la bière et du moût qui sert à la
- produire sont, comme les maladies au vin, corrélatives du développement d’organismes microscopiques apportés par les poussières de l’air ou répandus à la surface des objets servant au travail du brasseur. Puis il expose sa théorie de la fermentation : la fermentation est la vie sans air. Pasteur reprend ici ses travaux sur les générations spontanées et sur les ferments et il les complète par de nouvelles expériences. Il démontre à ses contradicteurs qu’ils sont dans l’erreur et il les poursuit jusque dans les derniers retranchements de leurs affirmations.
- La deuxième partie contient les trois communications faites par Pasteur en 1873, 1874, 1886 sur la bière ; dans la troisième partie ont été groupés divers documents ayant trait aux fermentations ou à la fabrication de la bière pour la rendre inaltérable, et notamment les brevets pris par Pasteur en 1871.
- Ce livre montre, peut-être mieux qu’aucun autre de toutes les œuvres de Pasteur, la méthode du savant, son souci d’exactitude, son esprit de généralisation, sa préoccupation d’être utile. 11 sera médité utilement par tous, savants et industriels, comme un chef-d’œuvre et un exemple.
- Vom Werdèn der naturwissenschaftlichen Problème, von Dr Fr. Dannemann. 1 vol., 386 p., 82 fig. Editeur W. Engelmann, Leipzig, 1928. Prix, relié : 10 marks.
- Dans ce volume, l’auteur, professeur à l’université de Bonn, s’est proposé de dessiner une esquisse de l’évolution des sciences physiques et naturelles depuis l’origine des temps historiques jusqu’à nos jours. Cet abrégé, écrit d’un style fort agréable, dégagé de tout appareil d’érudition, mais très solidemenTdocumenté, présente dans l’ensemble une vue très juste des lignes essentielles de ce développement ; pour faire tenir plus de 20 siècles de travaux en un volume maniable et de lecture facile, l’auteur a dû se résigner à bien des omissions volontaires. Un esprit fort impartial paraît avoir présidé à cet inévitable élagage; cependant on pourrait objecter à l’auteur qu’il ne fait pas à Descartes au xvii” siècle la place que mériterait l’influence immense alors exercée par le philosophe et le savant. Au xix6 siècle, l’auteur omet, parmi l’éclosion des sciences nouvelles, celle de la thermodynamique avec Carnot, Kelvin et Clausius. En tout cas l’ouvrage représente un bel effort de vulgarisation scientifique. D’intéressantes figures extraites de mémoires scientifiques originaux accompagnent et agrémentent un texte bien présenté.
- Krupp (D’après la correspondance privée et les archives de la maison Krupp), par M. Berdrow, traduit de l'allemand par H. Besson, 1 vol. 534 p., Payot, Paris, 1928. Prix : 40 fr.
- Voici une copieuse biographie d’Alfred Krupp, le fondateur des célèbres fonderies d’acier et de canons d’Essen. La carrière agitée, mais ardente, de ce grand industriel allemand méritait d’être contée et elle offre au public français plus d’une leçon utile. En 1826, âgé de 14 ans, A. Krupp débutait dans l’industrie métallurgique; son père quasi ruiné par des tentatives industrielles mal conçues laissait à sa veuve un petit établissement métallurgique, où il avait essayé en vain de réaliser la fabrication de l’acier fondu au creuset, qui était alors un secret de l’industrie anglaise. Le fils se mit courageusement à la tâche, faisant dans le pauvre atelier tous les métiers : dessinateur, contremaître, homme de peine, voyageur de commerce. Petit à petit, le jeune homme réussit à mettre au point la technique de l’acier au creuset et à assurer quelques débouchés à sa fabrication : mais les circonstances restent longtemps difficiles et la modeste usine est souvent mise en péril par les crises économiques. En 1848. l’affaire est si peu assise qu’elle faillit sombrer; et cependant Krupp a déjà commencé à fabriquer des canons à âme d’acier; mais cette innovation est partout mal accueillie, surtout dans son propre pays. A force d’énergie, de ténacité, Krupp se relève, et peu à peu le succès vient. Mais sa vie est une lutte incessante, l'usine grandit rapidement et son fondateur voit toujours plus grand; il finit par faire accepter ses canons à l'armée prussienne, et, après la victoire prussienne de 1866 et 1870, il connaît enfin le succès définitif, mais celui-ci est encore plusieurs fois compromis par la mégalomanie, la fertilité inventive et le caractère difficile du chef devenu vieux. Cependant, malgré ses travers, l’homme reste jusqu’au bout un grand chef pénétré de la noblesse de son rôle et des devoirs qu’il comporte. A ce titre les circonstances orageuses de sa vie offrent maint enseignement pour quiconque aspire à conduire les hommes.
- La culture de la vigne dans le Bordelais, par G. Lai-forgue et Paul Thiéry, 1 vol. in-16, 96 p.,16 fig. Encyclopédie viticole. J.-B. Baillière et fils, Paiïs, 1929. Prix : cartonné, 6 fr. Bonne monographie pratique de la production des vins de Bordeaux : surface du vignoble, climat, diverses régions de vins rouges et blancs, principaux cépages, choix des greffes, pratiques culturales, vinification, mode d’exploitation, frais de cubure.
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- CHRONIQUE D’AVIATION
- Vol sans escale avec ravitaillement.
- Un vol sans escale de 150 heures 46 minutes vient d’ètre effectué par un équipage américain de cinq hommes. L’appareil utilisé est un trimoteur Fokker, à moteurs Wright « Whirl-wind » de 200 ch. Cinq fois par jour, le plein des réservoirs était fait : un avion ravitailleur venant survoler à une dizaine de mètres le Fokker, lui portait l’essence et l’huile par l’intermédiaire de deux tuyaux. L’opération durait en moyenne cinq minutes (280 litres d’essence par minute).
- Sans grand intérêt pratique actuellement, un tel vol est une belle démonstration de la résistance et de la régularité de marche des moteurs utilisés, et aussi de l’entraînement de l’équipage.
- Moteurs de faible puissance.
- Le développement de l’aviation à faible puissance nécessite la création de moteurs adaptés à ses nécessités : sûrs, simples, légers et économiques.
- Plusieurs moteurs intéressants ont été dernièrement lancés, développant de 15 à 25 ch, et paraissant répondre à ces conditions. La formule généralement adoptée est celle à deux cylindres opposés à refroidissement par l’air, fonctionnant suivant un cycle à quatre temps.
- En Allemagne, c’est le moteur Ursiuus U-2., d’alésage 85 mm, de course 96 mm, développant 15 ch à 2000 t-min. ; 20 ch à 2400 t-min. et pesant à vide 27 kg 800. Les cylindres de ce moteur sont interchangeables et fondus d’un seul bloc ; les soupapes, latérales, sont commandées par un seul arbre à cames, placé sous le vilebrequin et entraînant directement la magnéto (admission à l’arrière, échappement à l’avant). Ce moteur a pour encombrement : 740 mm de largeur, 443 mm de longueur, 350 mm de hauteur.
- En Russie, c’est le moteur A. M. B. de 20 ch'; alésage 80 mm, course 96 mm, régime nominal 2500 t-min, poids total 32 kg.
- Les cylindres, en acier, portent des culasses vissées à chaud, en alliage d’aluminium. Les soupapes sont en tête, et inclinées à 30° sur l’axe des cylindres. L’encombrement total est de : 800 mm de largeur, 480 mm de longueur, 440 mm de hauteur.
- En France, un moteur du n ême type est en essais : le moteur « Cyclone ». Ce moteur, à deux cylindres opposés, développe 25 ch 4 2000 t-min, pour une cylindrée de 1200 cc. L’alésage est de 85 mm, la course de 105 mm. Les cylindres sont en acier forgé, les culasses en fonte (fixées par 6 goujons). Les soupapes sont en tête, et commandées par culbuteurs, elles s’ouvrent sur une culasse hémisphérique.
- Il y a lieu de se demander si le moteur à deux cylindres opposés est le type idéal du moteur d’avion léger. Le poids spécifique est dans la plupart des cas intéressant (voisin de 1200 gr-ch); l’équilibrage suffisant; le prix de revient reste des plus bas. Mais la vitesse de régime est généralement élevée (2000 à 2500 t-min), ce qui entraîne des rendements d hélice médiocres. (Une solution, proposée, consisterait à caler l’hélice sur l’arbre à cames; l’hélice tournerait ainsi à demi-vitesse, sans grande complication.) Surtout, la sécurité d’un deux-cylindres est médiocre : une panne de bougie nécessite un atterrissage immédiat, inconvénient grave; cet inconvénient ne peut être évité que par l’augmentation du nombre des cylindres ; quatre cylindres en ligne, comme dans le « Cirrus », ou cinq cylindres en étoile, semblent mieux adaptés aux besoins de l’aviation privée.
- Avion commercial. ISieuport-Delage 640.
- Un nouvel appareil commercial de puissance moyenne vient d’être étudié en France : c’est le Nieuport-Delage 640, équipé du moteur Lorraine en étoile de 230 ch.
- Cet avion est un monoplan à aile épaisse en cantilever. L’aile est d’une seule pièce et fixée sur le dos du fuselage; sa forme en plan est elliptique, le profil est biconvexe, décroissant du fuselage au bout d’aile.
- La structure de l’aile, entièrement en bois, comprend : des lisses de spruce, de dimensions variables, parallèles à l’envergure (quatre d’entre elles, renforcées, reçoivent les points d’attache) ; des nervures caissons (grisard et okoumé), de dimensions variables suivant l’envergure ; un contreplaqué de recouvrement (bouleau), d’épaisseur variable.
- Le fuselage, également en bois, est formé de longerons, s’appuyant sur des cadres en caissons. Le recouvrement, en contreplaqué, est double sur toute la longueur habitable du
- wiimmirwiiiiiirmiw
- fuselage. Le poste de pilotage, à double commande, est aménagé en conduite intérieure ; il est placé au droit du bord d’attaque du plan ; une porte spéciale permet l’accès de ce poste. La cabine, pour quatre passagers, est placée sous l’aile : elle est éclairée par quatre fenêtres et mesure 1 m. 40 de long, 1 m. 30 de large et 1 m. 95 de haut.
- Les empennages, de formes très arrondies (empennage horizontal elliptique) sont de construction bois analogue à celle du plan.
- L’avion est monté sur un train d’atterrissage sans essieu’; chaque demi-train comprend un V articulé au milieu du fuselage (duralumin et acier) et une barre télescopique à amortisseur en rondelles de caoutchouc.
- Les caractéristiques de l’appareil sont les suivantes :
- Envergure ...........
- Longueur. .....
- Surface 'portante . .
- Poids total en charge
- Charge payante. . .
- Vitesse maxima. . .
- — de route . .
- Montée à lOOOjm. .
- 15 m. 40.
- 9 m. 45.
- 30 mq.
- 1750 kgs.
- 380 kgs.
- 205 km/h.
- 132 km/h.
- 3 min. 45 sec.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NECROLOGIE Fernand Widal.
- La médecine française est actuellement en grand deuil. Coup sur coup, la Faculté de Médecine de Paris vient de perdre plusieurs de ses chefs glorieux : Letulle, Widal, Sicard.
- Widal était le plus célèbre. Membre de l’Iastiiut et de l’Académie de Médecine, il était devenu le plus grand représentant de l’école française, grâce à ses qualités de savant, sachant voir par l’analyse précise des cas cliniques les raisons physiologiques de la maladie, grâce aussi à ses qualités d’homme: droiture, bonté, dons d’enseignement et de direction de ses élèves.
- Son service de l’hôpital Cochin était un grand centre de recherches de clinique et de laboratoire, d’où est sortie toute une pléiade de médecins instruits dont beaucoup se sont déjà fait connaître parleurs travaux.
- Widal était né en 1862, à Dellys (Algérie), d’un père médecin militaire. Docteur en 1889, médecin des hôpitaux en 1893, professeur agrégé en 1895, professeur titulaire tôt après, il s’orienta d’abord vers la bactériologie. Bordet venait d’aborder les difficiles problèmes de l’immunité ; Widal trouva dans l’agglutination le procédé simple de diagnostic de la fièvre typhoïde, procédé resté classique et étendu aujourd’hui à bien d’autres maladies.
- • Avec Ghantemesse, il établit qu’on peut vacciner des animaux contre la typhoïde en leur injectant des bacilles tués par la chaleur; c’était le début de la vaccination antityphique; ce moyen, perfectionné en Angleterre par W'right, en France par Vincent, a donné, notamment pendant la dernière guerre, les merveilleux résultats que l’on sait pour la préservation des vies humaines.
- Avec Sicard, qui vient aussi de disparaître, Widal expérimenta l’inoculation simultanée d’un mélange de cultures de plusieurs bacilles; il aboutit ainsi aux vaccins polyvalents, notamment au vaccin triple contre la typhoïde et les paratyphoïdes.
- En examinant la composition cellulaire des épanchements pleuraux, il découvrit un nouveau moyen de diagnostic, le cytodiagnostic, étendu depuis à nombre d’autres liquides, notamment le liquide céphalo-rachidien.
- Abordant les questions d’anaphylaxie, révélées par Richet et Portier, Widal reconnut des phénomènes anaphylactiques, notamment dans l’asthme, l’urticaire, etc., et révéla ces brusques perturbations de la santé qu’il appela chocs colloï-doclasiques.
- Il éclaircit le domaine confus des jaunisses et montra des
- ictères hémolytiques en dehors du foie et des voies biliaires.
- En ce qui concerne les maladies du rein, il établit que l’urée et le chlorure de sodium, et non l’albumine, règlent le fonctionnement rénal, et il en résulta une révolution totale des conceptions sur les troubles de cet organe : œdème, urémie, etc.
- Toute sa vie, Widal partagea son temps entre la clinique, la médecine au chevet des malades ; la recherche, l’expérimentation au laboratoire; l’enseignement, l’exemple, devant les élèves.
- Et c est l’équilibre de toutes ces heureuses activités qui lui permit de sauver tant de vies humaines, de découvrir .tant de faits nouveaux, de créer une grande école médicale française.
- C’est plus qu’il n'en faut pour une gloire durable !
- CONSTRUCTION
- Le verre étouffe les bruits du dehors.
- Le bruit est un des fléaux de la cité moderne ; non seulement il règne en maître dans la rue; mais de là il envahit les appartements, et il est bien difficile aujourd’hui [dans une grande ville de trouver chez soi le silence nécessaire au repos ou à la méditation.
- Les remèdes sont faciles à concevoir : il faut isoler acoustiquement l’appartement de la rue. La réalisation est plus malaisée : les matériaux qui permettent cet isolement n’abondent pas. La pierre épaisse donne à cet égard satisfaction. Mais dans les immeubles les mieux construits, les baies vitrées offrent encore aux ondes sonores un obstacle trop faible pour ne pas rendre illusoire toute recherche
- Fernand Widal.
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- d’amortissement par les autres matériaux de construction.
- Sur ce point cependant il existe également un remède et fort simple. Il consiste à substituer aux verres ordinaires qui vitrent nos croisées, delà glace polie suffisamment épaisse ; les bruits seront très notablement amortis. Un remède plus sûr encore est de recourir à la double fenêtre vitrée en glace polie qui étouffe les bruits plus radicalement encore, même au rez-de-chaussée. L’expérience en a déjà été faite sur des immeubles avec des résultats concluants.
- Mais une preuve beaucoup plus précise vient d’en être donnée au moyen d’essais scientifiques relatés par l’excellente Revue « Glaces et Verres ».
- Ces essais ont été exécutés au moyen du « Film Parlant » avec le concours des Etablissements Gaumont.
- Une source de bruit sensiblement constante est réalisée au moyen d’une trompe d’automobile actionnée par une poire en caoutchouc, placée entre 2 planches, l’une horizontale, l’autre inclinée et maintenue initialement écartée de la première par un taquet. Un poids est placé sur cette planche. On fait sauter le taquet, la planche imprime une pression à la poire, pression toujours identique et la trompe produit un bruit d’une intensité à peu près constante.
- Les vitrages à éprouver sont disposés en forme de cuves cubiques, avec arêtes métalliques et joints soigneusement mastiqués. La cuve ainsi formée est posée sur une base solide revêtue d’un lit épais de mastic dans lequel les parties libres des parois pénètrent assez profondément pour constituer une cage hermétiquement close. A l’intérieur est disposé un microphone relié, par un conducteur passant dans le mastic, à un amplificateur à lampes relié lui-même à un oscillographe enregistreur. L’organe mobile de ce dernier traduit les vibrations sonores en oscillations d’un miroir. Ce dernier, à son tour, réfléchit des rayons lumineux qui vont impressionner un film cinématographique. C’est le dispositif connu d’enregistrement des sons sur le film parlant du système Gaumont.
- Après développement, l’examen et la comparaison des films obtenus au cours des expériences donnera tous les renseignements désirables sur l’intensité des sons parvenus au microphone à l’inlérieur de la cage vitrée.
- On constate ainsi^que, dans une cage en verre mince de 1 mm 5, les parois entrent en vibration très nette et celle-ci ne s’amortit que lentement. Un verre plus épais (2 mm, 7) donne des résultats moins mauvais, mais très peu satisfaisants. Une glace mince de 2 mm, 7 d’épaisseur donne des résultats un peu meilleurs que le verre de même épaisseur. Enfin une cage en glace de 6 mm d’épaisseur provoque un amortissement rapide des vibrations. Une cage double en glaces de 6 mm assure l’étouffement à peu près parfait du bruit extérieur.
- CHIMIE
- Préparation actuelle du phosgène.
- Puisqu’il nous faut parler de ce terrible gaz qui a causé tant de morts pendant la guerre, et sur lequel la catastrophe récente de Hambourg en Allemagne a de nouveau attiré l’attention, puisque, en un mot, il nous faut hélas prévoir, disons quelques>mots de ce que l’on sait de nouveau au sujet de sa préparation.
- Pour le préparer, on fait passer un mélange de chlore et d’un léger excès d’oxyde de carbone suivant la proportion théorique (CO -f- Cl2), on chauffe les composants entre 125° et 140° en présence de charbon activé (généralement du charbon de coques de noix de coco). Si, dans le mélange des deux gaz, il se trouvait de l’air atmosphérique, le rendement de la
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- réaction, qui doit être presque théorique, se trouverait notablement diminué.
- L’oxyde de carbone est habituellement préparé par l’action de l’anhydride carbonique sur l’oxygène en présence de l’anthracite de belle qualité, ou en faisant passer de l’anhydride carbonique sur du charbon en présence de chlore, il faut éliminer la poussière, l’acide ^carbonique et l’humidité. Les gaz sont alors mélangés dans des cylindres doublés de plomb munis de diaphragmes et passent ensuite dans des cylindres doublés de plomb munis de diaphragmes; ils passent enfin dans des chambres de catalyse, doublées de plomb.
- Dans le procédé habituel, dans lequel un excès de 27 pour 100 d'oxyde de carbone suffit, 90 pour 100 du phosgène se condense directement, et il est absorbé dans du tétrachloréthane.
- On trouvera dans l’étude de M. et L. Jacque (Chimie et Industrie), un dispositif pour produire 50 tonnes de phoi-gène par semaine ; oii y emploie de petits générateurs à gaz, alimentés avec du coke et chauffés par un courant d’oxygène avec ou sans addition d’acide carbonique. Les gaz, à la sortie, sont refroidis par un courant d’eau. Cet appareil comprend des laveurs à coke à colonnes, un séparateur centrifuge à poussières et des laveurs alcalins et acides. Le charbon activé que l’on emploie dans les catalyseurs se détériore assez vite. Mais on estime néanmoins que chaque kilo de charbon activé peut produire au moins deux tonnes de phosgène. L’appareil à catalyser consiste en des cylindres doublés de plomb, dans lesquels le carbone activé se trouve sur une grille. Les gaz de sortie, après un refroidissement à — 20° (ce qui est produit par leur passage à travers un serpentin refroidi extérieurement par une saumure de chlorure de calcium), sortent de l’appareil. La partie non liquéfiée passe dans une tour où elle se lave dans du tétrachloréthane. Pour déterminer la teneur en phosgène des gaz sortants, on les fait passer à travers une solution aqueuse saturée d’aniline. Il se produit alors des cristaux insolubles de diphénylurée. Une concentration de 45 milligr. de phosgène par mètre cube de gaz est jugée dangereuse. Contre ce danger, on fait passer lesdits gaz dans une lessive caustique ou dans une solution d’hexamethylène tétramine, qui est d’ailleurs employée dans les masques à gaz. Albert Hutin.
- AÉRONAUTIQUE
- Projets de dirigeables toujours plus grands.
- Le dirigeable anglais de 5 millions de pieds-cubes, dénommé R 100, le plus volumineux de ceux qui ont été construits jusqu’à ce jour, va prochainement entreprendre ses essais. Son premier voyage le conduira à Québec où un mât d’amarrage a été installé à son usage. *
- Le R 100 est aménagé pour transporter 100 passagers dans des conditions de confort particulièrement étudiées. Il n’en reste pas moins un navire-volant d’études et un jalon vers des tonnages infiniment plus considérables.
- C’est ainsi nn*> les États-Unis ont commencé la construction de 2 dirigeables cubant 6,5 millions de pieds-cubes, et en Angleterre les plans d’un de 9 millions de pieds-cubes sont prêts pour l’exécution.
- Mais ce n’est pas tout. A une récente conférence tenue à New-York, nous dit le Naval and Military Record, par les personnages compétents en la matière, il a été reconnu qu’un service transatlantique régulier requiert des engins de 20 millions de pieds-cubes (dont les études sont d’ailleurs en cours) capables de porter 1000 passagers.
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- PETITES INVENTIONS
- Fig. 1. — Quelques éléments du Compo.
- JOUETS « Compo ».
- Depuis plus d’un siècle, il a élé fabriqué de nombreux jeux composés d’éléments juxtaposables carrés, rectangulaires , triangulai -res, etc. permettant, par leur juxtaposition, de former des mosaïques ou motifs de carrelages, en nombre plus ou moins considérable, suivant la quantité et la diversité des éléments composant le jeu. L’ingéniosité des chercheurs s’est manifestée’sous des formes variées : autrefois, semble-t-il, pour faciliter la recherche de motifs décoratifs à appliquer à des carrelages, parquetages, boiseries incrustées ou formées d’assemblages de pièces d’essences différentes, etc., dont on trouve de belles applications, notamment dans les églises anciennes de certains pays ; plus tard et de nos jours à peu près exclusivement dans un but de jeu.
- La plupart de ces jeux, appelés d’abord « jeux de parquet », ensuite « jeux de mosaïque », étaient et sont encore composés d’éléments carrés et triangulaires, de couleurs variées, pouvant donner, par leurs diverses combinaisons, des ensembles différents nombreux certes, mais ne sortant pas du type carrelage et en tout cas assez semblables entre eux pour devenir rapidement monotones et peu attrayants pour l’enfant en âge d’avoir déjà des initiatives personnelles. Aussi ne les voit-on généralement qu’entre les mains de tout jeunes enfants.
- En dehors de ces jeux dont les éléments se combinent par des surfaces colorées, il en a été imaginé d’autres dont les
- éléments portent des lignes
- Fig. 3. — Une lampe composée d’éléments de Compo.
- simples ou multiples, droites ou, le plus souvent courbes, débouchant à des points communs pour ^permettre leur prolongement par rapprochement des éléments. Quelques-uns ont des lignes bien étudiées, propres à former des ensembles décoratifs d’un très bel effet, parfois d’une réelle finesse décorative. Cependant, si l’adulte peut facilement apprécier l'agrément de telles compositions, l’enfant, lui, ne peut trouver dans ces choses trop abstraites pour son jeune esprit une source durable d’amusement, dessins graves qui, bien que différents les uns des autres, deviennent trop pareils à ses yeux avides de surprises amusantes.
- Un nouveau jeu, résultat d’un travail d’étude considérable, le «Compo», vient de faire son apparition. Il se compose d’un grand nombre
- d’éléments carrés, constituant ou portant cinq figures géométriques élémentaires différentes en deux couleurs : carré, secteur, triangle rectangle simple et bicolore, fuseau.
- Ce groupe de figures, qui à première vue ne semble pas doué de propriétés particulières, est au contraire extrêmement prolifique dans ses combinaisons, et, par son association à un système tricolore, constitue la caractéristique du jeu. Il permet de former un nombre pra iquement illimité de dessins les plus variés et les plus imprévus. Le calcul démontre que des siècles de travail ininterrompu ne suffiraient pas.à épuiser les combinaisons décoratives réalisables avec ce jeu. Par exemple : 78 triangles ou secteurs de même couleur donneraient à eux seuls un total de combinaisons exprimé par le nombre suivant qui se compose de 47 chiffres et dans lequel la position du point indique les milliards :
- 9134385.2333181432387730302044767688728.495783936
- i Or, comme le jeu normal se compose de 432 éléments tricolores combinables, on se forme une idée du nombre prodigieux de combinaisons qu il serait possible de réaliser.
- Outre les motifs de mosaïques qui peuvent être^engendrés à profusion, on peut exécuter des lettres, chiffres, composer des nombres et des noms, représenter certains objets, des vues en perspective cavalière, etc. On peut même former de-silhouettes et des "caricatu-
- Fig. 2. — Deux figures géométriques par transformation.
- res, toutes choses dont la Notice-Album du jeu donne de nombreux exemples parmi les myriades de dessins qu’on peut réaliser.
- Le « Compo » est accompagné d’un recueil permettant de copier très rapidement les dessins qu’on a composés soi-même et qu’on
- désire conserver. Chaque page du recueil porte un tracé formé de toutes les lignes dont on peut avoir besoin et qui représentent les éléments dans toutes les positions qu’ils peuvent prendre sur eux-mêmes et par rapport aux éléments voisins.
- L’expérience montre qu’en raison de l’abondance des combinaisons possibles, la mémoire serait le plus souvent impuissante à reconstituer un dessin dont on aurait négligé de prendre copie. Le tracé spécial trouve ici son utilité.
- En outre des dessins qu’on peut exécuter arbitrairement avec le jeu, l’auteur a trouvé des méthodes permettant de tirer automatiquement d’un dessin quelconque à un ou plusieurs axes de symétrie et formé d’éléments du jeu, des dessins nouveaux en nombre indéterminé, par de simples permutations des rangs ou groupes d’éléments constituant ce dessin. Les déplacements sont à faire symétriquement, de préférence dans deux sens perpendiculaires et dans un ordre arbitraire, mais à conserver. Cet ordre ou méthode comporte un certain nombre de phases, dont la dernière fait réapparaître le dessin primitif malgré les nombreuses métamorphoses qu’il peut avoir subies.
- Pour prolonger indéfiniment les métamorphoses, il suffirait de changer de méthode avant la dernière phase de chacune d’elles. Toutefois, pour appliquer commodément ce procédé, il serait nécessaire de disposer d’un jeu à éléments cubiques, les éléments méplats se prêtant mal aux déplacements par rangs entiers.
- Doué de telles propriétés, le « Compo » n’est pas seule-
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- ment un jeu permettant de former des dessins par juxtaposition d’éléments choisis, suivant les idées de chacun ; il est aussi un instrument propre à créer automatiquement des dessins et cela en nombre pratiquement illimité.
- Chaque dessin à transformer peut donner un nombre considérable de métamorphoses. Et comme le nombre de dessins transformables n’est lui-même pas limité pratiquement et que les métamorphoses peuvent être obtenues en un espace de temps très court, on conçoit les innombrables motifs décoratifs qu’on peut faire passer sous les yeux, soit pour les utiliser, soit seulement pour s’en inspirer, car de nombreuses métamorphoses ne seraient pas suffisamment intéressantes pour être retenues.
- La description qui vient d’être donnée est celle du « Compo » normal. Mais celui-ci se prolonge en quelque sorte par d’autres jeux composés d’éléments également carrés, mais pourvus de figures combinables tout autres, dont certaines se combinent avec les siennes pour former des compositions décoratives nouvelles de caractères différents.
- Chacun de ces jeux pris isolément constitue un tout permettant, avec ses moyens propres, de composer une infinité de dessins variés. Moins fertiles cependant que le jeu normal, ils donnent par contre des compositions plus décoratives, dont certaines ont un effet curieux.
- En vente, chez M. P. Chevalier, 202, quai Jemmapes, Paris.
- CHEMINS DE FER Appareil à niveler la voie.
- Cet appareil qui est démontable et constitué de pièces interchangeables et facile à déplacer bien que pesant 12 kgs.
- Fig. 1. — Appareil à niveler la voie.
- Son montant est en chêne, le voyant en sapin peint en rouge et blanc d’un côté, noir et blanc de l'autre; deux tasseaux sont ajustés à mi-bois afin d’éviter que le bois joue ou se fende.
- Une fois introduite dans la gaine du pied de l’appareil, la nivelette mère devient mobile dans les deux sens. Pour rendre celle-ci verticale, il suffit de se baser sur l’aiguille qui se trouve dans la partie supérieure du montant; pour la rendre fixe, ainsi que l’aiguille, il n’y a qu’à serrer la vis de
- réglage. Cette même opération est effectuée pour la gaine qui, elle aussi, est mobile entre ses deux supports.
- Cette nivelette, une fois réglée par le chef de chantier, peut être déplacée et replacée après chaque passage du train,
- Fig. 2. — La montre porte-clefs « Triusa ».
- ce qui permet la reprise du travail, même dans un intervalle de 5 à 20 minutes. Ainsi économie de temps et précision remarquable, ce qui est important pour des travaux de relevage et d’entretien des voies.
- OBJETS UTILES
- « La montre porte-clefs Triusa »
- La montre porte-clefs est une montre de très bonne qualité, munie d’un anneau qui l’entoure et auquel on peut fixer des clefs.
- On a ainsi réuni en un seul tout plusieurs objets nécessaires et qu’il importe d’avoir loujours sous la main. La montre, très solide, se place directement dans une poche quelconque si le propriétaire est un homme, dans le sac si elle appartient à une dame. Il est à remarquer, qu’au point de vue de son mouvement, une montre ainsi employée souffrira moins qu’une montre placée au poignet, et par suite toujours exposée aux chocs, aux intempéries, aux changements de température. Cette façon de porter les montres a toujours été, du reste, désapprouvée par les horlogers qui se déclarent incapables de garantir la bonne marche d’une montre poignet, quelle qu’en soit la qualité. Ajoutons que la montre porte-
- Fig. 3. — Éclairage de l’entrée d'une serrure à l’aide de « Triusa ».
- clefs a un cadran lumineux, et que la lumière de celui-ci est assez intense pour permettre à son possesseur de trouver aisément dans l’obscurité le trou d’une serrurei D’où le nom de Triusa donné à l’objet.
- En vente chez Ivirby, Beard et Cie 5, rue Auber. Paris.
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- t90
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Le Rayon Vert.
- M. le B' Massiou, d’Oran, nous écrit :
- « Pour ajouter à la documentation sur le rayon vert paru dans vos derniers numéros, je puis vous signaler que j’ai perçu ce rayon deux fois, non pas au coucher, mais au lever du soleil. La première fois, un matin, des hauteurs de la montagne d’Àmbre, à Diégo-Suarez, je contemplais par un temps très pur, vers l’Est, .l’immensité de l’Océan indien qui était d’un calme remarquable, quand subitement j’ai vu surgir de la ligne de démarcation de l’eau et du ciel un rayon vert émeraude d’une pureté admirable, précédant immédiatement l’apparition du disque du soleil. Dans une autre circonstance, au cours d’une traversée, j’ai revu le rayon vert surgir avant le lever du soleil.
- Si on ne l’a pas vu, on ne peut se faire une idée de l’admirable pureté de teinte de ce rayon par une belle matinée, quand l’air, à la surface de la mer, est absolument pur de poussières et de vapeur d’eau; on ne peut l’oublier une fois qu’il a frappé votre rétine. »
- Quel est l’inventeur de Vorgue électrique?
- Nous recevons de M. Marmiesse, inspecteur honoraire des chemins de fer du Midi, l’intéressante lettre qui suit : « Je lis dans le N° 2802 du 1" février courant de La Nature un article fort intéressant sur les orgues d’églises et de théâtres; mais au paragraphe « Orgues à commande électro-pneumatique », je relève une erreur que je m’empresse de vous signaler et qu’il convient de rectifier.
- « L’abbé Ply n’a jamais imaginé la transmission électro-pneumatique, et, d’autre part, l’orgue électrique n’est pas d’origine américaine.
- « Cette invention est bien française; tout l’honneur en revient au Dr Peschard, organiste du grand orgue de la cathédrale de Caen ; son brevet fut pris le 6 juin 186h.
- « D’ailleurs, l’abbé Ply écrivait au Dr Peschard, le 26 janvier 1891 :
- « Aujourd’hui vous démontrez d’une manière palpable que nos « inventeurs américains ne sont que des copistes heureux. Dieu « soit loué! C’est donc encore ici la France qui est en tète. « Laissez-moi vous féliciter. »
- — Voir la brochure : L’Orgue électrique n’est pas d’origine américaine, par A. Peschard. Imprimerie Larousse, juillet 1892. Paris.
- « Le mois suivant (30 août 1892), Cavaillé-Coll adressait la lettre suivante au Dr Peschard :
- « Cher Monsieur Peschard,
- « Je vous remercie de votre nouvel opuscule sur les premières « applications de l’électricité aux grandes orgues. •
- « J’ai lu avec satisfaction cette nouvelle brochure et, comme tout « ce que vous faites, la justesse de vos observations donne à vos « écrits le cachet de vérité que l’on cherche vainement à dissi-« muler pour se parer des plumes du paon.
- « Je tiens de Roosevelt lui-même, à son retour d’Angleterre et « d’Ecosse, qu’il venait de travailler plusieurs mois avec Barker « pour s’initier sur l’application de l’électricité à l’orgue.
- « Or, Roosevelt a été l’un des premiers facteurs américains « qui ait appliqué le système électro-pneumatique aux grandes « orgues, les autres facteurs sont arrivés longtemps après....
- « Je vous suis donc bien reconnaissant de ce que vous faites « avec autant de savoir que de désintéressement pour conserver « à la France la priorité de l’invention du système électro-pneu-« matique(1). »
- « Je me plais à penser que ces documents de la plus haute importante seront décisifs pour reconnaître au docteur Albert Peschard la priorité de l’application du système électro-pneumatique aux grandes orgues. »
- P.-S. — Dans la figure 10, page 108 du même numéro le mot languette qui figure sur la coupe du tuyau (flûte) doit^être supprimé; la languette n’existe que dans les tuyaux à anche.
- 1. Notice biographique sur A. Cavaillé-Coll et les orgues électriques, par Albert Peschard. Imprimerie Larousse, nov. 1889. Paris.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- L’ultra-filtre Septina, 16, rue Albert, Paris (13°).
- Consolidons les étoffes de soie anciennes
- La soie naturelle, surtout lorsqu’elle a été chargée, supporte mal l’action du temps, elle perd de sa solidité et on dit qu’elle est fusée. Dans le cas où il s’agit de soies imprimées dont les jolis motifs veulent être conservés, on peut prolonger l’existence de l’étoffe par un apprêt en préparant la mixture ci-dessous :
- Riz en grains concassés.............150 grammes
- Gélatine blanche.....................10 —
- Eau ordinaire..................... 1000 cm3
- On fait bouillir le riz dans l’eau pendant un temps suffisant pour qu’il soit transformé en bouillie, en ayant soin de remplacer l’eau qui s’évapore. D’autre part, on couvre d’eau la gélatine et on l’abandonne à elle-même pendant 12 heures pour qu’elle se gonfle, il suffit alors de l’introduire dans la bouillie de riz chaude pour qu’elle s’incorpore immédiatement. Après avoir rendu homogène, on passe au tamis pour séparer toutes les impuretés.
- Au moyen d’une éponge fine, on imbibe à l’envers très régulièrement le tissu, on tend sur cadre et laisse sécher.
- N. B. — La gélatine blanche se trouve chez tous les épiciers sous le nom de « blanc-manger ».
- Mlle Horiot, a Luxeuu,.
- Remettons en état les objets rouillés.
- Pour dérouiller le fer ou l’acier, frotter la pièce avec un tam pon de toile imprégné de la solution suivante :
- Eau ordinaire............................ 1000 cc.
- Protochlorure d’étain...................... 50 gr.
- Acide tartrique............................. 5 —
- Lorsque la rouille a disparu par suite de la réduction de l’oxyde de fer, rincer abondamment. Sécher à la sciure et polir avec un peu de rouge d’Angleterre délayé dans de l’huile minérale.
- Le chlorure d’étain peut se préparer sans difficulté en faisant dissoudre à chaud dans l’acide chlorhydrique étendu des feuilles de papier à chocolat ancien modèle qu’il ne faut pas confondre avec les feuilles actuelles presque toujours en aluminium, mais que l’on peut distinguer à leur sonorité.
- (Avoir soin de mettre un excès d’étain par rapport à l’acide; autrement dit il doit rester de l’étain non dissous.)
- Quand les objets sont trop petits pour être traités à la main (vis, clous, etc.), les placer avec le liquide dans un tonnelet en bois et rouler un temps suffisant.
- B.-F.-C., a Paris.
- P.-S. — Pour bronzer des vis en acier ainsi remises en état, les faire revenir aussitôt après rinçage sur une plaque de tôle fortement chauffée par-dessouS en remuant les vis constamment; aussitôt qu’elles ont pris la teinte voulue, les faire tomber dans l’eau froide, sécher à la sciure et graisser à l’huile minérale pour éviter une nouvelle rouille.
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- Î9Î -
- Qu’appelait-on serpents de Pharaon ?
- Il y a une cinquantaine d’années, les camelots vendaient sur les boulevards de petits cylindres blanchâtres, de 1 cm de diamètre, suri et demi de hauteur, lesquels, allumés par un bout, donnaient naissance à un véritable serpent de couleur bistrée, écailleux, qui sortait sans interruption du cylindre sus-indiqué jusqu’à développer sous forme d’anneaux une longueur de 30 à 40 cm.
- Ce produit, comme nous allons, le voir, est constitué par du sulfocyanure de mercure; c’est un poison violent, il ne doit pas être laissé à la portée des enfants ou des imprudents ; on a donc agi sagement en interdisant la vente de cette substance présentant un réel danger : aussi ne la irouve-t-on plus librement dans le commerce.
- Le sulfocyanure de mercure s’obtient en précipitant une solution de sel de mercure (nitrate par exemple) au moyen d’une solution saturée d’un sulfocyanure alcalin ^sulfocyanure de sodium ou de potassium), laquelle est ajoutée jusqu’au moment où le liquide ne précipite plus.
- Le précipité blanc grumeux ainsi obtenu est reçu sur un filtre, lavé pour enlever les sels solubles, puis séché avec précaution.
- Pour fabriquer les « Serpents de Pharaon » la poudre est additionnée d'un peu d’eau gommée et moulée en petits cylindres qu’on laiss.e sécher à l’air.
- Le sulfocyanure étant comme nous l’avons dit un produit toxique, on devra éviter pendant l’expérience de combustion, donnant naissance à la masse serpentine, de respirer les vapeurs cyanées qui se dégagent.
- En outre, quand la combustion est terminée, le produit spongieux ne doit pas être manié avec les mains, ou tout au moins on ne devra pas omettre de laver celles-ci soigneusement.
- Afin d’éviter ces manipulations toujours un peu dangereuses surtout pour les enfants, on a préconisé le mélange suivant inoffensif qui donne des résultats analogues :
- Bichromate de potasse......................40 gr
- Nitrate de potasse.........................20 —
- Sucre en poudre............................40 —
- Pulvériser séparément chaque substance, mélanger ensuite avec une carte, puis en faire une pâte comme précédemment, mouler et sécher.
- J.-D., a Bruxelles.
- De quelle manière obtient-on les papiers marbrés ?
- On peut préparer les papiers marbrés avec toutes les substances susceptibles de donner un mucilage : graine de lin, algues cuites, gomme adragante; le plus souvent on préfère cette dernière que l’on fait macérer dans l’eau froide pendant deux ou trois jours en remuant fréquemment, puis on passe le liquide à la mousseline ou au tamis de crin fin pour séparer les impuretés ; on recueille dans une cuvette peu profonde, cuvette photographique par exemple, et on écume soigneusement avec une carte.
- D’autre part, on prépare une solution aqueuse de la couleur choisie, on l’additionne de fiel de bœuf, puis on la verse à la surface du bain sur lequel elle s’étend.
- Dans le cas de couleurs différentes, par exemple rouge, noire et bleue, etc., on ne mettra que peu de fiel dans le rouge, plus dans le noir, davantage dans le bleu et ainsi de suite pour les autres couleurs, chacune étant plus chargée que la précédente.
- Le bain est alors aspergé avec une brosse trempée dans de l’eau également Sellée à ce moment; si on.a mis plusieurs couleurs, celles-ci se séparent en veines inégales. Au moyen d’une aiguille à tricoter l’opérateur peut à volonté produire des effets de marbrures nombreux et variés en dessinant sur le bain des zigzags, des tourbillons que sa fantaisie lui suggère ; les couleurs demeurent dans la position où cette opération les a placées.
- Il ne reste plus qu’à appliquer à la surface du bain la feuille de papier ; celle-ci étant relevée présentera des marbrures parfaitement transportées.
- M. Henriot, a Reims.
- Inscriptions émaillées sur porcelaine.
- Dans la petite industrie, il est souvent utile de marquer certaines pièces de porcelaine, par exemple dans l’appareillage électrique, de manière à indiquer nettement les connexions faites ou à faire. Voici une formule d’émail très fusible que l’on pourra
- utiliser si on peut faire la dépense d’un petit moufle de labo-
- ratoire chauffé au gaz.
- Prendre : Borax anhydre..................... 200 gr.
- Oxyde de zinc.................... 300 —
- Cryolithe........................ 200 —
- Minium......................... 300 —
- Broyer et mélanger intimement, ce qui donne une poudre de base pour émail incolore; on pourra la rendre apte à fournir un émail coloré en y ajoutant des oxydes métalliques, par exemple oxyde de fer (jaune ou rouge), oxyde de manganèse (violet), oxyde de cobalt (bleu), oxyde d’urane (jaune), mélange d’oxyde de fer et de manganèse (noir). Bien entendu la coloration ne se développe que si la température est assez élevée, car si on amène simplement à fusion, l'oxyde conserve sa couleur propre, ce qui parfois est suffisant.
- La pratique de l’opération est très simple : au moyen d’un timbre en caoutchouc, imprégné de vernis gras, on imprime la marque voulue sur l’objet, puis avec un petit tamis on répand de la poudre d’émail très fine qui ne se fixe qu’aux endroits où il y a du vernis, on enlève l’excédent de poudre en secouant et soufflant, il nfe reste plus qu'à passer au moufle.
- Pour mémoire, nous rappelons le procédé souvent signalé par nous, qui permet d’obtenir déjà une très grande adhérence des inscriptions sur porcelaine ou sur verre et qui consiste à délayer du minium très fin dans la solution commerciale de silicate de soude ou de silicate de potasse',du sommerce à 36° B, de manière à obtenir une consistance convenable. Après quelques jours la dureté est telle que les traits ne peuvent s’enlever qu’en grattant au couteau, étant entendu qu’il ne s’agit pas ici d’un émail proprement dit et que les objets ne seront pas soumis à l’action des pluies.
- N. B. On peut substituer au minium l’ocre jaune ou rouge, le bioxyde de manganèse et d’une manière générale la plupart des oxydes métalliques.
- M. Degermann, a St Max.
- Qu’entend-on par xylols?
- pT|5
- Les xylènes ou xylols C8H10 ou C6H4 appartiennént à
- la seconde série des homologues de la benzine; ce sont en réalité des diméthylbenzines, ils existent sous trois modifications iso-mériques, ortho, méta et para, ne différant que par la position du radical CH3 dans le noyau benzénique.
- L’ortho-xylol est liquide et bout à 142° G, le méta égalemen liquide a un point d’ébullition voisin (138° C), enfin le paraxylol est solide, il fond à 16° C et bout à 1368 C.
- On retire les xylols des huiles légères du goudron de houille, par distillation fractionnée, en mettant à part le produit qui passe entre 138° et 140° G, dont la densité est voisine de 0,870. D’après Jacobsen ce serait un mélange d’environ 10 à 15 pour 100 d’orlho-xylène, 60 à 70 pour 100 de méta et 20 à 25 pour 100 de para.
- Le xylène commercial est insoluble dans l’eau, miscible en toutes proportions avec les hydrocarbures (gazolines, whitespirit, pétrole lampant, etc.), ainsi qu’avec les alcools éthylique, buty-lique, etc., et l’éther ordinaire.
- M. Baer-Cresyl-Jevès.
- Peut-on supprimer les étincelles de rupture?
- Les étincelles d’extra-courants de rupture, si elles sont avantageuses dans les allumoirs électriques, ont par contre des inconvénients dans d’autres appareils à électro-aimant, déterminant par exemple une élévation de température qui volatilise le métal des contacts et produit leur altération.
- On peut éviter cet inconvénient en shuntant sur le circuit de l’électro-aimant un condensateur de capacité appropriée, mais celui-ci ne supprime pas l’usure résultant du transport de matière aux points de contact, ce qui en modifie rapidement les formes.
- Un résultat identique peut être obtenu, sans présenter ce défaut, par l’emploi d’une résistance mise également en dérivation comme le condensateur; la seule précaution à prendre est que cette résistance ne soit pas trop faible, car alors tout le courant passerait par la dérivation et ne viendrait plus actionner l’électro-àimant.
- M. Lehman, a Besançon.
- P.-S. Avec la disposition ci-déssus le platine pourrait être remplacé par le nickel.
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- LA NEIGE
- SUR L’ESTEREL ET LA PROVENCE
- Vers Aix.
- Embarras ; on ne passe pas.
- Le froid que nous subissons s'étend, jusque sur le Midi. Voici quelques photographies prises ces jours-ci par un de nos collaborateurs, qui montrent l’Esterel et la Provence sous un jour inhabituel.
- Aux premières heures de la nouvelle année, il a neigé ferme dans le Midi.
- Découvrir l’Esterel sous la neige au travers du brouillard vaut mieux que d’être placé là en été dans l’incendie.
- Mais c’est au delà de Toulon, sous le beau soleil, bien vite
- En bas, l’Esterel dans
- le brouillard non loin de l’auberge des Adrets.
- Au-dessus, un car, sur le plateau, dans la neige.
- revenu, que l’effet est des plus merveilleux.
- Les gorges d’Ollioules prennent un air alpestre.
- Plus loin sur le plateau au delà de Beausset, d’où la vue s’étend au sud jusqu’à la mer, la neige atteint une épaisseur de 28 centimètres.
- Or, sur la grande voie qu’est la route nationale n° 8, la circulation est intense, surtout au moment et au lendemain des fêtes du Carnaval.
- Le moindre arrêt causé par le plus petit dérapage d’une voiture, sinon une roue à changer, amènera un embouteillage. Il s’agit de se croiser avec prudence. Chacun s’emploie, dans une cordiale entr’aide, à secourir le « gêneur » malgré lui. Les choses parfois se compliquent. Une heure perdue au col de l’Auge ne se rattrape pas.
- Déjeuner tardif, mais excellent en la capitale de la Provence et bons souvenirs de voyage : voilà ce qui en reste, avec quelques photographies.
- R. D.
- Le Gérant : G. Masson.
- (,7.012. — Paris, lmp. Lahure. — 15-2-29.
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- Paraît le 1er et le 15 d© chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C1*, Editeurs» lao, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI® fï(. C. Seine : tS.t34) Tel. Littré 48-92 et 48-9}.
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- N° 2804.
- LA NATURE
- lzt Mars 1929
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- LfAGRANDISSEMENT DE LA GARE DE L'EST A PARIS
- L’extension continue des grandes agglomérations urbaines pose, on le sait, de nombreux et. difficiles problèmes, dont la solution exige les efforts conjugués des administrateurs, des techniciens, des savants; elle requiert beaucoup de science, de méthode et d’imagination.
- Pour la ville de Paris, l’un de ces problèmes ardus est l’extension des gares de voyageurs. L’emplacement de ces édifices a été arrêté au début du développement des chemins de fer.
- On les a placés, à l’intérieur de la ville, mais dans des quartiers alors excentriques, peu ou point bâtis.
- C’est ainsi que la plus ancienne des gares de la capitale, la gare Saint-Lazare, a été construite dans le quartier de la petite Pologne, qui n’était alors qu’un amas de bâtisses sordides et sans valeur, au milieu de vastes terrains vagues. Depuis lors ce quartier est devenu l’un des plus commerçants et des plus luxueux de la capitale.
- Un phénomène analogue s’est produit autour de$ autres gares. Aux terrains vagues ont succédé des quartiers surpeuplés et pleins d’animation, où le terrain a pris d’énormes plus-values, rendant très difficile toute tentative d’extension.
- Or l’extension de toutes les gares de voyageurs est devenue une impérieuse nécessité. Autour de chaque ligne de chemin de fer se sont développées des localités de banlieue chaque jour plus peuplées; elles déversent quotidiennement sur Paris un flot toujours croissant de voyageurs et exigent des communications à la fois rapides et fréquentes. D’où la nécessité de multiplier les voies, d’agrandir les bâtiments de service et d’améliorer l’exploitation par tous les moyens possibles.
- C’est ainsi qu’on a été obligé d’effectuer en ces dernières années aux abords de la gare Saint-Lazare, en liaison avec l’électrification des lignes de banlieue, d’énormes travaux de génie civil qui ne représentent cependant qu’une tranche du programme d’extension.
- La gare de l’Est, point terminus du réseau des chemins
- de fer de l’Est, s’est trouvée à son tour dans une situation analogue.
- Les Parisiens assistent, en ce moment, à l’exécution de travaux de grande envergure qui modifient complètement l’aspect d’une partie du vieux faubourg Saint-Martin.
- La gare de l’Est a été mise en service en 1855. Elle ne comportait alors que deux voies à quai. Elle en a aujourd’hui 18. Son trafic, qui était de 1 million de voyageurs en 1861, est passé à 4 millions en 1889, 8,5 millions en 1900 et 14 millions en 1913. Après un ralentissement pendant la guerre, la progression s’est accentuée à nouveau à partir de 1920 et en 1925 le mouvement atteint 25,5 millions de voyageurs, avec un contingent toujours croissant de voyageurs de banlieue.
- LE PROGRAMME
- D'AGRANDISSEMENT
- EN COURS D'EXÉCUTION
- Pour faire face à ce trafic, la vieille gare est devenue insuffisante. La Compagnie a donc arrêté un programme d’agrandissement dont elle poursuit en ce moment l’achèvement et qui ne coûtera pas moins de 500 millions de francs. Les travaux comportent :
- 1° L’augmentation des voies, dont le nombre sera porté à 30, l’allongement et l’élargissement des quais.
- 2° L’élargissement du goulot de sortie.
- 3° La transformation et l’extension des bâtiments.
- VOIES ET QUAIS
- L’affectation des 30 voies à quai sera, en principe, la suivante : à gauche de la gare : 10 voies de départ pour les trains de grandes lignes; au centre, 12 voies permettant d’assurer un service intensif de banlieue (départs et arrivées); à droite 8 voies d’arrivée pour les trains de grandes lignes.
- Ces 30 voies desserviront 15 quais couverts, ayant de 6 m 50 à 7 m de large, et dont les longueurs varieront de 275 à 300 mètres. Ces quais déboucher ont sur un quai de 250 m de large, donnant aciès à des i-orlies de plain-pied
- PONT
- PHILIPPE DE GIRARD
- PONT DE L'AQUEDUC
- PONT LA FAYETTE
- Fig. 1. — Plan d’ensemble de la nouvelle çare de l’Est.
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- saut or
- Fig. 2. — Coupe verticale de la future gare varallèlement aux voies.
- sur les rues voisines., et à des galeries conduisant soit aux stations du Métropolitain, soit à la cour souterraine dont il sera question plus loin.
- LE BATIMENT DES VOYAGEURS
- L’extension du faisceau des voies a absorbé toute la place disponible entre la gare actuelle et la rue du Faubourg-Saint-Martin, place précédemment occupée par le service des Messageries et de la Douane. D’autre part l’allongement des quais entraîne le rétrécissement des bâtiments, dans le sens perpendiculaire à la façade.
- Une transformation profonde des bâtiments était donc nécessaire. Elle est réalisée par l’extension du bâtiment en façade, perpendiculairement aux voies, et par la création de sous-sols destinés à recevoir de nombreux services et desservis par des moyens mécaniques puissants.
- Le bâtiment actuel, en façade, sur la cour d’honneur est conservé ; mais on édifie en bordure du faubourg Saint-Martin dévié un deuxième bâtiment identique et les deux bâtiments seront réunis par une construction de 50 m de longueur. La façade générale aura ainsi une longueur
- totale de 180 mètres, elle offrira un aspect architectural sobre et imposant. Les voitures y disposeront d’une longueur d’accostage de 160 m.
- Le bâtiment ainsi agrandi comportera, au rez-de-chaussée : un hall de départ pour les grandes lignes (bâtiment actuel) ; un hall de départ pour la banlieue (bâtiment en bordure du faubourg Saint-Martin) et au centre un hall pour les bagages au départ. Ces halls débouchent sur le quai de tête où se trouvent les salles d’attente.
- A l’entresol se trouveront les bureaux de la gare, de la poste et du télégraphe privé.
- Au premier étage sera installé un buffet.
- La partie la plus remarquable du bâtiment sera les sous-sols, au nombre de deux.
- Au premier sous-sol, en communication avec le quai de tête par deux larges escaliers, sera aménagée une salle aboutissant au Métropolitain et se prolongeant par un passage souterrain jusqu’à la rue de Strasbourg. A ce même niveau, les voyageurs trouveront des w.-c., toilettes, salles de bains, salons de coiffure et de correspondance, cabines téléphoniques, dépôt de colis à la main. etc....
- Un deuxième sous-sol comportera une cour souterraine de 25 m de largeur, placée sous le quai de tête, accessible aux voitures par ses deux extrémités et desservant le service des bagages à l’arrivée. Ce service sera aménagé dans une salle de 200 m de longueur sur 35 m de largeur placée sous les extrémités des voies.
- Service des bagages. — Le service des bagages sera assuré, au départ, par des chariots circulant soit directement sur les quais, soit dans une galerie longitudinale de 5 m de largeur, placée sous le quai n° 10 et aboutissant à une galerie transversale de même largeur qui sera mise en communication avec les quais de départ au moyen de monte-charges.
- A l’arrivée, les bagages seront des-
- Fig. 3. — Face de la parc de l'Est actuelle et façade projetée de la nouvelle gare.
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- Fig. 4. — En haut : Le pont en béton armé de la rue La Fayette en cours d’achèvement. (Il a 182 mètres de portée.)
- Fig. 5. — En bas : Le pont La Fayette.
- Ferraillage d’un nœud de la triangulation.
- cendus au niveau de la salle d’arrivée des bagages au moyen de monte-charges disposés directement dans cette salle ou y aboutissant au moyen d’une galerie transversale et d’une galerie longitudinale placées respectivement sous les galeries des bagages au départ. Toutefois, le transport des bagages des trains de grand parcours se fera normalement au moyen de tapis roulants installés sous les 4 derniers quais.
- ÉLARGISSEMENT DU GOULOT
- Le goulot de sortie de la gare comprend actuellement 6 voies, dont 2 de service; le projet porte ce nombre à 9, dont 3 voies de départ, 3 voies d’arrivée, et 3 voies pour les mouvements de rames et de machines, ce qui oblige à démolir les ponts La Fayette, de l’Aqueduc,
- Philippe-de-Girard et à les reconstruire en augmentant sensiblement leurs portées.
- a) Pont La Fayette. — L’ancien ouvrage était constitué par un tablier métallique en 2 travées, d’une ouverture totale entre culées de 79 m suivant l’axe.
- Le nouveau pont, entièrement en béton armé, est également à 2 travées, son ouverture totale entre culées est portée à 132 m. C’est un ouvrage particulièrement remar-
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- quable, en raison de cette très grande portée, et qui fait honneur à ses constructeurs : MM. Peinard, Considère et Caquot.
- b) Pont de l’Aqueduc. — L’ouvrage actuel, à tablier métallique en 2 travées inégales, a une ouverture totale de 52 m entre culées.
- Le nouvel ouvrage sera également à tablier métallique; il aura une seule travée et son ouverture totale entre culées sera portée à 105 m.
- c) Pont Philippe-de-Girard. — L’ancien pont en maçonnerie, d’une longueur totale de 102 m entre têtes,
- était formé de 2 ouvrages juxtaposés ayant respectivement 25 m 44 et 30 m d’ouverture.
- Le nouveau pont, constitué par une voûte en béton, a une ouverture de 41 m. Le très fort surbaissement de la voûte a nécessité l’établissement de culées très larges, qui ont dû être établies en presque totalité sous les immeubles voisins.
- Les travaux, dont une partie importante est déjà exécutée, sont poursuivis avec une grande activité. Leur achèvement complet est escompté pour la fin de l’année 1931.
- DISTILLATION DE L'EAU PAR LA CHALEUR SOLAIRE
- La question de l’extraction de l’eau douce de l’eau de mer est d’un très grand intérêt. Elle est résolue depuis longtemps pour les navires qui ont des bouilleurs spéciaux à cet effet. Des installations analogues fonctionnent aussi à terre, au voisinage de la mer, dans les régions chaudes et désertiques, dépourvues de combustible; il serait avantageux dans bien des cas d’utiliser la chaleur solaire à l’extraction de l’eau douce par distillation.
- On a fait de très nombreuses expériences pour utiliser la chaleur solaire au moyen de miroirs variés, surtout en vue des applications mécaniques (^. Mais au point de vue qui nous occupe ici, tous ces procédés étant manifestement plus compliqués, plus coûteux et moins pratiques que celui dont nous allons parler, nous les laisserons de côté et nous nous bornerons à montrer leur infériorité pratique par rapport au nouveau.
- Si nous examinons au soleil un châssis de jardinier fermé et contenant des plantes, nous voyons la face intérieure des vitres en pente garnie de gouttes d’eau provenant de la condensation, au contact de la vitre, de la vapeur d’eau exhalée par les plantes. Ces gouttes se réunissent et leur poids les fait glisser jusqu’au bord nférieur de la vitre, puis tomber à terre. Supposons qu’on recueille ces gouttes dans une gouttière placée le long du bord inférieur de la vitre et munie d’un tube pour l’écoulement de l’eau distillée, on recueillera celle-ci dans un récipient. Tel est le principe, extrêmement simple, d’un système très pratique de distillation.
- On est étonné de voir ignoré et méconnu un procédé aussi simple et susceptible d’une foule d’applications comme on le verra dans la suite.
- C’est à M. le Professeur Maurain (2), directeur de l’Institut de physique du Globe, que l’on doit être reconnaissant d’avoir en quelque sorte exhumé ce procédé et attiré l’attention sur lui à l’occasion du concours institué pâr le gouvernement tunisien pour l’amélioration des cônditions de ravitaillement en eau potable des postes du sud tunisien et dès convois appelés à circuler dans
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- 1. Voir en particulier : Maurain. Sur l’utilisation dé la chaleur lolaire. Recherches et Inventions, n° 137, 1er juin 1926, p. 286-293.
- '2. Maurain. Concours relatif à la distillation des eaux par l’action de la chaleur solaire. Recherches et Inventions, n° 154, juin 1927, p. 210-215, fig. 8-11.
- ces régions. C’est dans le mémoire d’Ackermann (L) que M. Maurain a trouvé mention du procédé Wilson qui y est décrit en 18 lignes et ne paraît pas avoir particulièrement intéressé Ackermann. Harding (2) dit que l’appareil dont il donne la description a été imaginé par Ch. Wilson en 1872. Nous désignerons donc ce dispositif, décrit par Harding, sous le nom de modèle Wilson.
- Il s’agissait d’alimenter en eau potable la localité de Salinas, située à environ 112 km du port d’Antofagasta, dans le désert d’Atacama, au Chili, et centre d’importantes mines d’argent, à 1400 m d’altitude par environ 23° lat. S. La seule eau qu’on y trouve contient 140 gr de sels par litre (l’eau de la Méditerranée en contient 38 !) En pleine exploitation, il y avait à ravitailler en eau, outre les mineurs, environ 4000 mulets qui passaient à Salinas en moyenne une fois par semaine. A cette époque le transport du charbon était si coûteux, ainsi que les réparations des chaudières et des condenseurs que le gallon d’eau distillée (4 lit. 54) revenait à environ 4 cents (environ 1 franc actuel).
- On installa 60 châssis en bois, ayant chacun 200 pieds (environ 60 mètres) de long, larges de 4 pieds (environ 1 m 20), couverts par un total de 51200 pieds carrés de verre (4800 mètres carrés). Ces châssis, très bas, suivant le dessin ci-contre (fig. 1), comportaient des vitres opposées, inclinées d’environ 10° sur l’horizontale, leur bord inférieur reposant sur le bord bas du châssis et le bord supérieur sur une sorte d’arête longitudinale en bois, soutenue à intervalles convenables par des supports verticaux en bois. Sous le bord inférieur des vitres courait une gouttière, en bois, recueillant l’eau distillée. L’étanchéité était obtenue avec du mastic. L’eau salée, élevée dans un réservoir par un moulin à vent, était distribuée dans les châssis par un système de tuyaux, un autre système amenant l’eau distillée dans des réservoirs. On avait ainsi un ensemble de presque un demi-hectare de surface de verre donnant, dans des conditions favo-
- 1. Ackermann. The utilisation of solar energy. Ann.Rcp. Smith-son Institut, 1915, Washington 1916, p. 145-166, 6 pl.
- 2. J. Harding. Apparatus for solar distillation. Proc. Inst, of civil Engineers, vol. 73, 1882-83, Part. III. London 1883, 7 p., fig. Désireux de connaître le mémoire original de Harding, je m’adressai au Secrétaire de The Institution of civil Engineers, qui m’en envoya aussitôt un exemplaire dont je le remercie bien vivement.
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- râbles normales, en été, plus de 5000 gallons (22 715 litres), soit environ 23 tonnes d’eau distillée par jour ! Et cela avec des matériaux communs : bois, verre, mastic. Le prix de l’eau était de moins de 1 cent (0 fr. 25 actuel) par gallon. La plus grande dépense était due au renouvellement des vitres brisées par des tourbillons de vent fréquents dans cette région. Le personnel comprenait un employé pour la comptabilité, la vente de l’eau, etc., un vitrier et deux employés pour le nettoyage et les réparations; à intervalles un charpentier venait pour les réparations plus importantes. Un jour la voie ferrée arriva près de Salinas; les propriétaires de l’installation négligèrent celle-ci tellement que la production tomba à la moitié de ce qu’elle était au début.
- Voilà donc un procédé simple et économique d’obtenir de l’eau distillée par la chaleur solaire; il a fait ses preuves pendant des années sur une grande échelle, dans des conditions, il est vrai, très favorables : climat désertique, sec, haute altitude, basse latitude.
- M. le Prof. Maurain a voulu voir ce que donnerait sous le climat de Paris un appareil simple basé sur le même principe. Lui et M. Brazier, directeur de l’observatoire du parc St-Maur, ont installé à cet observatoire « une cuve peu profonde en tôle, fermée par un couvercle dont la partie supérieure est une lame de verre inclinée par rapport à l’horizontale. Au-dessous du bord inférieur de la lame de verre et à l’intérieur de la cuve est une gouttière légèrement inclinée aboutissant à un ajutage extérieur. ...Les dimensions de l’appareil qui a servi pour ces essais sont : surface du bassin 0,354 m2; surface utile de verre laissant passer les rayons 0,32 m2; pente du verre 23/100. La hauteur de l’eau dans la cuve est de quelques centimètres ». Des mesures très précises ont été faites en septembre 1926 sur la durée de l’insolation, les
- Fig. 2. — Appareil solaire : Coupe du dispositif du châssis adopte. Dessin de M. Cornet.
- Fig. 1. — Schéma du châssis à double pente vitrée de Ch. Wilson.
- Dessin de M. Cornet.
- quantités d’eau distillée heure par heure, les quantités de calories correspondantes et la hauteur du soleil.
- Nous nous contenterons de dire, en ramenant au mètre carré les quantités d’eau distillée (bien qu’un petit châssis donne proportionnellement moins d’eau qu’un grand), que le maximum donné par une belle journée du 10 septembre 1926 fut de 1083 gr pour 7 h 15 d’insolation directe. On constatait en outre que l’eau distillait non seulement pendant les heures d’insolation, mais aussi aux autres heures et même pendant la nuit.
- J’ai eu à mon tour la curiosité de voir quels résultats on pourrait obtenir à Monaco par 43°44' de latitude N., en comparaison de ceux obtenus près de Paris par 48°494 J’ai donné dans une courte note (*) les résultats de ces premiers essais. Tandis qu’on avait le 10 septembre 1926 à Saint-Maur 1083 gr au mètre carré, on avait à Monaco, le 10 septembre 1927, 2452 gr avec un appareil en bois de petite dimension. On voit que la différence est fort appréciable.
- M. Ginestous (2,3), chef du service météorologique tunisien, a publié un très intéressant mémoire (3) sur un dispositif très semblable aux précédents, mais complété par un régulateur muni d’un trop-plein de façon à obte-dir un niveau constant de l’eau à distiller. Le châssis de M. Ginestous qui a 0,69 m2 de surface d’insolation a donné les résultats suivants en centimètres cubes, par four et par mètre carré :
- 21 août 1927. . . . . 2933 26 août 1927. . . . . 3159
- 22 — . . . . 1811 27 — . . . 3159
- 23 — . . . , . 4043 28 —• . . 3130
- 24 — . . . . 3113 29 — . . , . . 3043
- 25 — . . . . 3376 30 — . . . . . 2572
- Il-est probable que le chiffre de 4043 est le seul obtenu par une vraiment belle journée. Il montre que Tunis, par sa latitude (36° 46') et à plus forte raison le sud tunisien donneront, comme c’était à prévoir, un rendement notablement supérieur à celui obtenu à Monaco, où, le 25 août 1928, une belle journée ne donnait que 3024 cc.
- A l’intérieur de son châssis M. Ginestous a vu le thermomètre monter à 68°, le 31 juillet à 16 h. (A Monaco on a observé jusqu’à 74° le 16 juillet 1928 à 11 h. 50).
- M. Ginestous vient d’établir le projet d’une installa-
- t. J. Richard. Sur la distillation des eaux salées au moyen de la chaleur solaire. Recherches et Inventions, n° 160, décembre 1927, p. 474-475.
- 2. Ginestous. Epuration de l’eau par la chaleur solaire. Congrès de l’Eau, Alger 1928. (Direction générale des travaux publics à Tunis, 1928).
- 3. Ginestous. Purification de l’eau par la chaleur solaire. Revue agricole de l’Afrique du Nord, 1928, 7, bd Baudin, Alger, 11 p., 5 fig.
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- J 98
- Fig. 3. — Appareil solaire : Coupe montrant la position de la lame qui amène l’eau distillée dans la gouttière.
- Dessin de M Cornet.
- tion de 60 mètres carrés pour la distillation des eaux salées dans le sud tunisien.
- Après divers essais je me suis arrêté à un modèle de châssis en bois, allongé, d’environ 2 mètres de long, couvert par deux vitres inclinées à 20°, placées bout à bout, de 3-4 millimètres d’épaisseur et offrant chacune 0 m 995 X 0,515 de surface libre aux rayons solaires, 1 m2 0248de surface totale et qui sera décrit plus loin. Il est installé sur la terrasse du Musée océanographique, à environ 80 m au-dessus du niveau de la mer.
- Voici les résultats obtenus en ne tenant compte que des belles journées.
- 26 février 1928. . . 1854 30 juillet 1928. 4039
- 17 mars — . . . 2165 1er août — . 3961
- 29 — — . . . 2800 8 — — . 3512
- 9 avril — . . . 3219 13 - — . 3415
- 12 — — . . . 3444 18 — — . 3366
- 17 — — . . . 3483 25 — — . 3024
- 25 — — . . . 3610 31 — — . 2634
- 8 mai — . . . 3727 15 sept. — . 2606
- 9 — — . . . 4019 24 — — . , , 2429
- 18 — — . . . 4352 1er octob. — . , , 2244
- 27 — . — . . . 4264 10 — — . 1994
- 13 juin — . . . 4274 23 — — . , , 1659
- 21 — — . . . 4498 4novemb.— . 1317
- 22 — — . . . 4430 18 — — . 1258
- 23 — — . . . 4390 26 — — . 927
- 24 — — „ , . 4205 2 décemb. — . , , 878
- 30 — — . . . 4137 16 — — • « 829
- 6 23 juillet — . . . 3922 . 4098 24 — — . • * 780
- On voit ainsi nettement monter, puis décroître la quantité d’eau distillée suivant la durée de l’insolation et la hauteur du soleil aux différentes saisons.
- Nous avons constaté que, pour des journées en apparence également belles, les quantités d’eau distillée dif-
- fèrent parfois notablement, ce qui tient sans doute à des états hygrométriques différents, ou à la présence de nuages invisibles. On a déjà observé le même fait avec les actinomètres. Ainsi le 18 mai on a 4352 alors qu’avec un temps en apparence aussi beau et dans une période plus chaude on a 4146 le 11 juin; le 26 mai 1928 on n’a que 3961 et le 27 mai, 4243 par des journées de même apparence.
- La liste précédente montre que d’avril à fin août on a 3 litres ou plus par jour et 4 litres ou plus des premiers jours de mai aux premiers jours d’août.
- Voici maintenant les quantités totales d’eau distillée obtenues en 1928.
- Mars 35 1. 155 Moyenne par jour et par mètre carré. 1 1. 134
- Avril 65 1. 197 2 1. 173
- Mai 90 1. 958 2 1. 934
- Juin 103 1. 976 3 1. 466
- Juillet 103 1. 140 3 1. 327
- Août 891. 022 2 1. 967
- Septembre. . . . 50 1. 929 1 1. 643
- Octobre 38 1. 314 1 1. 277
- Novembre .... 22 1. 064 0 1. 788
- Décembre .... 15 1. 742 0 1. 503
- Total pour les 10 mois. . 614 1. 497 pour 1 m2.
- Si l’on compare les résultats obtenus avec ceux que vient de publier M. Brazier (Revue des Recherches et Inventions, 1929), on voit qu’au parc Saint-Maur les quantités d’eau distillée sont de beaucoup inférieures à celles de Monaco.
- Ce genre d’appareil distillatoire ayant des applications variées, même avec des dimensions réduites, inférieures même à un demi-mètre carré, je crois bon de donner ici des indications pratiques pour sa construction. Nous le ferons en bois. Il sera allongé pour que les deux panneaux des extrémités soient éloignées l’un de l’autre ; de cette façon leur ombre portée sur le fond du châssis, quand le soleil n’est pas très haut, est négligeable par rapport à l’ensemble de la surface du châssis. L’appareil sera relativement étroit, parce qu’ainsi les verres, appuyés sur leurs grands côtés, sont moins fragiles et la hauteur de l’appareil moindre. Le bois ne sera pas peint à l’intérieur, mais teint en noir pour mieux absorber la chaleur solaire; l’extrait de campêche avec l’alun ou le sulfate de fer, ou simplement l’encre ordinaire ou des encres noircissant à la lumière, conviennent également.
- Gomme le bois jouera au soleil, les planches devront être bouvetées et les joints bouchés. La surface extérieure du bois sera peinte soigneusement j1) et entretenue en bon état ainsi que le mastic. On attendra que tout soit bien sec avant de mettre le châssis en fonctionnement. Il faut savoir que l’eau distillée entraîne des parties volatiles de la peinture et du mastic avec lesquels la vapeur chaude peut être en contact ; cette eau peut être
- 1. Une couche de solignum brun foncé aurait, paraît-il, en outre l’avantage de préserver le bois contre les moisissures et contre les insectes (Agence Solignum, 9, r. des Arènes, Paris, 5').
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- ainsi rendue très désagréable à l’odorat et au goût, au moins pendant un certain temps. C’est pourquoi les précautions indiquées ne sont pas inutiles. Il faut surtout éviter l’essence de térébenthine et les substances (peinture notamment) qui en contiennent. On peut faire le mastic avec l’huile de lin crue, sans siccatif, ou avec l’huile d’œillette de bonne qualité. Ces substances volatiles peuvent du reste disparaître par une exposition suffisante du liquide à l’air.
- On peut imaginer des dispositifs variés pour recueillir l’eau condensée sous les vitres et l’amener au récipient choisi. Comme les vitres sont inclinées vers le soleil et que la longueur du châssis est normale à la ligne nord-sud, il est indiqué de mettre le récipient à l’ombre du châssis en faisant passer le lube d’amenée par-dessous le châssis, comme on peut le voir sur le dessin et les photographies que nous donnons. Le tube et le récipient sont ainsi à 1 air et à l’ombre. La gouttière doit être nettement plus longue que la vitre afin que l’eau condensée ne puisse pas couler hors de la gouttière, par défaut d’horizontalité du châssis par exemple. Dans la paroi postérieure un orifice muni d’un bouchon permettra l’introduction du liquide à distiller, au moyen d’un entonnoir à tube de caoutchouc. Dans Ips châssis ouvrants on versera l’eau directement dans le bassin. La gouttière, la lame amenant l’eau du bas de la vitre dans la gouttière, le récipient du liquide à distiller devraient être en métal inaltérable, tel que certaines tôles de fer chromé, ou en étain pur, car les eaux salées attaquent les autres métaux usuels; pratiquement le zinc sera le plus souvent employé. On renoncera au plomb qui s’oxyde facilement à la chaleur humide au contact de l’eau distillée; le fer y est promptement détruit. Nous avons vu précédemment que dans la grande installation de Salinas l’eau, très salée était à même le bois et les gouttières étaient en bois aussi.
- Dans la plupart des cas il est avantageux que le couvercle du châssis soit à charnière, celle-ci placée en avant, de façon à ouvrir en se tenant contre la paroi postérieure du châssis. Une bande de feutre de 1 à 2,mm. d’épaisseur assurera une étanchéité suffisante. Le bassin en zinc de 3 à 4 cm de profondeur sera amovible.
- Il va sans dire que la surface extérieure des vitres doit être entretenue soigneusement propre, en particulier à cause de l’opacité de la poussière dont une couche mince suffit pour réduire beaucoup le rendement du châssis. De même il faut éviter l’introduction de corps gras qui, en surnageant un liquide, font obstacle à l’évaporation.
- Une autre condition de bon rendement est de ne pas mettre dans le châssis une quantité de liquide beaucoup plus grande que le maximum qu’il peut évaporer dans une journée, de façon à concentrer toute la chaleur sur la quantité qui doit être vaporisée. Ainsi, si dans la journée le soleil vaporise au maximum une couche de 5 mm d’eau, il conviendra de ne mettre que 10 mm d’eau et non pas 40 mm ou plus. L’expérience aura vite indiqué l’épaisseur convenable. A Monaco, où le maximum d’eau distillée a été de 4498 gr par m2 et par jour, il suffit de 10 mm d’eau dans le bassin (ce qui fait.10 lit. par m2).
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- Il suffirait même d’en mettre 6 mm si on pouvait avoir l’horizontalité parfaite du récipient.
- L’expérience montre que, de deux châssis semblables, celui dont la vitre est le plus mince distille plus que l’autre. Ainsi le 10 octobre 1927 un châssis distille 1561 gr au m2 avec une glace de 8 mm., tandis que celui dont la glace a 3 mm distille 1651. La différence croît avec l’augmentalion de la chaleur solaire Mais le contraire arrive quand le soleil fait défaut. Ainsi le châssis à vitre de 8 mm donnait 236 gr au m2 le 15 octobre 1927 par un fort vent d’est, le ciel étant tout couvert, tandis que le châssis à vitre de 3 mm ne donnait que 145 gr. Cela tient sans doute à ce que la glace de 8 mm empêche l’équilibre de température de s’établir aussi rapidement avec l’extérieur. L’égalité des rendements semble avoir lieu, dans le cas de ces deux châssis, aux environs de 640 gr, car le 20 octobre le châssis à glace épaisse donnait 653 gr et l’autre 635 au m2. Comme l’intérêt est d’opérer avec le plus beau soleil possible, il est indiqué d’employer des verres minces, mais, à cause de leur fra gilité, on est obligé de ne pas leur donner moins de 3 mm. On pourra, dans certains cas, recourir à la protection de grillages, ou à l’emploi de verres armés (ou du genre triplex?).
- Disons encore, à titre documentaire, qu’on pourrait sans doute augmenter la concentration de la chaleur solaire en mêlant au liquide de la poudre de charbon de bois, ou en réfléchissant la chaleur solaire sur le liquide au moyen de miroir situé dans le châssis, contre sa paroi postérieure.
- Le châssis distillateur a ceci d’intéressant qu’il peu être pratiquement utilisé sous différentes grandeurs suivant les besoins. On peut obtenir ainsi facilement l’eau distillée nécessaire pour faire et entretenir le liquide des accumulateurs électriques, des radiateurs d’automobiles, pour les solutions photographiques, les dilutions limpides d’alcool, etc.
- Fig. 4. — Appareil solaire : Pour montrer comment chaque extrémité de la gouttière est encastrée dans l'épaisseur du bois.
- Dessin de M. Cornet.
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- Fig. 5. — Deux châssis à distillation, du modèle adopté, construits par M. Calleri, installés sur la terrasse du Musée.
- Le premier, à gauche, est à charnières et a environ un demi-mètre carré de surface de verre ; le second comportant deux vitres présente une surface de verre d’un mètre carré Tout à fait a gauche, au-dessous du petit châssis, on voit le flacon qui reçoit l’eau distillée.
- (Photographie de M. L. Sirvent.)
- Le petit vapeur du Musée, VEider, étant muni d’un condenseur, il suffit de 3 m2 de châssis pour alimenter toute l’année sa chaudière en eau distillée, à la place de l’eau calcaire du pays.
- Pour de grandes installations, on disposera des groupes de châssis aussi bien nivelés que possible pour distribuer à tous la hauteur d’eau convenable et rangés de façon à simplifier les tuyautages d’amenée des eaux à distiller et et de départ des eaux distillées. L’écartement des groupes sera tel que l’entretien en soit facile et que tous reçoivent également les rayons solaires.
- Nous avons constaté que la forme allongée, dont nous avons donné le schéma et des photographies, avec la vitre inclinée à 20°, convient bien à notre latitude. Cette pente est celle qui laisse le mieux pénétrer les rayons à l’époque du meilleur rendement; elle est normale à la hauteur maxima du soleil (env. 70°).
- Nous avons vu que l’appareil Wilson était à double vitre inclinée; je n’ai pas pu trouver dans le mémoire de Harding de données précises sur son orientation ; je pense que l’arête séparant les deux pentes est dans le plan nord-sud. Mais quelle que soit cette orientation, le châssis à double pente est à rejeter. Voici en effet les résultats obtenus avec les deux modèles :
- Type Wilson Type adopté Pourcentage en faveur
- 1 m2. lm*. du type adopté
- 10 février 1928. 557 810 32~/„.
- 11 — — . 466 551 9 —
- 12 — — . 817 1293 37 —
- 13 — — . 855 1351 37 —
- 14 — — . 567 752 25 —
- On voit que le pourcentage en faveur de notre modèle diminue à mesure que la chaleur solaire diminue elle-même et s'élève à mesure que cette chaleur augmente. Il
- est déjà de 37 pour 100 pour un rendement de 1300 gr au m2. Le modèle Wilson donnerait donc en été encore beaucoup moins que le nôtre. C’est ce qui explique que dans des conditions aussi favorables que celles où est Salinas, le modèle Wilson ne donne en été qu’une moyenne de 4 lit. 8 par jour et par m2, ce qui doit être à peu près le rendement de chaque jour, vu l’uniformité du climat; or le maximum obtenu à Monaco a été très voisin du chiffre précédent, soit 4 lit. 498; la grande différence dans les situations respectives des deux localités exige une beaucoup plus grande différence de rendement, dépassant peut-être 50 pour 100.
- Aussi, après l’expérience des 10-14 février 1928 relatée plus haut, nous avons promptement abandonné le modèle Wilson.
- Ces observations expliquent encore la différence marquée entre les températures obtenues par Harding à Salinas dans l’intérieur de son appareil et celles que nous avons constatées dans le nôtre. D’après Harding cette température variait, à midi, de 42°22 à 47°78 (140 à 150° Fahrenheit), l’air étant à 26° 67 à l’ombre.
- Avec un enregistreur Fournier dont le réservoir est abrité du soleil direct par un écran de bois placé à 2 cm au-dessus, nous avons eu des températures bien supérieures. Le maximum a été atteint le 6 juillet 1928, à 11 h 50 (heure normale, peu après le midi solaire), avec 74° et 31°1 comme température de l’air à l’ombre; le 20 juillet 1928, à 12 h 40, on atteignait 70° 7 pour 28}8 de l'air à l’ombre; on a souvent obtenu plus de 66°. De son côté, M. Ginestous a obtenu 68° le 31 juillet 1927, à 16 h., à Tunis. Nous sommes donc loin des 42° et 47° de Harding.
- Il convient de remarquer que dans ces châssis la distillation se fait sans ébullition et par suite sans entraînement de particules d’eau non distillée comme cela arrive dans les bouilleurs trop poussés. Ces appareils se prêtent très bien à la distillation de l’eau de mer pour obtenir de l’eau douce.
- L’eau salée, ayant une chaleur spécifique d’autant plus faible que celle de l’eau pure qu’elle contient plus de sel, s’échauffe plus vite que celle-ci. Le rendement est donc meilleur que pour l’eau douce.
- Il faut éviter de laisser cristalliser les sels de l’eau de mer dans le châssis parce que l’eau de mer concentrée et chaude attaque la plupart des métaux et parce que l’enlèvement des sels solides présente des difficultés. Il est préférable de ne pas les laisser se déposer et de renouveler à temps l’eau salée. Ce renouvellement sera plus fréquent avec les eaux très chargées, comme celle de Salinas qui contiennent 140 gr. de sel par litre, et au contraire beaucoup moins avec les eaux du sud tunisien, par exemple, qui ne contiennent que de 2 à 6 gr de résidu sec par litre, mais que leur teneur en sulfate et en chlorure de magnésium empêchent absolument d’être potables. Quant à l’eau de la Méditerranée, admettons 38 gr par litre pour sa teneur en sel; supposons-en une épaisseur de 10 mm dans un châssis et que chaque jour le soleil évapore une couche de 5 mm (ce qui, nous le savons, est un grand maximum) ; remplaçons chaque jour les 5 mm d’eau distillée par 5 mm à’eau de
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- mer-, la salure augmentera constamment et les sels finiront par se déposer. M. Sirvent a calculé qu’avant ce dépôt on peut remplacer 8 fois les 5 mm d’eau distillée par la même couche d’eau de mer. L’expérience au laboratoire a montré que le dépôt ne commence qu’après la 9° évaporation de la moitié de la couche de 10 mm.
- Il y a encore dans les pays chauds de nombreuses eaux qui gagneraient à être distillées, au point de vue de l’hygiène : eaux marécageuses, contaminées de façons variées, dangereuses à divers titres.
- Mais le châssis distillateur peut rendre un autre service, c’est d’extraire de l’eau dans des conditions où les autres procédés seraient impraticables : par exemple en extraire de la vase, de la terre ou du sable humide, des diverses parties des végétaux (herbes, feuilles, fruits, bois etc.), voire même des animaux (par exemple des sauterelles, du poisson) et de leur excreta. Il y a des cas où ce procédé rendrait certainement des services appréciables.
- On peut aussi dessécher, sur des claies, à l’abri des poussières et des insectes ou des oiseaux, etc., toutes sortes de fruits, qu’on en recueille ou non l’eau qui en distille et qui peut être agréablement parfumée. Ces eaux distillées de fruits mériteraient peut-être d être étudiées de plus près.
- Pour donner une idée de l’importance des résultats qu’on peut attendre de ce procédé, il suffira de dire que, dans un lieu de pêche comme Port-Etienne, par environ 21° de lat. S., 500 m2 de verre donneraient environ 2300 litres d’eau distillée par jour extraite de l’eau de mer; et que la même surface d’appareil pourrait dessécher 3200 kg de poisson en donnant 2300 kg d’eau douce et 900 kg de poisson sec, par jour d’été. Cette eau extraite du poisson, quoique distillée, sentira le poisson, car l’eau absorbe facilement les odeurs. Mais l’eau à boire sera extraite de l’eau de mer, celle fournie par le poisson pourra servir à l’arrosage du potager.
- De cette façon Port-Etienne pourrait sans doute faire pousser ses légumes au lieu de les acheter aux Canariens, et ne plus être obligé de se faire apporter l’eau de Bordeaux ou d’endroits aussi éloignés.
- Les nombres que j’indique sont basés sur un petit essai que j’ai fait ici, sur un Sargus, poisson de mer qui contenait 66 °/0 d’eau II serait intéressant de faire à Port- Etienne un essai préliminaire sur les espèces de poissons destinées à être séchés dans ce pays.
- L’alcool dans lequel on conserve les animaux de collections devient rapidement chargé en couleur en même temps que son degré s’abaisse. Le traitement de cet alcool dans le châssis vitré donne un alcool incolore, dont le degré est en même temps relevé; mais, si l’odeur initiale persiste et rend cet alcool imbuvable, il n’en est pas moins utilisable pour les collections. C’est une méthode à recommander pour les Musées et qui a l’avantage de ne nécessiter aucune flamme.
- Comme nous l’avons dit au début de cet
- article, les essais d’utilisation de la chaleur solaire ont surtout été faits avec des miroirs variés, en vue d’applications mécaniques.
- Nous avons à montrer que, lorsqu’il ne s’agit que d’obtenir de l’eau douce, il est plus avantageux d’employer les châssis vitrés que les miroirs, même les plus perfectionnés. Crova a fait à Montpellier, du 1er janvier au 31 décembre 1881, 930 observations, pendant 176jour-nées durant lesquelles on a diétillé 2725 litres d’eau au moyen d’un miroir Pifre de 5 m2 22 de section normale aux rayons solaires. La moyenne générale, par heure et par m-, a été de 748 gr avec un maximum de 1015,7 gr et un minimum de 480 gr d’eau distillée. Admettons 8 heures par jour d’insolation, cela donne pour le maximum 8125 gr. A Monaco, la moyenne de juin 1928 a été de 3466 gr avec un maximum de 4498 gr. On voit en comparant les deux maximums que 2 m2 de châssis vitré, dans ces conditions, équivalent à 1 m2 du meilleur miroir argenté. Je sais bien que la comparaison n’est pas précise, il faudrait comparer le rendement des deux systèmes simultanément en un même point, pendant le même temps. Mais en admettant que 3 m2 de châssis valent 1 m2 du meilleur miroir argenté on fait la part belle au miroir. Exceptionnellement, le 22 juillet 1875, à Tours, Mouchot a obtenu 1250 gr par m2 vers 13 h avec son miroir de 4 m2 d’ouverture; cela correspond à 1625 gr pour le miroir Pifre qui donne 30 % de plus que celui de Mouchot. Cela ferait 13 lit en 8 heures. Mais combien auraient donné les châssis vitrés de notre modèle dans des conditions identiques? Certainement plus de 4 lit. 5, taux auquel 3 m2 donneraient déjà 13 lit. 5.
- M. le D1 Pasteur, dans une note à l’Académie des Sciences (séance du 2 juillet 1898), a bien annoncé avoir construit un miroir donnant « des résultats 4 ou 5 fois supérieurs à ceux obtenus en Afrique avec d’autres appareils ». Il dit avoir eu 60 gr d’eau distillée en 1 heure, avec une surface réceptrice de 0 m2 1500 (il y a par
- Fig. 6 et 7. — Châssis à distillation du modèle adopté (a, fermé et b, ouvert) construit, par M. Calieri, installé sur la terrasse de la villa Richard, annexe du Musée. Photographie de M L. Sirvent.
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- erreur Ocm2 1500), cela fait 400 gr par m2. Or ce chiffre est inférieur à la moyenne de Grova, 748 gr.
- Quand le temps est couvert, les miroirs ne donnent rien, tandis que les châssis donnent encore quelque chose de plus ou moins appréciable, suivant les conditions atmosphériques. Ainsi, le 15 mai 1928, jour tout couvert, donna 1631 gr au m2, d’autres fois on a beaucoup moins : le ltr juin de la même année, le ciel étant caché par une épaisse couche de nuages, donna seulement 806 gr.
- Mais où se montre la grande supériorité des châssis distillateurs sur les miroirs, c’est dans le prix inférieur de la construction, la simplicité du fonctionnement, et la réduction de la main-d’œuvre. Les appareils à miroirs sont au contraire très coûteux et compliqués ; il est indispensable de leur faire suivre exactement le soleil sous peine de diminuer beaucoup le rendement; l’eau étant portée à l’ébullition, il faut condenser la vapeur par une circulation d’eau froide; pour tout cela il faut un personnel spécial. Les châssis vitrés au contraire, une fois installés pour que leur longueur soit normale à la ligne nord-sud, fonctionnent automatiquement, sans surveillance. On recueille l’eau distillée qu’on remplace chaque matin par une quantité égale d’eau nouvelle.
- Avant d’avoir eu l’attention attirée sur l'appareil Wilson, j’avais songé, à la suite de la première communication de MM. G. Claude et Boucherot à l’Académie des Sciences sur l’énergie thermique des mers tropicales, à distiller sous un vide suffisant de l’eau de mer échauffée au soleil dans des récipients peu épais à large surface noircie, et placés dans des boîtes à parois isolantes munies d’une vitre (ou de deux), analogues aux boîtes chauffantes de Saussure. Dans des essais préliminaires on avait pu porter 33 kg d’eau, par m2de surface exposée, de 30 à 90° en 6 h ; ou une autre fois 62 kg par m2 de 20 à 50° en 4 h. 35. Dans ce dernier cas on voit que 34 m2 donneraient 2046 litres à 50°. D’après G. Claude et Boucherot 1 tonne d’eau donne 8 kg de vapeur en abaissant sa température de 5°, soit 48 kg pour un abaissement de 25°, soit 4 kg pour 100 lit. Un essai nous a donné 3750 gr pour 100 litres environ, ayant passé de 71° à 46° en 1 h. 48 min. On se rend compte que, si la surface d’évaporation est augmentée convenablement et les prises de vapeur, munies chacune d’un réfrigérant, multipliées, on peut réduire autant qu’on le veut, pour ainsi dire, la durée de la distillation, la même pompe à vide servant pour tout le système.
- Mais quand on songe à la complication du -dispositif, aux altérations des soudures des boîtes métalliques par l’eau de mer, à la grande surface de ces boîtes (34 m2) pour une quantité relativement médiocre d’eau distillée (100 lit. environ), on reconnaît bien vite que le système des châssis vitrés est bien préférable à tous égards, puisque pour obtenir 100 litres d’eau distillée il suffirait que les 34 m2 donnent seulement à peine 3 lit. par m2 et par jour, ce qui est facile, une grande partie de l’année, dans les pays chauds.
- Nous arrivons donc encore une fois, comme pour l’emploi des miroirs, à cette conclusion que le principe du système Wilson est de beaucoup le plus avantageux
- à tous égards et le plus pratique. L’expérience suggérera sans doute des perfectionnements.
- Evidemment la méthode des châssis vitrés pour obtenir de l’eau douce n’est pas destinée, sauf exceptions, à nos régions tempérées où le soleil n’est pas assez constant et où l’eau ordinaire n’est pas rare. Il n’en est pas de même des régions désertiques ou qui ne possèdent que des eaux non potables.
- Mais il faut s’attendre à voir rétablir, modernisés, les procédés de condensation de la vapeur d’eau de l’atmosphère, adoptés il y a 2000 ans pour alimenter les 14 fontaines de la ville de Théodosia en Crimée9. Un ingénieur belge, M. Knapen, bien connu par ses méthodes d’assainissement des palais de Versailles, se propose d’établir, sous le nom de puits aériens, des constructions capables d’un meilleur rendement que les appareils de Théodosia. On voit tous les services que ce procédé est appelé à rendre; il est basé sur des expériences anciennes exécutées sur une grande échelle. Il faut souhaiter que M. Knapen puisse bientôt en montrer l’efficacité. En attendant, M. Ginestous10 a conclu des observations météorologiques en sa possession ce qui suit : « Nous pensons que, pour le Sud tunisien et algérien, ainsi que pour quelques régions du Sahara, les conditions d’humidité de l’air permettent de concevoir les condensations prévues comme rendement du « puits aérien » de M. A. Knapen. Ce rendement dépend toutefois uniquement de la nature des matériaux employés, de leurs propriétés spéciales et de leur aménagement : questions qui relèvent uniquement de la pratique et de l’art de l’ingénieur. »
- Nous savons enfin que MM. G. Claude et Boucherot, dans leur magnifique projet d’utilisation de l’énergie des eaux tropicales des océans, se proposent d’obtenir l’eau douce en grandes quantités par la distillation de cette eau dans le vide en condensant la vapeur par l’eau froide de la profondeur (Voir le n° 33, avril 1928, du Bulletin mensuel de l’Union des syndicats d’ingénieurs français).
- Pour terminer, je signalerai des essais tout récents, effectués toujours avec le même appareil, dans le but d’extraire l’eau de la vapeur d’eau de l’air. Du chlorure de calcium fondu occupe le fond de l’appareil; on laisse celui-ci ouvert ou bien l’on y fait passer un courant d’air pendant la nuit, le CaCl2 absorbe l’humidité de l’air. Le jour, on ferme l’appareil et le soleil distille l’eau absorbée qu’on recueille. L’acide sulfurique concentré agit mieux. Le chlorure de magnésium est également à essayer. Ces essais sont à reprendre en été, quand l’atmosphère est plus chargée de vapeur d’eau.
- Comme le fait remarquer M. Ginestous i11), « c’est en
- 9. Voir l’article très intéressant de i\I. Neveux. Récupération automatique de l’humidité atmosphérique par le puits aérien, système Knapen, Revue scientifique, n° 16, 25 août 1928, p. 500-504, 5 fig. ; et celui intitulé : Pour puiser l’eau de l’atmosphère dans les pays chauds, le puits aérien système Knapen, La Nature, n° 2792, 1« sept. 1928, p. 221-222, 3 fig.
- 10 Ginestous. La récupération de l’humidité atmosphérique par les « puiis aériens », La Dépêche tunisienne, du 23 octobre 1928.
- 11. Ginestous. La richesse en vapeur d’eau de l’atmosphère dans le Sud tunisien, son action sur la vie végétale, Bull. Direction Générale de VAgriculture etc., 3e trimestre 1928. Tunis.
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- été, au moment de la période la plus sèche, que l’air est en réalité le plus riche en vapeur d’eau ».
- Dans un travail antérieur, le même auteur a montré que 1 m3 d’air peut contenir 9 gr de vapeur d’eau à 10°, 20 à 20°, 30 à 30°, ce qui arrive sur le littoral méditerranéen.
- A la fin de l’automne et en hiver les résultats sont peu intéressants. Ce procédé ne pourra pas lutter comme rendement avec les « puits aériens » de M. Knapen!
- J’espère avoir montré dans cette note l’intérêt et les avantages pratiques des châssis distillateurs dans un grand nombre d’applications, en particulier pour extraire
- —...... .::.:.— " .:.:= 203 =
- l’eau douce de l’eau de mer. Leur construction est si simple et si économique que leur emploi se généralisera sans doute promptement.
- Je suis heureux, en terminant, de pouvoir remercier M. le Prof. Maurain et M. Ginestous ainsi que ceux qui parmi le personnel du Musée, m’ont aidé à des titres divers, dans les essais et les expériences qui font l’objet de ce travail.
- D1 Jules Richard,
- Directeur du Musée Océanographique de Monaco.
- LE FILM SONORE A L'ÉTRANGER
- LES CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES APPAREILS ÉTRANGERS
- Nous avons exposé dans un récent article (voir n° 2799) l’histoire du film sonore en France, et montré comment M. Léon Gaumont avait d’abord réalisé les premiers cinématographes sonores par la combinaison d’un phonographe et d’un cinématographe, puis avait abandonné ce système, du moins pour les projections régulières dans les grandes salles, en faveur d’un procédé à enregistrement lumineux des ondes sonores.
- C’est donc en France que furent obtenues pratiquement les premières projections cinématographiques accompagnées de reproductions sonores synchrones, mais, depuis quelques années, les techniciens étrangers, presque exclusivement des Américains et quelques Allemands, disposant généralement de moyens industriels et financiers d’une abondance... toute américaine, ont multiplié leurs efforts pour résoudre également le problème en employant les procédés les plus modernes, en particulier les procédés radiotechniques.
- Les résultats obtenus, s’ils ne paraissent pas supérieurs à ceux que M. Gaumont a pu lui-même réaliser avec des moyens matériels bien inférieurs, sont cependant des
- Fig. 2. — Cinématographe sonore à disques. • Disposition schématique de l’appareil reproducteur.
- Amplificateur basse fréquence à grande puissance
- Transmission
- synchronisante
- Orateur
- Chanteur ou~-~. Musicien
- Appareil cinématographique enregistreur
- Transmission de. synchronisme
- Microphone
- I." inscripteur
- ' ! Amplificateur électromagnétique
- Batterie fréquence
- Fig. 1. — Cinématographe sonore à disques. Disposition schématique de l’appareil enregistreur.
- plus intéressants, et les plus originaux tout au moins, parmi ces dispositifs étrangers récents, méritent d’être signalés.
- LES DIFFÉRENTES CATÉGORIES D'APPAREILS ÉTRANGERS
- L’enregistrement et la reproduction sonore des disques de phonographe, modifiés et perfectionnés, comme nous le noterons plus loin, n’ont pas été abandonnés à l’étranger pour les projections dans les grandes salles avec autant de décision qu’en France; les appareils étrangers de cinématographie sonore peuvent donc être classés en trois catégories principales : 1° les appareils à disques de phonographe ; 2° les appareils à films à photographie des sons ; 3° les appareils mixtes à disques et à films.
- Nous citerons également, mais à titre uniquement documentaire pour le moment, les appareils encore théoriques à enregistrement sonore sur fil d’acier par un procédé magnétique.
- LES CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES DES APPAREILS MODERNES A DISQUES.
- AVANTAGES COMPARÉS DES APPAREILS A DISQUES ET A FILMS
- On sait que l’enregistrement des disques de phonographe, ainsi que leur reproduction, peut s’effectuer maintenant, non plus par l’intermédiaire d’un simple
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- diaphragme mécanique enregistreur ou reproducteur, mais au moyen d’un enregistreur et d’un reproducteur électromagnétiques employés avec un amplificateur à lampes de T. S. F.
- A l’enregistrement, les vibrations sonores de la plaque d’un microphone déterminent dans le circuit de ce microphone la formation de courants basse fréquence qui sont amplifiés au moyen d’un amplificateur à lampes de T. S. F. et actionnent finalement, après amplification, un enregistreur électromagnétique muni d’une pointe en saphir gravant le disque.
- Fig, 3. — Appareil Vitaphone-Movietone à reproduction sonore mixte par disque ou par film.
- On voit en bas à droite le plateau porte-disque entraîné par le moteur électrique qui commande tout l'appareil. Les transmissions sont munies d’amortisseurs élastiques.
- Le microphone peut donc ainsi être placé hors du champ de l’objectif cinématographique dans le cas d’enregistrements lumineux et sonore simultanés, et l’enregistrement peut être effectué avec une intensité et une fidélité jusqu’alors inconnues (fig. 1).
- De même, pour la reproduction, l’armature d’un reproducteur électromagnétique, dit pick-up, porte une aiguille qui suit les sillons du disque, et engendre la formation de courants basse fréquence correspondants dans les bobinages de son électro-aimant.
- Ces courants basse fréquence sont amplifiés dans un
- amplificateur à lampes de T. S F. à grande puissance, et actionnent finalement des haut-parleurs presque toujours du type électro-dynamique à bobine mobile, disposés de chaque côté de l’écran ou derrière celui-ci (fig. 2).
- Lorsque tous les éléments du système sont bien étudiés et réalisés avec les plus grands soins dans les moindres détails, l’expérience montre que les résultats sont bons, tant au point de vue de l’intensité et de la pureté de l’audition, qu’au point de vue du synchronisme entre les images et les sons.
- Mais il semble que la pureté de l’audition et la constance absolue du synchronisme ne puissent jamais être équivalentes aux qualités correspondantes des appareils à enregistrement lumineux des sons sur films cinématographiques.
- D’autre part, les disques employés sont fragiles, et ne peuvent être utilisés avec succès plus d’une quinzaine de fois alors que les films sonores durent aussi longtemps que les films lumineux ordinaires. Il ne faudrait pas croire, en outre, que l’enregistrement électrique des disques soit d’une réalisation très facile; cette opération exige un matériel très coûteux, manœuvré par des spécialistes très avertis et ne saurait être réalisée avec succès à l’heure actuelle que par des fabricants spécialisés dans la technique phonographique, alors que l’enregistrement sur film peut être exécuté dans tout « studio » cinématographique.
- Les appareils à disques peuvent être, par contre, construits à beaucoup moins de frais que les appareils à films, et le disque proprement dit coûte cinquante fois moins cher que le film sonore, à égalité de durée de la reproduction; mais le prix des films pourra sans doute être réduit dans de grandes proportions.
- Une solution mixte et qui paraît très bonne « à priori » consiste à établir des appareils pouvant utiliser à volonté la reproduction sonore par film ou par disque suivant le sujet reproduit : c’est cette solution qui a été adoptée aux Etats-Unis par la Western Electric Company.
- LES APPAREILS A DISQUES SANS SYNCHRONISME AUTOMATIQUE
- Il est évident que l’on peut employer de puissants phonographes à reproduction électrique pour exécuter des morceaux d’orchestre ou des « bruits » accompagnant la projection cinématographique.
- Dans ce cas, on emploie souvent des disques du commerce, car les morceaux à exécuter sont généralement classiques, et il n’y a pas de synchronisme automatique. Le phonographe reproducteur avec l’amplificateur correspondant est simplement placé en un endroit quelconque de la salie de projection, de façon qu’un opérateur puisse observer la projection lumineuse et changer en conséquence le disque à reproduire.
- Des câbles bien isolés relient l’amplificateur phonographique à des haut-parleurs placés à côté ou derrière l’écran.
- LE VIT APHONE A REPRODUCTION SONORE PAR DISQUES ET A SYNCHRONISME AUTOMATIQUE
- Il existe plusieurs centaines de brevets étrangers rela-
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- tifs au film sonore, et le plus grand nombre de ces brevets appartient à la puissante société américaine Western Electric. D’ailleurs, dans presque tous les pays, il s’est formé des syndicats d’exploitation des films sonores, afin d’utiliser au mieux les procédés les meilleurs pour les rassembler en un ensemble unique possédant l’essentiel des qualités des divers dispositifs.
- Cette organisation permet d’obtenir d’excellents appareils et de supprimer une concurrence inutile et nuisible, elle permet d’abaisser les prix de revient des installations, et rend plus facile la tâche des opérateurs spécialistes de l’enregistrement et de la reproduction des films sonores, en réduisant au minimum la diversité des types des appareils employés.
- Nous ne décrirons donc qu’un nombre très restreint d’appareils de cinématographie sonore utilisés à l’étranger, et, parmi ceux-ci, le type Vitaphone de la Western Electric constitue le prototype des appareils à reproduction par disques.
- Cet appareil qui est, d’ailleurs, généralement mixte, c’est-à-dire comporte également un dispositif de reproduction sonore par film du type Movietone, procédé que nous étudierons plus loin, est double, c’est-à-dire que la cabine de projection sonore et lumineuse comprend deux appareils de projection cinématographique, chaque appareil de projection étant accouplé avec un phonographe spécial muni d’un pick-up électromagnétique (fig. 3 et 4).
- On peut donc passer sans interruption d’un groupe de projection à l’autre, et du système de reproduction sonore par disque au système à films sans aucune interruption.
- Les disques utilisés sont d’un modèle spécial de 40 cm de diamètre, et tournent à raison de 33 tours 1/2 par minute (le diamètre des disques du commerce est de 30 cm et leur vitesse normale est d’environ 80 tours à la minute). Ces disques permettent une audition d’une durée de 11 minutes, durée de (la projection d’un rouleau de film normal.
- Chaque appareil cinématographique sonore du groupe n’est donc utilisé à son tour que pendant 11 minutes, durée de la reproduction d’un rouleau de film et du disque synchrone, un appareil étant préparé à nouveau pendant que l’autre est en fonctionnement.
- Le moteur électrique commun aux appareils de projection lumineuse et sonore tourne à 1200 tours par minute et cette vitesse est ramenée à 90 tours à l’aide d’un réducteur; un régulateur de vitesse de grande précision la maintient constante et l’opérateur doit veiller avant tout au bon fonctionnement de cet appareil afin d’éviter toute variation qui serait nuisible àl’audition phonographique.
- Le synchronisme entre la projection
- Mécanisme de projection cinématographique et de reproduction sonore par film
- Amplificateur basse fréquence commun aux deux groupes et utilisé également pour la reproduction par films
- Rhéostat du moteur
- Objectif^ cinématèh graphique
- Lanterne
- cinématographique
- vers les haut-parleurs Lecteur.
- tlëclrômagnét/que
- Moteur
- Deuxième groupe cinématographique sonore identique au premier
- Fig. 4. — Appareil Vitaphone-Movietone. ' Disposition schématique de la cabine de projection.
- cinématographique et la reproduction phonographique est obtenu très simplement par l’emploi d’un moteur commun d’entraînement des appareils lumineux et sonores, et grâce évidemment à l’enregistrement spécial du disque.
- Cette commande mécanique unique, si simple en principe, doit cependant être soigneusement étudiée. Les vibrations mécaniques des arbres et des engrenages qui
- Fig. 5. — Salle de spectacle organisée pour la cinématographie sonore Vitaphone-Movietone. (La longueur de la figure a été réduite.)
- Appareil de reproductif sonore a disque
- is: .
- ^ Ligne dos haut - parleurs
- Appareil de reproduction à films.
- Amplificateur
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- seraient fort nuisibles à la pureté de l’audition doivent être supprimées aussi complètement que possible par l'emploi de supports très stables et de liaisons antivibratoires à joints élastiques amortisseurs jouant le rôle de filtres mé-caniq ues.
- On assure simplement le synchronisme au départ à l’aide d’un repère indiqué sur le disque et d’un cadre très apparent portant le mot « Start » à l’extrémité du film cinématographique. Le procédé utilisé pour maintenir le synchronisme au moment de la prise de vues est très ingénieux et basé sur un principe stroboscopique. Sur la manivelle de l’appareil de prises de vues est fixé un disque peint en segments noirs et blancs et éclairé par un tube au néon connecté sur le secteur général d’alimentation du mécanisme.
- Le disque paraît alors immobile si la vitesse de la manivelle est constante (et correspondant à la vitesse du disque), le disque paraît au contraire avancer ou rétrograder si cette vitesse augmente ou diminue.
- L’opérateur dispose d’un rhéostat pour régler la vitesse du moteur et d’un dispositif dit fader (évanouisseur) qui sert à contrôler l’intensité d’audition pendant la projection et à éviter tout bruit ou interruption désagréables lorsqu’on passe d’un groupe à l’autre et d’un disque à l'autre.
- Le même panneau amplificateur avec ses lampes de
- Fig. 6. — Type de haut-parleur employé pour l'a cinématographie sonore.
- Fig 7. — L’appareil Phototone.
- La reproduction sonore à deux disques.
- puissance, muni de potentiomètres de réglage, de voltmètres et ampèremètres de contrôle, de rhéostats des lampes amplificatrices, etc., sert, comme nous l’avons indiqué, pour les deux groupes cinématographiques et pour la reproduction sonore par disques et par films.
- Des lignes téléphoniques soigneusement isolées relient les haut-parleurs à l’amplificateur. Ces haut-parleurs sont placés derrière l’écran d’un modèle spécial réfléchissant la lumière, mais laissant passage aux ondes sonores (fig. 5).
- Les haut-parleurs sont d’un modèle très puissant, actuellement du type électrodynamique à bobine mobile, et munis d’un pavillon bien étudié, mais à faible encombrement, car un intervalle de 1 m. 50 minimum de profondeur en arrière de l’écran est suffisant pour leur établissement (fig. 6).
- La salle dans laquelle est monté le dispositif doit posséder enfin des propriétés acoustiques convenables que nous étudierons à la fin de cet article.
- Cet ensemble étudié avec le soin le plus minutieux et parfaitement réalisé a déjà pu être récemment jugé par les spectateurs et auditeurs français. Le film assez connu intitulé « Ombres blanches » et représenté récemment dans une grande salle parisienne comportait une grande partie de reproduction sonore par disques et une autre partie par films; cette reproduction sonore ne comportait, d’ailleurs, que des morceaux d’orchestre, des bruits (vent, tempête, etc...) et quelques chants, mais elle fut généralement trouvée très bonne.
- Le système Vitaphone constitue, ainsi que nous l’avons indiqué, le procédé type actuel. On a signalé en Angleterre l’emploi d’un appareil dit Phototone dont nous ignorons le constructeur, cet appareil comporte un double plateau, et il est employé avec des amplificateurs et haut-parleurs du type Siemens (fig. 7).
- La particularité du système consiste à assurer automatiquement le départ du phonographe au moyen d un contact métallique fixé au début du film.
- Ce contact métallique actionne un relais à lampe qui, à son tour, met en action un embrayage magnétique du jdateau du phonographe. Les premiers sillons du disque sont plus larges et non enregistrés de façon à permettre facilement le démarrage. Une manivelle permet, d’ailleurs, de placer le pick-up à la position de départ indiquée par un trait de repère,
- L’extrémité de chaque bande cinématographique porte également un petit contact en argent mettant de même en action le deuxième phonographe, de telle sorte que l’audition est continue.
- Un dispositif de commande analogue avait été employé en France par M. Léon Gaumont dans ses premiers « films parlants ».
- LES APPAREILS A FIL MAGNÉTIQUE
- Ce procédé n’est encore actuellement qu’à l’état expérimental, et il n’est même pas certain qu’il reçoive un jour une application pratique malgré ses qualités remarquables sous certains rapport*.
- Nous avons signalé (voir n° 2803), l’appareil magné-ti pie d’enregi-trement et de reproduction sonore du Dr Stille, appareil d’une réalisation nouvelle, mais basé
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- sur le principe ancien du télégraphone décrit par Poulsen en 1900.
- L’enregistrement sonore se fait au moyen d’un microphone qui produit des variations de courant dans le circuit des bobinages d’un électro-aimant; on fait passer un fil d’alliage spécial d’acier de très faible diamètre entre les pièces polaires de cet électro-aimant. Ce fil s’aimante alors et les variations d’aimantation rémanente correspondent aux ondes sonores qui ont frappé primitivement la plaque du microphone.
- La reproduction sonore s’obtient simplement en faisant passer de nouveau le fil préalablement enregistré entre les pièces polaires d’un électro-aimant relié à un écouteur téléphonique qui est alors actionné par les courants basse fréquence produits dans les bobinages de cet électroaimant.
- Pour l’application à la cinématographie sonore, les tambours dérouleur et enrouleur du fil magnétique enregistré seraient actionnés par le même moteur que l'appareil de projection cinématographique, avec une vitesse déter-
- Tambour
- dérouleur
- Electro-aimant
- reproducteur
- Amplificateur basse - fréquence
- FU d'acier aimanté
- '6' ô
- Tambour enrouleur actionné en synchronisme avec le projecteur cinématographique
- vers tes haut-parleurs
- Fig. 8. — Appareil à fil magnétique. Disposition schématique d’un appareil de reproduction sonore accouplé à un projecteur cinématographique.
- minée de telle sorte que la vitesse de déroulement soit égale à la vitesse préalable d’enregistrement.
- Les bobinages de l’électro-aimant reproducteur seraient reliés à un amplificateur basse fréquence actionnant finalement des haut-parleurs à grande puissance comme dans tout appareil de film sonore (fig. 8).
- Ce dispositif semble pratiquement peu coûteux et permettrait une reproduction sonore aussi longue que l’on voudrait puisque la longueur du fil n’est pas limitée. De plus, d’après le constructeur, on pourrait obtenir un très grand nombre de reproductions sans diminution appréciable de l’intensité d’aimantation.
- Il faut maintenant attendre que ces affirmations soient confirmées par l’expérience, et que surtout la pureté et la fidélité de la reproduction sonore soient devenues satisfaisantes, ce qui ne semble pas encore obtenu avec les appareils d’essais actuels.
- CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES FILMS SONORES ÉTRANGERS A ENREGISTREMENT PHOTOGRAPHIQUE DES SONS
- Les principes généraux des procédés étrangers sont les mêmes que ceux du procédé français Gaumont,
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- seuls varient les détails de réalisation. Cependant si les films lumineux et sonore sont généralement enregistrés séparément, la bande positive à reproduire est au contraire unique.
- L’enregistrement sonore est reproduit sur ce film unique sous forme d’une bande de petite largeur et cette bande, à l’encontre du système français, est de largeur constante, mais d’intensités lumineuses variables (6g. 9).
- Ce système simplifie la prise de vues et la reproduction, mais- il rend plus complexe le développement du « positif » et augmente la difficulté en cas de rupture accidentelle de la bande.
- Fig. 9. — Fragment d'un film sonore américain enregistré par le système Movietone.
- La bande sonore (à gauche) est de largeur constante, mais d’intensité lumineuse variable.
- LE FILM SONORE AMÉRICAIN MOVIETONE
- Nous avons indiqué plus haut que l’appareil cinématographique sonore américain du type Vitaphone de la Western Electric, dont le système sonore est du modèle à disques, comporte également un dispositif permettant la reproduction par film à l’aide d’un procédé dit Movietone.
- Ce procédé utilise un film lumineux et sonore à enregistrement synchrone sur bandes séparées, mais à reproduction par la même bande à la fois lumineuse et sonore du type indiqué précédemment (fig. 9).
- La bande sonore sur ce film a une largeur de 3 mm environ, l’intensité des lignes sonores varie selon l’inten-
- Fig. 10. —• Appareil Movietone à film. Le reproducteur sonore.
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- = 208 ............:: ............. ,.......=^-.......=
- site des sons et leur nombre varie selon les fréquences à enregistrer.
- Pour l’enregistrement, le microphone, qui est du type électrostatique, est relié à un amplificateur à lampes, et cet amplificateur transmet des courants électriques basse fréquence correspondant aux vibrations sonores initiales à un dispositif de transformation des courants sonores en ondes lumineuses agissant sur le film.
- Pour l’enregistrement des films d’actualité, les enregistrements sonore et lumineux se font sur la même bande, alors qu’ils sont séparés la plupart du temps, comme nous l’avons noté.
- Deux procédés sont employés pour l’enregistrement sonore des bandes. Le premier transformateur des ondes sonores en ondes lumineuses employé peut être une lampe éclairante (« flashing lampe »), dont le courant d’alimentation est modulé par les courants transmis par l’amplificateur.
- Cette lampe est formée d’un tube cylindrique de 150 mm de long et 30 mm de diamètre avec une cathode de platine à oxydes, et une anode en nickel montée en face sur une boucle en U. Le cylindre contient de l’hélium à basse pression.
- La cathode est portée au rouge par un courant de 350 volts d'une intensité de 10 milliampères. Lorsqu’on connecte la lampe dans le circuit de l’amplificateur, les courants amplifiés modulent la décharge lumineuse en concordance avec les variations des sons agissant sur le microphone.
- La lampe est mise dans un tube en quartz et placée derrière un petit plateau de quartz également dont la surface fait corps avec une petite pellicule d’argent dans laquelle est ménagée une fente très fine de 1/100 à. 1/300 mm.
- Une lentille donne enfin une image très nette et très fixe de cette fente sur l’émulsion photographique du film qui se déplace synchroniquement avec le film lumineux.
- Cette solution paraît théoriquement excellente, les variations lumineuses de la lampe pouvant être extrêmement rapides et correspondre aux fréquences les plus rapides des sons (6000 à 8000 périodes seconde d’après le constructeur), malheureusement il ne semble pas encore actuellement que la solidité de sa construction permette un service pratique assez long.
- jOn .emploie donc plutôt, comme transformateur de va^iatjnns sonores en variations lumineuses, un système électromagnétique à fil métallique vibrant placé dans le champ d’un électro-aimant parcouru par les courants basse fréquence, et qui découvre plus ou moins une fente étroite en éclairant ainsi plus ou moins, le film sensible (système à « light valve »). On remarquera l’analogie de ce procédé avec le procédé français Gaumont.
- Quel que soit le procédé adopté, le tirage des positifs lumineux et sonore et leur développement sont effectués séparément, des volets masquant pour le tirage la partie du film qui ne doit pas être impressionnée.
- Ces opérations doivent être eflectuées avec le plus grand soin, car toute imperfection de l'image sonore produirait des déformations nuisibles. Les négatifs, comme les positifs, doivent être d’une propreté parfaite, sans
- quoi des bruits étrangers viendraient s’ajouter aux sons enregistrés.
- Le système reproducteur est placé, dans l’appareil mixte Vitaphone-Movietone déjà décrit, en dessous de l’appareil projecteur cinématographique (fig. 10 et 11).
- Une lampe à incandescence d’assez faible intensité éclaire la bande sonore à l’aide d’un système optique, et le faisceau lumineux plus ou moins affaibli par l’opacité du film frappe ensuite une cellule photoélectrique.
- Cette cellule, qui produit des variations de courant de faible amplitude correspondant aux variations de la lumière reçue, est reliée au panneau amplificateur déjà décrit, et qui est commun aux appareils de reproduction sonore par disques et par films.
- LES AUTRES FILMS SONORES ÉTRANGERS ACTUELS
- Les autres procédés étrangers de cinématographie sonore à film ne diffèrent guère du Movietone qui peut être considéré à juste titre comme le prototype de ce genre d’appareils. Nous citerons cependant encore les appareils De Forest et Tri-Ergon qui sont les plus connus et les plus employés en dehors du Movietone.
- Pour la transformation des variations sonores en variations lumineuses, De Forest emploie un tube à deux électrodes dans un gaz à basse pression qui fonctionne sous une tension de 500 volts avec une intensité de 10 mil liampères. La lumière ainsi produite passe par une fente très fine dont l’image est réduite par un procédé optique comme dans le Movietone
- Les procédés de reproduction sont analogues à ceux du Movietone.
- Quant au procédé allemand Tri-Ergon, il ne diffère guère non plus du Movietone. Le film employé qui comportait au début une bande sonore de 4 mm de large ne comporte plus actuellement qu’une bande de 3 mm environ comme dans le Movietone ; le film n’est pas du type universel de 35 mm de large, mais les perforations sont normales, la bande sonore étant en dehors de ces perforations (fig. 12).
- QUELQUES REMARQUES SUR L'ENREGISTREMENT ET LA RE PRODUCTION DES FILMS SONORES
- L’enregistrement d’un film sonore présente beaucoup plus de difficultés que l’enregistrement d’un film ordinaire, parce que, d’une part, les problèmes d’acoustique doivent être éludiés avec autant de soin que les problèmes d’éclairage, et que le coût beaucoup plus élevé de l’enregistrement exige la réduction du nombre des « répétitions » d’une même scène en cas d’insuccès.
- La mise au point d’un enregistrement par le metteur en scène et par les artistes doit être faite à l’avance avec un soin minutieux, d’autant plus que les indications de mise en scène ne peuvent plus être effectuées verbalement, mais uniquement par gestes ou signaux lumineux.
- Quiconque a pu assister à des prises de vues dans un studio ordinaire peut se rendre compte des difficultés de le mise en scène dans de telles conditions!
- Aucun bruit étranger ne doit parvenir aux microphones pendant l’enregistrement : les murs du studio, les planchers et plafonds doivent être spécialement étudiés
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- « Les hommes ne sont jamais plus ingénieux que dans l’invention des jeux : l’esprit s’y trouve à son aise.... Après les jeux qui dépendent uniquement des nombres viennent les jeux où entre la situation ... Après les jeux où n’entrent que le nombre et la situation viendraient les jeux où entre le mouvement.... Enfin il serait à souhaiter qu’on eût un cours entier des jeux traités mathématiquement. »
- Cet extrait d’une lettre du fameux philosophe Leibnitz nous servira d’introduction à une nouvelle série de récréa-
- tions que nous avons glanées dans le savant ouvrage de Rouse Bail, fellow and tutor de Trinity College, une des plus anciennes écoles de la Grande Bretagne. Tous les mathématiciens s’occupant de récréations s’étaient ingéniés à cacher l’aridité de leurs théories sous des dehors brillants et agréables. Mais en passant de France en Angleterre les « problèmes plaisants et délectables » ont dépouillé leur séduisante parure et ont revêtu un sombre et froid habit qui laisse deviner toutes les aspérités.
- Tous cependant ne sont pas rébarbatifs et hérissés comme certains du fameux signe J" de l’intégrale : nous avons choisi les plus gracieux pour en faire hommage à nos lecteurs.
- L’ouvrage débute par une histoire des nombres où nous trouvons le rôle curieux que joue le chiffre 14 dans la vie du roi Louis XIV.
- Les anciens astrologues n’auraient pas manqué d’en tirer de curieux présages.
- Le chiffre 14 et Louis XIV.
- Louis XIV est le successeur de Louis XIII.
- C’est le 14° roi de France du nom de Louis.
- Son règne commence en 1643, date dont la somme des chiffres donne 14.
- C’est à 14 ans qu’il est majeur. Légalement il n’aurait dû être majeur qu’en 1652, date dont la somme des chiffres donne encore 14.
- Il règne pendant 72 ans, et 7 X 2 = 14.
- Il meurt à 77 ans et 7 —j— 7 = 14.
- C’est un 14 que meurt son père Louis XIII. C’est aussi un 14 qu’est mort son aïeul Henri IV.
- L,es épigrammes.
- L’Aisthoi.ogie grecque est une collection de petits poèmes, nommés « épigrammes » dont l’édition la plus complète est celle de 1813-17 (en 3 vol. in-8) de Frédéric Jacobs. Parmi ces épigrammes il y en a plusieurs qui renferment des énoncés où il s’agit de trouver des nombres remplissant certaines conditions curieuses.
- Nous allons en donner quelques-uns, en français naturellement pour notre commodité et pour celle de nos lecteurs. Si nos arithmétiques renfermaient des problèmes pleins de cette grâce attique, peut-être nos jeunes écoliers verseraient ils moins de larmes en essayant de résoudre ces fameux problèmes de robinets qui veulent remplir des bassins que d’autres robinets s’obstinent à vider.
- Voyez comme est gracieuse cette « épigramme » :
- Je suis un lion de bronze, deux jets jaillissent de mes yeux, un autre de ma gueule, un autre de-mon pied. En deux jours mon œil droit remplit le bassin, mon œil gauche en trois et mon pied en quatre jours. Pour le remplir, six heures suffisent au jet d’eau de ma gueule. Si tous les jets, et de mes yeux et de ma gueule et de mon pied coulent à la fois, en combien d’heures le bassin sera-t-il rempli?
- Réponse. — En une heure, les yeux, la gueule et le pied coulant ensemble remplissent :
- 1111
- 48 + 7^+96 + 6 °U
- 61
- 288
- du bassin.
- Donc le bassin sera rempli en d’heure ou en ij-h. ^
- 61
- 61
- Socrate, Polycrate, tyran de Samos, demande à Pythagore le nombre de ses élèves.
- « Fortuné Pythagore, rejeton héliconien des Muses, dis-moi combien, dans ton école, tu as d’athlètes que tu dresses aux glorieux exercices de la philosophie. — Je vais te le dire, Polycrate : la moitié étudie les belles sciences mathématiques ; l’éternelle nature est l’objet des travaux d’un quart; un septième s’exerce au silence et à la méditalion, il y a de plus trois femmes dont Théano est la plus distinguée. Voilà le nombre de mes disciples qui sont aussi ceux des Muses. »
- Il s’agit de trouver un nombre dont une moitié, un quart, un septième, en y ajoutant 3, fassent ce nombre lui-même.
- On trouve facilement que ce nombre est 28.
- Passant, sous ce tombeau repose Diaphante Et quelques vers tracés par une main savante Vont te faire connaître à quel âge il est mort;
- Des jours assez nombreux que lui compta le sort Le sixième marqua le temps de son enfance;
- Le douzième fut pris par son adolescence;
- Des sept parts de sa vie, une encore s’écoula,
- Puis, s’étant max-ié, sa femme lui donna Cinq ans après un fils, qui, du destin sévère,
- Reçut de jours, hélas, deux fois moins que son père.
- De quatre ans, dans les pleurs, celui-ci survécut;
- Dis, si tu sais compter, à quel âge il mourut.
- Solution.
- Représente par x le nombre en question Et, sans rien oublier, pose une équation Où dans le premier membre on trouve le sixième, Puis le douzième d’a;, augmenté du septième. Ajoutez-y neuf ans, le tout égalera L’inconnue x. Transpose, ajoute... et cætera.
- Tu verras aisément, sans qu’on puisse en rabattre, Que l’âge du bonhomme est bien quatre-vingt-quatre.
- Cypris dit à l’Amour qui avait l’air chagrin : « Quel est, mon fils, le sujet de ta peine? — Les Muses m’ont à 1 envi pillé les pommes que j’avais cueillies sur 1 Hélicon. Clio m’en a pris le cinquième; Euterpe le douzième; la divine Thalie le huitième; Melpomène, le vingtième; Terpsichore, le quart; Erato, le septième; Polymnie m en a volé trente; Uranie, cent vingt; Calliope s’en est chargée de trois cents; et moi, je viens vers toi, les mains presque vides, emportant ce qu’ont laissé les déesses : cinquante pommes. »
- et
- donc les
- 1 1 1 1 1__715
- ïï+ 8 + 20 + 4 + 7—840 30 + 20 + 300 + 50=500
- —— du nombre total valent 500. 840
- Ce nombre est donc
- 500 X:
- 840
- 125
- 3 360.
- Dans le problème suivant on entend bourdonner les abeilles du Mont Hymette, encore que ce problème ne vienne pas des Grecs, mais des Hindous.
- Vois cette (sic) essaim de mouches à miel,
- De la moitié prend la racine;
- Dans un champ de jasmin cette troupe butine,
- Huit neuvièmes du tout voltigent dans le ciel.
- Une abeille solitaire
- Entend dans un lotus un frelon bourdonner.
- Attiré par l’odeur pendant la nuit dernière,
- Il s’était fait prisonnier.
- Dis moi quel chiffre atteint la troupe buissonnière.
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-
-
-
- ----— 226 ............... ......... - =
- Réponse. Soit 2 x- le nombre des abeilles.
- x -)--— 2 = 2xs d’où x = 6.
- Le nombre des abeilles est donc 72.
- Quittons les Grecs et les Hindous pour un personnage plus modeste, M. Chavignaud, ex-maître de pemion, qui a publié en 1843 en vers une nouvelle ariihméiique appliquée au Commerce ou à la Mâtine, ou nous cueillons l’humble problème ci-après qui évoque des temps révolus depuis des siècles; heureuse époque où on pouvait couper des liards en quatre ! !
- Un pauvre avec un sou, dans sa triste détresse,
- Donne à vingt mendiants dans un jour d’allégresse;
- Il sut en partageant ce minime secours Offrir à chacun d’eux une pièce de cours.
- Comment donc s’y prit-il dans cette circonstance,
- Pour leur distribuer cette faible assistance?
- Il suffit de supposer le pauvre en possession de 5 sous ou 20 liards.
- Il donne un liard à chaque mendiant et en. reçoit 1 centime.
- Il a ainsi distribué 20 liards ou 5 sous et reçu 20 centimes ou 4 sous.
- Il a donc laissé entre les mains des mendiants 1 sou et chacun d’eux en a le vingtième.
- Un jour le cuisinier d’un puissant personnage Afin de contenter trois filles du village,
- Qui demandaient des œufs, leur dit en les voyant :
- Je vais donner tous ceux que j’ai dans le moment.
- 11 donne la moitié d’abord à la première Et la moitié d’un œuf, par faveur singulière.
- A la seconde il offre aussi du meilleur cœur,
- La moitié qu’il lui reste avec même faveur De la moitié d’un œuf dont la hile s’empare;
- Enfin continuant son partage bizarre Il donné à la troisième avec même amitié De son troisième reste l’humble moitié
- Plus la moitié d’un œuf; il eut donc l’avantage De tout distribuer. Dans cet heureux partage Qui paraît singulier, combien en avait-il?
- Et comment a-t-il eu l’esprit asspz subtil Pour donner des moitiés à chaque jeune fille Sans en casser un seul, ni s’échauffer la bile.
- Réponse: 7 œufs
- Terminons par ces deux amusettes.
- On trace sur le tableau 20 traits verticaux et on demande de les effacer tous, en cinq coups de torchon, de telle sorte qu’à chaque coup, on efface un nombre impair.
- Interprétée à la lettre, cetie question est impossible à résoudre, parce que 5 nombres impairs ne peuvent jamais faire un nombre pair. Mais il y a une manière de s’entendre qui permet de résoudre la question. Il suffit en traçant les traits de les numéroter comme ci-dessous :
- I 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
- II I I I I 1 1 I 1 i ! M ! I I I I 1
- Du premier coup de torchon on efface les 4 premiers traits avec les chiffres correspondants 1, 2, 3, 4.
- Au 2" coup, on efface les 4 suivants, 5, 6, 7, 8, et ainsi de suite. On efface chaque fois un nombre impair, 1 ou 3 du premier coup, 5 ou 7 au second, etc.
- « Trois personnes vont vendre des pommes au marché. Dans leurs paniers elles ont : la lre 20 pommes, la 2e 30, et la 3e 40. Elles vendent ces pommes le même prix à l'unité et rapportent chacune la même somme ; on demande comment cela se peut faire? »
- Le problème est tiré des Récréations mathématiques, éditées sans nom d’auteur à Lyon, en 1669. L’auteur ne donne qu’une solution : il y en a plusieurs: nous demandons à nos sagaces lecteurs de nous les faire connaître.
- Virgile Brakdicourt,
- Président de la Société des antiquaires de Picardie.
- = PRESTIDIGITATION =
- LE MYSTÉRIEUX PRISONNIER
- Voici plusieurs tours qui font un tout et qui présentés ensemble forment une petite scène amusante.
- Fig. 1. — Le mystérieux prisonnier.
- « Je vais vous présenter, dit le prestidigitateur, un singulier personnage dont j ai fait la connaissance en Chine. Cet
- homme est doué, soit d’une adresse extraordinaire, soit d’un pouvoir magique très puissant. Plusieurs fois condamné en Chine pour délits politiques à des peines sévères, il a toujours su s’évader et esquiver le châtiment. J'ai voulu vous montrer un échantillon de son savoir-faire et il va pour commencer se libérer devant vous d’un instrument de supplice chinois, la cangue. »
- A ce moment entre en scène un pseudo-Chinois, encadré de deux gardiens. L’un de ces derniers porte sous le bras une cangue (Kg. 2) qu’il dépose sur un labouret. Le prestidigitateur invite deux ou trois spectateurs à venir auprès de lui afin de visiter la cangue et constater que cet instrument de supplice ne peut, à cause de sa simplicité, être truqué.
- 11 montre qu’il se compose de deux planches épaisses réunies l’une à l'autre par une forte charnière (C). Les deux planches ont chacune trois encocht s qui coïncident et forment, lorsque les deux planches sont rabattues l’une sur l autre, trois ouvertures, celle du milieu juste assez grande pour serrer le cou du prisonnier, et les deux autres pour laisser passer les poignets. Les spectateurs sont priés de constater que les poignets placés dans la cangue fermée (et la tête s’ils veulent bien essayer) ne peuvent être retirés.
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- Le Chinois est alors placé dans la cangue, celle-ci fermée par un spectateur au moyen du cadenas R, placé sur le côté de la cangue opposé à la charnière. Les deux gardiens, tenant
- JFig- 2. — La cangue et le carcan.
- une toile chacun par un coin, tendent cette toile devant le Chinois qui, en six secondes, se trouve sorti de la cangue, celle-ci étant toujours fermée.
- Après cette opération, le Chinois est enfermé dans un sac dont l’ouverture au-dessus de sa tête est ficelée et cachetée ; mais auparavant on lui met autour du cou un carcan en fer (fig. 2), joint par une chaîne B à une paire de menottes. Le carcan est examiné ainsi que les menottes et les cadenas qui seront employés. Lorsque le Chinois est dans le sac, les deux gardiens tendent de nouveau la toile ; lorsqu’ils la retirent, le Chinois est toujours bien pris dans le carcan et les menottes, mais le sac, toujours ficelé et cacheté, est auprès de lui (fig. 3).
- La toile est lendue une troisième fois, puis enlevée et cette fois on voit le Chinois délivré des menottes et du carcan toujours cadenassés qu’il tient à la main.
- Voici comment le Chinois arrive à se libérer malgré les précautions prises : lorsqu’il est dans la cangue, sa main droite peut atteindre la charnière C (fig. 2). Il retire la tige centrale, pivot de la charnière, dont l’extremité fait saillie et alors la cangue peut s’ouvrir, car c’est alors C’ du fermoir (fig. 2) placé de l’autre côté qui fait charnière. Aussitôt sorti,
- ........—...... ' 227 ==
- il remet la tige en place, et la cangue peut être visitée à nouveau.
- Pour le sac, c’est plus compliqué. Quand le Chinois est muni du carcan et des menottes, il entre dans le sac qui est relevé au-dessus de sa tête. Pendant qu’on relève le sac, il
- Le Chinois et le sac.
- appuie sur un clou C du cadenas d’une des menottes (fig. 2r Ce clou appuie sur le ressort R à l’intérieur du cadenas, libère le fermoir R et la menotte s’ouvre. Le Chinois prend avec sa main libre un petit coussin qu’il elève à hauteur de la bouche du sac. Le prestidigitateur en ficelant et cachetant le sac laisse ce petit coussin dans les plis. Aussitôt que le voile est tendu, le Chinois retire le coussin; les plis tirés par en bas, dans le sac, passent dans le ficelage et le sac s’ouvre. Le Chinois en sort et remet l’ouverture du sac plissé à la hâte dans le ficelage. Comme on se sert d’un large cordon au lieu d’une ficelle, et que le sac n’est plus examiné que supeificiel-lement par les spectateurs qui voient le cachet intact, tout paraît correct. Naturellement, le sujet a remis sa menotte.
- Lorsqu’il doit se libérer des menottes et du carcan, il ouvre les premières par le moyen des cadenas truqués. Quant au carcan, il l’ouvre en retirant le pivot de charnière comme pour la cangue. Les cadenas étant refermés sur les menottes, le pivot de charnière étant remis en place, tout est en ordre et peut être visité à nouveau. Il est tout naturel qu’on fasse porter l’examen tout spécialement sur les parties non truquées, les menottes elles-mêmes ou le cadenas du carcan.
- Alber.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- RÉPARATION D’UN LONGERON CASSÉ
- Sur certains châssis, les longerons sont parfois affaiblis afin de permettre le passage de divers organes : arbres ou tringles de commande.
- Si le châssis est soumis à des efforts un peu anormaux, comme cela se présente avec de mauvaises routes parcourues à une allure exagérée, le longeron risque de se fendre surtout si, aux endroits affaiblis, le métal n’est pas régulièrement hotno-gène. i
- On peut néanmoins faire encore servir ce longeron accidenté, à
- condition que le défaut ne soit pas trop important,, en faisant intervenir la soudure autogène dan- la fente filais cela n’e.-t pas suffisant; il faut po>er également un 1er eu U de faible longueur, qui s’ajustera dans le longeron.
- Comme il est probable qu’on ne trouve pas un U de dimensions exactes, on le fabrique à la forge assez facilement et cette pièce de renfort est rivée avec le longeron; les boids sont chanfrtinés et soudés à l’auiogène.
- De cette façon la réparation sera durable, car les deux pièces feront corps l’une avec l’autre et la fente du loneeron ainsi renforcée résistera comme s’il s’agissait d un longeron neuf.
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- 228
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN AVRIL 1929 ()
- Voici des nouvelles des dernières comètes, d’après les résumés si parfaitement documentés que donne M. Baldet dans L'Astronomie.
- La troisième et dernière comète de 1928 a été découverte le 21 novembre par M. Forbes, un amateur zélé d’astronomie, au Cap (Afrique australe). Elle était alors située dans la constellation du Corbeau et se levait, pour nos latitudes, vers 4h du matin. Elle était juste visible avant l’aurore, au-dessus| de l’horizon sud-est. Le mauvais temps a entravé considérablement son observation.
- La nouvelle comète fut observée aussitôt aux Observatoires de Johannesbourg, d’Alger et de Lick. Les positions relevées ont permis à M. A.-C.-D. Crommelin, le grand spécialiste des orbites cométaires, de calculer les éléments de l’orbite de la comète Forbes. Ces éléments ressemblaient étrangement à ceux de la comète Coggia-Winnecke (1873 VII), lesquels ont une grande ressemblance avec ceux de la comète Pons (1818 I).
- Il y a donc, dit M. Baldet, de bonnes raisons de croire que la comète Forbes (1928 c) est le même objet
- La période de sa révolution serait d’environ 55 ans.
- M. Crommelin a fait remarquer que la comète Forbes a dû être, bien placée pour les observateurs de l’hémisphère boréal en octobre. Il est curieux qu’aucun astronome ne l’ait, alors, aperçue.
- Elle était de grandeur 6,0 lors de l’observation faite à Johannesbourg, le 21 novembre.
- En décembre, elle s’éloignait de la Terre et, se dirigeant vers l’hémisphère austral, elle est devenue inobservable en France.
- M. Baldet relate encore, d’après la circulaire n° 68 de la British Astronomical Association, qu’à l’aide de nouvelles observations faites à Johannesbourg, par le Dr H.-E. Wood, le Dr Crommelin a pu calculer une orbite elliptique qui semblerait indiquer que la comète fait deux révolutions en 55 ans.
- S’il en est ainsi, l’identité entre les comètes Pons, Coggia-Winnecke et Forbes serait établie. Et aussi le fait que la comète de 1457 I, observée en Chine par Toscanelli, serait sans doute la même comète.
- Ainsi, il y aurait 13 révolutions entre 1457 et 1818, d’une durée moyenne de 27,77 ans, et 4 entre 1818 et 1928, d’une durée moyenne de 27,69 ans,
- Une nouvelle comète, la première de 1929, a été découverte le 17 janvier par MM. Scbwassmann et Wachmann, en Allemagne.
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0* à 24“ à partir de minuit (0*). Pendant la période de mise en service de Yheure d’été, augmenter de 1 heure toutes les heures données.
- La comète était slors bien située pour l’observation, près de l'étoile % Orion. Mais son éclat était bien faible, 11e grandeur, ce qui a réduit considérablement le nombre des personnes qui ont pu la voir.
- Constatons, une fois de plus, l’impossibilité où se trouvent les amateurs, depuis quelques années, d’étudier les comètes. Toutes celles qui ont été découvertes ont présenté un éclat très faible, ne permettant que l’emploi de grands instruments.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en avril, passe de -j- 4° 28' le 1er à + 14° 42' le 30, et la durée du jour augmente du début à la fin du mois. De 12* 49m le 1er, cette durée atteint 14* 28ra le 30.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai en avril, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges bien réglées lorsque le Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates. Heures du passage,
- Avril 1” 11* 54m 39*
- — 3 llk 54“ 4*
- — 5 11* 53“ 28*
- 7 llk 52” 44*
- — 9 11* 52“ 20*
- — 11 Uk 51“ 48*
- — 13 11* 51“ 16*
- — 15 11* 50” 46s
- — 17 11* S O IlO 17*
- — 19 11* 49“ 49*
- — 21 11* 49“ 24°
- — 23 llb 48" 59*
- — 25 11* 48“ 37*
- — 27 11* 48” 16*
- — 29 11* fi r>k 58*
- Fig. 1. — Marche de la planète Neptune sur le ciel pendant l’année 1929.
- Les chiffres indiquent la position de la planète le 1er de chaque mois. Remarquer le curieux rapprochement de Neptune et de Régulus d’avril à juin.
- La connaissance du temps moyen à midi vrai est particulièrement utile pour tracer la méridienne.
- Observations physiques.— Certains observateurs ont pris l’habitude de dessiner, chaque jour, la surface du Soleil en projetant son image, sur une feuille de papier
- donnée par une petite lunette, blanc.
- C’est là une excellente habitude, car on risque, de la sorte, de ne pas laisser passer inaperçu un phénomène fugitif. Mais il est bon de compléter le dessin par quelques observations faites directement à l’oculaire.
- Pour orienter les dessins, il faut connaître l’angle P de position de l’axe de rotation du Soleil (compté vers l’Est à partir du point Nord du disque); la latitude héliographique B0 du centre du disque et la longitude héliographique L0 de ce centre.
- Voici ces éléments pour le mois d’avril :
- Dates. P B0 Lo
- Avril 1er — 26°,27 — 6°,51 173°,49
- — 6 — 26°,41 — 6°,21 1070,52
- — 11 — 26°,36 — 50,87 410,53
- — 16 — 26°,13 — 5°,49 3350,51
- — 21 — 25°,71 — 50,06 269°,48
- — 26 — 25o,U — 4°,60 2030,42
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-
-
- Lumière zodiacale. — Le mois d’avril est extrêmement favorable pour l’observation de la lumière zodiacale. Celle-ci est visible le soir, à l’Ouest, dès l’arrivée de la nuit complète. On remarquera la couleur de cette lueur, qui est différente de celle de la Voie lactée, et aussi que le bord austral est plus marqué, plus net, que le bord boréal.
- En avril, la période la plus favorable pour l’observation de la lumière zodiacale est celle qui s’étendra du 1er au 10, et pendant laquelle la Lune ne gênera pas par sa lumière.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’avril, seront les suivantes :
- D. Q. le 2, à 7h 29“ I P. Q. le 16, à 14h 9"
- N. L.le 9, à 20h33m | P. L. le 23, à 21" 47“
- Age de la Lune, le l"r avril, à 0"=: 20j,6 ; le 10, à 0h = 0J,1. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 10.
- Plus graudes déclinaisons de la Lune en avril : le 2 — — 26° 56' ; le 15 = —j— 27°0' ; le 29 — — 27° 3'. On remarquera la plus faible ou la plus grande hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon, à ces dates, lors de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 1er avril, à P. Parallaxe = 54' 14". Distance =404 320 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la terre), le 12 avril, à 21h. Parallaxe =59' 56". Distance = 365 880 km.
- Apogée de la Lune, le 28 avril, à 19\ Parallaxe = 54'9". Distance = 404 950 km.
- Lumière cendrée. — Observer la lumière cendrée de la Lune, admirable vers le 12 avril.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 16 avril, occultation de X Cancer (gr. 5,9), de 22h 35m à 23h 25”.
- ...................................... - 229 -------------
- (composantes de 3e grandeur, à 6",1 l’une de l’autre) — disparaîtra derrière le limbe obscur de la Lune et réapparaîtra derrière la partie éclairée.
- Cette observation sera très intéressante à faire. Elle est accessible aux petites lunettes.
- Marée, Mascaret. — L es plus grandes marées du mois se
- produiront surtout du 9 au 13 avril, à l’époque de la Nou-
- velle Lune. Voici, pour Brest, la liste de ces plus grandes
- marées :
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heure. Coefficient Heure. Coefficient
- Avril 9 S 1 ^ CO 0,93 15h 58“ 0,98
- — 10 4h 17m 1,02 16h 34“ 1,05
- — 11 4h 51m 1,07 17h10“ 1,06
- — 12 5h28m 1,05 17h 47” 1,01
- — 13 6h 7“ 0,96 18h27“ 0,90
- Le phénomène du mascaret se produira à plusieurs
- reprises.
- Heures de 1 arrivée à
- Dates. Coefficient. Quillebeuf. vitlequier. Caudebec.
- Avril 10 1,02 7h 51” 8>> 28“ 8h 37“
- — 10 1,05 20h 7“ 20h44” 20h53“
- — 11 1,07 8h 23“ 9h 0“ 9h 9”
- — 11 1,06 20“42“ 2P 19“ 2P 28“
- — 12 1,05 9h 0ra 9h 37“* 9h 46“
- — 12 1,01 21h20m 21h 57“ 22h06“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de T Annuaire astronomique Flammarion pour 1929, contient les principaux renseignements pour observer les planètes les plus importantes pendant le mois d’avril et pour les rechercher sur le ciel.
- ASTRE Dates : AVRIL Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 5h21- llh 53" 11* 18b 27“ P 0“ 6° 22' 32' 0"0 Poissons
- Soleil .... 16 5 1 11 50 31 18 42 1 36 10 3 31 55,2 Poissons »
- 26 4 42 11 48 26 18 57 2 14 + 13 27 31 49,2 Bélier
- 6 5 13 11 14 17 15 0 17 — 0 19 5,2 10 Baleine \
- Mercure . . . 16 5 5 11 47 18 28 1 29 + 8 23 5,0 U Poissons \ Inobservable.
- 26 5 2 12 27 19 52 2 48 + 17 6 5,4 [JL Baleine )
- 4 6 5 16 13 1 20 47 2 9 + 20 46 53,4 a Bélier Inobservable.
- Venus .... 16 4 30 12 4 19 39 1 51 + 18 46 58,4 T Bélier | En conjonction le 20 avril,
- 26 3 50 11 4 18 18 1 30 + 14 58 58,0 H Poissons avec le Soleil.
- 6 9 30 17 43 2 5 6 49 + 25 10 6,6 Gémeaux
- Mars 16 9 16 17 25 i 34 7 10 + 24 32 6,2 ô Gémeaux 1 Première partie de la nuit.
- 26 9 4 17 7 1 JL 7 32 + 23 42 5,8 X Gémeaux
- Jupiter. . . . 16 5 53 13 12 20 31 2 57 + 15 59 31,0 Taureau Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne . . . 16 0 0 4 17 8 35 18 2 — 22 14 15,6 Sagittaire Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . . 16 4 31 10 46 17 1 0 32 + 2 43 3,2 10 Baleine Inobservable.
- Neptune. . . 16 13 16 20 17 3 18 10 A + 12 29 2,4 a Lion Dès l’arrivée de la nuit.
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- Le 18 avril, occultation de rj Lion (gr. 3,6), de 18h 23“ à 19h 37“.
- Le 21 avril, occultation de y Vierge (gr. 2,9), de 23h 28“ à 0h 42m le 22. La Lune sera à deux jours avant son plein. L’étoile — qui est une des plus belles doubles du ciel
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 17 avril, à I6h. Il est, par suite, inobservable ce mois-ci.
- Vénus, qui a illuminé toutes nos soirées de printemps, n’est plus visible, au début du mois, que pendant quelques instants, aussitôt après le coucher du Soleil. Vénus sera en
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- conjonction inférieure avec le Soleil, le 20 avril, à 9h. Elle sera donc inobservable à la lin du mois.
- Mars est encore bien visible dès.l'arrivée de la nuit. Mais son diamètre diminue de plus en plus et il faut à présent des instruments de très grande puissance pour effectuer des observations utiles de sa surface.
- Jupiter se couche de plus en plus tôt. On pourra encore observer quelques-uns des phénomènes produits par les satellites dans leur mouvement autour de la planète..Voici la liste de ces phénomènes pour avril.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- DATES Avril. Heure. Satel- lite. Phéno mène DATES Avril Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 19h 34” II O.f. 9 18h 58“ I P. c.
- 1 19 45 I Im. 9 19 34 I O. c.
- 1 19 7 I P. f. 10 19 1 I E. f.
- 1 19 40 I O.f. 17 19 17 II E. f.
- 8 19 54 II O.c.
- Saturne devient de mieux en mieux visible dans la matinée. Voici les éléments de l'anneau, à la date du 15 avj il :
- Grand axe extérieur............................. 39'',12
- Petit axe extérieur . . ..................... 17", 28
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................-f- 26° 13'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26u 43'
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations. En voici la listel pour avril.
- Dates. Élongation. Heure.
- Avril 5 Orientale. 20\7
- — 14 Occidentale. lh,9
- — 21 Orientale. 19\2
- — 30 Occidentale. 0\2
- Uranus s’est trouvé en conjonction avec le Soleil le 28 mars. Il est donc inobservable ce mois-ci.
- Neptune est encore très bien placé pour être recherché et observé, presque toute la nuit. Il se rapproche de plus en plus de la brillante étoile Régulus (a Lion).
- La petite carte que nous publions ici (fig. 1), permettra aisément de le trouver. Rappelons que Neptune brille comme une étoile de 8° à 9° grandeur et présente, dans une lunette un peu puissante, un petit disque de 2" 1/2 environ de diamètre.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 8k, Saturne en conjonc. Le 8, à 23\ Uranus —
- Le 9, à 3\ Mercure —
- Le 10, à 18h, Vénus —
- Le 11, à 16k, Jupiter —
- Le 15, à 20\ Mars —
- Le 18, à 7h, Mercure —
- Le 18, à 20h Neptune —
- Le 28, à 14h, Mercure —
- Le 28, à îbh, Saturne —
- avec la Lune, à 4° 26' N. la Lune, à 3° 16’ N. la Lune, à 19 55' N. la Lune, à 9° 33' N. la Lune, à 0° 20' S. la Lune, à 2° 13' S. Vénus, à 7° 33' S . la Lune, à 4° 55' S. Jupiter, à 2° 12' N. la Lune, à 4» 33' N.
- Etoiles variables. — Minimum d’Algol (p Persée), le 17 avril, à 20b28u. Phénomène visible à l’œil nu ou avec une simple jumelle.
- Etoiles filantes. — Peu d’essaims importants sont actifs en avril.
- En voici trois, d’après la liste de M. W.-F. Denning, publiée dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes- :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine
- Avril 9 255° + 36° tc Hercule.
- — 16 au 30 206° + 13° y] Bouvier.
- — 19 22 2710 + 33° 104 Hercule.
- — 29-30 326° — 2° a Verseau.
- L’essaim des Lyrides, actif du 19 au 22 avril, donne des météores rapides.
- Etoile Polaire. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris.
- Dates. Passage. Heure. Temps sidéral à 0“ (T. ü.)
- Avril 1er Inférieur 0h 49m 59* 12b 35” 28-
- — 11 — 0h 10m 38‘ 131* 14m 53s
- — 13 — 0h 2“ 47* —
- — 13 — 23b 58m 51" —
- — 21 — 23h 27“ 24“ 13“ 54”19
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er avril, à 21h, est représenté par la carte donnée au précédent Bulletin astronomique (n° 2802, page 132).
- Au Zénith : La Grande Ourse; le Lion.
- Au Nord-Est : Le Dragon.
- Aü Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- A l'Est : Le Bouvier; la Chevelure; la Balance; la Vierge. Au Sud : Le Corbeau; l’Hydre; la Licorne, le Petit Chien. A l’Ouest : Les Gémeaux; Orion; le Taureau et les Pléiades.
- Em. Touchet.
- CHRONIQUE D'AVIATION
- Avion de transport des journaux.
- La Société allemande Ultstlin utilise depuis plus de trois ans l’aviation pour la distribution du Berliner Zeitung am Mittag. Elle emploie dans ce travail trois avions lui appartenant, et les appareils de la Luft Hansa Ces avions sont des biplans Heinkel monomoteur B. M. W. de 220 ch pouvant enlever 500 kg de journaux. Le pilote commande la chute des paquets de journaux, qui sont ainsi distribués rapide-
- ment, sans nécessités d’atterrissage. Le nombre de numéros transportés annuellement s’éleva à 2 500 000 en 1925 ; 3 000 000 en 1926 ; plus de 4 000 000 en 1927.
- Appareil d'école Gustaïtis « Anbo II ».
- Un appareil d’école très intéressant a été construit pendant les mois d'éié de 1927 dans les ateliers militaires d’aviation lithuanienne.
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- Cet appareil, l’Anbo II, est dû au capitaine Gustaïtis, à ce moment élève à l’Ecole Supérieure d’Aéronautique de Paris.
- L’Anbo II est uq monoplan parasol biplace à mâts obliques, muni d’un moteur Walter de 60 ch.
- L’aile de l’appareil rectangulaire à extrémités arrondies, est en deux parties articulées à la cabane ; elle est de profil demi-épais (profil constant jusqu’aux arrondis). Sa structure comporte deux longerons caissons en bois (spruce et contreplaqué), des nervures de bois et des nervures-caissons formant barres de compression ; le recouvrement est en toile. Des portes nombreuses, ouvertes sous l’aile permettent la visite, et, s’il est nécessaire, le réglage des haubansde traînée (haubanage de traînée dans les plans des semelles des longerons).
- La cabane est formée de six mâts d’acier : une pyramide de quatre mâts à Pavant fixant l’extrémité des deux demi-longerons avant ; deux mâts arrière, fixant la hauteur du longeron arrière. Les trois cadres avant du fuselage sont ainsi liés rigidement à la voilure.
- Deux paires de mâts obliques en tubes d’acier profilés assurent le haubanage du plan. Ils sont articulés à la base des deuxièmes et troisièmes cadres du fuselage.
- Le fuselage est construit en tubes d’acier soudés à l’autogène, type de construction très utilisé à l’étranger, toujours ignoré des services officiels français. Le croisillonnage est rigide à l’avant du fuselage (tubes), souple à l’arrière (cordes à piano). Le recouvrement est en toile. Une porte latérale donne accès au poste avant.
- Les empennages sont classiques ; l’empennage horizontal rectangulaire, à bord d'attaque arrondi, est haubané par deux paires de mâts et des cordes à piano ; la dérive est triangulaire. Tous les volets sont sans compensation; la structure des empennages est en duralumin, le recouvrement en toile.
- Le train d'atterrissage est formé d’un cadre trapézoïdal avant, rendu indéformable par croisillonnement, et deux barres télescopiques arrière (amortissement à sandows). L’essieu est caréné (Omq. 040), la voie est de 1 m. 63.
- Un moteur Walter de 60 ch équipe l’appareil moteur à 5 cylindres en étoile, à refroidissement par l’air (vitesse de régime 1400 t/min). Il est monté avec une hélice en bois de 2 m. 06 de diamètre. Le groupe motopropulseur est monté sur un berceau en tubes d’acier boulonné au fuselage en quatre points.
- Les caractéristiques de l’Anbo II (tig. 1) sont les suivantes :
- Envergure........................ 10 m. 72.
- Longueur......................... 6 m. 75.
- Surface portante................. 18 mq. 60
- Poids vide . . •................. 395 kg.
- — en charge................... 610 kg.
- Vitesse maxima................... 155 ktn-h.
- — minima...................... 60 km-h.
- Montée à 1000 m.................. 8 min.
- Plafond — ........... 3500 m.
- Des essais en vol effectués, il résulte que la maniabilité
- de l’avion est excellente ; sa stabilité permet un pilotage facile, même aux vitesses faibles. L’emploi du parachute est pratiquement possible pour le pilote avant, grâce à la porte latérale. Enfin, la visibilité des deux postes est très bonne.
- Fig. 1. — Appareil d’école Gustaïtis a Anbo II h.
- L’Anbo II, appareil d’école, ferait un excellent avion de sport, très sur, d’entretien facile et économique.
- Récupération de Vénergie dans les essais au banc.
- La récupération de l’énergie absorbée par les freins de bancs d’essais peut être intéressante dès qu’il s’agit d’essais de moteurs nombreux ou de grande puissance.
- Des dispositifs variés peuvent être imaginés pour cette récupération. L'un des plus intéressants est celui employant comme frein un alternateur asynchrone ; il a été réalisé industriellement sous le nom d’« alternateur-frein D H. C. ».
- Le fonctionnement du moteur asynchrone est le suivant : le moteur tournant à vide, sa vitesse est égale à la vitesse du synchronisme. Un couple résistant intervenant, la vitesse du moteur se stabilise au-dessous de la vitesse du synchronisme, sur l’un des points de la courbe C (fig.2). Si le couple résistant est supérieur au couple moteur maximum, le moteur cale (couple de décrochage).
- Au contraire, par l’intervention d’un couple moteur étranger, la vitesse monte au-dessus de la vitesse du synchronisme, et s’équilibre sur un point de la courbe C’ (C 'et C' sont symétriques par rapport au point correspondant à la vitesse de synchronisme). Le moteur asynchrone fonctionne alors en alternateur et envoie du courant dans la ligne. Le rendement de cette récupération est, pour une même machine, fonction de la puissance absorbée.
- L’introduction d’une résistance dans le circuit du rotor déformera les courbes, en augmentant l’intervalle des vitesses correspondant aux couples maxima. Par introduction d’une résistance, la vitesse diminuera dans le cas de fonctionnement en moteur, elle augmentera dans le cas de fonctionnement en alternateur (ceci à couple constant). Cette propriété permet d’adapter l’alternateur-frein à la vitesse du moteur essayé. Un abaque peut être construit, liant la puissance absorbée, la vitesse, la résistance du rotor et la puissance récupérée.
- L’alternateur-frein fonctionnant en moteur asynchrone, pourra être employé au démarrage du moteur en essais, et à son rodage à vide (le couple de frottement pourra alors être mesuré). En cas de manque du courant de secteur, l’alternateur, qui est toujours excité par ce courant, se trouvera coupé, sans l'intervention de disjoncteur. Dans le dessein de rendre plus précises et plus constantes les mesures, l’alternateur-frein a été monté en balance-dynamométrique, le couple de réaction du stator étant équilibré par un système de poids:
- Enfin, des essais de moteurs à tous les régimes peuvent être effectués, en faisant fonctionner l’appareil en alternateur ordinaire (alimentation du rotor en courant continu assurant l’excitation). F. Gruson.
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1929,
- 1 vol , VIII-697 p., avec 5 cartes célestes en couleurs, 3 cartes magnétiques, Gautliier-Villars, éditeur, Paris. Prix : broché 12 fr.
- L’annuaire de 1929 contient les 5 chapitres suivants : calendrier, Terre, astronomie, données géographiques et démographiques, tables de survie, d’annuités, d’intérêts et d’amortissement, qni reproduisent les renseignements publiés dans l'annuaire 1927. En outre, il contient 3 importantes notices scientifiques : la rotation de la Terre par H. Andoyer, la détermination du diamètre solaire par M. M. Hamy et la continuation de l’historique du Bureau des Longitudes par M. G. Bigourdan.
- Annuaire astronomique et météorologique Camille Flammarion pour 1929 1 vol., 342 p. et 89 fig., cartes, diagrammes et un frontispice. Flammarion, éditeur, Paris, 1929. Prix : 12 fr.
- Cet annuaire est le guide indispensable de tous ceux qui s’intéressent ou s’adonnent à l’étude du ciel. Ils y trouveront principalement, après les articles, du calendrier terrestre, un véritable calendrier astronomique indiquant les observations à effectuer chaque jour de l’année, des cartes détaillées permettant de suivre la marche des planètes et des éphémérides de ces dernières et de leurs satellites, puis des cartes mensuelles des aspects successifs du ciel, ainsi que de nombreux tableaux relatifs au système solaire, aux positions des étoiles, à leurs distances, etc. ; d’autres tableaux sont consacrés aux divers éléments du globe terrestre. Une revue annuelle des progrès de l'astronomie, des statistiques astronomiques et météorologiques, un calendrier perpétuel et des instructions pour l’usage des instruments, etc., complètent cette utile publication.
- Données numériques de physique du globe, par
- Ch Mxuraik, C. E. Brazier, Eblé, Labkouse et E. Salles. Tsbles annuelles de constantes et données numériques, 1 vol., VIII, 60 p., Gauthier-Villars, Pans, 1928.
- Cette brochure appartient à l’importante entreprise des tables annuelles de constantes de Ch Marie Elle contient une foule de données précieuses sur la pesanteur, la composition du globe, la séismologie, le champ magnétique terrestre, l’électricité atmosphérique, la radioactivité des sources thermales, la radiation solaire, le vent, les précipitations atmosphériques, etc.
- Données numériques de radioélectricité, par R.
- Mesny. (Tables annuelles de constantes et données numériques de Ch. Mary). 1 vol., VIII, 26 p,, Gauthier-Villars, Paris, 1928.
- Cet utile recueil contient les caractéristiques d’un grand nombre de tubes électroniques, des données sur l’émission électronique, les résultats d’un grand nombre de mesures faites par divers observateurs sur le rayonnement des ondes hertziennes et les effets des perturbations atmosphériques, et des tables pour le calcul des inductances des bobines.
- Données numériques de photographie, rédigées par W. Clarck (Tables annuelles de constantes et données numériques de Ch. Marie, 1 vol. X-58p., Gauthier-Villars, Paris, 1928.
- La plaque photographique dont l’emploi est si vaste aujourd’hui aussi bien dans les recherches scientifiques pures que dans les applications a fait en ces dernières années l’objet d’un grand nombre d’études dont les résultats numériques sont résumés dans la présente brochure Celle-ci est divisée en 6 parties : loi du noircissement et sensitométrie, développement, lavage, et fixage, senbilisation et désensibilisation, mécanisme de l’action de la lumière, propriétés des produits photographiques.
- Notions fondamentales de chimie organique par
- Ch. Moureu. 9° édition revue et corrigée, l vol. in-8, 657 p., Gauthier-Vrllard et Cie, Paris, 1928. Prix : 70 fr.
- L’ouvrage du professeur du Collège de France est le manuel classique français pour apprendre la chimie organique Exposé remarquablement clair et coordonné des connaissances actuelles, il a eu un succès éclatant que prouvent ses multiples éditions successives et sa traduction en anglais. La 9e édition a été largement revisée pour tenir compte des questions d'actualité. C’est ainsi que l’auteur a complété et refondu certaines parties, notamment celles qui concernent la valence, la catalyse, les hydrocarbures acétyléniques, les terpènes, les sucrés et glucosides, les dia-zoïques, les composés organo-métalliques On trouvera mentionnées en outre, différentes réactions qui ont acquis dans ces derniers temps une grande importance : synthèses industrielles de l’alcool méthylique, de l’acide acétique, etc. Des chapitres spéciaux
- sont consacrés aux matières colorantes, odorantes, médicamenteuses et aux explosifs.
- Le livre mérite bien son titre de « Notions fondamentales ».
- Faune de France. 19e. Hyménoptères vespiformes
- 11, par L. Bekland. 1 vol. in-8, 208 p., 232 fig. Lechevalier, Paris, 1928. Prix : 36 fr.
- Voici un nouveau volume, le 19° de la faune de France. Il est inutile de répéter une fois de plus l’intérêt et l’importance de cette publication. Celui-ci est consacré à un des groupes d’insectes les plus curieux au point de vue des mœurs, parce que tous sont prédateurs d’autres Arthropodes qu’ils tuent ou paralysent pour nourrir leurs larves. Cette 2e partie décrit toutes les espèces de nos pays des familles suivantes : Euménides, Vespidés, Masaridés, Béthy-lidés, Dryinidés, Embolémidés. Pour chacune d’elles sont donnés la description, les caractères spécifiques dont la plupart des caractéristiques sont figurées, les habitats, les observations étholo-giques connues, les proies, les parasites. C’est un travail fondamental auquel il faudra constamment se référer.
- Histoire des fourmis, par M. de Réxumur, 1 vol. in-8, 116 p , 1 portrait. Encyclopédie entomologique XI. Paul Lechevalier, Paris, 1928. Prix : 40 fr.
- Un mémoire inédit de de Réaumur est un rare régal. M. Bouvier expose dans une introduction l'origine de la publication de celui-ci. M. Wheeler, professeur à Harvard- et célèbre entomologiste, avait demandé à M. Bouvier si Réaumur avait étudié les fourmis. Les manuscrits de ce savant sont aux archives de l'Académie des Sciences. En consultant celles-ci, M. Bouvier trouva un mémoire prêt à être mis au net pour l’impression. II le fit copier avec soin et c’est ce texte qni paraît aujourd’hui, précédé d’un portrait très vivant, accompagné de notes de M. Perez, professeur à la Sorbonne. Cette « histoire des fourmis » se lit d’un bout à l’autre avec délices et montre toute la valeur des observations de de Réaumur. Exhumée après 2 siècles, alors que les fourmis ont donné lieu depuis à de très nombreuses études, elle conserve cependant toute sa valeur non seulement de curiosité, niais d'exacte documentation. Et l’on est charmé d’y trouver, à côté d’observations et de points de vue aujourd’hui dépassés, nombre de remarques et d interprétations qui gardent leur nouveauté et toute leur justesse.
- Les origines humaines et révolution de l’intelligence. par Edouard le Roy, 1 vol. in-16, 375 p.,Boivin et Cie, Paris, 1928. Prix : 20 fr.
- Suite à L exigence idéaliste et le fait de l’évolution, ce nouveau volume reproduit le cours professé par l’auteur au Collège de France. L’objet essentiel en est d’appliquer au problème des origines humaines les principes généraux antérieurement définis à propos de l’évolution animale. Une brève analyse du phénomène et de la place qu’il occupe dans la nature fournit un point de départ en conduisant à poser en termes précis et sans restrictions abusives le problème biologique de l’homme. Vient ensuite l’établissement d’un double rapport entre l’homme et le monde infra-humain, chacun tour à tour expliquant l’autre. Deux points sont alors discutés, l’état actuel de la controverse transformiste et la possibilité de résoudre la crise par l'introduction de lidée que la vie es_t invention Enfin le corps du livre est consacré à une étude approfondie de l’hominisation, d’abord au point de vue paléontologique, puis dans une perspective plus intérieure où essaie de ressaisir l’éclosion première de l’intelligence et le progrès de son évolution finaliste.
- La Revue de géographie physique et de géologie dynamique Presses Universitaires, Paris. Prix d’abonnement annuel : 60 fr.
- Cette Revue est un nouveau recueil fondé par le laboratoire de géographie physique de la Faculté des Sciences de Paris. Il répond à un besoin réel, pour accueillir des travaux qui, jusqu’à présent, ne trouvaient pas place dans des périodiques généraux, comme la « Géographie », organe de la Société de Géographie, ou spécialisés comme le « Bulletin de la Société géologique » ou les « Annales de Géographie ». Cette revue restera avant tout cantonnée sur le terrain de l'observation. A i’occasioD, elle pourra aider utilement à la publication des thèses de doctorat. Deux fascicules ont déjà paru, avec planches hors texte (mars et juin 1928; le troisième est sous presse). Ils contiennent : Une traversée de la Mauritanie occidentale, par Théod. Monod; l’Action du vent à la surface de la terre, par J. Bourcart; Voyage géologique au Dahomey, par de Chetelat; Louis Gentil, par L. Lutaud; la carte du Hoggar, par J Boucart; et diverses notes et informations. La direction est assurée par MM Lutaud, professeur et Bourcart, chef des travaux pratiques du laboratoire.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- Séances cle Décembre 1928 et de Janvier 1929
- PHYSIQUE INDUSTRIELLE
- Une énergie naturelle utilisable (M. H. Bar.tot). — Isolées de l’atmosphère par une couche de glace superficielle, les eaux des rivières ou des lacs des pays voisins du pôle se maintiennent liquides à une température voisine de 0° et peuvent constituer ainsi la source chaude d’un cycle thermique dont la source froide marque parfois — 40°.
- Comme l’indique l’auteur de cette ingénieuse remarque, il est facile de pomper une certaine quantité d’eau, sous la couche de glace, et de l’envoyer dans un bouilleur où elle provoquerait l’ébullition d’un gaz tel que les anhydrides CO1 et SO3 ou l’ammoniac même, comme fluide intermédiaire, on peut prévoir l’emploi d’un hydrocarbure volatil, comme le butane ou le propane qui présentent l’avantage d’être insolubles dans l’eau. L’ébullition de tels produits sous pression convenable provoquerait simultanément la congélation d’une masse d’eau correspondante; et le fluide après travail dans une turbine serait aspiré dans un condenseur où l’on pourrait employer, comme agent de réfrigération, la glace saline ou cryohydrate fournie par la congélation d’une solution saturée de chlorure NaCl. On aurait ainsi une condensation à température constante (— 22°), le fluide liquéfié et l’eau salée, de fusion facilement séparables, revenant dans le cycle des opérations.
- En estimant — 27° comme température de l’atmosphère et en estimant à 4 pour 100 le rendement mécanique de l’installation, l’énergie fournie par un mètre cube d’eau non congelée peut s’évaluer à plus de 1 300 000 kg. mètres, et si l’on suppose que l’on ait à sa disposition une solution saturée de sel congelée, sur une étendue de 4 km2 et une épaisseur de 15 cm, on peut en faire le condensateur d’une turbine de 30 000 ch pendant 24 heures.
- On doit prévoir l’application d’un tel principe dans la région qui sépare les grands lacs de la baie d’Iludson et dans celle qui va du Klondyke au Labrador.
- ÉLECTROCHIMIE
- Un procédé d’électrolyse du nickel (M. B. Bogitch). — La méthode mise en œuvre par l’auteur lui a permis d’obtenir un beau dépôt électrolytique, d’une épaisseur de quelques mm et titrant 99,90 Ni en partant d’un alliage contenant près de 10 pour 100 de corps étrangers.
- Un diaphragme divise la cuve en deux compartiments, et celui qui contient la cathode, maintenu à une température supérieure à 65°, reçoit continuellement une solution de chlorure NiCl2 de densité supérieure à 1,2. L’électrolyte appauvri revient dans le compartiment anodique et se charge d’impuretés : il passe ensuite dans une cuve spéciale où l’oxyde Ni (OH3) précipite le fer, l’arsenic et la majeure partie du cobalt; le cuivre d’ailleurs se rassemble dans les boues anodiques. Après filtration, la solution purifiée revient à la cellule cathodique, tandis que le chlorure NiCl2 qui a pu être retenu dans les précipités s'emploie à la préparation de l’oxyde Ni (OH)5. Le cycle se ferme ainsi et, comme cathodes on emploie des morceaux de métal, coupés après un recuit d’adoucissement dans des baguettes de 50 à 60 cm de longueur, pour un diamètre de 15 à 20 mm et d’un poids voisin de 1 kg.
- CHIMIE BIOLOGIQUE
- La teneur en zinc des aliments végétaux
- (MM. Gabriel Bertrand et Boje Benzon). — On sait, notam-
- ment depuis les travaux de Mac Hargue, de R. Iiubbell et Lafayette Mendel, que les faibles quantités de zinc retenues dans les tissus de l’organisme vivant ne sont pas étrangères à sa composition physiologique et qu’elles remplissent même un rôle comparable à celui du fer. Il était donc intéressant d’évaluer la quantité de métal Zn apportée par les substances, animales et végétales qui entrent dans l’alimentation.
- C’est ainsi que les auteurs ont été amenés à constater qu’il y a moins de 1 mg par kg dans la partie pulpeuse des fruits (pêche, prune, abricot, mandarine, fraise, melon) et dans les feuilles étiolées des endives; la teneur s’élève parfois à 2 mg dans les racines parenchymateuses (carotte, navet, radis), la chair d’orange, le jus de citron, la figue et;le tissu des feuilles pauvres en chlorophylle. On peut trouver 3 mg dans la partie comestible du potiron, de la banane, de la patate, de l'aubergine et 4 mg dans le rutabaga, l’asperge et le tissu charnu de la datte. Les chiffres s’élèvent avec les organes abondants en chlorophylle, tels que les feuilles de carotte et de luzerne (4 mg), de radis (4,5) et de pissenlit (9,7). La pomme de terre adulte donne, pour le tubercule, 4 mg, le cèpe 5,1 et la levure 12,5.
- Les graines de céréales s’inscrivent déjà pour un titre élevé : seigle, sorgho, froment, millet, orge — de 12 à 19,5 mg — mais cependant inférieur à celui des légumineuses : soja 20 mg, vesce 23, lentilles 24,5, pois 44,5 et haricot 52,5. Un dernier point intéressant à signaler est la localisation du métal dans les issues que l’on rejette le plus souvent de l’alimentation humaine : le pain de farine entière peut renfermer de 10 à 15 mg de zinc par kg, alors que le pain préparé avec de la farine blanche au taux d’extraction de 75 pour 100 n’en contient que de 6 à 7 mg.
- GÉOLOGIE
- Le pourtour occidental du bassin houiller de Saint-Étienne (M. A. Demay). — Dans ses précédentes études, l’auteur a montré que l’on peut suivre depuis Saint-Etienne jusqu’au Rhône et sur une quarantaine de kilomètres quatre nappes cristallophylliennes au-dessus du granité et du gneiss granitique de base. Les nouvelles recherches montrent dans quelles conditions ces unités se prolongent sur une région où MM. P. Termier et G. Friedel ont d’ailleurs signalé, dès 1906, des phénomènes d’écrasement et de charriage.
- En longeant le complexe tectonique des Cévennes septentrionales, ou le pourtour occidental du bassin stéphanois, on voit la nappe des Trois-Dents s’amincir, puis disparaître ; confondues bientôt, la nappe du Pilât et la nappe de Pouyar-dière disparaîtront, à leur tour, entre Firminy et Saint-Just-sur-Loire. Enfin, la nappe des micachistes ou nappe de Laval parvient jusqu’aux terrains tertiaires ou quaternaires du Forez, tandis qu’entre Montrambert et Firminy, le gneiss mylonitique montre l’existence d’écailles que vient chevaucher la nappe de la Gampille.
- ÉLECTIONS
- Le mois de décembre a été marqué par de nombreuses élections de Membres correspondants : M. Camille Gutton pour la section de Physique, M. Louis Léger pour la section d’Anatomie et Zoologie et M„ Serge Bernstein pour la section de Géométrie. Paul Baxjd.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉTÉOROLOGIE
- Le temps pendant Vannée 1928.
- L’année météorologique 1928 (l£r décembre 1927 au 30 novembre 1928), à l’observatoire du Parc Saint-Maur, a donné une moyenne température vraie des 24 heures, de 11°,2, en excès de 1°,2 sur la normale des 54 années de 1874 à 1927 de la série des observations de cet observatoire. Celle de 1921 la surpasse de 0°,2; en 1899 et 1911 elle l’égale exactement ; en 1926 elle lui est inférieure de 0°,1 et en 1913 de 0°,2 ; 1928 se trouve donc classée parmi les six années les plus chaudes.
- Son maximum absolu de température : 34°,9, quoique déjà élevé, n’a rien d’excessif, puisqu’en 1881 et 1921, l’on eût 38°,4, en 1900 37°,7, en 1874 37°,6 et en 1904 36°,9.
- Au point de vue pluie, 1928 a fourni 750mm,2 d’eau au pluviomètre de l’observatoire du Parc Saint-Maur, en excès de 162 mm,6 sur la normale des 53 années de 1875 à 1927 de la série des observations de cet observatoire. Les années 1910, 1916, 1926, 1924, 1878, 1922 [et 1927 ront donné respectivement : 775 mm,4, 774 mm,6, 758 mm,6, 756 mm,0, 746mm,0, 736 mm,3 et 729mm,7.
- L’année 1928 se classe donc au cinquième rang parmi les années les plus pluvieuses ; cependant trois mois ont été très secs, juillet, août et septembre, mais surtout juillet qui n’a présenté que 3 jours de pluie seulement et offert 21 jours consécutifs sans pluie appréciable, du 7 au 27, à Montsouris. La période de sécheresse, commencée le 28 juin, s’est prolongée pendant 30 jours au Parc Saint-Maur, et celle de septembre a été comparable à celle de juillet ; à la date du 24, on n’avait noté qu’une seule chute de pluie (1mm,5, le 9). Les mois d’avril et d’octobre ont été, par contre, très pluvieux (112 mm,0 et 113 mm,9). Dans l’année, il a été constaté : 169 jours de chutes de pluie appréciable, 9 jours de neige, 7 jours de grêle, 28 jours d’orage, 137 jours de brouillard et 35 jours de gelée. Em. Roger.
- ÉLECTRICITÉ
- Un nouvel appareil de radio-photo-télégraphie.
- Parmi les merveilles sans nombre réunies à la récente « Foire de Radio » de New-York un nouvel appareil de radio-photo-télégraphie attira plus particulièrement l’attention de la foule compacte des visiteurs.
- Il s’agit d’une récente invention du Dr Vladimir K. Zwori-kin, ingénieur du laboratoire des recherches de la Westinghouse C° de Pittsburgh, permettant de capter des impulsions électriques de l’atmosphère pour les transformer en moins d’une minute en une photographie complète.
- Contrairement à certains autres appareils de radiophoto-graphie ou de téléphotographie, le nouvel appareil utilise le procédé ordinaire en usage chez les photographes pour la préparation des images.
- Outre le transmetteur ordinaire par ondes courtes, le dispositif de M. Zworykin se compose de trois parties principales : un émetteur, un récepteur et un <c synchroniseur ».
- Dans l’émetteur, on place une photographie ordinaire ou un manuscrit sur un cylindre qui tourne lentement et se meut, en même temps, en avant dans le sens longitudinal. De cette manière, chaque point de l’image arrive dans le champ d’un mince faisceau lumineux. Par l’intermédiaire d’un système de miroirs, le pinceau lumineux est réfléchi sous une incidence variable de la photo sur une cellule photoélectrique qui émet une vibration électrique dont l’intensité est proportionnelle à celle de la lumière du point particulier couvert sur la photo par le pinceau lumineux à ce moment particulier.
- ^ Pour la transmission par radio, les courants faibles émis par la cellule photo-électrique passent d’abord dans un amplificateur à trois étages pour s’en aller ensuite par fil jusqu’à la station de T. S. F. qui peut être plus ou moins éloignée de l’appareil émetteur.
- A cette station les ondes électriques sont transformées en ondes hertziennes qui s’échappent dans l’atmosphère.
- Au poste récepteur on utilise un récepteur standard à ondes courtes pour capter ces ondes. Celles-ci sont recueillies par une lampe spéciale qui oscille selon les fluctuations produites dans l’intensité du courant. La lnmière provenant de cette lampe est concentrée en un mince faisceau qui tombe sur un cylindre du poste émetteur, Ce cylindre est recouvert de
- papier sensible et à mesure que la lumière tombe dessus avec une intensité variable, il se produit une série d’impressions d’un degré variable sur le papier. Quand on « développe » ce papier, on y voit la reproduction adéquate de la photographie placée sur le cylindre transmetteur.
- Une caractéristique essentielle du nouveau dispositif est que le cylindre du poste émetteur et du poste récepteur tournent et se meuvent exactement à la même vitesse.
- Ce synchronisme est réalisé au moyen du « synchroniseur ». Cet appareil transmet avec une longueur d’ondes identique à celle de Jla transmission radio-photo-télégraphique une note de fréquence constante qui régularise la vitesse de moteurs synchrones identiques actionnant les deux cylindres.
- Une fois développée et séchée la nouvelle image reproduit l’original dans tous les détails, au point, qu’à une distance de 60 cm, il est impossible de distinguer les deux images l’une de l’autre. L. Kuentz.
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- CHIMIE
- Un important succédané de la glycérine.
- Pendant la guerre, l’absence de matières grasses dans les empires centraux avait excité les recherches pour se procurer de la glycérine destinée surtout à la fabrication de la dynamite. D’une part, toutes les sources de matières grasses résiduaires des ménages avaient été méthodiquement réquisitionnées ; tous les noyaux d’arbres fruitiers l’avaient été aussi, les noyaux de pruneaux de Dalmatie, dont il y avait des montagnes inutilisées avaient été employés ; dans un autre ordre d’idées, on avait étudié de près les fermentations des matières sucrées de manière à y rendre prépondérante la réaction secondaire qui produit de la glycérine aux dépens de l’alcool; on a même dit que la fermentation des mélasses de dernier ordre produisait de la glycérine meilleur marché que celle provenant des lessives savonneuses.
- D’ailleurs, il était ennuyeux que le commerce de la glycérine fût tributaire de celui des matières grasses.
- C’est pourquoi, l’industrie qui doit toujours aller de l’avant, sans se soucier des petits intérêts particuliers, a accueilli avec plaisir la nouvelle que les Etats-Unis, grâce aux énormes quantités de gaz méthane naturel dont elle dispose et qui sont encore perdus partiellement, est à même de fabriquer économiquement du bichlorure d’éthylène (liqueur des Hollandais), et partant de là du glycol éthylénique.
- Nous allons donner brièvement un aperçu des possibilités industrielles encore à leur orée. Comme le fait observer très judicieusement T.-H. Fairbrother ( The Industrial Chemist, mai 1928, page 179), Wurlz, quand il découvrit la liqueur des Hollandais, ne pouvait se douter des possibilités industrielles très étendues du bichlorure d’éthylène et de ses dérivés. C’est là le sort commun de toutes les grandes découvertes ; de même, Wohler quand il découvrit l’urée pouvait-il supposer que de ce corps, curiosité de laboratoire, pourraient naître un jour des résines synthétiques de grandes applications, des corps sans lesquels la pharmacologie actuelle serait bien embarrassée pour produire un sommeil artificiel adoucissant pour ceux qui souffrent.
- De même Debereiner, en produisant le furfural par la fermentation du son de blé, ne pouvait pas supposer les applications énormes du son, ce sous-produit des avoines de régime’ connues sous le nom de Quaker oats et autres. Que le lecteur de cette Revue nous pardonne de nous être égaré si loin du sujet actuel par des sentiers de traverse qui ont néanmoins, du moins nous le croyons, leur utilité pour montrer que tout se tient, forme un corps compact, et le commerce et la science, et le laboratoire et la science appliquée.
- Le glycol synthétique fabriqué avec le bichlorure d’éthylène issu des gaz méthane naturels perdus des Etats-Unis dont la production annuelle en 1926 n’était que de 2000 tonnes et en 1927 de 6000, est produit pour cette année 1928 à 15 000 t. et cette production ne fera que s’accroître.
- Quand on pense que, aux Etats-Unis, la production de glycérine annuelle pour la fabrication de la dynamite est de 20 000 t., on voit les progrès considérables qu’est en train de faire cette nouvelle industrie.
- Et comme chacun le sait ici, ce ne sont pas les seules applications du glycol éthylénique. Comme corps abaissant le point de congélation de l’eau dans les radiateurs d’automobiles, le glycol éthylénique est le meilleur et le moins cher des « anti-gels » (Fairbrother, loc. cit.).
- Actuellement le glycol éthylénique aux Etats-Unis a conquis près d’un quart des clients de la glycérine pour la dynamite.
- Et il y a de fortes chances pour que . ceci ne fasse que croître. À 35 pour 100, il est le meilleur des « antigels » et il ne corrode pas les métaux; il peut remplacer partielle-
- — ..........—~ — 235 =
- ment la glycérine dans la fabrication de la dynamite, au moins dans des proportions variant de 10 à 50 pour 100. Avec lui, le danger de détonation prématurée est beaucoup moins grand, dit-on, qu’avec la glycérine.
- Son éther monoéthylique, qui est vendu sous le nom de « cellosolve », est un solvant remarquable des éthers de cellulose dans les industries des vernis cellulosiques.
- Parlant un peu du prix de ces produits, on verra que, alors que le tétrachlorure de carbone vaut 3 cents et demi la livre, une quantité de bichlorure d’éthylène possédant le même pouvoir dissolvant vaudra 2 cents et demi seulement.
- Car, en ces matières de solvants pour vernis cellulosiques, il ne faut pas considérer les prix de deux poids égaux de deux solvants différents, mais les prix de deux quantités faisant le même effet de dissolution.
- Sur la base du volume également, le bichlorure d’éthylène coûte moitié moins que le trichloréthylène. 11 possède cette propriété remarquable de ne pas s’hydrolyser, comme le tétrachlorure de carbone, qui attaque les pièces métalliques, récipients et valves. Il est très intéressant pour l’extraction des huiles contenues dans les tourteaux.
- Il l’est également dans le nettoyage à sec, ne présentant pas les dangers des benzines. Et surtout il peut séjourner dans des récipients en fer, alors que le tétrachlorure de carbone doit être emmagasiné dans des récipients doublés de plomb.
- Il est probable que ce nouveau concurrent pour les producteurs de glycérines de lessives de savons les incitera à moderniser leurs méthodes, à essayer d’abaisser leurs prix de revient et de vente.
- D’ailleurs le champ du bichlorure d’éthylène et de son cousin le glycol éthylénique semble être très considérable par ailleurs. Ainsi, si l'on condense le bichlorure d’éthylène avec le benzène en présence de chlorure d’aluminium, on obtient presque quantitativement le
- 'CH* Cl Cc H5H G7 H7
- |i -h = 2C1H —t— Il dibenzyle.
- CIU Cl CURH C7 II7
- Or, ce dibenzyle s’oxyde très rapidement pour se transformer en benzaldéhyde aux multiples applications dans les industries suivantes : parfums, teintures, etc. Ce procédé en fournirait de grandes quantités à très bon marché. L’action du bichlorure d’éthylène sur l’ammoniaque est la suivante :
- CH* Cl CH* N H*
- || -f-4NH* = 2NH*Cl== |
- CH* Cl CH*NH*
- l’éthylène diamine produit est un accélérateur puissant de la vulcanisation du caoutchouc. Un autre solvant pratique et de bonne vente pour les éthers de la cellulose employésylans les industries de vernis cellulosiques est le diacétate d’éthylène produit comme il suit :
- CH* Cl CIUCOONa CH*COOCH3
- | -j- = 2NaCl -j—
- CIU Cl CH3COONa CIUCOOCH3
- Le bichlorure d’éthylène agissant sur le cyanure de sodium donne une synthèse économique de l’acide succinique , comme il suit :
- CH* Cl NaNC CH*CN CH* CO2 H CH*Cl~^~ NaCN OTCN^ CH*CO* H
- > Aci le succinique.
- Comme on le voit, ce ne sont pas les utilisations intéressantes qui manquent pour l’éthylène glycol et ses dérivés.
- Albert Hutin.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Perceuse portative à moteur à essence.
- Jusqu’à présent on ne s’est servi de perceuses transportables qu’actionnées au moyen d’un moteur électrique ou à
- Fig. 1. — Montage de la machine en perceuse.
- air comprimé. Chaque fois qu’on le peut, il est incontestable que l’emploi de la perceuse électrique est indiqué, car on a un outil maniable, facile à alimenter, les connexions électriques étant d’établissement commode et rapide.
- Cependant, quand on ne dispose pas de courant électrique ni de distribution d’air comprimé, on n’a plus à sa disposition, pour le perçage des trous avec une perceuse à main, que des systèmes mécaniques. Ce cas se présente notamment quand il s’agit de travaux sur les voies ferrées et il me souvient d’avoir imaginé il y a nombre d’années une sorte de tandem, sans roues, qui, monté par deux hommes, actionnait au moyen d’une transmission à cardan une perceuse pour l’équipement électrique des voies ferrées.
- On a imaginé tout récemment, en'Angleterre, une perceuse à main commandée par un petit moteur à essence. Le réser-
- Fig. 3. — Transport du moteur et de ses accessoires.
- voir d’essence et la boîte contenant les accumulateurs et la bobine d’allumage sont seuls transportés à part. Tout le reste forme corps avec la perceuse. Le moteur est un deux temps à deux cylindres, et il commande le porte-foret au moyen d’engrenages. Les cylindres sont opposés et dans une position horizontale lorsque le porte-foret est vertical. La capacité totale des cylindres est de 104 centimètres cubes; la vitesse de rotation du moteur est 3500 tours par minute.
- La démultiplication de 10 à 1 donne à l’outil de perçage une vitesse de 350 tours. Un volant est placé au-dessus des cylindres ainsi qu’un ventilateur destiné au refroidissement. La commande se fait par un levier à main qui met en jeu un secteur de démarrage. Une manette de réglage est disposée à la partie supérieure de l’outil. Comme dans certaines perceuses portatives, il est prévu au-dessus du foret un mécanisme à vis, il a pour but d’assurer la pression de l’outil contre la pièce et de donner l’avance.
- Le carburateur adjoint au moteur est d’un type spécial. 11 est nécessaire, en effet, qu’il 'puisse fonctionner même dans uns position inclinée, afin de permettre à la perceuse d’adopter une direction quelconque entre la verticale et l’horizontale. Le mécanisme d’embrayage et de débrayage est com-
- Fig. 2. — Montage en scie alternative.
- mandé par un levier, il agit sur un engrenage de transmission.
- La perceuse pèse, complètement équipée, 18 kilos. Labobine d’allumage et le réservoir d’essence pèsent à peu près le même poids. Il n’est donc pas impossible à un homme de se déplacer en transportant la perceuse, pour se rendre au point où l’on doit effectuer le travail.
- Cet outil s’applique notamment au travail sur les voies ferrées, quand on ne dispose pas en' pleine voie de courant électrique et à plus forte raison de distribution d’air comprimé. Le compresseur, aussi petit soit-il, nécessite des moyens de transport plus parfaits que celui qu’exige la simple perceuse, même avec un moteur à essence accouplé.
- La machine peut aussi être prévue avec [un dispositif d’embiellage qui actionne une scie à mouvement alternatif.il faut un temps appréciable pour scier un rail uniquement à la main; le dispositif portatif mécanique, travaillant seul, a donc des applications intéressantes, d’autant plus qu’il est combiné avec l’outil de perçage.
- E.-H. Weiss.
- Howard Pneumatic Engineering G0, Ltd, 28, Victoria-Street. Londres.
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- ÉLECTRICITÉ
- Pour reconnaître si une canalisation électrique est sous tension : l’emploi de tubes au néon.
- L’usage de l’électricité s’est aujourd’hui répandu à tel point que la plus modeste demeure est munie de canalisations lui amenant le précieux fluide.
- Mais, celui-ci, on le sait, n'est pas sans danger, et son ma-
- _______________________________ niement exige des pré-
- ~ ~ cautions. On peut dire
- qu’il est toujours périlleux de toucher un point quelconque non isolé d’une installation électrique en charge, voire un commutateur, et surtout si la main est humide ou moite.
- Fig. 4. — Le tube au néon indicateur. Qr egj.
- de se rendre compte si certaines parties de l’installation sont sous tension. Par exemple; dans le cas d’une prise de courant, on ne sait si le courant y parvient ou non ; lorsqu’une interruption de courant se produit, on est en général obligé d’examiner les fusibles de l’installation, et cette opération n’est pas toujours exempte de dangers, en particulier si le courant parvient aux bornes du fusible. Pour vérifier l’état électrique d’une canalisation, on se sert quelquefois d’une lampe à filament de carbone placée dans une douille à laquelle sont attachés quelques mètres de fil. Ce procédé est utile, mais n’est pas absolument efficace ; si un seul fil de l’installation se trouve rompu, la lampe ne décéléra pas une tension là où il y en a cependant. Si la tension à déceler est supérieure à celle que peut supporter le filament de la lampe, celui-ci se volatilisera.
- Souvent aussi il peut être intéressant de connaître la polarité du courant du secteur (dans le qas des courants continus) pour le montage de certains appareils semi-industriels, ou pour la charge d’accumulateurs.... La détermination de la polarité est assez facile à faire, mais exige un matériel de fortune, fils plongeant dans l’eau salée ou papier tournesol ; ces procédés ne vont pas sans risques, car l’on peut provoquer accidentellement le contact des fils et par suite un court-circuit; on peut aussi dans cette opération recevoir un choc électrique. On peut, il est vrai, se servir d’un voltmètre
- polarisé, mais le prix de ces appareils entre en ligne de compte, et, d’autre part, leur emploi n’exclut pas complètement les risques de court-circuit.
- Les tubes au néon offrent aujourd’hui un moyen très pratique pour reconnaître si un conducteur est en charge et pour déterminer le sens du courant qui y circule.
- On sait qu’un tube rempli de gaz néon, et pourvu de deux électrodes, s’illumine par ionisation lorsqu’on applique une certaine différence de potentiel à ses bornes ; c’est le principe qui a été appliqué dans l’indicateur de tension et de polarité Philips. Il se compose de deux électrodes, tronconiques enchâssées dans deux fiches iso-
- lantes en bakélite, reliées par un cordon en caoutchouc. Une des fiches contient un petit tube au néon.
- L’appareil est le siège d’une luminescence très apparente dès qu’il est appliqué sur deux conducteurs entre lesquels existe une différence de potentiel suffisante. Son emploi est très étendu, car il fonctionne bien pour toute tension comprise entre 110 et 750 volts. Il permet aussi de reconnaître le sens du courant sur les secteurs continus ; en effet, une des électrodes, marquée du signe « -f- », lorsqu’elle est reliée au pôle positif du secteur, s’éclaire en noir sur orange.
- La consommation de cet (appareil est très faible, quelques milliampères; de plus, on n’a pas à craindre de court-circuit de la ligne examinée, une résistance élevée étant disposée en série avec le tube à l’intérieur de la fiche.
- L’apparition de ce tube indicateur de tension et de polarité marque un gros progrès par rapport aux procédés d’autrefois.
- Constructeur: Société des lampes Philips, 2, Cité Paradis. Paris.
- ÉCLAIRAGE
- Une lampe électrique à double effet :
- Le Duo-Lumeco.
- La diffusion de l’éclairage a fait naître dans tous les milieux des besoins spéciaux. Prenons par chambre de malade où, à l’éclairage normal nécessaire pendant que le patient reçoit les soins, doit succéder une luminosité assez faible. Cette lumière adoucie facilite le sommeil du malade; une lumière trop vive serait une gêne; l’obscurité absolue d’autre part crée une sorte d’angoisse nuisible au repos du corps et de l’esprit. On a été ainsi amené à envisager l’emploi de lampes d’éclairage à faible intensité ; le but cherché est alors atteint, mais au prix d’une sérieuse et intense complication, puisqu’il faut monter deux circuits différents. Or, il existe actuellement un type de lampe qui supprime tous ces inconvénients, il est connu sous le nom de « Duo-Lumeco ». Son aspect est celui d’une lampe ordinaire en verre opalin ; cependant, le culot est muni de deux cordonnets dont la manœuvre produit à volonté l’éclairage normal ou l’éclairage à faible intensité.
- Les avantages de ce système sont manifestes : économie puisqu’il suffit de brancher la lampe à la place d’une lampe ordinaire, sans aucune autre modification; rendement élevé, la lampe de veille étant largement suffisante pour cet usage et sa consommation étant très faible (4 watts).
- Le système « Duo-Lumeco » peut recevoir bien d’autres applications encore ; il trouvera évidemment sa place dans tous les locaux où un service de veille doit être établi : salles de garde, nurseries, toilettes, vestibules, chambres de docteurs, d’infirmières, etc. Son emploi comme lampe veilleuse, le soir, dans les chambres d’enfants, est également tout indiqué.
- On peut aussi en tirer des effets harmonieux dans la décoration intérieure, en en faisant, par exemple, un emploi judicieux dans les lampes torchères, lavabos, etc. Rien ne repose la vue, en effet, comme une lueur douce, répartie agréablement dans une pièce d’habitation et qui doüne en même temps une agréable sensation d’intimité. Lorsque par la manœuvre du cordonnet on rétablit l’éclairage normal, ce dernier n’est pas éblouissant, l’ampoule en verre opalin donnant une lumière diffusée.
- En vente à la Société des Lampes Philips, 2, Cité Paradis, Paris
- L’essai d’une lisne.
- exemple le cas d’une
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- BOITE AUX LETTRES ==
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- COMMUNICATIONS
- A propos de la révision du procès fait par Newton à la théorie des tourbillons de Descartes.
- Nous recevons de M. L. Perbal la lettre suivante :
- « M. Emile Belot, dans La Nature du 1er février dernier, cite l’observation d’un fait de la nature par Descartes : « Regardez, dit-il, dans les rivières un grand tourbillon : autour de lui on voit souvent un fétu de paille qui tourne sur lui-même tout en suivant le tourbillon ».
- Il est assez naturel de supposer que Newton, en son temps, ne pouvait admettre la formation de tourbillons dans un éther calme et ait rejeté de ce fait les suggestions de Descartes. Mais ce philosophe parlait par intuition. Le mouvement de translation du système solaire en marche vers la constellation d’Hercule n’a été confirmé que postérieurement aux travaux de ces deux savants; il manquait donc à Descartes, pour l’illustration de son analogie du mouvement tourbillonnaire de l’eau dans une rivière avec celui du mouvement tourbillonnaire auquel participent les planètes, l’existence d’un courant dans le fluide éther pour servir de base à sa comparaison.
- Il est vrai que ce mouvement de translation était soupçonné avant d’être constaté, puisque Lalande disait, en 1776 : « La rotation du soleil indique un mouvement de translation ou un
- déplacement du soleil qui sera peut-être un jour un mouvement bien remarquable dans la cosmologie. Le mouvement de rotation considéré comme l’effet physique d’une cause quelconque est produit par une impulsion communiquée hors du centre, mais une force quelconque imprimée à un corps et capable de le faire tourner autour de son centre ne peut manquer aussi de déplacer ce centre, et l’on ne pourrait concevoir l’un sans l’autre ».
- La comparaison suggérée par Descartes s’impose facilement à l’esprit si l’on se représente un courant d’éther entraînant le système solaire vers la constellation d’Hercule, dans ce courant des tourbillons d’éther au sein desquels les systèmes solaires se sont formés par concentration de la matière et, dans les différentes orbes formées à l’intérieur des tourbillons primaires, d’autres tourbillons d’importance moindre ou des sphères isolées comme l’est le fétu de paille de Descartes dans le courant de la rivière qu’il observe.
- Pour que la conception soit cohérente, [il faut adopter l’éther mobile et la matière des planètes entraînée par lui dans son mouvement tourbillonnaire, les différents tourbillons d’éther s’engrenant entre eux.
- Si l’éther est supposé immobile, le mouvement des planètes devient inconcevable au même titre que le serait le mouvement tourbillonnaire sans le mouvement de translation de l’ensemble des différents systèmes planétaires. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Chauffage au mazout : A. Minne. 5 rue Blomet, Paris.
- Comment distinguer l’ivoire de la galalithe.
- Bien qu’un examen attentif à la loupe permette de constater les veinules de l’ivoire et son aspect organisé, il peut être intéressant comme contre-partie d’identifier la contrefaçon en galalithe, ce qui est facile en se basant sur ce fait qu’elle est obtenue en insolu-bilisant de la caséine au moyen du formol ou aldéhyde formique.
- Le procédé est une application de la réaction connue rose-violacée que donnent les aldéhydes et les acélones en présence d’une solution de fuchsine décolorée par l’acide sulfureux. (Réactif de Gayon.)
- On fait macérer dans l’eau distillée froide pendant quelques heures l’objet suspect, ce qui généralement ne l’altère en aucune façon, à moins qu’il ne s’agisse d’une autre masse plastique; on prélève un peu du liquide de macération par exemple dans un tube à essai et on y verse quelques centimètres cubes du réactif de Gayon; dans le cas de la galalithe, le formol qu’elle contient produit immédiatement une coloration violette d’autant plus intense qu’il y a eu plus d’aldéhyde formique dissous.
- Le réactif de Gayon se prépare en prenant :
- Solution aqueuse de fuchsine à un pour mille . 600 cent, cubes
- Bisulfite de soude à 36° B................. 10 — —
- On laisse réagir le bisulfite sur la fuchsine pendant une heurè environ; quand la décoloration est à peu près complète on ajoute:
- Acide chlorhydrique pur et concentré 5 cent, cubes. Agiter pour rendre homogène, conserver à l’abri de la lumière en flacon bien bouché. M. Dungombe, a Deauville.
- Qu’est-ce que le paradichlorobenzène?
- Le paradichlorobenzène qui a pour formule G6H4Cl3, que l’on rencontre actuellement dans le commerce comme élément constitutif des insecticides, présentés à l’état solide, dans des boîtes en fer-blanc percées de trous, pour en laisser dégager les vapeurs, est une poudre blanche à odeur piquante participant à la fois de l’anis et des amandes amères; respiré fortement il provoque la toux et le larmoiement.
- On obtient le paradichlorobenzène en faisant passer un courant de chlore dans la benzine en présence d’iode, on voit à un
- certain moment le col de la cornue se tapisser de cristaux; on laisse alors refroidir le liquide qui dépose bientôt des cristaux quelquefois assez abondants pour que le tout se prenne en masse; on les sépare du liquide par égouttage et soumet à nouveaux celui-ci à 1 action du chlore, ce qui donne naissance à de nouveaux cristaux, que l’on réunit aux premiers et purifie par compression sous une couche d’eau légèrement alcaline et ensuite par deux ou trois^cristallisations dans l’alcool.
- Le paradichlorobenzène fond à 52° C, bout à 171» C et distille sans altération ; sa densité à 20» G est de 1,46 ; il est insoluble, dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther et les divers dérivés chlorés du commerce : tétrachlorure de carbone, tétrachloréthane, etc.
- M. Baer,
- Pourquoi le vieux bois de chêne brunit.
- On sait que le bois de chêne, en particulier l’écorce, renferme un principe essentiel, le tanin, utilisé pour la fabrication du cuir, grâce à sa propriété de se combiner au derme de la peau en donnant une combinaison imputrescible.
- Lorsque le tanin est rendu alcalin par la potasse, la soude ou l’ammoniaque, il acquiert la propriété de fixer l’oxygène de l’air et brunit considérablement.
- C’est un phénomène identique qui se produit avec le temps lorsque le bois de chêne se trouve exposé aux vapeurs ammoniacales résultant des altérations putrides des matières organiques, fumiers, fosses à purin, etc , dont les émanations se répandent dans l’air et on peut dire que le brunissement est d’autant plus rapide que l’air est plus chargé en ammoniaque.
- Cette observation a été mise à profit par les truqueurs professionnels pour donner aux meubles de fabrication récente un aspect vétuste. Yoici comment ils procèdent.
- Dans une fosse d’environ cinquante cm de profondeur dont le fond doit être perméable, on dispose les pièces de bois à vieillir, puis on les recouvre d’un mélange de terre fine et de terreau additionné de 2 à 3 pour 100 de chaux vive par un premier pelletage, puis de la même quantité de sel ammoniac par un second pelletage ; la terre employée doit être bien tamisée de manière que les grains aient au maximun 4 à 5 mm de diamètre. Si on désire une action plus lente, mais aussi plus soutenue par pénétration à l’intérieur du bois, on remplacera la chaux et le sel ammoniac
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- par un mélange à parties égales de carbonate de chaux (craie pure) et de sulfate d’ammoniaque que l’on trouve couramment dans le commerce à usage d’engrais. Sous l’influence de l’humidité du sol il y a double décomposition, formation de sulfate de chaux (plâtre) et de carbonate d’ammoniaque, sel instable qui bientôt libère lui-même de l’ammoniaque d’une part et, de l’autre, de l’acide carbonique.
- Quand on juge que l’action a été suffisante on dégage les pièces, les aère et les brosse; elles ont alors acquis la patine antique qui les fera rechercher par les amateurs.
- Gomme un grand nombre de bois contiennent des tanins, il en résulte que l’on peut soumettre à ce traitement la plupart des espèces forestières, mais on réussit particulièrement bien avec le chêne, le hêtre, le peuplier noir et le bouleau.
- Dans le cas où il s’agit de vieillir des meubles, on pourrait se contenter d’effectuer un badigeonnage avec une solution ammoniacale, mais comme on a constaté qu’il était préférable de faire agir l’ammoniaque à l’état gazeux et humide, il vaudra mieux, suivant la dimension des objets, les placer soit dans une chambre, soit dans une caisse, toutes ouvertures ou joints étant bouchés par des bandes de papier collées, après avoir disposé dans cet espace clos des assiettes contenant l’alcali volatil; un peu d’expérience est nécessaire pour conduire à bien l’opération, mais on ne peut dire, en tout cas, qu’elle présente des difficultés.
- Mme de R., A. Semur.
- Encore le papier carbone.
- La formule que nous avons donnée récemment pour}la préparation du papier carbone demande, surtout pour l’application de la couche sur le papier, un petit matériel industriel dont l’acquisition peut faire hésiter l’amateur. Voici une formule beaucoup plus simple, laquelle, si elle ne fournit pas pour les copies un papier extra, rendra tout au moins quelques services par la rapidité de la fabrication :
- Prendre :
- Savon noir .....................100 grammes
- Noir d’ivoire ou bleu de Prusse. . 100 —
- Broyer au mortier pour rendre bien homogène, étendre régulièrement avec un tampon sur le papier support, laisser sécher à l’air.
- M. A. Sebgio, a Porto.
- Questions diverses.
- Société des Lunetiers, a Paris. — Gomme suite à la réponse que nous avons faite dans le n° 2789, Boîte aux Lettres, page 96, vous priant de vous reporter au n° 2782, page 536, au sujet d’une encre à tampon pour marquer le verre, nous ajouterons le procédé suivant que vous pourrez également employer avec succès.
- Malaxer du minium très fin arec la solution commerciale de silicate de potasse, de manière à obtenir une consistance convenable, pour que la pâte soit semi-fluide sans être coulante, répartir la mixture sur une bande de feutre et encrer un tampon de caoutchouc de la façon habituelle. Ne préparer que peu de mélange à la fois, et à mesure des besoins.
- On peut substituer au minium de l’ocre, de l’oxyde de manganèse et y adjoindre, pour donner du corps, du sulfate de baryte, mais il faut éviter le sulfate de chaux.
- Par suite de la formation de silicates doubles les inscriptions sont très adhérentes au verre et résistent au frottement.
- Dc A., A Ampjlepuis. — L’excipient des encres d’imprimerie colorées est constitué pour les encres fines et ordinaires par des hydrocarbures plus ou moins volatils, des goudrons et particulièrement de la colophane, soit telle quelle, soit sous forme de savon de résine ; ce n’est que pour les encres extra-fines que l’on fait encore intervenir l’huile de lin. C’est surtout à la colophane que l’on doit l’aspect brillant des illustrations en couleurs actuelles.
- La colophane étant soluble dans l’alcool, l’éther sulfurique, le tétra-chlorure de carbone, toute tentative d’enlèvement de taches ou maculatures d’encres de ce genre devra par conséquent débuter par un traitement au moyen d’un de ces solvants pour éliminer la résine.
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- M. Widmann, A Versailles. — 1° N’ayant pas expérimenté personnellement le paradichlorobenzène, nous ne pouvons nous prononcer sur sa valeur réelle comme insecticide, car celle-ci est très controversée; en effet, à la séance du 9 mai 1928, de la Société des Experts-Chimistes, M. Wolff a signalé que le paradichlorobenzène employé à dose modérée lui a donné d’excellents résultats, mais qu’il a eu un insuccès complet à doses massives.
- A la même réunion M. Jalade a confirmé l’infidélité du procédé ; les résultats des essais auxquels il a fait procéder naguère dans les Magasins de l’Intendance ont été des plus contradictoires ; à son avis ce corps est beaucoup trop volatil pour la régularité des résultats.
- Enfin M. Courtois estime que souvent on emploie du paradichlorobenzène trop pur, le produit commercial n’agissant que par ses impuretés.
- 2° Les bandes de papier collées à la colle de pâte s’enlèvent très facilement à l’eau tiède sans que la peinture soit endommagée. Le papier journal non encollé convient particulièrement pour obturer les joints des placards et armoires dans lesquels on a placé un insecticide.
- M. Caiidonnet, a Rognv. — Si nous avons bien compris votre demande, au moment où l’encre de votre stylo passe sur un endroit préparé de la feuille de papier, il devra se produire une coloration caractéristique.
- Ce résultat peut être facilement atteint en ajoutant à l’encre une solution alcoolique assez concentrée de phénolphtaléine et en passant d’autre part sur le papier à l’endroit choisi un pinceau imbibé d’une solution de carbonate de soude à 10 pour 100 environ.
- Lorsque la plume .passera sur le point considéré il se produira une coloration rouge très prononcée, laquelle, combinée au bleu de l’encre, donnera du violet.
- M. Garmv, a Thiers. — La corne étant constituée par des feuillets et poreuse, vous ne pouvez compter la plonger dans un bain, quel qu'il soit, sans qu’il y ait pénétration; d’autre part, la corne ne peut être portée à 140°-160° sans se dessécher que si elle se trouve dans de la vapeur sous pression.
- Nous vous signalons que l’industrie applique journellement ce procédé pour chauffer la corne, la vapeur étant introduite dans un espace plus ou moins grand suivant les dimensions et la forme des pièces; quand la température est atteinte, ce dont on peut juger par la pression, laquelle, pour 140°, est de 3 atm 50 et pour 160° de 6 atm 25, on sort rapidement la corne et on en effectue le moulage dans des moules à double enveloppe également chauffés à la vapeur et que l’on soumet à une forte pression sous la presse hydraulique.
- M. Ch., a Louveciennes. — Le principe aromatique du café grillé est habituellement désigné sous le nom de caféone. Boutron et Fremy l’ont obtenu en distillant du café grillé, moulu avec de l’eau, puis en traitant cette eau par l’éther; après évaporation, ce dernier abandonne une substance brune, huileuse, d’où le terme de caféol également employé. Ce produit, qui n’est pas une matière grasse, est plus lourd que l’eau, il s’y dissout à peine, cependant il lui communique une odeur caractéristique qui fait apprécier l’infusion.
- Si pour des recherches scientifiques vous désirez vous procurer ce produit, le mieux est de vous adresser aux suies de café, dont nous avons parlé dans le n° 2771 du 15 octobre 1927, ,il vous suffira de les traiter par la méthode susindiquée de Boutron et Frémy après les avoir légèrement acidifiées, au lieu de les alca-liniser.
- G. I, A Fleterje. — l* L’application d’un vernis blanc mat sur les buffleteries ne résoudrait pas le problème de la propreté, car il n’empêcherait pas la poussière et d’autres impuretés de venir se fixer sur le cuir; seul un glaçage serait avantageux en supprimant l’adhérence, mais l’aspect ne serait plus le même.
- Il faut donc s’en tenir au procédé d’entretien et intervenir aussitôt que la blancheur laisse à désirer; toutefois, on peut substituer au blanc de guêtres classique un cirage blanc pour lequel il suffit de prendre :
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- Saron blanc...................100 grammes
- Glycérine........................100 —
- Eau ordinaire................... 800 —
- Amidon...........................100
- On commence par mélanger l’eau' et la glycérine et on y fait dissoudre à chaud le saron réduit en copeaux minces, puis, suivant la consistance désirée, on prélève sur les 100 gr. d’amidon, 10, 20 ou 30 gr. dont on se sert pour préparer un empois avec l’eau savonneuse (faire bouillir l’eau et y verser, sous forme de filet, les 10, 20 ou 30 gr. d’amidon délayés dans juste la quantité d’eau froide nécessaire pour former un lait). Une fois l'empois formé, laisser refroidir, y incorporer le reste de l’amidon, qui ne doit pas être cuit.
- Dans le cas d'une, crème, remplacer l’amidon mis en dernier par même quantité au choix de kaolin, de carbonate de magnésie, ou tout simplement de blanc d’Espagne.
- 2° Pour tous renseignements sur les gazogènes de véhicules, fonctionnant au charbon de bois, s’adresser à l’Office national des Recherches et Inventions, avenue Gallieni, à Bellevue (S.-et-O.)
- M. Paret, a Marseille/—La fabrication du savon en paillettes est uniquement une question d’appareillage : un évaporateur constitué par un tambour horizontal chauffé à la vapeur plonge en partie dans le liquide épais et amène ainsi à l’air une couche mince de liquide adhérent dont l’eau s’évapore au contact de l’air en laissant un feuillet de savon qu’une raclette placée très près de la surface détache au fur et à mesure pour rejeter les paillettes au dehors. Somme toute il s’agit d’un appareil analogue à celui employé pour l’obtention des laits en poudre.
- M. Chapey, a Paris. — 1° Pour donner aux statuettes en plâtre l’aspect de terre cuite, il suffit de badigeonner avec du blanc gélatineux, que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs, en additionnant celui-ci d’un peu d’ocre rouge ou rouge d’Angleterre, étendre d’une quantité d’eau suffisante pour que la mixture soit maniable au pinceau et tenir compte que la teinte baisse en séchant. Au besoin faire quelques essais préalables sur des parties non visibles, par exemple à l’intérieur de la statuette.
- 2° Ce n’est pas un lait de chaux 'qu’il faut employer pour recoller l’ambre naturel, mais de la lessive de potasse ou de soude concentrée à 36° B et chaude.
- M. de Lavigerie, a Soissons. — Une omission typographique s’est produite dans la composition de la recette à laquelle vous faites allusion (colle pour porcelaine et faïence « Recettes de la Maison», p. 181); le blanc d’œuf&doit être additionné d’environ
- pour 100 d’ammoniaque (alcali volatil) et 1 pour 100 de chaux éteinte; c’est de leur présence que dépend la solidité et l’imperméabilité de la colle. Ne préparer celle-ci que juste au moment de l’emploi.
- , La poudre de verre ne joue ici qu’un rôle de remplissage pour compenser le retrait de la colle après évaporation de l’eau.
- M. L. Fleury, a San Salvador. — II s’agit évidemment, dans l’annonce que vous nous avez soumise, du protochlorure d’étain, nous n’avons pas connaissance que ce sel ait été employé officiellement en sucrerie, car ce pourrait ne pas être sans inconvénient qu’un excès de ce réactif se retrouverait dans les produits de consommation. Quoi qu’il en soit, le rôle joué par le protochlorure d’étain ne pourrait être que celui d’un réducteur puissant analogue à l’acide sulfureux et surtout aux hydrosulfites qui sont d’un emploi courant en sucrerie comme décolorants sans danger des jus et des sirops, en même temps qu’ils leur donnent « du brillant ».
- M. Ÿannicelli, A Montevideo. — 1° Le bain de décapage des bronzes, que l’on emploie après dégraissage en bain bouillant de soude caustique, est constitué par :
- Acide azotique. ....................... 5000 cc.
- Sel marin................................ 50 gr.
- Suie calcinée............................ 50 gr.
- Passer rapidement les objets dans cejliquide, rincer abondamment à grande eau, sécher dans la sciure de bois.
- 2° Il est préférable d’acheter les vernis tout préparés plutôt que d’en entreprendre la fabrication qui demande la connaissance de certains tours de main.
- 3° A plusieurs reprises nous avons traité la question des pro-
- duits hydrofuges qui ne constituent toujours que des palliatifs; le mieux est de supprimer la cause.
- 4° Nous ne saurions vous dire, avec certitude, si l’application des fluates sur planchers en ciments magnésiens répondrait à votre attente; le mieux serait de poser la question aux Etablissements Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand.
- 5° La Revue de Chimie industrielle éditée par Gauthiers-Villars 53 bis, quai des Grands-Augustins, vous donnera très probablement satisfaction.
- M. Vasselin, a Paris. — Le moyen le plus pratique et sans danger que vous puissiez employer pour décolorer votre cidre est le noir animal en pâte à la dose de 500 gr. par hectolitre environ; quelques essais en petit vous feront connaître la quantité optima à employer.
- Vous trouverez facilement ce produit dans le commerce à un prix voisin de 5 fr. le kilogramme; pour quantités importantes s’adresser à Pelliot, 24, Place-des-Yosges, Paris.
- Rappels de réponses.
- M. B. T., a Dijon. — La question détartrage a été traitée récemment dans une réponse à Mme Fiot, de Longchamp (Meuse).Veuillez bien vous y reporter.
- MM. Besneux, a Nice, et Hecker, a Paris. — Ainsi que nous l’avons signalé, des craquelures s’obtiennent en appliquant, sur un fond gras insuffisamment sec, un vernis à solvant très volatil de manière que le vernis sèche plus vite que le fond en se crevassant. Il y a dans l’obtention de ce résultat plus d’habileté professionnelle pour saisir le moment opportun d’application que de qualités spéciales au vernis, cependant nous vous rappelons que la Maison Clément et Rivière, rue de'la Cristallerie, à Pantin, fabrique spécialement des vernis dans ce but (leurbrevet français 530 658).
- M. Haubier, a Heinitz. — 1° Aucun mastic ou colle ne tiendrait dans les conditions d’épaisseur que vous indiquez ; le mieux est de calfater votre canot, à l’étoupe, puis le goudronner.
- 2° Pour la composition du chatterton, veuillez vous reporter à la réponse faite précédemment à M. Couturier, de Lyon, n° 2792,
- page 240.
- 3° Le Diachylon se prépare en prenant :
- Litharge pulvérisée.................... 620 gr.
- Axonge................................. 620 —
- Huile d’olive.......................... 620 —
- Eau .................................. 1250 —
- Cire jaune............................. 120 —
- Poix blanche........................... 120 —
- Térébentine de mélèze.................. 120 —
- Gomme ammoniaque...................... 100 —
- Galbanum............................. 100 —
- Essence de térébentine................. 60 —
- Faire fondre et ajouter :
- Sulfate de zinc dissous dans un peu d’eau ... 25 gr.
- Continuer à chauffer en remuant jusqu’à expulsion de l’eau.
- Le produit ainsi obtenu peut être employé tel quel comme emplâtre, mais le plus souvent on l’applique, après l’avoir liquéfié, sur une toile pour constituer le sparadrap ; il faut environ 40 à 50 gr. de masse emplastique pour couvrir convenablement une bande d’un mètre de long sur 18 à 20 cm. de large.
- M. Chounard, A Paris.—Ouvrages sur la savonnerie : Manuel pratique du savonnier, par Calmels et Wiltner; éditeur Gauthier-Villars, 53 bis, quai des Grands-Augustin. Fabrication des savons et chimie du savonnier, par Ersham ; éditeur Dunod, 92, rue Bonaparte. Corpsgrafs industriels, par Aug. Perret; Encyclopédie Billon, chez Bernard, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Laine, a Periers (Manche). — Vous trouverez dans le n° 2788, page 47, réponse àM. Taillefer, au Prieuré, une étude très complète relative au traitement des taches produites par l’hyposulfite photographique.
- M. Le Grand, a Luisant. —Adi esses demandées : La Bakélite, 14, rue Roquépine Paris, 8e. Etablissements Lavalette, 175, avenue deChoisy, Paris.
- M. Huré, a Paris. — Ainsi que nous l’avons dit dans de précédentes réponses, les bouillottes en aluminium se détartrent avec de l’acide nitrique dilué, lequel dissout carbonate et sulfate de chaux sans attaquer le métal s’il est pur; rincer ensuite abondamment.
- Le Gérant : G. Masson.
- 97.081. — Paris, lmp. Laiiure. — 1-3-29.
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- N” 2805.
- LA NATURE
- 15 Mars 1929
- LE PORT DE MONTRÉAL
- Montréal, ancienne Hochelaga de Jacques Cartier (1535), métropole commerciale du Canada, est, par l’intensité de son mouvement d’affaires, par le nombre de
- fréquenté par de nombreux voiliers de hauts bords. Sans arrêt depuis cette époque, le port n’a cessé de progresser, mais c’est surtout, après la guerre mondiale
- Fig. 1. — Vue d'ensemble du port de Montréal.
- ses habitants qui dépasse un million, une des cités les plus considérables du continent Nord-Américain.
- > HISTORIQUE ET GÉNÉRALITÉS
- Dès la première prise de possession des rives du Saint-Laurent, les pionniers français avaient bien compris le rôle de Me de Montréal comme rade de trafic. Par ordonnance du roi de France, les bords du fleuve restèrent à la disposition des navigateurs, tandis que l’île était livrée à la culture.
- Dès 1640, Montréal fonctionnait comme lieu d’escale et un dessin de Thomas Patten en 1762 montre Montréal
- que Montréal est devenu un des plus grands ports du monde. C’est qu’en effet, situé sur le Saint-Laurent, déversoir des grands lacs du Centre-Américain du Nord, le port de Montréal fut toujours l’aboutissant logique du trafic des lacs et des rivières s’étendant sur plus de 3000 km dans l’intérieur des terres; il est devenu, en plus, le point de convergence de deux grands réseaux continentaux de chemins de fer. Ce port, par sa position, rayonne sur une étendue de terres à blé les plus fertiles de l’Univers; il laisse loin derrière lui, au point de vue du blé, le grand port de New-York lui-même.
- Situé dans l’intérieur des terres, en eaux profondes,
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- sans marées, à plus de 1500 km de l’Océan, il iouit en même temps du grand avantage d’être un port de l’Amérique plus rapproché de l’Europe que Boston ou New-York. Il est en effet distant de Liverpool de 2773 milles marins, tandis que Boston en est éloigné de 2810 milles marins et New-York, de 3010 milles. Cette situation exceptionnelle explique l’accroissement prodigieux de Montréal qui a vu dans les vingt-cinq dernières années sa population quadrupler. Montréal dessert non seulement le Canada, mais aussi toute la vaste région des Etats-Unis dont Chicago est la métropole.
- Le port de Montréal est relié par services directs avec un très grand nombre de ports des diverses parties du monde : en Europe : Londres, Liverpool, Newcastle, Manchester, Southampton, Glasgow, Dublin, Cork, etc... Anvers, Rotterdam, Hambourg, le Havre; les ports de la Baltique; Marseille, Gênes, Naples en Méditerranée; Odessa, sur la Mer Noire; Port Saïd, Port Soudan, Aden; les ports de l’Inde; les ports de Java, tous les ports des Etats-Unis, de l’Amérique centrale, de l’Amérique du Sud, de Cuba, les ports d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Sud Afrique. Halifax à V£est sur l’Atlantique, Montréal au centre sur le Saint-Laurent, Vancouver sur le Pacifique, quelle magnifique triade de ports et quels splendides débouchés le Canada a sur le vaste monde !
- OUTILLAGE DU PORT
- Le port de Montréal s’étend le long du Saint-Laurent sur une longueur de 25 kilomètres.
- Solidement construite pour durer, son organisation
- est parfaitement adéquate à la tâche de recevoir, de transborder, d’emmagasiner, d’expédier le plus économiquement possible des quantités formidables de marchandises.
- Il possède des débarcadères et des embarcadères tout à fait modernes avec des hangars de transit à deux étages, de massifs élévateurs à grains, d’immenses chambres de réfrigération, des routes et des quais, larges, bien accessibles, bien pavés, bien éclairés, un système de chemins de fer à traction électrique très complet. Sur les eaux du port naviguent sans relâche les remorqueurs, les dragues, les bateaux plats de transport.
- Les débarcadères et les embarcadères s’étendent, en eaux profondes de 10 m, sur plus de 10 km et, en eaux variant de 8 à 10 m de profondeur, sur près de 5 km. On compte 20 entrepôts à deux étages et six entrepôts à un seul étage, le tout ayant une longueur d’environ 4 km sur une largeur de 33 m, ce qui permet d’emmagasiner par semaine 300000 tonnes de marchandises.
- Les élévateurs (greniers à grains) du port peuvent emmagasiner 15162 000 boisseaux. Durant les 7 mois que dure la navigation, c’est-à-dire la période où Montréal n’est pas bloqué par la glace, on charge à Montréal plus de grains que pendant les douze mois des autres ports. Depuis la guerre l’exportation des grains par Montréal n’a fait que croître. Ont été exportés comme boisseaux de grains :
- En 1921
- Montréal.. . 138 453 980
- New-York. . 84098 000
- New-Orléans. 73 689 399
- En 1924
- 165139 399 79 253000 23 548 740
- En 1927 195 247 914 109 551001 13992 393
- Fig. 2. — L’élévateur à grains n° 2.
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- Fig. 3 — Vicloria-pier et Sailors’ Memorial Tower. (Tour élevée a la mémoire des marins canadiens morts pour la patrie )
- Dans le port, on peut charger de grains, en même temps, trente grands transports océaniques.
- Le grand entrepôt central où se trouvent les chambres froides est placé directement sur les quais, il mesure 150 m de longueur, 35 m de largeur et compte 10 étages d’élévation; au sommet de l’édifice existent 4 grands réservoirs à fonctionnement automatique en cas d’incendie. Un puit artésien de 400 m de profondeur fournit une eau d’excellente qualité. Toutes les machines pour le chauffage, le froid, la production de la force sont dans un bâtiment séparé, à 20 m du bâtiment principal. Tous les principaux mécanismes sont en double de façon que, en cas d’accident, le fonctionnement ne soit pas troublé. Pour donner une idée de l’étendue de ces chambres froides, notons qu’en un an y ont été emmagasinés, en chiffres ronds :
- Pommes fraîches. 21000 tonneaux et 35 000 boîtes
- Pommes sèches. . 293600 livres
- Fromage .... 52000000 —;
- Beurre . . . . . 11000000 —
- Œufs. . . . . 1500000 douzaines
- Poissons. . . . . 2700888.1ivres
- Viande ..... . 7700000 —
- Volaille............. 2100000 —
- Fourrures. . . . 110 000 —
- Une adjonction indispensable à un port moderne est une cale sèche flottante ; il en existe une énorme à Montréal; construite en Angleterre elle fut remorquée à travers l’Atlantique. Elle est composée de deux sections
- qui peuvent être employées séparément pour des navires de faibles tonnages; mais quand il s’agit d’un vaisseau de haut bord, elles sont réunies ensemble et forment alors une seule cale sèche des dimensions suivantes :
- Longueur................... 200 mètres
- Largeur..................... 45 —
- Hauteur des murs de côté. 20 —
- Capacité de levage . . . . 25 000 tonnes
- Une autre adjonction des plus utiles est la clinique de premier secours-, dans un petit hôpital, muni de tout le matériel nécessaire pour parer aux éventualités chirurgicales des accidents existe une permanence médicale où les blessés peuvent être immédiatement soignés et pansés.
- RÉSULTATS.
- Montréal est le port américain capable du plus fort rendement; aussi le tonnage total d’importation et d’exportation de ce port est-il en constante et rapide croissance : 1921. . . . . . 6 223924 tonnes.
- , 1923. . ... . 7506872 —
- 1925. . .' . ... 9137 281 —
- 1927. . . . . . 11921 173 —
- Montréal constitue un des centres dé meunerie les plus importants du Canada, le blé arrivant de l’Ouest par bateau coq.tant moins de fret que par rail.
- Pour beaucoup de produits, le port de Montréal peut être dit le « nourricier » du monde; voici quelques chiffres des principales matières alimentaires exportées en 1927 :
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- Blé............... 3548361 tonnes ,
- Seigle............ 982 294 —
- Orge.............. 545 930 —
- Farine ........' 287 622 —
- Avoine............. 140842 —
- Viande............. 67 677 —
- Lard............... 52 018 —
- Fromage.... 47 363 " —
- Fruits.............. 30155 —
- UNITÉ DE COMMANDEMENT.
- Ge qui constitue une des conditions les plus favorables pour le développement et la bonne organisation du port de Montréal, c’est le groupement dans les mêmes mains de tous les rouages du port.
- Dans les vastes limites du port, il n’y a qu’une autorité : c’est celle des commissaires du port de Montréal. Cette autorité règne en maîtresse sur les navires, les docks, les élévateurs, les chemins de fer, les voies, les camionnages : c’est sa police spéciale qui impose l’ordre et le respect des règlements. C’est cette autorité qui juge des travaux à faire exécuter et des agrandissements à réaliser; elle décide sans en référer à l’autorité de la Ville ou du Gouvernement fédéral.
- En 20 ans le revenu de la commission du port est monté de Frs : 17 479 915 à Frs : 128 799 365. Les dépenses effectuées représentent en chiffres ronds 1250 millions de francs. L’intérêt des sommes engagées a toujours été payé. Le port de Montréal ne constitue en aucune manière un fardeau pour le trésor public.
- Les longs hivers, pendant que sont suspendus les
- travaux proprement dits du port, constituent pour les commissaires et les ingénieurs du port la période peut-être la plus active, car c’est le moment où s’effectuent les réparations indispensables et les transformations utiles, que s’étudient les plans pour les nouveaux aménagements rendus nécessaires par l’augmentation du trafic. C’est ainsi que non contents des quais et des bassins actuels, les commissaires du port ont commencé le dragage et les travaux de quais d’un nouveau territoire, à la suite de la jetée Bickerdike. Déjà en 1926 avaient été enlevés près de 200 000 mètres cubes de rochers et près de 30000 mètres cubes de terre et de sable; actuellement l’établissement des quais est en voie d’exécution avec les procédés modernes qui ont servi à la construction des élévateurs.
- On sent que Messieurs les Commissaires du port ont une foi absolue dans l’avenir de leur œuvre. Quand on réfléchit que le port de Montréal rivalise avec New-York, alors que le Canada a 9000 000 d’habitants, on peut imaginer ce qu’il sera quand la population du Canada aura atteint les 110 000000 delà population des Etats-Unis. Dr P. Desfosses.
- P.-S. Qu’il me soit permis en terminant de remercier l’Etat-Major des Commissaires du port de Montréal, en particulier MM. Archambault, secrétaire, Leclaire, et La Forest, ingénieurs, pour l’amabilité qu’ils ont eue de me faire visiter avec tant d’empressement et de courtoisie les différents services du port de Montréal et pour tous les renseignements qu’ils ont bien voulu me communiquer. Je n’oublierai jamais leur si cordial accueil.
- LA MONTRE BRAVE L’AIMANTATION Z
- La protection des montres contre les influences magnétiques est devenue une nécessité pressante. Quand on songe à la délicatesse des organes dont le concours nous permet de repérer le temps, on pense bien que leschamps magnétiques au milieu desquels circulent ou travaillent nombre d’ingénieurs et d’ouvriers ne se font pas faute de troubler les marches les mieux contrôlées par les Observatoires chronométriques les plus minutieux.
- De fait, l’action de ces champs est considérable. Un horloger très averti, de Zurich, nous faisait connaître tout récemment qu’il avait constaté avec certitude des variations dans la marche d’une montre-bracelet dont le porteur avait très fréquemment, dç par son état, un récepteur téléphonique à la main gauche.
- Cette constatation permet d’imaginer ce- qui peut se produire au voisinage des grandes machines électriques, générateurs, dynamos, etc., ce qui peut se produire par exemple, dans la montre de cet ingénieur du Métro, à la station de la rue Chanoinesse (fig. 1)
- Notez qu’aujourd’hui on est arrivé à constater des variations de l’importance du millième de seconde. Le Professeur Sampson, directeur de l’Observatoire d’Edim-
- bourg, emploie un microchronographe qui décèle facilement des écarts de cet ordre de grandeur.
- En réalité, une montre qui a passé dans un champ magnétique bat la breloque ou s’arrête (*).
- C’est qu’elle renferme dans sa boîte de métal ordinaire ou précieux des organes d’acier particulièrement sensibles aux actions magnétiques, actions qui avaient déjà été remarquées en 1716 par l’éminent horloger anglais ctabli en France, Henri Sully.
- Voici quelques photographies qui montrent quelle puissance peut atteindre l’aimantation des pièces capitales de la montre : balancier circulaire, spiral, ressort moteur..., de pièces moins importantes, mais tout de même indispensables : raquette, tige de remontoir, etc.
- Ces photographies, prises par M. Charles Volet, adjoint du Bureau international des Poids et Mesures, sont tout à fait démonstratives.
- Les lignes de force nettes et de large envolée ont été relevées après le passage de la montre dans le champ
- 1. Le passage dans un champ de 100 gauss détermine l’arrêt de la montre.
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- d’un aimant de 250 gauss qui servit à M. René Arnoux, pour des expériences chronométriques qu’il avait entreprises depuis longtemps avec M. Paul Ditisheim et qu’il poursuivait avec un intérêt très vif au moment de sa mort (fig. 2).
- Pour lutter contre l’influence du magnétisme, on eut surtout recours, durant la seconde moitié du xixe siècle, à l’emploi, pour certaines parties délicates, de métaux ou alliages non magnétiques. Par exemple l’argent, l’aluminium ou l’or dans les serges (cercles) de balancier, le palladium, l’or allié au cuivre ou des métaux analogues dans les spiraux (*). Mais cette solution était insuffisante parce qu’il est des parties pour lesquelles l’acier est (tout (à fait indispensable, par exemple
- Fig. 2. — Aimant employé par M. Arnoux dans ses recherches sur Vaimantation.
- Force du champ : 250 gauss. Sur la plaque de verre inférieure est placée une montre à boîte métallique. La plaque supérieure porte de la Gimaille. La polarisation du boîtier détermine la formation de deux fortes houppes. (Demi-grandeur.)
- le ressort moteur. Ce ressort que la figure 5 représente avec de forts [appendices de limaille, et dont les spires peuvent rester collées ensemble, ce qui arrête tout(2).
- 1. Le grand horloger suisse Houriet avait construit et présenté à la Société des Arts de Genève, en 1826, une montre dans laquelle 62 pièces d’acier avaient été remplacées par des pièces antimagnétiques. Il était allé dans cet ordre de défense aussi loin qu’il était possible.
- 2. Le passage d’un chronomètre aimanté dans une machine à désaimanter n’est évidemment qu’un pis-aller. U ne peut être employé que par le particulier qui, accidentellement, sera passé dans le voisinage d’un champ.
- Fig. 1. — Rue Chanoinesse, un ingénieur du Métro, dans le voisinage immédiat d’une dynamo Schneider de 150 kw : sa montre va s’arrêter.
- Au Congrès chronométrique de 1900, Cornu proposa, entre autres remèdes à l’aimantation, l’enveloppement du mouvement dans une cuirasse de fer doux, considérée comme un bon écran paramagnétique. L’idée était une application de celle de Lord Kelvin relative au galvanomètre. Mais le fer doux doit présenter une certaine épaisseur. Et 1 épaisseur est particulièrement gênante dans la
- Fig. 3. — À droite : un balancier compensateur bimétallique ordinaire, acier laiton, après son passage dans le champ magnétique de
- l’aimant de 250 gauss; à gauche : le balancier de la figure 7,
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- Fig. 4. — Dans les même conditions que sur la figure 3.
- A droite et à gauche : deux spiraux ordinaires d’aciers ; Au centre : un spiral d’élinvar Guillaume.
- fabrication actuelle qui exclut 1’ « oignon » du bon vieux temps et recherche la sveltesse et la minceur.
- C’est pourquoi M. Paul Ditisheim, le chronométrier bien connu, a eu recours à un alliage dans le genre du permax, du permalloy, du mumétal et autres métaux paramagnétiques, pour constituer la cuirasse de ses mouvements. Il a d’ailleurs heureusement combiné cette protection extérieure avec l’emploi d’un balancier et d’un spiral qui peuvent être exposés à l’action des champs même puissants, sans conserver de trace d’aimantation appréciable.
- Le spiral est en éiinvar. La figure 4 montre qu’un spiral d éiinvar, après passage dans le champ puissant dont je parlais tout à l’heure, reste indifférent à la présence de la limaille.
- Fig. 6. — A gauche : une raquette ; à droite : une tige de remontoir après passage dans le champ de l’aimant.
- Grandeur des pièces doublée et allongée d’un tiers.
- Quant à la serge du balancier, elle est monométallique et en laiton ou métal analogue, non coupée, ce qui lui donne une plus grande rigidité, et simplement munie, aux extrémités d’un diamètre, de deux petits segments bimétalliques destinés à permettre le complément du réglage général (fig. 7).
- Cette partie réglante est donc à peu près complètement à l’abri de l’aimantation, de par sa constitution même.
- Quant à la boîte, elle est représentée sur la figure 8.
- Le mouvement est logé en a. Il est entouré d’une bague b qui porte la cuvette c et une plaque intercalaire / emboutie sur sa périphérie g.
- On a ainsi un entourage magnétique parfaitement continu.
- Les divisions horaires sont inscrites sur le cadran e ou directement sur la plaque intercalaire /'.
- La cage extérieure h est en métal précieux, or, argent, platine, ou en un alliage des Aciéries d’Imphy, à coeffi-
- Fig. 5. — Dans les mêmes conditions que sur la figure 3. A gauche : un ressort moteur dans son barillet denté; à droite : tel qu’il est livré par le fabricant.
- cient de dilatation égal à celui du verre. L’emploi de cet alliage permet d’éviter la plupart des causes de bris des glaces par suite des changements de température qui entraînent une inégalité de dilatation de l’enveloppe et du verre encastré dans les montres ordinaires.
- La bague mobile k permet de fixer de façon sérieuse le verre également sans risquer d’accident.
- Des expériences très importantes ont été effectuées sur des montres de ce type, tant au Service hydrographique de la Marine, par M. Courtier, ingénieur en chef, qu’au Laboratoire chronométrique de l’Université de Besançon par M. Arcay, directeur de cet établissement^1).
- 1. Lé Service hydrographique de la Marine soumet ses montres non magnétiques à un passage de 48 heures dans l’intérieur d'un solénoïde de 22 gauss (48 fois l’intensité du champ terrestre) et la marche moyenne de ces deux jours ne doit pas différer de 3 secondes de la moyenne des marches avant et après le passage dans le champ électrique.
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- Ces expériences, dont il a été donné connaissance des résultats à l’Académie des Sciences dans sa séance du 5 novembre dernier, ont été parfaitement concluantes.
- Après le passage dans le champ de 22 gauss du solénoïde du Service hydrographique de la Marine et dans celui de 25 gauss du solénoïde de Besançon, on a constaté une avance moyenne de 1 seconde 3 pour l’ensemble des dix montres soumises aux expériences. L’écart officiel maximum toléré est de 3 secondes.
- Fig, 7. — Balancier mono métallique Paul Diliskeim, non coupé, 'avec affixes de compensation, que la figure 3 montre insensible à l’aimantation rémanente.
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- Dans un boîtier ordinaire on a constaté des écarts de marche variant de 4 minutes à 2 heures trois quarts.
- Ces quelques indications suffisent pour permettre au lecteur de se rendre compte de l’importance du pas en avant fait dans la protection des machines à mesurer le temps exposées à des actions magnétiques intenses.
- Elles montrent aussi que les chronométriers contemporains sont toujours à l’affût du progrès et ne négligent rien pour tirer parti des moindres données de la science.
- Il en a toujours été de même au cours des temps.
- Léopold Reverchon.
- Boîtier paramagnétique Paul Ditisheim, protégeant la montre contre Vaimantation et le bris des glaces.
- LA CULTURE DES TISSUS
- On appelle culture des tissus le procédé par lequel on maintient des cellules empruntées à un tissu vivant dans des conditions telles qu’elles puissent non seulement continuer à vivre, mais croître et se multiplier en dehors de l’organisme d’où elles proviennent. Ces conditions sont actuellement bien, connues ; elles sont distinctes de celles qui suffisent à obtenir la simple « survie » des éléments explantés; certains milieux de transplantation, en effet, offrent aux cellules isolées les ressources nécessaires pour prolonger leur existence, mais ne leur permettent pas de se diviser; un tel élevage est donc plus ou moins rapidement voué à la mort; la culture véritable au contraire permet, grâce à l’emploi des techniques que
- Fig. 1. — Matériel servant à la culture des tissus.
- nous allons décrire, de conserver indéfiniment la descendance de la souche que l’on a mise à l’étude. Les lecteurs désireux de se documenter sur les faits concernant la survie des tissus trouveront toutes les précisions néces-
- Fig. 2. — Aspect d’un fragment de cœur d’embryon de poulet cultivé depuis quarante-huit heures.
- La masse noire centrale représente le fragment expiante. Elle est entourée de cellules émigrées et proliférant dans le coagulum. de fibrine (zone de croissance).
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- saires dans un excellent article de Legendre paru dans ce journal même en 1912 (n° 2058).
- La mise au point des procédés de culture est une conquête relativement récente. Les premiers essais sont dus à Léo Loeb (1897) ; un résultat très important fut acquis par Harrison (1907) qui, plaçant des ganglions rachidiens de grenouille dans de la lymphe, vit les cellules nerveuses ganglionnaires émettre des prolongements ou axones. Cependant Legendre (1911), après avoir confirmé et étendu les expériences de Harrison, insista sur le fait qu’il n’y avait pas encore là culture véritable, mais survie simple avec régénération des prolongements cellulaires. C’est aux recherches de Carrel, poursuivies depuis 1910 dans le laboratoire qu’il dirige aux Etats-Unis, que nous devons les découvertes fondamentales qui ont fait de la culture des tissus une discipline remarquablement féconde. Actuellement, elle est devenue une science indépendante, possédant ses spécialistes, ses journaux, ses congrès
- l'ig. 3. — Cellules conjonctives en culture, photographiées à un très fort grossissement. On voit le noyau, le chondriome, les vacuoles du protoplasme.
- internationaux. Parmi ses représentants français, nous citerons Borrel, Champy, Fauré-Fremiet et Ephrussi, Policard.
- Pour que la culture d’un tissu soit possible, diverses conditions générales doivent être réalisées; elles concernent :
- î° Le Milieu. — Le problème consiste à composer la formule d’un milieu de culture tel qu’il n’altère en aucune façon les éléments qu’on y introduira, et que, de plus, il leur apporte les aliments nécessaires à leur croissance. Pour des raisons qui apparaîtront dans un instant, les milieux dans lesquels se font les cultures comprennent à la fois une masse solide, formée en général de plasma coagulé, et un liquide constitué par exemple par du sérum sanguin. On les dispose tantôt dans des tubes ou boîtes de verre de forme variée, tantôt à la face inférieure d’une lame de verre renversée, ce qui constitue le procédé dit de la goutte pendante.
- Un milieu peut être considéré comme non altérant s’il
- est à peu près isotonique, d’une part, et si, d’autre part, il ne contient aucune substance toxique. Un milieu peut être considéré comme nutritif s’il apporte aux cellules, sous forme soluble, des produits directement assimilables, tels qu’en contiennent les extraits de tissus embryonnaires. On dilue ceux-ci plus ou moins dans un liquide physiologique. Carrel a récemment montré que des solutions de peptones pouvaient, dans une certaine mesure, remplacer les extraits embryonnaires.
- La structure du milieu n’a pas moins d’importance que sa composition. Les cellules cultivées, en effet, manifestent le besoin absolu d’un point d’appui, d’une surface sur laquelle elles puissent s’étaler en une couche mince dont le diamètre s’accroît sans cesse. Le réticulum fibrineux constitué par le plasma coagulé forme un excellent support dont l’importance est suffisamment mise en lumière par le fait que, s’il vient à être liquéfié sous l’action des sucs cellulaires, la prolifération des éléments s’arrête. Il est d’observation courante que les espèces cellulaires à faible pouvoir protéolytique, telles que les fibroblastes conjonctifs, se cultivent très facilement, alors que les cellules cancéreuses, à pouvoir liquéfiant considérable, exigent des techniques particulières.
- 2° La Respiration. — Les éléments en culture exigent, pour subsister, de faciles échanges gazeux avec le milieu. Cette condition se trouve réalisée si l’on a soin de ne mettre à cultiver qu’un amas de cellules de peu d’épaisseur, dont presque tous les éléments, par conséquent, sont en contact direct avec la surface libre, et, par son intermédiaire, avec l’atmosphère gazeuse du tube. On comprend aisément que si l’on prélevait un fragment trop épais, un grand nombre de cellules centrales mourraient par asphyxie et, se désintégrant, compromettraient la réussite de la culture.
- 3° La Température. — L’optimum de température pour la croissance in vitro des tissus dépend naturellement de la température normale de l’animal d’où ils proviennent. Les cellules de Mammifères sont cultivées à 37°-38°, celles des Batraciens à 18° environ. L’abaissement de la température de culture au-dessous des chiffres optima entraîne un ralentissement marqué des processus de croissance et de multiplication, qui aboutit à l’arrêt complet si la baisse s’accentue.
- 4° L'Elimination des toxines. — Il est nécessaire, pour maintenir les cultures en vie, que les déchets résultant de l’activité même des cellules et déversés dans le liquide qui les baigne soient éliminés. Deux procédés permettent de soustraire les éléments à l'action toxique de leurs produits : le premier consiste dans le renouvellement périodique du liquide des tubes; l’autre consiste à repiquer un certain nombre des éléments en culture dans un milieu neuf.
- 5° L'Asepsie. — Des manipulations rigoureusement aseptiques sont une condition sine qua non de la réussite des cultures. L’envahissement de celles-ci par des bactéries ou par des moisissures entraîne fatalement la mort des éléments explantés, dont le pouvoir phagocytaire et la résistance aux toxines sont constamment affaiblis. Pour éviter la contamination des élevages, il faut non seulement opérer avec un matériel stérilisé, mais encore
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- effectuer très rapidement les opérations nécessaires, de façon à réduire au minimum les chances d’introduire les germes que véhicule l’atmosphère.
- LA TECHNIQUE DES CULTURES
- Sans entrer dans les détails des diverses techniques qui satisfont aux exigences ci-dessus exposées, nous allons décrire brièvement ici un mode opératoire fréquemment suivi. Le milieu de culture est préparé à partir de plasma de sang de Lapin ou d’Oiseau; les différents animaux fournissent en effet un plasma de valeur très inégale au point de vue qui nous occupe : le plasma humain, par exemple, est un milieu très médiocre par suite de la facilité avec laquelle les cellules le liquéfient. Le sang est recueilli aseptiquement par l’intermédiaire de canules vaselinées pour éviter la coagulation; on sépare le plasma des globules par centrifugation; puis on l’aspire avec une pipette et on le répartit dans des récipients de verre de types variés.
- On prélève alors aseptiquement un fragment du tissu à étudier, que l’on enclave dans le plasma au moment où la coagulation de celui-ci s’effectue. On ajoute ensuite le milieu liquide, préparé d’ordinaire à partir d’embryons de poulet âgés de 7 à 9 jours, recueillis et broyés aseptiquement. Le broyât centrifugé fournit un liquide éminemment favorable à la croissance des cellules; on l’utilise tantôt pur, tantôt étendu à l’aide de l’une quelconque des solutions salines employées en physiologie (liquide de Ringer, de Tyrode, etc...).
- Onportele tout àl’étuve. L’activité des cellules explantées se manifeste très rapidement; dès les premières heures les cellules se divisent très activement, et l’on voit, à partir des bords du fragment, s’étendre excentriquement un voile mince d’éléments jeunes et proliférants. La fig. 2 montre un aspect caractéristique d’un tel développement. Conformément à ce que nous avons dit plus haut, la culture doit être soit lavée avec du liquide frais, soit repiquée, ce qu’on fait environ toutes les 48 heures, et qu’on peut, sauf accident, répéter indéfiniment. On voit que, si les cultures réclament des soins fréquents et exigent une certaine adresse et une grande rapidité dans l’exécution des manipulations, la technique qui permet de les réussir est en somme assez simple.
- LES RÉSULTATS
- La méthode des cultures de tissus s’est révélée d’une extrême fécondité dès les premiers temps de sa découverte; elle a permis d’aborder directement d’importants problèmes qui touchent soit à l’étude de la cellule elle-même, de ses potentialités propres, soit à l’analyse des facteurs physiques, chimiques et de corrélation qui agissent sur les éléments dans l’organisme. C’est dire que les cultures de tissus intéressent autant le biologiste que le cytologiste et l’anatomo-pathologiste. Dégageons quelques résultats généraux de la pratique des cultures :
- L’un d’eux est que toutes les sortes d’éléments sont cultivables, les cellules conjonctives comme les cellules épithéliales, les éléments musculaires et cartilagineux, comme ceux du parenchyme rénal ou hépatique. On peut
- Fig. 4. — Un autre aspect de cellules conjonctives en culture.
- réaliser aussi bien des cultures pures, c’est-à-dire ne renfermant qu’une seule espèce de cellules, que des cultures mixtes, dans lesquelles plusieurs sortes de cellules sont associées.
- La culture d’une même lignée cellulaire peut être, nous l’avons dit, indéfiniment prolongée : Carrel conserve actuellement des cultures de tissu conjonctif mises en train en 1912, et qui achèvent par conséquent leur 17 année de prolifération ininterrompue. L’examen des éléments issus d’élevages prolongés est d’un très grand intérêt; on a cru longtemps en effet que les cellules cultivées subissaient dans le milieu artificiel une dédifférenciation, c’est-à-dire la perte de leurs caractères structuraux et physiologiques, et que toutes les catégories cellulaires revenaient au type embryonnaire indifférent. Mais on admet aujourd’hui que, d’une façon générale, et réserve faite des résultats d’actions mécaniques spéciales, les éléments cultivés ne perdent ni leur forme ni leur structure. Ainsi A. Fischer a montré que l’épithélium de l’iris de l’embryon de poulet conserve dans les cultures toutes ses caractéristiques; Olivo, cultivant des cellules nerveuses, a vu celles-ci conserver à la fois leur morphologie et la capacité de former des cylindre-axes. D’autres observations prouvent que, dans certains cas au moins,
- Fig- 5,
- Cellule en division dans une culture de cellules conjonctives
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- non seulement les structures, mais les fonctions des éléments cultivés demeurent intactes : l’épithélium intestinal garde in vitro la propriété de produire des ferments protéolytiques.
- Un certain nombre de faits témoigne même d’une aptitude des cellules à continuer in vitro l’évolution qu’elles auraient présentée dans l’organisme, à acquérir par conséquent des caractères qu’elles ne possédaient pas encore au moment du prélèvement. Ainsi on a vu des cellules de Malpighi de l’épiderme se charger de kératine, des cellules du cœur de poulet acquérir la propriété contractile.
- Les résultats plus particuliers que nous allons exposer maintenant contribuent de façon extrêmement intéressante à éclaircir ou à poser des problèmes concernant la cytologie ou l’anatomo-pathologie.
- Les études de la morphologie cellulaire sont grandement facilitées par la méthode des cultures à cause de la propriété que manifeste tout élément cultivé de s’étendre en une lame mince et transparente à la surface de son support; les structures protoplasmiques et nucléaires en deviennent beaucoup plus visibles que dans les conditions ordinaires. On a pu, grâce à des examens pratiqués en particulier sur le matériel vivant, vérifier la réalité de l’existence de formations telles que les mitochondries, les vacuoles : Lévi a observé que les chrondriosomes changent continuellement de forme et de nombre dans une même cellule; on a pu suivre de près et directement les processus de la division cellulaire ; étudier les modifications de la consistance du protoplasme enlraînées par des variations de l’alcalinité ou de l’acidité du milieu; déterminer des changements dans la forme du noyau, une augmentation ou une diminution du nombre des vacuoles en faisant varier la composition du liquide nutritif.
- Les conditions de l’observation se montrent également favorables pour l’étude des mouvements intraprotoplas-miques et de la motilité des cellules vivantes; l’enregistrement cinématographique de ces déplacements a pu être réalisé de façon particulièrement satisfaisante; on a montré que des espèces cellulaires très spécialisées, dépourvues dans les conditions normales de toute motilité, acquéraient dans les cultures le pouvoir de former des pseudopodes et de se déplacer activement : tel est, par exemple, le cas des cellules hépatiques, des cellules épithéliales intestinales, et même des cellules nerveuses. La forme des pseudopodes émis est en général caractéristique de l’espèce cellulaire, bien que l’on puisse la modifier plus ou moins en faisant varier la composition du milieu.
- La méthode des cultures constitue un moyen très simple d’étudier le problème complexe de la nutrition Cellulaire; on apprécie la valeur nutritive de milieux de composition diverse en recherchant dans quelle proportion la croissance des éléments s’y trouve ralentie ou accélérée. Garrel et Ébeling ont montré que ni le fibrinogène du plasma ni les protéines du sérum n’étaient utilisables par les cellules et que les substances nutritives indispensables, contenues par exemple dans le suc embryonnaire, et provisoirement désignées sous le nom
- de tréphones, se ramenaient en grande partie à des protéines et pouvaient être, dans une large mesure, fournies par des corps organiques définis.
- Les faits que nous venons d’exposer concernent la cellule considérée isolément; il nous faut examiner maintenant comment les cellules d’une culture se comportent, les unes par rapport aux autres; nous distinguerons le cas où elles sont de même espèce et celui où elles sont d’espèces différentes.
- Un fait très intéressant, mais encore inexpliqué, est celui-ci : une seule cellule, isolée au milieu d’une goutte de plasma, peut vivre très longtemps et se déplacer, mais elle est incapable de sc multiplier; des fragments de culture ne prolifèrent avec facilité que s’ils atteignent une certaine dimension. Il résulte de ces constatations que l’activité multiplicatrice de toute cellule exige pour se déclencher la présence d’un certain nombre d’autres éléments; on a pu préciser quelque peu le mécanisme d’une telle action physiologique en montrant que les interactions nécessaires entre les cellules ne sont assurées que lorsque des ponts d’union protoplasmiques s’étendent de l’une à l’autre; ce n’est donc pas le milieu qui sert d’intermédiaire : c’est ce que prouve la très suggestive observation suivante : on place côte à côte dans le plasma coagulé deux fragments de cœur d’embryon de poulet; on constate qu’ils ne battent pas synchroniquement, mais si une continuité protoplasmique s’établit entre eux, on voit aussitôt les contractions devenir synchrones.
- Examinons maintenant quelques faits concernant les cultures mixtes et les interactions qui se manifestent in vitro entre éléments de type différent. Un des grands intérêts de la culture des tissus est de permettre l’étude expérimentale des rapports qui s’établissent dans l’organisme entre différents ordres de tissus; La connaissance de ces rapports est essentielle pour la compréhension des phénomènes de développement et de morphogenèse.
- G. Ghampy a montré que tissu conjonctif et épithélium constituent un système antagoniste dont les composants tendent à se détruitre l’un l’autre. Certains éléments à pouvoir phagocytaire élevé l’exercent dans les cultures au détriment des tissus associés; c’est ainsi que dans les cultures de rétine, les fibres de Müller, éléments névrogliques, finissent par absorber toutes les autres cellules; que, dans les cultures de testicule, des éléments particuliers dits cellules de Sertoli, agglutinent et détruisent les éléments de la lignée reproductrice, y compris les spermatozoïdes.
- L’aide apportée aux anatomo-pathologistes par les résultats de la culture des tissus n’est pas moins importante que celle qu’elle apporte à la cytologie et à la morphogenèse.
- On a pu, en inoculant les cultures de ganglions lymphatiques ou d’épiploon de Lapin avec le bacille de Koch, reproduire in vitro les différents aspects des lésions tuberculeuses : cellules géantes, dégénérescence caséeuse, etc. D’autre part et surtout, on a pu aborder directement l’étude des propriétés des cellules cancéreuses. Leur culture se révèle particulièrement délicate par suite de leur pouvoir protéolytique extrêmement développé, mais des
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- perfectionnements techniques, dont le plus important, dû à Fischer, consiste à ajouter au coagulum de plasma des fragments de muscle mort, dans les interstices duquel les cellules proliférantes se répandent, ont permis d’obtenir des résultats très encourageants. Contrairement à ce qu’on observe pour les tissus normaux, la mise en culture d’une seule cellule est couronnée de succès. Les cellules issues d’une tumeur conservent leur malignité indéfiniment, tout au moins celles qui sont cultivées sur muscle, ainsi qu’on peut le démontrer facilement en greffant à un animal des éléments cultivés.
- Non seulement la malignité des éléments est conservée, mais, fait très important, on a pu arriver à rendre cancéreux, in vitro, des éléments provenant de cellules normales. Ainsi Carrel (1924), cultivant des monocytes du sang et ajoutant au milieu de l’extrait filtré ou des fragments, desséchés d’une tumeur particulièrement virulente, de sarcome le Rous a pu obtenir la transformation maligne des cultures en 20 jours environ.
- Plus importants encore sont les résultats de A. Fischer qui est parvenu, en traitant des fragments de rate d’embryons de poulet par l’acide arsénieux ou par le goudron,
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- à rendre malignes les cellules et à produire en les inoculant des tumeurs très virulentes. Ce fait remarquable montre l’importance des progrès que peut faire accomplir à la.question si pressante du cancer l’application de la méthode des cultures de tissus. On sait dès maintenant qu’il n’existe pas de cellule sarcomateuse spécifique, « sorte d’élément anarchique dont le groupement forme dans l’organisme un Etat dans l’Etat, qu’il n’y a qu’une condition maladive anormale d’un élément normal de nos tissus : le macrophage ou histiocyte » (A. Policard).
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- Les faits que nous venons d’exposer, choisis parmi les plus caractéristiques, et les plus récents, permettent, nous l’espérons, d’apprécier l’intérêt et la portée immenses d’une technique expérimentale qui a déjà fait ses preuves, mais qui est certainementloin d’avoir fourni tous les résultats que l’on est en droit d’attendre d’elle. La culture des tissus, méthode nouvelle, apparaît dès à présent comme une des acquisitions les plus importantes de la biologie au cours de ces dernières années.
- J. M.
- LE NOUVEAU CUIRASSÉ ALLEMAND
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- Rappelons ici qu’aux termes du traité de Versailles, la composition de la nouvelle flotte de guerre allemande est fixée à :
- 6 cuirassés -f- 2 unités de remplacement d’un déplacement maximum de 10000 t., portant des pièces dont le calibre ne peut dépasser 280 mm. ;
- 6 croiseurs plus 2 unités de remplacement du tonnage maximum de 6000 t.
- Calibre maximum :
- 150 mm. ;
- 24 torpilleurs, tonnage maximum :
- 800 t. ;
- pas de sous-marins,
- En ce qui concerne les croiseurs, l’Allemagne en a déjà construit 3 en remplacement de bâtiments du même type arrivés à
- leur limite d’âge (20 ans). Ces croiseurs nouveaux sont d’ailleurs de conception et d’exécution très remarquables. Pour les cuirassés, une première unité de remplacement vient d’être mise en chantier à Kiel (août 1928) et ce nouveau signe de la résurrection de la flotte allé-mande a produit une très vive émotion.
- Fig. 1. — Croiseur Emden.
- Type des nouveaux croiseurs allemands de 5600 tonnes, vitesse 29 nœuds, 8 pièces de 150 mm.
- On commence, en effet, à connaître les caractérÉ*^ tiques de ce bâtiment par une description très précise qu’en a donnée la Marine Rundschau et par un rapport établi par le ministre de la Défense allemande, le
- Général Groener. On retire de ces documents l’impression que l’Allemagne, si elle reproduit à 6-4-2 exemplaires l’unité nouvelle, comme il est très certain qu’elle se dispose à le faire, se trouvera bientôt en possession d’une force navale très supérieure, l’Angleterre mise à part, à toutes les Marines européennes, qui auront borné leur sambitions à la création de flottes légères à caractère purement défensif.
- Les experts qui ont fixé à l’Allemagne les limites de son effort naval avaient pensé, et étaient autorisés à penser, que le tonnage de 10000 t. imposé pour les cuirassés ne pourrait lui permettre de reconstituer un noyau de flotte susceptible d’autre chose que de défendre le littoral allemand ou de maintenir une certaine suprématie dans la Baltique.
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- Ce rôle paraissait devoir être dévolu à une sorte de monitor suffisamment cuirassé et armé, convenant à la navigation dans la mer qui baigne les côtes à défendre, et susceptible de se ravitailler aisément à ses bases naturelles.
- Il était difficile de concevoir en effet qu’une coque de 10000 t. put en même temps voir garantir ses flancs par une cuirasse, forte, c’est-à-dire lourde, porterune artillerie puissante, donc pesante, être mue par une machinerie capable de lui fournir une grande vitesse, et posséder encore un important rayon d’action, toutes qualités qui correspondent à beaucoup de place et de poids disponibles.
- Or, c’est un tout autre type que celui du monitor que représente le cuirassé dénommé provisoirement Ersatz-Preussen (remplaçant du Preussen déclassé) et qui se construit actuellement aux chantiers de Kiel.
- Mis en présence d’un de ces problèmes à la solution desquels ils excellent, n’hésitons pas à le reconnaître, les ingénieurs allemands ont justifié leur réputation.
- On leur demandait d’établir les plans d’un navire qui pourrait réunir dans une coque pesant en tout 10000 t. des éléments de puissance offensive et défensive tels qu’il pût figurer honorablement au combat avec bon nombre de cuirassés actuellement à flot.
- Il leur fallait donc tout d’abord réaliser une coque qui, pour ce poids de 10000 t., fût la plus grande possible, tout en conservant la solidité nécessaire. Ils comptent y arriver d’abord en employant dans une partie importante du navire un nouveau métal dont on dit qu’il pèse près de moitié moins que l’acier, et qu’il a supporté des essais de résistance extrêmement sévères.
- De plus l’assemblage des tôles sera fait par le procédé de la soudure électrique déjà employé avec succès sur les derniers croiseurs allemands. D’où double économie sur le poids des tôles en acier et du rivetage.
- Cette économie se reproduit sur l’appareil moteur. Celui-ci se composera de deux groupes de moteurs Diesel extrêmement perfectionnés, puisque, à puissance égale, ils doivent peser, toujours d’après ce qu’on en peut savoir, le tiers des appareils similaires. Mais le progrès ne s’arrête pas là, et mon excellent confrère du Figaro, le capitaine de vaisseau Thomazi, nous apprend
- Fig. 2. — Schéma du cuirassé Preussen de lk000 tonnes qui sera remplacé par le cuirassé actuellement en chantier.
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- qu’un perfectionnement immense aurait été réalisé dans ces moteurs. Il était en effet impossible jusqu’ici de tirer du moteur Diesel les grandes vitesses de 25 à 28 nœuds. On devait se borner à l’employer, à bord des navires de guerre, pour l’allure de croisière, ne dépassant pas 15 nœuds, comme cela s’est fait à bord des croiseurs neufs.
- Le nouveau modèle de Diesel qu’on se propose de placer à bord du Ersatz Preussen réaliserait cet énorme progrès. Les deux groupes envisagés développeront 50000 ch et fourniront la vitesse de 26 nœuds. Notons que les derniers cuirassés anglais Nelson et Rodney, de 35000 tonnes, portent seulement des machines de 45000 ch pour une vitesse de 23,5 nœuds.
- Et, fait plus étonnant encore, ce Diesel perfectionné ne pèserait plus que 8 kg par cheval-vapeur, alors que le poids admis couramment jusqu’ici est d’environ 40 kg. L’importante économie de poids ainsi réalisée sur la coque et sur les moteurs a permis tout d’abord de munir le Ersatz-Preussen d’un cuirassement puissant, couvrant tout le flanc, et de deux ponts blindés dont un spécialement étudié contre le bombardement aérien.
- Contre les torpilles et les mines, la protection sera assurée non plus par les « bulges » des cuirassés Anglais, mais par un compartimentage très serré, rappelant la structure d’une ruche.
- L’armement a également bénéficié, dans une très large mesure, du tonnage rendu disponible parles progrès réalisés dans la structure de la coque et du moteur. On a pu placer à bord du nouveau cuirassé 6 pièces de 280 mm en tourelles triples, soit 2 de plus que sur les anciens cuirassés allemands, 8 pièces de 150 mm, quelques canons, légers anti-aériens et 6 tubes lance-torpilles.
- Forcés de ne pas dépasser le calibre de 280 mm, les artilleurs allemands ont cherché à lui faire rendre la puissance maximum. Ils ont réalisé, paraît-il, et de fâcheuses expériences antérieures ont appris à la flotte anglaise et au monde entier ce qu’ils savent faire en cette matière, une pièce dont la portée de 27000 m dépasserait de 12000 m celle des anciennes pièces de ce même calibre, et dont la puissance équivaudrait à celle de toutes les pièces existantes de calibre supérieur. Le poids du projectile serait de 300 kg. On sait par ailleurs que les obus allemands sont d’excellente qualité, à éclatement retardé, et qu’en outre les méthodes et lés installations de conduite de tir sont de premier ordre.
- À tous ces éléments de puissance il faut encore ajouter celui résultant d’un approvisionnement de mazout permettant l’énorme rayon d’action de 10 000 milles (soit 3 fois la distance du Havre à New York), à 20 nœuds et une distance franchissable bien supérieure à la vitesse de croisière de 15 nœuds.
- Ainsi donc, il faut s’attendre à voir prochainement à flots dans la Baltique, d'abord un, puis sans doute plusieurs navires de 10000 t., armés, protégés, propulsés comme il vient d’être dit, appuyés sur une excellente division de 6 croiseurs, possédant, toutes proportions gardées, les mêmes qualités que les cuirassés et notamment capables de parcourir une énorme distance sur les mers sans se ravitailler.
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- Tubes fance torpilles
- Tubes lance torpilles
- Fig. 3 — Schéma du nouveau cuirassé Ersatz-Preussen actuellement en construction
- à Kiel.
- Déplacement 10 000 tonnes, vitesse 26 nœuds, 6 pièces de 280 mm., 8 pièces de 150 mm, 4 pièces contre avions de 88 mm, 6 tubes lance-torpilles de 500 mm
- Que cette force navale impressionnante assure l’hégémonie allemande en Baltique, cela ne fait aucun doute, en présence des petites flottes des nations riveraines et de la carence absolue de la Russie. Mais il est bien évident qu’un tel effort est inutile et outrepasse, et de loin, un but aussi modeste, si c’est bien celui-ci qu’on se propose.
- Il faudrait donc être aveugle pour ne pas discerner que les visées de l’Allemagne, en cette occasion, sont d’un tout autre ordre, et qu’elles tendent nettement à lui redonner sur les mers une place que les traités lui refusent non moins nettement.
- Il convient assurément de ne rien prendre au tragique. Il se peut que les renseignements fournis sur le cuirassé allemand exagèrent quelque peu de sa puissance (éventualité peu probable en raison de la valeur des sources d’où ils viennent) ; il se peut encore que les innovations dont cette puissance sera faite ne donnent pas les résultats escomptés. Mais il peut aussi en être autrement et, dans ce cas, c’est, pour la France, un devoir inéluctable de se prémunir contre la situation qui peut se produire.
- Si, par aventure, dans quelques années, un conflit venait à éclater dans lequel notre pays se trouverait seul face à face avec l’Allemagne, il est facile de juger de ce qui se passerait. Notre flotte, d’où auront disparu les quelques cuirassés déjà anciens qui y figurent encore, serait alors composée uniquement de croiseurs et de bâtiments légers, qui n’existeraient pas devant des navires tels que celui que je viens de décrire.
- Nos côtes seraient exposées sans défense à cette flotte ennemie; la Méditerranée, où sont groupés tant de nos
- intérêts vitaux, lui serait ouverte, et nos colonies enfin seraient cueillies sans grandes difficultés par un corps de débarquement que cette flotte y convoierait, sûre de ne pas rencontrer d’adversaire sérieux.
- C’est là une perspective inadmissible. La constitution d’une division cuirassée allemande, telle que celle qui nous occupe, nous contraindrait donc inéluctablement à nous garantir, nous aussi par une flotte de valeur’adéquate ou supérieure.
- C’est le recommencement de celte course aux armements avec laquelle le monde espérait en avoir fini. L’Allemagne paraissait s’associer à cet espoir. Compren-dra-t-elle qu’elle va le détruire si elle donne suite aux projets qu’annonce la construction du Ersatz-Preussen et rejeter l’Europe entière dans les préoccupations guerrières et les préparatifs ruineux ?
- Cl Sauvaire-Jourdan.
- LA TÉLÉVISION RÉALISÉE PAR DÈNES DE MIHALY
- La télévision est désormais à la portée de tout le monde, et les amateurs de T. S. F. auront bientôt, pour compléter leurs appareils de radio-diffusion, des dispositifs leur permettant de voir en même temps que d’écouter. De nombreux systèmes ont été réalisés déjà en divers pays. En voici un nouveau à ajouter à la liste.
- M. de Mihaly, ingénieur hongrois vivant à Berlin, avait, il y a déjà un certain temps, construit un premier modèle d’appareil de transmission et de réception télévisuelles. En raison de la situation économique, il ne put, pendant un certain temps, poursuivre ses expériences; ce n’est que récemment qu’il a, grâce à une découverte accidentelle, faite lors de la mise au point d’un film « parlant », pu reprendre le fil de ses recherches et construire, sur une base essentiellement nouvelle, un dispositif de télévision d’une simplicité et d’un bon marché remarquables.
- M. de Mihaly a tenu à donner la primeur de son invention à la Société des Ingénieurs hongrois, qui> dans une séance plénière, a vivement applaudi son compatriote.
- Son nouvel appareil, qu’il m’a été donné d’examiner immédiatement après son retour de Budapest, diffère radicalement de son dispositif antérieur, basé, pour explorer la scène ou l’image originale, sur l’emploi d’un oscillographe sensible, l’intervention d’une cellule à sélénium presque exempte d’inertie, pour convertir les nuances de l’original en fluctuations électriques et la disposition, au poste récepteur, d’un autre oscillographe reconstruisant, avec ces fluctuations, la scène originale.
- Le nouvel appareil comporte, par contre, à titre provisoire et pour plus de simplicité, à la station de départ, un disque Nipkow tournant renfermé dans une caisse métallique, à travers la fenêtre de laquelle une lampe projette sa lumière sur les objets qu’il s’agit de rendre visibles. Le disque, disposé comme chez plusieurs autres inventeurs, pourra être remplacé plus tard par un dispositif oscillographique ; il comporte, à proximité de ses bords,une série de petits trous disposés suivant une ligne spirale et il tourne à la vitesse de 12 tours par seconde, ce qui, grâce à la disposition et au nombre des trous, permet
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- Fig. 1• Fig, 2, — M, Langer, collaborateur de M. de Mihaly, devant
- M, de Mihaly assis devant le transmetteur de son appareil. le récepteur de l’appareil.
- d’explorer par seconde environ 150000 éléments de la scène originale par le rayon de lumière passant à travers la fenêtre et les trous.
- Le problème de la décomposition rapide une fois résolu, il s’agissait de trouver un moyen de transmission. Au lieu des cellules au sélénium employées d’abord, M. de Mihaly a préféré adopter un type spécial de cellule photo-électrique basé sur l’effet dit de Hertz, à savoir, le fait qu’une plaque métallique suspendue, entre les pôles d’un tube cathodique, émet un courant de particules électriques (électrons) au moment où elle est frappée par des rayons de lumière dont l’intensité détermine l’intensité du courant. M. de Mihaly a réussi à augmenter cet effet à tel point qu’il se plie parfaitement aux besoins de la télévision; la cellule photoélectrique réagit, sans le moindre retard, à la moindre fluctuation d’intensité lumineuse. Les courants électriques venant de la cellule correspondent, on le voit, aux nuances lumineuses des éléments de la scène originale, successivement explorés par les rayons de lumière au poste transmetteur. Ces courants se rendent à un amplificateur approprié et, de là, à une lampe à tungstène qui, comme l’a constaté M. de Mihaly, suit instantanément toute variation de courant, en émettant des fluctuations de lumière correspondantes. Entre cette lampe et l’écran disposé dans la fenêtre de la boîte du récepteur, on a placé un autre disque à per-
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- forations disposées en spirale et qui tourne à la même vitesse que le disque transmetteur.
- Les rayons de lumière, passant à travers les trous de ce disque qui correspondent aux éléments successifs de la scène originale, viennent frapper l’écran en une succession si rapide que l’œil du spectateur les fond en une impression unique de mouvement continu, semblable à celui de la scène du transmetteur.
- Cet appareil de démonstration étant trop petit pour permettre la transmission de figures humaines, l’inventeur s’est, à titre provisoire, borné à lui faire transmettre des portraits tracés sur des plaques de verre, des diapositives, etc., qu’il reproduit, sans le moindre retard et
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- avecune grande précision admirable. Plus de contours flous comme dans d’autres dispositifs de télévision; ce qu’on aperçoit sur l’écran, c’est la reproduction exacte de l’original. De petits objets mobiles, une paire de lunettes, une pince ouverte et fermée à tour de rôle, apparaissent également, en silhouettes, avec une précision parfaite.
- L’appareil définitif, à stations séparées, sera prêt prochainement. Ses deux postes communiqueront par radio; le synchronisme sera assuré par une disposition spéciale que nous décrirons dans un nouvel article.
- L’appareil provisoire que nous venons de décrire ne coûte que quelques centaines de francs.
- D1’ Alfred Gradenwitz.
- DES FRAISES MURIES SANS SOLEIL
- Depuis le milieu du xvme siècle, bien des techniciens ont étudié l’influence de l’électricité atmosphérique, de l’électro-magnétisme ou des diverses radiations spectrales sur les végétaux. Quelques-unes de ces expériences sont restées célèbres, mais donnèrent souvent des résultats contradictoires qu’on essaya d’interpréter à l’aide de
- théories plus ou moins plausibles. Cependant, au cours des dernières années, de patients et savants chercheurs s’efforcèrent de préciser les conditions du problème de la culture des plantes supérieures en lumière artificielle, posé par Gaston Bonnier en 1895.
- En 1919, Schanz insista sur l’importance de la partie
- Fig, 1. — A gauche : La salle d’èlectroculture, éclairée par 4 et 2 lampes de 1200 watts fixées au plafond et animées d’un mouvement giratoire continu par un moteur électrique. Les fraisiers en pot sont irradiés uniformément. ( Vue au début de l’expérience.)
- Fig. 2. — A droite : Les memes (Avoines et Fraisiers), 12 jours après.
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- bleu violet du spectre qui paraît indispensable pour assurer aux végétaux une croissance régulière et vigoureuse. De son côté, dès 1922, A. Pirovano constata, dans son 'laboratoire d’électrogénétique de Belgirale (Italie), qp.’en> «utilisant des électro-aimants à champ variable, on parvenait à agir très énergiquement sur le plasma germinatif» de$ pavots et des cucurbitacées. Aussi sa méthode qu’il a baptisée du nom d’ionolysation lui permit-elle d’obtenir à volonté de| nouvelles formes hybri-des (1).-
- Vers 1924,’Esten Hendricks et R. B. Harvey professeurs à l’Université de Minnesota (États-Unis) en semant
- Fig. 3. — Quelques fraisiers en fleurs après 15 jours d’irradiation électrique.
- des graines de choux, des tomates, des pois et autres légumes en pots, puis en les éclairant au moyen de lampes Mazda, parvinrent à les faire pousser exclusivement en lumière artificielle jusqu’à leur complète maturité.
- Peu après, Arthur Grocker en Amérique, et Maximoff, en Russie;’" poursuivirent des expériences similaires avec des j ampoules électriques à filaments de tungstène de 1009 watts placées à poste fixe tandis que Hibben se
- 1. Voir dans La Nature, . n° 2698 (16 décembre 1925) p-391, l’article de notre collaborateur Daniel Gla.ude sur les expériences de M. Alberto Pirovano.
- servit de lampes identiques de 1500 watts munies de filtres colorés. Mais, vu la chaleur dégagée par de telles sources, il fallait éloigner d’elles les feuilles à insoler et les placer à une distance d’environ 1 m. 25 à 1 m. 50 sous peine de les brûler et, si on interposait des filtres sur le trajet des rayons calorifiques, l'intensité lumineuse devenait alors insuffisante. En 192G, Popp indiqua que l’absence des rayons ultra-violets occasionne une langueur des plantes, une vascularisation moindre malgré l’abondance de la chlorophylle.
- Si donc certains de ces expérimentateurs avaient réussi à faire mûrir des grains de blé, d’orge ou de sarrazin, leurs « soleils artificiels » n’avaient pas produit les mêmes phénomènes végétatifs que l’astre du jour. Les feuilles des plantes éclairées ressemblaient à celles de leurs congénères poussées à l’ombre, leurs tissus étaient moins épais et les nœuds des graminées se trouvaient plus espacés que dans la nature.
- Dans une communication récente à l’Académie des Sciences de Paris, MM. Georges Truffaut et Thurneyssen viennent de montrer les conditions à réaliser pour obtenir avec la lumière artificielle une végétation absolument semblable à celle qui s’opère normalement, pendant la saison estivale, grâce aux radiations solaires.
- Dans l’étude de la croissance des plantes à la lumière électrique, il y a lieu de distinguer la composition et l’intensité de la source, la nature et la température de l’atmosphère ainsi que le sujet végétal soumis à l’expérience. D’autre part, les différentes radiations colorées dont l’ensemble compose le spectre solaire mesurent entre 4000 Angstrôms (limite des ondes violettes visibles) et 7200 Angstrôms (limite des rayons rouges encore apparents). De 2900 à 150 Angstrôms se trouvent les ultra-violets, les rayons de Holweck, les rayons X et les Y (les plus courts). De l’autre côté du spectre s’étendent les rayons infra-rouges invisibles jusqu’à 53000 Angstrôms, les rayons calorifiques de 53 000 à 514000 Angstrôms où commencent les ondes courtes hertziennes.
- Or, d’après les récentes recherches de MM. Truffant et Thurneyssen, les rayons actifs pour la végétation oscillent entre 4 750 Angstrôms (maximum dans le bleu) et 6500 Angstrôms (autre maximum localisé dans le rouge) bien que la photosynthèse ou décomposition de l’acide carbonique par la lumière commence vers 3 500 Angstrôms c’est-à-dire dans l’ultra-violet solaire. Cependant, quand on élimine les rayons ultra-violets, dont les longueurs d’onde mesurent moins de 4000 Angstrôms, le cycle végétatif s’accomplit beaucoup mieux et dans l’insolation naturelle ' les radiations ultra-violettes ne constituent jamais plus de 1 pour 100 de l’énergie totale reçue. Ces constatations expliquent pourquoi Bonnier et les premiers expérimentateurs, qui utilisaient les arcs électriques nus très riches en rayons ultra-violets, obtinrent des résultats fort médiocres ou même contradictoires.
- D’une façon générale, les radiations violettes, bleu violet et:. bleues ainsi que le rouge orange, paraissent jouer un rôle important dans les phénomènes de la végétation et leur suppression produit les mêmes effets qu’une diminution d’intensité lumineuse. Enfin si on élimine, au moyen d’écrans en verres de composition spéciale, les
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- ondes bleues et vertes plus courtes que 4720 Angstrôms les plantes ainsi éclairées ne croissent plus de façon normale. La chlorophylle s’accumule en moindre proportion ; dans leurs tissus en palissade, elles s’étiolent, jaunissent fleurissent plus tard et fructifient mal.
- A la suite des observations précédentes,
- MM. Truffaut et Thurneyssen entreprirent, d’une manière méthodique et rationnelle, une série de recherches expérimentales que nous nous proposons de résumer, d’après les explications qu’a bien voulu nous fournir le premier de ces savants. D’ailleurs, nous avons pu nous rendre compte de la haute portée de ces nouvelles expériences d’électro-culture en visitant les laboratoires où M. Georges Truffaut poursuit, depuis longtemps, ses intéressants travaux de biologie végétale, grâce à de remarquables installations et avec l’aide de savants collaborateurs français ou étrangers.
- Dans cet établissement probablement unique au monde, l’habile agronome réussit à faire pousser, au cours de 1928 et des premiers mois de 1929, diverses plantes en lumière artificielle. Il a d’abord produit des avoines dont la durée de culture n’excéda pas 43 jours, des tabacs qui fleurirent normalement, des haricots qui grainèrent très bien et surtout des fraisiers de la variété « Vicomtesse Héricart de Thury » qu’il a récemment présentés à l’Académie des Sciences de Paris. A notre tour, en plein mois de février (alors que ce jour-là le thermomètre marquait plusieurs degrés au-dessous de zéro) nous avons pu savourer quelques-unes de ces superbes fraises que les rayons électriques avaient seuls mûries dans une pièce sans fenêtres.
- Le dispositif employé pour cette dernière expérience se composait de 2 lampes à filaments de tungstène dans une atmosphère gazeuse d’azote et d’argon. Leur puissance était de 1200 watts chacune ; elles consommaient 24 ampères sous 50 volts. Fixées aux extrémités d’une tige horizontale reliée elle-même à un axe vertical qu’un moteur électrique pouvait entraîner d’un mouvement giratoire continu, à raison de 14 tours à la minute, ces sources produisaient des radiations lumineuses comprises entre 8000 et 3000 Angstrôms. On les installa au voisinage du plafond de la serre obscure, à 1 m. 20au-dessus du niveau des végétaux en culture, leurs foyers lumineux étant séparés de 2 m. 10 d’axe en axe. Gomme on les avait munies chacune d’un réflecteur parabolique, elles éclairaient donc une surface annulaire. De leur côté, les plantes se trouvaient régulièrement espacées sur le pourtour d’une plate-forme circulaire de façon à recevoir le bain de lumière électrique.
- Des calculs effectués par différentes méthodes montrèrent aux expérimentateurs que la luminosité réalisée de la sorte ne dépassait guère le dixième de celle du soleil à midi, le 15 juin. Toutefois cette infériorité calorifique se trouvait largement compensée par la durée d’irradiation de « l’astre artificiel » qui ne cessa pas de
- tourner pendant toute la durée de la végétation. Le résultat obtenu se révéla, d’ailleurs, excellent puisqu’il permit de récolter des fraises en moitié moins de temps que la maturation normale s’opère au Cours de l’été. Effectivement M. Truffaut rentra, le 12 décembre 1928, dans son laboratoire : des fraisiers’préalablement cultivés en pots et entièrement gelés. Cinq jours après l’éclairement, de nouvelles feuilles débourrèrent. Le 26 décembre, apparurent les premières fleurs que le savant « jardinier » féconda artificiellement. Les fraise s nouèrent normalement à raison de 4 à 6 par pot, puis elles rougi-
- Fig. 5. — Une expérience, sur l’avoine, de M. Truffaut.
- De gauche à droite, pot 36 : sujets témoins cultivés en lumière naturelle; pot 1 : sujets irradiés; pot 8 : pieds cultivés sous éclairage électrique avec phosphate activé; pot 11 : pieds cultivés sous le même éclairage avec superphosphate.
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- rent, petit à petit, à partir du 17 janvier et, le 22 janvier 1929, la plupart atteignirent leur complète maturité, soit 960 heures ou 40 jours après leur mise en végétation. Grâce à la Fée électricité, leurctVesse de production normale avait donc doublé tandis que rien dans l’aspect, la constitution et la saveur de ces fruits nés au déb ut de l’hiver ne révélait de différences avec des fraises mûries aux chauds rayons du soleil estival! L’examen microscopique des feuilles de ces fraisiers électrisés montra également qu'elles possédaient autant de chlorophylle dans leurs tissus que celles de leurs congénères poussées en plein air au milieu de l’été.
- En entreprenant ces originales recherches, M. Georges Truffaut ne se proposa pas du reste, de produire « électriquement » de l’avoine, des haricots ou des fraises ; car leur prix de revient dépasse encore, à l’heure actuelle, les possibilités économiques. Mais il préconise l’emploi de ces méthodes dans un but d’expériences botaniques ou agronomiques. A l’aide de dispositifs similaires ou améliorés, les techniciens n’auront plus besoin, par exemple, de procéder à des essais culturaux en plein champ pour déterminer l’influence des engrais, du sol, des semences et du climat sur le rendement du blé ou autres céréales. Ils pourront travailler dans des laboratoires clos et faire, en une année, dix récoltes successives au lieu de peiner dix années consécutives sur le même problème. En outre, leurs conclusions ne seront plus entachées d’erreurs systématiques dues à la variation de la luminosité, ce principal facteur des moissons
- dont on ne tenait guère compte jusqu’ici. Or l’action du soleil fait parfois varier du simple au double les rendements d’un champ sur lequel on a épandu les mêmes quantités d’engrais. Il faut donc, pour tirer des chiffres des conclusions pratiques, additionner les chiffres d’un quart de siècle d’expérimentations afin d’avoir une notion exacte des besoins alimentaires des plantes dans une région et un sol donnés. Par conséquent l’électroculteur opérera beaucoup plus vite et bien plus scientifiquement.
- En attendant que les directeurs des stations agronomiques s’orientent dans cette voie féconde, on peut déjà tirer quelques enseignements des expériences de MM. Georges Truffaut et G. Thurneyssen. D’abord si les rayons ultra-violets possèdent une remarquable efficacité sur les hommes et les animaux, ils paraissent avoir une bien moindre importance pour les végétaux. Gomme les botanistes l’ont déjà constaté dans les montagnes, ces radiations dont l’intensité s’accroît avec l’altitude ont surtout pour effets de nanifier les plantes et d’accentuer le coloris de leurs fleurs. Enfin, sans doute dans un avenir plus ou moins lointain, si l’on parvient à abaisser le prix de revient du courant électrique, on forcera les lilas ou la vigne, les rosiers, les pêchers et autres arbres ou arbustes non plus dans des serres chauffées, mais dans des carrières abandonnées ou des bâtiments urbains à plusieurs étages. Dans ces obscurs « jardins » des Baby-lones modernes, pâlement éclairés par des lampés, les radiations lumineuses feront pousser des fleurs et mûrir des fruits au milieu des frimas ! Jacques Boyer.
- SECHAGE DU PAPIER DANS LE VIDE
- Dans la fabrication du papier, la pâte, soigneusement épurée et blanchie, s’écoule sur une table de fabrication ou forme. C’est une toile métallique sans fin, qui est animée d’un mouvement de progression et parfois d’un léger mouvement de va-et-vient latéral. La pâte se débarrasse là d’une partie de son eau, puis passe sur des presses humides et sur un feutre transporteur où le séchage se termine.
- Dans les grandes sécheries, la feuille, notamment s’il s’agit de carton, passe ainsi sur une cinquantaine de cylindres sécheurs chauffés à la vapeur. Certaines machines atteignent une longueur de près de 100 mètres. On comprend sans peine que la dépense de vapeur pour le séchage soit considérable et qu’il faille un très grand emplacement pour l’installation des machines à carton ou à papier.
- On a imaginé récemment, dans des usines canadiennes, des machines à sécher le papier dans le vide, de manière à éviter, ou tout au moins à diminuer en partie, les deux inconvénients signalés ci-dessus.
- Le principe de cette machine consiste à utiliser, concurremment avec la chaleur, l’action du vide pour le séchage du papier à journaux. On n’a besoin dès lors que de 20 rouleaux sécheurs de 1 m. 50 de diamètre et de
- 3 m. 86 de longueur. Ces rouleaux ne sont pas à l’air libre, mais ils sont enfermés dans un caisson de fonte parfaitement étanche à l’air. Ce caisson est constitué au moyen de plaques armées de fortes nervures, pour résister à la pression atmosphérique qui agit à l’extérieur et qui prend une certaine importance, en raison de l’étendue même des plaques (fig. 1).
- L’assemblage de la caisse étanche se fait au moyen de boulons et la résistance est calculée de manière à supporter un vide de 71 centimètres de mercure.
- Les paliers des cylindres sécheurs sont montés sur des roulements à rouleaux et il a fallu prévoir un graissage spécial automatique, au moyen d’une huile qui n’émet pas de vapeurs malgré un degré de vide élevé, et malgré l’élévation de tpmpérature nécessaire au séchage.
- La marche de la machine est continue et on sèche ainsi du papier à journaux à raison de 210 mètres par minute.
- Le point délicat est évidemment l’entrée et la sortie du papier dans le caisson étanche. Elles se font chacune au moyen de deux rouleaux : un rouleau inférieur est Recouvert de bronze (fig. 2), tandis qu’un rouleau supérieur est gainé de caoutchouc. Il s’appuie sur le premier, grâce à la pression atmosphérique extérieure et la surface du caoutchouc est suffisamment molle, de façon que le
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- papier puisse passer sans que l’air ait la possibilité de rentrer dans l’intérieur du caisson étanche.
- Lors de la première mise en route, il a fallu remédier à diverses défectuosités que l’on ne pouvait soupçonner. C’est ainsi qu’on a observé une détérioration rapide du cylindre caoutchouc, sans qu’on puisse trouver une raison apparente. Après de longues recherches, on a constaté que la détérioration du caoutchouc provenait de son ramollissement et d’une fusion qui se produisait sur sa face interne, en contact avec l’armature du cylindre.
- Cette fusion a pour cause des vibrations, qui développent dans le caoutchouc des frottements internes suffisamment grands et qui occasionnent son échauffement. On a donc cherché une qualité de caoutchouc différente, avec des périodes de vibrations telles qu’elles ne puissent donner lieu à aucun ennui.
- On a remarqué également que la porosité des feutres devait avoir un degré bien déterminé. Si ces feutres
- Fig, 1. — Le caisson sécheur en cours d’assemblage à l’usine de Charles Walmsley et C°.
- Cet appareil est actuellement en service à l’usine à papier de Price frères, Kenogam (Québec;.
- Fig. 2 — Cylindre d'acier forgé et tourné, recouvert d’une gaine de bronze. Ce cylindre pèse environ 20 tonnes.
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- ne sont pas assez poreux, la vapeur qui se produit par l’évaporation de l’eau dans le papier, au contact des premiers rouleaux sécheurs, ne peut plus s’échapper à travers le feutre ; elle soulève le papier et le feutre qui, par suite, circulent autour du rouleau sans les toucher.
- Le phénomène est alors comparable à celui de la caléfaction.
- La machine à sécher le papier dans le vide offre de très grands avantages. L’économie de vapeur réalisée se monte à 1800 kg par tonne de papier séché, ce qui représente 43 pour 100 de la consommation antérieure.
- L’encombrement de la machine est réduit, ainsi que la longueur des feutres, dont le prix est assez élevé.
- D’autre part, en dehors des économies réalisées, la suppression de l’humidité et de la chaleur constitue une amélioration importante des conditions de travail autour de la machine.
- Fig. 3. — Vue du caisson sécheur, Cassemblage terminé.
- E.-H. Weiss.
- LES LIONS
- De toutes mes chasses au lion, ce sont celles que ie fis en Mauritanie et sur la Koulountou qui m’ont laissé les plus beaux souvenirs.
- Dans ces pays qui auraient pu servir de cadre aux exploits du grand chasseur Jules Gérard, cette passion de nos années d’enfance, vivent, parfois en troupeaux nombreux, de grands lions sans crinière, dont la férocité et la force sont souvent supérieures à celles du tigre royal.
- J’ai étudié pendant de nombreuses années ces grands fauves, et j’ai à mon tableau 27 de ces animaux adultes, cependant que j’ai pu capturer en plusieurs fois six de leurs petits, à des âges différents.
- Le lion est sans contredit le plus beau coup de fusil pour le véritable chasseur, s’il ose aller le chercher en plein jour dans sa tanière qui est toujours défendue par des réseaux impénétrables de broussailles, dans lesquelles il se faufile sans laisser un poil, ou qu’il franchit d’un bond qui peut dépasser 4 m en hauteur et le double en longueur.
- Grièvement blessé et acculé, il est un terrible adversaire et fait preuve d’un courage impressionnant. Quand il s’agit d’un couple, le chasseur devra faire tout son possible pour abattre la femelle d’abord. Si celle-ci est grièvement blessée ou tuée, le mâle fuit. Si, par contre, vous blessez ce dernier, la femelle vous attaquera immédiatement. Elle est plus féroce dans ce cas, que si l’on s’empare de ses petits, et elle lutte jusqu’à la mort.
- Un petit fait qui se rapporte à la jobardise de cet
- animal : Vous trouvez-vous en présence de celui-ci en terrain découvert, il reste sur place, vous défiant du regard, ou alors il part lentement, maintenant son port majestueux. Mais, dès qu’il a atteint un fourré, des broussailles, l'abritant aux regards, il file très rapidement. C’est un vantard, souvent plus lâche que cruel.
- On rencontre souvent cet animal seul ou accompagné d’une femelle. Mais il arrive aussi qu’un troupeau de plusieurs de ces fauves, parfois une dizaine, vivent ensemble jusqu’à l’époque du rut. A cette époque, ces animaux s’accouplent après de longs combats. Il arrive aussi qu’un mâle prend ses quartiers, accompagné de deux femelles qui feront dans ce cas leurs petits à peu de distance l’une de l’autre.
- Ces félins ont une grande affection pour ceux des leurs, petits^, devenus orphelins. Dans ce cas, ils sont adoptés par une autre femelle, ou à défaut, par un mâle déjà accouplé, ou par un fort lionceau d’une dizaine de mois vivant seul. J’ai d’ailleurs constaté ce fait chez certains autres animaux.
- Lorsque les petits, très jeunes et ayant perdu leur mère, sont adoptés par un mâle, celui-ci les nourrit avec de la viande presque digérée par son puissant estomac, qu’il leur distribue comme font les pigeons.
- Pendant un mois, la mère ne quitte guère ses petits, vivant des proies rapportées par son mâle. C’est seulement pour aller se désaltérer qu’elle quitte le nid où est installée la nichée qui comprend deux, quatre ou six
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- petits chez certaines femelles âgées d’une dizaine d’années.
- J’ai dit le nid, car, en effet, c’est un véritable nid que construit une lionne qui met bas en pleine forêt. Elle choisit un fourré épais au milieu duquel elle transporte une grande quantité d’herbes sèches. Avec celles-ci, elle fait une forte et épaisse cloison dans laquelle elle ne laisse que deux ouvertures, une entrée et une sortie, dont l’usage sera respecté jusqu’à ce que les petits commencent à sortir alentour.
- Vers le troisième mois, ceux-ci suivront déjà leur mère à quelque distance, et vers le cinquième mois ils commenceront à chasser, sous l’œil vigilant des parents.
- A cet âge, les lionceaux sont déjà très difficiles à capturer et un jeune, d’environ 4 mois que je capturai, me fit de nombreuses et profondes blessures.
- Pour découvrir la nichée, il faut suivre la trace des parents souvent durant plusieurs jours, car ils sont très habiles à brouiller leurs traces.
- Les pistes se présentent sous divers aspects. On note les traces de pieds, quelques poils laissés à des touffes d’épineux, des fientes qui jalonnent leur route nocturne, des débris d’animaux tués quelquefois par pur désir de massacre. Ce dernier cas se présente surtout lorsque le lion use de représailles.
- C’est par habitude, à force de suivre des traces, qu’un bon chasseur deviendra un bon suiveur de pistes. Ce dernier doit être capable de distinguer comme son collègue indigène, le temps écoulé entre le moment où fut faite l’empreinte et le moment où il la relève. D autre part, l’ensemble des traces doit indiquer, au chasseur qui s’aventure à des grandes distances, où se trouve l’eau. Les lions, à la saison sèche, prennent souvent des bains dans des trous vaseux et ensuite sur plusieurs kilomètres ils essuieront leurs robes après une termitière ou un arbre.
- Pour capturer les petits, il faut tuer le père et la mère. Quant à capturer des lions adultes, cela est assez facile dans la région du Zambèze où ces fauves vivent en grand nombre. Par contre, en Afrique Occidentale, Centrale et Equatoriale où ils sont repus quotidiennement, ils tombent rarement dans les trappes tendues à cet effet.
- Fig. 2. — Jeune lionceau de 3 mois, capturé en Mauritanie.
- La nichée comptait 4 petits.
- Fig. 1. — Dans les villages autour desquels rodent les lions, on construit des miradors où s'installent des veilleurs de nuit.
- Le lion, lorsqu’il est seul, atlaque rarement le buffle adulte, il faut vraiment qu’il soit tenaillé par la faim pour qu’il risque une surprise sur cet animal dont la puissance est extraordinaire et la « férocité » dans le combat sans égale. C’est au moment où le buffle s’abreuve qu’il sera attaqué par un couple de ces puissants félins, qui, l’un sur le dos, l’autre après le flanc, réussiront à terrasser le redoutable ruminant.
- Suspendus à l’animal qui souvent les emporte sur une assez grande distance, les lions chercheront à briser les vertèbres du cou et à déchirer les grosses veines et artères. Mais, si les meuglements de l’animal attaqué attirent d’autres buffles, qui ne se trompent pas, d’instinct, à cet appel, les fauves, prudemment, prendront la fuite. Et, si leur victime a déjà perdu la vie, ils ne reviendront que lorsque le terrain sera libre pour se repaître de sang et de chair fraîche.
- Je me trouvais un jour en embuscade près d’un trou d’eau, à quelques kilomètres de la Koulountou (rivière Grey) lorsque j’aperçus un buffle qui se baignait. Spectacle banal et fréquent qu'un événement allait transformer en drame de la forêt.
- Du point élevé où j’étais, à environ 150 m de l’animal, je vis une masse brune se traîner sur le sol jusqu’à une touffe de gazon où el^e s’immobilisa. Je distinguais un énorme lion.
- Le fauve n’était pas à plus dé 10 m du ruminant et j’étais fort surpris qu’il ne cherchât point à bondir. Au contraire, ses regards se portaient toujours du côté d’un énorme amoncellement de roches se trouvant à l’extrémité de la colline qui me servait d’observatoire.
- Je pensais alors abattre l’animal, mais la faible portée de mon fusil à canons lisses, me fit momentanément abandonner cette idée. Je ne devais d’ailleurs pas regretter mon attente, elle me permit d’apprendre pour
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- Fig. 3. — Un grand lion mâle de Mauritanie.
- la première fois, que le « Roi des Animaux » n’est pas toujours le plus fort.
- Je me suis aperçu depuis, qu’il lui arrive souvent de prendre la fuite devant les buffles, les éléphants et les rhinoeéros.
- Qu’attendait le lion? Peut-être que le buffle se rapprochât! Non, et cette pensée reflétait une grossière erreur.
- Ma vue ne quittait pas le fauve dont les yeux de flamme fouillaient toujours l’amoncellement de roches. Et, je ne pouvais m’expliquer cette attitude, lorsqu’un deuxième félin, une lionne, se glissant de roche en roche, arriva bientôt, et sans avoir attiré l’attention du ruminant, à quelques pas du premier lion, où elle s’immobilisa à son tour.
- Les trois animaux formaient alors un triangle équilatéral, dont la hauteur n’avait pas plus de dix à douze mètres.
- A ce moment, les deux fauves parurent se consulter du regard, puis, le mâle se coula, tel un reptile, derrière des touffes d’ajoncs, jusqu’à ce qu’il ne fût plus qu’à quatre ou cinq mètres de celui qui allait être sa proie.
- Je me demandais ce qui allait se passer, lorsque sou-
- Fig. k. — Une grande lionne du Soudan. Longueur. 2 m. 57; hauteur 1 m. 01; poids 187 kg.
- dain les deux félins se jetèrent sur le géant de la forêt qui les emporta pendant environ dix mètres, ne cherchant pas autre chose qu’à prendre la fuite. Mais alors le colosse s’immobilisa, et secoua sa masse énorme, cherchant à faire lâcher prise à ses deux redoutables adversaires. Mais rien n’y fit, et bientôt il s’écroula sur le sol, mort, pensais-je.
- Pourtant il n’en était rien et quelques instants après, il se mit à genoux et poussa de longs meuglements qui se répercutèrent dans le silence de la forêt. Je me dis que tout était terminé et je commençais à prendre le « vent » pour m’approcher des deux fauves qui, accroupis sur leur victime, suçaient le sang chaud s’échappant de nombreuses plaies.
- Mais, avant d’avoir pris une décision, je fus immobilisé par un spectacle nouveau causé par l’arrivée d’un petit troupeau de buffles noirs dont la masse galopante, fendait les hautes herbes.
- Les lions, s’ils n’avaient vu arriver ces redoutables adversaires, les avaient bien entendus, car tous deux, d’un commun accord, s’élancèrent vers les rochers dans lesquels ils disparurent à mes regards.
- Tout était-il terminé?
- Je le croyais ainsi, et comme je n’avais pas une arme assez puissante pour attaquer ces animaux, je m’étais assis à nouveau sur le sol attendant le départ des nouveaux arrivés, avant d’aller prélever un bifteack sur la victime des lions.
- Le troupeau flaira longuement le cadavre, poussant de longs mugissements et frappant le sol de ses sabots aigus, puis bientôt ils s’éloignèrent tous après avoir bu un peu de l’eau vaseuse qui se trouvait à côté.
- Le cadavre du Titan africain allait donc rester là tout seul, et servir de pâture aux hyènes et aux chacals immondes.
- Je me levai, et, sur la crête des rochers, je suivis la corniche pour m’approcher de l'endroit où les deux fauves avaient disparu, lorsque je les vis surgir à l’extrémité des roches. Cette fois ils se tenaient debout, s’avançant sans crainte et sans chercher à cacher leur approche.
- Le mâle était vraiment' une belle pièce et je décidais sur-le-champ d’essayer de m’approcher des fauves. Pour cela il fallait me mettre sous le vent, ce qui m’obligeait à descendre dans la vallée de l’endroit où je me trouvais, ce qui n’était guère facile, car la muraille de roches était verticale. Enfin, qui veut la fin veut les moyens; je déroulais aussitôt ma longue cordelette faite de cuir fin et de soie, et l’ayant fixée à un arbuste, ]e me laissai glisser sans bruit.
- Bientôt j’eus atteint une petite terrasse d’où la descente devenait plus facile, et, en quelques bonds, je fus dans les ajoncs qui poussaient là par grosses touffes.
- Me servant de celles-ci, je m’avançais lentement dans la direction du trou d’eau, lorsque de furieux rugissements troublèrent le silence du lieu. Que se passait-il? Me relevant autant que le permettait la prudence, je cherchais à voir, mais j’étais encore trop éloigné pour pouvoir distinguer quelque chose.
- Je continuais donc à m’avancer sans bruit, cependant
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- que des rugissements de plus en plus rauques arrivaient à mon oreille. Bientôt je les entendis à quelques pas, et prenant beaucoup de précautions, je regardai au-dessus des herbes et je vis trois lions au lieu de deux.
- Deux de ces fauves étaient occupés à déchirer le buffle à belles dents, tout en se retournant du côté d’un troisième lion qui, les babines retroussées, laissait échapper des sons rauques et brefs de son estomac affamé. Allaient-ils s’attaquer? J’aurais dû, pour le savoir, attendre encore. Mais le désir de faire un doublé sur ce couple merveilleux mit mon arme en joue et je pressais la détente cependant qu’un des deux félins, après un bond formidable, s’abattit sur le sol où après avoir poussé un terrible rugissement, il resta immobile.
- Malheureusement j’avais tué la femelle et avant que je puisse le viser, son mâle avait fui dans les hautes herbes, précédé par l’autre lion.
- Comme je l’ai constaté par ailleurs et notamment en Mauritanie, le buffle et les grands pachydermes ne sont pas les seuls à être de redoutables adversaires pour le lion. Le sanglier phacochère adulte, s’il réussit à s’acculer, oblige parfois le roi des animaux à abandonner la lutte.
- Certaines antilopes n’hésitent pas à l’attaquer pour défendre leurs petits et notamment les hyppotragus.
- Je termine par cette citation d’un auteur anglais qui jeta une lumière éclatante sur le fait que l’on rencontrait fort souvent dans l’Etat d’Orange ou l’Afrique du Sud, côte à côte, le squelette d’un lion et celui de l’antilope Orix. Simple coïncidence, disaient les zoologistes d’alors. Jusqu’au jour où notre insulaire ayant assisté à un combat de ces deux animaux, il le conta dans plusieurs puvrages.
- Celui-ci prouva d’une façon très nette que l’orix, s’il n’était pas terrassé par surprise, arrivait presque toujours à tuer le roi des animaux, ou tout au moins à le mettre en fuite.
- Cette antilope, dont les cornes en forme de cimeterre atteignent quelquefois un mètre, peut les diriger très horizontalement à 40 ou 50 cm au-dessus du sol.
- C’est avec ses deux sabres que l’orix d’un bond transperce les plus grands félins, et le fait de retrouver ensemble les deux squelettes vient de ce que cette antilope ne peut plus ensuite retirer ses longues cornes de la plaie et doit mourir sur place à côté du cadavre de sa victime, à moins qu’un autre lion ne vienne la dévorer.
- En ce récit, je ne veux point chercher à démontrer que le lion manque de courage, non. Je veux simplement prouver qu’en dépit de toutes les légendes, il n’est pas toujours le plus fort.
- Malgré cela c’est l’animal que je chasse avec le plus d’intérêt, car à sa force et au courage dont il fait preuve fort souvent, il joint la ruse et l’adresse. Aussi je garde de plusieurs chasses au lion, le souvenir d’émotinns inoubliables.
- Se trouver en tête-à-tête avec cet énorme félin dont la longueur, du museau au bout de la queue, peut atteindre près de 3 m et la hauteur 1 m et quelques centimètres au garot, ou l’apercevoir couché, nonchalant comme un énorme chat, à quelques mètres, est pour moi le vrai
- Fig. 5. — Le buffle, redoutable adversaire du lion.
- plaisir du chasseur ; et il m’est arrivé, dans un cas semblable, d’attendre quelques minutes avant de lui envoyer la balle meurtrière qui fait un cadavre de ce corps magni-
- Fig. 6. — Un phacochère.
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- fique dans le pelage duquel on remarque, à l’état sauvage, des rosaces d’un brun parfois très marqué, mais qui s’estompent sitôt la mort, pour disparaître presque complètement quelques jours après.
- Quelle joie rare, de contempler ces beaux yeux dorés qui vous regardent sans méchanceté, sans haine, alors que le tigre et la panthère deviennent féroces rien qu’à l’odeur de l’homme.
- Aussi je déclare que, même vaincu, le lion est roi par toutes ses attitudes. Je dis qu’il garde de la noblesse même dans la mort.
- Mais roi au repos, pas toujours dans le combat. Les deux opinions ne sont pas contradictoires.
- Il est.rare que le lion tue pour le plaisir de tuer, sans faim, comme les autres félins.
- Si cela arrive aux alentours d’un village, c’est que le
- roi des animaux aura à venger une insulte ou la mort d’un des siens.
- 11 est des lions qui s’attaquent à l’homme, mais seulement lorsqu’ils sont affamés et dans l’impossibilité de trouver de la nourriture en raison de leur grand âge. Le fait a lieu rarement dans la journée.
- Le lion qui rôde la nuit autour du village et vient iusqu’au milieu des cases, est toujours un animal très vieux qui ne peut plus terrasser les animaux sauvages ou les bœufs domestiques. Il cherche alors autour des cases, les chiens et les enfants, et parfois des adultes, mais surtout des vieillards.
- Ce sont ceux auxquels beaucoup d’écrivains ont donné le nom pompeux de « mangeurs d’homme », alors qu’ils ne sont plus que des malheureux affamés.
- Pierre Magard.
- LA CITÉ MODERNE
- II - LES RÉALISATIONS
- Nous avons, dans un précédent article, schématiquement passé en revue les diverses théories qui sont proposées pour le passage de la Cité actuelle à la Cité de demain, et les caractéristiques probables des éléments qui la composeront. Il nous paraît intéressant, comme complément de cet exposé, que certains lecteurs ont pu trouver sec et aride, de présenter aujourd’hui quelques-unes dès œuvres architecturales exécutées qui peuvent être considérées comme des exemples plus ou moins parfaits de ces éléments futurs.
- Nous avons rassemblé ces exemples en faisant abstraction de toute idée d’école et de style, préférant au besoin une exécution que certains traiteront de « pompier » d’un programme moderne, à une œuvre prétendue moderne, mais qui ne le serait que par le style extérieur.
- Cette série de reproductions ne prétend d’ailleurs aucunement au titre d’anthologie complète. Les nécessités de l’édition nous ont forcé à nous restreindre pour ne pas abuser de l’hospitalité de La Nature ; d’autre part, certains auteurs, dont nous aurions aimé montrer les œuvres, ne nous ont pas fourni les documents nécessaires.
- Une idée directrice a cependant présidé à notre choix : nous avons pris, autant que possible, des exemples français, non par un vain chauvinisme, mais d’abord par réaction contre ce snobisme qui en est le contraire et qui, trop occupé à admirer ce qui se passe hors de nos frontières, ne voit pas ce qui se réalise près de nous ; et ensuite (c’est également la raison qui nous a fait choisir des éléments exécutés, à l’exclusion de tout « projet »), pour que la vue de ces photographies incite le lecteur à aller voir l’original, se rendre compte par ses propres yeux, et se faire une opinion personnelle. L’architecture moderne a tout à gagner à ce jugement du public, et elle ne deviendra vraiment vivante que lorsqu’elle sortira
- de ses petits groupements actuels de constructeurs et de clients, et que la foule, en appréciant ses efforts, lui imposera la sanction constante du bon sens et du besoin de logique et d’harmonie qui caractérise notre race.
- Ce résumé, si imparfait qu’il soit, montrera au lecteur la valeur de l’effort actuel de nos architectes et de nos constructeurs vers la formule de la Cité Moderne, et la force du mouvement qui perce de place en place au sein de nos vieilles agglomérations. Ces fragments d’avant-garde permettent au promeneur, devant telle façade, devant tel élément caractéristique dé coristruction, d’édifier par l’imagination tout un quartier de la ville future.
- En attendant l’organisation qui coordonnera les efforts et permettra les réalisations d’ensembie, il est à souhaiter que les règlements de voirie soient aménagés de façon plus souple et plus conforme aux possibilités actuelles de la construction ; que les architectes s’occupent moins des questions de mode pour penser davantage aux principes généraux ; que les constructeurs abandonnent les vieilles routines; et surtout que le public permette, par son éclectisme compréhensif, l’édification, dans ce grand laboratoire qu’est la ville d’aujourd’hui, d’un plus grand nombre de ces essais expérimentaux dont le contact avec la réalité est le plus sûr critérium (*J-
- (A suivre.) * Roger Lardat ,
- Secrétaire du Conseil de la Société des Architectes diplômés par le Gouvernement Ingénieur des Arts et Manufactures.
- 1. Indications du titre des architectes dans les légendes des pages suivantes :
- D. P L. G. Architecte diplômé par le gouvernement.
- S. A. D. G Membre de la Société des Architectes diplômés par le gouvernement.
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- BATIMENTS INDUSTRIELS
- Les bâtiments industriels modernes utilisent le fer et le béton pour obtenir les grandes portées et, par suite, le minimum cûencombrement en surface. Les études de résistance ont conduit à des formes propres au béton armé, comme dans les hangars d’Orly (Freyssinet, ingénieur; Limousin, constructeur (fig. 1 et 2), ou dans tes halles de Reims (Maigrot, architecte S. A. D. G,) {fig. 3 et 4), tandis que les audaces de la construction en fer s'affirment, par exemple, dans les Ateliers B/ériot (Henri Martin, wchiiecie D. P. L. G.; Pantz, constructeur) (fig. 5). Le développement de l’automobile conduit à la construction de garages à étages multiples, desservis par des rampes d’accès, tel celui de la rue Blanche (Veyssière, architecte S. A D. G.) (fig- G). — Fig. 3 et 4, cl. Edition Moreau, fig: 4, ph. Chevojon.
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- LES TOURS COMMERCIALES
- Nos règlements actuels de voirie ne nous permettent pas la construction de « Tours Commerciales » et nous devons chercher aux États-Unis les exemples existants. Les Américains ont démontré les possibilités de la construction dans cet ordre d’idée. Leurs « Gratte-Ciel », d’abord élevés au petit bonheur, les uns contre les autres (fig. 1), sont soumis maintenant aux règlements indispensables de gabarit et d’espacement (fig. 2, 3 et h). Ils sont munis de services considérables d’ascenseurs, de secours contre l’incendie, etc. Un décalage des heures de repos permet à la circulation de subsister malgré la concentration de ces immenses ruches. Ce sont aussi de beaux exemples de construction rapide, 'grâce à la taylorisation. — Phot. Wide "Worlds Phot., Fairchild Aerial Surrey et Brown Brothers.
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- HABITATIONS COLLECTIVES
- Concilier la masse avec la distribution de l’air et de la lumière, tel est le souci des constructeurs actuels. La maison de la rue Franklin (fig. 3) (A. et G. Perret, architectes-constructeurs), datant de 1903, est déjà un exemple de ce souci, en même temps que de la construction en pan de béton apparent et de la terrasse-jardin (jig. 4). Sauvage donne à sa maison en gradins de la rue des Amiraux (fig. 1), air et soleil, sans préjudice pour la rue et les maisons voisines. Quai d’Auieuil (fig. 2), de Rutté et Bassompierre [S. A. D. G), cherchent dans la forme du plan et dans Vorientation la solution du même problème, tandis que Roux-Spitz (Grand Prix de Rome), dans son immeuble de la rue Guynemer ( fig. 5), la trouve dans le développement maximum des baies, donnant à chaque pièce une paroi à jour (fig. 6). Fig. 1 et6, pb. Duprat ; fig. 2, ph. Vizzavona; fig. 3 et 4, ph. Chevojon; fig. 5, ph. Salaün.
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- HABITATIONS INDIVIDUELLES
- Le prix du terrain dans nos grandes villes fait de leur édification un luxe réservé à quelques-uns. Les architectes modernes ont pu trouver cependant en cette clientèle restreinte l’occasion d’expérimenter les modes de construction nouveaux et de chercher des solutions originales au triple problème de notre temps : air, lumière, confort. Maison pour artiste, rue Seurat tfig. 3) et hôtel particulier, villa Saïd [fig. 6)* pttr A et G. Perret. Coins de villa, a Lyon (fig. 4 et 5), par Tony Garnier [Grand Prix de Rome) Rue Mallet-Stevens, à Paris (fig. 1 et 2), par Mallet-Stevens. Villa à Hyè/es [fis 7), par Djo-Bourgeois. Villa à Versailles (fig. 8), par Lurçat [D. P. L. G.).
- Fig. 1 et 2, plx. Chevojon.
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- CITÉS-JARDINS
- Parmi les nombreuses Cités-Jardins qui ont été édifiées ces dernières années, nos trois exemples : cité Ungemach, à Strasbourg (de Rutté, S. A. D G. et Sorg, architectes) (fig. î et 2). Cité du Plessis-Robinson (Payret-Dortail, architecte S. A. D. G.) ffig. 3l. Foyer rémois (Au-qurtin, architecte S. A. D. G.) [fig. 4 et 5), montrent quelle variété peuvent présenter ces pètits centres autonomes, et quel agrément éprouvent leurs habitants, au sortir de la grande ville, à se retrouver «chez soin, dans le cadre de la verdure des allées et du jardinet familial. C’est là, certainement, un des éléments modernes du bonheur. — Fig. 3, cliché « Technique des Matériaux ».
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- L'ENFANCE
- Les œuvres de l’enfance occupent une large part dans les programmes de la ville moderne. Les petits, dans les pouponnières comme celle de N orné ny (Bourgon, architecte S. A. D. G.) [ftg. 5 et 6), seront gardés pendant les heures de travail des parents et recevront les soins de l'hygiène la plus rationnelle. Les autres entreront dans les nouvelles écoles, qui ne rappelleront en rien l’ancienne « prison ». Ils y trouveront comme dans celle de Suresnes (Payret-Dortail, architecte S. A. D. G.) (fig. 1, 2, 3 et 4), des classes claires et aérées, des cours riantes, des salles de gymnastique et piscines, qui leur ôteront toute idée d’école buissonnière et leur feront choisir, comme « chemin de
- l’école », le plus court. —Fig. 1, 2, 3 et 4, ph. Chevojon.
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- LES LIEUX PUBLICS
- Les frères Perret, dans l'église du Raincy (fig. 1 et 2) et dans le théâtre des Champs-Élysées (fig. 3) ont modernisé, par l’emploi des matériaux nouveaux, la solution des programmes antiques du sanctuaire religieux et de la salle de spectacle. Le béton armé leur a permis d’arriver, par des moyens simples et économiques, aux effets de flèche et de verrière, chers aux architectes du Moyen Age, et de supprimer les points d’appui dans une salle de spectacle où rien ne vient gêner la vue des spectateurs.
- Fig. 1 et 2, ph. Clievojon.
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- LES SPORTS
- La vogue du sport inspire aujourd'hui l’Architecture comme elle le fit dans Vantiquité gréco-romaine. Le Stade de Lyon (fig. 2 et 3) (Tony Garnier, architecte, Grand Prix de Romej, présente la majesté des anciens cirques avec une ampleur accrue, à l’échelle des foules modernes. Ch. Letrosne [S. A. D. G ), ai^ec ses terrains de tennis de Monte-Carlo (fig. 1) et Bonnier (S. A. D. G) avec sa piscine de la Butte-aux-Cailles (fig. 4 et 5) donnent une idée des jardins-terrains de jeux et des établissements où l’habitant le plus modeste, sa journée de travail finie, trouvera, tout près de son domicile, la satisfaction de ses goûts sportifs et les bienfaits d’une hygiène rationnelle.
- Fig. 1, cliché de L'Architecture] fig. 4 et 5, ph. Salaün.
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- LA COOPÉRATION DE LA NAVIGATION AÉRIENNE
- AUX PÊCHES MARITIMES
- Parmi les diverses utilisations pratiques de 1 aviation, il en est une particulièrement intéressante pour l’armement à la pêche maritime et qui a retenu, ces dernières années, tant en h rance qu’à l’étranger, l’attention des pouvoirs publics : il s agit de la recherche des bancs de poissons par aéronefs ; nous serions heureux de résumer brièvement — pour ceux que la question préoccupe — les diverses expériences faites à ce sujet tant en France qu’à l’étranger et de faire ressortir les conclusions qui s’en dégagent.
- LES ESSAIS ÉTRANGERS
- « L’idée d’employer l’avion, ou plus exactement I’hydra-« vion, à lajrecherche des bancs de poissons, semble contem-« poraine de la chasse aux sous-marins. De même que « l’observateur aérien pouvait apercevoir, même à une grande « profondeur, les navires ennemis, de même peut-il repérer « et signaler aux pêcheurs les bancs de poissons, riches « parfois, on le sait, de plusieurs milliers et même de pluie sieurs centaines de milliers d’individus. N'est-ce pas, au « reste, le procédé des mouettes : apercevoir de haut les « poissons, puis attraper d’un coup de bec ceux qui passent « à bonne portée ?» (’)
- Dès 1918, M. Joubin, membre de l’Institut, professeur au Muséum et à l’Institut Océanographique, signalait : 1°) la possibilité de reconnaître d’un hydravion la présence des poissons de taille moyenne dans les eaux de faible profondeur, de découvrir en haute mer les bancs de poissons pélagiques plus petits, et suggérait l’idée d’entreprendre des expériences en vue delà collaboration pratique du pilote aérien et du pêcheur ; 2°) l’intérêt que présenteraient, d’autre part, des reconnaissances aériennes pour la pêche du cachalot, de la baleine et la chasse du béluga; 3° enfin l’emploi de la photographie aérienne pour dresser de façon précise la carte du sol sous-marin dans la zone littorale (voir n° 349 du Bulletin de l’Institut Océanographique}.
- Les Etats-Unis semblent avoir été les premiers à passer de la théorie à l’expérimentation : car, dès 1919, le Département de la Marine fit procéder à des essais officiels ; ces essais ayant été concluants, une entente intervint, à~la fin de 1919, entre le Service des Pêcheries de Californie et le Gouvernement fédéral, aux termes de laquelle il fut décidé que les avions de la Marine militaire se livreraient à la recherche des bancs de poissons, escortés d’un torpilleur sur lequel serait embarqué un pêcheur expérimenté ; et qué lorsqu’un banc serait signalé, le torpilleur irait le reconnaître, S’il contenait des poissons utiles, il en aviserait par « sans fil » le quartier maritime qui transmettrait le renseignement au Service des Pêcheries, lequel à son tour préviendrait les pêcheurs.
- L’année suivante (1920), une organisation complète fonctionna du 14 juin au 1er octobre dans la baie de Chesapeake, sur le Nord-Atlantique et fit réaliser des bénéfices appréciables à l’industrie des pêches (-).
- Les expériences officielles, entreprises par le Département
- 1. Rapport de M. Léon Jacob sur la question de l’aviation dans la recherche des bancs de poissons (rapport présenté au 4° Congrès des Sociétés affiliées à l’Aéro-Club de France, 21-23 janvier 1926).
- 2. H. IIeldt La coopération de la navigation aérienne aux pêches maritimes. Mémoire n° 12 des Notes et Mémoires de l’Office scientifique et technique des Pêches maritimes.
- de la Marine, ne furent abandonnées qu’après démonstration complète de leur importance pratique ; d’ailleurs, l’élan était donné et certaines fabriques de conserves n’hésitèrent pas à faire l’acquisition d’un avion pour « prospecter », en vue d’augmenter le rendement de l’usine (‘j.
- Parmi les résultats les plus intéressants signalés jusqu’ici aux Etats-Unis, il y a lieu de mentionner tout particulièrement ceux obtenus en 1922 et 1924 sur les côtes du Pacifique : pendant ces deux années, la recherche des poissons par hydravion y aurait fait augmenter les captures de thons et de sardines dans des proportions voisines de 18 °/0 en 1923 et et de 25 °/0 en 1924; trois appareils prirent part aux campagnes. Ils croisaient en général à une altitude comprise entre 600 et 1000 mètres, à la distance d’un mille environ l’un de l’autre, sur une zone de 2 à 10 milles.au large du rivage. (1 2).
- En Angleterre : à Felixtowe, à Lowestoft, sur la côte de Suffolk et à Plymouth, on entreprit également en octobre et en novembre 1921, à l’aide d’hydravions volant à 300 m environ d’altitude, de rechercher les bancs de poissons. Sur les côtes de Cornouailles, des essais analogues furent renouvelés en mars 1923. Mais aucune de ces expériences ne donna là de résultats probants : la mauvaise visibilité, la brume, la pluie, sans compter la houle, se révélèrent comme de grands inconvénients à cet emploi de l’aviation. En Ecossé, des recherches sérieuses et suivies ont été opérées pour la localisation des bancs de harengs notamment au large de Péterhead (comté d’Aberdeen), en août 1924. Les résultats de toutes ces investigations ont été consignés dans deux publications :
- 1) Fisheries Investigations, sériés 2, volume 7, n° 5. Report on the possibilities of aerialspotting of fish; by A. C. Hardy ;
- 2) Scientific Investigations 1925, n° 1 : Aircraft experiments for the locating of herring shoals in scottish waters, by Wood and Mac Gee.
- Il convient de mentionner, enfin, les nombreuses observations faites à Terre-Neuve par le major F. G. Cotton ; il établit notamment que les phoques peuvent être découverts parmi les glaces à de grandes distances et que Ton peut aussi distinguer les bancs de morues dans l’eau.
- Telles sont, croyons-nous, les expériences les plus intéressantes faites jusqu’à ce jour à l’étranger.
- LES ESSAIS FRANÇAIS
- En France, les possibilités émises par M. Joubin, en 1918, n’avaient pas été perdues de vue et déjà un aviateur^de la Marine, M. le lieutenant de vaisseau Pouyer avait réuni, à la suite d’expériences aériennes, d’intéressants documents sur la visibilité en avion des bancs de sardines, des thons et des essaims de crevettes rouges, quand, en 1921, la Marine nationale résolut de mettre à la disposition de l’Office scientifique et technique des Pêches maritimes un de ses dirigeables du centre de Rochefort'; d’autre part, ledit Office s’entendit avec une compagnie d’aviation pour permettre la sortie d’un naturaliste en avion dans la région de Dinard :
- Deux sorties furent effectuées par M. Heldt (actuellement directeur de la station océanographique de Salammbô Tunisie) :
- la première en dirigeable eut lieu le 25 août 1921 : elle
- 1. « Note dans le Report of the Commissionner of Fiskeriesde Washington, 1920.
- 2. Journal Le Temps, n“ du 4 juin 1925.
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- s’effectua sur un parcours allant de Rochefort aux Sables-d’Olonne-l’Ile d’Yeu et retour, et permit de reconnaître de nombreux bancs de sardines sur divers points du trajet :
- la seconde en avion s’effectua le 1er septembre 1921, à bord d’un biplan « Doran » de la Cie aérienne française. L’itinéraire intéressa toute la côte qui s’étend de St-Lunaire à la baie de Cancale, soit environ une centaine de km, et permit de se rendre compte de la précision que pourraient apporter au tracé des cartes de fonds les clichés pris à bord des avions.
- En définitive, les expériences de 1921 confirmèrent M. Heldt dans la pensée de l’efficacité de la coopération de la navigation aérienne à la recherche des bancs de poissons.
- Ces expériences ne devaient pas rester sans lendemain et, à la suite des vœux exprimés par les représentants des pêcheurs sardiniers et des usiniers de la région des Sables-d’Olonne, des croisières furent décidées pour 1924 avec le concours de dirigeables du Centre aéronautique de Rochefort et sous la direction de M. Belloc, directeur du Laboratoire de l’Office scientifique et technique des Pêches maritimes à La Rochelle. Deux sorties lurent donc effectuées, au cours de l’été 1924, à bord du dirigeable A. T. 10; mais entreprises trop tard dans la saison et gênées par les mauvaises conditions atmosphériques, elles ne purent donner les résultats attendus.
- Aussi, en 1925, la première sortie eut lieu dès le 10 juin et couvrit le parcours de Rochefort à l’embouchure delà Loire; la deuxième sortie eut lieu le 1er septembre, sur l’itinéraire Piochefort-baie de Quiberon.
- Cette dernière sortie permit à M. Belloc de repérer un banc de sardines, qui fut signalé aux pêcheurs des Sables-d’Olonne et de La Rochelle; ceux-ci profitèrent du renseignement et reprirent la pêche interrompue à ce moment, le poisson étant considéré comme faisant défaut.
- Mais, estimant que, dans l’avenir, des expériences isolées et peu fréquentes ne pouvaient être d’une utilité réelle pour de telles recherches, M. Belloc avait exprimé l’avis qu’il y aurait intérêt à ce que les commandants des centres d’aviation pussent faire, lors des sorties de leurs unités aériennes, des observations en vue du repérage des bancs de poissons. Un accord avec le Ministère de la Marine fut donc établi à ce sujet et des instructions spéciales données au Centre aéronautique de Rochefort, étant entendu que les observations seraient faites au cours des sorties d’exercice, sans rien changer à la durée ou à l’itinéraire de la sortie.
- Les expériences faites en 1926, 1927 et 1928, dans ces conditions, ont permis, à diverses reprises, de découvrir et de signaler des bancs de poissons.
- On peut donc considérer actuellement comme faite la démonstration de la faculté qu’ont les aéronefs de voir et de signaler les bancs de poissons.
- J’ajoute — et ces indications de détail ne sont pas sans intérêt pratique — que les moyens de signalisation et de transmission rapide aux pêcheurs des renseignements recueillis ont été, après une étude spéciale, organisés comme suit :
- Tout aéronef, apercevant un banc de poissons et disposant delà T. S. F., doit immédiatement le signaler avec toutes les indications utiles au poste de T. S. F. du Cenlre aéronautique de Rochefort. Ce dernier envoie immédiatement un message au Central téléphonique, qui le transmet aussitôt au quartier d’inscription maritime de Rochefort, chargé de la diffusion des renseignements par télégraphe ou autrement, dans les divers quartiers maritimes intéressés. Si l’appareil volant n’a pas la T. S. F., son commandant envoie, dès son retour, un message au Central téléphonique.
- Par ailleurs, tout aéronef du Centre de Rochefort, partant
- en mission au-dessus de la mer, doit emporter un pavillon carré de 1 m de côté (croix de St-André rouge sur fond jaune). Il le file sous la nacelle quand il aperçoit un banc de poissons et va survoler les groupes de pêcheurs avoisinants. Il indique ensuite la direction du banc en mettant le cap sur sa position.
- Les dirigeables ou avions de grandes dimensions (Goliath) complètent les renseignements donnés par le pavillon, en laissant tomber une bouée de correspondance portant un petit pavillon rouge et contenant les précisions utiles sur la situation et l’importance du banc (distance et azimut par rapport au groupe de pêcheurs). Les aéronefs doivent éviter autant que possible de survoler longtemps les bancs découverts, afin de ne pas les disperser.
- Tels sont les moyens de signalisation actuellement mis en œuvre.
- Parmi les procédés de signalisation directe aux pêcheurs, on avait également pensé à recourir aux fusées éclairantes ; mais les pêcheurs consultés ont tous déclaré préférer l’emploi du pavillon spécial au-dessous de la nacelle, ce procédé ayant sur la fusée éclairante l’avantage d’être plus longtemps visible, d’autant qu’il est impossible, à bord des petits bateaux à personnel restreint, de distraire un homme d’équipage pour une veille constante, comme il en faut pour guetter un signal donné par fusée. Un appareil sonore pourrait, au besoin, être [aussi employé pour faire savoir aux bateaux pêcheurs éloignés et rencontrés par la suite, qu’une bouée « correspondance » a été jetée à la mer.
- LA CHASSE AUX BÉLUGAS
- Il ne suffit pas de reconnaître et signaler aux pêcheurs les bancs de poissons rencontrés ; il importe aussi de protéger ces derniers contre les grands carnassiers de la mer, dont l’un des plus redoutables est le béluga et ici encore l’aviation pourrait apporter son précieux concours et intervenir d’une manière très efficace; malheureusement, il faut bien le dire, jusqu’ici aucune tentative de tir contre les cétacés n’a pu être réalisée par avion, en raison, dit-on, de la routine et de la mauvaise volonté montrée par les pêcheurs intéressés, pour faire appel aux hydravions qui avaient été mis à leur disposition. Il faut espérer néanmoins que la question ne sera pas abandonnée et que des expériences concluantes rallieront tous les suffrages.
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- En résumé, de toutes les tentatives, de toutes les expériences faites jusqu’ici pour aboutir à la collaboration de la navigation aérienne à l’industrie des pêches maritimes, il est permis d’ores et déjà de dégager, en dehors du domaine purement technique, tout au moins deux ou trois conclusions qui peuvent servir de guide pour l’avenir, à savoir :
- 1° que la reconnaissance et la signalisation aux pêcheurs par aéronefs des bancs de poissons peut rendre de grands services dans les mers calmes et claires, comme les fonds sableux, les eaux du large de l’Atlantique et de la Méditerranée; mais ne peut donner que des résultats intermittents dans les eaux troubles et presque toujours agitées de la Mer du Nord aux époques de grande pêche.
- Telle est l’opinion de M. Heldt qui, actuellement directeur de la Station Océanographique de Salammbô (Tunisie) ne perd pas la question de vue et a repris, dans les eaux tunisiennes, les expériences à bord d’hydravions de la Marine et d’un ballon captif (saucisse) remorqué.
- Il est évident d’ailleurs, que, même dans les mers propices,
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- la brume et la houle peuvent gêner considérablement le rôle de l’observateur aérien, jusqu’à l’annihiler. Il serait donc excessif de croire que la collaboration de l’appareil aérien doit toujours fournir des résultats heureux; il n’en reste pas moins, et les faits l’ont amplement démontré, qu’elle peut se montrer suffisamment efficace pour que le monde de la pêche maritime ait intérêt à faire largement appel à son concours dans l’avenir.
- 2° que ce concours ne saurait indéfiniment se produire sous la forme de signalisations faites dans le cadre de sorties d’entraînements et d’exercices par les appareils volants des centres d’instruction de la Marine militaire. En d’autres termes, le moment paraît venu d’exploiter industriellement l’idée exposée par M. Joubin en 1918 et, tout au moins pour les sociétés de pêche importantes, de se lancer dans la voie déjà tracée ; soit en faisant l’acquisition d’appareils aériens pour leur propre compte, soit en ayant recours momentanément aux combinaisons suggérées (au 4e Congrès de l’Aéro-Club de France en 1926) tant par « l’Aéro-Club de l’Atlantique » que par « l’Aéro-Club Sablais ».
- La première de ces sociétés envisageait le prêt de 2 hydravions munis de T. S. F., soit à un groupe d’industriels, soit à un syndicat; la part de ces derniers serait la fourniture de l’équipage et des mécaniciens et l’entretien des appareils. D’après les résultats obtenus, on pouvait envisager, une organisation définitive pour l’avenir.
- L’Aéro-Club Sablais « préconisait le prêt par la Marine d’un hydravion et du personnel nécessaire, et des subventions allouées par le Sous-Secrétariat d’Etat de l’Aéronautique (aujourd’hui Ministère de l’Air), et par les services de la Marine marchande et des P. T. T. (les premiers sur les crédits prévus pour la chasse aux bélugas, les seconds par la remise de la subvention allouée au bateau-courrier de l’île d’Yeu dont le service serait désormais assuré par voie aérienne), des groupements professionnels intéressés participeraient également à la dépense, et proportionneraient leurs efforts aux résultats obtenus, jusqu’à rendre s’il y avait lieu, dans l’avenir, leur concours à l’entreprise prépondérant.
- En un mot, c’est toute une organisation commerciale à mettre sur pied et qui sollicite plus que jamais l’attention des pouvoirs publics au moment où un Ministère de l’Air
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- vient d’être constitué et la liaison avec les Services de la Marine marchande assurée par la désignation d’un représentant de ce Ministère auprès du Conseil supérieur de la Marine marchande.
- 3° enfin, qu’il n’y a nullement lieu de considérer comme définitifs les moyens actuellement mis en oeuvre, mais, bien au contraire, d’étudier toujours davantage les méthodes à employer pour les perfectionner. A cet égard, l’organisation commerciale de la recherche des bancs réalisera un progrès que l’on ne peut attendre du système tel qu’il fonctionne actuellement : en effet, les appareils de la Marine militaire, ne devant pas sortir du cadre de leur mission, ne peuvent s’instituer en quelque sorte « les conducteurs de caravanes » des pêcheurs et négliger, pour ce faire, leur service principal; la transmission directe aux pêcheurs des renseignements recueillis n’a donc pu recevoir jusqu’ici toute l’étendue et la rapidité désirables, les indications transmises indirectement aux intéressés par la voie du téléphone et du télégraphe, risquant souvent — même en y mettant toute la bonne volonté possible — de ne pas leur parvenir en temps opportun.
- Par ailleurs, les sociétés et armateurs de pêche auront à étudier, chacun d’après ses préférences, ses ressources, l’ampleur et le genre de son exploitation, l’engin qui leur paraîtra le mieux adapté à leurs besoins : à cet égard, certains pourront préférer à l’avion ou à l’hydravion l’engin plus modeste que constitue « la saucisse », d’autant plus que celle-ci offre le précieux avantage de pouvoir servir même par mauvais temps.
- Enfin, il ne faut pas perdre de vue la question importante de l’entrainement de nos équipages de pêche à travailler en liaison avec les observateurs aériens, afin de déchiffrer rapidement et sans équivoque les messages transmis soit par T. S. F., soit au moyen de signaux conventionnels ou de bouées. Ce sont de nouvelles habitudes à acquérir, une adaptation à de récents progrès, pour la réalisation desquelles il ne sera pas inutile de faire appel au concours de l’enseignement organisé dans les Ecoles de Pêche parsemées le long du littoral.
- P. Manceron,
- Administrateur de l’Inscription maritime.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR CAPTURER LES PETITS MAMMIFÈRES
- M. Heim de Balsac publie dans la Revue française de Mam-malogie l'intéressante note ci-dessous :
- « Ayant montré à une séance de la Société ornithologique et mammalogique de France les résultats de nos chasses aux Mammifères de petite taille dans une région de la France, nos collègues se sont montrés surpris de la richesse en espèces et de la facilité des captures. Ils nous ont demandé de leur indiquer un procédé de capture facile, afin de l’expérimenter eux-mêmes.
- « Ces captures auraient un intérêt double : elles permettraient, d'une part, de recueillir un grand nombre de petits Mammifères qui passent inaperçus, de découvrir peut-être des espèces nouvelles et, en tout cas, de révéler la distribution géographique précise de nombre d’espèces et de sous-espèces dont la répartition en France est à peu près ignorée. D’autre part, ces captures détruiraient un bon nombre de Rongeurs plus ou moins nuisibles ou gênants. Voici donc le procédé :
- « Opérer à la campagne autour des fermes, des villages, des maisons forestières, des digues. Choisir les murs en bordure de terrains non construits, ou les murs qui soutiennent les terres sur les coteaux Au pied de ces murs, et de distance en distance, enterrer des pots profonds, à parois verticales et lisses. Ces pots
- doivent être bien adossés au mur, et leur ouverture se trouver au ras du sol. Au fond des pots mettre une certaine quantité d’eau. A défaut de pots se servir de bocaux en verre, profonds. Les petits Mammifères dans leurs périgrinations nocturnes longent les murs, et tombent dans les pots où ils se noient. Il suffit de faire la récolte tous les matins, et de remettre de l’eau lorsqu’elle s’évapore. Par ce procédé simple on a des pièges perpétuels.
- « La récolte est surtout fructueuse par les nuits où il pleut.
- « Les Mammifères recueillis devront être déterminés. Ce travail étant très délicat, nous conseillons à nos collègues de nous soumettre leurs captures. Pour cela, ils pourront les envoyer par la poste durant les temp3 froids. S’ils veulent éviter de nombreuses expéditions, surtout par les temps chauds, ils peuvent les conserver chez eux un certain temps. Pour cela, ouvrir le ventre des Mammifères sur la ligne médiane et les plonger dans un bocal contenant de l’alcool à brûler ou à 90°. Lorsqu’il y en a un certain nombre, les retirer du bocal, les laisser égoutter et les expédier dans un emballage étanche.
- « Par ce procédé simple nous avons capturé, durant un mois de piégeage et au même endroit, avec une vingtaine de pots, environ 300 spécimens se répartissant comme suit : Taupes, Musaraignes (5 espèces), Campagnols (6 espèces), Rongeurs divers (5 espèces).»
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- VAUTOMOBILE PRATIQUE
- L'AUTOMOBILE EN FRANCE ET LES IMPOTS
- Les impôts dits de circulation, qui pèsent lourdement en France sur les propriétaires d’automobiles, et dont une partie seulement est destinée à l’entretien des routes ne représentent encore, en réalité, qu’une très faible partie des impôts payés par les automobilistes.
- Le prix des automobiles en France paraît, on le sait, relativement très bas, si on le compare aux prix pratiqués avant la guerre, et même sans tenir compte du changement de valeur de la monnaie.
- Alors que presque tous les objets fabriqués sont au moins au coefficient 6, que la monnaie est au coefficient 5, le prix des automobiles est au coefficient 2 ou 3. Cette comparaison n’est même pas juste, si l’on veut bien réfléchir que les. automobiles modernes usent moins d’essence, ont des pneus qui roulent sans défaillance sur un parcours 4 ou 5 fois plus élevé qu’avant la guerre, et surtout sont munies de perfectionnements inconnus en 1914 : éclairage électrique, démarrage électrique, nouvelles formes de carrosseries, freins sur les 4 roues, etc.
- Cet abaissement du prix de revient des automobiles a été obtenu grâce à la normalisation et à la construction en grandes séries, mais on ne se rend peut-être pas compte suffisamment que ce prix pourrait être abaissé dans des proportions énormes si l’État ne prélevait, sur le prix de chaque voiture vendue, une somme très importante, qui dépasse généralement de beaucoup le montant du bénéfice même du constructeur.
- La taxe dite de « luxe » qui devait primitivement être temporaire, mais dont on n’espère plus malheureusement la disparition, pèse d’abord d’une façon très lourde sur le prix de vente d’une automobile; de plus le constructeur doit payer d’énormes impôts sur les bénéfices et des taxes sur le chiffre d’affaires.
- Ce qu’il y a de plus remarquable dans cette dernière sorte de taxe, c’est qu’un même impôt est perçu le plus souvent plusieurs fois de suite sur une même partie du véhicule.
- Il est rare qu’un constructeur puisse fabriquer entièrement dans ses usines toutes les pièces d’une automobile; il a besoin, en tout cas, de fournitures de carrosserie,] de pneumatiques, d’accessoires électriques... etc., sans compter les matières premières.
- Ainsi, prenons l’exemple d’un galon pour carrosserie. Le fabricant de galons achète des matières premières à un négociant qui paie la taxe, le fabricant revend souvent à un grossiste qui paie de nouveau la taxe, le grossiste vend à un carrossier ou à un constructeur qui paie encore la taxe, et enfin le constructeur vend au client; la taxe est donc payée quatre fois.
- M. Faroux qui a écrit plusieurs articles fort intéressants sur cette question, donne l’exemple, également significatif, du roulement à billes d’appareils électriques.
- Le fabricant de roulements à billes achète de l’acier pour sa fabrication, puis il vend au fabricant d’accessoires électriques le roulement terminé.
- L’appareil monté avec ses roulements est vendu au constructeur d’automobiles, et enfin l’automobile est vendue au client; à chaque transformation, une taxe dé 2 pour 100 s’ajoute au prix de revient de la pièce.
- Il est donc vraiment admirable que malgré tout, les constructeurs français soient arrivés à établir des voitures à des
- prix retativement si bas ; et une fiscalité beaucoup plus intelligente permettrait très certainement de mettre, en France comme aux États-Unis, l’automobile à la portée de la classe moyenne et même des petits employés, ouvriers et paysans... et l’État n’y perdrait rien, puisqu’il s’enrichirait en même temps qu’augmenterait la prospérité du pays.
- QUELQUES PRÉCAUTIONS HIVERNALES
- Nous avons déjà indiqué plusieurs fois dans nos chroniques les précautions essentielles à prendre pour assurer la bonne marche et l’entretien d’une automobile pendant l’hiver.
- Rappelons que la précaution essentielle consiste à maintenir toujours l’eau du radiateur à une température suffisante pendant la marche, et à éviter la congélation pendant le repos.
- On peut utiliser trois sortes de procédés :
- 1° Emploi d’un corps anti-congelant.
- 2° Emploi d’un appareil de réchauffement.
- 3° Adoption d’un système de protection du radiateur, et vidange de ce dernier pendant les moments de repos.
- Il existe un assez grand nombre de produits anti-conge-lants, mais il faut prendre bien garde de choisir un produit qui n’ait aucune action néfaste sur le circuit de circulation. Nous avons décrit d’autre part, des appareils de réchauffement, évidemment sans flamme, à action catalysante de l’essence sur la mousse de platine ; mais le procédé le plus simple consiste encore à adopter un couvre-radiateur en moleskine doublée de flanelle, ou mieux un rideau à volets métalliques mobiles, et à vider soigneusement la tuyauterie et le radiateur chaque soir.
- Il est évident que l’on devra régler la hauteur du couvre-radiateur ou l’inclinaison des volets mobiles suivant la température, et suivant le genre de parcours effectué par le véhicule.
- Dans les villes où le moteur tourne presque continuellement sans que la voiture se déplace rapidement, il ne faut pas trop couvrir le radiateur, si l’on ne veut pas courir le risque d’un échaufîement anormal encore plus nuisible qu’une température trop basse de l’eau de circulation.
- DEUX INGÉNIEUX APPAREILS DE PROTECTION CONTRE LE VOL
- Il existe d’assez nombreux dispositifs de protection des automobiles contre le vol.
- Ces appareils sont destinés soit à empêcher la mise en marche de la voiture, soit à rendre impossible le démontage d’un accessoire de valeur, rou e de secours, malle, etc....
- Nous avons d’ailleurs décrit déjà quelques modèles de ces accessoires dans nos chroniques.
- Les plus simples sont exclusivement mécaniques et comportent un système de verrouillage de sûreté; ils sont généralement assez pratiques et offrent des garanties sérieuses, mais ils sont souvent assez peu esthétiques et obligent le propriétaire de la voiture à porter toujours un trousseau de clefs spéciales, ce qui est parfois désagréable.
- En cas de perte de ces clefs, il est impossible d’utiliser des accessoires indispensables tels qu’une roue de rechange, ou même de mettre en marche l’automobile et une telle
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- négligence peut devenir désastreuse si l’on a à effectuer des visites urgentes ! *
- Une autre catégorie de systèmes anti-vol est basée sur des procédés électriques et non mécaniques ; ils sont évidemment moins simples que les dispositifs mécaniques, mais n’offrent pas non plus les inconvénients cités plus haut.
- Un fabricant d’accessoires électriques pour automobiles qui a déjà construit des appareils avertisseurs décrits dans une de nos chroniques vient de réaliser deux petits appareils électriques anti-vol qui semblent bien des modèles types de cette catégorie d’accessoires.
- Le premier dit « Boulon Gueulard », expression évidemment saisissante, est destiné à la protection d’une roue de secours ou d’une malle.
- Son aspect est le même que celui d’un boulon de fixation ordinaire avec son écrou, mais dès qu’on cherche à dévisser cet écrou, le klaxon électrique de l’automobile est mis en action et le propriétaire ou les gardiens quelconques sont avertis.
- Le système électrique de l’appareil est très simple. Le culot du boulon comporte deux bornes isolées l’une de l’autre, et qui sont connectées dès qu’un petit piston à ressort, nor-
- Fig. 2.
- Un appareil pour empêcher le vol des voitures.
- Le « Mystérieux Caltem » actionne automatiquement le klaxon et met la magnéto à la masse dès qu’on appuie sur la pédale d’accélérateur.
- Batterie
- Klaxon
- ©
- Batterie
- Klaxon
- JL
- Interrupteur secret
- ______m
- Bouton gueulard
- "1
- i
- Batterie
- Fig. i.
- 1) Système antivol pour roue de secours, dit << Boulon Gueulard ». Dès que l’on dévisse l’écrou, le klaxon est mis en action. — 2) Dispositif de protection d’une malle d’automobile. L’écrou est remplacé par un piston à ressort placé sous la malle. Dès qu’on soulève celle-ci, le klaxon fonctionne. — 3) Montage général du dispositif antivol avec interrupteur dissimulé permettant d’arrêter le fonctionnement du klaxon.
- électrique, est destiné à empêcher le vol de la voiture elle-même.
- Cet appareil renfermé dans un boîtier portant simplement trois bornes extérieures, est relié à la tige de commande de l’accélérateur au moyen d’une petite tige métallique de commande à rotule avec ressort compensateur (fig. 2 et 3).
- L’appareil n’empêche pas la mise en marche du moteur mais, dès que l’on appuie sur l’accélérateur, le klaxon fonctionne et la magnéto est mise à la « masse », d’où l’arrêt du moteur et surprise... du voleur éventuel.
- Le montage de cet accessoire est rapide, il suffit de relier une des bornes au klaxon, la deuxième à la masse et la troisième à la maghéto. On prévoit évidemment deux interrupteurs dissimulés pour arrêt du système par le propriétaire delà voiture (fig. 3).
- malement comprimé, par l’écrou, se relève. On intercale ces bornes dans le circuit électrique du klaxon, et dès que l’on dévisse l’écrou de quelques filets, le klaxon entre en action (fig. 1 en 1).
- Le fabricant établit des modèles pour une roue Michelin de secours, pour deux roues accouplées, pour roues métalliques, etc.
- Lorsqu’il s’agit d’utiliser un des appareils pour la protection d’une malle, on peut employer un modèle à écrou, mais il vaut mieux prendre un modèle spécial, dans lequel l’écrou est remplacé par un petit piston (fig. 1 en 2).
- Le système se place en dessous et au centre de la malle ; le klaxon entre donc en action de la même manière dès que l’on tente de soulever la malle.
- Il est très facile de monter ce petit accessoire sur une automobile, quel que soit le système de canalisation électrique déjà adopté, ét la canalisation supplémentaire à un seul fil n’est pas très longue.
- Il faut simplement prévoir évidemment un interrupteur dissimulé, qui permettra au propriétaire d’interrompre le fonctionnement du klaxon quand il voudra se servir de la roue de secours ou de la malle (fig. 1 en 3).
- Un autre appareil anti-vol, également basé sur un principe
- UN ÉQUIPEMENT PRATIQUE POUR AUTOMOBILISTES AMATEURS EN CAS DE RÉPARATION URGENTE.
- Le nombre des propriétaires d’automobiles qui conduisent, et même réparent eux-mêmes leurs voitures, devient chaque
- Fig. 3.
- Le circuit électrique du « Mystérieux Caltem.».
- Klaxon
- _ Masse
- Bouton
- poussoir
- A
- Klaxon
- Masse
- III*
- Batterie
- Con tact *'Mystérieux “
- Ressort compensa ieur à fixer sur la tige du carburateur
- fh
- Interrupteur du klaxon
- Magnéto p
- ’Masse
- Interrupteur de la masse magnéto
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- jour plus grand, et il faut constater, d’ailleurs, que l’entretien des automobiles devient chaque jour aussi plus facile.
- Le nombre des « pannes » possibles sur une automobile
- Equipement pratique pour réparations urgentes avec tablier en toile et gants en toile et en peau.
- ment doit être facile à utiliser, peu encombrant une fois plié, et doit être aisé et rapide à mettre et à enlever.
- Un petit tablier de toile avec manches en toile terminées par des gants en toile ou en peau souple constitue un ensemble facile à utiliser et très pratique (fig. 4).
- Quelques secondes suffisent pour s’équiper « sur la route » et, lorsqu’on a fini d’utiliser le tablier, on place da.ns ses deux poches les manches avec gants, et le tout replié forme un paquet de 22 centimètres seulement de long.
- SIGNAL AUTOMATIQUE DE DÉGONFLAGE DES PNEUS
- Les pneus utilisés actuellement sur la plupart des automobiles ne sont gonflés qu’à une pression assez basse de l’ordre de 2 kg, mais, si cette pression devient trop basse, le pneu se détériore très rapidement, et il importe donc de regonfler ou de réparer dès que cet accident s'est produit.
- Un petit appareil automatique, fort simple et de prix modique, permet d’avertir immédiatement le conducteur de ce fait, et sans que ce dernier ait à quitter son siège.
- moderne a diminué dans d’énormes proportions, mais il faut prévoir cependant, lorsqu’on fait un voyage, si court soit-il, la possibilité d’une petite réparation urgente à effectuer sur la route : remplacement d’une roue par suite de crevaison d’un pneu, nettoyage d’un carburateur ou de bougies, graissage à vérifier, resserrage d’écrous, etc...
- J Z Masse
- Lamperouaesur planche de bord ( B plots J
- Accus
- 6 ou 121
- Masse
- Masse
- >- Masse
- Fig. 6.
- Montage de quatre signalisatcurs de dégonflement.
- Une lampe-témoin sur le tablier avertit du dégonflement d’un pneu.
- Pour tous ces travaux, la plus élémentaire propreté et l’économie imposent à l’automobiliste amateur d’endosser un vêtement de travail qui protégera ses ordinaires, et ce vête-
- borne isolée
- Signalisateur automatique de dégonflement d’un pneu.
- Cet accessoire comprend une boîte renfermant un contact électrique, fixée à l’essieu par une ferrure, et une tige d’acier reliée à ce contact, avec ressort de rappel, destinée à prendre contact avec le sol dès que le pneu n’a plus la pression normale (fig. 5).
- Quatre appareils identiques sont ainsi disposés près de chaque roue.
- Chaque appareil porte une borne reliée à la masse et une autre borne isolée reliée à une ampoule à incandescence de couleur rouge, placée sur le tablier de la voiture et connectée à la batterie d’éclairage (fig. 6.) Dès que l’un ou l’autre des pneus se dégonfle, la lampe s’allume et le conducteur est averti.
- L. Picard.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS I
- Appareils électriques anti-vol. Société Française F. \V. D. 29, rue de Yilliers, Levallois-Perret (Seine).
- Vêtement de travail, gant Minute : Même adresse.
- Signal automatique de dégonflage : Saint-Didier accessoires 39, rue Saint-Didier, Paris, XVIe.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Janvier 1929
- ÉLECTRICITÉ
- Les propriétés des gaz ionisés dans les champs de haute fréquence (M. Hjenri Gutton). — Comme suite aux essais qui l’avaient conduit à admettre l’existence d’une période propre d’oscillations des ions, l’auteur a été amené à rechercher comment la force élastique varie avec la conductibilité des gaz.
- Le dispositif décrit dans la note du 7 janvier a permis quatre séries d’expériences sur l’hydrogène, pour l’onde de 1,834 m, et les variations de la longueur de ligne qui correspond aux positions d’accord d’un pont, sur lequel est intercalée une soudure thermoélectrique reliée à un galvanomètre sensible, ces variations en fonction du courant passant dans un premier galvano, donnent une courbe identique à une courbe de dispersion au voisinage d’une bande d’absorption. Pour M. Gutton, un gaz ionisé présente une constitution analogue à celle du diélectrique de Lorenz, du moins pour des distances entre électrons bien plus considérables ; il est ainsi naturel de penser que, dans ces expériences, une résonance entre les oscillations des électrodes et les oscillations du champ détermine une bande d’absorption. Il est à remarquer que la résonance se produit lorsque la force d’inertie, en raison inverse du carré de la longueur d’onde, est égale à la force élastique pour l’écart unité et le produit ).2i0 "3, où X est exprimée en mètres et i en microampères, est constant. La conductibilité étant proportionnelle au nombre d’ions par centimètre carré, la force élastique varie dans le même sens que la puissance 0,75 du nombre d’ions.
- Quand il s’agit d’ondes radiotélégraphiques, se propageant dans la haute atmosphère, une réflexion analogue à la réflexion métallique se produit grâce aune couche, d’autant plus ionisée, et par suite d’autant plus élevée, que la longueur d’onde est plus courte, couche dont l’ionisation correspond à la résonance. Le faisceau réfléchi est dépolarisé et la réflexion peut se faire sous toute incidence, avec des intensités réglées par cette incidence et l’orientation du plan de polarisation.
- MINÉRALOGIE
- Les minerais complexes du Pérou (MM. J. Orcel et Gil Rivera Plaza). — Il s’agit là de roches cupro-argenti-fères, du gisement de Colquijirca, comprenant, du point de vue minéralogique, trois variétés de minerais, dont la gangue est surtout formée de barytine.
- La première présente toujours de l’argent natif, ou un minerai argentifère, comme la stromeyérite ou la pyrargyrite On y trouve notamment un mélange à structure très fine de chalcopyrite et de blende qu’accompagnent souvent la pana-base, l’érubescite et l’énargite. L’argent natif se montre sous l’aspect d’inclusions très fines ou de filaments, parfois visibles à l’œil nu, et, parmi ces minerais cupro-argentifères, on doit citer celui où l’on trouve, comme principal élément, la stromeyérite englobant des plages d’énargite, de galène, de blende, de pyrargyrite et de chalcopyrite.
- La seconde variété comprend des roches cuprifères et plombo-cuprifères où l’énargite et l’érubescite ou la panabase forment, avec la chalcopyrite, des groupements à « limites naturelles » ; quelques-uns présentent des veinules très fines d’argent natif, ou de la galène. La troisième classe est composée enfin de minerais plombo-zincifères, avec les associations habituelles de blende, pyrite, galène, et même de mar-casite.
- Du point de vue métallogénique, on doit distinguer les minerais hypogènes (chalcopyrite, blende, galène, pyrite,
- énargite, panabase, érubescite) et les minerais de la zone de cémentation ou supergènes, caractérisés par l’argent natif et la stromeyérite, et formés par voie de remplacement métaso-matique à partir des précédents.
- HYDROLOGIE
- Détermination du fond d'une nappe souterraine (M. Porciiet). — Dans sa Thèse dé doctorat, l’auteur avait indiqué des méthodes permettant de calculer la surface libre d’une nappej souterraine, connaissant le fond imperméable sur lequel elle coule, son débit et les constantes du sol. Pour le problème inverse —calculer la surface du sol —, quand il s’agit d’une nappe de grande étendue, la connaissance du sol et notamment du coefficient de filtration, qui présente souvent de fortes différences d’un point à un autre, constitue une grosse difficulté pratique. La nouvelle méthode de M. Porchet permet d’éliminer ce coefficient par l’observation de la surface libre à deux époques marquées par des débits différents. Les formules auxquelles on aboutit, et qui s’emploient actuellement pour l’étude delà nappe souterraine de la Crau, sont, en pratique, exactes sous les réserves qui suivent :
- 1) permanence des régimes de la nappe corespondant aux deux débits envisagés;
- 2) constance du coefficient de filtration du sol sur une même verticale ;
- 3) faibles pentes de la nappe et du fond.
- BACTÉRIOLOGIE
- Vaccination du lapin vis-à-vis du tétanos cérébral (M. S. Mutermilcii et Mlle. E. Salamon). — On sait, depuis les travaux de E. Roux et de A. Borrel, que la toxine tétanique, injectée chez le lapin en plein cerveau, provoque des crises convulsives, une excitation générale, des troubles moteurs, de la polyurie, enfin qui ne rappellent en rien le tétanos habituel. Ces mêmes auteurs ont montré, par la suite, que les animaux vaccinés vis-à-vis de la toxine, et qui résistent à des doses mortelles injectées sous la peau ou les muscles, sont aussi sensibles aux injections intracérébrales que les animaux témoins.
- M. Mutermilch et Mlle Salamon se sont préoccupés de voir si des lapins soumis au préalable à des inoculations répétées, par des ponctions atloïdo-occipitales, résistent à des injections intracérébrales de doses mortelles. Les résultats obtenus indiquent 1) que les animaux vaccinés par la voie péritonéale supportent l’inoculation intramusculaire de vingt doses, au moins, de toxine tétanique, et se montrent moins sensibles que les animaux de contrôle quand on les éprouve par la voie cérébrale ou méningée. 2) que les lapins vaccinés par la voie méningée résistent non seulement aux inoculations intramusculaires de 20 doses mortelles, mais encore aux inoculations intracérébrales et intrarachidiennes de 10 à 12 nouvelles doses.
- Il devient donc facile de recourir à des inoculations intrarachidiennes de l’anatoxine tétanique pour vacciner le lapin vis-à-vis du tétanos cérébral.
- ÉLECTIONS
- Quatre élections de Membres correspondants ont marqué le mois de janvier : section de Mécanique : M. A. Stodola; section de Géographie : M. William Bowie ; section de Géométrie : M. G. Birkhoff; sect. de Géographie et Navigation : M. A. de Gerlache. Paul Baud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- National Physical Laboratories Collected Researches. Vol. XX. 1 vol. illustré 444 p. Editeur : II. M. Stationery Office, London, 1928. Prix : 18 sh, 6 d.
- Ce volume contient un certain nombre de me'moires, consacrés à des questions d’optique et rédigés par plusieurs saYants collaborateurs du grand organisme officiel de rechercbes anglaises. Signalons plusieurs notes de M. Snoith sur les aberrations des lentilles, de M. Guild sur la spectrophotométrie, celles de M. Walsh sur la luminescence des composés radioactifs, la diffusion par un disque circulaire, et la photométrie des appareils de projection, etc.
- Notions d’exploitation des mines, par M. Gbtjner, 1 yoI. 328 p., 205 fig. (2° édition). L. Eyrolles, éditeur. Paris, 1929. Prix : 35 francs.
- On doit à l’auteur un traité très complet sur le même sujet. Le présent ouYrage en est un abrégé qui donne un excellent aperçu des problèmes très divers nhérents à l’exploitation des mines, ainsi que des solutions qu’ils comportent.
- The viscosity of liquids, par Emil IIatschek. 1 vol. in-8, 239 p., 88 fig. Bell and Sons, Londres, 1928. Prix relié, 15 sh.
- La viscosité des liquides présente un très grand intérêt théorique et une importance pratique pour nombre d’industries. Cependant, elle n’occupe généralement qu’une place restreinte dans les traités de physique. L’auteur, qui enseigne la chimie des colloïdes s’est donc proposé de grouper en un volume tout ce qu’on sait delà viscosité et delà présenter d’une manière abrégée, sans appareil mathématique excessif. Après un rappel des concepts fondamentaux et du développement historique de nos connaissances, il expose les formules de la viscosité, décrit les principaux viscosimètres, étudie l’influence de la température et de la pression, examine les rapports avec la constitution chimique, la conductivité, l’état colloïdal, etc. Il donne ainsi un livre fort utile et qui manquait.
- Précis de construction, calcul et essais des avions et hydravions, par J. Guillemin, 1 vol. 442 p., 583 fig. Gauthier-Villars, éditeurs. Paris, 1928. Prix : 100 fr.
- Cet ouvrage est avant tout destiné à [guider et à documenter les ingénieurs des bureaux d’études d’aviation. On y trouve des notions succinctes, mais chiffrées sur les matériaux de construction employés en aviation ; la description concise des divers organes élémentaires entrant dans la construction de l’appareil, des conseils pour l’étude des appareils nouveaux, des méthodes de calcul éprouvées, des données sur les méthodes de détermination des performances, et enfin réparties dans le corps de l’ouvrage un grand nombre de données numériques précieuses.
- The végétation of New Zealand, par L. Cockayne, 2° édition revue et augmentée. 1 vol. in-8, 456 p., 87 pl., 3 cartes. Vol. XIV de la collection « Die Végétation der Erde ». Wilhelm Engelmann, Leipzig, 1928. Prix : 42 marks; relié, 45 marks.
- Pour sa grande collection « la végétation de la terre », le professeur Engler avait demandé, en 1904, à M. Cockayne un livre sur la Nouvelle Zélande. Avant de l’écrire, l’auteur herborisa dix ans pour définir toutes les formations végétales, si variées et si intéressantes des deux grandes îles. Puis ce fut la guerre et le livre ne vit le jour qu’en 1921. Dès l’an dernier il était épuisé; en voici la deuxième édition, presque entièrement écrite à nouveau, tenue à jour dé toutes les explorations et herborisations effectuées depuis 1913, véritable monument de géographie botanique. L’auteur rappelle d’abord l’histoire des recherches sur le terrain, depuis les voyages de Cook jusqu’aux nombreuses études toutes récentes des botanistes néo-zélandais ; puis il esquisse les conditions physiographiques et le climat des îles. Il aborde alors l’analyse de chacune des associations végétales qu’on rencontre au bord de la mer, dans les plaines, les montagnes, les sources, les rivières. Il examine les effets de la culture et de l’introduction de plantes européennes sur la couverture définitive du sol et il termine par un chapitre de géographie et une esquisse de l’histoire géologique. Ce livre est particulièrement remarquable, et par son objet et par l’importance des faits nouveaux qu’il apporte; il sera un des documents les plus précieux pour l’étude de la biogéographie.
- Les plantes alimentaires chez, tous les peuples et à travers les âges. Histoire, utilisation, culture,
- par D. Bois. Vol. 11. Phanérogames fruitières. I vol. in-8, 638 p. 261 fig. Encyclopédie biologique. Paul Lechevalier, Paris. 1928, Prix : 80 fr.
- Cet ouvrage fait suite à celui du même auteur, paru en 1927 dans la même collection, sur les phanérogames légumières. Cette fois, il s’agit des fruits du monde entier, sauvages ou cultivés. Le professeur du Muséum les a classés par familles; il les décrit l’un après l’autre, avec leurs caractères botaniques, leur distribution géographique, leur origine, leur histoire, leur culture, leurs utilisations. On y trouve tous les fruits de nos pays, ceux que nous importons (oranges, dattes, bananes, ananas, etc.), ceux qu’on ne connaît guère en Europe, si nombreux, si variés dans les régions tropicales, et souvent délicieux. Chemin faisant, M. Bois .parle de leur acclimatation, de leur sélection. De nombreuses figures très précises illustrent le texte.
- Cet ouvrage est une mine de renseignements pour le botaniste, le cultivateur, le colon... et le gourmet.
- Cours élémentaire de zoologie, par Rémy Perrier.
- 9° édition revue, 1 vol. in-8, 873 p., 765 fig., 16 pl. Masson et Cie.
- Paris, 1920. Prix : 60 francs.
- Tout le monde connaît ce Cours professé à la Faculté des Sciences de Paris aux jeunes étudiants qui préparent le P. C. N. ; sa valeur, son succès sont attestés par scs neuf éditions successives. Remarquablement didactique, il initie à tous les problèmes de la zoologie et de la biologie et peut servir à tous de guide pour les débuts de l’étude de ces sciences. Chaque édition a apporté quelques retouches, quelques additions au plan primitif et le livre est devenu complet et parfait.
- Dans une première partie, l’auteur définit sa science, étudie la cellule, base de la vie, décrit la multiplication des êtres, les caractères des espèces animales, leur classification, les problèmes qu’elles posent : variation, évolution, hérédité, etc. Viennent ensuite les Protozoaires, classés, représentés par leurs espèces caractéristiques. Les Métazoaires obligent à quelques généralités sur l’organisation des cellules en tissus et leur coordination. On peut alors faire défiler tout le règne animal par embranchements, classes, ordres, sous-ordres. Une dernière partie est consacrée à la répartition géographique et aux facteurs de dispersion.
- C’est un chef-d’œuvre d’enseignement.
- Die Tierwelt der Nord- und Ostsee, par G. Grimpe et E. Wagler. Lieferung XIII. 1 vol. in-8, 150 p., 149 fig. Akade-mische Verlagsgesellschaft, Leipzig, 1928.
- Ce fascicule débute par une liste des stations zoologiques et de celles d’étude des pêches situées sur les bords de la Mer du Nord et de la Baltique; avec la description des bateaux océanographiques parue dans le fascicule précédent, elle donne une idée complète des moyens de recherches des pays du Nord. La suite est consacrée, partie aux protozoaires (Amœbozoa et Reticulosa) par M. Rhumbler, partie aux hydrozoaires (Hydroïdes, Brachy-lines, Siphonophores), par M. [Hjalmar Broch; on y retrouve le plan d’étude très complet, très intéressant qui caractérise cette faune où la systématique est complétée par l’anatomie, la physiologie, Pétologie, la répartition géographique, si bien que l’ouvrage suffit à donner de multiples renseignements et à guider nombre de recherches.
- La frise sculptée et l’atelier solutréen du Roc
- (Charente), par Henri Martin. 1 vol. in-4, 87 p., 37 fig., 5 pl.
- Archives de l’Institut de Paléontologie humaine. Mémoire n“ 5.
- Masson et Cie. Paris. Prix : 60 francs.
- Les lecteurs de La Nature connaissent déjà par l’élude du D1 Henri Martin lui-même (n° 2787) l’admirable frise sculptée découverte par lui au Roc, C’est là, peut-on dire, le couronnement de vingt années de fouilles qui avaient déjà donné bien d’autres intéressants résultats. On les trouvera tous rassemblés ici, depuis les squelettes jusqu’aux pierres gravées en passant par les flèches et les os façonnés, ainsi que leur figuration très complète, remarquablement exécutée, comme il est d’usage dans les Archives de l'Institut de Paléontologie humaine. Les découvertes du Dr Henri Martin renouvellent notre connaissance de l’art paléolithique et de toute la préhistoire.
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- CHRONIQUE
- Nouveaux avions sans queue.
- Plusieurs avions sans queue sont en projet ou en essais en Puissie.
- De conception semblable, ils comportent une aile dont
- Fig. 1.
- Appareil de l’ingénieur Tscheranowski.
- le bord d’attaque est parabolique, et le bord de fuite rectiligne.
- Le profil est très épais, et l’incidence variable le long de l’envergure, dans le but d’obtenir un ensemble autostable.
- L’appareil de l’ingénieur Tscheranowski mesure 12 mètres d’envergure, 4 m. 50 de profondeur d’aile, sa surface portante est de 35 m2 et son poids de 1200 kg. Deux moteurs de 75 ch. sont fixés à l’avant; ils permettent une vitesse maxima de 120 km-h.
- Le contrôle de l’appareil est assuré par deux ailerons de grand allongement et par deux gouvernails de direction fixés au-dessus de l’aile.
- La stabilité en vol des appareils russes semble être tout à fait bonne, en tout cas leur finesse doit être grande.
- Mais la position des hélices du Tscheranowski directement en avant de l’aile épaisse, doit amener un rendement assez faible des propulseurs.
- Quoi qu’il en soit, les essais d’appareils sans queue sont fort intéressants et doivent conduire à une solution élégante de l’avion léger.
- Des expériences de ce genre ont été exécutées en France, en Angleterre et en Autriche avant la guerre; en France, en Allemagne et en Angleterre depuis 1928. On se rappelle, à ce sujet, les beaux résultats obtenus par le capitaine Hills sur son « Ptérodactyle ».
- Appareil de transport Keystone v Patrician ».
- Les constructeurs américains, après avoir donné aux lignes commerciales des appareils de petite puissance (avions de 200 ch. Ryan, Bellanca, Stinson, etc.), semblent se lancer dans les appareils de grande puissance, à forte charge utile : Fokker, avec son F,-10 portant 18 passagers; Keystone, dernièrement, avec le « Patrician », portant 20 passagers.
- Le Keystone « Patrician » est un monoplan trimoteur à grande vitesse.
- La voilure, de profil épais est haubannée par deux paires de mâts obliques s’attachant aux barres du train d’attei’rissage ; le porte-à-faux de chaque demi-plan est environ du quart de l'envergure.
- L’aile est fixée sur la partie supérieure du fuselage; elle comporte un léger dièdre.
- D'AVIATION
- La structure intérieure de l’aile est toute métallique : les longerons sont en acier au chrome molybdène, les nervures en duralumin rivé.
- Le recouvrement est en toile.
- Le fuselage est entièrement en tubes d’acier au chrome molybdène soudés à l’autogène; il est entoilé. L’aménagement du fuselage comporte : un poste de pilotage à doubles commandes, en conduite intérieure, placé en avant de l’aile; une cabine fermée à deux couchettes, la cabine des passagers, comportant 18 places (6 m de long, 1 m 85 de haut); enfin un lavabo et une soute à bagages.
- Le fuselage comporte dans sa partie habitable, une double paroi protégeant les passagers contre le bruit des moteurs et le froid.
- Les empennages sont, comme le fuselage, en tubes d’acier soudé à l’autogène et entoilés. Le plan fixe horizontal est réglable en vol (nécessaire, étant donné la longueur de la cabine et les décentrages possibles), les volets sont sans compensation.
- Un train très large porte l’appareil, chaque demi-train comporte un V articulé à la base du fuselage et une barre télescopique (amortisseur à huile et ressorts), s’appuyant sur un système rigide de barres fixées au fuselage. Les roues peuvent être freinées.
- Le « Patrician » est monté avec trois moteurs Wright « cyclone » de 525 ch, moteurs en étoile à refroidissement par l’air.
- Les deux moteurs latéraux sont fixés sous le plan, dans des fuseaux ; le moteur central occupe la pointe du fuselage.
- Dans la partie centrale de l’aile sont fixés les réservoir d’essence (2270 1).
- Les caractéristiques générales sont les suivantes :
- Envergure..................... 27 m. 45
- Longueur....................... 19 m. 20
- Surface........................ 92 m2
- Poids total en charge........ 6796 kg.
- Poids des passagers.......... 1305 kg.
- — bagages................. 4^3 kg.
- Vitesse maxima................ 240 km-h.
- — commerciale............ 209 km-h.
- — ascensionnelle .... 5 m. 85/sec.
- Comme on le voit, l’appareil est très rapide. Il semble devoir s’adapter aux lignes américaines à étapes très longues.
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- Fig. 2.
- Appareil de transport Keystone « Patrician ».
- La vitesse est moins intéressante sur les lignes françaises, lignes à étapes courtes, pour lesquelles la vilesse moyenne, de ville à ville, ne suit que d’assez loin la vitesse propre des appareils : il est donc difficile de comparer la valeur commerciale du Keystone à celle des appareils français.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE J. Boussinesq.
- Ce savant malliématicion vient de mourir le 19 février dernier. Nous reproduisons ci-dessous le discours prononcé par M. Mangin à la séance du 25 février de l’Académie des Sciences.
- « Né à Saint-André-de-Sangonis (Hérault) le 13 mars 1842, il lit ses études classiques au Petit Séminaire de Montpellier, prépara son baccalauréat sous la direction de M. Arthur Roche, stagiaire d’agrégation. Aspirant au professorat il acquit seul, par un travail opiniâtre, les connaissances indispensables pour suivre les cours d’Analyse et de Mécanique de notre correspondant à Montpellier, M. Roche. Licencié en mathématiques à 19 ans, il fut d’abord instituteur, puis nommé professeur à Agde, au Vigan, et enfin à Gap, en 1866.
- Il prépara son doctorat, soutint sa thèse en Sorbonne et fut nommé à la Faculté des Sciences et à l’Institut industriel de Lille. Sa haute valeur le fit entrer à la Faculté des Sciences de Paris en 1886. Il occupa d’abord la chaire de Mécanique et de Physique expérimentale, puis, en 1896, il prenait possession de la chaire de Physique mathématique et de calcul des probabilités qu’il conserva jusqu’à sa retraite en 1918.
- Il avait obtenu le Prix Poncelet en 1871 et l’Académie des Sciences l’avait élu dans la Section de Mécanique en remplacement de Rolland (1886).
- Boussinesq, menant de front ses classes de mathématiques et ses recherches personnelles, composa au Collège d’Agde un Mémoire sur les Effets de l’action capillaire à l’état de mouvement. En 1865, alors professeur au Yigan, il envoya à l’Académie son grand Mémoire sur la théorie de la lumière, remarquable exposé de physique mathématique sur la théorie et la dispersion de la lumière.
- Avec un sens merveilleux des approximations à faire dans les questions de mécanique, il a consacré de nombreux travaux à l’hydrodynamique et à l hydrau-lique, où il a laissé la trace de son génie mathématique, devançant de beaucoup son temps par l’ingéniosité de ses vues.
- Il s’attaque d’abord au problème des eaux courantes considéré jusqu'alors comme « une désespérante énigme ».
- Dans son Mémoire intitulé modestement Essais sur les eaux courantes, il débrouille le fouillis presque inextricable des phénomènes demeurés irréductibles et, avec un minimum d’hypothèses, en modifiant le coefGcicnt de frottement s de l’analyse de Navier, il rend les équations abordables et il en tire des conséquences générales élégantes que viennent confirmer les recherches de Darcy et surtout de Bazin. Ces travaux, déjà essentiels, sont complétés par sa théorie de l’écoulement tourbillonnant et tumultueux dans les lits recti-tignes à grande section, en régime uniforme ou en régime uniformément varié. C’est dans cette étude qu’il développa sa méthode statistique, si féconde entre ses mains; il a été un précurseur génial à un moment où l’on ne soupçonnait pas que cette méthode deviendrait d’un usage courant avec l’adoption de la théorie cinétique de la matière.
- En possession des méthodes, Boussinesq les appliqua à d’autres questions telles que l’écoulement des fluides, com-
- portant des mouvements où la variation graduelle n’est plus assurée et il put expliquer et étendre les résultats de Borda et de Bellanger au problème de l’écoulement tde l’eau sur un déversoir en mince paroi et enfin à la théorie des ondes de surface dans un liquide : mouvements ondulatoires, propagation des ondes périodiques, la houle, le clapotis, etc., il a trouvé sur toutes ces questions des solutions simples.
- C’est aussi à Boussinesq que l’on doit la solution, devenue célèbre, du mouvement varié d’une sphère dans un fluide visqueux et de la résistance opposée à cette sphère dans son déplacement. Il a résolu ainsi l’un des plus difficiles problèmes de la mécanique.
- Il nous faudrait encore signaler ses travaux sur l’élasticité des corps solides, sur les formes des masses fluides avec tension superficielle, sur l’équilibre des tas granuleux et enfin ses études, qui resteront classiques, sur la théorie de la chaleur, insérées dans son grand Traité sur la Théorie analytique de la chaleur, mise en harmonie avec la thermodynamique et avec la théorie mécanique de la lumière.
- Autodidacte, Boussinesq ne s’était pas borné, à Montpellier, à préparer ses examens dans des conditions difficiles, mais il avait voulu acquérir des connaissances étendues et variées.
- M. de Saint-Venant, notre confrère, qui devint son ami et son protecteur, avait été frappé par la simplicité et la hardiesse des résultats consignés dans un de ses premiers Mémoires sur l’élasticité paru en 1867 ; il voulut en connaître l’auteur. Il lui fut répondu de Gap, où Boussinesq enseignait, que « ce jeune homme, aussi digne d’affection que d’estime, n’était étranger à aucune science et, chose remarquable, n’était superficiel en rien ».
- Nous n’ajouterons (rien à cet éloge, sinon pour rappeler, avec sa modestie rare, l’aménité et la bienveillance qui rendaient son commerce si agréable. Il aimait volontiers à causer de philosophie et il attachait la plus grande importance à son explication de la liberté morale au moyen des solutions singulières des équations différentielles. L’œuvre incomparable de Boussinesq préservera son nom de l’oubli. »
- CHIMIE INDUSTRIELLE Les applications de l’ozone.
- Depuis longtemps, l’ozone a cessé d’être une curiosité de laboratoire; ce gaz qui est en somme de l’oxygène condensé a reçu de nombreuses applications à partir du jour où l’on a su le produire industriellement.
- Nous n’en rappellerons pas l’historique, notons seulement que sa formule chimique est O5 et que ce composé endother-mique est très instable, c’est ce qui fait d’ailleurs sa valeur, car sous des actions diverses il se décompose en donnant naissance à un véritable bombardement d’oxygène actif.
- De toutes les applications de l’ozone, son emploi à la stérilisation de l’eau est la plus connue. Les résultats obtenus sont tout à fait concluants, il a été employé avec succès dans de grandes installations. Il est vrai qu’il se heurte aujourd’hui à la concurrence de procédés nouveaux, comme la javel-tisation.
- L’appareil domestique continue à avoir la faveur du public,
- Fig.l. — Appareil ozoniseur : modèle plafonnier. (Système Ozonair.)
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- car il donne une eau aérée, donc digeste, sans goût, donc agréable. Même lorsque l’eau a été primitivement javellisée, l’ozone enlève l’odeur de chlore qui est toujours tenace.
- Au point de vue ventilation, le problème est plus nouveau et plus vaste. À ses débuts, on a voulu appliquer l’ozone à la stérilisation de l’air, mais on ne disposait à ce moment que des appareils destinés à la stérilisation de l’eau. Ces appareils sont de gros producteurs d’ozone et ne peuvent pas convenir à la ventilation ; il y a eu des mécomptes, des critiques très justifiées et l’emploi de l’ozone en ventilation est tombé dans l’oubli pendant quelques années.
- Mais aujourd’hui on construit des appareils à ozone spécialement étudiés pour la ventilation pouvant fonctionner d’une façon continue 24 heures sur 24, ne nécessitant pas de chemises de circulation d’eau pour le refroidissement. Ces appareils ne prétendent pas d’ailleurs agir comme stérilisants complets, mais surtout comme désodorisants et comme assainissants, car ils restituent à l’air un des éléments qui caractérise l’air pur, l’ozone(').
- Toute une gamme d’appareils existe aujourd’hui, depuis les grands modèles installés dans les circuits de ventilation moderne jusqu’aux petits appareils destinés aux appartements particuliers, aux bureaux, cafés, magasins, partout où le coût d’une installation complète de ventilation ne peut être envisagé. Ces appareils sont tout à fait au point et donnent d’excellents résultats.
- Comme applications importantes de l’ozone à la ventilation nous pouvons citer en Amérique la ventilation de toutes les écoles de la ville de Saint-Louis, en Angleterre la ventilation du métropolitain de Londres et enfin, en France, la Société Générale où plusieurs circuits de ventilation comportent de gros appareils à ozone.
- On a été tenté tout naturellement d’appliquer les propriétés
- Fig. 3. — Appareil pour ventilation ozonisée traitant fi.000 nr'> à l’heure cl muni cl’un filtre à air Vcntex.
- (Système Ozonair.)
- oxydantes et bactériologiques de l’ozone à la stérilisation et au vieillissement artificiel des vins. Le vieillissement des vins en 1. Thèse de M. Henriet 190G : Contribution à l’étude de l’air atmosphérique.
- —-•••" ' = 283 =
- effet est uniquement dû à l’action de l’oxydation de l’air qui agit lentement mais sûrement sur tous les composés œnologiques.
- L’ozone présente plusieurs avantages sur les autres méthodes de cuisson ou de traitement par le froid, car ce gaz n’altère pas le bouquet et le vin stérilisé par cette méthode reste stable, ce qui est un point capital pour toutes les exportations.
- Le coût du traitement est d’ailleurs très économique et ces appareils sont employés sur une vaste échelle en Italie.
- Cette action vieillissante de l’ozone peut encore être appliquée avec succès au traitement des bois; grâce à l’ozone on peut dans les étuves de séchage des bois améliorer d’une façon considérable le rendement tout en travaillant à des températures beaucoup plus basses, donc plus économiques.
- Nous ne citerons pas les nombreuses autres applications industrielles possibles, mais il est évident que partout où on a besoin d’oxydation, on a à sa portée une matière première qui jusqu’à présent n’est pas encore grevée d’impôts : c’est l’air ozoné. P. Ostikk,
- In g. E.P.C.I.
- Nouveaux substituts de gomme laque, de balata et de gutta-percha.
- II.-L. Fischer, travaillant depuis des années aux laboratoires de la B.-F. Goodrich Company à Akron (Ohio), l’un des laboratoires les mieux montés des industries caoutchou-tières du monde, a étudié spécialement l’action de l’acide chlorosulfonique et de ses éthers sur la gomme, tantôt en feuilles, tantôt en masses. Il est ainsi arrivé à obtenir des corps thermoplastiques, présentant les propriétés de la balata et de la gutta-percha, c’est-à-dire susceptibles de se ramollir à l’eau tiède et de pouvoir être moulés, quand ils sont tièdes, reprenant leur dureté quand ils sont refroidis. On peut concevoir l’importance de cette découverte dans toutes les industries utilisant la gutta-percha.
- Le « crêpe » de caoutchouc, chauffé avec 10 pour 100 de son poids d’acide chlorosulfonique ou d’un éther organique Cl
- dudit acide S02)/qj^> Pen^ant plusieurs heures à 125/1356
- donne un produit thermoplastique , se moulant à l’eau chaude, ainsi que la gutta-percha, ne présentant plus du tout les aspects et les propriétés du caoutchouc initial bien que sa formule brute soit inchangée (C5H8j°.
- 11 ne possède plus la capacité de corps non saturé de l’isoprène initial. Il ne peut plus fixer par addition que 20/21 pour 100 de soufre, alors que la gomme initiale, ainsi que chacun sait, peut en fixer 32 pour 100. Si la gomme est chauffée avec les corps chlorosulfonés précités, en masse, et non plus en feuilles, toutes choses égales d’ailleurs, ce n’est plus le corps thermoplastique ci-dessus décrit que l’on obtient, mais bien une sorte de substitut de gomme-laque; ces résuliats ont été étudiés en détail par II.-L. Fischer et E. M. C. Mac Colm dans le Journal of industrial and Engineering Chemistry, en 1927. Cette découverte est d’une très grande importance. Albert Ilirrm.
- Fig. 2. — Appareil ozoniseur portatif pour appartement.
- (Système Ozonair.)
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Un groupe êlectrogène à fonctionnement automatique.
- Les réseaux électriques s’étendent de plus en plus dans les campagnes de France, mais il existe encore bien des régions où la densité de la distribution électrique est faible et où les habitations à l’écart des lignes importantes ne peuvent que difficilement bénéficier du courant.
- L’emploi d’un groupe électrogène pour l’éclairage électrique est donc souvent utile, et bien davantage encore dans les colonies.
- Lorsqu’on veut, à la campagne, établir une installation d’éclairage électrique de petite puissance, il faut choisir un groupe de prix relativement réduit, robuste, de faible encombrement, et de manœuvre et d’entretien faciles.
- Il est bon aussi en général que le moteur du groupe puisse être utilisé pour un usage agricole ou domestique.
- Fig'. 1. — Groupe êlectrogène à fonctionnement automatique à moteur à essence monocylindrique refroidi par l’air.
- Il nous semble donc intéressant de décrire un modèle très original de groupe électrogène de ce genre particulièrement bien étudié, et dont la manœuvre est absolument automatique.
- Caractéristiques du groupe électrogène automatique. — Le moteur qui actionne le groupe est du type monocylindrique à essence et à quatre temps. L’alésage du cylindre est de 66 mm, la course de 70 mm et la cylindrée de 250 cm3.
- La puissance est de 2 ch et la vitesse normale de 1200 t.
- Le poids total du groupe n'est que de 170 kg. L’allumage se fait par magnéto haute tension et le graissage par barbotage.
- Le refroidissement est effectué par air au moyen d’un volant-turbine qui aspire l’air frais et le fait circuler autour des ailettes. Ce système évite tout entretien et peut être particulièrement apprécié dans les pays chauds, ainsi que dans les pays très froids où les risques de gelée sont ainsi supprimés.
- Un régulateur à force centrifuge agit directement sur le
- papillon du carburateur; il permet l’éclairage pendant la marche du moteur avec batterie en tampon, l’utilisation du groupe pour l’éclairage électrique sans batterie de secours, ou la force motrice électrique, ainsi que la commande de machines agricoles ou domestiques par la poulie du moteur.
- La dynamo à excitation parallèle a un maximum de puissance de 1350 watts et une puissance normale de 800 à 1000 watts. Le courant débité normalement aux bornes d’une batterie de 25 volts atteint 40 volts, 25 ampères et la masse du volant assure un débit régulier (fig. 1).
- La dépense au kw ne serait que de 535 gr. d’essence par heure, ce qui abaisserait le prix de revient du kw-heure à environ 1 fr. 40 d’essence.
- Le rendement paraît donc très bon, et, en théorie, le prix de revient du courant d’éclairage se rapproche de celui demandé par les compagnies de distribution.
- Dispositif de commande automatique du système. — Le groupe peut comporter un dispositif complet de contrôle permettant le contrôle automatique constant de l’intensité du courant ainsi que de la tension; ce dispositif permet également la mise en marche automatique du groupe et son arrêt également automatique.
- Outre les appareils de mesure de l’intensité et de la tension, le tableau de contrôle comprend des boutons poussoirs sur lesquels il suffit d’appuyer pour faire fonctionner les divers organes de l’installation.
- Ces organes sont, tout d’abord, un conjoncteur-disjoncteur qui effectue automatiquement le branchement en parallèle de la dynamo, de la batterie et du circuit d’éclairage aussitôt que le moteur est mis en marehe. Il rompt ce branchement aussitôt que le moteur s’arrête.
- Un régulateur électro-magnétique règle le courant d’excitation de la dynamo de manière que la tension aux bornes des lampes, quel que soit le nombre des lampes en service, soit toujours comprise dans les limites normales.
- La charge de la batterie s’effectue ainsi dans les meilleures conditions, automatiquement, sans réducteurs d’éléments.
- Un relais de démarrage a pour but de brancher au moment du démarrage la batterie d’accumulateurs avec la dynamo à enroulement compound qui joue automatiquement le rôle de moteur de lancement.
- En appuyant sur un bouton poussoir, on ferme les contacts d’un relais par lesquels passe le courant de la batterie. Ce courant parcourt une bobine placée sur le relais qui verrouille les contacts tant que le moteur n’a pas démarré.
- Dès que le moteur a démarré, le relais ouvre ses contacts automatiquement.
- Enfin, un relais d’arrêt du moteur court-circuite la magnéto, et, par suite, provoque l’arrêt'automatique du moteur au moment où la charge de la batterie est terminée.
- Il est évident que l’appareil n’agit automatiquement que lorsque toutes les lampes sont éteintes, et que l’interrupteur général d’éclairage est dans la position d’extinction.
- Cependant, aussi bien en période d’éclairage qu’en période d’extinction, on peut arrêter le moteur en appuyant sur ce bouton, en actionnant le relais à la main.
- Un modèle spécial a également été établi pour 1 éclairage direct, c’est-à-dire sans batterie d’accumulateurs, avec régulateur d’excitation maintenant la tension constante, quel que soit le nombre de lampes allumées.
- Dans ce modèle, le lancement du moteur se fait évidemment avec une manivelle et le moteur doit tourner pendant tout le temps où l’on désire avoir de la lumière ou du courant sur la ligne.
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- Ces différents groupes paraissent donc bien étudiés, économiques et pratiques.
- Constructeur : S. E. R , 12, rue Lincoln, Paris.
- Filtre à huile à décrassage en marche.
- La nécessité d’alimenter les moteurs en huile débarrassée de toutes particules solides est aujourd’hui reconnue universellement. Qu’il s’agisse du graissage des cylindres, de celui des paliers ou de toute autre pièce, la présence d’impuretés solides a pour conséquence l’usure rapide des pièces à lubrifier. Il en est de même pour le graissage des machines-outils dans les ateliers. D’où la nécessité, soit de remplacer fréquemment l’huile usagée par de l’huile neuve, obligation fort coûteuse, soit de la régénérer par filtration. Dans les moteurs à huile lourde, l’huile de combustion doit également être filtrée afin d’éviter l’obstruction des tuyères d’injection du combustible.
- Le problème du filtrage de l’huile s’est donc posé d’une façon impérieuse, en ces dernières années, dans tous les domaines de la mécanique pratique. Il a reçu de nombreuses solutions. Rappelons celle qui consiste à centrifuger l’huile ; elle donne de bons résultats, mais exige des appareils tournant à très grande vitesse, donc relativement coûteux et délicats. Très souvent aussi on fait usage de toiles métalliques dont les mailles ont des dimensions convenablement choisies; ces filtres ont l’inconvénient de se colmater au bout d’un certain temps ; il est indispensable de les nettoyer à intervalles plus ou moins rapprochés, ce qui entraîne des opérations de démontage et de remontage souvent délicates. Dans tous les cas les filtres doivent alors être doublés afin que l’un d’eux puisse assurer le service pendant que l’autre est en nettoyage.
- Le filtre Autoklean que nous allons décrire apporte une solution nouvelle et ingénieuse qui évite tous ces inconvénients. Comme les filtres à toiles, c’est un appareil statique; mais il a sur ceux-ci l’avantage d’être nettoyable en marche. Il comporte essentiellement un corps filtrant composé de rondelles métalliques empilées les unes sur les autres, mais séparées par des cales d’épaisseur convenablement choisies, de façon à laisser entre deux rondelles consécutives un intervalle suffisant pour assurer le passage de l’huile, mais assez faible pour retenir les impuretés solides. Les rondelles sont en outre perforées comme le montre la figure 3. Une fois empilées et maintenues au moyen d’entretoises, elles forment une sorte de corps cylindrique muni de canaux internes, parallèles à l’axe du cylindre. La face inférieure de ce corps cylindrique est fermée par une plaque métallique servant de bouchon. Les canaux internes débouchent librement par l’autre face.
- Le corps filtrant est monté à l’intérieur d’un carter étanche muni d’un orifice pour l’arrivée de l’huile. Celle-ci arrive donc à l’extérieur de lamelles; elle pénètre dans les canaux longitudinaux internes en traversant les petits espaces ménagés entre les lamelles et qui retiennent, les particules solides (fig. 2). L’huile purifiée s’écoule dans les canaux internes et sort par un canal qui communique avec ceux-ci.
- Au bout d’un certain temps les particules solides peuvent s’accumuler entre les rondelles du corps filtrant. Elles finiraient par provoquer l’obstruction des passages de l’huile, et par suite une réduction du débit en même temps qu’une forte perte de charge. Aussi la cartouche filtrante est-elle munie d’un dispositif de décrassage, du reste extrêmement simple et efficace.
- L’ensemble des lamelles qui constituent le corps filtrant est fixé sur un axe mobile que l’on peut actionner de l’extérieur
- ----------- ......... ...............— 285 =
- soit à la main, soit mécaniquement à l’aide d’une roue à rochet par exemple. En face du cylindre filtrant est monté un peigne fixe, constitué par une série de lamelles empilées
- |iSortie de l'huile [ épurée
- Entrée de l’huile
- Lamelles filtrantes
- Fig. 2. — Coupc du filtre « Autoklean, ».
- autour d'un axe fixe parallèle à celui du cylindre filtrant. Les lamelles du peigne ont une forme de croissant creux et viennent s’insérer respectivement entre deux lamelles contiguës de corps filtrant. Grâce à la forme des éléments du peigne, la rotation du corps filtrant a pour effet de dégager et de rejeter vers l’extérieur les particules qui se sont rassemblées dans les intervalles entre les lamelles filtrantes.
- Les impuretés solides se rassemblent au bas du carter, d’où on les extrait de temps à autre en dévissant le bouchon qui en ferme le fond,
- Cet appareil se construit en toutes dimensions et trouve
- Fig. 3. — Dispositif de l’appareil de décrassage de la cartouche filtrante.
- son application dans toute installation ou machine où il faut filtrer de l’huile d’une façon continue. 11 s’applique également à l’essence.
- Constructeur : Société SCAM, 40, rue de Glichy, Paris.
- Axe
- tournant
- Axe fixe
- Lamelle
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du traitement des morsures de serpents.
- M. G. L., de Shinbaganur, dans le sud de l’Inde, nous écrit :
- « Je ne sais si La Nature a jamais publié quelque chose d’analogue au traitement original pour morsures de serpents venimeux qu’un ami de Ceylan vient de me signaler. J’ai pensé que la chose intéresserait, ou du moins amuserait, quelques-uns de vos lecteurs.
- « Il y a près de six ans, cet ami indien, professeur de physique à Jaffna, vit un de ses élèves mordu à la jambe par un Polongaa. Le terme « Polongaa » désigne plusieurs variétés de serpents venimeux et est appliqué par les indigènes aussi bien au « beaver snake » qu’à la terrible « Daboya elegans » ou « Russell’s viper )>. Dans le cas actuel, l’élève, un jeune homme de 18 ans, souffrait beaucoup de douleurs lancinantes non seulement au niveau de la morsure, mais dans toute la jambe, et avait le corps couvert de sueurs profuses. Le professeur se souvint fort à propos du traitement qu’on va décrire et qu’il avait entendu vanter dans son enfance.
- « Il aurait pu, semble-t-il, même en l’absence de tout médecin comme c’était le cas, recourir à des méthodes plus héroïques ou d’apparence plus scientifique.
- a En tout cas, son traitement à lui n’avait rien de cruel (pour le malade s’entend) et réussit parfaitement. Il se fit apporter quelques poules; mais des pigeons, parait-il, auraient aussi bien fait l’affaire. Il commença par faire une légère incision dans la jambe avec son canif, au niveau de la morsure, afin de faciliter l’écoulement du sang et l’exode du poison. Gela fait, il saisit une première poule, lui arracha assez de plumes pour découvrir l’orifice du cloaque et l’appliquer sur la plaie incisée.
- « Les contractions spasmodiques de cet orifice produisaient une sorte de succion aspirant le venin. Quoiqu'il en soit, la première poule crevait au bout d’une dizaine de minutes, apparemment sous l’action du venin absorbé de façon peu banale. Deux autres poules subirent ensuite le même sort pendant que l’état du patient s’améliorait et que la douleur devenait moins vive.
- « Une quatrième poule fut appliquée de même, mais s’en tira
- indemne. Le jeune homme était hors de danger, et la douleur avait disparu.
- « Il ne s’agit pas ici du récit d’un mauvais plaisant. Mon informateur est un homme instruit et sincère : il m’a simplement relaté un fait qui lui est personnel, et sans prétendre vouloir imposer une théorie expliquant le mécanisme de son traitement.
- « Je livre ce récit à vos lecteurs, curieux de savoir si en France, ou en d’autres pays que Ceylan, la méthode du « cul-de-poule » s’est montrée également efficace.
- « Puisque j’en suis aux morsures de serpents venimeux, je me permets de vous rappeler qu’ici dans le sud de l’Inde aussi bien qu’à Geylan, les indigènes faisant profession de « charmeurs de serpents » exercent leur dangeureux métier non sans risques trop réels. Quelques-uns y laissent la vie; d’autres guérissent en employant soit la « pierre à serpent », soit la racine d’une plante appelée « vel yérouklcou ». Cette plante semble être VAsclepias gigantea, ou variété blanche de Calotropis : elle est, dit-on, assez rare et cultivée dans quelques pagodes hindoues. Mon informateur Geylanais a pu l’utiliser une fois avec succès ; mais il n’est pas sûr que la morsure fût alors mortelle. Pour ce qui est de la fameuse « pierre à serpent », ce n’est pas une pierre du tout : elle ressemble à de la corne de cerf calcinée (peut-être avec un mélange de sang de bœuf). Si besoin est, l’homme mordu fait une incision sur la morsure et alors applique la pierre qui absorbe énergiquement le venin. Dès que celui-ci est sorti, la pierre tombe d’elle-même et est mise à dégorger dans du lait. Un de mes collègues a été récemment témoin oculaire d’un pareil cas : un charmeur était mordu à la main par un cobra dont la tête seule sortait d’un trou de muraille. L’homme voulut saisir le cobra par le cou et le tirer violemment du trou; il le tira bien, mais le cobra sortait avec les dents solidement fixées dans la main de son charmeur et il fallut secouer vigoureusement pour le faire lâcher prise. Le cobra fut tué aussitôt, et l’homme, fort ému, appliqua sa fameuse pierre comme il est dit plus haut : il éprouva bien un peu de malaise, mais finalement s’en tira et se remit tout à fait en allant boire un bon coup de « callou » (jus de palme fermenté) à l’auberge voisine ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Appareils « Ozonair » : Carpentier et Halot, agents exclusifs de vente, rue de Vienne, 2, Paris.
- Bibliographie sur les alcaloïdes.
- Pictet : Pflanzenalkaloïde, Berlin, 1900;
- Schmidt : Die Alkaloïdchemie, Stuttgart, 1900-1910;
- Winterstein und Trier : Die Alkaloïde, Berlin, 1910.
- M B., Saïgon
- Liquides tue-moustiques.
- Les liquides genre Fly-Tox sont à base de pyréthrines.
- M. B., â Saigon
- Détérioration accidentelle de lampes de T. S. F.
- Vous n’indiquez pas si un condensateur de quelques microfarads est placé en dérivation sur votre batterie d’alimentation plaque. Il arrive souvent, en effet, que l’on place un condensateur de ce genre sur les batteries pour faciliter le passage des courants haute fréquence et diminuer spécialement la résistance interne apparente des batteries de piles, qui augmente très souvent après quelque temps d’usage.
- Si ce condensateur est détérioré, une partie du courant de la batterie de plaque peut traverser les filaments des lampes et les brûler. Il est donc bon, tout d’abord, de vérifier l’état du condensateur, s’il existe, au moyen d’une pile et d’un voltmètre ou d’une lampe à incandescence.
- Si le condensateur est en bon état il ne doit pas laisser passage au courant continu qui est décelé par le voltmètre ou la lampe.
- Si vous êtes sûr de ne pas avoir commis d’erreurs dans la connexion des batteries, ce qui arrive fréquemment, la détérioration de vos lampes ne pourrait provenir, outre la cause possible déjà indiquée, que d’une détérioration accidentelle des connexions internes du poste.
- En tout cas, nous vous conseillons d’intercaler sur le câble i’eliant votre appareil à la borne positive de la batterie de plaque de 80 volts une petite lampe fusible que l’on trouve maintenant facilement dans le commerce.
- Ce petit accessoire est d’un prix très modique et son filament brûle dès que l’intensité du courant devient dangereuse; le courant est ainsi interrompu et les filaments des lampes de T. S. F. sont protégés. On ne saurait donc trop recommander l’adoption de ce dispositif aux amateurs soigneux et économes.
- M. Prax, a Peyriac-Minervois (Aude).
- Réparation d’une batterie d’accumulateurs.
- A la rigueur, la construction d’une batterie d’accumulateurs de 80 volts est possible pour un amateur, parce que les plaques utilisées peuvent être à formation naturelle sans cellules pour oxyde; mais il nous semble, par contre, bien difficile que l’on puisse établir soi-même des lames à formation artificielle pour batterie de chauffage.
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- Il est presque indispensable d’acheter ces lames chez un fournisseur spécialisé, et il vaut encore mieux, dans ce cas, acheter des batteries toutes faites parce que l’économie réalisée serait peu importante.
- Si la sulfatation des plaques de votre batterie de chauffage est très importante, il est plus simple de la confier à un fabricant qui en effectuera le démontage complet, et remplacera, s’il en est besoin, les lames complètement inutilisables.
- Si, au contraire, la sulfatation n’est que superficielle, vous pouvez très bien effectuer vous-même le petit travail de réparation nécessaire ; il vous suffira de remplir la batterie avec de l’eau acidulée très faiblement et de charger très longtemps mais à faible intensité ; lorsque le sulfate a disparu, on remplace le liquide faiblement acidulé par l’électrolyte ordinaire.
- Vous pourrez d’ailleurs trouver dans La Pratique Radioélectrique (Masson, Éditeur) tous les renseignements nécessaires pour la réparation des accumulateurs. Vous pourrez également trouver dans ce livre les différents schémas très simples de charge des accumulateurs sur courant continu. M. L. Michaux, a Paris.
- Transformation d’un poste à antenne.
- Rien de plus simple théoriquement que de transformer un poste recevant sur antenne en un poste recevant sur cadre. Seul le collecteur d’ondes varie en effet et il suffit de relier aux bornes antenne et terre de l’appareil, les extrémités de l’enroulement d’un cadre approprié, en enlevant bien entendu la bobine d’accord, le condensateur d’accord demeurant seul en dérivation sur l’enroulement; la prise de terre serait également supprimée.
- Mais, en pratique, les postes destinés à la réceplion sur antenne sont généralement beaucoup moins sensibles que les postes construits spécialement pour la réception sur cadre, parce que l’énergie recueillie par une antenne est bien supérieure à celle qui est captée par un cadre.
- Vous ne nous indiquez pas, d’ailleurs, le type de votre appareil récepteur et nous ne connaissons donc pas sa sensibilité ; cependant il est probable qu’il est simplement du type à 4 lampes, classique, à un étage à résonance. Un tel appareil qui permet, sur bonne antenne la réception des principales émissions européennes ne vous permettrait sur cadre, par contre, que la réception d’émissions très puissantes et avec un réglage beaucoup plus difficile.
- Dans ce cas, nous ne vous conseillons pas d’effectuer une transformation possible mais délicate qui consisterait par exemple à ajouter une lampe bigrille changeuse de fréquence et à modifier le premier étage d’amplification en étage moyenne fréquence. 11 serait beaucoup plus simple et peut-être aussi économique de céder votre poste sur antenne et de construire ou acheter un appareil destiné spécialement à la réception sur cadre.
- M. Zalesko, a Troyes (Aube).
- Longueur d’onde propre d’une antenne.
- Si on appelle l la longueur métrique de l’antenne, réunie à la terre, et X sa longueur d’onde propre, on peut admettre :
- X > kl antennes en L unifilaires et < 6/
- X > 5f antennes en L multifilaires et < Il X Cl antennes en V et < 81
- X ^ Il antennes en parapluie et < 10L Cependant la longueur d’onde propre des antennes ordinairement employées par les amateurs, par suite de leur rapprochement du ol ou d’un mur quelconque, est généralement plus grande que la longueur d’onde théorique que nous venons d’indiquer.
- Cette approximation suffit cependant généralement pour le choix des bobinages à employer dans les appareils d’accord; vous pourriez d’ailleurs trouver dans La Pratique Radioélectrique des tables permettant d’effectuer un calcul approximatif selon les caractéristiques de votre antenne, et, ce qui serait mieux, de mesurer directement sa longueur d’onde propre. M. Bassau, a Paris.
- Choix d’un poste récepteur.
- Les conditions dans lesquelles vous vous trouvez pour installer un poste de réception sont évidemment très défavorables, et nous croyons en tout cas qu’un poste à cadre vous donnera des résultats supérieurs à ceux que vous obtiendrez avec un poste à antenne.
- Le plus simple serait de choisir un appareil à changement de fréquence, à lampe bigrille changeuse de fréquence, et à réglage
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- simplifié sinon à réglage automatique, puisque vous désirez un poste d’un prix modique.
- Nous pouvons vous indiquer les constructeurs suivants auxquels vous pourrez demander tous renseignements utiles :
- Établissements Radio LL, 5, rue du Cirque, Paris.
- Etablissements Ducretet, 89, boulevard Ilaussmann, Paris.
- Établissements Lemouzy, 121, boulevard St-Michel, Paris.
- Guilbaud, a Nantes (Loire-Inférieure).
- Etablissement d’un amplificateur phonographique.
- L’amplificateur le plus simple que l’on puisse établir pour l’amplification phonographique dans une salle de dimensions moyennes comporte deux étages à liaison par transformateurs.
- Le pickrup électro-magnétique agit directement sur la première lampe ou par l’intermédiaire d’un transformateur généralement de rapport 1/3.
- On pourra utiliser une résistance variable d’une centaine de mille ohms en dérivation sur l’enroulement de pick-up et qui servira à régler l’intensité d’audition.
- La liaison entre la première lampe et la deuxième sera effectuée avec un transformateur également de rapport 1/3, mais d’un modèle choisi avec le plus grand soin. Nous citerons comme marque de transformateurs à titre d’exemples Philips, FAR, Brunet, Bardon,... etc.
- La tension plaque sera, de préférence, assez élevée et de quelque 120 volts; on emploiera sur le premier étage une lampe A-415 ou A-409 Philips ou C-9 Fotos par exemple. La deuxième lampe sera une lampe de puissance B-406 ou B-405 Philips ou mieux une lampe à grille-écran B-443, ou encore une lampe D-9 Fotos.
- Il est essentiel de donner aux grilles de ces lampes une polarisation très soigneusement choisie suivant leur type et la tension plaque adaptée.
- Cet appareil simple donne d’exellents résultats, mais il est évident qu’il en existe des variantes à deuxième étage, à transformateurs push-pull., à résistances, à impédances..., etc.
- Vous pourriez trouver dans la brochure de M. Hémardinquer qui va paraître à la librairie Chiron, 40, rue de Seine, Paris, des détails plus particuliers sur cette question, ainsi que dans la revue la T. S. F. pour Tous du même éditeur.
- M. Gouverneur, a Ailly-sur-Noye (Somme).
- Comment lutter contre les mouches ?
- La lutte doit commencer tout d’abord par la destruction de l’insecte à l’état d’œuf dans les endroits où s’est effectuée la ponte : étables, fumiers, fosses d’aisances, que l’on arrosera d’huile de naphte à plusieurs reprises.
- Pour les insecte» parvenus à l’état parfait de mouches, c’est encore le pyrèthre qui donne les meilleurs résultats, si l’on a soin d’employer des fleurs de récolte récente, riches en principe actif, que l’on désigne sous les noms de pyrétol ou de pyréthone et qui a été étudié tout particulièrement par Sato et Fujitani en 1924.
- Pendant très longtemps, on s’est contenté de projeter la poudre de fleur de pyrèthre au moyen d’un soufflet dans les locaux où on voulait obtenir la destruction des mouches ; notre journal La Nature (n° 2629 du 23 août 1924, p. 63) a, pensons-nous, été le premier à signaler l’intérêt qu’il y aurait à utiliser la solubilité du pyrétol dans l’alcool, la benzine, le pétrole, le tétrachlorure de carbone, et à pulvériser ainsi une solution au moyen d’un simple vaporisateur, ce qui a été le point de départ de la préparation commerciale d’un grand nombre d’insecticides liquides.
- Nous rappellerons à nos lecteurs qu’il suffît pour obtenir un produit tout aussi efficace d’opérer ainsi :
- Faire macérer pendant quelques jours 50 grammes de poudre de fleurs de pyrèthre fraîche dans un litre d’alcool à brûler, filtrer la solution et garnir de ce liquide un pulvérisateur de toilette fonctionnant bien et à débit abondant. Pulvériser alors la mixture dans toutes les parties de la pièce, murs et plafonds, les fenêtres et lès portes étant fermées. Laisser la pièce close quelque temps avant de rouvrir; on constate alors que tous les insectes sont tombés sur le sol, les pattes en l’air; il suffit de les balayer, puis de les brûler.
- N. B. 1° Tout ce que nous venons de dire concernant les mouches s’applique aux mites ; le liquide alcoolique ne tache pas et peut être sans inconvénient pulvérisé sur les tentures et vêtements, sans
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- laisser des traces graisseuses comme il s’en produit si le pétrole a servi de dissolvant.
- 2° On peut ajouter à l’alcool, pour masquer son odeur, tout parfum qui conviendra, par exemple : salicylate de méthyle (essence de Wintergreen), acétate d’amyle (bonbons anglais), etc.
- M. Legrand a Milly, Manche.
- Ma bouillotte est encombrée par un dépôt; comment l'enlever ?
- La majeure partie des eaux servant aux usages domestiques étant calcaire, il en résulte que les vases dans lesquels on fait bouillir ces eaux s’encrassent rapidement par un dépôt, mauvais conducteur de la chaleur, que chacun désire faire disparaître de l’intérieur du récipient.
- Deux cas sont à considérer : ou bien il s’agit de carbonate de chaux résultant de la dissociation du bicarbonate par là chaleur, ou bien c’est le sulfate de chaux (plâtre) qui, par suite de l’évaporation, n’a plus à sa disposition assez d’eau pour se dissoudre et ne peut faire autrement que de se déposer en concrétions plus ou moins dures.
- Dans le premier cas, un léger traitement à l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique (économiquement employer l’acide jaune ou acide muriatique du commerce) amènera la dissolution du carbonate de chaux ; aussitôt qu’il aura disparu on rincera à fond pour éviter toute attaque du métal qui jusque-là n’avait rien à craindre-S’il s’agit au contraire de sulfate de chaux, la dissolution de celui-ci ne peut être obtenue que par une grande acidité et à chaud; fort heureusement on peut tourner la difficulté en faisant bouillir pendant environ une heure dans ledit récipient une dissolution de carbonate de soude (cristaux du commerce) à 5 0/0 environ. Le sulfate de chaux est ainsi amené à l’état de carbonate de chaux en majeure partie à l’état pulvérulent et on a dans le liquide du sulfate de soude dissous, on rince pour enlever les matières solubles ou boueuses et traite comme dans le premier cas par l’acide chlorhydrique qui doit dissoudre facilement le dépôt restant si la double décomposition, prévue avec le carbonate de soude, a bien été réalisée. Mme Lebel, a Paris.
- La moisissure des colles de bureau peut-elle être évitée ?
- Les colles de bureau obtenues si facilement par macération dans l’eau froide de la gomme arabique ou sucs épaissis de divers acacias (acacia vera-acacia arabica, acacia du Sénégal ou Vereth, Seyal. etc.) présentent l’inconvénient si elles ne sont pas additionnées d’un antiseptique, d’être envahies rapidement par des moisissures telles que Mucor mucedo, Aspcrgillus niger, Rhizopus nigricans, etc.
- Généralement ces ferments préexistent dans les gommes qui les ont recueillis pendant leurs pérégrinations et une ébullition du liquide (après dissolution à froid) assure la destruction des spores! c’est ainsi qu’opèrent du reste les industriels, mais en outre, en prévision de l’avenir, ils ajoutent généralement comme antiseptique un peu d’acide salicylique.
- Par expérience personnelle, nous avons constaté que ce produit avait une tendance à hydrolyser l’arabine en diminuant la viscosité et les propriétés adhésives de la colle, c’est pourquoi nous lui préférons le sulfate de cuivre, anticryptogamique par excellence, qui, à la dose infime d’un (millième (un gramme par litre de colle), assure une conservation parfaite en même temps qu’il agit comme clarifiant, ce qui permet après un repos d’un jour ou deux d’obtenir un liquide parfaitement limpide.
- N.-B. On sait, après les expériences mémorables du Dr Galippe qui introduisit le sulfate de cuivre dans son alimentation et celle-deS siens (1880), que ce sel n’est pas toxique et présente seulement des propriétés émétiques marquées; la colle ainsi préparée sera donc sans danger, on évitera seulement de sucer le pinceau, pour ne pas provoquer de nausées fâcheuses. Mr S. de R. A Paris.
- Qu’est-ce que le bleu au molleton ?
- L’arrêté ministériel du 28 juin 1912, relatif à la coloration des denrées alimentaires et des boissons, n’autorise comme colorants bleus que l’indigo, produit naturel, et les dérivés de la houille : bleu à l’eau 6 B et bleu pabenté.
- Le plus souvent on utilise l’indigo rendu soluble par un traitement à l’acide sulfurique et que l’on trouve chez les droguistes sous le nom de carmin d'indigo, mais les préparations obtenues avec ce produit bien délayé dans l’eau ont une tendance à verdir ;
- c’est pourquoi il est utile de procéder à une épuration du sulfate d’indigo en opérant ainsi. On prend :
- Indigo finement pulvérisé................ 50 grammes
- Acide sulfurique à 66° chimiquement pur . 500 —
- dissoudre l’indigo dans l’acide sulfurique en agitant avec une baguette de verre jusqu’à cessation d’effervescence, laisser refroidir et verser la mixture sulfurique dans huit litres d’eau distillée en remuant constamment. (Ne pas faire l’inverse lors du mélange, car l’eau versée sur l’acide sulfurique amènerait des projections dangereuses.)
- Après repos, décanter le liquide et y plonger un morceau de drap dit molleton de laine blanc, porter à l’ébullition ; la matière colorante est absorbée par le molleton, on retire celui-ci et le lave à grande eau sous un robinet pour enlever toutes traces d’acide, après quoi on fait bouillir à nouveau le tissu dans six litres d’eau additionnée de 5 grammes de carbonate de potasse chimiquement pur: le molleton abandonne sa couleur à l’eau, on rince avec soin le morceau de drap pour le faire resservir dans une autre opération.
- Les liquides réunis sont filtrés au papier, puis additionnés de 900 cent, cubes d’alcool à 90° et finalement on filtre encore une fois, ce qui donne une couleur de qualité supérieure et dont la nuance d’une fixité parfaite ne tourne jamais au vert.
- N.-B. Les maisons suivantes sont susceptibles de vous livrer des colorants végétaux pour produits alimentaires. Métra, 3, rue Gastex 14e. Bourbonnais, 46, rue Laffitte. Durban, 35, rue des Francs-Bourgeois, 4*. Perigne-Lesault, 75, avenue Parmentier.
- M. S. de R., Paris.
- Les perles artificielles dernière manière.
- Autrefois les perles artificielles étaient obtenues en soufflant de petites boules de verre et en introduisant à l’intérieur une mixture composée d’écailles d’ablettes (essence d’Orient) et de colle forte en solution tiède légère ; après refroidissement, on coulait à l’intérieur de la cire blanche fondue, ce qui donnait à la perle un « certain » corps, mais non de la solidité.
- Actuellement on prend des perles de verre émaillées et on les recouvre d’un collodion nacré obtenu, d’après Clément et Rivière,
- de la manière suivante :
- lre Formule Acétate d’amyle.......................90 kg
- Nitro-cellulose...................... 10 —
- Essence d’Orient......................Q. S.
- 2e Formule Tétracbloréthane......................90 kg
- Alcool métbjlique.....................10 kg
- Acétate de cellulose...................10 —
- Essence d’Orient......................Q. S.
- La pâte d’essence d’Orient ne doit pas être déshydratée, ce qui supprimerait l’effet nacré et tout chatoiement.
- Après dessiccation on plonge à nouveau les perles dans la mixture de façon à réaliser des couches superposées donnant lieu aux phénomènes d’irisation (anneaux de Newton), que l’on accentue davantage par dépôts successifs de lames minces transparentes obtenues par immersions répétées dans un vernis incolore faible à la concentration moyenne de 5 gr par litre de nitro-cellulose ou acétate de cellulose simple.
- Les auteurs ont constaté qu’une condition essentielle à observer pour que l’irisation soit parfaite était qu’il fallait opérer sur des surfaces que le liquide irisant n’était pas susceptible de dissoudre.
- Par exemple si la surface à iriser est constituée par de l’acétate de cellulose (2° formule) il faut employer une liqueur irisante à base de nitro-cellulose et d’alcool-éther. — Inversement une surface de nitro-cellulose s’irisera à l’aide d’une solution d’acétate de cellulose (lre formule). Finalement on protégera la couche irisée fragile par un vernis. M. Garmy, a Thiers.
- P.-S. — A notre avis vous obtiendrez la meilleure adhérence entre le produit que vous nous avez soumis et un métal) en vous servant d’une colle au celluloïd, par exemple la suivante qui permet de réaliser une grande concentration sans que ce soit au
- détriment de la fluidité :
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- Acide oxalique............................... 1,6
- Acétone......................................100.
- Mettre le tout en contact dans un récipient bien fermé, agiter fréquemment jusqu’à dissolution complète et obtention d’un produit homogène.
- N.-B. — Il s’agit de celluloïd transparent, pur, non de celluloïd chargé de matières minérales.
- Le Gérant : G. Masson.
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- N" 2806.
- I” Avril 1929
- LE PONT EN CIMENT ARMÉ DE PLOUGASTEL
- Le pont de Plougastel sur l’Elorn est Une œuvre remarquable à beaucoup d’égards.
- Son auteur, M. E. Freyssinet, déjà célèbre par les hangars d’Orly, le pont de Villeneuve-sur-Lot (record de portée des voûtes non armées avec 96 m. 25), le pont en béton armé de Saint-Pierre-du-Vauvray (arc de 131 mètres d’ouverture), vient de porter beaucoup plus loin par ce nouvel ouvrage le record des voûtes en béton armé (188 mètres).
- Cependant, si sensationnel que soit ce nouveau pont qui servira au passage d’une voie ferrée et d’une route superposées, .ce qui apparaît plus extraordinaire encore à celui qui visite le chantier de Plougastel, c’est l’élégance et la simplicité des moyens avec lesquels un travail de cette envergure a été entrepris et réalisé et les possibilités qui en résultent.
- LES TRAVAUX
- PRÉPARATOIRES»
- CRÉATION
- DE L'OUTILLAGE
- Dès l’origine le projet parut surprenant : l’exécution de voûtes en béton de près de 200 m d’ouverture semblait d’une audace excessive, le prix proposé était singulièrement réduit. Il n’en fallait pas tant pour soulever des oppositions obstinées. Mais la commande acquise, d’autres difficultés surgirent. Il fallait deux puissants transporteurs à câble de 800 m de long. Les constructeurs consultés prétendirent la chose impossible, demandèrent des prix prohibitifs ou déclarèrent tout simplement qu’il fallait « être fou » pour envisager un tel programme.
- Ici se révèle dans le plus vif le génie propre de M. Freyssinet : le recours aux spécialistes étant hors de cause, il construit lui-même son transporteur.
- Pendant que s’établissent les fondations des culées dans un batardeau en ciment armé et que se construit (toujours en ciment armé) le caisson qui servira à la fondation des piles, les deux transporteurs se montent.
- Quatre bigues s’élèvent (fig. 1) de 55 m de haut; simplement réalisées en bois, elles servent de pylônes articulés. La traction des câbles est équilibrée par des
- contrepoids formés d’énormes caisses en béton lestées de sable et glissant sur des plans inclinés. Les câbles trop difficiles à transporter par camion arrivent de la gare sur deux roues en béton armé, frettées de bandes de roulement en fer.
- La cabine, la commande électrique posent d’autres problèmes dans le détail desquels nous ne pouvons entrer, mais qui se résolvent à leur tour avec les mêmes méthodes : audacieuses par rapport aux précédents ; simples, logiques et élégantes si on les considère en
- elles-mêmes.
- Le caisson pour l’exécution des fondations, avec sa chambre de travail et ses compartiments d’équilibrage, est exécuté en béton et muni de flotteurs en bois pour diminuer son tirant d’eau (fig. 2).
- Cependant le cintre destiné au coffrage est établi sur la rive; c’est lui qui servira trois fois successivement pour établir les trois arches du pont.
- Arc immense, bandé de câbles d’acier et porté par deux chalands qui lui servent d’appui flottant, le cintre se termine par deux semelles en béton armé qui portent les dispositifs d’accrochage nécessaires à sa fixation sur les piles.
- L’une des photographies de la figure 3 montre clairement l’état du chantier en ce moment; on y voit le transbordeur et sa cabine roulante, la pile n° 1 envoie d’achèvement, la pile n° 2 déjà hors d’eau; la culée rive droite est presque terminée et, au premier plan, la culée rive gauche est en cours d’exécution.
- La construction du cintre a été réalisée de la façon suivante :
- Sur la rive on a monté avec quelques portiques en bois un gabarit de montage (fig. 3, en haut). Des éléments droits de 160 m de longueur en sapin, relativement légers et suffisamment flexibles pour prendre spontanément la courbure de la voûte, ont été hissés sur ce gabarit. La figure montre le gabarit : une pièce déjà en place, une autre dont on voit la flexibilité .est en cours de manœuvre et, sur la passerelle de service, un certain nombre d’éléments droits sont prêts à être hissés. On a formé aussi un plancher provisoire qui a servi
- Fig. i. — Les bigues de support du câble du transporteur.
- On procède au levage de ces pièces qui ont 55 mètres de hauteur. Le levage s’effectue au moyen du câble lui-même.
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- nés, reposant sur les deux chalands au moyen de quatre dés en béton sur des coussinets également en béton (deux sur chaque chaland).
- La liaison entre les chalands est simplement réalisée par le cintre lui-même et ses câbles de tension.
- La photographie a été prise au moment où, à marée montante, les cha-
- Fig• 2. — Construction du caisson servant à Vexécution des fondations des piles du pont.
- En haut à gauche : caisson en exécution, les compartiments d’équilibrage.
- En haut à droite : le caisson muni de flotteurs en bois pour diminuer son tirant d’eau.
- En bas à gauche : le caisson à flot est remorqué à l’emplacement de la pile.
- En bat à droite : le caisson au travail sur la lre pile.
- pour le reste du montage; la figure 3 permet de voir à gauche le cintre en partie établi, avec, à droite le plancher provisoire qui disparaît au fur et à mesure de la mise en place des éléments qui le constituent.
- Le cintre en bois terminé a été complété par ses deux abouts en béton armé reposant sur deux pontons en béton armé convenablement placés (fig. 5, en bas).
- La figure 7 montre le cintre avec ses abouts termi-
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- LA MISE EN PLACE DU CINTRE
- L’immense arche flottante ainsi constituée fut alors amenée en position entre les deux amorces des arcs, construites en porte-à-faux sur, les piles, (fig. 5).
- Le déplacement fut réalisé au moyen d’une série de treuils tirant par des câbles d’acier sur des blocs de béton lestés de cailloux et noyés dans le fond du fleuve.
- Mais ici se posait un problème particulièrement délicat : l’Elorn est
- Fig 3. — Construction du cintre.
- En haut : on met en place d’un seul coup des éléments de 160 mètres de longueur en sapin. Ils paraissent flexibles comme un câble.
- Au centre : le cintre en cours de montage. Les éléments amenés à pied d’œuvre servent eux-mêmes de plancher provisoire qui disparaît à mesure de leur utilisation.
- En bas : ensemble du chantier pendant la construction du cintre.
- lands vont être mis à flot avec leur cintre par vidage de leurs water-ballast dont le remplissage avait
- en réalité un vaste estuaire où la marée {monte et descend de plusieurs mètres (phénomène d’ailleurs largement utilisé pour nombre de manœuvres) et où les bourrasques soudaines sont fréquentes, il fallait donc qu’une fois le cintre amené en position il pût être enlevé des chalands et fixé en place en un temps nécessairement très court et de Vordre des minutes.
- Le procédé employé par M. Freyssinet est extrêmement simple, les abouts en béton du cintre présentent chacun deux orifices rectangulaires à axe vertical correspondant exactement à deux
- servi à les échouer en place pendant la construction. orifices semblables dans chaque^amorce d’arc des piles;
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- dans ces orifices, formant canal, coulissent librement des anneaux ou élingues constitués de fils d’acier réunissant deux masselottes en béton.
- Lorsque le cintre se trouve engagé sous les amorces d’arc, on laisse descendre les anneaux de façon à pouvoir glisser entre chaque masselotte de béton inférieure et l’about du cintre une pièce de chêne énorme qui forme verrou, tandis que chaque masselotte supérieure
- Le déplacement d’une arche à l’autre se fait par une manœuvre identique précédée d’une opération d’abaissement du cintre qui vient se replacer sur les coussinets des chalands.
- Les réglages eux-mêmes sont extrêmement ingénieux et simples, ils consistent à donner au cintre à vide, au moyen de vérins, des déformations élastiques réglables, inverses de celles qu’il prendra sous la charge des 2000 m3
- Fig. 4. — Pour la mise en place du cintre.
- En haut à gauche : pile achevée (elle a été construite par éléments successifs en porte-à-faux).
- En haut à droite : un vérin de manœuvre du cintre.
- En bas : culée attendant l’arrivée du cintre.
- de béton qui constituent l’arche. On obtient ainsi au décintrement la courbure de l’arc prévue au projet.
- Comme le montre la photographie des amorces d’arc, chaque arche consiste en une poutre creuse à nervures.
- Pour gagner de la hauteur, la partie centrale est encochée au sommet pour l’installation de la voie ferrée qui se trouve tangente à la partie inférieure de l’arche, tandis que la route passe à la partie supérieure.
- L'ACHÈVEMENT DE L'OUVRAGE
- Les deux premières arches sont terminées, la troisième est commencée, elle sera terminée en trois mois,
- vient reposer sur un vérin puissant qui prend appui sur la partie supérieure de l’amorce d’arc.
- La mise en action des vérins bloque en quelques minutes le cintre à sa place, l’opération est terminée, ni ventfni marée ne sont plus à craindre; le cintre qui reposait en 4 points sur les pontons est bloqué en 4 points sur les amorces d’arc et il n’y a plus qu’à procéder aux réglages.
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- de sorte que le pont pourra sans doute être inauguré au début de l’année prochaine. C’est la Société
- l’ont bien compris. Le sentiment que l’on éprouve devant un travail de ce genre est en effet très particulier; on a l’impression d’assister à la naissance de techniques nouvelles dont les développements possibles ouvrent des horizons surprenants.
- On conçoit qu’on est en présence d’un changement profond dans l’équilibre qui était jusqu’à présent nécessaire entre les moyens et le résultat, et que, si avec des moyens aussi simples un pont comme celui de l’Elorn se construit sans difficulté, l’emploi de moyens non pas plus compliqués, mais plus puissants, doit permettre des réalisations stupéfiantes.
- De fait, si vous posez la question à M. Freyssinet, il vous répondra qu’il est dès à présent possible de réaliser
- des voûtes armées de 2000 m
- Fig. 5. — La navigation du cintre.
- En haut : le cintre quitte la voûte qui vient d’être achevée.
- Au centre ; la manœuvre de navigation du cintre.
- En bas : arrivée du cintre à son nouvel emplacement.
- Limousine et Cie qui réalise le travail.
- Le pont de l’Elorn marque une date dans l’histoire du béton armé. Les membres du Congrès
- de Vienne de 1928 qui en acclamaient l’auteur lorsque le film représentant les travaux fut projeté devant eux
- de portée et que s’il reconstruisait le pont de l’Elorn, ce n’est peut-être plus le cintre en bois, mais les arches terminées qu’il construirait sur la berge et qu’il accrocherait en 'place, avec les économies de temps et d’argent que vous pouvez concevoir.
- A tout ceci il met pourtant une condition absolue; c’est que l’entreprise perde définitivement l’esprit d’empirisme et de « débrouillage » et que sur le chantier règne dans l’exécution le même esprit de contrôle scientifique, scrupuleux et précis qui aura présidé à l’étude.
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- L’étude elle-même n’est d’ailleurs plus ici un calcul de projet, mais une conception à la fois synthétique et détaillée de l’ouvrage qui prévoit les moindres détails de la ____________
- réalisation en place, et ne laisse rien à l’imprévu.
- Quelques phases de la construction de l’ouvrage.
- En haut à droite : culée rive gauche en cours d’exécution.
- En haut à gauche : culée en' cours d’exécution montrant une surface de reprise du béton cyclopéen.
- En bas-à droite : exécution de la première voûte.
- En bas à gauche : les coffrages de la première voûte.
- souvent contradictoires; une imagination puissante et le [souci constant du détail de la réalisation
- C’est le mérite* particulier de M. Freyssinet d’avoir su réunir ainsi en Uui deux qualités éminentes, mais
- sans que l'une soit une entrave à l’autre.
- C’est là la caractéristique de soh oeuvre et ce qui marque sa place à côté des plus grands constructeurs de tous les
- temps,
- J.-C. Séaillbs.
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- Fig. 7.
- Le cintre et ses chalands de support à mer basse.
- On voit le coffrage de la partie en béton armé qui termine le cintre à ses deux extrémités. A marée haute, les chalands seront mis à flot, par vidage de leurs water-ballast.
- Fig. 8.
- Vue d’ensemble du chantier le 30 janvier 1929.
- Deux voûtes sont achevées, le cintre est en place pour la construction de la troisième.
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- = UNE VISITE A LA SINGERIE :=
- DU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE DE PARIS
- La Ménagerie du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris est en voie de complète réorganisation et il règne dans notre vieux Jardin des Plantes une activité qui fait plaisir à voir.
- La Ménagerie avait grandement besoin d’être rajeunie, car la majeure partie des bâtiments destinés au personnel ou aux animaux sont de date fort ancienne et ne répondent plus aux exigences de l’hygiène moderne. Des plans de reconstruction avaient été élaborés avant 1914, mais la guerre est venue arrêter toute exécution et, depuis, la Ménagerie a souffert des conséquences écono-
- Fig. 1. — Vue extérieure de la Singerie 'provisoire.
- miques résultant des hostilités. En un mot, l’argent a manqué pour l'entretien ou pour créer de nouvelles installations. Malgré cet état de choses, l’Administration du Muséum a vaillamment lutté contre la mauvaise fortune et ses efforts commencent à être récompensés. De nombreuses améliorations ont été réalisées et des projets s’établissent qui feront peu à peu du Jardin des Plantes de Paris, sinon l’un des plus grands jardins zoologiques d’Europe, du moins l’un des plus coquets et des plus scientifiquement peuplés, — ce qui sera conforme à la véritable tradition de la Ménagerie du Muséum.
- Les travaux de nouvel aménagement sont en cours. Les vieux bâtiments sont abattus ; ceux qui peuvent être réparés sont transformés. Notamment, le sol des cages a été totalement renouvelé.
- Le but d’un jardin zoologique est d’instruire le public, et les collections d’animaux vivants doivent être, en quelque sorte, le prolongement des collections d’animaux « naturalisés » conservés dans les galeries de zoologie. Les collections d’animaux vivant^ ne peuvent pas être aussi riches que celles d’animaux montés, mais elles fournissent aux visiteurs des leçons de choses, elles attirent davantage leur attention, car la vie est toujours plus intéressante à voir que la mort.
- Notre Ménagerie, située dans un admirable cadre de
- verdure, présente l’avantage déposséder 100 ou 120 parcs, assez spacieux et favorables à la présentation des herbivores. Dans le jardin, les animaux sont groupés autant qu’il est possible, par grandes familles. L’idéal serait de pouvoir créer un quartier des Antilopes, un quartier des Cerfs, etc....
- Mais, pour commencer, je me bornerai à signaler la rénovation delà Singerie. La vieille rotonde des Singes, si populaire jadis, tombe sous le pic des démolisseurs. A sa place s’élèvera une maison des Singes installée suivant les principes de l’hygiène moderne. En attendant, un local provisoire abrite les plus beaux Simiens dans des conditions hygiéniques que l’on peut sans crainte dire : bonnes.
- Le pavillon des Singes est au bout de l’allée des Reptiles.rDans la visite que j’y ai faite, mes guides éminents ont été M. E. Bourdelle, professeur de Mammalo-gie et d’Ornithologie et M. le Dr Mouquet, vétérinaire du Muséum.
- La Singerie est un bâtiment des plus simples, puisque provisoire, mais clair et gai. Les animaux se voient les uns les autres et rien ne peut leur échapper de ce qui se passe dans leur domaine. Le public n’est pas admis à l’intérieur de la Singerie ; mais quand la température le permet, on ouvre les verrières, à travers lesquelles il est un peu malaisé de bien voir les Singes. Ce n’est pas sans raison grave que l’accès de la Singerie est interdite au public ; les Singes sont délicats et sensibles à diverses contagions, et la perte d’animaux de grand prix peut résulter de la visite d’une personne malade, — ainsi que cela est malheureusement arrivé plusieurs fois. Le don d'aliments suspects peut être, également, une cause de sérieux désordres chez l’animal qui le reçoit.
- Dans la Singerie, les Simiens sont groupés par familles : Anthropomorphes, Singes d’Afrique, Singes d’Amérique, Singes d’Asie.
- Le groupe des Anthropomorphes comprend : 4 Chimpanzés, 1 Gorille, 3 Orangs-Outangs ; de plus, dans une cage de plein air sont exposés 3 Gibbons.
- Nous voyons d’abord « Boubou » et « Louise », que connaissent tous les habitués du Jardin des Plantes. « Boubou » est un superbe et robuste Chimpanzé (Pan chimpanse Meyer), de 16 à 17 ans, à peine adulte. « Louise » ne compte qu’une dizaine d’années ; elle est beaucoup plus douce que son turbulent voisin, dont les « hou-hou » résonnent dans tout le parc. « Boubou » a été donné au Muséum, en 1921, par Mme Millet-Horsin. Sa patrie est la Guinée. Ce n’est pas un Chimpanzé à face noire : s’il a un beau pelage brun noir, sa face est assez claire.
- On sait que le Chimpanzé se rapproche beaucoup de l’Homme. Il est intelligent et capable de réflexion, comme le prouvent de nombreuses expériences faites au Muséum et dernièrement encore. Par exemple, le Chimpanzé comprend qu’un bâton peut être pour lui un objet utile,
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- dont il sait tirer parti, soit pour se défendre, soit pour attirer à lui une friandise placée hors de la portée de ses bras.
- Plus loin, deux petits Chimpanzés, de 2 ans 1/2 à 3 ans, se livrent à des jeux sans fin. Quand le mâle ne tient pas sa compagne étroitement serrée dans ses bras, tous deux font des acrobaties non moins rapides que diverses. Ils ont appris, seuls, à exécuter le saut périlleux en arrière, de pied ferme. Ce jeune couple a été envoyé, en 1927, par le Gouvernement de la Côte d’ivoire.
- Dans la même cage, mais séparé des Chimpanzés, est un autre « enfant-singe » : c’est le fameux Gorille « Arthur », âgé d’environ 5 ans, et depuis trois ans pensionnaire de la Ménagerie (don de M. Picard). « Arthur» est un véritable nègre, et plus que les autres Anthropomorphes, il paraît se comporter en quadrupède. Très souple, d’ailleurs, il joue avec les deux petits Chimpanzés, à travers les barreaux qui l’isolent. Ce Gorilla gorilla Wym. vient du Congo. En fort bon état et déjà très puissant, il est l’un des très rares Gorilles vivants qui soient conservés en Europe.
- Ensuite est logée une famille d’Orang-Outang : père, mère et enfant, de l’espèce d’Orangdite « Mawas-sring » à Sumatra [P on go pygmeus Hoppius). Ces trois Anthropomorphes sont extrêmement intéressants. Le mâle est séparé de la femelle par mesure de sécurité envers le petit. Ils ont une belle fourrure rousse, longue et soyeuse, qui prend sur le dos des tons chauds d’acajou. La face est d’un gris roux, des yeux très expressifs l’éclairent; l’oreille est très petite. A la gorge se voit un sac aérien dont on ignore la fonction. L’un des caractères de cette espèce est d’être dépourvue de callosités jugo-tempo-rales. Le mâle porte une barbe en collier, jaune ardent. Il se tient habituellement en haut de sa cage, assis sur une planche. A le voir sur ce poste d’observation, on le prendrait pour quelque vieux bonze accroupi. Il fait penser aussi aux rousses victimes, emblèmes du dieu Set, que les Egyptiens immolaient à Osiris.... Quand il est ainsi au repos, on ne peut détacher ses regards de cette étrange créature. Mais l’Orang n’est pas toujours grave; le voilà qui se roule sur la paille et qui se suspend à sa balançoire. On remarque que ses bras pendent jusqu’aux chevilles. Cependant notre Singe se coiffe de son plat de nourriture, préalablement vidé et léché à fond ; il fait de vains efforts pour que cette coiffure improvisée demeure sur sa tête. Cherche-t-il à remplacer ainsi les larges feuilles sous lesquelles il se cache, peut-être, dans la forêt natale ?..*
- Mais l’Orang descend de son observatoire pour s’approcher de sa compagne et du petit*
- Tous trois accroupis et se touchant à travers les barreaux de la cage, semblent s’absorber en un mystérieux entretien. Ai-je fait un geste capable d’alarmer la mère vigilante? Soudain elle se jette vers moi comme pour me frapper....
- Fig. 2. — Vue intérieure d'une partie de la singerie provisoire.
- Afin de la rassurer, je mets un « chocolat » dans la main du petit, dont la tête arrondie est vraiment enfantine.
- En regardant la mère, je pense à certaines figures d’Esquimaux. C’est, en tout cas, une mère dévouée que bien des femmes devraient prendre pour modèle; on devine que rien ne pourrait la séparer de son petit et qu’elle le défendrait, au besoin, avec la dernière énergie.
- Les trois Orangs sont habitués à la captivité. Le mâle a mis longtemps à s’acclimater et pendant le premier mois il n’accepta que des fruits acides pour toute nourriture. L’Orang paraît calme et réfléchi. Bien dressé, il est capable de devenir un domestique à quatre mains des plus adroits, ainsi qu’en témoignent les observations faites dans son pays d’origine.
- Les Sikges proprement dits se distinguent à première vue des Anthropomorphes en ce qu’ils ont le plus souvent, une queue, des abajoues et des callosités fessières. Parmi les Singes, nous remarquons un groupe de Magots (Simia Silvanus L.) provenant de l’Institut chérifien du Maroc et rapportés par la mission duD' Lecerf, en 1928.
- Fig. 3. — Le chimpanzé Boubou dans sa toge d’clé, en.plein air dans h jardin.
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- Un mâle a été séparé de sa femelle qui a un petit âgé de 4 mois 1/2. Mais on a donné au Magot une autre jeune compagne qu’il terrorise, car cette espèce est hargneuse et féroce. Sous l’arcade sourcilière proéminente, l’œil est inquiétant et méchant. Sans motif, le Magot montre les dents, en poussant un cri menaçant. Ce Singe a une robe claire, jaune et brune. L’espèce devient rare; sa présence a été signalée dans les gorges de La Chiffa (Alger) et du Rummel (Constantine). Le Magot est le seul Singe qui vit en Europe à l’état sauvage ; quelques individus habitent dans les rochers inaccessibles de Gibraltar, sous la protection de la garnison britannique.
- Fig. 4. — Un jeune chimpanzé mâle.
- Sur la deuxième rangée des cages, voici un groupe important de Cercopithèques ou Guenons à longue queue, aux membres déliés et de petite taille. Ces Singes sont très appréciés des amateurs. Ils ont un pelage splendide, nuancé de gris, de fauve et de blanc. Leur physionomie est jolie. Mobiles et pétulants, ils ne cessent de pousser un crissement doux. Ils prennent délicatement, de leurs fines menottes les friandises offertes. Tels sont le Cercopithèque Diane [Lasiopyga diana L.), à culotte jaune orangé; le C. Blanc-nez (Lasiopyga petau-rista Sçhreb,), qui porte une tache blanche sur le nez, ressortant vivement dans la face gris noir : le Cercopithèque Moustac de Buffon (Lasiopyga cephus Linné), au 'masque bleu. Les individus de ces trois espèces vien-
- nent de l’Afrique occidentale, ils sont au Muséum depuis un an ou deux.
- Dans une autre cage, voici des Cercopithèques Calli-triches (Lasiopyga callitrichus et Lasiopyga pygerythrus F. Cuv.),le premier de la Côte d’ivoire, le second de l’Est africain. Leur fourrure est gris jaune, pointillée. Leur face est grise. Ces individus sont excessivement nerveux; ils m’égratignent la main, dans leur avidité à saisir le biscuit que je leur tends, puis ils arrachent le parement de mon manteau, en voulant m’attirer vers eux.
- Leurs voisins sont des Cercopithèques Nisnas (Lasiopyga pyrrhonotus Hemp. Ehr.) et des Cercopithèques Patas (L. Patas Sch.), au pelage roux et gris, aux sourcils bruns, très mobiles dans la face rosée.
- Ensuite, voici des merveilles, des sujets rares et magnifiques. Tel est le Cercopithèque Ascagne (Lasiopyga ascanias Audebert), du Congo. Ce Singe, aux formes élégantes, a une robe pointillée giis et fauve ; un masque bleu est posé sur son nez blanc et des favoris d’un blanc jaune parent la figure ; la belle queue, très longue, noire en dessus, est rousse sur les côtés et blanche en dessous.
- Dans la cage suivante, on peut examiner un Cercopithèque de Brazza (Cercopithecus brazzae A. M. Edw.) qui est plus richement habillé encore. Son pelage, pointillé de noir et de jaune, a des reflets verdâtres. Il est masqué de noir et porte un diadème roux; le menton est prolongé par une barbe blanche; cela lui fait une petite figure étrange de divinité mythologique. De plus, le Cerçop. de Brazza est pourvu d’une curieuse culotte, de deux tons, qui simule un fond rapporté comme celui des culottes de cavalier...
- Voici maintenant les Mangabeys ou Cercocèbes, les proches parents africains des Cercopithèques. Tout d’abord un très beau spécimen de Mangabey à ventre doré (Cercocebus chrysogastcr Lyd.) du Tchad, qui a 3 ans de captivité. Sa robe est ravissante : la poitrine est jaune orangé, le dos gris et fauve pointillé, chatoyant. De jolis yeux dans une face brun rose.
- Dans la cage Voisine, le Mangabey noir (Cercocebus atterrimus Oudemans) est représenté par deux individus absolument délicieux d’originalité : une femelle et un jeune, tout noirs, aux poils soyeux, longs et frisés. La tête est surmontée d’une houppe et garnie d’une paire de favoris blancs. Ainsi accoutrés, ces animaux ont un aspect fantastique de diablotins ou de « folies ».
- Plus loin, deux individus de Mangabey enfumé (Cercocebus oethiops Schr.) montrent leur belle robe d’un gris de suie et ouvrent de grands yeux clairs dans une face ocrée. Gracieux et singuliers, on ne les prendrait pas pour des africains, mais pour de jaunes asiatiques : pourtant ils viennent de la Côte d’ivoire.
- De la famille des Cynocéphales, voici un Mandrill du Haut-Gabon (Papio sphynx L.); au pelage gris clair pointillé de jaune. Il a une barbe jaune, un long nez rose dans une face d’un bleu de porcelaine plissée en diagonale.
- Le groupe [des Singes d’Amérique comprend deux Atèles : YAteles paniscus Goeff. du Mexique et 1 ’Ateles fuliginosus de la Guyane, au pelage noir, à la peau
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- Fig. 5. Un couple de jeunes Chimpanzés.
- blanche. Ce sont des Singes à queue préhensile. Nous présentons à l’un des Atèles un morceau de gâteau, à environ 75 cm de la cage : la petite bête s’en saisit très adroitement au moyen de sa queue, dénudée en dessous, dont elle enroule l’extrémité autour de l’objet offert.
- A cause de leur corps grêle et fluet et de la longueur excessive de leurs membres, les Atèles ont été surnommés « Singes-Araignées ».
- Les singes américains sont représentés, en outre, par un Sajou ou Saï, que nous verrons tout à l’heure dans la rotonde des Pachydermes, et par un Ouistiti, charmant petit habitant des forêts du Nouveau Monde, dont les mœurs rappellent celles des Ecureuils.
- Enfin la collection de Simiens est complétée par des Singes d’Asie : deux Macaques japonais à face rouge (Pithecus fuscatus Blyth.), don de M. Delacour (1928). Seuls Singes existant au Japon, les Macaques à face rouge, à pelage grisjaune, à queue courte, ont une drôle de petite figure de vieille femme qui s’empourpre sous l’empire de la colère, —qu’un rien suscite !
- Tout ce monde animal est en parfait état, comme l’attestent l’éclat des yeux, le lustre de la fourrure, la vivacité des ébats. Tout ce monde est l’objet de soins minutieux. La nourriture est savamment étudiée par M. le Dr Mouquet. Le premier déjeuner des Singes se compose de lait chaud et de fruits. J’assiste à la préparation du second et principal repas : la ration de chaque animal, posée sur un plat, est réellement appétissante : auprès d’une large tranche de pain blanc couverte de confiture, sont rangés de rouges carottes coupées, des feuilles de salade et de chou vert et surtout des fruits frais et secs, divisés en morceaux : oranges, pommes, bananes, figues, cacahuètes. Des œufs, des dattes, voire des ananas frais sont donnés exceptionnellement aux sujets dont la santé exige des soins particuliers.
- Nous suivons l’agent qui va porter le repas des Gibbons.
- Ceux-ci (Hylobates leucogenys Ôgilby), offerts par MM. Delacour et le Dr Jabouille, occupent une cage construite par les élèves de l’Ecole des Arts et Métiers, pour figurer à l’Exposition des Arts Décoratifs, et donnée au Muséum par M. Labbé, directeur général de l’enseignement technique. Dans un compartiment demeure un Gibbon adulte, « Siki », originaire du Siam. D’autre part, loge un couple de jeunes sujets, nés en Indo-Chine. Les plus souples de tous les Singes, les Gibbons ont le corps très mince et les membres très longs. Ils sont gracieux à force d’agilité. C’est une joie de les voir se rouler, se relever et exécuter d’étourdissantes cabrioles : ce sont les gymnasiarques de la Nature. Remarquons que le Gibbon, anthropomorphe oriental, est le seul Singe à station vraiment bipédale. Rien n’est plus amusant que de regarder les Gibbons de la Ménagerie, petits bonshommes noirs à favoris blancs, qui évoquent des gnomes fabuleux !... Ces Simiens supportent fort bien, même en hiver, le séjour en plein air, la cage étant, du reste, suffisamment protégée par des paillassons et munie
- d’une maisonnette-abri emplie de paille, dans laquelle les Gibbons se retirent à volonté. Ils interrompent leurs jeux
- Fig. 6. — La case des Orangs. — Un jeune et sa mère.
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- pour recevoir leur déjeuner et nous les laissons savourer leur tartine, en commençant par les confitures, naturellement !
- ! Egalement en plein air vivent des Macaques qui, même par le froid sévère de ce matin de janvier, se tiennent |sur le seuil de leur retraite. Ce sont trois Macaques vulgaires (Pythecus cynomolgus L.) et un Macaque à queue de Cochon [P. nemestrimes L.), espèces de l’Inde.
- Dans la rotonde des Eléphants, près du beau Tapir, en robe blanche et noire, nous voyons un Singe américain, un Sajou, qui a une gentille petite tête ronde. Son pelage est foncé. Sa queue est longue, mais non prenante, et velue de toutes parts. Le petit Sajou paraît très doux; nous le regardons croquer une carotte : il s’arrête, pousse un gémissement en portant la main à sa poitrine comme un enfant qui se plaint.... Les Singes d’Amérique sont les plus difficiles à conserver.
- La visite se termine chez les Lémuriens qui voisinent provisoirement avec une bande de Porc-épics, paisiblement occupés à manger des pommes de terre. Le groupe des Lémuriens est remarquable. On sait que ces petits animaux tiennent à la fois des Singes, des Carnassiers, des Insectivores, voire des Rongeurs. Pour la plupart ils sont propres à Madagascar. Il y a là des Makis mon-gôz [Lemur rnongoz) et des Makis mococos (Lemur catta), qui se reproduisent en captivité. Leur museau long, effilé, leur a valu le nom de « Singes à museau de Renard ».
- 1
- Nous voyons la cage d’un Cheirogale (Cheirogaleus murinus) — une rareté ! — apporté de Madagascar par M. Petit.
- Mais ce précieux élève ne veut pas quitter son nid de paille....
- A propos de paille, notons que contrairement peut-être à l’esthétique de la présentation, mais dans un but hygiénique volontairement recherché, les cages en sont abondamment pourvues, et ceci pour plusieurs raisons. La paille aide les animaux à conserver la chaleur naturelle ; elle les nettoie, elle les étrille à la manière d’une brosse; elle leur procure l’agrément de rechercher les grains qu’elle recèle. Enfin, elle lés occupe, les amuse, les entretient et les nourrit.
- Il y aurait beaucoup d’autres choses à dire sur la collée^ tion de Singes vivants du Muséum de Paris ; mais je dois me limiter et mon dernier mot sera pour insister sur cette vérité que cette collection est certainement l’une des premières du monde, par le nombre des sujets, par leur valeur zoologique et par leur condition physique.
- Les amis du Jardin des Plantes tiennent ici, par ma voix, à rendre hommage à la compétence et au dévouement des réorganisateurs de la Ménagerie, ainsi qu’à ceux de leurs collaborateurs, — car, tous déploient un zèle dont le grand public doit être informé : c’est un acte de simple iustice qui s’impose.
- A. Feuillée-Billot.
- LA NATURE ET L’ORIGINE DU LANGAGE HUMAIN
- Le langage humain est une combinaison de deux procédés distincts par lesquels hommes ou animaux communiquent naturellement entre eux : le premier de ces procédés est la phonation, c’est-à-dire la production de sons, variant en hauteur, intensité et timbre, au moyen desquels hommes et ahimaux expriment leurs émotions, peur, colère, plaisir, affection, etc.
- La phonation, comme il est facile de le comprendre, est due au forcement de l’air entre les petites lèvres du larynx (ou cordes vocales) ; celles-ci sont ainsi mises en vibration de la même façon que les vraies lèvres d’un joueur de cornet.
- t La hauteur et le timbre du son sont réglés par la longueur, l’épaisseur et la tension des cordes vocales. Le volume du son dépend principalement de la pression de l’air fourni par les poumons. De même que les hommes :et les animaux expriment leurs émotions (à des degrés variables) par l’attitude de leurs lèvres, de même on peut imaginer qu’ils les expriment aussi, mais inconsciemment par l’attitude de leurs cordes vocales; dans ce dernier cas l’effet, au lieu d’être visible, est audible. Charles Darwin dans son livre « L’expression des émotions » dit : « Les ancêtres de l’homme ont probablement fait entendre des sons musicaux avant d’avoir acquis le pouvoir d’articuler des paroles ». -•
- Nous savons tous que dans les émotions extrêmes, l’homme, même aujourd’hui, perd le pouvoir de la parole et retourne à ses cris émotionnels.
- Le second procédé de communication mis en jeu dans le langage est Varticulation, c’est-à-dire la variation de la forme intérieure de là cavité vocale (gorge et bouche, ou gorge, bouche et nez) à travers laquelle l’air est expiré au sortir des poumons.
- Ces variations de forme sont, du reste, dues aux mouvements delà langue, des lèvres, des mâchoires et autres parties mobiles de la cavité vocale.
- Il semble y avoir de bonnes raisons de supposer que ces mouvements ou gestes d’articulation ne sont, en fait, que le développement d’un autre principe animal très général, à Savoir la communication de renseignements au moyen de gestes mimiques.
- Les différents sons de voyelles du langage peuvent être imités au moyen de modèles mécaniques qui utilisent un tuyau d’orgue à anche comme larynx artificiel, et qui dirigent les pulsations d’air produites par l’anche dans une cavité cylindrique, celle-ci correspondant alors à la gorge et à la bouche. Dans ce tube, déplaçons d’un mou «vement de va-et-vient un piston, muni d’un orifice (central ou latéral), en même temps que l’anche est mise en vibration par le passage du courant d’air : on percevra
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- des modifications dans le son de voyelle, celui-ci variant avec la position du piston plongeur perforé.
- Au cylindre rigide relié au tuyau d’orgue, substituons un tube flexible en caoutchouc : nous avons un dispositif à qui l’on peut faire produire un certain nombre de sons de consonnes : ainsi la consonne P s’obtiendra en comprimant et en relâchant les extrémités extérieures du tube (qui correspond alors aux lèvres de l’homme); la consonne T s’obtieût en serrant et relâchant le tube à une distance de 3 à 4 cm environ ; tandis que la consonne K s’obtient en serrant encore plus en arrière. Pour que le son qui suit la consonne soit un bon son de voyelle, il faut donner au tuyau un rétrécissement permanent en un point encore plus rapproché de la jonction avec le tuyau d orgue.
- Si l’on ajoute un résonnateur supplémentaire correspondant à la cavité nasale et qu’on le réunisse au résonnateur tubulaire en un point situé en arrière du rétrécissement qui correspond à la langue, on peut produire les consonnes nasales M, Net Ng.
- On voit que la production artificielle des sons du langage est chose très simple ; elle n’exige qu’un tuyau à anche et un résonnateur variable pouvant être fermé, ou rétréci et subdivisé de différentes façons.
- Nous distinguons les différentes voyelles et consonnes par les changements caractéristiques de résonance — à la fois en ce qui concerne leur hauteur et aussi leur mode de départ et d’arrêt — dus aux mouvements d’articulation qui les produisent.
- Si nous articulons sans nous servir de nos cordes vocales, c’est-à-dire en les écartant comme dans la respiration, nous avons ce que l’on appelle le langage chuchoté : articulation sans phonation.
- Le Français, par exemple, peut très bien se parler en chuchotant, ce qui est en fait la plus simple des formes de la parole. Mais le chuchotement manque de variété émotive, aussi bien que de puissance persuasive et de richesse musicale.
- Le langage chuchoté est comme du violon joué avec
- Fig. 2. _ Diagramme de la formation des consonnes.
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- ü, CX
- Fig. 1. — Diagramme de la formation des voyelles.
- un archet graissé. Le langage à haute voix, par contre, possède de la variété émotive, des qualités mélodiques, et aussi une bien plus longue portée auditive.
- La première question à considérer maintenant est la suivante : comment le procédé de l’articulation a-t-il pris naissance? Par quel principe l’homme est-il arrivé à ces gestes spéciaux de la langue et des lèvres, par lesquels il exprime ses idées ?
- Ici encore Darwin a montré la voie à suivre. Dans le livre cité plus haut (p. 34), il écrit à propos de ce qu’il appelle les serviceable associated habits : « Il y a d’autres actions qui sont communément accomplies dans certaines circonstances indépendamment de l’habitude et qui semblent dues à l’imitation ou à quelque espèce de sympathie.
- « Ainsi, lorsque quelqu’un coupe quelque chose avec une paire de ciseaux, il arrive qu’on le voit remuer les mâchoires, en même temps que les lames des ciseaux. Les enfants qui apprennent à écrire, tordent souvent leur langue, en même temps qu’ils déplacent leurs doigts, d’une façon ridicule. »
- Le Dr J. Rae de Honolulu, écrivant en 1862 dans le journal The Polynesian, dix ans avant l’apparition du livre de Darwin, fut (à ma connaissance) le premier à suggérer, que, dans le langage polynésien en particulier, les syllabes étaient le résultat de gestes buccaux qui eux-mêmes symbolisaient la succession des idées à exprimer. Le Dr Rae estimait que ce principe s’appliquait également aux langages aryens.
- C’est là, à mon avis, que se trouve la clé du problème de l’origine du langage.
- Imaginons l’homme primitif chantant, grognant et grondant pour exprimer ses émotions, comme le font maintenant les mammifères supérieurs.
- Imaginons-le mimant avec son visage et ses traits pour communiquer ses idées à ses camarades. Pendant qu’il mime avec ses mains, sa langue suit naturellement
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- « d’une façon ridicule », doublant les mouvements des mains.
- Notre ancêtre s’engagea de. plus en plus dans les arts et métiers, et ses mains devinrent trop occupées. L’homme commença alors à se servir de plus en plus des gestes du visage, de la langue et des lèvres.
- Finalement, le temps vint où le principal acteur — les mains — se retira de la scène, et laissa la place à sa doublure — la langue.
- L’homme observa alors qu’il chantait, grognait ou grommelait, en même temps qu’il gesticulait avec sa langue (il pouvait agir ainsi, par exemple, pour attirer l’attention sur ce qu’il était en train de faire), que la mimique réagissait d’une façon mystérieuse sur les sons laryn-giques et les modifiait d’une façon si caractéristique que la mimique buccale pouvait être comprise par l'oreille, et cela même dans l’obscurité, même si l'acteur était hors de la vue de l’individu avec lequel il voulait communiquer.
- Nos ancêtres ont dû constater aussitôt, par l’expérience, qu’ils ne pouvaient utiliser de la sorte tous les gestes de la langue, des lèvres et de la mâchoire; ainsi, en général, les mouvements latéraux des lèvres, de la langue ou de la mâchoire modifient peu ou point la
- loir a
- Fig. 3.
- qualité. Il était donc nécessaire de se limiter aux gestes de va-et-vient verticaux ou horizontaux en avant et en arrière, autrement dit d’agir dans deux dimensions au lieu de trois.
- Résumons maintenant quelques-unes des preuves en faveur de notre théorie que le langage est, en réalité, affaire de mimique :
- 1° Le geste corporel est la méthode naturelle générale chez les animaux supérieurs pour exprimer leurs idées (tout comme le son est la méthode naturelle pour exprimer un état émotionnel).
- 2° Chez l’homme tout au moins (spécialement chez les enfants et probablement aussi chez les hommes primitifs), la langue a une tendance naturelle à se mouvoir en sympathie avec les mains.
- 3° Il est généralement admis (comme l’a établi le psychologue allemand Wundt, dans sa Psychologie des Peuples) que les mots désignant des actes effectués par les organes de l’articulation — tels les actes de manger, boire, respirer, déglutir, etc. —sont produits en général par phonation au cours d’une exécution mimique de ces actes eux-mêmes.
- 4° On a souvent observé que beaucoup de primitifs se servent de leurs lèvres, au lieu de leurs mains, pour indiquer une direction. Nous avons là une extension du
- principe posé par Wundt. Les lèvres doublent les mains.
- 5° On sait depuis longtemps que dans beaucoup de langages — sans rapport les uns avec les autres — les mots signifiant « petit » possèdent les voyelles i, / ou ü, etc., tandis que les mots signifiant « grand » ont les voyelles o, u, comme précisément les mots français : petit et grand (*).
- Or, i, I et ü se prononcent en avançant la langue vers les dents de la mâchoire supérieure de façon à former une petite cavité entre la langue et les lèvres, tandis que pour produire les voyelles a, o et u, la langue recule vers le fond du palais en agrandissant ainsi la cavité précédente. Le symbole mimique est ici évident. Les enfants utilisent souvent la mimique buccale dans les mots qu’ils inventent pour eux-mêmes.
- 6° Mes propres observations sur la nature musicale du langage indiquent que notre perception du langage repose moins sur les sons que sur les gestes de la langue et des lèvres qui le produisent.
- N’est-il donc pas raisonnable de supposer que les articulations de la parole proviennent de gestes mimiques?
- Que les sons ne soient pas essentiels à notre compréhension du langage, la chose est prouvée par le fait que l’on peut apprendre aux sourds à lire sur les lèvres par la vue, et que la célèbre américaine, Miss Helen Keller, bien que sourde et aveugle, peut lire couramment sur les lèvres par le toucher. Elle pose deux doigts sur la bouche de son interlocuteur, et son pouce sous son menton et ainsi elle identifie les gestes d’articulation qui expriment la pensée de celui-ci.
- En fait, nous lisons tous sur les lèvres — par l’oreille, l’œil ou le toucher.
- Le langage humain a commencé il y a un ou deux millions d’années probablement, tandis que le plus ancien langage enregistré n’est vieux que de 5 ou 6 mille ans. Comment pouvons-nous alors vérifier notre théorie sur les origines du langage?
- Voici quelques méthodes d’investigation que nous proposons.
- LA MÉTHODE SYNTHÉTIQUE
- Dans ce cas, nous inventons des mots synthétiques pour exprimer des actions, ou des qualités simples, en faisant une mimique appropriée avec notre langue et nos lèvres, et en accompagnant d’un son (autrement dit en grommelant) l’exécution des gestes labiaux et linguaux.
- S’il se trouve que les mots synthétiques ainsi formés se rencontrent dans le langage réel (avec le même sens que celui qui inspira notre mimique linguale ou labiale originelle) et s’ils se rencontrent plus fréquemment qu’on ne peut l’attendre du seul hasard, nous pourrons regarder le fait comme une preuve que les mots du langage réel ont été formés par mimique.
- ANALYSE DU MOUVEMENT DE LA LANGUE
- Nous avons vu que les gestes du langage doivent être limités à des mouvements alternatifs de langue, de lèvres, etc., dirigés vers l’avant et arrière, ou vers le
- 1. La notation phonétique employée est celle de L’International Phonétique Association.
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- haut et le bas ; c’est donc chose relativement simple que de les enregistrer sur un diagramme à deux dimensions.
- Nous pouvons ainsi dessiner une section de la bouche (fig. 1) et indiquer les différentes positions dans lesquelles la langue se « bosselle » pour produire les divers sons de voyelles (anglaises).
- Dans ce cas, la pointe de la langue est, au point de vue geste, moins importante. Elle s‘e maintient à peu près au même niveau pour toute la série des voyelles, mais recule lentement vers l’arrière de la bouche, d’une longueur de 1 cm 25 environ pour la série de i à o, puis remonte légèrement pour a et tombe un peu pour u.
- Dans le cas des consonnes (fig. 2) le bout de la langue est beaucoup plus actif; le diagramme lingual se rapporte à la position de fermeture ou de resserrement, qu’elle soit due à la pointe de la langue ou au bosselle-ment d’un point plus en arrière.
- De la sorte on peut noter et étudier les mouvements linguaux pour les mots typiques des anciens langages et juger de leur adaptation mimique au sens des mots qu’ils représentent.
- On peut de même analyser des mots typiques des langages modernes pour observer à quel degré, s’il y a lieu, le principe mimique est encore en action.
- Nous allons donner un exemple de chacune de ces méthodes d’investigation.
- Mots synthétiques. — Prenons les nombres 1,2,3.
- Le nombre 1 peut évidemment se mimer en levant un doigt. Le geste buccal correspondant consistera à lever la langue, pour lui faire toucher, ou presque toucher la voûte palatine, juste derrière les dents. Ce geste provoquera toute une variété de sons, suivant que la langue produira une obstruction complète ou partielle contre le palais, et suivant que le passage de la gorge au nez sera maintenu fermé ou ouvert.
- Le mot chinois archaïque pour 1, suivant le Professeur Karlgren était iet. Le geste de redressement de la langue y est représenté par le T final.
- L’ancien mot sumérien pour 1 était as (ash), autre geste de la langue redressée, mais moins prononcé que J.
- Le mot indo-européen pour 1 était oin. Le mot sémitique était ah ad N et D sont tous deux prononcés par le même geste lingual que T.
- Suivant Paul Rivet (Les Malayo-Polynésiens en Amérique, p. 263), les Polynésiens ont le mot ta qui veut dire 1.
- Dans les dialectes Hoka de la côte Ouest de Californie, suivant Rivet, on rencontre également ta, ainsi que t s a et c h a, à côté de formes en N et L, telles que pun, pola, etc.
- Dans tous les cas, le geste significatif de la langue est pratiquement le même.
- Prenons le nombre 2. La mimique buccale la plus évidente serait probablement d’avancer les deux lèvres à la fois.
- L’ancien sumérien pour 2 était dab ou tab.
- La racine indo-européenne était u, comme dans duo.
- La racine sémitique a la consonne P au lieu du B sumérien.
- kan
- Fig. k.
- Les langages mélanésiens et polynésiens ont wua, wo et ua. Les dialectes Hoka ont-üa et wa.
- Dans chacun de ces cas, le geste de la bouche est bilabial, il est fait avec les deux lèvres.
- Dans le Chinois archaïque, la langue sans doute touchait tour à tour les deux lèvres comme dans liei et Rang, paire, deux (Karlgren, Dictionnaire analytique du Chinois archaïque, 540, 542) bien que b'ieng (les deux ensemble) soit bilabial.
- Si la langue redressée représente 1, et les deux lèvres représentent 2, la langue avancée entre les deux lèvres représente 3.
- En fait le mot chinois archaïque pour 3 était sam.
- La racine sémitique était thl.
- Le mot correspondant indo-européen était tri ou thri,
- Les Mélanésiens, Polynésiens et Indonésiens ont des mots comme toi, thol, etc. Tous ces sons peuvent être produits avec la langue visible entre les dents.
- On voit ainsi, dans chacun de ces cas, que pour touté une variété de groupes de langages distincts, les consonnes
- 5^ <L
- tsün tsA0rt
- V
- curia
- Fig. 5.
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- significatives se conforment bien à nos gestes mimiques hypothétiques.
- D’autres mots synthétiques ont été construits et comparés (par le Dr Neville Whymant) avec des mots de sens similaire en langages polynésien, mélanésiens, indonésien, japonais archaïque, etc. Sur 19 mots qui ont été étudiés, on a trouvé dans 18 cas des mots similaires de sens similaire.
- Ainsi le geste de la langue pour danser (sauter en , avançant et reculant) produit le mot synthétique U — lo (L i.— L O). De ce mot le Dr Whymant rapproche l’exemple indo-chinois des mots lt\— lo et li— !ü signifiant « danser ».
- Du reste, le Professeur L.-H. Gray, de « Columbia University New-York » donne comme exemple le mot sanscrit lila si gnifiant jeu ou réjouissance. On peut y joindre le mot anglais Lullaby, qui veut dire « chanter à un bébé pour l’endormir », c’est-à-dire en le balançant.
- Le « roulement », produit par un mouvement d’enroulement circulaire et rétrograde de la langue (comme dans le geste de langue représenté figure 3), produit les mots koiU ou koi.ra (comparer l’anglais coil ou le japonais archaïque koeru).
- La comparaison du chinois archaïque, de l’indo-européen, du sémitique et des langues océaniennes montre que dans un grand nombre de cas, les mots désignant des actes ou des idées simples sont créés par des gestes de langue et de lèvres qui sont au fond les mêmes dans chaque langage.
- Ainsi le mot pour désigner l’action de couper, comme dans le mot grec « tcrnno », est dans son essence le même en chinois archaïque, en indo-européen, en sémitique, en mélanésien et en Hoka. Un soulèvement vertical de la langue, produisant T ou D est suivi d’un serrement de lèvre produisant M, P ou B.
- Le chinois, soit dans sa forme archaïque, soit dans le dialecte moderne de Canton (qui a perdu moins de consonnes que le dialecte de Pékin), est plein de mots mimiques. J’en ai noté 750 dans un dictionnaire canto-nais, et j’en ai compté 90 dans les 20 premières pages du Dictionnaire analytique de Chinois archaïque de Karl-gren, cela correspond à plus de 1500 mots mimiques en tout, dont plus de 400 ont déjà été notés.
- Le symbolisme est souvent très intéressant.
- Ainsi les consonnes nasales M, N et Ng (pour lesquelles les lèvres ou la langue font une fermeture continue) dénotent en général des actions continues, tandis que les gestes brusques correspondants qui produisent P, T et K désignent des actions soudaines.
- Ainsi en chinois archaïque :
- yap veut dire fermer, réunir, prendre) ensemble, ou bien désigne le couvercle d’une boîte, ou veut dire couvrir (Karlgren, p. 71, 75).
- yâm veut dire tenir dans la bouche, et par suite : contenir, submerger (Karlgren p. 62).
- at veut dire extraire, déraciner (Karlgren p. 237).
- an' veut dire repos, ou paix, c’est-à-dire une fermeture continuelle (Karlgren, p. 236).
- kap veut dire presser des deux côtés, ou doubler ou pincer (Karlgren, p. 345).
- kam (le même geste continu) veut dire miroir, c’est-à-dire un doublement continuel (des deux côtés) de l’objet par son image. Kam signifie aussi exemple (Karlgren, p. 376).
- Je n’ai pas la prétention d’être un linguiste et je ne puis actuellement comparer que les quelques groupes de langages dont j’ai examiné un dictionnaire ou un glossaire. Mais que le langage choisi soit chinois, sumérien, de la famille aryenne ou de la famille sémitique, polynésienne ou Hoka, on peut dire que dans tous les cas, le nombre des mots mimiques est (grand et que les principes du symbolisme sont dans leur essence les mêmes.
- Je puis en toute confiance promettre un bon butin aux linguistes qui voudront se risquer sur ce terrain.
- LA DIFFÉRENCE DES LANGAGES
- Une question se présente d’elle-même à l’esprit : si tous les langages sont fondés (sur des gestes mimiques, comment les divers langages se sont-ils créés?
- On peut répondre tout d’abord : presque chaque idée ou acte peut être mimé de plusieurs façons différentes. Ainsi les sourds-muets ont plusieurs gestes différents pour la même idée. En second lieu, chaque geste peut être interprété de plusieurs façons différentes, par exemple, suivant que nous attacherons plus d’importance au commencement, au milieu ou à la fin du geste.
- Prenons le geste de toucher le palais avec la langue, comme dans la formation de la consonne L. Il comporte au moins trois actes :
- 1° La langue est levée ;
- 2° La langue touche ou presse le palais ;
- 3° La langue est abaissée ou se sépare du palais.
- , Ainsi on peut s’attendre que le mot al signifiera élever, ou toucher, ou « descendre de ».
- Effectivement, AL signifie « grandir » (Môller, Indo-germanisch Semitisches Wôrterbuch, p. 6), comme dans le latin Alt.us\ il peut aussi signifier relâché (geste d’abaissement), faible, nonchalant; il veut dire aussi « doux » (c’est-à-dire la langue touchant le palais comme pour déguster). Suivant Môller, le mot AL possède chacun de ces trois sens à la fois dans les langues européennes et dans les langues sémitiques.
- D’autre part, la trajectoire de la langue, pour un mot donné, représente soit un mouvement, soit un dessin. C’est ainsi qu’on peut imaginer un sourd-muet dessinant un cercle dans l’air soit pour imiter le mouvement d’un avion bouclant la boucle, soit pour indiquer par un dessin le disque solaire.
- Il en résulte donc que le langage humain, même le plus ancien, peut avoir été plein d’homophones, c’est-à-dire de mots qui ont plusieurs significations distinctes et même opposées, et que les différentes tribus ont tout naturellement développé des vocabulaires différents.
- Certains de ces homophones naturels sont si intéressants que je ne résiste pas à la tentation d’en donner deuxébrefs exemples :
- Ainsi l’ancien mot chinois g’iâu — pour lequel la trajectoire de la langue est indiquée figure 4 — (la dernière partie du geste étant faite avec les lèvres) signifie soit
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- « incurvé et remontant comme les branches d’un arbre », soit « courir ou grimper lestement » (Karlgren, p. 359).
- De même kan (lever du soleil) et par suite : chaleur du soleil, veut dire aussi tronc d’arbre (Karlgren, p. 299). Dans chaque cas, le même geste de langue représente un mouvement ou un dessin.
- L’étude des mouvements de la langue apportera, je crois, un intérêt nouveau à la linguistique, car elle nous révèle soit le son originel d’un mot dont le sens primitif est connu, soit le son primitif d’un mot dont on connaît le sens.
- Ainsi, en lisant un dictionnaire du dialecte de Canton, je rencontre le mot Isün qui signifie « s’asseoir les jambes croisées » et j’ai étudié le mouvement de la langue correspondant; il est en forme de Y, ainsi qu’on le voit dans la figure 5.
- C’était un geste si peu explicite pour représenter l’acte de s’asseoir les jambes croisées qu’il semblait aisément susceptible de perfectionnement.
- Un geste en forme d’X (fig. 5) a été essayé comme perfectionnement et il a produit le mot synthétique ts'j^n (tsaeune). J’ai consulté Sir Denison Ross, le directeur de la « London School of Oriental Studies » qui a extrait de Karlgren le mot dz'ion (dzoueune) signifiant « s’accroupir » ; ce mot est très proche de mon mot synthétique ts'yi^n puisque is et dz donnent le même geste lingual et que les positions de la langue pour (comme dans le français pas) et u sont à peu près identiques.
- En ce qui concerne la reconstitution de gestes dont le son original est connu, je donnerai l’exemple qui suit :
- Karlgren donne un certain nombre de mots différents qui signifient « aviron, pagaie, godille, rame » ; cinq d’entre eux ont été étudiés au point de vue de leurs trajectoires linguales. L’un d’entre eux peut être cité ici.
- Le mot tsiang signifiant « aviron » a une trajectoire linguale figurée sur la figure 5. La courbe suggère certainement le mouvement des mains dans le maniement d’une pagaie de canoé canadien — la levée de langue Ng représente le soulèvement hors de l’eau de la rame (dirigée en outre vers l’arrière) en fin de course.
- Je crois qu’il n’est pas trop osé de suggérer que le sens originel de ce mot était une courte pagaie plutôt qu’un aviron.
- Je dois ajouter que les trajectoires linguales des quatre autres mots correspondent toutes aux diverses méthodes de propulsion par aviron ou pagaie.
- Un exemple, entre beaucoup d’autres, peut être pris dans le langage sumérien. Le mot darda ou duria signifie « durée » ou « éternité ». La trajectoire linguale pour ce mot est représentée figure 5, elle a la forme d’une courbe fermée, en gros une ovale.
- Le Révérend Albert Smith, chapelain de « l’Association royale d’Aide aux Sourds-Muets », m’informe que le geste des sourds-muets pour « éternité » est un mouvement circulaire de la main, très analogue au mouvement lingual, circulaire (ou oval) du vieux mot sumérien signifiant « éternité ».
- Et maintenant passons aux langages modernes.
- Dans la Fortnightly Review, de Londres, parut en 1895
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- un article du Professeur Alfred Russel Wallace, celui qui énonça en même temps que Charles Darwin la théorie de l’évolution ; il traitait de « la puissance expressive du langage ou des gestes de la bouche comme facteur de l’origine du langage ». Wallace cite de nombreux cas, dans l’anglais moderne, où le mot est créé par un geste approprié de la langue, des lèvres ou de la mâchoire, de façon à « mettre à l’unisson le sens et le son ». Il donne comme exemple des mots comme up (en haut) dans lequel la mâchoire fait un mouvement vers le haut, et down (en bas) dans lequel la mâchoire fait un geste vers le bas, et l’usage de consonnes continues comme F, L, M, N, etc., pour des mouvements continus, tels fly (voler), run (courir), swim (nager),move (se mouvoir), tandis que les mots désignant des mouvements brusques se terminent par des consonnes brèves B, D, G, K, P, T comme dans stop (arrêter), hop (hop), pat (tape), stab (poignarder), kick (ruer), etc.
- C’est, on le remarquera, le même symbolisme que celui que nous avons remarqué dans le chinois archaïque.
- On peut remarquer aussi que le mot français bas est le geste opposé à celui du mot anglais up (prononcez ap).
- Wallace estimait qu’il est « au plus haut degré probable » que l’emploi mimique des diverses parties de la bouche constitue « un principe fondamental qui a toujours été en œuvre à la fois à la naissance, puis dans les modifications successives du langage humain ».
- Comme vérification simple de la théorie de Wallace appliquée au français moderne, nous prendrons les mots d’une syllabe commençant par A et les étudierons au point de vue des gestes linguaux et labiaux qui les produisent.
- Il y a plus de 30 de ces mots comme acte, âge, aide, aigle, etc., dont les deux tiers environ sont produits par un geste buccal qui est très suggestif du sens du mot. Par exemple :
- Aide. Dans lequel la langue se dresse pour toucher le palais.
- Aigle. Dans lequel l’arrière de la langue fait un resserrement contre l’arrière de la gorge (g), suivi par un redressement vertical du bout de la langue (J). L’ensemble du mot signifie ce qui serre et ce qui enlève.
- Ame. Dans lequel la bouche, avec la langue à plat, est fermée et maintenue fermée, symbolisant ce qui est interne.
- Angle. Dans lequel la langue (maintenue à plat), est tirée en haut et en arrière (A N G) et le bout, de la langue, est dressé angulairement au mouvement précédent.
- Arbre (avec un R lingual). Dans lequel le bout, de la langue, est d’abord dressé et tourné en arrière (AR). La mâchoire inférieure est alors remontée et abaissée et le bout dé la langue revient à sa position, tourné en arrière. Les mouvements de la langue et de la mâchoire suggèrent le dessin du tronc ascendant ou des branches d’un arbre.
- Argue (banc à étirer). Dans lequel la langue est courbée en arrière, ce mouvement étant suivi d’un serrement fait à l’arrière de la bouche, en d’autres termes un geste de rétractation.
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- As. Dans lequel la langue est dressée pour symboliser le nombre 1, comme dans le vieux mot sumérien as, ou les mots mélanésien et indonésien sa (Rivet, p. 157) signifiant 1.
- Aube. Dans lequel les lèvres forment un cercle (le soleil) qui se ferme, puis commence à s’ouvrir.
- Tous les autres mots (à l’exception de auge) peuvent être classés comme des mots mimiques possibles. Ainsi dans acte la langue donne deux serrements ou coups (K et T) successifs, gestes qui sans être manifestement descriptifs sont au moins cohérents avec le sens du mot.
- Dans agrès la langue fait un mouvement vers le haut et vers l'arrière (ag) suivi d’un mouvement plus marqué du même genre ; ces mouvements peuvent évoquer l’idée du gréement d’un navire.
- Nous en avons assez dit pour montrer que, même dans le français moderne, les mots simples sont encore formés (dans une grande mesure) suivant le principe mimique.
- L’explication est celle qui a déjà été donnée. L’homme
- a une tendance naturelle à exprimer ses idées par mimique ; ainsi les sourds-muets dans le monde entier pratiquent un langage mimé, si expressif que des individus de différentes races (dont l’un ne connaît pas le langage écrit ou parlé de l’autre) n’ont aucune difficulté à comprendre les gestes l’un de l’autre. La langue de l’homme aune tendance naturelle à « doubler » ses mains. Il résulte de là que, en formant les mots parlés, la langue tend à se tenir en relation mimique avec les idées à exprimer.
- Il y a donc là, comme Wallace l’a prévu, un principe qui peut se trouver à la base de tous les changements philologiques et les contrôler, et qui peut tendre à conférer une immortalité pratique à tous les bons mots mimiques.
- L’homme, sans doute, a essayé aussi d’imiter les sons naturels. A ces efforts, nous devons des mots comme siffler, croquer, tic tac, etc. Mais ces onomatopées sont, j’imagine, un résultat plutôt qu’une cause originelle du langage humain. Richard A. S. Paget.
- ==—., . UN NOUVEL ACCUMULATEUR —...-
- SON APPLICATION AUX AUTOMOBILES ÉLECTRIQUES
- Le nombre des autos en circulation s’est accru pendant ces dernières années d’une façon prodigieuse ; leur emploi répond du reste merveilleusement à la plupart des exigences de la vie moderne. En présence de cette progression croissante, les industriels se sont efforcés de maintenir la fabrication au niveau du mouvement; et ils n’ont cessé d’apporter des perfectionnements aux moteurs à essence presque exclusivement employés.
- Mais, malgré les immenses progrès accomplis, on se trouve encore en présence de nombreuses imperfections. En effet, les moteurs à explosion sont trop compliqués et nécessitent souvent l’intervention de mécaniciens habiles, non seulement pour des réparations urgentes, mais souvent pour de simples réglages. D’autre part, le graissage continuel des moteurs et leur entretien répugnent à beaucoup de personnes; et leur fonctionnement présente des dangers d’incendie. Enfin, les moteurs manquent de souplesse, et la manœuvre des changements de vitesse est gênante et défectueuse.
- La pratique a démontré que la traction électrique par accumulateurs était exemple de la plupart de ces incon-
- Fig. 1. — Tube élémentaire de plaque positive en feuilles d’acier nickelé, perforé.
- Le tube est rempli de peroxyde métallique comprimé.
- vénients; et leur usage serait, de l’avis du plus grand nombre, la solution rêvée, s’ils étaient au point. Malheureusement ils sont encore trop lourds et trop encombrants; ils se détériorent facilement et ont une durée beaucoup trop courte. On leur reproche aussi d’exiger un temps trop long pour la recharge. Bref, on a dû à peu près complètement renoncer à leur emploi pour la traction automobile, sauf dans ceitains cas particuliers. Mais le dernier mot n'est pas encore dit, ainsi que nous allons le voir !
- Dans un autre ordre Fig. 2. — Plaque positive formée d’idées, il se pourrait aussi de tubes élémentaires réunis dans qu’on apprît un jour pro- un ca<^re en tôle d'acier plombée. chain que quelque génial inventeur a découvert le moyen de domestiquer l’électricité que dégagent en quantité prodigieuse la radioactivité et la désintégration atomique.
- Les deux solutions précédentes n’iraient du reste nullement à l’encontre l’une de l’autre; elles se compléteraient au contraire très utilement.
- Mais pour l’instant, il paraît prudent de s’en tenir à l’accumulateur, l'autre solution restant encore dans le domaine des hypothèses.
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- Examinons donc les conditions pratiques que devront remplir les accumulateurs pour devenir propres à la traction sur route.
- Ils doivent d’abord présenter un poids et un encombrement suffisamment faibles ; et leur souplesse de fonctionnement doit être assez grande pour se plier aisément à tous les caprices de la route; c’est-à-dire qu’ils doivent pouvoir su-Fig. 3. — Plaque négative en tôle d'acier bir sans inconvé-nickelé, maintenue entre 2 feuilles d’ébonite nient des déchar-finement perforées. ges à deg régimes
- A droite : une des feuilles d’ébonite. très élevés pendant
- un temps limité.
- Leur charge devra être rapide et leur durée de conservation beaucoup plus longue que celle des accumulateurs au plomb.
- Il est également nécessaire qu’il ne renferment aucune substance nocive ou dangereuse dans les cas fortuits d’accidents et de ruptures des bacs.
- Fig. 5. — Bloc formé par la superposition des plaques positives et négatives maintenues à l'aide de brides isolantes.
- Inutile d’ajouter que l’accumulateur au plomb ne remplit aucune de ces conditions et que l’accumulateur au fer-nickel ne présente sur celui-ci que l’avantage d’une longue durée de conservation.
- Cet accumulateur est en effet sensiblement plus pesant et encombrant que celui au plomb, et il renferme également un liquide très corrosif : la potasse caustique. Précisons donc le problème à résoudre. Une voiture, entièrement équipée et en ordre de marche, pèse environ 2500 à 2600kg,
- Fig. 4. — Plaque positive, vue en coupe verticale, séparée de la toile métallique négative par une feuille mince en ébonite finement perforée.
- elle doit pouvoir fournir une vitesse moyenne de 40 km à l’heure, et atteindre 70 à 80 km en palier sur bonnes routes. Dans ces conditions, le poids de la batterie ne doit pas dépasser 800 kg, et il est nécessaire qu’elle fournisse une puissance moyenne de 7000 watts (environ 9 ch), pendant 5 heures. Si l’on adopte une force électromotrice (pression électrique) de 80 volts, afin d’avoir la facilité de recharger avec des courants industriels de 110 volts, la batterie devra pouvoir débiter en moyenne un courant d’une intensité de 88 ampères. Ce débit serait appelé à s’élever à 110-120 ampères pendant les coups de collier.
- D’autre part, la force électromotrice de chaque élément individuel ne doit pas être inférieure à 1,50 v, afin de ne pas trop multiplier le nombre d’éléments. Voilà le problème posé dans ses grandes lignes, il s’agit maintenant de le résoudre !
- Une nouvelle solution vient d’être proposée très récemment, les premiers résultats en paraissent encourageants.
- Voici rapidement en quoi consiste ce nouvel accumulateur.
- L'ACCUMULATEUR AU BOROZINCATE DE POTASSIUM
- On avait déjà construit divers modèles de piles réversibles et d’accu-
- Fig. 6. — Courbes de la force électromotrice pendant la charge de l’accumulateur au boro-zincate de potassium avec positives en peroxyde de plomb.
- La force électromotrice s’élève rapidement jusqu’à 1,65 volt, s’y maintient pendant la moitié de la charge, monte ensuite progressivement jusqu’à 2,02 volts. La charge complète s’effectue en 8h 50ul.
- mulateurs, dans lesquels la négative était en zinc. Ces éléments présentaient en général l'avantage d’une force électromotrice élevée et d’une faible résistance intérieure ; mais ils présentaient tous une tare rédhibitoire : les dépôts de zinc pendant la charge étaient toujours si défectueux qu’il devenait presque impossible d’utiliser ces éléments. Le zinc électrolytique affecte en effet, le plus sou-
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- Fig. 7. — Courbe de charge de l’accumulateur au borozincale de potassium avec positives au peroxyde de nickel. La force électromotrice croît jusqu’à 1,85 volt, reste alors constante pendant 3 heures environ puis s’accroît progressivement jusqu’à 2,02 v. Charge complète en 4heures au régime indiqué.
- vent, un aspect floconneux et volumineux; il ne présente aucune adhérence sur les supports métalliques, il se détache et tombe au fond du récipient; ou bien encore il rencontre les positives voisines, en occasionnant des courts-circuits internes. Enfin, dernier et grave inconvénient, le zinc se redissout dans la liqueur lorsque l’accumulateur ne fonctionne pas; aussi la décharge spontanée
- de l’élément est-elle plus ou moins rapide.
- Dans le nouvel accumulateur qui utilise aussi une négative en zinc, tous les inconvénients précédents paraissent évités. Grâce à la composition spéciale de la liqueur et à sa parfaite neutralité, on obtient pendant la charge, d’excellents dépôts de zinc, homogènes, réguliers et parfaitement adhérents, même à des régimes de charge intensifs. Cet électrolyte est une solution concentrée de borozincate de Potassium de densité égale à 1,50. Cet électrolyte se conserve indéfiniment à l’air; il ne subit aucune altération appréciable, même après un usage prolongé. Enfin, dernier avantage, le zinc déposé pendant la charge reste indéfiniment inaltéré, c’est-à-dire que l’accumulateur conserve parfaitement la charge.
- Voici maintenant les réactions qui interviennent pendant la charge et la décharge. Si l’on soumet à l’électrolyse le borozincate de potassium en présence d’une cathode métallique et d’une anode en peroxyde métallique facilement réductible, tel qu’un oxyde de
- plomb, de manga-
- mer du borozincate de potassium. Les réactions sont les suivantes :
- Charge------>
- Pb203 -+- ZnBoO+K (Aq) = 2 PbO2 -+- Zn + BoO’K (Aq)
- 2 NiO -+- ZnBoOK (Aq) = Ni203 4- Zn + Bo03K (Aq).
- <---- décharge.
- Dispositif :
- Les plaques positives se composent de tubes de petit diamètre : 7 mm, en tôle d’acier très mince (0 mm. 1), plombée ou nickelée, et finement ajourée (fig. 1) ; leur longueur est de 30 cm. Ils sont remplis d’oxyde métallique fortement comprimé, et disposés côte à côte de façon à former des plaques de 30 cm de hauteur sur 15 cm, 3 de largeur. Chacune des plaques contient 20 tubes reliés entre eux à l’aide de cadre en acier plombé (fig. 2). Chaque élément renferme 11 positives semblables.
- Les plaques négatives sont formées par une toile métallique à mailles fines et serrées, de fils d’acier nickelé ou plombé (fig. 3). Elles sont maintenues entre deux feuilles minces d’ébonite (8 mm.l), finement ajourées, de mêmes dimensions que les négatives et que les positives (fig. 4). Ces feuilles d’ébonite portent de fines nervures longitu-
- Fig. 9. — Courbe de décharge de l’accumulateur au borozincate de potassium (positives au peroxyde de plomb).
- Décharge au régime normal de 4,G ampères par kg pendant 7 heures. La force électromotrice moyenne est de 1,55 volt. La capacité utile est de 36 ampères-heure.
- J 6,5 - 2V
- i6
- ! 5.5
- §5 V 1v60
- ^3,5 \1Y40
- _ N \
- S.3 \
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- '1 , . . 1 1 1 f 1 1 1
- 4 3 1 2 3 4 5 Heures 6 7
- La décharge est effectuée au faible régime de 1,87 ampère par kg d’accumulateur. Elle est régulière pendant plus de 15 heures. La force électromotrice se maintient à 1,60 volt. La capacité utile dépasse 6 ampères-heure par kg.
- dinales de 2 mm de relief, destinées à maintenir constant l’intervalle qui sépare les positives des négatives (fig. 4), Gn superpose ensuite les positives et les négatives en les alternant de façon à former un bloc compact que l’on maintient à l’aide de brides isolantes (fig. 5).
- La partie supérieure des plaques (fig. 2 et 3) porte un épaulement ajouré, qui permet de relier entre elles les plaques de même polarité à l’aide de tringles filetées et d’écrous de serrage. Les prises de courant sont également fixées sur les tringles (fig. 5). Le bloc est introduit dans un vase prismatique fermé par un couvercle à travers lequel sortent les prises de courant. Ce couvercle porte une soupape pour le dégagement des gaz, et une tubulure pour le remplissage.
- Comme la liqueur est neutre on peut utiliser, pour la fabrication du récipient, une substance légère quelconque, telle que la galalithe, l’ébonite, la tôle émaillée, etc.
- La résistivité intérieure de cet accumulateur est faible, elle est de l’ordre de 0,004 ohm par décimètre carré d’électrode.
- Cette faible résistivité intérieure permet d’atteindre des débits de charge élevés. Les positives étant indéfor-
- nèse, de nickel ou d’un mélange de ces oxydes, on obtient sur la cathode un dépôt compact et adhérent de zinc, et à l’anode, un peroxyde métallique.
- Il s’est alors formé un couple secondaire entièrement réversible, produisant pendant la décharge un sous-oxyde à l’anode, tandis que le zinc électrolytique se redissout pour for-
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- Heures
- Fig. 10. — Courbe de décharge de Vaccumulateur au borozincate de potassium (positives au peroxyde de plomb).
- Décharge au régime de 7,5 ampères par kg (régime le plus intéressant pour l'automobile). La force électromotrice moyenne est de 1,55 volt. La capacité utile est de 34 ampères-heure et la puissance moyenne de 8 watts par kg.
- mables par suite de leur forme même, ne donnent lieu à aucune chute d’oxyde, à aucun foisonnement ou gondole-ment des plaques. Il n’y a donc pas lieu de craindre de court-circuits internes provenant de contacts entre électrodes, même à la suite de court-circuits externes imprévus, les dépôts de zinc restent excellents, même aux plus forts régimes de charge (fig. 6 à 12).
- Un mélange d’oxyde de nickel et de plomb, dans la proportion de 2 à 1, donne une F. E. de 1,65 volt en circuit ouvert, et de 1,50 volt en régime de décharge intensif. La puissance moyenne et l’énergie utile sont alors sensiblement plus élevées qu’avec l’oxyde de plomb, mais elles sont inférieures à celles que fournit l’oxyde de nickel seul. Ce mélange présente l’avantage d’être sensiblement meilleur conducteur que le peroxyde de nickel seul.
- Les tableaux suivants renferment les principales données sur les accumulateurs au plomb et au nickel, ainsi que celles relatives à l’accumulateur au borozincate de potassium.
- Fig. 12. — Courbe de décharge de Vaccumulateur au borozincate de potassium (positives au peroxyde de nickel).
- Régime moyen de la décharge : 8 ampères par kg; durée de la décharge utilisable : 5 heures; force électromotrice moyenne: 1,55 volt. Puissance moyenne : 15 watts par kg. Capacité utile : 40 ampères-heure par kg.
- 5 8.5 _
- Heures
- ACCUMULATEURS AU PLOMB ET ACCUMULATEURS AU FER-NICKEL.
- Plomb Fer-nickel.
- F. E. après le coup de fouet. 2V,10 1Y,60
- F. E. moyenne utilisable . . 2V 1Y,3Q
- F. E. en fin de charge . . . 1 ,80 1Y,10
- Intensité en A.-H. de la dé-
- charge par kg d’accumul. . 2'”-,35 4-A-rï
- Durée de la décharge. . . . 5.[. 7», 30
- Capacité en A.-H. par kg. . 11'-”, 75 30'11
- Puissance moyenne en- watts
- par kg 4",60 4"
- Energie en watts-heure par
- kg- • • 23 w 36 w
- Rendement en énergie . . . 0,75 à 0,79 0,55 à 0
- & 0
- Heures
- Fig. 11. — Courbe de décharge de Vaccumulateur au borozincate de potassium (positives au peroxyde de nickel).
- Régime moyen de la décharge : 4 ampères par kg. La force électromotrice reste constante pendant 11 heures, elle est de 1,75 volt. Puissance moyenne utilisée : 6 watts par kg. Capacité utile*/. 45 ampères-heure par kg.
- ACCUMULATEURS AU BOROZINCATE DE POTASSIUM.
- Débit normal. Débit élevé.
- F. E. après la charge. . . . 2V,02 2V,02
- F. E. moyenne en circuit ou-
- vert lv,65 1Y,65
- F. E. moyenne utilisable . . lv,60 1\55
- Intensité de la décharge en
- A.-H. par kg d’accumul. . 5 gA.-H.
- Durée de la décharge . . . 8”- 5U
- Capacité en A H. par kg . . .40 ' ”• 4QA.lt
- Puissance moyenne en watts
- par kg . i , 8w 12"'
- Energie disponible en W.-II.
- par kg 54": 60"
- Rendement en énergie. .- . 0,68 0,64
- Il résulterait des données précédentes qu’on peut obtenir, avec ces nouvelles batteries, une énergie suffisante pour actionner les autos avec une souplesse inconnue aux moteurs à essence. On pourrait également obtenir une charge rapide tout en restant assuré d’une longue conservation des accumulateurs.
- Pour la traction électrique d’une voiture automobile, il est nécessaire d’avoir une batterie composée d’au moins 55 éléments en série, afin de disposer d’un excédent
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- de voltage nécessaire pendant les coups de collier et pendant les fins de décharge.
- Une telle batterie (fig. 6 à 12) débite.88 ampères en régime moyen et 110 à 120 ampères pendant les coups de collier.
- Avec des positives en oxyde de nickel et de plomb combinés, le poids total est de 800 kg environ.
- { Longueur. 1 m. 70
- L’encombrement est de. . . . < Largeur. . 0m.70
- ( Hauteur. . 0 m. 35
- Pendant la charge et la décharge, il se produit une élévation de température, combattue par une circulation d’air entre les éléments; dans ce but on ménage un intervalle entre chacun des éléments. Le poids et l’encombrement réduits de la batterie permettent de la disposer
- sur la partie avant du châssis, dissimulée sous un capot.
- L’avant, plus allongé que dans les voitures ordinaires, se présente sous un aspect analogue à celui des voitures de course, dont le capot est très allongé.
- Afin d’équilibrer la charge, l’arrière du châssis supporte le poids du moteur et des organes électriques, ainsi que celui de la caisse et des voyageurs.
- En résumé, ce nouvel accumulateur paraîtrait d’après les premiers résultats, présenter un réel intérêt pour la traction automobile, et, sans doute, pour diverses autres applications industrielles.
- Toutefois, il convient avant de se prononcer d’une façon définitive, d’attendre l’épreuve de la pratique courante. Albert Nodon.
- = LA FABRICATION DES CHAPEAUX DE FEUTRE =
- les Grecs, les Latins, employaient celte matière a faire •des coiffures.
- Tout ancienne qu’elle soit, l’industrie de la fabrication du feutre est pourlant, en général, assez mal connue; c’est pourquoi nous croyons intéressant d’en donner ici un rapide aperçu.
- Le feutre est fabriqué avec des poils de lapin domestique, de lapin de garenne, de lièvre, utilisés séparément ou en mélanges selon les genres et les qualités que l’on désire obtenir. Pour certains articles supérieurs on se sert également de poils de castor, de ragondin, de rat musqué.
- Toute la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Ecosse et même l’Australie et la Nouvelle-Zélande fournissent ces poils dont les qualités varient suivant les provenances.
- Avant d’arriver chez le fabricant de chapeaux, les peaux et les poils subissent une série d’opérations dont les principales sont le fendage, l’éjarrage, le secrétage, la coupe.
- On commence par classer les peaux par qualités et par couleurs; puis on les enfile une à une sur un cône en fonte, formé de deux parties ouvrantes qui s’écartent à volonté par un système de levier commandé par un volant. Ce cône étant fixé sur un banc, l’ouvrier enlève d’abord la tête, les pattes et la queue de la peau et la fend ensuite sur toute sa longueur du côté du ventre.
- Après un nouveau classement de ces peaux, les meilleures sont éjarrées, c’est-à-dire qu’on enlève le poil grossier dénommé « jarre » qui en recouvre la surface, pour ne laisser que le duvet. Cette opération se fait à l’aide d’une petite machine spéciale devant laquelle on passe la peau dont elle arrache le jarre. Attiré par un aspirateur, celui-ci se présente entre des couteaux rotatifs qui le pincent contre un cylindre de caoutchouc.
- Une fois éjarrées, les peaux sont soumises au « secrétage ». Avant de parler de cette opération, il faut ouvrir une petite parenthèse.
- En examinant au microscope un poil veule de lapin, on constate qu’il est formé d’une gaine, lisse extérieurement, avec une âme creuse, tandis que la gaine extérieure de la laine, substance feutrante par excellence, présente de petites aspérités.
- Or, le secrétage a pour but de faire éclater le poil dans certaines parties, d’en faire ressortir les aspérités afin de faciliter leur feutrage.
- L’opération consiste à humecter les peaux de « secret » (nitrate mercurique dilué dans de l’eau) ainsi nommé parce que le chapelier qui l’a trouvé par hasard, il y a
- Si loin que l’on remonte dans l’histoire, on y trouve mention du feutre. Les peuples de l’Asie, les Hébreux,
- Fig. 1.— Machine souffleuse.
- Cette machine, qui reçoit les poils bruts, les sépare par densité dans un courant d’air; elle achemine les impuretés et le jarre qui pourraient subsister après l’éjarrage.
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- Fig. 2. — La bastisseuse.
- C’est dans cette machine que va se confectionner l’ébauche du futur chapeau sous forme d’une cloche.
- deux siècles, l’a tenu secret pendant de longues années.
- On étend sur une table les peaux éjarrées, on les imprègne sur poil de la solution mercurielle au moyen d’une brosse ; puis, placées poil sur poil pour que la liqueur pénètre profondément, on introduit les peaux une à une dans une étuve où le secrétage se produit plus ou moins rapidement suivant la température établie.
- "L’application à la main de la liqueur et la mise à l’étuve sont des opérations dangereuses au point de vue de l’hygiène des ouvriers.
- Elles se font actuellement dans de meilleures conditions grâce à une machine créée par MM. Pichard frères.
- Après avoir été séchées à l’étuve et brossées, les peaux secrétées sont passées dans un appareil muni de couteaux rotatifs et d’une lame fixe qui sectionnent le cuir par bandes d’environ un demi-millimètre de large. Le poil, couché sur la peau, se trouve ainsi coupé en même temps et à la même distance de sa racine. Il revient sur une plaque métallique sous forme de toison appelée « parure ».
- Contrairement aux animaux aquatiques (rat musqué, castor, ragondin), c’est chez le lapin le poil du dos qui est le plus fin et qui, par conséquent, a le plus de valeur. Aussi, avant de mettre ces « parures » en sacs de 5 livres anglaises (coutume qui s’est généralisée), met-on à part, le plus souvent, les parties telles que les flancs et les crânes qui ne doivent pas figurer dans certaines qualités de poils.
- C’est la « parure » que les « couperies » envoient aux fabricants de feutre. Autrefois, les chapeliers faisaient eux-mêmes les chapeaux qu’ils vendaient, suivant dans leur petite industrie des méthodes empiriques transmises de père en fils. Aujourd’hui, la fabrication des chapeaux est devenue une science et un art. On va le voir par les renseignements qui vont suivre et que nous devons à l’obligeance de M. Chômât, représentant de la Maison Néel-Bouteille de Chazelles-sur-Lyon, centre le plus ancien et le plus important de cette curieuse industrie.
- A la fabrique, on commence par placer les poils dans une machine dite « souffleuse » composée de deux à six compartiments.
- A l’entrée de chacun de ces compartiments se trouvent des cylindres garnis de pointes ou de cardes qui ouvrent le poil et qui, en même temps, par leur vitesse, produisent une ventilation qui sépare les poils par densité et élimine les impuretés et le jarre qui pourraient subsister.
- Lorsque,’ par un tablier sans fin, le poil ressort de la souffleuse, il se présente sous la forme d’une nappe de teinte et de qualité uniformes qui est recueillie par un ouvrier et placée dans la « mélangeuse » où sont prati-
- qués de savants dosages de différentes nappes de poils, selon la qualité du chapeau que l’on veut obtenir. Ces dosages préparés par le chef de fabrication lui-même sont tout le secret de la fabrication du feutre.
- Le mélange terminé, la matière première est transportée à l’atelier de «. bastissage » où elle passe dans la « bastisseuse » dont le rôle est très important, puisque c’est dans cette machine que va se confectionnerl’ébauche du futur chapeau sous forme d’une « cloche ».
- Tout d’abord, on pèse le poil selon la force de la cloche désirée; on étale ensuite ce poil sur un tapis roulant qui l’entraîne à une cuve vitrée faisant partie de la
- Fig. 3. — Les fouleuses.
- réduit la cloche à la dimension voulue pour le chapeau définitif.
- La fouleuse
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- Fig. 4. — La teinture.
- « bastisseuse ». Dans cette cuve tourne un cône métallique percé de mille trous; une forte aspiration d’air partant du centre de ce cône agglomère à la surface les poils, voltigeant dans la cuve en une nappe régulière.
- Lorsque le cône métallique est recouvert de la quantité prévue, l’ouvrier « bastisseur » ouvre la porte de la cuve et l’arrose à la vapeur d’eau pour fixer le', poli. Il retire ensuite le cône de la bastisseuse et en décolle la première cloche ainsi formée.
- Cette première cloche haute de 75 centimètres, dimension de son support métallique, est extrêmement fragile, et ilfaut une grande dextérité pour la détacher, la vérifier et la plier en attendant les opérations suivantes. Celles-ci auront pour double but de donner à cette loque de feutre sa consistance et d’en réduire la dimension.
- La première façon est donnée par le « semousseur ». C&luflin place les cloches ébauchées par deux ou par
- trois dans une épaisse flanelle pour les rouler et les presser avec les mains, d’un mouvement de va-et-vient, sur une table métallique maintenue chaude. Sous l’action de la chaleur et sous la pression des mains, la cloche prend une consistance suffisante pour permettre son foulage par une machine dite « fouleuse » dont le rôle consiste à réduire sa dimension.
- La fouleuse se compose essentiellement de deux rangées de six rouleaux de bois superposés tournant lentement dans un sens unique et animé, en même temps, d’un mouvement longitudinal de va-et-vient. Au-dessus des rouleaux est placé un injecteur d’eau bouillante.
- L’ouvrier « passeur » introduit dans la fouleuse les cloches disposées à plat les unes à la suite des autres, formant ainsi une chaîne ininterrompue.
- Sous la pression des rouleaux et sous l’action de la chaleur, les cloches se réduisent au fur et à mesure de leur passage dans la machine. La fouleuse est servie par une équipe de trois personnes qui ouvrent et replient chaque cloche après son passage dans cette machine, précaution indispensable, car le foulage collerait ensemble les parois des cloches pour en faire de vulgaires plateaux.
- Au bout de quatre à cinq heures de travail, les cloches qui mesuraient 80 centimètres ne mesurent plus que 27 à 30 de haut sur 40 de large à la base.
- Voici donc les cloches réduites à leur dimension définitive; on va leur donner à présent les façons indispensables pour achever leur parfaite présentation.
- De l’atelier de foulage, après un petit stage dans une pièce chauffée, la « chambre chaude », elles s’en vont directement à la teinture. Il s’agit là d'un traitement délicat destiné à donner au feutre des tons variés à l’infini. Pour ne pas nous laisser entraîner hors du cadre qui nous est réservé, nous n’entrerons pas dans le détail de cette opération, chaque fabricant ayant sa méthode personnelle.
- Après la teinture, l’aspect des cloches est encore fruste : à l’intérieur dépassent de nombreux poils parasites, les «jarres ». Ces parasites s’enlèvent par la « ponceuse » : un cône de bois fixé sur un tour, tournant à 3000 tours à la minute, sur lequel l’ouvrier place chaque cloche.
- Prenant dans la main droite une feuille de papier de verre très fin il l’applique légèrement de bas en haut du feutre. Le ponçage demande une assez grande expérience; il est confié seulement aux plus habiles des ouvriers.
- En sortant des mains du « ponceur » les cloches offrent une surface absolument unie, d’un toucher doux et agréable; elles sont prêtes à être « appropriées ».
- A l’atelier d’ « appropriage », pour rendre le feutre plus élastique, l’ouvrier enroule la cloche dans une toile humide où il la laisse une dizaine d’heures.
- Au bout de ce temps, l’ouvrier saisit la cloche humide et la plonge pendant quelques minutes dans un bain de vapeur d’où il la
- Fig. 5. — L'appropriage.
- Ici le chapeau reçoit la dernière façon.
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- retire et la place toute fumante sur une forme de bois. Rapidement il étire son feutre de façon à lui faire épouser exactement la forme.
- Lorsque la cloche a pris une certaine tournure, l’ouvrier la place sous une presse hydraulique pour lui donner du « nerf ».
- Après cette opération, la calotte du chapeau est établie. Restent les bords dont la courbe a, comme on le sait,
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- une grande importance aux yeux des acheteurs. Ces bords sont manipulés et étirés sur des tables spéciales.
- Il ne reste plus que l’habillage du feutre : on y fixe le cuir coupé mécaniquement par des spécialistes et la marque du fabricant. Enfin, on garnit de ruban le tour de la calotte et quelquefois de galons les bords du chapeau prêt maintenant à être exposé à la vitrine du chapelier. L. Ivuentz.
- POUTRES MÉTALLIQUES DÉPLOYÉES
- Le métal déployé est obtenu à partir de tôles dans lesquelles on prépare de petites fentes disposées en quinconce. Les tôles sont soumises ensuite à un effort de traction. 11 s’ensuit que les parties de la tôle existant entre les découpages prennent une position oblique et l’on obtient une sorte de grillage d’une seule pièce.
- . Un principe du même genre est appliqué pour construire des fers de charpente, destinés à l’établissement de poteaux, de poutres, de pièces diverses, utilisables dans la construction métallique. La fabrication s’effectue suivant le même principe que dans les cas de métal déployé, mais il est nécessaire de mettre en œuvre une machine-outil extrêmement puissante, agencée d’une manière particulière, afin d’obtenir le résultat cherché.
- Considérons par exemple un fer à double T : on pratique des fentes longitudinales, dont la longueur est environ trois fois la hauteur du fer. Ces fentes sont séparées par des inter-
- Fig. 1. — La machine à préparer les fentes dans l'âme du fer double T.
- Fig. 2. — Machine hydraulique pour étirer la poutre.
- Celle-ci est maintenue par des griffes s’appliquant sur les ailes. . . , ,
- valles égaux, chacune d environ moitié delà hauteur du fer. L’une des séries de fentes est disposée en ligne suivant l’axe de la poutrelle et les deux autres à égale distance de la ligne centrale et des ailes.
- Les fentes sont obtenues au moyen d’une machine comportant un énorme volant muni des outils de coupe.
- Le fer est entraîné d’un mouvement continu et régulier, et successivement toutes ses parties passent devant les outils destinés à préparer les fentes dans l’âme du fer.
- Cette machine-outil puissante qui pèse 50 tonnes, est mue par un moteur électrique! de 50 ch; elle permet de préparer les grands fers à double T, de forte section.
- La poutrelle ainsi traitée est alors réchauffée dans un four qui a près de 15 m de longueur.
- Le chauffage est fait à l’huile lourde et le fer est ainsi porté à la température convenable pour permettre l’étirage ultérieur.
- Celte dernière opération a lieu sur une
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- de décapage et de lavage, puis ils sont trempés dans un bain de peinture, de sorte que cette opération est presque instantanée (fig. 4).
- * *
- Les poutres ainsi obtenues sont particulièrement applicables à l’établissement de planchers.
- Si ces planchers doivent être encastrés dans des murs en maçonnerie, on prépare les poutres en métal déployé en réservant aux extrémités une partie non étirée.
- Dans ces conditions, le profil primitif, maintenu sur une longueur suffisante à chaque extrémité, assure un bon appui sur les murs, dans le cas où l’on fait appel à
- machine énorme qui pèse 160 tonnes, et qui est mue hydrauliquement.
- Sa puissance est de 250 tonnes. Elle comporte des plateaux en fers de charpente jouant le rôle d’une large griffe qui s’arc-boute à l’intérieur des ailes du double T.
- Les plateaux de la partie supérieure sont solidaires de tiges dépistons hydrauliques.
- Sous l’action de la pression, les deux couples de plateaux griffes s’écartent, et la hauteur du double T est portée à trois fois sa hauteur primitive.
- Par suite de cette traction, les parties de l’élément qui sont séparées par les fentes s’étirent, elles s’écartent et donnent à l’ensemble la forme d’un treillis en croix de Saint-André.
- Les barrettes sont étirées d’environ 10 pour 100 de leur longueur primitive et inclinées d’environ 30° sur l’axe de la poutre.
- On obtient dans ces conditions, pour une poutre déployée, un module d’inertie triple sensiblement de celui de la poutre primitive pleine.
- Les fers ainsi terminés sont saisis par des 4- ~~ La peinture d’une poutre.
- engins de levage et plongés dans une rigole se *a*1 au tremP®> dans un immense bain de très faible largeur.
- des supports en maçonnerie (fig. 5). S’il s’agit d’une construction entièrement métallique, au contraire les assemblages se font par des goussets maintenus par soudure autogène.
- La construction des poteaux et des supports en profilés tire également bénéfice des fers déployés obtenus comme nous venons de l’indiquer. On supprime, en effet, tous assemblages de fers profilés et de cornières, et l’on obtient des pièces légères et résistantes.
- Le même procédé peut d’ailleurs s’appliquer aussi à des pièces en duralumin ou autres alliages légers, notamment pour les poutres qui sont destinées aux charpentes de dirigeables rigides. Il est nécessaire, dans ce cas, de tenir compte des conditions spéciales de température applicables au travail du métal que l’on utilise et des conditions de résistance à la traction des alliages utilisés.
- Fig. 3. — La préparation d’une poutre de fer destinée à être déployée et son aspect final.
- En haut : la poutrelle percée de fentes longitudinales; en bas : la même poutrelle après déploiement
- E.-A. Weiss.
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- LA PRODUCTION DE L'HYDROGÈNE
- EN FAIBLES QUANTITÉS
- Dans le numéro de La Nature du 14 octobre 1922, nous avions étudié la production de l’hydrogène en faibles quantités et spécialement par l’appareil italien Helbig. Depuis cette époque, les besoins d’un appareil de production portatif ont été encore accrus. L’aviation commerciale, en développant son réseau, entraîne la création de postes de sondages météorologiques de plus en plus nombreux et surtout de plus en plus éloignés de la
- Dans la réalisation industrielle, on fait agir à la pression ordinaire une solution d’alcali caustique, soude caustique en général, à haut point d’ébullition, sur des combinaisons ou alliages de silicium (ferro-silicium le plus souvent) en vue de retenir et d’emmagasiner dans le bain même toute la chaleur dégagée par l’action du silicium sur la soude de façon à supprimer tout apport de calorique par chauffage extérieur.
- Fig. 1. — Le générateur d’hydrogène et son fonctionnement.
- A gauche : l’appareil en position de fonctionnement; au centre : vidange de l’appareil; à droite : le transport de l’appareil
- à dos d’homme.
- métropole ou d’un centre de production d’hydrogène. De même l’emploi de l’hydrogène sous pression dans les ateliers de soudure autogène du plomb pour la réparation des accus a pris une grande importance à notre époque de T. S. F. Les laboratoires, le gonflement des ballons-réclame sont utilisateurs d’un semblable appareil.
- LE PROCÉDÉ AU SILICIUM ETALA SOUDE
- Il était donc nécessaire de chercher à perfectionner un procédé simple dont la technique était déjà familière. On a songé tout naturellement à la réaction signalée en 1823 par Berzélius et dont l’application industrielle, basée sur un aménagement économique de la réaction, fait l’objet des brevets Lelarge-Jaubert.
- Si + Na O H -f 2 H2 O = Si O3 Na H + 2 H2
- Pratiquement, le gaz étant produit à 15° et saturé d’eau, il était nécessaire de remplacer, au cours de la réaction, l’eau vaporisée, d’où grosse consommation d’eau.
- L’amélioration du procédé a consisté à réaliser la même réaction en autoclave, sous pression, la pression étant le résultat de la production du gaz.
- Cette pression est supérieure à la tension de vapeur d’eau, à la température de réaction, de sorte qu’aucun dégagement de vapeur ne se produit, d’où possibilité de supprimer les condenseurs, la réalimentation des réactifs en eau pendant la réaction et d’où facilité de vidange des boues résiduaires.
- La pression dans l’autoclave permet le refroidissement du gaz par simple détente, presque sans dépense d’eau.
- La réaction n’est ni ralentie, ni réversible. L’expérience montre qu’elle est complète.
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- Fig. 2. — Quelques emplois du générateur d’hydrogène.
- A gauche : gonflement des ballons sonde pour l'aéronautique; au centre : hydrogénation dans un laboratoire de chimie; à droite : soudure de plomb dans un atelier de soudure autogène.
- LES APPAREILS INDUSTRIELS
- Des appareils ont été réalisés par la Société des Gaz industriels de province et par la Société l’Oxhydrique française. Nous décrirons ce dernier.
- Les appareils de la Société l’Oxhydrique française comprennent un générateur, un distributeur et divers accessoires.
- Le générateur se compose essentiellement d’une bouteille à gaz comprimé dont la partie supérieure, le goulot, a été modifiée en vue de permettre l’introduction dans la bouteille d’un tube distributeur de ferro-silicium.
- Cette bouteille-générateur ne présente aucune autre particularité remarquable sinon qu’en sa partie médiane une chemise d’eau de refroidissement lui est extérieurement adaptée ainsi que deux tourillons destinés à en permettre le montage sur les pieds de l’appareil.
- Le distributeur consiste en un tube dont l’extrémité supérieure est munie d’une anse d’accrochage et dont l’extrémité inférieure porte un plateau traversé d’un doigt mobile lesté d’un contrepoids. Une bague peut venir obstruer les ouvertures pratiquées à la partie inférieure du tube.
- Des accessoires divers : tampon et tige de suspension du distributeur, vanne-pointeau munie d’un manomètre et d’une soupape de sûreté, pieds, seau de vidange, etc.
- Fonctionnement. — Le fonctionnement de l’usine est simple, les quantités d’eau, de soude ou de ferro-silicium étant définies par le type de
- l’appareil. Après avoir rempli d’eau le réservoir de refroidissement, on verse dans la bouteille la quantité d’eau déterminée.
- Il est préférable que cette eau soit à la température de 60 à 100 degrés.
- Cette condition n’est cependant pas absolument indis-
- Fig. 3. — Gonflement de ballons d’enfants.
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- pensable, car la première réaction peut s’obtenir avec de l’eau froide.
- On introduit alors dans le générateur, la quantité de soude correspondante, puis on remplit le distributeur de ferro-silicium en poudre. La bague obturatrice étant relevée, le tube distributeur est introduit dans la bouteille-générateur et cette dernière est fermée.
- L’appareil est prêt à fonctionner.
- A l’aide de la poignée que porte le générateur près du goulot, on balance doucement celui-ci de façon à commencer la distribution de ferro-silicium.
- Les premières quantités d’hydrogène produites s’échappent par la vanne-pointeau, purgeant ainsi l’appareil de l’air qu’il contenait initialement. Après quelques secondes, la purge est terminée et la vanne-pointeau est fermée.
- Continuant le balancement de l’appareil, la production de l’hydrogène se poursuit et le développement de la réaction est contrôlé par la lecture du manomètre de la vanne-pointeau. Dans ces conditions la pression à chaud monte à environ 60 à 70 kg pour redescendre à froid à 50 kg environ.
- La production d’une charge demande 25 à 30 minutes.
- Le gaz est utilisé ën ouvrant progressivement la vanne-pointeau. Étant donné la décompression qui accompagne son utilisation, le gaz sort de l’appareil, froid et absolument sec.
- L’appareil peut alors être vidangé. La bouteille est ouverte, le distributeur enlevé et son contenu est basculé
- dans un seau. Étant donné que la réaction a eu lieu sans dépense d’eau, les boues résiduaires sont très liquides et faciles, ainsi, à évacuer. Pour une deuxième opération, l’eau chaude de la chemise d’eau est utilisée.
- Les précautions à prendre sont celles prescrites à toutes manipulations d’hydrogène ou de matières caustiques : risques d’incendie et risques de corrosions sur la peau.
- Mais ces précautions n’ont en rien trait à l’appareil lui-même ou à son fonctionnement. L’appareil est extrêmement robuste. En effet, la réaction ne dépasse pas une pression de 70 kg et elle a lieu dans une bouteille destinée normalement à recevoir du gaz comprimé à 150 kg de pression. La pression de contrôle de la bouteille étant de 225 kg, la marge de sécurité est donc considérable.
- Le fonctionnement de l’appareil est, on l’a vu, des plus simples. Il peut être confié à un simple manœuvre attentionné. Aucune erreur ne peut entraîner de conséquence grave. D’ailleurs le manomètre est un guide sûr et il est doublé d’une soupape de sûreté.
- Les appareils de l’Oxhydrique française pèsent, au total, l’un 60 kg l’autre 88 kg, et peuvent donner respectivement 500 et 800 litres d’hydrogène par charge. Cette société met actuellement au point un appareil semi-fixe qui permettra une production horaire de 150 m3 et pèsera 4 tonnes.
- Max Verneuil,
- Ingénieur de l’Aéronautique.
- L'ÉLECTRICITÉ ET LES PLANTES
- Dès le milieu du dix-huitième siècle, l’abbé Bertholon de Saint-Lazare avait observé que des jasmins, placés en terre, à côté d’une chaîne de paratonnerre, atteignaient une hauteur plus grande que les mêmes fleurs poussant dans un sol semblable et dans les mêmes conditions d’orientation.
- Paulin et plus tard Basty furent les initiateurs de l’électroculture et inventèrent des dispositifs de paratonnerres de faibles dimensions, ne dépassant pas deux mètres et enfoncés en terre jusqu’à la profondeur moyenne atteinte par les racines.
- Par ce moyen, Paulin obtint des récoltes de pommes de terre supérieures d’un tiers environ à la récolte normale. Déplus, les tubercules arrivaient à leur complet développement trois semaines avant les lots-témoins.
- Quant à Basty, il réussit, en électrisant les petits pois ;et les épinards, à obtenir des récoltes trois semaines avant les témoins. En outre, les fraisiers, soumis à l’influence de l’électricité atmosphérique, donnèrent des fleurs et des fruits quinze jours avant les pieds-témoins. D’autre part, M. Yodko obtint sur divers fruits électrisés un rendement supérieur de 40 °/0 à celui des fruits-témoins.
- Prillieux, Siemens, Dehérain, Bonnier, Maquenne et Demoussy ont, à plusieurs reprises, signalé l’influence bienfaisante de la lumière électrique sur les végétaux et ^spécialement sur l’assimilation chlorophyllienne et la
- coloration des fleurs et des fruits, à condition de protéger les plantes contre l’action nuisible et destructive des rayons de faible longueur d’onde bleus, violets et surtout ultra-violets.
- LE DANGER DES RAYONS ULTRA-VIOLETS
- Il faut se défier extrêmement de l’influence nocive des radiations ultra-violettes de la lumière électrique, non seulement sur le plasma germinatif, mais encore sur les organes extérieurs de la plante, en particulier sur les pédoncules floraux. A ce point de vue, il convient de signaler ici les belles expériences d’Alberto Pirôvano (’), qui, en traitant les fleurs du pavot blanc double par les rayons ultra-violets, a obtenu des déformations et des changements de colorations des plus remarquables.
- En outre, une semaine après l’éclosion, les pétales demeurent attachés sur la fleur virescente (fig. 2).
- D’autre part, en soumettant directement le pollen à l’action des rayons ultra-violets, M. Pirôvano a obtenu un épanouissement simultané de toutes les fleurs du pied, qui ont pris une apparence caractéristique de bouquets (fig. 3).
- 1. Alberto Pirovano, La mutazione elettrica delle specie botaniche (Hoepli, éd.).
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- Fig. 1. — Déformation des capsules et torsion considérable des pédoncules floraux chez le pavot blanc double {Papaver somniferumZ.) après traitement par les rayons ultra-violets.
- Oa observe également une virescence très prononcée.
- (D’après Alberto Pirovano.)
- En poursuivant ses expériences sur les Hélianthes ou grands soleils (Helianthus uniflorus), l’auteur a constaté un retard de la floraison, après le traitement du pollen par les radiations ultra-violettes, ainsi que l’apparition des bractées sur la hampe florale (fig. 4).
- Pour remédier à ces effets fâcheux des rayons chimiques, il est indispensable, quand on fait des expériences d’électroculture en utilisant les lampes à arc, d’entourer celles-ci de dispostifs spéciaux, absorbant les radiations ultra-violettes.
- L'ACTION DU COURANT INDUIT SUR LA GERMINATION
- De même que la lumière électrique, les décharges d’induction peuvent avoir une action accélératrice sur la germination des plantes, à condition de ne pas employer des courants de grande intensité. M. Basty a réussi à activer la germination des graines avec un courant de 0,003 ampères seulement.
- En électrisant par les courants induits les graines de
- tournesol, M. Spechnev les fait germer en huit jours et demi, celles non électrisées n’ont germé qu’en 15 jours. Pour le seigle la germination a été encore plus rapide : elle a demandé 2 jours pour la graine traitée et 5 pour le témoin. Pour le haricot la germination exige chez les semences non électrisées juste le double de temps (6 jours), nécessaire à la germination des graines soumises à l’action du courant, lesquelles sont parfaitement développées au bout de 3 jours. Il en va de même pour le pois : les graines électrisées germent en deux jours et demi et celles qui ne le sont pas en 5 jours.
- Miss E. G. Dudgeon a eu l’idée d’utiliser les décharges inductives de la machine à haute tension de Newmann pour le traitement des plants de pommes de terre, sur une étendue de plus de 3 hectares. Les résultats obtenus ont été très intéressants. Certaines variétés de pommes de terre, sous l’influence des décharges, ont donné un rendement supérieur de près de 6 milliers de kilos à celui des plants-témoins. Il est aussi important de noter, d'après les essais opérés sur d’autres végétaux, que la qualité de la plante électrisée augmenterait en même temps que son rendement : par exemple, la betterave produirait plus de sucre, et la farine du blé traité serait meilleure et plus fine.
- En pratique, il sied de tenir compte d’un fait précis : les courants continus et alternatifs ne semblent pas exercer une action appréciable sur la germination. Non seulement, on n’a pas pu constater expérimentalement qu’ils accélèrent cette dernière, mais encore les expériences de M. Koverni ont prouvé que les courants continus peu-
- Fig. 2. — Pavot somnifère.
- Fleur virescente. Les pétales demeurent attachés une semaine après l’éclosion.
- (D’après Alberto Pirovano.)
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- vent dans certains cas retarder et parfois même arrêter la germination.
- LES ÉLECTRO-AIMANTS ET LES PLANTES
- D’autre part, les variations du champ magnétique dans les électro-aimants exercent une action considérable sur les cellules sexuelles des végétaux, et c’est encore à M. Pirôvano que revient le mérite d’avoir bien mis en lumière ces phénomènes caractéristiques des plus intéressants.
- Ce ne sont pas seulement des traumas moléculaires que l’on observe dans les éléments reproducteurs, mais il y a parfois disparition complète des ovules, flétrissure de l’ovaire, et les capsules de pavot, par exemple, se remplissent uniquement d’étamines.
- M. Pirbvano estime que l'ionolyse, ainsi qu’il appelle le traitement des plantes par les électro-aimants à champ variable, « influe sur les champs de forces molé-« culaire et seulement sur les molécules les plus insta-« blés ». Au contraire, les rayons X, les radiations ultraviolettes et les émanations du radium « déchireraient toutes espèces de molécules, peut-être même des atomes ». Ils contribueraient ainsi à tuer rapidement le plasma germinatif, alors que le courant d’induction, convenablement manié, ne le désorganise pas et permet d’observer des variations génétiques intéressantes On peut obtenir ainsi artificiellement sur les plantes de curieux cas de gigantisme, d’hermaphrodisme, d’hybridisme, dont l’in-
- Fig. 3. — Pavot somnifère.
- Floraison à épanouissement simultané et en bouquet, produite par le traitement du pollen au moyen des rayons ultra-violets.
- (D’après Alberto Pirbvano.)
- Fig. 4. — Retard de floraison provoqué par Faction des rayons ultra-violets sur le pollen du grand soleil (Helianthus uniflorus).
- A gauche : fleur traitée (remarquer l’apparition de bractées sur la hampe florale); ivdroite : fleurs témoins.
- (D’après Alberto Pirbvano.)
- térêt pratique en horticulture ne saurait être mis en doute.
- En résumé, d’après toutes les expériences, dont nous venons de donner un rapide aperçu, il semble que l’étude des phénomènes électro-magnétiques, entreprise méthodiquement et surtout en vue des applications pratiques, auxquelles elle peut donner lieu, est appelée dans un avenir rapproché à jouer un rôle important en agriculture aussi bien qu’en horticulture.
- Plus l’on fera appel à la science, plus on sera sûr de connaître et d'exploiter sur une grande échelle les ressources infinies et variées de la nature et de la terre.
- Nicolas Deniker.
- LA LUNE EST-ELLE UN ASTRE MORT?
- A la suite du « Bulletin astronomique » paru sous la signature de mon ami, M.Émile Touchet, dans le n° 2798 de La Nature (1er décembre 1928), plusieurs lecteurs m’ont demandé quelques précisions de nature à faciliter leur étude et leurs recherches au sujet du craterlet D. de Posidonius.
- Voici donc quelques données générales sur l'emplacement et sur les caractéristiques de ce vaste cirque lunaire. Il est situé par 30° de longitude Ouest, et par 30°-33° de latitude Nord. On le trouvera aisément sur la figure à l’O.-N.-O de la Mer de la Sérénité, et formant un promontoire sur le vaste canal qui sépare cette mer du Lac
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- des Songes. Il est visible dès le 5e jour de la lunaison et on pourra le suivre utilement jusqu’au 18e jour, époque à laquelle il devient pratiquement inobservable. Son diamètre est d’environ 90 km, avec des remparts de 1900 m, hauteur facilement mesurée à l’aide du développement de l’ombre portée lorsque l’on connaît la hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon local.
- Dans l’intérieur de sa vaste circonférence, on observe 6 petits cratères, entourant le cratère central du S. au N. en passant par l’Ouest Vers le Sud, cette importante formation est reliée à un système de falaises qui peuvent provenir, soit de plissements orographiques, soit d’effondrements d’une falaise originaire plus élevée, l’un et l’autre causés sans doute par les phénomènes volcaniques qui ont pu se produire autour de Posi-donius.
- Le développement des ombres occidentales montre que le sol du fond du cratère est à une altitude inférieure à celle du sol lunaire environnant.
- Il est intéressant de constater, au fur et à mesure de la plus grande hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon local, les apparences présentées par les ombres de la falaise occidentale dans l’intérieur et celles du rempart oriental à l’extérieur du cirque.
- Il y a lieu de noter encore les apparences fournies par le chapelet des 5 crater-lets situés à l’Ouest ou au Nord-Ouest du cratère central, et des 3 petites formations surgissant du fond de Posidonius, à angle droit du chaînon intérieur de la falaise qui se détache nettement du rempart intérieur Ouest.
- Il convient d’examiner, par rapport à cet ensemble, l’effet accusé par le craterlet D, formation située au Sud du piton central et complètement isolée. Cet objet, lorsqu’il se distingue nettement, peut être vu avec une bonne lunette de 95 mm d’ouverture pouvant grossir 200 fois. Son diamètre, de 3 à 4 km, sous-tend un angle de 2" à 2"5.
- L’intérêt offert par le craterlet D consiste dans des variations énigmatiques de sa visibilité et de son apparence générale; et cela, d’un jour à l’autre parfois, au
- cours d’une même lunaison. Il apparaît alternativement avec une netteté plus ou moins grande, ou avec un aspect voilé, comme enveloppé d’une buée grisâtre ou d’une auréole diffuse.
- A titre de renseignement, je résume ici les observations les plus intéressantes faites ces derniers temps à l'Observatoire de la Guette, au télescope Zeiss de 300 mm avec ou sans diaphragme, et des grossissements de 200, 260 et 320 fois.
- Les 6 et 7 août 1927, le craterlet se montre d’une façon précise, le 9 il est presque invisible, le 10 on le revoit à nouveau avec évidence, le 11 il est peu net.
- Le 4 septembre, on l’observe nettement dessiné, le 5
- il l’est moins et le 6 il est redevenu très visible.
- Des constatations de même ordre ont pu être faites encore du 1er au 5 octobre, puis en 1928, du 24 au 29 avril, du 22 au 25 juin, du 20 au 27 août.
- Toutes ces observations font ressortir que les variations remarquées se succèdent avec une irrégularité qui semble devoir exclure l’idée d’une loi précise, comme la conséquence de l’incidence croissante ou décroissante de l’éclairement, en fonction de l’âge de la Lune (on sait, en effet, que les conditions variables de l’illumination déterminent des changements, très notables parfois, dans l’aspect d’un grand nombre de détails).
- Les craterlets voisins, observés simultanément’, ne montrant pas les mêmes variations dans leur degré de visibilité. L’état atmosphérique, influençant la qualité de l’image télescopique, ne paraît pas pouvoir être invoqué non plus.
- Ces quelques renseignements aidant, je pense que les observateurs pourront facilement étudier cet objet qui est rendu particulièrement curieux par ses variations inattendues.
- Et je serais heureux si leurs recherches avaient pour résultat la découverte de la cause de ces phénomènes de variation, qui demeurent actuellement inexpliqués.
- G. Bidault de l'Isle.
- Fig. 1.
- Carte générale de la Lune montrant la position du cirque Posidonius, P.
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- r RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES =
- LE PROBLÈME DES BŒUFS D'ARCHIMÈDE
- Voici le problème le plus beau et le plus difficile qui ait été posé par les Anciens. Archimède l’envoya à son fidèle ami, Erathostène de Cyrène.
- « Calcule, ami, le nombre de bœufs (ce mot se rapporte aux taureaux et aux vaches indistinctement) de la Sicile, toi si savant, en le faisant avec tout le soin nécessaire.... Sache qu’ils sont partagés en 4 groupes, chacun d’une couleur; les uns sont d’un blanc de lait, d’autres d’une splendide couleur noire, les troisièmes sont d’un brun doré, les derniers couleur pie.
- « Dans chaque troupeau, il y a de nombreux taureaux, distribués comme il suit : pour les blancs, le nombre des taureaux égale la moitié augmentée du tiers des taureaux noirs, plus la totalité des bruns; pour les noirs, le nombre des taureaux égale le quart plus le cinquième des pie, augmenté du nombre des bruns; les taureaux pie équivalent à la sixième partie plus la septième partie des blancs, plus encore tous les bruns.
- « Les vaches sont, elles, partagées ainsi : les blanches sont égales en nombre au tiers plus le quart de tout le troupeau noir; les noires sont égales au quart plus le cinquième des pie, vaches et taureaux réunis; les pies sont égales en nombre au cinquième plus le sixième de tous les animaux bruns ; les vaches brunes équivalent à la moitié du tiers plus la septième partie de tous les animaux blancs.
- « J’aperçus un jour les taureaux blancs mélangés aux noirs : ils formaient un carré parfait; d’autre part, le groupe des bruns et des pie formaient un triangle équilatéral.
- « Dis-moi donc les nombres des taureaux et des vaches de chaque couleur. »
- Nous avons respecté le texte original dans ses grandes lignes, tout en le modifiant dans la mesure nécessaire pour le rendre intelligible, car c’est en certains points une énigme, point trop difficile d’ailleurs.
- Ce problème est tiré d’un ouvrage considérable, l’Anthologie grecque, compilation de Métrodore, qui vivait à la fin du Ve et au commencement du VIe siècle de notre ère.
- il est probable qu'il ne fut jamais résolu, du moins que les
- nombres proposés à la recherche du lecteur ne furent jamais écrits, on verra tout à l’heure pourquoi.
- Désignons par x, y, z, v, les nombres des taureaux noirs, bruns, pie, blancs, par x , y', z', v' les nombres des vaches noires, brunes, pie, blanches,; les nombres de bêtes de chaque troupeau seront.
- x -[- x , y -]--)• , ~ -j- z', v v'.
- Voici les équations quf donnent la solution du problème :
- -L T
- v -j- y
- 1 1
- + 4
- ^ (x -j- x') i
- I' ~j- x pa- y-|-,
- 5 + 6
- 1 1
- 4+5
- 1 1
- - + -
- ,ÿ(?+ i)
- On déduit des 7 premières équations, dont les solutions doivent être des nombres entiers, que v, x, y,... sont de la forme.
- v = 10 366 482 t .y—7 468 514 f y = 4 069 197 t z : 7 358 060 t, -; V = 7 206 360 t x' = 4 893 246 t
- r’ — 5 439 213 t z' -- 3 515 820 t. t étant un nombre entier à déterminer par les deux dernières équations, où p, q sont eux-mêmes entiers.
- L’avant-dernière équation montre que t doit être de la forme 445 X 749 iv2. Enfin si l’on pose :
- 2q 1 =z t 2x4 657 m — u la dernière équation devient
- f2 — 4 729 494 u* = l.
- et il s’agit d’en trouver Une solution telle que u soit un multiple de 2 x 4657. A la plus petite solution de l’équation en f2, u”- correspond un nombre de bœufs égal à 7766 suivi de 206 X 541 zéros. Si l’on suppose qu’une page imprimée contienne 2500 chiffres, il faudrait un volume d’environ 660 pages pour écrire les valeurs des inconnues du problème.
- R. de Moxtessus de Baelork, Docteur ès sciences.
- UN JEU NATIONAL JAPONAIS
- LES YEUX (OU LES ŒILS)
- Nous avons vu qu’il existait au jeu de Go, des formations imprenables. Ces formations sont celles qui contiennent au 1. La Nature, nos 2798 et suivants.
- moins deux yeux, ou peut-être vaudrait-il mieux dire deux œils.
- La figure 1 représente une formation de 13 pions, occu-
- A
- Fig. 1.
- Fig. 2.
- Fig. 3.
- Fig. 4.
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- 322
- Fig. 5 et 6.
- pant 15 cases et présentant deux yeux aux points A. 4. 5. et A. 6. 5.
- Il est intéressant de se familiariser avec les différentes formes que peuvent présenter les deux yeux, afin de pouvoir ensuite juger d’un coup d’œil si l’on a l’espace nécessaire pour établir une formation imprenable.
- La figure 2 contient deux yeux en A. 4. 7. et A. 6. 5. Elle se compose de 15 pions et occupe 17 cases.
- Mais, chacune de ces formations peut être rendue imprenable avec deux pions de moins, comme on le voit dans les figures 3 et 4 qui comprennent respectivement 11 et 13 pions au lieu de 13 et 15.
- Dans chacune de ces deux figures les pions entourant les deux yeux forment une chaîne continue. Si l’on renonce à
- 8 9 0
- Fig. 7.
- cette condition on peut former deux yeux avec un moindre nombre de pions, mais il faut alors prendre bien garde de faire de vrais yeux et non pas de faux yeux (KAGEME) qui n’offriraient aucune sécurité, comme nous le verrons sur des exemples.
- La figure 5 représente une formation composée seulement de dix pions et qui comporte deux yeux en A. 5. 5. et A. 6. 4.
- Si les dix pions étaient placés comme dans la figure 6, l’œil A. 6. 4. serait un Kageme, un faux œil, et les blancs pourraient être capturés.
- Il suffirait en effet aux noirs de placer un pion en A. 6. 4. pour enlever les trois blancs A. 6. 3, A. 7. 3, A. 7. 4.
- Au coup suivant, en plaçant un pion en A. 5. 5, ils enlèveraient les sept restant.
- Enfin nous rappelons qu’il n’est nullement besoin que les deux yeux soient contigus, pourvu qu’ils soient reliés par une chaîne continue de pions, comme dans la figure 7.
- Dans la figure 8, au contraire, les deux yeux ne sont pas réunis. Chacun d’eux peut être capturé isolément. Pour rendre la formation inattaquable il faut ajouter deux pions, par exemple en A. 5. 5, et A. 5. 7.
- Comment empêcher l’adversaire de former des yeux
- Supposons 'que les blancs aient constitué le groupement représenté sur la figure 9. Il leur suffit d’ajouter un pion en A. 5. 5, pour constituer deux yeux et rendre leur position imprenable. Mais supposons qne les noirs placent eux-mêmes
- un pion dans cette position A. 5. 5. Ce pion sera évidemment perdu, mais son sacrifice aura été utile puisque, après sa capture, les blancs ne posséderont plus qu’un œil au lieu de deux, et seront tous capturés s’ils ne peuvent se relier à une autre formation amie. 11 y a donc presque toujours intérêt à occuper la case sur laquelle l'adversaire devrait se placer pour former des yeux.
- Influence des bords et des coins sur la forme des yeux.
- Nous savons que les bords du damier agissent comme une barrière infranchissable pour les pions des deux couleurs. Nous avons vu, dès le commencement de ces entretiens, qu’il suffisait de trois pions sur le bord, et de deux pions dans un coin, pour faire un prisonnier. Il en résulte que, sur le bord, ou dans un coin, on peut constituer deux yeux avec un nombre de pions moindre que dans le milieu.
- La figure 10 représente une formation imprenable de huit pions avec deux yeux en A. 5. 1, et A. 7. 1.
- Sur la figure 11 nous voyons une formation imprenable de six pions avec deux yeux en A. 1. 1, et A. 3. 1.
- Nous en voyons une autre représentée par la figure 12. Cette fois-ci les deux yeux sont en A. 1.1, et A. 2. 2.
- Cette facilité relative de former des groupes imprenables sur les bords et dans les coins fait que l’occupation de ces régions offre une grande importance,
- Nous croyons avoir donné maintenant assez d’explications sur le jeu de « Go » pour inciter nos lecteurs à s’exercer à sa pratique. Comm‘ Lancei.in.
- Fig. 8.
- Fig. 11 et 12.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN MAI 1929 (*)
- Nous devons signaler spécialement, parmi les phénomènes célestes visibles pendant ce mois, une remarquable éclipse de Soleil qui aura lieu le 9 mai. On ne pourra malheureusement pas l’observer en France, mais la totalité sera visible notamment dans le sud de la Cochinchine, à l’île Poulo-Condore, où une mission française se prépare à l’étudier.
- On sait que, pendant la phase totale d’une éclipse, le disque du Soleil est entièrement caché par la Lune, qui vient s’interposer devant lui. Il en résulte que l’atmosphère et les enveloppes du Soleil deviennent visibles dans des conditions excellentes.
- Les astronomes mettent ces conditions à profit pour observer et photographier lesdites régions au moyen de spectro-scopes, qui renseignent sur les substances dont l’entourage du Soleil est constitué. Cet entourage du Soleil, formé par les protubérances et la couronne, offre d’ailleurs, à l’œil nu, un magnifique spectacle. L’astre radieux est remplacé, en effet, par une auréole lumineuse entourant le disque noir de la Lune, cette auréole brillant dans un ciel sombre, où paraissent les planètes et les principales étoiles.
- Les éclipses totales de Soleil sont aussi mises à profit par les savants, depuis quelques années, pour vérifier un poin important de la théorie d’Einstein, à savoir la masse de la lumière. Si, comme l’enseigne cette théorie, la lumière est pesante, les rayons émis par les étoiles visibles près du bord solaire doivent être légèrement déviés vers cet astre, et la position obtenue de ces étoiles doit présenter une légère différence avec leur position réelle. On conçoit l’importance scientifique de telles observations qui, judicieusement faites, permettront de confirmer ou d’infirmer la célèbre théorie.
- L’éclipse de Soleil du 9 mai commencera, sous sa forme générale, à 3h 32” et finira à 8h 48“. La zone de totalité traversera l’Océan Indien, le nord de l’ile de Sumatra, la presqu’île de Malacca, le sud de la Cochinchine, et les îles Philippines. Le maximum de l’éclipse aura lieu à 6h 10ra, pour le lieu situé par 92° 45' de longitude Est et 1°36' de latitude Nord. En ce point, la durée de la totalité sera de 5m78, qui est une des durées les plus longues qui puissent se produire. Quant à la phase partielle de l’éclipse, elle sera visible dans les régions situées au nord et au sud de la zone de totalité, et qui seront les suivantes : sud-est de l’Afrique, océan Indien, sud-est de l’Asie, Océanie occidentale.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en mai, passe de -j-15°l'le 1er à + 21° 53' le 31, et la durée du jour augmente du début à la fin du mois. De 14h3Lm le 1er, cette durée atteint 15» 47” le 31.
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai en mai, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges bien réglées lorsque le Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates. Mai 1er Heures du passage. llh 47“ 42* Dates. Mai 17 Heure* du passage 11* 46“ 53*
- .— 3 11* 47-28* — 19 11* 46” 57*
- — 5 11* 47“ 16* — 21 11*47“ 3“
- — 7 11*47” 7* — 23 ll.h 47” 12*
- — 9 11* 46“ 59* — 25 11* 47“ 22*
- — 11 11* 46“54* — 27 11* 47“ 34*
- — 13 11*46“ 52* — 29 11* 47“ 48*
- — _ 15 llh 46“ 51* — 31 11* 48“ 5*
- La connaissance du temps moyen à midi vrai, est particulièrement utile pour tracer la méridienne.
- Observations physiques. — Certains observateurs ont pris l’habitude de dessiner, chaque jour, la surface du Soleil en projetant son image, donnée par une petite lunette, sur une feuille de papier blanc.
- C’est là une excellente habitude, car on ne risque pas, de la sorte, de laisser passer inaperçu un phénomène fugitif. Mais il est bon de compléter le dessin par quelques observations faites directement à l’oculaire.
- Pour orienter les dessins, il faut connaître l’angle P de position de l’axe de rotation du Soleil (compté vers l’Est à partir du point Nord du disque) ; la latitude héliographique B0 du centre du disque et la longitude héliographique L0 de ce centre.
- Voici ces éléments pour le mois de mai :
- Dates. P
- Mai 1er — 24°,32
- — 6 — 23°,36
- — 11 — 22°,22
- — 16 — 20°,91
- — , 21 —19<>,43
- — 26 — 170,80
- — 31 — 16°,03
- B» L„
- — 40,11 137°,34
- — 30,59 710,25
- — 3°,05 5o,14
- — 2°,49 2990,02
- —1°,91 232°,88
- — 10,32 166°,72
- — 0°,72 100°, 56
- Lumière zodiacale. — Pendant ce mois, la lumière zodiacale sera difficilement observable. D’une part, en effet, elle se présentera plus obliquement sur l’horizon; d’autre part, l’allongement de la durée du jour réduira d’autant sa période de visibilité.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mai, seront les suivantes :
- D. Q. le 2, à 1* 25“ P. L. le 23, à 12* 50“
- N. L. le 9, à 6* 7“ D. Q. le 31, à 16* 13“
- P. Q. le 15, à 20*56“
- Age de la Lune, le 1er mai, à 0* = 21J,1 ; le 10, à 0* = 0J,7. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 10.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mai : le 12 — _j_ 27° 3'; le 26 mai —27°2'. On remarquera la plus grande ou la plus faible hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon, à ces dates, lors de son passage au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la terre), le 10 mai, à 20*. Parallaxe =60'44". Distance = 361050 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 26 mai, à 8*. Parallaxe = 54'2". Distance =405 820 km.
- Lumière cendrée. — Observer la lumière cendrée de la Lune, remarquable vers le 11 mai.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 12 mai, occultation de 39 Gémeaux (gr. 6,2), de 22* 7“ à 22* 56”. — Occultation de 40 Gémeaux (gr. 6,3), de 22h 27“ à 23* 6”.
- Le 22 mai, occultation de 150 B. Balance (gr. 6,1), de 20h 38“ à 21* 50”.
- Le 27 mai, occultation de x Sagittaire (gr. 3,5), de 0h 49“ à 2h14”.
- Le 28 mai, occultation de A Sagittaire (gr. 4,9), de 0h26“ à lh 28”.
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0* à 24* à partir de minuit (0h). Pendant la période de mise en service de l’heure d’été, augmenter de 1 heure toutes les heures données.
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- Marée, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se
- produiront surtout du 8 au 12 mai, à l’époque de la Nou-
- velle Lune. Yoici, pour Brest, la liste de ces plus grandes
- marées :
- Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heure. Coefficient Heure. Coefficient
- Mai 8 3“ 5m 0,93 15* 25“ 0,97
- 9 3h 44“ 1,01 16h 4“ 1,03
- 10 4* 25“ 1,04 . 16*45“ 1,03
- — 11 5* 6“ 1,01 17* 29“ 0,97
- — 12 5h 52“ 0,92 18*15“ 0,86
- Le phé nomène du mascaret se produira à plusieurs
- reprises.
- Heures de l’arrivée à
- Dates. Coefficient. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Mai 9 1,01 S r-* | « 711 58“ 8* 7“
- — 9 1,03 19*39“ 20*16“ 20* 25“
- — 10 1,04 7h 58“ 8*35” 8*44“
- — 10 1,03 20h17“ 20* 54“ 21* 3“
- — 11 1,01 8h 38“ 9*15“ 9* 24“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1929, contient les principaux renseignements pour observer les plus importantes planètes pendant le mois de mai et pour les rechercher sur le ciel.
- Grand axe extérieur.............................. 40",81
- Petit axe extérieur.............................. 18",12
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................+26° 19'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26°41/
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux de
- lites de Saturne, lors de pour mai : ces élongations. En voici
- Dates. Élongation. Heure.
- Mai 7 Orientale. 17*,3
- — 15 Occidentale. 22*,0
- — 23 Orientale. 15*,0
- — 31 Occidentale. 19*,5
- Uranus, se dégageant des rayons solaires, reparaît à la fin de la nuit.
- Neptune, toujours visible le soir, se rapprochera de l’étoile Régulus (a Lion) jusqu’au 10 mai, où il sera stationnaire, pour s’éloigner ensuite de cette belle étoile. La carte donnée dans notre dernier « Bulletin astronomique » facilitera beaucoup sa recherche.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 6, à llh, Uranus en conjonc. avec la Lune, à 3° 12’ N. Le 7, à 7*, Yénus — la Lune, à 5° 39' N.
- Le 9, à 13*, Jupiter — la Lune, à 0° 55' S.
- Le 10, à 18*, Mercure — la Lune, à 0° 45' N
- ASTRE Dates : M\.I Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*). Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent Constellation et étoile voisine.
- 6 4* 25“ 11* 47" 11" 19* 11” 2* 52“ 16° 29' 31' 45"0 Bélier
- Soleil .... 16 4 10 11 46 52 19 25 3 31 + 19 3 31 40,8 T aureau
- ! 26 3 59 11 47 28 19 37 4 11 + 21 5 31 37,3 Taureau
- 6 5 3 13 3 21 2 4 4 + 23 4 6,4 Taureau
- Mercure. . . 16 5 6 13 18 21 30 5 0 + 25 5 8,0 Taureau
- 26 4 7 13 3 21 8 5 26 + 24 5 10,2 p Taureau
- 6 3 18 10 13 17 9 1 18 + 11 16 52,4 v) Poissons
- Vénus .... 16 2 52 9 37 16 22 1 20 + 9 9 45,2 Poissons
- 26 2 29 9 13 15 56 1 35 + 8 49 38,4 Poissons
- Mars. .... 6 8 53 16 50 0 47 7 54 + 22 41 5,6 p Gémeaux
- 16 8 44 16 33 0 23 8 17 + 21 26 5,2 v Cancer
- 26 8 36 16 17 23 58 8 40 + 20 0 5,0 v Cancer
- Jupiter. . . . 16 4 12 11 42 19 11 3 26 + 17 55 30,5 Taureau
- Saturne . . . 16 21 57 2 15 6 33 17 58 — 22 13 16,2 p. Sagittaire
- Uranus. . . . 16 2 36 8 54 lo 11 0 37 + 3 18 3,4 10 Baleine
- Neptune. . . 16 11 17 18 19 1 20 10 A + 12 31 2,4 a Lion
- i. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- VISIBILITÉ
- »
- Au crépuscule.
- A l’aurore, grand éclat le 21 mai.
- Au commencement de la soirée.
- Inobservable.
- Dès la fin de la soirée. A la fin de la nuit. Au début de la nuit.
- Mercure, favorablement situé, pourra être recherché le soir, sauf pendant les derniers jours du mois. Il atteindra sa plus grande élongation le 15 mai, à 21°50' E. du Soleil.
- Vénus reparaît à l’aurore, mais reste peu élevée au-dessus de l’horizon. Son plus grand éclat aura lieu le 21 mai.
- Mars est encore observable au commencement de la soirée.
- Jupiter sera en conjonction avec le Soleil le 14 mai. Il est donc invisible.
- Saturne se lève maintenant pendant la soirée. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 17 mai :
- Le 14, à 3*, Mars en conjonct. avec la Lune, à 3° 19' S.
- Le 16, à lh, Neptune — la Lune, à 4° 59' S.
- Le 21, à 3\ Mars — n Cancer, à 0° 2' N.
- Le 25, à 19*, Saturne — la Lune, à 4° 27' N.
- Eclipse totale de Soleil : le 9 mai. — Yoir la note spéciale parue en tête du présent article.
- Étoiles filantes. — Peu d’essaims importants sont actifs en mai. En voici deux, d’après la liste deM. W.-F. Denning, publiée dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes :
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-
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- 325
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Mai 1-2 326° — 2° a Yerseau.
- — 22 232° -j- 25° a Couronne.
- L’essaim des Aquarides, actif du l01 au 6, donne des météores rapides.
- Etoile Polaire. — Yoici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris.
- . Passage. Heure. Temps sidéral à 0“ (T. U.)
- 1er Inférieur 22h 48m 9" 14h 33“ 44*
- 11 — 22h 8“ 54* 15h 13“ 10“
- 21 — 21h 29“ 42' 15h 52“ 35“
- 31 — 20h 50” 31“ 16h 32” 1“
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le l°r mai, à 23V est représenté comme il suit :
- Au Zénith : La Grande Ourse; le Bouvier; la Couronne ; la Chevelure.
- Au Nord-Est : Le Dragon; la Lyre, le Cygne.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée; Persée. Au Nord-Ouest : Le Cocher; les Gémeaux.
- A l'Ouest : Le Cancer; le Lion; l’Hydre.
- Au Sud-Ouest : La Vierge; le Corbeau; la Coupe.
- Au Sud-Est : Le Serpent; Ophiuchus ; la Balance; le Scorpion.
- A l'Est : Hercule; l’Aigle.
- Em Touchet
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ÉCRITURE BLANCHE SUR LES NÉGATIFS PHOTOGRAPHIQUES
- La Revue française de Photographie signale, d’après le professeur Namias, un procédé qui permet de porter directement sur le négatif l’écriture retournée. On fait la solution suivante :
- Eau......................................100 cc.
- Ferricyanure rouge de potassium.......... 10 gr.
- Ammoniaque................................. 10 cc.
- Hyposulfile de soude.................._• 5 gr..
- On écrit avec cette solution sur un papier enduit de gélatine; on peut, par exemple, employer du papier au bromure ou du papier qui sert aux reports dans les procédés pigmentaires. Quand l’écriture est sèche, on la met en contact avec le négatif humecté, on les presse à la main et on maintient le contact de 5 à 10 minutes. Si l’on observe alors le négatif du côté du verre, on voit 1 écriture apparaître progressivement sur le négatif. Si elle n’est pas assez visible quand on a enlevé le papier, il faut plonger le.négatif 2 ou 3 minutes dans l’hyposulfite, le rincer et le laisser sécher.
- NETTOYAGE DES TABLEAUX
- Les tableaux anciens sont souvent si noircis qu’il est devenu impossible d’en voir les détails et de juger de leurs couleurs. Il en est de même parfois pour des tableaux modernes dont .le vernis a foncé, soit par oxydation, soit par condensation de bistre à sa surface.
- Le nettoyage en est délicat, car il faut enlever les couches de vernis altéré sans toucher à la peinture elle-même.
- Une bonne formule pour cette opération est la suivante :
- Alcool à 90° .... ....................25 cc.
- Essence de térébenthine................35 cc.
- Huile de vaseline..................... . 40 ce.
- On agite le flacon avant de s’en servir, puis on mouille avec le mélange un tampon de ouate qu’on passe doucement sur la peinture.
- Si l’on ne connaît pas la composition de celle-ci, il est prudent de commencer par un endroit de la toile tel que le fond ou un angle, où aucun détail n’apparaît, et de s’assurer que le tampon d’ouate n’enlève pas les pigments colorés.
- Y A-T-IL UN REMÈDE AUX TACHES D’URINE SUR LES VÊTEMENTS ?
- Dans la Boite aux lettres, du N° du 15 Août 1928, il est indiqué que l’ammoniaque permet souvent de faire revenir les couleurs des vêtements décolores par l’urine, mais que lorsque les taches sont larges ou dues à une action prolongée, il n’y a d’autre ressource que de remettre la pièce à la teinture; c’est le cas, en particulier, des pantalons des personnes atteintes d’affections urinaires. Nous croyons qu’en ce cas le mieux est d’agir préventivement, de rendre le tissu du pantalon insensible à l’action de l’urine en trempant le pantalon dans une solution de 30 gr de paraffine par litre d’essence minérale et le laissant sécher à l’air, en un mot en l’imperméabilisant par la méthode que le Dr G. H. Niewenglowski a fait présenter à l’Académie des sciences par le professeur Dastre durant la guerre. On peut laver (à froid) le pantalon pour enlever toute trace d’urine.
- COMMENT ON PEUT NETTOYER LES PINCEAUX
- Deux cas principaux peuvent se présenter suivant que le liquide employé pour la peinture était l’huile ou l’eau.
- Dans le premier cas, si le nettoyage suit de très près l’emploi du pinceau, il suffit pour enlever l’huile et les pigments en suspension de passer le pinceau dans l’essence de térébenthine ou le white spirit, cela à trois ou quatre reprises, en prenant chaque fois très peu de liquide neuf. Les produits de rinçage ne sont pas perdus, car mis de côté, ils peuvent servir à la préparation des peintures première couche dite d’impression. Malheureusement les non professionnels oublient trop souvent d’effectuer de suite ce rinçage, une fois le travail terminé, le pinceau reste en souffrance, exposé à l’air, il durcit et devient inutilisable. Cependant, il ne faut pas désespérer, car même après une année, on peut rendre ce pinceau comme neuf, en quelques minutes, si on le plonge entièrement dans la solution d’ammoniaque du commerce (alcali volatil), puis en le travaillant doucement dans le liquide pour séparer et assouplir les poils.
- S’il s’agit de couleurs à l’eau, un dégorgea ge immédiat dans l’eau tiède, en procédant comme nous l’avons dit par fractions successives, enlève rapidement la presque totalité de la matière colorante comme il s’agit le plus souvent aujourd’hui des couleurs dérivées de la houille, on pourra dans la plupart des cas si les poils restent teintés, obtenir une décoloration par passage en ammoniaque qui libère l’élément tinctorial à l’état de leucobase.
- Comme moyen plus énergique, quoique sans danger pour les soies, on pourra faire une immersion en solution plus ou moins concentrée d’hydrosulfite de soude, qu’il est facile de préparer en laissant immergés pendant quelques heures dans du bisulfite de soude des petits morceaux de zinc (vieilles gouttières). Terminer bien entendu par un bon rinçage à l’eau tiède.
- Enfin on peut utiliser la grande solubilité des couleurs dites d’aniline dans l’alcool, lequel sera le vulgaire alcool à briller ; tous les résidus de lavages réunis peuvent également trouver un réemploi soit pour la solution des vernis, soit comme combustible dans les réchauds.
- PRÉPARONS NOUS-MÊME UNE EXCELLENTE EAU DENTIFRICE
- Voici d’après Cerbelaud quels sont les produits, à employer pour réaliser un produit analogue à la véritable eau de Botot.
- Essence de cannelle de Ceylan............. 1 eme
- Essence de girofle Bourbon..............2 cinc
- Essence d'unis de Russie................3 — .
- Essence de badiane de Chine.............2 —
- Essence de menihe Milcham.............. . 10 —-
- Teinture de résine de myrrhe au 1/5°. , 20 —-
- Teinture de cochenille au l/10e.........60 —
- Bitartrate de potasse..................... 2 grammes
- Eau distillée de roses..................50 eme
- Alcool à 90°.................... . .Q. S. pour un litre.
- Faire dissoudre à chaud le bitartrate dans l’eau de roses et d’autre part, mélanger les essences et les teintures avec l’alcool ; réunir ensuite les deux solutions, filtrer au papier.
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- 26 ==-,, LA RADIOPHONIE PRATIQUE "
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- QUELQUES DISQUES POUR REPRODUCTION ÉLECTRIQUE
- Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé quel genre de disques ils devaient employer pour la reproduction électrique. Nous avons déjà noté, en général, qu’il fallait, de préférence, choisir des disques à aiguille enregistrés électriquement, et que les disques de soli, de chant, ou d’instrument à cordes, et les morceaux d’orchestre donnaient généralement les meilleurs résultats', plus que les duos ou les chœurs.
- Indiquons avec plus de précision, à titre d’exemple, quelques disques d’une des plus grandes marques actuelles, la marque Columbia, Soli de Violon : Menuet de Debussy et Tambourin Chinois de Kreisler, exécutés par Joseph Szigetti (N°L-2037); Chant sans paroles de Mendelsohn et Nocturne de Boulanger, exécutés par Yovanovicht Bratza (N° D-1574) ; Madrigal de Simonetti et Czardas de Monti, exécutés par Yvonne Curty -(N* D-19 041).
- Violoncelle : Nocturne en mi-bémol de Chopin et Mazurka de Papper, exécutés par Antoni Salla (N° 9158); Arioso de Bach et Adagio en ut mineur de Bach par le même artiste (N° 9103); Sérénade de F. Goyens et Berceuse de Jocelyn de B. Godard, exécutés par Adolphe Frézin (N°D-19 073); Largo de HandeleiDanse espagnole (N"5) deGranados (N°L-2046).
- Orgue : Fugue en Ré mineur de Bach et Toccata en Ré mineur de Bach (N° 9136). Le Cygne de Saint-Saëns et Salut d’amour d’Elgar (N° 4231).
- Chant : Toute la suite de l opéra de Carmen composée de 15 disques, par des artistes de l'Opéra-Comique et de l’Opéra et spécialement les soli de Mlle Raymonde Yisconti et de M. Georges Thill (D-14 222 à 14 236).
- Airde /.OifisedeCharpentier/parMme Nespoulous (D-14208); Air de Thaïs de Massenet, par la même artiste (D-14 207), et Prière de la Tosca de Puccini, par la même artiste (D-14 207); Chanson Triste de Duparc, par Mme Nespoulous (D-12 027); Les Vieilles de chez nous, par Lucien Fugère (D-13 043).
- Nous avons voulu signaler simplement ainsi à nos lecteurs des exemples de disques plus ou moins anciens qui donnent de bons résultats sur des appareils phonographiques à reproduction électrique. La Nature n’est évidemment pas une revue musicale, et il est possible de trouver maintenant des études critiques régulières sur les nouveaux disques dans des revues de musique mécanique spécialisées.
- LA RADIO-DIFFUSION SUR ONDES TRÈS COURTES
- Grâce à leur merveilleux pouvoir de propagation, les ondes très courtes sont spécialement désignées, on le sait, pour les émissions radiophoniques à grandes distances, d’autant plus que les émissions au-dessous de 50 mètres de longueur d’onde sont reçues avec une diminution extrêmement notable des parasites atmosphériques.-
- Les postes, destinés à la réception de ces émissions, sont peu complexes ; ils doivent être simplement établis en prenant certaines précautions de montage, et en choisissant soigneusement les organes de construction, en particulier les condensateurs. On sait enfin que les collecteurs d'ondes correspondants sont très faciles à réaliser, puisqu’ils sont formés, le plus souvent, d’un simple fil isolé de quelques mètres de longueur.
- La radio-diffusion sur ondes courtes est donc destinée à un
- très grand avenir, et le public des amateurs et des usagers qui s’intéressait peu à cette gamme de longueurs d’ondes, lorsque presque seules des transmissions radiotélégraphiques étaient effectuées, commence peu à peu à se passionner pour cette étude, puisqu’il a maintenant la possibilité de recevoir facilement et avec une excellente netteté des radio-concerts transmis des stalions les plus éloignées du globe.
- Il nous paraît donc utile à l’heure [actuelle d’indiquer à nouveau ci-dessous à nos lecteurs les principales émissions régulières sur ondes courtes, en nous référant, d’ailleurs, en partie, à notre confrère La T-S-F Moderne, qui fait autorité en la matière.
- Angleterre. — Les émissions de la station d’essai de Chelmsford 5 S W sur 24 mètres de longueur d’onde, qui sont facilement audibles dans les colonies anglaises, sont assez mal reçues en France, comme il arrive souvent pour les postes d’émission rapprochés. L’intensité diminue fortement au crépuscule et augmente ensuite dès la nuit venue.
- Le poste de M. Gerald Marcuse Caterham 2 N M sur 32 m. 50 transmet avec une excellente modulation.
- Allemagne. — Doberitz A F Iv sur 41 m. 45 est le poste sur ondes courtes actuellement le meilleur d’Allemagne.
- Autriche. — La station de Vienne émet régulièrement les mercredi, vendredi et dimanche, de 22 heures à 24 heures, sur 70 mètres de longueur d’onde.
- Belgique. — Le poste de Bruxelles 4 OU sur 43 m. 60 paraît très bon comme modulation et intensité.
- Etats-Unis. — Le meilleur poste pour les réceptions en France semble celui de Schenectady2 XAD sur 21 m. 96 qui est reçu les mercredi, vendredi et dimanche à partir de 18 heures.
- L’autre poste émetteur de Schenectady 2 X A F sur 31m. 40 est moins bon, et audible les lundi, mardi, jeudi et samedi à partir de 24 heures.
- Pittsburgh possède également deux stations d’émisssion, l’une Iv DIv A sur 62 m. 50 permet une réception intense, mais son émission est affectée d’un fading assez prononcé; l’autre 8 Iv Iv sur 26 m 50 est plus facilement audible avec moins de fading à partir de 23 heures.
- A New-York, la station 2 XAL (relais de WRN Y) transmet sur 30 m. 91 et son émission est bien entendue avec peu de fading dans le monde entier. Son horaire est le suivant :
- Lundi : 12 à 14 heures, 16 à 18 heures, 19 à 24 heures.
- Mardi : 12 à 14 heures, 16 à 18 heures, 24 à 5 heures.
- Mercredi : 12 à 14 heures, 16 à 19 heures, 19 à 2 heures.
- Jeudi : 12 à 14 heures, 16 à 18 heures.
- Vendredi : 12 à 14 heures, 16 à 18 heures, 19 à 4 heures.
- Samedi : 12 à 14 heures, 16 à 18 heures, 24 à 3 heures.
- Dimanche : 12 à 14 heures, 16 à 18 heures, 18h30 à 23h30.
- Le poste de Rocky-Point 2 X G émet des messages radio-téléphoniques transatlantiques à destination de Londres sur 16 m. 02 à partir de 18 heures.
- France. — La station d’essai Radio L L sur 61 mètres ne paraît pas très régulière. Agen, sur 30 m. 75 et Nogent F 8 AV sur 80 mètres seraient bien entendus à l’étranger. Sainte-Assise fait souvent des essais avec l’Indo-Chine sur une longueur d’onde voisine de 20 mètres.
- Hollande. — La plus célèbre peut-être des stations à ondes très courtes est celle d'Eindhoven de la Société Philips. Cette station qui a pour indicatif PCJJ transmet sur 31m. 40 et elle est entendue dans le monde entier. Son horaire est, d’ailleurs, le suivant :
- Mardi : 16 à 20 heures et 23 à 2 heures.
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- Jeudi : 16 à 20 heures et 23 à 0 heure.
- Vendedi : 0 à 3 heures et 18 à 20^heures.
- Samedi : 4 à 7 heures et 14 à 17 heures.
- Le nouveau poste de Kootwijk P C L L est destiné à réaliser des communications entre la Hollande et le poste de Ban-dœog à Malabar, il émet chaque mercredi sur 18 m. 40 à 13''30.
- Java. — La station de Bandoeng à Malabar A N H émet sur 17 mètres ; on peut l’entendre assez fortement, mais avec beaucoup de fading qui déforme souvent la musique.
- La liste des stations à ondes très courtes que nous venons d’indiquer est très réduite, puisque nous n’avons pas mentionné les postes suisses, italiens, finlandais, norvégiens, australiens, etc. Nous avons voulu seulement'noter les. stations les plus intéressantes facilement audibles en France.
- Remarquons encore pour terminer que les émissions au-dessus de 30 mètres de longueur d’onde sont beaucoup plus soumises au fadingque les émissions de la gamme 15-25 mètres, et qu’il n’est pas rare de recevoir avec plus d’intensité une émisssion très lointaine, américaine par exemple, qu une émission provenant d’un poste très rapproché. Cette particularité étonne généralement beaucoup au début les amateurs qui abordent l’étude de cette catégorie d’émissions.
- NOUVELLES BOITES D'ALIMENTATION DE POSTES RÉCEPTEURS SUR COURANT D'UN SECTEUR ALTERNATIF
- Le problème de l’alimentation des postes récepteurs par le courant alternatif d’un secteur est maintenant pratiquement résolu par différents procédés qui ont tous leurs avantages et leurs inconvénients particuliers.
- On peut classer ces procédés en deux catégories principales : les uns sont basés sur l’emploi de batteries d’accumulateurs conjuguées avec des chargeurs à faible débit à fonctionnement silencieux et automatique, les autres comportent des appareils d’alimentation directe redressant le courant du secteur et pourvus de filtres efficaces.
- Un constructeur français vient d’établir une'nouvelle boîte d’alimentation mixte, c’est-à-dire utilisant à la fois ces deux genres de dispositif (fig. 1).
- Le courant plaque du poste récepteur est fourniparune valve biplaque à vide débitant un courant de 10 à 30 milliampères, suivant le modèle choisi, en concordance avec le type du poste récepteur lui-même, sous une tension de 80 volts en général.
- Quant au courant de chauffage des filaments, il est fourni par une petite batterie d’accumulateurs ferro-nickel à électrolyte alcalin, dont on connaît les qualités mécaniques et électriques.
- Une batterie de ce genre est extrêmement robuste, ne peut se sulfater, et ne nécessite aucun entretien, si ce n’est la vérification du niveau de l’électrolyte tous les trois ou quatre mois. Cette batterie au ferro-nickel est chargée automatiquement par un redresseur sec sans électrolyte, du type dit Cuproxyde, qui ne compte aucune partie mobile, ni tube à vide, ni soupape, et forme un bloc compact complètement métallique. Ce dispositif fort intéressant sera, d’ailleurs, prochainement décrit dans La Nature avec plus de détails.
- Fig. I. — Cette nouvelle boite d'alimentation permet la recharge continue et automatique de la batterie de chauffage et fournit le courant plaque d’un poste récepteur à l’aide du courant alternatif redressé et filtré d’un secteur alternatif.
- Le redresseur de ce modèle Cuproxyde permet d’obtenir un courant de charge de la batterie de chauffage d’une intensité de 400 à 800 milliampères suivant les modèles, intensité bien suffisante pour l’alimentation des postes récepteurs les plus puissants, puisque la charge s’effectue continuellement lorsque le poste ne fonctionne pas,
- La disposition pratique de la boîte d’alimentation est très ingénieuse, comme le montre la figure 1. Une rangée de quatre bornes verticales (à droite) permet simplement la con* nexion de la boîte avec les lames correspondantes du poste récepteur et les lames de gauche.sont reliées à une prise de courant du secteur alternatif.
- Il n’y a aucune connexion à changer lorsqu’on veut charger la batterie de chauffage ou mettre en fonctionnement le poste récepteur; il suffit de manœuvrer le bouton du commutateur de droite, et de placer l’index sur une des positions « Ecoute », « Arrêt » ou « Charge », pour réaliser automatiquement la mise en marche du système redresseur pour tension-plaque, l’arrêt complet des deux redresseurs, ou la mise en marche du redresseur « Cuproxyde » pour la charge de la batterie de chaufffage.
- Dans les modèles ordinaires, on n’obtient qu’une seule tension de 80 volts pour le courant plaque, mais certains modèles sont établis pour fournir à volonté desAensions de 40 à 80 volts (type pour changeurs de fréquence) ou même de 40, 80 et 120 volts (type pour changeurs de fréquence à lampes de puissance sur étages basse fréquence).
- L’appareil semble donc intéressant à la fois par les résultats qu’il permet d’obtenir et par la simplicité extrême de sa manœuvre complètement automatique.
- Le même constructeur a réalisé une boîte d’alimentation, uniquement pour tension-plaque, à valve biplaque permettant d’obtenir également un courant redressé et filtré d’une intensité de 10 à 30 milliampères sous une tension de 40 à 120 volts suivant les modèles (fig. 2).
- Cet appareil simple, très bien étudié, fournit du courant parfaitement filtré; il sera très apprécié des amateurs et des usagers qui désirent supprimer leurs piles ou leurs accumulateurs de tension plaque, et les remplacer par une boîte | hd’alimentation.
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- Fig. 2. — Boite d’alimentation simple pour courant-plaque à valve de redressement biplaque.
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- Fig. 3 — Poste meuble superhétêrodyne dit « supersynchrodyne » Radio LL à grande puissance et réglage unique.
- LES APPLICATIONS DE LA RADIODIFFUSION DES IMAGES
- On peut se demander quelle sera la nature des premières radiodiffusions d’images commencées régulièrement en France et nous avons déjà donné quelques indications à ce sujet.
- La transmission des photographies d’actualité, en concordance avec la diffusion des nouvelles par radiophonie présente d’abord évidemment un intérêt certain, de même que la :transmission des cartes météorologiques, des cours de bourses, ete. Les photographies artistiques, par exemple les photographies des artistes qui jouent devant le microphone, des décors d’une pièce de théâtre radiodiffusée, des paysages, tableaux ou monuments décrits par un conférencier sont non moins agréables à recevoir.
- Enfin l’intérêt du système peut être très grand au point de vue didactique. Un cours quelconque de T. S. F. ou de dessin par exemple, ou même un cours de gymnastique prend une valeur bien plus grande lorsqu’il est accompagné de schémas explicatifs dont la réception sera désormais facile pour tout amateur ou usager de la T. S. F. possédant un poste quelconque auquel il pourra adapter un des modèles de récepteurs d’images qui seront bientôt vendus en France à des prix relativement fort modiques,
- UN POSTE SUPERHÉTÉRODYNE NOUVEAU MODÈLE A GRANDE PUISSANCE ET A RÉGLAGE UNIQUE
- Le principe du changement de fréquence est déjà connu depuis quelques années, mais la technique
- de son application aux postes d’amateurs se perfectionne encore chaque jour.
- Les postes superhétérodynes bien étudiés sont actuellement plus simples à régler parce qu’on a réussi à mettre au point des systèmes de commande automatiques; ils sont plus sensibles et plus sélectifs, grâce à l’emploi de bobinages bien adaptés, et de nouveaux modèles de lampes perfectionnées.
- Ils permettent, enfin, d’obtenir une audition plus intense et plus pure parce que les étages basse fréquence sont mieux étudiés et munis de lampes de puissance spéciale.
- On voit ainsi sur la figure 3 un poste meuble superhétérodyne à grande puissance, qui constitue un des appareils les plus sensibles et les plus puissants^de ce genre que l’on puisse réaliser à l’heure actuelle.
- Cet appareil est à commande unique et, comme le montre la photographie de la figure 4, le condensateur de modulation et le condensateur accordant le premier étage haute fréquence à résonance sont commandés par un même tambour que l’on manœuvre à l’aide d’un bouton moleté et d’un pignon d’angle.
- Un autre bout-on moleté placé sur la face antérieure du poste permet d’obtenir un décalage des stators, c’est-à-dire des lames fixes des condensateurs, suivant que l’on veut recevoir des émissions sur ondes moyennes, courtes, du relativement très courtes.
- Le premier étage haute fréquence à résonance est muni d’une lampe à grille-écran, dont on connaît les qualités amplificatrices remarquables, et les étages basse fréquence sont spécialement étudiés et munis de lampes de puissance.
- Le meuble contenant le poste contient également le padre de réception et les batteries d’alimentation qui peuvent être remplacées par une boîte d’alimentation sur courant alternatif.
- P. Hémardijsquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Nouvelles boîtes d'alimentation. Etablissements Ariane, 6, rue Fabre-d’Eglantine, Paris.
- Disques pour reproduction électrique Etablissements Gouesnon et Gie (marque Columbia), 94, rue d’Angoulême Paris.
- Poste superhétêrodyne à grande puissance. Etablissements Radio L. L., 5, rue du Cirque, Paris.
- Fig. 4. — Vue arrière du poste « supersynchrodyne » placé hors du meuble.
- On remarquera les 3 condensateurs d’accord de résonance et démodulation, commandés par un tambour unique et à droite la lampe haute fréquence
- à grille écran.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Monoplan léger de raid.
- Un curieux appareil léger vient d’être construit par les ateliers allemands Raab-Katzenstein. Cet appareil, le R.-K.-25, est un monoplan à aile surbaissée en porte-à-faux; il semble destiné au raid.
- L’aile est de profil trapézoïdal très arrondi aux extrémités. Elle est construite en bois, suivant un profil très épais, variable suivant l’envergure. Le recouvrement est en contreplaqué, et en toile de soie sur les extrémités et les ailerons (ceci dans un but de légèreté. L’emploi de la soie doit exiger un entretien délicat de la voilure, étant donné la perte rapide de sa résistance).
- Le fuselage est construit en tubes d’acier soudés à l’autogène. Il comporte deux postes placés en tandem, le poste arrière réservé au pilote (en raison de sa meilleure visibilité). Une arête longitudinale prolonge, sur le dos du fuselage, le carénage du moteur; elle protège la tête du pilote et du passager, l’empennage horizontal est classique, en porte-à-faux, à volets non compensés, l’empennage vertical ne comprend que le gouvernail de direction compensé (construction bois recouvert de soie).
- Le moteur employé sur le R.-K.-25 est un « Cirrus II » donnant 80 ch. à 2000 t/min. (moteur à 4 cylindres en ligne,
- r7J7777777777777777777777777777777Z777777777T77777777777
- Fig. 1. — L'avion Raab-Katzenstein « RK-25 ».
- à refroidissement par l’air). Ce moteur est complètement capoté ; la circulation d’air est assurée par des fenêtres avant et arrière. Le réservoir occupe la partie centrale du fuselage, entre le moteur et les habitacles ; il a une capacité de 300 litres et assure un rayon d’action d’environ 2400 kilomètres.
- Le train, classique, est à essieu et amortisseur à sandows. Les caractéristiques générales sont les suivantes :
- Envergure . . .................. 9 m. 30
- Longueur................. 6 m. 48
- Surface portante............ 13 mq.
- Poids vide . . ............... 295 kg.
- — en charge. . . . . . . 700 kg.
- Vitesse maxima. ... . . . 200 km-h.
- — déroute. ...... 185 km-h.
- Montée à 1000 m. . . . . . 6 min.
- Plafond. . . . .............. 3500 m.
- Il y a lieu de remarquer la grande légèreté de l’appareil, et aussi ses belles performances.
- L'Hydravion Géant Dornier Do. X.
- La presse technique parle depuis longtemps d’avions et d’hydravions géants. Peu de réalisations ont été essayées jusqu’ici. C’est à l’ingénieur allemand Dornier que revient
- l’honneur de construire la première cellule géante, le Do. X.
- Cette expérience est d’autant plus intéressante qu’elle est l’aboutissant d’une longue étude, ayant déjà produit des appareils de grande valeur : les Dornier Wal et Super Wal dé 900 ch. et 2000 ch.
- Le Do. X est un hydravion monoplan de 48 mètres d’enverguré, surface portante 468 m2, muni de douze moteurs Jupiter de 500 ch. Ces moteurs sont placés deux à deux en tandem, au-dessus de l’aile.
- La coque est longue de 40 mètres et porte deux nageoires assurant la stabilité transversale.
- Les poids prévus pour les différentes parties de l’ensemble sont les suivants :
- Voiture. . . . . . . . . . . . 7 475 kg
- Empennages..................... 728 —
- Coque............... . . . . 5 912 —
- Nageoires. .......... 1 323 —
- Complètement équipé, le poids du Do. X s’élèvera à 25000 kg; avec l’équipage et les 25000 kg de charge utile, le Do. X pèsera plus de 50 tonnes.
- La charge par mètre carré sera ainsi de près de 110 kg et la charge par cheval de 8,5 kg.
- La vitesse calculée est de 249 km-h, la vitesse de route de 185 km-h; le.rayon d’action prévu atteint 4 200 km.
- Ajoutons que la construction de l’hydravion est très avancée. Si l’on en juge par la valeur des précédentes conceptions de l’ingénieur Dornier, il est à prévoir que le Do. X fera date dans l’histoire du plus lourd que l’air.
- Moteur Armstrong-Siddeley « Léopard ».
- Le moteur « Léopard », construit par la maison anglaise Armstrong-Siddeley, est l’un des moteurs à refroidissement par l’air les plus puissants existant actuellement : il développe 710 ch à 1500 t-min et 770 ch à 1650 t-min. Son régime de fonctionnement est donc assez lent pour permettre d’actionner une hélice en prise directe.
- Le poids total du moteur est de 643 kg, son poids spécifique est donc de 0 kg, 905 ch, poids comparable à celui des moteurs rapides à réducteurs.
- L’avantage de sécurité du « Léopard » (pas de réducteur, régime lent) n’est donc compensé par aucune augmentation de poids sensible.
- Ce moteur comporte deux étoiles de chacune sept cylindres, placées l’une derrière l’autre, les cylindres étant en chicanes (solution actuelle du moteur à refroidissement par l’air puissant, n’augmentant pas le maitre-couple).
- Les cylindres sont en acier, les culasses en alliage léger portant des sièges de soupapes vissés à chaud. Chaque cylindre comporte quatre soupapes commandées par tiges et culbuteurs (ressorts à lames).
- Le vilebrequin, à deux manetons à 180°, est d’une seule pièce. Il est monté sur deux roulements à rouleaux. Les têtes de bielles maîtresses sont montées à coussinets régulés, les biellettes articulées sur les bielles maîtresses.
- Les caractéristiques du moteur Léopard sont les suivantes :
- Alésage..................152,5 mm.
- Course...................190,5 mm.
- Cylindrée. . ............. 48 1, 5.
- Compression volumétrique. . 6.
- Puissance à 1500 t-min. . . . 710 ch.
- _ _ 1650 770 ch.
- Poids.................... 643 kg.
- Consommation à 15t)0 t-min . 228 gr-ch.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Centrales électriques, par F. Drouin, 1 vol. 602 pages, 242 fig. J.-B. Baillière, éditeur, Paris, 1928. Prix : 85 fr.
- Ce volume est consacré aux usines électriques centrales à vapeur. L’auteur, qui possède en cette matière une compétence reposant sur de longues années de pratique, a exposé avec clarté, méthode et sobriété, l’ensemble des données utiles pour concevoir et réaliser une installation de ce genre, dotée des perfectionnements les plus modernes. Il étudie successivement chacun des postes essentiels d’une telle usine : d’abord l’eau, puis les combustibles et les chaudières, les moteurs thermiques, les dynamos et alternateurs, l’organisation de la distribution, enfin les règles d’exploitation.
- Les traversées et tentatives de traversées aériennes de l’Atlantique Nord en 1927 au point de vue météorologique, par MM. Ph. Wehrle et A. Viaut, 1 v. 236 p. 153 fig. Éditépar l’Office national météorologiqué.Paris,1928. L’année 1927 reste marquée dans les fastes de l’aviation par le succès des randonnées transatlantiques de Lindbergh, de Byrd, de Ghamberlin et Levine, de Brock et Schlee. À côté de ces quatre tentatives heureuses, toutes exécutées dans le sens Amérique-Europe, il faut inscrire un grand nombre d’échecs, dont plusieurs tragiques, comme celui de Nungesser et Coli. L’analyse des causes du succès, comme de celles des échecs, démontre que la situation météorologique a joué chaque fois un rôle essentiel. Cette constatation suffit à montrer l’intérêt de l’étude à laquelle se livrent, dans le présent travail, deux météorologistes distingués; pour chacun des raids de 1927, ils se sont appliqués à reconstituer exactement la situation météorologique sur la roule de l’avion. De cette série de cas concrets, étudiés à la lumière de nos connaissances générales actuelles sur la météorologie dynamique, les auteurs tirent des conclusions nettes et précises sur les propriétés météorologiques de diverses routes pouvant assurer la liaison aérienne entre Europe et Amérique. Chemin faisant, ils montrent comment sont assurées actuellement les prévisions météorologiques relatives à l’Atlantique, sur quel réseau d’observations elles reposent et dans quelle voie on peut les perfectionner. L’exposé du cas Nungessèr-Coli est un véritable plaidoyer en faveur de notre Office national qui fut à l’époque injustement attaqué, et presque rendu responsable de l’issue tragique du raid. On constate que les prévisions fournies par l’Office ont été remarquablement voisines de la réalité. La morale qui se dégage de ces intéressantes études est la nécessité de réaliser une liaison intime entre l’aviation aü long cours et la météorologie.
- Leçons sur la Chimie générale, par R. Dubrisat, 1 vol. 246 pages. Gauthier-Yillars éditeurs, Paris, 1928. Prix 45 fr. L’auteur a réuni dans ce volume un certain nombre de leçons qu’il professe à l’École des Ponts-et-Chaussées et à l’École d’application des Manufactures de l’État. Elles comportent, sous une forme condensée, l’exposé des doctrines générales de la chimie au point de vue de l’atomistique, et d.e la thermodynamique, de la mécanique chimique et de l’électrochimie. Une dernière partie est consacrée, aux actions de surface et à l’état colloïdal. L’auteur a choisi un grand nombre de ses exemples parmi les problèmes qui intéressent l’art de l’ingénieur : théorie de la combustion, constitution des alliages, réactions du haut fourneau, prise des ciments, etc.
- Die natürlichen Pflanzenfamilien, par Engler et Prantl. 2° édition, revue et augmentée, par A. Engler. Band YI, Eumycites, Basidiomy cetes. 1 vol. in-8, 290 p., 157 fig., 10 photographies. Wilhelm Engelmann, Leipzig, 1928. Prix : broché, 28 M. ; relié, 34 Marks.
- Le livre VI est consacré aux champignons, un des groupes végétaux les plus étudiés. Une première partie, rédigée par M. P. Die-tel, traite des Ustilaginées et des Urédinées, parmi lesquelles on rencontre les parasites de beaucoup de céréales et de plantes dont l’importance économique est considérable. Une seconde, rédigée par M. Killermann, est consacrée aux champignons à chapeau. Il est inutile de dire combien cette œuvre est remarquable à tous points de vue, par sa documentation, son illustration, la masse de documents qu’elle rassemble. Ce volume est indispensable à tous les mycologues.
- Creatine and Créatinine, par Andrew Hunter. 1 vol. in-8, 281 p. Monographs on Biochemistry. Longmans, Green and Co. London, 1928. Prix : cartonné toile, 14 sh.
- Aperçue par Chevreul, analysée par Liebig, la creatine est un constituant des muscles qui, par perte d’eau, donne la créatinine. Leurs compositions chimiques les rapprochent du glycocolle et de divers autres acides aminés de grande importance physiologique. La créatine se trouve en très petites quantités dans beaucoup d’autres tissus que les muscles et apparaît dans les urines durant la croissance, le jeûne, le goitre, etc.. D’où vient-elle? où
- se produit-elle? à partir de quels autres corps? telles sont les questions pleines d’intérêt, mais encore sans réponses définitives, malgré un très grand nombre de recherches que l’auteur expose et examine dans cette monographie très complète. Elle ajoute un livre, un chaînon de plus à la série déjà longue des excellentes mises au point de biochimie de la collection publiée par MM. Plimmer et Hopkins.
- Précis de physico-chimie biologique et médicale,
- par André Dognon. 1 vol. in-12, 310 p., 63 fig. Collection de
- précis médicaux. Masson et Cie, Paris 1929. Prix : broché,
- 30 fr. ; cartonné toile, 36 fr.
- Ce livre, le premier précis de physico-chimie qui prenne place dans une collection médicale, marque une date et souligne un progrès. Depuis le début de ce siècle, et surtout depuis quelques années, la physique et la chimie classiques, considérées séparément jusque-là, se sont de plus en plus pénétrées. Aux réactions brutales, totales, irréversibles, on substitue de plus en plus, surtout en matière de solutions et de colloïdes, la notion de réactions limitées, d’équilibres fragiles, sensibles aux moindres influences. Et cette finesse rend compte d’une multitude de phénomènes biologiques qu’on ne savait jusqu’ici aborder. Nulle part plus qu’en physiologie et en médecine, la chimie physique est un guide précieux; il était temps de l’introduire dans l’enseignement. Ce livre y pourvoira. Bien mis au point au cours de leçons professées à la Faculté de Médecine de Paris, il contient juste et tout le nécessaire. L’auteur explique l’état de l’eau et des solutions, selon les récentes conceptions; puis il passe en revue la pression osmotique et la diffusion, causes des échanges des cellules ; l’ionisation, sa mesure, et particulièrement celle de la concentration en ions hydrogène, exprimées parle pH sont clairement exposées. La tension superficielle, i’adsorption, la viscosité, les propriétés spéciales des colloïdes, les phénomènes qu’on connaît dans les membranes forment un ensemble tout à fait à jour et riche de conséquences nombreuses tant en science pure qu’en applications, capable de modifier beaucoup de conceptions sur les maladies et leurs traitements.
- Vie et reproduction. Notions actuelles sur les problèmes généraux de la biologie animale, par
- Max Aron. 1 vol. in. 8, 366 p., 190 fig. Masson et Cie, Paris,
- 1929. Prix : 38 fr.
- Sous le titre général d’ « Initiation biologique », les lecteurs de La Nature ont pu suivre l’exposé magistral du professeur de la Faculté de Médecine de Strasbourg sur l’état actuel des grands problèmes biologiques et ils ont remarqué l’intérêt et l’agrément de ces études, fort simplement et clairement présentées, mais sans cette banalité imprécise qu’on trouve trop souvent dans les ouvrages de vulgarisation. Au contraire, on sent, derrière chaque mot, une précision de technicien avei’ti, qui a seulement dépouillé l’hermétisme trop cher aux spécialistes et a su choisir les seuls faits probants et parlants. Ce livre reprend les articles de La Nature, il les complète, les coordonne par quelques chapitres inédits et en fait une « initiation » parfaitement réussie. Elle sera lue avec joie et profit par tous : biologistes, médecins, jeunes gens cherchant leur orientation, amateurs et curieux des grands mystères delà vie.
- L’ouvrage est divisé en trois parties. La première comprend l’étude descriptive de la cellule, celle de la physiologie cellulaire, avec les tactismes et les tropismes, celle de la multiplication cellulaire, dont procèdent les phénomènes de la croissance, de la régénération et du partage de la matière hétérogène de l’œuf dans les divers éléments qui constituent l’organisme. Dans la seconde, M. Aron met le lecteur en présence des cellules différenciées, envisage sommairement leurs particularités morphologiques, et suit leur agencement en tissus et en organes. Il montre que les facteurs qui assurent leurs corrélations fonctionnelles sont de natuie nutritive, nerveuse, hormonique, et c’est avec intérêt qu'on cherchera avec lui les conditions qui maintiennent en équilibre harmonieux le travail spécialisé des divers constituants de l’état cel-lullaire. La troisième partie comporte des questions très générales, qui sont particulièrement accessibles aux études de morphologie expérimentale, et qui ont bénéficié au cours de ces dernières années de progrès remarquables. Il s’agit de la reproduction et de la pérennité des organismes. On verra dans cette partie l’origine et l’évolution des cellules sexuelles ou « gonocytes », les phénomènes de la fécondation, et les résultats des délicates expériences entreprises pour découvrir les causes de l’activation de l’œuf. On lira avec intérêt les chapitres consacrés aux questiohs du déterminisme du sexe et du déterminisme des caractères sexuels, et celui où est clairement exposé le difficile problème de la transmission des caractères héréditaires, problème qui domine tous les autres et qui représente maintenant une discipline autonome, laquelle tend de plus en plus à déborder le cadre de la biologie, et même à devenir une science économique et sociale.
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- PETITES INVENTIONS
- CONSTRUCTIONS
- La menuiserie métallique.
- La faveur du public va de plus en plus aux portes, croisées, châssis, baies, etc., en menuiserie métallique.
- Beaucoup plus élégants, parce que plus fins que les ouvrages en bois, ils sont de plus incorruptibles, insensibles aux agents extérieurs , et ne peuvent être attaqués par les insectes.
- Dans les régions où vivent les termites, les menuiseries métalliques peuvent seules être utilisées.
- Leur usage cesse d’être un luxe pour devenir une nécessité.
- La conception la plus simpliste a été tout abord d’employer des fers profilés assemblés, mais les ouvrages ainsi obtenus étaient lourds et inesthétiques.
- Une entreprise industrielle de Grenoble ( Isère ) a fait une heureuse innovation en remplaçant les profilés pleins Fig.l. — Coupe verticale d'un châssis par des tubes en acier de fenêtre en menuiserie métallique. dont la section est appropriée à l’usage auquel ils sont destinés (fig. 1). Ainsi que l’on peut s’en rendre compte, leurs formes extérieures se rapprochant de celles de la menuiserie de bois permettent d’obtenir des fermetures parfaitement hermétiques et gracieusement moulurées.
- Les divers éléments constitutifs d’un ouvrage sont assemblés entre eux par soudure autogène, la fabrication des tubes en profilés creux est remarquablement ingénieuse, elle est
- Montent* honuontdü* en tube.5 d’acier*
- WM////
- Cadre fixe
- Baguettes à vitres
- • Montante au mÏÏteu de la croisée en tubes d'acier
- I Montant de côté de la croises en tube d acier
- Fig. 2. — Coupe horizontale du même châssis.
- •obtenue au moyen d’un outillage nouveau tout spécialement imaginé dans ce but et mis au point après de laborieuses recherches.
- Une étude approfondie de ces opérations dépasserait les bornes de cet article, nous nous bornerons à indiquer que
- chaque tube est formé de deux coquilles fixées l’une à l’autre par agrafage.
- Les deux coquilles sont moulurées par emboutissage d’une bande de feuillard d’acier ; cette délicate opération est réalisée aisément grâce à des outillages perfectionnés qui amènent le métal à la forme désirée sans occasionner de criquage ou d’écrouissage. Ce travail s’accomplit complètement à froid.
- Le sertissage des agrafes réunissant les coquilles se fait sur une machine spéciale brevetée et dont le fonctionnement simple donne les meilleurs résultats.
- Constructeur : la Menuiserie Métallique du Sud-Est, 15, rue Taillefer, Grenoble.
- PHOTOGRAPHIE
- Appareil pour projections automatiques.
- Il est intéressant de pouvoir assurer le fonctionnement automatique d’un appareil de projections publicitaires, qui doivent se reproduire constamment dans le même ordre et sans arrêt.
- Les vues à projeter sont fixées dans un cadre et constituent chacune un maillon d’une chaîne sans fin.
- Cette chaîne est entraînée par un tambour et les vues à projeter sont amenées successivement dans le champ de l’appareil projecteur.
- Le tambour polygonal est entraîné par un petit moteur électrique au moyen d’une bielle et d’un disque, de manière que la chaîne avance d’un maillon à la fois.
- A ce moment, la
- plaque s'arrête pendant un instant, durant lequel la projection reste fixe. En réglant l’appareil on fixe à volonté la durée de chaque projection.
- Ce fonctionnement est celui de l’automatisme absolu, de sorte qu'aucun opérateur n’a besoin d’intervenir pour manœuvrer l’appareil. C’est l’utilisation du projecteur pour publicité lumineuse. La chaîne sans fin peut naturellement être modifiée à volonté puisqu’il est facile de remplacer les maillons, d’en supprimer ou d’en ajouter, comme s’il s’agissait d’une chaîne ordinaire.
- Un autre emploi de l’appareil est celui de projections concordant avec une conférence. Dans ce cas, le mouvement du moteur électrique est déclenché par l’envoi d'un courant au moyen d’un interrupteur de sonnerie (ou d’une poire électrique), mis à la disposition du conférencier. Celui-ci peut donc se trouver à grande dislance de l’appareil projecteur. La mise en marche du moteur et son arrêt sont commandés
- Fig. 3.
- Appareil pour projections automatiques.
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- par l’interrupteur; le conférencier peut alors assurer lui-même et tout seul, chaque fois qu’il le juge à propos, la
- manoeuvre de la lanterne.
- Ce dispositif, ingénieusement conçu, basé sur un principe très simple, peut rendre de grands services à tous ceux qui désirent illustrer leur conférence avec des projections et qui n’ont pas toujours à leur disposition un opérateur intelligent ou attentif.
- Constructeur : Mazo, à Paris.
- ART MÉNAGER
- Chauffe-eau électrique.
- Dans les appareils de chauffage qui permettent d’obtenir l’eau chaude presque instantanément, on se sert généralement de la chaleur dégagée par un fil résistant dans lequel passe un courant électrique. Il n’y a aucune communication entre ces fils et l’eau.
- Ce système est appliqué dans les bouilloires, ou le fil résistant est disposé dans la paroi de l’appareil.
- Quant aux plongeurs formés d’une sorte de bâtonnet, ils ont également [à l’intérieur de ces derniers un fil résistant.
- Il y a donc un intermédiaire entre la partie productrice de chaleur et l’eau qui doit l’utiliser. De plus, le fil résistant soumis à des alternances de chauffage et de refroidissement généralement rapides peut se détériorer après un temps de service réduit.
- Unv inventeur a imaginé de supprimer tout intermédiaire et d’appliquer, somme toute, au chauffe-eau, le principe des chaudières électriques, dans lesquelles la résistance qui s'échauffe sous lé passage du courant n’est autre que l’eau elle-même.
- L’appareil est constitué par un tube qui est en verre à la partie inférieure, puis ensuite en métal. Il est enfoncé dans un bouchon, de sorte qu’on peut placer ce tube sur un flacon ou une bouteille quelconques. A la partie supérieure, il comporté un tube de départ pour l’écoulement de l’eau chauffée.
- Ce tube est en verre spécial insensible aux variations brusques de température.
- Dans l’axe du lube est une électrode centrale, maintenue dans sa position par une série de perles de verre, qui sont enfilées sur l’électrode et qui évitent un contact entre le fil central et le tube.
- Celui-ci, par sa partie métallique, constitue la deuxième électrode.
- Entre les perles de verre se trouvent des spires métalliques ; chacune est ainsi placée dans une sorte de petite chambre de chauffe, ce qui favorise le brassage de l’eau qui doit passer d’une chambre à l’autre et par suite rend plus rapide réchauffement du liquide.
- Fig. 4. — Coupe du chauffe-eau électrique.
- Pour forcer l’eau à s’élever dans le tube et finalement à se déverser, par la dérivation de la partie supérieure, on agit par pression d’air sur la surface libre du liquide du récipient, en insufflant au moyen d’une poire en caoutchouc.
- La soufflerie est montée sur un deuxième tube parallèle au premier et passant dans le même bouchon. Dans le cas où l’on peut avoir un flacon spécial à deux tubulures, le tube donnant la pression est fixé séparément sur un bouchon particulier.
- Lorsqu’on branche l’appareil sur du courant à 110 volts, le courant passe d'une électrode à l’autre en échauffant l’eau placée entre elles, qui offre une certaine résistance. Bien entendu, plus la vitesse de l’eau qui passe est grande et moins l’eau qui s’écoule sera chaude. On peut donc régler la vitesse de l’eau suivant le degré de l’eau chaude que l’on désire obtenir.
- La consommation du courant est pour les spires de 2 cm de longueur, 1 amp. sur 110 volts avec l’eau de source de Paris.
- Un appareil de 3 spires a une consommation qui atteint 3 amp. pour un débit assez abondant. Le chauffage est instantané, puisqu’il commence aussitôt que le courant est établi; cet établissement du courant part du moment où l’eau circule entre les deux électrodes. Aussitôt qu’on cesse d’exercer une pression sur le liquide, l’eau retombe et le courant est interrompu.
- Par conséquent, il n’y a pas d’interrupteurs à manœuvrer : c’est la circulation de l’eau qui établit le courant et son arrêt qui ouvre le circuil.
- Les pièces métalliques sont prévues en alliage spécial, de façon à ne pas se détériorer sous les effets d’électrolyse qui se produisent fatalement.
- Ils ne sont d’ailleurs pas gênants ; étant donnée la circulation de l’eau, les quelques bulles qui peuvent se dégager s’évacuent d’elles-mêmes quand l’eau arrive à la partie supérieure.
- L’oxygène produit d’ailleurs une certaine stérilisation de l’eau, concurremment avec la chaleur.
- Si les eaux sont très calcaires, des sels de chaux peuvent à la longue se déposer sur le fil intérieur et au bout d’un certain temps empêcher l’arrivée du courant. Le remède est facile, il suffit d’attaquer le dépôt par de l’acide chlorhydrique très dilué, ce qui remet complètement à neuf l’électrode centrale.
- Inventeur : Marcou, 38, .Avenue de Paris, Versailles.
- Fig. 5.
- Le chauffe-eau électrique et son emploi.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Fers déployés : Bâter Expanded Steil Fruss C°. East Chicago lord (Etats-Unis).
- Détruisons les punaises.
- D’après les recherches de MM. Gabriel Bertrand, Brocq-R.ousseu et Dassonville, la destruction des punaises peut être obtenue facilement par la chloropicrine employée à la dose de 5 à 6 grammes par mètre cube du local envahi par ces bestioles.
- Le moyen le plus simple est de vaporiser dans la pièce bien close, au moyen d’un pulvérisateur, une dissolution à 10 pour 100 de chloropicrine dans l’alcool à brûler, l’opérateur étant placé au dehors et les vapeurs pénétrant dans le local par une ouverture ménagée à cet effet, par exemple dans une porte.
- On laisse l’action se produire de préférence pendant vingt-quatre heures, bien que l’effet soit très rapide, puis on aère largement avant d'occuper à nouveau la pièce.
- La chloropicrine agit également sur les œufs des insectes en pénétrant par endosmose, toutefois on peut craindre que certains sous cette forme n’échappent à une seule opération. Pour toute certitude, comme la duiée d’incubation est d’une huitaine, on répétera le traitement quinze jours après le premier, ainsi on assurera la destruction des générations nouvelles, au moment où elles présentent le minimum de résistance.
- M. Bonnichon, a Saint-Piebre-le-Moutier.
- N. BLa chloropicrine en solution alcoolique peut également être utilisée pour la destruction par pubéiisalion surplace des parasites, par exemple vieux bois de lits, papiers de, tentures, etc., mais ,il est évident que le traitement d’ensemble du local est à préférer.
- Le reverdissage des légumes est-il possible sans sels de cuivre ?
- Les sels de cuivre dont l’emploi est toléré à faibles doses pour le reverdissage des légumes, pois, haricolsq etc., ne sont pas indispensables pour cet usage et l’on peut avantageusement, mais avec dépense plus élevée, leur substituer un produit naturel, la chlorophylle, partie verte des plantes, que le procédé de Guille-mare et Lecourt permet d’obtenir aisément.
- Cette préparation se fait industriellement en prenant des épinards ou autres feuilles très vertes, que l’on traite par une lessive faible de soude caustique; on filtre à la toile et précipite la dissolution par l’alun qui forme avec la chlorophylle, ainsi que la plupart des couleurs végétales, une laque qui se sépare et qu’on lave à plusieurs reprises par décantation de manière à enlever tout le sulfate de sodium qui résulte de la réaction.
- On remet alors la laque en suspension et on la traite par le phosphate de sodium en excès qui la décompose en chlorophylle pure et phosphate d’aluminium. C’est cette dernière solution qui est filtrée et employée pour reverdir les légumes par simple addition.
- Dans les bassines de blanchiment, il se forme entre la chlorophylle et les tissus végétaux une combinaison stable qui résiste à toutes les actions ultérieures ; la couleur est d’autant plus foncée que la durée du contact est plus grande.
- Société d’entreprises coloniales, a Marseille.
- Un isolant économique et efficace.
- Le moyen le plus pratique pour protéger contre la chaleur, le froid et le [bruit est la sciure de bois, mise dans l’entrevous des planchers (ou des cloisons, mais il faut que cette sciure soit parfaitement sèche, c’est-à-dire que l’on ne doit pas se servir de la sciure telle qu’elle provient du sciage de bois encore vert; il convient de l’exposer préalablement au soleil, en la pelletant à plusieurs reprises, après y avoir ajouté deux à trois cents grammes de sulfate de cuivre pulvérisé du commerce (vitriol bleu) par 100 kg afin d’éviter ultérieurement toute fermentation dans la masse et installation de rongeurs.
- Bien entendu, on prendra toutes précautions pour que cetle sciure ne soit pas à proximité des coffres de cheminées, c’est-à-dire que des hourdis en plâtre de dimensions suffisantes seront effectués autour de ceux-ci pour empêcher qu’éventuellement
- aucune fissure ne puisse permettre à une flammèche d’enflammer la sciure. M. Grobey, a Troyes.
- Préparons nous-mêmes nos crèmes pour le visage.
- Les crèmes pour le visage, que l’on trouve actuellement si répandues dans le commerce, appartiennent à deux catégories principales : les crèmes aux stéarates et les glycérolés. Voici, pour les premières de quelle façon on peut les préparer économiquement :
- Prendre : Acide stéarique pur............ 60 grammes
- Lessive de soude caustique à 36° B. 12 —
- Eau distillée de roses......... 250 —
- Glycérine neutre............... . 180 —
- Faire fondre au bain-jmarie l’acide stéarique, puis ajouter la lessive de soude, laisser quelques minutes en contact, verser ensuite la glycérine et l’eau de roses, abandonner au repos jusqu’à solidification.
- Chauffer à nouveau, jusqu’à consistance pâteuse, puis laisser refroidir en remuant constamment pour donner à la crème l’aspect et la consistance voulus. Ce second chauffage ainsi que le battage sont indispensables à une bonne réussite, et obtenir ainsi une crème parfaite donnant une grande adhérence à la poudre de riz appliquée ultérieurement.
- N. B. Si on considère que l’acide stéarique pratiquement pur est la matière constitutive des bougies, on voit que la préparation de cette crème est bien réellement économique. Quant au parfum additionnel il est laissé aux choix de chacun, mais peut, à titre d’exemple, être constitué par :
- Héliotropine cristallisée...............2 grammes
- ' Glycérine.............................2 —
- Musc artificiel.........................1 —
- Broyer au mortier, ajouter à la masse lors de la deuxième liquéfaction. M. Hainault, a Paris.
- Comment se colorent les poudres de riz.
- Il est aujourd’hui de lègle d’adapter la poudie de riz que l’on emploie aux caractéristiques de la peau, c’est-à-dire que les élégantes opèrent des mélanges savants pour constituer la poudre qui leur est personnelle : certains parfumeurs en profitent pour mettre à la disposition de leurs clientes un assortiment de différentes teintes, ce qui naturellement augmente la quantité vendue.
- On peut beaucoup plus facilement réaliser ces essais préliminaires en parlant d’une poudre de riz blanche que l’on teintera plus ou moins avec les colorants suivants :
- Pour les roses, le carmin ou la laque carminée, l’éosine ou l’éosinate de potasse, qui sont meilleur marché que le carmin tout en donnant des résultats identiques ;
- Pour les bistres type Rachel, les ocres telles que nous les fournit la nature, ocre jaune, ocre brune, terre de Sienne naturelle, cette dernière particulièrement employée, et aussi des poudres organiques torréfiées à point, poudre d’iris, poudre d’amidon brûlées.
- Quant aux teintes étranges, le vert, l’orangé, le violet, on les obtiendra au moyen des couleurs dérivées de la houille, dont la profusion ne donne à l’intéressé que l’embarras du choix.
- M. Hainault, a Paris.
- Un champ de culture sur une feuille de papier.
- Si on abandonne, pendant un certain temps, dans une pièce humide et tiède, soit des livres, soit des gravures, on voit bientôt apparaître, à la surface, des taches de couleurs diverses qui ont pour cause le développement de champignons inférieurs.
- En examinant chaque tache avec un fort grossissement, on voit qu’elle se compose de deux parties, un noyau central, assez foncé en général, constitué par un mycélium (partie végétative des champignons, née des spores et produisant les fructifications) et une zone périphérique aux contours plus ou moins arrondis, plus claire, colorée par les sécrétions du champignon et visible le plus souvent sur les deux faces de la feuille de papier, par suite de la diffusion de la matière colorante.
- La flore cryptogamique qui se développe sur le papier est extrêmement riche ; cependant dans les conditions habituelles, on ne
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- rencontre généralement qu’une vingtaine de types dont les plus répandus sont : le Chaelomium b ostrychodes coloré en vert foncé, Y Acrostalagmus aux teintes ocrées, ainsi que le Spicaria elegans brun clair ou marron, les différentes variétés de Fusa-riurn dont la sécrétion d’abord rouge cerise passe finalement au lie de vin, Y Aspergillus sulphureus au jaune piqueté de marron, etc.
- Pour faire disparaître les maculatures ainsi produites par ces indésirables cryptogames, on peut employer les hypochlorites, mais le mieux est de se servir d’eau oxygénée en opérant ainsi :
- La feuille de papier tachée par les exsudations est mise à tremper cc au large » dans une cuvette sous un courant d’eau pour la débarrasser le pLus possible du mycélium et des spores qui s’y sont développés, on glisse par-dessous une feuille de verre pour la relever, puis, après égouttage, on verse à la surface un mélange à parties égales d’eau oxygénée et d’eau ordinaire, le tout additionné de quelques gouttes d’ammoniaque (alcali volatil) pour rendre alcalin.
- On entretient ainsi la feuille humide par des apports successifs de liquide, jusqu’à obtention d’un blanc parfait, on rince alors à fond sous un robinet, la feuille étant toujours sur son support.
- Pour terminer, on essore entre deux feuilles de papier à filtrer blanc, et laisse sécher sous pression.
- M. Chasseriaux, a Foix.
- Une distraction utile, un passe-temps agréable : les Cartes en relief.
- Lorsque nos occupations nous fixent dans une région pour un temps un peu prolongé, nous prenons un grand intérêt à la configuration des localités que nous avons rencontrées au cours de nos excursions et c’est souvent avec plaisir que nous voudrions fixer d’une façon durable l’aspect général d’une commune, d’un canton, voire même d’un département.
- Une carte simple, telle que nous la trouvons en librairie, même si elle est en couleurs, n’est pas suffisante pour nous satisfaire, seule la réalité parlera à nos yeux par la carte en relief, qu’il nous sera facile d’établir avec un peu de soins et d’attention.
- Tout d’abord, on se procurera deux cartes semblables en feuilles, à l’échelle choisie, par exemple au 1/20. 000e, présentant nettement les courbes de niveaux, l’une de ces cartes sera collée à la colle forte sur une planchette en bois, l’autre servira d’indicateur pour relever les courbes correspondantes aux coupes horizontales du terrain, on se servira pour cela de papier à calquer.
- Le décalque de chaque courbe sera transporté comme un dessin de broderie, au moyen de papier bleu dit chimique, sur un carton dont l’épaisseur aura été choisie en rapport des attitudes considérées et de l’échelle de la carte.
- On découpe successivement chacune des figures représentées par les courbes de niveau et on les colle sur la carte de la planchette avec de la colle forte.
- Pour faciliter le repérage, en commençant le travail pour un monticule, on tracera à l’intérieur des courbes deux points repères, qui figureront sur chaque courbe reproduite en carton, ces deux points seront percés de trous dans lesquels on enfilera deux aiguilles placées verticalement dans la planchette de bois, aux mêmes points correspondants du plan directeur; une fois la dernière courbe placée, on enlèvera les aiguilles, pour les fixer à un autre endroit et ainsi de suite.
- N. B. La consommation de papier à calquer peut être très réduite en suivant l’ordre, c’est-à-dire en commençant par la courbe de niveau la plus étendue, correspondant à la plus faible altitude, les autres courbes s’inscriront forcément à l’intérieur de la première sans qu’il soit nécessaire de reprendre un nouveau papier à calquer.
- Après avoir ainsi découpé et collé successivement les cartons, comme il vient d’être indiqué, ce qui avec un peu d’habitude va beaucoup plus vite qu’on ne pourrait le supposer, on obtient une réalisation en rèlief, sous forme de marches d’escalier ; pour les faire disparaître, on badigeonnera la surface au moyen d’un pinceau, avec une bouillië semi-fluide de plâtre à modeler, gâché avec une colle forte très claire, composition de la nature du stuc qui présenté une grande solidité, en même temps que la surface acquiert un bel aspect.
- Si on veut donner à la représentation en relief un aspect encore plus « vivant », on pourra appliquer toutes couleurs à l’eau délayées
- également dans une solution tiède gélatinée, ce qui figurera les bois, les cours d’eau, etc. En ce qui concerne les inscriptions, il sera préférable de les faire séparément sur étiquettes à l’encre de Chine, puis de coller celles-ci aux endroits voulus plutôt que de chercher à écrire sur le plan.
- Ecole Normale de Savenat.
- Que sont les vers de vinaigre?
- Les vers de vinaigre ou Anguillules (Anguillula oxophila) sont des Nématodes ayant un à deux millimètres de long que l’on observe facilement en se servant d’une forte loupe, on peut même distinguer les mâles qui portent à l’extrémité du corps deux petits spiculés égaux des femelles qui se terminent en pointe très effilée.
- On sait que l’acétification, c’est-à-dire la transformation de l’alcool du vin, de la bière et en général des liquides alcooliques, est produite par un micro-organisme, le Mycoderma aceti, vivant à la surface du liquide sous forme de chapeau membraneux désigné couramment sous le terme de mère à vinaigre.
- Or les Anguillules, comme tous les êtres vivants, ont besoin d’oxygène, la croûte de Mycoderma constitue un obstacle à leur respiration, aussi cherchent-ils à la briser au grand détriment de lajnarche régulière de l’acétification; leur dernière ressource est de s’installer sur le chapeau et on peut alors sentir au toucher leur masse gluante, ce qui prouve que la mère de vinaigre s’est installée définitivement et poursuit son travail.
- D’après ce que nous venons de dire, il est de toute nécessité d’éviter le plus possible l’invasion des Anguillules en tenant parfaitement propres tous les récipients destinés à contenir le vin à acétifier, les liquides mis en oeuvre seront soigneusement filtrés, ou collés à la colle de poisson pour précipiter les Anguillules qu’ils contiennent, on lavera les locaux souvent et on les badigeonnera à la chaux sous forme de lait épais.
- L’absorption des Anguillules est sans danger pour l’économie, mais il est peu agréable de les consommer, lorsqu’on en connaît la présence, aussi est-il préférable de n’employer que des vinaigres limpides.
- M. VlTTECOQ A ElBEUF.
- En quoi consiste le procédé Ozofer.
- Le procédé Ozofer permet de transformer une couche de gélatine en planche phototypique par simple application d’un « bleu » non développé.
- En effet, le papier dit au ferro-prussiate, après exposition à la lumière, contient deux sortes de sel de fer : ceux qui réduits par la lumière n’agissent pas sur la gélatine, et ceux qui, protégés par les opacités du phototype, sont restés dans leur état primitif, ces dernier sont la propriété de rendre la gélatine imperméable.
- Il s’ensuit que cette gélatine mouillée pourra être encrée comme une photo-collographie.
- Ce procédé a été particulièrement étudié par M. Et. Claude qui conseille d’opérer ainsi :
- Pour préparer la couche de gélatine, on prend :
- A. Eau distillée .................. 800 cent, cubes
- Gélatine blanche............... 200 grammes
- On laisse la gélatine se gonfler dans l’eau froide pendant environ une nuit, puis le lendemain on la liquéfie au bain-marie et on y ajoute la solution :
- B. Eau distillée . .............. 200 cent, cubes
- Sulfate de fer..................10 grammes
- Après mélange intime, on coule sur une plaque de zinc. Dès que la couche est refroidie et ne colle plus au toucher, on y applique l’épreuve au prussiate, celle-ci doit être employée telle qu’elle sort du châssis-presse sans avoir subi aucun lavage, l’application s’effectue simplement à la main, on peut s’aider d’un rouleau de caoutchouc, mais il faut le passer légèrement et rapidement.
- L’épreuve au prussiate ne doit pas séjourner sur la pâte, il faut l’enlever aussitôt appliquée.
- Pour obtenir des reproductions indélébiles, il suffit de passer sur la pâte un rouleau garni d’encre phototypique et d’appliquer ensuite à la surface une feuille de papier blanc, la pression de la main suffit pour obtenir immédiatement une épreuve, on encre
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- ensuite de nouveau et on continue le tirage qui peut fournir une centaine d'épreuves.
- MM. Engel, a Paris et Weber, a Mutzig.
- Comment se fabriquent les tubes de cuivre sans soudure.
- L’obtention des tubes de cuivre sans soudure est une application des phénomènes électrolytiques, dans lesquels, en faisant passer un courant continu dans une solution cuivrique, le sel de cuivre est dissocié : son acide se porte à l’anode (pôle positif) et le métal à la cathode (pôle négatif); peu à peu la solution s’appauvrirait en cuivre, mais on a la précaution de prendre comme anode une masse de cuivre, celle-ci se dissout à mesure que le cuivre de l’électrolyte va se déposer sur la cathode.
- Pour que ce cuivre donne naissance à un tube, on prend comme cathode un mandrin cylindrique en acier poli, qui plonge dans l’électrolyte, l’anode étant un lingot de cuivre à 97 pour 100 environ de pureté. Le mandrin placé horizontalement (Procédé Elmore) ou verticalement (Procédé Cooper Gowles) est animé d’un mouvement de rotation plus ou moins rapide et un brunissoir passant à la surface du cuivre déposé amène un contact intime entre les molécules, à mesure de leur libération.
- La masse de cuivre constituant l’anode contient, à côté du cuivre, diverses impuretés dont les unes ont un potentiel de décharge supérieur à celui du cuivre (zinc, fer, cobalt, nickel, étain, plomb, bismuth antimoine,’ arsenic), les autres, un potentiel de décharge inférieur (argent, or, sous-oxydes et sous-sulfures de cuivre ou de tellure) ; pour que le cuivre se dépose seul sur la cathode, il faut que la densité de courant soit faible, car si elle s’élevait elle tendrait à libérer des éléments à haut potentiel de décharge, qui après avoir quitté l’anode doivent rester en solution; toute élévation de la densité de courant a donc pour conséquence d’apporter sur le cuivre déposé à la cathode des métaux de la première catégorie.
- Si, par suite de la précaution prise d’employer une faible densité de courant, les impuretés restent en solution, cela ne peut durer bien longtemps, le bain en est assez rapidement chargé; or, quand la concentration en ions augmente, leur potentiel de décharge diminue et au bout d’un certain temps ces métaux finissent par se déposer à la cathode, inconvénient que l’on cherche à éviter en renouvelant l’électrolyte ; si on n’a pas pris cette mesure assez tôt, les tuyaux peuvent alors être constitués par des métaux juxtaposés différents ; si on y introduit un liquide excitateur, tel que l'eau de mer, il se constitue des éléments de piles, le métal le plus électro-négatif se dissout, ce qui explique les corrosions rapides que l’on constate parEois dans certaines applications, sans qu’il faille pour cela généraliser.
- N. B. Les tuyaux, ancien système, sont toujours fabriqués d’une façon courante. M. Noster, a Bordeaux.
- Composition de quelques explosifs dont on parle souvent-
- Tout d’abord, nous rappellerons que les explosifs sont, soit des mélanges, soit des composés définis, qui renferment « juxtaposés » un combustible : carbone ou hydrocarbures et un réservoir d’oxygène : produits nitrés, chloratés, etc.
- Bien que la liste des explosifs se soit considérablement étendue, on peut ramener à six types principaux la plupart des explosifs connus :
- 1° Les poudres noires, qui ne sont plus guère employées que dans les mines, le combustible y est représenté par le charbon et le soufre, le nitrate de potasse ou salpêtre fournissant tout l’oxygène nécessaire à la combustion sans intervention de l’air, par
- exemple :
- Salpêtre.................................. 65
- Soufre.................................... 20
- Charbon....................................15
- 2° Les poudres chloratccs, dans lesquelles le comburant cède avec une facilité encore plus grande son oxygène, ce qui augmente le pouvoir détonant, ont pour type la poudre de Kohler
- coinposée de :
- Chlorate de potasse.......................70
- Soufre............................... . „. . 20
- Charbon. ............................. 10
- 3° Les poudres picriques ne résultent pas, comme les poudres précédentes, d’un mélange, mais de l’introduction dans la structure même d’un composé organique, donc carboné, d’un élément nitré source d’oxygène. En principe on peut envisager une infinité de produits réalisés, c’est ce qui explique la multitude d’explosifs successivement préconisés, mais ici on peut dire que les plus simples sont les meilleurs, c’est pourquoi,, la France et l’Angleterre se sont arrêtées au trinitrophénol C6H2 (NO2)3 OBI, ou acide picrique qui constitue la base de la mélinite et de la lyddite.
- 4° Les fulmicotons sont également le résultat d’une nitration plus ou moins poussée dans la molécule de cellulose, ce qui donne successivement la cellulose octonitrique C24H32(N02)8020, ennéani-trique C2iIl31 (N02y9020 décanitrique C24HS0(NO2)10Oï0, enfin undé-canitrique C24 H29 (NO2)11020. Dans la pratique de guerre, on cherche à réaliser les celluloses déca et undécanitrique pour l’obtention des collodions entrant dans la fabrication des poudres sans fumée.
- 5° Les dynamites sont à base de nitroglycérine C3Hs(N03)3 produit liquide très instable, qui fort heureusement voit ses propriétés détonantes modérées, quand elle est absorbée par un corps poreux : terre d’infusoires, brique pilée (découverte de Nobel 1863); ainsi l’explosion ne peut‘plus être réalisée que sous l’influence d’une cartouche de fulminate de mercure, autrement dit, il doit y avoir amorçage par une explosion véritable. On peut prendre comme
- type de dynamite :
- Nitroglycérine............................75 gr.
- Kiëselguhr. ........................... . 25 gr.
- Au lieu de faire absorber par un corps inactif, on peut employer, comme véhicule de la nitroglycérine, un autre explosif poreux tel que les celluloses nitrées précédentes ; c’est-à-dire un absorbant actif, cette conception a conduit à la préparation de la cordite
- anglaise composée de :
- Nitroglycérine............................... 50 gr.
- Trinitro-eellulose...........................50 gr.
- 6* Enfin les explosifs type Sprengel sont caractérisés par ce fait que le combustible est presque toujours un hydrocarbure; dans les uns, cet hydrocarbure sera déjà chargé en oxygène parla fixation d’une certaine quantité de peroxyde d’azote et l’oxydant sera un composé organique nitré; chez les autres l’hydrocarbure n’aura pas été modifié et l’oxydant sera un corps minéral, les premiers sont désignés sous le nom de panclastites dues à l’inventeur Turpin, dont l’un des mélanges préconisé comme le plus énergique est le suivant :
- Nitro-toluène...............................10 gr.
- Peroxyde d’azote............................12 gr.
- Comme type d’explosiE du 2e genre à comburant solide on peut
- citer les explosifs Favier dont l’une des formules est ainsi conçue :
- Mononitro-naphtaline. ...................15 gr.
- Nitrate de soude......................... 18 gr.
- Nitrate d’ammoniaque................... . . 67 gr.
- M. Yandenbrouck, a Malo-les-Bains.
- Ce que sont les crayons anti-buées.
- La buée qui se forme sur les verres de lunettes, lorsque l’on passe brusquement d’un endroit chaud dans un autre froid,, saturé d’humidité est due à la condensation de la vapeur d’eau sous forme de vésicules isolées formant écran opaque. Pour faire disparaître cette opacité, il suffit de provoquer la réunion des gouttelettes en grosses gouttes transparentes susceptibles de mouiller le verre et par suite de s’écouler; le même phénomène se produit lorsque la pluie frappe les vitres en automobile et on trouve dans ie commerce, pour faciliter la réunion des gouttes, des crayons dits anti-buée dont l’heureux effet est connu.
- Leur composition est en réalité très simple, il s’agit du savon translucide dit « à la glycérine » que l’on trouve couramment chez tous les parfumeurs et qu’il est par suite inutile de chercher à préparer, car cela reviendrait plus cher que de l’acheter tout fait.
- On trace sur le verre à protéger, vitre d’auto ou verres de binocle, quelques légers zigzags à la surface, puis, avec un chiffon sec, on répartit sur toute la surface, ce qui la recouvre d’une couche extrêmement mince invisible ; vienne la buée, ce ne sera qu’une couche d’eau limpide et transparente et la vue ne sera nullement gênée. B. S. Londres.
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- 6 .........^ L'HIVER DE 1929 =. ^:::=f==
- L’EMBÂCLE DU RHÔNE ENTRE BEAUCAIRE ET TARASCON
- Ce n’est qu’au-dessous d’Avignon que le Rhône cesse d’avoir l’allure d’un grand torrent.
- A Tarascon, entre le Château du Roy René et les hauteurs crénelées de Beaucaire, les eaux du fleuve sont vraiment majestueuses lorsqu’elles heurtent les piles des grands ponts qui les enjambent.
- Rarement, dans le temps, s’offre aux yeux des hommes surpris de Provence le spectacle de cet énorme torrent pris dans les glaces.
- Il faut en effet remonter à quarante années en arrière pour retrouver pareil décor d’hiver dressé par les vagues de froid qui du Nord sont descendues jusqu’aux rives de la Méditerranée.
- Sous un mistral affreux, les glaces peu à peu se sont amoncelées et le Rhône s’est couvert d’embâcles. C’est ce spectacle du mois dernier que l’on trouve fixé sur les photographies que voici.
- R. D.
- En haut, à gauche : Les glaces au pied du donjon de Beaucaire, avant l’embâcle (Photo Faméchon). — A droite : Sous le pont suspendu, en face Beaucaire (Photo Faméchon). — Au-dessous : Coucher de soleil en aval (Photo Faméchon).
- En bas, à gauche : Le grand bras du Rhône, pendant l’embâcle complète (Photo Roger Ducamp). — A droite : Le pont du P.-L.-M., ligne de Tarascon h Beaucaire, vu de la rive droite (Photo Roger Ducamp).
- Le Gérant : G. Masson.
- 97.234. — Paris, lmp. Lahure. — 1-4-29.
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- N" 2807
- LA NATURE
- 15 Avril 1929
- E LES CADRANS SOLAIRES E
- LEUR RENAISSANCE ACTUELLE
- Les cadrans solaires sont maintenant relégués aux vieilles lunes ! Les horloges, les montres, les cbrono-mèlres et autres « garde-lemps » perfectionnés en divisant le jour avec une précision mathématique, permettent
- L’actualité nous incite donc à parler de ces primitives machines qui utilisent les variations continuelles de l'ombre d’un objet, projetée sur une surface, par le mouvement journalier du Soleil.
- Fig. 1. — A gauche -, obélisque d’Héliopolis Construit sur l’ordre du Pharaon Ousir-Tasen Ier vers 2200 ans avant ,L-C. (Dans l’ancienne Egypte ces monuments servaient probablement de gnomons.)
- Fig. 2. — A droite : portrait de l’astronome Nicolas Kratzer par Hans Holbcin,
- Musée du Louvre. Paris.
- de connaître l’heure d’unejmanière très exacte. Néanmoins quelques amateurs français, amoureux de pittoresque, tentent de remettre à la mode ces antiques instruments d observations astronomiques, qui nous enseignent la rotation et la translation de la terre tout en décorant très artistement les murs de nos demeures, les pignons de nos édifices publics et même parfois nos jardins.
- LE GNOMON
- D’après Hérodote, les Babyloniens inventèrent d’abord le Gnomon comme premier instrument capable de donner l’heure. C’était une simple tige verticale ou une colonne dont on connaissait la longueur et qu’on dressait sur un plan horizontal. En mesurant la longueur de l’ombre de
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- Fig. 3. — Cadran solaire horizontal sur plaque d’ardoise (t691).
- ce style et grâce à une construction graphique assez simple on déduisait la valeur de l’angle formé par les rayons solaires avec le plan horizontal.
- Anaximandre, philosophe ionien (610-545 avant J -G.), introduisit le gnomon en Grèce et depuis lors l’emploi de cet instrument se généralisa dans tout le bassin de la Méditerranée. Vers 320 avant notre ère, l’astronome marseillais Pythéas s’en servait également tandis qu'au siècle suivant la plupart des villes de l’Hellade possé-
- Fig. 5. — Divers cadrans solaires de poche en cuivre.
- Fabrication française du xvne siècle.
- daient le leur. Dans l’ancienne Egypte, d’ailleurs, les obélisques servaient probablement de gnomons. L’un des plus anciens et des mieux conservés actuellement sur la terre des Pharaons est celui d’Héliopolis, construit par Ousir-Tasen Ier vers 3200 avani J -C. (fig. 1). Plusieurs monuments similaires existaient aussi au Pérou avant l’arrivée des Européens.
- Mais pour que les observations faites au gnomon offrent quelque exactitude, celui-ci doit avoir une assez grande hauteur et comme le soleil n’est pas un simple point, l’extrémité de l’ombre finit par perdre de sa netteté. Le résultat se trouve entaché d’une erreur égale au demi-diamètre de l’astre, car l’ombre mesurée se rapporte non au centre, mais au bord de ce dernier. Afin de remédier audit inconvénient on donna au gnomon la forme d’un obélisque surmonté d’une boule. De la sorte, l’ombre dégradée ou pénombre est symétrique autour d’un point qui correspond visiblement au centre de la boule et au centre du soleil.
- Le savant Ibn-Younis corrigea la même erreur en terminant le gnomon par un trou rond de façon que le centre de l’ombre reçoive plus de lumière que les régions voisines.
- Les Persans empruntèrent ce perfectionnement et le firent sans doute connaître en Chine puisque l’astronome chinois Co-Chéou-King l’utilisa vers 1278 pour prendre des longueurs d’ombre dont Laplace se servit ultérieurement afin de déterminer les variations de l’obliquité de l’écliptique.
- A une époque moderne, on remplaça le simple trou par une lentille de distance focale convenable susceptible de fournir une image solaire plus nette et on porta aux environs de 30 m. la hauteur des liges ou colonnes gno-moniques.
- LES CADRANS SOLAIRES
- Toutefois le gnomon, très utile pour l’astronomie ancienne, présente un inconvénient capital pour la division du jour à cause de la variation continuelle de la déclinaison du Soleil. Pour une même heure, considérée en des iours différents, la longueur de l’ombre ni sa direction ne sont en effet identiques, sauf à midi. On dut donc établir des sortes de barèmes donnant, mois par mois et pour une latitude donnée, la proportion de l’ombre aux différentes heures du jour. Chaque localité possédait une table ainsi calculée dont Tu sage était courant à Rome vers la fin de l’empire. Berose le Chaldéen (vers 300 avant J.-C.) eut l’idée de remplacer la surface
- Fig. 4. — Cadran solaire de poche en ivoire.
- Allemagne xvie siècle.
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- plane horizontale sur laquelle se projette l'ombre d’un gnomon par une surface sphérique concave, tournée vers le haut et munie d’un style à peu près vertical dont l’extrémité libre arrivait exactement au centre de cette sphère. Toutefois son « scaphè », ne comportant pas de grandes dimensions, était peu précis et on ne tarda pas à substituer au gnomon le cadran solaire dont le style, dirigé vers le pôle, c’est-à-dire parallèle à l’axe du monde, fournit une ombre dont la longueur varie encore avec la saison, mais dont la direction demeure identique pour une même heure pendant toute l’année. Les cadrans solaires, probablement d’origine chaldéenne, furent connus des Egyptiens, puis des Grecs et des Romains, à l’époque de la seconde guerre punique (vers 200 avant notre ère). Dès cette époque, ils ne tardèrent pas à se répandre dans le monde civilisé d’alors et ils affectèrent des formes très diverses dont Vitruve nous a laissé un aperçu dans son célèbre traité De l'architecture.
- La Gnomonique ou ensemble des règles théoriques et pratiques de leur construction devint alors un art que les
- Fig. 7. — A gauche : calendrier perpétuel de poche rond; Adroite : cadran solaire de fabrication hollandaise du xvi' siècle.
- Collection Boucart.
- Grecs portèrent à un certain degré de perfection et dont la vogue ne se démentit pas plus au Moyen-Age que dans les temps modernes. Le portrait peint par Holbein en 1528 et qui représente l’astronome Nicolas Kratzer (fig. 2), tenant dans ses mains un solide sur les faces duquel il trace des cadrans solaires, ne témoigne-t-il pas qu’on considérait l’art de construire ces « garde-temps » comme une importante occupation pour un observateur des astres.
- Du xvie au xvme siècle, des savants s’exercèrent à tracer des cadrans solaires de toutes formes et de toutes-dimensions (fig. 3), compliquant les données à plaisir pour obtenir des épures intéressantes (J). Ainsi naquirent alors les cadrans verticaux, horizontaux, inclinés, polaires, etc., utilisant des surfaces planes, cylindriques,
- 1 Voir, par exemple, dans La Nature n° 2756 (1er mars 1927), p. 204-5, l’article que notre collaborateur L. Reverchon a consacré au cadran solaire à 25 faces, construit par Hans Koch en 1578 et que possède encore le Muséum de Munich (Allemagne).
- Fig. 6. — Cadrans solaires de poche français avec boussole. Milieu du xvue siècle.
- sphériques ou paraboliques. La plupart étaient fixes, mais on en construisit également de portatifs que leurs formes ou leur facture recommandent encore à l’attention des collectionneurs (fig 4). Certains d’entre eux possèdent un cadran ajouré, leurs arcs de cercle en cuivre (fig. 5) soutenant la tige du style et sur lequel se trouvent marquées les divisions horaires (fig. 6) sont montés à charnières sur le dessus de leurs boussoles divisées en degrés et plus ou moins artistement décorées, (fig. 7.) M. Boucart en possède même un sur papier en forme de livre (fig. 8). Il suffit d’incliner leurs cadrans parallèlement à l’axe du monde après s’être assuré de la bonne direction de la méridienne pour voir les ombres de leurs aiguilles s’allonger sur les divisions de cercle horaire et indiquer l’heure réelle.
- On rencontre encore aujourd’hui, chez les bergers
- Fig. 8. — Cadran solaire portatif sur papier époque Louis XV.
- A gauche : le cadran solaire; à droite : la boîte qui le renferme
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- Fig 9. — Cadrans solaires portatifs.
- A gauche : cadran cubique (Allemagne svi* siècle); à droite : cadran des bergers pyrénéens.
- pyrénéens, de petits cadrans solaires de poche analogues. Chacun d’eux se compose de deux cylindres de buis. Le cylindre inférieur, plus gros, comporte les indications nécessaires à la leciure ?de l’heure ifig. 9b Le cylindre supérieur s’emboîte dans l’autre et comprend le style. Pour que l’objet soit plus facile à transporter, le style
- Fig. 10 — Cadran solaire de la cour d‘Honneur des Invalides, Paris.
- peut se rabattre dans le prolongement du cylindre supérieur et rentre ainsi dans le tenon servant à maintenir les deux cylindres ensemble. Les génératrices inscrites sur le cylindre inférieur correspondent aux différentes époques de l’année. Pour connaître l’heure au Soleil à la date du 20 janvier, par exemple, on emboîte le cylindre supérieur de façon que le style coïncide avec la génératrice correspondant à ce jour. Si on est le 15 janvier on place le style entre les génératrices des 10 et 20, etc. Les courbes correspondent aux extrémités de l’ombre portée par le style aux différentes heures du jour. Cette ombre, très grande en été, décroîtra jusqu’à décembre. Pour savoir l’heure il suffit donc de placer le style sur la génératrice du jour et, suspendant le cadran solaire par les doigts, on s’arrange de façon que le plan, déterminé par le style et la génératrice, passe par le soleil. A ce moment, l’ombre du style sera verticale, la plus petite possible et fournira l’indication désirée.
- En France, au xvme siècle il existait encore un outillage spécial pour construire les cadrans solaires qui décoraient alors beaucoup de maisons. A l’époque de la Révolution, comme on avait abattu nombre de clochers d’églises de villages, les « instruments capables de donner l’heure par le soleil » eurent un regain de faveur et on en voit encore d’artistiques exemplaires, entre autres dans la cour de l’Institut de France, à l’Hôtel des Invalides et sur la colonne de la Halle aux Blés à Paris (aujourd’hui Bourse du Commerce, fig. 10 et 11). Dans l’église Saint-Sulpice, on remarque également un monument gnomonique très curieux destiné à fixer exactement la date de Pâques. Cette pyramide en marbre blanc que termine un globe doré surmonté d’une croix a été édifiée par Lemonnier, fils du savant astronome, membre de l’Académie des Sciences de Paris, « de l’équinoxe d’automne au solstice d’hiver de 1743 ». Au milieu de la largeur de l’obélisque, on remarque une fine tige de cuivré qui, incrustée dans la pierre, part du sommet et descend jusqu’à la base ; elle traverse ensuite le chœur obliquement pour aller se terminer au côté méridional du transept. Une ouverture laissant passer les rayons solaires a été ménagée dans une grande plaque de métal scellée au mur, à 27 au-dessus du sol. Pour le solstice d’été, Lemonnier a pratiqué un second trou cinq pieds plus bas que le premier orifice, mais dans le même plan de méridien et il y a fait ajuster un verre objectif grâce auquel l’image du soleil vient se projeter sur la partie correspondante de la méridienne sans pénombre sensible. Malheureusement une lumière abondante tombant d’une fenêtre jadis masquée et un tassement ultérieur des fondations de l’édifice entachent aujourd’hui d’erreurs sensibles les indications de la méridienne d*1 Saint-Sulpice !
- LES CADRANS SOLAIRES MODERNES
- Actuellement on réalise des cadrans solaires monumentaux, de types très variés et nous ne saurions entrer ici dans les détails de leur construction fort bien exposée d’ailleurs dans divers ouvrages et en particulier dans l’excellente Gnomonique publiée en 1922 par M. G. Bi-gourdan, membre de l’Institut de France.
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- Contentons-nous d’indiquer leurs parties constitutives et les principes sur lesquels repose leur réalisation. D’une façon générale un cadran solaire monumental se compose aujourd’hui d’un style dont l’ombre se projette sur une surface plane dite table dirigée soit parallèlement à l’équateur (cadran équatorial ou équinoxial), soit horizontalement (cadran horizontal), soit verticalement (cadran vertical). Le style est fixe, parallèle à l’axe du monde et on remplace quelquefois sa pointe par un disque percé d’une ouverture que supporte une potence. Les rayons solaires, qui passent par cet « œil », dessinent sur la table du cadran une petite tache lumineuse, allant
- Fig 12. — Cadran solaire modèle armillaire construit par M. Boucart en 1928.
- recouvrir successivement, aux diverses heures du jour, les lignes horaires tracées sur la table, h'axe du cadran est la droite réelle ou fictive, se confondant souvent avec le st è et qui, prolongée, perce la table au centre du cadran, point de convergence de toutes les lignes horaires.
- M. Boucart, spécialiste parisien, s’efforce de remettre à la mode des exemplaires de cadrans solaires de l’une ou l’autre de ces catégories, qu’on peut placer horizontalement soit sur une colonne, soit sur un tronc d’arbre ou bien verticalement sur la façade d’une maison. Les modèles divers de ce gnomoniste expert sont très artiste-
- Fig. 11. — Cadran solaire vertical de l'Institut de France. Cour Mazarine, Paris.
- ment ^réalisés en marbre ou en ardoise ; dans un type dit « Armillaire », sorti récemment de ses ateliers, il a
- Fig. 13. — Modèle de cadran solaire horizontal construit récemment par M. Boucart, de Paris.
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- employé comme matériaux du fer forgé et du cuivre : le style est une élégante flèche dont l’ombre marque les heures sur la surface intérieure d’un cercle (fxg. 12). A l’instar de ses prédécesseurs, M. Boucart enjolive ses productions d’inscriptions latines telles que : Horas non numéro nisi serenas (Je ne compte que les heures agréables) ou Vulnerant omnes, uliima necat (fig. 13) (Toutes blessent, la dernière tue), etc.
- Dans un cadran équatorial, le plus facile à établir, le style est perpendiculaire au plan du cadran. Autour de sa base on décrit un cercle que l’on divise en 24 parties égales au moyen d’autant de rayons formant les lignes horaires dont la médiane (marquée XII) correspond à midi.
- Sur celles qui suivent, en allant de bas en haut paé la gauche, on inscrit I, II, III, etc.; par la droite XI, X, IX, etc.
- Puis on fixe ce cadran, de manière que son plan coïncide avec l’équateur, et sa ligne médiane ainsi que son style se irouvent dans le méridien de la localité. Durant les six mois de la saison chaude, la face supérieure du plan reçoit les rayons solaires et l’ombre du style y marque les heures. Pendant le reste de l’année, c’est au contraire la face inférieure qui se trouve éclairée.
- Le style doit donc se prolonger des deux côtés de la table dont chacune des faces porte des divisions semblables.
- Du reste, on emploie peu les cadrans équinoxiaux à l’heure actuelle et on leur préfère soit les cadrans horizontaux, soit les cadrans verticaux.
- Pour construire les premiers, on partage leur table horizontale, dans le sens de sa longueur, par une ligne médiane qui représentera l’horaire de midi. Vers l’extrémité supérieure de cette droite, on implante un style coudé dont la partie inclinée, tout en restant dans le plan vertical de la médiane, fait avec celle-ci un angle égal à la latitude du lieu. Alors une fois la table orientée, le style se trouve parallèle à l’axe polaire.
- D’autre part, pour tracer les lignes horaires, il s’agit de résoudre un problème de géométrie descriptive ordinaire. Cette épure consiste à chercher les traces des 24 demi-plans méridiens sur une surface horizontale.
- Les cadrans verticaux s’établissent d’une façon similaire sur des murs supposés verticaux. Quand ils se trouvent tracés sur un mur perpendiculaire au méridien, ils s’appellent cadrans verticaux non déclinants ; on les distingue encore en méridionaux et septentrionaux selon que le côté considéré du mur regarde le sud ou le nord.
- Si les cadrans sont dessinés sur des murs verticaux obliques au méridien, on les nomme cadrans verticaux déclinants. Enfin lorsque sur un mur épousant la direction du méridien on installe un cadran vertical déclinant on le dit oriental au cas où le mur regarde le levant, et occidental s’il est tourné vers le couchant.
- Donc une fois remplacement choisi pour établir un cadran solaire vertical, on y trace verticalement la ligne médiane et vers son extrémité on implante le style de façon qu’il fasse avec la verticale un angle égal à la dis-
- tance polaire de la localité ou au complément de cette latitude.
- Celte tige doit se trouver en même temps dans le plan méridien, lequel fait avec le mur un angle préalablement déterminé. L’épure pour le tracé des lignes horaires concentriques est, d’ordinaire, effectuée par le fabricant et ses clients n’ont plus qu’à la calquer sur la façade, puis à la graver ou à la peindre. Ces cadrans solaires donnent le midi solaire ou midi vrai. Le midi moyen ou midi des horloges bien réglées coïncide seulement avec le premier à quatre dates de l’année qui correspondent à peu près aux 14 avril, 14 juin, 31 août et 25 décembre. Cet avancement des horloges sur le soleil s’élève au maximum à 6 minutes et quart en été ; mais en hiver il peut atteindre 14 minutes et demie. L’astre du iour distance, au contraire, les horloges de 4 minutes au maximum au printemps et de 16 minutes en automne. Sur quelques cadrans actuels de construction plus compliquée se trouve superposée, à la ligne du midi vrai, une courbe en forme de 8 marquant directement l’heure du midi moyen ; naturellement leur style porte une ouverture circulaire.
- Espérons que la renaissance des cadrans solaires va s’accentuer, car si des instruments plus précis les ont rendus depuis longtemps inutiles au point de vue chronométrique, ils avaient un sens moral profond, ils initiaient les petits au partage des jours.
- Certains spécialistes anglais ont également remis les cadrans solaires à la mode. De l’autre côté du détroit, ils ont dressé de très artistiques spécimens de leur construction sur des fûts de colonne au milieu des jardins.
- Si la plupart de ces cadrans solaires d’une originale facture, trônent de préférence, dans les parterres entourant les châteaux des Lords ou des riches particuliers, on en voit quelques-uns disséminés, de-ci de-là, sur les pelouses des demeures plus modestes de la banlieue londonienne.
- L’un des enthousiastes constructeurs de ces « horloges contemporaines du Paradis terrestre » ne leur avait-il pas donné la fière devise : Solem quis discere falsum audeat ? (Qui oserait accuser le soleil d’erreur?) A cet hémistiche latin, un horloger parisien répondit d’ailleurs spirituellement, prenant comme marque de fabrique : Solis mendaces arguit horas. Oui, disait-il dans son prospectus, mes montres prouvent que « les heures du soleil sont menteuses ! » Ce mécanicien lettré était doublé d’un habile commerçant.
- Je n’oserais pas affirmer que les bracelets-montres, si fort à la mode aujourd’hui, marchent mieux que les cadrans solaires portatifs d’autrefois! Quant aux horloges actuelles avec leur attirail de rouages compliqués et leurs sonneries trépidantes, elles symbolisent bien les agitations de la vie présente, mais elles ne prêchent pas, comme les cadrans monumentaux, la modération dans les labeurs et les plaisirs qui cessaient au bon vieux temps avec la chute du jour, tandis qu’ils se prolongent fort avant dans la nuit pour beaucoup de nos contemporains !
- Jacques Boyer.
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- E L'ÉVEIL DE L'INDOCHINE E VI ~ L'HYDRAULIQUE AGRICOLE
- Notre grande colonie asiatique se prête admirablement à toutes les cultures tropicales : durant ces dernières années, ses plantations d’hévéas, de canne à sucre, de caféiers, de théiers, se sont développées d’une façon remarquable. Mais il est évident que sa culture dominante est celle du riz, base de l’alimentation de toute sa population indigène.
- Il est impossible de savoir, sur ce domaine, le montant de sa production. Mais nous pouvons soumettre quelques chiffres sur ses exportations de riz. De 1875 à 1884, la Cochin-chine en exporta une moyenne annuelle de 360 000 tonnes. De 1915 à 1924, le chiffre s’éleva à 1 200 000 tonnes, et les statistiques pour 1925 en ont accusé 1400 000 tonnes, ce qui assure à notre colonie le deuxième rang parmi les principaux exportateurs de riz, le premier rang appartenant à la Birmanie avec 1 800 000 tonnes, et le troisième au Siam avec 800 000 tonnes.
- Nous allons montrer que cette prodigieuse augmentation, quiestde 21 000tonnes par an en moyenne, est due à l’exécution d’un vaste programme méthodiquement établi par l’Administration française. Ici, comme dans nos articles précédents, nous recourrons surtout à l’ouvrage de M. A. A. Pouyanne, Inspecteur général des Travaux publics de l’Indochine (J).
- Nos lecteurs savent déjà que le riz est cultivé sur des terrains capables de recevoir, pendant un temps déterminé, une couche de 10 à 15 centimètres d’eau. Celle-ci constitue le facteur essentiel de fertilisation : sans elle, point de bonnes rizières.
- 1. Les Travaux publics de l'Indochine, Hanoï, Imprimerie d’Extrême-Orient.
- Fig. 2. — Un canal d'irrigation en Cochinchine, dans la région de Cholon.
- Fig. 1. — Une rizière irriguée.
- Mais, si l’eau est indispensable, elle devient nuisible lorsque l’on ne peut l’évacuer en temps opportun, et les terrains inondés d’un bout de l’année à l’autre ne sont pas plus cultivables en riz que les terrains trop secs. Il s’ensuit que les travaux d'hydraulique agricole, tels qu’ils sont entrepris en Indochine, se classent en deux catégories, selon leur objet :
- 1° drainer et assécher les terres basses inondées;
- 2° irriguer les terres hautes trop sèches.
- DRAINAGE ET ASSECHEMENT
- Ces travaux sont plus particulièrement demandés par les régions deltaïques du Tonkin et de la Cochinchine.
- Dans ce premier pays, la question à résoudre se présentait sous un angle spécial : il fallait, d’un côté, préserver les terrains de la zone maritime de l’invasion des eaux salées amenées par les marées, et, de l’aulre, défendre les terrains de la zone fluviale contre les inondations périodiques du Fleuve Rouge et de ses affluents.
- Dans le premier cas, on a obtenu d’excellents résultats en améliorant d’anciennes digues ou en en construisant de nouvelles établies sur les lais de mer, en bordure du littoral et des estuaires des rivières, système complété par la construction de nombreuses écluses d’évacuation fonctionnant au moment des basses mers. Ces travaux ont permis de mettre en valeur plus de 25 000 hectares de terre nouvelles dans la zone maritime.
- Dans le second cas, l’existence de ces digues dont nous avons parlé 'en détail dans un de nos précédents articles protégeait bien
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- Fig. 3. — Un moyen d’irrigation primitif.
- L’irrigation au panier.
- contre les crues du Fleuve-Rnuge de vastes étendues de terrain ; mais ces barrières empêchaient les eaux pluviales de s’écouler vers le fleuve, et il en résultait que les parties basses, trop longtemps inondées, ne se prêtaient plus à la culture. Dans le seul « casier » dit de Hanoï, d’immenses étendues de terre étaient, de ce chef, inutilisables.
- Pour remédier à cet inconvénient, on a établi tout un réseau de canaux de drainage et d’ouvrages éclusés qui facilitent la rapide évacuation des eaux pluviales. Dans le seul casier de Hanoï, on a ainsi libéré 30 000 hectares qui peuvent désormais produire deux récoltes annuelles ; et l’on étudie un projet d’assèchement par pompage qui
- livrera encore 30 000 hectares aux producteurs de riz.
- Enfin, d’autres travaux dont l’étude est achevée amélioreront dans certaines provinces tonkinoises une étendue de terrains évalués à 100 000 hectares, qui ne donnent actuellement, à cause des inondations, qu’une seule récolte, et qui en produiront une seconde (celle dite du dixième mois).
- Le problème ne se présente pas de la même façon dans la Basse Cochinchine, qui laisse les crues du Mékong s’écouler librement et qui est suffisamment défendue contre l’action des marées. 11 ne s’agit donc plus là que d’assurer l’écoulement des eaux pluviales et des eaux de débordement, résultat obtenu grâce à l’admirable réseau de canaux dont nous poursuivons l’éxécution depuis plus de 40 ans.
- Durant cette période, nous avons ainsi augmenté de 1 250 000 hectares la superficie des terrains cultivés dans le delta cochinchinois.
- Le réseau s’est rapidement développé surtout depuis 1903, lorsque de puissantes dragues furent importées de France. En 1885, les surfaces cultivées étaient seulement de 740 000 hectares. Dix ans plus tard, elles n’offraient encore que 1 030 000 hectares.
- De 1903 à 1925, elles sont passées de 1380 000 hectares à plus de 2 millions, malgré le ralentissement imposé par la guerre.
- L’exécution de ces canaux (qui servent simultanément au drainage et à la navigation) se poursuit « avec un succès et une régularité qui frappent les étrangers en Cochinchine », note M. Pouyanne, à qui nous emprunterons encore cette pittoresque remarque :
- « Il est surprenant d’observer avec quelle rapidité les nouvelles terres sont mises en culture : on voit littéralement les habitants s’installer sur les bords des canaux, au fur et à mesure que la drague qui les creuse s’avance à l’intérieur des terres »
- On nous permettra de citer encore sur le sujet quelques chiffres qui nous ont paru impressionnants. Du Ie1’ janvier 1924 au 20 avril 1925, le cube extrait par les dragues a atteint 10 800 000 mètres cubes. De 1913 à 1925, ce cube s’est élevé à plus de 120 millions de mètres cubes, quantité supérieure à celle qui fut draguée pour le Canal de Suez.
- Et l’œuvre est loin d’être terminée : il faudra la poursuivre encore pendant une vingtaine d’années pour que les terres du Delta cochinchinois (l’une des régions les plus fertiles du globe) puissent donner leur plein rendement. Le nouveau programme de travaux voté en 1926 par le Conseil colonial de Cochinchine mettra en valeur 500 000 hectares actuellement incultes.
- L'IRRIGATION DES TERRES HAUTES
- Depuis un temps immémorial, les populations indochinoises utilisent des appareils plus ou moins rudimentaires pour arroser les parties
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- Fig. 5. — Un système d’élévation d’eau antique et remarquable. Un groupe de 11 roues hydrauliques.
- hautes de leurs champs. Le plus simple est une sorte de panier étanche suspendu par des cordes que manœuvrent deux personnes : par un incessant mouvement de va-et-vient, elles puisent ainsi l’eau d’une mare ou d’un ruisseau et la déversent dans une canalisation qui peut être élevée d’un mètre environ. Le plus compliqué est la grande roue de bambous, munie de palettes et de godets : actionnée par le courant d’une rivière, elle élève l’eau à 8 ou 10 mètres de hauteur.
- M. Pouyanne nous donne, à ce sujet, quelques détails très curieux. En Annam, dans le district de Quang-Ngai, on irrigue 2500 hectares au moyen de 550 roues réunies en 101 groupes, les hauteurs d’élévation variant entre 3 et 9 mètres. Les usagers s’acquittent envers les propriétaires de ces roues par l’abandon du tiers des récoltes obtenues par irrigation, ce qui représente plus de 20 piastres par hectare et par an. Mais les frais de construction et d’entretien des engins et des canaux de distribution sont à peine couverts par ces payements en nature.
- L’administration française avait, dès la fin du siècle dernier, accordé toute son attention à cet important problème de l’irrigation. Des études expérimentales furent d’abord poursui-
- vies sur un terrain de 40 hectares, dans les environs de Hanoï : elles permirent, notamment, de fixer les coefficients d’arrosage convenant à la culture du riz.
- Les résultats obtenus furent si concluants que l’on commença, en 1902, la construction d’un premier réseau d’irrigations dans la province tonkinoise de Bac-Giang.
- Fig 6. — Irrigation de Kep. Barrage de Gauson.
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- Fig. 7. — Un canal d’irrigation muni d’une roue èlèvatricc.
- Terminé en 1908, étendu en 1913, il fonctionne dans toute son étendue depuis 1914.
- Les eaux sont dérivées du Song-Thuong et retenues à
- Gauson par un barrage de 140 m. de longueur comportant un déversoir de 70 m. Un canal de 8 km. amène les eaux à l’origine du réseau de distribution.
- Dans l’intervalle, un déversoir long de 54 m. permet de maintenir à un niveau sensiblement constant le plan d’eau, à la prise d’origine de ce réseau.
- L’ensemble comprend un canal principal de 33 km; des artères et sous-artères totalisant plus de 32 km., un développement de 300 km. d’artérioles, des barrages régulateurs, déversoirs sur le canal principal, siphons, aqueducs, etc.
- Sur toute la surface irriguée, qui est de 7500 hectares, on obtient régulièrement la récolte d’hiver, dite du dixième mois. La récolte d’été, dite du cinquième mois, qui était une exception sur ces terrains avant l’ère d’irrigation, est obtenue désormais sur 5000.'hectares (au lieu des 350 de l’ère ancienne). Le coût de ces travaux a été de 675000 piastres, soit 90 piastres par hectare irrigué, et l’entretien revient à $ 0,80 par année Let par hectare. Le bénéfice net (augmentation de valeur des produits du sol, déduction faite des frais de culture supplé-
- Fig. 8. — Irrigation d« Thanh-Hoa. Le barrage de Bay-Thuong.
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- mentaires) atteint 500000 piastres par an, soit 66 piastres par hectare, le revenu net étant égal aux 75 pour 100 des dépenses de premier établissement.
- Le prix des terrains est passé de 100 à 500 piastres l’hectare pour les anciennes rizières améliorées par l’irrigation, et de six piastres à 300 pour les anciennes terres en friche transformées en rizières.
- D’aussi brillants résultats ne pouvaient qu’engager l’Administration à poursuivre son œuvre'. Nous énumérerons rapidement les nouveaux travaux exécutés au Tonkin :
- Dans la région du Vinh-Yen, 17 000 hectares ont été ouverts à l’irrigation au début de 1923. Le réseau comporte plus de 150 kilomètres de canaux et artères, dont plus du tiers a été aménagé pour assurer le flottage des bois et la navigation de la petite batellerie.
- Dans la région du Song-Cau, on vient d’achever uri réseau qui permettra de faire deux récoltes de riz par an sur une superficie de 33 800 hectares. D’autres travaux actuellement à l’étude fourniront de l’eau à un ensemble de plus de 230 000 hectares.
- EN AN NAM ET AU CAMBODGE.
- L’Annam, étroite bande resserrée entre une chaîne de montagnes et la mer, subit une saison sèche très accentuée et souvent désastreuse. C’est un terrain tout indiqué pour l’irrigation. Depuis 1925, le réseau du Tanh-Hoa est assez avancé pour que l’on puisse irriguer 12 000 hectares. L’ensemble des terrains irrigués sera de 59 500 hectares.
- .....:..... -..^....... 1 = 347 =====
- Le réseau du Phu-Yên, qui sera achevé dans quelques mois, livrera à l’irrigation et à la culture du riz les 19 000 hectares de la plaine du Tuy-Hoa. Un troisième réseau, dont les études sont au point, fertilisera 24 000 hectares dans la province de Quang-Ngai. Un tiers de ces terrains est propre à la culture de la canne à sucre; les deux autres tiers à celle du riz. D’autres projets, dits de première urgence, et dont les études se poursuivent, intéresseront plus de 60 000 hectares.
- Quant aux projets de seconde urgence, ils représentent un total de 140 000 hectares à mettre en valeur. L’irrigation s’y fera soit par gravité, soit par pompage.
- Enfin, au Cambodge, plusieurs projets ont été étudiés : ils livreraient à la culture un ensemble de 75 000 hectares. On envisage un projet de grande envergure qui, utilisant les eaux du Mékong par un canal de dérivation amorcé près des chutes de lihône, permettrait d’irriguer un territoire de 1 200 000 hectares actuellement inhabité, ou presque.
- En résumé, les différents travaux d’hydraulique agricole entrepris en Indochine avaient, à la fin de 1925, augmenté- de plus de 1 400 000 hectares, la surface arable. Quand les travaux actuellement en cours ou à l’étude seront achevés (probablement d’ici dix ou douze ans), le total dès superficies mises en valeur par le drainage ou par l’irrigation atteindra le chiffre de 2 600 000 hectares.
- [A suivre.) ; Victor Forbin.
- LES GUÊPES SOCIALES DE FRANCE ET LEURS NIDS
- L’année 1928, par suite d’un été particulièrement sec et chaud, fut très favorable au développement des nids de guêpes qui, dans certaines régions, sont restés très populeux longtemps à l’arrière-saison.
- Les guêpes sociales, ou vespides proprement dites, sont ainsi nommées parce que dans la colonie se trouve d’abord, avec la mère fondatrice ou femelle féconde, des ouvrières ou femelles stériles qui l’aideront à construire le nid et à élever les larves; puis, dans le nid en pleine prospérité, écloront des mâles et des femelles : d’où trois sortes d’individus par nid. Chez les guêpes solitaires les ouvrières sont absentes : chaque femelle construit son nid, y pond et l’approvisionne de gibier (chenilles) ou de miel pour les jeunes; puis elle obstrue l’entrée et quitte le nid (les Odyneres, les Eumènes) ou continue de nourrir les larves après la naissance (les Céramies) (*).
- Les vespides sociales de notre pays appartiennent au groupe des guêpes monogames, dont chaque nid est fondé par une seule femelle, par opposition aux guêpes polygames ('), qui sont toutes exotiques (Amérique centrale et Amérique du Sud) et chez lesquelles plusieurs femelles participent à la fondation de la colonie, ce qui constitue
- 1. J. Peneau : « L’Évolution des Guêpes ». La Nature, 1912, t. II, p. 297.
- un réel progrès sur les premières. En effet, chez les monogames, ainsi que nous le verrons dans la suite, le nid est perdu si la guêpe-mère disparaît avant la ponte des œufs devant donner naissance à des insectes sexués ; au contraire, chez les polygames, la perte d’une femelle n’a pas de résultats fâcheux, puisque d’autres femelles peuvent assurer le développement complet de la colonie et ainsi propager l’espèce.
- Les travaux antérieurs sur les mœurs des guêpes et leur façon de nidifier sont peu nombreux relativement à ceux qui ont paru sur les abeilles, mais ils présentent un grand intérêt par suite des observations scrupuleuses qu’ils renferment. Ceux de Réaumur (1719,) de II. de Saussure (1853) et de Ad. Rouget (1873) et tout particulièrement, parmi les plus récents, la remarquable étude de Ed. André (1881) et celle non moins captivante de Kunckel d’Herculais (1882) nous ont servi pour la rédaction de cet article, ainsi que des observations et expériences personnelles.
- Une des premières conséquences pour les insectes qui vivent en société, c’est la nécessité d’avoir une habitation commune construite grâce aux efforts de tous les individus. Or, cet état social se trouve porté chez les Hyménoptères au plus haut degré de perfection; mais le nid de guêpes, le guêpier, est le plus compliqué de tous
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- les nids, celui dont les formes sont les plus variées.
- Les guêpes sociales de nos régions appartiennent à deux genres :
- 1® Les Polistes, qui ont les nids bâtis sur le type le plus simple et formés d’un seul rayon, rarement de deux et qui demeurent découverts. La Poliste française, Polistes Gallica, dont tout le corps est orné de marques jaunes sur fond noir, se trouve partout en France et en Allemagne.
- 2° Le genre Vespa, dont il est assez difficile, dans un guêpier en pleine activivité, de distinguer les trois catégories d’individus, comprend dans notre pays plusieurs espèces qui présentent des différences importantes dans leur mode d’existence et dans l’architecture de leur nid.
- On peut les diviser en deux groupes suivant la façon dont elles nidifient en général :
- I. Les unes construisent le plus souvent des nids sou-
- Fig. 1.
- Les nids aériens de vespa sylvestris.
- terrains (ou au moins abrités) dans une cavité du sol, dans un arbre creux, etc.... Ce sont :
- 1° La guêpe commune : V. vulgaris, très voisine de V. germanica, dont elle se distingue surtout par sa pubescence noire et par son mode d’architecture; 2° la guêpe germanique : V. germanica, dont le choix du nom n’est pas très heureux, car elle se trouve dans toute l’Europe et c’est la plus répandue en France ; 3° la guêpe rousse : V. rufa, qui se distingue assez nettement des autres par la couleur rousse de la naissance de son abdomen. Elle n’est pas très commune en France, mais on la trouve cependant aux environs de Paris ; ses sociétés sont peu nombreuses ; 4° La guêpe frelon : F. crabro, la plus grosse de toutes, dont la coloration ferrugineuse prédomine sur la moitié antérieure du corps, et qui nidifie dans un grenier peu fréquenté, dans une ancienne ruche déserte, dans un tronc d’arbre creux.
- IL Les autres construisent des nids aériens suspendus
- à une branche à l’air libre ; elles comprennent : 1° la guêpe sylvestre, F. sylvestris, remarquable par l’intervalle qui sépare l’extrémité inférieure des yeux, de la naissance des mâchoires, ainsi que par la pubescence ferrugineuse, et qui nidifie dans le feuillage des arbres et des buissons et très rarement au niveau du sol ; 2° la guêpe moyenne : F. media, h l’abdomen d’un iaune brun.
- La vie des Guêpes. — C’est en avril qu’elles paraissent : ce sont des femelles fécondées provenant d’un guêpier, qui se sont retirées aux approches de l’hiver dans des abris plus ou moins cachés ; trous dans la mousse, par exemple, et qui ont passé la mauvaise saison complètement engourdies. Aux premiers beaux jours du printemps, elles se réveillent et vont à la recherche d’un endroit favorable pour y installer leur future famille, c’est-à-dire pour créer un nouveau guêpier, soit sur les pentes d’un fossé ensoleillé, soit sur la branche d’un arbre ou d’un buisson facilement accessible, soit dans la cavité d’un vieux tronc. Ces guêpes, les géants de l’espèce, ont une tâche sacrée à accomplir : en quelques mois, elles doivent créer de nouvelles générations de femelles fécondes destinées à propager l’espèce dans l’espace et dans le temps. Aussi fréquentent-elles sans relâche les bois morts où elles trouveront des matériaux pour l’édification de leur nid, les jeunes écorces où elles recueilleront les exsudations gommeuses utiles à leurs travaux. C’est à peine si elles butinent sur les fleurs pour y chercher leur nourriture. Elles sont tellement affairées qu’elles ne pensent pas à vous piquer ; elles sont à peu près inoffensives, alors que leurs enfants, de caractère irascible, ne s’en feront pas faute.
- L’endroit favorable au guêpier est-il trouvé, la guêpe-mère construira un rudiment de rayon avec quelques alvéoles, elle ébauchera une enveloppe protectrice, pondra, continuera de construire, pondra de nouveau et toujours, tant qu’il y aura de la place préparée.
- Après quelques jours, les premiers œufs écloront : de très petites larves fixées au fond de l’alvéole par leur partie postérieure attendront ainsi, suspendues la tête en bas, la nourriture que la mère leur apportera. Dès ce moment, les occupations de celle-ci vont se multiplier : non seulement il faudra construire l’alvéole et agrandir l’enveloppe; mais, travail urgent, elle devra recueillir toute la nourriture que réclament les nouvelles larves auxquelles elle donnera la becquée, comme chez les oiseaux.
- Après les premières éclosions d’œufs, d’autres suivront, puis encore d’autres, et la population du guêpier peu à peu s’augmentera.
- Et l’activité débordante de la mère fondatrice, surexcitée par les ardeurs croissantes du soleil printanier, ne connaîtra plus de bornes : construire, pondre, chasser, nourrir.
- Mais laissons la guêpe-mère continuer fiévreusement son travail et suivons maintenant l’évolution des larves :
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- après quelques mues, elles garnissent leur cellule d’un tissu blanc et soyeux, la ferment complètement avec un bouchon ou opercule de même matière et, ne craignant plus une chute hors de la cellule, se détachent du fond et s’enferment dans une sorte de sac ou cocon sans issue. La métamorphose s’accomplit : la larve devient nymphe avec toutes les parties que l’on retrouvera dans la guêpe adulte, ainsi que la coloration noire et jaune pâle. Avec ses mandibules, la nymphe crève et déchire bientôt le voile operculaire : la guêpe est née. Elle commence par se brosser le corps et par lisser ses ailes avec ses pattes. Puis, sans aucun apprentissage, elle prendra aussitôt sa part de travail au nid pour soulager sa mère. Alors elle s’élancera dans l’espace et commencera son rôle d’architecte et de nourrice. La durée totale de son évolution aura été de 26 à 30 jours suivant l’état de la saison.
- Le labeur énorme que la guêpe-mère s’impose, et pour construire et pour nourrir toutes ces larves, finirait par la tuer si les jeunes guêpes qui viennent de naître et qui sont des ouvrières ou femelles stériles, destinées à l’esclavage pendant toute leur existence, ne lui venaient pas en aide en se mettant elles-mêmes au travail pour développer le nid, chasser et alimenter les nouvelles larves.
- Alors, par suite de nouvelles pontes, le nid deviendra plus populeux, mais aussi plus volumineux. Un progrès des Vespa sur les Polistes, c’est de protéger leurs rayons d’une enveloppe de nature particulière, imperméable à la pluie et qu’elles renouvellent à mesure que le nid augmente de grosseur.
- La guêpe-mère dès maintenant se reposera ; elle cessera de sortir du nid et même de travailler : elle ne fera plus que pondre, les ouvrières la nourriront. Aussi bien cette conduite lui est commandée par la prudence, car nous ne sommes qu’en juin et pendant deux mois encore le nid ne contiendra que des ouvrières infécondes. Tout l’avenir du guêpier repose donc sur la mère et sa disparition à ce moment serait un désastre pour la colonie. Or, enfermée dans sa maison, elle évite ainsi tous les dangers du dehors ; elle a ainsi plus de chance de vivre jusqu’à la naissance des femelles fertiles, c’est-à-dire jusqu’en septembre.
- Donc, les nombreux travaux du nid sont partagés par les ouvrières : travaux de construction, chasse, nourriture des larves, soins de l’intérieur, police du nid. Parmi ces occupations, les deux plus importantes comportent l’agrandissement continuel de l’habitation, que nous verrons dans la suite, et les soins à donner aux larves, que nous envisageons dès maintenant : les ouvrières font des courses incessantes dans la campagne à la recherche des aliments. Dès l’apparition des premiers* fruits, surtout des prunes, elles en recueillent le suc, mais le fond de la nourriture des larves consiste en une matière animale plus ou moins imprégnée de jus sucrés : les abeilles, les grosses mouches aux téguments mous (en particulier les Eristales), les papillons, sont les victimes de ces voraces chasseurs, qui profitent en même temps des muscles de ces insectes et du nectar que ceux-ci viennent de puiser dans les fleurs : après une lutte acharnée entre la guêpe et sa proie et dansjaquelle les
- Fig. 2. — Un nid de vespa crabro (frelon). (Haut. 0m.60; diam. à sa base 0m.30. Préventorium de Canteleu (Seine-Inf.).
- coups de ciseaux donnés par les mandibules amènent plus rapidement la mort que les coups de dague produits par l’aiguillon qui frappe au hasard, la guêpe victorieuse supprime les pattes, puis les ailes et façonne le corps en un maillot qu’elle emporte entre ses pattes ; parfois ce sont des larves ou des chenilles qui sont broyées, réduites en bouillie et mélangées à du sucre que les guêpes régurgitent.
- Les fruits sucrés de nos vergers, surtout les raisins dont les grains présentent une fissure, le miel, le sucre emmagasinés dans les sucreries, les confitureries sont
- Fig. 3. — Les rayons ou gâteaux des nids de vespa crabro : vu de profil.
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- Fig. 4.
- Rayons de vespa sylvestris {en haut), de vespa crabro {en bas) ; vus de face.
- pillés impunément par les guêpes. — Les viandes de boucherie sont aussi de leur goût ; elles touchent à toutes les viandes, mais c’est surtout le foie de bœuf ou de veau qui obtient de beaucoup leur préférence : évidemment,'c’est la présence , du sucre en plus grande quantité qui les attire. Gomme quoi les; guêpes ont découvert la fonction glycogénique du foie longtemps avant Claude Bernard,
- Réaumur, dans ses mémoires, dit qu’il a vu des bouchers de village abandonner aux guêpes, insectes de rapine comme il les appelle encore, des foies entiers, probablement dans un double but : d’abord celui de faire la part du feu et, surtout, en entretenant dans la boucherie un escadron de Vespiens, ceux-ci établissent une police sévère à l’égard des mouches bleues de la viande, ennemis bien plus terribles par les oeufs et par les germes nocifs qu’ils déposent.
- Mais à l’arrière-saison, quand les fruits et les insectes sont devenus rares, les guêpes utilisent alors les sucs gommeux qui découlent des arbres malades ou blessés.
- Au fur et à mesure des éclosions,;les ouvrières font le nettoyage des cellules et la mère vient pondre de nouveau ; une même cellule peut servir trois ou quatre fois.
- En juillet-août, alors que le nid comprend déjà plusieurs rayons, les ouvrières en entreprennent un nouveau dont les cellules, de taille plus considérable, sont destinées à contenir des larves de femelles fertiles et de mâles. Ainsi, ces individus naissent toujours dans un nid en pleine prospérité et tous les travaux antérieurs semblent n’avoir été qu’une préparation pour arriver à ce but définitif : la conservation et la propagation de l’espèce au moyen d’individus sexués. C’est là le couronnement de l’œuvre entreprise par la mère fondatrice qui, désormais, peut disparaître : le but de sa vie est rempli........ ....
- On ne sait pas si, comme chez les abeilles, la qualité spéciale de la nourriture, ou encore la quantité de cette dernière, suffit à faire d’une larve d’ouvrière une femelle féconde.
- Dans un nid populeux, le nombre des jeunes femelles qui naissent ainsi peut s’élever à 2000. Elles sortent bientôt du nid ainsi que les mâles et, la fécondation accomplie, elles se hâtent de chercher un abri pour leur retraite hivernale. Rarement on en trouve dans l’ancien guêpier. En effet, à cette époque avancée de la saison, la température s’abaisse et c’est le signal d’une révolution complète dans le nid : les ouvrières, prévoyant vraisemblablement qu’il leur sera bientôt impossible de nourrir toutes les larves qui restent dans les cellules, en font un massacre général. Elle se changent en véritables furies, comme le dit Réaumur, et avec une rage aveugle, après les avoir si tendrement nourries, elles arrachent violemment ces larves de leurs cellules, les mettent en pièces en les rejetant hors du nid. Ainsi contraste frappant entre le caractère pacifique des herbivores : Bourdons, Abeilles mellifères et les allures sauvages des guêpes qui sont carnivores.
- La profusion des femelles écloses à l’automne démontre que de grands dangers les attendent avant qu’elles aient assuré la propagation de leur race, mais leur fécondité permet d’assurer le repeuplement dans la Gontrée.
- Les ouvrières restées dans le guêpier périssent dès les premiers froids ; les mâles sont déjà morts à l’extérieur du nid, ainsi qu’un nombre plus ou moins grand des femelles. — Alors le nid, qui pendant trois mois donnait l’exemple d’une cité nombreuse et active, est maintenant sans vie, complètement abandonné, car il y a ceci de très curieux chez les guêpes qu’elles n’accumulent pas de provisions à l’exemple des abeilles ou des fourmis, pour passer l’hiver et que, sauf un petit nombre de jeunes femelles fécondées, destinées à perpétuer l’espèce, tout le reste des habitants du nid meurt avant la fin d’octobre.
- Les nids de Guêpes. — Les nids de guêpes ont tous une origine semblable : une seule guêpe-mère préside à leur fondation.
- La structure de ces nids varie, suivant les architectes, non seulement dans leur forme, mais aussi dans la nature des matériaux employés :
- I. Nids à enveloppe spéciales : A) les nids souterrains : 1° le trou de guêpe : la guêpe-mère sait s’approprier les souterrains abandonnés soit par une taupe, soit par un mulot (ou encore d’anciens guêpiers). Les ouvrières, à mesure que leur nombre croîtra, agrandiront ce premier logis devenu trop étroit : véritables mineurs, elles gratteront à l’aide de leurs mandibules et de leurs pattes les parois du trou et, grain à grain, pierre à pierre, elles emporteront au dehors le terrain qui les gêne. Si elles rencontrent des cailloux trop lourds à transporter, elles emploieront une autre tactique qui consiste à miner au-dessous et de côté pour les faire descendre dans la terre. — En résumé, tous les obstacles seront ou enlevés directement ou déplacés par leur propre poids. Alors le nid aura une forme presque sphérique, qui est celle la plus
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- favorable, puisqu’elle permet d’y placer le plus grand nombre possible de cellules dans un minimum d’espace. Nous aurons à constater, en effet, dans la plupart de ces nids sous terre, que l’économie la plus grande de la place a dû rentrer dans les préoccupations constantes de la guêpe : 1° c’est d’abord la forme générale du nid ; 2° c’est la forme hexagonale régulière des cellules ; 3° ce sont les rayons renfermant toujours des cellules de mêmes dimensions ; 4° enfin, l’espace compris entre les rayons ou gâteaux est très réduit, sans toutefois gêner la circulation.
- L’épaisseur du sol au-dessus du nid est au moins de Om.lO;le guêpier souterrain communique avec le dehors par un boyau ou mieux un tunnel plus ou moins tortueux et de longueur variable, pouvant atteindre Om. 50, et ne possédant qu’une seule ouverture.
- 2° L'enveloppe : enfermé dans la terre, le nid semblerait ne pas avoir besoin d’enveloppe spéciale, mais celle-ci est nécessaire pour les deux raisons suivantes : 1° elle protège la colonie eontre l’introduction des animaux étrangers; 2° elle préserve le nid de l’humidité et maintient dans son intérieur une température plus élevée que celle de l’air ambiant, par suite des couches d’air immo-lisées dans son épaisseur et dont l’effet a été comparé à celui des doubles portes ou des doubles fenêtres de nos habitations. Un entomologiste de Dijon, Guiot, a pu constater une différence de température de -f-15° à l’avantage du nid.
- 1°) Sa construction (J) : celle de V. Germanica est constituée par lune dizaine de feuillets composés d’écailles minces,papyracée,imbriquées,de teinte grise,constituées par des fibres ligneuses arrachées aux bois morts et aux pieux. Par sa texture, cette enveloppe ressemble à du fort papier brouillard, mais les feuillets sont imprégnés d’une sécrétion spéciale imperméable à l’eau : condition indispensable pour assurer la bonne conservation du nid. Le tissu est assez lâche et grossier ; aussi ce travail est moins parfait que celui des nids aériens, ce qui tient à la situation particulière des premiers, toujours abrités.
- Chez V. Vulgaris le mode de construction est encore plus primitif et l’ensemble plus grossier ; ces nids de coloration jaunâtre sont d’une fragilité extrême.
- 2°) Ses matériaux : V. Germanica recherche surtout les bois détériorés par une longue exposition à l’air et les échalas de nos vignes, alors que V. Vulgaris utilise les branches sèches, non altérées, couvertes de lichens, ce qui produit parfois des veines verdâtres dans l’enveloppe.
- 3° Les rayons : c’est par analogie avec le travail des abeilles, et ce qui a lieu dans leurs ruches, que l’on a donné le nom de gâteaux ou rayons aux parties analogues des nids de guêpes composés de cellules ou alvéoles en nombre plus ou moins grand. Mais il existe de grandes différences entre les rayons des abeilles et ceux des guêpes : les rayons des abeilles, constitués par de la cire, sont doubles et formés de deux séries d’alvéoles collées par le fond ; une partie d’entre eux sert de magasin de réserve pour le miel ; ceux des guêpes en
- 1. L’enveloppe est écartée des parois du trou d’une part, des rayons de l’autre, par un espace suffisant pour assurer la libre circulation des insectes.
- .......... = -- .............= 35 J =
- fibres de bois sont toujours simples et composés d’une seule rangée d’alvéoles; de plus les guêpes n’accumulent pas de provisions pour l’hiver.
- Le nid de V. Germanica comprend une série de 12 rayons (au maximum) superposés, c’est-à-dire horizontaux (alors que ceux des ruches sont verticaux), les plus larges au milieu, tous reliés d’une manière rigide l’un à l’autre par des piliers de 10 mm de hauteur au maximum, élargis aux deux extrémités. La partie supérieure des rayons a l’apparence d’un papier grossier d’emballage ; la partie inférieure formant plancher supporte une série d’alvéoles juxtaposées verticalement, dont l’ouverture est tournée vers le bas du nid. Toutes les cellules hexagonales d’un rayon sont d’égales dimensions. L’intérieur des cellules est garni par les larves d’un tissu soyeux blanc sécrété par des glandes spéciales, de même que l’opercule avec lequel elles ferment l’ouverture des alvéoles au moment des métamorphoses. Les gâteaux s’élargissent, du sommet du nid au milieu, pour décroître ensuite. Le nombre des cellules d’un nid varie suivant sa grosseur et peut atteindre 2000 pour 12 rayons.
- Chez V. Vulgaris, les alvéoles sont plus petites et les rayons plus rapprochés.
- B) les constructions se mi-aériennes du V. Crabro (frelon) sont situées soit dans des troncs creux d’arbres dont ils réduisent l’intérieur en poussière, les parois du trou servant d’enveloppe ; soit dans des cavités de murailles,
- Fig. 5.
- Nids aériens de vespa sylvestris [en haut), nid souterrain entier de vespa gertninica [en bas).
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- sous les toits de chaume ou dans un grenier : alors l’enveloppe est nécessaire comme chez les autres espèces ; elle est souvent incomplète et très fragile, formée de feuillets épais plus ou moins enroulés. On y reconnaît la matière friable et spongieuse résultant du bois mort et en partie décomposé que ces insectes utilisent comme matériaux, ou encore l’écorce de divers arbres (surtout les frênes) qui, mêlée à de la salive, constitue une pâte qu’ils appliquent sur les feuillets déjà existants et qu’ils étirent très rapidement.
- Les rayons, plus écartés, sont fixés très solidement les uns aux autres par des piliers en raison du poids des grosses larves qui peut dépasser 1 gr (1). Ces nids sont moins peuplés que ceux des autres guêpes.
- C) les nids aériens ne sont pas abrités, mais simplement suspendus à une branche d’arbre ou d’arbuste qui les traverse; ils ne possèdent, comme d’ailleurs tous les nids de guêpes, qu’une seule ouverture ; ils sont de dimensions relativement restreintes : celui de V. Sylves-tris (2) a une forme presque ronde et est plus fin que celui de V. Media qui, lui, est presque toujours prolongé en forme de goulot de bouteille. Son enveloppe grise n’est plus formée de sortes d’écailles séparées et imbriquées, mais de feuillets continus entourant le nid comme le ferait un sac : ces feuillets sont formés de fibres ligneuses entre-croisées de façon à former un réseau, avec tous les 2 cm environ, des faisceaux de fibres. La guêpe à donc dû se livrer à un travail complet de désagrégation des fibres ligneuses, tout en respectant leur longueur. Elle a recueilli ces fibres sur les arbres : frênes, érables, mélèzes, et en a fait avec de la salive une sorte de pâte qu’elle apporte au nid.
- Pourles rayons, ce qui caractérise les nids aériens, c’est que l’ouvrière, n’ayant plus à se livrer à un travail de creusement et de déblaiement a bien moins de tendance à économiser la place : l’intervalle entre les rayons successifs est beaucoup plus grand, bien que la taille des insectes soit la même ; d’autre part, les rayons ne sont pas fixés aux parois de l’enveloppe par des points d’attache, mais le 2e rayon est relié au 1er par un simple pilier central supportant tous les autres rayons et formant un axe d’oscillation.
- II. Les nids sans enveloppe sont ceux des Polistes : nids aériens ou semi-aériens de 10 cm de diamètre, suspendus aux rameaux de quelque arbrisseau ou caché dans les anfractuosités d’un mur, avec un seul rayon pédiculé grisâtre. Les matériaux sont recueillis sur de vieux bois morts. La population maximum dépasse rarement 100; on trouve parfois des provisions de miel dans des cellules isolées.
- Comment s'accroissent les nids. — Lorsque la mère fondatrice a construit un certain nombre d’alvéoles et que les ouvrières sont nées en nombre suffisant, l’exi-
- 1. Les adultes pèsent de 0,50 à 1 gr., certains atteignent 1 gr. 20, 1 gr. 50.
- 2. Il nous est arriyé de constater la présence à l’intérieur d’un de ces nids, traversé par une branche de poirier, d’un fruit entièrement mûr, alors que deux autres, pendus à l’extérieur, étaient encore verts ; ce qui prouve expérimentalement l’élévation de température à l’intérieur du nid.
- guïté du domicile devient chaque jour plus manifeste; d’où la nécessité d’agrandir le guêpier. Les espèces souterraines ont alors un travail énorme à effectuer : elles doivent d’abord rendre plus vaste la cavité où elles sont logées ; puis, elles construisent par-dessus le nid entier un ou plusieurs feuillets nouveaux pour l’envelopper ; pour cela elles arrachent les feuillets primitifs qui doivent leur servir.
- La guêpe est-elle un insecte nuisible ? — La guêpe, ainsi que nous venons de le voir, ne produit rien d’utile pour l’homme puisque, à l’inverse des abeilles, elle n’accumule pas de provisions pour l’hiver, le guêpier devenant désert ; de plus les rayons sont faits de fibres ligneuses et non de cire. La guêpe jouit d’une réprobation générale, qu’elle doit d’une part aux piqûres qu’elle fait et qui, lorsqu’il s’agit du V. Crobro, sont particulièrement dangereuses (J), et, d’autre part, aux nombreuses dégradations qu’elle occasionne dans nos vergers, partout où il y a des fruits et du sucre.
- Déplus, certaines, comme les frelons surtout, attaquent les abeilles. Aussi recommande-t on la destruction des nids de guêpes ou, ce qui serait préférable, la capture et la mise à mort des femelles au début du printemps alors qu’elles sont encore seules, car c’est le meilleur moyen pour diminuer facilement et sans danger le nombre des nids dans une région.
- Cependant, on peut dire à leur décharge que les guêpes rendent quelques services par suite de la chasse qu’elles font dans nos habitations, et surtout dans les boucheries, aux mouches bleues et autres qui, par leur ponte et par les germes dangereux qu’elles propagent, occasionnent des méfaits considérables.
- Mais en se plaçant simplement au point de vue biologique, elles n’en sont pas moins intéressantes à étudier par la façon dont elles construisent leurs nids et par leur genre de vie, assez différent de celui des abeilles et c’est pourquoi nous avons songé à présenter aux lecteurs de La Nature un tableau résumé de l’existence de ces ves-pides sociales de nos régions. Albert Guillaume.
- 1. Un petit nombre de piqûres de ces derniers insectes peut amener la mort assez rapidement chez les animaux et même chez l’homme, en particulier chez les enfants La piqûre de guêpe la plus dangereuse et qui" se présente encore assez souvent est celle du pharynx ou du voile du palais produite en mangeant un fruit : l’enflure qui survient dans ces parties délicates suffit alors pour provoquer l’asphyxie. On a recommandé pour ces sortes de piqûres des gargarismes avec des solutions très concentrées de chlorure de sodium.
- Bibliographie
- 1. Réaumur, 1719 : Histoire des Guêpes. Mémoires de l’Académie des Sciences de Paris, 21, p. 230.
- 2. H. de Saussure : Monog. des Guêpes sociales, 1853-58, Paris, p. 171; Nouvelles considérations sur la nidification des guêpes : Annales des Soc. Nat. zoologiques, 1855, p. 153-178.
- 3. A. Rouget, 1873 : Sur les coléoptères parasites des vespides. Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon.
- 4. Ed. André, 1881 : Espèces des hyménopsides d’Europe et d’Algérie.
- 5. E. Brehm, 1882 : Les Merveilles de la nature : les Insectes, par Kunckel d’Herculais.
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- LA DESINTEGRATION ARTIFICIELLE DES ÉLÉMENTS
- LA STRUCTURE DES ATOMES
- La notion d’atome indivisible et insécable, postulée il y a 2000 ans par Démocrite et Epicure, magnifiquement développée par Lucrèce et introduite définitivement dans la science par Dalton, est intimement liée au merveilleux essor de la chimie, et notamment de la chimie organique au xixe siècle. Aujourd’hui encore, elle suffit à l’interprétation de la plupart des phénomènes purement chimiques.
- Cependant, de nombreux faits, notamment l’émission d’électrons, sous des influences très diverses, par tous les corps, l’expulsion spontanée d’électrons (particules p) et d’atomes d'hélium électrisés positivement (particules a) par les éléments radioactifs, ont révélé d’une manière très nette la complexité atomique.
- Les recherches les plus récentes conduisent à considérer l’atome comme formé d’un centre positif, ou noyau, dont la charge globale, si l’on prend comme unité celle de l’électron, est en général exprimée parle numéro d’ordre de l’élément dans la liste des corps simples rangés dans l’ordre des masses atomiques croissantes, autour duquel gravitent un nombre d’électrons égal à ce numéro d’ordre (numéro atomique). La charge positive du noyau et la charge négative de l’ensemble des électrons étant égales, l’atome est électriquement neutre.
- L atome le plus simple est celui de l’hydrogène, formé d’un seul électron gravitant autour d’un noyau positif dont la charge est égale en valeur absolue à celle de l’électron et qui constitue ce qu’on pourrait appeler l’électron positif et pour lequel on a proposé le nom de proton.
- Divers caractères des désintégrations radioactives conduisent à penser qu’elles portent sur le noyau des atomes. Cela a amené à admettre que le noyau devait constituer un édifice complexe formé de protons cimentés par quelques électrons appelés électrons nucléaires pour les distinguer de ceux qui circulent autour du noyau ou électrons satellites.
- Le nombre des protons fixe la masse du noyau, c’est-à-dire sensiblement la masse de l’atome. La différence entre le nombre de protons et le nombre d’électrons que renferme le noyau donne la charge positive résultante de ce noyau et détermine le numéro atomique de l’atome.
- Par exemple, le noyau du phosphore, dont la masse atomique est 3t et dont le numéro atomique est 15, est un assemblage de 31 protons cimentés par 16 électrons. La charge positive résultante du noyau est en valeur absolue égale à celle de 31 — 16 —15 électrons. Loin autour de ce noyau gravite un essaim de 15 électrons satellites. Au total, l’atome comprend 31 protons et 31 électrons, soit exactement 31 fois un atome d’hydrogène.
- L'UNITÉ DE LA MATIÈRE
- Ce résullat est général. Tout atome comprenant, au total, un nombre égal d’électrons et de protons, peut être considéré comme l’agglomération d’un certain nombre d’atomes d’hydrogène. C’est une justification de l’hypothèse formulée en 1815 par le chimiste anglais Prout, qui postulait l’unité de la matière, et admettait que les atomes des divers corps simples sont formés par la condensation d’un nombre plus ou moins grand d’atomes d’hydrogène.On pouvait donc espérer, en mettant en jeu des moyens convenables, arriver à libérer ces atomes d’hydrogène qui entrent dans la constitution de tous les atomes. Il fallait pour cela savoir disloquer les atomes et en séparer l’élément primordial.
- Cette désintégration artificielle des éléments a été réalisée
- pour la première fois par Rutherford (1919) au moyen d’expériences indiscutables dont l’interprétation est absolument sûre.
- LES « PARTICULES H »
- Les expériences de Rutherford ont consisté à soumettre les atomes des divers éléments au bombardement de particules émises par des substances radioactives. Ces particules a constituent des projectiles très rapides dont la vitesse est de l’ordre de 20 000 kilomètres par seconde, et relativement lourds, car leur poids est égal à celui d’un atome d’hélium, quatre fois plus lourd qu’un atome d’hydrogène-La force vive de tels projectiles est considérable; passant à travers un gaz ils enlèvent un électron planélaire à un grand nombre de molécules, produisant ainsi des ions qui rendent le gaz conducteur de l’électricité. Arrivant sur un écran de sulfure de zinc, chaque projectile a détermine au point de rencontre l’apparition d’un éclair lumineux. Grâce à leur énergie considérable, on conçoit que s’ils viennent à rencontrer le noyau d’un atome, ces projectiles puissent y provoquer un bouleversement important.
- Les recherches de Rutherford ont eu pour origine l’étude minutieuse des phénomènes produits par le passage des rayons a à travers le gaz hydrogène.
- Il a fait agir un faisceau de particules a particulièrement rapides tel qu’en émet le radium C, produit de désintégration du radium, à travers du gaz hydrogène sous la pression ordinaire : les particules a étant deux fois plus massives que les molécules d’hydrogène (qui comprennent deux atomes) et leur vitesse étant 10 000 fois plus grande, on voit que leur force vive exprimée, comme chacun sait, par le demi-produit de la masse et du carré de la vitesse (1/2 m v2) vaut 200 millions de fois celle des molécules d’hydrogène. Après un parcours de 7 centimètres environ, ces particules a ont épuisé dans les chocs avec les molécules qu’elles ont rencontrées la plus grande partie de leur force vive et elles ont perdu la faculté de provoquer la scintillation du sulfure de zinc ou l’ionisation des gaz.
- Mais alors apparaît un phénomène absolument inattendu. Au delà du parcours à partir duquel les particules a cessent d’être observables, on aperçoit encore sur l’écran phosphorescent de sulfure de zinc, jusqu’à une distance de 28 centimètres, des scintillations plus faibles dues à un nouveau type de particules.
- L’étude des déviations exercées sur ces particules par un champ magnétique et par un champ électrique montre que chacune d’elles est (constituée par un proton, c’est-à-dire par un atome d’hydrogène privé du seul électron satellite qu’il possède et par suite électrisé positivement. Rutherford leur a donné le nom de « particules H » pour rappeler leur origine. On peut admettre que chacune de ces « particules H » est constituée par le noyau d’un atome d’hydrogène auquel la particule a a communiqué, par choc, une vitesse supérieure à la sienne propre. Ces rencontres extraordinairement violentes de particules a et d’atomes d’hydrogène sont d’ailleurs très rares : un seul atome d’hydrogène environ sur un milliard les subit, ou encore une seule « particule H » est produite par une particule a sur 100 000 traversant chaque centimètre d’hydrogène.
- LA DÉSINTÉGRATION DES ATOMES D'AZOTE
- Le phénomène précédent, pour curieux qu’il soit, n’a rien de particulièrement extraordinaire. Il n’en est plus de même
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- du suivant qui a constitué la première désintégration artificielle des éléments, établie de manière indéniable.
- Ayant observé par l’action des particules a sur l’hydrogène les résultats que nous venons de mentionner, Rutherford eut naturellement l’idée de recommencer l’expérience sur un autre gaz. Les premiers essais portèrent sur l’azote.
- Là encore il constata que, au delà du parcours après lequel s’éteiguent les particules a, on apercevait des 'scintillations sur l’écran au sulfure de zinc. Par quoi étaient provoquées ces scintillations ? Ayant déterminé, au moyen des déviations produites par l’action d’un champ électrique et celle d’un champ magnétique, la masse des particules qui frappaient l’écran, Rutherford en conclut que ces particules étaient constituées par des protons ou noyaux d'atomes d’hydr o-gène. C’était encore des « particules H ».
- La première idée qui vient à l’esprit c’est que ces particules pourraient provenir d'une trace d hydrogène ou d’un composé hydrogéné quelconque présent à titre d’impureté dans l’échantillon d’azote utilisé pour les essais. Mais une particularité expérimentale réduit à néant cette objection. Les « projectiles H » produits dans l’azote portent beaucoup plus loin que ceux qui prennent naissance dans l’hydrogène ou dans un composé hydrogéné quelconque. Leur parcours est 1,4 fois plus grand : tandis que les « particules H » produites dans l’hydrogène ne peuvent franchir que 28 centimètres d’air, celles qui ont pris naissance dans l’azote en peuvent parcourir 40. La présence d’impuretés hydrogénées, si difficile à éviter, est donc sans influence sur le résultat obtenu.
- LES AUTRES ÉLÉMENTS DÉSINTÉGRÉS
- Rutherford a soumis au bombardement des particules a un grand nombre d’éléments pris soit à l’état gazeux, soit sous la forme d’une mince pellicule du métal ou de son oxyde. Il observait les scintillations produites par les « particules H » après leur avoir fait traverser une lame de mica d’épaisseur juste suffisante pour arrêter toutes les « particules H » produites dans l’hydrogène ou les composés hydrogénés, ceci toujours afin d’éliminer à coup sûr l’influence possible d’impuretés hydrogénées dans les éléments étudiés.
- En dehors de l’azote, cinq éléments se désintègrent en donnant des « particules H » d’un parcours supérieur à celui des « particules H » provenant de l’hydrogène. Ce sont le bore, le fluor, le sodium, l’aluminium et le phosphore. Il faut donc en conclure que, soumis à l’action des rayons a, un certain nombre d’atomes de ces corps subissent une transmutation qui libère les atomes d’hydrogèn e.
- Pour aucun des autres éléments examinés, Rutherford et ses collaborateurs n’ont pu mettre en évidence avec certitude une désintégration capable de produire des protons d’un parcours supérieur à ceux que produisent les particules a dans l’hydrogène.
- EXPÉRIENCE SUR LES AUTRES ÉLÉMENTS
- Rien n’indique d’ailleurs que les autres éléments n’émettent pas eux aussi des protons. Mais si ceux-ci ont une portée inférieure à celle des protons émis par l’hydrogène (soit 28 centimètres à travers l’air) la méthode précédente est impuissante à les déceler. Il fallait procéder autrement. Rutherford et ses collaborateurs, notamment Chadwick, ont alors fait des essais sur des corps complètement débarrassés d’hydrogène. Si cette condition est rigoureusement remplie, la seule présence de protons, quelle que soit la longueur de leur parcours, indiquera qu’il y a eu à coup sûr désintégration des atomes. Mais comme il est bien difficile d’être assuré que toute trace d’impureté hydrogénée, si minime soit-elle, a été éliminée, on conçoit que les conclusions ainsi établies
- ne puissent avoir, tant s’en faut, la certitude de celles qu’ont fournies les recherches précédentes.
- En fait, les résultats ont été trop incertains pour permettre une conclusion. On a bien constaté que des protons apparaissent toujours dans ces conditions, quelle que soit la matière examinée, mais quelques-uns proviennent de la source elle-même, d’autres d’impuretés hydrogénées, et il a été impossible de savoir si quelques-uns résultaient d’une désintégration des éléments bombardés.
- Toutefois ces expériences avaient montré que les protons libérés par désintégration étaient émis dans toutes les directions, tandis que ceux fournis par l’hydrogène ou les composés hydrogénés étaient uniquement entraînés par les particules a suivant leur propre trajet. Se basant sur cette conclusion, Rulherford et Chadwick ont alors recherché si la substance bombardée émet des particules H dans une direction perpendiculaire à celle des particules a incidentes. L’hydrogène que peut contenir la substance étudiée n’affecte plus alors les résultats puisque les protons qu’il fournit suivent sensiblement la direction des particules a incidentes.
- Par cette méthode, Rutherford et Chadwick ont pu établir avec certitude la désintégration de tous les éléments compris entre le bore et le potassium inclus, à l’exception seulement du carbone et de l’oxygène. Les éléments qui suivent immédiatement le potassium ont fourni des résultats un peu incertains. Dans la plupart des cas, on a bien observé la libération d’un petit nombre de protons, mais ceux-ci pouvaient provenir de traces d’azote présentes dans les substances examinées. Les atomes encore plus lourds ne paraissent donner lieu qu’à un très faible effet de désintégration.
- En résumé, il résulte de toutes ces expériences, que tous les éléments légers jusqu’au potassium inclus peuvent être désintégrés par choc avec des particules a de 7 centimètres de parcours, à l’exception de l’hélium, du lithium, du béryllium, du carbone et de l’oxygène. Pour ceux-ci, comme pour les atomes .plus lourds, la désintégration ne se manifeste pas avec certitude.
- EXPÉRIENCE DE KIRSCH ET PETTERSSON.
- Deux savants autrichiens, Kirsch et Pettersson, ont, postérieurement à Rutherford et à ses collaborateurs, effectué des expériences analogues qui les ont conduits à des conclusions légèrement différentes. Ces savants ont, en effet, observé non seulement la désintégration des éléments légers comme le carbone et l’oxygène pour lesquels Rutherford et Chadwick n’avaient pas obtenu la moindre trace de désintégration, mais de presque tous les éléments qu’ils ont pu examiner. Ils ont, par exemple, trouvé que lorsque le carbone, pris sous forme de graphite, de diamant, de gaz carbonique, est bombar dé par des particules a, on peut toujours déceler une émission de protons.
- L’un des collaborateurs de Rutherford, Chadwick a repris ces expériences et étudié à nouveau avec soin les éléments lithium, béryllium, carbone et oxygène, sans parvenir à déceler aucune désintégration. On n’aperçoit pour le moment aucune interprétation du désaccord qui subsiste entre les résultats des savants anglais et ceux des savants autrichiens.
- L'ÉNERGIE INTRA-ATOMIQUE.
- Ayant mesuré l’énergie cinétique des protons libérés au cours des désintégrations qu’il a observées, Rutherford est parvenu à ce résultat, véritablement surprenant à première vue, que les protons projetés par les atomes possèdent une énergie cinétique supérieure à celle des particules a incidentes. Cette constatation impose la conclusion que la désintégration des atomes légers, jusqu’ici considérés comme stables, aussi bien
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- que celle des atomes lourds spontanément radio-actifs, est accompagnée d’une libération d’énergie parles atomes. Quels que soient son poids et la complexité de sa structure, l’atome apparaît donc comme un édifice plus ou moins instable, susceptible de se transformer sous une influence convenable, mais peut-être très légère, en libérant d’énormes réserves d’énergie.
- Ainsi les expériences de Rutherford apportent un argument précis en faveur de l’hypothèse soutenue pour la première fois par Gustave Le Bon que les atomes sont des édifices instables renfermant une réserve considérable d’énergie, énergie intra-atomique, qu’ils pourraient libérer par leur désintégration.
- Nous devons mentionner cependant combien est faible la quantité d'hydrogène produite par ces diverses désintégrations. A supposer que toutes les particules a, émises par un kilogramme de radium C,pussentêtreprojetéessurl’aluminium,la quantité d’hydrogène produite ne dépasserait pas un millimètre cube par an. Aussi Rutherford envisage-t-il avec beaucoup de scepticisme les transmutations artificielles qui, à diverses reprises, ont été annoncées par un grand nombre de savants. A supposer qu’une transmutation se fût produite dans ces expériences, il est douteux, d’après lui, qu’elle eût été assez importante pour que les méthodes chimiques usuelles qui étaient utilisées fussent assez sensibles pour la déceler.
- « Bien qu’il soit dangereux d’être dogmatique sur ces points, conclut Rutherford, tout porte à croire que les atomes sont de structure si stable et que les noyaux sont assemblés par des forces si puissantes que seules les sources d’énergie, aussi concentrées que les particules a, sont susceptibles de réussir dans l’attaque de leur structure si bien protégée. Même quand une désintégration se produit, cela n’a lieu que sur une échelle minime, et quelques particules a sur un million sont efficaces. Mais si nous avions des atomes chargés contenant dix fois l’énergie delà particule a du radium, nous pourrions probablement pénétrer la structure nucléaire de tous les atomes et même parfois les désintégrer. »
- ANCIENNES EXPÉRIENCES DE TRANSMUTATION.
- Malgré cette appréciation pessimiste de Rutherford, nombreux sont les chercheurs qui ont continué à exécuter des expériences en vue de réaliser des transmutations d’éléments portant non pas seulement sur quelques atomes isolés, mais sur des quantités de substance chimiquement appréciables.
- Nous mentionnerons pour mémoire les tentatives déjà anciennes de Ratnsay. Le célèbre chimiste utilisait pour provoquer ces transmutations l’émanation du radium ou radon. L’ayant fait agir sur des solutions de divers sels de cuivre, il décela ensuite dans ces solutions la présence du lithium et en conclut que sous l’action du radon une partie du cuivre s’était transformée en lithium. Il a également annoncé que, sous l’action du radon, l’eau fournirait un dégagement de néon et les solutions contenant des composés du silicium, du zirconium, du titane ou du thorium, un dégagement de gaz carbonique. Il a signalé que sous l’action des rayons cathodiques, dans une ampoule de Crookes, l’hydrogène raréfié donnerait naissance à de l’hélium et à du néon. Mais ces divers résultats n’ont pas été confirmés par les chercheurs qui ont repris les expériences de Ramsay.
- Deux savants américains, Wendt et Iron, en faisant passer dans un filament très fin de tungstène des décharges électriques extrêmement violentes qui portaient le filament à des températures très élevées voisines de 30 000°, ont signalé que dans ces conditions le tungstène se désintègre en donnant de l’hélium. Là encore il s’agit d’expériences peu concluantes et dont l’interprétation est délicate.
- LES RECHERCHES RÉCENTES
- Il est naturel de supposer que, si une transmutation devait réussir, ce serait plutôt avec des éléments très lourds, voisins des corps radio-actifs, dont les noyaux sont instables. Aussi les expériences récentes ont-elles surtout porté sur les éléments de l’avant-dernière rangée du tableau des éléments, de l’or au bismuth, dont voici les nombres atomiques :
- Or (N = 79)
- Mercure (N = 30)
- Tallium (N = 81)
- Plomb (N = 82)
- Bismuth (N = S3)
- Transmutation du mercure en or. — Un grand nombre de recherches ont été faites sur le mercure qui, en perdant un proton, se transformerait en or. Le physicien japonais Nagaoka pensait que ce proton pourrait être expulsé sans qu’il fût nécessaire de mettre en jeu pour cela des quantités d’énergie trop considérables. Les expériences ont été faites avec une bobine d’induction donnant 1 m. 20 d’étincelle. L’arc jaillissait entre une électrode de tungstène et le mercure à travers de l’huile de paraffine. Le mercure formait bientôt une émulsion avec l’huile et des champs électriques, formidablement intenses, atteignant, d’après l’auteur, plusieurs millions de volts par centimètre, prenaient naissance dans la couche double autour de chaque goutte métallique. Ayant distillé le mélange très complexe contenu dans l’appareil après 10 ou 15 heures de fonctionnement, l’auteur décela de l’or dans le résidu charbonneux. Il n’y en avait pas assez pour qu’on pût en constater la présence au spectroscope, mais la quantité était suffisante pour permettre l’obtention du verre rubis. Il n’y avait pas d’or dans le mercure distillé, mais on put y déceler la présence des traces d’un métal blanc que Nagaoka a considéré comme un autre produit de transmutation. Il se formerait d’ailleurs en même temps une quantité notable d’argent.
- D’un autre côté, le savant allemand Miethe, ayant constaté la présence d’or dans les dépôts noirâtres formés sur les parois des vieilles lampes à vapeur de mercure, fut amené à supposer que cet or avait pu prendre naissance à partir du mercure sous l’influence prolongée des décharges électriques.
- Des expériences faites par Miethe et ses collaborateurs ont fourni des résultats positifs Ces auteurs ont trouvé 0 mg. 1 d’or au bout de 200 heures, dans une lampe fonctionnant sous 170 volts et 12 amp. 5, la pression étant 76 centimètres de mercure.
- Les meilleures conditions semblent réalisées quand la décharge est intermittente ou très irrégulière, et surtout quand la lampe à arc est remplacée par un interrupteur rotatif à mercure, comme ceux dont on se sert avec les bobines d’induction. Mais étant donné la nature de ces interrupteurs, il est évident que l’on n’a plus alors aucune garantie de pureté.
- Ces divers résultats ont été contestés. Dans des expériences de contrôle, Haber, en collaboration avec Jaenicke et Mathias, a constaté que la soudure des électrodes, qui amènent le courant, contenait environ un millionième de gramme d’or. Cet or passait dans le mercure lors des décharges, de sorte que la teneur du mercure en or, nulle au début, augmentait en proportion de l’énergie utilisée jusqu'à ce que tout l’or se trouvât dans le mercure. A partir de ce moment, la teneur en or restait constante.
- D’après cette interprétation, il semblerait que le phénomène se réduisît à un transport d’or des électrodes au mercure.
- Cette conclusion est encore celle à laquelle aboutissent les recherches récentes de Garrett qui a repris des expériences
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- tout à fait analogues à celles de Nagaoka et à celles de Miethe, mais en apportant un soin tout particulier à la pureté rigoureuse de tous les produits. Il pouvait évaluer une quantité d’or ne dépassant pas le cent-millième de milligramme par l’observation au microscope du diamètre de la petite sphérule du métal qui reste après l’évaporation de la dernière goutte de mercure. Dans ces conditions, tous ses essais ont été négatifs.
- Transmutation du plomb et de l’étain en mercure. — On n’a fait jusqu’ici que très peu d’essais sur d’autres métaux que le mercure. Les plus importants sont ceux réalisés par Smits et Ivarssen sur le plomb. Ayant construit, ce qui demande des précautions toutes spéciales, une lampe à arc à vapeur de plomb, en quartz, ils ont vu apparaître, au bout d’une dizaine d’heures de fonctionnement, les raies du mercure dans le spectre de la lumière émise. ‘
- Dans une autre série d’essais, on commençait par cbauiïer deux électrodes de plpmb pendant une heure à 800° dans un récipient en quartz parcouru par un courant d’azote, puis on faisait jaillir pendant douze heures des étincelles à travers un isolant liquide; on constatait la présence du mercure en chauffant.la masse dans un courant d’air et en condensant ensuite les vapeurs produites dans un tube capillaire où, au contact de vapeur d’iode, apparaissait la couleur rouge de l’iodure mercurique.
- Mais dans un travail plus récent, il semble que les auteurs aient eu beaucoup de mal à reproduire leurs résultats antérieurs, les circonstances favorables à la transmutation étant obscures et fugitives.
- Dans un essai fait sur de l’étain, Garrett a constaté que le spectre du mercure, assez faible au début, se renforçait nettement pendant le passage de la décharge, bien que le tube ait été scellé à la lampe.
- L’objection qu’on peut faire à toutes les expériences où l’on constate la pioduction du mercure, c’est que ce métal étant très répandu, il faut, pour éviter les contaminations, s’entourer de précautions encore bien plus rigoureuses que pour l’or.
- Production d’hélium à partir de l’hydrogène. —
- Pour terminer, disons quelques mots des essais faits par Garrett et Peters pour condenser l’hydrogène à l’état d’hélium en présence d’un catalyseur. Il semble se former de l’hélium lorsque l’hydrogène reste en contact pendant un certain temps avec de la mousse de palladium froide. Après 12 heures, l’examen spectroscopique de la lumière produite parle gaz excité électriquement révèle la présence de quatre ou cinq raies de l’hélium; une expérience de contrôle, faite dans les mêmes conditions sur l’oxygène, fournit un résultat négatif, ce qui semble indiquer qu’il n’y a pas contamination par l’air. Le platine produit une condensation analogue quoique à un moindre degré. Avec le nickel les résultats ont été absolument négatifs.-
- Ces expériences sont très curieuses et, bien qu’il convienne d’être prudent tant qu’elles n’auront pas été confirmées par d’autres auteurs, il semble que de sérieuses précautions aient été prises pour se mettre à l’abri des causes d’erreurs.
- OU EN SONT LES RECHERCHES DE TRANSMUTATION
- « Si l’on fait abstraction des travaux de Rutherford et de ses disciples, écrivait M. Wolfers en conclusion d’une étude très seriée des expériences de désintégration artificielle des éléments, aucun essai de transmutation élémentaire n’a encore donné de résultat définitif et incontestable. Les résultats prétendus positifs, en ce qui concerne la formation d’or, sont presque certainement controuvés. La transformation du plomb en mercure et lhallium est au moins douteuse. Par contre, il n’est pas impossible que des traces d’hélium puissent se former à partir de l’hydrogène, en présence de palladium. »
- VISION_ D’AVENIR
- Guidé par des vues théoriques, M. Jean Perrin pense qu’on pourrait peut-être tenter avec’ succès la désintégration des atomes en mettant en oeuvre des radiations beaucoup plus courtes que celles des rayons X ordinaires, qui formeraient une étape entre les layons X et les rayons ultra-X dont il a postulé l’existence pour interpiéter les phénomènes de la iadio-activité. Pour entreprendie ces recherches, il fallait disposer d’une tension électiique très élevée. Grâce aux fonds qu’il a obtenus sur la journée Pasteur, M. Jean Perrin a pu faire construire un générateur électiique de 500 000 volts. Il a entrepris la construction |d'une ampoule à rayons X qui fonctionnerait sous cette tension. 11 espère avec ces rayons pouvoir atteindre le noyau de l’atome qui jusqu’ici a résisté à tous les assauts. Ce serait une étape vers la création d’ampoules fonctionnant sous des tensions encore plus élevées, un million de volts et plus, avec lesquelles, pense M. Jean Perrin, on pourrait peut-être transformer à volonté un atome en un autre, et résoudre, dans le sens le plus général, le problème de la transmutation delà matière. Sans doute, M. Jean Perrin ne se dissimule-t-il pas les difficultés de l’entreprise. Mais il a une foi tenace dans les progrès de la science et son enthousiasme ne recule devant aucune difficulté. « Il n’est pas très déraisonnable de penser que, d’ici une ou deux générations, mettons plus, si vous voulez, nous serons sur le point de faire, par rapport à notre civilisation actuelle, un progrès analogue au progrès accompli par les hommes préhistoriques découvrant le feu. Nous pouvons espérer que, dans ce sens, nous ouvrirons vraiment une nouvelle page de l’humanité, et, si nous ne voyons pas nous-mêmes ces jours nouveaux, déjà, de les préparer aura rendu notre vie plus belle. »
- A. Boutaric.
- L’OBSERVATOIRE DE L’ÈBRE
- On va bientôt célébrer le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de l’Observatoire de l’Ebre.
- Combien de personnes connaissent cet Observatoire ?
- Très peu sûrement en dehors des savants et des professionnels de la physique du globe. C’est en effet un établissement qui fait peu de bruit et une active besogne. Et puis, il n’est pas loin. l’Ebré c’est presque en France ! Rivière parallèle à peu près à la frontière espagnole, il
- semble avoir été fait pour réunir l’Atlantique à la Méditerranée et limiter au sud les Pyrénées. Né dans le voisinage de Santander, après avoir arrosé Saragosse, la ville héroïque, il aboutit à Tortosa, dans le voisinage de laquelle est édifié, à Roquetas, l’Observatoire, par 40° 49’ 14” de latitude nord et 0° 1' 58” 4 de longitude à l’Est de Greenwich, c’est à dire presque exactement Sous le premier méridien.
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- Fig. 1. — Vue d'ensemble de l'Observatoire de l’Èbre.
- Au fond de droite à gauche : pavillons d’astrophysique électrique, météorologique, pavillon central ; en avant de ce dernier : pavillon sismique ; en avant à droite : le pavillon magnétique.
- Nous sommes à l’extrême sud de la Catalogue, dans une région riche en oliviers et en arbres fruitiers de toutes sortes, région pittoresque, agréable et calme d’où l’on est le mieux du monde pour comparer ce qui se passe à la surface du soleil et sur notre globe.
- C’est, en effet, en vue de cetle comparaison que fut créé l'Observatoire, œuvre des Jésuites qui ont là-bas un très beau collège. L'établissement est consacré à la Physique cosmique. Son but est nettement et simplement défini par le R. P. Tgnacio Puig, sous-directeur, dans le très intéressant volume qu il vient de publier sous le titre El Observatorio del Ebro :
- « L’idée qui présida à la fondation de l’Observatoire fut de réunir les données nécessaires à l’étude des relations entre l’activité solaire et les divers phénomènes observés sur notre planète, spécialement les phénomènes Electriques et magnétiques. C'est pourquoi on enregistre continuellement et simultanément dans ses pavillons trente phénomènes distincts ! L’Observatoire de 1 Ebre n’est donc pas un de ces établissements consacrés à ce qu’on appelle l'Astronomie de position, ou simplement astronomiques. Ce n’est pas non plus un Observatoire purement météorologique. C’est un Observatoire de Physique Cosmique
- comme l’a appelé, en toute exactitude et dès sa création, son fondateur. C'est-à-dire que c’est un Observatoire dans lequel on cherche à découvrir la relation qui peut exister entre les phénomènes extra-terrestres, et particulièrement ceux du soleil, avec les phénomènes terrestres etla Physique du globe. C’est donc un Observatoire d’Astrophysique et de Physique du globe. »
- Il comporte trois grandes sections :
- 1° La Géophysique qui s’occupe des tremblements de terre, du magnétisme terrestre et des courants telluriques.
- 2° Y Electro-météorologie, qui a dans son rayon : la radiation solaire, les mouvements de l’atmosphère, les phénomènes aqueux et l’électricité atmosphérique.
- 3° VHéliophysique où l’on observe tout ce qui se passe sur la surface du soleil: taches, facules, nuages, protubérances et où on étudie là constitution de cet astre.
- La réunion de ces trois sections dans un même établissement constitue, à elle seule, un progrès considérable en introduisant l’unité de vues dans une large branche de l’activité scientifique, où règne en général le désordre résultant de l’éparpillement des directions.
- En France, par exemple, il faudrait, pour constituer un établissement analogue à celui de VObservatorio del Ebro, grouper sous une même direction les Observatoires de Paris, de Meudon. du Parc St-Maur, du Val-Joyeux, de Montsouris et delà Société astronomique de France, et aussi le Bureau des Longitudes, l’Office national météorologique, Tins-
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- Fig. 3. — Les pavillons magnétiques de l’Observatoire de VÈbre.
- A gauche : pavillon de magnétisme absolu; à droite : pavillon des variations.
- titut de physique du Globe, le Bureau international de l’heure.
- U faudrait, au lieu d’avoir une dizaine de sortes d’Annales particulières, n’avoir qu’un Bulletin général centralisant et comparant les données parallèles fournies par ces diverses installations dont chacune a son autonomie, dont elle est généralement assez jalouse.
- Le Bulletin de l’Observatoire de l’Ebre donne à cet égard un exemple particulièrement heureux, par la manière dont il groupe et présente par décade, les observations de ses divers services.
- Les trois sections sont représentées parallèlement, et on peut dire que les renseignements qu’elles fournissent s’emboîtent littéralement les uns dans les autres, pour le plus grand bien de ceux qui veulent les utiliser.
- Nous voyons tout d’abord dans la section d’Hélio-physique la position des taches solaires et des flocculi, ou nuages constitués par des vapeurs de calcium.
- En dessous, la section météorologique groupe les indications suivantes : heures de soleil, heures de temps couvert, pression atmosphérique, humidité de l’air, température, l’évaporation, pluie, direction et vitesse du vent, toutes les manifestations de l’électricité atmosphérique, potentiel électrique.
- Enfin, dans la section de géophysique sont relevées les indications relatives aux courants telluriques, au magnétisme terrestre et aux tremblements de terre.
- Voici dix-huit ans que le Bulletin mensuel de l’Observatoire de l’Ebre publie cette documentation aux éléments superposables, et qui constitue pour les chercheurs un véritable trésor. On comprend la différence énorme qui existe entre ce genre de publications et celles de nos observatoires séparés et plus ou moins indépendants, entre lesquels aucun raccord naturel n’existe.
- Il convient de dire que ce qui a été réalisé simplement à Roquetas le serait sans doute très difficilement ailleurs.
- L’établissement de Roquetas est, en effet, une fondation des Pères Jésuites. C’est donc un établissement où peut régner une discipline d’autant plus parfaite que les observateurs ne sont nullement distraits de leurs occupations et de leurs recherches par les soucis de l’existence qui parfois talonnent les plus grands maîtres laïques.
- L'Observât or io del Ebro fut fondé et ouvert en 1904 par le R. P. Ricardo Cirera qui avait préalablement consacré quatre années à se rendre compte par lui-même de tout ce qui se faisait à l’étranger. Il avait à cet effet visité Jersey, Stoneyhurst, Uccle, Potsdam, Paris, Meu-don, Strasbourg, Budapest, Vienne, Kalocza, Ogyala, Rome, etc. ; et s’était mis en. relations personnelles avec les directeurs des grands centres scientifiques européens et américains.
- Actuellement et depuis 1920, le R. P. Luis Rodez dirige l’Observatoire de l’Ebre, aidé dans ce travail par le R. P. Ignacio Puig, sous-directeur. Les appareils d’observation et d’enregistrement sont répartis dans une dizaine de pavillons affectés au Service sismique, au Magnétisme absolu, aux Variations magnétiques, à la Météorologie, à l’Electricité, au Service aèrologique, au Service astrophysique, à la Speetroscôpie des protubérances. Le pavillon central et le'pavillon de travail sont réservés au domicile et aux cabL nets des Pères.
- Nos gravures, exécutées d’après des photographies aimablement communiquées par le R. P. Luis Rodez, donnent une idée exacte des installations de l’Observatoire, lequel est, redi-sons-le bien, une institution privée.
- Fig. 4. — Le pavillon de sismologie.
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- Installés sur la pente d’une colline qui domine le Séminaire de San José, où se recrutent les vocations religieuses de la Compagnie de Jésus, les bâtiments sont répartis entre 8 et 50 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le climat est relativement modéré, la température ne dépassant généralement pas 34° C et la moyenne étant d’environ 16°. Les conditions d’observation sont réellement exceptionnelles.
- Outre le Bulletin dont il vient d’être parlé, et qui paraît depuis la fondation de l’Observatoire, et le bel ouvrage de vulgarisation du R. P. Puig auquel sont empruntés les éléments de cet article, il a été publié des travaux très importants dont nous citerons ici quelques-uns.
- Ce sont tout d’abord la Notice sur l Observation de Véclipse du 30 août 1905, par laquelle le Soleil prit part à l’inauguration officielle de la maison; le Mémoire du R. P. Mariano Balcells sur Y observation solaire, celui du R. P. Etienne Merveille sur la section magnétique ; celui du R. P. Garcia Molla, sur la Section électrique-, et Trois Abaques du R. P. Joaquin Pericas, sur les mesures héliographiques. Ces divers mémoires'ont été traduits en français.
- Un mémoire du R. P. Ubach est relatif à la Détermination de la position- géographique de l’Observatoire. Le R. P. Ubach est également l’auteur d’un travail sur la Comète de Halley.
- Comme ouvrages de vulgarisation, citons les Instructions du R. P. Cirera pour l'observation de l’éclipse de soleil du 30 août 1905 La Prévision du temps, ce quelle est, ce quelle sera, par le même; Voyages scientifiques, par le même encore; les Institutions scientifiques des Etats-Unis, Les Harmonies du Firmament, et le Firmament, par le R. P. Luis Rodez.
- Le Firmament est un volume très important publié l’an dernier, avec 600 pages de texte et de nombreuses gravures. C’est une exposition raisonnée des connaissances actuelles sur l’Univers. Il y a lieu d’espérer que cette magnifique mise au point sera quelque prochain jour traduite en français.
- S. M. Alphonse XIII, qui avait une première fois visité l’Observatoire en 1912, y est revenu le 23 octobre 1926,
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- accompagné de ses deux filles, les infantes Marie Christine et Béatrix, et du général Primo de Rivera.
- Il est amusant de constater, à propos de la première de ces visites du souverain, que le souvenir en est resté consacré non seulement par une plaque de marbre gravée, mais aussi par les perturbations qu’enregistrèrent par divers instruments, spécialement les sismiques, au moment du passage des automobiles du cortège royal, et les magnétiques influencés par la présence anormale dans leur voisinage d^ nombreux corps doués d’influence magnétique !
- Cette petite observation par laquelle je terminerai ces lignes ne met-elle pas en particulier relief le lien magnétique et électrique qui unit, à travers les espaces célestes, le soleil, dont la terre est une émission, et notre globe encore si plein de mystères?
- Nous vivons au milieu des radiations les plus diverses, et c’est seulement en enregistrant inlassablement les manifestations physiques de ces radiations, au fond toutes d’origine électrique, que nous arriverons, ou que nos descendants arriveront plus tard, à pénétrer des
- secrets insoupçonnés de nos ancêtres. Parmi les établissements qui travaillent, en collectionnant la documentation, à cette pénétration scientifique, figure au premier plan YObservatorio del Ebro.
- Léopold Revebchon.
- Fig. 5. — Spectrohéliogrammes du soleil obtenus à F Observatoire de FEbre. a, en période calme; b, en période d’activité (taches et floculi).
- ZI=r.— LE LABOURAGE ÉLECTRIQUE —' DANS LA PETITE, LA MOYENNE ET LA GRANDE CULTURE
- Depuis une quinzaine d’années environ, le labourage électrique s’emploie dans certaines grandes exploitations agricoles; mais, faute de matériel approprié, on l’utilisait peu jusqu’ici dans les petites cultures. Il y a longtemps cependant que les maraîchers des banlieues de villes importantes se servent du courant électrique amené à leur porte par les Compagnies de distribution, soit pour
- actionner leurs pompes d’arrosage, soit pour faciliter leurs manutentions, soit pour l’éclairage de leurs établissements. De leur côté, beaucoup de fermes possèdent un poste de transformation permettant d’appliquer l’électricité à la mise en marche de diverses machines, notamment des batteuses, des pompes, des hache-paille, dés coupe-racines, des écrémeuses, etc.
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- LABOURAGE ELECTRIQUE POUR JARDINS ET PETITE CULTURE
- Or à la récente semaine de motoculture, la Société générale agricole a présenté un système de labourage électrique pour jardins ou petites cultures (fig. 1), très léger, |>eu coûteux, d’un maniement facile, assez puissant pour effectuer des défoiicements variés et pouvant se brancher sur un réseau normal basse tension. .
- Cette originale installation est une nouvelle application de la méthode par treuil faite par un technicien distingué M. Constant Hubert (*). Les terres maraîchères fumées
- sur une voie de 40 à 50 centimètres avec un tambour pour l’enroulement du câble d’acier et une charrue-balance ou une simple bradant,. Des engrenages établissent la liaison mécanique entre le moteur'etce treuil. En second lieu, un chariot d’ancrage avec poulie de renvdi du câblé en dessous de lui, et monté également sur une voie Decau-ville se trouve de l’autre côté de la planche à labourer. De là sorte, l’instrument aratoire travaillé à l’aller comme au retour, ce qui double sa production tout en exécutant un parfait labour à plat.
- Dès lors, un chantier de labourage s’organise aisément dans une petite exploitation agricole ou horticole, soit
- Fig: i: — Installation de labourage électrique S. G, Aï pour jardin ou petites-cultures:
- A gauche : un des poteaux de la ligne basse tension et le treuil équipé; au milieu : là charrue balance;
- à droite : le chariot d’aDcrage
- et travaillées à longue année ne supportent guère, en effet, le passage des animaux de labour et encore moins le tassement produit par les larges roues d’un pesant tracteur. Dans le nouveau système, la charrue tirée par son câble, circule seule sur des plates-bandes, pouvant mesurer jusqu’à 5Q mètres de largeur et sur une longueur quelconque, sans que rien ne s’agrippe au sol ni ne l’abîme. L’installation comporte d’abord un moteur électrique de 5 à 10 chevaux, puis un treuil (fig. 2) monté
- 1. Notre collaborateur E.: H.-'Weiss a décrit, daiûsJ^a Nature N° 2759 (15 avril 1927), p.-357 le principe de cette méthode de labourage.
- qu’on utilise une ligne de haute tension avec poste transformateur mobile, soit qu’on dispose d’une ligne basse tension. De toute manière, au moyen du câble souple installé sur le bâti porteur du treuil et du moteur, l’électricien relie ce dernier au poteau de prise de courant, implanté dans une allée du jardin et supportant les fils de descente. II pousse ensuite le treuil sur les rails Decauville jusqu’au début de là terre à travailler tandis que son aide, après avoir mis la charrue à l’endroit voulu, déroule le câble au travers de la planche; le passe autour de la poulie de renvoi, puis le ramène à la charrue après laquelle il l’accroche. Géla fait, l’homme atnarre,
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- Fig. 2.
- Petit treuil avec moteur électrique et tambour ' d‘enroulement de câble.
- au deuxième crochet de la charrue, l’autre extrémité du filin laissée sur le touret d’enroulage. A partir de ce moment, le laboureur reste près de la charrue, qu’il suit pendant ses navettes pour la basculer en fin de course. Le préposé au treuil met alors le moteur en route; s’il manœuvre une manette à droite, la charrue marche dans un sens et s’il la déplace à gauche, elle laboure de l’autre. Au cours de l’opération, le câble s’enroule et se
- Fig. 4. — Tambour à?enroulement
- Fig. 3. — Treuil de labourage électrique et charrue à 2 fois 4 socs
- avec fouilleurs.
- A droite : un treuil S. G. A. de grande puissance.
- déroule sur le tambour avec une vitesse parfaitement constante.
- Bien entendu, le rendement journalier du. système S. G. A pour petite culture dépend de la nature du sol et de la profondeur des labours. Toutefois, à titre d’indication, on peut avancer qü’en bonne terre maraîchère de la banlieue parisienne, oh labourera facilement 2000 à 2500 mètres carrés par jour,; tandis qu’un homme bêche de
- câble d'un treuil à grande puissance. •
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- 150 à 200 mètres carrés seulement en exécutant un travail irrégulier et peu contrôlable en profondeur. En outre, comme on peut naturellement substituer aux charrues des herses, des bineuses et autres instruments similaires, l’emploi de cette méthode facilitera beaucoup les travaux dans les petites exploitations rurales. Nul doute que vu leur poids léger, leur facilité de déplacement et leur prix de revient minime vis-à-vis de l’économie de main-d’œuvre réalisée par leur emploi, ces engins très pratiques ne se multiplient, surtout dans le voisinage des grandes stations électriques disposant de courant inutilisé, en partie, durant le jour.
- PERFECTIONNEMENT DES TREUILS A GRANDE ET MOYENNE PUISSANCE
- La même firme a, d’ailleurs, perfectionné dans leurs détails les types des treuils à grande et à moyenne puissance, qu’elle construit depuis plusieurs années.
- Ces modèles sont du système à deux treuils tirant alternativement, pai^ câble d’acier, une charrue-balance à plusieurs socs ou un cultivateur réversible. Dans la région de Versailles, nous avons vu fonctionner récemment un modèle de charrue à 2 fois 4 socs avec fouilleurs (fig. 3) et dont les treuils branchés sur un réseau de distribution électrique enroulent chacun 650 mètres de câble d’acier (fig. 4). Le courant, pris sur une ligne fixe à haute tension, arrive à une roulotte transformatrice, soit par branchement direct si le véhicule reste en bordure de la route ou du champ, soit par une ligne volante ou par des éperons de ligne fixes établis à demeure quand l’installation doit opérer le labourage sur une zone plus étendue. De la roulotte transformatrice partent les câbles souples d’alimentation qui, posés sur le sol, se déroulent ou s’enroulent selon l’éloignement ouïe retour des engins. Pour les treuils S. G. A., à très grande puissance, la longueur de câble souple 'atteint généralement 1 km pour chacun d’eux, ce qui permet de balayer une aire de terrain assez considérable.
- Ces treuils marchent d’ordinaire sous la tension de 1500 volts et sont équipés avec deux moteurs, l’un électrique, l’autre à essence, pouvant s’embrayer à volonté sur le mécanisme d’avancement. En principe, la dynamo
- s’emploie exclusivement pour toutes les manœuvres de labourage et l’on n’utilise le moteur thermique qu'en cas de panne ou quand l’étendue du champ dépasse la longueur de la ligne volante. Chaque treuil S. G. A. s’attelle sur la charrue ou sur la roulotte transformatrice et un chantier complet de labourage électrique comporte deux trains automoteurs cheminant sur route par traction à essence. Une fois la caravane arrivée à pied d’œuvre, on commence par relier le transformateur de la roulotte à la ligne haute tension au moyen d’une perche (fig. 5),
- puis on y raccorde également, à l’aide de leur câble souple électrique, les deux treuils. Ceux-ci vont prendre leur position de travail, d’ordinaire à l’extrémité du champ; puis l’un d’eux tire la charrue, qui avance perpendiculairement au rayage et arrive ainsi au bout du sillon.
- Là, le conducteur fait basculer l’instrument, lequel, actionné par le second treuil, laboure en sens inverse. Le câble se réembobine sur le tambour au fur et à mesure du retour des treuils près de la cabine du transformateur, ce qui évite toute perte de temps lorsque le chantier quitte le champ. Le type S. G. A. de grande puissance, équipé avec un moteur électrique de 100 ch, en marche normale, peut développer de 150 à 160 ch durant un certain temps et 225 ch en puissance instantanée.
- Très souple et très maniable, cet équipage électrique consomme de 30 à 110 kilowatts-heure par hectare selon la profondeur des labourages ; son rendement est au moins égal aux plus grosses charrues à vapeur construites jusqu’ici et avec lui on effectue bon an mal an, sous les climats européens, 600 à 900 hectares de labours, compte tenu des intempéries. On peut augmenter d'ailleurs notablement les chiffres ci-dessus, puisque, alimentés par le courant des secteurs, les treuils de labourage électrique travaillent aussi aisément la nuit que le jour.
- D’après les constatations faites par M. Constant Hubert, le type S. G. A. grande puissance ne doit pas sortir d’un périmètre d’exploitation de 10 kilomètres englobant une superficie de 7500 hectares environ, afin de réduire au minimum le temps consacré aux déplacements du convoi automoteur et travailler de façon écono-
- Fig. 5. — Perche de raccordement du transformateur de la roulotte à la ligne haute tension. .
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- mique. Pour les surfaces de moyenne étendue, on aura intérêt à employer un engin moins puissant avec treuil de; 1 (/tonnes et moteur électrique de 50 ch.
- De toutes façons, la propriété étant fort divisée en France, on exploite maintenant ces charrues électriques selon [ l’une ou l’autre des modalités suivantes. Une entreprise privée achète le matériel soit pour labourer ses propres terres, soit les champs d’une région où elle opère comme le font déjà les entrepreneurs de battage ou de labourage à vapeur. Ou bien les agriculteurs d’un village/'groupés en coopérative, font l’achat des machi-
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- nés en commun, puis rétrocèdent l’exploitation de ces dernières à un spécialiste, prenant à sa charge leur conduite et leur entretien ainsi que les frais de courant, de main-d’œuvre ou de déplacement du convoi automoteur. Les labours sont facturés à chaque membre de l’association coopérative selon un tarif convenu. Enfin les jardiniers et les maraîchers possèdent d’ordinaire en propre leurs installations de labourage électrique qui, par suite de la meilleure utilisation du terrain et de l’économie de personnel qu’elles réalisent, permettent un amortissement rapide du prix d’achat. J. de la Cerisaie.
- LE MOUTON KARAKUL OU BOUKHARA
- SON ÉLEVAGE EN FRANCE
- Jusqu’en 1907, le^commerce des moutons « Astrakan » ou « Karakul » était monopolisé par l’Angleterre, qui avait créé à Londres un marché spécial des fourrures dites d’Astrakan. L’élevage de cet animal, à cette époque, se faisait uniquement dans les rudes régions tour à tour neigeuses et torrides dùTurkestan.
- Cette race ovine, qui serait la première race de mouton domestiquée par l’homme, s’est perpétuée, de façon historiquement certaine, depuis un millier d’années dans le Turkestan O-riental, entre l’Amou Darya, le lac d’Aral et les premiers contreforts du Pamir.
- Les meilleurs types restent confinés dans un rayon de quelque 300 kilomètres autour de Boukhara, district où, à leur tour, les peaux supérieures sont produites par les troupeaux de la population arabe de certains kischlaks.
- Ce n’est qu’entre 1907 et 1908 que l’Émir de Boukhara ne sut point refuser aux deux Présidents américains Taft et Roosevelt la sortie de 3 béliers et de 11 brebis; puis, en 1912 et 1914, 28 béliers et 11 brebis qui ont constitué le noyau de l’élevage du mouton karakul aux Etats-Unis.
- L’idée première de l’élevage du mouton à fourrure, en dehors de sa patrie d’origine, doit cependant revenir à un Français, le marquis d’Aigneaux, qui, dès 1905, cherchait à répandre, sans grand succès d’ailleurs, l’idée de l’élevage du mouton à fourrure en France.
- Depuis 1908, la Pologne, l’Autriche, les Etats-Unis et le Canada se sont constitué un cheptel de Boukhara relativement important.
- De timides essais viennent d’être réalisés en France avec l’appui de la Chambre Syndicale de la fourrure, et on a réussi, depuis 1926, à acclimater un petit troupeau
- de Boukhara à Thuy-set-Thonon (Haute-Savoie).
- Caractères du mouton « Karakul ». — Le mouton de Boukhara, ou mouton « karakul » appartient au groupe des moutons à queue grasse. L’animal paraît être originaire de Mésopotamie d’où il a rayonné vers la Syrie, la Perse, l’Afghanistan et les confins du Thibet à la suite des invasions arabes;' mais la race ne s’est conservée à l’état pur que dans la province de Boukharie.
- La réserve grasse de la queue peut atteindre 10 à 15 kg durant la saison où le pâturage est abondant. Cette graisse est très comestible et est employée, en guise de beurre, par les habitants du Turkestan qui la prisent fort parce qu’elle n’a pas le goût de suint.
- La seconde caractéristique du « karakul », la plus importante pour le fourreur, réside dans la toison. Chez l’agneau avant terme, la peau est recouverte d’un poil fin, brillant, noir, très moiré, qui constitue la fourrure que le commerce connaît sous le nom de « breit-schwanz » ou « broadtail ». Ces fourrures sont les plus appréciées, mais on ne saurait, dans un élevage rationnel, en faire une exploitation ; ce serait évidemment conduire le troupeau à sa ruine. L’obtention du « breitschwanz » ne peut résulter que d’avortements ou d’accidents survenus aux mères, et qui rendent le sacrifice nécessaire avant la mise-bas.
- Fig. 1. — Le premier troupeau étalon français de Thuyset. Lot de brebis portières; au fond à gauche : un bélier. (Photo Aigneaux.)
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- Fig. 2. — Brebis blanches de pays avec leurs agneaux noirs Boukhara-Karakul
- de première dominance.
- Chez l’agneau naissant, et durant les premières semaines de son existence, la peau est recouverte d’une fourrure formée d’un poil fin, brillant, ferme, noir, tubulé en rouleaux parallèles au corps, et dont la longueur, la grosseur, le dessin d’ensemble sont variables.
- Cette fourrure, très recherchée, constitue le « Per-sianer ». A mesure que l’agneau grandit, les rouleaux s’ouvrent progressivement et se réduisent en mèches plus ou moins ondulées à la base desquelles persistent, jusqu’au tiers ou, au milieu de leur longueur, des crins durs et brillants, qui sont un caractère distinctif, chez l’adulte, de ses aptitudes passées comme mouton à fourrure.
- La toison change parallèlement de couleur en passant du noir au gris cendré, puis au blanc sale à l’âge adulte.
- Exploitation du mouton à fourrure. — Dans son pays d’origine, l’existence du mouton de Boukhara est des plus rudes; il vit toute l’année dans les steppes d’Asie, qui sont pauvres et souvent même désertiques : soleil brûlant en été, gelée en hiver, peu d’indigènes font provisions de fourrages pour la mauvaise saison; aussi nombre de moutons périssent-ils de faim.
- L’ambiance la plus favorable pour tenter un élevage de moutons à fourrures en France doit donc, le plus possible, se rapprocher des conditions climatiques du pays d’origine : vastes parcours et pays secs avec végétation relativement maigre, pouvant, sans inconvénient, présenter des extrêmes de froid et de chaleur.
- Les endroits les plus favorables à cet égard sembleraient être, chez nous, la Camargue, les pentes des Alpes et des Pyrénées-Orientales, les Causses, ainsi que certains versants des Cévennes.
- On pourrait également, avec de grandes chances de succès, tenter des essais en Algérie, au Maroc et même au Soudan. La conduite générale du troupeau ne diffère d’ailleurs pas de celle pratiquée en France pour les troupeaux indigènes.
- Les fourrures d’Astrakan. — Dans le commerce de la pelleterie, on classe les peaux suivant leur qualité, en prenant pour base d’appréciation la conformation et
- la longueur des boucles. En moyenne, la grosseur de ces boucles varie de 2 à 15 millimètres.
- Les agneaux sont tués quand les boucles de leur toison ont pris leur plus bel aspect, c’est-à-dire juste au moment où elles commencent à s’ouvrir. C’est généralement entre le cinquième et le vingt-cinquième jour que les animaux sont sacrifiés. Les mâles seuls sont tués, les femelles étant conservées pour la reproduction.
- L’agneau doit être saigné à la gorge, la tête en bas, de façon qu’aucune goutte de sang ne vienne salir la fourrure. 11 est ensuite dépouillé par une incision verticale que rejoignent quatre incisions venues chacune de l’extrémité d’une patte. La peau est ouverte, puis lavée, en prenant grand soin de ne pas la déchirer. Elle est pelée soigneusement afin d’être absolument débarrassée des adhérences de chair et de graisse, puis trempée pendant quelques minutes dans un bain à 5 pour 100 d arseniate de soude qui en assurera la conservation avant l’apprêt. Les peaux sont ensuite empilées par paquets d’une vingtaine, cuir contre cuir.
- Au bout d’une semaine de magasinage, elles prennent la consistance du carton, elles sont alors prêtes à etre expédiées aux fourreurs.
- Commerce des Peaux. — Les fourrures de Boukhara sont connues depuis 1400 ans avant notre ère. Avant la guerre, l’Asie Centrale produisait 2 000 000 de peaux « Persianer ». Depuis la révolution Russe, la production a baissé des trois quarts et la qualité a subi une diminutionp arallèle.
- En 1928, la récolte annuelle de « breitschwanz » (agneaux mort-nés) s’élève à 100 000 peaux, contre 200 à 230 000 avant-guerre. Les peaux se vendent à l’état brut, sur les marchés de Londres, Leipzig, New-York et Paris, entre 150 et 300 francs suivant la qualité.
- Fig. 3. — Un. bélier Boukhara-Karakul.
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- Les « Persianer » valent, sur les mêmes marchés, entre 50 et 450 fr., suivant leur qualité.
- Possibilités d’élevage en France. — Le mouton Karakul peut fort bien s’acclimater en France ; sans chercher à imiter les peaux de grande valeur, que l’on continuera d’aller chercher en Turkestan, l’éleveur français pourrait produire de bonnes fourrures de qualité moyenne. Des essais de croisement pourraient, par ailleurs, être tentés avec quelques-unes de nos races ovines. On indique à ce sujet le mouton Solognot, dont l’adaptation aux milieux humides apporterait au Karakulunerésistance dont il est dépourvu. La race noire de Corse, ainsi que le Bizet, sont également des sujets d’expérimentation intéressants. Dans nos colonies et pays de protectorat,
- on peut signaler comme croisements avantageux la race Barbarine du Nord de l’Afrique, la Soudanaise du pays de Kayes (A. O. F.), ainsi que la race Syrienne.
- Toutes ces races présentent chez les jeunes agneaux un bouclage caractéristique qui pourrait être amélioré par le « Karakul ».
- Nous pouvons donc affirn.er que l'élevage du mouton Astrakan est une source de richesse nouvelle pour l’éleveur français ; outre la valeur de la peau de l’agneau, l’éleveur peut retirer du mouton une chair fine et excellente, très estimée, un cuir donnant après travail approprié un excellent maroquin, l a brebis produit, d’autre part, un lait propre à la fabrication des fromages genre Roquefort. André Tréhàrd.
- LES NOUVEAUX TRAITEMENTS ACTIFS
- DE LA TUBERCULOSE
- I. Le fléau tuberculeux. — La tuberculose est certainement l’un des plus grands fléaux de l’humanité. On estime qu’elle a causé plus de 10 millions de victimes en France, au cours du siècle dernier. Actuellement, il disparaît chaque année près de 100000 Français par tuberculose déclarée, sans compter ceux qui succombent à la suite de maladies déterminées par la tuberculose. On peut dire que la tuberculose cause les deux tiers des décès dus aux maladies contagieuses.
- La tuberculose frappe toutes les races humaines, mais elle semble s’acharner tout particulièrement sur les pays civilisés. Les statistiques des États européens montrent que les 9/10 environ des sujets adultes portent des lésions tuberculeuses. En Asie, la mortalité tuberculeuse atteint, après l’Europe, la proportion la plus élevée, ce qui n’a rien de surprenant si l’on songe à la densité de la population dans les régions fertiles. Dans les autres parties du monde, la tuberculose, qui n’existait pas chez les indigènes avant l’arrivée des Européens, s’est développée parallèlement au progrès de la colonisation.
- On a pu évaluer à 5 millions environ le nombre des victimes que fait annuellement la tuberculose dans le monde entier,
- On conçoit combien ont été nombreuses et soutenues les recherches propres à enrayer ce terrible fléau. Nous nous bornerons à faire connaître aux lecteurs de La Nature les traitements les plus actifs parmi les nouveaux qui ont été mis à l’étude. La science est entrée, depuis peu, dans une voie nouvelle et l’on peut dire qu’actuelle-ment on entrevoit la possibilité de vaincre à jamais la grande faucheuse d’hommes.
- II. La cure sanatoriale. — Après les échecs de
- nombreux médicaments qui se sont montrés plus nuisibles qu’utiles dans la lutte contre la tuberculose, la cure sanatoriale d’aération, de suralimentation et de repos a été considérée comme le seul traitement actif de la tuberculose. ,
- On n’a pas tardé à reconnaître les inconvénients de la
- suralimentation et la nécessité de concilier une bonne alimentation avec celle de ménager les voies digestives et le foie, car on ne vit pas de ce qu’on mange, mais bien de ce qu’on digère et assimile. L’excès d’alimentation est un facteur d’intoxication.
- La cure pratiquée dans les sanatoria, à la condition d’être dépouillée de ses txcès, est restée comme un élément incontesté du traitement de la tuberculose.
- III. Le pneumothorax. — Après les constatations de l’Irlandais Stokes et du grand clinicien français Potain, le chirurgien italien Forlanini eut l’idée de mettre au repos le poumon malade, de même qu’on immobilise les articulations atteintes de tumeurs blanches. Ce qu’on obtient pour ces dernières en appliquant un appareil plâtré, Forlanini le réalise en insufflant de l’air ou de l’azote dans la plèvre. Dès lors, le poumon ne suit plus les dilatations du thorax si l’insufflation a été suffisante, ou les suit moins qu’auparavant si elle a été faible. Dans ces conditions, le poumon se rétracte, se vide de ses abcès; la fièvre tombe, l’état général s’améliore et les lésions se cicatrisent.
- On opère aujourd’hui sous le contrôlé des rayons X et cette méthode, appliquée dans tous les pays, a apporté à certains malades une amélioration très sensible. C’est la méthode du pneumothorax, mot créé par Laennec, ou méthode de Forlanini.
- Malheureusement, l’indication du pneumothorax est limitée à certaines formes de l’affection et cette intervention n’est pas toujours possible. Néanmoins, le pneumothorax reste un élément acquis dans le traitement de la tuberculose.
- Aussi, depuis un certain nombre d’années, la cure sanatoriale et le pneumothorax se partageaient la faveur des phtisiologues; ce traitement combiné a été surtout appliqué par ceux qui ne voulaient admettre, en dehors de lui, qu’un traitement spécifique tiré du bacille de Koch ou de ses produits, toujours cherché, jamais découvert, depuis les désastres de la fameuse lymphe de Koch.
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- IV. Le nouveau courant résultant des progrès de la science. — Depuis, un nouveau courant s’est produit; la science a progressé; à la suite des recherches patientes poursuivies en laboratoire, dé nouvelles voies se sont ouvertes. On est arrivé à séparer les uns des autres les produits du bacille; la chimie sait préparer aujourd’hui de nouveaux sels, lesquels sont doués de propriétés nouvelles. U opothérapie de Brown-Séquart et de d’Arsonval s’est perfectionnée, et l’on voit le moment où elle va, par une voie détournée, rejoindre les recherches pasteuriennes et peut-être expliquer l’action des sérums et la compléter.
- Une nouvelle phalange de chercheurs s’est levée. Mieux instruits, par les travaux mêmes de leurs devanciers, et utilisant les méthodes actuelles de recherche et de contrôle, ils se sont engagés dans des voies nouvelles.
- V. Les nouveaux traitements. — Parmi les nouveaux traitements préconisés, il en est trois qui méritent une place à part : la sanocrysine de M. Holger Mollgaard, Vantigène inéthylique de MM. A. Boquet et L. Nègre, enfin la colloïdogénine du Dr Bayle (de Cannes).
- Ce qui est particulièrement caractéristique de la pluralité et de l’éclectisme des recherches actuelles, c’est que ces trois traitements relèvent de méthodes thérapeutiques tout à fait différentes : le premier ressort à la chimiothérapie, le second à la bactériothérapie, le troisième à Y opothérapie splénique.
- a) La sanocrysine de Mollgaard. — Ce produit est un thiosulfate d’or et de sodium. Ce sel est doué, in vitro, d’après MM. Galmette, sous-directeur de l’Institut Pasteur de Paris, Boquet et Nègre, chefs de laboratoire au même Institut, d’un pouvoir empêchant très faible sur le développement du bacille tuberculeux. Il n’a aucune action favorable sur la tuberculose expérimentale du cobaye; la mortalité des animaux traités est plus forte que celle des témoins, probablement à cause de la toxicité du produit.
- Mollgaard avait communiqué des résultats chimiques très favorables avec disparition fréquente des bacilles de Koch.
- M. Léon Bernard a essayé ce médicament. Il n’a jamais observé la disparition des bacilles. Pour lui, la fréquence des résultats cliniques favorables obtenus avec la sanocrysine —au passif de laquelle on ne peut que rarement, dit-il, noter des accidents graves — fait de ce médicament un agent thérapeutique actif. Il admet l’utilité, au moins immédiate, du thiosulfate d’or dans des cas assez nombreux pour qu’il paraisse utile de continuer à étudier la posologie et le mode d’action de ce produit. L’accident le plus grave constaté a été une néphrite mortelle.
- M. Sergent est plus pessimiste. Pour lui, la mort de 4 malades sur 13 traités est nettement, pour deux cas tout au moins, imputable au traitement. Parmi les autres malades, on a relevé 3 aggravations, 1 état stationnaire et 4 améliorations, mais ces dernières étaient trop peu nettes pour être attribuées d’une façon certaine (au traitement. Il insiste sur les accidents très graves ou mor-
- tels dus à l’intoxication métallique et à son action particulièrement nocive sur le filtre rénal.
- M. Rist, d’autre part, dit qu’il ne saurait cacher que l’impression qui se dégage de ses premières observations n’est pas très encourageante.
- Les recherches faites à l’étranger ont montré que le pouvoir bactéricide de la sanocrysine est faible, que son action sur la tuberculose expérimentale est nulle, que le médicament semble avoir une action sur certaines formes de la tuberculose, mais qu’il est toxique aux doses thérapeutiques.
- Il semble donc que le principe n’est pas à abandonner, mais que cette médication n’est pas au point et est actuellement dangereuse.
- b) L'antigène de MM. Boquet et Nègre. —Le produit désigné sous ce nom est un extrait méthylique de bacilles de Koch dégraissé par l’acétone. L’originalité des travaux de MM. Boquet et Nègre réside dans ce fait qu’au lieu d’utiliser, comme Dreyer, le bacille débarrassé de ses lipoïdes, ils utilisent les lipoïdes après en avoir éliminé, par l’acétone, les éléments nuisibles. Ceux qui restent sont les phosphatides.
- Ces deux savants ont démontré l’action nette de l’antigène sur la tuberculose expérimentale. Les extraits injectés à des lapins neufs provoquent une abondante formation d’anticorps ; injectés à des animaux tuberculeux, ils augmentent la teneur du sérum en anticorps. La tuberculose expérimentale des lapins et cobayes est nettement entravée dans son évolution, les animaux traités vivant plus longtemps que les témoins et leurs lésions, plus discrètes, évoluant vers la sclérose.
- Chez les tuberculeux, le traitement consiste en injections sous-cutanées à dose croissante jusqu’à 1 cm3, répétées à des intervalles plus ou moins éloignés. Il n’y aurait aucune réaction locale ou générale et les réactions thermiques seraient exceptionnelles ; d’après MM. Cour-coux et Bidermann elles sont d’ailleurs légères.
- M. Guinard, à Bligny, considère la médication comme un excellent adjuvant de la cure sanatoriale. Ce traitement paraît contre-indiqué dans les formes évolutives à grandes oscillations de température ou à température instable? On doit avoir beaucoup de prudence dans son emploi au cours des poussées fébriles ou subfébriles, ainsi que chez les malades à tendance congestive. L’antigène donne surtout de bons résultats dans les tuberculoses externes ou chirurgicales.
- En résumé, ce médicament très maniable, qui exerce dans les formes où il est indiqué une action favorable sur l’état général, une action régulatrice sur la température et un ralentissement très net (parfois même un arrêt) sur l'évolution de la maladie, marque une réelle découverte et a fait faire un pas en avant au traitement de la tuberculose.
- c) La colloïdogénine du Dr Bayle. — La colloïdogénine est un extrait glycériné de rate de porc : c’est un extrait splénique préparé d’une manière particulière et son mode d’action est l’opothérapie splénique.
- Le traitement de la tuberculose par Vopothérapie splé-
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- nique est entièrement l’œuvre du Dr Bayle de Cannes, qui l’a découvert et a fait ses premiers essais en 1903. Les premiers résultats ont été présentés à l’Académie de Médecine par M. Chauveau, en 1906, et la première publication d’ensemble se trouve dans la Revue internationale de Médecine et de Chirurgie (1907). En 1908, fut découverte la fonction colloïdogénique de la rate, fonction qui commande à la fois l’assimilation et la défense de l’organisme (seconde communication à l’Académie de Médecine présentée par M. Albert Robin, en 1909). Les détails de la méthode furent ensuite fixés par le Dr Bayle dans de nombreuses publications (Revue de Médecine, 1911 ; Progrès Médical, 1913; Concours Médical, 1922 ; Presse Médicale, 1925).
- Des chercheurs s’engagèrent dans la voie qui venait d’être tracée. Schrôder, en Allemagne, dans ses expériences de tuberculose expérimentale, démontra que les injections d’extraits spléniques retardent ou arrêtent l’évolution de la maladie chez le lapin et le cobaye. Bayle, dans une série d’expériences dont les résultats furent publiés en 1925 (Revue internationale de Médecine expérimentale, Liège) établit l’innocuité absolue de l’extrait splénique qu’il emploie, en injectant au cobaye, sans inconvénient, douze fois la dose thérapeutique.
- 11 résulte des expériences faites par le Dr Bayle et d’autres expérimentateurs sur des cobayes et des lapins soumis à l’opothérapie splénique que : 1° l’évolution de la maladie est beaucoup plus lente ; 2Q la survie est double de celle des animaux non traités ; 3° les lésions sont plus tardives, plus discrètes et présentent du tissu fibreux, indication d'une tendance à la guérison; 4° le nombre des globules blancs et des globules rouges ainsi que le taux d’hémoglobine sont toujours plus grands chez les animaux traités que chez les animaux non traités.
- Ces résultats expérimentaux démontrent nettement le double rôle préventif et curatif de la méthode Bayle.
- Fig. 2. — Courbe de poids chez une malade tuberculeuse traitée par l'opothérapie splénique.
- Méthode du Dr Bayle.
- Novembre 1926
- Décembre
- Jours
- Avant le traitement
- : 20 jours après le.
- : début du traitement
- Fig. 1. — Courbe de température chez un malade tuberculeux traité par l’opothérapie splénique.
- Méthode du Dr Bayle.
- Les extraits spléniques employés par Bayle sont préparés en ampoules de 5 cm3 pour la voie hypodermique, et en sirop pour la voie buccale. Les deux modes interviennent souvent simultanément.
- Le traitement ne donne aucune réaciion fébrile ; il est parfaitement bien toléré et inoffensif dans toutes les formes de la tuberculose. Il agit aussi bien sur les tuberculoses pulmonaires que sur les tuberculoses chirurgicales. Sous son influence en dehors, bien entendu, des malades cachectiques ou hectiques, l’état général s’améliore, la température se régularise et tombe, le sang s’enrichit en globules et le taux de l’hémoglobine s’élève dans une proportion considérable; en même temps, la toux et l’expectoration disparaissent, tandis que le poids du malade se relève. Bientôt, on constate la guérison des lésions par résolution ou par ([sclérose (ce dont on peut se rendre compte à la radiographie); enfin, les bacilles diminuent en nombre et finissentpar disparaître.
- Harrower, en 1913, après une sérieuse enquête auprès des praticiens ayant employé l’opothérapie splénique selon la méthode Bayle, conclut nettement à la confirmation des résultats annoncés (par son auteur. Les hôpitaux et sanatoriums qui ont eu recours à cette méthode (centre de Toulouse, station de Glavière, hôpital 35 à Nîmes, hôpital 36 à Antibes, dispensaire antituberculeux de Valence, etc.) ont obtenu d’excellents résultats. Le Dr Ragain (Toulouse, 1922) compare l’action de l’extrait splénique à celle « d’un véritable sérum antituberculeux ». Enfin, plus récemment, le Dr .Branger (Caracas, 1925) a fait connaître les modifications)heureuses obtenues au moyen de l’extrait splénique (sur les globules sanguins et sur la quantité d’hémoglobine.
- Hâtons-nous de dire que le traitement n’a rien"1 de spécifique, mais qu’il met en jeu, d’une manière puissante et rapide, la défense de l’organisme] en agissant sur les organes naturels de défense.
- Tout récemment, le Dr Armand-Delille, dans la
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- Revue de la Tuberculose (avril 1928) a fait connaître les résultats obtenus [par lui, depuis près de deux ans, sur certaines formes évolutives de la tuberculose de l’enfant, par l’emploi des extraits spléniques.
- Il a soumis au traitement des cas qu'il considérait comme désespérés, soit que le pneumothorax n’eût pas été possible du fait d’adhérences, soit que les lésions bilatérales parussent trop graves ou trop diffuses pour tenter un double pneumothorax, soit enfin que lerpneumo-thorax n’ait pas arrêté le processus envahissant
- Bien que sur quelques-uns de ces cas désespérés le traitement n’ait pas agi, il a constaté, « dans une forte proportion des cas, des améliorations très notables et souvent inespérées ». Dans les observations-types qu’il rapporte, il constate la régularisation de la température et son retour à la normale (fig.
- 1), l’augmentation de poids (fig. 2), les modifications survenues dans l’image radiographique indiquant la régression des lésions (fig. 3 et 4), enfin la disparition plus tardive des bacilles. « Nous avons vu, écrit-il, aussi bien chez des jeunes filles au seuil de l’adolescence, que chez des nourrissons, des états fébriles accompagnés de signes fonctionnels et physiques et d’images radiologiques) qui semblaient devoir amener à brève échéance une terminaison fatale, survivre et s’améliorer tant cliniquement que radiologiquement, de sorte qu’on est en droit de considérer ces sujets comme en voie de guérison certaine ou même comme guéris. »
- VI. Conclusions. — La sanocrysine de Mollgaard est un traitement qui n’est pas au point; l'idée et certains résultats sont intéressants et montrent que des essais peuvent être poursuivis dans cette voie.
- Toute autre est notre conclusion pour le traitement de .MM. Boquet et Nègre, d’une part, et pour la méthode du Dr Bayle, d’autre part. L’action de ces deux
- moyens de lutte est, en effet, manifeste tant sur la tuberculose expérimentale que sur les personnes tuberculeuses.
- L’avantage de la méthode de Boquet et Nègre, qui n’est pas applicable à tous les cas, mais à un grand nombre de cas (et surtout aux tuberculoses chirurgicales), est d’être jusqu’à un certain point, spécifique; elle est, dès maintenant active et maniable, et, de plus, elle peut ouvrir la voie à de nouvelles recherches intéressantes.
- L’avantage de la méthode du Dr Bayle est qu’elle est applicable dans tous les cas de tuberculose, qu’ils soient pulmonaires, ganglionnaires ou osléo-articulaires. Elle est toujours inoffensive et ne connaît pas de contre-indications.
- Elle est très active et abso-lumentau point.
- Agissant par action directe sur les organes de défense, elle n’est pas spécifique de la tube rculose, qu’elle prévient et guérit même dans des cas désespérés, mais intervient efficacement dans tous les cas d’anémies et de dépression organique.
- Son 'action semble être très proche de ce que fait la nature lorsque la tuberculose guérit spontanément.
- Avec le vaccin des Drs Cal-mette et Guérin qui assure la protection des nouveau-nés (vaccin B. C. G.), avec le vaccin du professeur Vallée qui confère une immunité durable, avec les nouveaux progrès thérapeutiques, la science est actuellement en mesure d’enrayer la tuberculose.
- L’opothérapie se place à côté de la sérothérapie dans la lutte que l’homme a entreprise contre les maladies infectieuses. Et ce n’est pas sans une légitime fierté que nous relevons tant de noms français dans cette brillante lignée de chercheurs qui ont déclaré une guerre implacable à la maladie et à la mort.
- G. Eisenmejvger,
- Professeur agrégé, Docteur ès Sciences.
- Fig. 3. — A gauche : radiographie d’une malade tuberculeuse avant le traitement.
- Les parties noires représentent de grosses lésions bilatérales s’étendant dans les deux tiers supérieurs à droite et dans la moitié supérieure à gauche. Autres détails : fièvre, toux, sueurs nocturnes, crachats abondants avec très nombreux bacilles de Koch (plus de 30 par champ). A droite : radiographie de la même malade tuberculeuse après un an de traitement. Méthode du
- DT Bayle.
- L’éclaircissement des sommets des poumons montre la régression presque complète des lésions. Autres détails : état général excellent, température normale, auscultation normale, bacilles de Koch presque disparus (1 sur 40 champs), augmentation de poids de la malade : 10 kg 950
- (voir courbe de la figure 2).
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- PRIVILÈGE OU BREVET EEEE
- DE LA PREMIÈRE MACHINE A CALCULER
- Ce curieux document, peu connu, est extrait de /'Histoire de Port-Royal, publiée à Utrecht en 1140. Il offre le plus grand intérêt pour l’histoire des inventions modernes qui ont fait la fortune de grosses firmes américaines. Les détails de la description naïve de la célèbre machine à calculer de Pascal, rapprochés des détails de construction des machines actuelles, nous prouvent que cet œuf génial, pondu en France en 16h9, ne devait éclore que deux siècles et demi plus tard... en Amérique.
- « Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, etc. ; salut. Notre très cher et bien-aimé, le sieur Pascal, nous a fait remontrer, qu’à l’imitation du sieur Pascal son père, notre conseiller et président en notre Cour des aides d’Auvergne, il aurait eu dès ses plus jeunes années une inclination particulière aux sciences mathématiques, dans lesquelles par ses études et ses observations, il a inventé plusieurs choses, et particulièrement une machine par le moyen de laquelle on peut faire toutes sortes de supputations, additions, soustractions, divisions et toutes les autres règles mathématiques, tant en nombres entiers que rompus, sans se servir de plume ni jetons, par une méthode beaucoup plus simple, plus facile à apprendre, plus prompte à l’exécution et moins pénible à l’esprit que les autres façons de calculer qui ont été en usage jusqu’à présent ; et qui outre ces avantages, a celui d’être hors de tout danger d’erreur, qui est la condition la plus importante de tous les calculs. De laquelle machine, ledit Pascal aurait fait plus de cinquante modèles, tous difîérens, les uns composés de verges ou lamines droites ; d’autres, de courbes ; d’autres avec des chaînes ; les uns avec des rouages concentriques, d’autres avec des excentriques ; les uns mouvant en ligne droite, d’autres circulairement ; les uns en cônes, d’autres en cylindres, et d’autres tous différents de ceux-là, soit pour la matière, soit pour la figure, soit pour le mouvement. Après tous lesquels essais auxquels il a employé beaucoup de temps et de frais, il serait enfin arrivé à la construction d’un modèle achevé qui a été reconnu infaillible par les plus doctes mathématiciens de ce temps, qui l’ont universellement honoré de leur approbation et estimé très utile au public.
- « Mais d’autant que ledit instrument peut être aisément contrefait par divers ouvriers, et qu’il est néanmoins impossible qu’ils parviennent à l’exécuter dans la justesse et perfection nécessaires pour s’en servir utilement, s’ils n’y sont conduits expressément par ledit Pascal, il serait à craindre que s’il était permis à toutes sortes de personnes d’en construire de semblables, les défauts qui s’y rencontreraient infailliblement par la faute des ouvriers, ne rendissent cette invention aussi inutile qu’elle doit être profitable, étant bien exécutée. C’est pourquoi il désirerait qu’il nous plût faire défenses à tous artisans et autres personnes de faire ou faire faire ledit instrument sans son consentement, nous suppliant à cette fin de lui accorder nos Lettres sur ce nécessaires ; et parce que ledit instrument est à présent à un prix excessif qui le rend par sa cherté comme inutile au public, et qu’il espère le réduire à moindre prix et tel qu’il puisse avoir cours, ce qu’il prétend faire par l’invention d’un mouvement plus simple et qui opère néanmoins le même effet, à la recherche duquel il travaille continuellement, et en stylant peu à peu les ouvriers encore peu habitués, lesquelles choses dépendent d’un temps qui ne peut être limité.
- « A ces causes, désirant gratifier et favorablement traiter ledit Pascal fils, en considération de sa capacité en plusieurs sciences, et surtout aux mathématiques, et pour l’exciter
- d’en communiquer de plus en plus les fruits à nos sujets, et ayant égard au notable soulagement que celle machine doit apporter à ceux qui ont de grands calculs à faire, et à raison de l’excellence de cette invention, Nous avons permis et permettons par ces présentes, signées de notre main, audit sieur Pascal fils, et à ceux qui auront droit de lui à présent et à toujours, de .faire construire et fabriquer par tels ouvriers, de telle manière et en telle forme qu’il avisera bon être, en tous les lieux de notre obéissance, ledit instrument par lui inventé, pour compter, calculer, faire toutes additions, soustractions, multiplications, divisions et autres règles d’arithmétique, sans plume ni jetons ; et faisons très expresses défenses à toutes personnes, artisans et autres, de quelque qualité et condition qu’ils soient, d’en faire, ni faire faire, vendre, ni débiter dans aucun lieu de notre obéissance, sans le consentement dudit sieur Pascal fils, ou de ceux qui auront droit de lui, sous prétexte d’augmentation, changement de matière, forme ou figure, ou diverses manières de s’en servir, soit qu’ils fussent composés de roues excentriques, concentriques ou parallèles, de verges ou bâtons ou autres choses, ou que les roues se meuvent seulement d’une part, ou de toutes deux, ni pour quelque déguisement que ce puisse être, même à tous étrangers tant marchands que d’autres professions, d’en exposer ni vendre en ce royaume, quoiqu’ils eussent été faits hors d’icelui : le tout à peine de trois mille livres d’amende payables sans déport par chacun des contrevenans, et applicables un tiers à Nous, un tiers à l’Hôtel-Dieu de Paris, et l’autre tiers audit sieur Pascal, ou à ceux qui auront son droit ; de confiscation des instruments contrefaits, et de tous dépens, dommages et intérêts.
- « Enjoignons à cet effet à tous ouvriers qui construiront ou fabriqueront lesdits instrumens en vertu des présentes, d’y faire apposer par ledit sieur Pascal, ou par ceux qui auront son droit, telle contremarque qu’ils auront choisie, pour témoigner qu’ils auront visité lesdits instrumens et qu’ils les auront reconnus sans défauts. Voulons que tous ceux où ces formalités ne seront pas gardées, soient confisqués, et que ceux qui les auront faits, ou qui en seront trouvés saisis, soient sujets aux peines et amendes susdites, à quoi ils seront contraints en vertu des présentes, ou de copies d’icelles duement collationnées par l’un de nos amés et féaux conseillers secrétaires, auxquelles foi sera ajoutée comme à l’original : du contenu duquel Nous vous mandons que vous le fassiez jouir et user pleinement et paisiblement, et ceux auxquels il pourra transporter son droit, sans souffrir qu’il leur soit donné aucun empêchement.
- « Mandons au premier notre huissier ou sergent, sur ce requis, de faire pour l’exécution des présentes, tous les exploits nécessaires, sans demander autre permission. Cartel est notre plaisir ; nonobstant tous çpdits^ ordonnances, déclarations, arrêts, règlemens, privilèges, statuts et confirmation d’iceux, clameurs de haro, charte normande et autres lettres à ce contraires, auxquelles et astte %érogatives y contenues, nous dérogeons ces présentes'.
- « données à Compiëgne le 22° jour de may, l’an de grâce 1649 et de notre règne le septième.
- .Signé Louis, et plus bas : la Reine régente sa mère présente.
- Par le Roi : Phelippeaux ; gratis. L’original en parchemin scellé du grand sceau de cire jaune (*).
- Pour copie conforme : J. Ciiataing.
- 1. Extrait du Recueil de pièces pour servir à l’Histoire de Port-Royal. Utrecht, 1740.
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- PRESTIDIGITATION
- LA FEMME-FAKIR
- On a fait une excellente adaptation des anciennes lectures et prévisions dépensées en présentant quelques-uns des trucs
- simples employés pour ces branches de la prestidigitation, mais pour sacrifier au goût du jour, en les attribuant au faki -risme à la mode aujourd’hui. De plus, comme il était nécessaire de corser quand même cette soi-disant nouveatité, on a inventé la femme-fakir, ce qui est en effet une véritable révélation !
- Yoici comment l’expérience se déroule : le prestidigitateur explique qu’il a eu la chance de pouvoir amener en France lors du voyage qu’il fit dans l’Inde, une femme -fakir dont la puissance sensitive, divinatoire et de prédictions est bien supérieure à tout ce que l’on a pu voir
- femme-fakir.
- du reste il peut le démontrer: il va alors
- chercher et amène sur la scène une jeune femme à l’aspect maladif, vêtue plutôt à la grecque qu’à l’indienne de longs vêtements et de voiles blancs ; il annonce qu’elle va donner d’abord une preuve de sa mémoire extraordinaire. Prenant un jeu de 32 cartes, il le fait battre par plusieurs spectateurs, puis, faisant asseoir la femme-fakir à l’avant-scène, il dit qu’il va nommer les cartes dans l’ordre où le mélange, opéré par plusieurs spectateurs, les a placées, que de plus il écrira le nom de chacune de ces cartes au fur et à mesure sur un tableau noir placé au fond de la scène et divisé d’avance en 32 cases numérotées. La femme-fakir, ayant entendu le nom des cartes, les retiendra toutes dans l’ordre où elles auront été données. De plus elle se souviendra du numéro d’ordre de sortie de chaque carte. L’inscription au tableau noir sera là pour permettre de constater l’exactitude des faits : la femme-fakir n’oubliera plus l’ordre et le nom des cartes qu’elle n’aura entendus qu’une fois. A tout moment de la soirée elle sera capable de nommer toutes les cartes avec leur numéro d’ordre, ou de dire à quelle carte correspond un numéro donné. En effet le prestidigitateur prend les cartes une par une, les montre au public, les nomme, les inscrit sur un tableau. La jeune femme, descendue au milieu du public et tournant le dos à la scène, interrogée plusieurs fois par des spectateurs, nomme sans erreur les cartes à leur numéro d’ordre ou le numéro d’après la carte.
- Revenant sur la scène, elle s’assied sur une chaise placée près de la rampe, face au public. Le prestidigitateur lui bande les yeux, puis s’approche d’un second tableau noir placé au fond ; il demande qu’on lui dicte des nombres de
- cinq, six ou même sept chiffres. Ces nombres, il les répète, les inscrit au tableau, puis ordonne à la femme-fakir de les dire de mémoire. Elle le fait immédiatement commençant par le premier ou par le dernier, nommant au choix des spectateurs celui qu’on lui demande, premier, quatrième, deuxième, etc. Elle fait ensuite l’addition mentalement et indique le résultat à l’opérateur qui l’inscrit sur le tableau.
- On apporte alors sur un plateau dix volumes dont le prestidigitateur donne les titres; supposons: Molière, Corneille, Dumas, France, Hervieu, etc., sont donnés au public : deux spectateurs montent sur la scène, l’un choisit un volume, l’autre une page dans ce volume et immédiatement la femme-fakir lit le titre du volume et la page soit en entier, soit à l'endroit qu’on lui indique.
- Elle fait encore bien d’autres choses extraordinaires ; mais bornons-nous pour le moment à expliquer celles-ci.
- Les cartes inscrites au tableau et retenues sont dues à la prestidigitation pure. L’opérateur confie aux spectateurs pour qu’ils le battent avec soin un jeu quelconque, mais en remontant sur la scène il échange ce jeu, ce qui est l’enfance de l’art, contre un autre dont la femme-fakir connaît l’ordre par cœur. Elle est donc prête à répondre à toutes les questions.
- Pour la suite des opérations, une chaise est placée à l’avant-scène ; or cette chaise joue un rôle dans l’affaire. Dans un des montants d’arrière existe un tube, dépassant légèrement par en bas et terminé en haut par un petit morceau de tube souple caché derrière le dossier. Le prestidigitateur pose la chaise à un endroit précis où le bout du tube dépassant le montant de la chaise rencontre un trou dans le plancher et sous la scène, un aide enfonce dans ce bout de tube un autre morceau qui formera tuyau acoustique. Lorsque la femme-fakir s’assied sur la chaise, l’opérateur lui bande les yeux et c’est pendant qu’il fait cette opération, qu’il introduit dans l’oreille le bout du tube souple qui était caché derrière le dossier. Le bandeau maintient le tube et le cache. Le reste de l’opération s’explique facilement. L’aide muni de son acoustique se place dans la boîte du souffleur ou dans la coulisse de façon à bien voir le tableau noir du fond de la scène. C’est lui qui naturellement fait l’addition, et souffle par l’acoustique les
- nombres, les chiffres suivant’ les demandes.
- Pour la lecture des livres, une légère complication s’impose : les dix volumes sont numérotés mentalement dans la mémoire de l’opérateur et de l’aide : un, Molière; deux, Corneille ; trois, Racine, etc. ; et une phrase convenue, dite à la femme-fakir renseigne l’aide sur le titre du volume qu’il doit indiquer. Exemple : Quel est ce volume ? veut dire
- Fig. 2. — La femme-fakir.
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- Trois, Racine. Lisez le titre, veut dire Dix, François Coppée, etc. Ayant devant lui une collection de dix volumes, semblable à celle présentée au public, il prend le livre choisi et lit à la femme-fakir ce qu’elle est censée lire, mais qu’elle ne fait
- que répéter. L’opération finie, on enlève le bandeau, le bout de tuyau souple quitte l’oreille et va se replacer derrière le dossier, la femme se lève et la chaise est retirée.
- Alber.
- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- L’ÉVOLUTION DES CHASSIS ET DES CARROSSERIES
- L’histoire, dit-on, est un éternel recommencement ; on pourrait dire de même que, pour un observateur superficiel, l’histoire de la technique automobile est aussi un éternel recommencement.
- Les premières automobiles avaient un système d’allumage comportant une batterie d’accumulateurs et une bobine de Ruhmkorfï; puis on a abandonné cette solution pour l’allumage par magnéto ; et voici maintenant qu’on nous propose de nouveau des systèmes d’allumage à bobine et à accumulateurs.
- Avant la guerre, les voitures de tourisme avaient des moteurs à régime de rotation relativement lent et à cylindrée assez grande ; puis on a abandonné presque complètement ce genre de moteurs pour des moteurs à cylindrée très faible et tournant très vite. Maintenant, de nouveau, pour le grand tourisme tout au moins, on préfère des moteurs de cylindrée moyenne et à régime de rotation plus réduit.
- Les premières carrosseries comportaient une armature rigide en bois recouverte de plaques de bois ou de cuir; puis on a employé une armature'rigide en bois recouverte en partie de tôle, et l’on a, il y a quelques années, abandonné, au moins en France, presque complètement ce principe pour les voitures de tourisme, en adoptant une armature de bois, déformable, recouverte de toile simili cuir; enfin, actuellement, la plupart des carrosseries sont de nouveau recouvertes de tôle et comportent une armature en bois ou en acier.
- Et l’on trouverait facilement bien d’autres analogies du même genre; par exemple pour les pneus à basse pression, les idées qui paraissaient abandonnées un moment sont reprises à un autre, et l’on pourrait dire ainsi : « Rien de nouveau sous le soleil ! »
- Cette affirmation n’est cependant exacte que pour un observateur superficiel, et ne correspond nullement à la réalité. Si l’on applique à nouveau à un moment donné une solution autrefois abandonnée, c’est que les conditions industrielles ont totalement changé, et la solution elle-même est appliquée sous une tout autre forme.
- Considérons, par exemple, tout d’abord, le problème de l’allumage par batterie d’accumulateurs et bobine d’induction. Au début de l’automobile, la batterie d’accumulateurs employée était fragile et d’une capacité insuffisante, et l’on était obligé de la démonter fréquemment pour la recharger.
- Les batteries employées actuellement ne nécessitent aucun entretien, et sont rechargées continuellement et automatiquement par la dynamo d’éclairage de la voiture ; quant à l’ensemble de l’installation, on ne peut comparer les bobines primitives aux modernes « Delco ».
- On s’est peut-être aperçu, d’autre part, que les moteurs de faible cylindrée tournant à grande vitesse, présentaient des inconvénients, malgré leurs qualités de bon rendement et d’économie ; mais on ne saurait comparer les moteurs actuels à six cylindres à cylindrée moyenne, utilisés actuellement sur les voitures de grand tourisme, avec les moteurs à
- quatre cylindres des voitures de 1914 ; le rendement des moteurs modernes, leur souplesse et leur silence ne pouvaient même être soupçonnés à ce moment.
- Enfin, on a peut-être discerné aussi les inconvénients des carrosseries déformables malgré leurs avantages de légèreté et de silence ; mais la carrosserie moderne en tôle ne peut être comparée à la carrosserie similaire de 1914.
- Sans même considérer les caractéristiques d’esthétique, de confort et de poids, qui sont toutes différentes, on remarquera que l’armature n’est plus généralement en bois, mais en acier, et que la tôle n’est plus recouverte d’un vernis à la gomme laque, mais d’une peinture cellulosique, en attendant peut-être la peinture-émail à chaud, réalisée en Amérique.
- Ainsi les similitudes apparentes disparaissent, lorsqu’on examine les questions plus en détail, seul peut-être le principe initial demeure, mais les détails d’application, qui dans l’industrie sont souvent essentiels, ont été complètement modifiés.
- LES AVANTAGES RÉELS DES MOTEURS A SIX CYLINDRES
- La faveur justifiée dont jouissent actuellement les moteurs à six cylindres ne doit cependant pas nous faire exagérer leurs avantages vis-à-vis des excellents moteurs modernes à quatre cylindres, qui équipent encore aujourd’hui la majorité des châssis.
- C’est d’abord une erreur de croire qu’un moteur à six cylindres permet d’atteindre en palier une vitesse supérieure à celle réalisée normalement avec un moteur à quatre cylindres de puissance égale.
- Les qualités essentielles du moteur à six cylindres ne résidant pas dans un rendement plus économique, ou une puissance supérieure à égalité de cylindrée ; mais essentiellement dans une augmentation de la « souplesse » et de la régularité de la rotation.
- Avec un moteur à six cylindres bien équilibré, on pourra ainsi obtenir une absence complète de vibrations, et un silence impossible à obtenir avec un quatre cylindres.
- De plus, on pourra conserver « la prise directe », soit en palier à très faible vitesse, soit en côte. Une voiture à six cylindres est donc très agréable à conduire dans une ville, et elle permet d’obtenir une vitesse moyenne remarquable sur route, puisque l’on n’est presque plus obligé de ralentir dans les côtes.
- Cependant, pour que l’on puisse apprécier tous les avantages du moteur à six cylindres, il faut que le châssis soit établi en conséquence.
- On ne peut en effet employer la prise directe à vitesse très réduite, ou dans les côtes à inclinaison rapide si le moteur n’a pas une cylindrée suffisante ou si la démultiplication de la transmission entre le moteur et les roues est trop faible.
- Aux États-Unis où la vitesse dans la plupart des États est généralement limitée, non seulement les moteurs ont une forte cylindrée et une vitesse de régime très lente, mais
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- Fig. 1.
- Différentiel Sensaud de Lavaud à roues libres pour Vamélioration de l’adhérence et de la tenue de route de la voiture.
- encore la démultiplication de la transmission est assez grande ; de cette façon, le conducteur ne change pratiquement pas de vitesse.
- En France, le problème est plus complexe parce que le propriétaire d'une voiture de grand tourisme désire généralement atteindre une très grande vitesse.
- Une solution élégante et que quelques constructeurs appliquent déjà, consiste à employer deux multiplications en prise directe, ce changement s’effectuant très rapidement à l’aide d’un seul levier.
- La plus petite multiplication est employée pour la ville, et la plus grande pour les trajets sur route.
- UN DIFFÉRENTIEL A ROUES LIBRES
- Les différentiels ordinaires permettent aux roues arrière de parcourir sans glisser des chemins différents, parce qu’ils équilibrent les efforts, et créent une liaison entre la vitesse des deux roues.
- Mais la propulsion du véhicule dépend ainsi de l’adhérence d’une roue, et une variation accidentelle de la vitesse d’une roue réagit sur celle de l’autre.
- M. Sensaud de Lavaud, l’ingénieur automobiliste bien connu, a eu l’idée d’établir un différentiel à rôties libres, qui permet aux roues une liberté différentielle absolue sans imposer aucune liaison à leurs vitesses ; de plus, l’appareil permet par une simple commande, soit de rendre les roues arrière entièrement libres, soit de les freiner par le moteur (fi. 1).
- L’appareil comprend essentiellement un boîtier a en trois pièces portant la couronne d’entraînement ; deux moyeux cylindriques b en bout des deux demi-essieux ; deux rangées de rouleaux c côte à côte dans les rampes, chacune sur un moyeu ; deux cages d maintenant les rouleaux et clabotées élastique-ment; un clabotage e des cages par ressorts poussant des billes sur une surface conique, donnant leur rappel angulaire réciproque et une friction énergique entre elles et les moyeux ; des billes f centrant le boîtier sur les moyeux ; des billes de butée g empêchant le serrage des cages entre les moyeux ; un tambour extérieur h tournant sur le boîtier, rappelé augulairement par un ressort et commandant un verrouillage ; un verrouillage i entre le boîtier et une cage constitué par une bille libre dans un alésage du boîtier entre deux lumières coniques, l’une du tambour, l’autre d’un flasque d’une cage ; un disque de friction j retenant par son arrêt le tambour en antagonisme avec son ressort en marche avant, ce qui engage
- le verrouillage ; enfin un doigt de commande k peut immobiliser le disque de friction (fig. 1).
- On voit ainsi que les rouleaux c s’arc-boutent sans glisser en roulant, et en s’enfonçant légèrement par déformation élastique. La prise est amorcée par la friction entre cages et moyeux ; une rangée peut se dégager seule grâce à la liaison élastique des cages, mais elle garde le contact des rampes et l’arc-boutement reste amorcé.
- Sans friction sur le tambour, les rampes d’arc-boutement symétriques de celles de la marche avant peuvent donc être utilisées pour la marche arrière et pour le freinage par le moteur.
- Avec la friction, le verrouillage engagé en marche avant vient buter les cages, et les secondes rampes ne peuvent être atteintes; les roues sont alors complètement libres.
- En marche arrière, la friction inversée s’ajoute au rappel du ressort du tambour et dégage le verrouillage : l’entraînement est alors possible ainsi que le freinage par le moteur.
- On obtient donc les particularités de fonctionnement suivantes :
- 1° Eu ligne droite, l’arc-boutement est bilatéral, l’entraînement se fait par les deux roues avec possibilité d’utiliser leur adhérence totale.
- 2° En virage propulsé, seule la roue intérieure est motrice, l’autre devient libre puisque le moyeu de son demi-essieu glisse sans pression sur ses rouleaux d’arc-boutement.
- 3° En virage freiné par le moteur, seule la roue extérieure est résistante, tandis que l’autre est devenue libre.
- 4° Si l’adhérence d’une roue devient mauvaise en cas d’entraînement ou de freinage, la roue patine légèrement et les deux roues sont automatiquement solidaires avec possibilité d’utiliser leur adhérence totale.
- 5° En propulsion comme en roues libres, lorsqu’une roue passe sur un obstacle, elle progresse librement sans transmettre de percussion, et la propulsion se reporte sur l’autre roue.
- 6° Gomme la liberté différentielle des roues est absolue, en cas de freinage inégal à l’arrière une roue peut patiner ou se bloquer sans réagir sur l’autre.
- De même, si un pneumatique est dégonflé, la roue correspondante devient libre et l’entrainement se fait par l’autre.
- RESSORT AUTO AMORTISSEUR PERFECTIONNÉ
- Nous avons déjà indiqué qu’il existait des appareils amortisseurs complètement séparés des ressorts ou des appareils se fixant sur un ressort quelconque; on peut établir également des ressorts spéciaux autoamortisseurs qui possèdent,
- Fig. 2.
- Ressort autoamortisseur h lames multiples. Yue en perspective et en coupe.
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- outre des qualités de flexibilité, des propriétés d’amortissement particulières.
- Un nouveau modèle particulièrement bien étudié de ce genre est composé de lames de plus faible épaisseur que les ressorts ordinaires, mais en plus grand nombre, ce qui per-
- Fig. 3.
- Disposition de la lame maîtresse du ressort.
- met d’atteindre une plus grande flexion sans risques de rupture.
- En particulier, la lame maîtresse habituelle est remplacée par une double lame qui offre une section plus forte au point d’appui, et l’un des éléments de cette double lame possède dans le corps du ressort une brisure i (fig. 2 et 3) lui permettant de jouer librement.
- Le système amortisseur est réalisé par friction des lames du ressort, les unes contre les autres; la pression nécessaire étant exercée par de petites lames auxiliaires, en forme de plaquettes, maintenues par des brides en forme de bracelets (fig 4).
- Les flexions des ressorts font varier la pression d’appui des lames les unes sur les autres, à mesure que les plaquettes se déforment en réalisant ainsi un serrage progressif freinant les oscillations avec d’autant plus de vigueur que leur amplitude est pins grande.
- On a étudié la courbure des plaquettes de telle sortes que le freinage dans les deux sens laisse aux lames le maximum de liberté dans la position moyenne correspondant à la charge statique normale, ce qui assure la douceur de la suspension aux allures moyennes.
- De plus, on peut graisser les lames sous pression grâce au
- Fig. 4.
- Détails des brides d'assemblage du ressort.
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- UN NOUVEAU SYSTÈME DE RÉTROVISEUR POUR CONDUITE INTÉRIEURE
- On utilise généralement dans les carrosseries à conduite intérieure un système rétroviseur formé ordinairement d’un
- Appareil de rétrovision perfectionné.
- Il est constitué par un miroir plan a et une lentille b fixée sur la glace arrière ou encastrée dans son épaisseur.
- miroir plan monté sur un support à rotule et placé à l’avant de la voiture.
- Ce miroir permet au conducteur de voir, plus ou moins bien d’ailleurs, l’arrière immédiat de la voilure à travers la vitre arrière qui est normalement assez grande dans les carrosseries modernes; mais l’angle de visée du système est très réduit.
- Pour améliorer le dispositif, on peut placer sur la vitre arrière, au moyen de pattes ou en l’encastrant, une lentille optique d’une courbe spéciale.
- Cette lentille est combinée avec un miroir réfléchissant rectangulaire placé devant le conducteur et formant oculaire (fig. 5).^
- Ce dispositif augmente dans de grandes proportions l’angle de vision, il donne plus de facilité pour manœuvrer et observer les voitures arrivant au loin; il diminue l’éblouissement causé par les phares des voitures venant à l’arrière, et enfin il permet de réduire les dimen-
- —-F
- L’appareil rétroviseur monté sur la voiture.
- L’angle de vision obtenu avec la lentille est A .B G; sans lentille il se réduirait à E B F.
- serrage des lames plus intense que dans les ressorts ordinaires.
- On obtient ainsi, sans l’aide de gaines, une grande douceur et une protection efficace contre l’eau et la boue.
- Le montage du ressort ne diffère en rien, d’ailleurs, de celui des ressorts ordinaires, auxquels,on peut le substituer facilement.
- sions de l’ouverture arrière de la carrosserie (fig. 6).
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits : Différentiel Sensaud de Lavaud. S'-Didier, accessoires, 39, rue S1-Didier, Paris (XVI;).
- Ressort auto-amortisseur Burnand. Même adresse.
- Miroir rétroviseur perfectionné, Dioptroscope. L’Optique Commerciale, 7, rue de Malte, Paris
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les mesures en T. S. F., par M. Veaux, 1 vol. 200 p., 175 fig. Prix : 30 fr. Editeur Léon Eyrolles. Paris.
- La radiotechnique est devenue une partie spéciale de l’électro-technique et les techniciens, comme les amateurs avertis qui veulent établir eux-mêmes leurs postes, se sont vite rendu compte de la nécessité d’abandonner les méthodes empiriques, pour réaliser autant qu’il est possible des mesures précises des diverses constantes d’un appareil, afin d’arriver à sa réalisation avec le minimum de mise au point finale.
- Ce volume s’adresse donc à la fois aux techniciens et à l’amateur averti et il contient de plus un petit manuel résumé de « dépannage » qui rendra les plus grands services dans la pratique.
- Un exposé très détaillé décrit d’abord la construction des divers appareils de mesures que doit contenir un petit laboratoire et la façon d'utiliser ces appareils.
- La construction, l’usage et l’étalonnage d’un ondemèti’e, l’emploi d’une hétérodyne de mesures, la mesure des courants de haute fréquence, la mesure des résistances, des courants basse fréquence, etc., sont ainsi successivement étudiés.
- L'application des procédés de mesures précédemment décrits dans les problèmes de radiotechnique courants forme le sujet d’un dernier chapitre, et le livre se termine, comme nous l’avons indiqué, par un manuel de dépannage.
- Les filtres électriques. L’alimentation des postes récepteurs, par M. Veaux. 1 vol. 242 p., 227 bis L. Eyrolles, Editeur. Paris, 1927.
- L’alimentation des circuits filament et plaque des postes récepteurs de T. S. E. à lampes peut s’elfectuer au moyen de piles, d’accumulateurs ou du courant de secteur, lequel peut être continu ou alternatif.
- Chacun de ces moyens pose une série de problèmes techniques qui sont examinés par M. Veaux avec beaucoup de méthode et de clarté. Il résume tout d’abord les notions élémentaires indispensables sur les piles ou accumulateurs. Puis il donne la théorie des filtres électriques, et il étudie ensuite les problèmes de la charge des accumulateurs, et examine le fonctionnement des divers types de redresseurs qui peuvent être employés lorsque la charge s’effectue sur courant alternatif. Ces éléments connus, il examine les divers cas d’alimentation d’un poste et les diverses combinaisons possibles des moyens précédemment étudiés.
- Cet ouvrage, très bien ordonné, rendra de grands services aux amateurs et aux techniciens de la T. S. F.
- Atlas colonial français, parle commandant P. Pollacchi, in-folio, 320 p., 55 pl. de cartes en couleurs, 260 d’héliogravures, édité par l’Illustration, 1929. Prix 400 fr.
- Depuis 1866 nous avons connu quatre séries successives de cartes relatives aux colonies françaises, savoir : Atlas des colonies françaises, ministère de la marine, 1862-66,14 cartes; colonies françaises à la suite de l’Atlas départemental de la France d’AD. Joanne, Paris, Hachette, 1873; Atlas colonial, par Henri Mager, in-4°, 19 cartes et nombreux plans de villes et notices, Paris, Bayle, 1886; Nouvel atlas de colonies françaises, par Paul Pelet, 24 cartes et notices. Paris, Challamel, 1891,
- Depuis cette dernière date l’expression du domaine colonial français et les modifications qu’y a apportées la grande guerre exigeaient une remise au point dans une oeuvre considérable. Elle vient d’être exécutée par les soins de VIllustration. C’est dire que ces soins nous apportent un magnifique atlas-album richement illustré. « C’est un ouvrage de large vulgarisation et d’abondante documentation, apportant, après les transformations survenues en ces dernières années, la figure exacte actuelle de notre empire colonial. »
- L’auteur, cartographe et topographe réputé, a établi son texte d’après les plus récentes publications et statistiques. A chaque colonie est consacrée une monographie particulière sous réserve de certains groupements nécessaires pour l’Afrique occidentale française, l’Afrique équatoriale et l’Indo-Ghine. On y a ajouté les pays de protectorat et les territoires sous mandat français (Togo, Cameroun, Levant).
- Un court historique sur nos colonies précède l’atlas. Dans les notices, nettes et sommaires, il est reposant de ne pas rencontrer la terminologie barbare où s’obscurcit de plus en plus l’enseignement géographique de nos Universités. Les données se présentent simples, précises, exactes, faciles à consulter, grâce à une considérable table alphabétique de 34 p. (plus de 20 000 noms).
- Les principales cartes sont données sous les trois formes : politique, physique, économique. Elles portent, en cartons, les plans des principales villes et ports.
- Deux qualités régnent d’un bout à l’autre de l’ouvrage : la beauté et la clarté : bien dignes des éloges que lui décerne la
- préface, du Maréchal Lyautey : « Cet atlas vise un triple but, faire mieux connaître nos colonies, les faire aimer, contribuer à leur essor économique auquel est si intimement liée la prospé. rité de la France elle-même », et le but est complètement atteint-
- The colloïd chemistry of protoplasm, par L. Y. IIeh-brunn 1 vol. in-8, 356 p., 15 fig. Protoplasma-Monographien, vol. 1. Gebriider Borntraiger, Berlin, 1928, Prix : broché, 10 m.; relié. 21 m.j
- La chimie physique, et spécialement celle des colloïdes, a apporté nombre d’aperçus nouveaux dans l’étude de la matière vivante. Depuis quelques années, les méthodes physiques et chimiques ont largement pénétré dans les laboratoires de microscopie. Yoici une mise au point excellente de l’état actuel des recherches, bien conçue, bien ordonnée et surtout ne cherchant pas à tout prix à imposer aux complexes protoplasmiques les lois très simples et très sûres des sciences physiques. Après un bref rappel de la morphologie et de la chimie de la cellule, l’auteur énumère et discute les méthodes d’étude applicables, puis il aborde les problèmes physico-chimiques : viscosité, élasticité; action de la température, des autres facteurs physiques, des sels; charges électriques; action des acides, des alcalis, des solvants des graisses; précipitation superficielle; réaction spécifique de la vacuolisation et de la cytolyse; division cellulaire, activité protoplasmique. C’est une monographie indispensable à consulter pour situer l’aspect et les tendances actuelles de la cytologie.
- L’individualité du sang en biologie, en clinique et en médecine légale par Leone Lattes. 1 vol. in-8, 320 p., 66 fig. Masson et Gie, Paris 1929. Prix; 59 fr.
- Depuis quelques années, les recherches se multiplient sur les réactions diverses des sangs humains. Yoici une mine des documents sur ce sujet, réunis et classés par le professeur de la Faculté de Médecine de Modène qui s’est consacré à cette question importante à plus d'un titre. Les anthropologistes et les cliniciens y trouveront la distribution ethno-anthropologique des groupes sanguins et ses rapports avec l’anthropogénie et les migrations humaines, la valeur des groupes sanguins en chirurgie pour la transfusion du sang et les greffes des tissus, et en médecine pour les rapports possibles entre les groupes et certaines maladies : le cancer, l’éclampsie, la diphtérie, les psychopathies, etc. C’est par là que la doctrine de l’individualité du sang touche aux questions les plus complexes de l’immunologie et de l'hérédité morbide. Cet ouvrage lui donne une orientation sfire et précise, accompagnée d'une bibliographie extrêmement précise. Il contient en outre les récents résultats acquis sur l’hérédité des groupes sanguins et leur application à la recherche judiciaire de la paternité; ceux concernant l’individualisation des taches de sang, toutes questions intéressant non seulement les biologistes et les médecins, mais aussi les juristes.
- Aux chapitres scientifiques l’auteur en a ajouté un de technique, où l’on trouvera l'exposé critique, succinct, mais complet, du manuel opératoire, guide fort utile pour tous ceux qui doivent pratiquer ces réactions.
- L’Année Psychologique, par Henri Piéron. 28° année. 1927. 2 vol, in-8, 866 p., fig. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, Paris, 1928. Prix des 2 vol. : 110 fr, L’ouvrage annuel du professeur du Collège de France est devenu si considérable qu'il se présente cette fois en 2 volumes plus maniables. Comme d’habitude, il comprend des mémoires originaux, des notes plus courtes, des analyses bibliographiques. Le premier mémoire, de Kucharski, sur l'excitation auditive en fonction du temps est un travail considérable qui modifié la théorie de l’audition; il est suivi d’autres études : la perception des longueurs par la peau (Foucault), excitation lumineuse intermittente ou alternante (Piéron), les images consécutives et leur pouvoir hallucinogène (Quercy), la certitude associative et la psychologie de l’apprentissage (Velinsky), température interne et appréciation des durées (François), précision et cohérence dans les examens par texte (Fessard).
- Des notes intéressantes examinent le facteur subjectif dans les notes d’examen (Laugier et Weinberg), le facteur psychologique dans les constructions des machines à écrire (Lahy), les textes de Binet-Simon et la technique moderne (Baumgarten).
- La dernière partie, consacrée à 1166 analyses bibliographiques, résume et classe tout ce qui a été publié en 1927, dans le monde entier et dans tous les domaines de la psychologie théorique et appliquée. C’est un document unique, représentant un labeur formidable, et fournissant à tous une documentation précieuse pour les domaines les plus variés, depuis la physiologie nerveuse jusqu’à la métapsychie ’en passant par la pédagogie, la psychotechnique, etc.
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- CHRONIQUE DfAVIATION
- Traversée de VAtlantique Sud
- Avion Léger R. S. V.
- Un beau raid vient d’être effectué par l’équipage espagnol : Jimenez-Iglesias, les 24, 25 et 26 mars dernier.
- Espérant battre le record du monde de distance en ligne droite, les aviateurs espagnols partirent de Séville avec 4125 litres d’essence ; ils atterrirent, à bout de combustible, à Bahia, après un vol de 6500 km environ effectué en 41 heures de vol.
- Le record du monde détenu par Ferraris et del Prete (7180 km) n’était donc pas battu. Jimenez et Iglesias n’en ont pas moins réussi la troisième traversée sans escale de l’Atlantique Sud.
- L’appareil du raid était un Breguet « Bidon », muni d’un moteur Hispano-Suiza de 600 ch.
- Essai des moteurs en tandem.
- L’adaptation des hélices de moteurs placés en tandem doit être faite empiriquement, généralement au cours des essais de l’appareil; l’hélice arrière travaille, en effet, dans la zone de refoulement de l’hélice avant, c’est-à-dire dans des conditions mal connues.
- Dans le but d’essayer les groupes moto-propulseurs avant leur imontage sur avion, le constructeur allemand Dornier emploie un hydroglisseur sur lequel sont montés les moteurs en essais. La vitesse atteint 120 km/h., vitesse d’adaptation des hélices sur les appareils commerciaux. Le champ d’évolution du glisseur d’essais est le lac de Constance, voisin des usines Dornier.
- Essais de voilure à surface variable.
- L’ingénieur américain Harland D. Fowler a imaginé un nouveau type d’aile à surface variable.
- L’aile Fowler comporte, dans sa partie médiane, entre les ailerons, un plan mobile se détachant de la partie inférieure de l’aile. Ce plan, dont le mouvement est commandé par un volant, roule sur des chemins de roulement liés au longeron arrière.
- Le plan auxiliaire augmente de 25 pour 100 la surface por-tante ; la courbure plus grande qu’il donne à l’aile, augmente la portance de l’ensemble.
- Essayée au tunnel, puis en vol sur un avion « Canuck » l’aile Fowler semble donner des résultats appréciables.
- La surface passe de 12,63 m2. à 15,42 m2. ; le poids total de l’appareil équipé s’élève à 866 kg.
- Malgré tout l’intérêt que peut présenter une voilure de surface variable, voilure permettant une augmentation de l’écart de vitesse, donc une amélioration de la sécurité d’atterrissage, il semble que l’augmentation de poids de l’appareil doive la faire rejeter. Quel que soit le dispositif employé, la voilure auxiliaire entraîne une charge supplémentaire par son poids propre et aussi par la construction plus difficile de la voilure normale.
- Soudure par points du duralumin.
- Un procédé de soudure électrique du duralumin par points vient d’être mis au point par l’Aluminium Company of America.
- Les électrodes utilisées pour cette soudure sont en cuivre recouvert de chrome : le chrome évite la formation d’alliage aluminium-cuivre modifiant les propriétés du métal.
- Les constructeurs belges Stampe et Yertongen viennent de créer un nouvel appareil de tourisme.
- Dans le dessein d’intéresser une clientèle plus nombreuse, cet appareil a été étudié avec deux voilures différentes, une voilure monoplane et une biplane.
- La voilure monoplane comprend deux demi-ailes articulées à une cabane à six mâts. (Pyramide avant, Y arrière.) Deux paires de mâts obliques haubannent latéralement le plan; ils sont en duralumin profilé (ces mâts ne sont pas croisillon-nés) et viennent s’attacher à la base du fuselage. L’aile est rectangulaire, légèrement arrondie ; son profil est épais ; elle présente un dièdre léger.
- La voilure biplane comporte quatre demi-plans et quatre mâts de duralumin, croisillonnés. Elle forme un léger dièdre, et le plan supérieur est décalé vers l’avant.
- La structure des ailes est classique : longerons et nervures de bois, recouvrement toile.
- Le fuselage est également en bois : longerons, montants et traverses croisillonnés en corde à piano.
- Fig. 1. — En haut : avion R. S. V. monoplan; en bas : avion R. S. Y. biplan.
- Les deux habitacles sont placés en tandem. L’accès du poste avant, situé sous le plan supérieur, est assuré par des portes latérales.
- Un moteur Renard de 110 ch équipe l’avion. Il pèse 125 kg et est monté sur un bâti de duralumin ; le moteur R.enard est en étoile à cinq cylindres et à refroidissement par l’air.
- Les caractéristiques de l’appareil sont les suivantes.
- Envergure...........
- Longueur ......
- Surface portante . . .
- Poids vide..........
- Charge utile........
- Poids total. . ... . Yitesse maxima. . . .
- — minima. . . . Montée : 1 000 m , . .
- Monoplan.
- 9 m. 50 7 m. 10 18 m2 50 420 kg.
- 220 kg.
- 725 kg.
- 180 km/h.
- 65 km/h.
- 4 min. 25 sec.
- Biplan. 9 m. 36 7 m. 10 26 m2. 460 kg. 220 kg. 765 kg.
- 163 km/h. 54 km/h. 4 min.
- On voit que les qualités des deux types diffèrent suffisamment pour justifier de l’étude des deux voilures.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Février 1929
- CHIMIE MINÉRALE.
- Une synthèse de la cyanamide calcique par combinaison du carbone et de l’azoture de calcium
- (M. Kadlec-Fleck). En opérant à 800° et pendant une quinzaine de minutes, Moissan n’avait obtenu que des résultats négatifs; mais en reprenant l’essai au four électrique, il arrivait au carbure de calcium. Des expériences plus récentes (1924) et dues à Krase et Yee ont montré la production de la cyanamide calcique quand on chauffe à l’air libre, au voisinage du rouge, un mélange de nitrure N2Ca5et de charbon de sucre. Les résultats donnés sont seulement d’ordre qualitatif.
- M. Kadlec-Fleck a repris ces essais, en opérant sur de l’azoture à 99 °/0 N2Ca5 (1 partie), mis en présence d’un excès de graphite Acheson, finement pulvérisé (5 part.) et chauffé en tubes d’acier scellés à la soudure autogène, à 850°, 950° ou 1100° pendant des périodes d’une durée de 3 à 15 heures. Il a remarqué ainsi qu’entre 800 et 1100°, il y a production de cyanamide et de carbure, suivant les réactions N2 C3 -f- 5C-> CN2 Ca -j- 2 Ca2C, la transformation étant d’autant plus rapide que la température est plus élevée, notamment pour une chauffe de 10 heures.
- Si l’on dépasse ce point de 1100°, une faible quantité de cyanure peut prendre naissance, par action de ce carbone sur la cyanamide préalablement formée :
- CN2Ca + C Ca (CN)2.
- Dans un même ordre d’idées, il serait à souhaiter que l’on reprît, danS1 leurs détails, les expériences de Margueritte et Sourdeval, pour fixer l’azote de l'air sur un mélange de carbone et de baryte, en notant les conditions de formation du cyanure et de la cyanamide. On sait toute l’importance que présenterait un mode de fabrication de l’ammoniac basé sur la décomposition de ces dérivés azotés qui permettent d’ailleurs la production des sels alcalins d’un prix élevé.
- RADIOTÉLÉGRAPHIE
- L’emploi des oscillateurs à quartz pour la mesure des hautes fréquences radiotélégraphiques
- (M. B. Decaux). Pour mesurer la fréquence d’une onde, on peut mettre en évidence la résonance d’un circuit oscillant étalonné ou faire battre l’onde à étudier avec une onde de fréquence voisine et connue et noter la hauteur du son de battements.
- La seconde méthode exige l’emploi d’oscillateurs à fréquences stables étalonnées, soit des oscillateurs à quartz piézo-électrique, dont les fréquences ne différent pas plus de 2500 à 3000 périodes par seconde pour obtenir un recouvrement suffisant; la première comporte une obligation de même nature, et l’on doit chercher à multiplier le nombre des fréquences étalonnées, sans toutefois utiliser un grand nombre d’appareils, dont les fréquences fondamentales sont en général de l’ordre de 106 pér : sec, — ce qui fait que leurs harmoniques successifs diffèrent les uns des autres de cette même quantité.
- La méthode de M. Decaux simplifie le problème. Un oscillateur étalon de fréquence F agit, par couplage, sur le circuit
- de l’une des grilles d’une lampe bigrille dont le circuit de plaque contient le circuit oscillant qui sera réuni aux appareils de mesure.
- Le circuit de la seconde grille reçoit une tension alternative qui vient d’un oscillateur étalonné et de fréquence f relativement faible et, dans le circuit oscillant de plaque, on met en évidence des courants de fréquence F±f, F±2f donnés par la modulation des deux courants. Si bien que les oscillateurs étalons produisant de nombreux harmoniques, on dispose de toute une série de fréquences connues espacées de f pér : sec. et, par l’emploi, comme oscillateur de fréquence f, d’une hétérodyne synchronisée par un harmonique du diapason étalon (fréq. fondamentale environ 1024pér : sec.), M. Decaux indique qu’il est facile d’obtenir toutes les fréquences successives différant de 1024 pér: sec. et cela jusqu’à 108 pér : sec.
- PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
- Vinfluence de la lumière artificielle sur la croissance des plantes sup rieures (MM Georges Trui-eaut et G. Thurneyssen). Les essais successifs d’Arthur (1924) de Grocker (1924), de Maximoff et d’Hibhen (1925) ont conduit à la maturation complète de grains de blé, d’orge et de sarrasin, mais jamais ils n’ont donné des tissus végétaux nouveaux.
- Ainsi les tissus en palissade étaient diminués d’épaisseur et les noeuds des graminées présentaient entre eux de grands intervalles.
- Les expériences qui suivent ont abouti à des résultats complets.
- Les auteurs disposaient de 2 lampes de 1200 watts (24 ampères sous 50 volts) munies de réflecteurs paraboliques et fixées aux extrémités d’une tige horizontale qu’entrai-nait un dispositif particulier, dans un lent mouvement giratoire.
- D’axe en axe, les foyers lumineux étaient distants de2,10m, éclairant ainsi une surface annulaire de 4,63 ma, et cela d’une hauteur de 1,20 m. Au niveau des plantes en culture, les faisceaux lumineux avaient 53 cm de diamètre et leur éclairement, mesuré au luxmètre Holoplane, variait de 30700 à 40,500 lux.
- Les verres des lampes en action laissaient passer des rayons ultra-violets jusqu’à 3100 A. et la température constante, au niveau du feuillage, variait entre 22 à 28° dans les zones éclairées.'
- Les expériences décrites devant l’Académie ont porté sur 50 pots de la fraise dite « Madame Héricart de Thury ».
- Entièrement gelés quand on les a soumis à la lumière artificielle, le 12 décembre 1928, ils ont présenté les premières fleurs à sépales roses, le 26 décembre; après fécondation artificielle, on vit les fruits se pigmenter, dès le 17 janvier, pour arriver à complète maturation le 22 du même mois.
- La vitesse de production était ainsi doublée (960 heures, depuis la mise en végétation), les fraises avaient même couleur, même saveur et mêmes qualités gustatives que des fruits produits dans les conditions ordinaires ; de plus les feuilles étaient normalement pourvues de chlorophylle et leurs tissus, en palissades, d’une épaisseur normale.
- Paul Baud.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- L’actualité sur la planète Mars.
- Chaque année nous apporte quelque nouvelle révélation sur la planète Mars. Les années précédentes nous avaient fait connaître l’inexistence des fameux canaux martiens, qui ne furent jamais que l’apparence trompeuse d’une regrettable llusion d’optique.
- Cette année, les astronomes : Menzel, Adams et John nous donnent sur la pression et la condition atmosphériques, des renseignements suggestifs sur la densité et la pression de l’atmosphère recouvrant les immenses étendues constituant les régions claires de la planète, sont très faibles. On peut comparer cette pression à celle de l’atmosphère terrestre, à 18 000 m d’altitude ; c’est-à-dire à une altitude environ deux fois supérieure à celle de nos plus hauts sommets.
- D’autre part, en utilisant de nouvelles méthodes spectroscopiques, basées sur les différences de vitesses de rotation de Mars et de la Terre, on a découvert la présence indiscutable de l’oxygène et de la vapeur d’eau dans l’atmosphère, de Mars.
- Cette découverte capitale confirme la possibilité de l’existence d’une flore et peut-être aussi d’une faune, tout au moins dans certaines régious de la planète. L’atmosphère, qui recouvre les hauts plateaux renferme environ les deux tiers de celle de notre atmosphère terrestre sur nos plus hauts sommets montagneux. La quantité de vapeur d’eau, très faible dans ces régions désertiques, n’est égale qu’aux trois centièmes de l’air qui recouvre nos hautes montagnes.
- De nouvelles observations de M. Antoniadi confirment également que dans les régions sombres de la planète, la coloration varie régulièrement avec les saisons en passant du brun rougeâtre au bleu verdâtre.
- Il serait également fort intéressant de déterminer la composition de l'air au fond des régions sombres où la vie
- Fig. 2. — La planète Mars.
- D’après les observations de M. Antoniadi à l’Observatoire de Meudon, le 8 décembre 1928.
- Fig. 1. — Une région sombre de Mars.
- D’après M. Comas Sola, directeur de l’Observatoire de Barcelone.
- végétale paraît s’être réfugiée ; malheureusement nos méthodes actuelles sont encore insuffisantes. On observe sur la planète des bandes très étendues de couleur plus foncée que les hauts plateaux, au centre desquelles apparaissent souvent des entonnoirs circulaires de couleur très sombre. Ces régions constituent en réalité des territoires d’étendue assez grande, comparables à des territoires européens ; et c’est précisément là qu’apparaissent les variations saisonnières, dues sans nul doute, d’après M. Antoniadi, à une abondante végétalion.
- Les parties montagneuses entourant ces territoires, s’élevant jusqu’aux plateaux supérieurs, nous apparaissent sous des teintes plus ou moins estompées, variables suivant l’incidence de la lumière qui frappe leurs flancs escarpés.
- Les variations saisonnières observées sur les taches blanches polaires sont très probablement dues, tour à tour, à la fusion et à la formation des glaces, puisque la présence de l’eau n’y fait plus de doute maintenant. Les voiles blancs qui se déplacent avec des vitesses variables, sont produits par des nuages flottant dans l’atmosphère. Les voiles jaunâtres qui recouvrent parfois soudainement une partie de la planète, en estompant les détails, paraissent vraisemblablement dus au soulèvement de sables de couleur ocreuse sous le souffle des tempêtes qui balayent les immenses étendues désertiques. Les étonnantes ressemblances qui semblent exister entre notre voisine et notre planète nous permettent de tirer des déductions intéressantes sur les possibilités de la vie martienne.
- Les régions sombres et profondes constituent probablement des continents recouverts de forêts et de végétation, dont la formation et le développement nécessitent la présence de l’eau à la surface du sol, de vapeur d’eau dans l’atmosphère, d’oxygène et d’acide carbonique dans l’air, et d’une température modérée.
- ~Il semble probable, d’après nos connaissances actuelles, que dans ces régions vraisemblablement situées à plusieurs
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- milliers de mètres au-dessous des hauts plateaux, la pression atmosphérique est beaucoup plus élevée que celle des régions supérieures, et que les proportions d’oxygène et de vapeur d’eau y sont également plus considérables.
- Les plus récentes mesures bolométriques, faites sur des images agrandies de la planète, ont permis de constater que la température dans ces régions sombres atteint 15° C. pendant le jour, et ne s’abaisse jamais très bas pendant la nuit; cette température variant du reste suivant les saisons. Les écarts de température sont, au contraire, infiniment plus considérables sur les hauts plateaux où ils sont compris entre 7° à 8° et — 60°. L’aridité de leur surface, l’absence presque
- complète de vapeur d’eau y rendent vraisemblablement la vie animale et végétale matériellement impossible.
- En résumé, il semble ressortir des données les plus récentes, que la vie végétale se localise dans le fond des continents de couleur sombre, probablement pourvus abondamment d’eau, de vapeur d’eau, d’air respirable et de chaleur tempérée.
- Par similitude avec les choses terrestres, nous sommes amenés à penser qu’une flore abondante, telle que celle qui paraît exister dans ces régions martiennes, doit être accompagnée d’une faune importante. L’avenir nous fixera peut-être sur ce dernier point.
- Mais quant à présent, il serait tout au moins téméraire de
- pousser nos déductions jusqu’à admettre comme quasi certaine l’existence d’êtres intelligents et responsables semblables aux êtres humains !
- Il nous faudra probablement attendre longtemps encore des preuves autrement convaincantes, avant de pouvoir être lixé sur un sujet aussi délicat. Albert Nodon.
- L'éclipse totale du Soleil le 9 mai 1929-
- Les éclipses totales de Soleil sonl, on le sait, des événements astronomiques de grande importance parce qu’elles permettent des observations impossibles en toute autre circonstance.
- Le 9 mai prochain se produira une éclipse particulièrement intéressante en raison de la longue durée de la phase totale, observable en des lieux accessibles.
- Le point de durée maximum se trouve situé à 92° 45' de longitude est de_Greenwich et 1° 36' de latitude nord ; la phase totale y sera de 5 minutes. 7 secondes.
- La ligne de centralité traverse tout l’océan Indien, coupe la pointe nord-ouest de Sumatra, rencontre la partie médiane de la presqu’île de Malacca, et touche l’extrémité sud de l’Indochine (presqu’île de Caman) ainsi que la pointe nord-ouest de l’île française de Poulo-Condore. En ces derniers points la totalité durera 4 minutes 40 secondes.
- On sait que les éclipses de Soleil provoquent, dans les pays civilisés, la formation de missions scientifiques ayant pour objet de recueillir pendant la courte durée de l’éclipse le maximum d’observations astronomiques et physiques. Depuis un siècle, les astronomes modernes, au cours d une quarantaine d’éclipses, ont ainsi pu disposer en tout d’environ 2 heures et demie d’observation. Ce court laps de temps a cependant suffi à réunir des données nouvelles et précieuses relatives à la physique solaire, à l’astrophysique, et même aux lois fondamentales de la mécanique et de la physique (effet Einstein).
- Cette année, la France a pu organiser par les soins du Bureau des Longitudes une mission importante, composée d’astronomes et de physiciens, sur laquelle M. le général Bourgeois a donné récemment à l’Académie des Sciences les renseignements suivants : La mission se compose de MM. Bosler et Galissot, de l'Observatoire de Marseille; de MM. Danjon, Rougier et Lallemand, de l’Observatoire de Strasbourg; de MM. le capitaine de corvette Talon et Galle, du Laboratoire National de Radioélectricité de Paris.
- Elle s’établira dans l’îlot de Baï-Ivan, à quelques kilomètres de l’île de Poulo-Condore, où les préparatifs d’installation seront exécutés à l’avance par le colonel Maille, directeur du Service géographique d’Indochine. Cet îlot possède un phare installé à la cote 212 m et bâti sur une vaste plateforme qui se prête bien à l’installation des instruments.
- Le département de la Marine a adjoint à la mission plusieurs officiers de marine et mis un aviso à sa disposition.
- « Le programme des travaux incombant au personnel de l’Observatoire de Strasbourg a été établi par le directeur de
- Fig, 1. — L’éclipse de Soleil du 9 mai 1929.
- La ligne noire pleine est la zone pour laquelle l’éclipse sera totale. La partie hachurée couvre les régions du globe terrestre d’où l’éclipse sera vue paitielle, de moins en moins importante à mesure qu’on s’écarte, vers le nord ou le sud, de la zone de totalité. Dans le sens vertical, à la limite de gauche, l’éclipse finit au lever du Soleil; à droite, elle commence au coucher.
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- cet établissement. Il comprend notamment la vérification de l’une des conséquences de la théorie de la relativité : un rayon lumineux venu d’une étoile serait dévié de la ligne droite par son passage dans le champ de gravitation du Soleil, de sorte que l’étoile, vue de la Terre au voisinage du Soleil, se trouverait éloignée de ce dernier. Les vérifications faites à l’occasion des éclipses de 1919 et de 1922 par les astronomes anglais et américains n’échappent pas à toute contestation et il sera très intéressant de faire de nouvelles observations.
- La technique qui sera suivie par les astronomes strasbourgeois bénéficiera de l’étude critique qui a été faite des travaux antérieurs.
- Ces astronomes effectueront en outre diverses mesures photométriques de la couronne solaire au moyen d’appareils visuels, photo-électriques et thermo-électriques.
- Les études que se proposent de faire les astronomes de Marseille porteront principalement sur l’analyse détaillée de la lumière de la couronne solaire. Da nombreux clichés seront pris dans ce but.
- Le directeur de l’Observatoire de Marseille poursuivra notamment les études de certaines raies plus ou moins fugitives qui sont apparues à divers astronomes à plusieurs reprises, et en particulier à lui-même pendant l’éclipse de 1914.
- Des recherches seront également entreprises pour localiser les diverses radiations dans l’espace autour du Soleil.
- L’extrême ronge fera, d’autre part, l’objet d’une étude particulière.
- Enfin, le problème de l’intensité relative des diverses parties du spectre coronal sera également abordé.
- Les observations géophysiques reront réalisées suivant un programme établi par l'Institut de Physique du Globe de Paris.
- Pour ce qui concerne le magnétisme terrestre, des appareils de mesure de la décliuaison et de la composante horizontale seront installés, avec enregistrement à grande vitesse pour établir avec précision la correspondance dans le temps des phénomènes magnétiques et astronomiques.
- Il est prévu, d’autre part, , un enregistrement photographique du champ électrique, à l’aide d’une prise de potentiel à l’io-nium et d’un électromètre Mascart. L’appareil enregistreur sera le même que pour les éléments magnétiques. Des mesures de la déperdition électrique seront également exécutées.
- Toutes ces observations seront faites avant, pendant et après l’éclipse.
- Enfin, les variations de la radiation solaire pendant l’éclipse, et pendant les heui'es et journées précédant et suivant l’éclipse, seront déterminées au moyen d’un actino-graphe à pile de Moll, étalonné à 1 Observatoire du Parc Saint-Maur.
- La propagation des ondes radiotélégraphiques fera l’objet d’imporlantes observations, suivant un programme établi d’accord entre le Comité fiançais de Radiotélégraphie scientifique et l’Institut de Physique du Globe, de manière à permettre de comparer les mesures simultanées des phénomènes de propagation des ondes et des phénomènes magnétiques.
- Des émissions spéciales de signaux ont été tout d’abord prévues en Indochine, aux Indes néerlandaises et au Japon pour apprécier les variations de l’intensité de réception et les variations radiogoniométriques.
- D’autres émissions spéciales seront également faites à faible distance du lieu d’observation (Baï-Kan) pour déterminer les variations éventuelles de là hauteur de la couche
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- réfléchissante par la méthode d’Appleton et par la méthode des échos.
- Des observations relatives aux perturbations électriques naturelles, ou parasites, seront enfin effectuées au moyen de dispositifs établis par l’Office National Météorologique.
- Signalons, en terminant, que des missions d’astronomes anglais, américains, italiens et allemands observeront également l’éclipse à Sumatra, aux Philippines et dans la presqu’île de Malacca. »
- PHYSIQUE
- Effets du gel sur l’encre de Chine.
- M. l’Abbé J. Chataing nous envoie une magnifique décoration obtenue par lui au moyen d’encre de Chine étendue sur une plaque de verre et exposée à la gelée du 14 février ( — 300).
- « Pour obtenir cette épreuve, dit-il, j’ai passé une couche de gomme arabique sur un morceau de papier légèrement chauffé et je l’ai appliquée sur le verre que j’avais exposé à ma fenêtre durant un quart d’heure seulement. »
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- PETITES INVENTIONS
- OBJETS UTILES
- L’aspirateur mécanique de poussières Manovac.
- La lutte contre la poussière est une des lâches quotidiennes de toutes les maîtresses de maison. Elle pose, on le sait, bien des problèmes.
- Il y a peu de temps encore, les seules armes dont on disposait : balais, plumeaux, etc , n’avaient guère d’autre effet que de déplacer la poussière et en faire voltiger une grande partie dans 1 atmosphère des appartements; depuis longtemps 1 hygiène a condamné ce genre de nettoyage, qui n’est qu’un trompe-l’œil, fort dangereux parfois.
- Depuis lors, l’arsenal ménager s’est, fort heureusement, enrichi : nous avons vu apparaître les balais imprégnés de
- liquides spéciaux qui agglutinent les poussières et les empêchent de se remettre en suspension dans l’air; nous avons vu naître aussi les balais et aspirateurs mécaniques, qui économisent un temps précieux, et surtout sont d’un maniement commode et propre, permettant à la maîtresse de maison de se substituer, sans peine, le cas échéant, à des domestiques trop souvent défaillants.
- La plupart des aspirateurs de poussières actuellemént employés sont mus électriquement. C’est fort commode, sans aucun doute.
- Mais l’outil n’est pas indépendant; il est esclave de la prise de courant.
- Dans beaucoup de maisons ou d’appartements où est installée l’électricité, il existe des pièces qui en sont privées. Et là il faut revenir, bon gré mal gré, au procédé un peu barbare du balai.
- Dans les maisons qui ne possèdent pas l’électricité, et même à Paris il y en a encore un nombre respectable, il faut renoncer, bien entendu, à utiliser l’outil électrique.
- Faut-il, pour cela, renoncer au bénéfice de l’aspiralion mécanique des poussières?
- Fort heureusement, non. Car il existe des aspirateurs mécaniques fonctionnant parfaitement sans moteur électrique.
- En voici un exemple ; l’aspirateur Manovac fonctionne simplement à la main, en n’exigeant du reste qu’un effort physique minime.
- Le même appareil sert à deux fins, soit à nettoyer les parquets et tapis, ou toute surface horizontale sur laquelle on peut le faire rouler, soit à aspirer la poussière sur des surfaces quelconques sur lesquelles on ne peut faire rouler l’instrument.
- Le Manovac comporte une brosse rotative reliée à une petite turbine d’aspiration.
- Les poussières captées sous la brosse sont entraînées par le courant d’air créé par la turbine et projetées dans un sac fermé oii elles se déposent.
- Quand l’appareil est équipé pour le nettoyage des parquets, il suffit de le faire rouler à la main sur la surface à nettoyer; la turbine aspiratrice reçoit son mouvement d’un petit galet caoutchouté roulant sur le sol, auquel elle est reliée par un jeu d’engrenages.
- Si l’on veut nettoyer sous un meuble, par exemple, on monte sur la boîte d’aspiration un tuyau flexible muni d'une ventouse ; on relève la roulette de commande de la turbine, et l’on relie au contraire cet organe, par une liaison appropriée, au manche de propulsion de l'aspirateur.
- On laisse alors l’appareil fixe, mais on donne au manche un mouvement de va-et-vient vertical, régulier et sans précipitation; c’est ce mouvement moteur, qui, transformé en mouvement de rotation par l’organe' de liaison, se communique à la turbine.
- Nos figures montrent clairement le fonctionnement de ce mécanisme très simple, robuste, et d’entretien aisé.
- Ajoutons que le prix en est moindre que celui des appareils électriques.
- Constructeur : Établissements A. Grandjean, 235, rue La Fayette, Paris.
- JOUETS
- Un mécanisme nouveau pour animer un jouet original.
- Voici un petit éléphant en bois. — A première vue c’est un jouet articulé banal et rien en lui n’éveille la curiosité. Mais tirons-le par cette ficelle attachée à sa tête. Aussitôt ces petits bouts de bois prennent vie et docilement l’animal insensible déambule derrière nous.
- Il avance d’une démarche molle et nonchalante. Les pas
- Fig. 1. — A gauche : Le « Manovac », a l’arrêt, monté '-pour le nettoyage d’un meuble.
- A droite : Le « Manovac », en fonctionnement,pour le nettoyage d’un tapis sur lequel il roule.
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- Fig. 2. — Le petit éléphant en marche.
- semblent guidés bien plus par une volonté intérieure que par un mécanisme automatique.
- B
- moins vite, le jouet lui même se déplace à une vitesse très variable.
- Les pattes sont reliées à deux vilebrequins, un pour celles de devant et un pour celles de derrière. Chaque vilebrequin, à deux manetons à 180°, est animé d'un mouvement circulaire continu.
- La marche est la même pour les quatre pattes. Celles qui sont disposées en diagonales quittent le sol en même temps et se reposent au même moment.
- Le vilebrequin fait un tour complet pendant que la patte parcourt une oscillation double.
- Fig 5. — Les deux doubles vilebrequins sont réunis par une bielle
- croisée et coudée.
- La petite manivelle à un seul maneton soutient la bielle et sert à éliminer le point mort.
- Fig. 3. — L’anatomie d’une patte et son schéma.
- OA, double manivelle à 180° (une patte est reliée à chaque maneton, mais pour la clarté du dessin une seule est figurée ici); B C, l'articulation de la jambe. Elle pivote autour de D qui est un point fixe; B À, petite biellette à peine plus longue que le rayon OA, réunit l’articulation B G à la manivelle; le tarse E s’articule autour de G. Il a la forme d’un secteur dont G est le centre; F A, longue bielle réunissant le tarse à la manivelle. C’est elle qui replie la patte au moment où elle doit revenir.
- En réalité c’est la traction de la ficelle qui l’anime et comme celle-ci est tirée suivant notre allure plus ou
- Durant plus de la moitié de sa révolution il est actionné par la patte et tandis qu’il termine son cycle elle se replie et revient en avant.
- Les croquis ci-contre indiquent d’ailleurs les positions successives que prennent les éléments dont les pattes sont constituées.
- Afin de synchroniser les mouvements des manivelles avant et arrière, on a employé comme transmission une bielle à trois points de pivotement représentée fig. 5. 11 suffit que les trois paliers soient disposés en triangle pour éliminer totalement le point mort dans ce mécanisme. Garcia.
- Af 1
- Fig. 4. — Les mouvements de la patte.
- 1) La patte au moment où elle se pose sur le sol est à son extension maxima (la flèche horizontale indique le sens de la marche); 2) La patte a oscillé tout entière autour de D, le point. B étant tout près de l’axe O, le vilebrequin continue à tourner tandis que BG reste presque immobile; 3) BC ne bouge plus. C’est le tarse E qui décrit son secteur et tire sur le vilebrequin; 4) Le tarse a décrit tout son secteur et il a même dépassé cette position. La patte a terminé sa course motrice durant laquelle le vilebrequin a décrit plus de 180°. A ce moment la patte montée sur l’autre maneton non figuré a déjà commencé sa course active; 5) Période passive : c’est le vilebrequin qui pousse la patte par la biellette AB. Le tarse est maintenu replié par la longue bielle AF ; 6) La jambe BG est au bout de son oscillation. Le tarse commence à se détendre et la patte doit revenir un peu en arrière pour reprendre sa position initiale et toucher le sol à nouveau.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Pour empêcher les incrustations calcaires dans les bouillottes. .
- Nous recevons à ce sujet la lettre suivante de M. Gérard :
- « Je vois dans le Numéro du 15 mars le moyen d’enlever dans les bouillottes les incrustations déposées par les eaux calcaires.
- Mais pour éviter le renouvellement de ces incrustations, il y a un moyen très simple; placer dans le récipient une coquille d’buîlre bien nettoyée. 11 n’y aura plus qu’à surveiller la coquille pour la changer quand elle sera trop chargée de calcaire. 11 n’y aura plus trace de dépôt sur les parois, le calcaire se fixant sur la coquille.
- Le même procédé réussit très bien pour les chaudières de fourneaux de cuisine. »
- A propos de VEau de Botot. — Mise au point.
- Nous recevons de MM. Bracq et Gie (Produits Botot) la lettre suivante qui met au point d’une façon très précise une importante question de propriété commerciale :
- « Monsieur le Directeur,
- Nous lisons dans le N° 2806 de La Tiature, page 325, Boite aux Lettres, sous le titre : « Préparons nous-mêmes une excellente eau dentifrice », la phrase suivante :
- « Voici d’après Cerbelaud quels sont les produits à employer pour réaliser un produit analogue à la véritable Eau de Botot », puis suit une soi-disant formule de l’Eau de Botot.
- Nous savons bien que toutes les eaux dentifrices qui existent actuellement sont imitées de l’Eau de Botot, la première en date
- puisque créée en 1755. Mais votre phrase pourrait laisser croire que vous avez des connaissances particulières et certaines de la véritable Eau de Botot, ce qui ne peut être, puisque la formule n’en a jamais été divulguée.
- Nous vous rappelons que, par de nombreux arrêts de justice aussi bien en France qu’à l’étranger, le nom de Botot est notre propriété exclusive et que nul n’a le droit de l’utiliser sous quelque forme que ce soit. Nous craignons donc que votre note mal interprétée par des lecteurs peu scrupuleux puisse servir de point de départ à un abus de notre nom.
- Nous comptons sur votre courtoisie et sur votre habituelle rigueur scientifique pour préciser votre information dans un très prochain numéro de La Nature.
- (Le signataire de ces lignes est abonné à La Nature depuis près de 30 ans.)
- Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, avec nos remerciements anticipés, nos salutations très distinguées.
- J. Brack et Cie. »
- Il va sans dire que nous n’avons pas eu, dans la note ci-dessus rappelée de notre Boite aux Lettres, l’intention de divulguer la formule de l’Eau de Botot véritable que nous ne connaissons pas. Nous rappelons, du reste, à ce propos, à ceux de nos lecteurs qui nous interrogent fréquemment sur la composition de produits de marque, qu’il nous est impossible de leur en faire connaître la formule. Nous l’ignorons le plus souvent, mais dans tous les cas cette formule est la propriété d’autrui et ne peut être divulguée qu’avec le consentement de son propriétaire.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Lachaze a Galuire. Vous trouverez tous renseignements sur l’émaillage proprement dit dans les ouvrages suivants : Manuel pratique de l’émaillage sur métaux, par Millenet. — L’émaillage de la tôle et de la fonte. Technique de l’émaillage moderne, par Grün-wald. — La fabrication des émaux et l’émaillage, par Paul Randau, édité par Dunod, 92, rue Bonaparte. — Pour les peintures émail consulter l’article de Keghel, les Peintures-Email, paru dans la Revue des Produits chimiques du 31 décembre 1922.
- M. Vouzellauu a Rouen. A notre grand regret, nous n’avons pu trouver en librairie, uu ouvrage spécial à la Miroiterie, seulement dans le traité de peinture en bâtiment de Boudry, un chapitre sur cette question. Editeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- M. Focard a Lormes. Les boules presse-papier à effet de neige s’obtiennent facilement en introduisant dans un ballon à col très court, une pincée de poudre blanche légère telle que carbonate de magnésie, oxyde de zinc, etc. et de l’eau glycérinée; en mettant plus ou moins de glycérine, les particules devant simuler la neige restent plus ou moins longtemps en suspension.
- On peut également réaliser l’effet de neige en mettant dans une bouteille quelconque des morceaux de papier à filtrer blanc, avec un peu d’eau distillée et en secouant jusqu’à division extrême de la pâte. Opérer ensuite comme précédemment, en introduisant une petite quantité de la masse laiteuse, dans l’eau glycérinée .du ballon destiné à constituer le presse-papier. '*(
- N. B. Une trace de bleu d’outremer (bleu de blanchisseuse) donne une teinte plus agréable à l’oeil
- M. Q. F. A La Garenne-Bezon. Le premier dérivé chloré de l’éther méthylformique CHO2 CH3 s’obtient par action ménagée du chlore sur cet éther, il y a substitution dans le groupe CH3, ce qui donné un produit liquide bouillant à 96°G qui est un chloro-formiate de méthyle CHO2-Cl. GH2 ou éther méthyl chloroformique.
- En prolongeant l’action pendant plusieurs jours avec intervention de la lumière, on peut réaliser la substitution totale du chlore
- à l’hydrogène et obtenir le formiate de méthyle perchloré C2 Cl4 O2 qui est également liquide, bout à 182° C, d’odeur forte et piquante, qui en présence des alcools donne les chlorocarbonates d’éthyle, de méthyle, etc.
- J. A. a Paris. Il n’est pas nécessaire d’employer une colle à formule compliquée pour fixer le linoléum sur le plancher, une dissolution chaude de dextrine blonde assez concentrée suffit parfaitement; la condition essentielle est que le linoléum à appliquer soit bien souple, on devra par conséquent le tenir au préalable pendant quelque temps « au tiède » dans une pièce chauffée; en outre, lors de son application, on le déroulera progressivement à mesure de l’enduissage, de manière qu’il reste le moins d’air possible en dessous (expérience du tire-pavé utilisant la pression atmosphérique). Enfin, dernière précaution, charger les extrémités jusqu’à dessication complète pour les empêcher de se relever, ou mieux encore les fixer par quelques petits clous à tête ronde.
- Mme Delacourt a Malo-ees-Bains. Rien de plus facile que de patiner clous en cuivre (laiton) et garnitures de meubles en même alliage que les frottements ont rendus trop brillants.
- Pour cela, faire dissoudre dans un peu d’eau tiède (vase de verre ou de porcelaine) une parcelle de sel de Barèges, tel qu’il est employé pour les bains sulfureux. Appliquer la mixture avec un petit pinceau et laisser sécher; on obtient ainsi une teinte plus ou moins foncée suivant la concentration du liquide. Afin que la ~ patine soit bien réussie, le mieux est de commencer par une solution étendue, ordre de grandeur un gramme par litre, et de recommencer l’application, jusqu’à obtention de l’intensité désirée; en opérant autrement on risquerait de dépasser le but.
- J. H. a Port-Saïd. La fixation définitive des ardoises au moyen d'un ciment n’est pas à conseiller, cela rendrait le remplacement difficile, lors des réparations; cependant si vous voulez essayer une opération de ce genre, il faudrait avant de clouer les latterets, dérouler sur les chevrons un treillis métallique assez fin, pour que 1 enduit de ciment déposé à l’envers de l’ardoise, permette à celle
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- ci de s’accrocher. A notre avis, le mieux serait de se servir de crochets spéciaux à ardoises, bien étudiés et dont vous aurez un choix de modèles à la Maison Paumier-Pointaud, 6, rue du Chemin-Vert à Paris.
- Mme Wiriath A Paris. 1° Vous enlèverez facilement les traces de ciment sur carreaux de cuisine en déposant sur celles-ci quelques gouttes d’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique ou acide jaune); se servir pour cela d’un bâtonnet dont l’extrémité est garnie d’un petit chiffon, rincer à l’eau tiède, répéter le traitement s’il y a lieu.
- 2° L’intervention de l’eau seule sur le bois de hêtre ne peut produire de taches noires ; nous croyons plutôt qu’il s’agit d’encre, qui serait tombée lors d’un accident dont vous n’auriez pas eu connaissance, l’écolier fautif ayant gardé le silence. L’eau de Javel nous paraît indiquée comme traitement.
- M. Hitos a St Sever. — L’indication que nous avons donnée sur la composition des produits destinés à faire disparaître l’encre, était d’ordre général et ne concernait pas spécialement la marque à laquelle vous faites allusion. Si le premier flacon contient presque toujours une solution d’un permanganate (de soude, potasse, chaux, etc.) le second flacon peut renfermer les réducteurs les plus divers, bisulfites, hydrosulfites, acide oxalique, etc., seule une analyse peut renseigner à ce sujet pour chaque cas considéré.
- M. Revol a Paris. — L’insuccès que vous signalez dans le givrage du verre à la gélatine, dont nous avons parlé dans le n° 2782 du 1er avril 1928, page 336, nous paraît être dû à l’une des causes suivantes, peut être à plusieurs en même temps.
- 1° Omission de l’alun dont la présence est indispensable et dont cependant vous ne mentionnez pas l’emploi dans la descriptio n du modus faciendi.
- 2° Emploi d’un verre à surface souillée par des matières grasses, par exemple traces de mastic, empêchant l’adhérence. Une précaution essentielle à prendre est en conséquence de dégraisser parfaitement par ébullition dans une eau alcali nisée par 5 °/0 de carbonate de soude (cristaux), ou mieux encore 5 °/0 de lessive de soude caustique, le tout suivi d'un rinçage parfait.
- 3° Séchage insuffisamment .rapide par le soleil, il faut que la traction, exercée par la gélatine, s’effectue en quelques minutes pour produire le phénomène d’arrachement, l’emploi d’une étuve s’impose presque pour une bonne réussite.
- Tout ne peut être dit, dans l’exposé d’une recette, il faut toujours un peu lire « entre les lignes », c’est là du reste que se trouve le grand intérêt de l’exécution.
- M. Duruya Aumale. —Les garnitures métalliques de lampes se fixent sur le verre ou la porcelaine au moyen de plâtre fin dit plâtre à mouler, c’est dire que l’opération ne présente aucune difficulté lorsqu’il s’agit d’éléments neufs. Dans le cas où il y aurait à refixer des pièces déjà usagées, au pétrole ou à l’huile, il conviendrait de faire disparaître au préalable ceux-ci en passant dans une lessive alcaline tiède le verre ou la porcelaine et en flambant légèrement le métal quitte à le revernir ensuite, autrement la liaison ne pourrait être que précaire.
- M. Chardin a Pantin. — L’acide oxalique peut être employé comme détartrant des chaudières à vapeur, au même titre que tous les acides qui décomposent les carbonates de chaux et de magnésie, l’acide carbonique se dégage et il en résulte des oxalates de chaux et de magnésie pulvérulents, reslant en suspension que l’on peut évacuer facilement par purges, puisqu’ils n’ont plus aucune adhérence avec les tôles.
- Quant au sulfate de chaux qui peut constituer tout ou partie du tartre delà chaudière il n’est pas modifié, l’acide sulfurique n’étant pas déplacé par l’acide oxalique.
- En résumé l’emploi de l’acide oxalique est conditionné par la nature de l’eau d’alimentation, il peut donner satisfaction pour les dépôts carbonatés, mais non pour ceux sulfatés.
- M. Desachy a Mouy. — Les liquides pour obtention de frisures persistantes sont â base de gomme adragante, la formule suivante peut servir de base à une préparation de ce genre :
- -.... .. ='1 = 383 =====
- Gomme adragante.......................... 20 grammes
- Gomme du Sénégal......................... 10 __
- Teinture de benjoin...................... 50 __
- Eau de Roses............................ 500 __
- Faire dissoudre les gommes dans l’eau de roses, verser peu à peu dans la teinture de benjoin, en battant fortement pour émulsionner.
- M. César a Culoz. Vous obtiendrez une excellente pâte pour
- astiquer les fourneaux en prenant :
- Plombagine (mine de plomb). . . . 125 grammes
- Cire jaune. . . .................... 15 —
- Essence de térébenthine............110 —
- Noir de fumée....................... 30 —
- Faire dissoudre au bain-marie la cire jaune dans l’essence de térébenthine, ou mieux encore, ce qui évite tout danger d’incendie, faire fondre la cire en la frottant sur un fer à repasser préalablement chauffé, de manière que les gouttes tombent dans l'essence, à laquelle l’incorporation se fait alors avec facilité.
- Le mélaDge étant homogène on y incorpore progressivement, en remuant constamment, le noir de fumée, puis la plombagine; on obtient ainsi un produit donnant des résultats identiques à ceux fournis par les pâtes à brillanter du commerce.
- M. Chabot a Paris. Les colles aux silicates conviennent surtout pour le collage du papier, du carton, du bois, du verre,, mais non au collage des métaux entre eux, ou sur d’autres supports.
- A notre avis, vous aurez le meilleur résultat en introduisant entre le métal et la porcelaine une lamelle très mince de gomme laque brune ou blanche suivant la finesse du travail à exécuter; puis en chauffant doucement l’ensemble au bain de sable ou mieux encore à l’étuve (Point de fusion 115°-120°, ramollissement dès 60°-65° C) Par son propre poids le métal vient au contact de la porcelaine et refoule l’excès de gomme laque. On retire alors du bain de sable ou de l’étuve au moyen de pinces et laisse refroidir doucement. L’adhérence des éléments fixés est extrêmement grande, le collage résiste à toute humidité.
- M. Fourcade-Cancelle a Saint-Loup : Pour donner aux pierres neuves de construction, la patine du temps, il suffit de passer à la surface, au moyen d’une éponge, de l’eau de suie très légèrement chargée.
- Afin que la suie soit mouillée par l’eau, on aura soin d’ajouter à cette dernière une trace de carbonate de soude (vulgairement, cristaux).
- La dose de suie ne peut être fixée d’avance, car elle dépend de la porosité de la pierre; on fera donc bien de faire un essai pséalable, avant d’entreprendre le traitement définitif, en se rappelant qu’il vaut mieux appliquer deux couches légères qu’une seule trop teintée avec laquelle on risque de dépasser la mesure.
- M. Caget a Charmé. 1° Le meilleur moyen de nettoyer votre vieille armoire de chêne est de la passer à l’eau seconde des peintres (Lessive de soude caustique à 5° Baumé). Bien rincer ensuite; ainsi on enlève facilement la crasse et croûtes résultant des encaustiquages répétés.
- 2° Pour repatiner, le procédé le plus rapide est l’application, d’une solution plus ou moins concentrée de brou de noix : on. désigne ainsi une macération alcaline de térre de Cassel que l’on trouve chez les marchands de couleurs, mais que l’on peut préparer facilement avec :
- Terre de Cassel ........ 50 grammes
- Carbonate de potasse............... 50 —
- Eau ordinaire...................... 1 000 —
- Faire bouillir dix minutes; décanter, appliquer au pinceau. Un vieillissement moins rapide, mais plus naturel s’obtient enfin en plaçant le meuble dans une pièce bien close où on a mis des assiettes contenant de l’ammoniaque (alcali volatil) (voir précédente réponse à Mme de Reverseaux).
- 3° Le rebouchage des trous et fentes se fait avec de la sciure de chêne délayée dans de la colle forte.
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- ACTUALITÉS SCIENTIFIQUES
- L'ouragan de fin février dans le Midi.
- Les 27 et 28 février dernier le bas pays rbodanien a été balayé par un formidable ouragan, rappelant dans ses effets les cyclones de la mer de Chine.
- Les installations électriques de toute nature ont été détruites, sur bien des points, laissant villes et villages dans l’obscurité et privant le commerce du téléphone et du télégraphe : murailles renversées, bâtiments éventrés, toitures arrachées, tel a été le bilan de l’affaire. Tous ces dégâts correspondent à des dommages réparables à coups de centaines de mille francs.
- Mais la bourrasque, précédée et marquée par un jeu sévère du baromètre n’avait rien de commun avec l’ordinaire mistral ; le premier mars elle passait sur les Baléares pour aller se perdre plus au large. ...
- Ce météore a surtout marqué sa puissance dans ses effets destructeurs sur des arbres centenaires et qui dans tous les cas avaient résisté pendant des décades aux assauts parfois violents du mistral lui-même.
- Tordues, brisées, les branches jonchèrent le sol des jardins et des promenades. Ailleurs, comme le montrent les photographies ci-jointes, les grands arbres ont été arrachés sur les hauteurs qui dominent Nîmes, la Rome française qui, elle aussi, est la ville aux sept collines.
- Dans les bosquets de la Fontaine et du « Mont Duplan » les Pins de Jérusalem surtout ont été renversés comme châteaux de cartes.
- Une leçon est à dégager de ce désastre : savoir mélanger dans les parcs l’âge des arbres et aussi les essences d’espèces différentes. C’est là d’ailleurs une loi de Nature tant il est vrai encore qu’il est dangereux d’avoir tous ses œufs dans le même panier. Roger Ducamp.
- Les arbres des promenades sur les collines nimoises dévastées par l’ouragan des 21 et 28 février.
- La hauteur dite « Mont-Dauphin ».
- Les cyprès ont résisté, mais les pins d’Alep ont été renversés.
- La « Flèche d’or » de Seagrave, moteur Napier de 950 ch qui vient de battre le record du monde de vitesse.
- (Photo International Graphie Press).
- Le Gérant : G. Masson.
- 97-2q3. — Paris, lmp. Lahure. —. 15-4-29.
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- LA NATURE
- N° 2808. — Ier Mai 1929 \ Prix du Numéro : 3 francs 50
- Paraît le itr et le iS de chaque mois. \j pour la vente en France.
- p.n.n. - vue 385/588
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cie, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI9 Cg. C. Seine : j5.234) Tel Littré 48-92 et 48-93.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"“), 70 fr. ; — 6 mois (12 n0B), 35 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 3 fr. 50
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n°“), 85 fr. ; — 6 mois (12 n°'), 43 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n° 1 \ AN......................
- — . < 1. . a ( Six mois........... .
- 90 fr. 45 fr.
- 'Tarif n° 2
- Ux ax. . Six mois.
- 110 fr.
- 55 fr.
- Tarif extérieur ll° 1 valable pour les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estkonie. Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala. Ha ti, Hongrie, Lettonie, Liberia, Lithuanie, Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Répnbli jue Dominicaine Roumanie, Russie (U, R. S. S.), San Salvador, Serbie, 'Tchécoslovaquie, Terre-Aeuve, Turquie, l nion d’Afrique au Sud, Uruguay, Venezuela.
- Tarif extérieur n" 2 valable pour les autres pays.
- Règlement par mandat, chèques postaux (compte na 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et Cie, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du lor de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la hande et un franc.
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- Adresser ce qui concerne la rédaction à M.VL les Rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-VK Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris-Vi®
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- N" 2808.
- 1" Mai 1929
- CHENILLES ET PAPILLONS VENIMEUX
- Sauf de rares exceptions, les Papillons jouissent de l’estime des humains, admirateurs de leurs brillantes livrées, de leur humeur pacifique et vagabonde. A la vérité, bien des gens éprouvent une certaine répulsion pour les chenilles, qui donnent naissance aux innombrables représentants de la folâtre tribu, créée simplement pour l’amour et la perpétuation de l’espèce. Pourtant quelques-uns de ces Lépidoptères, appartenant tous à la famille des Bombycidés, sont d’un voisinage plutôt désagréable.
- LES CHENILLES
- Depuis longtemps, d’ailleurs, on connaît ces chenilles venimeuses dont les poils causent de petites éruptions vésiruleuses en pénétrant sous la peau de ceux qui les touchent. Il y a près de deux mille ans, en effet, le célèbre médecin grec, Galien, signalait déjà l’action urti-cante des chenilles processionnaires du pin qu’on désignait alors sous le nom d' ErUcæ ou d' Eutomes et qu’on accusa, par la suite, les empoisonneurs romains de faire entrer dans la composition de leurs fatales mixtures.
- Les entomologistes modernes ont étudié de plus près le mécanisme des érythèmes pustuleux provoqués par ces divers Bombycidés qui appartiennent aux genres Lithobia, Liparis et Cnethocampa. En particulier Mme M. Phisalix a stigmatisé les méfaits des indésirables bestioles dans son'remarquable livre sur les Animaux venimeux et venins (1922). Nous allons les résumer d’après l’ouvrage de la savante doctoresse, en y ajoutant quelques observations plus récentes.
- Clouons d’abord au pilori le Lithobia griseola, que les Italiens redoutent à l’égal du scorpion, mais que surpassent, sous ce rapport, les chenilles des Liparis, dévas-
- Fig. 2. — Œufs de Liparis dispar entourés de poils feutrés urticants.
- Fig. 1. — Chenille de Liparis dispar roulée en boule.
- On voit ainsi la disposition en touffes des poils entourant chaque bouton glandulaire.
- tatrices des vergers français,.et surtout la redoutable bande des Cnethocampa ou Processionnaires dont il existe trois espèces européennes. Là Cnethocampa processionea vit?sur lè chêne et est très commune en Allemagne ainsi que dans les environs de Paris. En 1866, ces bestioles envahirent le1 bois de Boulogne et, vu les accidents qü’'ellés provoquèrent, l’administration interdit l’accès de certaines avenues plus spécialement infestées. Dé 1902 à 1906, on constata de même une invasion; par ces voraces ennemis dès chênaièscdâns les départements dé l’Aube, de l’Yonne et de là Côte-d’Or. La Cnethocampa pinivora est moins malfaisante, car ses chenilles' dépouillent seulement d’une -façon partielle les frondaisons des pins, mais ne provoquent pas, en général, la mort des arbres. Ne confectionnant pas de nids soyeux, elles se réunissent par paquet à l’intersection des branches pour opérer leurs mues. Elles circulent de jour en se suivant sur un, deux ou trois rangs et leurs poils possèdent un assez fort pouvoir urlicant. Enfin la Cnethocampa pityocampa parasite toutes les espèces de Conifères croissant] spontanément dans les régions tempérées de l’Europe; elle abonde, en particulier, sur lé pourtour du bassin méditerranéen, en Suisse, dans le Valais, jusqu’à environ 1000 m. d’altitude, au Puy-de-Dôme et dans les Landes où elle cause une urticairé endémique.
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- Fig, 3. — Poils de Liparis dispar vus au microscope.
- Ils renferment de l’acide formique dans leur canal intérieur.
- Fig. 5.
- Chenille de Cossus^dfe-bois creusant sa galerie dans le tronc d'un Saule.
- Les appareils venimeux des Bombycidés varient selon les espèces. D’après les observations de Goosens, la chenille du Liparis chrysorrhaea, fléau des arbres fruitiers de France, porte sur la partie dorsale du 9e et du 10e anneau deux taches rondes de couleur rouge cinabre dont le centre est occupé par une multitude de petits boutons au sommet desquels s’ouvre le canal excréteur d’une glande. A l’état normal, ces régions glandulaires émergent peu de la surface de l'anneau. Mais quand on inquiète la bête, elle se défend en élevant ces taches en forme de cônes qui laissent perler un liquide corrosif. Cette sécrétion enduit les. poils roux entourant chacun desdits organes érectiles et se dessèche rapidement en constituant un revêtement pulvérulent capable de provoquer de très vives démangeaisons sur la peau humaine. Ces poils produisent une action urticante par simple contact, sans même avoir besoin de pénétrer dans l’épiderme. Chez les chenilles de Liparis dispar aussi redoutables pour les hêtres que pour les chênes-lièges ou les vergers, on observe des régions glandulaires identiques, [mais dont la couleur et les dimensions varient. Si on excite une de ces bestioles, elle se roule en boule et on peut se rendre parfaitement compte de la disposition des touffes velues qui
- entourent chaque appareil érectile (fig. 1). Quand on examine au microscope la constitution de ces poils, on voit qu’ils sont barbelés extérieurement et que dans leur canal intérieur ils renferment plus ou moins d’acide formique.
- Chez les Processionnaires du Pin, les huit derniers segments du corps portent chacun sur leur face dorsale une plaque ovale de couleur jaune brunâtre qu’on nomme miroir et que deux bandes glabres, dirigées suivant les deux axes, partagent en 4 secteurs entourés de plusieurs milliers de poils. D’après L. Beille, ces derniers ressemblent aux organes correspondants des chenilles du Liparis. Constitués également par des fuseaux barbelés et fermés vers leur extrémité libre, un canalicule central les fait communiquer par leur base avec les parties sous jacentes. Au-dessous de chaque secteur pileux du miroir.
- Fig. k. — Début dune éruption due aux poils irritants des chenilles de Liparis dispar.
- règne une couche de glandes unicellulaires qui renferment un liquide actif. Ces poils, clairsemés avant la première mue, se renouvellent à chaque période de la métamorphose et restent dans les nids qui conservent ainsi fort longtemps, même après l’abandon des chenilles, leurs propriétés urticantes. Pour s’en débarrasser, M. A. Barbey propose dans son Traité d'entomologie forestière (1925) de détruire, en hiver, les soyeux repaires de cette terrible engeance soit en les incinérant après les avoir coupés, soit en les brûlant sur les branches à l’aide d’une torche fixée au bout d’un bâton. Toutefois ce procédé de destruction ne va pas sans dangers ni pour les opérateurs, dont la peau des mains ou de la figure se
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- trouve continuellement en contact avec les poils venimeux, ni pour les pineraies qu'ils risquent d’incendier.
- De son côté, le Cossus gâte-bois (Cossus ligniperda) est le plus polyphage des papillons forestiers et sa chenille, qui affectionne plus spécialement les saules, porte une paire de glandes très développées, dont le conduit excréteur débouche par un orifice ovale sur le bord interne de chacune de ses mandibules. A l’aide de son oviseapte, la femelle dépose en juin ou juillet scs œufs par paquets dans les crevasses des vieilles écorces. Après un forage de plusieurs semaines, la chenille, de couleur brunâtre, creuse petit à petit, en remontant dans le tronc, des couloirs sinueux de section elliptique et remplis de sciure (6g. 5). La visqueuse bestiole, pourvue de 16 pattes et d’une large tête d’un brun foncé, hiverne deux fois sous sa forme larvaire. Sa chrysalidation s’effectue en. mai de la troisième année, et, au moment de sortir, le papillon entraîne avec lui son cocon.
- Lorsque l’on saisit une chenille du saulè, elle laisse échapper, par ses mandibules, un liquide brun très alcalin qui se dessèche facilement, puis un produit huileux plus clair.
- L’ensemble du venin excrété a une odeur particulièrement forte et ses vapeurs, fort irritantes pour la peau du visage, amènent une sensation de chaleur analogue aux débuts d’une brûlure.
- lig. 6.
- Poils barbelés de Cnethocampa vus au microscope.
- Fig. 7. — Pineraie sur la rouie du Moullcau à Arcachon.
- On signale parfois des éruptions survenues aux personnes se promenant sous les arbres envahis
- par les chenilles Processionnaires du Pin,
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- LES PAPILLONS
- Quant aux papillons des chenilles urlicantes, ils emportent du nid les poils imprégnés de substances irritantes et accumulés autour d’eux. Leurs barbes pénètrent aisément dans l’épiderme des sujets. En sorte que ces Lépidoptères se montrent venimeux pendant quelque temps après leur éclosion. Aussi, dans certaines régions, les personnes qui se reposent en forêt ou dans les jardins plantés d’arbres attrapent parfois des dermatoses prurigineuses dues au contact des Bombycidés venimeux. A Arcachon, par exemple, les habitants sont souvent atteints par les poils des Processionnaires du Pin. Dans les environs de Dantzig, une station balnéaire jadis prospère dut être abandonnée à la suite d’une invasion de ces indésirables hôtes. En Bretagne, on a constaté des accidents similaires chez des soldats dont le linge avait séché sur des haies fréquentées par les mêmes chenilles.
- Contrairement à ce que l’on pourrait croire a priori, les hommes sont moins fréquemment atteints par ces dermatoses que les femmes et les enfants. D’après une récente étude du Dr G. Lapie, professeur à l’Ecole nationale des Eaux et Forêts, cela tiendrait d’un côté à la forme des vêtements féminins et, d’autre part, à l’insouciance des jeunes « touche-à-tout ».
- Les accidents de ce genre, le plus souvent observés, consistent en papules de couleur variée et dures au toucher. Les malades ressentent de vives démangeaisons et surtout les bambins se grattent avec rage Parfois les poils des chenilles, se fixant sous les paupières de l’œil, déterminent des conjonctivites. De même, les chenilles des Liparides, si nombreuses souvent dans les vergers, abandonnent des poils urticants sur les cerises, les groseilles ou les raisins. 11 en résulte des affections de la bouche et des voies digestives, principalement chez les enfants qui ne prennent pas le soin de laver les fruits avant de les manger. Enfin les débris pileux, qui voltigent dans l’air autour des nids ou au voisinage des Bombycidés urticants, peuvent également provoquer une
- toux opiniâtre et des catarrhes persistants. On a essayé divers remèdes contre les démangeaisons et les inflammations cutanées causées parles Lépidoptères venimeux. Mais les lavages à l’eau vinaigrée et les frictions avec du persil ou avec une plante grasse paraissent être les traitements de choix.
- En définitive, si de tels accidents sont peu graves, ils se produisent beaucoup plus fréquemment qu’on ne suppose et il vaut mieux appeler un médecin dès l’apparition des premiers symptômes morbides.
- Moins favorisée que le Coucou et le Calosome syco-phante, qui se repaissent avec délices des grassouillettes Processionnaires ; moins heureuse, sous ce rapport, que les Crapauds et autres Batraciens pouvant avaler impunément une vingtaine de chenilles de Liparides, l'Huma* nité ne jouit pas, en effet, de l’immunité contre le venin de ces minuscules et dangereux empoisonneurs.
- Jacques Boyer.
- Fig. 8. — Mme le Dr Pl.isalix, dans son laboratoire du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.
- On lui doit de belles études sur les chenilles venimeuses.
- LA SOIE ARTIFICIELLE
- La chimie a fait dans ces dernières années des progrès considérables dans le domaine de l’étude de la cellulose et de ses dérivés.
- Aussi les applications industrielles de cette substance ont pris un essor remarquable, encore amplifié par l’abondance et la facilité de préparation de la cellulose.
- On fabrique aujourd’hui à partir de cette matière et de ses dérivés, tous les jours plus nombreux et plus perfectionnés des fils, des crins, des films, des tissus, des pellicules, des vernis isolants doués de propriétés remarquablès et qui jouent un rôle de premier plan dans l’économie actuelle.
- , QU'EST-CE QUE LA CELLULOSE ?
- Au point de vue physiologique, la cellulose constitue l’ossature des tissus des végétaux.
- Au point de vue, chimique c’est un hydrate de carbone
- ayant pour formule brute C°Hl0O3 et qui contient environ :
- 44,2 °/0 de carbone 6.3 °/0 d’hydrogène et 49,5 °/0 d'oxygène. '
- Brown et Morris ont émis l’hypothèse suivanle sur sa formation, hypothèse d autant plus vraisemblable que l’on trouve chez les plantes des quantités appréciables de formaldéhyde. Le gaz carbonique de l’air formerait avec l’eau un hydrate
- peu stable, donnant, sous l’influence de la catalyse, de la formaldéhyde et de l’eau :
- G0 n OH °‘ -T H ~ CHO |
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- Et c’est cette formaldéhyde qui donne par condensation le noyau cellulosique :
- (CH-O)0—>- C0H,l'O3 -f H20.
- FABRICATION DE LA SOIE VISCOSE
- A l’heure actuelle on prépare de grosses quantités de soie de viscose.
- Elle s’obtient au moyen de la cellulose préparée de la façon suivante :
- On coupe en petits fragments des pins ou des épicéas et les traite dans des lessiveurs en fer revêius d une couche de plomb antimonié par le bisulfite de soude sous pression.
- Après 100 heures envirou de cuisson, on vidange le lessi-veur et on obtient une pâte brute qu’on lave à l’eau chaude.
- On la défibre et la fait circuler dans un chenal plus ou moins long portant des alvéoles destinés à retenir les impuretés plus lourdes que la cellulose.
- Elle se rend ensuite dans un cuvier muni d’un agitateur et, de là, dans des appareils d’épuration qui ont pour but de séparer la pâte fine des bûchettes.
- La pâte fine est ensuite conduite dans des essoreuses (sorte de panier perforé tournant très vite autour d’un axe vertical), puis passe entre des rouleaux pour prendre la forme de feuille.
- C’est cette pâte qui sert à fabriquer la soie artificielle.
- Elle vient généralement de Suède et du Canada.
- Les ballots, dès leur arrivée à l’usine, sont placés dans une salle d’humidification, de manière que la pâte contienne 10 pour 100 d’eau au moment de son emploi.
- La pâte est alors immergée dans une lessive de soude à 18° Baumé, pendant 1 heure, puis comprimée, de manière qu’elle retienne environ 2 fois son poids de soude caustique. La masse ainsi obtenue porte le nom d’alcali-cellulose. Elle se présente sous la forme de feuilles gonflées de soude et faciles à déchirer. Sa composition correspond à peu près à la formule :
- (C« H10 O») 2 Na OH.
- L’alcali-cellulose est ensuite envoyée dans un moulin broyeur de Werner afin d’être réduit en pulpe et de pouvoir réagir suffisamment par la suite.
- Le déchiqueteur de Werner est constitué par une cuve dont le fond est formé de deux demi-cylindres accolés, dans lesquels tournent deux couteaux armés de dents tranchantes et se mouvant en sens inverse l’un de 1 autre à des vitesses différentes.
- La pülpe ainsi obtenue est abandonnée pendant 2 ou 3 jours dans des caisses en bois à une température constante de 21° C.
- Cette température est obtenue au moyen d’un appareil de Kestner, composé d’un long couloir métallique à l’intérieur duquel se trouve un ventilateur actionné par un moteur électrique.
- Le système réchauffant (hiver) est constitué par un serpentin de vapeur, et le système réfrigérant (été) par deux serpentins de saumure refroidie à 0° C.
- X L’air à réchauffer ou à refroidir est aspiré de la salle maintenue à température constante, passe sur la batterie de serpentin où il prend sa température, puis est rejeté dans la salle.
- L’alcali-cellulose, après avoir subi cette maturation, est soumise dans une baratte à l’action du sulfure de carbone;
- cette opération se désigne par le terme de sulfocarbonatation.
- La baratte est constituée par une cuve hexahédrique mobile autour d’un axe portant une double enveloppe permettant d’y faire circuler de l’eau chaude ou de l eau froide suivant que l’ou veut réchauffer ou refroidir la baratte.
- Le sulfure de carbone arrive par l’axe de l’appareil, muni de trous protégés par une grille contre une obturation éventuelle.
- L’alcali-cellulose prend, par l’action du sulfure de carbone une teinte, d’abord jaune pâle, puis jaune, puis orangée.
- La baratte est alors faite ; la réaction dure environ 3 heures.
- On déverse le contenu de la baratte dans une cuve contenant de l’eau et de la soude, puis on malaxe durant 6 heures.
- On obtient ainsi la « viscose ». C’est un liquide visqueux à forte odeur sulfurée, orangé et limpide.
- C’est une solution colloïdale de xanthates cellulosiques.
- La viscose est ensuite envoyée sous pression en filature. Elle traverse des trous très fins immergés dans un bain coagulant formé de bisulfate de soude. Un fil se forme; on le recueille sur une bobine, puis on le lave par immersion dans l’eau afin de le débarrasser de toutes ses impuretés. On le fait ensuite sécher dans un séchoir, le dévide sur des roquets, puis on lui donne la torsion et on le met en flotte.
- Le fil qui contient toujours du soufre est désulfuré par le sulfite de soude.
- La soie est alors mise en paquet pour être livrée. EMPLOIS
- Les emplois de la soie artificielle sont excessivement nombreux. A l’heure actuelle la majorité des tissus de soie contiennent de la soie artificielle.
- Il est vrai que la soie artificielle n’est pas employée seule dans les tissus de luxe, tels que les velours, peluches, crêpes, etc., on la mélange très souvent à la soie naturelle, celle-ci est alors employée comme chaîne.
- Les tissus bon marché, et particulièrement les tissus d’ameublement, sont composés d’un mélange de coton et de soie artificielle, ou même de soie artificielle seule.
- Si l’on a pu arriver à égaler le brillant de la soie naturelle) on n’est pas encore parvenu à atteindre sa finesse et sa souplesse.
- C’est pourquoi la soie artificielle ne concurrence pas la soie naturelle. C’est un textile qui comble l’espace qui existait entre le coton et la soie.
- Nous donnons, pour terminer cet article, un tableau très intéressant extrait du livre de M. Louis Genau sur la soie artiy ficielle, et indiquant le pourcentage de la répartition de la soie artificielle durant ces dernières années.
- 1912 1920 1923 ,1925
- Soieries . 10 0/0 13 0/0 15 0/0 16 0/0
- Cotonnades. . . . . . 10 10 11 26
- Lainages 3 1 1 1
- Bonneterie . 30 25 22 28
- Tricot '. 7 21 25 5
- Lingerie 1 5 13
- Galons et Rubans. . . 10 14 10 4
- Peluches ....:. . 15 . 3 2 1
- Tapisseries. . . . . 3 2 2
- Divers . . 12 10 7 6
- P. B.
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- 390 .: LE TIRAGE DES CHEMINÉES
- NOUVELLE UTILISATION DES COURANTS ATMOSPHÉRIQUES
- POUR LE TIRAGE ET L’AÉRATION
- Les aspirateurs d’air ou de fumée utilisent généralement les effets de déflexion et de dépression produits sur leurs surfaces par des courants atmosphériques.
- Il nous a paru intéressant de rappeler ces curieuses propriétés et d’examiner les applications qui en ont été faites sur quelques types d’appareils.
- Déflexions et dépressions sur un cylindre. — Considérons un cylindre droit placé dans un courant atmosphérique oblique i (flg. 1).
- Un plan parallèle à la direction du vent et d’inclinaison i coupe le cylindre suivant une ellipse dont le grand axe est dans la direction du vent.
- Sur cette ellipse, les filets d’air en mouvement se défléchissent comme l’indique la figure 2 en produisant un vide partiel dans la partie compriseentre les filets intérieurs al et bï. L’arc acb est en dépression, tandis que l’arc ab est en pression.
- Ces effets se produisent sur toutes les sections planes parallèles à la section considérée ; on voit que, pour le vent d’inclinaison i la surface du cylindre comprend une zone D en dépression et une zone P en pression, les zones étant séparées par les 2 génératrices neutres a et b.
- Par vent horizontal (fig. 3 : t = 0, section circulaire) on calcule que la zone D est 5 fois plus étendue que la zone P.
- Lorsque i croît, D décroît et devient égal à P pour i = 90°.
- Fig. i.
- Effet du vent sur une cheminée cylindrique.
- Première application : Aspirateurs cylindriques à fentes verticales. — Supposons que le cylindre considéré précédemment soit un tube percé suivant les génératrices de petites fentes également réparties sur la surface, l’air extérieur entrera par les fentes en pression et le fluide intérieur (air ou fumée) sortira par les fentes en dépression.
- Celles-ci étant de beaucoup les plus nombreuses par
- vent peu incliné, on voit que dans ce cas l’appareil produit une aspiration. Cette aspiration diminue quand l’inclinaison du vent augmente ; elle s’annulerait même
- par vent très plongeant
- si le tube était ouvert Fig. 2. — Les veines d’air d’un courant . ^
- oblique autour de la cheminée
- cylindrique. Dans les aspirateurs
- à fentes, le tube est habituellement fermé par un opercule AB (fig. 4) sur lequel la déflexion duvent,croissant avec son inclinai-
- son, tend à accroîlre la dépression sur les fentes et à compenser la diminution de l’effet du vent signalée ci-dessus.
- Quoi qu’il en soit, malgré certains dispositifs adoptés par les constructeurs, ces aspirateurs à fentes présentent tous, à des degrés divers, plusieurs inconvénients :
- a) La pluie entre avec le vent dans l’appareil par les fentes en pression ;
- b) La suie provenant des fumées tend à encrasser les fentes en dépression et à les obstruer;
- c) Le vent défléchi par un obstacle (mur ou toit) tend à produire une dépression sur les fentes, à diminuer de ce fait l’aspiration ou même à provoquer un réfoulement (fig. 5).
- Deuxième application : Aspirateurs à girouettes. — Considérons (fig. 6) un tuyau ordinaire T placé dans un vent de vitesse Y et d’inclinaison i. L’action de ce vent sur le tuyau peut être décomposée en deux actions:
- 1° Celle du vent horizontal, V cos i qui, comme nous l’avons vu, tend à produire une aspiration ;
- 2° Celle du vent vertical, Y sin i, qui tend à produire un refoulement.
- Lorsque i atteint une valeur voisine de 20°, l’action du vent vertical devient prédominante et provoque le refoulement.
- On peut éviter cet inconvénient en coiffant le tuyau d’un aspirateur à girouette qui, grâce à son gouvernail G, s’oriente toujours dans la direction du vent (fig. 7).
- Cet appareil présente ainsi, du côté du vent, une partie convexe fermée MN et du côté opposé une partie ouverte MP.
- La déflexion du vent sur la partie convexe produit une zone de dépression dans laquelle se trouve l’ouverture MP, d’où l’aspiration. Celle-ci diminue beaucoup, il est vrai, par vent très plongeant, mais l’aspirateur à girouette ne donne lieu à aucun refoulement tant que la girouette tourne au vent.
- Dès qu’elle ne tourne plus ou tourne mal, l’effet produit est désastreux.
- Une application récente : l'Aspirateur « Ovo ». — Au Salon des Arts Ménagers, qui s’est tenu en février 1929 au Grand-Palais des Champs-Elysées, la Société Aérodyne a présenté sous le nom d’Aspirateur
- Fig. 4. — Aspirateur cylindrique à fentes verticales.
- Zone de
- Fig. 3
- Conditions d’un vent horizontal.
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- Zone
- press/on
- Fig. 5. — Vaspirateur à ferrfes perticales dans un peut dèfléchi,
- a Ovo » un appareil qui ne donne lieu à aucun des incon-
- V COS j
- Fig. 6.
- Les lois du refoulement dans un tuyau ordinaire.
- Fig. 7. — L’aspirateur à girouette.
- vénients constatés sur les aspirateurs à fentes et sur les
- Fig. 8 à 10. — L'aspirateur Ovo dansdrs vents de dirt et'ens diverses
- dépression
- dépression
- aspirateurs à girouettes.
- Cet appareil fixe est constitué par un solide de révolution de forme ovoïde sur lequel un vent d’inclinaison quelconque trouve toujours un petit élément de surface normal à sa direction. C’est sur cet élément que se produit la déflexion roaxima (fig. 8, 9 et 10).
- Si, d’autre part, on imagine une série de plans parallèles au vent et de même inclinaison i, on voit que ces plans coupent la surface ovoïde suivant des courbes dont le plus grand rayon de courbure est toujours opposé au vent (fig. 11 et 12) ; sur ces courbes, la déflexion est plus accentuée que sur les sections elliptiques d’un cylindre et produit une zone de dépression
- plus pgrande. L’effet du vent sur la surface totale de l’appareil se traduit donc toujours par une grande zone de dépression du côté opposé.au vent.
- L’intérieur de l’appareil communique avec cette zone par des ouvertures S et I situées à la partie supérieure et à la partie inférieure de l’appareil.
- Placées suivant des parallèles et non des méridiennes du solide de révolution, ces
- ouvertures sont disposées de telle sorte qu’aucun vent,
- Fig. 11. — L’Ovo dans un vent plongeant.
- Zone de dépressioi
- Fig. 12. — L’Ovo dans un vent plongeant.
- 0 I 2 3 4 5 6 7 8 9 10 II 12
- Vitesse du vent V° par mètres par seconde
- Fig. 13. — Graphique donnant la vitesse de tirage d’un aspirateur Ovo en fonction de la vitesse du vent.
- Procès-verbal d’essai n° 347 A de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr.
- direct ou réfléchi, ne puisse exercer sur elles une pression. Ainsi sont évitées
- les rentrées d’eau et les r- ,, n, ... , ..
- Fig. 1k. — Démonstration du tirage
- refoulements constatés, dans certains cas, sur les appareils à fentes.
- D autre part, laforme simple des appareils a permis de les établir à bas prix et en matériaux variés ; le ciment, en particulier, donne aux appareils un aspect agréable et assure leur durée.
- Le diagramme de la figure 13 donne la vitesse Vx d’aspiration en fonction de la vitesse Vo du vent, d’après les
- d’une cheminée coiffée d’un aspirateur O vo.
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- essais effectués sur un aspirateur « Ovo » à l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr. On remarquera que cette vitesse est proportionnellement plus grande par vent faible; c’est là une excellente caractéristique de ces appareils.
- Pour démontrer aux visiteurs l’efflcacité des aspirateurs «Ovo», un dispositif très ingénieux représenté, schématiquement sur la figure 14, fonctionnait au stand « Aérodyne ».
- Ün ventilateur ordinaire W, équilibré par un contrepoids C, peut tourner autour d’un axe O et produire un vent artificiel d’inclinaison variable au-dessus d’un tuyau d’évacuation T, sur lequel peut être placé un aspirateur A; un anénomètre M indique le sens et la vitesse du fluide dans le tuyau T.
- L’appareil A étant enlevé, on constate sous un vent horizontal une certaine aspiration. On incline le ventilateur et l’aspiration diminue pour s’annuler sous un angle de 20ü environ. Au delà, il y a refoulement.
- Le vent ayant une inclinaison quelconque, on place
- l’aspirateur « Ovo » ; l’anémomètre indique aussitôt une forte aspiration. On augmente progressivement l’inclinaison du vent jusqu’à rendre celui-ci vertical et l’on observe que l’aspiration reste sensiblement constante sous toute inclinaison de 0° à 90°.
- Dans une position quelconque du ventilateur on peut placer au delà de l’aspirateur un écran vertical ou incliné : on constate que la réflexion du vent sur l’écran ne modifie en rien l’aspiration, le refoulement est impossible.
- Ces remarquables propriétés du nouvel aspirateur sont dues à une utilisation rationnelle des effets de déflexion et de dépression produits sur un solide de révolution de forme ovoïde par les courants atmosphériques.
- Cette invention intéressante ouvre un champ très vaste aux applications et à l’hygiène de l’habitation, tant pour le tirage des foyers domestiques et industriels que pour la ventilation et l’aération des locaux.
- A. B.
- L'ASTRONOMIE STELLAIRE
- LES PREMIÈRES OBSERVATIONS
- Les premiers astronomes, on le sait bien, furent les bergers chaldéens que leurs veilles solitaires conduisirent
- Fig'. 1. — Les coordonnées célestes, lu ascension droite A se compte en heures à partir du point y intersection en plan de l’Équateur et de l’Ecliptique. La déclinaison B est comptée en degrés à partir de l’Équateur et de part et d’autre de ce plan, vers chaque Pôle.
- Pôle iS.
- naturellement à observer les astres. En ce qui concerne les mouvements de la Lune et des planètes, ils parvinrent à des résultats qui ne sont pas sans importance et il serait à désirer que beaucoup de nos contemporains fussent aussi instruits qu’ils l’étaient.
- En ce qui concerne les étoiles que, d’après eux, nous appelons fixes* ils ne purent que constater l’invariabilité de leurs positions relatives, et, de plus, ils les partagèrent en groupes auxquels ils donnèrent des noms encore usités aujourd’hui pour la plupart : la Grande Ourse, la Petite Ourse, le Grand Chien, le Dragon, etc.... Et ces premiers travaux, si rudimentaires qu’ils nous semblent,ne furent pas sans donner des résultats pratiques. C’est en s’appuyant sur eux que les Phéniciens, Sémites comme les Chaldéens, purent s’enrichir par le commerce maritime.
- Franchissons bien des siècles, et venons-en au temps de ces navigateurs portugais et espagnols qui nous firent connaître à peu près notre planète. Les voyages qui, de proche en proche, conduisirent les Portugais jusqu’à l’extrémité méridionale de l’Afrique, leur firent voir un ciel nouveau, et les marins commencèrent à s’acquitter de leurs dettes envers les astronomes. Il fallut former de nouvelles constellations, et, notons-le en passant, ce fut une grande surprise pour les premiers explorateurs de 1 hémisphère austral, imbus, comme tous leurs contemporains, de la doctrine des « causes finales », de constater qu’il n’existe pas, aux environs du pôle sud de la sphère céleste, une étoile brillante analogue à notre Polaire, si facile à reconnaître, si utile quand on éprouve le besoin de s’orienter.
- Dès le temps des Grecs, il y avait des astronomes à qui ces notions ne suffisaient pas; Hipparque, vers 125 avant J.-G., fut conduit, par l’apparition d’une étoile nouvelle, à dresser un catalogue précis indiquant les
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- positions des astres fixes sur la sphère céleste. Il fut récompensé de ses peines par une magnifique découverte, car, en comparant les résultats de ses observations avec ceux qu’avaient obtenus ses prédécesseurs, il reconnut que les équinoxes ne sont pas fixes sur l’écliptique, dont ils font le tour en 28 000 ans à peu près. Son catalogue, que nous a transmis Ptolémée, a été utilisé par la plupart des astronomes du moyen âge. Toutefois, quelques-uns de ceux-ci volèrent de leurs propres ailes ; tel fut Oulough-Beg (1393-1449, petit-fils de Tamerlan !), qui se fit construire un observatoire où l’on voyait un quart de cercle véritablement gigantesque, car il avait environ 40 m de rayon ('), avec lequel il observa lui-même un catalogue où l’on trouve les positions de 1018 étoiles.
- LES PREMIERS CATALOGUES D'ÉTOILES
- Des travaux analogues furent faits à une époque plus rapprochée de nous, mais le premier catalogue d’étoiles vraiment moderne est dû au premier directeur de l’observatoire de Greenwich, Flamsteed, car il est le premier observateur qui ait visé les astres avec des lunettes, et non plus des pinnules, comme dans l’antiquité. Ce catalogue ne donne les positions que de 2884 étoiles, bien qu’il fût le fruit de quarante années de travail ; mais il est infiniment supérieur, pour la précision, à ceux de Tycho-Brahé et du landgrave de Hesse.
- Ses successeurs, notamment Bradley, marchèrent sur ses traces; on peut dire que c’est de ce dernier astronome que date vraiment l’astronomie moderne ; mais, pour être juste, il faut dire que les travaux faits en France et en Allemagne par La Caille et Tobie Mayer donnèrent des résultats presque aussi précis que ceux qu’il obtint avec des instruments bien supérieurs.
- On sait que Bradley s’est immortalisé en découvrant l’aberration de la lumière et la nutation de l’axe terrestre. Son nom est comparable à celui d’Hipparque.
- Nous ne pouvons passer sous silence le grand catalogue dû à Lalande, qui contient près de 50000 étoiles observées dans les circonstances les plus difficiles. L'Histoire céleste française, qui parut en 1801, résumait douze ans de travail, et Delambre en disait, avec raison, que les astronomes à venir citeraient cet ouvrage plus souvent et avec plus d’éloges encore que les contemporains de l’auteur. Les positions d’étoiles, données dans VHistoire céleste, ont fourni, en effet, d’excellents points de repère pour les observations des comètes et des petites planètes.
- Les catalogues d’étoiles publiés en 1802 et 1814 par Piazzi, élève de Lalande, ne contiennent que quelques milliers d’étoiles, mais leurs positions sont très précises.
- Bessel avait fait le calcul des observations de Bradley et les avait comparées à celles de Piazzi; il paraît que l’amour-propre des Anglais en fut piqué ; aussi, grâce à l’initiative de l’Association britannique pour l’avancement des sciences, le Gouvernement de la Grande-Bretagne publia, après les avoir fait réduire, les observations des planètes faites à Greenwich depuis Bradley, puis les observations de la Lune, enfin les observations d’étoiles dues à Lalande et à La Caille, nos compatriotes,
- 1. Cet instrument a été retrouvé, il y a une vingtaine d’années, et il n’est pas encore, croyons-nous, complètement dégagé.
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- Fig. 2. — L’instrument fondamental d'un observatoire, la lunette méridienne, qui sert à déterminer avec précision les coordonnées célestes.
- mieux appréciés, comme on voit, à l’étranger que dans ! leur pays. En y ajoutant les frais que coûta le Catalogue! très apprécié de l’Association britannique, on trouve une dépense d’environ 5000 livres sterling, qui fait honneur à la nation anglaise. Mais il ne faut pas se borner à un hommage rendu à la collectivité, et on ne doit pas négliger de nommer celui qui, par ses efforts, contribua le plus à obtenir ces grands résultats. C’était un agent de change, amateur passionné de la science du ciel, à laquelle il consacrait tous ses loisirs. Il se nommait M. Baily et mourut le 30 août 1844, âgé de 70 ans. Il n’avait pas vécu assez pour voir paraître les trois catalogues à la publication desquels il avait consacré tant d’efforts.
- Les zones de Bessel, où l’on trouve les positions de 75 011 étoiles, sont restées célèbres, et, à côté d’elles, il faut mentionner la Bonner Durchmusterung, catalogue immense où l’on trouve les positions approchées de 324198 étoiles comprises entre le pôle nord et le deuxième degré de latitude australe. Un atlas de quarante cartes figure ces étoiles, donne une représentation de l’aspect du ciel aux astronomes qui s’occupent de rechercher des comètes ou des petites planètes en leur fournissant les étoiles de comparaison qui leur sont nécessaires. Si l’on a rapporté un astre nouvellement découvert à l’une de ces étoiles, on ne manque pas de déterminer la position rigoureuse de celle-ci par des observations méridiennes aussitôt que cela est possible.
- C’est Argelander qui fut le promoteur de ce dernier travail, imité, en ce qui concerne l’hémisphère sud, par l’astronome américain Gould (1824-1896), dont YUranometria Argentina, publiée en 1879, donne les positions de 340380 étoiles.
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- Fig. 3. — La richesse du Ciel en Étoiles.
- Dans certaines régions, comme la Voie Lactée, elles sont si nombreuses qu’elles semblent former par places de véritables nuages sur les plaques photographiques.
- LA PHOTOGRAPHIE STELLAIRE
- II semblait impossible d’aller plus loin, mais la photographie est venue en aide aux astronomes. Sous la direc-
- Fig. 4. — Diverses déterminations de la position de l’Apex.
- tion de Le Verrier, l’Observatoire de Paris avait entrepris la construction d’un Atlas écliptique, destiné à faciliter la recherche des petites planètes. Chacornac avait commencé à s’en occuper, et il voulait publier 72 cartes ayant une hauteur de 5° 1/2, et une largeur de 20 minutes de temps. Il mourut en 1872 et les frères Henry se chargèrent de terminer son œuvre, mais celle-ci est restée incomplète, et il n’a paru que 54 cartes. Voici pourquoi : on ne tarda pas d’arriver à des régions où les étoiles étaient si nombreuses qu’il fallut absolument renoncer à représenter l’aspect du ciel en ces endroits par les procédés ordinaires; les Henry firent alors appel à leurs talents d’opticiens, et ce fut l’origine de l’application de la photographie à la construction des cartes célestes. On sait que, grâce à l’initiative de l’amiral Mouchez, les astronomes du monde entier se sont entendus pour léguer à leurs successeurs une carte, formée de 2000 feuilles environ, où seront figurées les positions de 15 ou 20 millions d’étoiles. Cette carte sera accompagnée d’un catalogue donnant les positions précises de deux millions d’étoiles. — Le travail est, dès à présent, très avancé.
- LA GRANDEUR DES ÉTOILES
- Après avoir résumé très brièvement l’œuvre des astronomes, en cet ordre de choses, depuis l’origine des. temps historiques, voyons les conclusions qu’il est possible d’en tirer. Demandons-nous quelle idée il nous est possible de nous faire de la structure de l’univers, qu’il ne faut pas confondre avec le monde, ce dernier mot ne devant s’appliquer qu’à notre chétif Soleil et aux planètes qui lui font cortège.
- On sait qu’on classe les étoiles par ordre de grandeur (aujourd’hui, on dit magnitude, ce qui est évidemment un grand progrès), étant entendu que deux étoiles sont dites de la même grandeur, quand elles ont la même apparence à nos yeux. Il est clair que deux étoiles de même grandeur peuvent être en réalité fort différentes, celle qui a le plus d’éclat étant plus éloignée de nous que celle qui en a le moins ; mais comme on doit admettre que les étoiles sont distribuées dans l’espace sans bornes d’une manière tout arbitraire, il en résulte qu’il y a compensation et qu’il n’est pas impossible de se faire une idée de la distance qui nous sépare des étoiles d’un certain ordre de grandeur, comparée à celle des étoiles d’un autre ordre. Voici un tableau résumant ce que l’on a touvé à ce sujet; l’unité adoptée est la distance moyenne des étoiles de première grandeur.
- Grandeurs. Distances. Grandeurs. Distances.
- 1 1,00 9 34,30
- 2 1,55 10 53,36
- . 3 2,42 11 83,00
- 4 3,76 12 129,12
- 5 5,86 13 200,90
- 6 9,11 14 312,50
- 7 14,17 15 486,10
- 8 22,01 16 735,20
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- Les nombres inscrits ci-dessus ont été obtenus par des procédés photométriques ; l’étude des mouvements propres des étoiles, sur lesquels nous reviendrons, a donné des résultats tout à fait comparables.
- LES ÉTOILES VARIABLES
- Une étoile nouvelle, nous l’avons vu, a déterminé Hip-parque à construire le plus ancien des catalogues d’étoiles. Depuis ce grand astronome, on a revu maintes fois de semblables phénomènes, notamment en 1572. Tycho-Brahé observa cette Nova dont l’éclat surpassait celui de Sirius, delà Lune et de Jupiter et qu’on ne pouvait comparer qu’à cette planète Vénus, qui, dans les plus belles nuits, resplendit dans le ciel. Mais sa lumière diminua rapidement, et elle ne fut visible que pendant dix-sept mois.
- On s’est demandé si ces étoiles nouvelles ne seraient pas des étoiles périodiques, qui ne seraient lumineuses pour nous que pendant un temps très court. Il y en a d’autres qui, sans disparaître en général complètement sur la voûte céleste, varient étrangement. Telle est l’étoile o de la Baleine, ou Mira Ceti dont on a remarqué les variations depuis 1596. De seconde grandeur pendant une quinzaine, pendant trois mois, elle baisse d’une manière continue et finit par s’éteindre complètement pendant cinq mois à partir desquels elle recommence à croître pendant trois mois, et finit par retrouver sa grandeur primitive. La durée des périodes que nous avons indiquées n’est d’ailleurs pas parfaitement constante, et sa variation est elle-même un objet d’étude.
- Nous pourrions citer de nombreux exemples d’étoiles variables périodiques, par exemple [3 Persée ou Algol, dont la période est beaucoup plus courte que celle de Mira Ceti; mais ce qui est le plus important à remarquer, c’est que l’étude de ces astres offre d’autant plus d’intérêt que notre Soleil appartient, lui aussi, à cette même catégorie, comme le prouvent ses taches, qui, dans une période de 11 ans et 1/9 (') passent d’un minimum à un autre minimum, séparés l’un de l’autre par un maximum plus voisin du premier que du second.
- On a constaté que nos étoiles « fixes » ne méritent pas tout à fait cette qualification. Beaucoup, parmi elles, sont animées de mouvements propres, trop faibles pour altérer la figure des constellations (2), mais qui n’en sont pas moins réels.
- LA TRAJECTOIRE DU SOLEIL
- Les taches du soleil nous apprennent qu’il est animé d’un mouvement de rotation autour d’un de ses diamètres. Ne serait-il pas aussi animé d’un mouvement de translation, comme ceux que nous révèlent beaucoup d’étoiles? Et l’on sait que notre éblouissant Soleil n’est pas autre chose qu’une étoile, assez faible même, si on la compare à certaines autres.
- 1. La durée de cette période est d’ailleurs aussi variable.
- 2. Il est illusoire de chercher à se représenter, d’après ces mouvements, ce que sera devenue une de nos constellations, la Grande Ourse, par exemple, dans cinquante ou cent mille ans, car il n’est nullement prouvé qu’ils doivent continuer toujours dans le même sens. Peut-être sont-ils périodiques. 11 faut nous résigner à ignorer beaucoup de choses.
- Fig, 5. — Type de l’instrument utilisé pour la Carte phologra phique du Ciel.
- Plusieurs astronomes, entre autres Bradley, Tobie Mayer et le Mulhousien Lambert, avaient pensé que le Soleil n’occupe pas une position fixe dans l’espace, mais qu’il se déplace, entraînant à sa suite la Terre et les autres planètes; avec plus de netteté que tous les autres, Lalande a exprimé la même opinion dans T Encyclopédie méthodique.
- Si cette hypothèse est vraie, que doit-il arriver?
- Le Soleil, se déplaçant le long d’une ligne droite, on peut du moins le supposer s’il ne s’agit que d’un temps
- Fig. 6. — La course en hélice de la Terre autour du Soleil se déplaçant sur sa trajectoire.
- Soleil Æl/p
- W0 S Terre
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- = 396 =.............'... ' -..———=
- relativement court, il va se rapprocher des étoiles qui nous semblent voisines les unes des autres et qui forment une constellation (en réalité, parmi ces étoiles, il y en a sans doute qui sont beaucoup plus loin de nous que les autres). Dès lors, dans la suite des temps, ces étoiles vont paraître aller en s’éloignant les unes des autres, et il semblera que la constellation s’agrandit. Ce sera absolument le contraire, s’il s’agit de la constellation qui, sur la sphère céleste, occupe une position diamétralement opposée à celle de la première.
- William Herschel étudia cette question et conclut à un mouvement propre du Soleil dirigé vers un point de la sphère céleste qui se trouve dans la constellation d’Hercule; Argelander, Struve, Galloway (par l’étude des étoiles australes), Gauss, Quet ont confirmé ses résultats. Les coordonnées de Xapex, c’est-à-dire du point vers'lequel nous marchons, si on les rapporte à l’équinoxe de 1840, sont :
- Ascension droite 259° 35' 1"
- Déclinaison boréale 34° 33'6"
- La vitesse de ce mouvement est 7 km 3 par seconde.
- Ainsi, l’orbite véritable de notre planète n’est pas une courbe plane, elle décrit en réalité une sorte d’hélice, qui se développe à l’infini dans l’espace sans bornes.
- Il est d’ailleurs probable que le Soleil ne se meut pas en ligne droite, et qu’il est lui-même le satellite d’un autre Soleil infiniment plus important que lui. Quel peut-être cet astre? On l’ignore; tout ce que l’on peut dire, c’est qu’il se trouve dans un plan perpendiculaire à la ligne droite qui nous semble être la trajectoire de notre Soleil. L’astronome allemand Miidler plaçait dans les Pléiades ce Soleil de notre Soleil, et c’est là qu’il mettait aussi le trône de l’Eternel. Il faut avoir une grande confiance en soi-même pour affirmer des choses de cet ordre.
- LA DISTANCE DES ÉTOILES
- Mais à quelles distances les étoiles sont-elles de nous?
- On sait qu’on a pu déterminer la parallaxe de la Lune, autrement dit l’angle sous lequel, de son centre, on voit le rayon de notre Terre, par un procédé tout à fait analogue à celui des arpenteurs quand ils veulent déterminer la distance d’un point inaccessible. Ce procédé n’est déjà plus applicable au Soleil, dont la parallaxe a dû être déterminée par des méthodes indirectes.
- A fortiori, quand il s’agit d’une étoile, le rayon terrestre est une unité tout à fait insuffisante; il faut avoir recours au rayon de l’orbite terrestre.
- Par le centre de celle-ci, faites passer un plan perpendiculaire à la ligne qui joint son centre à l’étoile, ce plan
- coupe notre orbite suivant un diamètre; le problème à résoudre, c’est de déterminer l’angle que font les deux lignes qui, partant des extrémités de ce diamètre, vont rejoindre l’étoile.
- Le rayon de l’orbite terrestre est de 150 millions de kilomètres; pour la plupart des étoiles, cette longueur, que nous pouvons à peine imaginer, est imperceptible.
- Pour l’étoile 7. du Centaure, que mes lecteurs de l’hémisphère austral, — si j’en ai — peuvent observer facilement, car elle est de première grandeur, la parallaxe vaut 0,75, ce qui revient à dire que la distance de cette étoile au système solaire (qui relativement à elle est condensé en un seul point) vaut 280000 fois 150 millions de kilomètres.
- Pour la 61e étoile du Cygne, étoile double visible pour les habitants de l’hémisphère nord, la première dont la distance à la Terre ait été déterminée (par Bessel en 1830), la distance admise aujourd’hui est de 106 tril-lions de kilomètres, ou environ 700 000 fois le rayon de l’orbite terrestre.
- Et ces deux étoiles comptentparmi les plus rapprochées de nous ; pour éviter des nombres qui ne représentent rien pour notre intelligence, on évalue ces distances en années de lumière (à 300 000 km par seconde); a Centaure est à 4,35 années de lumière de nous, la 61e du Cygne à 11,3.
- Pendant longtemps on a cru que ces deux étoiles étaient les plus rapprochées de notre planète. Les déterminations récentes ont révélé des étoiles plus proches; en voici la liste :
- Proxima Centauri . . . Distance en trillions de kilomètres. 34.6 Durée du trajet de la lumière, en années. 3.7
- a Centaure 41.1 4.3
- P. près 66 Ophiuchus. . 73.4 7.8
- Sirius 81.1 8.6
- 36 Ophiuchus 85.7 9.1
- 130 Piazzi (O") 88,0 9.3
- 21 185 Lalande 90.6 9.9
- Procyon 93.4 9.9
- t Baleine 99 4 10.5
- 243 Gould Cordoba (V1) 99 4 10.5
- 61 Cygne 106.3 11 3
- Pour toutes les autres étoiles, sauf une centaine, il a été tout à fait impossible de se faire une idée de leur parallaxe. Les deux lignes qui la joignent aux extrémités du diamètre de notre orbite semblent absolument parallèles. Il semble, d’après cela, qu’il faille à tout jamais renoncer à nous faire une idée de la structure de notre univers. On l’a cependant tenté! E. Dotjulet.
- LES VOLCANS DE JAVA
- Les Indes Néerlandaises, appelées aussi Insulinde ( Empire des lies), constituent le nom collectif d’un groupe d’îles éparpillées dans l’Océan entre les continents d’Asie et d’Australie. Sumatra, Java, Bornéo, Célèbes sont les principales de ces îles dont l’ensemble a une étendue
- égale à l’Europe moins la Russie. Ces îles, admirablement administrées par la Hollande, sont renommées autant par leur fertilité que par leur beauté, et elles doivent en grande partie la [richesse de leur sol à l’existence de nombreux volcans.
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- Un coup d’œil sur la carie des Indes Néerlandaises montre une chaîne de montagnes traversant tout Suma-
- Fig. 2. — Le Merapi, près de Djokjakarta, volcan toujours en éruption.
- Ph. Tassilo Adam, à Djokjakarla.
- ira et se continuant à travers tout Java. Celte chaîne est formée de roches anciennes, sa continuité est interrompue en de nombreux endroits par plus de trois cents volcans.
- A Java, tout le sol, dans ses parties superficielles, est composé de matières volcaniques, généralement d’origine récente.
- Le reste du sol de cette île consiste en alluvions et en formations calcaires tertiaires. C’est dans Java que se trouve le plus grand nombre de volcans ; quelques-uns d’entre eux sont encore en activité et leurs cratères sont une des plus grandes attractions pour les visiteurs de cette île. Ce sont ces montagnes, dont les pics se resserrent en ligne comme des sentinelles, qui sont le secret de la fertilité de Java. Que serait Java sans ses montagnes aux flancs couverts de forêls, sinon un simple désert de sable avec quelques cocotiers sur les bords du rivage, car montagne signifie nuages, pluie, rivières et irrigation.
- Dans la partie centrale Est de Java, il y a un certain nombre de montagnes qui ont été dépouillées de leurs forêts, mais qui sont actuellement replantées par les soins du service forestier, car ces forêts sont indispensables au point de vue hydrologique.
- Montagne volcanique signifie quelque chose de plus que montagne ordinaire : volcan signifie nouvelles terres fertiles projetées à chaque explosion. Si les volcans détruisent, ils ne détruisent que pour enrichir ; c’est par leurs bienfaits qu’il faut les considérer tout autant que pour leur beauté. Le plus haut d’entre eux est seulement de 500 m plus bas que la « Joungfrau » dans les Alpes et cependant la foule des visiteurs de Java est en général très ignorante de ces volcans. Bien peu de Javanais même connaissent leur nom et leur hauteur. C’est qu’en effet, dans la plus grande partie de la saison des pluies, des nuages obscurcissent ces montagnes et les dissimu-
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- Fig. 3. — Le Bromo.
- lent à la vue; dans la saison sèche, la chaleur, la poussière des plaines forment des buées qui d’ordinaire en cachent les sommets. Ce n’est guère qu’aux changements de saisons qu’on peut voir les pics dans toute leur beauté. D’une façon générale, pour tous ceux qui se lèvent de bonne heure, juste au moment de l’aurore, les montagnes de Java sont des amies sans voile; mais il est extraordinaire de constater avec quelle rapidité les nuages s’amoncellent autour des sommets, les dérobant aux yeux jusqu’à la nuit.
- Beaucoup d’excursions peuvent être faites aux cratères et aux montagnes de Java qui sont le siège de phénomènes volcaniques.
- Les centres les plus importants pour les excursions sont Bandoeng, Lembang, Garoet, Wonosobo et Tosari. Cet ensemble de paysages imposants et de terrifiants cratères ne constitue pas seulement les délices des bons marcheurs; les touristes qui veulent admirer ces mer.-
- Fig 5 — Le Batok et ses coulées de lave.
- (Ph. Stehn.)
- veilles sans fatigue peuvent utiliser les routes carrossables qui conduisent au pied des montagnes. Là, il leur est facile de se procurer des chevaux ou des chaises à porteur pour l’escalade du sommet.
- Un de ces cratères, celui de Tangkœban-Prahœ, près de Lembang, peut maintenant être atteint en automobile, la route conduisant jusque sur les bords du cratère.
- Le panorama que l’on découvre du sommet de l’un de ces géants est impossible à décrire, il faut l’avoir vu pour en sentir toute la beauté. Au loin, sur l’un et l’autre rivage de Java, on aperçoit la mer. Le paysage dépasse en splendeur toutes les merveilles tropicales de ce genre.
- Une des plus belles choses à voir est l’ombre de la montagne projetée par le soleil levant sur la plaine qui l’environne. C’est tout d’abord un large triangle dont la base est la montagne elle-même, puis à mesure que le
- Fig. 4. — Lac de cratère de la montagne « Kaba », à 900 mètres au-dessous de la crête du cratère.
- soleil s’élève et rayonne davantage, l’ombre se raccourcit et se brise après avoir couvert des distances considé-rablesatteignantplusieurs dizainesdekilomètres. L’ombre du Slamat, par exemple, s’étend jusqu’au pied du Tjere-mai, à près de 100 km.
- En pratique, toute montagne de Java a son cratère; une seule exception dans l’Ouest est le Tjikorai.
- Le cratère se rencontre généralement au sommet et ce sont ses murs qui lui 'donnent l’apparence de cône tronqué. Cependant, quelques cratères se trouvent en groupes épars sur le flanc des montagnes. Lorsqu’il en est ainsi on peut présumer que ce n’est pas le siège de l’éruption
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- Fig. 6. — En haut : Le Raoeng. En bas : Le Keloet. (Ph. Feenstra.)
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- pitons : le Batok, le Widodaren, le Segorowedi et le Bromo.
- A l’exception du dernier, tous ces cratères sont éteints. Le Bromo cependant continue à émettre de la fumée et des gaz ; son activité est quelquefois tellement accrue que l’on ne permet pas aux visiteurs d’approcher du cratère.
- En tout cas il forme un contraste frappant avec ses voisins en raison de ses pentes nues couvertes de cendre et de pierres ponces.
- Bien que le cratère s’élève à 200 m au-dessus du niveau de la Mer de Sable, il est plus bas cependant que
- Fig. 7. — Le Lamongan (à droite) et le Taroeb (à gauche). — Photo Feenstra.
- qui a formé la montagne, mais un soulèvement d’une époque plus ancienne. Il est possible d’excursionner dans le cratère même de la plupart des volcans de ces îles, mais il ne faut le faire qu’en compagnie d’un guide expérimenté, car sur de nombreux points se produisent des dégagements gazeux qui peuvent être mortels. On voit quelquefois dans le sol des trous desquels rien ne semble sortir et, si on met la main au-dessus de ces orifices, on sent à intervalles réguliers des bouffées d’air chaud semblables à celles qu’on peut percevoir auprès d’une machine à vapeur.
- Les cratères abondent en soufre ; de beaucoup d’entre
- eux jaillissent des sources chaudes qui sont l’origine de rivières et éventuellement trouvent leur chemin vers la mer.
- Dans l’Est de Java, le Bromo et la « Sand Sea » (Mer de sable) sont les deux attractions les plus recherchées des touristes. L’hypothèse que la « Mer de sable », aussi unie qu’un lac et aussi nue que le Sahara, est le fond d’un ancien cratère est affirmée par sa forme parfaitement régulière, l’abrupt de ses murs et sa composition de sés cendres volcaniques pulvérisées par les forces delà nature. Si la merde sable est réellement un cratère, ce serait le plus large du monde, car sa circonférence n’a pas moins de 16 km. C’est de là que s’élèvent quatre
- les murs qui le limitent de sorte qu’on n’a pas réellement sa hauteur.
- Du Bromo on peut apercevoir le plus haut volcan de Java : le Smervé, dont les pentes s’élèvent dans le Sud; c’est une gigantesque et imposante masse de rochers d’une régularité frappante s’élevant majestueusement à 4000 m au-dessus du niveau de la mer. Bien qu’il soit à une distance considérable, dans la claire atmosphère de cette altitude, il semble à portée de fusil.
- Non loin se trouve le Batok, cône très régulier, de lignes gracieuses, tandis que le Bromo dans sa nudité a un aspect rébarbatif ; ce dernier sommet est considéré par les indigènes des régions environnantes comme le
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- dieu de la montagne. La bouche du Bromo donne bien l’idée de ce qu’on s’attend à voir quand on approche d’un cratère: l’abîme béant, la fumée, les grondements souterrains inspirent la terreur. Ce' cratère a environ 200 m de profondeur et personne n’a osé y descendre à l’exception des infortunées victimes qui, dansles temps anciens, étaient jetées dans le gouffre pour apaiser le dieu de la montagne.
- Dans la province de Kediri se trouve le Goenoeng Keloet, un des volcans les plus redoutés de toutes les Indes Néerlandaises à cause du lac formé dans son cratère après chaque éruption et qui, périodiquement, est rejeté au dehors. Cette énorme masse d’eau dégringole les pentes de la montagne et inonde tout le [voisinage, comme cela s’est produit pour la dernière fois en 1919. Dès que le lac a été ainsi vomi, un nuage s’élève du cratère, si pesamment chargé de matières volcaniques qu’il ne s’élève pas plus haut que le pic. Des torrents de pierres rougies accompagnées de nuages étincelants complètent la peinture de l’éruption du Keloet.
- Ces dernières années, les ingénieurs néerlandais ont creusé un tunnel à travers les parois du cratère pour drainer le lac ou plutôt pour le maintenir au-dessous d’un certain niveau. On espère, de cette façon, empêcher les inondations qui ont été, trop fréquemment éprouvées dans le passé.
- Il faut décerner des louanges à ces ingénieurs qui ont accompli une tâche aussi gigantesque, exemple remarquable du triomphe de la science sur la nature.
- Il faut aussi louer grandement les aviateurs qui, en survolant les plus 'hautes cimes, ont pris les admirables photographies que nous sommes heureux de montrer aux lecteurs de La Nature.
- Les aviateurs de l’armée, survolant constamment Java, ont réuni en effet un nombre colossal de photographies qui, mieux que les cartes, permettent de se faire une idée de la géographie et de l’aspect du pays. Un grand nombre de ces photographies ont été réunies en un volume rédigé et publié grâce à la collaboration des départements de l’Agriculture, de l’Industrie, du Commerce, du bureau central des Statistiques et des Chambres de Commerce des Indes Néerlandaises. Ce livre consacré aux intérêts de Java fait grand honneur à nos amis les Hollandais. Il serait à souhaiter que les services compétents de l’Indochine dotent nos librairies françaises d’un document aussi précieux.
- D1' D.
- N J. M. Taverne. Vulkaansludïen of Java. S. Gravenhage. Algemeene Landsdruklterij, 192G,
- De Yries. The importance of Java seen from the air. Kolfï and G". Batavia D. E. I.
- LA PIPE DE BRUYÈRE
- Tout le monde sait ce qu’est une pipe.
- Le vieux dictionnaire de Trévoux l’explique très curieusement.
- « C’est, dit-il, uu tuyau délié, fait quelquefois de terre vernissée, qui sert à prendre le tabac en fumée. À l’un des bouts, qui est recourbé, il y a une espèce de bassin ou d’embouchure qui s’appelle le fourneau et où l’on met le tabac que l'on fume.... Ce mot vient de pipeau, ou chalumeau, qui sert à humer toutes sortes de liqueurs; ou plutôt de pipa, latin, qui signifiait un chalumeau qui servait à la Communion pour sucer le sang de Notre Seigneur, comme on voit dans le Testament de saint Evrard, rapporté par Le Mire, in Codice piarum donationum, où il appelle ce chalumeau pipa aurea. On pratique encore à Saint-Denys, dé faire communier le Diacre et le sous-Diacre à la grand’messe sous les deux espèces avec un pareil chalumeau d’or. »
- Le tabac ayant été introduit par Nicot en 1560, et ayant été utilisé presque immédiatement en prises, en machicatoire et en fumée, la pipe à tabac doit donc remonter à la fin du xvie siècle. Elle a précédé en tout cas de loin la cigarette et le cigare.
- La citation, que je viens de donner du Dictionnaire de Trévoux, montre que la pipe en terre existait déjà au commencement du xvme siècle.
- La pipe en racine de bruyère est beaucoup plus récente. Elle n’a pas cent ans.
- Qu’est-ce que la bruyère?
- Les livres sont chiches de renseignements à son
- endroit. On peut lire dans Littré ces deux lignes dédaigneuses : « Les bruyères sont des arbrisseaux communs dans les montagnes et sur les terres incultes. Elles ont un feuillage toujours vert ». C’est, en somme, quelque chose comme la parure d’un sol où rien d’utile ne saurait pousser. J'ai cependant appris, en consultant van Tieghem, que l’on cultive dans les jardins certaines espèces de bruyères (Erica, en langage botanique), pour la beauté de leurs fleurs.
- La bruyère est de petite taille. Elle ne dépasse pas la forme dite arborescente. Il semblerait qu’elle eût dû passer à peu près inaperçue du commun des mortels. Et pourtant, il n’y a guère d’humains: qui ne.la connaissent aujourd’hui, et dont elle ne soit la fidèle compagne et l’amie, depuis que le hasard a fait découvrir les propriétés de sa racine aux fabricants de pipes en bois.
- Sa racine !
- C’est qu’elle peut atteindre des proportions presque fantastiques! Elle se présente sous l’aspect de souches massives extrêmement dures, susceptibles de prendre un poli magnifique et que couvre une opulente chevelure de radicelles qui vont pêcher, dans les fissures de la terre maigre, la substance destinée à alimenter les tiges, les branches et les feuilles qui les surmontent. Les plus petites de ces souches sont de la grosseur d’un œuf d’autruche. Celles de 50 kg ne sont pas rares et on en a, paraît-il, trouvé une qui atteint dix fois ce poids!
- C’est un nommé David, de Chaumont-les-Saint-Claude (Jura), qui, en 1S54, introduisit la racine de bruyère
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- dans les fabriques de pipes en bois déjà nombreuses dans ce département. Un marchand lui avait suggéré cette idée à la foire de Beaucaire, en appelant son attention sur la quasi-incombustibilité de cette substance.
- La suggestion était bonne. Saint-Claude est devenu le centre universellement connu de la fabrication des pipes et, il y a deux ans, on estimait à 45 millions (*) le nombre des machines à fumer en racine de bruyère qui partaient de cette jolie petite cité pour aller réjouir les amateurs de tabac sur toute la surface du globe.
- Le nombre des fabricants de pipes de Saint-Claude atteignait presque la centaine, occupant 5000 à 6000 ouvriers. Indépendamment de cette armée, il y avait encore, tant en ville qu’aux environs, bien des particuliers se
- Fig. 1.— Spécimen de racine de bruyère tricentenaires et une pipe faite avec une partie de ce bloc.
- livrant à la terminaison des ébauches que leurs défauts faisaient rejeter par les usines.
- C’est que, comme on peut bien le supposer, la grosse souche n’est point parfaite. Elle présente des points faibles nombreux, des fissures plus ou moins profondes. De sorte que, sur 50 kg, il peut fort bien arriver qu’on ne puisse prélever qu’une pipe sans défaut! Une pipe de luxe. Bien entendu, on ne jette pas les autres morceaux. Tous ceux qui peuvent se rafistoler serviront à fabriquer des articles de prix inférieurs. C’est ainsi qu’on trouve des pipes à cent sous, alors qu’une pipe de qualité vaut dix et quinze fois ce prix.
- 1. Ce total (que d’aucuns portent à 70 millions) représente un chiffre d’affaires de 90 millions de francs, dont plus des quatre cinquièmes à l’exportation. :
- Il y a vingt-cinq ans, on estimait le personnel employé dans les fabriques à 2500 ouvriers seulement, produisant une trentaine de millions de pièces en utilisant pour 1 500 000 francs de matière première. En ce temps-là, la grosse de pipes 9) valait de 10 à 200 francs, et on trouvait facilement des pipes à 60 centimes dans les bureaux de tabac étrangers, particulièrement en Belgique.
- La bruyère à pipe nous vient du département du Var, des côtes méditerranéennes et des premières assises des Pyrénées. Elle est essentiellement du Midi. On la trouve aussi en Corse, en Sardaigne, en Toscane, en Calabre, en Espagne et en Algérie. En 1926, on en a utilisé à Saint-Claude 150 000 tonnes!
- Les bruyères de qualité se trouvent en somme sur le pourtour de la Méditerranée.
- Les racines centenaires (2) sont arrachées de la forêt, nettoyées, écorcées, dépouillées des innombrables radicelles qui leur forment comme une toison, et débitées en plateaux qu’on découpe ensuite en parallélipipèdes irréguliers appelés ébauchons (fig. 2, a).
- Les ébauchons subissent une première sélection. Les impropres sont jetés. Les autres sont bouillis, séchés, et mûris pendant des années par des procédés spéciaux. L’ébullition a pour but d’arrêter l’action de la sève et d’empêcher la fente du bois.
- A Saint-Claude, la première opération que subissent les ébauchons est un triage qui permet de les classer en catégories de valeur très différentes. On passe ensuite au calibrage. La scie circulaire donne aux ébauchons de chaque sorte de pipes des dimensions rigoureusement identiques.
- h'ébauchage comprend trois opérations essentielles : le tournage et creusage du foyer (fig. 2, b), le tournage de la tige et son perçage. Au cours de ces trois opérations, c’est l’ébauchon qui tourne, l’outil avançant, porté par un chariot à glissières.
- La figure 2, c montre la pipe dont le foyer et la lige sont ébauchés.
- Le fraisage lui donne l’aspect de la figure 2, d. Ici c’est la fraise qui tourne. On lui présente l’ébauchon qu’une cheville à griffe maintient par l’intérieur du foyer. Successivement et rapidement disparaissent les parties inutiles et, l’opération terminée, il ne reste plus qu’à enlever quelques aspérités que la machine n’a pu faire disparaître (fig. 2, d).
- C’est à celle-ci que va s’attaquer le ràpeur qui opère à la main avec une râpe à bois. En sortant des mains du râpeur, la pipe a sa forme définitive, 2, e.
- Il est très amusant de voir manœuvrer le râpeur. Son habileté, sa rapidité, sa précision sont celles d’un véri-
- 1. Dans le monde de la pipe, on compte les ébauchons par balles. Une balle renferme en moyenne 5 grosses, soit 720 ébauchons.
- 2. Le terme de centenaire n’est pas exagéré. On emploie poulies pipes de qualité des racines qui ont de deux à trois cents ans.
- Il faut environ 300 kg de racines choisies pour faire seulement 14i ébauchons et, sur ce nombre, 5 pièces à peu près sont sans défaut, ce qui donne une pipe parfaite pour 00 kg de racines !
- La vieille racine a une belle teinte roussâtre qui se fonce au polissage. Séchée plusieurs années, elle acquiert un parfum caractéristique. On a pu dire avec raison qu’il « y a des crus de bruyère comme il y a des crus de pins ».
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- table prestidigitateur. Ce qualificatif lui conviendrait merveilleusement d’ailleurs puisque son outil, ce sont ses doigts!
- C’est alors que l’on monte le tuyau sur la tige de la pipe. Le tuyau se fait en corne, en ivoire, en ambre, en os, en buis, et surtout en ébonite. Saint-Claude possède une fabrique d’ébonite qui a rendu de grands services à l’armée pendant la guerre et qui, aujourd’hui, fournit tous les tuyaux moulés employés par les pipiers de la région. Cette usine a été fondée en 1910. Auparavant et depuis 1878, date de l’introduction de l’ébonite, la France était tributaire de l’Allemagne pour cette fourniture.
- Le tuyau ne se monte plus à vis, comme autrefois, mais à force. Il se termine par une sorte de tenon qui s’engage dans la tige de la pipe. Ce tenon porte le nom de floc.
- Une sixième opération, le réparage s’exécute à la main ou au tour et consiste à faire disparaître toute différence de grosseur entre la tige et le tuyau de la pipe.
- Chacune de ces opérations a naturellement pu faire apparaître des défauts de la matière, défauts cachés sous la forme fruste de l’ébau-chon. Il en résulte toute une série de classements successifs et de triages, dont le dernier ne laisse subsister que la pipe de luxe sans défaut.
- Bien entendu, tout défaut qui peut être pallié est corrigé. En particulier les gerçures sont bouchées avec un mastic spécial résistant à la chaleur. C’est ainsi qu’on obtient une échelle de prix extrêmement étendue qui aboutit à la « pipe du nègre » d’un côté, à la pipe de l’amateur de l’autre.
- Les défauts d’aspect disparaissent pour l’acheteur ordinaire sous le dernier traitement qui est le polissage. Ce polissage s’effectue d’abord sur des plateaux tournants recouverts de papier de verre, puis sur des rouleaux de feutre, enfin sur des bandes de calicot. Rouleaux et bandes sont animés d’une très grande vitesse, les premiers enduits de tripoli, les secondes d’un mélan ge d’huile et de ponce. Le polissage donne à la pipe le brillant, soit que la bruyère reste en couleur naturelle, soit qu’elle ait été enduite de matière colorante.
- L’amateur regarde soigneusement dans sa pipe la beauté de la matière, les veines, le grain, le parfum.
- Les polisseuses forment un groupe d’ouvrières extrêmement pittoresque. Le « madras » qui entoure leur tête et la protège contre les poussières impalpables que l’aspirateur est impuissant à faire totalement disparaître, n’est pas sans élégance. La coquetterie féminine sait tirer bon parti de cet accessoire de coiffure.
- — a, ébauchon de bruyère; b, ébauchage du foyer; c, ébauchage du foyer et de la tige; d, pipe fraisée; e, pipe râpée.
- Comme chez les « ràpeurs » on rencontre chez les « polisseuses « de véritables virtuoses dont on a peine à suivre les mouvements rapides et harmonieux.
- Fig. 3. — Atelier d'ébaucheurs de pipes.
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- J’ai dit qu’on estimait, il y a deux ans, à 45 millions le nombre des pipes sortant des ateliers de Saint-Claude pour se répandre à travers le monde. Comment se fait-il qu’aujourd’hui la fabrication traverse une formidable crise qui menace, dit-on, d’emporter une florissante industrie ou tout au moins de lui arracher les marchés étrangers? Il faut lire les rapports patronaux et ouvriers pour s’en rendre compte. Or ces rapports sont parfois touffus. Et les antagonismes politiques les compliquent encore. Essayons cependant.
- On est d’accord pour reconnaître que, depuis 1860, la fabrication avait à peu près régulièrement progressé. Un récent article de M. Vincent Coutier, président de la Chambre syndicale des fabricants, nous spécifie qu’en 1914 la production mondiale de la pipe en racine de bruyère atteignait environ 65 millions de pièces dont 28 millions sortaient de Saint-Claude, 17 millions des fabriques des Etats-Unis, le reste étant produit par l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et l’Angleterre. Pendant laguerre, on épuisa les stocks existants. Après, en 1919, 1920 et 1921, la production augmenta rapidement. Elle se ralentit un peu en 1922 et 1923. La dégringolade du franc la fit monter vivement à 43 millions. Depuis la stabilisation, elle descend, et M. Vincent Coutier craint qu’elle ne se stabilise elle-même aux environs de la moitié de ce chiffre.
- On affirme que cette situation tient à deux causes très différentes.
- La première est purement économique : la pipe de Saint-Claude serait devenue trop chère.
- La seconde est question de mode : la pipe reculerait
- Fig, 4. — Atelier de polisseuses de pipes.
- sans arrêt devant la cigarette. Ce recul serait particulièrement sensible en Angleterre qui était, il n’y a pas bien longtemps, le pays par excellence des fumeurs de pipes.
- Dans son article, M. Vincent Coutier préconise, pour le redressement de la situation économique, les remèdes suivants :
- 1° Réduction des frais de transport des ébauchons ;
- 2° Réduction des prix de vente delà matière première : bruyère;
- 3° Révision des salaires par un meilleur emploi du temps;
- 4° Réduction du coût de la vie à Saint-Claude;
- 5° Création d’un tabac spécial pour la pipe.
- La question des transports peut se régler d’accord avec les compagnies de chemins de fer, spécialement le P. L. M. Il semble bien que les prix de la matière première pourraient être moins élevés; ils sont aujourd’hui plus de vingt fois ce qu’ils étaient jadis. Le meilleur emploi du temps est une affaire assez simple en elle-même, mais que compliquent malheureusement les divergences politiques. La réduction du coût de la vie est un problème d’ordre tout à fait général. Quant à la création d’un tabac spécial, d’une sorte de tabac de zone pour la pipe, tout le monde est unanime à la réclamer de l’Etat : fumeurs, fabricants et ouvriers.
- En dehors de ces remèdes, il y a aussi la création et la mise en action normale d’une institution analogue à celle qui fonctionne à Lyon pour la soie. Une condition officielle des bruyères (C. O. R.) a bien été instituée en vue d’empêcher, au moyen de classements rigoureux, la disqualification des produits sanclaudiens par l’introduction sur les marchés d’articles inférieurs, de nature à ternir la réputation de Saint-Claude. Malheureusement, il s’est produit des froissements et des heurts entre les patrons et la municipalité, et cet organisme semble pour le moment fonctionner à vide.
- L’influence de la mode a une importance beaucoup plus grande qu’on ne le croit. En Angleterre, par exemple, un rapport de Y Impérial Economie Committee la met en relief par des chiffres éloquents.
- En 1907, 23,8 pour 100 seulement des fumeurs fumaient la cigarette. En 1924, il y en avait 58,5 pour 100.
- En 1907, la proportion du tabac pour pipe atteignait 71,1 pour 100. En 1924 elle n’était plus que de 40 pour 100. Le cigare lui-même était tombé de 5,1 pour 100 en 1907, à 1,5 pour 100 en 1924. Depuis 1924 la chute a continué et on n’estime plus le pourcentage actuel du tabac de pipe qu’à 33 pour 100.
- En vue de lutter contre les désastreux effets de cette mode de la cigarette, les fabricants de Saint-Claude qui travaillent avec l’Angleterre (l), 1. Us font beaucoup d’affaires et on vend souvent j en France des pipes soi-disant anglaises et qui sont ( originaires de Saint-Claude, seul le dernier travail de finissage ayant été exécuté outre Manche. Il faut peu de chose pour avoir chez nos voisins le droit d’inscrire sur un article le « made in England. »
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- Fig. 5. — Saint-Claude.
- Le centre de l’industrie de la pipe de bruyère.
- viennent de décider une campagne de publicité collective pour laquelle ils comptent engager des fonds considérables. Parmi les moyens qu’ils vont employer, figurent des imprimés, affiches ou 'prospectus représentant d’illustres défenseurs de la pipe : Sir Harry Lauder, James Buchanan, Rudyard Kipling, Sir James Barrie,le Maréchal Foch, K.-G. Chesterton, Hilaire Belloc,Jack Demp-sey, Pionald Colman, J.-II. Thomas, Lloyd George, Cyril Tolly, Stanley Baldwyn, « the Prime Minister ».
- On pourrait ajouter à ces noms, célèbres à des titres divers, celui de Napoléon Ier qui mit réellement la pipe en honneur, rappeler qu’il en offrit une à Oudinot à titre de récompense, et que Lassalle chargea souvent la pipe aux dents.
- On pourrait aussi lutter contre l’invasion de la cigarette en faisant remarquer qu’en outre de la nicotine qu’elle accumule dans l’économie en proportion certainement plus considérable que la pipe, elle introduit dans l'estomac un volume considérable de fumée de papier qui, certes, n’a jamais été considérée comme hygiénique.
- J’ai constaté par une pesée très précise que 106 feuilles de papier à cigarettes pesaient 4570 milligr, ce qui met la feuille à 43 milligr. Prenez un fumeur ordinaire consommant seulement 20 cigarettes par jour. C’est la fumée
- de 860 milligr. de papier qu’il absorbe chaque jour. Cela fait 314 gr par an, et en 10 ans 3 kg. 139. Figurez-vous l’état d’un estomac et d’un œsophage dans lesquels on a brûlé 3 kg. 139 gr. de papier !
- Or, il est bien certain que cet inconvénient n’existe pas avec la pipe. Bien mieux, il existe des systèmes appropriés qu’on m’affirme très efficaces, qui enlèvent automatiquement au tabac fumé les 2 cinquièmes de sa nicotine et les déchets nocifs qu’il pouvait contenir.
- Il est assurément regrettable que l’Etat semble se désintéresser du sort d’une industrie qui est peut-être celle de France présentant le plus le caractère d’une industrie d’exportation. Cela, quand de tous côtés nous entendons répéter : « pour que la France soit prospère, il faut que la balance du commerce soit positive ! »
- Il est regrettable que l’administration ne trouve pas le moyen de fournir de tabac approprié les fumeurs de pipes, et oriente le public du côté de la cigarette, surtout de la cigarette étrangère.
- Il faut espérer que la crise actuelle passera tout de même. Dans la charmante petite ville de Saint-Claude, tout le monde a le sentiment qu’il faut agir énergiquement, l’intérêt des fabricants étant le même que celui des travailleurs. Léopold Reverciiox.
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- ' : LES COKERIES MODERNES
- RÉCUPÉRATION DES SOUS-PRODUITS - AMMONIAQUE
- ET GOUDRONS
- La Nature a déjà étudié en détail les fours à coke modernes (nos 2772 et 2786) : ces appareils jouent un rôle essentiel dans l’industrie moderne, non seulement parce qu’ils fournissent à la sidérurgie une matière première indispensable, mais encore parce qu’ils sont une source de précieux sous-produits : le gaz d’abord, employé pour le chauffage ou la force motrice, puis les goudrons et les produits d’épuration du gaz d’où l’on tire des produits chimiques de première importance.
- Nous allons examiner ici comment l’on recueille ces divers sous-produits de la distillation de la houille.
- CONDENSATION
- Le gaz sortant des fours à haute température contient un mélange de vapeurs d’eau, d’ammoniaque, de benzol
- et de goudron. L’ammoniaque est récupérée sous forme de sulfate, par barbotage dans des « saturateurs » renfermant un bain d’acide sulfurique étendu. Il semble donc qu’il y ait intérêt à maintenir le gaz à une température assez élevée, car, par refroidissement, la vapeur d’eau se condense, dissolvant et entraînant une certaine quantité de gaz ammoniac et de sels ammoniacaux, qu’il est ensuite nécessaire de distiller pour régénérer l’ammoniaque : soit une dépense inutile de vapeur. Seulement, avant passage dans les saturateurs, le gaz doit être débarrassé du goudron qu’il contient; cette séparation peut s’effectuer de deux manières : par réfrigération, mais alors la vapeur d’eau est condensée, et l’on tombe sur l’inconvénient qui vient d’être signalé, ou, suivant le procédé Otto, par lavage des gaz sous une pluie de goudron liquide. On opère à chaud, vers 80°, température légèrement supérieure au point de rosée du gaz.
- < Le goudron, injecté à la partie supérieure d’un laveur cylindrique vertical,'1 est finement pulvérisé, et les gouttelettes entraînent mécaniquement ou dissolvent les vésicules de goudron véhiculées par le gaz. Les avantages
- de ce procédé, dit « direct », sont, d’une part, d’éviter la dépense de vapeur que nécessite la distillation des eaux ammoniacales, et d’autre part de conserver dans le gaz la totalité du benzol; le goudron est en effet susceptible d’absorber un peu de benzol, et la solubilité est d’autant plus élevée que la température est plus basse. Cette propriété était très appréciée autrefois, lorsque le pou-. voir éclairant du gaz entrait en ligne de compte dans les cahiers des charges. Par contre, ce système a un inconvénient très grave, qui le fait abandonner actuellement : si, à chaud, le benzol reste en totalité dans le gaz, la naphtaline y reste également. Un refroidissement ultérieur dans les conduites de distribution provoque des dépôts de lamelles solides (la naphtaline fond à 80°) pouvant occasionner des obstructions très sérieuses.
- Aussi opère-t-on plus généralement la condensation à froid. Le goudron ne retient qu’une faible quantité de benzol (2 à 3 gr sur 30 à 35), qui est ultérieurement récupérée par distillation.
- Le procédé de sulfatation « indirecte », qui consistait à condenser la totalité du goudron et de l’ammoniaque contenus dans le gaz, et qui exigeait la distillation d’une forte quantité d’eaux ammoniacales, est tombé en désuétude, et c’est au procédé « semi-direct » qu’on a actuellement recours (fig. 1).
- Le barillet, collecteur commun à tous les fours d’une même batterie, recueille les gaz venant des colonnes montantes, par l’intermédiaire de clapets d’isolement. Il est construit avec une pente assez forte pour favoriser l’écoulement des produits lourds, qui commencent déjà à s’y condenser. Un courant de goudron et d’eau ammoniacale, refoulé par une pompe d’une citerne dans le barillet, facilite l’entraînement de ces produits. Ils sont recueillis dans une avant-citerne, en même temps que ceux qui se sont condensés dans les collecteurs de descente inclinés.
- La condensation (fig. 1 et 2) proprement dite s’effectue dans des séries de tuyauteries verticales (jeux d’orgues) ou horizontales, refroidies extérieurement par ruissellement d’eau. Le goudron et les eaux ammoniacales condensés sont envoyés dans une citerne mixte, où ils se séparent par ordre de densité. Les eaux ammoniacales s’écoulent par trop-plein dans un réservoir spécial, et le goudron est déversé par siphon dans une autre citerne.
- Après passage dans l’extracteur, le gaz renferme encore un brouillard presque invisible, constitué par des vésicules de goudron très fines qui ont échappé à la condensation. Maintenues dans le gaz, elles donneraient au sulfate d’ammoniaque une teinte grise qui le déprécie. On les élimine donc, à l’aide d’un condensateur à choc.
- Fig. 1. — Récolte de Vammoniaque des gaz de fours à coke par le procédé semi-direct.
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- Un des types les plus employés est l’appareil Pelouze et Audouin, rotatif : le gaz débouche à l’intérieur d’un tambour horizontal formé de deux tôles concentriques perforées, mobile autour de son axe ; les ouvertures, très fines, des tôles sont disposées en chicanes. Les vésicules goudronneuses viennent s’écraser contre les parois. La partie inférieure du tambour baigne dans une couche de goudron liquide. Par suite de la rotation lente (5 à 6 tours par minute) le goudron dissout au fur et à mesure les vésicules déposées.
- Les appareils dégoudronneurs genre cyclone sont d’un usage moins fréquent : le gaz est admis tangentiellement dans un corps cylindrique, où il est animé d’une rotation rapide. Les gouttelettes de goudron sont projetées par la force centrifuge. Fl&' 2‘
- Enfin le procédé de précipitation électrostatique Cottrel trouve ici encore une application intéressante; le gaz traverse de bas en haut un tube métallique vertical dans l’axe duquel est tendu un fil métallique relié à la borne positive d’un transformateur à 50 000 volts.
- Le tube est mis à la terre. Les vésicules goudronneuses sont électrisées et se déposent sur les parois du tube où elles ruissellent. Fowles remplace le tube par un cadre garni de laine de verre. La dépense serait faible, et l’épuration très poussée.
- FABRICATION DU SULFATE D'AMMONIAQUE
- Les eaux ammoniacales condensées sont un liquide d’une couleur jaunâtre, de densité supérieure à 1. Elles sont constituées d’une solution aqueuse de gaz ammoniac et de sels, les uns fixes (chlorure, sulfate, sulfite, hypo-sulfite et cyanure d’ammonium), les autres volatils sous l’action de la chaleur (carbonate, sulfure, sulfhydrate). Pour être décomposés, les sels fixes exigent une action chimique (chaux ou soude).
- Une pompe refoule les eaux de la citerne dans un réservoir en charge sur l’usine à sulfate. Elles passent dans un échangeur de température tubulaire, où elles sont réchauffées par les eaux résiduaires sortant de la colonne distillatoire, puis circulent dans un réchauffeur-déflegmateur surmontant la colonne. Elles pénètrent chaudes dans la colonne, sur l’un des plateaux supérieurs, et distillent sous l’action d’une injection de vapeur vive. Les sels fixes sont décomposés par l’addition d’un lait de chaux ou d’une solution de carbonate de soude. Les vapeurs d’ammoniaque se dégagent, traversent le ré-chauffeur-déflegmateur,. où se condense la majeure partie de la vapeur d’eau entraînée, et sont envoyées dans le gaz avant son enlrée dans le saturateur (Coppée).
- Le saturateur est un récipient cylindro-conique en tôle d’acier, à plombage intérieur adhérent. Le gaz y est introduit par un tube plongeur, placé suivant son axe vertical; la partie inférieure de ce plongeur est dentelée, afin de diviser le gaz qui barbote dans le bain d’acide sulfurique dilué. A sa sortie du saturateur, le gaz traverse un séparateur à chicanes qui arrête les gouttelettes
- — Réfrigération du gaz de fours à coke. Condensation du goudron et de l’eau ammoniacale. Décantation.
- d’acide entraînées, puis il est soumis au refroidissement et au lavage en vue de la récupération du benzol. Le sulfate formé, qui s’accumule dans la base conique du saturateur, est refoulé périodiquement par un éjecteur à air comprimé dans un égouttoir basculant où il se dépose. Les eaux-mères décantées font retour au saturateur, et le sel est versé dans une essoreuse-sécheuse. De là, il tombe dans une fosse, où il est repris par la benne à grappins d’un pont roulant qui le met en magasin.
- Malgré l’essorage, le sel conserve des traces d’acidité (0,7 à 0,8 pour 100) nuisibles à la bonne conservation des sacs dans lesquels il est renfermé. Il contient en outre une certaine quantité d’eau, 2 à 3 pour 100. Pour acquérir une plus-value intéressante, il doit être neutralisé et séché.
- La première opération est réalisée par un « clairçage » avec une solution diluée d’alcali.
- La Société Wilton arrose le sel sur l’égouttoir; lors-
- Fi‘. 3. — La fabrication du sulfate d'ammoniaque dans une cokerie.
- Saturateurs. Arrivées du gaz et séparateurs d’acide à chicanes. (Ev. Coppée.)
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- qu’on pratique l’ëssorage, il est avantageux de neutraliser les dernières portions d’acide par une pulvérisation rationnelle, sous pression, d’eau ammoniacale dans la turbine, une’ fois l’essorage terminé. On arrive ainsi à réduire l’acidité à 0,1 pour 100.
- Le séchage est effectué dans des appareils à feu nu, ou, de préférence, dans des sécheurs à vapeur. Pour de petites installations, le sécheur peut remplir l’office de l’essoreuse qui est alors supprimée. La teneur en eau est amenée à 0,1 pour 100.
- Un système assez récent comporte l’emploi de tambours filtrants continus, type Zénith : ce sont des trémies, réparties suivant une circonférence, dont le fond est constitué.d’un tissu filtrant. Le tambour, horizontal, est animé d’un mouvement lent de rotation. Chacune des trémies est alimentée successivement en sel brut, 30° avant d’atteindre la partie supérieure, et l’on, applique
- sous le fond un vide d’environ 650 mm. Une admission d’eau alcaline permet la neutralisation, ëtle séchage atteint üne grande perfection. Par suppression de la succion, et passage des trémies en dessous de l’horizontale, le sel neutralisé et séché tombe dans un système transporteur qui l’amène jusqu’au magasin. Suivant M. Fabre, il Suffit, pour une production de 3 à 4 tonnes de sulfate par jour, d’un sécheur de 0 m. 900 de diamètre et 0 m. 60 de largeur, construit en plomb ou en caoutchouc durci, avec fond en toile métallique Monel ou tissu de laine. La jconsommation de force motrice est de 3 à 4 ch pour la rotation et le déplacement de. 4500 1. d’air sous un vide de 630 mm.
- j TRAITEMENT DU GOUDRON
- j»' Les goudrons condensés constituent un mélange complexe, épais et noirâtre de corps, dont les proportions
- diffèrent notablement suivant la température à laquelle s’est effectuée la distillation.
- A basse température (4 à 500°), on recueille un goudron primaire abondant composé d’hydrocarbures de la série grasse (paraffines et oléfines), de dérivés oxygénés (phénols, crésols, xylénols), azotés (pyridine, pico-line, etc.) et sulfurés (thiophène et homologues). Lorsque la température croît, la quantité de goudron diminue, par suite de décompositions, et les carbures aromatiques apparaissent. La naphtaline et l’anlhracène sont en progression et la proportion de phénol augmente.
- Le goudron, même bien décanté, renferme une assez forte quantité d’eau qu’il est indispensable d’éliminer, soit qu’on veuille l’utiliser à l’épandage sur les routes, soit qu’on doive ensuite le distiller. Dans le premier cas, la présence de l’eau, non miscible au goudron, l’empêche d’adhérer à la roule. Dans le second, elle provoque des émulsions formant une mousse qui déborde assez facilement et peut occasionner des incendies.
- La déshydratation a l’avantage de séparer, en même temps que l’eau, les vapeurs de benzol. Elle s’effectue (fig. 7) dans des réservoirs en tôle cylindriques ou rectangulaires, chauffés par un serpentin dans lequel circulent les vapeurs d’huiles distillées dans la cornue, et par un serpentin de vapeur auxiliaire. Les eaux ammoniacales, et une partie des huiles légères, portées à une température d’environ 100°, distillent et sont condensées dans des appareils tubulaires à circulation d’eau. La séparation de l’eau et de l’huile a lieu par différence de densités dans une bouteille florentine qui leur fait suite. Puis, eaux et huiles légères sont envoyées par des monte-jus respectivement à l’usine à sulfate et-à l’usine à benzol.
- La maison Egrot construit un appareil travaillant à la pression atmosphérique ou sous vide, constitué par une tôle inclinée sur laquelle s’écoule le goudron étalé en couche mince. La sole est chauffée par circulation méthodique de vapeur dans un double fond.
- Le système Wilton (fig. 8) applique le même principe que pour le désessenciement de l’huile benzolée; il comporte l’emploi d’un réchauffeur économiseur dans lequel le goudron brut froid, refoulé par une pompe, récupère la chaleur du goudron traité; puis il passe dans un serpentin distillatoire chauffé par un foyer extérieur et entre dans une boîte de détente où se séparent les vapeurs d’eau et d’huiles légères qui sont condensées.
- Après passage dans le déshydrateur, le goudron n’a plus qu’une teneur en eau inférieure à 1 pour 100. Il est vendu tel quel, ou soumis à une distillation pour en extraire une série de produits commerciaux.
- La distillation peut être continue ou discontinue. La distillation discontinue, portant sur une vingtaine de tonnes, s’effectue dans des cornues, cylindres verticaux en tôle d’acier de 15 mm d’épaisseur, à couvercle et
- Fig. k. — Fabrication du sulfate d'ammoniaque.
- Saturateurs. Dans ces récipients, le gaz chargé d’ammoniaque barbote dans une solution d’acide sulfurique (Ev. Coppée).
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- Fig. 5. — Fabrication du sulfate d’ammoniaque. Vue supérieure des saturateurs (Ev. Coppée).
- fond embouti convexes, placés dans un massif de maçonnerie. Elles sont chauffées extérieurement, soit par un foyer au charbon, soit de préférence par des brûleurs à gaz de fours à coke. Les gaz chauds circulent sous la cornue, puis le long de ses parois, dans une série de carneaux. Pour éviter les dépôts adhérents qui peuvent se produire sur le fond, on prévoit un brassage par des palettes en fonte épousant la forme de ce fond, fixées sur un arbre central commandé par le haut et supporté par roulements à billes. Une conduite spéciale, placée dans l’axe de l’appareil, permet d’injecler dans la cornue de la vapeur d’eau surchauffée par les gaz chauds sortant du foyer.
- Cette injection facilite la distillation des hydrocarbures lourds et évite leur surchauffe.
- En outre, une pompe à vide est reliée aux bacs de recette pour le travail sous pression réduite. Les gaz de distillation passent à travers un épurateur avant d’être aspirés, afin d’éviter l’attaque des organes de cette pompe parles composés sulfurés. Grâce à l’injection de vapeur et au travail sous vide, le dispositif Egrot présente les avantages de ne consommer que peu de combustible, de préserver les fonds de cornues, qui sont les points sensibles, d’une usure rapide, et enfin d’éviter les décompositions pyrogénées qui conduisent à la formation de produits de moindre valeur marchande. (Le brai, qui trouve son principal débouché dans les usines d’agglomération, a un pouvoir agglomérant d’autant plus élevé qu’il contient moins de carbone libre, et par suite que la température à laquelle il a été obtenu est plus basse.)
- Le goudron déshydraté chaud s’écoule par gravité dans la cornue; un trop-plein, dont le robinet est normalement fermé, permet de limiter le remplissage à [la hauteur voulue. Un espace libre est laissé entre la surface du liquide et le dôme pour prévoir la dilatation due à la chaleur. Le chauffage est très progressif. Les vapeurs qui se dégagent traversent le serpentin en fonte placé à l’intérieur du déshydrateur, cédant leurs calories au goudron en cours de déshydratation, puis elles passent dans un condenseur muni d’un serpentin en fonte (plongeant dans l’eau. La circulation d’eau est telle que les produits condensés en sortent à une température d’environ 60°, afin de ne pas risquer des obstructions, par formation de dépôts solides, (dans les conduites ou les réservoirs. Ils passent par une éprouvette à coulage visible, qui permet de surveiller le débit et de prélever des échantillons et sont recueillis dans des bacs de fractionnement, d’où ils sont renvoyés, suivant leur nature, dans les cristallisoirs ou dans les réservoirs-magasins.
- L’opération dure de 14 à 16 heures, et l’on compte 8 à 10 heures pour le refroidissement, la vidange du brai et le chargement. Au total, 24 heures.
- Au :début du dégagement, et jusque vers 175°, on recueille des huiles légères, qui sont dirigées sur l’usine à benzol pour rectification. De 175° à 230°, il passe des huiles phénolées, puis légèrement naphtalineuses, qui,
- mélangées aux huiles anthracéniques décantées (280° à la fin de la distillation), constituent une huile lourde propre à l’alimentation des moteurs Diesel. De 230° à 260°, les huiles qui coulent sont très chargées en naphtaline, qu’elles abandonnent au repos par décantation dans les cristallisoirs. Enfin, de 260° à 280°, distille l’huile dite « huile de lavage », utilisée généralement à l’absorption du benzol dans les gaz. Le brai restant dans la cornue ne peut être coulé directement dans les parcs où il est stocké; car, à la température de 400° à 500°, il émet des vapeurs irritantes et très nocives. Il est donc envoyé par compression dans un étouffoir clos en tôle, vertical, muni d’un pot d’absorption de ces vapeurs. Il s’y refroidit jusque vers 150°, température à laquelle sa coulée n’est plus accompagnée de dégagement de vapeurs,
- Fig. 6. — Fabrication du sulfate d’ammoniaque. Egouttoir basculant et essoreuse (Ev. Coppée).
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- et il est alors réparti par des chenaux en tôle dans les différents parcs où il se solidifie.
- La distillation continue tend à se répandre de plus en plus. Elle présente, en effet, de nombreux avantages, dont le principal est une économie notable de combustible.
- Il existe des types d’installations très variés, mais nous ne décrirons que le procédé Ab der Ilalden, qui est le seul système français, très récent, et dont le principe est des plus séduisants. Il a été appliqué jusqu’ici à des tonnages journaliers variant de 1 à 50 tonnes, en particulier dans les usines à gaz de Montargis et de Nîmes (1 et 5 t.), dans la cokerie d’Ostende (Solvay-Piette, 15 t.) et celle de Willebroeck (Goppée, 50 t.).
- Il est basé sur l’injection de vapeur surchauffée dans la masse de goudron chaude, qui entraîne toutes les huiles volatiles et laisse le brai. On opère donc, à l’inverse de la distillation discontinue, par refroidissement progressif des vapeurs mixtes d’eau et d’huiles. Pour un certain abaissement de température, il se condense la fraction d’huiles susceptibles de rester à l’état liquide, à
- cette température, en présence de vapeur d’eau, et cette catégorie seule. Par un choix convenable des divers abaissements de température, on réalise les fractionnements commerciaux.
- Le goudron brut (fig. 9), repris par une pompe dans la citerne où il est recueilli, est refoulé dans un bac en charge sur l’atelier. Il passe par un robinet régulateur d’alimentation, traverse un filtre et arrive dans le déshy-drateur. Porté à 100° par récupération de calories des vapeurs distillées, il abandonne son eau et une partie des huiles légères, et est admis à la partie supérieure de l’appareil de distillation. Celui-ci est constitué par une cornue surmontée d’une colonne garnie de matériaux de remplissage. La cornue est chauffée modérément par un foyer extérieur alimenté soit au charbon, soit au gaz, et intérieurement par un courant de vapeur, surchauffée dans un serpentin courant autour de la colonne, et introduite à la partie inférieure. Le goudron ruisselle sur les matériaux de la colonne, et ses constituants volatils sont entraînés par la vapeur.
- Le brai restant est évacué d’une façon continue dans l’étouffoir. Les vapeurs distillées sont envoyées dans un
- premier condenseur où, sous l’action du refroidissement dû à l’air extérieur, les huiles authracéniques se séparent, les vapeurs traversent ensuite le déshydrateur. Le goudron froid circulant en sens inverse provoque la séparation des huiles lourdes, qui sont décantées. Un troisième et un quatrième condenseur à réfrigération par eau servent à la séparation des huiles moyennes et des huiles légères, qui sont, elles aussi, décantées. Huiles anthracéniques et huiles moyennes sont envoyées dans des cristallisoirs.
- Lorsqu’on veut disposer d’huile de lavage de qualité supérieure, ou régénérer des huiles usagées, on est amené à redistiller les huiles obtenues du premier jet, lors de la distillation discontinue. On utilise une cornue identique à celle déjà décrite, mais surmontée d’un déflegmateur tubulaire à circulation d’air, qui analyse les produits distillés. Il peut être intéressant, pour certaines sociétés minières qui ont en vue la fabrication d’agglomérés, de transformer plus ou moins complètement le goudron en brai. Le procédé Hennebutte exploite l’action de l’air sur le goudron déshydraté chaud. L’air barbote dans la masse kde goudron contenue dans une chaudière. Par le réglage de l’élévation de température et de la durée de contact de l’air, on peut transformer jusqu’à 97 pour 100 du goudron en brai.
- TRAITEMENT DE LA NAPHTALINE ET DE L'ANTHRACÈNE
- De plus en plus, les cokeries prévoient des installations pour le traitement des produits bruts : naphtaline et anthracène, recueillis après décantation des huiles. La valeur de ces produits purs est en effet très supérieure aux frais de transformation et laisse une sérieuse marge de bénéfices. Après égouttage dans des cristallisoirs (fig. 10 et 11), la naphtaline brute est essorée, puis pressée à chaud dans des presses hydrauliques à filtres verticaux : ces filtres sont chauffés par de la vapeur à basse pression circulant dans une double enveloppe. On obtient un produit dont le point de fusion ne varie pas de plus d’un degré (78/79°). La naphtaline est ensuite versée dans un fondoir chauffé par serpentin de vapeur, et refoulée à l’état liquide dans un récipient laveur cylindro-conique revêtu intérieurement d’un plombage adhérent et muni d’un disposi t if d’agitation mécanique. Elle y est traitée successivement à l’acide sulfurique, à l’eau et à la soude, et est enfin distillée dans une cornue, semblable à celles employées pour la rectification discontinue des huiles de lavage. Les vapeurs sont reçues dans un condenseur réfrigérant et dans des bacs de recette. La naphtaline pure, maintenue à l’état liquide, est soumise soit à la. cristallisation, soit à la sublimation dans des chambres closes (Egrot).
- L’huile anthracénique laisse déposer (fig 12), dans des cristallisoirs plats à fond incliné, l’anthracène brut. Renfermant encore de fortes proportions d’huile, il est essoré, puis envoyé dans un cristallisoir spécial, appareil cylindrique à fond conique muni d’une double enveloppe
- Conduite de vapeur surchauffée
- Dispos it if à coulage visib/
- Cornue de distillation
- Serpentin de ïf“ vapeur
- Parc à brai
- Bacs de recette
- Bac a huiles légères Bac à eaux ammoniacales
- Citerne à goudron
- Fig. 7. — Distillation discontinue du goudron.
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- Boîte de détente
- Fbmpe
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- Bac d'alimentation
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- Fig 8. — Installation de déshydratation et distillation de goudrons, système AVilto:
- pour réfrigération par eau froide ou réchauffage par circulation de vapeur. La séparation définitive des dernières traces d’huiles s’effectue sur des filtres à vide.
- L’anthracène brut recueilli est dissous] à chaud à l’aide d’un solvant convenable, dans le cristallisoir Egrot travaillant comme laveur. Puis la dissolution est soumise à la cristallisation fractionnée et à la filtration. On obtient ainsi de l’anthracène à 40/45 pour 100.
- On peut encore s’orienter vers la préparation des phénols, de l’acide crésylique, etc. L’usine à goudron, avec les nombreuses fabrications qui s’y rattachent, devient donc une des parties les plus importantes du service « Sous-Produits ».
- LES UTILISATIONS DU GAZ DE FOUR A COKE
- Le gaz trouve dans une usine sidérurgique de multiples emplois : chauffage des batteries de fours à coke, de fours à réchauffer ou de fours Martin, en mélange ou non avec du gaz de hauts fourneaux. Utilisé seul dans ce dernier cas, il permet de supprimer les chambres indispensables pour le réchauffage du gaz pauvre. Mais il faut prendre la précaution d’ajouter à ce gaz débenzolé une faible proportion de goudron pour lui donner une coloration.
- Épuration du gaz. — Si l’on envisage, et nous avons dit que c’est la tendance actuelle, la distribution à distance d’une partie ou de la totalité du gaz pour l’éclairage et le chauffage particuliers, il est nécessaire de l’épurer avant compression. Les canalisations sont en effet rongées par le soufre qu’il renferme, et l’on a observé, sur des conduites dans lesquelles passait du gaz non épuré, des obstructions très graves dues à un mélange de soufre et d’oxyde de fer.
- Les usines à gaz pratiquent généralement l’épuration à sec; le gaz traverse une couche de 30 à 50 cm déminerai de fer des prairies, ou limonite brune. Mais l’installation nécessite un grand emplacement et les frais de premier établissement sont élevés. Aussi l’épuration « liquide » prend-elle un gros développement.
- M. C. Berihelot, le spécialiste bien connu en matière de cokeries, a breveté une méthode basée sur l’élimination de l’acide sulfhydrique à l’aide d’une liqueur de sulfate de cuivre. Il régénère le sulfure formé par un courant d’air, à 300° environ.
- Le procédé américain consiste à laver le gaz avec une solution de carbonate de soude, suivant la réaction :
- C03Na2 -J-IBS = NaHS + C03HNa, réaction réversible qui permet par suite la régénération
- du^C03Na2. En plus de l’hydrogène sulfuré, la solution absorbe l’acide cyanhydrique.
- Un courant d’air rapide dilue et entraîne LUS et HCN.
- Une idée intéressante est de récupérer le soufre contenu dans le gaz de distillation. On y parvient en employant une solution alcaline de carbonate de soude renfermant en suspension de l’oxyde ou de l’hydroxyde de fer. On a alors la réaction
- C03Na2 + IBS = NaHS + CO3 HNa combinée avec
- 3NaHS + Fe2 O3 = Fe2 S3 -f-3NaOII et NaOH -f- C03HNa = C03Na2 -f- H20.
- La solution alcaline est ainsi régénérée, et, de son côté, le sulfate de fer, par action de l’air, donne
- 2 Fe2S3 -|-3 O2 = 2 Fe203 + 6S.
- Le procédé Feld, très séduisant, mais qui ne semble pas avoir été encore mis au point, permet de récupérer à la fois l’ammoniaque et l’hydrogène sulfuré. Il utilise l’action de l’anhydride sulfureux SO2, qui, en présence de NH3 et de IBS, donne naissance à du thiosulfate d’ammonium et à du soufre. Le thiosulfate, par contact avec un excès de SO2, est transformé par oxydation en un mélange complexe de polythionates.
- Une fois l’opération en train, c’est la solution de polythionates qui ]sert au lavage du gaz. Elle absorbe NH3 et IBS en fournissant à nouveau du thiosulfate, régénéré par S02en polythionates. Le cycle est fermé. La solution de polythionates se concentre de plus de plus à
- Fig. 9. — Procédé de distillation continue du goudron, système Ab. der Halden.
- _ . ûesbydrateur
- Condenseur h '
- huiles 3nthr\jceniques
- Condenseur d'huiles moyennes
- Citerne 6 goudron bruC
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- chaque nouvelle absorptïOÎjU"Suffisamment concentrée, elle est scindée en sulfate d’ammoniaque et soufre par chauffage à l’ébullition.
- Les synthèses — Les récentes découvertes des propriétés catalytiques de certains corps et l’emploi de pressions élevées ont permis de réaliser un nombre considérable de synthèses : en particulier, l’obtention d’ammoniaque et de carburants à partir d’azote, d’oxyde de carbone et d’hydrogène. Or, les prix de revient de ces produits synthétiques sont surtout affectés par la cherté de ces matières premières. On a donc été tout naturellement amené à utiliser le gaz de fours à coke, qui renferme ces éléments en quantités intéressantes, et qui revient bien meilleur marché que le gaz à l’eau.
- Synthèse des carburants. — La synthèse des carburants est réalisée actuellement suivant trois principaux procédés : Bergius, Fischer et Patart.
- Le procédé Bergius s’attaque directement au charbon qui, pulvérisé, est mélangé avec du goudron et une faible quantité d’oxyde de fer. La pâte obtenue est refoulée, sous une pression de 150 atm. dans un tube catalyseur
- où elle arrive à une température de 420 à 470°. Elle y est soumise à l’action d’un courant d’hydrogène circulant en sens inverse. On recueille, d’une part, des gaz constitués de l’hydrogène en excès, de méthane CH1 et d’éthane C2II4, d’autre part des huiles épaisses qui sont distillées. Il reste un résidu solide de coke qui est employé dans les gazogènes pour la préparation de l’hydrogène. Le mélange de gaz II, GH4, C2Ht, est soumis à l’action de la vapeur d’eau à 1250°. Le méthane se décompose suivant la réaction CH4-f- II20 = GO -f-3H2. A son tour, en présence de vapeur d’eau, GO donne naissance à C02-t- IP.
- Ges brevets ont été achetés récemment par le puissant consortium allemand, l’Intcressen-Gcmeinschaft (I. G.) qui y aurait ajouté de nouveaux perfectionnements.
- Le procédé Fischer part d’un mélange gazeux d’h3rdro-gène et d’oxyde de carbone. Il est fondé sur la réaction : 3 GO + 3 H* = C02H- H20 -f- 2 CH2. Le mélange est débarrassé de ses composés sulfureux, puis soumis, à la pression ordinaire, à une température de 300“ en présence d’un catalyseur convenable, Le professeur Fischer obtient toute une gamme de produits analogues aux
- pétroles. Une particularité à retenir est que la composition du mélange gazeux peut sans inconvénient varier dans de larges limites. On voit l’intérêt que ce fait pré-s; nte dans le cas d’utilisation du gaz de fours à coke. Le procédé Fischer vient d’être acquis dernièrement par un groupe de cokeries de la Ruhr, qui ont décidé la création cl’une usine d’essai à Mülheim.
- Le procédé Patart, couvert par des brevets déposés en 1921, a pour but l’obtention d’alcools, et particulièrement d’alcool méthylique, par catalyse, sous pression de 150 à 250 atm., et à une température de 350 à 500°, d’un mélange gazeux d’hydrogène et d’oxyde de carbone. En modifiant très légèrement le catalyseur et la température, on obtient de l’alcool isobutylique, du formol, etc. Ce procédé présente également l’avantage de pouvoir être tout particulièrement appliqué au gaz de fours à coke, car il n’exige pas des proportions rigoureusement définies d’hydrogène et d’oxyde de carbone, et même, la réaction n’est pas sensiblement gênée par la présence d’autres gaz, tels que GO2, GH4 et N.
- Synthèse de Vammoniaque. — La synthèse de l’ammoniaque, qui présente avec la synthèse des alcools, de nombreuses analogies, peut être effectuée suivant un certain nombre de procédés, employant généralement une température et une pression élevées (Habcr, 230 atm. ; Casale, 800 atm. ; Claude, 900 atm.). Quelques-uns utilisent des pressions plus faibles (Mont-Cenis, 98 atm., Urfer, 16 à 18 kg). Quels qu’ils soient, ils exigent une suite d’opérations identiques : préparation et purification du mélange d’azote et d’hydrogène, compression, catalyse, refroidissement du mélange et condensation des produits volatils, enfin renvoi dans le circuit des gaz non condensés. Le point de départ est, soit le gaz à l’eau, soit le gaz de fours à coke.
- L’une des grosses difficultés réside dans la nécessité de partir cl’un mélange azote-hydrogène très pur : la présence des composés sulfurés, de l’hydrogène, de la vapeur d’eau, et surtout de l’oxyde de carbone est des plus défavorables à l’action du catalyseur.
- Haber, qui part du gaz à l’eau, utilise la réaction déjà citée CO H20 = CO2-b H2. Casale (fig 13), qui emploie surtout l’hydrogène électrolytique, a cependant résolu le problème dans le cas des gaz à l’eau et de fours à coke, en introduisant le mélange N2 + 3 II2 -+-.rCO dans les gaz sortant de l’appareil de synthèse. L’ammoniaque fixe l’oxyde de carbone en donnant de la formamide et d’autres produits de condensation qu’on élimine dans des réfrigérants.
- Si l’on veut extraire séparément l’hydrogcne du gaz de fours à coke, on peut procéder, soit par voie chir inique, soit par voie physique. Dans le premier cas, on fait passer le gaz sur de l’oxyde de fer porté à haute température. L’hydrogène est transformé en vapeur d’eau qui, par passage sur du fer à 6/700°, se décompose à son tour en oxygène et hydrogène pur. L’oxyde est ainsi régénéré.
- Huile dénaphtalinée Transporteur pour naphtaline
- Malaxvir f'ondoir a ^/'naphtaline
- Goulotte pour huile à cristallise,
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- Cristallisoirs
- Goulotte d'évacuation
- Pompe
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- Fig. 10. — Cristallisation, essorage et pressage à chaud de la naphtaline brute,
- système Kgrot.
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- Le procédé physique, appliqué par G.
- Claude, utilise la différence des points d’ébullition des constituants du gaz, qui, après absorption delà vapeur d’eau et du gaz carbonique, sont séparés par liquéfaction partielle. Ce système a l’avantage de faire récupérer les dernières traces de benzol, mais il entraîne une forte dépense de force motrice. D’autre part, si l’azote, l’oxyde de carbone et l’oxygène trouvent de nombreuses applications dans les diverses synthèses, il n’en est pas de même du méthane et de l’éthylène.
- Parmi les principaux débouchés de ces composés, nous citerons la fabrication de l’alcool éthylique, qui a été réalisée à Béthune sur une échelle industrielle, à partir de l’éthylène du gaz de fours à coke, celles du formol, des acides formique, acétique, oxalique, etc. Enfin, le passage d’une molécule d’éthylène, d’hydrogène et d’oxyde de carbone sur un catalyseur convenable, à la température et la pression voulues, donne, suivant les travaux de M. G. Palart,
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- Bacs mesureurs pour réactifs
- Lavcvae a alcalins \
- naphtaline
- Bacs mesureurs pour réactifs T
- acides
- Colonne Y
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- X51
- Condenseur
- réfrigérant
- Coulage visible
- Bac de recette
- 3if
- Cristôlhsoirs
- Jfflsm,
- Monte j. pour acidcit resîduames
- Montejus pour réactifs alcalins Bac de préparation des réactifs alcalins
- Fig. 12. — Cristallisation ci purification de /’arilh> accne.
- de l’alcool et une série de corps analogues aux essences de pétroles. Quant au méthane, nous avons signalé plus haut la possibilité de le transformer en oxyde de carbone, acide carbonique et hydrogène par oxydation ménagée ou traitement à la vapeur d’eau.
- Ainsi que M. Patart l’a montré dans une remarquable conférence faite le 30 janvier 1927 au Conservatoire national des Arts et Métiers, la fabrication de l’ammoniaque et celle de l’alcool méthylique sont complémentaires. 11 est donc logique de prévoir le fonctionnement des nouvelles cokeries suivant un mode tel que celui-ci :
- Le gaz, débarrassé des sous-produits, purifié’de ses composés sulfurés et lavé à l’acide sulfurique pour en extraire l’éthylène par sulfovinage, est traité pour transformer le méthane en oxyde de carbone et hydrogène. Il passe à la synthèse alcoolique; après condensation des produits volatils, le mélange d’hydrogène et d’azote restant est soumis à la synthèse ammoniacale. L’ammoniaque obtenu doit être transformé en produits commerciaux. Il trouve son principal
- Fig. 11. — Traitement chimique, distillation et broyage de la naphtaline,
- système Egrot.
- débouché dans l’agriculture, qui pourrait facilement, en France, tripler sa consommation d’engrais; il en résulterait une augmentation sensible des rendements par hectare, et une diminution corrélative du coût des produits végétaux. Pour arriver à un tel résultat, il faut que les prix des engrais azotés s’orientent vers la baisse. La fixation del’ammoniaquepar l’acide sulfurique présente deux inconvénients : elle coûte très cher, et introduit dans l'engrais une substance non seulement sans action sur le sol, mais même nuisible par son acidité. Aussi les recherches se poursuivent-elles de tous côtés pour trouver un « support » de l’azote économique et actif. C’est ainsi que M. G. Claude propose de conjuguer la fabrication de l’ammoniaque avec celle de la soude Solvay, la matière première étant la sylvinite, chlorure double de potassium et de sodium , l’ammoniaque prendrait la place du sodium. L’engrais serait donc à la fois azoté et potassique. Une autre solution est fournie parla neutralisation de l’ammoniaque à l’aide d’acide pliosphorique. On obtiendrait également un engrais double remarquablement puissant.
- Nous espérons avoir montré dans cette étude l’importance actuelle des cokeries modernes comparées à celles que l’on construisait il y a à peine quelques années, et l’ampleur que cette industrie est appelée à prendre dans un avenir sans doute très proche. J. O.
- 13.
- Schéma du procédé Casale pour la production de l'ammoniaque synthétique.
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- KÉFIR ET YOGHOURT
- La multiplicité des marques de lait caillé vendues actuellement a pour conséquence de créer une certaine confusion ; il ne semble donc pas inutile de rappeler en un court exposé les caractères et l’origine de deux de ces produits lactés les plus connus : le kéfir et le yaourt ou yoghourt.
- *
- * *
- Le mot kéfir vient probablement du mot turc « kef », qui signifie « bien-être », c’est assez dire les heureux effets que l’on attribue à son absorption.
- Le kéfir se prépare avec du lait le plus souvent écrémé : vache, chèvre, brebis, et à l’aide de ferments spéciaux qui se présentent sous forme de grains jaunâtres ayant à peu près le volume d’un pois. Les mahométans du Caucase les désignent sous le nom de millet du prophète.
- La flore microbienne de ces grains est des plus variées, ou pourrait presque dire qu’on y rencontre de tout. Cependant, à la suite de nombreux essais, de Freudenreich a toujours observé la présence de quatre espèces microbiennes caractérisées dans le cas des bonnes fermentations.
- C’est d’abord une levure [Saccharomyces kefir) qui ne donne pas d’alcool directement avec le lactose ; puis un streptocoque voisin des ferments lactiques ; puis encore un streptocoque plus petit donnant de l’acide lactique, de l’acide carbonique et paraissant dédoubler le lactose, qui est ensuite attaqué par la levure. Enfin, un bacille dont le rôle est peu connu.
- On n’est pas très fixé sur la nécessité de celte association. Elle contribue à la formation d’alcool, d’acide carbonique, d’acide lactique, de peptone, d’une matière visqueuse aux dépens du lactose ; quant à la matière grasse, s’il y en a, elle n’est pas touchée.
- Pour préparer le kéfir à l’aide des grains du prophète, il faut d’abord mettre ceux-ci à rajeunir. On commence par les laver avec de l’eau bouillie froide ou du lait, puis on les place dans environ 15 fois leur poids de lait écrémé, préalablement pasteurisé par ébullition et ramené à 25°.
- On met le tout dans une bouteille, une canette à bière, par exemple, rincée à l'eau bouillie, que l’on remplit incomplètement. On bouche cette bouteille et on l’agite fréquemment pour assurer le contact; les grains gonflent, deviennent élastiques et remontent en surface par suite du dégagement gazeux.
- Après 24 heures de contact à la température ordinaire, on sépare les grains du liquide par filtration ou décantation, on les lave à l’eau bouillie froide, puis à l’eau faiblement alcaline, et on les laisse sécher en attendant de les utiliser à nouveau.
- La fermentation, amorcée par les grains, continue dans le liquide filtré, qui servira de levain pour une opération plus importante. On ajoutera une partie de ce liquide à deux parties de lait bouilli refroidi, puis on en remplira partiellement des bouteilles propres, ensuite bouchées, comme il a été fait en présence des grains. On agitera, au début, toutes les deux heures, pour bien désagréger la caséine, et l’on maintiendra ensuite la bouteille couchée à la température d’environ 15°.
- Au bout de 24 heures, on a un kéfir faible, mousseux, de saveur aigrelette que l’on peut consommer ; 24 heures plus tard, on a un kéfir moyen, plus riche en alcool que le précédent et généralement utilisé à cet état. Le kéfir de trois jours n’est pas très agréable et est plutôt constipant.
- On peut se servir du kéfir préparé comme levain, mais il est utile, chaque semaine, ou au moins tous les dix jours, de repartir des grains.
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- Le yoghourt ou lait caillé bulgare est préparé avec du lait
- de brebis ou du lait de vache préalablement concentré à la moitié ou au tiers sur un feu doux. Lorsque celait concentré est revenu à la température d’environ 35-40°, on lui ajoute par litre 3 centimètres cubes d’une culture spéciale nommée maya ou une cuillerée à soupe d’un yaourt précédent utilisé comme levain. On maintient le lait ensemencé à la température d’environ 38° à 40°> après avoir eu soin naturellement de bien répartir la semence par une légère agitation. Après deux ou trois heures, la fermentation est terminée, il faut alors refroidir le produit dans un courant d’eau avant de le livrer à la consommation.
- Le yaourt a une consistance assez ferme et une saveur à la fois acide et aromatique. Si le produit n’est pas refroidi, il est moins agréable à consommer, l’acidité étant trop prononcée.
- L’agent actif est un microbe, le B. maya ou bulgaris, qui attaque surtout le lactose et, partiellement, la caséine et la matière grasse. Sa température optima est 45°. La production d’alcool est très faible par rapport à celle constatée dans le kéfir.
- On trouve dans le commerce des cultures de B. bulga-ricum, sous forme pulvérulente ou en comprimés ; elles sont souvent assez peu actives, car le B. bulgaricum est très sensible à la dessication. C’est sur milieu liquide lactosé qu’il se conserve le mieux, encore faut-il le repiquer au moins chaque quinzaine.
- L’instabilité de ces préparations implique la nécessité de les effectuer sur place.
- Actuellement, on trouve assez difficilement des grains pour la préparation du kéfir. Faut-il le regretter ? je ne le crois pas, car on n’est pas certain de la constance de leur composition microbienne. Il est préférable de se procurer des cultures toutes préparées par des laboratoires commerciaux qui ont isolé les quatre espèces indiquées par Freudenreich, et de s’en servir comme point de départ et de renouvellement. On agira de même pour le yaourt. Il importe donc de s’adresser à des laboratoires sérieux garantissant l’activité et la spécificité de leurs cultures.
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- Maintenant, un peu de physiologie et d’histoire concernant l’emploi des produits lactés, vieux comme le monde.
- L’action bienfaisante du kéfir dans les maladies pulmonaires et intestinales semble avoir été mentionnée pour la première fois en 1882 par le Dr Dmitriev en Crimée.
- Ce fut Melchnikoff qui lança chez nous, voici environ 25 ans, celte mode des laits fermentés avec le ferment bulgare ; rappelons sa théorie sur ce sujet.
- Metchnikoff, dans ses études sur la vieillesse humaine, fait résider dans le gros intestin les principales causes de la décrépitude de l’organisme, qui est en quelque sorte progressivement empoisonné par les microbes de la putréfaction auxquels il sert de repaire. Certains sont particulièrement dangereux par la sécrétion de toxines. Metchnikoff a donc préconisé de policer la flore microbienne de notre intestin par l’ingestion de ferments lactiques, ces ferments s’opposant au développement des germes de la putréfaction.
- Prenons un exemple typique, celui de la fabrication des fromages à pâte molle, genre brie et camembert. L’affinage, la maturation de ces fromages n’est autre qu’une fermentation de la matière azotée : la caséine, autrement dit une putréfaction dont on est plus ou moins maître. Or, quand commence cette maturation ? Au début de la disparition de la couche de moisissure, donc de celle de l’acidité.
- Il se passe ceci : lorsque le fromage, sortant de l’égout-
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- tage, est porté au séchoir, il est très riche en lactose et en ferments lactiques, l’action de ceux-ci sur celui-là donne de l’acide lactique, dont le sérum et tout le fromage sont imprégnés. Or un fromage ne mûrira jamais convenablement en présence d’un excès d’acidité ; la fermentation lactique, et l’acidité qui en résultent, sont un obstacle au développement des microbes de la maturation azotée ; il faut, pour qu’un fromage mûrisse, le débarrasser de cette acidité. C’est là qu’intervient l’action du pénicillium., ou moisissure blanche qui doit au préalable recouvrir le fromage. Cette moisissure ne pousse bien que sur un milieu acide, elle consomme, elle brûle l’acidité. Lorsqu’elle a tout absorbé, elle ne peut plus vivre et est facilement supplantée par les agents de la maturation qui sont aussi en partie ceux de la putréfaction. 11 en sera de même dans notre organisme : si on le sature de ferments lactiques, ceux-ci viendront s’opposer à la putréfaction.
- Ce sont donc des ferments lactiques que nous devons, avant tout, viser à absorber dans toutes ces préparations de lait caillé. Qu’une fermentation alcoolique du lactose vienne donner au produit un arôme agréable, son rôle se bornera là. Il est certain que les peuplades du Caucase et d’Orient, qui préparaient autrefois les kétirs, les koumys, les lebens, les mazuns, les yaourts, etc., absorbaient ces produits lactés sans en comprendre le rôle de policiers de l’intestin; peut-être n’y cherchaient-ils que la présence de l’alcool, afin de satisfaire leur passion pour les liqueurs enivrantes. Le koumys, par exemple, donne par distillation une véritable eau-de-vie appelée araka, arki ou arza.
- Si nous attribuons aux ferments lactiques absorbés vivants
- une action combative vis à-vis des microbes nuisibles, que devons-nous penser des multiples préparations lactées, plus ou moins médicamenteuses, 'et vendues stérilisées en bouteille sous des noms divers ? C’est ainsi que l’on vend des babeurres. Le babeurre, par définition, est le liquide blanchâtre, aigrelet, qui reste dans la baratte après extraction du beurre. Le babeurre est naturellement riche en ferments lactiques ; si on le stérilise, il devient une dilution inerte d’acide lactique plus ou moins pure. Il arrive aussi que l’on donne le nom de babeurre à un produL qui ne provient nullement de la baratte, et que l’on abuse de la crédulité du public avec toutes ces préparations aux noms variés.
- S’il ne s’agit que d’absorber de l’acide lactique, pourquoi ne pas employer cet acide pur en dilution, comme l’acide chlorhydrique dans les cas d’hypochlorhydrie gastrique ?
- Le kéfir, le yaourt, sont des produits vivants et actifs parles ferments lactiques qu’ils contiennent et par leur acidité; c’est ce qui fait leur qualité, à laquelle il faut adjoindre des facilités de préparation domestique. Il n’est pas donné à tous de pouvoir aller en laiterie faire une cure de babeurre ou de sérum de lait caillé, propres et frais, comme l’on fait une cure de raisin Je ne terminerai pas sans mentionner l’humble « fromage à la pie » dans toute sa simplicité (caillé acide de lait écrémé), mais riche en ferments lactiques et qui, avec un oignon, de 1 ail ou des ciboulettes, constitue dans certaines contrées un repas, frugal, il est vrai, mais combien préférable, comme brevet de longue vie, au gibier faisandé ou à la dinde truffée.
- Marc Fouassier, de l’Institut Pasteur.
- TRAIN SPÉCIAL A BALLAST
- Le travail sur les voies ferrées exige l’intervention d’un personnel assez important. Lorsqu’il s’agit de lignes de chemin de fer traversant de grands espaces plus ou moins désertiques, il faut envisager toute une organisation pour les travailleurs en pleine voie.
- Le nettoyage du ballast et la recharge sont des opérations qui exigent donc une grande dépense de main-d’œuvre, surtout si l’on veut opérer rapidement. On a conçu et réalisé aux Etats-Unis un trainvspécial, qui constitue un ensemble mécanique indépendant, desservi uniquement par sept personnes et permettant de traiter par jour, quel que soit le temps, sec ou pluvieux, le ballast de la voie ferrée sur une longueur de un kilomètre et demi.
- L’équipement du train comprend deux plates-formes qui sont montées sur boggies et dont la longueur est de 30 m. Ces plates-formes portent la partie essentielle de la machine de nettoyage. On leur accroche un certain nombre de wagons bennes, qui reçoivent de la machine proprement dite tous les déchets par l’intermédiaire de transporteurs à courroie.
- La force motrice est fournie par un moteur à essence à six cylindres de 330 ch, qui attaque directement une génératrice de 200 kw. L’ensemble de la force motrice est monté à l’arrière de la première plate-forme et disposé latéralement.
- On trouve successivement, en partant de l’avant : un treuil d’enroulement du câble de halage, un poste de commande qui permet de diriger la benne avant preneuse et
- piocheuse et les appareils de freinage pneumatique de la machine. La plate-forme comporte encore un soc de défonçage, une benne preneuse arrière avec son poste de commande, le groupe moteur générateur. Sur le côté du poste de commande arrière est agencé un transporteur incliné, en dessous duquel est monté un compresseur destiné à fournir l’air comprimé nécessaire.
- La seconde plate-forme porte des distributeurs qui sont alimentés par le ballast venant du transporteur de la première plate-forme. Ils le distribuent dans des tamis vibreurs spéciaux destinés à séparer les déchets. Ceux-ci sont basculés dans une trémie; ils sont repris par un transporteur qui les fait cheminer jusqu’à l’extrémité arrière de la seconde plate-forme. Quant au ballast nettoyé, il tombe dans un réservoir pour être distribué sur la voie.
- A l’arrière de la deuxième plate-forme se trouve une volée orientable, qui permet de rejeter les déchets soit à droite, soit à gauche de la voie, soit au contraire, en se plaçant dans l’axe, de les évacuer dans une trémie qui dessert le transporteur monté sur le premier des wagons-bennes.
- Bien entendu, tout cet agencement ne sort pas du gabarit, de manière à pouvoir circuler sur toutes les voies, sans gêne pour l’exploitation.
- L’ensemble du train est remorqué par une locomotive et amené sur les lieux d’opération. A l’arrière de la locomotive, on dispose une poulie destinée à enrouler le câble de halage. La locomotive se met doucement en
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- Fig. i.
- Vensemble du train. — Le treuil de halage est à l’avant.
- marche, jusqu’à ce que tout le câble de halage soit filé. A ce moment, la locomotive bloque les freins et sert dès lors de point fixe. Le train spécial se haie, grâce à son câble et se rapproche peu à peu de la locomotive en exécutant le travail qu’il doit assurer.
- Les deux bennes preneuses de la plate-forme avant sont guidées par des sortes de glissières en fer à U, de façon que les bennes ne puissent dépasser la ligne médiane entre deux voies adjacentes.
- Chaque benne a une ouverture maximum de 2 m. 44 et, à chaque piochage, le déplacement est de 2 m. 10 environ.
- La pelle avant enlève le ballast depuis les extrémités des traverses de la voie occupée par la machine jusqu’à mi-distance entre deux voies adjacentes. La profondeur maximum est de 60 cm en dessous des traverses. Grâce à des guides inclinés à 45° dans un plan vertical transversal, le soc de défonçage se lève ou s’abaisse, il est actionné par un mécanicien qui dispose pour cela de commandes spéciales. Ce soc est destiné à défoncer le ballast que la première benne n’a pas touché et il le rejette dans le trou creusé par cette benne où il est alors repris par la benne arrière.
- Les bennes étant chargées à bloc remontent et s’ouvrent pour décharger le ballast dans des trémies.
- Ce ballast passe ensuite dans l’équipement de nettoyage et de triage et il arrive, comme nous l’avons dit, dans la trémie réservoir qui le déposera dans la tranchée creusée par les bennes.
- Le prix d’une installation de ce genre est évidemment assez élevé, mais il ne s’agit, somme toute, que d’engins de manutention spécialement agencés sur des châssis. Les services rendus pour le travail sur des voies de grande longueur., dans des régions dépourvues parfois de ressources, sont suffisamment importants pour justifier l’emploi de cette installation mécanique de rechargement des voies ferrées. E.-H. Weiss.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES
- De nos jours, ceux qui possèdent la « bosse scientifique » ont de nombreux moyens d’entrer dans la carrière convenant à leurs goûts. D’innombrables examens et concours s’offrent à eux et des maîtres dévoués sont à leur disposition pour les conduire, d’une main sûre, vers le but auquel ils aspirent. Autrefois, il n’en allait pas de même. Le savant était un isole et devait s’instruire, bien souvent « par ses propres moyens ». En lui, la vocation scientifique était presque spontanée ou s’éveillait d’clle-même à la suite, parfois, d’événements fortuits trouvant dans son cerveau un milieu favorable ; il lui appartenait, ensuite, de la développer — avec combien de mal dans bien des cas ! — et de vaincre la routine.
- Dans la série d’articles qui vont suivre on trouvera, pour quelques savants illustres, les renseignements que j’ai pu recueillir sur leurs années de jeunesse, c’est-à-dire sur l’époque où le goût des sciences a commencé à se développer en eux, époque que, malheureusement, les biographes négligent trop souvent.
- I. — LES SAVANTS NÉS MALINGRES
- Si l’on fait la statistique des savants nés malingres (ou 1 étant devenus à la suite d’une maladie) et des savants nés bien portants, on se rend très bien compte que les premiers sont, sensiblement, plus nombreux que les seconds. Cela tient, semble-t-il, à ce que les enfants maladifs sont, forcément, assez calmes et, durant leur repos, ont tout le temps de méditer et de perfectionner, inconsciemment, leur esprit.
- Dans cette catégorie peuvent prendre place des savants considérables, tels que Descartes, Pascal, Watt, de Candolle, Naudin, Joseph Bertrand et bien d’autres.
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- René Descartes (') naquit le 31 mars 1596, à La Haye, en Touraine. Sa famille était d’origine poitevine ; mais, plus tard devint bretonne. Quelques-uns attribuent son « esprit de finesse » — comme on disait autrefois — à son origine tourangeaude et sa sincérité hautaine, ainsi que son indocilité, à son origine bretonne. Il était de sang bourgeois et, suivant l’habitude de l’époque, il prit les allures de la petite noblesse. Il ne ressemblait en rien à son père, qui trouvait ridicules ses tendances intellectuelles, ni à ses frères, qu’il fréquenta de moins en moins. Tout ce que l’on peut signaler dans son ascendance, c’est le désir de la tranquillité, qu’il partageait avec son père, conseiller au Parlement de Rennes et son grand-père, qui était médecin. Il semble avoir eu plus d’affinités avec sa mère qui, faible de poitrine, mourut à la naissance de sou quatrième enfant. René Descaries avait hérité de la santé délicate de sa mère et semblait voué à la phtisie. Quoique débile il parvint cependant, peu à peu, à se fortifier et il mettait même, plus tard, un point d’honneur à faire constater que, grâce à l'hygiène qu’il avait suivie, il n’avait jamais été malade. En réalité, cet équilibre était instable, car, en 1650, à 54 ans par conséquent, étant allé passer l’hiver en Suède, sa tuberculose latente se réveilla et il mourut prématurément.
- Sa mauvaise santé eut sur Dcscarles deux conséquences : l’une que, constamment préoccupé par elle, il s’observait sans cesse lùi-même, ce qui l’amena à s’analyser et, par suite, à philosopher; l’autre que, trop débile, il ne fut envoyé
- 1. Louis de Launay, Descartes (Payot, édit., Paris, 1923).
- qu’à huit ans — ce qui était tard pour l’époque — au collège des jésuites de La Flèche, établissement d’instruction alors très réputé. A partir de cette époque, il n’eut pour ainsi dire, plus de relations — sauf pendant les grandes vacances — ni avec son père — qui s’était remarié — ni avec le reste de sa famille. Il fut, tout entier, sous la direction des jésuites qui, vu son état de santé, furent très tolérants pour lui et lui accordèrent, par exemple, l’autorisation de se lever tard — habitude qu’il conserva, d’ailleurs, toute sa vie — et, quand il devint plus graud, la liberté de lire un grand nombre de livres.
- Au collège, Descaries reçut, surtout, une forle culture littéraire, notamment en latin, langue qu’il écrivait aussi couramment que le français. Comme passe-temps, il cultivait la poésie et écrivit même une comédie et un ballet en vers Il y acquit aussi de fortes connaissances scientifiques, notam-. ment en Médecine et en Astronomie — on était alors dans l’enthousiasme des réetntes découvertes de Galilée.
- Pendant ses premières années de collège, Descartes ne fut guère qu’un « bon élève », sans rien de plus remarquable qu’un autre « bon élève ». Bientôt, cependant, ses nombreuses lectures ornèrent son esprit et son sens critique l’amena à considérer les livres comme étant, en résumé, « absurdes et ineptes » et à ne plus étudier que la nature et ses propres pensées. A quinze ans, il eut la révélation de la géométrie.
- Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Descartes n’eut jamais rien d’un ascète. Si sa santé médiocre l’obligeait à se surveiller et à ne pas abuser des plaisirs de la table — il devint végétarien — par contre il ne négligea rien de ce qu’il peut y avoir d’agréable dans l’existence. C’est ainsi qu’il aimait les par Lie s de plaisir avec de joyeux convives, les « grasses matinées », les flâneries à la campagne, le cheval, les armes, le monde ; il cultivait aussi les plaisanteries, les mystifications, le paradoxe, ce qui faisait de lui un aimable camarade, aussi bien pour les hommes que pour les dames; il se battit même en duel pour l’une d’elles.
- En 1612, il sortit définitivement du collège et passa, sans enthousiasme, ni pour lui, ni pour ses parents, un hiver dans sa famille, à « faire son droit » à Poitiers. Il alla aussi, durant deux ans à Paris, où il semble avoir partagé son temps en*re le jeu et les autres plaisirs, s’isolant de ses relations au point qu’elles le crurent disparu.
- En 1617, poussé par les encouragements de son père et par son propre désir de voyager, il entra dans la carrière militaire. Ne voulant pas s’engager en France, où sévissait alors la guerre civile, il prit du service dans les Pays-Bas, sous les ordres du prince de Nassau. Il y resta cinq ans, en passant son temps plus à paresser qu’à se battre. Un jour, cependant, il lut sur les murs une curieuse affiche où un professeur lançait à tous un défi au sujet d’un problème de mathématiques et n’eut aucune peine à en trouver la solution, ce qui le mit en relations avec le mathématicien Bœckman, et réveilla son ancien amour pour les mathématiques.
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- Biaise Pascal avait, lui aussi, une santé déplorable. Son père, quoique appartenant à la noblesse de robe (il était premier Président de la Cour des Aides de Clermont-Ferrand) était très instruit en mathématiques ; devenu veuf, il vendit sa charge et se retira à Paris pour se consacrer à l’éducation de ses enfants, en particulier Biaise, dont il avait constaté la précocité pour les mathématiques.
- Nous ne possédons que peu de détails sur sa jeunesse,
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- sauf ceux que sa sœur, Madame Périer, eut l’excellente idée de réunir. « Dès que mon frère, a-t-elle écrit, fut en âge qu’on lui pût parler, il donna des marques d’un esprit extraor* dinaire par les petites réparties qu’il faisait fort à propos, mais encore plus par les questions qu’il faisait sur la nature des choses, qui surprenaient tout le monde... Après des connaissances générales (sur le latin et la grammaire), mon père lui en donna d’autres ; il lui parlait souvent des effets extraordinaires de la nature, comme de la poudre à canon et d’autres choses qui surprennent quand on les considère. Mon frère prenait grand plaisir à cet entretien, mais il voulait savoir la raison de toutes choses ; et comme elles n’étaient pas toutes connues, lorsque mon père ne le disait pas, ou qu’il disait celles qu’on allègue d’ordinaire, qui ne sont proprement que des défaites, cela ne le contentait pas : car il a toujours eu une netteté d’esprit admirable pour discerner le faux et on peut dire que toujours et en toutes choses la vérité a été le seul objet de son esprit. » C’est ainsi que, peu à peu, il devint expérimentateur et mathématicien, ainsi que cela a été relaté si souvent qu’il serait trop long et inutile d’y insister ici.
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- James Watt, dont le nom est lié à celui de la machine à vapeur, mena, toute sa vie, une existence patriarcale, vouée au travail, à l’étude et à la méditation.
- Né, le 19 janvier 1736, à Greenock, en Écosse, il était d’une complexion extrêmement délicate, qui empêcha de l’envoyer à l’école et fit que ses parents lui apprirent à lire et à compter. « Ses continuelles indispositions, a écrit Cuvier, le retenaient à la chambre, où il se livrait à l’étude, sans aucun secours étranger. Comme * c’est l’ordinaire, de hautes facultés intellectuelles destinées à produire de si heureux fruits commencèrent à se développer dans la retraite et le recueillement. Watt était trop maladif pour que ses parents eussent la pensée de lui imposer des occupations assidues. Ils lui laissaient même le libre choix de ses distractions... Guidé par.sa tendresse éclairée, le vieux James Watt (le père) avait rûis de bonne heure un certain nombre d’outils à la disposition du jeune écolier. Celui-ci s’en servait avec la plus grande adresse ; il démontait les jouets d’enfants qui tombaient sous sa main ; il en exécutait sans cesse de nouveaux. Plus tard, il les appliqua à la construction d’une petite machine électrique dont les brillantes étincelles devinrent un vif sujet d’amusement et de surprise pour tous les camarades du pauvre valétudinaire. » Plus tard, il passa un an à Londres, chez un constructeur d’instruments de mathématiques et de marine, puis fut attaché à l’Université de Glasgow, où il perfectionna la machine à vapeur de Newcomen et créa la machine à vapeur à double effet.
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- Augustin-Pyrame de Candolle, le prodigieux botaniste, était né en Suisse, de parents français. Sa santé était médiocre. « Privé, par cette délicatesse même, des amusements de son âge, le petit de Candolle, a écrit Flourens, prit un goût prononcé pour les plaisirs qui tiennent au développement de l’intelligence. Dès l’âge de six à sept ans, il s’essayait à faire des comédies... Une maladie grave mit quelque temps sa vie en danger. Les études du collège furent suivies avec ménagement, mais la littérature, et surtout la poésie n’y perdaient rien.. Cependant, le cours de ces paisibles études allait bientôt être interrompu. Genève commençait à ressentir les premiers effets de notre Révolution. En 1792, une armée
- française s’empare de la Savoie et vient camper aux portes de la ville... Les femmes et les enfants vont chercher, dans l’intérieur de la Suisse, un abri contre le danger... Un riche village, situé au pied du Jura et près du lac de Neuchâtel, fut l’asile qui le reçut. Là, le charme de la belle nature, se révélant à lui pour la première fois, l’émut et le captiva. De longues promenades étaient suivies d’une admiration toujours croissante. Accompagné de son jeune frère, il ne recueillait d’abord des fleurs que pour les dessiner. Bientôt il n’en recueillit plus que pour une collection, entreprise avec ardeur. Les courses devinrent plus longues, plus périlleuses ; il ne se rassasiait plus de voir, de découvrir de nouvelles plantes ; déjà même le futur émule des législateurs de la botanique, des Tournefort, des Linné, des Jussieu, tourmenté par le besoin de classer, ne connaissait que le nom vulgaire des plantes, et, fort heureusement pour lui, n’ayant aucun livre, classait les plantes qu’il rassemblait et les classait par leurs rapports naturels comme l’esprit classe toujours quand il n’est pas gâté par de faux systèmes. »
- Et c’est ainsi que, grâce à la Révolution française, de Candolle devint botaniste.
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- Charles Naudin, malgré les souffrances qui le poursuivirent ! durant toute sa vie, fut un grand travailleur, et, depuis sa mort surtout, ses recherches de Botanique jouissent, avec juste raison, d’une grande estime. Son père avait été instituteur, puis précepteur dans une famille bourgeoise de la Nièvre; il avait épousé une des trois filles d’un procureur au tribunal d’Autun, lequel, en récompense des services rendus au pays, avait reçu le domaine de Saint-Jean se composant d’un parc et d’un pavillon. La Mère Javouhey, fondatrice de l’Ordre des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, ayant connu, à Autun où elle avait un établissement, le père de Naudin, le fit venir, à Bailleu-sous-Thérain, arrondissement de Beauvais, pour administrer une propriété.
- Charles Naudin, resté à Autun, sous la garde d’une sœur de sa mère, y suivit les cours du collège pour les classes de sixième et de septième. D’une santé assez délicate due à une croissance trop rapide, il prenait ses récréations dans le parc Saint-Jean ; c’est dans ces jardins, sans doute, qu’il prit le goût de semer et de planter ; il était alors à peine âgé de 9 à 10 ans. Son père le fit venir à Bailleu, où il continua ses études. A partir de 18 ans, il remplit les fonctions de maître d’études et de professeur de basses classes(1).
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- Joseph Bertrand, le grand mathématicien, ne reçut, dans sa jeunesse qu’une instruction presque nulle, laquelle ne semblait pas être compatible avec la faiblesse de sa santé. « J’ai appris à lire, a-t-il raconté lui-même, pendant une longue maladie, en entendant donner à mon frère des leçons dans la chambre où j’étais alité. Je connaissais les lettres et rien de plus. En entendant répéter celles-ci, je gravais toutes les combinaisons dans ma mémoire. J’ai le souvenir très distinct de la stupéfaction de mes parents lorsque, m’apportant pendant ma convalescence un livre d’histoire naturelle pour me montrer les images, ils m’entendirent lire le texte couramment. Mon père, effrayé, m’arracha le livre et défendit que, sous aucun prétexte, on me fit travailler. Je n’avais pas encore cinq ans. »
- Bertrand apprit, ensuite, presque tout seul, la géométrie et la partie élémentaire de l’algèbre.
- Henri Coupin.
- 1, Bernard Renault, Notice biographique sur Charles Naudin.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN JUIN 1929 (')
- Parmi les phénomènes célestes qui vont ce mois-ci retenir l’attention des observateurs, il convient notamment de citer l’opposition de la planète Saturne qui se produira le 19 juin. Ce qui fait l’intérêt principal de cette opposition est l’ouverture considérable sous laquelle le fameux anneau va se présenter à nos regards.
- Ce phénomène se produit, comme on sait, chaque fois que la planète arrive dans la partie de son orbite située le plus au Sud ou le plus au Nord de l’Equateur. C’est ainsi que le système Saturnien s’est présenté avec son ouverture maximum en 1914. A cette époque la face australe de l’anneau était tournée vers nous.
- Peu à peu Saturne s’est déplacé et le plan de son anneau est passé par le Soleil en 1921. On sait également que, dans ce cas, l’anneau, réduit presque à une ligne, est à peu près invisible. Depuis 1921, nous voyons la face boréale qui s’est ouverte de plus en plus et nous la verrons jusqu’en 1936.
- Notre figure 1 représente à peu près l’aspect actuel de la planète Saturne dans un assez puissant instrument.
- Rappelons qu’une petite lunette de 0“075 permet de bien voir l’anneau de Saturne.
- I. Soleil. — Le solstice d’été se produira le 21 juin, à 22", ce sera le commencement de l’été. La déclinaison du Soleil qui était de -j- 22° 2' le 1er, atteindra +23° 27' le 21, pour redescendre à + 23° 12' le 30. La durée du jour, qui était de 15h49“ le 1er juin, atteindra son maximum de 16h7m du 17 au 24; elle ne sera plus que de 16K 4ra le 30
- Le tableau suivant donne le temps moyen à midi vrai en juin, c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges bien réglées lorsque le Soleil passe au méridien de Paris :
- Dates. Heures du passage. Dates. Heures du passage
- Juin 1er llh 48“ 13* Juin 17 llb 51“ 16-
- — 3 11“ 48“ 32* — 19 IP 51“ 42'
- — 5 Hh 48- 52* — 21 Uh 52» 8»
- —, 7 Hh 49“ 14' — 23 IP 52“ 34'
- — 9 Hh 49“ 37' — 25 IP 52- 59'
- — 11 IP 50“ 1' — 27 1P53- 23'
- — 13 IP 50“ 25' — 29 1P 53“ 49'
- — 15 llh 50™ 50s
- Observations physiques. — Certains observateurs ont pris l’habitude de dessiner, chaque jour, la surface du Soleil en projetant son image, donnée par une petite lunette, sur une feuille de papier blanc.
- Pour orienter les dessins, il faut connaître l’angle P de position de l’axe de rotation du Soleil (compté vers l’Est à partir du point Nord du disque) ; la latitude héliographique
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0h à 24“ à partir de minuit (0h). Pendant la période de mise en service de l’heure d’<Hé, augmenter de 1 heure toutes les heures données.
- B0 du centre du disque et la longitude héliographique L0 de ce centre.
- Yoici ces éléments pour le mois de juin :
- Dates. P B0 L0
- Juin 5 —14°, 14 — 0°,12 340,39.
- — 10 — 12°,13 -f 0°,48 3280,21
- — 15 -—10°, 02 -f 1°,08 2 6 20,03
- — 20 — 7°,85 + 10,68 1950,85
- •— 25 — 50,62 + 2°,26 1290,66
- — 30 — 3°, 35 -f 2°,82 630,48
- Lumière zodiacale. — En raison de la longueur du jour
- (et même dans nos régions, la nuit n’est pas complète au moment du solstice d’été), la lumière zodiacale est inobservable ce mois-ci.
- 11. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois
- de juin, seront les suivantes :
- N. L.le 7, à 13h56m P. Q. le 14, à 5h 14“
- P. L. le 22, à 4b 15“
- D. Q. le 30, à 3h 54-
- Age de la Lune, le 1er juin, à 0k=22J,7 ; le 8, à0h=0J,4. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 8.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juin : le 9 =3 + 27° 1'; le 22 —27°0'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la terre), le 8 juin, à 3h. Parallaxe = 6 L'17". Distance =357 890 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 22 juin, à 13b. Parallaxe= 53' 59". Distance = 406 200 km
- Occultations d’étoiles et de planètes par la Lune. — Le 4 juin aura lieu une importante occultation de la planète Vénus par la Lune, le phénomène se produira malheureusement en plein jour. L’immersion aura lieu à 12b41“ et la sortie à 13h 42- Si le ciel est très pur on pourra peut-être suivre le phénomène à l’œil nu ou mieux avec une jumelle. Avec une bonne lunette, l’occultation sera du plus grand intérêt à suivre.
- Le 12 juin, occultation de 46 Lion (gr. 5,8). Émersion seule visible à 19h 57”.
- Le 15 juin, occultation de K Vierge (gr. 5,7), de 20h 33- à 2 Lh 48m.
- Le 16 juin, occultation de 575 B Vierge (gr. 6,2), de 2Lh 5911 à 23M3“.
- Le 24 juin, occultation de 40 B. Captioornc (gr. 6,2). Emersion seule visible à 23h 3”.
- Le 26 juin, occultation de 35 Capricorne (gr. 6.0), de 0h 46m à lh 57m.
- Marée, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la Nouvelle Lune du 6 au 11 juin. Voici, pour Brest, la liste de ces plus grandes marées :
- Fig. 1. — Aspect de la planète Saturne au moment de l'ourcriure maximum des anneaux. (Dessin de L. Rudeaux.)
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- Marées du malin. Marées du soir.
- Dates. Heure. Coefficient Heure. Coefficient
- Juin 6 2h 32“ 0,87 141.54m 0,91
- — 7 3h 17” 0,94' 15»41“ 0,96
- — 8 4* 4« 0,97 16h 29“ 0,97
- — 9 4* 53“ 0,96 17h19“ 0.93
- — 10 5fa 44“ 0,90 18h10“ 0,86
- — 11 6b 36“ 0,81 19h 4” 0,76
- En raison de la faible amplitude des marées, le phénomène du mascaret ne se produira pas ce mois-ci.
- Nous renvoyons à ce que nous avons dit plus haut en ce qui concerne l’ouverture des anneaux.
- Yoici les éléments de l’anneau à la date du 18 juin :
- Grand axe extérieur............................. 41''. 58
- Petit axe extérieur............................. 18 ",56
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. ...........................................+ 26° 31'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 26° 39'
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ces élongations. En voici la liste pour juin :
- ASTRE Dates : JXJIX Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris (*), Coucher à Paris. Ascen- sion droite.
- 5 3b 51“ llh 48”52‘ 19b 47“ 4h 52“
- Soleil . . . .< 15 3 48 11 50 50 19 54 5 33
- 25 3 50 11 52 59 19 56 6 15
- 5 4 26 12 15 20 3 5 17
- Mercure . . 15 3 42 11 15 18 48 4 56
- 25 3 1 10 33 18 5 4 54
- 5 2 9 8 57 15 45 1 59
- Vénus . . . . 15 1 50 8 48 15 45 2 29
- 25 1 34 8 43 15 52 3 3
- Mars 5 8 29 16 0 23 32 9 3
- 15 8 22 15 44 23 6 9 26
- 25 8 16 15 27 22 39 9 48
- Jupiter. . . . 15 2 34 10 13 17 51 3 54
- Saturne . . . 15 19 57 0 9 4 21 17 49
- Uranus. . . . 15 0 40 7 0 13 10 0 41
- Neptune. . . 15 9 21 16 22 23 23 10 5
- 1. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi à l’aide des
- données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1929,
- contient les principaux renseignements pour observer les
- planètes pendant le mois de juin et pour les reconnaître sur le ciel.
- Mercure sera invisible ce mois-ci, se trouvant en conjonc-
- tion inférieure avec le Soleil le 9 juin, à IL
- Vénus brille d’un éclat admirable dans le ciel du matin;
- elle atteindra sa plus grande élongation du matin le 29 juin, à 9h, 45° 39' à l’Ouest du Soleil.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Vénus pendant le mois de juin :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- J uin 5 0,34 -4,2
- — 10 0,38 -4,1
- — 15 0,41 -4,1
- 20 0,44 -4,0
- — 25 0,47 -4,0
- — 30 0,50 — 3,9
- Mars est à peine visible le terminées pour cette apparition, soir. Les observations sont
- Jupiter, qui mois dernier, s’est trouvé en conjonction est inobservable en juin. avec le Soleil le
- Déclinai-
- son.
- 4- 22« 32' -f 23 18 + 23 24 4- 20 57 4 18 25 4- 18 18 4- 9 50 4- Il 43 4- 14 1
- 4- 18 21 4- 16 32 + 14 32 + 19 32 — 22 13 4- 3 42
- + 12 24
- Diamètre
- apparent
- 31'3 4" 8 31 32,4 31 31,2 12,0 11,6
- 9.8 32,8 28,4 25,2
- 4.8
- 4,6
- 4.4 31,0 16,6
- 3.4
- 2.4
- Constellation
- et
- étoile voisine.
- VISIBILITE
- Taureau Taureau Gémeaux Ç Taureau a Taureau a Taureau U Baleine g Baleine \ Taureau Cancer Cancer a Lion Pléiades Sagittaire Poissons Régulus
- Inobservable.
- Admirable Je matin.
- A peine visible le soir.
- Inobservable.
- Toute la nuit. Seconde partie de la nuit. Presque inobservable.
- Dates.
- Élongation.
- Heure.
- Juin
- 8
- 16
- 24
- Orientale. 12h,4
- Occidentale. 16\9
- Orientale. 9\7
- Uranus sera en quadrature occidentale avec Je Soleil dans les premiers jours du mois prochain. Il se lève tard dans la nuit, et on ne pourra guère l’observer qu’avant l’arrivée du jour.
- Uranus est bien visible avec une jumelle. A défaut d’une étoile de repère, voici quelques positions permettant de trouver cette planète :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre apparent.
- Juin 5 O1' 40“ + 3<> 36' 3"4
- — 15 0h 41“ + 3° 42' 3"4
- — 25 0h 42“ 4 3° 47' 3"4
- Neptune est pratiquement inobservable ce mois-ci.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Saturne sera en opposition avec le Soleil le 19 juin, à 0h, il serait donc dans les conditions les plus favorables pour être observé s’il n’était pas aussi bas sur notre horizon.
- Le 2, à 23\ Uranus en conjonc. avec la Lune, . à 3° 3' N.
- Le 4, à 12\ Vénus — la Lune, à 0°17' S.
- Le 6, à 10h, Jupiter — la Lune, à 1° 30' S.
- Le 7, à 19\ Mercure — la Lune, à 50 7' S.
- Le 11, à 13k, Mars — la Lune, à 40 2' s.
- Le 12, à 8h, Neptune — la Lune, à 4“ 54' s.
- Le 21, à 22h, Saturne — la Lune, à 4° 16' N.
- Le 30, à 81*, Uranus — la Lune, à 20 50' N.
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- Étoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol ([3 Persée), le 17 juin, à lh 34™.
- Étoiles filantes. — Aucun essaim important d’étoiles filantes n’est à signaler pendant le mois de juin.
- Etoile Polaire. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris.
- Passage. Heure. Temps sidéral à IP (T. U.)
- 10 Inférieur 20h 11“ 22* 17b 11“ 27*
- 20 — 19* 32“ 13’ 17h 50“ 52‘
- 30 — 18h 53“ 5’ 18h 30“ 18"
- 30 Supérieur 6h 55“ 3‘
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er juin, à 23h, ou le 15 à 22h, est le suivant :
- Au Zénith : Hercule; le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée ; Cassiopée; le Cocher et Persée glissent à l’horizon.
- A l’Est ; Le Cygne; le Dauphin; l’Aigle; la Lyre.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : La Couronne boréale; le Serpent; Ophiuchus; le Scorpion; la Balance.
- A l’Ouest : Le Lion; la Vierge; la Grande Ourse; les Gémeaux disparaissent.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR RENDRE ÉTANCHES LES FLACONS RODÉS CONTENANT DES LIQUIDES VOLATILS
- La recette suivante nous est communiquée par un de nos lecteurs de Belgique, M. Janmoulle, ingénieur :
- Elle a pour but de rendre étanches les flacons rodés contenant des liquides très volatils, tels que chloroforme, sulfure de carbone, éthers de pétrole, et cela sans danger de caler le bouchon.
- Il va sans dire que l’emploi de vaseline ou d’un autre corps gras est inadmissible, car forcément le liquide en serait souillé lors de son passage par le goulot; même si on emploie une pipette, la distillation du liquide dans le flacon finit par laver tout le corps gras.
- Pour obvier à cet inconvénient, il suffit de remplacer le corps gras par du sirop de glucose incristallisable (le « Golden Syrup » de la marque Lyle convient parfaitement). Il faut évidemment que le sirop ne soit pas soluble dans le liquide; la recette ne convient donc pas pour l’alcool et l’éther, mais pour les liquides cités ci-dessus il n’y a aucun danger de souillure, même en versant le liquide directement par le goulot. Un essai en petit permet d’ailleurs de se rendre compte si la recette est applicable à un liquide nouveau.
- A titre d’exemple : M. Janmoulle avait un flacon de 150 cm3 renfermant du sulfure de carbone, qui se vidait par évaporation en deux mois environ, malgré tous les corps gras frottés sur le bouchon II y a six mois, il enduisit le bouchon de sirop, et le niveau n’a pas baissé d’une quantité mesurable; le bouchon est encore aussi mobile qu’au premier jour et le liquide est parfaitement propre.
- POUR FIXER UN PIEU EN TERRE
- Les pieux, les poteaux de clôtures ne restent pas bien fixés, souvent parce qu’on ne sait pas les enfoncer. Voici un bon moyen :
- Ayant préparé un trou d’environ 60 à 75 centimètres de profondeur et 80 centimètres à 1 mètre de diamètre, on met, au fond une grosse pierre, sur laquelle repose le pied du poteau. Puis on tasse d’autres pierres tout autour. On verse sur le tout du bon mortier un peu liquide qui remplit tous les interstices et forme un bloc inébranlable. Enfin on achève de remplir l’excavation avec de la terre que l’on dame fortement, et l’on peut être assuré que le poteau ne bougera pas de sitôt.
- Ceci a une importance toute particulière pour les poteaux d’entrée d’herbages, qui supportent le poids d’une barrière mobile non seulement lourde, mais longue.
- RACCORD DE DEUX TUYAUX EN CAOUTCHOUC
- Il suffit d’un petit tube de plomb d’une quinzaine de centimètres de longueur. Le diamètre doit être approprié, pour que le tube de plomb puisse pénétrer sans jeu à l’intérieur des tuyaux de caoutchouc.
- Cependant, le raccord ainsi établi ne serait pas suffisamment solide et l’on aura recours au procédé suivant :
- A proximité des bouts du tuyau de plomb, enroulez, en spirale serrée, un fil métallique, par exemple du fil de laiton qui se laisse plus commodément manier. Cette spirale doit être assez serrée pour ne pas risquer de glisser.
- On pourra chauffer un peu le fil, pour qu’en se refroidissant,
- il adhère plus fortement. Il sera bon également de le fixer en place par une goutte de soudure.
- Au lieu d’un tube métallique, on peut employer un tube de bois, sur lequel il est plus facile de serrer la spirale de fil, laquelle forme un bourrelet.
- Les tuyaux que l’on veut raccorder sont alors enfilés sur le tube en forçant un peu, pour que, grâce à son élasticité, le caoutchouc passe par-dessus les spirales qui forment bourrelets.
- On fait une ligature de chaque côté des deux spirales, pour appliquer le caoutchouc contre le tube rigide Le raccord est alors terminé ; le fluide, par exemple le gaz d’éclairage, circulant dans les tuyaux, ne pourra pas s’échapper et le raccord sera aussi solide que si le tuyau de caoutchouc était d’une seule pièce.
- PEINTURE D'UNE PORTE D'ENTRÉE EXTÉRIEURE
- Si la porte que l’on doit peindre est neuve, c’est-à-dire si elle est exempte de toute couleur, on lui donne d’abord une couche d’impression; puis après l’avoir poncée et retouchée on lui donne deux autres couches.
- Si la porte a été déjà peinte, afin d’éviter les fendillements et les cloques qui se produiraient fatalement avec des couches appliquées sur une vieille peinture, on enlève celle-ci au moyen de la lampe à souder ou de fers chauds, ou en la dissolvant à la potasse-
- Ge dernier moyen est plus simple pour un amateur, et nous donnons ci-dessous la recette d’un enduit qui permet d’enlever sans difficultés la peinture jusqu’au bois.
- On mélange un kg de potasse caustique liquide à 40°; 3 kgde colle de pâte; 500 grammes de savon noir; 250 grammes de dégras.
- On fait une pâte que l’on étend sur les parties de vieille peinture qu’on désire enlever; on laisse tremper, puis on râcle au moyen du fer triangulaire. Si les couches apposées ont été assez fortes, il n’est besoin que de frotter à l’eau avec une brosse à lessiver; la peinture disparait complètement.
- Si la première couche est insuffisante, on en passera une seconde, on lincera ensuite avec de l’eau légèrement acidulée.
- La porte préparée de cette manière peut être peinte comme une porte neuve. Ce procédé s’applique aussi à n’importe quelle boiserie, fenêtres, volets, devantures de magasin, etc.
- UN TROLLEY DANS L'ÉTABLE
- Dans une étable, au lieu de poser la lanterne à terre, ainsi que l’on a coutume de le faire, si on la suspend à une certaine hauteur, grâce au dispositif que nous allons décrire, on obtiendra une meilleure répartition de la lumière, tout en éliminant les dangers d’incendie.
- On tend très serré, au milieu de l’étable, un morceau de fil de fer galvanisé ordinaire, dont les extrémités sont fixées aux murs opposés à l’aide de larges vis à œil. On glisse auparavant sur le fil une poulie sur laquelle est adapté un crochet.
- La lanterne étant suspendue à ce crochet fermé, il lui est absolument impossible de se détacher et de tomber, d’où la sécurité parfaite. De plus ce dispositif présente l’avantage de pouvoir transporter rapidement la lanterne d’une extrémité à l’autre de l’étable, là où il est nécessaire d’avoir de la lumière.
- Dès que le fil se détend, on enfonce plus profondément les vis dans le mur ou l’on pince le fil. ‘
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- !2 =.LA RADIOPHONIE PRATIQUE :..........
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’UN APPAREIL SIMPLE
- LA SÉLECTIVITÉ QUALITÉ INDISPENSABLE D'UN POSTE RECEPTEUR EN FRANCE.
- Tous les postes récepteurs radiophoniques ne sont pas installés dans-le même but et les préférences des amateurs
- ou des usagers de la T. S. F. sont fort diverses, mais ilest rare qu’à l’heure actuelle les plus passionnés parmi les véritables amateurs ne se soucient pas de la qualité des auditions, même s’ils désirent avant tout rechercher les émissions provenant des stations les plus lointaines et les plus faibles.
- D’autres usagers se contentent d’écouter les radio-concerts des stations locales, et, en tout cas, des postes les plus puissants d’Europe; il n’est donc pas toujours indispensable d’utiliser un appareil récepteur d’une extrême sensibilité, et tout dépend du but à atteindre.
- Par contre, actuellement, la sensibilité et la pureté d’audition d’un appareil récepteur ne peuvent exister en général, sans la présence d’une troisième qualité essentielle, la sélectivité.
- Non seulement, en effet, le nombre des postes d’émission a augmenté, mais leurs longueurs d’onde ont été modifiées, de sorte que plusieurs postes puissants ont des longueurs d’onde très voisines ; nous citerons par exemple Kœnigswuster-
- hausen, Daventry, Radio-Paris et la Tour Eiffel; Lan-genberg et l’Ecole Supérieure des P. T. T. d’autre part, etc.
- Il serait donc parfaitement inutile d’utiliser un poste très sensible et très pur, s’il ne permettait pas d’éliminer parfaite -ment les émissions que l’on ne veut pas recevoir pour faire entendre intégralement et exclusivement le radio-concert choisi. Cefaitestencore plus net dans les villes où se trouvent des postes émetteurs, et surtout à Paris. D’excellents postes récepteurs, du moins quant à la sensibilité et la pureté, ne peuvent êlre utilisés à Paris d’une façon satisfaisante, alors qu’ils sont appréciés en province ou à l’étranger.
- On sait que la construction d’un poste très sélectif, très sensible et très pur, n’est pas une tâche facile, parce que ces qualités sont en partie contradictoires, un excès de sélectivité ou de sensibilité étant néfaste pour la pureté d’audition.
- Pratiquement, la solution qui donne actuellement les meilleurs résultats consiste à utiliser un cadre comme collecteur d’ondes et à employer comme poste récepteur un appareil à changement de fréquence.
- Nous avons maintes fois signalé les principes, les caractéristiques et les qualités de ces appareils et, d’ailleurs, il faut remarquer que les constructeurs français ne réalisent presque plus maintenant que des postes de ce type et ont à peu près complètement abandonné les dispositifs à amplification haute fréquence directe.
- 11 y a sans doute là une exagération qui s’atténuera quelque jour, malgré les nombreux avantages des systèmes actuels, et le seul reproche que l’on puisse peut-être adresser à ces appareils est d’ordre économique.
- Grâce à l’emploi de méthodes de fabrication en série, les constructeurs français ont bien réussi à établir des postes de ce genre de prix relativement modiques et qui ne coûtent guère plus que le démocratique poste à quatre lampes d’il y a quelques années.
- Il est cependant évident que l’achat initial et le remplacement éventuel des lampes des multiples étages d’un poste à changement de fréquence (six généralement au minimum) exigent une somme assez importante. Il faut regretter, d’ailleurs, à ce propos, que le piix des lampes de réception n’ait pas été abaissé en même temps que celui des appareils.
- Les lampes à vide sont perfectionnées sans cesse, il faut le reconnaître, mais on peut souhaiter que les fabricants établissent aussi des modèles robustes et bon marché fabriqués en grande série; le nombre croissant des ventes leur permettrait sans doute très vite d’abaisser les prix de revient et de conserver ainsi à peu près des bénéfices équivalents.
- Quoi qu’il en soit, il faut constater que l’établissement d’un poste récepteur en France, et surtout à Paris, est encore beaucoup trop coûteux actuellement pour permettre une large diffusion dans la masse de la population : ouvriers, petits employés, petits fonctionnaires, etc.
- Cette situation regrettable est due uniquement à la nécessité absolue d’employer dans tous les cas des appareils à changement de fréquence, dont les frais d’entretien, sinon d’achat, sont relativement coûteux; le seul remède consiste donc dans la diminution du prix des lampes de réception, et des accessoires, en particulier des piles de T. S. F. et autres appareils d’alimentation, ou dans une limitation du nombre des postes émetteurs puissants.
- L’EMPLOI DES LAMPES A GRILLES MULTIPLES DANS LES CHANGEURS DE FRÉQUENCE
- Les lampes à électrodes multiples ont fait depuis quelques années leur apparition à côté des lampes triodes ordinaires, et reçoivent chaque jour, comme elles, des perfectionnements divers et importants.
- Il existe maintenant des modèles fort nombreux de ces lampes qui sont employés dans des buts très divers, et il faudrait consacrer à leur étude, même sommaire, un article
- Fig. 1. — Disposition schématique d’une lampe à deux grilles.
- F, filament; G', grille inte'-rieure; G, grille extérieure; P, plaque.
- ! ! §
- Cadre ou bobine d’accord
- Fig. 2. — Montage d’une lampe bigrille en changeur de fréquence.
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- 423
- entier que nous espérons, d’ailleurs, publier prochainement dans La Nature.
- Le modèle le plus connu peut-être à l’heure actuelle de ces lampes est la lampe à deux grilles, employée presque exclusivement, d’ailleurs, par les usagers comme changeuse de fréquence.
- Ces lampes comportent simplement en général deux grilles concentriques en hélice entourant le filament et une plaque cylindrique entourant la grille extérieure (fig 1).
- Ce montage en changeur de fréquence le plus employé est désormais établi généralement suivant un schéma à peu près invariable avec circuit d’accord relié à la grille extérieure, circuit de modulation C2 L2 placé dans le circuit de la grille intérieure, et bobine de plaque L3 couplée avec la bobine de grille L2. Le primaire S, C3 du tesla de liaison T est enfin intercalé dans le circuit de plaque de la lampe (fig. 2).
- Le montage de changeur de fréquence a l’avantage de la simplicité et de la sécurité de fonctionnement à condition d être établi soigneusement et employé avec une lampe à deux grilles de bonne qualité. C’est pourquoi il est adopté par presque tous les constructeurs.
- Cependant après la lampe à deux grilles apparurent sur le
- Fie;. 4. — Montage d’une lampe trigrille en changeur de fréquence.
- La lampe I est connectée à une détectrice ordinaire II par l’intermédiaire du tesla de liaison T.
- marché français des lampes à trois grilles avec des grilles disposées de différentes façons suivant les buts à atteindre : sous la forme la plus simple, la trigrille pour changement de fréquence, comme la bigrille, comporte trois grilles en hélice de même axe et une plaque cylindrique entourant les trois grilles (fig. 3).
- D’après certains expérimentateurs, entre autres MM. Barthélemy et Chaunène, lorsqu’on emploie un montage modulateur analogue à celui que nous venons d’indiquer pour la lampe bigrille avec une lampe à trois grilles, et qu’on applique un potentiel accélérateur convenable à la première grille, il en résulte un accroissemeut notable de la fonction modulatrice de la troisième grille.
- Mais il est possible d’utiliser encore mieux les propriétés de la lampe bigrille en employant la grille intérieure pour provoquer une réaction haute fréquence dans le circuit d’entrée par couplage du circuit de cette grille intérieure au circuit de la grille externe.
- Celte grille intérieure, portée à un potentiel positif, accélère non seulement, en effet, les électrons émis
- par le filament, mais en dérive une partie qui constitue un courant plaque sous l’action des grilles moyennes, et qui est ainsi utilisé pour cet effet de réaction.
- Mais on provoque ainsi, en général, simultanémentune réaction sur le circuit de battement, car il existe aussi un courant moyenne fréquence dans le circuit grille intérieure aussi bien que dans le circuit-plaque ; en couplant donc la grille intérieure à la grille externe, on envoie sur celle-ci une tension moyenne fréquence qui pour un sens convenable, favorise l'amplification.
- En employant des montages basés sur ces principes, M. Barthélémy a réalisé plusieurs modèles de postes récepteurs comprenant une lampe trigrille changeuse de fréquence, des étages moyenne fréquence à trigrille également ou à lampes ordinaires, une détectrice ordinaire et des étages basse fréquence avec lampes triodes de puissance ou à « grille-écran ». Il a donné à ces postes le nom de « trisodyne ».
- Le plus simple de ccs postes comporte une lampe trigrille I changeuse de fréquence et une lampe détectrice triode II (fig. 4). Ce montage s’emploie sur cadre accordé par un condensateur variable : C.
- Le système modulateur de la lampe trigrille est du type compensé genre « Isodyne » utilisé par M. Barthélémy pour l’amplification haute fréquence par lampes bigrille.
- Le circuit d’entretien C[ L sur la grille moyenne est couplé à la plaque, par un condensateur fixe K qui n’est autre que le condensateur d’accord du primaire du tesla de liaison T, enfin un dispositif de réaction électro-magnétique R renvoie sur le circuit d’entrée du cadre une partie des courants haute fréquence provenant de la grille interne.
- La lampe triode détectrice II comporte un condensateur avec résistance dans son circuit de grille. Un dispositif de réaction électrostatique formé d’un condensateur C2 et d’une bobine de choc B permet de renforcer jusqu’à l’accrochage les oscillations du circuit moyenne fréquence.
- Il serait possible, avec un tel montage à deux lampes, d’obtenir l’audition au casque et sur petit cadre d’un certain nombre d’émissions européennes, mais on conçoit, que pour
- Fig. 5. — Poste à 5 lampes à changeur de fréquence trigrille.
- -—eww
- Fig. 3. — Disposition schématique d’une lampe trigrille G, grille extérieure ; G', grille intérieure; G", grille moyenne,
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- 424
- Fig. 6. —- Chargeur automatique pour batteries d’accumulateurs de chauffage et de tcnsion-dlaque, type Ariane.
- recevoir en haut-parleur presque tous les radio-concerts d’Europe, il soit nécessaire d’employer un nombre de lampes, un peu plus élevé, et le nombre des combinaisons possibles basées sur le même principe est assez grand, comme nous l’avons déjà indiqué plus haut.
- On peut, par exemple, établir un poste à 5 lampes suivant le schéma de la figure 5. La lampe II trigrille est montée suivant le schéma précédent, et des résistances Tj et T2 donnent le potentiel convenable à la grille intérieure et à la
- plaque (en général,
- Fig. 7. — Poste à changement de fréquence ^ vo^s à la grille et
- simplifié, type Radio L-L. volts à la plaque),
- une lampe amplificatrice triode ordinaire II utilisée en moyenne fréquence est reliée à la trigrille d’une part par un tesla de liaison T, et à la détectrice III d’autre part par le transformateur moyenne fréquence accordé T2.
- Un disp ositif de réaction électrostatique très souple, formé d’un condensateur variable C3 et d’une bobine de choc B, permet d’obtenirlerende-ment optimum de l’amplification moyenne fréquence.
- Enfin, les étages basse fréquence IV 11 Y à transformateurs sont établis de la façon ordinaire avec lampes triodes de puissance, ou même à grille-écran quelquefois , comme
- nous l’avons noté. La sensibilité d’un poste ainsi réalisé paraît assez grande pour permettre l'audition facile en haut-parleur des émissions européennes à l’aide d’une simple prise de terre, et d’une antenne intérieure de quelques mètres, ou même sans antenne.
- CHARGEUR AUTOMATIQUE POUR BATTERIES D’ALIMENTATION
- La solution la plus sûre et peut-être même la moins coûteuse, pour l’alimentation d’un poste récepteur (surtout s’il comporte de multiples étages; consiste à employer des batteries d’accumulateurs de chauffage et de tension-plaque et à adopter simultanément un chargeur d’accumulateurs très simple à fonctionnement presque automatique, silencieux, robuste et d’aussi bon rendement que possible.
- Le modèle récemment établi par un constructeur spécialiste français, dont nous avons déjà plusieurs fois signalé les appareils ingénieux et pratiques est destiné à être connecté constamment au secteur alternatif, aux batteries d’alimentation, et au poste de réception.
- L’appareil est donc monté une fois pour toutes, et il n’y a aucune connexion à modifier lorsqu’on veut charger les batteries, ou utiliser le poste récepteur. Un simple boulon moleté sur la face antérieure du chargeur, qui porte également toutes les bornes de connexion, permet d’exécuter immédiatement et automatiquement les manœuvres nécessaires (fig. 6).
- Le système de redressement est simplement formé par une valve à gaz diode à un filament et à deux plaques qui permet d’obtenir les courants redressés de charge de la batterie de chauffage et de tension-plaque.
- APPAREILS A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE PERFECTIONNES ET DE PRIX MOYENS
- Nous avons indiqué au début de cette chronique que la nécessité d’utiliser en France des appareils très sélectifs avait conduit à l’adoption presque exclusive actuellement d’appareils à changement de fréquence.
- Quelques constructeurs ont réussi à établir les postes de ce genre montés en grandes séries à des prix relativement très modiques ; mais il existe, d’autre part, des appareils d’une construction très soignée, généralement à réglage simplifié, parfaitement mis au point, montés dans des ébénisteries luxueuses mais dont le prix est encore très élevé.
- Or, il y a certainement en France une clientèle moyenne très importante, qui serait disposée à faire l’acquisition d’un appareil plus soigné que les postes de série ordinaires, tout en ne voulant pas consacrer à cet achat la très grosse somme qu’exigerait l’adoption d’un appareil de luxe.
- Il paraît donc intéressant de signaler la nouvelle série de postes réalisée par un constructeur spécialisé justement dans la fabrication des postes à changement de fréquence de grand luxe.
- Ces appareils sont construits aussi soigneusement que les postes de grand prix, mais leur présentation est seulement simplifiée.
- Un des modèles (le moins coûteux) eompoite deux cadrans de réglage ordinaires à démultiplication des condensateurs d’accord et de modulation, le cadre pivotant est placé sur le dessus de l’ébénisterie ; le changement de bobinages à utiliser, suivant la longueur d’onde des émissions à recevoir, se fait à l’aide d’un bouton moleté central extérieur placé sur le panneau frontal en aluminium de l’appareil (fig. 7).
- Dans un autre modèle, les condensateurs d’accord et de modulation sont convenablement conjugués de façon à pouvoir
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- être commandés par tin bouton de réglage unique, avec mise au point finale du réglage évidemment possible (fig. 8).
- Les cadrans de repère sont des disques parallèles au panneau frontal, et placés en arrière de celui-ci, l’appareil ne comporte pas de bouton de réglage comme dans un appareil similaire de la même marque, et les dispositifs de commande mécanique sont simplifiés, de façon à abaisser le prix de revient.
- Dans ces postes, le changement de fréquence est toujours effectué au moyen d’une lampe bigrille et un dispositif spécial très simple avec jack est prévu pour l’adaptation immédiate d’un pick-up électromagnétique permettant une bonne reproduction électrique des disques de phonographes.
- UN BLOC D'ALIMENTATION TRÈS SIMPLE POUR LE CHAUFFAGE DES FILAMENTS A L'AIDE DU COURANT D'UN SECTEUR
- Les solutions que l’on a proposées pour l’alimentation d’un poste récepteur par le courant d’un secteur alternatif ne manquent certes pas, et l’amateur ou l’usager de la T. S. F est plutôt embarrassé maintenant par leur nombre qui rend difficile un choix rationnel.
- Bonne restant libre °
- Fig 9. — Dispositif d’alimentation d’un poste en courant de chauffage à l’aide du courant alternatif d’un secteur redressé par value biplaque Y et fdtré par un circuit filtre SG à condensateur électrolytique G.
- Nous espérons, d’ailleurs, faire paraître prochainement une étude de ces divers procédés qui indiquera avec précision à nos lecteurs les caractéristiques des divers dispositifs actuels et leurs propriétés particulières suivant les buts que l’on désire atteindre et les conditions d’utilisation.
- Nous avons signalé plus haut, d’ailleurs, encore une fois, un dispositif très sûr d’alimentation avec batteries, mais il y a encore de nombreux sans-filistes qui veulent éviter complètement l’emploi des accumulateurs.
- Il est alors facile d’employer une boîte d’alimentation à valve électronique et circuit-filtre pour l’alimentation plaque, et on peut également utiliser un dispositif du même genre pour le courant de chauffage.
- IL est facile de trouver un redresseur qui fournira le courant d’une intensité de l’ordre de l’ampère, mais, en raison de cette intensité relativement élevée, il est beaucoup plus difficile de trouver un condensateur d’une capacité assez grande pour constituer un élément efficace du circuit-filtre.
- On peut cependant tenter de constituer ce condensateur, non pas par un condensateur du type ordinaire au mica ou au papier paraffiné, mais par un condensateur électrolytique, formé d’électrodes en fer au pôle positif et d'électrodes en
- BT- ------friTii.Tiin'irmm f'"‘~ .r-- *=-**.-
- nickel au pôle négatif, plongées d.ans une solution de soude à 25° Baumé.
- Le schéma du dispositif peut alors être indiqué par la figure 9.
- Un transformateur T, dont le primaire est relié au secteur, alimente une valve thermoionique à deux plaques V.
- Le courant redressé fourni par cette valve traverse un filtre formé d’un bobinage S à fer, d’impédance élevée, et d’un condensateur électrolytique C à deux éléments.
- Le courant redressé et filtré est utilisable aux bornes et B2 qui sont reliées au poste récepteur et l’ensemble peut être disposé sous une forme très compacte que représente par exemple la figure 10.
- Fig. 8— Posteà changement de fréquence à réglage essentiel unique, simplifié, type Monodyne Radio L-L.
- P. Hémardinquer
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS
- Appareils Trisodyne. Etablissements Péricaud, 85, boulevard Voltaire et 6, rue La Fayette, Paris.
- Chargeur automatique. Etablissements Ariane, 6, rue Fabre-d’Eglantine, Paris.
- Postes à changement de fréquence. Radio L. L. 5, rue du Cirque, Paris.
- i Bloc d’alimentation Ferrix, 64, pue Saint-André-des-Arts, Paris
- (6=).
- Fig. 10. — Bloc d’alimentation Ferrix réalisant le schéma de la figure .9.
- l/klve biblaque
- Secteur
- alternatif
- Plots et barrette de réglage selon le nombre de lampes du poste récepteur ' alimenter
- Tension filtrée de 4 volts
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- LIVRES NOUVEAUX
- Leçons sur la conductibilité des électrolytes,
- professées à la Sorbonne en 1927-1928 par E. Darmois. 1 vol. de 148 p., 79 fig. Vuibert, éditeur, Paris, 1929. Prix : 20 fr.
- La Ihéorie de la- dissociation électrolytique a subi dans ces cinq dernières années des remaniements très sérieux : l’auteur expose l’essentiel de ces changements.
- Il rappelle d’abord les résultats classiques sur l’électrolyse : lois de Faraday, mesures de la conductibilité et des nombres de transport des ions. Il montre ensuite que les recherches nouvelles conduisent à attribuer aux électrolytes forts une dissociation plus grande que celle de la théorie ancienne. A l’aide de la notion d’aciivité, on donne 1 interprétation correcte des propriétés osmotiques des ions, telles que l'abaissement du point de congélation ; cette interprétation, purement thermodynamique, ne suppose rien sur la grandeur de la dissociation en solutions concentrées.
- La théorie des piles de Nernst est ensuite présentée, d’abord sous la forme ancienne, puis sous la forme nouvelle qui utilise l’activité; à côté de propriétés classiques des piles et accumulateurs, on expose la mesure électrométrique de l’activité des électrolytes et la mesure du pH.
- L’hypothèse de la dissociation totale des électrolytes forts est ensuite utilisée pour calculer les propriétés osmotiques des solutions et leur conductibilité; on indique les vérifications obtenues jusqu’ici. Enfin, on donne l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur la conductibilité des électrolytes fondus et des cristaux.
- L’ouvrage, rédigé volontairement sous une forme assez élémentaire, donne une idée complète de nos connaissances sur la conductibilité des électrolytes, à l’état solide, à l’état fondu et en solution dans l’eau et les autres solvants.
- La récupération des solvants volatils, par Clark Shove Robinson, traduit de l'anglais par G. Génin 1 vol., 206 p., 73 fig , Dunod, éditeur, Paris 1928.
- Le problème de la récupération des solvants volatils, ou plus généralement la séparation des éléments condensables dans un mélange de vapeurs et de gaz, se pose dans un nombre considérable d’industries.
- La solution repose sur l’application d’un petit nombre de lois physiques simples relatives à la distillation, la condensation et l’absorption. Mais les procédés pratiques mis en œuvre sont très variés et souvent très complexes. L’excellent ouvrage du professeur américain, Mr. Robinson jette une vive lumière sur cette question importante 11 expose d’abord très clairement les lois fondamentales qui président aux phénomènes utilisés pour la séparation, et illustre cet exposé par denombreux exemples.il étudie ensuite les procédés et appareils utilisés dans la pratique; il les classe en quatre catégories : récupération par les adsorbants solides, par condensation et refroidissement, par refroidissement et compression combinés, par lavage au moyen de liquides. Enfin un chapitre traite d’une question connexe : l'extraction de substances par les solvants Une bibliographie abondante et une liste des principaux brevets sur la question complètent l’ouvrage.
- Comptes Rendus du 2e Congrès de chauffage industriel (tome 1). 1 vol., 364 p. Edité par Chaleur et Industrie, Paris, 1928. Prix : 30 fr.
- Le Congrès de chauffage industriel, qui s’est tenu à Paris au mois de juin 1928, a entendu de nombreuses et intéressantes communications de personnalités compétentes Dans la présente brochure on trouvera celles qui ont trait à la préparation mécanique du combustible, au charbon pulvérisé, à la carbonisation à haute et basse température, aux combustibles gazeux et aux gazogènes, enfin aux combustibles liquides et carburants de synthèse.
- Recueil de constantes de l’Office Central de Chauffe. Ouvrage consacré au Chauffage Industriel, considéré au point de vue théorique et pratique, par Ch. de la Condamine. Chaleur et Industrie, éditeur, Paris, 1928. Prix : 30 fr.
- Cet ouvrage mériterait plutôt le titre de manuel ou de précis que celui de recueil de constantes. L’auteur y traite en effet dans leur ensemble les questions théoriquès se rapportant au chauffage industriel par combustibles solides, détaille les calculs que comportent ces problèmes et fournit des chiffres sûrs pour traiter les applications numériques.
- L’auteur avait l’intention de consacrer un second volume à la question des fours à gazogènes et au séchage.
- La mort l’a malheureusement empêché d’achever cette œuvre utile. Mais la partie aujourd hui publiée sera d’un grand secours pour tous les praticiens du chauffage industriel.
- L énergie électrique de demain, par A. Berthier. 1 vol , 236 p., 53 fig.. Desforges, Girardot et Cie éditeurs, Paris, 1929. Prix : 40 fr.
- L’énergie électrique de demain, c’est celle qu’on obtiendra en grandes quantités et à bon marché, par transformation directe de l'énergie chimique en énergie électrique. C’est ce que réalisent déjà, dira-t-on, les piles électriques usuelles. Mais celles ci consomment des métaux coûteux. 11 est donc naturel de chercher à transformer directement en électricité la chaleur d’oxydation du charbon ou des combustibles usuels afin d’éviter le cycle complexe et onéreux actuellement imposé aux usines électriques.
- Aussi ce problème de la pile au charbon a-t-il tenté de nombreux inventeurs. L’auteur, après avoir rappelé les diverses théories de la pile électrique, résume les diverses tentatives effectuées dans les voies suivantes : piles au charbon ou aux hydrocarbures liquides, piles à gaz combustibles, piles à gaz liquéfiés. Il a réuni une documentation intéressante qui rendra service aux chercheurs désireux de s’engager dans cette voie difficile, mais sans doute féconde.
- Aménagement du Bas-Congo Projet du colonel Van Déuben. 1 vol., 278 p., 10 pl. hors texte. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1928. Prix : 20 fr.
- Le colonel belge Van Deuren a conçu un vaste projet pour rendre navigable le Bas-Congo, tout en mettant en valeur l’énorme puissance hydraulique de ce fleuve dans la dernière partie de son cours, coupé, on le sait, de rapides et de chutes. Cette réserve d’énergie peut s’évaluer entre Matadi et Léopold-ville à 75 millions de kilowatts. Ce projet, qui intéresse au plus haut point le Congo Belge, aujourd’hui en pleine activité créatrice, n’intéresse pas moins notre colonie mitoyenne,. l’Afrique Équatoriale. On lira avec fruit l’exposé du projet de M. Van Deuren : il contient une foule de renseignements précis et ouvre de magnifiques perspectives qui, espérons-le, deviendront bientôt des réalités.
- Jules Verne, sa vie, son œuvre, par M. Allotte de la Fuye. 1 vol. in-16, 292 p., photos hors texte, Kra. Paris, 1928. Prix : 16 fr. 50.
- M. le professeur Richet rappelait récemment dans La Nature le rôle précurseur de Jules Verne en aviation. Jules Verne le fut en tout, charma et instruisit la jeunesse. Voici sa biographie, pleine de détails délicieux, intimes, écrite par sa nièce Mme Allotte de la Füye. Tout le monde voudra lire ce charmant ouvrage, aux souvenirs évocateurs de nos belles lectures d’enfants et de la vie d’un savant imaginatif et d’un romancier de la plus grande allure.
- Diderot et l’Encyclopédie, par Joseph Le Gras. 1 vol. 172 p. Edg. Malfère, éditeur, Amiens, 1928. Prix : 9 francs.
- La publication de l’Encyclopédie fut un des grands événements du xvme siècle Ses conséquences scientifiques, philosophiques et politiques furent considérables. Mais que d’obstacles accumulés devant les audacieux qui en conçurent le projet! Si l’œuvre finit par voir le jour, elle le dut à un homme qui y consacra pendant 20 ans toutes les ressources de son bouillonnant génie, à Diderot. M. Le Gras conte en termes excellents la pathétique histoire de ce grand homme, aux prises avec la pauvreté, persécuté par les puissants du jour, abandonné ou moqué par ses amis, poursuivant son œuvre malgré tous les -obstacles. L’ouvrage, enfin, voit le jour, c’est l’heure du triomphe; mais, suprême déception, la plus cruelle de toutes, Diderot constate que dans les volumes mis en vente, les articles les plus originaux ont été à son insu mutilés et édulcorés. Il a été trahi par son éditeur. Documenté aux meilleures sources, le livre si vivant et si vrai de M. Le Gras reconstitue d’une façon émouvante ce véritable drame.
- La Côte d’Azur (collection de l’Encyclopédie par l’image), par G. Legaret, Paris, Hachette, 1928, in-8, illustré, 64 p., 4 fr.
- On n’a guère publié sur la Côte d’Azur que des brochures de propagande sans valeur documentaire, ou des guides de tourisme. Cette petite brochure comble donc une lacune. Les illustrations, pittoresques et caractéristiques, sont accompagnées d’un texte instructif, qui passe en revue le pays (côte et montagne), le sol, le climat, la végétation, l’histoire et la géographie humaine (outillage économique, horticulture, industrie, tourisme).
- Annuaire statistique, 43e vol., 1927, France et colonies, Statistique générale de la France. 1 vol. in-8, 438p. Imprimerie nationale, Paris. 1928.
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- PETITES INVENTIONS
- MÉCANIQUE
- Appareil pour le perçage de grands trous.
- Lorsqu’il s’agit de percer de grands trous dans des pièces minces, ce que l’on fai; également si l’on veut découper une rondelle de tôle, un disque d’ébonite, etc., on emploie généralement une lige guidée dans un avant-trou qui porte un bras perpendiculaire réglable, permettant de fixer exactement le rayon du trou à percer ou de la rondelle à découper.
- Un outil original est constitué par un montage en forme de disque, qui se fixe par une vis de blocage sur le corps d’une mèche, laquelle sert de guide. La monture porte des rainures concentriques suffisamment rapprochées pour permettre les découpages des trous suffisamment voisins.
- C’est, en elîet, dans ces rainures que sera placé l’outil de découpe de la rondelle. Il est constitué par une sorte de lame de scie flexible, qui peut facilement prendre une forme de circonférence et se trouver ainsi maintenue dans la rainure
- circulaire, dont le diamètre correspond à celui du trou qu’il s’agit de percer. C’est, en réalité, une sorte de fraise dont les dents sont constituées par les dents de la lame de scie.
- On obtient ainsi, non seulement un travail propre, mais aussi un perçage rapide. Cet outil est pratique, notamment pour les ateliers de cons-structuras électriques, où l’on doit fréquemment découper des rondelhs d’ébonite ou de fibre.
- Constructeurs : Misener et. Irving Mfg., à Syracuse, New-York.
- OBJETS UTILES
- Fig, 1. — Perceuse de grands trous. Cafetière
- automatique.
- Il existe de nombreux modèles de cafetières qui fonctionnent seules et exigent peu de surveillance. Un système faisant l’objet d’un brevet récent permet à l’eau bouillante, que l’on verse, une fois pour toutes, dans le récipient, de filtrer goutte à goutte, de sorte que le café est préparé à la manière habituelle.
- Le café se trouve placé entre deux grilles sans être comprimé. Au centre de la grille inférieure se trouve une tubulure verticale qui s’emboîte dans une autre tubulure de la grille supérieure. On emboîte les deux grilles l’une dans l’autre et on les tourne légèrement pour aplanir la surface du café sans compression.
- On fait bouillir l’eau placée dans un récipient muni d’un couvercle vissé à fond, mais non serré à bloc. Ce couvercle porte des orifices. Lorsque l’on voit la vapeur se dégager fortement par ces orifices, on renverse sans brusquerie le récipient sur la cafetière; on facilite cette opération en inclinant la cafetière en sens inverse à la rencontre du récipient.
- L’eau s’échappe par les orifices du couvercle et, grâce aux tubulures et à l’appel d’air, il se forme un niveau constant dans la cuvette de la grille supérieure, de sorte que la filtra-
- tion s’opère lentement. On peut d’ailleurs la régler d’après la finesse de la mouture. La durée totale de la filtration doit être de 8 à 10 minutes; si elle est trop rapide, c’est que le café est moulu trop gros.
- La cafetière est en verre résistant au feu.
- Les filtres et le récipient sont en aluminium. On peut préparer trois, quatre ou cinq tasses, on compte 7 à 8 grammes de café par tasse.
- Mayen, 118, rue de la Tombe-Issoire, Paris.
- Vaisselle en bakélite.
- La bakélite, plus connue comme isolant électrique, justifie une Fig. 2. — Details de la cafetière fois de plus sa renom- automatique.
- mée de « matière aux
- mille usages » dans une application [qui touche le public en général. En effet, étendant à l’usage courant l’emploi de ses poudres inodores, elle a mis au point récemment des tasses, soucoupes, assiettes, gobelets, etc..., parfaitement présentés, qui ont le mérite d’être incassables, légers et élégants.
- Récipient
- Fig. 3. — Tasse en bakélite.
- Le développement de cette idée sera certainement suivi avec un gros intérêt par toutes les industries qui demandent à un matériel de ce genre un usage indéfini et une solidité éprouvée aux chocs, telle la vaisselle pour les wagons-restaurants, les paquebots, le lourisme en automobile, etc.
- . W. Barrelet, 15, rue de Reuilly. Paris. (Soucoupes et tasses ) Pouvesle et Cie, 78, rue Émile-Raspail, à Accueil, Seine. (Assiettes et gobelets.)
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ALIMENTATION.
- A propos du café-chicorée.
- Sous le titre « la pulpe de betterave dans la fabrication du café-chicorée », nous avons reproduit une note publiée dans le Journal des fabricants de sucre, indiquant que la betterave peut, comme la chicorée, être employée pour faire un surrogat de café, connu sous le nom de café-chicorée. Par suite d’une erreur matérielle dont nous nous excusons auprès de nos lecteurs, nous avons omis de mentionner que cette note n’était elle même que la reproduction d’une note déjà fort ancienne remontant à 1837.
- Nous tenons à rappeler qu’aujourd’hui tout produit vendu scus le nom de chicorée est obligatoirement le résultat de la torréfaction de racioes.de chicorées.
- La chicorée fait l’objet d’une industrie importante et très perfectionnée localisée surtout dans nos départements du Nord; les fabricants, conformément du reste à la législation en vigueur, se sont attachés à obtenir des produits d’ùne parfaite pureté.
- On emploie à cet usage des variétés spéciales (Brunswick et grosse racine de Mecklembourg), étudiées récemment dans la Nature par M. Truelle (n° 2781 — 15 mars 1928). Nous aurons, du reste, l’occasion de revenir prochainement sur cette intéressante industrie.
- MÉTÉOROLOGIE - . L’hiver 1929
- et le retour périodique des hivers rigoureux.
- Les basses températures de l’hiver 1929 ont ramené l’attention sur la cause probable dés hivers très froids et sur les méthodes permettant de prévoir les dates de ces saisons anormales. On n’a pas oublié la prévision faite, il y a quelques années, d’après laquelle l’hiver de 1926 devait être rigoureux; celui-ci ayant été très doux, la prévision fut renouvelée pour les hivers de 1927 et de 1928, mais sans plus de succès.
- La méthode dont on s’était servi était basée, paraît-il, sur des périodes lunaires et solaires ramenant les hivers rigoureux à des intervalles de 93 ans, 186 ans, 372 et 744 ans. L’emploi de cette méthode a conduit à des erreurs sensibles, puisque les trois hivers de 1926 à 1928 furent caractérisés par des températures très douces.
- Si, au lieu de prendre pour base des périodes lunaires et solaires, on avait fait état simplement de périodes solaires, on serait arrivé à des résultats autrement intéressants. Lorsque ces prévisions furent publiées, je montrai qu’il ne fallait pas s’attendre à des hivers très froids de 1926 à 1928, ces années coïncidant avec la phase d’augmentation des taches solaires à partir du minimum de 1923.
- En elfet, presque tous les hivers rigoureux se placent autour d’un minimum de la période undccennale des taches solaires : 1913-14, 1900-01, 1890-91, 1879-80, etc..., ou bien coïncident avec une diminution des taches solaires pendant ou après la phase maximum de la période undécennale : 1929, 1917, 1895, 1870-71. Il y a lieu de noter que, sur nos contrées de l’ouest de l’Europe, toute diminution de taches solaires est suivie d’un abaissement de la température ; inversement, tout accroissement dans le nombre ou l’étendue de ces taches est suivi de températures élevées.
- La durée de la période solaire étant de 11 ans en moyenne, il existe neuf périodes solaires dans un siècle. Si l’influence des phénomènes du Soleil est prépondérante en météorologie, on doit retrouver, d‘un siècle à l’autre, sensiblement
- le même état atmosphérique correspondant au retour de la même phase d’une période solaire. Voici quelques séries d’hivers rigoureux :
- 1009 — 1408 - 1508 — 1608 — 1709-1810;
- 1513 — 1813 — 1914 ;
- 1518 — 1616 — 1717 — 1917 ;
- 1729 — 1829 — 1929 ;
- 1830 — 1930 (?) ;
- 1553 — 1754 — 1854;
- 1571 — 1669 — 1769 — 1871 ;
- 1694 — 1795 — 1895.
- Le retour de certains étés très chauds aurait dû également attirer l’attention : 1793 et 1893 ; 1800 et 1900, 1811 et 1911.
- Etant donné que l’été frais et pluvieux de 1927 a présenté les mêmes variations que l’été frais et pluvieux de 1827 et a coïncidé avec des variations identiques des taches solaires, et que, d’autre part, le maximum de la période solaire actuelle s’est présenté pendaut l’été de 1928, il était à prévoir que la diminution d’activité qui devait se manifester à la fin de l’année 1928 serait suivie d’un abaissement de la température et, par conséquent, d’un hiver froid analogue à celui de 1829.
- Cette question a été exposée dans le Bulletin de VObservatoire de Talence du 15 octobre 1928, avec l’indication qu’il fallait s’attendre à de basses températures pendant les hivers de 1929 et de 1930, qui correspondraient ainsi aux hivers de 1829 et de 1830, survenus après les maxima solaires de 1828 et de 1928.
- L’hiver météorologique de 1929 étant terminé, on peut établir les comparaisons suivantes :
- Hiver 1829 : Hiver 1929 :
- 1828 décemb. : Temp. moy. 1928 décemb. : Temp. moy.
- sensiblement normale ; sensiblement normale ;
- 1829 janvier : Temp, moy. 1929 janvier : Temp. moy.
- infér ieure à la normale; inférieure à la normale ;
- 1829 février : Temp. moy. 1929 février : Temp. moy.
- inférieure à la normale. inférieure à la normale.
- La coïncidence est frappante, et il sera intéressant de noter si d’autres concordances se manifestent, par exemple si le mois de mai 1929 sera beau et chaud comme celui de 1829.
- D'autre part, l’hiver de 1930 devrait correspondre à l’hiver rigoureux de 1830. les 3 mois de cette saison (décembre 1829, janvier et février 1830) ayant été très froids.
- Ces retours séculaires de certaines saisons correspondant aux périodes solaires soulèvent d’autres questions se rattachant à l’influence des phénomènes du Soleil en météorologie, qu’il n’est pas possible d exposer en quelques lignes.
- En résumé, on peut trouver dans le Soleil d’utiles indications pour l’étude du problème de la prévision du temps : les variations journalières, capricieuses en apparence, des phénomènes météorologiques paraissent correspondre aux variations journalières, également capricieuses en apparence, des phénomènes solaires.
- Un fait curieux se dégage de ces comparaisons : si l’on peut trouver dans les phénomènes du Soleil l’explication des variations anormales du temps, l’iufluence attribuée à la Lune paraît ains' très diminuée, et il est même permis de considérer cette influence présumée de notre satellite comme pratiquement nulle. , T
- Henry Mémery.
- I -
- (Observatoire de Talem e, Gironde.)
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- CHIMIE INDUSTRIELLE Pétrole naturel et pétrole synthétique.
- La presse quotidienne signalait récemment la réunion à New-York d’un congrès international des producteurs de pétrole et la décision prise par ceux-ci de réduire la production du pétrole. Cette décision, en admettant qu’elle puisse devenir effective, peut se justifier par un certain nombre de bonnes raisons. Contrairement aux prévisions pessimistes des géologues, et malgré le ralentissement de l’exploitation en certaius pays (Russie, Mexique, Roumanie), la production du pétrole n’a fait que croître en ces dernières anuées, à une cadence plus rapide encore que relie de la consommation De nombreux gisements nouveaux et fort riches ont été découverts et exploités aux Etats-Unis et au Venezuela. La R.ussie commence à reprendre sa situation d’avant-guerre. Le Pérou, la Perse, l’Irak, la Colombie offrent de belles perspectives. Mais on sait, d'autre part, que les champs pétrolifères s’épuisent très vite. Faut-il donc s’emparer précipitamment de toutes ces richesses, jouir pendant quelques années d’une abondance factice, pour éprouver ensuite une disette irrémédiable ? La réponse à la question ainsi posée est évidente : la sagesse commande, aussi bien pour le producteur que pour le consommateur, de régulariser l'extraction et d’éviter les à-coups biusques qui se manifestent par des variations de prix nuisibles à tous.
- Cependant, on ne peut se défendre d’une certaine inquiétude lorsque l’on voit la politique de restriction dictée, sous prétexte d intérêt génér al par les seuls producteurs, groupés en trusts internationaux puissants. Les combustibles liquides jouent aujourd'hui un iôle capital dans une foule de problèmes de transport (aviation, automobiles, navires, etc.), leur importance économique et sociale est donc devenue considérable, et. par suite les décisions d’un cartel de producteurs peuvent avoir de graves conséquences.
- L* s consommateurs ne sont, cependant pas sans défense : l’échec du plan Stevenson pour la limitation de la production caoutchoutière en est une preuve récente : il a surtout favorisé les producteurs qui ont refusé d’y adhérer; d’autre part, les États-Unis, principal pays consommateur, a pratiqué avec succès une contre-offensive énergique, d’un côté sur le terrain politique, de 1 autre sur le terrain industriel .par l’emploi en grand des succédanés.
- La situation serait sans doute analogue si les producteurs de pétrole cherchaient à pratiquer des prix abusifs : on sait les efforts tentés de toutes parts pour créer des combustibles liquides de remplacement. Ce sont surtout des préoccupations d’ordre militaire qui les ont guidés jusqu’ici, chaque pays étant légitimement soucieux de s’assurer ses approvisionnements en cas de guerre. C’est ainsi qu’en France on a rendu obligatoire le débenzolage du gaz d éclairage ; aujourd’hui, le benzol est un sous-produit très rémunérateur de la distillation de la houille, aussi bien dans les fours à coke que dans les usines à gaz C’est ainsi également qu’on a mis au point la technique des automobiles à gazogènes. Quelques-uns de nos fours à coke commencent également à fournir de l’alcool méthylique de synthèse ; enfin, les problèmes de distillation de la houille et du lignite à basse température sont à l’ordre du jour.
- En Allemagne, le problème du pétrole synthétique, à partir du lignite, a reçu plusieurs solutions théoriques ; l’une d’elles, au moins, a fait l’objet d’un essai d’exploitation industrielle de grande envergure C’est celle que la puissante société connue par les initiales I. G (Interessen Gemeinschal’t) a mis en oeuvre dans ses usines de Leuna-Mersebourg II est vrai que le pétrole qui y a été fabriqué était encore trop
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- coûteux pour pouvoir lutter contre le pétrole naturel ; mais un changement dans les conditions du marché pourrait modifier complètement la situation. En tout cas, l'usine de Mersebourg peut produire actuellement 70 000 tonnes d’essence par an et, d’après un article récent de M. Bergius dans identifie American, elle est actuellement l’objet d’agrandissements qui porteront sa capacité annuelle à 250 000 tonnes.
- Le procédé mis en œuvre est le procédé Bergius, légèrement modifié. Il consiste à hydrogéner le lignite sous pression en présence d’oxyde ferrique servant de catalyseur.
- M. Matignon a donné au Congrès de chauffage industriel, tenu à Paris en juin 1928, une description de cette usine qu’il avait visitée peu de temps auparavant.
- Les liguites, exlraits de carrières à ciel ouvert à proximité immédiate de l’usine, sont d’abord desséchés, réduits en poussier ou en petits grains, qui sont ensuite agglomérés en une pâte assez fluide par mélange avec des goudrons ou des produits lourds provenant d’hydrogénations antérieures.
- Le four à hydrogénation est identique à celui qui sert, dans le même éiablissement, à la synthèse de l’ammoniac. Il y a 36 de ces fours, groupés deux par deux, dans un immense blockhaus de 18 mètres de hauteur, sur une base large de 7 mètres, longue de 12 mètres L’hydrogénation dure 25 à 30 minutes L’hydrogène employé est le même que celui utilisé dans la synthèse de l’ammoniac; c’est donc de 1 hydrogène mêlé d’azote. L hydrogénation s’effectue à une température voisine de 425 à 450° La transformation en produit liquide est réalisée dans la proportion de 80 pour 100 de carbone contenu dans la lignite. En fin d’opération, il ne reste à l’état solide que les cendres et les portions non liquéfiées. On obtient ensuite par distillation un produit que l’on raffine, comme d’ordinaire, par l’acide sulfurique.
- TÉLÉPHONIE
- La téléphonie à travers le monde.
- Voici comment, d’après des statistiques officielles, se répar-tissaient, il y a 2 ans, les appareils téléphoniques par ville et par tête d’habitant dans les principales villes du monde :
- Nombre de
- Villes Nombre de téléphones
- téléphones par 100 tètes
- d’habitants
- New-York . . 1415108 24
- Chicago . . 790 711 25,8
- Londres . . 488499 6,6
- Berlin . . 415871 10,3
- Paris. . . 255561 8.5
- Toronto . . 154740 24,5
- Tokio . . 121856 5,9
- Copenhague. . . . . . 121286 16.1
- Stockholm . . 107173 28,1
- Buenos-Ayres . . . . . 104281 4,5
- Si maintenant on relève les conversations téléphoniques, on en trouve 22 400 millions aux Etats-Unis, 2038 millions en Allemagne, 1964 millions au Japon, 1127 millions en Angleterre et seulement 788 millions en France.
- Comment expliquer l’usage moindre fait du téléphone dans nos pays? Est-ce qu’ailleurs les appareils sont meilleurs, les demoiselles de téléphone plus complaisantes, ou bien les Latins sont-ils moins bavards?
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- = BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Les appareils Ovo sont fabriqués par la Société Aérodyne, 194, rue de la Jarry, à Yincennes.
- Ils se font en ciment ou en tôle.
- Quelques ciments pour fixer les bagues métalliques au verre ou à la porcelaine.
- 1° Quand il s’agit par exemple d’objets n’élant pas mis largement dans l’eau d’une façon constante, tels que sucriers, assiettes à gâteaux etc., le plâtre est à préférer associé à la chaux; une bonne formule est la suivante :
- Plâtre à modeler...........................75 grammes
- Chaux vive pulvérisée......................15 —
- Blanc d’œuf................................30 —
- Mélanger d’abord le plâtre et la chaux pour obtenir un produit bien homogène, délayer ensuite rapidement avec le blanc et employer aussitôt.
- 2° Pour les objets appelés à recevoir le contact fréquent de l’eau ou de l’alcool se servir du ciment obtenu en prenant :
- Minium............................................ 75 grammes
- Litharge...............................75 —
- Chaux éteinte pulvérisée............... . 75 —
- Kaolin.......................................50 —
- Comme précédemment, on mélangera d’une façon parfaite ces quatre poudres, puis on formera une pâte en ajoutant :
- Huile de lin cuite.................................50 grammes
- Laisser durcir au moins une journée avant de mettre en service.
- M. Gérard a Athènes.
- Peut-on rendre le bois incombustible ?
- Tout d’abord il faut s’entendre sur la valeur réelle du mot incombustible, qui signifie : rendre impropre à la combustion, mais non inaltérable On sait en effet que la combustion correspond à une oxydation par laquelle il y a combinaison du combustible avec l’oxygène de l’air. Dans le cas du bois, on peut empêcher cette combinaison par interposition entre les deux éléments d’un corps inerte, maison ne supprimera pas la carbonisation ou mise en liberté du carbone que contient le bois, cela par dissociation à température plus ou moins élevée.
- Ceci posé, disons tout de suite que parmi les corps susceptibles d’isoler le bois et d une façon générale tous les corps cellulosiques, le borax et l'acide borique se sont montrés supérieurs, en créant avec facilité un revêtemeut d’ailleurs peu coûteux à réaliser.
- D’après les recherches de Kling et Florentin, du Laboratoire municipal de la Ville de Paris, il suffit de prendre :
- Acide borique.............................. 50 grammes
- Borax (borate de soude cristallisé). ... 60 —
- Eau chaude................................. 1000 —
- Appliquer tiède de préférence sur le bois à préserver, soit à la brosse, soit au pulvérisateur; laisser bien pénétrer et sécher, puis appliquer une seconde couche. Les bois ainsi traités seront incapables de flamber et par suite ne pourront propager l’incendie au cas où il serait déclaré, c’est évidemment le but que l’on se propose d atteindre. M. de Fontenay a St André.
- Les taches de carbonyle s’enlèvent facilement.
- Ce produit étant extrait des goudrons, on peut débarrasser les étoffes des taches de ce genre en opérant ainsi :
- On enduit de beurre la partie tachée de façon que le carbonyle soit bien délayé par la matière grasse, on laisse au besoin en contact un temps suffisant pour obtenir ce résultat.
- Il ne reste plus qu’à savonner dans l’eau tiède, on voit bientôt le tissu sortir du bain parfaitement débarrassé de toute souillure.
- Mairie de Busy.
- P. S. Les taches d’encre rouge sur moleskine pourront être enlevées par tamponnages répétés avec du coton hydrophile
- imbibé, d’alcool à brûler. Quant à la remise en état des livres graisseux de bibliothèques publiques, elle est toujours problématique, eu égard à la fatigue du papier. Si cependant vous voulez tenter un essai, employez de préférence le tétrachlorure de carbone comme dissolvant des matières grasses : opérer comme précédemment avec un tampon de coton et placer sous le feuillet un morceau de buvard blanc qui doit être déplacé à mesure qu’il se charge de graisse. Après séchage complet, gommer à la gomme de caoutchouc pur, ne contenant pas de pierre ponce (gomme noire et non blanche).
- Un amateur peut-il fabriquer des timbres en caoutchouc ?
- Si l’on dispose d’une petite presse pouvant être chauffée, genre presse à satiner employée en photographie, on peut sans grandes difficultés entreprendie la fabrication de timbres en caoutchouc pour les usages courants.
- Dans un composteur ordinaire, comme s’il s’agissait d’une composition typographique, on dispose les caractères d’imprimeiie de la forme et des dimensions choisies, on en tire, après enctage, une épreuve pour être certain qu’il n’y a pas d’erreur et que la disposition est bonne ; après on enlève l’encre en essuyant soigneusement, puis on graisse légèrement avec une petite brosse imprégnée d’huile, de manière que celle-ci pénètre bien dans les anfractuosités, ceci dans le but d’éviter l’adhérence du plâtre au moment du moulage.
- Pour procéder à ce dernier, on entoure le composteur d’une bande de carton de hauteur telle qu’elle déborde un peu en formant une cuvette, puis on gâche du plâtre à modeler de façon à obtenir une pâte semi-fluide que l’on projette fortement sur le cliché pour assurer une bonne pénétration dans les creux. Après quoi on achève de remplir la petite cuvette de carton jusqu’au bord.
- Le plâtre une fois pris, on enlève la bague de carton, maison ne sépare pas aussitôt celui-ci du cliché, car sa résistance ne serait pas assez grande; on attend quelques heures, puis on laisse bien sécher le moule, après la séparation, soit à l’air libre, soit à l’étuve ou tout au moins dans un lieu chaud.
- En possession du moule qui porte en creux les inscriptions on place à sa surface une feuille de caoutchouc dans laquelle se trouve incorporé du soufre et on met sous presse pour faire pmélrer le caoutchouc dans les creux, on plève alors la température vers 130° à 140°C qui est la température optima de vulcanisation, c’est-à-dire de combinaison du soufre et du caoutchouc.
- On laisse un peu refroidir, puis on détache la feuille de caoutchouc encore chaude de son support, il ne reste plus, après refroidissement complet, qu’à ébarber le timbre aux ciseaux et à le coller sur une lame de zinc fixée à un manche en bois; pour cela on se servira simplement de la « dissolution » courante de caoutchouc dans la benzine.
- M. Magnery a Liège.
- Soupapes au tantale et à l'oxyde de cuivre.
- 1° La fabrication des éléments redresseurs h l’oxyde de cuivre dits Cuproxyde ou Rectox parait fort simple, et le nombre des éléments composant ces redresseurs est très réduit.
- Mais, malgré cette simplicité apparente, la fabrication de ces éléments est fort difficile; elle a exigé une longue mise au point effectuée par la Société qui a réalisé la première ces remarquables appareils, et qui pourtant possède un matériel et un personnel spécialisés justement réputés.
- Il ne saurait donc être question, à notre avis, pour un amateur de tenter une telle construction avec la moindre chance de succès, et toutes les expériences de ce genre effectuées avec différents métaux pour obtenir des redresseurs secs ne pourraient aboutir à la réalisation de valves d’un fonctionnement régulier et suffisamment long.
- 2° Il est évident que si l’on peut se procurer une électrode au silicium ou au tantale, la réalisation d’une soupape électro-
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- lytique au silicium ou au tantale est chose facile, puisque l’électrolyte se compose simplement d’eau acidulée additionnée d’un peu de sulfate de nickel, et que l’autre électrode est en plomb.
- On trouve maintenant des électrodes prêtes à être montées, et même fournies avec leur bocal et bouchon correspondant, dans un grand nombre de maisons d’accessoires de T S. F. et particulièrement aux établissement Ferri'.r, 64, rue St-André-des-Arts, Paris (6e).
- On utilise assez rarement ces soupapes pour réaliser un appareil d’alimentation en courant de plaque ou même pour recharger des accumulateurs de tension plaque, par contre elles conviennent parfaitement pour la charge continue des batteries de chauffage, ou même pour la charge intermittente des batteries de capacité moyenne.
- Pour la charge continue, l’intensité du courant redressé est généralement de 2/10 à 4/10 d’ampère, et cette intensité est très suffisante actuellement, l’emploi des lampes à faible consommation ayant diminué l’intensité en courant de chauffagè dans d’énormes proportions, même dans les appareils les plus puissants ; il est même rare que celte intensité dépasse alors un ampère.
- Vous pourriez trouver, d’ailleurs, des renseignements détaillés sur les caraléristiques et l’emploi de ces soupapes dans le livre « Les Solutions modernes du problème de l'alimentation » par P. Hémardinquer (Ghiron éditeur).
- M. Mauvy a Poitiees.
- Composition de la cire à modeler.
- Le modelage est une distraction qui développe l’observation.
- L’amateur, qui veut bien y consacrer quelques moments de loi sirs, est surpris de constater avec quelle rapidité il arrive à façonner de petits objets ou animaux qui, d’abord étranges par leur réalisation de début, prennent bientôt un caractère artistique.
- A peu de frais on pourra préparer une pâte malléable dans ce
- but en prenant :
- Cire d’abeilles...................... 270 grammes
- Poix de Bourgogne.................. . 35
- Térébenthine de Venise................. 50 —
- Huile d olives......................... 25 —
- Beurre frais........................... 65 —
- Rouge d’Angleterre..................... 15 —
- Fécule de pommes de terre........... 540 —
- M. Duclos a Ambékieu.
- P.-S. Les terres cuites sont habituelle ment laissées telles quelles avec la teinte rougeâtre qui résulte de la cuisson.
- L’ouvrage « La Sculpture sur bois » de l’Encyclopédie Dhommée vous donnera très probablement satisfaction. Editeur Baillière, 10, rue Ilautefeuilie, Paris.
- De tout un peu.
- Bibliothèque du 17e. — Le bisulfate de soude cristallisé Na2S03H20 s’oxyde très facilement à l’air et se transforme ep sulfate de soude Na2 SO4 qui n’a aucune propriété réductrice. C’est pour cette raison que vous n’avez pas obtenu la disparition de la tache brune résultant du traitement du papier au permanganate.
- Pour réussir avec facilité il faut se servir de bisulfite Na II SO3 que l’on trouve dans le commeice à l’état liquide chez beaucoup de marchands de couleurs ou à défaut chez les pharmaciens, le bisulfite étant utilisé dans la pratique chirurgicale après stérilisation des mains par une solution de permanganate.
- Bien entendu la solution de "bisulfite doit être de fabrication récente et présenter à l’olEaction une forte odeur d’acide sulfureux.
- M. bauret a Rociiefout. — L’application d’un vernis sur les prrties métalliques polies auxquelles on veut conserver leur brillant présente un inconvénient, c’est qu’au bout d'un certain temps, le vernis fixe lui-même les poussières de l’air, se salit et il devient necessaire de l’enlever, ce qui n’est pas toujours facile, certaines pièces devant être démontées.
- Sous cette réserve, vous pourrez employer un vernis très léger à l’acétate de cellulose dissous par exemple à la dose de 2 à
- 3 pour 100 dans un mélange à parties égales d’acétone et d’acétate d’amyle.
- Le même mélange peut être utilisé plus tard pour l’enlèvement du vernis sur les partres en relief; quant aux creux, on ne pourra les dégager que par immersion ou par flambage.
- M. Poulain a Bosc-Roger. — Nous avons traité longuement dans une précédente réponse (M. Chasseriaux, à Foix) la question des moisissures du papier et la façon d’en faire disparaître les traces lorsque les papiers peuvent être mouillés ; malheureusement pour des aquarelles on ne peut songer à un traitement d’ensemble, il faut alors agir localement par touches successives à l’eau oxy-génée-ammoniacale (cinq à six gouttes seulement par cuillerée à bouche) sur les points tachés. Rincer ensuite de la même façon avec un petit tampon de coton imbibé d’eau distillée. Ce travail demande, bien entendu, du soin et de la patience, si l’on veut réussir.
- 2° Les insecticides liquides du commerce, ainsi que nous l’avons signalé à plusieurs reprises, ne sont le plus souvent autre chose que des macérations de pyrèthre dans le pétrole (50 gr. de poudre environ par litre), le tout additionné d’un parfum quelconque pour masquer l’odeur du pétrole.
- M. Ciiardix a Pantin. — 1° Dans le cas d’une eau séléniteuse, c’est-à-dire chargée en sulfate de chaux, il ne faut pas compter enlever le dépôt formé dans la chaudière autrement que par le piquage, si on peut y pénétrer, ou par écouvillons métalliques pour les chaudières tubulaires.
- Pour les eaux de cette nature il faut épurer avant introduction dans le générateur par addition de carbonate de soude d’après la réaction :
- Ga SO4 + CO3 Na2 = Ca CO3 -f Na2 SO4.
- La chaux du sulfate se trouve ainsi précipitée à l’état de carbonate que l’on fait se déposer dans un appareil à chicanes; le sulfate de soude qui reste en solution est sans inconvénient
- 2° Les croûtes qui se forment dans les piles type Leclanché sont constituées par de l’oxychlorure de zinc; pour les éviter, il suffit de verser à la surface du liquide, une fois la pile montée, une couche très légère d’huile de vaseline.
- Ecole de Saint-Léonard. — Si vos ustensiles de cuisirie en aluminium ont été délérioiés par traitements intensifs à. la soude, il y a eu évidemment perte de substance et nous ne pouvons vous indiquer aucun moyen pratique pour en rapporter. Peut-être et, nous l’espérons, ont-ils seulement pris un aspect rugueux; dans ce cas, il vous suffira de procéder à un repolissage au moyen de cendres de bois, très finement tamisées pour éviter la présence de grains de sable suceptibles de produire des rayures.
- Mme de Revërseaux a Semur. — 1° Lors de l’installation d’un fruitier, il faut se rappeler que les fruits détachés de l’arbre sont encore des êtres vivants, mais à vie ralentie, ils respiient et consomment de l’oxygène, rejettent de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau.
- Il faut donc, chose essentielle, assurer une circulation bien comprise qui amène de l’air sec et entraîne au dehors l’air chargé d’humidité, susceptible de favoriser le développement des moisissures.
- Ceci peut être réalisé en faisant des ouvertures d’un côté de la pièce, par exemple dans le bas d’une porte et d’autres ouvertures du côté opposé, mais à la partie supérieure d’une ou des fenêtres. Ces ouveitures seront munies de glissières permettant de les fermer plus ou moins à volonté.
- La surveillance de l’état hygrométrique de l’air pourra se faire facilement soit d’une façon scientifique avec le psychromètre, soit pratiquement avec un petit hygromètre à corde en boyau du type « Capucins ». L’état hygrométrique de l’air ne devra pas dépasser 65 pour 100 de sa saturation.
- Nr. B. —Les fruits seront, bien entendu, isolés et placés sur des clayons.
- 2° L’eau de pluie recueillie dans des tonneaux peut parfaitement convenir pour la constitution de l’électrolyte des accumulateurs, les quelques algues ou mousses qui peuvent s’y rencontrer sont sans inconvénient, en tout cas une simple filtration sur coton hydrophile logé dans la douille de l’entonnoir suffirait pour les éliminer.
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- QUELQUES PONTS REMARQUABLES
- 1. Le pont en béton armé en construction à Conflans-Fin-d’ Oise.
- Ce pont construit par M. Boussiron
- est en une seule arche -
- de 126 m de portée et 16 m. 60 de flèche.
- (Ph. Keystone View.)
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- 2. Ze projet d’un nouveau pont sur la Tamise, à Londres.
- Ce pont à 2 étage? doit remplacer le pont de ChaiiDg-Cross. Le lrl étage servira au chemin de fer et au métropolitain ; le second aux piétons et aux automobiles.
- '(Ph. International Graphie Press.)
- 3. Le nouveau pont métallique sur iaTyne, a Newcastle. Ce pont, majestueux, a une arche unique de 170 m. d’ouverture.
- (Ph. International Graphie Press.)
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- 4. Le plus haut pont du monde.
- En construction sur le fleuve Colorado (États-Unis).
- Il franchit, le célèbre canon.
- (Ph. International Graphie Press.)
- 5. Le nouveau pont métallique sur l’Elbe, à Hambourg,
- (Ph. International Graphie Press.)
- Le Gérant : G. Masson.
- 97.342. — Paris, lmp. Lahure.
- 1-5-29.
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- N” 2809.
- LA NATURE
- 15 Mai J 929.
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- L'ÉVEIL DE L’INDOCHïRSf'
- VII - URBANISME ET SANATORIA
- Il nous reste à écrire ce dernier chapitre sur l’œuvre accomplie en Indochine par ses administrateurs et ses ingénieurs. Mais, pour que leur tâche apparaisse dans une ampleur qui devrait faire l’admiration de tous les
- « Le plus souvent, note M. Pouyanne dans l’ouvrage déjà cité, la création ou le développement de ces villes s’est fait sans plan d’ensemble, sans prévision des extensions futures, sans songer à satisfaire aux besoins mo-
- Fig. 1. — Le Tam-Dao.
- Station d’altitude du Tonkin à 900 m. (Vue prise en avion.)
- Français, il est indispensable que nous rappelions aux lecteurs les faits suivants :
- La fondation de Saigon ne remonte qu’à 1854; celle de Haïphong, à 1884. A cette dernière date, Pnom-Penh n’était encore qu’un village cambodgien, et l’Indochine ne possédait que deux agglomérations importantes : Cholon et Hanoï. Tous les autres noms de villes qui nous deviennent peu à peu familiers n’étaient, le plus souvent, que des expressions géographiques, alors qu’ils désignent désormais des cités prospères ou des ports florissants.
- dernes de la circulation, de l’hygiène et du développement commercial.... Les faubourgs se sont édifiés trop près des centres dont ils gêneront plus tard l’extension naturelle.... »
- Pour remédier à cet état de choses, la colonie a créé un « service central d’urbanisme » qui, sous le contrôle de l’Inspection générale des Travaux publics, s’occupe activement de ces questions. Ce service procède actuellement à l’aménagement de Dalat, ville dont nous parlerons tout à l’heure, et qu’il s’agissait de construire de toutes pièces. Il poursuit également à Hanoï l’utili-
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- Fig. 2. — L'hôpital de Hué.
- sation de vastes terrains vagues c-ù s’élèvera une ville administrative.
- Si nous passons rapidement en revue les travaux urbains exécutés dans les principales villes de l’Union, nous constatons tout d’abord que Saigon (qui forme une agglomération de plus de 400000 âmes avec ses faubourgs de Cholon et de Giadinh) est alimentée d’eau potable empruntée à une nappe souterraine par des puits et des pompes. Le débit quotidien est de 21 000 m% chiffre que des travaux en cours porteront à 60 000. Une usine d une puissance de 7000 chevaux assure l’éclairage électrique. Les parties basses et malsaines ont été assainies par d’importants travaux de remblais et par un réseau d’égouts assurant l'évacuation des eaux pluviales.
- Eclairée à l’électricité depuis 1895, la ville de Hanoï (plus de 100 000 âmes) emprunte par pompage son eau potable à une nappe que l’on atteint par six puits d’une profondeur de 40 m. Le débit, qui est de plus de 10 000 mJ par 24 heures, sera bientôt augmenté par le forage d’un septième puits.
- Fig. 3. — La maternité de Chaudoc.
- Haïphong (plus de 100 000 âmes) demande son eau potable à une rivière distante de 35 km. Le débit quotidien de 5000 m3 est devenu insuffisant; on achève des études pour l’augmenter dans de fortes proportions. L’éclairage électrique fonctionne depuis 1892. On poursuit dans celte ville de grands travaux d’assainissement.
- Pnom Penh (90 000 âmes) possède une usine] modèle pour sa distribution d’eau, qu’elle puise dans le Mékong, en aval de la ville et du Tonlésap, déversoir des grands lacs cambodgiens. L’eau-brute, prise à 14 m du fond, est refoulée sur des filtres verticaux (système Desru-meaux) d’où elle gagne des citernes couvertes. Des pompes électriques la refoulent alors dans des réservoirs de pression. Une conduite, comportant un siphon métallique long de 600 m pour la traversée du Tonlésap, la livre à la capitale cambodgienne avec un débit journalier de 6000 m3 en moyenne.
- Cette belle ville ne s’est rapidement développée qu’à partir de 1913, quand le Service des Travaux publics commença ses opérations de remblayage. A l’exception de la colline du Pnom, la capitale du Cambodge était inondée chaque année par les crues du Mékong. Il a fallu la défendre au moyen de digues, surélever les quais, combler de vastes cuvettes où les eaux séjournaient sans écoulement possible. Ces travaux sont en voie d’achèvement.
- Yientiane, antique cité plusieurs fois détruite par les Siamois, qui est située sur la rive gauche du Haut Mékong, a été relevée de ses ruines. Devenue depuis 1900 la capitale du Laos, elle prend rapidement des allures de ville moderne. Eclairée à l’électricité, elle possède une distribution d’eau fournie par une nappe souterraine et une station de télégraphie sans fil. Le Service des Travaux publics poursuit son assainissement par le remblayage des mares et parties basses et par la construction d’une digue qui la mettra à l’abri des fortes crues du Mékong.
- Ajoutons que, à l’heure actuelle, la plupart des chefs-lieux de province (principalement en Cochinchine) sont dotés de distribution d’électricité et d’eau potable.
- SANATORJA
- J’ai lu ou entendu fréquemment des critiques formulées à l’égard des stalions d’altitude qui, depuis une vingtaine d’années, ont été installées en Indochine. Ii ne faut pas hésiter à dire que de tels établissements sont d’utilité publique, que les Anglais et les Hollandais nous avaient précédés dans cette voie, et que ces critiques ne sont pas justifiées.
- Dans un pays où le thermomètre s’élève fréquemment à 35 ou 37° la nuit, où sévissent la malaria et autres maladies propres aux régions tropicales, il est indispensable d’offrir aux Européens, qu’ils soient fonctionnaires ou colons, des stations de repos et de « changement d’air ». Jadis, ils devaient chercher le rétablissement de leurs forces dans la lointaine colonie anglaise de Hong-Kong. Désormais, ils ont le choix entre les différentes stations d’altitude organisées par la colonie.
- La plus ancienne de ces stations est celle du Tam-dao, fondée en 1905 au Tonkin sur un plateau élevé de 900 m
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- au-dessus du niveau de la mer. Elle est située à 72 km de Hanoï, ville à laquelle elle est reliée par une bonne route qu’emploie un service d’auto cars. Depuis 1922, elle possède une installation d’éclairage électrique et une distribution d’eau potable. L’administration y a fait
- élever un hôt<-1 de 60 chambres. ___________
- La mieux connue de ces stations est probablement celle de Dalat, située sur le plateau de Langbiari (Annam méridional),
- journée. Sur le plateau, la température moyenne pour l’année est de 18°, avec des nuits où le mercure descend à 5° — fraîcheur appréciée par les colons et fonctionnaires de Gochinchine — voire par les indigènes ! Un service d’auto-cars fonctionnant toute l’année assure la
- à une altitude de 1500 m. Son emplacement fut choisi par le D1' Yersin, après qu’il eut, sur les ordres de M. Paul Doumer, gouverneur général, exploré toute la partie sud de la chaîne annamitique. Le plateau se trouve à moins de 100 km de la côte et à environ 250 km de Saïgon.
- Pendant une quinzaine d’années, Dalat
- Fig. 4. — a) Le théâtre municipal de Hanoï. Tonkin.
- b) Luang-Prabang (Laos).
- Une avenue.
- c) Kep.
- Station balnéaire au Cambodge.
- ne fut qu’une très modeste agglomération de chalets de bois. Ce ne fut qu’en 1916 que, sous l’impulsion du gouverneur général Roume, les travaux d’aménagement furent commencés par la construction d’une route d’accès. Depuis lors, le développement de la ville a marché rapidement, d’après un plan établi par le « Service central d’urbanisme » que nous mentionnions à l’instant.
- On a tracé de larges avenues qui se bordent rapidement de pavillons, d’hôtels, de bâtiments administratifs. Chacune des provinces cochinchinoises et les municipalités de Saïgon et de Gholon y ont fait construire des pavillons indépendants. Un lac artificiel a supprimé des bas-fonds marécageux. Une usine d’éclairage électrique fonctionne; une autre usine distribue de l’eau filtrée.
- Simultanément, on a empierré une route qui permet aux automobiles de se rendre de Saïgon à Dalat en une
- correspondance entre Dalat et le terminus actuel d’une voie ferrée partant de Saïgon ; le trajet prend alors une journée et demie.
- Le Cambodge rie possède son sanatoritim que depuis quelques années. Ce pays n’abonde pas en chaînes de montagnes dépassant l’altitude de 1000 m au-dessus de laquelle le paludisme sévit avec moins d’intensilé On se
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- décida finalement à chercher un emplacement dans le massif de l’Eléphant, situé à 185 km au sud de Pnom-Penh, et où fut choisi le plateau du Bockor, d’une altitude de 1100 m. Les travaux de la route d’accès furent menés rapidement. Cinq pavillons dé bois y constituèrent un hôtel de second ordre; un bel hôtel en ciment armé, dont la terrasse s’avance au ras d’une haute falaise et d’où l’on jouit d’un panorama superbe, fut inauguré en février 1925.
- Cette station, dont la vogue grandit d’année en année, possède maintenant son éclairage électrique et sa distribution d’eau potable. Une ligne téléphonique la relie à Pnom-Penh, à Saïgon, à Kampot, petite ville située au pied de la montagne. Plusieurs services d’auto cars fonctionnent entre Pnom Penh et le Bockor, le trajet aller et retour coûtant 8 piastres.
- Le quatrième des grands sanatoria indoehinois est celui de Chapa, qui fut créé par l’autorité militaire pour les troupes d’occupation du Tonkin et qui, depuis quelques années, s’est agrandi en un sanatorium mixte ouvert à l’élément civil. Il est situé à une altitude de 1500 m, dans les massifs montagneux de la frontière nord-ouest du Tonkin, à 38 km de Lao-kay, ville à laquelle il est relié par une route très pittoresque accessible aux automobiles. Une distribution d’eau potable vient d y être inaugurée ; une usine hydro-électrique lui fournira bientôt l’éclairage. Durant la saison (du 1er juin au 30 septembre), des trains de nuit hebdomadaires circulent
- ...........— LA TÉLÉVISION,
- Le problème de la télévision électrique est, depuis quelques mois, à l’ordre du jour : les uns s’ingénient à le discuter d’une façon purement théorique, faisant abstraction des résultats jusqu’ici acquis et démontrant, suivant leurs préférences personnelles, la possibilité ou l’impossibilité de la chose. Les autres, plus modestes, se contentent de rendre compte des résultats, en s’en tenant à des faits indubitables et sans s’exposer, comme les premiers, au démenti éclatant que les événements ne manqueront pas de leur infliger.
- Les ingénieurs de la Société Baird, de Londres, se trouvent actuellement à Berlin où ils viennent d’installer, à la station de radio-diffusion du Voxhaus, un studio de télévision. Ils s’apprêtent également à aller à Paris donner des démonstrations de leur système, le premier qui ait permis des transmissions de télévision proprement dite, c’est-à-dire de personnes et de scènes animées.
- Le système préconisé par John Logie Baird, ingénieur écossais fixé à Londres, permet à tout amateur de T.S F., disposant d’un récepteur et d’un bon amplificateur, de voir directement, dans un appareil de réception de construction fort simple, tout ce qui, au même instant, se passe devant 1’ « œil électrique » du transmetteur installé au studio. Il ne s’agit, on le voit, ni de la transmission d’images transparentes, ni de la radio-diffusion
- entre Hanoï et Lao-kay, cette dernière ville étant reliée quotidiennement à Chapa par un service automobile subventionné.
- M. Châlel, attaché à l’Agence économique de l’Indochine, où il s’occupe très activement du service de la documentation, et qui a eu la bonté de lire ces articles avant leur impression, m’apprend que l’on a ouvert une station d’altitude dans l’Annam central. Elle est située à Bana, au sommet d un piton, sur les premiers contre-forts de la chaîne annamitique. Partant de Tourane, les villégiaturistes peuvent atteindre Bana en une heure d’automobile et deux heures de chaises à porteurs ou de cheval. La station possède déjà un hôtel très fréquenté durant la saison, et de nombreuses villas se construisent sur le plateau.
- La création d’autres stations d’altitude est envisagée pour l’Annam et le Laos. Il convient d’ajouter que des stations balnéaires ont été aménagées sur différents points de la côte, la plus connue et la plus fréquentée étant celle du Cap-Saint-Jacques, proche de Saïgon.
- Le but principal que nous nous étions proposé dans ces études était de montrer avec quel esprit de suite les Administrateurs de l’Indochine et son corps de Travaux publics ont poursuivi sans relâche l’aménagement de notre belle colonie. Leur œuvre n’est pas encore terminée ; mais les résultats qu’ils ont déjà obtenus doivent leur assurer l’admiration et la reconnaissance de tous les Français. Victor Forbin.
- SYSTÈME BAIRD
- de films de cinéma, mais de la reproduction immédiate, à distance, des événements eux-mêmes. La télévision proprement dite est donc au radio-cinéma ce que la radio-diffusion acoustique immédiate par le microphone est à celle d’un disque de gramophone; ce sont, l’une et l’autre, des méthodes précieuses, mais essentiellement différentes, de communication à distance.
- Les inventions de Baird réalisent la télévision véritable sous les formes et dans les conditions les plus diverses. L’expérience a fait voir que même le procédé le plus simple, celui de la « tache lumineuse », donne des résultats fort satisfaisants et qu’il se prête à des performances bien supérieures à ce qu’on aurait pu supposer sur une base purement théorique. D’après cette méthode, on se sert d’une tache lumineuse d’environ 1 centimètre carré pour explorer les différents éléments de la scène originale, à une vitesse permettant de parcourir le champ visuel tout entier environ 15 fois par seconde.
- Cette tache lumineuse, animée d’un rapide mouvement de va-et-vient, ayant été réfléchie par les divers endroits de la scène ou des personnes placées devant le transmetteur, va frapper une cellule photo-électrique qui engendre un courant électrique d’intensité proportionnelle à l’intensité lumineuse réfléchie. Si, donc, l’endroit exploré est sombre, le courant tombe à une valeur voi-
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- sine de zéro ; si, au contraire, il est bien clair, le courant atteint un maximum : entre ces limites se trouvent les intensités de courant correspondant aux différentes nuances lumineuses.
- Ces impulsions de courant, qui se succèdent rapidement, sont, après amplification suffisante, transmises par câble au transmetteur de T.S.F., où elles vont moduler l’émission d’ondes de la même façon que les courants microphoniques utilisés pour les radio-diffusions acoustiques.
- Les signaux arrivant au récepteur de T.S. F. y sont reçus et amplifiés jusqu’à ce que le circuit d’utilisation soit parcouru par des signaux d’une intensité d’au moins un watt. Le courant du dernier tube amplificateur va ensuite alimenter une lampe au néon d’une construction spéciale ; mais des lampes ordinaires au néon munies d’un miroir concave suffisent déjà à donner des résultats fort satisfaisants. Ces lampes luisent avec une intensité d’autant plus grande que l’intensité de courant les traversant est plus considérable ou que l’élément visuel exploré au même moment à la station d’émission est plus clair.
- Pour explorer, à la station d’émission, les différents éléments de la scène originale — et pour la reconstituer à la station réceptrice — Baird se sert de disques à rotation rapide (disques dits de Nipkow), comportant à la périphérie de petits trous serrés. Ces trous sont disposés en spirale, espacés de façon à permettre au rayon lumineux qui les traverse d’explorer, les uns après les autres, les différents éléments de la scène originale. A la station réceptrice, on trouve également un disque tournant et dont les trous dégagent une section correspondante de la lampe au néon, de façon à reconstituer la scène, c’est-à-dire l’image des personnes et des
- Fig. 1- — Le récepteur de télévision Baird pour réception visuelle jet acoustique combinées.
- Il comporte 2 récepteurs de T. S. F. avec amplificateurs connectés, l’un à un haut-parleur, l’autre à un téléviseur.
- objets placés devant l’œil électrique du transmetteur. Le disque transmetteur tourne à la même vitessè que le disque récepteur (15 tours par seconde).
- Bien que les éléments visuels apparaissent ainsi, dans l’ouverture circulaire du récepteur, non pas simultanément, mais en succession rapide, l’œil, grâce à la persistance des sensations lumineuses, les perçoit en même temps.
- Le moteur actionnant le disque récepteur est ajusté à la main — au moyen d’une résistance intercalée dans le circuit inducteur à une vitesse correspondant à la vitesse de rotation du disque transmetteur.
- On constate cet état de choses grâce au fait que l’image, dans le récepteur, cesse de tourner et s’arrête presque complètement. C’est à ce moment qu’un dispositif purement automatique entre en jeu et assure l’immobilité parfaite de l’image.
- Point n’est besoin, pour obtenir cette synchronisation, d’un courant signal ou de contrôle, ni de tubes ou de diapasons spéciaux, lesquels nè laisseraient pas que de compliquer le maniement du récepteur, en empêchant les profanes de s’en servir.
- L’image, dans le récepteur, est, à la vérité, de dimensions modestes (25 X 50 pour le petit appareil et 38x57 mm pour l’appareil plus grand) ; mais une lentille disposée devant l’ouverture d’inspection fournit un agrandissement linéaire de 2,5 fois.
- L’expérience a fait voir que la décomposi-
- Fig. 2. — Le récepteur de télévision. Baird grand modèle.
- L’inventeur (M. John L. Baird. debout) fait la démonstration de son appareil à notre collaborateur M. A. Gradenwitz.
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- Fig. 3.
- Le studio de télévision du laboratoire Baird à Londres.
- Lé studio est entièrement garni de cuivre et mis ainsi à l'abri des interférences électriques.
- tion en éléments visuels n’a aucunement besoin d’être très fine ; même un nombre relativement restreint — 30 lignes chacune de 120 à 150 éléments — donne des images très finement détaillées et d’une grande précision. Lors de la transmission par télévision d’une personne dont la tête et les épaules sont visibles, on distingue clairement non seulement les contours des doigts, mais encore ceux des ongles.
- En combinant la télévision avec la reproduction, par le haut-parleur, de la voix, on ajoute beaucoup à l’illusion ; au lieu d’une photographie nécessairement plate, on est en face d’une reproduction remarquablement fidèle de la réalité immédiate et d’un effet presque plastique.
- D’autre part, j’ai vu à Londres, à la fin de l’année dernière, des reproductions à champ de vision un peu plus grand : une ou deux personnes simultanément visibles (aux' deux tiers de leur taille), puis un match de boxe et enfin des scènes tout entières, avec le concours de six personnes.
- Ces scènes permettaient d’apercevoir les artistes dans leur taille tout entière, avec, malgré leur petitesse, toutes les nuances et nullement comme de simples silhouettes.
- Enfin, on m’a fait la démonstration de têtes agrandies 6 à 10 fois et projetées sur l’écran.
- M. Baird a, du reste, à son actif toute une série d’inventions spéciales qui permettront de développer ultérieurement la télévision, la télévision stéréoscopique et c elle en couleurs naturelles, la télévision à la lumière du jour et la télévision par rayons invisibles, infra-rouges ou de chaleur Un autre dispositif fort intéressant permet d’enregistrer la scène originale sur un disque de gra-mophone et de la reproduire n’importe quand et n’im-porle où. Plusieurs autres systèmes de télévision sont actuellement en voie de réalisation ou d’étude aux Etats-Unis, en France, en Allemagne.
- Le Dl Baird semble être le premier qui ait abouti à un résultat pratique.
- Dès maintenant, il a de nombreux émules; cette rivalité ardente ne peut que provoquer le progrès; et il n’est pas interdit d’espérer que, dans un avenir prochain, la télé vision offrira au public des moyens de communication, d’instruction, de distraction, d’une richesse peut-être égale à celle de la T. S. F. et du cinéma.
- Toutefois, il ne faut pas se dissimuler que pour l’instant, elle ne permet de transmettre que des scènes soumises à des conditions très spéciales de pose et d’éclairage. Alfred Gbadenwitz,
- Docteur ès sciences.
- Fig. 4. — Les lampes d’émission du transmetteur de télévision au laboratoire Baird.
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- UN SINGE D'APPARENCE ANTHROPOÏDE
- EN AMÉRIQUE DU SUD
- A la séance cia 11 mars dernier de VAcadémie des Sciences, M. le Dr George Montandon a présenté la note suivante :
- « Depuis quelques années, nous disposons du document présenté aujourd’hui; nous le devons à M. François de Loys, qui passa plus de trois années, de 1917 à 1920, au Vénézuéla, en qualité de géologue. M. de Loys eut l’occasion, durant une longue expédition dans les forêts vierges du haut cours du rio Catalumbo, tributaire occidental de la lagune de Maracaïbo, de tuer un grand singe inconnu.
- Le fait se passa exactement sur un affluent de gauche du cours supérieur du rio Tarra, lui-même affluent de droite du rio Catatumbo, et voici dans quelles circonstances.
- « M. de Loys se trouvait au campement, sur une berge à un coude de la rivière. Il entendit du bruit dans les arbres et fit quelques pas en avant. 11 fut alors frappé d’entendre que le bruit ne venait pas du faîte, comme c’était toujours le cas lorsqu’il s’agissait des singes -araignées, ainsi qu’on appelle les singes atèles et brachytèle de la forêt américaine. Tout à coup, il voit s’avancer deux êtres qu’il prend d’abord pour des ours.
- Ses compagnons et lui sautent sur leurs carabines prêts à recevoir le couple.
- Les deux animaux continuent à avancer et cela dans un état de furie extrême, criant, gesticulant, cassant des branches et les maniant comme des armes, excré-mentant enfin dans leurs mains et jetant ces excréments contre les hommes.
- Le mâle, qui était en avant, laissa passer la femelle, de sorte que c’était celle-ci qui s’avançait la première quand le feu de salve des hommes la cloua sur place; le mâle se retira alors et ne se montra plus.
- La bête tuée fut transportée sur la berge et aussitôt photographiée. Il est à remarquer qu’elle représentait, non pas peut-être pour les Indiens Motilones sur le territoire desquels l’événement se passait, mais bien pour les compagnons créoles du chef de l’expédition, une apparition tout à fait nouvelle.
- « Le singe est assis sur une caisse contenant des récipients d’essence. Selon M. Cintract, photographe, qui en juge d’après le nombre des planchettes composant la paroi en hauteur, la caisse aurait une hauteur de 0 m 50 environ et la bête une stature de 1 m. 50 à 1 m 60 (‘j. D’autre part, les caisses standardisées d’essence ont 0 m. 45 de hauteur, et la bête étant d’une stature de 3 fois 1/3 la hauteur de la caisse, cela implique une stature de 1 m. 50. Cependant, l’heureux chasseur l’avait mesurée et avait trouvé, d’après ses souvenirs, 4 pieds et 5 pouces, soit, en pieds anglais, 1 m. 35, ce qui donnerait à la caisse une hauteur de 0 m. 41 seulement. Cette stature de 1 m. 35
- doit donc être considérée comme un minimum et il faut noter que la bêle que nous avons devant nous est une femelle.
- « Si l’on part de celte stalure minimum de 1 m. 35, cela donne comme stature assise — au-dessus de la caisse — 0 m. 75, stature dépassant celle de toutes les espèces connues, le brachytèle pouvant atteindre, d’après Daniel G. El-liot, du sommet de la tête à la base de l’appendice caudal, 0m 61, l’atèle coaita, selon Brehru, 0 m. 65.
- « Mais le brachy-tèle et les atèles ont des membres extrêmement déliés qui leur ont valu leur surnom de singes-araignées, tandis que le sujet en question a un torse et des membres développés en proportion de la stature.
- D’après la robustesse des membres, il se rapprocherait le plus du brachytèle; il doit cependant en être séparé, le brachytèle ayant une toison laineuse, tandis que notre sujet est couvert de poils. C’est donc aux atèles qu’il ressemblerait le plus, tout en étant moins poilu et moins élancé qu’eux et notablement plus grand que le plus grand d’entre eux.
- « D’après M. de Loys, le singe aurait été sans appendice caudal et aurait eu 32 dents (le crâne se disloqua à la longue elles fragments en furent perdus). Comme elles ne se laissent pas contrôler par la photographie, on ne
- 1. M. 'de Loys, ayant retrouvé ses notes de l’époque, nous communique que la bête mesurait 1 m. 57, que d’autre part le mâle ne paraissait pas plus grand que la femelle.
- Fis;. 1. — IJ Amer-anthropoïdes Loysi.
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- tiendra pas compte momentanément de ces deux données. Par contre, le faciès du singe est nettement humanoïde, plus que celui d’aucun des anthropoïdés de l’Ancien Monde.
- « Par ailleurs, même si l’on considère le nouveau sujet comme un anthropoïdé, c’est un anthropoïdé platyrhi-nien de par ses narines écartées et de par le moignon du pouce que l’on constate aux mains antérieures. Si l’on veut faire un rapprochement avec les anthropoïdés de l’Ancien Monde, son corps ressemble le plus à celui du gibbon, et ses membres le plus à ceux de l’orang-outang, qui a, parmi les anthropoïdés de l’Ancien Monde, le pouce le plus réduit.
- « L’existence d’une nouvelle et grande espèce simienne, d’apparence anthropoïde, mais tout de même platyrhi-nienne, justifie le maintien de la division des singes en deux sous-ordres, catarhiniens et platyrhiniens. Réservant la possibilité que nous nous trouvions en présence d’une nouvelle espèce du genre Ateles, nouvelle espèce géante, nous introduisons dans le sous-ordre des platyrhiniens une nouvelle famille, celle des Amer-anthro-poidse, comprenant un seul genre, le genre Amer-anthropoides, comprenant actuellement une seule espèce, à laquelle nous donnons le nom de Amer-anthropoides Loysi. »
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- M. Montandon a bien voulu ajouter, pour La Nature, les remarques suivantes sur l'appui que sa théorie del’olo-gênisme (*) trouve dans le fait de Vexistence d’un singe anthropoïde en Amérique.
- 1. La Nature, n° 2799, 15 décembre 1928, p. 570. Un mémoire plus étendu sur le nouveau singe anthropoïde américain paraîtra prochainement dans le Journal de la Société des Américanistes de Paris.
- « Nous avons affaire, à notre sens, à un cas de parallélisme. Le fait nouveau démontre que l’Amérique a produit ses anthropoïdés, comme l’Asie et l’Afrique les leurs. Mais on sait que l’Amérique était jusqu’ici exclue de l’étendue terrestre où se serait élaboré l’arbre complet des primates ; en effet, au-dessus des singes platyrhiniens, on ne trouvait dans le Nouveau Monde que l’homme, et l’on admettait que l’arbre des primates s’y était tôt arrêté dans son évolution, tandis que plus tard — bien plus tard — ce continent avait été envahi de l’extérieur par l’homme. On allait même plus loin. Un des arguments invoqués pour assigner au centre de l’Asie le rôle de berceau de l’humanité était la disposition géographique des singes anthropoïdes à la périphérie de l’Ancien Monde (chimpanzé et gorille sur la côte de Guinée, gibbon et orang en Insulinde), comme s’ils y avaient été chassés par les vagues concentriques successives de leurs successeurs nés dans le berceau central asiatique.
- « La découverte d’un singe anthropoïde proprement américain — s’il en existe une espèce actuelle, il en fut certainement d’autres préhistoriques — contredit ces manières de voir. Elle tend à prouver non pas l’authenticité de chaque trouvaille d’espèce intermédiaire préhistorique en Amérique, mais la légitimité de principe de leur authenticité, à l’encontre de la thèse qui prétendait les maintenir toutes en suspicion, sans discernement. On est donc peut-être en droit d’élargir les conclusions directes du-fait nouveau et de l’utiliser comme soutien de la vraisemblance de la théorie ologéniste selon laquelle les anthropoïdés, comme les hominidés, comme les hominiens, comme l’homme lui-même, ont vu le jour sur toute l’étendue de la Terre. »
- D1 George Montandon.
- LES MACHINES FRIGORIFIQUES
- DU TYPE DOMESTIQUE
- L’idée d’étudier et de réaliser pour les usages domestiques de petites machines frigorifiques marchant automatiquement a pris naissance vers 1912, mais ce n’est qu’après la guerre que la mise au point de ces machines fut achevée.
- Le mouvement est venu des Etats-Unis, pays qui comprend de vastes régions à climat chaud. Le meuble frigorifique autonome y répond à un véritable besoin des ménages, surtout depuis le moment où les boissons glacées se sont substituées aux boissons alcooliques. Aujourd’hui, les machines frigorifiques domestiques se fabriquent aux États-Unis en grandes séries comme les automobiles.
- Vers 1923 apparurent sur le marché français des groupes frigorifiques comprenant un meuble et le mécanisme destiné à le refroidir; les demandes de ces « armoires frigorifiques » furent assez nombreuses pour provoquer leur production en série et un certain abais-
- sement des prix : une nouvelle branche de l’industrie frigorifique était née.
- Cette nouvelle branche, qui fut d’abord l’apanage de quelques maisons, ne tarda pas à tenter d’autres constructeurs, et l’on trouve actuellement sur le marché de petites machines frigorifiques de types nombreux et variés.
- Cette variété est souvent une cause d’embarras pour le public qui, parmi les nombreux modèles offerts, ne sait pas toujours distinguer ceux qui conviennent le mieux à ses besoins.
- La présente étude a pour but d’aider dans une certaine mesure les acheteurs à fixer leur choix en leur faisant connaître les caractères généraux de ces machines, les points sur lesquels ils devront particulièrement porter leur attention, et en décrivant avec quelques détails un certain nombre de machines de types divers. L’étude comprendra donc deux parties : I.) caractères généraux
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- des machines et conditions d’installation; II.) descriptions de quelques machines.
- CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES MACHINES FRIGORIFIQUES DU TYPE DOMESTIQUE ET CONDITIONS D’INSTALLATION
- Rappelons tout d’abord que la production du froid repose sur l’absorption de chaleur qui accompagne l’évaporation des liquides.
- Cette évaporation, qui s’accomplit dans une enceinte fermée, s’arrêterait rapidement si les vapeurs produites n’étaient enlevées au fur et à mesure de leur formation. On peut enlever ces vapeurs en les aspirant au moyen d’une sorte de pompe^appelée compresseur, ou en les faisant dissoudre dans l’eau si elles sont très solubles, d’où deux classes de machines : machines à compression, machines à absorption.
- 1° Machines à compression. — Dans ces machines les vapeurs formées dans l’évaporateur ou réfrigérant, sont aspirées par le compresseur qui les refoule dans le condenseur où elles se liquéfient. Le liquide formé dans le condenseur revient, à travers un robinet de détente, dans l’évaporateur où il se vaporise à nouveau, et le cycle recommence.
- Le compresseur est commandé par un moteur électrique que l’on branche sur le courant d’éclairage. Son fonctionnement est réglé automatiquement d’après la température intérieure de l’armoire frigorifique : quand cette température dépasse une limite fixée, le compresseur se met en marche; quand elle a suffisamment baissé, le compresseur s’arrête.
- Le condenseur peut être refroidi par air ou par e$u. Dans le cas du refroidissement par air, le moteur qui commande le compresseur actionne en même temps un ventilateur qui provoque un courant d’air sur le condenseur. 1
- Le refroidissement par air est simple et facile à installer et convient particulièrement aux machines de faible puissance frigorifique. Quand la puissance frigorifique augmente, les dimensions du condenseur s’accroissent rapidement et le refroidissement par eau convient mieux.
- Fig. 2. — Schéma théorique d’une machine frigorifique à absorption-
- bouilleur
- condenseur
- solution pauvt
- solution riche
- robinet de détente
- solution pauvre
- solution riche
- pompe
- absorbeur
- Compresseur
- Condenseur
- liquide
- robinet de détente
- Fig. 1. — Schéma théorique d’une machine frigorifique à compression.
- L’arrivée de l’eau peut être réglée par un robinet que l’on ouvre plus ou moins suivant la saison et suivant la température de l’eau; il faut dans ce cas que l’appareil frigorifique soit muni d’un dispositif de sécurité arrêtant le moteur en cas de manque d’eau et le remettant en marche quand l’eau revient en quantité suffisante. L’arrivée de l’eau est souvent réglée automatiquement par la pression du condenseur.
- Le réfrigérant peut être constitué par un récipient contenant du fluide frigorigène jusqu’à un certain niveau que l’on maintient constant par le fonctionnement de l’appa-pareil. Ce niveau constant est réglé par un robinet à flotteur. Grâce à la grande quantité de fluide frigorigène contenu dans le réfrigérant, l’air de l’armoire se refroidit directement en passant sur le réfrigérant ; il s’établit une circulation continue, l’air froid descendant et étant remplacé par de l’air qui s’est réchauffé au contact des denrées renfermées dans l’armoire. Ce système, appelé fl ci ode d system, exige un moteur électrique capable d’une forte surcharge et ayant un fort couple de démarrage.
- • Le réfrigérant peut aussi comporter un récipient contenant une saumure refroidie par un serpentin dans lequel s’évapore le fluide frigorigène. Dans ce système (à gaz sec) la quantité de fluide frigorigène est moins considérable que dans le précédent : le froid produit par l'évaporation du fluide se transmet rapidement à la saumure qui constitue un volant de froid. .La circulation de l’air s’établit de la même façon que tout à l’heure. Le robinet régleur est contrôlé par la pression du condenseur.
- 2° Machines à absorption. — Les machines à absorption comprennent un bouilleur contenant une solution de gaz ammoniac, un condenseur, un évaporateur et un absorbeur.
- Quand on chauffe le bouilleur par un moyen quelconque, le gaz ammoniac se dégage et se rend dans le condenseur refroidi par un courant d’eau. Il s’y liquéfie et le liquide formé s’écoule dans l’évaporateur où il se vaporise en absorbant de la chaleur et par suite en produisant du froid. Les vapeurs formées viennent se dissoudre dans l’absorbeur contenant de l’eau; la solution formée rentre dans le bouilleur et le cycle recommence.
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- Fig 3. — Appareil Frigidaire à condensation par air. Schéma de fonctionnement.
- Dans ce dispositif schématique 3a pression qui règne dans l’absorbeur est nécessairement inférieure à celle qui règne dans le bouilleur.
- Dans les machines à absorption du type industriel, le passage de la solution ammoniacale de l’absorbeur dans le bouilleur est provoqué par une pompe; dans les machines du type domestique, grâce à d’ingénieux artifices, il n’y a aucun organe en mouvement et les appareils fonctionnent, comme nous le verrons, par simple chauffage du bouilleur. Ce chauffage peut d’ailleurs être réglé automatiquement.
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- Suivant l’usage auquel elles sont destinées, la puissance frigorifique des machines est plus ou moins élevée. Pour les machines de ménage, les seules dont nous nous occupons ici, il suffit de 100 à 300 frigories-heure et la durée de fonctionnement peut varier de 4 à 5 heures par jour suivant la saison et suivant le service demandé. Par exemple, si l’on veut fabriquer une certaine quantité de glace, il faudra faire fonctionner le compresseur plus longtemps que pour la simple conservation des denrées.
- La puissance du moteur actionnant une machine frigorifique de ménage est généralement de 1/8 à 1/2 ch et la consommation d’énergie électrique peut varier de 165 à 400 watts-heure environ. La consommation des machines à absorption, qui ne comportent pas de moteur, mais un organe de chauffage, est comprise entre les mêmes limites; le chauffage de ces machines par le gaz est généralement plus économique que par l’électricité.
- D’une façon générale, la consommation d’une machine sera d’autant moins élevée que le froid produit sera mieux conservé, c’est-à-dire que l’isolation des parois de l’armoire sera plus efficace.
- Les considérations qui précèdent permettent de se rendre compte des principaux points sur lesquels l’acheteur devra porter son attention pour arrêter son choix.
- Il conviendra tout d’abord d’examiner les conditions dans lesquelles la machine devra fonctionner. Si l’on dispose du courant électrique, on pourra installer indifféremment une machine à compression ou une machine à absorption ; dans le cas contraire, c’est cette dernière qui s’imposera. Suivant les circonstances, il faudra installer une machine pourvue d’un condenseur à air ou d’un condenseur à eau. Il sera souvent possible d’adopter indifféremment 1 un ou 1 autre de ces condenseurs, mais si la machine doit fonctionner dans une cuisine où la température est assez élevée, le refroidissement du condenseur sera mieux assuré par l’eau.
- La machine devra avoir une puissance frigorifique suffisante pour le service auquel elle est destinée ; mais cette puissance ne devra pas être trop forte, ce qui augmenterait inutilement la consommation de gaz ou de courant électrique. Il sera donc utile de pouvoir se rendre compte approximativement de la puissance frigorifique nécessaire; ce renseignement peut être donné par les constructeurs en leur fournissant des indications précises sur le service à assurer (l).
- La consommation de la machine en gaz ou en électricité doit également entrer en ligne de compte, ainsi que sa consommation d’eau, si elle est munie d’un condenseur à eau-
- Il convient aussi de s’assurer que l’isolation du meuble est suffisante (5 à 10 centimètres d’épaisseur de liège en plaques).
- 1. Pour une machine fonctionnant dans les conditions suivantes :
- Température extérieure 15°, température intérieure 3U.
- SurEace extérieure de l’armoire : 5 mètres carrés.
- Production de glace par jour : 4 kg.
- Introduction de denrées : 5 kg par jour,
- on peut compter qu’il faut 1200 frigories par jour.
- Si la machine fonctionne 4 heures par jour, .
- il faudra qu’elle ait une 4‘ ~ APParetl Frigidaire.
- puissance frigorifique de ircu a IOD e air au*;our d un élé-300 frigories-heure. Il lui ment réfrigérant,
- suffira de 200 frigories-heure si elle fonctionne 6 heures par jour.
- Pour une machine] fonctionnant dans les mêmes conditions de température, mais ayant une surface extérieure de 3 mètres carrés, produisant 2 kg de glace par jour et dans laquelle on introduit 3 kg de denrées par jour, il faudra environ 700 frigories par jour. Une machine de 120 frigories-heure, fonctionnant 6 heures par jour, sera suffisante.
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- La machine devra avoir un fonctionnement sûr et régulier et maintenir une température constante à l’intérieur du meuble ; elle devra être facile à conduire et fonctionner sans bruit. Dans certains cas, la place dont on dispose est très restreinte et il sera intéressant d’avoir une machine d’un encombrement aussi réduit que possible.
- Enfin, la question du prix d’achat est un élément que chacun est à même d’apprécier et de mettre en balance avec les résultats à obtenir.
- DESCRIPTION DE QUELQUES MACHINES
- A. Machines a compression. — Ces machines sont les plus répandues et il en existe de nombreux modèles. Nous les diviserons en deux groupes :
- idr groupe. Machines dans lesquelles le compresseur est apparent : Frigidaire, Kelvinator, etc...
- 2e groupe. Machines dans lesquelles le compresseur est contenu dans une enceinte hermétiquement close : Frigorigène, Autofrigor, Frigéco-Thomson, etc... Dans ces deux derniers appareils, le moteur est lui-même enfermé dans l’enceinte, de sorte qu’aucun organe en mouvement n’est visible.
- Nous allons décrire quelques appareils de ces deux groupes.
- a) Appareils à compresseur extérieur. —
- 1° Appareil Frigidaire. — Le fluide frigorigène utilisé dans le Frigidaire est l’anhydride sulfureux. L’appareil comporte un compresseur, un réfrigérant et un condenseur à air ou à eau. Le compresseur est commandé par un moteur électrique au moyen d’une courroie sans fin ayant une section en V. Le circuit alimentant le moteur est ouvert ou fermé automatiquement par un contacteur spécial actionné par la pression de l’anhydride sulfureux dans l’élément réfrigérant. La figure 3 représente un appareil à condensation par air.
- Les différents organes sont logés dans une armoire contenant les denrées à refroidir : le compresseur et le condenseur sont placés à la partie inférieure et l’élément réfrigérant à la partie supérieure. L’air se refroidit au contact de cet élément et descend dans la partie médiane où il refroidit les denrées; il se réchauffe au contact de
- celles-ci et remonte à la partie supérieure où il se refroidit de nouveau en rencontrant l’élément réfrigérant. La circulation de l’air autour d’un élément réfrigérant est indiquée sur la figure 4. L’élément réfrigérant est rempli d’anhydride sulfureux liquide jusqu’à un certain niveau, qui est maintenu constant par le fonctionnement de l’appareil.
- L’anhydride sulfureux liquide entre en ébullition à la température de
- Fig. 5. — Appareil Kelvinator.
- Groupe moteur, compresseur, condenseur.
- —10°C sous la pression atmosphérique. Supposons le compresseur arrêté et l’élément réfrigérant rempli à son niveau constant; l’anhydride sulfureux se mettra à bouillir en empruntant à l’air, et par suite aux denrées à refroidir, la chaleur nécessaire à son ébullition.
- Au fur et à mesure que la vapeur formée s’accumule au-dessus du liquide, sa pression augmente et l’ébullition s’arrêterait quand cette pression serait supérieure à la tension maxima de l’anhydride sulfureux à la température du réfrigérant si le compresseur n’était mis en marche. Mais quand la pression atteint 1 kg. 460 par centimètre carré, ce qui correspond à une température de—2°C environ pour le liquide en ébullition, elle se transmet par l’intermédiaire du tuyau d’aspiration au soufflet du contacteur, qui ferme le circuit du moteur électrique actionnant le compresseur. Celui-ci se met en mouvement et aspire les vapeurs d’anhydride sulfureux accumulées au-dessus du liquide et celles qui continuent de se former. La pression dans le réfrigérant baisse et la température diminue. Quand la température s’est suffisamment abaissée, la pression n’est plus suffisante pour maintenir le circuit du moteur fermé ; le circuit s’ouvre et le moteur s’arrête. On voit donc que le compresseur se met en marche et s’arrête automatiquement suivant la pression dans le réfrigérant et, par suite, suivant la température.
- Le compresseur est du type vertical avec carter fermé, à bain d’huile. L’anhydride sulfureux, qui s’est évaporé dans l’élément réfrigérant, est aspiré dans le carter, puis refoulé dans le condenseur. Celui-ci se compose de deux serpentins refroidis par un courant d’air produit par un ventilateur actionné par le moteur du compresseur; l’anhydride sulfureux s’y liquéfie par compression et refroidissement. Grâce à la pression qui règne dans le condenseur, l’anhydride sulfureux liquide remonte dans l’élément réfrigérant où il est introduit par un régleur à pointeau commandé par un flotteur. Quand, par suite de l’évaporation, le niveau du liquide dans le réfrigérant s’est suffisamment abaissé, le flotteur ouvre le régleur à pointeau, qüi'iaisse pénétrer une nouvelle
- Fig. 6. — Appareil Kelvinator. Réfrigérant.
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- Fig. 7. — Armoire de l’appareil Kelvinator.
- quantité de liquide ; c’est ainsi que le niveau de celui-ci se maintient constant dans le réfrigérant.
- L’appareil à condensation par eau fonctionne d’une manière analogue, mais le condenseur est constitué par un réservoir fermé dans lequel est placé un serpentin parcouru par un courant d’eau. L’arrivée de l’eau dans ce serpentin est commandée automatiquement par la pression du condenseur ; l’appareil est donc entièrement automatique.
- Dans les deux appareils, les organes en mouvement (compresseur, moteur, ventilateur) sont renfermés dans un compartiment dont les parois sont revêtues intérieurement de feutre amianté ; le moteur repose sur des amortisseurs en caoutchouc, et l’ensemble des organes est suspendu par des ressorts qui amortissent les vibrations. On obtient ainsi un fonctionnement parfaitement silencieux.
- Les appareils sont réglés de manière que la température du réfrigérant soit d’environ — Gft. La température dans l’armoire se maintient à 3° ou 5° au-dessus de zéro et convient parfaitement à la conservation des denrées, l’air intérieur étant parfaitement sec. En passant sur le réfrigérant, il se débarrasse en effet de son humidité, qui se condense et se dépose sur le réfrigérant sous forme de givre.
- La température du réfrigérant permet de congeler de l’eau et, par suite, de fabriquer de la glace. L’eau à congeler est placée dans de petits tiroirs munis de sépa-
- rations permettant d’obtenir de petits cubes de glace. Ces tiroirs sont entourés par les tuyaux du réfrigérant (fig. 4).
- Les appareils Frigidaire se font en différentes tailles.
- Avec l’appareil D7 on peut fabriquer environ 3 kg. 500 de glace à la fois. Sa puissance frigorifique est d’environ 160 frigories-heure. Il est commandé par un moteur de 1/6 de ch et sa consommation horaire est de 200 à 250 watts.
- Les appareils plus importants (moteurs de 1/3 de ch à 1 ch) peuvent être utilisés à la fabrication de la glace en mouleaux, à la préparation de la crème glacée, au refroidissement des locaux, etc.
- On réalise également des installations comportant plusieurs armoires placées dans différentes pièces d’un même immeuble et desservies par un même compresseur.
- 2° Appareil Kelvinator. — Cet appareil utilise, comme le précédent, l’anhydride sulfureux pour produire le froid. Les organes producteurs de froid sont logés à l’intérieur d’un meuble analogue au Frigidaire.
- Ces organes sont :
- a) un groupe moteur-compresseur-condenseur placé à la partie inférieure du meuble (fig. 5) ;
- b) un élément réfrigérant placé à la partie supérieure (fig. 6). L’air circule autour de ce réfrigérant, se refroidit et refroidit ensuite les denrées à conserver.
- Le réfrigérant contient une saumure incongelable qui est refroidie par un serpentin dans lequel s’évapore l’anhydride sulfureux. Cette saumure constitue un volant de froid qui permet de conserver à l’intérieur du meuble une température convenable pendant un certain temps sans faire fonctionner le compresseur. L’anhydride sulfureux qui s’évapore dans le serpentin du réfrigérant est aspiré par le compresseur, refoulé dans le condenseur où il se liquéfie et d’où il revient au réfrigérant pour recommencer le même cycle.
- Le compresseur est du type vertical avec carter à bain d’huile. Le condenseur est refroidi par un courant d’air produit par un ventilateur.
- Le mouvement du moteur électrique qui actionne le
- Fig. 8 — Appareil frigorigène Audiffren-Singriia.
- Couvercle
- Réfrigérant
- Carter
- F-LiqüidèF.
- ''réfrigérant.
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- compresseur et le ventilateur est contrôlé par un régulateur thermostatique placé au-dessus du réfrigérant. Quand la température intérieure du meuble atteint un maximum d’environ 7°C, le régulateur établit un contact qui ferme le circuit du moteur et celui-ci se met en marche ; quand la température s’est abaissée à 3°G le régulateur rompt le contact et le moteur s’arrête.
- Dans l’élément réfrigérant la température s’abaisse jusqu’à environ 6° au-dessous de zéro et le froid produit est utilisé pour fabriquer de la glace en petits cubes dans des tiroirs aménagés à cet effet dans le corps même de l’élément réfrigérant. Suivant les modèles on peut produire à la fois de 1 kg. 750 à 6 kg de glace.
- En passant sur le réfrigérant, l’air se dessèche en même temps qu’il se refroidit et réunit les conditions requises pour assurer une bonne conservation des denrées.
- Les appareils comportent différents modèles. La figure 7 représente le modèle n° 273 avec lequel on peut fabriquer 1 kg. 750 de glace à la fois. Sa puissance frigorifique est d’environ
- Fig. 10. — V Auiofrigor. Mécanisme de la machine.
- Fig. 9. — Armoire'frigorigènc AudiffrenSingrün.
- Eay de refroidissent?
- Eau de refroidissent P
- Chemise y' d'eau
- Evaporateur
- Réfrigérant
- 150 frigories-heure. Il est actionné par un moteur de 1/6 de ch consommant 165 watts à l’heure.
- Pour assurer une bonne conservation des denrées la durée de fonctionnement du compresseur doit être d’environ 4 heures par période de 24 heures, ce qui correspond à une dépense de 660 watts-heure, dépense tout à fait négligeable eu égard à l'importance des résultats obtenus.
- Les organes mobiles sont installés de manière qu’ils fonctionnent sans bruit.
- Plusieurs appareils peuvent être placés dans différentes pièces et être desservis par un même compresseur de manière à assurer une véritable distribution de froid (froid central).
- b) Appareils à compresseur en enceinte close. — Dans ces appareils le compresseur est enfermé dans une enceinte hermétiquement close; ils peuvent à leur tour se subdiviser en deux catégories : ceux dans lesquels l’enceinte est animée d’un mouvement de rotation, comme le Frigorigène et ses nombreuses imitations, et ceux dans lesquels l’enceinte est fixe, comme l’Autofrigor, le Fri-géco-Thomson.
- Le Frigorigène A.-S. — Le frigorigène AudiffrenSingrün a été inventé il y a une vingtaine d’années, par l’abbé Audiffren; il est donc bien antérieur à la plupart des appareils frigorifiques domestiques et peut d’ailleurs être utilisé pour réaliser de petites installations frigorifiques allant jusqu’à 6000 frigories-heure. Il se construit pour des puissances frigorifiques variant de 300 à 6000 frigories-heure. Il fonctionne à l’anhydride sulfureux.
- Il comporte deux capacités sphériques réunies par un arbre creux dont l’une constitue le réfrigérant et l’autre le condenseur (fig. 8).
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- Dans le condenseur est installé le mécanisme de la compression commandé par une poulie extérieure fixée sur le prolongement de l’arbre creux.
- Le compresseur est constitué par un cylindre oscillant sur deux tourillons qui s’engagent dans les parois d’un carter suspendu librement à l’arbre et rempli d’huile.
- Ce compresseur est muni d’un piston massif, sans segments, commandé par un coude de l’arbre.
- Le carter est lesté par une masse de plomb qui le maintient constamment dans la position verticale.
- Quand on imprime à la poulie un mouvement de rotation, les deux réservoirs, condenseur et réfrigérant, tournent à la même vitesse et le piston, grâce au coude de
- Fig. 12. — Armoire Autofrigor.
- l’arbre, prend un mouvement de va-et-vient. Mais le carter, qui est librement suspendu à l’arbre, ne participe pas au mouvement.
- Par l’intermédiaire de l’arbre creux et de lumières percées dans l’une des parois du carter, le piston aspire dans le réfrigérant les vapeurs d’anhydride sulfureux et les refoule par d’autres lumières (invisibles sur la figure) dans le condenseur à travers l’huile du carter. Les lumières sont alternativement couvertes et découvertes par le mouvement oscillatoire du cylindre.
- . L’anhydride sulfureux gazeux se liquéfie dans le condenseur qui est refroidi par un réservoir rempli d’eau. L’anhydride sulfureux liquide est projeté vers la périphérie par la force centrifuge et revient au réfrigérant par un tuyau logé dans l’arbre creux, contre la paroi du condenseur, et participant au mouvement de ^rotation. Le mouvement du liquide dans le tuyau est provoqué par la différence de pression entre le condenseur et le réfrigérant.
- L’huile du carter s’écoule constamment par un orifice placé à la partie inférieure de ce carter, après avoir lubrifié les organes en mouvement. Dans le condenseur cette huile est projetée comme l’anhydride sulfureux vers les parois du condenseur, mais les deux liquides se séparent par différence de densité. L’huile est ramenée vers le carter par une raclette.
- Le compresseur cesse de fonctionner si le contrepoids du carter est entraîné dans le mouvement de rotation, ce qui se produit quand la pression dans le condenseur atteint une certaine valeur fixée par le constructeur. Le contrepoids, calculé pour être entraîné quand la pression atteint cette valeur, constitue donc un organe de sûreté.
- Le froid produit au réfrigérant peut être utilisé de différentes manières.
- Par exemple, en faisant tourner ce réfrigérant dans un récipient contenant de l’eau, il se recouvre rapidement d’une couche de glace. Cette glace, qui se détache facilement du réfrigérant, est parfaitement transparente, même si l’eau employée était boueuse, savonneuse ou chargée de matières colorantes.
- Le Frigorigène peut être utilisé au refroidissement de meubles destinés à la conservation des denrées.
- Avec le Frigorigène de 300 frigories-heure, on construit une armoire frigoiifique renfermant à sa partie supérieure l’appareil et le moteur électrique qui le commande. Le réfrigérant tourne dans un bac à saumure qui occupe la partie médiane de l’armoire sur presque toute sa hauteur; la rotation du réfrigérant provoque une circulation lente de la saumure dans le bac. La température de cette saumure est d’environ 2° et la température de l’air qui se refroidit à son contaGt de 4° environ. L’humidité de l’air se dépose sur les parois du bac et l’eau de condensation se rassemble dans un bac plat à la partie inférieure de l’appareil d’où elle est évacuée à l’extérieur.
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- Un hydrothermostat placé sur le côté de l’armoire règle, d’après la température intérieure, le fonctionnement du moteur et l’arrivée de l’eau dans le condenseur; la marche de l’appareil est donc absolument automatique.
- La puissance nécessaire au fonctionnement est de 1/2 ch environ et la dépense d’eau de 75 1 à l’heure.
- L’appareil permet de fabriquer 2 kg. 500 de glace à l’heure.
- Avec le frigôrigène de 600 frigories-heure on construit une armoire analogue, mais dans laquelle l’appareil et le moteur sont placés à l’extérieur (fig. 9).
- La production de glace est alors de 5 kg à l’heure, la puissance absorbée à la poulie de 3/4 ch et la consommation d’eau de 120 1 à l’heure.
- Signalons qu’aux Etats-Unis on construit de petites machines domestiqués AudifFren dans lesquelles le condenseur muni d’ailettes est refroidi à l’air.
- L’Autofrigor. — Le mécanisme de cet appareil est contenu dans une enveloppe constituant le réfrigérant ou évaporateur et le condenseur (fig. 10).
- Le réfrigérant est en communication par un tuyau avec la chambre d’aspiration (1). Dans cette chambre d’aspiration le compresseur aspire les vapeurs du fluide frigôrigène et les refoule dans la chambre inférieure de refoulement (2) reliée par un tuyau vertical à la chambre supérieure de refoulement (3). Les chambres d’aspirations et de refoulement, ainsi que le compresseur, sont placés dans une enveloppe entourée d’une chemise d’eau de refroidissement.
- Cette chemise communique par le tuyau (4) avec une autre chemise d’eau destinée à refroidir le moteur électrique qui commande le compresseur.
- Le moteur électrique, moteur asynchrone, logé à la partie supérieure de l’appareil, comprend un stator (5) et un rotor (6) qui commande le compresseur par l’intermédiaire d’un arbre vertical. Le rotor est séparé du stator par une sorte de calotte métallique perméable aux champs magnétiques qui prolonge la chambre supérieure de refoulement. Le moteur doit donc être en court-circuit.
- Grâce à cette disposition la partie bobinée du moteur électrique est en dehors de l’atmosphère du gaz frigôrigène, lequel, dans le cas de la machine actuelle, peut contenir de l’huile qui serait néfaste aux isolants du bobinage.
- De la chambre supérieure de refoulement le fluide frigôrigène se rend dans le condenseur où il se liquéfie et d’où il s’échappe dans l’évaporateur par une tuyère de détente (7).
- Le fluide frigôrigène employé a d’abord été le chlorure de méthyle qui a été ensuite remplacé par l’éther diméthylique (CH5)sO dont les constantes physiques sont sensiblement les mêmes.
- Le graissage du compresseur est assuré par une huile spéciale qui accomplit un cycle multiple, partiellement avec l’agent frigôrigène.
- jnoteui
- {compresseur Yet condenseur
- bac à
- aumure
- évaporateur
- mouleaux à t place
- Fig. 13. — Les éléments d'un Autofrigor type A. H.
- Chaque machine est pourvue, avant d’être livrée, de la quantité de fluide frigôrigène et d’huile de graissage nécessaires à son fonctionnement. La production frigorifique de la machine est contrôlée à l’usine dans un local d’essai (fig. 11).
- La machine fonctionne automatiquement, il suffit de mettre le moteur en mouvement en l’alimentant par un
- Fig. 14. — Armoire Autofrigor, type A. H.
- Coupe.
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- = 445 " .. —....",
- courant électrique convenable. Elle est munie d’un interrupteur à bascule, appareil de sécurité qui l’arrête automatiquement quand il coule trop peu ou pas du tout d’eau de refroidissement.
- *
- * *
- On construit cinq modèles d’Autofrigor dont la production horaire pour une température de — 8° à l’évapo-rateur et de 4-15° au condensateur est d’environ 120, 500, 1200, 2000 et 3000 frigories. - '
- Le petit modèle (AH, 120 frigories-heure) convient particulièrement pour le refroidissement de petites armoires de ménage (fig. 12). Ce modèle permet de produire journellement, à part le refroidissement de l’armoire, quelques kilogrammes de glace dans de petits mouleaux spéciaux. Il comporte le moteur, le compresseur et condenseur et l’évaporateur (fig. 13). En outre un bac à saumure, dans lequel plonge l’évaporateur, sert d’accumulateur de froid. La partie inférieure de ce bac contient de petits mouleaux servant à la production de la glace. La figure 14 montre l’armoire frigorifique Ail avec la machine; les dimensions de cette armoire sont indiquées par des cotes.
- La durée normale de fontionnement des armoires de
- ménage est en moyenne de 4 à 8 heures par jour selon les conditions en été.
- La commande directe des appareils Autofrigor se fait toujours au moyen du courant alternatif, monophasé, biphasé ou triphasé. En cas d’emploi du courant continu les appareils sont livrés avec une commutatrice pour transformer le courant continu en courant triphasé.
- Pour l’appareil modèle AH la production en frigories-heure et la consommation en énergie électrique sont indiquées ci-dessous :
- Tempé- Température de Produc- Puissance
- rature l’eau de refroi- tion Consom- nécessaire
- d’évapo- dissement à frigori- mation (courant
- ration Ten)rée fique d’eau triphasé (*)
- — 10°C 4- 12°C 150 frig/h 25 l/h 0 kw 12
- — 10°C 4- 25°C 100 frig/h 50 l/h 0 kw 15
- 1. Dans le cas du courant monophasé ou du courant continu la puissance à fournir est légèrement supéiâeure; cette puissance est indiquée par le constructeur.
- Ce tableau montre que la dépense de courant est très faible, la consommation d’eau est également assez restreinte surtout quand cette eau est à température peu élevée.
- D’ailleurs l’appareil pouvant fonctionner plusieurs années sans qu’on soit obligé d’ajouter de l’huile ou du fluide frigorigène, on voit que les dépenses d’eau et de courant sont les seuls frais d’exploitation.
- Comme le frigorigène A-S, l’Au-tofrigor peut être employé au refroidissement des locaux et à la fabrication de la glace.
- Le Frigéco-Thomson. — Dans cet appareil le compresseur et le moteur électrique qui le commande sont placés à l’intérieur d’un cylindre vertical en acier fermé par deux calottes sphériques (fig. 15). Ce cylindre est fixé sur le dessus du meuble à refroidir. L’évaporateur est fixé au plafond de ce meuble, et le condenseur est constitué par un serpentin qui entoure le cylindre et est supporté par des ailettes servant en même temps de radiateur.
- Ces ailettes, sont des lames métalliques fixées radialement sur le cylindre en acier servant d’enveloppe au groupe compresseur. Elles servent à évacuer la chaleur de ce cylindre en même temps que celle du serpentin condenseur.
- Une rangée de perforations ménagées dans chaque ailette empêche la chaleur du condenseur de se diriger vers l’enveloppe.
- Un robinet à flotteur contenu
- Fig. 15. — Frigéco Thomson. Ses organes essentiels.
- Ailette métallique Perforations
- Condenseur
- Piston plongeur commandant le bypass
- Bypass
- Chambre d'aspiration du compresseur Cylindre oscillant du compresseur Piston du compresseur Arrivée du gaz au compresseur
- Pompe à huile
- Solution congeiable
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- dans un réservoir placé sur le dessus du meuble règle l’entrée du liquide réfrigérant dans l’évaporateur.
- Les pièces en mouvement sont graissées par une circulation d’huile sous pression.
- Le fonctionnement de l’appareil est automatique et réglé par un dispositif de contrôle placé sur le dessus du meuble.
- Le fluide frigorigène employé est l’anhydride [sulfureux.
- *
- * ü-
- Le moteur électrique, du type dit « à cage d’écureuil » a une puissance de 1/6 de ch dans les fortes unités, 1/8 de ch dans les petites (*). Le rotor tournant à 1800 t/m est relié au piston du compresseur par un arbre vertical et une manivelle.
- A la différence de la machine Autofrigor, le moteur électrique tout entier, inducteur et induit, est ici plongé dans l’atmosphère du gaz frigorigène comprimé. Sans doute les isolants électriques ont-ils été choisis pour n’avoir rien à redouter de l’action de l’huile présente dans le gaz.
- Le compresseur est constitué par un cylindre horizontal, oscillant autour d’un axe vertical, de manière à permettre d’articuler directement le piston sur la manivelle du moteur, sans l’intermédiaire d’une bielle.
- Dans ce mouvement d’oscillation, le cylindre découvre ou obstrue des orifices servant à l’admission du gaz détendu ou au refoulement du gaz comprimé. La distribution est donc réalisée avec le minimum d’intermédiaires mécaniques.
- Un petit piston plongeur lié au piston principal provoque la circulation de l’huile de graissage contenue à la base du cylindre renfermant les appareils.
- L’évaporateur se compose de trois coquilles en acier étiré, intérieures les unes aux autres; les deux coquilles intérieures sont soudées par leurs bords à la coquille extérieure de manière à ménager deux compartiments dont l’un, le compartiment extérieur, renferme un mélange réfrigérant et l’autre l’anhydride sulfureux liquide. Ce mélange réfrigérant (solution de glycérine dans l’eau) sert de volant de froid et permet de diminuer le nombre de périodes de fonctionnement du compresseur.
- Dans la coquille intérieure de l’évaporateur se placent deux tiroirs, l’un plat pour la préparation rapide d’une petite quantité de glace en cubes, l’autre profond pour la fabrication d’une plus grande quantité de glace, la préparation de sorbets, de crème glacée, etc.
- Les grands appareils ont deux évaporateurs, les petits n'en ont qu’un.
- Le condenseur est simplement refroidi par l’air.
- Le dispositif de contrôle comprend principalement un interrupteur pour la mise en marche et l’arrêt de l’appa-reilj et un régulateur thermostatique pour mettre le moteur en marche ou l’arrêter suivant la température à l’évaporateur.* Ce régulateur comprend un soufflet métallique relié à une extrémité d’un tube de cuivre dont l’autre extrémité est fixée à l'arrière de l’évaporateur. Ce tube contient une certaine quantité d'anhydride sulfureux.
- 1. Fonctionne sur courant alternatif 110 yolts 25,40 ou 50 pé. riodes.
- 449- ==?
- Fig. 16. — Le Frigéco Thomson. Yue d’ensemble.
- Quand la température de l’évaporateur monte, cet anhydride sulfureux se vaporise, la pression augmente dans le soufflet et celui-ci agit sur un interrupteur qui ferme le circuit électrique et met le moteur en marche. Inversement, quand la température de l’évaporateur a suffisamment baissé, la pression de l’anhydride sulfureux diminue, le soufflet agit en sens inverse sur l’interrupteur et coupe le courant. La température normale à l’intérieur du meuble est de 4° environ.
- Un index permet d’augmenter ou de diminuer la tension d’un ressort de manière à régler la température à la valeur que l’on désire.
- Pour prévenir tout accident, un dispositif de sécurité coupe le courant en cas de compression.
- *
- * *
- Quand on ferme l’interrupteur, le moteur se met en marche et le compresseur aspire dans l’évaporateur les vapeurs d’anhydride sulfureux qu’il refoule dans le cylindre où elles sont comprimées.
- De là ces vapeurs passent dans le condenseur où elles se refroidissent et enfin dans le réservoir du flotteur où
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- Condenseur
- Collecteur de liquide
- Redificateur refroidi par l’ammoniac liquide —
- Evapqrateur
- AzH3 liquide.
- Echangeur de température pour les gaz
- Bouilleur
- température
- Chauffeur
- La machine Electro-lux.
- elles se liquéfient. Quan4 la quantité de liquide formé est suffisante, le flotteur se soulève et dégage un clapet qui laisse passer une partie du liquide dans l’évaporateur et le cycle recommence.
- * En même temps que le piston du compresseur "provoque la circulation du fluide frigorigène, le petit piston plongeur provoque celle de l’huile de graissage.
- Cette huile est aspirée dans le réservoir placé à la base du cylindre et refoulée autour du piston principal, de l’arbre du moteur et du bouton de manivelle, de manière à lubrifier toutes les pièces en mouvement; elle revient ensuite dans le réservoir.
- Quand l’appareil est en mouvement, la pression de l’huile fait monter un plongeur qui ferme un by-pass permettant de faire communiquer le cylindre, où règne une forte pression, avec la chambre d'aspiration du compresseur. Quand l’appareil s’arrête, la pression de l’huile diminue, ce qui permet au plongeur de descendre et d’ouvrir le by-pass. Le gaz comprimé se précipite alors dans la chambre d’aspiration et y actionne un clapet qui ferme la conduite d’admission du gaz au compresseur. De cette façon la même pression s’exerce sur les deux faces du piston du compresseur, ce qui facilite la mise en marche»
- Quand l’appareil repart, la pression de l’huile fait remonter le plongeur, qui ferme le by-pass, la soupape d’aspiration s'ouvre et le fonctionnement normal recommence.
- Le bâti soutenant le moteur et le compresseur est monté sur ressorts pour amortir les vibrations ; les bruits et vibrations pouvant se produire dans les organes en mouvement sont encore amortis par la couche de gaz sous pression qui les entoure, de sorte que l’appareil fonctionne silencieusement.
- L’humidité de l’air se dépose autour de l’évaporateur, de sorte que l’air dans l’armoire est refroidi et desséché. Cette humidité së dépose sous forme de givre et de glace qu’on enlève en en provoquant la fusion par simple arrêt du compresseur. L’eau de fusion est recueillie dans un récipient placé sous l’évaporateur. Pendant cette opération, la température intérieure de l’armoire s’élève, mais seulement de quelques degrés.
- Les parois de l’armoire sont isolées au moyen de plaques ayant une épaisseur d’environ 5 cm pour le petit modèle et 13 cm environ pour le grand modèle.
- Pour une utilisation normale de l’appareil, le moteur travaille 3 à 4 heures par jour. La consommation horaire est de 190 watts
- pour le petit modèle, de 210 pour le grand.
- Avec le petit modèle (fig. 16) on peut fabriquer en 4 heures 56 petits cubes de glace, soit environ 3 kg ; avec le grand modèle, on peut fabriquer 112 petits cubes, soit environ 6 kg de glace.
- B. Machines a
- ABSORPTION. -- Le
- fonctionnement des machines à absorption est basé sur la grande solubilité du gaz ammoniac dans l’eau.
- La première machine à absorption, imaginée par Carré vers le milieu du siècle dernier, comprenait deux réci pients communiquant par leur partie supérieure; l’un d’eux était à moitié rempli d’une solution ammoniacale et dans l’autre on avait fait le vide.
- Fig. 18. — Machine Electro-lux. Disposition des organes.
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- On chauffait le récipient contenant la solution, et le gaz ammoniac, dégagé par la chaleur, venait se liquéfier sous sa propre pression dans l’autre récipient. Ensuite on refroidissait avec de l’eau le premier récipient et l’on plongeait l’autre dans le liquide à refroidir. Le froid était produit par l’évaporation de l’ammoniac qui empruntait au liquide la chaleur nécessaire. Cet appareil était à marche intermittente, ce qui en limitait la puissance et les applications (*).
- Dans les machines à marche continue, utilisées dans l’industrie, on provoque la circulation de la solution ammoniacale au moyen d’une pompe.
- Dans les machines domestiques, que nous allons décrire, cette circulation s’obtient très simplement, en chauffant la solution.
- *
- * *
- I. Machine frigorifique « Electro-lux ». — La machine Electro-lux inventée par Platen et Munters a été décrite par La Nature dans le n° 2730 du 31 juillet 1926.
- Mais depuis cette époque elle a été l’objet de différents perfectionnements.
- Cette machine représentée par la figure 17 comprend essentiellement un bouilleur, un rectificateur, un condenseur, un évaporateur, un absorbeur, un échangeur de températures.
- Les perfectionnements récemment apportés à l’appareil comprennent un collecteur de liquide entre le condenseur et l’évaporateur, un séparateur d’eau constitué par un tube entourant le rectificateur, et un échangeur de températures pour les gaz.
- Le fonctionnement de l’appareil est le suivant :
- Une solution ammoniacale concentrée, contenue dans le bouilleur, est chauffée par une résistance électrique ou par un bec de gaz. Le gaz ammoniac se dégage en entraînant une certaine quantité de vapeur d’eau dont il faut le débarrasser avant son entrée dans le condenseur; l’eau est en partie séparée par des chicanes en gradins
- 1. Voir, dans le n° 2716 de La Nature, la description d’un appareil analogue à la machine Carré : le Frigor.
- Fig. 20. — Machine Tkermo-frigor.
- A L-,—
- 45J
- Fig. 19. — L'armoire Frigélux.
- disposées dans le rectificateur, et la condensation est achevée par l’action refroidissante de l’ammoniac liquide venant du collecteur. Les gaz chauds traversant le rectificateur élèvent la température de l’ammoniac qui se vaporise et retourne au condenseur par le tube coudé qui relie ce dernier au séparateur. Quant à l’eau condensée elle retombe dans le bouilleur.
- Le gaz ammoniac à sa sortie du rectificateur passe dans le condenseur où il se liquéfie. Le liquide formé tombe dans le collecteur de liquide comprenant un tube central recourbé et un tube extérieur ayant le même axe ; l’ammoniac liquéfié s’accumule dans l’espace annulaire d’où il petit s’écouler par le tube (A) dans l’évapo-rateur et par un tube horizontal dans le rectificateur. Il ne passe dans le rectificateur que la quantité d’ammoniac liquide strictement nécessaire pour opérer la condensation dif la vapeur d’eau, le reste du liquide se rend dans l'e¥aporateur où il tombe en cascade sur une série de disques perforés dont les trous sont disposés en chicanes. Cette division du liquide favorise son évaporation. .
- Dans le bouilleur et le condenseur la pression de l’ammoniac atteint 12 atmosphères, tandis que dans l’évapo-rateur sa pression n’est que de 3 atmosphères. Pour régulariser le passage dü fluide du condenseur dans l’évaporateur il faudrait interposer entre ces deux organes un robinet détendeur. Mais on peut supprimer
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- ce robinet, en faisant régner dans l’évaporateur, une pression de 12 atmosphères, grâce à l'introduction d’hydrogène à 9 atmosphères, de sorte que le mélange hydrogène et ammoniac soit à 12 atmosphères. A mesure qüe l’ammoniac s’évapore, le mélange gazeux s’alourdit (le gaz ammoniac étant beaucoup plus dense que l’hydrogène) ; il descend au fond de l’évaporateur et est ensuite conduit parle tube horizontal (B) dans une petite chambre située à la base du tube central du collecteur de liquide, et de là au tube central de l’échangeur de températures des gaz et à la partie inférieure de l’absorbeur. La solution appauvrie qui s’est rassemblée à la partie inférieure du bouilleur, après le dégagement du gaz ammoniac, se rend à l’absorbeur par le tube (G), après avoir traversé l’échangeur de températures où elle se refroidit au contact de la solution riche venant de l’absorbeur. La solution appauvrie pénètre dans l’absorbeur, grâce à la différence des niveaux dans le bouilleur et dans l’absor-beur; elle tombe sur une série de disques perforés dont les trous sont disposés en chicanes et absorbe ainsi facilement le gaz ammoniac qui circule en sens inverse.
- La chaleur développée par la dissolution de l’ammoniac est absorbée par de l’eau froide qui circule dans un serpentin entourant l’absorbeur. Cette eau passe ensuite dans le condenseur et sort de l’appareil.
- La solution riche et froide sort de l’absorbeur, passe dans le tube annulaire de l’échangeur de températures où elle refroidit la solution pauvre qui circule en sens inverse.
- Elle passe ensuite dans un tube qui entoure la source de chaleur ; elle est portée presque instantanément à une température élevée qui provoque le dégagement d’une certaine quantité de gaz ammoniac. Les bulles de gaz entraînent avec elles des index de liquide et la solution pqut ainsi revenir à la partie supérieure du bouilleur, c’est-à-dire à son point de départ.
- Quant à l’hydrogène entraîné dans l’absorbeur avec le gaz ammoniac, il se rend par le tube (D) dans la partie annulaire de l’échangeur de températures pour les gaz, puis à la partie supérieure de l’évaporateur. En passant dans l’échangeur il se refroidit au contact du mélange gazeux venant de l’évaporateur. De cette façon, l’ammo niac qui s’évapore n’a pas à refroidir l’hydrogène et l’elFet frigorifique utile se trouve augmenté.
- Le tuyau (E) logé dans le collecteur de liquide, et qui est muni d’un orifice à son sommet, a pour objet de ménager un passage direct entre le condenseur et l’absor-beur pour ramener vers celui-ci 1 hydrogène qui aurait pu être entraîné dans le condenseur. Ce tuyau est effilé et recourbé en demi-cercle à sa partie supérieure, de manière à éviter toute pénétration d’ammoniac liquide à son intérieur.
- Ces divers perfectionnements donnent à l’appareil un rendeiüent plus élevé, et augmentent la souplesse de marche.
- La réfrigération normale du meuble auquel l’élément réfrigérant est adapté exige une consommation horaire de 50litres de gaz, ou de 180 watts si l’on utilise l’électricité. La réfrigération maxima demande une consommation de 100 litres de gaz ou de 360 watts à l’heure.
- On passe d’une marche à l’autre en tournant une manette.
- En tenant compte des prix généralement pratiqués pour le mètre cube de gaz et le kilowatt-heure électrique, on voit que l’emploi du gaz est plus économique que celui de l’électricité.
- Aussi l’emploi des appareils chauffés par le gaz tend-il à se généraliser.
- Poiyr le chauffage de ces appareils, l’arrivée du gaz est réglée par un thermostat spécial constitué par un élément thermométrique contenant un liquide volatil. La pression de la vapeur saturante de ce liquide, variable avec la température, agit sur un diaphragme dont les déformations sont transmises à une soupape commandant le débit du gaz.
- La figure 18 représente la disposition des différents organes dans l’armoire; suivant les modèles ils sont placés sur un côté ou à l’arrière. Le réfrigérant placé à l’intérieur de l’armoire permet de fabriquer de la glace en petits cubes.
- La vapeur d’eau se condense sur ses parois de sorte que l’air est toujours sec.
- La figure 19 représente le modèle B-4 appelé Frigélux. Il peut produire 80 à 90 frigories à l’heure. Sa consommation horaire est de 175 watts à l’allure normale, de 250 watts à l’allure accélérée. Avec le gaz, la consommation horaire est de 45 litres à l’heure à l’allure normale, et de 75 litres à l’allure accélérée.
- IL Machine frigorifique « Thermo fri ’gor » (fig 20). — Dans cette machine, comme dans la précédente, on réalise, au moyen de l’introduction d’un gaz inerte, une pression uniforme dans toutes les parties.
- L’appareil comprend essentiellement une chaudière A, un condenseur G, un réfrigérant R et un absorbeur B. La chaudière A contient une solution ammoniacale que l’on chauffe et qui circule par thermosiphon dans cette chaudière, dans l’absorbeur B et le tuyau T.
- Le gaz ammoniac dégagé dans la chaudière s’élève dans le rectificateur D où il abandonne par refroidissement une grande partie de la vapeur d’eau entraînée, puis il passe dans le serpentin S contenu dans le condenseur G.
- Le gaz, refroidi jfer une circulation d’e^u, se liquéfie et se rend au réfrigérant R après s’être mélangé au gaz inerte, qui est ici de l’azote.
- Dans le réfrigérant ou évaporateur R l’ammoniac se vaporise et se rend dans l’absorbeur B où il rencontre la solution ammoniacale appauvrie dans laquelle il se dissout de nouveau. Quant à l’azote, il passe dans le tube U où il se réchauffe au contact de l’ammoniac gazeux venant de la chaudière A, il s’élève dans ce tube et passe dans le condenseur où il est refroidi et de là * dans le réfrigérant ; il circule donc constamment dans le sens indiqué par les flèches.
- Il facilite l’évaporation de l’ammoniac en entraînant les vapeurs dans l’absorbeur.
- Gomme dans l’appareil précédent, l’absorbeur est refroidi par un courant d’eau qui passe ensuite au condenseur.
- Le schéma de la figure 20 est celui du brevet français Mainri-Bossini-Anderson. Les premiers essais de la
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- machine ont été effectués dans les ateliers de la maison Pollard àl Vincennes. Au cours de ces essais, pendant l’été de 1926, on a pu obtenir une température de — 14°G à l’évaporateur avec de l’eau à-4- 23°C au condenseur. La machine peut également fonctionner sans eau.
- Les machines que l’on a construites jusqu’à présent
- ont des puissances frigorifiques comprises entre 100 et 3000 frigories-heure.
- Ainsi que nous l’avons fait observer pour l’Electro-lux, le chauffage au gaz est plus économique que le chauffage électrique, surtout à partir d’une certaine puissance.
- H. Fougeret.
- : L’INDUSTRIE DES CONDUCTEURS ISOLES E
- AU CAOUTCHOUC
- I. LES CONDUCTEURS : TRÉFILEUSES ET CÂBLEUSES
- Les premiers expérimentateurs isolaient eux-mêmes les conducteurs du courant. Les découvertes, auxquelles l’étude du courant électrique aboutit, furent si nombreuses et si rapides que la technique ne suffit pas à transporter dans le domaine des applications les résultats acquis au laboratoire. La construction raisonnée des fils conducteurs isolés ne se fit jour que très lentement. L’indigence, àcetégard, des premiers techniciens est notoire.
- L’isolement des premiers conducteurs réalisés devint de plus en plus précaire à mesure qu’on obtenait des courants de plus Ün plus intenses. Aussi toute une industrie nouvelle se développa peu à peu et se perfectionna par degrés et par à-coups, sous la pression des * nécessités accrues. L’évolution de cette industrie accompagne celle de l’industrie électrique elle-même.
- Il faut admirer l’adresse avec laquelle l’industriel résolut, de proche en proche, les problèmes techniques de plus en plus nombreux que le perfectionnement même de cette industrie nouvelle posa, problèmes multiples tant par la complexité des questions que par l’accroissement multiplié des besoins dus à l’immense généralisation de l’énergie électrique.
- L’industrie des canalisations électriques se trouve dès
- lors nécessairement obligée de suivre étroitement le rythme de ce développement, en amplitude comme en protection. Sa protection doit, en effet, répondre à l’importance accrue des sections que réclament les intensités de plus en plus grandes qu’on demande aux conducteurs de transporter ; et encore, par un isolement de plus en plus parfait, lequel s’impose pour pèr-mettre les tensions de plus en plus élevées que ces conducteurs doivent égarement supporter.
- Gomment l’industrie des canalisations électriques est-elle parvenue à répondre à ce double desideratum? C’est ce que l’examen rapide de l’évolution de cette technique nous montrera, en indiquant tant les questions qui naissent à nouveau de son développement même que les desiderata que formulent les légitimes exigences des usagers.
- 1° Les conducteurs. — Les fils de cuivre que l’industrie livre aux électriciens, proviennent du tréfilage de fils laminés de 7 à 8 millimètres de diamètre.
- Ges fils laminés, grossièrement cylindriques, sont tout d’abord décapés à l’eau sulfurique (eau acidulée par S04H2), puis lavés. Les couronnes de fils laminés, nettoyées, sont séchées à l’air chaud sur des claies amenant cet air à même le sol de l’usine, puis tréfilées.
- O Fig. 1. — Machine à tréfiler multiple.
- Cette machine, à huit filières lubrifiées à l’eau de savon, transforme, par un seul et unique passage, un fil laminé de 8 mm de diamètre, en fil parfaitement cylindrique de 2 mm seulement de diamètre. Le fil traverse successivement les 8 filières de diamètres décroissants. Huit cylindres, à axes verticaux, que la figure montre débordant la cuve et sur chacun desquels le fil est enroulé deux fois, tirent ce fil à travers les filières. Une puissante dynamo actionne, par jeu d’engrenages, l’ensemble des cylindres ainsi qu’un collecteur conique qui domine, à droite, le dispositif et reçoit le conducteur tréfilé.
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- Des machines à tournette unique, à filière soigneusement suiffée, réduisaient successivement le diamètre, il y a encore quelques années. Trois passes en trois filières successives permettaient ainsi, eh partant de 70/10 de mm d’atteindre 36/10. Actuellement une machine multiple refroidie et lubrifiée à l’eau de savon, transforme, par un seul et unique passage, un fil laminé de 8 millimètres en fil parfaitement cylindrique de 2 millimètres de diamètre. Neuf filières reçoivent successivement, mais immédiatement, le fil laminé et le rendent sous la forme d’un conducteur parfaitement cylindrique de 20/10 de millimètre de diamètre.
- Entre deux filières consécutives est placé un cylindre
- au mazout, ou, plus économiquement, au gaz de gazogène.
- On procède alors à l’étamage du fil de cuivre; un même dispositif assure le décapage au chlorure de zinc de la botte de conducteur tréfilé, l’étamage proprement dit par immersion et passage en un bain d’étain fondu, l’essuyage, enfin, par mâchoire d’amiante, avant enroulement du fil étamé sur cône récepteur.
- Les fils étamés individuellement doivent souvent être câblés. Cette opération du câblage s’effectue non seulement pour les fils nus, mais encore souvent pour les fils isolés comme il advient pour la confection des câbles téléphoniques qui contiennent chacun un grand nombre
- Fig. 2. — Toronneuse à grande vitesse.
- Un long cylindre évidé est rendu mobile autour de son axe. La rotation s’effectue sur des galets que maintiennent six colliers triangulaires enserrant le cylindre. Ce dernier laisse ainsi passer suivant son axe le conducteur axial du câble à toronner. Le cylindre porte, centrés sur son axe, des berceaux où sont logées les bobines des conducteurs à câbler. La vitesse de rotation atteint 500 t/m, les bobines restant immobiles dans le même azimut. Les fils, guidés, s’enroulent hélicoïdalement et sans torsion autour du conducteur axial.
- tracteur sur lequel sont enroulés 2 à 3 tours de fil, afin d’assurer la traction à travers chaque filière.
- Les machines multiples de ce type remplacent, de plus en plus et de mieux en mieux, les vieilles machines qui obligeaient à une passe par filière, augmentant la main-d’œuvre de la nécessité d’un montage par passe.
- On opère actuellement avec des machines multiples et par des passes très réduites en nombre. Ainsi une machine multiple à 8 filières (fig. 1) réduit le diamètre de 10/10 à 5/10. Une seule passe par 13 filières réduit de 5/10 à 18/100; une autre à 16 ou 18 filières permettra d'obtenir, d’une seule passe, de 22/100 à 5/100. Pour ces très faibles diamètres les filières sont alors en diamant.
- Les conducteurs tréfilés sont recuits, soit dans des fours à cornue à marche continue, avec joints hydrauliques, soit dans des fours à pots ; les fours sont chauffés
- de paires de fils, chacun isolé et les paires isolées les unes des autres.
- Deux types de câbleuses ont été réalisés.
- L’un, dit sans détorsion, l’aütre à détorsion. — Les bobines, garnies des fils à câbler ensemble, sont disposées sur le pourtour d’une cage de grand diamètre qui tourne, enroulant ainsi autour d’un conducteur central, qui forme l’axe du câble à produire, les autres conducteurs. Le grand diamètre de la cage ne permet pas d’animer ces sortes de machines d’une très grande vitesse à cause de la valeur de la force centrifuge qui s’y développerait.
- La câbleuse à grande cage se fait aussi bien à détorsion que sans détorsion. Cette machine reste à vitesse lente.
- Les câbleuses sans détorsion sont utilisées surtout pour le câblage des fils fins ; elles ne sont pas employées
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- pour le câblage des gros fils ni pour le câblage entre eux de conducteurs déjà câblés.
- Le type de câbleuse à détorsion a été perfectionné par l’emploi de machines tubulaires à grande vitesse dites toronneuses (fig. 2). Ces machines comprennent un cylindre mobile tournant sur galets périphériques, suivant l’axe duquel passe le conducteur axial du câble. Ce cylindre porte suivant son axe des berceaux supportant les bobines des conducteurs à câbler.
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- Le cylindre est animé d’une grande vitesse, alors que les bobines restent dans le même azimut : les fils, guidés, s’enroulent dès lors hélicoïdalement et sans torsion autour du conducteur axial.
- La vitesse de rotation de ces machines atteint 500 tours par minute et permet d’effectuer très rapidement les opérations du câblage.
- (A suivre.) Albert Turpain
- Professeur à l’université de Poitiers.
- L’AVIATION SANITAIRE
- Au moment de l’ouverture du premier Congrès international de l’Aviation sanitaire qui doit se tenir à Paris
- encerclés dans le poste d’Aïntab. Cette opération, merveilleusement réussie, grâce au cran de nos équipages
- Fig. 1. — L'avion sanitaire Hanriot-H.-14.
- du 15 au 20 de ce mois, il nous a paru intéressant de mettre nos lecteurs au courant de ce qui a été fait jusqu’ici dans cette branche de l’Aviation bien peu connue et cependant si précieuse.
- C’est la guerre qui donna l’idée de se servir de l’avion pour transporter rapidement les blessés du front vers l’arrière. Le sénateur Raymond, pilote malgré son âge et son mandat, fut lé protagoniste de cette utilisation de l’avion ; malheureusement sa mort retarda l’organisation de ce service et l’on peut dire que pratiquement, pendant la grande guerre, l’avion ne fut pas utilisé de cette façon. Il faut arriver en 1920 à la campagne du Levant pour trouver une utilisation intense de l’avion comme mode de transport des blessés.
- C’est au commandant Denain que revient l’honneur d’avoir organisé l’évacuation de 82 blessés qui étaient
- l’encouragea, et d’occasionnel, ce mode d’évacuation devint officiel. En 1921, 150 blessés des colonnes opérant sur l’Euphrate sont transportés jusqu’à Alep, ceci en moins de deux heures pour franchir 250 kilomètres, grâce aux Bréguet 14A2.
- En Syrie nous possédons maintenant plus de 30 terrains spécialement aménagés et des avions sanitaires en quantité suffisante.
- Au Maroc, l’aviation sanitaire rendit d’inestimables services lors de la grande attaque riffaine. M. Ch. L. Jul-liot ne m’en voudra certainement pas de lui emprunter ici et souvent encore au cours de cet article des précisions, qu’en sa qualité d’apôtre de l’aviation sanitaire, il a su réunir au cours de nombreux articles parus sous sa signature dans la Presse Médicale.
- Donc au Maroc, dès-octobre 1921, la commandant Pe-
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- Fig. 2. — L’installation intérieure de l’avion sanitaire Hanriot tel qu’il fut utilisé au Maroc.
- Un blessé couché.
- nés et le médecin-major Epaulard, évacuent, en trente-cinq minutes, au moyen de six avions groupés en escadrilles, 18 blessés graves à 80 km. Trois jours de souffrance à dos de mulet eussent été nécessaires pour franchir cette distance.
- Eu 1923, plus de 700 blessés sont évacués à des distances variant de 80 à 560 km, de l’Atlas à Meknés, Fez et même Casablanca.
- A cette époque et jusqu’en 1925, lesxBréguet étaient seuls en usage; ces appareils, parfaits pour le transport rapide à grande distance, exigeaient malheureusement de grands terrains difficiles à trouver et à aménager dans ces pays montagneux; c’est pourquoi, dès 1924, le
- Maroc fit la demande [d’avions plus légers, plus lents et aptes à se poser sur de petits terrains; l’avion sanitaire Hanriot H-14 remplissait parfaitement ces conditions. La grande offensive" riffaine se déclenchant le 20 avril 1925, laplupart de nos terrains avancés devinrent inutilisables. Heureusement dès le mois de juin 1925 les avions Hanriot arrivèrent et l’on put organiser des évacuations de blessés avec relais, ces avions transportant les blessés de l’avant à 50 km en arrière sur un bon terrain, où les Bréguet les prenaient pour les emmener sur les hôpitaux de l’arrière.
- Ce système permit en 1925 d’évacuer 987 blessés.
- Actuellement, au Maroc, le Service de Santé dispose de plus de 60 avions sanitaires, les uns sont des Bréguet, les autres sont des Hanriot.
- Au Levant, même progression : dès septembre 1925 une escadrille d’avions sanitaires était réunie à Deraa, d’où les blessés étaient évacués directement sur Damas, gagnant plusieurs heures sur le train sanitaire et surtout n’étant pas obligés d’attendre l’arrivée de celui-ci.
- Au total, en 1925, 118 blessés furent transportés sans accidents.
- En [résumé, et c’est là l’important, 3000 blessés ont été évacués par avion, soit en Syrie, soit au Maroc.
- Pour conclure nous dirons avec M. Julliot :
- « L’aviation sanitaire a cessé d’être d’un emploi exceptionnel; elle est aujourd’hui considérée, au Maroc et en Syrie, comme le moyen d’évacuation normal des grands blessés et des malades graves transportables, toutes les fois que l’avion peut atterrir à proximité des troupes d’une part (colonnes et postes), des formations sanitaires, de l’autre. A ce titre, elle figure en tête de tous les plans d’évacuation ».
- Nous ne pouvons arrêter cet exposé rétrospectif sans citer les animateurs de cette organisation, le colonel Cheutin et les docteurs Chassaing et Épaulard.
- LE MATÉRIEL
- L’avion le plus employé au Maroc et en Syrie fut le Bréguet limousine sanitaire 14 T bis.
- Il permet le transport de deux blessés couchés avec un infirmier et tout le matériel nécessaire pour les premiers soins. Le moteur est un Renault 300 ch. Avec un rayon d’action de 600 km, la vitesse commerciale est d’environ 160 kmh.
- La cabine close est parfaitement aérée, elle peut recevoir deux brancards superposés. Une ouverture pratiquée sur le côté gauche permet l’introduction de ces brancards, un dispositif de hissage à l’intérieur de la cabine sert à mettre en place le brancard supérieur tandis que le brancard inférieur repose directement sur le plancher.
- Fig. 3. — L’intérieur de l’avion sanitaire B reguet 14 T bis.
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- Sur le côté droit une porte permet à l'infirmier d’entrer dans la cabine où se trouve un strapontin qui lui servira de siège tout en lui laissant la place de circuler le long des couchettes. Une armoire pour les médicaments de première nécessité est à sa portée. Divers logements sont pratiqués pour le matériel médical (urinai, cuvette, inhalateur d’oxygène). Une installation électrique assure l’éclairage et le chauffage de couvertures électriques et de réchauds.
- Voici le dernier appareil créé tout récemment par Bréguet : la limousine 26 T bis (fig. 8 et 9).
- Elle peut recevoir, outre le pilote et le radiotélégraphiste, un infirmier et trois blessés couchés. La cabine, mesurant lm. 80 de haut sur lm.68de large et 4 m 23 de long, est assez spacieuse pour permettre de porter à 6 le nombre des places de blessés. Le moteur est un Lorraine de 400 ch. Le plafond en charge totale atteint 5000 m. La vitesse horizontale est de 205 kmh à 1000 m d’altitude et le rayon d’action de 900 km. L’appareil est entièrement métallique et pourvu des aménagements les plus modernes.
- Par contre, l’avion Hanriot H 14 est l’avion idéal pour transporter le blessé depuis les terrains de fortune des premières lignes ou, en temps de paix, depuis les terrains de secours jusqu’aux grands terrains ou même îusqu’à la ville.
- Cet avion est aménagé pour recevoir un blessé couché sur brancard réglementaire.
- Son rayon d’action est de 350 km, sa vitesse moyenne est de l’ordre de 110 km, mais il se pose à très faible vitesse et n’exige par suite qu’un tout petit terrain, même non préparé.
- Il peut s’équiper avec tout moteur fixe ou rotatif en étoile de 80 à 130 ch.
- Le poste de pilotage qui se trouve à l’avant est séparé de la cabine du blessé par une tôle hermétique, mais à la partie supérieure se trouve une porte de visite permettant au pilote de surveiller le malade.
- La cabine a été prévue pour contenir un blessé couché sur un f brancard repliable réglementaire. Cette cabine entièrement fermée est munie de vitres à l’avant, à droite, à gauche et à la partie supérieure. La porte de cette cabine s’ouvre en pivotant autour de sa charnière inférieure et a une longueur de 2 m permettant l’introduction très rapide du brancard.
- Cet avion sanitaire peut être transformé en hydravion par adjonction de flotteurs.
- Il peut aussi être muni de skis pour atterrissage sur la neige.
- Nous devons parler maintenant d’un avion très moderne qui a été spécialement étudié pour le transport très rapide d’un blessé ou malade sur une grande distance.
- Cet appareil est le monoplan 23 T. S. Loire-Gourdou-Leseurre à moteur Hispano-Suiza 180 ch. Il peut parcourir 450 km à la vitesse moyenne de 160-180 kmh et malgré cela atterrit sur un terrain exigu. Le pilote est à l avant, mais peut surveiller le blessé par une vitre située derrière lui. Il dispose, pour communiquer avec lui, d’un aviophone. Il peut lui envoyer, à sa demande, de l’oxygène à l’aide d’un inhalateur spécial.
- La cabine est close et comporte des parois doubles, afin que le blessé soit protégé aussi bien contre le froid,
- Fig. 5. — L’avion sanitaire allemand Junkers J.-31.
- Exercice d’embarquement d’un blessé coucbé.
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- Fig. 6. — Le plus récent des avions sanitaires, le Polez-29, moteur Lorraine.
- que contre la chaleur. Elle est aérée par des hublots dont l’ouverture est facile et très largement éclairée. Une grande porte à double battant permet l’entrée directe du brancard. La cabine est chauffée électriquement ainsique d.eux couvertures à la disposition du malade.
- Gomme avion à grande capacité nous devons citer le Potez-29.
- En effet, celui-ci peut transporter trois blessés couchés, -un médecin et un infirmier.
- La carlingue est aménagée avec éclairage et chauffage
- électrique, armoire à médicaments, armoire équipée avec le matériel chirurgical réglementaire.
- Cet appareil, est un biplan de 14 m. 50 d’envergure et de 10 m. 68 de longueur. Il a un moteur Lorraine 450 ch. C’est un appareil rapide à grand rayon d’action.
- Le Potez monoplan type 32, qui est plus moderne et plus rapide, a été aussi prévu pour l’aménagement en avion sanitaire.
- Plusieurs autres constructeurs, tels que Nieuport, ont
- Fig 7. — L’avion sanitaire Loire-Gourdou-Leseurre, moteur Hispano.
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- aménagé des avions de série pour être transformés rapidement en avions sanitaires par transformation du fuselage.
- Nous devons mentionner maintenant un avion qui, à notre connaissance, n’a jamais été mis en service ; c’est 1 'Aèrochir ou avion cabine chirurgical permettant l’opération en vol. Les docteurs A. Tilmant et Nemirovsky sont très partisans de cet appareil. Il exige naturellement un avion de grande capacité qui sera obligatoirement bi ou tri-moteur. Cette solution esta étudier sérieusement et pour des pays de grande étendue et de peu de densité de population elle Fu-
- sera certainement intéressante.
- A l’étranger, des efforts semblables ont été faits : Dornier et Junkers en Allemagne, Caproni en Italie; les Russes aussi ont étudié la question et nous verrons en Australie une nouvelle utilisation de l’avion.
- L'AVIATION SANITAIRE CIVILE
- Il nous semble maintenant indispensable de retracer les services rendus par l’avion depuis quelques années aux malades civils, en temps de paix.
- Aux Etats-Unis, M. H.-C. Lceffler nous fait connaître dans « Vers la Santé », les services rendus. C’est d’abord le Bureau des Mines qui se sert de l’avion pour transporter rapidement docteurs, chirurgiens, appareils d’oxygène et médicaments, lors d’une catastrophe.
- Lors de l’accident survenu dans les mines d’Argonaut, en Californie, grâce à la prompte arrivée aérienne des secours beaucoup d’hommes furent sauvés ; de même lors de l’explosion de Sublet, dans le Wyoming.
- Enfin, voici un cas typique. Une épidémie d’influenza éclate brusquement à Fort-Yukon, en Alaska. La maladie s’était attaquée à tous les indigènes, l’hôpital ne pouvait recevoir tous les malades et une partie du personnel était atteinte. Une infirmière de la Croix-Rouge était instamment demandée.
- Cette infirmière quitta Fairbanks; après avoir survolé des montagnes infranchissables elle atteignit Fort-Yukon, dans le cercle arctique. Une semaine s’était à peine écoulée que, grâce à son aide, l’épidémie était définitivement enrayée. Il y avait eu 310 cas d’influenza et 12 morts. La topographie spéciale de cette région rend le service aérien d’autant plus précieux; s’il avait fallu suivre les pistes difficiles et dangereuses, emprunter les voies fluviales, le voyage n’eût pas duré moins de trois semaines et pendant ce temps l’épidémie aurait continué ses ravages.
- Voici d’autres exemples :
- Douze docteurs et 150 000 tubes de sérums antidiphtériques ont été transportés en quelques heures dans une île de la Caroline du Nord sur demande par radio. De ce fait des centaines d’enfants sont sauvés.
- A Norway-House au Canada, la mer prise, les bateaux ne circulant plus, 2000 tubes d’antitoxines sont transportés en six heures sur demande par radio.
- En Australie à Mt Isa, petite agglomération minière isolée à 200 km de tout centre, docteur et infirmière sont
- 8. — La limousine sanitaire Breguet 26 T bis vue de profil.
- amenés et arrêtent une épidémie ; maintenant les docteurs font couramment leurs tournées jusqu’en des points distants de 50, 100 et 200 km les uns des autres sur leur avion personnel Moth-De Haviland.
- Au Japon, en Perse, au Siam nous trouvons l’avion sanitaire ramenant au centre opératoire les malades ou amenant médecins et médicaments à pied-d’œuvre. Au Siam, les avions Bréguet sanitaires franchissent en trois heures des parcours qui, par les autres moyens, exigent normalement 15 jours.
- En Suède, nous trouvons encore un service de Bréguet .munis de flotteurs l’été et de skis l’hiver, pour soigner et évacuer les Lapons au nord de Boden où se trouve le centre de Nowland.
- Pour revenir en France, avant de parler des merveilleuses expériences du regretté médecin principal Picqué, rappelons le transport dès septembre 1922, du Dr Nouaille tombé malade à Marseille, déclaré par ses confrères intransportable, et désirant à toute force être soigné à Royan, emmené par un avion de la Compagnie Aérienne Française dans d’excellentes conditions d’une ville à l’autre en quelques heures. Sa femme et une infirmière l’accompagnaient, lui prodiguant leurs soins.
- , Venons à l’œuvre immense accomplie à Bordeaux par le Dr Picqué depuis 1919 îusqu’à sa mort tragique le 11 iuin 1927.
- Au centre d’aviation de Cazaux, à 75 km de Bordeaux
- Fig. 9. — La limousine sanitaire Breguet 26 T bis, L'intérieur de la cabine.
- Au fond : l’armoire à médicaments et le lavabo.
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- le commandant Ménard, puis le colonel Félix-Marie créent un centre d’aviation sanitaire. L’adjudant-chef Gœgel devient rapidement F « as » de cette aviation. De Gazaux, l’aviation sanitaire s’étend à toute la XVIIIe région, depuis Pau jusqu’à Rochefort. Là il ne faut pas oublier l’active collaboration de F Aéro-Club du Sud-Ouest qui, animé par son président, M. Duprat, aidadetout sonpouvoirleDrPicqué.
- Dire la carrière de celui-ci serait trop long. Rappelons
- ses conférences avec démonstrations par avions à Rome, Bruxelles, Paris, aux Etats-Unis, etc, ses arrivées en quelques minutes après accident grave à Libourne-Cazaux, Pau, sauvant ainsi des existences par son inter, vention rapide. Citons la conclusion d’un article du Professeur Lejars : « Belle vie, trop tôt brisée... Mais « les vaillants de cette trempe se survivent par les éner-« gies qu’ils créent à leur exemple. » A. Carlibr.
- LfERMITAGE MONOLITHE
- DE MORTAGNE-SUR-GIRONDE
- Le littoral de la Charente-Inférieure me paraît réserver autant de surprises au touriste qu’à l’archéologue, si j’en
- Fig. i. — Vue d’ensemble de la falaise et des entrées des grottes.
- iuge par ma propre expérience. J’emprunterai un premier exemple à la localité de Nauzan, petite station balnéaire située au Nord de Royan.
- L’anse (ou conche, selon le terme local) est entourée de falaises calcaires, hautes d’une dizaine de mètres. Celles que surplombe le Bois des Fées présentent deux puits parfaitement cylindriques, taillés en pleine roche, distants d’une vingtaine de mètres, larges d’un mètre environ, reliés à leur extrémité inférieure par un tunnel qui se prolonge en arrière jusqu’à la plage où l’on voit son orifice, haut d’un mètre et demi à la voûte.
- Intrigué par ces travaux, j’en^ cherchai vainement l’explication auprès des rares « indigènes » du pays. Mais j’eus la bonne aubaine de rencontrer M. Le Grain, le savant directeur de l’École des Ponts et Chaussées, qui passe régulièrement l’été dans la région depuis des années, et voici l’explication qu’il me donna de ces mystérieux ouvrages : on se trouverait là devant une pre-
- mière tentative de l'utilisation des marées pour la production de force motrice. Dans chaque puits était installé un axe vertical portant à son extrémité inférieure une roue à aubes horizontale qu’actionnait l’eau qui s’engouffrait dans le tunnel à la marée montante, l’extrémité supérieure actionnant une meule à moudre le blé. L’eau, après ce travail, se déversait et s’accumulait (par l’orifice voûté que je viens de mentionner) dans un réservoir naturel formé par une dune maintenant disparue.
- Quand la mer redescendait, cette eau emmagasinée rebroussait chemin par le tunnel en agissant de nouveau sur les roues, qui pouvaient fournir ainsi un tra.vail quasi continu.
- Malheureusement, toutes les recherches tentées par le savant ingénieur, très versé dans les choses de la préhistoire, pour déterminer l’âge de cet ouvrage, ont échoué. A plusieurs lieues à la ronde, on ne retrouve aucune ruine d’ha-bilation humaine qui pourrait nous aider à déchiffrer cette énigme. M. Le Grain a bien découvert des bois calcinés fossilisés prouvant que les hommes de l’âge de la pierre avaient fréquenté cette partie du littoral ; mais il faudrait une forte dose d’imagination pour leur attribuer le forage de ces puits et de ce tunnel !
- Sont-ils l’œuvre des Romains? des Gallo-Romains?... Un patient et génial archéologue nous dévoilera-t-il un jour le mystère de leur origine ? En tout cas, il nous a paru intéressant de montrer que cette question si moderne de l’utilisation du flux et du reflux pour un but industriel est presque aussi vieille que le monde !
- C’est à 30 kilomètres au Sud de Nauzan qu’est situé Y Ermitage monolithe que je veux présenter aux lecteurs. Il s’agit là d’une curiosité que fort peu de touristes connaissent et à laquelle il conviendrait de faire quelque publicité, car elle me paraît être unique en son genre. Cependant, les guides ne lui consacrent que de brèves mentions, telle celle-ci :
- « Mortagne-sur-Gironde. — Ermitage qui passe pour avoir été habité par saint Martial et dont la chapelle est creusée dans les rochers qui bordent la Gironde. »
- On conviendra que ces lignes ne sont pas très enga-
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- géantes. Elles n’auraient pu nous décider à descendre de l’automobile après avoir lu cette inscription sommaire sur une modeste pancarte clouée à un arbre : Y Ermitage Monolithe. La pluie qui tombe depuis une heure nous conseille d’abréger notre excursion, et, avant de regagner Nauzan, nous consentons à honorer d’une brève visite le refuge de saint Martial, dont une légende dit qu’il assista, tout enfant, au miracle de la multiplication des pains, et que ce fut même lui qui apporta au Christ les cinq pains qui, multipliés, purent nourrir toute une journée les cinq mille personnes assemblées pour l’entendre.
- Dès que nous avons franchi la barrière, nous sommes conquis par le paysage. Un chemin qui traverse une prairie coupée de limpides ruisseaux aboutit à un escalier taillé dans le roc, au pied d’une gigantesque falaise crayeuse, haute de 25 à 30 mètres, parallèle au lointain lit de la Gironde. Une trentaine de marches nous font atteindre une charmante terrasse où de beaux arbres (figuiers, grenadiers, arbres de Judée) dressent leur écran de verdure devant des entrées de grottes (fig. 1).
- Fig, 3. — L’autel et son retable.
- Notre chance veut que le curé de Mortagne-sur-Gironde, M. l’abbé Louis Poirier, soit venu cet après-midi à l’ermitage, dont il est le conservateur attitré. Nous ne saurions trouver de guide plus expert.
- La première salle qu’il nous fait visiter (celle où les touristes trouvent à acheter des cartes postales et autres souvenirs) fut la cuisine des moines. D’une superficie de 25 mètres carrés, elle est, ainsi que tous ses accessoires, taillée en pleine roche, expression que nous serons contraint de répéter.
- Elle comporte notamment une vaste cheminée où plusieurs personnes pourraient s’asseoir à l’aise (fig. 2). A gauche de l’âtre, un évier servait probablement au lavage des écuelles des ermites. Un banc de pierre s’étend le long d’un des côtés de la salle. Tout cela fait bloc ; tout est taillé à même dans le rocher, et c’est aussi le cas du tuyau, qui s’allonge à une hauteur de 10 mètres au-dessus de la hotte, l’orifice supérieur aboutissant sur la paroi d’une crevasse, dont nous parlerons tout à l’heure.
- Un couloir à la porte voûtée, creusé à la gauche de la
- Fig. 2. — La cuisine avec sa vaste cheminée et son évier.
- cheminée, se prolonge jusqu’au réfectoire, pourvu de ses bancs de pierre. Nous visitons ensuite une salle qui servait de dortoir et quelques cellules, avant de pénétrer dans la chapelle, qu’éclairent une porte et une fenêtre superposées. . ;
- Elle mérite bien son nom de chapelle monolithe : son mobilier fait corps avec elle. Tout ce qu’elle contient, dans son espace de 70 mètres cubes environ, fait partie intégrante de cette même roche au cœur de laquelle elle a été taillée (fig. 3).
- L’autel et son retable, le couloir (ou déambulatoire), qui passe derrière lui par deux issues voûtées, la table de communion, la tribune et sa balustrade (fig. 4), le bénitier, les corniches qui font le tour de la chapelle au ras du plafond arrondi, tout a été taillé ou sculpté à même dans l’épaisseur du banc de roche, observation qui s’applique également aux deux anges en bas-relief (fig. 3) ornant les coins de la chapelle, de chaque côté de l’autel.
- Sur la muraille de gauche, on remarque une ouverture voûtée. Elle donne accès à un caveau peu profond, qui resta bouché par de la maçonnerie pendant
- Fig. 4. — La tribune de la chapelle.
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- Fig. 5. — Un des anges sculptés en bas-relief de chaque côté de l'autel.
- des siècles. On y a trouvé des ossements qu’il a été impossible d’identifier.
- Un escalier, taillé dans l’épaisseur de la paroi, donne accès à la tribune. Un accident l’a rendu inutilisable : en 1866, un bloc gigantesque (fig. 6) se détacha de la façade de la falaise, glissa doucement et se cala à 1 mètre plus bas, en entraînant naturellement l’escalier qu’il portait dans ses flancs.
- Un autre escalier mérite une description spéciale : c’est celui qui relie les salles que je viens de décrire à la crête de la falaise. Il emprunte d’abord un tunnel creusé dans la roche, puis s’élève par une étroite crevasse naturelle où la lumière du jour se faufile difficilement. C’est sur l’une des parois de cette faille que M. l’abbé Louis Poirier nous montre les deux trous circulaires servant d’orifice à la cheminée de la cuisine.
- Les marches de cet escalier ont été usées par des générations de pèlerins et de visiteurs ; les plus abîmées viennent d’être réparées au ciment. Un câble d’acier, qui tient lieu de rampe, facilite l’ascension ; mais, au retour, notre vigilant guide nous conseillera de redescendre à reculons ou de côté pour éviter de fâcheuses glissades.
- Le touriste est récompensé de son effort par le splendide spectacle qui s’offre à ses yeux, du haut de la falaise : sur une longueur de 50 kilomètres, la Gironde roule ses flots sillonnés de vapeurs et de voiliers en prenant l’aspect d’une mer, avec ses 14 kilomètres’de largeur.
- Les nuages viennent de se dissiper. Au delà du fleuve majestueux, la côte du Médoc se dore sous le soleil, et nos regards peuvent la suivre de Pauillac, où les grands transatlantiques se balancent sur leurs ancres, jusqu’à la pointe de Grave.
- L’histoire de l’Ermitage Monolithe présente bien des lacunes. Saintonge et Bordelais furent les derniers boulevards de la domination anglaise en France. Quand elle cessa avec la fin de la Guerre de Cent Ans, les vaincus emportèrent les archives de la plupart des villes, et ce fut le cas pour celles de Mortagne-sur-Gironde.
- Cette petite ville elle-même est fort ancienne. On croit que son nom (Mauritania en latin) rappellerait la fondation d’une colonie par les Maures venus d’Espagne. Charlemagne y séjourna.
- Dès l’introduction du christianisme dans les Gaules, la falaise, dont la base était alors baignée par la Gironde,
- Fig. 6. — Le pan de roche détaché de la falaise.
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- fut habitée par des ermites. Ils vivaient probablement sur la cime, d’où ils pouvaient surveiller les naufrages (encore fréquents dans ces parages) et porter secours aux marins. Bordeaux était déjà un centre commercial très actif dès la fin de l’ère ancienne.
- A mesure que le fleuve, rétrécissant son lit, s'éloigna de la falaise, les cénobites creusèrent ces escaliers et ces salles en fixant leurs demeures de plus en plus bas. C’est ce qui explique que les âges des différentes parties de l’ermitage s’échelonnent depuis les débuts de l’ère chrétienne jusqu’au Xe siècle.
- Une tradition, recueillie par ses historiographes, veut que saint Martial, l’apôtre du Limousin, qui fut l’un des 72 disciples de Jésus-Christ, aimait à se retirer « dans un ermitage situé sur les bords de la Gironde ». Or, on n’y connaît que l’ermitage de Mortagne, et l’on en conclut assez logiquement que ce contemporain du Christ est le fondateur du sanctuaire.
- L’escalier de la crevasse doit dater du ve siècle. La chapelle devait exister dès cette époque ; elle fut agrandie, pour atteindre ses dimensions actuelles, au xe siècle, quand l’ermitage devint un monastère en ajoutant à ses chambres souterraines des édifices qui couronnaient la
- falaise et dont il ne reste plus qu’une tour en ruines.
- Jusqu’aux guerres de religion, l’ermitage fut un lieu de pèlerinage très fréquenté : on venait y vénérer les reliques de saint Ausone, natif de Mortagne et premier évêque d’Angoulême, où il subit le martyre. Le pèlerinage ne fut rétabli qu’en 1703, et pour être interrompu de nouveau en 1793, quand ce qui restait du monastère [soit sa partie souterraine) fut vendu comme bien national. Le vénérable monument ne fut racheté par les fidèles qu’en 1876. Il appartient actuellement à une société civile, régulièrement constituée, et dont le curé de Mortagne est le mandataire.
- Souhaitons que ceux de nos lecteurs qui s’intéressent aux plus vieux témoins de notre histoire viennent en aide à l’œuvre de conservation et de restauration entreprise par M. l’abbé Louis Poirier. Défendons ces parcelles de notre patrimoine que sont les monuments de France, surtout lorsqu’ils présentent, comme l’Ermitage Monolithe de Mortagne-sur-Gironde, un caractère artistique et archéologique probablement unique au monde (*).
- J. d’Iziei.
- 1. Photos A. Gilbert. — Reproduction interdite.
- LE MARQUAGE DES ROUTES
- Beaucoup d’accidents seraient évités si les usagers de la route tenaient compte de l’existence de leurs collègues et observaient scrupuleusement les règles du code. 11 est superflu de rappeler que la voiture doit tenir sa droite, afin de permettre un dépassement et d’éviter un accrochage lors d’un croisement.
- Cette ligne de conduite doit être d’autant plus observée que la route suivie a des sinuosités plus prononcées. Dans les pays plats, lorsque le ruban de route, en ligne droite, permet de voir à grande distance devant soi, on peut sans inconvénient augmenter la vitesse et tenir le milieu, mais en restant toujours maître de sa voiture comme le code l’indique. Par contre, si la région est accidentée, la route décrit des lacets, les tournants sont plus ou moins masqués, ils exigent un ralentissement prudent et le respect de la tenue à droite, pour permettre à un autre véhicule, qui surgit brusquement, d’avoir la route libre et de ne pas accrocher.
- En France, les routes dans les régions montagneuses sont en général trop étroites et la circulation y est fort dangereuse, surtout avec les services de tourisme en autocars qui se sont développés considérablement. Dans les pays neufs, où l’établissement des voies de communication est presque contemporain de l’apparition des automobiles, les routes ont été faites beaucoup plus larges.
- C’est le cas du réseau routier des Etats-Unis, où l’on rencontre, par exemple en Californie, dans les parties accidentées, des routes donnant facilement passage à trois véhicules de front, Il faut croire cependant que, malgré ces avantages, les accidents ne manquent pas, si l’on en juge par les précautions prises pour assurer la
- sécurité des touristes. Les conducteurs américains sont soumis à de sévères règlements , dont l’infraction est cause de punitions immédiates et ineffaçables. C’est probablement la raison pour laquelle ces règlements sont mieux observés et suivis qu’en Europe.
- Quoi qu’il eu soit, pour faciliter le trafic, on utilise là-bas, comme chez nous, les signaux indicateurs distribués souvent à profusion.
- Les chaussées, dans les agglomérations, sont peintes pour canaliser les véhicules suivant la direction qu’ils suivent ou d’accord avec leur destination. A Paris, on se sert de disques métalliques bombés à 400 fr. pièce, sorte de clous de tapissier pour fauteuils destinés à des géants. Ces signaux sont visibles et résistent mieux que la peinture, car les conducteurs débordent fréquemment sur les bandes protectrices.
- La peinture blanche est cependant assez durable, si les véhicules respectent les circuits.
- C’est probablement la raison pour laquelle, en Californie, on a adopté cette délimitation à la peinture, non seulement dans les rues des villes, mais également sur les routes montagneuses.
- Les sinuosités sont telles que les véhicules ne peuvent aller vite qu’à condition que chaque voiture reste bien sur le côté de la route qui lui est assigné. Pour tracer un trait dans le milieu des routes, probablement plus larges que celles de nos régions accidentées, on a imaginé une machine originale, sorte de pinceau à air comprimé qui projette un jet de peinture de largeur réglable.
- Le compresseur d’air est monté sur un chariot portant un réservoir de peinture, que l’homme pousse en main-
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- Fig. 1 (à gauche). — La machine à peindre les raies et son camion d’approvisionnement.
- Fig. 2 (à droite). — Route en lacets avec raie médiane.
- tenant une roulette guide sur l’emplacement de la raie qu’il doit tracer.
- Le réservoir suffit pour alimenter en peinture un mille de raie et cette peinture spéciale sèche en deux heures au maximum, tout dépend évidemment de l’état hygrométrique du moment.
- Bien entendu,fun camion chargé de réservoirs de peinture suit ou plutôt précède le chariot.
- Les bandes médianes ainsi tracées sur les routes accidentées ont donné d’excellents résultats, ce qui suppose que chacun observe rigoureusement les ordonnances et règlements.
- Pour les tracés dans les villes, on utilise la même machine et, comme en général les avenues larges sont presque toujours en ligne droite, on commence par tendre un cordeau de grande longueur au milieu de la chaussée, puis un homme, avec un pinceau, fixe de place en place des points de peinture qui serviront de repères pour le déplacement de la machine à peindre.
- Ce moyen original de traçage permet d’opérer rapidement et la qualité de la peinture employée est telle qu’elle ne nécessite pas de trop fréquentes réfections.
- E.-H. Weiss.
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- CHRISTIAN HUYGENS
- La Hollande vient de célébrer avec éclat le quadricen-tenaire de la naissance d’un des plus grands savants de tous les temps, Christian Huygens, qui naquit, en effet, à La Haye le 16 avril 1629. Huygens, élève de Galilée, précurseur de Newton, ouvrit à la science des voies absolument nouvelles et doit être considéré comme un des fondateurs de la science moderne.
- Fils d’un dignitaire de la cour des princes d’Orange, Huygens reçut une excellente instruction et manifesta de bonne heure des dispositions marquées pour la mécanique. Dès 1657, son nom est célèbre en Europe. A ce moment, il fit plusieurs voyages en France et en Angleterre. En 1666, il se fixe à Paris où le retient le titre de membre de l’Académie des Sciences, accompagné d’une libérale pension accordée par Louis N1V, sur la demande de Colbert. Il y réside jusqu’en 1681, malgré la guerre qui survint entre la France et la Hollande. La révocation de l’Édit de Nantes, prononcée en 1685, ne put être cause, comme on l’a dit, du départ de Huygens. Mais les persécutions dont ses coreligionnaires protestants commençaient à être victimes en France furent la raison de son retour en Hollande. Là, Huygens vécut paisiblement jusqu’à sa mort en 1695. Sur ses vieux jours, il fit encore un voyage en Angleterre ; il y noua des relations avec Newton, qui aurait voulu le voir accepter un poste à l’Université de Cambridge.
- Les principaux travaux de Huygens portent sur la géométrie (propriétés de la cycloïde, problème delà chaînette, etc.), l’astronomie (découverte d’un satellite de Saturne et de la nébuleuse d’Orion), mais surtout sur la mécanique et la physique. On doit aussi le considérer comme l’un des fondateurs du calcul des probabilités. Huygens offre le remarquable exemple d’un esprit aussi doué pour les applications pratiques que pour les recherches théoriques ; car il fut à la fois un savant aux vues profondes et un inventeur de premier ordre.
- Le nom de Huygens reste attaché à l’invention des horloges à pendule ; c’est en 1657 qu’il fit cette mémorable création, grâce à laquelle l’humanité disposa d’un premier moyen automatique et précis pour la mesure du temps. A cette époque, il existait depuis longtemps déjà des horloges à poids, avec des rouages et des aiguilles. Mais la marche de ces appareils, gênée par les frottements, était irrégulière et inconstante. Galilée, qui découvrit l’isochronisme des oscillations du pendule, avait cherché tout naturellement à appliquer cette propriété aux horloges, mais sans pouvoir mener à bien la réalisation de son idée. C’est à Huygens qu’en revient l’honneur. Le premier, il sut réaliser par des moyens simples l’entretien et le comptage des oscillations d’un pendule, oscillations dont la durée, moyennant certaines précautions, peut être rendue presque rigoureusement constante. Le 6 juin 1657, la première horloge à pendule fut présentée publiquement en Hollande.
- Huygens se passionna pour la chronométrie et c’est à lui également que l’on doit l’application du ressort spiral aux balanciers des montres. La première montre à balancier fut construite par Huygens pendant son séjour à Paris et présentée à Louis XIV auquel le savant dédia également son grand ouvrage Horologium oscillatorium (1673).
- Ce fut une nouvelle révolution dans l’art de mesurer le temps ; grâce à elle, en effet, on put construire des chron.omètres portatifs et surtout des chronomètres marins, qui allaient permettre de constituer des garde-temps à bord des navires et, par suite, de mesurer les longitudes en mer ; les procédés de navigation, à leur tour, devaient être bientôt trans-
- formés par cet instrument, au grand bénéfice de la rapidité et de la sécurité des voyages. Au cours de ses recherches chronométriques, Huygens déploya non seulement le génie de l’inventeur, mais encore une habileté mécanique remarquable, ainsi qu’un grand talent de géomètre. C’est, en effet, à l’occasion de ses travaux sur les montres à balancier qu’il découvrit les propriétés de la cycloïde et qu’il indiqua l’application du pendule cycloïdal pour maintenir invariable la durée des oscillations, même pour les oscillations pendulaires de grande amplitude.
- II est inutile d’insister sur les immenses applications qu’ont reçues les inventions chronométriques de Huygens et sur les bénéfices qu’en ont tirés toutes les branches de la science et de l’industrie.
- Au point de vue de la mécanique théorique, les travaux de Huygens sur le pendule ont également une très grande importance ; on y trouve, en effet, la première étude de trajectoires curvilignes d’une masse pesante, et les études du savant hollandais sur ce point préparaient la voie à la mécanique de Newton. C’est à Huygens aussi que l’on doit la considération des moments d’inertie et de la force vive (produit de la masse par le carré de la vitesse), fonctions qui jouent dans la mécanique théorique un rôle capital. Il étudia aussi le problème du choc de deux corps élastiques et en dégagea les lois fondamentales.
- Huygens a également laissé dans le domaine de l’optique des travaux d’une importance fondamentale ; il s’était préoccupé de perfectionner les télescopes et il avait entrepris la construction d’une lunette astronomique ; il en polissait lui-même les lentilles, avec l’aide de son père. Il fut ainsi amené à étudier les propriétés optiques des lentilles et à en reconnaître les défauts (aberrations sphériques et chromatiques). Il inventa, à cette occasion, l’oculaire dit de Huygens, encore employé aujourd’hui sous ce nom.
- Ici comme en mécanique, à côté de cette partie inventive de son œuvre, l’illustre hollandais a laissé une œuvre théorique capitale. C’est lui le premier qui formula une théorie ondulatoire de la lumière et jeta les fondements de la physique de l’éther. Il admet que la lumière est due à des vibrations propagées par un milieu immatériel, comme le son par l’air, alors que les physiciens de son temps, suivis plus tard par Newton, voyaient dans la lumière des jets de corpuscules matériels. L’explication donnée par Huygens des rayons lumineux et de la propagation des ondes émises par une source non ponctuelle, dans la théorie ondulatoire, reste en vigueur aujourd’hui encore et le « principe de Huygens » continue à dominer l’optique ondulatoire classique. De ce principe, Huygens pouvait déduire les lois exactes de la réflexion et de la réfraction, ces dernières, en admettant que la vitesse de la lumière est plus grande dans l’éther libre ou le vide que dans la matière. Ce fait, on le sait, ne fut reconnu exact que 180 ans plus tard, lors de la mémorable expérience de Foucault, expérience cruciale qui décida en faveur de la théorie ondulatoire.
- On doit encore à Huygens, dans ce domaine, deux découvertes remarquables ; il put; grâce à sa théorie, débrouiller les phénomènes compliqués de la double réfraction dans le spath d’Islande et en faire connaître les lois géométriques. Ses recherches sur ce phénomène l’amenèrent à découvrir le phénomène de la polarisation de la lumière.
- Huygens peut aussi être considéré comme l’inventeur du premier moteur à explosion ; en 1680, il décrivit, dans une communication à l’Académie des Sciences de Paris, un moteur formé d’un cylindre vertical à l’intérieur duquel se
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- déplaçait, de bas en haut, un piston sous la poussée des gaz dégagés par l’explosion d’une charge de poudre placée dans une chambre de combustion, au fond du cylindre. Puis, les gaz se refroidissant rapidement, il se formait derrière le piston un vide partiel et la pression atmosphérique l’obligeait à redescendre.
- Huygens utilisait ce retour en arrière du piston pour pro-
- duire un travail moteur : soulèvement de poids par l’intermédiaire d’une corde reliée au piston et passant sur une poulie.
- On voit que le créateur génial de la chronométrie possède de multiples titres de gloire. Ils justifient les hommages solennels que viennent de lui rendre à Leyde toutes les nations civilisées.
- INTOXICATION MERCURIELLE ET HYGIÈNE
- DES LABORATOIRES
- Les progrès en matière d’intoxication sont de plus en plus manifestes. Ils permettent de déceler des empoisonnements de plus en plus légers, aussi bien du fait d’un examen clinique plus subtil que du fait de la chimie, et plus spécialement de ce qu’on appelle, d’un nom significatif, la microchimie.
- Un exemple particulièrement instructif de ce fait est donné par les recherches récentes sur l’intoxication mercurielle. On sait que ce métal lourd, pris en quantité suffisante, donne lieu à des symptômes très caractéristiques et très graves : gingivite et stomatite d’abord, puis colites et néphrites sont parmi les symptômes les plus anciennement connus. Mais il en est d’autres qui sont beaucoup moins nets sur lesquels l’attention a été attirée récemment et qui sont dus à l’ingestion de quantités de mercure, considérées jusqu’ici comme inofïensives.
- L’attention a été attirée sur ces faits par les conséquences pathologiques qu’entraînent des dents plombées avec des amalgames contenant, à côté du mercure, de l'argent ou du cuivre. Les amalgames d’or, même dans la salive, sont très stables. Mais ceux d’argent et surtout ceux de cuivre le sont beaucoup moins. La raison de ce fait est peu connue. Des phénomènes électrolytiques sont probablement en cause.
- Toujours est-il qu’une observation clinique, assez récemment publiée par A. Stock, a déchaîné, dans le monde des pharmacologistes et des toxicologues, un intérêt considérable et de longues discussions, dont nous allons donner un bref résumé.
- Il s’agit d’un professeur de l’Université de Marbourg, qui se sentait devenir malade et qui avait 24 dents plombées avec des amalgames au cuivre. Ce savant homme observa dans son état physique et mental une amélioration considérable après que ces 24 plombages eurent été enlevés. Ces faits eurent un tel retentissement qu’on décida de procéder à une enquête dont le professeur Paul Fleischmann, tout à fait désigné par ses travaux antérieurs, fut chargé.
- Pour procéder à son étude, ce pharmacologiste rechercha d’abord des personnes possédant des plombages de mauvaise qualité et ne manipulant pas professionnellement du mercure. Il en trouva ainsi 37 dont 30 éliminaient du mercure avec leurs déjections. Dans un autre groupe de 14 individus aux dents plombées avec des métaux nobles, il n’y avait qu’un seul éliminateur de mercure. Ainsi s’est trouvé confirmé d’une façon formelle que la qualité de l’amalgame peut permettre une intoxication. Cependant, les quantités de mercure trouvées dans les urines étaient très faiblës. Elles ont varié de 1/10 000 à 4/10 000 de mg par litre.
- Malgré la petitesse de ces quantilés, des symptômes pathologiques très nets ont été constatés chez quelques-uns des porteurs d’amalgames de mauvaise qualité. Certes, on n’a constaté ni colite, ni stomatite, ni néphrite, telles qu’on les observe dans les intoxications mercurielles graves. On
- n’a même pas retrouvé les symptômes légers d’intoxication tels que le tremblement ou l’irritabilité. En revanche, on a noté de l’affaiblissement de la mémoire et des troublée intestinaux, c’est-à-dire des symptômes qui s’éloignent assez peu de ceux de la neurasthénie ou de ceux de l’artério-sclérose commençante. Quelques autres signes un peu plus caractéristiques, comme des gencives qui saignent facilement, un goût métallique dans la bouche ont été aussi parfois constatés. Mais, dans l’ensemble, il était fort difficile de faire la part entre ce qui relevait d’une intoxication mercurielle et ce qui devait être rattaché à une autre affection concomitante et mal caractérisée.
- Ce qui a apporté la certitude, c’est que ces symptômes ont disparu lorsque les amalgames ont été enlevés et l’apport de mercure ainsi supprimé. La plus intéressante des observations faites dans ces conditions concerne un officier, qui se sent fatigué, qui paraît anémique et dont la mémoire diminue depuis le moment où ses dents ont été plombées. Ses gencives sont légèrement saignantes. On trouve 4/1000 de mg de mercure par litre d’urine. L’enlèvement des amalgames fait disparaître les maux de tête en deux mois et rend l’état général tout à fait normal, tandis que la quantité de mercure décelée s’abaisse à 1/10 000.
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- Pour expliquer que le mercure provoque des signes pathologiques à d’aussi faibles doses, il faut invoquer un phénomène qu’on ignorait à peu près complètement il y a peu d’années encore. Il s’agit de ces phénomènes de sensibilisation qui font qu’un individu supporte impunément des doses très élevées d’un médicament, tandis qu’un autre en supportera mal de très faibles. Dans ce dernier cas, les symptômes déclenchés par le poison sont parfois différents de ceux que provoquent des doses élevées. Ces sensibilités excessives sont souvent héréditaires et familiales.
- Mais les personnes qui, comme nous l’avons dit, travaillent avec le mercure sont extrêmement nombreuses. Beaucoup d’ouvriers électriciens s’en servent quotidiennement. Les dentistes et leurs aides, les infirmières et les malades qui utilisent des médicaments mercuriels sont également exposés à ingérer des quantités de mercure que leur organisme supporte plus ou moins bien. C’est cependant surtout aux hommes de laboratoires que je songe ici, étant donné que les lecteurs de La Nature rentrent souvent dans cette catégorie. Or, il n’est guère de laboratoire où on ne soit appelé à manier fréquemment du mercure sans se douter le moins du monde des inconvénients que peut avoir ce métal et qui ont été si clairement mis en évidence par les recherches qu’on vient de voir et que Paul Fleischmann a d’ailleurs étendues à diverses catégories de personnes.
- Dans un groupe d’individus qui maniaient professionnellement du mercure, on a retrouvé 1/10 000 à 1/100 de mg de ce
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- métal dans l’urine. Chez un chimiste, on en a même retrouvé 3,75 mg dans 1 litre 1/2 d’urine. En moyenne, chez les individus de ce genre, on a retrouvé 40 fois plus de mercure que chez ceux qui avaient les dents plombées avec des amal-galmes de qualité inférieure.
- Quelques-uns de ces cas sont particulièrement intéres-sants. L’un d’eux concerne un médecin qui se plaignait de fatigabilité, d’affaissement de la mémoire, d’inflammation de la bouche, et dans la chambre duquel on trouva une quantité innombrable de gouttelettes de mercure qui s’étaient répandues au moment du remplissage d’un manomètre destiné à mesurer la pression artérielle. Un nettoyage sérieux de la pièce fit disparaître tous les troubles.
- Un professeur de physique, si malade qu’il avait été amené à demander sa retraite, fut complètement guéri et mis en état de reprendre son enseignement lorsqu’on eut enlevé du cabinet de travail où il se tenait 8 à 10 heures par jour, les 170 gr de mercure qui étaient répandus sur le sol et dans les interstices du parquet.
- La sensibilité observée en pareil cas aurait d’ailleurs été constatée parfois chez plusieurs membres d’une même famille. Il s’agirait donc d’une constitution anormale et innée.
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- Certes, les symptômes observés sont infiniment moins graves que les intoxications massives. Ce n’est pourtant pas une raison pour ne pas prendre de précautions et pour ne pas se rendre compte une fois de plus que, dans la plupart des intoxications professionnelles, une propreté rigoureuse est une méthode prophylactique de tout premier ordre.
- Néanmoins, lorsqu’il s’agit, par exemple, de tremper de l’acier par immersion dans un bain de mercure, il faut des méthodes prophylactiques très puissantes. Alors une aération puissante est absolument indispensable. En outre, à en croire un travail récent de Rakusin, le pouvoir absorbant du charbon pour les vapeurs de mercure serait fort efficace pour débarrasser l’atmosphère des ions de mercure qu’elle contient et qui représentent la forme la plus active de ce, puissant toxique. Dr P.-E. Moriiardt.
- Bibliographie
- P. Fleischmann. — La question du danger des petites doses de mercure. Deut. med. Woch , n° 8, 24 février 1928.
- M. Rakusin. — Absorption de vapeur de mercure et de sublimé par le charbon activé. Münch., med. Woch , n° 44, 1928.
- A. Stock — Le danger du mercure et des obturations dentaires à l’amalgame. Med. Ktinik, nos 29 et 30, 20 et 27 juillet 1928.
- = PRESTIDIGITATION =
- LE MARTYRE D’UNE FEMME
- Depuis quelque temps, on présente au music-hall un truc très simple, mais qui produit cependant beaucoup d’effet. Les spectateurs croient bien comprendre le moyen employé, mais ce qu’ils voient les déroute et semble bien leur prouver que leur idée n’est pas exacte. Le truc consiste essentiellement à enfermer une femme dans une boîte placée horizontalement sur la scène, puis à passer au travers de cette boîte une assez grande quantité de longues tiges de fer, ce qui, à première vue, paraît impossible, puisque le corps delà femme à l’intérieur de la caisse forme obstacle ; il est difficile d’admettre, malgré toutes les apparences, que ce corps soit traversé par les tiges.
- Aucun truquage ne semble possible, toutes les précautions étant prises pour assurer la sincérité de l’expérience. On apporte en scène une sorte de plate-forme que représente notre figure 1 ; elle est formée d’un cadre CC très mince, monté sur quatre pieds, Ce cadre est garni d’un treillage en fil de fer à larges mailles; il ne peut donc exister aucune cachette permettant de dissimuler une personne placée sur la plate-forme. Au-dessus des pieds, àchaquebout, estdressé
- un fort plateau en bois épais, s’ouvrant en deux parties A et B, et assez semblable à une cangue chinoise. Un de ces plateaux est percé de deux ouvertures dans lesquelles on
- serrera les pieds de la femme et l’autre de trois ouvertures, l’une pour le cou, l’autre pour les mains.
- L’opérateur enlève les parties supérieures des cangues AA, puis demande parmi les spectateurs des témoins qui pourront visiter l’appareil et se rendre compte de la sincérité de l’opération. La femme entre en scène, se couche sur le plateau, mettant ses chevilles dans les creux de la partie B d’une des cangues, sa tête et ses poignets sur la partie B de l’autre cangue. Les dessus AA sont mis en place et cadenassés, ce qui immobilise complètement le sujet. De plus, 4 grands clous RR R R sont apportés et l’opérateur prie les témoins de les enfoncer à coups de marteau dans les avant-trous qu’il leur montre. Il est à prévoir, étant donné la longueur des clous et l’endroit où l’avant-trou est pratiqué, que les chevilles et les poignets de la f em m e couchée seront transpercés. Les témoins, à la grande joie de l’assistance, hésitent naturellement à faire cette dangereuse opération, mais le présenta-
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- teur donne l’exemple en enfonçant le premier clou : alors les témoins se décident et enfoncent les autres clous.
- On apporte un second cadre C garni d’un treillage comme le premier. Ce cadre est posé sur les deux cangues et, sur le tout, on met une sorte de housse en toile cirée (H, figure 2) assez rigide, formée d’un centre percé de trous et de quatre rabats. Quand la housse est mise en place, les rabats qui sont tombés sur les quatre côtés sont réunis l’un à l’autre par les agrafes A A A A, et le tout, formant comme une caisse, est immobilisé par les écrous E qui viennent se boulonner sur le cadre C en E’. Les témoins sont alors invités à examiner une trentaine de tiges de fer, pointues d’un bout, terminées de l’autre soit par une boule ou un anneau et de 10 cm plus longues que la hauteur des cangues. Ces tiges sont enfoncées dans les trous de la housse, où elles sont maintenues par les boules ou anneaux qui les terminent. De là elles passent dans les mailles de grillage du cadre supérieur, puis dans celles du grillage du cadre inférieur d’où elles sortent suffisamment pour être parfaitement visibles entre les pieds de la plate-forme. Mais, se demande-t-on, où passent-elles entre les deux cadres, puisque la femme est là, couchée, son corps s’interposant sur le passage de n’importe quel objet?
- Yoici les petits moyens employés pour produire l’illusion: les quatre clous enfoncés au marteau ne peuvent, malgré les apparences, toucher ni les poignets, ni les chevilles de la femme emprisonnée ; ils sont en acier assez rigide pour que l’on puisse les examiner, mais faisant ressort, ils peuvent se courber : les avant-trous sont continués par des conduites métalliques arquées. Les clous souples enfoncés au marteau épousent la courbe des arcs et lorsque tout à l’heure, ils
- seront retirés avec des tenailles pour délivrer la femme, ils reprendront leur forme première, grâce à leur élasticité. Quant aux tiges, c’est beaucoup plus simple. Les trous préparés dans la housse de toile cirée sont ménagés assez près des bords longitudinaux, ce que les témoins n’ont guère le temps d’observer et ce que le public ne voit pas de loin. Les tiges sont alors facilement passées de biais à côté de la femme, et il est impossible de voir que le point de sortie de la tige s ou s la plate-forme ne correspond pas perpendiculairement avec le point d’entrée. De plus quatre ou cinq tiges, enfoncées au beau milieu de l’appareil, n’ont pas été visitées au milieu des allées et venues de l’installation ; elles sont truquées comme les poignards de tragédie et grâce à un ressort qui cède à la pression, elles rentrent en elles-mêmes et semblent traverser le corps. Comme ces tiges sont enfoncées les dernières, le public et les témoins ne peuvent remarquer si, au milieu de toutes les tiges dont ils aperçoivent les pointes par en bas, celles du centre se voient ou ne se voient pas.
- Au bout d’un instant, toutes les tiges sont retirées, celles du centre reprenant leur première longueur grâce aux ressorts, et toutes ensemble sont mises de côté. On enlève la housse, les quatre clous sont extraits avec des tenailles. Enfin les cadenas étant ouverts, la femme peut sortir des cangues. Une dernière fois on fait examiner aux témoins les cangues, les tiges, à l’exception des tiges truquées qui ont été escamotées, et le cadre grillagé, tous ces objets pouvant subir un examen. Cette petite cérémonie de la précaution inutile termine la présentation du truc.
- Alber.
- PHONOGRAPHIE, RADIOPHONIE, RADIOVISION
- LE PHONOGRAPHE MÉCANIQUE, LE PHONOGRAPHE RADIOÉLECTRIQUE,
- ET LEURS PERFECTIONNEMENTS.
- Le phonographe radioélectrique, dans lequel la reproduction des disques n’est plus effectuée par des procédés mécaniques, mais par des dispositifs électromagnétiques et des amplificateurs radioélectriques, n’est employé que depuis fort peu de temps, alors qu’au contraire le phonographe ordinaire est universellement adopté depuis de nombreuses années.
- Mais il n’y a guère de ressemblances entre le phonographe de 1929 et le phonographe de 1900, du moins quant aux résultats d’audition, et l’on peut même affirmer, ce qui semble peut-être un peu surprenant dès l’abord, que le phonographe moderne n’a commencé à être réalisé que vers 1925.
- C’est, en effet, l’enregistrement électrique des disques, exécuté industriellement à ce moment, qui constitua le perfectionnement essentiel dans l’histoire du phonographe depuis 1888, date à laquelle on commença à utiliser pratiquement des rouleaux en cire et des disques de la même matière.
- Les organes reproducteurs du phonographe mécanique : diaphragmes, bras acoustique, diffuseur de sons, ont certes été modifiés profondément, et il faut noter, d’ailleurs, que leurs perfectionnements ont été facilités, en très grande partie, par les travaux exécutés en même temps pour la réalisation des haut-parleurs radiophoniques, de même que l’enregistrement électrique des disques a été rendu possible grâce à l’aide apportée à l’industrie phonographique par la radiotechnique.
- Quoi qu’il en soit, la qualité vraiment remarquable de la reproduction des disques par les phonographes modernes est due avant tout à la qualité de l’enregistrement, et cette perfection remarquable des disques produits aujourd’hui par les grandes maisons d’éditions phonographiques permet , en même temps, les- merveilleux résultats obtenus à l’aide des phonographes radio-électriques, puisque ces derniers utilisent les mêmes disques.
- Le phonographe mécanique et le phonographe radio-électrique, dont les qualités présentes et d’avenir sont ainsi intimement liées aux perfectionnements de l’enregistrement des disques, ne peuvent être l’un pour l’autre des concurrents, mais doivent être des associés; ils ont chacun leurs qualités propres et sont, en général, destinés à des buts tout différents.
- Ndùs avons déjà signalé, dans ces chroniques, la qualité spéciale de la reproduction radioélectrique; rappelons seulement que, grâce à elle, on peut obtenir facilement une audition musicale et artistique d’une intensité réglable à chaque instant par l’auditeur, soit très douce, soit assez puissante pour une salle de grandes dimensions.
- Mais, pour qu’un phonographe radioélectrique puisse fournir une audition vraiment artistique, il est nécessaire qu’il soit soigneusement construit, que tous ses organes soient adaptés les uns aux autres, et non pas étudiés séparément, d’où il résulte, par exemple, la nécessité d’adopter un excellent haut-parleur, généralement du type électrodynamique.
- En raison des difficultés de cette construction, il est évident qu’un bon phonographe radioélectrique est encore, et demeurera sans doute encore longtemps, un appareil coûteux, dont l’achat ne pourra être effectué par des mélomanes peu fortunés.
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- Heureusement pour ces derniers, le phonographe mécanique moderne, appareil beaucoup moins complexe et moins coûteux, s’il n’a pas le pouvoir de fournir une audition puissante et réglable à volonté, permet cependant de jouir des charmes de la reproduction douce et nuancée d’une belle œuvre musicale.
- D’autre part, tous ceux qui possèdent un bon poste récepteur radiophonique peuvent utiliser ce poste après quelques modifications peu coûteuses, pour la reproduction électrique des disques. Un ensemble de reproduction réalisé de cette manière ne peut posséder évidemment toutes les qualités d’un phonographe électrique construit en vue d’un but unique, mais il faut remarquer que le coût de la modification d’un poste récepteur radiophonique pour la reproduction électrique est inférieur, en général, au prix d’achat d’un phonographe mécanique; l’intérêt de la modification est donc indiscutable et il est probable que d’ici peu la plupart des postes radiophoniques permettront, à volonté, soit la réception des radio-concerls, soit la reproduction électrique des disques de phonographe.
- UN PHONOGRAPHE RADIOÉLECTRIQUE A GRANDE PUISSANCE.
- Nous indiquons plus haut que la construction d’un bon phonographe radioélectrique doit être très soigneusement réalisée si l’on veut vraiment que cet appareil possède tous les avantages dus à ce procédé de reproduction.
- Les organes de cet ensemble reproducteur, c’est-à-dire le pick-up électromagnétique, l’amplificateur basse fréquence avec ses lampes et ses appareils d’alimentation, le haut-parleur, et même le système d’entraînement du disque doivent donc être réalisés rationnellement; de plus, leurs caractéristiques doivent être déterminées non pas séparément, mais en fonction les unes des autres, c’est là un point que les amateurs de T. S. F. ne doivent pas oublier lorsqu’ils désirent utiliser leurs postes récepteurs radiophoniques pour la reproduction électrique des disques.
- Il existe maintenant en France dans le commerce quelques modèles de phonographes radioélectriques bien étudiés, plus ou moins puissants suivant les 1ypes choisis et suivant les rôles qu’ils ont à remplir, et dont les détails de construction peuvent varier, sinon les principes mêmes.
- Un grand fabricant de phonographes, bien connu également par ses éditions de disques, présente actuellement un modèle de phonographe radioélectrique dont tous les organes ont été étudiés de la manière que nous indiquons.
- L’aspect extérieur de l’appareil fermé est peu complexe, et, d’ailleurs, sa manœuvre est presque aussi simple que celle d’un phonographe mécanique ordinaire.
- L’appareil est alimenté à l’aide du courant alternatif d’un secteur d’éclairage; il est relié au secteur, comme une lampe portative quelconque, à l’aide d’une simple prise de courant, et n’exige aucune batterie d’alimentation. Son entretien est donc réduit au minimum.
- Son apparence extérieure est celle d’un grand phonographe ordinaire ; sur la face avant du meuble on aperçoit seulement à gauche .le bouton interrupteur du courant et à droite le bouton de réglage de l’amplification, dans le panneau central le diffuseur de sons (fig 1).
- De chaque côté du panneau central, se trouve un casier à disques à bascule d’un système spécial et l’ensemble mesure environ 1 mètre de hauteur et 0 m. 80 de largeur.
- Le dispositif d’entrainement du disque est actionné par un moteur électrique, et la manœuvre du système se réduit à placer le disque choisi sur le plateau, à changer l’aiguille du pick-up électromagnétique et à modifier, s’il y a lieu, l’in-
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- tensité d’audition à l’aide du bouton placé sur le panneau frontal de l’appareil.
- La disposition technique du système est à la fois très simple et remarquablement bien étudiée; on voit d’ailleurs sur la figure 2 l'emp’acement des différents organes.
- Le moteur électrique d’entraînement 7, très silencieux, fait tourner le disque sur lequel glisse l’aiguille du pick-up électromagnétique dont l’armature est très amortie pour éviter les vibrations parasites.
- L’intensité des courants électriques à basse fréquence produits par ce pick-up est contiôlée par le potentiomètre 8, tandis qu’une lampe pilote située près du plateau s’allume automatiquement lorsque le courant passe dans l’appareil. Un petit écran métallique empêche, d’ailleurs, que le
- Fig. 1. — Le phonographe radio-électrique Columbia-Kolster au de face.
- Ou aperçoit à gauche sur la face avant du meuble le bouton interrupteur de courant; à droite, le bouton de réglage de l’amplification; au centre, le diffuseur du haut-parleur; de chaque côté du panneau central se trouve un casier à disques à bascule.
- meuble ne soit chauffé exagérément par cette petite lampe.
- Les courants basse fréquence dont l’intensité est ainsi contrôlée à chaque instant sont d’abord transmis à une première lampe amplificatrice 2, puis à une deuxième lampe à grande puissance 3.
- Ces deux étages basse fréquence sont alimentés à l’aide du courant alternatif redressé et filtré. Le redressement est effectué par les deux valves à deux électrodes 4 et 5, tandis qu’une lampe 1 à résistance sert de régulateur du courant. Pour éviter un chauffage exagéré, cette lampe est recouverte d’une cheminée d’aération en tôle.
- Le courant d’alimentation des plaques est filtré dans un circuit dont l’impédance est formée ingénieusement par l’enroulement à fer du haut-parleur électro-dynamique 6.
- Ce haut-parleur du type dit « moving coil » (à bobine
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- mobile) et à. diffuseur à bords libres permet une reproduction excellente des notes basses comme des notes aiguës grâce à sa construction toute nouvelle et à ses principes de réalisation sur lesquels nous donnerons prochainement quelques indications à propos d’un appareil similaire.
- D’ailleurs, on peut utiliser, au moyen d’une simple fiche, l’amplificateur basse fréquence et le haut-parleur pour amplifier une réception radiophonique à la suite d’un poste récepteur ne comportant évidemment pas d’étages basse fréquence.
- On notera, enfin, qu’un fusible d’entrée 10 protège les circuits électriques en cas de fausse manœuvre ou de détérioration accidentelle des connexions.
- Fig. 2. — L’électrophone Columbia-Kolster pu par perrière.
- En haut : le moteur électrique d'entraînement; au centre : le haut-parleur électro-djnamique ; en bas : les lampes d’amplification, les valves de redressement et les divers organes d’amplification, de redressement, de filtrage et de sécurité.
- RÉGLAGE DE LA TONALITÉ D'UN HAUT-PARLEUR
- Il est inexact de croire que l’on puisse adapter n’importe quel haut-parleur à la suite de n’importe quel poste radiophonique ou phonographe radioélectrique sans observer aucune précaution de montage.
- Quelquefois, il est vrai, les organes basse fréquence du poste ou du phonographe et la dernière lampe basse fréquence sont établis ou choisis de telle sorte que leurs caractéristiques soient bien adaptées aux caractéristiques des enroulements du haut-parleur, et dans ce cas, le plus souvent par hasard, quelquefois grâce aux recommandations ou aux prévisions des constructeurs de postes ou de haut-parleurs, les résultats d’audition sont suffisants.
- Mais il arrive quelquefois aussi qu’un excellent haut-parleur ne produise qu’une audition médiocre parce que son adaptation a été mal effectuée.
- Très souvent un changement de la dernière lampe d’amplification basse fréquence, et la polarisation négative conve -nable de la grille de cette dernière, l’utilisation d’un transformateur de sortie de rapport bien choisi suffisent, dans ce cas, pour améliorer l’audition dans des proportions sensibles.
- Mais on obtiendra généralement les meilleurs résultats en adoptant comme montage de sortie non pas un transformateur, mais un système bobine de choc-capacité SC, intercalé dans le circuit de la dernière lampe (fig. 3).
- Le bobinage à fer S laisse passage au courant continu de plaque, mais arrête les courants basse fréquence qui actionnent le haut-parleur en traversant le condensateur C.
- Le haut-parleur est ainsi soustrait à l’action du courant continu de plaque qui peut à la longue détériorer les enroulements, ou amener une désaimantation des moteurs électromagnétiques ordinaires.
- D’un autre côté, en faisant varier l’impédance du bobinage, on peut évidemment faire varier la fréquence des courants arrêtés par la bobine, et qui parviennent au haut-parleur; on modifie ainsi la tonalité de celui-ci, d’une manièreunpeu artificielle, d’ailleurs.
- De cette façon, on peut changer la tonalité, soit suivant lanature du radio-concert entendu ou [du disque reproduit électriquement, soit en fonction des caractéristiques du dernier étage d’amplification. Ce dispositif de sortie peut évidemmentêtrefixé sur le haut-parleur lui-même, et, par exemple, monté dans sa boîte enébénisterie, lorsqu'il en comporte une dans les types à diffuseurs.
- Un constructeur a placé ainsi dans la boîte en ébénis-terie d’un modèle de haut-parleur électromagnétique à armature équilibrée et diffuseur de grand diamètre à plusieurs zones de fréquences, que nous avons d’ailleurs déjà décrit, un dispositif de sortie de ce genre (fig. 4).
- Ce dispositif comporte une bobine à noyau de fer dont on peut faire varier l’impédance au moyen d’une navette
- Dernière lampe B-F
- vers le -h fparleur
- Fig. 3. — Pour adapter un haut-parleur à la suite du dernier étage d’amplification basse fréquence, on peut employer un dispositif formé d'un bobinage à fer S et d’un condensateur C.
- Fig. k. — Dans le haut-parleur système Weymann, le moteur électromagnétique (vu en haut de la figure) est fixé sur une planchette qui supporte également le dispositif de sortie formé d’un bobinage h fer (à gauche) et d’un condensateur fixe [à droite). On peut faire parier l’impédance du bobinage pour modifier la tonalité au mieux de l’audition à l’aide d’une manette à plots {en bas de la figure).
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- à bouton moleté qui agit sur des plots connectés à des prises sur le bobinage, et un condensateur lixe de grande capacité.
- Ces organes sont fixés sur la planchette même qui supporte le moteur électromagnétique.
- PHONOGRAPHE ÉLECTRIQUE POUR LA REPRODUCTION RADIOÉLECTRIQUE.
- Il est évident que, pour la reproduction radioélectrique des disques de phonographe, on peut utiliser n’importe quel phonographe mécanique en remplaçant le bras acoustique par un bras spécial portant le pick-up électromagnétique.
- On peut même quelquefois, à la rigueur, adapter simplement le pick-up au bras acoustique ordinaire d’un phonographe.
- Il est cependant plus pratique d’adopter un phonographe spécial à moteur électrique muni d’un bras porte-pick-up bien étudié pour remplir ce rôle particulier.
- C'est pourquoi, quelques constructeurs commencent à état blir des appareils de ce genre qui sont destinés à être utilisés avec un amplificateur de puissance spécial pour reproduction phonographique, ou simplement avec un poste récepteur radiophonique dont on n’emploie que les étages basse fréquence.
- La figure 5 représente un modèle soigneusement construi. de phonographe électrique de ce genre.
- Le moteur électrique qui entraîne le disque est muni d’un excellent régulateur de vitesse et une manette très accessible permet, en outre, d’agir sur ce régulateur pour obtenir la vitesse convenable de rotation, entre 78 et 80 tours à la minute, en général.
- Ce moteur peut être connecté à un secteur continu ou alternatif, à l’aide d’une simple prise de courant et une lampe témoin résistance évite tout danger de surtension.
- Tout le mouvement est enfermé dans une boîte en ébénis-terie vernie dont on peut rabattre le couvercle pendant la marche de façon à éviter la transmission directe du bruit mécanique de grattement produit par l’aiguille du pick-up.
- Le modèle de pick-up, d’autre part, e6t assez léger pour ne pas provoquer une usure exagérée des disques, et son armature est suffisamment amortie pour éviter la naissance d’oscillations mécaniques parasites ; il est fixé à l’extrémité d’un bras métallique spécial réglable dans tous les sens, au moyen d’une monture à bascule très pratique, (fig. 6).
- Fig. 6. — Pick-up électromagnétique Radio I ,-L. fixé au moyen d'une monture à bascule à l'extrémité d'un bras métallique réglable en hauteur, en longueur et en direction.
- Fig 5 — Phonographe à moteur électrique type Radio L. L. arec pick-up et bras support spécial.
- LES SERVICES RÉGULIERS DE TRANSMISSION D’IMAGES PAR T* S. F.
- Nous avons indiqué, dans nos dernières chroniques, les principes sur lesquels est basé le fonctionnement des appareils émetteurs et récepteurs d’images par T. S. F.
- Il existe déjà en France des appareils récepteurs d’images pour amateurs, qu’il suffit d’adapter à la suite d’un poste récepteur radiophonique quelconque, mais il manque encore les émissions régulières de radiodiffusion d’images elles-mêmes.
- Ces émissions continuent régulièrement en Autriche et en Angleterre surtout, et Ton ne comprend pas pourquoi des essais réguliers ne sont pas encore tentés en France, du moins par d’autres postes que Radio-Toulouse, dont l’heureuse initiative doit être encouragée Dès à présent, cependant, un poste récepteur d’images peut permettre de recevoir facilement les images excellentes transmises parla station de Vienne, ce qui justifierait complètement l’intérêt de soninstallation, et tout permet d’espérer qu’il n’y a en France qu’un simple retard à déplorer avant la mise au point définitive de ces émissions. L’intérêt pratique de la description des postes récepteurs d’images n’a donc nullement diminué. P. Hémardinqüer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Phonographe radioélectrique Golumbia-Kolster : Gouesnon et Cie, 9'i, rue d’Angoulême, Paris.
- Appareil de réglage de la tonalité d’un haut-parleur : Etablissements Weymann, 20, rue Troyon, Paris.
- Phonographe électrique : Etablissements Radio LL, 5, rue du Cirque, Paris.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Introduction à la physique des rayons X et gamma,
- par Maurice et Louis de Broglie, 1 vol. 202 p., 27 fig. 11 pl. hors texte, Gauthier-Villars. éditeur. Paris, 1928,
- On sait quel rôle capital jouent dans la physique moderne les rayons X et les rayons gamma, ces derniers n’étant autre chose que des rayons X très pénétrants émis par le radium. Ce sont ces radiations qui ont permis d’explorer l’intérieur de l’atome et d’entrevoir les mystères de son architecture, d’où découlent les propriétés fondamentales de la matière. Deux savants éminents, célèbres par leurs travaux personnels sur ces questions, nous offrent ici un exposé précis, lucide et complet, de l’état actuel de nos connaissances dans ce domaine captivant.
- Après un résumé des propriétés des raies spectrales et des relations qui lient les diverses raies d’un même corps dans toute l’échelle des longueurs d’onde, les auteurs rappellent la théorie atomique de Bohr, puis entrent dans le vif de leur sujet : les spectres caractéristiques des rayons X, les rapports entre les raies X et la structure de l’atome, la description des spectres de rayons X continus et leur explication, l’absorption des rayons X, l’effet photoélectrique, les propriétés du noyau atomique, la diffusion des rayons X et des rayons gamma et les conséquences qu’entraînent les phénomènes observés en ce qui concerne la nature même des radiations électromagnétiques, la diffraction des rayons X par les cristaux, etc. Ce précis rendra les plus grands services à tous ceux qui veulent suivre de près les progrès révolutionnaires de la physique moderne.
- Einfuhrung in die Théorie der Elektrizitât und des MagnetismUS, par le Dr Max PLANck. 1vol., 206 p., 12 fig., éditeur, S. Hirzel, Leipzig. 1928. Prix, broché : 6 Mark.
- Ce volume continue la série des remarquables ouvrages d’introduction à l’étude de la physique théorique, dus au professeur Max Planclc, de Berlin. Il ne s’agit pas ici d’une œuvre ayant pour objet d’aboutir à des résultats nouveaux; mais d’un exposé didactique volontairement réduit aux principes essentiels, aux grandes lignes et aux résultats fondamentaux des théories. Le lecteur se trouve ainsi armé, mais sans impedimentum inutile, de tout ce qui est nécessaire pour aborder ensuite les chapitres les plus difficiles de la physique contemporaine. Les trois traités de Max Planck (mécanique, optique, électricité) répondent admirablement à cet objet. L’introduction à l’électricité et au magnétisme, comme les deux traités qui l’ont précédé, est remarquable par la sobriété, par la logique de l’exposé, et constitue une œuvre de haute vulgarisation réellement originale, où l’auteur, grand physicien, affirme également sa maîtrise dans les questions d’enseignement.
- Raketenfahrt. (Locomotion par fusées), par Max Valier (5° édition), 1 vol., 263 p., 72 fig. R. Oldenbourg, éditeur, Berlin 1928. Prix cartonné : 8,5 mark.
- M. Max Yalier, ingénieur allemand bien connu par ses essais d’automobiles propulsés au moyen de fusées, examine ici les possibilités de voyages extraterrestres. C’est un problème qui, depuis Jules Verne, auquel l’auteur rend un éclatant hommage, a attiré l’attention de nombreux chercheurs parmi lesquels il faut citer MM. Goddard aux États-Unis, Esnault-Pelterie en France. M. Yalier expose avec une remarquable clarté les données du problème : données mécaniques, physiques, astronomiques, et biologiques. Puis il passe en revue les divers moyens qui s’offrent à l’esprit pour soustraire un mobile à l’attraction terrestre : il discute en détail le célèbre canon de Jules Verne, et aboutit à cette conclusion que seul un véhicule propulsé par fusée peut résoudre le problème; il analyse et discute les divèrs projets proposés dans ce sens, et donne de fort intéressants détails sur la technique des fusées ainsi que sur ses propres essais de propulsion d’automobile. Jusqu’ici les voyages interplanétaires restent à l’état d’utopie; mais il est bien certain que les efforts tentés pour résoudre le problème, notamment le perfectionnement des fusées, peuvent apporter quelque jour des résultats pratiques importants dans des domaines tout différents. L’ouvrage de M. Yalier offre en tout cas une lecture fort intéressante pour tous ceux qui aiment le travail de l’imagination appuyé sur de solides données techniques,
- Les combustibles liquides artificiels, par A. Mailhe. (Nouvelle Encyclopédie Léauté), 1 vol., 280 p.Éditeurs : Gauthier-Villars et Gie, Masson et Cie, Paris, 1929. Prix : 30 fr.
- M. A. Mailhe est bien connu par ses beaux travaux personnels sur la production synthétique des pétroles. L’ouvrage qu’il nous donne aujourd’hui, pour présenter en raccourci les importantes et
- fort nombreuses recherches poursuivies dans le monde entier sur la production artificielle de combustibles liquides, sera donc le bienvenu; c’est une remarquable mise au point de l’état actuel d’une question d’importance capitale au triple point de vue scientifique, industriel et économique. L’auteur passe d’abord en revue les diverses catégories d’hydrocarbures, et expose, à leur sujet, les notions chimiques indispensables pour comprendre les transformations qu’ils peuvent subir sous l’action de la chaleur et des catalyseurs. Il passe ensuite à l’histoire du pétrole, indique quelle est sa nature, comment on le distille et le purifie, étudie le crac-king et les principaux procédés au moyen desquels on pratique industriellement cette opération.
- Il expose ensuite les différents procédés de décompositions catalytiques permettant d’obtenir des produits plus simples et légers à partir des hydrocarbures lourds (Bergius, Sabatier et Mailhe, Pic-tet, Ipatiew Fischer, etc.). Nous arrivons maintenant aux méthodes de synthèse proprement dites,, donnant à partir de corps simples, comme l’oxyde de carbone, des hydrocarbures (Sabatier, SendereDs Ipatiew, Fischer et Tropsch). La dernière partie est consacrée à la transformation des combustibles solides en combustibles liquides; aubenzol, produit parla distillation de la houille et, enfin, à la préparation des alcools de synthèse.
- Die naturlichen Pflanzenfamilien, par A. Engler et M. Prantl. 2° édition, revue et augmentée par A. Engler, Bd II. Heridineae (Dineflagellatae), Diatomacae(Bacillariophytae).Myxomycètes, 1 vol. in-8, 345 p., 447 fig. Wilhelm Éngelmann, Leipzig, 1928, Prix : broché, 30 m. ; relié cuir, 33 m.
- La révision du grand inventaire du monde végétal entrepris par Engler se poursuit. Le volume qui vient de paraître est consacié à des êtres unicellulaires très simples, dont les .uns, les Péridi-niens, sont surtout marins, et vivent dans une carapace complexe; les autres, les Diatomées, sont logés entre deux valves semblables à une boîte munie de son couvercle, tandis que les derniers, les Myxomycètes sont des plasmodes nus, souvent de forme peu définie. Chaque groupe est l’objet d’une élude d’ensemble précédée d’une bibliographie, puis viennent avec leur figuration toutes les classes, familles, genres, espèces du monde entier, actuellement connus.
- Le monde vivant. Histoire naturelle illustrée, par Henri Coutière, Tome III. Les Vers. Des Vers aux Arthropodes. Les Némathelminthes. Les Crustacés. Les Arachnides èt les Myriapodes. Les Insectes, 1 vol. in-4, 328 p., nombreuses figures, 41 pl. en noir et en couleurs. Les Editions pittoresques, Paris, 1928.
- Voici le troisième des cinq volumes consacrés par M. le professeur Coutière au défilé de tous les êtres vivants. Après le premier consacré aux Mammifères et le deuxième aux autres Vertébrés et aux Mollusques, celui-ci avance beaucoup la description de tous les animaux. On sait que les derniers volumes traiteront ensuite des plantes - cy
- Ce tome III est aussi admirable que les précédents et d’une aussi riche présentation. Les planches et les figures abondent, mais le texte leur est supérieur. On est charmé d’une si grande érudition, servie par une plume alerte qui sait éviter les grands mots savants et difficiles, émailler les récits de citations littéraires, agrémenter le tout de réflexions personnelles fort sages. On lit ce livre comme on assisterait à une séance de cirque bien réglée ; chaque bête se présente à sa juste place: en quelques mots on connaît son histoire, parfois étonDante et complexe, puis, son tour fini, elle cède la place à un autre numéro tout aussi passionnant. M. Coutière se proposait, en écrivant ce livre, de provoquer des vocations de naturalistes ; il a tout fait pour y réussir.
- Le transformisme, parL. Cuénot, R. Dalb«ez. E. Gagnebin, W.-R. Thompson, L. Vialleton, 1 vol. in-8, 219 p. Cahiers de philosophie de la nature, Yrin, Paris, 1927. Prix : 18 fr.
- Suite de 5 études : le transformisme et la paléontologie, par Gagnebin; morphologie et transformisme, par Vialleton ; le parasitisme et la doctrine transformiste, par Thompson ; le transformisme et l’inscription patrimoniale des caractères d’abord acquis par le soma, par Cuénot; le transformisme et la philosophie, par Dalbiez, qui examinent différents points de la doctrine transformiste. Les cinq auteurs acceptent l’idée de descendance comme pouvant rendre compte de la succession historique des formes vivantes, mais sans en trouver une explication dans des forces mécaniques non dirigées. Au contraire, tous superposent, avec diverses nuances, une interprétation finàliste à l’explication mécaniste habituelle.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de Mars 1929
- CHIMIE MINÉRALE
- La réduction par l’oxyde de carbone des silicates fondus. (M. B. Bogitch.) — Malgré de nombreuses discussions qui remontent à une trentaine d’années (Ditte), on ne sait si, après leur fusion dans le four à cuve, les minerais sont réduits par le courant ascendant des gaz riches en oxyde de carbone, ou par le carbone fixe. Ce point est de première importance, non seulement pour la métallurgie, mais aussi pour la céramique et la verrerie. Dans ce dernier cas notamment, on en est encore ramené à des tours de main pour modifier, dans un sens ou dans l’autre, les propriétés colorantes des oxydes, comme l’oxyde de manganèse ou l’oxyde de cuivre.
- Pour étudier la réduction des silicates, M. Bogitch engage l’oxyde étudié, en proportion de 5 à 10 pour 100, dans une combinaison avec du silicate pur Si03Na2, à 37,2 pour 100 d’oxyde Na"20. La fusion s’obtient en présence d’air comprimé et c’est le verre ainsi préparé, très homogène, qui sert de matière première pour les essais de réduction. Fondus dans des tubes à essais en silice, des échantillons de 5 à 6 grammes sont soumis au barbotage d un mélange gazeux, amené par un second tube de quartz fondu. La température est maintenue entre 1350 et 1400°, comme c’est le cas pour un grand nombre de fours de fusion.
- Les premiers essais ont porté sur des silicates de cuivre. Ils ont montré notamment, qu’en atmosphère oxydante, le sel stable est le silicate bleu, qui, en présence seulement d’une faible proportion de gaz CO vire au vert. Le nouveau composé correspond à l’oxyde Cu20, et si la teneur des gaz en oxyde CO augmente, sa couleur s’atténue; on obtient alors un silicate blanc pour 9 pour 100 d’oxyde. Au voisinage de 12 pour 100 apparaît un silicate opaque, rouge brique, qui se transforme en sel transparent, rouge sang, pour 25 pour 100 d’oxyde CO. On peut ainsi admettre l’existence d’un certain nombre de sous-oxydes, de degré d’oxydation inférieur [à celui qu’indique la formule Cu20, et qui sont inconnus à l’état libre.
- En résumé, pour M. Bogitch, la réduction des silicates de cuivre par l’oxyde de carbone donne lieu à deux phénomènes superposés. D’une part, on voit les transformations successives de ces sels, d’autre part, le métal se précipite ou se volatilise dès que la teneur de gaz CO dépasse 3 pour 100 dans l’atmosphère réductrice. Mais on peut s’étonner de voir cet auteur employer à plusieurs reprises une expression assez étrange : il y a réduction du cuivre...!
- ZOOLOGIE
- Les Cichlidés de Madagascar. (M. J. Pellegrin.) — Alors que les vertébrés terrestres sont' représentés à Madagascar par une infinité de types remarquables, actuels ou subfossiles, les Poissons, réellement dulcaquicoles, se présentent en fort petit nombre. Ce qui se rencontre en abondance dans les lacs ou rivières se sont des formes d’origine marine : Anguillidés, Mugilidés ou Gobiidés, qui ont envahi les eaux douces, en s’adaptant plus ou moins au lieu et place des anciens occupants.
- Poissons percoïdes, à pharyngiens inférieurs soudés, et d’ine dentition extrêmement variable, les Cichlidés sont répàndus dans toute l’Amérique tropicale, en Afrique, en
- Syrie et dans l’Inde. Alors qu’en Afrique occidentale, plus de 300 espèces ont été signalées, M. Pellegrin n’en relève que cinq au compte de Madagascar, avec les trois genres : Para• tilapia Blecker; Ptychochromis Seindachner; Paretrophus Blecker.
- Le premier genre comprend seulement la Perche malgache ou Marakell e(Paratilapia Polleni Bl.), de beaucoup le meilleur poisson de l’île au point de vue alimentaire. C’est là une forme carnassière à dentitions coniques et présentant des affinités nettement africaines.
- Au second genre se rattachent, 1 e Ptychochromis oligacanthus Blecker, et le Plyc. betsileanus Boulanger; ce sont là des poissons plutôt herbivores, à dents bicuspides et dont la chair est moins estimée que celle de la Marakelle. Enfin, parmi les Paretrophi que caractérisent, avec des dents en une seule rangée, les médianes, plus ou moins comprimées, à couronne arrondie ou mousse, et les latérales coniques, des épines fort nombreuses à la dorsale et à l’anale, on n’avait relevé jusqu’ici que deux espèces : le Paretrophus Dami Blecker et le Paret. polyactis Blecker. M. J. Pellegrin propose d’y rattacher une troisième espèce, dont M. Georges Petit a rapporté un exemplaire, pêché dans la rivière Maintimaso, décharge du lac Konkony sur la côte ouest.
- Enfin, il est à rappeler que l’étude des Cichlidés de Madagascar. montre que sur six espèces spéciales à cette grande île, 3 présentent des caractères nettement africains, 3 autres ayant des affinités surtout asiatiques. La dernière découverte, la Paretrophus Petiti nov.-sp., établit une liaison encore plus étroite avec les types de l’Asie.
- OCÉANOGRAPHIE
- Le courant Kurosio du Japon. (M. J Thoulet.) — Pour indiquer la manière dont s’accomplissent en surface et en profondeur la rencontre et la diffusion d’eaux marines coulant dans des sens opposés, nous disposons des mesures directes de températures et de densités, recueillies en mars et avril 1875, par le professeur Buchanan, pendant la traversée de la fosse profonde de8185 mètres, dite du Challenger. Le sol est de nature volcanique, non seulement au sud de la fosse, mais surtout sur le plateau nord où l’activité augmente dès qu’on se rapproche davantage du Japon. Coulant du Sud au Nord, le courant Kurosio est chaud et fortement salé ; l’Oyasio qui vient directement à sa rencontre est froid et de faible salure Si bien que les eaux du premier, brusquement arrêtées, s’accumulent en une sorte de mur liquide jusqu’à une profondeur de 500 à 600 brasses, et c’est là que s'accomplit le mélange des eaux du Nord avec celles du Sud.
- Modifié dans sa nature propre, le courant s’étale en surface et passe au Nord des îles Sandwich ; puis, poussé par les vents, il rencontre la courbure de la côte américaine, le long de la Colombie britannique ou de l’Alaska; bientôt, chassé devant les îles Aléoutiennes et les Kouriles, grossi des eaux douces venues de la côte, il modifie son cours, va de l’Est à l’Ouest, puis descend du Nord au Sud, sous le nom d Oyasio, et vient à son point de départ pour recommencer son cycle.
- M. Thoulet indique enfin que, dans l’hémisphère nord du Pacifique, le courant aéro-océanique Kurosio-Oyasio est ainsi le symétrique du circuit aéro-océanique de l’île de Pâques, dans l’hémisphère sud.
- Paul Baud.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Fig. 1.
- Le nouvel appareil d’éclairage automatique installé sur le Palais de Justice de Saint-Louis (Etats-Unis).
- Un nouvel appareil d'éclairage automatique pour aérodromes.
- Actuellement, les avions évitent, dans la mesure du possible, les atterrissages de nuit sur les aérodromes. S’ils ne peuvent pas faire autrement, l’aérodrome, généralement averti, prend ses dispositions pour éclairer le terrain et faciliter la tâche de l’aviateur.
- Mais, lorsque les voyages aériens se multiplieront, les parcours de nuit seront fréquents chez nous, comme ils commencent à l'être déjà en Amérique et en Allemagne, et les aérodromes se verront dans l’obligation de maintenir leurs terrains éclairés toute la nuit.
- Cette obligation sera manifestement fort onéreuse. On pouria l’éviter grâce à un dispositif ingénieux que vient de réaliser le service d’aviation de la « Westinghouse C° », d’East Pittsburg (E. U. A.).
- L’invention comporte d’abord un appareil émetteur, en l’occurrence une sirène pneumatique placée dans l’avion même.
- On a choisi à dessein une sirène pneumatique pouvant fonctionner même en cas de panne du moteur, tant que l’aviateur restera dans les airs.
- Quant à l’appareil de réception, qui constitue évidemment la partie essentielle de la nouvelle invention, il est installé sur l’aérodrome.
- Il comprend un microphone Irès sensible disposé de manière à capter tous les sons provenant des airs.
- Il transmet ces sons à un amplificateur par tubes à vide pour les passer sous forme d’énergie électrique à un relais sensible au son.
- Ce relais est, à l’instar du « Télévox » dont nous avons déjà parlé, muni d’un petit sifflet en acier accordé sur une note d’une hauteur déterminée, de sorte qu’il fonctionne seulement à l’émission de cette note.
- Comme cette note est celle de la sirène, le relais ne se déclenche que lorsque la sirène se fait entendre.
- Lorsque la sirène est mise en marche, sa vitesse augmente et sa note atteint la hauteur de celle sur laquelle est
- accordé le relais à sifflet qui répond à la note et ferme un contact minuscule. La fermeture de ce contact met en action une ampoule « Knowles », de récente invention (nous en avons déjà parlé), d’une sensibilité telle qu’il suffit d’en approcher la main pour la faire fonctionner, mais possédant néanmoins une puissance amplificatrice de près de 100 millions.
- Grâce à cette ampoule, toute impulsion, si faible qu’elle soit, est perçue par un deuxième microphone ou « oreille électrique », et transformée en un courant assez fort pour déclencher un relais téléphonique qui, à son tour, déclenche des contacteurs assurant la fermeture du circuit d’éclairage et l’allumage des phares.
- Ce nouvel appareil d’éclairage automatique vient d’être expérimenté à Saint-Louis (E.-U.)
- A cet effet, on l’avait installé 9ur une plate-forme du Palais de Justice de la ville avec un certain nombre de commutateurs.
- A un signal donné par un phare à éclat rouge placé au pied du palais, un aviateur, planant à une hauteur de 600 mètres, fit marcher une sirène pneumatique et, au moment même, les innombrables lumières électriques des rues de tout un secteur se trouvèrent allumées.
- Essais de transbordement entre dirigeable et train.
- Un essai de transbordement de sacs postaux entre un dirigeable et un train a été fait récemment aux États-Unis.
- Le dirigeable était un petit dirigeable militaire monté par deux hommes; la vitesse du train restait voisine de 60 km/h.
- Les difficultés rencontrées provinrent de la délicate égalisation de vitesse, du vent de côté empêchant l’alignement du dirigeable et du train, enfin des obstacles de la voie. Le transbordement du sac poslal n’en fut pas moins effectué. Il semble douteux qu’une telle manœuvre puisse avoir un intérêt commercial quelconque.
- Fig. 2. — Eclairage automatique des aérodromes.
- La sirène pneumatique montée sous l’avion.
- O
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉTÉOROLOGIE
- Le mois froid de Février 1929-
- Le mois de février 1929 a été un mois exceptionnellement froid, sec et clair; il a donné comme moyenne température à l'observatoire du Parc Saint-Maur, — 1°,6. Il vient après celui de 1895. lequel fut le plus froid que l’on ait observé (moyenne —4°, 4).
- Depuis 1757, on ne trouve de mois de février ayant offert de moyennes au-dessous de zéro, dans la région de Paris, que ceux de : 1827 (moyenne -— 0°,9), 1917 (moyenne — 0°,9), 1901 (moyenne — 0°,3) et 1888 (moyenne —0°,1).
- Pour trouver une moy<nne de février aussi basse que celle de 1895, il faut remonter à l’année 1740 ; d’apiès les observations faites par Réaumur dans la rue SL-Thomas-du-Louvre, rue qui n’existe plus aujourd’hui et dont l’emplacement était place du Carrousel, près du guichet qui conduit au pont des Saints-Pères, la moyenne de ce mois, avec les réductions et corrections probables, adonné —2°,8 centigrades; mais, d’après M. E. Renou, la moyenne vraie dans la campagne devait alors être voisine de —4°,1, peut-être même encore plus basse et, par conséquent, bien voisine de celle de février 1895.
- La plus basse température connue en février est de — 15°,6, trouvée à 1 Observatoire de Paris le 6, en 1830, mais correspondant probablement à — 17°,0 ou — 17°,5 dans la campagne environnante.
- En 1895, aux environs de Paris, on observa —15°,4 au Parc Saint-Maur, le 7 et jusqu’à — 17°,9 à Adhères, le 14.
- Cette année 1929, on eut — 14°,8 au Parc Saint-Maur, le 13 ; — 15° 7 au Raincy, les 12 et 13, et — 16°,2 à Sevran, le 13.
- On constata également pendant le mcis de février, en 1803 — 15°,5, en 1917 —15° 4, en 1776 et en 1888 —15°,0; en 1792, le 19, — 14°,0. En 1845, le 21, on observait — 12°,2, en 1814, le 24, — 12°,5 et en 1827, le 18, — 12°,8.
- D’après les observations faites à l’observatoire du Parc Saint-Maur en février 1929, les températures journalières ont été inférieures à la normale pendant 23 jours dont 20 consécutifs (du 3 au 22) et ont présenté des écarts atteignant — 14°,3 le 12 et — 14°,7 le 13; journée qui fut la plus froide du mois. Les températures moyennes notées le 12, le 13, le 15, le 18, le 19 et le 28 n’avaient jamais été observées à pareille date depuis 1874; il en est de même des minima, du 12, du 13, du 15, du 17 et du 28.
- Le maximum absolu du mois, 11°,3 s’est produit le 23. En 1895, il avait été de 6°,0 seulement et en 1888 de 8°,5.
- Le nombre de jours de gelée a été de 23, dont 7 jours de gel continu.
- Ce mois, quoique ayant été peu nuageux, fut cependant très brumeux et sa nébulosité moyenne a été de 50; en février 1895' elle n’avait été que de 38, et en février 1863 de 34 seulement, aussi ce dernier reste-1-il le plus clair connu des mois de février depuis 1753,
- La moyenne des températures observées en décembre, janvier et février classe l’hiver 1928-1929 au quatrième rang parmi les plus froids qui se soient produits depuis 55 ans dans la région parisienne; celui de 1879-1880 venant le premier, celui de 1894-1895 le deuxième, celui de 1890-1891 le troisième, et celui de 1916-1917 le cinquième.
- La Seine a charrié du 14 au 19 février.
- Les vents d’entre N. et E. ont de beaucoup prédominé.
- Em. Roger.
- Membre de la Société Météorologique de France.
- Fig. 1. — Une lampe à incandescence de 50 kilowatts. Ph. Keystone Yiew.
- ÉLECTRICITÉ
- Une gigantesque lampe à incandescence.
- Voici une lampe à incandescence à filament métallique qui semble détenir le record de la puissance. C’est, en effet, une lampe de 50 kilowatts, destinée à l’éclairage d’un aéroport. Elle mesure 90 cm de haut et 30 cm de diamètre. On voit que l’ampoule est munie d’un radiateur à ailettes destiné à évacuer la chaleur intense dégagée dans l’ampoule. Cette lampe a été construite par la General Electric C° des États-Unis.
- Comment Lee de Forest inventa la lampe à 3 électrodes.
- Il est toujours instructif de connaître comment est née une grande invention. Le Popular Science Monthly nous apprend la genèse de l’audion, la lampe à 3 électrodes, imaginée en 1906 par Lee de Forest, et qui, on le sait, a révolutionné tout le domaine des radio communications.
- La lampe à 3 électrodes met en jeu l’effet Edison, c’est-à-dire la propriété qu’a un corps chauffé de rendre conductrice de l’électricité l’atmosphère environnante. Le phénomène, déjà observé précédemment par Becquerel, l’a été à nouveau avec plus de précision par Edison à l’occasion de ses travaux sur la lampe à incandescence. Plus tard, vers 1902, un savant anglais, Fleming, imaginait un redresseur fondé sur l’effet Edison ; c’était une ampoule à 2 électrodes, dans le vide : la cathode était chauffée ; l’appareil était destiné à
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- servir de redresseur ou de détecteur pour les courants à haute fréquence de la T S.F.
- Mais Lee de Forest, quand il se mit à l’œuvre, ignorait tout de l’effet Edison et n’avait jamais entendu parler de la valve Fleming, alors peu connüe. Né en 1873, fils d’un missionnaire pasteur, directeur d’un petit collège pour nègres dans l’Alabama, il avait grandi, fort isolé, dans de pelites localités reculées, où il dut se donner lui-même l’instruction que réclama de bonne heure son goût très vif des choses de la mécanique et de l’électricité. Il fit la guerre à Cuba contre l’Espagne comme artilleur, puis vint terminer ses études à l’Université de Yale. On était aux débuts de la télégraphie sans fil. Lee de Forest se passionne pour cette nouvelle branche de l’électricité. Marconi, en 1899, vient installer un poste aux Etats-Unis; de Forest en examine les appareils et se propose comme objectif de réaliser un détecteur d’ondes plus pratique que le cohéreur de Branly, alors employé par Marconi.
- Il monte dans son modeste appartement de New-York un petit laboratoire comme tant d’autres amateurs en installèrent à l’époque : des accumulateurs, une bobine de Ruhm-korff et un éclateur pour produire les ondes; la bobine était placée dans un petit cabinet et reliée par des fils à la table sur laquelle de Forest plaçait les détecteurs qu’il voulait étudier (il s’orientait à ce moment vers le détecteur électrolytique) ; de cette table, il commandait la décharge de la bobine en appuyant sur un bouton. Il percevait le passage de l’onde au moyen d’un téléphone relié à son détecteur.
- Un soir, il fit une singulière observation : la pièce dans laquelle il travaillait était éclairée par un bec de gaz Auer à manchon incandescent ; de Forest constate avec étonnement que, lorsqu’il appuie sur le bouton qui déclenche la décharge de la bobine, et par suite l'émission d’un train d’ondes, une saute se produit dans la lumière du bec. Il répète plusieurs fois l’expérience ; chaque fois elle réussit.
- Voilà notre jeune chercheur enthousiasmé ; de suite, il bâtit une théorie des propriétés détectrices d’un gaz chauffé.
- Le lendemain, il recommence l’expérience; mais cette fois en fermant la porte du cabinet qui renfermait la bobine de Ruhmkorff. L’effet disparaît ; rien ne se produit ; le bec de gaz n’est influencé que lorsque la porte est ouverte.
- C’était la preuve que les ondes électriques n’étaient pour rien dans le phénomène constaté, celui-ci n’était qu’un effet purement acoustique.
- Un esprit ordinaire n’eût sans doute rien tiré [de cette déception ; pour Lee de Forest, ce fut au contraire le trait de lumièreIqui l’orienta dans la bonne voie. Amené par ce hasard à étudier les propriétés électriques des gaz incandescents, il fut immédiatement frappé des ressources que pouvaient offrir cette catégorie de phénomènes et il se mit à les étudier systématiquement ; d’abord sur un bec Bunsen, puis sur l’arc électrique, qui peut, en effet, donner un détecteur, mais trop bruyant ; ce qui l’amène tout naturellment à étudier les propriétés d’un gaz chauffé par un filament à l’intérieur d’une ampoule et ainsi, en 1902, il est amené à réaliser un détecteur thermionique à 2 électrodes, assez analogue à celui de Fleming, mais avec cette différence, toutefois, qu’il employait une batterie spéciale pour créer une différence de tension constante entre anode et cathode.
- Lee de Forest se spécialise alors dans la T. S. F., prend la direction d’une société de construction et ne cesse de songer à perfectionner son détecteur ; l’idée lui vint alors d’y ajouter une 3e électrode qui en a fait le merveilleux instrument que l’on sait : détecteur, amplificateur, générateur d'ondes.
- Nul n’est prophète en son pays : la paternité de l’audion a été vivement contestée à de Forest par les puissantes sociétés qui ont, grâce à cet instrument, développé dans
- des proportions formidables l’industrie radioélectrique.
- D’interminables procès ont été engagés, et ce n’est qu’au bout de plus de 20 ans que l’inventeur a obtenu justice, puisque ses brevets viennent seulement de lui être confirmés par une décision de la Cour Suprême de Justice.
- ZOOLOGIE
- La chasse à la baleine.
- Sir Sidney Harmer, présidant l’an dernier la réunion annuelle de la Société Linnéenne de Londres, a consacré son discours d’ouverture à l’histoire de la chasse à la baleine.
- Nous reproduisons ici les données les plus récentes sur l’extension de cette pêche.
- En 1925-1926, les compagnies norvégiennes ont employé 110 bateaux de chasse, 19 usines flottantes, 17 stations à terre et ont préparé 655 608 barils d’huile d’un sixième de tonne chacun ; les autres compagnies, avec 150 bateaux, 6 usines flottantes et 20 usines à terre, ont préparé 525 283 barils. La production d’huile du monde entier a donc été
- d’environ 200 000 tonnes. La répartition entre l’Antarctique et le reste du monde est la suivante :
- Antarctique Autres localités Total Nombre de baleines 13.997 12.965 26.962
- Tonnes d’huile 129.861 67.121 196.982
- La répartition des captures entre les diverses régions de chasse est donnée par le tableau ci-dessous :
- Antarctique : Shetland du Sud .... 4746
- Géorgie du Sud...................... 7819
- Orkneys du Sud....................... 623
- Mer de Ross.......................... 566
- Mer du Sud........................... 243
- Afrique : Cap............................. 2238
- Natal............................... 1238
- Walfish Bay.......................... 375
- Congo français....................... 402
- Autres régions....................... 286
- Australie et Nouvelle-Zélande . . 550
- Pacifique Sud : Chili................. 429
- Pérou................................ 542
- Équateur............................. 371
- Pacifique nord : Mexique.............. 816
- Californie........................... 136
- Colombie britannique................. 269
- Alaska............................... 583
- Kamchatka............................ 283
- Japon et Corée...................... 1281
- Atlantique Nord : Indes occidentales. . 72
- Nouvelle Écosse...................... 290
- Espagne ............................ 1275
- Portugal............................ 278
- Grande-Bretagne...................... 481
- Faeroe............................... 171
- Norvège.............................. 574
- Spitzberg....................... . 25
- Total des baleines capturées............. 26.962
- Sir Harmer, après avoir donné ces chiffres impressionnants, exprime son pessimisme sur l’avenir de cette industrie. Il critique le gaspillage actuel : inutilisation de toute la carcasse, surtout par les usines flottantes ; capture des jeunes surtout sur la côte ouest d’Afrique), des immatures, des individus maigres (dans les mers chaudes) et montre que le formidable armement actuel (les derniers modèles de bateaux, type Larsen, produisent par an 50 000 et même 70 000 barils) conduira à un rapide dépeuplement des mers en grands cétacés.
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- PETITES INVENTIONS
- PHYSIQUE
- Appareil de publicité par machine parlante.
- Une disposition très ingénieuse d’appareil de publicité est celle qui a été imaginée par M. Desmas. Elle met en jeu automatiquement une machine parlante. L’appareil peut être commandé par exemple par l’ouverture de la porte du magasin; bien entendu, le disque de phonographe fixé à la boîte de l’appareil est enregistré avec des textes appropriés au commerce qui se fait dans l’intérieur où l’ensemble est installé. Yoici le principe de cet appareil très ingénieux.
- Un phonographe minuscule est remonté constamment par l’ouverture ou la fermeture d’une porte. Un déclenchement met en marche la machine. L’arrêt et la remise du diaphragme à la position d’ouverture s’opèrent automatiquement le moment venu. L’appareil est fixé, par exemple, au chambranle de la porte
- Tout le système de remontage est constitué par un ruban ramené sur un tambour sous l’action d’un ressort de rappel. Le ruban se fixe en un point de la porte, de manière que, lors de l’ouverture, la traction opérée sur le ruban remonte le barillet par l’intermédiaire d’un cliquet et d’une roue à rochet. Le barillet est prévu à remontage illimité, comme ceux qui sont décrits plus bas pour les appareils à carillons imaginés par le même inventeur : un ressort plus fort s’applique énergiquement contre la paroi du barillet. Il est relié au ressort intérieur et patine, lorsque le remontage de ce dernier est à fin de course.
- Le tambour du barillet est muni d’une butée, de sorte qu’à un instant donné, cette butée heurte le levier qui commande l’arrêt de la machine parlante, soulève le levier du diaphragme au-dessus du disque et provoque son déportement à la périphérie pour remettre l’appareil à la même position qu’il avait au début du fonctionnement
- Le déclenchement qui provoque la mise en marche peut se faire en cours même du remontage au moyen d une came. Celle-ci est solidaire de l’axe du barillet; elle rabat une tige à ressort de rappel. A ce moment, le levier de commande du régulateur et le diaphragme sont libérés, le phonographe est en état de tourner.
- Bien entendu, il y a avantage à employer des disques à sillon profond, afin que le saphir, sous l’action d’un choc, ne puisse se dégager.
- Cet appareil qui paraît au premier abord assez compliqué
- ne fait en réalité appel qu’à des dispositifs simples faciles à établir et qui, somme toute, ne sont soumis à aucun déréglage au cours de leur fonctionnement.
- M. Desmas, Château de Therbé, Savenay (Loire-Inférieure).
- PHYSIQUE
- Commande de carillons et d'appareils à musique avec barillet à remontage continu.
- Ressort extérieur /
- Ressort du Contact des
- mécanisme deux ressorts
- Fig. 2. — Barillet à remontage Les mouvements d’horloge qui continu. actionnent les mécanismes fonc-
- tionnent au moyen d’un ressort à remontage périodique. Lorsque le ressort est complètement bandé, Faction de la clé de remontage doit être supprimée. Un dispositif de barillet à remontage continu a été imaginé
- \ Conque
- Bras de soulèvement
- Diaphragme
- I Levier de • commande du | diaphragme
- Engrenage pour rotation du disque
- Fig. 1. —Schéma d’un appareil de publicité par machine parlante.
- par M. E. Desmas, qui a également conçu des applications extrêmement ingénieuses, notamment pour actionner des carillons et des dispositifs à musique. Nous allons examiner successivement les diverses applications du principe à quelques appareils.
- Organe de signalisation par carillons. — Cet organe de signalisation est constitué par une série de clochettes étagées sur une tige fixée sur un bâti. Sur le montant vertical de ce bâti se trouvent des ressorts en fil d’acier passant au travers d’un marteau. Il y a donc autant de ressorts et de marteaux que de clochetttes.
- L’extrémité libre des ressorts se présente en face d’un barillet vertical qui est garni de pointes comme les cylindres des harmonicas à musique. Si le cylindre est animé d’un mouvement de rotation, les pointes, disposées à l’avance pour reproduire une phrase musicale avec les clochettes, agissent successivement sur l’extrémité du ressort de chaque marteau intéressé. Le marteau frappe sa clochette.
- Le mécanisme de commande du cylindre est à engrenages, et le système moteur un barillet à ressort qui est remonté constamment par une cause extérieure, suivant l’utilisation de l’appareil. Ce peut être l’ouverture d’une porte.
- Le dispositif peut être appliqué dans une horloge, dans un jouet et se remonter alors par le mouvement de l’horloge ou de l’appareil. Le remontage continu est réalisé de la
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- façon suivante : une lame-ressort de tension, plus forte que celle du ressort intérieur actionnant, fait environ 1 tour 2/3 du barillet. Elle est mobile, mais à son extrémité
- Cy/indre r 3 pointes
- Mécanisme du carillon.
- intérieure elle accroche le ressort du barillet. Lorsque ce d< rnier est remonté, si l’on continue le remontage, on exerce ui e certaine lension sur la forte lame-ressort extérieure. Celte dernière tournera dans le barillet aussi longtemps que )e remontage a lieu.
- Par conséquent, on ne rbque pas de nuire à la marche du mécanisme qui, en outre, conserve sensiblement une vitesse constante.
- Application aux vélocipèdes et aux jouets. — On peut commander un dispositif à musique par l’intermédiaire d’un barillet à remontage continu occasionné par le mouvement d’une bicyclette ou d’un petit véhicule quelconque.
- La marche même du véhicule ou du jouet actionne donc le mécanisme, qui consiste en une boîte à musique ou même en un petit phonographe, ou en toute autre mécanique musicale.
- On adjoint au mécanisme de barillet à remontage illimité et à ressort libre les rouages voulus pour qu’ils se trouvent entraînés par une roulette de caoutchouc en contact avec la roue du véhicule.
- Le fonctionnement du mécanisme est provoqué par un barillet identique à celui dont nous avons parlé plus haut pour les carillons. La vitesse est constante, quelle que soit l’allure du véhicule ou du jouet.
- Bien entendu, on interpose entre les roulettes de friction et les rouages multiplicateurs des dispositifs d’embrayage fonctionnant dans un seul sens ou des systèmes analogues à ceux des roues libres.
- Commande de carillons pour horloges. — Le dispositif de barillet à remontage peut comporter un tambour à pointes, comme celui des harmonicas, monté sur l’axe du barillet. Il est commandé par le déclenchement d’un doigt qui est tiré en arrière et qui revient à sa position avant que le cylindre, ait fait un tour complet.
- Pendant cette rotation d’un tour, toutes les pointes auront agi, chacune à leur tour, sur le levier correspondant, qui lui même commande par un système de liaisons méca-
- niques, par exemple, le fonctionnement d’un marteau d’une cloche.
- Le déclenchement peut être provoqué par l’horloge. A ce moment, le carillon entre en action et il est [facile de concevoir un dispositif de montage de cloches sur des bâtis.
- Le remontage du mécanisme se fera d’une manière quelconque.
- Il peut être prévu, par exemple, d’une manière ingénieuse par l’aclion de la mise en branle de la cloche de service assurée par le sonneur.
- Le pivot de cette cloche, montée sur un tambour, porte une corde qui passe sur des poulies avec embrayage à dents agissant dans un seul sens, pour remonter le mécanisme du carillon.
- Bien entendu, ce dispositif très ingénieux n’est pas seulement applicable aux sonneries des cloches d’églises, mais il peut être sensiblement le même pour les horloges domestiques ; les cloches étant naturellement remplacées par d’autres organes moins encombrants, par tout autre dispositif approprié. E. Weiss.
- Desmas, Château de Therbé, Savenay (Loire-InférieuTe).
- OBJETS UTILES
- Pour le pli du pantalon et les accrocs.
- C’est une exellente idée qu’a eue M. Stanislas Munsch de préparer des bandes et des morceaux de tissus enduits d’une préparation adhésive à chaud, soit pour maintenir des plis en forme, soit pour réparer rapidement des accrocs ou déchirures.
- La bande « Plichic » est une bande de lissu spécial qu’on applique à l’envers sur les jambes du pantalon après en avoir bien marqué le pli.
- Il suffit alors de passer un fer chaud sur la bande pour amollir la composition adhésive et la faire adhérer au tissu.
- Le pli ainsi marqué tient indéfiniment, sans déformation.
- Si on le désire, la même bande s’enlève facilement au fer chaud, sans abîmer l’étoffe.
- Le même procédé, appliqué à un morceau de tissu « Fa-mosa » sert à recoller et à maintenir tous accrocs, déchirures, trous, qui se produiraient sur des vêtements, manteaux, parapluies, tapis de billard, tapisseries, reliures, etc.
- En vente chez M. Munsch, 12, rue Lormont, Epinal (Vosges).
- Fig. 4. — Remontage du mécanisme par la mise en branle d’une cloche de service.
- Poulie de remontage
- Cloche de service
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Sangsues et crapauds.
- M. Feugard, de Saint-Brieux, nous signale le fait suivant :
- « Il y a un mois, environ, au bord d’un étang du voisinage, je remarquais près de la rive ensoleillée (il était 10 h.) un certain nombre de crapauds dont la tête émergeait à la mode des grenouilles.
- Gomme je demeurais immobile, ils se rapprochèrent, débarquèrent et gravirent la rive en pente douce. Je constatais alors qu’ils étaient accouplés, chacun en portant sur le dos, solidement agrippé, un autre, beaucoup plus petit.
- Ils s’installèrent à 50 ou 60 cm du bord, en plein soleil, et je
- fus alors intrigué par les gesticulations qu’imprimaient les femelles à un de leurs membres postérieurs.
- C’était pour se débarrasser d’une grosse saDgsue fixée à leur cuisse. Ces mouvements, joints à l’action du soleil et de la poussière fort gênante évidemment pour la sangsue, ne tardaient pas à faire lâcher prise à celle-ci. Une goutte de sang perlant à la cuisse, la crapaude, portant toujours son cavalier, s’empressait alors de regagner l’étang et disparaissait dans les herbes. Ce que la sangsue faisait de son côté, le plus vite possible.
- « Ces péripéties recommençaient-elles? probablement. Je les arrêtai pour quelques sangsues, que j’écrasai après avoir aidé leurs victimes à s’en délivrer ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Qu’est-ce que la bouillie Michel Perret?
- Nombre de maladies de nos plantes cultivées sont dues au développement de cryptogames qui, vivant en parasites, se développent souvent très rapidement aux dépens de la sève dont ils se nourrissent; tels sont le mildew de la vigne, le phytophora de la pomme de terre, etc.
- Le remède le plus efficace dont on dispose est le cuivre à l’état d’hydrate Cu (OH)® que l’on obtient facilement par précipitation du sulfate de cuivre (vitriol bleu) au moyen d’un lait de chaux; le mélange ainsi réalisé porte le nom de bouillie bordelaise, il est pulvérisé sur les feuilles contaminées en se servant d’un appareil spécial porté à dos et muni d’une pompe, il en faut environ 800 litres à l’hectare, une journée est nécessaire pour l’opération.
- Au contact de l’air, l’hydrate de cuivre, ainsi que l’excès de chaux se carbonatent, ce qui les fixe partiellement sur les feuilles, mais on a constaté que l’addition de sucre sous forme de mélasse assurait une plus grande adhérence, c’est pourquoi on prépare souvent, sous le nom de bouillie Michel Perret, une mixture de la façon suivante :
- 1° Dissoudre dans un récipient en bois 2 kilogrammes de sulfate de cuivre du commerce dans 90 litres d’eau tiède.
- 2° D’autre part éteindre un kilogramme de chaux grasse en pierre au moyen de 5 litres d’eau (au début asperger seulement la chaux vive avec très peu d’eau, puis, lorsque la chaux a « fusé » et se délite, ajouter le reste de l’eau).
- Verser peu à peu le lait de chaux dans la solution de sulfate de cuivre (ne pas faire l’inverse), remuer fortement le mélange et continuer l’addition de lait de chaux jusqu’à ce qu’une goulte du mélange, mise sur un papier de tournesol rouge, le bleuisse; s’arrêter à ce point.
- 3° Dissoudre 2 kg de mélasse dans 5 litres d’eau tiède, incorporer au mélange précédent, rendre bien homogène.
- Pour donner le maximum d’efficacité, les bouillies doivent êlre employées fraîches; la remise en suspension de préparations anciennes est toujours difficile, sinon impossible.
- Comme complément voir dans le n® 2788, p. 47, la bouillie bourguignonne à la colophane.
- M. Lowestein a Paris.
- Que faut-il penser de l’emploi des marmites autoclaves?
- La généralisation de l’emploi des marmites autoclaves, qui permettent de réaliser pour la cuisson des aliments une économie de temps et d’argent a attiré l’attention sur les conséquences possibles d’une stérilisation destructrice des vitamines, éléments indispensables à l’entretien de notre organisme.
- On sait en effet par expérience qu’une alimentation exclusive par aliments conservés, ainsi que cela a lieu par exemple pour les expéditions polaires, a pour effet de déterminer des phénomènes de carence et un état général désigné sous le nom de scorbut, lequel disparaît aussitôt que l’on peut faire usage de produits frais.
- On voit de suite que le danger éventuel résultant de l’empioi des marmites autoclaves est tout à fait illusoire, car dans nos conditions d’existence normale, en admettant que les vitamines des viandes ou légumes cuits à l’autoclave aient été un peu malmenées, elles sont toujours compensées largement par des apports d’éléments qui en sont pourvus, beurre frais, salades, fruits, etc.
- Comme d’autre part la cuisson sous pression augmente la digestibilité des matières albuminoïdes ou amylacées, voire de la cellulose non lignifiée, il ne faut donc pas négliger le concours précieux que peuvent nous apporter ces petits appareils; rappelons-nous seulement qu’une bonne alimentation doit s’équilibrer par des apports divers, et qu‘il faut éviter de stériliser tout ce que nous mangeons.
- M. H S a Brive.
- P. S. l° Vous trouverez tous renseignements utiles pour la reliure dans le Relieur amateur, par Audran, de la Collection Guyot, 20, rue des Petits-Champs.
- 2° Pour nettoyer votre diffuseur en verre dépoli qui a été souillé par les mouches, le faire tremper dans de l’eau tiède additionnée d’un peu de soude caustique (potassium des peintres que l’on trouve chez tous les marchands de couleurs).
- Peut-on substituer les encres dites indélébiles aux encres à stylos ?
- Les encres dites indélébiles, c’est-à-dire susceptibles de résister à tous les réactifs chimiques, sont généralement constituées par du carbone extrêmement divisé (noir de fumée) maintenu en suspension par mucilage gommeux ou gélatineux, tandis que }<-s encres à stylos sont des solutions^limpides de couleurs dérivées de la houille.
- Cette différence de constitution montre que l’on ne peut sans inconvénient substituer une encre à l’autre, fatalement au bout d’un certain temps la forme colloïdale est détruite et le corps en suspension par agglutination acquiert des dimensions notables qui produisent une obstruction du canal d’amenée à la plume.
- M. Dardenne a La Neuville.
- Est-il possible d’empêcher le caoutchouc de durcir?
- On sait qu’à partir du moment où il est extrait des Hévéas, le latex, par des transformations intramoléculaires, tend inévitablement à durcir pour.le plus grand dommage de ses applications.
- Dans une certaine mesure, la vulcanisation, c’est-à-dire l’introduction dans la masse d’une certaine quantité de soufre, lui confère une certaine stabilité, cependant avec le temps le caoutchouc finit par durcir et devient cassant.
- On peut toutefois reculer très loin celte manifestation de vieillesse en utilisant la propriété des essences végétales, de donner avec le caoutchouc des composés complexes conservant très longtemps leur souplesse.
- Il suffit par exemple de placer dans un bocal en verre un tampon de coton hydrophile sur lequel on versera quelques centi-
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- mètres cubes d’essence de girofle, puis mettre au-dessus un tampon de papier; les objets en caoutchouc enfermés dans le bocal ainsi préparé resteront pendant plusieurs années en excellent état.
- P. S. La transpiration trop abondante des mains, lorsqu’elle gêne le travail, s’évite facilement en les savonnant au préalable dans de l’eau additionnée d’une cuillerée à soupe de formol du commerce par cuvette.
- M. H. S. a Brive.
- Comment se préparent les toiles enduites, toiles cirées, moleskines, etc.
- Ces toiles, qui permettent d’établir à bon marché des articles ayant les apparences du cuir sans en avoir toutefois la solidité, s’obtiennent en appliquant d’un seul côté un enduit souple dont l’élément essentiel est l’huile de lin oxydée ou linoxyne.
- On sait en effet que l’huile de lin cuite pendant plusieurs heures ayec la litharge acquiert la propriété de fixer l’oxygène de l’air, l’aride linoléique qu’elle contient se transformant en acide linolénique.
- L’huile de lin oxydée est mélangée avec une dissolution de gomme eopal destinée à lui donner du brillant et de la dureté, ainsi qu’avec des charges telles que kaolin, pigments minéraux, pour colorer et obtenir de l’opacité; enfin, on ajoute à nouveau de l’huile de lin cuite, mais non oxydée et on délaye dans du pétrole léger pour amener la pâte à consistance convenable.
- Ou prend, comme tissus supports, des tissus à gros fils, quelquefois de chanvre, mais le plus souvent en coton. Ce tissu est amené par une toile sans fin, d’abord sous un rouleau qui l’enduit du composé pâteux, puis sous une raclette qui étend uniformément celui-ci à la surface de l’étoffe.
- 11 ne reste plus qu’à porter au séchoir où une circulation continue d’air assure une oxydation rapide; quand l'enduit a cessé d’être visqueux et présente une dureté suffisante on donne une nouvelle couche. L’opération est répétée cinq à six fois dans les mêmes conditions jusqu’à obtention d’une couche assez épaisse et solide.
- Quand l’article doit être à surface unie, on vernit et fait sécher à l’étuve. Si au contraire on veut un aspect granulé imitant par exemple le maroquin, on fait passer sous un cylindre de cuivre chauffé portant en creux les dessins que l’on veut reproduire, la masse plastique y pénètre sous l’influence de la pression, puis on termine comme dans le premier cas par un vernissage suivi d’un séchage rapide à l’abri de la poussière.
- M. Soükin a Ermont.
- Quelques formules de colles et vernis.
- 1° Les colles au celluloïd conviennent parfaitement pour fixer le cuir à lui-même, mais iPfaut employer une solution concentrée, ce que l’on peut réaliser par l’interveDtion d’un acide organique qui augmente la solubilité du celluloïd : on peut prendre comme type :
- Celluloïd non chargé............... 300 grammes
- Acide oxalique...................... 15 —
- Arétone............................ 1000 cent, cubes
- Mettre en flacon bien fermé par un bouchon de liège, agiter fréquemment, puis, après dissolution et repos, décanter.
- 2° Les semelles crêpes se collent habituellement au cuir, au moyen d’une dissolution composée de ;
- Gutta percha.......................165 grammes
- Essence d’eucalyptus...............165 —
- Sulfure de carbone................. 500 —
- Pétrole lampant.................... 170 —
- Les parties à recoller doivent être parfaitement propres et débarrassées de toute souillure, il conviendra donc de gratter le uuir à vif, faute de quoi l’adhérence serait imparfaite.
- Après avoir enduit les pièces à fixer de la dissolution ci-dessus* un laisse sécher jusqu’à ce que l’enduit devienne poissant, on applique alors rapidement au pinceau sur la couche visqueuse une solution de ;
- Chlorure de soufre..................10 grammes
- Sulfure de carbone................... 120 —
- on met en place, serre fortement et laisse ainsi jusqu’à séchage •complet.
- 3° Le vernis noir dit Japonais se compose de :
- Noir soluble à l’alcool..............100 grammes
- Bleu de Lyon......................... 50 —
- Vernis acroïd rouge.................. 1000 cent, cubes
- Vernis à sculptures ................. 2500 —
- chacun de ces vernis élémentaires peut être réalisé en prenant :
- A. Pour le vernis acroïd :
- Gomme acroïd . ................. 400 grammes
- Alcool dénaturé...................... 1000 cent, cubes
- B. Pour le vernis à sculptures :
- Gomme laque en écailles............... 200 grammes
- Gomme manille tendre...................300
- Benjoin................................ 50 —
- Alcool dénaturé...................... 1800 cent, cubes
- D’une manière générale, il est préférable d’acheter les vernis tout préparés.
- 4° Le vernis noir mat est de préparation un peu plus simple :
- Noir soluble à l’alcool..............40 grammes
- Noir de pétrole.........................40 —
- Gomme laque en écailles............... 200 —
- Alcool dénaturé ... ............ 800 cent, cubes
- 5" Vous trouverez le quartz piézoélectrique pour émissions à la maison Cambridge et Paul, 198, rue Saint-Jacques Paris 5e.
- M. Turiot a La Louvière Hainaut P.-S. Nous avons donné un mode de préparation des écrans cinématographiques dans le N° 2798 p. 514.,
- Encausticage au pulvérisateur.
- L’emploi des pulvérisateurs se généralise de plus en plus dans les usages courants pour la répartition rapide et économique des produits liquides en surface, signalons en dernier lieu l’usage qui se fait en Allemagne et Suisse allemande du pulvérisateur pour répartir uniformément et en couches extrêmement minces l’encaustique sur les parquets, les meubles, etc.
- La seule condition essentielle à observer est que le liquide ne -tienne pas en suspension des débris susceptibles d’obstruer la lumière du tube d’amenée; on devra donc, avant de charger l’appareil, passer la mixture au travers d’une toile très fine, métallique de préférence, qui retiendra toutes les impuretés.
- Pour les parquets on se servira surtout de l’encaustique à l’eau, pour les meubles de celle à l’essence; voici à titre d’indication deux formules qui peuvent servir de base de préparation, étant entendu; que pour faciliter le travail on pourra ajouter, suivant les cas, soit de l’eau, soit de l’essence pour augmenter la fluidité. 1° Encaustique à Veau.
- Eau non calcaire............................. 5 litres
- Savon en copeaux............................125 grammes
- Cire d’abeilles............................ 500 —
- Sel de tartre............................... 20 —
- Faire dissoudre dans l’eau bouillante le savon et le sel de tartre, ajouter la cire et continuer à chauffer en remuant jusqu’à obtention d’un lait homogène.
- Appliquer tiède, de préférence en couche aussi légère que possible; laisser sécher une nuit, passer à la brosse, puis au chiffon de laine, ayant reçu quelques jours auparavant une légère aspersion de pétrole.
- N. U. Frotter toujours dans le sens des fibres du bois.
- 2° Encaustique a l'essence.
- Essence de térébenthine...................... 5 litres
- Cire d’abeilles.............................. 500 grammes
- Faire fondre au bain-marie la cire avec 20 grammes de litharge pulvérisée, remuer pendant dix minutes après fusion complète, laisser reposer, puis décanter le liquide clair dans l’essence de térébenthine, rendre homogène.
- Bien observer que, pour obtenir le maximumde résultat comme brillant, il faut employer essence de térébenthine et cire d’abeilles pures, les cires factices du commerce et ersatz divers ne pouvant prétendre aux mêmes qualités.
- Pour brillanter, opérer comme ci-dessus.
- M. Saugy a Rougemont Suisse.
- Perçage des pierres.
- Les pierres dures se percent au moyen de forets à tète de diamant noir tournant à une grande vitesse et arrosés de bouillie d’égrisé. Cercle des officiers, Grenoble.
- Le Gérant : G. Masson.
- 97.4e!. — Paris, lmp. Lahure. — i5-5-2u.
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- N° 28J0,
- LA NATURE
- 1“ Juin 1929
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- ••• ~
- LE CENTENAIRE DE L'ÉCOLE CENTRALE
- DES ARTS ET MANUFACTURES
- Au sortir des convulsions politiques et des grandes guerres qui désolèrent l’Europe à la fin du xvme siècle et dans la première moitié du xixe siècle, l’industrie, monopolisée par l’Angleterre, commence à se développer sur le continent. Les capitalistes français, en particulier, prêtent leur appui à de nouvelles entreprises et installent des manufactures de tous genres afin de lutter contre la concurrence britannique. Mais pour assurer la marche normale des fabriques, pour organiser des chantiers ou diriger des firmes commerciales avec compétence, il faut des techniciens experts susceptibles de mettre en œuvre des méthodes rationnelles de production et ayant à leur disposition des moyens de transports économiques.
- A ce double point de vue, la France se trouvait alors assez mal partagée et dans un état d’infériorité manifeste vis-à-vis] de l’étranger : les chefs manquaient. L’Etat instruisait bien, soit à l’École Polytechnique, soit à l’École des Mines, soit dans plusieurs autres établissements spéciaux, les ingénieurs chargés de ses services publics. Mais de 1815 jusque vers 1830, les ingénieurs libres dirigeant des compagnies privées étaient fort peu nombreux. Cependant, petit à petit, leur phalange grossit et la nécessité d’un enseignement industriel approprié à ces nouvelles carrières se fit sentir.
- LES DÉBUTS
- Avec une rare sûreté de vue et une parfaite connaissance des besoins généraux à satisfaire pour former des techniciens émérites susceptibles de se spécialiser dans
- les différentes branches du génie civil, quatre savants de l’époque : un mathématicien Théodore Olivier, un physicien Péclet, un chimiste J.-B. Dumas et un mécanicien Philippe Benoit s’associèrent à un administrateur hors
- ligne, Alphonse Lavallée, pour fonder Y Ecole centrale des Arts et Manufactures (1829).
- Mettant en commun leur intelligence et leurs ressources pécuniaires, ces hommes éminents réussirent à créer une œuvre qui servit de modèle aux institutions étrangères similaires et d’où sont sortis, depuis un siècle, une pléiade d’ingénieurs marquants dans la mécanique ou la chimie industrielle, dans la construction ou danslamétallurgie, comme par exemple, Charles Cal-lon qui perfectionna les turbines, comme Farcot qui améliora le rendement des machines à vapeur ou comme Gustave Eiffel le célèbre constructeur de la plus haute tour du monde.
- Après avoir jeté les bases d’un programme d’organisation dans une suite d’entretiens au cours de l’année 1828, les cinq fondateurs se mirent "d’accord-et obtinrent du Gouvernement l’autorisation nécessaire.
- Mais dans l’arrêté, signé par le Ministre de l’Instruction Publique H. de Vatimesnil le 23 décembre 1828, figure seul le nom du « sieur Lavallée, autorisé à ouvrir à Paris une Ecole centrale des Arts et Manufactures où il ne^sera admis que^des élèves externes ».
- L’acte d’associalion'des promoteurs indique, d’ailleurs, que « M. Lavallée sera propriétaire, administrateur et directeur de l’établissement, qu’il versera un capital de 100 000 francs » jugé nécessaire pour le fonctionnement de l’institution et pour payer l’aménagement de
- Fig. 1. — L’Hôtel de Juigné (ancien hôtel Le Camus), construit de 1656 à 1610, berceau de l’Ecole Centrale en 1829.
- Sur son emplacement s’élèvent aujourd’hui les bâtiments modernes de l’Ecole. Il occupait une superficie de 4500 m2, dans un îlot bordé par les rues du Temple, des Coutures-Saint-Gervais, de Torigny et de la Perle. On le voit figuré vers la gauche de ce plan du xvme siècle.
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- Fig. 2. — L’Ecole Centrale des Arts et Manufactures en 1920
- l’ancien Hôtel de Juigné(') qu’il avait loué afin d’y installer l’École. De leur côté, ses autres collègues s’engageaient à professer chacun pendant vingt ans, Benoit la mécanique, J.-B. Dumas la chimie, Th. Olivier la géométrie, Péclet la physique moyennant des appointements fixes de 3000 francs et une certaine part dans les bénéfices. Ces savants s’adjoignirent quelques collaborateurs, entre autres D. Colladon, de Genève, dont les expériences sur la propagation du son dans l’eau se trouvent décrites dans tous les traités de physique, Bineau, ingénieur des mines, le naturaliste Ad. Brongniart et un architecte de talent, Gourlier.
- A l’origine, le programme des examens d’entrée à l’École Centrale comportait simplement l’arithmétique, la géométrie élémentaire complète, l’algèbre jusqu’aux équations du 2e degré inclusivement, une composition de style français et le dessin d’une tête au trait. Les cours s’ouvrirent le 20 novembre 1829 avec 145 élèves. La durée des études, primitivement fixée à deux ans, ne tarda pas à être portée à trois ans.
- Hélas! les débuts de la nouvelle institution furent
- L. Construit de 1656 à 1670 par Aubert de Fontenay, fermier général des sels, cet bétel, surnommé pour cette raison « hôtel salé » par les habitants du Marais, devint par la suite la résidence du duc de Villeroy, puis celle de la famille de Juigné qui l’occupa jusqu’au début de la Révolution de 1789. Il s’étendait sur une superficie de 4500 mètres environ comprise dans un îlot bordé par les rues Vieille-du-Temple, des Coutures-Saint-Gervais et de la Perle. Depuis, l’École centrale s’est agrandie par suite de la démolition de plusieurs immeubles voisins. (Voir Fra.ncis Pothier. Histoire de l'École Centrale des Arts et Manufactures. Paris, 1887, p. 11-12 )
- troublés par la situation politique et pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 les Centraux « rivalisèrent de courage avec les élèves de l’École Polytechnique » comme le consigne le prospectus de l’École pour 1830-31.
- Toutefois les événements révolutionnaires, pas plus que le choléra de 1832, qui diminuèrent momentanément le nombre des élèves, ne devaient tuer l’œuvre naissante. Grâce à l’administration ferme et éclairée de son directeur Lavallée, à la science de ses professeurs-fondateurs et aux qualités de nouveaux collaborateurs, entre autres de l’ingénieur J.-B Bélanger nommé directeur des études, du jeune chimiste Péligot, ancien élève de la première promotion qui se révélait déjà comme un maître, et de Perdonnet qui devait s’illustrer plus tard comme constructeur de nombreuses lignes de chemin de fer, l’École Centrale traversa cette période critique. L’exercice 1836-1837 s’ouvrit avec 105 élèves nouveaux admis en première année, 63 en deuxième année et 42 en troisième année, soit au total 210 élèves. La confiance était revenue. La réputation du nouvel établissement d’enseignement technique s’affermissait, ses ressources financières s’accroissaient et en créant, dès 1838, un certain nombre de bourses dans cette institution privée, « à la fois succursale de l’école Polytechnique et annexe de nos diverses Écoles d’application », l’État consacra le succès du nouveau système d’instruction industrielle.
- LE DÉVELOPPEMENT DE L'ÉCOLE
- Dès lors, l’École Centrale poursuivit heureusement le cours de ses destinées. D’érudits techniciens y ensei-
- Fig. 3. — L’illustre chimiste J.-B. Dumas. L'un des fondateurs de l’Ecole Centrale.
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- gnèrent de nouvelles matières au fur et à mesure du progrès des sciences et de leurs applications. Bientôt, du reste, Lavallée, désirant assurer l’avenir de sa création, offrit d’en faire abandon à l’Etat qui, après de longues tergiversations, accepta finalement. Le 19 juin 1857 fat promulguée la loi consacrant cette cession et le 24 mai 1862 un arrêté ministériel établissait définitivement le régime de Y Ecole Centrale des Arts et Manufactures tel qu’il subsiste encore actuellement sans modifications essentielles.
- D’après cet acte législatif, le Gouvernement nomme le directeur de l’Ecole qu’il doit choisir parmi les membres faisant partie du conseil de perfectionnement ; il nomme également le directeur et le sous-directeur des études, mais il faut qu’ils soient d’anciens élèves ayant obtenu le diplôme d’ingénieur. Quant aux professeurs, ils sont nommés par arrêté ministériel sur la proposition du Conseil de l’École.
- Lavallée resta encore quelques années à son poste. Il prit sa retraite en 1862 et Perdonnet lui succéda. Depuis lors, ses successeurs ne cessèrent d’améliorer le vieil hôtel de Juigné afin de l’approprier aux progrès successifs de l’enseignement technique.
- Fig. 5. — A. Perdonnet.
- Ingénieur, directeur de l’Ecole Centrale en 1862,
- Fig. 4. — Eugène Péligot.
- Savant chimiste, élève de l’Ecole Centrale (1829-1831), puis professeur à cette Ecole et membre de l’Académie des Sciences en 1858.
- Actuellement le concours d’entrée se passe en deux fois, comportant chacune des épreuves écrites éliminatoires et des examens oraux. La première partie conduit à l’admissibilité, la seconde à l’admission. Maintenant l’École est remarquablement aménagée. Indépendamment d’une soixantaine de salles, de trois grands amphithéâtres, de collections de dessins, de modèles de machines et d’une vaste bibliothèque, elle comprend aujourd’hui, en effet, des ateliers et des laboratoires abondamment pourvus d’un matériel perfectionné.
- Un de ses anciens directeurs, Paul Buquet, qui présida à ses destinées de 1895 à 1910, y installa deux laboratoires d’électrotechnique afin de compléter les salles de manipulations chimiques, que J.-B. Dumas y avait jadis établies. Là, l’illustre chimiste initiait ses élèves aux secrets de l’analyse, à l’observation méthodique des phénomènes, à la conduite des expériences, aux méthodes de recherches les plus subtiles. Par sa largeur de vues, sa vaste érudition et sa parole que colorait un léger accent méridional, à combien de disciples ne donna-t-il pas le feu sacré, combien de vocations ne fit-il pas naître? Mais ces temps étaient révolus; la science avait marché. Il fallait remplacer ces modestes cornues, ces balances d’une précision relative ou ces appareils primitifs par un outillage plus perfectionné. La nécessité s’imposait de mettre à la disposition de jeune gens, destinés à appliquer les sciences à l’usine ou sur les chantiers, les machines les plus récentes, les derniers modèles de moteurs électriques, d’instruments de physique ou de chimie. Aussi
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- Fig. 6 (à gauche). — M. Léon Guillet.
- Membre de l’Académie des Sciences, directeur actuel de l’Ecole Centrale, dans son cabinet de travail.
- Fig. 7 (à droite). — Le monument aux élèves et anciens élèves de l’Ecole Centrale morts pour la France pendant la guerre.
- Fig. 8. — Le grand laboratoire souterrain de l'Ecole Centrale. On y trouve les principaux types de machines-outils.
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- Paul Buquet fonda-t-il la « Société des Amis de l’École Centrale » ayant principalement pour but de fournir à cet établissement l’appui indispensable. Son successeur Noël installa des machines thermiques et hydrauliques ainsi qu’une salle de micrographie tandis que sous la direction de Bochet (décédé le 28 décembre 1922) le Conseil de perfectionnement décida de résoudre le problème d’originale façon. On a creusé la grande cour de l’Ecole formant le centre du quadrilatère des rues de Condé, Montgolfier, Berthoud et Vaucanson. Puis dans oe vaste sous-sol ainsi que dans certaines autres pièces de l’Institution, le directeur actuel, M. L. Guillet, organisa 4 groupes de laboratoires (physique générale, essais mécaniques des matériaux de construclion, salles de physique industrielle et de traitements thermiques des produits métallurgiques, ateliers de machines-outils, de fonderie, laboratoire d’électrotechnique avec station électrique souterraine) (‘). Ces diverses installations furent édifiées, en grande partie, grâce aux fonds de la Société des amis de l’École Centrale. Enfin plus récemment, une souscription ouverte entre les anciens élèves, les so-
- 1. Voir leur description dans La Nature, n° 2674 (4 juillet 1925), p. 14.
- ciétés et les industriels rapporta plus de 15 millions ; elle a permis l’achat d’un terrain annexe où s’édifient actuellement de nouveaux laboratoires. On y transportera prochainement les ateliers trop à l’étroit dans le quartier du Marais tandis que, dans uu coin de la Cité universitaire du boulevard Jourdan, près du Parc Montsouris, se construit une villa destinée à loger 150 élèves n’ayant pas leur famille à Paris ou dans la banlieue.
- Toutes ces innovations assurent le recrutement de l’École Centrale qui continuera, comme par le passé, à former un brillant état-major pour toutes les pacifiques entreprises de génie civil et même des cadres pour notre armée si, par malheur, la France devait repousser une nouvelle agression.
- Pendant la grande guerre de 1914-1918, cette élite a grandement contribué, en effet, à la défense nationale puisque 4800 d’entre eux (élèves ou anciens élèves) furent promus officiers. D’autre part, au moment de l’Armistice, des Centraux commandaient 60 pour 100 des unités de combat d’artillerie, 500 étaient tombés sur les champs de bataille, plus de 900 avaient été blessés, 650 décorés de la Légion d’honneur et plus de 2000 cités à l’ordre du jour. Jacques Boyer.
- = LE TAPIR ........^
- DU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE DE PARIS
- La Ménagerie du Muséum d’Histoire naturelle de Paris possède un fort beau Tapir, qui mérite d’attirer une attention particulière. Le Tapir est, en effet, un animal étrange qui séduit notre curiosité et dont l’aspect nous rappelle les formes fantastiques des grands Pachydermes disparus: Paloeotherium, Lophio-don, etc.... Le Tapir de la Ménagerie est de la plus belle espèce, dite Tapir de l’Inde ou Tapir à dos blanc (Tapiras indiens), espèce décrite par Cuvier en 1819. Ce sujet a été donné au Muséum, le 23 mars 1926, par M. Imbert qui l’apporta, tout petit, de Malacca.
- A son arrivée, le jeune animal portait une livrée rayée de blanc longitudinalement; il ne s’agit pas de raies pleines, mais de points blancs alignés sur un fond sombre.
- Peu de temps après, la livrée se modifia, les taches disparurent et le petit Tapir commença de blanchir, pour prendre peu à peu son pelage définitif. La belle photographie, prise au Muséum, me dispense d’une description de ce Tapir à l’état adulte : elle montre comment le noir et le blanc sont répartis dans la robe, et l’on remarquera les contours très nets de la partie blanche : on croirait voir un manteau posé sur le dos de l’animal. Mais ce que la photographie ne peut rendre, c’est la beauté du pelage : le Tapir semble vêtu de moelleux « velours de laine ». La pointe de l’oreille est cernée de blanc, comme par
- Fig. 1. — Tapir à dos blanc.
- un raffinement de coquetterie de la nature.... Les sabots sont bruns. L’iris est, paraît-il, d’un violet foncé.
- Le Tapir du Muséum est un mâle, âgé de trois ans et demi environ. Il mesure actuellement deux mètres dix centimètres de longueur et un mètre de hauteur. Ce sujet est en parfait état de santé ; il est, du reste, l’objet de soins attentifs. Si sa demeure n’est pas luxueuse, elle est bien chauffée en hiver, et c'est tout ce qu’il demande. Elle est un peu obscure, mais cela ne paraît pas lui
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- déplaire, car le demi-jour de la rotonde des Pachydermes doit lui rappeler l’ombre de la forêt natale ; de plus, les Tapirs passent pour des animaux nocturnes à l’état de liberté.
- C’est une bête paisible et très douce, que l’on conduit au moyen d’une simple baguette pour la diriger de son logis intérieur à son parc extérieur, lorsque la température est favorable à sa sortie en plein air.
- J'ajouterai qu’on la caresserait volontiers, si l’on ne redoutait l’exubérance de ses témoignages affectueux, car elle est puissante et ne mesure par ses élans.
- Le Tapir a un régime végétarien. A l’état sauvage, il mange des végétaux aquatiques, des feuilles d’arbres, des tiges, des fruits. A la Ménagerie, il est nourri à peu près comme un Cheval. A son arrivée, quand il était tout petit, M. Mouquet, docteur-vétérinaire du Muséum, le fit nourrir de lait, de riz, de pommes, de poires, de bananes, etc.... Au printemps de 1927, la ration de lait fut diminuée ; on lui en donnait encore en août 1927, mais très peu et l’on commençait à lui présenter du fourrage; il pesait à cette époque, c’est-à-dire à l’âge de deux ans environ, 178 kilogrammes. Sa taille dépassait celle d’un Cochon adulte.
- A l’heure actuelle, le Tapir reçpit une ration journalière composée de : une botte de foin, un kilo d’avoine, 800 grammes de farine d’orge et une livre de pommes de terre cuites. Si des fruits étaient ajoutés à ce repas, le Tapir apprécierait grandement ce dessert; mais le budget du Muséum ne permet pas de gâter les pensionnaires par des distributions de friandises !
- L’intelligence du Tapir apparaît comme assez endormie. Cependant, je me hâte de dire que, de l’observation d’un animal captif, n’ayant pas à pourvoir à ses besoins ni à veiller à sa sécurité, on ne peut tirer aucune conclusion relative à l’intelligence que ce même animal peut montrer dans la libre expansion de sa vie naturelle.
- Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que les Tapi-ridés appartiennent à l’ordre des Jumentés, ordre composé des Mammifères ongulés possédant des doigts en nombre impair, et que, pour cette raison, on nomme aussi ordre des Périssodactyles. Le doigt du milieu prend un développement plus grand que les autres. On remarque que le fémur a sur son bord externe un troisième trochanter et l’astragale, de forme équine, n’offre pas à sa face inférieure la poulie qui se trouve chez les Ruminants et chez les Porcins.
- L’ordre des Périssodactyles est divisé en trois familles : les Rhinocéridés, les Tapiridés, les Equidés. On peut y ajouter les groupes des Lophiodontes et des Palœo-théridés auxquels appartenaient les formes éteintes.
- Les Tapiridés sont caractérisés par la trompe mobile qui prolonge le nez, courte trompe qui n’est qu’un organe tactile, d’ailleurs d’une extrême délicatesse.
- Ils ont trois doigts aux membres postérieurs et quatre aux membres antérieurs, mais ceux-ci accusent la prédominance du troisième doigt qui caractérise le type péris-sodactyle.
- La dentition se présente ainsi : incisives 3/3, canines 1/1, prémolaires 4/3, molaires 3/3. En somme, c’est la même dentition que celle des Equidés.
- En effet, les Tapiridés se rapprochent beaucoup de ces derniers. Chez l'un d’eux, M. le professeur Anthony a signalé des poches gutturales comme chez le cheval. Mais, en dehors de la parenté donnée par la classification zoologique, il en existe une autre qu’on peut dire « humorale » ou encore « biologique ». Je trouve dans un article du docteur vétérinaire Mouquet (J) quelques renseignements sur les parentés humorales qui, dit-il, sont des faits actuellement classiques, dont la connaissance est due à divers auteurs :
- « Si, dans des expériences de laboratoire, on fait à un Lapin plusieurs injections de sérum humain, le sérum de ce lapin, au bout de quelque temps, acquiert la propriété de donner un précipité non seulement avec le sérum humain, mais encore avec celui de tous les Singes anthropomorphes. Ce qui prouve que ces derniers sont beaucoup plus voisins de l’Homme que les Singes inférieurs (ou Singes proprement dits), dont les sérums ne donnent pas de précipités avec celui des Lapins préparés. Or, des expériences du même genre, faites à l’aide de produits provenant d’Eléphants et de Tapirs, ont prouvé la parenté du Mammouth et de l’Eléphant d’Asie, et celle du Cheval et du Tapir. Des rapprochements analogues ont été trouvés pour le Rœuf et le Mouton, le Sanglier et le Cochon, le Chien et le Renard, etc..., des animaux inférieurs et même des plantes ».
- On connaît trois espèces de Tapir, dont deux sont américaines : l’une (Tapirus americanus) vit dans les forêts de l’Amérique du Sud, et son pelage est entièrement noirâtre ; il porte sur la nuque une courte crinière ; l’autre espèce (Tapirus villosus) est propre aux montagnes et habite les Cordillères. Le Tapir villeux, comme son nom l’indique, est pourvu d’une fourrure abondante et longue, de couleur noire, mais un peu tachée de blanc; sa taille serait inférieure à celle du Tapirus americanus ; on l’appelle Pinchague dans les Andes, et les Indiens qui le rencontrent à une haute altitude le surnomment « Vache de montagne »..Les mœurs du Tapirus americanus sont mieux connues que celles du Tapir villeux, et l’on sait qu’il aime les rivages, qu’il nage et plonge aisément.
- La troisième espèce est le Tapirus indicus, qui habile l’Inde et les îles voisines. C’est, comme je l’ai dit, la plus belle, tant à cause de la couleur de sa robe que des lignes de son corps, plus élégantes. La tête est plus bombée et la trompe plus développée.
- Les Tapirs font entendre une sorte de sifflement, qui est leur cri. Ils poussent un grognement quand on les dérange. Mais le Tapir du Muséum mangeait chaque fois que je l’ai vu, et quand on mange... on ne doit pas parler !
- Un animal aussi curieux devait certainement plaire aux artistes asiatiques, et le Tapir à dos blanc figure dans les dessins chinois et japonais ; dans l’ancienne Chine, on attribuait, paraît-il, au Tapir des vertus bénéfiques, et même l’image de cet animal suffisait à protéger contre les maléfices : ce serait la raison pour laquelle des figures de Tapir étaient souvent peintes sur les paravents.... A. Feuillée-Billot.
- 1. <( Maladie à allure grippale chez les Chimpanzés ». (Recueil de Médecine vétérinaire, 1926, page 49.)
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- r.... L'ÉDITION PHONOGRAPHIQUE ....:
- LA FABRICATION DES DISQUES DE PHONOGRAPHES
- L'ÉDITION PHONOGRAPHIQUE
- Si Edison peut être considéré indiscutablement comme l’inventeur du phonographe, il semble bien que l’on doive la découverte du rouleau « de cire » amovible et reproduit par galvanoplastie en un nombre illimité d’exemplaires à Charles Summer Tainter.
- Dès cette innovation, qui date de 1889, les cylindres
- chiffrer leur vente journalière : une seule usine appartenant, il est vrai, à une des plus grandes sociétés d’édition phonographique, peut en produire au moins trente mille par jour lorsque toutes ses machines sont en fonctionnement.
- Il est, d’ailleurs, extrêmement curieux de constater les analogies qui existent maintenant entre l’édition des disques et l’édition des œuvres d’art ou même des livres.
- Fig 1. — Les procédés d’enregistrement électrique permettent d’obtenir des résultats vraiment extraordinaires. On put ainsi enregistrer en 1926 au Crystal-Palace un chœur exécuté par 3500 chanteurs et musiciens dirigés par Sir Henry Wood. Le disque de cire enregistré sur
- place fut posé sur un lit de coton et envoyé avec précaution au laboratoire.
- (Enregistrement Columbia.)
- phonographiques furent édités en série par une succession de procédés de plus en plus perfectionnés.
- Cependant le phonographe demeura longtemps un jouet scientifique, curieux et amusant, plutôt qu’un véritable instrument de musique, et il faut presque arriver jusque vers 1922 pour trouver des disques phonographiques, concurrents heureux des cylindres primitifs, qui constituent, suivant l’originale expression d’un musicographe, « La Musique et l’Art en conserve ».
- Grâce aux merveilleux procédés modernes d’enregistrement et de reproduction phonographiques rendus possibles en grande partie par des dispositifs empruntés à la radiotechnique, la fabrication de ces disques a pris depuis quelques années un développement vraiment extraordinaire, et c’est aujourd’hui par millions que l’on peut
- Un éditeur de disques n’est pas toujours un fabricant, il peut fort bien faire exécuter les disques de ses auteurs dans une usine spécialisée quelconque et s’occuper uniquement de leur diffusion.
- Un artiste, chanteur, musicien, ou acteur, qui enregistre un disque, n’est généralement pas rémunéré immédiatement de ce travail : il touche des a droits d’auteur » proportionnellement au nombre des disques vendus, et à leur prix, de même qu’un écrivain a droit généralement à un certain pourcentage sur le prix de vente de chaque exemplaire vendu.
- De même qu’il existe de nombreux critiques littéraires, il existe maintenant des critiques « discographes », si l’on peut s’exprimer ainsi, et l’étude détaillée de tous les disques nouveaux est publiée régulièrement, non seule-
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- ment dans des revuesm usicales, mais encore dans presque toutes les revues musica-Fig 2. — Aspect schématique d’un disque les, et même dans à saphir. les journaux quo-
- Yu en coupe. tidiens d.jnfor.
- mation.
- Nous allons constater plus loin, d’ailleurs, que, comme les livres, les disques sont fabriqués à la presse d’après une « composition » métallique exécutée une fois pour toutes. Nombre d’amateurs éclairés possèdent maintenant dans leurs bureaux une discothèque à côté de leur bibliothèque, et, si nous n’avons pas encore vu se réaliser des livres parlés et enregistrés sur disques, du moins il existe déjà des disques d’enseignement, des conférences composées spécialement, et des œuvres musicales inédites destinées à l’enregistrement.
- On dit même qu’un éditeur très moderne aurait eu l’idée d’envoyer aux critiques littéraires, non.pas les notices habituelles « Prière d’insérer » qui accompagnent les livres nouveaux, mais des disques enregistrés par l’auteur du livre lui-même, et dans lesquels ce dernier indique s-;s idées personnelles sur le sujet traité, et le but poursuivi en publiant son ouvrage !
- Ainsi l’édition phonographique deviendrait l’alliée de
- spéciaux, très différents de l’édition phonographique normale, et nos lecteurs pourront alors se rendre compte que les disques du commerce sont formés d’une matière
- Fig. 3. — Le disque à saphir. Aspect d’un fragment de disque à saphir.
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- distinctes,
- Fig. 4. — Agrandissement microphotographique des sillons d’un disque à saphir. disques « à ai-
- l’édition littéraire, comme elle est déjà l’alliée de l’édition musicale.
- CYLINDRES D'ANTAN ET DISQUES D'AUJOURD’HUI
- Les premiers cylindres phonographiques amovibles de Tainter étaient en carton revêtu d’une couche de cire, mais la cire fut bientôt remplacée par une pâle homogène qui était une mixture de stéarine, de savon, d'oxyde de zinc et de plomb.
- Nous étudierons plus loin la composition mécanique et chimique des disques qui ont aujourd’hui complètement remplacé les cylindres, sauf pour des usages particuliers
- à base de gomme-laque sans aucun mélange de cire malgré l’opinion commune. (L’emploi de la gomme-laque dans les disques semble dater de 1908.)
- Nous ne jugeons pas utile évidemment, d’ailleurs, de décrire la fabrication des cylindres, ce qui n’aurait plus qu’un intérêt rétrospectif, et nous consacrerons uniquement notre article à l’étude de la fabrication des disques.
- Les sillons qui correspondent aux vibrations acoustiques sont, on le sait, gravés sur les disques en forme de spirales à pas constant, de profondeur et de tracé variables et l’on peut classer les disques suivant la disposition de ces sillons en deux catégories bien les
- guille », les disques « à saphir », dénominations dues aux systèmes de reproduction utilisés dans l’un ou l’autre cas. (Les cylindres étaient uniquement du type à saphir. ) Dans les disques à saphir, les sillons sont gravés en profondeur perpendiculairement à la surface et la modulation semble dessiner sur le plan agrandi une série de « renfle-
- Fig 5. — Agrandissement micro-photographique des sillons d'un disque à aiguille.
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- ments » reliés par de petits canaux (fig. 2, 3 et 4).
- Dans les disques à aiguille, au contraire, le sillon est superficiel et les inflexions de la gravure sont latérales (fig. 2 et 7). Les sinuosités larges et de grande amplitude qui correspondent aux notes basses, ou de faible
- Fig. 7. — Aspect d’un disque à aiguille.
- amplitude et resserrées des notes aiguës constituent sur le disque un oscillogramme réel des sons enregistrés (fig. 6). ;
- Pour des raisons que nous indiquerons plus loin à propos de la question de l’enregistrement, le disque à saphir est peu à peu abandonné et l’on fabrique presque exclusivement aujourd’hui des disques à aiguille.
- La reproduction de ces disques s’effectue, on le sait, à l’aide d’un diaphragme mécanique ou d’un traducteur électromagnétique portant une aiguille en acier qui doit être changée après chaque reproduction, car sa pointe est très rapidement émoussée.
- Il est impossible d’employer des aiguilles plus dures, donc plus durables, si l’on ne veut pas risquer d’abréger
- Fig. 9. — Le phonographe à cylindre.
- Dans les premiers phonographes le diaphragme D se déplaçait régulièrement sous l’action d’un chariot à vis sans fin, parallèlement à l’arbre du cylindre R. La vitesse de la pointe était constante.
- ladurée du disque, et l’on est forcé d’effectuer constamment la manœuvre en-nu yeuse du changement d’aiguille.
- Tel est en- Fig' 6’ ~~ Le dis<lue à aiêuille-
- COre actuelle- Aspect schématique du sillon agrandi.
- ment le défaut
- pratique des disques à aiguille, mais ils permettent, d’autre part, d’obtenir des résultats acoustiques d’une qualité bien supérieure à celle que peuvent procurer les disques à saphir, d’un usage peut-être un peu plus commode parce que nécessitant seulement un remplacement peu fréquent du saphir reproducteur ; il faut donc exécuter avec patience celte petite manœuvre facile,mais fastidieuse, du remplacement d’aiguille, en attendant un nouveau et peut-être prochain progrès qui la rendra inutile.
- LES DIVERSES ÉTAPES DE LA FABRICATION DES DISQUES
- La fabrication des disques est une opération extrêmement complexe et délicate qui ne peut être exécutée que par des spécialistes très avertis et possédant un outillage très perfectionné; le nombre des usines de ce genre est, d’ailleurs, encore assez restreint; il est vrai que la capacité de production de chacune d’elles est très grande, comme nous l’avons fait remarquer au début de cet article.
- Fig. S. — Principe de l'enregistrement électrique.
- L’artiste est placé dans le studio phonographique devant un microphone M. Ce dernier est relié par fils téléphoniques à l’amplificateur A placé dans la salle d’enregistrement, souvent éloignée de l’auditorium. Les courants amplifiés actionnent enfin le graveur électromécanique E qui enregistre le disque de cire vierge D, et font résonner un haut-parleur témoin H.
- Les opérations multiples cfe la fabrication des disques peuvent se décomposer sommairement de la façon suivante :
- 1° Enregistrement d’un disque de cire original.
- 2° Réalisation par différentes opérations mécaniques et galvanoplastiques d’une matrice métallique exécutée d’après l’original.
- 3° Fabrication à la presse au moyen de la matrice d’un nombre illimité de disques en matière malléable à chaud, de compositions variables suivant les marques.
- Nous allons donc étudier successivement ces trois catégories d’opérations délicates.
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- LE PRINCIPE DE L'ENREGISTREMENT ÉLECTRIQUE MODERNE
- Le principe de l’enregistrement électrique des disques
- qui a maintenant remplacé à peu près complètement les premiers dispositifs mécaniques a déjà été décrit dans le n° 2754 de La Nature.
- Nous rappellerons simplement que, dans ce procédé, les artistes sont placés devant un microphone et non devant le pavillon enregistreur primitif.
- Les ondes sonores viennent frapper ce mi-crophoneM, produisant des variations du courant électrique qui sont amplifiées par un appareil amplificateur à lampes de T. S. F. Cet amplificateur actionne à son tour un enregistreur électro-magnétique E, dont le soc grave dans le disque horizontal de cire vierge D des sillons spiraloïdes corespondant aux ondes sonores enregistrées (fig. 8).
- L’enregistreur est, d’ailleurs, comme nous le verrons, placé dans une chambre étanche au son qui peut être assez éloignée de l’auditorium phonographique où est placé le microphone.
- L’opérateur est seulement guidé alors par un haut-parleur témoin H relié à l’amplificateur, et qui répète l’enregistrement,
- Ce dispositif permet d’obtenir, grâce à l’amplification par lampes de T. S. F., une sensibilité extraordinaire, d’où une plus grande facilité pour placer les musiciens,
- Fig. 12. — Coupe transversale d'un disque h aiguille.
- (Les cotes sont en centièmes de millimètre.)
- L’intervalle entre spires n’est que de 1/10 de millimètre environ.
- chanteurs, ou acteurs dans le studio, et un enregistrement plus complet, plus « nuancé », permettant une reproduction plus approchée de la réalité; de plus, la diminution des pièces en mouvement atténue beaucoup les effets de distorsion dus aux défauts mécaniques des systèmes enregistreurs.
- On peut même, grâce à ce dispositif, exécuter des enregistrements hors du « studio », dans des théâtres, des salles de conférences, des églises, etc., ce qui était évidemment complètement impossible avec le procédé mécanique primitif (ûg. 1).
- L’enregistrement électrique, qui donne des résultats si merveilleux, est cependant une opération délicate, complexe, et difficile. Nous allons indiquer quelques-unes de ces difficultés, et nous étudierons ensuite les détails des opérations d’enregistrement ainsi que les appareils utilisés.
- LES DIFFICULTÉS DE L'ENREGISTREMENT ÉLECTRIQUE
- Il faut bien reconnaître qu’au point de vue strictement mécanique, sinon ac-coustique, le phonographe moderne à disques est un instrument beaucoup plus imparfait que le phonographe à rouleaux cylindriques primitifs.
- En effet, dans les premiers phonographes, la pointe du diaphragme enregistreur et reproducteur, entraîné par un chariot, se déplaçait parallèlement à l’axe du cylindre et suivait régulièrement les sillons en hélice à pas constant, donc de même diamètre (fig. 9).
- Dans le phonographe actuel, au contraire, la vitesse linéaire des sillons, par rapport au diaphragme n’est pas constante et augmente du centre vers les bords; les sillons intérieurs, souvent de très petits diamètres, ne peuvent plus être assimilés à des droites au voisinage de la pointe de l’enregistreur ou du reproducteur, d’où il résulte un fonctionnement dissymétrique de cette pointe qui subit une pression dirigée des bords vers le centre du disque (fig. 11).
- De plus, pour la reproduction, le diaphragme ou le traducteur électromagnétique n’est plus entraîné par un chariot, mais il est simplement fixé à l’extrémité d’un bras pivotant et entraîné par le seul frottement de l’aiguille dans le sillon. L’aiguille vibrante est donc à la fois « porteuse et tractrice », ce qui est une mauvaise disposition mécanique.
- Enfin, en raison de ce que le bras du diaphragme se déplace par rotation et non par translation, l’orientation du plan vertical de ce diaphragme, par rapport aux sillons, varie continuellement, et ce plan devient seulement
- Fig. 10. — Le phonographe à disque.
- I) La vitesse du sillon intérieur I par rapport à la pointe du diaphragme est beaucoup plus petite que la vitesse
- du sillon extérieur.
- II) La portion de courbe du sillon intérieur en contact avec la pointe P du diaphragme n’est plus assimilable à une droite.
- Fig. 11. — Le phonographe à disque. L’orientation du diaphragme par rapport au plan vertical tangent au sillon au point de contact de l’aiguille varie suivant la position du diaphragme. En M seulement ces deux plans coïncident.
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- tangent au sillon pour une position médiane M. L’action des vibrations acoustiques des sillons sur la membrane ne s’effectue donc pas d’une façon symétrique (fig. 11).
- Ces défauts mécaniques inhérents à l’emploi des disques sont surtout nuisibles pour la reproduction, ou du moins le seraient si les techniciens ne s’efforçaient justement d’en tenir compte au moment de l’enregistrement pour en supprimer, ou du moins en atténuer les effets nuisibles, par des procédés compensateurs spéciaux, des « tours de main » très délicats qui sont, d’ailleurs, variables suivant les marques, et plus ou moins secrets pour les profanes.
- Mais il existe, par contre, des défauts relativement plus graves, d’ordre acoustique cette'^fois, dus à l’emploi des disques.
- Les disques courants ont un diamètre de vingt à trente centimètres au maximum et doivent cependant permettre une audition assez longue (quelque quatre minutes au maximum). Il est donc nécessaire que les sillons soient très resserrés.
- En fait, le sillon d’un disque à aiguille de forme trian-
- Pointe du saphir
- Note trop basse
- Fig. lk. — Coupe schématique d'un disque à saphir montrant l’impossibilité d’enregistrer les notes trop graves et trop aiguës.
- gulaire, très légèrement arrondi au fond, a une largeur de 12/100 mm et une profondeur de 15/100 mm environ, le pas de spire à spire est de 25/100 mm (fig. 12).
- Le profil du sillon d’un disque à saphir est arrondi, de quelque 16/100 mm de diamètre, et le pas le plus large est de 33/100 mm environ (fig. 13).
- Or la modulation se traduit dans le disque à aiguille par des inflexions de la gravure du sillon; on voit sur la coupe de la figure 12 que ces inflexions, qui constituent les courbes de l’oscillogramme correspondant aux vibrations sonores, ne peuvent dépasser l’axe des bandes étroites qui séparent deux spires voisines, et qui n’ont que 1/10 mm de chaque côté.
- Les sons de fréquence très graves, qui se manifestent par des courbes de grande amplitude et de basse fréquence, ne peuvent donc être encore enregistrés, théoriquement, à l’heure actuelle; en pratique, les notes basses au-dessous de la fréquence 150 sont encore à peu près éliminées des enregistrements phonographiques, mais si l’on veut bien réfléchir qu’en 1920 les notes basses au-dessous de la fréquence 500 environ n’étaient pas enregistrées, on pourra se rendre compte des progrès réalisés sur ce point particulier.
- D’un autre côté, les notes trop aiguës, de faible amplitude et de haute fréquence, sont représentées à l’enregistrement par des aspérités resserrées et de faible épaisseur qui recouvrent les côtés du sillon.
- Fig. 13. — Coupe transversale d’un disque à saphir. Les cotes sont en centièmes de millimètre.
- Si l’épaisseur de ces aspérités n’est pas assez grande, l’aiguille ne peut être mise en vibration par elles, par suite de l’inertie de la membrane ou de l’armature vibrante du diaphragme ou du traducteur électromagnétique; déplus, ces aspérités très fragiles sont rapidement détruites, d’où usure prématurée du disque.
- On doit donc imposer une limite supérieure à la fréquence des sons enregistrés, mais ce défaut est beaucoup moins grave que le précédent, parce que la gamme de tonalités d’une audition agréable demeure généralement inférieure à la fréquence 5000.
- Le disque à saphir présente les mêmes défauts avec plus d’évidence encore. Les notes basses ne peuvent être enregistrées parce que leur trop grande amplitude ferait quitter la surface du disque à l’outil graveur; quant aux aspérités du fond du sillon, si elles sont trop resserrées et de faible hauteur, donc correspondant à des notes trop aiguës, le saphir d’enregistrement ne peut les suivre (fig 14).
- Cette limite dans l’aigu et dans le grave est très rapidement atteinte dans les disques à saphir et c’est pourquoi on n’effectue guère les enregistrements électriques que sur disques à aiguille.
- On peut représenter schématiquement la caractéristique d’un disque à aiguille par la courbe de la figure 15, et l’on peut se rendre compte que seule l'extension de la gamme enregistrée sur les notes basses est surtout désirable (*). Ces défauts inhérents à la nature même de l’enregistrement peuvent d’ailleurs être corrigés par des défauts en quelque sorte compensateurs établis plus ou moins volontairement dans les appareils reproducteurs.
- P. HÉMARDINQUER.
- \ Nos lecteurs qui voudraient étudier celle question d’une manière plus technique arec l’aide des formules de mathématiques simples peuvent consulter les intéressants articles de M. R. Leroy parus dans le « Q. S. T. Français ».
- Fig. 15. — Courbe caractéristique d'un disque à aiguille.
- Fréquences
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- QUELQUES TURBINES A VAPEUR GIGANTESQUES
- Etages à action
- Sortie de vapeur Arrivée de vapeur
- Fig. 1. — Exemple d'un corps de turbine à un seul flux de vapeur. Cylindre à haute pression de la turbine de 104 000 kilowatts Westinghouse de la station de Crawford Avenue à Chicago ; l’élément comporte 2 étages à action, les autres étages sont à réaction, sa puissance est de 44000 kilowatts. Pression de la vapeur à l’admission : 44 kg/cm2.
- Les centrales électriques à vapeur renferment des machines motrices qui concentrent sous un faible volume des puissances formidables. On est toujours frappé, lorsqu’on visite un de ces établissements, du peu de place qu’occupent les machines essentielles, à savoir les turbines et les générateurs qui leur sont accouplés, à côté des autres organes : chaufferie, condenseur, magasins à charbon, etc. La tendance actuelle, dans les grandes centrales, est de pousser le plus loin possible cette
- concentration de la puissance, et, en ces dernières années, on a assisté à une véritable course au record de la puissance unitaire.
- En 1914, un groupe de 10 000 kilowatts était considéré comme représentant le maximum de ce qui était réalisable dans cette voie. Au lendemain de la guerre, en 1927, la centrale de Gennevilliers, près de Paris, mettait en service des groupes de 40 000 kilowatts, qui parurent à ce moment fort audacieux.
- Il existe aujourd’hui en service aux Etats-Unis plusieurs groupes dépassant 100 000 kilowatts et au moins
- iknfre'ede/a vapeur
- de fs vapeur
- vers le condenseur
- vers lecondenseur
- Eig. 2. — Exemple d’un corps de turbine à 2 flux de vapeur. Cylindre basse pression delà turbine de 160000 kilowatts Brown-Boveri de la station de Ilell Gâte à New York.
- trois groupes atteignant la puissance record de 160 000 kilowatts.
- Les raisons de cette évolution se comprennent aisément : l’accroissement de la puissance unitaire des groupes a permis tout d’abord de réaliser plus facilement tous les raffinements qui assurent le maximum d’économie dans la production du courant; mais, à cet égard, les unités colossales dont nous allons parler n’assurent pas de nouveaux progrès. Les avantages que procurent notamment les hautes pressions de vapeur, les fortes surchauffes, et le réchauffage de l’eau d’alimentation par prises de vapeur aux divers étages de la turbine s’obtiennent aussi bien sur des unités plus modestes. Mais les groupes très puissants permettent de réaliser de sérieuses économies sur le prix d’installation, ils simplifient l’exploitation, enfin, et c’est le plus souvent leur principale raison d’être, ils économisent de l’espace.
- Les centrales des grandes cités modernes ont à faire face à une consommation de courant qui, en tous pays, s’accroît à une cadence qui . dépasse toutes les prévisions ; ceux de ces établissements qui sont construits en pleine agglomération urbaine n’ont plus de
- Fig. 3. — Groupe turbo-alternateur de 65 000 kilowatts avec turbine à un seul flux
- et un seul corps.
- Ce groupe, comportant un alternateùr principal, un alternateur auxiliaire et une turbine, a été installé en 1928 par la General Electric C° dans la station de la centrale de l’Edison Illuminating C° à Boston.
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- Fig, 4. — Groupe de 94 000 kilowatts à alternateur unique.
- Turbine à 2 corps, l’un haute pression, l’autre basse pression à 2 flux commandant un alternateur unique de 94000 kilowatts. (Le groupe est à la plate-forme d’essai. Il est destiné à la Southern California Edison C”. Constructeur : General Electric C°.)
- Fig. 5. — Groupe de 94 000 kilowatts à alternateur unique.
- Turbine à 2 corps, l’un haute pression uniflux, l’autre basse pression à 2 flux débouchant dans 4 condenseurs verticaux. Au premier plan : le groupe haute pression. On remarquera les quatre condenseurs verticaux disposés à la sortie immédiate des étages basse pression et au même niveau. (Ce groupe est installé à la station de Long Beach (Californie). Constructeur : Westinghouse Mfg C°.)
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- Fig. 6. — Groupe de 160000 kilowatts à alternateur unique.
- Turbine à 2 corps, l’un hante pression uniflux, l’autre basse pression à 2 flux, 1500 tours par minute. (Ce groupe est installé à
- la station de East River à New York. Constructeur : General Electric C\)
- possibilité d’extension ; elles ne peuvent faife face aux exigences de leur clientèle qu’en accroissant leur rendement par mètre carré de surface occupée, d’où le recours systématique aux pressions de vapeurs élevées et aux groupes de très grande puissance.
- Chacun de ces groupes, cependant, ne doit produire qu’une fraction de la puissance totale de l’usine, afin de permettre à celle-ci de proportionner harmonieusement sa production à la demande de courant, qui, on le sait,
- est très variable au cours d’une journée et au cours des saisons.
- L’installation de ces machines colossales ne peut donc être envisagée que dans des centrales de très grande puissance. On comprend sans peine pourquoi les Etats-Unis, avec leurs immenses cités industrielles, tiennent actuellement la tête de ce mouvement.
- Les photographies qui illustrent cet article représentent les plus récents de ces monstres.
- Fig, 7, — Coupe longitudinale de la partie basse pression de la turbine de lO'tOOO kilowatts de la station Crawford Avenue, à Chicago.
- Elle comporte une turbine moyenne pression à 2 flux dissymétriques et une turbine basse pression à 2 flux, toutes deux attelées
- sur le même arbre. .
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- LES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE TURBINES
- Quelques explications préalables sont nécessaires pour en faciliter la compréhension. Une turbine à vapeur, en principe, se compose d’une série d’étages, composés chacun soit d’une série de tuyères fixes d’où la vapeur sort détendue, mais animée d’une grande vitesse qu’elle , communique aux ailettes d’une roue mobile montée sur l’arbre de la machine (étages à action), soit d'un distributeur fixe d’où la vapeur sort sous pression, et à faible vitesse pour se détendre sur les ailettes de la roue mobile qu’elle oblige ainsi à tourner (étages à réaction). Les grosses turbines sont soit à réaction pure, soit combinées, un petit nombre des premières roues (une ou deux) étant à action. La vapeur, à l’entrée, est à haute pression ; on sait que l’on emploie couramment aujourd’hui les pressions de 50 et de GO kg ; elle n’occupe donc à ce moment qu’un volume relativement faible ; mais elle se détend progressivement dans chacun des étages, pour arriver finalement à la pression du condenseur, qui est de l’ordre de 350 gr, c’est-à-dire environ 150 fois plus faible. C’est dire que son volume augmente dans des proportions énormes au fur et à mesure qu’elle traverse les divers étages de la machine; ceux-ci doivent être dimensionnés en conséquence ; on
- Cylindre haute pression
- Entrée de vapeur
- 'condenseul
- *condenseur**
- cylindre à moyenne pression 1
- Schéma d’ensemble du groupe de 10b 000 kilowatts de la station de Crawford Avenue.
- Fig. 9. — Vue d’ensemble du groupe Brown-Boveri de 160 000 kilowatts de la station Hell Gaie, h New York.
- Au premier plan, les alternateurs avec leurs canaux de ventilation pour le refroidissement ; à l'arrière-plan, le groupe-turbine à 2 corps.
- (Phot. communiquée par la Cie Électro-Mécanique, Paris.)
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- Fig. 10. —La dernière roue du cylindre basse pression du groupe de 160 000 kilowatlt de la station de Hell Gâte a 5 m de diamètre. (Ph. communiquée par la Gie Electro Mécanique.)
- comprend qu’il soit impossible d’enfermer toutes ces roues dans un même carter. Une des principales difficultés auxquelles on se heurte est la hauteur exagérée
- Fig. 11. — Les aubages fixes du cylindre basse pression de la turbine de-Hell Gâte. (Ph. communiquée par la Gie Electro-Mécanique.)
- qu’on serait amené à donner aux ailettes des dernières roues.
- Pour y parer, on est conduit à répartir les étages en plusieurs corps, autrement dit à disposer plusieurs turbines élémentaires en cascade ; ces turbines peuvent être toutes attelées sur le même arbre pour commander un seul alternateur; mais, le plus souvent, chaque groupe commande un arbre distinct avec l’alternateur correspondant.
- La disposition élémentaire la plus simple consiste à disposer les uns derrière les autres les étages que la vapeur traverse successivement. C’est la turbine à un seul flux de vapeur, dont la figure 1 donne un exemple.
- Lorsque le volume de vapeur à écouler sur les roues conduirait à des dimensions d’aubages exagérées, on partage le courant de vapeur en deux flux de directions opposées, agissant respectivement sur deux groupes de roues symétriques l’un de l’autre, c’est la turbine à deux flux, dont la figure 2 donne un exemple.
- La combinaison de ces diverses dispositions, suivant chaque cas d’espèce, donne lieu à une assez grande variété de réalisations.
- GROUPES A UN SEUL ALTERNATEUR
- On peut déjà atteindre des puissances respectables avec la turbine classique à un seul corps et à un seul flux, comme le montre l’exemple de la figure 3 qui représente un turbo alternateur de 65 000 kilowatts installé par la General Electric C° dans une centrale de Boston.
- Mais il semble que ce soit là une limite difficile à dépasser et les puissances plus élevées sont toujours réalisées au moyen de turbines à plusieurs corps, commandant un arbre unique ou plusieurs arbres.
- Sur la figure 4, on aperçoit, sur son banc d’essai à la General Electric G0 de Schenectady, une machine consli-tuée par un cylindre haute pression uniflux, suivi d’un cylindre basse pression à 2 flux et commandant un alternateur unique de 94 000 kilowatts. La figure 5 représente, établi suivant le même principe par la Westinghouse Mfg G0, un groupe de même puissance monté dans l’usine de Long Bèach de la Southern California Edison C°. Voici enfin (fig. 6), construit comme le précédent, par la General Electric G0 de Schenectady, un groupe de même type, plus formidable encore, qui atteint 160 000 kilowatts.
- GROUPES A DEUX ALTERNATEURS
- Voici maintenant des exemples de groupes comportant des turbines à plusieurs corps commandant deux alternateurs.
- Le groupe de 104 000 kilowatts installé par la Westinghouse Mfg C° à la station de Crawford Avenue, à Chicago, comporte un cylindre haute pression à un seul flux (fig. 7), commandant un alternateur de 44 000 kilowatts. A la sortie de ce premier corps, la vapeur traverse un réchauffeur et gagne les éléments à basse pression ; ceux-ci se composent de deux corps, l’un à moyenne pression, l’autre à basse pression, tous deux à double flux, attelés sur un même arbre qui commande un
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- Fig, 12. — Le stator de l’un des alternateurs de la station de Crawford Avenue vu à Vatelier après le bobinage. (Carcasse en fonte ajourée.)
- alternateur de 56 000 kilowatts. La constitution du corps à moyenne pression est curieuse, il comprend deux parties : la partie de droite reçoit un tiers de la vapeur issue de l’élément haute pression et la détend sur ses 17 roues jusqu’à la pression du condenseur auquel elle est reliée; la partie de gauche, beaucoup plus courte, 6 roues seulement, reçoit les deux autres tiers de la vapeur, qui y travaille en se détendant jusqu’à la pression de 1 kg par cm2.
- Cette vapeur, au sortir du corps de turbine à moyenne pression, arrive au centre de la turbine basse pression à deux flux, d’où elle s’échappe dans 4 condenseurs verticaux symétriquement placés au-dessous d’elle (fig. 7 et 8).
- On remarquera sur la figure 7 la disposition des condenseurs de vapeur verticaux montés directement à la sortie des roues. Un dispositif analogue est adopté sur le groupe de la figure 8.
- Voici maintenant un groupe d’architecture plus simple, mais d’une puissance beaucoup plus imposante encore. C’est le groupe de 160 000 kilowatts (fig. 9) construit pour la station de Hell-Gate, à New-York, par la Société Brown-Boveri, de Baden (Suisse) ; notons, à ce propos, que quelques-unes des pièces de cette machine ont été construites en France.
- Le groupe turbines ne comprend que deux cylindres, en vue surtout de diminuer l’encombrement; la pression de la vapeur à la sortie des chaudières n’est que de 18,6 kg par cm2. La vapeur actionne d’abord une turbine haute pression à un seul flux, dont le rotor tournant à 1800 tours par minute, entraîne un alternateur de 75 000 kilowatts. L’élément basse pression est à 2 flux (fig. 2) et commande un alternateur de 85 000 kilowatts à 1500 tours. Le poids total de celte machine n’est que de 730 tonnes. Les chiffres suivants donnent une idée des volumes de vapeur qui traversent cet engin : les deux conduites de vapeur qui réunissent le corps haute pression au corps basse pression ont chacune 1,6 mètre de diamètre. La dernière roue de chaque partie du cylindre basse pression a 4 m. 90 de diamètre (fig. 10 et 11).
- Quelques détails sur la station de Hell-Gate feront comprendre clairement l’évolution des usines électriques à vapeur en ces toutes dernières années ; la construction de cet établissement a été commencée en 1920 ; on y avait prévu les emplacements de 8 turbo-alternateurs de 35 000 kilowatts, à commander au fur et à mesure des besoins ; en 1922, on installait deux premiers groupes, l’un
- de 35 000, l’autre de 40 000 kilowatts; en 1923, on commandait un groupe de 50 000 kilowatts ; en 1926, le groupe ci-dessus de 160 000 kilowatts, actuellement en service, et qui vient d’être doublé par un autre groupe de 165 000 kilowatts, construit par Westinghouse, ce qui porte à 445 000 kilowatts la puissance totale de l’usine, au lieu de 280 000 prévus en 1920.
- /Fig. 13. — Le rotor de l’alternateur de 85 000 kilowatts Brown-Boveri_(/e la station \ * de llell Gâte. (Ph. communiquée par la Cie Électro-Mécanique.)
- * '*:
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- Où s’arrêtera-t-on dans cette course vers le colossal? Il semble bien que le dernier mot ne soit pas encore dit ; la turbine de Hell-Gate, lorsqu’elle fut commandée en 1926, détenait le record mondial de puissance ; mais ce ne fut pas pour longtemps. Les exemples donnés plus haut, et ce ne sont pas les seuls, montrent que l’exemple de Hell-Gate a été immédiatement suivi et égalé dans nombre d’autres stations centrales américaines. Actuellement, on construit pour la station de Hammond (Indiana) un groupe de 208 000 kilowatts.
- On est frappé, en suivant ce progrès, de l’aisance avec laquelle les ingénieurs ont résolu les problèmes que soulevait la construction de ces machines gigantesques et de la rapidité avec laquelle les réalisations ont suivi les projets. Un point particulièrement remarquable est que les alternateurs électriques, dont la construction paraît beaucoup plus délicate que celle des turbines, ont pu suivre aisément les progrès de celles-ci. Nous avons vu qu’il existe des alternateurs dont la puissance unitaire atteint 160 000 kilowatts à 1500 tours par minute. De tels chiffres, il y a dix ans seulement, auraient semblé utopiques aux plus audacieux. Cependant, dans leur principe, ces machines ne diffèrent en rien de celles qu’on construisait il y a 20 ans; mais de remarquables progrès ont été apportés dans le mode de construction ;
- en particulier, on a grandement amélioré les procédés d’isolation des conducteurs, ce qui a permis de demander aux rotors des vitesses périphériques élevées, et on a simplifié les carcasses des stators ; le plus récent progrès, à cet égard, est l’emploi des tôles soudées ; au lieu d’être constituées par de lourdes pièces de fonderie difficiles à exécuter, à transporter et à usiner, les stators sont le plus souvent construits simplement au moyen de plaques de tôles de fer soudées et rivées. Dans les cas où l’on a encore recours à la fonte, on s’évertue à alléger par tous les moyens cette partie de la machine (fig. i2)._
- Il n’existe pas encore en Europe d’unités comparables, par la puissance, à celles qui sont en service aux Etats-Unis. Le groupe le plus puissant paraît être actuellement celui que construit la Société Brown-Boveri, de Mannheim, pour les Electro-Werke de Berlin : il sera de 85 000 kilowatts avec une turbine à 3 corps, actionnant un alternateur unique. Mais il est probable, et pour les mêmes raisons qu'en Amérique, que les usines urbaines fournissant le courant aux grandes villes, se verront bientôt obligées, faute de place, d’accroître considérablement la puissance unitaire de leurs groupes turbo-générateurs.
- R. VlLLERS.
- LA RACE BLANCHE SOUS LES TROPIQUES
- La découverte par Vasco de Gama de la route des Indes, par le cap de Bonne-Espérance, ouvrit l’ère de la colonisation, c’est-à-dire de l’activité européenne sous les tropiques. Jusque-là les contacts des Européens avec les régions chaudes s’étaient bornés à quelques voyages vers le Sahara des conquérants romains établis en Afrique du Nord et au fameux voyage d’Hannon sur la côte occidentale d’Afrique. Ces pérégrinations à but politique ou simplement commercial sont, d’ailleurs, assez mal connues et difficiles à interpréter.
- A partir du xvie siècle, le mouvement européen se porta non seulement vers les pays chauds baignés par l’Atlantique Est et l’Océan Indien, mais aussi peu de temps après vers le Nouveau Monde que Colomb venait de découvrir sans s’en douter. L’ouverture de ces deux routes maritimes accrut l’esprit d’aventure des navigateurs et des conquistadores. Des Compagnies de commerce et de colonisation se constituèrent, armèrent des navires pour transporter les marchandises d’échange et bâtirent des « forts » en quelques points favorables à les entreposer sur les côtes occidentale et orientale d’Afrique, de Madagascar et des Indes.
- Outre les agents commerciaux, chaque établissement comprenait quelques gens de métier pour la construction des habitations et l’entretien de l’armement, car il fallait parfois soutenir la guerre contre les tribus sauvages qui voulaient s’emparer, plutôt que d’avoir à les payer, des tissus, de la poudre, des boissons et autres pacotilles dont il était en usage de trafiquer.
- Ce mode de colonisation exigeait de rudes hommes et éliminait les femmes. Mais quand on voulut planter de la « canne de sucre », du café et des épices, îéclamés par les consommateurs européens, on devint sédentaire, on s’établit sur le sol avec sa famille. C’est ainsi que nos Antilles, la Réunion et les Etablissements français de l’Inde se peuplèrent de colons de race blanche qui s’y fixèrent à demeure et s’y continuent aujourd’hui. Ils avaient, semble-t-il, fait la preuve, en y vivant et s’y multipliant sans revenir en Europe, que le blanc peut s’acclimater dans les pays chauds. Mais l’évidence des faits ne suffit pas à condamner la doctrine régnant chez beaucoup d’Européens et chez la plupart des médecins, que le blanc ne peut s’accommoder du climat tropical ; aucune lumière ne rend la vue aux aveugles
- Malgré ces faits historiques et démonstratifs, quand la France entreprit, il y a un peu plus d’un demi-siècle, de reconstituer son empire colonial, lorsque les explorateurs, les marins et les soldats eurent achevé leur œuvre, fonctionnaires et colons suivirent. Les uns et les autres, pendant la période de conquête et de premier établissement, vécurent une vie rude et périlleuse, ils subirent les rudes assauts des maladies dites exotiques : paludisme, fièvre jaune, dysenterie, choléra; beaucoup laissèrent en Asie, en Afrique ou à Madagascar, leur santé ou leur vie. Il parut à beaucoup d’esprits réfléchis, malgré l’exemple des Antilles et autres « Iles », que l’Européen n’arriverait jamais à triompher du climat de ces pays, à y vivre en famille, à y avoir des enfants et à les y élever.
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- Fig. I. — La glacière a remplacé l'anliqu.e gargoulette.
- Au début de la colonisation auxxvn0, xviii® et xixesiècles ce furent naturellement les médecins de la marine qui étudièrent le climat, la pathologie des « pays chauds » et leur influence sur la santé des Européens. Au temps des longues traversées à la voile, le scorbut éprouva souvent les équipages et les passagers, des « fièvres » inconnues décimèrent les nouveaux débarqués. On commença par attribuer maladies et décès à la température élevée, à l’humidité et au régime des vents. La lutte contre les éléments est impossible, on ne peut modifier le climat, on ne connaissait aucun moyen de combattre ses effets, on ne pouvait rien changer au régime des pluies, à l’état hygrométrique, aux alizés, ni aux moussons. Ces éléments étant permanents, les troubles fonctionnels et les maladies qu’on leur imputait étaient réputés inévitables ; on en tirait la conclusion que l’acclimatement de l’Européen dans les pays chauds était impossible. Telle fut la doctrine. Mais les faits viennent toujours à bout des doctrines et la vérité de l’erreur.
- L’esprit d’observation, le sens clinique développé des générations médicales d’antan réussit à démêler l’écheveau des maladies dites climatiques ; on distingua ce qui revenait au climat et ce qui revenait aux miasmes du sol et de l’air. Des esprits lucides remarquèrent la salu-
- Fig. 3. — L'auto remplace le chameau sur la « mer de sable ».
- Fig. 2. — Le ventilateur a remplacé le panha.
- brité ou l’insalubrité respectives de localités voisines au climat identique, la notion d’élément pathogène indépendant du climat naquit, se développa et aboutit à la description précise d’entités morbides bien définies : fièvre paludéenne, fièvre jaune, dengue, fièvre récurrente, dysenteries, etc. Il ne restait plus qu’à en découvrir l’agent pathogène, bactérie ou protozoaire, l’agent de transmission ou de contamination. Ce qui fut réalisé avec la découverte des hématozoaires de la malaria, de la récurrente, de la maladie du sommeil, du protozoaire, de l’amibiase, des bactéries des dysenteries bacillaires, du vibrion cholérique, du bacille pesteux et du rôle spécifique, dans leur transmission, des moustiques, des poux, des tsé-tsé, des puces, en ce qui concerne les maladies du sang, ou par des eaux polluées par les déjections humaines, en ce qui concerne les affections intestinales.
- De ces découvertes naquit une prophylaxie directe, publique, collective et individuelle, dont la puissance se révélera dans nos possessions d’outre-mer, le jour où la thérapeutique n'y absorbera pas tous les efforts, où l’hygiène, confiée à des hygiénistes, aura l’appui sans réserve des pouvoirs administratifs. Hygiène et médecine ne se ressemblent pas plus que vert et rouge, que tribord et bâbord ; à vouloir les confondre on prévient mal les maladies contagieuses et on s’expose à des catastrophes.
- Heureusement la maladie n’est pas toute la vie et dans nos colonies, il y a autre chose que des infirmeries. Il y
- Fig. 4. — Après la journée de travail le colonial fait maintenant du cheval, du tennis ou du football.
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- existe une population valide, blanche ou de couleur, dont la santé doit être défendue avec science, continuité et conviction. La santé n est pas contagieuse comme le sont certaines maladies; elle exige un effort pour être conservée, tandis que la maladie épidémique est un produit spontané de l’ignorance ou de l’imprévoyance des particuliers ou des pouvoirs publics. Les maladies sont des parasites de l'homme, comme l’ivraie du blé et les rats de nos habitations ; il faut des soins constants pour s’en débarrasser.
- Les conditions de la colonisation aux siècles derniers et aujourd’hui sont tout à fait différentes. Jusqu’au milieu du xixe siècle, on ne disposait pas de la vapeur pour la navigation, les traversées à la voile étaient lentes et non exemptes de risques ; on n’avait ni l’électricité pour la ventilation, ni la glace pour la réfrigération des boissons et de certains aliments, on ne connaissait ni les vêtements légers de cotonnade, ni le casque solaire. Les conserves alimentaires étaient limitées au
- Fig. 5. — Le tennis-Club de Saigon.
- Photo Agence économique de l’Indochine.
- lard salé en baril ou à la viande boucanée ; toute la variété actuelle des conserves de viandes, de légumes, de fruits était inconnue. On ne voyageait qu’en barque, à cheval ou en chaise. La thérapeutique des maladies des pays chauds ne disposait pas encore des substances actives qu’elle possède aujourd’hui, la prophylaxie en était aveugle et bornée à quelques mesures générales, sauf pour le paludisme contre lequel on connaissait la valeur de l’assainissement du sol qui revient en honneur aujourd’hui dans nos colonies, où on l’avait oubliée depuis plus de trente ans, au profit d’une quinophagie ruineuse et inefficace. Malgré bien des traverses, la colonisation européenne sous les tropiques s’est maintenue et gagne du terrain chaque année.
- Dans les immenses territoires nouvellement conquis en Asie et en Afrique, en dépit du désastre sanitaire dont s’accompagna l’expédition de Madagascar, malgré une morbidité et une mortalité plus élevée qu’en Europe, en Indochine, en Afrique occidentale et équatoriale,
- malgré les privations et l’inconfort inévitables au début, l’établissement des Européens s’y fit progressivement et la morbidité alla en diminuant.
- Aujourd’hui des lignes de navigation aux paquebots confortables desservent les ports des côtes africaine, malgache et indochinoise ; les traversées sont brèves et agréables ; des cargos apportent régulièrement les vêtements, les vivres, les livres dont ne peut se passer l’Européen expatrié. En échange, le cargo remplit ses cales avec les produits du pays : caoutchouc, soie, coton, riz, viandes frigorifiées, peaux, café, cacao, oléagineux, ivo.ire, etc. L’horaire des paquebots est réglé comme celui des trains ; dans la boucle du Niger comme à Hanoï et à Tananarive, on connaît le jour et l’heure d’arrivée du camion qui apporte le courrier et les colis postaux ; le camion n’est qu’exceptionnellement retardé par une violente tornade qui submerge la route ou avarie un pont. Voyageurs et marchandises, sur la plupart des itinéraires, prennent le train, l’auto ou le camion; les voyages en hamac, en filanzane, en chaland, en pirogue, à cheval ou en pousse-pousse passent à l’état de souvenirs. L’avion a fait son apparition dans le ciel tropical pour des usages militaires et postaux, pour le transport des blessés, des malades et des voyageurs pressés. Dans quelques années les cartes de l’Indochine, de Madagascar et de l’Afrique seront recouvertes par un réseau de lignes aériennes.
- L’éclairage électrique et la distribution d’eau de canalisation existent dans les capitales et les chefs-lieux. Ailleurs les lampes à essence ont éteint le photophore à bougie et la lampe à pétrole, en attendant mieux. La gargoulette transpire de jalousie en se voyant délaissée pour la glace et la glacière ; on oublie qu’elle a été la fidèle compagne des conquérants, qu’elle s’est souvent brisée au service de leur existence aventureuse. Le ventilateur électrique, qui tourne des jours sans se lasser, renvoie à d’autres besognes le somnolent tireur de panka. Le cheval « qui va comme le vent », regarde filer l’auto comme un crapaud contemple les bonds d’une biche. Le ciel même n’est plus aux seuls oiseaux; il n’y a plus que les eaux et les animaux aquatiques que ne trouble pas encore l’activité du blanc ; ce n’est pas pour longtemps, espérons-le, car on fait tant de choses avec de l’eau. Le chameau qui se croyait aussi indispensable pour franchir le Sahara que le navire pour traverser l’Océan, a vu passer dans son domaine des automobiles à chenille, puis de vulgaires quatre roues.
- Malgré tous ces progrès, on n’a pas encore accompli tout ce qui est utile, ni même nécessaire au bien-être de l’Européen sous les tropiques. Dans trop d’agglomérations encore, la distribution d’eau potable est assurée à la manière indigène. L’habitation est restée, dans certaines colonies, d’un type primitif qui n’invite pas la famille européenne à s’y attarder. Le ravitaillement en aliments carnés laisse à désirer dans certaines régions, celui en légumes et fruits frais dans d’autres ; l’effort
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- Fig. 6. — Un camping de grandes chasses dans le Haut Donaï (Annam). Photo Service cinématographique de l’Indochine.
- accompli est insuffisant. Tous ces produits alimentaires peuvent se trouver, il est vrai, à des prix avantageux pour le vendeur, dans les nombreuses maisons de commerce qui ouvrent chaque année de nouveaux comptoirs jusqu’au centre de l’Afrique, pour l’importation des
- Fig. 7. — La chasse. Un gour femelle abattu.
- articles manufacturés de l’Europe et l’exportation des produits du pays. Le lait frais, si nécessaire à tous, surtout aux enfants et aux malades, n’est pas partout l’objet des soins indispensables dans la traite et le transport.
- Toutes nos colonies ne sont pas également pourvues sous le rapport de la flore et de la faune utiles ; les unes, comme l’Indochine et Madagascar, ont la variété et l’abondance ; dans les autres, moins bien dotées par la nature, il est possible d’augmenter le nombre, la qualité et le rendement des espèces. Quand on s’installe à demeure, il faut aménager au mieux son existence.
- De moins en moins aujourd’hui l’Européen qui se rend aux colonies est célibataire ;• la majorité des officiers, des fonctionnaires et des colons sont mariés et émigrent avec femme et enfants. Il n’est pas rare que la famille s’accroisse dans la nouvelle résidence ; la grossesse évolue et les * enfants naissent aussi facilement qu’en Europe. L’allaitement exclusif parla mère est préférable et souvent possible ; s’il comporte quelque difficulté, elle est facilement résolue avec le lait de conserve, condensé ou sec, qu’on peut avoir partout, mais qui a l’inconvénient d’être coûteux.
- La vie en famille a transformé heureusement l’existence du colonial ; au lieu de l’éloigner de l’indigène elle l’en rapproche, les enfants blancs conquièrent facilement la sympathie des gens du pays. En marge delà vie fami-
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- liale la vie sociale se développe dans les agglomérations européennes.
- La réputation de nonchalance physique et même intellectuelle qu’on a faite aux coloniaux est controuvée. Après le bureau, l’atelier ou les affaires, beaucoup pratiquent les sports : tennis, foot-ball, chasse, équitation ; ceux de goûts sédentaires, qui vont directement au club, ne sont pas la majorité. Intellectuel ou manuel, le colonial travaille autant et plus que le métropolitain ; l’horaire de présence au bureau ou à l’atelier y est mieux respecté malgré qu’à deux heures de l’après-midi, il fasse plus
- Fig. 8. — La chasse.
- Trois vautours d’espèces différentes abattus.
- chaud au Soudan qu’à Paris et que le chauffage solaire fournisse plus de calories que le chauffage central.
- L’été, le métropolitain va passer un mois à la mer ou
- à la montagne; le colonial, s’il ne réside en Indochine où on a créé des stations maritimes et d’altitude ou à Madagascar, dont le haut pays jouit d’un .climat idéal, le colonial de l’Afrique tropicale ne quitte pas ses travaux même à la saison chaude. La mer est trop loin, le voyage serait trop coûteux ; même dans les régions d’altitude de Guinée et du Cameroun, on n’a rien aménagé pour que lui et sa famille puissent aller respirer un peu d’air frais. Les coloniaux de l’Afrique tropicale ne connaissent le repos que lors de leurs congés en France.
- La tendance actuelle des résidents d’oulre-mer, même colons, n’est plus de vivre en permanence dans les pays où s’exerce leur activité. Pour des raisons d’intérêt ou de sentiment, ils effectuent des retours périodiques en Europe ; grâce à la facilité des communications par terre et par mer, ils maintiennent les relations avec la patrie et la famille. Les enfants d’âge scolaire, au moins les garçons, sont souvent laissés en France pour leurs études. Les petits coloniaux ne diffèrent de leurs camarades élevés dans la métropole que par un esprit d’initiative acquis au cours-de leurs voyages. Il n’est pas rare que des enfants de quinze ans aient huit à dix années de présence aux colonies; ils n’y ont perdu ni leur sanlé physique, ni leur vigueur intellectuelle. Quant aux effets du climat tropical sur les parents, il est facile à juger d’après le grand nombre de retraités coloniaux qui résident dans nos villes ou nos campagnes ; à âge égal ils ne sont pas plus déchus physiquement et intellectuellement que leurs contemporains sédentaires. Il est probable que lorsqu’on aura assaini complètement nos colonies et que les blancs y trouveront autant de confort et de bien-être qu’en Europe, sans même l’intervention du frigorifère, la vie de l’Européen sera plus longue sous les tropiques, car la grippe, qui tue,si souvent dans les pays tempérés est bénigne dans les pays chauds, la tuberculose y est rare chez le blanc, le cancer y est à peu près inconnu.
- L’expérience montre qu’il faut abandonner beaucoup de préjugés concernant la vie coloniale ; le climat des tropiques n’est pas hostile au blanc comme on l’avait pensé au début de la colonisation en imputant par erreur au climat des maladies qu’on sait aujourd’hui éviter et traiter. Le cosmopolitisme de la race blanche ne peut plus aujourd’hui être mis en doute, pas plus que celui des autres races humaines. La possibilité d’acclimatement des blancs dans les pays chauds vient d’être démontrée à nouveau depuis un demi-siècle.
- Dr Jean Legendre.
- LA PROJECTION CINÉSCOPIQUE
- A DÉROULEMENT CONTINU
- Nous avons -vu que, dans les appareils cinématographiques employés couramment ('), la bande pelliculaire défile par saccades. Si ce mode de translation ne présente aucun inconvénient dans le cinégraphe, où le film 1. Voir La Nature n° 2298, lor décembre 1928, page 492.
- n’est soumis qu’un petit nombre de fois à l’action des griffes d’entraînement, il n’en est pas de même dans le projecteur : ici, en effet, il y a le plus grand intérêt à n’exercer sur les perforations qu’un minimum d’efforts, afin de permettre aux copies positives de fournir un
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- service aussi long que possible. Bien des progrès ont été réalisés dans là construction des projecteurs cinésco-piques ; cependant, la précision du mécanisme ne suffit • pas à empêcher les impulsions saccadées du tambour escamoteur de détériorer peu à peu la perforation. Le moyen le plus efficace pour prolonger la vie utile du film, c’est de substituer un mouvement uniforme au déplacement par saccades.
- PRINCIPE DES APPAREILS A DÉROULEMENT CONTINU
- Divers appareils ont été imaginés en vue de réaliser la projection animée au moyen d’un film se déplaçant d’un mouvement continu; quel qu’en soit le mécanisme, ils comportent nécessairement un système de compensation assurant la stabilité de l’image. Pour que l’œil puisse faire la synthèse des mouvements, enregistrés sur le film, il est indispensable que les différents points de chacune des images restent immobiles sur l’écran pendant un temps qui, s’il est très court, n’en est pas moins appréciable. On atteint le résultat désiré en substituant au déplacement saccadé que subit d’ordinaire la bande pelliculaire, une déviation périodique du faisceau projeté.
- La déviation compensatrice nécessaire peut être obtenue par réflexion ou par réfraction; par ailleurs, la compensation peut résulter, soit de l’action d’un organe unique, animé d’un rapide mouvement oscillant ou alternatif, soit de celle d’une suite ininterrompue d’organes identiques disposés en circuit fermé. Dans le premier cas, on aboutit simplement à substituer au déplacement saccadé de la croix de Malte et du tambour d’escamotage le mouvement alternatif de pièces mécaniques présentant une inertie beaucoup plus grande ; dans le second, on se heurte à la difficulté de réaliser une suite de compensateurs identiques se succédant exactement à l’intervalle voulu et suivant, pendant la période d’utilisation, une trajectoire parallèle au chemin par lequel passe le film, tout en progressant à vitesse constante.
- La déviation périodique du faisceau projeté qui, a priori, semble si facile à réaliser est en réalité la pierre d’achoppement qui a, jusqu’à ces derniers temps, tenu en échec la projection cinéscopique à déroulement continu. . ’
- Le défileur Carpentier-Lumière, qui utilisait un prisme oscillant, l’appareil Mazzucotelli, dans lequel l’objectif exécutait verticalement de rapides va-et-vient, furent des
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- Fig. 2. — Projection
- obtenue avec un cinéscope ordinaire, décomposée 6 fois ; trois images et trois passages de l’obturateur, ces derniers figurés par des ombres, représentant 1/16 de seconde.
- essais malheureux et si le Mechau a pu donner des résultats intéressants, c’est au prix de complications mécaniques et optiques qui en rendent le prix excessif et l’entretien extrêmement délicat. Sans entrer dans des détails oiseux, nous dirons que, dans ce dernier appareil, la lumière émanant de la lampe subit deux réflexions successives avant d’atteindre le film et deux autres après, et traverse au moins huit lentilles ; par ailleurs, il comporte, disposés sur un disque tournant, un grand nombre de miroirs que des cames de haute précision commandent par l’intermédiaire de bielles et de rotules, de façon à maintenir l’image parfaitement stable. Aucun de ces appareils ne pouvait donner satisfaction.
- PRINCIPE DE L'APPAREIL COMBES
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- Fig. 1.
- Fragment de film schématique.
- Fig. 3. — Projection
- enchaînée obtenue avec le cinéscope Continsouza-Combes, décomposée 6 fois; il y a toujours une image sur l’écran.
- Il appartenait à un mécanicien français, M. Maurice Combes, de réaliser un projecteur cinéscopique continu, à la fois absolument exempt de vibrations nuisibles et suffisamment simple et robuste pour répondre aux besoins des exploitants.
- Après une étude approfondie, M. Maurice Combes a établi que, seul, l’emploi d’une suite ininterrompue de compensateurs identiques pouvait permettre d’atteindre le résultat désiré. Alors que, dans les compensateurs oscillants, il existe nécessairement un certain nombre de pièces animées d’un rapide mouvement alternatif, ceux à compensateurs multiples ne comportent aucun organe qui soit soumis à des à-coup ; de plus, l’obturateur, qui est nécessaire avec les premiers pour masquer le mouvement de retour du compensateur, devient inutile avec les seconds. Notons ici une particularité remarquable des projecteurs à mouvement continu utilisant une] suite de compensateurs : alors qu’avec tous les autres appareils les sticcéssions d’images se font brusquement et d’un seul bloc (fig. 2), elles se font ici progressivement, par tranches successives, la ligne qui sépare deux images contiguës se déplaçant sur l’écran graduellement, mais assez vite pour demeurer invisible (fig. 3). La projection montre ainsi, en dehors des instants très brefs où les limites d’une image cadrent exactement avec les bords de la fenêtre,
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- une proportion variable d’éléments appartenant à deux vues voisines. Lorsque les images sont ainsi enchaînées, il suffit de faire défiler huit cinégraphies par seconde pour obtenir une synthèse du mouvement aussi bonne que celle procurée par les appareils ordinaires en projetant seize dans le même temps.
- M. Maurice Combes a également rejeté les compensateurs utilisant les lois de la réflexion : les miroirs en métal poli étant de conservation et d’entretien très difficiles, on ne peut, pratiquement, avoir recours qu’au verre argenté ; or, de tels réflecteurs présentent deux
- Hg. 4. — Mécanisme de commande des compensateurs.
- surfaces réfléchissantes superposées et donnent inévitablement des images doubles que l’on ne peut ramener à une seule qu’au prix de fâcheuses complications.
- Seul, l’emploi d’une suite ininterrompue de lentilles lui a paru capable de conduire à une solution vraiment pratique.
- Cette solution du problème est l’une de celles que Mortier avait énoncées dès la fin du siècle dernier, non sans faire remarquer d’ailleurs, les difficultés de la réalisation mécanique. Il préconisait l’emploi d’un grand nombre d’objectifs disposés sur une couronne, mobiles
- radialement et guidés, pendant la période d’utilisation, par une glissière rectiligne ; malheureusement, le mou-• vement ainsi obtenu n’était pas uniforme et cet appareil n’eût donné qu’une projection tremblotante.
- M. Maurice Combes est parvenu à établir un mécanisme (fig. 4) ne comportant qu’un petit nombre d’éléments et leur faisant suivre, dans la zone de travail, une trajectoire rectiligne parcourue à vitesse rigoureusement constante. Ce remarquable résultat a été obtenu en fixant chacun des huit compensateurs que comporte l’appareil à un levier coudé A (fig. 5), articulé sur un coulisseau B, mobile radialement sur un plateau tournant ; la transformation du mouvement circulaire uniforme en mouvement rectiligne uniforme résulte de l’action de la came G sur le coulisseau B et la variation de vitesse qui en découle est annulée au fur et à mesure par la came C', qui agit sur le levier A. Grâce à leur grand diamètre, les cames agissent d’une façon très douce, ne provoquent aucune vibration et échappent à l'usure. Le plateau qui porte ce mécanisme est relié, par l’intermédiaire de deux engrenages, au tambour denté qui entraîne le film ; le mouvement de ce dernier est ainsi solidaire de celui de la suite des compensateurs.
- Représentons par p (fig. 6) le pas du film, c’est-à-dire la distance qui sépare les points homologues de deux images voisines, et par p' la distance comprise entre les axes de deux compensateurs consécutifs. Pour que l’image d’un point donné, qui de a passe en a , reste pendant ce temps immobile en A, sur l’écran situé à une distance D, il est nécessaire et suffisant que
- Si, comme l’avait fait M. Maurice Combes pour son premier modèle où les compensateurs travaillaient comme objectifs, on prend D égal à l’infini, l’égalité à réaliser est simplement p' = p. Il suffit alors de placer, en avant de l’appareil, une combinaison optique convergente de très long foyer, formée d’une lentille négative et d’une lentille positive, pour ramener l’image projetée à la distance où se trouve l’écran, sans que la valeur de p' soit en rien modifiée.
- DÉTAILS DE L’APPAREIL
- Dans le modèle actuel, les compensateurs travaillent, non plus comme objectifs, mais comme loupes, et donnent du film une image virtuelle amplifiée, à 470 millimètres en arrière de la bande pelli-culaire. On est ainsi parvenu à employer des compensateurs de plus grand diamètre, ce qui a procuré une augmentation de luminosité de 60 pour 100 et l’on a pu porter p' à 25 millimètres au lieu de 19, ce qui a rendu les cames plus douces encore.
- Le pas du film n’est pas rigoureusement constant : c’est seulement si la bande pelliculaire est relativement neuve qu’il atteint 19 mm et l’on trouve fréquemment, dans les films usagés, des pas voisins de 18,7 mm. Il
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- était nécessaire de prévoir le moyen de corriger ces fâcheuses irrégularités. M. Maurice Combes y est parvenu en intercalant, entre le film et la suite de compensateurs, une lentille de grande distance focale (fig. 7) qui, dès qu’on l’éloigne du film, donne de celui-ci une image virtuelle agrandie que l’on peut aisément amener à la dimension voulue. L’amplitude du déplacement de l’image virtuelle, par rapport au plan de la bande pelli-culaire, ne dépassant jamais 9 centièmes de millimètre, la netteté de la projection n’est en rien affectée par ce réglage.
- Selon que la hauteur de l’image est plus grande ou moindre que celle de la fenêtre de projection, le passage ue la limite séparant les éléments appartenant à deux vues contiguës se manifeste par la présence d’une bande brillante ou d’un trait noir balayant périodiquement l’écran de bas en haut. Il a fallu, pour éliminer cette perturbation, rendre réglable la hauteur de la fenêtre ; à cet effet, le côté supérieur, qui est mobile, est soumis à l’action d’un excentrique solidaire de l’écrou de commande de la lentille de réglage et le relève au fur et à mesure que l’on rapproche la lentille du film. De la sorte, il suffit d’une seule manœuvre pour obtenir simultanément les deux corrections que nécessite l’emploi de films rétrécis.
- Une couronne de lentilles rectangulaires (fig. 8), placée en arrière du film, accompagne les images et, en éliminant les rayons qui iraient frapper un compensateur autre que celui ou ceux qui doivent projeter, évite la production d’images superflues au-dessus ou au-dessous de la projection. Ces sélecteurs de lumière, qui sont en verre ordinaire, ne concourent pas à la formation de l’image. Leur présence arrête une notable partie de la chaleur de la lampe et concentre la lumière sur les parties à projeter. La position de ces lentilles, par rapport aux images du film, peut être aisément modifiée, lorsqu’il y a lieu, par la manœuvre d’un levier de cadrage.
- Le sélecteur empêchant de placer la lanterne dans l’axe de projection, on l’a disposée sur le côté, un miroir plan renvoie la lumière dans la direction voulue. L’obliquité étant seulement de 21 grades 66, l’encombrement n’est pas plus grand que celui d’un cinéscope ordinaire.
- La position occupée par la suite sans fin des compensateurs, qui résulte de la nécessité de rendre les conditions d’accompagnement indépendantes de la distance de projection, de façon à éviter toute complication dans la mise au point, implique la formation, en arrière du film, d’une image virtuelle agrandie (fig. 9). Pour obtenir une projection sur l’écran, il a fallu placer, en avant de la couronne de compensateurs, un système optique à grande distance focale, comportant une lentille négative et une lentille positive ; l’image projetée se forme à une distance qui varie en fonction de l’écart qui sépare les deux éléments. Ceux-ci travaillant à la même ouverture et en sens inverse, les aberrations se détruisent d’elles mêmes. La lentille convergente de ce dispositif joue en réalité le rôle tenu par l’objectif dans les cinéscopes à mouvement saccadé : c’est elle que l’on change pour adapter l’appareil aux dimensions de la
- Fig. 5..— Schéma du mécanisme de commande des compensateurs. A, levier porte-compensateur; B, coulisseau; C, came agissant sur le coulisseau; C', came agissant sur le levier porte-compensateur.
- salle, c’est sur elle que l’on agit pour mettre la projection au point sur l’écran.
- LE FONCTIONNEMENT DE L'APPAREIL
- Le projecteur Continsouza-Combes ne comporte aucune pièce délicate ; le réglage et la manœuvre en sont aussi simples que celles du cinéscope ordinaire. Son seul aspect (fig. 10) révèle d’ailleurs qu’il s’agit bien d’une machine destinée à l’exploitation et non d’un appareil d’étude. On remarquera (fig. 11) que le film à projeter n’est pas disposé sur une bobine, mais simplement enroulé sur un moyeu : grâce à un dispositif spécial, l’enroulement se fait sans aucune friction, par conséquent sans crainte de rayures, en spires très serrées et ce, sans aucune traction supplémentaire sur la perforation. Le fait qu’il suffit, pour faire défiler le film, d’une traction de l’ordre de 150 grammes et que celle-ci s’exerce d’une façon continue et sans le moindre à-coup, explique que l’usure des perforations puisse être considérée comme pratiquement nulle.
- Fig. G. — Comment on peut stabiliser l’image projetée.
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- L’entraînement étant assuré par un tambour débiteur animé d’un mouvement de rotation absolument uniforme, le film passe en ligne droite d’un rouleau à l’autre ; il est protégé, en tous les points de son parcours, par un carter, ce qui, en l'absence de boucles, ne présente que des avantages. Un avertisseur spécial prévient l’opérateur en cas de rupture du film ou d’enroulement défectueux et prévient ainsi tout risque de bourrage.
- Le mécanisme peut être actionné à la main, au moyen d’une manivelle ; mais, normalement, il est mû par un moteur électrique de 90 watts, pourvu d’un rhéostat à l’aide duquel on règle l’allure ; un indicateur spécial montre, à tout instant, quelle est la vitesse atteinte.
- Grâce au mode d’entraînement, il est possible, sans le moindre risque, de faire défiler le film à une allure bien plus rapide que celle de 16 images par seconde. L’appareil se prête ainsi très bien à la projection en couleurs naturelles par groupes de trois monochromes successifs. Dans ce procédé imaginé par M. Hérault, il est nécessaire, pour obtenir une parfaite synthèse des couleurs, de projeter à une fréquence d’au moins 60 images par seconde. C’est là une vitesse qu’aucun projecteur à déroulement saccadé ne saurait atteindre, la limite de résistance du film ne permettant guère de dépasser, dans ces conditions, l’allure de 32 images par seconde.
- Un ingénieux artifice, le doublement de la hauteur de la fenêtre combiné avec l’emploi d’un obturateur spécial pourvu de fentes circulaires, apermis, par la projection de chaque image à deux reprises, avec intercalation de l’image suivante, d’atteindrela vitesse nécessaire à une suffisante atténuation du scintillement.
- Fig. 9.
- Avec le cinéscope Continsouza-Combes, il suffit, pour projeter de tels films, de substituer à la fenêtre ordinaire, une fenêtre de hauteur double barrée de trois traverses la divisant en quatre parties égales, la surface échancrée étant équivalente à celle de la fenêtre ordinaire. On obtient ainsi (fig. 12) une fréquence chromatique quatre fois plus grande que la fréquence des images; dans ces conditions, l’allure de 30 images par seconde procure l’extinction complète du scintillement chromatique. Ceci donne à penser que la trichromie par succession est capable d’abaisser le coût de la projection en couleurs naturelles à un prix très voisin de celui de la projection monochrome.
- Outre la fenêtre ordinaire et la fenêtre sectionnée, l’appareil comporte une fenêtre de hauteur double ; celle-ci permet de superposer sur l’écran deux images consécutives et de tirer le meilleur parti possible de films très sombres qui, avec les cinéscopes habituels, donneraient une projection insuffisamment éclairée. Cette fenêtre ne saurait être employée dans le cas de films d’opacité normale, car alors la superposition des images produirait un flou appréciable.
- Les trois fenêtres sont montées sur une glissière, ce
- Lentille correctrice
- Sélecteur de lumière
- Compensateur Lentille positive-/ Lentille négative /
- Miroir plan
- Lampe à arc.
- Fig. 8. — Sélection de la lumière.
- qui permet d’effectuer la substitution très rapidement.
- Le refroidissement des canaux et presseurs qui guident le film est assuré par un souffleur: la circulation d’air
- Système optique.
- Fiç. 7. — Correcteur à double effet.
- 1, lentille correctrice;
- 2, écrou de commande;
- 3, excentrique; 4, bord
- mobile.
- Lentille positive
- Compensateurs
- Lentille correctrice \ | négative
- imagp virtuelle donnée par les compensateurs
- Image virtuelle de A donnée par la lentille négative
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- frais n’atteignant pas la bande pelliculaire, celle-ci ne court aucun risque du fait de la poussière qui pourrait être ainsi véhiculée.
- Les compensateurs et le correcteur à double effet sont complètement à l’abri de la poussière. Le sélecteur de lumière, sur lequel pourrait se déposer de la poussière provenant du film, peut être aisément nettoyé en marche par le souffleur agissant alors comme aspirateur. Il est ainsi très facile de maintenir les surfaces traversées par la lumière en parfait état de propreté, c’est-à-dire dans les conditions voulues pour donner une excellente projection.
- Le graissage du mécanisme se fait par simple barbotage et est entièrement automatique.
- LES AVANTAGES DE LA PROJECTION CONTINUE
- Les avantages que présente le cinéscope Continsouza. Combes sur ceux à entraînement par saccades sont multiples.
- Grâce à la moindre usure des perforations et à la très sensible réduction des causes de rayure, la durée du film est considérablement prolongée; l’expérience acquise semble démontrer que la vie utile de la bande pelliculaire n’est rien moins que centuplée. C’est là un avantage dont les conséquences seront des plus heureuses : l’amortissement du capital que représente une copie positive pou-
- Fig. il. — Projecteur Continsouza-Combes.
- Le même appareil, carters ouverts.
- Fig. 10. — Projecteur Continsouza-Combes en ordre de marche
- vant être réparti sur un nombre d’exhibitions beaucoup plus considérable, les éditeurs pourront abaisser sensiblement le prix de la location et même, après épuisement du succès dans les grands centres, fournir aux salles de projection des agglomérations rurales d’excellents films à des conditions acceptables.
- Par ailleurs, l’obligation où les exploitants se trouveront, un jour prochain, de ne projeter que du film ininflammable, augmentera encore l’intérêt du cinéscope à déroulement continu, les pellicules en acétoïd ou en ozophane étant beaucoup moins résistantes que celles en celluloïd.
- A ces avantages, qui résultent du déroulement continu à vitesse uniforme, l’appareil Continsouza-Combes en ajoute d’autres, propres à l’emploi d’une suite de compensateurs pour stabiliser la projection.
- Contrairement aux systèmes à compensateur unique, dans lesquels le mouvement alternatif est non pas supprimé, mais simplement transféré, le nouveau cinéscope ne comporte pas d’obturateur, ce qui entraîne la disparition des inconvénients normaux tels que le scintillement, ou accidentels comme le « filage » de l’image, inhérents à la présence de cet organe.
- Par ailleurs, l’écran étant éclairé sans inter-
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- Compensateurs Lentille \ î négative
- A : Image virtuelle donnée par y/ les compensateurs Bouge
- Fenêtre
- Image de A donnée par la lentille / I
- négative et projetée sur l'écran Bouge '
- par la posiiive. 'Film'
- Ordre de succession des couleurs, sur ! 'écran
- Lentille positive.
- Fig. 12.
- Projection en couleurs naturelles au moyen de la trichromie pni' succession. (Procédé Hérault.
- ruption aucune, l’œil du spectateur éprouve une moindre fatigue.
- Nous avons vu que l’enchaînement des images permet de réduire à 8 au lieu de 16 le nombre des cinégraphies projetées par seconde; lorsque les projecteurs de ce type seront assez nombreux pour justifier des tirages spéciaux, aux avantages précédents, dont le bénéfice peut être acquis dans un court laps de temps, s’en ajoutera un autre : celui qui résultera de la diminution du métrage. Nous avons vu que celui-ci pourra être réduit de 50 pour 100. L’obtention de copies positives avec élimination d’une image sur deux n’exige qu’une légère modification des tireuses habituellement employées. Il est aussi possible, en réglant convenablement l’obturateur du cinégraphe, de faire des prises de vue à l’allure de 8 images par seconde au lieu de 16, ce qui a l’avantage de réduire également de 50 pour 100 le métrage du négatif, de permettre d’opérer dans de mauvaises conditions d’éclairage et de faciliter l’enregistrement des couleurs.
- Enfin, la faculté de faire varier dans une large mesure la vitesse de déroulement, sans aucun risque pour le film, donne à penser que ce type de projecteur pourra rendre de grands services à l’enseignement.
- Le premier cinéscope Gontinsouza-Combes avait donné lieu à une légère critique : il fallait, pour compenser l’absorption de lumière causée par le plus grand nombre de lentilles que les rayons doivent traverser, augmenter de 15 pour 100 l’intensité fournie à la lampe à arc.
- Quelque minime que fût cet inconvénient, il n’en constituait pas moins une infériorité sur un point déterminé.
- Nous avons vu comment les constructeurs ont résolu le problème : grâce à l’emploi de compensateurs de grand diamètre, la projection du nouveau cinéscope est aujourd’hui plus brillante que celle des meilleurs appareils du type classique.
- Sans doute, le projecteur Gontinsouza-Combes est, en raison même de son jeune âge, encore perfectible; il n’en
- est pas moins dès à présent acquis que l’avenir est à la projection continue avec enchaînement des images.
- Plutôt qvue de la réduction du format, si fâcheuse quant à la qualité de l’image, c’est d’elle qu’il convient d’attendre la diffusion du cinéma dans les milieux et les applications où, pour des raisons d’ordre économique, il ne pénètre qu’avec peine. André Bourgain.
- Fig. 13. — Partie centrale du projecteur Coniinsou%a*Çombes.
- carter de débit?-manette du^orrevfrut
- miroir plan
- netloi duséùxiear de lumière
- manette de cadrage
- .carter de récepteur
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- L'OISEAU-MOUCHE
- Aucun oiseau n’a attiré autant que cet animal minuscule l’attention des naturalistes. Le Trochilus se trouve uniquement dans certaines régions de l’Amérique. On connaît actuellement 500 espèces d’oiseaux-mouches. La plupart vivent dans les contrées tropicales. Quelques variétés émigrent, en été, vers les parties froides du Nouveau Continent. L’oiseau-mouche est remarquable par sa forme, par son plumage, par son vol et par ses mœurs.
- Son corps est tellement petit que, lorsque les plumes sont enlevées, il est de la grosseur d'un bourdon. Le bec est très long et très mince. Il varie selon la conformation de la fleur que l’oiseau recherche de préférence pour y puiser sa nourriture. La langue diffère de celle des autres oiseaux en ceci qu’elle affecte la forme d’un tube. Elle sert à plonger au cœur des fleurs pour en tirer le suc et y aspirer les menus insectes. L’oiseau-mouche est-il oui ou non un insectivore, la question ne semble pas tout à fait tranchée. On trouve toujours, il est vrai, des insectes dans l’estomac de ces oiseaux, mais il se peut qu’ils aient été aspirés par hasard alors que l’oiseau faisait sa provision de miel.
- Le moment où l’oiseau-mouche s’arrête au-dessus de la fleur est plein d’intérêt. Le petit animal se tient en suspens, avec une légèreté extraordinaire. Ses ailes sont agitées avec un mouvement tellement rapide qu’il est impossible de distinguer autre chose qu’une brume inconsistante. L’oiseau se déplace nerveusement avec une rapidité extraordinaire. Ses allures sont celles d’un insecte vagabond.
- Mais arrivons à la description de ce qui caractérise l’extraordinaire beauté de l’oiseau-mouche, son plumage. Les teintes en sont variées à l’infini selon lés espèces. Toutes les nuances sont représentées. Les couleurs sont éclatantes avec un reflet métallique spécial.
- Le plus curieux de ces joyaux vivants est le racket-tailed humming bird, Loddigesia mirabilis. Il fut découvert à Cha-chapoyas dans la région de l’Amazone supérieur et décrit par Gould en 1847. Il est impossible de le trouver dans une autre partie de l’Amérique. Gould offrit une forte somme à tout voyageur qui lui rapporterait de l’Amérique du Sud des spécimens. En 1881, au moment où il fut enlevé à la science, nul n’avait pu gagner la prime proposée. Cependant le polonais Stolzmann, visitant les environs de Chachapoyas retrouva l’espèce et l’étudia. Voici un fragment de ses notes : « L’oiseau semble se limiter au bassin de l’Utcubamba, et on ne l’aperçoit qu’à une altitude qui varie de 7000 à 9000 pieds. Le pays est dépourvu de forêts et ce n’est que dans la partie méridionale que l’on rencontre la Montana de Puma Urcu qui rejoint les principales masses de bois du Pérou Septentrional. Le Loddigesia vit dans des fourrés où il trouve sa fleur préférée, la rutilante Alstromeria. 11 plane aussi au-dessus des fleurs d’une sorte de fraisier et parmi celles d’une variété de myrte que les indigènes appellent le Tola.
- Le Loddigesia ne cesse d’être en mouvement, du matin au soir alors que d’autres oiseaux-mouches ont des heures de repos complet.
- La forme de son plumage est très élégante. En dehors de deux ailes pourvues de longues plumes comme les ailes des hirondelles, le Loddigesia a une très longue queue en deux branches minces et, en outre, deux plumes caudales recourbées qui ne sont garnies qu’à leur extrémité. De là le nom d’oiseau à-queue-en-raquette donné par les Américains à ce petit volatile. Sur la tête, une huppe allongée.
- Chez certains oiseaux-mouches le mâle et la femelle portent un plumage identique. Mais, ordinairement, la femelle a des teintes peu voyantes qui lui évitent d’être découverte lorsqu’elle est posée sur le nid.
- Ce nid est très joli à voir à cause des nuances des mousses employées pour le confectionner. Il est une démonstration de la singulière intelligence de l’oiseau nain. On a vu de ces berceaux aériens imitant absolument les pommes de pin avoisinantes afin de passer inaperçus. D’autres étaient suspendus à une liane et, comme un défaut de construction, les faisait pencher d’un côté, l’équilibre avait été rétabli à l’aide d’un caillou. Les œufs sont, naturellement, les plus petits œufs du
- monde. Ils sont régulièrement au nombre de deux, et blancs.
- Les mâles se livrent à des démonstrations que l’on peut comparer à celles des Tétras danseurs.
- Deux d’entre eux se maintiendront dans l’air l’un vis-à-vis de l’autre pendant vingt secondes, dans une position verticale, la queue étalée. Ils tournent l’un autour de l’autre et font enlendre un étrange bruit qui est produit par le heurt des pennes caudales. Souvent, pendant cet exercice, on entend la voix d’une femelle dans un arbre voisin, ce qui semble démontrer qu’il s’agit là d’un de ces gestes ayant pour but de séduire une femelle qui donnera ses faveurs au plushabile.
- Les oiseaux-mouches mâles, en dehors de ces jeux aériens, se livrent à de fréquentes batailles. La race est vraiment belliqueuse. M. Gosse a décrit un combat pendant lequel les deux adversaires, qui s’étaient saisis par le bec, tournèrent longtemps en l’air et faillirent s’écraser sur le sol. Il arrive que, dans l’ardeur d’un duel, les becs se fendent, et les combattants dépérissent ensuite, faute de pouvoir s’alimenter.
- Pendant une de ces luttes aériennes on entend distinctement le choc des armes, le heurt des corps. Une fois le conteste terminé, invariablement le vainqueur retourne à la place où il se trouvait avant l’attaque et il prend un air de contentement et de fierté qui est assez comique chez cette très petite créature.
- Il ne faudrait pas croire, d’après ce qui précède, que l’oiseau-mouche soit un être farouche, insaisissable, intraitable. Rien n’est plus facile que de l’apprivoiser. Une fois qu’il est capturé, il devient si vite résigné à la perte de sa liberté qu’il mange dans votre main au bout de quelques jours. M. Gould ayant réussi à maintenir en vie un oiseau-mouche enfermé dans un sac de gaze, le nourrit pendant trois jours avec un sirop fait de cassonade et d’eau. On répète volontiers que jamais l’oiseau-mouche n’a pu être acclimaté en Europe. C’est là une erreur. Nous avons lu le récit d’une dame de Londres qui, avec un succès complet, avait organisé un élevage d’oiseaux-mouches dans une serre maintenue à une température toujours égale. Les oiseaux étaient nourris à l’aide de miel déposé dans des fleurs artificielles.
- Dernièrement une Américaine, Mrs. Margaret L. Bodine, publiait dans The National Géographie Magazine de Washington une admirable collection de photographies illustrant la vie des oiseaux-mouches observés antour de sa propriété du Maine où ils vivent avec la même confiance en la race humaine que montrent chez nous les hirondelles. Mrs. Bodine retient ses hôtes à l’aide de menus flacons d’eau sucrée à demi cachés dans les fleurs des corbeilles. Dès que les flacons sont posés, les oiseaux arrivent en grand nombre. Ils ont une vision merveilleusement puissante. Tout objet brillant les attire. De très loin ils descendent d’un arbre et se posent familièrement près de vous. Mrs. Bodine conte même l’histoire d’un de ces petits visiteurs qui donnait des coups de bec dans son pull-over rouge. D’autres venaient, sans défiance, se poser sur son doigt. L’un d’eux, remarquant une trace d’eau sucrée sur ce perchoir vivant, le caressa plusieurs fois de sa langue, par gourmandise.
- Photographier ce papillon à plumes qu’est l’oiseau-mouche présente bien des difficultés. Elles ne sont pas insurmontables. Mrs. Bodine l’a prouvé. Lorsqu’on a les modèles dans son voisinage on les attire vers un point ensoleillé en installant là un flacon de la liqueur qu’ils aiment. Tous les autres vases que l’on avait pu disposer çà et là sont enlevés. Quelques perchoirs habilement disposés dans le feuillage aideront l’opérateur.
- Une amie de ces bêtes est parvenue à se saisir de quelques spécimens et leur a fixé à la patte des bagues afin de s’assurer de leur identité, après l’émigration, d’un été à l’autre. Elle a eu le plaisir de voir ses oiseaux favoris, l’hiver terminé, reprendre leurs ébats capricieux autour de ses fenêtres.
- 11 est dommage que l’amour des oiseanx ne soit pas développé en France, autant qu’il l’est à l’étranger. Nous n’avons pas ce bijou qu’Audubon appelait le « scintillant fragment d’arc-en-ciel ». Mais notre attention pourrait se porter sur d’autres oiseaux jolis et familiers comme le fragile rouge-gorge. L’ornithologie pratique est un divertissement dont les Français n’ont pas encore su tirer parti. Gaston Sévrette.
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- ESSAIS D'ELECTROCULTURE
- INSTALLATION DE LA . PLANCHE D'EXPÉRIENCE ET DE LA PLANCHE TÉMOIN
- ' Dans le parc de l’Observatoire de la Guette, près l’Isle-sur-Serein (Yonne), il a été aménagé, face au
- Midi, et de manière à être soumis constamment aux rayons du soleil depuis le lever jusqu’au coucher, deux terrains de 8 m 50 sur 3 m, de nature et de disposition identiques, de manière à former un champ d’expériences et un terrain destiné à servir de témoin pour le contrôle de celles-ci.
- Ces deux terrains ont été préparés par quatre opérations successives :
- 1° un bêchage de 0 m 40 de profondeur, au fond duquel a été enterré et retourné le gazon qui recouvrait primitivement le sol;
- 2° un triage des pierres et des gros cailloux, qui ont été retirés;
- 3° l’adjonction d’un excellent engrais potassique ;
- 4° la superposition d’une couche de terreau de jardin.
- Chacun d’eux a été divisé en 14 planches, de 1 m carré environ chacune, séparées les unes des autres par de petits chemins permettant de circuler, d’observer et de soigner la végétation.
- Sur le terrain d’expériences on a disposé l’appareillage nécessaire à soumettre les graines et la végétation aux effets des ondes de l’électricité atmosphérique. Cet appareillage, inspiré des expériences du lieutenant Basty, est des. plus simples. Il se compose d’une perche de 3 m de hauteur avec un diamètre moyen de 6 à 8 cm, le long duquel courent, fixés par des clous cavaliers, deux fils de bronze siliceux de 35 dixièmes, déchets d’une installation électrique, et qui dépassent la perche, à chaque
- extrémité, de 50 à 60 cm. Ces fils sont enterrés au milieu du terrain expérimental avec le pied de la perche, dont ils sont écartés légèrement. De l’autre côté, l’extrémité des deux fils est enroulée de manière à former, vers le ciel, une sorte de paratonnerre. L’ensemble dépasse ainsi le niveau du sol de 2 m 60. On sait que la zone d’influence théorique d’un paratonnerre est un cône dont le cercle de base a un rayon égal à la hauteur de la pointe au-dessus du sol. Celle d’un semblable appareillage devrait donc être de 2 m 60 de rayon.
- La zone qui a été constatée est sensiblement supérieure à ce chiffre, et atteint, autour de la perche ainsi agencée, une surface circulaire d’un rayon légèrement supérieur à 3 m.
- A l’autre extrémité du terrain d’expériences, il a été installé un appareil de même genre, mais comportant cependant la différence suivante. Au lieu d’être terminée à la partie supérieure par les deux fils entortillés pour former à l’extrémité une double pointe, la perche porte un plateau d’où partent, au-dessus, 5 pointes formées du fil de bronze et rattachées intimement par la base aux fils conducteurs qui plongent dans le sol. Cela forme ainsi une sorte de râteau, ou de herse électrique, dont l’ensemble, de l’extrême pointe au sol, a une hauteur de 2 m 60, égale à celle de l’autre appareil.
- Aucune différence n’apparaît au profit de l’un quelconque de ces deux systèmes, tant au point de vue de l’étendue de la zone influencée qu’au point de vue de l’effet sur la végétation.
- Fig. 2. — 18 août 1928 : Les jardiniers effcclnant les semis.
- Tout étant ainsi’préparé, il n’y avait plus qu’à effectuer les semailles. Dans les deux terrains, celui d’expérimentation et du champ témoin, il fut semé, le 18 août 1928, à la même heure, un poids égal de chacune des semences, à raison d’une sorte de semence par planche. Faisant
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- face au Nord, à chaque planche fut attribué, en commençant par la gauche, les numéros 1 à 7 pour la lre rangée (la plus éloignée) et 8 à 14 pour la 2e rangée (la plus rapprochée) et sur le terrain témoin, pour chaque planche correspondante, les numéros 1 bis à 7 bis et 8 à 14 bis.
- Voici les graines qui furent ainsi semées :
- Planches 1 et 1 bis : Haricots.
- — 2 et 2 bis : — jaunes./^;?'"
- —-* 3 et 3 bis : Persil.
- — 4 et 4 bis : Petits Pois.
- — 5 et 5 bis : Epinards.
- — 6 et 6 bis : Echalotes.
- -— 7 et 7 bis : Chicorée.
- — 8 et 8 bis : Radis blancs.
- —- 9 et 9 bis : Choux Vaugirard.
- 10 et 10 bis : Lentilles.
- — 11 et 11 bis : Oignons (bulbes) planlés.
- — 12 et 12 bis : Navets.
- 13 et 13 bis : Cerfeuil.
- — 14 et 14 bis : Géranium (boutures).
- 25 Août. — 7e jour.
- Planche 8. — Tout est sorti. 8 bis. — Commence à sor-
- tir.
- Planche 10. — Tout sorti. 10 bis. Va sortir.
- Planche 14. — Les boutures ont 14 bis. — Les boutures très bien pris. Les cœurs se qui ont végété jusque-là
- forment et une fleur apparaît commencent à prendre
- déjà. de la force.
- 26 Août. — 8° jour.
- Planche 1. — Toutes les feuilles 1 bis. — Les semis vont sont développées. sortir.
- Planche 2. — Deux tiers ont des 2 bis. — Moitié sorti, moi-feuilles, le reste sort. tié en craquelures.
- Planche 4. — Tout est levé. 4*bis. — Les semis lèvent.
- Planche5. — Les semis sont levés. 5 bis. — Néant.
- Planche 14. —Une fleur de géra- 14 bis. — Pas de change-nium épanouie. Une autre ap- ment, paraît.
- 28 Août. — 10e jour.
- \ \
- Les semis, tous en place à 16 h 30 ce 18 août, furent dotés d’un copieux arrosage, lequel fut renouvelé chaque jour de même manière pour les deux terrains.
- Voici, au jour le jour, les observations qui furent faites :
- 22 Août. — 4e jour.
- Planche 8. — Présente un cra- 8 bis. — Intacte, quellement.
- 23 Août. — 5e jour.
- Planche 8. — Soulevée. 8 bis. — Craquellements.
- Planche 9. — Soulevée. 9 bis. — Intacte.
- Planche 1. — Soulevée. 1 bis. — Intacte.
- Planche 1. — Tout en feuilles. 1 bis. — Les semis sont
- levés en craquelures.
- Planche 2. — Tout en feuilles. 2 bis. - - Lèvent seulement.
- Planche 4. — Tout en feuilles. 4 bis. - Lèvent seulement
- Planche 5. — Tout est levé. b î)is. - — Très peu est levé'
- Planche 7. — Lèvent. 7 bis. — Néant.
- Planche 8, — Levés. 8 bis. - — Commencent seu-
- lemtnl à lever.
- Planche 9. — Levés. 9 bis. - — Commencent seu-
- lement à lever.
- Planche 10. . — Levés. 10 bis. — Néant.
- Planche 12. — Commence à lever. 12 bis. — Néant.
- Planche 13. — Commence à lever. 13 bis. — Néant.
- Planche 14. — 2 fleurs épanouies. 14 bis. —- Pousse très mo-
- dérée.
- 24 Août. — 6° jour.
- Planche 1. — Les cinq sixièmes 1 bis. — Légères craque-des haricots sont sortis. lures.
- Planche 2. — Craquelures. Un 2 bis. — Néant, haricot levé.
- Planche 3. — Lève. 3 bis. — Néant.
- Planche 4. — Lève. 4 bis. — Craquelures lé-
- gères.
- Planche 9. — Lève. 9 bis. — Commence à le-
- ver.
- Planche 10. — Quelques grains 10 bis. — Néant, levés.
- 25 Août. —
- Planche 1. — Tout est sorti, la majorité est déjà en feuilles.
- Planche 2. — La moitié est sortie. L’autre moitié va sortir (craquelures).
- Planche 3. — Tout est levé.
- Planche 4. — Tout est sorti.
- Planche 5. — Commence à lever.
- 7° jour.
- 1 bis. — Craquelures plus fortes.
- 2 bis. — 2 tiers présentent des craquelures.
- 3 bis. — Craquelures légères.
- 4 bis. — Quelques craquelures seulement.
- 5 bis. — Néant.
- 1er Septembre. — 14* jour.
- Planches 1, 2, 4, 8. — Sont superbes.
- Planches 3, 5, 7, 9 et 10. — Levés et beaux.
- 1 bis, 2 bis, 4 bis, 8 bis. — Sont poussés, mais très en retard sur les planches 1 et 2.
- 3 bis, 5, 7, 9, 10 bis. — Chétifs et clairsemés.
- 7 Septembre. — 210 jour.
- Planches 12 et 13. — Lèvent. 12 et 13 bis. — Néant. Planches 1, 2 et 4. — Toutes les Ibis, 2 bis, 4 bis. — Ne sont fleurs sont tombées, ont leurs même pas en fleurs, cosses formées.
- Toutes les autres planches, sauf 8, 6 bis 11 et 11 bis (bulbes) sont magnifiques. Les fleurs de la planche 14 sont pleines de force.
- Les planches correspondantes accusent un retard considérable. Les plants sont, comparés à ceux des planches électrisées, comme chétifs et rabougris. Les fleurs végètent.
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- À partir de cette date, la différence, très marquée au moment de la levée du semis, va s’accentuant de plus en
- plus, les planches et leur témoin ne sont plus comparables.
- Du reste, les mauvaises herbes elles-mêmes, dans les planches expérimentales, profitent largement des effluves radio-actifs, car elles présentent une abondance et une force considérables, alors que sur les planches témoins, elles sont peu envahissantes et comme étiolées, en raison de la sécheresse, et aussi parce que la saison est maintenant avancée.
- Notons que le 11e jour après le semis, on pouvait manger des radis de la planche 8. Les premiers radis qui purent être pris sur la planche 8 bis ne le furent que le 18e jour seulement.
- MESURE DU POTENTIEL ÉLECTRIQUE
- Cette mesure a été tentée.
- Deux micro-ampèremètres installés sur le circuit formé par le courant tellurb-aérien ont marqué des potentiels moyens de 7 à 10 micro-ampères.
- Une fois seulement, le 24 août, jour très orageux, on a relevé 2 milliampères 3, soit 23 micro-ampères. Mais l’installation de ces appareils de mesure n’ayant été réalisée que d’une façon assez approximative et rudimentaire, il n’a pu être fait aucune étude comparative vraiment utile et qui permette de tirer une conclusion quelconque.
- C’est sur ce point particulier que se porteront les recherches qui seront continuées à la Guette au cours de l’année 1929, lorsque les appareils de mesure auront pu être sérieusement installés.
- CONCLUSIONS
- De ces expériences, qui, du reste, ne sont que la
- continuation de celles antérieurement faites à 1 Observatoire de la Guette notamment, et inspirées elles-mêmes de celles de précurseurs tels que : Bertholon, Spichnew, les Frères Paulin, Pinot de Mo-rieu, MarkeAvitch, F. Basty, etc., on peut déjà conclure :
- 1° Que les radiations de l’électricité atmosphérique sont un agent des plus actifs parmi ceux qui stimulent la germination, et qu’elles favorisent dans une très puissante mesure l’éclosion et la pousse de la végétation.
- 2° Que celte électricité peut être pratiquement captée et utilisée, dans ce but, à l’aide d’un dispositif des plus simples, des plus faciles à installer et des moins coûteux.
- Qu’il suffit en effet de planter des perches avec l’adjonction de fils, soit de bronze siliceux, soit de fer galvanisé, d’une section de 20 à 35 dixièmes, pour former des paratonnerres à la fois récepteurs et diffuseurs des ondes électriques aéro-telluriques.
- 3° Qu’il suffit de remarquer que la surface de la zone améliorée est fonction de la hauteur des perches, pour que l’on puisse faire profiler de cet important facteur de rendement, les jardins maraîchers,
- Fig. 4.
- Terrain-témoin.
- Cliché pris le meme jour, 28 août.
- Au premier plan, deux touffes de haricots sont seules levées. Plus loin, on n’aperçoit encore aucune végétation.
- les horticultures, les pépinières et même les champs de culture plus étendus.
- G. Bidault de l’Isle.
- Fig 3. — Terrain d'expériences (Cliché pris le 28 août, 10' jour.)
- On peut voir, au premier plan, en avant du pied de la perche, les pieds de haricots des planches 1 et 2 qui sont en pleines feuilles. Plus loin, apparaissent les semis des planches 3, 4, 7 et 8, qui sont bien levés.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- CENT
- Cent est une réeréation mathématique, simple et amusante, qui se joue à deux.
- Vous priez le partenaire d’énoncer un nombre quelconque, compris de préférence dans la première dizaine.
- Vous ajoutez à ce nombre un nombre choisi à volonté dans la suite des nombres compris de 1 inclus à N inclus (N inférieur à cent) et vous énoncez le total obtenu.
- A ce total, le partenaire ajoute lui-même un nombre à son choix, mais compris également dans la suite des nombres de
- I à N. Il énonce le nouveau total ainsi obtenu.
- A votre tour vous ajoutez à ce nouveau total tel nombre à votre choix compris entre 1 inclus et N inclus.
- Et ainsi de suite.
- Le premier des deux joueurs qui arrive ainsi à énoncer Cent, comme total de son opération partielle, a gagné.
- En apparence, cela semble enfantin et quelque peu arbitraire. Il n’en est rien, car on peut gagner à coup sûr en commençant le 1er, c’est-à-dire en énonçant le nombre qui sert de point de départ, à condition de choisir judicieusement ce nombre.
- 11 suffit, pour cela, de se conformer à la règle suivante. Supposons que R soit le reste de la division de 100 par N -(- 1 (N étant le terme extrême de la série de nombres consécutifs à choisir : 1, 2, 3... N, pour former les totaux partiels).
- II faut que le 1er nombre énoncé par vous soit de la forme
- Multiple de (N -j- 1), plus R
- et que, dans chacun de vos choix ultérieurs, vous ayez le souci d’obtenir et d’énoncer un total partiel ayant cette même forme.
- Exemples :
- N = 10, c’est-à-dire que le choix peut se faire de 1 à 10. Dans ce cas, chacun de vos totaux partiels doit répondre à la formation :
- Multiple de (10 —{— 1 ) plus 1 ou = Multiple de 11 + 1.
- (L étant le reste de la division de 100 par 10 -j- 1, c’est-à-dire par 11.)
- Vous énoncez donc, si vous jouez le premier, ou bien 1, ou bien 12, ou bien 23, ou bien 34, ou bien 45, etc., ou bien 89.
- Si, par exemple, vous avez énoncé 34 et que votre partenaire ajoute 7 (ce qui lui fait énoncer 41), vous ajoutez à votre tour 4, de manière à prendre position sur 45, qui est uu des nombres de la formation :
- (M de (10 + 1) + 1).
- Dans l’espèce, rien n’est plus facile à retenir, puisque, à par-
- tir de 11, les multiples de 11 jusqu’à 100 sont composés de 2 chiffres identiques et que, en ajoutant 1, vous obtenez un nombre de 2 chiffres dont le deuxième dépasse le premier d’une unité :
- 12, 23, 34, 45, 56, 67, 78, 89.
- Au surplus et selon la valeur adoptée pour N, au début de la partie, dans votre choix des valeurs additives comprises de 1 à N, voici quels sont ceux des nombres dont vous aurez à vous assurer successivement la possession en arrêtant pour N des valeurs comprises, à titre indicatif, de 7 à 14 :
- Choix de 1 à 7 (c.-à-d. N = 7); N+ 1 = 8; R = 4 :
- 4, 12, 20, 28, 36, 44, 52, 60, 68, 76, 84, 92.
- Choix de 1 à 8 (c.-à-d. N =8) ; N + 1 = 9 ; R = 'l :
- 1, 10, 19, 28, 37, 46, 55, 64, 73, 82, 91.
- Choix de 1 à 9 (c.-à-d. N = 9) ; N + 1 = 10 ; R = 0 :
- 0, 10, 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90.
- Choix de 1 à 10 (c.-à-d. N = 10); N + 1 = 11 ; R = 1 1, 12, 23,' 34, 45, 56, 67, 78, 89.
- Choix de 1 à 11 (c.-à-d. N = 11); N + 1 = 12; R.= 4 4, 16, 28, 40, 52 64, 76, 88.
- Choix de 1 à 12 (c.-à-d. N = 12) ; N + 1 = 13 ; R = 9 9, 22, 35, 48, 61, 74, 87.
- Choix de 1 à 13 (c.-à-d. N = 13) ; N + 1 = 14 ; R = 2 2, 16, 30, 44, 58, 72, 86.
- Choix de 1 à 14 (c.-à-d. N = 14) ; N + 1 = 15 ; R = 10 10, 25, 40, 55, 70, 85.
- Cette récréation doit s’effectuer mentalement, sans qu’il soit permis d’écrire ou de poser des opérations.
- Si vous ne commencez pas le premier, attachez-vous, par le choix de votre 1" additif, à obtenir et énoncer un nombre de la série que vous devez observer pour rester, à partir de cette énonciation, le maître absolu du résultat final, quoi que fasse votre partenaire pour vous le disputer, du moment que vous serez arrivé à vous établir, et forcément à vous maintenir, dans cette série.
- Soyez convaincu que, même si vous jouez avec un fort en mathématiques, vous avez neuf chances sur dix de le gagner dans vos premières parties avec lui, d’autant plus de chances que d’une partie à l’autre vous aurez modifié l’étendue de la série à choisir de 1 à N. Il n’en sera d’ailleurs pas peu surpris. Mais ne lui laissez ni le temps ni le droit de prendre un crayon.
- Au surplus faites un essai.
- Je n’insiste pas sur toutes les variantes possibles, que je laisse à votre initiative. Constant Hubert.
- VARIOLE ET VACCINE
- Des polémiques assez vives ont eu lieu de part et d’autre de la Manche, non pas sur des questions de politique comme il est assez usuel, mais sur des questions d’hygiène, ce qui constitue assurément un fait assez nouveau dans l’histoire de l’humanité et on serait heureux de trouver là une preuve de ce que les questions relatives à la santé commencent à prendre, dans l’esprit des peuples, une importance réelle.
- Ces polémiques, on le sait, sont dues à l'existence d’une épidémie de variole en Angleterre et aux mesures qui ont été prises notamment par le maire du Havre, M. Léon Meyer, pour empêcher, si possible, la propagation de cette épidémie en France.
- Essayons de mettre les choses au point en exposant ce qu’on doit savoir sur cette affaire. Depuis quelques années,
- d’ailleurs, la variole et la vaccination antivariolique font beaucoup parler d’elles. Un des savants qui connaissent le mieux ces questions, Ricardo Jorge, l’auteur de mémoires comme on en lit trop rarement, a même cru devoir créer le terme de « variologie » pour bien montrer l’importance et la complexité de ces questions.
- En effet, il a été observé, dans ces dernières années, toute une série d’épidémies d’une maladie impossible à distinguer de la variole et qui fait preuve d’une réelle bénignité, contrairement à la variole vraie qui est toujours très grave. Cette variole bénigne a reçu, dans certaines contrées d’Amérique et d’Afrique, le nom d’alastrim Mais la Suisse et l’Angleterre ont été, elles aussi, le siège d’épidémies auxquelles on n’a pas cru devoir donner ce nom-là et qui, cependant,
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- n’ont entraîné qu’une mortalité extraordinairement faible.
- Chose curieuse, sur laquelle Ricardo Jorge insiste dans ses travaux, épidémies bénignes et épidémies sévères peuvent subsister presque côte à côte, sans tendance à se confondre et à, prendre les caractères l’une de l’autre. On a ainsi observé en Suisse une variole sévère comme la variole classique à Bâle, alors qu’à Berne, et dans d’autres cantons c’était la variole bénigne qui sévissait. Au plus fort de l’épidémie bénigne de Suisse, il éclatait en France, dans le Sud-Ouest, une petite épidémie de variole, importée par des immigrants de l’Afrique du Nord, au cours de laquelle la mortalité atteignit une proportion exceptionnellement élevée, surtout chez les femmes et qui, d’ailleurs, fut assez limitée.
- Ainsi deux varioles assez distinctes, stirtout au point de vue pratique, pourraient coexister et il faudrait distinguer une véritable famille variolique comprenant des types graves et des types bénins. -
- Mais Ja vaccine elle-même, c’est-à-dire la petite maladie éruptive, : très localisée, qu’on provoque chez l'homme en introduisant sous la peau, selon la méthode de Jenner, un peu de pus de cow-pox, se rapproche beaucoup de la variole. Longtemps, cependant, elle fut considérée comme nettement distincte. Aujourd’hui, il est admis à peu près unanimement que la vaccine est une variole vraie, modifiée par passage chez l’animal ; les cas de vaccine généralisée qui se rapprochent à un si haut degré de la variole vraie en seraient donc une preuve.
- La parenté étroite qui existe entre ces divers typés de maladies est clairement mise en évidence par le fait qu’elles immunisent les unes contre les autres. Quand on a eu la variole, sévère bu non, on ne peut plus jamais être vacciné avec succès selon la méthode jennerienne avec le cow-pox. Inversement, une fois que cette méthode a donné un résultat positif, on ne peut plus attraper de variole, grave ou bénigne, au moins pendant un petit nombre d’annéés. La vaccine étant la plus atténuée de ces maladies est aussi celle qui immunise le moins énergiquement.
- Mais il est une autre maladie encore qui se rapproche beaucoup par son apparence de ce groupe, c’est la varicelle qui donne lieu, elle aussi, à des pustules pleines de liquides plus ou moins purulents et que quelques auteurs, comme Sahli, considèrent comme identique à la variole. Disons tout de suite que cette opinion trop absolue ne trouve guère de défenseurs, bien que chacun reconnaisse avec Ricardo Jorge une parenté certaine entre cette maladie et les autres. En revanche, on croit de plus en plus, notamment à la suite des remarquables recherches de Netter, que la varicelle est identique au zona, affection qui atteint un segment limité de la moelle épinière et qui détermine, dans la région innervée par le segment atteint, une zone d’éruption à peu près parallèle aux côtes et portant des pustules analogues à celles de la varicelle.
- Nous nous trouvons donc en présence d’une maladie assez semblable à la variole et qui peut atteindre à la fois la peau et les centres nerveux (moelle ou cerveau). Il s’agit par conséquent là, selon l’expression adoptée par Levaditi, d’une ectodermose neurotrope. Or cette tendance à envahir le système nerveux en même temps que la peau se retrouve dans la variole, la varicelle et aussi dans la. petite maladie que provoque l’inoculalion du cow-pox. Dans ces dernières années, en effet, on a observé, chez quelques enfants, d’abord en Hollande, puis en Angleterre, mais pas en France, une dizaine de jours après la vaccination, l’apparition de symptômes nerveux trahissant une lésion du cerveau, plus ou moins analogue à celle qu’on observe dans l’encéphalite léthargique. De pareils faits sont d’ailleurs rares. On en compte une ou deux centaines sur des millions de vaccinations.
- A quoi est dû ce fait singulier? A vrai dire, nous ne le savons pas encore. Quelques auteurs ont supposé qu’il s’agissait d’une impureté du vaccin employé. D’autres pensent, au contraire, que c’est là une propriété du vaccin lui-même. On explique, d’ailleurs fort mal, pourquoi ces complications étaient ignorées au xixe siècle. En tout cas, il est singulier, de voir, comme le note Ricardo Jorge, la
- variole elle-même prendre des allures bénignes tandis que la vaccination jennerienne s’aggrave.
- Ces faits constituent un argument de premier ordre, on s’en rend compte, pour ceux qui, comme il en est tant en Angleterre, sont opposés à la vaccination obligatoire. C’est un fait que les Anglais n’ont jamais pu arriver à instaurer sérieusement chez eux la merveilleuse mélhode inventée par Jenner. Le fameux auteur dramatique et satirique Bernard Shaw est actuellement à la tête des « conscientious objectors » qui refusent d’être vaccinés et il montre ainsi qu’il ne suffit pas de savoir faire des pièces de théâtre, même très remarquables, pour être compétent en matière de variologie.
- Ainsi, la variole est fréquente en Angleterre. Mais sa gravité y est actuellement très atténuée. En 1919, on comptait chez nos voisins 294 cas avec 28 morts, soit une mortalité de 9,5 pour 100 et, en 1920, 263 cas avec 30 morts, soit une morlalité de 11,4 pour 100. On ne compte plus en 1924 que 13 décès sur 3765 cas, soit une mortalité de 0,3 pour 100. En 1926, la mortalité aurait été encore plus faible puisque sur 10155 cas, on n’aurait compté que 18 décès, d’après des statisliques récemment reproduites par Ichok.
- On se rend compte que ces chiffres influent fort peu sur la mortalité générale et même sur la mortalité infantile. Ce fait est, si on se place au point de vue des Anglais, extrêmement important à considérer,
- La mortalité générale est, en Angleterre, de 12,3 pendant qu’elle est de 16,6 pour 1000 chez nous La mortalité des nourrissons de moins d’un an est de 69 en Angleterre pendant qu’elle est de 97 pour 1000 en France. Les Anglais sont très fiers de ces chiffres qui témoignent — on ne saurait le contester d’une très haute idée de l’hygiène et de méthodes pratiques à la fois efficaces et sérieuses dans tous les domaines concernant la santé publique.
- Ce n’est assurément pas une raison pour ne pas se défendre contre la maladie, d’autant plus qu’il est de moins en moins admissible qu’il y ait une différence d’espèce entre l’immunité créée par lavaccinationetl’immunitécrééeparunepremière atteinte de variole grave ou bénigne. Même pour le « conscientious objector )> il doit être plus prudent de contracter une maladie dans des conditions scientifiques et rationnelles plutôt qu’au hasard d'une rencontre et en se fiant à sa chance.
- D’autre part, les quelques cas de complication cérébrale qui ont été signalés et dont il n’a pas été observé d’exemple, notons-le encore une fois, en France, ne concernent jamais les nourrissons. C’est presque toujours chez des enfants vaccinés pour la première fois à l’âge scolaire que l’encéphalite de la vaccine a été observée, comme le rappelle Robert Pierret. Il n'y a donc aucun risque à courir de ce fait pour tous les enfants qui, selon la règle très généralement suivie en France, sont vaccinés avant la fin de leur première année.
- Rappelons, encore, à ce sujet, que les hommes étant beaucoup plus souvent revaccinés que les femmes, à cause du service militaire ou des exigences des administrations qui les emploient, sont beaucoup moins atteints de variole que les femmes. Lors de la dernière épidémie du Sud-ouest, les victimes furent en effet presque exclusivement des femmes.
- C’est donc assurément de cette méthode de la vaccination et de la revaccination fréquente qu’il faut attendre les effets prophylactiques les plus marqués. Plus la population française aura régulièrement obéi aux saines prescriptions de l’administration, plus elle sera sûre d’éviter toute importation d’une épidémie sérieuse de variole, de l’Afrique du Nord ou de l’Angleterre.
- Quant aux précautions à prendre à l’égard d’étrangers entrant en France et venant de régions fortement contaminées, elles soulèvent naturellement de réelles difficultés dans un pays, qui, comme le nôtre, attire les touristes et demande de la main-d’œuvre étrangère. Dans ce domaine, de très nombreux facteurs interviennent pour compliquer la tâche des pouvoirs publics. Quoi qu’il en soit, la mesure prise par l’honorable maire du Havre a eu un effet excellent : elle a provoqué en France une véritable épidémie de revaccination. Souhaitons qu’il en soit de même de l’autre côté de la Manche. Tout le monde s’en trouvera mieux.
- Dr P.-E. Morhabdt.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LÀ VOÛTE CÉLESTE EN JUILLET 1929 0
- 515
- Comme on le verra plus loin, la brillante planète Vénus est bien visible, en juillet, le matin. Elle est passée à sa conjonction inférieure avec le Soleil, le 20 avril dernier. Elle se trouvait alors, sur notre figure 1, dans l’angle gauche, cachée dans l’éblouissement du Soleil. Peu à peu, elle s’est écartée de celui-ci et on a commencé à voir, dans l’aurore, un fin croissant. Le globe noir, représenté ici pour la démonstration, est invisible, confondu avec le fond du ciel.
- Peu à peu, Vénus s’est écartée du Soleil, et, s’éloignant en même temps de la Terre, son diamètre a diminué et le croissant est devenu plus large. Le 29 juin, la brillante planète est arrivée à la partie de son orbite qui se confond avec notre rayon visuel, à sa plus grande élongation.
- Sa phase était alors celle de la Lune au Dernier Quartier.
- Continuant sa course autour du Soleil, la planète, s’éloignant toujours, diminue de plus en plus de grosseur apparente, devenant de mieux en mieux éclairée de face et, dans la dernière image de notre figure, la plus petite, presque ronde, elle, est située bien au delà du Soleil. Sa distance est alors sensiblement celle de la Terre au Soleil augmentée de la distance du Soleil à Vénus.
- Ajoutons que cette figure est purement schématique.
- En réalité , pendant que Vénus se déplace, la Terre poursuit aussi le cours de sa révolution autour du Soleil et celui-ci devrait, sur le dessin, occuper une position différente pour chaque position de Vénus.
- La légende placée sous la figure complète les explications qu’on vient de lire.
- c’est-à-dire l’heure que marquent les horloges lorsqu’il est vraiment midi.
- Il faut entendre ainsi le milieu du jour, lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- La connaissance de cet élément est très utile pour tracer une méridienne, par l’ombre d’un fil à plomb.
- Heures du passage.
- Dates.
- Juillet
- Ie
- 3
- 5
- 7
- 9
- 11
- 13
- 15
- 17
- 19
- 21
- 23
- 25
- 27
- 29
- 31
- llh 54” 13* 11* 54“ 36’ 11* 54" 58“ 11* 55m 18’ 11* 55“ 37* 11* 55” 55’ li* 56m 10* llh 56“ 24* 11* 56” 35* IL* 56” 45* 11* 56” 52“ llb 56” 57“ 11*57” 0* 11*57“ 0* 11* 56“ 10" 11* 56” 54“
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en juillet, diminue très sensiblement : de -j- 23° 87 le 1", elle descend à + 18° 20' le 31. La durée du jour varie également rapidement et de 16h 4“ le 1er juillet, elle n’est plus que de 15*7” le 31.
- Le tableau ci-après contient le temps moyen à midi vrai,
- 1. Toutes les heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0* à à partir de minuit (0*) Pendant la période de mise en service de Y heure d’éié, ajouter 1 heure à toutes les heures mentionnées ici; ainsi ces heures seront d’accord avec nos pendules.
- 2. Larousse, éditeur, 13-17, rue du Montparnasse, Paris.
- Fig- i — Marche schématique de la planète Vénus sur le ciel, de sa conjonction inférieure, le 20 avril 1929, à saplus grande élongation ( en haut à droite) et jusqu’à sa conjonction supérieure, bien loin au delà du Soleil. (Composition de L. Rudaux.)
- Pour bien comprendre cette figure, il faut supposer que Vénus décrive son orbite en quelques instants, et faire abstraction du mouvement de la Terre. La composition ci-dessus matérialise ce qu’obtiendrait un photographe prenant une suite de vues instantanées. L’ensemble des points occupés par Vénus dessine ainsi l’orbite de la belle planète. L’inclinaison de cette orbite est de 3° 24' sur l’écliptique. C’est cette inclinaison qui produit l’écartement des disques noirs des petits disques blancs. Si cette inclinaison était nulle, tous les disques seraient alignés sur une même ligne droite.
- Observations physiques. — L’observation quotidienne du Soleil est une des plus faciles à faire et la manière la plus pratique consiste à recevoir l’image du Soleil donnée par une lunette munie de son oculaire — sans la bonnette noire bien entendu — sur un carton blanc. (Voir à cet effet le Manuel pratique d'Astronomie, par Lucien Rudaux (-), p. 145 ) Les pôles du Soleil autour desquels se fait la rotation de l’astre n’étant pas marqués spécialement, les dessins d’ensemble que l’on prend — ou les photographies — ne serviraient guère si leur orientation est inconnue. Or, T Annuaire d u Bureau des Longitudes fournit, de 5 en 5 jours, le moyen d’orienter les images solaires. Il faut pour cela connaître : 1" l’angle P de position de l’axe de rotation du Soleil (compté vers l’Estàpartirdupointnord
- du disque, c’est-à-dire celui qui est le plus rapproché du pôle nord); 2° la latitude héliographique B0 du centre du disque; 3° la longitude héliographique de ce centre. Voici ces éléments pour le mois de juillet :
- Dates. P B» ho
- Juillet 5 + 1«,07 + 3°,36 3570,30
- — 10 -j- 1°,20 + 30,88 2910,13
- — 15 + 30,45 + 4°,38 2240,96
- — 20" + 50,66 -f- 4°,84 1580,80
- — 25 + 7°,81 + 5°,28 92°,65
- — 30 + 9°,89 4 5°, 67 260,51
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- ===== 5fé r---------“^=======rrr=====
- Lumière zodiacale et lueur anti-solaire. — Oa ne peut observer ni la première ni la seconde de ces lueurs en juillet. En effet, la longueur des jours s’oppose à l’observation de la lumière zodiacale. D’autre, part, la grande déclinaison du Soleil conduit à une très faible hauteur de la lueur anti-solaire sur notre horizon.
- II. Lune. — Voici les phases de la Lune en juillet :
- N. L. le 6, à 20h 47“ P. L. le 21, à 19" 21"
- P. Q. le 13, à 161- 5“ . D. Q. le 29, à 12" 56™
- Age de la Lune, le 1er juillet, à 0k== 23J,4 ; le 7 juillet, à 0k = 01,1. Nous avons indiqué précédemment le moyen de trouver l’âge de la Lune à une autre époque du mois.
- Mais la meilleure façon de classer les dessins lunaires est de se servir, comme nous l’avons montré autrefois, de la longitude du terminateur. Cet élément est beaucoup plus précis que l’âge de la Lune. Depuis quelques années, l’Annuaire astronomique Flammarion donne la longitude du terminateur de la Lune (voir p. 52 et suivantes).
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le 6 — 27° 0'; le 20=—27p0'. Remarquer la très faible hauteur
- lklm. — Occultation de 14 Taureau (gr. 6,2), de O1’41m à lk 33'".
- Marée, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l'époque de la Nouvelle Lune du 6 juillet et de la Pleine Lune du 21. Voici quelques-uues de ces marées
- pour Brest : Marées du matin. Marées du soir.
- Dates. Heure. Coefficient Heure. Coefficient
- Juillet 5 2h 4“ 0,77 14L33” 0,81
- — 6 3h lm 0,85 15h 28“ 0,88
- — 7 3b 54“ 0,90 16h19“ 0,92
- — 8 4h 47 m 0,94 17h13“ 0,94
- — 9 5h 39“ 0,93 18" 3“ 0,91
- — 10 6" 27“ 0,89 18K52™ 0,85
- — 11 7h17* 0,81 19h41“ 0,77
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau suivant, établi à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1929, contient toutes les données utiles pour trouver et observer les planètes principales pendant le mois de juillet 1929.
- Dates : Lever Passage au Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à à sion et VISIBILITÉ
- JUILLET Paris. de Paris (*). Paris. droite. son apparent étoile voisine.
- 5 3» 55“ llh 54”58" 19h55“ 6h 56“ + 22«49' 31' 31" 2 Gémeaux
- Soleil . . . .< 15 4 4 11 56 24 19 48 7 37 -f 21 34 31 31,2 Gémeaux > »
- 25 4 16 11 57 0 19 38 8 17 -j- 19 43 31 32,4 Cancer
- 5 2 40 10 23 18 6 5 22 + 20 22 7,6 X Gémeaux Le matin.
- Mercure. . . 15 3 8 10 45 18 42 6 22 -f 22 42 / 6,0 p. Gémeaux > Plus grande élongation
- 25 3 35 11 31 19 26 7 46 + 22 22» 5,2 x Gémeaux ) le 3.
- 5 1 21 8 42 16 3 3 42 +16 24' 22,4 X Taureau
- Vénus .... 15 1 11 8 44 16 18 4 23 + 18-34 20,2 8 Taureau , Splendide le matin
- 25 1 7 8 49 16 32 5 7 + 20 16 18,6 X, Gémeaux t dans l’aube.
- 5 8 10 15 11 22 12 10 11 + 12 24 4,4 a Lion
- Mars. .... 15 8 5 14 54 21 44 10 34 + 10 7 4,2 Lion > Inobservable.
- 25 8 0 14 38 21 16 10 57 -r + 7 43 4,2 Lion
- Jupiter. . . . 15 0 56 8 41 16 27 , 4 21 + 20 44 32,4 s Taureau Le matin, avant le jour.
- Saturne . . . 15 17 45 21 57 2 9 17 40 — 22 13 16,4 p. Sagittaire Toute la nuit.
- Uranus. . . . 15 22 43 5 3 11 23 0 43 + 3 51 3,4 Poissons Seconde partie de la nuit.
- Neptune. . . 15 7 28 14 27 • 21 26 10 8 + 12 8 2,4 a Lion Inobservable.
- I. Cette colonne donne l’heure, en temps universel, du passage au méridien de Paris.
- de la Lune sur l’horizon sud le 20 juillet, lors du passage au méridien (un peu avant minuit).
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la terre), le 6 juillet, à 1311. Parallaxe = 61T9". Distance = 357 620 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 19 juillet, à 1611. Parallaxe = 54'0". Distance = 406 070 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 11 juillet, occultation de b Vierge (gr. 5,2), de 21h 59ra à 22h 2m.
- Le 12, occultation de y Vierge, belle étoile double {gr. 2,9), de 17h 53“ à 18h 28“.
- Le 14, occultation de X Vierge (gr, 4,5), de 21h 7m à-21h55m.
- Le 21, occultation de 248 B. Sagittaire (gr. 5,7), de 0h 24'" à l"38m. '
- Le 24, occultation de t Verséau (gr. 4,4), de 23h 51"’ à lh 6m du 25.
- Le 31, occultation de 13 Taureau (gr. 5,6), de 0l 13m à
- Mercure sera visible le matin, au début du mois. Il atteindra sa plus grande élongation le 3 juillet, à 21° 24' à l’Ouest du Soleil. On pourra l’observer 5 à 6 jours avant et après le 3 juillet. Sa position rendra les observations assez faciles.
- Voici la phase et la grandeur stellaire de Mercure en juillet :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Juillet 5 0,41 + 0,5
- — 10 0,55 0,0
- — 15 0,70 — 0,6
- — 20 0,85 -1,1
- — 25 0,96 -1,5
- — 30 0,99 -1,7
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 31 juillet, à 4h.
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- Vénus est encore bien visible le matin. Elle brille d’un magnifique éclat à l’arrivée de l’aurore. Elle se rapproche peu à peu du Soleil.
- Voici, comme pour Mercure, le disque illuminé et la gran
- deur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire
- Juillet 5 0,53 — 3,9
- — 10 0,55 — 3,8
- — 15 0,58 — 3,8
- — 20 0,60 — 3,8
- — 25 0,62 -3,7
- — 30 0,64 -3,7
- Mars est à présent inobservable, étant perdu dans le rayonnement solaire. Son diamètre, réduit à 4 secondes environ, ne permettrait d’ailleurs plus d’observations utiles, même avec les plus grands instruments.
- Jupiter revient et peut être suivi utilement avant l’arrivée du jour. Les plus petits instruments montrent le globe aplati de celte planète, aiusi que les quatre principaux satellites. Ces satellites se déplacent autour de Jupiter et lui donnent l’apparence d’une réduction du système solaire. Dans leur course, ils produisent des éclipses et s’éclipsent eux-mêmes derrière la planète centrale. Nous recommencerons, le mois prochain, la publication des phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Saturne, qui s’est trouvé en opposition avec le Soleil le 19 juin, est encore observable toute la nuit. Voici les élé-
- ments de l’anneau à la date du 12 juillet :
- Grand axe extérieur......................... . . 41'",22
- Petit axe extérieur.............................. 18", 56
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau.............................................-J- 26° 31'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. -F 26° 39'
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satel-
- lites de Saturne, lors de ses élongations maxima. Les voici
- pour juillet :
- Dates. Élongation. Heure.
- Juillet 2 Occidentale. 14\2
- — 10 Orientale. 7\1
- — 18 Occidentale. 11\6
- — 26 Orientale. 4h,7
- Uranus se lève avant minuit et peut être recherché dans la seconde partie de la nuit. Il sera en quadrature avec le Soleil le 3 juillet, à 19\ Nous donnerons, le mois prochain, une petite carte permettant de trouver Uranus sur le ciel. Pour le moment, nous fournissons quelques positions de la
- planète : Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Juillet 5 0h 43“ -F 3» 50' 3"4
- — 15 0” 43“ + 3° 51' 3"4
- — 25 01.43m -f 3° 50' 3"4
- On remarquera combien peu se déplacera Uranus pendant
- ce mois.
- Neptune est inobservable en raison de sa proximité — apparente — du Soleil.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 0\ Mars en conj. avec Neptune, à 0° 35' N.
- Le 3, à 17h, Vénus — la Lune, à 3<>51' S.
- Le 4, à 7h, Jupiter — la Lune, à 2» 8' S.
- Le 5, à 10h, Mercure — la Lune, à 5° 25' S.
- Le 9, à 19k, Neptune — la Lune, à 4<>45' S.
- Le 10, à 1\ Mars — la Lune, à 40 11' S.
- Le 13, à 10h, Mercure — 7) Gémeaux, à 0° 6' N.
- Le 14, à 10\ Vénus — Jupiter, à 2° 16' S.
- Le 14, à 13h, Mercure — p. Gémeaux, à 0« 5' N.
- Le 27, à 15\ Uranus — la Lune, à 2o 34' N.
- Le 29, à 17u, Mercure — y) Cancer, à 0° T N.
- Étoiles variables. - - Miniina de l’étoile variable Algol
- ((3 Persée), le 10, à 0h 4“ ; le 30, à lu 44m.
- Étoiles filantes. — Le mois de juillet est un des mois de l’année où les étoiles filantes sont très nombreuses. En ce mois commence la chute des Perséides. Le radiant initial est situé, le 7 juillet, vers o Cassiopée.
- Voici la liste de quelques essaims, d’après Y Annuaire du
- Bureau des Longitudes.
- Dates. Ascension droite. , Déclinaison. Étoile voisine.
- Juillet 23 au 25 48° -F 43° (3 Persée.
- — 25 au 28 335° + 26° 1 Pégase.
- — 26 au 29 342° — 34° ô Poisson austral-
- — 27 70 + 32o ô Andromède.
- 27 au 29 341° — 13° Ô Verseau.
- — 27 au 31 29° -F 36o p Triangle.
- — 31 310° + 44° a Cygne.
- Etoile Polaire. — Voici quelques passages de l’Étoile
- Polaire au méridien de Paris
- Temps sidéral
- Dates. Passage. Heure. à [)“ (T. U.)
- Juillet 10 Supérieur 6h 15“ 56» 19s g® 43»
- — 20 — 5* 36“ 49“ 19h 49“ 9“
- — 30 — 4h 57“ 41“ 20h 28“ 34“
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le l°r juillet, à 2lh, est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon (v, o, p.) ; Hercule (a, p, p, 95, £, M. 13); le Bouvier (s, %, S, 44 i, \x).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire); Cassiopée (rj, i o). — Le Cocher est à l’horizon.
- A l’Est : Le Dauphin (S. 2703, y) ; la Flèche ; la Lyre (S, e, Ç, 7j) ; l’Aigle (15 h, vj) ; le Cygne (p, o, p, 61°); le Capricorne. — Le Sagittaire (I, v, 54 e1) est au Sud-Est.
- Au Sud : La Couronne (ç, a); le Serpent (ô, 0, v) ; Ophiu-chus (36 A, 70, 67, p, 39, amas); la Balance (a, ô, P. XIV, 212) ; le Scorpion (v, tu, (3, ex, ij, a).
- A l’Ouest : La Grande Ourse (Ç, £, 57, 23 h, a); les Chiens de chasse (a, 2, M. 51 la célèbre nébuleuse en spirale); la Chevelure; le Lion (y, t, 54, v, 88, 90, (M. 65); la Vierge (y, 84, 54, 17, nébuleuses). Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES EEZ.........................-i: ,=.
- VINAIGRE DE TOILETTE bon vinaigre mêlé de sa moitié d’alcool à 80°. Ajoutez encore deux
- clous de girofle. Laissez macérer ce mélange durant 5 à 6 jours, non loin d’un foyer ou au soleil, si possible; ensuite décantez.
- Une cuillère à soupe de ce liquide fort bien parfumé versée dans un litre d’eau tiède suffit pour lotionner le visage.
- On peut faire soi-même et à bon compte un excellent vinaigre de toilette. Achetez chez le fleuriste qn pot de basilic, et, ayant coupé les feuilles de cette plante aromatique, versez dessus du
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- = LE PRAXINOCHROME =
- MOUVEMENT DE LA COULEUR
- ’v/ILL A 5 OURIRë^
- i Fig. 1. — Le praxinochrome.
- Un élastique tendu entre deux montants fait tourner les trois faces de carton aux figures-plus ou moins décoratives. Au-dessus d’une porte, d’une grille, d’une tonnelle, d’une marquise ou sur un balcon, le praxinocbrome fonctionne très bien. Le vent suffit à le faire
- tourner.
- Imaginez un kaléidoscope sans miroirs, un kaléidoscope qui, certes, ne peut offrir à l’infini de symétriques combinaisons, des vitraux qui, s’écroulant sans cesse, forment aussitôt d’autres vitraux, mais qui, par contre, crée une réelle impression de mouvement.
- Imaginez aussi un thaumatrope à trois faces. Voilà le praxinochrome : thaumatrope et kaléidoscope mêlés.
- Confectionnez donc un thaumatrope à trois côtés. Une feuille carrée, en carton, traversée par une boucle de ficelle, sera l’appareil en question. Vous tordez la ficelle double. Celle ci ressemble, cette fois, à une petite corde. Elle tend à reprendre sa forme première, c’est-à-dire à former deux longueurs séparées, lorsque l’on cesse de la tortiller et qu’on la tient très légèrement entre le pouce et l’index.
- Le dessin chevauche les deux côtés en angle obtus du
- Fig. 2. — Le praxinochrome sera une boite artistement découpée dans les fentes longitudinales de laquelle on mettra divers tourniquets à
- trois faces.
- feuillet de carton; autrement dit, une même composition recouvre complètement les deux faces de ce simple appareil d’optique. Que représente ce dessin? Une rosace, des figures géométriques — triangles, cercles, carrés, rectangles, polygones — un ensemble d’étoiles, rayons, fàisceaux, un entrecroisement de lignes courbes et brisées. On peut trouver des modèles indéfiniment. Point n’est besoin de grandes connaissances en dessin pour exécuter ces compositions. Dans toutes les écoles, les élèves tracent et colorent convenablement des figures décoratives qui, dans le praxinochrome, présenteront un ensemble excellent. Les tons les plus vifs occupent les deux côtés de chacun des trois feuillets; devant, derrière, recto, verso, tout est illustré. Simple ou savant, sobre ou compliqué, peu de teintes ou beaucoup, qu’importe le dessin! Tout cela, en tournant, se mêle et s’entremêle, se croise et s’entre-croise. C’est un enchevêtrement incessant, un tournoiement de formes et de couleurs. Des taches quelconques sont même d’un heureux résultat.
- Des taches? Oui, quelconques ou artistiques, voulues, multiples, de toutes nuances. Mais par taches nous entendons surtout parties qui ne s’harmonisent pas avec le reste et non marques salissantes. Votre peinture peut être cubiste, futuriste et jurer par celte asymétrie baroque dont on se plaît à orner — si l’on peut employer ce mot — l’intérieur et particulièrement la couverture de catalogues et revues généralement bien édités. Ne craignez donc pas l’incohérent. Inspirez-vous de certaines modes. Les modèles abondent. Pratiquez cet iconoclasme de l’art, qui, un peu partout, heurte notre regard et notre esprit et qui nous est né de la guerre. L’un des côtés les plus apparents du « genre » actuel, est de donner l’illusion que nous regardons nos semblables et nos paysages dans des miroirs déformateurs. Il en résulte une impression évidente de cauchemar et d’hallucination. Faites intervenir la rupture de la forme naturelle et aimable; ici et là, la brisure et semblez affectionner l'anguleux. Avez-vous ainsi conçu quelque chose de vraiment hétéroclite et inquiétant?...
- Le praxinochrome harmonisera tout. L’intérêt ici réside en l’union des trois compositions. Cette union ne peut se faire que lorsque le praxinochrome fonctionne Alors, il y a toujours symétrie. Une ligne fuit, il semble que là un globe éclate, une comète passe, croirait-on, et cela, qu’est-ce ? Jet de feu ou d’eau colorée ?
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- Nous avons décrit un jouet. On peut remplacer le cordonnet par une boucle de caoutchouc, un élastique solide. Bien tendu entre deux tiges verticales, puis tordu comme il convient, l’élastique tournera en sens contraire dès que vous le lâcherez. Et les palettes tourneront de même, offrant au regard amusé un fourmillement multicolore ou simplement une succession d’apparitions et de disparitions de couleurs.
- Le vent suffisant à animer ce jouet, les faces en carton mince et dur, traversées par une aiguille à tricoter et reposant horizontalement dans deux encoches pratiquées aux deux côtés verticaux d’une boîte, constitueront un moulin d’un genre nouveau. Au lieu de carton, on peut employer des feuillets de zinc. Les trois palettes de ce moulin à vent seront rondes ou de formes variées. La diversité des contours est un attrait de plus, lorsque l’appareil tourne au vent. Les ailes seront perforées, découpées habilement, de manière à présenter des jours. Voilà une amusante girouette ou, plutôt, à une girouette ordinaire, un complément adroit.
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- Ce tourniquet trouvera sa place non seulement sur les toits, les cheminées, mais, mieux encore sur les auvents, balcons, galeries, vérandas, au-dessus des portails, des grilles....
- Très grandes, les faces peintes offriront à l’œil un jeu plus accentué de toutes ces couleurs, auxquelles s’ajouteront des éclats dorés et argentés, facilement obtenus avec... des papiers dorés et argentés. Il sera bon, aux trois panneaux durs, en carton ou bois léger, fixés à une tige horizontale — qui pourra être un vulgaire manche à balai — de clouer trois surfaces incurvées les recouvrant. Ces surfaces seront les tableaux destinés à s’animer, les palettes changeantes, le jeu de patience qui se forme tout seul! Dans l’encadrement d’une porte ou entre deux côtés d’un paravent, ce large pra-xinochrome tournera sans difficulté, comme tournent les disques du phénakisticope que nous avons décrit dans cette publication.
- Si vous soumettez ces tableaux à la projection d’un éclair rage électrique, la couleur avivée sera quasi féerique.
- Fig. 4. — Les trois faces rondes tournent dans une boîte cylindri-
- que. Elles présentent des découpures formant une rosace. Celles-ci sont tendues de surfaces transparentes et colorées, éclairées derrière par des ampoules qui, elles-mêmes, peuvent être colorées.
- Fig. 3. — Encastré par force dans un encadrement quelconque, l’appareil tiendra, grdee à deux talons tournants en caoutchouc, placés aux extrémités de la tige centrale et dans lesquels le triple panneau tournera.
- Une rosace. — (Tournoiement de pétales aux formes changeantes.)
- Une sorte de roue. —1 (Elle tourne et les rayons grandissent, diminuent, se multiplient.)
- Un labyrinthe. — (Sur chaque surface, une ligne aux savants détours).
- La kleksographie est l’art de faire des taches. Plus ou moins, nous l’avons tous pratiqué, enfants, sur nos cahiers d’école, en pliant de toutes manières les pages ornées de pâtés. Dépliant ces feuilles, nous avions la satisfaction de voir les taches s’étaler et revêtir des formes inattendues, en même temps que s’imprimer en deux ou trois exemplaires sur les parties tout à l’heure pliées.
- Ces taches qui, généralement, ressemblent, avec un peu de bonne volonté, à des ramifications, chevelures, chauves-souris ou poumons, seront donc des motifs pour le praxi-nochrome, d’autant plus faciles à représenter qu’ils se forment tout seuls, lorsque nous avons plié la feuille pour frotter dessus en appuyant.
- Luc Méghet.
- Ce moulin de la couleur séduira petits et grands. Translucide, le triple panneau éclairé derrière à l’aide d’ampoules placées dans un cône-réflecteur, constituera donc, non seulement une danse de la couleur, mais de la lumière, ou, pour mieux dire, de la couleur lumineuse, ou, de la lumière colorée. Bel effet, pour perrons, vestibules, grottes. Mais là, il n’est nullement nécessaire que la construction soit de grandes dimensions. Le praxinochrome sera simplement une rosace animée. Les faces rondes seront divisées par des lignes très noires et, entre chacune d’elles la couleur s’étendra, chatoyante. Ces faces peuvent aussi être opaques et noires; mais de jolis motifs y seront découpés. Derrière, on collera papiers, micas, gélatines transparentes et colorées. Ressort, caoutchouc, mouvement d’horlogerie petit moteur électrique, ou le vent, , voire la main de l’opérateur tenant une manivelle fera !se succéder ces trois épaisseurs. Celles-ci peuvent encorej tourner à l’extrémité d’un tube intérieurement noir. C’est alors que nous avons une illusion analogue au kaléidoscope et au thaumatrope.
- Les efforts du dessinateur et du peintre peuvent tendre à reproduire :
- Un vitrail. — (Chute continuelle de morceaux de couleur.)
- '/ ........ .......................
- Fig. 5. — A Vextrémité d’un tube noirci intérieurement sont placés les sujets. Une sorte de couvercle peut être adapte à celte lunette, on le retire pour changer les sujets. De petites fenêtres rondes éclairent les sujets en question.
- Trois miroirs peuvent, comme dans le kaléidoscope, refléter la couleur changeante et animée.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Matière, électricité, radiations, par M. Boll, 1 vol.
- 128 p., 40 fig., Delagrave éditeur, Paris, 1929. Prix : 7 fr. 50.
- Ce petit ouvrage de vulgarisation présente sous une forme claire et agréable les aspects caractéristiques de la physique contemporaine, science en pleine révolution et par là même captivante aussi bien pour le grand public que pour les spécialistes : structure discontinue de la matière et étude des propriétés essentielles de ses constituants : molécules et atomes, architecture de l’atome formé de particules électriques : électron et proton, oscillations électriques et rayonnement, nature de la lumière, sa structure discontinue, analogies du rayonnement et de la matière, transformation des radiations en matière et inversement.
- Éléments de biologie générale, par Étienne Rabaud.
- 2e édition, revue, 1 vol. in-8, 478 p., 57 fig. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Félix Alcan, Paris, 1928. Prix 45 fr.
- L’auteur, professeur à la Sorbonne, a voulu dresser un tableau d’ensemble des phénomènes vitaux, en donnant à chacun sa place relative, de façon à mettre en évidence les faits significatifs et à montrer leurs liens. C’est ainsi qu’il parcourt tout le domaine de la biologie générale dont il définit d’abord la méthode. Il montre la matière vivante, complexe colloïdal, déjà constitué en noyau et corps cellulaire, puis les organismes pluricellulaires formant une unité fonctionnelle; il étudie l’accroissement et le fonctionnement des individus depuis l’œuf ; il discute l’adaptation, la variation, l’hérédité et la notion d’espèces; il examine l’activité des organismes, depuis l’irritation jusqu’à l’instinct et l’intelligence. Enfin, il aborde la répartition géographique des êtTes, les problèmes de la persistance, de la disparition, de l’évolution des espèces. C’est un tableau d’ensemble, remarquablement documenté et exposé, de tous les grands problèmes de la biologie. On pourra discuter, certes, son trop rigoureux déterminisme, sa tendance trop didactique, trop explicative, son effort pour ramener la vie uniquement à une série de phénomènes physico-chimiques conditionnés par l’interaction du milieu et de la matière vivante. Quoi qu’il en soit de cette position philosophique, le livre de M. Rabaud est un de ceux qu’il faut lire, pour connaître l’état actuel de nos connaissances d’abord et plus encore parce qu’il oblige à réfléchir aux problèmes fondamentaux.
- Éléments d’histologie, par P. Boüin. Tome I. 1 vol. in 4,
- 334 p., 200 fig., 2 pl. en couleurs. Félix Alcan, Paris, 1929. Prix :
- cartonné toile, 120 fr.
- Tout le monde connaît l’œuvre du professeur de la Faculté de Médecine de Strasbourg, notamment sur les cellules interstitielles; elle compte parmi les plus importantes de notre génération. Voici un livre d’ensemble, écrit pour les étudiants, remarquable par son originalité, sa documentation et sa présentation. Il sera complet en 2 volumes. Le premier est consacré à la cytologie générale et aux tissus; le second le sera aux organes. En une série de chapitres suivis chacun d’un résumé, l’auteur examine la cellule, la division, la différenciation, la classification morphologique et fonctionnelle, les éléments de soutien, contractiles, nutritifs, le sang, la lymphe, les organes hématopoïétiques, les vaisseaux. Il le fait avec une grande précision et un large souci des questions de physiologie générale actuelles, notamment en ce qui regarde la physico-chimie du protoplasma. Son livre est un précieux guide pour tous les biologistes.
- Le cancer, maladie des cicatrices, par Auguste
- Lumière, 1 vol. in-8, 287 p. Masson et Gie, Paris, 1929.
- Le cancer est un des fléaux'humains dont on se préoccupe le plus en ce moment et les théories relatives à ses causes pullulent. Voici une mise au point et un élagage qui semblent bien marquer un tournant et indiquer une nouvelle voie aux recherches. Ayant beaucoup observé de malades au centre anticancéreux de Lyon, ayant une connaissance vaste et approfondie des problèmes physiologiques, l’auteur reprend la question d’ensemble. Il n’y a pas de microorganisme spécifique du cancer, il n’y a ni terrains ni maisons à cancer; le cancer n’est pas-contagieux. Tous les moyens thérapeutiques essayés montrent qu’une perturbation dans les échanges et l’état du malade enraye en même temps la prolifération du néoplasme. Le cancer apparaît comme une maladie des cicatrices, ae certaines cicatrices formées lentement, très anciennes, traumatisées secondairement, évoluant chez un individu aux humeurs favorables. Il y a dans cette conception une possibilité
- de prophylaxie, une voie pour les recherches thérapeutiques, un éclaircissement de la question qui donne beaucoup d’espoir. Et l’exposé est conduit de main de maître.
- K. Fkick (Berlin), Compte rendu annuel de bibliographie radiologique Premier volume : Année 1926. (Julius Springer, éditeur, Berlin 1929. Prix : RM. 38, 80.
- Cet ouvrage de 388 pages énumère tous les livres, publications, articles, comptes rendus des sociétés scientifiques et médicales ayant paru pendant l’année 1926, se rapportant de près ou de loin à la radiologie (lumière, rayons X, substances radio-actives, etc.).
- Tous les ouvrages et articles mentionnés et qui sont cités avec toutes les références nécessaires sont classés dans des groupes et sous-groupes judicieusement établis. Une liste alphabétique des noms d’auteurs — il y en a près de 6000 — se trouve à la fin du livre. Cet ouvrage qui représente un travail de compilation considérable est appelé à rendre les plus précieux services à tous ceux qui s’adonnent aux travaux scientifiques dans le domaine radiologique.
- La vie et les voyages du capitaine Cook, par M. Tuiéuy. 1 vol. illustré 238 p. Editions Pierre-Roger, Paris, 1929.
- M Maurice Thiéry retrace avec beaucoup de talent, et d’une façon réellement captivante, la belle carrière et les principales aventures de l’illustre explorateur anglais, admirable navigateur, parfait organisateur, et noble caractère. Petit mousse à bord d’un navire de commerce, Cook sut acquérir, par lui-même, à force de volonté et d’énergie, une instruction technique et scientifique approfondie. Marin accompli, il s’engage en 1755 comme simple malelot dans la marine militaire anglaise pendant la guerre contre la France; il se distingue rapidement et est choisi en 1768 pour diriger l’expédition scientifique envoyée par le gouvernement anglais dans les mers australes, en vue d’observer le passage de Vénus. Cook s’acquitta brillamment de sa tâche, et son voyage fut marqué par de grandes découvertes qui le rendirent célèbre en même temps qu’elles dotaient sa patrie d’un nouvel empire. Cook eut ensuite à diriger deux autres grandes explorations dans les mers australes, dans l’Océanie et le Pacifique. On sait comment il périt au cours de ce dernier voyage ; sa mort fut considérée comme un deuil pour tout l’univers civilisé : M. Thiéry met en relief les belles qualités de l’homme, ainsi que les grands résultats de ses célèbres expéditions. Son beau livre est un excellent résumé historique en même temps que d’une haute portée morale.
- Italie méridionale, tome III (Campanie, Basilicate et Calabre), Milan, Touring Club italien 1928, in-12 cartonné, 800 p. avec 23 cartes et 30 plans, 30 lire (15 pour les sociétaires).
- Avec ce volume, qui décrit une des régions les plus pittoresques, et en partie peu connue en France, de l’Italie méridionale (remarquable introduction sur les caractères physiques, économiques et démographiques de la région), se termine la magnifique publication du Guide d'Italie effectuée par le T. G. I en quatorze ans et poursuivie régulièrement malgré la guerre. Cette collection comprend seize volumes, dont six (Ligurie. Vénétie, Sicile) ont déjà une 2° édition, et deux (Piémont et Lombardie) une quatrième. Un prochain volume sera consacré aux colonies italiennes. L’initiateur et l’animateur de cette œuvre (qui a groupé tant de spécialistes éminents), L.-V. Bertarelli, est mort en 1926 avant d’en avoir vu le complet achèvement.
- Tissu et papier : Tome VI du Rapport général de l’Exposition des Arts décoratifs (1925). 1 vol. in 4, 103 p., 96 pl. en noir et en couleurs, Larousse, Paris, 1928. Piix •. 80 fr.
- Ce volume est consacré à l’étude de deux industries d’art qui voisinaient à l’Esposilion de 1925 et qui sont proches l’une de l’autre par la technique et le décor. Plus que pour toute autre, les créateurs de modèles ont eu la facilité de rénover les sujets, de présenter des motifs inédits, de s’inspirer des tendances actuelles dans le choix des nuances et la recherche des effets. Le Tome IV du Rapport général rend compte des résultats obtenus et donne les précisions les plus neuves sur l’œuvre des artistes en renom. Il contient en outre des descriptions techniques qui permettront de juger de la valeur du travail et de son exécution, en France et à l’étranger.
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- CHRONIQUE D'AVIATION
- Un dirigeable à enveloppe métallique.
- L’enveloppe de la plupart des dirigeable est faite d’une étoffe soutenue par une carcasse. Cette disposition a de graves inconvénients : les déchirures sont fréquentes et ce sont toujours des blessures graves pour la sécurité du bâtiment. Le danger d’incendie est également très sérieux. Bien des inventeurs ont donc cherché à substituer le métal au tissu. On peut citer dans cet ordre d’idées plusieurs tentatives faites aux États-Unis. En voici une qui a le mérite d’avoir été poussée jusqu’à la réalisation. Elle est due à M. Slate qui vient de constrtiire un dirigeable dont l’enveloppe est faite de bandes d’aluminium rivées.
- Une autre particularité de l’engin est d’être mû par une turbine à vapeur qui actionne une hélice unique, montée sur le nez du dirigeable.
- Le nouvel avion de tourisme Potez.
- Dans notre article sur l’aviation de tourisme (n° 2804, lor mars 1929), nous n’avions pu parler de l’avion Potez,
- Fig'. 2. — Le dirigeable hors de son hangar. [Phot. Keystone View.)
- dont la mise au point n’était pas alors terminée. Cet avion est fait aujourd’hui, et offre, en particulier, le grand intérêt d’être construit en série.
- Nous croyons donc utile de donner quelques détails sur ses caractéristiques.
- L’appareil est un monoplan, biplace, type conduite intérieure, à ailes repliables, muni d’un moteur Salmson 60 eh, type 5 Ac à refroidissement par air. Il est désigné sous le nom de Potez 36.
- Son mode de construction est identique à celui de l’avion de reconnaissance Potez 25 A2, dont plus de 1500 exemplaires sont aujourd’hui en service dans les aéronautiques françaises et étrangères. Il présente donc toutes les garanties désirables au point de vue robustesse de construction et qualités de vol; il offre en outre le maximum de confort et de commodité dans les aménagements. En outre, grâce à la construction en série, le prix de vente de l’avion, en ordre de vol, ne dépassera pas 50 000 francs, c’est sans doute le prix le plus bas atteint jusqu’à ce jour.
- La cellule est du type monoplan avec extrémités arron-
- Fig. 1. — Le dirigeable à enveloppe métallique sortant de son hangar. [Phot. Keystone View.)
- dies, les ailes sont repliables. Les longerons, caissons sont formés par deux semelles de spruce et âmes de contreplaqué. Les nervures sont formées d’une âme de contreplaqué et de semelles en grisard. Les ferrures sont en duralumin. Deux vergues réunies en un point de la partie inférieure du fuselage soutiennent la cellule Le revêtement est en toile.
- L’avion est à conduite intérieure dans une cabine en contreplaqué.
- Le fuselage porte en avant le groupe motopropulseur sur
- bâti en duralumin.
- Le train d’atterrissage est du type sans essieu, muni d’amortisseur avec jambes élastiques.
- Voici les caractéristiques générales :
- Envergure maximum........................ 10 m 45
- Envergure avec les ailes repliées. ... 4 m
- Longueur totale.......................... 7 m 50
- Hauteur totale........................... 2 m 45
- Profondeur de l’aile..................... 2 m
- Surface portante ........................ 20 m4
- Poids mort de l'avion comprenant tous
- les équipements fixes............... 427 kg
- Fig. 3. — Le Potez-36.
- Fig. 3. — Le Potez-36.
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- Fig'. 4. — Le Potez-36 ailes repliées.
- Poids de combustible................... 44 kg
- Poids mobile disponible................179 kg
- Poids total en ordre de vol............... 650 kg
- Performances.
- Vitesse horizontale maximum au sol. 150 km/heure
- Vitesse minimum au voisinage du sol. 60 km/heure
- Plafond absolu........................ 3600 m
- Longueur de roulement au décollage. 80 m
- Longueur de roulement de l’atterrissage. .................................. 40 m
- Ces chiffres montrent que le nouveau Potez offre bien toutes les qualités requises de l’avion de tourisme.
- Hydravion Rohrbach : « Rostra ».
- Les usines allemandes Piohrbach viennent de sortir un appareil commercial, le « Rostra », présentant des qualités intéressantes.
- Cet appareil est un hydravion à coque et flotteurs latéraux, à voilure monoplane et moteurs surélevés.
- La voilure comporte une partie centrale rectangulaire fixée à la partie supérieure de la coque et deux parties latérales, de forme trapézoïdale très pointue. Les ailerons sont encastrés dans les parties latérales de l’aile; ils sont compensés et de grand allongement. La structure de l’aile comprend : un caisson central en duralumin recouvert d’une tôle lisse de duralumin rivée; un bord d’attaque et un bord de fuite formés de nervures de profilés en U, recouvertes de tôle de duralumin.
- Ce type de construction, classique chez Rohrbach, fait travailler le recouvrement à la résistance ; il est particulièrement intéressant pour les efforts de torsion de l’aile.
- La coque est à deux redans ; sa proue est haute et son fond très amorti. Les flotteurs sont longs, à fond amorti; ils sont fixés au plan par un système de tubes d’acier profilés. Les formes, très étudiées, des carènes, donnent à l’appareil de belles qualités marines. La construction de la coque comporte des couples reliés par quatre longerons et par des lisses supportant une tôle de recouvrement rivée.
- Des cloisons étanches permettent la flottaison de la coque en cas de voie d’eau; chaque compartiment peut d’ailleurs bêtre vidé à l’aide d’une petite pompe à moteur.
- Le poste de pilotage est aménagé en conduite intérieure; il est placé en avant de l’aile. En arrière se trouve la chambre du navigateur, puis la cabine (pour 5 passagers), enfin la soute à bagages et une soute d’outils et de pièces de rechange.
- Le Potez-36 vu de profil.
- Un mât télescopique permet l’usage de la T. S. F. alors que l’hydravion est à flot; la génératrice est, dans ce cas, commandée par le moteur de la pompe d’épuisement.
- Les deux moteurs « Jupiter» de 450-610 ch sont placés côte à côte au-dessus de l’aile. Ils sont montés dans des nacelles portées par des mâts d’acier profilés. Les moteurs sont alimentés par quatre réservoirs situés dans la partie centrale de l’aile.
- Les caractéristiques principales sont les suivantes
- 26 m 90 15 m 60 77 mq 8400 kg 450 kg 213 km/h.
- 158 -2300 —
- - LHélicogyre Isacco.
- Le 18 mars dernier, M. Isacco, l’inventeur de l’hé-licogyre, a donné à la « Royal Aéronautic Society » quelques détails sur son appareil.
- L’hélicogyre est un hélicoptère d’apparence assez semblable à celle de l’autogyre de la Gierva.
- Il se compose d’un fuselage muni de gouvernes et portant un groupe motopropulseur à l’avant.
- Fig. 6. — L’avion Potez-36 vu en plan.
- Envergure...........
- Longueur. ......
- Surface portante . . Poids total en charge. Charge payante . . . Vitesse maxima . . Vitesse de croisière . Rayon d’action. . . .
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- Autour d’un axe vertical fixé à ce fuselage tourne une hélice dont les pales, comme celles de l’autogire, sont articulées. La rotation de cette hélice sustentatrice est assurée par des moteurs placés au milieu ou à l’extrémité des pales et actionnant des hélices à axe horizontal.
- L’hélicogyre n° 1 (construit en 1926 pour le gouvernement français) pèse 850 kg. L’hélice sustentatrice est à 4 pales; 2 moteurs Anzani de 50 ch assurent sa rotation (moteurs placés au milieu des pales). Le moteur de translation est un Anzani 35 ch. L’hélicogyre n° 1 décolla le 22 février 1927.
- L’hélicogyre n° 2 pèse 600 kg, l’hélice est à deux pales et porte aux extrémités de pales 2 moteurs Bristol « Cherub » de 32 ch, le moteur de translation est un Anzani 50 ch. Cet appareil décolla plusieurs fois.
- Un troisième appareil, construit actuellement par l’Air Ministry, aura une hélice sustentatrice à 4 pales, portant 4 moteurs Bristol de 32 ch Le moteur de translation sera un moteur « Genet » 100 ch.
- Les moteurs d’entraînement des pales étant arrêtés, l’appareil fonctionne exactement comme l’autogyre, par autorotation.
- ..—................à —- —- = 523 =====
- En vol normal, chaque pale travaille indépendamment des autres. Grâce aux articulations verticales et de traînée, l’hélice se met alors en tulipe, et le couple dû à la force centrifuge équilibre le couple dû à la poussée. Le seul effort transmis à l’axe est donc un effort vertical.
- Le fonctionnement des moteurs en rotation était le point délicat de la construction. Les essais ont été réalisés au point fixe : ils ont conduit à incliner la cuve du carburateur vers l’axe. Les expériences suivantes n’ont apporté aucun incident de ce côté.
- Fig. 7. — L’hydravion Rohrbach Rosira.
- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE
- Le graissage des roues de chemins de fer.
- Les roues des véhicules circulant sur les voies ferrées comportent, on le sait, outre la bande de roulement qui roule sur le rail, un boudin latéral destiné à empêcher le véhicule de sortir des rails dans les courbes. Cette partie de la roue, lorsqu’elle travaille, subit un frottement de glissement beaucoup plus énergique que le frottement de roulement et qui se traduit par une usure s’exerçant à la fois sur le rail et sur le boudin. Cette usure est d’autant plus rapide que le poids et la vitesse des véhicules sont plus élevés et que les courbes sont plus accentuées. Elle oblige à remplacer, au bout d’un certain temps, les rails dans les courbes et à rectifier les boudins des roues ainsi usées. Ces réparations sont fort onéreuses.
- Un remède se présente immédiatement à l’esprit : le frottement de deux pièces métalliques à sec l’une contre l’autre est toujours très élevé, on peut le réduire dans des proportions très grandes par une lubrification appropriée. Aussi de nombreux dispositifs ont-ils été proposés à cet effet. Sur le réseau P.-L.-M. on utilise dans ce but, sur un grand nombre de locomotives, un graisseur spécial construit par M. Buclar et récemment décrit dans la revue Arts et Métiers.
- Cet appareil se compose d’un organe graisseur en contact avec le boudin de la roue et suspendu par une articulation à une potence, elle-même montée sur la boîle à huile de la roue à graisser. Le dispositif graisseur reste ainsi toujours en contact avec la roue ; l’articulation autour d’un axe horizontal lui permet de prendre les mêmes déplacements latéraux que le boudin. L’organe graisseur est constitué par une roulette montée sur roulements à billes ; à l’intérieur est ménagée une cavité formant réservoir d’huile. Elle est munie d’un disque de graissage en matière poreuse communiquant intérieurement avec l’huile du réservoir.
- De très grandes économies ont été réalisées sur les machines munies de ce dispositif. Le réseau du Midi l’a expérimenté sur une locomotive de la ligne de Mende à La Bastide Saint-Laurent-les-Bains. Cette machine a pu effec-
- tuer 24 000 kilomètres avant retouche des boudins, alors que, antérieurement, les boudins étaient parfois rectifiés après 3000 kilomètres.
- PHYSIQUE DU GLOBE
- Les puits aériens pour le captage de l'humidité atmosphérique dans les pays chauds.
- Nous avons signalé déjà l’ingénieux dispositif préconisé par M. Knapen pour capter, dans les pays chauds et dépourvus d’eau douce, l’humidité de l’atmosphère. Le puits aérien est, en principe, une masse de maçonnerie sur les parois intérieures de laquelle l’humidité de l’air se condense pendant le jour, tandis que la nuit la circulation de l’air en assure le refroidissement.
- Dans une récente communication à la Société des Ingénieurs Civils, M. Knapen a précisé la solution qu’il entrevoit pour réaliser cette idée si séduisante. Il pense la faciliter au moyen d’un dispositif construit à l’intérieur du puits aérien pour y accumuler les différences thermiques dues aux abaissements nocturnes de température, afin de prolonger la durée du point de rosée et, par le fait, augmenter le rendement des condensations.
- A cet effet, il construit dans le vide de l’enveloppe bétonnée, dont l’épaisseur dépend de la chaleur spécifique des matériaux de remplissage locaux, une masse piriforme d’environ 8,30 m de hauteur, isolée complètement de l’enveloppe extérieure par un espace calculé.
- Au centre de cette masse, il ménage un puits de 8 m environ de profondeur et de 1 m de diamètre. Dans ce puits, il descend une cheminée de 33 cm de diamètre qui, après avoir traversé l’enveloppe extérieure, la dépasse de 50 cm, mettant son orifice supérieur en contact permanent avec l’atmosphère libre. L’orifice inférieur s’ouvre à une certaine distance du fond à partir duquel, et tout autour, 30 rangées successives de tuyanx en poterie de 1 m de longueur et de 10 cm de diamètre sont maçonnés, inclinés avec les orifices inférieurs fermés et les orifices supérieurs ouverts dans les parois du puits.
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- A l’extérieur de celte masse, les parois sont hérissées de lames de faible épaisseur en matériaux de chaleur spécifique peu élevée, comme des ardoises, du verre, etc., séparées par des intervalles de 20 mm. En outre, ces lames sont inclinées obliquement vers un angle plus bas que l’autre.
- Au-dessous de ces lames de condensation, 30 rangées de siphons monobranches de 30 cm de profondeur sont placées.
- Le fonctionnement de l’ensemble de ces éléments du puits aérien est très simple :
- Dans l’Afrique du Nord, les extrêmes de température varient pendant le jour de 30 à 55°C, tandis que, pendant la nuit, ils descendent depuis 11 degrés à moins de 4 degrés sous zéro.
- Pendant le jour, l’air échauffé, plus ou moins saturé, entre par des ouvertures ménagées à la partie supérieure externe du puits, se contracte et dépose ses condensations sur les lames condensatrices et les arêtes froides aussi longtemps que celles-ci sont au point de rosée.
- Les siphons, à leur tour, entrent en fonction et refroidissent les matériaux qui les entourent dans toute la périphérie du rayon de leur action.
- Après un certain temps, la chaleur ayant pris le dessus, les condensations s’arrêtent momentanément. La nuit suivante, le refroidissement de toute la masse centrale et des parois s’opère automatiquement par la pénétration de l’afflux d’air froid, plus dense, qui descend par la cheminée et rétablit le point de rosée pour les condensations du lendemain.
- Il faut tenir compte que l’atmosphère contient, d’après les relevés faits dans les stations d’Algérie et de Tunisie, des moyennes de 1 à 18 gr de vapeur d’eau par mètre cube d’air. Or, c’est précisément pendant les mois de juin, juillet et août que l’atmosphère de ces climats renferme le plus d’humidité et que se fait sentir la plus grande pénurie d’eau ; mais c’est aussi pendant ce même temps que les puits aériens donneront le maximum d’eau potable.
- DÉMOGRAPHIE
- La population du globe.
- D’après l’office permanent de l’Institut international de Statistique, la population totale du globe s’élève actuellement à 2 milliards d’individus contre 1600 millions en 1910. Elle se répartit comme suit : Asie : 900 millions, Europe : 500 millions, Amérique 220 millions, Afrique : 150 millions, Océanie : 7 millions.
- Yoici la population des différents pays d’Europe : Russie d’Europe : 115 millions, Allemagne : 62,5 millions. Grande Bretagne : 42,7 millions, Italie : 41 millions, France : 39,5 millions, Espagne : 21,3 millions, Pologne : 20 millions, Roumanie : 17 millions, Tchécoslovaquie : 13,6 millions, Yougoslavie : 13 millions, Hongrie : 8 millions, Belgique : 7,8 millions, Pays-Bas : 7,6 millions, Autriche : 6,5 millions, Suède : 6 millions, Grèce : 6 millions, Portugal : 5,4 millions, Bulgarie : 4,5 millions, Irlande : 4,2 millions, Esthonie :
- 4.1 millions, Suisse : 3,9 millions, Finlande : 3,5 millions, Danemark : 3,4 millions, Norvège : 2,7 millions, Lithuanie :
- 2.1 millions, Lettonie : 2 millions, Turquie d’Europe : 2 millions, Albanie : 0,8 million, Luxembourg : 0,26 million.
- HISTOIRE NATURELLE Les cigognes d’Alsace.
- Les cigognes d’Alsace tendent à disparaître. On constate, depuis un demi-siècle, une diminution considérable du nombre de ces oiseaux à la fois pittoresques et utiles.
- Le Comité d’histoire naturelle de la Société industrielle
- de Mulhouse vient de procéder à une enquête en vue de recenser le nombre de cigognes et de nids subsistant en Alsace et de déterminer les causes de la désaffection de ces échassiers.
- M. Ph.-A. Meyer, dans le Bulletin de cette société, rend compte des résultats de l’enquête faite auprès de toutes les communes du Haut-Rhin et du Bas-Rhin.
- En 1927, dans le département du Haut Rhin, 42 communes possèdent des nids, mais 96 nids seulement sont occupés, répartis sur 25 communes ; 62 jeunes cigognes y sont nées ; 31 nids y sont abandonnés. Dans le département du Bas-Rhin, 148 communes possèdent des nids ; 123 d’entre eux, répartis sur 114 communes, sont occupés, 52 sont abandonnés.
- Strasbourg, vers 1870, possédait 50 à 60 nids de cigognes. Yers 1890, le nombre des nids était tombé à 7, pour remonter à 13 de 1896 à 1902 ; aujourd’hui, il n’y existe plus un seul nid.
- Colmar, qui vers 1870 possédait 32 nids, n’en a plus aujourd’hui qu’un seul habité.
- Mulhouse n’a plus qu’un seul nid, du reste abandonné depuis 1915.
- L’industrialisation des villes semble en avoir chassé les cigognes ; mais ce ne peut être la seule cause qui explique leur abandon progressif de toute l’Alsace.
- Les travaux de drainage et d’assèchement, poursuivis au cours des 50 dernières années, ont entraîné une diminution sensible des prairies humides, des ruisseaux et des marais ; les grenouilles, aliment préféré de la cigogne, ont disparu des régionsasséchées. C’est là, sans doute, qu’il faut voir la raison du dépeuplement que nous signalons.
- M. Ph.-A. Meyer pose une autre question ; les cigognes, jeunes et vieilles, partent chaque automne pour aller passer 6 mois en Afrique. Les anciens couples reviennent régulièrement reprendre possession de leur nid. Cela se répète pendant une assez longue série d’années, car une cigogne peut vivre 30 à 40 ans. Mais il est manifeste que les jeunes cigognes ne reviennent pas, puisque, malgré un contingent de 400 jeunes cigognes environ qui naissent encore chaque année, le nombre des nids occupés, au lieu d’augmenter, diminue.
- Que deviennent ces jeunes cigogaeaux nés en Alsace et infidèles à leur mère patrie ?
- ARCHITECTURE
- Anticipations architecturales yankees :
- Les buildings sans fenêtres.
- D’après certains constructeurs de gratte-ciel, les fenêtres des immeubles ne seraient plus nécessaires. Ainsi des murs pleins, rien que des murs, isoleraient les locataires de ces futures bâtisses du reste du monde. Il paraît que c’est inévitable, la nature n’accomplissant sa tâche qu’imparfaitement et l’ingénieur l’assurant beaucoup mieux.
- Un des prophètes de cette nouvelle architecture, M.. Sullivan M. Jones, ancien architecte dé l’État de New-York, prévoit même que les gratte-ciel sans fenêtres atteindront une hauteur de 600 mètres (!) et couvriront d’immenses pâtés de maisons. Ces gratte ciel seront virtuellement des cités complètement indépendantes et comprises entre quatre murs. L’éclairage idéal le plus perfectionné que la science puisse inventer inondera les coins les plus éloignés d’une lumière parfaite, et si l’on craint que l’absence des rayons ultra-violets du soleil ne produise de mauvais résultats, M. Jones nous promet que ces rayons invisibles seront aisément formés par l’adjonction à chaque foyer lumineux d’.un tube à rayons ultra-violets.
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- Quant à l’atmosphère, bien entendu, mécaniquement réglée de cette cité murée, elle pourra être au choix de chacun des locataires, celle du bord de la mer ou de la montagne. Tandis que les hommes d’affaires, que leurs occupations appelleront dans la rue, sueront et souffleront dans un air chaud et poussiéreux, ceux qui resteront dans leur bureau seront au frais, dans un air sain, purifié, et travailleront à bon rendement dans une température réglée mécaniquement, avec un degré d’humidité contrôlé de façon à être parfaitement con« fortable. De l’ozone, artificiellement introduit, éliminera toute odeur désagréable, et l’on pourra également fournir synthétiquement l’odeur de la mer salée ou des pins de la montagne.
- Ce n’est pas tout. Du fait qu’il n’y aura plus de fenêtres, les habitants seront à l’abri du vent et des bruits de la rue, et par conséquent n’auront pas à se quereller pour savoir si une fenêtre doit rester ouverte ou fermée. En outre, le constructeur y trouvera son compte en réalisant une sérieuse économie. M. Jones affirme que l’établissement d'une baie coûte, au métré carré, deux fois autant que la maçonnerie, sans compter les frais d’entretien et de nettoyage. De plus, les fenêtres occasionnent une perte de calorique nuisible surtout en hiver, aussi l’auteur du projet prévoit qu’en épargnant cette dépense sur le chauffage, on couvrira les frais d’éclairage et de ventilation.
- Aux objections qu’on lui présente sur la répugnance des personnes à passer leur vie dans des caves ou des tombeaux, si somptueux soient-ils, notre Américain se borne à répondre que c’est une affaire d’habitude, invoquant l’exemple des monuments de l’antiquité, des palais et des temples, où les fenêtres étaient rares ainsi que de nos modernes salles de spectacles qui en sont dépourvues. Il ne doute pas un seul instant que l'on s’habituera aux « sans fenêtres », comme on s’est habitué aux gratte-ciel.
- Pour notre part, nous croyons que malgré les raffinements de confort que réserve M. Jones aux voies respiratoires et aux méninges de ses concitoyens ainsi ^claquemurés, ceux-ci aspireront à en sortir, au cas incertain, où ils auraient eu la curiosité d’entrer dans de semblables buildings.
- M. Bousquet.
- BOTANIQUE
- L’action des grands froids sur les graines.
- Dans un fort intéressant ouvrage édité récemment, M. P. Becquerel, professeur à la Faculté des Sciences de Poitiers, examine l’action des basses températures sur les organismes végétaux, et en particulier sur les graines. Il montre que sous.l’action de la sécheresse, la graine perd une notable quantité d’eau, la plantule passe alors à l’état de vie ralentie ou de vie latente, pouvant ainsi attendre longtemps le retour des conditions favorables à son réveil.
- Toutefois, cette vie latente qui a tant intrigué les biologistes n’est pas indéfinie; c’est ainsi qu’en faisant [germer, dans des bonnes conditions, 500 espèces de graines âgées de 23 à 192 ans, appartenant à trente des familles les plus importantes des plantes florales, M. Becquerel a noté que la conservation de leur pouvoir germinatif était assez restreinte. D’autre part ayant pris des graines de trèfle et de luzerne absolument sèches, c’est-à-dire privées totalement de l’eau qu’elles renfermaient et les ayant soumises à l’action des basses températures, de l’air liquide durant six semaines, de l’hydrogèDe liquide (— 253°) pendant plus de trois jours, et même de l’hélium liquide (— 269°) durant dix heures, ces graines ont donné de magnifiques germinations quand elles ont été replacées dans des conditions favorables.
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- Or, comme à ces basses températures dans le vide, le protoplasma des cellules de plantules et des graines privées d’eau et de gaz — devenu aussi dur que du fer— avait momentanément perdu son état colloïdal, ce qui rendait impossibles les phénomènes physico-chimiques de la vie, il est dès lors prouvé qu’on peut suspendre la vie chez certaines graines sans pour cela provoquer leur mort.
- Par contre, les mêmes expériences ont montré que les rayons ultra-violets tuent les germes desséchés dans le vide aux basses températures.[ Au point de vue de l’origine de la vie sur notre planète, ceci est tout à fait intéressant; on sait, en effet, que des savants prétendent que les germes de végétaux vivant sur d’autres mondes ont pu être ensemencés sur le nôtre, apportés par des météorites ou par des poussières cosmiques.D’aprèsles étudesde M. Becquerel, cette conception est impossible parce que, au bout de quelques heures de voyage, les germes les plus résistants que nous connaissons seraient détruits par ces dangereuses radiations qu’émettent, en formidable quantité le soleil et les autres planètes. On est donc obligé d’admettre que la vie végétale a une origine terrestre.
- AGRONOMIE
- Le siège sur les instruments aratoires.
- Si les charrues à siège ne se répandent pas plus vite chez nous, c’est qu’elles coûtent cher et exigent une traction plus
- élevée. On s’exagère du reste l’effort supplémentaire demandé à l’attelage.
- Il est de l’ordre de huit pour cent.
- Tout au moins espérerait-on trouver davantage de sièges sur les charrues polysocs qui tracent deux ou trois raies à la fois en terrain déjà ameublé par un labour ou un « crochetage ».
- Notre phographie montre un agriculteur canadien occupé à repiquer des betteraves porte-graines en rangées à la distance de deux raies de charrues.
- Tranquillement assis,dil trace les deux raies à la fois en sol meuble; un aide place les betteraves sur le flanc du sillon
- La surface « repiquée » par jour est sensiblement plus grande qu’avec une charrue à mancherons ou un plantoir.
- Croit-on que les betteraves sont reconnaissantes à celui qui se donne tant de peine pour repiquer.
- Pour la motoculture nous avons des charrues à siège. Peu à peu le siège se placera sur les machines tirées par deux chevaux, qui seront les plus nombreuses.
- Il y a déjà des semoirs, des herses, et des « cultivateurs-bineurs » à siège, qui n’ex'istaient pas avant la guerre.
- L’agriculture deviendra ainsi une position « assise ».
- Pierre Larue.
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- PETITES INVENTIONS
- CINÉMATOGRAPHIE
- Les lampes à incandescence pour la projection cinématographique.
- La projection cinématographique exige des foyers lumineux très intenses ; pendant longtemps, l’arc voltaïque a, seul, fourni la solution du problème et c’est encore lui qui est à peu près exclusivement employé dans les grandes salles de projection. Mais il présente un certain nombre d’inconvénients : il faut l’alimenter en courant continu ; or, aujourd’hui le courant est le plus souvent distribué sous forme alternative; un redresseur de courant dans ce cas est nécessaire. Pour avoir, avec l’arc, une lumière stable, il faut un réglage minutieux de charbon et une surveillance constante, car les charbons s’usent.
- Enfin, l’air dégage des vapeurs souvent gênantes ou nocives pour l’opérateur ; parfois même il y a des projections de
- charbons enflammés, qui peuvent faire naître des dangers d’incendie.
- Ces inconvénients, bien connus, ont depuis longtemps orienté les recherches vers la lampe à incandescence qui, à première vue, paraît plus pratique. On sait qu’il existe aujourd’hui des ampoules à grande puissance lumineuse, comparable à celle des arcs, mais cela ne suffit pas ; il faut réaliser une source de faibles dimensions et de très grand éclat pour obtenir une bonne image avec les systèmes optiques actuels. On y est parvenu en créant des lampes spéciales, fonctionnant à basse tension, et, par suite, avec une grande intensité de courant électrique. Sous courant alternatif, rien n’est plus aisé que d’obtenir ces basses tensions au moyen d’un transformateur.
- A titre d’exemple, nous décrirons la lampe de cinéma, créée par la Société Philips ; elle offre des particularités intéressantes.
- La figure 1 montre une de ces lampes, dont l’aspect étonnera sans doute. Cet aspect est cependant rationnel, nous
- allons voir pourquoi. L’éclairement de l’écran de projection est intimement lié à l’éclat du filament (à sa température) et il semblerait que l’on ait avantage à augmenter cette température dans des proportions assez grandes. Cependant, on est limité dans la pratique, parce que la vitesse de vaporisation du métal du filament croît avec la température, et qu’en élevant celle'ci exagérément, on réduit la vie de la lampe. Or, un filament durera d’autant plus longtemps qu’il est plus épais.
- Dans une lampe à atmosphère gazeuse, on considère que les parties de tungstène vaporisées par le filament se déposent sur la surface intérieure de l’ampoule, ce qui, à la longue, en cause le noircissement ; celui-ci est parfois si prononcé qu’il peut absorber 25 pour 100 du flux lumineux total, et même plus.
- La lampe que nous examinons conserve, au contraire, la même transparence du verre, grâce à sa forme spéciale.
- Elle doit être placée le culot vers le haut ; or, lorsque le filament est allumé, il s’établit un courant gazeux ascendant causé par les différences de température qui se présentent entre les parties supérieures et inférieures de la lampe,
- Le courant des gaz entraîne les particules de tungstène émises par le filament vers la partie sphérique voisine du culot, où le coin formé par le pied de la lampe le sépare ; ces courants secondaires deviennent tourbillonnaires et le tungstène se dépose sur la paroi supérieure de l’ampoule (fig. 2) ; de la sorte, le verre de la lampe reste toujours clair autour du foyer lumineux, ce qui était un des buts cherchés. Le corps lumineux, pour 15 volts et 50 ampères, n’a pas un centimètre carré de surface, ce qui est un gros progrès par rapport aux modèles fonctionnant directement sur le secteur (110 et 220 volts) ; la surface est, en effet, réduite presque de la moitié.
- La partie inférieure de l'ampoule renferme un miroir argenté ; ce miroir ne peut noircir, l’oxydation étant impossible à l’intérieur de l’ampoule ; par suite, son pouvoir réflecteur reste constant.
- Cette lampe ne demande que peu de modifications pour être adaptée aux appareils déjà existants ; il suffit d’un support permettant de la placer, le culot vers le haut, et d’un miroir parabolique de grand diamètre ; naturellement, l’objectif doit être lumineux.
- Notons que la lampe ne consomme que 750 watts (50 ampères sous 15 volts).
- Constructeur : Société Philips, 2, Cité Paradis, Paris.
- OBJETS UTILES Pour appointer les crayons.
- Voici un petit dispositif qui permet d’obtenir une pointe très fine des crayons à mine de plomb. 11 est constitué par un bloc de bois portant dans sa partie centrale une rainure en V. L’angle de cette rainure doit être un peu plus grand que celui des machines à affûter généralement employées dans les bureaux de dessin. Le bloc est coupé en deux, en suivant le fond de la rainure dans laquelle on colle un morceau de papier émeri sur chacune des faces.
- On fixe les deux parties de ce bloc avec des vis. L’appareil, pour son usage, est maintenu sur la table avec la main et on déplace le crayon d’un bout à l’autre de la rainure en V, en le faisant tourner progressivement entre les doigts. On obtient, de cette manière, une pointe parfaite.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Petits moulages en carton-pâte d’obtention facile.
- Le carton-pâte est susceptible d'applications diverses, car il permet d’obtenir facilement de petits objets moulés, godets, petites coupes, figurines que l’on peut après séchage décorer à son gré au moyen des vernis cellulosiques si répandus aujourd’hui, l’addition d’une trace de bichromate au liant qui est la gélatine permet en outre de rendre ces objets insensibles à l’humidité même s’ils ne sont pas vernis. Voici comment il faut opérer :
- Prendre : Vieux journaux..................100 grammes
- Blanc d’Espagne................ 700 —
- Plâtre......................... 200 —
- Colle forte..................... 10 —
- Couvrir la colle forte avec un peu d’eau froide, laisser gonfler pendant la nuit, liquéfier le lendemain au bain-marie.
- Faire tremper de même les vieux papiers dans une quantité d’eau suffisante pour imbibition complète, délayer de façon à avoir une pâte bien homogène, y ajouter environ un gramme de bichi’omate de potasse, chauffer et incorporer la solution de colle également chaude.
- Enfin en dernier lieu introduire le blanc d’Espagne et le plâtre préalablement mélangés ; opérer assez rapidement pour pouvoir couler la masse dans des moules graissés avant que le plâtre n’ait fait prise.
- Finalement démouler, laisser sécher à la lumière pour insolu-biliser la gélatine.
- N. B. La sciure de bois peut dans une certaine mesure remplacer le papier, mais la cohésion est moindre et le résultat plus grossier.
- M. Ledesert a Beaufort.
- Enduit pour toiles et bâches ne cassant pas au pliage.
- On sait que d’une manière générale, on imperméabilise les toiles en précipitant dans l’épaisseur des fibres un savon métallique de plomb ou d’alumine, ce que l’on réalise par des immersions successives en bain savonneux, puis en bain d’acétate de plomb ou d’acétate d’alumine, la solubilité des savons métalliques dans l’huile permet d’opérer d’une façon un peu différente donnant des tissus beaucoup plus souples, mieux imprégnés et ne cassant pas au pliage ou au froissement; on peut dans le cas d’un savon de fer pratiquer ainsi l’opération :
- Dans de l’eau chaude on fait dissoudre d’une part environ 50 grammes de savon noir, et d’autre part, même poids de sulfate de fer également dans une quantité suffisante d’eau chaude ; on mélange les deux solutions, ce qui donne naissance à un savon de fer qui se précipite, on le lave à plusieurs reprises par décantation et on le dessèche parfaitement, puis on le dissout dans un litre d’huile de lin à laquelle on a ajouté au préalable 100 grammes de dissolution commerciale de caoutchouc telle qu’elle est employée pour les réparations de pneumatiques.
- Le mélange étant rendu bien homogène, on l’applique au pinceau sur la toile de manière qu’elle soit imprégnée régulièrement, sans que cependant on voit l’huile ressuer à la surface. On laisse ensuite exposé à l’air pendant quelques jours pour permettre à l’huile de s’oxyder et de se transformer en linoxyne, souple, insoluble et imperméable.
- N. B. Ce procédé peut être appliqué à de nombreux articles de camping : seaux, baignoires de toile, etc., qui occuperont ainsi, rangés dans les coffres, le minimum de place.
- M. Valéry a Bercic-Plage.
- Comment supprimer les buées dans un local.
- Le seul moyen véritablement efficace en même temps que le plus simple et le plus économique pour supprimer les buées à l’intérieur d’une pièce, c’est de les évacuer.
- Ces buées résultent, en effet, de la condensation de l’eau en excès par rapport à la capacité d’absorption de l’air pour la température à laquelle il se trouve dans ladite pièce, si celle-ci est
- refroidie par suite de la situation isolée qui favorise la perte de chaleur par rayonnement, il est évident que l’air ne peut absorber que très peu d’eau et l’excès se condense sur les murs et les vitres.
- Quand on dispose d’une distribution d’électricité le remède est facile à appliquer, c’est d’installer un petit ventilateur électrique qui refoulera au dehors l’air saturé du local, cela par une ouverture placée en haut.
- D’autre part on assurera une rentrée d’air sec par une autre ouverture située cette fois au ras du sol et on entourera le tuyau d’arrivée d’une petite résistance chauffante pour reculer le point de saturation de l’air, une vanne-papillon permettra le réglage de l’entrée d’air.
- En manœuvrant suivant besoin, ventilateur et vanne, on déterminera sans peine un régime parfait, ne comportant aucune condensation, un petit hygromètre genre capucin sera ici d’un heureux emploi pour rendre visible, d’une façon suffisamment exacte, l’état hygrométrique de l’air.
- Pour des déterminations plus scientifiques permettant de traduire en chiffres, employer soit un hygromètre à boyau, type Richard, ou un psychomètre accompagné de tables.
- Choses et autres.
- M. Ferey, a BouLOGNE-sur-SEiNE. — La méthode à suivre pour tanner les peaux de serpents a déjà paru dans un de nos précédents numéros (n° 2799, 15 décembre 1928) en réponse à une question de M de Breuil à Ajaccio, veuillez bien vous y reporter.
- M. Walter a Hammam kl Lif — Vous trouverez tous renseignements pour la peinture sur ciment dans un de nos précédents numéros : Réponse à M. Lendresse à Tamatave.
- M. Laverluchère a Bois Colombes. — La préparation du stuc a été donnée il y a peu de temps dans le n° 2788, page 47. Vous y trouverez tous les détails pour bonne exécution.
- M. le Dr Chateau A Velizy — 1° Les extrait* vendus pour la préparation des liqueurs et sirops de fantaisie sont des mélanges d’éthers résultant de l'action d’acides organiques sur les alcools, principalement les alcools supérieurs ; voici à titre d’exemples deux imitations de fruits :
- Essence synthétique de framboises : Ether amylacétique . . . . Éther amylvalérianique . . .
- Formiate d’éthyle...........
- Acétate d’éthyle............
- Teinture de vanille. . .
- Teinture d’iris.............
- Essence de néroli...........
- 48 grammes
- 15 —
- 32 —
- 16 —
- 50 —
- 100 —
- 5 —
- Essence synthétique de fraises :
- Ether amylacétique.............. 35 grammes
- Formiate d’éthyle............... . 20 —
- Butyrate d’amyle................... 10 —
- Salicylate d’éthyle................ 10 —
- Teinture de vanille................100 —
- Teinture d’iris................... 250 —
- Essence de néroli................... 4 —
- Quant au sirop de grenadine du commerce, c’est un sirop de fantaisie qui n’a rien de commun avec la grenade, on le prépare en ajoutant une solution vanillée d’acide tartrique et d’acide citrique à du sirop de sucre ; d’après Cuniasse la préparation cou-
- rante se fait en prenant :
- Sucre cristallisé...................... 90 kg.
- Eau non calcaire.................... . 50 litres
- Acide citrique........................ 250 grammes
- Acide tartrique...................... 200 —
- Cochenille ammoniacale................. 400 —
- Infusion de vanille.................... 500 —
- Sur la quantité d’eau indiquée, on emploie 40 litres pour la confection d’un sirop avec le sucre; les acides citrique et tartrique sont dissous dans les dix litres d’eau restants; on y ajoute ensuite la cochenille, enfin la vanille, les deux solutions sont bien mélangées, après repos on filtre à la chausse.
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- 2° Les tuiles fêlées ou écornées peuvent être consolidées au moyen de ciment pur; mais, dans la pratique, il est de beaucoup préférable de les remplacer par des tuiles neuves, car les tuiles anciennes, sous l’influence des gels et dégels successifs, sont devenues friables et ne peuvent plus avoir qu’une durée précaire.
- M. Thorel a Louviers. — Nous avons publié dans le n° 2710 Boîte aux Lettres, page 87, une note très documentée sur les ciments magnésiens (Réponse à M. Bcmbois de Marseille), veuillez bien vous y reporter.
- Gomme complément, consultez le Moniteur scientifique de janvier 1925, ainsi que la note de M. A. Hutin dans La Nature n° 2699 du 26 décembre 1925.
- L’ouvrage « Les pierres artificielles » de M. Fritsch, éditeur Desforges, 29, Quai des Grânds-Augustins, pourra enfin vous fournir une documentation intéressante sur la question.
- E. L. J. R. a P arts. — Pour noiicir l'alumimum, opérer ainsi :
- Etendre au pinceau sur la plaque à noircir une couche d’huile d’ôlive ou de préférence d’huile de lin.
- Chauffer sur un bec Bunsen, l’huile cuit et contracte avec l’aluminium une très grande adhérence. La couche de cette sorte de vernis devient d’abord mordorée, puis passe au noir absolu très uniforme.
- Au cours du chauffage qui doit être assez élevé, on peut, si l’oxydation de l’huile paraît insuffisante, passer de nouvelles couches jusqu’à ce que l’on ait obtenu le résultat cherché.
- M. Fritsch Lany a St Mandé. — Vous aurez les renseignements les plus complets sur la bibliographie et les préparations commerciales du caoutchouc au journal « Le Caoutchouc », 49, rue des Vinaigriers à Paris.
- M. Champod a Lausanne. — Il n’existe pas, du moins à notre connaissance, d’ouvrage consacré uniquement aux vernis copals, mais vous trouverez tous les éléments de cette fabrication dans l’ouvrage extrêmement complet de Coffignier, « Les Vernis », éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille ; les différentes sortes de gommes copals y sont étudiées avec soin, ainsi que les procédés de pyrogénation qui doivent donner à celles-ci la solubilité nécessaire dans les véhicules habituels.
- Nous vous rappellerons toutefois que la fabrication des vernis demande une certaine pratique, ce qui fait que dans bien des cas il est préférable d’acheter les vernis tout faits, plutôt que de chercher à les préparer soi-même.
- M. Piquot a Menton. — 1° Nous n’avons pas eu l’occasion d’avoir en mains les spécialités auxquelles vous faites allusion, il ne nous est donc pas possible de vous renseigner sur leur composition.
- 2° Le moyen le plus pratique et le plus économique de régénérer les benzines ayant servi au dégraissage, sans recourir à la distillation, est d’utiliser le pouvoir fixateur des composés alumineux, en particulier des argiles blanches connues sous les noms de terre de Sommières, terre à foulons, etc. Après agitation prolongée on laisse au repos et décante. Toutes ces opérations devront, bien entendu, s’effectuer loin de tout foyer et de préférence au grand air.
- Dans cet ordre d’idée, vous pourrez utiliser le produit désigné commercialement sous le nom de Lorcol, fabriqué par la Lubrification Oil Recovery C°. Yoik Terrasse 65, à Londres.
- Si vous désirez n’employer qu’un liquide parfaitement limpide vous pourrez utiliser pour la clarification du liquide épuré le Supercentrifugeur Sharples, 1, rue Taitbout.
- M. Duband a Paris. — Vous trouverez dans le numéro 2786 du 1er décembre 1928, page 526, toutes indications nécessaires pour préparer un excellent écran cinématographique métallisé.
- M. Bourlier a Boissy-Saint-Léger. — Nous avons répondu aux questions posées dans le numéro 2798 du 1er décembre 1928, page 528, veuillez bien vous y reporter.
- M. le Dr César a Culoz. — Pour conserver le brillant du cuivre poli, il suffit d’appliquer comme enduit protecteur une dissolution à 9 pour 100 d’acétate de cellulose dans un mélange à parties égales d’acétone et d’acétate d’amyle.
- M. le Dr Albert a Amplepuis. — 1° Vous pouvez employer pour noircir les impressions aux sets de plomb le procédé que nous avons déjà signalé pour rendre visibles les coutures effacées :
- Dans une boîte en carton ayant environ dix centimètres de hauteur et dont les autres dimensions sont réglées par celles de la
- feuille à traiter, on place à moitié de sa hauteur un cadre sur lequel est tendue une étoffe à mailles larges, gaze ou toile de bluterie, puis on assure la fermeture supérieure de la boîte au moyen d’une vitre, ce qui permet de suivre le noircissement sans avoir à toucher au couvercle.
- ) Au fond de la boîte on place une soucoupe et verse dans celle-ci quelques centimètres cubes de sulfure d’ammonium jaune tel qu’il est employé comme réactif dans les laboratoires; au-dessus on dispose le cadre et le filet portant la feuille dont on a imbibé d’eau l'envers avec une éponge de façon à la rendre simplement humide, puis on ferme au moyen de la vitre.
- Une fois le noircissement réalisé, il ne reste plus qu’à rincer la feuille à grande eau pour éliminer l’excès de sulfure dont elle est imprégnée.
- 2° Fabricants d’encres d’imprimerie pour gravure» : Lorilleux, 16, rue Suger, Paris 6° — Lefranc, 12, rue de Seine. — Milori à Montreuil-sous-Bois, Seine — Detourbe, 7, rue Saint-Séverin.
- M. le Dr Dorche a Gap. — Pour pouvoir juger de la composition de votre simili-cuir, il faudrait avoir en mains un échantillon. Très probablement il s’agit d’un article 1ype moleskine à l’huile de lin lithargée, ce qui explique pourquoi il s’est mal comporté en présence des produits couramment vendus pour l’entretien des autos et qui sont constitués par de la vaseline diluée dans une quantité suffisante de pétrole, mélange qui représente un très bon solvant des matières grasses.
- Comme vernis souple protecteur du simili-cuir, vous pouvez employer le suivant :
- Acétate de cellulose................ 300 grammes
- Tétrachloréthane................... 3600 —
- Triacétine.......................... 30 —
- Alcool à 95°........................ 400 —
- Ce vernis peut être employé tel quel, ce qui donne une pellicule incolore transparente invisible ou bien être additionné d’une couleur d’aniline appropriée au ton général du simili-cuir.
- N. B. On ajoute parfois comme ignifugeant un peu de phosphate triphénylique.
- Chambonnière a Montéljmar.— 1° Il est toujours très difficile, à cause de la différence des coefficients de dilatation, de faire adhérer le papier au métal, ce que l’on peut faire de mieux est de passer sur celui-ci avant collage une légère couche d’eau acidulée à 5 pour 100 par de l’acide chlorhydrique.
- 2° Pour faire tomber la mousse qui se forme à la surface des sirops sucrés à l’ébullition, il suffit d’y projeter gros comme une noix de beurre frais.
- 3° Les liquides que l’on répand sur les charbons industriels pour en faciliter la combustion ne sont autre chose que des dissolutions de bichromate de potasse ou de soude.
- 4° Les parquets sans joints, lorsqu’ils sont bien exécutés, sont sains, résistants et non hygroscopiques, le procédé actuellement bien mis au point ne comporte guère, vu sa simplicité, de modifications à prévoir.
- 5° D’après les renseignements qui nous sont parvenus, l’épuration des eaux par les alumino-silicales alcalins que l’on rencontre dans le commerce sous le nom de permutite ou zéolithe donne de très bons résultats avec cet avantage que l’agent d’épuration est revivifié par traitement avec une solution de sel marin, de plus au moyen de deux cylindres épurateurs fonctionnant alternativement, l’épuration peut être continue. Pour tous renseignements sur ce procédé, s’adresser aux maisons Phillips et Pain, 1, rue Taitbout (Permutite) ; Noël Adam et J. B. Gais, 6, rue Cabanel 15e (Zéolithe).
- 6° Les produits qui caractérisent les amandes amères (hydrure de benzoïle et acide cyanhydrique) ne préexistent pas dans les amandes, ils résultent de l’action d’une substance particulière, l’amygdaline (1 à 2,5 pour 100) sur la synaptase ou émulsinc, matière albuminoïde que l’on rencontre également dans les amandes douces.
- Sous l’influence de l’eau, l’odeur et le goût propres aux amandes amères se développent, ce n’est qu’à partir de ce moment que la différence entre les variétés d’amandes se manifeste; d’après ce qui vient d’être dit, un traitement préalable des amandes amères devrait porter sur l’amygdaline et serait certainement plus coûteux que de faire un choix.
- 7° Tout menuisier est en mesure de fabriquer les moules en question.
- Le Gérant : G. Masson.
- 97.b?o. — Paris, lmp. Lahure. — 1-6-29.
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- N" 2811.
- LA NATURE
- 15 Juin X 929,
- UNE MINE FRANÇAISE D'ÉTAIN
- CHARRIER (ALLIER)
- La France ne produisait plus d’étain, depuis le lointain abandon de la mine de Montebras, dans la Creuse. Elle doit, de ce chef, importer un tonnage considérable de l’étranger, en raison de sa grande consommation de fer-blanc. Cependant, ses ressources en étain ne sont pas
- date, l’attention avait été attirée sur les possibilités de recueillir de l’étain dans le gisement de Charrier-la-Prugne, dont on s’était surtout préoccupé de rechercher les richesses en cuivre au cours des âges. Les explorations scientifiques et méthodiques poursuivies depuis
- Fig. 1. — Les mines de Charrier. Puits Félix et St-Paul.
- négligeables. Les dépôts stannifères des Cornouailles britanniques se retrouvent, dans des conditions géologiques similaires, mais plus restreintes, en Bretagne, et, en particulier, à la Villeder (Morbihan), à Penestin, à l’embouchure de la Vilaine, à Questembert, sur la grève de Piriac, et à Abbaretz.
- Dans le centre du territoire national, la cassitérite a été reconnue, non seulement à Montebras, mais aussi bien dans les granulites de Vaulry et Cieux (Haute-Vienne), parmi les kaolins de Chanteloube (Haute-Vienne) et des Colettes (Allier), ou encore, associée au wolframm de Puy-les-Vignes (Haute-Vienne) et au bismuth de Meymac(Corrèze). De fait, le minerai ne serait sans doute exploitable qu’à Vaulry-Cieux.
- Pourtant, on ne saurait méconnaître que, de longue
- quelques années ont permis de déceler une formation exploitable d’étain, et confirmé les espérances qu’on pouvait fonder sur des haldes anciennes. La mine va pouvoir concourir aux besoins du pays en matière d’étain. C’est là un progrès digne d’intérêt, et qu’il nous a semblé nécessaire d’évoquer devant les lecteurs de La Nature.
- Disons immédiatement que la concession de Charrier se trouve à trente-cinq kilomètres de Vichy, sur la commune de la Prugne, à la bordure du département de la Loire, qui en constitue la limite. Elle appartient à la région du Forez, singulièrement riche en minerais non utilisés. La concession mesure 703 hectares, et son siège d’extraction est éloigné de 6 kilomètres de la station de Saint-Priest-la-Prugne, petite gare de la voie étroite reliant Vichy à Saint-Just-en-Chevalet et Boen. Charrier
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- n’est, d’autre part, distant de Glozel que d’une dizaine de kilomètres. Ce sera demain un lieu de pèlerinage pour les touristes éclairés.
- GÉOLOGIE DU DÉPÔT
- Au point de vue géologique, on observe que le sous-sol est formé, dans ce rayon, par une bande de schistes anciens est-ouest, alternant avec des quartzites et des grauwackes. Des éruptions porphyriques ont troué la masse schisteuse. Des granits décomposés isolent fréquemment les pointements porphyriques du schiste originel.
- Cette formation a été profondément fracturée au cours
- des convulsions de l’écorce terrestre. On a constaté ainsi l’existence de coupures Nord-Sud, lesquelles sont minéralisées en plomb, et de recoupes transversales, plus volontiers orientées Nord 60° Ouest, où s’associent le cuivre, l’argent, l’étain et quelques terres rares.
- Il semble, très nettement, que la minéralisation a été consécutive aux éjections porphyriques, car c’est au voisinage des dykes qu’on peut constater les zones les plus riches. Néanmoins, les imprégnations peuvent s’étendre à d’assez grandes distances dans les schistes anciens de base.
- Les exploitants d’autrefois avaient cru devoir conclure à une discontinuité du dépôt et à une formation en amas,
- fréquente dans les gîtes sulfurés. Ils ne s’étaient pas rendu compte de la présence de l’étain, et les travaux récents ont mis en lumière que le minerai stannique reliait sensiblement les zones cuivreuses.
- Nous devons remarquer, à cet égard, que des observations analogues, bien que ne se rapportant pas à l’étain, ont démontré l’homogénéité d’autres gisements sulfurés, niée dans le passé.
- Le caractère de la minéralisation, venue des entrailles de la planète, permet, simultanément, d’envisager un dépôt s’étendant en profondeur, comme dans les Cornouailles anglaises.
- Les fractures de Charrier nord-ouest contiennent essentiellement : de la pyrite de cuivre, de la chalcopyrite, de la philippsite ou sulfure double de cuivre, souvent argentifère, et des schistes ferrugineux stannifères, dans une gangue de chlo-rite, qui, au contact de l’air, devient d’un vert ocreux, et de mica. Certaines veines renferment de la barytine et de la galène
- Les filons, dont on n’a étudié qu’un petit nombre, trois en réalité, ont une ouverture moyenne d’une dizaine de mètres, mais d’aucuns ont accusé 25 mètres de puissance. Le pendage des bandes galéniques Nord-Sud voisine la verticale, alors que les filons stannifères et cuivreux sont inclinés de 70° vers le Nord-Est.
- CARACTÈRES ET TENEURS DES MINERAIS
- M. Orcel, assistant au Muséum, qui a analysé les produits de Charrier avec un soin tout spécial, a fourni sur ceux-ci une documentation d’une haute valeur scientifique. Il a distingué les minerais de zones riches des schistes cuprifères. Les premiers allient très étroitement l’érubescite et la chalcopyrite, qui ont dû être cristallisées en même temps. Des plages de chalcosine ou des filaments de cette nature sont repérables dans le minerai, où l’on décèle aussi des cristaux isolés de blende. On en peut déduire que le minerai cuprifère est d’origine primaire. L’étain n’apparaît qu’à l’état de cassitérite, jamais de stannine dans les échantillons examinés. L’étain forme des amas de petits grains arrondis, parfois intimement liés à la blende.
- Quant aux schistes minéralisés, les uns sont constitués par de la chalcopyrite, accompagnée d’érubescite et de pyrite, les autres par une association de chalcopyrite et de chalcosine, avec inclusions de blende et de cassitérite, en grains disséminés dans la masse. M. Orcel a, d’ailleurs, signalé que ces schistes sont souvent riches en étain.
- Il juge que la précipitation de la cassitérite se serait opérée, soit par action de l’eau sur un sulfure d’étain,
- Légende
- ' phi/ippsite exploités a de/ ouvert
- exploités
- reconnus au puits 5*Meme
- Filon de galène
- Filon de plomb recoupé en amont du Village Cbarnt
- , Coupe verticale suivant AB
- Fig-. 2. — Les mines d’étain de Charrier-la-Prugne. Plan des travaux et coupe verticale.
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- soit par action préalable, avant réaction, d'acide carbonique sur un sulfo-stannate de soude.
- Quoi qu’il en soit, la teneur des minerais de Charrier présente une valeur industrielle qu’on ne saurait méconnaître.
- La couche Saint-Paul a fourni des échantillons accusant, à diverses époques, les teneurs suivantes :
- Etain 27 kg 600 37 kg 700 0 kg 42 42 kg 700
- Cuivre » 11 kg 200 0 kg 10 52 kg 200
- Argent » 0 kg 154 0 kg 75 »
- Fer » » » 246 kg 500
- Dautre côté, pour l’amas 3, on a enregistré : étain 35 kgs 300, cuivre 78,300, fer 306,300. Tous ces chiffres sont calculés par tonne de minerai tout venant. Une analyse ultime, de mars 1929, portant sur des prises effectuées dans toute la mine, a donné : étain 22 kilos, cuivre 60, argent 4,16 grammes.
- LA MINE ET LE GISEMENT
- Les exploitations anciennes et les travaux récents n’ont effectivement porté que sur 4 hectares, sur les 703 de la concession. Ils ont permis de reconnaître un amas dit n° I, et un second (n° II) de part et d’autre du puits St-Joseph; ces deux centres avaient été explorés par les anciens propriétaires, mais l’étain qui les avoisine leur était demeuré complètement ignoré. Un troisième enrichissement a été mis au jour par le moyen d’une galerie dite de la Tranchée ouverte à la côte 687. La lentille s’étend sur plus de 100 mètres de longueur avec une puissance de 10 mètres environ. Elle a été suivie sur 50 mètres de hauteur.
- Une galerie d’évacuation des eaux au niveau 652, longue de 450 mètres, a, de son côté, décelé une quatrième zone, tandis qu’un amas 5 a été rencontré un peu au-dessus du niveau de la Besbre, qui coule au fond de la vallée, dont la mine occupe présentement le flanc oriental.
- Quatre niveaux d’extraction ont été poursuivis : le niveau 724, desservi par la galerie St-Marcel, lè niveau 687, ou de la Tranchée avec 300 mètres de galeries réalisées, le niveau 652 avec plus de 600 mètres de voies, et le niveau 570 de l’amas 5.
- Mais, déjà a été entrepris, ou plutôt amorcé, un niveau 515, sous la Besbre, tandis qu’on exploitait les altitudes supérieures aux zones reconnues. C’est ainsi qu’à 400 mètres au-dessus du lit de la rivière, et à 300 mètres de l’est des dépôts, on découvrait, dans leur alignement, le filon du Chatelard.
- Il importe d’ajouter que la minéralisation a été observée à 1 kilomètre vers l’Ouest par le puits Sainte-Marie, et qu’un puits a recoupé, à 158 mètres, des galènes argentifères, qui seront étudiées dans la suite.
- HISTORIQUE DE LA MINE ET
- AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS RÉCENTS
- Des études d’archéologues locaux, il ressort que la mine fut exploitée par les Romains.
- Fig. 3. — Creusement des travers-bancs de roche dure au fond de la mine.
- Cependant, aucune trace ne subsiste de travaux postérieurs jusqu’en 1840, date à laquelle fut foncé un puits, de 25 mètres. Les afflux d’eau devaient interrompre une initiative médiocre qui ne fut reprise qu’en 1868. Un puits cylindrique Félix ayant été exécuté, du cuivre panaché décelé, et quelques capitaux engagés, on traça un escalier de 100 marches dans le minerai, et on établit le puits Sainte-Marie dans une région vierge.
- On affirme qu’un filon cuivreux y fut recoupé jusqu’à 80 mètres, et que le minerai y accusait jusqu’à 25 °/o de cuivre. Mais le départ pour l’Amérique de l’animateur,
- Fig. 4. — Les mines de Charrier.
- Les bâtiments administratifs.
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- une gestion maladroite, la difficulté de transports à 40 kilomètres, l’installation d’une fonderie insuffisante, un manque de préparation blâmable, la carence des recherches devaient provoquer le déclin de l’entreprise. Piret, son auteur, retour du Nouveau Monde, la racheta pour une bouchée de pain, vers 1880. La mine végéta, puis sombra dans l’oubli.
- Elle devait être reprise en 1910, mais ce n’est qu’après
- Fig. 5. — Abatage du minerai.
- la guerre qu’elle fut étudiée avec méthode, et organisée pour une exploitation industrielle. Le puits Félix, de 10 mètres carrés de section, a été descendu à 205 mètres, sans avoir recoupé les granits susceptibles de fermer le
- gîte : le puits Saint-Paul, de 2 m 80 de diamètre circulaire, a déjà été poussé à 60 mètres. De nombreuses galeries et traçages ont été réalisés. La mine est en état, désormais, de produire cuivre et étain dans des conditions normales.
- INSTALLATIONS DE SURFACE
- L’électricité est à la base de toute industrie minière moderne. Sans elle, il ne saurait être question de juguler l’eau, de franchir les niveaux hydrostatiques, qui avaient arrêté nos ancêtres, de trouer des roches particulièrement dures, de suppléer aux défaillances de la main-d’œuvre. La mine d’étain-cuivre de Charrier a donc naturellement électrifié tous ses services, treuils de puits, compresseuis, marteaux pneumatiques et piqueurs du tréfonds, ateliers d’entretien et de réparations, maisons ouvrières et bureaux. A cet effet, elle a discipliné la Besbre, pour équiper une usine hydroélectrique de 90 chevaux; elle a aménagé une station thermique de 250 chevaux-vapeur et Diesel près du puits Félix, et le jour est proche où elle pourra emprunter de l’énergie au secteur de Vichy, actuellement fixé à 14 kilomètres de la mine, au Mayet-de-Montagne.
- Très judicieusement, l’ancienne laverie a été sacrifiée, et une nouvelle usine, conçue d’après les derniers perfectionnements, et prévue pour l’extraction de l’étain, va être réalisée sans délai. Elle pourra traiter 25 à 30000 tonnes par an. Elle comprendra, à cet effet, un broyage, un triage magnétique, un atelier de flottation et un lavoir pour le traitement des résidus de minerais d’étain. Il sera loisible de recueillir ainsi 95 °/0 du cuivre, 70 °/0 de l’étain, plus l’argent.
- CONCLUSION
- Une mine métallique moderne exige : 1° une étude géologique très attentive de la part de savants qualifiés; 2° une préparation du gîte pour quatre ou cinq ans; 3° des installations utilisant tous les progrès de la science. Il lui faut consentir à la fois du temps et beaucoup d’argent. Rien n’a été épargné pour que la mine de Charrier répondît à ces desiderata. M. l’inspecteur général des Mines Haton de la Goupillière la déclarait « l’une des plus riches métalliques de France ». Or il ignorait ses ressources en étain, reconnues en ces derniers temps. Il semble, tout de même, qu’un esprit nouveau souffle sur la France, et que celle-ci cherche désormais à tirer parti de ses trésors naturels, éternellement méconnus. Auguste Pawlowski.
- NOTRE SIXIÈME SENS
- 1
- Il ne s’agit ici ni de théorie, ni de polémique. C’est de la physiologie. Pendant cinquante ans, j'ai enseigné la physiologie à l’Université de Paris. On ne m’y refusera donc pas quelque compétence. Harvey, Haller, Lavoisier, Spallanzani, Jean Muller, Claude Bernard, Marey,
- Pasteur, sont les maîtres vénérés dont j’ai lu et relu l’œuvre, et dont l’enseignement est toujours présent à mon esprit.
- Ils s’accordent tous à reconnaître à la physiologie deux bases : l’observation et l’expérience. L’expérience n’est d’ailleurs qu’une observation provoquée, par conséquent répétée et répétable.
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- Si donc, dans ce bref exposé, j’indique des faits (c’est-à-dire des expériences et des observations) dont personne ne puisse sérieusement contester le bien-fondé, j’aurai écrit un chapitre de physiologie. Telle est ma formelle prétention (I).
- 11 importe assez peu que mes propositions paraissent, au point de vue étroit de la physiologie classique, invraisemblables, voire absurdes. Nous savons que le sort de toutes les découvertes, de toutes les innovations, fut tel ; depuis la persécution de Galilée, depuis les opinions de Harvey qui, malgré des preuves formidables, ne furent définitivement acceptées qu’au bout d’un demi siècle; depuis les idées de Pasteur, dont tous les médecins repoussèrent pendant vingt ans la doctrine de la génération non spontanée et de la panspermie; depuis les découvertes de Claude Bernard qui, en dépit d’expériences admirables, n’a réussi qu’au bout de quinze ans à faire accepter la formation du sucre par l’organisme animal; depuis les affirmations de Boucher de Perthes, qu’on essaya de ridiculiser parce qu’il croyait les silex taillés d’origine humaine préhistorique.
- 1. Pour plus de détails, voir mon ouvrage qui porte le même, titre : Notre sixième sens. Éditions Montaigne, Paris, 1929.
- Fig. 2. — Une autre expérience sur un autographe
- de Sarah Bernhardt.
- « Je dis à Ossowietski que, s'il veut me donner encore une expérience, je lui ferai don d’un autographe de mon illustre amie Sarah Bernhardt. Alors j’envoie un télégramme à Sarah Bernhardt qui me répond aussitôt par une lettre que je n’ouvre pas, que je ne décachette pas, et je prie S. O. d’essayer de la lire avant que l’enveloppe ait été ouverte. La lecture a été difficile. Elle a duré près de deux heures et demie. Il dit finalement : La vie, la vie, la vie, quatre ou cinq lignes, et, au-dessous, la signature de Sarah Bernhardt, une signature montante. Finalement, il arrive à ceci que j’inscris : La vie semble humble parce qu’il y a seulement de la haine, c’est un mot tellement français que je ne peux pas le dire.
- C’est un mot de huit lettres. Point d’exclamation. » (Charles Richet, Le sixième sens, p. 166.)
- 533
- J A. C-CX
- 9e ^
- ^ V-—;
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- Fig. 1. — Une curieuse expérience de M. le professeur Charles Richet sur un autographe de Madame de Noaitles.
- « Le jour de mon départ pour Varsovie, la comtesse Anna de Noailles m’avait remis à Paris trois enveloppes, cachetées par la gomme ordinaire des enveloppes. J’igaorais complètement le contenu de ces trois écrits. Je les montre à Ossowietski en lui disant d’en choisir un. Il choisit au hasard le n° 3 que je garde soigneusement dans mon portefeuille et que je lui donne le lendemain Alors il prend l’enveloppe, la malaxe fiévreusement pendant assez longtemps (environ trois quarts d’heure). Il sait que c’est de Mme de î^oailles. Mais il n’en sait pas davantage, Moi non plus. Geley et moi nous ne quittons pas des yeux la lettre qui reste constamment entre les mains de Stephan Ossowietski.
- Voici les paroles textuelles de S. O. : Il n’y a rien pour moi. C’est quelque chose d’un très grand poète français, j’aurais dit Rostand. Quelque chose de Chantecler. Quand elle parle de Chantecler, tlle écrit quelque chose du coq. Il y a une idée de lumière pendant la nuit, une grande lumière pendant la nuit, puis Rostand avec la belle poésie de Chantecler ... Mais il y a encore quelque chose, dit-il, après une demi-heure de malaxation de l’enveloppe. Les idées de la nuit et de la lumière ont été les premières avant qu’il y ait le nom de Rostand. Il y a encore des lignes, deux lignes, un mot avec deux lignes en dessous. » (Charles Richet, Le sixième
- sens, p. 163.)
- Il faut donc bannir toute frayeur quand il s’agit de faits nouveaux, si hautement invraisemblables qu’ils paraissent.
- La science d'aujourd' hui est constituée par les invraisemblances d'hier.
- Alors nous irons de l’avant, résolument, nous appuyant sur l’observation et l’expérience, sans nous préoccuper des doctrines classiques, quelque vénérables et quelque antiques qu’elles soient.
- II
- Nos cinq sens sont des appareils qui, émouvant notre sensibilité, nous donnent quelque notion du monde extérieur. La rétine, la membrane de Gorti, la muqueuse olfactive, la muqueuse linguale et la peau transmettent au sensorium commune les ébranlements que leur communique le monde extérieur. Même on a admis de toute antiquité que, sans exception, toute notre connaissance du monde extérieur vient de là. Nous ne savons, dit-on, de la réalité des choses que ce que les vibrations de nos sens nous ont appris.
- Et, assurément, il en est ainsi pour chacun de nous et dans toutes les minutes de notre existence, de sorte que l’habitude, se combinant avec une expérience immense, quotidiennement répétée, et qui ne rencontre presque
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- pas d’exceptions, nous fait affirmer avec une grande force et une énorme vraisemblance que nous ne savons du monde que ce que nos cinq sens nous ont révélé.
- Ai-je besoin de rappeler que nos sens ne nous donnent qu’une modeste notion du monde extérieur? Il y a des rayons ultra-violets, des forces magnétiques, des ondes hertziennes, que nos sens ne peuvent nous faire connaître qu’après l’emploi de certains appareils de physique. Nous sommes donc amenés à conclure qu’il y a dans le monde des forces vibratoires que nos sens sont absolument impuissants à nous révéler sans un dispositif spécial qui les renforce ou les transforme.
- Même tout permet de supposer qu’il est d’autres forces encore ni décelées ni décelables par nos appareils de physique.
- Et voilà ma première proposition, tellement simple, tellement évidente qu’il me semble inutile d’insister : Nous sommes entourés de vibrations multiples que, physiologiquement, nos cinq sens ne peuvent pas nous faire connaître.
- Or il me paraît démontré — à la fois par l’observation et par l’expérience — qu’à certains moments (très rares) quelques individus (très rares aussi) peuvent connaître du monde extérieur ce que nulle émotion de leur cinq sens normaux n’aura pu leur apprendre. Si j’ai démontré cela, l’existence d’un sens inconnu, que j’appelle, faute de mieux, le sixième sens, est prouvée.
- Bien entendu, il y a à cette démonstration deux séries de preuves, deux chapitres : celui des observations et celui des expériences.
- III
- OBSERVATIONS
- Elles sont très nombreuses ; elles ont été recueillies dans des revues spéciales, dans l’admirable livre Phan-tasms of living, traduit en français sous le titre Hallucinations télépathiques ; dans les ouvrages de Camille Flammarion, d’Oliver Lodge ; dans le beau livre Human Personality de Frédéric Myers, etc., etc.... Je pourrais citer au moins cinq cents observations qui sont toutes bien probantes. Pourtant, comme il s’agit de témoignages humains sujets à l’erreur et à l’illusion, admettons, par une sévérité très exagérée, qu’il n’y en a qu’une centaine à avoir une valeur indiscutable.
- Or je ne peux pas relater cette centaine d’observations ; ce serait l’objet de tout un livre. Je me contenterai d’en rapporter deux, pour lesquelles je demande aux lecteurs un examen impartial.
- 1° Lord Wingfield, étant sur son yacht à Belle-Isle-en-Mer, aperçoit en entrant dans sa cabine son frère Richard Samuel Baker Wingfield, et cela avec une telle précision, qu’épouvanté il sort brusquement. Quelques instants après, il revient. La cabine est vide. Alors, il écrit sur son Diary (agenda) ces mots : Apparition. God forbidl R. S. B. W. (prénoms de son frère) avec la date.
- Hé bien ! Une heure et demie auparavant, dans le comté de Sussex, R.S.B.W. était tué dans un accident de chasse (chute de cheval mortelle).
- Lord Wingfield n’a eu que cette hallucination dans sa vie.
- L’hypothèse d’une fraude est impossible. L’hypothèse du hasard peut toujours être invoquée, mais le simple bon sens, plus que le calcul des probabilités, indique que le hasard est incapable d’expliquer la précision de cette hallucination.
- 2° Un employé de banque à Londres, M. Smith, après dîner, chez lui, étant avec sa femme, lui dit tout d’un coup : « Quelle heure est-il ? » Réponse. « Il est huit heures vingt ». « C’est donc à huit heures vingt que mon ami Fred est mort : je viens de le voir ». Et, en effet, Fred, ami de Smith, employé comme lui, souffrant de l’estomac depuis deux jours, venait de mourir à cette même heure exactement.
- Mensonge ? — Non ! — Hasard ? — Non ! Par conséquent, mise en jeu du sixième sens.
- Je défie une personne de bonne foi de dénaturer ces faits très simples au point de dire qu’il n’y a pas de relation entre le rêve de Wingfield et la mort de son frère, entre la vision très nette de Fred et la mort de Fred. C’est exactement comme si un bicycliste cheminant la nuit sur une route tombe à l’endroit où une corde, intentionnellement, a été tendue, et qu’on vienne dire : « C’est par hasard qu’il est tombé à cet endroit. »
- A la rigueur extrême, s’il n’y avait que ces deux seuls cas dans toute la science, on pourrait invoquer le hasard et des coïncidences invraisemblables ; mais il y en a tant et tant que, pour toute personne ayant étudié la question, ces faits semblent aujourd’hui tout à fait naturels et ne provoquent plus l’étonnement. Souvent même les directeurs des journaux spéciaux de métapsychie, quand ils reçoivent mention d’un cas nouveau analogue, ne se donnent plus la peine de le publier, tant ces faits sont devenus habituels et communs.
- En résumé, de par ces innombrables observations, nous sommes autorisés à admettre que quelquefois (très rarement bien entendu) la connaissance vague de quelque réalité arrive à notre intelligence par des voies sensorielles non habituelles.
- IV
- EXPÉRIENCES
- Les expériences sont plus nombreuses, et surtout plus probantes que les observations.
- En effet, il y a deux sortes d’individus humains. Les uns, qui, comme Lord Wingfield et M. Smith, n’ont eu le sixième sens que dans un rapide et fulgurant éclair ; les autres, au contraire, tout à fait exceptionnels, plus privilégiés, qui ont fréquemment ces vagues de lucidité. Ce sont les médiums, les sensitifs, avec lesquels on peut faire de multiples expériences et constater que souvent ils ont la lucidité, c’est-à-dire le sixième sens.
- On peut diviser ces sensitifs en deux groupes : les uns croient qu’ils sont inspirés par l’esprit d’un mort : un désincarné, comme ils disent, qui leur dicte la réponse.
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- Et alors, tout de suite, la conclusion simple, ou plutôt simpliste, c’est que le désincarné est là : Mme Piper, par exemple, donne à Oliver Lodge des détails extrêmement précis sur la mort du beau-père de Lodge avec maints détails, dont Lodge lui même n’avait qu’imparfaite souvenance. Mme Piper encore parle comme si elle était Georges Pelham et elle s’adresse aux parents, aux amis, aux camarades de Georges Pelham pour mentionner des faits que les parents, les amis, les camarades de Georges Pelham étaient seuls à connaître.
- Un autre fait rélevant du même groupe est le suivant. J’en ai été témoin. Chez une dame, Mme R., sensitive, non professionnelle, la table dicte les mots : Bança la mort guette famille. Il était 22 h. 30. Le lendemain, arrive à Paris, à 14 heures, la nouvelle de l’assassinat de Draga (reine de Serbie), de ses deux frères, et la fuite éperdue de ses sœurs qui, par miracle, échappent à la mort.
- Ce jour-là, je ne relie pas ce tragique événement à la dictée de la table.
- Mais, le lendemain, j’apprends par les journaux que le père de Draga s’appelait Pança (ce qui est presque tout à fait Bança). La coïncidence des heures est parfaite, les officiers assassins à Belgrade quittaient, pour leur sinistre projet, Y Hôtel de la Couronne de Serbie à minuit exactement. Or minuit à Belgrade correspond à l’heure de 22 h. 30 à Paris.
- On remarquera qu’il n’est pas possible d’imaginer une phrase plus expressive que la mort guette famille et que, d’autre part, la connaissance du complot était absolument ignorée de tous les Parisiens, et plus encore, si possible, des personnes du cercle intime où se faisait l’expérience.
- Bien entendu, je pourrais encore citer une centaine de cas analogues. Je discuterai tout à l'heure la théorie qu’on en peut proposer. Je me contenterai de dire ici que, pour porter un jugement motivé, il ne suffit pas de lire ces récits, douloureusement abrégés, mais qu’il convient d'en peser et d'en mesurer minutieusement tous les détails.
- Je passe maintenant au second groupe d’expériences sur les sensitifs. Ils sont plus décisifs encore.
- 1° Un dessin est mis dans une (enveloppe opaque, cachetée par mon ami J. Héricourt. Ce dessin est le cadre d’une photographie qui était sur sa cheminée. Sans qu’Héricourt dise un mot ou fasse un geste, Alice, le médium sensitif, décrit le porlrait d’un homme qui a vu-képi avec trois galons, trois galons aux manches, sept soutaches transversales sur son dolman. C’était exactement la photographie qu’Héricourt avait sous les yeux quand il en avait dessiné seulement le cadre.
- 2° Mme Thompson, à qui mon fils Georges remet sa montre, dit : Je vois du sang sur cette montre. Three générations mixcd. Comment mieux exprimer cette (idée que la montre donnée par M. Félix Aubry à son fils Georges Aubry, tué à la bataille de Vendôme en décembre 1870 avait été reprise par lui sur le corps de son malheureux fils et donnée à mon fils, son petit-fils Georges Richet.
- 3° Je reçois à Paris une enveloppe cachetée de Mme de Noailles. Alors, à Varsovie, Stephan Ossowietski, gentilhomme et ingénieur polonais, peut-être le plus précis et le plus remarquable de tous les sensitifs connus, dit
- en malaxant celte enveloppe en pleine lumière sous mes yeux et ceux de Geley : « C’est d’un grand poète français; je dirais d’Edmond Rostand. Il y a de la nuit, ide la lumière et beaucoup de lumière dans la nuit. Il y a la signature d’Edmond Rostand. Ce sont des vers de Chan-tecler dits par le coq. »
- Or, Mme de Noailles avait écrit : « C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. Edmond Rostand ! — Vers qui se trouve dans Chontecler et prononcé par le coq. »
- Bien entendu, comme il faut être bref, je m’arrête dans le récit de ces expériences. Je pourrais en citer, faites par moi, plus d’une quarantaine encore, et d’autres, faites par d’autres savants, au nombre de cinq ou six cents, toutes également probantes. Il me paraît impossible de supposer que le hasard ou la fraude expliquent ces phénomènes. Il faut, de toute nécessité, admettre qu’il y a chez les sensitifs une sensibilité particulière qui leur permet de connaître un fragment de la réalité.
- V
- Ce n’est pas sans de longues hésitations et sans de perpétuelles angoisses intérieures que je me suis décidé à admettre enfin cette i nvasion de la réalité dans l’intelligence par des voies mystérieuses.
- Mes contradicteurs innombrables m’ont dit : « Fous vouliez voir la lucidité ». Erreur formidable ! Erreur monstrueuse ! Erreur énorme ! J’ai employé tous mes efforts à ne pas la constater. J’ai cherché toutes les explications naturelles possibles, j’ai supposé la mauvaise foi prolongée, une perfidie habile et tenace chez tous les sujels avec lesquels j’expérimentais. C’est en désespoir de cause, après des luttes dont il est inutile d’entretenir le lecteur, que j’ai fini, fidèle à la voix de l’expérimentation et de l’observation, par admettre qu’une notion de réalité plus ou moins vague, mais quelquefois précise comme celle d’Osssovietski, arrive à l’intelligence humaine sans le secours de nos sens normaux.
- A-t-on le droit de parler d'un sixième sens, alors qu’on n’en connaît pas les organes, les voies de transmision et de réception? Oui ! peut-être! Le mot sixième sens n’est d’ailleurs rien qu’un mot, et un mot qui n’est ni une théorie ni une explication. Et cependant ce mot est bien utile pour exposer ces étranges phénomènes.
- J’eusse ardemment désiré aller plus loin què la nue constatation des faits, mais je n’ai jamais voulu m’égarer dans le domaine enchanteur de l’hypothèse.
- Je prendrai, pour m’excuser, une comparaison. Voici une roche dans laquelle il s’agit, pour moi, chimiste, de savoir s’il y a du vanadium. Je ne cherche pas dans quel état se trouve ce vanadium, ni comment il est inclus dans cette roche. J’ai bien le droit, n’est-il pas vrai, de limiter mon investigation? Je ne veux qu’une chose, savoir si oui ou non il y a du vanadium. Je verrai plus lard à pousser mon enquête au delà. Pour le moment, je ne me propose pas d’autre but : Y a-t-il, oui ou non, du vanadium ?
- De même, je me contente de demander à l’observation et à l’expérience, — les seules méthodes qu’un physiolo-
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- giste peut admettre, — si parfois quelque parcelle de la réalité est perçue sans le secours de la vue, de l’ouïe, du toucher, de l’odorat, par une sensibilité quelconque, non classée encore, de notre organisme.
- VI
- THÉORIES ET CONCLUSIONS
- J’ai dit que je ne voulais pas faire de théorie. Tout de même, par une sorte d’infériorité (et peut-être supériorité) de l’esprit, il est impossible à qui que ce soit d’exposer des faits sans chercher à les relier par une chaîne quelconque, si hypothétique qu’elle semble être.
- Puisque nous avons éliminé, après mûre réflexion, devant l’évidence d’un millier au moins de faits expérimentaux, dûment constatés, l’hypothèse du hasard, il nous faut admettre un sixième sens.
- Mais comment s’exerce-t-il ?
- Quatre hypothèses se présentent :
- A. L'hypothèse spirite :
- Elle est simple. Elle est adoptée par beaucoup de personnes avec une sorte de foi religieuse, et je reconnais que quelquefois des faits troublants paraissent la confirmer. Même, dans plusieurs cas, elle est beaucoup plus simple que toute autre hypothèse. Mais combien de fois est-elle absolument impossible à admettre ! J’écris, sans que personne puisse; voir mon écrit, le mot toi sur un petit bout de papier que je chiffonne et qu’Ossowietski met dans son poing fermé. Puis il me dit : Vous avez écrit « Toi » : Au grand T vous avez fait deux petites barres verticales à la barre transversale. Or c’était rigoureusement exact. Peut-on voir là l’ingérence d’un esprit ?
- E. Bozzano me reproche d’avoir accordé l’omniscience à l’intelligence des hommes, et je reconnais que l’objection est grave. Mais il accorde, lui, l’omniscience à l’intelligence des morts, ce qui est mille fois plus difficile que de l’accorder à l’intelligence des vivants.
- D’ailleurs, l’hypothèse spirite est pénible à admettre pour un physiologiste, puisqu’il faudrait alors supposer que la mémoire humaine survit à la décomposition du cerveau. Gela me paraît aussi absurde que d’accorder à une lampe le pouvoir d’éclairer, alors qu’elle est réduite en morceaux.
- Que l’hypothèse spirite soit une hypothèse de travail, je le veux bien. Elle semble favoriser dans certains cas la lucidité ; mais ce ne peut être qu’une hypothèse de travail. Or elle est incomplètement démontrée et au moins provisoirement, peu vraisemblable.
- B. Hyperesthésie :
- Les phénomènes deviendraient très simples si l’on accordait à nos sens une hyperesthésie prodigieuse : vision à travers les corps opaques; vision d’une lettre qui est à cent kilomètres de nous, perception par le toucher des caractères inscrits sur un bout de papier et enfermés dans un tube de plomb, etc., etc. ; mais, même si nos sens étaient doués de cette hyperesthésie énorme, tout à fait différente de la sensibilité nor-
- male, ce ne serait .pas suffisant encore. A la rigueur, Mme Thompson peut dire : il y a du sang sur cette montre, grâce à une sensibilité olfactive invraisemblable, l’odeur ou même la vue d’une trace de sang persistant après quarante ans sur une montre, mais l’hyperesthésie olfactive ne pourra pa3 lui faire dire : Three génération mixed. En somme, l’hypothèse de l’hyperesthésie doit être abandonnée.
- C. Télépathie :
- Il n’est pas douteux qu’il y a de magnifiques cas de télépathie, connaissance par le cerveau A des émotions du cerveau B. — Mais 1° cette télépathie implique formellement le sixième sens; 2° dans nombre de cas, l’explication par la télépathie est insuffisante. Parmi trois enveloppes cachetées que me remet Mme de Noailles, Ossowietski indique ce qui est dans l’enveloppe n° 3. Et Mme de Noailles, à Paris, ne sait rien du choix que Stephan Ossowietski a fait de telle ou telle enveloppe.
- L’hypothèse de la télépathie explique d’assez nombreux faits ; mais elle implique la réalité du sixième sens et, en tout cas, elle est impuissante à expliquer beaucoup de faits de lucidité.
- D'ailleurs sa simplicité n est qu apparente. Il me paraît même plus ardu de comprendre la lecture de la pensée cérébrale que la lecture d’une lettre incluse en une enveloppe opaque.
- Donc l’hypothèse de la télépathie ne contredit aucunement l’hypothèse du sixième sens. Elle la confirme, au contraire, et n’est valable que dans certains cas.
- D. Vibrations inconnues :
- Je vais donc supposer qu’il y a dans l’univers des forces inconnues ; et cette proposition est tellement évidente qu’elle n’a pas besoin de preuves à l’appui.
- Ce qui est plus difficile, et même très difficile à accepter, c’est que ces vibrations inconnues atteignent parfois notre sensibilité !
- Certes, c’est très mystérieux encore. Mais, parce que nous sommes en présence d’un fait mystérieux, est-ce une raison suffisante pour le nier ?
- C’est de l’inhabituel ; mais l'inhabituel a le droit de faire partie de la science.
- Au lieu de nous traîner dans l’ornière des faits habituels, ayons le courage de regarder en face ce que notre pauvre science classique se refuse à constater.
- Auguste Comte, un très puissant esprit cependant, avait affirmé qu’on ne connaîtra jamais la composition chimique des astres. Voici pourtant qu’on peut l’établir avec une extrême précision par la spectroscopie. Toutes les négations sont vaines. Celle du grand Auguste Comte était du nihilisme scientifique.
- La réalité du sixième sens ne contredit aucune des lois de la physiologie, de la physique, de la chimie. C'est un fait nouveau. Voilà tout.
- Mais ce fait nouveau est d’une immense importance.
- Charles Richet, Membre de l’Institut.
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- LE VOL AVEUGLE
- L’Union pour la Sécurité en Aéroplane a été bien inspirée en décernant, tout récemment, trois de ses prix annuels à MM. Rougerie, Coupet et Lallouetle. Le premier de ces lauréats est le créateur, en France, d’une excellente méthode de pilotage sans visibilité extérieure ; les deux suivants ont activement collaboré à sa mise au point.
- Ainsi que nous allons le voir, cette méthode présente un immense intérêt pour la navigation aérienne. Une fois généralisée, elle provoquera une baisse importante du pourcentage des accidents causés par de mauvaises conditions atmosphériques, le plus élevé de tous.
- SON BUT
- Au début du plus lourd que l’air, les premiers pilotes, démunis de tout instrument de bord, conduisaient leur avion en n’ayant pour seuls guides que leurs sensations personnelles.
- Mais, à cette époque héroïque, les vols, de courte durée, étaient presque toujours effectués par beau temps.
- Puis, on créa quelques appareils de mesure. Sans être complètement dédaignés, les pilotes ne leur accordaient, toutefois, qu’une vague attention. Habitués depuis toujours par leurs anciens à piloter par les sens, leurs réflexes sont donc uniquement éduqués à se mettre en action d’après les répères vus au sol.
- Pendant la guerre même, dans certaines écoles, les instructeurs supprimaient ou masquaient le tableau des instruments de bord de leurs élèves. Gomme il s’agissait d’appareils mono ou biplace, très légers et dotés d’un excédent de puissance relativement considérable, le procédé ne présentait pas grand danger. Le pilote apprenti, solidement ceinturé sur son siège, faisait corps avec sa machine et réagissait, alors, selon les accélérations ressenties.
- Fig. 2. — Une séance d'instruction, au sol, avec le banc d'entraînement. (Photo Michaud.)
- Fig. I. — Le banc d'entraînement au sol.
- Devant le strapontin du moniteur, à droite, on voit le levier et les manettes conjuguées avec les instruments dont l’élève doit suivre les indications pour manoeuvrer. (Photo Michaud.)
- Ces principes de pilotage, suffisants par une bonne visibilité, ne permettent pas, cependant, de longs vols dans la brume ou dans les nuages. Dans un de ces cas, le pilote, privé de ses repères, se hâte de sortir, en prenant de l’altitude ou en descendant, de la couche nuageuse. Si ces manœuvres ne suffisent pas à le libérer, par temps très bouché, il ne lui reste plus qu’à se poser sur un terrain de fortune.
- Aux États-Unis, sur la gigantesque ligne postale New» York San-Francisco, qui fonctionne avec une remar» quable régularité, les pilotes américains sont quelquefois surpris par l’inclémence des éléments au-dessus de régions inhospitalières. Alors, sans hésiter, il ne leur reste plus qu’à sauter en parachute, après avoir, tout d’abord, fermé l’arrivée de l’essence, puis coupé le contact pour éviter à leur avion de brûler à sa brutale arrivée au sol, et assurer ainsi le sauvetage du courrier transporté. C’est là, évidemment, une solution barbare fort préjudiciable à l’avenir de l’aviation commerciale.
- Il est juste de reconnaître, cependant, aux pilotes des lignes aériennes européennes ou américaines, une grande habileté professionnelle, résultant des milliers d’heures de vols qu’ils ont totalisées en toutes saisons.
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- Remarquons, en passant, que Lindbergh et Chàmber-lin, qui, les premiers, traversèrent l’Atlantique, sont des pilotes d’avions commerciaux. Leur longue pratique de la navigation, par tous les temps, leur a été à coup sûr d’un grand secours en cette occasion.
- Il n’en reste pas moins que, pour la grande majorité des pilotes, les nuages et la. brume restent un obstacle presque toujours infranchissable.
- Un avion ne saurait êtré~maintenu en ligne de vol correcte, par les seuls sens, si la visibilité extérieure est nulle.
- Pour y parvenir, le conducteur de l’appareil devrait alors faire abstraction de ses sensations habituelles et se confier aveuglément aux indications des instruments de bord. Cette confiance, intermittente, ne saurait être improvisée, seule une rééducationcomplète la lui donnera.
- tator ». Cet appareil consiste en une [sorte de boite, munie dans le fond d’un tableau de bord, dans lequel l’élève introduit sa tête. Ce dernier est installé sur un fauteuil à bascule auquel on imprime des mouvements variés. Puis, un instructeur est chargé de vérifier, après quelques séances, la façon dont l’élève réagit selon les positions qu’on lui a fait prendre. Ce dispositif est un embryon de la méthode du pilotage sans visibilité. Son existence nous montre simplement que l’on se préoccupe aussi, Outre-Atlantique, de cette question.
- En France, le problème a été étudié avec une belle foi par M. Lucien Rougerie, directeur des aérodromes Far-man. De 1922 à 1927, il a multiplié les expériences, perfectionné peu à peu la méthode susceptible de donner les meilleurs, les plus rapides résultats.
- Vieux pilote, breveté bien avant la guerre, M. Rouge-
- Fig. 3 (à gauche). Les deux postes de pilotage de l’avion F-71 utilisé pour la rééducation en vol.
- A Tarant, le poste de l’élèvé, coupole relevée; à l’arrière, le moniteur. Le fuselage, désentoilé, permet de se rendre compte
- de l’aménagement des habitacles. (Photo Michaud.)
- Fig. 4 (à droite). — Sur cette vue, on remarquera la coupole qui isole complètement de l’extérieur le pilote-ëlève. (Photo Michaud.)
- C’est en cela que consiste la méthode du pilotage sans visibilité extérieure.
- LA MÉTHODE
- A la vérité, les premières tentatives d’éducation des pilotes au vol aveugle ont été menées à bien en Hollande par la K. L. M., et en Allemagne par la Lufthansa.
- Ces deux compagnies de navigation aérienne utilisent des avions à double commande dans lesquels les deux pilotes sont installés côte à côte. Le moniteur est placé normalement et conserve le contrôle de l’appareil; par contre, les verres du pare-brise de son voisin sont masqués de façon qu’il ne puisse voir le sol, ni les superstructures de l’avion.
- Le. réentraînement se poursuit dans ces conditions jusqu’à ce que le candidat obéisse docilement et exclusivement aux données de ses instruments.
- Dans ce même ordre d’idées, signalons qu’aux Etats-Unis, les élèves-pilotes sont soumis, tout au début de leur instruction, à un entraînement au sol avec Y « Orien-
- rie n’a jamais cessé de voler. Personnellement, il s’est trouvé, à plusieurs reprises, dans des situations délicates. Il s’en est heureusement tiré, grâce à sa confiance dans la valeur des instruments dont, fort judicieusement, il était habitué à se servir. Nul n’était donc mieux qualifié que lui pour trouver et mettre au point une solution pratique permettant de faire bénéficier tous les pilotes de sa longue expérience. Depuis plus d’un an, sa méthode est journellement utilisée chez Farman, à Toussus-le-Noble.
- Voyons, tout d’abord, en quoi elle consiste. Ainsi que nous l’avons dit, il s’agit de rééduquer les pilotes, de transposer, en quelques sorte, les réflexes qu’ils possèdent déjà, au profit de la conduite réglée par les indications des instruments,
- Dans la méthode Rougerie, celte rééducation est basée sur un réentraînement, tant théorique que pratique, donné d’abord au sol, puis en vol. Pour l’entraînement au sol, un banc d’instruction a été spécialement conçu et aménagé. Pour ne pas dépayser l’élève, on a donné à ce poste de pilotage la forme d’un élément de fuselage. Il
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- Fig. 5. — Un des Goliath utilisés par VAéronautique Maritime pour l’entraînement de ses pilotes.
- Entre les mâts, on distingue la coupole du poste aveugle. (Photo Michaud.)
- peut recevoir deux personnes, le moniteur et l’élève. Ce dernier, assis dans la carlingue, a devant lui des commandes normales et un tableau de bord, le tout disposé de la même façon que sur un avion. Le moniteur placé en arrière, sur un strapontin, peut, par le jeu de commandes appropriées amener les instruments à indiquer les positions diverses dans lesquelles 1 avion serait susceptible de se trouver au cours d’un vol dans le brouillard ou l’obscurité. L’élève doit alors exécuter les manœuvres convenables qui lui sont dictées par la lecture attentive et raisonnée des appareils de bord.
- Cette première formation, sous le contrôle d’un moniteur, est des plus faciles. Les fautes, nombreuses au début, se raréfient, et la rapidité d’exécution des manœuvres s’accentue très vite et devient, enfin, égale à celle des réflexes normaux de l’élève. Ainsi, lorsque ce dernier prendra place dans l’avion à cabine close pour la première fois, il ne se trouvera pas trop déconcerté. De plus, ce dispositif permet de réaliser une économie appréciable de temps, de combustible, et de matériel.
- L’entraînement en vol, qui fait suite à l’accoutumance acquise au sol, s’effectue actuellement sur deux types d’avions très différents. Le premier de ces appareils, couramment utilisé à l’École Farman, est un biplan, le F. 71, peu chargé au mètre carré, équipé d’un moteur Salmson de 260 ch. Cét avion a été choisi pour ses qualités particulières. Il ne possède pas, en effet, de stabilité automatique transversale et longitudinale, ce qui impose une conduite d’autant plus active par les instruments. D’autre part, il peut prendre sans danger toutes les positions possibles, même les plus exagérées, car il obéit avec une grande facilité aux commandes.
- Les deux postes de pilotage du F. 71 sont en tandem. L’habitacle arrière, à air libre, est utilisé par le moniteur, le poste avant par l’élève.
- Ce dernier poste, normalement agencé, est complètement fermé par une coupole, en métal léger, rabattue sur la tête de son occupant.
- Celui-ci est donc placé dans les mêmes conditions de vol que s’il se trouvait évoluer dans un nuage épais ou dans la brume.
- De plus, chaque fois que les circonstances atmosphériques s’y prêtent, l’entraînement est complété par des vols aveugles réels à travers les couches de gros cumulus. On se sert, alors, d’avions à postes de pilotage ordinaires.
- Le nombre des instruments de bord utilisés pour la conduite des avions sans visibilité extérieure n’a pas été augmenté. Ce sont exactement les mêmes qui figurent sur le tableau de tous les appareils, c’est-à-dire un compte-tours, un altimètre, un compas et le contrôleur de vol Badin-Aéra qui réunit les indicateurs de vitesse, de virage et de niveau.
- Le second modèle d’avion transformé pour
- l’application de la méthode Rougerie est le fameux Goliath, gros bimoteur utilisé sur les lignes commerciales et comme avion de bombardement. Dix de ces appareils ont été livrés à l’Aéronautique maritime pour le perfectionnement de ses pilotes.
- Leur aménagement est identique à celui des F. 71 que nous venons de décrire. Toutefois, le Goliath de série ne possédant qu’un seul poste de pilotage, son constructeur a installé la double commande destinée à l’élève, égale-
- Fig. 6. — La préparation d’un itinéraire à l’Ecole du P. S. V.
- Las élèves, sous la direction de leurs professeurs, calculent les angles de route de leur future randonnée en fonction des renseignements météorologiques reçus. (Photo Michaud.)
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- ment sous une coupole, derrière l’habitacle du moniteur.
- Plusieurs élèves peuvent prendre place à bord de ces puissants appareils et s’installer, tour à tour, aux commandes. C’est là le principal intérêt que présente leur emploi.
- SON APPLICATION
- Voyons maintenant ce qu’il advient d’un pilote qui entreprend sa rééducation par la méthode Rougerie. Tout d’abord, les premières heures de son instruction
- a été constaté qu’en moyenne un pilote-élève tenait son avion en ligne de vol correcte dès la première demi-heure d’exercice. Après une heure ou deux pour les sujets habitués à se servir des instruments, trois heures au maximum pour les autres, les vols sont parfaitement rectilignes, les montées et les descentes correctes, les virages normalement effectués. Le perfectionnement s’étend ensuite aux manœuvres de décollage, de conduite avec variations brusques de régime du ou des moteurs, etc.... Une fois complètement familiarisé à la
- Fig. 7. — L’élève, enfermé dans le pôsié noir, vient d’effeciuer un décollage réussi. Oa remarquera que son moniteur lève les bras vers le ciel. (Pboto Micbaud.)
- sont consacrées à des cours théoriques. Il est indispensable, en effet, qu’il connaisse parfaitement les instruments dans l’exactitude desquels il doit avoir toute confiance. De même, on lui enseigne les procédés pratiques de navigation, on lui donne aussi de sages conseils, on lui dévoile, enfin, les secrets du pilotage que les vieux pilotes se transmettent entre eux. Puis, parallèlement, il assiste à de nombreuses séances au banc d'entraînement terrestre dont nous avons parlé.
- Ensuite, l’entraînement en vol aveugle commence. Le décollage est, au début, assuré par le pilote-moniteur. Il
- lecture automatique des indications fournies par les instruments de bord, lecture qui le renseigne dans un temps que l’on peut évaluer à 1 dixième de seconde, le pilote-élève, pour le couronnement de sa rééducation, doit effectuer un voyage en circuit.
- Cette randonnée, de l’ordre de 400 à 500 kilomètres, est exécutée selon un itinéraire soigneusement préparé à l’avance, sur la carte, avec calcul des angles de route, de variation de caps, et détermination des temps, compte tenu des renseignements météorologiques reçus pour la journée.'
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- Les points de survol préalablement déterminés doivent être exactement survolés; les six virages prescrits, convenablement effectués. Enfin, le retour précis sur le terrain, en pilotant toujours sans aucune visibilité extérieure, termine l’épreuve.
- SON AVENIR
- Il nous a été donné d’effectuer, à bord d’un de ces Goliaths, le voyage Toussus-le-Noble Etampes et retour. La stabilité de l’avion, cependant gêné par un fort vent du sud, était excellente et nous avons été tout simplement émerveillés de la facilité avec laquelle on nous a transportés, d’un point à un autre, sans repères terrestres. En une autre occasion, alors que nous revenions de Berlin par l’avion régulier des lignes Farman, le temps, très couvert, obligea notre pilote à traverser d'importantes couches nuageuses. A ces moments, sans aucune hésitation, le pilote rentrait la tête dans sa carlingue et se fiait uniquement, pour la conduite de l’appareil, aux indications de son tableau de bord.
- N’est-ce pas la meilleure démonstration qui pouvait nous être faite de l’utilité de la méthode Rougerie.
- Aussi bien, la possibilité d’acquérir une telle maîtrise
- du vol ouvre de nouvelles perspectives à la navigation aérienne.
- Au point de vue sécurité, notamment, les vols dans la brume, cette grande ennemie de l’aviation, pourront être effectués par des pilotes ainsi rééduqués, restant constamment maîtres de leur avion. Surpris par le mauvais temps, ils ne seront plus forcés d’interrompre brusquement leur voyage pour se poser, tant bien que mal, sur un terrain de fortune, car ils pourront gagner sans risque l’aérodrome le plus proche.
- La tactique de la guerre aérienne, la grande inconnue de demain, va s’en trouver elle-même bouleversée.
- Plusieurs grands chefs de notre Aéronautique nationale, les généraux aviateurs Barès et de Goys, entre autres, ont tenu, dans cette éventualité, à se familiariser avec la méthode Rougerie.
- C’est que, jusqu’à présent, les bombardements de jour ou de nuit, ainsi d’ailleurs que toutes les opérations aériennes, ne pouvaient être assurées que par des temps favorables. Désormais, il faudra compter, pour leur réussite, sur un-élément nouveau : le pilotage sans visibilité. / y*
- . é.y André Frachet.
- 10 : ' >r nil*
- -d\ \ É 1
- UN INTERRUPTEUR ÉLECTRIQU&rfTRA-RAPIDE
- LE « DÉION
- Le développement rapide de la consommation d’énergie électrique pose toute une série de problèmes ; parmi ceux-ci, l’un des plus importants est celui de l’interrupteur. L’exploitatiori dés grandes usines électriques exige, en effet, de nombreuses manœuvres : tantôt interrompre le courant sur un circuit, tantôt le rétablir et sous des tensions souvent très élevées ; l’interrupteur est l’appareil chargé de ce rôle, il doit interdire ou livrer passage, en des temps extrêmement courts, à des quantités parfois formidables d’énergie électrique. Le principe de ces appareils est très simple ; des pièces métalliques mobiles établissent ou rompent le contact entre des conducteurs fixes. Mais s’il est assez facile de fermer un circuit, il est difficile de l’interrompre, car le courant ne cesse pas dès que le conducteur mobile se sépare du conducteur fixe. L’air, ionisé sous l’effet des hautes tensions, devient conducteur dans l’intervalle qui sépare les deux pièces et un arc se forme. Cet arc, à température très élevée, dégrade les contacts et ne se rompt que difficilement et lentement. A ce moment seulement, le courant est interrompu.
- Le Dr Slepian, ingénieur du laboratoire des recherches de la « Westinghouse Mfg C° », de Pittsburg (E.U), vient de créer un interrupteur d’un principe nouveau, qui, en ce moment, attire l’attention des techniciens et qui semble réaliser un important progrès.
- L’appareil a été nommé « Déion ». Cette appellation lui
- vient de la caractéristique principale de son fonctionnement : la déionisation d’un arc électrique.
- La méthode la plus généralement employée jusqu’à ce jour pour construire les interrupteurs consiste à immerger les contacts dans l’huile, qui est un bon isolant. Lorsque les contacts sont séparés, l’huile s’oppose à la formation de l’arc, elle l’étouffe.
- Mais, si l’huile est un bon isolant, elle est également un bon combustible : pendant la période d’interruption, il y a toujours une fraction de temps pendant laquelle le courant la traverse ; si court que soit cet intervalle de temps, il suffit, en raison des intensités de courant mis en jeu, à provoquer des échauffements violents qui décomposent une partie de l’huile et provoquent le dégagement de gaz inflammables; aussi arrive-t-il souvent que des explosions violentes se produisent, projetant autour de l’appareil de l’huile enflammée. Ce genre d’accidents est fort dangereux : on cite des cas d’explosions d’interrupteurs qui ont laissé aux témoins l’impression d’une brusque éruption volcanique.
- Le Dr Slepian commença ses recherches par une étude approfondie de la formation et de la structure de l’arc électrique. Sachant,que la formation et le maintien d’un arc sont toujours dus à un flux d’ions, il pensa que s’il parvenait à supprimer ces ions, il supprimerait en même temps l’arc.
- Après cinq années d’analyses et d’études, il découvrit
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- Fig. 1. — Un interrupteur tripolai/e Déion.
- A gauche : l’appareil représenté sur cette figure est dest'né à couper des courants de 2000 ampères sous 15000 volts; A droite : la chambre de déionisation de l’une des tôles a été soulevée pour permettre d’examiner les contacts.
- le moyen d’utiliser un champ magnétique pour souffler un arc à la vitesse fantastique de 663 mètres à la seconde et pour disperser au loin, par ce moyen, les ions qui y circulent.
- L’arc même a une température de 2400° G et, malgré cette température extraordinaire, sa vitesse est si grande qu’un fil placé directement sur le conducteur métallique sur lequel il est soufflé n’est même pas roussi.
- Un arc se déplaçant à une vitesse ordinaire venant en contact avec un métal l’amènerait rapidement à la fusion et à la volatilisation :
- Fig. 2. — L'une des chambres de déionisation d’un interrupteur Déion à 15000 volts..
- Elle est formée d’une série de rondelles |de cuivre à l’intérieur desquelles l’arc est obligé de tourner à grande vitesse. Au pied du chevalet, une des ces rondelles montrant le trajet de l’arc.
- Remarquer à droite de la chambre, les entrées des canaux de ventilation.
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- de nouveaux torrents d’ions se dégageraient alors du métal et contribueraient à prolonger l’existence de l’arc.
- Avec la vitesse surprenante dont est animé l’arc du coupe-circuit « Déion », c’est juste le contraire qui se produit. L’arc est soufflé dans une série de plaques de cuivre, où il est fractionné en une série de petits arcs, et le cuivre, au lieu de laisser échapper des ions, absorbe, au contraire, et évacue ceux de l’arc. Si l’un de ces petits arcs venait à s’arrêter, ne fût-ce qu’un vingtième de seconde, les plaques de cuivre fondraient instantanément.
- Les plaques dans lesquelles on souffle l’arc sont de forme circulaire. Le champ magnétique, qui dévie les petits arcs, les fait tourner autour de ces plaques. De cette manière, quand un arc emprisonné en a fait le tour trente ou quarante fois, il est complètement débarrassé de ses ions, il meurt d’« inanition ».
- Les arcs tournent à une vitesse telle que l’on a dû prévoir des ouvertures spéciales dans la chambre de déionisation, afin de donner à l’appareil la ventilation nécessaire.
- Le « Déion », construit sous les formes les plus variées et pour les petites comme pour les grandes puissances, paraît appelé à rendre de très grands services. On l’applique déjà à de petits interrupteurs de sûreté, à des commutateurs électro-magnétiques pour le démarrage et l’arrêt des moteurs, à de petits interrupteurs de 2500 volts ou à de gros disjoncteurs de 15 000 volts.
- Ce qui rend le coupe-circuit « Déion » particulièrement avantageux, c’est qu’il résiste automatiquement aux assauts répétés des courts-circuits. Un de ces appareils a tout récemment été soumis à une centaine de courts-circuits, sous des courants variant de 5000 à 15 000 ampères, sans aucune intervention manuelle.
- Le nouveau dispositif pourra être facilement adapté aux équipements de traction électrique : trains ou tramways ; il assurera une plus grande sécurité dans les centrales. Il permet également la suppression des fusibles, ces sentinelles placées sur les fils conducteurs
- des maisons. Au lieu de remplacer le fusible, il suffira de pousser la manette d’un coupe circuit pour rétablir le courant. L. Kuektz.
- Fig. 3. — Vue d’une rondelle de déionisation.
- LA CONSERVATION DES FRUITS ’>
- Dans deux articles précédents (nos 2794 et 2802), nous avons montré l’importance économique des maladies des fruits et l’intérêt qui s’attache à l’organisation rationnelle de la lutte contre les parasites responsables de ces maladies. La place qui revient à la production fruitière dans l’ensemble des productions végétales de notre pays, et dont certaines statistiques récentes permettent de mieux apprécier l’importance, laisse bien augurer de l’avantage que l’on est en droit d’attendre de l’amélioration et de l’extension des méthodes actuelles de lutte contre les ravageurs des cultures fruitières ; ainsi, l’Office
- 1. Certains des clichés illustrant cette élude sont extraits de l’excellent petit livre : Les bons emballages commerciaux des produits horticoles, par Maurice Cancel (Librairie Delagrave).
- des renseignements agricoles du Ministère de l’Agriculture a apporté récemment (Journal officiel du 13 février 1929) les chiffres approximatifs suivants (en tonnes) concernant la récolte fruitière de notre pays en 1927 et
- en 1928. °
- 1927 1928
- Pommes et poires à cidre. 4 000 000 1 800 000
- Pommes à couteau .... • • ? 293 000 75 000
- Poires à couteau • • > 34 000
- Châtaignes 200 000 208 000
- Noix. . . . ... . . . 53 000 26 000
- Olives 48 000 52 000
- Pêches 24 000 15 000
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- 1927 1928
- Abricots . . 10 000 4 600
- Cerises . . 72 000 25 000
- Prunes. . . . 48 000 27 000
- Prunes à pruneau . . . . 18 650 2 000
- Oranges . . 389 422
- Mandarines . . 353 250
- Citrons . . , 179 180
- Fraises. . . 13 000 12 800
- Framboises . . 770 550
- Cassis 4 000 3 200
- Groseilles 3 500 3 500
- Amandes . . 0 200 4 200
- Noisettes ....... . . y> 59
- Figues 2 000
- Malgré l’importance du déficit — par suite de mauvaises conditions météorologiques ayant nui grandement à la végétation des arbres — de la derniere récolte des principaux fruits : pommes, poires, cerises, prunes et surtout prunes destinées à être* transformées en pruneaux, ces chiffres soulignent la prospérité actuelle de l’arboriculture fruitière nationale et' la nécessité d’une prévention rigoureuse des maladies parasitaires dont elle peut souffrir. '
- Fig. 1. — Production nationale des principaux fruits en 1928.
- Pom m es
- 75.000 t.
- Poires
- Prunes
- Cerises
- Pêches
- 15.000 t.
- Fraisés Abricots
- 12.800t. 4.600t.
- Groseilles 3500 t.
- Oranges Mandarines Citrons 422 t. 250 t. 180 t. •
- La production fruitière est, en effet, parmi les divers types de production végétale, l’une desplus particulièrement sensibles aux dégâts des parasites et prédateurs; une statistique récente, établie par Morstatt et s’appliquant aux dégâts causés aux cultures allemandes par les parasites et prédateurs de tout ordre, classe à ce point de vue les différentes productions comme suit :
- Pommes de terre. Pour cent 25 de dégâts millions MK. , soit 365
- Vigne . 20 » » 16
- Cultures fruitières . 10 » » 40
- Cultures potagères . 10 » 35
- Céréales .... . 10 » » 394
- Betterave à sucre. . 5 » » 12
- convient aussi, ici, de rappeler que les pertes
- annuelles causées aux plantations fruitières de la vallée du Rhône par les maladies de tout ordre s’attaquant aux arbres fruitiers ont été évaluées, par les ingénieurs du Service Agricole de la Compagnie P.-L.-M., au tiers du rendement moyen.
- L’application régulière et consciencieuse des méthodes de lutte qu’autorise la connaissance de la biologie des parasites responsables de ces maladies s’impose si nous voulons consommer ou exporter d’autres fruits que ceux que les parasites veulent bien nous laisser.
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- * *
- La protection des fruits contre les multiples facteurs d’altération ou de décomposition dont ils peuvent devenir la proie peut être obtenue :
- — Par des traitements effectués régulièrement durant la période de végétation de l’arbre et de croissance du fruit ;
- — Par des traitements spéciaux réalisés à l’approche de la maturité du fruit, peu avant la cueillette de celui-ci ;
- — Par des précautions particulières prises en vue du transport des fruits dans les meilleures conditions possibles;
- — Par des méthodes rationnelles de conservation des fruits dans les fruitiers.
- La première catégorie des traitements ci-dessus indiqués a été examinée dans la première partie de cette étude, consacrée à l’examen des parasites s’attaquant aux arbres fruitiers dans les vergers; il y a lieu, maintenant, d’envisager le moyen de mettre le fruit à l’abri de l’attaque possible des champignons parasites, au moment précisément où il se montre le plus sensible à leur action, c’est-à-dire durant la période qui précède et suit immédiatement sa maturité.
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- Les producteurs américains, dont les fruits, en raison même de l’étendue de leur pays et de la diversité climatérique des régions qui le composent, sont soumis, entre le moment de leur cueillette et celui de leur arrivée aux marchés consommateurs, à des voyages de longue dure'e au cours desquels ils subissent de dangereuses variations
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- Fig. 2. — Calendrier des époques d’expédition des fruits (année moyenne) sur le réseau P.-L.-M. métropolitain et algérien, établi par
- le Service agricole de la Compagnie P.-L.-M.
- de température, ont coutume de procéder, de 10 à 15 jours avant la cueillette, à l’exécution d’un traitement spécial destiné à assurer une bonne conservation au fruit tant durant la période qui le sépare de sa maturité complète que pendant son transport ultérieur en chemin de fer ; sans doute les conditions de la production et du transport des fruits ne sont-elles pas comparables dans les états nord-américains et dans notre pays, peut-être néanmoins y aurait-il lieu d’envisager chez nous une pratique culturale identique dans certaines conditions particulières, plus spécialement lorsque les plantations fruitières sont situées dans des localités humides, favorables par conséquent à l’évolution, même tardive, des champignons parasites.
- „ Il va de soi que ce traitement de pré-maturité ne saurait être réalisé qu’à l’aide d’un produit doué d’un certain pouvoir anticryptogamique, non susceptible de provoquer des brûlures sur le feuillage de l’arbre, non toxique pour l’homme et ne tachant pas le fruit, ceci en raison de la courte période de temps qui sépare ce traitement de l’époque de la cueillette et de l’absence habituelle de pluies à ce moment de l’année.
- On peut, dans ces conditions, avoir recours, à défaut de la bouillie bordelaise qui tacherait le fruit, soit à certaines poudres fongicides, soit à une bouillie sulfocal-cique faible (par exemple : solution à 1 pour 100 de la bouillie sulfocalcique commerciale de 32° Baumé) ; cette bouillie peut être utilisée sans danger sur les espèces fruitières les plus communes, à l’exception toutefois du pêcher dont le feuillage est particulièrement sensible
- aux brûlures et ne saurait supporter, en cours de végétation, ni bouillie bordelaise, ni bouillie sulfocalcique, même faiblement concentrées.
- La pêche étant cependant l’un des fruits appelés, en raison de sa facile altération, à bénéficier tout spécialement de ce traitement protecteur de pré-maturité, les phytopathologistes américains ont mis au point, en vue du traitement du pêcher en cours de végétation, la fabrication d’un type spécial de bouillie sulfocalcique, dite « bouillie sulfocalcique cuite par elle-même » ou « self boiled lime sulphur », et dont le mode de préparation peut être l’un ou l’autre des deux suivants :
- 1) Mélanger intimement, après tamisage, 3 kg. 600 de soufre finement divisé (fleur de soufre) et 3 kg. 600 de chaux éteinte fraîche; ajouter lentement, en remuant pendant 5 minutes environ, 36 litres d’eau bouillante, et compléter jusque 225 litres par addition d’eau froide.
- . 2) Mélanger intimement, après tamisage, 3 kg. 600 de soufre finement divisé (fleur de soufre), 3 kg. 600 de chaux éteinte fraîche et 100 gr. de caséine en poudre ; ajouter, lentement et en remuant, 225 litres d’eau froide.
- (En raison de sa structure colloïdale, la caséine provoque la combinaison entre le soufre et la chaux en suspension dans l’eau, même en l’absence de toute source de chaleur.)
- La « self boiled lime sulphur » n’a pas été expérimentée en notre pays ; il y a lieu, toutefois, de retenir qu’elle semble avoir donné d'intéressants résultats entre les mains des expérimentateurs américains.
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- Fig. 3. — Cerises attaquées par le Monilia.
- *
- * Ÿ
- La fraise. — Les fraises sont, de tous les fruits dont se nourrit l’agglomération parisienne, ceux qui arrivent en premier, chaque année, sur le carreau des Halles centrales de Paris. Si l’on fait abstraction des fraises de serre, qui parviennent à la capitale dès les derniers jours de février et dont les envois se poursuivent jusqu’aux premiers jours de mai, les premiers arrivages, en année moyenne, des fruits obtenus en culture normale ont lieu vers la fin mars, en provenance de la moyenne et de la basse vallée du Rhône ainsi que de la Provence ; ces régions productrices continuent à exporter leurs fruits, à destination du marché parisien, jusqu’au 15 juin environ, la période des fortes expéditions s’étendant du 10 mai au 10 juin.
- Le Vaucluse, centre important de production horticole, participe dans une large mesure à ces expéditions ; Car-pentras mérite d’être considérée comme la capitale de la fraise, au centre d'une vaste région qui comprend les
- Fig. 4. — Prunes attaquées par le Monilia.
- communes de Carpentras, Monteux, Pernes, Loriol, Aubignan, Sorgues, etc... La culture de la fraise, que favorisent en ce pays la douceur du climat et l’irrigation du sol à l’aide des eaux amenées par le canal de Carpentras, donne lieu à un commerce saisonnier intense qui s’exerce non seulement à destination du marché parisien, mais aussi et surtout du marché anglais.
- En même temps que les fraises récoltées dans la région vauclusienne, arrive à Paris la fraise des bois produite en grosses quantités dans la région d’Hyères et qu’apprécie fort également le consommateur anglais.
- Ensuite parvient, sur le marché parisien, la fraise de Montauban du 20 mai au 20 juin ; la fraise de Lyon du 25 mai au 30 juin ; la fraise de Saumur du 20 mai au 15 juin ; la fraise de PIougastel-Daoulas, en Bretagne, (exportée surtout en Angleterre) du 15 juin au 5 juillet;' la fraise de Paris du 15 juin au 10 juillet; la fraise des 4-saisons et la fraise de Niort, Rouen, Orléans, enfin, jusque vers la fin octobre.
- La fraise est cueillie dès qu’elle est rouge et que la chair est ferme encore ; la cueillette est faite le matin ou le soir, à l’exclusion des heures chaudes de la journée. On laisse aux fruits leur calice et un fragment du pédoncule ; exception est faite toutefois pour la fraise des bois, pour laquelle il convient, à l’inverse de la grosse fraise, de ne pas laisser le calice adhérent au fruit. La fraise, étant très fragile et au surplus d’un triage simple, est déposée directement dans les emballages, en vue d’éviter un transvasement ultérieur.
- Les premières fraises sont emballées dans des caissettes de faibles dimensions garnies intérieurement d’ouate ; les fraises primeurs de pleine terre sont expédiées dans des paniers mignons, construits en bois tranché et appartenant à la catégorie des emballages perdus. Lorsque la récolte devient abondante, l’expédition est faite dans des paniers d’osier ovales, quelquefois rectangulaires, munis d’une anse et d’un poids de 250 gr ; ces paniers, qu’on appelle fleins (ou flengs, ou flins), sont groupés, par quatre ou par six, dans un second emballage ou cageot.
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- La cerise. — La cerise suit la fraise sur le marché parisien. L’ensemble des régions productrices de France : Alsace, Bourgogne, moyenne et basse Vallée du Rhône (entre Lyon et Marseille), Provence, Auvergne, Sud-Ouest, représente une récolte annuelle de 72 000 tonnes.
- C’est à la fertile plaine du Gapeau (dans le Var, à 84 km de Marseille), importante région de production comprenant les communes de Solliès-Pont, Solliès-Ville, Solliès-Toucas, Belgentier, Le Luc et Le Canet, La Far-lède, Cuers, La Crau, etc.,., que revient l’honneur d’exporter les premières cerises, dès le 1er mai, soit sur Paris, soit sur l’Angleterre, parfois aussi sur l’Allemagne et la Suisse ; la campagne se termine vérs la mi-juin. Du 10 mai au 20 juillet suivent les cerises du Gard, des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, ainsi que celles du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne ; du 20 mai au 30 juillet, les cerises de la vallée du Rhône ; du 10 juin au
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- 5 août, les cerises de l’Yonne et de la région parisienne. La période des fortes expéditions, sur le réseau P.-L.-M., s'étend, comme pour la fraise, du 10 mai au 20 juin.
- Les cerises sont cueillies dès qu’elles ont acquis une belle couleur rouge vif, alors que leur chair est encore ferme. La cueillette a lieu le matin ou le soir; le fruit, ayant tendance à tourner facilement, doit être récolté par temps sec; il ne faut jamais emballer des cerises chaudes ou mouillées par la pluie. Afin de ne pas meurtrir les fruits, il convient de matelasser à l’aide de toile de sac, non seulement les petits paniers de récolte, mais encore ceux plus grands qui servent à transporter la cerise du lieu de ramassage à l’atelier d’emballage.
- Au début de la campagne, lorsque les cerises atteignent des cours très élevés, l’emballage usité est la caissette en bois, pouvant contenir soit 0 kg. 500, soit 1 kilogramme de fruits, et dans laquelle, par suite de l’opération dite du piquage qui consiste à remplir la caissette à l’envers — le couvercle étant cloué et le fond seul étant ouvert — les fruits apparaissent alignés les uns à côté des autres en ne montrant que- la face opposée au pédoncule, ce qui assure, lors de la vente, une plus belle présentation et par suite une valeur marchande plus élevée à la marchandise.
- Par la suite, au fur et à mesure que la saison avance et que la température de l’air ambiant s’élève, il est nécessaire d’avoir recours à des emballages assurant au contenu une meilleure aération que la caissette. La cerise courante s’expédie alors dans des cagettes ou carrés contenant 8 kilogrammes de fruits, et l’on réserve pour le marché parisien la corbeille dite de Solliès-Pont, corbeille en osier contenant 3 kilogrammes de cerises. Quant à la cerise d’exportation (pour l’Angleterre), elle s’expédie dans des sièves ou corbeilles rondes ayant la forme d’un boisseau, en osier et sans couvercle, se fermant à l’aide de 3 ou 4 baguettes de châtaignier piquées en croix dans les mailles de l’osier; les sièves, dont le diamètre est de 36 centimètres et dont le poids varie de 1 kg. 500 à 1 kg. 700, sont des emballages solides, durables et d’arrimage facile, leur fond bombé leur permettant de s’empiler facilement; elles contiennent 10 ou 11 kilogrammes, soit environ 24 livres anglaises de fruits.
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- Le cassis. — Le cassis, dont notre pays produit annuellement 4000 tonnes, est récolté surtout dans les départements de l’Oise, de la Côte-d’Or, de Loir-et-Cher, du Rhône, de l’Eure, etc. ; depuis quelques années, sous la vive impulsion du Service agricole de la Compagnie P.-L.-M. et des prix très élevés obtenus par ce fruit sur les marchés, le département de Vaucluse, et notamment les régions 'de Carpentras et d’Allhen-les-Paluds (où se cultivait autrefois la garance), tend à devenir un centre très important de production de cassis.
- Le cassis arrive aux Halles de Paris du 15 juin à fin juillet, les fortes expéditions ayant lieu durant la première quinzaine de ce dernier mois.
- Si le fruit est destiné au marché voisin ou aux liquo-ristes de la région, le moment le plus favorable pour la cueillette du cassis est celui où les baies sont complète-
- Fig. 5. — Poires pourries sous l’aciion du Monilia.
- ment mûres, c’est-à-dire lorsqu’elles ont le poids le plus considérable ; si le fruit est au contraire destiné à l’exportation, les grappes doivent être cueillies dès que quelques grains seulement noircissent, car l’on conçoit aisément que, pour effectuer des parcours éloignés, il faille une maturation incomplète. La cueillette doit être faite par une belle journée ensoleillée ; mouillé par la pluie, le cassis supporterait mal le transport. On utilise, pour l’expédition du cassis en Angleterre, ces emballages spéciaux ou sièves dont il a déjà été question à propos de la cerise.
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- * sk
- La pêche. — Le pêcher, auquel sa venue à fruit précoce et sa taille se prêtant aux exigences de la culture actuelle ont assuré une extension sans cesse grandissante, trop rapide même au gré de certains, figure, dans le bilan de la production fruitière nationale, pour 24000 t.
- En dehors des régions du Sud-Est et du Sud-Ouest, où la culture de cet arbre prend un développement de plus en plus important, la vallée du Rhône, plus particulièrement dans la région située en amont et en aval de Valence, se prête admirablement à la production de la pêche. Là s’observe le centre type de production de Saint-Laurent-du-Pape (Ardèche), où les pêchers, cultivés en
- Fig. 6. — Les fructifications du Monilia sur fruits momifié%
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- plein vent, s'étagent sur les coteaux dominant le cours de l’Erieux, une des principales rivières du département, qui se jette dans le Rhône peu après Beauchastel ; par ses terrains alluvionnaires très fertiles, ses expositions favorables et son climat privilégié, cette vallée, où les premières plantations de pêchers remontent à 1885, convient parfaitement aux cultures maraîchères et fruitières, plus spécialement à la culture aujourd’hui dominante du pêcher. Un choix judicieux de variétés cultivées, faisant appel tant aux sortes les plus hâtives : May Flower, Amsden, Précoce de Haie, qu’aux sortes les plus tardives : Belle de Ghanzy, Gaillard Girerd, permet d’échelonner la cueillette depuis la première quinzaine de juin jusqu’à la deuxième quinzaine d’août.
- Ce ne sont point néanmoins les pêches ardéchoises qui arrivent en premier sur le marché de Paris. Les premiers arrivages, survenant vers le 25 mai en année normale, sont en provenance des Alpes-Maritimes ; quelques jours plus tard, c’est-à-dire vers le 1er juin en année moyenne, apparaissent les pêches du Var, en même temps
- que parviennent à destination les premiers cageots expédiés tant par l’Espagne que par l’Algérie. C’est aux environs du 20 juin que parviennent, en année normale, les prêmières pêches de la vallée du Rhône, en même temps que celles de la vallée de la Garonne et des Pyrénées-Orientales; quant aux pêches de Montreuil et de la région parisienne, ce n’est guère avant le milieu de juillet que les consommateurs de la capitale peuvent en apprécier la chair savoureuse et parfumée. Le mois de juillet représente, pour un réseau tel que le P.-L.-M. qui dessert plusieurs très importants centres producteurs de pêches, le moment du plus gros trafic.
- La pêche est particulièrement sujette à altération en cours de transport ; la moindre meurtrissure, la moindre blessure sont autant de voies d’accès pour les nombreux microorganismes qui sont susceptibles de provoquer la décomposition et la pourriture de ce fruit, et parmi lesquels il convient de placer en premier lieu le redoutable Monilia dont il a déjà été question dans la première partie de cette étude. Aussi conçoit-on aisément qu’il
- faille prendre de grandes précautions lors de la cueillette du fruit.
- Il convient de commencer la récolte des pêches quand la partie du fruit qui n’est pas exposée au soleil passe de la teinte franchement verte à la teinte vert-jaunâtre; la pêche ainsi cueillie n’est pas encore bonne pour la consommation, mais elle achèvera sa maturation pendant le transport, et d’autant plus vite que la température sera plus élevée.
- La récolte doit avoir lieu le malin de 5 à 8 heures ou le soir après 17 heures. II faut une certaine habitude pour détacher le fruit sans le blesser; il convient pour cela d’imprimer, à la pêche saisie à pleine main, un mouvement de torsion qui lui permet de se détacher facilement. Toute pression des extrémités des doigts, tout choc se traduisent, à l’arrivée à destination, par des taches noires qui diminuent la valeur commerciale des fruits.
- A l’atelier d’emballage, les pêches sont déposées avec précaution sur des tables de triage et classées en quatre catégories : pêches extra (pour les fruits irréprochables comme .forme et comme couleur et pesant au moins 120 grammes), pêches de 1er choix, pêches de 2e choix, pêches de 3e choix.
- Les pêches extra sont placées soigneusement dans un cageot à un rang ou plateau (emballage en forme de parallélépipède rectangle et formé de lattes de bois disposées à claire-voie), matelassé au préalable de frisure de fibre de bois. Les pêches de 1er et de 2e choix sont disposées de semblable manière dans un cageot à deux rangs, les pêches de 3e choix dans un cageot à trois rangs.
- Quant aux pêches de luxe que procurent les cultures en espaliers de la banlieue parisienne (Montreuil-sous-Bois, Rosny-sous-Bois, Ba-gnolet, Nogent-sur-Marne, Bourg-la-Reine., Sceaux, Boulogne, Suresnes, etc...), et qui, jouissant d’une renommée mondiale, ont Paris comme principal débouché, elles sont expédiées dans des boîtes garnies de ouate, parfois aussi disposées sur des semelles de paille tressée ou sur des paniers ronds sans anse appelés ronds de pêches.
- L'abricot. — Le rendement capricieux de l’abricotier, à la merci tout à la fois des gelées de printemps, qu’il redoute particulièrement en raison de sa floraison hâtive, et des dangereuses attaques de Monilia, a atteint 10000 tonnes en 1927. Participent à cette production la Provence, dont les fruits, expédiés sur Paris dès la fin juin, suivent ceux de l’Afrique du Nord expédiés dès fin mai; la vallée du Rhône, qui envoie, de certaines années, ses abricots dès le 15 juin; les Pyrénées-Orientales, le Lot-et-Garonne, le Puy-de-Dôme. Sur le résau P.-L.-M., les expéditions sont surtout actives au cours de la première décade de juillet et se poursuivent jusqu’aux environs du 15 août.
- Les abricots sont cueillis dès que la coloration verte a disparu, alors que la chair est encore suffisamment
- Fig. 7. — Dégâts de la tavelure sur la pomme, a) attaque précoce ; b) attaque tardive.
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- ferme pour supporter le transport; la cueillette et'l’emballage se font de même manière que pour la pêche.
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- La prune. — La prune, dont notre pays a produit 48000 tonnes en 1927, arrive sur le marché parisien sensiblement plus tard que les fruits précédemment énumérés. Si la prune algérienne parvient sur le carreau des Halles dès le 1er juin en année moyenne, bientôt suivie par la prune d’Espagne, ce n’est guère avant les premiers jours de juillet que sont consommées, à la capitale, les premières reines-Claude et un mois plus tard environ les premières mirabelles; la période des plus fortes expéditions de prunes, sur le réseau P.-L.-M., correspond précisément à la fin du mois de juillet et fau début du mois d’août. L’Ardèche, en particulier, est un département gros exportateur de prunes; si, dans la vallée du Rhône, la prune reine-claude domine, on cultive, par contre, en grand, dans les arrondissements de Largentière et de Privas, la prune bleue, qui supporte admirablement le transport et est expédiée surtout vers les marchés anglais.
- Les prunes de table, la reine-claude par exemple, doivent être, à la cueillette, manipulées avec soin, de façon à ne pas enlever la fleur ou « pruine » qui donne aux fruits une grande valeur marchande.
- Si la prune primeur s’expédie dans des caissettes de bois blanc que l’on agrémente de papier à bords brodés, la reine-Claude est emballée soit dans des cageots à un ou deux rangs, soit dans des corbeilles dites de Sol-liès-Pont comme la cerise, soit encore dans des fleins, tandis que l’on utilise, pour l’expédition de la prune bleue, des paniers à base rectangulaire constitués de liteaux de bois disposés suivant un tronc de pyramide et que l’on nomme « baskets », souvent aussi des sièves semblables à celles dans lesquelles voyage le cassis exporté en Angleterre.
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- La poire. — La poire, et surtout la poire d’été ou poire William, représente aussi, dans l’ensemble du transit des principaux fruits, un tonnage important. Les principales régions productrices de poires William, en France, sont :
- 1) la vallée de la Loire, aux environs d’Angers et de Saumur ;
- 2) le département de l’Indre-et-Loire (Chinon, Bour-gueil, Langeais et Toursj;
- 3) le département de Seine-et-Oise (Montmorency) ;
- 4) la vallée du Rhône, grosse exportatrice de poires d’été.
- Dans cette dernière région, le poirier n’est guère planté, exception faite des vergers d’amateurs, que dans les terrains d’alluvion frais de la vallée même du Rhône, à l’exclusion des coteaux arides bordant le fleuve; si les variétés précoces et de moyenne saison (Beurré Giffard et surtout William), cette dernière particulièrement demandée par les expéditeurs, sont l’objet de cultures assez importantes — les poires d’été sont du reste les seules poires qui, dans le Midi, donnent des résultats
- Fig 8. — Protection des cultures méridionales contre le vent par haie de cyprès
- appréciables, — les variétés tardives au contraire, qui souffrent plus ou moins des chaleurs de l’été et donnent au surplus des poires d’arrière-saison généralement véreuses, ne sont guère cultivées que pour subvenir aux besoins locaux.
- Les poires de choix n’arrivent guère, chaque année, sur le marché parisien, avant le premier août environ; celles en provenance de la région parisienne n’apparaissent aux Halles qu’aux premiers jours de septembre. Les fortes expéditions de poires sur le réseau P.-L -M. ont lieu durant les mois de juillet et août et concernent d’abord celles produites dans la basse vallée du Rhône (région avignonnaise) et dans la vallée de la Durance, puis celles récoltées dans la région lyonnaise, enfin celles des environs de Valence (il existe, sur la rive ardéchoise du Rhône, et en particulier dans la région de Tournon, des exploitations modèles de poiriers William).
- Les poires, achevant leur maturation après la cueillette, doivent être récoltées avant leur complète maturité, alors qu’elles sont encore un peu dures; dans ces conditions, elles supportent facilement le transport.
- Les poires d’été, qui font l’objet d’expéditions très importantes, sont généralement expédiées, selon gros-
- Fig. 9. — Protection des cultures méridionales contre le vent Dar barrières de roseaux.
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- seur, dans des cageots à un, deux et trois rangs; les poires d’automne, qui arrivent également en grande abondance sur les marchés de consommation, sont expédiées, soit dans des cageots comme les poires William, soit encore dans des billots. Quant aux fruits de choix que représentent les poires d’arrière-saison, ils voyagent, avec autant de précaution que les pêches de luxe, dans des caissettes ou dans des cagettes à un rang ou plateaux.
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- La pomme. — L’un des plus importants fruits d’arrière-saison est la pomme, dont les principaux centres de production sont : le Nord de la France, la vallée de la Seine, la Bretagne, le Maine-et-Loire et l’Indre-et-Loire, la Gironde, les Basses-Pyrénées, le Massif Central, la Savoie et la Haute-Savoie, les Basses-Alpes.
- Le pommier est un arbre peu cultivé en Provence; on rencontre pourtant assez souvent des représentants de cette espèce fruitière dans les vergers d’amateurs et surtout dans les vallées fraîches et humides de la région montagneuse bordant la vallée même du Rhône.
- Pourtant, les pépiniéristes de cette région, et en particulier des localités de Ca-bannes et de Saint-Andiol, dans les Bou-ches-du-RFône, profitant des avantages inappréciables que leur procurent un terrain riche, meuble, facile à arroser, et surtout un climat permettant de fortes poussées annuelles, cultivent sur une très grande échelle des plants de pommiers destinés à être vendus après un an ou deux de greffe. La clientèle locale n’en absorbant qu’une très faible partie, le plus grand nombre des plants est vendu, soit dans les Alpes et la région lyonnaise, soit dans le Sud-Ouest et l’Ouest, jusque dans le département de la Loire-Inférieure; la plupart de ces jeunes arbres, greffés au collet, se'ront surgrefiés en tête, par la suite, avec des variétés locales.
- La pomme arrive sur le marché parisien un mois environ après la poire, mais sa consommation se pour-
- suit durant tout l’hiver, jusqu’aux mois de mars et avril, alors que l’expédition de la poire cesse aux environs de la Noël.
- Les pommes ne sont pas consommées dès leur récolte; on doit les conserver quelques mois, afin de leur permettre de développer leurs qualités gustatives si appréciées.
- La pomme, bien que peu fragile, mérite tout de même certains soins pour son emballage, surtout s’il s’agit de variétés de choix ; si la pomme à cidre s’expédie en vrac, la pomme ordinaire dans des cageots, des billots ou des sacs, l’expédition de la pomme de choix ou de luxe
- s’effectue de la même manière que pour la poire.
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- Nous terminerons notre exposé relatif aux méthodes de protection et de préservation des fruits par l’examen des précautions essentielles qu’il convient d’observer si l’on veut mettre à l’abri de la décomposition et de la pourriture les fruits placés dans les fruitiers et dans les chambres de conservation.
- Nous avons dit que les blessures représentent le danger principal permettant à coup sûr la pourriture des fruits.
- Le contactdes fruits sains avec des fruits pourris est par contre beaucoup moins dan-geureux qu’on ne le croit généralement, si toutefois les conditions de milieu du fruitier ne se montrent pas exceptionnellement favorables au développement des organismes fongiques; au reste, on observe souvent, dans les bons fruitiers, des fruits demeurés entièrement sains bien qu’étant en contact avec un fruit en train de pourrir.
- Les fruits dits de garde doivent donc être cueillis et manipulés avec beaucoup de soin, afin d’éviter les blessures et les chocs susceptibles de les meurtrir; il faut n'introduire au fruitier que des fruits parfaitement sains, sans lésion ni meurtrissure, et éliminer rigoureusement tous ceux qui présentent un début de pourriture.
- Cette remarque a son intérêt surtout en ce qui concerne le Monilia et le Coryneum, susceptibles de poursuivre
- Fig. tO. — Quelques emballages.
- a) caissette en bois destinée à l’expédition des cerises de choix; b) cagette pour le transport de la cerise courante; c) sièves pour l’emballage du cassis;
- d) cageot renfermant des fleins en bois tranché pour l’expédition des fraises ;
- e) cageot à deux rangs pour le transport des pêches ; f) boites garnies de ouate
- pour l’expédition des pêches de luxe.
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- leur évolution au fruitier, ainsi que la tavelure, capable de provoquer l’apparition de nouvelles taches consécutives au frottement des fruits les uns contre les autres.
- Dans les locaux de conservation des fruits, trois facteurs surtout sont à surveiller de près; ce sont la lumière, la température et l'humidité.
- Il est préférable de laisser le fruitier dans une certaine obscurité, car la lumière accélère les phénomènes de maturation et par suite aide à l’évolution des moisissures fructicoles.
- II. convient d’autre part de veiller à ce que la température se maintienne basse et constante :
- — basse, car le développement des moisissures est très actif à 15-20° C., ralenti vers 10° G. et tend à s’arrêter aux environs de 0°; c’est donc à quelques degrés au-dessus de 0 qu’il conviendra de maintenir la température du fruitier;
- — stable, afin d’éviter autant que possible les variations brusques de température toujours nuisibles à la conservation et à la maturation des fruits.
- Nous n’ignorons point qu’il n’est pas toujours facile d’imposer à la température cette fixité nécessaire, en raison des moyens souvent rudimentaires dont disposent, dans l’aménagement et l’entretien de leurs vergers, les arboriculteurs amateurs aussi bien que les arboriculteurs de profession; s’il est possible, par les moyens usuels, d’éviter que la température ne s’abaisse au-dessous de 0°, il y a, par contre, souvent 'impossibilité de contraindre la température du fruitier à ne pas s’élever quand la température de l’extérieur vient à faire de même.
- On peut conseiller cependant, tout en restant dans la limite des choses possibles, de rechercher, pour la conservation des fruits, pour l’achèvement de leur maturation et .pour leur mise à l’abri des pourritures pos-
- .........................=551 =
- sibles, le maintien d’une température comprise entre -4-2° G. et+ 4° C.
- En pratique, de bons résultats ont été obtenus, par exemple, dans la conservation d’un lot de pommes Calville blanc, soumis à une température qui a oscillé entre-+-2° C. et-+-10° C. durant la période comprise entre le 22 octobre et le 15 mars, soit un écart de température de 8° seulement en l’espace de 144 jours consécutifs.
- La question est plus délicate en ce qui concerne l’humidité de l’atmosphère du fruitier.
- S’il convient, en effet, du seul point de vue phyto-pathologique et en vue d’entraver le développement possible des moisissures fructicoles, de conseiller le maintien, dans les locaux de conservation, d’une atmosphère aussi sèche que possible, on se heurte par là aux données le mieux établies de la pratique courante, à savoir que c’est à leur atmosphère de vapeur d’eau très voisine de la saturation que nous devons de pouvoir, dans les fruitiers, conserver les fruits aussi longtemps sans que leur épiderme ne se ride.
- Notre conclusion sera que, tout compte fait, il est préférable de ne point chercher à dessécher artificiellement l’atmosphère des fruitiers, et que c’est bien plutôt par l’application consciencieuse des méthodes préventives de traitement que nous avons indiquées, par les soins apportés dans la cueillette, la manipulation et le transport des fruits, par une hygiène rationnelle des procédés de conservation de ceux-ci (élimination des fruits meurtris, lésés ou altérés avant leur mise en place ainsi qu’au cours de visites du fruitier répétées hebdomadairement), que les fruits auront le plus de chances d’être conservés le mieux et le plus longtemps possible.
- L. Guyot,
- Ingénieur-Agronome.
- = L’INDUSTRIE DES CONDUCTEURS ISOLÉS =
- AU CAOUTCHOUC
- II. L'ISOLANT : BOUDINEUSES ET MACHINES A GALETS1»
- L’isolant. — L’enveloppe destinée à isoler les conducteurs d’énergie électrique, tant les uns des autres pour les câbles à conducteurs multiples que de l’extérieur seulement pour les conducteurs uniques, est formée de caoutchouc.
- C’est la substance qui, convenablement confectionnée et disposée autour du conducteur, lui conférera l’isolement le meilleur.
- Le caoutchouc naturel doit son pouvoir diélectrique élevé à la gomme qu’il contient. Cette gomme ou caoutchouc propement dit est un hydrocarbure, l’isoprène (C10H16jB, mélangé de résines Le caoutchouc brut reçu
- 1. Voir La Nature, n° 2809, 15 mai 1929.
- en plaques ou en feuilles provient de l’incision du Ficus. Le suc sécrété par le végétal ou latex se solidifie à l'air. On recherche surtout le caoutchouc de plantation ou caoutchouc cultivé provenant de l’hévéa, une euphor-biacée. Les feuilles de caoutchouc de plantation ont de 4 à 5 millimètres d’épaisseur. On les lave à l’eau chaude, puis elles sont déchiquetées entre deux cylindres, ce qui fournit une feuille moins épaisse, débarrassée, par ce lavage, des impuretés incrustées à sa surface, en particulier de fragments de bois, de terre. ..
- Le séchage est pratiqué lentement. Durant huit jours la feuille de caoutchouc est exposée sur des claies à l’action d’air modérément chaud.
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- La gomme naturelle est mélangée alors à divers produits, en particulier au soufre qui, postérieurement, par une élévation convenable de température, vulcanisera le mélange obtenu. On y incorpore parfois du caoutchouc régénéré qui doit être de première qualité et employé avec modération.
- On y incorpore également un certain nombre de substances, certaines, neutres. Cet ensemble de substances : craie, oxyde de plomb, oxyde de zinc, talc, chaux, magnésie, constitue la charge. Le soufre ajouté en quantité convenable formera sous l’influence de la chaleur, avec la gomme, un sulfure d’isoprène qui confère au produit ses qualités élastiques.
- Pour les revêtements destinés à constituer un isolement très élevé, on s’abstient d’ajouter à la gomme du caoutchouc régénéré; les factices : huiles minérales, bitumes, asphaltes, doivent également être rigoureusement proscrits pour les isolements sérieux.
- Un atelier prépare spécialement les poudres qui doivent être incorporées à la gomme. De la finesse du soufre dépend la valeur pratique de la vulcanisation, aussi comme la fleur du soufre, même obtenue par bisubli-mation, est de moindre finesse que le soufre raffiné, broyé et tamisé, emploie-t-on de préférence cette dernière sorte.
- Le mélange de la gomme, de la charge et du soufre s’effectue sur des mélangeurs à cylindres qui sont chauffés au début de l’opération; par contre, vers la fin de l’opération, le mélange est refroidi. Le mélange doit être effectué ainsi par des ouvriers avertis ; un certain tour de main est nécessaire. On a cherché à effectuer automatiquement ce mélange de la gomme, de la charge et du soufre. Des machines à palettes hélicoïdales effectuent ce mélange, en vase clos, plus vite, mais cependant moins bien qu’aux cylindres conduits par un ouvrier qualifié.
- Le mélange très homogène est alors livré aux calen-dreuses sous la forme d’une masse douée d’une certaine plasticité. Il doit être au préalable réchauffé.
- Le calendrage du mélange est obtenu par l’effet de 4 cylindres en contact l’un au-dessus de l’autre et tournant par suite en sens inverse. Le mélange mis en masse est transformé en une bande mince aplatie qui est ensuite enroulée pour être coupée en bandes.
- Le laminage des calendreuses produit donc une feuille de plusieurs centaines de mètres de longueur, d’environ un mètre de large et dont l’épaisseur varie suivant la destination qu’on lui impose de deux millimètres à vingt centièmes de millimètre. Le tambour collecteur est découpé, par une machine spéciale et très précise, en galettes de largeurs diverses formant alors des rubans destinés à desservir les machines à galets dont nous allons bientôt traiter.
- Isolement du conducteur. — Nous arrivons au stade de la fabrication dans lequel le fil conducteur de cuivre convenablement tréfilé et étamé d’une part, l'isolant destiné à recouvrir ce conducteur, lui-même spécialement fabriqué, d’autre part, doivent être adaptés l’un sur l’autre. L’isolant devant recouvrir le conducteur d’une couche cylindrique exactement régulière, d’épaisseur
- rigoureusement constante sur toute la longueur de ce conducteur, celui-ci doit donc se trouver toujours exactement centré suivant l’axe même du fil isolé.
- Le recouvrement du conducteur par l’isolant a déterminé deux méthodes bien distinctes, longtemps concurrentes, qui se sont partagé la faveur des industriels.
- Toutes deux ont donné lieu à l’invention et au perfectionnement de machines spéciales, nettement différentes l’une de l’autre.
- Cependant il est à l’heure actuelle sans conteste que l’une des méthodes, bien que nécessitant des machines plus compliquées d’aspect, mais qui sont parmi les plus admirables, aboutit à un centrage constamment rigoureux, alors que, malgré les perfectionnements du mécanisme, à la vérité beaucoup plus simple, qui applique 1 autre méthode, l’exact centrage du conducteur dans l’axe même de sa gaine isolante n’y est qu’imparfaitement réalisé.
- La boudineuse. — L’une des méthodes, la première en date, consiste à recouvrir le fil conducteur d’une gaine de caoutchouc pris dans la masse même du mélange isolant obtenu. La machine forme alors autour du conducteur un boudin cylindrique isolant au (centre duquel le mécanisme doit exactement maintenir le conducteur qu elle enrobe. Cette première méthode aboutit à la machine dite boudineuse.
- Ce procédé à la boudineuse qui recouvre d’une gaine de matière plastique à base de gomme, de section déterminée et variable, le conducteur à isoler, ne nécessite donc ni calendrage préalable de cette matière isolante, ni découpage en bande du produit calendré. On conçoit dès lors qu’économisant deux stades importants et qui tous deux nécessitent des machines de grande précision, ce procédé à la boudineuse soit plus rapide que celui auquel la seconde méthode aboutit.
- La boudineuse comprend, comme organe essentiel, une vis d’Archimède suivant l’axe de laquelle le conducteur à enrober est tendu. Cette vis pousse la matière plastique résultant du mélange de gomme, charge et soufre et en forme un boudin cylindrique autour du conducteur. Quelque soin qu’on ait apporté au perfectionnement de ces boudineuses, quelque précision avec laquelle on réalise ses divers organes, il n’a pas, jusqu à ce jour, été possible de réaliser ainsi une gaine qui demeure exactement centrée par rapport au conducteur. Le centrage présente des irrégularités d autant plus notables que la gaine isolante à réaliser est plus faible. Ce sont donc les fils isolés les plus généralement utilisés que la boudineuse produit avec le moins de perfectionnement.
- Le décentrage provient de la plasticité de la matière non encore vulcanisée et aussi des irrégularités de température que subit cette matière. Des irrégularités de 2 à 3 dixièmes de millimètre se produisent.
- Dans les boudineuses, la poussée du mélange isolant par la vis sans fin vers la filière occasionne, à la sortie de la gomme, un freinage irrégulier sur le pourtour de la matière plastique boudinée qui décentre la gaine par rapport au fil.
- La machine à galets. — C’est l’impossibilité de réaliser par la boudineuse une couche très exactement
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- régulière qui a amené l’industrie des fils isolés à rechercher une autre méthode de disposition de l’isolant autour du conducteur.
- La machine à galets (fig. 1) permet d’assurer cette constance exacte de l’épaisseur.
- Au lieu d’enrober le conducteur à isoler, on l’entoure d’un, deux, trois, voire même quatre bandes d’épaisseur rigoureusement constante et déterminée laquelle varie généralement de 2/10e à 10/10e de millimètre.
- Ces bandes se présentent l’une au-dessus, l’autre au-dessous du conducteur à entourer et pénètrent avec lui entre deux galets creusés chacun d’une gorge proportionnée au diamètre du conducteur. Les deux bandes de caoutchouc se trouvent ainsi engaîner ce conducteur et
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- doivent être soumis tels quels à la vulcanisation. C’est la vulcanisation qui conférera au mélange à base de caoutchouc contenant du soufre, les propriétés élastiques que la masse mélangée ne possède pas encore. Par la vulcanisation, non seulement le caoutchouc acquiert l’élasticité convenable, mais par là sa résistance mécanique est accrue, il devient susceptible de conserver le pouvoir • diélectrique dû à la nature même de la gomme qu’il contient en proportion qui varie de 33 pour 100 au minimum, à 50 et même à 75 pour 100 de la masse totale.
- La vulcanisation est faite soit après mise du caoutchouc, soit après rubanage, avant que la fabrication soit terminée. Elle consiste à soumettre le fil isolé à l’action de la chaleur. A cet effet les conducteurs sont
- Fig. 1. — Machine à galets Larmuth.
- Elle entoure les fils conducteurs d’isolant au caoutchouc mis à froid : deux bandes d’épaisseur très régulière, parallèles au fil, pénètrent avec lui, l’une au-dessus, l’autre au-dessous, entre deux galets creusés chacun d’une gorge correspondant au diamètre du fil. Les bandes se soudent à froid par pression et forment une gaine parfaitement régulière. Dix-huit fils sont simultanément isolés par ces merveilleuses machines. Un seul passage les recouvre chacun de deux couches de feuilles anglaises, de trois couches de caoutchouc vulcani-
- sable et de deux rubans caoutchoutés.
- se soudent par pression l’une à l’autre, à froid, réalisant une gaine parfaitement régulière.
- Ces machines, merveilleuses de précision, parviennent ainsi à recouvrir simultanément jusqu’à 18 conducteurs à la fois, chacun se trouvant exactement enrobé de caoutchouc et exactement centré par rapport à la gaine isolante que forment autour de lui les bandes isolantes.
- Ces machines à galets sont à l’heure actuelle perfectionnées au point que certaines, par un seul passage du conducteur à la machine, l’enrobent de deux couches de feuille anglaise (gomme pure non vulcanisable) de trois couches supplémentaires de caoutchouc vulcanisable et encore de deux rubans caoutchoutés.
- La vulcanisation. — Les conducteurs ainsi garnis d’une couche plus ou moins épaisse de matière isolante
- disposés, les fils fins sur des plateaux, les autres enroulés sur cylindre, à la température d’un autoclave, température produite par la circulation de vapeur d’eau maintenue sous pression de 3 à 4 kg par cm2. Après vulcanisation les fils sont mis sous tresse ou sous rubans et enduits.
- La feuille anglaise. — La fabrication soignée de conducteurs isolés destinés à supporter des tensions supérieures à 500 volts comporte la mise en place directement sur le conducteur étamé d’une ou deux couches de feuille anglaise en plus de l’isolant en caoutchouc vulcanisable mis au galet, par-dessus.
- Cette feuille anglaise s’obtient d’une façon particulière. Elle n’est pas vulcanisable. C’est du caoutchouc très pur, de la gomme simplement nettoyée et non mélangée. On
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- la place dans des pots cylindriques que ferment exactement des pistons soumis, hydrauliquement, à une pression atteignant 200 kg/cm2. On maintient ainsi la gomme sous pression pendant 8 jours. Il se produit un retrait de la matière qui atteint le cinquième du volume. On fait alors refroidir cette gomme. On la maintient à — 7°,—8° afin de la durcir. Les cylindres obtenus au sortir des pots sont disposés horizontalement. Des-couteaux oscillants arasent le bloc cylindrique et en détachent des lamelles d’épaisseur constante et conve-
- nable. La machine qui traite ainsi le cylindre refroidi, que les couteaux oscillants pèlent d’une manière bien régulière, est elle-même constamment refroidie par une saumure maintenue à basse température. Cette opération est de la nature de celle qui, dans le travail du bois, permet d’obtenir les feuilles minces et d’épaisseur régulière destinées au placage.
- [A suivre.) , Albert Turpain,
- Professeur à PUniversité de Poitiers.
- L'ÉCLAIRAGE PAR LES GAZ LUMINEUX
- S’il était donné à un contemporain de Louis XIV de revivre actuellement une nuit à Paris, il est probable que la première chose qui le frapperait serait l’éclairage de la ville. L’éclairage artificiel a pris, en effet, de nos jours, une importance sur laquelle il est à peine besoin d’insister ; c’est grâce à lui que la production continue pendant les heures de nuit; il a permis, d’autre part, en assurant la sécurité des rues, cette vie du soir, caractéristique de nos cités actuelles et dont notre homme du xvxie siècle ne pouvait avoir idée. Les besoins d’un éclairage toujours plus intense, aussi bien pour les rues que pour les intérieurs, les établissements de travail et de plaisirs, ont provoqué dans les premières années du xxe siècle des perfectionnements de tout genre. Le manchon Auer et l’incandescence par l’électricité ont amené la réalisation de foyers lumineux intenses et les besoins de la réclame ont stimulé le développement de cet éclairage spécial par tubes lumineux, qui ne serait pas le moindre étonnement de notre Parisien du grand siècle et dont nous voulons entretenir nos lecteurs.
- Dans ces tubes, on fait passer un courant électrique à travers un gaz ou une vapeur métallique. Pratiquement, à l’heure actuelle, on utilise : 1° la vapeur de mercure ; 2° les gaz appelés « rares » ou « nobles » dont les principaux sont, par ordre d’importance, le néon, l’argon et l’hélium. Nous prendrons comme exemple le fonctionnement de l’arc au mercure et nous montrerons ensuite que les autres arcs ont des caractéristiques analogues.
- L'ARC AU MERCURE
- Le type le plus ancien est l’arc Cooper-Hewitt (1902), qui fonctionne dans un tube de verre et sur courant continu. Il est représenté par le schéma de la figure i. Le tube a 1 m. 20 de long environ et contient : à un bout du mercure qui constitue la cathode, à l’autre une clochette de fer qui est l’anode ; le tube est vide d’air et le courant est amené par deux fils de platine soudés dans le verre. Les deux électrodes sont réunies aux deux pôles d’un secteur à 110 volts, à travers une résistance. On allume la lampe en basculant le tube, de façon à mettre en court-circuit les deux électrodes par un filet de mercure ; la rupture de ce filet produit un arc ; c’est une colonne lumineuse qui remplit complètement le tube. Sur la cathode, l’arc se termine par un point brillant qui
- se déplace continuellement à la surface du mercure.
- Nous indiquerons d’abord comment on explique le passage du courant dans la vapeur de mercure. Celle-ci est composée d’atomes et les théories actuelles admettent que l’atome d’un corps simple quelconque est formé d’un noyau chargé positivement; entouré d’électrons ou charges élémentaires négatives, qui sont arrangés d’une certaine façon autour du noyau et qu’on suppose généralement en mouvement autour de celui-ci à la façon des planètes autour du soleil. Le nombre de ces électrons serait 80 pour l’atome de mercure, 29 pour celui de cuivre et 10 pour le néon. Dans les métaux solides comme le cuivre, certains de ces électrons, probablement ceux qui sont les plus éloignés du noyau, sont mobiles sous l’influence d’une différence de potentiel, même très faible, et c’est le flux de ces électrons qui constitue le courant ; dans le mercure liquide et froid, le mécanisme de passage du courant est le même que dans le cuivre. Dans les métaux à haute température, ces électrons mobiles peuvent sortir du métal et voyager dans le vide ou dans un gaz vers un corps chargé positivement ; c’est de cette manière que le courant passe dans les lampes à 3 électrodes de la T.S.F. ; c’est aussi de cette façon que l’on explique le fonctionnement de l’arc au mercure. La tache brillante de la cathode est, grâce à sa haute température, le point de départ d’électrons lancés dans la vapeur de mercure ; après un faible parcours, ces électrons ont acquis une certaine vitesse. On admet qu’ils peuvent, dans leurs chocs, avec un atome de mercure, faire perdre à celui-ci un électron, le reste de l’atome constituant un ion positif qui voyage ensuite vers la cathode; c’est V ionisation par chocs. L’électron extrait par choc d’un atome peut à son tour produire une ionisation par choc. La colonne lumineuse du tube est ainsi constituée par un mélange de centres chargés positifs et négatifs qui se déplacent en sens inverse ; l’intensité du courant est égale à la somme des charges et — qui passent en une seconde dans une certaine section du tube. Dans le modèle de tube dont nous parlons, le courant est 3,5 ampères et, en fonctionnement normal, on trouve environ 75 volts aux bornes du tube et 35 volts aux bornes de la résistance.
- Les centres positifs rencontrent la cathode dans la tache cathodique ; celle-ci est créée par la rupture du
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- court-circuit initial et se maintient ensuite grâce à l’arrivée des centres H-. Si on mesure, à l’aide d’une sonde métallique, la différence de potentiel entre un point de la colonne lumineuse et la cathode, on trouve les résultats indiqués figure 2 Très près de l’anode se produit une chute brusque de 10 volts environ; puis la tension décroît régulièrement quand on augmente la distance dans la colonne positive ; tout près de la ca thode, nouvelle chute brusque de 5,3 volts environ. Cette dernière chute brusque correspond à une dépense d’énergie de 5,3x3,5 = 18,5 watts, qui doivent être considérés comme dépensés dans la tache cathodique. La dimension de cette tache est très petite; elle serait, d’après les mesures, de 0,025 mm2 par ampère; on conçoit qu’elle soit très chaude ; la mauvaise conductibilité calorifique du mercure liquide (le plus mauvais conducteur des métaux usuels) permet à la tache de rester à une température très supérieure au reste de la cathode ; il s’y vaporise naturellement beaucoup de mercure. La plus grande partie de ce mercure est condensée dans l’ampoule représentée figure 1 près de la cathode ; les dimensions de cette ampoule règlent la pression de vapeur dans le tube.
- Pour expliquer la production de la lumière, on admet également la conception de l’atome nucléaire. Les électrons extérieurs de l’atome peuvent occuper des positions plus ou moins éloignées du noyau et ces différentes positions correspondent à des énergies différentes de l’atome. Pour l’atome de mercure, par exemple, il y aurait deux de ces électrons extérieurs. Quand un atome absorbe de l’énergie, un de ces électrons est déplacé vers une position de plus grande énergie; on conçoit ainsi la présence, dans la vapeur de mercure du tube lumineux, d’atomes où les électrons extérieurs occupent des positions ou décrivent des orbites plus ou moins éloignées du noyau. On conçoit même le départ d’un électron qui nous a déjà été utile plus haut pour expliquer le passage du courant. Les atomes anormaux ou « excités » ainsi produits ont tendance à revenir à l’état normal ou à un état de moindre excitation, les électrons extérieurs réintégrant l’atome ou revenant à des positions plus rapprochées du noyau. C’est pendant ce retour des électrons à des positions d’énergie totale moindre
- pour l’atome
- Fig, 2. — Répartition des potentiels dans l’arc que S effectue au mercure. l’émission de la
- lumière.
- A chaque position ou orbite de l’électron, correspond un certain « niveau » d’énergie. Si l’électron revient du niveau E.2 au niveau Et, l’énergie Ej — E2 est émise sous forme d’une lu-
- Fig. 1. — Schéma du tube Cooper-Hewitt,
- mière monochromatique dont la fréquence est donnée par la relation de Bohr.
- Ej — E2 =// v
- h est la constante de Planck : 6,6.10 ”-7 ; v est la fréquence de la radiation émise ; elle est liée à sa longueur d’onde X par la relation Xv = 3.10~10. Chaque type d’atome possède ses niveaux caractéristiques d’énergie ; il émet des lumières de fréquence caractéristique ; le prisme permettra d’étaler la lumière produite en un spectre caractéristique de l'atome émetteur.
- Pour le mercure, il existe pratiquement seulement trois radiations dans le spectre visible : une raie jaune double (X = 5780A) (1), une raie verte (5461 À) et une raie indigo (4358 A). La mesure de l’intensité lumineuse émise par le tube est assez difficile. Les difficultés tiennent, d’une part, à la couleur fort différente de celle des lapapes à incandescence de comparaison ; d’autre part, à la forme très allongée du tube, qui empêche de le considérer, sauf à grande distance, comme une source quasi-ponctuelle. On photomètre généralement ces tubes et les sources analogues par morceaux de 10 — 20 cm de long en cachant le reste du tube avec du papier noir. On peut admettre que la courbe polaire (2) d’une telle lampe est un cercle tangent au tube et dont le diamètre est 800 bougies ; cela donne 500 B. sphériques, soit 17,9 lumens par watt consommé dans l’installation. On se sert de la lampe avec un réflecteur en tôle émaillée ; elle fournit alors 850 B. hémisphériques; le rendement est alors 14,0 lumens par watt, rendement élevé, analogue à celui d’une lampe à incandescence en atmosphère
- 1. Les longueurs d’onde, espaces parcourus pendant une vibration de la lumière, sont mesurées avec l’unité Angstrom (A), qui vaut 1/10 000 de mm.
- 2. La courbe polaire d’une source lumineuse S s’obtient en portant sur les directions issues de S des longueurs égales à l’intensité correspondante.
- Distances comptées à partir det'anode
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- gazeuse. La température du tube est très basse ; la pression de vapeur est 1 à 2 mm, correspondant à une température moyenne de 130 —140°. La température de l’arc lui-même est inconnue; des mesures de Fabry et Buisson, fondées sur la largeur des raies, permettent de l’évaluer au maximum à 1200°. A cette température, un fil de tungstène serait à peine rouge et son rendement lumineux serait dérisoire ; La lumière du mercure, comme celle des autres tubes lumineux, est par excellence une lumière « froide ».
- L’expérience a montré que, avec un tube de dimensions données, le rendement lumineux passait par un maximum pour un certain courant, correspondant à une certaine vaporisation du mercure, donc à une certaine pression de vapeur. Les tubes ont été, naturellement, dimensionnés de façon à fonctionner à cette pression optima et, pendant plusieurs années, on crut avoir ainsi
- Fig, 4. — Courbe du voltage aux bornes et du courant dans l’arc au mercure alternatif.
- V, courbe du voltage eu fonction du temps; l, courbe de l’intensité du courant en fonction du temps.
- atteint le rendement maximum. L’usage du quartz pour la construction du tube permit de pousser davantage les lampes et on s’aperçut que le rendement, après avoir passé par un minimum, augmentait ensuite avec la pression, qu’on rattrapait le rendement du tube en verre, qu’on le dépassait nettement aux hautes pressions. L’arc au mercure en quartz est représenté par la figure 3 ; les deux pôles sont en mercure, la cathode rétrécie, l’anode plus large ; un réflecteur surmonte le tube illuminant. Le tube fonctionne encore en courant continu avec une résistance en série. L’arc a l’aspect, aux hautes pressions, d’une longue flamme allant d’une électrode à l’autre et centrée vers le milieu du tube. Les rendements atteignent, aux pressions de l’ordre de 800 mm. des valeurs très élevées (30 à 35 lumens par watt pour un tube assez long). L’arc en quartz fonctionne sous des tensions totales de 110, 220, 550 volts continus.
- Gooper Hewitt a indiqué comment on pouvait utiliser l’arc au mercure.sur un secteur alternatif ; on emploie deux anodes et un dispositif d’alimentation dont on trouvera l’analogue figure 7, à propos des tubes au néon à cathode chaude ; c’est le montage du convertisseur à vapeur de mercure. Les tubes à mercure des types précédents sont encore utilisés en Amérique pour l’éclairage ; ils ne servent plus en France que dans les prises de vues et reproductions photographiques.
- Les tubes à mercure peuvent fonctionner directement sur le courant alternatif avec deux électrodes seulement, mais pour des tensions élevées la décharge n’a plus le même caractère, elle ressemble à celle du tube de Geissler à cathode froide. Ce genre de décharge est caractérisé par une chute cathodique beaucoup plus élevée que celle de l’arc Gooper Hewitt et qui peut atteindre plusieurs centaines de volts; cette chute cathodique se fait dans un espace très court et, dans cet espace, les ions positifs prennent une vitesse suffisante pour extraire par leur impact les électrons de la cathode. On ne sait pas très bien si ces électrons viennent du métal de la cathode ou des gaz occlus dans le métal ; en tout cas ce sont ces électrons qui remplacent ceux que la cathode chaude évaporait dans l’arc ; chaque électrode devient à son tour cathode en suivant l’alternance du courant. La forte chute cathodique semble essentielle dans ce genre de tube ; son existence entraîne d’ailleurs quelques inconvénients; il est d’abord impossible de construire un tube à bas voltage ; de plus, pour avoir un bon rendement lumineux, il faut employer de longs tubes afin que le rapport de la chute cathodique au voltage total soit aussi faible que possible, ce qui oblige à l’emploi de tensions de plusieurs milliers de volts. C’est ce genre de tubes à mercure qu’on utilise actuellement dans les enseignes lumineuses ; les deux électrodes sont métalliques, le tube contient une goutte de mercure et l’allumage s’effectue, comme on le verra plus loin dans un gaz rare. La couleur normale de ces tubes est bleutée si le verre du tube est clair; si ce verre est légèrement jaune, on absorbe ainsi
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- Gaz carbonique
- Héhurn
- Fig. 5. — Voltage explosif dans les gaz.
- Cette courbe donne en abscisse le produit de la pression du gaz par la distance des électrodes, en ordonnée le volt8ge explosif du gaz.
- la radiation indigo et l’aspect du tube est nettement vert; le tube est quelquefois aussi en verre d’urane, dont la fluorescence verte change encore la teinte.
- Nous avons montré, M. Maurice Leblanc et moi (Société des Electriciens, 1914), que l’arc au mercure en quartz pouvait fonctionner avec deux pôles sur le courant alternatif ; il faut que la pression de vapeur dans l’arc soit suffisante pour que les électrodes aient une température élevée. L’arc s’éteint à chaque alternance, il se rallume si l’électrode qui va devenir cathode est assez chaude pour émettre des électrons. Les courbes de la figure 4 représentent la variation avec le temps du voltage aux bornes de l’arc et de l’intensité du courant ; celle-ci est nulle pendant l’intervalle de temps compris entre les points A et B, l’arc est alors éteint f1). Il se rallume quand la tension atteint la valeur représentée par la pointe de la courbe.
- A chaque électrode existe une chute brusque de potentiel analogue à celles observées en courant continu ; la chute cathodique est beaucoup plus faible que dans l’arc à électrodes froides. Le premier allumage de l’arc s’effectue par une étincelle qui jaillit directement d’un pôle à l’autre ; on verra plus loin quJil faut réaliser dans le tube une pression de vapeur à peu près déterminée, car la différence de potentiel d’allumage est minimum pour une certaine pression. Pour le mercure, il suffit de chauffer les électrodes à l’aide d’un dispositif qui est mis hors circuit une fois l’arc allumé. On réalise ainsi des sources puissantes, surtout intéressantes pour l’ultra-violet.
- L'ARC AU NÉON
- Les premiers modèles de tubes au néon pratiques ont été réalisés par M. Georges Claude. Le néon est retiré de l’air liquide, où il existe dans la proportion de 1 à 66 000 environ. Il est caractérisé par une propriété très intéressante ; sa cohésion diélectrique est très faible. Si, dans un tube à deux électrodes froides, on enferme un gaz ou une vapeur sous des pressions variables et si on essaie de faire passer dans le gaz une étincelle, on constate que le voilage explosif, différence de potentiel sous laquelle l’étincelle commence à passer, est donné par une courbe analogue à celles de la figure 5. Il existe une pression où le voltage explosif est minimum; avec des électrodes à une distance donnée, le voltage minimum varie avec la nature du. gaz. Les courbes de la figure 5 se rapportent au cas de deux électrodes parallèles en nickel assez rapprochées ; Paschen a montré que, dans ce cas, le voltage explosif ne dépend que du produitde la pression par la distance des électrodes ; c’est ce produit qui figure horizontalement, le voltage est l’ordonnée verticale. Par exemple, avec l’air et d = 1 cm, le voltage minimum est 340 volts, il est obtenu pour une pression de 0,6 mm. de mercure ; pour p = 6 mm le voltage est devenu
- 1. Sur la figure, CD correspond à 1/100 de seconde; l’extinction dure environ 1/400 de seconde
- 800 volts et sous la pression atmosphérique, il serait 30000 volts. Pour le néon, le voltage minimum est 185 volts, c’est-à-dire déjà beaucoup moindre, mais ce qui est surtout intéressant, c’est que le voltage explosif augmente très lentement avec lapression. Aux hautes pressions, on aurait Ve = A -h G p ; c’est le coefficient G qui caractérise la cohésion diélectrique ; d’après Bouty (1910), le coefficient G aurait les valeurs suivantes :
- Hydrogène Air Vapeur de mercure Néon
- 20,5 41,9 35,4 0,56
- On peut donc dire que le néon est, surtout aux hautes pressions, traversé beaucoup plus facilement par une étincelle que l’air. L’argon et l’hélium ont des propriétés analogues, quoique moins marquées. Il faut d’ailleurs que ces gaz soient très purs ; quand l’hélium, par exemple, contient 0,25 pour 100 d’air, le potentiel explosif augmente de 10 pour 100 pour p = 5 mm. Les pressions de remplissage sont telles que les tubes fonctionnent dans la partie à droite du minimum du voltage explosif.
- D’après M. Glaude, le néon est purifié dans le tube même par un procédé qui combine le chauffage électrique des électrodes et l’absorption des gaz étrangers par le charbon refroidi dans l’air liquide. Les électrodes des tubes Glaude sont en cuivre et de très grande surface ; leur emploi a permis d’éviter une difficulté sérieuse. L’expérience a montré que, sans précautions spéciales, le néon
- Fig. 6. — Tube à néon à cathode chaude pour courant continu.
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- disparaît du tube à la longue et l’étincelle ne passe plus dans le tube ; la disparition du gaz provient certainement de diverses causes, mais elle augmente avec la chute cathodique, très importante dans les tubes au néon où la décharge est du type à cathode froide. En même temps, la cathode se.détruit avec pulvérisation de métal qui noircit le tube ; cette pulvérisation augmente avec la densité de courant aux électrodes, ce qui oblige à garder cette densité assez faible, d’où la grande surface des électrodes. Tels quels, les tubes Claude ont une durée utile qui dépasse 1000 heures. Les tubes sont alimentés en courant alternatif ; leur régime électrique est exactement semblable à celui des arcs au mercure à courant alternatif : deux chutes de potentiel importantes ont lieu aux électrodes ; dans la colonne lumineuse, la chute est proportionnelle à la longueur. Par exemple, dans un tube de 11 mm de diamètre, il faut compter 350 volts pour les deux électrodes et 650 volts par mètre de tube (*) ; en régime, un tube de 2 m exige donc 1650 volts aux bornes; les tubes de verre fonctionnent avec 25 milliampères ; les tubes en verre pyrex supportent des intensités beaucoup plus fortes. Le tube s’éteint et se rallume à chaque alternance ; à 50 périodes, ces extinctions ne sont pas perceptibles à l’œil ; pour le premier allumage, il faut près du double de la tension de régime.
- On trouve actuellement des tubes utilisant également le néon et fonctionnant avec des électrodes considérablement plus petites que celles des tabes Claude (tubes Abadie) ; dans ce genre de tubes, la densité de courant atteint 200 milliampères pour un tube de 11 mm de diamètre. Certaines des électrodes sont formées par une cupule contenant du cadmium ; on observe sur l’électrode un point brillant mobile analogue à celui de l’arc au mercure ; il est probable que la température des électrodes est plus élevée que dans le tube Claude et qu’on se rapproche du fonctionnement avec électrode chaude, à chute cathodique moindre. Cela expliquerait que, même avec les forts courants indiqués, la pulvérisation cathodique soit faible ; le tube dure plusieurs milliers d’heures.
- La lumière émise par le néon a une belle couleur jaune orangée; son spectre est discontinu et limité aux régions rouge et jaune, le maximum d’intensité ayant lieu vers 6300 A, c’est-à-dire dans l’orangé. Les difficultés déjà signalées se présentent aussi pour la photométrie des lampes au néon : elles sont encore aggravées par le fait que les différents observateurs ont des yeux très différemment sensibles aux radiations rouges ; on peut admettre que le rendement d’un grand tube Claude est de l’ordre de 1 bougie par watt. Ce sont les tubes au néon qui jouissent de la plus grande faveur comme enseignes lumineuses. Ils sont employés, comme on sait, sous forme de tubes droits pour les encadrements, les corniches et de lettres plus ou moins contournées. La lumière rouge des tubes au néon perce bien le brouillard et ils sont déjà employés pour le jalonnage des routes d’aviation; sur Paris-Londres par exemple, sont disposés, tous les 20-25 km, des assemblages de tubes que l’aviateur aper-
- 1. M. Claude a montré que la chute en volts par mètre dans la colonne lumineuse était inversement proportionnelle au diamètre du tube.
- çoit de très loin ; on peut même s'arranger de façon à émettre la lumière suivant un rythme déterminé qui permet la signalisation^ du poste émetteur. Cette application se développe actuellement dans tous les pays. On utilise aussi la faible cohésion diélectrique du néon pour fabriquer des lampes-veilleuses qui fonctionnent directement sous 110-220 volts, continus ou alternatifs, et qui donnent une faible lumière rouge ; elles peuvent servir, par exemple, à l’éclairage général d’un laboratoire de photographie où on manipule des plaques insensibles aux radiations jaunes et orangées.
- Les tubes à néon et à mercure pour courant alternatif ont un assez gros désavantage ; d’après les chiffres donnés ci-dessus et la forme des courbes de tension et de courant, on peut prévoir que le facteur de puissance des installations est faible ; en fait, les mesures effectuées sur un grand nombre d’installations américaines donnent 0,41 pour les tubes de 12 mm et 0,48 pour ceux de 15 mm. Quand on sait la lutte entreprise par les secteurs pour supprimer les causes d^ diminution du facteur de puissance, on se rend compte des difficultés qu’amènerait l’emploi intensif de l’éclairage au néon. Heureusement, l’emploi du néon est généralement accompagné par une forte consommation dans des lampes à incandescence, ce qui permet d’avoir pour l’ensemble un facteur de puissance convenable.
- Une modification importante va d’ailleurs se produire incessamment dans l’éclairage au néon ; elle consistera dans l’emploi des tubes à cathode chaude, prêts à être mis sur le marché en Amérique. La cathode est analogue à celles déjà employées dans les lampes de T.S.F. et les ampoules Goolidge à rayons X ; c’est un filament ou un ruban porté à l’incandescence et qui, de ce fait, émet des électrons. II. suffit que, entre la cathode et l’anode du tube, existe un voltage-suffisant pour causer l’ionisation du gaz. On réduit ainsi la chute cathodique à quelques volts et, du même coup, disparaissent tous les inconvénients tenant à la grandeur de cette chute. Le fonctionnement devient tout à fait analogue à celui des tubes Cooper-Hewitt.
- La figure 6 représente le tube pour courant continu. Les deux fils de la cathode sont destinés au chauffage ; l’un d’eux est connecté au pôle — du secteur ; l’anode est reliée au pôle -t~. Pour l’allumage, on a repris les procédés utilisés pour les tubes Cooper-Hewitt, en particulier l’allumage par étincelle d’induction schématisé figure 7. Pour courant alternatif, le montage est celui du convertisseur à vapeur de mercure représenté figure 7. Le tube porte deux anodes a, et reliées aux extrémités et A2 de l’enroulement secondaire d’un auto-transformateur; le point milieu B de l’enroulement est relié à la cathode. Le chauffage de celle-ci est assuré par un enroulement auxiliaire e du même transformateur. Un circuit dérivé comprenant l’interrupteur à mercure i, la résistance r et la self S laisse passer environ 1 ampère quand on ferme l’interrupteur I. La self agit aussitôt comme électro-aimant pour couper l’interrupteur i et l’énergie de self-induction accumulée dans S apparaît sous forme d’une étincelle qui jaillit à travers le tube sous une tension instantanée d’environ 2000 volts. L’arc
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- une fois allumé, il passe alternativement par ou dans les deux demi-périodes de la tension alternative ; les résistances R* R.2 et la self S agissent pour régler la valeur du courant.
- Les mesures électriques effectuées sur ces tubes montrent que la chute cathodique est environ 25 volts, la chute anodique pratiquement nulle ; on retrouve la chute régulière dans la colonne lumineuse.
- Les mesures photométriques indiquent une grosse amélioration du rendement lumineux qui atteindrait 12 —15 lumens par watt pour le courant continu et 10 —12 lumens pour l’alternatif, soit à peu près le rendement d’une lampe à incandescence de 100 watts en atmosphère gazeuse.
- Le tube pour 220 volts, ayant 22 mm de diamètre, 1 m 25 de long et consommant 3 ampères donnerait à peu près 10 000 lumens. La durée des tubes dépasse 3000 heures et leur fonctionnement est indépendant de là température extérieure dans de larges limites.
- HÉLIUM, ARGON ET MÉLANGES GAZEUX
- L’hélium est extrait de gaz naturels, assez abondants en Amérique ; il donne une lumière jaune crème comprenant pratiquement une seule radiation jaune (X = 5876 A) ; quelques tubes à hélium sont installés à Paris.
- L’argon s’extrait de l’air liquide, qui en contient environ 1 pour 100 ; sa lumière est peu colorée ; on l’emploie rarement seul.
- Il est surtout utilisé dans des tubes qui contiennent une goutte de mercure ;
- l’allumage s’effectue dans l’argon pur; puis, au bout de quelque temps, le tube ayant chauffé, il existe assez de vapeur de mercure pour que celle-ci soit ionisée et pratiquement, au bout de quelque temps, la couleur du mercure apparaît; elle peut supprimer complètement celle de l’argon.
- Le néon donne lieu aux mêmes phénomènes, plus nets ici à cause de la différence tranchée entre les couleurs des deux lumières.
- Ce remplacement d’un gaz par l’autre et, d’une façon générale, l’influence d’une impureté sur le spectre du mercure ou du néon ont été étudiés dans des travaux récents. Ils s’expliquent à l’aide des principes généraux donnés plus haut pour la production de la lumière dans les tubes.
- L’expulsion et la réintégration des électrons dans
- Montage d'un tube à néon à cathode chaude en distribution à courant alternatif.
- l’atome luminescent, la formation d’atomes instable rendent compte de ces faits
- La densité de courant joue un rôle important; si le mercure et le néon sont en proportion convenable dans un tube présentant de place en place des étranglements, on constate que la couleur du néon apparaît dans les parties étroites, celle du mercure dans les parties larges.
- Ces tubes à mélanges gazeux sont d’ailleurs plutôt des curiosités ; ils sont très sensibles aux courants d’air et aux variations de la température, qui agissent sur la pression de la vapeur de mercure.
- Il n’est pas rare de voir un tube présentant des taches rouges et bleues ; c’est généralement un tube à néon-mercure trop froid à certains endroits; cela peut être aussi un tube à néon vieilli où il est resté un peu de
- vapeur de mercure provenant du pompage du tube.
- Revenons un peu, pour terminer, à notre contemporain de Louis XIV.
- Quelle serait son impression devant nos tubes lumineux ?
- Peut-être serait-il enthousiasmé des changements accomplis depuis son temps, peut-être aussi prendrait-il vite, comme nous-mêmes, l’habitude de voir un progrès succéder à l’autre et perdrait-il vite son enthousiasme ?
- Nous sommes, en effet, un peu gâtés par nos inventeurs; une industrie scientifique comme celle des tubes luminescents adapte immédiatement à des buts pratiques les dernières découvertes de la science ; cette rapidité d’adaptation est une chose admirable.
- Les gaz rares ont été découverts dans l’air il y a une trentaine d’années ; on voit que leur utilisation n’a pas tardé.
- En outre des couleurs très tranchées qu’ils donnent, les rendements lumineux obtenus concurrencent ceux.des lampes à incandescence; il n’est pas douteux que ces rendements peuvent encore être améliorés.
- La théorie indique, en effet, pour ces rendements, une limite très supérieure à celle actuellement atteinte et, au train dont vont les choses, nous n’attendrons peut-être pas longtemps.
- E. Darmois,
- Professeur à la Sorbonne.
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- ......: poissons Etranges ...
- LES ASTRONESTHIDÉS ET LES CHAULIODONTIDES
- Il est dans le monde, et surtout dans les mers, nombre d’animaux étranges encore inconnus. Il y a quelques années, La Nature a signalé (n° 2756) les faits tout nouveaux révélés à M. Tate Regan par l’étude d’un sous-ordre de Poissons, les Cératioïdés, recueillis par le Dana, de 1920 à 1922, sous la direction du Dr Johs Schmidt.
- Aujourd’hui, M. Tate Regan, devenu directeur du British Muséum, et son collaborateur, M. Ethelwynn
- gnes du Dr Schmidt à bord du Thor ; les Astronesthidés et les Chauliodontidés.
- Les Astronesthidés ont fourni à MM. Regan et Trewavas 4 nouveaux genres et 17 nouvelles espèces, doublant ainsi le nombre des espèces connues ; les Chauliodontidés ont révélé nne nouvelle espèce dont il a été pris plus de mille exemplaires.
- Tous présentent derrière l’œil un large organe lumi-
- Fig. 1 à 5. — Quelques espèces nouvelles.
- Trewavas, nous donnent un nouveau mémoire (l) sur deux autres familles de Poissons très curieux dont le Dana a également capturé un nombre considérable d’exemplaires.
- Ces poissons sont d’un ordre très voisin de celui des Glupéidés auquel appartient la vulgaire Sardine, mais ils s’en distinguent et par leur rareté et par la présence de chapelets de photophores phosphorescents, lumineux, pourvus chacun d’un projecteur à lentille.
- On les classe en trois familles : les Stomiatidés dont l’histoire, le développement, la distribution géographique ont déjà été précisés par les précédentes campa-
- 1. G. Tate Regan and Ethelwynn Trewavas. The Fishes of the familles Astronesthidae and Chauliodontidae. The danish Dana-Expéditions 1920-1922. Oceanographical Report, n° 5, Copenhague, 1929
- neux logé dans une poche et recouvert par une partie transparente de la peau, une série de photophores sur la membrane branchiostège et deux autres séries de chaque côté du corps, l’une ventrale, l’autre latérale. D’autres points lumineux existent en outre chez certaines espèces.
- Nous reproduisons ici l’aspect de quelques-uns de ces singuliers Poissons.
- * *
- Toutes ces découvertes zoologiques font grand honneur à l’activité du Dr Johs. Schmidt et à son pays.
- Nous sera-t-il permis, une fois de plus, d’exprimer le regret qu’un grand pays comme la France, n’organise pas de semblables expéditions qui enrichiraient ses collections et la feraient utilement coopérer aux progrès de l’histoire naturelle et de l’océanographie. René Merle.
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- COMMENT SAVOIR LE CALENDRIER... PAR CŒUR
- Il peut être parfois utile, n’ayant pas de calendrier sous la main, de savoir immédiatement le jour de la semaine d’une date quelconque de l’année présente et des années voisines passées ou futures.
- Le moyen que nous allons donner permet, grâce à un petit calcul mental, d’arriver rapidement et exactement à ce résultat. Nos lecteurs seront étonnés de la simplicité des moyens mis en œuvre. C’est un de nos anciens professeurs du collège Chaptal, M. Carounet, mathématicien éminent, qui nous a enseigné ce procédé.
- 1° Retenez pour chaque année un chiffre variant de 1 à 6, unique pour les années ordinaires et double pour les années bissextiles ; dans ce dernier cas, un des chiffres est employé du 1er janvier au 29 février, l’autre, d’une unité plus élevée, le reste de l’année
- 2" Retenez pour chaque mois un chiffre que voici ainsi que
- le moyen mnémotechnique propre à le retenir.
- Janvier : mois des cadeaux, eau appelle zéro.........0
- Février : mois court, mois étroit....................3
- Mars : mois du dieu de la guerre, guerre de Troie . 3
- Avril : le lor Avril où se fait des tours, c’est la scie . 6
- Mai : mois des fleurs, des roses, des parfums. . . 1
- Juin : mois de la moisson, on travaille comme 4. . 4
- Juillet : mois de la Révolution, on tua des Suisses . . 6
- Août : mois des eaux, on soigne des maux hideux . 2
- Septembre : mois de la chasse, exercice sain...........5
- Octobre : mois des vendanges, il faut des tonneaux . . 0
- Novembre : moisdesMorts, dansun cercueil on est kYétroit. 3
- Décembre : mois de Noël, les enfants font les petits
- saints................................5
- 3° A la date proposée, ajoutez le chiffre de l’année et celui du mois, divisez le résultat par 7, si le reste est :
- 0 le jour est un dimanche
- 1...............lundi
- 6...............samedi
- Pour 1929 le chiffre de l’année est 1. Exemple : 15 mars 1929
- 15 + 1 (année) -)- 3 (mois) = 19 19 = 2x7 + 5 Reste = 5 donc vendredi. Exemple : 20 octobre
- 20 —j— 1 (année) + 0 (mois) = 21 21 = 3x7 + 0 R = 0 donc dimanche. Pour 1928 le nombre de l’année est :
- du 1er janvier au 29 février........... 6
- du 1er mars au 31 septembre..........0
- pour 1927 ..................... 5
- — 1926 ........................4
- — 1930 ....................... 2
- — 1931.........................3
- — 1932 ....................... 4 et 5
- Et maintenant essayez !
- M. Paumier, Professeur à Angers.
- LE GRAND HIVER DE 1928-1929
- L’hiver de 1928-1929 comptera, en Europe, parmi les plus rudes qui aient été enregistrés. On peut affirmer qu’il fut le plus froid depuis celui de 1879. En France, le thermomètre descendit, en effet, même dans les régions privilégiées du Midi, à des minima inconnus. Une neige épaisse et tenace couvrit les rivages de la Méditerranée, causant à l’industrie hôtelière, ainsi qu’aux horticulteurs, des pertes irréparables. La végétation souffrit beaucoup et surtout celle importée d’Afrique, qui constitue une des curiosités de la Riviera. Les palmeraies furent décimées, et beaucoup d’arbres formant la parure des villes méridionales furent détruits.
- Dans nos contrées du centre et de l’Est de la France comme dans le Nord, les rivières gelèrent sur 0 m. 80 à 1 m d’épaisseur, les fontaines tarirent, l’eau des sources se prenant en glace dès qu’elle quittait son cheminement souterrain. Il fallut dans bien des fermes bourguignonnes et comtoises faire fondre la gla ce pour la soupe familiale et pour abreuver le bétail.
- On enregistra un grand nombre d’accidents par congestion, causés par le froid. Il y eut des morts un peu partout. On trouva même de malheureuses femmes mortes de froid dans leur lit. Des animaux domestiques furent tués par la gelée, des coqs eurent la crête gelée, des poulets eurent les pattes gelées, des chats, des chiens furent terrassés par des congestions. Les bêtes sauvages ne furentelles-mêmes pas épargnées. Un nombre incalculable d’oiseaux de proie et de passereaux ne purent subir la rigueur de la température, ou moururent de faim. Quelques-uns vinrent jusque dans les fermes, dans les villages, où l’on pouvait les prendre à la main sans qu’ils cherchassent à fuir. D’autres furent ramassés entièrement congelés dans les champs.
- Les végétaux ne souffrirent pas moins. Certains arbres dont la sève gela à glace éclatèrent ou furent fendus; des noyers périrent en grand nombre; les rosiers furent détruits. Beaucoup d’arbustes qui conservent leur verdure en hiver perdirent leurs feuilles (magnolias, rhododendrons, lauriers-cerises, etc...) ou périrent complètement.
- Si, à Paris, la Seine se borna à charrier des glaçons, sans être complètement prise comme elle le fut en 1879, c’est que des mesures très sérieuses furent arrêtées pour empêcher l’embâcle. On baissa les barrages et le fleuve atteignit un niveau tellement bas qu’un peu partout on pouvait voir le fond de son lit.
- Le thermomètre descendit, dans la plus grande partie de la France, jusqu’à — 20° centigrades. Il y eut des endroits où l’on enregistra — 30°, température que l’on observa rarement pendant le grand hiver de 1879.
- En effet, en 1879, la colonne thermométrique s’abaissa, à Paris à — 27° le 9 décembre (Observatoire de Paris), à Troyes à — 25°, à Langres — 33°,5 et à St-Dié à — 37°. En Bourgogne, à la même époque, on nota — 26°,4 à Auxerre, — 28°,8 à Avallon et— 32° dans le Morvan. Ce fut, à un ou deux degrés près, les températures observées les 13, 14 et 15 février 1929; ces jours là, le thermomètre, à Paris avec — 17°,4 battit tous les records établis depuis 55 ans, laissant loin derrière lui les minima extrêmes de 1888 (— 15°), de 1895 (— 15°,4) et de 1919 (— 12°).
- Il en fut de même, à la Guette, où l’on enregistra le 15 février — 25°,6, après — 23°,4 le 14 et — 22° le 13. La moyenne diurne du 15 février étant de — 15°,4, l’écart avec la moyenne atteignit — 12°,5.
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- Ce qui caractérise aussi cet hiver très rigoureux, c’est le nombre considérable des jours de gel (78 sur 90 jours que compte l’hiver), avec une période ininterrompue de gelées du 4 décembre au 26 février (sauf les jours des 25 au 30 décembre, où le thermomètre ne descendit pas tout à fait jusqu’à 0°.) Ce nombre total de 78 jours de gel pendant les trois mois d’hiver (décembre, janvier et février) est supérieur à celui relevé en 1879-80 (66 jours), 1886-87 (60 jours), 1890-9 L (73 jours).
- II est peut-être intéressant de remarquer que cet hiver exceptionnel vient immédiatement après un été très sec et très chaud. Il faut observer aussi qu’il a suivi un maximun des taches solaires, si l’on fixe ce dernier dans le cours de 1928. L’opinion qui a été émise, notamment au Bulletin de la Société Astronomique de France (V. 1928, page 555), et
- selon laquelle les grands hivers seraient consécutifs aux minima des taches solaires, se trouverait ainsi infirmée.
- Notons, enfin, que la période la plus critique de cet hiver si froid et si sec vint à la suite d’un anticyclone qui persista près d’un mois et qui, venant du Nord-Est, passa sur la Russie septentrionale et atteignit Yilna le 6 décembre, Berlin le 8 et Paris le 9, avec des chiffres de pression très élevés. C’est ainsi qu’on nota à Paris, le 9 janvier, 782 mm, et à la Guette, sans correction d’altitude, 770 mm, chiffre record des pressions observées depuis la création de l’Observatoire. Ces chiffres sont très proches des maxima extrêmes observés à Paris le 6 janvier 1821 (787 mm, 7). Notons, à titre d’indication, que la plus haute pression enregistrée est de 803 mm, 4 le 16 décembre 1877 en Sibérie, à Bamaoul,
- G. Bidault de l’Isle.
- VARIOLE ET VACCINE
- Vivement intéressé par l’article de La Nature (1er juin 1929;
- « Variole et Vaccine » signé du Dr P.-E. Moriiardt, je me permets de signaler à votre très distingué collaborateur une petite inexactitude. Notre confrère écrit, à la page 514 : « Dans ces dernières années, on a observé, chez quelques enfants, d’abord en Hollande, puis en Angleterre, mais pas en France, une dizaine de jours après la vaccination, l’apparition de symptômes nerveux trahissant une lésion du cerveau, plus ou moins analogue à celle qu’on observe dans l’encéphalite léthargique. » Il écrit encore à la colonne suivante : « D’autre part, les quelques cas de complication cérébrale qui ont été signalés et dont il n’a pas été observé d’exemple, notons-le encore une fois, en France, ne concernent jamais les nourrissons C'est presque toujours chez des enfants vaccinés pour la première fois à l’âge scolaire que l’encephalite de la vaccine a été observée, comme le rappelle Robert Pierret. Il n’y a donc aucun risque à courir pour tous les enfants qui, selon la règle très généralement suivie en France, sont vaccinés avant la fin de leur première année. »
- Outre ce dernier point que mes observations démentent, je dois m’élever contre l'affirmation réitérée du Dr P.-E. Morhardt quant à l’absence de l’encéphalite vaccinale en France. Les observations qui s’opposent à la thèse de notre confrère ont vu le jour dans des publications de la maison Masson, que le Dr Morhardt pourra donc facilement consulter : Archives de Médecine des Enfants, Bulletins et Mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris.
- Je demande la permission de résumer très brièvement ces observations, les unes récentes, les autres anciennes ; j’espère que leur simple énoncé convaincra le Dr Morhardt et les lecteurs de votre Revue.
- Le 8 octobre 1926, à la Société médicale des Hôpitaux, j’avais l’honneur de faire une communication sur Vencéphalite aiguë d'origine vaccinale, basée sur trois cas personnels, l’un récent et les deux autres publiés dans mon mémoire sur l’encéphalite aiguë chez les enfants. (Archives de Médecine des Enfants, octobre 1907.)
- I. — Fillette de 4 mois, vue à Passy avec le Dr Wickers-heimer en 1905. Vaccination au bras gauche le 13 novembre avec du vaccin en tube de provenance tourangelle. Le 20 novembre, 8e jour, fièvre et convulsions ; une pustule énorme avec réaction inflammatoire périphérique se voit à la région del-toïdienne. Les convulsions se répètent, bientôt suivies d’état comateux avec strabisme. La ponction lombaire, faite par mon interne le Dr Chartier le 23 novembre, donne un liquide clair, sans microbes ni lymphocytes ; la méningite est donc écartée et nous posons le diagnostic d’encéphalite aiguë. Au bout de huit jours, l’état cérébral s’est amélioré, l’enfant a survécu, mais avec idiotie complète.
- IL — Garçon de 3 ans et demi, conduit pour hémiplégie
- r
- spasmodique droite depuis un an. Cttle hémiplégie s’est déclarée à la suite d’une encéphalite aiguë vaccinale. Vacciné aux deux bras (quatre pustules en tout), l’enfant a présenté, vers le 8e jour, des convulsions subintrantes pendant une journée. Le lendemain, hémiplégie droite qui a persisté après la disparition des phénomènes aigus,
- HL Le 29 mars 1926, je suis appelé à Enghien, par le Dr Hélary, pour A'oir une fillette de 18 mois, de nationalité hollandaise. Au 12e jour d’une vaccination à la cuisse, terminée par une pustule énorme avec réaction inflammatoire .notable, 1 enfant est prise de convulsions avec hyperthermie,
- - ' état comateux, strabisme interne à droite. La ponction lombaire montre un liquide clair contenant 4 lymphocytes par millimètre cube, 0 gr. 20 d’albumine, 0 gr. 50 de glucose. Dès lors le diagnostic d’encéphalite vaccinale est fixé. Malgré les symptômes les plus alarmants l’enfant a guéri sans séquelle et au bout de quelques mois elle a réintégré la Hollande avec sa famille.
- A ces trois cas des plus nets, j’en puis ajouter un quatrième, non moins probant, présenté le 13 mai 1917 à la Société médicale des Hôpitaux de Paris.
- IV. — Fillette de 5 mois observée avec le Dr Jacques Toupet dans sa clientèle ; le 9e jour d’une vaccination à la jambe qui présente trois grosses pustules entourées d’une zone lym-phangitique, l’enfant fut prise de convulsions épileptiformes avec hyperthermie et perte complète de connaissance. Au bout de quelques jours, elle revient à elle et guérit avec une séquelle de paralysie spasmodique à droite. Peu à peu cette paralysie a rétrocédé, l’enfant n'ayant conservé que de la maladresse à la main droite.
- Dan9 une revue générale des Archives de Médecine des Enfants(1927, page 414) sur l'encéphalite aiguë vaccinale, la question est traitée dans son ensemble.
- A la suite de mes communications à la Société médicale des Hôpitaux, le Dr J. Huber présenta un nouveau cas d’encéphalite aiguë vaccinale et A. Netter prit la parole pour confirmer la pathogénie des cas observés en France.
- Malgré ces accidents infiniment rares par rapport aux innombrables vaccinations jennériennes qui se pratiquent couramment dans le monde entier, le souci de la vérité nous obligeait d’en parler.
- Nous n’en restons pas moins partisan convaincu de la vaccine anti-variolique ; nous continuerons de la pratiquer et de la préconiser partout et toujours.
- Dr J. Combt,
- Médecin honoraire de l’Hôpital des Enfants-Malades.
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- : PRESTIDIGITATION E
- LES VASES INÉPUISABLES
- Tout le monde connaît la jolie expérience présentée autrefois par Robert Houdin et intitulée la bouteille inépuisable. Cette bouteille, grâce à un artifice assez compliqué, semblait verser toutes les liqueurs désirées et dans des quantités considérables. Cette idée de « l’inépuisabilité » de la bouteille a dû faire songer à la création du joli truc suivant qui n’a du reste aucun rapport dans les moyens employés pour le réaliser avec ceux mis en œuvre pour la classique bouteille inépuisable.
- Plusieurs de nos lecteurs nous ayant demandé l’explication de ce qui à leurs yeux était un mystère, nous donnons cette explication.
- Ce truc, qui sert de réclame et de publicité, a été mis en vitrine, pour attirer le public par des maisons vendant du vin, du café, ou des filtres à eau.
- Pour le vin, le passant voyait dans la montre, suspendu par deux petits fils de cuivre, un tonnelet de cristal (fig. 1) muni d’un robinet d’argent et à moitié plein de vin rouge, le robinet était ouvert, car le vin coulait dans un petit bol de
- sion. La psychologie de prestidigitation nous dirait qu’elle est créée par l’habitude. Nous avons l'habitude de voir du vin rouge couler par un robinet ouvert sur un tonneau de vin
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- Fig. 1. — Le tonnelet de vin inépuisable.
- et nous concevons que dans le cas que nous avons sous les yeux les choses se passent naturellement comme d’habitude. Notre raisonnement se refuse à croire qu’un vase peut laisser couler du vin des journées entières sans se vider, mais notre œil, par habitude, dit le contraire puisqu’il voit.
- Mais pour que l’illusion soit complète, il est nécessaire que les moindres détails soient observés. Dans lés exemples du vin et du café il faut que la courbe des jets soit bien en rapport avec la courbe du robinet ou du bec de la cafetière. Pour le filtre, il est nécessaire que le filet de verre soit bien perpendiculaire au sol, la moindre direction oblique dévoilerait l’artifice.
- Dans les trois exemples cités, eau, café, via, un peu de glycérine ou de silicate incolore ou exactement de la couleur du café ou du vin sert à simuler des goutteç sur les récipients, ou un moutonnement du liquide dans la tasse de café.
- Il faut aussi que les fils de suspension soient très fins pour qu’on ne puisse les accuser d’être des conduits secrets
- cristal percé d’un trou au fond ; le bol élevé sur pieds laissait voir le jet de vin passer au travers du trou, passer également dans l’ouverture corrrespondante d’un grand plateau percé lui aussi, et se perdre dans les sous-sols du magasin. Mais le tonnelet ne se vidait jamais.
- Pour le café, l’effet était à peu près le même. Une cafetière de verre contenant du café aux deux tiers de sa hauteur était suspendue par deux petits cordons de soie. Sa position penchée (fig. 2) faisait que le café coulait dans une tasse à café à moitié pleine. Or le café coulait toujours sans interruption, la cafetière ne se vidait jamais et la tasse n’était jamais pleine.
- Le filtre également suspendu par un simple fil donnait un petit filet d’eau claire et limpide qui, comme le vin dont j’ai parlé ci-dessus, traversait un verre percé posé sur un petit socle, puis un plateau également percé (fig. 3).
- D’où viennent le vin, le café ou l’eau? c’est la question que se posent tous les passants en regardant ces appareils bizarres.
- Le vin, le café ou l’eau ne viennent pas. Ce qu’il y a de vin ou de café visible dans les appareils ne change pas de volume ni de quantité. Quant au filtre, il ne filtre rien. Les jets de liquide sont tout simplement en verre clair pour l’eau, brun pour le café et rouge pour le vin. Il n’y a là qu’une illu-
- Fig 3. — Le filtre inépuisable.
- du liquide. En prenant deux fils excessivement ténus et les tordant ensemble, on évitera toute idee d’emploi de conduits capillaires. Alber.
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- ’4 == LA RADIOPHONIE PRATIQUE .::
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES
- UN PICK-UP ÉLECTROMAGNÉTIQUE PERFECTIONNÉ
- Le principe des pick-ups électromagnétiques est très simple, mais les détails de leur construction sont assez délicats à bien déterminer.
- Le poids de ces appareils ne doit pas être trop grand pour éviter une usure anormale du disque, mais les inconvénients d’une trop grande légèreté ne sont pas moindres. L’aiguille d’un pick up trop léger ne suit pas fidèlement les sillons, et même elle peut sauter d’un sillon à l’autre, d’où déformation de l’audition et détérioration rapide du disque.
- D’un autre côté, l’armature vibrante doit suivre facilement les vibrations acoustiques, elle doit présenter le moins
- santé de l’aiguille sur le sillon sans usure exagérée du disque.
- Au point de vue électrique, le constructeur a tenté surtout de réaliser un appareil fidèle plutôt qu’un appareil d’une sensibilité extrême, estimant avec raison que l’amplification basse fréquence ultérieure est toujours possible, mais que cette amplification est complètement inefficace et ne peut procurer finalement une audition vraiment artistique si les courants basse fréquence produits par le pick-up sont intenses, mais ne correspondent pas exactement aux vibrations acoustiques de l’aiguille phonographique; dans ce cas, malheureusement trop fréquent, l’amplificateur amplifie évidemment toutes les déformations, et la reproduction électrique comporte plus d’inconvénients que d’avantages.
- | 5000 watts et plus g de 500 a 5000 watts iau-dessous de 500 w.
- 800
- Fréquences kilo cycles
- ---é-------1--:-------r
- 500 550 600
- ' 275 300 35
- Longueurs dondes en mètres
- Fig. 1. — Répartition, en fonction de la longueur d’onde, des postes d’émission radiophoniques aux Etats-Unis et au Canada.
- d’inertie possible, et pourtant être assez amortie pour éviter la naissance d’oscillations parasites nuisibles.
- Dans un modèle de lecteur électromagnétique récent, le mouvement de l’armature vibrante est amorti au moyen de tampons de caoutchouc dont le serrage peut être réglé à volonté, et, de plus, un autre tampon de caoutchouc vient appuyer directement sur l’aiguille, ce qui atténue dans de grandes proportions le bruit de « grattement ».
- Le poids de l’armature est réduit au minimum pour diminuer l’inertie. Le constructeur a même supprimé la vis ordinaire à tête molletée relativement lourde qui sert ordinairement à serrer l’aiguille à l’extrémité de l’armature, et l’a remplacée par une vis dont la tête carrée très mince est manœuvrée au moyen d’une petite clef amovible, genre clef de montre.
- Le boîtier de l’appareil est en matière moulée et son poids est cependant assez élevé pour permettre une pression suffi-
- LES STATIONS D’ÉMISSION AMÉRICAINES
- On sait que la gamme des longueurs d’onde des stations de diffusion américaines est beaucoup moins étendue qu’en France.
- Jusqu’à ces derniers temps, les longueurs d’onde des stations françaises s’échelonnaient environ entre 250 et 2600 m; actuellement, par suite de l’abaissement de la longueur d’onde de la station de la Tour Eiffel, cette gamme s’arrête environ à 1800 m.
- Il n’en est pas moins vrai que les appareils récepteurs doivent être établis en France à la fois pour des longueurs d’onde moyennes et relativement courtes, d’où il résulte des difficultés particulières de réalisation.
- Ce sont des difficultés de ce genre, par exemple, qui ont empêché l’application pratique de procédés dont la théorie pouvait paraître séduisante, tel le dispositif neutrodyne des-
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- tiné à permettre la construction de postes récepteurs à multiples étages de résonance, et qui ne put être utilisé en France parce qu’il ne s’appliquait pas à la réception sur une gamme aussi étendue sans modifications irréalisables en pratique,
- Aux Etats-Unis, la gamme des longueurs d’onde employées pour les stations de radiodiffusion régulières, sans compter les
- nombreuses stations à ondes très courtes, non seulement de radiophonie, mais de radiodiffusion des images et même de télévision, s'étend environ entre 200 et 600 mètres,
- D’après une statistique relativement récente, il existait 733 stations autorisées , auxquelles il était réparti 89 longueurs d’onde seulement.
- Le schéma de la figure 1 donne une idée très approximative sur la répartition de ces stations suivant les longueurs d’onde et sur leurs puissances; il est évident que le nombre de ces postes émetteurs augmente chaque jour et que leurs longueurs d’onde et leurs puissances sont constamment modifiées. À condition pourtant que leurs dirigeants aient pu obtenir l’autorisation de la commission spéciale radiophonique du Ministère du Commerce, qui a reçu la délicate mission de contrôler les postes d’émission, afin d’éviter les interférences qui deviendraient vite intolérables avec un tel nombre de postes émetteurs de longueurs d’onde voisines.
- LA POSITION DU HAUT-PARLEUR DANS LA SALLE DE RECEPTION
- Les amateurs et les usagers de la T, S. F. se préoccupent avec juste raison d’obtenir des auditions, non seulement
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- Fig. 5. — Bons emplacements d’un haut-parleur à l’intérieur d’une pièce.
- Aux deux tiers de la longueur dans une pièce allongée, aux deux tiers de la diagonale dans une pièce carrée.
- intenses et variées, mais encore très pures et réellement artistiques et musicales.
- Pour y parvenir, il faut tout d’abord choisir un bon poste de réception aux étages basse fréquence particulièrement étudiés et muni d’un haut-parleur adapté parfaitement aux caractéristiques du poste.
- Il y a, en outre, un facteur très important pour la qualité
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- Vitre,
- miroir,
- etc.
- Fig. 2. — Un haut-parleur à diffuseur, placé trop près d’une pitre ou d’une surface réfléchissante, produira des réflexions sonores nuisibles.
- de l’audition, et que l’on néglige trop souvent, c’est la position du haut-parleur dans la pièce de l’appartement où a lieu l’audition.
- Il serait, certes, préférable de placer ce haut-parleur dans une pièce aménagée spécialement , com -portant, outre des tapis, des murs tendus de draperies et même des plafonds recouverts d’étoffes afin d’amortir plus ou moins et à volonté les échos et les résonances acoustiques nuisibles; mais cette condition est généralement complètement [irréalisable pour un auditeur moyen, et elle est fort heureusement inutile dans le cas d’une réception d’intensité restreinte, c’est-à-dire dans le cas général qui intéresse les amateurs de T. S. F.
- La disposition du haut-parleur dans la pièce quelconque de l’appartement où a lieu l’audition et dont le choix est généralement déterminé par des nécessités matérielles ou des préférences personnelles, est, par contre, très facile à modifier, et il nous semble utile de rappeler à nos lecteurs quelques indications à ce sujet.
- Tout d’abord, on ne doit jamais placer un
- haut-parleur à diffuseur trop près d’une surface réfléchissante quelconque, miroir, vitre, muraille peinte, etc. (fig. 2).
- Il est nécessaire qu’il existe une couche d’air d’une épaisseur assez grande en arrière du diffuseur, afin d’assurer à la membrane de celui-ci un facile déplacement dans les deux sens, sans avoir à craindre de réflexions sonores nuisibles.
- On pourra ainsi disposer un haut-parleur dans une grande baie séparant deux pièces, devant une porte ouverte, etc. (fig. 3).
- Ces indications sont encore plus nettes
- lorsqu’il s’agit d’un haut-parleur assez puissant, par exemple d’un haut-parleur électro-dynamique à bobine mobile.
- On obtiendrait des résultats remarquables dans ce dernier
- Fig. 4. -s- Bonne position d’un haut-parleur èlectrodynamique.
- On obtiendra d’excellents résultats en encastrant, dans le mur de séparation de deux pièces, l’écran ou « baffle » portant le haut-parleur,
- Fig. 6. —Emploi de 2 haut-parleurs conjugués.
- Leur écartement AB ne doit pas être trop grand et leurs axes doivent converger en un point X assez rapproché pour que l’auditeur éprouve une sensation acoustique unique.
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- = 566 =====^r:rr-rr =—r:..... :
- cas en encastrant l’écran sonore ou baffle du haut-parleur dans le mur de séparation des deux pièces d’un appartement; on actionne ainsi rapidement toute la masse d’air de la pièce, ce qui permet une audition d’une ampleur incomparable
- (%• 4)- .
- Dans le cas général, on pourra placer le haut-parleur aux deux tiers de la longueur d’une pièce de forme allongée,
- 9 U
- a 6 ”
- Fig. 7. — Dispositifs amortissant les (fibrations mécaniques des lampes.
- a, capuchon en caoutchouc pour coiffer l’ampoule; é, tampons en caoutchouc mousse.
- et aux deux tiers de la diagonale d’une pièce de forme carrée (fig. 5).
- Eniia, le diffuseur ne doit pas être placé trop bas, ce qui ôterait à l’audition tout caractère naturel, ni trop haut, ce qui serait cause de réflexions sonores sur le plafond et les murs. La hauteur oplima au-dessus du plancher du diffuseur ou dû pavillon sera en général d’environ 1 mètre.
- Il peut arriver que l’on veuille associer deux haut-parleurs conjugués, et, dans ce cas, pour que l’auditeur puisse éprouver une sensation auditive unique, on ne doit pas écarter ces haut-parleurs de plus de 2 m. 50 environ, et il faut que leurs axes fassent un angle suffisant (fig. 6).
- LES EFFETS DES VIBRATIONS MÉCANIQUES DANS LES LAMPES DE T. S. F.
- On sait qu’il se produit souvent dans les postes récepteurs des biuits musicaux continus qui parfois empêchent toute réception, et qui sont dus généralement à des vibrations mécaniques des filaments des lampes, spécialement de la lampe détectrice. Ces vibrations proviennent de phénomènes plus ou moins connus dits «effets Larsen»; mais, pour les empêcher, il convient d’éviter, en tous cas, toutes vibrations mécaniques des lampes et spécialement de la détcctrice.
- On emploie le plus souvent dans ce but des supports de lampes antivibratoires munis de ressorts, mais on pourrait également utiliser d’autres moyens.
- A l’étranger, par exemple, on recouvre souvent les ampoules des lampes d’une sorte de capuchon en caoutchouc, ou bien on munit les supports de deux lamelles de ressort verticales munies de deux tampons de caoutchouc qui viennent s’appliquer de chaque côté de l'ampoule et en empêchent les vibrations (fig. 7).t
- Cependant, la pratique assez longue de ces soupapes, tout en démontrant leur qualité de simplicité et de bon rendement, avait montré la possibilité de détériorations relativement fréquentes des électrodes, dues à la rupture de la soudure reliant quelquefois l’électrode au tantale aune borne de connexion, et à des sels qui venaient peu à peu ronger les extrémités de l’électrode de plomb.
- On [remarqua peu à peu que l’effet nocif était surtout dû aux actions violentes qui se produisaient vers la surface de l’électrolyte.
- Il était donc nécessaire, pour faire disparaître ces inconvénients, non pas de modifier le principe des valves, ni même leur composition, mais simplement de trouver une disposition pratique permettant de soustraire les électrodes à ces actions nocives.
- Un constructeur spécialisé dans la fabrication de ces soupapes a donc eu l’idée de réaliser un bouchon spécial portant les électrodes, et les mettant à l’abri de toute détérioration.
- Ce bouchon, en matière moulée isolante d’une forme spéciale représentée par la figure 8, supporte les électrodes au titane et au plomb encastrées dans sa masse.
- L’électrode au titane est sertie à l’extrémité d’une tige d’acier, et elle est scellée dans le bouchon à l’aide de soufre. L’extrémité supérieure de la tige sert de borne de connexion et la lame de titane seule dépasse la partie inférieure sur le côté du cône terminant le bouchon.
- L’électrode en plomb à l’antimoine est enfoncée à frottement dans un autre trou hermétiquement bouché.
- Cette électrode est reliée au reste du circuit par un morceau de câble souple qui dépasse la partie supérieure du bouchon.
- Enfin, une large gouttière est creusée sur le côté pour permettre le passage des gaz, et le remplissage périodique avec de l’eau distillée.
- Ce bouchon ainsi construit avec ses deux électrodes et un anneau de caoutchouc assurant une fermeture étanche, est placé sur un bocal de verre contenant de l’eau acidulée à 22 degrés Baumé additionnée de 2 pour 100 de sulfate de nickel pur (20 grammes par litre).
- Le niveau du liquide doit monter jusqu’au-dessus du cône inférieur, mais sans que le flacon soit entièrement rempli.
- L’électrode de titane positive restant ainsi toujours complète ment immergée, elle n’est plus exposée aux réactions violentes qui se produisent à la surface de l’électrolyte; de plus, il ne peut se former de sels et ceux-ci
- ne pourraient d’ailleurs monter le long des électrodes.
- P. Hémardinquek.
- Fig, S. — Bouchon petfcctionné, type Ferrix, pour soupape au titane ou au tantale.
- UN PERFECTIONNEMENT DES REDRESSEURS ÉLECTROLYTIQUES AU TANTALE
- Nous avons déjà indiqué plusieurs fois dans cette chronique les principes [de redresseurs électroiytiques à électrodes au tantale, tilane, ou silicium, et à électrolyte acide.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS :
- Pick-up électromagnétique : Etablissements Stellor, 148, avenue du Maine, Paris.
- Soupapes au titane perfectionnées : Ferrix, 64, rue Saint-André-des-Arts, Paris (6°).
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’Avril 1929
- PHYSIQUE
- Sur le calcul des machines électrostatiques.
- (M. H. Chaumat.) — Tandis que dans le calcul des alternateurs ou des transformateurs, des lois fondamentales et la connaissance des formes et des dimensions, pour une puissance, déterminée à vitesse donnée, permettent de calculer, à l’avance, les pertes et le rendement, dans le domaine des machines électrostatiques, qu’elles soient à frottement : ou à influence, on doit provoquer l’amorçage par un apport d’électricité ou de frottement, phénomènes fort mal connus.
- M. H. Chaumat estime qu’on peut faire intervenir, pour de telles machines, des règles aussi rigoureuses que celles de l’électrotechnique habituelle — en prenant comme point de départ une source à potentiel constant, comme une batterie de piles ou d’accumulateurs jouant le rôle d’excitatrice. En chargeantun condensateur de capacité C, la valeur absolue de la charge de chaque armature étant Q, l’énergie s’exprime
- 1 Q2
- par . la formule connue W. = - ~~r‘
- 2» Ci
- En isolant le condensa-
- teur de la source et en faisant varier la capacité, à charge constante, W variant à son tour, le dispositif constitue une machine, proprement dite : motrice, au cas où G augmente, génératrice dans le cas contraire. Il est fort possible de réaliser des capacités de valeur variable à l’aide de pièces conductrices tournantes, et, dans le cas où l’on fait diminuer cette capacité — en fonction du temps, suivant une loi quelconque fixée a priori, — comme la charge toujours constante est liée au potentiel par la relation Q —CY, on peut réaliser une génératrice donnant une tension variable, en fonction du temps et du type de nos appareils mono, bi ou triphasés. On doit même concevoir, sur ces remarques, qu'il est possible de réaliser des tensions variant, avec le temps, suivant des lois nouvelles, jusqu’ici sans applications et qui peuvent avoir des propriétés inattendues.
- CHIMIE MINÉRALE
- Sur la corrosion de l’aluminium. (M. J. Calvet.) — Sous la direction du Prof. Matignon l’auteur poursuit une série d’essais qui consistent à soumettre à l’action des acides chlorhydrique, acétique, citrique et tartrique, des échantillons de métal de provenance directe, l’aluminium le plus pur, obtenu dans le procédé Hoopes par affinage électrolytique, titrant 99,943 Al. pour 0,019 Si et 0,022 Gu et le métal dit pur du commerce contenant 99,75 Al. contre 99,18 au compte de l’aluminium de production courante.
- L’appareillage comprend une série de fioles coniques en Pyrex, munies d’une soupape Bunsen pour éviter l’introduction de poussières et chaque échantillon est soumis à l’action de 500 cm3 de la liqueur d’attaque. Au bout d’un laps de temps, qui pour l’acide HCl ne peut dépasser 17 jours, on détermine la perte de poids par centimètre carré de surface.
- Quelques essais ont porté sur une solution de sel ma*rin à 30 gr au litre et M. J. Calvet est arrivé à cette conclusion : dans tous les acides utilisés, comme dans une liqueur de chlorure NaCl, l’aluminium extra-pur marque une grosse supériorité sur les autres échantillons, ainsi que le veut d’ailleurs la théorie électrocbimique de l’attaque des métaux.
- PALÉONTOLOGIE
- Découverte d’ossements de poissons dans le dévonien du Boulonnais. (M. A. P. Dutertre.) — Dans le calcaire de Fernues (Frasqien), à Beaulieu (P.-de-C.)
- l’auteur a découvert les restes d’un grand poisson attribué à une nouvelle espèce du genre Ganorhynchus. L’ossement, dont la surface, lisse et brillante, offre une série de petits trous paraissant correspondre aux orifices de canaux ; il présente une forme en demi-lune, sur une largeur maxima de 0 m 16 et une longueur de 0 m 07. Il comprend la portion antérieure du museau avec une portion de la surface frontale et la surface latérale dont la partie postérieure droite est brisée.
- Cet ossement est comparable à celui que R II. Traquair a décrit et qui figure sous le nom de Ganorhynchus Woodwardi) mais il s’en distingue par sa taille, qui est à peu près le double de la sienne, et surtout par les plaques dentaires. Bien qu’un fragment de museau découvert dans le dévonien supérieur, à Warren (Pensylvanie), ait été décrit par J L. Newberry sous le nom de Gajiorhynchus Beecheri et que R. Etheridge ait dénommé Ganor. Sussmilchi, un autre fragment découvert dans le dévonien de Murrumbridger river, l’ossement étudié par M. Al. Dutertre et baptisé Gan. Rigauxi paraît, jusqu’ici le seul représentant du genre Ganorhynchus en Europe.
- En plus des échantillons attribués à des Dipneustes, le dévonien du Boulonnais renferme des dents de Ptyctodus, poissons arthrodères signalés en Russie, dans l’Eifel, en Belgique ainsi qu’au Canada et aux Etats-Unis et qui, d’après M. Leriche, vivaient dans les mers bordant aux temps mésc-et néo-dévoniens, le grand continent de l’Old P^ed Sandstone.
- Ainsi les affinités que présentent les faunes ichtyologiques-méso néo-dévoniennes révèlent, pour le Boulonnais et le versant Atlantique du Nord Amérique, d’étroites relations entre les mers qui baignaient ces contrées à ces époques, et cette remarque trouve une nouvelle confirmation dans l’étude des faunes d’invertébrés.
- GÉOGRAPHIE
- Le Badakchan. (M. J. Bartiioux.) — Province afghane enfermée dans la boucle de l’Ab-i-Paudj (partie haute de l’ancien Oxus), à sa sortie des Pamirs et du Ouakhan, le Badakchan est limité au sud par un affluent, la Koktcha, et son tributaire, le Ouardoudj A 30 km de l’Oxus, la ville de Zébak marque sa limite extrême et il s’étend ainsi, du Nord au Sud, sur une longueur de 200 km ; de l’Est à l’Ouest, sur une largeur de 100. Pays montagneux et très accidenté, où les points culminants du Darouaz et du Rouchan dépassent 4000 m, il est d’un accès d’autant plus difficile que les neiges le recouvrent durant huit mois de l’année. On suit le cours de l’Oxus et, durant la mauvaise saison, le fleuve congelé constitue la seule voie de communication praticable. Divisé en quinze détroits qu’impose le groupement des villages, le Badakchan est habité surtout par des Tâdjiks ; dans le Rous-tàk, on rencontre les Uzbeck, dans l’Est les Chiites; si l’on excepte Faïzâbad qui comprend 15000 habitants, le pays ne comprend que d’infimes bourgades, dont les plus importantes, ne comptent que 200 à 300 maisons.
- Gneissique au Centre et à l’Est et présentant de grands bancs de cipolins très minéralisés, le pays possède dans la haute Koktcha, en aval de Robât, le gîte de lapis-lazuli signalé par Marco Polo; mais, pour l’ensemble de la province, M. J. Bar-thoux estime qu’on est loin d’y trouver les richesses que lui attribua le célèbre voyageur vénitien, au début du xive siècle.
- Paul Baud.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Équilibres superficiels des solutions colloïdales. Études de biophysique moléculaire, par P. Lecomte du Nouï. 1 vol. in-8, 228 p., 77 fig., 22 pl. Monographies de l’Institut Pasteur. Masson et Cie, Paris, 1929, Prix : 32 fr.
- A l’Institut Rockefeller de New-York, puis à l’Institut Pasteur de Paris, l’auteur a poursuivi d’importantes recherches sur la tension superficielle des liquides. Pour la mesurer exactement, en unités absolues, il a imaginé un tensiomètre ingénieux qu’il décrit ici et dont il donne tous les détails de technique expérimentale. Gela lui a permis d’accumuler des données précises et nombreuses sur les solutions colloïdales, le sérum, l’oléate de soude, l’ovalbumine, les solutions complexes, les surfaces de séparation de deux liquides non miscibles. Les résultats acquis sont du plus haut intérêt, tant pour le physicien que pour le biologiste; ils montrent comment s’établissent les équilibres et comment ils varient; ils ouvrent de nouveaux aperçus sur la constitution cellulaire de la matière vivante.
- Institut international de Chimie Solvay. Rapports et discussions sur des questions d’actualité.
- (3' Conseil de Chimie. Avril 1928) 1 vol. 560 p. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris, 1929. Prix : 70 francs.
- Le conseil de Chimie de l’Institut Solvay a siégé du 12 au 18 avril 1928 sous la présidence de Sir William Pope. Il a discuté les rapports suivants que l’on pourra lire in extenso, ainsi que les discussions qu’ils ont provoquées dans le pre’sent volume.
- Actions chimiques dans la décharge électrique par E. K. Rideal. Les formes actives des éléments, par W. Mund. La sensibilisation photochimique par Berthoud. La sensibilité photographique par Hater-Price. Théorie thermodynamique de quelques équilibres au conlact des membranes demi-perméables, par F. G. Donnais. La perméabilité sélective des membranes par P. Girard. Les valences chimiques par G. Urbain. Valence variable par Sidgwick. Radicaux libres et composés non saturés par P. Wolden. Recherches sur les hydrates de carbone complexes, par P. Karrer.
- Pour ou contre la terre. Industrie ou agriculture?
- par Victor Boret. 1 vol. in-16, 263 p , 22 pl. de tableaux annexes. Bibliothèque « Vie à la campagne », Hachette, Paris, 1929. Prix : 12 francs.
- Dans 30 ans, dit l’ancien ministre de l’agriculture et du ravitaillement, la France comptera un rural pour deux citadins si l’exode continue des campagnes vers les villes Quelles seront les conséquences d’un tel changement et ne faut-il pas les considérer attentivement? Tout en convenant que l’industrie a droit à une large place dans notre civilisation acluelle, M. Boret montre l’importance capitale pour l’avenir de notre race et de notre pays du retour à la terre, de la fixation des paysans au sol, et pour cela de l’intensification de la production agricole qui doit dominer toute notre vie politique. Ce plaidoyer éloquent et plein de sagesse ouvi'ira les yeux de beaucoup sur les dangers de l’industrialisation à outrance; il est indispensable que tous ceux qui pensent aux problèmes nationaux et sociaux actuels le lisent et s’en inspirent.
- Le tabac, par Guillaume Capus, Fernand Leulliot et Étienne Foëx. Tome I. Origine, histoire, classification, chimie, culture, récolte, génétique. 1 vol. in-8, 418 p., 120 fig. Société d’éditions géographiques maritimes et coloniales, Paris, 1929.
- Voici une monographie complète et d’une remarquable compétence renfermant toute la documentation française et étrangère dont dispose l’Ecole d’application des manufactures de l’Etat. Après un historique rappelant l’origine géographique du tabac, sa découverte et ses appellations par les Européens, un chapitre de botanique traite de la classification et de la morphologie des Solanacées, puis un autre classe, industriellement, les diverses variétés de tabac cultivées. Une importante étude suit sur la composition chimique et les méthodes d’analyse. La culture est examinée dans tous ses détails : engrais, semis, couches, plantations, récolte, sélections, acclimatation, etc.
- Die Binnengewâsser, par August Tiiienemann. Band VI : Grundlinien der experimentellen Planktonforschung, par Einar. Naumann. 1 vol. in-8, 100 p., 18 fig Schyveizerbart’sche Verla'gs-buchhandlung, Stuttgart, 1929. Prix broché : 10 m. ; relié, 11 m. 50.
- Le 6e fascicule de l’ouvrage sur les eaux continales est consacré par le Dr Naumann aux fondements de l’étude expérimentale du plancton. On y trouve d’abord des renseignements sur l’installation du laboratoire et les instruments, puis sur la récolte du plancton, sa coloration, son anesthésie, son examen; vient
- ensuite l’indication des espèces représentatives, des divers types régionaux, des conditions de milieu, des moyens de nourriture et d’élevage au laboratoire; enfin, une énumération des conditions connues de vie des animaux et végétaux planctoniques d’eau douce que suit une abondante bibliographie.
- Le métabolisme basal, par Marcel Labbé et H. Stévenin. 1 vol. in-8, 3/,4 p., 31 fig. Masson et Cie, Paris, 1929.
- Depuis Lavoisier, on sait qu’on peut mesurer la dépense d’énergie de l’être vivant par la mesure de la chaleur qu’il dégage ou celle de ses échanges respiratoires. Le minimum de dépense a été désigné sous le nom de métabolisme basal. Il varie avec l’âge, le sexe, l’état physiologique, le régime alimentaire, les circonstances climatiques, etc., et aussi dans certains états pathologiques, si bien que sa mesure peut donner d’utiles renseignements à la clinique pour reconnaître plusieurs troubles de l’organisme, notamment les maladies des glandes endocrines. Les auteurs, qui appliquent depuis longtemps cette méthode de laboratoire à l’hôpital, en disent ici tout ce qu’il faut savoir : ses principes, ses techniques, ses applications physiologiques et médicales.
- Mort véritable et fausse mort, par Henrt de Varigny. 1 vol. in-16, 319 p. Félix Alcan. Paris, 1929. Prix : 20 francs.
- Continuant ses essais sur la mort qui nous ont déjà valu deux livres fort intéressants, l’auteur montre cette fois-ci une question qui préoccupe beaucoup de gens : peut-on reconnaître la mort avec certitude, y a t-il des signes qui ne trompent pas, ne doit-on pas redouter les inhumations prématurées? Par de nombreux faits, savamment recueillis et bien groupés, l’auteur montre que ce danger, s’il n’est pas nul, est cependant bien faible, mais il en profite pour parler des fausses morts : léthargie, catalepsie, asphyxies, dont on peut rappeler à la vie par des soins appropriés.
- La renaissance des mines métalliques de Bretagne, par Auguste Pawlowski. 1 vol. in-8, 111 p., fig. et Planches. Jules Charles et A. Brunet, Paris, 1929.
- Dans ce petit volume, notre collaborateur rappelle les richesses minières anciennement connues en Bretagne : plomb, argent, cuivre, les causes de leur abandon et leur renaissance actuelle, notamment à la Touche, Pontpéan, Trémuson, Huelgoat, Poul-laouen.
- LéS Argots, caractères, évolution, influence (avec un index) par Albert Dauzat. 1 vol. in-16, 189 p. (Bibliothèque des Chercheurs et des Curieux), Delagrave, Paris, 1929. Prix : 8 fr.
- L’argot a, depuis longtemps, attiré l’attention des érudits et piqué la curiosité du public, tant par ses termes pittoresques que par l’énigme de ses origines et les mystères des milieux qui l’ont parlé. Malheureusement la fantaisie a trop souvent présidé à des recherches effectuées par des écrivains incompétents. Notre collaborateur, bien connu par ses ouvrages de vulgarisation linguistique, résume ce que nous savons de positif sur les argots : car il y a en France divers argots, dont l’auteur retrace brièvement la genèse. Il montre ensuite comment le vocabulaire argotique s’est formé et renouvelé, sans aucun mystère, mais par l’extension de certains procédés normaux; comment sont nées et se sont développées les déformations; comment s’effectuent et s’accélèrent les changements de sens en raison des facteurs psychologiques et sociaux. C’est un livre instructif et amusant, où l’on trouvera Thistoire de bien des mots curieux, et qui peut être mis entre toutes les mains. Il complète la série des Noms de personnes, des Noms de lieux et des Patois, du même auteur. Un index de 1500 mots environ termine l’ouvrage.
- Autour du Vignemale, 1 vol. panoramas et nombreuses vues. Garet Haristoy, Pau, 1928. Prix : 30 fr.
- Depuis plus de quarante ans l’auteur s’est joint, pour ses travaux sur les Pyrénées centrales et la région de Cauterets, à la « pléiade » des Pyrénéistes (Rossell, Wallon, Lequeutre, de St-Saud, Sehrader, Béraldi), qui, à partir de 1860, fit si bien connaître les .détails de la belle chaîne franco-espagnole. Son nouveau livre donne un court historique de « la découverte des Pyrénées ». Et c’est la monographie complète du beau massif du Vignemale : il va être prochainement suivi d’une belle carte originale au 20 000e, fruit de longues années de travail qui se raccordera (vers l’Est) à la magnifique feuille de Sehrader, à. la même échelle, sur Gavarnie (1913). Ouvrage de lecture attachante et instructive à la fois.
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- CHRONIQUE D'AVIATION —.... 569
- Grand raid Paris-Saïgon-Paris
- L’équipage civil français Bailly-Reginensi-Narbot vient d’effectuer brillamment le raid Paris-Saïgon-Paris.
- Le voyage d’aller a duré dix jours et comporte dix étapes d’une moyenne de 1200 km.
- Le voyage de retour a duré 9 jours.
- L’intérêt du voyage réside, en particulier, dans l’emploi d’un appareil léger de transport, le Farman 190 à moteur Gnome et Rhône « Titan » de 280 ch, appareil déjà décrit dans « La Nature » (monoplan à mâts obliques de construction en bois).
- Une fois de plus, les belles possibilités de l’appareil commercial léger sont ainsi mises en lumière, et ceci sur l’une des lignes commerciales les plus intéressantes.
- Moteurs légers français.
- Deux nouveaux moteurs de faible puissance viennent d’être mis au point par la « Société française de fabrication aéronautique ».
- Ces deux moteurs, de conceptions semblables, sont à refroidissement par l’air; ils développent respectivement : le 7 cylindres 90 ch, le 3 cylindres 40 ch. Les pièces principales sont d’ailleurs interchangeables d’un moteur à l’autre.
- Les caractéristiques principales de construction sont les suivantes : alésage 105 mm, course 125 mm, cylindre en acier, culasse en alliage léger fixée sur le cylindre par quatre goujons. Soupapes obliques commandées par tiges et culbuteurs (graissés par técalémit) ; bielles tubulaires, vilebrequin en deux pièces assemblées par cône; palier arrière régulé, palier avant à billes, à gorges profondes (équilibrant la traction de l’hélice).
- Le réchauffage des gaz d’admission est assuré par une circulation de l’huile de graissage autour de la tubulure. Un répartiteur (turbine) aspire les gaz d’admission et les compresse légèrement : il assure ainsi un remplissage complet et homogène des cylindres.
- Le taux de compression est de 5,4, la vitesse de 1400 t/min. Le poids total du moteur de 90 ch est de 135 kg.
- Le problème de l’avion de tourisme est en grande partie un problème de moteur; peut-être ces nouveaux types en apporteront-ils une solution.
- Appareil léger Darmstadt « D. 18 ».
- Un appareil d’école et de tourisme, de caractéristiques très intéressantes, le Darmstadt D. 18, a été construit récemment par une société allemande d’amateurs, l’Akademische Flieger-gruppe de Darmstadt, société ayant déjà construit plusieurs planeurs de vol à voile.
- Le D. 18 est un double-monoplan (aucun haubanage ne reliant les deux plans), possédant un décalage positif très important (le bord d’attaque du plan inférieur est au droit du bord de fuite du plan supérieur).
- Le profil utilisé, le même pour les deux plans est épais, et décroît, à l’intrados, du milieu à l’extrémité de l’envergure. La forme des ailes, en plan, est elliptique; l’allongement, voisin de 7. Chaque plan est en porte à faux ; le plan inférieur encastré à la base du fuselage, le plan supérieur fixé sur une cabane comportant un caisson central et deux mâts obliques. Les ailerons sont disposés suivant toule l’envergure du plan inférieur (surface 1 m2 16).
- La structure de chaque aile comporte un longeron caisson en bois, des nervures (et des fausses nervures au bord d’attaque) également en bois. Le recouvrement est en toile; le bord d’attaque, les bouts d’ailes et la partie du plan inférieure voisine du fuselage sont renforcés par un recouvrement de contreplaqué.
- Le fuselage, de construction classique, est de section ovoïde; il est recouvert de contreplaqué. Les deux postes, montés en doubles-commandes, sont placés en tandem. Le moteur, un Armstrong-Siddeley « Genet » à 5 cylindres en étoiles développant 80 ch à 2200 t/min (poids 91 kg) est boulonné sur un bâti métallique. Entre le moteur et ie poste avant est placé le réservoir d’essence.
- Les empennages sont de construction analogue à celle des ailes; les gouvernes ne sont pas compensées.
- Chaque demi-train d’atterrissage est formé d’un Y articulé à la base du fuselage et d’un mât portant l’amortisseur (voie 1 m 40).
- 12.10 mq.
- 0,53 mq.
- 0,8 mq.
- Appareil léger Darmstadt « D. 18 »
- Les caractéristiques principales sont les suivantes :
- Envergure............................ 7 m 20
- Longueur............................. 6 m 14
- Surface portante.................. 12,10 m2
- Poids vide......................... 400 kg
- Poids total en charge.............. 650 kg
- Vitesse maxima..................... 200 km/h
- Montée à 1000 m...................... 3 min
- 11 y a lieu de noter la vitesse de montée de l’avion : 5 m 50 par seconde, vitesse des plus intéressantes pour un appareil de tourisme, puisque de l’angle de montée dépend la possibilité de franchir les obstacles rapprochés, en particulier au moment du décollage.
- Appareil commercial « Burnetli ».
- La construction aéronautique américaine vient de sortir un nouvel appareil commercial de gros tonnage, le monoplan Burnelli, avion bi-moteur, de 1200 ch, pouvant transporter 20 passagers.
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- Les deux caractéristiques originales du nouvel appareil sont : le fuselage porteur en forme de profil d'aile et le train d’atterrissage escamotable. Ces deux caractéristiques ne sout pas sans intérêt : le fuselage porteur, tout en contribuant efficacement à la sustentation, permet un aménagement facile des moteurs : ceux-ci peuvent être visitables en vol, leurs axes de traction peuvent être rapprochés au maximum de l’axe de l’avion (ce qui facilite le vol, un moteur étant arrêté). Enfin, la cabine des passagers peut être conçue beaucoup plus large que sur un appareil ordinaire, donc aménagée d’une manière plus confortable et plus variée.
- Le train d’atterrissage relevable permet une augmentation sensible de la finesse de l'avion. Les roues ne peuvent pas être carénées efficacement, et leur traînée est considérable : la diminution de traînée due à l’escamotage du train à l’intérieur du fuselage doit donc être intéressante.
- La voilure, monoplane, se compose de la partie centrale formant fuselage et de deux parties latérales haubanées rigidement par deux paires de mâts obliques.
- La structure de l’aile est à longerons multiples en alliages légers, sur lesquels est rivée la tôle de duralumin ondulé des recouvrements.
- Le fuselage porteur est formé de couples en caissons reliés par des lisses, le tout recouvert de tôle de duralumin rivée. La cabine mesure 5 m 50 de long, 3 m 50 de large, 1 m 68 de haut.
- Deux poutres, formant plans de dérive, prolongent le fuse-
- Appareil commercial « Burnelli ».
- lage vers l’arrière et portent l'empennage horizontal, monoplan à volets compensés et le gouvernail de direction à deux volets compensés (le recouvrement des gouvernes est en toile).
- Deux moteurs Curtiss « Conqueror » à 12 cylindres en Y sont montés sur l’appareil. Ils développent 600 ch à 2400 t/min, et actionnent les hélices par l’intermédiaire d’un réducteur.
- L'escamotage du train est commandé par le pilote ; il demande 17 secondes, la manœuvre inverse demande 8 secondes.
- Une lampe-témoin indique au pilote la position du train d’atterrissage : elle s’allume quand le train est relevé.
- Les performances théoriques de l’avion « Burnelli » sont les suivantes ;
- Vitesse maxima.................... 230 km/heure
- » de croisière................ 185 »
- » d’atterrissage.............. 80 »
- Rayon d’action (20 passagers). . , 3860 km
- Le coefficient de sécurité en construction aéronautique.
- Le coefficient de sécurité d’une pièce est le rapport de la charge que peut supporter cette pièce à la charge maxima qu’elle supporte en service.
- Un appareil d’aviation est chargé de son poids en vol
- normal; en vol quelconque il est chargé de son poids multiplié par l’accélération (mesurée en accélération de la pesanteur g).
- La charge maxima à supporter ainsi déterminée, il suffit, de la multiplier par le coefficient de sécurité, généralement 2,5, pour pouvoir calculer chaque pièce de l’appareil.
- La charge entrant dans le calcul de résistance sera ainsi :
- C = nNP
- n — coefficient de sécurité.
- N accélération maxima possible. P = poids de l’appareil.
- C’est le principe de l’ancien règlement français. Le cas de vol utilisé pour le calcul de N était la ressource (cabré rapide après un piqué à vitesse limite).
- G
- Le rapport — était appelé indice d’essai statique et donnait
- la charge de sable dont l’appareil devait être chargé à l’essai.
- L’indice d’essai statique est donc tout différent du coefficient de sécurité : il peut atteindre 20, alors que ce dernier reste voisin de 2,5. (Remarquons que, le calcul de résistance étant fait au taux du travail de rupture, le coefficient de sécurité par rapport à la limite élastique est encore plus faible : 1,5 environ pour le duralumin.)
- Les nouveaux types d’appareils (augmentation de la finesse) et les profils épais (grands déplacements du centre de poussée) ont amené à modifier les règles de calculs.
- Trois cas de calculs principaux sont imposés actuellement :
- 1° Le vol à la position extrême-avant du centre de poussée ;
- 2° Le vol à la vitesse maxima ;
- 3° Le piqué à vitesse limitée.
- Pour le calcul, les charges supportées dans chaque cas par les différentes pièces sont multipliées par un coefficient (variant avec le type et le poids de l’appareil et le cas de vol considéré), ce coefficient est le facteur de charge.
- Ce facteur de charge est un maximum du coefficient de sécurité. Il serait égal au coefficient de sécurité si les efforts maxima possibles avaient pu être déterminés.
- On voit, d’après ce qui précède, que le facteur de charge et l’indice d’essai statique n’ont rien de commun avec le coefficient de sécurité.
- Le coefficient de sécurité est toujours compris entre 1,5 et 3 en construction aéronautique : il est limité au-dessous par l’incertitude sur les qualités des matériaux utilisés.
- Record du monde d’attitude.
- Le record du monde d’altitude a été batlu le 8 mai dernier par le pilote américain Soucek.
- L’altitude atteinte a été de 11 930 m ; le temps de montée 45 minutes seulement.
- Le record appartenait depuis le 25 juillet 1927 au lieutenant américain Champion.
- L'altitude atteinte par lui était de 11710 m.
- Record de distance en planeur.
- Le record de distance en ligne droite pour appareils sans moteur vient d’être porté le 16 mai dernier à plus de 100 km.
- Le dernier record appartenait à Nehring ; il s’élevait à 72 km.
- Le nouveau détenteur est le pilote allemand Kronfeld. L’appareil utilisé est un planeur Raab-Katzenstein ; le vol a duré 5h15.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- HISTOIRE DES SCIENCES Le centenaire de la chaîne Galle.
- Tout le monde connaît la chaîne Galle, qui a été rendue populaire par son application à la bicyclette. Son emploi dans l’industrie est universel et extrêmement varié. Mais si la chaîne est connue, qui se souvient de son inventeur André Galle ? L’ignorance à cet égard est telle que j’ai vu un jour, daus une publication technique, que cette chaîne avait été inventée dans le pays de Galles. D’autres l’ont attribuée à Yaucanson Je crois donc que les lecteurs de La Nature apprendront avec intérêt qui était André Galle.
- Il naquit à Saint-Étienne en 1761, et élait fils d’un ouvrier graveur sur métaux. Il entra comme apprenti graveur chez un fabricant de cachets et de boutons de livrées. Son instruction était rudimentaire. Il devint un ouvrier très adroit et arriva bientôt à faire la « Lettre et l’Ornement ». Puis il apprit seul à modeler et fit un médaillon de son patron qui, voyant son talent naissant, le prit comme associé Peu après, il lui succédait. Mais la révolution ruina le commerce de cachets et de boutons armoriés. Il vint alors à Paris à pied, espérant y trouver de l’ouvrage. Il arriva pendant la Terreur et fut signalé comme venant de Lyon ; une descente de police vint fouiller ses effets : heureusement pour lui, un de ses amis lui avait donné, en guise de sauf-conduit, un bonnet rouge. Gela suffit pour tranquilliser les policiers. Peu après le 18 brumaire, il fit le médaillon de Bonaparte, por-irait remarquable qui lui valut des commandes de médailles pour les principaux événements du temps, et Dieu sait s’il y en avait ! Après l’Empire, il fit un médaillon de Louis XVIII qui servit pour la croix de Fidélité, instituée en 1817. En 1820, il fut élu membre de l’Institut des Beaux-Arts pour la gravure en médailles. Il était décoré depuis plusieurs années de la Légion d’Honneur. Il introduisit des perfectionnements dans l’outillage des graveurs. Le musée de la Monnaie possède une grande partie de ses médailles.
- C’est en 1828 que Galle eut l’idée de sa chaîne d’engrenage, mais ce n’est qu’en 1829 qu’elle parut. En 1830, il installa un atelier, pour la fabrication industrielle de cette chaîne, dans les anciennes écuries et remises d’un hôtel du xvme siècle, situé 10, rue de La Chaise. L’outillage comprenait une série de balanciers monétaires, dont le plus puissant avait des bras de plus d’un mètre, terminés par des boules de bronze de 300 kilos. Il fallait une dizaine d’hommes pour découper les maillons ayant jusqu’à 25 centimètres de long et plus d’un centimètre d’épaisseur.
- Cet atelier avait été si bien organisé qu’après la mort Galle, en 1845, son contremaître continua la fabrication qu’en 1870.
- De 1830 jusqu’à sa mort, il réunit dans les salons d hôtel les artistes et les hommes en vue. Il accueill. particulier, les grands prix de Rome à leur retour, e ainsi qu’il maria une de ses petites-filles à Eugène C graveur en médailles, bien connu pour sa pièce de ' de la République de 1848. Une autre de ses pet' épousa J. Uchard, architecte de la ville de Paris prix de Rome. Colonel A. Ucii,
- MÉCANIQUE
- Une nouvelle matière pour outils. Le ca£ de tungstène.
- La plupart des outils actuellement utilisés dan ateliers pour travailler les diverses substances à usiner en acier. On sait que l’on a réalisé, dans le dernier qu de siècle, toute une gamme d’aciers à outils, faits d’allir
- spéciaux, et dontl’objet est de porter au maximum la rapidité des travaux. Ce sont les aciers modernes à outils qui ont permis des productions en masse, comme celle des automobiles. A côté des outils en acier, on emploie également pour certains travaux des abrasifs, substances plus dures que l’acier; parmi les abrasifs les plus fréquemment employés on peut citer le carborundum, l’alundum, l’émeri, etc.
- Une nouvelle substance pour outils douée de propriélés remarquables vient de faire son apparition. C’est le carbure de tungstène.
- Les premières tentatives pour donner à ce composé les qualités nécessaires pour en faire des outils ont été réalisées en Allemagne. La Société Osram a ainsi fabriqué un produit dénommé « Hartmetall », qui est une combinaison de cobalt et de carbure de tungstène; il possède une résistance égale à la moitié de celle de l’acier à coup rapide et une dureté équivalant à celle du saphir ; on sait que le saphir raye tous les corps sauf le diamant.
- Aux États-Unis la General Electric C“ a entrepris des recherches dans la même voie ; elles ont abouti à la création d’un produit dénommé Carboloy, sur lequel M. S. L Hogt donne dans General Electric Review d’intéressants détails.
- Ce produit est particulièrement favorable pour découper dés substances fragiles qui sont abrasives pour les aciers à outils ordinaires ; dans ce genre de travail le carboloy s’est montré 25 à'75 fois plus durable que les outils en acier à grande vitesse. 11 peut aussi travailler des aciers durs et denses qui ne peuvent être travaillés économiquement avec l’acier à grande vitesse. On s’en sert pour tourner des tiges en verre ou en porcelaine, pour percer des trous dans le béton ou le roc, travail qui autrefois ne pouvait être exécuté que par des moyens très coûteux : outils en diamant, ou outils à percussion.
- Les outils en carboloy gardent leur coupe très longtemps et peuvent exécuter un grand nomb1" réaffûtés. Le carboloy garde s? façon remarquable aux t*»*-que des outils, faits tement de l’ac5
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- Norvège, où d’ailleurs de petites colonies se sont toujours maintenues (n“ du 15 juin 1928). Ces animaux paraissent s’y multiplier très rapidement et en même temps y étendre leur habitat. Ils sont ainsi devenus fort nombreux dans le Mandai, grande vallée tributaire du Skagerack, à l’ouest de la région, où le gros de leur effectif était demeuré jusqu’ici cantonné, à tel point que le conseil municipal d’une commune de ce district s'est préoccupé des dégâts commis par ces rongeurs. Non seulement ils abattent des arbres, rapporte l’Aftenpost, le grand quotidien d’Oslo, mais encore rendent impropres à la fenaison des prairies marécageuses par la construction de digues qui arrêtent l’écoulement des eaux ; en même temps, ils ouvrent des brèches dans des barrages créés pour procurer la force motrice à des scieries. Les travaux d’art exécutés par les castors sont si solides que, pour les détruire, l’emploi de la dynamite devient nécessaire. Des habitants du Mandai ont dû recourir à cet explosif afin de faire sauter une digue que ces travailleurs avaient élevée en travers d’un ruisseau. Tels sont les faits intéressants signalés par Y Aftenpost.
- Charles Rabot.
- Les crabes excentriques.
- Lorsqu’on étudie de près le monde des animaux, on est étonné d’y trouver autant d’originaux.
- L’ingéniosité des bêtes est infinie, surtout lorsqu’il s’agit pour elles d’assurer leur subsistance ou de ne pas devenir la proie des autres.
- Par exemple, le crabe est un expert en camouflage. Le crabe-araignée accroche sur les piquants de son dos, comme à un porte-manteau, des algues et des éponges pour dissimuler aux passants gloutons son identité.
- Il est assez astucieux pour choisir un revêtement qui s’harmonise absolument, comme ton, avec son entourage. Des expériences faites sur les crabes ont démontré qu’ils sont très ' des teintes.
- fnrme de mandoline, Xiphosura *re le seul animal qui mâche ’^se de quatre de ses ” -e de mâchoires, ’Ue avant de
- '* meds, on-
- son arbre, se rend au rivage marin le plus proche et remplit d’eau salée un petit réservoir intérieur qui lui permettra de se rafraîchir pendant les heures torrides de la journée.
- Les jeunes naissent et sont élevés sur le sable humide de la mer. Ils ne sont exercés au grimper que lorsqu’ils sont devenus adultes.
- Darwin s’est montré sceptique sur les talents acrobatiques de ce crabe grimpeur.
- Il a déclaré qu’il se nourrissait de noix de coco tombées à terre.
- Mais les arbres en question sont une espèce spéciale, moins haute, formant un immense buisson, avec, autour du tronc, des racines enroulées facilitant l’escalade.
- Il n’est donc pas invraisemblable que l’on puisse voir, dans ces lointains parages, des crustacés vagabonds dégustant des noix dans les arbres à la façon des écureuils.
- Gaston Sévrette.
- PRÉHISTOIRE
- Les habitations lacustres dans le lac de Constance.
- Le niveau particulièrement bas des eaux au cours de l’hiver dernier a permis de découvrir dans le voisinage de Sipplingen de nombreux pilotis, débris d’habitations lacustres. Afin de poursuivre ces recherches sur une plus grande échelle, il a été décidé de recourir à des caissons d’une surface de 500 mètres carrés, dont on pompe l’eau. On peut ensuite examiner avec soin le fond du lac. Ces explorations s’étendront à la rive suisse, aussi bien qu’à la rive allemande du lac de Constance. On compte qu’elles permettront de déterminer l’emplacement des rives du lac à l’âge de pierre et à l’âge de bronze, et qu’elles apporteront des éclaircissements sur l’installation des villages lacustres, aussi bien que sur le mode d’existence de leurs habitants.
- ARTS DÉCORATIFS Tapis de liège.
- Les efforts de nos modernes artistes décorateurs portent sur les moindres détails de notre ameublement et ils cherchent à rendre élégants les objets les plus utiles de notre foyer. Dans , cet ordre d’idées se placent les tentatives faites pour préserver les parquets, notamment, des taches d’eau, à l’aide d’un revêtement à la fois esthétique et pratique.
- On a fait de multiples essais dont certains arrivent à
- >nner l’illusion presque complète du tapis, du parquet, re même du marbre ou de la mosaïque. Selon la nature pièce, ces revêtements et plus particulièrement le tapis ïge trouvent leur utilisation pratique ; c’est que le tapis ge est véritablement une matière neutre, traitée dans prit moderne, avec un décor approprié au travail que de le liège, mais comparable dans son originalité aux ttes actuelles qui ont gagné, grâce aux dessins de bons s, une place importante dans notre décor intérieur, ùlleurs, le liège est une matière souple, maniable que dt facilement découper, incruster et comprimer de à amalgamer toutes les parties. Ces incrustations „des jusqu’au fond même du tapis le rendent presque ble et offrent une très grande durée; il devient ainsi véritable revêtement du sol qu’il protège contre toute ‘ration, ce qui est appréciable, qu’il s’agisse d’une chambre
- toucher ou d’un cabinet de toilette où le dallage fait 'éfaut.
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- PETITES INVENTIONS
- MECANIQUE
- Une machine à peindre par projection centrijuge.
- Les machines à peindre par projection existent depuis de nombreuses années. II y a plus de 20 ans que les retoucheurs de photographies industrielles emploient l’aérographe, qui est une sorte de pinceau pneumatique. Bien avant la guerre, M. Le Baron, en France, s’est fait l’apôtre, pour les travaux de peinture en bâtiment, par exemple, des machines à peindre fondées sur le même principe ; elles pulvérisent et projettent la peinture au moyen d'un jet d’air comprimé. Depuis lors, ce type d’appareils a pris un développement prodigieux, en raison des économies de main d’œuvre qu’il fait réaliser. On les voit employer sur les grands chantiers et dans la plupart des ateliers industriels ; la carrosserie automobile, notamment, en fait grand usage.
- Ces appareils de peinture à l’air comprimé rendent donc d’inappréciables services ; ils ont cependant quelques défauts : le plus grave est la lourdeur et le prix du matériel nécessaire : pour obtenir une bonne pulvérisation de la peinture, liquide toujours visqueux, et une bonne projection du nuage résultant de la pulvérisation, il faut de l’air sous une pression élevée : un compresseur d’air est donc nécessaire : c’est un engin relativement lourd, toujours encombrant, d’un rendement souvent médiocre ; si on le veut autonome et amovible, il faut encore lui accoupler un moteur électrique, ou à essence; enfin, la pulvérisation par l’air comprimé est une opération de très faible rendement mécanique ; le débit d’air nécessaire est très élevé par rapport à la quantité de peinture débitée. En définitive, ce genre d’installation dépense beaucoup de puissance mécanique pour un travail qui, théoriquement, ne devrait en exiger que fort peu ; l’appareillage moteur-compresseur est coûteux et ne se déplace que difficilement. Ces inconvénients limitent beaucoup les applications de ce mode de peinture.
- Voici un nouvel appareil à peindre qui, grâce à un principe de pulvérisation tout différent, est essentiellement por-
- Fig. 2. — Coupe de la machine à peindre « Rollo ».
- tatif et ne consomme qu’une quantité négligeable de force motrice fournie par un moteur électrique.
- Dans le « Rollo », la pulvérisation de la peinture est effectuée par une roue de petit diamètre, tournant à une très
- grande vitesse. Le liquide admis sur cette roue est projeté au dehors et déchiré en gouttes très fines par la force centrifuge. Ces gouttes se projettent, évidemment, dans le plan du disque, mais un simple courant d’air, sans pression, suffit ensuite à projeter le nuage de peinture sur la surface à recouvrir. Sur ce principe, a été réalisé un appareil d’un mécanisme aussi simple qu’ingénieux.
- L’opérateur porte en bandoulière un ventilateur mû par un petit moteur électrique universel. L'air, refoulé par le ventilateur dans un tuyau souple en caoutchouc, parvient dans le pistolet ; il est admis par une buse à la périphérie d’une roue à hélice de petit diamètre ; cette roue, folle sur son arbre, est mise en rotation très rapide par le courant d’air; c’est une minuscule turbine à air; en même temps, elle sert de pulvérisateur pour la peinture. D’autre part, la buse comporte un double canal, à travers lequel circule l’air insufflé par le ventilateur ; le canal intérieur sert à admettre l’air moteur ; le canal extérieur, concentrique au premier, sert à produire le courant d’air qui dirigera la peinture pulvérisée sur la surface à peindre.
- La peinture est placée dans un godet monté sur le pistolet par un raccord souple ; elle parvient dans une chambre ménagée à la partie avant du pistolet et, de là, sous l'effet de sa propre pression, elle gagne par un canal la surface de la roue pulvérisante. Une aiguille, commandée par une gâchette, vient à volonté obturer ou ouvrir l’orifice de sortie de
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- cette chambre. Enfin, le godet est muni d’un pointeau de réglage qui permet de régler le débit de peinture. La finesse de pulvérisation, pour une vitesse donnée de la roue, dépend de la viscosité et de la densité de la peinture. On peut la régler, elle aussi, en choisissant une roue d’un diamètre approprié. L’appareil est muni d'un jeu de 3 roues ; le démontage d’une roue et son remplacement par une autre sont des opérations très simples.
- L’appareil complet ne pèse, tous accessoires compris, que 6,5 kg. Le pistolet, en aluminium, est très léger et se manie d’une seule main. Le moteur électrique, de 1/5 de cheval, ne consomme que 165 watts à l’heure. Notons enfin qu’il n’y a aucun rebondissement de particules projetées sur l’objet à peindre, donc pas de perte de matière, et aucune gêne pour l’opérateur.
- Le « Rollo » est en vente chez Lefranc, 15, rue de la Vdle-l’Évêque, Paris.
- MÉCANIQUE Tournevis pince.
- La mise en place des vis est parfois fort délicate, surtout si l’on est obligé de maintenir l’une contre l’autre les pièces à réunir. Comment faire alors pour tenir à la fois la vis et le tournevis? Un constructeur a imaginé une pince tournevis très pratique. La pince est montée sur une bague qui glisse à frottement doux le long de la lame d’un tournevis. Poussée par un ressort vers le manche, cette pince maintient dans ses griffes la tête de vis et plaque sa rainure contre l’extrémité de la lame. Faisant corps avec l’outil, la vis n’a plus besoin d’être maintenue pendant qu’on l’enfonce.
- Bien entendu, lorsqu’elle est suffisamment engagée, on ramène les griffes en arrière et on se sert du tournevis comme d’un outil ordinaire. Le dévissage est de même facilité. On desserre de quelques tours , on avance les griffes pour y enserrer la tête de la vis et l’on peut terminer l’opération sans craindre de perdre la vis après le dernier tour.
- L’emploi de ce tournevis est tout indiqué lorsqu’il s’agit de monter des appareils délicats, par exemple, dans les travaux électriques et, à plus forte raison, dans le montage des postes de T. S. F.
- Art et technique, 14, rue Gré-pin, Paris.
- ÉLECTRICITÉ
- Baladeuse avec amor-
- Fig. 4. — Baladeuse avec tisseur de choc.
- amortisseur de choc. T , , , ,
- Les lampes baladeuses sont
- prolégées par une sorte de
- panier en grillage métallique ; mais néanmoins, à la suite
- d’un choc plus ou moins brusque, le filament sera brisé.
- BUHIIÏmi
- Fiectar
- Fig. 3. Tournevis pince.
- On peutévidemment garnir la baladeuse avec une ampoule à filament de carbone ou à filament métallique en double spirale.
- Mais cela présente un inconvénient soit au point de vue de la consommation, soit en raison du prix élevé de la lampe.
- Un nouveau type de baladeuse a été imaginé avec un amortisseur de choc.
- L’ampoule est montée sur une sorte de Hector en acier, combinaison qui la protège contre toute vibration exagérée en cas de choc.
- On peut donc monter sur la baladeuse une lampe normale.
- Enfin, la baladeuse est munie d’une pince à ressort, qui facilite sa fixation sur un barreau d’échelle, le bord d’une table, le bord d’un tonneau, etc...
- Constructeur : L’Outillage Victoria, 12, rue de l’Étoile, Paris.
- OBJETS UTILES
- Pour préparer sans glace les boissons glacées.
- Le « Frigivite ».
- Les chaleurs venues, tout le monde apprécie les boissons glacées.
- Mais il n’est pas toujours aisé de les préparer.
- Dans les grandes villes, on se procure aisément de la glace ; mais il n’en est pas de même à la campagne, et, du reste, la glace elle-même n’est pas à une température suffisamment basse pour permettre de préparer des boissons comme les coktàils glacés, si à la mode aujourd’hui : il faut alors les piler avec de la glace, ce qui n’est pas une opération fort agréable.
- Mais on peut opérer d’une façon plus élégante, en se servant de mélanges réfrigérants judicieusement choisis.
- On trouve aujourd’hui un petit appareil très pratique pour mettre en oeuvre ces mélanges.
- Le « Frigivite » se fait en deux modèles : l’un, de grande dimension, est un « shaker » à coktail ; c’est un récipient en métal argenté, muni d’une chambre où l’on place les sels générateurs de froid. Il donne en quelques minutes 6 à, 7 verres de coktail.
- L’autoglaceur « Frigivite », du même principe, a une capacité plus réduite ; c’est un appareil de poche, ou de voyage qui permet de se procurer aisément, en tous lieux et à tout moment, un précieux rafraîchissement.
- Fig. 5.
- Le « Frigivite ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Redresseurs à l’oxyde de cuivre.
- Nous recevons de M. Vie], ingénieur à Bucarest, les renseignements qui suivent :
- « A la suite de votre réponse à M. Mauvy de Poitiers (La Nature du lor mai, page 430), je m’empresse de vous signaler, d’après la revueRadiowelt de Vienne (n° du 11 mai), un procédé, qui, paraît-il, donne de bons résultats, tout en étant d’application assez facile.
- On part de languettes de cuivre rouge de 70 X 12 mm environ, parfaitement planes et assez épaisses, que l’on décape successivement dans de l’acide nitrique, étendu dans de l’ammoniaque et dans de l'alcool et fait ensuite chauffer au rouge cerise, pendant
- 3-4 heures dans un tube en porcelaine, ouvert aux deux bouts. Après quoi on fait doucement baisser le feu. pour ne retirer la languette de cuivre que lorsqu’elle est froide. Avec du papier émeri très lin, on enlève la couche superficielle noire, pour faire apparaître l’oxydule, qui est d’un beau rouge carmin. Sur la tranche de la langue on soude un fil de cuivre, et on presse le tout entre une plaque de laiton et une plaque de plomb. 11 paraît que ce redresseur admet, sous 12 volts, 30 ampères dans un sens et 1,4 seulement, dans l’autre.
- Ne l’ayant pas expérimenté, je donne le procédé sous toutes réserves. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Réception pratique d’images téléphotographiques.
- 1° Nous avons déjà indiqué plusieurs fois dans nos chroniques de radiovision les principes des appareils récepteurs de téléphotographie. Dans ces appareils, on place sur le rouleau tournant, en face de la pointe parcourue par les courants de T. S. F., une feuille de papier buvard imprégnée d’une solution d’iodure de potassium ou de ferrocyanure et nitrate d’ammonium.
- Le papier à employer est du papier assez mince, genre papier à dessin, et l’image s’inscrit ainsi en teintes brunes ou bleues sur ond blanc.
- 2° Nous ne croyons pas que l’on puisse trouver encore, dans le commerce, du papier tout imprégné qu’il suffit de mouiller au» moment de son emploi. Sans doute pourra-t on en trouver très prochainement, dès que ces appareils de téléphotographie pour amateurs seront couramment en vente dans le commerce.
- Cette préparation est cependant si facile qu’elle ne semble présenter aucune difficulté.
- M. Gros jean a la Rochelle.
- Ouvrages sur la télévision.
- La télévision n’a encore été considérée comme une application pratique de la science que depuis fort peu de temps. Aussi n’existe-t-il pas encore de nombreux ouvrages qui en décrivent les problèmes et les différentes solutions proposées jusqu’ici.
- Il n’y a encore que quelques livres parus en Angleterre et en Amérique.
- En France, vous pourrez trouver des articles sur ce sujet dans la revue la « Télévision », supplément de la « T. S. F. pour tous » éditée par la librairie Chiron, 40. rue de Seine, Paris, 6e, et dans la « Revue Générale de l’Électricité », 12, place de Laborde, Paris.
- M. Lebreton a Béja (Tunisie).
- Construction d’un changeur de fréquence à lampe trigrille.
- Nous avons indiqué, dans nos chroniques de « Radiophonie pratique », que Ton pouvait employer une lampe trigrille en chan-geuse de fréquence, comme s’il s’agissait d’une lampe bigrille ordinaire; la troisième grille pouvant simplement servir à obtenir un effet supplémentaire de réaction qui augmente l’effet final d’amplification. Vous pouvez donc consulter ces chroniques pour y trouver le schéma de montage à employer.
- On trouve maintenant dans le commerce un grand nombre de pièces détachées de montage pour changeurs de fréquence, et, en particulier, des transformateurs moyenne fréquence accordés. La 'construction de ces accessoires est pourtant, en général, à la portée de tout amateur qui a des aptitudes manuelles suffisantes.
- Les transformateurs moyenne fréquence à employer sont formés par des bobines en nids d’abeilles sans support, ou par des bobinages en fil fin isolé à la soie sur des mandrins en ébonite.
- Vous pouvez trouver les matières premières nécessaires à cette construction, et, en particulier, le fil pour bobinage, à la maison
- Gop, 52, rue des Archives, à Paris, ou aux établissements Dyna, 43, rue Richer, à Paris. M. Fribourc a Paris.
- Montage d’un amplificateur pour reproduction phonographique.
- Plusieurs schémas de montage d’amplificateurs pour reproduction électrique des disquesde phonographes ont été indiqués dans La Nature.
- Le montage à deux lampes le plus simple consiste à utiliser une première lampe d’entrée dont la grille est généralement reliée directement au pick-up électro-magnétique, si la résistance des enroulements de ce dernier est suffisante.
- Cette lampe sera, par exemple, du type A 415 « Philips » ou C9 Fotos, et sa tension de plaque sera voisine de 80 à 100 volts, avec polarisation de grille correspondante.
- Cette première lampe sera reliée à une deuxième lampe de puissance au moyen d’un transformateur de rapport 1/3.
- La deuxième lampe de puissance sera du type B 406 ou B 403 Philips ou B 443 Philips à grille écran, et sa tension de plaque sera au minimum de 120 volts avec polarisation de grille correspondante.
- Cette solution est la meilleure, car elle permet d’obtenir une audition d’une intensité déjà assez grande avec le minimum de déformation. Cependant si Ton ne voulait obtenir qu’une audition plus faible destinée à une pièce de petites dimensions, on emploierait sur le deuxième étage une lampe B 406 Philips avec une tension de plaque de 80 à 90 volts seulement et polarisation de grille correspondante.
- On peut également employer comme deuxième étage d’amplification un dispositif du type push-pull avec deux lampes symétriques et transformateur à prise médiane. Les résultats sont excellents si les deux lampes employées ont les caractéristiques rigoureusement semblables.
- M. Grillet a Cannes. (A.-M.)
- Questions diverses sur la radio-diffusion des images.
- 1°) Jusqu’à présent seuls les postes d’émission de Vienne, Daventry (petites ondes) et Berlin semblent transmettre régulièrement des images radio-diffusées.
- 2° Il n’existe pas encore couramment dans le commerce d’appareils récepteurs d’images pour amateurs, mais la société Radiola, 79, bd Hausmann, Paris et les établissements Belin, 272,avenue de Paris, à la Malmaison, près Rueil, ont en préparation des appareils de ce genre. Vous pouvez donc leur écrire pour avoir des renseignements détaillés à ce sujet. M. Lefebvre a Douai.
- Utilisation du courant continu d’un secteur pour l’alimentation d’un poste récepteur.
- 1°) Pour alimenter les plaques d’un poste récepteur sur le courant continu d’un secteur, le moyen le plus simple consiste à
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- réduire la tension du courant au moyen de résistances constituées, par exemple, par des ampoules à incandescence, et à filtrer le courant ainsi obtenu au moyen d’un circuit comportant un ou deux bobinages à fer, et deux condensateurs de plusieurs microfarads.
- Le montage que vous nous indiquez étant établi suivant ce principe peut donc parfaitement convenir.
- 2°) Pour obtenir une tension plaque de 40 volts, nécessaire pour l’alimentation de la lampe détectrice dans votre montage, le moyen le plus simple consiste à abaisser la tension appliquée à la plaque de cette lampe, au moyen d’une résistance placée à la sortie du circuit filtre de la boîte d’alimentation.
- Cette résistance sera, par exemple, simplement du type au graphite, de quelques milliers d’ohms. Il serait bon, et, d’ailleurs, très facile, d’employer une résistance variable pour régler au mieux la tension plaque suivant le fonctionnement du poste.
- D’autre part, cette résistance doit être sbuntée par un condensateur qui livre passage au courant haute fréquence pour éviter des « amorçages » qui viendraient troubler l’audition.
- 3° Il ne semble pas qu’il y ait grand intérêt à utiliser le verre comme isolant. Le verre est évidemment beaucoup plu§ difficile à travailler et l’ébonite de bonne qualité donne d’excellents résultats.
- Quel que soit l’isolant employé, il faut surtout prendre garde de maintenir sa surface extrêmement propre et sèche. 11 est bon de se rappeler que les courants de haute fréquence circulent à la surface des corps; il serait donc inutile d’utiliser une masse d’isolant de très grande résistivité au point de vue théorique si sa surface était recouverte de poussière ou d’humidité laissant passage au courant.
- Pour être plus précis, nous vous indiquons encore que la résistivité du verre par rapport à l’ébonite est de l’ordre de 75 à 30 environ ; le principal avantage du verre au point de vue électrique semble être sa composition inaltérable alors que l’ébonite de mauvaise qualité est décomposée sous l’action de la lumière. On peut heureusement trouver de l’ébonite d’excellente qualité et ses avantages mécaniques suffisent pour lui assurer la préférence.
- M. Penet a Orléans.
- Détermination des longueurs d’onde.
- Un premier moyen d’identifier un poste d’émission consiste d’abord à déterminer sa longueur d’onde. Cette détermination s’effectue facilement au moyen d’un ondemètre, appareil simple que l’on peut trouver dans le commerce pour un prix relativement modique.
- Un ondemètre permet, d’ailleurs, d’effectuer d’autres mesures, de capacités et de self-inductions, et il peut même être utilisé comme circuit filtre pour augmenter la sélectivité d’un poste récepteur moyennant de petites modifications simples démontage.
- Vous pouvez d’ailleurs trouver dans La Pratique Radioélectrique (Masson, éditeur) la description d’un ondemètre et les indications permettant de l’utiliser pour différentes mesures radioélectriques.
- M. Martin a Paris.
- Choix d’un haut-parleur.
- Le haut-parleur du type électrodynamique à bobine mobile que vous nous indiquez est évidemment un excellent appareil, et vous obtiendrez en l’adoptant une audition puissante et pure, à condition que vous utilisiez également un amplificateur de puissance bien étudié et muni de lampes de modèle convenable.
- Il est essentiel de se rendre compte qu’une tension plaque minima de 150 volts est nécessaire sur le dernier étage d’amplification pour l’alimentation d’un haut-parleur de ce genre.
- M. Le Bras a Saint-Malo. (I.-et-V.)
- Choses et Autres.
- M. Guillaume a Metz. — Le moyen le plus simple en même temps que le plus efficace pour coller deux lames de verre ensemble est de les enduire de silicate de potasse tel qu’on le trouve dans le commerce; ce produit est parfaitement incolore et limpide quand il est bien reposé; il suffit donc pour que l’ensemble soit bien transparent d’éviter l’occlusion de bulles d’air entre les lames.
- M. Bouisson a Sorgues. — 1° Adresses de fabricants de caséine : « La caséine française », Maison G. Desmarest et Cie à
- Clef (Maine-et-Loire). — « Société des Produits du lait », Directeur M. Millet, 32, rue du Faubourg-Poissonnière, à Paris.
- 2° Les conditions d’emploi de la caséine comme liant dépendent naturellement des substances à agglomérer, seules des expériences systématiques peuvent renseigner à ce sujet, c’est donc uniquement à titre d’indication que nous vous suggérons le mélange éventuel
- suivant :
- Caséine en poudre ...... . . 300 grammes
- Lessive de soude caustique à 36° B . 250 —
- Silicate de soude à 36° B.......... 125 —
- Eau ordinaire.................... 1000 —
- Délayer la caséine progressivement dans de l’eau tiède, puis y ajouter la soude caustique, chauffer doucement, de préférence au bain-marie, en remuant toujours, jusqu’à obtention d’un produit homogène translucide ; incorporer enfin le silicate de soude.
- 3° Nous avons longuement et à plusieurs reprises traité dans La Boite aux Lettres la question des enduits magnésiens, par exemple dans le n° 2799, p. 576; veuillez bien vous y reporter.
- M. Gonnon a LyON. — Vos échantillons ne nous sont pas parvenus. Comme vous ne nous parlez pas dans la préparation de l’emploi de sucre, nous supposons que l’insuccès est dû à son omission, vous trouverez à ce sujet des indications dans le n° 2799, p. 575, réponse à M. Laurenzi à Cannes.
- M. Gibaud a Saint-Maixent. — 1* La fluatation, c’est-à-dire l’application de fluates de zinc, de magnésie ou d’alumine, suivant le cas, est le meilleur moyen d’obtenir le durcissement de l’imperméabilisation des matériaux de construction; on passe par exemple une couche de fluate de magnésie, à 25° B, puis douze heures après une autre couche. Le lendemain on en passe une troisième mais étendue de 50 pour 100 d'eau et laisse sécher.
- La maison Teisset-Kessler de Clermont-Ferrand s’est spécialisée dans la fabrication des produits de ce genre, elle vous donnera toutes indications pour chaque cas particulier.
- 2° Pour réparer le tain des glaces quand le mal n’est pas trop étendu, on commence par bien nettoyer l’endroit altéré au moyen d’un tampon de coton de façon qu’il ne reste aucune trace de poussière ou de matières grasses, l’opération doit être extrêmement soignée si l’on veut éviter la formation des « cernes » autour de la place réparée.
- On découpe alors avec la pointe d’un canif, sur le tain d’un débris d’une autre glace, une surface de même forme, mais un peu plus grande que l’on recouvre d’une gouttelette de mercure de la grosseur d’une tête d’épingle pour une surface de la grandeur de l’ongle. Le mercure s’étend, pénètre la couche jusqu’à la limite tracée au canif de sorte que le tain peut être aisément détaché, puis transporté sur l’endroit à réparer, où on l’applique avec beaucoup de précautions à l’aide d’un tampon de coton; il redurcit bientôt et la glace présente l’aspect du neuf.
- M. Ledesert a Beaueort-sur-Noron. — Pour répondre utilement à votre question, il est indispensable de connaître l’usage auquel est destiné l'aggloméré que vous voulez fabriquer. Doit-il ultérieurement être placé dans un endroit sec ou humide, froid ou chaud ? Pratiquement le choix de l’agglutinant est conditionné par la nature du milieu.
- S. M. A. S. M. A. A Roussé, Bulgarie. —Pour l’étude et la mise au point de fabrications concernant les corps gras, nous pensons que le Laboratoire Wolff, 157, faubourg Saint-Denis, spécialisé dans cette partie, vous donnera toute satisfaction.
- M. Suby a Moulins les-Metz. — Avant de chercher à coller du drap sur l’envers d'une i>lacc, il faut tout d’abord protéger le tain par un vernis protecteur du genre de celui que nous avons indiqué précédemment, constitué par :
- Gomme laque en écailles. . . . 100 grammes
- — élémi..................... 25 —
- Alcool à 95°. ................. 500 cent, cubes
- Après dissolution ajouter sans filtrer :
- Rouge d’Angleterre.............125 grammes
- Lorsque le vernis est bien sec et dur, passer à la surface une couche de colle à la gélatine blanche, de faible épaisseur et appliquer le drap, lequel tiendra suffisamment par la colle qu’il rencontrera, sans avoir à être imbibé lui-même ; exercer une pression modérée en chargeant par exemple au moyen de livres, laisser ainsi jusqu’à séchage complet.
- Le Gérant : G. Masson.
- 97.640. — Paris, lmp. Lahure. — 15-6-29.
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- LA NATURE
- CINQUANTE-SEPTIÈME ANNÉE — t929
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences, 89, 233, 279, 376, 473, 567.
- Accrocs : réparation, 478.
- Accumulateur nouveau, 306.
- Acétone : résines synthétiques, 91.
- Acier en fusion : transport, 31. Aérodromes flottants anglais, 139. Aéronautique : salon de Berlin, 57.
- Afrique du Nord : nomadisme, 210-Aimantation des montres, 244.
- Aliments végétaux zinc, 233.
- Alsace : cigognes, 524.
- Aluminium : corrosion, 567.
- Amplificateur pour phonographe, 575. Antarctique : première expédition en avion, 139.
- Appétit de nos ancêtres, 41.
- Aquarelles : conservation, 38.
- Aratoires : siège des instruments, 525. Archimède : problème des bœufs, 321. Architecture sans fenêtres, 524.
- Aspirateur mécanique de poussières Mano-vac, 380.
- Astronomie : bulletin, 36, 132, 228, 323, 419, 515.
- — stellaire, 392.
- Autoclaves : marmites, 479.
- Automobiles : chasse-corps, 44.
- — : diligences, 175.
- — : graissage automatique des châssis,
- 29.
- — : passage, 42.
- Automobile pratique, 276, 371.
- Aviation : chronique, 39, 90, 185, 230, 281, 329, 375, 474, 521, 569.
- — : coopération aux pèches, 213.
- — de tourisme, 217.
- — : projectile lumineux pour atterris-
- sage, 141.
- — sanitaire, 455.
- B
- Badahchan, 567.
- Bakélite, 95.
- — : vaisselle, 427.
- Baladeuse à amortisseur, 574.
- Baleine : chasse, 476.
- Ballon : mort aux hautes altitudes, 15. Baroscope sturmülass, 96.
- Bateaux-pièges, 111.
- Bitume entre pavés, 39.
- Blanc sous les tropiques, 498.
- Bleu au molleton, 288.
- Boas du genre Eunectes, 31.
- Bois de chêne : pourquoi il brunit, 238.
- — : pour le rendre incombustible, 430. Bouillie Michel Perret, 479.
- Bouillottes : dépôts, 288, 382.
- Boulonnais : poissons dévoniens, 567. Boussinesq : nécrologie, 282.
- Brosse parallélogramme, 45.
- Brouette à chenille, 93.
- Bruits : verre étoufïeur, 186.
- Brûleur Minne, 223.
- Buées : suppression dans un local, 527.
- c
- Cadrans solaires, 337.
- Cafards : destruction, 144.
- Café-chicorée, 428.
- Café : torréfaction, 143,
- Cafetière automatique, 427.
- Cailloux qui fleurissent, 172.
- Calendrier par cœur, 561.
- Canada : chemin de fer de la baie d’Hudson, 97.
- Caoutchouc : pour l’empêcher de durcir, 479.
- — boudineuses et machines à galets, 551.
- — : tréfileuses et câbleuses, 453. Capture des petits mammifères, 275. Carbure de tungstène, 571.
- Carillons : commande à remontage continu, 477.
- Cartes en relief, 334.
- Castor en Norvège, 571.
- Cent, 513.
- Centrale d’Issy-les-Moulineaux, 114.
- Chaîne Galle : centenaire, 571.
- Chalumeaux oxyacétyléniques : entretien, 134.
- Changeur de fréquence, 575.
- Chapeaux de feutre : fabrication, 310. Chariot transporteur, 45.
- Chasse-corps pour auto, 44.
- Chauffage central au mazout, 223. Chauffe-eau électrique, 332.
- Chemin de fer de la baie d’Hudson, 97. Cheminées : tirage, 390.
- Chenilles venimeuses, 385.
- Supplément au n° 2811 de La Nature du 15 juin 1S29.
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- Cheveux : problème, 46.
- Cichlidés de Madagascar, 473.
- Cigognes d’Alsace, 52i.
- Ciments métal-verre ou porcelaine, 430. Cinéma à déroulement continu, 502. Cinématographie d’amateur, 8h Cire à modeler : composition, 431.
- Cité moderne, 264.
- Cokeries modernes, 406.
- Colles : formules, 480.
- — : moisissure, 288.
- Colloïdes de corps solides, 174.
- Compo, 188.
- Conservation des fruits, 543.
- Construction rationnelle à l’étranger, 152. Coupe-œufs M. O. F., 142.
- Gourant Kurosio du Japon, 473.
- Crabes excentriques, 572.
- Crapauds et sangsues, 479.
- Crayons anti-buée, 335.
- — : appointage, 526.
- Crèmes pour le visage, 333.
- Crin des oreillers : nettoyage, 143. Cuirassé allemand nouveau, 251.
- Culture des tissus, 247.
- — maraîchère sous papier, 79.
- — sur papier, 333.
- Cyanamide : synthèse, 376.
- D
- Dëion, interrupteur électrique ultra-rapide, 5 il.
- Delta fossile du Niger saharien, 89. Descartes : théorie des tourbillons, 103, 238.
- Désintégration artificielle des éléments, 353. Détachage : tours de main, 95.
- Dévonien : poissons du Boulonnais, 507. Diligences automobiles, 175.
- Dirigeables toujours plus grands, 187. Disques de phonographe : édition, 487. Distillation de l’eau par la chaleur solaire, 196.
- E
- Eau d’alimentation : purification absolue, 167.
- — dentifrice : formule, 325, 382.
- — : distillation par la chaleur solaire,
- 196.
- Ebre : observatoire, 356.
- Eclairage par gaz lumineux, 554.
- Eclipse totale de soleil du 9 mai, 378. Ecole Centrale : centenaire, 481.
- Effraye commune, 222.
- Electricité à Paris, 114.
- — et plantes, 317.
- Électrification du Gros-Horloge de Rouen, ,41.
- Électroculture : essais, 510.
- Électrolyse du nickel, 233. Électromagnétique : absorption des ondes, , 180.
- Éléments : désintégration artificielle, 353. Embâcle du Rhône, 336.
- Émeri, 144.
- Encausticage au pulvérisateur, 480.
- Encres indélébiles et stylos, 479.
- Enduit pour toiles et bâches, 527.
- Énergie naturelle utilisable, 233.
- Épierreur de légumes secs, 45.
- Ermitage monolithe de Mortagne-sur-Gi-ronde, 460.
- Étain : mine française, 529.
- Étincelles de rupture : suppression, 191. Étoffes de soie ancienne : consolidation, 190.
- Eunectes, 31.
- Europe : répartition des langues, 158. Explosifs : composition, 335.
- F
- Eemme-fakir, 370.
- Film sonore à l’étranger, 203.
- — : traitement rationne], 81.
- Filtre à huile à décrassage en marche, 285. Flacons rodés étanches, 421.
- Fourmis magnans, 33.
- Fraises mûries sans soleil, 285.
- Frigivite, 574.
- Frigorifiques domestiques, 440.
- Froid : action sur les graines, 525.
- Froids de février, 475.
- Fruits : conservation, 543.
- — maladies, 118.
- G
- Galle : centenaire, 571.
- Gare de l'Est : agrandissement, 193.
- Gaz ionisés dans les champs de haute fréquence, 219.
- — lumineux, 554.
- Gel : effets sur l’encre de Chine, 379.
- Glace : frigivite, 574.
- Globe : population, 524.
- Glycérine : succédané, 235.
- Go, jeu national japonais, 34, 83, 130, 321. Graisses : action des grands froids, 525. Graissage automatique des châssis d’autos, 29.
- — des roues de chemins de fer, 523. Groupe électrogène automatique, 284. Guêpes sociales et leurs nids, 347.
- Gutta et gomme laque de balata : substituts, 283.
- H
- Habitations à bon marché, 143.
- — lacustres du lac de Constance, 572. Hiver 1929 rigoureux, 428, 561.
- Houiller de Saint-Étienne : pourtour du bassin, 233,
- Hudson : chemin de fer, 97.
- Humboldt (Alexandre de), 178.
- Iluygens, 465.
- Hydrogène : production en faibles quantités, 315.
- I
- Indochine : éveil, 49, 149, 343, 433. Inscriptions émaillées sur porcelaine, 191. Interrupteur électrique ultra-rapide, 541. Intoxication mercurielle, 466.
- Isolant économique, 333.
- Ivoire et galalithe : distinction, 238.
- J
- Java : volcans, 396.
- Jeu national japonais, 34, 83, 130, 321. Jouet Compo, 188.
- Jouet : mécanisme nouveau, 380.
- K
- Kéfir et yoghourt, 414.
- Kurosio, courant du Japon, 473.
- L
- Labourage électrique, 359.
- Lac de Constance : habitations, 572.
- Lait : conservation par les ondes électriques, 32.
- — : papier indicateur, 38.
- Lampe à incandescence gigantesque, 475. Lampes à incandescence pour cinéma, 526. Lampe à 3 électrodes : comment Lee de Forest l’inventa, 475.
- — électrique à double effet, 237.
- — électrique de chevet, 93.
- Langage humain : nature et origine, 300. Langues : répartition en Europe, 158. Légouane, 148.
- Légumes secs : épierreur, 45.
- Liège : tapis, 572.
- Lions, 260.
- Livres nouveaux, 40, 88, 184, 232, 280, 330, 374, 426, 472, 520, 568.
- Longeron cassé : réparation, 227 Lune : est-elle un astre mort? 319. Lustrage des tôles galvanisées, 91.
- M
- Machine à calculer : privilège, 369.
- — électrostatique: calcul, 567. Machines frigorifiques domestiques, 440. Madagascar : Cichlidés, 473.
- Magnétos modernes, 22.
- Mains : soins, 34.
- Mammifères : capture, 275.
- Marmites autoclaves, 479.
- Marquage des routes, 463.
- Mars : actualité, 377.
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- 579
- Martyre d’une femme, 467.
- Mathématiques : récréations, 225, 321, 513. Menuiserie métallique, 331.
- Mercure : intoxication, 466. Mesembryanthemum, 172.
- Microscopes : évolution, 63.
- Mine française d’étain, 529.
- Minerais complexes du Pérou, 279. Moisissure des colles, 288.
- Monnaies françaises nouvelles, 177.
- Montre bravant l’aimantation, 244 Montres : correction magnétique, 89. Montre Ermeto, 142.
- — porte-clés Truisa, 189.
- Montréal : port, 241.
- Mortagne-sur-Girondo : ermitage monolithe, 460.
- Mouches : lutte, 2o7.
- Moulages en carton-pâte, 527.
- Moutardier automatique, 94.
- Mouton Karakul : élevage en France, 363. Muséum : collections du duc d’Orléans, 92, 96.
- — : singerie, 296.
- — : tapir, 485.
- Myopie : prophylaxie chez les écoliers, 141.
- N
- Nappe souterraine : fond, 279.
- Nécrologie : Boussinesq, 282.
- — : AVidal, 186.
- Négatifs photographiques : écriture blanche, 325.
- Néon pour reconnaître une canalisation sous tension, 237.
- Neige sur l’Estérel et en Provence, 192. Newton, Descaries et les tourbillons, 103, 238.
- Nickel : électrolyse, 233.
- Niger saharien : delta fossile, 89. Nomadisme en Afrique du Nord et au Sahara, 210.
- O
- Observatoire de l’Ebre, 356.
- Œil vivant au microscope, 53. Oiseau-mouche, 509.
- Orgues d’églises et de théâtre, 104.
- Orgue électrique : inventeur, 190. Oscillateurs à quartz, 376.
- Oxyde de carbone : réduction des silicates, 473.
- Ozofer : procédé, 334.
- Ozone : applications, 282.
- P
- Papier carbone, 239.
- — de couverture pour culture maraîchère, 79.
- — indicateur des laits, 38.
- Papiers marbrés, 191.
- Papier : séchage dans le vide, 258.
- Papillons venimeux, 385. Paradichlorobenzène, 238.
- Parkérisation, 11.
- Passe-boule jouet, 94.
- Pavés : bitume, 39.
- Pèches maritimes : coopération de la navigation aérienne, 273.
- Peinture d’une porte extérieure, 421.
- — : machine centrifuge, 573.
- Peintures : préparation, 144.
- Peinture sur ciment, 144.
- Perçage de grands trous, 427.
- — des pierres, 480.
- Perceuse portative à moteur à essence,
- 236.
- Perles artificielles, 288.
- Pérou : minerais complexes, 279.
- Pétroles naturel et synthétique, 429.. Pliénakisticope original, 85.
- Phonographe : édition des disques, 487. Phonographie, 135.
- Phosgène : préparation actuelle, 187.
- Pierre ollaire, 95.
- Pierres : perçage, 430.
- Pieu : fixation en terre, 421.
- Pinceaux : nettoyage, 325.
- Pipe de bruyère, 401.
- Plantes et électricité, 317.
- — : influence de la lumière, 376.
- Pli du pantalon, 478.
- Plougastel : pont en ciment armé, 289. Poisson-chat, 124.
- Poissons étranges, 560.
- Pont de Plougastel, 289.
- Ponts remarquables, 432.
- Population du globe, 524.
- Port de Montréal, 241.
- Poudres de riz : coloration, 333.
- Poutres métalliques déployées, 313. Praxinochrome, 518.
- Pressions hautes, 73.
- Prestidigitation, 226, 370, 467.
- Projection automatique, 331.
- Projectile lumineux pour atterrissage d’avions, 141.
- Publicité par machine parlante, 477.
- Puits aériens pour capter l’humidité, 523. Pulvérisateurs agricoles à acide sulfurique, 95.
- Punaises : destruction, 333.
- R
- Race noire : avenir aux colonies, 69. Raccord de deux tuyrnux de caoutchouc, 421.
- Radiations ultra-pénétrantes corpusculaires, 571.
- Radioactivité des vins, 89.
- Radiophonie, 135, 575.
- — pratique, 181, 326, 422, 564. Rsdiopliototélégraphie : nouvel appareil, 234.
- Radiovision, 135.
- Rayon vert, 46, 95, 190.
- Rayonnement cosmique : origine, 62. Redresseurs à l’oxyde de cuivre, 575. Résines synthétiques d’acétone, 91.
- Rhône : embâcle, 336.
- Rouen : électrification du Gros-Horloge, 41. Rouille : protection, 1.
- Rouille : remise en étal, 190. Routes : marquage, 463.
- S
- Sahara : nomadisme, 210.
- Saint-Elienne : pourtour du bassin houiller, 233.
- Salon aéronautique de Berlin, 57.
- Sangsues et crapauds, 479.
- Savants quand ils étaient jeunes, 417.
- Scie : perçage d’un trou, 39.
- Séchage du papier dans le vide, 258.
- Sens : sixième, 532.
- Serpents de Pharaon, 191.
- — : traitement des morsures, 286.
- Siège sur instruments aratoires, 525 Singe d’apparence anthropoïde, 439. Singerie du Muséum, 296.
- Soie artificielle, 388.
- Soupapes au tantale et à l’oxyde de cuivre, 430.
- Sphacele parviflora : principe immédiat, 89.
- T
- Tableaux : nettoyage, 325.
- Taches de carbonyle, 430.
- — d’encre à stylo, 143.
- — d’urine : remède, 325.
- Tapir du Muséum, 485.
- Tapis de liège. 572.
- T. S. F. : horaire de la Tour Eiffel, 129.
- — : renseignements, 46, 575. Télégraphone Stilie, 164.
- Téléphonie dans le monde, 429.
- — par courants porteurs, 18. Télévision : ouvrages, 575.
- — réalisée par Dènes de Mihaly, 253.
- — système Baird, 436.
- Températures minima à Paris, 140.
- — superficielles : mesure, 43.
- Temps en 1928, 234.
- Tétanos cérébral : vaccination du lapin, 279.
- Timbres en caoutchouc : fabrication, 430. Tirage des cheminées, 390.
- Tissus : culture, 2 47.
- Toiles enduites, cirées, moleskines, 480. Tôles galvanisées : lustrage, 91.
- Tourbe, 1.
- Tourbillons de Descartes et Newton, 103, 238.
- Tournevis pince, 574.
- Train à ballast, 415.
- Transport d’acier en fusion, 31.
- Trolley dans l’étable, 421.
- Tubes de cuivre sans soudure, 335. Tuberculose : nouveaux traitements, 365. Tungstène : carbure, 571.
- Tunnel sous-marin France-Angleterre, 168. Turbines à vapeur gigantesques, 492.
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- V
- Vaccine et variole, 513, 562.
- Vaisselle en bakélite, 427.
- Vap, 93.
- Variole et vaccine, 513, 562.
- Vases inépuisables, 563.
- Végétaux : curiosités en Allemagne, 140. Vénus : aspects, 126.
- Verdissage des légumes, 333.
- Verne (Jules), aéronaute, 145.
- Vernis : formules, 4S0.
- Verre étouffeur de bruits, 186.
- Vers de vinaigre, 334.
- Vins : radioactivité, 89. Vinaigre de toilette, 517.
- —• : vers, 334. .
- Voies ; appareil à niveler, 189. Vol aveugle, 537.
- Volcans de Java, 396.
- w
- Widal : nécrologie, 186.
- X
- Xylols, 191.
- Y
- Yoghourt et kéfir, 414.
- Z
- Zinc dans les aliments végétaux, 233.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Alber. —Le mystérieux prisonnier, 226. — La femme fakir, 370.
- — Le martyre d’une femme, 467. — Les vases inépuisables, 563.
- B. (A.). — Le tirage des cheminées, 390.
- B. (P.). — La soie artificielle, 388.
- Baud (Paul). — Analyse des communications à l'Académie des Sciences, 89, 233, 279, 376, 473, 567.
- Belot (Émile). —Révision du procès fait par Newton à la Ihéorie des tourbillons de Descartes, 103.
- Bidault de l'Isle (G.). — La lune est-elle un astre mort? 319. — Essais d’électroculture, 510.— Le grand hiver de 1928-1929,561.
- Bossière (Claude-Georges). — La téléphonie par courants porteurs, 18.
- Bourgain (André). — La projection cinéscopique à déroulement continu, 502.
- Bousquet (M.). — Les buildings sans fenêtres, 524.
- Boutaric (A.). — La course vers les hautes pressions, 73. — Désintégration artificielle des éléments, 353.
- Boter (Jacques).—L’évolution des microscopes, 63.— Les orgues d’églises et de théâtre, 104.— Des cailloux qui fleurissent, 172.— Les nouvelles monnaies françaises, 177. — Fraises mûries sans soleil, 255. — Les cadrans solaires, 337. — Chenilles et papillons venimeux, 385. — Le centenaire de l’Ecole Centrale, 481.
- Brandicourt (Virgile). — Récréations mathématiques, 225.
- Carlier (André). — Le salon aéronautique de Berlin, 57. — L’aviation de tourisme, 217. — L’aviation sanitaire, 455.
- Cerisaie (J. de la). — Le labourage électrique, 359.
- Chataing (J.). L’appétit de nos ancêtres, 41. — Privilège de la première machine à calculer, 369.
- Comby (Dr J.). — Variole et vaccine, 562.
- Coupin (Henri). — Les vieux savants quand ils étaient jeunes, 417.
- D. (Dr). —Les volcans de Java, 396.
- D. (R.). — La neige sur l’Esterelet en Provence, 192. — L’embâcle du Rhône, 336.
- Darmois (E.). — L’éclairage par les gaz lumineux, 554.
- Dauzat (Albert). — Répartition des langues en Europe, 158.
- Demoulin (L1 F.). — Le nomadisme en Afrique du Nord et au Sahara, 210.
- Deniker (Nicolas). — L’électricité et les plantes, 317.
- Desposses (Dr P.). — Le chemin de fer de la baie d’Hudson, 97.
- — Le port de Montréal, 241.
- Doublet (E.). — Alexandre de Humboldt, 178. — Astronomie stellaire, 392.
- Eisenmenger (G.). — Nouveaux traitements de la tuberculose, 365.
- Feuillée-Billot (A.). — Qu’est-ce qu’un légouane? 148 —
- L’effraye commune, 222. — Une visite à la singerie du Muséum, 296. — Le tapir du Muséum, 485.
- Forbin (Victor). — L’éveil de l’Indochine, 49, 119, 343, 433.
- F’ouassier (Marc). — kéfir et yoghourt, 414.
- Fougeret (Henri). — Les machines frigorifiques domestiques, 440.
- Frachet (André). — Le vol aveugle, 537.
- Ginsburger (Roger). — La construction rationnelle à l’étranger, 152.
- Gradenwitz (Dr Alfred). — Les ondes électriques conservent la fraîcheur du lait, 32. — La télévision réalisée par Dènes de Mihaly, 253. — La télévision système Baird, 436.
- Grouiller (H.). — L’origine du rayonnement cosmique, 62.
- Guglielminetti (Dr). — La mort en ballon aux hautes altitudes, 15.
- Guillaume (Albert). — Les guêpes sociales et leur nid, 347.
- Guyot (L.). — Les maladies des fruits, 118. — La conservation des fruits, 513.
- IIémardinquer (P.). — Phonographie, radiophonie, radiovision, 135, 468. — Une nouvelle forme du télégraphone, 164. — Radiophonie pratique, 181, 326, 561. — Le film sonore à l’étranger, 203. — L’édition phonographique, 487.
- Hubert (Constant). — Récréation mathématique : cent, 513.
- Hutin (Albert). —• Résines synthétiques d’acétone, 91. — Préparation actuelle du phosgène, 187. — Un important succédané de la glycérine, 235. — Nouveaux substituts de gomme-laque de balata et de gutta percha, 283.
- Izier(J. d’). — L’ermitage monolithe de Moitagne-sur-Gironde, 460.
- Kimpflin (Georges). — La tourbe, 1.
- Kuentz (L.).— Le poisson-chat, 124. — Nouvel appareil de radio-phototélégraphie, 234. — Fabrication des chapeaux de feutre, 310.— Un interrupteur électrique ultrarapide, 541.
- Lancelin(C’). — Un jeu national japonais, le Go, 34, 83, 130, 321.
- Lardat (Roger). — La cité moderne, 264.
- Larue (Pierre). — La couverture de papier en culture maraîchère, 79. — Le siège sur les instruments aratoires, 525.
- Legendre (Dr Jean). — L’avenir de la race noire dans nos colonies, 69. — La race blanche sous les tropiques, 498.
- M. (J.). — La culture des tissus, 247.
- Magard (L1 Pierre). — La vie des fourmis magnans, 33. — Les lions, 260.
- Manceron (P.). — Coopération de la navigation aérienne aux pèches maritimes, 273.
- Mécret (Luc). — Construisez vous même un phénakisticope, 85. — Le praxinochrome, 518.
- Mémfry (Henri). — L’hiver 1929 et le retour périodique des hivers rigoureux, 428.
- Merle (René). — L’œil vivant tu au microscope, 53. — Poissons étranges, 560.
- Montandon (Dr Georges). — Un singe d’apparence anthropoïde en Améiique du Sud, 439.
- Montessus de Ballore (R. de). — Récréation mathématique, 321.
- Moriiardt (Dr P.-E.). — Intoxication mercurielle et hygiène des laboratoires, 466. — Variole et vaccine, 513.
- Nodon (Albert). — Absorption des ondes électromagnétiques, 180. — Un nouvel accumulateur, 306. — Actualité sur la planète Mars, 377.
- O. (J.). — Les cokeries modernes, 406.
- Ostier (P.). — Les applications de l’ozone, 282.
- Paget (Richard A. S.). — Nature et origine du langage humain, 390.
- Paumier (M.). — Comment savoir le calendrier par cœur, 561.
- PawlOwski (Auguste). — Tunnel sous-marin France-Angleterre, 168. — Une mine française d’étain, 529.
- Petit (Henri). — Les magnétos modernes, 22.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 276, 371.
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- 582
- Pouciion (Gilbert F.). — La cinématographie d’amateur, 81.
- R. (R.). — Le graissage igHAbomafique. des. châssis d’automobile, 29. “
- Rabot (Charles). — Le casy£|È\en Norvège, 571.
- Reverciion (Léopold). — LaAi-noutre brave l’aimantation, 244. — L’observatoire de l’Ebre, 357. — La pipe de bruyère, 401. Richard (Dr Jules). — Distillation de l’eau par la chaleur solaire, 196.
- Richet (Charles).— Jules Verne aéronaute, 145.— Notre sixième sens, 532.
- Roger (Em.). — Les plus basses températures minima à Paris, 140. — Le temps pendant l’année 1928, 234. —Le mois froid de février 1929, 475.
- Rudaux (Lucien). — Les aspects de Vénus, 126.
- Sauvaire-Jourdan (C). — Les bateaux-pièges, 111. — Nouveau cuirassé allemand, 251.
- Skailles (J.-C.). — Le pont en ciment armé de Plougaslel, 289.
- Serrano (Antonio). — Les boas du genre Eunectes, 31.
- Sevrette (Gaston). — L’oiseau-mouche, 509. — Les crabes excentriques, 572.
- Touchet (Em.). — Bulletin astronomique, 36, 132, 228, 323, 419.
- Tréhard (André). — Le mouton Karakul, 363.
- Turpain (Albert). — L’industrie des conducteurs isolés au caoutchouc, 453, 551.
- Uchard (Colonel A.). — Le centenaire de la chaîne Galle, 571.
- Verneuil (Max). — Production de l’hydrogène en faibles quantités, 315.
- Villers (R.). — La protection du fer contre la rouille, 11. — Pu-rificalion absolue Je l’eau d’alimentation, 167.— Chauffage central au mazout, 223.— Turbines à vapeur gigantesques, 492.
- Weiss (E.-H.). — Diligences automobiles, 175. — Séchage du papier dans le vide, 258. — Poutres métalliques déployées, 313. — Train spécial à ballast, 415. — Le marquage des routes, 463.
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-
- TABLE DES MATIÈRES
- I. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Aspects de Vénus (L. Rudaux)................................126
- Récréations mathématiques (V. Brandicourt)..................225
- La lune est-elle un astre mort? (G. Bidault de l’Isle). . . 319
- Récréation mathématique (R. de Montessus de Ballore). . 321
- Les cadrans solaires (J. Boyer).............................337
- L’observatoire de l’Èbre (L. Reverciion)....................357
- Actualité sur la planète Mars (A. Nodon)...................377
- Eclipse totale de soleil du 9 mai.......................... 378
- Astronomie stellaire (E. Doublet)...........................392
- Récréation mathématique (G. Hubert).........................513
- Gomment savoir le calendrier par coeur (M. Paumier) . . . . 561
- Bulletin astronomique (E. Touchet). 36, 132, 228, 323, 419, 515
- IL — SCIENCES PHYSIQUES
- 1. Physique.
- Origine du rayonnement cosmique (II. Grouiller)........... 62
- La course vers les hautes pressions (A. Boutaric)........... 73
- Correction magnétique des montres........................... 89
- Révision du procès fait par Newton à la théorie des tourbillons de Descartes (E. Belot)............................ 1Q3
- Purification absolue de l’eau d’alimentation (R. Villers) . . 167
- Les corps émettant des vapeurs à la température ordinaire
- donnent une suspension colloïdale........................174
- Energie naturelle utilisable................................233
- La montre brave l’aimantation (L. Reverciion)...............244
- Propriétés des gaz ionisés dans les champs de haute fréquence......................................................279
- Désintégration artificielle des éléments (A. Boutaric). . . . 353
- Radiations corpusculaires ultrapénétrantes..................571
- 2. Chimie.
- Protection du fer contre la rouille (R. Villers)........... 11
- Résines synthétiques d’acétone (A. Hutin).................... 91
- Préparation actuelle du phosgène (A. Hutin)..................187
- Important succédané de la glycérine (A. Hutin )............235
- Applications de l’ozone (P. Ostier)..........................282
- Nouveaux substituts de gomme laque de balata et de gutta-
- percha (A. Hutin).........................................283
- Production de l’hydrogène en faibles quantités (M. Ver-
- neuil)....................................................315
- Synthèse de la cyanamide calcique............................376
- La soie artificielle (P. B.).................................388
- Pétroles naturel et synthétique..............................429
- Réduction par l’oxyde de carbone des silicates...............473
- Corrosion de l’aluminium.....................................567
- III. — SCIENCES NATURELLES I. Géologie. — Physique du globe.
- Delta fossile du Niger saharien.......................... 89
- Pourtour occidental du bassin houiller de Saint-Étienne . . . 233
- Minerais complexes du Pérou..............................279
- Détermination du fond d’une nappe souterraine............279
- Ossements de poissons dans le dévonien du Boulonnais. . . 567
- 2. Météorologie.
- Les plus basses températures minirna à Paris (E. Roger). . 140
- La neige sur l’Estérel et en Provence (R. D. )..............192
- Distillation de l’eau par la chaleur solaire (Dr J. Richard) . 196
- Le temps pendant l’année 1928 (E. Roger)....................234
- L’embâcle du Rhône (R. D.)..................................335
- Effets du gel sur l’encre de Chine..........................379
- L’hiver 1929 et le retour périodique des hivers rigoureux
- (H. Mémery)........................................... 428
- Le mois froid de février 1929 (E. Roger)....................475
- Le grand hiver de 1928-1929 (G. Bidault-de-l’Isle)..........5G1
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Les boas du genre Eunectes (A. Serrano).................. 31
- La vie des fourmis magnans (L1 P. Magard)................ 33
- L’appétit de nos ancêtres (J. Ciiataing)................. 41
- L’œil vivant vu au microscope (R. Merle)................. 53
- Les collections zoologiques du duc d’Orléans au Muséum. 92, 96
- Le poisson-chat (L. Kuentz)................................124
- Qu’est-ce qu’un légouane? (A. Feuillée-Billot).............148
- L’effraye commune (A. Feuillée-Billot).....................222
- Culture des tissus (J. M.) . . . ........................247
- Les lions (P. Magard)......................................260
- Une visite à la singerie du Muséum (A. Feuillée-Billot), . 296
- Nature et origine du langage humain (R. A. S. Paget) . . . 300
- Les guêpes sociales et leur nid (A. Guillaume). ...... 347
- Le mouton karakul (A. Tréhard).............................363
- Chenilles et papillons vénéneux (J. Boyer).................385
- Un singe d’apparence anthropoïde en Amérique du Sud
- (Dr G. Montandon) . . . ..............................439
- Cichlidés de Madagascar....................................473
- La chasse à la baleine.....................................476
- Le tapir du Muséum (A. Feuillée-Billot).................. 485
- L’oiseau-mouche (G. Sevrette)..............................509
- Cigognes d’Alsace..........................................524
- Notre sixième sens (Ch. Richet)............................532
- Poissons étranges (R. Merle).............................. 560
- Le castor en Norvège (C. Rabot)............................571
- Crabes excentriques (G. Sévrette)..........................572
- p.583 - vue 585/588
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- 4. Botanique. — Agriculture.
- 584
- Couverture de papier en culture maraîchère (P. Laitue). . . 79
- Principe immédiat du Sphacele parerflora..................... 89
- Radioactivité des vins.......................................... 89
- Les maladies des fruits (L. Guyot)...........................118
- Curiosités végétales en Allemagne...............................140
- Des cailloux qui fleurissent (J. Boyer) . . ^................172
- Teneur en zinc des aliments végétaux.........................233
- Fraises mûries sans soleil (J, Boyer)........................ 255
- L’électricité et les plantes (N. Deniker)....................317
- Le labourage électrique (J. de la Cerisaie)..................359
- Influence de la lumière sur la croissance des plantes. . . . 376
- Café-chicorée....................................................428
- Essais d’électrocullure (G. Bidault de l’Isle)...............510
- Action des grands froids sur les graines.........................525
- Le siège sur les instruments aratoires (P. Larue)............525
- Conservation des fruits (L. Guyot)...............................543
- IV. — GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE
- L’éveil de l’Indochine (Y. Foebiin)....... 49, 149, 343, 433
- Chemin de fer de la baie d'Hudson (Dr P. Desfossfs). . . . 97
- Répartition des langues en Europe (A. Dauzat)...........158
- Le nomadisme en Afrique du Nord et au Sahara (L1 F. De-
- moulin)............................................... 210
- Le port de Montréal (Dr P. Desfosses)...................241
- Les volcans de Java (Dr D.)...............................396
- L’ermitage monolithe de Mortagne-sur-Gironde (J. d’IzierI . 460
- Gourant Kurosio du Japon..................................473
- Population du globe.....................................- 524
- Le Badakchau............................................ 567
- Habitations lacustres du lac de Constance.................572
- V» - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- La mort en ballon aux hautes altitudes (Dr Guglielminetti). 15 Les ondes électriques conservent la fraîcheur du lait (Dr À.
- Gradenyvitz)............................................ 32
- L’avenir de la race noire dans nos colonies (D1 J. Legendre), 69
- Vaccination du lapin contre le tétanos cérébral........... 279
- Nouveaux traitements de la tuberculose (G. Eisenmenger) . 365
- Kéfir et yoghourt (M. Fouassier)...........................414
- Intoxication mercurielle et hygiène des laboratoires (D1 P.-E.
- Morhardt)...............................................466
- La race blanche sous les tropiques (Dr J. Legendre) .... 498
- Variole et vaccine (Dr P.-E. Morhardt)...................513
- — (Dr J. Comby)........................................ 562
- VL — SCIENCES APPLIQUÉES I. Mécanique. —- Industrie. — Outillage.
- La tourbe (G Kimpflin)...................................... 1
- Evolution des microscopes (J. Boiser)....................... 63
- Lustrage des tôles galvanisées.............................. 91
- Orgues d’églises et de théâtre (J. Boyer)...................104
- Le verre étouffe les bruits.................................186
- Chauffage central au mazout (R Villers)............• . . . 223
- Séchage du papier dans le vide (E.-H. Weiss)................258
- Fabrication des chapeaux de feutre (L. Kuentz). ...... 310
- Le tirage des cheminées (A. B.)............................390
- La pipe de bruyère (L. Reverchon)..........................401
- Les cokeries modernes (J. O.).................................406
- Machines frigorifiques domestiques (H. Fougeret) . . . . . 440
- Turbines à vapeur gigantesques (R. Villers)................492
- Puits aériens pour capter l'humidité..........................523
- Une mine française d’élain (A. Payvloyvski)................529
- Centenaire de la chaîne Galle (A. Uc.hard) 571
- Carbure de tungstène pour outils..............................571
- Tapis de liège................................................572
- 2. Photographie. — Phonographie.
- Cinématographie d’amateur (G.-F. Pouciion)............... 81
- Construisez vous-même un phénakisticope (L. Mégret). . . 85
- Le film sonore à l’étranger (P. IIémardinquer). .........203
- Nouvel appareil de radiophototélégraphie (L. Kuentz) . . . 234
- Télévision réalisée par Dènes de Mihaly (Dr A. Gradenyvitz). 253
- La télévision système Baird (A. Gradenyvitz).............436
- L’édition phonographique (P. IIémardinquer)..............487
- Projection cinéscopique à déroulement continu (A. Bourgain). 502
- Le praxinochrome (L. Mégret)..................................518
- Phonographie, radiophonie, radiovision (P. IIémardinquer) :
- Applications des amplificateurs basse fréquence. . . . 135
- Phonographes mécaniques et électriques .... 135, 468
- Diaphragme perfectionné................................135
- Phonographe électrique à amplificateur.................136
- Radiodiffusion des images..................... 136, 471
- Phonographe radioélectrique................... 469, 471
- Haut-parleur : réglage de la tonalité..................470
- 3 Électricité.
- Téléphonie par courants porteurs (C.-G. Bossière).......... 18
- Electrification du Gros-Horloge de Rouen................... 41
- L’extension de la cintrale d’Issy-les-Moulineaux...............114
- Horaire actuel des émissions de la Tour Eiffel.................129
- Nouvelle forme du télégraphone (P. IIémardinquer) .... 164
- Absorption des ondes électromagnétiques (A. Nodon) .... 180
- Eleclrolyse du nickel..........................................233
- Un nouvel accumulateur (A. Nodon)..............................306
- Oscillateurs à quaitz pour la mesure des IL F. radiotélégra-
- phiques.....................................................376
- Téléphonie dans le monde.......................................429
- L’industrie des conducteurs isolés au caoutchouc (A. Tur-
- pain).......................: . . . ................ 453, 551
- Lampe à incandescence gigantesque..............................475
- Comment Lee de Forest inventa la lampe à 3 électrodes . . 475
- Interrupteur ultrarapide Déion (L. Kuentz).....................541
- Eclairage par les gaz lumineux (E. Dafmois)..................554
- Calcul des machines électrostatiques........................567
- Radiophonie pratique (P. IIémardinquer) :
- Amplification haute fréquence..........................181
- Lampes de réception...................................181
- Détecteur à galène.................................... 183
- Disques pour reproduction électrique.................. 326
- Radiodiffusion sur ondes très courtes..................326
- Boîtes d’alimentation sur secteur alternatif...........327
- Radiodiffusion des images..............................328
- Poste superhétérodyne à réglage unique.................328
- Sélectivité............................................422
- Lampes à grilles multiples........................... 422
- Chargeur automatique de batteries......................424
- Appareils à changements de fréquence...................424
- Bloc d’alimentation sur secteur........................425
- Pik-up électromagnétique perfectionné..................564
- Stations d’émissions américaines . ....................564
- Haut-parleur : position dans la salle..................565
- Lampes et vibrations mécaniques..............................566
- Redresseurs électrolytiques au tantale.......................566
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- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Construction rationnelle à l’étranger (R. Ginsburger) . . . 152 Tunnel sous-marin France-Angleterre (A. Pawlowsici) . . . 168
- Agrandissement de la Gare de l’Est à Paris...............193
- La cité moderne (R. Lardat)................................264
- Pont en ciment armé de Plougastel (J.-G. Séailles) .... 289
- Poutres métalliques déployées (E.-H. Weiss).............. . 313
- Quelques ponts remarquables................................432
- Buildings sans fenêtres (iVI. Bousquet)....................524
- 5 Transports.
- Les magnétos modernes (H. Petit).......................... 22
- Graissage automatique des châssis d’automobiles (R. R.) . . 29
- Gigantesque transport d'acier en fusion................... 31
- Le passage des automobiles.................................. 42
- Diligences automobiles (E.-H. Weiss).................. 175
- Train spécial à ballast (E.-H-Weiss)......................415
- Le marquage des routes (E.-H. Weiss).........................463
- Graissage des roues de chemins de fer....................... 523
- Automobile pratique (L. Picard) :
- Impôts................................................276
- Précautions hivernales................................276
- Protection contre le vol..............................276
- Réparation urgente : équipement.......................277
- Dégonflage des pneus : signal.........................278
- Châssis et carosseries : évolution....................371
- Six cylindres : avantages . . . . ....................371
- Différentiel à roues libres...........................372
- Ressort autoamortisseur...............................372
- Rétroviseur pour conduite intérieure..................373
- 6. Aviation et aéronautique.
- Le Salon Aéronautique de Berlin (A. Carlier).............. 57
- Première exploration en avion de l’Anlarclique............139
- Jules Verne aéronaute (C. Richet).........................145
- Projets de dirigeables .toujours plus grands..............187
- L’aviation de tourisme (A. Carlier).......................217
- Coopération de la navigation aérienne aux pêches maritimes
- (P. Manceron)..........................................* 273
- L’aviation sanitaire (A. Carlier).........................455
- Le vol aveugle (A. Frachet)...............................537
- Chronique d’aviation 39, 90, 185, 230, 281, 329, 375, 474, 521. 569
- 7. Marine.
- Les bateaux-pièges (Cl Sauvaire-Jourdax)................111
- Aérodromes flottants anglais............................139
- Nouveau cuirassé allemand (Cl Sauvaire-Jourdan).........251
- VII. - HISTOIRE DES SCIENCES
- Alexandre de Humboldt (E. Doublet)..........................178
- Widal : nécrologie,.........................................186
- Boussinesq : nécrologie.......................................282
- Privilège de la première machine à calculer (J. Giiataimg) . 369
- Les vieux savants quand ils étaient jeunes (II. Coupin) . . . 417
- Christian Huygens.............................................465
- Centenaire de l’Ecole Centrale (J. Boyer) ....................481
- — ........... .........' = 585 =
- VIII. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Analyse des communications (P. Baud). 89, 233, 279, 376, 473, 567
- IX. - VARIA
- Nouvelles monnaies françaises (J. Boyer)......................177
- Un jeu national japonais : le Go (C‘ Lancelin). 34, 83, 130, 321
- Prestidigitation (Alber) :
- Le mystérieux prisonnier................................226
- La femme fakir......................................... 370
- Le martyre d’une femme..................................467
- Les vases inépuisables..................................563
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES 1. Petites inventions.
- Mesure des températures superficielles........ .... 43
- Chasse-corps pour auto.................................. 44
- Epierreur de légumes secs................................ 45
- Brosse parallélogramme.................................. 45
- Chariot transporteur.................................... 45
- Brouette à chenille...................................... 93
- Lampe électrique de chevet.............................. 93
- Vap..................................................... 93
- Moutardier automatique.................................. 94
- Passe-boule jouet....................................... 94
- Prophylaxie de la myopie chez les écoliers...............141
- Projectile lumineux pour atterrissage d’avions...........141
- Montre Ermelo............................................142
- Coupe-œufs M. O. F...................................... . 142
- Jouet Gompo............................................ 188
- Appareil à niveler la voie . . . ........................189
- Montre porte-clés Triusa.............................. 189
- Perceuse portative à moteur à essence......................236
- Tubes au néon pour canalisations sous tension ...........237
- Lampe électrique Duo-Lumeco à double effet...............237
- Groupe électrogène automatique...........................284
- Filtre à huile à décrassage en marche....................285
- Menuiserie métallique....................................331
- Projection automatique : appareil........................331
- Chauffe-eau électrique. ................................332
- Aspirateur mécanique de poussières Manovac...............380
- Mécanisme nouveau pour animer un jouet...................380
- Appareil pour percer de grands trous.......................427
- Vaisselle en bakélite......................................427
- Cafetière automatique.................................... 427
- Publicité par machine parlante.............................477
- Commande de carillons avec barillet à remontage continu. 477
- Pli du pantalon et accrocs : réparation ...................478
- Lampes à incandescence pour cinéma.......................526
- Crayons : pour les appointer...............................52G
- Machine à peindre centrifuge...............................573
- Tournevis pince............................................574
- Baladeuse à amortisseur....................................574
- Frigivite................................................574
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Papier indicateur pour laits.............................. 38
- Aquarelles : conservation................................. 38
- Bitume entre pavés ....................................... 39
- Trou dans une lame de scie........................... . . 39
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- 586
- Mains : soins..............................................134
- Chalumeaux oxyacétyléniques : entretien....................134
- Longeron cassé : réparation................................227
- Mammifères petits : capture................................275
- Négatifs photographiques : écriture blanche.............. 325
- Tableaux : nettoyage............................... . . 325
- Taches d’urine : remède....................................325
- Pinceaux : nettoyage...................................... 325
- Eau dentrifice : formule........................... 325, 382
- Flacons rodés étanches ................................... 421
- Pieu : fixation en terre...................................421
- Raccord de deux tuyaux de caoutchouc.......................421
- Peinture d’une porte extérieure............................421
- Trolley dans l’étable......................................421
- Vinaigre de toilette.......................................517
- 3. Boîte aux Lettres.
- Explosifs : composition....................................335
- Crayons anti-buée..........................................335
- Eau dentifrice.................................... 325, 382
- Bagues métalliques fixées au Terre et à la porcelaine. . . 430
- Bois incombustible.........................................430
- Taches de carbonyle...................................... 430
- Timbres en caoutchouc......................................430
- Soupapes au tantale et à l’oxyde de cuivre.................430
- Cire à modeler.............................................431
- Sangsues et crapauds.......................................479
- Bouillie Michel Perret.....................................479
- Marmites autoclaves........................................479
- Encres indélébiles et stylos...............................479
- Caoutchouc : pour l’empêcher de durcir.....................479
- Toiles enduites, cirées, moleskines........................480
- Colles et vernis : formules................................480
- Encausticage au pulvérisateur..............................480
- Perçage des pierres....................................... 480
- Moulages en carton-pâte................................... 527
- Enduit pour toiles et bâches ne cassant pas................527
- Buées : suppression dans un local..........................527
- Cheveux : problème..................................... 46
- Rayon vert................................ 46, 95, 190, 575
- T. S. F........................................... 46, 286
- Pierre ollaire............................................. 95
- Bakélite................................................... 95
- Pulvérisateurs agricoles................................... 95
- Détachage : tours de main.................................. f5
- Baroscope Sturmglass....................................... 96
- Habitations à bon marché....................................143
- Taches d’encre à stylo..................................... 143
- Crin des oreillers : nettoyage..............................143
- Torréfaction du café........................................143
- Cafards : destruction.......................................144
- Peintures.................................................. 144
- Peinture sur ciment.........................................144
- Emeri...................................................... 144
- Orgue électrique : inventeur............................... 190
- Etoffes de soie anciennes...................................190
- Rouille : nettoyage . ......................................190
- Serpents de Pharaon....................................... 191
- Papiers marbrés....................................... J91
- Inscriptions émaillées sur porcelaine.......................191
- Xylols..................................................... 191
- Etincelles de rupture.......................................191
- Ivoire et galalithe.........................................238
- Paradichlorohenzène.........................................238
- Tourbillons de Descartes....................................238
- Bois de chêne bruni.........................................238
- Papier carbone..............................................239
- Morsures de serpents : traitement...........................286
- Mouches : destruction.......................................287
- Bouillottes : désincrustation........................ 288, 382
- Moisissure des colles de bureau............................ 288
- Bleu au molleton............................................288
- Perles artificielles........................................288
- Punaises : destruction......................................333
- Reverdissage des légumes....................................333
- Isolaut économique........................................ 333
- Crèmes pour le visage.......................................333
- Poudres de riz : coloration................................ 333
- Culture sur papier..........................................333
- Caries en relief............................................334
- Vers de vinaigre............................................334
- Procédé ozofer ............................................ 334
- Tubes de cuivre sans soudure................................335
- Redresseurs à l’oxydè de cuivre.............................575
- 4. Livres nouveaux 40, 88, 184, 232, 232, 330, 374, 426,
- 472, 520 .................................................. 568
- XL — DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Documents photographiques.. 48, 192, 336, 384, 432
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris. — 1929.
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